Alerte rouge

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Alerte rouge

Message par Tristan Darek le Dim 5 Déc - 20:26

Crédits : Heise

Mathys Nelsen
Second du commandor Tristan Darek, dit Traktueur

La journée de travail se terminait tranquillement et le second de la brigade informatique avait quitté les lieux depuis quelques minutes. Il discutait avec quelques collègues autour d'un bon café, pas vraiment désireux de rentrer tout de suite chez lui pour se retrouver face à sa solitude de vieux célibataire. Une fois passées les portes de son bureau, il n'était pourtant plus l'homme froid et efficace que Tristan avait nommé pour son rendement et ses capacités à faire tout ce que lui ne savait pas ou refusait de faire. Il n'était pas rare de le voir rire et lancer lui-même quelques blagues pour détendre l'atmosphère. A y réfléchir un peu, il était presque tout l'opposé de son supérieur : amical et enjoué, capable de prendre une décision dans la demie seconde quand il le fallait, pas un génie en informatique non plus.
Plus que désireux d'en finir avec cette journée qui finalement n'avait pas été des plus agréables, son regard s'assombrit et l'on put voir sa mauvaise humeur menaçante lorsqu'il s'aperçut que la personne qui l'appelait était l'un de ses brigadiers. Qu'est-ce qu'ils avaient encore fait qui nécessitait son aide ?! Evidemment Tristan avait quitté la brigade avant lui, fou de colère après que cette idiote de secrétaire ait eu la maladresse de verser tout son café sur son ordinateur et c'était maintenant à lui qu'on préférait s'adresser s'il y avait un problème. Mathys répondit à l'appel sur un ton qui se voulait sans pitié si par malheur cet appel n'était pas de la plus haute importance. N'avaient-ils toujours pas compris que lui, quand il avait quitté le boulot, il l'avait définitivement quitté et qu'il avait horreur qu'on le dérange pour l'y replonger ? Il passait bien assez de sa vie pour la guilde et même s'il était un homme très ambitieux, il n'avait pas la moindre envie de devenir le corps sans joie ni vie qu'était Tristan.

Quoi ?! Hurla-t-il soudainement quand on lui expliqua que non on n'avait pas réussi à joindre Traktueur, qu'il y avait eu une attaque à la bombe EMP dans l'Aedes et qu'on soupçonnait soit un traître soit la rébellion dans cette affaire là. J'arrive, lâcha-t-il avant de raccrocher presque aussi vite qu'il avait parlé.

Sans plus un mot, ne prenant pas même le temps de donner un semblant d'explication à ses collègues, il posa son café sur la table et se dirigea en courant vers les bureaux de la brigade informatique. Une fois rentré, il lança des ordres à tout le monde, réveillant les uns et faisant sortir les autres de leur travail. Ce n'était vraiment pas une bonne heure pour ce genre d'attaque, la majorité des brigadiers étant partis. Mathys Nelsen s'installa aussitôt devant son ordinateur et se connecta au serveur qui enregistrait tout ce que filmaient les caméras de l'Aedes et celles de l'extérieur. Une partie minime de l'Aedes avait été touchée mais c'était à l'étage des commandors et cela ne lui inspirait vraiment rien de bon, qu'il s'agisse d'une trahison ou de toute autre chose, mieux valait que ce soit un mauvais rêve. L'un de ses brigadiers sonna le verdict en disant que la bombe venait probablement de l'appartement de leur commandor et qu'il y avait très peu de chances que ses estimations soient fausses.
Mathys se mordit la lèvre. Bon sang, il ne pouvait pas s'agir d'un acte volontaire, Tristan même fou n'aurait jamais fait ça, même pour trahir la guilde. Il aurait d'ailleurs choisi un secteur bien plus crucial et puis... s'il avait voulu les trahir il l'aurait déjà fait depuis belle lurette, d'autant plus que dans tout ce qu'il avait réussi à tirer de lui, il avait à peu près compris qu'il jugeait la rébellion ridicule et qu'il n'était pas prêt à lâcher la technologie de pointe que lui fournissait la guilde pour vivre dans un bunker miteux.
Immédiatement après qu'on lui ait donné l'information, il avait affiché sur plusieurs écrans les différentes sorties de l'Aedes pour finalement voir... Tristan accompagné de trois rebelles. Enfin pas vraiment accompagné, on voyait bien que les trois femmes veillaient à ce qu'il ne s'échappe pas et que s'il les suivait c'était uniquement parce qu'il ne savait ni se battre ni courir bien longtemps. Il lui semblait même qu'on l'avait frappé. Plus d'une minute que tout cela s'était passé, ils avaient été trop lents et cela le mit en colère. C'était trop tard pour espérer récupérer Tristan. Ne réfléchissant pas plus il lança ses ordres.

Prévenez la brigade anti-terroriste, la brigade de nettoyage, tout ce que vous voulez, les rebelles ont enlevé Traktueur !

Un vent de panique se propagea au sein de ses hommes quand ils apprirent qu'on leur avait pris leur meilleur élément et Mathys d'une voix froide et surtout d'un calme absolu leur intima de faire leur travail et de se concentrer. Il rajouta aussi que tout irait bien sans espérer que cela les rassurerait davantage.
Le second s'installa devant l'ordinateur de Tristan dont on avait remplacé le clavier et ordonna à l'un de ses collègue de faire venir d'urgence leur brigade d'élite. En d'autres mots, il s'agissait des meilleurs informaticiens de la brigade qui à eux seuls faisaient sans doute plus de la moitié du travail et dont il faisait évidemment partie. Son collègue faisait partie de ceux-là et était le seul à être resté aujourd'hui – étant donné que Tristan avait cru bon d'installer une permanence entre eux – mais aussi le seul à connaître le nom de tous les autres puisque ce petit groupe n'avait absolument rien d'officiel et que personne ne comptait le rendre comme tel. Mathys déverrouilla l'ordinateur de son commandor aussi vite qu'il le put sans toutefois prendre le risque de faire une erreur irréparable – c'était fou ce que Tristan pouvait être parano quand il s'y mettait – et se lança dans le dédale du système informatique pour ouvrir le fichier qui contenait la procédure à appliquer en cas d'enlèvement ou de disparition de Darek. C'était lui qui l'avait obligé à en fixer une définitive, on n'était jamais trop prudent. Juste avant de l'ouvrir, il constata que le fichier avait été modifié récemment, à moins qu'il ne s'agisse que d'un leurre.
Il avait aussi demandé à ce qu'on appelle le commandor de la brigade anti-terroriste et l'un de ses brigadiers lui passa son téléphone, heureux d'avoir réussi à le joindre.

Wienfield ? Lança-t-il même s'il se fichait d'obtenir une confirmation. On a enlevé Tristan et il y a peu de chances de le récupérer, venez immédiatement dans mes bureaux, j'ai besoin de vous. Ah et si vous pouviez prévenir le haut conseil et l'impératrice, ça nous gagnerait du temps.

Sans attendre de réponse, il raccrocha et commença à lire la procédure. Bon sang, il aurait dû y jeter un oeil régulièrement. Darek, comme à son habitude, avait encore écrit un roman et même s'il aimait le fait qu'il y avait beaucoup d'informations, il faudrait tout de même lui apprendre à discerner ce qui était crucial et ce qui ne l'était pas.

Appelez Lewis ! S'exclama-t-il à moitié surpris.

Cette fois c'était sûr, son supérieur était cinglé.

Procédure en cas d'enlèvement ou de disparition de Tristan Darek dit Traktueur

[…]
Le second Mathys Nelsen sera nommé temporairement commandor de la brigade informatique et le deviendra définitivement si je suis dans l'incapacité de revenir, comprendre si je suis absent plus d'un mois ou si je suis mort, à moins que le conseil ne s'y oppose.
Il sera chargé de reprendre tout mon travail et de le mener à bien selon les priorités induites par ma disparition. La sous brigade que nous avions formés de manière non officielle sera chargée de l'aider du mieux qu'elle le pourra.
Il me semble que Camille Jäger soit tout à fait disposée à seconder Mathys Nelsen à moins que celui-ci n'ait d'autres préférences.
[…]

Mathys ? Shane ne répond pas...
Comment ça il ne répond pas ? Mais je m'en fiche, appelez le jusqu'à ce qu'il réponde et placardez des avis de recherche dans tout Nosco s'il le faut ! Je ne le veux ici et tout de suite ! Ah et quand il sera décidé à répondre, passez le moi !


[…]
En ce qui concerne le rôle de « Traktueur » que j'ai toujours occupé, je pense qu'il est nécessaire de le poursuivre afin que les rebelles ne croient pas qu'en m'éliminant ou en m'enlevant ils peuvent ainsi stopper la menace que j'ai toujours laissée planer sur eux.
Shane Mael Lewis sera chargé de reprendre ce rôle et de le jouer de la manière qu'il le veut pourvu que ce soit efficace. Il pourra se faire aider des personnes de son choix mais il sera le seul à être autorisé à utiliser mon nom. Mathys le guidera et comme je suis sûr de pouvoir lui faire confiance, il sera aussi chargé de contrôler ce qu'il fera, je ne tiens pas à ce que Traktueur soit détourné de sa fonction originelle.
Sachez que je suis conscient que si je suis entre les mains des rebelles, le rôle qu'ils m'avaient donné perdra sans doute toute crédibilité à leurs yeux et que cela est risqué pour moi mais cela reste mon problème et pas le vôtre.
[…]

J'ai réussi à le joindre Mathys.
Passe le moi !
Et sans attendre que celui-ci lui tende son portable, il lui arracha des mains. Shane, espèce d'imbécile, je ne sais pas ce que vous faites et je m'en fiche royalement mais si vous tenez encore à la vie, ramenez tout de suite vos fesses à la brigade avant que je n'envoie une équipe le faire pour vous. Un dernière chose, Darek a été enlevé alors on n'a pas besoin d'avoir des brigadiers en moins.

Le nouveau commandor passa le téléphone à son collègue sans omettre de marmonner tout ce qu'il pouvait avoir contre le brigadier Lewis.

[…]
Et pour finir, je vous fais gré de mes dernières volontés en cas d'enlèvement : sortez-moi de leurs griffes, je n'ai pas l'intention de passer ma vie avec ceux-là. Je ne suis sûrement pas pro-guilde, d'ailleurs je m'en fiche de votre dictature à la noix mais je n'ai pas la moindre envie de rester dans leur trou miteux avec leur matériel datant de la dernière guerre.
Je vous rassure, je ne parlerai pas, ce n'est pas comme si c'était la première fois que l'on me torturait.

Mathys laissa échapper un soupir en lisant les dernières lignes de la procédure. Tristan Darek ne changerait donc jamais, il avait beau vouloir expliquer gentiment les choses, il avait toujours ce don pour le faire comme il ne le fallait pas. Heureusement que le diplomate c'était lui et pas son supérieur, sinon il aurait sans doute était capable de déclencher une guerre rien que pour avoir choisi le mauvais mot. Bon c'était simple, il ne leur ferait pas lire la fin puisqu'il était en train de la réécrire, tout comme il avait supprimé tout ce qui ne paraissait pas crucial ou ce qui était trop évident mais que Tristan avait visiblement tenu à préciser quand même.
Il n'y avait plus qu'à attendre que Judikhael Wienfield arrive pour qu'ils puissent décider de la marche à suivre pour tenter de libérer Darek, peut-être faudrait-il passer devant le conseil, ce qu'il n'espérait pas vu qu'il valait mieux prendre une décision rapide et faire tout pour qu'il ne reste pas trop longtemps entre les mains des rebelles. Lewis aussi avait intérêt à se dépêcher, il ne tenait pas à ce que les ordres trainent de trop. Nelsen n'était absolument pas d'accord avec la décision qu'il avait prise, d'accord Lewis était un bon élément mais c'était trop tôt, ils n'avaient même pas bien avancé dans leur évaluation et il n'était pas sûr de pouvoir lui faire vraiment confiance, sûr qu'il l'aurait constamment à l'œil l'animal. Il était certain que Darek en profitait pour l'évaluer là-dessus mais c'était tellement risqué... Et puis soyons réaliste, qui pouvait être capable d'imiter sa personnalité à la perfection tout en ayant son niveau en informatique et en utilisant les mêmes procédés que lui dont certains étaient mêmes ignorés par ses brigadiers les plus proches ?!

L'homme était d'assez mauvaise humeur, légèrement en colère mais comme il était extrêmement concentré et qu'il cherchait une solution, une stratégie en attendant que les deux autres, décidément bien lents les mauvais jours, n'arrivent, il n'était pas sur le point de hurler sur tous ceux qui viendraient le déranger.
Il venait d'envoyer des informaticiens réparer le maximum dans l'Aedes et il avait eu la confirmation qu'une équipe de brigadiers surveillait la cour et les bâtiments pour éviter tout autre attaque. On avait aussi viré Virulino de leur système de sécurité et une bonne partie des informaticiens présents travaillaient à détecter et à corriger les failles. Pas mal d'informaticiens avaient complété les rangs d'ailleurs et la période de grosse panique et d'urgence avait fini par passer, le calme était revenu. Il n'y avait plus grand-chose d'urgent à faire maintenant.

Les deux hommes que le commandor attendaient avec impatience passèrent enfin la porte et il se leva de sa chaise, leur intimant d'un geste de le rejoindre et surtout de se dépêcher. Il n'y avait pas besoin d'être devin pour voir sur son visage son air agacé et la colère qui grondait en lui. Ses yeux lançaient des éclairs.

Vous voilà enfin, ce n'est pas trop tôt. Commença-t-il d'un ton sec. Lewis, lisez la partie de la procédure qui vous concerne, je l'ai mis en couleur pour vous. Puis mettez vous au travail, faites... je ne sais pas... n'importe quoi, quelque chose qui me fasse passer l'envie de vous découper en petits morceaux et d'envoyer vos restes en guise de repas aux rebelles quand on ira récupérer Darek.
Commandor, j'aimerais que nous puissions réfléchir sur la manière de libérer Darek. Si nous pouvions trouver une stratégie efficace et rapide, je pense que ça arrangerait tout le monde, surtout Tristan, parce que s'ils le laissent seuls dans une cellule avec rien à faire, je n'ose même pas imaginer dans quel état on va le retrouver...


Son regard froid se posa sur les deux hommes et à ce moment-là il comprit pourquoi Traktueur s'énervait si vite face aux personnes auxquelles il s'adressait : quand on était à rythme trop rapide, c'était fou ce que les autres pouvaient paraître lents. Heureusement il reprenait peu à peu son rythme normal de réflexion et son impatience se faisait beaucoup moins forte.
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Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
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9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
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Re: Alerte rouge

Message par Shane M. Lewis le Jeu 9 Déc - 18:17

    Shane avait quitté son travail assez tôt ce soir là. Peut-être parce qu’il n’avait plus vraiment grand-chose à faire, il était rentré chez lui. Et là, la joue posée sur sa main gantée depuis quelques jours, ses yeux clairs se plongeaient dans l’écran de l’ordinateur. Ca faisait bien deux bonnes semaines que Tristan lui avait donné ce défi et à vrai dire, Shane avait assez bien commencé, il touchait même presque au but. Il avait longuement appris la manière de penser de Tristan, sa manière de travailler aussi, ses choix, en matière d’informatique, qui n’étaient que ceux-ci et non d’autres. Il avait l’impression d’apprendre beaucoup plus de choses de jour en jour. C’était excitant. Trop peut-être. J’en expliquerai la raison plus tard.

    Il devait dormir chez Silvio ce soir, un peu plus tard dans la journée, lorsque la nuit serait suffisamment tombée, plongeant l’Aedes dans l’ombre et l’obscurité. Il était donc assis en tailleur sur son lit, l’ordinateur de Tristan et son défi devant lui. Il était assez plongé dans son travail depuis quelques jours, il n’avait jamais tant usé de chatbox et de boite mail pour joindre Enzo, Romain et Jeremy qui étaient de la partie en ce qui concernait ce fameux ordinateur. Et puis du bruit chez lui. Qui pouvait bien être là ? Shane ne fermait que très rarement son appartement, peut-être était-ce un tord. Il se leva donc du lit, après avoir fermé contentieusement l’écran de l’ordinateur. Il s’approcha de la porte rapidement mais celle-ci s’était déjà ouverte plus rapidement que lui. Shane sourit en voyant l’homme qui était là. Il s’était arrêté dans son trajet jusqu’à la porte. Silvio avait du rentrer si rapidement dans son appartement puis dans sa chambre, qu’il aurait vraiment fallu être concentré sur la caméra de l’appartement de Shane pour l’avoir vu passer. Et Silvio avait refermé la porte derrière lui. Shane aurait pu continuer sur son chemin, marcher jusqu’à la porte et donc jusque Silvio, mais il avait gardé cette habituelle envie de vouloir ce faire désirer. Il s’était mordu la lèvre inférieure avant de tourner les talons, faisant mine d’aller rejoindre l’endroit où il était avant la venue de Silvio, mais c’était sans compter sur son cœur qu’il sentit se déchirer dans ce geste feint. Il tourna à nouveau les talons et alla finalement se blottir dans le bras du second. Il était si bien là. Comment se faisait-il que Silvio était déjà là ? Mais au fond, c’était Shane qui devait venir chez lui ce soir ? Qu’importe. L’important, c’était qu’il soit là, Shane n’allait pas s’en plaindre loin de là ! Il déposa quelques baisers sur ses lèvres rapidement et puis se déventousa de lui (mdr). Il alla sur son lit et prit l’ordinateur sur lequel il travaillait un peu plus tôt, le rangea dans la housse il finirait plus tard.

    En fait, il avait déjà fait une grande partie du travail avec sa petite équipe d’informaticiens. Ils avaient fini par trouver les six mots de passe qui donnaient accès à l’ordinateur, ils avaient stoppé in extremis la destruction du disque dur en anéantissant le système d’auto défense et, en passant en root, ils étaient à présent confrontés à des centaines de centaines de documents. En bref, ils n’étaient pas encore sortis de l’auberge. Shane avait poussé un long soupir en voyant la chose, soupir à l’unisson avec Enzo d’ailleurs. Mais pour en arriver à ce point là, les quatre compères en avaient passé des heures et des heures là-dessus. Il avait souvent été aussi insomniaque que Romain ces derniers temps. Ils lui arrivaient parfois, après s’être couché avec Silvio, de s’asseoir et de prendre son ordinateur, de parler par chatbox avec Romain pour espérer enfin trouver la clé de tout ça, la solution, toutes les solutions. Ce n’était pas aisé mais ils faisaient en sorte de ne pas abandonner aussi facilement. Pour Shane, c’était devenu un véritable enjeu, une véritable torture aussi, mais plus il était confronté aux pièges de Tristan, plus il était difficile de trouver la solution, et plus Shane en redemandait. Il était fébrile ces derniers temps, rien avait le don de l’énerver, surtout lorsqu’il était concentré sur ce défi. Et Silvio avait du subir le fait de dormir avec un homme accroché à son ordinateur. Il avait même réussi une fois à l’obliger de sortir de là, en allant s’amuser avec Nyx et Sya. Des perles. Mais sitôt l’action passée, Shane s’était remis au travail avec acharnement.

    Il avait également été confronté à une grosse, très grosse frayeur. Une nuit qu’il travaillait avec Enzo en pleine nuit, il avait alors trouvé le sixième mot de passe. Et en l’entrant et en le validant, il avait déclenché le processus d’autodéfense. Cette nuit là, Shane s’était sortit du lit dans lequel il était et avait couru, en pleine nuit, jusqu’au hall de l’Aedes, lieu du rendez-vous avec ses trois compères tout juste réveillé par Shane, en caleçon. Ils avaient presque failli passer à côté de leur chance cette nuit là, mais, avec un bon travail en équipe, ils avaient réussi à y parvenir finalement. C’est alors que Shane s’était rendu compte de sa propre tenue et de celle des trois autres. L’un d’entre eux était dans un très glamour peignoir, Romain était en pyjama et n’avait pas trouvé d’autre paire de chaussure qu’une paire de… Tongue. En hiver. Shane lui, était en boxer, une couverture sur le dos et pieds nus quant à Enzo… Et bien… Il était complètement nu.

    « Serais-tu toujours à poil lorsque tu cherches
    A résoudre avec moi les codes de Tristan ?
    J’avoue trouver l’habillement déconcertant…
    Je sais que tes fesses ont la douceur d’une pêche ! »


    Et Enzo lui avait tiré la langue. Tss ! Shane avait fait la découverte qu’Enzo avait la peau des fesses douces lorsque, ‘par erreur’, quelques années plus tôt, il avait retrouvé sa main sur le fessier de celui-ci. Enzo se sauva et tous allèrent se recoucher. Shane avait décidé de fermer l’ordinateur et de s’endormir enfin. Après un bon nombre de nuits blanches. Mais, jusqu’à aujourd’hui, les quatre informaticiens étaient confrontés à un problème d’envergure : Tristan voulait un document, alors comment savoir lequel était-ce parmi le millier qui se trouvait dans le disque dur ? Il devait forcément avoir une solution à poser à tout ça. Tristan était un homme très intelligent, il devait avoir mis la solution de manière cachée dans tout cet amas de documents. Il suffisait parfois d’une ligne, une phrase pour que la solution apparaître. Mais il savait que pour la trouver, il lui faudrait encore du temps. Mais il touchait au but.

    Avec le temps, Shane avait appris à penser à ce que pensait Tristan. Ca a l’air un peu complexe comme ça, mais c’est en fait relativement simple. Lorsqu’on sait que tout homme laisse dans les objets qu’il fabrique une marque, un peu de lui qu’il marque du sceau de son intériorité. Shane savait que pour Tristan, c’était la même chose. Les choix qu’il faisait en informatique pour tel ou tel code, telle ou telle méthode n’était que le reflet de ses préférences, une part de lui-même qu’il mettait dans ce qu’il faisait. Et l’informaticien commençait à trouver tout cela, morceau par morceau, il mettait à jour un nouveau trait de pensées de Tristan. Il finissait par être capable de penser à ce que Tristan aurait pu penser dans telle ou telle situation. Je ne dis pas que Shane parvenait à déchiffrer la personnalité complexe de Tristan, un homme dont il ignorait somme toute, presque toute la vie. Darek était son supérieur, s’infiltré dans sa vie n’aurait pas été de bon goût. Mais il commençait à connaître informatiquement Tristan. Par là, je veux dire que Shane n’avait aucune idée sur la manière dont Tristan préférait son café, ni s’il aimait la viande saignante ou bien cuite, mais il savait que dans une situation donnée, il utilisait telle clé, tel logiciel, telle méthode informatique. C’était devenu un jeu amusant, quoiqu’un peu masochiste, mais, il n’était plus à ça prêt le Shane.

    Bref, Shane venait de ranger son ordinateur et alla s’asseoir sur le lit, prenant sur lui Silvio. Il l’aimait tellement. Il se sentait mieux depuis quelques jours qu’il dormait et il avait fini par ne plus trop penser à ce souvenir. Il l’avait mis de côté, certes, mais il n’avait pas ôté ses gants. Il n’avait pas non plus osé en parler à Silvio. Il savait que retrouver son passé était illégal, en parler serait être suicidaire. Il n’avait donc rien dit, et puis, il se sentait si bien avec lui, qu’il n’eut pas le courage de se défaire de son amant pour lire le message qui venait de faire sonner son téléphone portable. Ca attendrait… Ce n’était pas comme si on venait d’enlever Tristan ! Shane était loin de se douter que c’était à peu près ça. Il avait continué d’embrasser tendrement son Silvio. Et puis, le téléphone s’était mis cette fois à sonner quelques minutes plus tard, mais encore une fois, Shane n’était vraiment pas décidé à laisser ses lèvres se refroidir par l’absence du contact avec Silvio. Non, non, non. Mais le téléphone sonna encore et encore. Shane, exaspéré, se décida tout de même à saisir son téléphone. Détrompez vous, ce n’était pas pour répondre enfin, mais c’était avec l’envie de l’ETEINDRE pour que la sonnerie ne l’importune plus ! Mais là, son regard eut le malheur (ou plutôt le bonheur sauveur de la décapitation probable) de voir qui était le correspondant. Le QG. Il regarda Silvio avec désespoir et décrocha. Là, on lui annonça de rester en ligne. Non mais on se moquait de lui là ! Il avait l’extrême générosité de décrocher, mais en plus on le faisait attendre ! C’est qu’il avait un Silvio à câliner lui !

    Enfin, il eut son interlocuteur qu’il reconnut au son mélodique de sa voix s’égosillant au téléphone comme étant Mathys, le second de Tristan. Nan mais quoi ? Lui ? Imbécile ? Nan il ne vivait pas greffé à son téléphone portable ! Il avait une vie privée tout de même ! Il s’apprêtait à répliquer quelque chose de semblable, mais la dernière phrase de Mathys avant de lui raccrocher au nez le laissa… Incrédule. La chose qu’il avait cru improbable de se passer, se passait. Et lui, il allait passer un sale quart d’heure. Il eut le temps d’embrasser Silvio, enfiler ses chaussures et filler en trombe en disant à son amant qu’il ne rentrerait que ce soir, parce que les rebelles avaient enlevé Tristan. Après, libre à Silvio de rejoindre sa section pour faire le nécessaire, Shane remonterait certainement vers les 3h du matin et se glisserait dans les draps de Silvio pour s’endormir sur le coup. Il avait couru et arriva finalement assez vite au Quartier Général de la Brigade Informatique. Après un dérapage contrôlé sur le sol, il se mit à ralentir au niveau du bureau de Mathys. Ou plutôt de Mathys assis au bureau de Tristan.

    « Tristan ? Ils ont enlevé Tristan ? J’y crois pas…»

    Demanda-t-il incrédule et un peu essoufflé. En fait non, il ne parvenait pas à réaliser que Tristan avait réellement été enlevé. C’était tellement invraisemblable. Il s’attendais à ce que Mathys lui dire ‘bien joué, 3min27’ [HJ : le 327 frappe encore] simplement pour savoir combien de temps il mettrai pour venir. C’était du genre à Mathys de faire ce genre de blague. Mais, il n’en était rien, le second lui demanda de lire la partie de la procédure qui le concernait. Il cligna des yeux à cette lecture, il la relut une seconde fois, incrédule. Il était à la fois fier et désespéré. Tristan avait pensé à lui, c’était bien son nom, lui, Shane Mael Lewis, qui venait d’être nommé Traktueur par intérim. Traktueur était l’ennemi des rebelles, juste ça, il était l’incarnation de ce qui empêchait Virulino et ses copains de faire la loi à Nosco, via les réseaux de la ville. Il regarda Mathys. Faire… Ce qu’il voulait ? Il ne savait que trop ce qu’on attendait de lui, en fait. Il était un peu hors du champ. Mais il comprenait bien une chose à présent. Le test qu’il avait eu de la part de Tristan lui avait permis de décortiquer les techniques de Tristan. Il savait qu’il saurait l’imiter. Il ferait de son mieux du moins. Il trouvait la décision de Tristan assez risquée, mais il en était tellement fier qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour prouver qu’il pouvait être à la hauteur de la tâche dont on l’incombait.

    « Enzo, Romain, Jeremy. Aidez-moi un peu.
    Il faut vérifier l’activation des pare-feu
    Il ne manquerait plus qu’ils nous fassent ce coup là ! »


    Les trois hommes se ramenèrent et s’installèrent près de lui, pas très loin. Ces trois hommes avaient été mis sous la responsabilité de Shane quelques temps plus tôt. Il lui avait semblé normal de choisir ces trois là. De plus, ils avaient participé au test en cours donné par Tristan, eux aussi avaient donc du s’imprégner des techniques informatiques de Tristan. Il savait qu’il pourrait compter sur eux. Il fallait à présent vérifier que Virulino et ses amis rebelles ne profitaient pas déjà de l’absence de Traktueur pour s’infiltrer dans le système informatique de la Guilde et mettre tout sans dessus dessous. Et d’une autre oreille, il écoutait ce qui se passait avec Mathys, car le commandor Wienfield venait d’arriver.

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Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Alerte rouge

Message par Judikhael Wienfield le Jeu 23 Déc - 12:33

Dure journée que celle-ci, où il avait partagé son temps entre le Haut Conseil qui avait eu une brève réunion il y a quelques heures, et la Brigade, qui réclamait sans cesse sa présence ces temps-ci. Une petite panne suspecte par ci, une possible intrusion par là, une conversation douteuse par ici encore... Beaucoup de dossiers aussi à compléter, et sa visite médicale qu'il avait, encore, repoussée. Il entendait déjà d'ici les récriminations d'Anna à ce sujet. Mais non il n'avait pas le courage d'aller voir au sapientia s'il pouvait avoir un autre rendez-vous. Pas à cette heure-ci qui ma foi était déjà bien trop avancé pour des honnêtes gens. Il était exténué et n'avait qu'une envie : se coucher. Repos. Une nuit de repos. C'était tout ce qu'il réclamait pour l'heure.

Il était en train de se délasser sous le jet de douche, quand un appel sur son portable le sortit de sa torpeur. Hésitant un instant, il se décida toutefois à répondre, arrêtant le jet d'eau, et mettant simplement l'intercom à son oreille pour avoir les mains libres dans le même temps.

Wienfield ?

Nelsen, reconnut-il rapidement. Hum. Le ton urgent de la voix et le fait même que ce soit le second du commandor de la section informatique qui l'appelle, et non le commandor lui-même, ne présageait rien de bon. Et la suite ne fit que lui confirmer ses doutes. Tristan Darek enlevé. Ni plus ni moins. Voilà qui était fâcheux. Fort fâcheux même... Adieu sa soirée et nuit de repos, songea-t-il, dépité et rageur contre les rebelles qui venaient de leur porter un énième coup décisif. Encore un, songea-t-il. Ces derniers temps les rebelles gagnaient du terrain, grignotaient victoire après victoire des terrains stratégiques. d'abord un un commandor, lui-même, puis un bunker, puis un autre commandor, cent fois plus important que lui puisque informaticien hors paire... Non, vraiment, il haïssait les rebelles à cet instant. Et maudissait son incompétence.

Car oui, à cet instant, il se sentait impuissant, incompétent, comme rarement il ne se l'était montré. Trois coups de cette ampleur en si peu de temps... Peut-être devait-il songer à donner sa démission du poste de commandor de la section anti-terroriste après tout. Et peut-être même du Haut Conseil. Incompétent et à moitié fou ne faisait pas bon ménage, s'était-il déjà dit assez souvent...

- Je m'en occupe et j'arrive, se contenta-t-il de répondre d'un ton laconique.

Oui, il s'en chargerait. Il se sentait peut-être incompétent et incapable de cette charge depuis quelques temps, il n'en restait pas moins encore le commandor de la section anti-terroriste, et assurerait cette charge aussi longtemps qu'il l'aurait, quoique cela lu coûta. Bine que cela semblait coûter plutôt à la Guilde ces temps-ci, pour être honnête.

S'habillant hâtivement, prenant tout juste le temps de se sécher, il enfila aussi rapidement qu'il le pouvait un uniforme propre de commandor, tout en contactant les autres Hauts Conseillers et l'Impératrice en personne. Après un rapide résumé de la situation, et des premières mesures qu'il envisageaient de prendre, et après leur avoir assurer les tenir informer à chaque avancée, il sortit enfin de ses propres appartements, sautant sur son velojet qui l'attendait dans les souterrains même du capitol. Il arrivait tout juste à la porte des bureaux de la brigade, qu'il y rencontra le jeune informaticien Lewis, tous deux rentrant alors de concert dans les souterrains sécurisés qui faisaient leur lieu de regroupement.

Si Judikhael n'apprécia guère le ton employé par le jeune homme, second de commandor, qui lui faisait face, il préféra ostensiblement l'ignorer. Un simple regard des plus sombres devraient suffire à lui faire entendre son mécontentement dans un premier temps. Il n'était nul temps de se bagarrer en querelles inutiles concernant un hypothétique manque de respect. Chaque chose en son temps. Même si Nelsen n'avait pas intérêt à recommencer de sitôt.

Trouver une stratégie efficace et rapide ? Avec les rebelles ? Qu'ils traquaient depuis près de 80 ans dans les souterrains sans parvenir à localiser leur bunker ? Il en avait de bonnes ce gamin... Il n'avait guère le choix que d'attendre la demande de rançon, de transactionner et de tenter alors de le libérer à ce moment-là. Et si possible sans avoir à livrer ladite rançon. Mais, il ne savait pourquoi, il savait que cette fois les rebelles seraient plus méfiants. Après le coup qu'il leur avait fait lors de sa propre libération... Tout à ses réflexions, Judikhael mit un certain temps à répondre, tentant de peser toutes les options qu'il avait dans la balance. Mais... mis à part attendre cette satané demande de rançon... continuer sa traque et la redoubler dans les souterrains... Il ne voyait pas vraiment ce qu'ils pouvaient faire de plus, pour tout dire.

Impuissance. Incompétence, lui soufflait alors traitreusement sa maudite conscience.

- Nous ferons ce qui doit être fait. Mais Darek ou pas, ne nous avouons pas vaincu de suite, fit-il d'une voix sombre qui interdisait toute contradiction.

Il ne fallait pas que les informaticiens se croient totalement démunis sans la présence de leur commandor. Ils n'étaient peut-être pas de la trempe de Darek, mais ils n'étaient certes pas totalement incompétent sinon plus, sinon ils ne seraient pas là. Et il était venu le temps où l'équipe de Darek devait se montrer digne de l'enseignement de son commandor.

- Darek est certes indispensable mais pas irremplaçable. Alors faîtes votre travail, assurez la sécurité des points les plus sensibles en priorité. Le plus à craindre serait un détournement des ondes alpha dans un premier temps, les rebelles en sont très friands, ne put-il s'empêcher d'ironiser d'un ton mordant. Le réseau oméga et béta. La capitol en priorité et nos souterrains.

Par "nos" souterrains, il entendait bien entendu les bureaux tels que ceux de la brigade, mais aussi les laboratoires et autres sections "sensibles"... qui seraient certainement des cibles prioritaires.

- Il nous faut aussi retracer les circonstances et l'heure de son enlèvement. Avez-vous déjà pu en savoir plus à ce sujet ?

Bon, oui, d'accord, peut-être prenait-il un peu trop rapidement les directives à la place du second de la section informatique, qui, ma foi, devait être fort capable de savoir que faire. Et qui avait dû recevoir aussi des consignes. Mais son instinct de commandement revenait à la charge dans de telles situations...

- La section anti-terroriste va avoir besoin de toutes ces informations rapidement.

_________________


La vérité, comme la lumière, aveugle.
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Re: Alerte rouge

Message par Tristan Darek le Jeu 30 Déc - 2:12

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Mathys Nelsen
Second du commandor Tristan Darek, dit Traktueur

Si le nouveau commandor eut la décence de retenir le soupir qu'il mourrait d'envie de laisser échapper, il ne se priva pas de lever les yeux au ciel à la réponse de son brigadier. Bon sang, ce que ce type pouvait être exaspérant quand il s'y mettait ! Et Darek n'avait évidemment rien trouvé de mieux que de flatter son égo... Ah celle-là avait du mal à passer et il avait bien l'intention d'avoir une petite discussion avec lui une fois qu'ils l'auraient retrouvé et qu'il serait en état de faire quelque chose de sensé. Nelsen était aussi inquiet des chances de récupérer son génie que de celles de le retrouver avec une santé mentale encore assez bonne pour espérer qu'il travaille encore un peu et qu'on ne l'envoie pas directement chez les fous. Cette peur n'était pas récente, il y avait des jours où il aurait été capable de le cacher chez lui – quitte à ce que sa réputation soit mise en jeu – pour que les médecins ne lui tombent pas dessus et décident finalement qu'il était trop mal pour qu'on ne le mette pas sous un traitement lourd, beaucoup plus lourd. A vrai dire il n'avait rien contre ces gens en blouse blanche et contrairement à son supérieur n'en avait pas la moindre peur mais il avait compris depuis bien longtemps qu'ils ne pourraient jamais aider Darek alors autant le laisser en paix, il n'avait pas besoin de devenir plus fou qu'il ne l'était déjà.
Mais la nouvelle avait été trop soudaine, trop surprenante et il avait fallu réagir dans l'urgence. Si Nelsen savait prendre une décision importante rapidement quand il le fallait et qu'en matière d'informatique il avait depuis longtemps eu l'habitude de le faire, les choses cette fois-ci l'avaient sérieusement secouées et il aurait bien aimé pouvoir s'isoler, se vider un peu la tête, pouvoir réfléchir en paix, dans le silence de son appartement. Une longue enquête allait maintenant commencer pour retrouver quelle faille les rebelles avaient bien pu exploiter, la corriger et punir sévèrement celui qui avait eu la mauvaise, très mauvaise idée de faire une bourde pareille. C'était un coup à se lancer dans la chasse aux sorcières et il allait encore falloir resserrer les rangs... heureusement que Darek était un parano fini et qu'il avait l'habitude depuis le temps sinon le travail aurait été titanesque.

Nelsen avait totalement dédaigné le brigadier Lewis – il réglerait son compte plus tard – et avait concentré toute son attention sur Wienfield qui avait visiblement eu envie de prendre les directives. C'était un ancien, un homme qu'il respectait pour son intelligence et son expérience ; il était heureux qu'il soit là et qu'il n'ait pas à se charger de tout ça seul. A vrai dire il n'avait pas une grande expérience du terrain, ayant tout misé sur l'informatique, la stratégie et la diplomatie pour réussir sa carrière. L'avis de Wienfield était donc une bonne chose même s'il avait l'air de le prendre pour un imbécile en lui dictant le travail qu'il avait à faire. Comme s'il ne savait pas quels étaient les secteurs les plus importants à sécuriser... il avait travaillé avec Darek là-dessus une bonne centaine de fois et il ne comptait plus le nombre de fois où celui-ci avait décidé de changer en profondeur toute la sécurité du système parce qu'avec tel ou tel paramètre qui était « révolutionnaire  selon lui, toute la technique était à revoir. Nelsen avait même osé lui insuffler l'idée de faire la sécurité dans un langage ignoré des rebelles, autrement dit celui que Darek voyait sur l'enceinte – car il était convaincu qu'il s'agissait bien d'un langage avec ce que son supérieur lui avait bien voulu lui dévoiler – mais l'homme s'était tu, gardant jalousement son secret au fond de son cœur de glace.
Sans un mot, il s'était contenté de hocher la tête régulièrement mais sans le regarder, il travaillait à nouveau sur son ordinateur, désireux de regarder certaines choses lui-même et de faire une partie des choses les plus urgentes à faire, deux bras de plus ne feraient jamais de mal.

Je suis le nouveau commandor maintenant, dit-il d'un ton neutre. Il ne devrait pas y avoir de problème pour la sécurité, une partie de mes meilleurs éléments planchent là-dessus et l'on va rapidement modifier tous les mots de passe et quelques autres petites choses juste au cas où. Mais ça m'étonnerait que Darek parle.

Il n'en dit pas plus, Wienfield n'avait pas forcément besoin de connaître les raisons qui le poussaient à affirmer cela. On ignorait souvent que Darek était un homme déterminé, bon d'accord il était en pleine dépression et si sa vie était bonne à jeter à la poubelle c'était sans doute en partie sa faute mais Nelsen pensait que c'était parce que la vie n'avait pas d'importance aux yeux de cet homme si étranger à leur monde. En revanche, il avait montré sa détermination un nombre incalculable de fois en matière d'informatique, notamment dans la traque, le combat et l'arrestation d'informaticiens rebelles. Il connaissait assez son commandor pour savoir que cette détermination ressortirait quand on tenterait de le faire parler, il savait aussi qu'il n'avait pas la moindre intention de les trahir et qu'il ne le ferait pas sans bonne raison or il n'avait aucune raison d'aider les rebelles. Nelsen ignorait à quel point il avait raison.

Je sais très bien que nous pouvons nous passer de Darek, la seule chose qu'il a fait contre les rebelles depuis l'arrestation d'Aiden c'est protéger son propre système. Pourquoi croyez-vous que Virulino est encore installé confortablement dans son bunker ? Il ne l'a jamais combattu en dehors de ça, d'autres l'ont fait sous ses ordres. Il faut croire qu'il aime prendre son temps, ajouta-t-il non sans une pointe d'ironie.

C'était le genre de petite vérité qu'on gardait pour soi en général mais Nelsen s'en fichait bien pour le moment tout comme il ne se préoccupait pas de savoir si le commandor allait le croire ou non. Comme d'habitude la surface des choses était bien lisse et ce qui était présenté au haut conseil et à l'impératrice ne ne l'était fait que sous le pseudo de Traktueur mais ils avaient toujours omis de préciser si ce nom n'avait jamais regroupé que Tristan Darek ou s'il l'avait régulièrement cédé à une autre personne voire même un groupe restreint. N'était-ce pas d'ailleurs ce qu'il venait de faire alors que l'on venait tout juste de l'enlever ? Le travail de la brigade était-il plus trouble qu'il ne le paraissait ou Nelsen mentait-il par pur intérêt, qu'il soit personnel ou pour cacher quelque obscur secret ? Ça n'aurait pas été non plus la première fois et ce ne serait pas lui qui irait avouer la vérité au lecteur, aussi curieux soit-il.
Le commandor s'était tu un instant, le temps de se concentrer sur ce qu'il faisait, visiblement plus important que ce que son collègue lui demandait puis il finit par se tourner vers lui au bout de plusieurs longues minutes.

Franchement je pense qu'il est inutile de chercher les vidéos sur l'enlèvement, si Virulino a pu changer l'image, il a sans doute supprimé l'orignal à moins que... Une idée lui avait traversé l'esprit et il se remit à taper sur le clavier sans non plus avoir de trop grand espoir. Il fallait dire que les caméras de l'appartement avaient été tellement bidouillées et piratées par Darek qu'il ne savait pas ce qu'il en faisait et s'il pouvait trouver les images sur d'autres serveurs. Lui aurait su trouver mais bon sang, non seulement ce mec était paranoïaque mais il était aussi le pire bordélique qu'il n'ait jamais connu ! Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, marmonna-t-il – et qu'on ne lui sorte pas la solution, ils étaient marrant eux ! Ça prendra trop de temps si l'on veut vraiment retrouver ce qu'il a bien pu faire sur ses caméras et quand il travaille en solo... en revanche je peux vous avoir toutes les vidéos depuis la sortie de l'Aedes jusqu'au plus loin des souterrains que nous avons. De ce que j'ai vu il y avait trois femmes. Quand à l'heure tout s'est passé très vite, je pense qu'elles devaient déjà être là avant qu'il ne rentre chez lui et ils ont dû partir dans les minutes suivantes. Il faudrait envoyer une équipe fouiller l'appartement de Darek pour savoir si on peut trouver quelque chose d'intéressant... par contre je veux qu'un ou deux de mes brigadiers soient présents, tout son matériel doit être mort à cause de cette foutue bombe mais si vous connaissez l'état dans lequel il laisse son appartement, je crois qu'il n'y a bien que les habitués pour être capable de voir quelque chose d'anormal.

Se dire que tout l'équipement de Darek était mort rien qu'à cause d'une bombe faisait plutôt peur. Bon il n'y en avait pas pour des millions mais tout ce qui concernait la mécanique il le travaillait chez lui – histoire d'éviter le fatidique centre de soin au Sapienta – et même quand il décidait de se coucher, il lui arrivait aussi de travailler encore et encore. Ça avait dû le rendre fou de voir tout ce à quoi il tenait le plus anéanti en quelques secondes...

Bon... si on a de la chance on pourra peut-être récupérer quelques données en forçant les choses mais... n'y fondez pas d'espoir. Enfin c'est étrange qu'on n'ait pas reçu de message de Darek, il a touché à assez de claviers de toutes sortes pour écrire les yeux fermés et dans n'importe quelle circonstance...

Oui, si Darek n'avait pas eu sa dépression, Nelsen l'aurait bien vu dans ces espèces de concours tordus que certains geeks aimaient tant faire et qui consistaient généralement à faire tout et n'importe quoi pourvu que ce soit quasi impossible et que ça touchait l'informatique. Dommage, il connaissait quelques informaticiens qui auraient été heureux de mettre au défi le génie de l'informatique et d'avoir l'occasion de partager un peu plus avec lui.

Les rebelles vont sans doute ré-attaquer le réseau mais ils se rendront vite compte qu'ils ont sous estimé le travail des autres informaticiens et que Darek ne fait pas tout le boulot. Je pense qu'ils nous laisseront tranquille et si ce n'est pas le cas nous passerons à l'offensive, déclara-t-il calmement puis il se tourna vers Shane. J'espère que vous êtes en forme et que l'on peut compter sur vous, il va vous falloir les talents d'un stratège et de la rapidité, énormément de rapidité. Là c'est de l'informatique de haut niveau, pas dans le genre du petit défi que Darek vous a donné.

Nelsen n'était pas tellement content du brigadier sur lequel Darek avait choisi de s'acharner ces derniers temps. Bien sûr il ne niait pas qu'il était plus intelligent que la normale et qu'il se débrouillait pas trop mal en informatique mais ça ne suffisait pas et il n'avait pas encore fait suffisamment ses preuves aux yeux exigeants et sévères du nouveau commandor. Si Darek l'avait choisi pour jouer le rôle de Traktueur c'était sûrement parce qu'il le jugeait plus compétent dans ce domaine que ceux de sa brigade d'élite et c'était peut-être vrai mais il savait aussi que le talent ne faisait pas tout et que l'expérience était plus qu'indispensable, expérience qu'il n'avait pas. Même s'ils seraient là pour l'aider ça ne ferait pas tout, il n'y avait plus qu'à espérer qu'ils puissent bluffer pour une attaque et pas plus à moins que le petit soit bon au poker.

Je sais que nous devons attendre un message de la part des rebelles, ce n'est pas maintenant que nous allons les localiser, mais rien n'empêche d'anticiper les choses. J'aimerais savoir ce que vous comptez faire, que nous puissions vous assister et élaborer notre propre stratégie. Et puis, on pourra toujours sauver les choses comme ça, si le petit ne se montre pas à la hauteur.

Le petit comme l'appelait Nelsen était maintenant entouré des trois hommes qu'il commandait déjà depuis quelques temps mais en tant que commandor il ne pouvait le laisser jouer tout seul avec le feu et il comptait bien le mettre en garde sur un bon nombre de choses et lui donner une stratégie globale à tenir car lui aussi avait affronté des pirates et assisté Darek, il savait que dans ces moments-là, alors que tout allait si vite, mieux valait savoir globalement où l'on allait quand on était un débutant, après on établissait soi-même sa stratégie au fil de l'action mais il n'en était pas encore là, il était même très loin de là. Le jeune homme se promit d'enrôler le petit brigadier dans une petite partie de go ou peut-être aux échecs, ce serait amusant. Dommage qu'il ne soit pas là pour affronter Darek, il n'était pas mauvais à ces jeux-là, même très bon et il n'était pas rare qu'ils se confrontent l'un à l'autre le temps d'une soirée pour une partie qui durerait alors des heures ou même des jours.
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Tristan Darek
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Re: Alerte rouge

Message par Shane M. Lewis le Dim 2 Jan - 20:17

    Rapidement derrière lui, il y eu Judikhael, le commandor de la section anti-terroriste. Shane n’avait pas trop osé lui adresser la parole. La dernière fois qu’il avait vu le commandor, ce fut lorsqu’il se fit surprendre en compagnie de Silvio, enfermé dans une cabine des toilettes. Shane et Silvio savouraient alors des retrouvailles un peu tardives puisque les deux amants avaient du attendre un peu avant qu’enfin ils puissent se voir à l’abri des yeux et des caméras. Mais là, le drame. La porte qui se fait enfoncer et un homme à la carrure étonnante se postait dans l’entrée de la cabine. Judikhael. Une horreur. Pas Judikhael, entendons nous bien, mais leur si précieux secret était dès lors à découvert. Judikhael ne parlerait pas, il l’avait promis, mais Shane n’osait plus trop le regarder droit dans les yeux après qu’il ne l’ait vu ainsi avec son second. Shane baissait alors les yeux. Il ne regardait jamais vraiment personne en face, toujours un peu à côté, mais là, c’était pire. Il se plongea dans la lecture de la procédure de Tristan et se mit rapidement au travail réquisitionnant rapidement ses trois habituels subordonnés qu’étaient depuis peu Enzo, Romain et Jeremy.

    Le commandor de l’anti-terroriste commença à énumérer les points sensibles de leur système, les points à protéger en priorité, à savoirs le capitole et les sous-sols, mais aussi et surtout les ondes alphas. Après la dernière panne et l’attaque de créatures, Shane ne comptait pas revivre ce cauchemar encore une fois, ni d’être responsable d’avoir laissé un vol d’ondes alpha se passer sous son nez. Rapidement, il avait pris place à son ordinateur et fixait son micro oreillette. Mieux valait ne pas être pris au dépourvu si on lui signalait une attaque du réseau. Bêta et Oméga aussi, il fallait s’en occuper. Shane n’osait pas encore imaginer ce qui pourrait se passer si les rebelles parvenaient à casser les codes d’Oméga et s’y infiltrer. Néanmoins, Oméga disposait d’un système de sécurité qui dépassait de très loin ceux de bêta et d’oméga. Si quelqu’un entrait sur Oméga, il disposait de 90 secondes et pas une de plus pour faire ce qu’il voulait, et ça se passait relativement vite. Passé ce délai, le hacker était localisé qu’il soit à la surface ou dans les sous-terrains, que son adresse IP soit ou non cachée et trompée. Rien ne pouvait arrêter la défense d’Oméga. Pour les rebelles, mieux valait ne pas signaler leur position, surtout qu’ils avaient Tristan pour le moment. Il ne parlerait pas disait Nelsen. Shane l’espérait. Il ne connaissait encore que trop peu l’homme qu’était Tristan. Il connaissait davantage le robot et le prodige en informatique.

    Shane ne s’inquiétait donc pas trop pour le moment en ce qui concernait Oméga. Le temps qu’ils commencent à interroger Tristan, ils ne feraient pas une possible vaine tentative alors que les codes pouvaient être à leur disposition si Tristan parlait. Shane s’inquiétait d’avantage pour Bêta et les ondes alpha. Sur Bêta, les rebelles pouvaient s’amuser avec le temps de la ville. Il ne manquerait plus qu’ils se retrouvent sous 15m de neige ou sous une canicule alors que l’hiver arrive. Enfin, ça ne poserait pas spécialement de problème pour la Guilde, mais disons que niveau confort ils y perdraient. Il y avait aussi les boîtes de dialogue des haut-gradés qui pouvaient intéresser les rebelles, ainsi que la sécurité des bâtiments les moins protégés. Il entendait ses trois collègues lui donner régulièrement des informations sur leur activité, Shane lui, était en train de rechercher sur bêta l’endroit où Virulino avait cassé les codes pour pénétrer dans le système de l’Aedes. Car si l’Aedes avait été en parfait état de marche, on aurait donné l’alerte bien avant que Tristan soit hors de portée. En regardant les caméras par exemple. Et si Virulino était encore dans le système de l’Aedes, il pourrait aussi bientôt détourner les ondes alpha, ou il ne savait quoi encore. Il lança rapidement une recherche automatique des codes cassés et les trouva assez rapidement. Rah ! Il commençait à restaurer les codes lorsqu’on lui annonça à l’oreillette qu’on avait retrouvé un message sur la porte de Tristan. Un message découvert par la première brigade d’intervention sur les lieux.

    « Ils ont laissé un message, apparemment,
    Sur la porte de Tristan avec un couteau,
    On me l’envoie maintenant, je l’affiche bientôt. »


    Il tapota sur l’écran de son ordinateur et se retourna dans son dos, le rétroprojecteur connecté à son ordinateur affichait sur l’écran blanc la lettre scannée.
    « Amis Guildiens,
    Nous détenons à présent votre informaticien.
    Nous réclamons des armes et munitions, la libération de nos hommes et de nos femmes retenus prisonniers dans vos cellules et une compensation financière.
    Nous vous tiendrons ultérieurement au courant de la procédure à suivre.
    Tout silence ou tout moyen de contrecarrer nos plans, de montrer le moindre signe d’opposition ou de mener des actions destinées à ralentir ou détourner nos actions s’en suivra d’un piratage de vos données et de vos réseaux. Sans Traktueur, la tâche sera plus aisée.
    Dans le cas où nous ne parvenions pas à nous faire entendre, nous seront contraints d’exécuter l’otage.
    La Confrérie de la Rébellion »

    Rien que ça… C’était en somme le discours habituel. On prenait quelqu’un en otage, on demandait un tas de choses en échange de l’otage rendu. C’était comme cela que marchait ce monde. Ca ne surprit donc pas Shane. Un petit sourire cependant avec le ‘sans Traktueur, la tâche serait plus aisée’. Mais si ce n’était pas Tristan, ce serait quelqu’un d’autre qui monterait au front pour combattre. La Guilde ne se laisserait pas abattre facilement, c’était d’ailleurs ce qu’avait souligné Nelsen un peu plus tôt. Tristan était un homme très intelligent, sans aucun doute, il était d’une aide précieuse pour la section informatique, mais ils devraient faire sans lui, et ils y arriveraient. Traktueur n’était qu’un nom. Derrière lui n’importe qui pourvu que la mission qui l’incombe soit remplie en bonne et due forme. Traktueur, c’était celui qui mettait des limites aux rebelles, celui qui mettait un brusque frein à toutes leurs envies fantaisistes. Et aujourd’hui, Traktueur, c’était lui. Et il ne voulait pas faillir à sa mission. Il savait que si c’était le cas, d’une part il mettrait en danger la Guilde, et d’autre part, pour son intérêt personnel, il risquait de ne pas être promu avant une bonne dizaine d’année. Au moins ! Il écoutait distraitement Nelsen, tout en continuant de réparer les codes cassés sur Bêta. Et puis, ceci fait, il déconnecta tout le monde, pour virer Virulino de là. Il n’y avait plus qu’à changer les codes et protéger leurs bases de données. Il savait que ses trois hommes s’en chargeraient rapidement. On établissait déjà les codes de secours, ceux qu’on devait appliquer lorsque le réseau était en danger. Et c’était le cas aujourd’hui. Tristan œuvrait tellement à la sécurité du réseau de la Guilde que lorsqu’il n’était plus là, ça causait un vide, un vide qu’il allait falloir combler rapidement. Shane passa rapidement en revue les personnes qu’il avait déconnectées automatiquement un peu plus tôt du réseau bêta. De cette liste, il retira tous les informaticiens de la Guilde et là, surprise, il ne restait plus personne. Deux solutions, soit Virulino se camouflait dans le réseau bêta soit il s’était tout bonnement… Déconnecté ? Shane ne voulait pas croire à cette deuxième hypothèse. Il ratissa tout bêta, ne laissant que quelques rares personnes se connecter à ce réseau. Rien, pas la moindre trace de Virulino.

    « Tu joues à cache-cache, mais, crois moi, pas pour longtemps... »

    Marmonna-t-il pour lui-même. Il s’adossa dans le fond de son siège, ses yeux clairs rivés sur son écran, à la recherche d’une idée, d’une solution. On lui annonça dans son oreillette que tous les codes avaient été changés… Mais à quoi cela pouvait bien servir si Virulino était encore à l’intérieur ? Comment ce cachait-il ? Où se cachait-il ? Il devait crypter sa connexion pour apparaître hors ligne. Dans ce cas là, il fallait décrypter pour obtenir la vérité. Shane passa le réseau bêta et cryptage inversé mais rien, encore une fois, il n’y avait personne d’autre sur ce réseau que les personnes qui avaient le droit d’y être. Une nouvelle fois, on l’appela et on demanda l’afficha de donnée. Shane accepta. Devant ses yeux, la liste des connexions et des déconnexions du réseau. Sur cette liste, il y avait bien noté la déconnexion de Virulino, bien plus tôt. Aurait-il donc quitté bêta ? L’informaticien chercha une trace de connexion, mais rien, Virulino s’était simplement déconnecté. Il était presque normal que sa connexion n’apparaisse pas puisque le pirate rebelle s’était introduit de manière forcée, il n’y avait donc pas d’heure précise de connexion, mais l’heure précise d’une déconnexion.

    « Allez vérifier qu’il ne s’agisse pas d’un leurre,
    Que le cryptage de sa connexion se fausse
    Et apparaisse en déconnexion bien précoce.
    Il ne serait tout de même pas parti à cette heure ! »


    Mais déjà, une petite voix dans la tête de Shane lui disait le contraire. Il avait personnellement ratissé tout le réseau bêta, déconnecté tout le monde. S’il avait un camouflage pour éviter la déconnexion automatique par un administrateur, il ne pourrait pas également être invisible à la recherche manuelle qu’il venait de faire. Tout paraissait comme une évidence de ce fait. A entendre Mathys, les rebelles étaient présentes avant l’arrivées de Tristan chez lui. Par la suite, la bombe EMP avait grillé pas mal de matériel. Virulino n’avait à partir de là plus besoin d’être présent, puisque même le matériel des rebelles opérant pour la prise d’otage avait du être grillé. A près quelques secondes, on lui renvoya un « négatif » dans l’oreillette. Virulino n’était donc plus sur Bêta.

    « Virulino s’est déconnecté de Bêta,
    Environ deux minutes après l’explosion
    Et depuis, aucune nouvelle connexion.
    Ils veulent qu’on prenne au sérieux ce papier-là. »


    Fit-il à Mathys, en pointant ce qu’il avait affiché un peu plus tôt, à savoir le message des rebelles. Shane n’avait pas voulu croire que Virulino s’était déconnecté de Bêta, mais cela apparaissait comme une évidence, ils avaient fait tout pour retrouver un quelconque membre non autorisé sur le réseau. Même pour le meilleur des informaticiens, il n’était pas possible de se cacher de la sorte. On pouvait échapper à une recherche automatique en trompant par les apparences, mais pas à une recherche manuelle menée par quatre informaticiens qui n’en étaient pas au stade de débutant. Si Shane se permettait d’affirmer que Virulino n’était plus sur bêta, c’est qu’il en était intimement convaincu. Les rebelles voulaient qu’on prenne en compte leur menace. Shane était pratiquement sur que le réseau ne courrait aucun risque, pas la moindre petite attaque par un virus mineur n’aurait lieu tant que la Guilde ne se mettrait pas en travers des exigences de la Confrérie. Si la Brigade ferait tout pour récupérer Tristan et tenterait d’obtempérer, il y aurait forcément un moment où la Guilde dirait non. Et là, il y aurait une attaque. Et pas n’importe quelle attaque. Une grosse attaque des systèmes de Nosco.

    « Pas un virus, nous n’avons rien à craindre d’eux,
    Tant que nous accordons tout ce qu’ils réclament.
    L’attaque est inévitable, préparons les armes.
    En état de siège attendons le coup de feu…

    Pour Oméga, surveillez juste les connexions,
    Pour réagir au mieux si quelqu’un le visite.
    Si tel est le cas, déclencher le traqueur vite
    Sans attendre le temps imparti avant action. »


    Le traqueur d’Oméga était ultra sophistiqué. Tristan avait veillé à le rendre le plus performant. Quiconque allait dessus se verrait localisé en 90 secondes après avoir été repéré par le traqueur.

    « Pour bêta, il faut rechercher toutes les failles,
    S’ils prévoient l’attaque, c’est qu’ils ont localisé
    L’endroit idéal où ils pourront bien frapper
    Réparez les codes brisés avant qu’ils n’y aillent. »


    En général, les codes brisés étaient le travail de hackers apprentis qui tentent une entrée dans le réseau Bêta mais qui sont arrêté bien avant, ou qui abandonnent. Certains codes étaient restaurés par la brigade informatique, pour les autres, ils étaient la friandise préférée des pirates rebelles. Imaginez donc un mur. A un endroit, un bélier a frappé, laissant une brèche. Quant à vous, vous voulez passer ce mur. Où souhaitez-vous frapper ? Dans la partie bien lisse et solide ou dans celle déjà effritée ? Le choix devenait assez simple vu sous cet angle. Alors, autant faire en sorte qu’il y ait le moins de fissure possible dans ce mur.

    « Commencez par les failles des systèmes en danger,
    L’acheminement des ondes alphas à bon port,
    Prenez garde aux détournements, c’est leur point fort.
    Ne faites confiance qu’à vous-même, n’acceptez jamais

    Une quelconque manipulation sans être certain
    Qu’il s’agit bien de votre collègue et non pas
    D’un pirate avisé qui prendrait ce nom là.
    Si vous vous faites avoir levez bien haut la main.

    Vous ne pourrez pas sauver tout seul vos erreurs
    Il nous faudra agir vite, ne cachez donc rien
    Ca sera bien pire et vous le savez très bien.
    Gardez votre calme, ne cédez pas à la peur.

    Mettez là des chevaux de Troie en quarantaine,
    N’hésitez pas à vous en servir si problème.
    Il nous faudra protéger bêta quand bien même
    Ce ne serait rien qu’un Guildien qui se promène. »


    Shane ne comptait pas prendre de risque. L’enlèvement de Tristan serait bientôt connu par un bon nombre de Guildiens. S’ils souhaitent s’aventurer sur Bêta à ce moment-là sans autorisation, tant pis pour eux, et pour leur ordinateur. Les informaticiens n’auraient pas le temps de mettre des gants. Shane regarda alors son téléphone portable pour vérifier qu’aucun informaticien ne cherchait à le contacter. S’il y avait une alerte, mieux valait réagir rapidement. Il avait de nombreux appels en absence : la brigade qui avait essayé de le joindre vainement. Et puis un message. Lorsque mon brigadier le vit et le lut alors qu’il entendait une vague : « Enfin c'est étrange qu'on n'ait pas reçu de message de Darek, il a touché à assez de claviers de toutes sortes pour écrire les yeux fermés et dans n'importe quelle circonstance... » de la part de Mathys, son estomac se contacta. Il resta les yeux figés sur son téléphone portable, même Jeremy qui lui parlait à côté de lui ne parvint pas à le tirer hors de ce qu’il regardait avec instant. Alors Jeremy se pencha par-dessus Shane pour lire et laissa échapper un vague « t’es d’en la m**** ». Shane repoussa Jeremy et lui demanda de se remettre au travail tandis qu’il quitta rapidement ce message et posa son téléphone sur la table, près de son clavier. Non… Les gens ne sauraient pas. Il pouvait compter sur Jeremy pour tenir sa langue. Le message qu’il avait reçu n’avait pas vraiment d’importance. Il n’y avait pas plus de description sur ce qui s’était passé. Quant à l’heure du message (et donc de l’enlèvement), cette information avait déjà du être trouvée par les brigadiers de l’anti-terroriste. Et lorsque Shane regarda l’horaire, il constata que ça correspondait à quelques secondes près avec l’explosion de la bombe EMP et donc de la réaction de la brigade informatique. Non vraiment, ce message n’apportait aucune information supplémentaire, il était donc inutile de prévenir qui que ce soit. Shane était peut-être masochiste, mais pas suicidaire.

    Lorsqu4il se remit au travail, il entendit Nelsen lui adresser la parole, mais Shane ne quitta pas son ordinateur des yeux pour autant. Petit défi disait-il. C’était étrange, mais Shane commençait à se dire que Mathys n’était pas spécialement ravi du choix de Tristan pour remplacer momentanément Traktueur dans son travail. Mon informaticien fronça les sourcils. Il avait presque envie de répondre qu’il n’était pas empoté qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il était doué en informatique… Mais répondre à un supérieur sur ce ton n’aurait pas été bon pour lui. Il se contenta d’un silence vexé, mais rien de plus. Néanmoins, ça ne faisait que renforcer l’ambition de Shane à prouver qu’il en était capable. Il ne ferait pas aussi bien que Tristan, mais il ferait en sorte de s’approcher au plus de cette perfection. Il ne perdrait pas la face devant Virulino ni Mathys. Cependant, la seconde réplique de Mathys l’échauffa un peu, il répliqua rapidement :

    « Vous exagérez là ! Je ne suis pas petit ! »

    Shane se renfrogna et tourna le dos avec sa chaise bien décidé à ne pas se laisser tourmenter par les remarques acerbes du nouveau commandor. LE complexe de Shane : sa taille. Fort heureusement pour lui avait réussi à trouver une miniature de la même espèce comme amant, mais ça n’empêchait pas qu’il n’aimait pas qu’on lui fasse remarquer qu’il ne faisiat même pas un mètre soixante dix (ce qui, pour un homme, était remarquablement déprimant). Et puis, dans la phrase de Mathys, cela avait quelque chose d’insultant presque. Non, décidément, Mathys ne tenait pas Shane dans son cœur. Il ne le trouvait pas à la hauteur pour exécuter la tâche que Tristan avait donnée à Lewis.

    « Romain, dites moi où nous en sommes en protection
    Du Capitol, nos sous-terrains et nos sections.
    La surveillance d’Oméga, c’est bientôt fini ? »


    Se changer les idées, oui, voilà, il fallait cela pour ne pas céder aux remarques de Nelsen. Il allait le bluffer. Il allait lui montrer qu’il n’était pas un petit joueur. Mentalement, ce genre de motivation marchait plutôt bien, car Shane était du genre à ne pas aimer se faire marcher dessus sans aucune pitié. Pour le moment, Traktueur ne pouvait rien faire, hormis se préparer à l’attaque, préparer ses hommes. Il savait que l’attaque ne pourrait pas être évitée, car les rebelles en demanderait toujours plus à la Guilde en échange de Tristan, et il arrivera forcément un moment où la Guilde devra dire non et refuser les conditions pharamineuses de la Confrérie. Les rebelles riposteraient via le réseau informatique, comme annoncé dans les menaces. C’était le terrain où ils pourraient faire le plus de mal étant donné que Tristan n’était pas là pour veiller à la sécurité de tout cela. Mais ce n’était pas une raison pour offrir aux rebelles cette joie là !
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Re: Alerte rouge

Message par Judikhael Wienfield le Dim 9 Jan - 16:50

Pas de problème pour la sécurité ? Parce que ses meilleurs éléments étaient penchés sur cette sécurité, il ne pouvait y avoir de souci de sécurité ? Nelsen se moquait de lui ou n'était-ce qu'une blague ? Darek lui-même s'acharnait à assurer la sécurité de la guilde et en était le premier victime des failles de cette soit-disante sécurité.... Judikhael ne put s'empêcher de hausser un sourcil circonspect à l'affirmation du "nouveau commandor". Comme tous les jeunes gens nouvellement 'promus", même si ici par circonstances exceptionnelles, Nelsen faisait montre d'une certaine prétention.

Quant à savoir si Darek allait parler... Personne ne pouvait honnêtement affirmer qu'il ne parlerait pas. Surtout avec les nouvelles méthodes de torture des rebelles. Lui-même avait bien failli craquer et vendre quelques informations, sans même le vouloir réellement... Ce nouveau système de réalité virtuelle mis au point pour torturer mentalement les prisonniers des rebelles était fichtrement révolutionnaire dans ce domaine, et fichtrement efficace. Il en avait fallu souvent de peu pour que Judikhael ne cède...

- Leurs méthodes ont évolué, déclara-t-il sobrement, d'un ton étonnamment détaché pour quelqu'un qui avait pu goûter à cette "évolution". Leur système de réalité virtuelle est redoutable. Et quand bien même Darek est un homme d'une force mentale impressionnante, je doute que quiconque puisse affirmer ne pas céder face à cette... technologie...

Il n'avait pu s'empêcher de buter quelque peu sur ce dernier mot, le teintant alors de toute l'ironie dont il était capable, lui pourtant si prompt à ce genre de ton railleur.

En tout cas si Judikhael fut surpris des révélations soudaines données par Nelsen concernant le possible laxisme dont aurait fait preuve Darek envers Virulino, il n'en montra rien. Il trouvait les accusations du second, nouvellement commandor par interim, un peu forte, mais... pas forcément infondées non plus, pas totalement. Se pourrait-il.... non pas que Darek les ai trahi... mais ai intentionnellement fait durer les choses pour... prendre son pied ? Prendre son temps avec un adversaire indubitablement à sa hauteur et avec lequel il devait prendre un certain plaisir dans leurs affrontements informatiques ? Virulino disparu, le travail de Traktueur deviendrait potentiellement bien fade, assurément...

Oui, cela pourrait bien s'apparenter à une certaine forme de trahison, même si connaissant un peu Darek, Judikhael doutait que les intentions de trahison soient réellement présentes. Mais... Mais voir leur situation sous ce nouveau jour... lui ouvrait potentiellement de nouvelles perspectives, notamment pour son combat contre la rébellion. Voilà en tout cas une question à creuser. Qui était réellement Traktueur, qui se cachait derrière lui, qui faisait réellement tout le travail ? Même si Judikhael était loin d'accorder tout son crédit à Nelsen dont les intentions avaient toujours été bien plus ambitieuses et bien moins inintéressées que celles de Darek, le commandor de la section anti-terroriste venait de sentir sa curiosité piquée, et il se devait de l'assouvir dès que possible, dans l'intérêt de la Guilde.

- Je veux les videos sur l'événement. Il y a une faille Nelsen, et pas qu'une petite. Des rebelles ont réussi à s'introduire dans l'Aedes. Il nous faut savoir comment. Certes, pour commencer les videos de leur fuite nous permettra de partir sur les traces en l'instant. Mes hommes sont déjà parties en trois groupes dans les souterrains et n'attendent plus que vous leur donniez le... chemin... Mais quand nous aurons paré au plus pressé, je veux, j'exige, les videos de l'enlèvement lui-même, est-ce clair ?

Ton intransigeant, montrant clairement son impatience. L'autre discutait ses ordres et il perdait du temps....

Trois femmes, disait Neslen. Nul doute que Grenfield devait être l'une d'entre elles. Elle était de tous les coups tordus...

- Quant à fouiller ses appartements, une autre équipe est déjà en partance dans cette optique. Vos hommes ont intérêt à se dépêcher s'ils veulent les rattraper. Ils devraient arriver dans...

Il consulta sa montre, et connecta son intercom.

- McAlistair, où êtes-vous ? Avez-vous commencer la fouille de l'appartement de Darek ?

- Nous venons juste d'entrer dans le batiment, commandor. Nous y serons dans 2 minutes.

- Bien. Attendez les informaticiens envoyés par le commandor Nelsen avant de toucher quoique ce soit. Fin de la transmission. Vous avez entendu ? Deux minutes. Vos informaticiens n'auront qu'à les retrouver là bas. Quant à savoir si Darek a laissé un message... Fouillez bien encore, peut-être ne l'a-t-il pas envoyé ou vous pourriez le croire. Ou peut-être n'avait-il pas de clavier.

Judikhael n'était pas bien sûr d'aimer la façon dont Nelsen parlait à Lewis ou à ses hommes en général, mais n'en dit rien pour autant; Chacun sa place, chacun son commandement. Ils avaient bien plus urgent à régler que de quelconques querelles sur la façon de mener ses troupes.

- Mes hommes attendent vos consignes et informations pour pister au mieux les rebelles ou le chemin qu'ils auraient pu emprunter, qu'on vérifie et sécurise déjà les premières failles de ce côté-ci aussi. Je doute que nous ayons une quelconque chance de les rattraper, quand bien même ils ne sont certainement pas encore arrivés dans leur bunker, ni même de les localiser, une fois encore. Mais qu'on évite de nouveau ce genre de faille ne serait pas du superflu. Une autre équipe fouillera les appartements, et une autre étudiera les videos de l'enlèvement que vous nous fournirez dès que possible. Quant au reste, contentez-vous de me transmettre les informations dont j'ai besoin, et je me contenterai de mettre au point les stratégies de mon équipe.

Il n'était pas du genre à délivrer ses stratégies, non. Enfin sauf à son second, devenu lui aussi commandor par interim de façon officieuse. Et non il n'était pas du genre à faire une guerre de service, mais, même si'l n'était plus commandor de façon officieuse, il jugeait ne pas avoir de compte à rendre à ce commandor. Les seules personnes à qui il rendrait des comptes serait son second, alors devenu en quelque sorte son commandor, même si tous deux jouaient un jeu étrange, tantôt mentors, commandors et tantôt simples brigadiers épaulant l'autre, alternant les rôles à une vitesse un peu vertigineuse, ainsi que le Haut Conseil et l'Impératrice. Mais les stratégies de la section anti-terroriste ne concernait en rien la section informatique. Qu'ils travaillent main dans la main, oui, tout révéler de ses plans, non. Les plans de la section anti-terroriste avaient toujours été gardées secrètes et Judikhael s'était toujours contenté de demander ce dont il avait besoin sans expliquer pourquoi ce besoin.

Heureusement Lewis les coupa dans ce qui aurait pu tourner à l'affrontement si Nelsen s'entêtait à jouer un peu trop avec Judikhael, en leur parlant du message laissé par les rebelles. Judikhael se pencha rapidement pour lire ledit message que Shane venait de leur mettre à disposition.

- Bon au moins cette fois, ils n'ont pas perdu de temps pour leurs revendications. Rien qui ne change non plus de l'ordinaire, fit-il d'un ton sobre, tout en entendant son dos craquer douloureusement alors qu'il se redressait.

Son corps avait beau ne pas vieillir, il avait encaissé des années et des années de combat et commençait parfois sérieusement à se récrier contre tous ses mauvais traitements.

_________________


La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: Alerte rouge

Message par Tristan Darek le Sam 22 Jan - 2:36

Crédits : Heise

Mathys Nelsen
Second du commandor Tristan Darek, dit Traktueur

Panique au fond des galeries, j'entends les cris, j'entends la crainte. Panique au cœur des réseaux et des souterrains où tous s'activent et réparent les failles du système abandonné. Petites fourmis. Que deviendra la fourmilière sans votre reine ? Soudain dans les galeries, le rythme s'était accéléré, on avait couronné une nouvelle reine, on tentait de rétablir l'ordre des choses avant que l'ennemi n'attaque à nouveau. Sûr qu'ils ne prendraient pas d'autre vie ici, sûr que les secrets enterrés au plus profond de la terre ne seraient pas pris mais l'avenir était compromis. Il y avait d'autres piliers pour soutenir la fourmilière qui s'écroulait, on ne laisserait pas les fourmis s'autodétruire, on avait besoin d'elles. Pourtant on ne ramènerait peut-être pas leur reine.
Silence. Il y avait du bruit, partout, sans cesse. Les hommes parlaient entre eux, les ventilateurs des machines vrombissaient, les doigts frappaient les touches des claviers plus fort que d'habitude. Qui manquait à l'appel ? Pas grand monde, personne d'important, ceux dont il avait absolument besoin étaient là, fidèles au poste, peut-être un peu moins dévoués à la guilde mais leur présence et leur bravoure, c'était tout ce qui comptait. Silence, silence d'un nouveau commandor dont l'esprit pourtant hurlait aussi fort que le vacarme d'à côté. Silence lorsqu'il respirait, silence alors qu'il songeait. Le temps n'allait pas aussi vite que ce que les autres voyaient, mu par un calme olympien, il observait, il écoutait, comme un espion pouvait voler toutes les informations à sa portée, il prenait tout, il se servait de tout ce qu'on pouvait bien lui offrir. Silence parce qu'il ne fallait pas parler, pas tout de suite, il y avait un temps pour les réponses et un temps pour le silence. Devant ses yeux s'étaient tracés les plans et les possibilités, les certitudes et les hypothèses. Avec l'habitude du stratège, il élaborait son plan d'attaque, sa défense, il érigeait ses remparts, il explorait le champ de bataille aux formes contraires, étroit et immense, seul et multiple à la fois. Quelles étaient leurs forces, quelles étaient leurs faiblesses ? Dix coups. Quinze, vingt.

Pas maintenant, il mettrait en place ses plans dans quelques minutes, il fallait attendre encore un peu, la réaction ne devait pas être trop vive, ses brigadiers devaient avoir un instant de repos avant qu'il ne remette la pression brusquement. Un bon coup de stress, de quoi tester les brigadiers, de quoi tester le joujou de Darek. Pour cette manche-là il jouait seul contre un fantôme et les chimères étaient bien fades à ses yeux, bien livides. Tristan Darek. Le génie sauvage qui avait tant apporté à Nosco. La santé fragile, l'esprit trop loin du monde réel, une organisation plus proche du chaos que d'un ordre obscur. A leurs premières rencontres il n'avait pas donné cher de sa peau et puis ils s'étaient peu à peu complétés... A Darek les inventions et les innovations, à lui le rangement, la stratégie, l'aspect visible – et surtout regardable – des choses.
Aujourd'hui c'était sans lui et il devait assurer le côté créativité qu'il n'avait pas vraiment. Doué en informatique, il l'était sinon l'homme ne lui aurait jamais donné une telle place mais il n'avait jamais révolutionné le monde, peut-être occulté par l'esprit trop rapide de son collègue ou tout simplement parce qu'il n'avait pas ce talent-là. Si l'on supposait qu'on parviendrait à enlever le commandor des griffes ennemies, ce n'était pas tellement important que les évolutions arrivent moins vite que d'ordinaire, sinon l'on trouverait bien quelques remplaçants... Il s'en inquièterait plus tard. Mais la stratégie... Autrefois il n'aurait suffit que de quelques regards, quelques signes pour qu'ils se mettent d'accord et donnent chacun leur tour les ordres, pas qu'ils se connaissent particulièrement bien mais l'habitude de travailler ensemble et de s'affronter l'un l'autre par divers moyens leur avait permis de se comprendre avec davantage de facilité. Bien sûr ils peaufinaient le reste plus tard, ils élaboraient ensemble les grossières lignes pour faire face à telle ou telle menace.

Darek a déjà été torturé, révéla-t-il, le ton grave et la voix un peu plus basse.

Comment le savait-il ? Il n'en parlerait pas. Trahison, crime que de dire cette chose-là qui ne pouvait appartenir qu'au passé qu'il était interdit de retrouver. En lisant entre les lignes, il n'était pas bien difficile de savoir que le commandor avait cherché et retrouvé l'intégralité de son passé, il ne fallait jamais chercher bien loin pour le découvrir. Ce n'était pas un secret mais en parler face à un autre brigadier, quelqu'un qui pouvait vous dénoncer, qui l'aurait osé ? Qu'importe, il lui fallait avancer ce pion-là au risque de se le faire manger. Fourchette lancée à son collègue, il lui laissait faire un choix dans ce dilemme ou ne pas en faire, il était bien libre de ne pas jouer à ce jeu de stratégie-là.
Oh bien sûr cela remontait à longtemps maintenant et comme le disait si bien Wienfield les techniques avaient évoluées mais la torture mentale était-elle bien plus puissante que la torture physique ? Sans vraiment se délecter ni approuver ce genre de procédé, il avait souvent considéré que le corps était plus faible que l'esprit, que les bonnes vieilles méthodes étaient plus efficaces que toutes ces choses sophistiquées. Erreur ? Peut-être. Entre les mots, l'homme en face de lui devait comprendre qu'il avait su résister une fois aux douleurs les plus atroces, il saurait le faire une deuxième fois. Quant à son esprit, le nouveau commandor ne s'en inquiétait pas, ne se torturait-il pas lui-même l'âme depuis assez longtemps pour n'y trouver plus de faiblesse, de faille ? Oh il parlerait, il crierait de douleur et de désespoir, on ne pouvait le nier mais dire ce que les autres, ces chiens, attendaient ? Jamais.

Inutile de développer ce sujet, il ne comptait pas rentrer dans le débat ni faire entendre davantage son opinion, le simple but était de rassurer ceux qui craignaient une faille de la part du commandor. On le savait fragile d'esprit mais cela ne s'appliquait qu'à certains domaines. Le regret et l'horreur qu'il pouvait avoir de lui-même ne feraient pas pencher la balance. Tant pis s'il n'était pas parvenu à ses fins, il comptait sur le fait que Wienfield rassure le conseil à ce propos, il se chargerait de montrer que le travail des informaticiens sans leur génie tenait la route. Si tout cela ne marchait pas, il y aurait davantage d'inquiétudes et d'erreurs, moins de confiance aussi mais il ferait avec, ce n'était pas ce qui comptait le plus.

Wienfield. Son regard se leva sur le commandor. Un système sans failles n'existe pas. Virulino a exploité celle-ci mais cela ne veut pas dire que toute la sécurité est remise en question, bien sûr nous faisons les vérifications nécessaires par mesure de prudence mais nous n'avons pas à nous inquiéter outre mesure, ça arrive régulièrement. Je sais que les conséquences sont graves cette fois-ci mais Darek connaissait les risques, il savait qu'il pourrait se faire facilement enlever ne serait-ce qu'en traversant la cour. Bien sûr ils sont moins hauts que lorsque vous partez en mission mais ils existent. Je me rappelle d'une de ses phrases, « la plus grosse faille de mon système, c'est le monde réel, et je ne pourrai jamais la détruire. » finalement il avait raison. – J'aurais les vidéos, ajouta-t-il, je vous contacterais dès que j'aurai trouvé où Darek a bien pu les cacher et quand j'aurai réussi à accéder à l'endroit en question. Ça prendra peut-être du temps.

Son ton était devenu plutôt sec, tolérant à peine que l'on proteste davantage, juste pour garder une politesse minimale envers son interlocuteur. J'exige, j'exige... J'exige par-ci, j'exige par-là... Non mais il se prenait pour qui ? Il ne devait vraiment pas connaître Darek celui-là, savait-il à quel point il était parano ? Connaissait-il toute l'ampleur de son génie ? Il y avait des endroits où l'on accéderait jamais tout simplement parce que c'était trop dur, trop loin de l'esprit de la plupart des hommes et que l'on n'aurait jamais l'idée de découvrir la manière novatrice avec laquelle il avait caché telle ou telle chose. Son seul espoir était de déchiffrer la procédure de disparition du commandor, d'aller chercher aux endroits qu'il lui avait indiqué sinon... parmi les milliards et les milliards de fichiers existant en Nosco, comment savoir lequel était le bon ? Aucun logiciel ne serait apte à le lui dire rapidement.
Mais évidemment tout ça l'autre l'ignorait totalement et il croyait que dégotter un fichier caché par Darek c'était comme massacrer une créature ! Autant demander à son collègue de chercher le bunker des rebelles en échange. L'homme pourtant refoula les répliques mordantes qui lui brûlaient la langue et se décida à faire comme si on ne lui avait jamais demandé l'impossible.

Camille, John, rejoignez les brigadiers à l'Aedes, vous les guiderez dans leur fouille si besoin. Camille, tu connais les cachettes qu'il utilise, ramène moi ce dont j'ai besoin sans les dévoiler. Démontez aussi les caméras et remplacez-les si possible, j'en ai besoin. Ensuite vous demanderez à ce qu'on scelle son appartement, personne ne doit y rentrer sans autorisation désormais. Revenez dans vingt minutes, trente maximum.

Les deux intéressés acquiescèrent et se mirent en route aussitôt, il leur laissait un délai très court pour faire tout ce qu'il venait de leur demander mais il n'avait pas le temps, ce n'était pas la colonie de vacances et il avait besoin d'eux, il ne pouvait pas se permettre de se priver de ses brigadiers aujourd'hui.

Je vous enverrai sur Oméga tout ce qui concerne l'enlèvement, vous pouvez déjà y trouver les informations que vous me demandez, on a toutes les vidéos jusqu'aux points les plus éloignés ainsi que les plans les plus avancés des souterrains. Je sais aussi que Darek avait fait en collaboration avec l'un des graphistes un plan virtuel de galeries, passages et compagnie qu'il estimait justes. Je vous regroupe tout ça sur votre boîte mail dans cinq minutes. Quant au reste c'est votre travail et je ne peux rien d'autre pour vous.

Puisque c'est visiblement chacun pour soi, avait-il envie de lâcher d'un ton cynique. Inutile et stupide, il avait préféré garder son ton neutre, impersonnel, indifférent, parfait pour qu'on lui fiche la paix.
D'une autre oreille, le commandor avait écouté ce qui se disait autour de lui, notamment les propos de leur nouveau Traktueur, j'ai nommé Shane Mael Lewis. Bon visiblement celui-là n'avait pas de problèmes quant au travail en équipe ce qui était un bon point, il n'avait pas besoin que celui-là prenne la grosse tête et se sente animé d'un génie tel qui lui permettait de se débrouiller tout seul et de gérer le boulot qu'on lui avait attribué. C'était sans doute faux d'ailleurs, même Tristan ne pouvait pas s'occuper de tout Nosco en même temps, même s'il l'avait déjà vu avec stupeur travailler une main sur un clavier différent, les yeux sur d'autres écrans, réfléchissant plus vite qu'il ne savait trop quoi, le génie de l'homme avait ses limites. Et puis il ne tenait pas ce rythme pendant trois heures d'affilé non plus.

Ignorant l'égo froissé du petit, il se décida à gérer les choses à son tour, considérant qu'il en avait fini avec Wienfield. Il aurait toutes ses données lorsqu'il aurait lancé tous ses ordres, pas avant, chaque chose avait sa priorité et il voyait d'abord l'informatique puisque les autres ne pouvaient que réfléchir et que cinq minutes ne changeraient pas leur vie, c'était trop tard, trop tard pour récupérer Darek maintenant et nul doute que les rebelles ne lâcheraient pas si vite leur otage. Combien de jours, combien de nuits ? Le moins possible espérait-il.

Nous n'avons pas le temps d'être aussi parano que Darek l'est d'ordinaire, Lewis, toutefois je vais vous donner un peu de temps, faites votre maximum avec vos équipiers pour traquer et corriger les failles que vous trouverez, si nécessaire déléguez à n'importe quelle équipe pourvu que ça ne mette pas en danger le système.

Oubliant son orgueil, ses plans personnels et même de tester Shane Lewis, il se concentra totalement sur ce qu'il avait prévu, la sécurité et la gestion du système avant tout.

Équipe gamma, vous allez lancer une attaque contre les rebelles, essayez de choper Virulino et gardez-le avec vous le plus longtemps possible. Pendant ce temps, équipe delta, vous allez corriger notre écran et le détourner vers un autre, créez de nouvelles données et des failles dans notre système qui mèneront tout piratage de ce côté-là. Je veux que ce soit parfaitement crédible et je le vérifierai moi-même. N'oubliez pas de le signaler à Traktueur, faites-le dans son oreillette, je ne veux aucun contact par informatique avec lui, c'est clair ?

Traktueur. Lewis avait perdu son nom au profit d'un pseudo usurpé, pas que ça lui fasse plaisir de l'appeler comme ça car pour lui – et pour les autres, il l'espérait – Traktueur serait toujours synonyme de Darek. Bien sûr il avait laissé certains informaticiens prendre son pseudo, lui-même l'avait utilisé mais ce n'était pas si courant. Mais dans le feu de l'action, il était nécessaire que le rôle que Lewis venait d'adopter soit clair pour tous et quoi de plus éloquent que le terrible et célèbre pseudo que le commandor avait choisi au pif, un jour d'ennui alors qu'il n'était que simple brigadier, encore inconnu et en apprentissage ?

Lewis, prenez l'ordinateur de Darek, vous êtes à sa place maintenant en temps que hacker, faites honneur à son nom. Et puis si vous croisez Virulino, mieux vaut que vous soyez sur la meilleure machine.

Rapidement il ferma les fichiers qu'il avait ouvert sur l'ordinateur de Darek et vint s'asseoir à côté, devant son propre ordinateur qui lui était quand même plus familier. Bon, demander à un informaticien de changer de machine et surtout de prendre celle d'un autre ce n'était généralement pas la meilleure des choses à faire mais leur commandor ne reviendrait pas demain et sans doute pas après-demain. Son absence serait longue et Lewis devait dès lors s'habituer à son nouvel outil de travail et se l'approprier, alors qu'ils avaient encore un peu de calme, il devait sauter sur l'occasion.

Quant à moi, je vais m'occuper de demandes de Wienfield et de tout ce qui concerne la supervision de la sécurité et ce que personne d'autre ne peut faire. Réunion du conseil dans vingt à trente minutes selon vos avancées. Shane, Romain, Enzo et Jeremy vous vous joindrez à nous ; Le dernier sera de garde.

Réunion du conseil... Elles arrivaient plus souvent qu'on le pensait mais c'était généralement en fin de journée voire en soirée, quand il n'y avait plus tellement de témoins. On disait qu'ils n'étaient pas plus de six d'ordinaire, le septième étant chargé de la surveillance mais il avait besoin que son nouveau Traktueur soit informé. Il aurait pu le convier lui seul mais il avait des apparences à masquer et des hommes à ne pas négliger. On ne connaissait pas tous les membres de cette équipe, certains avaient su cacher leur talent à la majorité des brigadiers. Lewis auraient pu faire partie de ces hommes-là si Darek s'était intéressé plus tôt à lui, s'il avait le talent pour ça mais il n'avait pas tellement le profil de l'homme extrêmement discret, il faisait parler, on savait maintenant quel intérêt on lui portait et qu'il avait des brigadiers sous ses ordres. De toute manière le commandor avait d'autres projets pour lui.


[Je vous propose de répondre chacun votre tour et qu'on finisse le sujet comme ça, je n'ai rien de plus à dire (et on ne va pas faire le conseil !) - Et oui, Mathys ne salue pas Judi, il n'avait qu'à être plus gentil, non mais ! Razz]
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Re: Alerte rouge

Message par Shane M. Lewis le Sam 22 Jan - 22:00

    Shane Lewis n’avait écouté que très vaguement ce que Nelsen disait à Wienfield. Cela concernait le comment ils allaient pouvoir récupérer Tristan. Shane écoutait, question d’être au courant un peu des choses lorsqu’on lui parlerait de tel ou tel point, mais pour autant, il n’y attachait pas un grand intérêt. Pas plus que le raisonnable. Il avait d’autres chats à fouetter (pardon Ysma). Néanmoins, lorsque le patron de Silvio prit congés, mon informaticien prit le soin de le saluer tout de même, par politesse. Rapidement, Shane se vit se faire appeler Traktueur par le nouveau commandor. Il n’avait pas vraiment quitté son écran des yeux. Mais il ne pouvait pas dire que ça l’avait laissé indifférent. Il avait au début cru ne pas être concerné, mais une petite voix dans sa tête lui avait rappelé que le Traktueur en question, c’était lui, et ce, jusqu’au retour de Darek. Lorsqu’il réalisa que c’était lui qu’on appelait ainsi, il comprit mieux l’ordre qu’avait donné Nelsen à l’équipe delta. Mon brigadier respira profondément, comme pour se détendre un peu. S’il y avait bien quelque chose qu’il devait conserver, c’était bel et bien son calme. S’il cédait à la panique, il serait mal barré. Il aurait voulu quelque part que quelqu’un le soutienne. Même s’il avait croisé un peu plus tôt les regards confiant d’Enzo, Romain et Jeremy, mon informaticien ne savait pas vraiment sur quel pied danser, il se sentait comme un bout de viande lancé dans une cage pleine de lions. Il savait qu’il était un bon informaticien, il savait ce qu’il faisait, il ne se laissait pas aller dans des manœuvres hasardeuses, il ne se le serait pas permis. Et Nelsen ne lui aurait pas permis de tester quoique ce soit tant qu’il n’en connaissait pas les effets exacts qui seraient engendrés par la suite. Il n’avait pas vraiment le droit à l’erreur sur ce coup là, le moindre échec et il serait relayé aux informaticiens de bas rang et il ne pourrait compter sur une évolution professionnelle que dans un bon nombre d’années. Shane avait lentement fermé les yeux, un visage apparut dans son esprit. Un visage droit, des yeux d’un vert un peu terne mais qu’il aimait néanmoins, une chevelure dorée et ce petit air carnassier qu’on attribuait souvent à un fauve. Silvio. Son Silvio. Et cette image eut sur mon brigadier l’effet qu’un coup d’élan, d’un encouragement, et d’une force bien plus grande. Lorsqu’il ouvrit les yeux, ce fut quand la voix de Nelsen l’y en tira à nouveau, soit quelques secondes après qu’il les ait fermé. Il se concentra à nouveau sur la situation actuellement en cours.

    Prendre l’ordinateur de Tristan. Shane était habitué à son ordinateur. Et bien qu’il n’ait pas beaucoup de mal à s’habituer à un autre, il s’agissait tout de même de l’ordinateur de Darek cette fois-ci. Mathys lui avait laissé la place, Shane avait hésité quitter son propre ordinateur, mais Nelsen avait raison. S’il venait à croiser Virulino, mieux valait qu’il ait le meilleur ordinateur sous les mains. Il regarda une dernière fois son ordinateur, il ferma les dernières pages après avoir vérifié que tout été en ordre. Il rangea son téléphone portable dans sa poche pour ne pas que Nelsen tombe dessus pas inadvertance. Shane avait tout de même reçu un sms de Darek et ne l’en avait pas encore informé. Peut-être ne le ferait-il jamais. Il n’en avait pas envie à vrai dire. Lorsqu’il éteignit son propre ordinateur, ce fut en se disant qu’il le quittait pour un temps pour le moment encore indéterminé. En général, lorsqu’un Guildien était pris en otage, il restait dans un trou à rats pendant au moins quelques semaines. Trois dans le meilleur des délais, mais rien n’était sûr. Shane serait donc sur l’ordinateur de Darek au moins trois semaines durant jusque… Trois mois. Date buttoir à laquelle Mathys prendrait les rennes de la Brigade Impériale comme Commandor succédant. A partir de là, ce serait Nelsen qui reprendrait l’ordinateur et la place de Darek. Quant à Shane, et bien, il ne savait pas ce qu’il deviendrait. Mathys n’était pas de ceux qui tenait Shane dans son cœur, il ne le haïssait pas non plus, enfin, Shane le pensait. De ce fait, il ne savait pas ce qu’il adviendrait si Tristan venait à ne pas rentrer chez lui. Et il fallait d’ores et déjà s’habituer à cette situation qui était tout à fait possible. C’était loin d’être ce que Shane voulait, il avait pour Darek une certaine admiration qu’il ne voulait pas voir s’éteindre aussi rapidement. Il avait l’impression que les tests de Tristan avaient encore de nombreuses choses à lui apprendre. Etre le jouet de Tristan était synonyme d’apprendre. Il y avait ceux qui comparait ça à une torture, pour Shane, qui était un tant soit peu masochiste, ça avait tout ou presque d’une bénédiction.

    Il s’installa devant l’ordinateur de Darek, remit en place son oreillette question de rester en contact avec ses collègues et d’entendre les bonnes comme les mauvaises nouvelles. Il s’assit dans le fauteuil de Darek, devant son ordinateur. De nombreuses fois, il avait vu Tristan ici, travailler, toujours. C’est que le commandor en passait du temps devant cette machine. Et pour Shane, c’était étrange de se retrouver à cette place, il comprenait pourquoi Nelsen le traitait de petit. Jusqu’à ce Tristan s’intéresse à lui Shane n’avait été qu’un simple informaticien lambda. Il avait toujours cherché à faire son travail certes, mais de là se retrouver face à l’ordinateur de Darek en trait de faire son travail de hacker, c’était pour le moins déconcertant. Il ne doutait pas de ses compétences, il savait qu’il en avait en ce domaine. Il s’était spécialisé en piratage, il avait infiltré Oméga. Mais face à lui, il y avait un informaticien de talent : Virulino, et ça, Shane ne pouvait pas l’ignorer. Il n’en était pas terrorisé pour autant, il avait simplement le tract, comme tout artiste en herbe sur le point de monter sur scène. Mais il y arriverait. Le Silvio qui avait l’habitude de squatter en permanence l’esprit de mon brigadier le lui avait soufflé, doucement, comme pour qu’il ne soit le seul à l’entendre. Et Shane en était devenu plus fort, bien plus fort. Il y arriverait. Il commença à ouvrir fichier et logiciel sur l’ordinateur de Darek. Il prit rapidement possession de la machine en ce qui concernait les fonstions de base, pour le reste, cela venait petit à petit. Parfois, il cherchait un peu, pataugeait à la recherche de telle ou telle icône, mais à mesure qu’il les utilisait, il se souvenait de leur emplacement sur le disque dur de l’ordinateur. Il prenait ses marques, et finit par se retrouver un peu comme chez lui. De nombreuses informations lui venaient à travers son oreillette et après vingt minutes de préparation de protection du système de la Guilde, Shane rejoignit le conseil. Ce fut un homme blond qui fut de garde, pendant le conseil, Shane resta avec son oreille au cas où…


RP terminé
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Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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