Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

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Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Tristan Darek le Sam 20 Nov - 1:59

Si Tristan avait su à quel point sa journée allait être affreuse, il n'aurait sûrement pas pris la peine de se lever et il aurait profité au moins une fois dans sa vie du plaisir de trainer au lit et de faire la grasse matinée. Seulement il n'avait pas la capacité de connaître le futur et c'était à peine s'il était capable d'avoir ne serait ce que l'intuition de ce qu'il allait se passer dans les deux prochaines minutes de sa vie.
Malheureusement pour lui, lorsque son réveil sonna il ignorait encore tout de la malchance qui l'attendait, il était loin de savoir qu'après que la première tuile lui tombe sur la tête ce serait tout le toit qui s'effondrerait, aussi facilement que si l'on avait soufflé sur un château de carte.

Après avoir visiblement rompu avec des semaines désastreuses, où ses angoisses étaient au cœur de ses préoccupations et où, trop distrait par le désespoir qui l'accablait, il avait eu l'impression d'avoir fait le plus mauvais travail de sa vie, il semblait aller un peu mieux. Finies pour un temps les nuits blanches devant son ordinateur où lorsque le petit matin laissait poindre le soleil, il s'assoupissait sur son clavier et ne se réveillait qu'en milieu de matinée, parmi ses brigadiers déjà tous au travail. Certains avaient pris leur pause à ce moment là et discutaient joyeusement autour d'un café. Lui, s'efforçait simplement de faire taire les douleurs de son corps dues à de mauvaises positions, se levait pour se faire un café ultra fort et reprenait son travail nocturne, corrigeait rapidement les incohérences faites lorsque son esprit avait perdu toute concentration. Le cycle de son travail alors se poursuivait, comme s'il n'avait jamais réellement arrêté de travailler et qu'il n'était pas possible de faire autrement, de sortir du cercle.
Mais hier, à défaut de se sentir mieux, il n'avait pas éprouvé le besoin de s'acharner plus que nécessaire dans son travail et avait faussé compagnie aux brigadiers de nuit pour rejoindre l'Aedes et son appartement des plus impersonnels, à l'image de ceux des nouveaux arrivés qui ne se connaissaient pas assez eux-mêmes pour savoir comment rendre le lieu plus chaleureux ou qui tout simplement n'avaient pas assez d'argent. Tristan lui n'était pas riche, on le sous-payait même pour tout le travail qu'il fournissait mais comme il ne s'en était jamais plaint on n'allait pas lui donner une augmentation par philanthropie. Et puis il n'en aurait rien fait, l'argent de son salaire suffisait largement à payer toutes les choses de base dont il avait besoin et le reste s'entassait sur son compte en banque. A une autre place, il aurait pu se ruiner en matériel informatique mais la guilde lui fournissait déjà tout le matériel dernier cri et ne refusait jamais ses demandes.

Il fut un temps où il s'intéressait davantage aux prouesses que les chercheurs en électronique faisaient. Étant lui-même calé dans le domaine, il lui était arrivé de participer à la conception de telle ou telle chose, ou bien il s'était simplement contenté de souffler quelques idées aux ingénieurs ou de leur donner son avis quand on le lui demandait. Mais le temps avait passé et sombrant de plus en plus au cœur de son malaise, il avait délaissée cette activité à laquelle il avait autrefois pris goût. C'était un peu comme l'informatique. Il avait beau être passionné par le domaine, il avait bien dû s'avouer que le plaisir n'était plus le même, qu'il n'avait plus autant d'excitation, de désir à aller de plus en plus loin. Pas par lassitude, penser une telle chose avait de quoi l'horrifier et lui donner des frissons dans le dos. Comment aurait-il pu se lasser d'une telle chose alors que c'était toute sa vie ?! Non, il sentait bien que c'était intimement lié à son état d'esprit bien qu'il soit incapable de pousser l'analyse plus loin. Il n'en avait jamais parlé, ni à ses brigadiers les plus proches, ni à ses supérieurs et encore moins à ses médecins. Tiens, il avait d'ailleurs un rendez-vous avec l'un d'entre eux dans quelques jours. Il ne se rappelait plus vraiment pourquoi mais il était certain qu'il n'irait pas, il trouverait bien une raison valable pour faire une fois de plus faux bond.

Toujours épuisé et accablé par sa fatigue, à peine était-il rentré chez lui qu'il s'était effondré sur son lit et s'était endormi tout habillé, ne prenant même pas la peine de se glisser sous les couvertures. Comme d'habitude, une grande partie de sa nuit fut agitée et il se réveilla au moins une douzaine de fois, laissant parfois s'écouler une ou deux heures avant que le sommeil ne veuille bien l'emporter à nouveau dans d'autres cauchemars.
Et comme la vie n'était jamais juste avec lui, ce fut quand ses tourments se calmèrent enfin, quand il put dormir paisiblement qu'un réveil strident sonna. A moitié furieux et réveillé mais aussi parce que le matin était pour lui le moment le plus accablant de la journée où son supplice après l'avoir laissé au repos une heure ou deux revenait avec la plus grande force, il attrapa son réveil et le balança violemment contre le sol dans un bruit sourd. Il ne devait pas être complétement foutu, il le réparerait ce soir.
Tristan se tourna de l'autre côté et ferma les yeux, espérant vainement que le sommeil veuille bien le reprendre mais il était déjà trop tard et même s'il se sentait toujours autant épuisé, il était parfaitement incapable de se rendormir.
Quittant le lit à moitié défait et trébuchant dans les habits qu'il avait finalement ôtés et qui jonchaient le sol, il se dirigea en trainant des pieds vers la salle de bain. Il attrapa au passage une barre vitaminée qui trainait sur sa table de nuit et en mangea un bout puis la posa sur l'un des meubles de la salle de bain, retira son caleçon et se glissa sous la douche. L'eau brûlante lui fit du bien, délassant ses muscles endoloris. Du sport, peut-être qu'il devrait écouter ce qu'on lui disait et en faire un peu, peut-être qu'ils avaient raison, que ça lui ferait du bien et le défoulerait. Mais il était tellement ancré dans ses idées, il croyait tant qu'il ne pouvait pas trouver d'exutoire à son désespoir et que rien ne le ferait aller mieux qu'il n'était jamais convaincu au plus profond de lui. Et puis il ne savait pas, il hésitait, et comme toujours il ne prenait pas de décision. Il aurait fallu qu'on le force, qu'on le pousse à en faire mais ce n'était pas franchement une bonne idée de provoquer sa colère.

Tristan ne resta que cinq minutes sous l'eau et pas plus pour se sécher, s'habiller et finir de prendre son petit déjeuner d'anorexique. Moins de quinze minutes après son réveil, il était déjà sur le chemin familier qui le menait jusqu'à son lieu de travail. Il n'était pas très loin et la marche qu'il devait faire était loin d'être un exercice suffisant pour qu'on le considère comme du sport.
Arrivés dans les bureaux de la brigade, comme à son habitude il traversa tête baissée les couloirs sans regarder ni saluer qui que ce soit, ne répondant jamais lorsqu'on tentait d'engager un semblant de conversation avec lui. C'était comme lorsqu'il qu'il entrait dans la pièce où la plupart de ses brigadiers étaient regroupés, il marchait tel un fantôme jusqu'à son ordinateur – lieu sacré auquel il valait mieux ne pas toucher – à moins qu'il n'ait quelque chose à dire à l'un de ses hommes. Il était évident qu'on ne le verrait pas pousser la porte et lancer un tonitruant « bonjour ! » comme certaines autres personnes, qui avaient d'ailleurs très vite abandonné la tradition après avoir affronté son regard glacial et son air dur, presque inflexible.

La première mauvaise nouvelle de la journée fut qu'il n'avait pas grand-chose à faire vu que son imbécile de second n'avait pas terminé ce qu'il lui avait demandé de faire et qui était pourtant urgent. Pas urgent dans le sens où il fallait boucler l'ensemble rapidement pour qu'on arrête de lui taper sur les doigts mais urgent parce que lui il en avait besoin pour poursuivre ce qu'il faisait. Seulement soit l'homme n'avait pas compris ça, soit il avait eu envie de jouer avec le feu, soit autre chose, après tout il s'en fichait de son excuse minable et ne lui laissant pas le temps de lui expliquer davantage le pourquoi du comment, il préféra lui couper la parole.

- Non mais vous vous prenez pour qui ? Je m'en fiche que vous aviez ci ou ça, vous vous débrouillez ! Je vous laisse gérer votre temps comme vous le voulez, vous pouvez bien sauter une journée et travailler d'affilé les quarante-huit heures suivantes, je n'en ai rien à faire mais quand je vous demande de me rendre quelque chose d'urgent, vous ne vous posez pas la question et vous le faites !

Absolument furieux par cet homme qui foutait en l'air toute sa journée et surtout parce qu'il avait envie de le gifler mais qu'il était quand même préférable d'éviter, il se tut, le foudroya du regard et le laissa en plan. Bon il n'y avait donc théoriquement plus rien à faire pour continuer son projet et il n'avait pas envie de finir ce que son second aurait dû faire d'une manière ou d'une autre. Après tout s'il le lui avait donné c'était pour déléguer mais aussi et peut-être surtout parce qu'il n'avait pas envie de le faire. Il ne lui restait maintenant plus que deux possibilités : soit inspecter ses brigadiers, jouer les flics ou les espions et s'adonner pendant des heures à cette tâche aussi mortelle que harassante, soit au contraire, se lancer dans quelque chose de totalement nouveau. Évidemment il ne fallut pas longtemps pour qu'il se lance dans la deuxième option et puis, il ruminait bien assez sa colère pour ne pas craindre de se défouler sur le premier incompétent qu'il croiserait, d'autant plus que ça n'irait sûrement pas arranger son cas.
Le mieux restait encore de trouver une idée constructive plutôt que de se perdre sur l'alpha ou d'aligner bêtement les lignes de code sans que cela ne forme un tout cohérent et n'ait le moindre sens. Abandonnant le mode graphique au profit de la belle console noire qui avait le mérite d'être esthétiquement d'une grande simplicité – on aimait ou on n'aimait pas – il s'égara un moment dans les commandes qu'il tapait machinalement, explorant de façon analogique le cœur de son disque dur, au rythme de ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Mais quelle fut sa surprise lorsqu'il tomba sur le fichier nommé « fonctionbis » noyé au milieu des fichiers systèmes de son ordinateur ! Il avait tant éparpillé tout ce qu'il avait à cacher ou plutôt tout ce qu'il ne voulait pas qu'on trouve, n'ayant rien de franchement compromettant si sa mémoire ne le trompait pas, qu'il avait fini par oublier quelques dissidents qui, comme toujours, échappaient plus ou moins bien à ses crises de suppression intensive.

Depuis combien de temps l'avait-il oublié celui-là ? Quelques lettres suffirent à le lui dire et la réponse ne tarda pas : dix ans. Instinctivement il avait pris les droits d'administrateur pour errer çà et là, c'était peut-être une chance étant donné que le fichier était invisible pour un simple utilisateur. Il n'avait jamais oublié sa prudence, minimisant au maximum les chances de tomber sur ce genre de fichier. Si l'on prenait son ordinateur dans le but de découvrir tous ses petits secrets, après s'être bien cassé la tête à déverrouiller les parties protégées par plusieurs mots de passe différents, il ne restait plus qu'à éplucher laborieusement tous ses fichiers, même dans les recoins les plus perdus. Il n'était pas possible qu'un logiciel se substitue à l'homme pour ce travail là étant donné qu'aucun nom ne ressortait vraiment, qu'il y avait bon nombre d'attrape-nigauds avec des noms presque trop évidents et encore plus de détecteurs d'intrusion, capables de supprimer toute donnée trop risquée avant même que l'autre ne s'en rende compte. Autant dire qu'on avait plus de chance de mourir de vieillesse que de trouver rapidement un petit quelque chose à se mettre sous la dent. L'inconvénient de cette technique était qu'il fallait tout garder en mémoire et se rappeler notamment de tous les pièges auxquels il pouvait lui-même être pris. Ça lui était pas mal arrivé à ses débuts et quand il avait mis au point et testé différents systèmes de sécurité, il se serait vu incapable de compter le nombre d'heures qu'il avait passé à réparer ses dégâts autant informatiques que mécaniques et s'il n'avait pas eu ce génie qu'on lui attribuait trop facilement, il aurait sans doute coûté bien cher à la guilde sans se montrer assez rentable pour ça.
De longues minutes s'écoulèrent avant qu'il ne se décide à ouvrir le fichier. Il savait parfaitement ce qu'il contenait même si depuis le temps il n'aurait pas su rétablir avec exactitude le contenu en question. Depuis combien de temps n'était-il pas retourné près de l'enceinte ? Sans doute depuis autant de temps que l'indiquait la date de dernière modification du fichier voire peut-être plus. Son travail d'acharné lui avait permis de se libérer du devoir qui consistait à accueillir les nouveaux arrivés, plus une tâche qu'un réel plaisir à ses yeux, une perte de temps inestimable et un moment de plus pour réfléchir à tout sauf ce dont il avait envie. Ça faisait trop longtemps qu'on ne lui avait pas demandé d'ailleurs et ce genre de chose ne présageait jamais rien de bon. Tant pis.

Le fichier en question ressemblait en fait à du chinois pour quelqu'un qui n'avait aucune connaissance en informatique et n'était pas plus compréhensible à un bon informaticien. A l'origine, c'était le relevé simple de tout ce qui lui avait paru notable dans la foule d'informations que le code inscrit sur l'enceinte lui affichait. Combien d'heures n'avait-il pas passé à scruter ce code qui défilait sous ses yeux et à chercher à le comprendre ? Puis il avait expérimenté une foule de choses, n'aboutissant jamais à la solution qui rendrait l'intégralité du code limpide. Le plus dur était de se détacher des connaissances qu'il avait crues justes après avoir passé des mois à plancher dessus pour se rendre finalement compte qu'il s'était complétement planté. Les heures qu'il avait passé sur ce code ne se comptaient plus tant elles étaient nombreuses, ce défi était à la fois à sa mesure et si haut qu'il s'était découragé de nombreuses fois sans toutefois parvenir à l'abandonner complétement.
Avalant une petite gorgée de café pour se redonner de l'énergie, ses yeux suivaient déjà à un rythme effréné tout ce qu'il avait pu écrire dans ce simple fichier et lorsqu'il eut fini de le lire, il se mit à écrire à la suite, ajoutant au fichier déjà bien long des lignes et des lignes de code.
Les heures défilèrent les unes après les autres sans que Tristan ne lève les yeux de son écran. Coupé totalement du monde il n'entendait plus rien de ce qu'il se passait autour de lui, on aurait pu faire la révolution ou le monde aurait pu être détruit qu'il ne s'en serait pas rendu compte. Il avait à peine mangé, trop concentré par ce qu'il faisait pour écouter ce que lui disait son corps. A vrai dire dans ces moments-là il s'en fichait totalement, il devenait ce robot, il devenait Traktueur et se livrait sans vergogne à ce qui le passionnait le plus au monde. Oublié la pseudo-dépression, oubliés les souvenirs, oublié ce foutu monde.

Ce ne fut pas les cris qui le jetèrent hors de son monde mais le vol incontrôlé d'une flaque brune à l'origine douteuse dont l'atterrissage ne put se faire que sur le visage et l'ordinateur de notre cher protagoniste. En un quart de seconde, il y eut un bruit ô combien familier et l'écran devint totalement noir.
Cette fois ce fut le temps qui s'arrêta.

Tristan, figé par le choc, resta immobile un temps anormalement long comparé à sa vitesse d'action habituelle, ne clignant pas même des yeux. Le silence s'était presque fait dans la salle et tout le monde – ou presque – observait ce qu'il allait se passait en chuchotant.

- Je... euh... je... suis... désolée... fit une toute petite voix non loin.

La voix sembla le réveiller et il passa une main sur son visage, essuyant vaguement le café qui coulait sur sa joue. Lentement, il tourna la tête vers la fille qui venait de prononcer son arrêt de mort, il l'observa, étrangement calme. Son regard, lui, n'avait jamais paru aussi glacial. Bizarrement il était devenu plus clair et se confondait quasiment avec le blanc de ses yeux et même sans les éclairs qui semblaient presque sortir de ses yeux, il avait de quoi faire peur au plus héroïque des individus.
La fille, c'était sa secrétaire, enfin plutôt la secrétaire de son second car, peu enclin à passer des heures à lui expliquer et ré-expliquer ce qu'il voulait lui faire comprendre, son second se débrouillait bien mieux que lui en communication et savait traduire les ordres dans un langage humainement compréhensible. Malheureusement pour la pauvre fille, arrivée depuis quelques années à peine, était aussi dotée d'une grande maladresse et il se passait rarement un jour sans qu'elle fasse une gaffe quelconque. Bon, d'habitude ça passait et comme elle était plutôt gentille et mignonne, on ne pouvait pas lui en vouloir bien longtemps mais aujourd'hui son manque de chance s'était transformé en cataclysme.
Il ne fallait pas avoir une intelligence hors du commun pour savoir qu'on ne touchait pas aux ordinateurs de Tristan sans sa permission, qu'on ne faisait pas de fausse manipulation dessus et quitte à vouloir se suicider, il valait sans doute mieux se jeter entre les griffes des créatures plutôt que de foutre en l'air l'un de ses petits bijoux.

- Mais qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui bande de cons ?! Vous ne pouvez pas faire les trois conneries que je vous demande de faire, regarder où vous posez vos foutus pieds ?! Vous êtes vraiment tous trop empaffés pour ça ou alors c'est moi qui surestime vos capacités de nains de jardin ? C'est pas possible d'être aussi...

L'informaticien, cédant à sa colère la plus sourde, monologua pendant une bonne dizaine de minutes, sortant un catalogue d'insultes de toutes les époques que la plupart n'auraient même pas imaginées et que certains prenaient en note dans un coin de leur tête, se disant que ouais, ça ça sonnait vraiment bien. La secrétaire s'était si tassée sur elle-même qu'elle finissait par ressembler à une minuscule tortue fripée. Elle était si blanche qu'elle rivalisait avec le teint façon cachet d'aspirine de la peau de Tristan qui n'avait pas dû voir le soleil depuis au moins une bonne cinquantaine d'années. Elle s'enfuit sans demander son reste lorsqu'il lui hurla dans les oreilles de manière aussi vulgaire qu'insultante qu'elle ferait mieux de partir et de s'arranger pour ne plus jamais réapparaître dans son champ de vision.
Finissant par épuiser son répertoire et se répéter un peu trop, il ferma les yeux et tenta de respirer calmement mais les rouvrit presque aussitôt pour observer son pauvre ordinateur portable qui maintenant ne valait plus grand-chose. Tout n'était pas forcément perdu, il réussirait peut-être à récupérer au moins une petite partie de ses données mais il y avait des choses qu'il n'avait pu enregistrer autre part, faute de temps, et qui seraient sans doute perdues à jamais. Mais il fulminait trop pour vouloir tenter de faire quoi que ce soit maintenant et il n'avait pas envie de le mettre en pièces détachées par la manière dite rapide.

- Bon j'ai compris, vous ne voulez pas que je travaille aujourd'hui, marmonna-t-il presque inaudiblement.

Presque aussitôt il se leva de sa chaise et rangea l'ordinateur dans sa sacoche, quittant d'un pas rapide et nerveux les bureaux sans oublier de claquer la porte derrière lui si fort qu'elle fit trembler les murs. Trop énervé pour s'attarder sur sa promenade de fin d'après midi, il quitta rapidement les sous-sols et rabattit d'un geste sec la capuche sur son visage avant de traverser la cour, plissant les yeux face à la lumière encore trop forte pour lui. Si aujourd'hui quelqu'un se mettait en travers de son chemin, il l'aurait mis en miette malgré son manque d'entraînement physique et sa « force de mouche » comme s'étaient amusées à le qualifier certaines de ses fréquentations.
Heureusement, soit qu'il n'y avait pas grand monde, soit que sa colère était repérable à des kilomètres à la ronde, personne n'eut la bonne idée de se frotter à lui et les autres gens qui marchaient se trouvaient au moins à quelques mètres de lui. Trop furieux pour tourner en rond dans l'ascenseur, il choisit les escaliers et les grimpa littéralement quatre à quatre, si bien qu'il arriva complétement essoufflé à son étage et calmé pour un temps. L'homme prit une ou deux minutes pour souffler avant de rentrer dans son appartement et d'en contempler l'étrange chaos qui régnait à l'intérieur. Mais... Ce n'était pas possible ! On l'avait cambriolé ?! Sa journée n'allait donc jamais finir ?!
Non, se dit-il presque immédiatement, le bordel c'était de sa faute, quand il avait cherché la lettre de... Il soupira, irrité. Cette lettre il ne l'avait plus, Lian le lui avait prise.

Tristan posa délicatement son pauvre ordinateur sur son lit et songeait à se coucher quand il se rappela qu'il avait du café plein le visage à cause de cette conne de Natacha ! Ou Laura... Il ne se souvenait plus vraiment maintenant, quelque chose qui finissait par a en tout cas. Il songea qu'après tout, une bonne douche pourrait lui faire du bien et qu'il serait peut-être plus détendu après. Il n'aurait alors plus qu'à tenter de réparer son ordinateur ou à se coucher et à le faire demain. Ce qui le mettait le plus en rage c'était tout ce qu'il avait fait aujourd'hui et qui n'était pas enregistré, il avait l'habitude de le faire régulièrement mais il n'avait pas prévu de se prendre du café de partout ! Il remarqua même qu'il en avait sur ses vêtements.
Ni une, ni deux, il ôta son sweat, son t-shirt, ses bandages et son jean, les balançant là où il y avait de la place et poussa la porte de sa salle de bain pour se diriger vers la douche quand quelque chose de froid et de circulaire se planta dans son dos, quelque chose qui ne lui disait rien mais alors vraiment rien de bon. Il s'arrêta net et se retourna lentement après avoir marqué une pause de quelques secondes. Pour finalement apercevoir...

- Lian ?! S'exclama-t-il complétement stupéfié et oubliant toute sa colère. Et... Ang... Sa surprise s'était faite différente lorsqu'il détourna son attention de la jeune rebelle pour apercevoir sa marraine qu'il connaissait bien, presque trop bien. Et euh... Continua-t-il sur sa lancée des prénoms quand il remarqua une troisième femme, blonde avec un sourire goguenard, dont il ignorait en fait le nom. Vous avez vraiment tous décidé de me pourrir ma journée hein ? Enchaîna-t-il. Qu'est-ce que tu veux encore Lian, et toi, Angie ? Il croisa les bras et leva les yeux au ciel. Eh bien, allez, tirez, qu'on en finisse...

Il les scrutait, attendant qu'on lui réponde. Tristan aurait aimé afficher un air mécontent cette fois mais sa colère s'était totalement évaporée et il attendait un peu passivement que les choses avancent d'elles-mêmes. En fait il n'arrivait pas à trouver un compromis entre le comportement qu'il aurait dû avoir face à cette situation et celui que les fantômes de son passé lui incitaient à prendre. Son visage prit finalement une expression assez indifférente et sans qu'il s'en rende compte son regard se perdit dans les yeux d'Angie. Il fronça les sourcils, visiblement dérangé.
Pourtant il y avait pire, il aurait pu se souvenir que là, il était à moitié à poil, dans son joli caleçon bleu marine – et sans cœurs, je précise – qui mettait sans doute ses yeux en valeur. On pouvait allégrement se délecter du manque flagrant de vêtements qui dévoilait un torse fin et de longues jambes, un corps pas très musclé et sans doute trop mince pour la taille qu'il faisait mais pas non plus désagréable à l'œil. Il avait maigri mais pas au point de laisser ses côtes ressortir de trop. En l'observant bien, on pouvait remarquer les courtes cicatrices sur son torse et sur son ventre, semblables au passage d'un couteau. Mais le plus surprenant restait sans doute les traces rouges sur ses bras qui marquaient le passage plus récent d'une lame sur sa peau, ne laissant aucun doute possible sur leur nature. Ses longs et fins cheveux blancs, détachés et sans entraves, tombaient librement sur ses épaules et le long de son torse, épousant les formes de son corps, ils masquaient aussi une partie de son visage, étant plus courts sur le devant. Il y avait longtemps qu'il ne les avait pas coupés.
Instinctivement, il prit une mèche entre ses doigts et se mit à la tirailler nerveusement.
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Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Lian Grenfield le Dim 21 Nov - 18:25

Rian et Lian, tout les rebelles connaissaient le fameux « couple » d’ennemis et savait qu’il ne valait mieux pas s’en mêler si l’on ne voulait pas se retrouver au milieu du conflit en étant accusé de favoritisme d’un côté ou d’un autre, non mieux valait rester neutre et compter les points. Mais chacun savait aussi que ce petit jeu s’arrêtait lorsqu’une mission importante ou qu’un problème surgissait… Alors certes, Lian avait un certain sens de l’humour et acceptait les blagues, elle aimait s’amuser, elle adorait les surprises… cependant il y avait des limites dans l’acceptation de ce qui était une plaisanterie drôle et ce qui ne l’était pas. Et Inès avait réussit à franchir cette fine barrière, passer de la farce compréhensible à un acte insensé. MAIS POURQUOI AVAIT ELLE MIT UNE SUCETTE DANS SON LIT ? POURQUOI ? Son pauvre lit, ses pauvres draps qu’elle avait du laver sans raison… à part celui du sucre qui avait collé sur les fibres du tissus. Qu’est ce qui était passé par la tête d’Inès ? Qu’elle idée saugrenue avait jaillit et pourquoi ? Aucune explication d’ordre logique ne parvenait à convaincre Lian, non réellement elle ne comprenait pas. Problème de communication, oui, il devait certainement y avoir un neurone, une partie de son cerveau qui ne pouvait comprendre la manière dont avait agit Inès. Pourtant cette dernière avait agit plutôt normale… Non en fait, elle agissait de manière totalement décalée, mais jusque là Lian avait compris. Que faire dans ce cas là ? Si elle ne comprenait pas… Elle avait tenté de lui demandé, de la faire parler pour chercher l’explication… ce qui n’avait débouché sur rien. Rien de concret, qui puisse constituer un début d’ébauche d’explication rationnelle.

Pensant que le problème venait d’elle, Lian avait demandé à ses amis ce qu’ils en pensaient, aucun n’avait compris. D’ailleurs, elle avait même demandé son avis à Rian, qui avait simplement haussé les épaules sans répondre vraiment. La jeune rebelle s’était alors tournée vers son ainée, son modèle, sa marraine ! Elle s’était réfugiée pour pleurer sur l’épaule protectrice d’Angie, lui racontant ses malheurs, et cherchant une réponse à ses questions. Est-ce qu’Inès la détestait ? Etait ce un moyen de se venger ? Oui, ce devait être ça, la blonde devait lui en vouloir pour une raison inconnue. Elle avait parlé longtemps avec sa marraine, qui avait réussit à la remettre sur pied et fonctionnelle, lui conseillant d’ignorer Inès et de se concentrer sur une autre part de son travail. Si ses soucis personnels empiétaient sur son travail de bras droit de Yan Merling, son travail professionnel, cela pouvait causer de gros problèmes. Il fallait qu’elle se concentre et oubli ces préoccupations mineures pour être opérationnelle. Lian avait compris le message, ce n’était pas une sucette qui dicterait sa vie, et il était normal de ne pas s’entendre avec tout le monde, dans cas là tant pis. Après tout, ils étaient bien assez nombreux dans la base pour s’éviter lorsqu’il le fallait.

Lian avait donc appliqué la méthode avec acharnement, sortant de la pièce à chaque fois qu’Inès y entrait, où alors l’ignorant royalement lorsqu’elle ne pouvait quitter la pièce et se devait donc de la côtoyer, dans le réfectoire par exemple, Lian avait consciencieusement effacé chacun des mails envoyé par Inès, qu’il soit direct ou transféré. Dormant dans un lit mitoyen de celui d’Inès, elle avait prit soin de passer chaque soirée sur son ordinateur, ses deux écouteurs enfoncés dans ses oreilles et la musique à fond, le regard plongé au fin fond de son écran, prenant toute la place sur son lit pour que personne ne puisse avoir l’idée de venir la déconcentrer. Puis, chaque nuit, elle s’était endormie en tournant consciencieusement le dos à la blonde, en dormant sur le côté. Sa technique commençait même à être bien au point. Aucun contact, aucune communication avec « l’élément hostile » depuis « l’incident ». Elle faisait la sourde oreille et cela semblait fonctionner, pour le moment en tout cas.

Cette journée avait commencé plutôt bien, un petit déjeuné à l’aube pour ne croiser personne et pouvoir ensuite aller s’entrainer tranquillement avec son épée. Elle tenait à s’améliorer en arme blanche, qui était sa principale faiblesse. Elle savait que malgré tous les entrainements physiques possibles, elle ne pourrait atteindre le niveau physique d’un homme plus grand et plus musclé qu’elle. Lian avait le désavantage de la carrure, heureusement elle était plus rapide et plus souple. Pourtant son entrainement aux armes à feu avait porté ses fruits, elle maitrisait parfaitement ces petits joujoux. Les monter, les démonter et les observer, tirer de loin, de prêt, viser les points vitaux ou simplement pour blesser. Les armes à feu étaient son domaine, pour ce qui était des armes blanches par contre, elle devait encore s’entrainer, ainsi qu’au combat à mains nue, dans lequel Angie pourrait certainement l’aider. Elle était toujours impressionnée par les connaissances de sa marraine en ce qui concernait les arts martiaux. Elle lui avait beaucoup appris sur le comment se défendre et attaquer. Non, elle lui avait tout appris.

Elle commençait à peiner à suer sous l’effort et à trouver de réelles prises sur son arme lorsque Rian lui transmit un message dans les micros de la salle, lui demandant de venir dans la salle de surveillance, il précisa que Yan arrivait aussi. Attrapant une serviette, elle s’essuya le front, partit déposer ses affaires, puis se précipita dans la salle de contrôle. L’informaticien ne semblait pas avoir beaucoup dormi de la nuit. Il n’attendit pas qu’elle s’installe sur une chaise pour commencer à s’expliquer, commençant par commenter sa démarche, puis en arrivant aux résultats.

J’ai trouvé une faille dans le bâtiment de l’Aedes.

Annonce fracassante et aux possibilités multiples. Certes les nosciens les plus importants n’habitaient pas dans ce bâtiment là, mais cela laissait pourtant de très larges possibilités. Ils pouvaient donc choisir leur cible… Rian expliqua enfin que ce chemin était dû à un problème passager rencontré par la guilde, et qu’il fallait donc en profiter rapidement, il estimait pouvoir réussir à les empêcher de le résoudre jusqu’au soir, mais pas beaucoup plus. Après avoir listé les potentielles victimes, et que Rian ai argumenté pendant une dizaine de minutes sur le fait qu’il faudrait s’attaquer à Traktueur, alias Tristan Darek. Tout simplement parce qu’il était commandor, le meilleur informaticien de la guilde, et qu’en son absence Rian pourrait donc plus facilement s’attaquer à leurs défenses, mais aussi parce qu’il était assez mauvais en combat et donc une proie facile. Une victime donc la capture se ferait facilement… Yan approuva l’idée, tout comme Lian, avant de lancer un ordre qui inquiéta la jeune femme. La mission semblait des plus simples, et il fallait qu’Inès participe aux missions, surtout parce qu’elle devait étouffer à force de ne pas sortir. Le chef des rebelles ne sembla pas remarquer l’étrange pâleur qui envahit le visage de la jeune femme à cette annonce, mais cela n’échappa par à un Rian, mi rieur mi désolé pour son adversaire. Heureusement, elle réussit à convaincre Yan de faire une mission à trois compagnons, c’est ainsi qu’il fut décidé que Lian mènerait l’enlèvement secondé par Angie qui connaissait la cible et Inès que les deux femmes formeraient.

La rebelle, trouva sa marraine en train de manger dans la cantine rebelle, ainsi qu’Inès, qu’elle ignora totalement. Ils n’étaient pas trop nombreux dans la pièce, elle pu donc en discuter à voix haute avec Angie, lui expliquant la situation et évoquant Inès sans regarder cette dernière. Ensemble les deux femmes peaufinèrent les derniers détails. Elles décidèrent de s’armer uniquement d’armes à feu, plus transportables, et d’armes alpha pour leur chemin dans les souterrains. Peu à peu les différents rebelles quittèrent la pièce pour vaquer à leurs occupations, tandis que Lian alla chercher la carte crée par Rian pour planifier le chemin qu’elles devraient prendre. Elles prirent une pause déjeuné, puis Lian en profita pour prendre une douche, et se changer. Elle avait donné rendez-vous dans l’armurerie à ses deux compagnons de mission. Lian emporterait son shadowgun, ainsi qu’une arme alpha, elle laissa à Angie le choix de ses armes, et tendit rapidement à Inès ce dont elle aurait besoin et qui comprenait aussi une bombe EMP. Puis, vers le milieu d’après midi, elles se mirent en chemin, sachant que d’après ses habitudes l’informaticien ne rentrait que tard chez lui. Presque instinctivement Angie et Lian se mirent côte à côte, cette dernière tenant le détecteur de chaleur, elles discutèrent de la route à suivre, évitant les pièges et les dangers. Il n’y eu heureusement aucun soucis majeur, si ce n’est parfois l’inquiétude d’avoir perdu Inès qui ne suivait pas toujours leur vitesse de marche.

Arrivées dans les Rampes d’Accès Rapides, ce fut Rian qui se mit à les guider grâce à leurs oreillettes, lui indiquant le chemin à prendre, pour enfin trouver l’entrée libre des conduits d’aération de la ville de Nosco. Heureusement personne ne semblait encore s’occuper de la faille, et elles purent entrer sans soucis dans les étroits conduits. Elles se décidèrent rapidement pour que Lian passe en première, suivie d’Inès et enfin d’Angie pour fermer la route et protéger leurs arrières. Ainsi Inès ne pourrait pas se retrouver perdue ou en grand danger. Le début de ces conduits étaient équipés d’échelles, jusqu’à déboucher à une grande pièce permettant de traiter l’air et de la réchauffer ou refroidir en cas de besoin. A partir de là, elles durent avancer à quatre pattes parmi les différents tuyaux, suivant les indications de Rian qui semblait bien s’amuser. Avancer était bien plus compliqué qu’en position de marche, et bien plus fatiguant. Elles errèrent pendant de longues minutes, Lian se demanda même si l’informaticien ne s’était pas trompé ou s’il avait décidé de les faire passer par un chemin plus long… Lorsqu’elle arriva en face des conduits qu’elles devaient emprunter pour la suite, elle comprit. Il n’y avait plus assez de place pour se tenir en position sur les genoux, il faudrait dorénavant ramper. Grognant légèrement, la rebelle plongea dans l’étroit tuyau en maudissant Rian et ses idées diaboliques ! Elle était sure qu’il le savait et qu’il n’avait rien dit. Certes il était humainement possible de passer, mais cela restait très étroit, voila pourquoi il avait précisé qu’il vaudrait mieux éviter de confier cette mission à certains des gros bras de la confrérie, ceux là ne seraient jamais passés. Heureusement que les trois jeune femmes étaient assez mince et souple pour se mouvoir dans l’espace confiné. Lian quand à elle imaginait enfermer Rian dans une toute petite boite pour se venger de cette mission. Oui, Rian subirait sa vengeance et comprendrait la torture des claustrophobes ! Intérieurement elle le maudissait, pensant à chaque fois qu’elle avançait un peu plus : « je te hais Rian, je te hais ».

Cependant grâce au large détour fait plus tôt, elles n’eurent pas à ramper trop longtemps et atterrirent enfin devant la bouche d’aération. Stoppant ici sa marche, Lian sortie un tournevis et défis un par un les éléments métalliques qui bloquaient leur sortie, puis donna un grand coup dans la grille qui vola dans l’appartement. Pendant ce temps là Rian avait enregistré les images des caméras et programma de façon à ce que celles-ci se rediffusent en boucle, mais que l’heure change tout de même. Ainsi les guildiens ne se douteraient pas que la rébellion s’était infiltrée parmi ses murs, puisqu’ils n’auraient les images que d’un appartement vide. Elle descendit, puis aida Inès à descendre sans un mot, laissant à Angie le soin de se débrouiller. Puis, elle prit le temps de replacer la grille et de la refermer, puis qu’elles ne repartiraient pas par ce chemin… Qui aurait été un défi trop ardu avec un prisonnier. Juste à ce moment là Rian les informa avoir aperçu Traktueur sur les vidéos, et que celui-ci semblait se diriger vers ses appartements. Claquant des mains, Lian annonça une partie de cache-cache, dont le but serait de trouver un abri avant l’arrivée de l’informaticien. Pour ce qui était de l’attaque, elles improviseraient. Presque instantanément, elles disparurent chacune dans un coin de l’appartement. Lian se décida pour glisser sous le lit, ne pouvant profiter de l’armoire qui était restée ouverte. Elle prit soin de ne rien déplacer pour ne pas éveiller les soupçons de Tristan. Lorsque ce dernier entra, il se dirigea vers le lit et la rebelle craignit qu’il ne se décide à faire une sieste, mais elle entendit simplement un bruit sourd au dessus de sa tête. Elle sortit son shadowgun, bien décidé à ne pas le laisser s’endormir, lorsque les vêtements plurent sur le sol, tombant deca et delà, sans logique apparente. Elle sortit hors de sa cachette, et suivit l’homme, qui était dorénavant en caleçon d’un beau bleu marine, vers la salle de bain. Et lui planta son arme entre les deux omoplates sans un mot. Ce dernier se retourna pour annoncer avec surprise le nom des deux kidnappeurs qu’il connaissait, puis butter sur celui d’Inès. L’informaticien ne semblait pas de très bonne humeur, loin de là. Lui pourrir sa journée ? Oui, on pouvait résumer ainsi la mission des rebelles, même si celle-ci ne le visait pas particulièrement. Ce qu’elles voulaient ? Oh peut être s’amuser, peut être un strip-tease… Certainement remercier et bénir l’informaticien de la rébellion pour la gentille surprise. Intérieurement Lian jubilait : « Merci Rian je t’adore ! Je t’adore ! ». Cependant elle répondit calmement à leur victime.

Nous n’avons pas l’intention de tirer ou de blesser qui que ce soit. Nous voulons juste que tu nous suives gentiment… Elle fit une lège pause et ajouta. Après avoir revêtu quelques habits…

En contemplant Tristan Darek, on pouvait constater qu’il n’était pas un féru de sport, il était plutôt fin et allongé, de par sa taille impressionnante. Il avait certainement perdu les quelques abdos qu’il avait eu lorsqu’il n’était pas accroché en permanence à un ordinateur. Au moins, il devait être doué de ces mains… enfin seule Angie aurait pu le dire. Ce qui choqua bien plus Lian c’était la blancheur de sa peau qui semblait constamment cachés de l’exposition du soleil, il aurait pu être rebelle qu’il n’y aurait pas eu de différence. Mais aussi, les cicatrices qui barraient son corps, et surtout ses bras. L’informaticien ne semblait pas bien dans sa peau. A cause de sa solitude, de ses souvenirs pénibles, de cet ami/amour perdu ? Était-il dépressif, ou juste suicidaire ? En tout cas, il convenait de sortir le plus vite possible de l’appartement de l’informaticien, et de l’entrainer dans les sous-sols désaffectés. Cela lui ferait au moins des vacances loin des ordinateurs et de la guilde.

Maintenant, il s’agissait de repartir sans se faire trop remarquer. Tout cela avait été prévu, avec Rian et Angie. Le plan était simple. Même si entre le fait de ramper dans d’étroit conduit, puis cette échappée qui risquait tout de même de se révéler dangereuse, leur mission ressemblait plus à Prison Break, qu’à Taken. Et la suite promettait d’être tout aussi compliqué, même si elles auraient la chance de pouvoir courir pour rejoindre le quartier général des rebelles. Elles espéraient simplement que la brigade d’intervention de la guilde soit plus lente qu’elles et surtout prise par surprise par leur attaque. D’un signe de main Lian demanda à Inès de préparer leur fuite. Ce qui signifiait en quelques mots, sortir la bombe EMP ou grenade à ElectroMagnetic Pulse. Soit des ondes électromagnétiques, aucun effet sur l’homme, telles les ondes alpha. Cependant certains de leurs autres effet était plus impressionnant, en effet elles détruisaient totalement les installations électriques sur un champ d’environs cent mètres, ce qui était assez considérable en sachant qu’elles se trouvaient au centre du bâtiment de l’Aedes et à l’étage des commandors ou seconds. De plus, ceux-ci ne pourraient pas être avertis, puisque toute communication serait détruite. Toutes les portes s’ouvriraient sans difficultés, il suffirait de les enfoncer, elles n’auraient pas à se méfier des scanner rétiniens. Pourtant, elles seraient tout de même vu de quelques caméra avant de pouvoir rejoindre les souterrains, voila pourquoi Lian avait prévu une capuche pour se cacher et qu’il fallait que Tristan se rhabille. Quelle ironie pour l’informaticien, son appartement serait la source d’une coupure générale des éléments électriques. Autant dire que la surprise serait générale. Voila pourquoi Yan Merling l’avait autorisé avec plaisir, sachant que sans leur informaticien fétiche, la guilde aurait encore plus de mal à se remettre du choc qu’ils recevraient, surtout seulement quelques mois après l’attaque des créatures. Oui, il fallait leur rappeler qu’ils avaient deux ennemis en souterrains, les créatures ainsi que les rebelles ! Ne jamais se faire oublier, pour maintenir la pression, et peut être surprendre quelques nosciens qui se renseigneraient sur le réseau des moyens des rebelles et pourraient être recrutés.

Lian laissa donc le soin à Inès de s’occuper de la bombe, on lui avait déjà expliqué plusieurs fois comme il fallait la programmer et la mettre en place. D’ailleurs, elle la surveillait du coin de l’œil, ne lui laissant pas un objet aussi rare et cher sans faire attention. Toutefois, elle se concentrait sur Tristan, même si celui-ci semblait plutôt décidé à abandonner toute lutte et à se laisser guider. Mais il fallait d’abord lui trouver des vêtements et l’habiller… quitte à le re-déshabiller dans les souterrains ! Elle espérait que le fait de revoir Tristan n’amènerait pas trop de souvenir à sa marraine et qu’elle réussirait à passer outre. Pourtant, vu le regard que lui lançait l’informaticien, plongeant ses yeux dans les siens, on pouvait douter qu’entre ces deux là, quelque chose passait. A savoir lequel des deux serait imposer sa volonté et si Angie se montrerait assez ferme et déterminé pour que Tristan obéisse sans broncher aux ordres qu’on lui donnerait. Un kidnappé qui se révolte pouvait être compliqué à gérer, et surtout à transporter pour les trois femmes… Enfin, pour l’instant elles avaient l’argument de l’arme et du sourire séduisant ? Et puis s’il les ennuyait vraiment, elles le laisseraient simplement nu au milieu du couloir… Enfin si Angie approuvait cette idée… Non, aucun doute, l’asiatique trouverait un moyen de se faire obéir par son ancien amant.

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Message par Ann-Juliett Taylor le Mar 23 Nov - 19:42

    Assez tôt dans la journée, Angie avait entendu dire que Rian avait trouvé une faille dans l’Aedes. Et puis, c’était tout. Elle n’avait pas eu vent du reste. Elle avait suivi une indication, une mission, comme elle en recevait souvent. Un homme de la rébellion qu’elle ne connaissait que si peu et pour cause, il n’était pas là depuis pas longtemps et avait le culot de commencer par la tutoyer. Ok, dans la Confrérie, c’était plus cool que dans la Guilde. On était plus libre, notamment dans ses pensées et paroles. Les faits et gestes n’étaient pas espionnés, mais de là le tutoiement ! Elle était tout de même une dame, plus âgée que lui et une ancienne de Nosco de surcroît ! Elle ne voulait certes pas de prosternation de courtoisie hypocrite et tout le tra-la-la… Mais que Diable ! Un minimum de respect ! Elle n’était pas sa pote ! Enfin si un peu, dans le sens où ils étaient dans le même clan, mais pas dans le sens ami / ami. Ils n’avaient pas gardé les cochons ensemble quoi. Si vous ne connaissez pas Angie, il est possible que vous pensiez qu’elle soit passée au dessus de ça, sans rien dire, mieux encore qu’elle en aurait fait autant. Détrompez vous. Pour ceux qui connaissent Angie, vous avez très certainement vu juste. La rebelle lui hurla dessus en lui faisant comprendre plutôt deux fois qu’une qu’il était hors de question qu’il ne lui montre que si peu de respect. Lorsque Angie chuchotait elle parlait. Lorsque Angie parle, elle crie. Lorsqu’elle crie, elle hurle. Et lorsqu’elle hurle… Et bien vaut mieux ne pas être dans les parages. D’ailleurs, elle avait hurlé tellement fort qu’elle avait rameuté cinq ou six créatures qui devaient faire partie du voisinage (enfin, mieux valait éviter d’avoir des voisins comme eux). Autant dire que elle, et son apprenti qui tenait son arme à l’envers, ne feraient pas long feu. Elle déchargea son arme alpha sur les créatures en courant et fuyant du plus vite qu’elle le pouvait en traînant son apprenti qui tenait absolument à se battre. Non, vraiment, il faudrait qu’elle aille se plaindre à Yan qui sans aucun doute n’était pas très sélectif dans le choix de ses nouveaux… Euh… Soldat… de la Confrérie. Non vraiment ! Il fallait croire que le seul critère de sélection était de mesurer au moins un mètre quarante les bras levés et de croire dur comme fer aux préceptes de Yan. Le fait d’être un boulet n’était donc pas éliminatoire ? Oui, elle aurait deux trois mots à dire à Yan, ça c’était certain, il n’y échapperait pas.

    Malheureusement, lorsqu’elle rentra, Yan était en réunion très animé avec Rian et Lian. Interdiction formelle de rentrer. Et même si l’asiatique tenait plus du dragon que de l’esprit calme de la montagne, elle n’entra pas dans cette pièce en huis clos. Elle se contenta donc d’attendre « sagement » devant la porte, assise sur le sol. On eut beau lui dire qu’elle était demandé pour telle ou telle mission, elle refusa catégoriquement toute la journée, les yeux rivés sur cette foutue porte à attendre que Yan sorte. Oui, dans le genre têtue et entêtée, elle battait des records. On ne pouvait vraiment que très difficilement faire pire. Sauf peut-être… Non. Ca ne serait pas pire. Le fait est que lorsque la porte s’ouvrit enfin, Angie se leva sur ses deux pattes et bondit sur le/la première venue en criant des ‘Laissez moi passer ! Laissez moi passer ! J’en ai marre !’ Cette personne fut Lian. Non pas qu’Angie était malheureuse de la voir, mais elle aurait préféré tomber directement sur Yan plutôt que de devoir lui courir après. Là, elle contourna sa filleule pour regarder à l’intérieur de la pièce. Bon, Rian, lui aussi elle n’était pas mécontente de le voir, mais… C’était Yan qu’elle voulait ! Et là, horreur : elle constata qu’il y avait une seconde forte à cette salle. Porte par laquelle Yan avait du passé puisqu’il n’était vraisemblablement… Pas là. Elle devint rouge de colère, tel un taureau prêt à charger et déambuler dans tous les couloirs de ce foutu bunker dans le but ultime de trouver le haut dirigeant de cette bande de… De… Bras cassé ? Satisfaite du mot qu’elle venait de trouver, elle s’apprêtait à se lancer dans cette recherche, en bousculant quiconque serait sur son chemin, mais… Mais Lian lui donnait une mission. Elle s’apprêtait à répliquer qu’elle devait absolument voir Yan d’abord lorsque Lian sorti un simple et unique mot qui lui fit oublier totalement sa colère contre son idiot d’apprenti et les critères de sélection de Yan : Tristan.

    Angie s’était arrêtée sur le champ. Sa rougeur due à la colère stagna avant de décroître. Elle dût demander une ou deux fois à Lian si c’était bien de Tristan Darek dont elle parlait, LE Tristan, le commandor, le Traktueur, le bonhomme aux cheveux blancs, celui avec qui elle… Et bien ça pour une mission ! Ok, donc elle résumait : elle avait un abruti d’apprenti sur le dos, un Yan qui avait perdu la tête et… Une mission de prise d’otage de son ex-amant… Calme Angie… Calme… Et par-dessus le marché, son téléphone portable vibra et elle eut une très grande envie de l’envoyer voler contre le mur d’en face mais… Non. Finalement, elle lut simplement le message. Rapidement, elle alla s’armer. Ils allaient en territoire ennemi pour ainsi dire : la surface. Deux armes à feu : une classique et une arme alpha. Un couteau, une épée dans le dos. Et un manteau sombre par-dessus. Elle rabattit la capuche. Elle était prête. Mais elle n’y alla pas tout de suite. Elle alla s’asseoir sur son lit, pensif et visiblement perturbée. Tristan. Ca faisait dix ans qu’elle ne l’avait pas vu, dix ans qu’elle ne lui avait pas adressé la parole, dix ans qu’ils avaient coupé les ponts, comme ça du jour au lendemain. Il fallait avouer que les deux n’étaient pas véritablement un couple comme on peut l’entendre dans le sens général. Ils étaient plutôt du genre libre et libéré. Elle ne lui en aurait pas voulu s’il avait eu une autre amante. De plus, leur relation n’avait absolument rien d’officiel. Surtout qu’il leur arriver d’être en conflit, alors nul n’avait vraiment songé à voir ces deux là ensemble. Bref, tout se passait vraiment d’une manière assez peu commune. Angie avait toujours refusé de s’attacher à quelqu’un, elle ne se donnait que très difficilement à lui. Tout ça pour dire que la ‘rupture’ lors de son départ de la Guilde n’avait pas fait couler vraiment de sang. Son cœur n’avait pas été spécialement touché outre mesure. Néanmoins, parfois, il lui arriver de penser à lui, peut-être par simple manque. Le fait est qu’elle pensait à lui, et le fait de ne plus être dans la Guilde lui posait l’inconvénient qu’elle ne pouvait plus s’infiltrer en douce dans son appartement et se glisser dans son lit, juste pour une nuit.

    Enfin, ce temps était passé. Dix ans tout de même ! Mais avoir dans la tête qu’elle allait le revoir, là, très prochainement… Elle ne pouvait pas dire que ça ne lui faisait rien, que ça ne la touchait pas. Angie se leva finalement de son lit après s’être secoué la tête en se disant : ‘c’est fini, c’est du passé’. Si elle se laissait avoir par leur relation passée dix ans plus tôt, elle ne parviendrait pas à garder le cap de sa mission. Elle rejoignit Lian. Cette dernière devait avoir compris qu’Angie n’était pas indifférente à cette mission. Ann-J lui avait parlé vaguement d’une relation qu’elle avait eue avec Tristan, sans plus entrer dans les détails. Lian était une femme intelligente, elle devait vite avoir fait le rapprochement entre cette mission et le terne soudain qui avait masqué son regard comme pris de nostalgie. Il y avait aussi dans leur petit groupe Inès. En pleine formation. Angie, pour avoir écouté Lian, savait que quoi il encourait entre les deux femmes. Lian s’était retrouvée dans l’incapacité de comprendre ce qu’Inès pouvait bien lui vouloir à l’asticoter sans cesse et avait finalement trouver le moyen de l’éviter du mieux qu’elle le pourrait. Et bien soit. Le fait est qu’elles avaient une mission, toutes les trois et qu’il allait falloir co-opérer. Les trois femmes étaient parties dans les sous terrains de la ville, puis dans les RAR et enfin à la surface de la ville. Le chemin avait été les, les trois femmes étaient guidées par Rian, via une oreillette. Angie eut la désagréable sensation, à un moment donné, que Rian faisait des mains et des pieds pour les mettre dans des situations assez exceptionnelles : il était à noter en particulier l’étroitesse toute particulière des passages par lesquels il les faisait aller. Au bout d’un instant, Angie finit par penser :

    * Rian… Serais-tu en train de nous dire subtilement que nous avons grossi ces derniers temps ? *

    C’était vrai quoi ! Pourquoi les faire passer dans des passages si petits si ce n’était que pour leur faire prendre conscience que c’était tout juste, deux kilos de plus et elles restaient coincées ? Hum ? Dans sa tête, Angie l’accusait déjà de moqueries ! Enfin, c’était amusant tout de même ! Enfin la surface, et les trois femmes pouvaient compter sur le talent de Rian pour leur offrir un accès grand comme les Champs Elysées pour aller jusqu’à l’appartement de Tristan. Une fois à l’intérieur de celui-ci, Angie fut prise comme d’un choc : rien avait changé. Tous était comme avant. Tristan avait toujours sa tasse de café qui traînait sur la table. Dans la chambre, l’armoire contenait toujours les même vêtements ou presque. Elle se souvenait s’être roulés dans les uns, blottie contre les autres et emprunter quelques autres le temps qu’elle retrouve ses propres vêtements le matin. Le réveil sur la table de chevet : combien de fois Angie avait-elle tapé dessus excédée par ces ‘bip-bip’ de bon matin ? Et ces draps, combien de fois avait-elle dormi dedans ? Et ces rideaux : combien de fois les avait-elle fermé un peu comme si elle habitait ici ? Et ces… Non ! Stop ! Ca suffisait. Si elle se laissait envahir, s’en était fini de sa détermination à accomplir sa mission.

    Comme les deux filles, elle trouva sa place à se cacher. Elle alla se mettre derrière la porte de la salle de bain, attendre, silencieuse. La tête contre le mur, elle avait sortit son arme à feu et s’apprêtait à s’en servir s’il le fallait. Elle ferma les yeux et tâcha de se vider l’esprit. Et puis, quelqu’un entrait. Déjà ? D’ordinaire Tristan travaillait beaucoup, quitte à devoir passer une nuit blanche. Instinctivement, elle se dit qu’il devait avoir passé une journée comme on n’aime pas en passer beaucoup. Des bruits de pas, il se rapprochait. Angie était tendue. Dans la chambre… Il s’approchait de la salle de bain et s’arrêta soudain. Lian, elle lui avait mis l’arme entre ses deux omoplates. Elle sortit à son tour de sa petite cachette, son arme pointée sur un Tristan… En caleçon. Si, si. En caleçon. Enfin, on ne pouvait pas lui reprocher son manque de pudeur, il était chez lui tout de même ! Elle voulut faire de l’humour, mais se retint. Car passer de l’humour à la nostalgie du passé, il n’y avait qu’un pas. Donc, non. Il commença par énumérer les noms et butta sur la dernière blonde qu’était Ines. Lian répliqua qu’il n’était pas question de lui tirer dessus. Il était clair dans ces propos que c’était de la prise d’otage pure et dure. Et puis, il y avait le regard bleu de Tristan qui s’était posé dans ceux d’Angie. La femme baissa son arme, Lian le tenait enjoue. Il releva son regard puis finit par reculer et se diriger vers le lit, ramassant les affaire qui traînait là. Elle hésita un instant. Tristan devait avoir un téléphone dans ses poches ou quelque chose dans le genre. Et puis, elle n’aimait pas qu’il se déplace et qu’il ait le champ libre pour s’habiller. On ne savait pas ce qu’il était capable de faire. Non pas qu’il aurait été dangereux avec une arme, mais avec un outil informatique oui. Angie alla vers l’armoire de Tristan. Bah vas-y fais comme chez toi Angie ! On te dira rien surtout ! Elle sortit une chemise et un pantalon. Elle rangea son arme dans son holster. Elle le fixa un instant, tandis qu’elle ouvrait les boutons de la chemise, un par un. Et puis elle le lui enfila, rapidement. Pas vraiment de délicatesse à vrai dire. ‘C’est fini, c’est fini’. Phrase qu’elle se répétait en boucle pour ne pas perdre de vue ce point. Leur relation c’était du passé. Leur histoire était finie. Elle le poussa en arrière jusqu’à ce qu’il finisse assis sur le lit, puis elle lui enfila son pantalon. Ce n’était pas pour le prendre pour un incapable, justement, elle redoutait sa capacité à sauter sur elle ne savait quel objet informatique dont il aurait pu se servir pour donner l’alerte. Elle tira sur sa chemise pour le relever et elle termina de lui mettre son pantalon, jusqu’à le lui fermer sans vraiment trop de pudeur. Au fond, entre eux, ça avait déjà été bien plus loin. Elle termina par lui boutonner sa chemise. Elle retourna vers l’armoire et saisit un manteau assez discret (pas rouge quoi) qu’elle fouilla pour vérifier qu’il n’y avait rien dedans puis le lui enfila également. Elle soupira finalement, face à lui. Elle releva ses yeux pour les planter dans les siens, froids, distants. Le regard qu’elle lui adressait n’avait rien à voir avec ces regards chaleureux pleins de perversité qu’elle avait pu lui envoyer autrefois.
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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Inès Dunkel le Dim 28 Nov - 19:05

Inès n'avait pas levé le nez de son yahourt, lorsque Lian était entrée dans le réfectoire. Pourtant, il avait un goût infect, ce yahourt, et habituellement elle l'avalait en deux temps trois mouvements, plus par nécessité d'avaler quelque chose que pour le plaisir de cette chose qui donnait l'impression que les rebelles s'étaient équipés d'un recycleur d'excréments. Mais cette fois-ci, elle prit son temps, pour écouter Lian parler tout en ayant une raison de ne pas la regarder.
La blonde ne regardait plus Lian, depuis qu'elle avait compris le nouveau jeu de cette dernière. Elle l'évitait. Mais qu'avait-elle fait ? Etait-elle si détestable ? L'avait-elle insultée sans s'en rendre compte ? Lian était bien la dernière personne qu'Inès pouvait insulter... C'avait dû être involontaire. Ou alors, quelqu'un avait dit à Lian qu'elle avait dit des choses peu sympathiques sur elle. Qui aurait fait ça ? Sans doute quelqu'un qui savait qu'Inès n'était pas indifférente à sa supérieure, mais... Qui aurait voulu ainsi ruiner ses espoir ? Elle avait interrogé quelques rebelles, "dis, tu sais pourquoi Lian me boude ?" "euh, non, tu as fait quoi ?". Elle avait bien songé à la sucette... Mais Lian lui avait mise la tête sous l'eau, et elle n'avait tout de même pas boudé ! Si les confrères et consoeurs commençaient à se faire la tête pour un rien, ils étaient mal partis...
Elle en était réduite à devoir supporter que sa belle l'ignore, l'évite. Alors elle avait fini par faire pareil, pour ne plus souffrir de la voir détourner le regard devant elle, s'écarter, l'ignorer royalement. La voir agir ainsi avait le don d'agacer fortement Inès, laissant à la blonde le choix difficile entre s'arracher les cheveux et pleurer. Elle tenait à ses cheveux et n'aimait pas pleurer en public. Alors elle se contentait de se mordre les lèvres et faire comme si elle ne voyait rien... Mais elle n'en ressentait pas moins.

Revenons à nos yahourts. Inès avait donc entendu qu'elle partirait en mission, avec Lian et Angie. Pourquoi elle ? Elle serait la cinquième roue du carrosse, et en plus elle devrait supporter les non-regards de celle qu'elle... Qu'elle tentait d'haïr tant bien que mal. Mais comment haïr une femme comme Lian ?
Au moins, il y avait Angie. Si jamais cela tournait mal, le dragon aurait tôt fait de remettre les deux à leur place. Mais elles ne voulaient pas subir la colère du dragon, a priori, donc elles resteraient sages. Pour Inès, une chose était sûre: elle n'allait faire que le strict minimum, ce qu'on lui demandait. Pas un mot, comme un bon pion. Rester sage, comme une image. Une autre unité aurait pu prendre sa place sans problème... Pourquoi elle ?
Durant l'espèce de réunion organisée à l'armurerie, on lui remit quelques armes de base, et une bombe EMP. Certes. Là aussi, une autre aurait pu comprendre le fonctionnement de l'arme, il n'y avait pas besoin d'être un génie. Pourquoi elle ?
Elle les suivit. Même dans les conduits étroits. Elle ne broncha pas. Bon, finalement, c'était peut-être pour cette raison qu'on l'avait choisie, elle: elle avait une carrure juste assez petite pour passer là. Mais peut-être était-ce également le sadisme de Lian qui l'avait poussée à la mettre dans cette situation. En effet, Inès rampait derrière Lian, et avait donc une vue panoramique sur le fessier de la demoiselle. Ah non-non-non, n'allez pas croire que cela la gênait ! Elle ne se plaignait pas de sa position... Seulement il était bien cruel de lui jouer ce tour-là alors qu'elle savait que Lian refuserait toutes ses avances... Un soupir lui échappa, dans les conduits.
Lui l'aida à en sortir. Trop aimable. On annonça la partie de cache-cache. Quoi, pardon ? Eh mais attendez ! Elle voulut se cacher sous le lit: déjà pris. Derrière la porte: déjà pris. Bon sans, mais il n'y avait aucune cachette dans cette #@÷∞ de piaule ! D'ailleurs Inès laissa échapper un vilain juron. Elle se décida ensuite à bondir dans ce qui semblait être la corbeille à linge sale. Ouch. Là, Inès ne voulait pas savoir sur quel vêtement elle avait mis la main, mais à l'odeur, c'était du poil de Yacht.
Toujours est-il qu'à cause de cette cachette, ce fut Lian qui eut le privilège de coller en première son arme sur le joli corps presque nu de Tristan. Joli corps qu'il allait falloir rhabiller. Oh, zut... Inès était toujours un peu attristée lorsqu'elle apprenait que NON, on ne déshabillait pas les guildiens. Elle se jura qu'un jour, elle se libèrerait de cette frustration: elle déshabillerait un guildien, et elle le renverrait cul-nu vers ses collègues.
En attendant, elle se sentait bien inutile. La main sur son arme, l'autre sur la bombe, avec un très léger sourire que lui avaient arraché ses pensées. Elle programma la bombe, pour se donner une contenance... Lorsqu'elle re-leva le nez, Angie habillait Tristan. Euh, soit.

"- Tu sais, Angie, je crois qu'il est assez grand pour s'habiller tout seul..."


Quand elle eut fini, Inès se tourna vers Lian. Elle pouvait ? Elle pouvait. Inès activa donc la bombe. Il y eut comme un grésillement, quelques "pchit !" et autres bruits inquiétants provenant des installations du coin. Bon, visiblement ça avait marché. Elle fit signe aux autres qu'elle les suivait.
Que vouliez-vous faire de plus ?
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Inès Dunkel
~ Rebelle ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Âge réel : 5 ans
Âge d'apparence : entre 16 et 26

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Compagnon

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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Tristan Darek le Ven 3 Déc - 22:26

Passant une main sur son visage pour enlever en partie le café qui coulait sur sa joue, certain que maintenant on ne lui laisserait pas prendre sa douche, Tristan réfléchissait et n'écoutait que d'une oreille distraite ce qu'on pouvait lui dire, peut-être qu'on ne parlait même pas d'ailleurs. L'enlever, il aurait dû y penser immédiatement. Pourquoi les rebelles auraient-elles attendu sagement ici dans l'espoir de le trouver ici un jour ou l'autre sinon ? Le tuer aurait été plus facile, il n'y avait qu'à attendre qu'il marche dans la cour et pan ! Mais Tristan n'était pas homme à tuer, sans doute trop précieux pour qu'on l'élimine froidement, non mieux valait profiter de ses talents. C'était sans importance, qu'on puisse se battre pour lui ou trouver qu'il tienne un rôle assez majeur pour qu'on l'enlève n'éveillait pas un brin de fierté dans son esprit, non, lui il réfléchissait, il cherchait une solution pour pouvoir prévenir de son enlèvement sans qu'on le surprenne ou qu'au pire, ce soit trop tard. Évidemment il avait fallu qu'il soit en caleçon, il n'avait aucun matériel à portée de main et il fallait trouver vite comment s'en procurer un. Qu'il soit presque complétement nu ne le gênait pas plus que ça, il se fichait de son corps, de la réaction qu'on pouvait avoir et il avait été confronté tant de fois à la nudité du corps que cela n'avait pas de quoi le troubler ou le détourner de ses occupations.
Son regard perdu sur le visage d'Angie finit par s'en éloigner et montrant sans le marquer de façon exagérée qu'il ne comptait ni hurler, ni leur sauter dessus sauvagement, il se fraya un chemin entre les trois femmes pour retourner dans sa chambre. Il se pencha pour ramasser de quoi se rhabiller parmi les vêtements propres qu'il avait fait voler par terre quelques jours auparavant quand ce qu'il n'avait pas prévu arriva. Angie, et il aurait dû le savoir depuis le temps, ne lui laissa pas la possibilité de faire comme bon lui semblait et aussi attentionnée qu'elle était, elle avait eu la merveille idée de l'habiller elle-même. Tristan se laissa faire, indifférent et l'esprit très actif à ce moment-là. Il bénissait d'ailleurs sa capacité à savoir agir sans perturber ses réflexions parfois complétement à l'opposé de ce qu'il faisait. Alors qu'il jetait un regard de glace à son ancienne amante qui avait évidemment choisi de lui mettre une chemise, le vêtement qu'il abhorrait et dont l'unique exemplaire devait être celui avec lequel il était arrivé, tout tâché de sang. A l'époque il lui semblait qu'il avait dragué la blanchisseuse et qu'elle avait tout fait pour la lui rendre sans la moindre tâche. Peut-être qu'en fait il en avait d'autres enterrées au fond de son placard, il devait bien avoir eu une femme dans sa vie qui avait réussi à lui en faire acheter une ou deux ou lui en avait offert, ça ne l'étonnait pas trop même s'il préférait ces aventures d'un soir ou ces relations comme il en avait eu une avec Angie qui ne nécessitaient pas tant d'attention. Angie. Cela faisait à peu près dix ans qu'il ne l'avait pas revue mais elle n'avait pas changée d'un poil, il ne la connaissait pas très bien, pas assez en tout cas pour savoir à l'avance ce qu'elle pourrait faire ou penser mais rien dans tout son comportement ne l'étonnait vraiment, ça l'aurait presque fait sourire.

Tristan avait sûrement dû être le dernier à être au courant de la trahison de la jeune femme, il n'avait alors réagi que par un haussement d'épaules, à la fois peu étonné de la nouvelle et indifférent à celle-ci. Le Papillon, il avait su implicitement que c'était elle. Il aimait bien son tatouage, sur l'épaule droite s'il se souvenait bien. C'était aussi dans leurs quelques discussions, souvent enflammées, qu'il avait compris qu'elle ne portait pas vraiment leur régime politique actuel dans son cœur. De quoi lui rappeler les paroles d'un jeune homme mais ça, c'était une autre histoire.
Avait-il beaucoup pensé à elle depuis son départ brutal, départ dont elle n'avait pas même pris la peine de l'informer ? Lui avait-elle manqué ? Il n'en savait trop rien, il fallait avouer qu'il se noyait dans déjà beaucoup trop de souvenirs pour s'offrir le luxe d'en ajouter un autre. Ou peut-être que son détachement par rapport à ce type de relation lui avait permis de ne pas trop y repenser, de se défaire de ce passé-là. De toute manière c'était bien inutile d'y réfléchir, il n'avait jamais su s'il avait de l'affection pour Angie ou uniquement de l'attirance alors de là à vouloir savoir si elle lui avait manqué, c'était être trop ambitieux.

Vint le moment où Angie devait lui mettre son pantalon et, heureusement, comme il l'avait prévu, elle dut le forcer à s'asseoir, chose qu'il l'arrangeait bien et qui lui permis de poser ses fesses près de son coussin, une main légèrement derrière son dos de manière à ce qu'avec la position qu'il avait cela paraisse naturel. Les femmes ne pouvaient pas vraiment voir ce qu'il faisait avec sa main et Angie était sans doute trop préoccupée à lui enfiler correctement son pantalon pour l'observer vraiment. Il disposait juste d'assez de temps pour glisser légèrement sa main sous son coussin où par miracle, à moins que le destin y soit pour quelque chose, il avait oublié le matin même son portable. A l'aveuglette il compta rapidement les touches histoire d'écrire quelque chose de compréhensible, n'étant pas sûr qu'avec du morse on le comprenne vraiment. Le destinataire était capable de supprimer le message en croyant qu'il ne s'agissait que d'une blague ou quelque chose dans le genre !
Tristan avait si peu de temps et tellement de chance de se faire surprendre ou soupçonner avant de finir qu'il mit toutes les chances de son côté, comprenez qu'il comptait bien détourner pour quelques secondes l'attention des trois femmes. Levant les yeux au ciel, poussant un long soupir et se retenant surtout très fort d'envoyer un bon coup de pied à Angie, il se contenta de lancer un : « J'espère que tu t'amuses bien. » mi exaspéré mi ironique. Puisqu'elles ne prenaient pas de gants avec lui, il n'allait pas jouer les gentils et était même tenté de lâcher le fauve qu'il tentait d'ordinaire d'enterrer au plus profond de lui. Qu'aurait fait Louis ? Il lui aurait livré l'un de ses plus beaux sourires, évidemment.
Habitué à écrire rapidement, il avait fallu à Tristan moins d'une vingtaine de secondes pour écrire le message le plus court mais assez explicite et l'envoyer au premier destinataire venu, autrement dit le dernier sur la liste qui était donc... Shane en fait. Celui ci put recevoir un :

enl v rebel declench procedur

Bon ce n'était pas très poétique et pas du tout esthétique pour lui qui avait horreur du langage sms mais il fallait l'en excuser, il n'avait pas le luxe de se donner assez de temps pour faire mieux sinon sans doute qu'il aurait donné une dizaine de pages d'informations jugées cruciales à ses yeux tant il était observateur. Leur comportement n'aurait alors eu plus aucun secret pour ceux qui étaient chargés de ce genre de choses et leur armement aurait bénéficié de tout un chapitre où même le moindre petit impact aurait été décrit. Si seulement il avait su que cet idiot de Shane était le destinataire et qu'à ce moment-là il était avec Silvio, occupé donc par tout sauf ce qui pouvait venir de son portable, il l'aurait sans doute étranglé. Heureusement pour l'individu, il ne le saura sans doute jamais.
Tristan avait ramené sa main devant lui aussitôt après avoir fini d'écrire son message, lentement pour là aussi ne pas attirer l'attention, ou pas de trop, enfin au pire si on découvrait ce qu'il avait fait c'était trop tard et il doutait qu'elles aient le temps ou l'envie de courir dans toute la ville pour tuer / voler le portable qui avait reçu le message. Non, mieux valait pour elles qu'elles partent vite, très vite. D'un côté il se dit qu'ainsi elles l'abandonneraient peut-être mais c'était vraiment improbable, il lui semblait que Lian et Angie avaient cette fâcheuse tendance à s'obstiner et à être têtues comme des mules.
Soudain la jeune femme le tira avec brutalité vers elle, si bien qu'il se trouva si près d'elle qu'il sentait son souffle chaud sur sa peau, son parfum aussi, ce qui eut l'effet de le plonger cruellement dans ses souvenirs et en l'espace de quelques secondes il revit bon nombre de moments qu'ils avaient passé ensemble. Tristan eut alors la furieuse envie de la gifler, pour qui se prenait-ellefranchement ? Il savait qu'elle aimait le pouvoir, qu'elle aimait dominer, contrôler les choses mais il y avait des limites à ne pas dépasser avec lui. Or ces limites-là elle venait justement de les piétiner allégrement, sans le moindre souci et il n'avait pas l'intention qu'elle s'en tire si facilement. Ce fut au moment où elle se crut encore en droit de lui enfiler un manteau qu'il n'aimait pas du tout qu'il céda à sa fureur et saisit violemment son poignet, le serrant assez fort dans sa main pour qu'elle ait mal.

- Ne joue pas à ce jeu-là avec moi.

Mais presque aussitôt la petite qu'il ne connaissait pas tira un coup de feu non loin de lui, ce qui eut au moins l'avantage de lui faire lâcher le poignet d'Angie et de se contenter de la regarder bien droit dans les yeux avec un regard qui voulait tout dire.

- Vous croyez vraiment vous débarrasser de Traktueur ? Cracha-t-il mi arrogant, mi ironique.

C'était une attitude qu'on ne lui connaissait pas ou alors qu'on lui attribuait très rarement tant elle était différente du caractère qu'il montrait d'ordinaire. Il avait détaché son regard de son ancienne amante pour fixer les deux autres rebelles quand l'ordre chronologique des choses se remit subitement en place dans sa tête. Qu'est-ce que la fille avait fait avant de tirer ? Son regard se braqua aussitôt sur l'objet dont il avait initialement ignoré le léger bruit quand il était sous l'emprise de la pire des colères. Ce qu'il vit confirma malheureusement ses craintes et un mélange confus de sentiments s'empara à une vitesse folle de son esprit alors qu'il se mit à parler à nouveau.

- Merci, vous venez juste de foutre en l'air cinquante ans de travail. Et comme vous êtes très intelligentes vous avez aussi grillé votre propre matériel. Qu'est-ce que vous allez faire si vous avez un problème ? Finalement je ne vois pas pourquoi l'impératrice se plaint si vous recrutez tous les imbéciles qui trainent.

Il aurait pu encore utiliser le ton de la provocation mais les émotions se succédaient si rapidement dans son esprit – bien trop vite pour lui, réputé pourtant vif d'esprit ! – que sa voix était devenue indifférente, détachée, morne, sans aucune saveur. Les mots s'étaient alors enchaînés vite sans qu'il ne réfléchisse vraiment à ce qu'il disait. Quelle importance de toute manière, il avait sans doute perdu son dernier espoir de récupérer certaines choses auxquelles il tenait beaucoup. Bien sûr il y avait d'autres sauvegardes mais sa paranoïa de ce côté-là était telle qu'il lui était arrivé de faire des enregistrements selon un algorithme destiné à choisir un emplacement de manière aléatoire... Si l'une des rebelles lui avait prêté son arme, il était sûr que cette fois-ci il se serait tiré une balle dans la tête sans la moindre hésitation.
Tristan passa une main sur son visage en soupirant. Et avant que tout ce petit monde ne l'emmène au fin fond des souterrains de Nosco, il se tourna vers Lian et n'eut qu'une dernière parole.

- Je crois que tu as quelque chose qui m'appartient.
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Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
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Âge d'apparence : Environ 27 ans

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9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Lian Grenfield le Mer 15 Déc - 15:46

Angie habilla l’informaticien, une chemise et un pantalon normaux. Tristan Darek se laissait faire passivement sans rien dire, attendant apathiquement qu’on lui donne un ordre. Au moins il ne faisait pas de résistance, une bonne chose. Peut être parce qu’Angie savait le maitriser et qu’il connaissait la réactivité de la jeune femme lorsqu’il fallait agir. Malgré les remarques désobligeantes d’Inès, qui tentait surement de se venger, et de Tristan qui devait être frustré… d’avoir été capturé aussi facilement ; Lian espérait qu’Angie ne réagirait pas à des remarques aussi basses, elle était au dessus de tout cela, n’est ce pas ?

Lian acquiesça à la question silencieuse d’Inès, oui elle pouvait mettre ne marche la bombe EMP. La conversation entre les deux jeunes femmes avait été silencieuse, juste un simple signe de la tête. Et pourtant le message était passé et la bombe avait fait son effet. Un pschiiiiiit et tous les appareils électroniques avaient été déconnectés, ils ne marchaient et ne marcheraient plus. Dorénavant, elles étaient coupées de l’aide possiblement apportée par Rian Mc Gregor. Elles devraient se débrouiller par leurs propres moyens pour ne pas se faire avoir, car sinon elles ne pouvaient pas espérer moins qu’une condamnation à la peine de mort.

Lorsque soudain la situation sembla dégénérer. Angie qui avait fait se relever assez brutalement Tristan, se retrouvait à seulement quelques centimètres de lui. Au moment ou elle attrapait un manteau, son ancien amant lui avait saisit le poignet et menacé d’une voix qui semblait bien plus agressive que précédemment. Qu’est ce qui avait pu faire passer l’informaticien d’apathique à une telle brutalité ? Pourtant, aucun mot n’avait été échangé et la situation n’était pas si différentes de quelques minutes auparavant alors quoi ? Avant même qu’elle ne puisse réagir Inès venait de tirer, pas pour blesser mais pour protéger Angie et faire lâcher Tristan. L’action réussit, il la libéra de l’étreinte quelques secondes après qu’une balle ai sifflé à ses oreilles, lui rappelant sans doute qu’il était en position d’infériorité et qu’il ne valait mieux pas jouer avec trois filles armées jusqu’aux dents et en état de stress, puisqu’elles risquaient leur vie à ce « petit jeu ». Le coup de feu avait été une réaction normale et primitive, pourtant il les mettait dans un sérieux pétrin. Autant la bombe EMP avait du provoquer la panique et l’incompréhension, autant si quelqu’un avait entendu et perçu le coup de feu, cela donnait leur position dans le bâtiment ainsi que d’autres informations précieuses, tel le fait que les personnes attaquant l’Aedes étaient armées et prêtes à tirer.

Tristan semblait vouloir échanger un long regard noir avec Angie, un regard qui voulait dire beaucoup de choses. Connaissant l’agressivité et la réactivité dont pouvait faire preuve Angie, Lian se précipita entre les deux jeunes gens, trop tard pour que l’informaticien évite le coup de poing de sa marraine, mais assez vite pour qu’il ne puise pas réagir. Elle devait stopper ce conflit avant qu’il ne dégénère. Elle fixa la situation d’un ton clair, et en remettant sous le nez du guildien son arme, histoire de lui rappeler que ce n’était pas une plaisanterie et qu’il fallait qu’il se maitrise. Qu’ils restent tous très calme, si l’on ne voulait pas de morts.

Angie, garde ton calme ! J’ai besoin de toi avec ton self-control. Tu n’as pas à répondre à ses provocations, il veut juste nous détourner de nos missions et nous empêcher de réussir.
Inès, je te prierais de ne plus tirer sans raison. Dialogue avant l’attaque, du moins quand la situation ne met pas en péril la vie d’un des rebelles. Compris ? Angie sait se défendre et ce n’était pas une attaque physique que l’on peut qualifié de très brutale.
Quand à vous, je vous conseillerais de surveiller le moindre de vos mouvements si vous ne voulez pas vous retrouver avec une balle dans le bras ou dans la main…


Oui, Lian ne tirerait pas dans les jambes de l’informaticien, car elle avait besoin qu’il puisse marcher. En revanche, pour le moment ses bras étaient « inutiles » et elle avait en sa possession une arme capable d’abimer assez les précieuses mains de l’informaticien pour qu’il ne puisse plus jamais taper sur son clavier comme auparavant. Bien sur cela était simplement une menace. Elle l’avait dit simplement pour faire réfléchir son interlocuteur et lui prouver qu’elle était sérieuse, même si elle n’avait pas dans l’intention d’exécuter cette menace. Pas tant que Tristan Darek se montrait un minimum attentif à leurs ordres et ne tentait rien de stupide. La menace était aussi une sorte de conseil à ses partenaires, tirer dans le bras s’il tentait quoi que ce soit. Ensuite dans les mollets ou la cuisse, si vraiment il tentait de fuir à toutes jambes… Elle répondit tout de même, coupant une quelconque réponse possible d’Angie.

Nous débarrasser de Traktueur ? Si on voulait te tuer, on l’aurait déjà fait, crois moi. Mais toi capturé, cela nous fait en effet un adversaire de moins sur notre chemin…

L’informaticien jeta un regard à Inès avant de se mettre à se lamenter et à élever la voix une nouvelle fois. Mais quand allait il cesser ? Ils n’avaient pas tout le temps devant eux, ils devaient bouger et rapidement. Elle le saisit par le bras pour le tourner vers la porte et lui indiquer ainsi le chemin à prendre, tout en répondant d’un ton qui indiquait qu’elle commençait elle aussi à perdre patience.

Notre matériel ? Nous n’avons besoin que d’une chose, nos armes et notre cerveau. Nous pouvons très bien fonctionner sans matériel informatique et ordinateur, contrairement à vous dans la guilde. C’est ce qui fait votre faiblesse, et nous savons très bien l’exploiter !

Ce n’est qu’à partir de ce moment que Tristan sembla retrouver son attitude morne et la tristesse qui semblait être collé à lui comme une ombre. Il ajouta d’une voix soupirant qu’elle avait quelque chose qui lui appartenait tout en se tournant vers elle. Lian acquiesça une nouvelle fois.

Exact, mais si tu veux récupérer ton bien, tu ferais mieux de nous suivre sans broncher… Nous n’avons plus le temps de trainer… D’ailleurs en parlant de cela.

Elle tendit une lettre aux filles, leur indiquant de la déposer bien en vue quelque part dans l’appartement. La manière de signer des rebelles, et d’expliquer encore une fois leurs intentions ou en tout cas une partie. Une manière de hurler leur désaccord avec un message destiné aux plus grands de Nosco. Lian attendit que la formation se mette en place, pour encadrer de manière assez serré leur kidnappé, puis elles passèrent la porte pour se faufiler le plus rapidement possible dans les couloirs, croisant peu de personnes heureusement. Seulement un homme paniqué à qui elles lancèrent simplement quelques mots, et baissant les yeux devant les autres. Lian profitait de la grande carrure de Tristan et d’une capuche pour cacher son visage et l’arme qu’elle pointait dans le dos de l’immense gaillard.

Elles avaient bien étudiés les plans de l’Aedes, et ne mirent finalement que quelques minutes pour atteindre les Rampes d'Accès Rapides. Leur bombe avait réussit à griller les scanner rétinien sur de nombreux étages, leur permettant d’ouvrir les portes facilement et de profiter de la confusion. Cependant elles savaient que la brigade d’intervention arriverait dans moins de quelques secondes pour barricader le tout. Il fallut faire preuve d’un peu de force et assommer un des brigadiers qui gardait les RAR, mais finalement elles purent accéder aux souterrains. Jusque là elles avaient marchés, d’un pas pressé mais sans accélérer trop pour ne pas attirer les soupçons, une fois arrivées dans les sous-sols, elles n’hésitèrent plus et se mirent à courir. Espérant que Tristan tiendrait le rythme de leur course, car au vu de son travail, il ne devait pas faire d’exercice physique tous les jours. Elles avaient du rester plus ou moins silencieuses dans les couloirs pour ne pas attirer l’attention. Tout avait été prévu en amont pour qu’elles n’aient pas à échanger trop d’informations à ce moment là. Tout allait bien pour le moment, comme sur des roulettes.

Le début avait été plutôt compliqué mais à présent cela allait mieux. Tant que Tristan ne risquait rien de stupide… la mission pourrait être un franc succès ! Les guildiens et l’impératrice Joséphine de Nosco allaient être malade en sachant que leur meilleur informaticien avait été capturé… A moins bien sur que comme d’habitude de soit la censure qui règne et que le tout soit camouflé et passé sous silence. Enfin sauf si les rebelles en décidaient autrement ! Ils pourraient toujours mettre un message en hologramme en pleins milieu de la ville, laisser la vidéo passer en boucle jusqu’à ce que la brigade réagisse… Et ainsi les rumeurs se propageant, bientôt toute la ville serait au courant de ce qui était arrivé ! Et il y aurait de forte de chance qu’une légère panique se propage, voir que les connexion au réseau alpha diminuent fortement ou au contraire augmente, en fonction que les habitants prennent peur ou se sentent plus libre sans Traktueur.

PS : oui j’ai lu le rp avec le plan de Tristan et je sais que Shane reprendra le rôle mais Lian ne le sait pas. Tristan ou quelqu’un d’autre je vous laisse écrire la lettre des rebelles à condition que ce soit un minimum sérieux, sinon je peux m’éditer. ^^

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Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


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Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

Message par Ann-Juliett Taylor le Jeu 16 Déc - 17:41

    Un instant, elle était à genoux, sur le sol, en train d’enfiler le pantalon de Tristan. Angie était d’une nature assez facilement irritable, elle était un peu ce genre de matériau dont le point d’éclair et la capacité d’auto-inflammation étaient à des températures très faibles. Parfois même avec un simple -10°C dans les sous-terrains, elle était capable de déclencher un incendie par sa simple colère. Bien sûr, je ne parle pas de véritables flammes matérialisées, mais une colère capable de beaucoup de choses parfois. Et lorsqu’Inès lui répliqua que Tristan était capable de s’habiller tout seul, elle eut envie de se lever et de s’énerver. Mais elle garda son calme. Non, mais bien sûr qu’il était capable de s’habiller tout seul. Qu’est ce qu’elle attendait la petit Ines, qu’Angie s’agenouille en la remerciant de l’immense révélation qu’elle venait e lui livrer ? Elle avait de lui répliquer que d’un matériel informatique, aussi, il savait s’en servir tout seul. Et la rebelle voulait éviter le moindre débordement. Certain que la Brigade Impériale de Guilde réaliserait bien vite la disparition du commandor de la section Informatique. C’était couru d’avantage. Mais pour les trois femmes, mieux valait que ce soit le plus tard possible. Ainsi, elles auraient le temps de regagner l’un des bunkers rebelles sans encombre. Aussi, Angie pouvait compter sur Tristan pour mettre son petit grain de sel à cette soupe déjà bien amère. Oh non, elle ne s’amusait pas du tout. Une mission de cette envergure, on n’en avait pas beaucoup chez les rebelles. Aller kidnapper un commandor dans ses propres appartements, à la surface, oui vraiment, c’était la première fois depuis qu’elle était rebelle qu’elle entendait parler d’une telle chose. Ordinaire, on attendait que ces brebis viennent s’égarer dans les sous terrains, bien souvent après une attaque de créature, lorsque la brebis avait perdu son troupeau, et qu’elle errait seulement dans les vieux réseaux. Mais le loup rodait, et lorsqu’il avait sa proie, il espérait pouvoir en faire un bon repas. Donc, non, elle ne s’amusait pas. Etre à la surface était risquer sa vie, et celles de ses amies. Alors, elle ne pensait pas vraiment au fait qu’elle était en train d’enfiler le pantalon de Tristan, mais plutôt au fait de se dépêcher afin de pouvoir rentrer au plus vite, avec une mission accomplie.

    Mais encore une fois, Angie tâcha de ne rien dire, rien répliquer. Elle se plongeait dans un silence lourd qui ne lui ressemblait absolument pas, elle, d’ordinaire si bavarde et si enflammée, elle qui savait si bien démarrer au quart de tour. Mais peut-être était-ce ce que cherchait Tristan. Il cherchait à la mettre en colère, à la repousse dans ses derniers retranchements et au final, prendre le dessus sur elle. Elle ne le laisserait pas faire, non, elle ne laisserait pas faire. Il en était hors de question. Ann-Juliett avait un caractère de type dominat. Et en ayant ce caractère, il était très difficile d’admettre qu’il faille se soumettre. Elle ne se laisserait pas faire. Un regard noir simplement, posé sur les yeux bleus de Tristan, un regard qui lui ordonnait de se taire, et qu’elle ne pardonnerait pas le moindre écart supplémentaire. Elle le tira rudement contre elle pour le relever. Il était si proche d’elle, et Angie sentait qu’il avait envie de la gifler. Un petit sourire en coin, ravie. Elle aimait reprendre le dessus, et elle savait qu’il n’aimait pas ça. Elle le sentait. On n’était pas l’amante d’un homme pendant dix années sans connaître au moins un peu de lui. Elle s’apprêtait à lui enfiler son manteau, mais soudain, il avait saisit son poignet. Tristan savait avoir de la force lorsqu’il le voulait, et là, justement, il en avait. Ne pas jouer à ce petit jeu. C’était ce qui lui demandait. Mais qui était-il ? Lui. Qui d’autre que son otage. Elle eut envie de lui répliquer une phrase cinglante, mais elle ne le fit pas. Ses nerfs, déjà bien à vifs venaient d’être caressés dans le mauvais sens, s’en était irritant. Sa main droite prisonnière de l’emprise de Tristan ne put rien faire. Mais sa main gauche serra le poing, poing qui alla frapper son visage, visage qui suivit le mouvement de coup, coup porté sans douceur, il fallait le dire. Angie respirait fortement, la poitrine soulevée à chaque bouffée d’air. Elle serrait étroitement ses dents, le visage rougi par la colère, ses yeux gris d’un froid glacial. Il n’aurait pas le dessus. Elle se l’était promis. Il ne pouvait pas avoir le dessus. Si jamais il l’avait, elle savait qu’elle pourrait se faire manipuler, et peut-être ne serait-elle pas capable de poursuivre cette mission et de lui en donner une fin fructueuse.

    Angie entendit un coup de feu derrière elle. Elle avait Lian sur sa gauche, donc derrière elle, ce ne pouvait qu’Inès. Et puis Lian vint se placer entre les deux ex-amants, empêchant Tristan de pouvoir offrir la moindre riposte au poing frappé par Angie. Rester calme. Elle devait rester calme. Cette mission lui mettait vraiment les nerfs à vifs. Un rien l’excédait. Et ce n’était pas uniquement parce qu’elle était à la surface et donc en territoire ennemi, mais également parce qu’elle revoyait Tristan. Tristan, son amant, celui qu’elle avait délaissé dix ans plus tôt sans mot dire, lorsqu’elle avait rejoint la confrérie de la rébellion. Lui avait-il manqué ? Peut-être bien, certain soir où elle aurait bien été faire un tour dans son appartement, comme elle en avait pris un peu l’habitude. Sa relation avec Tristan avait été une relation dans laquelle on ne s’engage pas, et c’était ce qu’Ann-Juliett avait toujours cherché. Ne pas être dépendante de quelqu’un, elle s’était promis de ne jamais devenir dépendante de qui que ce soit. Mais essayez de vivre 140 ans dans une ville, sans pouvoir en sortir, sans pouvoir changer de vie, voir toujours les mêmes visages, les mêmes peines, les mêmes joies, et les mêmes combats aussi. Elle avait été obligée de s’attacher à certaines personnes. Lian, par exemple. Lorsque sa filleule avait été mise sur la liste des disparus, l’appartement pouvait témoigner de la rage et la peine qui avait saisi Angie à ce moment là. Et puis Tristan. Même si de moindre mesure, il était un ami, et un ennemi à la fois, un camarade et un danger. Non pas un danger d’un point de vu rebelle/guilde. Car elle savait qu’il était un danger pour elle bien avant de quitter la guilde. Il était un danger pour elle parce qu’il était de ceux dont elle aimait la compagnie et dont elle réclamait la compagnie. On ne l’avait jamais foncée à aller dans les appartements de Tristan. Elle y avait toujours été de son plein gré, parce qu’elle en avait envie, engendrant par ce phénomène une certaine dépendance malgré elle. Aussi tira-t-elle brusquement son poignet hors de l’emprise sur Tristan. Elle avait toujours aimé les mains du commandor, chaque fois qu’il les avait posées sur elle, elle ne les avait pas rejetées. Mais là, à cet instant précis, elle ne pouvait pas le laisser faire ce qu’il voulait d’elle.

    Elle entendit quelques bruits qui annoncèrent qu’Inès venait de faire exploser la bombe EMP. Angie s’était écartée de Tristan. En elle-même, elle avait pris la résolution de ne pas trop s’approcher de lui. Elle se disait qu’entre Lian et Inès, il ne partirait pas bien loin. Ann-Juliett fut assez ravie que Lian prenne la peine de fermer le clapet de Tristan à sa place, car ma rebelle était vraiment à deux doigts de péter un plomb. Elle avait saisit la lettre que tendait Lian, et lut une dernière fois le message :

    « Amis Guildiens,
    Nous détenons à présent votre informaticien.
    Nous réclamons des armes et munitions, la libération de nos hommes et de nos femmes retenus prisonniers dans vos cellules et une compensation financière.
    Nous vous tiendrons ultérieurement au courant de la procédure à suivre.
    Tout silence ou tout moyen de contrecarrer nos plans, de montrer le moindre signe d’opposition ou de mener des actions destinées à ralentir ou détourner nos actions s’en suivra d’un piratage de vos données et de vos réseaux. Sans Traktueur, la tâche sera plus aisée.
    Dans le cas où nous ne parvenions pas à nous faire entendre, nous seront contraints d’exécuter l’otage.
    La Confrérie de la Rébellion »

    Elles sortirent de l’appartement de Tristan avec l’informaticien. Angie referma la porte, plaque la lettre contre celle-ci et planta un couteau dans la porte, y maintenant la lettre prisonnière. Angie rabattit sa capuche sur sa tête, masquant en partie son identité et dans sa main droite, elle s’arma d’un pistolet, que la jeune préférait au révolver. Elle glissa dans la poignée creuse de l’arme un chargeur amovible qui contenait les balles. Pour charger l’arme, elle tira la glissière à fond vers l’arrière, en l’agrippant par les stries de préhension, et la laissant ensuite revenir vers l’avant en la relâchant. En revenant dans sa position initiale, la glissière avait poussé une nouvelle cartouche dans la chambre du canon. L’arme était dès lors prête à tirer. Facilement, elles parvinrent à quitter l’Aedes, notamment parce qu’un grande partie des scanners rétiniens avaient été grillés par la bombe EMP. Elles accédèrent sans encombre aux RAR puis dans les sous-terrains. Angie s’arrêta donc pour bander les yeux de Tristan, elle avait peut-être même serré un peu fort, mais il le méritait à jouer l’arrogant. Elle le fit tourner sur place pour le déboussoler et, elle le poussa, l’entrainant avec elles dans les sous-terrains. Il fallait bien qu’il ne puisse pas retrouver le chemin vers le bunker où elles se rendaient. Non pas que Tristan puisse être saisi d’une envie de se rendre à nouveau ici, mais un bon nombre de brigadiers seraient bien heureux de connaître l’emplacement de cet endroit. Mais là, le sol n’était pas aussi lisse que celui de la cour intérieure de Nosco. Tristan trébucha un bon nombre fois avec ses yeux bandés. Et ce ne fut là seulement qu’Angie se décida d’être plus clémente avec lui. Elle se sentait moins stressée qu’à la surface. Elle avait saisit son bras, marchant près de lui pour mieux le guider et lui éviter de se prendre les pieds dans un caillou dépassant de la surface du sol. Et s’il ne parvenait pas à l’éviter, Ann-Juliett restait là pour lui être d’un appui empêchant la chute. C’était tout ce qu’elle pouvait consentir de faire pour lui.
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Ann-Juliett Taylor
~ Rebelle ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Rebelle
Âge réel : 140 ans
Âge d'apparence : 28 ans

Compétences
Mémoire:
5250/10000  (5250/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

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