Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

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Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Kim van Berghen le Lun 20 Déc - 21:43

hj: Je pensais à poster dans cet ordre là: Kim-Shane, Lian-Ysmael... et ensuite faire "disparaitre Kim" de la scène. Si cela vous va bien sur. (sinon MP!)

dj:

Suite de l'intrigue secondaire Un trio explosif, paix à Joshi....

Les créatures, nommé ainsi car elles étaient des êtres crées… par qui et pourquoi ? Cela restait un mystère pour les nosciens lambda. Mais lorsque l’on cherchait une définition du terme « créature » dans le dictionnaire ou sur le réseau, on pouvait aussi trouver cette phrase comme référence : «Personne dévouée à une autre de qui elle tient tout ce qu'elle possède ». Comme Frankenstein… Mary Shelley avait parfaitement réussit à dessiner le portrait de la relation créateur, créature qui peut dégénérer. En 1818, une femme avait réussit à écrire un roman vraiment passionnant, décrivant le docteur Victor Frankenstein et ses expériences au-delà de l’imaginable, l’étude de la psychologie du chercheur était tout simplement exacte et très intéressante à étudier. Un bon livre à lire au coin d’un feu de cheminée en hivers…

Les quelques membres de la congrégation qui avaient des connaissances médicales s’étaient joint pour tenter de soigner les blessés, et apporter de le matériel médical nécessaire. Ils avaient fini par diviser la chapelle en trois partie : les personnes en bonne santé ou qui avaient été soignés, les blessés (ceux qui nécessitaient encore des soins ou blessés très grave qui avaient besoins de soins immédiat) et finalement les morts ou plus tristement ceux qui attendaient qu’on achève leurs souffrances. Heureusement la dernière partie n’était pas si importante en proportion, et les personnes en pleins forme formaient la majorité. Les brigadiers avaient bien fait leur travail.

D’ailleurs voilà que le dernier groupe rentrait. Encore des blessés graves et des morts… Chacun avait été invité à s’asseoir sur un banc, trié en fonction de l’urgence de sa demande, il était conseillé à chacun de rester tranquille et d’attendre qu’on vienne s’occuper de lui, les « autorités compétentes faisant leur possible pour prendre en charge leur cas dès que possible ». Kim venait juste de refermer une blessure et de la protéger par un des bandes servant de pansement, indiquant à la personne qu’il fallait maintenant se reposer et faire la queue pour attendre un des repas plus ou moins chaud qui serait servit par les membres de la congrégation, lorsqu’on lui attrapa le bras pour lui signaler que l’un des brigadiers était assez mal en point malgré son armure. Il hocha la tête en soupirant et chercha du regard sa consolation de la minute, attrapa un verre de café qui était distribué pour permettre aux médecins et nouveaux résidents de la chapelle de tenir et de se réchauffer. Il avala presque d’un trait l’étrange boisson qui était mal préparée, bien trop forte, trop concentrée… mais finalement parfaite pour la situation. Puis il suivit l’homme jusqu’à son prochain patient.

Shane Mael Lewis, il connaissait le petit gars. Informaticien et claustrophobe… Les deux informations principales qui avaient surgi à sa mémoire en évoquant le nom et le dossier de celui qui semblait bien mal en point devant lui. Il demanda à celui qui l’avait mené jusqu’à l’informaticien de l’aider à enlever l’armure de protection, qui visiblement avait été endommagée, du jeune homme pour qu’il puisse l’examiner. Tout en s’adressant à celui qui semblait visiblement sur le point de s’endormir.
Bonsoir, Mr Lewis. Cela fait un bout de temps que je ne vous avais pas vu… Allez allez on se réveille ! Votre dossier n’a pas été actualisé alors qu’il aurait du… Je vais devoir prendre des mesures et vous convoquer une nouvelle fois. Surtout si vous prenez des risques aussi inconsidérés…

Il jeta un regard à l’arme qui avait glissé au sol à côté du jeune homme avant de continuer sa litanie uniquement destinée à garder Shane Lewis éveillé et attentif pour qu’il réponde aux questions et ne se laisse pas emporter par la fatigue.

Beau joujou que vous avez là. A sa couleur, je vois que vous avez été efficace. Vous pouvez être fier de vous. N’abandonnez pas le combat face à Morphée, il est bien moins impressionnant et dangereux que ces créatures que vous avez vu dehors… J’ai besoin de vous éveillé.

Kim se souvenait de la dernière fois où il avait entendu parler de Shane, pas très flatteur ni très glorieux les rumeurs qui circulaient sur lui à Nosco. Le jeune homme n’avait apparemment pas qu’une grande blessure sur l’abdomen, mais aussi le cerveau en miette. Il y avait des photos de lui déguisé en lapin qui avaient réussit à filtrer et être disséminés dans tout Nosco. Oui, il était au courant et avait vu la photo. Et il trouvait le jeune informaticien très téméraire mais surtout un peu trop insensé et irresponsable de prendre de tels clichés et surtout de ne pas y veiller plus soigneusement. Shane n’avait apparemment pas réfléchit à ses actions et s’était laissé emporté peut être par la boisson… tel un chien fou ou un adolescent. Mais heureusement cela ne lui vaudrait pas sa place, seulement quelques remarques acerbes de ses collègues ainsi qu’une ligne de plus à son dossier personnel.

Il fit s’allonger le patient et commença son examen du torse du jeune informaticien, la créature ne l’avait pas raté, il lui fallu au moins trois passages avec des bandes humide pour enlever le sang qui avait coulé et découvrir ainsi la blessure et sa profondeur réelle. Kim tentait de rester neutre pour ne pas montrer son inquiétude. Ils auraient été au Sapientia dans un endroit sain et hygiénique, dans l’une des salles d’opération de Nosco, il n’aurait pas été inquiet, il aurait pu parfaitement soigner Shane, mais ici… entouré de tant de personnes, avec un rat dans sa poche, alors que le jeune homme était visiblement fatigué… Il ne pouvait rien promettre. Bien d’abord faire le bilan : poumons… intacts, cœur… fonctionnement normal, rate… non touchée. La créature avait épargné tous les organes important. Les griffes semblaient simplement avoir transpercé la chair et les muscles.

Shane, vous êtes toujours là ? Continuez à parler… On vous écoute.

D’un mouvement de la main, il demanda de s’approcher à l’un des prêtres qui passait et lui glissa à l’oreille tout ce dont il aurait besoin, désinfectant, bandages, une couverture chaude pour ne pas laisser le jeune homme trembler de froid, et il ajouta à sa liste une nouvelle tasse de café. Puis, il se réinstalla à côté du jeune homme, s’asseyant sur la chaise qu’il avait emprunté quelques mètres plus loin.

Je suis sur que vous rêver de votre souris d’ordinateur, mais savez vous que ce n’est pas vraiment le moment ? Ne vous inquiétez pas vous la retrouverez bientôt. Ah, oui et j’oubliais, vous devez rester éveillé et éviter de rire pour le moment. Vous avez eu de la chance. Sans votre armure, je n’aurais pas donné cher de votre peau…
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Shane M. Lewis le Dim 26 Déc - 18:24

    Monstrueuses. Ces créatures étaient monstrueuses. Laides et brutales. Parfaitement sanguinaires. Il les détestait, il ne les avait jamais autant haïes. Il portait la dépouille de l’informaticien de sa brigade avec un camarade. Le corps n’était pas lourd que physiquement, il portait aussi un poids émotionnel. S’en remettrait-il seulement ? Il n’en savait rien. C’était pourtant ça les règles du jeu. On arrivait ici, en chair et en os, et puis, il y a les terrifiantes créatures, celles qui veulent ôter la vie des habitants. Si on en réchappe, on vit. Sinon, on meurt. Et l’autre était mort. Il avait perdu ce jeu. Ce jeu auquel tous les habitants jouaient, non pas par plaisir, mais parce qu’ils y étaient obligés. Et Shane n’aimait pas cela. Il aurait voulu ne pas avoir à être plongé là dedans. C’était terrible.

    La chapelle était bien plus protégée qu’à l’extérieur. C’était dans le sanctuaire qu’étaient fabriquées les ondes alphas. On pouvait compter sur la congrégation de Joshi pour s’approvisionner dans un premier lieu elle-même. Les autres ensuite. Ca, c’était un autre jeu. Le monde de Nosco n’était qu’un assemblage de jeu. Et pour survivre, il fallait toujours être gagnant. Si on avait le malheur de perdre ne serait-ce qu’une seule fois, s’en était fini de nous. S’en était fini définitivement. Pourquoi étaient-ils sortis combattre ? Parce ce que d’une part c’était les ordres. D’autre part, ce n’était pas vocation pure et simple. Il était brigadier. Il protégeait la population Noscoienne. Il fallait détruire ces créatures. Plus ils en tueraient, moins il y en aurait, du moins, il l’espérait. Et voilà ce qu’il en résultait. Il avait un mort sur les bras. Foutues créatures. A l’intérieur, Shane réalisa alors sa propre situation. Il était gravement blessé au ventre. Très gravement. Son armure l’avait bien protégée, pas assez. Il sentait à présent la douleur qu’il n’avait pas ressentie jusque là. Il se laissa tomber à genoux, épuisé, il se pencha sur le corps qu’il venait de ramener. Il regardait ce visage blanc comme la mort, et ce sang, tout ce sang. Il détestait ça. Il comprenait pourquoi il était informaticien et non pas soldat. C’était mieux ainsi. De là où il était, il ne voyait pas tout ce mal et toute cette souffrance. Peut-être était-ce qui le mettait dans un état d’insouciance face à ce qu’était Nosco en réalité. Nosco était une ville dangereuse, pleine de démons aussi bien de créatures que parmi les êtres humains. La brigade informatique était toujours celle la moins touchée des brigades en matière de mort. C’était une manière de se sentir en sécurité. Par rapport à la brigade de nettoyage et la brigade anti-terroriste, la brigade informatique était dans un doux cocon. Manque de réalisme dans tout ça. Shane le savait, il s’en rendait bien compte aujourd’hui. Il voyait bien ces morts, il voyait bien ce sang. Il voyait aussi ces créatures. Shane en avait longuement entendu parler et si peu à la fois. Il savait qu’on en parlait pas et pourtant, tout le monde connaissait leur existence terrorisante.

    Shane se relava difficilement tant sa blessure lui faisait mal, il se laissa aller en arrière, jusqu’à ce qu’il ait un mur dans son dos, pour se tenir debout, car il n’y parvenait plus par la force de ses jambes. Ses yeux clairs et terrorisés fixaient cet homme étendu sur le sol, un collègue, un ami, un fier combattant qui venait de tomber. Il se souviendrait toujours de la première fois où il avait entendu parler des créatures. C’est lorsqu’on avait remonté des sous sols un brigadier qui avait été complètement dépouillé par une créature. L’apprenti en informatique qu’il était à cette époque avait été tenu en froid face à ce qu’il avait eu devant ses yeux. On avait étouffé ça bien vite. Cinq minutes plus tard, il n’y avait plus rien et tous ceux qui osaient parler de ce tragique incident se taisaient sous le joug d’un regard rempli de sous entendus. Si Shane n’avait pas été là au moment où on avait remonté le corps, il n’aurait probablement pas été au courant totalement de cette histoire. Tout comme il devait y en avoir beaucoup de morts qu’on remontait et dont on n’entendait pas parler. Tout ce qui concernait les créatures semblait se faire étouffer par une sorte de censure. Ca n’avait pas empêché l’informaticien d’en savoir suffisamment.

    Shane laissa son dos glisser contre le mur jusqu’à ce qu’il touche le sol, atteint de corps et d’âme par la situation. Il lâcha son arme sur le sol, il voyait vaguement des gens qui se retournaient vers lui, l’air horrifié. Qu’importe, Shane voyait déjà flou et l’expression de leur visage devint une étendue sans possibilité de discerner quoique ce soit. Il entendit quelqu’un demander un docteur pour lui avant que tout ne devienne qu’un assourdissant bourdonnement à ses oreilles. Il marmonna un « nan, j’veux pas de docteur… » mais il était certain que personne ne l’avait entendu. Il voulait se relever, fuir avant que ce fameux docteur n’arrive. Il se rendit rapidement compte qu’il n’y parvenait pas, prisonnier de sa propre faiblesse. Il s’en voulait, il aurait voulu disparaître. Shane n’aimait pas les docteurs. Absolument pas. Il voulait donc éviter quoique ce soit le mettant en relation directe avec l’un d’eux. Il vit une forme s’approcher de lui, trop floue pour qu’il puisse savoir de qui il s’agissait. On lui ôta son armure aussi, il voulait riposter, il voulait les empêcher de le toucher et de le charcuter. Mais rien, il ne parvenait à rien faire. Il se sentait faible soudain et ça le révoltait. Il poussa un gémissement de douleur lorsqu’on lui ôta son armure. La douleur était violente au niveau d u thorax. Chaque mouvement de son thorax la lui réveillait. Il avait la respiration courte car il évitait de respirer trop profondément, c’était là que la douleur était plus marquante. Le fait de ne pas pouvoir respirer normalement commençait à l’épuiser, car il manquait d’air (imaginez bien que pour un claustrophobe, manquait d’air devenait sérieusement un problème). Il était parfois obligé de prendre une plus grande respiration pour compenser cela, s’arrachant un cri étouffé de souffrance.

    Il entendit quelqu’un qui lui parlait de ses visites médicales pas à jour. Normal, Shane les fuyait. C’était donc un docteur qui était là à côté de lui alors qu’on finissait de le mettre torse nu. Shane fit un mouvement pour repousser le médecin, essayant de se relever dans un même temps, sans succès d’ailleurs. Il était mal barré, il fallait l’avouer. Il ne se relèverait pas sans les soins d’un médecin, et pourtant, Shane s’entêtait dans sa peur d’eux, les fuyant comme la peste.

    « Non… J’ai pas besoin de médecin… Laissez-moi tranquille… »

    Fit-il difficilement pour qu’on le laisse en paix. Il savait que c’était peine perdue. On ne le laisserait pas tranquille. Lui-même savait pertinemment que si on le laissait dans l’état qu’il était avec la plaie au ventre qu’il avait, il finirait par mourir si on ne faisait rien pour lui. Mais… C’état ainsi, il ne voulait pas. Il ne l’acceptait pas. On avait besoin de lui éveillé ? Oh mais Shane luttait contre l’endormissement pour une seule et bonne raison : empêcher ce médecin de le toucher d’une manière ou d’une autre. Une autre chose lui resta à l’esprit. Eveillé ? Il le voulait éveillé… Mais pourquoi ? Pour que Shane sente mieux la douleur quand l’autre le charcutera ? Non merci !

    « Me touchez pas ! Qu’est ce que vous voulez me faire ?! »

    Il avait agrippé la main de médecin avant de constater qu’il avait un bandage à la main et qu’il était en train de lui éponger le sang. Il réalisa aussi qu’on l’avait allongé sur le sol, enfin. Il serra fortement cette main, sachant qu’il avait encore de la force dans cette partie de son corps. Il serrait fort parce qu’il voulait lui faire mal. Il voulait que le médecin le laisse tranquille, qu’il le laisse en paix, qu’il arrête de le toucher. Il respirait toujours difficilement, il finissait par s’étouffer à manquer d’air et à chercher à se débattre. Il prit deux grandes respirations de suite, lui arrachant une grimasse de douleur. Il venait de donner un coup de point dans le genou du docteur également, sous le coup de la souffrance et l’envie qu’il ne le charcute pas.

    « Fichez-moi la paix ! Vous n’avez pas le droit ! »

    Sa main serrée sur celle de médecin se relâcha à mesure que ses yeux se fermaient. Il était fatigué de se débattre, il avait mal et il en avait assez de souffrir. Qu’on le charcute au fond, il s’en fichait, il se sentait déjà mort. Un instant, il cessa de voir flou, fixa les traits neutre du médecin alors qu’il lui examiner il ne savait trop quoi sur son ventre. A force de respirer n’importe comment, Shane finissait par ne plus avoir d’air, et prendre une grande bouffée d’air allait lui faire très mal, il n’en pouvait plus, il avait trop mal pour continuer. Il manquait d’air donc et sa vision commençait à se couvrir de petits points noirs. Il essayait d’avoir les yeux ouverts, de rester éveiller, car inconsciemment, il tentait de suivre les conseils du médecin. Mais il n’y parvenait pas cette fois, il avait l’impression de sombrer.
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Lian Grenfield le Lun 27 Déc - 0:32

Ils s’étaient lentement repliés sous les assauts des créatures, protégés par les congrégationnistes et les brigadiers. Etrangement personne n’avait tenté de l’achever, ou de l’arrêter. Pour sur les brigadiers avaient d’autres soucis en tête, et c’était une bonne chose pour la jeune femme. Elle les voyait revenir avec des blessés graves et des morts. La tristesse et la fatigue qui s’affichait sur leurs visages étaient compréhensibles. Elle se souvenait quand elle avait été dans leur cas, ou à chaque fois qu’un rebelle était capturé ou tué lors d’une mission, c’était toujours la même douleur. On faisait semblant de s’y habituer, mais c’était impossible. Elle tenta donc de rester éloignée d’eux, de peur de réveiller leur colère ou leur haine des rebelles et surtout de se faire repéré puis capturé comme une sorte de vengeance sur ceux qui venaient des sous-sols et avaient apportés la mort.

Lian s’était donc concentré sur Ysmael, qui semblait avoir été blessé, bien qu’il ait eu de la chance de s’en sortir aussi bien. Il semblait si jeune mais pourtant il maitrisait assez bien les armes, comment et pourquoi elle l’ignorait, cependant elle en était contente. Il n’avait pas été trop touché, il s’en était sorti… C’était se réjouir sur le malheur des autres, de s’en être tiré sans problème alors que d’autres y avaient laissé la vie. Mieux valait il cela ou le syndrome du survivant ? S’en vouloir et gâcher son existence pour quelque chose dont on n’était pas responsable ? Ysmael avait été pas mal blessé, sans doute de part son utilisation d’armes blanches plutôt que d’armes à feu qui permettaient de garder une distance de sécurité. Il avait des blessures sur les bras, les jambes et même une longue entaille sur l’épaule ! Lian le dirigea vers un banc, tout en suivant les instructions des congrégationnistes qui indiquaient le chemin pour les blessés. Elle le laissa s’asseoir confortablement avant de glisser.

Ne bouge pas je reviens vite.

Lian était sans doute blessée mais la boue et le sang qui la couvrait empêchait de réellement savoir où. Et elle avait fait attention à éviter le plus de coups possible, et portait aussi une armure de protection, le tout aurait du suffire, et elle pensait plus à la sécurité du nouvel arrivé qu’à la sienne pour le moment. Elle fit la queue quelques minutes pour enfin pouvoir accéder à un prêtre qui distribuait des victuailles dont du café chaud et des barres énergétiques, elles lui demanda aussi deux couvertures chaudes qu’on lui donna après quelques refus hésitants. Elle revint donc les bras chargés, et déposa un instant la nourriture et la boisson pour passer une large couverture chaude dans le dos d’Ysmael pour qu’il puisse s’enrouler dedans, et s’habillant de l’ample manteau à capuche qu’on lui avait fourni. Elle reprit les aliments et donna à son protégé une tasse du café bien chaud et une barre énergétique, avant de se servir.

Il faut que tu reprennes des forces, en attendant qu’un médecin puisse t’examiner. Ils vont sans doute s’occuper des cas les plus graves. Tu penses pouvoir attendre jusque là ? Tu vas assez bien ?

Elle n’avait pas beaucoup de connaissances en médecine, si ce n’est aucune. Elle savait faite et changer un pansement et encore. Mieux valait donc éviter de donner des conseils de santé ou de tenter de soigner Ysmael sans savoir réellement ce qu’il fallait faire.

Tu t’es montré très courageux tout à l’heure de te battre ainsi.

Elle avait craint qu’il soit traumatisé par sa première rencontre avec les créatures, et qu’il ne supporte plus d’en rencontrer, mais au contraire Sma’Hil avait fait preuve de bravoure et de grandes qualités de combats. Certes sa technique pouvait être encore amélioré ainsi que sa maitrise des armes mais il s’en était vraiment bien sortit. S’en était même impressionnant. Allan Cadmun, le haut prêtre de la congrégation avait décidé de placer le jeune homme dans le groupe des membres destinés à garder et protéger la congrégation de Joshi ?

Quelqu’un t’a apprit à ta battre ici ?

Le jeune homme savait aussi manier la langue, comme elle avait pu le constater avec Shane Maël Lewis, l’informaticien dans leur duel verbal avant qu’ils ne sortent pour combattre tous les trois… D’ailleurs en pensant à lui… Lian se leva soudain pour lancer un regard aux alentours et tenter de savoir où pouvait être celui qu’elle avait tenté de tuer à deux reprises. Elle dévisagea chacune des personnes qui étaient proches, mais aucune trace de l’informaticien, il ne semblait pas être dans la partie qui attendait de se faire soigner par les médecins. Était-il en pleine forme et déjà en train d’œuvrer pour autre chose ? A rétablir les ondes alpha ? Peut être ! Ou alors… il s’était fait décapité par une créature ou pire… bref, il pouvait aussi avoir été blessé gravement et être plus loin dans le coin sombre où s’entassaient blessés entre la vie et la mort, ou parmi… les cadavres couvert d’un drap blanc.

Elle se rassit pensive. Ne sachant pas si elle devait sauter de joie ou pas. Après tout il allait peut être bien. Il ne fallait pas vendre la peau de l’informaticien avant de l’avoir tué de ses mains propre et d’avoir vu et vérifié qu’il était bien mort. Il serait temps de voir s’il avait vraiment succombé plus tard, pour l’instant, elle se devait de s’occuper d’Ysmael, qui semblait un peu pâle. Elle prit une gorgée de la boisson chaude et grimaça avant de se tourner vers son protégé.

Le café te va ? Ce n’est pas trop fort ? Ils ont un peu abusé sur les doses je crois…

Pour l’instant l’adolescent ne s’était pas plaint, s’il le faisait, elle irait chercher un médecin ou un membre de la congrégation qui prendrait certainement le cas de l’un des membres de sa communauté au sérieux, surtout si c’était un nouvel arrivé depuis quelques mois. La rebelle trouverait bien un moyen de le convaincre de l’urgence s’il se sentait mal. Pour l’instant c’était seulement l’attente, pour avoir le droit d’être occulté. Une attente dont le temps semblait décuplée. Une seconde devenait une minute.

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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Jeu 13 Jan - 16:04

Le rythme s'était ralenti si vite qu'il n'en avait tout d'abord pas pris conscience, le gamin était resté dans le même état que lorsqu'il combattait mais maintenant qu'il ne devait plus être hyper attentif, qu'il ne fallait plus bouger à la vitesse de la lumière et être constamment en mouvement, maintenant qu'ils marchaient simplement, il avait senti comme un poids s'abattre peu à peu sur ses épaules. Dans le feu de l'action il ne s'était pas rendu compte des blessures ni de la fatigue qu'il avait accumulées. Bien sûr depuis qu'il avait découvert qu'il avait des aptitudes au combat, il s'était entraîné sans relâche pendant des heures chaque jour pour retrouver au maximum toutes ses capacités mais là c'était bien différent, ce combat-là n'avait pas été un jeu, il n'avait pas même eu droit à un demi quart de seconde de pause et ce n'était pas contre un assaillant unique et imaginaire qu'il avait dû se défendre mais contre les bestiales créatures, toujours plus nombreuses, infatigables, in-tuables ; et lorsqu'on se débarrassait de l'une d'entre elle, trois autres venaient aussitôt pour la remplacer, si ce n'était pas plus. Le choc avec le vrai monde du combat et de la guerre avait été douloureux mais il avait l'impression d'avoir bien plus appris ainsi plutôt qu'en cherchant à retrouver seul ce qu'il avait bien pu oublier en atterrissant ici.
Titubant légèrement, il était content que Lian soit là pour le guider et, comme un enfant aurait suivi sa mère, il ne la lâchait pas d'une semelle. La fatigue s'abattait sur son corps, à chaque mouvement des douleurs se faisaient sentir, plus ou moins supportables, son épaule surtout le lançait sans cesse et il avait l'impression que la douleur ne passerait jamais. Il serrait contre lui l'épée qu'il avait chipée comme s'il avait peur qu'on la lui reprenne. Il l'avait rangée dans son fourreau une fois hors de danger et avait vaguement songé à ne pas la rendre quand une idée lui était venue, il avait accumulé un peu d'argent, peut-être que s'il en parlait à l'un des frères, s'il était gentil, oui peut-être qu'il pourrait la racheter. Il lui semblait que ce n'était pas légal de posséder une telle arme avec le rang de frère qu'il avait mais il s'en fichait, ce n'était pas la brigade qui allait fouiller la congrégation et il saurait bien se montrer discret... De toute manière ce n'était pas négociable ! L'arme avec laquelle il avait fait son premier combat ! Elle était comme marquée de quelque chose de sacré, il ne pouvait la rendre, pas qu'il soit vraiment possessif mais avoir quelque chose à lui dans ce monde étrange lui ferait du bien, non ?
Un vertige le prit et par chance, ce fut le moment où Lian lui dit de s'installer sur le banc tout proche, sans rechigner il alla s'asseoir, se sentant soudain beaucoup mieux même si en la voyant s'éloigner il eut un pincement au cœur. Quoi ? Elle repartait déjà ? Non, elle n'avait pas le droit ! Mais il ne se sentait pas la force de lui courir après, il n'avait pas vraiment envie de dormir, il était juste un peu fatigué, il n'avait pas encore repris son souffle et respirait toujours assez rapidement. Il allait devoir lui faire confiance, espérer qu'elle revienne. D'un côté il aurait compris qu'elle s'enfuisse, il y avait des brigadiers, c'était risqué pour elle. Depuis leur première rencontre il s'était intéressé aux rapports entre les trois clans et on lui avait expliqué pourquoi Lian ne pouvait pas se balader comme ça n'importe où sans redouter d'être interpellée, arrêtée... torturée ! Non, ça ils n'avaient pas le droit !

La jeune femme lui avait sauvé la vie et étrangement son action mêlée à sa gentillesse avait fait naître en lui un attachement farouche envers la rebelle. Lui, il se fichait bien qu'elle soit hors-la-loi ou qu'elle ait fait quelque chose de mal, c'était l'une des seules personnes qu'il aimait beaucoup et avec qui il avait envie de passer une bonne partie de son temps sans devenir le petit diable qu'il était presque toujours. En fait, sans qu'il s'en rende vraiment compte, il considérait Lian Grenfield un peu comme la mère qu'il avait perdue en se réveillant ici. Mais elle n'était pas venue le revoir depuis qu'il était arrivé, peut-être que cette fois aussi elle allait l'abandonner... Ysmaël avait envie de pleurer à cette idée et quelle ne fut pas sa joie quand il l'aperçut revenir vers lui ! Alors, elle ne l'avait pas abandonné ? Elle allait passer un peu de temps avec lui cette fois ? Il s'en serait réjoui d'avance si les douleurs de ses blessures n'étaient pas revenues avec force et ne lui avaient pas arraché une grimace.

Lian ! S'exclama-t-il avec un petit sourire quand il se sentit un peu mieux.

Il avait envie de lui sauter dans les bras et de se blottir tout contre elle, là au moins il se serait senti rassuré.

Je... commença-t-il. Puis il s'observa un peu et remarqua que ses habits étaient en lambeaux par endroits. Ses blessures n'avaient pas l'air trop profondes mais il en avait quand même un certain nombre, seule son épaule semblait avoir bien morflé. Ça va à peu près, reprit-il, il y a juste mon épaule qui saigne toujours, je ne sais pas ce qu'il faut faire mis à part désinfecter la plaie... mais je crois que ça peut attendre... Tu crois que je vais muter ? Avait-il demandé avec un drôle d'air, mélange d'étonnement et de crainte.

L'adolescent avait posé l'épée tout près de lui et s'était enroulé dans la couverture, elle commençait à le réchauffer et ça faisait du bien. Il avait ouvert l'enveloppe de la barre énergétique et en avait croqué un bout, la nourriture ici n'était pas très bonne mais Lian avait raison, il fallait qu'il reprenne un peu de forces, il avait dépensé beaucoup plus d'énergie que d'ordinaire en se battant ainsi.

Non, personne ne m'a appris, répondit-il, je me suis entraîné tout seul, je crois que là-bas je savais aussi me battre, sinon ça ne me reviendrait pas... un peu comme une évidence... enfin, je ne sais pas trop...

Il se tut, songeur. Peut-être qu'il devrait demander à l'un des frères de l'aider à s'entraîner et de lui apprendre des choses, les miliciens eux aussi savaient bien se battre. Mais qui ici accepterait ? Les gens de la congrégation n'avaient pas l'air de beaucoup l'aimer, enfin il ne comprenait pas trop, ils n'étaient pas toujours gentils avec lui et le traitaient toujours comme un enfant. L'affection qu'on lui donnait quelque fois lui faisait du bien mais tout le monde ici le voyait comme un gosse qui pouvait se révéler fort désagréable, ils ne cherchaient pas trop à le connaître ni même à être ami avec lui. Est-ce que ce serait toujours comme ça ?
Le garçon avait bu quelques gorgées de son café pour se réchauffer un peu, effectivement il était assez fort et ce n'était pas sa boisson préférée mais il se contenterait de ça, n'étaient-ils pas en temps de crise ? Il aurait bien aimé que cet événement hors du commun lui rappelle quelque souvenir mais rien ne lui revenait en tête, sa mémoire d'antan restait toujours aussi brumeuse qu'elle l'avait été ce matin.

Ça me réchauffe un peu, dit-il. Puis il posa sa tasse et vint se blottir contre son amie, l'entourant de ses bras et posant sa tête sur son épaule. Tu m'as manquée ! J'ai cru que je ne te reverrais jamais ! Tu crois que tu pourras rester un peu avec moi cette fois ? Sinon je pourrais t'accompagner dans les souterrains, comme ça tu pourras t'enfuir si les brigadiers veulent t'arrêter, murmura-t-il d'une petite voix.

C'était peut-être à cause d'un funeste événement qu'ils avaient été réunis à nouveau mais il ne comptait pas la laisser partir comme ça, il aimerait bien pouvoir la connaître un peu plus. Ysmaël espérait secrètement qu'en étant à l'intérieur du sanctuaire les autres ne lui nuiraient pas, surtout les brigadiers. Et puis il lui semblait que ce lieu était un terrain neutre, signe de paix et qu'ils n'avaient pas le droit de l'inquiéter, de l'emmener avec eux. Dans le pire des cas il essayerait de la protéger, il les empêcherait, juste pour lu donner le temps de s'enfuir, tant pis s'il avait des ennuis après et s'il se faisait gronder par Allan. Son parrain, il le trouvait gentil même s'il était assez renfermé et pas très bavard, il avait ce quelque chose d'imposant, il donnait cette impression de savoir une multitude de choses et chaque mot sorti de sa bouche était ésotérique à ses yeux. Mais un jour lui aussi en saurait autant que lui, un jour il aurait retrouvé tous les souvenirs de son ancienne vie, peut-être alors qu'il ferait comme Joshi et partirait ou bien il choisirait de suivre les traces d'Allan et resterait dans ce monde qui au fil des années se révélerait peut-être sous un jour plus agréable...

Tu te bats bien, ajouta-t-il, j'aimerais savoir faire comme toi. Un léger silence s'installa avant qu'il n'ose poser une question qui le taraudait depuis longtemps. Dis, pourquoi est-ce que tu as rejoint les rebelles ? On m'a dit que tu étais brigadière avant, ça ne te plaisait plus ? Toi aussi tu crois que l'impératrice est une dictatrice ?

Il avait levé sur elle ses grands yeux gris d'enfant innocent et curieux mais au fond de lui il ne se sentait plus tellement l'âme d'un gosse, il se demandait bien ce que pouvait être l'avis d'une rebelle et s'apprêtait à noter attentivement dans sa tête la réponse qu'elle lui donnerait. Interroger les trois camps c'était le seul moyen de se forger une opinion et bien que le moment soit mal choisi, il n'était pas sûr de pouvoir croiser la jeune femme ou même une autre rebelle avant un bon moment.
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Ysmaël El'Hirajiri
~ Nouvel Arrivé ~


Camp : Congrégation de Joshi
Profession : Frère
Âge réel : Réduit à quelques semaines
Âge d'apparence : Une quinzaine d'années, à vue d'oeil.

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Mémoire:
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Kim van Berghen le Mar 1 Fév - 23:59

Hj : Hugh Laurie - All We Gotta Do

Dj:
Tandis qu’il tentait de soigner l’informaticien, une jolie chanson lui trottait dans la tête, parce qu’après tout si on donnait toujours la solution à tout, il n’y aurait plus de mystères et donc plus de plaisir… Tenter de garder quelques secrets, même si c’était seulement dans des jardins imaginaires…


Well, the poor keep getting hungry,
And the rich keep getting fat
Politicians change, but they’re never gonna change that.
Girl, we got the answer, it’s so easy you won’t believe
All we gotta do is…

Il y avait eu des mots et des blessés par dizaine aujourd’hui… Parmi les hauts conseillers ? Surement pas, eux restaient protégés et en sécurité, c’était les petites gens qui payaient toujours… Voilà maintenant que les informaticiens se transformaient en soldat pour palier aux manques et repousser les créatures. Trouver un peu plus de chaire à canon, tester leurs résistances pour voir jusqu’à où ils iraient… Jusqu’à quel point aimez-vous votre impératrice ? Mais ils la vénéraient tous, au moins autant que Joshi. Et pourtant c’était si facile, la solution était là à portée de main… Ce qu’il suffisait de faire c’était…


Well, the winds of war are blowin’, and the tide is comin’ Don’t you be hopin’ for the good times, because the good times have already been.
Girl, we got the answer, it’s so easy you won’t believe
All we gotta do is…

Ne pas espérer d’amélioration de leur situation… Non, pas pour tout de suite en tout cas, il faudrait le temps de repousser les créatures… Si seulement les ondes alpha pouvaient revenir, ce serait sans doute bien plus facile et encore… Lorsque la faim prenait ces créatures-là, rien ne les arrêtait, aucun char d’assaut n’aurait pu les stopper. De toute façon, il n’y avait aucun char à Nosco, des armes certes, mais de poings. L’herbe était elle plus verte de l’autre côté de l’enceinte ? Pour certains oui, pas pour tous… Chacun se fixait ses propres barrières. Et pourtant chacun avait la réponse, c’était si facile que l’on n’y croyait pas… Tout ce qu’il suffisait de faire c’était…


It’s so easy, to see
If only they’d listen, to you and me
We got to… as fast as we can
We got to… every woman, every man
We got to… time after time
We got to… vodka and lime

Non ce n’était pas vraiment le moment de se prendre un verre d’alcool, chacun tournait au café chaud distribués par les congréagtionnistes. Et encore si celui-ci réchauffait les corps, il ne pouvait réconforter les esprits, apaiser les larmes et la souffrance endurée et aperçue. Shane part contre devait déjà planer quelque part bien loin, s’affirmant capable de surmonter la blessure sans aucune aide extérieure. Il plainait certainement à cause de la douleur. En tout cas, il était plutôt éveillé pour un mourant ou alors c’était sa façon d’exprimer ses dernières volontés « ne me touchez pas ». Bon heureusement Kim n’était pas du genre à se vexer, et puis la petite musique qui jouait dans sa tête le mettait de bonne humeur malgré l’ambiance macabre. Voilà que le jeune homme venait de lui attraper la main, tentant de la serrer le plus possible. Le scientifique et docteur en avait vu de bien pire et bien plus costaud tenter de lui enserrer la dextre, après tout les méthodes d’avant étaient bien moins confortables pour le patient, et il avait eu assez de bouts de choux à s’occuper pour savoir ne pas protester et continuer comme si de rien n’était, tel un protecteur paternel. Il avait eu le temps de contrôler tous les paramètres vitaux : pouls, respiration, qui bien que laborieuse était toujours présente, fréquence respiratoire, rythme cardiaque, coloration des muqueuses, temps de recoloration capillaire… Il avait ainsi pu faire un pré-diagnostique.


Well, the world is gettin’ weary, and it wants to go to bed
Everybody’s dyin’, except the ones who are already dead.
Girl, we got the answer, starin’ us right in the face
All we gotta do is
All we gotta do is
All we gotta do is…

Soudain une nouvelle attaque du jeune homme se fit sentir, un coup assez violent au genou. Quel sale gosse tout de même ! Kim serra les dents pour ne pas hurler, tout en continuant ce qu’il faisait. Le petit semblait lutter de moins en moins, fatigué de se débattre sans doute. « Tout le monde meurt… sauf ceux qui sont déjà mort », mais Shane ne mourrait pas, Kim s’occupait de lui et ne le laisserait pas partir dans le monde des morts… Ce n’est pas encore ton heure gamin… Il avait contrôlé l’hémorragie en la compressant, vérifié qu’aucun organe vital n’avait été touché. Il venait juste de lui injecter localement des antalgiques pour que le patient puisse supporter la douleur. Il aurait voulu lui en donner plus pour qu’il ne souffre pas, mais ils n’étaient pas au Sapientia, les réserves de la congrégation de Joshi étaient minces et il y avait tant de blessés à soigner… Il ne pouvait se le permettre. Ils avaient finalement redressé l’informaticien en position demi-assise lorsqu’ils avaient constaté sa difficulté à respirer. La plaie avait été nettoyée aussi bien que possible, puis il l’avait désinfecté. Heureusement le désinfectant n’était pas ce qui manquait le plus dans la chapelle, ni même un endroit où se nettoyer correctement les mains, avec eau et savon, cependant tant de personnes réunies et serrés dans une si petite salle, avec autant de blessé… Les risques de contagions et de maladies étaient élevés. Et maintenant le médecin, transformé en chirurgien sans instrument se débrouillait comme il pouvait, avec le matériel de premier secours fournis par les congrégationnsites pour ligaturer les vaisseaux quine cessaient de saigner. Il fit ensuite une réparation tissulaire par suture de la paroi musculaire, ainsi qu’une suture de la plaie. Le sang avait cessé de couler, il lui fallait maintenant du repos et pas trop d’efforts physique, ce que le médecin conseilla aux proches du patient. Il n’y avait pas de possibilité de réclamer plus d’antibiotiques ou d’antalgiques… Il fallait presque marchander avec les frères qui avaient peur de manquer. Kim reprit enfin la parole avec son patient, ou plutôt son agresseur qui avait tenté à tout prit de lui faire lâcher prise.


Vous sentez vous un peu mieux ? On va vous apporter du café pour vous réchauffer… En attendant…


Tel un magicien, il sortit de sa poche une sucette, qui mit dans la main de Lewis, tout en glissant amusé.


Repose-toi bien mon garçon, et n’en fait pas trop… Gout fraise synthétique, pas si mauvais, crois moi… Tu auras besoin de forces et de sucre pour t’en remettre.


Puis il se releva et balaya la pièce du regard à la recherche de quelqu’un d’autre de relativement bien blesser à soigner.

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Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Shane M. Lewis le Dim 13 Fév - 18:30

    Il avait beau y faire, le médecin était tenace. On devait bien les former à ça, ces chers médecins. Tous les patients n’allaient pas se faire soigner de plein gré. Il y avait ceux, comme Shane, qui évitaient soigneusement les visites médicales, n’allaient pas toujours se faire soigner dès la plus petite blessure et repoussait le docteur lorsque c’était le cas. Shane avait beau avoir le ventre ouvert et les côtes qui le faisaient souffrir, ce n’était pas pour autant qu’il aurait accepté l’aide de Kim. Mon Brigadier était le genre d’homme à ne demander de l’aide que lorsque son cas devenait véritablement désespéré. Autrement dis, pas pour le moment. Quoique. Il se sentait vaciller avec le sommeil, douleur au ventre et aux côtes, du sang qui coulait abondement, ne s’arrêtait pas. Etait-ce le moment de se déclaré cas désespéré et faire confiance au médecin ? Si ça devenait une évidence pour tous, ce ne l’était pas encore pour Shane, qui donna encore quelques coups pour qu’on le laisse enfin en paix. Mais Kim était un ancien brigadier, une musculature assez imposante, il n’avait pas du vraiment sentir les coups donnés par mon Brigadier de sa faible force dans cette situation.

    Il avait sentit les seringues, il avait sentit l’aguille. Mais il n’avait rien fait, il n’avait rien dit, trop épuisé pour cela. Et puis il finissait par se dire d’une part qu’il finissait par en avoir besoin de ces soins, d’autre part, que s’il bougeait, ces aiguilles allaient le louper et rendre du mauvais travail de ce fait. Il resta immobile, regardant le plafond de la chapelle, complètement perdu, son corps était là, mais lui ne semblait plus être là. Il planait au dessus, bien loin au dessus de ça. Le plafond était blanc, un peu bleu. Un ciel ? Non, la chapelle était fermée, et puis il faisait nuit dehors. Le paradis alors ? Non, juste le plafond, juste ce plafond.

    Et il entendait…

    Il entendait les cris d’enfants qui s’amusent dans un parc, l’automne qui s’installe à New York. Par de feuille rousse sur le sol, il n’y a pas d’arbre dans ce coin de la ville. Juste le bruit ronronnant des voitures, toujours des toujours, encore plus de voitures. C’était étonnant, ou pas. Shane n’avait jamais rien entendu de tel à Nosco. Les véhicules font bien moins de bruit que cela ici, la technologie y est plus développé. Une jeune fille pousse un cri déchirant, tombée sur le sol, elle a un trou dans son collant blanc, et sur son genou du sang. Sa mère vient, nettoie comme elle peut la plaie avec quelques mouchoirs et prend la petite par la main. Le jeu est fini pour elle aujourd’hui. La blessure doit être soignée, elles rentraient chez elles. Le groupe d’enfants autour d’elle s’étaient arrêté de jouer, mais voyant que leur camarade ne continuerait pas de jouer avec eux, ils mettent en place un nouveau jeu. Les enfants avec cette innocence qui leur faisait oublier leurs inquiétudes. Les chanceux.

    Ils étaient encore suffisamment nombreux pour jouer, une dizaine probablement. L’un deux proposa de jouer au gendarme et au voleur. Mon Jefferson releva vivement la tête et approuva avec avidité le jeu qui était véritablement son préféré. Rapidement, il ajouta qu’il voulait être le commissaire. Rôle qui lui fut attribué. S’il savait que dans quelques années, ce serait le métier qu’il aurait. Flic. Avec ses doigts, il mina le révolver et commença à le pointer vers les voleurs en criant de lever leur main. Un jeu. Avec son révolver…

    Avec son révolver… C’était bien un vrai cette fois, un vrai de vrai. Dix ans plus tard. Il avait finit par abandonné ses études pour devenir flic. C’était ce qu’il voulait, il savait qu’il n’était pas fait pour ces longs cursus, aux grands regrets de ses parents. Son père, Wyatt, avait été un universitaire, sa mère également, ils avaient saisi des opportunités pour avoir un bon niveau de vie. Ils avaient du être déçu de voir leur fils arrêter si tôt, heureusement qu’il y avait April pour être intelligente, douée, et suivre la volonté de ses parents. Mas ce n’était pas pour Jefferson qui, rapidement, était devenu cette sorte de honte dans la famille, un échec. Il fallait dire que depuis que Wyatt n’était plus là, pour une raison que Shane ignorait d’ailleurs, Ruth, sa mère, avait eu du mal à canaliser l’énergie de Jeff. Il avait dû être têtu, il avait dû être blessant, mais aujourd’hui, il tenait cette arme pour la première fois. Il n’avait pas encore l’uniforme, mais ça viendrait, il en était certain. C’était ce qu’il voulait. Il n’avait pas fait des mains et des pieds pour s’échapper de l’autorité parentale pour échouer au premier obstacle. Il avait la motivation qu’un bon nombre de candidat au concours n’avait pas. Une fois qu’il aurait terminé sa formation, il serait officié de police. Il apprendrait sur le tas, et il s’en sortirait.

    La cible surgit, Jefferson pointa son arme pour la première fois, casque sur les oreilles et tira. Un pan. Cible touchée, pas en son centre néanmoins. Il était déçu. Il aurait voulu épaté son moniteur en ayant un tir parfait du premier coup. Il poussa de nombreux jurons, mais son moniteur le rassura. Ce n’était pas trop mal disait-il ? Jeff afficha un léger sourire. Il y arriverait.


    Il se retrouva avec une sucette goût framboise à la main et cligna des yeux. Ils étaient fous ces médecins. Du sucre disait-il ? Ah oui, pas si fou que ça en fait… Pensif, Shane mit la sucette dans sa bouche et regarda son abdomen : des points de suture. Cicatrices de héros comme on disait et cette journée ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir…
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Shane M. Lewis
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Compétence principale: Informatique
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Lian Grenfield le Jeu 10 Mar - 23:00

Muter ? Non, rassure-toi.

Si les créatures avaient été humaines dans des temps anciens, elles ne l’étaient plus et leur capacité d’infecter les humains n’avait plus lieu. Elle ne s’y connaissait pas assez scientifiquement pour analyser la possibilité que cela ai pu avoir lieu par le passé, et depuis qu’elle avait mit les pieds à Nosco elle n’avait jamais entendu parler d’une pareille possibilité, même pas une petite rumeur infondée. Il n’y avait rien à craindre. Elle-même avait été blessée par les créatures sans avoir de conséquences physiques autre que ses cicatrices, ce qui était déjà suffisant en soit même. Heureusement le jeune homme ne semblait pas trop inquiet et il mangeait avec conviction ce qui était rassurant. Certaines personnes pouvaient refuser de s’alimenter après de tel carnages, la vue du sang mais aussi et surtout des morts avaient parfois des effets étranges sur les personnes. La culpabilité du survivant est un syndrome qui frappait certains nosciens après de tels massacres de créatures et d’humain… Le sentiment d’avoir survécu injustement, d’avoir échappé à la mort alors que d'autres sont morts. Le sentiment d’avoir trahit ceux qui sont mort, parce qu’on ne les as pas suivit, qu’on avait échappé aux bras lascif de la mort. Perdre un nombre important de connaissances dans un temps rapproché pouvait créer ce genre de sentiment allant jusqu’à l’auto-persécution.

Lian s’était tut aussi pour laisser l’adolescent manger, et pour elle-même se restaurer. Peut être savait il en effet se battre aussi d’avant Nosco, pourtant il semblait si jeune… D’où venait-il ? Qu’avait-il vécu qui l’ai touché au point qu’il ait apprit à se battre, et si bien, avec des armes ? Les garçons et les hommes étaient certes plus enclins à aimer les armes, les combats et la guerre, mais il y avait une différence entre la fiction et la réalité. On pouvait s’extasier devant le récit des anciens guerriers, ces soldats ou empereurs qui avaient conquis des terres, voir des pays entiers sans s’arrêter sur leur chemin… Avoir une arme dans les mains et tuer était autre chose, plus, trop, concret.

Lorsqu’il vint se blottir contre elle, Lian ne le repoussa pas au contraire, elle passa son bras sur ses épaules, prenant garde de ne pas appuyer sur la blessure, elle voulait le rassurer et le protéger. Elle murmura doucement.

Ne t’inquiète pas, je suis là et oui je vais rester bien plus longtemps cette-fois-ci. Tout le monde va être bloqué ici je crois… Je resterais avec toi aussi longtemps que possible.

Lorsqu’il évoqua les souterrains, elle trembla un peu. Ysmael avait été si courageux de se battre pourtant il avait prit tant de risques, il était si jeune et il était fragile…

Ne t’inquiète pas pour moi, je trouve toujours un moyen d’échapper aux griffes de la brigade anti-terroriste. Cependant il ne faut pas que tu te risques ou que tu t’aventures dans les souterrains, c’est tellement risqué…

Elle soupira. Il n’y avait aucuns moyens qu’ils améliorent réellement la sécurité dans les sous-sols, seule la guilde en avait aménagé une partie pour son propre usage, le reste était en mauvais état, abandonné et c’était aussi en partie ce qui protégeait les rebelles et le secret de leurs bunkers et surtout du quartier général. Tant qu’ils se feraient la guerre, les sous-sols resteraient un champ de bataille qui s’abimerait sous les balles, les bombes et toutes sortes d’engins de guerre. Les boyaux de la terre saignaient de toutes ces attaques, et il n’était pas si facile de se déplacer dans ce labyrinthe qui pouvait facilement devenir un piège sans issues. Combien de trous ? Combien de culs-de-sacs ? Tant d’eau croupies porteuses de nombreuses maladies et surtout d’une odeur mélangeait l’eau, le sang et la boue… Elle sortie de ses rêveries avec les questions de son protégé.

Merci, mais j’ai appris par de nombreuses années d’entrainement.

Elle s’échappa un instant dans le silence avant de répondre aux autres interrogations. Comment expliquer ? Que dire sans troubler le jeune homme ? Avait-il eu le temps de comprendre tous les enjeux politiques de Nosco ? Non, certainement pas, même elle avait du mal à saisir dans tous ses méandres le petit jeu que se livrait Joséphine de Nosco, Allan Cadmun et Yan Merling… la trinité de Nosco, avec en tête Joshi, qui lui s’amusait avec ses défis et les souvenirs qu’il redonnait peu à peu à quelques élus privilégiés.

Les rebelles m’ont sauvé la vie dans les souterrains… J’étais brigadière et mon équipe m’a laissé sur place avec des créatures, je n’avais plus de quoi me défendre et pour une question de sécurité ils n’ont pas voulu rouvrir la porte du bunker de sécurité dans lequel ils étaient retranchés… J’ai échappé de peu à un destin funeste, grâce aux rebelles. La décision que j’ai prise ensuite, je l’ai fais en mon âme et conscience, car c’était la meilleur solution et celle que me dictait mon cœur. Je me sens mieux chez les rebelles, même si les méthodes sont presque similaires à celles de la brigade… Œil pour œil, dent pour dent. Mais nous défendons le droit à la liberté, l’impératrice impose des lois qui sont parfois injustes. Il ne faut pas confondre une dictature avec un esprit paternaliste, elle dit vouloir nous protéger mais elle impose juste ses choix. Ses décisions sont sans aucun doute favorables pour elle, mais elle doit nous laisser à chacun le libre choix de nos actes et de nos décisions. Elle n’a pas le droit de nous cacher la vérité… Tout n’est pas mauvais dans ce qu’elle a mis en place, seulement elle abuse de son pouvoir maintenant. Tout cela n’est pas bon…

Elle secoua la tête tout en soupirant avant de continuer en baissant la voix, indiquant implicitement que ce qu’elle lui disait était secret et qu’il ne fallait pas l’étaler à voix haute. Elle lui faisait confiance pour garder le secret, il était à la congrégation et elle ne lui livrait rien que la guilde ignore totalement.

J’ai été triste de quitter la brigade sans pouvoir réellement dire au revoir à mes amis, heureusement maintenant ma marraine, Angie, nous as rejoint les rebelles. Nous avons des alliés même parmi la guilde. Des personnes qui nous soutiennent sans l’afficher, qui pensent comme nous mais cachent ces pensées qui pourraient leur attirer des problèmes dans leur vie de tous les jours. Tout le monde n’est pas fait pour vivre dans les souterrains, il ne faut pas être claustrophobe, avoir peur du noir ou… ou de l’eau.

Elle grimaça un mince instant avant de continuer.

… pour pouvoir vivre dans les sous-sols car on n’échappe ni à l’enfermement, ni à la promiscuité, ni à l’obscurité ou à l’eau dans laquelle on patauge parfois. Ce n’est pas glorieux, ce n’est pas le palais doré du Capitole ou de la Congrégation. Pourtant nous faisons ce qui nous parait le plus juste, même si malheureusement nous devons lever les armes pour nous protéger et résister.

Il eu une lueur de tristesse dans ses yeux lorsqu’elle dit ces paroles. Elle n’aimait pas fondamentalement la violence pour la violence, toutefois celle-ci était nécessaire. Ysmaël El'Hirajiri n’avait certainement pas eu le temps de voir cet éclat douloureux dans sa pupille, ou peut être que si…
J’ai mes amis et ma vie dans la confrérie maintenant et j’en suis heureuse. Notre quartier général est notre petit coin de paradis en plein enfer et nous ne sommes pas près de l’abandonner, nous le protégerons jusqu’à nos dernières forces, quel que soit l’ennemi, nous n’abandonnerons pas. Tu dois faire pareil pour protéger ceux et ce qui t’es cher.

C’est à ce moment là que le médecin Kim van Berghen posa une main sur l’épaule de Lian Grenfield, la sortant de sa confession avec le frère de la congrégation.

Puis-je vous interrompre et savoir si l’un de vous deux à besoin d’un quelconque soin médical ?

Il glissa un sourire réconfortant à la jeune femme qui disait qu’il n’était pas là pour l’ennuyer ou la livrer aux brigadiers. Il n’y avait pas de caméras livrant leurs secrets à la guilde ici, toutes les caméras qui étaient branchés resteraient dans le secret de la congrégation, et ils étaient connus pour bien garder leurs secrets. De plus les rebelles restaient tout de même les alliés ou plutôt les protégés de Joshi et de sa congrégation, et il n’y avait aucune raison pour que celle-ci se décide à livrer une femme qui avait défendu ses murs.

Lian acquiesça en évoquant à demi-mot les blessures d’Ysmael, avant d’ajouter qu’elle allait bien. Après avoir serrer doucement l’avant bras du jeune homme et lui avoir promis en quelques chuchotements.

Je dois trouver un ordinateur pour communiquer avec… mes amis, je te laisse dans les mains de Kim, ne t’inquiète pas, je reviens vite… laisse-toi soigner, il faut que tu ailles mieux rapidement.

Avant qu’elle puisse partir, Kim l’avait retenu un instant, glissant quelques mots à son oreille, elle avait hoché la tête, avant de partir en relevant la capuche sur ses cheveux et son visage pour qu’on ne le distingue pas. « Emprunter » l’ordinateur de Shane Lewis était son objectif. Dans la confusion générale et au vu de l’état de santé du jeune homme, elle réussit à lui dérober pour quelques minutes, le temps d’envoyer un email précis, simple et remplit d’informations essentielles à une adresse mail assez connue et ouvertement rebelle. La guilde intercepterait certainement le message et alors ? Elle ne donnait aucune information concrète qui pourrait être un problème. Certes on pouvait savoir que Lian Grenfield avait été dans la congrégation à telle heure et avait envoyé un message subversif aux rebelles à partir d’un ordinateur portable de la brigade informatique, mais ce n’est pas comme si elle n’avait pas déjà été aperçue dans les alentours ou que personne ne l’avait vu. Il était un peu trop tard pour garder ce secret là.

Kim quand à lui s’était penché sur le nouvel oublié et avait soulevé la couverture pour dévoiler l’épaule ensanglantée. Pas très joli tout cela. Il ne se serait pas douté qu’il y avait l’âme d’un combattant dans un si jeune corps au visage si pure et angélique.

Bien jeune homme, tu m’aides en coopérant pour qu’ensemble on te soigne ? Tu crois pouvoir enlever ton haut que je vois de plus près ton épaule ? Je vais désinfecter et recoudre cela.

Il lui laissa le temps de faire, tout en continuant la discussion. Il avait jeté un œil dans la direction qu’avait prise la rebelle en partant espérant qu’elle n’aurait pas de problèmes. En cas d’esclandre, il irait voir pour essayer d’apaiser l’affaire et de la tirer de là.

Alors tu es arrivé il y a peu ? Je suis Kim van Berghen, et toi ? Le tutoiement ne te dérange pas j’espère ?

Son interlocuteur avait l’apparence d’un adolescent, mais à Nosco cela n’avait aucune importance, un homme de soixante ans de figure pouvait être le benjamin de quelqu’un ayant l’air deux fois moins âgés. Le fait de ne pas pouvoir vieillir à Nosco y était pour beaucoup. Kim préférait le tutoiement moins formel, cependant il savait aussi s’adapter au choix de ses interlocuteurs et ne voulait en aucun cas heurter son patient plus qu’il n’était déjà blessé.

Ce qui se passe dehors n’est vraiment pas beau à voir, dire que Nosco est si calme habituellement… Joshi nous protège de nouvelle agression et nous aide à repousser celle-ci.

Il ne voulait pas poser de questions concernant la rebelle, le sujet étant forcement sensible même entre les murs de la congrégation. Peut être s’étaient ils croisés sur le champ de bataille, et pourtant ils semblaient plus proche que cela. Ce n’était pas ses poireaux, ou ses oignons comme diraient certains. Il avait déposé sur le banc à côté d’Ysmael de quoi le soigner, tandis qu’il jetait un œil à la blessure. Le jeune homme n’avait pas été épargné par les créatures, ce n’était pas du joli, toutefois il n’était pas blessé mortellement comme certains de ses compagnons, ce qui était une chance pour lui.

Tu connais Shane Lewis, n’est ce pas ? Si tu veux savoir, il va mieux.

Il ne précisa pas en détail les blessures de l’informaticien ou son état, mais peut être ne valait il mieux pas, dire qu’il n’était pas en état critique était déjà une bonne nouvelle. Il tiendrait sans avoir besoin de transfusion sanguine et s’il ne faisait pas le malin et ne bougeait pas il se rétablirait sans doute rapidement.

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Lian Grenfield
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Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Mer 6 Avr - 20:58

Accablé soudain de fatigue, le jeune enfant s'était laissé aller contre la rebelle et l'écoutait sagement sans dire un mot, intuitivement, cette attitude lui semblait plus appropriée, à moins que sa blessure à l'épaule qui le faisait de plus en plus souffrir n'y soit pour quelque chose dans sa léthargie. Là, dans ses bras il se sentait étonnement bien protégé, comme si les créatures ni aucun autre ennemi ne pouvait faire quelque chose une fois qu'il s'était mis à l'abri dans l'enceinte chaude et protectrice que formait la rebelle. Peut-être que c'était parce qu'elle lui avait déjà sauvé la vie et qu'à ses yeux elle était devenue une grande guerrière, presque une héroïne épique contre laquelle on ne pouvait pas gagner. Il y avait aussi cette sensation de bien-être, ce bonheur de la retrouver qui en un instant avait gommé toutes ses peines, toutes les blessures d'enfant qu'il avait accumulées et qui parfois pesaient un peu trop lourd pour ses maigres épaules.
Depuis que le rebelle était là, il était redevenu le petit enfant que son physique décrivait et laisser tout gérer, tout expliquer par une grande personne, c'était reposant, ça lui ôtait toute responsabilité. Il avait comme l'impression qu'on allait s'occuper de tout, qu'il n'était encore qu'un gamin et que la seule chose qu'il avait à faire c'était jouer, comme tous les gosses de son âge. Loin de l'affolement, de la précipitation, le temps s'était subitement arrêté et ça faisait du bien. Il se sentait même un peu ensommeillé et l'écoutait avec attention tout en se disant qu'il réfléchirait à ce qu'elle lui expliquait plus tard. Oui, il n'avait plus qu'à attendre, profiter du malheur qui les accablait pour passer du temps avec Lian, sa Lian. Que c'était bon de se dire qu'elle n'allait pas partir tout de suite, qu'ici elle n'avait même pas besoin de se cacher et qu'il pouvait la serrer dans ses bras ! C'était quand même triste de se dire qu'elle devait vivre dans les souterrains, que c'était dangereux pour eux de se voir, car un fort et inébranlable attachement s'était créé entre eux, ou du moins de son côté puisqu'il ne pouvait pas réellement savoir ce qu'elle en pensait vraiment. Mais si elle était là, si elle le serrait contre lui, ce n'était pas juste pour réconforter n'importe qui, n'est-ce pas ? Il voulait y croire.

C'est triste comme histoire, répondit-il finalement. J'aimerais qu'il n'y a pas de clan et que tout le monde soit heureux ici.

Douce rêverie utopique d'un enfant, pas encore assez grand pour voir autre chose que du noir et du blanc dans tout ce qui se passait autour de lui. Bien sûr il comprenait que les choses soient bien différentes mais il aurait tellement aimé aujourd'hui que ce soit autrement, que tout le monde travaille main dans la main. Et pourtant, c'était aujourd'hui que les gens pleuraient leurs morts, que certains étaient en train de se battre pour ne pas succomber à leurs blessures, que d'autres attendaient, angoissés, des nouvelles de leurs proches. Il aurait aimé croire que l'attaque permette à tous de se réconcilier et que rebelles, guildiens et congrégationnistes puissent s'entraider pour que les choses aillent au mieux mais ça n'avait rien à voir avec leur banale réalité et l'on était loin des contes de fées qu'on aimait parfois lui raconter. Vous savez, un comme celui où il y avait une belle princesse qui se faisait attaquer par les vilains rebelles mais que la bonne fée Joséphine allait immédiatement chercher le prince brigadier pour la sauver sur sa licorne robot.

C'est à ce moment que l'arrivée de quelqu'un le fit sursauter, un peu perdu dans ses pensées, heureux d'être dans les bras de sa Lian, il n'avait vraiment pas fait attention à ce qui se passait autour de lui et ne l'avait pas vu. C'était un grand homme avec les cheveux bruns et un regard sombre mais il était souriant et avait l'air plutôt gentil. En tout cas il lui inspirait confiance à première vue et ce n'était pas plus mal, il ne se sentait pas la force de se battre, surtout si Lian s'en allait.

D'accord, murmura-t-il, tu reviens vite, promis ?

Il lui lança un grand sourire et après l'avoir un instant regardée s'éloigner, il reporta son attention sur l'inconnu. Avec sa blouse blanche, il ressemblait à un scientifique ou un médecin et comme il semblait vouloir le soigner, il pencha plutôt pour la deuxième hypothèse.

Tu es un médecin ? Tu vas m'enlever la douleur ? Demanda-t-il d'une petite voix tout en montrant qu'il collaborait puisqu'il enlevait justement son haut, désormais déchiré en plusieurs endroits à cause des créatures. Peut-être qu'il faudrait le recoudre ou bien qu'on le jetterait. Il y a mon épaule et puis pas mal de petites coupures sur mes bras et une, là, sur ma jambe, mais je n'ai rien de trop grave, enfin je crois, expliqua-t-il un peu maladroitement. Dis, tu ne vas pas me faire mal ?

Le jeune congrégationniste regarda son interlocuteur un peu plus en détail. Il ne le connaissait pas et ne l'avait jamais vu, c'était sûrement un guildien pour offrir son aide comme ça, même s'il avait l'air de connaître Lian mais après tout, il était peut-être là depuis longtemps et avait sans doute eu le temps de la connaître quand elle était encore brigadière.

Je m'appelle Ysmaël El'Hirajiri, je suis un des frères de la congrégation et toi, qu'est-ce que tu fais comme travail ? Demanda-t-il, piqué par la curiosité malgré sa léthargie croissante. Je me sens vraiment fatigué... tu crois que j'aurai le droit de dormir après ou il faut que je reste éveillé ?

Kim avait l'air d'en savoir plus que lui, sûrement grâce à son expérience passée, il n'avait pas la tête d'un tout nouvel oublié qui ne savait rien et ne comprenait rien à rien et puis il était gentil, il avait envie de lui faire confiance, de le laisser s'occuper de tout plutôt que de lutter vainement. Il n'avait vraiment plus de forces tout d'un coup.

Je suis arrivé il y a quelques semaines, tu sais, quand les créatures sont venues à la surface sans qu'on le prévoit. Du coup ça va, l'attaque ne m'a pas trop surprise, on m'avait déjà expliqué comment ça se passait enfin... aujourd'hui ce n'est pas normal, le réseau ne marche plus je crois...

Les souvenirs revenaient vaguement, son réveil, les créatures soudain et puis Lian, leur salut une fois le sanctuaire atteint... Mais sa principale interrogation venait de cette attaque-là. Pourquoi, tout d'un coup, le réseau d'ondes ne fonctionnait-il plus ? Et c'était effrayant de voir le nombre de créatures qu'il y avait dans les souterrains de Nosco, à quel point elles pouvaient être assoiffées du sang et de la chair des humains. Elles semblaient vraiment prêtes à tout, qu'importe la mort et les blessures irréversibles – mais après tout quand on a quinze pattes, une ou deux de moins ne fait pas bien la différence.

Shane Lewis ? Ah, le brigadier, l'informaticien ? Non je ne le connais pas ! Enfin si... un peu, à vrai dire j'ai fait sa connaissance qu'aujourd'hui mais j'espère bien qu'il va mieux, sinon je lui aurais sauvé la vie pour rien ! Plaisanta-t-il le sourire aux lèvres.

Mais sa joie fut bien fugace sur son visage et dans son cœur, pas parce que l'attaque l'affectait énormément, mais c'était surtout la fatigue, ses yeux même se fermaient tous seuls et il attendait presque avec impatience le délicieux moment où il pourrait s'abandonner à un sommeil réparateur. De toute façon s'il y avait un problème on le réveillerait et il ne pouvait plus se permettre de combattre contre les créatures avec une blessure à un endroit si stratégique, c'était plus suicidaire qu'autre chose et si l'on en doutait encore, non il n'était ni fou ni suicidaire.
Pour les prisonniers du sanctuaire, il ne restait plus que de longues heures d'attente, peut-être même des jours entiers, qui pouvait vraiment le dire ? Heureusement pour le petit Ysmaël, il se trouvait dans sa maison, c'était rassurant et bien plus agréable, il ne savait pas s'il avait le droit de retourner dans sa chambre mais ça lui était plutôt égal, il se sentait bien ici et c'était tout ce qui comptait, surtout que Lian allait sans doute bientôt revenir !


[Dernière réponse pour ma part, sauf si vous avez vraiment besoin ou une idée lumineuse.]
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

Message par Kim van Berghen le Sam 9 Avr - 13:04

Pas de clans ? Oh, s’il n’y avait pas de clans… Alors chacun aurait pu vivre en harmonie, tous les hommes unis contre la nature et ses faibles ressources et contre ceux qui s’opposaient à leur vie à Nosco : les créatures. Pourtant cela aurait il pu fonctionner ? Ne plus avoir de camp cela signifiait que tout le monde était dans le même groupe, ou que ceux voulant en sortir étaient éliminés avant même d’avoir pu trouver quelqu’un d’autre pour les soutenir. Était-il possible d’unir tout le monde sous une même bannière, sous les mêmes valeurs ? Chacun était différent et tenter de les unir, c’était forcer quelque chose contre nature. L’homme se créait dans sa lutte, enfant c’est en comprenant qu’on est unique et donc différent des autres que l’on peut se former et avancer. Supprimer les luttes, c’était éliminer toute progression, rester immobile. Ne plus réfléchir et simplement se conformer, surtout éviter toute remise en question par qui que ce soit de tous les sujets. Quel chef serait capable d’un tel exploit ? Personne ne pouvait faire totalement l’unanimité, il y aurait toujours quelqu’un pour élever la voix, ou tout du moins penser à mal, s’il n’avait pas le courage de s’exprimer.


Et pourtant qui ne rêvait pas d’un monde sans clan ? L’idée avait beau reposer sur de beaux principes, des valeurs de paix et d’harmonie, elle restait impossible à accomplir ou à mettre en place pour un temps indéterminé, il y aurait toujours une fêlure, un moment ou tout ne pourrait pas être aussi parfait que dans un rêve rose bonbon. Tout le monde ne pouvait pas se contenter de ce qu’ils avaient déjà, chacun en voulait plus, à tord ou à raison. Personne n’acceptait totalement les barrières fixées, les pressions exercées par les lois. On se disait fidèle à un régime, mais pourtant l’appréciait on réellement ? Non, chacun fraudait de manière plus ou moins importante, parce que l’on se croyait unique et que « le contexte » étant différent il était normal qu’il s’adapte. Mais si chacun pensait ainsi, alors le système n’avait plus lieu d’être. Régime rongé de l’intérieur par ceux s’en disant les partisans, plutôt que d’ajouter une pierre à l’édifice pour le consolider. Chaque visiteur s’amusait à toucher, gratouiller à un endroit sensible pour retirer un caillou, un souvenir, parce que cela faisait plaisir et que cela ne faisait pas tant de mal, n’est ce pas ? Et pourtant, multiplier une action mauvaise mais banale par un nombre accompagné de plusieurs zéros à sa suite, et les dégâts pouvaient être immense. Voilà comment l’on détruisait un empire, petit à petit insidieusement.


Allan Cadmun et Yan Merling étaient les plus malins. Attaquer réellement ? Pourquoi faire, le système avait ses propres failles et s’autodétruirait tôt ou tard. Or à Nosco, lorsque l’on avait l’immortalité pour attendre, le temps n’était pas si important, ce n’était qu’une question de patience. Même le plus intelligent des informaticiens ne pourrait réparer le problème, il se trouvait dans les pensées même des gens, dans leurs gènes, dans leurs racines. Si profondément ancrés en eux qu’aucun scientifique ne pourrait en changer le comportement. Aucune torture, aucune menace ne pourrait avoir assez d’effets. Être heureux ? Pouvait-on l’être en un quelconque endroit ? Allan avait choisit d’attendre en haut au chaud, observant le déclin avec un sourire malin. Yan était en bas, caché l’impératrice il perturba, manigance souterraines et basées sur la chance. Chacun avait leur vision, leur façon d’agir et d’influencer la partie. Triptyque de trois cerveaux qui tentaient chacun de vaincre ses adversaires avec le moins de coups possibles. Ne pas dévoiler son jeu et avancer correctement ses pions. L’un d’eux avait il vraiment l’intention d’instaurer une société meilleure ? Peut être mais dans ce cas là rien ne garantissait d’un échec. Trop de monde préféraient une société imparfaite mais bien réglée, à une démocratie permettant d’être libre de ses actes. Choisir trop difficile et trop d’imprévus possibles !

Ysmaël venait à peine d’arriver et il était encore si innocent de tout ce qui se déroulait, avait il la moindre idée de la vie « politique » de Nosco, avait il pu entendre les arguments de chaque camp. Oui chacun avait ses justifications pour chaque acte effectué, un raisonnement poussé qui permettait de bien comprendre le pourquoi du comment, une parade pour charmer l’esprit qui s’était aventuré à vouloir en savoir un peu plus sur l’institution. Un visage neutre, jeune et joli, aussi immaculé que la plus blanche des neiges, pure et sans désordre. Accueillant et engageant pour mieux refermer son piège, convaincre celui qui se ferait attraper, charmer et prendre au jeu de la rhétorique. L’un des camps était il pire ou était il meilleur ? C’était à chacun de juger en son âme et conscience. Leurs méthodes s’avéraient souvent similaire et seuls quelques détails différaient. Pour un nosciens lambda la différence n’était pas évidente à distinguer, et dans la vie de tous les jours elle pouvait surtout s’apparenter à un changement d’environnement géographique, et rien de plus. Magnifiques bâtiments de l’Aedes et du Capitole, décoratif et mystérieux sanctuaire de Joshi, ou bunker souterrains au milieu de tous les dangers?


L’horloge vient de sonner, il est 19heures 48 minutes en 1984. La dystopie pouvait elle un jour se révéler utopie ? Chacun rêvait du meilleur des mondes, mais soit sans tenter de le mettre en place et en se complaisant dans son jardin secret, soit en tentant de l’imposer. Certains avaient certainement été des précurseurs, aux idées trop précoces, on avait étouffé dans l’œuf leurs propositions, d’autres n’avaient jamais étalé leurs idées pourtant bien pensées. Tandis que Joséphine de Nosco jouait à faire ses expériences en direct avec sa population, ajustant son régime à coup de réformes plus ou moins importantes, ainsi que de nouvelles règles à respecter. Elle ne souhaitait pas céder sur certains points et restait fermement sur ses positions. Non, non et encore non ! Cadmun et Merling étaient un peu plus souples, pour les besoins du recrutement suggèrerait sans doute la Guilde. Pourtant sous terre, les petites fourmis continuaient de travailler vaillamment, encore et encore pour construire leur monde parfait. Une opposition entre ceux qui vivaient sur terre et ceux qui s’étaient enterré pour mieux combattre. On ne pouvait pas fuir Nosco, il fallait donc l’affronter. L’affronter et le vaincre !


Lian promit de revenir, de rester aux côtés du petit bonhomme, une fois qu’elle aurait réglé son problème, un problème de grand. Elle dû une nouvelle-fois mettre en péril ses principes dans le seul but d’emprunter un ordinateur, taper quelques lignes et remettre en place l’appareil. Maraudeurs cleptomane, qui ne peut s’empêcher de rendre le bien qu’elle avait acquis. Non, ce n’était pas son but de garder ce qu’elle avait chapardé. Sauf peut être les magnifiques armes trouvées dans les sous-sols de la congrégation, mais elle en avait déjà perdue une grande partie dans la bataille. Il n’y avait pas à dire, la milice de la congrégation était bien équipée, et si elle n’était certainement pas aussi habituée à combattre les créatures ou à descendre dans les souterrains, comme c’était le cas des brigadiers, ils s’entrainaient de manière adéquate et leurs armes étaient de premier acabit. Qui pouvait rater sa cible avec une telle arme à feu ? Qui ne pouvait se sentir le bras léger et pourfendeur avec une épée comme celle-ci ? De plus ils étaient sur de ne jamais manquer d’ondes alpha… Enfin sauf par un jour comme celui-ci où l’alimentation avait soudain été coupée. Pourquoi ? Comment ? Tous l’ignoraient et tous auraient volontiers mis la main à la pâte pour aider et réparer cette nécessaire installation.


Qui serait leur sauveur ? Celui qui trouverait la panne, le problème, celui qui réparerait et ramènerait l’espoir et la vie à Nosco. Il n’aurait sans doute pas autant de chance que Joshi, ne serait pas acclamé pour des siècles et des siècles, on ne construirait aucun monument pour le célébrer et personne ne taillerait de statues à son effigie, et pourtant il serait certainement un héros populaire pour quelques temps… Ils étaient enfermés dans la chapelle à attendre comme des sardines en boites, rien de moins que des animaux sans possibilité de s’échapper, serrés les uns sur les autres, vivant dans la proximité de leur ennemi. Après tout n’y avait il pas une rebelle ici ? On le murmurait et pourtant on ne savait où elle se cachait, tentant de passer inaperçue auprès des brigadiers. « Savez-vous ce que font les rebelles dans les sous-sols ? Des choses horribles d’après ce que j’ai entendu. Ils sont cruels, et la plupart perdent la tête après seulement quelques semaines… Imaginez vivre en côtoyant tant de créatures ». Et pourtant on pouvait en dire des choses sur la Guilde, et aucun guildien n’avait d’excuse pour son attitude, ils avaient de quoi vivre et évoluer tranquillement à la surface, protégé par les ondes alpha et quelques concitoyens dévoué à la sécurité du grand public par leur travail de brigadier dans les souterrains.


***


Nosco et son mixe des âges. Là où un enfant de sept ans d’apparence pouvait en fait avoir un siècle d’existence. Voir un adolescent tel qu’Ysmaël amoché n’était donc pas forcement surprenant puisqu’il pouvait avoir autant d’expérience que ses ainés cependant il restait physiquement un jeune homme avec une fine musculature et donc plus fragile que d’autres. Un enfant armé d’autre chose que la douceur de son sourire et de sa candeur. Questions innocente et sans méchanceté, avec la naïveté d’un nouveau né. Pourquoi et comment avait on laissé un nouvel oublié prendre tant de risques ?


Oui, je suis médecin au Sapientia. Je te promets de faire mon possible pour soigner tes blessures, ça pourra faire un peu plus mal pendant que je soigne, mais ça ira mieux après.



Faire disparaître la douleur, physique ou mentale. C’était leur travail de médecin, et si le plus souvent ils se sentaient capable d’achever cette tâche sans difficulté, de prodiguer des conseils utiles, et de panser les plaies, parfois il en était autrement. Combien de personnes étaient en train d’agoniser de leurs blessures un peu partout dans Nosco à cet instant précis ? Combien étaient déjà mortes ? Qui donc ne pleurait pas un proche décédé, ou ne s’inquiétait pas de l’état d’autres de ses amis dont ils n’avaient plus de nouvelles. Envoyer un sms pour savoir enfin, c’était obstruer les lignes nécessaire pour les secours et les brigadiers qui luttaient avec acharnement, c’était aussi la possibilité d’avoir une horrible réponse. Non, il faudrait attendre pour connaître la vérité, comprendre l’ampleur des dégâts et compter ses disparus. Les chiffres seraient ils modifiés dans le Journal Officiel ? Bien sur, qui accepterait de faire face totalement à une telle catastrophe ? Chercherait-on à réduire la panique au sein de la population ? Fort heureusement. On les noierait de « n’aillez crainte ». Non pas parce qu’ils étaient plus protégés, mais parce que les informer de tous les dangers créerait une panique qui amplifierait les dégâts. Mieux valait les tenir dans l’ignorance, qu’ils ne sachent pas, ou plus tard lorsque tout serait réglé. Il faudrait qu’ils se contentent de se focaliser sur leurs problèmes quotidiens, plus minimes, par sur ceux qui les menaçaient réellement.

Enlever la douleur, cela semblait si facile, il aurait suffit d’un peu de morphine, il aurait fallu qu’il y ait assez de morphine… que le médicament n’ai aucun effets néfastes, pas de création d’état de dépendance. Si l’on pouvait supprimer la guerre, les méchancetés, la douleur, le malheur… Supprimer tous les problèmes pour ne garder que le meilleur. Seulement voilà ce n’était qu’un idéal inaccessible. Ils avaient beau être immortels, ils pouvaient pourtant se bruler les ailes et en mourir. Nosco était loin d’être le paradis, et comme partout la ville avait ses démons, et chaque habitant en apportait de nouveau. Dans la chapelle, on pouvait sentir le mouvement de peur et de panique. Pourtant ils étaient à l’abri protégés, mais pour combien de temps ? Quand les ondes alpha reviendraient elles ? Les brigadiers réussiraient ils dans leur lutte ? On entendait d’indistincts bruits de lutte qui étaient étouffés par les lourdes portes de la chapelle. Cris de douleur mêlés de cris de colère. Provenant sans doute des créatures dépitées de ne pouvoir entrer dans l’antre de leur pire ennemi, Joshi qui les avait fait fuir dans les souterrains. Celui qui avait trouvé leur point faible et comment l’utiliser.


Son haut avait été déchiré de toute part, c’était surement sa petite taille, son poids léger et sa rapidité qui l’avait sauvé. Avoir un point d’équilibre bas pour pouvoir se dégager de toutes attaques à la vitesse de l’éclair, évitant les coups de griffes, s’échappant des crocs. Rien qu’en détaillant les blessures, leurs formes, leurs profondeurs Kim pouvait en déduire plus ou moins quel type de créatures El'Hirajiri avait affronté. Il avait eu de la chance dans son malheur, aucune blessure par balle, donc aucun vraiment trop profonde pour nécessiter une opération. Rien qui ne soit totalement inquiétant, car ses adversaires n’avaient pas été humanoïdes. Car leurs actes n’avaient pas été guidés par les ombres, peut être ces dernières s’étaient les concentrés sur un autre objectif et n’avaient donc pas cherché à contrôler toutes les créatures, se contentant de semer la panique et d’en profiter. Ou tout simplement avaient elles simplement décidé de lancer l’attaque contre Nosco, regroupé des troupes et les avaient lancés contre la cité, sans chercher à en contrôler totalement l’issue. Curieuses et voyeuses, elles aimaient sans aucun doute assister au spectacle de loin, ne pas s’engager plus et en profiter. Ne s’ennuyait on pas mortellement dans ces souterrains en étant immatériel ? Sans aucun doute, alors formuler de machiavéliques plans de combat, d’attaque permettait sans doute de laisser s’écouler ce temps infini.


Kim avait sortit de quoi soigner le petit patient pendant que celui-ci se débarrassait du haut tout en expliquant ses blessures. Hum, ce n’était pas beau, mais encore une fois rien de grave, juste de quoi souffrir. Il faudrait un bon repas à Ysmael, et surtout de nettoyer les blessures, qui cicatriseraient sans problème.


Je ne vais pas te faire mal plus que nécessaire, cela risque juste de piquer avec le désinfectant. Tu ne dois pas avoir peur. Si tu penses avoir trop mal, je peux te donner quelque chose contre la douleur, cependant tu as l’air courageux, cela n’est rien en comparaison avec ce que tu as affronté. Ces cicatrices sur ton corps seront simplement les preuves de ta bravoure.


Il sortit les compresses et commença son travail. Pas de gants ici, loin du blanc protecteur du Sapientia, on ne pouvait se permettre de gâcher les compresses, il fallait les économiser. Compter sur le peu de produits disponibles, savoir doser et utiliser les plans D. D comme débrouille, on se sentait comme sur le champ de bataille, obligé de s’occuper des cas les plus urgents et d’abandonner les cas irrécupérable, parce qu’on « ne pouvait plus rien pour eux » et qu’ils auraient gaspillés pour les autres… Il fallait penser au plus grand nombre, même si le but était de soigner le plus d’individu. Perdu entre la pensée de l'infiniment grand et de l’infiniment petit. Une vie contre celle de la survie d’un groupe. Interdépendance des termes, l’individu ne peut pas survivre sans son groupe, qui lui-même n’existe pas sans ces derniers. Débrouille, car pour certaines des blessures les plus profondes dont il était impossible de cautériser la plaie sans une salle d’opération et une hygiène qu’il était impossible d’obtenir dans la chapelle de Joshi, on avait utilisé de l’adhésif, pour préserver de tous les microbes et empêcher de saigner plus. Mais la solution ne pouvait être que provisoire.


Frère de la congrégation alors qu’il venait d’arriver ? Il avait réussit à trouver habilement et très vite un endroit protecteur pour se réfugier. C’était sans doute un petit malin, plus que ce qu’il ne laissait imaginer dans ses paroles. Ou alors était-ce la fatigue qui marquait ses mots ? Il parlait comme un enfant bien moins âgé qu’il ne semblait l’être. Kim se souvenait des questions innocentes de ses enfants, curieux de tout savoir, d’interroger en autant de questions qu’elles apparaissaient dans leurs têtes. Qu’est ce que c’est ? Et pourquoi ? Et comment ? Pourquoi ? Il était dur de répondre correctement à tous ces problèmes et interrogations, répondre sans faire de fautes, en expliquant de manière résumée mais pas trop, ne pas mentir pour ne pas se contredire. Les angelots remarquaient promptement toute explication qui se contredisait. Et alors après pour se justifier, cela n’en devenait que plus dur. Il fallait rester franc, avec ces êtres immaculés de défauts.


Je travaille en tant que médecin, et chercheur dans le bâtiment collé à l’administration, tout près des serres. Je suis un scientifique si tu préfères. Nous avons beaucoup de choses à faire et à découvrir, on invente un peu de tout à Nosco.


La fatigue s’installait doucement sur le visage innocent de son patient, après l’excitation du combat, l’adrénaline qui l’avait fait tenir, l’éveillant encore plus que ce qu’il n’était, lui permettant d’agir à des degrés supérieur que ceux habituels. L’organisme était une machine complexe et bien huilée, réussir à déclencher au bon moment toutes les capacités, qui s’avéraient souvent plus surprenante que ce que l’on pouvait imaginer. L’homme est une créature ahurissante, époustouflante de possibilités non employées. Cependant après avoir dépensé autant d’énergie et de concentration, il n’était pas anormal que Sma’Hil se sente harassé et que l’épuisement le gagne.


Bien sur tu pourras et devras te reposer pour récupérer des forces.


Pourtant le petit avait assez de force pour continuer à parler encore et encore. Ce qui faisait plaisir à Kim d’avoir trouvé un interlocuteur si loquace. Pauvre nouvel oublié, il n’avait donc pas eu de chance, en plus d’arrivé dans un monde inconnu il y avait fait les pires rencontre possibles, celle des créatures. Habituellement on tentait de protéger au maximum les nouveaux arrivés en leur cachant la vérité le plus longtemps possible, pour ne pas les inquiéter. Pourtant on les armait, et on les entrainait s’ils le désiraient. Kim van Berghen hocha la tête en réponse à Ysmaël, oui il avait vu que les ondes alpha se faisaient rare, maudite circonstance les affaiblissant. Continuant de soigner le frère de la congrégation, il écoutait les babillages intéressant du jeune homme, répondant seulement lorsqu’il semblait nécessaire d’apporter une précision ou de couper un instant l’élan de l’adolescent pour lui demander de lever un bras, ou de se positionner pour qu’il puisse mieux le guérir.


Oui, Shane Lewis va mieux, il devrait se remettre. Mais tout comme toi il a besoin de repos, tu le verras sans doute plus tard, ce sera préférable pour vous deux.


Chaque blessure avait été examinée, désinfectée puis cautérisée. En particulier la jambe et le dos du jeune homme. Il l’aida à remettre son vêtement une fois fini, et d’un coup d’œil repéra une ombre qui s’était éloigné de la lumière et qui portait une capuche. Il lui fit signe, avant de poser une main sur le bras d’Ysmaël et de souffler rapidement avant de s’éloigner.


Prends soin de toi, et de Lian, elle aura sans doute besoin de ton aide pour sortir. N’hésite pas redemander si tu ne te sens pas bien, ou que tu souhaites prendre un médicament, je reste disponible pour soigner tout le monde, donc je peux être occupé, mais tu peux réclamer de l’aide. Et en attendant… bonne nuit.


***


Voilà que Grenfield était de retour, prenant la place que venait de quitter le médecin elle s’assit à côté d’Ysmaël. Il avait l’air si las, pourtant son état s’était sans aucun doute amélioré puisque ses blessures avaient reçu les soins nécessaires.


Il est temps de se reposer, tu ne crois pas ? Viens, allonge toi un peu sur le banc et rejoins les bras de Morphée, je veillerais sur ton sommeil.


Elle posa un sourire las mais contente sur son ami, au moins n’était elle plus inquiète pour lui. Il irait bien, Kim le lui avait glissé avant de partir. Tout ne pourrait que s’améliorer, après tout ils étaient au fond du trou n’est ce pas ? Alors il ne restait plus comme possibilité de monter, remonter. Ysmaël s’endormit assez rapidement tout contre la rebelle. Le silence s’était déposé comme une voute dans la chapelle, chacun tentant de reprendre des forces grâce au sommeil réparateur.

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Kim van Berghen
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Camp : Guilde Impériale
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Re: Un trio bien amoché... sur le fils des prières à Joshi. [Shane, Ysmael, Lian]

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