RIP Isaac Lawrence

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RIP Isaac Lawrence

Message par Isaac Lawrence le Jeu 13 Oct - 15:21

    Epidémie. On n’avait bien que ce mot à la bouche. Quand ce n’était pas des quintes de toux. Isaac avait beau se protéger avec des masques et des masques, plus qu’il n’en fallait, il avait beau se laver les mains, se les désinfecter aussi souvent qu’il le pouvait, changer ses vêtements et les mettre au lavage à l’eau de javel, encore et encore. Ces gestes étaient devenus quelque chose de machinal, quelque chose dont il n’échappait pas. Il n’était pas certain de lui, mais il commençait à avoir de la fièvre, de la toux par moment. Lui aussi ? Non. Il ne pouvait pas tomber malade, pas maintenant, pas avec tous ces gens au Sapienta, il fallait les soigner tous, les uns après les autres et ne pas baisser les bras. Il fallait se battre contre cette maladie, même inconnue, c’était son métier, il était médecin, il était virologue ! Il ne pouvait pas se faire battre par un simple virus ! Pas si simple que ça si on en croyait ce qui se passait. Il y avait beaucoup de points, beaucoup d’éléments, et des morts aussi, cela commençait. Ca devenait dangereux et tout le monde avait peur. Lui-même avait peur. Il travaillait près de 20 heures par jour, entre les soins aux patients et le temps passé dans les laboratoires du Sapienta à chercher, chercher encore un vaccin, ce fameux sérum qui guérirait tout le monde et qui tardait sérieusement à venir.

    On avait remonté la piste, tout doucement, indice par indice, mais cela était bien trop long. A côté de cela, il y avait ces gens qui souffraient et qui affluaient vers le centre de soins. Ils cherchaient une réponse, un solution mais les docteur de l’établissement n’avaient rien à répondre. Isaac avait toujours été quelqu’un qui obéissait sagement à des ordres, mais il n’avait jamais cessé d’en penser moins. Bien au contraire. Il se sentait en pleine effervescence de haine. Pourquoi tout ça ? Et pourquoi fallait-il qu’on ne trouve rien ! Pire encore ! Pourquoi avait-on fait cette recherche dans les sombres laboratoires du Sapienta. Une recherche à haut risque, une recherche dangereuse… Si elle remontait à la surface. Et ça avait été le cas. Les vidéos surveillances, les discussions, tout avait été passé au peigne fin. Il y avait même eu des interrogatoires par la Brigade Impériale. Et la recherche qui ne devait pas être vue par un Noscoien et remontée à la surface l’avait été, au grand damne de la population.

    Ca avait été Shane Lewis le premier contaminé. Envoyé en mission pour réparer une plateforme informatique, les pénitenciers du Sapienta n’avaient pas tenu leur poste et Lewis s’était retrouvé comme un électron libre dans l’étrange labyrinthe sous-terrains. Et lorsqu’il s’était approché de trop près d’un cobaye, la contamination n’avait pas manqué. Si le porteur de la nouvelle maladie semblait sain en surface, il avait transmis à ses collègues et amis ce charmant cadeau. La maladie c’était déclenché chez d’autres et puis les symptômes étaient aussi apparus chez le coupable, mais comment démêle le faux du vrai. Il y avait des centaines de personnes au Sapienta. Où était le coupable. Ce qui avait ressemblé à une grippe avait été traitée comme telle avant que les médicaments se révèlent infructueux et montrent la fausse piste : ce n’était pas une grippe, c’était même plus grave dans la mesure où l’on ignorait ce que c’était et d’où cela provenait.

    On avait perdu un temps fou à en chercher la source, croyait qu’on y trouverait le remède. Mais ça n’avait été qu’une voie sans issue, et les médecins ne s’étaient pas retrouvés dans une situation meilleure. Ils avaient perdu du temps. Ils avaient perdu beaucoup de temps. Trop pour sauver plus de vie. Ca avait été un fiasco des plus totaux. Alors on avait cherché enfin comme il le fallait. On avait cherché dans le sang des malades, et dans le sang de ceux qui résistaient à la pathologie. On avait cherché ce qui n’allait pas dans le sang de certains, et ce qui allait dans le sang de d’autres. Les recherches avaient été longues. Isaac s’était mis à la tâche, mais il avait déjà une forte fièvre. Il crachait du sang. Mais il n’avait rien dit. Il ne voulait pas abandonner. Il avait tenté de se soigner avec ce que l’on donnait aux patients malades, mais il ne pouvait prendre de repos. Son petit manège avait peut-être duré une semaine, jusqu’à ce qu’il n’arrive pas à se lever un beau matin. Sa jambe lui faisait mal, il était brûlant de fièvre, et il se sentait dévoré de l’intérieur.

    Il avait été mis en quarantaine. Il regardait le plafond, les yeux rougis. Il se sentait mourir. Il s’était souvent demandé ce que pouvait ressentir ses patients dans un lit d’hôpital, à regarder les heures passer, silencieux. Il s’était demandé ce qu’il pouvait passer dans leur tête lorsqu’ils étaient au bord de la mort. Il le voyait tout ça maintenant. Et il avait peur de la mort, il en était terrorisé, et pourtant, il la voyait si proche. Tellement proche. Qu’avait-il fait de sa vie, lui, Docteur Isaac Lawrence, si ce n’est débarquer un beau matin de l’an 162 de l’ère de Joshi et d’être devenu un dévoué médecin ? Rien de plus que de s’éteindre en 204. Il ferma finalement les paupières. Il n’avait pas été malheureux de sa vie. Lui et son concombre avaient toujours entretenu une relation des plus cordiales. Et quand bien même il décéderait ce soir, il y aurait bien d’autres gens pour manger encore des concombres à la crème fraiche. Il n’avait été déçu par personne, il avait toujours fait son travail le plus consciencieusement possible. Il entendit le bip régulier de la machine devenir un son long et ininterrompu. Il avait mal. Et il savait que ce son rameuterait les médecins. Mais que pourraient-ils faire ? Le sérum qui aurait pu le sauver n’avait pas encore été trouvé.

    On le conduirait aux urgences, là où il avait souvent travaillé, on tenterait de le réanimer. Cela marcherait, peut-être, mais combien de temps avant une nouvelle chute ? Ou alors, on n’y arriverait pas. Et ce serait alors fini. Comme quoi, il n’y avait pas qu’en passant l’enceinte qu’on pouvait quitter Nosco. Il y avait aussi en oubliant de vivre.
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Isaac Lawrence
~ En sursis ~


Camp : Guilde Impériale
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