Loin des yeux de Nosco

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Loin des yeux de Nosco

Message par Tristan Darek le Dim 26 Déc - 20:24


Heureusement pour les deux hommes, Judikhael Wienfield était un être humain normalement constitué et donc tout à fait apte pour reprendre la conversation là où Darek l’avait vaguement arrêtée. Il n’était pas timide et discuter ne l’avait jamais gêné outre mesure quand il n’y avait plus que ça à faire mais si dans son monde il voyait l’infini, niveau conversation il se trouvait tout d’un coup assez facilement limité et ses phrases se finissaient souvent de manière abrupte parce qu’il se rendait toujours compte à ce moment-là qu’il n’avait en fait plus rien à dire. Il fallait dire que son désintérêt pour les choses futiles de la vie comme les ragots ou les petites histoires pour lesquels d’ordinaire les gens pouvaient se passionner n’aidait pas non plus. L’échange dans la tête de Darek n’était finalement que quelque chose de mécanique : parler pour transmettre une information utile à quelqu’un d’autre et ne rien rajouter de plus, terminer la conversation quand le but de celle-ci a été atteint, point final. De quoi donner du fil à retordre pour ceux qui avaient toujours cherché à le sociabiliser, la plupart finissaient par jeter l’éponge, comprenant ou non que c’était vain, qu’il ne changerait pas parce qu’il était comme ça et que quoi qu’on dise on ne s’éloigne jamais de ce que l’on est depuis toujours. C’était ce qu’il pensait en tout cas et qu’il lui arrivait de dire à voix haute.
Suivant son principe premier, l’informaticien ne chercha pas à comprendre plus que nécessaire ce qui passait dans la tête de son collègue – et qui lui semblait drôlement compliqué – et décida que le semblant de réponse qu’il lui donnait de manière plus que vague et imprécise était un oui. Bon sang c’était trop compliqué pour Wienfield de répondre un simple oui ou non ? Ces humains étaient décidément étranges, d’ailleurs il ne regardait pas son collègue, il n’osait pas de peur de le voir encore plus hésitant, déjà qu’il ne comprenait absolument pas ce qu’il lui voulait. S’il avait levé les yeux, il aurait sans doute vu son regard écarquillé, son air hébété, ses sourcils froncés du genre « mais qu’est-ce qu’il me raconte celui-là ? ».

Est-ce qu’il avait accepté ? Est-ce qu’il avait refusé ? Est-ce que ce qu’il lui racontait faisait partie des fameuses formules de politesse, de courtoisie ou d’un autre de ces trucs qu’on disait humain et nécessaire pour quelque chose comme « la bonne entente » ? Rien que d’y réfléchir ça lui donnait un sacré mal de tête. Oh et puis zut, il avait envie de rentrer chez lui et de se coucher, s’ils continuaient à rester plantés là ils allaient y passer la nuit et même prendre racine et ça il n’en avait franchement pas la moindre envie. Ni une ni deux, le commandor, fatigué par ce flot de paroles inutiles et auxquelles il ne comprenait absolument rien, tourna les talons et se mit à marcher d’un bon pas, prenant la direction de l’Aedes. Il se retourna pour voir si Wienfield le suivait et se rendit compte qu’il n’avait pas bougé et le regardait un peu… éberlué ? Bon il avait encore fait quelque chose qu’il ne fallait pas ou alors il n’avait pas compris qu’il fallait le suivre ? Pourtant dans sa tête ça lui paraissait plus qu’évident, non ? Visiblement ce n’était pas le cas de son collègue.

Vous venez ? Lâcha-t-il comme un cheveu sur la soupe, ne trouvant rien de mieux à dire pour inviter l’homme à le suivre. Bon il avait essayé de faire ça de manière amicale même s’il n’était pas sûr que le résultat soit très réussi. Ce genre de truc c’était un peu comme une recette de cuisine, il fallait s’entraîner pour que ce soit bon sauf que lui il était aussi nul dans ce domaine-là que dans l’autre.

Tristan ne tira pas plus de conclusions que nécessaire : le message était passé et Wienfield lui avait emboîté le pas, c’était tout ce qui comptait. Il se remit donc en route, ralentissant le pas juste le temps qu’il arrive à sa hauteur et ils firent la plupart du chemin côte à côte sans échanger un mot, il aurait fallu que son collègue dise quelque chose mais celui-ci ne semblait pas vraiment décidé à le faire. Tant mieux, qu’aurait-il répondu ? Comme d’habitude, il n’avait rien à dire.

Comme l’Aedes n’était pas très loin, le voyage se fit assez rapidement sans qu’une atmosphère vraiment lourde ou étrange s’installe entre eux. Darek prit son chemin habituel : les escaliers puis l’unique couloir qui menait à son appartement. Il lui semblait que Wienfield habitait au Capitol comme les autres hauts conseillers à moins que les choses aient changées, ce n’était pas très important, il ne s’intéressait jamais spécialement à ce genre de truc. Il ouvrit la porte et invita le haut conseiller à rentrer dans son appartement. Celui-ci était assez frappant : la seule touche personnelle était le capharnaüm qui pouvait y régner et le matériel technologique plus que présent. Il devait y en avoir pour une petite fortune. Les murs étaient restés aussi blancs que lorsqu’il avait emménagé – merci la femme de ménage – et si l’on pouvait voir des trous par-ci par-là c’était uniquement dû au locataire précédent. Les quelques tables qui occupaient le salon étaient encombrées par des ordinateurs et une multitude de pièces détachées, composants électroniques, machines spécifiques, tournevis… il y avait même un fer à souder. Un vrai bonheur pour tout bricoleur en herbe. La porte entrouverte de la chambre laissait voir un lit défait et des vêtements par terre, on s’attendrait presque à trouver quelque trésor caché dans les plis des tissus.

Hm… Désolé je n’ai pas… rangé, s’excusa le commandor sans le regarder toutefois. Il ne savait pas trop s’il avait envie de voir la tête qu’il faisait à ce moment-là.

L’homme se dirigea vers le coin cuisine de la pièce, passa derrière la banque et sortit de quoi manger. Ce n’était pas très varié mais à Nosco n’importe quelle nourriture avait ce même sale goût alors il ne se prenait jamais trop la tête quand il fallait faire trois courses pour remplir son frigo. Il prit aussi deux verres qu’il remplit d’eau et invita Wienfield à le rejoindre, rangeant rapidement la surface dont il s’était aussi servi pour entreposer toutes sortes de choses.

Ce n’est pas grand-chose mais il devrait y avoir de quoi vous satisfaire… Je n’ai pas d’alcool par contre… ajouta-t-il, vous en vouliez peut-être… ?

Comme à son habitude il ne mangea pas, il n’avait pas faim et ce n’était pas la nourriture de Nosco qui allait arranger les choses. Il consulta son téléphone : un message, il le lirait plus tard. Après l’avoir posé sur la banque il retourna au cœur du salon pour prendre l’ordinateur qu’il cherchait et revint s’asseoir en face de son collègue, posant l’ordinateur de manière légèrement oblique pour qu’il puisse jeter un œil si ça lui chantait.
L’écran se ralluma et il tapa plusieurs mots de passe pour pouvoir l’utiliser correctement et surtout pour se connecter au réseau de surveillance de la Guilde. Là il chercha les caméras de son appartement, remonta un peu dans le temps et coupa le son, brouilla l’image de manière à ce qu’on ne puisse pas savoir ce que Wienfield voulait lui demander. Il n’avait pas franchement le courage de faire comme s’ils n’étaient jamais rentré, cela touchait bien trop de caméras et puis si l’on cherchait vraiment à savoir où ils étaient cela poserait problème, c’était bien trop compliqué et dangereux tandis que là ils trouveraient toujours le moyen de se justifier, ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il le faisait, il ne pouvait quand même pas se permettre d’enregistrer tout ce qui touchait de trop près à la sécurité du réseau ou à d’autres sujets sensibles, c’était trop dangereux de laisser ne serait-ce qu’une chance, même infime, aux rebelles de tout savoir. Non, ils devraient chercher et trouver par eux-mêmes tant qu’il serait encore là. Darek n’allait pas leur faire un si beau cadeau quand même !
Tristan eut un pincement au cœur quand il se rappela de tous ces autres moments où il s’était amusé à faire croire qu’il était à tel ou tel endroit, seul ou avec d’autres… Trous noirs pour ceux qui voulaient tout savoir mais lui n’était pas près d’oublier ces moments-là. Non, jamais.

Voilà, nous pouvons parler sans risque maintenant. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Demanda-t-il en le regardant droit dans les yeux cette fois. Ils avaient tous les deux un regard de glace, c’était plutôt rare.
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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Judikhael Wienfield le Lun 27 Déc - 13:53

Judikhael suivit l'informaticien sans autre forme de procès. Il trouvai étrange de se rendre ainsi chez un de ses collègues à l'Aedes. D'ordinaire, ils allaient dans un bureau ou au capitol pour être sûr de pouvoir travailler ou parler tranquillement. Et au final, Judikhael se rendait bien rarement à l'Aedes, ce qui lui évitait de se mélanger aux communs des noscoiens... Etait-ce un bien ? Etait-ce un mal ? Cette question ne lui avait jamais effleuré l'esprit jusqu'alors. C'était ainsi, avait-il pensé. cela lui permettait de garder une distance, de ne pas trop s'attacher. il n'avait pas le temps pour cela et surtout préférait ne pas pouvoir le faire. S'attacher voulait dire aussi potentiellement souffrir quand l'autre partait disparaissait... ou trahissait. Et il ne voulait en aucun cas renouveler l'épisode Merling, merci bien.

Il devait cependant convenir que souvent il se sentait seul. Bien seul. Même si toujours occupé, et si toujours en compagnie de ses brigadiers ou des autres Hauts Conseillers et Commandors. Mais pas d'ami, pas vraiment, pas de confident, personne sur qui s'appuyer en cas de coups durs comme ces temps-ci. Personne. Enfin si, il y avait Artémia. Mais il ne pouvait en aucun cas demander à Artémia ce qu'il aurait demandé à un ami. S'être isolé ainsi, s'être écarté de la population à dessein, n'avait fait que creuser cette solitude qui commençait, au final, à lui peser. Et n'avait-il pas totalement perdu pied avec la vie quotidienne de ces gens-là, songea-t-il, tandis qu'il s'éberluait de voir combien l'Aedes avait changé, avait évolué ?

Il était peut-être temps qu'il réapprenne à renouer un peu avec cette vie-là, ce quotidien... ce qui faisait la vie des noscoiens "lambdas", lui souffla une petite voix intérieure. Oui, peut-être était-il temps, se répéta-t-il tandis qu'on le saluait et qu'il peinait à remettre un nom sur un visage...

Tout à son conflit intérieur, Judikhael ne prêta pas une attention particulière au capharnaüm qui semblait régner en maître chez Darek. Du moins n'y prêta-t-il guère attention sur le moment, jusqu'à ce que son pied but sur une boule de vêtement à terre et jusqu'à ce qu'il ait failli s'asseoir sur un vieux sweat qui trainait là, sur le siège que lui avait indiqué l'informaticien.

Ce n’est pas grand-chose mais il devrait y avoir de quoi vous satisfaire…

Non, ce n'était pas grand chose en effet, mais Judikhael n'était guère difficile à satisfaire question nourriture. Même s'il aimait la fine cuisine, enfin aussi fine qu'elle puisse l'être en Nosco, il n'était guère non plus regardant quand il avait faim. Comme là. Mais il se sentait aussi plus que gêné de manger devant Darek qui semblait ne pas se joindre à lui pour ce diner improvisé. Oui il avait faim, et sans doute aurait-il avalé une créature aussi ragoutante soit-elle tant son ventre criait famine. Mais... Manger seul, devant l'autre, lui semblait soudain d'une impolitesse sans nom.

Je n’ai pas d’alcool par contre… Vous en vouliez peut-être… ?

Oui, il aimait bien l'alcool, mais non il n'allait pas faire un scandale parce que l'autre n'avait que de l'eau à lui offrir. cela lui convenait tout aussi bien. Surtout en cette soirée où il était particulièrement fatigué. Il n'était pas bien sûr de tenir quelque alcool que ce soit. De l'eau était donc la bienvenue.

- Ca ira très bien, acquiesça-t-il donc, tout en s'emparant du verre d'eau que lui offrait Tristan et en en buvant de grandes gorgées.

Pire que la faim, la soif était la plus difficile à contenir. Et il se sentait moins honteux d'accepter un verre d'eau que ce repas solitaire.

Il n'ajouta rien toutefois, observant l'informaticien procéder et s'installer, faisant en sorte, visiblement, du moins de ce qu'en comprit Judikhael, que leur conversation reste discrète et au contenu secret. Il ne pouvait que remercier intérieurement Darek de se montrer si prévoyant et de lui offrir encore la preuve de ses compétences. Enfin, Darek sembla prêt, offrant alors à Judikhael une bonne diversion à la nourriture qui lui faisait de l'oeil.

- J'avoue que ce que j'ai à vous demander est... vraiment gênant, répondit-il quand l'autre lui offrit enfin d'exposer son problème, leur regard ancré l'un dans l'autre.

Tout comme Judikhael, Darek avait un regard franc. Un de ses regards que le commandor anti-terroriste appréciait grandement.

- J'aimerais... que vous effaciez toute trace d'une video. Une video prise dans mes appartements privés. Il y a trois jours. Il devait être...

Quelle heure était-il alors ? Hum... Dans son état, il n'y avait guère prêté attention. Ce devait être le soir. oui, le soir...

- Ce devait être en soirée. Fin de soirée, ajouta-t-il, presque honteux de son manque de précision.

Il se garda bien d'expliquer pourquoi il souhaitait faire effacer cette video. Darek comprendrait amplement quand il la verrait, de toute évidence...

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Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Kim van Berghen le Mar 28 Déc - 2:34

hj: si quelque chose ne te va pas ou ne te semble pas cohérent sur tu peux éditer Judi ^^

dj:
Minuit l’heure du crime… Ou plutôt l’heure d’arrêter le travail qui l’avait tant accablé et passionné dans la journée. Kim était arrivé vers huit heures ce matin au Sapientia et s’était directement dirigé vers le secteur scientifique, et après avoir enfilé sa blouse et discuté avec quelques collègues sur l’avancé de leurs recherches, il s’était enfin mit à son travail. Ô joie de s’occuper de la science, joie d’agrandir son savoir de se poser des problèmes et de tenter de les résoudre. Lorsqu’il travaillait, il pouvait être aussi passionné et acharné que Tristan Darek l’informaticien, même si cela lui arrivait moins souvent et qu’il savait s’arrêter avant d’être trop fatigué. La science nécessitait comme les ordinateurs, ou comme l’art, que l’on prenne un peu de recul sur ce que l’on faisait, pour mieux replonger après avec un regard neuf et rafraichit ! Pouvoir penser à autre chose et ne pas s’obstiner sans raison, car parfois les choses se débloquaient avec le temps, ou lorsqu’on ne se forçait pas à y penser trop intensément ou tout le temps. N’est ce pas quand on ne le cherche plus que le mot qui nous restait sur le bout de la langue surgit ? Oui c’est toujours après la bataille que les réponses sont les plus faciles… ou lorsque l’on se laisse le temps de les donner. Le Doc préférait prendre le temps de patienter. Y aller tranquillement et avec toute la réflexion possible plutôt que de foncer dans le tas en utilisant uniquement ses muscles et non pas son cerveau.

Certes Kim avait travaillé dur et longtemps, mais pendant la journée il s’était tout de même accordé quelques pauses près de la « machine à café », non pas pour se droguer à la caféine et rester éveillé, mais plutôt pour parler avec ses collègues, se détendre et penser à autre chose, tout en buvant une boisson chaude… Bon, bien sur il leur avait aussi parlé de ses soucis, pour avoir des conseils, tout comme il appréciait d’écouter les leurs pour trouver des solutions avec eux. Une collaboration en d’autres mots, après tout ils travaillaient pour la même équipe et dans le même but, même si leurs travaux n’étaient pas les même. Ils devaient se serrer les coudes et non pas batailler, ils n’avaient rien à gagner et ce n’était pas comme s’il y avait tant de postes de commandement dans la section scientifique, il fallait dire que c’était souvent les plus âgés, c'est-à-dire ceux arrivés depuis longtemps à Nosco, qui évoluaient car ils avaient plus de compétences et qu’on leur faisait plus confiance pour rester fidèle car leur comportement avait déjà pu être vérifié sur nombre d’années. Fidèles à la vie, à la mort… car s’ils trahissaient c’était en effet la peine de mort assurée. Et être condamné à mort à Nosco ce n’était pas espérer une mort rapide et sans douleurs… non les armes n’avaient pas été développées sans raison et on aimait la torture et la souffrance… trop peut être.

Mais ce soir il était content, mieux il était heureux ! Il était minuit certes mais il venait de finir un travail harassant et il pourrait enfin passer à quelque chose d’autre… Peut être même s’offrir quelques heures de sommeil en plus pour le lendemain, car après tout personne ne surveillait vraiment ses allées et venues ainsi que ses heures, tant qu’il faisait le travail qu’on lui demandait et son nombre d’heures pas mois, tout se passait bien. Il aimait être ponctuel, mais se reposer était aussi important. Se reposer et s’amuser… Il n’avait pas envie de dormir. La nuit était certes à mi-chemin, une nouvelle journée commençait déjà mais pourtant il ne voulait pas dormir. Que faire alors ? Quand tout le monde dormait déjà, ou était posté devant son ordinateur… Il n’avait pas envie de se connecter au réseau, il avait envie de discuter de vis-à-vis avec quelqu’un pas qu’on lui réponde par messagerie instantanée. Il consulta une nouvelle fois sa montre, déjà minuit et demi, le temps qu’il range tout il serait bien tard… Cependant… Oui, si quelqu’un pouvait être réveillé c’était Tristan Darek ! Dans ce cas là, il irait le voir, une fois tout le matériel rangé. Il soupira devant l’ampleur de la tache à effectuer. Une heure et cinq minutes plus tard il finissait son rangement soigneux en soupirant. Non définitivement demain matin il dormirait… mais avant cela… Il sortit son mini ordinateur de poche et se mit à pianoter sur le clavier pour envoyer un message sms à Traktueur, pour le prévenir de sa venue chez lui, ce qu’il trouvait plus poli tout de même, au cas où celui-ci ai de la visite, d’une jolie jeune femme par exemple.

Tristan, ce soir un évènement d’une importance considérable allant révolutionner le monde à Nosco a été accompli : je viens de finir ma partie de Sudoku ! J’amène la boisson, prépare les cotillons… Je suis chez toi d’ici la moitié d’une demi-heure auxquelles on ajoute dix minutes. J’espère que tu ne dors pas, car je suis bien réveillé ! Si tu ne veux pas être dérangé ferme ta porte, ou laisse moi un message. Mik

Si quelqu’un de la brigade informatique ou de la section judiciaire interceptait ce message pour tenter de savoir s’il ne représentait aucun danger, il risquait de ne pas comprendre et de chercher le code sous les mots. Mais s’il lisait le nom de l’envoyeur Kim van Berghen, on comprenait aussitôt, pour ceux qui le connaissaient en tout cas. Il parlait parfois par métaphore ou jeux d’humour et était parfois dur à suivre. Sa première phrase par exemple devait être prise au second, voir troisième degré, mais on ne pouvait pas savoir hors du contexte s’il blaguait au début ou à la fin de sa phrase, ou encore si les deux phrases n’avaient aucun sens alors qu’aucun point ne les séparaient. Quand à sa façon de compter les heures, vu l’heure justement… on aurait pu le croire fou, ou alors très fatiguée… Ou alors l’envoyeur avait voulu faire un jeu et était décidé à obliger son interlocuteur à faire des calculs alors qu’il aurait très bien pu annoncer l’heure directement. Mais non, Kim était un être complexe et joueur… Quand à Mik… C’était tout simplement l’inversion des lettres de Kim… Mais vous l’aviez compris je pense. Inverser son prénom pour un sms qui semblait être passé à la machine à lavée tellement les mots et les phrases n’avaient aucun sens…
Il prit le temps de rentrer chez lui, se passer laver et se passer de l’eau sur le visage, se changer et attraper de quoi fêter sa réussite même s’il la fêtait seule. Il prit aussi de quoi manger, sachant la manie de Tristan de manger très peu et de faire encore moins souvent les courses : imaginez donc ce grand dadais parmi la foule des nosciens à choisir de quoi se nourrir… Il prenait juste la première chose qui lui tombait sous la main, ne cherchant pas à savoir combien de vitamine et lesquelles étaient présentes, ni le nombre de calories… Il cherchait juste à échapper à cette corvée qui revenait souvent et à retourner travailler ou bricoler ses machines. Il avait la chance d’habiter à l’Aedes, comme la plupart des nosciens, donc pas si loin de l’appartement du comandor de la section informatique, bon quelques étages mais ils ne comptaient pas lorsque l’on prenait l’ascenseur… Il fut donc à l’heure pour frapper trois coups à la porte de Tristan qui ne semblait pas répondre, il colla son oreille à la porte, cherchant à entendre le moindre bruit suspect : des doigts tapant sur un clavier qui indiquait que Darek n’était pas mort, un juron pour signifier qu’il ne voulait pas le voir, ou les bruits de ressort d’un matelas pour signifier que… enfin vous voyez le topo, pour dire qu’il ne devait pas être dérangé. Rien de tout cela pourtant. Le scientifique se décida donc à répondre le problème et l’hypothèse : Tristan est peut être resté au travail et n’est pas chez lui. Dans ce cas là il lui laisserait au moins de quoi grignoter en revenant, ainsi que de quoi boire autre chose que du café. Car oui bien sur Kim n’était pas fou, il avait emmené une boisson non alcoolisé pour fêter la fin de son expérimentation. Il connaissait assez le dossier de Tristan pour ne pas faire cette erreur. Il ouvrit donc la porte dans l’idée d’infirmer ou de confirmer son hypothèse de non présence.

Et il poussa donc la porte et entra. Kim avait beau être préparé à tout, il ne s’attendait pas à cela, il resta quelques secondes la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Ainsi donc Tristan Darek l’associable passait du temps avec Judikhael Wenfield ? Et ils ne l’invitaient même pas ?! L’homme se sentait blessé et vexé. On l’avait oublié et on voulait faire la fête sans lui… Cependant cela n’entacha pas sa bonne humeur, et il les salua d’un ton joyeux.

Bonsoir messieurs !

Il referma la porte derrière lui, enjamba comme à son habitude les vêtements et pièces informatiques et robotiques éparpillés un peu partout, il avait l’habitude maintenant, et se rapprocha des deux compères.

Heureux de vous voir Judikhael. Est-ce une réunion pour les anciens de Nosco ? Je ne dérange pas j’espère…

Il n’attendait pas de réponses réellement, car si on lui avait répondu par l’affirmatif, il se serait vraiment vexé et certainement pour un bon moment. Mais il n’y avait aucune raison pour Tristan de lui demander de partir n’est ce pas ? Il accueillait tout le monde chez lui normalement.

J’ai ramené de quoi manger et boire mais…

Kim jeta un œil à l’assiette de Judikhael avec un regard soupçonneux se demandant comment on pouvait manger le plus bas de gamme de ce que produisait la ville. Il continua.

Je vois que vous avez déjà prévu quelques choses…

Il déposa pourtant le tout sur le bar à l’américaine de Tristan pour qu’il en profite plus tard. Il regarda un instant l’ordinateur ouvert devant l’informaticien, comme s’il avait pu être étrange qu’il ne soit pas là et en marche, puis se tourna vers le commandor de la section anti-terrorisme.

Non, ne me remercie pas, je tiens à ce que tu sois en bonne santé Tristan. Comment vous portez vous, Judikhael ? Pas mal de travail en ce moment si j’ai bien compris. Et toi Tristan quelque chose d’intéressant ?

Il désigna d’un mouvement de tête l’ordinateur, puis sans qu’on lui ait demandé, il répondit à la question muette qui devait sans doute bruler toutes les lèvres.

Je viens de finir un projet important. Une bonne chose de faite, cela nous aidera pour le futur je pense.

Il soupira et s’installa un peu plus confortablement sur une chaise, se détendant et prenant ses aises, tout en se demandant ce que Judikhael pouvait bien faire chez Tristan, ils n’avaient pourtant jamais été très proches à ce qu’il savait. Et Darek n’avait pas d’amis très proche… Wenfield venait il souvent à l’Aedes ? Pas que le scientifique sache… Il y avait peut être un mystère à connaître la dessous…
Kim vouvoyais le commandor de la section anti-terroriste car il n’était pas proche et qu’ils ne se côtoyaient pas, cependant il avait prit le réflexe d’appeler tout le monde ou presque par leur prénom, connaissant le dossier et les antécédents de santé de la plupart des personnes qu’il croisait, ou du moins des plus anciens de nosco, comment ne pas appeler par leurs prénoms ceux qu’il avait si souvent croisé et donc il connaissait une partie des secrets ? De plus il avait travaillé aux côtés de Judikhael lors de ses premières années à Nosco lorsqu’il était brigadier, et il l’avait déjà soigné, alors même s’il lui témoignait du respect, en le vouvoyant, il n’était pas un inconnu pour lui et donc se sentait en droit d’employer le prénom de ce dernier. Quand à Tristan, Kim le voyait trop souvent pour qu’il y ai de barrières entre eux, et puis il aimait bien taquiner ce dernier, ou débarquer chez lui à n’importe quelle heure pour vérifier que l’informaticien se soignait, mangeait et dormait assez.

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Tristan Darek le Dim 9 Jan - 2:19

L'informaticien écouta ce que lui disait son collègue sans le lâcher du regard, essayant de comprendre au mieux ce qu'il voulait vraiment histoire d'y passer le moins de temps possible et de pouvoir se détendre un peu. La journée avait été longue, très longue à cause de ces imbéciles de brigadiers et il ne savait plus très bien depuis combien de temps il n'avait pas dormi. Peut-être une heure ou deux ce matin mais pas plus et il n'avait pas dû goûter au confort de son lit depuis bien plus de jours que ça, trop obsédé par son travail pour s'accorder un peu de répit, pour se couper du seul monde qui le comprenait. On jugeait souvent son comportement comme fou, déséquilibré, on le prenait pour ces gens qui faisaient passer leur travail avant tout parce qu'ils se laissaient déborder et se faisaient toujours avoir parce qu'on leur en donnait encore plus pour les exploiter au maximum mais c'était faux, Darek aimait réellement son travail, c'était sans doute la seule chose maintenant où il se sentait capable d'y accorder des heures et des heures sans les voir passer, complètement hors du temps et passionné par ce qu'il faisait. La solitude dans laquelle le geek s'était enfermée l'empêchait d'exprimer la force de cette passion qui l'animait, le fait qu'il comprenait si clairement le monde dans lequel il travaillait comme s'il y était né mais c'était inutile d'essayer, on ne le comprendrait sans doute jamais.
Son interlocuteur ne semblait pas très loquace sur le service qu'il voulait lui demander et Darek avait dû mal à comprendre cet étrange comportement. Qu'y avait-il de gênant dans le fait de lui demander un service ? En caricaturé, n'était-ce pas ce qu'il faisait tous les jours ? Or ça n'avait jamais dérangé personne et puis ils avaient bien déjà travaillé ensemble, même lorsqu'il n'était qu'un simple brigadier, même quand on l'avait rapidement mis sur la liste des informaticiens à ne pas trop envoyer sur le terrain. Peut-être était-ce parce que le service était personnel mais il n'avait jamais vu Wienfield intimidé par quelque chose, ce n'était pas son genre, ou alors il n'avait vraiment rien compris à la personnalité de cet homme en apparence si imposant. Pourquoi le laissait-il ainsi dans le flou, à ne lui indiquer que quelque chose de vague, d'imprécis alors qu'il devait bien savoir qu'il détestait ça ? Non pire, c'était l'une des choses dont il avait le plus horreur et en plus ça lui faisait perdre un temps qui se révélerait peut-être précieux.
Il soutint son regard après qu'il se soit tu, dans l'espoir de lui faire comprendre qu'il attendait quelque chose de plus. Quoi ! Se moquait-il vraiment de lui ? Fin de soirée ? Mais la soirée pour lui ça allait de la fin de l'après midi jusqu'au milieu de la nuit ! Il voulait vraiment qu'il s'amuse à visionner toute sa soirée pour trouver le truc qui cloche et qui si ça se trouve il ne remarquerait même pas parce qu'ils n'avaient pas la même vision des choses ? Il fallait croire que oui puisque son collègue baissa les yeux et le laissa pantois, ne prenant même pas la peine de lui dire quoi que ce soit pour justifier son comportement qui exaspérait déjà au plus haut point le commandor. On ne pouvait pas l'aborder en plein milieu de la nuit et lui demander une faveur de la sorte ! Si c'était pour se foutre de sa gueule, alors l'idée était très mauvaise et il allait vite comprendre qu'on ne traitait pas un homme comme lui de la sorte ! Si l'informaticien ne fit pas démonstration de son exaspération la plus profonde, il ne sut pas vraiment expliquer pourquoi et finalement il se contenta de se plonger dans sa recherche plutôt que de soupirer longuement et de lever les yeux au ciel comme on avait l'habitude de le voir faire.

Soutenant sa tête avec sa main, ne pouvant s'empêcher de montrer la marque de l'ennui terrible que lui imposait son interlocuteur, il visionnait en accéléré les vidéos des caméras installées dans l'appartement de Wienfield. Il manqua de peu de laisser échapper un bâillement, ne comprenant pas ce que cette soirée pouvait bien avoir de terrible pour que son collègue veuille en supprimer un bout. Une femme autre que son épouse peut-être s'était un peu trop faite remarquer par les caméras ou la visite impromptue de... Anthelmios ? Anthelmios qui rentrait dans sa chambre et... en ressortait. Non ça ne devait pas être ça et puis il restait sceptique à l'idée que Wienfield ait eu honte d'une relation avec un homme... Bon peut-être parce que c'était la raison de briser un ménage mais non, l'homosexualité n'avait rien de choquant aux yeux de l'informaticien : né dans les lieux les plus profonds de la débauche, il avait tout vu, tout entendu et en avait lui-même presque fait autant.
L'instant décisif devant être tout proche, il ralentit le rythme des vidéos. Avouons-le, c'était aussi parce qu'il était fatigué et que forcément son esprit ne suivait plus le rythme effréné qu'il avait l'habitude de prendre et à cet instant-là, il n'aurait pas refusé une petite pause. Il ne songeait pas tellement à se coucher, le monde des rêves n'étant pas celui qu'il aimait particulièrement retrouver puisque celui-ci ne lui offrait généralement que cauchemars, tourmentes, souvenirs des plus désagréables. Souvent il ne se sentait capable de se coucher que lorsque le sommeil gagnait cette éternelle bataille contre son esprit. Alors il s'effondrait dans son lit sans prendre la peine de se glisser au chaud, sous la couverture.

Soudain le bruit de la porte qu'on ouvrait et le son enjoué d'une voix qu'il connaissait bien le tira de ses divagations. Il ne fut guère surpris de la visite de son collègue en cybernétique car celui-ci venait régulièrement le voir et prendre de ses nouvelles quand il trouvait que Darek faisait un peu trop le mort en ne répondant ni à ses messages ni à ses emails. Il fallait avouer qu'il prenait rarement l'initiative de le contacter et encore moins celle de lui rendre visite, s'ils se connaissaient donc depuis pas mal d'années maintenant et se voyaient toujours c'était bel et bien grâce aux efforts que faisaient le chercheur. Kim van Berghen faisait partie de ces rares personnes dont la présence régulière et parfois improductive ne lui déplaisait pas. Sans pour autant qu'il soit prêt à discuter de tout et n'importe quoi et à se passionner pour la pluie et le beau temps rien que pour les beaux yeux du jeune homme, il appréciait ses talents dans un domaine qu'ils partageaient tout deux ainsi que son dynamisme qui ne lui avait pour l'instant jamais permis de trop s'ennuyer en sa compagnie.

Bonsoir Kim, avait-il vaguement articulé en guise de réponse à tout ce qu'il venait de dire avec cet air enthousiaste qu'il lui avait toujours connu.

A ce moment-là, il n'était pas du tout mécontent de sa présence, elle lui permettait de se réveiller un peu et surtout à mettre davantage de piquant dans ce qu'il faisait et qui était sur le point de lui servir de berceuse. Un peu plus et il aurait sans doute piqué du nez sur son clavier, ce que son collègue n'aurait sûrement pas très bien apprécié.
Un éclair soudain de lucidité lui fit réaliser qu'il n'avait pas lu le message qu'il avait reçu et que s'était à tous les coups celui de Kim qui en général préférait le prévenir de sa visite plutôt que de le prendre au dépourvu, c'était peut-être une politesse de sa part ou bien la crainte de le vexer et ainsi d'être mal reçu. Pourtant il n'avait pas l'habitude de planifier la plupart des choses qu'il faisait et les noscoiens étaient tout à fait libres de lui rendre visite comme ils le voulaient, il arrivait même, comme ici, que plusieurs personnes viennent le voir en même temps, il tâchait alors de régler les problèmes de tout le monde tout en discutant lorsque c'était nécessaire. Darek saisit son portable et consulta le message qu'il avait négligé et qui venait bien de Kim. Celui-ci se voulait plutôt humoristique, dommage que le commandor n'ait pas un sens très aigu de l'humour.

Je n'avais pas vu ton message... mais tu es le bienvenu, ajouta-t-il.

Et soudain il comprit ce que son collègue voulait qu'il supprime. Ah, c'était donc ça qui le gênait tant, la serviette qui glissait là ? Évidemment maintenant qu'ils avaient de la compagnie il n'allait pas le lui demander haut et fort mais il était presque sûr que ce soit ça ce dont il n'avait pas eu envie de lui parler. Il n'y eut pas plus de réaction physique que psychologique de sa part et il se contenta de rester parfaitement indifférent à ce que Wienfield ne voulait pas qu'on trouve. Si ce genre de petit problème lui était arrivé il ne s'en serait pas préoccupé le moins du monde mais il y avait une différence entre les deux commandors et celle-ci était la maîtrise de l'informatique. Bien qu'il ne soit pas du genre à tomber sur les gens et à se venger pour un oui ou pour un non, on le craignait et personne n'avait envie de dire adieu à tout son matériel électronique, d'autant plus qu'il pouvait rendre la pareille question humiliation et traquer dans toutes les vidéos de Nosco le truc qui permettrait au petit malin de ne plus jamais oser se regarder dans un miroir. D'un autre côté, il avait tellement tendance à brouiller les pistes et s'arranger pour qu'on le croit à un autre endroit quand il n'avait pas envie qu'on le surveille, qu'il en aurait sans doute fait de même pour lui. Inutile donc de chercher sur tout le réseau et les archives, parmi tout ce qui était enregistré, il y avait très peu de chance que l'on trouve quelque chose qui puisse le compromette un tant soi peu.
Darek ignorait si son petit jeu était connu ou soupçonné mais il s'en fichait pas mal, encore faudrait-il prouver qu'il modifiait régulièrement certaines données, chose difficile puisqu'il pouvait se vanter d'avoir gagné la fidélité de la plupart des informaticiens et qu'eux-mêmes pouvaient lui faire confiance. Et puis, disons-le, le talent de l'homme lui permettait bien des facilités, comme la détermination à ce qu'on le laisse blanc comme neige ou que l'on ferme les yeux pour quelques petits trucs, ce qui lui permettait d'éviter, sauf faute grave, toutes sortes de harassants petits procès.

Je dois rendre un petit service à Wienfield, lâcha-t-il comme s'il était nécessaire de justifier la présence de l'homme chez lui. Fais comme chez toi.

Enfin, tu le sais, pensa-t-il tout en fermant d'un coup sec son ordinateur. Il connaissait la curiosité de Kim van Berghen et il doutait que le commandor apprécie qu'une autre personne découvre ce qu'il cherchait à supprimer à tout prix.

Je peux facilement corriger votre problème, vous n'avez pas à vous inquiéter pour ça, fit-il en regardant le commandor de la section anti-terroriste pour lui signifier qu'il avait trouvé ce dont il lui parlait et le rassurer un peu.

Puis il se leva pour aller chercher du matériel mieux adapté à ce qu'il avait à faire, autrement dit, corriger la vidéo en laissant le moins de traces possibles et tout faire pour que les dernières restantes apparaissent comme normale à première vue puis justifiées si on lui cherchait des puces et qu'on se décidait à creuser un beaucoup plus que d'ordinaire.

Parle-moi de ton projet, demanda-t-il à Kim alors qu'il entrait dans sa chambre, réellement intéressé par ce que pourrait dire le scientifique. Il n'était pas obsédé par les nouvelles technologies et les avancées scientifiques concernant les domaines qu'il maîtrisait au point d'être toujours en train de tout surveiller pour être au courant en premier de la moindre petite nouveauté mais il aimait bien se tenir informé au maximum, surtout lorsqu'on lui servait l'occasion sur un plateau d'argent. Et avec Kim il était sûr de tout savoir et surtout de pouvoir lui faire confiance quant à la véracité de ce qu'il lui apportait, c'était sans doute grâce à son côté fouine qu'il trouvait plutôt amusant et que lui ne possédait pas, il était rarement curieux.

On put entendre quelques bruits venir de la chambre, signe qu'il cherchait quelque chose, puis il revint avec un autre ordinateur en main. A première vue ça ne paraissait pas vraiment très utile de changer de machine mais il y avait pour Darek une différence majeure : celui-ci, il s'en servait exclusivement pour son travail et avec lui il diminuait déjà le côté louche de la manipulation qu'il avait à faire et surtout il avait les droits de modification sur la vidéo qu'il voulait modifier et ceux pour accéder aux autres serveurs qui les stockaient. Son soucis obsessionnel de la sécurité l'avait poussé à n'autoriser qu'une minorité d'ordinateurs à accéder à certains endroits, sous peine de se faire jeter quoi qu'on cherche à faire. C'était tellement restrictif qu'il était impossible d'étendre cette technique à tous les services, sans compter qu'ajouter une machine à la liste autorisée était un moment dangereux et qu'il n'avait pas non plus envie qu'on le fasse toutes les dix minutes. Enfin, passons les détails et retenons simplement qu'il avait besoin de cet ordinateur et pas d'un autre.
Darek ne le transportait que très rarement avec lui, préférant garder sur lui un modèle plus petit avec moins d'accès et de puissance mais qui convenait tout à fait le temps de faire le voyage entre chez lui et l'un des endroits où il travaillait. En attendant, celui-ci dormait tranquillement dans un endroit de sa chambre qu'il tenait secret et qu'il devait changer régulièrement.

Tout en écoutant ce qu'on lui disait, il se rassit là où il était et alluma la machine, gardant pour sa part un silence de mort. Quelques mots de passes et autres mesures de sécurité excessives plus tard, il ouvrit son autre ordinateur où il avait copié certaines parties des vidéos qui l'intéressaient et commença par supprimer le moment gênant et à le remplacer par un espace vide. Puis il ouvrit les fichiers qui contenaient les moments d'avant et d'après dans un logiciel spécifique et il poursuivit son travail par quelques modifications, test et corrections rapides pour assurer au maximum la fluidité de la succession des images. Ainsi on ne pourrait pas remarquer au premier coup d'œil qu'il y avait eu des modifications. Heureusement, le travail n'était pas énorme puisqu'il n'y avait que quelques secondes à modifier et pas une bonne heure où là, il aurait fallu faire un réel travail de retouche d'image et dans ce cas-là il n'aurait peut-être même pas été la personne la plus qualifiée pour le faire avec brio. Il aurait fallu travailler à deux, un graphiste pour l'image et lui pour tout l'aspect informatique et accessibilité. Mais ici le travail était à sa portée et Wienfield pouvait donc être rassuré de savoir qu'il n'y avait eu qu'Anthelmios, lui et éventuellement un surveillant à avoir vu la scène. Prenant en compte le fait que trois jours étaient passés et qu'il n'y avait pas eu de vagues, on pouvait légitimement éliminer la troisième personne.
Il ne fallut pas plus d'une dizaine de minutes au geek, qui avait soudainement retrouvé toute son énergie et sa rapidité, pour qu'il fasse le travail qu'on lui demandait avec tout le soin qu'on lui connaissait, ne manquant pas de peaufiner chaque détail.

J'ai terminé, je vous ai envoyé le résultat, vous penserez à le supprimer une fois que vous l'aurez vu, définitivement, souligna-t-il, si vous ne savez pas faire je vous expliquerai plus tard.

Faire un cours d'informatique ne le dérangeait pas le moins du monde, il fallait seulement qu'il soit bien reposé quand il s'agissait d'expliquer des choses qui étaient pour lui simples comme bonjour, histoire qu'il ne soit pas complètement horripilé par le novice en question et qu'il finisse par en être irrité. Son exaspération pour le commandor de tout à l'heure s'était d'ailleurs totalement dissipée et comme toujours, dans sa tête, c'était comme si rien de tout ça n'était arrivé.
Son attention se reporta sur Kim qu'il avait en fait assez négligé depuis son arrivée alors qu'il l'avait habitué à capter presque toujours une bonne partie de son attention. Il allait maintenant pouvoir se relaxer un peu, oublier sa montagne de soucis et son collègue était parfait dans ce rôle-là.
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Tristan Darek
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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Judikhael Wienfield le Lun 17 Jan - 18:58

Judikhael sentait bien que sa demande... agaçait l'autre. Peut-être l'exaspérait-elle même. Mais... Il se sentait réellement incapable d'en dire davantage. D'une part il était dans l'incapacité totale de préciser l'heure exacte ou même le créneau horaire pendant lequel cet "incident" avait pu se passer. Il n'avait pas été en pleine possession de ses moyens à ce moment-là et avait si inapte à quoique ce soit que l'heure n'était alors devenue qu'une notion floue. Très floue. D'autre part, il se voyait mal expliquer plus amplement la situation gênante dans laquelle il s'était trouvé. Il ne sentait pas capable de faire face aux possibles moqueries ouvertes que l'informaticien lui offrirait alors. Et quand bien même il pensait que ce n'était sans doute pas le genre de Darek, il préférait ne pas prendre le risque. L'exaspération donc plutôt que la moquerie.

Il se cantonna donc au silence, laissant l'informaticien visionner le tout, le visionnant avec lui, sentant une gêne incomparable de nouveau s'infiltrer en lui. Il se sentait si honteux de ce passage. Et de quelques autres, qui, eux, heureusement, n'avaient pas fait l'office d'enregistrement. Darek approchait inéluctablement du moment fatidique. Et Judikhael faisait confiance en son intelligence pour comprendre la partie gênante. Et si la gêne était toujours de la partie, un certain soulagement à la pensée que tout cela serait bientôt du passé, une histoire finie et oubliée, commençait à s'y mêler. Mais c'était compter sans un certain médecin qui se croyait ici comme dans un moulin et qui venait de s'inviter sans même demander la moindre permission.

Nul doute que s'ils avaient été dans ses propres appartements, inopportun n'aurait pas fait montre de tant de culot. Mais voilà, ils n'étaient pas chez lui mais chez Darek qui acceptait sans doute ce genre de comportement, pourtant malvenu aux yeux de Judikhael. Le commandor de la section anti-terroriste ne put donc que froncer les sourcils à cette intrusion, montrant un air circonspect et plutôt.. réprobateur... mais resta coi.

- Bonsoir Kim, répondit-il d'une voix sombre.

Quant à la question de savoir s'il dérangeait... S'il ne dérangeait visiblement pas Darek, il le dérangeait lui. mais encore une fois n'étant pas chez lui... il ne pouvait se montrer si discourtois, n'est-ce pas ? Et Darek venait de confirmer que l'autre était le bienvenu. Il se tut donc, se contentant de reporter son attention sur Darek. Et espérant que l'esprit fin et aiguisé de l'autre comprenne la situation délicate dans laquelle il risquait de se retrouver d'ici peu si ce médecin de malheur voyait lui aussi la vidéo. Le soulagement qui venait juste de s'inviter venait de nouveau de s'envoler alors...

Toute faim venait de quitter soudain Judikhael, malgré les sensations que son corps lui envoyait depuis quelques heures, instants, déjà. Il avait les doigts gourds, froids, le ventre grondant, il se sentait épuisé... mais il se sentait si nauséeux soudain que la moindre pensée de nourriture lui soulevait le coeur. Non, merci, il mangerait plus tard, au final. Il dédaigna donc et l'assiette offerte par Darek et les mets pourtant bien meilleurs apportés par le médecin. Inutile de dire qu'il ne trouva pas la force de répondre quoique ce soit audit médecin qui semblait s'efforcer d'égayer l'atmosphère. Ce babillage incessant commençait à lui donner la migraine, lui qui peinait déjà à garder son esprit bien ancré dans la réalité.

Et le mal de tête lancinant qu'il avait presque réussi à chasser toute la journée durant à force de médicament et autres drogues sembla revenir au galop sans prévenir. D'un geste las, Judikhael porta une de ses mains à sa tempe et la frotta négligemment d'un geste lent et fatigué. Non, ne pas se laisser aller à ses divagations. Rester présent, rester attentif, rester ancré dans le réel... Bien plus difficile à dire qu'à faire toutefois. Et dire qu'il avait pris ses médicaments il y a une heure à peine. Il ne pouvait pas en prendre davantage de suite, n'est-ce pas ?

Un mouvement brusque du côté de Darek lui indiqua que l'autre venait de fermer son ordinateur. Hum... fermer son ordinateur ? Et son petit souci ? Et le service qu'il venait lui demander ? S'inquiéta-t-il soudain, relevant la tête, et suivant d'un regard inquiet l'informaticien qui venait de se lever et allait dans ce qui devait lui servir de chambre. Un oeil expert aurait vite compris que visiblement Judikhael s'était déconnecté un instant du monde présent et avait manqué un épisode, n'ayant pas compris, ou plutôt pas entendu, ce que Darek lui avait dit.

Parle-moi de ton projet.

"Et lui ? Et sa demande ? Darek venait-il au final de refuser ?" S'inquiéta de nouveau le commandor en so for intérieur, sans pour autant oser poser la question de vive voix. Et enfin Darek revint, sans pour autant lui expliquer ce qu'il faisait sur son ordinateur, écoutant apparemment le babillage de son ami médecin, tout en travaillant à ils ne savaient quoi sur l'ordinateur qu'il venait de ramener. Après une attente qui parut interminable à Judikhael qui ne savait alors que faire, une voix s'éleva de nouveau, sortant le commandor de l'anti-terrorisme de son étrange transe.

J'ai terminé, je vous ai envoyé le résultat, vous penserez à le supprimer une fois que vous l'aurez vu, définitivement. Si vous ne savez pas faire je vous expliquerai plus tard.

Une voix qui lui en rappela une autre. Pas si semblable, mais une voix qui avait prononcé les mêmes mots, il fut un temps...

J'ai terminé, je vous ai envoyé le résultat.

Xxcel, quand il était encore parmi eux à travailler auprès de la Brigade. Yan était aussi des leurs encore et les rebelles n'existaient pas. Ils ne faisaient alors que traquer les créatures ou tentaient de conserver le secret de Nosco, pour ceux qui le savaient, effaçant régulièrement les données que certaines laissaient trainer sur le réseau remis à neuf depuis peu concernant ce qu'était Nosco.

C'était une de ces missions nettoyages. Nettoyages concernant cette fois une action contre les créatures qu'ils avaient dû repousser dans les souterrains. Judikhael n'était alors qu'un jeune brigadier, suivant les traces de Yan, et tous deux ne faisaient qu'être spectateur de la conversation entre leur commandor de la section de nettoyage et l'informaticien hors paire qu'étai Xxcel.

Vous penserez à le supprimer une fois que vous l'aurez vu, définitivement.


Les mêmes mots, les mêmes phrases. C'en était frappant de concordance. Si frappant que le souvenir qui lui revenait alors semblait s'amuser à intercaler les images d'alors avec les images présentes. Un doux mélange, comme souvent Judikhael en connaissait ces derniers temps, où réalité et souvenir parfois virtuel avaient une fâcheuse tendance à se mêler, lui donnant toutes les peines du monde à dénouer les fils du réel et de l'irréel.

Si vous ne savez pas faire je vous expliquerai plus tard.

Non, effectivement, il ne saurait peut-être pas faire, pensa-t-il, secouant la tête comme pour tenter de chasser toutes ces images parasites qui le paralysaient soudain. Il avait vaguement conscience que son attitude soudainement statique et songeuse devait paraître... étrange. Pour ne pas dire suspecte. Mais qu'il en ait conscience ou pas, il se révélait bien incapable d'y remédier. A moins que...

Une soudaine pensée pour les médicaments qu'on lui avait prescrits. Oui, eux, eux pourraient aider. Eux permettaient de chasser ces images. Certes, il en avait pris il y a peu, moins de deux heures, alors qu'il n'était censé n'en prendre que toutes les six heures, mais... Mais ces images devenant si... récurrentes. Si... envahissantes. Si gênantes. Il n'y avait que ces maudits remèdes pour les chasser. Qu'eux...

Et sur cette pensée, observant un instant encore le tube de médicaments qu'il n'avait pas eu conscience de sortir, il n'hésita plus une seconde et en avala deux autres d'un coup, rejetant la tête en arrière en fermant les yeux, à peine conscient alors du spectacle qu'il devait offrir. Goût âcre tandis que les comprimés s'infiltraient dans sa gorge à sec, léger tremblement qu'il sentait déjà l'envahir doucement mais sûrement, comme à chaque fois qu'il les prenait, légère nausée d'avoir avalé ces maudits remèdes quasiment à jeûn, puis peu à peu une nouvelle maitrise de lui et de son environnement. Du moins pour quelques temps. le temps de regagner ses appartements, de regagner sa solitude et de se laisser aller, seul, chez lui, avec lui-même.

Recouvrant enfin ses cinq sens, et parvenant enfin à chasser les images qui l'avaient si soudainement hanté, il rouvrit enfin les yeux. Pour rencontrer le regard des deux compères. Un regard... qu'il préféra ne pas déchiffrer. Peut-être Kim était-il au courant le concernant. Peut-être Ana en avait-elle parlé avec lui, son cas posant visiblement souci, même à la médecine de Nosco. Mais... Non, il préférait ne pas savoir, et ne pas comprendre ce que ces regards pourraient bien vouloir dire. Fuir, partir, laisser les deux compères ensembles, eux qui avaient l'air de si bien s'entendre comme larons en foire... Les laisser s'amuser, maintenant que sa requête avait été réalisée. Oui, c'était bien là la meilleure chose à faire, pensa-t-il, soulagé de parvenir à aligner de nouveau deux pensées cohérentes.

- Je vous remercie, Tristan, fit-il enfin d'une voix sourde qui l'étonna lui-même.

Et cet emploi du prénom... Chose si rare entre eux...

- Je ne vais pas vous importuner plus longuement et vais vous laisser entre vous. Merci encore. je vous contacterai si j'avais la moindre... question.

Et sur ce, il se leva, direction la porte. Au programme : sortie de l'Aedes et retour au capitol.

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Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Kim van Berghen le Dim 6 Fév - 22:21

Judikahel ne semblait pas en bon état, certes il était tard et il aurait été préférable d’être déjà couché ou du moins chez lui dans le calme de son appartement cependant… Sa visite devait être d’une haute importance pour qu’il s’y force ainsi. Tristan semblait lui aussi sur le point de s’endormir, mais encore assez éveillé pour vouloir parler ou tout du moins écouter. Son projet ? C’est vrai, il pouvait expliquer.

Ca va être quelque chose de grand… que dis-je d’énorme !

Enthousiaste ? Oui, c’était peut être le seul de la pièce mais il l’était, et il ne pouvait contenir cette joie et cette envie de faire partager son exaltation.

On a réussit à améliorer les exosquelettes ! Bon nous n’avons pas totalement fini, il faudra encore peaufiner le tout, mais ce qu’on a réussit à faire… c’est mieux, bien mieux qu’avant. On tient quelque chose, ce sera bien plus souple qu’avant pour les mouvements.

Tristan était polyvalent, voilà qu’il avait fini son travail pour Judikhael. Pourtant le commandor, secoua la tête comme pour refuser ce que lui disait l’informaticien, avant de… Ô surprise. Sortir un tube de médicament et en prendre deux, sans se poser de questions. Depuis quand prenait il des médicaments ? Surtout qu’il n’avait pas l’air dans son état normal, pas au meilleur de sa forme. Son dossier médical indiquait il quelque chose dans ce genre ? Il n’avait pas parlé de Judikhael Wenfield avec aucun de ses collègues dernièrement, peut être car il avait fait moins de consultation, et surtout car il n’aurait jamais pensé à aborder le sujet. Pourquoi discuter d’un commandor dont la santé semblait être au beau fixe, qui était peu malade et qui allait se marier très probablement avec une jolie fleur de la congrégation ?

Votre excellence, attendez.

Quoi ? Oui, c’est vrai, là il venait d’employer le terme servant à désigner les hauts conseillers préférant rester plus formel. Il avait bien vu que Wenfield ne semblait pas apprécier de le voir entrer, alors il préférait mettre des gants quand il s’agissait de l’interpeler sachant qu’il risquait de le prendre encore plus mal. C’était sa vie privée certes mais il était commandor et sa santé affectait toute sa section… De plus, Kim n’aimait pas voir des gens aller mal. Il se devait toujours d’intervenir, tenter de les aider. Pour racheter son mauvais karma ? Certainement et alors, c’était mieux que rien non ?

Vous allez bien ? Préférez vous que je vous raccompagne chez vous ? Vous ne semblez pas en état d’y aller seul.

Comment réussir à être professionnel alors que les circonstances ne lui permettaient pas. Si quelqu’un lui avait donné ces médicaments c’est qu’il avait eu une ordonnance et donc l’accord d’un médecin… Mais ces pilules étaient elles assez fortes ? Trop fortes ? Pas bien dosés… Ou pire étaient-elles appropriés ? En tout cas l’homme ne semblait pas resplendir la forme, et on ne pouvait pas le laisser sortir sans réelles protections dans la rue, une attaque des créatures ou des rebelles était bien plus probable la nuit, lorsque tout le monde dormait et qu’il faisait noir. Le moment était donc propice.

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Tristan Darek le Ven 11 Fév - 19:32

Le projet dont lui parlait Kim était tout ce qu'il y avait de plus intéressant en cybernétique, entre les robots et les exosquelettes, il y en avait pour des décennies de recherche avant que le domaine ne connaisse un ralentissement dans ses innovations. On pouvait entendre au son de sa voix à quel point son collègue était enthousiaste et excité par les travaux qu'il avait fait et Tristan aurait partagé volontiers sa joie s'il n'avait pas cette tendance à être si souvent d'humeur morose ou apathique. Il y avait une différence entre les deux hommes, tandis que Kim avait préféré quitter son laboratoire pour se changer les idées ou se reposer un peu, Tristan, lui, y serait resté jusqu'à ce que la forme finale de son projet le satisfasse entièrement, à moins que la fatigue ne l'emporte dans d'autres mondes.
Il n'avait pas levé les yeux sur lui quand il lui avait parlé de ses exosquelettes tout simplement parce qu'il était obnubilé par le service qu'il devait rendre à Wienfield et qui, malgré l'habitude, restait toujours délicat étant donné qu'il fallait laisser le moins de traces possibles. Créer ou détruire c'était le plus facile mais s'infiltrer discrètement sans jamais attirer l'attention restait le plus difficile, c'était ce qui l'avait attiré dans le piratage et bien qu'il ait laissé tomber pour le moment son infiltration de Tango, il n'avait pas l'intention de faire tomber la Rébellion comme il avait éliminé Xxcel et Aiden, pas dans un simple duel qui aboutirait à une localisation, il voulait les infiltrer et clore cet épisode par une victoire en seul à seul contre Virulino. Ce n'était pas une question de fierté, ce n'était pas pour être considéré comme le meilleur et celui qu'on ne pouvait ni battre ni empêcher de faire ce qu'il voulait, c'était simplement parce qu'il en avait envie, que c'était sa seule joie dans ce monde de se battre contre la nature et de mettre tout son art pour améliorer les domaines dans lequel on le considérait comme un maître, dans les seuls domaines où il savait exactement comment faire les choses. Mais Darek était occupé par autre chose et sans en informer ses supérieurs, il avait laissé tomber pour un temps la menace rebelle.

Il en avait fini avec la demande de Wienfield et l'en avait déjà informé quand il répondit à son collègue.

Il faut absolument que tu me montres ça, mais pas maintenant... je pourrais te donner mon avis, j'aurais bien aimé participer à votre recherche mais je crains de ne plus avoir le temps pour ça depuis longtemps maintenant.

Darek n'avait pas vraiment remarqué que le commandor avait pris des médicaments, à vrai dire, il était comme aveugle volontairement à ce genre de truc et si on ne lui collait pas le nez sur des médicaments ou si on ne le poussait pas sur un médecin, son instinct d'auto-conservation et de no panique à bord lui permettait de ne plus voir ces choses-là et de les oublier bien vite. C'était grâce à ça qu'il tolérait la présence de Kim et ne se rappelait presque jamais qu'il était aussi médecin, en fait, il fallait vraiment que celui-ci le lui rappelle en lui parlant un peu trop souvent et avec insistance de sa santé. Mais il semblait qu'il ait compris comment l'informaticien se comporte car les crises qui prenaient Darek se faisaient maintenant plus rares, sans doute qu'il faisait moins de gaffes et s'arrangeait pour s'occuper de lui d'une autre manière, en le voyant assez régulièrement par exemple.
Le jeune homme leva les yeux sur Wienfield quand celui-ci leur annonça qu'il allait les laisser, il hocha la tête et ajouta quelques mots d'un ton neutre :

Comme vous le souhaitez... à bientôt alors.

Mais Kim, lui ne semblait pas de cet avis et il le regarda vaguement courir pour prendre soin du commandor. Ce n'était pas plus mal qu'il soit là, au moins Wienfield avait quelqu'un pour s'inquiéter pour lui et lui, on lui foutait la paix.
D'ailleurs dans ce bref intermède, toute l'énergie qu'il avait retrouvée pour mener à bien le travail qu'on lui avait donné disparue et il sentit tout d'un coup le poids de la fatigue tomber sur ses épaules. Il se souvenait maintenant pourquoi il avait quitté ses bureaux, pas par manque d'inspiration mais parce qu'il était complétement épuisé par un travail qui lui avait pris plusieurs semaines d'énergie intensive et qu'il fallait qu'il dorme un nombre assez conséquent d'heures, un temps trop long pour qu'il se contente de dormir sur son clavier. Il sentait même que son corps était complétement meurtri par les jours et les nuits qu'il avait passé assis devant son ordinateur dans les bureaux de la brigade. Au mieux il aurait eu besoin d'un bon massage mais il ne voyait pas dans les alentours de charmante jeune femme et n'avait pas le courage d'aller jouer les Dom Juan. Tant pis, il se contenterait du confort de son lit, moelleux à souhait et rempli de coussin, avec la meilleure des couettes qu'il pouvait trouver en Nosco.
Tristan avait laissé échapper un bâillement entre ses lèvres, prenant tout juste la peine de mettre la main devant sa bouche. Ses yeux maintenant se fermaient tous seuls et il ne rêvait que d'une chose : se glisser sous sa couette. Quelle heure était-il ? Sûrement déjà très tard.

Excusez-moi mais il faut vraiment que j'aille dormir, je vais tomber par terre sinon, dit-il d'une voix un peu embrumée. Vous pouvez rester ici si vous voulez, ça ne me dérange pas, ajouta-t-il sans que ce soit vraiment nécessaire : d'un côté, il tolérait tellement qu'on vienne chez lui qu'il n'avait pas besoin de préciser qu'on pouvait aussi passer quand il dormait – à condition qu'on ne le réveille pas –, d'un autre, les deux hommes ne voudraient sûrement pas rester.

Tu me montreras tes travaux quand je serais assez reposé pour être lucide.

L'informaticien avait éteint les ordinateurs qu'il avait utilisé et il laissa le premier sur la banque alors qu'il prenait le deuxième avec lui. Il fit quelques pas, traversa le bordel de son appartement et lorsqu'il fit sur le seuil de la porte qui menait à sa chambre il se retourna.

Bonne nuit, murmura-t-il.

Sans attendre de réponse, il rentra et ferma la porte derrière lui, laissa tomber sur le sol son jean, son sweat et son t-shirt – il les rangerait quand il se lèverait – et Tristan se plongea dans son lit non sans un soupir de plaisir. Un coussin entre les bras, la couette rabattue au dessus de son visage, à peine avait-il fermé les yeux qu'il s'était assoupi. Mais comme toujours, sa nuit ne serait pas aussi calme qu'il aurait pu l'espérer, bientôt il se réveillerait, en prise avec l'un de ses nombreux cauchemars et ne se rendormirait que bien plus tard.
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Tristan Darek
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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Judikhael Wienfield le Mer 16 Fév - 17:53

Darek avait raison, il était tard et mieux valait aller se coucher. Ce n'était pas comme si le lendemain il était en congé... et qu'il n'avait aucun travail à assumer encore. Il n'était déjà pas très en forme, alors en plus s'il veillait trop souvent ou trop tardivement. Il prenait donc congé lui aussi, pensant laisser derrière lui les deux compères qui avaient l'air de s'entendre comme larrons en foire, même si larrons n'était par le dénominatif le plus adapté pour qualifier Darek.

C'était toutefois compter sans un certain médecin qui soudain semblait vouloir le retenir. Judikhael n'était pas bien sûr alors d'apprécier ce "votre excellence". Vous allez croire qu'il ne savait pas ce qu'il voulait : que Kim ne l'appelle pas par son prénom, mais ne l'appelle pas non plus par son titre ? voilà qui semblait contradictoire. Et sans doute l'était-il effectivement. Mais ce "votre excellence" sonnait... étrangement. Plus formel. Ce qui ne présageait pas forcément quoique ce soit de bon.

Et non, il ne comptait pas accepter l'"hospitalité" offerte par Darek. il n'était pas du genre à squatter chez les autres, d'autant plus quand cet autre n'était plus là lui-même.

- Bonne nuit Darek. Je vous suis redevable, se contenta-t-il d'offrir à l'informaticien qui déjà s'engouffrait dans sa chambre sans autre forme de procès.

Cela n'attendait nulle réponse. Darek venait de lui rendre un service et Judikhael lui en devrait un autre à l'occasion. C'était ainsi. Et quiconque connaissait suffisamment Judikhael savait qu'il tenait à payer ses dettes, quelles qu'elles soient. Il tenait à son code d'honneur, rigoriste qu'il était.

Et sans plus attendre il sortit de l'appartement à son tour, entrainant van Berghen dans son sillage.

- Oui, je vais bien, mentit-il éhontément sans l'ombre d'une hésitation. Et non, je n'ai pas besoin que vous me raccompagniez, ajouta-t-il, un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Pour tout dire, il n'aimait pas tellement cette proposition. Cela sonnait comme si... comme si... s'il se révélait incapable de retrouver son chemin. il avait peut-être, sûrement même, des déficiences mais il n'en était pas, pas encore, à se perdre dans Nosco au point de ne plus retrouver le capitol. Et non il n'allait certainement pas confondre ses appartements à ceux de l'Impératrice non plus !

Se rendant toutefois compte qu'il venait d'être sûrement un peu dur avec le médecin, qui, au final, ne semblait que s'inquiéter de sa santé, il s'arrêta, alors qu'il venait d'atteindre les ascenseurs.

- Je ne voulais pas être sec. Il se fait juste tard.

Ce qui n'était pas une excuse. En d'autres temps, tard ou pas, jamais il n'aurait répondu de la sorte. Jamais de façon injustifiée. Or cette fois-ci n'était aucunement justifiée justement.

- Mais si vraiment me raccompagner vous rassure, alors soit, concéda-t-il dans un lourd soupir qui en disait long sur ce qu'il pouvait ressentir à cette idée.

Sans même attendre de réponse, il entra dans l'ascenseur qui venait d'arriver et commanda à haute voix d'aller au rez-de-chaussée. Si Kim désirait l'accompagner, il avait tout intérêt à se décider rapidement et à le rejoindre dans l'ascenseur avant que les portes ne se referment...

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Kim van Berghen le Mer 16 Fév - 23:57

Judikhael hésitait entre agressivité et regret de ses paroles. On voyait bien qu’il ne souhaitait pas rester en présence d’un médecin, mais sans vouloir paraître trop désagréable. Peut être était ce à cause de son rang qu’il s’empêchait d’envoyer Kim sur les roses… Fatigué, oui le commandor devait l’être, pourtant ce ne pouvait pas être que cela.

Tristan devait aller dormir, et les deux hommes invités dudit informaticien s’éclipsèrent donc rapidement pour lui laisser la tranquillité nécessaire à son doux repos. Kim pourrait toujours envoyer un email à Tristan, celui-ci lui répondrait au minimum dans la journée suivante. Il y avait un cas plus important et différent à traiter là.

Heureusement que Wenfield ne se faisait pas trop prier… D’ailleurs à encourager comme cela Kim à le suivre comme son ombre, tout du moins jusqu’au capitole, il s’épargnait sans doute un sermon digne d’une longue célébration, sur le fait de se soigner, de bien se porter… pour Artémîa Elisian. Le médecin ne savait plus comment lui demander ce qui n’allait pas sans l’agresser. Il se contenta donc de monter dans l’ascenseur, laissant les portes se refermer derrière eux dans le silence.

Il y avait certes la possibilité de laisser courir pour ce soir et se renseigner le lendemain auprès des autres médecins, cependant… Le scientifique tentait de se souvenir d’un détail du dossier du commandor mais… à part sa date d’arrivé qu’il savait plus ancienne que la sienne. Judikhael avait il retrouvé son passé, ou tout du moins quelques souvenirs ? Sans doute, ou peut être pas s’il était réellement fidèle à l’impératrice. Quelle avait été la vie passée de Judikhael ? Qu’est ce qui l’avait fait devenir aussi fragile de sa bien aimé ?

Hum… belle soirée, n’est ce pas ?

Il se tut une nouvelle fois, ne sachant pas comment réellement réorienter la discussion, se souvenant simplement du spectacle auquel il venait d’assister sans pouvoir rien faire. De toute façon si Judikhael ne voulait pas parler, il ne parlerait pas… ou avec son autre médecin, ce qui aurait été préférable, mais comment lui faire passer le message sans que celui-ci ne se vexe ?

C’est meilleur avec de l’eau vous savez…
Les médicaments je veux dire… On peut aussi bien sur avec du jus d’orange, du café, du lait, toute sortes de boissons, mais il a été prouvé que l’eau était le meilleur, pour la digestion et l’absorption des substances… Et l’eau a l’énorme avantage d’être disponible à n’importe quel robinet, et c’est sans doute la moins chère, de plus elle est facilement transportable…


Qui avait mit Kim sur le mode « paroles qui ne s’arrêtent pas » ? Sans doute était ce dû à l’état de gène des deux hommes, il ne voulait pas rester sur ce silence si pesant… Il fallait trouver quelque chose à dire, pour faire réagir, mais sans violence, le brigadier anti-terroriste. Peut être se décideraient ils à comprendre l’avertissement implicite sans se vexer ? Ou alors l’ignorerait il tout simplement pendant tout le chemin ? Dans ce cas là il pourrait toujours tenter une nouvelle approche, même si c’était risqué.

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Judikhael Wienfield le Sam 12 Mar - 22:26

Voir le médecin qu'était van Berghen le suivre dans l'ascenseur n'avait rien pour réjouir Judikhael qui, sans détester l'homme, n'appréciait pas particulièrement les conseils médicaux qu'il pourrait vouloir lui servir. Il se sentit un instant rassuré que le médecin ne pousse pas son inquisition plus loin, quand il l'entendit commencer la conversation sur un mode... anodin. Banal.

Hum… belle soirée, n’est ce pas ?

- Humpf, fut toutefois sa seule réponse.

Mal lui en prit, pensa-t-il ensuite, quand il entendit l'autre reprendre. Cette fois sur LE sujet que Judikhael ne voulait pas aborder. Surtout pas avec lui. Déjà que l'aborder avec Anna, son médecin attitré jusque-là, était délicat et faisait souvent virer la conversation à la dispute, Anna ayant un caractère aussi difficile que le sien, si ce n'est plus. Mais alors avec van Berghen...

C’est meilleur avec de l’eau vous savez…

Si un instant, Judikhael douta de ce dont Kim voulait parler, bien vite ce dernier précisa ces mots et tout doute s'évapora comme goutte d'eau au soleil. Goutte d'eau qui fit toutefois déborder le vase déjà bien plein de la patience du commandor. La patience n'était déjà guère l'apanage de sa vertue. Alors que dire de ce soir où fatigue et tension s'étaient en outre donné rendez-vous.

D'un geste lent et savamment calculé, qui était censé permettre à Judikhael de reprendre contrôle de lui-même, alors qu'il était à deux doigts de définitivement le perdre, la colère semblant vouloir prendre le dessus sur toute raison, le commandor sortit de l'ascenseur qui venait enfin d'arriver au rez-de-chaussée. D'un pas aussi assuré que la colère sous-jacente le lui permettait, il sortit de l'Aedes, le médecin toujours sur ses talons, et attendit d'être arriver à un endroit clé de la cour intérieure. Ils étaient arrivés tout près de la rotonde, un endroit normalement consacré aux tourtereaux qui trouvaient cet endroit d'un romantisme tout à fait à leur goût. C'était tout juste sur le chemin entre l'Aedes et le capitol, et cet endroit avec le net avantage de présenter une des rares failles de surveillance. Là, juste derrière cette colonnade, aucune caméra ne pouvait rien entendre ni rien filmer. Si Judikhael ne connaissait pas comme Darek pouvait le connaître tous les endroits clés de ce genre, il connaissait au moins celui-ci.

Il se fit donc un devoir d'y emmener Kim, gardant pour sa part un silence presque mortuaire, jusqu'à ce, qu'enfin, ils arrivent près de cette colonnade. Et sans attendre outre mesure, Judikhael aggrippa durement le col de son interlocuteur, le poussant durement dos contre la colonnade, se mettant tous deux à l'abri des regards et des oreilles indiscrète de la vidéo-surveillance. L'obscurité ambiante ferait sans doute le reste.

- Quand vous ai-je donc permis de vous mêler ou de donner un quelconque avis sur mes affaires personnelles ou médicales ? Fit-il enfin, d'un ton qui ne présageait rien de bon, ses orbes prussiennes planter alors dans les yeux du jeune médecin. Je suis déjà suivi par un médecin de renom, que je sache. je vous serai donc gré de vous occuper de vos propres patients et de laisser les autres aux bons soins de vos confrères.

Plus qu'une simple demande, ces mots sonnaient clairement comme un ordre. Quand bien même Judikhael n'avait aucune réelle autorité sur les médecins. Même son titre de haut conseiller ne lui donnait aucunement un quelconque pouvoir sur les médecins. Et tous deux devaient en être parfaitement conscients, mais qui ne tentait rien n'avait rien, pensa-t-il, espérant que son ton menaçant suffirait à réduire Kim au silence et à convaincre le médecin de le laisser en paix. Il avait bien d'autres soucis en tête et n'avait guère de temps à consacrer à cet énième problème. Encore moins de temps pour faire face à un possible futur harcèlement à ce sujet... Quand bien il sentait, au fond de lui, que ce harcèlement n'était fondé que sur de bonnes intentions.

Il s'apprêtait alors à rajouter une dernière menace pour donner plus de poids encore à ces propos, quand, appuyant sans le vouloir avec sa cuisse contre l'entre-jambe de son iterlocuteur, il sentit une proéminence qui ne laissait soudain aucun doute. Simple sensation qui suffit à faire brusquement lâcher prise à Judikhael tandis qu'il s'écartait vivement, une certaine horreur de possible compréhension brillant dans ses prunelles de glace. Par toutes les ombres dansantes, ne lui dûtes-pas que van Berghen... avait... avait eu... de telles pensées.... sur lui ? Que van Berghen avait... non, c'était impossible n'est-ce pas ? Dîtes-lui donc qu'il ne faisait qur rêver, ou plutôt cauchemarder.... dîtes-luu donc que tout ceci n'était que malentendu...

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Kim van Berghen le Lun 14 Mar - 1:01

Visiblement Judikhael Wenfield n’était pas d’humeur, vraiment pas… Et la présence d’un médecin à ses côtés n’arrangeait rien. Il ne voulait voir personne, n’écouter aucun conseil et rentrer chez lui pour se reposer. Certes il était tard, mais c’était aussi un moyen d’éviter la conversation, fuir ses problèmes. D’accord l’ancien commandor avait beaucoup de soucis en ce moment pourtant cela n’aurait pas du le pousser à chasser tous ses problèmes d’un revers de la main. L’orgueil de l’homme avait du bien en pâtir lors de sa destitution du grade de commandor et sa mise à pied du haut conseil. Kim van Berghen n’avait jamais eu de telles responsabilités à Nosco et cela ne lui manquait pas, il n’avait pas vraiment ce genre d’ambition. Cependant il essayait de se mettre à la place de son interlocuteur et d’imaginer ce qu’il ferait ou dirait sous le coup de la colère si un jour on lui interdisait de pratiquer la médecine et qu’on le cantonnait uniquement à la partie scientifique de la Sapientia. Définitivement il en aurait voulu au monde entier, bien qu’à Nosco le monde se limitait à quelques centaines de personnes. Il aurait certainement été d’humeur très irritable pendant un long moment, même avec ses amis les plus proches. Injuste mais réaliste. Lorsqu’on allait mal, on refusait souvent l’aide extérieure de personne ayant simplement de la bonne volonté et un désir d’aider. Hors Kim n’était ni ami, ni même réellement proche de Judikhael.

Ce dernier devait donc considérer l’intervention du médecin scientifique comme totalement inappropriée et inadaptée. Comment lui faire comprendre que le but n’était que de le mettre en garde et non pas de l’ennuyer ? Peut être simplement en ne disant rien et en restant silencieux. La moindre parole risquant de froisser l’homme qui dépassait au moins d’une tête Kim, hors ce dernier n’avait aucune envie de se battre avec un professionnel du combat. Il était de toute façon sur de perdre en cas de conflit physique. Il aurait pu utiliser les mots, seulement voilà, chacune de ses paroles semblait irriter au plus haut point son interlocuteur, et l’ami des rats, surtout de Steve, n’avait aucun moyen de savoir ce qui pourrait calmer Judikhael. Il pourrait facilement faire un impaire, prononcer un mot qui serait la goutte faisant déborder le vase… Et cela sans le vouloir. Il n’était pas Anna Heidelberg, il ne soignait pas Judikhael. Et celui-ci venait de lui faire comprendre très clairement au docteur, profitant de la rotonde de la cour intérieur pour faire sa « déclaration ». L’ambiance avait tout du glauque et du film d’horreur. La nuit sombre avec seulement les quelques lumières des bâtiments permettant d’éclairer le chemin, le ciel et ses étoiles était même voilé par quelques nuages qui masquaient l’éclat du visage de la douce lune. Une petite brise agitait les feuilles des arbres et glaçait la voix de Wenfield. Le message était claire : stop, un mot de plus et je vous… Les yeux dans les yeux pour montrer qu’il ne riait pas. Kim non plus, la situation était délicate. La déclamation en aurait fait frémir plus d’un et l’allemand n’échappait pas à la règle.

Et là son regard fut capté par-dessous l’épaule du commandor, c’était Karlovy Kinsky… Elle marchait tranquillement sur un chemin un peu plus loin et ne semblait pas les avoir remarqués du tout. Par contre les pensées de Kim, elles se focalisèrent immédiatement sur la jeune femme, oubliant même le danger qui le menaçait. Elle était si jolie avec ses cheveux mi-long au vent, elle marchait d’un pas rapide, tout en tentant vainement de resserrer son pull autour de ses frêles bras, elle semblait greloter de froid… Il aurait fallut aller l’aider et la réchauffer. Il était tard, et elle se baladait seule, peut être avait elle besoin d’aide, ou de compagnie ? Il aurait voulu poser ses mains sur ses épaules et la serrer dans ses bras pour lui faire oublier les frissons du vent froid. Il aurait voulu la rejoindre, mais voilà deux solides mains le plaquaient contre une colonne et il avait presque faillit l’oublier jusqu’à ce que soudain… Ach du mein gott ! Il ne s’attendait pas à retomber aussi brusquement sur Terre. Passer de la vision divine de Lovy, de ses pas gracieux et de sa démarche souple, pour retomber brusquement dans la réalité de Judikhael qui venait de le surprendre en plein moment de faiblesse… Ce dernier s’était reculé certainement aussi surpris que lui-même. Ce n’était pas vraiment une bonne occasion pour permettre de renouer le dialogue loin de là…

Je…

Je quoi ? Je pensais à Karlovy qui passait par là, à l’effeuiller et plus encore ? Non ce n’était définitivement pas une explication à donner et que penserait Wenfield s’il lui avouait fantasmer sur une collègue ? Mieux valait peut être se taire, se murer dans le silence. Pourtant le regard glacé et choqué du conseiller en disait long sur les pensées qui devaient bouiller dans sa tête à ce moment là. Il fallait avouer que Kim ne savait pas vraiment quoi dire pour se rattraper, pour une fois il avait perdu de sa verve habituelle à parler encore et toujours. De plus, il n’avait absolument aucune idée de ce qui se passait dans la tête de Judikhael, interprétant sans doute mal son regard, à moins que ce soit encore les pensées liés à Lovy qui le déconcentraient. Que dire ? Rien, il n’y avait rien à dire… mieux valait donc éviter le sujet et faire semblant de n’avoir rien remarqué, comme si c’était simple…

J’ai compris le message. Pas la peine d’être…

Brutal ? Agressif… Oui, bon mieux valait peut être ne pas provoquer son agresseur. Il remit en place son manteau qui avait été tiré lors du face à face rapproché. Et si Judikhael pensait qu’il avait eu des pensées déplacées à propos de Tristan Darek ? Non, il espérait que ce n’était pas le cas… Bien sur il était venu dans son appartement en plein milieu de la nuit et ne s’était pas attendu à y trouver un autre invité mais tout de même…

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Re: Loin des yeux de Nosco

Message par Judikhael Wienfield le Lun 14 Mar - 21:51

Judikhael aurait vu la belle jeune femme circuler un peu plus loin, répondant au doux nom de Karlovy, sans doute aurait-il mieux compris la réaction étrange de ban Berghen. Peut-être, sans doute même, l'aurait-il mieux compris encore en l'ayant lui-même dans le même temps. Oui, mais voilà, Judikhael avait alors le dos tourné du sentier et ne voyait rien d'autre, en cet instant, que cet horripilant médecin qui l'agaçait au plus haut point en se mêlant de ce qu'il jugeait ne pas le regarder.

Il ne comprit donc aucunement cette réaction physique. Pire même, son esprit débridé depuis quelques récents événements se méprenait assurément sur ces réactions du corps médical qu'il avait en face de lui. Il croyait pourtant Kim van Berghen du même bord que lui. Remarquez, il y a quelques temps, il aurait assuré que son second était aussi du même bord que lui. Et pourtant ! Allez savoir... Le médecin cachait peut-être bie son jeu aussi. Faites-lui penser de ne plus trop s'approcher de cet énergumène et de l'éviter d'autant plus au sapientia. C'était dans ces moments-là qu'il était content d'être suivi par la frigide Anna. Non pas qu'il soit homophobe, qu'on s'entende bien, mais il préférait ne pas devoir se dévêtir devant eux plus que nécessaire. Il était au moins assuré ainsi de ne pas se faire violer ou autre...

J’ai compris le message. Pas la peine d’être…

- Bien, assena-t-il alors, préférant lui aussi couper court à cette conversation étrange. Dans ce cas, que chacun se mêle de ses affaires, claqua-t-il d'une voix plus dure qu'il ne l'aurait voulu.

Et se disant, n'attendant plus aucune réponse, il se détourna. Direction le capitol et la sécurité de son appartement. Bon d'accord, il fuyait plus qu'il ne partait. Mais détail alors... Repos. Voilà tout ce qu'il souhaitait à cette heure indue. Repos. Et oubli. Oui, oubli. Ne plus penser à tout cela. Ne plus penser tout court....


RP Terminé

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Re: Loin des yeux de Nosco

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