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Message par Invité le Mer 11 Aoû - 22:15

D'ici, elle avait presque l'impression d'être seule. Presque l'impression d'être dehors. Pour ce que ça pouvait bien vouloir dire. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait être dehors. Et d'ailleurs, est-ce qu'elle était vraiment dedans? C'était ce qu'ils affirmaient, et elle voulait les croire, mais elle avait du mal.
Assise au pied d'un arbre, les bras étroitement serrés autour de ses jambes, à tel point qu'elle ne se sentait pas le courage de détacher ses mains le temps d'écarter les cheveux qui lui tombaient devant les yeux et lui voilaient en partie la vue du petit cours d'eau, un peu plus loin, le menton posé sur ses genoux, elle ne réfléchissait pas vraiment. Les bruits de la.. ville? - elle avait un mal fou à considérer cet endroit comme tel - avaient beau être étouffés ici, presque absents, elle sentait encore la pression fantomatique de la foule autour d'elle.

Elle se sentait comme une coquille vide qu'on essayait de casser pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur. On le lui avait dit, elle devait s'habituer, se débrouiller toute seule. Alors elle avait pris son courage à deux mains. Elle avait rasé les murs en sortant de chez elle, un chez elle trop neuf, elle ne s'y sentait pas du tout à son aise, il y manquait des tas de choses et elle n'avait pas la moindre idée de quoi. Elle avait pris une grande inspiration et était sortie. Mais est-ce qu'on peut sortir quand on reste dedans? Pas vraiment logique.
Les cinq premières minutes avaient été à peu près supportables. Puis elle avait commencé à se sentir oppressée. Il y avait des gens partout. Elle ne savait pas où elle était. Elle aurait dû le savoir, mais elle n'arrivait pas à s'en souvenir. Pas parce qu'on le lui avait dit la veille, mais parce qu'elle avait vu un plan. Elle aurait dû se souvenir du plan. Plus les minutes passaient, plus elle se sentait mal. Tout au fond, elle se sentait agacée à l'idée de ne pas se souvenir de ce fichu plan. Et plus elle se sentait agacée, plus elle se sentait mal. Et plus elle voyait les gens autour d'elle, plus elle se sentait mal.
Alors, elle avait accéléré le pas, instinctivement attirée par un endroit plus calme, sans plus personne autour d'elle. A la fin, elle avait même couru, s'enfonçant plus profond qu'elle ne l'avait réalisé dans cet espèce de jardin.
Essoufflée, elle avait trouvé l'arbre et s'était assise là.

A présent, la tension redescendait lentement, et Irène faisait de son mieux pour ne pas penser au chemin du retour qu'elle devrait bien faire à un moment ou à un autre. Peut-être qu'elle attendrait la nuit. Peut-être qu'il n'y aurait plus personne. Elle se savait ridicule, mais elle était bien incapable d'autre chose.

Elle se sentait plus détendue. Elle osa même détacher une de ses mains pour coincer ses cheveux derrière ses oreilles. Et machinalement, son doigt descendit pour tracer des formes dans la terre qui entourait le pied de l'arbre, des formes géométriques, qu'elle ne regardait pas vraiment. Ça l'apaisait beaucoup plus que le bruit de l'eau, c'était logique, c'était compréhensible, tout s'emboîtait parfaitement. C'était rassurant.
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Message par Silvio Anthelmios le Jeu 12 Aoû - 15:49

Pour Silvio, la journée.... Plutôt calme... Pas trop dure.
Habituellement, la journée de Silvio était déjà toute tracée, faite pour être complète, avec un bon rendement et le moins de perte de temps possible. Mais attention ! N'étaient pas considérées comme pertes de temps le petit temps de sommeil du matin en plus, ainsi que le petit temps de lecture. La journée les comprenait donc au même titre que les entrainements et les heures passées à suivre les ordres du patron.
Le travail lui plaisait de plus en plus, tout comme ça vie ici. Ca bougeait bien, c'était varié, il pouvait donner des ordres et voir plein de camarades brigadier s'empresser d'obéir... Que du bonheur. Surtout lorsqu'il rajoutait à ceux qui trainaient "et dépêchez-vous, sinon le patron va râler". C'était presque drôle de les sentir imaginer Judikhael hors de lui pour une tâche toute simple, et de les voir se dépêcher illico presto. Jouissif. Alors que le patron, avec son Second, c'était un homme tout à fait normal, qui écoutait ses idées... Ce n'était pas le grand-méchant loup. Même s'il était... Imposant. Parfois, à côté de lui, Silvio complexait. Il aurait vraiment dû boire plus de soupe...

Enfin, la journée s'était donc passée tranquillement, sereinement. Un peu trop. Silvio, s'il avait pas de quoi vraiment s'affairer avec un peu de stress et de risque, il se sentait pas bien. Comme frustré, avec l'impression qu'il avait oublié quelque chose, que non, ça n'était pas possible, il avait FORCEMENT oublié quelque chose d'important à faire... Sans arriver à mettre le doigt dessus.
Et c'est donc avec cette humeur morose qu'il arriva dans la Cour Intérieure, son livre à la main. Livre électronique encore éteint qui ne permettait pas de voir l'oeuvre entamée Il allait tête basse, et quand il la relevaaa.....

Quelqu'un. Là. Sous l'arbre. À SA place.

La sienne, à lui, où il allait tous les jours à l'heure de la pause lecture ! SA place ! L'herbe était presque courbée selon la forme de SES fesses ! Et elle... Sans gêne... Sans arme...
Ah bah c'était le bouquet. Ca n'allait pas se passer comme cela, croyez-moi ! Chercher une autre place ? et puis quoi encore ? Elle était jeune, dynamique, et en tort ! C'était donc légitime de lui demander de bouger son fessier de SA place !
Il n'avait pas l'air aimable, Silvio, en se penchant au-dessus d'elle. Même s'il semblait très...hum...agacé de sa présence, il gardait un ton relativement poli et posé.

"- Excusez-moi, mais habituellement, c'est ma place, ici."
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Message par Invité le Jeu 12 Aoû - 21:30

Absorbée dans une brume de réflexions embrouillées, Irène considérait les quelques lignes tracées dans la terre. Une petite voix, tout au fond, lui disait qu'il était bien stupide de se concentrer autant dans ce qui n'étaient que de petites rigoles, pourtant, pourtant, elle ne parvenait pas à en détacher son attention, comme si quelque chose cherchait à se mettre en place, la pièce d'un puzzle, ou peut-être un rouage, oui, le cliquetis d'un engrenage qui trouve sa place, voilà ce qu'elle cherchait soudainement de toutes ses forces. Le déclic pour saisir ce que représentait ce dessin. Cela dit, la terre n'était pas le meilleur matériau pour ce faire. Peut-être que plus tard, elle pourrait le redessiner, plus lisiblement. Oui, peut-être b...

"- Excusez-moi, mais habituellement, c'est ma place, ici."

Elle releva la tête d'un coup, un frisson d'inquiétude lui tendant douloureusement le dos. Elle ne connaissait pas cette voix, elle en était certaine. Elle n'avait rien entendu. d'où venait-il? Qu'est-ce qu'elle avait fait de mal?
Lentement, elle leva les yeux, juste assez pour distinguer un menton, et le pli agacé d'une bouche, avant qu'ils ne sautent d'eux-mêmes à un point situé au-dessus de l'épaule gauche de son interlocuteur.
Ohmondieumondieumondieumondieu. Il était énervé, non? Si. Si, c'était sûr, les sourcils froncés, le reproche. Qu'est-ce qu'elle avait fait de mal?
Elle détourna le regard pour aller le fixer sur le bout de ses chaussures enfouit dans l'herbe et rentra la tête dans les épaules.

- Je...euh... Je... Votre... euh... Place...? murmura-t-elle d'une toute petite voix, hésitant plus encore sur le point d'interrogation que sur le reste de la phrase.

Ce n'était pas de la mauvaise volonté, loin de là, elle ne comprenait tout simplement pas. Rien. Sa place? Qu'est-ce que cela voulait dire? Une règle qu'elle avait oublié dans la longue liste qu'on lui avait énoncée? Et si c'était le cas?
Ohmondieumondieumondieumondieu.
Elle jeta un coup d'œil désespéré à ses dessins comme s'ils pouvaient lui être d'une aide quelconque.

- Monsieur... S'il vous plait... Merci... Pardon... ajouta-t-elle à voix encore plus basse.

Quelques formules de politesse au hasard, c'était tout ce qu'elle avait trouvé, presque tétanisée par l'expression d'agacement qu'elle avait lue sur le visage de celui dont elle avait pris la place. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire? Qu'est-ce qu'elle devait faire? Elle ne songea pas un seul instant au plus simple, au plus évident : s'excuser, se lever, s'excuser encore et aller s'asseoir ailleurs. Impossible de faire preuve de la moindre logique, encore moins d'initiative, d'autant plus que sa gorge commençait à se serrer. Elle était fatiguée, assommée par toutes ces choses, perdue, et pour couronner le tout, elle avait mis quelqu'un en colère.
C'était ridicule, elle le savait, mais une sourde envie de pleurer commençait à monter.
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Message par Silvio Anthelmios le Ven 13 Aoû - 19:50

Les yeux de Silvio s'arrondirent. Woah... Il était si monstrueux que ça ? Si effrayant ? A priori, pas plus que d'habitude. Mais là, tout de même, c'en devenait alarmant. Silvio devait effrayer ses adversaires, pas les jeunes filles !

Quel âge avait-elle ? Là, dans cette position d'infériorité, elle semblait toute petite, une enfant qui dessinait gentiment par terre, une enfant un peu timide qui n'aime pas se faire rouspéter. Elle avait les cheveux blancs... Elle avait la taille d'une adolescente. Un problème de santé, peut-être ? Silvio avait entendu parler des trisomiques, mais ignorait à quoi ça pouvait ressembler... Mais peut-être à ça. On aurait vraiment dit une enfant dans un corps d'adulte.
Bon, c'était sa place, mais est-ce qu'une petite créature comme celle-là, visiblement sans défense aucune, pouvait lui avoir voulu du mal ? Oh, c'était vicieux, les petites choses aux grands yeux humides. Même celle-là? Bon, peut-être pas...

Silvio s'agenouilla à la hauteur de la petite chose balbutiante, l'air... Intrigué. L'air de dire "c'est quoi ça ?". Et c'était un air qu'il prenait souvent en présence des choses, là... Les trucs roses qui braillent... LES ENFANTS, voilà ! Silvio n'avait toujours pas compris l'intérêt de ces bestioles. Il ne cherchait pas à comprendre.
D'ailleurs, la bestiole lui avait piqué sa place.
Mais il ne pouvait pas balancer une fille comme ça, parce que c'était sa place ! Silvio avait beau être militaire, il gardait un cerveau, et des manières ! Des manières galantes, qui plus est !

"- Eh bien, petite... quelque chose ne va pas ?"
*Y a intérêt à ce que ce soit assez grave pour te donner une BONNE raison de me prendre MA place.*

Il avait presque l'air paternel. Presque. Juste qu'il n'aurait pas dû la regarder avec ces yeux noirs, quoi...
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Message par Invité le Ven 13 Aoû - 21:17

Irène se raidit quand celui-dont-elle-avait-pris-la-place se porta à sa hauteur, enfouissant son visage dans ses bras dans l'attente d'elle ne savait quoi. Il allait bien se passer quelque chose, non? Il allait s'énerver, il allait peut-être même crier. Elle n'avait pas du tout envie que ça arrive, pour tout dire, elle ne pensait pas être capable de supporter ça en plus du reste. Trop, c'était trop, elle qui ne pouvait pas exploser pour relâcher la pression qui pesait sur elle, qui ne pouvait pas se dérober à ce qu'on lui avait intimé de faire, qui ne savait faire autrement que de subir avec l'espoir que cela passe, se demandait si elle parviendrait à trouver une certaine tranquillité dans cet endroit trop étrange.

"- Eh bien, petite... quelque chose ne va pas ?"

A entendre ces quelques mots, en totale contradiction avec l'attitude qu'elle avait vue un instant plus tôt, elle releva timidement la tête et, à travers le voile de ses cheveux, regarda cet homme qui lui faisait face, tout en évitant soigneusement de croiser son regard.
Les mots se mirent soudainement à se bousculer dans sa bouche, et, alors que dans un éclair de lucidité elle réalisait qu'elle avait besoin de réconfort et n'avait personne qui puisse le lui offrir, elle répondit de sa voix douce, parfois un peu tremblotante.

- C'est que... Je suis désolée... Pour votre place. Je ne savais pas, je... Je viens d'arriver ici, je me sens un peu perdue. Beaucoup perdue, et... Je ne voulais pas vous mettre en colère, je suis désolée. Et puis...

Elle pinça les lèvres pour faire taire ce flot de paroles - tout du moins le considérait-elle ainsi. Il ne la connaissait pas, au nom de quoi aurait-il été intéressé par ce qu'elle avait à dire? Il avait un livre à la main - comment avait-elle fait pour reconnaître un livre dans cet objet? -, il devait certainement être là pour profiter d'un moment de solitude et de détente. Il avait autre chose à faire, bien sûr.
Elle esquissa un vague sourire et détourna les yeux en se redressant légèrement.

- Désolée... C'est juste que... Je n'aurais pas cru que ça me manquerait d'avoir quelqu'un à qui parler. Alors... Pardon. Je ne voulais pas vous déranger, ajouta-t-elle presque normalement, tout du moins, normalement pour elle. Tout ceci sans songer un seul instant qu'elle était celle qui avait été dérangée en premier lieu.

Elle avait presque repris contenance maintenant que la première vague de panique était passée et que son interlocuteur ne semblait pas vouloir se mettre réellement en colère. Pendant un instant, elle eut envie de lui poser des questions - et cela dut se lire sans peine sur son visage-, puis réalisa que ce serait bien déplacé de se laisser aller à ce genre d'indiscrétions face à un inconnu, qui plus est quelqu'un qui n'avait certainement pas envie d'être ennuyé par quoi que ce soit, à plus forte raison par une jeune femme déboussolée et incapable de tenir correctement une discussion.
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Message par Silvio Anthelmios le Dim 15 Aoû - 1:42

Oh, c'était donc une petite nouvelle. De celles qui se sentaient perdues. Qui faisaient tout un cinema parce qu'elles étaient ici, que c'était vraiment trop terrible d'avoir perdu tout ses souvenirs, papa maman et ce qu'on avait avant. Ce genre de comportement exaspérait Silvio qui le qualifiait de "réaction d'adolescente fleur bleue pré-pubère".
Mais il n'allait pas dire ça à la petite chose devant lui. C'était peut-être vraiment une adolescente pré-pubère. Le comportement aurait donc été tout à fait normal...

Et si on jouait ? Ohwiii.. Profiter un peu de la situation pour s'amuser un peu, aux dépends de la demoiselle, avant de récupérer sa place ! C'était mééééchant... Mais Silvio aimait ça. Il ne se le permettait pas souvent... Alors il avait un peu perdu la main. Aussi il resta un moment tête basse, à réfléchir, installant un silence entre eux, sans gêne. Oh, il venait d'avoir une idée, complètement dingue ! Où pouvait-elle le mener ?

"- Savez-vous qui je suis..?"

Oui, il allait jouer sur l'identité. Un sourire énigmatique éclaira son visage, une petite lueur s'installa dans son regard, alors qu'il laissait un temps s'écouler. L'annonce allait être importante. Il en profitait pour se préparer à ancrer l'expression qui allait apparaitre sur le visage de la demoiselle dans sa mémoire.

"- Je suis l'amant caché de Joséphine de Nosco, notre impératrice."

Oh oui, c'était délirant, c'était n'importe quoi, et Silvio avait grand-peine à se retenir de pouffer de rire. Mais si Irène était nouvelle, l'histoire passerait mieux qu'une lettre à la poste... Elle ne pouvait pas déjà connaitre assez l'impératrice pour mettre l'histoire en doute.
Et là, il fallait faire le lien entre cette histoire et la petite.

"- Elle parle beaucoup, alors j'ai l'habitude d'écouter... Vous vous sentez perdue ?"

Il avait pris un ton presque paternel, alors qu'il se moquait éperdument de ce que ressentait la petite. Un genou posé à terre, il pencha la tête de côté, avec un air qu'il voulait rassurant... Héhéhé... L'amant caché de Joséphine...
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Message par Invité le Dim 15 Aoû - 2:11

"- Savez-vous qui je suis..?"

Elle se raidit à la question, s'attendant à s'entendre dire qu'il était quelqu'un qui pourrait lui faire payer de s'être assise là et pas ailleurs. Et qui n'était toujours pas partie. Elle secoua à peine la tête pour répondre par la négative, persistant à regarder ses chaussures. Le silence qu'il laissait planer la mettait terriblement mal à l'aise et elle commençait à songer très sérieusement à oser se lever et s'éloigner, autant pour ne plus risquer de remontrances que pour mettre un peu plus de distance entre lui et elle.

"- Je suis l'amant caché de Joséphine de Nosco, notre impératrice."

Elle écarquilla largement les yeux, posa sur son interlocuteur un regard incrédule et, brusquement, rougit et baissa de nouveau la tête. On pouvait sans peine voir la tension qui nouait ses épaules. Et de l'extérieur, elle avait tout l'air d'une pucelle effarouchée à qui l'on avait raconté quelque chose d'affreusement déplacé. c'était l'air qu'elle avait quasiment en permanence depuis son arrivée après tout. Les lèvres pincées, elle ne répondit pas immédiatement, son cerveau tournant à pleins rouages, elle ne dirait rien tant qu'elle ne serait pas sûre et certaine de ce qu'elle voulait dire. Elle pesait chaque mot, son coeur battant la chamade. Il ne fallait surtout pas qu'elle dise de bêtise, oh non, surtout pas.

"- Elle parle beaucoup, alors j'ai l'habitude d'écouter... Vous vous sentez perdue ?"

Elle ne le regarda pas, elle n'osait pas. Si elle le faisait, elle se dégonflerait comme une baudruche, elle le savait. Et elle s'en voudrait affreusement ensuite. Elle prit une inspiration mal assurée et resserra ses mains sur ses genoux. Les yeux fixés sur ses chaussures, la tête basse, les joues brûlantes, elle rassembla tout le courage qu'elle pouvait trouver au fond d'elle. Et ce fut d'une voix hachée, tremblotante, à peine plus fort qu'un chuchotement, qu'elle débita sans reprendre son souffle :

- J'ai peut-être l'air jeune et stupide, et peut-être bien que je le suis d'ailleurs. Mais pas autant que vous avez l'air de le penser. Vous... Elle serra un peu plus ses mains et lutta contre la panique qui menaçait de la submerger. Il fallait absolument qu'elle aille jusqu'au bout, elle ne savait pas pourquoi, mais il le fallait. Vous auriez au moins pu me faire l'honneur d'essayer de vous moquer de moi plus subtilement que ça.

Elle s'arrêta là, à bout de souffle, tremblante même, de l'effort monumental qu'elle venait de fournir. Elle ne tourna pas la tête vers lui, elle allait fondre en larmes si elle le faisait et il se moquerait encore plus, c'était une certitude. Espérant se calmer un peu, elle effaça les vagues dessins tracés dans la terre avant de se relever. Peine perdue, et la panique la prenait à la gorge. Et s'il ne se moquait pas d'elle après tout? Et si elle l'offensait en réagissant comme ça? Tout se mélangeait, désorientation, manque de sommeil, peur, émotions inconnues qu'elle connaissait pourtant intimement, loin de l'avoir vexée, il l'avait blessée en la prenant pour ce dont elle avait l'air.

- Je suis désolée de m'être assise à votre place, monsieur, souffla-t-elle du bout des lèvres avant de tout simplement prendre la fuite.

Elle ne tenait pas à se ridiculiser plus qu'elle ne l'avait déjà fait, aussi courut-elle jusqu'à l'arbre le plus proche, pour le contourner et s'y adosser. Elle se laissa glisser, ramena ses genoux contre elle et enfouit sa tête dans ses bras pour y fondre en larmes silencieuses. Elle était à bout de nerfs, c'était un fait.



Dernière édition par Irène Cray le Dim 15 Aoû - 14:56, édité 3 fois
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Message par Silvio Anthelmios le Dim 15 Aoû - 3:18

Oh, mince alors...
Elle avait lu clair dans son jeu. Il avait si mal menti ? Nan parce qu'on aurait dit qu'elle allait lui ressortir ce qu'il avait pensé, dans l'ordre chronologique. Silvio camoufla son étonnement, pour sauver son honneur, et au cas où il pourrait encore en profiter. En réalité, il buvait du petit lait.

Il avait honte. Honte de s'être fait prendre. Honte de s'être laissé prendre. Il aurait pu voir, tout de même, que c'était trop gros... Que seul un gosse un peu crédule le croirait...
Donc la demoiselle était rayée de la liste des gosses et des crédules. Adulte et incrédule ? Impossible. Silvio restait attaché ) l'idée qu'il y avait en elle quelque chose de trop enfantin, et quelque chose dans les traits de son visage qui le poussait à la croire naïve, très naïve.
En fait, mine de rien, Irène, elle aurait fait une arme géniale.
Cachée derrière son apparence un peu ambiguë, elle aurait pu attendrir les ennemis, leur faire boire une limonade empoisonnée sans qu'ils se doutent le moins du monde des mauvaises intentions du bel ange. Les apparences, le fond.... C'était très utilisé en stratégie. Mais au quotidien, Silvio devait l'avouer: il n'avait jamais vu aussi doué qu'Irène.

Il se releva en même temps qu'elle. Mais la laissa ensuite partir. Bien, elle avait compris. Mais du coup, il n'avait pas pu s'amuser...
Silvio resta debout, à la regarder, au loin. Elle l'intriguait. Cette toute petite chose venait de lui rappeler deux leçons importantes: se méfier des apparences, ne jamais sous-estimer l'adversaire. Quelque part, il n'avait pas envie de laisser les choses là. Il fallait bien la remercier, ou l'enfoncer, mais ne pas rester sur cette défaite....
Silvio jeta un coup d'oeil à son livre. Tant pis. Une autre fois. Il revint calmement vers Irène, avec un air grave. Celui qu'il avait lorsqu'il se décidait à mettre un instant l'honneur de côté. Il avait l'impression que la petite avait peur de lui.... Alors qu'il lui devait quelque chose. Cette honte, qu'il avait, ne l'exaspérait pas, bien au contraire. C'était de la bonne honte. Celle qui amenait à ne plus vouloir faire d'erreurs.

"- Je m'appelle Silvio Anthelmios. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là."

Plus que les apparences, Irène venait de gagner le respect de Silvio...
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Message par Invité le Dim 15 Aoû - 3:57

En cet instant, Irène était submergée par la sensation que ça ne s'arrêterait jamais. Que c'était ça, Nosco, que ce n'était que gens effrayants, blessants et trop occupés pour s'arrêter réellement. D'abord le docteur Heidelberg, puis ce... ce... lui. Impossible de trouver un refuge, un endroit où tout ça s'envolerait pour ne laisser que paix et tranquillité. Et pourtant, c'était ce qu'elle voulait, tout ce qu'elle voulait.
Enfin...
Non, si elle devait être réellement sincère, elle voulait aussi qu'on se soucie d'elle et qu'on lui offre un peu de réconfort. Mais franchement. Qui aurait voulu perdre son temps à réconforter et rassurer la gamine pleurnicheuse qu'elle était en cet instant précis?
Non, elle devait se reprendre, elle devait se redresser, et même si elle était bien incapable de marcher la tête haute, elle devait trouver quelque chose qui lui ferait du bien. Après tout, aucun mouvement n'était perpétuel, tout finissait pas s'arrêter à un moment ou un autre. Tout ce qui était cassé pouvait se réparer. Alors pourquoi pas elle? Voilà, elle allait se raccrocher à cette idée, faire de son mieux, et les choses finiraient par s'arranger. Si elle n'y croyait pas, personne ne le ferait pour elle.

Elle tressaillit à entendre quelqu'un s'approcher et se noua plus étroitement qu'elle ne l'était déjà.

"- Je m'appelle Silvio Anthelmios. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là."

Quoi? Encore? Ça ne lui avait donc pas suffit ? Elle eut soudainement envie de bondir sur ses jambes et de lui hurler au visage de s'en aller, de la laisser tranquille et de se trouver quelqu'un d'autre sur qui passer ses envies de méchanceté. Et aussi vite qu'elle était apparue, cette émotion s'effaça, glissant sur elle comme sur un tissu imperméable.
Elle releva à peine la tête, ne laissant que ses yeux apparaître au-dessus de ses bras, voilés par ses cheveux, et lui jeta un regard quelque peu méfiant avant de le reposer sur le tapis d'herbe qui se déroulait à ses pieds.
Qu'est-ce qu'elle pouvait bien répondre à ça? Elle n'était pas sûre de vouloir le croire malgré la gravité qu'il affichait et ce ton radicalement différent dans sa voix. Aussi resta-t-elle silencieuse un moment.

- Je ne comprends pas ce que vous voulez, finit-elle par se décider à répondre d'une voix douce et, il faut le dire, quelque peu distante.

Elle s'essuya les yeux et se redressa légèrement, gardant la tête basse même si elle ne se cachait plus dans ses bras à présent.

- Je... M'appelle Irène. Cray. Et je...

Elle s'interrompit pour le regarder du coin de l'œil, restant tout de même sur ses gardes. Il n'avait pas l'air de vouloir à nouveau se moquer d'elle. Mais comment savoir? Deux options s'offraient à elle, ou bien refuser cette main tendue et rester dans l'incompréhension la plus totale de ce changement soudain de comportement, ou bien l'accepter, au risque d'être giflée encore plus fort la prochaine fois.

- Et je crois que... que j'aurais bien besoin d'un mouchoir pour le moment, ajouta-t-elle en esquissant un très vague sourire.

Voilà, elle s'était décidée. Elle prenait le risque. Au moins serait-elle moins prise au dépourvu s'il recommençait à se moquer d'elle et pourrait-elle s'en tenir pour dit.
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Message par Silvio Anthelmios le Dim 15 Aoû - 23:15

Silvio Anthelmios était Second de Commandor. Il connait parfaitement le maniement des armes blanches. Il maitrise les armes à feu. Il sait se battre sans armes. Il connait la stratégie, il connait le Commandor, il peut donner des ordres aux Brigadiers d'Elite. Il sait se repérer dans les sous-sols, il est rapide, il sait grimper sur les toits, faire des tractions, des pompes, des acrobaties...
Mais Silvio, avait-il un mouchoir ?

"- Ah, euh, ben..."

Bah oui, tu fais moins le malin mon coco. Tu sais plus quoi faire....
Silvio fouilla nerveusement ses poches. Sauf qu'habituellement (attention, passage sexy et intéressant) Silvio, enrhumé, il utilisait tous les mouchoirs du paquet d'un coup pendant qu'ils étaient propres, et les ré-utilisait après. Vous n'avez pas compris ? Normal, je m'exprime n'importe comment, et j'ai la flemme d'effacer pour être clair. De toutes façon, ça revient à la même conclusion dramatique:
Silvio n'avait pas de mouchoir propre.
Que des usés, tous ramollis, dont un qui s'effritait entre ses doigts. Fichtre. Il ne pouvait pas perdre la face, comme ça, face à un pauvre mouchoir en papier !
Ah, celui-ci n'était pas tout à fait usé. Juste un coin. un coin que Silvio déchira pour le remettre dans sa poche. Ca faisait un mouchoir propre. Froissé, mais propre.

"- Y a ça, qui est propre... Enfin, je ne sais pas si vous en voulez toujours..."

Avec un petit sourire gêné. Damn, elle savait maintenant sa faiblesse, la tâche qu'il ne pouvait pas accomplir....
Dangereuse, cette petite. Très dangereuse.

"- Mais dites-moi... Vous n'avez trouvé personne pour vous guider, ici ? C'est étrange... Personne n'est venu à vous...?"

Bah, il fallait bien trouver un autre truc pour l'aider, étant donné qu'il n'avait pas de mouchoir.... La honte, tout de même...
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Message par Invité le Lun 16 Aoû - 2:28

Elle le regarda faire avec un certain étonnement, surprise qu'il tente de trouver un mouchoir à lui donner malgré cette lacune évidente. C'est ce qui la fit hésiter un instant avant de prendre celui qui lui était offert.

- Merci, murmura-t-elle avant de s'essuyer les yeux, puis les mains et de se détourner pour de moucher discrètement. Même dans ce domaine, elle ne faisait presque pas un bruit.

"- Mais dites-moi... Vous n'avez trouvé personne pour vous guider, ici ? C'est étrange... Personne n'est venu à vous...?"

Elle hésita de nouveau. Oh bien sûr, il avait l'air tout à fait sincère et même peut-être un peu intéressé par ce qu'elle avait à répondre à sa question, mais elle n'oubliait pas ce qu'il venait de se passer et en conservait encore une certaine méfiance. C'est en fourrant le mouchoir dans sa poche qu'elle réalisa avec une certaine incrédulité l'effet que pouvait avoir un petit morceau de papier chiffonné et pas très propre sur la brûlure d'une moquerie. Elle se décida à répondre, malgré le malaise provoqué par le vouvoiement, portée par cette impression qu'elle préférait être trop insignifiante pour qu'on songe à lui donner un "vous" beaucoup trop exagéré de son point de vue.

- C'est que... Non... oui. Enfin, si. Quelqu'un est venu mais... Ce qu'il y a c'est que...

Elle s'interrompit avec un léger soupir et ferma les yeux le temps de passer ses mains dans ses cheveux. Agacée qu'elle était par sa propre incapacité à formuler correctement ses pensées à voix haute, elle n'allait pas tarder à lui courir sur les nerfs, c'était à peu près certain. Il faisait un effort, elle devait en faire un en retour, c'était indiscutable. Elle prit une petite inspiration en relevant la tête, jetant un coup d'oeil à ce Silvio au passage, comme pour s'assurer qu'il n'était pas déjà en colère, puis parla à nouveau, toujours de cette petite voix douce qui ne portait pas bien loin.

- Mon pa... ma marraine est très occupée et je dois la rejoindre... Elle sortit une petite montre digitale de sa poche pour y jeter un oeil. Bientôt. Et puisque je ne dormais pas, je me suis dit que je pourrais faire un effort et... essayer de visiter un peu toute seule aussi, mais... Je crois que je me suis un peu surestimée.

A cours de mots le temps que la batterie daigne se recharger, elle observa les jardins pendant un petit moment en tripotant machinalement le revers de sa salopette.

- Et puis... Je n'ose pas lui poser de questions, elle... elle me fait un petit peu peur, ajouta-t-elle en baissant la voix sur la fin de sa phrase. Réalisant le reproche que pouvait contenir cette affirmation, elle s'empressa d'ajouter : Ce n'est pas volontaire mais... voilà.

Irène prit le temps de réfléchir avant de poursuivre. Elle posa un très bref instant son regard sur celui de Silvio, un petit sourire désabusé aux lèvres qui s'effaça bien vite.

- Je sais bien que je suis trop peureuse. C'est ridicule. Mais... mais vous n'avez pas eu peur, vous? En arrivant ici je veux dire?

Son souffle se bloqua dans sa poitrine et elle rougit subitement. Bravo la réflexion. Poser une question pareille à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, ou presque pas, et qui risquait fort de se méprendre et de se vexer. Il ne lui restait plus qu'à attendre une réponse et à espérer que ce ne serait pas le cas.
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Message par Silvio Anthelmios le Jeu 19 Aoû - 15:57

*Ah ouais... J'en ai connu des froussards, mais là...*

Et venant de la part de Silvio, cette pensée n'était pas vraiment dans le sens d'Irène. C'est-à-dire qu'en général, à la brigade, on n'aimait pas trop les peureux, les timides. Ils se v-faisaient vite remonter les bretelles, ou étaient dirigés ailleurs. Mais généralement, on ne les prenait pas, dès le début. Un poids inutile.

Irène ne serait pas brigadière. Ca sautait aux yeux. Et si Silvio n'avait pas encore un peu d'admiration pour son apprentie manipulatrice, elle serait déjà tombée bien bas dans son estime.
Apprentie manipulatrice ? tiens tiens ? Est-ce qu'on pourrait faire quelque chose de cette petite ? L'engager comme apprentie espion et l'envoyer chez les rebelles ?
...
Un dernier coup d'oeil à la petite. Non, elle ne finirait pas espion. Elle s'évanouirait bien avant d'avoir pu arriver chez les rebelles. Donc oui, finalement, la petite, là, en attendant... Elle ne servait à rien ! Il aurait fallu lui apprendre des choses... Oui mais.... Pour ça, il fallait du temps... De la patience... Et Silvio, il était bien gentil, mais il n'avait pas que ça à faire.
Il jeta un oeil à la montre d'Irène. Bon, tant pis, il ne lirait pas cette fois-ci... Maudite Irène. Hm ? S'il avait eu peur en venant ici ? Silvio leva les yeux au ciel, l'air de réfléchir. Ca commençait à dater...

"- Euhm, eh bien, je ne crois pas... J'ai dû avoir envie de découvrir, avant tout... Puis de me faire une place ici. Enfin... Je ne crois pas avoir eu trop peur, non..."

Puis il reposa son regard sur elle.

"- Vous manquez juste un peu de confiance en vous. C'est normal, ça va passer... Je connais des gens qui ont eu le même problème. Bon, certains ont eu recours à des solutions plus... Hum... Radicales... Mais vous allez voir... Ca n'est pas si terrible, ici..."

Avec un léger sourire, que l'on pourrait croire apparu pour rassurer Irène, mais qui était en fait la manifestation de l'idée qui venait de traverser l'esprit de Silvio. Car il ne connaissait personne avec des problèmes de timité... Mais il pouvait très bien inventer. Héhé...Héhéhé...
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Message par Invité le Jeu 19 Aoû - 19:35

Irène tripotait sa montre, machinalement, elle aurait été debout, elle aurait eu du mal à ne pas vaguement dansoter sur ses pieds. Elle se sentait toujours aussi mal à l'aise, la sensation allait et venait sans vouloir se stabiliser à son rythme de croisière habituel. Enfin.. habituel, difficile de dire si c'était réellement le cas, mais même face au Docteur Heidelberg, elle avait fini par s'habituer, un tout petit peu, et à chasser l'envie de s'enfuir en courant. Mais là, là, en cet instant, elle avait encore envie de s'écarter, envie d'être tranquille. Non, décidément, elle ne se sentait pas du tout à son aise face à cet homme là, et commençait à espérer ne plus jamais le croiser. Chose peu probable, vu la taille de la ville, mais l'espoir fait vivre après tout.

Elle écouta la réponse à sa question d'une oreille distraite. La peur, il n'avait même pas l'air de savoir ce que ça signifiait réellement. Cette inquiétude qui se transforme en anxiété et finit par vous envahir et vous entraver pour le plus simple geste. Elle avait du mal à croire que l'on puisse ne pas avoir peur en arrivant à Nosco, ne pas avoir peur du vide au creux de son estomac et de l'incompréhension chronique.
Et en parlant d'incompréhension... Malgré tous ses efforts, certes invisibles mais non moins réels, elle n'arrivait pas à cerner les intentions de Silvio, qu'est-ce qu'il lui voulait à la fin?
Les yeux rivés sur sa montre, elle écouta la suite, prévisible, trop prévisible, insupportable.

"- Vous manquez juste un peu de confiance en vous. C'est normal, ça va passer... Je connais des gens qui ont eu le même problème. Bon, certains ont eu recours à des solutions plus... Hum... Radicales... Mais vous allez voir... Ca n'est pas si terrible, ici..."

Fugace crispation de ses mains. "Je connais des gens qui..." Et alors? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire à elle qu'il connaisse des gens qui? En quoi est-ce que ça le rendait plus apte à débiter ces sornettes à propos d'un peu de manque de confiance, est-ce qu'elle avait demandé une solution peut-être? Non. Elle était très bien comme ça, merci. Voilà ce qu'elle avait envie de répondre. Voilà ce qu'elle aurait dit si elle avait eu un peu plus confiance en elle. Ah. La belle affaire, et à quoi cela aurait-il donc mené si ce n'est à risquer de s'attirer des ennuis ? Elle regardait toujours sa montre, les chiffres qui défilaient bien trop lentement à son goût pour la rapprocher du moment où elle pourrait dire qu'elle devait y aller et se tirer de cette situation plus qu'inconfortable.

- Vous avez raison, il s'agit d'une question de confiance. Mais pas seulement en moi, murmura-t-elle du bout des lèvres, à peine audible, à croire qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle parlait à voix haute.
Elle était peut-être plus jeune que lui, plus effrayée que lui, plus stupide que lui même, mais ça n'en faisait pas une idiote naïve qui faisait confiance au premier venu. Surtout lorsqu'il entraînait la discussion sur un terrain qu'elle connaissait beaucoup mieux que lui. Oh, il aurait affirmé elle ne savait quoi à propos de Nosco, elle aurait acquiescé sans rien ajouter, partant du principe évident qu'il en savait bien plus qu'elle à ce sujet. Mais là? Non. Il ne savait pas ce qu'était la timidité, elle en aurait mis sa main à couper.

Bien évidement, rien de toutes ces réflexions ne transpira dans l'attitude d'Irène, totalement fermée qu'elle était, ses cheveux voilant en partie son visage baissé. Elle n'oubliait pas ses doutes et ses hésitations quant à la catégorie dans laquelle elle devait le mettre. Ami? Menace? Elle n'en savait toujours rien et il ne l'aidait pas du tout à se décider. Cela se traduisait à l'extérieur par de la nervosité et l'envie de plus en plus pressante de s'éloigner pour cesser de se poser toutes ces questions. Elle en venait presque à être contente de retrouver le Docteur Heidelberg, elle, au moins, annonçait clairement la couleur. En attendant, elle ne savait pas du tout quoi faire. Et elle n'avait plus très envie de faire un effort pour lui parler, surtout si c'était pour s'entendre dire des inepties à propos de la timidité. Aussi se contenta-t-elle d'acquiescer en plus du reste, à retardement, certes, mais au moins le faisait-elle, peu désireuse

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Message par Silvio Anthelmios le Sam 21 Aoû - 22:04

L’impératrice à poil : non
Silvio n'avait jamais eu de problème de timidité. Il était loin, très loin de s'imaginer à quel point il pouvait être pénible. de toutes façons, lui, Silvio Anthelmios, ne pouvait pas être pénible. Et personne ne le trouvait pénible. tout le monde l'adorait et ses conseils était des plus recherchés. La preuve, même Judikhael en demandait !
Donc non, si Irène ne lui disait rien de façon explicite, il n'était pas prêt d'arrêter ses conseils à la noix. D'autant plus que son idée de départ venait de tomber à l'eau. Bon, tant pis, il ne ferait pas une apprentie sado-masochiste.
Il se gratta le menton en entendant sa réponse. Lui, il faisait très bien l'apprenti psychologue. Il ne manquait plus que le carnet et le divan. En tout cas, quand il se grattait le menton. Mais le discours qui suivit ressemblait presque à de la propagande.

"- Vous savez, ici, les seuls gens auxquels vous ne pouvez pas faire confiance sont les rebelles. Mais ils se cachent dans les sous-sols. Et pour le reste de la ville, la brigade s'occupe de tous les dangereux. Vous pouvez me faire confiance, je sais ce que je dis !"

On était brigadier ou on ne l'était pas. Il arbora un grand sourire fier, bomba le torse. C'étaient ses collègues qui s'occupaient de ça. Et ses collègues, c'étaient des brigadiers, des camarades ! Et lui, il était leur supérieur, héhéhé...
En attendant, pas qu'il n'a pas envie de rester avec elle, mais il sentait d'ici par son attitude qu'elle n'avait pas envie d'être avec lui. Oh, c'était beaucoup moins amusant, si elle ne réagissait plus qu'en se renfrognant. Bon, tant pis. Il se redressa. S'il n'y avait plus de quoi jouer, il n'avait aucune raison de rester. Mine de rien, Irène venait de trouver une superbe méthode pour se débarrasser de Silvio. Il en était conscient. Mais il n'avait pas envie de s'entêter.

"- Bon, c'est pas tout ça, mais je dois vous laisser. Bonne soirée... Irène ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à m'appeler..."

Un sourire qui semblait franc. Qui l'était. Irène était intéressant comme jouet, même si un peu bizarre. Il sortit de sa poche une toute petite carte de visite, et la posa sur la front d'Irène, avant de tourner les talons et de filer, tout léger.

(HJ: tu peux encore l'arrêter, l'interpeler.)
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Message par Invité le Dim 22 Aoû - 1:49

"- Vous savez, ici, les seuls gens auxquels vous ne pouvez pas faire confiance sont les rebelles. Mais ils se cachent dans les sous-sols. Et pour le reste de la ville, la brigade s'occupe de tous les dangereux. Vous pouvez me faire confiance, je sais ce que je dis !"

Ah elle pouvait lui faire confiance? Et puis quoi encore. Faire à confiance à quelqu'un dont le tout premier geste envers une inconnue, certes un peu ridicule et effrayée, est de se moquer d'elle? Jamais. Stupide peut-être, mais pas au comble du crétinisme. Elle se pliait peut-être aux exigences des gens tant qu'elles ne lui paraissaient pas totalement ridicule, il n'en restait pas moins qu'Irène déteste qu'on cherche à lui dicter son comportement. Et pour tout dire, elle commençait à abhorrer cet homme là.
Oh, en prenant un peu de recul, plus tard, elle réaliserait sûrement qu'elle avait cristallisé sur lui et son comportement quelque peu égoïste tout le stress généré par son arrivée, mais pour le moment, elle n'avait qu'une hâte, mettre entre lui et elle une distance assez grande pour qu'il ne lui adresse plus jamais la parole.
Aussi, une fois encore, se contenta-t-elle de hocher docilement la tête sans un regard pour Silvio, celui-qui-réussissait-l'exploit-de-lui-porter-sur-les-nerfs. Ne connaissant aucun de ces rebelles, et n'ayant pas la moindre confiance en celui qui affirmait qu'ils étaient dangereux, Irène réservait son jugement à ce sujet.

"- Bon, c'est pas tout ça, mais je dois vous laisser. Bonne soirée... Irène ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à m'appeler..."

Enfin ! Elle retint de justesse un soupir de soulagement.

- Bonne journée à vous. Je n'y manquerai pas, c'est très gentil de votre part, dit-elle en songeant : "Ca, sûrement pas ! Je n'ai certainement pas besoin de ce que peut donner quelqu'un comme lui !", sans que rien ne transparaisse pour autant sur son visage.

Elle relevait les yeux sur lui - sans réaliser qu'elle n'avait pas bredouillé une seule fois - quand il lui posa un bout de carton sur le front. Et réagit à sa façon à ce geste qu'elle considéra comme on ne peut plus méprisant. Elle resta de marbre, prit délicatement la carte de visite qu'elle glissa dans sa poche, et se contenta de le regarder durant quelques secondes. Pas de regard noir, pas de colère, pas même une étincelle dans les yeux, simplement un du reproche, doux et distant à la fois.

A l'instant où il tournait les talons, elle détourna les yeux pour regarder sa montre. Il lui restait quelques minutes avant de devoir absolument se rendre au rendez-vous avec le Docteur Heidelberg sous peine d'être en retard. Elle espéra que Silvio marcherait assez rapidement pour qu'elle n'ai pas à le croiser en traversant la cour intérieure pour se rendre au Sapientia.

Voilà une rencontre dont elle aurait préféré se passer, et de loin. Au moins était-elle au courant à présent qu'elle ferait mieux, pour le bien de ses nerfs, de rester autant que possible hors du champ d'action de cet homme là.
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