Tourmente

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Message par Silvio Anthelmios le Sam 6 Nov - 17:26

Silvio était rentré chez lui tout de suite après cet épisode. Quel épisode ? Celui du baiser volé. Malgré le blâme que Shane allait recevoir et les remontrances sévères du patron, il n’éprouvait aucune satisfaction.
Il se laissa tomber sur son lit plus qu’il ne s’y assit. Ses forces l’avaient quitté, d’un coup. Coup de fatigue, sans doute. Mais la fatigue n’était pas que physique. Il en avait assez de penser et re-penser à cet instant, ou plutôt cette sensation. Dans le noir, elle n’avait duré qu’un instant très court, et pourtant il s’en souvenait bien. Très bien. Trop bien. Ces lèvres qui s’emparaient des siennes… Il croyait même se souvenir d’un souffle, à un moment. Et d’une main sur son torse. Une main qui n’était pas froide. Une main toute chaude.
Silvio attrapa son ordinateur. Il se souvenait de sa réaction. La surprise l’avait amené à re-pousser cette présence, cette chaleur. Mais maintenant que c’était passé… Maintenant que c’était passé….
Les doigts de Silvio se crispèrent sur ses côtes. Non. Il ne pouvait pas trouver cela agréable, avec le recul. Shane l’avait surpris dans le noir. Il l’avait forcé. Il l’avait forcé à un baiser que Silvio jugeait contre-nature. Les hommes n’étaient pas faits pour s’aimer entre eux. Ils devaient aimer les femmes. C’était la nature qui l’avait dit. C’était comme cela depuis l’aube des temps. Silvio refusait d’être un de ces monstres qui allaient contre les lois de la nature… Il ne pouvait pas se permettre d’apprécier l’idée d’un homme dans ses bras.

Le Second de Judikhael pianota un peu sur l’ordinateur. Pas la tête à lire. Pas la tête à écrire. Il n’avait qu’une envie : se détendre, penser à autre chose. A autre chose que cet ami qui l’avait trahi. Car c’était bien l’impression qu’il avait eu : pendant un temps il avait considéré Shane comme un camarade de plaisanteries, un des rares hommes qui avait à la fois son admiration et l’honneur d’obtenir autre chose de Silvio qu’un regard noir. Il lui avait offert un semblant de sympathie, parce qu’il le croyait capable de comprendre où s’arrêter.Que devrait-il conclure ?
Il avait eu tort, c’était tout.
Son regard se posa sur la chatbox où il était censé se détendre. Rien à faire. Il voyait les conversations sans s’y intéresser. Rageusement, il ferma son ordi et le posa à côté de son lit, avant s’y étendre, avec un soupir exaspéré.

Sa chambre n’était pas faite pour être chaleureuse. Le lit était simple. Il y avait tout juste une armoire, et des murs d’un blanc un peu métallique. Le reste de son appartement était dans le même genre. On cherchait l’utile, on cherchait le strict nécessaire. Pas de décoration. Les murs gardaient un ton uni et restaient vierges. C’était froid. Le bleu était froid. Le métal était froid.
Jusqu’alors, cela n’avait pas choqué Silvio qui trouvait dans ce dénuement une certaine façon de donner l’impression d’avoir de l’espace. Mais, il fallait le confesse, Shane avait créé en lui une sensation de manque. Un vide, quelque part, qui ne demandait qu’à être comblé. Un vide un peu spécial.
Silvio avait beau se tourner, se re-tourner, il n’arrivait pas à se défaire de cette sensation. Le manque de chaleur. La chaleur que l’on pouvait trouver entre les bras de quelqu’un.
Mon pauvre enfant avait réussi l’exploit de passer trente ans ici en se passant de cette chaleur. Il se refusait les femmes. Il se refusait les hommes. Les rares contacts physiques qu’il avait avec les humains étaient des poignées de main. Il n’aimait pas faire la bise. Il n’enlaçait pas aussi facilement que certains. Il se refusait les femmes par amour pour elles, n’étant pas désireux de les blesser, ou de se blesser dans une histoire de sentiments. Il savait aussi que la traque des rebelles l’exposait à un danger mortel. Il ne voulait pas que sa mort soit pleurée. Regrettée, peut-être, un peu, si l’on perdait une bonne unité, mais pas pleurée parce que l’on aurait perdu un proche. Il aimait trop les humains pour désirer leur infliger cela.. Il ne voulait pas faire pleurer une femme.
Il idéalisait les femmes. Mais avait-il complètement tort ? Etait-ce sa faute si elles étaient les plus belles créatures que l’on ait jamais créées ? Elles étaient si… Si…
Dans sa tête, Silvio commença à énumérer des adjectifs. Belles… Les hommes aussi pouvaient être beaux. Douces… Ils pouvaient aussi, et les brigadières n’étaient pas toutes de douceur.
Mais… Quelle était cette voix dans sa tête qui tentait de le contredire ? Bon sang, il avait toujours été si sûr de lui ! Pourquoi là, tout à coup, remettre en question ce qu’il avait établi avec aplomb et certitude des années plus tôt ?
Y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Tais-Toi !

Le lendemain, midi. Silvio, une barre protéinée à la main. Mais incapable de la manger. Depuis la veille, il n’avait rien avalé. Plus d’appétit. A vrai dire, le seul fait de porter la barre à ses lèvres lui donnait la nausée.
Salle de repos de la brigade, après un entraînement.. Les collègues parlaient fort. Des plaisanteries grasses. Silvio souriait, vaguement. La tête ailleurs. Il devrait manger… Mais il n’y arrivait pas.
Un collègue se tourna vers lui.
« - Eh, c’est vrai qu’il est amoureux de toi, le lapin ? »
Silvio pâlit. Amoureux. Il n’avait jamais pensé ce mot. Jamais associer à un homme.
« - Ben… Faut croire, ouais. »
Il n’avait pas envie de leur dire ce que lui en pensait… Principalement parce que lui-même ne savait pas. Le mot « amoureux » trottait encore dans sa tête. Il écouta les autres commenter, sans y prendre part.
« - Ca fait bizarre, n’empêche. On a pas l’habitude !
- Moi, Shane, y m’approche plus, c’est fini ! J’surveille mes arrières !
- Pfff ! T’es con ! C’est pas parce qu’on est gay qu’on saute sur tous les hommes !
- On sent l’expérience…
- Bah nan mais faut arrêter, quoi. C’pas parce qu’il aime les hommes que c’est plus le même…
- Silvio ? Vous allez sortir ensemble ?
- C’est bizarre… »
Il secoua la tête. Sortir avec Shane. L’expression sonnait mal. Elle ne lui plaisait pas.
« - Bien sûr que non, j’vais pas sortir avec Shane… »
Et cette phrase qui était devenue la devise de Silvio, ces derniers temps :
« - Je ne suis pas gay.
- Julius ? T’as pensé à ton rapport pour le patron ? »
Ledit Julius laissa échapper un juron. Le sujet de conversation changea, pour le plus grand soulagement de Silvio.
Il rangea la barre dans sa poche.

Amoureux.
Plus que du désir, de l’amour. D’un homme à un autre. Etait-ce possible ? Etait-ce envisageable ? Shane, ressentait-il de l’amour ? Cela semblait tellement improbable… L’amour était donné des hommes aux femmes. Vous imaginez, des mots doux entre hommes ? Vous imaginez, un je t’aime entre hommes ? Eh bien Silvio, il avait du mal à imaginer.
Amoureux. De lui. C’était la deuxième nuit que Silvio passait, troublé encore par ses souvenirs, et l’acte de Shane. Il n’arrivait pas à dormir.
Alors il prit une petite douche. On disait que l’eau chaude endormait. C’était faux, bien sûr, mais cela avait l’avantage de détendre. Sentir l’eau chaude parcourir son corps, ruisseler le long de son torse et de ses hanches le calmait plus ou moins. Il ferma les yeux…
C’était étrange. Savoir qu’on pouvait le désirer lui avait déjà fait un certain effet. Imaginer que l’on puisse l’aimer lui en faisant un autre. Ce vide qu’il ressentait depuis ce maudit baiser… Il savait ce qui pouvait le combler. Il avait la possibilité de le combler. C’était à portée de main. Il retrouverait alors ces lèvres contre les siennes, cette main sur lui… Et lui-même pourrait prendre quelque chose dans ses bras…
Il s’appuya à la paroi de la douche. Maudit Shane. Il avait fait exprès, pour le troubler, pour le forcer à l’aimer. Silvio ne vacillerait pas. Jamais il n’avait souffert de la solitude. Il n’allait pas commencer maintenant…
D’une main, il attrapa une serviette. La blanche. Celle qui était douce. Il la passa un peu sur ses cheveux, puis sur son corps. N’était-ce pas un peu ridicule ? Refuser quelque chose qui ne pourrait que vous faire du bien ? Idiot. Ca ne te ferait pas du bien. Qui voudrait d’un commandor gay ? Et lui, serait-il capable d’aller contre la nature sans se mordre les doigts entre chaque baiser ?
Personne ne saura, Silvio. Personne ne saura pour toi et Shane. Et tu pourras te mordre les doigts si ça te détend…
Silvio laissa échapper un soupir. Il laissa la serviette ici, et changea de pièce, pour se glisser entre ses draps. Sans pyjama. Pas envie d’en mettre un.
La barre protéinée était posée sur son ordinateur. Il n’y avait pas touché.
Il en avait assez de réfléchir et de n’arriver à rien. Où voulait-il arriver ? Qu’il se décide ! Il voulait se convaincre de quelque chose. Qu’il n’était pas gay ? il n’avait qu’à laisser Shane dans son coin, et n’y plus penser…
Silvio ferma les yeux, très fort, et serra un peu plus les draps contre lui quand la réalité s’imposa dans son esprit. Il n’arrivait pas à ne plus penser à lui. Il y avait une raison. Il voulait se persuader qu’au fond, il n’y avait aucun mal… Se persuader qu’il pouvait, au fond, et sans problème, aimer quelqu’un.
Mais il y avait un mal !
Shane était un homme, bon sang !

« Dans mon appartement.
Pour 19h.
Brouillez le son des camera.»


Envoyer.

Silvio avait envoyé ça par mail, tôt, à Shane. Il comptait sur lui pour le convaincre, désormais. Le convaincre qu’ils ne commettaient aucun crime, que Silvio ne risquait rien, que Shane non plus ne risquait rien.
Mais le résultat se fit sentir dans la journée. Stress. Il ne tenait pas en place. Il regardait l’heure sans arrêt. Un rien l’agaçait. Il en avait marre.
Il arriva trop tôt dans son appartement. Pour se détendre, quelques coups dans le punching-ball, installé dans un coin du « salon ». Le salon, c’était la première pièce dans laquelle on entrait. Une table, une télé, des chaises, un canapé, et un coin cuisine. Des portes sur la droite donnaient sur la chambre, la salle de bain.
Les quelques coups frappés à la porte lui arrachèrent un soupir soulagé. Enfin ! Enfin il allait avoir l’esprit tranquille ! Du moins, après cet entretient…
Il ouvrit. L’air grave. Il n’était pas plus soigné qu’à l’ordinaire. Seulement, il avait posé son manteau blanc fétiche et n’était plus qu’en chemise et pantalon.

« - Lewis, vous voilà… Entrez… »

Le vouvoiement. Pour bien lui signaler qu’il parlait sérieusement, qu’il n’était pas question aujourd’hui de préparer un mauvais coup pour Judikhael.

« - Asseyez-vous. »

Il lui présenta le canapé, du menton, alors qu’il se tirait une chaise. Il n’était pas face à lui. Mais au moins il pouvait appuyer son bras sur la table.

« - Vous devinez pourquoi je vous ai fait venir, n’est-ce pas ? »

Un pâle sourire. Un triste sourire. Jamais il n’aurait imaginé demander cela un jour, à quelqu’un. Jamais il ne s’était vu, lui, donner un rendez-vous pour des raisons sentimentales. Il lâcha, comme on lâche une valise trop lourde :

« - Convainquez-moi qu’être homosexuel n’est pas aussi… Malsain… Que ce qui se raconte. Convainquez-moi qu’il n’y a aucun mal. »
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Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Tourmente

Message par Shane M. Lewis le Dim 7 Nov - 17:27

    Rentrer chez lui. Oui rentrer chez lui. Il n’avait jamais autant désiré retourner dans son appartement et de s’y enfermer à double tour. Pour cette nuit, pour un jour, pour toujours. Il voulait simplement être seul au monde, ne plus rien penser, plus à rien d’autre qu’à lui. Lui, Silvio. Sec, il appuyait sur le bouton de l’ascenseur de l’Aedes et s’engouffrait dans la cabine métallique et froide. Il tremblait, il ne savait pas pourquoi. Il ne faisait pas vraiment froid pourtant. La fin de ce mois de septembre annonçait un début d’automne plutôt doux au contraire. Alors pourquoi ? Pourquoi ces tremblements, ces jambes qui faiblissent, ses yeux qui se ferment, sa main qui se crispe sur le tableau de bord de l’ascenseur et cette migraine affreuse ? L’ascenseur montait, un étage, puis deux, chemin atrocement long pour un claustrophobe, et plus long qu’à l’ordinaire ce soir. Comme il voulait rentrer chez lui… Les portes s’ouvrirent et Shane s’échappa, saisit la première poignée de fenêtre qu’il trouvait et passait sa tête à l’extérieur. L’air frais s’infiltrait dans ses poumons, repoussait les limites de sa cavité thoracique et l’inondait d’un soulagement sans mesure. Mais les forces extérieures tombant sur ses épaules, le comprimèrent à nouveau dans une tension douloureuse, celle de l’enfermement. Et pourtant, la fenêtre était ouverte, sa tête au dehors, penchée dans le vide et ses cheveux mi-longs s’orientaient vers le sol. Il étouffait cependant, il étouffait comme il n’avait jamais autant manqué d’air de sa vie. Il se sentait mal, il avait envie de pleurer mais son visage refusait d’offrir d’avantage qu’une grimace douloureuse. Mais qu’avait-il fait ?

    Il rentra sa tête et recula quelques pas jusqu’à ce qu’il sente le mur dans son dos, dos qui glissa le long de celui-ci, jusqu’à ce que l’informaticien se retrouve assis sur le sol. Il avait mal… Il avait si mal. Mais quelle folie… Quelle idiotie sans mesure… Il savait qu’il n’aurait pu du et pourtant, il se sentait incapable d’éprouver le moindre remord. Il fermait les yeux, l’obscurité totale lui rappelait quelques instants plus tôt, l’envahissant d’une félicité rare. Il y repensait, il ressentait à nouveau, tout. L’eau chaude des douches, le torse nu de Silvio sous sa main, et puis, ce baiser. Il respirait mieux, il se sentait bien. Mais aussitôt qu’il eut rouvert les yeux, la lumière revenait, et c’était la gifle de Silvio, sur sa joue qu’il ressentait à nouveau, c’était ces mots douloureux qu’il entendait de la bouche du second, et son regard, de colère et de déception. Shane ne supportait pas. Il ferma à nouveau les yeux. Il détestait la lumière, il ne voulait plus jamais la voir, non, jamais plus. Il se releva et marcha comme un aveugle, les mains droit devant lui, comme il l’avait fait pour marcher, sous l’eau jusqu’au Brigadier, son brigadier. La main de l’informaticien se posa sur le scanner et la porte s’ouvrait, il la poussa et entra chez lui. Il réalisa qu’il n’avait pas refermé la fenêtre dans le couloir, les habitants de l’étage allaient râler le lendemain matin… Qu’importe, il n’avait pas envie de ressortir. Il referma la porte derrière lui et s’y adossa. Il rouvrit les yeux, sa main se tandis machinalement vers l’interrupteur mais se rétracta. Non, pas la lumière… Jamais plus… Il marcha jusqu’à son lit et s’y allongea, sur le dos, incapable d’entrer dans les couvertures, sans prendre le soin de se changer. Il avait l’impression que ses gestes ne se résumaient plus qu’au strict nécessaire… Il oubliait le superflu, il n’en avait pas besoin, il tremblait mais n’avait pas froid, il était habillé mais se sentait nu, nu dans le sens seul. Ses yeux clairs regardaient le plafond, rien d’autre qu’une étendue sombre et sans forme. Il avait toujours les mêmes pensées, le même souvenir, si récent qu’il le sentait encore comme une réalité actuelle. Il pensait à lui, lui et personne d’autre, il envahissait son esprit, il le prenait d’assaut, et il était incapable de s’en défaire. Il en était incapable tout simplement parce qu’il ne le voulait pas. Il ne voulait pas l’oublier, il ne voulait pas l’effacer. Les seules choses qu’il voulait faire disparaitre, c’était tout ce qui s’était passé dans la lumière. Il avait l’impression que tout ce qui s’était passé dans la lumière l’assassinait, lui arrachait la peau sans pitié, le brûlait de l’intérieur. Il avait envie que cela cesse… Mais comment ?

    Le lendemain matin, il ne savait pas où exactement il avait trouvé la force de venir au travail. La lumière du jour s’était infiltrée par les fenêtres et invitée à son malheur. Il repensait à cette douleur, et pourquoi la ressentait-il au fond ? Il avait le sentiment que la réponse était pourtant claire, mais elle était dure à admettre et il la refusait. Il ne souffrait pas d’être gay, il avait l’impression qu’il l’avait toujours su en lui. Non, en fait, il souffrait de ne pas pouvoir être gay, ne pas pouvoir être avec lui. Au final, s’il était revenu au travail, c’était pour retrouver Silvio. Il voulait le croiser, pendant une pause, juste un instant, lui parler, et savoir. Il voulait savoir s’il avait vraiment mérité cette gifle, ce regard, ces mots. Mais il ne trouva pas Silvio. Il réparait un ordinateur. Ca faisait deux heures qu’il essayait en vain de le faire marcher. Ce ne fut qu’en le démontant qu’il découvrit qu’une pièce importante était dessoudée du circuit imprimé, ce qui entrainait une surchauffe de l’appareil et donc son extinction automatique et sécurité. Shane le savait, s’il avait été dans son état normal, il n’aurait mis qu’une petite demi-heure à trouver la cause de la panne. Il s’insultait mentalement tandis qu’il ressoudait la puce informatique.

    L’après midi, même lenteur générale. Lorsqu’il vit Mickael Lisbon passer dans le couloir, il ne réagit pas immédiatement. Il se leva d’un bon de son siège :

    « Lisbon ! Ton ordinateur est réparé ! »

    Lança-t-il à cet homme qu’il ne pouvait pas saquer. Shane retourna s’assoir et Lisbon apparut dans l’encadrement de la porte, faisant une moue désapprobatrice :

    « Je n’ose pas venir le chercher, je ne voudrais pas que tu me sautes aussi dessus… »

    Ah Lisbon… Toujours le premier au courant, et toujours le premier à mettre son grain de sel pour que les choses s’enveniment…

    « Parce que tu crois sincèrement que ton derrière m’intéresse, Lisbon ? Oo Tu viens le prendre ton ordinateur : oui ou non ? »

    Lisbon sembla réfléchir puis lâcha un :

    « Non, envoie moi le par colis, c’est moins risqué… »

    « Par colis… »

    Répéta Shane incrédule. Shane sentait la haine monter en lui, une haine qu’il ne put contenir bien longtemps. Il saisit l’ordinateur portable de Mickael qu’il venait de réparer et se leva. Avec un ample mouvement de bras, il envoyait claquer contre le mur l’ordinateur qu’il tenait par un coin. Non satisfait du résultat, il ne lâcha pas le morceau, et recommença à claquer l’ordinateur plusieurs fois contre le mur. Le plastique, les circuits imprimés, les composantes électroniques, tout vola en éclats sous les yeux incrédules de Mickael. Mine de rien, ça faisait du bien à Shane de s’acharner contre ce pauvre ordinateur qui n’avait rien demandé. Lorsqu’il ne resta dans sa main droite qu’un petit morceau de plastique noir dans la main, il s’arrête et jeta le morceau avec les autres morceaux qui jonchaient le sol. Certain, quand Traktueur apprendrait ça, Shane allait se faire tuer…. Mais pour le moment, l’informaticien n’y pensait pas, il ne lui restait que ce sentiment de victoire et de bonheur qui envahissait son cœur après avoir démoli, broyé l’objet informatique. Essoufflé par son acharnement, il répliqua à Lisbon :

    « Voilà ! Comme ça, la question ne se pose plus, tu n’as pas besoin de m’approcher, pour la simple et bonne raison que tu n’as plus d’ordinateur à récupérer ! »

    D’ordinaire, Shane résistait mieux aux remarques acerbes de Lisbon, mais franchement, aujourd’hui, ce n’était vraiment, mais vraiment, pas le jour. Un collègue à Shane bien attentionné arriva derrière l’informaticien en lui massant les épaules et en lui lançant des « calme-toi… ». Shane fulminait. Son collègue n’avait vraiment pas intérêt de lâcher ses épaules, car Lewis, comme un taureau, foncerait sur sa victime pour la réduire en bouillie.

    « Ah ! Tu as trouvé quelqu’un d’autre pour s’occuper de tes arrières Lewis ! »

    Fit Lisbon en parlant de celui qui retenait Shane, personne qui d’ailleurs n’apprécia pas la remarque et relâcha les épaules de Shane avec un « Grave erreur, mec ». Il lâchait la bête et Shane fonçait sur Lisbon. Certes, Lisbon était bien meilleur que l’informaticien en matière de combat, mais ce dernier avait l’âme un peu suicidaire et kamikaze ces derniers temps… Trois collègues de Shane vinrent le retenir alors que celui-ci se débattait en hurlant hystériquement : « J’VAIS ME L’FAIRE !!!! ». Ils entrainèrent Shane dans les toilettes et lui mirent la tête sous l’eau froide d’un robinet (à trois, ils n’avaient pas de mal !). Shane était calmé… D’où l’expression garder la tête froide… Mweh, ça devait venir de là… Ils relâchèrent le mien, assis sur le sol des toilettes…

    « Merci les gars… »

    Il ne savait pas ce qu’il aurait fait à Lisbon ou ce que Lisbon lui avait fait s’ils n’avaient pas coupé court à cette altercation…

    « Bah vu la tête de l’ordinateur, on s’est dit que ce ne serait pas une bonne chose si celle de Lisbon finissait pareille… Enfin, pas une bonne chose pour toi, Lison, rien à battre… Déjà que Darek t’a à l’œil… »

    Shane pâlit. Darek… Mon Dieu, Shane était un homme mort… Il bougonna puis finit par dire :

    « Pff encore trempé… »

    « Attends, on va te mettre sous le sèche mains ! »

    « QUOI ?! Oo »

    Shane n’eut pas le temps de riposter que les trois l’avaient déjà mis sous le sèche main pour le sécher. Shane avait commencé par se débattre au début, puis voyant sa défaite inéluctable, il se mit à rire de bon cœur sous le souffle du sèche main… Etre gay ne lui fermait pas des portes. Ses liens d’amitié n’avaient pas changé pour autant. Ceux qui l’aimaient, l’aiment toujours, ceux qui le détestaient, le détestaient toujours… Ca n’avait rien changé pour l’informaticien… Rien, sauf qu’ il avait perdu Silvio…La personne qu’il aurait le moins voulu perdre…

    ---

    Il n’avait pas croisé Silvio, et finissait par s’inquiéter… Lui serait-il arrivé quelque chose potentiellement grave… L’évitait-il soigneusement ? Il n’en savait rien, il n’y avait juste que ce vide peu à peu qui s’agrandissait. Il avait besoin de le voir. Il avait besoin de lui parler. Il avait besoin de savoir… Tellement…

    Quelle ne fut pas sa surprise ce matin là. Il avait une barre protéinée dans la main et croquait dedans, assis sur une chaise de son appartement. Son ordinateur était allumé devant lui… Et ce message de Silvio. Sa gorge se serra. Il voulait le voir. Il aurait bien volontiers sauté de joie jusqu’au plafond en criant : « victoooooooire », si seulement il n’y avait pas eu l’usage du vouvoiement qui l’ait brusquement refroidi… Les yeux clairs de l’informaticien restèrent à bugger sur l’écran de son ordinateur, cherchant à lire entre les lignes, mais il ne trouva rien de plus que des pistes contradictoires et parfois étranges… 19h… La journée allait être longue.

    Il avait eu tord. La journée n’avait pas été longue, elle avait été très longue. Terriblement longue. Il avait l’impression qu’elle n’en finirait jamais. Il n’avait pas encore été convoqué par Darek pour l’histoire avec Silvio sous la douche, ni pour celle de l’ordinateur portable de Mickael, il ne savait pas trop si pas de nouvelles voulait dire bonnes nouvelles. Il avait plutôt l’impression que Tristan devait ruminer sa vengeance. C’était troublant. L’idée même de voir Silvio ce soir lui avait permis de récupérer sa rapidité d’activité dans son travail. Cependant, il lui arrivait de faire quelques erreurs qu’il ne faisait pas d’ordinaire. Il mit ça sur le compte du ‘j’ai la tête en l’air’, car il ne trouvait pas d’explication autre. Il ne pouvait pas avoir régressé tout de même ! Non, juste qu’il avait la tête ailleurs, déjà dans l’appartement de Silvio par exemple. Mais qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir lui dire ? Son cœur se serrait, pris par la peur de ne pas avoir les mots au moment voulu… Et puis, si Silvio le convoquait uniquement pour mettre les points sur les i, lui dire qu’il ne voulait plus jamais entendre parler de lui, ne plus le revoir, ne plus jamais avoir à faire à lui… Un poids sur son cœur et il essaya de respirer profondément. Il fut incapable de manger à midi, il essaya de s’occuper l’esprit avec son travail, mais c’était une tâche bien difficile. A chaque fois, ça revenait vers lui, lui, lui et encore lui.

    18h, fin de son travail pour aujourd’hui, mais il ne bougea pas les fesses de son siège comme pétrifié. Il avait éteint son ordinateur, mais son regard restait fixé sur cet écran noir et vide de sens. Pourquoi Silvio avait-il fait usage du vouvoiement ? C’était que sur quoi l’informaticien se posait le plus de question. Il tournait et retournait cette phrase dans sa tête, avait même essayé d’inverser les mots pour voir s’il n’y avait pas une phrase cachée, cryptée. Lui qui passait son temps à ça, il lui arrivait souvent de lire entre les lignes un message codé. Mais ce n’était pas le cas cette fois. Et puis… Il y avait aussi ce brouilleur de son. Shane tourna sa tête vers une armoire derrière lui, puis se leva pour aller vers elle. Pourquoi voulait-il brouiller le son des caméras… ? Il se souvenait avoir parlé de sa petite invention le jour où il avait déclamé son sonnet à Silvio. Y avait-il mis son cœur à ce moment là ? Oui et non. Il avait déjà décidé qu’il embrasserait Silvio pour savoir s’il était gay ou pas, mais il n’avait pas encore décidé que Silvio serait la personne qui compterait le plus pour lui… C’était la seule chose qu’il avait trouvé pour décrire Silvio. La personne qui comptait le plus pour lui. Il ne savait pas s’il pouvait dire qu’il était gay, car il ne sautait pas sur tous les hommes, juste… Juste Silvio en fait. Plus le temps passait, et plus il se rendait compte qu’inconsciemment il ne l’avait pas choisi au hasard. Il ne savait pas non plus s’il pouvait dire qu’il aimait Silvio. Il avait trouvé le mot aimer fort, mais plus le temps passait, et plus ce mot apparaissait comme une évidence. Est-ce qu’il aimait un homme ? Est-ce qu’il aimait Silvio ? Petit à petit, il mettait dans sa tête, plus facilement un oui à ses questions. Les choses s’éclairaient et devenaient plus simples. Enfin, aussi simple qu’il était possible. Le fait est qu’en devenant plus simple, la chose lui faisait aussi plus mal.

    Il revint de son armoire avec une clé USB, celle où était hébergée son invention. Il avait aussi prit une carte microSD et un petit boitier gris de 10 par 3 cm et d’une épaisseur d’un demi-centimètre. Il brancha l’USB et la carte microSD à son ordinateur et fit une copie de la bande son qui brouillait les caméras de Nosco grâce à un ultra-son sur l’anti-fréquence des caméras. Un prototype fort simple, il ne s’en servait pas souvent, et pas longtemps, question que ça ne devienne pas suspect, mais c’était très utile. Il retira le tout et éteignit à nouveau son ordinateur, le rangea dans sa sacoche dont il passa la lanière à son épaule. Shane et son ordinateur : des inséparables. A croire qu’ils étaient frère et sœur…

    L’informaticien regarda son téléphone : 18h17. Il rentrait à l’Aedes. Passer chez lui ? Ne pas passer chez lui ? Non, il ne devait pas rentrer chez lui, sinon il n’aurait pas le courage d’aller affronter Silvio. Il remonta à la surface de Nosco. Hors de question qu’il prenne les RAR, il allait arriver trop vite chez Silvio… La nuit commençait doucement à tomber, le « soleil » était toujours présent et lançait ses éclats roses et orangés dans le ciel bleu et vide de nuages. Il serra les dents. Nosco était presque vide. La grande place, si vaste, semblait déserte et laissait dans son cœur cette sensation de vide, cette sensation de manque. Ses bottes sur le pavé résonnait et rythmait les battements de son cœur. Il avançait, lentement, troublé, et ses pensées étaient déjà toutes chez Silvio. Il y allait, il avançait, il ne reculerait pas. Il marchait droit devant, comme un soldat allant au combat. Il sentait l’adrénaline, il sentait la peur, la boule dans le ventre. Mais il n’était pas seul, il n’avançait pas en solitaire. Il avait avec lui les armes les plus fortes dont il puisse se munir. Il avait des gestes, il avait des regards, il avait des mots, et il avait aussi et surtout, de l’amour pour lui. De l’amour, oui c’était ça. Pour la première fois il répondait un oui des plus fermes à cette question qui lui avait retourné la tête. Oui, il aimait Silvio. Oui, il le désirait. Oui, il se battrait. Et il se battrait avec ses armes !

    Mais le soldat était sans armure : pas de bouclier, pas de casque, pas de gilet pare-balle. Chaque coup qu’il prendrait, il les sentirait heurter sa peau de plein fouet, il les sentirait pénétrer sa chair, il les sentirait faire couler son sang. Et puisse Joshi avoir pitié de son âme s’il venait à tomber au combat. Shane marchait la tête haute, fier et droit, décidé et inflexible. Il marchait. Il se rendait compte même qu’il courrait à présent. 18h28. A ce rythme là, dans moins de dix-minutes, il serait chez Silvio… Non, il avait dit 19h. Il entra dans l’Aedes le cœur battant d’avoir couru. Ascenseur ? Non, il allait péter un plomb et en plus, il allait arriver trop tôt. Escalier ! Ah… Escalier. Deux marches c’est bien, 20 c’est autre chose… Et il y en avait 95 (il les avait comptées !) pour aller jusqu’à Silvio. Arrivé en haut, Shane s’écroula sur le sol. Qu’est ce qu’il ne faisait pas pour lui… Promis la prochaine fois : il prendrait l’ascenseur ! Il passa quelques minutes là, sur le sol, les muscles usés. Au bout d’un instant il sortit son téléphone portable : 18h43. Nikel, il pouvait se poser encore un petit quart d’heure. Sur le sol, il ferma les yeux. Il y avait encore ce souvenir, comme graver dans la mémoire, sans lumière, sous la douche et Silvio… Il avait tellement envie de le revoir, lui parler. Il se releva tant bien que mal, le cœur battant. Il sentait le sang battre à ses tempes. Il arriva devant la porte de Silvio. Trop tôt. Il s’adossa contre le mur en face de la porte et se laissa glisser contre la paroi jusqu’à être assis. Il fixait cette porte somme toutes banales. Il se recadrait les idées.

    Et puis il vit tout repasser, le bon et le mauvais. Quand avait-il rencontré Silvio ? Il y avait fort longtemps déjà. Il l’avait jugé comme un égocentrique. Et puis, il avait combattu avec et contre lui, dans la salle d’entrainement. De l’égocentrique, Silvio était devenu le fauve sanguinaire pendant le combat, puis le second respectable à la fin du combat. Et par la suite, un camarade de mauvais coup, un ami. Il y avait eu cette photo du lapin sur le net qui avait fait de Shane le bureau de dépôt de barquettes de carottes. Il y avait eu l’ordinateur de Silvio, le diner aux chandelles avec Allan, les hibiscus, la photo de Judikhael dans une posture dérangeante devant l’impératrice, la vidéo de Judikhael à poil (le pauvre commandor, on s’acharnait sur lui). Et puis enfin… Ce baiser sous la douche, dans l’obscurité. Les yeux fixés sur la porte, il se sentait divaguer. Il baissa son regard. Il y pensait tout le temps, ça le travaillait affreusement. Il savait que ça lui avait fait de l’effet… Mais Silvio, est-ce qu’il avait ressenti quelque chose ?

    18h58, tant pis, il entrait. Il se releva, un peu perdu et leva la main pour toquer à la porte. Il pouvait encore faire demi-tour, poser un « lapin » (xD) à Silvio. Mais… Non. Plus que tout, il voulait le revoir, lui parler. Il toqua donc. Et on vint lui ouvrir, il entra, silencieux. Comme si soudain il ne savait plus parler il ne savait plus bouger. Son cerveau était branché sur Silvio : il lui obéissait sagement. Il entra donc et s’assit sur le canapé. Il était au bord, une main de chaque côté de ses cuises, appuyé sur le canapé tout le poids de son corps. Son visage était orienté vers le bas. Il sortit le brouilleur de son de sa poche et le posa sur le bord du canapé après avoir appuyé sur ‘play’ pour lancer la fréquence sonore. Pour les oreilles fines et jeunes, on entendait un léger ultra-son. Juste qu’il ne fallait pas rester trop longtemps avec ce son, sous peine d’avoir la migraine. S’il savait pourquoi Silvio l’avait fait venir, oui, bien sûr qu’il en avait une vague idée. Il n’en avait pas spécialement une idée précise, il avait retourné le sujet bien longtemps. Shane avait le bas du visage dans le col haut de sa tunique, et ses cheveux lui masquait le regard, d’autant plus qu’il regardait le sol. Heureusement d’ailleurs, car il commençait à avoir le nez et les yeux rouges. Il avait envie de pleurer, et il savait pourquoi. Il avait envie de se jeter sur Silvio et l’embrasser encore, mais il se devait de réprimer cette envie. S’il avait une chance de récupérer son ami, il ne voulait pas la laisser filler… Mais la question suivante de Silvio le laissa perplexe. Comment voulait-il qu’il lui sorte un argumentaire d’aspects sains de l’homosexualité. Ca ressemblait à un sujet de philosophie : et hop vous avez 4 heures… Sur le coup, l’informaticien ne voyait pas vraiment où Silvio voulait en venir. La chose qui était bien dans la position de Shane, c’est que lorsqu’il parlait, c’était invisible pour les caméras. Le son de sa voix était brouillé par le petit objet qu’il avait à côté de lui, et sur les images, on ne pouvait pas non plus lire sur ses lèvres car celles-ci étaient masquées par son col relevé.

    « Que ce qui se raconte… ? Mais qui raconte quoi ? Si ce n’est toi-même qui parle de ce dont tu ignores ? »

    Ah oui, inutile de préciser que le vouvoiement ne plaisait absolument pas à Shane et qu’il comptait bien l’abolir, de gré ou de force. Il l’imposait de son côté, en espérant que cela devienne contagieux. Shane n’appréciait pas non plus l’usage du « on raconte », et tous ces dérivés des « on dit ». Un « on dit » n’était pas une vérité par nature, c’était une rumeur, c’était un préjugé auquel on pouvait décider d’agréer ou non. Par cela on dit aussi que les banquiers sont des radins, les assureurs sont des voleurs, les musulmans et les arabes sont des voyous, que les portugaises ont des poils ou encore que les brésiliennes sont des chaudasses. Mais on ne pouvait pas faire un monde avec des ‘on dit’, il serait bien trop fragile. Aussi, pour Shane, l’usage du ‘on dit’ est fait pour exprimer un doute en faisant croire qu’il n’est pas de soi.

    « Qu’est ce qui te pose problème Silvio ? Tu me donnes une question à laquelle il me faudrait quatre heures en dissertation pour y répondre en l’espèce. Ne prends pas la question en général, pose la simplement à toi-même, car moi, j’ignore comment tu l’as vécu… Pour ma part… J’ai eu l’impression de descendre en enfer. Et ce n’est pas en raison du regard des autres que j’étais mal, mais parce que tu n’étais pas là… Tout aurait été beaucoup plus facile si tu avais été avec moi. »

    Oui, Shane avait des amis qui étaient restés ses amis, et des ennemis qui étaient resté ses ennemis. Rien n’avait bougé dans ce petit monde. Mais ce qui avait été dur pour Shane, c’était de ne pas pouvoir compter sur la présence de Silvio pour combler le manque. Le manque de lui.

    « Crois-moi, je n’ai pas souffert à être gay… Mais j’ai souffert de ne pas pouvoir l’être. »

    Ne pas pouvoir être avec Silvio, être gay vraiment parce qu’il est avec un homme, c’est ça qui lui avait manqué, ça qui lui avait fait défaut, ça qui lui avait fait mal. Pas qu’on lui dise qu’il était gay, ça ne l’avait pas touché.

    « C’est bien plus malsain qu’un homme tue un homme plutôt qu’un homme aime un homme, Silvio… »

    A Nosco, il était permis de tuer : tuer des créatures, tuer des rebelles. On avait le droit, personne ne trouvait ça malsain. Non pas que Shane ait de la pitié pour les rebelles, mi sil fallait voir les choses en face : la guerre faisait des morts, certes, mais ce n’est pas la guerre qui tue, ce sont les hommes qui la compose ! Et en dehors même de cette querelle, il était aussi sujet à la peine capitale de mort tous ceux qui avaient l’audace de pirater Oméga ! C’était légalisé ! On avait le droit de tuer d’autres hommes. Et pourtant c’était bien plus malsain et infecte que l’amour !

    « Silvio… J’ai besoin de savoir que tu as ressenti… Car par ta question, tu me fais l’effet de parler à un homme dont l’âme est aussi sèche qu’une feuille de papier… »

    Shane serra les dents, les poings également. C’était la question qui le tourmentait le plus. Il ferma les yeux, respira profondément et ajouta presque avec espoir :

    « Sauf si tu me dis que tu veux que j’argumente pour le convaincre, car et uniquement car tu y a sérieusement réfléchi… »

    Au quel cas, ça changeait tout… En d’autres mots, Shane lui demandait si l’épisode de la douche l’avait travaillé autant que lui…
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Message par Silvio Anthelmios le Lun 8 Nov - 20:49

Silvio s'aperçut alors qu'il aurait dû lui préparer un thé, ou un café. Déjà, ça l'aurait fait patienter.... Ensuite, il aurait pu se cacher derrière sa tasse.
Avouons-le, entre nous, c'était la seule envie de Silvio en ce moment: se cacher derrière quelque chose. Il avait honte, et pas qu'un peu. Shane n'avait répondu à sa question que vaguement, par des "arguments" que Silvio n'aurait jamais envisagés et qui étaient pour le moins importants.
Premier élément: Shane. C'était pourtant la moindre des choses, c'était pourtant la cause des tourments de Silvio. ce dernier avait pensé "homosexualité", il avait pensé "gay", il avait pensé "moi" et "les autres", mais c'était comme si son esprit avait soigneusement évité le mot "Shane". Même quand les collègues l'avaient interrogé, pendant la pause, il n'avait pas pensé Shane mais "homme". Honte à lui...
Shane avait pensé à lui. Il le lui avait dit, pourtant ! "Pas les autres hommes, mais toi". Silvio aurait dû y penser. "Pas les autres hommes, mais Shane". Sauf qu'il ne l'avait pas fait. Et forcement, entre la vision qui s'était imposé d'office dans son imaginaire et celle de Shane, il y avait une différence. Shane était plus fin, avec une peau plus belle, des traits plus doux, un peu plus de cervelle et un peu moins de poils.
Silvio ne le regardait pas, il se basait sur ses souvenirs. Là, il regardait ses mains, à lui, se gratouillait nerveusement un doigt, tordait tel ou tel doigt... Pour ne pas le regarder. Il avait honte, si honte...
Il l'avait fait souffrir. Ca, c'était fait. Et ça aurait pu être complètement égal à Silvio si son premier but en évitant l'amour n'avait pas été d'éviter les souffrances des deux côtés. Est-ce que Shane souffrirait moins s'il l'aimait ? La réponse, en temps normal, aurait été non. Mais la réponse, quand la voix de Shane résonnait encore dans la pauvre tête de mon Silvio, était un oui.
Cela faisait un moment qu'il restait comme ça, tête basse, silencieux. Que vouliez-vous qu'il réponde ? Qu'il était prêt à l'aim..? Non, impossible. Silvio se mordit les lèvres rien qu'en y pensant. C'était le cas, certes, mais tellement inadmissible... Il voyait la scène de l'extérieur: ce n'était pas une scène...pas une scène... Normale !
Normal, normal... Il pensa à autre chose: et si au fond, il s'en fichait du normal ? Et si la scène n'était pas faite pour être vue ? S'ils étaient seuls ? Il aurait encore son baiser, et personne ne verrait rien... Il aurait à nouveau pour lui les lèvres de Shane...
Un battement de coeur plus fort que les autres, à cette idée. Silvio ne pouvait plus l'ignorer. Il ne pouvait plus ignorer tout ce qu'il ressentait, tout ce vers quoi il tendait..

Mais à quoi s'engageait-il, s'il acceptait...? (la chose acceptée n'avait pas encore de nom). La première idée qui lui vint étaient ces choses dont on lui avait parlé: toutes ces choses pas très propres, pas très hygiéniques entre hommes, pas très appétissantes. Aussitôt une solution s'imposa à lui: les éviter. Le baiser lui semblait déjà largement suffisant, largement suffisant pour combler tout ce dont il avait besoin en matière de... De sentiments ? des sentiments, tiens. Ca faisait longtemps qu'il ne s'était pas laissé allé aux sentiments. Si ça se trouve, il ne savait plus faire. Si ça se trouve, il n'était même pas à la hauteur de Shane...
Décide-toi, Silvio, tu ne peux pas rester éternellement muet face à lui ! Il attend ! Il releva le nez vers lui. Alors ? Que faire ? Suis ton instinct. Au fond, que risques-tu ? au fond, qu'y gagnes-tu ?... Tu vois que tu as à y gagner. Vas-y, vas-y !
Lentement, les doigts de Silvio glissèrent vers le poignet de Shane. Une légère caresse traina sur le dos de la main de l'informaticien. Belles mains... Pas abîmée par les épées, les combats. Belle main... Silvio la prit dans la sienne. Il osa enfin le regarder dans les yeux.

"- J'y ai réfléchi. Disons que... Vous... Tu m'as... "

Le rouge lui montait aux joues. Comme une écolière. Il avait l'air fin, le second !

"-...Si vous êtes prêt à me pardonner..."

Un faible sourire éclaira son visage. Un sourire triste. Parce qu'il regrettait d'avoir à lui demander pardon... Et parce qu'il regrettait déjà de s'engager là-dedans. Il savait très bien ce qu'il allait se passer: il y aura Shane, et il y en aurait un ou une autre selon la leçon que tirerait Silvio de son expérience. C'en était fini de la belle époque où il se passait très bien des sentiments... Ce soir, c'était enterrement. Et non, il ne comptait pas dormir avec Shane...
Mais il allait devoir expliquer à ce dernier qu'il lui fallait un peu de temps, au moins pour s'habituer. ah, et lui expliquer aussi qu'il préférait que personne, vraiment personne, ne soit au courant de tout cela.
En tout cas, il n'était pas fier de lui, et de sa faiblesse. Sa faiblesse avait un nom. Elle s'appelait Shane. C'était à cause de lui qu'il renonçait à ce à quoi il était attaché depuis si longtemps... C'était également parce que Shane était une faiblesse qu'il voulait que personne ne soit au courant. Pour le protéger. Pour se protéger.
Sa main serra un peu plus fort la sienne et, comme honteux, il regarda ailleurs...
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Re: Tourmente

Message par Shane M. Lewis le Mar 9 Nov - 15:50

    Il fallait croire que le sol était plus important que tout le reste puisque Shane ne parvenait pas à en détacher son regard. Silencieux, à présent, il ne savait quoi trop ajouter pour se défendre, lui et son idée, lui et ses sentiments. Et puis, Silvio ne répondait pas, c’était certainement ce qui lui frustrait le plus. Ce silence commençait à peser lourd. Mais à quoi Silvio pouvait-il bien penser. Shane finit par fermer les yeux, trouvant le sol sans intérêt au bout du compte, ce n’était rien d’autre qu’un sol, froid. Et Shane essayait d’éviter ce qui était froid, question de ne pas déprimer. En fermant les yeux, il retrouva l’obscurité, son obscurité, l’obscurité parfaite qui faisait revenir à lui de si bons souvenirs. L’envie ne lui manquait pas de vouloir sauter sur lui pour l’embrasse, mais il s’était promis avant de venir qu’il ne ferait rien d’irréfléchi. Il voulait récupérer Silvio, au moins en ami, il ne supporterait pas qu’il ne lui adresse plus la parole ou un regard. Il ne parvenait pas à l’envisager. Il adorait leurs idioties, leurs petits coups, alors il ne voulait pas perdre ça.

    Les yeux clos, il repensait encore à la douche, cette vision avait le don de le calmer et de l’apaiser, ça l’empêchait de faire tout et n’importe quoi. Et puis, il sentit quelque chose sur son poignet. Depuis quelques jours, il ne portait plus de gants. Un souvenir récent lui avait donné une explication logique à cette peur stupide et irraisonnée. Tout du moins, c’était l’explication que Shane acceptait de lui donner pour ne plus craindre ses mains. Il était cependant possible que cette haine pour ses membres soit due à autre chose, un autre fait, mais pour le moment, Shane préférait s’en tenir à cette hypothèse. Il sentit donc quelque chose sur son poignet, il ouvrit brusquement ses yeux et les vira directement sur sa main, posée sur le canapé. Son cœur fit un bon. Ce qui le touchait… C’était une autre main, celle de Silvio. Il frissonnait de tout son corps, parcouru d’une sensation toute particulière. Il y eut une caresse sur le dos de sa main, et il fixait ces doigts, comme hypnotisé, incapable du moindre mouvement, ni de la moindre parole. Silvio avait pris sa main, Shane se décida à relever le regard vers lui et tomba droit dans ses yeux. C’était troublant. Il adorait sa main dans la sienne, c’était si bien, il planait. Si, si, Shane planait complètement. Il plongeait ses yeux dans les siens, envoûté.

    Il y avait réfléchi. Un nouveau bond dans sa poitrine. Ca voulait dire que Silvio y avait pensé, à cette scène, dans la douche, ça l’avait travaillé. Shane restait incrédule. Il avait tant espéré que ça ait touché Silvio, que ça l’ait affecté, mais jamais il n’aurait songé que ce soit la vérité. Cette fois, oui, il planait complètement. Il était sur son petit nuage. Pourvu qu’on ne l’en fasse pas tomber…

    « Ce n’était qu’une douleur bonne… »

    Deux minutes : la théorie de Shane de la douleur bonne. Eprouver de la passion, c’était souffrir. Aimer Silvio c’était souffrir. Etre passionné de, c’était être capable de souffrir quand on manque de cette chose. Lorsqu’on est passionné d’un objet ou d’une activité, on n’attendait pas une autre passion en retour. Si on aimait jouer du piano, on éprouvait du plaisir en jouant, et un manque dans certain cas d’absence. Mais en aucun cas, on attend que le piano nous aime en retour. Ce n’était que dans un seul sens. La différence de posait lorsqu’on éprouvait une passion pour une personne. Et la douleur était bonne lorsque la passion entre deux personnes était partagée. Elle était bonne parce qu’il n’y avait pas de souffrance véritable. Elle aurait été mauvaise si Silvio lui aurait fermé la porte au nez, car il aurait souffert d’un manque sans pouvoir le combler. C’était un peu ce qu’il avait vécu ce derniers temps, jusqu’à ce soir. Alors, oui qu’il le pardonnait. Bien sûr. Il ne se sentait même pas de besoin de le dire.

    Shane le regardait, Silvio avait détourné son regard. L’informaticien lui avait rendu son sourire mais, il sentait bien que ça n’allait pas pour l’autre. Silvio lui avait fait un sourire, certes, mais un sourire triste. Shane ne regardait pas souvent les gens en face, et lorsqu’il le faisait, il parvenait à voir au-delà des masques. Il le voyait, là, cet air triste malgré tout. Et Silvio ne faisait rien pour le cacher. Shane se sentit perplexe. Il serra les dents, il cherchait à comprendre, mais rien ne lui venait vraiment :

    « Pourquoi cette tristesse Silvio ? Qu’est ce qui ne va pas ? »


    La main de Silvio serrait d’avantage encore la sienne, Shane caressait de son pouce la peau qui lui était à portée, doucement. Les yeux de l’informaticien trahissaient cependant une inquiétude. Il essaya de se pencher sur le côté, mais le regard de Silvio était trop dérivé pour que Shane puisse entrer dans son camp de vision. Shane referma sa main sur celle de Silvio, cherchant à capter son attention. Son cœur battait tellement. Un accord semblait déjà s’être passé entre eux, un contrat invisible. Il n’était ni écrit, ni dit oralement, il existait dans leur tête, dans leur esprit. Il aimait Silvio, il était incapable de le lui dire en l’espèce, mais cette phrase était sous-entendue dans son regard, dans ses gestes, et dans chacune de ses paroles. Il avait envie de se pencher vers lui, de presser ses lèvres contre les sienne mais… Mais ce regard triste… Il avait comme l’impression qu’il devait éclaircir ce point avant de faire quoi que ce soit. Etre raisonnable. Il s’était promis d’être raisonnable. Pas d’idiotie, pas d’acte fou. Il restait à le regarder et à attendre, une réponse, un geste. Il attendait, anxieux, la vérité. Ils se devaient la vérité, il n’appréciait pas de voir de demi-sourire et de ne pas savoir ce qui n’allait pas.

    Il tira alors la main de Silvio contre lui et l’amena contre son propre torse. Son cœur battait si fort que Silvio devait le sentir, c’était certain. Il lui disait qu’il l’aimait, sans pouvoir trouver ces mots pourtant si simples. Il rabaissa sa main et la remis contre le canapé. Il ne lâchait pas cette de Silvio, jamais.

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Re: Tourmente

Message par Silvio Anthelmios le Mer 10 Nov - 0:46

Tristesse ? Mon dieu. Silvio habituellement ne montrait que rarement ce sentiment, quand il l'éprouvait. Ça y est, il commençait déjà à changer. Peut-être que d'ici quelques jours, quelques semaines, il ne serait plus du tout le même. Peut-être qu'il porterait des pantalons moulants, et des chaussures à talons, et peut-être qu'il marcherait en bougeant les fesses, et peut-être que son appartement serait repeins en rose avec des licornes robot...
Mentalement, Silvio s'insurgea: non ! Jamais il ne deviendrait comme ça ! La preuve: Shane n'avait pas changé, lui...
Claque mentale. Il en était arrivé, tout seul, et avec une facilité déconcertante, à se faire penser qu'il ne changerait pas. S'il le voulait, ça se ferait. Silvio était comme cela. Il fonctionnait en se disant "si je le veux, je le peux". Et il faisait tout pour arriver à son but. Ici, il était plutôt facile à atteindre étant donné qu'il n'y avait rien de spécial à faire.
Pourquoi cette tristesse, mon beau ? Parce que c'est une fin, la fin de quelque chose... Le début d'une autre. Allez, va, ne tire pas cette tête. Tu pleureras ton triste sort d'amoureux ce soir. Minute ! d'amoureux ? Il avait déjà semblé étrange à Silvio d'associer Shane à ce mot. Mais alors lui, l'associer... Woah... Le moins qu'on puisse dire, c'est que cela faisait... Bizarre. Il avait tellement peu l'habitude d'être associé à ce genre de mots... Mais était-il vraiment amoureux ? En était-il sûr ? Est-ce que..?

Il en avait assez de se poser des questions, plus qu'assez ! Elles ne le menaient nulle part. Ah, si: à d'autres questions. Il n'allait pas passer des heures à redéfinir l'amour pour savoir ce qu'il en pensait, puis re-définir sa propre personnalité, puis l'origine du monde, puis...! Avec tant de pensées inutiles, il aurait pu faire L.Enfin il se décida à se poser des questions plus simples.
Sa main dans la mienne, ça me fait quelque chose ? La réponse était oui. Et il sentait le quelque chose battre un peu plus fort, par ce simple contact. Et le baiser sous la douche, ça lui avait fait quelque chose ? Oui. Il se souvenait de ce qu'il avait senti, avant de le repousser. Il avait bien envie de recommencer...
Il avait une autre envie, aussi, qu'il avait déjà ressentie juste après ce premier baiser: celle de ne pas perdre Shane. Il tenait à lui, plus qu'à n'importe qui d'autre à Nosco...
Bon, camarade, on n'a qu'à dire que ça fait assez de conditions. Tu ne sais pas encore exprimer tes sentiments, mais ça viendra. En attendant, ne fais pas cette tête. Regarde, Shane s'inquiète. Il n'est pas censé s'inquiéter pour toi. Personne n'est censé le faire. S'il y en a un qui a le droit de s'inquiéter, ici, c'est toi.
Prouve-le.

Il s'apprêtait à lui dire, mais... Shane posa sa main sur son coeur. Le rose monta aux joues de Silvio. Sous ses doigts, il sentait un coeur. Et il avait oublié qu'un coeur battait si fort. Non.. Un coeur ne battait pas si fort, normalement. Le coeur de Shane... Celui de Silvio battait déjà au moins aussi fort, mais sentir ce coeur-là n'allait pas arranger son cas. Sa main serra un peu plus fort la sienne.

"- Il n'y a pas de tristesse..."

Il sourit, à nouveau. Sa main était toujours sur la sienne... Il devait admettre que vraiment il adorait ce contact.

"- C'est juste... Je préfèrerais que cela reste entre nous, enfin... Secret."


Il ne lâcha pas sa main. Mais il se leva et vint s'asseoir à côté de lui, une jambe repliée sous ses fesses afin d'être tourné vers son cher ami. Il aurait voulu le rassurer, mais il ne voyait pas comment faire. Comme lui ? Si ça lui avait fait tant d'effet, peut-être que cela en ferait autant à Shane. Silvio saisit un peu mieux sa main et la porta sur son coeur, celui qui était encore complètement fou, celui qui avait l'impression que c'était un rêve. Tout était permis...
Inconsciemment, le regard de Silvio se posa sur les lèvres de Shane. Il n'oserait pas les lui prendre. Il n'était pas sûr de savoir comment faire, il... Pas sûr de lui ? Ah, on essayait encore de le changer ! Silvio s'était juré de ne pas changer ! Alors allons-y, et sûr de nous !
Sur le dos de la main de Shane, il posa un baiser. Cela pouvait paraitre timide. Pour Silvio, c'était déjà énorme: un des rares baisers qu'il donnait, et le premier donné avec le coeur qui battait si fort...
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Re: Tourmente

Message par Shane M. Lewis le Mer 10 Nov - 19:55

    Il posait la main de Silvio sur son cœur, et c’était une véritable délivrance de pouvoir lui dire qu’il tenait à lui plus que tout, qu’il l’aimait tout simplement, ça le soulageait grandement. Il le vit rosir, il trouvait ça mignon. C’était touchant. Il savait que Silvio comprenait ce qu’il voulait dire par se geste, et il savait que ça ne le laissait pas indifférent. Ca le rassurait, un certain point. De tout le temps qu’il avait vécu ici, Shane n’avait jamais vu Silvio dans les bras de quiconque. Il lui semblait que le second n’avait jamais eu de relation avant, pas à la connaissance de l’informaticien, à moins qu’il ne fasse preuve que d’une discrétion exemplaire. C’était peut-être le cas. Le fait est que pour Shane, c’était la première fois qu’il voyait Silvio avec quelqu’un et il était des plus heureux que ce soit lui. Silvio vint s’asseoir à côté de lui. Il trouvait cette proximité plus plaisante, plus vivante. Il avait envie de se pencher vers lui, poser sa tête contre sa tête et joindre ses lèvres aux siennes. Mais il y avait une question qui subsistait, celle de savoir pourquoi l’autre brigadier était triste.

    Et puis, Silvio en avait fait de même, il avait porté la main de Shane jusque contre son cœur. Il sentait chaque battement comme un aveu sincère, chaque pulsation lui hurlait la même phrase, celle que Silvio ne semblait pas non plus capable de dire. Shane se laissait attaquer par ses battements, ses mots informulés, pour une fois, il acceptait bien volontiers un assaut terrible, et qui le remplissait d’une félicité. Il se laissait prendre, ce battement pouvait frapper d’autant qu’il voulait sa main, le coup était sans douleur, il était même d’un si doux réconfort. Il n’y avait pas de tristesse, lui répondait Silvio. Shane fronça doucement les sourcils. Il n’y avait donc rien, ou tout du moins s’il y avait eu quelque chose, le second semblait vouloir l’oublier pour ne laisser place qu’à eux, eux deux, eux avec leur petit bonheur.

    Et puis, Silvio lui parla alors de ce qu’il voulait. Un secret. Il voulait que leur relation demeure un secret. Shane se posa alors la question à lui-même : voulait-il aussi que ce soit un secret ? L’informaticien n’avait pas de mal à vivre en étant considéré comme un homosexuel, ou en étant en couple avec tel ou telle. En fait, ça ne le touchait pas. Il aimait cette personne et jamais il n’avait à regretter ni à avoir honte de sa relation. Et puis avoir à se cacher, surtout à Nosco, était vraiment une mission pénible. Car il était facile de se cacher des autres, mais être hors des caméras réduisait considérablement leur espace d’intimité. C’était peut-être la raison pour laquelle il n’avait jamais souhaité se cacher car tout finissait un jour par se savoir. Après s’être posé cette question à lui-même, Shane parvenait à un bilan : Silvio voulait que ce soit un secret, et ça ne dérangeait pas Shane que ce soit un secret, c’était même plus simple.

    Il se posa alors une autre question : est-ce qu’il acceptait de vivre sa relation dans le secret, en allant au contraire de ses habitudes et en suivant l’envie de celui qu’il aimait ? La réponse lui vint d’ailleurs assez vite. Il acceptait évidement. La question qui vint comme une ombre à sa première était : en serait-il capable ? Pourrait-il accepter de voir Silvio en public et de faire comme s’il n’était qu’un ami ? Pourrait-il rester loin de lui, sans contact aucun ? Pourrait-il attendre qu’ils soient à l’abri d’hommes et de caméras pour profiter d’instants de pur bonheur ? Il n’eut pas un oui affirmatif et clair. C’était un : j’essaierai. Oui, il ferait son possible pour que cela demeure un secret, oui, il tâcherait de ne pas le trahir, oui, il se garderait de ne rien dire, de ne rien faire en public. Il patienterait. Néanmoins, il était certain que Shane refuserait d’être lésé. Il ne voulait pas être oublié, il ne voulait pas le voir qu’une seul fois tous les x temps. Il voulait que Silvio se libère, qu’il soit là pour lui, et qu’il puisse avoir même un bref instant sa dose de bonheur qui lui permettra d’attendre à fois suivante.

    « Je comprends… Promet-moi juste que tu ne m’oublieras pas… »

    C’était peut-être un caprice, dans un certain sens. Il ne lui demandait pas de renoncer à faire de leur relation un secret, il lui demandait d’être présent pour lui, pour eux. Silvio lui avait déposé un baiser, sur sa main. C’était une étape, une de plus, ce soir. C’était comme un contrat qu’ils passaient petit à petit. Ils avaient trouvé un titre : celui d’être ensemble. Ils avaient échangé leur consentement, ils posaient les conditions, les règles du jeu. Et ce baiser, sur sa main, était une mise en application du contrat. Shane lui sourit et rétorqua :

    « Tu déroges à la règle. »

    Oui, il allait au-delà du contrat initial, celui du secret. Shane leva ses yeux clairs ailleurs que Silvio et ne tarda pas à trouver la caméra, ou tout du moins l’une des caméras. Il était certain qu’il y avait tellement de caméras à Nosco que tout ne pouvait pas être visionné, tout du moins en direct. Tout était mis en archive, et lors de certaines enquêtes, on ressortait ses archives et on trouvait la vérité. Et puis, il y avait des fois où c’était visionné et on était pris la main dans le sac. Dans tous les cas, si un jour, un indice échappait à la vigilance des coupables, ça mettrait la puce à l’oreille et on irait rechercher des preuves, toutes les vidéos seraient visionnées, les unes après les autres, dans le moindre détail. Ce soir, Shane avait brouillé le son, néanmoins, il n’avait pas encore trouvé le moyen de couper l’image, ou d’essayer de la remplacer par une autre. Il pouvait modifier les archives par voie informatique, c’était difficile et très risqué, car ça laissait des traces. De plus, ça ne permettait que de se protéger d’une consultation d’archive. Si la vidéos était vue en directe, il aurait beau modifier les archives, l’acte était déjà vu.

    Il avait envie d’être contre Silvio, le serrer dans ses bras, doucement, et l’embrasser. Et Silvio venait de déposer un baiser sur sa main. C’était déjà beaucoup, ça pouvait être interprété dangereusement si c’était visionné. Shane se leva alors, sa main qui tenait celle de Silvio, exerça une traction pour le mettre debout. Main qu’il lâcha lorsqu’il s’écarta de lui, pour que ça ne se voie pas, encore une fois, sur les vidéos de caméra. Il mit un pas en arrière et puis, ses yeux se posèrent sur les portes. Il marcha vers elles, poussant discrètement Silvio dans son chemin et ouvrit une porte au hasard. La chambre. Oh ! Shane n’avait pas envie d’un acte sexuel pour le moment, rassurez vous, il savait se tenir ! Il poussa légèrement Silvio, entra et ferma la porte derrière lui. Fini les caméras, cette fois, ils étaient véritablement seuls. Adossé contre la porte qu’il avait fermée avec son poids, il avait rougi et baissé les yeux. C’était qu’être enfin seul à seul, savoir qu’il l’avait là, pour lui, pour lui tout seul, sans avoir à se cacher, ça lui rappelait cette fois où il l’avait embrassé sous la douche, hors du regard de tout le monde, car dans le noir.

    Cette fois, il n’y avait pas d’obscurité, il y avait bel et bien de la lumière, c’était les yeux des autres qui ne voyaient plus rien. Le visage rosé, il avança vers lui et fit glisser ses mains sur le torse de Silvio, du bas vers le haut. Son cœur battait, il voulait l’embrasser, mais ce qu’il y avait de mieux dans le baiser, c’était le temps d’attente juste avant. Lentement, il passa ses mains autour de son cou, puis ses bras et se serra tout contre lui. Il alla enfouir son nez dans le creux de son cou, respirant son odeur. Ca lui faisait tellement de bien. Il se sentait comme au paradis. Il était si haut, comme dans un autre monde, loin des autres, loin de Nosco, il n’y avait plus qu’eux. Il le serra contre lui, un peu plus, et son nez sortit de son cou, il allait le plaquer contre celui de Silvio. Son front brûlant était contre le sien. Il mourrait d’envie de l’embrasser, mais non… Non, pas encore, pas tout de suite. Attendre encore un peu. Il frôlait ses lèvres des siennes, sans l’embrasser, il le narguait, il le faisait languir, c’était si drôle comme jeu. Il attendait de se faire désirer, de se faire réclamer. Mais lui-même désirait et réclamait de plus en plus Silvio. Il voulait le titiller, mais ce petit jeu était au sacrifice de son lui-même, de ses propres envies qu’il réprimait. Masochiste ? Oui peut-être un peu, mais c’était surtout pour faire attendre Silvio. Sadique ? Oui ! Plutôt deux fois qu’une ! Et comme si ce n’était pas assez, il retourna mettre son nez dans le cou de Silvio, coupant court à toutes les possibilités de forçage. Il restait là, à le câliner, patientant encore. Il voulait l’embrasser mais ne voulait pas s’offrir trop facilement. Il attendait, il attendait d’être réclamé ! C’était vicieux, mais il adorait !

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Message par Silvio Anthelmios le Jeu 11 Nov - 15:42

"- J'aurai du mal à t'oublier..."

Silvio avait osé relever les yeux vers lui, avec un petit sourire amusé. L'oublier. Comment allait-il pouvoir l'oublier ? Ne serait-ce que dans sa vie de Noscoien, il aurait du mal, alors dans les jours, les mois, les années à suivre...
Sa main serra un ultime instant la sienne, alors que Shane se levait. Il le laissa le mettre debout, encore tout troublé. Mine de rien, ce qu'il venait de dire, c'étaient ses premiers mots un peu doux depuis une trentaine d'années. Il ne s'était jamais entendu parler ainsi, et avait maintenant l'impression que c'était un autre qui avait parlé. La règle ? Ah, oui, les camera... Silvio les avait presque oubliées. Bon, avec un peu de chance, personne n'aurait vu ce très court passage. Au pire du pire, ce n'était qu'un simple baisemain. Silvio trouverait de quoi argumenter.
Il suivit Shane, et voulu lui indiquer le chemin de sa chambre... Mais l'informaticien le trouva tout seul. Chance ? Mouais... Silvio haussa un sourcil, sceptique. Shane n'aurait quand même pas déjà visité son appartement en son absence ?

Les questionnements disparurent assez vite, lorsque Shane le poussa à l'intérieur. Silvio se re-tourna vers lui, et put constater qu'il n'était pas le seul à rougir. C'était presque rassurant: il n'était pas le seul à ne pas avoir l'habitude de cette situation.
Il sentit les mains de Shane sur son torse, il le sentit tout proche de lui. Le souffle dans son cou ferma ses yeux, comme pour mieux sentir cette présence contre lui. Il n'eut pas besoin de réfléchir: ses bras enlacèrent Shane d'eux-mêmes, sans attendre les trois cents ans de réflexion qui précédaient habituellement un geste aussi important. Silvio avait su que c'était ce qu'il devait faire. Il n'avait pas eu tort. Tout simplement parce que c'était comme cela qu'il se sentait bien. Il fallait l'admettre. Il l'admettait. Il serait volontiers resté ainsi pour une petite heure encore, le temps de profiter.
C'était donc cela, l'inimaginable, la chose dégoûtante ? Bah, pour le moment, c'était pas désagréable. C'était même rudement bien. Pourquoi avait-il hésité ? Ah, oui, Shane était un homme. Pour le moment, ils n'avaient rien fait que Silvio n'aurait pas pu faire avec une femme... Alors était-ce grave, docteur ? Pour Silvio, naaan, c'était pas grave, pas du tout. Ah, n'y pense plus, mon beau, et profite donc.

Son front contre le sien. Il allait l'embrasser ! Silvio le serra plus fort contre lui. Il n'attendait que ça, et Shane le faisait languir. En tout cas, on pouvait dire que son plan marchait: il se faisait désirer. Silvio n'attendait plus que son baiser, celui qui ne lui serait pas volé. Il sentit ses lèvres frôler les siennes et... Et... Eeeeeh ! Alors ça, c'était vil !
S'il croyait que Silvio allait le laisser jouer avec ses sentiments, il se fourvoyait ! Mon brigadier eut tôt fait de le repousser... Et le coller entre la porte et lui, avant d'attraper son menton entre deux doigts pour forcer son visage à rester relevé. Il l'aurait voulu ! C'est Silvio qui reprit ses lèvres. Et avec ardeur, s'il-vous-plait. C'était de la faute à Shane. Il n'avait qu'à pas se faire désirer. Silvio glissa ses mains sur les hanches de Shane, puis dans le creux de son dos, avec douceur (enfin, douceur... Pour lui, c'était doux. Mais vous connaissez la délicatesse des anti-terroristes), pour le garder encore contre lui...
Et c'était... Eh bien, c'était....
Comment dire... Silvio se sentait... Comme dans un rêve. Un beau rêve. Loin de la réalité, loin de tout ce qui pouvait le blesser. Il avait peur de se réveiller, peur de s'éloigner de toutes ces sensations qu'il n'avait jamais connues auparavant, et qui étaient, damn, terriblement addictives...
Il n'oublierait pas Shane, pour sûr. Il commençait déjà à regretter de ne pas pouvoir l'avoir dans ses bras toute la journée....
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Message par Shane M. Lewis le Jeu 11 Nov - 17:32

    Il aurait du mal à l’oublier… Shane resta bouleversé d’avoir entendu cette phrase. Ca l’avait saisi, sur le coup, et c’était si bon à entendre. Une réponse aussi rapide, aussi spontanée et aussi touchante… L’informaticien ne pouvait pas en douter. Rien ne l’autorisait d’en douter, c’était tellement sérieux, tellement vrai. Et hop direction la chambre. Comme quoi, ça servait de faire une visite guidée virtuelle avant de venir A l’intérieur, Shane s’amusa à le faire languir, il aimait bien le taquiner. Il sentait les mains et les bras de Silvio se refermer sur lui, il se sentait comme rassuré. Il serait bien resté là pour une éternité. Il avait mis la tête dans son cou, à nouveau, pour empêcher Silvio d’avoir son baiser. C’était sadique de sa part, peut-être, mais il rigolait bien intérieurement de son petit jeu. Il ferma les yeux, respira profondément. C’était si bien d’être avec lui, son cœur battait tant dans sa poitrine, si fort, qu’il était certain que Silvio tout contre lui devait bien le sentir. Il attendait de se faire désiré et Silvio le repoussa. Shane se retrouva plaqué entre la porte et Silvio. Gagné !

    Il le regarda avec un sourire vicieux qui voulait dire : je t’ai eu ! Silvio lui remontait le visage et alla mettre se lèvres contre les siennes. C’était si bon ! Ce baiser avec tant d’ardeur ! Ah oui, il avait gagné, il avait réussi à se faire désirer et maintenant il était gentiment récompensé. Dans sa tête, il nota : à refaire. Il passa ses mains dans le dos de Silvio et ses mains remontèrent jusqu’à ses omoplates. Silvio avait les mains sur les hanches de Shane, puis dans son dos… Il était… Doux ? Enfin, aussi doux qu’il pouvait l’être, c’était du moins ce que pensait Shane. Il y avait la tendresse de Shane, toute douce et fine, et puis la tendresse de Silvio, un peu plus rude et authentique. Chacun son charme, et Shane adorait celui de Silvio. Ils avaient l’un et l’autre quelque chose à apporter. Il y aurait entre eux deux, pas vraiment de domination par l’un ou par l’autre. Si l’un ni l’autre n’allait avoir des manières efféminées le lendemain. Quoiqu’il imaginait bien Silvio vêtu de rose avec un déhanché ravissant ! Ou pas… Non en fait il aimait Silvio comme il était. Il ne disait pas qu’il ne l’aimerait plus s’il venait à se mettre à avoir des manières étranges. Mais, il aimait bien la virilité du brigadier. Il y aurait une certaine ambivalence (je l’ai miiiiis) entre les deux. Silvio était plus petit que Shane, mais plus musclé. Shane le dominait par la taille mais certainement pas dans la carrure. Au final, il y aurait fort à parier que ni l’un ni l’autre n’aurait à jouer le rôle de la femme dans un certain sens. Même si la finesse de l’informaticien ressemblait parfois à ce petit vice typiquement féminin qu’était de jouer avec les sentiments pour obtenir ce qu’il voulait. Un peu comme un peu plus tôt, quand Shane avait cherché à se faire désirer. Bien sûr, il ne tomberait pas dans le côté malsain de cette force [HJ : le côté obscure de la force *sors*], c’était un jeu pour lui, et il n’irait pas plus loin que dans l’amusement.

    Il pressait ses lèvres contre les siennes, il osa même aller jusqu’à l’embrasser langoureusement, les yeux clos, il sentait cette infinie chaleur envahir son corps. Son visage était devenu pourpre, entre les mots de Silvio tout à l’heure, sa présence contre lui, et maintenant cette ardeur, il pouvait dire qu’il ne pourrait que très difficilement être comblé d’avantage. Ses deux mains prirent le visage de… Son amant ? Entre ses mains et se défit de ses lèvres. Comme c’était douloureux ! Il sentait un déchirement en lui, il avait envie de joindre à nouveau ses lèvres aux siennes. Il planta ses yeux dans les siens, cherchant comme à sonder son âme. Il passa un index sur ses lèvres, son regard toujours dans le sien, comme indestructible tant qu’il n’aurait pas vu le plus profond de l’homme en face de lui. Il poussa un soupire de soulagement et de satisfaction lorsqu’il alla coller son front contre le sien, à nouveau, les yeux clos. Il ne voyait rien de mal dans cet homme là, il l’aimait, c’était tout. Il était bien ici, dans ses bras, il voulait y rester des heures et des heures, dormir juste tout contre lui et se réveiller demain matin, dans ses bras, sécher le travail, etc… Mais, ça aurait été des plus suspects… A coup sur qu’on aurait immédiatement regardé ce qu’il se passait dans leur appartement respectifs pour voir s’il ne leur arriverait pas de mal. On remontrait dans le temps, et on découvrirait que le soir, ils s’étaient enfermés tous les deux dans la chambre de Silvio. Même le temps qu’ils passaient, là, ensemble, pouvait paraître suspect. Shane avait l’impression que ce secret allait le rendre complètement paranoïaque…

    « J’ai pas envie de partir… »

    Il grimaça et l’embrassa. Non, il n’avait absolument pas envie de partir. Il le serra fort dans ses bras puis le repoussa un peu, il posa sa main sur la poignée de la porte. Ils se verraient certainement demain, tout du moins, il l’espérait.
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Re: Tourmente

Message par Silvio Anthelmios le Jeu 11 Nov - 20:33

Voilà, on avait brisé son rêve. Sur ses lèvres, séparées de celles de Shane, il avait l'impression d'avoir froid. Heureusement, il y avait ces mains, sur ces joues, comme pour remplacer les lèvres, ou l'empêcher de se réveiller. Une douce chaleur protectrice... Mais il aurait préféré garder ses lèvres en même temps. Un baiser, sur le doigt qui caressait ses lèvres. Puis il osa rouvrir les yeux sur le regard de Shane. Il avait quelque chose de spécial, ce regard. Celui tenta de se souvenir du jour où il l'avait vu pour la première fois... Oui, ses yeux avaient toujours étés comme cela. La seule différence était qu'avant il ne le regardait pas comme ça... Avec cette expression. Silvio n'allait pas s'en plaindre...

A nouveau son front contre le sien. Du bout des lèvres, Silvio frôla celles de Shane. Ses mains glissèrent entre eux, sur le torse de l'informaticien, pour sentir à nouveau son coeur. Partir ? Hein ? Quelle idée ! Il n'était pas bien ici ? Ce n'était pas beau comme endroit ? Pas confortable ? Silvio ne lui plaisait déjà plus ? Ah non ! Shane avait intérêt à rester encore un peu avec lui ! Silvio n'allait pas se contenter de deux malheureux baisers ! Il avait fait l'effort de se poser des questions, de se convaincre tout seul, d'aller contre tout ce qu'il avait cru et tout ce qu'il s'était défendu pendant tant d'années pour lui. Pas question de partir !
...Ah, mais partir temporairement ! Ce n'était pas sot. Peut-être que Shane lui aussi avait besoin de réfléchir. Ou peut-être que c'était encore une fois pour se faire désirer. Ou les deux.

"- Attends..."

Shane était dos à lui. Ca n'empêcha pas Silvio de l'enlacer à nouveau, et poser sa tête sur son épaule.

"- Reste encore un peu..."

Juste un peu, le temps que Silvio fasse bien attention à ton odeur, à la douceur de ta peau, à son goût. Le temps d'un baiser dans ton cou et d'une étreinte. Ce secret était obligatoire. Mais Silvio se demandait bien comment ils allaient faire. Parce qu'à part dans leurs appartements, il y avait peu d'endroits sans camera. Ils n'étaient pas qu'un peu dans la m.... Bon sng, Shane aurait dû être une femme. Tout aurait été si simple... Silvio le serra plus fort contre lui. Non. Finalement, qu'il reste comme ça. Il allait... S'habituer ? C'était étrange, d'imaginer la scène vue par quelqu'un d'autre. Lui et Shane... Mais vu par ses yeux, c'était du bonheur. Bonheur interdit. Bonheur quand même.
Encore un peu... Tout p'tit peu... Il n'était pas sûr d'avoir assez embrassé son cou... La main glissa sur la sienne, sur la poignée.

"- A demain... Mon lapin !"

Il lui ébouriffa les cheveux, avec un soupir. La nuit allait être longue, très longue. Entre le désir qu'il aurait de revoir Shane et ses pensées, il n'arriverait jamais à dormir.Et comme si cela ne suffisait pas, il aurait en plus le souvenir encore brûlant des lèvres de l'informaticien. Il n'allait jamais y arriver... Et le lendemain, comment pourrait-il se concentrer sur son travail ? Il allait devoir se battre contre lui-même pour se prouver qu'il pouvait encore travailler et avoir un...Un amant ? en même temps... Un défi, en quelques sortes. Il y arriverait ! Ca, il en était sûr ! Il ferait tout pour ! Hors de question de perdre sa place de Second !
Il actionna la poignée pour lui, et l'accompagna dans le salon. Il aurait voulu lui voler un dernier baiser. Mais ici, il y avait les camera...
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Re: Tourmente

Message par Shane M. Lewis le Ven 12 Nov - 18:23

    Il s’apprêtait à partir, mais son cœur lui hurlait non. Il s’était retourné et avait posé sa main sur la poignée de la porte, prêt à y aller. Mais… Mais Silvio avait réclamé encore un peu de temps en sa compagnie. Si Shane n’aurait pas déjà été écarlate, il aurait rougi encore d’avantage en sentant les mains de Silvio le prendre par la taille. Il sentit le menton de Silvio sur son épaule. Rester. S’il savait comme il avait tellement envie de rester. S’il savait que s’il le retenait trop il ne trouverait plus la force de partir. Il tâcha de ne pas trop prendre de plaisir dans ses bras, s’il s’y habituait trop, il ne partirait plus. Il laissa cependant sa tête tomber en arrière les yeux clos. Il sentit les lèvres de son amant déposer un baiser dans son cou. Il frissonna. C’était si bon. Et puis sa main glissa sur la sienne pour appuyer sur la poignée de la porte. Trois… Deux… Un… Et le rêve se terminait.

    « A demain… »

    Souffla-t-il. A nouveau dans la pièce principale, Shane s’était défait de l’éteinte de Silvio… Son lapin ? Il était son lapin à présent. Il avait même sourit à cette évocation. Il se souvenait de lorsqu’il avait du réparer l’ordinateur de Silvio et restaurer tous ces fichiers. Shane n’avait pas trouvé de photos de femmes dénuées, en revanche, il avait trouvé cette photo de lui en caleçon rose avec des oreilles de lapin sur la tête… Et il avait fait la remarque à Silvio qu’il était étrange qu’il n’ait pas de photo de femmes, mais une photo de lui pareillement vêtu. Lien ou pas avec ce qu’il vivait aujourd’hui, on pouvait quand même dire que c’était bien étrange…

    Dans le salon, il se retourna vers Silvio et lui sourit. Sur le canapé, il alla récupérer son ordinateur resté là. Il prit aussi ce petit appareil qui avait le don de brouiller le son des caméras. Il appuya sur la touche ‘stop’ et on n’entendit plus cet ultrason. Shane lui n’en avait pas besoin, il pouvait en avoir un autre. Il le tendit à Silvio, qu’il en fasse bon usage, ça pourrait lui être utile, peut-être. Il tourna les talons et prit la porte. Non, ne pas se retourner, ne pas l’embrasser encore. Il devait marcher… Avancer… Ne pas céder à l’envie qu’il avait au fond de lui. Il s’engouffra dans l’ascenseur (non, il ne reprendrait pas les escaliers !). Et ses pensées allaient encore toutes vers lui. Il avait envie de faire demi-tour… Mais non. Il ne le devait pas. Comme c’était douloureux… Et si doux en même temps. Les portes s’ouvrirent et Shane ne s’était pas rendu compte qu’il venait d’être enfermé dans une cage métallique plus communément appelée ascenseur. Bon sang ! C’était fou ce qu’il emprisonnait son esprit !

    Dans son appartement, Shane posa son ordinateur sur la table du salon et alla directement se coucher une fois déshabillé. Il manquait déjà terriblement de lui. Il avait froid, sa chaleur lui manquait. Il avait envie de ses lèvres, de ses mains, de ses bras, de son cou pour y loger son nez, de son torse pour y laisser ses mains se promener, ses yeux pour aller y perdre son regard. Il manquait de son étreinte, il manquait de ses baisers, il manquait du rêve qu’ils avaient vécu ce si bref instant dans la chambre de Silvio. Il fermait les yeux et il voyait son visage, dans le silence de la nuit, il entendait sa voix lui murmurer encore et toujours : « j’aurais du mal à t’oublier… »



    Terminé, suite au prochain épisode !
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