Affronter ses peurs [Elyan]

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Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Sam 13 Nov - 22:42

Il y a toujours ça. Il y a toujours eut eux. Eux deux. Eux trois. Eux et eux seuls, à se tenir la main, à se sourire, à s’épauler, à se sentir uni par un lien qu’ils ne comprenaient pas, qu’ils ne saisissaient pas, aucun d’entre eux. Eux qui avaient été unis par ce qu’ils ignoraient. Eux qui se tenaient debout, devant l’enceinte. Eux qui affrontaient tout, ensemble, main dans la main, tête haute, ou aussi haute que possible le permettait, du moins. Du haut de leurs quatorze ans respectifs… non… du haut de leurs cinquante troisième anniversaires. Car oui, c’était leur anniversaire, à ce jour, en ce jour, mais ils gardaient ce même chiffre en tête : quatorze. Intarissable. Continuellement. Éternellement. Cinquante-trois ans… C’était long. Terriblement long. Même s’ils n’étaient pas les plus vieux, pour Tobi, le temps à son obsession délicate, son attention toute complète, à moitié du moins, l’autre qu’il laisse à la Congrégation, à ses murs, à ses secrets. Ses secrets… Le blondinet ne disait rien. Il gardait tout cela pour lui. Ses frères même ignoraient tout. Il avait pour son dire qu’ils devaient découvrir par eux-mêmes la vérité. Que lui-même ne la connaissait pas entièrement, même s’il savait bien des choses.

Les doigts pâles tapaient rapidement sur le clavier, seul bruit qui trahissait la présence d’un intrus dans cet unique pièce, cet unique silence qui l’étouffait depuis quelques heures déjà, heures passées là, à s’arracher les yeux sur ce petit écran lumineux, à replacer ses lunettes sur son nez, à voir ses paupières lourdes se fermer, à secouer la tête pour se réveiller. Être là à s’efforcer de ne pas s’endormir nez à nez avec un clavier sale, où l’on retrouver quelques petites miettes du repas très peu ragoutant. Il n’aimait pas Nosco et sa nourriture infecte déshydratée ou il ne savait trop quoi encore, en fait. Il n’aimait pas Nosco et son manque pour ce qui est ancien. Il n’aimait pas Nosco pour sa trop grande avancée technologique à laquelle, il devait bien l’avouer, il n’y comprenait pas grand-chose. En dehors de cet ordinateur là, mieux valait ne pas trop lui en demander.

Ils n’étaient pas ensemble. Tobias ne les avait pas vus de toute la journée. Et ils ne s’étaient pas efforcer pour venir lui souhaiter bon anniversaire, alors fit-il de même. Il n’avait donc pas bougé, enfermé la, mutisme dans lequel il vivait depuis quelques jours déjà fixé sur cet écran qu’il se refusait d’abandonner pour X raison. Désespoir. Flagrant désespoir, en vérité… Le jeune blond semblait perdu dans ses songes, un regard aussi dur et froid que vague et nostalgique. Quelque chose le tracassait. Si seulement il pouvait savoir quoi… Si seulement il pouvait mettre le doigt sur ce qui le dérangeait tant. C’était un peu la faute à Aloïs. Oui, Aloïs et son impassibilité à tout rompre. Aloïs et son obéissante aveugle. Aloïs et son regard de chien battu. Aloïs qui ne savait rien et qui ne voulait rien savoir. Il rageait devant lui, trépignait sur place, criait, même, parfois, contre son frère. Et lui ? Aloïs doutait… Il le savoir. Il doutait de ce lien qu’ils entretenaient tous trois. Il doutait parce qu’il n’avait pas trouvé de souvenir à ce sujet. Mais Tobi savait ! Il avait vu ! Ou plutôt avait-il revu. Alors pourquoi ? Pourquoi s’obstiner à ne pas croire en le mot ‘’frère’’. En ne le considérant que comme un mot, il ignorait la souffrance qu’il affligeait au garçon à lunette. Il ignorait bien des choses, en fait…

Un soupire bruyant, si soudain qu’il en effraierait un mort, qui sortait de lui alors qu’il arrachait les lunettes de son visage un peu gamin, les rejetant sur la table, penchant sa tête vers l’arrière, il la cacha dans ses mains, en signe d’abandon de ses fonctions. Il avait toujours été ainsi. C’est pourquoi il n’était pas resté bien longtemps dans la Guilde. Assidu au savoir. Assidu à ses recherches. Assidu à tout ce qui pouvait bien concerner Joshi et compagnie. Mais il stagnait. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas en quoi ladite rumeur de posséder tous ses souvenirs pour libérer une personne. Et ceux qui sont partis ne sont jamais revenus pour en partager le savoir… Peut-être était-ce leur mort, après tout. Après l’éternité à ne pas vieillir, à ne pas gagner une seule ride, peut-être était-ce ça, justement, le but de leur existence en ce lieu ? La fin ? Atteindre le bout ? Atteindre sa propre fin, sa mort ? La paix ? La vérité ? Mais la vérité à propos de quoi ? De ce qu’il y avait dans le passé ? De leur histoire ? De leur vie ? De tous ces pourquoi, de tous ces comment auxquels personnes ne répondaient jamais ?

Il se redressa un peu, chercha rapidement ses lunettes qu’il remit en place avant d’écrire, dans une émotion retenu, qu’il ne connaissait que très peu, mais qu’il mélangeait étrangement à la colère :

« Bon anniversaire Andy. Bon anniversaire Aly. Bon anniversaire Tobi. »


]Il ouvrit une page, quelconque, s’accouda à la table, tiqua un peu, et puis se résigna : il supprima les trois petites et minuscules phrases qu’il venait d’écrire. Il tapa machinalement des doigts contre le bois du bureau, ayant le regard un peu vague, qui flanchait légèrement, alors que les cernes sombres et noirs, presque violets trahissait son immense fatigue qu’il gardait pour lui, sans jamais en parler à qui que ce soit. Il se remit à taper, machinalement, en automate :

b]« Des fleurs et des étoiles, Artèmia !

Si l’éternité pénible et lancinante en la ville me se mble parfois longue, c’est la pire des journées qui existe. C’est notre anniversaire aujourd’hui, à tous les trois, mais je crois bizarrement qu’ils ne s’en souviennent pas. Ou qu’ils ne veulent pas s’en souvenir, qui sait. Je crois… Qu’ils n’en ont jamais rien eut à faire…

Enfin, cette année, j’ai décidé de ne rien dire. Parce que je crois qu’ils détestent ça, tout simplement. Mais je trouve ça importe. Ça prouve que l’on est toujours là, à passé à travers toutes choses, sans flancher. Même si c’est difficile.

Donc : je vais très bien. La nostalgie est souffrance. Mais je vais très bien. J’ai peur d’une querelle éventuelle, alors je ne leur en parlerai pas. Ce n’est certes pas la meilleure solution, mais je l’ai aime et déteste ça.
Surtout, ne prend pas les choses trop à cœur ! Je te connais ! Tu n’hésiterais pas une seconde à mettre tout Nosco sans dessus dessous juste pour un anniversaire ! J’avais juste besoin de partager ça.

Je sais ce que tu vas dire : ‘’C’est que tu ne t’ouvres pas beaucoup ! ‘’ Je suis désolé de t’étonner, en ce cas. Le moral dans les baskets… mieux vaut que je sorte un peu. C’est pourquoi n’essais même pas de venir me voir, je ne serai pas au Sanctuaire.

Cordialement,

Tobias. »[/b]


Il observait la touche clignoter un peu sur l’écran, alors qu’il se mordillait tranquillement la lèvre inférieure, ne sachant pas exactement quoi rajouter d’autre au message. Et en le relisant bien, il se dit que tout ça sonnait fort trop dramatique ! Pour sur qu’il inquiéterait sa marraine. Il ajouta donc, parce qu’il ne voulait rien de cela :

« PS : Gros bisou ! Embrasses le commandor de ma part *beurk* »


Évidemment, c’était une simple plaisanterie qu’il espérait, à bien y songé, après avoir appuyé sur le bouton envoyé, qu’elle ne rapporterait absolument pas à l’homme trop carré et imposant. Lui et l’homme du Haut Conseil, ce n’était pas vraiment l’amour fou. Si Tobi le croisait, ils ne s’adressaient pas la parole. Un regard, parfois septique, mais sans plus. Un salut, mais uniquement lorsque la situation l’obligeait. C’était parce que c’était Artèmia, sinon ni un ni l’autre ne voudrait rien savoir, ils feraient sans doute mine de ne s’être jamais vu de toute leur existence en ce lieu. Enfin… Il souhaitait qu’elle ne se laisse pas emporter trop vite dans sa joie rigolote de cette finale très peu attendu. Il se surprit même à écrire de la sorte, lui qui avait l’habitude d’être si sérieux, si impossible à déchiffrer. Il se laissait un peu allait à la gaminerie avec la prêtresse, bien malgré lui. Peut-être parce qu’il ne pouvait le faire avec ses frères en cet instant, alors qu’il en aurait eut grand besoin. Il pensa soudainement à envoyer un courriel à ses frères, hésita, puis se résigna de nouveau, avec un froncement des sourcils. Non, il ne le ferait pas. Par orgueil. Parce qu’il ne céderait pas cette année. Non, il ne céderait pas à leur montrer à quel point il se sentait seul et désemparer. Tant pis pour eux ! Qu’ils regrettent, tien ! Qu’ils culpabilisent, tant qu’à y être ! Il s’en lavait les mains, voilà !

Enfin… Presque…

Tobias n’y était pas. Pas du tout. Il le savait. C’était absurde de penser et d’agir de la sorte. Mais c’était lui. Et il était encore ce gamin inchangeable et boudeur qu’on lui connaissait tant. Il se leva d’un seul bond, faisant tournoyer la chaise à roulette sur laquelle il était précédemment assis, se noyant dans l’hallucination que cela provoquait, évoquait, en lui, à la vu de cette tornade minuscule qu’il créait par lui-même. Il la força à tourner, encore, encore et encore, un moment, ne se lassant pas de l’observait. Cela l’aidait à réfléchir. Cela l’aidait à voir plus clair dans l’obscurité même des pensées qui envahissait sa tête de visionnaire, de penseur léger et déstabilisé. Arriéré mental, peut-être. Qui sait ? Sa philosophie de la chose en était telle qu’il avouait que les réponses à ce genre de questionnement n’existaient tout simplement pas. Qu’en était-il de ces pensées là ? Toutes simples ! Ces rares gens à déficients, ils étaient peut-être normaux ! Peut-être était-ce lui, lui et monsieur et madame tout le monde, qui avait un problème ! Pas eux ! Pas ces gens qu’on ne comprenait pas. Et plus il y réfléchissait, plus il se disait que c’était normal, tout simplement normal. Tout simplement la parfaite réflexion du penseur qui veut comprendre. Comprendre quoi, en fait ? Les autres ? Ou se comprendre lui-même ? Comprendre les raisons du pourquoi ils se trouvaient tous là, en cet univers si petit, trop petit ?

Plus rien, brusquement. On entendit un hurlement, un boum, des objets chutant au sol, des grognements. Une longue plainte, quelques jurons bien placés la suivirent et un second hurlement en signe après le fracas qu’on devinait être un genou qui se fracassait contre un meuble bas.


« MAIS OUVREZ LA LUMIÈRE À LA FIN !» criait-il à s’en casser la voix et les tympans de tous ceux qui avaient le malheur de l’entendre, avec son caractère mécontent et grognon du quotidien. Ça commençait la journée du mauvais bien, c’était à dire…

Et un nouveau boum monumental se fit entendre. Puis plus rien. Un corps qui s’effondre. Il n’avait pas vu la volée de marches et il était tombé en plein dedans. Une minute. Deux minutes. Quinze. Trente. En ouvrant les yeux, il n’aurait pas su dire depuis combien de temps il était là, allonger dans les marches de l’escalier. Une lueur l’éclairait. Douce. Apaisante. Il grogna. Secoua la tête, la releva un peu alors qu’il s’en sentit immédiatement étourdi. Il la reposa, un moment, respirant doucement, un peu pénible dû à la migraine qui martelait son crane tel un troupeau galopant, grattant sa tête pour y percer un trou. Il retenta de nouveau et parvint cette fois à se redresser, tant bien que mal, titubant sur un pied gauche qui lui semblait étrangement douloureux. Très, même, en vérité. Il se rendit compte qu’il s’agissait de l’éclat du levé de soleil qui perçait à travers les rideaux. Il avait fait sombre parce qu’il avait dû y avoir un souffle sur les chandelles avec lesquelles il s’éclairait. Forcément, on lui dirait qu’il avait été particulièrement idiot, qu’il n’avait qu’à faire comme tout le monde : se servir de la lumière… Il se traita mentalement d’imbécile. Promis, la prochaine fois, il éviterait de se révolter devant la technologie et emploierait les nouveaux moyens de bord. Plus de chandelle, jurée. Même si cela l’agaçait particulièrement. Plus de bêtises, ho non, il en avait fait suffisamment pour la journée. Pour la semaine. Pour le restant de l’année ! Jusqu’à ses cinquante-quatre ans et des poussières, et toutes ses dents et…

Il pesta, jura, cracha sa frustration avant de se trainer pitoyablement, par lui-même, jusqu’à un petit divan de son appartement, où il se laissa choir, se saisissant de l’oreillette qui lui servait de communication avec le genre humain extérieur, il demanda, tout bête et méchant qu’il pouvait être un petit coup de main d’une âme généreuse.

Et passer le restant de la journée là, à se faire examiner le pied, à se faire soigner entre deux parce qu’il avait eut l’excellente idée d’aller plonger la tête première dans les escaliers… Non mais vraiment… Ce n’était pas son jour. Même si, pourtant, ça aurait dû l’être. Agacé. Il était agacé. Agacé, fatigué, énervé. Si ce n’était pas de lui, il entrerait forcément dans une colère noire, sans son pareil. Il resta là, à marmonner dans son coin, à écouter d’une oreille distraite les recommandations à son sujet… On ne bouge pas pendant quelque temps… On prend ça relax, un peu… Mais oui, c’est ça… Son œil, plutôt. Il ne faisait que ça de ses journées R-E-L-A-X-E-R ! Ce n’était pas une chose à lui demander, voyons ! Pas dans l’état mental d’énervement où il se trouvait, ho non, c’était une très mauvaise idée. Il lança un regard sombre au médecin qui l’ignora, tout bonnement. Le petit bonhomme qu’il était, pas très grand, pas très impressionnant non plus, n’avait jamais fait grand effet sur qui que ce soit et, apparemment, pour son plus grand malheur, ce n’était pas aujourd’hui qu’un regard de lui commencerait à tétaniser les gens.

Il ne resta pas en place. Il le refusait, tout simplement. Pour désobéir ? Pour prouver que s’il en avait envie, il pouvait tous se les mettre exactement là où il pensait ? Un beau mélange de tout ceci, fort probablement. Évènement, donc ! L’adulte à la tête de gamin sortait de sa chambre, de son appartement. Mieux encore, il sortait du sanctuaire, littéralement ! Pour quoi faire, en fait ? Seul Joshi savait. Ah ! Il avait l’air malin, comme ça ! Qu’ils se moquent… Qu’ils se moquent ! Il n’en avait que faire, maintenant. Jour de misère, autant tenter de l’améliorer un tant soit peu, de son mieux, dans le meilleur de ses capacités intellectuelles. Il aurait peut-être aimé voir Artèmia, finalement. Peut-être est-ce que ça aurait été mieux que de finir comme un estropié mal amanché (>> Québécisme pour mal foutu). Il devait avouer avoir un peu couru après le malheur aussi, et ne se plaignait donc pas du résultat obtenu.

Mais voir un congrétionniste hors du sanctuaire pouvait sembler bizarre, vu la tête que faisait certains à son apparition. Aussi ne tarda-t-il guère trop, faisant son tour au Sapianta à pas d’escargots, rampant et gluant. Image lamentable. Faible. Un peu triste. Un peu désemparant. Compléter son nouvel ajout à son dossier médical. Il n’en ratait pas une, c’était incroyable. Et ça semblait même pire depuis quelque temps, en fait. La salle un peu modeste qui l’accueillie le laissa songeur. Le blanc l’apaisait. C’était sa couleur favorite parmi toutes celles existantes. Parce qu’elle était signe de pureté et de perfection, peut-être. Qu’elle faisait résonner en lui cette minutie extrême, presque maladive, que cette couleur si douce et si aveuglante lui rappelait constamment sa paranoïa du savoir, son obsession de sa propre passion destructrice. La chaise à la forme tout aussi parfaite, qui laissait relativement confortable le dos et le postérieur de celui u celle qui daignait s’y asseoir. Tristesse. Maladie. Blessures. Rien de tel pour remonter le moral ! On lui demanda brièvement comment allait ses yeux… Bien… bien… Comme toujours. Aucun changement. Ni progression. Ni amélioration. Bien, bien. Un bon point, déjà ! Ah ! Tout ne pouvait donc pas aller si mal, apparemment.

Le vieux dans un corps jeune s’en retourna s’en demander son reste, mi agacé, mi fatigué, pour aller contempler la beauté fatale qu’était le monument du Sanctuaire dans lequel il passait tout son temps, littéralement. Pas le plus clair, au non. Vraiment tout, tout son temps. Des journées entières, des semaines sans jamais en sortir, sans jamais voir personne. Mais la solitude le pesait bien plus qu’il n’aurait jamais pu se l’imaginer jusque là. Ho oui, elle le pesait, en enclume accrochée sur son dos. Ce n’était pas un très grand bâtiment, mais c’était suffisant. Suffisant pour lui, en tout cas. Nosco en soit n’était, sous son point de vu, pas très grande, en vérité. Même si ce n’était pas ce qu’en avait conclu Aloïs. Ah, la colère lui reprenait en pensant ainsi à son frère qui semblait si indifférent à sa passion, si insouciant du savoir qu’on leur tendait, là, juste sous le ne, alors qu’ils n’avaient qu’à tendre les bras pour saisir cette si honorable occasion de grandir, de vivre, ou de se sentir vivre, réellement ! Il ne comprenait pas… Tobias ne comprenait pas la façon de vivre de ses reflets, identiques à lui. Il ne comprenait pas où étaient leur intérêt à faire comme si de rien n’était, simplement, tout bonnement… sagement. Parce qu’il était sage, lui ? Pas plus qu’un autre, c’était bien vrai. Il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre, en fait. Et c’était bien tant mieux ainsi… N’était-ce pas là leur cachet, justement, leur touche unique ? Ce qui les différenciait, tous trois, de tous ces gens, qui marchaient, qui respiraient, qui travaillaient en bon Guildiens qu’ils étaient aux services d’une femme qui se prenait pour la Reine d’un monde qu’elle avait fait sien, sans même demander l’avis de ses sujets ? Sottises ! Absurdités ! Qu’ils ne viennent pas lui dire comment vivre après cela ! Il avait toujours eut l’impression de se montrer en constante contradiction face à ses deux frères. Et ce n’était pas sans mal à créer dans son cœur, soyez en certifié. Il avait mal de se séparer ainsi de leur présence. Il avait mal de couper la corde qui les liait. Il avait mal de se sentir si loin, si éloigné d’eux… Si différent d’eux, surtout. Mais ils ne comprenaient pas ! Ils ne voulaient pas comprendre ! Et c’était sans doute ce qui blessait le plus le blond. Le pire dans tout cela était qu’il se surprenait de plus en plus souvent à vagabonder dans ce genre de pensées délirantes, un peu fiévreuse, typique de celui qui ne sait plus du tout où il va. Il devenait fou, c’était à croire. Changer d’air. Il avait besoin de changer d’aire. Oui, ça lui ferait grand bien. Grand bien était-ce d’oublier ces idiots qui ne se souvenaient pas de leur propre date d’anniversaire ! La sienne aussi !

Il entra, traversa les quelques couloirs, vides évidemment, pour se rendre à la Chapelle, un air étrangement débiné sur ses traits étrangement gamins. Il s’avança, silencieusement, alors qu’il n’y avait que le pas boiteux de sa patte au pied brisé qu’il trainait avec lui. Il s’approcha, lentement, du petit siège sur le côté, rangé de gauche, tout à fait à l’avant, dans lequel il décida de bien vouloir reposer ce satané pied. S’il pouvait se le couper aussi, il en serait bien débarrasser !
Et le voilà qui recommençait… Il aurait peut-être bien besoin de se faire traiter pour plus qu’un pied, finalement…


« J’ai peur… » murmura-t-il en fermant les paupières, alors que seules les ombres de ses souvenirs auraient pu entendre la vibrations angoissante dans cette si petite phrase, si terrible phrase. Une phrase qu’il n’avait jamais vraiment eut de cesse de répéter, encore et encore, depuis le tout début, depuis son arrivé… ou devrait-il plutôt dire : depuis leur arrivée unique.

Mais peur de quoi ? Qu’était donc cette chose qui l’effrayait à ce point ? Celle de se retrouver seul, complètement seul, peut-être. Bien sûr, qui voudrait de cela ? Qui trouverait donc, pardi, cette perspective rassurante ? Mais personne voyons ! Personne… Personne ne serait si asocial pour vouloir ça ! Il n’y croyait pas… Était-ce donc normal de trembler au simple mot de ‘’solitude’’ ? Et à qui s’adressait-il, dans la Chapelle ? À Joshi ? Il était croyant, certes, mais tout de même. Il avait bien compris comment il fonctionnait, depuis le temps. Il avait bien compris que ce n’était pas ainsi que les choses allaient et qu’il n’y pouvait vraiment pas grand-chose. Il se confiait à un rien qui l’écoutait… Peu importe si on l’entendait… Peu importe si une oreille pouvait se poser là, dans son dos. Il avait besoin d’être rassurer. Car malgré tout, sous ses airs de vieux sages, il semblait avoir toujours conservé ce petit côté stressé, plein d’angoisses, de cauchemars d’enfants.

Enfant… Il était comme un enfant prisonnier. Être dans ce petit corps là, si fragile, lui coupait beaucoup de choses. On avait un peu tendance à le regarder de haut, ce qui l’embêtait particulièrement. De plus… Il était petit. Ce qui accentuait cet effet de gaminerie. Pourtant, sa tête disait bien autre chose que ce corps ridicule dans lequel il était enfermé. Et oui, le petit blond était rempli de tous les complexes qui puissent exister, sans doute. Ah Tobias… Ce n’était certainement pas comme ça qu’il réussirait à sortir de ce monde. Pas dans cet état mental, ça, c’était certain. Vraiment certain.


« J’ai toujours dit à Aloïs : ‘’J’ai peur de demain, de ce qui va se passer, de rester ici pour toujours.’’ Ce n’est pas que je n’aime pas cet endroit, mais… »

Il secoua la tête, se trouvant quelque peu ridicule, se gratta machinalement la joue en signe de réflexion intense. En vérité, comment pouvait-il sortir d’un endroit entourer d’une enceinte pareille ? C’était impossible, voyons. Tout simplement impossible. Et si la quête du passé servait à révéler une porte, quelque part ? Ah ! Il s’y remettait, encore, à ses recherches, finalement, même s’il n’avait pas son ordinateur portable sous la main. Il ne pouvait s’en empêcher ! C’était juste plus fort que lui ! Une obsession, disions-nous ? Une paranoïa ! Foutu, il était foutu, il finirait forcément dans les sous-sols, dans un cachot ou il ne savait trop qu’elle bêtise encore, et on finira pas le faire surveiller. Il soupira, toujours aussi résigner qu’à son habitude et se leva, un peu, trainant sa patte blesser jusqu’à l’autel où il sourit, en se retenant contre pour ne pas tomber de nouveau… Il fredonna, un peu faux, un air qu’il voulait rassurant…

« Bonne fêteuh… Tobiii…Bonne fêteuh… Tobiiii. Bonnee fêêêêteeeeu, Tobi… Boooooonne fêêêêteeeeuh… Tobi. »

Il s’arrêta, réfléchi encore quelques secondes, inspira, hésitant qu’il était… Il aurait pleuré, peut-être, mais il souriait, devant l’absence même de la… ‘’divinité’’ que pouvait être Joshi, son absence de réponse, évidemment. Il ne lui posait plus de questions… Il ne faisait que parler et parler, maintenant, sans rien attendre en retour. Tout seul.

« Bonneeuh… euh… Bonne fêteuh Alyyyy…. Bonne fête Andyyyy, bonne fêteee, bonne fête, bonne fête et bonne fête. »

La fin de la petite chanson destinée à ses frères sonna différent, rapide, comme s’il aurait voulu sans débarrasser. Et puis quoi encore, se disait-il. Ils ne prenaient la peine de rien et c’était lui qui chantait bonne fête ? Un brin de colère était apparu dans la fin de ses mots. Un brin de tristesse aussi, nostalgie, qui s’emparait de tout son petit corps d’enfant perdu dans un monde bien trop grand pour lui. Nouveau soupire, il se retourne en grommelant, s’excuse pour les jurons qu’il lance d’un seul coup, et s’éloigne, titubant, d’une marche qu’il trouvait plus que pénible et difficile.

Peur… pour avoir peur, Tobias était une véritable poule mouillée. Rien qu’à pensé à ce qu’il pourrait lui arriver, il flippait complètement. Rien qu’à penser à ce qu’il avait comme plan, en tête, à cet instant là, il en paniquait. Quel était-il ? Très simple, en vérité… Affronter ses terreurs nocturnes en face à face. Même si elles n’étaient pas grand-chose en soit, même si elles étaient loin d’être franchement effrayantes, mais pour lui, c’était déjà trop. Et qu’elles étaient ces terreurs, d’où venait donc leur origine ? L’enceinte, évidemment. Cette immense chose… la première qu’il eut seulement vu du monde de Nescio dans lequel il vivait depuis longtemps maintenant. Et oui, cette satanée enceinte. Lorsqu’on lui avait annoncé que personne ne la voyait de la même façon, il n’avait pu s’empêcher de demander à tout va et à tout le monde de quoi elle avait l’air pour chacun, pas sa plus grande curiosité, incapable de se contenir sur ce point. Ça l’avait tellement intrigué qu’à tout bout de champ, on lui répondait que ça ne le regardait pas ou qu’il aille voir ailleurs le demander à quelqu’un d’autre. Et l’obsession du savoir avait commencé là, dès le premier jour. Savoir pourquoi personne ne voyait la même chose. Et lui, qu’avait-il vu ? Il avait vu cet mur impressionnant, haut à en toucher l’infini, n’en voyant tout simplement pas le bout. Des millierds d’étages, il n’aurait su dire. Et des milliers de livres surtout, qui reposaient là, serrer les uns contre les autres, impossible de les faire bouger de là où ils étaient. Et ce coulis terrifiant, noir, comme s’ils en perdaient leur essence même de vivre : de l’encre, de jais, mouillée, profond, qui goutait lentement des bouquins, coulaient sur le bois d’un brun très foncé, tachant tout sur leur passage. Il avait l’impression de pedre quelque chose à chaque goute qui tombait. Ça lui faisait étrangement mal au cœur. C’était comme si les livres perdaient ce qu’ils étaient, leur représentation… Comme lui avait tout perdu de son passé. C’était comme la représentation de sa propre vision miroité en objets palpables. Ça l’effrayait. Il avait l’impression de s’égarer avec cette encre qui coulait en flot continu. Il n’était d’ailleurs jamais retourné là bas, par crainte, sans doute, de voir que le lac d’encre avait grandit et pris de l’ampleur. Ce devait être ça, oui… Mais à ce jour, malgré l’horreur grandissante en lui à cette unique pensée, il remonta ses manches et pris son courage à deux mains… Enfin… S’il en avait eut huit, il l’aurait pris à huit mains… ou à dix… ou… Bref, quoi qu’il en soit, il sortit de nouveau, à travers l’ombre dansante que diffusait à présent la lumière du jour dans sa descente calme et silencieuse vers une nuit encore plus noire. La pénombre ne lui inspirait pas grand-chose, mais il s’avançait tout de même, trottinant aussi rapidement que possible.

Il arriva à la limite possible, du plus loin qu’il pouvait aller, et plaqua presque avec violence une main devant ses yeux, se faisant mal avec ses lunettes par la même occasion, leva l’autre devant lui en avançant à tâtons par peur de buter sur il ne savait trop quoi encore. Il s’avançait, respirant un peu trop bruyamment. Certes, lorsqu’il avait la moindre trouille, il le démontrait parfaitement, n’étant pas le plus fort pour cacher ses propres sentiments, mais tout de même, n’en faisait-il pas un peu trop ? Sans doute… Il en faisait toujours trop. Toujours. Enfin, ses frères le lui répétait constamment : ‘’T’exagères !’’ Oui, certes, certes… et alors ?

Sa main aux teintes si laiteuses toucha cette sensation mouillée et froid qui le fit frissonner de terreur. Il sauta, bondit en arrière, retirant sa main de devant ses yeux et constata l’étendu de la situation. Son mur ! Par Joshi ! C’était pire qu’imaginé… Ses deux pieds trempaient littéralement dans la substance noire… que seul lui voyait et ressentait contre sa peau. Peau tâché. Une tâche visible, toutefois, aussi étrange cela pouvait-il bien être. Il hoqueta en observant le dégât lamentable et jura, pesta presque sur Joshi, même, devant la scène. Les livres coulaient, bien que très, très lentement, et l’étendu du lac allait… faisait tout le tour, en vérité. Il en avait une sacrée profondeur, quand même ! Il étrangla ses pensées et jeta un regard suspect au mur qui lui faisait face. Il s’avança, nerveux, vers le mur, étendit les mains, essaya tant bien que mal de se saisir d’un des livres et tira ! Il tira pour tenter de l’arracher de son lieu ! Il tira de toutes ses maigres forces du physique d’un gamin de quatorze ans, tout maigrichon. Le rat de bibliothèque grogna, pesta, tira longuement. En vain. Rien ne bougea. Il hurla d’agacement. Il faisait tous les efforts du monde pour en arrivé à ça ! Rien du tout ! Il n’y avait tout simplement rien de plus rageant que cette constatation de désespéré fini. Il cria, tenta de nouveau… et se lassa, se reculant de plusieurs pas pour aller se laisser tomber plus loin, observant l’enceinte à distance, sans même se préoccuper de l’immense tâche noire qui avait perturbé le blanc pure de sa chemin, de ses pantalons, de ses mains, et même quelques traces apparaissaient sur son visage, et dans ses lunettes, qu’il n’essayait même pas de nettoyer tant il s’en sentait vaguement désespéré. Et puis quoi encore… Pour une fois qu’il essayer de percer ce mystère. Pour une fois qu’il se risquait à s’approcher de ce qui lui faisait peur, il s’en retournait les mains vides, sans rien pour le réconforter, sans rien pour lui dire qu’il avait tord de pensé qu’il ne s’en irait pas comme ça ? S’en aller ? Pour aller où, en vérité… Retourner dans son monde à lui ? Retourner dans ce qu’il avait oublié depuis son arrivée ? Il avait toujours eut l’air heureux, là bas… Mais… Était-il prêt à reprendre la vie là où il l’avait laissé ? À l’âge de l’adolescence ? Il en doutait fortement, en vérité.

Il retira enfin ses lunettes, en soupirant, en songeant, en pensant à tout ça d’un air résigné, fatigué… à bout. Petit visage légèrement déconfit, le blond ne réalisa jamais l’ombre qui le guettait, sans comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une ombre mais bel et bien d’un corps, distant de sa propre personne. Il murmura qu’il en avait marre, avant de rejeter sa tête en arrière dans un souffle ennuyé et, perçu, plus loin, ladite ombre qui le surprenait dans son délire du jour. Car oui, s’il ne s’agissait pas d’un délire, il ne savait pas de quoi il s’agissait. D’une folie ? Peut-être devrait-il mettre sa sur le dos de sa paranoïa excessive ? Ah !

*Mon pauvre Tobi, faut te faire soigner…* pensa-t-il pour lui-même avant de daigner se redresser, se lever tant bien que mal, gardant son équilibre que sur une jambe, tentant de ne pas en faire souffrir davantage son pied déjà bien blessé du matin qui a connu un flope total… pour changer. Il se redressa, fièrement, digne de ce qu’il voulait être et s’avançant, doutant qu’on l’ait vraiment remarqué, finalement. Oui, peut-être que l’individu qu’il voyait, là, plus loin, ne l’avait même pas vu, en fait. Et il ne s’agissait pas de tout nouvel oublié, voyons, quelqu’un serait forcément déjà venu le cherché. Ils ne l’auraient pas laissé trainer là si longtemps. Un Noscien donc. Et Tobias n’avait pas non plus cette tendance à se faire des amis. Bien au contraire, il récoltait plus facilement les expressions de haine et de colère, plus que n’importe quoi d’autre. Il était froid, en général, et pas spécialement le plus sympathique des êtres qui soit. Mais il n’était pas méchant. Il ne l’avait jamais été. Après, il fallait le comprendre, il ne s’ouvrait qu’à ses frères, et ce, même si ça arrivait de moins en moins souvent, ces derniers temps. Il replaça un peu ses vêtements, même s’ils étaient très sale, il gardait toujours cet air chic, bien malgré cela, et s’avança jusqu’à remarquer qu’il ne s’agissait non pas d’un Noscien, mais bien d’une. Une petite Noscienne, donc… Enfin, petite… Tobi n’était pas très grand lui-même et presque tout le monde le dépassait. Il était même légèrement plus petit que ses frères, en fait, étant considéré le plus minuscules des si célèbres et connu unique triplés de tout Nosco. Oui car qui n’avait pas entendu de l’évènement, il y a des années ? Ont les confondaient encore, parfois, lorsque, du moins, on ne voyait pas le petit à lunette dans le parage. Si les gens ne repérait pas immédiatement les mimiques des uns et des autres, ils ne les différenciait tout simplement pas du tout. Aloïs avait le dos un peu courbé, un regard de chien battu, même si on ne le touchait pas, un air vieux et fatigué, comme s’il avait plus de trois-cents ans de vécu.

Il se montra soudainement très calme, aspirant à la réflexion, à la brillance de la pensée alors qu’il se pointait enfin près de la jeune femme qu’il n’avait encore jamais vu. Pourtant, ce n’était pas comme si ça arrivait souvent de ne pas connaître la personne vers qui l’on va. Nosco était une petite ville, après tout. Un endroit où tout le monde connaissait tout le monde, où le moindre petit évènement ne passait jamais inaperçu, où les rumeurs partaient d’un bout à l’autre en passant par toutes les oreilles en une journée à peine.


« Vous êtes une nouvelle Noscienne ? »

La voix éclata, dans toute sa froideur mortellement glaciale et sévère, malgré le petit corps pourtant chaud dans lequel il avait élu domicile. Pas de bonjour. Pas de comment allez-vous ? Bien, bien, et vous ? Hooo Je marchais, je prenais l’air… Aimez-vous l’endroit ? Bien sûr, j’aime bien tous les gens. N’importe quoi.

Ce n’était absolument pas dans son genre. Non. Tobi était directe, un peu brusque dans ses mots, dures, alors qu’il parlait toujours sur ce ton presque menaçant d’éclater. Mais avec les autres, très rare étaient ces occasions où il se mettait vraiment en colère. Ça n’arrivait, en vérité, qu’en la présence de ses deux identiques reflets dans le miroir. Mais il était comme ça, il agissait comme un grand, comme s’il avait été haut gradé alors que ce n’était absolument pas le cas. Il n’affichait pas l’habit guildien, pas leur expression non plus. Il ne l’était pas… ou ne l’était plus, du moins. Et bien heureux ainsi, en vérité…

Pour en revenir à la jeune fille qu’il détailla rapidement sous la chevelure flamboyante, la passant au peigne fin, à savoir s’il y avait là la possibilité de discuter sérieusement ou si cela ne servait à rien. Un teste ? Ah… ça… Il passait ses journées à tester les gens. Ses journées, oui. Sa complexité l’obligeait un peu à agir de la sorte pour lui permettre de comprendre les choses. Et mieux… S’il pouvait seulement comprendre pourquoi les gens se retrouvaient ici, se serait vraiment le mieux. Ou alors, oui, il pourrait peut-être, en rêve du moins le souhaitait-il, trouver s’ils avaient tous un lien entre eux pour avoir atterris dans la ville, là, exactement là, devant cette enceinte différente pour tous et chacun. Et pour elle ? Qu’en était-il ? Que voyait-elle ? La question brulait ses lèvres. Les questions, toutes soient-elles, le rongeait ! C’était absurde, il le savait. Comment pouvait-elle répondre si elle ne faisait que débarquer ? Elle n’y connaissait encore si peu de chose, après tout. Enfin, tout d’abord, au moins s’assurer qu’il s’agissait bel et bien d’une nouvelle oubliée, pour éviter de se mettre dans un embarras inutile auquel il n’aspirait absolument pas. Il secoua la tête, sa chevelure blonde et raide se mêlant par la même occasion alors que d’une main rapide, il vint en replacer les quelques rares mèches rebelles qui ornaient sa tête.


« Désolé. Manque de politesse. Tobias Horvath… Frère de la congrégation. Je suis un empressé trop curieux et passe un peut trop abruptement à ce genre de questions… et question à laquelle vous n’êtes point obligé de répondre… »

Ah ! Ça lui reprenait. Certes, il était poli. Certes, ce qu’il disait n’était pas forcément la vérité de ce à quoi il pensait. Et peut-être, se disait-il, qu’en pensant de la sorte, en elle viendrait à répondre plus facilement à ses désirs d’apprendre des autres, de questionner et de comprendre ? C’était une possibilité, en effet à laquelle il ne faisait que répondre par cette phrase toute simple, pleines de belles paroles, bien que le ton était toujours froid et sévère, il se montrait être un bon orateur, sur ce coup. Bavard ? Enfin, pas spécialement, normalement, mais il se sentait plutôt enclin à vouloir converser un peu, à ce jour, même s’il s’agissait de discuter tranquillement avec une pure inconnue de sa conscience. Pourquoi pas ? Ses frères seraient plutôt fièrent d’apprendre qu’il faisait des efforts pour ne pas se faire détester de quelqu’un alors qu’il faisait même des efforts pour tenter de se montrer aussi sympathique que possible.
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Elyan Naera le Jeu 9 Déc - 22:58

Le réveil fut difficile pour la jeune femme, nonobstant ses longues heures de sommeil. La nouveauté de tout ce qui l’entourait la fatiguait énormément, du moins elle le supposait. Sinon, elle ne voyait d’où pouvait bien venir cette fatigue, à dormir vingt heures tous les jours, tel un chat. Certes, son enthousiasme naturel et sa curiosité grandissante n’aidait guère à la tâche : elle courait partout, marchait toute la journée, visitant et revisitant chaque recoin de cette grande aire de jeu. Elle voulait tout savoir, tout découvrir, tout connaître. Toutes les fleurs, tous les papillons, tous les noscoiens recensés, dans sa tête, à chaque fois après une longue discussion avec chacun d’entre eux. Un planning chargé pour chaque jour… Au moins pour quelques années. Enfin, une année disons, vu que Nosco n’était pas la plus grande des villes et que le tour en étant tout de même vite fait. En même temps, si elle passait deux heures avec chaque noscoien, avec disons, une centaine d’entre eux, ça ferait deux cent heures de bavardages et vu qu’elle était éveillée environ dix heures par jour… Vingt jours. En non-stop… Sauf qu’elle n’en croisait qu’un, voire deux par jour… et qu’en réalité elle dormait beaucoup plus aussi, ça faisait dans les… trois cent jours…

Bref, Elyan s’étira félinement avant de réussir à se retirer des draps chauds et moelleux. Le lit était un de ses endroits préférés. La lourde couette formait comme une tanière, un antre où seuls les plus beaux rêves lui donnaient la réplique. Des rêves remplis des couleurs de l’arc-en-ciel, sans être criardes, comme un tableau fait à la pastel dont le peintre serait la joie et l’allégresse. D’un autre côté, les cauchemars n’étaient pas fréquents, ravivant encore le plaisir de la couette, et on comprend rapidement pourquoi quand on sait que sa plus grande, et presque unique, peur étant celle de l’ombre. Sans lumière, rien n’était visible, mis à part tout ce qui était noir et hideux. C’était même pire que d’être aveugle, en vérité, car les ombres dansaient autour de vous, sur la musique macabre du mal. L’aveugle ne voit pas cela, et en ça, il est chanceux.
Bref, bref, brefouillage, Elyan sortit des draps, le regard encore vague du mal réveillé et se dirigea au radar vers la cuisine, les paupières à peine entrouvertes. La porte du frigo se laissa regarder pendant un long moment, mais l’inspiration ne venait pas à la jeune femme, elle lui préféra la porte de la salle de bain. Une sale journée en perspective, elle n’avait pas assez dormi. Les journées étaient trop courtes et les nuits aussi. Ils leur auraient fallu quelques heures supplémentaires chacune, c’aurait été bien mieux.

Elle sortit dehors, habillée sobrement comme à son habitude, avec des vêtements amples, comme à son habitude, avec cependant toujours son diadème de cuir sur le front, comme sa marque personnelle. Elle y tenait de plus en plus à ce diadème. Sans savoir pourquoi, il était précieux à ses yeux, et ne pas l’avoir avec elle, ou pire le perdre, la rendait malade. Rien que l’idée la mettait mal à l’aise. Elle s’était trop habituée, oui, elle fonctionne beaucoup par habitude, Elyan, à sa présence sur son front…
Il faisait étrangement beau. Clair, et l’air était frais. Elle respira profondément, chassant ainsi les derniers limbes de sommeil qui embuait son esprit. Tout était si beau, la mauvaise humeur n’avait pas lieu d’être. Penser à être heureux, c’était le principal. Bon, certes, il est parfois dur de trouver comment être heureux, parce que la vie c’est compliqué, au moins autant que l’amour. Et puis les gens ne savent pas toujours ce qu’ils veulent exactement, du coup, ils se perdent en exigence qui n’avait rien à faire là. Ils en oubliaient ce qui était réellement crucial. Encore eut-il fallu que quelqu’un réussisse à le savoir. Peut-être était-ce si compliqué car cela dépendait de chaque personne. Il fallait chercher au plus profond de son être, trouvé son essence même et ainsi voir vers quoi il cherchait à tendre. Mais pour cela, il fallait du temps, du temps, et beaucoup de sagesse et de calme. Ce genre d’épreuve demande des qualités que seuls les centenaires arrivent à avoir, car ils ont vu le monde, ils connaissent suffisamment pour comprendre. Le problème, c’est qu’eux arrivent à la fin de leur vie, ont-ils le temps d’être heureux de savoir ? Que faut-il faire alors ? Vivre au jour le jour, sans se soucier de demain ni d’hier ? Ce serait bel et bien stupide de faire une telle chose. Le passé était important, autant que le futur. Quoique. En même temps, ils n’existaient pas, alors pourquoi y prêter une attention trop grande ? Et d’autres questions toutes aussi existentielles…


*Oh, un papillon !*

Émerveillée, Elyan se dirigea vers l’élu de son cœur, ou du moins de son attention éphémère et ses yeux le détaillèrent pendant un long moment. Elle s’assit par terre, sans gêne aucune pour le regarder voleter tout autour. C’était comme une valse, un cavalier esseulé qui cherche sa compagne d’un soir pour de fous tourbillons. C’était… quelque chose de… Enfin, un peu comme… Le terme exact lui échappait. Une musique pour les sens, mais retranscrite en paroles, en mots. Une… Pas vraiment une chanson, c’était plus doux que ça, pus profond peut-être aussi. Une inspiration qui mélangeait les arts… Elle sortit son ordinateur de poche est écrivit rapidement ces quelques mots :

Dans la fraîcheur du matin, tu es là, sans soucis aucun, papillon de l’aurore.

Elle fit reculer l’écran, comme pour juger de la qualité de sa phrase. Quelque chose manquait. Un rythme. Le papillon valsait sur trois temps, il avait un rythme défini, il le montrait fièrement. Son poème manquait de rythme. Exactement. Elle réfléchit quelques instants et se décida pour une nouvelle formulation :

Dans la fraîcheur du matin,
tu es là, tout simplement,
papillon de l’aurore.

Ce n’était pas fini. L’harmonie était bancale, comme si il y avait trop de mots. Il fallait qu’elle rectifie cela. Elle jeta un œil au papillon, qui lui ne se souciait guère d’elle. Ses ailes n’étaient pas compliquées, il n’était pas compliqué. Elle devait rectifier les mots pour les épurer, enlever ce qui est superflu. Sa réflexion fut longue, mais calme. Intuitivement, elle savait qu’elle trouverait la solution. Il fallait juste avoir l’idée. Une idée, ce n’est pas dur à avoir… Avec un peu de patience, on obtient tout.

Fraîcheur du matin,
Tu es là, tout simplement,
Papillon d’aurore…

Cette fois, il était presque parfait… Presque, car de toute façon, la perfection est inaccessible. Il n’y a pas à disserter sur ce sujet. Mais les majuscules étaient une bonne idée : elles mettaient une sorte de… Noblesse à l’ensemble, oui c’est ce la. Les bals se déroulent toujours chez la noblesse. Satisfaite de son travail, Elyan se releva. Avec une infinie politesse, et après un salut en règle, une courbette bien travaillée, elle quitta le papillon. Si quelques personnes s’étant attroupées autour d’elle, à cause de son comportement étrange, elle ne le remarqua même pas. Elle salua même quelques uns des passants, juste comme ça, histoire de dire, d’un petit geste de la main. Plongée dans son petit bonheur matinale, elle laissa une fois de plus ses pieds la guider où bon leurs semblaient. Elle n’avait pas l’habitude choisir une destination. Si la droite est le moment le plus court pour aller d’un point à un autre, c’est aussi le plus froid et le plus ennuyeux. Alors que les spirales permettaient de voir les objets sous de nombreux angles, de découvrir… Mais on ne sait théoriquement jamais où une spirale va. C’est ça qui fait sous charme, aussi. Elle passa devant les bâtiments sans y attacher grande importance, l’architecture ce n’était pas son truc, et ça ne l’avait jamais été. Les pierres, c’est froid, c’est dure, ça ne bouge pas. Aucun de défauts pour la jeune femme. Sa respiration était lente, ses yeux grands ouverts, accueillant chaque information dans son esprit, la savourant avec délicatesse.
Les couleurs étaient si importantes… Elles formaient la beauté. C’était grâce à elles que la blonde-rousse découvrait chaque jour des merveilles par milliers. Mais le quart d’heure d’art qu’Elyan venait de passer lui ouvrit quelques questions. Il n’y avait que peu de couleurs dans ses mots. Les mots étaient plutôt une musique, un son modulé mais ils étaient quand même beau… Les couleurs n’avaient apparemment pas le monopole de la beauté, pourtant… Le son ne se voyait pas. En cela, Elyan était dérangée. La vue avait une grande importance dans sa vie, c’est grâce à elle qu’elle découvrait chaque jour le monde, qu’elle enregistrait les visages et les noms, les informations qu’elle tirait de ses recherches. Peut-être oubliait-elle trop ses oreilles… Elles avaient beaucoup à lui révéler, peut-être autant que ses yeux…

Elyan était arrivée devant l’enceinte. Prise d’une émotion aussi soudaine qu’intense, elle regarda le mur aux reflets attrayants. Elle se souvenait de ses premiers pas ici, de son émerveillement quand elle avait vu cette falaise pour la première fois. Comme un rêve… Les images se déversaient dans son esprit à une vitesse hallucinante, elle fronça les sourcils. Encore sa vue, encore ses yeux. Devant l’enceinte, elle s’assit. Il fallait qu’elle réussisse à penser son. En tailleur sur le sol, elle ferma les paupières et les maintint closes. Toujours closes, et pour un bon moment, malgré une légère angoisse. Au début, rien n’arrivait dans son esprit, trop refermé sur l’ombre de ses paupières.
Mais alors que la chaleur commençait à s’installer sur la cité, une sensation lui parvint, enfin. Un son, cette fois, net et pur de toutes couleurs. Rien pour altérer sa perception. Des bruits de pas derrière elle, le frottement doux de vêtements, elle entendait. C’était encore des sons grossiers, pas très jolis ni délicats. Petit à petit, elle réussit à percevoir des sons plus discrets, en mettant de côté le brouhaha des bavardages de commères. Les ailes d’un oiseau, un flapotement discret au dessus d’elle, loin au dessus… Bientôt même le bruit de l’herbe, quand elle reprend sa fierté de droiture après avoir été écrasée par un énergumène passant sans ménagement sur elle, même ce bruit si fin arrivait à ses oreilles. Un sourire de victoire s’étala sur son visage, un sourire simple et divin…
Le mur, lui, était totalement silencieux. Aucun son ne se laissait aller de lui, comme un vide énorme. Juste une présence imposante, une grandeur perçue par l’esprit. Il était vraiment très étrange… Elle rouvrit les yeux, surprise par cette sensation. Etait-ce une illusion ? Aveuglée par la lumière du jour, qui lui paru crue et dure après ces instants d’obscurité. Titubant un peu, elle se releva, et tenta de tenir en équilibre sur ses pieds, les yeux fixés sur le mur. Elle voulut s’approcher, trébucha, un genou à terre. Elle se releva, encore sonner et réussit à aller jusqu’au mur. Sa main monta au niveau de ses yeux, et elle l’avança vers le mur. À quelques centimètres à peine de celui-ci, elle sentait déjà une douce chaleur qui se dégageait. Sa main retomba le long de son corps, elle ne pouvait aller plus loin… Comme une barrière mentale…

Son ventre protesta férocement. Elle posa une main dessus, se retourna et se rendit, enfin compte qu’elle était resté plusieurs heures assise, et qu’elle n’avait toujours rien mangé depuis le matin. D’un point de vue théorique, cela ne lui posait pas de problème, mais il lui fallait quand même du carburant pour tenir jusqu’à la fin de la journée… Elle regarda autour d’elle et hésita à partir. Elle aurait tout autant aimé se rassoir par terre, comme ça, pour renouveler cette expérience si fascinante… Et surtout pour vérifier qu’elle n’avait pas rêvé, que c’était bel et bien réel.
C’est alors qu’un jeune garçon vint vers elle. Un blondinet, qui devait avoir quatorze ans, à vue d’œil. Heureuse, simplement que quelqu’un vienne la voir, elle afficha un grand sourire, un peu naïf.


« Vous êtes une nouvelle Noscoienne ? »

Le ton était abrupt et froid, comme la nuit. Elyan perdit son sourire. Lui avait-elle fait quelque chose ? Il ne lui semblait pas qu’elle n’ai fait quoique ce soit qui puisse le gêner. À moins qu’être assise par terre et regarder le mur ne soit défendue… Puisque de toute façon elle n’avait fait que ça depuis des heures. Sans ruminer plus sur ses éventuelles fautes, Elyan passa à ce qui l’avait marqué le plus : l’apparence et la voix n’était pas… en accord. Quelques temps plus tôt, ses oreilles trop laissées de côté n’auraient pas réussi à lui signaler ce fait étrange, mais là, le problème lui apparaissait clairement. Il avait l’air jeune, de loin… Mais sa voix n’était pas celle d’un adolescent. Même pas d’un jeune adulte, non. Quelqu’un de très très très très vieux. Comme son attitude, il semblait aussi immensément vieux que sage, comme tous les vieux qui se respectent. C’était réellement étrange…

*Ne fait pas attention aux apparences, ça ne fait que t’embrouiller.*

La jeune femme décida donc que cet homme devait avoir ses histoires à lui qui faisait qu’il était comme tel, et que donc c’était normal. Après, à son interlocuteur de bien vouloir lui dévoiler ses souvenirs, là où il était allé et ce qu’il avait ressenti. Elle n’allait certes pas le forcer… Néanmoins, elle plaignit silencieusement le pauvre homme. Tout le monde ne savait pas l’importance limitée des apparences, et devait se poser bien plus de questions qu’elle. Ca ne devait pas être amusant tous les jours…
Elle allait se décider à répondre quand il secoua vivement la tête, ses cheveux voletant autour de celle-ci. Surprise, elle ne dit rien, et après qu’il eût replacé quelques mèches, il reprit la parole.


« Désolé. Manque de politesse. Tobias Horvath… Frère de la congrégation. Je suis un empressé trop curieux et passe un peut trop abruptement à ce genre de questions… et question à laquelle vous n’êtes point obligé de répondre… »

Le sourire revint sur le visage de la jeune femme, il s’excusait, elle ne savait pas trop de quoi mais il s’excusait. Il voulait donc être gentil, même s’il pouvait avoir du mal. Les gens foncièrement méchants ne s’excusent, ils se moquent et ravivent la douleur. Lui, il voulait plutôt apaiser le tout…

« Ne t’inquiète, ça ne me dérange pas d’y répondre… Je ne suis pas toute nouvelle ; je suis arrivée dans ce monde il y a maintenant quelques jours. »

Comme à sa chère habitude, Elyan délaissa le vouvoiement sans autre forme de procès. Il ne fallait pas se méprendre : ce n’était pas de l’impolitesse qu’elle voulait mettre en avant ici. C’était juste sa vision du monde, où le vouvoiement était réservé à ceux qu’elle n’appréciait guère, aux méchants. Lui était gentil, le tutoiement était donc la marque adéquate, une marque de sympathie et chaleureuse. La jeune femme ne se rendait pas toujours compte que ça pourrait lui poser des problèmes, mais qu’importe, elle y tenait.
Il, ce Tobias machin, était donc de la congrégation. Comme son premier parrain. Elle ne savait toujours pas ce que faisait cette organisation, mais une question plus importante lui taraudait l’esprit. Elle farfouilla dans sa mémoire, déjà bien pleine des quelques souvenirs qu’elle avait pris ici, et retrouva enfin le nom qu’elle cherchait.


« Ler ! Tu connais un frère, comme toi, un frère de la Congrégation de… euh… Joshi ? Enfin, comme toi, qui s’appelle Ler ? »

Elle aurait tant aimé le revoir. Depuis qu’ils avaient été séparés à son arrivée, elle n’avait pu le croiser pour savoir comment il allait. Une vague de nostalgie la prit, celle que nous inspirent les réminiscences de jeunesse… L’épisode n’était pas si lointain, mais paraissait à des années lumières de son esprit, après tout ce qu’elle avait appris chaque jour, chaque émerveillement. Toute son espérance fut mise sur ce point, elle aurait été si déçue si elle n’avait pu le revoir jamais. Mais elle allait pouvoir le revoir, elle le savait. L’idée s’était imposée à elle, comme un instinct puissant et indicible. Et la jeune femme resta fixer sur le visage de Tobias.
D’autres images parvinrent à son esprit… Sa marraine, Kathleen, si gentille. Si elle l’avait arraché un peu brutalement à son premier parrain, elle s’était excusée. Encore quelqu’un de gentil. Apparemment ce n’était pas elle qui avait voulu faire du mal à Ler… D’autres gens, dont Elyan ne cherchait pas à savoir l’identité. Elle ne cherchait de toute façon jamais à trouver, rencontrer, croiser, discuter ou tout cela à la fois avec des gens méchants. Sa marraine, elle était vraiment géniale. En plus, elle était de la Brigade, c’était trop la classe ! Et elle lui avait découvrir tellement de choses, le chocolat pour commencer.


« Grouiiiick… »

*Oups*

Son ventre venait de prendre la parole. Intempestivement… Si elle avait pu, elle l’aurait rabroué vivement, mais elle eut l’impression, confuse, que ce genre d’attitude pourrait effrayer un tant soit peu son interlocuteur. Sa main se posa sur son ventre, tentant vainement de le calmer. Il fallait qu’elle pense à autre chose, oublier sa faim, elle pouvait attendre, ce n’était pas important après tout. Elle tenait encore bien debout, droite dans ses bottes. Mis à part le fait qu’elle n’avait pas de bottes, mais bref. Penser… à un papillon. Voilà, ça, elle n’en mangerait jamais. Elle les respectait trop pour ça. Leurs ailes si fines, si délicates, si colorées… Mangeeeeeer ! Non, leur corps si fin, si délicat, bon pas très coloré… Mangeeeeeer ! Non, non et non, il fallait qu’elle se concentre. Elle n’allait pas laisser son pauvre ami tout seul. Surtout pour une pareille futilité. Elle rêvait, les yeux ouverts, de chocolat. Oh, oui, le chocolat, son goût croquant amer tendre sucré moelleux pâteux de cacao… Qui fond dans la bouche, doucement, tout tout doucement, en développant ses arômes petit à petit. Du chocolat, ça se savoure. Elyan déglutit… À son tour, elle secoua la tête, faisant onduler ses cheveux tout autour d’elle, et elle ouvrit des yeux ébahis. Le jeune homme était toujours devant elle. Elle afficha un sourire gêné, un peu crispé, qui ne lui était pas commun. La faim fait faire de drôle de choses, parfois.

« Héhé ~ euh, je veux, dire, je suis désolée… »

*Là on atteint les sommets du ridicule, je fais vraiment n’importe quoi…*

Elle battit plusieurs fois des paupières pour se reconcentrer, du moins essayer. Son attention revint sur son interlocuteur, elle sourit et attendit qu’il réponde. Peut-être l’avait-il déjà fait, c’était probable mais ses rêvasseries l’avaient empêché d’entendre quoique ce fût.

[ Si ça te convient pas... Je t'étripe ! xD *n'en peut plus* Et par pitié, ne me répond pas 7k T.T ]
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Ven 14 Jan - 1:34

Il y a eut le premier regard d’un oublié, autrefois. Le premier regard, comme tout le monde, de celui qui réalise qu’il est tombé nulle part et partout à la fois, sans se souvenir de pourquoi, sans en comprendre la raison, même s’il la cherche, car il n’y a rien d’autre à faire que d’essayer de trouver la moindre petite parcelle de réponse. Lorsqu’un nouvel oublié pose ses yeux curieux, vide, nouveau et innocent sur l’enceinte, à l’observer et à s’interroger. Et lui avait tout de suite su que quelque chose clochait, comme beaucoup. Quelque chose manquait, en lui, en eux. Un trou béant qui les avalait. Enfin… Lui s’était laissé absorber par ce trou. Ces frères, qu’il appelait ses frères sans vraiment être sûr à 150% qu’il s’agissait bien de ça, même s’il n’en doutait plus dès aujourd’hui.

Lorsqu’il avait vu le sourire disparaitre des traits fins et délicats de la jeune fille, caractéristiques évidente de la gens féminine, il se dit qu’il obtenait la même réaction, à tout bout champ, chez tout être étant un tant soit peu de bonne humeur ou du moins ayant un caractère plus enjoué. Ce qui n’était pas spécialement le cas chez lui. Ou tout du moins étaient très rares les témoins pouvant affirmer que le blond s’avait, mine de rien, s’amuser lorsque l’envie le lui en prenait. Même si ça n’arrivait pas franchement souvent, ni régulièrement, et qu’il fallait s’attendre à une retomber brutale de son caractère dans les minutes suivant son éclat de rire volatile. Il s’était toutefois bien rapidement calmer, tentant tant bien que mal de faire suppression sur son ton froid, glacial, voir plutôt désagréable à écouter. Et lorsque les paroles suivantes firent de nouveau sourire le visage de la jeune femme, il ne pu que s’en sentir étrangement gêné. Disons qu’il n’avait pas spécialement l’habitude de ce genre de comportement. Il ne répondit toutefois pas par le même, et se contenta de darder un regard brillant sur elle, comme pour l’analyser, la comprendre, la détailler et tout connaître, car Tobi était fascination. Tobi était passion obsessionnel de tout comprendre et tout connaître. S’en était, au fur des années, devenu presque malsain, mettant sa propre santé à risque, son moral au plus bas pour simplement tout voir et tout sentir ce qui l’entourait. Mais il était dévoué, et ce entièrement, à la Congrégation.

Quelques jours pour lui signifiait nouvelle. Même si elle ne se considérait pas forcément comme tel, pour lui, c’était tout à fait le cas. Enfin, surtout qu’il n’avait point vu son visage par le passé. Et dans une petite ville comme celle-ci, où tout le monde connait tout le monde, c’était son unique conclusion possible. Or, il ne la connaissait pas, donc nouvelle, c’était aussi simple que d’écrire bonjour. Il était toujours étrangement dérangé, ou surpris, il ne savait trop, lorsqu’on délaissait le vouvoiement envers lui. Surtout que c’était, pour lui, quelque chose d’important, mettant ainsi tout être sur le même étage, sans hautaine signature. Mais il ne s’en fit guère à ce sujet. Si elle tenait à employer le tutoiement avec lui, qu’elle ne se gêne pas. Il n’en ferait toutefois pas de même en retour, ce n’était pas dans ses habitudes.

Elle reprit, sur un ton plus intensif, malgré la froideur avec laquelle il lui avait répondu et abordé depuis le tout début. Ler ? Bien sûr qu’il connaissait… du moins avait connu. Pourquoi ? C’était ce qu’il se demandait. Les deux hommes ne s’étaient jamais entendu, mais la fascination qu’avait eut le blond pour les connaissance du plus haut que lui avait mené à leur conversations possiblement oubliées déjà. Il opina donc du chef, tranquillement, comme s’il ne pouvait rien faire de plus.


« Bien sûr. C’est une petite ville, souvenez-vous. Tout le monde y connait tout le monde. Et oui, Joshi… La Congrégation de Joshi… »

Il ne s’interrogea pas à déblatérer sur les raisons qui l’avait poussé lui à connaître Ler. Et il ne semblait pas non plus très enclin à exprimer ce qu’était la Congrégation sans qu’on ne lui pose la question. Mais lorsque l’étrange bruit atteint ses oreilles. Et… Et il rit. Brusquement. Littéralement. Un rire qui semblait étrange en provenance de lui, mais un rire tout de même, qu’il ne pouvait retenir en lui. Ça sonnait bizarre et peu naturel, mais tout de même. Et il s’arrêta, aussi brusquement qu’il avait éclaté, pour récupérer une expression particulièrement sérieuse, bien que son regard pétillant trahissait son visage calme.

« Peut-être avez-vous… Faim ? Et si nous allions prendre une bouchée ? »
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Elyan Naera le Dim 16 Jan - 18:26

Elyan, gênée, écouta rire son interlocuteur. Elle sourit en entendant ce rire, mais au fond, elle était vraiment surprise par son comportement. Quelques minutes plus tôt, il semblait froid et distant et là, il riait d’elle, pas méchamment de ce qu’elle ressentait, mais le rire est familier, il rapproche et permet de partager. Ce qu’il l’étonna encore plus, c’est la disparition totale de cet accès à l’hilarité en quelques secondes. Mine de rien, Elyan continua la conversation comme si de rien n’était.

Oui, je dois avouer que j’ai un peu faim…

*Pour ne pas dire que je suis morte de faim, en réalité*

Mais ne t’inquiète pas, je vais aller manger. Si tu veux m’accompagner, tu peux bien sûr, mais je ne te force pas.

La jeune fille sourit de toutes ses dents. Elle aurait bien aimé pouvoir partager un peu plus avec ce jeune homme. Il semblait charmant, mais se retenait de l’être. Enfin, c’était étrange. Pas étrange mal, mais étrange… étrange. Comme s’il s’empêchait de plaire aux autres, il retenait toutes les facettes de sa personnalité qui aurait pu lui permettre de passer de bons moments. Pourquoi s’obliger ainsi à être malheureux ?

*Malheureux, c’est peut-être un peu fort, mais…*

Mais il pourrait être tellement plus… épanoui. Il suffisait d’entendre ce rire pour en être convaincu. Ni une ni deux, Elyan décida qu’elle ferait tout pour entendre ce rire encore une fois. Elle hésita, puis se lança :

En fait, j’aimerai vraiment que tu viennes avec moi !

Ils pourraient parler, discuter, se découvrir… Chacun avait le droit à sa part d’intérêt pour Elyan. Et puis, manger avec quelqu’un c’était tellement plus amusant que de papoter avec ses courgettes. Sérieusement, les légumes aussi ont des limites. Ils sont beaux, bons, appétissants, utiles mais niveau conversation, avec eux, ça ne volaient jamais très haut. Tant qu’à choisir, elle préférait encore les papillons. Même si ils étaient inutiles et immangeables, ils étaient très beaux, et cette beauté faisait la conversation à elle toute seule.

Elyan finit par se diriger vers un des bâtiments, au hasard, vu qu’elle ne savait absolument où elle pourrait trouver un restaurant ou quelque chose de ce genre là. Au pire, si elle n’en trouvait pas dans le premier bâtiment, elle ferait le deuxième, le troisième, tous en réalité jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il n’y avait pas de restaurants à Nosco et qu’elle retourne chez elle pour se préparer un vrai repas toute seule. Enfin, vrai repas… Tout était relatif. Il y avait tellement d’autres choses à faire ! Et jamais assez de temps pour tout caser. Un jour, il faudrait qu’elle invente une machine à étirer le temps. Une heure qui tient en une minute, ce serait chouette non ? Réfléchissant, Elyan se dit qu’il serait bien que la machine soit petite… Ce qui serait marrant, c’est qu’elle ressemble à une montre. Pour le rapport au temps. Ou non… À des ciseaux ?


*Hm… Je sais !*

À une pince pour élargir les doigts des gants, pour les décoller après la longueur de l’hiver. Au lieu d’étirer des gants, cette pince étirerait le temps. La classe !
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Lun 24 Jan - 19:28

Si faim il y avait chez elle, ce n’était pas forcément le cas du Frère qui comptait plutôt, quant à lui, se contenter silencieusement d’observer, sans rien ajouter, sans jamais rien dire, comme s’il ne savait rien faire d’autre que de regarder et de tenter de comprendre le comportement des uns et des autres. Il se contentait de sourire devant elle, devant ces dires qu’il aurait pu jurer retenus. Un peu faim alors qu’elle donnait l’impression d’être aussi affamé qu’un oublié dans un cachot froid ! Soit, tant qu’elle se nourrissait, tout allait bien, il n’allait pas non plus se mettre à s’inquiéter pour n’importe quel nouvel arrivé, à tout bout de champ. Comme s’il n’avait que ça à faire, franchement, s’assurer qu’ils aillent bien, à les bichonner et à en prendre plus soin que la prunelle de ses yeux. N’importe quoi ! Ce n’était absolument son genre, de toute façon, de seulement penser au bien être des autres… Quoi que ce fait dépende de qui ils sont, principalement, s’attachant à certaines personnes, bien qu’elles se fassent plus rares en ces temps durs dans la ville. La dernière attaque de créature en ayant secoué bien plus d’un, lui avec. Celle-ci avait bien de la chance, il devait l’avouer. Ne pas l’avoir connu, c’était sympa. C’était rassurant de voir ces petites choses vivantes et innocentes qui ne comprennent pas forcément tout du fonctionnement de ce monde de brutalité au quotidien. Sans parler des guildiens qui passaient leur temps à jouer avec la mort alors que lui, qu’eux, incapable de même tenir une arme alpha, se contentait simplement de servir de petit déjeuner aux créatures, ou pire… à mettre les autres en danger.

Lorsqu’elle lui proposa de l’accompagner, s’il le souhaitait, il failli rétorquer que ce n’était pas dans ses habitudes et qu’il passerait son chemin pour cette fois, mais que si elle le souhaitait, il lui indiquerait que, à cette heure, la salle de repos de l’Aedes était généralement vide et plutôt tranquille et que c’était sympathique de s’empoisonner avec la nourriture synthétique qu’on leur fournissait. Dire qu’il en mangeait, trois fois par jour, depuis cinquante-trois ans ! Mais en vain, il ne dit rien… Elle le fit avant lui, changeant un peu d’idée, en voulant qu’il l’accompagne.

Ça lui semblait étrangement incompréhensible, en vérité. Lui ? Vraiment ? Il n’était pourtant pas ce qu’on pouvait appeler être très social envers autrui et le démontrait à l’instant même, alors qu’il clignait des paupières, un instant, gardant un regard fixé devant, sur elle. Un de ces regards où l’on se sent étrangement mal à l’aise, alors qu’il analyse en silence le visage féminin. Elle s’était retournait et filait déjà, alors que son air sévère la suivait. Oserait-il ? Daignerait-il seulement faire quelques pas en avant ?

Il le fit dans sa droiture à ne plus en finir, mains le long du corps, l’air dure alors qu’il finit par lui emboiter le pas, à la suivre comme son ombre. Ce qui était amusant, dans la situation présente, était qu’elle était tombé nez à nez avec un de ceux connaissant la ville de fond en comble, par cœur, le moindre recoin, alors que rien ne lui semblait inconnu lorsqu’il parcourait les rues serpentant Nosco de part et d’autre. Elle semblait même finir par complètement oublier la discrète présence qu’il était derrière, alors qu’il suivait comme s’il n’avait pas très bien su. Après un moment, toutefois, il se permit une petite réaction, toussotant légèrement.


« Pardonnez-moi, mais… Il y a le réfectoire de l’Aedes. Ça ne sert à rien de parcourir les rues encore de cette manière, vous ne trouverez rien… À moins que vous n’inventiez, ce qui pourrait être long pour votre pauvre estomac souffrant. »

Dans les dents ? Il ne pouvait pas vraiment dire ainsi, même si le ton qu’il employa était considérablement froid, pour tenir le personnage qu’il montrait continuellement aux autres. Il s’était arrêté, en disant celui, pour lui indiquer qu’ils n’étaient… pas exactement dans la bonne direction en fait. Soit, à moins qu’elle désire se rendre au sanctuaire. Bref, il déclarait que chercher était inutile, qu’elle le veuille ou non. Qu’est-ce qui pouvait bien être utile, de toute façon, entre ces murs, emprisonnés de cette enceinte ? Et ses vêtements blancs qui étaient toujours tâché de l’encre maudite ! Si elle ne voyait pas ce que lui voyait du mur, elle pouvait en deviner une partie, juste grâce au noir collant et assez… désagréable à porter.
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Elyan Naera le Lun 21 Fév - 12:54

Elyan virevoltait en tous sens, presque oublieuse de la faim qui tiraillait ses entrailles. Elle aimait cette ville, elle s’y sentait bien, elle l’apprivoisait petit à petit, malgré la pâleur maladive des murs qui pouvaient gâcher le paysage et la verdure. Peut-être était-ce dû à l’impression de protection crée par l’enceinte. Comme le filet d’une aire de jeux, permettant à l’enfant qu’elle était de s’ébattre sans craindre de chute douloureuse. Même si le filet n’empêchera jamais de trébucher…
La jeune femme allait continuer à parcourir les rues gaiement, quand elle fut arrêtée par la voix de Tobias derrière lui. Elle se retourna vivement, et, en penchant la tête sur le côté, elle le dévisagea, comme si il venait d’apparaître derrière elle. Une lueur de surprise dansait dans ses yeux, pas tant par la présence de l’homme mais par la froideur de sa réplique. Il utilisait de ses mots… Il parlait de souffrance, alors qu’elle n’avait qu’une pet… bon, une grosse fringale, mais ce n’était pas une souffrance. On ne fait souffrances uniquement des maux qu’on décide de qualifier ainsi. Et la faim était très éloignée de ce qui aurait pu être une souffrance pour Elyan.
La pensée, vague mais présente, que ce mot ne concernait pas tant sa faim à elle mais plutôt quelque chose à l’intérieur de l’homme se posa dans son esprit, s’y colla et s’y agrippa fermement. La jeune rousse le fixa encore plus. Pourquoi était-il si froid ? Pourquoi se cachait-il sous une carapace de glace ? Il n’allait pas bien peut-être… C’était même pratiquement sûr. Manquant certainement de tact, Elyan n’eut d’autres idées que celle de lui demander directement, simplement, spontanément.


Quelque chose ne va ?

Elle avait l’air réellement inquiète, elle se préoccupait plus du bien-être de cet inconnu que du sien. Après tout, elle avait assez mangé hier pour tenir aujourd’hui. Un homme en bonne santé peut tenir trois jours sans mangé, mais vivre un seul jour sans être un peu heureux était bien la pire des tortures.
Mais réflexion faite, Elyan se dit que les langues se délieraient plus facilement devant une bonne assiette de nourriture, quelle qu’elle soit. Elle regarda à droite et à gauche. L’Aedes… Où était donc ce bâtiment ? À ce qu’elle s’en souvienne, il était… Euh… Quelque part. Dans cette ville. C’était un point de départ, mais entourée de murs blanchâtres, la jeune femme hésita… Retourner sur ses pas, continuer pour tourner ensuite ? Apparemment, elle était bel et bien perdue dans la ville. Elle revint sur Tobias…


Euh… C’est où l’Aedes ? Tu peux m’y amener ?

Lui au moins avait l’air de savoir où il était et de connaître la ville, un peu mieux qu’elle. Pas qu’elle n’en connaisse vraiment rien, elle commençait à se familiariser mais c’est vrai qu’en flânant, elle ne cherchait pas à aller où que ce soit, elle laissait le hasard et ses pas décidés de la destination. Par chance, sûrement, elle avait toujours réussi à retrouver son appartement jusque là.
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Dim 17 Avr - 20:56

Décidément, vu l’expression fort étrange que la jeune femme arborait après son exploit de tact miraculeux, il comprit qu’ils étaient bien rares ceux qui comprenaient vraiment parfaitement le sens de ses dialogue... Il proposait la métamorphose et on prenait tout au pied de la lettre. Il lui répondit par un regard suspect, comme s’il s’attendait à tout sauf à la réplique qui sortir de la bouche de la rouquine. Il clignant des paupières à plusieurs reprises, comme s’il avait cru à une hallucination auditive ou il ne savait trop à quelle blague exactement qui venait d’elle. Il secoua rapidement la tête, balayant l’air de sa chevelure momentanément volante, et replaça ses lunettes qui avaient glissées sur le bout de son nez avant de reprendre son air des plus sérieux habituel. Il se contenta de faire un signe de la main d’agacement, comme s’il chassait une mouche de son visage, et évita de répondre, ainsi, verbalement au questionnement de la jeune fille vis-à-vis de son état mental du moment. Elle en avait de bonne, c’était à mourir de rire. Il faisait ainsi, chassant la question comme s’il n’avait s’agit là qu’un d’un pet dans l’air pour s’en débarrasser, pour l’éviter comme il s’avait bien faire, faisant mine que ça n’avait absolument aucune importance.

Ah, il comprenait ! Elle cherchait à le démystifier. Ça devait être ça... Qu’elle tente, qu’elle creuse, qu’elle fouille autant qu’elle voudrait, ce n’était pas à elle qu’il raconterait ses états d’âmes, il en était convaincu, aussi accueillante et sympathique puisse-t-elle être. Il avait bien assez de la prêtresse qui lui servait de marraine qui le harcelait à réussir à créer chez lui un faux-semblant de sourire ou quelque chose qui ressemblait plutôt à une grimace ratée. Enfin... Il voulait surtout, finalement, chasser cet air inquiet sur les traits féminins, qu’il connaissait trop chez ceux de la prêtresse et de ses frères. Pourquoi fallait-il toujours qu’il y en ait un pour s’interroger sur son sort, pardi ? Il roula tout de même un peu des yeux à la question suivante... Mais comment, par Joshi, faisait-elle pour ne par dormir dans la rue à tout bout de champ ? Ne savait-elle pas que l’Aedes était son lieu de vie, sa maison, son réfectoire, tout ? Il lui semblait bien que s’il y avait un lieu à se souvenir pour un nouvel arrivé, c’était bien celui-là !


« Bien sûr. Je t’y conduirai. Mais je n’y entrerai pas avec toi. Je n’aime pas cet endroit et me contente du Sanctuaire. Veux-tu toujours retourner à l’Aedes pour déjeuner seule ? »

Drôle de question. On aurait dit qu’il cherchait impérativement la compagnie de quelqu’un. Peut-être était-ce le cas, au fond, ou bien était-ce simplement de la fierté mal placer de provoquer chez la jeune fille à lui demander ce qu’était le Sanctuaire, parce qu’il adorer tout simplement parler de ce lieu de vie propre aux Congrégationnistes. Et puis C’était toujours plus sympathique, les caméras s’y faisant vaguement moins nombreuses, on se sentait toujours un peu plus intime par chez lui que chez nos amis les guildiens.

« Alors ? »

Oui, alors, que choisissait-elle ? Il la reconduirait volontiers à l’Aedes, mais leur rencontre se terminerait là, sans insistance, sans rien davantage. Et comme elle semblait étrangement curieuse, il aspirait à ce qu’elle ne décide de l’accompagner plutôt qu’inversement. Après, il pourrait éventuellement la lâcher n’importe où s’il en avait assez ou qu’elle l’agaçait trop... Se serait bien dans ses habitudes, après tout...
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Elyan Naera le Mar 19 Avr - 10:19

Elyan fut surprise par la froideur de son interlocuteur, sans s’en soucier plus que ça. Il n’avait pas répondu à sa question, quand elle lui demandait s’il allait bien. C’était le réflexe typique des gens qui n’allait pas très bien, voire très mal. Il devait avoir des problèmes, ce qui contrariait la jeune femme, vaguement, elle n’aimait vraiment pas laisser quelqu’un aller mal comme ça, sous ses yeux sans intervenir. Mais puisqu’il ne souhaitait pas en parler, elle n’allait pas le forcer à lui cracher quelques mensonges pour la rassurer, ce qui en réalité ne ferait toute manière que l’affoler encore un peu plus.
Ce qui importait pour le moment, c’était de retrouver l’Aedes ou du moins quelque chose de connu. Parce que là… C’était vraiment gagné. Elyan regardait encore de tous les côtés pour essayer de retrouver un point de repère quelconque, mais ne voyait rien. Pas même un banc qu’elle aurait déjà entr’aperçu aux cours de ses nombreux périples, ni même un bâtiment, une affiche, un mur, un… un… truc reconnaissable dont peu importait la nature. Mais non, Elyan était définitivement perdue. Elle espérait de plus en plus vivement que Tobias accepta de la raccompagner. Ce qu’il fit rapidement et à son plus grand soulagement, même si… D’une manière un peu détourné, le jeune homme semblait peut-être lui proposer autre chose. Drôle d’invitation qu’était de lui proposer un choix, en ne lui montrant qu’une seule des propositions et de façon si péjorative qu’elle ne sentait même plus d’accepter. Qui aimerait déjeuner seul, et encore plus, seule, alors qu’un si charmant compagnon était là, et qu’il semblait attendre la demoiselle qui se laissait un peu désirée. Le problème, où lui proposait-il de venir ? Au Sanctuaire ? Avait-elle le droit d’y entrer ? Elle n’avait jamais osé s’aventurer dans les parages, bien que revoir Ler lui semblait une perspective plutôt agréable. C’est vrai qu’elle n’avait pas revu son parrain, il habitait là-bas non ? Enfin, tout de même, le Sanctuaire de Joshi l’impressionnait quand même un peu… Un bâtiment mystifier par quelques rumeurs qui couraient, Elyan n’écoutait ni ne proférait les rumeurs, mais tout de même. Elle ne pouvait s’empêcher de les entendre… Comme cette autre rumeur qui traînait sur un informaticien… Comment s’appelait-il déjà ? Ca finissait par « ne »... Ou pas… Elyan ne se souvenait plus, mais en tout cas paraîtrait-il qu’il volait le travail d’autres informaticiens. La jeune rouse détestait le vol. C’était dans ses principes et dans sa nature, elle le considérait comme une chose très grave. De là à accuser quelqu’un au hasard, car cette charmante personne, elle ne la connaissait que de nom, dans le cas où elle arriverait à l’extirper de sa mémoire.

Alors ?

Elyan revint à elle, et regarda son interlocuteur. Alors quoi, effectivement ? Que lui proposait-il d’autre que de « retourner à l’Aedes pour manger toute seule » ?

Que me proposes-tu d’autre ? Je ne mangerais pas seule.

Le ton de la dernière phrase était étrange, Elyan le remarqua… Elle sous-entendait qu’elle ne mangerait pas si elle était seule, la solitude lui coupant l’appétit, tout en gardant le sens premier : elle n’avait pas envie de manger seul. Mais avait-elle envie de manger ? En tout cas, son ventre en avait besoin…
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Mar 10 Mai - 3:06

Son air sévère et un peu brutal, voir totalement commère et associable, semble fondre comme beurre au soleil, comme neige en été. Un véritable sourire osa enfin éclairer ce visage blême de fatigue, lui donnant un air particulièrement enfantin. Content ? Avait-il fait exprès finalement, comme s'il avait tout fait, absolument tout fait, pour en arriver à cette réponse très précise ? Il semblait, d'un point de vu extérieur que c'était le cas. Pourtant, au fond de lui, même s'il y avait une part de vérité dans cette hypothèse, il était réellement heureux. Lui qui avait l'habitude de la solitude avait, involontairement peut-être, tout fait pour la briser et se trouver un peu de compagnie, aussi insolite et inattendue puisse-t-elle être. Il lui fit une légère révérence, comme pour lui démontrer son ironie, comme s'il lui démontrait sa victoire, mais avec un amusement non contenu auquel très rares étaient ceux qui y assistaient.

Se redressant, il lui tendit simplement, doucement, la main comme pour l'inviter à le suivre, comme un guide qu'il acceptait soudainement d'être pour elle qui l'avait, dès le départ, presque supplier de l'amener à l'Aedes... Du moins était-ce ce qu'il voulait bien se faire croire lui-même, selon sa propre perception des choses, ce n'était pas forcément la vérité vraie, après tout. Tobias était un bon comédien, il n'y avait pas à dire. Et surtout un bon manipulateur lorsque le besoin, comme maintenant s'en faisait sentir. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il la lâcherait comme une vieille chaussette ou la reprendrait lorsqu'il se sentait un peu seul. Non, ce n'était absolument pas dans ses habitudes de vie, après tout. Lorsque le jeune Congrégationniste s'attachait, c'était généralement difficile à défaire. Parce que oui, sous le masque glacial, ironique, sarcastique et peu aimable, il y avait toujours ce garçon de quatorze ans, tout juste arrivé, qui se camouflait derrière le vieux de cinquante-trois ans, comme si ce dernier avait voulu oublier ce qu'il est, ce qu'il avait déjà été et ce qu'il pourrait être s'il le voulait bien. Mais avant toute chose, comme lorsqu'il faisait plus ample connaissance, il pensa à ses fastidieuses recherches...

-Puis-je te poser une question ?

Le ton fut rempli de mystère, un regard brillant parcourant alors la jeune fille, de la tête au pied, comme s'il tentait avant tout d'analyser la situation, de découvrir le secret qu'elle cachait sans même s'en rendre compte.

-J'aimerais que tu me décrive ce que tu vois de l'Enceinte et ce que tu ressens vis-à-vis d'elle. Disons que j'effectue quelques recherches sur ce sujet... Après je t'amènes manger... et visiter, pourquoi pas.

Aussitôt dis aussitôt fait, il avait sorti une plume stylo de sa poche et un petit calepin sur lequel il s,apprêtait, de toute évidence, à griffonner ce qu'elle voulait bien lui raconter. C'était très étrange comment, parfois, il pouvait passer d'un caractère à l'autre en une fraction de seconde...
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Elyan Naera le Sam 14 Mai - 15:03

Elyan fut heureuse de voir que Tobias lui tendait la main. Il fit même plus, affichant le plus beau des sourires sur son visage. Enfin, son carcan de glace se fissurait, enfin son air taciturne s’envolait un peu, enfin, il pourrait profiter de cet instant si délicieusement baigner de soleil. Oui, la jeune rousse en faisant peut-être un peu trop pour le coup. Mais elle était réellement, véritablement, contente que l’homme, le jeune garçon, ne restât pas avec ses sombres pensées. Il faut s’aérer la tête de temps en temps, pour voir la vie telle qu’elle était : colorée et pleine de surprise.
Bref, la demoiselle rousse prit la main de son interlocuteur, et se laissa entraîner dans quelques folles aventures où il faudrait bien la conduire. Ce repas risquait d’être drôlement amusant, au Sanctuaire. Mais ils ne partaient pas encore. Pas tout de suite. Tobias avait des questions… Questions plutôt étranges d’ailleurs, mais auquel Elyan répondit bien volontiers.


L’enceinte ?

Elle regarda le jeune homme, jeune d’apparence, sortir un calepin et un stylo pour noter ce qu’elle allait dire.

C’est si important que ça ?

Elle n’attendait pas vraiment de réponse à cette question, mais elle la garda en mémoire pour la reposer, au cours du repas par exemple. Etait-il journaliste ? Pourquoi avait-il besoin de savoir cela ? Mais comme après tout, le savoir était très scientifique, la bonne volonté prit la jeune femme qui, passant une main dans ses cheveux, commença ses explications :

Pour moi, l’enceinte, c’est une graaand mur, elle leva la main jusqu’au dessus de sa tête, se mettant même sur la pointe des pieds pour montrer la hauteur, genre même plus grand que ça. En fait, j’ai du mal à distinguer une limite, tellement elle est haute. Des fois, j’ai l’impression de la voir, puis d’autre je m’aperçois qu’en réalité, à ce niveau, il y a encore du mur…

La jeune femme secoua la tête, en signe de négation.

Enfin, je dis mur, mais ce n’est pas le mot exact. Ce n’est pas exactement ça… C’est plutôt… Une sorte de falaise ? Et on serait à son pied… Tout tout en bas. Enfin, pas vraiment… Cest-à-dire que le matériau est un peu spécial. Ce n’est pas des briques comme pour un mur normal, ni même du marbre ou de la paille, c’est comme… Une sorte de verre, peut-être… Mais en plus opaque.

Elle plissa les yeux, cherchant ses mots.

Il y a des reflets surtout. Pleins de reflets colorés, des verts, des violets, des roses, des bleus, et ils prennent des formes parfois ! Celle d’un papillon, d’un nuage. Je dis reflet, mais ce n’est pas comme devant un miroir. Je n’y vois pas ce qu’il y a à Nosco, je peux y voir des animaux qui n’existent pas aussi. Une fois j’ai vu une sorte de quadrupède très poilu de partout avec deux cornes sur le dos.

Elle s’arrêta un instant, pour laisser Tobias noter ce qu’il désirait prendre en notes, avant de poursuivre sur son impression du mur.

Contrairement à ce que m’ont dit certaines personnes, moi, je ne déteste pas l’enceinte. Je la trouve même plutôt jolie. Je sais bien que c’est en quelque sorte ce qui me retient ici, mais j’aime bien cette ville, elle est sympa. J’ai pas spécialement envie de la quitter pour l’instant… Je m’y fait des amis, je découvre des choses…

Une seconde pause… Elyan rechercha ce qu’elle pouvait dire d’autre, d’autres précisions, d’autres informations…

Ah oui, j’allais oublier ! J’ai touché le mur une fois. Il est chaud. Mais très chaud, je crois que je pourrais m’y brûler si j’y laissais vraiment trop longtemps ma main. Tu veux savoir d’autres choses ? Je suis désolée si j’ai parlé trop vite…

La jeune femme reprit son souffle et sourit à Tobias, attendant sagement la suite des évènements.
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Re: Affronter ses peurs [Elyan]

Message par Tobias Horvath le Mar 17 Mai - 15:54

Il aimait les différentes perceptions que faisaient les gens par rapport à ce qu’ils ressentaient et voyait de cette enceinte si curieusement remplie de mystère en tout genre. Il opina tranquillement du chef à la première question, qui n’en était pas vraiment une, au fond. Si elle était si importante ? Pour lui, en tout cas. Elle signifiait la libération. Elle signifiait quitter Nosco comme Joshi l’avait fait, comme les anciens aussi, avant eux, ayant cru bon de céder leur place à l’Impératrice. S’ils avaient su ce qu’elle ferait de leur cité, peut-être ne lui auraient-ils pas donné cet impressionnant héritage. Peut-être qu’ils avaient commis la pire des fautes. En observant rapidement la rouquine, il conclue qu’elle n’était pas au courant de grand-chose et que c’était probablement bien tant mieux pour elle. Ça lui faisait moins de préoccupation, moins de poids sur les épaules à s’occuper. Mais oui, pour lui, l’enceinte était importante. Elle faisait partie de sa vie, il recherchait à mieux comprendre tous les mystères qui l’entouraient. Pour Elyan, c’était un genre de falaise. Et pas n’importe qu’elle : en verre. Il conclue qu’elle y voyait à travers, peut-être, les reflets de son imagination. Il se contenta de sourire à ce qu’elle disait, n’osant pas lui déclarer que c’était une terrible dictature et qu’elle finirait par s’en rendre compte. Que les guildiens n’étaient rien de plus que des marionnettes pour le bon plaisir d’une Impératrice tyrannique. Non, il ne dirait pas ça parce que la jeune fille ne le méritait pas. Elle voulait découvrir ? Soit. Qu’elle y prenne tout son plaisir maintenant, qu’elle apprécie la vie à Nosco comme elle devrait l’être. Il ne lui souhaitait pas de tomber dans la fosse à lion.

Il baissa rapidement les yeux sur son calepin à présent gribouiller d’écriture quelqu’un, dans un drôle de mélange de la langue habituelle et celle dont il se souvenait avoir fait parfois usage dans ses souvenir du passé. Quelques mots, seulement, qu’il comprenait vraiment, ne l’ayant pas encore découverte comme il se devait pour réellement l’employer. Seule chose dont il était vraiment certain, c’était que cette langue encore étrangère lui plaisait, l’adoucissait, le rendait… différent, si l’on peut dire ainsi.

Il glissa le cahier de note dans le fond de sa poche, gardant seulement en main la plus stylo qu’il glissa entre ses dents un court instant, alors qu’il la fixait d’une bien étrange manière, entre la réflexion et l’envie de la tirailler de toutes les questions qui perturbait son esprit en cet instant précis. Il n’allait tout de même pas se mettre à la harcelle, surtout qu’elle s’était montré particulièrement coopérative avec lui. C’était déjà beaucoup de la retenir contre son gré, de l’empêcher d’aller dévorer un satané repas synthétisé, non ? Parfois, il se disait qu’il devait vraiment être bizarre. Que c’était peut-être pour ça qu’il ne s’entendait généralement pas avec les gens qu’il rencontrait ou côtoyait. Enfin, il y avait bien le petit monstre du Sanctuaire avec qui il semblait mieux s’entendre, mais… Mais lui ? Lui il ne savait pas trop. Il se contenta finalement de simplement secouer la tête, tout sourire qu’il pouvait avoir à ce jour. Finalement, ce n’était pas plus mal d’être tombé sur elle plutôt que sur quelqu’un d’autre avec qui il aurait probablement (forcément) eut une querelle à faire exploser le Capitol.

«Non. Je te remercie beaucoup…»

Un signe de la main, il se retourna pour file dans les ruelles, s’assurant qu’elle le suivrait jusqu’au Sanctuaire. Car oui, c’était un endroit un peu étrange pour ces Guildiens. Bien qu’il ne l’amènerait pas n’importe où à l’intérieur. Ce n’était pas qu’il ne lui faisait pas confiance, mais elle était bien trop naïve pour qu’il se permette de tout lui montrer. Et encore moins la salle des ondes Alpha… Non, elle devrait se contentait d’un mini réfectoire, en son agréable ou désagréable compagnie, à voir comment tournerait cette intrusion à la conversation.


(HJ: je te propose soit d'arrêter là, qu'on fasse comem si ça s'était produit, soit de le poursuivre ici, ou de poursuivre au Sanctuaire dans un nouveau topic ?)
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