Au-dessus du vide... [PV]

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Au-dessus du vide... [PV]

Message par Kath le Dim 5 Déc - 15:35


    Lumière faiblarde, couloirs sans fins parfois malmenés par les créatures ou le temps, par des combats acharnés tournant à l'écarlate ; relents âcres, fétides, qui sans un masque pour filtrer l'air vous prennent au tripes, vidant d'autant plus facilement celles des malchanceux s'aventurant dans les égouts.

    Cette description, à quelques subtilités visuelles et olfactives près, convenait aux divers endroits sous-sols désaffectés, du moins les aspects connus. Et c'est ainsi que la plupart des brigadiers les voyaient, Kathleen compris, en tant que lieux insalubres, dangereux physiquement et psychologiquement. En effet, quel brigadier n'a jamais été tourmenté par le visage à la chair déformée d'un écorché ? Ou bien rêvé aux griffes aiguisées d'un xénomutant, placées sous sa gorge, là où le sang palpite ? Voire encore succombé à la frayeur du vide imperturbable des yeux d'une Ombre ?

    Ce matin encore, Kathleen s'était réveillée en sursaut, poursuivie dans ses cauchemars par une horde de monstres affamés dans un tunnel qui ne cessait de s'étendre à l'infini et dont les parois, aussi lisses que des miroirs, ne lui laissaient aucune porte de sortie. Elle s'était levée, les entrailles serrées, avait marché jusqu'à sa salle de bains et s'était passée de l'eau fraîche, presque glaciale, sur le visage, pour laver la vision de ces yeux aveugles et suppurants qui la hantaient. Souvent, les journées qui commençaient ainsi n'étaient jamais de bonnes journées.

    Après un moment passé à se rassurer devant son propre reflet, la brigadière décida de s'habiller -de son uniforme comme d'habitude- et de se préparer à partir travailler dans les SSU. Les gestes familiers, son quotidien sécurisant, lui firent bientôt oublier l'angoisse de son réveil. C'est l'esprit plus apaisé qu'elle descendit jusqu'au self de l'Aedes pour prendre son petit-déjeuner et se rendre ensuite, en compagnie de noscoiens, dans les SSU. Elle se dirigea vers les bureaux de la section anti-terroriste, sa section, afin de recevoir son affectation.

    Aujourd'hui, Kathleen travaillerait en équipe ; sa mission du jour consistait à partir en repérage dans une zone des catacombes où les systèmes radars de surveillance auraient détecté un mouvement suspect, trop près au goût de la Guilde de ses installations. Depuis le piratage du bunker guildien, lors de l'invasion de créatures, la sécurité dans les SSU avait été renforcée. La brigade anti-terroriste se chargeait, en collaboration avec la brigade de nettoyage, d'élucider ces présences douteuses, soit le plus souvent une créature à éconduire et beaucoup plus rarement un rebelle égaré. Aucun des signaux radars n'étaient pris à la légère, chacun ayant le droit à un détail approfondi pour en déterminer la cause, humaine ou humanoïde.

    Kathleen était affectée avec un second brigadier seulement, puisque l'endroit était assez proche des structures de sécurité de la Guilde. Elle enfila son armure et le casque avec, puis mit son oreillette en place. Les deux noscoiens allèrent ensuite cherche le reste de leur équipement, à savoir des armes alpha, et deux grappins, légers mais solides. En effet, l'endroit des catacombes où il se rendait était l'un des plus dévastés, riche en crevasses et en ruines. Le duo de brigadiers, efficace, ne mit pas longtemps à se préparer, et moins de temps encore à aller dans les souterrains.

    ~*~
    Ils s'étaient arrêtés, après une marche de plusieurs minutes sur un sol dangereusement glissant, couvert d'une moquette poisseuse.

    « C'est ici, normalement, » indiqua la sniper.

    Kathleen n'était pas traqueuse de formation, cependant, à force de côtoyer une foule de brigadiers elle avait appris deux-trois trucs utiles sur le sujet. Elle se pencha pour inspecter le sol, toutefois, elle ne vit aucune empreinte dessinée dans la roche humide. Elle se redressa, portant le faisceau de son arme dans l'obscurité, sans rien déceler.

    « Continuons un peu plus loin. »

    Ils avancèrent côte à côte, au son de leurs propres souffles. Ils s'apprêtaient à faire demi-tour, ne trouvant rien d'autre pour leur faire face qu'un odieux silence, une chance sûrement, lorsque qu'une pierre tomba quelques mètres plus loin. Les détecteurs de mouvements se mirent en branle. Les lasers des fusils se pointèrent vivement vers la direction du bruit. N'était-ce qu'un simple caillou se détachant d'un couloir en ruine ? Ou les espionnait-on ? La sniper désactiva son pointeur laser, afin de ne pas se faire repérer par son potentiel ennemi, de ne pas l'effrayer si ce dernier était un être humain. Les radars de la Guilde n'avaient enregistré qu'un seul signal, pourtant, mais et s'il en cachait plusieurs ? Ca sentait le piège. Mais il fallait qu'ils vérifient le signal pour en avoir le coeur net. Ils longèrent la paroi à pas de loups, évitant de trébucher sur les éboulis gisant sur leur chemin, sans rien trouver. Rien était un mot bien inquiétant car il pouvait laisser présager du vide autant que du plein.

    « On doit être à la limite des égouts. Je reconnais l'odeur, » remarqua Kathleen.

    En effet, ils commençaient à sentir un parfum nauséabond d'eau croupie ; Oxymore fronça le nez. La paroi qu'ils suivaient disparu, s'ouvrant sur le vide. Une échelle en fer visiblement glissante et moisie permettait de rejoindre l'étage inférieur. Kathleen crut distinguer une ombre fuyarde, en bas. Une hallucination ? Se faisait-elle abuser par les ténèbres ?

    * Bip, bip, bip *

    Les détecteurs de mouvement lui donnèrent raison. Il y avait effectivement quelque chose ou quelqu'un à proximité. Kathleen sorti son grappin et fit signe à son collègue qu'elle allait descendre la première, voir ce qu'il en était. Si c'était un rebelle, elle ne pouvait pas lui laisser l'occasion de se faire la malle. Elle attacha fermement la corde du grappin à un rocher qui semblait à peu près stable et moins friable que les autres, puis elle noua l'autre bout à sa ceinture. Elle rangea son fusil et, s'agrippant de ses deux mains, elle entama sa descente de l'échelle. Les barreaux, enfoncés dans le mur, étaient glissants et peu sûres. De même, des appuis manquaient par endroit, laissant des trous gênants, comme une mâchoire édentée. Kathleen descendait doucement un pied après l'autre, couverte par le brigadier. Alors qu'elle était presque arrivée en bas, elle eut comme un mauvais pressentiment, la désagréable impression qu'un regard la transperçait. La sniper se retourna et sentit son coeur s'arrêter quelques secondes.

    Deux yeux brillant dans le noir... Deux orbites blancs vitreux dénués de sentiments, décolorés pour n'avoir sans doute côtoyé la lumière depuis longtemps, la fixant avec la même impartialité qu'un assassin. Hypnotisée par ces opales glacées, Kathleen rechutait dans son cauchemar.

    Elle serait restée des heures, des décennies, à contempler cette apparition semblable à celle des ces rêves tortueux, si des coups de feu retentissants ne l'avaient pas arraché à son immobilité. D'après les jurons retransmis dans son oreillette, le brigadier resté à l'étage venait de faire une rencontre fortuite et pas forcément plaisante. Se détachant de l'emprise des globes sans vie, la sniper se dépêcha de remonter pour venir à son aide, mais dans sa vitesse, un des barreaux lui glissa des mains. Avec un hoquet de surprise, elle dérapa mais au lieu de s'écraser contre le sol, elle fut maintenue suspendu au-dessus du vide par la corde, qui heureusement tint bon. Les yeux blancs semblaient déçus. Elle récupéra l'échelle et retenta son ascension, d'autant plus qu'elle sentit une pression s'exercer sur la corde, sa seule attache. Elle était presque arrivée quand cette dernière lâcha brusquement. Kathleen serra les dents en voyant le grappin tomber et, pour ne pas être entraînée par son poids, qui suffirait à la faire glisser dans le vide, elle détacha sa ceinture qui atterrit dans une plainte métallique. La brigadière, inquiète, appela son collègue par intercom. Il lui répondit, essoufflé, faisant grésiller le micro :

    « Dé... Désolé, ils m'ont pris par surprise... Je... Je... »

    * Bip, bip, bip * fit sobrement le détecteur de mouvement, fier de faire ce pourquoi il avait été conçu.

    Encore de nouveaux coups de feu. Kathleen essayait de monter, mais impossible de rejoindre l'étage supérieur sans corde, à cause des barreaux inexistants. Elle manqua une deuxième fois de perdre l'équilibre lorsque le brigadier qui l'accompagna lui annonça qu'il allait devoir se replier, qu'il... il irait chercher de l'aide, qu'il reviendrait, qu'il ne l'abandonnait pas...

    Et ces paroles, dont le ton s'amenuisait au fur et à mesure avec la distance, se coupèrent, laissant Oxymore dans le silence, seule, en tête-à-tête avec ses peurs.

    Non... Seule... C'est ce qu'elle aurait souhaité. Elle sentait toujours les deux yeux de l'Ombre, immobile, posés sur elle. D'une main libre, elle retira son pistolet alpha de sa gaine et risqua à tourner la tête. Il n'y avait plus deux mais plus, trois, quatre paires d'yeux qui la regardaient sans bouger. Sa gorge nouée retenait un hurlement de terreur. Sa main était pétrifiée sur la gâchette, ne trouvant la force de la presser pour écarter les créatures, tenter de les faire fuir. D'ailleurs, s'enfuiraient-elle avec de la chair fraîche si facilement à portée de griffe ? Kathleen en doutait, et ce doute, cette possibilité de terminer dans la gueule de ces monstres la submergeait avec effroi. Elle leva la tête, se demandant si avec une impulsion elle réussirait peut-être à s'accrocher et remonter à la force de ses bras. Non, même si elle y arrivait, on l'attendait... il y avait toujours du mouvement à l'étage...

    Elle voulait qu'on la réveille, qu'on la pince et qu'elle ouvre les yeux sur une pièce familière, la tête posée sur un oreiller. Elle se rendrait délicieusement compte que ceci n'était pas réel, qu'elle n'était pas en danger suspendue au-dessus du vide, mais protégée dans le confort de son appartement, que ceci n'était qu'un cauchemar, un affreux mais inoffensif cauchemar... Et que, comme tous les cauchemars, il s'estomperait avec son sommeil...

Kath
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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Silvio Anthelmios le Mar 7 Déc - 20:48

Ils avaient sursauté, quand leur camarade était arrivé, essoufflé, ramenant avec lui l'odeur des égoûts. Café à la main, ils l'avaient dévisagé, étonnés. Il bafouillait, en reprenant bruyamment son souffle. Chacun avait posé sa tasse de café, on lui avait demandé de se calmer. Il avait parlé de Velstiam. Silvio, qui jusqu'alors était resté un peu en retrait, car il n'appréciait que peu de rester coincer entre deux collègues pour profiter de la vue d'un collègue qu'on entendait très bien d'ici, et dont il se moquait pas mal, mon brigadier, donc, avait alors levé le nez. Velstiam. Avec Shane, et quelques camarades d'élite, c'était une des rares personnes qui avait réussi à obtenir de Silvio la grâce d'avoir autre chose que les politesses de base, et les regards méprisants. Bon, Shane était dans une catégorie à part. Kathleen était une collègue talentueuse, certes, mais elle avait également le mérite de... D'on ne sait pas, d'ailleurs. Mais Silvio l'appréciait. Il tendit donc l'oreille.
Velstiam, donc... Rah, allait-il arrêter de respirer pour enfin parler de façon compréhensible ? Le collègue de brigade expliqua donc. D'accord... Silvio n'attendit pas plus (que vouliez-vous attendre ? Qu'on établisse une stratégie ? Il n'y avait pas de stratégie à établir !) . Il sortit donc des bureaux, passa récupérer des grappins, des cordes, et la lumière et une arme alpha (autre que son épée). Pas d'armure, non. Il aimait toujours autant les armures. Bon, peut-être un casque, ça serait plus pratique que la lumière. Et des gants anti-dérapants. Mais pas les espèces d'énormes carapaces qu'affectionnaient certains collègues. Il n'attendit pas de voir qui le suivait, et partit chercher Velstiam, à l'endroit indiqué.

----

"- Velstiam ? Veeeeelstiam ?"


Une sorte de chuintement lui répondit. Silvio tourna la tête. Créatures. Là. A quelques mètres de lui. Penchées au-dessus de Kathleen, mais ça, Silvio ne pouvait le voir. Il ne voyait que leur horrible corps, et ces yeux qui, lentement, se tournèrent vers lui. Ces horribles yeux blancs étaient le cauchemar de tout noscoien qui se respecte. Ils faisaient toujours leur petit effet. Sur Silvio, cet effet se résumait à un frisson d'horreur, une poussée d'adrénaline. En premier lieu, il craignait un peu pour sa vie, sachant que ces maudites bestioles étaient anthropophages. Mais de plus, il craignait pour celle de Kathleen: et si les bestioles venaient, en fait, tout juste de remonter ?
Il tira sur les bestioles, de son arme alpha, récupérée avant de venir. Et, pour être plus persuasif encore, il sortit son alphasword personnelle, en activa le mode alpha. Ah, là, les créatures faisaient moins les malignes. L'une s'enfuit. L'autre attendit le second coup "de feu" pour lâcher un cri à vous glacer le sang, avant de ramper à la suite de sa camarade.
A ce moment-là, Silvio jeta un coup d'oeil à son épée, toute neuve. Il fallait admettre qu'elle avait la clâââsse... Trop pour les créatures, héhéhé...
Bref. Passé cet instant de satisfaction, il se pencha là où était passée Kathleen.

"- Ne bougez pas..."


En même temps, si elle avait pu bouger, elle ne serait pas là. Il accrocha le grappin à un certain rocher, et en envoya l'autre bout à Kathleen.
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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Kath le Mar 28 Déc - 17:57


    Il y eut un long et insupportable silence, où Kathleen était livrée à elle-même. Ce silence épouvantable qu'un brigadier n'aimerait jamais vivre. On se sent si seul qu'on doute de soi et qu'on perd l'envie de s'en sortir, surtout lorsque nos forces étaient englouties dans la peur, aspirées par des regards avides. Que pouvait-elle faire, d'ailleurs, mis à part rester immobile ? D'un côté ou d'un autre, en haut ou en bas, on l'attendait. Kathleen serra son arme. Si au moins elle ne s'en sortait pas, elle se battrait jusqu'au bout.

    Sa conviction morbide n'eut pas le temps d'aller plus loin. La brigadière avait entendu quelque chose. Un son, lointain. Pas une ruine qui s'écrase ni le cri affamé d'une créature souterraine mais bien une voix humaine. Kathleen sentit une étincelle d'espoir jaillir en entendant cette voix l'appeler. On venait la chercher. L'autre avait prévenu des secours et ils étaient là pour la sauver ! La sniper rassembla son courage et hurla avec l'énergie du désespoir.

    « Par ici ! Dans le vide, accrochée à l'échelle ! »

    Ses paroles se répercutèrent avec un éclat grave dans les catacombes. A son grand soulagement, elle entendit les pas venir dans sa direction mais, si son cri de détresse avait attiré le noscoien, les créatures plus bas se massèrent près de l'échelle. Elles espéraient peut-être que Kathleen allait tomber ou dans le cas contraire, souhaiteraient précipiter sa chute.

    « Méfiez-vous, il y a plusieurs créatures à l'étage ! » prévint-elle à l'attention de son âme secourable.

    Précaution inutile sembla-t-il, lorsqu'Oxymore entendit des décharges familières d'ondes alpha et le cri désarticulé d'une de ces atrocités mise en débandade.

    En bas, leurs collègues s'agitaient. Kathleen appuya sur la détente, visant dans le tas, à l'aveuglette. Elle espérait que la décharge les ferait reculer et mieux, leur retirait l'envie d'essayer de monter cette échelle. En relevant la tête elle put découvrir le visage de son sauveur. Elle fut surprise de trouver la tête blonde de Silvio qui la regardait. Pourquoi était-elle étonnée que ce soit Silvio son preux chevalier ? A vrai dire, elle n'en avait aucune idée. C'était un bon brigadier, ils se parlaient plutôt souvent et... Enfin c'était de la gentille camaraderie. Assez importante pour qu'il vienne la sauver, visiblement... Ou bien peut-être qu'on lui en avait donné l'ordre...

    Enfin, elle démêlerait ses questions plus tard, lorsqu'elle serait sur la terre ferme ! Une longue corde lui fut lancée, qui tapa le long de la paroi, près d'elle. Kathleen rangea son arme et tendit précautionneusement la main pour l'attraper, l'autre fermement agrippée au barreau de l'échelle. Elle saisit la corde et la ramena contre elle. Elle commençait à avoir des fourmilles dans son autre main et son armure la gênait. Elle attrapa son casque et le balança sur les créatures, comme sa ceinture auparavant. Elle ré-attacha la corde tant bien que mal à sa taille. Elle commençait à se fatiguer. Il ne lui restait pourtant qu'à atteindre le barreau solitaire au-dessus de sa tête, et à se hisser jusqu'à l'étage, s'il lui restait des forces. Elle inspira et planta ses pieds dans la paroi poisseuse. La brigadière s'aida de la corde mais il lui fallut recommencer plusieurs fois avec effort, car elle glissa fréquemment à cause du poids de son armure, pour réussir à se saisir du barreau. La montée s'avérait plus difficile que la descente. Kathleen n'avait plus de soutien pour ses pieds et tenait à la force de ses bras, plus habitués à tenir une arme que soutenir le poids de leur corps blindé. L'étage était proche, pourtant, mais elle ne se sentait pas la force de se pousser jusqu'à là... Tendant la main pour s'accrocher à la paroi, ses doigts glissèrent ne trouvant pas de prise mais une tapisserie gluante. Elle se mordit la lèvre. Kathleen ne pourrait pas remonter toute seule, elle allait avoir besoin d'un coup de main... Et Oxymore savait que quelques-uns apprécieraient qu'elle ne remonte jamais...

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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Silvio Anthelmios le Mer 12 Jan - 18:51

    La première priorité de Silvio avait été le rocher auquel il avait accroché le grappin qui devait aider Kathleen à se hisser. Pleinement confiant envers cette dernière, il l'avait laissée se débrouiller, veillant juste à la tension de la corde, et observant avec attention la réaction du rocher, ainsi que les environs. Son arme alpha était toujours activée, bien que rangée dans son fourreau. Au bout d'un moment, tout de même, il réagit, s'étonnant tout d'abord du temps que Kathleen mettait à remonter. Il osa s'écarter de son caillou et se pencher à nouveau au-dessus de sa camarade brigadière.
    Elle semblait, comme qui dirait, à bout de forces. Il aurait été dommage d'avoir fait tout ce chemin et affronté les créatures pour la laisser tomber maintenant !

    "- Accroche-toi, je vais te hisser..."

    Mon brigadier attrapa la corde et tira de toutes ses forces pour hisser Kathleen. Petits problèmes cependant: sans vouloir te vexer, camarade, ton perso' pesait son poids, qui n'était pas tout à fait celui habituel des armes que Silvio savait soutenir. Et il y avait ce sol qui glissait lorsque Silvio tentait de l'utiliser pour l'aider... Il restait donc à piétiner, glisser, et se faire mal aux mains. Quand il en eut assez de ne pas réussir, il songea à une autre méthode...

    "- Bon, attends, j'y arrive pas... J'arrive."

    Il tenta de tirer un peu sur la corde, dans le sens de Kathleen, pour voir si elle soutiendrait son poids sans vaciller. Impeccable. Bien. Il s'y accrocha donc, et descendit près de sa collègue. Arrivé au-dessus d'elle, il se débrouilla pour descendre sans plus s'appuyer au mur, et en ne détachant ses mains de la corde que pour les passer sous les siennes.

    - Accroche-toi à moi…


    Car s’il ne pouvait la hisser là-haut à cause du sol glissant, il n’y avait aucun problème ici : la corde était bien rugueuse, et les mains de Silvio risquaient même de souffrir. Mais qu’importait ! Il attendit que Kathleen soit bien accrochée pour commencer à remonter, à la corde. Cela prenait du temps, il avançait bien lentement, la lèvre mordue par l’effort et la crainte que la corde casse, ou qu’une créature les accueille là-haut. Ses bras fatiguèrent bien vite, sous leurs poids cumulés. Il s’aidait des barreaux, bien sûr, autant qu’il pouvait, mais cela restait éprouvant.
    Ils arrivèrent tout de même à l’étage. Silvio resta un moment assis, ses bras mollement posés sur ses jambes, sans forces.

    - Pfiou, soupira-t-il, je n’en peux plus… Faudrait qu’on se dépêche de rentr…


    Là, des coups de feu résonnèrent dans le passage. Le sang de Silvio ne fit qu’un tour, le temps d’informer son cerveau qu’il fallait agir, et vite pour la survie ! Là-haut, le message fut capté. Silvio éteignit le mode alpha de sa chère épée, et bondit aux côtés de ce gros rocher où était toujours solidement attaché son grappin –décidement, il avait bien fait son truc !-. Là, il restait recroquevillé, comme certain d’être caché. Il dégaina son arme de poing, et jeta un regard alentour. Il ne voyait rien…

    - Qu’est-ce que c’était ?


    Demanda-t-il dans un murmure à Kathleen, avec l’espoir qu’elle n’ait rien entendu, que ce ne soit qu’une illusion. Ses bras n’étaient pas encore remis, il n’était pas sûr de pouvoir se battre tout de suite…


_________________
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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Kath le Mer 26 Jan - 20:24


    Le noir. Le vide. Ceux-ci semblaient pourtant moins effrayant depuis que la brigadière n'était plus seule. En effet, il n'y avait rien de pire que de se retrouver isolé, avec soi-même et des pensées pas forcément réjouissantes, face à l'adversité. Aussi Kathleen était-elle reconnaissante à Silvio d'être venue, là où l'autre brigadier l'avait abandonnée avec les créatures. Elle avait toujours estimé le Second même si son attitude laissait parfois à désirer, mais à présent elle aurait une vraie dette envers lui. Enfin... s'ils s'en sortaient indemnes.

    Cependant, il y avait un souci : Kathleen ne pouvait plus bouger. Ses épaules trop lourdes, ses bras trop faibles qu'ils en devenaient douloureux et perclus de courbatures l'empêchaient de remonter. De plus, elle commençait à fatiguer dangereusement même si une motivation désespérée lui donnait l'énergie manquante pour ne pas lâcher prise.

    « Silvio ?... » couina-t-elle.

    Elle avait perdu le Second des yeux pendant un instant. Heureusement, il était réapparu et commençait à descendre à l'aide de la corde pour lui venir en aide. A chaque mouvement un peu trop brusque, les entrailles de la brigadière se serraient brutalement, horrifiés à l'idée que la corde puisse ne pas soutenir leurs poids. Auquel-cas les créatures auraient deux casses-croûtes au lieu d'un. La brigadière attrapa les mains que son collègue lui tendait, les salissant par la même occasion puisque les barreaux étaient d'une propreté douteuse, et Oxymore les serra avec force ayant peur que la crasse gluante sur ses paumes la fasse glisser. Moment délicat. Il lui demandait de s'accrocher à lui. La brigadière passa précautionneusement ses bras autour du cou du Second et l'accrocha donc très, très fort, en collant sa tête contre lui. C'était le premier contact rapproché qu'elle entretenait avec Silvio. Elle se laissa porter. Elle pouvait presque sentir, à travers son armure légère, les efforts que ses muscles fournissaient pour les hisser là-haut. Lorsque le sol fut à sa portée, Kathleen relâcha la pression de ses bras et se laissa rouler sur la terre ferme, libérant le Second de son poids.

    Une migraine commençait à lui marteler le crâne. Allongée sur le dos, Kathleen semblait ne pas pouvoir se lever. Elle avait les membres pantelants, mous comme du coton et une sensation de vertige ne la quittait pas totalement. Elle inspira. La tension de ses membres se relâcha quelque peu. Assez pour permettre à Oxymore de se redresser sur ses coudes, le coeur au bord des lèvres.

    « M... merci... d'être venu...» bafouilla-t-elle d'une voix mourante.

    Vidée. Complètement vidée qu'elle était. Et s'il avait fallu qu'elle vomisse, elle se serait sentie encore plus creuse. Elle fermait précautionneusement ses lèvres, plus par envie de ne pas avoir un goût acide dans la bouche que par honte de le faire devant son supérieur dont elle sentait toujours la chaleur de son corps sur le sien. Silvio l'avait sauvée...

    Un * bip bip bip * strident suivi d'un coup de feu la secouèrent vivement. Cependant, Kathleen mit un temps fou à réagir. Elle d'habitude si prompte éprouvait le plus grand mal à faire bouger ses membres endoloris. Silvio était depuis belle lurette derrière son rocher lorsqu'elle le rejoignit en traînant le moins lentement possible. Elle avait détaché son sniper et le tenait maladroitement entre ses mains mal assurées. Elle se glissa à côté du brigadier, derrière le rocher, suivant l'avancée de deux points clignotant sur le radar du détecteur.

    « Encore de la visite, on dirait...» dit-elle en tapotant l'écran de son appareil.

    Oxymore se tourna doucement pour apercevoir l'ennemi. Ils étaient assez proches pour qu'elle les entende approcher. La sniper releva son fusil dans leur direction.

    « Je vais essayer d'en toucher un. »

    Mais ses mains tremblaient horriblement. Kathleen réussit tout juste à tirer mais la balle rata de très loin sa cible... Jurant contre la faiblesse de ses mains, la brigadière se recolla à son rocher. L'explosion de lumière bleue lui avait au moins servie à apercevoir le contour de ses adversaires. Deux damnés. Tout deux armés lourdement. Il semblait que nos deux brigadiers n'étaient pas au bout de leurs peines...

Kath
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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 30 Jan - 23:25

Ils n'étaient pas au bout de leurs peines.
A croire que Joshi avait décidé que ce jour-là était leur dernier, coûte que coûte. Dans ce cas, il aurait mieux fait de leur donner un arrêt cardiaque: simple, efficace, et on ne le sentait même pas. Pourquoi s'acharner à les faire souffrir ? Qu'avaient-ils fait de mal, bon sang ? Silvio avait une petite idée quant à ce qu'il avait pu faire, mais Kathleen... Elle n'avait rien fait ! Est-ce que Judikhael aurait été assez sadique pour demander à Joshi de le venger de cette vieille histoire de pot de fleurs ? Non, tout de même pas...
Mais pourquoi, pourquoi ? C'était la question qui martelait les tempes de Silvio lorsqu'il vit surgir du noir les damnés. La vie n'avait pas le droit de leur faire ça. Ils venaient de se battre comme des diables face à une situation plus que critique, tous deux étaient hors d'haleine, après être passés si près de la mort. Comme pour les narguer, au lieu de leur offrir une récompense, on leur offrait pire encore. "Tu as fini le boss du jeu ? Héhé, bonne nouvelle, c'était son sous-fifre, et maintenant que tu n'as plus de points de vie, voilà le boss". Super, merci. Toujours agréable.

Comment allaient-ils s'en sortir ? En temps normal, Silvio se serait précipité sur les monstres, pour les affronter, Kathleen l'aurait couvert, l'affaire aurait été close en deux temps trois mouvements. Ils avaient à peine eu le temps de récupérer, et se mettre debout, bouger, courir, était impensable. Restait une seul solution: attendre qu'ils viennent à eux pour leur asséner des coups d'épée... En attendant...
Il n'avait jamais vu Kathleen louper sa cible. Ou alors, pas aussi bien. Il ne lui fit pas remarquer, cependant: il n'en avait pas la force, et n'était pas sûr d'être le mieux placé pour parler. Enfin, il tenta tout de même quelques tirs vers les créatures. Manqué, manqué. Son second bras soutint l'autre pour qu'il retse levé: il continua à tirer. Il fallait continuer. Jusqu'au bout...
Uh....
Etait-ce une impression, ou le sol venait de tanguer ?
Silvio ferma les yeux un instant, tirant à l'aveuglette. Les créatures s'approchait. Il mit sa main sur la poignée de son épée, tira encore... Son instinct lui souffla alors quelque chose qu'il n'aurait jamais pensé dans une autre situation: protéger la fille. La fille ? Kathleen ? Elle était brigadière d'élite ! Etrange, soudainement, l'esprit de Silvio ne la voyait plus que comme "la fille".
Il s'accrocha au rocher et, les jambes un peu tremblantes, se releva. Debout, il se mit entre les créatures et Kathleen, et tant pis pour elle, elle tirerait comme elle pourrait ! Lui, il tira encore, puis finit par ranger son arme et, courageusement, dégainer son épée. Elle lui semblait lourde... Mais il fallait les empêcher de faire du mal à Kathleen. L'esprit embué de Silvio ne voyait plus que ce but, sans qu'il soit murmuré par des mots...

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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Kath le Mer 2 Fév - 17:18


    En se mordant si fort la lèvre, on aurait pu se demander si Kathleen voulait en faire gicler le sang. C'était soit ça, soit elle hurlerait sa rage et son désespoir dans tous les souterrains de Nosco. Ce tic la suivait partout lorsqu'elle sentait la situation lui déraper des mains. Cela pouvait être dans des situations bénignes comme rater un tir lors d'un entraînement ou lorsque sa langue dépassait sa pensée... Mais il la suivait aussi dans ces situations apparemment désespérées... Alors, sachant qu'elle semblait dans de beaux draps et qu'en plus elle venait de louper son tir, on pouvait qualifier cette situation de cruellement désespérée.
    Pas étonnant donc, qu'elle s'acharnait avec autant de vigueur à s'arracher un bout de chair. D'autant plus qu'elle avait entraînée le Second là-dedans. La mort d'Hettrick lui traînait dans la conscience et, depuis cette funeste expédition, elle ne cessait de se remettre en question. A présent c'était Silvio qui risquait d'y passer à cause d'elle... Non... Elle ne voulait pas. Sa mort aurait plus de répercussion que la sienne. Il était plus important pour la Guilde. Vraiment, elle ne méritait pas qu'on se sacrifie pour elle...

    * bip bip clac. *

    D'un coup sec elle venait d'éteindre le détecteur dont le bruit strident et répétitif commençait à l'agacer. Un seul bip de plus et elle l'aurait balancée dans les souterrains, comme sa ceinture et son casque, l'abandonnant aux créatures restées en bas tout en espérant que ces objets aient au moins utilement fracassé le crâne d'un de ces monstres. Et puis, pas besoin du détecteur pour leur rappeler constamment que les deux damnés approchaient.

    Oxymore passa sa langue sur ses lèvres, ramenant dans sa bouche un goût métallique, celui de son propre sang. Ce sang que les créatures rêvaient de boire. La brigadière se redressa lentement, appuyée sur son rocher, pour voir où en était l'avancée des humanoïdes. Ceux-ci poursuivaient inlassablement leur marche. Ils portaient tout deux une lourde épée, du même genre que celle de Silvio. Bien, au moins ils ne risquaient pas de se faire tirer dessus. Petite consolation puisqu'à la place, ils seraient donc au pire embrochés.

    Reprenant son sniper, Kathleen retenta un tir. A côté, Silvio vidait son chargeur sur les bestioles qui semblaient ne pas s'en préoccuper. Ses mains soutenaient encore mal le poids de l'arme, si bien qu'elle réussit de justesse à viser la créature. Cependant, celle-ci dévia le tir avec son épée et la balle explosa à quelques mètres d'eux. Son chargeur n'étant pas éternel, Kathleen attrapa des munitions qu'elle prenait, heureusement, toujours soin d'emmener avec elle, et commença à recharger son fusil avec l'ardeur une forcenée. Le bruit d'une épée qu'on dégaine lui fit redresser la tête quelques secondes des entrailles de son arme. Silvio avait une drôle de lueur dans l'oeil. Mais c'était peut-être un reflet d'onde alpha qui lui donnait cette impression.

    Entendant le râle des monstres tout proche, la sniper referma brutalement son chargeur rempli et fit volte-face. Ils étaient si près maintenant, à distance de lame, que la brigadière pouvait presque voir son reflet dans l'orbe blanc qui la fixait. Ni une, ni deux, Oxymore tira à bout portant. La forte explosion bleue l'aveugla si bien que, reculant, elle dut porter ses mains à ses yeux. A son côté, le bruit immonde d'une épée qui fend la chair se fit entendre distinctement. Quelle chair ? C'était ce que les entrailles métamorphosées en plomb de Kathleen, prise d'un doute horrible sur l'instant, hésitaient à savoir.

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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 6 Fév - 21:24

La créature tomba au sol, dans un gargouillement organique et un grognement. Elle gigotait encore, mais une sorte de liquide gluant et noir s'échappait de sa gorge grande ouverte.
C'est ce que l'on put voir dès que la lumière bleue cessa de les aveugler. L'autre créature reculait, une main sur son front, dans des cris d'effroi à vous glacer le sang. Ils réussirent d'ailleurs à donner à mon Silvio la chair de poule: tiens, ça se rafraichissait, ici.. Ou alors, c'était la sueur froide qui faisait son effet. La lame de Silvio touchait le sol, maintenu faiblement par les mains de mon brigadier, haletant encore, à la recherche d'oxygène, quelque part, d'énergie... Ses muscles criaient famine, il les sentait tirer, brûler, sous sa peau glacée. Etrange mélange, mais très désagréable. Retirer son manteau n'aurait pu être une solution à cause de ce maudit froid qui semblait pourtant venir de l'extérieur.
En tout cas, voir ainsi les créatures mises à mal avait dû le soulager, car il ne sentait plus cette espèce de pulsion qui avait éclairé ses yeux il y a quelques secondes à peine. Contenté par la vision du "sang", rassuré. Ils étaient désormais saufs. Ou presque. L'autre pouvait à tout moment reprendre consistance.
Ils ne pouvaient pas rester là à le regarder. D'autant plus qu'il était assez laid pour ne pas donner envie d'être regardé.

Silvio rengaina. Fuir. Il le fallait. Fuir vite et bien ! Aller en sécurité ! Il était inutile de s'occuper de cette créature. C'était le boulot de la brigade de nettoyage, pas le leur ! Et le but de Silvio était de ramener Kathleen entière et vivante dans les SSU. S'il avait pu, il l'aurait prise dans ses bras et l'aurait transportée comme un sac à patates. Mais elle n'était pas un sac à patates (ou alors, elle le cachait remarquablement bien) et il n'avait pas assez de forces pour la soulever. Il se retourna vers elle.

"- Ta main."

C'était presque un hoquet, quelque chose de lâché dans un souffle étranglé. N'attendant plus que sa camarade réagisse, il la saisit par le poignet (saisir est un grand mot. Disons qu'il passa ses bras autour du poignet de Kathleen, et pria pour qu'elle suive le mouvement). Il tira sa main vers lui, dans l'espoir que cela l'aide à se relever. Il ne lâcha pas le poignet de Kathleen. Sentir sous ses doigts celle pour qui il faisait tant d'efforts lui redonnait un peu de forces... Leurs jambes auraient pu déraper sous eux sans qu'ils puissent se relever, sans qu'ils puissent y faire quoi que ce soit. La volonté n'aurait plus suffit à les maintenir debout. Mais ce poignet dans sa main lui rappelait qu'il ne fallait pas tomber, et étrangement, les jambes de Silvio obéissaient. Elles lui restaient fidèles. Peut-être était-il moins fatigué qu'elle, au fond, ou peut-être que cette légère pose et la force du désespoir suffisaient à le porter.
Son corps lui semblait lourd, bien trop lourd. Il avait l'impression d'avancer trop lentement, en trainant Kathleen derrière lui. Il ne fallait surtout pas se retourner. Surtout pas. C'était un peu comme dans un...
Cauchemar ?
Pourvu que la fin ne soit pas la mort. Ici, pas de réveil possible...

Un bref instant, le coeur de Silvio manqua un bond. Ses jambes venaient de l'abandonner, de se dérober sous lui. Il s'était rattrapé de justesse, ses mains devant lui, sans prévoir qu'elles atterriraient dans cette espèce de flaque à la couleur étrange, un peu glauque, et ce avec un crac sonore pour son poignet gauche, le premier à recevoir le choc. Un cri de douleur échappa à mon brigadier. Dès qu'il put, il sortit sa main du liquide verdâtre, pour contempler le massacre. De visu, rien ne semblait cassé... Ou presque. Une longue éraflure barrait son beau poignet. yuck. Pourvu que les cochonneries des sous-sols ne se soient pas glissées dedans. Comment avait-il pu se faire ça...?
Mon brigadier ne se posa pas la question bien longtemps. Il crut entendre des pas. Ceux de la créature. En tombant, il avait laché la main de Kathleen... Il se voyait mal la reprendre, désormais. Déjà, il n'avait pu se relever que grâce à son instinct qui l'avait poussé au-delà des limites physiques habituellement fatidiques... Et bizarrement, une fois debout, il ne sentait plus la douleur de ses jambes. Seule celle, lancinante, dans son bras. Kathleen... Où était-elle ? devant... Il fallait fuir, vite...

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Re: Au-dessus du vide... [PV]

Message par Kath le Mer 9 Fév - 20:35

Fuir. Courir. Toujours plus vite. Toujours plus loin. Fuir. Il fallait fuir...

C'était ce que son esprit lui martelait sans cesse. Fuir. Oublier la douleur, cette douleur qui semblait se raviver à chaque battement de son coeur affolé, devenant de plus en plus insoutenable à chaque foulée. Il fallait en faire abstraction. Pour fuir. Ne pas regarder derrière soi, ne pas jeter un oeil sur ces charognes qui avaient peut-être survécues. Il fallait qu'elle accroche cette main, qu'elle ne la lâche pas. Cette main qui l'avait tirée hors du précipice la traînait à présent et, comme une fillette égarée, elle l'accrochait avec une énergie inconnue. Elle se laissait guider aveuglément, la tête vidée mais douloureuse. Ses jambes se contentaient de suivre le mouvement. Le pouls irrégulier qu'elle sentait palpiter sous ses doigts, à travers la peau, était l'unique son sur lequel elle jetait toute sa volonté. Elle se concentrait dessus, s'y raccrochait fermement, comme si c'était le fil qui la maintenait en vie.

Et certainement, il l'était. Si Silvio n'était pas venue la chercher, elle ne serait probablement plus là. Peut-être, épuisée, se serait-elle jetée de l'échelle en espérant qu'elle se brise la nuque, s'octroyant une mort rapide, ou bien aurait-elle eu le courage de remonter affronter les créatures, usant ses dernières forces. Mais, ces projets morbides ne s'étaient pas réalisés. Grâce à Silvio.

En y songeant, Kathleen regarda brièvement son camarade tout aussi épuisé qu'elle, à travers les mèches de cheveux libres qui lui fouettaient le visage. Elle courait, courait, dans ce tunnel paraissant s'étendre à l'infini, haletant l'air fétide des souterrains. Son armure, poids beaucoup trop lourd sur elle, semblait lui comprimer la cage thoracique. Soudain, dans l'atmosphère nauséabonde, au milieu des relents d'eau croupie, elle décela une autre odeur, plus sucrée. Des parfums fleurs. Elle ferma les yeux pour tenter de s'éclaircir les esprits. La fatigue lui faisait-il perdre la tête ? Pourtant... Elles étaient bien là.... des senteurs de coquelicots, de fleurs des champs lui parvenaient... Et puis il y avait ces bruits métalliques, frottements de son armure, qui la dérangeaient.. Ils ressemblaient à... des rires. Pas des rires grinçants à vous faire froid dans le dos mais des rires... des rires joyeux et éclatants.... Des rires d'enfants.

Kathleen, se croyant au bord d'un abîme de folie, ferma les yeux.

Elle courait au beau milieu d'un champ. L'air embaumait une senteur de blé fraîchement coupé. Elle courait parmi des épis encore debout, qui seraient fauchés le lendemain, écartant à chaque foulée les longue tiges de céréales pour ne pas qu'elles lui fouettent le visage, comme si elle nageait dans un océan doré. En effet, les rayons du soleil couchant coulaient sur le paysage comme des fleuves inépuisables d'or. La nature brillait tel un métal précieux dans le crépuscule qui approchait. A ses côtés, des enfants riaient, criaient joyeusement. Ils étaient cinq. Cinq enfants qui profitaient de l'air pur, aidant leurs parents à ramasser le fruit de la moisson. Les chenapans ne tenant pas en place, les adultes leur avaient laissé faire une courte pause. Les gamins s'étaient organisés un jeu dans le champ voisin. Ils devraient néanmoins se dépêcher et y retourner, s'ils voulaient être rentrés chez eux avant la tombée de la nuit, lorsque les étoiles envahiraient le ciel. La petite fille souriait tout en courant, se dégourdissant les jambes. C'est alors que, brusquement, un gamin surgit d'entre les épis et lui barra le passage.

« Juliana ! »

La fillette cria avant de faire demi-tour et de s'enfuir en riant. Vite, il fallait qu'elle échappe au loup ! Elle fonça dans la forêt dorée, courant comme un lièvre. Tentant de distancer son poursuivant, elle braqua vers la droite. Elle percuta quelqu'un qui venait dans la même direction. La fillette roula en dehors du champ avec l'autre enfant. Elle leva une tête de cheveux blonds décoiffés, piqués de-ci de là d'épis de blé.

« Przepraszam ! »
(Je suis désolé !)

Dit-elle avant de rire de plus belle. Le loup arriva juste derrière et s'arrêta, pour voir si tout allait bien. Les deux gamines se redressèrent, les vêtements constellés de végétaux. Mais heureusement, elles n'avaient rien de cassé. Elles rigolaient comme deux folles, et leurs éclats de rires attirèrent les deux derniers larrons restés dans le champ.

« On continue de jouer ? » Fut-il demandé.

Ils échangèrent des regards. Les deux fillettes arrêtèrent progressivement de glousser.

« Il se fait tard, il faut encore ramasser le reste de la moisson . »

C'était le plus âgé des cinq qui avait répondu. La chute avait mis fin à la pause. Les autres affichaient un air déçu. Ils auraient bien voulu continuer jusqu'à ce que le ciel soit noir, mais ils savaient qu'ils allaient se faire gronder s'ils tardaient de trop. L'un d'eux lança alors joyeusement :

« Au premier qui a rejoint les grands ! »

Ils poussèrent des cris de joie et s'élancèrent. Juliana était encore par terre. Sa comparse époussetait sa robe. Le garçon, qui n'avait pas bougé d'un poil, lui tendit la main pour l'aider à se relever. La fillette l'attrapa.


Ses doigts se refermèrent dans le vide. L'odeur infecte des souterrains la prit si violemment à la gorge qu'elle tomba à genoux. Silvio ? Disparu. Kathleen suffoquait à présent, sans savoir quel était le plus douloureux entre la fatigue qui la tiraillait et la migraine atroce qui lui écrasait les tempes. Elle aurait voulu appeler Silvio mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge. Elle se souvenait vaguement du bruit d'une chute, mais elle était dans un tel état second qu'elle n'était plus sûre de rien. Ses poumons voulaient respirer cet air pur et non un oxygène vicié. Et Silvio, Silvio... Où était-il ?... La brigadière le chercha du regard, à droite, à gauche, devant... Derrière. Derrière le Second allongé sur le sol il y avait une créature. Deux orbites blancs. Son sniper. Où était son sniper ?... Elle le sentait sur son dos mais ses bras ne voulaient pas bouger d'un millimètre. Kathleen tenta de se lever mais ses jambes tanguèrent horriblement. Ses pensées s'emmêlaient les unes dans les autres. Silvio... Comment allait-il ? Qui étaient ces enfants dans son hallucination ? Le Second s'était-il cassé quelque chose ? Quelle était cette langue qu'elle comprenait ? Et la créature... elle se rapprochait. Il fallait qu'elle prenne son fusil... vite... Pourquoi ses bras ne bougeaient pas ?.....

« Là ! Ce sont eux ! »

Un éclair bleu foudroya le damné. Des bruits de pas, confus, désordonnés, lointains, approchaient. Des brigadiers. La sniper vit la masse de chair qu'elle fixait avec des yeux hagards s'effondrer. Kathleen Velstiam n'en sut pas plus. Exténuée, elle venait, à son tour, de sombrer dans les ténèbres.

RP terminé

Kath
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