Et si on rangeait...

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Et si on rangeait...

Message par Nékorovy Welka le Ven 31 Déc - 0:49

Du travail, encore du travail à emporter dans ses appartements. Nékorovy n’avait pas fini d’effectuer son rapport détaillé que déjà, un autre dossier vint apparaître sur son écran, l’interrompant ainsi brusquement en lui présentant une nouvelle fenêtre. C’était à peine si elle ne s’était pas retenue de froncer les sourcils et de serrer les dents. On se croirait dans les bureaux de l’administration où tout le monde semblait vivre uniquement pour taper sur ces claviers de façon frénétique. Classer, ranger, refaire, réarranger, supprimer, mettre à jour et tout ceci s’accompagnait d’une multitude de fenêtres ouvertes à ne plus se retrouver. Mais avec Welka, il y avait quand même une grande différence. Il n’y a avait qu’une fenêtre ouverte à la fois ou deux mais jamais plus. Le rangement ! Elle voulait de l’ordre c’était tous ce qui l’importait, de L’ORDRE.

Un temps.
Néko se redressa sur sa chaise, laissa ses bras glisser des accoudoirs pour les laisser pendre dans le vide. Une pause s’imposait alors. Nus pieds sur la moquette de laine, elle se leva, s’étira légèrement sans grand mouvements, puis fit quelques pas dans le salon où les couleurs blanches et vertes dominaient. Pas un objet ne traînait, tous avaient leur place et la poussière n’y point de lieu où loger. « Tristan n’aimerait pas vivre ici… » songea t-elle, le doux sourire aux lèvres. Passé le salon, la cuisine ne semblait pas changer de tons. Wel saisit un verre et se servit une boisson. « Ah ! J’y avais bien doit ! » pensa t-elle tout en se servant à nouveau.
En revenant sur ses pas après avoir, évidemment, lavé puis rangé son verre, le regard de la jeune femme chue sur quelques logiciels d’installations et deux clefs USB qu’elle devait remettre, il y a de cela quelques jours, à Tristan Darek. Néko n’y avait alors pas eu l’occasion de les lui rendre en main propre. Sans doute par manque de temps et surtout sur le fait qu’elle évitait de rester trop longtemps en sa compagnie ; en sa douce compagnie dira t-on. Se débarrasser de ces petites affaires qui « encombraient » son plan de travail secondaire si bien organisé, lui parut alors une agréable idée. Ni une, ni deux, Welka saisit son sac, y mit soigneusement les affaires de son parrain puis, en sortant, éteignit les lumières et enfin, enfila ses pantou…ses talons et referma la porte après elle. – Bien sur, il ne fallait pas monter sur son tapis avec des chaussures, sinon vous connaîtrez les joies du ménage ! Et que cela brille s’il vous plait ! Après une telle expérience, plus jamais vous ne voudrez violer l’une des lois fondamentales de l’équilibre de son sanctuaire ou pire encore, vous ne souhaiterez pas y poser le pied par crainte –.

Un temps.
Néko parcouru le couloir, presque infiniment long. Sans vraiment lever la tête, elle avait déjà aperçu l’une des portes du couloir entre ouverte. Sans frapper, elle poussa la porte. D'habitude elle aurait frappée mais là, avec Tritri c'était autre chose. C’était bien là Tristan qui ne fermait pratiquement jamais cette porte sauf si… enfin bref ! Wel, sans faire beaucoup de bruits, entra dans la pièce principale, et vit Tristan entrain de bricoler l’une de ses machines. La jeune femme en tailleur se dirigeait alors vers lui, quand soudain, comme frappée par la foudre, elle s’arrêta presque surprise de voir tout le… les… vous savez... LE BORDEL !! Quelle vision d’horreur ! Des CD par-ci, des souris par là, des cartes graphiques sous la table, des disques durs sur… Stop ! Néko allait y remédier ! Sans s’en rendre compte Welka avait saisit quelques affaires et semblait chercher un endroit où les ranger soigneusement. Mais tout d’un coup, elle s’immobilisa sentant la présence de son parrain derrière elle. Lentement, la petite demoiselle se retourna et afficha un bête sourire sans découvrir ses dents. Prise en flagrant délit. C’était plus fort qu’elle.

Un temps.
Nékorovy Welka se reprit et d’une faible voix, elle s’adressa à son parrain.
- Bonjour très Cher Commandor Tristan... Elle déposa rapidement l’objet qu’elle avait en main sur la table située après elle comme si de rien était. J’ai enfin pu réussir à vous rendre visite. J’ai d’encombrants objets qui prennent trop de place sur mon bureau à vous remettre. C’est pour cela que je suis donc ici.
Il n’y avait plus l’ombre d’un sourire sur son visage. Ses yeux étaient plantés sévèrement dans ceux de son parrain. Même sauce pour tout le monde, pas de favoritisme disait-elle assez souvent quand on lui reprochait d’être toujours aussi froide avec tout le monde même avec Tristan. Personne ne devrait avoir de traitement de faveur, les mots doux, les sourires sympathiques n’existaient pas réellement pour elle.

Un temps.
Son regard quitta, après un long moment, celui de Tristan pour aller fixer le bazard informatique qui tenait sur une table non loin d’eux. C’était difficile de ne pas pouvoir ranger. Si elle reste ici trop longtemps, c’était Tristan qui allait perdre ses repères dans un appartement bien rangé et lustré.
- Vous avez vraiment besoin d’une femme… constata t-elle.
Néko biglait encore l’espace, les sourcils légèrement froncés. Elle ne vivrait jamais ici.
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Re: Et si on rangeait...

Message par Tristan Darek le Jeu 13 Jan - 3:54

Aujourd'hui fut une bonne journée ! Pas que son humeur ait été moins brumeuse que d'habitude mais son boulot du jour avait été plutôt intéressant, exempt des paperasses administratives dont il avait horreur, et ses brigadiers s'étaient montrés plutôt tranquilles et travailleurs. Peut-être que la fête de Nosco, à laquelle on n'avait pas réussi à le trainer, avait détendu les Noscoiens et que ceux-ci s'efforçaient peu à peu d'oublier les derniers événements, ceux d'un genre qu'on aurait plutôt préféré voir au cinéma plutôt que de les vivre en direct. Lui faisait tout pour ne pas se souvenir de ladite journée où il avait laissé la colère le submerger, chose pourtant plutôt rare chez lui qu'on voyait si souvent impassible, inexpressif, comme si son cœur était mort. On n'était pas loin de la vérité, il l'avait emprisonné dans une cage de glace, aussi froide que son regard lorsqu'il était mécontent. Mais ce n'était pas important, il n'avait jamais su s'en servir et l'on en avait toujours souffert. Loin des autres et de leur amitié il avait l'impression de les protéger un peu mieux du monstre qu'il était mais peut-être qu'il se trompait et que c'était pire. Parfois alors il doutait, il ne savait plus trop et il se sentait perdu, un peu plus que d'ordinaire. Ce monde n'était pas le sien.
Pour une fois il n'avait pas quitté son travail très tard et avait laissé ses brigadiers de nuit et les plus tardifs à leur tâche alors que la soirée commençait tout juste. Il n'était pas tellement fatigué aujourd'hui mais son travail lui avait donné de l'inspiration et il avait envie de bricoler quelque chose pour lui. Depuis qu'il était devenu commandor il avait consacré très peu de temps à créer des choses juste pour lui tant au niveau de l'informatique que de la mécanique. Tout ce qu'il avait fait, il l'avait fait pour la guilde et l'avait mis à sa disposition. Il avait travaillé utile, occultant ses désirs, fermant les yeux sur son moi personnel, il était devenu la fourmi indispensable à la fourmilière, la fourmi qui serait morte pour la communauté sans jamais penser à elle, aux conséquences d'une telle abstraction.
Généralement il ne s'en plaignait pas, n'était-ce pas un choix personnel qu'il avait fait ? Personne ne l'avait forcé à travailler autant pour le camp qu'il avait choisi ni à lui vouer une telle fidélité. Il s'était simplement donné un but pour combler le vide de sa vie et c'était une sorte de thérapie inconsciente qui lui permettait d'aller un peu mieux, de ne pas trop penser à son malheur et de l'oublier quelques fois. Que n'aurait-il pas fait pour se sentir un peu plus léger ? Le sacrifice le valait bien, c'était le prix à payer pour rester en vie. Bien sûr cette volonté ne le poussait pas à fuir moins que d'ordinaire psychiatres, psychologues et médecins qui resteraient sans doute pour toujours à ses yeux des incompétents, au moins concernant son mal. Qui pouvait donc se vanter de soigner les blessures de l'âme quand il les croyait lui-même incurables ? Peut-être que le temps... Mais en cent ans, il se mordait toujours les lèvres en repensant à l'homme qu'il avait été et qu'il semblait demeurer.

Pourtant ce soir-là il en avait marre de se tuer à un boulot qui ne lui apportait pas toujours satisfaction et il n'avait plus grande motivation à poursuivre le travail qu'il était en train de faire. L'informaticien avait depuis de nombreuses décennies consacré tant de temps à son travail que n'importe qui aurait trouvé normal qu'il fasse une pause de temps en temps, qu'il prenne des vacances, même ceux qui ne le connaissaient pas bien auraient pu le lui dire mais ils ne comprenaient que ce qu'il faisait ici chaque jour et chaque nuit lui était aussi cher que sa vie. Ce monde-là, qu'il avait inventé et qu'il cherchait à élever à cette même perfection que son esprit savait si bien restituer dans ses rêves, c'était l'œuvre de toute son existence, s'il n'avait fallu choisir qu'une seule chose, il n'aurait pas hésité une seconde. Alors comment oser céder aux besoins d'un corps qu'il pouvait parfois tant détester ? S'il ne fallait pas dormir, il ne dormirait pas, s'il fallait cesser de boire et de manger, il le ferait jusqu'à ce que, tel un artiste, l'ébauche qu'il avait dessinée en presque un siècle ne soit non plus le reflet de ce qu'il imaginait mais la perfection elle-même. Cette idée n'était pas éloignée de son cœur ou de son âme mais elle n'y ressemblait point, il n'était qu'un humain. Créature vile et servile, pataugeant dans les bas-fonds funestes d'un marécage puant.
Ce travail où il avait mis tant de lui-même, jamais il n'aurait toléré qu'on le détruise, jamais il n'aurait laissé quiconque anéantir la seule chose qu'il avait fait de bien dans toute son existence. Qu'importe que le peu qu'il en livrait serve d'arme sanglante et profite aux ambitieux, lui aussi connaissait la chair et ses plaisirs mais il avait touché les étoiles et lorsqu'il s'en souvenait encore, il se rappelait que ces gens-là étaient d'un autre monde et qu'ils ne se comprendraient jamais. Qu'importe les futilités et les coups qui formaient chaque jour des brèches au mur si haut qu'il avait érigé, le cœur de son enfant ne cesserait jamais de battre et quand le sien saignerait trop pour demeurer ici, il l'emporterait dans les autres mondes. Il braverait toujours son funeste destin tant qu'il aurait encore la certitude qu'il pouvait croire en son propre monde, celui que certains touchaient du bout des doigts, celui que d'autres croyaient comprendre et qui resterait à jamais étranger à tout le reste. Comment alors, quand il avait mis tant d'espoir et d'amour dans son œuvre, pouvait-il se lever sans regret, sans se retourner pour y porter un dernier regard ? Non, jamais. Et si aujourd'hui il avait la force de rentrer chez lui sans que l'obligation physique ne l'y oblige, c'était tout simplement pour retourner dans son monde mais dans une autre dimension. Était-il encore capable aujourd'hui de faire autre chose ? Il était persuadé d'être né pour ça.

Bravant le froid du climat naturel, il marchait à l'extérieur comme à son habitude, sans regarder le monde qui l'entourait, les yeux braqués au sol. Il ne tenait pas en horreur ce monde dans lequel la plupart des gens vivaient, il avait lui-même était ému par la beauté du paysage mais sans quelqu'un à ses côtés pour l'y initier, il perdait toute valeur et n'avait plus d'importance alors pourquoi se serait-il attardé à l'observer ? Regardez des milliers de lignes de codes et vous comprendrez sa réaction.
Heureusement, il marchait toujours d'un pas vif et ses longues jambes lui permettaient de traverser à toute vitesse la cour et de se réfugier en quelques minutes dans l'antre rassurante de l'Aedes même s'il ne la considérait plus tellement comme sa maison depuis qu'il passait la majeure partie de son temps dans les bureaux de la brigade. Les trois étages rapidement montés, il ouvrit machinalement la porte de son appartement sans prendre la peine de la verrouiller, ce qui lui permettait en passant de recevoir diverses visites plus ou moins fréquentes sans avoir à se déranger dans ses occupations. Car l'informaticien était tellement fou de son travail, que même rentré chez lui il ne cessait d'y penser que trop rarement et il n'aurait jamais refusé de s'y replonger ne serait-ce qu'un instant, quand on lui en offrait l'occasion sur un plateau d'argent.

Ne cédant pas à ses fameuses habitudes, il se fraya un chemin entre son bordel qu'il n'aurait rangé pour rien au monde et chercha ça et là ce dont il avait besoin pour se faire son énième café de la journée, comme s'il n'était pas déjà assez hyperactif une fois que le sommeil l'avait abandonné pour de longues heures, parfois même pour plusieurs jours.
Le jeune homme s'apprêta à se consacrer à l'un de ses nombreux projets pour lesquels il débordait d'idées quand il se rappela qu'il avait encore fait souffrir son pauvre réveil plusieurs jours auparavant. Il fit une rapide incursion dans sa chambre pour y récupérer l'objet en question et retourna dans son salon. D'une main il repoussa tout ce qu'il avait pu entasser sur son canapé, y posa le réveil pour aller chercher les outils dont il avait besoin, éparpillés dans tout son appartement, et revint finalement s'installer confortablement sur les coussins moelleux qui formaient le meuble. Mine de rien, il avait toujours eu ce péché mignon pour tout ce qui lui paraissait doux et agréable, ce qui expliquait la présence de l'onéreuse et énorme couette sur son lit et la presque surabondance de coussins contre lesquels il aimait tant se lover les quelques instants où il dormait ici.

Attrapant tour à tour différents tournevis, il commença par mettre totalement en pièce l'appareil maltraité : quitte à bricoler, son tempérament de perfectionniste le poussait à faire les choses bien et pire encore, à améliorer constamment ce qu'il commençait à fabriquer et davantage ce qu'il avait tendance à réparer sans cesse. Voilà pourquoi on ne reconnaissait pas toujours cet objet si insolite qu'était le réveil de Tristan, il lui arrivait de le faire changer de forme si vite, qu'on ne pouvait pas toujours deviner de manière évidente son utilité première.
Aujourd'hui Darek n'avait pas une idée précise de ce qu'il allait faire de ce vieux machin, peut-être allait-il cette fois tout changer tant il n'était plus à la pointe de la technologie qui évoluait si vite mais la question ne le préoccupait pas particulièrement. En général il laissait ses mains faire et une idée naissait dans son esprit sans qu'il s'en rende vraiment compte, le poussant à faire telle ou telle chose jusqu'à ce que le résultat final le satisfasse. Ce n'était d'ailleurs qu'à ce moment-là qu'il réalisait tout à fait qu'il avait fini.
L'informaticien était tellement concentré sur ce qu'il faisait qu'il ne remarqua pas le moins du monde une certaine jeune femme qui s'était glissée discrètement et presque silencieusement dans son appartement. Sans savoir qu'il ignorait parfaitement sa visiteuse, attitude qui aurait pu être considérée comme plus qu'odieuse, il continuait avec son énergie habituelle à réparer et améliorer son réveil jusqu'à ce qu'une chose infime le troubla et le ramena dans l'autre monde. Brièvement il leva les yeux pour surprendre... sa filleule avec quelques unes de ses affaires entre les mains. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre qu'elle était en train de ranger chez LUI. Le commandor lui imposa simplement un regard glacial et appuyé, ayant connaissance de la tendance maniaque de la brigadière même s'il n'appréciait jamais beaucoup qu'elle déstabilise son univers à lui. Heureusement elle n'avait jamais eu la mauvaise idée d'insister de trop et il avait pensé que c'était sans doute parce qu'il était son parrain, qu'elle avait des notions de respect, quelque chose dans le genre. Après tout il s'en fichait bien pourvu qu'elle ne dérange pas son ordre et le laisse ranger quand l'envie lui prenait – malheureusement bien trop rarement pour satisfaire la jeune femme.

Bonjour Wel, répondit-il simplement à ses salutations alors qu'il posait les pièces détachées qu'il était en train de bricoler.

Il n'eut pas le temps de lui demander la raison de sa visite qu'elle répondit déjà et, à son grand soulagement, ce n'était pas pour faire le ménage mais pour une autre raison qui l'intrigua un peu.

Des objets ? Ah... je ne m'en souvenais pas, avoua-t-il. Tu peux les poser... euh... Il regarda un court instant autour de lui pour constater qu'il n'y avait pas vraiment de place libre ou appropriée pour ce qu'elle lui apportait. Eh bien, pose-les là où tu veux. Ce n'était pas important, il suffisait simplement qu'il regarde attentivement où elle mettait lesdits objets et il pourrait se fier à son excellente mémoire et à ses talents d'observateur.

Finalement, au lieu de se contenter de regarder béatement sa filleule, poussé par la rapidité de son esprit, il reprit ce qu'il faisait depuis tout à l'heure, peut-être depuis plusieurs longues minutes ou plusieurs heures, dans ces moments-là le temps n'existait plus vraiment et il n'avait jamais su combien de temps il passait réellement sur telle ou telle chose.
Tristan Darek n'aurait pas su dire s'il éprouvait de l'affection pour cette jeune femme qu'il avait recueillie plusieurs années auparavant, c'était l'une de ses filleules parmi tant d'autres, il avait fallu s'en occuper comme le lui dictait son devoir et comme toujours, il était parti lorsqu'on n'avait plus eu besoin de lui, qu'elle en connaissait assez de Nosco et qu'elle avait trouvé un travail, de quoi lui permettre de se lier avec d'autres personnes et d'occuper ses journées. Bien sûr ils avaient deux-trois choses en commun comme le coma qui les avait pris à leur arrivée ou leur goût pour l'informatique mais c'était loin d'être suffisant pour qu'il se décide à rester lié avec elle de lui-même, surtout qu'elle n'avait pas choisi un métier dans les sciences mais un tourné vers le terrain et les combats. Oh il ne lui en voulait pas, il s'en fichait bien, elle faisait ce qu'elle voulait de sa vie, bien sûr si elle avait intégré sa brigade il n'aurait pas grommelé, il aurait peut-être même été content de son choix mais il en avait été autrement et il n'était pas du genre à en faire tout un fromage. Tout ce qui lui importait c'était de conserver ses meilleurs éléments, ces personnes-là, il ne les connaissait pas toujours très bien mais c'était sûrement celles auxquelles il pouvait tenir le plus maintenant. Si Nékorovy Welka était toujours en contact avec Darek, c'était donc parce qu'elle cherchait à le revoir et qu'elle avait bravé la muraille de son indifférence ou ne s'en souciait pas, qu'ils avaient gardé un semblant de relation. Pourquoi la jeune femme venait-elle le voir ? Oh il n'en savait trop rien et ne se posait pas vraiment la question. C'était un peu comme ces autres gens qu'il voyait régulièrement sans vraiment savoir pourquoi, sans doute seulement parce qu'ils venaient lui rendre visite et entretenaient ce lien avec deux fois plus d'énergie pour combler son enthousiasme lacunaire.

Comment vas-tu ? Demanda-t-il sans lever les yeux, toujours préoccupé par ce qu'il faisait.

Cette question il la connaissait bien, il la posait toujours, sachant que les gens aimaient bien que l'on prenne de leurs nouvelles mais c'était plus une réaction mécanique de sa part qu'un véritable intérêt, pas qu'il soit plus préoccupé par lui-même mais tout simplement parce qu'il ne savait jamais quoi faire de cette information. Quant à lui, il ne répondait jamais lorsqu'on la lui posait, il laissait souvent le silence se rétablir ou lorsqu'il en avait la possibilité, il détournait le sujet de la conversation. Qu'aurait-il bien pu répondre à cette question alors qu'il ne savait pas lui-même s'il allait bien ou mal ? Et puis, qu'on le sache, qu'est-ce que ça changerait ?
Soudain, une remarque de sa jeune filleule le stoppa dans ses activités. Une femme... Il manqua de lui demander à quoi elle pourrait bien lui servir mais se ravisa au dernier moment, sans doute mut par un instinct de survie quelconque. Une femme... Ça impliquait un mariage, une relation de longue date, de l'amour ou bien un certain attachement... Une femme... Il n'avait jamais songé à se marier. Et avec qui ? La personne qu'il avait fréquenté le plus longtemps devait être Angie mais la rebelle était comme lui, trop libérée dans ses mœurs, trop libre tout court. Ce n'était pas une femme à marier, oh non, sûrement pas et même si sans sa trahison il aurait apprécié la fréquenter encore, leur relation n'avait et n'aurait jamais eu rien à voir avec ce qui impliquait un mariage. Lui-même n'avait jamais pensé à ça. Fallait-il se marier ? Non, ce n'était pas pour lui, il n'aurait jamais supporté cette routine, vivre sans cesse avec quelqu'un qui l'aurait attaché, forcé à lui consacrer toujours une grande partie de son temps, il aurait été malheureux.

Je ne suis pas le genre d'homme qu'on épouse... je ne saurais pas même respecter les préceptes du mariage, avoua-t-il à voix basse, en toute franchise.

Cette idée étrange l'avait coupé court dans sa volonté de faire un peu de mécanique et il restait maintenant la tête baissée sur ce qu'il avait entre les mains, le regard fixe. Le jeune homme avait créé sa propre routine mais jamais il n'avait su y intégrer une personne quelle qu'elle soit. Ce qu'il disait était vrai, il ne savait pas se lier avec quelqu'un et il ne savait encore moins être fidèle, il ne l'avait jamais été. Est-ce qu'il aurait fait le bonheur de quelqu'un ? Il ne savait pas trop s'il devait répondre oui ou non. Avec les gens, il n'avait jamais su faire quelque chose de bien. Il avait craint, haï, manipulé, insulté, persécuté... peut-être avait-il apporté un peu de plaisir et de joie mais il avait toujours tout détruit par quelques basses actions ou bien à cause du fond mauvais qui sommeillait en lui. Sa vie maintenant lui convenait à peu près, dans ses meilleurs jours il se souvenait qu'il avait bien fait de ne pas laisser les autres le connaître trop profondément, l'approcher de trop, pas pour éviter les blessures, il en avait déjà tellement qu'une de plus ne l'aurait pas achevé mais eux, ils ne méritaient pas le même sort que lui...

Je peux faire quelque chose d'autre pour toi ? Demanda-t-il soudainement pour couper court à ses idées noires.

Finalement, il avait posé ses pièces sur la table basse et son regard s'était levé sur la jeune femme. Il débarrassa le reste du canapé et d'un geste l'invita à s'asseoir à côté de lui, enfin, si elle le désirait.

Tu veux boire quelque chose ? Dit-il peu après, soucieux de la distraire un peu plutôt que de lever les yeux une fois de plus sur elle et de remarquer qu'elle avait craqué et rangé une bonne moitié de son appartement. N'était-ce pas déjà arrivé quelques fois ? Il lui semblait, à moins que ce soit une autre femme... La mémoire dans ces cas-là avait tendance à lui manquer, les hommes étaient trop mouvants, trop versatiles et c'était comme s'il était aussi incapable de les comprendre que de s'en souvenir avec précision.


Dernière édition par Tristan Darek le Mar 18 Jan - 20:49, édité 1 fois
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Re: Et si on rangeait...

Message par Nékorovy Welka le Mar 18 Jan - 20:43

Dos à elle, une main posée sur cette table, la jeune femme fixait encore Tristan et ce qu'il trafiquait. Il avait toujours eut cette effroyable mine, parfois, Wel se demandait bien qu'est-ce qui l'attirait encore chez lui? Sa tendance dépressive ? Sa beauté ? Son goût pour l'informatique ? Ou peut-être même cette drôle de sensation qui lui indiquait qu'il lui était familier ? Mais où l'avait-elle croisé, dans un cauchemar, une ruelle ? Décidément, aucune réponse ne lui parvenait, pas même l'ébauche d'une solution, rien, nada. Et pourtant, tout au fond elle ce sentiment la taraudait à chaque fois qu'il se présentait à elle, qu'elle entendait le son de sa voix, une partie de son cerveau s'activait sans pour autant se souvenir de quoique ce soit. C'était agaçant, mais, il fallait découvrir pourquoi il y avait une telle confusion d'esprit. Perdu dans les méandres de ses pensées, dans ce labyrinthe d'imbroglios, Nékorovy fut comme ramenée dans le présent à cause du bruit que faisait son parrain lorsqu'il manipulait ce fameux réveil, qui avait souvent changé de formes. Il était méconnaissable; c'était bien là, le signe d'une maltraitance mécanique de la part de Tristan qui sans cesse, le modifiait, l'améliorait selon lui. En tout cas, cet appareil avait vu les mille et une catastrophes matinale.

Bien vite, l'attitude du Commandor lui fit froncer de nouveau les sourcils, le menaçant de son regard polaire quand il ne savait même pas ou Néko devait poser le matériel informatique qu'elle lui avait ramené. La réponse qui suivait n'avait pas arrangée les choses...Eh bien, pose-les là où tu veux … « La où je veux ? » répéta-elle en son fort intérieure comme irritée par une telle réponse. Il méritait bien un bonne correction à sa façon... Un nettoyage accompagné d'une nouveauté, quelque chose qu'elle n'a jamais réalisé chez Tristan, Le Tri! Heureusement que la jeune femme savait contrôler ses émotions. Elle ravala le flot de pensées qui lui venait succinctement à l'esprit, et se résigna à ne pas accomplir cette drôle de vengeance qui consistait tout bêtement de jeter tous ce qui ne lui servait plus et ne servirait sans doute jamais... jeter tous ces vieux trophées quoi! Puis comme pour effectivement annihiler ses ambitions, elle détourna la tête tout en toisant Tristan pour le regarder en coin. Mauvais présage. Détourner la tête n'avait servait qu'a rendre Néko encore plus agacée qu'elle ne l'était déjà. Fallait-il fermer les yeux ? baisser le regard ? Non... comment Tristan faisait-il pour se retrouver dans un tel capharnaüm ? Bref! Sa filleul déposa les objets la où normalement ils devraient être et fit un peu de rangement clandestinement, le temps que Tristan gardait encore l'échine courbée, absorbé par son bricolage. Son indifférence ne lui dérangeait pas au contraire, cela l'avantageait. Elle pouvait faire du rangement sans avoir à être interrompu par un regard glacial. Tout en le surveillant, Néko ne pouvait pas cesser d'essuyer, classer, ranger... Elle se déplaçait sans bruit autour de son parrain, ramassant des objets ici et là, pour revenir à sa position initiale, appuyée contre la table, le visage fermé, le regard tranchant, comme si de rien était. Debout, elle put enfin déposer son sac à main sur la table essuyée, propre et vidée tout en poussant un soupir de satisfaction ? Pas encore...

Comment vas-tu ?
Il manquait plus que cela! Nékorovy Welka ne répondait jamais à cette question sauf lors des contrôles médicales extrêmement rares. Se soigner par soi-même était bien plus efficace que d'aller chez le médecin. En réalité, ce médecin en question n'était autre que Kim Van Berghen. Longtemps, elle avait songé à en changer mais, cette foutue rumeur à son sujet l'obligeait à garder ce médecin comme pour prouver à ses collègues que ce ragot n'est autre qu'un mensonge. Est-ce signe de taquinerie de leur part ? En tout cas, Néko n'en prenait pas partit, il fallait les laisser baigné dans leur monde discordant.
Wel se rappela de la brève question du Commandor. Comme s'il avait quelque inquiétude à son dit sujet. N'importe qui aurait répondu à cet homme mais pas Welka. Elle le connaissait, certes pas toujours aussi bien car il était généralement indifférent et distant. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Simplement parce que cette question faisait partie des formalités...formalités dont on peut se passer à son humble avis, d'autant plus que Tristan ne prenait même pas la peine de la regarder. Rassurez vous, elle en a l'habitude, Néko n'a nul besoin d'attention mais bien au contraire, se faire toute petite est un gros avantage vu son grade... D'ailleurs, Tristan lui même ne sait pas que Mam'zelle Welka est spécialisée dans l'assassinat. Un secret partagé entre les membres du haut conseil ainsi que les Élites de la Brigade Impériale. Mais là n'est pas le sujet.

Je ne suis pas le genre d'homme qu'on épouse... je ne saurais pas même respecter les préceptes du mariage.
Un léger sourire sournois s'afficha sur ses lèvres. Il est vrai que Tristan, marié... ce serait la fin de Nosco. Rien qu'en l'imaginant enchainé à une femme aussi maniaque qu'elle... non c'était inimaginable. Son parrain aurait atteint voir dépassé s'il était possible, le zéro absolu de la dépression, peut-être que le suicide ne serait que trop faible pour traduire son désespoir. Oui, trop faible. Il est vrai que souvent, Wel songeait à le rendre encore plus déprimé qu'il ne l'était déjà, le pousser encore et encore pour savoir jusqu'où cela le mènerait. Aurait-il la pensé de se jeter du haut d'un immeuble ? Le courage de se déplacer, de quitter son ordinateur pour le faire ? Ou bien allait-il rester la face à son écran et mourir d'épuisement... de faim... de soif... desséché comme un arbre terrassé par le gèle ? Peut-être une mort plus glorieuse... de la part de Néko. Mais oui, elle serait tout à fait capable de le tuer si on le lui demandait.
Un grand sourire vint illuminer son visage. Non, autant le tuer à coup de ménage intensif, le rendre encore plus dépressif... Néko serait-elle cruelle à ce point ? Peut-être, nul ne sait!
En tout cas, grâce à cette remarque de la part de la jeune femme, il semblait être déstabilisé. Quelle idée, une femme... Wel se retenait de rigoler et pour cela, poursuivit son ménage en affichant un sourire digne d'un malfrat venant de commettre un méfait.
Il ne restait plus grand chose à ranger. Fallait-il trier où pas ? Telle était la question. Et soudain,alors qu'elle tenait deux cartes graphiques « périmées » dans chacune de ses main, Tristan vint l'interrompre dans sa réflexion.

Je peux faire quelque chose d'autre pour toi ?
Si elle n'avait pas réfléchie, Néko aurait sans doute répondu « Non, je vais les trier moi même et les jeter ensuite, ne vous inquiétez pas. » Mais elle se ravisa et posa les deux éléments dans le tiroir du bureau. Et revint à la table pour mieux observer Tristan même si elle ne le regardait pas mais fixait seulement la porte du fond qui menait dans la salle de bain. Que pouvait-elle bien imaginer là encore ? Son regard glissa le long du mur pour finalement tomber dans ceux de l'Informaticien, sourire en coin.
« Oui... Avez-vous de récentes nouvelles ou activés au sujet de Yan Merling ainsi que de MacGregor ? Quelque soit l'information... » Néko n'en dit pas plus, et normalement, Tristan ne devrait pas poser de questions comme à son habitude. Personne ne connaissait le motif qui poussait Wel à vouloir obtenir des informations sur eux, d'ailleurs, cela ne paraissait en rien suspect puisqu'elle est une Brigadière. A ses mots, son parrain l'invita à s'assoir au près de lui. Néko faillit refuser pour la simple et bonne raison qu'elle ne s'approchait de trop près les gens, y comprit son parrain, comme si quelque chose allait l'attraper et l'attacher de force au sujet proche, mais il y avait aussi cette sensation de bien-être qu'il fallait à tout prix évincer. D'ailleurs, cela faisait un moment qu'elle était debout et refuser serait idiot. C'est donc avec entrain qu'elle s'assit à l'autre extrémité du canapé après avoir ôté les quelques objets pour les déposer entre eux deux.

Tu veux boire quelque chose ? Un instant, elle le fixa puis, fit un léger sourire avant de répondre. « Non merci Darek, c'est bien aimable à vous de faire un tel effort. Mais ne vous dépensez pas autant voyons. » Bien plus large était son sourire et ses yeux émeraude n'avait pas quitté ceux d'un bleu désespérant de l'homme se mettant à son aise en croisant ses jambes l'une sur l'autre tout en s'accoudant. Elle aimait fixer Tristan qui parfois détournait le regard où reprenait ses habitudes tout en l'ignorant. « Je ne suis ici que pour vous remettre vos affaires. C'est vrai que je devrais partir... » Elle se leva brusquement et se dirigea vers l'un des ordinateurs en état de marche « Puis-je ? » Sans même attendre une réponse, elle s'y installa et... depuis son compte spécial, elle pu accéder au panneau de contrôle de son ordi préalablement programmé depuis chez elle. Elle savait très bien ce qu'il fallait faire, la preuve elle fut, l'élève de ce cher Commandor. Néko ne se gênait pas, si Tristan avait quelque chose à dire il pouvait le dire, elle ne le tuerait pas quand même! Enfin... on n'en sait rien. Pour le moment, elle réussit à atteindre la zone souhaitée. Les plans de Nosco s'affichèrent enfin à l'écran et nombre de points lumineux se déplaçaient. Mais un seul d'entre-eux l'intéressait. La fiche de Kim s'afficha aussitôt puis disparut en un éclair pour laisser place aux plans des SSU. Il y avait du mouvement, mais là n'était pas son but, un autre niveau apparut mais cette fois-ci, il n'y avait que très peu d'activité. Le plan n'était pas complet et cela faisait déjà plusieurs jours que Wel tentait de créer un plan à partir des évènements dramatiques qui s'était déroulés dans ce niveau. Quelque chose attira son attention, une lumière vive qui disparut rapidement, ce signale lui était familier.

Néko ne pouvait pas expliquer ce qu'elle faisait, d'ailleurs, si elle était venu chez son parrain c'était pour avoir accès à certaines informations sans se faire repérer. Tristan n'aurait eut aucun problème car il pouvait consulter ces parties de Nosco.
« C'est bien ce que je pense » murmura t-elle. On pourrait croire que Néko avait juste consulté les plans, histoire de se repérer... mais en réalité, non.
« Darek? Depuis quand n'avez-vous pas consulté les plans de Nosco? » Le ton de sa voix était sévère, autoritaire et sec. Quelque chose venait de la perturber. Depuis un moment, les rebelles ne s'étaient pas manifestés et Neko savait qu'il y avait anguille sous roche. Une partie de Nosco s'effaçait, lentement, très lentement. Néko ne savait pas ce qui se préparait mais une chose était sur, quelque chose allait arriver.
« Faites attention à vous Tristan... J'ai comme l'impression que quelque chose se prépare. » dit-elle tout en regardant le Commandor droit dans les yeux pour fixer à nouveau son écran. Quelques manœuvres, quelques clics et une page s'affiche à l'écran...
« Intéressant... elle se retourna vers son parrain, « Darek! Vous auriez du remarquer qu'il se produisait un changement au niveau des plans de Nosco! Il semblerait que vous aviez réussit à reconstituer une partie des plans du souterrain...non? Et maintenant, où sont -il ? » Assise, la jeune femme se retourna a nouveau depuis sa chaise de bureau pour ainsi regarder de loin, le mur à sa droite. On ne savait quels sentiment éprouvait-elle car pas l'ombre d'une expression ne la trahissait. « Même les archives semblent avoir été victime d'un piratage... les sauvegardes ont tout bonnement perdue quelques données. »

Wel avait une idée de ce qui se passait, mais une idée reste vague et ce mauvais pressentiments lui revenait encore ces derniers temps. « Des rebelles calmes sont bien plus menaçant que des rebelles excités.»
En quelques clics, elle envoya un fichier sur sa clef et ferma tout les programmes en cours, effaçant par-là même, son passage dans les archives.
Nékorovy approcha doucement Tristan, resta un instant devant lui tout en le dévisagent d'un regard glacial avant de quitter son emplacement et de s'arrêter à son niveau. « J'espère que tu apprécieras le confort du rangement... ». Miracle, elle l'avait tutoyé.
Cette phrase n'était pas seulement dite pour désigner la pièce partiellement rangée mais aussi pour tout autre chose... que Tristan allait découvrir tôt ou tard.
Dans l'espoir de le taquiner, elle avait transmit un virus de sa clef à l'ordinateur de Darek. Un gentil petit virus nommé « Nigthmare » qui arrangeait automatiquement tout les dossiers éparpillés dans un répertoire unique « Orden », les classant par date de modification. Bien sur, le Commandor voudrait s'en débarrasser mais Wel avait tout prévu. Vive le contrôle à distance... Et tant qu'il essayera de le neutraliser, ce virus ce dupliquera...De toute façon, il va bien réussir à l'avoir un jour ce virus. Au moins, Wel se sera amusée.
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Nékorovy Welka
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Re: Et si on rangeait...

Message par Tristan Darek le Mer 2 Fév - 18:34

Désespéré, c'était le mot juste. Complétement désespéré, et ce n'était pas un euphémisme. Généralement il coupait les ponts avec chacun de ses filleuls, considérant qu'il n'allait pas leur tenir la main pendant cent dix ans et que s'ils ne savaient pas se débrouiller tous seuls, ils avaient bien des amis, des supérieurs, des collègues et tous les autres gens de la même espèce qu'eux pour les aider. Bien sûr il pouvait y avoir des cas à part, ceux qui continuaient à lui rendre visite et avaient fini par s'habituer à la pseudo indifférence qu'adoptait l'ours une fois rentré dans sa grotte alors que tout ce qu'on lui disait ne l'intéressait pas, ne le concernait pas. Nékorovy Welka faisait partie de ces gens-là, ceux qu'ils fréquentaient toujours parce qu'ils entretenaient ce qu'ils croyaient être une relation pour deux. Comment un autre que lui aurait-il pu résister au mépris, à rire aux nez de ces gens-là, qui n'avaient rien en commun mais la fierté de dire aux autres qu'ils étaient amis ? Mais le moi de l'être de neige semblait s'être effacé, s'être oublié au plus profond de son âme, là où tout est désordre et chaos, peut-être même n'avait-il jamais existé, devant l'homme si marquant d'aujourd'hui, qui pouvait encore se souvenir de l'ignorance de Tristan, de ses yeux qui brillaient, de son air heureux ?
Appartement ouvert pour dissimuler la maison close, il supportait, apathique, la présence d'autrui dans son jardin secret, dans le seul lieu réel qu'il pouvait contrôler vraiment. Secret, paranoïaque mais intelligent, il montrait tout même ce que l'on n'aurait pas toléré mais encore aurait-il fallu avoir le regard attiré par ce tout où banalité et étrangeté faisaient si bien la paire que tout semblait finalement n'être qu'un vaste bordel qu'il n'avait jamais rangé, par fainéantise ou par incapacité. Comblait-il le poids de sa solitude par l'accumulation de tant et tant d'objets autour de lui ? Les rouages de son comportement étaient un secret bien mystérieux, plus compliqué à comprendre qu'on ne pouvait le croire au premier abord. Au milieu du chaos, y avait-il vraiment quelque chose laissé par hasard ?

Écoutant d'une oreille distraire ce que lui disait son ancienne filleule, il haussa simplement les épaules pour répondre à sa première question. S'il savait quelque chose, il n'était pas son supérieur, il n'était pas autorisé à lui délivrer de telles informations et si jamais elle avait à les savoir, ce n'était pas à lui de lui en parler. A quoi cela pouvait bien pu lui servir de savoir ce qu'il se passait sur les différents réseaux qu'il contrôlait, ce n'était pas son boulot, à lui le monde virtuel, à elle le terrain. Elle ne devait pas l'ignorer que Tristan était du genre à garder jalousement tout ce qu'il savait pour lui, si elle connaissait le noyau si restreint qui faisait tout le boulot, les autres se contentant de faire ce qui, à ses yeux, ne servait à rien. Mais qu'importe, elle n'avait pas le niveau pour être dans la confidence, qu'elle travaille ou non pour lui.
Voir Nékorovy Welka partir chez les anti-terroristes n'avait-il pas été une bénédiction ? Il ne lui était jamais arrivé d'intégrer l'un de ses filleuls à sa brigade et il s'en sentait plus soulagé que satisfait.

Que voulait-elle aujourd'hui ? Ce n'était pas le genre de fille à venir le voir par pur altruisme, ce n'était pas un Kim van Berghen, toujours à courir après lui pour passer un peu de son temps en sa compagnie, toujours à vouloir s'assurer qu'il n'était pas au plus mal et qu'il pourrait peut-être faire quelque chose pour l'aider. Devrait-il le remercier un jour ? Lui faisait-il réellement du bien ? Aimait-il sa compagnie quand il s'agissait de parler ou de faire autre chose que du travail, toujours du travail ? Le fer à souder dans la main, il réparait son circuit avec toute la précision et le calme qu'on avait bien voulu lui accorder. Concentré à l'extrême, ses pensées avaient su peu à peu vagabonder de ci de là, comme si son esprit était devenu capable de se scinder en deux, de faire plusieurs choses avec le détachement le plus grand, comme un ordinateur.
Le commandor n'ouvrit pas la bouche quand on lui demanda quelque chose, il savait bien qu'il en fallait plus que ça pour l'empêcher de faire quelque chose une fois qu'elle avait une idée dans la tête et il n'avait pas envie de se battre. Et puis, quand il ne voulait pas que l'on accède à ses ordinateurs, il ne se privait jamais de les verrouiller avec une bonne dizaine de codes et d'énigmes, plus tordus les uns que les autres, n'aimant pas les éteindre trop souvent lorsqu'il n'y avait pas besoin de les déplacer sur de la longue distance.
Indifférent total à la scène qui se déroulait chez lui, tranquille et confiant, il continuait ce qu'il faisait, il avait même laissé tomber son circuit pour en fabriquer un autre à partir d'un qu'il avait bidouillé pas très longtemps auparavant et qui se révélait bien plus performant que celui qu'il avait eu deux minutes plus tôt en mains.

Si la jeune femme n'avait cessé de parler depuis qu'elle était là, sans doute l'aurait-il oubliée, n'étant jamais trop attentif aux présences humaines, surtout à celles qui se faisaient discrètes. Combien de fois n'avait-on pas sauté sur lui au moment où il s'y attendait le moins ?

Alors excitez-les s'ils vous font peur, rétorqua-t-il d'une voix neutre où ni la provocation ni le sarcasme n'avaient leur place. L'informaticien avait l'habitude de chercher les rebelles quand il ne les voyait pas assez et avec l'égo de l'autre, il n'attendait jamais trop longtemps des nouvelles de celui qui se présentait comme son pire ennemi.

Tu te trompes, Nékorovy Welka, se trouva-t-il forcé de rajouter avant de se taire, laissant planer un long silence. L'informaticien laissa alors échapper un soupir entre ses lèvres, posa le circuit qu'il était en train de bricoler, rangea le fer à souder dans son étui et tourna la tête dans sa direction, plongea ses yeux dans les siens.

Un autre que lui aurait pris un plaisir malsain à lui montrer avec facilité jusqu'où elle avait sombré dans l'erreur, il aurait pu lui sourire, lui lancer quelques bonnes phrases ironiques et lui déclarer droit dans les yeux que ce n'était qu'une petite sotte qui n'avait non seulement rien compris mais qui en plus se permettait d'avoir l'orgueil de croire qu'elle pourrait battre sur son propre terrain celui que l'on considérait comme le meilleur de son domaine. Cet autre aurait aussi pu ravaler son aspect rieur et cynique et considérer que tout ce qu'elle disait avait un but plus haut et qu'il fallait se méfier mais cet autre n'était pas Tristan Darek et il n'était pas non plus empreint de naïveté. Mais la seule idée d'un combat de rhétorique l'ennuyait à tel point qu'il n'avait qu'une seule envie, lui dire qu'elle se trompait pour qu'elle apprenne et lui laisser faire le reste toute seule, comme ça il pourrait reprendre quelque chose de largement plus passionnant et elle se creuser la tête si elle était curieuse, même si elle n'aimait pas forcément ça.
Le génie aimait beaucoup enseigner mais il n'était pas un professeur magistral, il se contentait de guider pour que l'on trouve de soi-même, comme s'il était persuadé que la vérité et la connaissance n'étaient que de vieilles compagnes que l'on pouvait peu à peu retrouver en cherchant bien et en se laissant guider par celui qui sait. Il manquait aussi un deuxième élément, celui de savoir que la jeune femme n'avait pas encore les savoirs requis pour en savoir plus sur la complexité de son univers et sa manière de traiter les choses. Mais après tout, elle avait tout le temps qu'il lui fallait si elle tenait réellement à découvrir ce secret-là.

Le rangement est traitre quand l'on veut dissimuler quelque chose, c'est tellement plus facile de trouver quelque chose qui a sa place propre plutôt qu'autre chose qui se trouve là, simplement par hasard.

J'ai toujours préféré mettre des bâtons dans les roues des autres, aurait-il pu rajouter. On ne force pas l'admiration et le talent, il faut le mériter et un exploit trop facile n'a qu'un éclat terne et fragile, bientôt on l'oubliera.

Tu es intelligente mais n'oublie pas ça, s'il existe Oméga, ce n'est pas pour faire joli et si Bêta se trouve entre Alpha et Oméga ce n'est pas non plus sans réflexion. Donne à tes ennemis mais jamais trop facilement et arrange-toi toujours pour leur faire croire que c'est ce qu'ils veulent et que c'est tout ce que tu as.

Peut-être qu'elle savait déjà tout cela, peut-être qu'elle avait voulu le provoquer pour en savoir plus, il ne se posait pas la question. Ses secrets étaient protégés contre n'importe qui et tout le monde, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle les percerait.
Sans attendre qu'elle lui réponde ou lui dise qu'elle allait partir, il reprit dans ses mains ce qu'il faisait et continua son travail, s'il pouvait avoir un réveil pour demain matin ce serait bien et puis il aimait se concentrer sur ce genre de truc, il n'y avait rien de mieux pour le détendre, à part coder peut-être.
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Tristan Darek
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Re: Et si on rangeait...

Message par Nékorovy Welka le Mer 2 Fév - 19:42

Il n'était pas tombé dans le piège et mieux encore, il était resté fidèle à lui-même. Ce sans âme était donc gagnant, mais qu'avait-il gagné? Absolument rien. En revanche, Néko, n'avait pas réussit à obtenir deux choses. La première, une information sur Merling, de toute façon, elle savait ce qu'il y avait à savoir étant donnée sa situation professionnelle mais, Avec Tristan, on découvre toujours quelque chose de nouveau soit par son l'attitude soit en parole. Mais, il s'était bien garder de faire un discours.
La seconde chose était ce sentiment, sa présence cette façon qu'avant il avait de s'approcher d'elle quand cette femme n'était encore un bébé en informatique. Oui, cette proximité là n'était pas au rendez-vous et elle ne le serait plus jamais. Elle avait échouée non à cause tout ce blabla imaginé et monté de toute pièce, mais de la croissance de ses connaissances. Il lui arrivait de vouloir n'être qu'au premier jour d'apprentissage avec Darek simplement pour ressentir une fois encore, ce sentiment de bien-être mais, aujourd'hui et pour toujours, une fois encore, plus jamais cet état de confusion ne pourra renaître. Mort et enterré était-il. Avec Darek la vie n'était pas si facile Néko le savait bien mais cette petite visite là, serait aussi la dernière, mais pourquoi? Parce qu'elle ne retrouverais plus jamais ce qui avait existé auparavant.

Aujourd'hui, Wel avait prit conscience d'une chose. Elle était incapable de faire preuve de sentimentalisme. Devenait-elle un monstre? Oui, peut-être, cela valait mieux ainsi. Bref!
Tristan avait gardé le silence et Welka ne s'était pas trompé, même lui n'avait aucunement confiance en elle. Encore un constat, non pas le manque de confiance, mais juste le fait qu'elle se sentait tout à fait capable de l'abattre sans un remord, froidement et avec le sourire. A cette pensée elle laissa un soupir s'échapper. Welka dirait oui sans hésiter à l'abattre. Il serait serait seule un trophée de plus qui ne lui rapporterais rien ou presque! Juste le plaisir de tuer, de bien faire les choses et de n'avoir pas oublié les bonnes manières, les bons gestes. Quelque chose se préparait.

Aux répliques de son parrain, elle ne répondit pas car Néko savait très bien ce qu'elle était venue faire. Elle avait juste emprunté un masque, celui du prétexte inutile et d'une mise en scène totalement démontée. Tristan était bien le maître en informatique et honnêtement, jamais Néko aurait effectivement voulu lui faire de reproches sous son vrai joug et en plus, sur son propre terrain. Néko était bien trop respectueuse pour se permettre de banales observations alors qu'elle est juste une nullarde en informatique! Non, tout ceci n'était qu'un vulgaire masque qui cachait ses motivations réelles et insatisfaites, mais qui cependant, dans un sens lui avait permit de confirmer quelques informations au sujet de ses capacités. Chose qui ne semblait pas l'attrister bien au contraire. Eh puis, un mort en plus qu'est-ce que ça change? D'ailleurs c'est étrange que Nosco ne soit pas encore vidée? Les gens son bien trop sage ici, la mort semble avoir déserté ces niveaux pour combien de temps?

Welka ne regardait pas son parrain qui ne s'était pas attardé sur elle. La jeune femme se dirigea vers la porte. « Echec et Mat... » soupira t-elle tout en refermant la porte après elle. Nékorovy savait qu'elle ne reverrait plus jamais Tristan comme elle le pensait dans ses débuts à Nosco. Maintenant, il faisait lui aussi parti de ces corps à empoigner (inutile de les chasser, ils ne courent jamais) pour le plaisir, à dépecer et balancer dans les souterrains.

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Nékorovy Welka
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Re: Et si on rangeait...

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