Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

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Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Tristan Darek le Mer 3 Nov - 19:57

La lumière blanche d'un néon clignotait à intervalles irréguliers. Un petit bruit aigu dominait alors celui des machines encore allumées, assez déconcentrant pour que Tristan pousse un long soupir. Les mèches devant ses yeux, quelques secondes plus tôt encore entre ses doigts, s'envolèrent avant de retomber avec la même légèreté à leur endroit favori . Il passa négligemment sa main sur son visage, glissant les cheveux rebelles derrières ses oreilles puis se leva et se dirigea vers le néon qui manifestait intempestivement ses derniers moments de vie. Son regard se posa un instant sur la lumière blafarde qui éclairait une partie de la grande pièce au décor industriel et il se dirigea vers le tableau électrique pour faire sauter le disjoncteur sans aucun regard pour tout le matériel derrière lui. La plupart des ordinateurs et des serveurs passaient dans ces cas là sous une autre alimentation ou dans le pire des cas sous générateur, certains n'étaient même pas rattachés à ce circuit. La lumière quant à elle s'était éteinte brusquement et seuls des néons de secours éclairaient faiblement la pièce.
Tout en se dirigeant vers le maudit néon, il fouilla la poche de son pantalon et trouva le couteau de poche qui trainait dedans puis monta sur le bureau le plus proche et coupa sans remords le fil qui le reliait à l'électricité. Ceux qui étaient chargés de la maintenance n'avaient qu'à mieux s'occuper de cette pièce où en ce moment les néons claquaient tous les uns après les autres après une longue agonie, de quoi le rendre fou.
Machinalement il rétablit le courant et la lumière inonda à nouveau la pièce. Elle n'était jamais aussi forte que celle du jour, juste assez pour qu'elle soit agréable quand on passait la journée devant un écran et elle avait l'avantage d'éviter les horribles reflets qui avaient le don de lui retirer plus que rapidement l'envie de programmer.

La salle était complétement impersonnelle, remplie de matériel électronique dernier cri, au moins pour lui, de quoi faire la joie de tout geek qui se respecte. Elle était presque industrielle avec le métal présent partout, avec le moindre son qui résonnait, avec ses tons gris-noir, si loin des lieux colorés et bruyants de sa vie d'antan.
Ce calme c'était ce dont il avait toujours rêvé et se retrouver seul ici, en plein milieu de la nuit, le poussait à travailler de plus en plus à cette heure même s'il devait être présent aux horaires de jour, aux côtés de tous ceux qu'il devait superviser. Parfois Tristan aurait aimé ne pas avoir toutes ces responsabilités, qu'avait-il demandé lui mis à part d'avoir le meilleur matériel et de pouvoir travailler en paix ? Mais ici comme ailleurs, chaque chose semblait avoir un douloureux prix.
Ses doigts glissèrent distraitement sur son bureau, comme s'il avait déjà oublié la sensation lisse et froide que produisait la surface sur sa peau. Dessus, il y avait deux écrans de taille assez imposante, un ordinateur portable ouvert et son petit pc de poche qui lui servait surtout à transmettre ses ordres quand il était ailleurs. Il était presque neuf, comme tout ce qu'il utilisait bien que celui-ci soit presque dédaigné tant il quittait peu cette pièce. La chose s'était peut-être dégradée ces dernières années, il n'aurait su le dire et s'en fichait bien, l'informatique étant tout ce qu'il aimait, il agissait comme une sorte de drogue sur son esprit et il y avait bien longtemps qu'il ne savait se passer.

Son regard se porta sur ses écrans noirs qui affichaient des lignes et des lignes de codes qu'un novice jugerait rapidement comme barbares. C'était pour lui toute sa fierté. Il avait participé à l'élaboration de certains d'entre eux et si l'on ne pouvait jamais tout maîtriser, on le considérait depuis bien longtemps comme l'un des meilleurs voire même le meilleur. Il n'aurait su affirmer une telle chose, il aurait fallu établir quelque chose permettant scientifiquement de prouver ça et il s'en sentait incapable. Et puis, à quoi bon essayer de classer les humains sur des échelles alors que même le fait de les comprendre lui échappait presque totalement ?
Il avait abandonné depuis bien longtemps l'idée de trouver et d'interpréter ce qui faisait que les gens étaient comme ça, ce qui les poussait à agir, peut-être n'avait-il même jamais commencé, peut-être que même dans son passé il avait eu le pressentiment qu'il ne saurait jamais faire ça. Tant pis.
Mais son passé... son passé revenait toujours, comme une boucle dont on n'aurait jamais commandé la fin. Quoi d'autre ? Il irait sans doute mieux si les choses avaient été autrement. Il ne savait même pas s'il allait bien ou tout au contraire vraiment mal. Il avait fini par accepter l'idée des médecins qui le disaient dépressif... Il ne voulait plus les voir ceux-là, il n'aimait pas ces charlatans.

Ses mains se crispèrent sur le bureau et il s'assit maladroitement. Soudain il avait du mal à respirer, sa gorge venait de se serrer et l'air passait difficilement. Les prémices d'une crise de panique. Instinctivement il ferma les yeux, se mit à respirer très lentement, il aurait presque aimé retenir son souffle à jamais, s'effondrer sur la table et partir... partir...
Mais il n'y était jamais parvenu, peut-être trop lâche, trop tétanisé à l'idée que les choses recommenceraient, que tout pourrait recommencer : la douleur, le mal, le repentir, le poids au fond de lui. C'était son fardeau et quoi qu'il fasse on le forcerait à le porter jusqu'au bout, jusqu'en enfer ou quelque chose comme ça. Pour l'éternité.
Cette idée s'était imprégnée comme une maladie en lui. Il ne voulait pas retourner là-bas, tout serait comme avant, le seul espoir c'était les codes, tout coder, tout détruire et tout reconstruire comme ça, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de Tristan. Mais Traktueur n'était ni le robot qu'il aurait aimé être, ni l'humain qu'il était, ce n'était qu'un pseudo, qu'un mot, des lettres, des caractères, de petits pixels perdus dans l'océan noir de son écran.

Ses yeux s'étaient perdus entre les lignes de son code, avec cette histoire de néon, ses idées noires, il avait complétement perdu le fil de ce qu'il faisait. C'était peut-être mieux comme ça, n'était-il pas temps de faire un pause ? Mais pour quoi faire ? Se livrer à nouveau à des réminiscences nébuleuses avaient de quoi lui donner des frissons et lui hérisser le poil rien qu'à l'idée d'y penser alors mieux valait éviter la chose à tout prix.
Une légère moue se dessina sur son visage et il demanda plusieurs choses à sa console, entre autre se couper de tous les serveurs, de tout le réseau interne de la brigade et de se connecter au réseau alpha, chose plutôt rare ces derniers temps. La nuit il n'y avait pas forcément beaucoup de monde mais toujours quelqu'un pour discuter. Discuter ? Il n'en n'avait pas très envie, il ne savait même pas trop pourquoi il faisait ça... oh et puis, à quoi bon... Il regarda son écran, presque quatre heure du matin... si quelqu'un trainait il pourrait toujours lui changer les idées, peut-être qu'il tomberait sur son futur challenge. L'idée d'un nouveau combat avec un informaticien doué voire meilleur que lui avait quelque chose d'excitant.

Traktueur : On a beau le croire, on n'est jamais le seul à être encore debout à cette heure là.

Appât lancé, il n'y avait plus qu'à attendre que la proie mordre à l'hameçon à moins qu'il ne se trompe et soit lui-même la victime du petit jeu nocturne qu'il cherchait. S'il avait été un autre, ce genre d'idée l'aurait préoccupé mais il était Tristan, il était aussi Traktueur et il n'avait depuis bien longtemps plus rien à perdre.
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Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
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Âge d'apparence : Environ 27 ans

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Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Lian Grenfield le Dim 7 Nov - 6:30

Hj : Faudra peut être mettre un rating à ce RP. Mon but n’est absolument pas de te faire faire des cauchemars Trak, alors tu peux sauter la première partie si c’est trop gore pour toi. Désolé mais quand l’inspiration me prend à 2 h du mat, ca donne des trucs étranges. Comment ca dormir ? Non, non je préfère écrire… Et oui, je sais qu’Halloween est déjà passée…

Dj :
Tic, tac… Tic, tac…

Le temps passait, inlassablement sans s’arrêter, sans se retourner… plongeant des les abysses les plus sombres. Une odeur entêtante de chloroforme, d’alcool à nettoyer et d’hôpital. Une odeur des plus imprégnantes, qui rendait confus. Lian avait un goût affreux en bouche, l’impression d’avoir vomi. Son nez se fronçait sous l’assaut des odeurs qu’elle était obligée de respirer. Elle essaya de changer de position, sa hanche lui faisait mal, elle était allongée dans une mauvaise posture. Sa main gauche ne voulait pas suivre le mouvement, ni sa dextre… non en fait tout son corps semblait comme paralysé. Ouvrir les yeux semblait la prochaine option à saisir. L’éclat de la lumière qui scintillait juste au dessus de son visage l’empêcha pourtant d’avoir une vision claire. Elle voyait trouble, la lumière était trop vive, comme si elle avait passé plusieurs jours à dormir et que son organisme ne voulait pas sortir de sa léthargie. Non, c’était quelque chose d’autre, peut être avait elle reçu un choc ? En tout cas elle n’avait pas perdu le vue, bien que celle-ci soit brouillée. Elle distinguait la lumière blanche et quelques couleurs autour d’elle. Ses mains, elles étaient attachées à la table… Etrange, elle n’était pas dans son lit, mais sur une surface métallique. Comment était elle arrivée là ? Et d’où venaient les effluves qu’elle sentait ? Son corps semblait souffrir mille martyrs, et elle ne pouvait les soulager. Elle tenta de fermer les yeux pour échapper à cette situation, cependant cela n’arrangea rien. Après quelques minutes de semi-conscience, entre somnolence et torture, une voix se fit entendre. L’homme semblait hurler aux oreilles de Lian, se cerveau lui braillait qu’il parlait trop fort, beaucoup trop fort ! Qu’il se taise ! Qu’il la laisse se reposer, se sentir mieux. Ce fut seulement un gémissement qui sortit des lèvres de la rebelle, comme pour supplier qu’on la laisse tranquille. Un rire suivit. Etait ce le sien ? Non, elle ne se souvenait pas de rire de cette manière. Une nouvelle fois, elle tenta de s’éveiller et de comprendre la situation. Un visage passa un instant devant la lumière trop vive. Une ombre se cala entre le visage de Lian et l’horrible clarté. C’était un homme qu’elle avait déjà vu. Pas un rebelle, quelqu’un de Nosco… Un scientifique au vu de sa blouse blanche. Que faisait-il là ? Non, plutôt que faisait elle là ? Mieux où était-elle ? Elle voulu ouvrir la bouche et poser ses questions à voix haute, mais l’autre continua son petit discours, causant un mal de tête affreux à la jeune femme. Tais-toi ! Mais par pitié ferme-là ! Ta gueule, putain !
Soudain les sens semblèrent revenir à la rebelle, et elle se rendit compte qu’elle avait froid, très froid, elle était glacée. Rassemblant le peu de courage qu’elle avait, elle releva la tête pour tenter de comprendre où elle se trouvait. Des tubes à essai, des machines étranges, des outils… elle se trouvait dans un laboratoire, ou une salle d’opération, elle n’aurait su le dire, n’étant jamais entrée réellement dans la partie scientifique de Nosco. Que s’était il passé ? Avait-elle été capturée puis conduite chez les brigadiers ? Elle n’avait aucune idée. Son mal de crâne ne semblait pas partir, au contraire il s’intensifiait peu à peu, tandis que la nausée revenait. L’avait on drogué ? Probable. Soudain une deuxième voix vint s’ajouter à la première. Des bruits de gants, des paroles sans aucun sens. Luttant contre elle-même, elle tenta de garder conscience et de se raviver l’esprit. La sensation glacée d’un objet métallique sur son ventre, relevant la tête elle tenta de se libérer une nouvelle fois de ses liens, sans réussite probante.

Qu’est ce que vous faites ?! Arrêtez…
Je ne trahirais jamais la rébellion… je ne dirais rien…


Sa voix déraillait, n’était pas aussi claire et nette qu’elle l’aurait voulu. La réponse à ses craintes n’aida pas.

Pas besoin que tu parles, nous voulons juste ton ADN…

Puis l’objet tranchant qui s’enfonce dans la peau tendre, le sang qui coule sur la peau et un long hurlement de douleur… Puis l’inconscience une nouvelle fois. Lian venait de s’évanouir.

Quelques heures plus tard surement, dans une cellule de deux mètre sur deux mètres, sans aucune autre lumière qu’une lampe teintée de rouge trop haute pour pouvoir être atteinte. Lian était recroquevillée sur elle-même, en position fœtale, tremblante. Un passage de la paume de sa main sur son ventre confirma ses craintes, ses doigts étaient à présent couverts de sang et une large cicatrice barrait son abdomen. Nouveaux cris de douleur et de terreur.

Tic, tac… Tic, tac…

Elle venait d’ouvrir les yeux, elle tremblait toujours, mais elle avait changé de pièce. La jeune femme mordait son poing pour s’empêcher de hurler de peur. Lian était maintenant dans le noir, cependant celui-ci l’inquiétait bien moins que la lumière vive des laboratoires. C’était le noir bienfaiteur et protecteur des dortoirs rebelles, pièce sure et sécurisée du quartier général qui était protégé par divers moyens, alarmes, caméras et autres engins assurant la survie des rebelles. Glissant une main sous le top noir qu’elle portait, elle constata avec soulagement qu’aucune blessure n’était détectable. Quelques minutes elle écouta les battements de son cœur s’apaiser lentement, puis se repérant uniquement grâce aux quelques lumières des réveils et autres objets électriques de la pièce, elle se dirigea vers la salle de bain. Ses pieds nus sur le sol, lui firent l’effet d’un choc électrique qui lui remit l’esprit en place. Elle n’alluma pas la lumière dans la salle de bain, elle connaissait trop bien l’endroit et pouvait se diriger jusqu’aux robinets par ses simples souvenirs. Une fois arrivée devant le lavabo, elle ouvrit le robinet d’eau froide, laissa couler l’eau quelques secondes et plongea les mains dans le liquide, avant de former une coupelle de ses deux mains jointes et de les relever jusqu’à son visage pour s’en arroser. Instantanément elle se sentie plus réveillée, elle ne se sentait pas mieux mentalement, mais au moins son cerveau semblait cerner un peu mieux la réalité. Elle avait fait un cauchemar, un simple cauchemar et des plus banals. Qui dans la rébellion ne craignait pas un jour de se faire prendre par la brigade ? C’était leur phobie à tous. Pour une fois la culpabilité d’avoir tué avait fait place à la peur de la punition, elle savait qu’avoir définitivement choisit un camp signifiait renoncer à jamais à l’autre. Les guildiens étaient devenus ses pires ennemis pour toujours. Relevant la tête, elle constata qu’une faible source de lumière éclairait son visage. Elle semblait fatiguée et inquiète. Très vite, elle détourna le regard du reflet qui lui renvoyait ses cicatrices et son inquiétude. Tirant sur son short noir pour le remettre en place, elle constata qu’elle était trempée de sueur. Contrairement à dans son rêve, elle avait beaucoup transpiré. D’ailleurs sa gorge était en feu, elle bu à même le robinet pour étancher sa soif, remarquant qu’elle portait toujours sa montre, elle y jeta un coup d’œil rapide, presque quatre heure du matin… Elle reprit ensuite le chemin vers son lit. Elle constata que les draps étaient mélangés, autant dire que la nuit n’avait pas été calme. Mettant un peu d’ordre dans les tissus, elle tira la conclusion qu’elle ne réussirait pas à se rendormir. Avant de sortir du dortoir pour laisser ses camarades dormir en paix, elle s’arrêta un instant pour contempler Angie et Inès qui dormaient parfaitement. Sa marraine avait parfois aussi le sommeil agité, mais pas pour cette nuit. Quand à la jeune Dunkel, elle n’était pas depuis assez longtemps dans la rébellion pour avoir trop à se reprocher, aucun meurtre de sang froid, ni la peur panique de se faire prendre par la brigade… Elle avait de la chance pour le moment. Puis, constatant que le froid la reprenait, elle enfila des chaussettes, des chaussures et un pull avant de se diriger vers la salle où Rian passait ses nuits. Peut être accepterait il de lui tenir compagnie quelques heures avant d’aller dormir ?

Tic, tac… Tic, tac…

Malheureusement l’informaticien devait avoir eu un coup de fatigue, car il n’était déjà plus là… La rebelle alluma la lumière de la pièce. Puis soupirant Lian s’installa à sa place, se recroquevillant sur la chaise de ce dernier. Très confortable, la chaise était vraiment agréable, pas étonnant car Rian y passait tout son temps, callé devant l’ordinateur à pianoter et à jouer avec sa souris. Rallumant l’ordinateur, elle entra le mot de passe qui lui était destinée. Pourquoi se connectait-elle à l’ordinateur ? Aucune idée, certainement car elle avait envie, elle avait besoin de parler… A n’importe qui… Du moment qu’on ne la laissait pas seule, dans le noir. Posant son coude sur l’accoudoir, elle prit sa tête entre ses mains, et attendit que l’écran cesse de devenir intéressant tout en réfléchissant. Elle aimait les nuances de bleus du fond d’écran qu’elle avait installé, tout en finesse et en beauté, une image magnifique. Un coup d’œil vers l’horloge numérique lui indiqua que quatre heures venait juste de sonner, elle avait peut être encore une chance de trouver quelqu’un sur le réseau… Elle se connecta donc à l’alpha utilisant la souris sans fil que Rian avait exigé pour son travail. Puis elle entra un pseudonyme bateau, pas « fantôme », ni « rêves » deux mots qui pouvaient être associés aux rebelles dans un esprit guildien, pourquoi pas « K.O » alors ? On pouvait en déduire deux initiales, deux initiales inverses, deux initiales de personnes différentes… bref un bon pseudonymes bien impersonnel, montrant aussi à quel point elle était fatiguée. Tapant les deux lettres sur le clavier aux touches douces et usées, elle eu le plaisir de voir l’écran 21 pouces de Rian afficher un instant un statut de connexion à un chat, puis de constaté qu’elle était enfin connectée.

Tic, tac… Tic, tac…

Il lui fallut un instant avant de réaliser quel était le pseudonyme de son interlocuteur. Traktueur. Un pseudo connu et redouté de tous sur le réseau. Celui du chef de la brigade informatique, un petit génie de l’informatique. Son surnom résumait bien, qui il était et qu’elle était sa mission : traquer et anéantir les hackers et pirates du réseau. Il s’était fait remarquer par la découverte et l’arrestation de Xxcel et d’Aden. Deux pirates ayant réussi à infiltrer le réseau Oméga, mais pas pour très longtemps… le premier avait été condamné à mort et exécuté, tandis que la deuxième croupissait toujours en prison d’après les rumeurs. Information non vérifiée, mais qui continuait d’alimenter les conversations au plus grand bonheur de la guilde qui s’assurait ainsi de calmer les ardeurs des hackers souhaitant imiter leurs ainés, la sentence était claire et désignée… Cependant, il restait encore Rian, alias Virulino qui aurait eu les capacités de rivaliser avec Traktueur et de s’introduire dans le réseau Oméga. Mais elle n’était pas Virulino, et elle avait peu de connaissances informatiques, seulement les bases… Sa première réaction à la vue du nom avait donc été d’attraper la souris et de la glisser jusqu’au bouton « déconnexion ». Pourtant, elle n’avait pas cliqué, réflexe malheureux, folie ? Elle se disait cependant que son comportement aurait été plus que suspect, et qu’après tout, elle n’était pas lâche. Etait ce un mauvais rêve qui devait guider sa vie ? Allait-elle avoir peur pour un simple cauchemar ? Non, certainement pas, elle ne supporterait pas de rester enfermée dans le quartier général des rebelles. Et puis Yan et Rian avaient besoin d’elle en tant que bras droit et général de l’armée des rebelles… pas en tant que froussarde restant cachée et repoussant le danger. Les difficultés et les périls étaient certes grands, mais finalement pas beaucoup plus que du côté des brigadiers, les créatures ne faisant pas de différences entre les deux camps. Et puis, elle ne risquait pas grand-chose, planquée discrètement dans une chaise de bureau où elle aurait pu passer des heures et des heures ; à condition toutefois que Rian ne vienne pas la déloger. C’était le réseau et si elle ne disait rien de problématique, il n’y avait aucune raison que Traktueur cherche à percer son identité, elle n’avait jamais entendu dire qu’il était paranoïaque, même si Angie lui avait confié qu’il était plutôt acharné dans son travail. Au pire, si ce dernier tentait de percer son IP, grâce au système mis en place par l’informaticien de la confrérie, il tomberait sur une fausse adresse et l’ordinateur se déconnecterait immédiatement du réseau. Pourquoi paniquer alors ?

Tic, tac… Tic, tac…

D’ailleurs sa première phrase semblait d’humeur joyeuse. Peut être aurait elle une chance de mieux connaître se grand ennemi de Rian, elle voulait savoir et comprendre si tous les informaticiens étaient pareils, ou au moins avait des traits communs. Et puis, si Rian avait été présent aucun doute qu’il aurait engagé la conversation avec son adversaire. Tient d’ailleurs que lui avait il dit la dernière fois ? Ah oui, pour enregistrer les actions sur l’écran de l’ordinateur, il fallait ouvrir le logiciel… voila ici… appuyer sur ce bouton et c’était parti ! Rian aurait un enregistrement de la conversation, et peut être cela lui servirait il… ou alors il l’utiliserait simplement pour critiquer la jeune femme en lui reprochant son inexpérience et son inaction. Mais peut être cela lui donnerait il des clés pour aider à faire progresser la jeune femme ? Dans le meilleur des cas. Elle pensa un instant à aller le réveiller, puis se dit que s’il était parti se coucher c’était pour une bonne raison et qu’il ne serait pas en état, même avec trente cafés de tenir la distance face à un interlocuteur qui s’amusait de voir qu’il n’était pas seule sur le réseau à cette heure-là. On Traktueur venait d’arriver sur le chat, c’était sa première réponse et elle datait d’à peine quelques minutes, il n’avait donc pas prévu d’aller dormir dans les minutes, voir les heures suivantes… Réveiller un Rian qui se montrerait grognons et loin de ses meilleures capacités était loin d’être une bonne idée. Et s’il lui reprochait de ne pas l’avoir prévenu, elle se moquerait de lui en le traitant de faignant qui dormait trop… Cela lui apprendrait à aller dormir, le soir ou elle avait besoin d’un peu de compagnie, réconfortante ou pas. Un instant sa souris passa sur le logiciel crée par Rian pour détecter et décrypter les adresse IP, puis elle se mit à rire toute seule. Cela aurait été folie, Traktueur ne se laisserait pas avoir si facilement, il était bien trop malin, et avoir son adresse ne lui aurait servit à rien… Elle connaissait déjà l’identité de son correspondant, puisqu’il l’affichait lui-même. Et comme disait Rian : personne ne vole l’identité des pontes de l’informatique, tous les utilisateurs qui réseau savent qu’il est bien trop dangereux de provoquer un hacker en lui empruntant son identité. Elle avait donc forcement affaire à Traktueur et donc son adresse IP ne lui aurait rien indiqué de plus, surtout qu’à sa prochaine connexion il risquait d’en changer, il devait être trop prudent pour prendre le moindre risque.

Tic, tac… Tic, tac…

Il était peut être temps d’écrire une réponse. Son interlocuteur pouvait certes comprendre la surprise de voir Traktueur sur le réseau mais de là à l’ignorer, c’était prendre un gros risque : celui que l’informaticien ne commence à s’ennuyer et donc à trifouiller sur son ordinateur pour découvrir l’identité de K.O. Un scénario pas très avantageux pour la jeune femme, qui se dépêcha donc de taper les quelques lignes qui permettraient peut être de ne pas être recherchée, ou du moins pas tout de suite. Si elle voulait en apprendre plus sur le protagoniste il fallait qu’elle réponde elle aussi, pour le faire parler. C’était les lois du réseau, parler pour faire parler, répondre et questionner pour se faire questionner et avoir des réponses…

K.O : En effet, on trouve toujours plus insomniaque que soi... Peut être est-ce une bonne nouvelle ? Ainsi l’on est jamais vraiment seul…

Elle hésitait à inscrire une réponse concernant le pseudonyme de l’interlocuteur. Cela pouvait lui sembler déplacer, malheureusement Lian était des plus curieuses et elle voulait en apprendre plus. Ouvrant une nouvelle fenêtre, elle lança le programme qui permettait d’accéder aux données récoltés sur les Nosciens, Rian lui avait montré plusieurs fois le principe de recherche et les différentes possibilités. Elle fut cependant surprise et déçue de constater le peu d’informations contenue sur Tristan Darek, celui qui portait le surnom de Traktueur, il avait beau être là depuis de nombreuses années, 107 ans au total, on n’apprenait pas grand-chose sur lui. Peut être était ce du au fait qu’il était passé commandor il y a plusieurs années de cela ? Les informations avaient sans doute ensuite été réduites au maximum, classées confidentielles et verrouillées pour qu’un minimum de personnes aient accès à ces données sensibles. La brigade faisait attention à ce que ses dirigeants soient un minimum protégés, les données récoltés par la rébellion devaient donc dater d’avant cette époque. Elle avait cependant la possibilité d’accéder à une photographie de ce dernier, qui d’après les chiffres mesurait une taille assez importante. Il avait les cheveux blancs, signe qu’il était angoissé chronique ou particularité génétique ? Il avait de beaux yeux bleus qui ne l’auraient certainement pas rendu antipathique à certaines femmes si son caractère n’était pas décrit en quelques lignes comme froid et distant. Avait-il tout comme Rian un problème de communication avec les autres ? Etrange pour deux génies qui passaient leur temps sur l’ordinateur, moyen de communication par excellence. L’écrit avait définitivement une place différente de l’oral. Qu’il était facile de placer des mots lorsqu’il était impossible ou presque de les prononcer. Traktueur était il aussi victime de ce défaut communément appelé l’orgueil ? Défaut qui frappait le jeune Rian, et qui était certainement son point faible… Lian pouvait toujours tenter de le découvrir subtilement.

K.O : Jamais je n’aurais pensé croiser le fameux Traktueur sur le réseau alpha dans une simple conversation de chat.

Comment ce dernier allait réagir ? C’était dur à prévoir, peut être éclaterait il de rire, peut être soupirerait il et se déconnecterait ne voulant pas parler plus longtemps à quelqu’un d’aussi peu calé en informatique et en contact chat, ou alors il pouvait aussi se vexer. Lian priait pour une issue favorable, qui ne donnerait pas sur une déconnexion d’urgence de son ordinateur. Traktueur était sans doute le seul informaticien de Nosco pour l’instant capable de trouver et de percer le réseau Tango, réseau spécialement conçu et utilisé par les rebelles pour toutes leurs communications, pour le stockage de leurs informations et logiciels. Il y avait des plans des souterrains, des données sur leurs munitions et armes, mais aussi sur le positionnement exact de chacun des bunkers qu’ils avaient en leur possession dans les souterrains. Si jamais ce réseau était craqué, c’était la fin de la rébellion, ils n’auraient plus aucun endroit pour se cacher et seraient obligés de se rendre. Heureusement Rian avait prit et prenait toutes les précautions possibles, assurant à Yan et Lian que personne ne pourrait jamais s’introduire dans leur base et trouver leurs secrets. Traktueur avait trouvé un adversaire à sa mesure et inversement. Pourtant l’affrontement, n’aurait pas lieu maintenant, pas ce soir. Les deux informaticiens s’étaient déjà parlé et avaient testés leur compétences, mais ils avaient toujours été coupé par un problème ou un autre, sans jamais pouvoir réellement se mesurer. D’ailleurs ce terme ne semblait pas approprié pour Lian, car il lui semblait qu’un affrontement se devait d’être physique, à l’arme à feu ou mieux à l’arme blanche. Cependant une rencontre réelle entre Rian et Traktueur relevait de l’imagination et non pas du possible. Il n’y aurait d’affrontement que virtuel. Mais pouvait-on réellement luter par écran interposé ? Par une série de lettre, une série de chiffres ? Certes, ces chiffres binaires avaient un sens pour les deux informaticiens, mais ils n’en avaient aucun pour la jeune femme. C’était comme une langue étrangère dont elle ne comprenait pas encore le sens, peut être qu’un jour elle s’y pencherait et travaillerait des jours des semaines et des mois entier pour en déchiffrer le sens, tel on tente de déchiffrer une énigme ou un mystère de la plus haute importance. Mais pour le moment, elle laissait ce domaine à Rian, il s’en sortait bien mieux qu’elle et préférait sans doute qu’on ne le dérange pas plutôt que de devoir corriger les erreurs d’une débutante. D’ailleurs contrairement à Tristan qui était commandor d’une équipe d’au moins une cinquantaine d’informaticiens, Rian était seul, il travaillait seul sans aucun partenaire. Parce qu’il aimait cette indépendance et qu’il n’avait trouvé personne à son niveau. Parfois, il lui arrivait exceptionnellement de demander un coup de main lorsqu’il avait trop de choses à coder, trop de pages à vérifier, mais le reste du temps, tout se faisait par lui-même, et il en tirait une certaine fierté. La fierté chèrement acquise de pouvoir affirmer : je l’ai fait seul, sans l’aide de personne. Et ça marche, ça marche mieux qu’à la brigade. De là à conclure que les rebelles avaient un espion qui sabotait parfois le travail des brigadiers, ou tout du moins que tous les brigadiers n’avaient pas leur place dans la section informatique… il n’y avait qu’un pas. D’ailleurs une fois même, Rian avait réussit à tromper l’un des informaticiens et s’était fait passer pour un collègue, il avait ainsi réussit à obtenir des codes secrets sans problème, jusqu’à ce que le brigadier se rende compte de son erreur et qu’il n’avait pas discuté avec la personne qu’il croyait mais avec un faussaire, voleur d’identité. Il était cependant trop tard, certes les codes avaient ensuite été changé mais Rian avait eu le temps de copier des informations, de nettoyer et d’effacer définitivement des données capitales pour la guilde, et de mettre en place un virus de sa création. La brigade avait eu du travail cette semaine là pour réparer les dégâts, autant dire que les informaticiens n’avaient pas beaucoup dormi, la colère de leur chef les empêchant de s’endormir sur leurs claviers, sachant qu’ils risquaient gros s’ils ne réparaient pas rapidement leurs erreurs. Les rebelels quand à eux avaient fêté dignement la réussite de leur héro, Rian, et avaient débouché quelques bouteilles d’alcool pour conclure dignement à son travail acharné.

Tic, tac… Tic, tac…

Le bien d’un côté, le mal de l’autre… Les souterrains et la ville de Nosco… Les rebelles et les brigadiers… La confrérie et la guilde… Deux côtés qui s’opposaient sans ménagements et sans arrêts, se narguant et s’attaquant sans cesse. Tel les deux côtés du Yin et du Yang, se mélangeant et utilisant chacun des méthodes contestés. Le but étant de vaincre l’ennemi quelque soit le procédé. Ils vivaient dans deux mondes différents, qui n’avaient de contact que sur le réseau, dans les souterrains lorsque les brigadiers osaient s’y risquer en groupes armés jusqu’aux dents, et plus rarement lorsque les rebelles se décidaient à sortir dans Nosco, ce qui était risqué voir suicidaire. La congrégation de Joshi dans l’histoire se contentait souvent de regarder sans commenter l’affrontement du pot de fer contre le pot de terre, prodiguant seulement les armes contre les créatures, ennemis commun des deux camps. Mais une fois les créatures repoussées pour quelques temps, le combat reprenait entre guilde et rébellion. Aucun des deux n’abandonnerait, et le premier était trop nombreux pour être totalement éradiqué tandis que les seconds étaient bien trop organisés pour être effacés sans problèmes. Malgré leurs différences ils arrivaient donc presque à se combattre à force égales. Pourtant certaines des personnes avaient liés par le passé des affinités avec des personnes de l’autre camp. Chaque rebelle ayant d’abord été un nouvel oublié et donc un guildien, avant de rejoindre les souterrains et de s’enterrer parmi la contestation qui grognait contre l’impératrice Joséphine de Nosco. Ce qui les poussait à ce changement ? C’était très variable d’un rebelle à un autre… Pour Lian cela avait été l’histoire d’une trahison de ses camarades qui l’avaient laissé sans la secourir, abandon qu’elle leur reprochait toujours.


Hj : Il est quatre heures du matin ! Traktueur tu es où ? Sad Je t’attends moi !

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Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Tristan Darek le Sam 13 Nov - 14:14

Plus rien à perdre, absolument rien, pour la seule et unique raison que son vécu l'avait détaché des choses au point que le fait de les perdre ou de les avoir ne changeait rien pour lui. Alors à quoi bon penser à tout ça maintenant ?
Quatre heures passées. Un moment de la nuit où il se passait toujours très trucs étranges, peut-être parce qu'on n'était pas quelqu'un de normalement constitué quand on avait l'habitude de veiller jusqu'à cette heure là voire plus tard, bien plus tard. On l'ignorait sans doute, mais combien de fois ne s'était-il pas endormi quelques minutes après les premiers heures de travail ? Seulement on n'en profitait jamais trop : réveiller le patron était sans aucune hésitation, l'une des pires choses à faire après utiliser son ordinateur, surtout si on avait la bonne idée de le planter. C'était se livrer pieds et poings liés à sa mauvaise humeur matinale, à ses soupirs exaspérants, à ses mots francs, blessants bien qu'inconscients, à son intolérance et à sa fameuse manie de considérer tous les autres comme des robots, comme seulement des outils de travail, sans pensées ni sentiments.
Mais comment pouvait-il comprendre les autres, lui qui était à peine capable de comprendre le sens de ses propres pensées quand celles-ci ne contenaient pas de chiffres, de variables ou simplement un code défini et connu, destiné à ne signifier qu'une seule et unique chose ?

Parfois, Tristan se laissait aller à la rêverie, à la contemplation du domaine qui le passionnait tant et auquel il avait apporté tant de choses. Il se souvenait avec exactitude de tous ces moments où il avait découvert son don, en se concentrant un peu, il avait même l'impression que ses yeux brillaient comme avant. C'était aussi un peu comme lorsqu'il avait une révélation et qu'il trouvait dans son excitation la force de s'acharner pendant des heures sur son travail, jusqu'à ce qu'il atteigne réellement ce qu'il avait vu dans sans tête et que ce soit fait de manière parfaite ou bien qu'il s'effondre de fatigue, dorme deux jours d'affilés et reprenne son travail de fou comme si de rien n'était.
Dire que ça relevait de la maladie obsessionnelle était loin d'être faux mais qui aurait osé lui dire qu'il fallait qu'il s'arrête, que c'était vain, qu'on l'exploitait ? On voyait souvent dans ses yeux, dans l'expression de son visage qu'on avait tellement brisé cet homme qu'il n'était pas vraiment difficile de le prendre en pitié et il suffisait d'être un tant soi peu altruiste pour vouloir l'aider. Chose dont il se serait bien passé car les visites successives chez tous les médecins du coin qu'on l'obligeait à faire chaque année pour être sûr d'un côté qu'il ne claque pas et de l'autre espérer qu'il remonte au moins un peu la pente avaient le don de le mettre en rage. Il avait toujours eu horreur de ces gens qui se croyaient plus qualifiés que lui pour savoir ce qui était bon pour lui et il avait dû se résoudre aux stratagèmes les plus farfelus pour qu'on arrête de lui faire avaler des tonnes de cachets ou du moins qu'on croit qu'il les prenait bien. Sa pire peur restait celle qu'on l'interne et qu'il se retrouve seul avec ses pensées, seul face au spectre de Louis, ricanant, le manipulant pour qu'il devienne comme lui. A trop penser au passé il avait fini par détacher l'homme qu'il était avant d'atterrir ici pour en faire quelqu'un d'autre, un inconnu qui rôdait autour de lui même si maintenant il avait l'impression de souffrir de dédoublement de la personnalité. En voulant se détacher de ce qui le rendait fou, il le devenait de plus en plus à cause de l'unique solution qu'il avait trouvée. Belle ironie du sort.
Parce qu'aller voir un psy et lui raconter sa petite enfance n'allait pas faire avancer le schmilblick, il préférait d'ailleurs que sa vie reste dans l'ombre qu'on ne sache rien sur lui et quand il avait eu les pouvoirs de le faire, il n'avait pas hésité à supprimer tout ce qui parlait trop précisément de lui ou à le cacher au public dans le pire des cas. Il se sentait mieux fantôme qu'être réellement humain avec qui on pouvait passer du temps, avoir des conversations normales, être ami. Toutes ces choses là, il avait eu beau les observer, elles lui avaient toujours parues étrangères, inconnues, hors de portée et après l'angoisse et le mal être que cette idée avait provoquée en lui, il s'était finalement résigné et avait cessé de regarder les autres comme les siens, considérant simplement qu'ils étaient ceux avec qui il devait vivre, que les choses étaient comme ça et qu'elles ne changeraient pas, quoi qu'il fasse.

L'informaticien s'était affalé contre son siège, les yeux clos, se laissant vaguement porter par le flot de pensées qui circulaient dans son esprit sans y faire réellement attention. C'était mieux comme ça, ainsi comme il ne se concentrait pas sur ses pensées en elles-mêmes, elles ne pouvaient pas l'atteindre, le toucher et lui faire du mal. Elles ne pouvaient pas non plus lui faire du bien mais il avait une si faible idée du bonheur et de l'agréable qu'il n'aurait sans doute pas saisi la différence et il aurait bêtement lutté contre la vague de sentiments qui voulaient l'assaillir. Se couper de ses sentiments et de ses émotions, c'était mieux comme ça.
Un bruit familier le fit sortir de son monde : quelqu'un venait de répondre. Lentement il ouvrit les yeux pour déchiffrer les caractères censés lui délivrer un message. K.O. Amusant. Rien n'indiquait dans ce pseudo de qui il s'agissait et dans l'absolu on ne pouvait guère s'y fier. Il pouvait chercher l'IP et en un clin d'œil, trouver qui se cachait derrière cet étrange pseudo à moins qu'il ne tombe sur un rebelle ou un bon informaticien. Mais l'alpha n'était-il pas aussi fait pour rencontrer des inconnus, discuter en prenant le risque de se livrer à quelqu'un dont on ignore tout et donc à n'importe qui, de la voisine du dessus à son pire ennemi ?
Il se pencha en arrière pour étirer son corps meurtri à force de rester toujours dans la même position, ça faisait du bien, c'était sans doute comme le sport, quand on avait l'habitude de pratiquer. Quelque chose qui n'était absolument pas pour lui : quand il était arrivé et qu'on avait voulu voir ses talents de combattant, il s'était retrouvé avec des bleus partout, des courbatures sur tous les muscles et une cheville foulée pour couronner le tout, parce qu'on l'avait collé avec un mec sadique qui visiblement prenait son pied pour mettre au tapis les petits nouveaux. La brigade avait alors fait une croix sur lui – chose qu'il avait apprise plus tard – et forcé au repos par le médecin qui l'avait soigné, la seule chose qu'il avait trouvé à faire pour se sortir de l'ennui c'était de démonter son ordinateur pour « voir comment ça marchait », excuse qui lui avait valu les fureurs de son parrain quand il lui avait montré la chose et qu'il lui avait avoué qu'il ne savait pas le remonter tout seul. C'était au final grâce à cet idiot qu'il avait fait ses premiers pas dans les bureaux de la brigade informatique – beaucoup plus petite alors – ses pièces détachées dans une caisse pour qu'on lui remonte ce qu'on ne voulait surtout pas lui racheter et qui serait à rembourser quand il serait bon à quelque chose. C'était là qu'il avait eu la révélation lorsqu'il avait demandé à l'informaticien qu'il n'avait pas lâché d'une semelle, si faire comme ça ne serait pas plus performant. Il n'oublierait jamais la tête d'ahuri qu'avait pris le mec plutôt médiocre qu'on avait chargé de cette petite affaire.
Au final il avait planté quatre ou cinq ordinateurs, rendu chauve son parrain qui avait en passant dû appeler un traducteur parce qu'il ne comprenait plus ce que disait le petit Tristan, devenu passionné par le monde de la programmation et ne parlant plus que de ça. Il avait trouvé ce pour quoi il était doué et on l'avait refilé dans la section appropriée illico presto, ravi de lui trouver une utilité et le mettre avec les autres aliens de son genre.

C'était plutôt drôle de se dire que maintenant il était à la tête de tant d'hommes et que sa brigade avait pris une toute autre orientation ou plutôt s'occupait beaucoup moins de développer le réseau et d'en faire quelque chose de bien pour se concentrer maintenant principalement sur la sécurité et la traque des rebelles dans le cyberespace.
Il laissa échapper un soupir et après avoir attendu quelques longues secondes par flemmardise de bouger, il se leva et alla se prendre son xième café de la soirée, drogue dont il ne pouvait désormais plus se passer ne serait-ce qu'une heure et qui avait le bonheur de le rendre hyperactif dans ses moments d'éveil intense, heureusement rares.
Trainant un peu les pieds pour revenir jusqu'à son ordinateur qui pourtant n'était pas loin – il avait calculé que le point d'approvisionnement ne devait pas être à plus de dix pas de son coin à lui ! - il avala d'une traite une gorgée de la boisson encore brûlante.
Pendant le temps infini qu'il avait mis à se réapprovisionner pour éviter une mort lente et atroce, son très cher interlocuteur avait écrit autre chose qui fit naître un semblant de sourire sur ses lèvres et sembla éclairer à peine et rien qu'un instant son visage morose et fatigué.

Ses doigts se posèrent familièrement sur les touches du clavier qu'il connaissait par cœur à force de s'en servir sans cesse, c'était même rare qu'il passe un long moment à fixer son écran sans rien dire, à moins que la tâche qu'il demande à son ordinateur nécessite beaucoup de temps et qu'il n'ait rien à faire sur le deuxième, chose qui n'arrivait bien sûr qu'une fois tous les trente six du mois.

Traktueur : Seul ? Oh si.
Même au milieu de la foule on peut être seul, éternellement seul.

Celle là était facile à trouver, facile à dire. Un moyen d'entrer dans le petit jeu qu'il cherchait de manière hasardeuse et téméraire. Donner des informations sur lui attirerait sans doute l'attention de son interlocuteur, il pouvait dire la vérité, l'autre se poserait toujours la question, croirait toujours à des demi-vérités. Il n'y avait dans le fond pas de grande imprudence à ce qu'il faisait, il avait même machinalement pris la précaution de se couper de tout ce qui le reliait à la guilde, de toutes les informations sur lesquelles il ne fallait pas tomber. Même si on parvenait à pirater son ordinateur, il serait très difficile de se reconnecter aux serveurs sans connaître la procédure unique qu'il avait créée pour son ordinateur seul et que très peu, vraiment très peu de personnes connaissaient.

Traktueur : Eh bien, la plus grande faiblesse de Traktueur est sans doute celle d'être encore un être humain.

Rajouta-t-il pour répondre à la remarque qu'on lui faisait, guère étonné. Il avait remarqué que Traktueur était pour bien des gens une sorte d'animal mystique dont ils savaient attacher le nom à des compétences mais qu'ils étaient incapables de relier à un être humain, ni même de soupçonner que cet être humain là savait lui aussi parler et faire semblant d'avoir une conversation. Il se savait peu doué dans le relationnel, mais de là à ne pas savoir parler aux autres ou tenir une conversation simple, quand même !

Traktueur : Pourtant je suis souvent là, on ne le sait pas, on ne le voit pas, et moi j'erre.

Ça n'avait pas de sens d'écrire ça, de l'avouer au dénommé K.O., de rentrer trop dans des demi-confidences. C'était pourtant vrai et sans avoir réellement envie de le dire, ses doigts s'étaient déplacés tous seuls sur le clavier pour en faire part à la seule personne qui lui avait adressé la parole. Il pouvait y avoir des personnes connectées mais cachées, il n'avait pas cherché, ce n'était pas important ce soir, il n'était pas en mission, il n'était pas vraiment en quête de quoi que ce soit. Ce soir il était comme un insomniaque, errant là où il pouvait, en quête de ce qui lui permettrait de trouver le repos.
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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Lian Grenfield le Lun 20 Déc - 21:01

Autant la base rebelle se révélait active et pleine de vie en journée, ses couloirs toujours remplie d´une ou de plusieurs personnes décidées à joueur aux cartes au milieu du chemin, a se disputer, ou a discuter… autant des une heure avancée de la nuit, le quartier général redevenait calme, excepte les quelques ronflements de certains. Lian pouvait comprendre que Rian aime tant reste debout, pour profiter du calme et de la reposante solitude qu´offrait le QG lorsque chacun était tombe dans les bras de Morphée. La rebelle ralluma les écrans permettant de visualiser la moindre parcelle de la base, exception faite des douches et des toilettes. Sur les cameras de surveillance, pas un mouvement, personne excepte dans les dortoirs. Cherchant le dortoir des hommes, elle zooma sur le lit de Rian pour voir s´il était effectivement partie faire un somme et profiter de sa nuit. Elle pouvait en effet observer une boule de draps sur le lit, mais elle ne savait dire si c´était l´informaticien qui avait oublie de faire son lit ou s´il se cachait sous la couette. Tant pis, elle verrait plus tard, c´est à dire certainement demain lorsqu´elle le croiserait dans l´après midi.

Etre commandor de la brigade informatique. Un poste respecté et qui donnait accès à beaucoup de pouvoir, beaucoup d’informations, sur tout : les gens, nouveaux arrivés ou déjà disparus, les bâtiments, leurs infrastructures et leurs codes… Nosco était régit par la technologie, et celui qui en possédait la clé et qui comme Traktueur pouvait aller jusque dans le réseau Omega, possédait alors un pouvoir vraiment important. Si un jour le fidèle de Joséphine se rebellait et décidait de tout détruire, dans ce cas là la situation serait critique. Malheureusement Tristan ne semblait pas et de très loin avoir de sympathie pour les rebelles. Tant de pouvoirs et de possibilités dans les mains d’un seul homme, pas étonnant que parfois il craque et se sente seul.

Seul au milieu de la foule ? Eternellement ? Se sentait il si mal ? Certes il avait raison car la solitude était mentale et non pas physique. Mais ses propos étaient légèrement désespérés. Comme toujours le pouvoir engendrait la solitude, le devoir de prendre seul des décisions pour les autres, tandis qu’ils restaient là à attendre un ordre sans donner de conseils, attendant les yeux grand ouvert la moindre parole de leur chef qu’ils boiraient sans réfléchir. Oui, il était seul, la tête pensante à qui on demandait tout mais qui prenait aussi toutes les responsabilités. Yan se sentait il aussi seul et isolé ainsi ? Quand était-il de l’impératrice ? Encore plus isolées malgré tous ses hauts conseillés. Tous ses anciens amis et connaissances étaient partis la laissant seule pour diriger Nosco…

Mais le bruit d’arrivée d’une nouvelle réponse la sortie de ses pensées et elle eut un sourire en voyant la réponse faite par son interlocuteur. Etre encore un humain, oui en effet, comme chacun il cherchait la compagnie et la discussion même à quatre heure du matin… delà à qualifier cela de plus grande faiblesse… Il y avait un grand pas franchit par Traktueur sans problème apparent. Etait-ce un demi-aveu du fait qu’il voudrait devenir une machine ? Pour être aussi performant que les ordinateurs avec lesquels il travaillait ? Se fondre dans son environnement et dans ses plus précieux alliés ?

Ou alors était-ce un message codé pour signaler que Traktueur n’était pas qu’un seul homme, mais bien un groupe, et que sous ce pseudo pouvait aussi se cacher les plus précieux alliés de Tristan Darek ? Un groupe de collaborateurs trié sur le volet et capable de tenir le change un moment ? Histoire de mettre la pression sur Rian… Le réseau et ses mystères… on était jamais sur d’avec qui on discutait…

Et voilà qu’il se mettait à parler de façon poétique, oui personne ne savait lorsqu’il errait sur le réseau, sauf lorsqu’il décidait de signaler sa présence, comme pour s’assurer qu’on craignait toujours son surnom. Pour montrer qu’il était là… toujours. Ne manière aussi de dire qu’il était toujours vivant peut être ? J’existe… Je pense, donc je suis sur le réseau, donc je suis. Alors pour lui ceux n’étant pas sur le réseau n’existe pas ? N’ont-ils aucune importance ?

K. O. : On ne te voit peut être pas, mais tout le monde te connaît… au moins de nom. J’aimerais être aussi renommé et reconnu que toi dan ma profession.

Même si je ne serais certainement pas capable des mêmes sacrifices loin de là. Non, elle appréciait sa participation chez les rebelles, donnant tout son possible. Ce qu’elle trouvait déjà bien. Etrangement, elle avait eu plus de facilités à monter en grade chez les membres de la confrérie que dans la brigade. Les deux entités fonctionnant différemment et ayant chacun un chef aux valeurs assez différentes pour se menacer de guerre et s’affronter régulièrement. Oui, ils étaient ennemis et pourtant ils se parlaient via un réseau.

K. O. : Vous ne croyez pas en l’âme sœur ? Si tel était le cas, vous n’auriez pas peur de vous sentir si seul avant de la trouver…

Si elle y croyait ? Non pas vraiment. Mais elle avait assez d’amis pour se sentir toujours entouré, et choyée d’affection. Elle avait des connaissances avec lesquelles elle partageait des souvenirs importants, des passions communes, des objectifs similaires… Il lui arrivait de se sentir seule, mais jamais très longtemps… pas chez les rebelles !

K. O. : Je n’ai jamais compris pourquoi les scientifiques de Nosco s’étaient décidé pour garder un cycle dans le temps et les saisons alors qu’ils ont la possibilité de le contrôler et de créer ce qui leur convient. Pourtant, je leur suis reconnaissant lorsque cela me permet de contempler le ciel étoilé.

Voilà c’était lancé, donnant-donnant. Tristan avait parlé de lui, il fallait un répondant, sinon ce dernier partirait ou s’endormirait sur son clavier. Lian avait donc sortit de qui lui passait par la tête et sous les doigts. Une question assez philosophique et des plus banales en même temps. Une question sur l’organisation de Nosco.

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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Tristan Darek le Mer 5 Jan - 0:47

Le temps avait passé, il n'avait pas eu la force de marquer son visage et son corps mais son poids s'était fait sentir dans son esprit. L'immortalité, à quoi bon ? Pourquoi continuer à vivre pendant des siècles ? La vie avait-elle encore un sens quand le spectre de la mort ne planait pas sur l'être humain ? Bien sûr il y avait toujours la crainte d'une attaque ou d'une maladie incurable, on savait bien que l'on partirait un jour mais c'était si loin qu'on n'y pensait pas. La mort avait été chassée de cet enfer depuis bien longtemps et les plus chanceux n'en repartiraient peut-être jamais. Fatalité ? A bien y réfléchir, l'infini de la vie devenait étrange, angoissant, malsain. Le tic tac familier de l'horloge ne s'arrêtera jamais mais les battements d'un cœur ne doivent-ils pas un jour cesser ? Il y a un temps pour toute chose et l'esprit humain conçoit difficilement qu'il ne puisse y avoir ni début ni fin. Pourquoi l'absence de fin ne dérangeait-elle pas les habitants de Nosco ? Ici on ne se demandait pas vraiment ce qu'il pourrait y avoir après, on désirait plus souvent revenir en arrière, retourner dans un passé dont les fragments retrouvés portent parfois à penser qu'il fut meilleur. Oublier pour attiser la curiosité et pousser à combler le vide laissé... Sadisme pur créé par un fou tordu. L'impératrice avait été sage de comprendre qu'il ne fallait pas rechercher ce que l'on avait vainement tenté d'oublier mais pourquoi n'avait-elle pas su que l'interdit pousserait d'avantage les âmes égarées ? Peut-être n'y avait-il pas d'autre solution...
La vanité des choses avait toujours eu ce quelque chose de désarmant. Regarder le monde sans une certaine subjectivité donnait à toutes les choses la même valeur mais alors leur valeur n'en était plus une et l'on voyait peu à peu le monde s'effondrer autour de soi sans rien avoir pour s'accrocher. Non, cette vision objective n'était pas faite pour l'homme, pas supportable dans le temps et l'on avait beau dire, malgré tous les efforts que l'on pouvait faire, tout ne pouvait pas être toujours égal. Ce serait angoissant de penser constamment à une telle chose, de l'accepter pour toujours et de ne plus voir le monde que de cette manière. C'était ce qu'aurait fait un robot. Sa vision du monde était-elle si différente de ces choses-là ? Il lui arrivait souvent de ne plus comprendre, de se perdre dans l'indifférence d'un monde trop rationnel où sentiment, attachement, vie ne valent guère mieux qu'un caillou trouvé par hasard. Et il sombrait peu à peu dans l'abîme pour y trouver l'angoisse et le désespoir, il tombait parfois dans les entrailles de la folie et le monde tel qu'il l'observait lui paraissait alors insupportable. Que fallait-il faire pour que tout cela change ? Devait-il hurler ? Devait-il détruire tout ce qu'il y avait autour de lui ? Devait-il s'ouvrir les veines dans l'espoir que le cruel destin l'emmène sur des rives plus clémentes ? Mais il n'y avait rien à faire, il ne pouvait qu'attendre que les choses passent, abattu par le malaise enfoui au plus profond de lui, avec la certitude que le mal y avait pris pour toujours racine et que s'il le laisserait respirer tout à l'heure, il reviendrait un autre jour, plus douloureux et plus ignoble encore.

Qu'avait-t-on pu faire dans sa vie pour mériter pareille torture ? Il était allé chercher les réponses au plus profond de son âme et de son cœur mais il avait fini par provoquer lui-même ce mal qu'il fuyait tant, alors il avait fermé les yeux, il s'était fermé au reste du monde et chacun de ses pas s'était fait chaque jour un peu plus hésitant. Il aurait aimé abréger les choses, couper le monde du monstre qu'il était mais il avait aussi fini par y renoncer, se contentant de baisser la tête et de se taire, gardant tout au fond de lui et le plus loin possible les pires de ses secrets. Il eut fallu se retirer de ce monde mais à Nosco il n'existait pas de lieu où l'on soit certain d'être tranquille pour pouvoir regarder ses démons droit dans les yeux et attendre la mort, toujours trop lente.
Était-il vraiment possible de changer, même quand la vie nous offrait la chance d'effacer l'ardoise et d'être un homme meilleur ? Il n'y avait jamais cru, d'abord parce qu'avant de se souvenir il n'aurait jamais imaginé avoir à se repentir de quoi que ce soit, ensuite parce que lorsque les pièces du puzzle s'étaient presque toutes assemblées il avait vu toutes les chances qu'il avait laissées passer, ici et là-bas, assez pour ne pas avoir foi en ces choses-là. Il s'était condamné lui-même, par les choix qu'il avait faits et qu'il le regrette ici ou ailleurs, ça ne changerait rien. Partir aurait été garder espoir et il était mort depuis longtemps.

C'était ça sa vie, le constat d'un échec. Maintenant, il errait entre la vie et la mort et ce n'était ni pire ni meilleur, ni bien ni mal.

Traktueur : Renommé pour quoi ? Un jour on ne saura associer mon nom qu'à celui d'un monstre. Et puis, ne suis-je pas déjà devenu aux yeux des autres, comme tous mes prédécesseurs, un simple pseudo sans âme ni visage ?

Est-ce mes actes, est-ce ma culpabilité, est-ce le regard des autres qui m'a tué ? Reconnu, ça impliquait qu'on l'avait déjà vu mais qui pouvait se vanter de l'avoir regardé dans les yeux et d'avoir compris qui il était ? Lui-même n'aurait pas su dire quelque chose à propos de lui. Qu'y avait-il à comprendre ? C'en était assez de réfléchir.

Traktueur : L'âme sœur... si elle existait, si je voulais bien y penser ne serait-ce qu'une nuit... oh, je crois bien que je l'ai tuée.

De mes propres mains, pensa-t-il sans oser l'écrire et dévoiler ainsi aux yeux de son interlocuteur une monstruosité grandissante. Le temps d'une nuit il espérait presque qu'on ne le regarde plus comme un pseudo craint ou un être inhumain mais simplement comme un homme, avec ses forces et ses faiblesses. Pourtant c'était bien naïf que de croire à ces choses-là et il s'était aveuglé trop longtemps pour le tolérer une fois de plus.
Tuée. Car la personne à laquelle il pensait maintenant ne reviendrait plus jamais. Calme et impassible, il l'avait regardé expirer son dernier soupir sans jamais lui donner ce qu'elle espérait le plus à ce moment-là. Mais les choses étaient ainsi, ce n'était pas comme s'il avait cru à toutes ces foutaises mièvres à pleurer. A vrai dire, ils le savaient bien que ce qu'ils cherchaient n'était ni ici ni dans les yeux de l'autre, que ce qu'ils voulaient voir n'était qu'un mirage, une chimère douce et sournoise qui semblait leur promettre ce qu'ils désiraient le plus, cachant l'odieuse et glaciale vérité. Ce qu'il avait vu n'était qu'une illusion d'optique, ses yeux l'avaient trompé et c'était pour ça qu'il était tombé, rien de plus. Ce n'est pas ma faute.
Non, ça c'était faux. Il y avait parfois dans un regard plus de choses qu'on ne voulait en dire.

Traktueur : Je l'aimais bien aussi ce ciel avant que ma vie ne ressemble à un champ de ruines mais maintenant que je me souviens, il me paraît de plastique. Et le jour, lui, je ne le vois plus. Plus jamais je ne verrais le soleil se lever, plus jamais la nuit ne cédera son empire.

C'était symbolique et son interlocuteur ne mettrait pas beaucoup de temps à comprendre ce point. Triste métaphore que celle-ci mais elle savait bien raconter sa vie et ce qu'il lui arrivait, ce qu'elle disait était plus beau, moins brutal, moins désespéré. La poésie savait-elle avec de simple mots diminuer ou augmenter le poids des choses ?

Assez de penser quand les mots plongeaient dangereusement l'âme dans les méandres de l'abandon. Pour ses yeux de glace, existait-il toujours un repentir ? Encore aurait-il fallu y croire.
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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Lian Grenfield le Lun 24 Jan - 0:34

Une fois de plus une réponse apparu sur l’écran, affichant les pensées de Traktueur traduites en mots… Se considérait il comme un monstre ? Certainement pas physiquement, Lian avait vu des photos, et connaissait Angie… Tristan Darek n’était pas si repoussant d’aspect, au contraire il était fin, mince avec de magnifiques yeux bleus ainsi que de long cheveux… Pas un monstre d’aspect, alors mentalement ? Parce qu’il chassait les rebelles ? Parce qu’il suivait les préceptes de la guilde ? Non Traktueur ne pensait certainement pas comme elle… dans ce cas là il parlait de quelque chose qu’elle ignorait. Puis une nouvelle réponse à ses questions s’ajouta… Tué l’âme sœur ? Voulait-il insinuer qu’il détestait l’amour et son sens le plus poétique et qu’il aurait voulu le détruire pour tous les autres ? Ou alors qu’il avait tué son âme sœur ? Avait-il aimé ? L’avait quitté pour ne plus être dépendant de cet amour ? Quelle était la personne qu’il évoquait sous le terme âme sœur ? L’informaticien était quelqu’un de plutôt discret, bien que Lian se souvenait avoir entendu dire qu’il était plutôt du genre tombeur qui n’avait pas de relations suivies… Se pourrait il cependant que quelqu’un ai fait chaviré son cœur ? Une fois au moins…

Quand à sa réponse concernant le ciel, elle était tout aussi mélodramatique. Traktueur était il si désespérer au point de se lamenter sur un chat avec un inconnu ? Cherchait-il à la tester ? Etrange, un partisan de la guilde aurait plutôt prôné le bonheur de se trouver à Nosco de pouvoir y vivre dans une relative paix, sous la protection de l’impératrice… Non, là il ne faisait que dénigrer, même si cela le concernait plus lui-même que son environnement. Se sentait il si mal à l’aise dans la ville ? Pourrait-il un jour trouver sa place chez les rebelles ? Depuis qu’il était-là, il n’avait pourtant semblé à personne qu’il en éprouve le désir.

A quoi tournait donc cette conversation et à quoi mènerait-elle ? Pour l’instant elle avait les réponses à ces questions et pourtant ce n’étaient pas celles auxquelles elle se serait attendue. Elle tenta donc de comprendre un peu plus.

K.O : J’aurais pensé que la vie d’un commandor de la brigade était plus agréable que cela… La guilde ne vous satisfait donc pas ?

Une rebelle qui fini par ne pas remettre en cause les côtés positifs de la guilde, on aurait tout vu… Mais après tout Lian, tout comme sa marraine Angie, avaient toutes deux rejoint la rébellion par un concours d’évènement et rien de plus finalement.

K.O : J’aurais plutôt tendance à penser que « La vie ne vaut pas d’être véçue si on ne la vie pas à deux cent pour cent ! »

Intérieurement elle cherchait sur quoi d’autre elle pouvait orienter la conversation. Certainement pas un sujet sensible, ou alors il s’en rendrait compte et chercherait à percer son identité ou tout du moins à couper court ses réponses et à se déconnecter. Mieux valait ne pas se mettre Tristan Darek à dos.

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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Tristan Darek le Jeu 3 Fév - 13:46

Quelle heure était-il ? Assez tard pour se permettre d'arrêter de penser rationnellement, assez tôt pour savoir que le sommeil, encore une fois, ne viendrait plus. Une nuit blanche de plus dans sa triste vie, une nuit à mettre sur le compte de son ancienne vie, de son passé ? Même à cette heure entre le soir et le matin, à cette heure où les choses devenaient si différentes, alors que le reste du monde dormait, il restait difficile de penser à tout ça et d'en tirer une conclusion juste.
Pourquoi, pourquoi était-il nécessaire de s'interroger à nouveau sur ces choses qui faisaient si mal, pourquoi fallait-il qu'il y repense encore et encore alors que son corps malade et épuisé, son âme même déjà trop meurtrie, trop brisée lui criaient qu'il devait arrêter tout ça et se ressaisir. Mais dans son esprit, n'était-ce pas déjà trop tard pour le faire ? Son esprit trop faible n'avait jamais su lutter contre le poids de la douleur et du désespoir. Masochiste jusqu'au bout des doigts, il avait poussé jusqu'à ses dernières forces vers la quête de la souffrance, il avait voulu savoir jusqu'au dernier souvenir tout ce qu'il avait pu faire, ou presque. Pourtant il ne s'était pas arrêté là, il avait aussi poursuivi l'horreur de ses actes en Nosco, d'une manière sensiblement différente mais en y réfléchissant bien, est-ce que tout cela ne revenait pas au même ?

Monstre, le monstre c'était lui. Et quoi qu'il fasse, quoi qu'on lui dise, il n'arrivait pas à se repentir, à s'expier des fautes et des horreurs qu'il avait commises. Pris en échecs et mat, le mathématicien ne trouvait plus de solution à la plus difficile de ses équations. Comme tout le reste, son travail, son énigme semblaient alors facile à côté du gouffre dans lequel il s'était lui-même jeté.
Si seulement il avait su, s'il avait pu entrevoir tout ce qui s'ensuivrait, aurait-il seulement voulu savoir ce qu'il s'était passé ? Il n'aurait pas senti la souffrance s'emparer de son corps avec la même intensité que des coups de couteau rentrant sans cesse dans sa peau.

Oubliant son interlocuteur, oubliant la noirceur de ses pensées dont l'idée elle-même le détruisait toujours un peu plus, ses doigts s'étaient faits le porte parole de son état d'esprit et avaient joué le rôle de thérapeute, ordonnant à l'ordinateur d'ouvrir le terminal, cet écran noir aux caractères colorés aux formes simplistes. Il avait ouvert l'éditeur de texte et les lignes s'étaient enchaînées, remplies de codes et de symboles que bientôt l'ordinateur lirait et appliquerait, traduisant tout ça en binaire et la suite de 0 et de 1 indiquerait à son matériel les pulsions électriques. Et à une vitesse plus rapide que la lumière, l'ordinateur afficherait le programme qu'il était en train de créer, il lui suffisait simplement de compiler pour obtenir ce résultat.
Programmer, il ne le faisait plus si souvent maintenant qu'il était à la tête du système, il était celui qui réfléchissait maintenant, devant sans cesse élaborer des systèmes toujours plus performants, des stratégies de défenses visant à protéger ses systèmes et celles-ci devaient éviter autant de failles que possible, être toujours plus innovantes et loin de ce que pouvaient penser et imaginer ses adversaires, ceux qu'on appelait communément pirates. C'était un travail à plein temps et il ne comptait plus le nombre de fois où il avait arrêté tout autre travail pour approfondir une idée qui venait tout juste d'effleurer son esprit. Parfois même, il quittait la chaleur et le confort de son lit pour passer le reste de sa nuit à plancher sur un travail qui le préoccupait à tel point qu'il en dérangeait ses rêves.

Un coup d'œil à son deuxième écran le ramena à cette discussion qu'il entretenait avec un inconnu de l'alpha. Il n'avait pas cherché à savoir de qui il pouvait bien s'agir, il avait seulement été un peu plus vigilant à ce qui se passait dans le système, par mesure de précaution. Cette conversation ne rimait à rien, il lâchait quelques phrases et son interlocuteur lui donnait une réponse, leurs phrases peu à peu se détachaient de ce qu'ils disaient peu avant, sans aucun sens apparent. Ce n'était finalement pas si rare de discuter avec lui de choses plus étranges les unes que les autres, il passait, régulièrement, on n'avait qu'à l'apostropher, il répondait la plupart du temps mais les gens avaient peur de se faire remarquer, d'être le prochain qui irait en prison et qui croupirait comme le dernier pirate qu'il y avait jeté passait maintenant le reste de son existence. L'éternité dans une cage, c'était bien plus horrible que la perpétuité de l'autre monde. Et puis, dans le monde où ils vivaient, qui pouvait dire que ces rumeurs sur les tortures, ces tests que les scientifiques faisaient sur les prisonniers n'étaient pas vraies ? Personne n'avait envie un jour de se réveiller avec la même tête que celle des créatures.
Ces gens-là ignoraient à quel point les petits hors-la-loi pouvaient lui passer par dessus la tête, même s'il avait un rôle de traqueur, de flic, il visait plus les gros poissons que tous ceux qui pouvaient frauder de ci de là. D'ailleurs, s'il le faisait, n'aurait-il pas dû arrêter tout Nosco ? Ridicule, surtout quand on savait qu'il jouait lui-même avec les limites de la loi et n'hésitait jamais à transgresser pour quelques petits trucs.

Traktueur : J'ai tout le confort matériel que je désire et je vis dans le faste qui me plaît mais le bonheur que je n'ai pas ne dépend pas de la guilde.

Quelques minutes avaient dû s'écouler avant qu'il ne réponde mais si son interlocuteur tenait à avoir quelques réponses, il avait bien dû attendre et prendre son mal en patience. Le commandor passa ses mains sur ses visage, se frotta légèrement les yeux et rabattit les mèches de cheveux qui le gênaient en arrière. Une partie d'entre elles retrouvèrent leur place initiale et son regard erra un instant sur son bureau en quête d'une barrette, d'une pince, de l'un de ces trucs qu'utilisaient les filles d'habitude mais il n'y avait rien de tout cela. Tant pis, il demanderait demain à sa secrétaire si ses cheveux le dérangeaient toujours.
Jetant un œil sur ce qu'il avait commencé à répondre, il eut le sentiment que ce n'était pas très convenable pour un commandor ni pour un homme qui se déclarait fervemment guildien, autant par ses actes que par ses rares mots, même si certaines choses qu'il avait faites pouvaient entrer en contradiction avec tout cela.

Traktueur : Mais la guilde m'a offert tout ce que je pouvais espérer de mieux, je n'ai rien à lui reprocher. On peut parfois penser que les mesures que prennent l'impératrice et le conseil sont trop extrémistes mais si tel est le cas, je me demande bien ce qu'il en est des autres. Agrémenté d'un idéalisme naïf. J'ai peur qu'une fois la première attaque lancée, tout ça ne finisse qu'en une vulgaire révolution avec tout ce qu'elle implique : un bain de sang, le chaos. Le dénouement n'en serait que pire.

Beaux propos impérialistes que les siens. Il ne fallait pas être très intelligent pour comprendre ce qu'il entendait derrière tant de formules où il ne manquait qu'un nom. Mais n'y avait-il pas dans ses paroles un fond de vérité ? Il n'avait pas vu le temps révolutionnaire, un siècle plus tôt dans sa France natale mais au plus profond du Paris crasseux et illégal, il en savait quelque chose des luttes de pouvoir, du chaos, de l'horreur, du sang, de l'insécurité. Il y avait joué un temps et il était heureux de s'en être sorti, ce n'était pas pour retourner là-dedans. Le mieux c'était de préserver la paix et le bonheur, c'était à ses yeux plus légitime qu'un autre tyran qui disait vouloir le bonheur des siens sans jamais pouvoir en promettre la réalité. Après tout, étaient-ils si oppressés ? Et lui, Yan Merling, qu'avait-il fait de ses partisans ? Terrés au fond des souterrains dans l'attente épique qu'il se décide à lever le petit doigt, ils avaient perdus, sans le savoir, toute leur liberté, au profit d'un bonheur et d'un espoir illusoire.

Traktueur : Je ne suis pas un homme d'action, j'aime le calme et le silence autour de moi, j'aime cet écran qui me sépare des autres et me laisse toujours le temps de la réflexion. Et je le vis très bien.

Vivre à fond, il l'avait à peu près expérimenté mais il n'aurait échangé son ordinateur, son fer à souder et ses équations pour rien au monde, pas même un mélange d'actions effrénées et chaotiques qui lui auraient plus fait peur que plaisir. D'ailleurs tout ça n'allait pas de paire avec sa santé fragile, son corps meurtri qui au moindre coup pouvait se briser en mille morceau. Bien au fond devant son ordinateur, il était le plus heureux des hommes et en plus, il ne tombait pas malade.
Nul doute qu'il en était bien autrement pour son interlocuteur mais chacun se devait de trouver son propre bonheur, ainsi il y avait des soldats, des politiciens, des couturiers et des dormeurs.


[Pff. j'avance rien du tout, désolé ><]
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Re: Quand Traktueur et rebelle(s) se croisent

Message par Lian Grenfield le Dim 6 Fév - 18:44

Oui, la réponse de Tristan lui rappelait à quel point elle avait aussi apprécié de vivre dans la guilde, dans le confort d’un cocon chaud, où l’on pouvait se réfugier après une longue journée dans les souterrains. Non pas que le quartier général de la rébellion était beaucoup moins accueillant, mais on se sentait bien plus à l’étroit et avec moins d’intimité. La Guilde offrait un confort matériel indiscutable. Cependant comme il le disait, elle n’apportait pas le bonheur, répondant seulement aux besoins primaires. Alors que la rébellion offrait une toute autre perspective. Tristan était commandor de la section informatique, un poste enviable même au sein de la guilde ou de la brigade, il avait la change de profiter des avantages de son travail et de son grade.

Il haïssait la rébellion, ses préceptes et ses actions. Pas d’étonnement dans ses propos, ils étaient logiques, fidèles à l’Impératrice et à ses règles. On n’en attendrait pas moins d’un guildien. Un bain de sang ? Oui certainement… mais c’était cela ou s’incliner devant Joséphine de Nosco et lui accorder ses fantaisies, là ils influençaient, certes peu mais tout de même, les actions de celle qui gouvernait Nosco. Si personne ne faisait rien, il n’y aurait rien au pour l’opposer, alors que là elle cédait petit à petit, approuvant certaines choses qui avaient été interdites avant. Elle était obligée de concéder des choses face à la pression de la rébellion et de la congrégation.


Préférer une interaction avec les autres par l’interface d’un écran, était-ce si bien ? Les tenir ainsi à l’écart par une distance géographique, ne pas avoir besoin de s’approcher d’eux… Non définitivement Darek ne se sentirait pas bien chez les rebelles, obligé d’avoir contact avec les autres dans toutes les salles communes. Et puis le travail était bien différent pour les spécialistes de l’informatique chez les rebelles, c’était l’opposé total de celui de la guilde en faites. Là où les derniers construisaient, les premiers tentaient de percer et de détruire. Un travail que l’on pourrait qualifier d’opposés ou de complémentaires. L’un servait à démontrer les failles de l’autre. Dans un sens il les faisait progresser doucement. En se mettant des bâtons dans les roues, ils s’amélioraient ensemble.


K.O : Alors nous sommes totalement opposés dans un certain sens. Mais cela fait parfois du bien de discuter avec quelqu’un qui a un regard sur la vie totalement différent, c’est toujours intéressant, si on est prêt à l’écouter et à avoir l’esprit assez ouvert pour ne pas tout rejeter en bloc. Echanger des idées sans se bloquer dans une conversation à sens unique.


Soudain un bruit étrange se fit entendre, Lian leva les yeux de l’ordinateur pour contempler les caméras, elle suivit le mouvement d’une ombre qui traversait les pièces. Oh, non pas encore… Et si, l’un de leur camarade somnambule faisait encore des siennes. Mieux valait ne pas le laisser seul, la dernière fois il s’était sérieusement blessé. Fallait-il couper la conversation avec Traktueur ou lui dire qu’elle revenait ? Jetant un coup d’œil sur l’heure, elle se dit que mieux valait laisser cette conversation à plus tard, tant pis pour la chance unique de parler à Traktueur, elle savait maintenant qu’il était tout le temps là sur le réseau…


K.O : Je dois y aller, merci pour cette conversation. Dites à l’Impératrice que la lutte continuera tant qu’il y aura des injustices dans ce monde… Les idéalistes existeront toujours…
Puis, elle se déconnecta et parti à l’aide de son camarade au sommeil dérangé.

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