Quand on se jette dans la gueule du loup...

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Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 14 Aoû - 20:56

Cela faisait déjà pas mal de temps qu’on avait recueilli Ysmaël au sein du sanctuaire et maintenant qu’il l’avait presque exploré de fond en comble, fait tourner en bourrique une bonne partie des résidents, manqué d’assommer un des prêtres on pouvait le dire, il s’ennuyait à mourir. Heureusement il n’avait pas encore eu l’idée de fabriquer une bombe ou de s’entrainer avec autre chose qu’un long bâton qu’il avait trouvé on ne sait où. Mais s’il avait pu se trouver un compagnon de jeu, quelqu’un qui comme lui ait conservé son âme d’enfant il aurait été plus qu’heureux.
Peut être qu’il se trouvait ailleurs, ce compagnon de jeu, à l’extérieur du sanctuaire et puis comme ça il pourrait un peu découvrir Nosco, non ? Autant dire que sortir du sanctuaire lui trottait dans la tête depuis pas mal de temps et qu’aujourd’hui il était temps de passer à l’acte ! Ce serait peut être l’occasion de revoir Lian, elle ne lui avait pas rendu visite depuis qu’ils s’étaient rencontrés, ça lui ferait sans doute plaisir s’il venait la voir, il pourrait aussi la remercier de lui avoir sauvé la vie, sans elle son séjour aurait sûrement été le plus bref qu’on n’ait jamais vu sur Nosco. On lui avait dit qu’elle était résistante et que les siens habitaient tous dans un bunker dans les sous sols. Ca ne devait pas être bien difficile à trouver un bunker, c’était le genre de truc immense qu’on repère à des kilomètres, enfin dans sa tête ça lui paraissait logique.
Content de son idée, le gamin n’eut pas de mal à échapper à la vigilance des autres frères de la congrégation – après tout il le faisait bien tout le temps – et il couru jusqu’à la sortie du sanctuaire, assommant le milicien du jour de ses bavardages et d’une histoire où Allan lui aurait demandé d’aller chercher un truc qu’il n’avait pas le droit de lui dire parce que… bref.

Le milicien le laissa partir, plus pour ne pas l’avoir toute la journée sur le dos que parce qu’il croyait réellement à son histoire abracadabrante. Ce gamin pouvait être un vrai démon quand il le voulait et mieux valait ne pas être sa victime du jour. Certains devaient même se demander s’il n’aurait pas mieux valu le refiler à la guilde plutôt que de le garder.
Heureusement il n’avait pas que des défauts et s’était montré particulièrement doué pour le combat, reproduisant des enchaînements qui lui revenaient comme par miracle. Il aimait bien se battre et n’hésitait pas à en faire profiter tous ceux qui connaissaient aussi quelques prises.

Bon le moyen le plus sûr pour aller dans les souterrains c’était de prendre le RAR et de s’arrêter à n’importe quel arrêt. Il faudrait faire le reste à pied mais il avait l’habitude de courir à longueur de journée, ce n’était pas bien dérangeant.
Il s’engouffra à toute vitesse dans la première bouche qu’il trouva, bousculant sans s’en soucier ceux qui étaient sur son passage et sauta littéralement dans le premier train qui s’arrêta. Où fallait-il aller maintenant ? Il réalisa qu’il ne connaissait rien des lieux et qu’il allait être difficile de trouver un endroit dont il ne connaissait que la forme. Le mieux c’était de trouver un résistant, ça devait bien trainer dans les parages. Il regarda autour de lui et fut frappé par une jeune femme dont les cheveux étaient aussi blancs que sa peau. Même si elle était particulière elle semblait une fois fondue dans la masse se faire oublier, elle était discrète et un peu anxieuse à la fois, d’ailleurs elle baissa la tête lorsque leurs yeux se croisèrent. Elle avait le profil, non ? Et puis si lui il l’avait remarqué c’est qu’il devait être un super espion dans son ancienne vie comme euh… comme qui d’ailleurs ? Bon d’accord, peut être pas mais il n’avait pas le temps d’approfondir la réflexion elle était en train de sortir et il valait mieux la suivre, c’était sa seule chance.

Il resta à distance, il ne devait pas se faire repérer alors qu’il commençait sa première mission d’infiltration. Il se cacha derrière un réverbère qui éclairait le coin alors qu’elle s’avançait. Il allait falloir se mettre à découvert, elle était sur le point d’entrer dans un bunker.
Attendez un peu ! Vous avez dit bunker ? Mais c’est pas ça qu’il cherchait ?

Vite ! Il fallait la retenir pour rentrer, faire quelque chose ! La prendre en otage ? Bon ça allait être difficile vu qu’il n’avait pas d’armes. Et si c’était lui l’otage ? Oui, l’idée était brillante !
Le gamin baissa sa casquette pour plonger ses yeux dans l’ombre et enveloppa sa veste autour de lui pour en faire une cape, il ressemblait presque à Zorro là !

- Ah ! Tu es démasquée, résistante ! Cria-t-il tout en courant dans sa direction.

Il était fier de son petit effet Ysmaël, il avait mené sa mission à bien, ce n’était pas un super héros mais il était quand même très fort. Ce qu’il ne savait pas c’était que le bunker là, c’était celui de la brigade.
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Invité le Sam 14 Aoû - 21:50

Elle se rappelait parfaitement les mots qu'on lui avait dits, elle était même incapable de les empêcher de tourner encore et encore dans son esprit.

"Irène, il y a une livraison délicate à faire, tu vas t'en charger."


Passe encore, c'était inquiétant, mais tout à fait surmontable.

"Je compte sur toi, il faut aller apporter ça au Commandor, aux bureaux de la Brigade."

Elle s'était mise à trembler imperceptiblement. Commandor? C'était... quelqu'un? Non? Quelqu'un d'important. Elle en était presque sûre.

"Ne t'en fais pas, il ne va pas te manger. Tu connais le chemin?".

Elle détestait qu'on lui dise ça. Cela annonçait à coup presque sûr qu'elle allait se ridiculiser et rester tétanisée par la peur. Elle s'était donc concentrée sur la description du trajet. Prendre le RAR le plus proche. Qu'est-ce que c'était déjà? Rampe à Accès Rapide, voilà. Elle commençait à se souvenir de presque tout ce qu'on lui disait. Prendre le métro. Ses yeux s'étaient allumés à cette perspective. Elle n'avait encore jamais osé aller voir, et pourtant, ça devait être passionnant. Surtout s'il était aussi bien conçu que le reste ici.

Est-ce qu'il était possible de revenir de nuit, à un moment où il n'y aurait pas tant de monde dans les wagons et sur les quais? Voilà ce qu'elle était en train de se demander quand il y eut de la bousculade à l'un des arrêts.
Elle s'était soigneusement tassée dans un coin du wagon, les bras étroitement serrés autour du colis qu'elle devait livrer.

"En mains propres, Irène. C'est le jeu d'armes de remplacement personnel du Commandor. Il vient d'être révisé, dit-lui qu'ils sont en parfait état de marche. Je sais que je peux compter sur ta discrétion, ne les perds pas surtout et ne laisse personne d'autre que leur propriétaire y toucher."

Elle en avait presque les larmes aux yeux à y repenser. Et si jamais quelqu'un essayait d'y toucher, justement? Comment ferait-elle pour l'en empêcher. Une bouffée d'anxiété l'envahit subitement. Et si jamais elle se perdait? Et si jamais une créature des sous-sols la dévorait?
C'était décidé, Irène détestait se charger des livraisons.

Dans l'espoir de trouver quelque chose qui la distrairait de ses inquiétudes, elle releva les yeux. Juste à temps pour croiser le regard gris qui la fixait. Elle en sursauta presque et baissa vivement les yeux pour s'absorber dans la contemplation ô combien passionnante du métal brillant et sans la moindre aspérité qui constituait le colis qu'elle devait livrer. Elle n'eut pas le temps de constater qu'il n'y avait vraiment pas la moindre aspérité, puisqu'une voix suave annonça dans les hauts-parleurs l'arrêt auquel elle devait descendre.

- Pardon... euh... excusez-moi... euh.... Monsieur? Euh.... je.... je suis vraiment désolée, mais... murmura-t-elle à un homme qui bloquait son passage, et qui ne la remarqua que parce qu'il baissait par hasard les yeux à ce moment-là.

Elle se faufila à l'extérieur et resta plantée sur le quai vidé de tous ses occupants. Resserrant inutilement sa prise sur la boîte métallique, elle prit une longue inspiration suivie d'une expiration tremblotante. Par où? Elle tourna la tête de droite et de gauche, trop absorbée dans ses inquiétudes pour réaliser qu'on la suivait de manière fort peu discrète. Par là.

Elle se rendit jusqu'à la porte qu'on lui avait désignée comme étant celle des bureaux de la Brigade. Et, au moment où elle allait frapper timidement...

- Ah ! Tu es démasquée, résistante !


Elle sursauta si violemment qu'elle eut l'impression de sortir de sa peau, la surprise et la peur étaient telles qu'elle fut totalement incapable de réprimer un cri strident qui porta certainement jusqu'à l'intérieur avant de se retourner pour voir le même garçon que tout à l'heure lui foncer dessus avec un immense sourire qui dépassait de sa casquette.
Elle serra la boîte contre son cœur et se plaqua contre la porte, priant intérieurement elle ne savait qui pour que cette personne - assez étrangement vêtu au demeurant pour qu'elle le remarque - se soit trompée. Ou disparaisse. Oui, ce serait bien s'il pouvait disparaître subitement.
Elle aurait voulu tambouriner follement contre la porte en le suppliant qu'on la laisse entrer. En conséquence de quoi, elle ferma les yeux et se recroquevilla sur la boîte.

[HRP : Je me suis permise au sujet des armes de Judi, si ça pose problème, j'éditerai, bien évidemment !
Et j'ajoute, pour celui qui ouvrira, qu'il se prendra une Irène sans défense dans les jambes puisqu'elle est appuyée contre la porte. Oh et deuxième précision, Irène s'accroche à la boîte métallique comme à sa propre vie, elle préfèrera sse rattraper à plat dos que d'abîmer la boîte en la lâchant.]


Dernière édition par Irène Cray le Ven 20 Aoû - 16:51, édité 1 fois
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Silvio Anthelmios le Ven 20 Aoû - 14:55

Silvio, il était innocent. Silvio, il était gentil. Silvio, il travaillait !
Dans son bunker, avec son patron et ses collègues, à parler travail entre Hommes civilisés et cultivés, plutôt calmes et détendus, pour une fois. Enfin, Silvio, lui, était plus calme et détendu que d'habitude, mais c'était principalement dû à la fatigue de son dernier entrainement. Ca allait passer. Généralement il retrouvait vite son aptitude à être tendu, agité, à grogner et à chercher frénétiquement...hm... quelque chose.
Mais bref. Pour une fois, le bunker ne ressemblait pas (trop) à une fourmilière. Et Silvio collait encore aux talons de son patron, comme un bon petit chien.
Jusqu'à ces cris, dehors.

Alarmé, intrigué, Silvio se jeta presque sur la poignée de la porte. Un petit déverrouillage rapide. Il la tira à lui. Et s'écarta aussitôt en voyant un truc blanc menacer de lui tomber dessus. Résultat, le truc blanc en question s'effondra par terre, dans un bruit mat de chute, superposé d'un autre cri.
Ce n'est qu'une fois la petite étalée à terre qu'il la reconnut.

"- Irène, bon sang !"

Il lui attrapa le poignet et la fit se relever, de force, et peut-être un peu trop fort car c'est son torse qui l'amortit. Silvio la libéra ensuite de sa poigne, et jeta un oeil à la boite de fer qu'il avait sentit s'écraser avant Irène contre lui.

"- Qu'est-ce que...?"

Et au Zorro, resté dehors. Tiens ? Un apprenti justicier ? Mais... C'était... Ca, qui avait effrayé Irène ? Il n'avait pas l'air bien dangereux. Excentrique, mais pas dangereux.

"- Irène, qu'est-ce qu'il y a ? il vous a agressé ? ...Eh, vous, là ! Qui êtes-vous ?"

Grogna-t-il au Zorro, entre la méfiance face à cet individu étrange, et incrédulité. Le personnage avait quelque chose d'intrigant, mais Silvio n'arrivait pas encore à savoir quoi. En tout cas, il le regardait avec un petit air légèrement méprisant. Il n'aimait pas que l'on fasse tomber Irène, l'innocente Irène. Parce que, naturellement, ça n'était pas lui qui l'avait faite tomber, mais l'autre, hein.... Lui, il était Silvio.
Et Silvio, il était innocent. Et Silvio, il était gentil. Même si Silvio, là, il ne travaillait plus.
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Judikhael Wienfield le Sam 21 Aoû - 20:16

Cela faisait quelques minutes qu'un brigadier lui avait signalé la présence dans les souterrains d'un étrange hurluberlu. Un des nouveaux arrivés en Nosco. Celui qui avait échappé à la guilde, étant arrivé en pleine attaque de créatures il y a un peu moins de deux semaines maintenant, et qui avait été intégré dans la Congrégation, Allan ayant réquisitionné ce nouvel arrivé sans l'ombre d'un scrupule. Prétextant... il ne savait quoi pour avoir ce nouveau-là. Quelque part Judikhael n'en avait strictement rien à faire, si ce n'est que cela faisait alors un membre en moins à la Guilde et donc un élément en moins dans leur camp contre cette maudite guerre avec les rebelles. Mais mis à part ca, il se préoccupait de ce nouvel arrivé comme de sa dernière chaussette...

Par contre, le voir ainsi errer dans les souterrains utiles ne lui disait rien qui vaille. Bon tant qu'il était resté près des RAR et autres SSU accessibles aux communs des Noscoiens tout avait été dans le meilleur des mondes, mais là... le voir se rapprocher ainsi des sections du SSU secrètes... Quand l'un des brigadiers lui avait demandé s'ils devaient intercepter le gamin, le commandor avait toutefois demandé de ne pas intervenir. Pas encore. Et de le garder à l'oeil, de surveiller sa progression et de le prévenir par oreillette s'il y avait le moindre signe suspect.

On lui avait aussi signalé l'approche d'une jeune femme de la Guilde, Irène Cray au vu de sa fiche de renseignement, nouvelle arrivée elle aussi et travaillant depuis peu pour un marchand de cybernétique que Judikhael appréciait particulièrement et auprès duquel il allait souvent s'équiper pour ses besoins personnelles (pas pour les armes professionnelles toutefois, sauf exception majeure, ces équipements là étant fourni par les laboratoires plus perfectionnés de la Brigade...), pour sa petite collection d'armes privées qu'il usait parfois aussi en mission outre l'équipement fourni par la Brigade. Les lames blanches étant son dada, il en avait tout un panel, tout suréquipé, dans ses appartements privés... et aimait toujours en avoir une personnelle sur lui en plus de son matériel professionnel... Il avait alors répondu qu'on la laisse approcher sans lui faire d'histoire, et qu'on la surveille. Peut-être était-elle envoyé par son patron, duquel il attendait après tout une livraison...

Et sur ce il était retourné à ses occupations, embarquant Silvio dans son sillage, aillant certaines choses à mettre au point encore avec lui. Il avait repris du service très récemment, après sa libération, et avait besoin de se remettre au point des derniers événements. Son second étant le plus à même pour ce faire. Sans compter qu'il voulait discuter aussi récompense avec le jeune homme. Ce gamin aurait pu le laisser là où il était ou le laisser crever comme un rat mort dans les souterrains, le laisser prendre même une balle perdue, se faisant alors un alibi de choix pour voir son commandor mourir et prendre sa place. Mais non, étrangement, à la grande surprise de Judikhael qui avait certes l'habitude d'avoir le respect et l'obéissance de ses hommes mais n'avait pas assez foi en l'être humain pour croire que leur ambition se plierait à leur honneur, le gamin l'avait tiré de ce mauvais pas. Et avait repris sa place de Second sans ciller, ni même ronchonner, ni même rien réclamer. Si Judikhael ne pouvait lui proposer une promotion plus grande pour l'heure que celle qu'il avait déjà en ayant été nommé second récemment, il pouvait par contre lui proposer une récompense. Toute peine méritait salaire selon lui, et ce sacrifice aussi...

Ils n'avaient toutefois pas eu le temps de se rendre jusqu'au bureau privé de Judikhael, que des bruits se firent plus insitants au dehors, alors qu'ils passaient tout juste près du hall d'entrée. Et alors que les bruits montaient d'un cran, on lui signala dans son oreillette que le jeune congrégationniste qui trainait dans les couloirs commençait à faire des siennes et à prendre à parti la jeune Cray. Pestant contre cet inconscient et ce curieux de mauvais augure, contre la Congrégation et Allan qui avaient peut-être même tenté de leur envoyer ce nouveau dans l'espoir qu'il parvienne à espionner la brigade et à dénicher quelques secrets, Judikhael décida d'intervenir en personne. Silvio avait toutefois été plus rapide et avait déjà ouvert la porte (HJ : y'a pas de poignée normalement lol) barricadée qui coulissait souplement. Une jeune femme à la peau laiteuse tombant à terre, sans pour autant lâcher la boite qu'elle tenait, comme si cette boite était la chose la plus précieuse qu'elle avait alors.

D'un simple geste, Judikhael ordonna à deux brigadiers de bloquer le passage derrière le gamin de la Congrégation, histoire qu'il ne leur file pas entre les doigts avant d'avoir pu s'expliquer...

- Qu'est-ce que tout ce raffut ? Gronda-t-il d'une voix basse et qui ne présageait rien de bon.

S'il avait repris son poste et de l'activité, il ne se sentait pas complètement remis encore de sa capture. Et cela se manifestait souvent par un manque de patience flagrante.

- Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qui vous permet de venir fouiner ici, dans cette section soit-disante interdite au grand public, et surtout de faire autant de bruit sans l'ombre d'un scrupule ?

Dire que son regard bleu glace menaçait de les tuer sur place tous autant qu'ils étaient était bien peu dire....

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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Dim 22 Aoû - 2:06

Le gamin s’était arrêté dans sa course à quelques pas de la jeune femme qu’il avait interpellé, il souriait fièrement, satisfait de l’avoir surprise au plus au point. Visiblement elle ne s’était pas sentie menacée, elle n’avait même pas eu l’ombre d’un doute quant à l’ombre qui la suivait jusqu’à son repère. Deux hommes avaient surgi de la porte contre laquelle la fille morte de peur s’était adossée, d’ailleurs le premier avait eu la franche indélicatesse de ne pas la rattraper au vol et si la scène était digne d’une farce elle ne fit rire personne.
Sans se rendre compte du danger qui pouvait le menacer il éclata de rire, parce qu’entre la mine défaite de blanche neige et l’air si grave et sévère des deux autres, la situation était trop grotesque pour qu’Ysmaël reste indifférent. S’il n’y avait eu que ce petit rire moqueur, le garçon aurait sans doute pu repartir après une explication qui lui serait venue à l’esprit et qu’il aurait dite avec un air très sérieux mais croire qu’il pouvait rester dans la modération était comme prétendre que monsieur trucmuche pouvait être galant. Alors il releva sa casquette pour plonger ses yeux rieurs dans le regard vert du plus petit des hommes pour répondre à sa question avec le plus parfait sérieux.

- Bond, James Bond.

Un demi-sourire se dessina sur son visage et l’étincelle de moquerie dans ses prunelles grises le mettait comme au défi de le croire ou peut-être de réagir à ses paroles. Il avait penché légèrement la tête, observant cet homme dont il ne connaissait rien ou plutôt le dévisageant en toute impolitesse. L’ironie qui l’avait habité un instant s’était évaporée, il était comme intrigué, attiré par l’homme aux yeux verts, il y avait quelque chose en lui qu’il recherchait.
Peu à peu le jeune arrivé oublia les raisons qui l’avaient poussé à faire toutes ses singeries, à vrai dire il réalisait qu’il ne se trouvait pas dans la meilleure des situations et un « et merde ! » aurait bien illustré ses pensées. Il ne comprenait pas trop ce qu’il avait fait mais bizarrement il avait aussi l’impression que c’était loin d’être la première fois qu’il lui prenait l’envie de se comporter comme un gosse. Heureusement pour lui il en avait aussi le physique et il n’avait encore osé parler à personne du fait qu’il était enfermé dans ce corps trop étroit pour lui. Le mieux pour s’en sortir c’était sans doute de continuer à jouer l’enfant.
Il sourit de plus belle, levant un peu plus la tête pour regarder le deuxième homme, tient il le connaissait celui là, c’était l’amant de la prêtresse Artèmîa d’après l’un des frères et Allan l’avait convoqué au sanctuaire pour le menacer. Ysmaël ne s’était pas intéressé à cette histoire, il avait seulement demandé s’il comptait rester parmi eux, espérant trouver un compagnon de jeu un peu moins morose, on avait rit. Il le regarda aussi dans les yeux, n’ayant nul peur des éclairs qui pouvaient en sortir tant il paraissait furieux. Après tout il connaissait bien ce genre de regard et on ne l’avait pas encore tué, qu’est ce qu’il craignait ?

L’enfant se retourna, derrière lui deux hommes bloquaient le passage, c’était sûrement les mêmes chiens de garde qu’il y avait au sanctuaire, ces trucs aimaient bien avoir l’air dangereux et montrer leurs armes deux fois plus grosses que leurs bras réunis. Une fois il avait trouvé le moyen pour qu’un milicien fasse tomber son arme sur ses pieds, il s’était roulé par terre tellement il avait ri et on l’avait enfermé dans sa chambre pour le reste de la journée. Bon c’est sûr, recommencer ici n’aurait pas été la meilleure des idées.

- Eh ben vous avez peur que je vous batte tous et que je file à l’anglaise ? Lâcha-t-il en toute ironie. Et puis si c’est si interdit de venir ici vous devriez virer le chargé de la sécurité, même dans le RAR on rentre moins facilement.

Sans rien en montrer, Ysmaël attendait que la fureur de l’un d’entre eux éclate, il gardait son air amusé, se passionnant pour l’architecture du bâtiment histoire de ne pas avoir à expliquer la raison de sa présence ici. Et puis l’histoire de l’attaque de créatures, de Lian, de son entrée dans la congrégation n’avait rien fait pour le rendre anodin parmi les citoyens de Nosco et sa réputation de gamin turbulent et insupportable devait le précéder de loin.

- C’est dans ce bunker que vous habitez ? Qu’est ce que c’est moche ! S’exclama-t-il, semblant tout à coup être passé à autre chose.

Il pensa à Allan, si par malheur il apprenait qu’il s’était baladé dans les souterrains et avait pénétré des lieux à l’accès soi-disant restreint ça allait chauffer pour lui ! Au moins il se serait bien amusé et aurait rencontré des gens… nouveaux quoiqu’aussi ennuyeux que tous les autres. Mais qu’est ce qu’il avait bien pu faire pour tomber dans ce trou perdu ?
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Invité le Dim 22 Aoû - 3:47

Brusquement dans son dos, plus rien pour la soutenir, elle n'avait même pas senti la porte coulisser, son attention trop accaparée par son agresseur. Comme on pouvait s'y attendre, elle tomba en arrière et, évitant de justesse que sa tête ne cogne le sol, se rattrapa brutalement avec le dos, ses mains prises par la boîte qu'elle serrait contre elle comme s'il en dépendait de sa vie. Le choc projeta l'air hors de ses poumons et lui tira un piaulement suraigu.
Irène n'eut même pas le temps de reprendre ses esprits qu'on l'attrapait par le poignet pour la remettre debout, si brusquement qu'elle rebondit contre un torse bien plus large qu'elle et retomba sur ses pieds en chancelant.
Elle reconnu immédiatement la voix et se raidit quelques secondes. Elle l'avait lu sur la carte, second du Commandor, quelle idiote de ne pas s'être douté qu'elle le croiserait ici aussi. Cela ne faisait que renforcer son malaise parfaitement visible. D'autant qu'elle devait répondre à la question qui lui était posée. En détournant les yeux, elle croisa le regard de l'autre homme qui se tenait là. Elle ne fit que l'effleurer et pourtant tressaillit de tout son corps et baissa piteusement la tête.

Luttant pour forcer quelques mots à passer la barrière de ses lèvres, elle murmura :

- Je suis désolée... Monsieur... Haut-Conseiller... Votre Excellence... Commandor, il... il m'a sauté dessus et.... Alors que je venais livrer vos...

Mais le reste de sa phrase - presque inaudible au demeurant - fut couvert par la voix bien plus assurée du jeune homme qui avait provoqué tout ça et l'avait très gracieusement aidée à se ridiculiser plus encore qu'elle n'aurait pu l'imaginer.
Debout là où Silvio l'avait déposée, les jambes un peu flageolantes, elle se liquéfiait tout simplement sur place, bien que tous les regards soient tournés vers l'énergumène qui semblait considérer cette situation comme le comble de l'amusement.

A l'entendre parader, elle posa les yeux sur lui, incrédule. Il était fou peut-être? Il fallait l'être pour parler ainsi à quelqu'un d'aussi effrayant que le Commandor, surtout lorsqu'il s'agissait justement du Commandor ! La bouche entrouverte, elle le fixa quelques instants.

Puis cela lui revint en mémoire. Elle venait livrer quelque chose au Commandor, quelque chose de précieux, qu'elle n'avait le droit de ne remettre qu'à lui, à personne d'autre. Ah. Elle aurait cent fois, mille fois même, préféré lui tendre la boîte, murmurer qu'elles étaient en parfait état, et se faufiler à l'extérieur pour ne plus jamais revenir dans ce bunker. Mais comment aurait-elle pu le faire alors que toute l'attention du grand homme était focalisée sur ce... ce... type, et qu'il était tellement en colère qu'elle sentait ses cheveux se hérisser sur sa nuque. Aussi resta-t-elle silencieuse.

Du coin de l'oeil, elle observa la pièce et avisa une chaise collée contre un mur. Elle avait tout l'air d'une chaise tout à fait normale, pas du tout officielle, pas du tout interdite. Alors, derrière Silvio et le Commandor, aussi discrètement qu'elle le put, elle se déplaça en crabe jusqu'à la chaise pour s'y asseoir et attendre.
Elle se fit aussi petite qu'elle le put et s'adonna à la contemplation de la boîte posée sur ses genoux et entourée de ses bras, puis celle de ses mains crispées, puis ses pieds, puis le sol sous ses pieds, même les pieds de la chaise semblaient être pour elle plus passionnants que l'altercation qui se déroulait à quelques mètres de là. Bien évidement, Irène écoutait tout, mais ne regardait pas. Surtout pas, si elle regardait, on allait la remarquer et pour le moment, elle préférait de loin se faire oublier.
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Silvio Anthelmios le Dim 22 Aoû - 13:55

Silvio laissa échapper un long soupir empli de désespoir.
Il ignorait qui était ce James Bond. Sans doute un petit rigolo qui n'avait rien de mieux à faire de ses journées que de trainer dans les SSU. Mais pour trouver qu'ils étaient facilement accessibles, il fallait être soit très fort, soit... Soit James Bond. Mais comment avait-il fait, bon sang ? Si lui le pouvait, un rebelle, une créature devait le pouvoir aussi ! Sa présence était relativement inquiétante.
Il se tourna vers Irène. La pauvre, devant lui seul elle avait déjà du mal à ne pas défaillir, alors face au patron et à ce... Truc... Sans se soucier de savoir si ce qu'il allait dire allait la faire se sentir encore plus mal ou pas. Sans se soucier d'avoir l'air de la mettre dans un coin de la pièce comme on met un plat de côté en attendant d'avoir fini celui-là. Bon, peut-être qu'Irène apprécierait cette délicate attention, avant de passer sur le grill.

"- Deux secondes, Irène, on s'occupe de celui-là et on est tous à vous."

Et là, James fit une remarque sur la décoration du bunker. Mais...! Ils n'allaient pas peindre des licornes robots et des fleurs sur les murs pour que ça fasse joli ! Le bunker devait être utile avant tout ! Et discret ! Pas question que les brigadiers passent pour des hippies !
Mais l'agacement provoqué par le ton de James surpassait chez Silvio l'envie de lui faire la morale. Sans plus réfléchir, il attrapa l'oreille du sale gosse, et la tira.

"- Bon, James, si tu veux voir de belles choses, tu vas Chez Marceline, mais tu restes pas à nous casser les pieds !"

Chez Marceline ? C'était, heum... Un endroit avec des danseuses... Très connu des brigadiers...Enfin bref. Au passage, je re-précise que le "chose" ne désigne pas forcement les femmes... On va m'accuser d'être macho, après...
Silvio se tourna alors vers le patron, l'air exaspéré, et une main levée. Il demanda, presque calmement.

"- Dites, patron... Je peux utiliser mon instinct paternel ?"

Oui, pour lui, l'instinct paternel, c'étaient les torgnoles. Bon, pas toujours, mais dans le cas présent, ça le démangeait. Et il avait l'impression qu'il n'était pas le seul que cela démangeait. Mais ça n'était peut-être qu'une impression due au fait qu'il n'avait pas encore pu frapper quelqu'un aujourd'hui...
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Judikhael Wienfield le Lun 23 Aoû - 12:06

Entre un gamin qui se prenait pour... il ne savait qui... et une gamine pas plus mature qui semblait tétaniser sur place d'un seul regard... Voilà qui commençait bien encore. Il avait pourtant l'habitude des réactions de crainte sur son passage, mais de là à en trembler devant lui... Bon la gamine venait juste d'arriver. Tout comme cet insupportable hurluberlu qui lui donnait déjà mal au crane avec son babillage incessant. S'il n'était pas nouvel arrivé, nul doute qu'il aurait déjà été arrêté et envoyer à la question. Mais voilà... Il avait le droit à l'erreur après tout.

Le tout était surtout de lui faire comprendre son erreur et de le dissuader de recommencer. Sous peine de le mettre au fer, congrégation ou non.

Il laissa la jeune femme aller s'installer, et se remettre de ses émotions, sur une chaise non loin de là, remarquant au passage la boite qu'elle tenait. Elle avait parlé de livrer quelque chose. Etait-ce donc ses armes personnelles ? déjà prêtes en si peu de temps ? Bon après tout, pourquoi pas.... Voilà qui au moins égaillera sa journée... Il détourna rapidement son attention de la gamine pour la reporter sur le congrégationniste qui lui donnait alors une furieuse envie de lui taper la tête contre les murs.

Laissant un instant son second s'amuser (ou torturer au choix) l'hurluberlu, Judikhael se décida finalement enfin à intervenir. S'avançant d"un pas lourd et menaçant, qui ne présageait rien de bon au gamin se disant nommé James (il ne se souvenait d'aucun James nouvellement arrivé, cela dit, et la fiche qu'il avait consulté quelques minutes plus tôt ne parlait pas de James mais d'un certain Ysmaël...), il s'arrêta devant lui, puis, faisant un geste à Silvio pour qu'il lâche le gamin, il darda son regard de glace dans celui du jeune congrégationniste.

- Apprenez que si vous êtes parvenu à arriver jusqu'ici, c'est parce que je vous ai laissé y parvenir.

Se disant, il désigna une des caméras qui pointaient alors son oeil numérique vers eux.

- Tout Nosco est truffé de ce genre d'appareils, et de bien d'autres bien plus performants encore. Des appareils qui nous permettent de traquer tous vos mouvements. Même dans les souterrains. Je tenais à savoir ce qu'un Congrégationniste, même si nouvellement intégré, avait à faire dans les souterrains, surtout si proches de nos bureaux.

Il releva son regard vers les deux hommes postés derrière et leur fit signe d'approcher.

- Maintenant jeune homme, ces hommes vous vont raccompagner par chez vous, à savoir au sanctuaire. Sachez que si jamais nous vous reprenions à rôder dans les parages, cela risquerait de très mal tourner pour vous. Nous pourrions vous prendre pour un terroriste. Et, Congrégation ou non, rien ne pourra vous faire esquiver un petit interrogatoire en règle. J'espère avoir été clair, claqua-t-il, tout en faisant signe aux deux hommes de s'emparer du gamin, chacun par un bras, pour mieux le trainer jusqu'au sanctuaire.

Puis, sans un regard supplémentaire, le commandor tourna les talons, faisant voler sa cape dans son mouvement.

- Et passez mes amitiés à ce cher Allan Cadmun, rajouta-t-il, ses mots suintant alors d'une ironie mordante.

Direction alors vers la jeune femme.

- Mademoiselle, commença-t-il d'une voix qu'il se força à rendre aimable et non dangereuse. Je suis désolé si tout cela vous a effrayé. Pourrait-on savoir toutefois ce que vous veniez faire dans les souterrains ? Il est dangereux de s'y promener sans raison, le saviez-vous ?

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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 28 Aoû - 23:52

Le jeune homme n’avait pas bougé d’un cil, bon d’accord il n’avait rien à faire ici, il y était allé un peu fort et patati et patata mais il valait mieux laisser ces deux là qui se croyaient plus haut que tout le monde faire leur petit numéro et déballer avec la même gaminerie que lui – même si le ton était un peu plus sérieux et du genre à vouloir faire peur sans y arriver – tout ce qu’ils pouvaient bien penser. C’était marrant de voir que trois pauvres répliques pouvaient pousser les adultes les plus matures à rentrer dans son petit jeu, à la congrégation c’était pareil, à croire qu’il avait un don fou pour exaspérer les gens et les faire sortir de leurs gonds.
Il l’avait laissé l’approcher et lui attraper l’oreille uniquement par curiosité, il voulait faire quoi le « Cher adoré patron, ce serait une gloire bien grande, de me voir assez fortuné, que d’avoir le bonheur que vous ayez la bonté de m’accorder la grâce, de me faire l’honneur de m’honorer de la faveur de corriger ce petit insolent » ? Non même pas, il était trop rustre pour savoir prononcer la moindre de ces formules, seule l’emphase devait être une chose dont il était capable.

Au bord du rire, il se mordait la lèvre et n’affichait qu’un demi-sourire mettant toute sa concentration à garder un peu de contenance plutôt qu’à écouter attentivement les propos du deuxième. Et heureusement parce qu’avec lui c’était encore pire, il avait trouvé Monsieur Morale, à moins qu’il ne se prépare à être le prêcheur d’une nouvelle parole soi-disant divine, quelque chose du genre « écoutez-moi tous ! Car je suis le seul qui puisse vous sauver. »
Non mais sérieusement, c’était qui ces deux zouaves qui se prenaient pour les maîtres de l’ordre ou quelque chose d’approchant mais de tout aussi ridicule ? Eh bien deux brigadiers ! Quoi de mieux placé pour ça ?
Et puis en plus le grand était du genre à vider son sac et partir vite fait bien fait de peur de se trouver face à quelqu’un qui pourrait soit se moquer de lui soit se montrer meilleur orateur. Non, franchement il ne pouvait pas partir comme ça après qu’ils lui aient montré ô combien ils étaient en position de force et avaient du pouvoir sur lui.

Tout à coup Ysmaël se rappela d’un truc qu’on lui avait dit. Bon tant pis, il allait finir dans une cellule mais ça valait le coup de voir une nouvelle fois leurs têtes outrées.

- Non merci ! Lança-t-il royalement.

Une demi-seconde plus tard il avait balancé un bon coup de poing avec la pointe des os de ses doigts dans l’articulation du poignet de celui qui avait osé lui tirer l’oreille. S’il savait se battre ce n’était sûrement pas pour se laisser faire.

- Et que faudrait-il faire pour votre bon plaisir ?
S’incliner bien bas pour la seule raison que vous êtes de la guilde et moi de la congrégation ?
Lécher, genoux à terre, vos pieds crasseux pour vous remercier de la généreuse bonté de m’avoir laissé pénétrer ces lieux soi-disant secrets et m’avoir congédié de votre air royal et miséricordieux ?
Non merci ! Me changer en bouffon, dans l’espoir niais de croire qu’à force de singeries grimaçantes sur votre visage je puisse un jour voir que vous ayez appris enfin ce qu’était ce qu’on appelle l’humour !
Non merci ! Vous laissez me rabaisser pour vous élever à la force de vos bras de trois pauvres centimètres et d’une pirouette me faire taire parce que vous êtes quatre et moi seul, par peur que derrière vos chères caméras les autres hommes se moquent de vous à vous voir donner la réplique à un gamin d’à peine quinze ans ? Non merci !
Calculer, avoir peur, le visage blême à la seule pensée qu’avec un mot de trop on me couperait le sifflet ? Etre terrorisé de faire le moindre pas dans votre direction, à vous gens qui croyez posséder le pouvoir ? Non merci !
Vous laissez croire que vos grandes manières et votre petit matériel suffise à m’effrayer ?
Que vous puissiez penser qu’il est si facile de me berner quant aux faiblesses de votre impérial gouvernement ?
Non merci ! Non merci ! Non merci !
Apprenez cher monsieur que si liberté de marcher ou de me trouver où je veux vous pouvez me supprimer d’un geste de la main parce que vous avez l’avantage du nombre et moi la faiblesse d’être seul, vous ne pourrez jamais me faire taire. Que même en m’arrachant la langue et en salissant vos petites mains blanches je m’exprimerais toujours.
Ne me faites donc point la morale car vous ne valez pas mieux que moi et dans mon petit jeu lentement vous vous êtes laissés entraîner au point de vous ridiculiser aussi bien que moi. La différence c’est que je l’ai voulu et vous non.


Il se tut subitement, trouvant que sa tirade avait enfin trouvé sa fin. Mais il n’avait pas tout à fait fini il fallait encore rajouter quelque chose.

- Au fait, vous avez le bonjour de Joshi.

Bon évidemment ce n’était pas le même Joshi que celui qu’on vénérait plus ou moins mais il avait prononcé ces quelques mots avec une ironie plus poussée que lors de sa tirade. Il regardait les deux hommes avec sourire qui n’exprimait aucune fierté mais une moquerie sans précédent.

- Passez-lui les menottes, lança-t-il en tendant les mains devant lui.

Il n’avait pas du tout l’intention qu’on l’enferme dans une cellule ou qu’on lui fasse quoi que ce soit d’autre mais la provocation c’était un peu son dada… il n’y avait plus qu’à se battre si on tentait de l’attraper et courir, courir vite, très très vite.


[Pour info Ysmaël sait se battre donc bon évitez de dire que vous l'attrapez et l'enfermez sans qu'il se défende... u_u]
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Invité le Dim 29 Aoû - 1:27

"- Deux secondes, Irène, on s'occupe de celui-là et on est tous à vous."

Muette, Irène resta absolument muette, hochant à peine la tête en réponse à ce que lui disait Silvio, resserrant la boîte contre elle comme pour l'interposer entre elle et le Second. Elle ne l'aimait pas, elle ne l'aimait pas du tout. Elle détestait avoir à lui adresser la parole, et détestait encore plus être ici. Elle aurait pu être à l'atelier, bien tranquillement, à travailler, plutôt qu'à subir cette situation totalement insensée et à se retrouver embringuée là-dedans à cause d'un sombre énergumène qui devait être fou à lier pour se permettre ce genre de choses. Impossible que ce soit autrement.

Elle sursauta quand le Commandor se tourna vers elle, fil de ses pensées subitement interrompu, et se tassa un peu dans sa chaise.

Je suis désolé si tout cela vous a effrayé. Pourrait-on savoir toutefois ce que vous veniez faire dans les souterrains ? Il est dangereux de s'y promener sans raison, le saviez-vous ?

- Je... euh... je.... oui, Monsieur, je.... commença-t-elle avec sa maladresse habituelle.

Je le sais, et je ne suis pas là sans raison, je n'avais déjà pas envie d'y venir pour commencer. Je viens vous livrer vos armes, elles sont en parfait état, alors si je pouvais vous donner cette boîte, retourner travailler, et que vous oubliiez tous mon existence, je vous en serais vraiment très reconnaissante. Voilà ce qu'elle aurait voulu dire. Ce qu'elle aurait essayé de dire, en beaucoup moins bien - forcément - si le jeune homme qui lui avait sauté dessus n'avait pas décidé d'enfoncer le clou en frappant Silvio.
Le bruit du choc des phalanges contre le poignet lui fit tourner la tête. Yeux écarquillés, elle restait bouche bée en entendant la tirade du jeune homme.

Voilà, exactement ce qu'elle se disait. Il était complètement malade, ou complètement stupide. Ou les deux. Irène penchait pour les deux. Qui aurait le culot et l'insolence de réagir ainsi? Loin d'être admirative, elle fronça un instant les sourcils, une douce réprobation passant brièvement dans son regard. Quel intérêt de faire ça? Quel intérêt d'agir ainsi? Pourquoi s'acharner à jouer la provocation face à des gens qui n'avaient rien demandé? Elle se fichait qu'il s'agisse de brigadiers ou d'autres, elle se fichait qu'il s'agisse de gens importants ou non. Il s'était lui-même fourré dans cette situation, en rajoutait une couche monumentale, avec de plus l'affront de se moquer de leur réaction. Non, décidément, cela ne lui semblait pas correct, faire preuve d'aussi peu de respect envers quelqu'un, cela lui paraissait... pas correct. D'autant qu'avec ses idioties, il ne songeait pas une seule seconde au fait qu'on pouvait parfaitement l'associer à lui, et que cela pouvait lui retomber dessus, elle qui ne faisait que suivre les instructions de son maître d'atelier.

Elle détourna donc les yeux, reprenant l'examen minutieux de ses chaussures en attendant de pouvoir donner cette fichue boîte au Commandor et s'enfuir d'ici pour ne plus jamais y remettre les pieds.
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Silvio Anthelmios le Mar 31 Aoû - 19:28

Le patron avait fait une erreur. Ce n'était pas courant. Et quelque part, mieux valait que cela ne soit pas courant, au vu de l'agacement provoqué par cette erreur chez Silvio. Oui, "erreur" était l'autre nom d'Ysmaël.
Le patron ne savait donc pas qu'ils avaient mieux à faire que de tester les congrégationnistes.... surtout les plus petits ? La brigade n'était pas une crèche ! Le bunker n'était pas non plus un lieu touristique ! Surtout si c'était pour que les touristes en critiquent la décoration...
...Et là, le touriste se mit à parler.
Silvio se prit l'arrête du nez entre deux doigts. Autant, le coup dans le poignet, il avait enduré sans souci. C'était un costaud, et pour avoir connu les manières rustres de certains brigadiers, il ne s'en offusqua pas. Son grade de second était encore trop récent pour qu'il ait le réflexe de remettre le jeune homme à sa place. Mais il préférait pour le moment s'abstenir de renvoyer la pareille. Le laisser parler. Bon, il était satisfait ? Il avait sorti sa philosophie, son sens de la vie ? Génial. Superbe. Il était mignon, mais...

"- Oui, bon, en attendant, vous ne nous servez à rien..."

Car si le petit Ysmaël avait dit beaucoup de choses qui auraient pu être vraies dans une certaine situation. Mais pas dans celle-ci. Là, ce qu'ils faisaient n'avaient qu'un but: le convaincre de rentrer chez lui. De retourner embêter Allan. Il devait n'attendre que cela, ce cher Cadmun. A ce propos, Silvio ne devait pas oublier de l’inviter à manger.

"- Si vous n’avez que cela à faire, tant mieux pour vous ! Mais nous, nous avons d’autres choses à faire que de nous occuper de vous. Alors faites comme bon vous semble, mais n’empêchez pas les autres de travailler."

C’était sec, ça se voulait autoritaire.
Il faut dire que Silvio avait horreur d’être critiqué, de voir son supérieur critiqué, et pire encore, que l’on se moque aussi ouvertement de lui. Surtout juste pour le plaisir, sans intérêt pertinent en particulier. Ce gosse n’avait rien à faire là. Il gênait. Un parasite. Silvio lui adressa un regard méprisant au possible. Petite chose inutile. Il s’en détourna.

Irène était fidèle à elle-même. Toute intimidée. Face à Judikhael, nous pouvons la comprendre. Mais lorsque l’on sait quelle fut sa réaction face à Silvio… Nous pouvons deviner qu’elle devait se sentir mal. Très mal. C’était d’ailleurs courageux de sa part de n’avoir pas fait de syncope.
Silvio pensait qu’elle ne venait que pour lui. Pour lui donner quelque chose. Un petit cadeau ? Pourquoi pas ! Il était persuadé qu’elle l’appréciait un minimum, et que sa présence aux côtés du patron la rassurerait un minimum. Et puis, ça lui permettait de ne plus voir le moucheron….

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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Judikhael Wienfield le Lun 6 Sep - 11:32

(HJ : Pour Ysma : dire qu'on t'attrape ne veut pas dire que tu ne t'échappes pas Wink Je ne fais jamais agir, du moins jamais sans consentement éclairé, un personnage. Là ce sont des PNJ qui agissent et tu étais libre, comme tu l'as si bien fait, d'y réagir ensuite.^^)


Judikhael se figea à la répartie et la réaction de l'autre. Voir son second en bien piètre état était déjà une chose, mais entendre en plus la tirade inepte de ce gamin mal dégrossi en était une autre. Judiklhael avait d'autres chats à fouetter. Et surtout il n'avait ni l'envie ni la force de fouetter ce chaton encore non sevré. C'était typiquement le genre de gamin qui l'agaçait (et oui, avouons-le, lui faisait perdre ses moyens). Etrange comment devant une créature il savait réagir au quart de tour sans la moindre hésitation, et comment devant une maigre marionnette au sarcasme acéré, il pouvait parfois se retrouver fort démuni.

Il était toutefois pour royalement ignoré toute l'intervention, et laisser ses hommes se dépatouiller avec ce pantin désarticulé qui semblait vouloir jouer à l'anguille, quand l'autre ajouta une phrase. Juste une phrase.

- Au fait, vous avez le bonjour de Joshi.

Joshi. Mais que savait-il donc de Joshi ce gamin tout juste arrivé ? Que savait-il donc de ce que cet homme avait pu faire pour tout Nosco ? De ce que cet homme représentait ? Ce n'était pas parce qu'on n'était pas de la congrégation, qu'on ne respectait pas Joshi... Certes, il ne suivait pas tous les préceptes de ce Joshi à la lettre, ne les connaissant pas tous d'ailleurs, mais... Mais Joshi représentait pour tout Noscoien un salut, un guide... Il ne s'appelait pas le guide sacré pour rien quelque part.

Adressant alors un regard d'excuse à Irène, à qui il aurait bien voulu se consacrer entièrement, elle qui avait fait aimablement tout ce chemin pour lui apporter ses armes fraichement réparées, il se tourna lentement vers le gamin, son regard de glace devenant plus dur encore qu'un iceberg.

- Laissez donc Joshi là où il est je vous prie, paix à son âme.

Il avait dit cela d'un ton lourd de reproches, d'une voix bien sombre aux accents non pas menaçants mais... mais presque mélancoliques. Se jouer ainsi des autres, passons, même si cela l'horripilait. Mais se jouer des autres en invoquant Joshi ! Non, non et non ! Jamais Joshi ne se serait amusé de la sorte. Jamais ! Bon certes, l'autre avait nommé Joshi par pure ironie, voulant certainement invoquer la Congrégation ou pire leur Haut Prêtre. Mais quand bien même, on n'usait pas de ce nom en sa présence aussi impunément.

- Si vous savez ce que représente Joshi pour nous tous, je vous prierai de lui conserver un minimum de respect. Si tant est que vous soyez capable de respect.

Il se rapprocha alors du gamin, le toisant de toute sa hauteur. Il était certes plus fort que le gamin de gabarit. Mais peut-être aussi moins agile au combat, surtout au combat à mains nues qui n'était pas son domaine de prédilection. Et encore moins dans son état, lui qui n'était toujours pas au mieux de sa forme. Son petit séjour chez les rebelles avait encore laissé ses marques mine de rien... Donc non, mieux valait qu'il n'en vienne pas au combat ni aux mains. Mais que l'autre ne le provoque pas outre mesure où il serait bien capable de lui faire tâter de sa lame.

- J'espère qu'Allan - étrange comment ce nom lui écorchait la gorge maintenant - vous inculquera un peu le respect dû à Joshi.

Et non, il ne critiquerait pas Allan ouvertement. pas devant tout ce beau monde, même si l'envie lui démangeait étrangement soudain. Allan... Allan qui avait rétrogradé Artèmia uniquement parce que Judikhael avait osé affirmer leur relation haut et fort. Allan... Allan qui privait tous les noscoiens 'ondes alpha prétextant qu'il n'y en avait pas. Mais y'en avait-il vraiment pas ? Possible, allez savoir. Mais depuis quelques jours, Judikhael ne se fiait plus aux dires de l'homme, s'en méfiant comme de la peste. Allan... Allan qui, sans raison, soudain, se décidait à prendre un filleul. Un filleul qu'il laissait errer sans surveillance dans les souterrains malgré tous les dangers que ceux-ci recelaient et qui le laissaient jurer sur Joshi... Non, vraiment, Judikhael ne portait pas Allan dans son coeur. Et son filleul non plus d'ailleurs.

- Passez-lui les menottes.

Non vraiment, il allait faire de ce gamin de la pâtée pour créatures s'il continuait ainsi. Il sentait la colère affluer en lui... et un brusque tournis le prendre au passage. Fermant les yeux sous l'assaut de ce soudain malaise, il se força à respirer profondément. Bruits étrangement assourdis, lumières palpitantes derrière ses paupières pourtant closes, sensations vertigineuses de tourner à toute vitesse alors qu'il ne bougeait pas, des voix, des échos d'images qu'il avait vues, qu'on lui avait fait voir... Maudit appareil de réalité virtuelle que Yan lui avait fait tester et qui semblait laisser encore quelques traces au moment le plus inopportuns... Se forcer au calme, se forcer à respirer, à s'ancrer dans la réalité...

Noir, calme, des voix auprès de lui, mais des voix réelles... la réalité...

Judikhael ouvrit lentement les yeux, se forçant à accommoder pour ne pas se faire faucher par un nouveau malaise. Pas devant ses hommes. Et encore moins devant ce gamin.

- Retournez donc dans votre sanctuaire et laissez-nous travailler en paix, se contenta-t-il alors de dire d'une voix monocorde. Faites-le partir, ordonna-t-il à ses hommes, préférant tourner de nouveau les talons lui-même.

Et retourner vers la jeune femme qui attendait toujours.

- Venez, lui ordonna-t-il. Nous serons mieux installés dans mon bureau.

Ou plutôt, IL serait mieux installé. Il avait besoin de s'asseoir. Et vite, si possible...

Et sans plus attendre, il s'engouffra dans le hall de la Brigade, direction les escaliers du fond et son bureau à l'étage.

- Silvio, appela-t-il tout en continuant son chemin. Rejoins-moi quand tu auras fini.

Il avait aussi des consignes à faire passer à son second.

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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Lun 20 Sep - 22:11

Et voilà Joshi, j’espère que tu es content.
Mais d’un côté il était plutôt satisfait, ces lourdauds n’étaient même pas capables de voir que derrière un nom il n’y avait pas qu’une seule identité, que si ce prénom était peut-être rare ou unique par ici il pouvait exister des milliers de Joshi et qu’on n’avait pas besoin de grand-chose pour l’usurper.

C’était drôle, tellement drôle qu’il n’aurait suffit que d’une goutte de plus pour qu’il éclate de rire, ne leur jetant à la figure qu’un peu plus de mépris et d’insolence. Ses quelques petites expérimentations lui avaient permises de comprendre que l’ironie était une arme parfaitement redoutable et lorsqu’elle était bien maîtrisée il y avait peu de chances de perdre la bataille – à moins de se trouver face à une grosse brute sans aucun autre moyen de défense. Il n’avait jusqu’à maintenant pas trouvé d’ennemi à sa taille et avait laissé quelques congréganistes bouche bée ou tout simplement muets, ne sachant plus quoi répondre à ses flèches à moins que ce ne soit par peur de s’en prendre une autre volée.

L’attention du jeune homme s’était tournée vers Mister lèche-bottes, oui ce mec là qui se disait avoir quelque chose d’un père rien que pour le plaisir de laisser libre court à sa violence physique. Il n’était sans doute pas un modèle de sagesse et d’exemplarité mais il n’avait jamais eu l’intention de se battre avec qui que ce soit et surtout pas avec lui. Le meilleur combat n’était-il pas celui qu’on savait éviter ? On pouvait se moquer de ce petit qui suivait des préceptes à demi, y prenant ce qui l’arrangeait et détruisant de quelques mots ce qui ne lui plaisait pas, il avait au moins la brillante idée de ne pas trahir ce en quoi il croyait dur comme fer. Entre autre les personnes qui étaient chères à son cœur et toutes les pensées qui pouvaient lui plaire qu’elles soient sage ou non, il se fichait bien qu’elles puissent être immorales pourvu qu’il soit d’accord avec elles. L’état d’esprit de la congrégation lui plaisait bien et c’était pour cela qu’il y restait, sinon il n’aurait pas hésité à aller voir du côté de la guilde ou de la rébellion pour y trouver mieux son compte. Tant mieux pour elle, tant pis pour les autres.
Mais trêve de bavardages, Mister lèche-bottes ne s’en tirera pas grâce à mes divagations et donc pour la seule mauvaise raison que je me laisse aller à quelques explications parfaitement inutiles, je vous l’accorde.
Le sous-fifre donc s’était mis en tête de prendre son rôle de brigadier au sérieux et de montrer qu’il était beau, grand, fort, autoritaire, méchant… Bon. Pour les qualités on repassera.
Ysmaël ne prit pas la peine de lui répondre, le pauvre en aurait mangé sa casquette ou aurait défailli à l’idée de ne plus trouver quoi lui dire mis à part des « bon, tais-toi, je ne suis pas ton chef mais tu vas m’obéir même si moi non plus je n’y crois pas ». Il se contenta de lui lancer un de ses sourires ironiques à souhaits et un regard qui voulait dire quelque chose comme « cherche pas pauvre mec, à ce petit jeu là je suis plus fort que toi ».

Le petit jeu d’ailleurs allait être fini, il le sentait bien, toute bonne chose avait une fin et dans une minute tout au plus il s’en retournerait ou du moins serait ramené à son occupation principale de la journée : chercher ses pauvres petites innocentes futures victimes. Petit diable ? Mais non, mais non, n’oublions pas qu’Ysmaël avait un noble but et que dans sa bêtise il ne trouva pas mieux que de suivre la première fille croisée. Et non, le fait qu’elle ne soit pas moche n’est pas une excuse valable.

Ce fut une toute autre réponse qui attira l’attention du jeune homme sur l’autre brigadier, celui qui – il s’en souvenait très bien maintenant – avait saccagé le bureau de son très cher parrain ou quelque chose comme dans le même thème. L’homme aux tendances colériques donc. Les quelques phrases qu’il lui répliqua le firent sourire, « touché ! » pensa-t-il. Il n’avait besoin de rien d’autre que de ce regard sombre et de ces gestes pour savoir qu’il l’avait presque fait sortir de ses gonds. C’était amusant de savoir qu’un haut gradé ait si peu de patience, surtout après avoir passé un minimum de temps sur Nescio pour oser prétendre à un poste plus important que la plupart des autres. Il valait mieux espérer pour lui qu’il ne soit pas chargé de la diplomatie, par deux fois il avait montré qu’il devait être le plus incapable des hommes.
Il aurait pu continuer mais là encore il se contenta du même sourire et d’un regard brillant, méchant où il voulait lui signifier qu’il avait gagné et qu’il le savait très bien.
Mais Ysmaël n’avait pas gagné qu’une simple petite joute verbale qui mis à part l’exotisme de ses adversaires ne changeait pas bien de l’ordinaire, il avait surtout réussi à crier haut et fort ce que beaucoup de nosciens n’auraient jamais osé faire, pas même en rêve. Il n’avait pas vraiment d’opinion sur la guilde ni sur la rébellion mais prendre en grippe les brigadiers lui avait paru plutôt drôle et puis il s’ennuyait alors…

Le gamin haussa les épaules, perdant soudain tout plaisir à l’affrontement qui venait d’avoir lieu maintenant qu’il avait eu ce qu’il voulait. Il ne restait plus qu’à clore le tout par une royale réplique et même si le brigadier lui avait déjà tourné le dos il s’en fichait bien, se préoccupant peu d’observer sa réaction.

- La prochaine fois que je chercherai un balai, je saurai où le trouver ! Lança-t-il.

Et il éclata de rire, un rire à moitié amusé et empli de cette méchanceté froide qu’on n’avait pas l’habitude d’entendre dans la bouche d’un enfant. Ysmaël n’attendit pas qu’on le raccompagne et fila en courant, se glissant entre les gardes sans se laisser attraper.
Il reviendrait les voir, il n’en avait pas fini avec eux.
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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

Message par Judikhael Wienfield le Mar 2 Nov - 22:03

HJ : Il est évident qu'Irène ne va pas répondre. Cloture-t-on tel quel ? Message à supprimer une fois lu

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Re: Quand on se jette dans la gueule du loup...

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