Ôde à la Lune

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Ôde à la Lune

Message par Silvio Anthelmios le Lun 27 Sep - 2:00

Silvio était Second depuis un moment déjà. Les passages dans le Capitol jusqu'aux appartements de son patron. Les premières fois avaient été pleines d'émerveillement et surtout de fierté. "Je suis le Second de Judikhael". Comme il avait aimé répéter cela aux gardes ! Maintenant, il passait sans leur demander leur avis, mais toujours tête haute. Chaque fois qu'il passait par ici, cela lui rappelait son importance. Importance ! Grand mot, n'est-ce pas ? Pas pour Silvio, qui s'estimait vraiment indispensable. Au fond, qu’est-ce que Judikhael ferait sans lui pour lui donner tel ou tel papier, pour lui proposer telle ou telle idée ? N’était-il pas, plus qu’un serviteur, une arme de Judikhael ? Il pouvait au moins se féliciter de l’avoir repris des mains des rebelles. Ah, du bon boulot, ça, monsieur Anthelmios ! Au moins une chose que l’on retiendra de vous !

Mais ces derniers temps, quelques histoires de… De lapin… Rendaient sa situation un peu précaire. Et Silvio devait s’assurer d’être en très très bons termes avec son patron s’il voulait que celui-ci passe outre un certain dîner avec un certain Allan Cadmun. L’histoire menaçait à tout moment d’arriver jusqu’à ses oreilles, et Silvio craignait moins pour sa réputation que pour son poste. Après tant d’années de dur labeur, il aurait tout de même été dommage de voir tout détruit par une petite plaisanterie de brigadiers…
Silvio s’était juré, en récupérant la video de son dîner, qu’il serait plus sérieux à l’avenir, évitant toutes ces folies. Il n’était plus dans la cours des maternelles, mais dans celle des grands, des très grands. Il était important. Et devait se caler un balai dans l’arrière-train, comme tout le monde.
Voilà… Il pouvait toujours utiliser l’argument d’avoir détendu un peu l’atmosphère. Au fond, quel mal y avait-il ? Seulement, son acte avait été trop irréfléchi. L’ennemi du patron… La prochaine fois qu’il voulait détendre l’atmosphère, il faudrait vraiment qu’il réfléchisse à deux fois. Et qu’il trouve une nouvelle cible..

Un soupir. Adieu les plaisanteries fines avec son camarade Lewis. C’était dommage, mais c’était plus prudent. Il avait entre les mains un petit colis, pour le patron. Sans doute des armes ou des documents. Il avait traversé tout le Capitol, plus pensif qu’à son habitude. Mais enfin.
Il toqua. Pas de réponse. Il entra, en s’annonçant :

« - C’est Silvio… Patron ? »


Il tendit l’oreille. Ah, bruit d’eau, le patron devait prendre sa douche. Il se rapprocha de la porte d’où venait le bruit.

« - On m’a donné quelque chose pour vous, je le mets sur la table, hein… Je repasserai tout à l’heure. »


Car il lui semblait se souvenir que le patron lui avait dit, plus tôt dans la journée, « il faut qu’on parle ». Dans un couple, cette phrase n’annonçait généralement rien de bon. Entre un Commandor et son Second… Ca n’annonçait rien de bon non plus. Cet événement était une raison supplémentaire à la pensivité de Silvio, juste avant de venir. Il angoissait.
Il baissa les yeux. Un graaaand sourire illumina son visage.
Là, par terre ! Les habits de son patron ! Il avait dû les balancer ici en se disant qu’il s’en occuperait plus tard, avant de filer dans la salle de bain. Par Joshi, c’était une perche tendue à ce brave Silvio ! Voilà un service à rendre qui ferait plaisir au patron, voyons !
Le Second attrapa donc TOUT le tas de vêtements, de la cape aux chaussettes. Il déposa le paquet pour le patron sur la table et… Se tourna vers l'armoire à vêtements du patron. Avec cadenas. Le patron était si paranoïaque...? Il avait raison. La clef était dessus. Peut-être que l'armoire fermait mal et que seul le cadenas la maintenait fermée ? Silvio retira la clef, et la glissa sous l'armoire. Il n'avait rien fait. Ce n'était pas une autre bêtise, c'était... Pas lui. Bon, disons que c'était sa dernière. Un coup de maître, un coup d'éclat, pour signer son oeuvre, avant de prendre sa retraite.
Il sortit ensuite de la pièce. Au pire, sa bonne action rattraperait cette bêtise.
Il envoya un sms à Shane...

Dix minutes plus tard, autrement dit juste après avoir déposé toutes les affaires de son patron... Quelque part... Silvio re-toqua. Il attendit cette fois-ci qu'on lui dise d'entrer.
Oh, visiblement, il avait dû faire quelque chose de mal... Le second se mordit les lèvres. Qu'avait-il pu ENCORE faire ?
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Re: Ôde à la Lune

Message par Judikhael Wienfield le Mer 29 Sep - 11:13

Une journée harassante de passée. Une journée de plus. Une ! Etrange combien depuis son retour, toutes les journées lui semblaient fatigantes, harassantes, et le laissaient si exténué le soir venu. Pourtant il était censé avoir récupéré non ? Il était censé être en bien meilleure forme et avoir récupéré ses forces. Toutes ses forces. Toutes ? Non, sans doute pas encore vraiment ses forces mentales. Plus touché qu'il ne l'aurait cru, et surtout touché dans son orgueil. Il aurait été du temps des gentilhommes, nul doute qu'il aurait demandé un duel pour laver ce qu'il considérait comme un affront. Oui, mais voilà. A Nosco, on était tout, sauf au temps des gentilhommes.

Judikhael était alors bien content que cette journée semblant sans fin se termine enfin tout doucement. lentement mais sûrement. Après avoir paressé un instant dans son canapé, comme rarement il le faisait, paresse ne lui ressemblant guère, il se décida pour une bonne douche. Oui, une bonne douche lui ferait du bien. Et peut-être cela le réveillerait peut-être un peu. Car, mine de rien, il avait encore un peu de travail pour ce qu'il restait de la soirée. Il avait pris du retard. Un retard monstre dans ses dossiers, et il avait tout intérêt à se mettre à la tâche dès que possible s'il voulait pouvoir finir le tout à temps. savoir avant le prochain conseil qui devait se tenir dans quelques jours. Honte à lui s'il ne finissait pas à temps.

Depuis quelques temps, il se demandait si son heure de rendre l'un de ses tabliers n'était pas venue. Visiblement, il n'était plus tout à fait apte, depuis son récent retour, à assumer toutes ses fonctions. Peut-être devrait-il rendre les armes et laisser sa place à quelqu'un d'autre. Quelqu'un ayant encore la force et l'énergie qui semblaient lui faire défaut ces derniers temps. N'était-ce qu'une petite faiblesse passagère ? Allait-il un jour reprendre et ses esprits et sa force légendaire ? Il n'en savait rien. Et cette incertitude le rongeait. Cette façon qu'il avait de soudain perdre les esprits ou perdre tout contrôle... Non, tout cela ne lui ressemblait pas. La honte s'abattait sur lui et le déprimait comme jamais.

Cape et haut d'uniforme allèrent vite rejoindre le sol, à même le petit salon, non loin du canapé, sans même qu'il prenne la peine de les poser soigneusement sur un des fauteuils, comme il en avait pourtant l'habitude, lui d'habitude si soigneux de ses affaires. Commençant à défaire les boutons de sa chemise, il se dirigea vers la salle de bain, finissant de se déshabiller à l'abri de l'oeil curieux des caméras, balançant ses affaires sales sur le tas qu'il avait commencé à faire dans le salon. Il irait ensuite porter le tout aux lave-linges. Ou demanderait à un domestique les aidant au capitol de le faire pour lui s'il était trop harassé. Et sur cette pensée, il ferma la porte et profita de sa douche bien méritée.

Il se laissa si bien emporté par les bienfaits de l'eau sur son corps crispé, qu'il n'entendit pas même Silvio rentré. Ce ne fut que lorsqu'une voix se fit entendre tout près de la porte de la salle de bain qu'il sursauta.

« - On m’a donné quelque chose pour vous, je le mets sur la table, hein… Je repasserai tout à l’heure. »

Oui, que le gamin repasse. Dans quelques minutes. Il était temps de toute façon qu'il sorte enfin de l'eau. C'est toutefois avec regret qu'il arrêta le jet d'eau et sortit de la douche. Ce n'est qu'une fois la serviette en main qu'il constata qu'il avait oublié de prendre des affaires propres. Il avait été tant pris dans ses pensées, qu'il en avait tout oublié. Grognant contre cette énième perte du sens pratique, il ouvrit la porte qui permettait à la salle d'eau de communiquer directement avec sa chambre (ou sa salle d'eau avait deux portes, l'une donnant sur le salon et l'autre sur la chambre), sans devoir repasser par le salon, pièce principale, qui était alors sous le projecteur des caméras de surveillance. Cela lui permettait de garder, Joshi merci, un semblant d'intimité dans ses deux pièces et d'aller l'une à l'autre sans qu'on le voit tout le temps.

Là non plus pas de trace de vêtement. Et pour cause, ils étaient tous soigneusement rangés dans une armoire. Armoire cadenassée puisqu'il y rangeait aussi quelques documents informatiques importants, et ces plus précieux livres. Il laissait après tout libre accès à son appartement (qui était aussi l'un de ses bureaux) à ses plus proches collaborateurs, à savoir l'Impératrice, quelques Hauts Conseillers et surtout son second. Il ne voulait toutefois pas que ceux-ci se permettent pour une raison X ou Y de fouiller dans ses affaires personnelles... Quel ne fut pas toutefois son dépit quand il ne trouva pas la clef du cadenas. Il était pourtant persuadé de l'avoir remis de suite dessus quand il était arrivé, après avoir pris un ds fameux livre précieux ? Où était donc passé cette maudite clef ? Il fouilla un instant alentour, se demandant si elle n'avait pas glissé quelque part, mais ne trouva rien. Maudissant la serviette qui venait de glisser de ses hanches et la rajustant rapidement, il se releva, dépité et soudain furieux contre lui-même pour égarer ainsi ses affaires, une clef qui plus ait, une clef important.

Oui, il utilisait encore une clef pour cadenassé son armoire. Il savait bien que tout était informatisé, mais justement, il trouvait un cadenas avec clef beaucoup plus sûr pour ce genre de choses. Aucun informaticien ne pourrait pirater son intimité, avait-il pensé. Et l'usage de tel système de serrure se faisant rare en Nosco, certainement personne ou si peu savait le crocheter. Encore fallait-il ne pas en perdre la clef... Râlant, pestant et grognant tout ce qu'il savait, il balança dans un élan de rage ce qui se trouvait sur l'étagère près de son lit. L'aurait-il en fait laissé dans une de ses poches ?

Sur cette idée, il se décida à prendre son courage à deux mains et à aller vite fait récupérer ses affaires dans le salon. S'il faisait vite, il pourrait éviter que l'on remarque sa petite tenue dans les video de surveillance. Ou ce serait si furtif que personne ne verrait rien. Oui, ca c'était dans la théorie. Mais dans la pratique... Quelle ne fut pas sa surprise d'arriver dans le salon en catimini... pour ne plus rien trouver de ses affaires sales. Il fut tant et si bien surpris, qu'il en resta cois sur le seuil de sa chambre, en plein dans la ligne de mire d'une des caméras, sa serviette lui ceignant les hanches de façon si sexy, alors que quelques gouttelettes d'eau ruisselaient encore sur ses épaules et son torse. Pas d'affaires. Pas de clef. Et... Et...

Et où était donc passé tout cela ? Où était passé également son portable, son ordinateur portatif, son oreillette, sa clé USB... Toutes ses possessions importantes où nombre d'informations et documents de haut Commandor y étaient stockées. Blémissant soudain, Judikhael tenta de comprendre la situation et de calmer ses nerfs alors à fleur de peau qui menaçaient de craquer une énième fois. Quand il disait qu'il n'était plus apte ! Jamais, ô grand jamais, il n'aurait commis un tel impair dans le passé. jamais, ô grand jamais, il n'aurait laissé ses affaires trainer de la sorte et jamais une telle disparition n'aurait pu se produire. Il n'avait jamais, de toute sa vie noscoienne, perdu une affaire quelqu'elle soit. Et là, en l'espace d'une soirée, il perdait la clef de son armoire... et tous ses outils informatiques de commandor... Que Joshi le foudroie sur place ! Ou Pepi allait certainement s'en charger elle-même !

Quelques coups frappés à sa porte le sortirent de sa transe.

- Entrez, rugit-il, hors de lui, mais toujours immobile, et oublieux de sa petite tenue.

La porte coulissa aussitôt et laissa passer... son second. Son second ! Mais bien entendu, qui d'autre ! Et tout se fit clair dans l'esprit de Judikhael, enfin aussi clair que cela pouvait se faire. Seul son second semblait être entré quand il était sous sa douche. C'était certainement son second qui avait pris ses affaires. Et avec un peu de chance...

- Où sont mes affaires ? Demanda-t-il sans même attendre que son second ouvre la bouche. Où sont mes affaires ?? Rugit-il soudain, blême de rage et tremblant presque sous la soudaine pression qui se déversait en lui et qu'il ne parvenait plus à juguler.

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Re: Ôde à la Lune

Message par Silvio Anthelmios le Mer 29 Sep - 15:25

Silvio n'avait jamais complexé sur sa taille, bien qu'elle soit relativement petite pour un homme, bien qu'il dusse lever les yeux pour observer ses collègues. Au fond, il en avait l'habitude, et cela ne l'avait jamais empêché de faire quoi que ce soit. Il offrit moins de surface de tir à ceux qui utilisaient des armes de poing. Naturellement, il devait faire trois pas quand son patron n'en faisait qu'un, mais son incroyable énergie lui permettait de ne pas en ressentir plus de fatigue. En tout cas, moins que le patron, qui semblait plus facilement épuisable, ces derniers temps. Qu'avaient-pu lui faire les rebelles ? Il semblait presque vieilli. Silvio n'aimait pas cela. Lui, il avait l'impression que cela ne lui donnait que plus de travail. Il n'avait rien contre. Mais il n'estimait pas être prêt à prendre la place du patron. Pas tout de suite.

Hum, que disais-je...? Ah, oui. Il n'avait jamais complexé sur sa taille. Mais là, devant son patron, il commençait à avoir un peu peur, tout pâle, lèvres mordues. Joli torse, ceci étant dit... Mais tout de même, ce regard qu'il posait sur lui était effrayant. Silvio se rendit compte alors combien sa tête était petite comparée aux mains du patron. Mais... Il ne tuerait pas son second pour une bête histoire de vêtements, n'est-ce pas ?
Bon sang, qu'il était petit et frêle, face à son patron... Il recula dans le salon. Shane devait voir ça ! Il avait déjà dû réussir à voir, un petit peu, mais... Peut-être pas assez.
Silvio s'aperçut ensuite qu'il était face à un dilemme: reculer encore, et avoir un enregistrement de sa tête écrasée contre le mur, ou avancer vers le patron dans l'espoir que les cameras ne captent rien ? ...Avec un peu de chance, il ne subirait aucun dommage, aucun coup. Du moins, il l'espérait.
Il leva les mains, en signe d'innocence.

"- Je... Je pensais vous faciliter la vie... Je les ai amenées à laver... Pour que vous n'ayez pas à le faire..."

Pourquoi tant de haine ? Pour quelques malheureuses affaires ? Silvio ne croyait pas son patron aussi matérialiste. L'armoire sans clef ? Oh... Là, il n'y était pour rien. La clef était tombée toute seule.
Il ramena ses mains dans ses poches, l'air presque neutre, alors qu'en réalité, il buvait du petit lait.

"- Mais... Si c'était une mauvaise initiative... Je peux toujours retourner les chercher... Ne vous inquiétez pas..."

Il soutenait son regard, dans un bel effort de volonté et de courage, et en tentant de ne pas paraitre non plus provocateur, ce qui était bien dur. Dire que pendant ce temps, Shane pouvait se rincer l'oeil sans craindre quoi que ce soit... Vraiment, il avait intérêt à lui baiser les pieds, quand tout ceci serait terminé.
En tout cas, Silvio n'était pas prêt de rendre service à nouveau ! Le patron s'irritait si facilement ! C'était bien la peine de vouloir lui faire plaisir ! La prochaine fois, il déposerait un porc-épic dans son lit. Nul doute que le patron trouverait cela attendrissant et digne d'éloge, au vu de sa réaction...
Quelle déception, tout de même... Silvio aurait bien boudé, mais... Pas avec le patron. Et surtout pas quand il était dans cet état-là, où il menaçait de l'étrangler sans même le toucher. Tout pourrait être si simple si les Grands n'étaient pas aussi compliqués...
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Re: Ôde à la Lune

Message par Judikhael Wienfield le Dim 3 Oct - 20:13

Emmener ses vêtements à laver ? Son second insinuait-il que le patron qu'il était était sale et que ses vêtements puaient ? Comme s'il était incapable de le faire lui-même ou de demander au personnel de service de le faire pour lui. Comme si cela incombait à un second de commandor aussi d'ailleurs... S'il avait donné l'autorisation d'accès à ses appartements à son second c'était pour permettre à celui-ci d'accéder à certains dossiers et à son ordinateur s'il lui arrivait quelque chose, ou pour parfois travailler plus tranquilles tous deux qu'aux bureaux de la brigade. Pas pour jouer les hommes de ménage !

Non, se calmer, ne pas écraser son second contre le mur comme sa petite voix colère le lui soufflait. Ecouter plutôt sa petite voix nommée raison qui lui disait que peut-être, peut-être, il aurait encore besoin de cet incompétent de second quelques instants. Oui, incompétent ! Quel second compétent n'aurait pas pensé à récupérer avant tout les affaires personnelles de son commandor qui devaient trainer dans les poches de son uniforme ? Et quel second compétent aurait d'ailleurs daigné de se charger de ses affaires ? Ignorant la petite voix affectueuse qui lui soufflait que ce second-là avait cherché à lui rendre service, que ce second-là vivait une période difficile alors que son commandor n'était plus tout à fait opérationnel et qu'il avait certainement cherché à l'aider et à le décharger des tâches bassement quotidiennes, Judikhael n'avait qu'une envie à cet instant : empaler son second au beau milieu de son salon. Heureusement qu'aucune lame n'était à portée de ses mains et qu'elles étaient toutes encore bine accrochées au mur ou dans leur étui dans sa chambre. Sinon nul doute qu'il aurait, encore, commis l'irréparable. Comme si souvent il le commettait ces temps-ci, comme le lui rappelait douloureusement l'épisode "porte d'Allan".

Mais au lieu de céder à sa colère meurtrière, il s'efforça de respirer le plus calmement possible, expirant et inspirant lentement, pour décharger la tension qui le crispait ainsi.

- Ce n'est pas votre travail. Et n'avez-vous donc pas songé à vider les poches avant toute chose ?

Se disant, il jeta à son second son regard bleu prussien plus brillant de colère encore qu'il ne l'avait jamais été.

- Il y avait encore dans les poches de mon uniforme toutes mes affaires personnelles et de commandor. Mon ordinateur de poche, mon téléphone, mon intercom, mes clés USB, une arme alpha et une petite lame, ainsi que..

Hum... voilà qui était délicat à annoncer. Ses médicaments. Oui, médicaments. Pour son état mental parfois... déficient. Médicaments censés lui permettre de mieux se concentrer.

- Bref, mes affaires personnelles.

ui recelaient d'informations cruciales. Que ce soit sur le plan professionnel, ou sur le plan personnel. Si un rebelle trouvait son ordinateur ou ses clés USB, il ne donnait pas cher de la Guilde. Ou si son second trovait et comprenait ce qu'était ses médicaments, il ne donnait pas cher de sa propre réputation...

L'envie d'injurier son second copieusement lui trotta un moment dans la tête, mais son code de commandor qui l'avait toujours obligé à ne jamais traiter un de ses hommes comme il n'aurait jamais voulu qu'on le traite lui-même le retint encore.

Se forçant encore un moment au calme, aussi difficile que cela puisse paraitre, il s'apprêta à donner ses nouvelles consignes au jeune homme et s'avança d'un pas. Sentant, à sa plus grande honte, sa serviette soudain glisser traiteusement et dévoiler un instant ce qu'il n'aurait jamais songé à dévoiler ainsi. Retenant à temps la serviette avant qu'elle ne tombe, et la remettant aussi vite que possible en place, il reprit d'une voix blanche, le regard soudain fuyant :

- Allez rapidement me rechercher ses affaires personnelles. Toutes. Ou je ne donne pas cher de votre place, maugréa-t-il entre ses dents, d'une voix lourde, tout en tournant rapidement dans sa chambre, en claquant la porte, après un regard meurtrier vers les caméras.

Il espérait que personne n'ait eu le temps de voir quoique ce soit de l'autre côté de ces maudites caméras, et il espérait surtout que personne n'aurait le front de divulguer quoique ce soit si tel était malheureusement le cas. Il se sentait soudain... honteux. Incompétent. Diminué.

Il entendit les pas de son second sortir mais ne réagit nullement. Il savait qu'il aurait dû profiter de cet instant pour tenter de retrouver la clé de son armoire à vêtements, mais il n'en eut pas le courage. Une autre phase de découragement intense le submergeant de nouveau comme souvent ces temps-ci. Au lieu de cela, il resta simplement prostré, assis sur le bord de son lit, sa serviette pour seul vêtement, les coudes sur les genoux et la tête entre les mains. Non pas de pleurs. Sa détresse semblait avoir dépassé le stade des pleurs. Elle allait bien au delà. Bien au delà...




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Re: Ôde à la Lune

Message par Silvio Anthelmios le Dim 3 Oct - 21:17

Silvio n'avait pas osé répondre au patron, et l'avait laissé lui remonter les bretelles sans rien dire, tête basse. Comme honteux. Au mot "place", il frissonna: le patron y pensait donc. Point positif: il n'allait pas le virer. Oui, Silvio n'avait pas mis les affaires à la machine. Juste dans sa chambre, entre deux bougies, pour Joshi. Ce dernier avait visiblement très bien pris la chose... Mais Silvio ne sentit aucun souvenir lui revenir. Peut-être qu'il fallait le temps et que Joshi était déjà overbooké. Tant pis. Il allait rendre gentiment au patron ses affaires et... Voler autre chose une autre fois.
Il profita tout de même de la vision de la serviette tombant. Oh yesh ! Au moins un qui serait content: Shane ! Mais c'était bien Silvio qui avait eu le meilleur point de vue... Il ne manifesta rien, cependant. Pas le moindre sourire, pas le moindre geste traitre. Rien ! En même temps, le contexte ne lui laissait pas vraiment le loisir de se moquer du patron, ni même de baver.
Dès que le patron fut dans sa chambre, il sortit, rapidement.

Il arriva dans sa chambre, après avoir couru. Il souffla les bougies. Pas une minute à perdre. Ou le patron aurait perdu du temps par sa faute. Silvio récupéra rapidement les habits à terres, les souleva, les mit sur son lit pour les plier et...

Poc.

Silvio baissa le nez sur ce qui était tombé à terre. Quelque chose en lui sembla se fendre.
Une boite de médicaments.
Oh non... Le patron n'en prenait quand même pas ? Silvio savait bien qu'en ce moment, il n'allait pas fort mais... Pas à ce point là. Il récupéra la boite, du bout des doigts, presque tremblant. Des médicaments. Le patron prenait des médicaments. L'image de l'homme invincible, supérieur, ce maitre que Silvio admirait en cachette, se trouvait salie par cette ombre. Les médicaments. Il avait du mal à y croire, du mal à l'accepter. Et pourtant, la boite était là, dans sa main. Tombée de la poche du patron.
Silvio dut s'asseoir, pour digérer un peu la découverte. Il n'imaginait pas cela. Lui qui croyait juste le taquiner... Il n'allait pas l'aider à se sentir mieux. Pourquoi le patron ne lui avait-il rien dit ? Silvio aurait pu prendre la relève encore un moment, le temps qu'il se remette complètement.
Le Second remit les médicaments dans leur poche, et plia les habits du patron, tout peiné à l'idée de son patron avalant ces saloperies, ne pouvant plus se soigner lui-même.
Silvio haïssait les médicaments. Presque autant qu'il haïssait les médecins.

Un soupir, long soupir. Combien de temps le patron avait-il attendu ? Une demi-heure, au moins ! Joshi, si la Guilde devait tomber par ma faute, tu aurais également ta part de responsabilité ! Silvio toqua, et entra. Le patron devait être encore dans sa chambre. Bon. Il toqua également à la porte de la chambre, les habits encore pliés dans les bras.

"- Me revoilà, patron... Avec vos habits. Et vos affaires non-endommagées."

Mais également des bonbons.
Oui, des bonbons, qu'il avait été acheter en toute hâte à l'Aedes, qu'il avait mis dans les poches du patron. Pourquoi ? Il avait pensé que le patron apprécierait, que c'était un moyen de dire "je ne pensais pas à mal" et "j'ai vu que vous preniez ces cochonneries" en même temps. Il était possible que le patron le prenne mal. Mais lui, Silvio, il avait l'air de vouloir se moquer de son patron ? Il avait l'air de ne pas être tout retourné par sa découverte ?
Bien sûr que si, il en avait l'air. Tout pâle, tout gêné. Et surtout, prêt à prendre la poudre d'escampette avant que le patron découvre les bonbons. Il ne tenait pas à se faire tirer les oreilles une seconde fois. Surtout pour une seconde fois où il ne pensait toujours pas à mal !
Il regrettait déjà. Comment le patron pouvait-il ne pas se vexer pour des bonbons ? Surtout en ce moment. Non, vraiment, c'était encore une idée à la noix....
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Re: Ôde à la Lune

Message par Judikhael Wienfield le Dim 3 Oct - 23:57

Combien de temps avait-il dû attendre ? Combien de temps était-il resté ainsi, assis sur son lit, sans bouger, sa lourde respiration parfois entrecoupée de ce qui aurait pu ressembler à des sanglots même s'il ne pleurait pas ? Il n'aurait su dire. Il ne savait pas, ne savait plus. le temps ne comptait plus. Plus grand chose ne comptait à cet instant, même pas sa nudité dont il avait cure comme de sa dernière chaussette. Encore faudrait-il qu'il puisse remettre la main sur sa dernière chaussette justement....

Ce ne fut que des coups toqués à la porte de sa chambre qui le sortir un peu de sa létharie. Il n'avait pas même entendu son second revenir dans ses appartements. Il y aurait pu avoir un siège de brigadiers devant sa porte qu'il ne l'aurait pas même remarqué. Une calamité. Voilà ce qu'il était devenu : une calamité. Une calamité qui ne répondit pas aux coups portés. Une calamité qui sursauta presque quand une voix s'éleva derrière la porte.

"- Me revoilà, patron... Avec vos habits. Et vos affaires non-endommagées."

Habits. Affaires endommagées. Un instant de déroute, avant de se rappeler de quoi parlait son second. Son second. Dans ses appartements. Alors qu'il était en serviette sur son lit. Ah oui, il se souvenait. L'épisode calamitique d'une calamité en déchéance, ne put-il s'empêcher de penser.

La décence aurait voulu qu'il réponde, qu'il ouvre et prenne ses affaires, ou qu'il chasse son second en lui secouant les puces comme ce cancre l'avait mérité. Mais Judikhael était tout sauf décent à cette heure. Et le cancre finalement c'était bien lui et non son second. Aucune réaction ne vint tout d'abord, un lourd silence s'abattant contre la porte qui les séparait. Ce ne fut qu'après s'être morigéné intérieurement pour cette inaction qui ne lui ressemblait pas, que le commandor se résolut à répondre, d'une voix atone qui semblait ne plus lui appartenir :

- Ouvrez donc la porte et entrez. Entrez, et contemplez donc la déchéance de votre patron.

Un rire sans joie s'échappa de lui alors qu'il s'affaissait plus encore sur lui-même.

- Réjouissez-vous. Sa fin est proche, dirait-on. Vientôt viendra votre avénement à sa place. Car c'est bien ce dont vous rpevez n'est-ce pas ? Prendre la place du patron, prendre son siège. Riez donc bien de lui, tant que vous le pouvez encore, amusez-vous de lui comme vous semblez tant aimer le faire. Bientôt... oui, bientôt...

Bientôt quoi ? Inutile de lui poser la question, le commandor n'avait pas la réponse lui-même. Il était sûr d'une chose : on s'était bien joué de lui. Qui on ? Joshi peut-être. Ou Nosco. Il ne savait pas et n'en avait que faire tout d'un coup. Il n'avait pas envie de savoir. Plus envie. Plus envie de rien. Il se sentait déjà dérivé ailleurs, dans une autre contrée, dans un autre pays. Dans le pays de ses pensées ? S'il y avait un tel pays, comment l'appelerait-il ? Hum... Artèmia. Oui, sûrement appelerait-il ce pays Artèmia, songea-t-il, soudain totalement déconnecté de la réalité. Artèmia. Son pays, son ancre, son âme...

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Re: Ôde à la Lune

Message par Silvio Anthelmios le Lun 4 Oct - 1:04

Silvio reste figé sur le pas de la porte, à peine entré.
Gêné. C'était le mot juste. Très gêné. Il n'aurait pas dû voir son patron ainsi. Ce n'était pas son rôle. Ils n'étaient pas assez proche, il n'était pas psychologue, il... Il voyait l'homme qu'il avait tant admiré au plus bas. Il savait bien que chacun avait ses faiblesses, mais il n'avait pas encore eu l'occasion de voir ses idéaux aussi violemment brisés.
C'était du délire, de la folie ! Les cameras... Non, c'était bon, personne ne les regardait. Un point positif. Ca, il n'aurait pas aimé que Shane le voie. Ce n'était plus drôle, du tout. Sans doute un coup de ces saloperies de médicaments... Ou pas. Silvio se demanda un moment si, pour une fois, leur utilisation n'était pas justifiée.

Le Second se mordit les lèvres. Bon. Ni Artèmîa ni psychologue dans le coin. Autrement dit, c'était à lui de s'y coller. Il n'avait pas pour habitude de jouer les SOS suicide, ou SOS dépression. Il haïssait les gens qui montraient leurs faiblesses en public uniquement pour inciter les autres à jouer les SOS dépression. Mais là, il n'y avait pas de public. Que lui.
C'était peut-être pour cela que le patron osait se mettre dans cet état. Parce qu'il n'aurait pas osé devant un autre. Une marque de confiance ? Étonnant. Non pas que Silvio doute de leur confiance mutuelle, mais il ne la croyait pas aussi poussée. Elle ne pouvait pas être aussi poussée. Mais y avait-il une autre personne face à laquelle le patron pouvait...? Il devait être l'option par défaut.
Il n'arrivait pas à être honoré de ce rôle. Et il s'y connaissait si peu en psychologie ! Que fallait-il faire ? comment ? Il allait faire mal. Argh, mais il ne voulait pas avoir sur la conscience la mort de son patron !
Non, il ne voulait pas...

"- Habillez-vous..."

Il s'était assis à côté de lui, et avait posé ses vêtements sur ses genoux. Il n'avait rien contre la nudité de son patron, mais il aurait déjà retrouvé un semblant de dignité humaine, habillé.

"- Je ne vous ai pas libéré des rebelles pour vous voir ainsi..."

Il eut une idée (n'applaudissez pas). Il se releva, récupéra la clef de l'armoire, et la cala dans son cadenas.

"-...Et Artèmîa vous préfère sans doute dans un autre état."

Silvio songea alors qu'il aurait peut-être dû y aller doucement, soutenir son patron, jouer les compatissants, au lieu de le sermonner ainsi. Bon, eh bien... Tant piiis....
Il s'assit à nouveau près de lui. Sans le regarder. Passionné par ses propres genoux, et ses mains posées dessus.

"- Patron... Je suis toujours votre second. Je suis là pour vous soutenir, vous savez.Et... il rosit légèrement. "Je n'aime pas vous voir ainsi."

On aurait pu prendre cela pour de la flatterie. Silvio lui-même en avait usé bien des fois. Mais là.... Non. Il tenait à signaler à son patron qu'il n'était pas exactement le genre d'Homme à lui planter un couteau dans le dos. Il l'avait prouvé une fois. Ca serait la deuxième. Il tenait à son patron. A dire vrai, c'était la personne avec laquelle il passait le plus de temps (forcement, à trainer sur ses talons comme un petit chien...). Il avait aussi passé du temps avec Kathleen et Shane. Mais ça n'était pas pareil. Eux, il ne les admirait pas autant...
Il osa un p'tit regard vers son patron. Timide. Que penser...? Compatir, mépriser...? Que faire ?
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Re: Ôde à la Lune

Message par Judikhael Wienfield le Lun 4 Oct - 23:42

"- Habillez-vous..."

Ces simples mots, s'ils ne le réveillèrent pas totalement, le sortirent un peu de sa torpeur. Il regarda un instant, d'un air ahuri, les habits qu'on venait de lui poser sur les genoux, sans pour autant les toucher de suite, les observant d'abord comme s'il ne les reconnaissait pas. Ce qui, sur le moment, était d'ailleurs tout à fait le cas.

Il ne vit pas même son second aller remettre la clé soit-disant perdue sur le cadenas, tout comme il ne se rendit pas tout de suite compte que le jeune homme venait de s'asseoir près de lui. Ce ne fut une fois encore que les mots qui le firent réagir.

Artèmia, disait le gamin. Artèmia. Et comme si ce simple nom était le déclic, Judikhael releva son visage et tourna son regard vers son second. Un regard où semblait tenter de briller à nouveau cette lueur qui le caractérisait tant. Non pas la lueur de colère, comme souvent il en avait l'habitude, mais celle d'intelligence, ce regard acéré qui cherchait à vous transpercer pour vous faire avouer tous vos secrets. Oui, celui-là, ce regard-là.

Soudain quelque peu conscient, même si pas encore entièrement, de l'état dans lequel il était, et surtout de devant qui il l'était, il reporta son attention sur les vêtements posés sur ses genoux.

"- Patron... Je suis toujours votre second. Je suis là pour vous soutenir, vous savez.Et... Je n'aime pas vous voir ainsi."

S'il y avait bien de quoi l'étonner, c'était cette phrase là. "Je suis toujours votre second." Pas de convoitise dans la voix. Donc le gamin ne convoitait pas sa place ? Bon après son sauvetage, il aurait déjà dû le savoir, lui souffla une petite voix, mais sa paranoïa presque maladive l'avait empêché de se rendre à cette conclusion pourtant évidente. "Je suis là pour vous soutenir". Voilà bien encore de quoi l'étonner. Et le chambouler quelque peu. Il n'avait pas pour habitude d'avoir réellement quelqu'un pour le soutenir. Il n'en avait pas besoin, ou du moins avait cru ne pas en avoir besoin. Mais visiblement, il s'était largement fourvoyé sur la question... Et il devait avouer que sentir quelqu'un le soutenir, là, maintenant, où il avait été à deux doigts de réellement perdre la tête n'était pas pour lui déplaire. Même si l'idée le dérangeait encore un peu. Le gênait plutôt.

Judikhael se décida enfin à sortir pleinement de sa léthargie, même si étrangement chaque geste lui coûtait. Il commença par s'emparer des vêtements qu'on lui avait déposé sur les genoux, et à les redéplier. Ce qui fit tomber un contenu, qu'il reconnut instantanément. Ses médicaments. Accompagnés de bonbons. Hum... De bonbons ? Mais il n'avait jamais de bonbons sur lui... Qu'est-ce que des bonbons faisaient donc là ? Dans une de ses... Bonbons ? silvio ? poches de vêtements pris par Silvio ? Et aussitôt la connexion se fit, même si plus lentement que d'ordinaire. Silvio avait mis des bonbons dans une de ses poches ? Voilà bien un geste étrange ? Etait-ce une moquerie encore ?

Des bonbons qui étaient dans la même poche que ses médicaments, réalisa-t-il alors de plein fouet, tout en ramassant ce qui était tombé. Déposant d'un air circonspect et plus que méfiant les bonbons sur le lit, juste dans l'espace qu'il restait entre lui et Silvio, il lança un rapide regard en coin à son second. Ni colère ni énervement. Juste circonspection alors. Et indécision aussi. Oui, indécision quant à comment interpréter ce geste. Et comment y réagir. Son second avait vu ses médicaments, sa faiblesse, et si parfois Silvio faisait benet, il n'était quand même pas idiot au point de ne pas savoir additionner les éléments entre eux. Médicaments, plus perte de contrôle de son patron, était facile à clairement concorder ensemble : son patron n'avait pas tous ses moyens. Et les aurait-il de nouveau totalement un jour ?

D'ailleurs, en parlant de médicaments... Il semblerait qu'il ait justement oublié de les prendre. ceci expliquerait cela. Sans doute n'aurait-il pas eu telle faiblesse s'il y avait pensé, se morigéna-t-il intérieurement tout en décachetant aussi calmement qu'il le pouvait deux comprimés et les avalant cul sec, rejetant brutalement la tête en arrière pour mieux les avaler. Etait-ce bien deux comprimés qu'il devait prendre déjà ? Hum... Bon tant pis, il les avait avalés de toute façon...

Il avisa alors les vêtements qu'il tenait toujours à la main, réalisant enfin qu'il s'agissait de vêtements censés être sales... et donc qu'il valait mieux qu'il s'empare de vêtements propres. Fort de cette constatation, et se rappelant il ne savait comment qu'il avait demandé à Silvio de lui rapporter ses vêtements pour récupérer les objets laissés dans les poches, il se contenta de vider lesdites poches sur le lit, étalant tout son attirail sans plus de scrupules, quand bien même cela revenait un peu à étaler sa vie privée devant Silvio (de toute façon, qu'avait-il encore à cacher à Silvio ? celui-ci n'avait-il pas déjà tout vu de lui dès lors ? ), pour ensuite rejeter plus loin sur le sol les vêtements sales. Lui restait maintenant à en prendre des propres, histoire de se vêtir un tant soit peu décemment, comme lui avait conseillé son si sage second.

Il se leva donc lourdement, laissant la serviette tomber à terre dans son mouvement, sans autre cérémonie, et alla ouvrir son armoire. Un boxer pris au hasard et enfilé rapidement, un pantalon noir enfilé également tant bien que mal, même si manquant de peu de se casser la figure en s'empêtrant le pied, puis une chemise. Une chemise à boutonner. Alors qu'il sentait ses mains tremblées un peu. Voilà bien un inconvénient à ses foutus médicaments : s'ils lui rendaient sa lucidité et un semblant de concentration, et ce assez rapidement, ils avaient par contre la facheuse tendance de lui faire trembler les mains pendant une bonne demi heure ensuite...

- Fichus boutons qui ne veulent pas se fermer, pesta-t-il entre ses dents, conscient du désastreux spectacle qu'il devait encore donner au jeune homme encore assis sur son lit.

[HJ : judi a encore prévu quelques petites choses, donc que Silvi ne parte pas si vite. j'ai pas pu tout mettre encore... Sad ]


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Re: Ôde à la Lune

Message par Silvio Anthelmios le Mer 6 Oct - 1:10

Silvio et sa place de Commandor... Un but qu'il s'était fixé depuis bien longtemps, qui conciliait son amour pour le combat et son désir d'importance. D'importance, plus que d'autorité. Il aimait sentir l'influence de ses actes, il aimait cette sensation, cette petite peur qu'il avait eue juste avant d'aller libérer son patron, la fierté qui avait suivi cet événement... Oui, c'était vraiment son ambition, ce à quoi il voulait passer sa nouvelle vie.
Mais malgré cet engouement, Silvio n'était pas encore prêt à planter un couteau dans le dos de son patron. Par souci d'honneur, premièrement. On ne tirait aucune gloire à s'attaquer à quelqu'un dans cet état. C'était lâche, c'était fourbe, et surtout tellement ingrat à l'égard de quelqu'un comme Judikhael ! Mais au-delà de ces soucis-là, il y en avait un autre, tout simplement pratique: Silvio n'était pas, de son point de vue, prêt à prendre la relève. Pas tout de suite. Judi' avait encore beaucoup à lui enseigner... Donc on le gardait. Il pouvait être utile.... Ah mais ne me regardez pas comme ça ! je l'ai dit, déjà: Silvio ne pouvait pas non plus s'attaquer à quelqu'un qu'il respectait autant ! Il y a aussi des sentiments, vous voyez...?

Même si l'admiration qu'il avait pour lui voyait enfin une fissure la déchirer, la rendre moins assurée, quand il prit ses médicaments. Son Second ressentit un pincement au coeur. Il haïssait ces choses, persuadé qu'elles faisaient plus de mal que de bien. Il aurait préféré le voir prendre un bonbon. C'était semblable en apparence, mais tellement meilleur en goût ! Peut-être aurait-il fallu remplacer les cachets de Judikhael par les bonbons et croire en l'effet placebo...
Oh... Tiens. Pas sot. Silvio nota l'idée. Pour la prochaine fois.
Sans s'en rendre compte, il avait posé son regard sur le patron, alors qu'il s'habillait. Cette vision aurait pu lui sembler un moment extra-ordinaire, à ancrer dans sa mémoire pour être raconté à Shane, mais... Non. Ce moment n'était pas pour Shane. Et Silvio ne pouvait rien ancrer, tout pensif qu'il était. Ah, il se souvint tout de même avoir pensé...
*Il prend peut-être des médicaments, mais il a un joli
dos.*
Oui. Dos. Juste dos. Car le patron venait de mettre son pantalon. Silvio fronça les sourcils en l'entendant râler après les boutons. Il remarqua alors ses mains. Ah ! Je vous l'avais dit ! Mauvais, ces médicaments, mauvais... Il regarda encore un peu le patron tenter d'attacher sa chemise, sous l'emprise du "débrouille-toi c'pas mon problème", avant d'avoir pitié de son patron. Il ne pouvait pas le laisser patauger ainsi... Et il était son Second. D'accord, cela ne voulait pas dire "valet", mais s'il pouvait aider son patron, il devait le faire.

En silence, il se leva, et, sans rien demander, sans même un soupir exaspéré, il vint face à son patron et commença à attacher les boutons, ses doigts frôlant à peine les muscles fermes de son torse, alors qu'il se trouvait tout près de lui, et... Bon, vous m'excuserez, j'avais promis à Shane de lui donner un p'tit angle de vue sympathique, pour le faire baver. Ca, c'est fait... *scritch de crayon qui raye un élément d'une liste* Plus sérieusement, Silvio ne s'attarda ni ne se dépêcha à remettre les boutons du patron. Il évita juste de le regarder dans les yeux. Gêné. Toujours pas par la situation. Surtout à cause de sa découverte.
Que dire ? Il n'avait rien à dire. Ah, si. Peut-être... Par rapport à ce qu'il avait dit tout à l'heure.

"- Je..."
*Ne peux quand même pas dire que je ne l'aurais pas embêté si j'avais su... Il pourrait mal le prendre. Ah mais zut, faut que je finisse ma phrase, à présent. Maaaais comment je tourne ça ?*

Il ferma le dernier bouton, au niveau du col du patron, puis s'écarta un peu, les joues rosies. Mais que pouvait-il dire ? Il avait tant de choses à cacher à Judikhael, tant de choses qu'il ne pouvait dire sans craindre de le vexer... Mais alors, que dire ?

"- ...Les fleurs, c'est périssable. Alors j'ai pris des bonbons... En espérant que vous aimez cela... Parce que... Je ne voulais pas... Enfin... vous faire perdre du temps..."

Il n'avait pas l'habitude d'hésiter autant. Tout gêné, tout chose, tout... Face à son grand patron dont il n'était même plus sûr de la grandeur. Et si Judikhael était... Un homme ? Avec... vous savez... Des faiblesses ?
Le patron, des faiblesses ? Jamais. Tout ceci était l'oeuvre des rebelles. Si Silvio leur tombait dessus, ça allait barder..


Dernière édition par Silvio Anthelmios le Mar 2 Nov - 17:15, édité 1 fois
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Re: Ôde à la Lune

Message par Shane M. Lewis le Ven 8 Oct - 17:42

    Erm... Pendant ce temps là... xD

    La joue contre le clavier de l’ordinateur, endormi sur un document word qui devait en être à sa 437e page de ‘jjjj’ à la suite d’un rapport qu’il avait entamé. Non, comme on le laissait un peu trop entendre, il n’était pas un feignant, bien au contraire. Il avait travaillé toute la nuit, et après une nuit blanche, il fallait bien se douter que vers 11h du matin il finisse par s’écrouler. Il ne vit pas donc les n-ièmes barquettes de carottes se poser dans la matinée les unes après les autres sur son bureau, ni les gens qui lui ébouriffèrent ses cheveux gris au passage, ajoutant subitement des ‘khilnkk’ parmi les nombreux ‘jjjj’ de son document. Shane ne se réveilla brutalement que lorsqu’un crétin non identifié vint lui hurler dans les oreilles en passant :

    « LEEEEEEEEEWIIIIISS ! »

    Réveil délicat. L’informaticien aurait grandement préféré une jolie jeune femme lui secouant lentement l’épaule en l’appelant d’une voix douce et féminine et en lui apportant un café. Certes il n’aimait pas le café, mais le goût du liquide amer aurait eu bien meilleur goût que ce hurlement qui venait de lui percer les tympans. Bref, à défaut d’avoir cette jolie femme, il eut un bel homme via sms. Silvio, évidement. En voyant son nom s’afficher sur son téléphone portable, Shane eut envie de répondre un ‘j’adore quand c’est toi qui me réveille’ avant même d’avoir pris connaissance du message en lui-même. Néanmoins cette idée lui sortit de la tête en lisant celui-ci. Il fronça les sourcils et grommela un :

    « Mais qu’est ce qu’il fabrique encore ? »

    Il était clair qu’entre le coup du lapin sur Alpha, la photo de Judikhael en délicate posture devant l’impératrice, Shane ne serait pas étonné d’une nouvelle… Chose bizarre de sa part. Et d’ailleurs il ne fut pas déçu. Comme indiqué dans le SMS, Shane se connecta au système de surveillance de la ville et franchis les différents barrages pour finir par visualiser enfin ce qui se tramait dans les appartements du Haut-Conseiller. Là, il trouva un appartement vide et il soupira. Encore une mauvaise blague, n’est-ce pas ? Il s’apprêtait à cliquer sur la croix de fermeture lorsqu’il vit un bras dans le champ de vision, bras musclé qui ne pouvait appartenir qu’au commandor (pas à Silvio u-u *baffe*). Sans trop réfléchir, Shane lança le logiciel de capture d’image animée et contempla la suite. Il cligna des yeux. Silvio venait d’entrer dans l’appartement et Judikhael sortit de sa cachette pour lui bondir dessus en rugissant. Et le mieux du meilleur : la tenue du commandor. L’informaticien n’en cru pas ses yeux : juste… Une petite serviette sur les hanches…

    Et voilà qui allait faire glousser bien des dames si on voyait ça ! (Et des hommes) (PS : j’ai pas qui que Shane était intéressé !). Sur cela un Silvio qui se défendait comme s’il n’avait rien fait, et le pire dans tout ça, c’est qu’il était convainquant.

    Le summum de la vidéo : Judikhael qui perd sa serviette et qui la rattrape juste avant sa chute définitive et une vision certes éphémère mais tellement torride !
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Re: Ôde à la Lune

Message par Joshi le Jeu 25 Aoû - 22:08

Hj: Doit- on clôturer ce sujet?
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Re: Ôde à la Lune

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