En flagrant délit [12 & 327]

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En flagrant délit [12 & 327]

Message par Shane M. Lewis le Ven 12 Nov - 14:45

    Deux semaines. Deux belles semaines qui avait passées avec Silvio. Ca lui faisait encore bizarre de se dire que c’était vrai et pourtant c’était bel et bien réel chaque fois qu’il était dans ses bras, chaque fois qu’il l’embrassait. C’était vrai, et il ne parvenait pas à réaliser… Silvio & lui, lui & Silvio… C’était ce qu’il se répétait dans sa tête, pour que ça rentre, pour qu’il considèrent ça non plus comme un espoir ou un rêve mais un fait acquis à préserver. Deux semaines. Et bien, il s’en était passé des choses en deux semaines. Tout d’abord, il n’avait pas été question de rester en froid entre eux deux. Etre distant l’un de l’autre tout au long de la journée était déjà une tâche bien ardue, alors si en plus, ils ne pouvaient pas se parler, en simple amitié, ça aurait été purement suicidaire. Et Shane aurait abandonné depuis longtemps. Alors les deux avaient fournis une explication pour se sortir de cet enfer qui s’annonçait. La version officielle avait donc été que les deux avaient eu une conversation sérieuse car en vertu de leur ancienne amitié, il aurait été dommage de tirer un trait aussi sec sur le passé. Les choses auraient donc été aplanies. Aurait été conclu le marché selon lequel Shane promettait de ne plus tenter quoi que ce soit envers Silvio (au niveau couple et dérivés), qui lui était tout ce qu’il y avait de plus hétérosexuel et solitaire, selon lequel encore, ils retrouvaient une amitié sereine, un peu comme si rien ne s’était passé. Ca, c’était la version officielle. Rien que la version officielle. Et il y avait l’autre version, celle que l’informaticien préférait deux fois plus ! La version officieuse était un secret jalousement gardé par Silvio et Shane, un secret des plus précieux. C’était un secret par lequel, les deux se retrouvaient quand ils le pouvaient dans des lieux où il n’y avait pas hommes ni de caméras. Et c’était assez rare mine de rien. Pendant son travail, Shane avait consulté sur Bêta l’emplacement de toutes les caméras de Nosco. La nuit, il devenait insomniaque, surtout les premières nuits, obnubilé par l’envie de revoir Silvio. Dans sa chambre, il traçait des lignes invisibles dans le décor de Nosco pour définir les angles morts des caméras, les pièces non filmées, les recoins et tant d’autres. Il avait baptisé cette zone : « espace extra Nosco ». Oui, oui, le terme était peut-être étrange, mais dans ces endroits là, ils étaient comme en dehors de Nosco, loin des caméras : ils avaient une vie privée. Shane, qui depuis son arrivée n’avait jamais vraiment été dérangé par ses caméras, le fait d’être observé en permanence, se mit à les haïr de tout son cœur. C’était plus fort que lui, lorsque ses yeux se posaient sur l’une d’entre elle, il avait envie d’y envoyer son ordinateur dessus pour les exploser. Il ne le fit pas pour deux raisons : d’abord, il aimait trop son ordinateur chéri pour le sacrifier, et ensuite ça lui aurait posé pas mal de problème. On l’aurait pris pour un conspirant anti-Joséphine… Bien sûr, ils ne retrouvaient pas en un endroit avant que Shane ou Silvio ne soit allé en éclaireur vérifier qu’ils étaient bien hors des caméras. Car parfois, il y avait une petite différence entre ce qu’il y avait dans le registre, et le terrain. Aussi, les deux n’utilisaient que très rarement les angles mort des caméras pour se retrouver, pour la simple et bonne raison qu’ils n’étaient pas très fiable, et mieux valait parfois (au grand regret de Shane) des endroits clos. Les rares angles morts des caméras n’étaient utilisés que pour des retrouvailles très furtives. Un simple baiser, simplement, au détour d’un coin mal couvert par le champ de vision des caméras, et hop, ils reprenaient leur route, un peu comme si de rien était, comme s’il ne s’étaient que serré la main pour se dire bonjour, le reste restait dans l’invisible.

    Le reste du temps, ça donnait lieu à des retrouvailles assez insolites. Enfin, n’entrons pas dans les détails, il y a déjà suffisamment de choses à raconter sur ces deux semaines passées. Car oui, elles avaient été riches, très riches. Notamment au point de vue sentimental. En dehors de ces moments rien qu’à deux, Shane avait son travail. Et il n’avait jamais était aussi assidu au travail et aussi faiblement réprimandé en matière de discipline. Si, si. Et à ça, il n’y avait qu’une seule explication : Silvio. En effet, plus il terminerait son travail vite, plus il aurait d’occasion de voir Silvio sans baisser son rendement de travail. Et moins il avait à se faire disputer pour son manque de sérieux au travail, moins il perdait du temps pour faire son travail en lui-même et plus il pourrait voir Silvio. Shane n’avait pas encore été convoqué par Tristan Darek pour cette histoire de baiser sous la douche, pour celle de l’ordinateur de Lisbon broyé contre le mur, ni pour toutes les autres petites bêtises d’à côté. Ca devenait même inquiétant dans un certain sens. Shane finissait par vraiment se demander ce que Tristan était en train de lui préparer. Il sentait une boule dans le ventre qui grossissait de plus en plus, jour après jour. Les autres disaient donc que Shane craignait le blâme et tenait donc à redorer un peu son blason. Ainsi, il s’était soudain mis à être à jour dans son travail, tous ses rapports de missions avaient été faits dans les temps, et même en avance. Il devenait un véritable petit exemple. Il ne chahutait plus avait son voisin de droite ni son voisin de gauche, ni celui de devant, ni celui de derrière. Il semblait avoir laissé de côté ses idioties gamines qui avaient le don de taper sur les nerfs de son patron. Ses collègues se disaient donc que c’était la peur du blâme qui l’avait fait grandir. Mais ils ne savaient pas, eux, que c’était Silvio qui l’avait fait grandir. Bien sûr, il n’avait rien contre une petite blague de temps en temps, il n’était non plus devenu comme son ordinateur : vierge et sans sentiments. Mais il ne limitait à celles qui ne lui causeraient pas de blâme, celles qui ne le mettaient pas en danger. Si maman Kathleen le voyait, elle serait fière de lui, fière qu’il retrouve soudain un semblant de raison. Une fois, il avait terminé son travail, il alla consulter des archives des vidéos de surveillance de la ville. Il alla consulter un épisode qui s’était déroulé deux semaines plus tôt, dans le Quartier Général de la Brigade Impériale, direction les vestiaires. Il revoyait encore cette scène où la lumière était réapparue et que Silvio lui avait mis une belle gifle. La scène ensuite avec le commandor. Un collègue de Shane passa derrière lui et, voyant les images, lui fit un :

    « Tu te fais du mal pour rien, Shane… »
    « Non, détrompe-toi, je cherches juste qui a dit que je jouirai si on me mettait une carotte dans le derrière… »


    Son collègue avait rigolé. Ca sentait la vengeance. Il donna une petite tape amicale dans le dos de Shane et continua son chemin. Les deux raisons qu’on avait données pour expliquer le fait que Shane regarde cette vidéo étaient aussi fausse l’une que l’autre. Shane ne se faisait pas du mal, parce que maintenant, il avait Silvio en vrai et rien que pour lui, que cette gifle et de regard n’étaient que du passé. Shane ne cherchait pas non plus à savoir qui avait dit cette potentielle vérité au sujet de cette carotte, il n’en avait rien à faire, ça ne le touchait pas. Donc, me dirait vous, mais que fait Shane devant cette foutue vidéo ? Et bien, Silvio avait juste une petite serviette autour des hanches, un torse nu et un visage encore humide, bref, trop sexy. Vous l’aurez compris, Shane matait. Silvio n’était pas là, il travaillait, Shane avait fini son travail, il avait donc trouvé une activité intermédiaire pour combler son manque de Silvio. Et plus il le regardait et plus… Ahhhh ! Mais il adorait. Il avait hésité à faire une capture d’écran et mettre son Silvio, vêtu de manière si désirable, en fond d’écran mais… Mais il ne devait pas oublier le pacte qu’il avait fait avec son amant. Non, il ne pouvait pas. Il soupira de bonheur, en posant un dernier regard sur le corps de Silvio, puis cliqua sur la petite croix en haut de la fenêtre. Fini la récréation, il venait de recevoir dix mails pendant qu’il visionnait la vidéo… Allez au travail cette fois.

    De temps en temps, il voyait Silvio pendant une pause au café. Dans un groupe d’ami, ils bavardaient un peu de tout de rien, riaient et blaguaient. C’était un peu comme si la vie n’avait pas changé pour eux. Tous, avec leur gobelet blanc en plastique à la main, bavardaient debout, dans une sorte de cercle pas très rond. Parfois, Shane laissait son regard s’attarder sur Silvio, croisant le sien. Ils étaient des amis, c’était officiel. Mais officieusement, ils partageaient un secret, un si beau secret, tellement beau qu’ils ne voulaient le garder que pour eux. Ils n’était pas dans les bras l’un de l’autre, mais la présence seule de Silvio, là, comme un ami était pour Shane aussi un instant de bonheur. Certes, ce n’était pas comme lorsqu’ils étaient qu’eux deux, seuls au monde, ce n’était pas aussi fort, mais ça avait une valeur pour Shane. C’était à ce genre de chose qu’avait servi la version officiel : pouvoir se retrouver et papoter gentiment sans que cela n’ait à paraître suspect. Leur amitié, elle était là encore pour protéger leur secret. A deux, ils avaient formés une barrière impénétrable à leur tour. Ils étaient les dragons qui gardaient dans ce donjon leur plus précieux trésor. L’un et l’autre étaient prêts à donner beaucoup pour ça. Soudés, ils se soutenaient, ils avançaient ensemble, ils protégeaient leur muraille, celle qui mettait à l’ombre des regards un amour sincère. Evidement, ce n’était pas facile tous les jours. Trouver des endroits pour se retrouver, faire attention à tout ce qu’ils disaient, tout ce qu’ils faisaient, c’était dur. Mais ils tenaient bon, parce qu’ils ne le faisaient pas que pour leur propre personne, mais aussi pour l’autre. Cette dépendance les aidait à avancer et à franchir les difficultés. Il était certain que Shane éprouvait un manque de Silvio. Tant de fois, lorsqu’il passait à côté de lui, il aurait voulu se blottir dans ses bras, l’embrasser, pouvoir le retrouver chez lui sans avoir à se cacher. L’attente était parfois longue mais les retrouvailles n’en étaient que plus chaleureuses. Vous savez peut-être que Shane avait ce côté un peu sado-masochiste, et bien, ça lui servait beaucoup. La douleur éprouvées par l’absence de Silvio lui faisait comprendre à quel point il tenait à lui, à quel point il était devenu une addiction pour lui, et ça lui faisait du bien. Et puis, il faisait patienter Silvio, il le faisait attendre, il le faisait languir, lui aussi, de son côté, et ce n’était encore qu’une stratégie de plus pour se faire désirer et réclamer. Parfois, il s’amusait même à attendre que Silvio vienne le chercher, juste pour que ce soit lui qui vienne, qui lui fasse des yeux suppliants. C’était tellement bon !

    Il y avait donc des fois où cela devenait un peu difficile à gérer néanmoins. Surtout que Shane découvrit un point de sa personnalité très important : la jalousie. Enfin pas n’importe quelle jalousie, une jalousie particulière. Il l’avait découvert une fois, lorsque évidement, Mickael Lisbon était venu ajouter son petit grain de sel : remuer le couteau dans la plaie était certainement une de ses activités favorite, car c’était en souffrant que les gens en venaient en aveux le plus souvent. Ainsi, Mickael avait appliqué cette stratégie, lorsqu’il était venu ce jour là, dans le bureau de Shane :

    « Shane… Shane… Je suis si triste pour toi… »
    « Toi ? Eprouver des sentiments ? Tu m’épates… »
    « Détrompe toi, je peux comprendre, ce ne doit pas être facile pour toi, avec Silvio… »
    « J’ai bousillé ton ordinateur, ça ne te suffit pas ? »
    « Et pendant que tu es là, à souffrir, lui profite de la vie avec Amélie… Dans la Cafétéria… Mon pauvre Shane… »


    Il s’en alla, ravi de son coup. Shane, intérieurement fulminait, et il se rendit bien vite compte que ce n’était pas contre Lisbon qu’il éprouvait de la colère, mais contre Silvio et Amélie qui prenaient du bon temps dans la cafétéria ! Non mais vraiment ! Shane se connecta immédiatement sur les caméras de surveillance de la cafétéria. Il trouva rapidement Silvio avec cette blonde à forte poitrine qui lui faisait du rentre-dedans. Oui, Amélie, celle qui avait les mêmes initiales qu’Allan Cadmun. Il devint rouge de colère et serra les poings mais… Mais en y regardant le plus prêt, Silvio ne semblait visiblement pas intéressé par les charmes de la demoiselle. Shane afficha alors un sourire béat. Foutu Mickael ! Il l’avait sorti hors de ses gonds, promis, la prochaine fois, il n’accuserait pas Silvio de le tromper aussi facilement. Mickael avait le don d’appuyer là où ça faisait mal. Bien sûr, Mickael n’avait pas pensé qu’il déclencherait de la jalousie puisqu’il ne savait pas que Shane et Silvio étaient ensemble, mais il avait cherché à lui faire ressentir de la colère. Ca y est, Shane tombait des nues… Il était jaloux de toutes celles et ceux qui approcheraient de trop prêt son Silvio. Bon sang, il allait falloir qu’il se calme. Et c’était certain, il ne dirait pas ça à Silvio, il allait rigoler un bon moment à voir que Shane le désirait pour lui et que pour lui.

    Enfin, cette promesse de ne rien souffler à Silvio sur sa jalousie aurait été tenue si les aléas du sort ne le poussèrent pas à la trahir. Ce matin là, il avait vu furtivement Silvio. Dans ses bras, il s’était si bien senti, il le serrait fort contre lui. Mais il ne lui avait pas parlé du fait qu’il l’avait vu avec Amélie, ni de la jalousie qu’il avait éprouvée dans cette situation. Non, il garda ça sagement pour lui, refusant de céder une victoire à Silvio. Fierté oblige. Il avait ensuite travaillé toute la journée. Tristan semblait mettre l’informaticien à l’épreuve ces derniers temps et comme Shane montait une assiduité au travail des plus exemplaires grâce à sa nouvelle motivation, il était certain que Tristan avait du remarquer ce travail fourni. Bien, c’était déjà un bon point. Vers la fin de la journée, il alla prendre une pause avec certains de ses collègues avec qui ils s’entendaient bien, à la cafétéria, comme souvent. Ils parlaient informatique. Le groupe se penchait notamment sur un problème rencontré par l’un d’eux. Alors qu’ils parlaient de toutes les possibilités et aides qu’ils pouvaient apporté, un autre brigadier de la section judiciaire cette fois (non, ce n’était fort heureusement pas Lisbon) en annonça qu’il avait un scoop, bref quelque chose de croustillant !

    « Vous connaissez Fabien Murigneux, de la brigade de nettoyage ? »

    Ouf, un instant, Shane crut avoir été démasqué. Les confrères acquiescèrent tous avide de savoir ce qu’il arrivait à Fabien. Le regard de Shane se posa un peu plus loin et vit Silvio. Il se sentit immédiatement bien. Mais, car il y avait un mais, c’était avant qu’Amélie ne revienne à la charge et n’accoste son Silvio. Shane la vit se trémousser avec son décolleté ouvert plus que permis, ses yeux doux, ses petites manières et…

    « Et bien, il s’est fait interrogé ce matin par Lisbon, et il s’est mis à hurler comme un hystérique des idées anti-impérialiste ! »

    Et… Mais qu’est ce qu’elle faisait là, elle s’amusait avec ses doigts sur le torse de Silvio, elle passait une main aguicheuse dans ses cheveux blonds… Mais la main de Shane se serra brusquement sur son gobelet en plastique blanc, déversant le café sur sa main et sur le sol.

    « Oui, Shane… Moi aussi ça m’a tapé sur le système quand je l’ai appris ! Quel traître ! »
    « Je… Oui, quel idiot ! »


    Ouf, sauvé la face, cette discussion tombait vraiment à pic !

    « J… J’y vais, j’ai encore du travail »

    Il jeta son gobelet, serra son ordinateur contre lui et se mit à partir en courant. Evidemment, il fonça vers le couple Silvio / Amélie et bouscula « sans faire exprès » la jeune femme. Shane avait tellement bien réussi son coup que le café de la demoiselle s’était déversé sur son visage, sa poitrine un peu trop à l’air et sur son joli chemisier blanc :

    « Oh ! Pardon Amélie ! J’ai vraiment pas fait exprès»

    *Mais oui c’est ça, mon petit Shane*

    « Shane ! Idiot ! Tu pourrais faire attention ! »

    Et elle partie, probablement pour aller se changer. Cette femme était visiblement des plus superficielles. Même si Silvio n’avait pas été son homme, il ne l’aurait très certainement pas laissé sortir avec une fille pareille ! Par amitié, il l’aurait protégé… Et par amour, il le surprotégeait jalousement. Il se retourna alors vers Silvio avec un sourire ravi et perdit rapidement ce sourire, lorsqu’il se rendit compte qu’il venait de prouver par a+b à Silvio qu’il était jaloux. Ah noooon… Il s’insulta mentalement. Et puis, c’était trop tard maintenant, autant aller jusqu’au bout :

    « Mignonne, hein ?»

    Pour les gens autour, cela pouvait paraître comme un simple commentaire issu de leur amitié. Ca pouvait paraître comme un « tu as du goût, elle est trop belle, fonce ! ». Mais pour ceux qui connaissait leur secret, à savoir Silvio et Shane, la remarque de l’informaticien sentait la jalousie à plein nez. Oui, et bien, quitte à se trahir, autant montrer qu’on était jaloux jusqu’au bout. Il retourna rapidement travailler. C’est qu’il avait encore du pain sur la planche. A croire que, pour Tristan, plus Shane en faisait, plus l lui en donnait à faire. Probablement un test pour savoir jusqu’où il irait dans de claquer. Il devait avouer que si c’était le cas, c’était une stratégie rudement bonne de la part de Darek. Mais Shane se réconfortait, lorsqu’il aurait fini son travail, ce soir, il aurait rendez-vous avec Silvio, dans un lieu hors caméra. Il avait hâte. Tellement hâte. L’avoir vu se faire draguer par Amélie n’avait fait qu’accroître sa fougue et son ardeur. Il le voulait, il avait envie de l’embrasser : c’était lui qui devait le regarder avec envie, à lui de s’amuser avec ses doigts sur le torse de Silvio, à lui d’attirer son attention !!!! Pas à elle ! Pas à cette allumeuse qu’il avait envie d’étrangler, comme il était en train de triturer le bas de sa tunique… Plus le temps passait dans l’après midi, plus la tension montait à l’intérieur de Shane, il avait envie d’exploser et d’aller voir Silvio. Mais si Shane venait de terminer son travail, Silvio lui ne terminait que dans deux heures… Mais qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire pendant tout ce temps ?

    Ses yeux clairs se posèrent sur David, un de la section de Nettoyage qui n’avait visiblement rien à faire pour le moment. Non, Shane ne le prenait pas comme un bout de viande qu’il avait envie de se taper en l’absence de Silvio ! Je tiens à le signaler tout de suite. L’informaticien éteignit son ordinateur et le rangea. Il alla voir David :

    « Hum… David? Tu as encore du travail ou tu n’as rien à faire ? »
    « Non, rien à faire… Pourquoi ? »
    « Et bien, tu m’avais proposé de me former en combat à mains nues et… Bah j’ai fini de travailler… Alors… Tu as du temps et bien… »
    « Oui bien sûr, viens ! Je n’aurais pas cru que tu te déciderais un jour… »


    Il est vrai que lorsque David lui avait proposé, Shane n’avait pas été très emballé par le projet, tout simplement parce qu’il avait beaucoup de travail, et qu’il n’aurait donc pas le temps. Mais, là, aujourd’hui, Shane était tellement comme une coquille remplie de pression à l’intérieur sur le point d’exploser, qu’il trouvait bien de pouvoir se dépenser un peu. Ils allèrent dans la salle d’entraînement après s’être changé pour se mettre dans une tenue plus adaptée. Ils s’échauffèrent puis commencèrent. Tout d’abord, il entraîna l’informaticien à frapper, avec pied et main. Il répétait plusieurs fois les coups, pour que ça devienne une habitude. Il frappait, encore et encore, ça lui faisait du bien. Forcément, David portait une protection en mousse sur sa main par exemple et la mettait à différente hauteur par rapport au sol. Il frappait, plusieurs fois en haut, plusieurs fois en bas, plusieurs fois au milieu, avec les pieds, avec les mains. Il se dépensait à merveille. David alternait à présent et Shane venait frapper là où la protection en mousse était. Au bout d’une heure, l’informaticien était en sueur et essoufflé. David riait en le regardant et insinuait qu’il avait la capacité sportive d’une gonzesse. Etant donné ce qu’il s’était passé au cours des semaines passées, rire de ça aurait pu paraître déplacé. Il est certain que si c’était Mickael Lisbon qui avait dit ça à la place de David, Shane lui aurait rentré dedans. Néanmoins, c’était David, c’était un ami, alors… Alors ça passait. Il en riait même lui-même, le sommant de ne pas se moquer, qu’il faisait ce qu’il pouvait, qu’il n’y pouvait rien s’il avait la capacité sportive d’une femme ! Evidemment David en riait, c’était presque amusant. Et comme si Shane n’était pas assez vidé, David lui enfila des mitaines renforcées et le fit cogner dans un sac de frappe. Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas tourner autour du sac en frappant de toutes ses forces et plus le sac va loin, plus on est content, plus on est fort. David lui enseigna un coup bien meilleur : une frappe vide en puissance. Il faut réussir à frapper le sac de toutes ses forces, sans qu’il ne se déplace d’un millimètre. C’est coup dont le verrouillage de puissance se fait au tout dernier moment, lorsque l’espace entre le sac et le poing est le plus faible possible. Ce coup permet de développer une frappe explosive type karaté, taekwondo… Au tout premier coup, Shane frappa de toutes ses forces, mais ne parvint pas à verrouiller sa puissance, le sac partit… Et revint. Je vous laisse trouver le lien qui expliquer le fait que Shane soit KO au tapis. Après ce premier essaie infructueux, l’informaticien se releva. La bonne nouvelle, c’est qu’il pourrait très difficilement faire pire ! Shane se fit alors à frapper et frapper encore, au fur et à mesure, ses coups devenait meilleurs. Il était tellement épuisé qu’il allait tomber comme une crêpe dans les bras de Silvio. Après quelques étirements, Shane remercia David qui lui souligna le fait que Shane devait s’entraîner régulièrement à l’avenir, même seul, avec un bon sac de frappe, ça l’entraînerait, ça développerait ses capacités cardiaques et lui permettraient de tenir d’avantage l’effort. Shane alla prendre une bonne douche, car il était complètement en sueur. Sous l’eau chaude, il repensa à Silvio. Il avait envie de le revoir, tellement envie. Il se vida la tête. Silvio ne chercherait pas à le tromper avec Amélie ou avec qui que ce soit d’autre, n’est-ce pas ? Il ne ferait pas ça ? Pas lui… Pas Silvio… Il avait envie d’y croire, à cette fidélité. Il se dit que lui-même n’avait cherché à séduire personne, alors pourquoi Silvio l’aurait fait, hein ? Et puis, Silvio lui avait fait la promesse, il lui avait promis qu’il ne pourrait pas l’oublier… Il s’habilla et regarda l’heure. Dix petites minutes encore… Mais son téléphone se mit à sonner, il répondit : alerte, tentative de piratage ! Nooooon ! Il ne savait pas ce qui faisait le plus de mal à Shane : que les rebelles leur faisait un sale coup ou qu’il allait devoir annuler son petit rendez-vous avec Silvio. Il prit son ordinateur et se mit à courir vers le Quartier Général de la Brigade Informatique. En chemin, c’était avec une profonde tristesse qui lui pinçait le cœur qu’il envoya un sms à Silvio. Il fallait que ce sms soit neutre…

    Code:
    To : Silvio
    From : Shane
    Alerte dans ma brigade. Piratage rebelle.

    Il ne pouvait pas en mettre plus, mais il savait que Silvio comprendrait ce que ça voulait dire. Dans ce genre d’alerte, ils en avaient pour des heures avec plusieurs informaticiens. Il ne verrait pas Silvio ce soir. Il rangea son téléphone, le cœur brisé, refusant le lire la moindre réponse si jamais il y en avait une, ça ne ferait que l’assommer d’avantage. En effet, ils en eurent pour de très longues heures, près de 6 heures pour être sincère. Vers 1h du matin, Shane rentra chez lui. Entre sa journée de travail, l’entraînement avec David et ces 6 heures de travail intensif dans l’urgence (car le moindre faux pas pouvait coûter cher), Shane tomba sur son lit et s’endormit profondément.

    Shane se rendait à son travail. C’était fou tout ce que Traktueur lui avait donné à faire. Après sa convocation dans son bureau, Shane avait pris non seulement un blâme, mais un second avec un conseil en prime lui pendait au nez. Tristan n’était visiblement pas satisfait de son brigadier bien au contraire, et il comptait bien lui faire payer le prix de ses idioties permanentes. En plus de ça, Shane n’avait pas pu revoir Silvio depuis deux jours, même furtivement, il commençait à sentir un certain manque. Il devenait agressif et susceptible. Et puis… Dans la cafétéria, il vit Silvio embrasser fougueusement Amélie. Son cœur se brisa, ça lui faisait tellement mal soudain. Pourquoi il lui faisait ça ? Pourquoi il lui faisait mal. Shane partit en courant, n’osant même pas aller interrompre Amélie et Silvio dans leurs embrassades. Il était dégoûté, son cœur se soulevait, il en avait la nausée… Non… Pourquoi il lui avait fait ça ? Pourquoi l’avait-il trompé ? Plutôt, il retrouvait Silvio, seul à seul. Shane était complètement en larmes et Silvio qui lui disait : « mais… Mon lapin… C’est juste un couverture, c’est pour nous protéger… Je pensais que… Tu comprendrais… »

    « NON TU N’AVAIS PAS LE DROIT ! »

    Shane se réveilla en sursaut, hurlant et pleurant. Ses draps s’étaient défaits tellement il avait été agité dans son… Cauchemar. Oui…. Cauchemar. Shane se leva de son lit, alla dans la salle de bain et se passa de l’eau froide sur le visage. Il ne prit pas le temps de s’essuyer le visage, il se laissa tomber par terre, ses jambes tremblantes ne le supportaient plus. Il tremblait de tout son corps. Un cauchemar, ça n’avait été qu’un cauchemar. Il sanglotait encore cependant. Ce cauchemar était intéressant en soit puisqu’il mettait en lumière trois craintes. La première était celle de perdre son travail à cause de ses pitreries, où tout du moins de stagner pendant quelques années au même poste. L’enfer qu’il semblait vivre dans son cauchemar était retournant et semblait vacciner l’informaticien… Il devait travailler. C’était certain. Ca faisait quelques temps qu’il se disait qu’il jouait un peu trop avec le feu, depuis que Kathleen le lui avait souligné très exactement… La seconde de ses craintes, c’était Amélie. Depuis ce qu’il avait vu, elle devenait une ennemie, une rivale et Shane n’aimait pas ça. Troisième crainte : que Silvio fasse tout et n’importe quoi pour GARDER CE SECRET. Surtout n’importe quoi. Il s’allongea sur le sol carrelé et froid de la salle de bain. Non, Shane, il fallait garder la tête froide. Silvio n’irait pas jusque là pour protéger ce secret. Il te le demanderait avant tout de même. Non, Silvio n’était pas capable de lui faire ça. C’est parce que Shane commençait à manquer de lui qu’il imaginait tout et n’importe quoi. C’était affreux, il fallait absolument qu’il le voie demain, sans quoi il allait devenir complètement paranoïaque et allait péter un câble… Il prit son téléphone portable et lui envoya un « …. », ne trouvant pas les mots. Il ne pouvait pas non plus lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Il voulait simplement qu’il sache qu’à cet instant, Shane pensait à lui plus que jamais…

    Il retourna évidement se coucher, et le matin, il arriva en avance au travail. Il alla se promener dans les bureaux de la brigade anti-terroriste mais… Ne trouva pas Silvio. Avec la chance qu’il avait Silvio devait être en train de le chercher dans les bureaux de la brigade informatique, comme ça, ils n’étaient pas prêts de se trouver. Shane hésita à lui envoyer un message sur son téléphone mais… Mais quoi ? « Je veux te voir, j’en peux plus ! », « Pitié, dis-moi où t’es ! » Il ne trouva rien de très fin à lui sortir. Non vraiment, il n’était pas sorti de l’auberge… Il retourna dans sa brigade mais ne trouva pas encore Silvio. Il se résigna alors à se mettre au travail. La journée fut atrocement longue. C’était horrible ! Shane avait envie de hurler ! Il tournait en rond et ne le trouvait pas… Mais qu’avait-on fait de son Silvio ? A son travail, Shane devait fébrile. Un rien l’agassait, il commençait à devenir agressif et susceptible… Il réalisa : mon dieu, non… Pourvu que ce ne soit pas un rêve prémonitoire… Non, pas ça… Pourvu que ce ne soit pas ça… A la pause de midi, Shane accourut à l’Aedes dans le but de chopper Silvio quelque part… Mais non. Là encore disparu. Et le pire, c’était qu’Amélie aussi avait disparut ! Non, ne pas devenir cinglé…. Garder la tête froide…

    Il pouvait lui faire confiance à Silvio tout de même, non ? Si, ce n’était pas compliqué, faire confiance… Il ne lui ferait pas ça… Mais plus il ne le voyait pas, plus il envisageait le pire, ça devenait maladif. Ca fait plus de 24h qu’il ne l’avait pas embrassé, ni serré dans ses bras. Ca devenait difficile. Il devait le voir absolument. Ca devenait vital. Il ne trouva pas la force de manger. Il passa son temps à le chercher. Mais où était-il à la fin ?! L’après midi, entre deux travaux, Shane se la joua plus finement. Au lieu de faire toutes les salles en long en large et en travers au risque de ne pas le trouver, il se connecta aux caméras de Nosco. Pièce par pièce,, il cherchait son blond avec désespoir. Il eut envie de pousser un hurlement de joie lorsque son amant apparut sur son écran. Shane ferma son ordinateur et accourut. Mais quand je dis accourut, c’est vraiment ça ! Shane traça dans les couloirs. Puis, réalisant ce qu’il faisait, il se remit simplement à marcher, mais son cœur le tirait vers l’avant et lui hurlait qu’il n’allait pas assez vite que s’il continuait ainsi, Amélie allait arriver avant lui…

    Mais elle n’arriva pas avant lui. Dans la grande salle de la section anti-terroriste, Judikhael semblait en plein grand discours et ses brigadiers écoutaient. Shane n’avait pas la moindre idée de ce qu’il disait, il ne l’écoutait pas, il cherchait Silvio. Lorsqu’il le repéra, il se faufila discrètement vers lui, parmi la petite foule. Sa présence ne semblait déranger personne. Enfin, il arriva dans le dos de son brigadier. Il avait envie de lui sauter dessus et de l’éteindre mais… Mais il y avait des caméras et trop de gens ici. Dans le dos de Silvio, Shane posa son doigt, au niveau de ses reins. Dans la foule c’était invisible. Il traça de son index un cœur, un cœur qui voulait dire beaucoup de chose. Et puis il s’en alla. Lorsque Silvio avait du se retourné en sentant ça, il avait du voir Shane. L’informaticien se retourna, le regarda avec des yeux suppliants. Il s’engouffra alors dans une pièce à côté. Les toilettes.

    La pièce était vide, il n’y avait personne, même dans les deux cabines du fond pour les hommes qui étaient plus pudiques. Sur la gauche de Shane, un plan horizontal avec 4 lavabos. On devait avoir lavé l’endroit il n’y avait que peu de temps, car ça sentait la javel. Et Shane préférait ça que l’odeur qu’on trouvait habituellement dans ce genre de pièce. Pourvu que Silvio arrive vite. Shane trépignait sur place. Vivement qu’il arrive, il n’en pouvait plus ! C’était trop long ! Et puis, il entra, Shane se mit à sautiller sur place, tout heureux, mais il n’osait pas encore lui sauter dessus, au cas où Silvio aurait été suivi par quelques collègues. Mais non ! Shane avait le cœur qui battait. Silvio referma la porte et l’informaticien lui bondit complètement dessus. Il était tellement pris dans son élan qu’il renversa l’autre brigadier en arrière. Il avait plaqué une main derrière la tête de Silvio question qu’il ne s’explose pas le crâne contre le carrelage. Il était sur lui, assis à califourchon penché sur ses lèvres pour l’embrasser avec passion. Bon sang ! Il l’avait attendu ce baiser là ! Ses mains s’agrippèrent sur les vêtements de Silvio et n’étaient pas prêts de la lâcher. Il ne voulait plus le laisser partir maintenant. Bon, ce n’était pas qu’il se sentait mal allongé tout contre lui sur le sol des toilettes, mais si quelqu’un entrait subitement, il serait très difficile d’avoir l’air peu coupables dans une telle position. Il se releva et tira Silvio dans son élan.

    « J’espère ne pas avoir bousillé ton rancard hier ! »

    Fit-il sur un ton à moitié honteux d’avoir fait ça et à moitié satisfait.

    « Et non je ne suis pas jaloux ! »

    Il alla s’asseoir entre deux lavabos et attira Silvio contre lui, le calant entre ses jambes. Si quelqu’un entraient, Silvio aurait le temps de reculer et ils auraient l’air en simple conversation amicale. Il regarda Silvio, et, ne voulant pas lui mentir il corrigea :

    « Enfin si un peu… »

    Il se mit à rosir et corrigea encore sa correction :

    « Un peu beaucoup… »

    Il grimaça, baissa les yeux puis alla l’embrasser tendrement. Il le serra contre lui, si fort. Il alla caresser son dos, les doigts fortement présent, s’il avait eu des ongles comme une femme, il l’aurait griffé en agissant ainsi. Il le serrait si fort, comme s’il avait peur de le perdre. Il avait tellement de choses à lui dire, tout ce qui s’était passé depuis la dernière fois… Mais, il ne trouvait pas comment formuler ça très exactement…

    « Tu m’as manqué… Tellement manqué… Je veux plus qu’on refasse ça »

    Non, jamais plus une telle absence. Ca avait affecté l’informaticien, et il voulait que Silvio le sache. Il l’embrassa une nouvelle fois, encore et encore. S’il ne le savait pas plus tôt, maintenant, Shane en était certain. Ce secret allait le rendre complètement dépendant, complètement cinglé. Et plutôt deux fois qu’une.

    « Tu crois qu’on pourra dormir ensemble… Pour une fois ? »

    Shane y avait réfléchi de nombreuses fois. A chaque fois qu’ils se voyaient, c’était assez court, et il craignait tout le temps de voir soudain arriver quelqu’un. Un certain stress c’était installé chez lui, mais comment allait-il bien pouvoir gérer ça… Il avait envie pour une fois de rester dans ses bras plus que cinq minutes, sans craindre que quelqu’un n’entre. Seuls et vraiment seuls. Shane apportait cette idée, encore une fois, à la manière d’un caprice. Il savait que cette fois ce caprice serait difficile à réaliser sans que ça ne paraisse suspect. Déjà dans la tête de l’informaticien, il y avait renoncé.
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 14 Nov - 22:18

Ces deux semaines avaient étés... Eh bien, Silvio ne savait pas trop. Ses premières nuits avaient été hantées par l'idée de mal faire, de faire une erreur, une erreur qu'il n'oublierait pas de toute sa vie en Nosco. Ses premiers jours, il avait semblé presque maladif: pâle, avec quelques soucis de concentration. Mais il avait suffit qu'on le lui fasse remarquer pour qu'aussitôt il fasse tout pour ne rien laisser paraitre. Non, cela le troublait trop, il n'allait jamais pouvoir se faire à l'idée !
Dès le premier jour, il s'était dit qu'il était encore temps de mettre fin à cette histoire. Dès le premier soir, il avait attendu Shane dans un coin de bunker où personne n'était, à cette heure-ci, et où il faisait juste assez sombre. Il avait avec lui de quoi brouiller le son, ce petit appareil. Il l'avait mis en marchant en entendant son cher informaticien arriver. Il s'apprêtait à lui dire, mais... Shane avait des arguments. Diablement efficaces. Comment voulez-vous résister à ces lèvres, et à ces mains, et à ces bras...?
Les jours d'après, Silvio était déjà un peu plus à l'aise. Il avait remarqué que Shane avait dit aux autres qu'ils avaient conclu un certain marché, et qu'il avait bien été précisé que Silvio était hétérosexuel. Les apparences étaient sauvées. Sauf que... Voir Shane n'aidait pas Silvio à se décider à mettre fin à leur histoire. A vrai dire, il n'était pas certain d'avoir envie de se priver de ces quelques moments volés loin des yeux des autres. Il n'avait pas envie de se priver du plaisir masochiste d'attendre son amant, quelque part, de trouver le temps long, puis diablement court lorsqu'enfin il l'avait dans ses bras. Peu à peu, il s'était mis à rêver de ces instants, au lieu de re-penser à l'idée d'erreur...

Et puis, il y avait cette blonde à forte poitrine: Amélie. Silvio ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression de la voir plus que d'habitude, en ce moment, avec toujours tel truc à donner à Judikhael, tel document à lui rendre, tel machin à lui rappeler... A croire qu'elle s'était soudainement décidée à faire le tour des bunker pour récupérer tout ce qui devait aller à Judikhael. Quel intérêt ? Elle venait même le déranger à la cafétéria. Et en plus, elle lui racontait tous les potins du coin... Comment expliquer à une blonde aussi arrogante que son décolleté de façon subtile que l'on préférait manger seul ? Même en ne lui répondant pas, elle trouvait un moyen de monologuer... Encore, si elle avait eu une belle voix... Mais non !
Et là, Silvio comprit que plus qu'un ami, plus qu'un amant, Shane était un allié. Un allié contre les forces obscures des blondinettes collantes. En effet, mon brigadier eut du mal à dissimuler son rire et son sourire moqueur lorsque Shane le libéra enfin de la conversation de la demoiselle en salissant par la même occasion son chemisier. En plus, qu'on le touche, il trouvait cela gênant, surtout en public. Il offrit à son informaticien un regard complice... Mignonne ? Hu ? Euh, non, pas spécialement, quel était l'intérêt de lui faire remarquer ce mensonge ? Non, Silvio ne voyait pas. Vraiment pas.

Ce qu'il vit, en revanche, c'était le sms de Shane. Un sms qui disait, après traduction: ne compte pas sur ma présence ce soir. Silvio pesta, et reprit donc le chemin de ses appartements. Il l'avait vexé ? Il lui avait dit quelque chose de mal ? L'avait taquiné sur un sujet sensible ? Inutile de vous dire que mon brigadier mit du temps avant de s'endormir, du temps qu'il passa à se remémorer tout ce qu'il avait pu faire de mal. Au début, il ne trouva pas grand-chose. Mais avec le temps, la liste se rallongeait dangereusement, si bien qu'Amélie se perdit dans les méandres des fautes de Silvio.

Silvio frissonna, se mordit les lèvres et, aussitôt, un réflexe de survie, se retourna.
Shane ?! Mais qu'est-ce qu'il faisait là ? Etait-il fou ? Devant Judikhael, venir...! Tristan avait assez râlé lorsque Silvio était venu dans les bureaux des informaticiens. Comment avait-il fait pour se glisser jusqu'à lui sans faire de bruit ? Fou, complètement fou. Fou d'amour ? Fou tout court ! Silvio eut le temps de le voir partir vers les toilettes, avant de se re-concentrer sur ce que disait le patron. Depuis une bonne semaine, Silvio avait pu constater qu'il s'était remis à travailler comme avant, correctement. Sans doute parce qu'il s'était enfin fait à l'idée..
Il prétexta une envie pressante pour s'enfuir de la salle, sitôt le discours terminé. Il avait à peine fermé la porte qu'il se retrouvait à terre, avec une violente douleur dans le dos, et un poids sur lui. Mais ces deux sensations furent bien vite remplacée par une autre, plus agréable. Un baiser. Passionné, c'était peu dire ! A croire que Silvio revenait d'une bataille de dix mois contre les rebelles ! Enfin, il n'allait pas se plaindre. Ce n'était pas vraiment comme si cela lui déplaisait. Il répondit avec la même ardeur.
Il le laissa le relever, encore tout sonné par la chute, tout troublé par le baiser. Que racontait-il ? Son rancart ? Il n'avait pas eu de rancart ! Ah ! Enfin, Silvio comprenait: Amélie. Il n'avait pas envisagé que Shane puisse être jaloux de cette... Surtout que Silvio n'était pas attiré par elle ! Quel nigaut... Silvio lui rendit son étreinte et son baiser. Il adorait sentir les doigts de Shane dans son dos. Il aurait adoré qu'il le griffe... Il aurait voulu saigner...

"- Idiot... Tu n'as pas à être jaloux..."

Ses mains caressaient distraitement le dos de son bel informaticien. Il exagérait, vraiment ! Pour quelques heures ! Silvio était prêt à souffrir de ne pas le voir pendant des mois, si on lui assurait qu'il le revoyait ensuite ! Il se sentait capable de tout, pourvu qu'on lui laisse Shane ensuite. Son absence aurait été dure, mais il l'aurait endurée. Pour lui.
Dormir ensemble ? Eh bien... Si ce n'était que dormir... Silvio n'y voyait pas d'inconvénient. Mieux: il en avait envie. Avoir enfin des heures entières pour eux, et se réveiller avec lui dans ses bras...
Mais en attendant, ils étaient un petit peu visible pour n'importe qui qui entrait, là. Alors Silvio lui prit le poignet et l'entraina dans une cabine.

"- Ce soir, si tu veux...."

Il ferma la porte derrière eux et baissa le couvercle des toilettes avant de s'asseoir dessus. Il attira Shane contre lui, pour pouvoir à nouveau cacher ses lèvres dans son cou, profiter un peu de sa chaleur, de son odeur...
Et là, allez savoir ce qu'il se passa, mais l'un des deux dû pousser Silvio en arrière, car son dos s'appuya sur le bouton de la chasse.

"- Shane !" cria-t-il, en même temps que l'informaticien prônait son innocence.

Il ne put s'empêcher de ricaner, avant de le serrer à nouveau dans ses bras, sa tête posée sur son épaule. Quel nigaut. Il l'adorait.
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Judikhael Wienfield le Jeu 18 Nov - 1:50

Ils avaient repris le travail routinier et le train-train quotidien, autant que faire ce pouvait, tentant de réparer les dégâts, d'effacer toute trace de cette déplorable attaque aussi vite que possible, histoire que ces traces ne s'ancrent pas dans la mémoire des noscoiens. Les brigadiers s'étaient activés comme jamais pour gérer cette situation de crise, malgré leurs effectifs passablement diminués, que ce soit en morts ou en blessés. Car oui, la brigade avait mine de rien compté le plus de morts, touts noscoiens confondus. Il n'y avait rien de bien étonnant dans tout cela, quand on devenait brigadier, après tout, on savait bien à quoi s'attendre, du moins après quelques temps. Mais cela n'empêchait pas Judikhael de trouver cela fort préjudiciable et plus qu'éprouvant pour les effectifs restants.

Ils n'avaient pas pu laisser les brigadiers prendre réellement le temps de pleurer leurs camarades tomber au combat. Ils avaient du travail sur la planche, avaient assené les commandors. Pas le temps pour le deuil, pas encore. Ca viendrait plus tard. Et oui, le temps du deuil était venu, et Judikhael ressentait les effets pervers de ce... décalage. Il savait, au fond de lui, que ses hommes devaient lui en vouloir, comme tous les brigadiers avaient dû en vouloir quelque peu à leur commandor. Il savait au fond de lui que ses hommes auraient eu besoin d'un congé, de se changer les idées et de laisser leur peine s'étancher. Mais au lieu de ça...

Au lieu de ça, il avait joué parfaitement son rôle d'homme de commandement, paressant rude et intransigeant par moment. Il savait aussi que ses hommes comprenaient quelque part et ne lui en voudraient plus longtemps. Après tout, ce qu'il leur avait demandé, il l'avait exigé de lui-même aussi. Il avait perdu dans la bataille une bonne connaissance à lui, le second du commandor de la section de proximité. Et n'avait pas pu non plus le pleurer. Et ne l'avait toujours pas pleuré, car un commandor ne prenait pas ce genre de temps au final. Non, effectivement, pas de temps. Il y avait tant à faire.

Beaucoup trop, pour tout dire. Par moments, Judikhael se sentait submergé, dépassé, comme jamais il ne s'était senti ainsi. Il sentait bien que malgré tout ce qu'il voulait faire croire aux autres, il n'avait toujours pas retrové, après tout ce temps, ses totales capacités. Il s'appuyait beaucoup sur son second, peut-être un peu trop d'ailleurs, mais malgré tout cela, il n'était plus tout à fait lui-même. Il se sentait souvent à la limite d'un nouveau dérapage. Et ne savait que faire pour se sortir de ce qu'il sentait comme une impasse.

Il était ainsi, comme souvent, à donner ses nouvelles directives de la journée à son second, quand, ) peine son discours fini, il vit le jeune homme filer pour une envie pressante. Quelque peu surpris tout d'abord de ce brusque départ, il se ressaisit, et se prit à penser que, lui aussi, était aussi un homme et avait une vessie à vidanger. Cela faisait depuis plusieurs heures dès lors qu'il n'avait pas pris une petite pause. Et homme qu'il était, son corps avait mine de rien des besoins qu'il ne pouvait totalement ignoré. Il se décida donc à lui aussi suivre les traces de son second. Et puis il avait aussi des médicaments à prendre mine de rien, ce serait aussi l'occasion de les prendre en toute discrétion... quand son second serait de nouveau parti.

Se disant, il entra donc dans les toilettes, avisant d'un regard noir la caméra placée à l'entrée, qui, heureusement, ne filmait que la sortie des toilettes et n'enregistrait rien de ce qui pouvait se passer à l'intérieur. Depuis une certaine mésaventure, il avait les caméras en horreur. Bref, il entra donc... et fut surpris de ne pas y voir son second. Un bruit de chasse d'eau en fin de chasse, un bref chuchotement, crut-il entendre, puis... plus aucun bruit. Rien. Personne. Du moins à première vue. Si ce n'est une cabine de toilette fermée. Sans doute Anthelmios y était-il, pensa-t-il alors en reprenant sa route, direction les urinoirs. Et non n'imaginez pas que nous allons décrire la suite, le reste du récit sera passé sous silence.

Enfin jusqu'à ce que... en pleine action, Judikhael entende un nom. Le nom de son second. Silvio. Chuchoté par une voix. Qui n'était pas celle de Silvio. Mais une voix qu'il connaissait pourtant bien. Celle d'un certain Lewis. Lewis qu'il avait effectivement vu passer il y a quelques minutes alors qu'il parlait à son second tout à l'heure. Lewis, dont la voix semblait venir de la seule et unique cabine fermée... là où il aurait cru que Silvio se trouvait.

Non rectification. Là où Silvio devait se trouver, se corrigea-t-il rapidement, quand il entendit une autre voix chuchotée répondre. Celle de Silvio cette fois-ci. Manquant de s'étouffer et sentant son coeur rater un battement, il sentit un liquide chaud goutter sur ses chaussures. Dans sa surprise il s'était uriné presque dessus. Heureusement, ces bottes avaient tout pris, et non le pantalon, pesta-t-il tout en finissant rapidement, en poussant des jurons à faire palir d'envie les charettiers qu'il ne devait pas avoir en Nosco, même si à voix basse, et en se rhabillant rapidement de façon descente.

Se lavant rapidement les mains, et se les essuyant à la va vite, il s'empressa d'aller ensuite ouvrir la cabine. Qui bien entendu ne s'ouvrit pas, puisque fermer de l'intérieur. Il ne s'encombra pas de détails, toutefois, et poussa un rude coup d'épaule, jurant sous la fine douleur qui lui vrilla ladite épaule et...

Et resta bouche bée devant le spectacle qu'il eut sous les yeux. Silvio. Assis dans une position indécente sur la lunette des toilettes fermée. Shane sur lui. Leurs mains... leur corps... tout dans leurs gestes et leur posture... aurait fait penser à deux... deux... amants ?

- Que faîtes-vous là ? S'entendit-il répondre, d'un ton presque atone, dans un état second.

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La vérité, comme la lumière, aveugle.
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Shane M. Lewis le Ven 19 Nov - 15:51

    Idiot, Silvio le lui disait. Oui, en effet, de nombreuses fois, il s’était trouvé idiot d’avoir été jaloux de la sorte. Il haussa les épaules et l’embrassa encore une fois. Silvio ne pourrait pas lui enlever ça. Sa jalousie faisait comme partie de lui et chaque fois qu’il voudrait la détruire, elle ressurgirait d’autant plus forte au moment où il le faudrait le moindre. Alors il tâcherait de la manifester, de temps à autre comme il le pouvait et plus faiblement que si elle devait soudain, ressortir d’une seul coup. Et puis Shane lui avait posé une question qui lui tenait à cœur. Dormir avec Silvio hantait son esprit un peu plus chaque jour. Il en avait envie, pour être au calme avec lui, sans craindre qu’on les surprenne soudain. Silvio le prit par le poignet et l’entraîna dans une cabinet, isolé, et là, il lui annonça quelque chose qui soulagea Shane ! C’était oui ! Il voulait bien dormir avec lui ! Et ce soir !

    « Oui ! Oui, je veux ! »

    Il passa ses bras autour de son cou, laissant à Silvio le soin de fermer la cabine à clé. Il n’aimait pas ça, vraiment. Sa claustrophobie lui demandait hurler de crainte, mais là, contre Silvio, les yeux dans les siens, il oubliait tout. Absolument tout. Silvio s’était assis sur les toilettes, Shane se posa sur ses genoux, ravi. Il replia ses jambes jusqu’à ce que ses talons se maintiennent sur le bord. Il était de se fait recroquevillé tout contre Silvio. Il l’embrassait pour le remercier. Il avait tellement eu envie de dormir avec lui et ce soir, ce serait enfin possible. Il respirait doucement son odeur, dans son cou. Il força peut-être un peu trop sur les caresses car soudain, la chasse d’eau fut actionnée. Shane fit de gros yeux lorsqu’il entendit ça et lorsque Silvio le nomma responsable :

    « Hein ?! Mais c’est pas moi ! »

    Il se mit à rire avec lui. Il alla à nouveau joindre ses lèvres aux siennes, c’était euphorisant, à chaque fois un peu plus. Il se sentait soudain partir ailleurs, loin, très loin d’ici, loin de cette cabine close, loin de cet endroit caché, loin de Nosco en fait, il n’y avait plus que Silvio et lui. Et c’était cette sensation qu’il voulait retrouver cette nuit, à dormir avec lui, tout contre lui, sans soucis aucun. Il alla enfouir son nez dans son cou, dérobant ses lèvres, toujours avec cette envie de se faire désiré. Il alla lui mordiller la peau, il avait envie de le mordre, de le marquer comme lui appartenant, mais d’un point de vue de la discrétion, ça n’aurait pas été très efficace. Il serra un peu plus sa peau entre ses dents, voulant lui faire une légère trace rouge qui partirait rapidement quand soudain, la porte fut dégondé. Sur le coup de la surprise, Shane avait refermé la mâchoire. Il avait du le mordre jusque sang. Il sentait le goût de celui-ci dans sa bouche. Ah bah bravo ! Et puis cœur de Shane fut soudain pris d’un poids violent… Quelqu’un, quelqu’un les avait vu. Il avait si mal soudain d’autant plus que deux points venaient s’ajouter à ça. Shane ne le voyait pas, mais, au son de la voix, c’était Judikhael, le patron de Silvio. Ils ne pouvaient pas pire tomber… Après la scène dans les douches, maintenant ici… Bon sang ! (Et blague appart : ET de deux ! (Portes), j’vais fonder une association avec Allan u-u) ET deuxième point, certainement le pire, il avait soudain peur. Le pacte conclu avec Silvio stipulait que leur histoire devait rester un secret. La révélation du secret entraînait-elle une rupture du pacte. Non… Pourvu que non. Son nez devint rouge, ses yeux aussi. Il était terrorisé et c’était peu de le dire, son sang s’était glacé, il avait les larmes au bord des yeux.

    Il se défit rapidement de Silvio dans un geste furtif, d’un air de dire que les apparences étaient trompeuses, qu’ils n’étaient pas en couple. Il s’adossa contre une paroi. Et le plus frappant c’était certainement ses larmes dans les yeux de l’informaticien, larme sur le point de couler. Son cœur restait en suspens. Shane pensait bien que Silvio comprendrait vite la raison de ses larmes, il comprendrait bien que Shane ne voulait pas le perdre, pas si tôt. Il comprendrait que Shane craignait que si le secret était dévoilé, il n’y aurait plus de ‘nous’ à traiter entre Silvio et lui. Mais… Mais pour Judikhael, que seraient ces larmes. L’idée traversa Shane d’utiliser cette peine et la détourner en force.

    « C’est juste que… »

    Que ? Et bien il comptait bien sur Silvio pour trouver une bonne explication, car au final, il pourrait y en avoir pas mal, dont la meilleure serait sûrement que Shane n’avait pas encore été convoqué par Tristan et qu’il craignait cela, d’autant plus qu’il n’avait pas été spécialement sage depuis. Hors mis son travail qui avait connu une croissance sans précédent, il avait tout de même mis en miette l’ordinateur de Lisbon, et ça ne risquait pas de jouer en sa faveur. Alors, un peu trop terrorisé, il aurait pu chercher du réconfort auprès de quelqu’un, il aurait été voir son bon ami. Et pour le fait qu’ils se cachaient ? Et bien, c’était simple. Au vu des rumeurs récentes, il aurait été vu étrangement (voir comme un aveu) Shane dans les bras de Silvio. Cependant, le cœur de Shane était bien trop lourd, pris par la crainte de perdre Silvio pour que tout cela sorte de sa bouche. Il savait qu’il n’aimerait pas entendre le son de sa voix brisé par la crainte, par pure fierté. Il regarda le sol alors, espérant pouvoir faire disparaître sa crainte.

    « …Il… »

    Cherchait à me réconforter ? Non, il avait beau essayé, ça ne sortait pas. Et pourtant, il avait tellement envie de tenter le tout pour le tout, pour garder son Silvio. Peut-être que si leur secret était tout de même préservé, malgré les apparences qui allaient absolument contre eux, il pourrait garder Silvio. Et pourtant, pourtant ça ne venait pas.
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Silvio Anthelmios le Sam 20 Nov - 19:09

"- Nigaut..."

Silvio profita tout de même du bruit de la chasse d'eau pour laisser échapper un petit "mmmh" ravi, lorsque Shane reprit ses lèvres. Ils dormiraient ensemble. Passer toute la nuit à profiter d'une présence qu'il n'avait habituellement que par morceaux de cinq minutes disséminés dans la journée... Que demander de mieux ? Silvio ne regrettait pas d'avoir dit oui. Et si le "dormir ensemble" de Shane était différent du sien ? Silvio savait aussi se battre à mains nues... Mais non, ils dialogueraient ! Puis pour la discrétion face aux cameras... Silvio y réfléchirait le moment venu. Mais il avait déjà un semblant d'idée.
Il sentit, dans son cou, le souffle de Shane, et ses lèvres. Il ferma alors les yeux, pour profiter au mieux de cette sensation. Ses mains caressaient le dos de son amant, l'incitant à continuer encore... Oui, les lèvres de Shane avaient le don d'être très addictives. Silvio ignorait ce qu'elles avaient de plus que les autres, mais ça marchait ! Il se sentait si bien... Comment aurait-il pu vouloir s'en détacher ?
Ses doigts griffèrent le dos de Shane, lorsqu'il sentit ses dents sur la peau de son cou. Il adorait. S'ils n'avaient pas risqué tant, il aurait voulu la marque de Shane, sur son cou... Et la sienne, sur celui de Shane, pour bien montrer que "ça, c'est à moi, personne y touche !". D'ailleurs, il se pencha à son tour sur le cou de son bel ami, y posa ses lèvres et...

Et sursauta violemment, surpris par le bruit soudain de la porte, et la douleur de la morsure qui lui arracha un cri de douleur.
Son coeur s'arrêta de battre un moment: face à lui, son patron.
Autrement dit, la dernière personne qu'ils auraient voulu voir en ce moment précis. Autrement dit, Silvio pouvait affirmer que c'était un cauchemar, et qu'il allait se réveiller vite, très vite. Il sentit comme une boule dans sa gorge, en pensant que c'en était peut-être fini de sa carrière. Non... Pas déjà... Et pourtant, vous voyez une façon crédible d'expliquer ce qu'ils faisaient là, enlacés ?
Shane se leva vite. Lui aussi. Bon sang, et il risquait aussi de perdre Shane... Non, il ne voulait pas. Il lui avait dit qu'ils dormiraient ensemble ce soir. Il en avait envie... Pourvu qu'on ne les sépare pas.

"- C-c-c'est pas ce que vous croyez..."

Ses joues s'étaient teintées de rose, et sa main s'était nerveusement crispée sur le tissu de son manteau, au niveau des côtes. Il posa son regard sur Shane. Lui aussi n'en menait pas large. Lui aussi devait avoir peur... Ca se comprenait. Ils étaient dans le même caca.
Que dire ? Qu'inventer ? Mais bon sang, comment être crédible ? Silvio avait de l'imagination, comme tout le monde. Mais là, soit elle fuyait, soit la situation était vraiment désespérée.... La situation était aussi désespérée que lui. Et le regard qu'il posait sur Shane était comme le murmure d'une excuse.

"- Enfin... C'est... On ne voulait pas..."
*être surpris.*

Son regard se tourna vers son patron, vers la malheureuse porte, vers l'épaule de son patron. Qu'avait-il cru pour avoir besoin de défoncer cette malheureuse porte ? ils risquaient peut-être beaucoup plus encore que ce qu'ils croyaient.
Silvio baissa le nez, ne pouvant supporter le regard de son patron. Il s'appuya au mur, face à Shane, avec toujours cette main qui donnait l'impression qu'on lui avait donné un coup dans les côtes. Il souffrait à l'avance de ce qui se préparait. Cette situation qu'il avait tant crainte...
Une petite voix en lui murmura "j'avais raison, tu n'aurais jamais dû prendre ce risque. L'avantage, c'est que tu ne risques pas de recommencer". Shane... Comment une si belle histoire pouvait se finir si vite ?
Pour Silvio, c'était déjà fini. Il se mordit la lèvre. Fini.... Heureusement qu'il ne savait pas pleurer. Il n'aurait pas supporté que son patron le voie pleurer après l'avoir vu... Avec un homme...
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Judikhael Wienfield le Lun 22 Nov - 17:34

L'espace d'un instant, le cerveau de Judikhael sembla faire un black out, comme déconnecté par cette vision étrange de deux hommes, ensembles, sur une cuvette de toilettes, à se faire ce que seuls un homme et une femme se faisaient selon les critères du commandor, du moins jusqu'à ce qu'il ait cette vision. Oui, déconnexion totale, comme si ses neurones déclaraient forfait face à cette forfaiture qu'il semblait incapable alors de gérer. Surtout venant de son second. SON second... Pas n'importe quel noscoien lambda qu'il ne croiserait que de temps à autre et qu'il aurait vite fait d'oublier, mais son second ! Comment était-il censé gérer ça ?

Ce n'est qu'aux premiers mots de Shane, vaine tentative du gosse de lui expliquer la situation, qui, selon lui, se passerait de mots justement pour être expliquée, car aucune explication n'était utile alors, qu'il reprit possession de ses facultés de penser. Et comme pour prouver ces dires, mille et une questions vinrent l'assaillir subitement, sans même crier gare, tel un char d'assaut donnant la charge sur l'ennemi. Etait-ce bien ce qu'il pensait ? Cela en avait tout l'air. Mais... était-ce seulement possible entre deux hommes ? Une petite voix lui soufflait qu'il le savait très bien, qu'après tout ce n'était pas comme s'il n'en avait jamais entendu parler. C'était juste que... Pour la première fois de sa vie on lui mettait la "chose" juste sous son nez. Là où il ne pourrait l'ignorer. Et comment cela se pouvait-il de la part de son second ? Etait-ce un mal ? Ou n'y avait-il rien de répréhensible ? Etait-ce contraire au règlement ?

Non, répondit-il, rien de contraire au règlement, dut-il en convenir. Rien de répréhensible. Un choc pour lui, certes, mais rien de répréhensible. Alors pourquoi ce choc ? Sans doute parce que cette relation lui paraissait... étrange. Contre-nature ? Non, sans doute pas, si les sentiments étaient vrais. Combien de fois Artémia lui avait-elle dit que, peu importe les genre, du moment que les gens s'aimaient ? Sans doute avait-elle raison. Elle entendait mieux ce genre de choses que lui, il devait l'avouer.

Mais il était tout de même choqué. Car il ne s'y était pas attendu, ou n'avait pas voulu s'y attendre, et avait préféré se voiler la face en se disant que jamais une telle relation ne le frapperait de près. De près... Son second était-il devenu si près, si proche, de lui pour que soudain cela le gêne ? Le choque ? Le perturbe au point qu'il en perde et ses mots et sa contenance ? Il fallait le croire.

Et qu'était-ce que ces larmes versées par le jeune informaticien ? Judikhael n'était pas arriéré au point de penser qu'un homme ne devait pas pleurer, mais disons que voir un homme pleurer en public... Bon, d'accord, il avait peut-être des idées parfois arrêtées et un brin arriérées, il voulait bien l'avouer. Mais était-ce sa faute à lui si on le mettait ainsi à si rude épreuve ?

"- C-c-c'est pas ce que vous croyez..."

Pas ce qu'il croyait ? Mais qu'est-ce que son second croyait qu'il croyait ? En tout cas, pour Judikhael, la situation était on ne peut plus claire. Lui aussi avait fricoté parfois dans les toilettes... avec une femme toutefois. Mais bon, détail que tout cela, diraient certains. Qu'on ne croit pas en tout cas le vieux noscoien qu'il était si âgé qu'il n'avait aucune idée de ce qui s'était tramé dans ces toilettes.... Et comme pour confirmer ses pensées, les joues rosies des deux fautifs et les mains nerveuses étaient un aveux à elles seules...

- Hum, fut d'abord tout ce que réussit à répondre Judilkhael fort éloquent, se recomposant difficilement après un tel choc.

Qu'était-il censé dire ou faire après un tel... événement ? Cherchant désespérément que répondre, il laissa son regard errer sur l'environnement, ses perles glace se portant sur la porte brinquebalante qui pendouillait sur un gond. "Et une porte,une !" Ne put-il s'empêcher de penser, en désespérant d'avance face au savon que l'Impératrice ne manquerait pas, encore, de lui servir, après de tels dégâts. "Et une épaule, une !" Rajouta-il mentalement tandis qu'il sentait un lancinant élancement pulser dans son épaule meurtrie. Cette fameuse épaule qui portait une de ses dernières cicatrices, celles si savamment déchiquetées par les griffes d'une créature lors de son séjour chez les rebelles... C'est Anna qui serait contente, tiens...

Non, vraiment, finalement, il préférait encore penser aux deux morveux qui attendaient visiblement son verdict. C'était en fin de compte beaucoup plus facile à gérer qu'une Impératrice en colère et qu'un glaçon de médecin qui l'incriminerait de le faire exprès. Plus facile... ou pas. Rhaaa, pourquoi sa vie devenait tellement si compliquée ces derniers temps ?

- Qu'importe ce que je crois, parvint-il enfin à articuler d'une voix rauque, la gêne s'y ancrant sans aucun scrupule. Et qu'importe ce que vous pouvez bien faire entre... vous... et dans... les toilettes...

Oui, gêné, très gêné, rien qu'à la pensée de ce que lui faisait dans les toilettes avec certaines compagnes. Et de ce que cela voulait dire pour ses deux brigadiers.

- Pas que cela me gêne, mentit-il alors que le rouge lui montait à lui aussi aux joues.

Etait-ce une impression ou il s'enfonçait royalement ?

- Du moment que le travail est fait...

Il parlait du travail de brigadiers, hein... Tout le monde avait compris de quel travail il parlait, n'est-ce pas ? et comme pour appuyer ses dires, et atténuer ce soudain doute qui l'étreignait, il lança un lourd regard sur les deux brigadiers.

Et tourna les talons. Ce n'était pas comme s'il avait encore quelque chose à faire ici, n'est-ce pas ? Et puisque tout ce qu'il disait ne faisait que le faire se rendre plus ridicule encore... Mieux valait se taire.

Direction lavabo, où il se lava de nouveau les mains, plus par automatisme, pour se redonner une certaine contenance, qu'autre chose. Se faire sécher les mains lentement sous l'automate de séchage. Regarder ses mains et uniquement ses mains, dans un lourd silence. Croiser un regard soudain dans un miroir, ne pas détourner le regard, puis lâcher un long soupir tout en restant ainsi les yeux dans les yeux avec son second, hésiter un instant, puis se décider à rassurer les gamins qui le mettaient pourtant dans un embarras sans nom.

- Je ne parlerai de rien. Votre petit... secret... ne sera pas divulgué par moi. Mais... nous sommes en Nosco. Où tôt ou tard tout se sait, ou presque. Malgré toutes vos précautions, avertit-il tout de même.

Non, lui ne dirait rien. Mais si les deux gosses croyaient que leur secret resterait secret longtemps, justement, c'était qu'ils se mettaient le doigt dans l'oeil. Rien n'était secret en Nosco. Donc autant assumer rapidement ce choix, avant que d'autres ne vous les fassent assumer de force...

Se disant, il préféra ne plus s'attarder et sortir, se massant l'épaule alors peu à peu douloureuse. Ce n'est qu'une fois à deux pas de la porte d'entrée des toilettes, qu'il s'arrêta, sans se retourner, et lança par dessus son épaule :

- Les frais de porte seront pour vous, si cela ne vous gêne pas.

Bien entendu, tout ceci n'était que pure formule de politesse. Que cela les gêne ou non, Judikhael avait bien l'intention de leur imputer cet épisode porte cassée sur leur dos. Il n'avait pas envie de rendre des comptes, encore une fois, à l'Impératrice. Pas que payer le gênât grandement. Mais bon... devoir encore faire face à une Pépi en colère... non, de non, s'il pouvait s'en passer ces temps-ci où il avait assez accumulé de bourdes... Peut-être ne serait-elle pas dupe ? mais bon, à défaut de preuves...

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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Shane M. Lewis le Mar 23 Nov - 12:05

    De toutes évidences, Silvio ne sembla pas plus apte que lui à faire la moindre excuse. Shane aurait soudain voulu sortir quelque chose n’importe quoi, pourvu que ce soit vraisemblable mais, décidément la chose ne voulait pas venir. Il avait comme une boule dans la gorge et un poids sur les épaules. Il avait regardé Silvio, un instant, il sentait qu’il allait finir par pleurer si on ne les laissait pas. Il avait l’impression que Silvio allait lui dire, d’une minute à l’autre que c’était fini. Ses sentiments étaient ardemment éprouvés, il avait mal en lui. Et puis, plus il se sentait mal, plus il avait l’impression que les murs de la cabine se refermaient sur lui, un peu plus chaque seconde. Il avait l’impression que les mètres carrés de surface au sol se réduisaient. Il n’y avait peut-être plus de porte, mais la carrure de Judikhael dans l’unique entrée et sortie lui suffisait à imaginer ce quatrième mur qui rendait l’espace clos. Shane avait alors remonté une main doucement et commençait à tirer légèrement sur son col, espérant ainsi étouffer de moins en moins. Le « hum » du commandor qui laissait son verdict en suspens n’arrangea pas son cas. La cabine était soudain devenue petite, si petite, trop petite. Il tirait un peu plus sur son col, et il avait le sentiment d’étouffer. C’était stupide sûrement, et c’était totalement faux mais les murs se resserraient encore, comme un cercueil. On l’enfermait, on voulait l’enterrer, on voulait le tuer. Il devint soudain anxieux. Pourquoi ne faisait-il pas des issues de secours dans les cabines de toilettes ? Non, non, réfléchis un peu Shane, c’est n’importe quoi ce que tu racontes…

    Aux paroles de Judikhael, Shane ne douta pas que celui-ci avait parfaitement compris ce qui se tramait entre eux. C’était si clair en même temps. Que voulait-il bien faire sur les genoux de Silvio blottit contre lui ? Il ne se sentait pas bien. S’il pouvait d’ordinaire compter sur la simple présence de Silvio pour lui faire oublier que les murs étaient proches de lui, là, dans la situation actuelle, il n’y avait rien qui lui permettait de se raccrocher à lui. Il avait déjà l’impression de l’avoir perdu. Il avait l’impression que si leur secret était découvert, comme c’était le cas présentement, leur petit contrat prendrait fin inévitablement. Et déjà, ses mains lui manquaient, son regard lui manquait, sa voix, son corps, son âme lui manquaient. Silvio était soudain si loin de lui, après avoir été si proche, quelques secondes plus tôt, car il avait été blotti contre lui, Silvio lui avait même promis qu’il pourraient dormir ensembles ce soir. Et il y avait une unique condition à cette promesse, celle qu’ils soient toujours ensemble. Silvio était si loin de lui, et les murs eux, continuaient leur approche dangereuse. Effet de son pur esprit, mais Shane sentait déjà que les murs le touchaient, tout contre lui, comme dans une boîte dans laquelle l’espace se réduisait encore. Et ça ne s’arrêtait pas, toujours pas. Il entendait la voix du commandor parmi un bourdonnement à ses oreilles, le battement de son cœur à ses tempes. Il parlait de non gêne, de travail. Shane fixait les mains de Silvio, donc une serrait nerveusement ses vêtements, au niveau de son ventre. Elle lui manquait déjà cette main. Il ne voulait pas le perdre. Il voulait sortir, il voulait de l’air, mais il n’avait pas trouvé de parole pour formuler une histoire vraisemblable tout à l’heure, ce n’était pas pour lui demander là, de se pousser, de le laisser sortir, juste sous le prétexte qu’il était claustrophobe. Plus que de sentir les murs contre lui, l’encercler, l’étouffer, il les sentait à présent exercer une pression sur tout son corps. Les murs se resserraient encore, Shane tirait d’avantage sur son col, nerveusement cette fois, bien que cela ne se voie pas tant que ça. Il était pris de vertige, il voulait qu’on le laisse sortir ou il allait d’écrouler sur le sol. Il commençait à paniquer, intérieurement, sans signe vraiment apparent à l’extérieur, si ce n’est cette main nerveuse qui tirait sur son col. Il voyait les murs bouger. Trouble de la vue ? Certainement. Son air s’amincissait. Il sentait les murs compresser sa cage thoracique, il avait cette sensation que ses os se brisaient. Il fermait les yeux, essayant de se calmer, mais plus rien à faire, dans sa tête, c’était la panique. Il avait envie de hurler. Il ouvrit brusquement ses yeux. Il voulait hurler, mais il s’en empêchait. Il retenait ça à l’intérieur de lui. Et puis…

    Et puis Judikhael tourna les talons, Shane se précipita à l’extérieur, s’adossa contre le mur le plus proche de cette pièce déjà plus grande. Il revenait déjà un peu plus à lui. C’était moins une. Il retrouvait son souffle, comme s’il venait de subir une dyspnée. Il regarda Judikhael se laver les mains en leur lançant des regards pour le moins mécontent dans le miroir. Et puis, une phrase magnifique. Il gardait le secret pour lui. Il s’accrocha soudain à celle-ci, comme s’il s’agissait d’un espoir pour garder Silvio. Mais la fin de la réplique de Judikhael n’annonçait rien de joyeux. Il était vrai que tout finissait par se savoir à Nosco. Cela mit un coup sur le cœur de Shane car il ne voulait pas que ça affecte Silvio. Et puis Judikhael sortit, laissa à la charge des deux la porte brisée. A vrai dire, c’était le cadet des soucis de l’informaticien pour le moment… A nouveau, ils étaient seuls. Il chercha à reprendre contact avec le second :

    « … Silvio ? … »

    Il serra les dents puis alla vers lui. Il devait être sous le choc, il n’en doutait pas. Il avançait doucement, question que ça ne se voit presque pas. Il prit la main de Silvio, celle qui tenait nerveusement ses vêtements au niveau de son ventre. Il voulait renouer vite avec lui, avant que Silvio n’ait le temps de profiter de ce semblant de séparation. Il serra un peu plus sa main, caressa ses doigts. Il s’approcha encore et se colla tout contre lui. Il glissa sa tête dans son cou, il tremblait de peur que le brigadier le repousse.
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

Message par Silvio Anthelmios le Sam 27 Nov - 1:47

Un instant, Silvio eut une intense envie d'arrêter de respirer, pour échapper à la suite. Il le fit. Mais pas trop longtemps, comme si son instinct lui avait hurlé de garder espoir, sachant ce qui allait se dérouler.
Pourtant, et même si le patron se voulait peut-être rassurant, ses mots ne faisaient que convaincre Silvio que, comme prévu, cela ne laissait pas Judikhael indifférent. Comment cela aurait-il pu le laisser indifférent ? La dernière fois que Silvio avait vu son supérieur aussi gêné, la dernière fois qu'il l'avait vu rosir de cette façon, c'était devant l'impératrice. Mais l'impératrice s'était-elle sentie coupable de sa gêne ? Non. Silvio, lui, était coupable. Les gens autour de lui le savaient bien: deux hommes qui s'aimaient, ce n'était pas normal...
Enfin, là, le patron ne semblait pas vraiment pensait à deux hommes qui s'aimaient, mais plutôt qui... Non... Silvio eut une grimace. Comment pouvait-il croire ça de lui ? Surtout là, dans les toilettes... Même avec une femme, Silvio n'était pas sûr qu'il se le serait permis. Un peu de tenue, bon sang ! Et surtout... Pas de ça entre lui et Shane. Non... C'était sale. Il n'aimait pas. Et Shane s'en passait très bien pour le moment, alors la question ne se posait pas...
...Ils n'avaient rien fait, dans ces toilettes, bon sang ! Ca se serait vu, entendu ! Judikhael avait de l'imagination, c'était bien, mais il aurait pu se rendre compte tout de même que le câlin avait été chaste !
Le mieux aurait tout de même été qu'il ne se rende compte de rien du tout. Comment Silvio allait-il pouvoir parler à son patron comme avant ? Maintenant, Judikhael allait croire des choses... Des choses fausses... Il allait se dire que Silvio aimait les hommes. C'était faux. Il... Juste Shane. Pas les autres. Mais comment l'expliquer ? Pour Silvio, cela relevait du défi. Il n'aimait pas parler de ses choses-là...

Son regard croisa celui de son patron. Le regard de Silvio était... Emprunt d'une sorte de tristesse honteuse, qu'il tentait tant bien que mal de camoufler derrière un air renfrogné...
Le point positif était le secret. Gardé. Secret gardé, Shane conservé. Ce fut un premier soulagement pour mon brigadier. S'il avait l'impression que rien ne serait plus jamais pareil entre lui et son patron, il savait maintenant qu'il avait toujours Shane. Shane, c'était des instants partagés, c'était son odeur, sa peau, et ce corps dans ses bras. Et ces lèvres, aussi. Et ce combat quotidien pour le voir.
Le combat allait être plus ardu, désormais. Les mots de Judikhael n'étaient pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Entendre énoncé par quelqu'un d'autre que tout finirait par se savoir faisait un autre effet à Silvio, comme un autre: plus question de prendre des risques, pour des instants aussi fragiles. Désormais, ils seraient plus prudents. Tant pis... Ils se vengeraient en dormant ensemble, que voulez-vous.
Silvio sursauta.

"- QUOU-A ?! Mais cela nous gêne ! Ce n'est pas nous qui avons cassé la porte !"

Ce n'est qu'après que Silvio songea qu'il devait peut-être ça au patron, en échange du secret gardé. Mais quand même... Ca faisait cher payé. Et il fallait faire comprendre au patron que ce n'était pas bien de casser les portes. L'éducation des supérieurs demandait parfois de l'insolence, mais elle était nécessaire.
Il sentit la main, sur la sienne. Comme un filet d'eau chaude sur son corps glacé: il avait envie de se noyer dans cette eau brûlante. C'était un peu de réconfort, quand il en avait besoin, savoir qu'il était toujours là. Silvio le laissa faire, mais n'osa encore bouger. Seule sa main témoignait à Shane qu'il n'était pas insensile: ses doigts serraient doucement les siens, une étreinte, un câlin miniature.

"- Nous ferons plus attention..."

Il aurait voulu serrer Shane contre lui, cacher ses lèvres dans son cou, mais... Plus tard. Ce soir, il se vengerait... Héhéhé...
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Silvio Anthelmios
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Re: En flagrant délit [12 & 327]

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