NaNoWriMo

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NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Mer 3 Nov - 15:50

Rappel du premier message :

Faisons clair et concis.
Le NaNoWriMo, c'est 50 000 mots à écrire avant le 30 novembre.
Florins à la clef. Beaucoup de florins. Participation à envoyer par mail à Judikhael Wienfield.
Règles ici.

Pour le moment, participent Silvio, Shane, Elyan, Lian, Kathleen et notre bien-aimée Majesté.

...Qui d'autre ? :')


Dernière édition par Silvio Anthelmios le Jeu 4 Nov - 14:51, édité 2 fois
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Ven 26 Nov - 14:14

Lian est gentille. Lian est intelligente. Lian a du talent. Lian a fini son nano.
Lian n'a qu'un seul défaut: internet explorer. x)
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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Ven 26 Nov - 15:34

    Mdr !
    Et voilà ! Moi aussi 50 k !!!
    (J'enverrais sûrement ce week end à Judi)
    *hyper fier et heureux d'avoir grillé Silvio devant la ligne d'arrivée Content pas clean *
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Dim 28 Nov - 17:21

Je...l'ai....fini...
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Re: NaNoWriMo

Message par Judikhael Wienfield le Dim 28 Nov - 20:18

Début de nano, sachant que je ne sais pas si j'irai jusqu'au bout le commençant tout juste lol

Spoiler:
Chapitre 1


Virevolter, sentir le vent courir sur son visage, emmêlant davantage encore les mèches de cheveux rebelles qui s'étaient échappées de son catogan, sauter, tournoyer sur lui-même, jouant concurrence au tourbillon du vent, sentir les lames s'entrechoquer... Voilà tout ce qu'il aimait.

Oui, il aimait cette danse, il aimait adapter son pas à celui de son adversaire, qui, talentueux il fallait l'avouer, tentait de lui faire mordre la poussière. Il aimait ce bras de fer que leurs lames, alors crissant l'une contre l'autre, tentaient d'emporter. Il aimait cet air concentré et furieux que l'homme en face de lui lui offrait. Il aimait enfin sentir son sang pulser, avec la même intensité avec laquelle la rage de gagner lui enivrait les sens. Coup d'estoc, esquive, parade, septime, de nouveau coup d'estoc... Le bruit des lames résonnaient alors d'un doux écho à ses oreilles.

Il aurait aimé que cette danse macabre dure encore et encore, jusqu'à ce que les forces de l'un ou de l'autre s'épuisent. Oui, mais voilà. Il avait une mission. Une mission qui ne lui laissait pas le temps à pareil plaisir. Il devait en finir. Et vite. Il n'avait d'ailleurs que trop tarder déjà : le sablier du temps s'écoulait, traître qu'il était, et sa mission risquait de ne pas pouvoir attendre plus longuement encore.

C'est donc avec regret, qu'il pressa sa lame, l'enjoignant à en finir avec cet adversaire pourtant intéressant. Le rythme de la danse augmentant subitement pour adopter un tempo bien plus endiablé, la lame obéit et enchaîna les passes sans donner plus de temps à sa compagne de riposter. Tant et si bien qu'elle sentit du sang couler sur son acier. Du sang... De ce sang dont elle aimait tant se nourrir, de ce sang qu'elle appréciait tant par sa saveur âcre et amère, de ce sang qui signifiait souvent la fin du combat. Et bientôt, assoiffée qu'elle était, elle en demanda plus encore. Ce que cette lame demandait, on ne pouvait lui refuser, n'est-ce pas ?

Ce fut donc sans surprise que la lame et son propriétaire purent se repaître en voyant le corps de leur adversaire lourdement tomber à terre, dans une giclée de ce doux nectar vital qu'ils aimaient tant à savourer.

Un de plus. Il n'en restait plus que trois.Trois autres encore à qui ils offriraient l'hymne de la mort, avant qu'ils ne puissent de nouveau savourer l'orchestration d'un nouvel opéra à leur image. Trois autres, juste trois autres.

....

Il avait fini. Il avait mis deux jours à accomplir pleinement sa mission. Deux jours.. On ne pouvait dire que pour ce qu'on lui avait demandé cela était bien long, n'est-ce pas ? Il avait fini et avait obtenu son paiement donc. Ne lui restait plus qu'un désœuvrement assez étrange en guise de compagnon, que certains nommaient repos. Repos.... Mais à quoi donc cela pouvait-il bien lui servir ? Le repos l'ennuyait lui. Le repos le faisait sombrer dans des pensées moroses plus sombres encore que lui-même. Repos... Voilà bien un mot qu'il aurait aimé bannir de son vocabulaire.

N'y tenant plus il se leva donc du canapé dans lequel il s'était laissé tombé et s'était vautré quelques minutes plus tôt. Puisque rien ni personne ne semblait décider à le distraire, il allait se distraire lui-même. C'est sur cette pensée, qu'il attrapa sa longue veste noire, la revêtant en un tour de main qui trahissait l'habitude, et sortit, se contentant de claquer la porte derrière lui. Quelle direction ? Il n'en avait aucune idée. Il voulait juste sortir. Sortir de cet hôtel pourtant luxueux mais dont le confort outrancier l'étouffait parfois, sortir des hauteurs et hors de portée de ces regards du qu'en-dira-t-on, sortir de ses pensées enfin et surtout. La rue, les bas-fonds de la ville, dehors, semblait la seule sortie qui lui permettrait de lui changer les idées.

Et qu'importe les bruits de la ville plus assourdissants les uns que les autres, qu'importe les odeurs mêlant misère rance et technologie inhumaine, qu'importe le possible danger d'une ballade dans les sombres ruelles de la ville basse. Oui, qu'importe tous ces visages peu amènes, toutes ces mines patibulaires, tous ces humanoïdes, de chair, de métal, ou de polymères, parfois les trois mêlés, se côtoyant et se bousculant dans un va et vient incessant, sans une once de regard pour les autres. Cela valait toujours mieux, selon lui, que les regards faussement polis mais d'une froideur condescendante écœurante que les hautes sphères lui offraient sans cesse.

Là, dans les ténèbres des souterrains, il respirait. Cela puait la misère pourtant. Mais il respirait. Car il se sentait libre. Enfin aussi libre qu'il pourrait l'être. Et peut-être...

Peut-être pourrait-il danser ici ? Peut-être trouverait-il un partenaire pour la danse folle qu'il avait tant envie de donner depuis quelques heures déjà ? Peut-être... Oui, il l'espérait. Il sentait sa lame fébrile trépigner d'impatience elle aussi. Mais il savait bien que non, que ce soir, sa lame et lui devraient reste r sages. Quand ils n'étaient pas en mission, ils se devaient de rester discrets, leur avait-on intimé. Sage il resterait donc, frustration ou non. Sages ils resteraient tous deux, mais la prochaine mission avait intérêt à être à la hauteur de leur patience, songea-t-il alors qu'il entrait dans un petit bar miteux à l'allure sinistre, mais seul capable de lui offrir l'intimité dont il avait besoin ce soir.

.....

Et voilà, il n'avait pas eu longtemps à attendre Une autre mission. Sa lame et lui allaient enfin pouvoir se déchaîner, décharger le surplus d'adrénaline qui ne cessaient de couler en eux, tel un volcan en effusion.

Là. Juste à quelques mètres à peine de lui. Sa cible. Celle qu'il venait de trouver. Il ne la connaissait pas pourtant, mais... Il savait que c'était elle. Toutes les informations qu'il avait glanées sur cette cible correspondaient à ce qu'on lui avait décrit. C'était bien elle, aucun doute possible. Une cible qu'il trépignait d'impatience de confronter. Oui, de confronter. Il n'allait pas l'abattre en l'attaquant en traître, comme parfois il le faisait. Pour celle-ci, il attaquerait de front, comme il l'avait fait pour les dernières. Pourquoi lui accordait-il cet honneur ? Parce que celle-ci était digne de voir son assassin. Celle-ci avait une lame digne de ce nom, digne de jouer avec la sienne. Peut-être n'en avait-il pas envie, dîtes-vous ? Qu'importe, envie ou pas envie, il faudrait bien quoiqu'il en soit ainsi, parce que maintenant qu'il l'avait vu, maintenant que sa lame avait senti une consœur non loin de lui, nul doute que leur danse serait inévitable. En tout cas, il ferait en sorte que.

Enfin, il avait choisi l'heure. Il laisserait toutefois à l'autre le choix du lieu, même si choix inconscient. Ce soir. Tout se ferait ce soir, avait-il décidé. Et c'est ainsi, qu'il suivit sa cible consciencieusement, se glissant d'ombres en ombres pour ne pas se faire de suite repérer, la suivant sans même prendre garde au chemin qu'elle semblait prendre, et frémissant d'impatience de plus en plus mal contenue, à mesure que le temps passait. S'il laissait à l'autre le soin de les guider, il fallait tout de même qu'il trouve un endroit tranquille pour l'aborder. Un endroit sombre, où ils pourraient espérer être seuls quelques temps...

Et enfin... une ruelle souterraine plus loin... Un saut devant la cible qu'il avait suivi tout ce temps pour lui barrer le chemin...

- Que... Qu'est-ce... Que me voulez-vous ? demanda la cible, homme dans la trentaine, qu'il regardait alors droit dans les yeux. Qui êtes-vous ?

Il dégaina son arme pour toute réponse, laissant à sa proie quelques instants pour se remettre de sa stupeur et de son incompréhension.

- Bats-toi avec moi, daigna-t-il enfin répondre à son futur partenaire d'une danse. Bats-toi. Ou meurs.

Et sans plus attendre, il s'élança sur l'autre. Pas d'explication, pas un seul mot sur le motif de cette attaque soudaine. Sa mission ne comprenait pas forcément d'explication, pour tout dire. Les lames s'entrechoquèrent alors sans autre préavis, une fois, deux fois, les salves de coups pleuvant sans s'arrêter, sans même permettre la moindre question, la moindre réponse. Combien de temps cela dura-t-il ? Aucun des danseurs n'auraient été capables de vous le dire. L'un trop pris dans sa frénésie, l'autre trop apeuré par la vie qu'il sentait perdre...

- Tu as été un bon partenaire. Danser avec toi fut un plaisir, fit-il à l'oreille de sa cible alors agonisante.

Et comme pour appuyer ses dires, il lécha le sang qui gouttait encore de sa lame, encore fiché dans le corps de l'autre.

- Et ton sang a bon goût.

Seulement alors, il daigna libérer ce qui avait été sa proie, retirant sa lame du corps devenu ou, et repoussant ce dernier d'un savant coup de botte. Voilà bien des sorties comme il les aimait. Vraiment. Voilà qui lui avait changé les idées !

Rasséréné, se sentant de nouveau lui-même, il reprit donc le chemin du retour. Enfin ce qui lui semblait le chemin du retour. Il n'avait aucune idée d'où il était exactement. Mais qu'importe, de retour vers la surface, sans doute retrouverait-il son chemin. Et qu'importe s'il ne le retrouvait pas, il en prendrait un autre !

.....

Le jour se lève. Avec lui, viendrait aussi sa paye. sa récompense. Pas forcément en argent d'ailleurs. Pas seulement du moins. En effet, pour lui, plus que l'argent, le cruox avait plus de valeur encore.

Ah mais ne froncez donc pas des sourcils ainsi. Cruox ne vous dit donc rien ? Il est vrai que vous n'êtes qu'humain. Voilà bien un mot qui doit vous sembler étrange. Disons pour simplifier, que le cruox est une substance coûteuse et particulièrement prisée pour certaines créatures humanoïdes. Une substance encore à l'étude, que peu ont l'honneur de véritablement pouvoir en supporter l'usage. Une substance aux propriétés remarquables... qui a pourtant un seul défaut : la dépendance qu'elle engendre. Il était de ces humanoïdes dépendants de Cruox.

Et en ce jour, il était temps, il en avait besoin. Il sentait déjà poindre les prémices du manque. Un manque qu'il n'avait plus aucune envie de connaître, tant il en avait été marqué par sa violence et sa douleur il fut un temps. Non, vraiment, il était temps. Selon vous, il devrait se sevrer ? Fort possible. Encore faudrait-il le pouvoir.... Pensez-vous qu'un sevrage est possible quand celui-ci est alors synonyme de mort ? Tel est le cas, tout du moins pour lui, concernant le cruox.

Mais il n'était question d'aucun sevrage dans son cas. Il allait recevoir son dû aujourd'hui, ce matin. Ah, le voilà qui arrivait d’ailleurs, constata-t-il alors qu'il entendait une sonnerie retentir à la porte et cette dernière coulisser pour laisser entrer un homme. Un homme qu'il ne connaissait que trop bien, et dont la simple vue l'emplissait de haine à l'état pur en même temps qu'elle le soulageait. L'homme apportait le cruox. Il apportait sa paye.

Il apportait sa délivrance. Ou ses chaînes, au choix.

Disons qu’il apportait son apaisement. Certes temporaire, mais apaisement quand même…

.....

Il détestait cette vie. Ou peut-être devrait-il dire ce délabrement qu’était devenu sa vie. Il détestait ce qu’il était devenu, ce qu’on avait fait de lui, ce en quoi on l’avait transformé. Mais, sans doute l’instinct était-il plus fort que tout au final puisqu’il était encore là, en vie, ou en non-vie, comme vous voulez. Disons qu’il n’était pas mort et qu’il n’avait, malgré tout le dégoût ou toute la rancœur que la vie qu’il menait lui inspirait dès lors, aucune intention de mourir ou de se laisser mourir. Comme si son corps, son âme si tant est qu’il en est encore une, son être, s’accrochait à cette vie même si détestable. Et si accrochait si bien qu’il en arrachait celle des autres. Comme si pour mieux vivre, il avait besoin de celle des autres, ou de leur mort.

Oui, leur mort. Il était devenu le bras armé de la mort, et n’en avait pas forcément grand scrupule. Il aimait tuer. Enfin une partie de lui aimait cela. Une partie de lui ne faisait qu’appeler plus de mort et plus de sang encore. Il sentait bien parfois en lui un tréfond d’humanité tenter de se rebeller contre tout cela, contre sa lame, contre la noirceur et l’âcreté du sang qui ne cessaient de les souiller, sa lame et lui. A chaque vie qu’il arrachait, il sentait au tréfond de lui un regain d’il ne savait quoi hurler d’une tristesse infini. Un il ne savait quoi qui semblait de plus en plus faible, de plus en plus… mort.

Allait-il tuer une partie de lui en tuant ainsi ses proies ? Ses proies… Etrange comment depuis qu’il était devenu ce qu’il était ce jour il parlait en prédateur. Pas en assassin, pas en mercenaire. En prédateur. N’était-ce pas devenu d’ailleurs son surnom ? Dans le milieu, on ne l’appelait souvent plus comme le raptor. Voleur ou prédateur dans une certaine langue ancienne. Oui, prédateur il était en quelque sorte. Même si un prédateur à la solde d’un autre. A la solde d’un tyran. A la solde d’un fou plus fou que lui encore.

Raptor. Ainsi était son surnom. Son seul nom peut-être un jour. Oui, il sentait qu’il perdait peu à peu sa propre identité. Il sentait que bientôt, très bientôt, il ne serait sans doute plus que raptor et rien d’autres. Juste…. Juste raptor. Un raptor solitaire.

Un raptor libre peut-être ? Il ne savait pas pourquoi… mais il en doutait. Il doutait pouvoir regagner la liberté qui avait pu être la sienne avant…. Avant tout cela.

Il détestait sa vie. Il détestait raptor. Et pourtant, il vivait et était raptor. Ainsi était son paradoxe. Ainsi était-il…

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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: NaNoWriMo

Message par Joséphine de Nosco le Dim 28 Nov - 20:24

Je vous épargne mon prologue... Et vous fais don du premier chapitre Razz

Spoiler:
Miaoow…. Mreoow… Miaaaw….

Un chat. Un fichu chat qui miaule devant MA porte. Mais tu vas te taire, sale bestiole ? Tu ne pourrais pas avoir la grandiose et merveilleuse idée de dégager tes quatre pattes crottées et ton corps malingre d’ici, non ? Ah non, c’est vrai, j’ai oublié qu’un chat, c’était dénué d’intelligence. Un chat. Un maudit chat qui vient pleurnicher chez moi. Il veut quoi, encore, ce salaud, une boîte de pâtée, deux kilos de croquettes, et pourquoi pas, un morceau de dinde de Noël ? Non mais faut pas exagérer, bon sang ! Affamé ? C’est pas une raison ! Y’a des milliers d’autres maisons dans les environs, pourquoi, bon sang, pourquoi avoir choisi la mienne ?

J’en ai marre, de tes piaulements, saleté ! Apprends à fermer ta boîte ! Va croquer des souris, ça ne doit pas manquer dans les environs ! Bref, va voir ailleurs ! J’ai pas du tout envie de te donner l’aumône, moi, tu me fais trop pitié !

Rien à faire, j’avais beau dire, la sale bête ne cessait pas de griffer le bois de ma porte, de ma nouvelle porte qui m’avait coûté un pain ! Bref, dégoûtée, j’ouvre la porte, le chat bondit lestement à l’intérieur et ronron ! Devant la cheminée où flambait un bon feu de bois. Y’a pas à dire, sans gêne, la bestiole ! Encore un peu et on aurait presque pu croire que c’était mon chat. Sauf que je n’en avais pas. Et pour cause, je détestais ça, sans compter qu’après cette mésaventure, je risquais fort de les haïr. Même pas eu le temps de réagir ! Heureusement, la bête est trop bienheureuse pour se douter de la catastrophe qui va lui tomber sur les moustaches…

Je prends deux secondes pour la regarder. Fourrure courte, gris souris (beurk !) mouillée à la neige. Yeux bleu pâle. Taille du corps : environ trente centimètres. Pas trop maigre. Un collier. Ce chat doit être à quelqu’un ?
Raison de plus pour qu’il ne reste pas ici ! Je suis vouée à un bel avenir, bon sang, je n’ai pas à recueillir tous les petits miséreux qui viennent gémir à ma porte ! Alors, je me lève, je vais vers le chat, le caresse un peu, puis le prends par la peau du cou, ouvre la fenêtre, jette le chat dans la rue, lui lance le contenu de ma tasse de café bien chaud, referme la fenêtre sur un chat stupéfait et pas vraiment content du traitement, et basta cosi, finita la commedia !

Satisfaite de moi-même, je retourne m’asseoir, ou plutôt m’affaler, dans mon divan, tasse de chocolat chaud en main (enfin… après avoir refait du chocolat chaud, car pour rappel, ma tasse de café précédente avait atterri pile poil sur le dos du matou), grand sourire à la fois vicieux et victorieux aux lèvres, musique classique dans les oreilles, en un mot, prête à recevoir la visite de potes pour célébrer le réveillon ensemble. Enfin, prête… Jusqu’à ce qu’on sonne à la porte…

Au moins, c’est pas un chat. Un chat, en général, c’est pas capable de sonner aux portes. Donc ça doit être un humain. Je me lève, je vais ouvrir, et paf, une boule de neige dans la figure. Je m’apprête à hurler quand je vois que non, je n’ai pas affaire à trois gosses d’entre cinq et dix ans emmitouflés dans leurs doudounes comme des copies du bonhomme Michelin. Non, j’ai affaire à un mec. Un adulte. Et là, le choc.

Un mec de rêve. Grand, plutôt mince mais pas fluet pour autant, en pull vert foncé et jeans délavé. De beaux yeux bleus comme ceux du chat. Un nez qui frétille comme le museau du matou. et une fichue grimace aux lèvres. Des dents blanches. Et le maudit chat dans les bras. Et diantre.

« Non mais ça vous arrive souvent de maltraiter de pauvres bête, harpie ? Il vous avait fait quoi, mon pauvre Félicien ?»

Oups. Là, la méga gaffe à Gaston ! Mais qu’est-ce que j’ai pu faire au ciel pour être aussi douée ? Bref, ce qui est fait est fait, et de toute façon, ce mec est détestable, à me lancer des boules de neige et à m’insulter comme ça ! L’arroseur arrosé ? Tu parles ! Et la galanterie, alors ? Il l’a laissée au placard, celle-là ? Il aurait au moins pu s’excuser… genre… Pardon, madame, est-ce bien vous qui avez aspergé mon chat de café chaud ? Dans ce cas-là, permettez-moi de vous lancer une boule de neige à la figure pour vous faire sentir ce que ça fait, de se prendre un vrai froid…

Mouais. Ou pas. Le jour où un type me parlera comme ça, j’aurais d’énormes seins, un corps de rêve, des dents parfaites, des yeux poison, une chevelure de miss et un charisme à faire détonner l’univers. Je n’ai pas vraiment tout ça, à vingt-six ans, je suis rondelette (qui a dit grosse ?), discrète, et j’ai pas vraiment un corps de mannequin ou de miss monde. Mais je suis vouée à un grand, très grand destin. Une gitane me l’a dit il y a plus de dix ans. Tu auras tout pour être heureuse. Alors j’attends que tout ce qu’elle m’a promis arrive, sans m’arrêter aux basses considérations du monde… J’ai de l’avenir, et pas eux. Je regarde plus ou moins méchamment le type.

« Ben dans ce cas, monsieur, enfermez-le, votre chat, si vous voulez qu’il ne lui arrive rien ! S’il n’était pas venu détruire ma porte à coups de griffes, mon salon à coups de patte et mes nerfs à coups de miaulements, rien de tout cela ne lui serait arrivé, vous pouvez me croire ! »

Le type me balance une claque. Le chat un coup de griffe accompagné d’un feulement. Puis le proprio marmonne un dernier « salope ! » avant de rentrer dans ses pénates, quasiment en face de chez moi. Je lui tire la langue, lui fais un signe obscène. S’il croit qu’on traite ainsi une fille comme moi, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au nombril !
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Re: NaNoWriMo

Message par Elyan Naera le Dim 28 Nov - 23:05

et, moi je ne le finirai pas... xD
Mais je posterai peut-être mon début ici... Je verrai ><"
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Re: NaNoWriMo

Message par Judikhael Wienfield le Lun 29 Nov - 1:22

Et voilà, en 6 heures, 10 184 mots d'écris. lol

Spoiler:
Chapitre 1


Virevolter, sentir le vent courir sur son visage, emmêlant davantage encore les mèches de cheveux rebelles qui s'étaient échappées de son catogan, sauter, tournoyer sur lui-même, jouant concurrence au tourbillon du vent, sentir les lames s'entrechoquer... Voilà tout ce qu'il aimait.

Oui, il aimait cette danse, il aimait adapter son pas à celui de son adversaire, qui, talentueux il fallait l'avouer, tentait de lui faire mordre la poussière. Il aimait ce bras de fer que leurs lames, alors crissant l'une contre l'autre, tentaient d'emporter. Il aimait cet air concentré et furieux que l'homme en face de lui lui offrait. Il aimait enfin sentir son sang pulser, avec la même intensité avec laquelle la rage de gagner lui enivrait les sens. Coup d'estoc, esquive, parade, septime, de nouveau coup d'estoc... Le bruit des lames résonnaient alors d'un doux écho à ses oreilles.

Il aurait aimé que cette danse macabre dure encore et encore, jusqu'à ce que les forces de l'un ou de l'autre s'épuisent. Oui, mais voilà. Il avait une mission. Une mission qui ne lui laissait pas le temps à pareil plaisir. Il devait en finir. Et vite. Il n'avait d'ailleurs que trop tarder déjà : le sablier du temps s'écoulait, traître qu'il était, et sa mission risquait de ne pas pouvoir attendre plus longuement encore.

C'est donc avec regret, qu'il pressa sa lame, l'enjoignant à en finir avec cet adversaire pourtant intéressant. Le rythme de la danse augmentant subitement pour adopter un tempo bien plus endiablé, la lame obéit et enchaîna les passes sans donner plus de temps à sa compagne de riposter. Tant et si bien qu'elle sentit du sang couler sur son acier. Du sang... De ce sang dont elle aimait tant se nourrir, de ce sang qu'elle appréciait tant par sa saveur âcre et amère, de ce sang qui signifiait souvent la fin du combat. Et bientôt, assoiffée qu'elle était, elle en demanda plus encore. Ce que cette lame demandait, on ne pouvait lui refuser, n'est-ce pas ?

Ce fut donc sans surprise que la lame et son propriétaire purent se repaître en voyant le corps de leur adversaire lourdement tomber à terre, dans une giclée de ce doux nectar vital qu'ils aimaient tant à savourer.

Un de plus. Il n'en restait plus que trois.Trois autres encore à qui ils offriraient l'hymne de la mort, avant qu'ils ne puissent de nouveau savourer l'orchestration d'un nouvel opéra à leur image. Trois autres, juste trois autres.

....

Il avait fini. Il avait mis deux jours à accomplir pleinement sa mission. Deux jours.. On ne pouvait dire que pour ce qu'on lui avait demandé cela était bien long, n'est-ce pas ? Il avait fini et avait obtenu son paiement donc. Ne lui restait plus qu'un désœuvrement assez étrange en guise de compagnon, que certains nommaient repos. Repos.... Mais à quoi donc cela pouvait-il bien lui servir ? Le repos l'ennuyait lui. Le repos le faisait sombrer dans des pensées moroses plus sombres encore que lui-même. Repos... Voilà bien un mot qu'il aurait aimé bannir de son vocabulaire.

N'y tenant plus il se leva donc du canapé dans lequel il s'était laissé tombé et s'était vautré quelques minutes plus tôt. Puisque rien ni personne ne semblait décider à le distraire, il allait se distraire lui-même. C'est sur cette pensée, qu'il attrapa sa longue veste noire, la revêtant en un tour de main qui trahissait l'habitude, et sortit, se contentant de claquer la porte derrière lui. Quelle direction ? Il n'en avait aucune idée. Il voulait juste sortir. Sortir de cet hôtel pourtant luxueux mais dont le confort outrancier l'étouffait parfois, sortir des hauteurs et hors de portée de ces regards du qu'en-dira-t-on, sortir de ses pensées enfin et surtout. La rue, les bas-fonds de la ville, dehors, semblait la seule sortie qui lui permettrait de lui changer les idées.

Et qu'importe les bruits de la ville plus assourdissants les uns que les autres, qu'importe les odeurs mêlant misère rance et technologie inhumaine, qu'importe le possible danger d'une ballade dans les sombres ruelles de la ville basse. Oui, qu'importe tous ces visages peu amènes, toutes ces mines patibulaires, tous ces humanoïdes, de chair, de métal, ou de polymères, parfois les trois mêlés, se côtoyant et se bousculant dans un va et vient incessant, sans une once de regard pour les autres. Cela valait toujours mieux, selon lui, que les regards faussement polis mais d'une froideur condescendante écœurante que les hautes sphères lui offraient sans cesse.

Là, dans les ténèbres des souterrains, il respirait. Cela puait la misère pourtant. Mais il respirait. Car il se sentait libre. Enfin aussi libre qu'il pourrait l'être. Et peut-être...

Peut-être pourrait-il danser ici ? Peut-être trouverait-il un partenaire pour la danse folle qu'il avait tant envie de donner depuis quelques heures déjà ? Peut-être... Oui, il l'espérait. Il sentait sa lame fébrile trépigner d'impatience elle aussi. Mais il savait bien que non, que ce soir, sa lame et lui devraient reste r sages. Quand ils n'étaient pas en mission, ils se devaient de rester discrets, leur avait-on intimé. Sage il resterait donc, frustration ou non. Sages ils resteraient tous deux, mais la prochaine mission avait intérêt à être à la hauteur de leur patience, songea-t-il alors qu'il entrait dans un petit bar miteux à l'allure sinistre, mais seul capable de lui offrir l'intimité dont il avait besoin ce soir.

.....

Et voilà, il n'avait pas eu longtemps à attendre Une autre mission. Sa lame et lui allaient enfin pouvoir se déchaîner, décharger le surplus d'adrénaline qui ne cessaient de couler en eux, tel un volcan en effusion.

Là. Juste à quelques mètres à peine de lui. Sa cible. Celle qu'il venait de trouver. Il ne la connaissait pas pourtant, mais... Il savait que c'était elle. Toutes les informations qu'il avait glanées sur cette cible correspondaient à ce qu'on lui avait décrit. C'était bien elle, aucun doute possible. Une cible qu'il trépignait d'impatience de confronter. Oui, de confronter. Il n'allait pas l'abattre en l'attaquant en traître, comme parfois il le faisait. Pour celle-ci, il attaquerait de front, comme il l'avait fait pour les dernières. Pourquoi lui accordait-il cet honneur ? Parce que celle-ci était digne de voir son assassin. Celle-ci avait une lame digne de ce nom, digne de jouer avec la sienne. Peut-être n'en avait-il pas envie, dîtes-vous ? Qu'importe, envie ou pas envie, il faudrait bien quoiqu'il en soit ainsi, parce que maintenant qu'il l'avait vu, maintenant que sa lame avait senti une consœur non loin de lui, nul doute que leur danse serait inévitable. En tout cas, il ferait en sorte que.

Enfin, il avait choisi l'heure. Il laisserait toutefois à l'autre le choix du lieu, même si choix inconscient. Ce soir. Tout se ferait ce soir, avait-il décidé. Et c'est ainsi, qu'il suivit sa cible consciencieusement, se glissant d'ombres en ombres pour ne pas se faire de suite repérer, la suivant sans même prendre garde au chemin qu'elle semblait prendre, et frémissant d'impatience de plus en plus mal contenue, à mesure que le temps passait. S'il laissait à l'autre le soin de les guider, il fallait tout de même qu'il trouve un endroit tranquille pour l'aborder. Un endroit sombre, où ils pourraient espérer être seuls quelques temps...

Et enfin... une ruelle souterraine plus loin... Un saut devant la cible qu'il avait suivi tout ce temps pour lui barrer le chemin...

- Que... Qu'est-ce... Que me voulez-vous ? demanda la cible, homme dans la trentaine, qu'il regardait alors droit dans les yeux. Qui êtes-vous ?

Il dégaina son arme pour toute réponse, laissant à sa proie quelques instants pour se remettre de sa stupeur et de son incompréhension.

- Bats-toi avec moi, daigna-t-il enfin répondre à son futur partenaire d'une danse. Bats-toi. Ou meurs.

Et sans plus attendre, il s'élança sur l'autre. Pas d'explication, pas un seul mot sur le motif de cette attaque soudaine. Sa mission ne comprenait pas forcément d'explication, pour tout dire. Les lames s'entrechoquèrent alors sans autre préavis, une fois, deux fois, les salves de coups pleuvant sans s'arrêter, sans même permettre la moindre question, la moindre réponse. Combien de temps cela dura-t-il ? Aucun des danseurs n'auraient été capables de vous le dire. L'un trop pris dans sa frénésie, l'autre trop apeuré par la vie qu'il sentait perdre...

- Tu as été un bon partenaire. Danser avec toi fut un plaisir, fit-il à l'oreille de sa cible alors agonisante.

Et comme pour appuyer ses dires, il lécha le sang qui gouttait encore de sa lame, encore fiché dans le corps de l'autre.

- Et ton sang a bon goût.

Seulement alors, il daigna libérer ce qui avait été sa proie, retirant sa lame du corps devenu ou, et repoussant ce dernier d'un savant coup de botte. Voilà bien des sorties comme il les aimait. Vraiment. Voilà qui lui avait changé les idées !

Rasséréné, se sentant de nouveau lui-même, il reprit donc le chemin du retour. Enfin ce qui lui semblait le chemin du retour. Il n'avait aucune idée d'où il était exactement. Mais qu'importe, de retour vers la surface, sans doute retrouverait-il son chemin. Et qu'importe s'il ne le retrouvait pas, il en prendrait un autre !

.....

Le jour se lève. Avec lui, viendrait aussi sa paye. sa récompense. Pas forcément en argent d'ailleurs. Pas seulement du moins. En effet, pour lui, plus que l'argent, le cruox avait plus de valeur encore.

Ah mais ne froncez donc pas des sourcils ainsi. Cruox ne vous dit donc rien ? Il est vrai que vous n'êtes qu'humain. Voilà bien un mot qui doit vous sembler étrange. Disons pour simplifier, que le cruox est une substance coûteuse et particulièrement prisée pour certaines créatures humanoïdes. Une substance encore à l'étude, que peu ont l'honneur de véritablement pouvoir en supporter l'usage. Une substance aux propriétés remarquables... qui a pourtant un seul défaut : la dépendance qu'elle engendre. Il était de ces humanoïdes dépendants de Cruox.

Et en ce jour, il était temps, il en avait besoin. Il sentait déjà poindre les prémices du manque. Un manque qu'il n'avait plus aucune envie de connaître, tant il en avait été marqué par sa violence et sa douleur il fut un temps. Non, vraiment, il était temps. Selon vous, il devrait se sevrer ? Fort possible. Encore faudrait-il le pouvoir.... Pensez-vous qu'un sevrage est possible quand celui-ci est alors synonyme de mort ? Tel est le cas, tout du moins pour lui, concernant le cruox.

Mais il n'était question d'aucun sevrage dans son cas. Il allait recevoir son dû aujourd'hui, ce matin. Ah, le voilà qui arrivait d’ailleurs, constata-t-il alors qu'il entendait une sonnerie retentir à la porte et cette dernière coulisser pour laisser entrer un homme. Un homme qu'il ne connaissait que trop bien, et dont la simple vue l'emplissait de haine à l'état pur en même temps qu'elle le soulageait. L'homme apportait le cruox. Il apportait sa paye.

Il apportait sa délivrance. Ou ses chaînes, au choix.

Disons qu’il apportait son apaisement. Certes temporaire, mais apaisement quand même…

.....

Il détestait cette vie. Ou peut-être devrait-il dire ce délabrement qu’était devenu sa vie. Il détestait ce qu’il était devenu, ce qu’on avait fait de lui, ce en quoi on l’avait transformé. Mais, sans doute l’instinct était-il plus fort que tout au final puisqu’il était encore là, en vie, ou en non-vie, comme vous voulez. Disons qu’il n’était pas mort et qu’il n’avait, malgré tout le dégoût ou toute la rancœur que la vie qu’il menait lui inspirait dès lors, aucune intention de mourir ou de se laisser mourir. Comme si son corps, son âme si tant est qu’il en est encore une, son être, s’accrochait à cette vie même si détestable. Et si accrochait si bien qu’il en arrachait celle des autres. Comme si pour mieux vivre, il avait besoin de celle des autres, ou de leur mort.

Oui, leur mort. Il était devenu le bras armé de la mort, et n’en avait pas forcément grand scrupule. Il aimait tuer. Enfin une partie de lui aimait cela. Une partie de lui ne faisait qu’appeler plus de mort et plus de sang encore. Il sentait bien parfois en lui un tréfond d’humanité tenter de se rebeller contre tout cela, contre sa lame, contre la noirceur et l’âcreté du sang qui ne cessaient de les souiller, sa lame et lui. A chaque vie qu’il arrachait, il sentait au tréfond de lui un regain d’il ne savait quoi hurler d’une tristesse infini. Un il ne savait quoi qui semblait de plus en plus faible, de plus en plus… mort.

Allait-il tuer une partie de lui en tuant ainsi ses proies ? Ses proies… Etrange comment depuis qu’il était devenu ce qu’il était ce jour il parlait en prédateur. Pas en assassin, pas en mercenaire. En prédateur. N’était-ce pas devenu d’ailleurs son surnom ? Dans le milieu, on ne l’appelait souvent plus comme le raptor. Voleur ou prédateur dans une certaine langue ancienne. Oui, prédateur il était en quelque sorte. Même si un prédateur à la solde d’un autre. A la solde d’un tyran. A la solde d’un fou plus fou que lui encore.

Raptor. Ainsi était son surnom. Son seul nom peut-être un jour. Oui, il sentait qu’il perdait peu à peu sa propre identité. Il sentait que bientôt, très bientôt, il ne serait sans doute plus que raptor et rien d’autres. Juste…. Juste raptor. Un raptor solitaire.

Un raptor libre peut-être ? Il ne savait pas pourquoi… mais il en doutait. Il doutait pouvoir regagner la liberté qui avait pu être la sienne avant…. Avant tout cela.

Il détestait sa vie. Il détestait raptor. Et pourtant, il vivait et était raptor. Ainsi était son paradoxe. Ainsi était-il…



Chapitre 2



- Vous ne pouvez refuser, vous le savez, Adwoha.

Il détestait quand on l’appelait ainsi par ce nom, « nom» qu’on lui avait attribué lors de sa « renaissance ». Cette appellation lui semblait si… familière, manquant si cruellement de respect ou ne serait-ce que d’humanité. Juste un nom, pas un monsieur, pas un titre, rien. Juste un nom. Mais était-il humain pour qu’on daigne lui accorder ne serait-ce qu’un titre ? Non, pas vraiment. Plus vraiment. D’ailleurs il n’avait pas, comme les humains, un prénom et un nom. Non, lui son identité ne se déclinait que par cette appellation. Adwoha. Juste Adwoha. Rien de plus qu’Adwoha.

- Vous ne pouvez refuser, insista l’homme qui lui faisait face, assis à son bureau, ses lunettes carrées donnant un air plus sévère encore à son visage.

- Je le sais bien, protesta-t-il faiblement, tout en vrillant l’autre de son regard bleu glace.

Son regard. Voilà bien une de ses seules armes contre l’homme qui lui forçait sans cesse la main comme il le faisait présentement. Adwoha savait que son regard perçant tout de bleu acier était son seul point fort face à l’autre qui avait souvent du mal à le soutenir alors. Mais au final, tous deux savaient pertinemment bien qu’un regard n’était rien par rapport aux armes détenues par l’autre contre lui.

- Je le sais bien, Monsieur Tervenson. Mais cela ne m’empêchera pas de protester à chaque fois, ne put-il s’empêcher de riposter, un sourire se voulant mesquin étirant ses fines lèvres.

- Juste pour le plaisir de protester ? S’enquit ledit Tervenson, se levant enfin de son bureau pour se placer en face de son interlocuteur qu’il tentait, encore une fois de contraindre. Que vous pouvez être puéril parfois.

Seul un léger sourire lui répondit. Adwoha n’avait de toute façon rien à répondre. Oui, il se savait puéril, mais c’était tout ce qui lui restait vraiment face à Tervenson et tout ce qu’il représentait. D’ailleurs, l’autre avait beau lui reprocher cette puérilité, il ne le contraignait pas non plus à l’abandonner totalement. Tous deux savaient qu’Adwoha en avait quelque peu besoin. Comme pour se rapprocher en un semblant de choix, en un semblant de liberté. Tous deux savaient qui d’eux deux gagneraient au final. Et Adwoha ne pouvait que remercier silencieusement l’autre de lui laisser au moins le droit à un semblant de combat avant de devoir déclarer forfait, comme toujours, et de finalement accepter ce qu’on lui demandait de faire.

De toute façon, qu’il accepte ou non, on l’y obligerait. Ou on le tuerait. Et il avait beau dire détester sa vie, encore une fois, inexplicablement, il s’y accrochait.

- Mais vous savez que j’aime quand vous vous montrez puéril aussi, rajouta Tervenson, tout en apposant une main à la fois protectrice et possessive sur l’épaule du jeune homme qu’il dominait maintenant à la fois de situation et de taille.

En effet, il avait beau être un peu plus grand que la moyenne avec son un mètre quatre-vingts, Adwoha se faisait dépasser encore d’une bonne tête par Tervenson, qui, sous ses allures de politicien bureaucratique, avait mine de rien une sacrée carrure.

Mais même si ce geste n’avait rien de bien agressif en soi, bien au contraire, il n’était pas bien sûr de l’apprécier pour autant. Cela lui rappelait bien trop l’ascendant que l’autre avait sur lui. Enfin… Tervenson n’avait un tel ascendant que par procuration, et perdrait sans doute un jour cette sorte de pouvoir sur Adwoha quand l’Alphasterra choisirait de désigner un autre responsable pour ses missions. Après tout, Tervenson n’était que le deuxième à jouer ainsi les intermédiaires, les responsables de mission, les protecteurs et les commissionnaires auprès d’Adwoha.

Le premier avait connu un bien sinistre destin, suite à une crise de folie d’Adwoha lui-même, delirium provoqué par l’état de manque, qui l’avait poussé à tuer celui qui avait été son mentor et son geôlier pendant tant d’années. L’Alphasterra, qui avait un instant hésité à se défaire de sa création devenue si dangereuse, avait finalement décidé de le garder, mais de renforcer ses chaînes et de lui trouver un correspondant plus à même de se défendre. C’était tombé sur Tervenson, un bureaucrate qui cachait bien son jeu, ancien agents des servies secrets en fait, parfaitement à même sans doute de maîtriser le fou furieux que pouvait devenir Adwoha.

Il avait beau savoir se battre, et plus que bien même, on avait beau le nommer le raptor, tant il excellait en son domaine et n’avait connu quasiment aucun échec, Adwoha savait ne pas forcément pouvoir avoir le dessus sur cet homme qui lui tenait présentement l’épaule. Ne serait-ce que parce que l’autre avait été formé aussi bien que lui si ce n’est mieux et avait l’expérience qui manquait encore cruellement à Adwoha. Sans compter que sans l’autre, Adwoha ne pouvait vivre. L’autre était devenu son seul lien avec le cruox, nectar vital pour lui qui était devenu son unique fil avec la vie. Ou la survie. L’Alphasterra avait bien su jouer son coup le concernant : un unique intermédiaire, et la mort quasiment assurée si cet intermédiaire venait à mourir. Ou disparaître.

Et inutile de tenter de se procurer du cruox par ailleurs. Adwoha avait déjà maintes et maintes fois essayé et avait cruellement échoué. Le cruox semblait ne plus être disponible que par l’Alphasterra. Et la boucle était bouclée. Avec lui au milieu, incapable de sortir de ce cercle infernal. Prisonnier. A jamais. Création des plus folles tenue sévèrement en bride par son créateur certainement plus fou encore.

- Donnez-moi donc les détails de cette mission, qu’on en finisse, répondit simplement Adwoha, en détournant le regard et en résistant à l’envie de se dégager de cette prise.

- Bien. Puisque vous vous montrez si impatient de passer à l’action, commenta l’autre.

Et sans plus de cérémonie, la prise sur son épaule se défit, Tervenson repartit se rasseoir à son bureau, tournant à demi l’écran vers lui pour qu’il puisse enregistrer les informations qu’on lui livrait.

Cette fois la mission montait d’un cran en difficulté. Encore un cran Comme si on tentait de mission en mission de sans cesse repousser ses capacités. Jusqu’où le testeraient-ils encore ? Il n’en savait rien. Et n’était pas bien sûr de vouloir le savoir. Sans doute jusqu’à la mission ultime pour laquelle il avait été créé. Car il était sûr qu’il avait été créé pour une mission bien particulière. Il en était sûr. Mais ne le saurait sans doute jamais.

Jamais.

Un mot qu’il semblait de plus en plus aimer. Un mot doux qui semblait attacher à lui, comme les lierres à un chêne.

Jamais.

….

Infiltration, piratage, assassinat. Voilà les trois mots qui résumaient le mieux la mission qu’il accomplissait présentement. Il devait pirater nombres d’informations d’une firme que l’Alphasterra suspectait d’avoir volé quelques uns de leurs propres projets. Ce qui signifiait donc s’y infiltrer, se faire donner des codes, ou les voler, pour accéder au serveur sécurisé de la firme, trouver les plans du bâtiment, s’infiltrer jusqu’au bureau d’un des hauts dirigeants pour pouvoir avoir accès aux informations de haute sécurité qui devraient s’y trouver et qui pourraient concerner les projets volés en question, puis détruire tous les plans possibles, détruire ensuite les laboratoires ou autres où auraient pu être mis en place ses projets et enfin… trouver qui était le traître ayant pu vendre toutes ces informations à la firme privée, au détriment de l’Alphasterra. Puis l’éliminer, cela allait de soi.

C’étai sans doute la partie la plus délicate. La partie à laquelle il était rendu. Il avait laissé un sacré chantier de destruction derrière lui dans deux laboratoires secrets de la firme, après avoir consciencieusement masquer toutes traces compromettantes qui auraient pu remonter à lui, ou en tuant tout témoin potentiellement gênant.

Il avait, dans sa séance nettoyage de firme et collection d’informations, relever deux noms susceptibles d’être les traîtres en question. Pour tout dire, il se retrouvait présentement incapable de départager l’un ou l’autre. A qui revenait l’honneur d’être un Judas en puissance ? Il n’en avait aucune idée. Mais leurs disparitions se révélant au final fort peu gênantes, du moins pour l’Alphasterra, Raptor avait décidé de les éliminer tous deux.

Après tout, dans le doute… Et qu’importe qu’on lui reproche ces deux morts par la suite. Ils n’avaient qu’à lui donner des ordres plus clairs, ou ils n’avaient qu’à le faire lui-même.

Fort de ces considérations, il se pencha de nouveau sur son ordinateur, planifiant les deux interventions restantes pour sa mission. Une des missions les plus délicates et les plus longues qu’il ait eu à remplir. Mais finalement une des plus jouissives aussi tant elle avait relevé du véritable challenge, lui si peu habitué encore à l’infiltration, au jeu du chat et de la souris, aux masques et faux semblant…

Non, vraiment jouissif.

…..

C’était le dernier. Sa dernière cible. Son dernier suspect. Il en avait finalement trouvé un troisième et c’était décidé à lui aussi le mettre sur sa liste de cibles à éliminer. Et pour tout dire, il était intimement persuadé que les deux autres qu’il avait achevés si facilement n’était en fait que de fausses pistes. Et que ce troisième était le bon. Etait le traître.

Joli traître aux formes plus que féminines qui avait su se défendre, comparé aux deux autres, et qui lui avait offert un beau duel. Il était là, penché sur elle, la dominant de toute sa hauteur, ses longs cheveux blancs volant au vent qui filtrait par la fenêtre brisée en mille morceaux. Ils n’y étaient pas allés par quatre chemins, la pièce était dévastée, les meubles réduits en morceau, des feuilles de ce qui avait été livre volant encore, la vitre de l’unique baie vitrée ouvrant sur un petit balcon réduite en poussière d’étoile, et la peinture remise au goût du rouge. Un rouge sang. Le rouge de leur propre sang. Enfin surtout celui de la jeune femme… Le carmin de la jeune femme alors à terre, empalée encore sur la lame de son agresseur, donnait effectivement plus d’éclat sur le sol clair que le rosé qui gouttait doucement du bras d’Adwoha.

- C’était bien toi, n’est-ce pas ? Osa-t-il demander enfin, alors qu’il se penchait vers elle, après avoir pris soin d’écarter tout autre arme dangereuse des alentours.

La jeune femme n’était plus que mourante, certes, mais il se méfiait de l’instinct de ces êtres humains qui semblaient capables de tout, même du pire, dans leur dernier moment. Il serait regrettable qu’elle parvienne à l’empaler à son tour alors qu’elle allait rendre son dernier souffle.

- A ton avis, souffla-t-elle à l’agonie, tentant d’agripper la chemise maintenant maculée de tâches sanguinolentes de ses mains faibles.

- C’est bien toi, se contenta-t-il de répondre, tout en s’arrachant à sa fébrile emprise et en retirant, sans l’ombre d’un regret, sa lame de ce corps agonisant.

Et ce n’était plus une question. Il savait. Ses yeux avaient répondu pour elle. Elle avait voulu le faire languir dans ses doutes, nier ce qu’elle était, et ne surtout pas lui cracher le morceau pour que jamais il ne sache vraiment. Mais… Malheureusement pour elle…

Non, il ne savait pas lire dans les esprits. Ne vous faites pas de fausses idées. Il avait peut-être certaines capacités accrues, qu’il devait d’ailleurs à l’Alphasterra et à ce qu’ils avaient fait de lui, mais non il ne savait pas lire dans les esprits. Pas ainsi, pas si facilement du moins. Non, il ne percevait pas les pensées. Mais… il pouvait déceler les intentions. Juste les intentions. L’intention de mentir, l’intention d’esquiver, de parer, d’attaquer, de fuir, de combattre au contraire, l’intention de cacher, l’intention de blesser, de manipuler… Toutes ces intentions n’étaient plus secret alors pour lui, mais ce n’étaient que des intentions justement. Pas de réelles pensées ordonnées, pas de souvenirs, pas quelque chose de réellement définissable en somme. Quelque chose de si tangible, si… impalpable… qu’il était parfois bien difficile de réellement déchiffrer ce qu’il percevait.

Mais parfois, comme en ce moment précis, ce qu’il percevait ne laissait aucun doute.

C’était bien elle donc. Et il l’avait tuée. Et avec elle s’achevait, enfin, cette si éprouvante mission.

Et comme pour confirmer ce qu’il venait de penser, les orbes verts qui l’avaient tant fixé ces dernières minutes perdirent brutalement la dernière étincelle de vie qui les avait animés jusque-là. Elle était partie. Elle n’était plus. Sa mission était achevée et réussie.

Alors pourquoi ce drôle de goût d’inachevé ?

Un goût d’inachevé… comme ce goût âcre qu’avait ce sang, constata-t-il, alors qu’il léchait doucement le sang gouttant encore sur sa lame avant de mieux l’essuyer sur l’écharpe que la jeune femme avait porté peu de temps avant.

Un goût âcre qui devenait de plus en plus dense. Et persistant. Un goût qui semblait ne plus vouloir le lâcher…

Pourquoi ce goût ? Pourquoi… Pourquoi tant de pourquoi ?


Chapitre 3


Il n’était plus temps de se poser des pourquoi. Le temps était venu lui avait dit Tervenson. Le temps de quoi ? Le temps de la mission ultime, pensait Adwoha. Le temps pour lui de prouver qu’il était prêt, et qu’il n’avait pas été « créé » pour rien. Mais…

La question qui commençait à le turlupiner était alors de savoir, si, une fois cette mission ultime achevée, il y aurait encore une place, une vie, pour lui. Soudain, à voir le regard sombre et bien trop sérieux pour être honnête de Tervenson, il en doutait. Cette mission ultime serait aussi l’ultime fin pour lui.

Après tout, n’avait-il pas eu déjà une autre chance ? Une autre vie ? Il ne se souvenait sans doute pas, pas vraiment, de ce qu’il avait été ou de ce qu’il avait pu être avant… avant ce qu’il était aujourd’hui. Mais il avait compris, appris, qu’il n’avait pas toujours été ainsi. Qu’il avait déjà été mort une fois et qu’on l’avait fait… renaître. Pas vraiment ressusciter. Pas totalement. Si son corps était revenu à la vie, son esprit lui n’avait pas totalement ressuscité. Il était… tronqué. Incomplet. Comme si on avait voulu tout effacer de son esprit, pour mieux le façonner comme ils le voulaient. Comme si on voulait rebooter un ordinateur pour mieux le reformater. Sauf qu’ils avaient oublié une chose : il n’était pas un ordinateur. L’esprit ne s’effaçait pas si facilement.

Son esprit à lui en tout cas. Il sentait son esprit d’avant parfois tenter de revenir, lui envoyant des flash, des images, comme toquant à une porte verrouiller de l’intérieur, mais dont il parvenait peu à peu à en user les gonds. La porte céderait-elle un jour ? Sans doute. Et qu’adviendrait-il alors ce jour-là ? Sans doute son esprit d’avant se déverserait dans celui présent et la folie le submergerait à tout jamais. Mais peut-être la folie l’avait-elle déjà embrassé de ses lèvres traîtresses ? Nombre de fois il en avait eu l’impression, se sentant doucement mais sûrement vaciller dans des contrées que les êtres humains disaient redoutées mais qui semblaient l’appeler si avidement.

- Quelles sombres pensées rumines-tu encore ? Entendit-il une voix lui demander soudain, le sortant de ces songes bien tourmentés.

Tervenson qu’il n’avait pas vu venir de placer droit devant lui.

- Ca y est, cette fois, c’est LA mission, répondit-il seulement d’une voix tout aussi sombre que ses pensées.

- Oui, cette fois, c’est la mission. Celle pour laquelle nous t’avons si longtemps préparé, lui rétorqua calmement le bureaucrate. Tu es prêt.

- Je ne me sens pas si prêt que cela, tenta Adwoha, un soudain instinct de survie lui criant de repousser encore un peu l’échéance.

Oui, il aurait voulu repousser encore l’échéance, lui qui s’était déjà si souvent rebellé contre celle-ci. Contre cette idée de fin. Contre cette idée d’« ultime ». Ultime… Qu’il détestait soudain ce mot.

Il savait sa fin venue. Il avait pourtant lutté, il avait tout fait pour trouver un échappatoire, pour retrouver sa vie d’avant par exemple, retrouver qui il avait pu être, dans l’espoir inconcevable que peut-être retrouver ce passé lui donnerait la clé de ses chaînes. Mais en vain.

Non seulement il n’avait rien réussi à réellement trouver sur lui, mis à part ces détestables souvenirs qui le submergeraient parfois, incompréhensibles et plus perturbants qu’autre chose, mais en outre, il avait rapidement compris, que passé ou pas de retrouver, jamais il n’arriverait à trouver la clé de sa prison. Il lui faudrait pour cela trouver une autre source de cruox, seule clé de sa survie. Or aucune autre source n’avait pu être trouvée. L’Alphasterra semblait détenir à jamais sa seule chance de rester encore un peu de ce monde, aussi exécrable celui-ci était-il. Sa survie et sa liberté semblaient comme… contradictoires… sans l’Alphasterra du moins.

Il s’était donc un temps résigné à ce que son destin soit enchaîné au bon vouloir de l’Alphasterra. Mais…

Mais si un jour ce bon vouloir prenait fin ? Si un jour ce bon vouloir prenait fin comme il était persuadé qu’il le prendrait à la fin de cette mission ? Si un jour….

La résignation semblait soudain de nouveau trouver concurrence dans un brusque regain de rébellion. Non, jamais ils ne les laisseraient gagner si facilement. Il s’étonnait lui-même d’ailleurs d’avoir si facilement baisser les bras dernièrement et de leur avoir accorder tant de pouvoir sur son destin. Sur sa vie. Leur laissant faire de lui leur mercenaire, leur soldat, leur… arme. Non, il n’était même plus soldat. Il n’était plus qu’arme. Une arme que Tervenson avait appris à parfaitement bien manier d’ailleurs.

- Si, tu es prêt. Il n’est plus temps pour ces enfantillages, le réprimanda ledit Tervenson, comme confirmant ce que venait de penser Adwoha.

Le jeune homme hésita un instant entre se rebeller et recréer l’incident d’avec son premier mentor… mais il chassa bien vite cette dernière idée. Il savait que cela ne ferait que précipiter plus vite encore sa chute, sa fin et sa mort.

Mort… Etrange comment ce mot ne lui faisait aucun effet quand il s’agissait de celle qu’il apportait aux autres, et comment soudain, appliqué à lui, il lui donnait des frissons indéfinissables et lui inspirait une vive répulsion.

Non, mieux valait ne pas jouer de nouveau la carte « rébellion ouverte », cela ne le mènerait à rien. Gagner du temps… Il lui fallait gagner du temps. Cette ultime mission serait sans doute délicate, longue, particulièrement longue. Et il ne tenait qu’à lui qu’elle le soit encore un peu plus, sans pour autant éveiller les soupçons. Gagner du temps tout en feignant de se consacrer pleinement à cette mission, tel était le seul choix qu’il pouvait avoir présentement.

Bien. Accepter donc. Feindre la résignation. Encore. Et aviser. Ensuite.

- Si vous le dîtes, acquiesça-t-il alors.

Et sans plus attendre, comme si ces simples mots étaient le feu vert que Tervenson attendait, le bureaucrate lui expliqua ladite mission en lui donnant tous les détails dont il aurait besoin. Et en cachant les autres qui pourraient être bien trop compromettant pour l’Alphasterra et dont Raptor n’aurait sans doute pas besoin. Car non, il avait beau être ou feindre d’être résigné, il n’était pas complètement naïf non plus. On ne lui disait, ne lui avait jamais dit et ne lui dirait jamais tout. Mais qu’importe…

Ce qu’on ne lui dirait pas, il ne tenait qu’à lui de le découvrir. Et de se découvrir peut-être…

…..

Mission ultime, elle portait bien son nom. C’était sans aucun doute une mission délicate, plus même. Infiltration, espionnage, piratage, ça il connaissait. Assassinat et destruction aussi, même si cela viendrait à la toute fin. Mais…

Mais outre tous ces talents, cette mission-ci demandait aussi de se lier. De se lier à sa ou ses futures cibles. Et ça…

Il n’avait pas été formé pour ça ! Il avait été formé pour traquer et tuer, pas pour se lier à qui que ce soit ! Non pas qu’il ne sache pas simuler. Mais simuler une amitié, voire plus… Non, ça, il ne s’en sentait pas capable.

Oh pas qu’il ait réellement le choix. On lui avait bien fait comprendre les choses. Et il concevait aussi aisément que pour mener à terme sa mission, toute sa mission, il faudrait effectivement ce lien, un lien fort avec sa cible, pour y parvenir. Mais… Pourquoi lui ? Pourquoi lui et pas un autre ?

Il suspectait ne pas être le seul « agent », ne pas être le seul exécuteur, comme ils l’appelaient. Alors pourquoi lui et pas un autre ?

On lui avait répondu qu’il avait été formé pour ça, qu’il avait été créé pour ce but ultime, que lui seul pouvait se lier avec cette cible. Lui seul. Que répondre alors ? Il n’avait eu d’autres choix que d’acquiescer, et de cesser toute protestation.

Mais quand il s’était retrouvé seul, dans sa chambre d’hôtel qu’on lui avait si généreusement allouée, il n’avait su qu’en penser. Enfin si, il savait quoi en penser. Mais il était tétanisé à cette idée. A la pensée de cette mission.

Mais à qui devait-il donc se lier ? Quelle était la cible qu’on lui avait désignée ?

Elle se nommait Edora Werlitz. Elle avait dans la vingtaine bien avancée. Humaine, travaillant pour l’Alphasterra dans les hautes sphères des laboratoires. Jeune femme brune, yeux gris, de taille un peu petite, mais plutôt fine, au vu de la photographie qu’on lui avait fait enregistrer.

Ce qu’on ne lui avait pas dit, c’était que cette jeune femme avait aussi un tempérament de feu, un caractère fort et emporté, comme il pouvait le constater alors qu’il se retrouvait en face à face avec elle.

- Alors c’est vous notre nouveau informaticien ? Demandait-elle à un Adwoha plutôt intimidé.

Oui, intimidé. Lui, raptor, tueur et traqueur, prédateur sans scrupule qui avait certainement assassiné des dizaines, peut-être plus, de cible en quelques années à peine, dans les hautes sphères comme dans les bas fonds de la ville, se retrouvait soudain intimidé par un petit bout de femme qui le toisait de sa petite taille avec un air qui ne présageait rien de bon. Bon, il devait aussi avouer que de devoir cacher sa compagne de toutes les missions, sa lame qu’il chérissait tant et avec qui il avait déjà tant partagé, le laissait aussi assez fébrile et plutôt inquiet.

- Oui, c’est moi, dut-il toutefois répondre, maudissant sa voix de paraître alors si peu assurée.

- Vous ne payez pas de mine. Quels protocoles informatiques connaissez-vous ?

Il ne payait pas de mine ? C’était elle, petite naine qu’il dépassait d’une tête et demi qui osait lui affirmer une telle chose ? Quel toupet, ne put-il s’empêcher de penser, ravalant toutefois ses pensées acerbes, qui n’auraient pas manqué de fausser toute la mission dès le départ.

- Tous, fit-il, se forçant à garder une voix neutre et détachée, ou du moins d’y chasser tout accent agacé.

- C’est un peu vague, répliqua-t-elle tout en lui tournant le dos sans autre cérémonie. Mais je pense que nous devrons nous contenter de vous pour commencer. Nous avons besoin d’un informaticien, et nous devons commencer dès aujourd’hui. J’espère juste que vous saurez vous montrer à la hauteur.

- Je le saurai.

Bon, le ton avait peut-être un peu trop sec pour le coup, se fustigea-t-il mentalement, quand il la vit se retourner vers lui d’un air étonné, elle qui venait sans doute quelques minutes plus tôt de le classer dans la catégorie du personnel insignifiant et obéissant. S’il avait au moins réussi à attirer son attention autrement que par son côté « nouveau » dans l’équipe, il venait peut-être de manquer le côté « se lier d’amitié ». Voilà qui était fâcheux, et allait sans aucun doute lui compliquer la tâche. Quand il vous disait qu’il n’avait pas été formé pour cela !

C’est sur ces pensées peu positives, qu’il prit place au poste qu’on lui indiquait d’un geste de main un peu revêche.

- Allez, au boulot, ordonna-t-elle. Nous avons assez de retard comme ça. Et vous, ajouta-t-il à son adresse en particulier, tentez de vous intégrer au plus vite, nous n’avons pas le temps de vous prendre par la main. Rufio va vous expliquer rapidement où en était votre prédécesseur. Pas de temps à perdre, allez oust. Nous devons en avoir fini avec l’étape quatre d’ici ce soir.

- L’étape quatre ? Osa-t-il demander à son voisin de gauche, qu’elle lui avait désigné comme étant Rufio.

Un grand gaillard assez fin et à l’aspect ascétique, humanoïde ressemblant pourtant à deux doigts à un être humain réel, si ce n’est ces orbes vitreux d’un blanc laiteux qui vous regardaient sans âme. Les polymères qui constituaient sa peau et ses cheveux d’un brun foncé était bluffant, nota dans un coin de son esprit Adwoha. Si l’autre n’avait pas tourné sa tête vers lui, sans doute n’aurait-il pas découvert sa véritable nature.

- L’étape quatre de notre projet d’ondes omega. Ne m’en demande pas plus, je ne suis pas habilité à répondre aux questions sur ce projet. Tu n’auras qu’à t’adresser en temps et en heure à Miss Werlitz, elle saura te donner tes habilitations plus précises quand tu auras fait tes preuves.

Bon peut-être aurait-il compris la nature de Rufio à sa voix tout de même. Cette voix métallique, atone, sans… sans âme. Cet humanoïde le troublait soudain bien plus qu’il n’aurait voulu l’avouer. Peut-être parce qu’il n’était pas humain lui-même et se demandait soudain si sa véritable nature était aussi transparente que celle de Rufio.

Mais sans se préoccuper des pensées qui pouvaient agiter le nouvel arrivé, Rufio était déjà parti dans son rapide résumé des tâches dévolues à son prédécesseur et donc à lui-même maintenant. Il lui donna des codes d’accès restreint pour pouvoir effectuer le travail demandé et se mettre rapidement à jour par rapport aux autres. Son travail, de ce qu’il en avait compris, constituait essentiellement à s’assurer de la stabilité du processus. Plus facile à dire qu’à faire nota-t-il toutefois, alors qu’il parcourait rapidement les lignes de code que son prédécesseur avait commencé à écrire. Lignes de code dont certains points lui paraissaient… instables. Et qu’il s’empressa de commencer à corriger déjà. Autant repartir sur des bases saines, après tout.

Et même si sa réelle mission n’était pas de mener à bien cette expérience, il avait tout intérêt à se montrer compétent et à effectivement s’intégrer. A s’infiltrer. Et peut-être parviendrait-il ensuite à « se lier » avec Werlitz.

…….

- Bon boulot, les félicita-t-elle à la cantonade, alors qu’elle lisait sur son écran géant holographique leurs derniers résultats.

Résultats somme toutes honnêtes quand on estimait le peu de temps qu’ils avaient eu pour rattraper tout le retard accumulé auparavant. Adwoha, peu habitué à travailler en équipe, sentit une étrange émulation le faire frissonner alors que tous applaudissaient leur performance commune. Ces humains étaient si… si…

Mais leur enthousiasme était finalement si contagieux. Et c’était si stimulant de travailler avec eux, si prompts à se réjouir d’un rien, à se décourager au moindre signe, à s’agacer de tout et n’importe quoi. Ils étaient si frivoles avec leurs « sentiments » qu’Adwoha en avait parfois le tournis, mais en était aussi étrangement stimulé. Comme si…

Comme si… cela réveillait quelque chose d’ancien et nouveau à la fois en lui. Quelque chose qu’il aurait… connu... mais oublié…

- Et pas mal le petit nouveau, souffla une voix tout près de lui, à son oreille gauche.

Werlitz, constata-t-il alors qu’il tournait brusquement la tête vers la source de cette voix. Werlitz, qui le regardait étrangement, comme le dévisageant, et qui lui offrait un étrange sourire. Oui, tout lui paraissait étrange dans l’attitude soudaine de la jeune femme envers lui.

- Vous vous êtes bien débrouillé, et Rufio m’a même fait part des améliorations de codage que vous avez apportées par rapport au travail de votre prédécesseur.

Adwoha tourna un regard noir vers ledit Rufio qui y sembla toutefois complètement indifférent, mais dut reporter son attention vers Werlitz, qui reprenait la parole.

- Je suis désolé pour mon accueil de tout à l’heure. Mais voir un petit nouveau, novice chez nous, débarquer dans notre équipe au moment le plus critique…

- Ce n’est rien, s’entendit-il répondre, étonné lui-même des mots qu’il offrait alors.

Il sentait ce qui lui restait de cœur battre à tout rompre dans sa cage thoracique. Comme s’il avait couru des kilomètres durant. Et tout cela pourquoi ? Pour de simples mots ? Une simple phrase ? Désolée, disait-elle. Voilà bien un mot qu’on ne lui avait que rarement offert. Et qui le mettait sévèrement mal à l’aise.

- Allez, ce soir, le travail est fini, clama-t-elle à haute voix, s’adressant de nouveau à toute l’équipe.

Elle avait beau être petite, Adwoha devait convenir qu’elle était assez imposante. Pas par son physique, ma foi fort menu, mais par son aura, son charisme, sa prestance. Tout en cette femme respirait l’assurance et la confiance en soi. Comment une femme telle qu’elle, qui avait travaillé avec tant d’ardeur à la réussite d’un projet privé de l’Alphasterra pouvait par ailleurs les trahir et fomenter des plans rebelles contre la dictature imposé par le régime alphasterrien ? Il trouvait cette attitude plus que contradictoire et était à deux doigts de penser que tout ceci était inconcevable, que l’Alphasterra se trompait de cible et de traître.

Mais il savait aussi que toutes les informations concordaient vers elle. Tout concordait vers cette Edora Werlitz. Et en y réfléchissant bien, il fallait effectivement quelqu’un avec une force de caractère particulière pour parvenir ce tour de force qu’était celui de trahir l’Alphasterra.

Rhaaaa, ces humains étaient si compliqués, alors, songea-t-il dans un soupir presque inaudible.

- Vous permettez que je vous invite à boire un coup ce soir ? Fit de nouveau la voix suave et savoureuse de la jeune femme à ses côtés.

Boire un coup ? Dans le langage humain, cela signifiait aller dans un bar, échanger une conversation autour d’un verre qu’ils siroteraient ensembles, parlant de choses et d’autres. Souvent de choses personnelles plus que d’autres d’ailleurs. Voilà bien en tout cas quelque chose qu’il avait rarement fait. Du moins dans sa vie actuelle.

- Pourquoi pas, se sentit-il contraint de répondre cependant.

On lui avait dit de créer de liens, n’est-ce pas ? Ce ne serait pas en refusant une invitation de la part de sa cible, qu’il y parviendrait. Il lui fallait donc accepter l’invitation. Même si cela ne lui disait rien qui vaille….


Chapitre 4


L’expérience allait foirer, il le sentait, il le savait. Tous ses calculs censés leur donner la stabilité du processus lui indiquaient. Mais il avait beau en avoir fait part à la « patronne » comme certains appelaient Werlitz, elle l’avait rabroué durement.

- Vous n’avez qu’à vous débrouiller pour que ça marche. C’est à vous de stabiliser le tout avec Rufio. Alors faites-en sorte que ça marche. Nous ne pouvons prendre du retard maintenant que nous avons réussi à rattraper celui que nous avions.

Oui mais elle oubliait aussi un peu vite qu’ils n’étaient là que pour stabiliser un processus censé bien fonctionner par lui-même. Leur rôle n’était pas de faire en sorte que ça marche, mais que le tout ait plus de chance encore de réussite. Tout simplement. C’était à l’autre équipe de tout faire pour que le processus puisse fonctionner en lui-même.

Or là… Ils avaient beau faire tout ce qu’ils pouvaient, Rufio et lui ne parvenaient à rien de probant. Et ne pourraient jamais y parvenir. Mais le processus venait tout juste d’être lancé.

Adwoha lança alors un regard désemparé et estomaqué à l’humanoïde à ses côtés, qui lui renvoya son éternel regard vide. Et un haussement d’épaules en guise de réponse. Alors c’était tout ? Ils savaient tous deux que tout ceci était voué à l’échec, voire pire, et, puisqu’on ne les écoutait pas, ils allaient rester ainsi à contempler le processus déraper en beauté sans rien faire ? Ils ne pouvaient certes rien faire pour arrêter ou stabiliser plus encore le processus, mais ils pouvaient certainement essayer quelque chose d’autres, non ? Comme… Comme essayer de limiter les dégâts ?

Si leurs calculs étaient bons, et ils l’étaient souvent, le tout allait exploser. Quoiqu’ils fassent pour stabiliser le tout, ça allait exploser. Mais peut-être pouvaient-ils limiter l’explosion ? Et renforcer les boucliers qui s’activeraient pour minimiser les dégâts et les pertes ? Minimiser les pertes humaines du moins…

Etrange, songea-t-il l’espace de quelques instants, comment, infiltré dans cette équipe, il s’était effectivement pris à considérer la vie humaine sous un autre angle. Les vies qu’il n’avait aucun regret d’arracher lui devenaient soudain si chères qu’il cherchait à les sauver. Sans doute parce que ces vies-là, on ne lui avait pas demandé de les voler, pas encore… Et qu’il pouvait donc se permettre de tenter de les épargner. Contradictoire dîtes-vous ? Oui, un peu. Lui aussi se trouvait plein de contradictions ces derniers temps. Plein de questionnement, de remise en cause… Et peut-être que s’il parvenait à sauver ces vies, cela rachèterait un peu celles qu’il avait volées et qu’il volerait encore plus tard ? Peut-être…

Ou pas…

Mais l’heure n’était plus à ce genre de questions, se fustigea-t-il quand on écran lui indiqua ce qu’il avait tant redouté. Le processus dérapait, comme il l’avait prévu. Il entendait les invectives de Werlitz qui leur ordonnait de tentait de restabiliser tout cela. Mais, sachant que de toute faon toute stabilisation était dès lors vouée à l’échec, il préféra se concentrer sur un autre but.

- Aide-moi à sauver ce qui peut l’être, souffla-t-il à Rufio à sa gauche.

- Je ne suis pas habilité à cela, répondit l’autre d’une voix atone, qu’Adwoha se surprit à soudain détester.

- Stabilisez donc le processus, criait presque Werlitz, invectivant tous les laborantins et informaticiens pour qu’ils s’activent.

- Ecoute Rufio, je me fous royalement de tes habilitations. Toi et moi savons parfaitement que Werlitz se plante sur toute la ligne et que le processus va être un échec. Un désastre. Je suis sûr que tu es un brillant statisticien et que tu peux calculer toi-même les dégâts minimum et maximum que l’explosion à venir va engendrer. Car nous ne pourrons échapper à l’explosion.

- Stoppez tout, ordonnait maintenant Werlitz.

- Nous ne pouvons plus stopper le processus, lui répondit un des techniciens. Il a dépassé la zone limite et est hors de contrôle.

- Rufio, aide-moi. Ou l’Alphasterra aura à déplorer de lourds dégâts et de terribles pertes.

Il espérait qu’en invoquant ce qui devait être la raison d’être de cet humanoïde, il le gagnerait à sa cause. Et sans doute fut-ce cet argument plus que tout autre qui effectivement convainquit l’autre.

- Bien. Je m’occupe des boucliers et tu t’occupes de ralentir et amenuiser l’explosion, répondit enfin l’humanoïde.

Même si Adwoha n’appréciait que moyennement qu’on lui donnât ainsi des ordres, il préféra se taire et obtempéra. Les remarques et autres critiques viendraient plus tard.

…..

Tout ce dont il se souvenait c’était une déflagration violente qui l’avait envoyé, lui et celle qu’il avait tenté de protéger, à terre quelques mètres plus loin. Il avait mal, le sang semblait pulser dans son crâne menaçant de le faire exploser. Une masse reposait sur son torse, tandis qu’il sentait quelque chose lui traverser la cuisse, lui déchirant les chairs et faisant s’écouler ce qui devait être du sang.

Il peina à rouvrir les yeux, à la douce voix qui l’appelait avec des accents anxieux.

- Adwoha, Adwoha, réveillez-vous. S’il vous plait, réveillez-vous.

Adwoha c’était lui, lui souffla une petite voix qu’il pensait venir de son subconscient. Et la voix c’était elle. Elle, Edora, Werlitz, la patronne, appelez-la comme vous voulez. C’était elle. Et elle semblait inquiète pour lui. Pourquoi inquiète ? Ce n’était pas comme s’il allait mourir. Blessé, oui, il le sentait. Mais rien de mortel. Enfin rien de mortel pour quelqu’un comme lui…

« Oui, mais comme elle ne sait pas qui tu es ni ce que tu es, elle ne peut que s’inquiéter. », lui souffla de nouveau la petite voix qu’il détesta alors.

- Adwoha, s’il vous plait, réveillez-vous, implora presque la douce voix d’Edora.

Douce voix qui réchauffait alors quelque chose en lui qu’il n’avait pas eu conscience d’exister.

- Adwoha…

- Oui, je suis là, répondit-il d’une voix étonnamment rauque.

Il garda un instant les yeux fermés, comme essayant de mieux se resituer intérieurement, perturbé par les douleurs qui lui vrillaient le corps. Ce ne fut qu’au bout de quelques secondes qu’il parvint enfin à ouvrir ses orbes glace pour les planter dans les perles grises azurées de la jeune femme.

Il tenta un mouvement, comme pour tenter de se redresser, mais une main lui imposa l’immobilité. C’était celle de Rufio, une main forte et à la poigne puissante, qui le clouait presque contre le sol sur lequel il était déjà allongé.

- Ne bougez pas, vous êtes blessé.

Oui, ça il le savait. Mais bon, rien de bien méchant en soit, et rien d’irréparable. Pas la peine de s’inquiéter ainsi, s’apprêtait-il à répondre. Mais quelque chose dans le regard d’Edora l’en empêcha. Un quelque chose qui lui remua les entrailles et réveilla un il ne savait quoi tout au fond de lui. Cette femme, maudite soit-elle, avait le don de le troubler et de remuer des choses qu’il n’était pas bien sûr de vouloir voir ressurgir un jour. Pas avec elle en tout cas, pas maintenant, pas comme ça…

- Ca va aller, se contenta-t-il de souffler dans un murmure, incapable de détourner le regard ailleurs, tant il était hypnotisé par la jeune femme.

- Oui, je sais. Vous avez une constitution résistante, lui répondit-elle doucement, ses joues rosissant légèrement montrant une gêne indéniable.

Une gêne que ne comprit pas de suite Adwoha. Ce n’est que lorsque Rufio intervint à son tour que toute l’horreur de la situation vint à l’esprit du blessé.

- Je ne savais pas que vous étiez l’un des nôtres.

L’un des nôtres… Ces mots sonnèrent le glas de sa duperie, et figèrent Adwoha dans uns stupeur peu commune pour lui. L’un des nôtres… un non humain… un humanoïde… mais non, avait-il soudain envie de se récrier, il n’était pas l’un d’eux, il n’était pas comme Rufio. Il n’était pas un robot, il n’était pas que de synthèse. Il avait ou avait eu un corps humain et était devenu un doux mélange. Ni homme ni robot, humanoïde de dernière génération, issu des dernières expérimentations de l’Alphasterra. Il n’était en rien comme Rufio ! Mais il n’était en rien comme Edora non plus, ne put-il que rajouter en son for intérieur, soudain dépité.

Mais comment donc avaient-ils compris sa véritable nature ? Se demanda-t-il soudain, réalisant qu’ils n’auraient pas dû comprendre ni savoir. Comment donc avaient-ils…

Et se redressant légèrement, faisant fi de la main tentant de le retenir allongé, il porta son regard sur son corps. Et comprit. Là. La chair et les polymères constituant ce qui était devenu son corps déchiquetés dans un même ensemble, un sang plus rosé que rouge s’étalant sur le sol, formant une flaque étrangement pâle pour quelqu’un ayant perdu autant de ce fluide soit disant vital. Là, toute l’horreur de ce qu’il était vraiment, exposé à la vue de tous. Enfin d’une poignée seulement constata-t-il, les autres, certainement blessés, ayant déjà été évacué.

- Mais vous avez beau être plus résistant que la norme, mieux vaut ne pas user de vos dernières forces, fit de nouveau la douce voix qu’il commençait tant à apprécier.

Il leva alors un regard mi horrifié mi peiné vers le jeune femme, incapable de la moindre parole et du moindre geste. Fini. Il avait échoué à contracter quelque lien que ce soit avec elle. Sans doute ne voudrait-elle plus aucun rapprochement avec lui, maintenant qu’elle savait ce qu’il était.

Heureusement qu’elle ne savait qui il était vraiment, continua la petite voix mesquine qui se plaisait tant à le contrarier alors. Si elle savait que Adwoha n’est autre qu’un certain raptor… Nul doute qu’il n’aurait plus aucune chance avec elle.

Mais même sans qu’elle ne sache cela, maintenant qu’elle le voyait sous un jour non humain, certainement ne voudrait-elle plus que se contenter de rapports professionnels avec lui.

Echoué. Il avait échoué. Et tout serait fini alors pour lui. Sa mission ultime en échec, il n’aurait sans doute plus de sursis comme il aurait espéré en gagner…

- Vos m’avez sauvé la vie, reprit-elle, une once de reconnaissance dans la voix. Je vous dois d’être encore en vie, Adwoha. Je ne sais comment vous remercier alors.

Douce chaleur qui se répandit soudain en lui, et qui éclaira un peu le sourd désespoir qui s’était emparé de son esprit.

- Vous n’avez pas à me remercier. Je ne…

- Chuuuut, lui intima-t-elle posant doucement un doigt sur ses lèvres. Ne parlez pas, n’usez pas de vos forces, ordonna-t-elle. On va bientôt s’occuper de vous.

Elle lui caressa alors doucement la mâchoire tandis que de l’autre main elle lui serrait le poignet, comme pour lui montrer qu’elle était là et resterait auprès de lui.

- Je ne…

« je ne vous dégoûte pas ? » avait-il voulu demander. Mais il ne put jamais exprimer sa pensée pleinement que déjà elle le forçait au silence.

- Chuuut, vous dis-je.

- Ne forcez pas Adwoha. Vous êtes en état de choc et de manque, constata Rufio, qui semblait le passer au scanner de ses yeux vitreux.

Etat de choc, ça, il pouvait le concevoir. C’était certainement une évidence. Mais état de manque… Comment donc Rufio pouvait-il savoir cela ? Et surtout comment osait-il en faire référence ainsi devant… devant elle ? Ils n’étaient peut-être plus qu’eux trois, mais tout de même !

Il devait toutefois convenir qu’il n’avait effectivement que peu de force et surtout pas celle de s’outrager pour si peu. Il sentait effectivement les premiers effets du manque. Le cruox. Il avait usé de toutes ses forces et capacités pour éviter le pire à Edora, à savoir une mort certaine, elle qui était dans la trajectoire de la déflagration malgré le bouclier. Cela avait consumé alors les derniers résidus de cruox qu’il avait encore en lui. Et maintenant..

Maintenant, tremblements, battements fous de ce qui lui restait de cœur, respiration désordonné, crispation, douleur accrue et qui n’était pas due qu’à ses blessures commençaient à se faire ressentir. Bientôt ce pourrait être convulsion et arrêt des signes vitaux. Oui, il devait préserver ses forces. Il le devrait du moins mais…

Il écarta doucement les doigts d’Edora de sa seule main valide et ensanglantée, se permettant d’attraper doucement la main de la jeune femme et de la porter à ses lèvres.

- Je m’en serais voulu s’il vous était arrivé quoique ce soit. Je suis heureux de vous voir sine et sauve… Edora.

D’où lui venaient ces mots ? D’où se permettait-il de l’appeler par son prénom et non par son titre ou par son nom, comme il le faisait d’ordinaire ? Il n’en savait rien et n’était pas en mesure de trouver une quelconque réponse à ses questions. Trop de questions sans réponse tournoyaient déjà dans son esprit sans qu’il ne s’en rajoute encore, n’est-ce pas ? L’heure n’était pas aux questions de toute façon. Il sentait qu’un moment fatidique venait d’être passé entre eux. Un cap venait d’être franchi, une barrière venait d’être déchirée, qui n’était pas le bouclier du laboratoire, une brèche venait d’être ouverte, un passage venait d’être livré entre eux… sans qu’il ne sache comment ni pourquoi.

Mais qu’importe alors les comment et pourquoi, il s’en sentait ravi. Et serein. Comme jamais il ne s’était senti serein jusque-là depuis sa renaissance. Serein. Doux sentiment alors qui l’étreignit et l’accompagna dans les limbes de l’inconscience dans lesquelles il plongeait alors, tandis que les secours arrivait enfin pour lui aussi.

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Lun 29 Nov - 16:00

    Bravo Silvio !!! Et vous êtes tarés les admins !!!
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Lun 29 Nov - 20:03

J'ai l'impression que nos histoires sont liées par... Quelque chose... o.-
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Re: NaNoWriMo

Message par Judikhael Wienfield le Lun 29 Nov - 21:44

Nos histoires ? Vos histoires à shane et toi avec le comateux ?
*n'a pas encore tout lu mai s avait vu le truc du comateux*

Reedit : et voilà 7625 mots qui se rajoutent :

Spoiler:
Chapitre 5


Ils couraient. Ils étaient une petite poignée d'hommes, une dizaine à peine, courant dans les souterrains à la puanteur infecte, pataugeant dans les flaques d'eau souillées quand celle-ci ne leur montait pas carrément mi-mollet, courant aussi vite qu'ils le pouvaient, frustrés de leurs capacités limitées d'homme, alors que déjà les humanoïdes d'Alphasterra les rattrapaient. Leurs poursuivants n'étaient plus qu'à quelques mètres et il ne leur faudrait plus beaucoup de temps pour parvenir à les rattraper. Mais les fuyards continuaient à courir, courir, comme si la mort était à leur trousse, ce qui n'était pas loin d'être effectivement le cas. Si les humanoïdes ne voulaient pas forcément la mort de tous, ils n'étaient pas prêts d'épargner leur cible prioritaire qu'ils étaient chargés de le ramener... mort ou vif...

Une cible qu n'était autre que lui. Il était à la tête des fuyards, qui tentaient de le protéger en ralentissant autant que faire ce pouvait la course des humanoïdes à leurs trousses en tirant des salves rapprochées dès qu'ils pouvaient se retourner.

- Fuyez Thomas, fuyez, lui criait l'un des hommes.

- Pas sans vous, répliqua-t-il. Pas sans vous. C'est fuir ou mourir, mais ensemble. pas seul. Ensemble.

Non, il ne voulait pas se retrouver, encore, l'unique survivant. Pourquoi donc ces hommes s'entêtaient-ils à toujours vouloir le protéger coûte que coûte ? Oui, il était un des leurs, et ils mourraient avec eux.

- Vous êtes fous, gronda un des hommes à sa suite.

Mais plus personne ne protesta. Ils n'en avaient ni le temps ni la force, leurs forces s'amenuisant dans cette course effrénée et désespérée. Pourtant ils savaient tous qu'inéluctablement, à moins d'un miracle, les humanoïdes allaient les rattraper. Et les massacrer, car nul doute qu'ils ne se laisseraient pas prendre vivant. Et comme pour confirmer ce que tous pensaient, effectivement vint l'impasse, de ces impasses que vous maudissez durant vos derniers instants, qui vous acculent à l'ennemi, alors réjoui de vous voir à sa merci. Ils n'étaient plus que cinq, les autres étant déjà tombés dans la fuite et la bataille. Mais même si peu, ils firent front, se retournant comme un seul homme, acculés dos au mur, pour faire face aux humanoïdes qui les encerclaient alors. Les robots sans âme formaient un demi cercle si parfait, qu'aucune issue ne se dessinait si ce n'est celle de la mort.

Inutile de se tourner vers les autres hommes pour savoir ce qu'ils pensaient, Thomas savait déjà ce qu'il en était. Ils se sentaient certes désespérés de ce qui s'annoncerait un échec cuisant, et pas seulement pour leur propre vie, mais ils étaient prêts à périr pour lui et pour la cause. A mourir en hommes libres. Liberté serait leur dernier cri. Et ce fut effectivement en hurlant ce dernier mot que les cinq hommes, fous qu'ils étaient, ouvrir le feu comme pour mieux battre la mesure de leurs derniers instants. Bien entendu, les humanoïdes répliquèrent de même, et si ce fut un massacre du coté des êtres synthétiques, ce ne fut rien en comparaison de la boucherie qui réduisit les cinq corps humains bien faibles aux yeux des mécaniques qu'ils affrontaient.

Les cinq hommes moururent ainsi avec les honneur. Tous morts. Tous ? Non, pas tout à fait. Pas encore... même si ça ne saurait tarder.

- Cessez le feu, entendit vaguement Thomas à travers les limbes de la douleur qui lui vrillaient le corps et l'âme. Ils sont morts.

Des pas se rapprochèrent de lui, une ombre se pencha sur son corps meurtri, ensanglanté et certainement passablement mutilé. Et la voix métallique et neutre reprenant doucement :

- Sauf lui. Il est résistant. Il avait raison, cet homme est étonnamment résistant. Exactement ce qu'il nous fallait. Ne mourez pas Thomas. Nous n'en avons pas fini avec vous...


Une sonnerie retentissante le sortit brutalement de ce mauvais rêve. Enfin cauchemar plutôt. Qui était donc ce Thomas ? pourquoi rêvait-il de lui ? Pourquoi ce rêve lancinant qui revenait régulièrement comme un leitmotiv, à chaque fois qu'il avait été blessé dans sa nouvelle vie ? Cela faisait trois fois qu'il avait subi des blessures particulièrement graves, assez graves pour le clouer au lit et nécessiter des soins intensifs. Et par trois fois, ce rêve, ou plutôt cauchemar, était revenu. Le même, identique à chaque fois. Peut-être allait-il plus loin toutefois à chaque fois qu'il revenait, mais sinon immanquablement les mêmes événements s'y produisaient.

Il n'eut toutefois guère le temps de se poser plus de questions, que la sonnerie stridente qui l'avait tiré de son sommeil agité retentissait de nouveau. Se levant de mauvaise grâce, sentant tous ses muscles, de chair ou de polymères, crier douleur, il revêtit à la hâte un peignoir de soie noire, qui cacherait aux yeux de l'inopportun son corps mutilé et rapiécé, même si au premier coup d'oeil, la différence entre les chairs et les polymères était à peine visible. Il fallait en effet un oeil expert pour déceler les fines cicatrices qui délimitaient les uns des autres, et pour parvenir à décrire quelle partie était de synthèse et quelle autre était d'origine humaine. Mais Adwoha n'avait aucune envie de tester les talents possibles en expertise de son visiteur.

D'un pas lourd, trainant presque les pieds tant la mauvaise volonté semblait vouloir l'incarner ce jour, il alla tout de même ouvrir, maudissant ce visiteur qui le dérangeait de si bon matin.

- Tervenson, si c'est vous, je vous étripe, maugréa-t-il tout en faisant coulisser la porte en apposant ses mains sur le lecteur d'empreinte digitale.

Pour se retrouver fort déconvenue quand il découvrit qu'il ne s'agissait nullement de Tervenson, mais d'une jeune femme. D'une jeune femme qu'il commençait à très bien connaître même s'il ne s'était pas attendu à la voir sur le pas de sa porte à une heure si matinale.

- Werlitz ? Ne put-il s'empêcher de s'exclamer au sourire qu'elle lui offrit en guise de bonjour.

- Moi-même. Je dérange ?

Comment répondre oui, à une voix si douce et si charmante ? Si... désarmante...

- Euh... non, mentit-il éhontément, hésitant entre la rabrouer pour s'incruster ainsi chez lui et la faie entrer, se ravissant qu'elle ait pensé lui.

- Oh, je venais voir comment... vous alliez, ajouta-t-elle, alors qu'un silence gênant commençait à s'installer entre eux.

Faisant prendre conscience à Adwoha qu'il devait sans doute faire quelque chose. La faire partir ou la laisser rentrer mai il devait se décider. Il ne pouvait décemment pas la laisser sur le pas de la porte. Et si la faire rentrer chez lui, enfin dans sa chambre d'hôtel, le dérangeait quelque peu, lui qui n'avait jamais fait entrer qui que ce soit dans son antre et qui n'avait jamais partagé le moindre moment d'intimité avec qui que ce soit jusqu'alors, il ne pouvait nier que cette visite... lui plaisait. Lui faisait chaud au coeur, comme disaient les humains. Bon cette visite tombait mal, au mauvais moment, lui qui était plutôt dévêtu, ne portant qu'un pantalon presque transparent et un peignoir tout juste attaché, et qui n'était en rien préparé à une telle intrusion, mais... elle lui plaisait.

Et puis, n'avait-il pas une mission ? Lui souffla soudain une petite voix calculatrice. Cette visite tombait au final fort à propos, lui qui avait craint que depuis l'accident d'il y a deux jours, depuis ce jour néfaste où elle avait découvert sa véritable nature, elle ne voudrait plus le voir. Quelque part, il ne savait quoi lui disait que s'il l rejetait à cet instant précis, il manquerait quelque chose. Il la perdrait peut-être. Et échouerait une partie de sa mission, cette partie maudite qui lui dictait de se lier avec elle. C'était là une occasion rêvée pour renouer un quelconque lien.

- Entrez, proposa-t-il alors, un peu trop abruptement sans doute pour être tout à fait naturel.

Et comme pour appuyer son invitation, il s'écarta de côté, lui laissant le passage de libre pour entrer. Ce qu'elle fit sans trop se faire prier.

- Je sais qu'il est un peu tôt, reprit-elle, le plus naturellement du monde, apparemment peu déconcertée de se retrouver chez lui, face à un humanoïde mi robot et mi humain à demi vêtu. Mais je m'inquiétais. Et je me suis dit que... Hier les visites n'étaient pas possibles, m'a-t-on dit. On m'a prié de reporter à aujourd'hui plutôt, même si vous ne reprendrez pas le travail avant un ou deux autres jours.

Quel babillage, songea-t-il alors qu'il l'écoutait et tentait de ne pas succomber à une soudaine migraine.

- Je me suis dit que peut-être... avant que je n'aille travailler... Vous savez il faut que je supervise les réparations et que je donne quelques consignes, quelques améliorations, pour le laboratoire... Bref, je me suis dit que peut-être nous pourrions prendre quelques instants ensembles ? Et petit-déjeuner ?

Non la notion de petit-déjeuner ne lui était pas totalement inconnu. Oui, il pouvait manger comme les humains même si son organisme n'avait pas forcément besoin de ça pour survivre. Disons que son métabolisme avait été en partie conservé pour qu'il puisse effectivement consommer des aliments humains sans se rendre malade. Une capacité fort pratique pour passer inaperçu dans un groupe d'humains...

Il n'avait par contre pas l'habitude qu'on l'invite ainsi, surtout chez lui, à manger en compagnie. C'était là une notion nouvelle pur lui. Et destabilisante. Mais pas forcément déplaisante.

- Enfin... je ne sais pas si vous prenez de petit-déjeuner, rajouta-t-elle vivement, comme se rendant compte de sa possible erreur.

- Si, si, je mange comme vous... enfin... oui, je prends des petits-déjeuners.

Se rendant compte de la gêne qui s'installait entre eux deux, il décida de prendre les devants et lui fit signe de s'installer dans le fauteuil qui trônait au milieu de la pièce. S'il y avait bien une chose qu'il ne pouvait reprocher à ceux qui le payaient et le logeaient, c'est qu'ils n'avaient pas allouer un taudis pour lui. La chambre d'hôtel qu'on lui avait assignée tenait plus de la petite suite assez luxueuse que de la chambre une place.

Il se serait bien éclipsé histoire de prendre une douche rapide et de s'habiller plus décemment, mais il n'osa pas. De peur qu'elle ne puisse l'attendre et de peur surtout qu'elle trouve cette attente justement indécente. En fait, Adwoha se retrouvait bien désemparé, ne sachant plus vraiment ce qu'il était censé faire, ce qu'un humain bien éduqué aurait fait en de telles circonstances. On ne l'avait pas formé à de tels protocoles. Et même s'il était habilité et même assez doué pour s'adapter sur le terrain aux circonstances qui se présentaient, ce genre de circonstances le laissaient toujours... désemparé.

- Je n'ai par contre que du café à vous proposer, parvint-il à articuler après de longues minutes à la regarder assise, à attendre, tandis qu'elle lui souriait, s'amusant visiblement de son embarras et de son indécision.

Peut-être se moquant aussi un peu de lui, comprit-il partagé entre la vexation ou l'autodérision.

- Ca m'ira très bien.

Encore heureux que cela irait à Madame, pensa-t-il. Car il n'avait de toute façon rien d'autre. On l'avait "conditionné" à manger ou boire telle ou telle chose à tel repas humain, histoire qu'il puisse facilement passer inaperçu sans se retrouver dérouté devant trop de choix, trop d'aliments quand il était amené à choisir. Il devait avouer que cela lui avait sauvé la mise à de nombreuses reprises. Ainsi le matin, on l'avait conditionné au café. Juste le café. Il serait apte à boire autre chose bien évidemment. Mais si on lui demandait un choix, il répondrait immanquablement café. Comme s'il s'agissait e son propre choix, de son propre goût... alors que tout ceci ne lui avait été que... imposé ? Comme formaté.

Il partit alors en direction du petit bar où se trouvait une vieille cafetière d'usage ancien mais encore tout à fait en état de fonctionner. Tandis que le café se filtrait presque au goutte à goutte, il s'activa à préparer un plateau ayant un minimum d'allure. Deux tasses, deux soucoupes et deux cuillères (même s'il n'avait jamais compris l'usage de la cuillère), et quelques gâteaux secs. Bon pas très fourni comme plateau, mais il n'avait guère mieux en réserve. C'est qu'il n'avait pas prévu d'avoir de la visite lui ! Il commençait à tourner son regard alentour comme pour vérifier s'il n'avait rien oublié, ne prêtant pas même attention à la jeune femme qui le regardait de plus en plus franchement amusée, quand il entendit enfin le déclic annonçant la fin du filtrage. Un bon point. Il n'aurait plus su quoi faire s'il avait dû attendre encore un peu.

Il servit donc aussitôt le café dans les deux petites tasses et apporta, presque fier de lui, le plateau sur la petite table qui faisaient face aux deux fauteuils. Prenant place dans l'un d'eux, il offrit une des tasses presque brûlantes à la jeune femme, toujours sans échanger un seul mot.

- Merci, répondit-elle, en prenant précautionneusement la tasse afin de ne pas se brûler. Vous n'êtes visiblement pas du matin, ne put-elle s'empêcher de rajouter, un fin sourire étirant encore ses lèvres alors qu'elle les trempait déjà timidement dans le liquide brunâtre.

- Je suis bien réveillé, répondit-il, fronçant les sourcils.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Disons que...

Elle ne put toutefois finir sa phrase,n un rire clair et cristallin s'élevant à la place.

- Vous êtes drôle, reprit-elle, se forçant à se calmer. Vous êtes si... si concentré. On dirait que vous ne recevez jamais personne chez vous.

Et alors même qu'elle prononçait ses mots, elle se rendit compte qu'elle venait de faire mouche. Mais bine sûr ! Il ne savait que faire en un tel moment, car ce devait être la première fois...

- Oh ! S'exclama-t-elle alors, la compréhension éclairant son visage. Pardon, je ne voulais pas...

- Ce n'est rien, s'empressa-t-il de la rassurer. Ce n'est rien. J'ai... Effectivement je n'ai encore jamais reçu qui que ce soit chez moi. Enfin dans ce qui est censé être chez moi.

Un vague signe de main accompagna ses paroles, comme pour désigner la vaste chambre d'hôtel. Son chez lui n'était qu'une chambre d'hôtel. Notez alors la misère de sa vie sociale, sifflota la petite voix qui s'insinuait souvent dans ses pensées.

- Enfin je n'ai jamais reçu quelqu'un ainsi, pour me tenir compagnie, précisa-t-il tout de même. Je... Je ne suis pas habitué.

- Ce n'est rien. C'est même charmant de vous voir vous appliquer ainsi.

Il n'était pas bien sûr d'aimer être charmant de cette façon, toutefois. Cette phrase sonnait presque comme une condescendance polie à ses oreilles. Pourtant... Pourtant son sixième sens, qui lui permettait souvent de détecter les intentions de ses interlocuteurs, ne décelait aucune duperie, aucune mesquinerie. Qu'une réelle bienveillance. Et un étrange intérêt.

- Hum, toussota-t-elle, rompant le fil de ses pensées. Auriez-vous... du sucre ? Et du lait ?

- Euh, fut d'abord sa réponse, fort éloquente.

Avant qu'il ne se reprenne, et ne réponde, dépité :

- Non. je n'ai... rien de tout cela. Je ne vois pas de lait avec mon café ni de sucre.

Sa phrase sonnait de travers non ? Oui, songea-t-il, elle avait dû sonner de travers, vu comment la jeune femme riait présentement.

- Ce n'est pas grave, répondit-il entre deux éclats de rire. Désolée, vraiment, je ne veux pas me moquer. Mais... vos réparties sont si... Vous vivez ici depuis longtemps ? S'empressa-t-elle de demander, comme pour changer de sujet.

Changement de sujet qu'il n'était pas bien sûr d'apprécier. Parler de lui était toujours dérangeant.

- Oui, si l'on veut. Depuis que je suis arrivé dans votre service en tout cas.

Oui, voilà, autant laisser les choses dans le flou. Moins elle en saurait et mieux ce serait. Elle en savait déjà un peu trop sur lui.

- Je... Je peux ? Entendit-il la jeune femme demander, alors que son regard se posait sur son torse à moitié dénudé par son peignoir qui s'était un peu ouvert et qu'elle tendait le bras en une demande muette de le toucher.

Baissant les yeux sur ce qu'elle désignait et souhaitait étonnamment toucher, il comprit de suite ce qui semblait tant intrigué la scientifique. Sa moitié dénudée montrait une très fine et très pâle cicatrice. L'une des démarcations entre son côté humain et son côté... synthétique. Il aurait dû faire un peu plus attention. Mieux il aurait dû prendre le temps de s'habiller comme il l'avait premièrement pensé.

- Désolée, c'est... Je n'aurais pas dû, s'excusa-t-elle encore une fois.

- Non, ne vous excusez pas. Et... Je ne suis pas trop habitué à ce genre de curiosité, mais... Oui, vous pouvez, consentit-il à voix basse, se crispant toutefois légèrement.

- Je ne veux pas...

Elle semblait soudain hésitante, comme se rendant compte que sa demande était potentiellement malvenue.

- Allez-y.

Etait-ce lui ou il avait presque émis un ordre d'une voix un peu trop froide pour paraître aussi impassible qu'il l'aurait voulu ?

Mais qu'importe. Ce qui était dit était dit et Werlitz ne semblait nullement s'en préoccuper outre mesure. Déjà elle avançait une main presque tremblante vers lui. Son toucher fut doux, délicat, comme si elle craignait de lui faire mal.

- Vous sentez quelque chose ? Demanda-t-elle, sa curiosité de scientifique revenant au galop.

- Oui, même si les sensations ne sont pas les mêmes que la peau humaine de l'autre côté.

- Pas les mêmes ?

- Non, pas les mêmes. Mais... je serais bine incapable de vous les décrire, j'en suis désolé.

Et brusquement il se leva, refermant d'un geste tout aussi sec son peignoir.

- Vous m'excuserez, mais je me sens... un peu faible, mentit-il.

Lui indiquant par là qu'il désirait qu'elle parte. Qu'elle sorte. Qu'elle le laisse seul. S'il avait apprécié le petit moment passé avec elle, celui-ci avait vite été terni par cette curiosité qu'elle avait clairement affiché vis à vis de son côté synthétique. Son côté humanoïde non humain. Son côté... artificiel. Il ne savait pourquoi, mai cette curiosité lui avait fait mal. Plus mal que les blessures qui le tiraillaient encore par endroits. Un mal qu'il n'aurait su décrire, mais un mal bien présent, là, au fond de lui.

- On se revoit demain ? Je peux repasser... pour le petit-déjeuner ? Osa-t-elle demander alors qu'elle était tout juste sur le pas de la porte, se retournant une dernière fois vers lui pour lui offrir un sourire contrit et un regard quelque peu peiné.

Un silence s’éternisa un instant, comme semblant figer le temps, avant que finalement il ne décide à rompre l’enchantement qui les avait comme changé en statues de sel. Aucun mot cependant ne fut prononcé.

Un simple hochement de tête en réponse affirmative. Un regard qui se baisse, fuyant l’image que la jeune femme semblait vouloir ancrer dans son esprit. Une porte se fermant sur elle comme pour mieux clore cette conversation gênante.

Pas un au revoir. Ils n’en avaient pas besoin. Il en aurait été incapable de toute façon.


Chapitre 6


On l’avait félicité. On l’avait congratulé même. Tervenson disait avoir été agréablement étonné des fors progrès et de l’avancée considérable qu’Adwoha semblait avoir pris dans sa mission.

- J’avoue ne pas mettre attendu à une telle réussite dans l’établissement d’un lien quelconque entre vous deux si rapidement, fit le bureaucrate, nonchalamment assis à son bureau, jambes croisés, son regard sombre planté dans les iris de son jeune agent.

Adwoha ne sut que répondre sur l’instant. Pour être totalement honnête, il n’avait en rien fait exprès que ce rapprochement se fasse si rapidement. C’était un concours de circonstances qui avait joué en sa faveur. Rien de plus. Il n’allait certes pas l’avouer ouvertement, mais il n’avait personnellement rien fait de particulier pour que ce rapprochement s’établisse si facilement. Bien au contraire même. Enfin du moins, en avait-il l’impression.

- Pas même 6 semaines que vous vous côtoyez, et déjà elle vient vous rendre visite pour votre rétablissement et prendre le « petit-déjeuner » avec vous.

Un sourire goguenard qu’Adwoha n’apprécia pas du tout alors, vint donner un air plus mesquin encore au visage de Tervenson. Un air de conspirateur pervers qui ne lui allait pas du tout, pensa le jeune homme, toujours muet.

Ce n’était pas non plus comme si tous ces commentaires appelaient une réponse de sa part, n’est-ce pas ? Pourtant le soudain regard et le lourd silence que lui offrit l’autre semblait l’enjoindre à répondre quelque chose justement. Quel était ce quelque chose ? Adwoha n’en avait aucune idée. Pas l’once d’un iota d’idées.

- Je ne fais que ce que l’on m’a demandé, fit-il alors d’une voix quasiment inaudible.

- Vous faîtes bien plus encore, souffla l’autre homme, son regard sombre se durcissant d’un éclat qui fit frissonner Adwoha. Bien plus encore…

……

Quand ils arrivèrent tous deux dans ce qui était devenu le nouveau laboratoire de l’équipe de Werlitz depuis maintenant un petit mois, nombre de regards se tournèrent vers eux, à leur entrée, pour rapidement retourner à ce qu’ils lisaient, surveillaient ou autre.

C’était devenu une nouvelle routine pour eux deux de prendre un café matinal ensemble chez l’un ou l’autre avant de se rendre ensembles sur leur lieu de travail. Si dans les premiers jours, leur arrivée concomitante constante avait attiré et l’attention et les questions, les commérages s’en donnant alors à cœur joie, les esprits s’étaient peu à peu tournés vers autre chose, ce petit fait inhabituel devenant rapidement si coutumier qu’il n’en devenait plus si gênant. Ainsi était fait le genre humain, avait noté Adwoha, toujours à chercher le nouveau ragot à colporter, la nouvelle rumeur qui pimenterait un peu leur quotidien souvent morose.

Le jeune homme avait appris alors à ne plus faire attention aux regards que leur fréquentation avait pu attirer. Werlitz semblait y être complètement indifférente, et il avait décidé d’agir de même, quand bien même les débuts avaient été plus difficiles et délicats pour lui. Mais depuis quelques temps, Adwoha avait affaire un autre genre de regard. De ce genre qu’il ne savait pas encore trop bien comment traiter. De ces regards envieux voire haineux à son encontre quand il avait un sourire un peu trop tendre envers Edora, quand il se permettait de l’appeler par son prénom en douce, ou encore quand elle lui effleurait la main pendant qu’ils travaillaient. Il avait décidé de tenter de les ignorer eux aussi, mais il devait avouer avoir parfois du mal.

Et s’il y arrivait presque bien quand il était avec elle ou plongé dans son travail, il y avait toujours un moment où l’ignorance devenait bien difficile à garder. Comme en ce moment même où on venait de lui bousculer violemment l’épaule alors qu’il allait prendre sa place aux côtés de Rufio. Ou comme lorsqu’à l’instant précis où il allait attraper son clavier, on venait de renverser du café sur celui-ci et sur sa main. Du café bouillant, précisons-le. Heureusement qu’il s’agissait de sa main « synthétique », pensa-t-il pour lui, tandis que, gardant un silence obtus pour lui, il s’essuyait doucement la main sur un papier tendu par Rufio.

Ce bon Rufio, qui, en bon spectateur neutre, ne prenait jamais parti mais tentait toujours d’amenuiser ensuite les conséquences possiblement néfastes de tous ces faits menus. Ce bon vieux Rufio qui retenait sa chaise quand on tentait de la lui escamoter juste quand il allait s’y asseoir. Ce bon vieux Rufio qui le retenait brutalement par le coude pour lui éviter un croche-patte. Ce bon vieux Rufio qui prenait quasiment autant d’insulte que lui mais y semblait impassible. Ce bon vieux… Ce satané Rufio qui par son impassibilité commençait à ronger les nerfs déjà à vif d’Adwoha qui ne comprenait pas comment, même synthétique, un être pouvait se laisser faire ainsi.

Oh certes, il donnait aussi l’impression de se laisser faire, de ne rien dire, ne rien en penser, et surtout de ne rien rétorquer. Mais en fait, au fond de lui, il n’en pensait pas moins. Et c’était bien mal le connaître que de croire qu’il allait laisser toute cette petite troupe se moquer de lui, de ce qu’il était, aussi impunément.

Oui, en effet, les rumeurs étaient allées bon train. Et lui qui aurait voulu garder sa condition de non humain secrète en était pour ses frais. Depuis ce déplorable accident au cours duquel il avait sauvé la vie d’Edora, sa nature avait été découverte. Par un petit nombre d’abord, soit disant tenu au secret. Mais comme chacun sait un secret n’est jamais tenu secret bien longtemps, à moins d’en tarir la source. Ainsi depuis quasiment toute l’équipe de Werlitz savait pour lui. Et bon nombre voyait d’un œil mauvais qu’il fricote avec la patronne. Un humanoïde ? Fréquenter ainsi, si ouvertement et de façon si proche, une humaine ? Et pas n’importer quelle humaine, qui plus est. Une humaine tout ce qu’il y a de plus respectable ! Cette relation était donc très mal vue par beaucoup.

Mais plus que cela encore, cette relation n’était qu’un prétexte, avait compris, enfin, le jeune novice qu’il était en relations humaines. En fait, ce qu’on lui reprochait exactement n’était pas forcément de fréquenter Edora. Mais d’être un non humain. Un humanoïde. Et, crime de leste majesté, un humanoïde bien trop ressemblant et bien trop proche de l’espèce humaine. T pour cause, puisqu’il avait été, avant tout cela, un humain lui-même, même s’il n’en avait plus aucun souvenir réel.

Ainsi, s’il parvenait à ignorer les regards rancuniers voire jaloux que beaucoup leur lançaient à Edora et lui, il parvenait plus difficilement à ignorer et passer outre les insultes qu’on lui adressait au sujet de sa condition et de sa nature, que ces insultes soient verbales ou muettes d’ailleurs.

Frustré, les nerfs à fleur de peau, Adwoha avait décidé de ne plus passer outre toutes ces insultes gratuites. Oh non, il n’allait pas créer un esclandre et se battre en plein laboratoire, rassurez-vous. Il était plus raffiné dans sa manière d’agir. Il ne s’appelait pas Raptor pour rien.

Oui, Raptor. Raptor semblait ressurgir peu à peu en lui, à devoir supporter quotidiennement ce qui était devenu du véritable harcèlement. Mieux valait prendre garde quand Raptor se serait pleinement réveillé. Ce qui ne saurait tarder… Il le sentait. Le prédateur réclamait son dû trop longtemps attendu. Le prédateur allait sortir, très bientôt, et montrer les crocs. Bientôt le prédateur serait difficile à contenir. Et mieux valait ne pas être dans les parages à ce moment-là.

…..

- Tu as entendu la dernière rumeur ?

- Non, quelle rumeur ?

- On vient de retrouver hier soir un autre corps. Encore un mort. Ca va faire le troisième en moins de quinze jours.

- On sait qui c’est ?

- Non toujours pas. J’espère que ce n’est pas encore l’un de notre équipe. Deux disparitions parmi nous… T’imagine une troisième ? Là ça ne tiendrait plus du hasard. Si c’est encore l’un d’entre nous, je démissionne ou demande une mutation !

- Moi aussi. Pas envie de crever comme Steffen. Pendus par ses viscères… Ca devait être écoeurant. Rien que d’y penser, j’en ai la nausée.

Adwoha passait juste à côté des deux hommes discutant, l’air de rien. Mais il n’en pensait pas moins, comme souvent. Un fin sourire lui démangeait les lèvres, mais il parvint à le retenir. Ca aurait été trop suspicieux qu’il se mette à sourire alors qu’on parlait de la mort de deux, voire bientôt trois, de ses tourmenteurs.

- Et toi, l’humanoïde, t’as pas une petite idée sur la question par hasard ? L’interpella un des hommes de manière plus que cavalière.

Adwoha s’arrêta tout net, sur le pas de la porte qu’il était sur le point de passer, et marqua un temps d’arrêt avant de finalement se décider à se retourner. Lentement. Très lentement. D’une lenteur savamment calculée pour mettre peu à peu mal à l’aise les deux humains qui semblaient encore une fois vouloir lui chercher des noises.

- C’est à moi que vous vous adressez Messieurs ? S’enquit-il, d’un air faussement innocent. Une idée sur quel sujet ? Sur les morts et disparitions qui font la une de nos informations quotidiennes ?

Il avait opté pour un ton neutre, distant, froid. Presque aussi neutre et impersonnel que celui pris par les autres humanoïdes. Ceux qui étaient entièrement synthétiques. Ceux qu’on appelait robot. Après tout, n’était-ce pas ainsi qu’on l’insultait ?

- Je croyais que les êtres de ma condition n’avait pas d’idées à avoir, reprit-il, marquant ses dires d’un sourire froid.

Carnassier.

Prédateur.

Mortellement prédateur.

Un sourire à faire frissonner quiconque à qui il aurait été adressé.

Ce qui ne manqua pas effectivement de faire frissonner les deux hommes.

Adwoha, fier de son petit effet, n’attendit aucune réponse, les deux hommes semblant d’ailleurs bien incapables de la moindre réponse intelligible, et tourna les talons, faisant voltiger son long manteau noir dans son sillage. Et laissant alors une vision de corbeau, cet oiseau de malheur annonciateur de mort prochaine, aux deux hommes qu’il venait de quitter.

Etait-il réellement corbeau ? Il faudrait le croire.

Car un mois plus tard, les deux hommes, qui pourtant avaient réussi à obtenir une mutation de service, avaient, eux aussi, été retrouvés morts. Eventrés pour l’un, amputés de tous ses membres pour l’autre.

….

- Tu sais de qui il s’agit, fit soudain une voix sur sa gauche, alors qu’ils travaillaient sereinement de concert depuis quelques heures.

Rufio. Toujours de sa voix impersonnelle, qui déstabilisait encore Adwoha, même s’il s’y était quelque peu habitué depuis le temps.

Et si la voix le déstabilisait, c’était bien peu dire en comparaison de ce que la question lui inspira soudain. Complètement pris au dépourvu, Adwoha ne put qu’arrêter toute affaire cessante, et marquer un instant sa stupeur en se figeant.

- De quoi parles-tu ?

Question futile en fait, il n’était pas si sot que cela, et avait bien vite compris à quoi faisait référence Rufio. Il le soupçonnait. Aucun doute possible. Même si le ton n’était en rien accusateur (mais Rufio était de ces humanoïdes incapables de mettre la moindre tonalité dans leur voix, la moindre inflexion pour mieux appuyer ses dires), la question, sans doute sibylline pour le commun des mortels, était en fait des plus limpides.

- Tu sais très bien de quoi je parle. Tu sais de qui il s’agit.

- De qui il s’agit pourquoi ? En quoi ? Montre-toi plus clair Rufio, si tu veux que je comprenne, insista Adwoha, préférant jouer la carte de l’innocence jusqu’au bout.

Sa seule et unique carte en fait.

Oh, oui, il savait pertinemment bien que Raptor avait quelque peu dérapé, qu’il avait très certainement exagéré, qu’il n’aurait pas dû se montrer si gourmant, à la limite de l’imprudence, menaçant de tout faire découvrir. Et de tout faire tomber à l’eau. Ils risquaient gros, Raptor et lui, dans ce jeu du chat et de la souris. Mais il estimait que le jeu en valait la chandelle. Le jeu était de toute façon inéluctable, avait-il rapidement compris, quand Raptor s’était révélé des plus indomptables à force de tourner en cage. Raptor n’était pas un animal à dompter de toute façon.

- Tu joues bien la comédie, je dois l’avouer, continua l’humanoïde, commençant sérieusement à faire peur au jeune homme qui maintenant lui faisait face.

- Ecoute, je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, Rufio. Quelle comédie veux-tu donc que je joue ? Continua pourtant Adwoha, rajoutant un soupir des plus théâtraux pour mieux poser son jeu.

Silence. Echange de regard. Etrange échange d’ailleurs quand on devait observer de longues minutes durant deux orbes vitreux et opaques à tout sentiment.

- Tu es doué, se contenta de rétorquer l’humanoïde tout en se levant finalement et en laissant Adwoha seul.

Face à son siège vide.

Et à son écran d’ordinateur.

Ecran sur lequel Adwoha put lire quelques lignes. Juste quelques mots en fait.

« Je sais qui tu es, Raptor. »

Adwoha crut un instant défaillir….

…..

Adwoha devait convenir se sentir souvent mal à l’aise quand il était seul avec Rufio. Tant et si bien qu’il préférait ne pas rester seul avec l’humanoïde quand il le pouvait. Pendant un temps, il alla même jusqu’à esquiver toute conversation avec lui, présentant nombres de prétextes tous plus fallacieux les uns que les autres. Il savait ce comportement le rendre plus suspect encore aux yeux de Rufio, voire carrément confirmer ce que l’humanoïde disait déjà savoir. Mais…

Mais pendant quelques temps, il n’avait su comment agir. Qu’aurait-il dû faire ? Sans doute aurait-il dû jouer encore et encore l’innocence, ignorer ses accusations, ma foi sans preuve ni fondement d’un humanoïde simple informaticien de laboratoire, et continuer son petit jeu comme si de rien n’était. Et sans doute serait-ce ce qu’il aurait réussi à faire, si un autre incident n’était pas venu s’ajouter à ces lignes que Rufio lui avait si savoureusement offertes.

Un incident qu’on pourrait nommer alors Edora.

En effet, alors qu’Adwoha avait été comme stupéfixé par les lettres blanches sur l’écran noir, Edora était venue les rejoindre, certainement voulant leur donner quelques consignes pour la préparation de la prochaine étape censée se dérouler dans les jours suivants. Arrivant derrière le bureau des deux informaticiens, elle avait lu alors les quelques mots. Et s’était exclamé d’une innocence qui aurait pu être charmante en d’autres circonstances.

- Qui est raptor ?

Trois mots. Trois mots qu’il n’aurait jamais voulu entendre. Surtout pas de la bouche de celle avec qui il s’était lié peu à peu, se liant même au-delà de ce qu’on lui avait certainement demandé. Pas de ces liens charnels, que vos esprits débridés n’aillent pas s’imaginer des choses qui n’ont pas encore eu lieu et n’auront peut-être jamais lieu. Mais de ces liens affectifs et psychiques qui semblaient ensuite impossible à défaire, poursuivant les liés pour l’éternité.

Trois mots, qu’il n’aurait jamais voulu entendre Edora prononcer donc. Trois mots qui lui vrillèrent le cœur et l’âme, créant une scissure en lui qu’il crut un instant fatal.

Elle allait savoir. Rufio savait et allait tout lui dire. Elle saurait. Et immanquablement, elle en serait… dégoûtée. Ecoeurée. Comme les deux hommes avaient dit l’être alors. Oui, sans doute ne serait-elle plus que rejet alors à son encontre.

Adwoha avait pu entendre alors son organe cardiaque battre une chamade de tous les diables comme rarement il le faisait, semblant vouloir faire concurrence au tambourin des plus beaux orchestre, tandis que son regard vrillait le visage soucieux, curieux et intrigué de la jeune femme.

Il n’entendit jamais la réponse qu’on lui donna. Il n’entendit jamais ce que put dire ensuite Edora. Il se sentit simplement soulagé de la voir de nouveau se tourner vers lui avec un sourire presque tendre alors qu’elle était certainement en train de lui donner ses consignes.

Elle avait failli savoir. C’était tout ce qu’il avait retenu. Et même si elle ne savait pas encore, il ne tenait qu’à un fil qu’elle sache un jour. Et ce fil se nommait Rufio. Vous lui diriez certainement qu’il ne tenait qu’à lui de couper ce fil. Oui, mais voilà. Rufio n’était pas un fil comme les autres. C’était un humanoïde déjà, un fil plus difficile à couper sur la toile de la vie déjà. Et ensuite c’était… Et bien c’était Rufio. Celui qui avait partagé ses brimades, qui avait tenté de lui en épargner nombre d’entre elles. Celui qui… celui qui, peut-être, quelque part, le comprenait le mieux. Il se retrouvait alors dans la détestable situation de ne pouvoir couper ce fil gênant nommé Rufio.

Alors il tentait de l’éviter.

Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus l’éviter.

….

- Il faut que cela cesse.

Cette voix dure et âpre, soudain bien autoritaire, n’était nulle autre que Tervenson. Et à travers lui, bien entendu, l’Alphasterra.

- Il faut que tu arrêtes toute cette mascarade dangereuse. Contrôle-toi donc. Tu as été mieux formé que cela, l’invectivait l’autre. Ces extrémités n’ont pas lieu d’être. Elles ne font pas partie de ta mission et risquent même de la compromette.

L’homme faisait les cent pas dans sa chambre, usant peu à peu ce qui servait de tapis.

- Tu m’entends Adwoha ? Il faut que cela cesse. Tu comprends ? Tu dois tenir Raptor en respect. Tu ne dois plus le laisser agir et le contrôler.

Et se disant, il empoigna soudain durement l’épaule du jeune homme qui n’avait pas bougé d’un iota depuis son entrée et son petit discours, et qui n’avait pas prononcé un mot, laissant le flot de paroles de l’autre s’écouler entre eux.

Il savait que l’autre avait raison. Enfin, dans une certaine mesure. Oui, il fallait que tout cela cesse. Il jouait un jeu dangereux. Et ce sur tous les tableaux. Pas seulement parce qu’il risquait que l’Alphasterra décide finalement de se débarrasser de lui, mais aussi parce qu’il risquait de tout perdre. De perdre bien plus que la vie. De perdre l’unique personne qui comptait maintenant pour lui. Dans sa misérable vie. De perdre l’unique personne pour laquelle, maintenant il le sentait, il serait prêt à tout, ou presque, même au pire.

- Réagis bon sang ! Réagis donc, ou faut-il te désactiver pour cause de pure folie par delirium ?

- Je ne suis pas soumis au delirium présentement, répondit Adwoha d’une voix atone.

Ce qui lui valut soudain une grande claque en plein visage, avant que deux mains puissantes ne se referment de nouveau sur ses épaules pour mieux le redresser et l’obliger à regarder l’autre en face.

- Diantre, Adwoha, réagis, ou pour toi ce sera la désactivation totale. Tu entends ? Il n’est plus temps à toutes ces singeries. Nous ne t’avons que trop laisser de liberté. Si tu ne te reprends pas, tu seras bridé. Ou désactivé.

Désactivé. Comme ce mot résonnait cruellement alors à ses oreilles. Comme s’il n’était qu’un robot qu’on pouvait débrancher sans autre sommation. Mais non, il n’était pas qu’un robot. N‘est-ce pas ? Il n’était pas que cela. Peut-être en partie. Mais… Mais il avait gardé quelques parties humaines. Une partie de son cerveau, et par extension de son esprit, était encore humain. IL était encore humain. En partie. Et quand bien même cette partie serait infime, on ne pouvait le considérer tel un vulgaire robot.

Adwoha avait envie de hurler. De rugir. Et de frapper. Raptor semblait de nouveau frapper pour sortir. Il le sentait commencer à se déchaîner contre les barrières qu’Adwoha avait tenté de mettre en place. Il sentait le prédateur vouloir prendre de nouveau le contrôle.

Tervenson dut d’ailleurs s’en rendre compte, car une autre claque s’abattit sur lui, sans même qu’il tente de la parer.

- Ah non, Adwoha. J’ai dit que cela cesse. Je ne veux pas voir cette lueur de nouveau briller en toi. Pas maintenant. Plus tard, oui, son heure viendra. Mais pas là. Tu m’entends ?

Oui il l’entendait. Mais n’avait aucunement envie de répondre.

Il sentait Tervenson perdre toute patience et s’attendait à un nouveau coup ou une nouvelle semonce, quand une sonnerie les interrompit.

- Je ne savais pas que tu attendais quelqu’un, fit Tervenson une pointe d’inquiétude teintant sa sombre voix.

- Je ne le savais pas non plus, rétorqua Adwoha, plantant ses orbes azuréens sur l’autre homme.

Des orbes où plus aucune étincelle meurtrière ou de folie démentielle ne semblait briller. Comme si cette simple sonnerie avait suffit à ramener le jeune homme parfaitement maître de lui-même.

- Va ouvrir, entendit-il l’autre ordonner.

Sans broncher, il obtempéra, se montrant particulièrement docile, lui qui d’ordinaire était plutôt de tempérament rebelle. Il ouvrit donc, se contentant toutefois d’entrebâiller la porte pour que l’inopportun visiteur ne puisse rien voir de ce qui pouvait, ou avait pu, se jouer dans cette pièce.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir sur le pas de la porte une jeune femme qui commençait sérieusement à faire chavirer ce qui lui servait de cœur.

- Edora ?

- Je te dérange ? Demanda-t-elle, un lueur d’espoir brillant dans son regard gris orage.

Il aurait bien voulu lui répondre que non, elle ne le dérangeait jamais, mais la présence dans son dos l’empêchait de répondre ce que son cœur voulait lui dicter.

- Je ne suis pas seul, se contenta-t-il de répondre.

Mais il ne put en dire davantage qu’une main puissante le força à ouvrir la porte plus grande, révélant ainsi Tervenson à la jeune femme.

- Ne chasse donc pas ton amie, Adwoha, j’allais partir, fit l’homme, alors méconnaissable en bureaucrate tout ce qu’il y a de plus respectueux.

Dire qu’Adwoha se trouva fort surpris des paroles de Tervenson serait un doux euphémisme. Il s’efforça toutefois de ne rien montrer de son étonnement et d’acquiescer silencieusement d’un simple signe de tête.

- Et souviens-toi, Adwoha. Il faut que cela cesse. Plus aucune incartade, compris ?

Oui, il avait compris. Même s’il n’était pas bien sûr de parvenir à s’y tenir. Ou plutôt même s’il n’était pas bien sûr de parvenir à y tenir Raptor.

- Allez jeunes gens, amusez-vous bien et passez une bonne soirée, lança finalement Tervenson, tout en reprenant son pardessus, et en sortant, direction ascenseurs, sans un regard supplémentaire pour les deux jeunes gens en question.

Edora suivit un instant l’homme du regard, avant de reporter son attention sur son ami, et de rentrer chez lui sans autre forme de procès.

- de quoi parlait-elle ? S’enquit-elle, d’un air faussement détaché.

Mais Adwoha percevait clairement l’inquiétude qui perlait de tous les pores de sa peau. Inquiétude. Oui, Edora transpirait soudain l’inquiétude. Et au lieu de s’en sentir meurtri et honteux, il se sentit au contraire plus que ravi. Et serein. Il avait, en ce monde, quelqu’un qui s’inquiétait pour lui. Et quelqu’un pour qui il s’inquiétait. Voilà bien tout ce qui lui avait manqué pour donner un sens à sa vie, songea-t-il, avant de lui répondre d’un ton nonchalamment parfaitement joué :

- Rien de bien méchant, ne t’inquiète pas. Juste une vieille histoire entre lui et moi.

Et de rajouter un petit sourire taquin pour mieux la persuader et de passer à un autre sujet avant que l’idée incongrue d’approfondir ce sujet dérangeant ne la prenne.

C’est qu’Edora avait d’immenses qualités, mais aussi l’incroyable défaut de toujours aimer approfondir les sujets dérangeants.

Pour une fois cependant, elle sembla se rallier à son choix et resta sur ses questions. Mais elle n’était pas dupe pour autant. Adwoha lui cachait quelque chose. Bon, ça, elle l’avait compris bien rapidement, au fur et à mesure qu’elle côtoyait le jeune homme. Mais elle venait de comprendre ce soir, que ce quelque chose était sans doute bien plus lourd encore qu’elle ne l’avait cru de prime abord, pour qu’il soit lié à un tel homme.

Un quelque chose lié à un homme des services secrets de l’Alphasterra… Et pas n’importe lequel. L’un des généraux des services secrets lui-même.

Foi d’Edora. Elle percerait le mystère qu’était Adwoha. Un mystère qui était, elle en était maintenant persuadé, particulièrement important pour elle.

Pour elle et pour eux.

Ce qui me fait quand même... 17809 mots en 30h30 (bon j'ai pas écrit tout ce temps hein, mais bon. En vrai, le temps d'écriture est de 6h pour la première partie et de 4 heures pour la seconde^^)

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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Profession : Haut Conseiller
Âge réel : 111 ans
Âge d'apparence : 30 ans

Compétences
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4250/10000  (4250/10000)
Compétence principale: Armes blanches
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Re: NaNoWriMo

Message par Judikhael Wienfield le Sam 4 Déc - 20:25

Pour les nanowrimoteurs qui ont fini leur nano, n'oubliez pas de me l'envoyer par mail Wink

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Re: NaNoWriMo

Message par Joshi le Dim 12 Déc - 17:05

J'ai enfin fini de lire vos nano et voici les récompenses.




    * Déjà chaque participant se voit attribuer 500 florins et un bon d'achat de 100 florins.
    Cela vaut pour Kathleen, Joséphine, Judikhael et Elyan


    * Les nanowritteurs ayant fini se voient attribuer quant à eux une récompense de 1000 florins et un souvenir. Oui, vous avez bien lu, un souvenir (et les points de mémoire qui vont avec). Il peut mettre un peu de temps à être écrit et envoyé toutefois, ne nous en veuillez pas^^
    Cela vaut pour Lian, Shane et Silvio.


    * Enfin Judikhael s'est fait un plaisir de lire les nano finis, et a finalement réussi, même si difficilement, à choisir le meilleur nano : ce sera celui de Lian.
    Chacun avait son charme, mais celui de Lian nous a paru un chouilla plus construit. Celui qui se suit le mieux, avec moins d'élucubrations lol (encore une fois il ne s'agit pas de dénigrer les autres qui étaient très bons aussi Wink ). Lian se verra attribuer en bonus un bon de corruption, ou d'achat envers un membre (achat d'info, ou autres), comme une sorte de joker qui permettrait de gagner certaines "transactions" avec un autre joueur valable une seule et unique fois et pas pour des actions décisives.

    Oui, voilà un cadeau non conventionnel, et il y en aura bien d'autres de ce genre... Wink


    * Enfin, certains fous ont fait des nano de 10 000 mots par jour. Ils se verront attribuer un bon d'achat d'une valeur de 500 florins par jour de 10 000 mots.
    Lian a fait trois jours ainsi : elle aura donc 3 bons d'achat de 500 florins.
    Shane a fait une journée ainsi : il aura donc un bon d'achat de 500 florins
    Judikhael a fait une journée ainsi : il aura donc un bon d'achat de 500 florins.



Quelques petites précisions :
    * L'utilisation des bons d'achats
    - les bons d'achats n'ont pas de date de péremption.
    - Ils sont utilisables en une seule fois, et peuvent être complétés par vos propres florins si vous souhaitez un objet plus cher que la valeur du bon.
    - Aucun remboursement ou rendu de florins ne pourra être effectué en cas d'utilisation partielle de la valeur du bon d'achat. Merci de votre compréhension.

    * Utilisation des bons de corruption
    - Pour les bons de corruption ou d'achat de membre, considérez ce bon comme une sorte de joker. Si au cours d'un rp, le possesseur de ce "joker" tente une transaction avec un autre joueur, s'il utilise ce "joker" il aura toutes les chances de la gagner.
    - L'utilisation d'un tel bon doit toutefois respecter la crédibilité RP bien entendu.
    - En cas de litige, vous pouvez faire appel à l'arbitrage de Joshi si besoin est. S'il juge l'utilisation du bon "illicite" ou abusive, le bon sera restitué à son possesseur et l'effet annulé, le RP reprendra son cours. Merci à tosu toutefois de vous montrer fair play. Un jour vous serez vous-même bien content de pouvoir user d'un tel bon, soyez bons joueurs Wink
    - Ces bons sont valables une seule et unique fois pour des actions décisives.



Enfin si tout oubli ou erreur a été effectué au cours de cette attribution de récompenses,
n'hésitez pas à en faire part à Joshi par MP Wink

PS : les bons de corruption ou d'achat ont été ajoutés dans votre profil Wink
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Joshi
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