Coup de blues

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Coup de blues

Message par Lian Grenfield le Mer 23 Juin - 0:36

hj: Désolé ce post est assez étrange et philosophique...

Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude.
Guy de Maupassant, extrait de la Solitude

Un célèbre auteur disait : « Il est si doux de vivre ! On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps ! ». Il faut donc profiter de chaque jour, chaque minute est précieuse car elle est unique. Une minute de perdue ne pourra jamais être retrouvée. La passé est aussi solide que le marbre, il se grave pour l’éternité et ne sera jamais modifiable. Le futur nous est inconnu, mais il nous est possible de le prévoir, de l’anticiper et de la préparer. C’est à chacun de l’envisager et de tenter de le créer à l’image que l’on souhaite, en tenant compte que difficultés du hasard et des contradictions avec le futur envisagé par autrui. Le présent est insaisissable, futile et indispensable en même temps, nous vivons toujours dans le présent, jusqu’à ce que celui-ci devienne notre passé et nos souvenirs. Les scientifiques ont développés la théorie de la relativité. Le présent, votre présent oui mais lequel ? Celui qui vous réjouit et qui file très vite, comme pour s’éloigner le plus loin de vous ? Celui qui est dur et cruel, qui vous pèse et vous rend malade, qui s’étire à l’infini pour vous faire souffrir éternellement.

Si seulement son sort s’éloignait du supplice…

Qu’est ce qui fait qu’on se sente seul au milieu d’une foule compacte, ou entouré même lorsqu’on est seul ? La solitude se décline en plusieurs états, solitude physique lorsqu’on est isolé ou que l’on s’isole volontairement ; ou bien encore la solitude mentale. On peut être présent autour d’une table, à un cours, mais être totalement absent mentalement, s’évader très loin dans ses pensées ou ses soucis. On peut couper un isolement grâce à une parole, un geste, un sourire ou même un regard… à condition de le vouloir.

Seul sans s’éloigner de sa solitude.

L’être humain est un animal sociable qui a besoin de vivre en communauté, de créer des liens pour évoluer. L’individu est toujours inférieur face à un groupe, c’est pourquoi il se forme toujours des clans, souvent opposés idéologiquement. Membres de la Guilde habitant à Nosco contre rebelles vivant en souterrains. Jour apparaissant à l’inverse de la nuit. L’unité totale semble impossible, sauf dans un ensemble opposé tel le yin et le yang. Complémentaires et indispensables l’un à l’autre. L’homme semblait avoir besoin de conflits pour vivre et survivre. Après tout une vie paisible et sans tracas serait bien vite monotone. Peut être était ce d’ailleurs la routine, en plus de la tyrannie, qui poussait certains habitants de Nosco à devenir des rebelles et à braver le pouvoir en place.

Les rebelles n’avaient pourtant pas une vie particulièrement active en dehors des missions qu’ils effectuaient. Ils restaient le plus souvent coincés dans leur bunker, à s’entrainer aux combats, à pirater informatiquement les installations de leurs congénères qui vivaient au dessus d’eux, ou à s’informer. Pas vraiment le temps de s’amuser ou de rêvasser. Pour ne pas se faire prendre, il leur fallait être discret, organisé et assez nombreux dans chaque domaine, informaticiens, médecins et combattants.


Solitude ou solidarité ?

Le travail était indispensable lorsque l’on vivait à Nosco, ne pas travailler équivalait à ne pas exister. Je pense donc je suis, donc je travaille... Voila qui aurait pu être la devise de la petite ville. Cette apparente solidarité d’activité commune à tous cachait une profonde solitude de chacun des êtres qui était finalement bien isolé dans un travail quotidien, rythmé et calculé à la minute près. Tandis que dans le camp rebelle, chacun était confronté aux autres, vu l’étendue du bunker il était dur d’échapper à une personne avec laquelle on avait peu d’affinités. Mieux valait donc éviter d’avoir des ennemis. Tout du moins pas des ennemis parmi les rebelles. Salle à manger, dortoirs et douches étaient communs. Tout comme la nourriture qui devait être partagée équitablement.

***

La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps, mortelle lorsqu'elle est trop longue, quoique nécessaire.
Vauvenargues, extrait de Réflexions et maximes

Lian était installée sur son lit devant son ordinateur portable. Les yeux fixés sur les pixels de l’écran, elle semblait absorbée par ce qu’elle regardait. Pourtant en observant bien on remarquait qu’elle semblait sans vie et que si les images qui s’affichaient à l’écran étaient différente, son expression restait identique. Elle s’était connectée au réseau alpha de manière sécurisé, comme on lui avait appris, pour ne pas se faire repérer par la brigade de la Guilde. Puis, elle avait lancée une des vidéos que l’on pouvait trouver sur le réseau, la seule forme d’art un peu libre. Des films à petit budget filmés en amateur, mais souvent très intéressant. Pourtant elle n’arrivait pas à se concentrer, ses pensées s’élançaient bien loin de l’histoire racontée par association d’images. Elle avait branchée un casque audio, officiellement pour ne pas déranger les autres personnes présentent dans le dortoir, officieusement pour pouvoir penser en paix sans avoir à repousser une conversation ni paraître associable. Pourtant le cœur n’y était pas.

Elle se sentait oppressée et énervée, sans trouver de solution pour se calmer. Comment faire le vide alors qu’on était forcement plusieurs dans chaque pièce du bunker. Obligé de faire semblant que tout allait bien alors que c’était le contraire. Hypocrisie ou manière de se protéger ? Si quelqu’un allait mal et le disait, la rumeur pouvait faire le tour en quelques minutes à peine. Les secrets étaient bien durs à garder ici. Surtout lorsque Rian était aux aguets, derrière les caméras et les micros, cachés un peu partout, à écouter et enregistrer tout ce qui se passait.


Little Rian is watching you.

La seule personne qui ne laissait jamais voir ses faiblesses, ou presque, était Yan. En chef d’élite, il dirigeait les rebelles d’une main ferme. Il semblait de glace, prenant en compte les conseils mais laissant les critiques non constructives glisser sur lui comme s’il était protégé par une carapace. Lian ne l’avait encore jamais vu craquer. Parfois il s’énervait, il s’inquiétait, mais souvent bien moins qu’elle. Il était sensible, tout en était insensibilisé aux problèmes. Il était convaincu de l’importance de sa mission, contrer le pouvoir de l’impératrice Joséphine de Nosco. Après tout il y avait bien une raison si Joshi lui avait permit de survivre face aux créatures des souterrains avec seulement une arme ? La chance alliée à la force et au courage de Yan Merling n’avait pas pu tout faire… L’avantage pour lui était qu’il connaissait personnellement la plupart des ennemis qu’il combattait : l’impératrice de Nosco, Judikhael Wienfield… Des liens s’étaient formés, puis ils s’étaient transformés. Une amitié s’était changée en combat, deux amis étaient maintenant deux ennemis.

Little Rian is sleeping

Lian se décida à bouger. Elle referma l’ordinateur, enleva les écouteurs et déposa le tout sur le lit, elle les rangerait après, une fois qu’elle serait plus calme. Elle évita les conversations d’un signe de main indiquant qu’elle ne restait pas et sortit de la pièce en se retenant de soupirer. Elle retint son souffle en passant à travers un groupe, espérant ne pas être interpellé une nouvelle fois. Elle réussit à se faufiler jusqu’à la salle des armes pour prendre et remplir une arme alpha. Ce qu’elle avait en tête était suicidaire et inconscient mais elle s’en fichait un peu. Sans attendre plus longtemps, elle se faufila de salle en salle pour trouver la porte de sortie. L’extérieur du bunker c’était le danger pour toute personne sortant seule. Sortir était contraint par des règles assez strictes chez les rebelles : ne jamais sortir seul, prendre un minimum d’armes alpha, prévenir et emporter des radios transmetteurs pour signaler sa position et ainsi permettre un secours possible.

Are you alone? No, I’m just lonely

Elle n’avait pris aucune précaution, à part celle de se munir d’une arme. Cependant elle n’avait pas l’intention de s’éloigner trop de bunker, juste de prendre un peu l’air. Une fois qu’elle fut assez à distance de son lieu de résidence elle se détendit un peu. Cette fois-ci elle était seule, bon seule dehors avec des créatures qui si elles approchaient tenteraient de la tuer. Mais pour l’instant aucun signe, ni aucun son n’indiquait qu’elle était en danger. Les ondes alpha du bunker avaient probablement repoussées les créatures pour quelque temps. Elle jeta un dernier coup d’œil derrière elle, vérifiant que personne ne l’avait suivit, au cas où Rian ai eu un signal d’alerte d’ouverture de la porte d’entrée et n’ai prévenu quelqu’un. Apparemment tout semblait tranquille. Elle pouvait donc hurler tout son saoul, son cri ne se répercutant que sur les murs de pierres, inaudibles pour les habitants humains des souterrains. Pas pour les créatures, mais elles auraient bien du mal à trouver la source du cri et elles étaient certainement très éloignés, ayant compris avec le temps que le bunker rebelle était constamment protégé par les ondes A.

Une fois qu’elle eut vidée ses poumons, elle rit un instant, soulagée d’avoir pu laisser échapper ses problèmes, puis elle se mit en marche droit devant elle. Peu après les larmes se mirent à couleur sur ses joues. Elle n’avait pas pu les retenir plus longtemps, sa vue se brouilla, pourtant elle continua à avancer sans ralentir le pas. Ce n’est que quelques mètres plus loin qu’elle trébucha sur le sol et qu’elle s’étala sur le sol froid et dur, sans avoir le courage de se relever. Elle se recroquevilla en position fœtale, laissant seulement ses épaules trembler sous les spasmes de ses pleurs et l’eau déversée par les canaux lacrymaux sur son visage. Elle pleurait comme un enfant préférant toutefois la solitude pour exposer sa peine.
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Re: Coup de blues

Message par Allan Cadmun le Mar 29 Juin - 23:41

Pour peu que l'on marche en fixant le sol, en scrutant les ombres qui tapissent les ornières des couloirs désaffectés, pour peu qu'on se perde dans une sotte impasse que la prudence même recommande d'éviter, pour peu que l'on revendique la quiétude des tombeaux sans pour autant aspirer au dernier sommeil, on aurait peut-être pu dénicher dans une alcôve sombre aux relents d'humidité et de renfermé un petit carnet sombre. En partant du principe qu'une personne saine d'esprit ne répond à aucun des critères sus-cités, et qu'une personne dérangée ne se sent pas forcément d'affinités pour les recoins sordides à la merci des créatures, on ne peut guère s'étonner que le-dit ouvrage soit en piteux état. La reliure de feutre en est moisie, et le tiers inférieur des pages offre un magma informe de silhouettes noirâtres qui auraient sûrement inspiré Rorschach.

En tournant précautionneusement les pages fines dont la consistance n'a que l'apparence du papier, expliquant sûrement leur singulière longévité, le lecteur curieux découvrirait des lignes serrées de pattes de mouches tortueuses, comme si l'écrivain, particulièrement pressé, avait craint de réussir un jour à se relire.

...pas ça. Trop de monde. Et ils se connaissent TOUS. Hypocrites. Comment peuvent-ils seulement feindre d'avoir oublié... ce qu'ils ont oublié ?...

Et tournent les pages...

...arrivés comme ça avant moi. Pas de questions. Mais je suis sûr que certains savent...

...Les créatures ? Je m'en fous des créatures ! Conneries !...

...DOIS TROUVER JOSHI...

... Un nom ? Qu'ils aillent au diable. JE ne suis pas Marvin, Dimitri ou Hadrien. Je ne sais pas qui JE suis mais cela ne leur donne pas le droit de choisir pour moi...

Les pages suivantes ne sont que divagations sur Nosco, sur le piège que constitue sa technologie, son enceinte même - décrite comme des murs de bâtiments gris et délabrés - et... ses habitants.

...Allan est mort. Allan Cadmun. Lena, je ne suis pas Allan. JE NE SUIS PAS ALLAN. Tu n'avais pas le droit de fermer les yeux sur ces mots... Tu n'avais pas le droit...


Comme si le possesseur du carnet s'étaient perdu dans des lignes d'écriture fastidieuses, au tiers du carnet se trouvent deux ou trois pages constellées de "JE NE SUIS PAS ALLAN." tracés dans une écriture tremblotante.

Au détour d'une page, l'écriture se modifie sensiblement. C'est toujours le même style et la même main, à n'en pas douter, mais les lettres semblent plus fluides et bien moins torturées, bien plus lisibles aussi.

...gé de carnet mais le papier se fait trop rare...

...shi ne devait pas disparaître. Joshi n'existe pas. N'existe plus. Existe toujours. Il n'aurait pas dû partir tant que la situation n'était pas résol...

Des tableaux soignés apparaissent comme une sorte de registre, des noms, des âges, des morceaux de souvenir. Des vendeurs à la sauvette, des truands, des prostituées, des mendiants et des marchands douteux à en croire les annotations. Puis reprend le texte.

...perdu le contrôle des événements. Des micros partout, des caméras partout, à croire que ce n'est jamais ass...

...LIBRE ! JE SUIS LIBRE ! ...

...nvisage de m'installer dans mes sanitaires. Me creuser un repaire, m'enfermer dans une tombe avec un tube d'ondes alpha, comme ça j'aurais la paix...

...pas partir comme ça. Sur un coup de tête, j'aurais pu mais je ne l'ai pas fait...

...Et si je t'avais dit de rester, m'aurais-tu écouté ? Pas pour Nosco, juste pour me sauver de l'ennui que m'inspirent ces murs de briques grises. Qu'as-tu fui, Merio ? Vers qu...

Les pages suivantes ruminent le départ du dénommé Merio.

...rare. Tant pis, la Guilde reste une nécessité...

...trice. Je ne pensais pas que quiconque oserait bafouer de la sorte l'idéal de Merio...

S'en suit une description assez fidèle de Nosco du temps des de Welfort, ciblant ses points forts et ses lacunes, ainsi que détaillant les circonstances de l'époque.

...ICTOIRE ! Le sanctuaire est enfin débarrassé de tous ces fichus scanners. Pour la première fois depuis longtemps, je pense pouvoir m'établir à Nosco. Y vivre, peut-être ? Je déraille sûreme...

...nouvelle vie, un nouveau nom. Une fausse vie, un faux nom.
Je crois n'avoir jamais été aussi hypocrite qu'enserré dans le carcan de la dualité mensongère de ma double identité. Peut-être suis-je enfin Noscoien. Quelle lamentable...


Viennent alors quelques paroles acerbes sur la fausseté de Nosco, et l'évocation de ses murs resplendissants détonne très franchement avec le cadre où gisait le carnet.
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Re: Coup de blues

Message par Lian Grenfield le Ven 2 Juil - 0:15

Quelques dizaines de minutes plus tard, une fois calmée, elle se redressa lentement pour contempler l’endroit où était tombée. Elle se trouvait dans une impasse étroite, assez dangereux car si on l’attaquait elle était coincée contre le mur, tout en étant très pratique, car elle n’avait qu’un côté à surveiller. Elle s’essuya les yeux et se mit à genoux pour se remettre debout, seulement son pied glissa sur une matière bien moins dure que la pierre et elle retomba. Assise par terre, elle chercha à tâtons ce qui avait bien pu la faire trébucher. Elle mit rapidement la main sur un petit carnet. Il était habituel de trouver des livres dans les souterrains, pour une raison inconnue : avait-on décidé de les jeter ici par censure plutôt que de les bruler ? Étaient-ils arrivés ici autrement ? Lian l’ignorait, cependant c’était bien la première fois qu’elle trouvait un tel carnet, destiné aux notes et non pas à conservé un texte imprimé. Elle détacha de sa ceinture une lampe de poche dynamo, qui contenait une batterie qu’il fallait recharger pour l’utiliser. Discret et surtout silencieux, elle était assez rapide à recharger. Après quelques minutes à tourner la manette pour créer de l’électricité, la curiosité de Lian ne tint plus et elle alluma la lampe pour pouvoir contempler le carnet et voir s’il contenait des informations intéressantes.

Celui-ci était couvert de feutre sombre, et il était dans un état assez critique, le tiers inférieur avait été attaqué par l’eau qui s’infiltrait partout dans les souterrains, au point de gêner la fait de tourner les pages ainsi que la lecture qui était maintenant impossible dans ces parties. Lian ouvrit le petit ouvrage pour découvrir une écriture en pattes de mouche sur un papier très particulier. La jeune femme du plisser les yeux pour déchiffrer ce qui avait été inscrit. Les premières lignes qu’elle comprit démontraient que celui qui les avait tracés était en colère, et qu’apparemment il venait d’arriver à Nosco et ne comprenait pas toutes les règles et les principes de ce monde. Il semblait renfermé et décidé à en vouloir à tous ceux qu’il fréquentait. Il parlait de Joshi, comme quelqu’un de présent physiquement et de trouvable, avait il vécu à la même période, ou était-ce une simple divagation ?

Les pages suivantes parlaient en long et en large de tout ce qui concernait Nosco, sa technologie, ses habitants et la fameuse barrière qui empêchait quiconque de sortir. Puis soudain au détour d’une ligne, le nom de celui qui a écrit ces lignes : Allan Cadmun. Mais ce serait… l’actuel haut prêtre de Joshi ? Personne ne pouvait prendre le même nom qu’une autre personne à Nosco, donc… Oui, apparemment, même si ces lignes semblaient dire qu’il refusait cette identité et le reprochait même à une Lena. Elle ne se souvenait pas avoir entendu parler d’un Lena parmi la congrégation.

Le possesseur du carnet en avait vraiment voulu à ceux qui lui avaient attribué son nom, car l’expression « JE NE SUIS PAS ALLAN » revenait sur plusieurs pages. On aurait pu croire à une punition consistant à répéter un nombre de fois délimité. Punition imposé à lui-même, ou volonté de ne pas oublier ce qu’il avait considéré à un moment comme la vérité ?

Plus loin l’écriture lui parut bien plus facile à lire, mais elle avait passée tellement de temps à lire que sa lampe faiblissait dangereusement. Elle releva la tête et vérifia qu’elle était toujours seule, puis elle se remit à tourner la manivelle pour charger sa source de lumière. Aucune créature ne semblait être aux alentours, ni aucun rebelle. Rian n’avait surement pas encore remarqué son « évasion », c’était un bon point pour elle mais un mauvais pour la sécurité du bâtiment. S’il n’arrivait pas à remarquer un tel manquement aux règles les plus élémentaires, cela signifiait que n’importe lequel des rebelles pouvait sortir et s’exposer seul aux périls. Après quelques minutes de réflexion et d’exercice physique du poignet, la dynamo avait assez d’énergie pour repartir pour quelques temps. Elle reprit sa lecture. L’écrivain, ou plutôt Allan Cadmun semblait avoir été passionné par Joshi, il avait même cherché des informations auprès de nombreuses personnes. Il avait cherché des souvenirs, mais ses réponses semblaient confuses. Il affirmait que Joshi n’existait plus, puis la ligne d’après qu’il existait toujours. Que voulait-il signifier ?

Elle commença la lecture des différents tableaux qui regroupait des souvenirs, puis les sauta cherchant à atteindre des parties plus intéressantes des notes. Malheureusement la suite ressemblait plus à des annotations paranoïaques qu’à une réflexion saine. Un nouveau nom apparaissait : Merio. Pouvait-il s’agir de Merio et Morgane de Welfort ? Ceux ayant côtoyé Joshi ? Et qui avaient choisit comme héritière une fois leur départ, Joséphine Bussy? Mauvais choix ! Allan Cadmun avait connu l’époque de Merio et de Morgane, puisqu’il faisait une critique des points forts et faibles au moment où ils dirigeaient la petite ville de Nosco.

Puis l’écrivain fut de plus en plus heureux dans ses écrits et ses descriptions, il semblait avoir trouvé sa voix dans la création de la congrégation. Les lignes suivantes décrivaient l’architecture du bâtiment et le bonheur de l’absence des caméras. Mais aussi sur la fausseté de vivre à Nosco sous une fausse identité.

Elle releva soudain la tête, tendue à l’idée d’avoir entendu un bruit. Etait ce un effet de son imagination à force d’être plongée dans sa lecture, ou alors un danger arrivait il ? Elle baissa sa lampe vers le sol, mais sans l’éteindre, et mis une main sur son arme à ondes alpha. Ainsi, elle pourrait se défendre si c’était une créature qui l’attaquait et ne risquerait pas de blesser un humain si c’était un de son espèce qui venait simplement la secourir et la ramener à la base. Elle retint sa respiration et attendit, guettant un nouveau son dans le silence.

Tout en se concentrant sur une attaque probable, elle se mit à réfléchir sur ce qu’elle avait lu et sur Allan Cadmun, il lui faisait peur dans un sens pour ses réflexions complètements décalés et assez violentes dans ses opinions et ses peurs paniques. En même temps c’était certainement des notes personnelles, presque un journal intime, elle n’aurait jamais du tomber dessus, ce n’était pas destiné à la lecture d’un inconnu. Qui sait ce qu’elle aurait pu écrire elle aussi sous la panique ? En tout cas, elle aurait aimé en savoir plus sur sa recherche des souvenirs et de Joshi, sa quête avait elle aboutit ? Après tout il était à Nosco depuis bien plus longtemps qu’elle, peut être avait il une technique pour l’aider à elle aussi en retrouver certains. Elle voulait de plus en plus en savoir davantage sur elle.

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Re: Coup de blues

Message par Allan Cadmun le Ven 2 Juil - 19:21

Le carnet ne s'arrêtait pas là, car Allan Cadmun était bien trop méfiant. Lui qui ne se laissait que rarement aller à cacher ses précieuses possessions en lieu "sûr" car aucun ne l'était assez à ses yeux, n'aurait pas risqué d'abandonner son carnet dans les SSD, même s'il avait voulu s'en débarrasser. Il fallait être guildien pour se satisfaire de tels raisonnement.

...moins fréquentes depuis que les ondes alpha nous protègent. Mais elles deviennent plus meurtrières encore et je refuse de croire à la sottise d'un biais statistique. La guilde (et les rebelles ?) essuient peut-être toujours de faibles ass...

Les pages suivantes sont poussiéreuses, parfois rougies et légèrement collées, comme si elles avaient été manipulées avec des doigts tachés de sang.

...paye le prix pour ma folie. Je reste persuadé qu'elles ne m'auraient pas traqué si j'avais été escorté...

Suivent quelques morceaux de textes incongrus, fragments de poèmes ou de chansons.

... heures interminables sous la terre. Douce ironie, puisse personne ne me secourir, je ne voudrais pas avoir à expliquer aux rebelles ou pire à Joséphine, ce que je faisais dans les SSD...

...trop heureuse de me classer parmi les traîtres.
Combien de temps tiendra ma piètre barrica...


En haut d'une page s'égrènent des bâtons, comme ceux d'un prisonnier marquant à la craie les jours écoulés.

...souhaiter qu'il y ait un enfer aux delà des murs poussiéreux de l'enceinte, pour que Mério et Morgane y croupissent en regardant leur œuvre ! Nosco n'est toujours pas en séc...

...pas la même erreur. S'il me faut périr ici, ce que je sais, ne disparaîtra pas avec moi. Je sais qui était Joshi, un homme intègre parmi tant de...

Les lettres sont plus claires, plus appuyées, comme si pour la première fois l'écrivain avait pris souci d'écrire lisiblement du plus grand nombre.

...Je sais ce qu'est Nosco. Plus important encore, je sais ce que j'avais oublié, et je sais pourquoi je suis ici. Un verre de trop sûrement, qui me fait parfois penser que ces insipides gélules ont du bon. Je sais que pour partir, il me suffir...

...Je sais la vérité sur les ondes alpha. Mais je ne Merio m'en soit témoin, je n'ai jamais révélé ce secret qu'à ceux qu'il m'était impossible de tenir dans l'ignor...

Les pages se font denses, d'une écriture large mais précipitée.

...Il se peut que je survive. Mais si je devais périr, Joséphine serait bien trop aise de ma disparition pour ne pas tenter de mettre la main mise sur les secrets de la Congrégation. J'espère que les m...

...combien le pouvoir change les gens. Il a changé Joséphine, il m'a changé moi. Je me plais à penser que c'est en bien, mais je ne sais ce qu'il fera aux autres prêtres, si jamais je...

...vérité trop précieuse pour être conservée, pour être tue.
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||


La page suivante a été si copieusement raturée qu'elle est réellement illisible. La moitié de la page est même arrachée, et le fragment demeure introuvable.

...doute m'assaille. Les créatures, que nous qualifions de stupides depuis bien deux siècles... Savent-elles lire ? Je ne peux pas prendre le risque de leur révél...

...d'autres moyens. Dans mes appartements, se trouve mon ordinateur personnel, et celui-là n'est pas relié au réseau. Dans un dossier confidentiel, dont le code est à la correspondance alphab...

...code :"Puissent leurs souffrances n'avoir pas été vaines". Il est caché dans l'âtre, le feu holographique cache une brique creus...

S'ensuit un plan simpliste des SSD. Plus que parcellaire, il n'en est pas moins particulièrement précis sur les couloirs qu'il décrit, il précise également quelques raccourcis fort utiles et quelques lieux stratégiques pour échapper aux éventuelles créatures rodant dans les parages. Pour autant, n'y figure ni le bunker des rebelles, ni aucune indication les concernant, à l'exception d'un renfoncement marqué d'une croix annoté "Abri, éviter".

...accéder. Même si les codes changent, mon passe ouvrira toujours la...

...survivrai-je. Puisse Joshi veiller sur ceux qui conservent la clairvoyance dans leurs actions et leurs pensées. Et puisse Merio me garder une place en enfer pour que nous puissions tous deux ruminer de concert la bêtise qui nous afflige.

Il reste encore quelques pages, mais elles sont vierges, seulement tachées de boue noirâtre et de poussière. Un passe-partout magnétique, jusqu'alors coincé contre la couverture tombe lorsque l'on tourne les pages. Noir et sans fioriture, il paraît cependant n'avoir pas souffert de son séjour dans les SSD et porte pour seule inscription les lettres argentées "A.C.".
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Re: Coup de blues

Message par Lian Grenfield le Dim 4 Juil - 1:57

Après quelques minutes d’attentes tremblante, elle reprit sa lecture, tout en tendant l’oreille au cas où. Elle tourna les pages et fut très surprise des phrases qui suivait, d’après les statistiques d’Allan, l’effet des ondes alpha n’était pas uniquement de repousser les créatures, elles les rendaient aussi plus agressives et meurtrières. Etait ce un contre effet non voulu ? Personne d’autre n’avait donc relevé cette information capitale ? Était-il « dangereux » d’abuser des ondes alpha ? Inquiète mais très intéressée par ces conclusions elle se dépêcha de trouver un nouveau passage lisible. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’elle comprit que les pages suivantes avaient été tachées d’un précieux liquide vital, quelqu’un avait posé des mains pleines de sang et avait souillé de rouge le papier des pages. Etait ce l’auteur du carnet qui s’était blessé, ou bien était un autre lecteur tout comme Lian ? Etait ce son propre sang que le lecteur avait déposé, ou alors celui d’un autre ? Elle examina de près quelques tâches. Peut être serait il possible d’en faire un prélèvement et de trouver dans un des registres du réseau de la brigade à qui il appartenait ? Il lui faudrait pour cela faire les yeux doux aux scientifiques rebelles et insister auprès de Rian pour qu’il cherche grâce à ses connaissances informatiques, mais c’était envisageable.

La suite semblait moins intéressante, une référence à un souvenir qu’elle ne pouvait pas comprendre puis des extraits de textes dont elle ne pouvait faire le lien avec le haut prêtre. Soudain un lien se fit avec les lignes précédentes. D’après ce qu’Allan avait écrit, il avait tenté une incursion dans les SSD, seul et sans escorte. Il avait été sérieusement blessé, et dans sa folie il espérait ne croiser aucun rebelle, ni aucun brigadiers. Qui pourtant auraient pu le sortir de ses ennuis. Il comptait seulement sur ses propres forces et ses maigres protections pour tenir seul face aux créatures. Lian tourna une nouvelle fois la page, comme hypnotisée par ce qu’elle lisait. Elle tomba sur une série de petits bâtons parallèles. Certainement le compte approximatif des jours passés dans les souterrains. Allan avait il une montre qui lui avait indiqué combien d’heures puis de jours il avait passé seul, ou alors s’était il fié uniquement à son instinct, puisqu’il ne pouvait pas compter sur la présence de la moindre lumière du soleil.

La suite promettait, Alla, croyant apparemment sa dernière heure venue avait tenu à léguer son testament par écrit, son savoir, ses connaissances. Les lignes devenaient plus lisibles, comme si on avait appuyé sur le crayon, insisté physiquement sur les mots et leur importance. Lian tremblait en lisant ces révélations, ainsi Allan avait recouvré toute sa mémoire, ou au moins une bonne partie et il connaissait le moyen de partir ? Pourquoi ne pas communiquer son savoir dans ce cas ? Elle se figea ensuite en le voyant aborder le sujet sensible des ondes alpha, mais il n’avait pas l’intention de révéler quoi que ce soit sur elles dans ces pages. Dommage, la curiosité de la rebelle ne serait pas satisfaite maintenant. Le pouvoir change les gens, voila une vérité qui pouvait en effet s’appliquer à chacun. Au moins Cadmun en avait il conscience. La page suivante était presque intégralement raturée et la moitié avait été déchirée, malgré tous les efforts de Lian qui colla son nez aux lignes, elle ne pu rien en tirer. Quand elle pu reprendre sa lecture, se fut pour se demander si Allan avait déliré ou s’il pensait réellement que les créatures savaient lire… Il était vrai qu’elle en avait croisé des humanoïdes qui maniaient assez bien les armes. Autant dire qu’elles étaient très dangereuses et avaient peut être des capacités mentales, un peu comme ces ombres, les plus dangereuses malgré leur immatérialité, celles-ci étaient capables de tactiques, alors pourquoi pas de savoir lire ?

S’ensuivit une description de l’endroit où l’on pouvait trouver les informations supplémentaires, cachées dans un ordinateur contenant un dossier confidentiel au code assez long et révélateur des pensées de celui qui l’avait crée. Puis, un plan avait été griffonné, Lian fut vraiment étonnée d’y trouver autant de détails. Allan avait du rester un bout de temps dans les souterrains, cela signifiait il qu’il était possible avec très peu de moyens de créer des ondes alpha ? Car c’était certainement la seule raison qui avait empêché les créatures de l’agresser et de le tuer. Le haut prêtre avait du vivre plusieurs semaines ici pour avoir autant de détails. Etonnamment, il n’y avait presque aucune indication sur les camps rebelles. N’existaient ils pas encore à cette époque ? La rebelle étudia attentivement tous les détails et nota mentalement les raccourcis et les lieux stratégiques pour se prévenir des créatures. Parmi ceux là, elle en connaissait une bonne partie, sachant qu’ils existaient toujours ou au contraire qu’ils étaient maintenant détruit ou inaccessibles. Cependant elle en ignorait une petite partie et se promit d’aller vérifier les informations, c’était toujours utile et ainsi elle améliorerait ses connaissances des souterrains. Elle fut presque déçue de constater que les dernières pages étaient vierges d’écritures et contenaient seulement de la boue et de la poussière. Toutefois, à la fin de l’ouvrage, entre la couverture et la page de garde avait été glissé un passe. Il glissa et atterrit sur les jambes de la rebelle qui le saisit avec prudence et hésitation. Elle l’examina attentivement, mais il était neutre, simplement de couleur noir avec inscrit les lettres « A. C. ». Vers quoi menait-il ? Elle l’ignorait totalement. Une chose était sure, elle pourrait toujours lui trouver une utilité, même si pour cela il lui fallait le transformer en marque-page.

Consciencieusement, elle le remit à sa place dans le carnet noir et se fit la réflexion que l’auteur des notes aimait vraiment cette couleur pour la choisir autant. Etait ce pour sa sobriété ou à cause d’un deuil ? Elle glissa le carnet sans l’abimer dans une petite pochette qui était accrochée à sa ceinture. Sa lecture était terminée, mais elle voulait conserver l’ouvrage, pour le relire et ainsi peut être comprendre un peu mieux certains passages mystérieux, pour avoir une preuve, et peut être même le rendre à son propriétaire, puisque celui-ci était encore en vie et avait survécu à son expédition dans les SSD. Elle n’avait jamais eu de réelle envie de converser avec le haut prêtre, si ce n’était pour lui réclamer un peu plus d’ondes alpha. Maintenant, elle avait d’autres questions à lui poser, et elle aurait voulu en savoir plus sur le mystérieux dirigeant de la congrégation de Joshi. Il lui semblait nettement plus intéressant, mais aussi très secret et loin de vouloir livrer les informations dont il disposait. Profitant de ses réflexions intérieures, elle avait rechargé sa lampe de poche dynamo.

hj: dois je m'éditer pour dire que je rentre dans le bunker rebelle, puis je continuer mon Rp avec quelqu'un d'autre, ou tu as une autre idée derrière la tête?
Moi, je veux en savoir plus! bounce
En plus tu me donnes un passe mais sans explications... * va tester son passe partout *
Ca ouvre peut être... les toilettes de la congrégations? Very Happy
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Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Coup de blues

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