Un Prisonnier de marque

Aller en bas

Un Prisonnier de marque

Message par Judikhael Wienfield le Dim 4 Juil - 21:48



Entendre Yan le railler à moitié alors qu'il était à deux doigts de perdre conscience face à la pression exercée par le rebelle était presque plus douloureux à Judikhael que la douleur purement physique. A tout prendre, il aurait préféré que l'autre garde sa poigne de fer sur son épaule, mais que son ancien ami lui épargne l'humiliation de devoir supporter ses sarcasmes à demi voilés. Mais à bien y réfléchir, avait-il épargné Yan dans la passé ? certes, il lui avait donné ce maudit couteau, petite arme d'apparence anodine qui avait pourtant changé le desitn de Yan en quelque chose de pas si anodin que ca. Mais mis à part cela, l'avait-il épargné par ailleurs ? non, bien sûr que non. Puisque Judikhael l'avait lui-même torturé, aussi bien physiquement que mentalement d'ailleurs, avant d'attendre la sentence de Joséphine. Non, il n'avait en rien épargné Yan dans le passé. Inutile alors de s'attendre àà ce que Yan l'épargne en retour...

"Bandez-lui les yeux et bouchez lui les oreilles. Emmenons-le au quartier général."

Charmant. Il ne pourrait pas même espérer profiter de cette détestable mésaventure pour tenter de repérer le bunker rebelle. Si tant est qu'on le conduisait bien audit bunker, dit quartier général des rebelles, qui donnait tant de mal à la Brigade quant à sa localisation. Mais une fois les yeux bandés et les oreilles bouchées, il lui serait inutile de tenter de s'y retrouver. Il avait beau avoir été formé à toutes circonstances, dont celle de ne pas parler en cas de torture, on ne lui avait jamais appris comment se repérer quand on était sourd et aveugle. Sans doute parce que personne, ou si peu, en était capable...

Et commença alors un long calvaire pour Judikhael qui, mortifié, chuta à de nombreuses reprises, trébuchant plus encore, sentant tous ses muscles alors tendus mis à rude épreuve. Le trajet fut si long, sans doute rallongé exprès en son honneur, qu'il en vint à perdre tout sens du temps et de l'espace. Si ce n'est la main qui le tenait ou le rattrapait parfois plus que durement, le retirant en arrière pour qu'il se remette sur pied de suite, ou le canin de fusil qui le poussait parfois un peu trop durement le faisant trébucher de plus belle, plus rien d'autre n'existait pour le commandor. Et ce fut avec un soulagement non feint qu'il sentit l'air changé. Sans doute entraient-ils enfin dans le bunker ? Du moins l'espérait-il. En tout cas le sol sous ses pas, et l'air cinglant son visage avaient changé. Il n'entendait ni ne voyait toujours rien, mais ces changements devaient forcément signifier qu'ils approchaient de leur destination.

Combien de temps avaient-ils marché ainsi ? Quelques minutes ? Quelques heures ? Plus encore ? Il n'en savait trop rien. Et pour tout dire, il n'en avait que faire. Tout ce qu'il espérait, était un tout petit moment pour reprendre ses esprits et tenter de chasser cette douleur qui lui taraudait de plus en plus l'épaule, douleur à laquelle se rajoutaient maintenant fatigue amère, soif obsédante et cruelle honte. Oui honte. Honte de s'être laissé prendre ainsi, et surtout honte de se voir dans une position si humiliante face à cette bande de renégats qu'il n'avait eu de cesse de traquer ces dernières décennies.

Nombre d'entre ces hommes et femmes avaient déjà dû subir ses talents d'inquisiteurs, ou avaient souffert des ordres de commandor qu'il avait donnés alors sans l'ombre d'une hésitation. Non pas qu'il regrettat ses actions et ses ordres. Si cela était à refaire, il referait certainement exactement la même chose. Bon peut-être qu'il ne donnerait pas ce maudit couteau à Yan, et qu'il le tuerait à la place de ses propres mains si toute cette scène avait été à refaire. Mais pour le reste... Non, il était intimement convaincu qu'il avait agi dans l'intérêt de la Guilde et de Nosco. Qu'ainsi il protégeait les noscoiens de ce que ce monde représentait et de tous les dangers que cette folie recelait. Non, il ne regrettait en aucun cas donc. Mais nul doute alors que ces rebelles n'allaient pas perdre l'occasion de lui faire payer chaque geste, chaque ordre, chaque instant de traque qu'il avait si savamment orchestré contre eux.

Et dans un étrange élan de fierté, comme si cette pensée, au lieu de le désespérer, lui donnait au contraire le souffle de courage dont il avait cruellement besoin, Judikhael se redressa de toute sa hauteur, tentant de relevr fièrement la tête. Du moins aussi fièrement que ses entraves et ses blessures le lui permettaient...

Son soulagement fut alors confirmé, quand on le fit rudement asseoir sur ce qui ressemblait de prime abord à une paillasse rudimentaire. On lui retira ses entraves sensorielles, lui laissant toutefois ses mains liées, puis, avant même que ses yeux puissent se réhabituer à cette lourde lumière blanchâtre, ou que son ouie parvienne à accepter tous ses sons d'un coup sans bourdonner de façon si éhonté, on l'avait laisé seul, enfermé, avec pour seul compagnon le morne silence. Un silence qui toutefois lui fut réparateur, lui permettant de reprendre un peu ses esprits et de rassembler ses pensées.

Ce silence ne dura pas longtemps cependant. A peine commençait-il à enfin penser plus clairement, que déjà la porte se rouvrait. Sur un homme d'apparence assez jeune que Judikhael se souvenait d'avoir déjà vu, et en Nosco, et dans les fichiers des rebelles. En fait, Judikhael connaissait presque chaque rebelle par coeur... par leurs dossiers classés confidentiels. Ces fameux dossiers si savamment complétés pour mieux traquer leur proie. Jefferson. Matthew Jefferson. Un scientifique talentueux qui avait quitté assez rapidement la Guilde pour mettre ses talents au service des rebelles. Judikhael ne comprit la présence du jeune homme que lorsque celui-ci commença à lui ôter son uniforme, sans même lui adresser une parole d'ailleurs, et à observer ses plaies.

Le commandor savait que le jeune homm n'était pas forcément médecin, pas de formation noscoienne toutefois. sans doute les rebelles n'ayant pas de médecin réellement compétents, avaient dû faire appel aux bonnes volontés ayant quelques connaissances en science et biologie. Non pas que Judikhael s'inquiéta réellement se comment il serait soigné. Tout bien compté, ce n'était pas sa préoccupation première, pour être honnête. Non sa première préoccupation était de savoir comment il parviendrait à se tirer de ce mauvais pas. Il devait trouver un moyen de s'enfuir. Et vite. Et de tenir jusqu'à ce moment-là... En tout cas les rebelles n'étaient pas prêts de laisser cette belle proie qu'il devait représenter s'envoler si facilement, comme le lui indiquait si bien la jeune Lian avec son fusil braqué sur lui.

Judikhael ne fit alors aucun geste, qui aurait pu être pris comme un signe d'agressivité ou autre, et se laissa faire par les mains, ma foi assez plutôt professionnelles, du jeune homme qui s'activait à nettoyer la plaie. Quand le médecin improviser commença à le suturer, le commandor eut bien du mal malgré tout à ne pas gémir sous l'assaut de l'aiguille, alors bien moins aimable que les gestes experts ne l'auraient laissé penser de prime abord. Sans doute petite vengeance, encore et toujours, comme il y en aurait sans doute beaucoup d'autres. Cela lui ferait encore une belle cicatrice, pensa-t-il, en tentant de relativiser la douleur aiguë qui le harcelait à chaque percée dans sa peau...

Ne pas broncher donc. Subir ce qu'ils lui feraient subir, le tout en silence, et le plus dignement possible. Et attendre. Attendre le bon moment, l'occasion qui ne manquerait pas de se présenter. Endormir leur vigilance si possible, en se montrant, si ce n'est coopératif, du moins non agressif... Tel était pour l'heure le seul plan qu'il avait réussi à concevoir. Bien piètre plan, ne manqua pas de lui souffler une petite voix ironique en lui.

avatar
Judikhael Wienfield
~ Guildien ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haut Conseiller
Âge réel : 111 ans
Âge d'apparence : 30 ans

Compétences
Mémoire:
4250/10000  (4250/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Lian Grenfield le Sam 10 Juil - 0:15

hj: ma réponse est pas terrible désolé. j'espère qu'elle conviendra, sinon n'hésitez pas à me le dire.

La prudence était de mise avec Judikhael Wienfield. Malgré toutes les précautions prises, une faille s’insinua dans la belle mécanique. Une erreur s’immisça pour mettre à mal les plans des rebelles. Au moment où le commandor trébuchait et tombait une nouvelle fois et qu’un rebelle le forçait à se relever, l’oreillette du chef de la brigade glissa et tombe sur le sol. Evènement certes anodin, si l’un d’eux y avait prêté attention, seulement voila, chacun était attentif au moindre mouvement de leur prisonnier et Lian venait de jeter un regard par-dessus son épaule. Personne n’avait remarqué l’objet et celui-ci resta donc au sol, tandis que la petite troupe s’éloignait, inconsciente du danger qu’ils avaient semé. Loin de leur quartier général, mais assez réel pour indiquer que le commandor de la guilde avait eu un problème et avait perdu une partie de son équipement. Ce fut seulement plusieurs heures plus tard, au moment où les rebelles inventorièrent les objets du haut conseiller qu’ils remarquèrent l’absence et la signalèrent. Il serait alors certainement trop tard…

Pour le moment, leur prisonnier était isolé et soigné du mieux possible. C’était un jeune scientifique du nom de Matthew Jefferson. Il nettoya la plaie et la cousu le plus proprement possible, mais sans anesthésier Judikhael qui grimaça sous la douleur, même s’il ne laissa échapper aucun cri. Lian avait terriblement envie de coller un poing à Judikhael pour ce qu’il avait osé faire à ses amis, cependant ce n’était pas une attitude digne ou responsable. Elle attendit donc patiemment que le pseudo médecin, le seul scientifique qui avait accepté de se déplacer pour soigner le prisonnier, ai fini ses soins et penche la tête pour lui indiquer que sa mission était remplie et qu’il ne pouvait rien de plus pour celui-ci. La jeune femme ouvrit la porte pour le laisser sortir tout en continuant de pointer son arme sur le commandor. Elle faillit lancer une phrase assassine, mais se retint à temps et tourna les talons. Laissant Judikhael réfléchir à ce qui l’attendait et dont il n’avait aucune idée. Le prisonnier pouvait maintenant se mouvoir comme bon lui semblait, bien qu’on lui ai enlevé tout objet contendant qui aurait pu servir d’arme contre un rebelle ou contre lui-même. La cellule était petite mais bien aménagée, assez grande pour contenir une paillasse, une table ou avait été laissée une bouteille d’eau. Le silence serait l’allié ou l’ennemi du prisonnier pour les heures qui suivraient.

Dans son idée, Yan et Rian étaient forcement dans la salle de réunion pour surveiller et discuter du prisonnier et savoir ce qu’ils en feraient, ce qu’ils pourraient demander en échange et comment sauver leurs compagnons. Quelle ne fut pas sa surprise de trouver les deux hommes devant la porte. Avaient-ils déjà discuté assez et voulaient ils passer aux choses sérieuses ? Ce qui signifierait certainement la torture pour obtenir des aveux. Elle remarqua rapidement que l’informaticien avait prit le temps de se changer, il semblait pourtant à côté de ses chaussures, on voyait visiblement qu’il aurait préféré être n’importe où mais pas ici à ce moment même. Elle s’approcha et lui posa une main sur le bras, quelques secondes sans rien dire, ni ajouter, pour lui montrer qu’elle le soutenait mentalement mais sans lui imposer. Puis, elle fixa Yan et reprit la conversation, puisqu’il fallait qu’ils décident de ce qu’ils feraient dans les prochaines minutes et de ce qui arriverait. Elle commença par poser les questions, car la curiosité la poussait agir dans ce sens.


Vous avez prit une décision ? Quel est le programme ?

Mais elle donna aussi les indications qu’elle avait récolté de son côté.

Matthew vient de soigner notre prisonnier. Il n’a pour l’instant rien dit de particulier, ni menace, ni proposition d’arrangement… Personne n’a communiqué avec lui depuis qu’il a été isolé.

Maigre consolation en comparaison de la perte qu’ils avaient subit et en sachant que leurs alliés étaient peut être, et même certainement, déjà aux mains de la guilde, torturés pour obtenir toutes les informations possibles sur les rebelles et leurs bunkers. Pourtant jamais un rebelle n’avait lâché d’information capitale, préférant mourir pour leur cause. Dernier acte de bravoure et de dévotion pour leurs idéaux et pour se moquer encore une fois de plus de l’impératrice et de ses alliés.

Lian cherchait des réponses dans le regard clair de Yan espérant qu’il saurait les guider dans cette situation difficile et qu’il gèrerait le problème le mieux possible, car Rian se laisserait certainement emporté par ses sentiments et son trouble. Quoi qu’en y réfléchissant, le chef des rebelles était aussi dans une position délicate, rendre prisonnier celui qui l’avait, involontairement certes, sauvé. Toutefois, vu les attaques répétés des créatures en ce moment, il serait dur à quiconque de survivre longtemps seul en dehors des bunkers sans connaître son chemin dans les souterrains et sans arme alpha. Un instant Lian se prit à rêver à réussir à capturer l’impératrice un jour, ce serait sans doute la fin du conflit, un peu comme si Yan se faisait prendre… sans chef, une armée est toujours grandement affaiblie car elle ne sait pas comment agir ou réagir. C’est pourquoi en ce moment même la jeune rebelle cherchait de l’aide dans le regard de Yan, ainsi que les ordres qu’elle devrait suivre pour agir correctement et ne pas se perdre.

avatar
Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Yan Merling le Dim 11 Juil - 21:27

Yan était quelque part assez fier de son ancien filleul, de celui qu'il avait guidé et formé en Nosco et qui était devenu maintenant un commandor de taille. Judikhael avait beau ne pas avoir fière allure ainsi blessé, attaché, les yeux bandés, mais il n'avait apparemment pas abandonné toute sa fierté d'hommes de combat et de commandement. Oui, Yan était fier. Car quelque part, c'était lui qui avait formé cet homme, cet ami, ce frère devenu ennemi. Il suivit simplement du regard son ancien ami, maintenant ennemi, alors qu'on le menait vers la première salle d'isolement, en vue d'un interrogatoire qui pouvait s'annoncer musclé. Une once de nostalgie et de profonde peine le submergea l'espace d'un instant, avant qu'il ne parvienne à se reprendre.

Ce n'était pas le moment de flancher, surtout pas devant ses hommes et encore moins devant Judikhael. Ils attendait tous sa décision, son commandement. Leur prisonnier n'était pas n'importe qui, et tous attendaient que yan décident ce qu'il falait en faire. Heureusement, Lian semblaient prête à prendre quelques initiatives concernant leur invité de marque. C'est donc avec un certain soulagement, qu'il lui laissa momentanément les rênes, le temps d'aller lui-même reprendre ses esprits et son self controle dans la salle de réunion.

Il y resta alors une bonne quinzaine de minutes, tournant en rond autour de la longue table, tentant de rassembler ses pensées, chassant les idées parasites, et tentant de ramener ses priorités au premier plan. Il était primordial qu'il ne perde pas de vue son objectif. Leur objectif. Premier de tous pour le moment : sortir leurs deux compagnons de la situation désespérée dans laquelle ils devaient être. Il doutait de pouvoir aller plus loin d'ailleurs, et de pouvoir espérer passer à l'objectif deux, même avec un otage de marque tel que Judikhael. Il aurait pourtant été plus qu'estimable d'avoir en outre une rançon en finance. Mais il doutait de pouvoir y parvenir. Déjà marchander un prisonnier contre deux. La Guilde était mine de rien très dure en affaires. Mais après tout, qui ne tente rien n'a rien.

Finalement, ne voyant personne le rejoindre, sans doute par peur de le déranger dans ses pensées agitées, Yan se décida à rejoindre ses deux bras droits, qui devaient sans doute l'attendre vers la salle d'isolement. Et effectivement, on lui indiqua que Lian était déjà à l'intérieur, avec Matthew qui tentait de soigner le prisonnier, tandis que Rian arrivait tout juste lui aussi pour les rejoindre. Ils n'eurent pas le temps de se concerter, que Lian sortait à son tour et qui rapidement leur fit un rapide compte-rendu de ce qui avait déjà été fait.

"Bonnes initiatives", la félicita-t-il.

Il fixa un instant ses deux plus proches collaborateurs, pour finalement donner ses commandements.

"Il n'échappera pas à la procédure habituelle, quelque soit son rang. Il subira les tortures qu'il a su nous infliger à tous lors de ses interrogatoires. D'ailleurs, chaque membre de la rebéllion qui voudra y participer y aura droit. Enfin, dans la limite du raisonnable : il ne faudrait pas qu'il meure ici."

Un air de dégoût profond le défigura plus encore un court instant.

"Je doute qu'il ait réellement des informations qui nous soient utiles. Tous les codes ou autres qu'il pourrait nous révéler, si jamais il nous les révèle, seront rapidement changés dès que la Guilde s'apercevra de sa disparition. Peut-être pourra-t-il nous cracher les plans à venir de la Brigade ? mais j'en doute... Il n'est pas homme à parler. Mais qu'au moins on l'affaiblisse suffisamment pour lui ôter toute envie ou toute force de nous fausser compagnie. Il nous servira surtout comme monnaie d'échange"


Voilà. Tout son plan était exposé. Un plan qui se résumait à peu de choses, mais qu'importe.

"Si vous êtes prêts, commençons de suite. Et dans trois heures, qu'on vienne nosu relayer", ajouta-t-il, cette fois l'ordre s'adressant à un autre rebelle qui gardait l'entrée de la salle non loin d'eux. "Qu'on ne lui laisse aucun instant de répis, aucun repos, jusqu'à nouvel ordre. Et quand nous aurons fini notre tour, il nous faudra planifier notre marchandage rapidement. Nous avons deux compagnons à récupérer ensuite..."

Et sans plus attendre, il pénétra dans la salle, ses deux accolytes sur les talons.
avatar
Yan Merling
~ Chef des rebelles ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Dirigeant des rebelles
Âge réel : 114 ans
Âge d'apparence : 40 ans

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Rian McGregor le Jeu 15 Juil - 1:04

Il avait beau trainer les pieds, le bunker rebelle n'était pas bien grand et c'est bien plus rapidement qu'il l'aurait voulu qu'il arriva à destination, à savoir les cellules. Devant la porte il chercha encore une petite excuse pour repousser à nouveau le moment où il devrait se rendre sur place mais il n'y avait décidément plus rien, il soupira et s'approcha encore jusqu'à entendre la voix de Lian qui disait que le prisonnier avait été soigné et isolé. Apparemment elle parlait avec Yan devant la porte de la cellule. Il n'avait donc rien loupé, dommage...
Il s'approcha jusqu'à être en vue des deux autres et en oublia même de grimacer comme c'était son habitude lorsque Yan félicitait Lian. Décidément, il était vraiment très mal à l'aise pour en être arrivé à ce point ! Mais il y réfléchirait plus tard.

La grimace qu'il n'avait pas faite l'instant d'avant s'afficha clairement sur son visage lorsque Yan parla de torture. Il n'aimait pas cet homme, il le haïssait même c'était clair mais il n'avait jamais été porté sur la boucherie, il espérait juste qu'il réussirait à ne pas trop voir de ce qu'on allait infliger à ce gars là. Il avait déjà une imagination assez bonne, il n'était pas utile qu'on lui rajoute de quoi alimenter ses cauchemars, Joshi merci. La suite le dégouta encore plus, torturer quelqu'un pour avoir des informations n'était déjà pas très joli mais si en plus ce n'était que pour le plaisir de l'affaiblir... Allons bon, il n'allait quand même pas être malade ?
Il se sentait nauséeux soudainement, nauséeux et fatigué. La vie de rebelle était vraiment très compliquée... Et le fait de savoir qu'il n'y avait aucune autre vie possible le déprimait au plus haut point. Qu'y avait-il avant Nescio ? Il n'avait pas le moindre souvenir et il avait beau passer des heures et des heures à essayer de discipliner son cerveau, il n'y parvenait jamais, alors à quoi bon tenter ?
Une migraine horrible vint tout à coup accompagner sa nausée et il porta la main à son front, se sentant fiévreux tout à coup. Il lui semblait qu'on lui tapait avec un marteau sur les tempes. Du fin fond de son imagination, car c'était bien ça ? Une voix froide vint lui assener :

*non monsieur vous ne pouvez pas entrer les visites sont interdites*

La terre chavira un instant et il dû poser une main tremblante contre le mur le plus proche, cette voix... Mais c'était déjà terminé, le petit éclair de lucidité qu'il avait eu s'était estompé et il ne lui restait plus que cette petite phrase pourtant si précieuse. Car elle était précieuse, il le sentait, son imagination ne lui jouait pas des tours. Il avait déjà entendu cette voix quelque part, et elle l'emplissait de colère et de peine sans qu'il puisse comprendre pourquoi.

"Si vous êtes prêts, commençons de suite. Et dans trois heures, qu'on vienne nous relayer"

Il sursauta, retombant brusquement sur terre et se souvenant douloureusement de l'endroit où il était. Zut et rezut, il allait vraiment être obligé d'assister à ça ? Son malaise et la faiblesse qu'il ressentait tout à coup lui aurait fourni l'excuse idéale pour éviter ce calvaire mais il ne tenait pas non plus à admettre qu'il se sentait faible. Il était Rian, en tant que tel il était bien trop fier pour cela.

Espérant que personne n'avait vu son moment d'absence ou remarqué sa pâleur, il se fabriqua un masque résolu et se décida à entrer derrière Yan, notant la présence de Matthew venu soigner le prisonnier et demandant :

« Est-ce terminé ? Est-il en état d'être interrogé ? »

Il espérait secrètement que l'autre lui répondrait non mais il fallait croire que Joshi n'était pas avec lui aujourd'hui puisque son interlocuteur hocha aussitôt la tête avant de sortir. Misère de misère...

Coincé pile là où il ne voulait pas être, il tourna un regard inexpressif vers Yan et Lian, attendant qu'ils prennent les choses en main. Ce n'était pas lui qui allait se charger de ça, c'était une chose certaine ! Il allait déjà avoir pas mal d'effort à faire sur lui même pour rester impassible alors qu'on ne lui en demande pas plus !

_________________
L'urgent est terminé, l'impossible est en cours,... pour les miracles, prévoir 24H ! [source inconnue]
avatar
Rian McGregor
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, informaticien
Âge réel : 10 ans passés à Nosco
Âge d'apparence : Une vingtaine d'années

Compétences
Mémoire:
250/10000  (250/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Yan Merling le Mer 21 Juil - 12:51

Il était clair que le jeune informaticien ne semblait pas bien dans ses chaussettes. Ce qui n'avait rien d'étonnant, Rian n'était pas fait pour le terrain et encore moins avec les récents événements qu'il avait vécus. Voir un de ses compagnons mourir, deux autres se faire capturer et devoir faire face ensuite au commandor seul à seul en attendant les renforts avait déjà dû être une épreuve en soi. Devoir ensuite assister à ce que les rebelles s'apprêtaient à infliger au commandor devait alors lui paraître insurmontable.

Qu'on ne s'y trompe pas. Si Yan était avant tout le chef de la rébellion, un peu comme un chef de guerre, il n'en était pas moins insensible pour autant. D'autant plus qu'il s'apprêtait à faire subir à son ami de toujours des sévices qui allaient ensuite le hanter jusque longtemps. Et non, leur torture n'était nullement barbarie. Le sang ne coulerait pas à flot, et s'il coulait e serait très peu. Non, les tortures que Yan adoptait était plutôt de la torture psychologique avant toute chose, une méthode qu'il avait bien souvent préféré à la force brute et qu'il avait d'ailleurs enseigné en son temps à Judiklhael. Ce dernier avait d'ailleurs été un excellent élève, et était devenu un maître es torture bien plus doué que lui, alliant force et mots, perturbation des sens et de l'esprit, pour ses interrogatoires. Donc non, pas de barbarie.

Mais il savait aussi que le commandor connaissait ses méthodes, et pour cause, ayant été son élève. Il savait à quoi s'attendre et savait donc comment y résister. Yan allait devoir se montrer rude et surtout innover un peu. Il devait avant toute chose déstabiliser son adversaire. Surprise serait donc au rendez-vous de cette séance peu commune... Mais pour cette surprise, il allait avoir besoin de Rian. Et donc il allait avoir besoin de ses compétences, et que le garçon reprenne donc son sang-froid.

Voyant que le jeune homme avait du mal à reprendre ses sens, Yan s'avança donc vers lui, sous le regard interrogateur et curieux de Lian et de Judikhael alors tenu en joue par la jeune femme. A voix basse, pour que seul lui et Rian l'entendent, Yan s'adressa d'un ton calme et serein au gamin :

"Rian, si tu as encore besoin de repos, dis-le moi. Je vais avoir besoin de toi pour tester... notre nouveau matériel."

Il faisait référence à ce dont lui avait parlé le jeune informaticien il y a longtemps. Une sorte d'appareil de simulation, qui, par l'intermédiaire d'un casque relié à un programme complexe créé par Rian, pouvait vous plonger dans un univers simulé des plus complexes et des plus bluffant. Rian lui avait parlé de simulation par stimulation d'ondes cérébrales particulières, faisant croire peu à peu à un univers réel qui n'était que virtuel. Toutes les explications purement scientifiques avaient paru bien nébuleuses pour Yan, mais ce système l'avait hautement intéressé et il avait vivement encourage Rian de poursuivre en ce sens. Jamais ce système n'avait encore vraiment été testé. Il était temps alors selon lui de commencer la première phase d'expérimentation... Même si elle n'était peut-être pas sans danger. Ils avaient là, un cobaye idéal. Et Yan avait là alors un moyen de réellement déstabilisé Judikhael pour prendre ensuite l'avantage sur son ancien ami.

"Mais il va te falloir être en pleine possession de tes moyens, puisque c'est toi qui va devoir conduire les rênes de cette nouvelle expérience. Tu vois ce dont je veux parler ?"


Dans l'état dans lequel était le gamin, Yan se demandait si c'était vraiment une bonne idée soudain. Pourtant c'était le moment idéal.

"Je ne veux te forcer en rien" , reprit-il d'un ton presque paternel et surtout en rien chargé de reproche. "Si tu ne te sens pas prêt pour ce test, nous trouverons un autre moyen."

Un autre moyen de déstabilisation, entendons nous bien. Il était hors de question que Yan se lance dans ce programme seul, sans son informaticien pour le guider.

Et alors qu'il attendait la réponse du jeune homme, un des rebelles entra à son tour, après avoir prévenu de son arrivée, et tendit un objet à Yan. Il s'agissait d'un casque doté simplement d'une sorte de visière à rabattre devant les yeux et de deux fines oreillettes. Un objet bien anodin de prime abord.

Yan s'en empara alors, offrant un signe de tête en guise de remerciement au rebelle qui repartait déjà, barricadant la porte derrière eux, et se retourna alors de nouveau vers Rian. Devait-il changer ses plans ? ou le garçon se sentait-il prêt tout de même ?

(HJ : comme demandé par Judilkhael, j'ai pris sa place dans l'ordre du RP. Du coup, ca peut bousculer à nouveau l'ordre. Rian, Lian puis Judikhael ? A voir ce que vous désirez. Et je me suis permis une petite liberté en inventant un outil à la matrix (enfin plus light^^). A voir si ca vous convient, sinon j'édite. Smile )
avatar
Yan Merling
~ Chef des rebelles ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Dirigeant des rebelles
Âge réel : 114 ans
Âge d'apparence : 40 ans

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Rian McGregor le Jeu 22 Juil - 22:07

"Rian, si tu as encore besoin de repos, dis-le moi. Je vais avoir besoin de toi pour tester... notre nouveau matériel."

Leur nouveau matériel ? Là il ne comprenait pas... Avait-il inventé un nouvel appareil de torture dernièrement sans qu'il ne parvienne à s'en souvenir ? Ce serait pour le moins étonnant. Et d'une il avait une assez bonne mémoire, et de deux il n'avait pas vraiment pour habitude d'inventer ce genre de chose. Non vraiment, il était perdu... Il fixa son regard clair vers son chef, cherchant à savoir où il voulait en venir. Celui-ci enchaina en lui disant qu'il devrait-être en pleine possession de ses moyens. Si il voyait de quoi Yan voulait parler ? La bonne blague... Il nageait dans le brouillard là. C'était tout Yan ça, ne pouvait-il pas être un peu plus explicite ? En plus d'être nauséeux, le jeune homme commençait à se sentir migraineux. Merveilleux...

Il n'avait pas envie de réfléchir. Il avait envie de sortir de cette satanée pièce, d'oublier cette satanée rébellion, ce satané guildien, ce satané regard paternel que lui décochait Yan et d'aller se coucher. Dormir et oublier, voilà ce qui l'intéressait. Penser à la vision qu'il venait d'avoir aussi peut-être, si on pouvait appeler cela une vision étant donné qu'il n'avait rien vu... La petite phrase continuait à tourner dans sa tête et à lui tarauder les tempes. Merveilleux, encore.
Malheureusement pour lui si une partie de son cerveau n'avait pas envie de réfléchir, l'autre partie avait commencé son boulot sans même lui demander son avis. Révélation ! On aurait presque pu voir une petite ampoule s'allumer au dessus de son crane lorsqu'il comprit enfin de quoi Yan lui parlait. Mais c'est bien sur ! Son programme de simulation !

Dès lors Rian était perdu. Si il n'avait pas le moindre intérêt pour ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à de la torture, il ne pouvait toutefois pas s'empêcher de sauter au plafond dès lors qu'on lui donnait l'occasion de tester une de ses innombrables et incompréhensibles théories pêchées dans on ne savait quelles recherches nébuleuses qu'il avait effectuées la plupart du temps au beau milieu de la nuit sur une intuition subite. Cela faisait des mois que son système de simulation virtuelle, qu'il avait amoureusement baptisée SSV, était au point. Du moins en théorie car pour savoir si une telle chose marche il faut avant tout pouvoir la tester, et pour tester il fallait un cobaye. Si il l'avait pu il aurait très certainement déposé le casque directement sur sa tête et sans même s'accorder une demi seconde de réflexion, comment un système inventé par lui pouvait-il bien être dangereux alors qu'il ne se trompait jamais hein ? Mais malheureusement Yan ne l'avait jamais laissé faire, ayant sans doute un peu plus de doutes que Rian sur la perfection de ses talents et préférant ne pas prendre le risque de perdre son informaticien au milieu d'un monde virtuel. Inutile de vous dire que tout cela avait été la cause de pas mal de grincements de dents et de hauts cris de la part de ledit informaticien... A quoi servait son invention si il ne pouvait pas l'utiliser franchement ?

"Si tu ne te sens pas prêt pour ce test, nous trouverons un autre moyen."

Ben voyons, et son invention finirait aux oubliettes ? Peut-être ne l'avait-il pas fait exprès mais Rian devait bien avouer que Yan était un stratège hors pair, consciemment ou pas !

« Je vais très bien, je suis juste fatigué de me répéter. »

Menteur lui ? Mais non voyons... Son regard était fixé sur l'objet qu'on venait d'amener et il le récupéra d'autorité, ne souhaitant surtout pas qu'on l'abime. Sa nausée était oubliée et sa migraine réduite à un léger battement dans ses tempes. Il était bien trop curieux de voir ce que l'expérience allait donner pour s'arrêter aux problèmes aussi insignifiants que ces signaux de son corps !
Décidé et sur de lui, il s'approcha du guildien, lui signifiant d'un regard dur qu'il serait inutile de tenter la moindre résistance et s'employa à installer l'étrange casque sans toutefois encore rabattre la visière. Lorsque le commandor aurait été forcé de mettre les oreillettes et de rabattre celle-ci il se retrouverait alors complètement coupé du monde et plongé là ou Rian serait décidé à le plonger. L'informaticien se doutait que Yan ne choisirait pas des scènes agréables et que le cobaye ne serait pas épargné mais il avait réussi à mettre ses appréhensions de coté. Tout ceci n'était pour lui qu'une expérience, il devait s'en convaincre et oublier le coté humain. Qui sait quelles utilisations stupéfiantes la résistance pourrait faire de cette invention encore au stade de prototype ?

« Je suis prêt à lancer la phase de test et à aller plus loin si cela s'avère concluant. »


Il avait ouvert le mini ordinateur qui l'accompagnait partout soigneusement rangé dans sa poche. En quelques secondes il pouvait se connecter au casque ainsi qu'à l'ordinateur central de la base, autant dire qu'il pouvait créer un peu tout et n'importe quoi avec le SSV... Reculé dans un coin de la pièce, il plongea le regard dans l'écran devant lui dans l'espoir d'oublier le reste...

_________________
L'urgent est terminé, l'impossible est en cours,... pour les miracles, prévoir 24H ! [source inconnue]
avatar
Rian McGregor
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, informaticien
Âge réel : 10 ans passés à Nosco
Âge d'apparence : Une vingtaine d'années

Compétences
Mémoire:
250/10000  (250/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Judikhael Wienfield le Sam 21 Aoû - 20:55

[HJ : je saute expressément le tour de lian qui n'a pas répondu depuis un mois.]


C'est avec une grande curiosité et un soudaine et lourde appréhension, que Judikhael vit l'appareil qu'on tendait à Yan et dont Rian venait de s'emparer à son tour, comme si ce... casque... ou quoique ce soit cela était... lui était aussi précieux que la prunelle de ses yeux. Nouvelle expérience, disait Yan ? Il ne savait pas pourquoi, mais soudain Judikhael n'appréciait que moyennement ce terme. Nouvelle expérience... Nouveau matériel... Allait-il servir de cobaye pour tester ce nouveau joujou ? Voilà qui sortait des sentiers battus. Mais après tout, était-ce si surprenant de la part de Yan ? Tous deux connaissaient bien trop les méthodes de l'autre pour y craquer aussi simplement. Il fallait à tous deux trouver des choses nouvelles, des méthodes hors du commun et hors des sentiers battus pour faire craquer, ou tenter de faire craquer l'autre. Si Judikhael l'avait vite compris, nul doute que Yan en était venu aux mêmes conclusions.

Ainsi la nouvelle méthode de yan était ce... casque. Enfin ce que pouvait bien cacher ce casque. Mais Judikhael avait beau se creuser les méninges, pour l'heure, il n'arrivait pas à deviner à quoi ce matériel pouvait bien servir. Sans doute était-il inutile de torturer ses méninges, lui diriez-vous, il allait le savoir bien assez tôt, après tout, n'est-ce pas ?

Judikhael regarda le jeune informaticien s'approcher de lui sans broncher, conscient que vu sa position il était inutile de se rebiffer, et le laissa faire, sentant toutefois son rythme cardiaque grandement s'affoler. Il sentit quelqu'un le prendre par le bras et l'installer sur une chaise sur laquelle il fut solidement attaché, avant d'être définitivement coupé du monde de la cellule quand on rabattit la visière du casque et qu'on lui mit les oreillettes en place. Tout n'était alors que noir et silence.

Jusqu'à...

Jusqu'à ce qu'une petite lumière clignote dans la visière, focalisant soudain toute son attention sur ce point lumineux, qui devint burtalement vive lumière blanche aveuglante. Fermant les yeux sous cet assaut, il fut aussitôt assailli par un sifflement aigu qui lui vrilla les tympans. Il lui était toutefois impossible de se soustraire à ce bruit comme il avait tenté de le faire avec la lumière, puisqu'il avait les mains attachés et qu'il était immobilisé. Il sentit tous ses muscles se crisper sous cet assaut, mais bien vite le sifflement s'estompa et au lieu de cela une voix douce lui susurra à l'oreille :

- Ouvre donc les yeux.

Ce qu'il fit, incapable étrangement de ne pas obéir pour le moment, comme si ses sens liquéfiés, il n'était plus que pantin au son de cette voix.

- Regarde... et suis moi...

Judikhael regarda alors autour de lui... et eu l'étrange surprise de voir autour de lui une petite pièce. Fort confortable de prime abord. Et devant lui... une jeune femme aux formes exquises et aguicheuses, qui, il devait l'avouer, ne le laissait pas totalement indifférent. Une jeune femme qui lui disait vaguement quelque chose sans qu'il parvienne à l'identifier clairement. Comme si son visage restait encore flou, les fines lignes de son visage se fonant dans les ombres de la pièce à la lumière plus que tamisée.

- Suis moi, lui susurra-t-elle à nouveau.

Et, toujours comme tiré par une volonté autre que la sienne, il la suivit. Ou plutôt son moi virtuelle la suivit, se morigéna-t-il. Tout ceci n'était que virtuel... virtuel... Ils arrivèrent alors dans une autre pièce, plus sombre, plus glauque aussi. Les anciens quartiers de la brigade, avant qu'elle ne déménage dans les SSU. Yan... à côté de lui, qui lui disait quelque chose qu'il ne comprenait pas... yan... du temps d'avant... Un souvenir. On sollicitait à lui un souvenir. Le souvenir de son premier apprentissage en matière de torture. Torture envers une créature alors qu'ils avaient réussi à capturer et qu'ils tentaient d'étudier... vivantes...

Et ainsi nombre de scènes se succédèrent, yan souvent à côté de lui, parfois lui posant une question incongrue par rapport à la scène qui se jouait devant lui, question à laquelle il ne répondait pas, une partie de lui, au porix d'un effort incommensurable, lui soufflant que tout ceci n'était que virtuel, que Yan cherchait à le déstabiliser et à lui soutirer une information, qu'il ne fallait pas qu'il réponde, qu'il ne devait pas se laisser porter...

Une carte. Yan, lui et quelques autres hommes, des brigadiers dont quelques uns avaient disparu, penché dessus. Judikhael montrant un point sur la carte. Yan lui posant une question sur l'emplacement d'un des passages secrets du capitol... Judikhael à deux doigts de lui répondre et se retournant vivement vers Yan, une lueur circonspecte dans les yeux, avant de se rappeler réalité virtuelle... Judikhael reposant son attention sur la carte...

Et une autre vision se superposant soudain à celle-ci... Un endroit plutôt désertique... sous une tente... Ils étaient quatre ou cinq, tous vétus d'habits clairs leur permettant de se fondre sans peine dans le désert. Au centre, lui plus jeune, désignant des points d'une carte. Sa voix résonnant dans le silence du désert : "Nous attaquerons à la nouvelle lune. Ma vengeance a sonné." A cela, les acolytes répondant dixit d'une seule voix... Lui relevant alors son regard clair sur ces hommes qui le suivaient si docilement. Peut-être trop docilement parfois. Il savait un traitre être dans ses rangs. Un traitre sans doute parmi les quatre hommes qui étaient sous cette tente. le plan qu'il venait de donner était faux. Il s'en souvenait maintenant. C'était un piège. Un piège qu'il tendait au traitre. A la nouvelle lune, ce traitre serait compromis et tué. A la nouvelle lune, seul le traitre se rendrait au lieu donné. Avec les garnisons turques des Qadjars qui s'étaient sans doute préparées à détruire leur petit mouvement qui tentait tant bien que mal de survivre... A la nouvelle lune, il tuerait de ses propres mains ce traitre... et sa vengeance pourrait effectivement sonner de nouveau comme elle aurait dû sonner depuis si longtemps...

Et soudain noir total. Silence total. Un souffle rauque pour seule compagnie. Son souffle à lui, réalisa-t-il, tandis que son coeur battait une chamade de tous les diables, menaçant de s'arrêter au prochain battement tant cette valse effrénée l'éprouvait alors...

_________________


La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

Albert Camus
avatar
Judikhael Wienfield
~ Guildien ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haut Conseiller
Âge réel : 111 ans
Âge d'apparence : 30 ans

Compétences
Mémoire:
4250/10000  (4250/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Yan Merling le Sam 28 Aoû - 19:02

Yan devait avouer qu'il était plus qu'impressionné par l'efficacité de cette méthode. Là où il aurait mis des jours et des semaines pour dérouter son ancien camarade brigadier, il venait de mettre quelques heures à peine. C'était pour lui un record vis à vis de Judikhael. Et cette méthode, même si elle restait à mettre mieux au point, était plutôt prometteuse. Ils n'en étaient qu'au tatonnement, et Rian avait parfois du mal encore à donner exactement les illusions que Yan désirait rendre dans l'esprit de son prisonnier de marque. Mais l'idée était là.

Et pour courronner le tout, ils avaient bien failli faire flancher le commandor, qui, à trois reprises, avait bien failli lâcher l'information tant désirée. Un code, un accès, ou autre... S'ils avaient réussi à arracher une telle information en si peu de temps au commandor, ils auraient pu porter un coup décisif à la Guilde et à Joséphine. Malheureusement, l'esprit du commandor était encore assez fort pour résister et ne pas vendre ses précieuses informations. C'en était rageant quelque part, car Yan savait de qui Judikhael tenait une force mentale si forte et si entêtée à ne rien cracher. De lui. C'était lui qui avait formé Judikhael. C'était lui qui l'avait si bien formé à toutes les méthodes d'interrogatoire et toutes les ruses. Et malheureusement pour eux, Judiklhael avait été un élève très assidu.

Mais Yan ne baissait pas les bras pour si peu. Dommage qu'il ne puisse pas continuer cette méthode trop longtemps, mais ni Rian ni lui ne tiendraient non plus. Tant pis, ils allaient laisser le relais à d'autres rebelles, histoire de fatiguer un peu plus le commandor et ils reprendraient dans quelques heures ou demain, le temps de mettre aussi sa stratégie au point concernant cette nouvelle méthode.

"Merci Rian, je pense qu'on va arrêter là."

A ces mots, Yan se redressa lui aussi, n'ayant pas eu conscience d'avoir été si concentré pour suivre et diriger l'opération, ni de s'être autant crispé. Il alla lui-même enlever le casque à Judikhael, lui arrachant un sourd gémissement, sans doute sous l'effet de la surprise d'une déconnexion abrupte à cette vision créée. A moins que ce ne soit de douleur peut-être ? Il fut toutefois bien content de trouver les yeux bleus du commandor fermés. Il n'avait aucune envie de se retrouver les yeux dans les yeux avec lui après une telle séance.

Et sans même un regard pour son ancien ami, il se retourna vers Rian, l'enjoignant d'un geste à sortir avec lui et à le suivre. Il se contenta d'interpeller deux rebelles sur son passage et de leur donner ses rapides consignes :

"Je vous le laisse. Ne l'abimez pas trop quand même, il doit tenir jusqu'à ce que je décide de son sort."

Sort qui était tout décidé toutefois le concernant. Il avait une dette envers Judikhael. Et il s'acquitterait de celle-là en le libérant. Enfin, en le libérant lors d'un échange, qu'on ne lui demande pas non plus d'être trop magnanime.

(HJ : arrête-t-on là ? A moins que Rian ne veuille répondre et clôturer ?)
avatar
Yan Merling
~ Chef des rebelles ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Dirigeant des rebelles
Âge réel : 114 ans
Âge d'apparence : 40 ans

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Rian McGregor le Dim 29 Aoû - 18:35

Une réussite, comme toujours ses recherches s'avéraient se terminer sur une parfaite réussite. Un être exceptionnel, doué de qualité exceptionnel et exceptionnellement utile pour la cause non moins exceptionnel qu'il servait. Voilà ce qu'il était selon ses propres pensées et voilà un résumé la petite mélodie joyeuse que lui chantait son esprit tandis qu'il supervisait les visions étranges que devaient avoir leur prisonnier sous la houlette de Yan. Aucune anicroche, pas le moindre bug, quelques difficultés par moment à bien adapter les scènes que l'on voulait créer mais rien de bien grave. Son prototype marchait à merveille, à quoi servirait-il c'était une excellente question mais en tout cas i l fonctionnait. Lui, Rian Mcgregor, informaticien rebelle de son état, était parvenu à créer un appareil de création de simulation virtuel rien qu'en utilisant les capacités formidables de ses formidables neurones. Il était sur un nuage, encore une fois il était conforté dans la haute estime en laquelle il se tenait lui même. Un génial inventeur, voilà ce qu'il était et tant pis si son arrogance lui attirait toutes les foudres de Joshi. A l'heure actuelle il n'avait pas peur de Joshi, celui-ci n'avait qu'à bien se tenir si il ne voulait pas se confronter au grand et célébrissime Rian Mcgregor, le plus talentueux de tous les êtres de Nescio réuni. Quoi il en faisait trop ? Et alors ?

"Merci Rian, je pense qu'on va arrêter là."

La voix de Yan le fit redescendre sur terre et il coupa le logiciel de mauvaise grâce. Il n'aimait pas être arrêté ainsi au beau milieu d'une expérience, il avait encore des tonnes de paramètres à vérifier ! Un regard bref sur le cobaye le fit chuter brutalement de son nuage, il en avait presque oublié qu'il travaillait sur un être vivant, et humain par dessus le marché...
Le chef rebelle retira le casque sans précaution, l'informaticien failli lui hurler dessus à ce geste, inquiet pour son matériel mais le gémissement du commandor l'arrêta. Souffrait-il ? Rian n'avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait bien faire d'être ainsi propulsé dans un monde irréel, ni d'en être arraché de cette façon. Son estomac se noua en un nœud serré à l'idée de l'enthousiasme avec lequel il avait mené l'opération. Que savait-il exactement de la douleur que pouvait provoquer ce truc ? Bien entendu c'était quelque part le but puisqu'il s'agissait de faire parler un être plus que coriace mais tout de même... Il ne s'agissait ni plus ni moins de torture, une torture un peu plus propre qu'à l'habitude mais une torture quand même... Cette fois ça y était, il allait être malade. Il emboita le pas de Yan sans un mot et regretta de ne pas s'être bouché les oreilles lorsque celui-ci parla aux autres rebelles. Ne l'abimait pas trop... Et lui ? Jusqu'à quel point l'avait-il abimé ?



HJ : et voilà pour la conclusion, rp terminé. Merci à tous les participants ^^

_________________
L'urgent est terminé, l'impossible est en cours,... pour les miracles, prévoir 24H ! [source inconnue]
avatar
Rian McGregor
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, informaticien
Âge réel : 10 ans passés à Nosco
Âge d'apparence : Une vingtaine d'années

Compétences
Mémoire:
250/10000  (250/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un Prisonnier de marque

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum