Dilemme noscoien...

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Dilemme noscoien...

Message par Judikhael Wienfield le Sam 1 Jan - 21:51

Bien des choses semblaient s'être calmées et se tasser. Les réparations principales étaient achevées, le système de sécurité de nouveau pleinement fonctionnel ainsi que la distribution des ondes alpha pleinement optimal. Une petite fête avait même été organisée, comme rarement en Nosco, pour célébrer ce retour à la "normale", du moins le retour à une sécurité relative. Oui, relative car en Nosco, la sécurité ne pouvait jamais être totale. Les Noscoiens, malgré tous les moyens mis en place par la Guilde (et la Congrégation dans une moindre mesure) n'étaient jamais totalement à l'abri d'une autre attaque de créatures. Pour ne parler que d'eux.

Mais ces temps-ci avaient été relativement calmes d'un point de vue événementiel. Mais pas forcément d'un point de vue émotionnel pour Judikhael qui avait vu maintes de ces... non pas réelles convictions, mais disons pensées... se voir bouleversées. D'abord son second qui s'était montré soudain si... inquiet à son sujet, si proche et presque attentionné. Ensuite son mariage avec Artémia et les relations avec la prêtresse qui étaient devenues plus ouvertes et aussi étrangement plus délicates. Il faut dire qu'avant il se permettait, malgré les forts sentiments qu'il ressentait pour la prêtresse, quelques (bon d'accord beaucoup) d'incartades question relations... physiques. Mais depuis que tout ceci était devenu quasiment officiel, du moins depuis que tout Nosco était au courant de sa demande envers la prêtresse, il se sentait... un devoir d'être fidèle. En son for intérieur, question sentiments, il l'avait toujours été. Mais...

Et bien il était un homme et il était bien loin d'être chaste. Les charmes d'une femme avaient toujours eu raison de sa raison. Et non, il n'avait pas vraiment été fidèle physiquement ces dernières années. Cependant... maintenant... Il devrait tenter d'offrir aussi ce genre de fidélité à Artémia, n'est-ce pas ? Du moins était-ce ce qu'il pensait. Ce qui était, ma foi, plus facile à penser qu'à faire, devait-il avouer...

Ainsi si tout s'était à peu près calmé et si tout revenait peu à peu à la normale, il n'en était pas forcément de même des pensées du commandor, alors bien agitées. Et la missive qu'il venait de recevoir il y a quelques heures ne l'aidait en rien à se calmer. Quelle missive, demandez-vous ? Et bien simplement une convocation. Et qui d'autre pouvait bien le convoquer si ce n'est soit le Haut Conseil, dont il faisait, encore, partie au passage, ou l'Impératrice ? Oui, vous avez compris, la convocation ne pouvait émaner que de l'Impératrice en personne. Quand il disait qu'il avait bien trop attendu pour mettre les choses au point avec Joséphine, que ce soit concernant ses incartades (encore, même si d'une toute autre nature celles-ci) à la Congrégation, ou que ce soit... sa demande en mariage avec Artémia. Et il ne parlait même pas de sa libération mouvementée qui avait beaucoup coûté à la Guilde, ni de son état mental parfois fort bancal et de son addiction à certains médicaments qui l'aidaient à combattre certaines hallucinations lancinantes, ni de son échec cuisant lors de l'attaque de créatures qui leur avait révélé qu'un bunker, endroit crucial pour la Guilde en pareil moment, avait été ni plus ni moins piraté par ces maudits rebelles... Bref, il y avait eu matière à convocation, il en était parfaitement conscient, et, une fois n'est pas coutume dans sa vie noscoienne, il n'avait eu de cesse de se défiler. De fuir, d'éviter cette difficile confrontation où l'épée nommée trahison semblait un peu plus chaque jour le montrer du doigt.

Bien sûr que non, il n'avait en rien trahi la Guilde et l'Impératrice dans son esprit. Mais les faits étaient là. Plus qu'ambigüs, et il n'avait rien fait pour tenter de se justifer ou pour prouver sa bonne foi. Il n'avait fait que se défiler, lâchement, ce qui ne lui ressemblait guère. Il savait ce qu'il risquait. Il le savait, le redoutait, mais n'avait rien fait non plus pour l'éviter. Sans doute l'Impératrice, consciente elle aussi que cela ne ressemblait guère à son commandor et haut conseiller, lui avait-elle laissé un peu de temps. Une sorte de compréhension muette qu'il avait besoin d'un peu de temps.

Un peu. Mais encore fallait-il qu'il ne mette pas une éternité. Et comme il ne semblait pas s'être enfin décidé, il avait bien fallu qu'elle prenne, enfin, des mesures drastiques. Par une convocation. Une convocation des plus officielles, ce qui ne présageait rien de bon pour lui. Si déjà avant il risquait gros, ce n'était rien en comparaison de ce qu'il risquait maintenant, sans nul doute. Voilà bien une entrevue qui s'annonçait alors ardue, songea-t-il tandis qu'il se faisait enfin annoncer au bureau de l'Impératrice.

On ne tarda pas à le faire entrer, toujours de ces manières si cérémonieuses, qui ne firent que redoubler ses craintes. Il tenta toutefois de faire bonne figure, et de se montrer un tant soit peu digne. Heureusement il avait pris ses médicaments quelque temps avant, lui permettant de garder une certaine lucidité. En était témoin le léger tremblement de ses mains, seul signe extérieur qu'il était encore sous traitement, même si Anna avait progressivement diminué les doses pour... comme pour le sevrer, en quelque sorte. Il se tint donc droit devant le bureau impériale aussi dignement qu'il le pouvait dans sa situation, tentant, cette fois-ci, de ne pas se défiler, et de regarder l'Impératrice droit dans les yeux. Non pas en signe de défi, mais en signe de totale franchise. Une franchise qui l'avait toujours caractèrisée et qu'il espérait conserver encore longtemps. Jusque dans la mort s'il le fallait et s'il le pouvait.

- Vous m'avez convoqué, Votre Majesté, fit-il alors sobrement.

Offrant à l'instant toute la solennité que Joséphine semblait avoir voulu mettre dans cette convocation.

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Re: Dilemme noscoien...

Message par Joséphine de Nosco le Dim 23 Jan - 1:42

    Oui, elle l’avait convoqué. Il était temps, en vérité, qu’ils mettent les choses au point. Non, en fait, il était plus que grand temps qu’ils les mettent au point, les points sur les i, les i dans les idées et les idées en application. Une chose était sûre, pour Joséphine, ça ne pouvait plus durer. Il en avait fait bien assez dans le genre vertes et pas mûres pour qu’elle puisse continuer à laisser passer ça sans broncher, puis qu’elle passe à son tour avec l’éponge histoire de bien effacer tout ça. Non, elle en avait marre de passer l’éponge, de laver à grande eau, au carsher, au savon, au décapant et à l’acide sulfurique pour être bien sûr qu’on ne se souviendrait bel et bien de rien. Sa claque, en bref !

    Ce n’était pas comme si elle n’appréciait pas le commandor, non plus. Il avait semblé un instant être sincèrement repentant, après sa bêtise monumentale qui lui avait fait confier un couteau, un bête petit couteau de cuisine du genre à éplucher les oignons, à ce traître de Yan Merling. Oui, il avait semblé s’en repentir, mais pour combien de temps ? Fort peu de toute évidence puisque quatre-vingt ans après (qui avait dit que ce n’était pas peu, ça ?) il osait à nouveau franchir les bornes sans aucun scrupule. Demander une congrégationniste en mariage, bof, ok ça tenait de la trahison, mais connaissant le phénomène Wienfield, elle aurait encore pu accepter en se disant qu’ainsi elle évitait certainement pire. Détruire la porte du bureau d’Allan Cadmun, bof, fallait bien qu’il passe ses nerfs sur quelque chose, mais créer tout un incident diplomatique autour d’une niaiserie sans aucune considération pour l’Empire ! Non môssieur, non môssieur ! Y’a des limites, monsieur ! Et là ce n’est pas qu’un orteil, que vous avez posé dessus, monsieur, c’est carrément le buste ! Out !

    Donc oui, elle l’avait convoqué, parce qu’il était temps qu’ils mettent les choses au point, tous les deux. Elle ne pourrait pas tolérer ce genre de gaffes plus longtemps sous peine de faire sérieusement vaciller un pouvoir qu’elle s’était assuré en dépit de ce crétin d’Allan et de ce félon de Yan (d’ailleurs avec Rian et Lian, ça faisait que tous les prénoms en –an étaient ceux des traîtres… à méditer, ça, à méditer…) pour que la population courre le moins de risques possible. Oui, d’accord, Judikhael, enfin, le commandor Wienfield avait beaucoup fait pour cette sécurité, cela va sans dire, mais il fallait également voir les choses en face : il était de moins en moins capable de faire front, quand bien même il s’en donnait l’air. Joséphine n’était pas restée inactive, elle avait demandé à consulter le dossier médical du commandor, et comme elle était l’impératrice, personne n’avait pu lui refuser une telle faveur. Le secret médical ? Peuh ! devant un didacteur, un tyran comme disaient si bien les rebelles, on ne pouvait rien.

    Elle en avait d’ailleurs découvert des belles. Comme quoi le commandor s’était fait amocher sous tous les angles, ok, ça, elle était au courant. C’était loin d’être nouveau, c’était loin d’être surprenant, bref, elle s’y attendait, c’était son métier après tout : se faire mettre en pièces par les Créatures pour protéger Nosco. Chacun son job. Elle, elle avait choisi (enfin, ce n’était pas un choix entier de sa part, mais bon… presque) de gouverner l’empire, c’était son boulot. Donc, la logique aidant, il était normal que Judikhael se soit fait mettre en pièces à de nombreuses reprises par tout et n’importe quoi : rebelles, Créatures, rebelles, autres Créatures… le train-train quotidien du brigadier. Et dans ce dossier médical figurait la mention des traitements administrés au commandor… dont divers médicaments qui ne laissaient planer aucun doute à l’ancienne biologiste qu’était Joséphine : le commandor était victime de troubles mentaux, comme d’hallucinations ou d’autres trucs du même genre. En outre, le rapport mentionnait des tremblements, des soucis psychologiques de toutes sortes… bref, la cata.

    Il était évident que dans ses conditions, confier la brigade anti-terroriste, l’une des plus importantes avec la brigade avec la section informatique et la section de nettoyage, aux mains d’un malade qui n’était certainement plus doté de toutes ses facultés mentales et qui par conséquent risquait sa vie et celle de ses hommes dans n’importe quelle situation, était aussi peu risqué que de la confier aux rebelles eux-mêmes, ce qui en soi voulait tout dire. A ce prix, autant carrément céder Nosco à Yan Merling, ce serait plus simple, plus rapide et plus efficace ! Et moins sanglant, aussi. Donc non, inutile de se leurrer ou de lui donner trop de chances (il en avait déjà eu deux ou trois comme ça, le commandor Wienfield !), il faudrait bien lui ôter la commanderie. Il avait un second, d’ailleurs, qui aurait bien pu prétendre à ce poste. A voir ce que le commandor encore en titre, même si plus pour longtemps, en pensait, et ce que ledit second en penserait également. Même si le connaissant, une promotion ne lui était jamais désagréable…

    Restait le poste de haut conseiller. Là aussi, admettre au conseil quelqu’un qui a commis plusieurs fautes diplomatiques graves, dont une trahison envers l’Empire, c’était carrément se livrer poings et pieds liés aux rebelles et aux congrégationnistes. Et ça, jamais, plutôt mourir ! Il fallait donc trouver une solution concernant ce problème là également, et la solution serait la même : suspension de sa fonction. Chômage, donc, pour le commandor Wienfield, enfin, pour l’Oublié Judikhael plus exactement, chômage le temps de récupérer ses forces et de recouvrer la santé, ce qui, elle l’espérait, ne prendrait pas trop de temps. Après quoi on aviserait. Sa place de commandor lui serait de toute façon retirée de façon quasiment définitive, en tant que sanction pour ses actes irréfléchis. Sa place de haut-conseiller lui serait restituée en temps voulu… car elle devait bien avouer avoir du mal à se passer complètement de lui. Pas qu’il y avait une quelconque attirance entre eux deux, hein, loin de moi cette pensée (quoique…), plutôt qu’il avait au moins eu durant toutes ces années à son service une certaine franchise dont tous les hauts conseillers ne pouvaient pas vraiment se targuer. En outre, il connaissait très bien les méthodes de Merling, ayant été son apprenti il fut un temps (même si un temps très lointain) et étant également l’un des derniers filleuls de ce dernier à rester en Nosco après toutes ces années. Il était donc très à même de préparer de nombreuses stratégies, et ce n’était pas pour rien non plus qu’elle lui avait confié la place de commandor lorsqu’elle avait créé la section anti-terroriste.

    Mais voilà. Ce temps-là était révolu désormais, il était temps de passer à autre chose, de changer de visages et de fonctions… Elle se doutait bien que le mettre à l’arrêt serait un coup dur pour Judikhael, en dépit du prochain mariage auquel elle aurait maintenant bien du mal à s’opposer (puisqu’il ne concernait, au fond, plus un grand de la Guilde, du moins pour l’instant, et qu’ensuite on verrait), et elle tenait néanmoins, pour bons et loyaux (ahem…) services rendus durant de si longues années, à lui assurer une place confortable. Ce serait la convalescence, certes, et ce sans discussion pour les quelques semaines voire mois à venir, le temps qu’il récupère ses facultés mentales et physiques. Pendant ce temps il serait tenu au courant par mail des actualités du conseil et pourrait éventuellement donner son avis à titre consultatif si elle le lui demandait. Il aurait de toute façon sa nouvelle épouse à son chevet et dans son lit, tout irait pour le mieux pour lui excepté l’inactivité forcée. Ensuite il serait progressivement réintroduit dans la brigade… en tant, éventuellement, que brigadier d’élite comme il l’était avant sa promotion au titre de commandor quatre cinquièmes de siècle plus tôt ; ou en tant que second de commandor s’il se montrait méritant. Il réintégrerait peut-être sa place au haut conseil, s’il en avait la chance. Bref, on verrait globalement ce qu’il adviendrait bien de lui.

    Et le voilà qui entrait dans le bureau de l’Impératrice. Celle-ci, assise le dos bien droit et l’ordinateur devant les yeux, comme à son ordinaire quand elle voulait avoir l’air de travailler (mais travaillait-elle vraiment ?), un très léger sourire flottant aux lèvres, laissa entrer le commandor sans lever les yeux, puis le regarda intensément. Dans sa belle tête de brune (donc de femme intelligente hein !), tout était arrêté, tout était prêt, tout était parfait. Il ne manquait plus que l’énoncé verbal de la sentence, en gros. D’un geste, elle lui désigna le siège face à elle : après tout, il n’était pas correct de laisser un malade debout durant une entrevue, et il avait bien droit à cette petite marque d’estime. Elle lui donna tout le temps de s’asseoir, de s’installer confortablement, de se faire apporter un thé et deux barres vitaminées… euh non, juste le temps de s’asseoir, avant de le jauger du regard, l’air froid et altier. Après tout, elle n’était pas là pour parler temps artificiel, créatures ou derniers bunkers de Nosco, elle était là pour lui passer un savon. Alors, au bain, commandor !

    - Monsieur, et notez bien qu’elle avait dit monsieur, pas commandor, en raison de vos nombreuses incartades ainsi qu’en raison de votre incapacité physique et psychologique à assumer vos rôles de commandor de la section anti-terroriste de Notre Brigade Impériale et de Haut Conseiller Impérial, vous êtes déstitué de ces deux fonctions jusqu’à nouvel ordre. Nous désirons également, et pas de réplique, je vous prie, vous voir vous remettre entre les mains des médecins pour la durée de votre convalescence. Après quoi, en fonction de l’évolution de votre état, Nous envisagerons l’éventualité de vous restituer vos fonctions ou l’une de vos fonctions dans les deux organismes impériaux sus-cités.

    Moins clair tu crains, plus clair tu meurs. Au moins, les choses étaient dites. Elle se doutait bien que la réaction du commandor ne serait pas positive, mais elle ne s’attendait pas non plus à trop l’entendre répliquer : il était trop soumis et/ou trop conscient de ses erreurs pour tenter vainement de se défendre par divers prétextes fallacieux. Une raison supplémentaire de l’apprécier, d’ailleurs. Cela dit, il faudrait bien qu’elle ajoute des restrictions à ce qu’elle venait de proférer : on n’avait pas de commandor de rechange disponible à longueur de temps, vous savez, et on n’avait pas non plus de haut conseiller interchangeables… Il faudrait donc qu’elle s’accommode, malgré qu’elle en ait, d’un léger consensus.

    - Néanmoins, monsieur, en raison de votre grande expérience et de vos conseils qui furent le plus souvent pertinents, Nous ne comptons pas laisser votre successeur démuni face à tant de dangers divers. Vous aurez donc pour tâche, monsieur Wienfield, d’assister en tant que second de commandor officieux votre remplaçant temporaire ou définitif. Et en ce qui concerne votre place au Haut Conseil, s’il serait inconvenant de vous laisser siéger parmi les Conseillers nonobstant votre état, Nous vous ferons néanmoins parvenir par courriel les comptes-rendus des séances. Vous aurez droit de parole si vous le désirez, elle sera prise en compte officieusement. Officiellement, monsieur Wienfield, rien de tout cela ne devra filtrer. Et croyez m’en, n’eût été votre passé, vous n’auriez pas eu droit à tant de faveurs.

    Cela étant dit, il était donc temps de passer au reste… A savoir la nomination du jeune second comme commandor provisoire ou temporaire, comme elle venait de le dire quelques secondes plus tôt. Un second… qui serait certainement un bon commandor, vu sa motivation, mais qui pouvait également s’avérer un peu trop tête brûlée pour assumer convenablement ses fonctions, dans un premier temps du moins.

    - Vous n’aurez pas de successeur au Haut-Conseil pour l’instant. Quant à la Brigade, je songe à promouvoir votre second, Silvio Anthelmios, au poste de Commandor, à charge pour vous de le conseiller. Néanmoins, le connaissant fort peu, je voulais d’abord m’assurer de votre opinion le concernant. Le pensez-vous apte à assumer cette tâche ?

    Bien… Il ne restait plus qu’à expédier le reste des formalités, maintenant !
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Re: Dilemme noscoien...

Message par Judikhael Wienfield le Jeu 27 Jan - 2:00

A peine fut-il entré et installé sur le siège qu'elle lui désignait, qu'il comprit, au regard déterminé qu'elle lui offrait, que son sort était déjà déterminé, décidé, et qu'il n'aurait rien à dire. Elle avait déjà décidé de ce qu'il adviendrait, en bonne impératrice qu'elle était, et il n'aurait plus qu'à se plier à cette décision. Quelqu'elle soit. Et quand bien même il devinait que cela allait être un coup dur pour lui, il savait déjà, en son for intérieur, qu'il s'y plierait effectivement, sans même chercher à se récrier ou se justifier en quoique ce soit. Il connaissait ses tords et les assumerait. Après tout, il n'était pas homme à se dérober à ses responsabilités, aussi douloureuses et difficiles soient-elles.

C'est donc avec toute l'humilité dont il était capable, qu'il écouta le long discours que lui offrit Pépi. Oui, Pépi. il devait avouer que depuis leur petite séance intime dans une certaine salle de bain, il avait bien du mal à repenser à elle en tant que Joséphine. Et non, il ne lui manquerait pas de respect, pas ouvertement, et la considérerait toujours comme son impératrice, mais... Mais disons qu'il garderait toujours cette image de belle femme s'offrant à lui (ou se servant de lui comme défouloir, à vous de choisir) associée à celle de la femme intransigeante et de commandement qu'il avait dès lors en face de lui. Remarquez, même pendant l'acte, elle s'était également montrée la farouche dirigeante. Comme quoi, même pendant ces instants de pure folie, elle restait toujours la Joséphine autoritaire et dictatoriale qu'il avait toujours connue. Et qu'il avait toujours soutenue, malgré parfois les moments qu'il jugeait pur débordement. Une Joséphine à qui il avait toujours obéi, quand bien même parfois les décisions prises lui avaient paru trop poussées. Et malgré les protestations qu'il avait pu lui proposer alors, il n'avait jamais failli à son serment de fidélité la concernant. Enfin... pas volontairement, pas intentionnellement dirons-nous.

Donc oui, là, en ce moment même, malgré la remontrance qu'il savait recevoir d'ici peu, la fugace image de Pépi nue sur lui et lui prodiguant les pires et les meilleurs outrages lui traversa l'esprit. Et non, cela ne provoqua, fort heureusement, aucune réaction physique malvenue. Même s'il dut faire un effort sur lui-même pour chasser cette possible et détestable manifestation de désir.

Arf. Elle venait de lui servir du "monsieur". Voilà qui ne présageait vraiment rien de bon pour lui, pensa-t-il. Et la suite lui donna tristement raison. Les mots durs et âpres qu'elle lui adressa le blessèrent plus qu'il n'aurait voulu l'avouer. Plus parce qu'ils n'étaient pas entièrement infondés d'ailleurs, plus qu'autre chose. "Incapacité physique et psychologique", "déstitué de ces deux fonctions", "vous voir vous remettre entre les mains des médecins"... et voilà. la sentence tant redoutée était tombée. Quand bien même il s'y était préparée, le couperet une fois tombé faisait tout aussi mal. Très mal. Il sentait comme une pointe s'enfoncer en plein coeur. Une créature lui aurait déchiré les entrailles (et Joshi savait qu'il s'y connaissait en créatures le déchirant de toute part, ses nombreuses cicatrices en attestant bien mieux encore que sa propre mémoire défaillante), que cela aurait fait moins mal.

Il aurait aimé pouvoir se montrer brave et fort, ne pas ciller, ne réagir en rien et encaisser le coup comme il encaissait les coups physiques. Mais la perspective d'une telle inactivité, d'une telle honte aussi que celle d'être destituée pour incapacité, et physique, et mentale, lui était si éprouvante, qu'il ne put s'empêcher de baisser le regard, fuyant les orbes possiblement furieuses de l'impératrice, et de fermer ses perles de glace, pour tenter de mieux encaisser le choc.

Mauvaise idée, pensa-t-il aussitôt. S'extraire ainsi à voir son entourage ne faisait qu'accentuer son audition. Et donnait alors plus de force encore aux mots. Voilà maintenant qu'on le rétrogradait au poste de second de commandor, même si de façon officieuse. Même si cela sonnait alors comme un lot de consolation pour lui, lui permettant, du moins pour un petit laps de temps, de ne pas rester totalement inactif et de se montrer encore un tant soit peu utile, c'était tout de même un sacré coup pour sa fierté. Il avait beau ne pas avoir d'ambition, il était très sensible au "qu'en dira-t-on". Il pressentait déjà que tous ces changements et que cette rétrogradation allait faire jaser. Et pas en bien. Il devait avouer toutefois que Pepi avait raison. C'était la solution la plus raisonnable pour assurer en toute sérénité la transition. De même quand elle lui offrit la possibilité de rester au courant des affaires du conseil et même de donner un avis quand on le lui demanderait, il ne put que remercier Joséphine intérieurement. Ou comment lui faire comprendre que ses services pouvaient encore être utiles et que tout ceci ne serait peut-être, du moins pour certains points, que transitoires. Temporaires. Juste le temps de.. le temps de recouvrer ses esprits.

Si Anthelmios était apte à assumer le poste de commandor ? Oui. Assurément oui. ce jeune loup n'attendait certainement que cela d'ailleurs. Il faudrait peut-être l'encadrer dans un premier temps et lui faire prendre pleinement conscience de toutes les responsabilités incombants à une telle nomination, mais le gamin en était tout à fait capable. Si l'on freinait un tantinet son tempérament tout feu tout flamme.

- Je comprends ces décisions, se contenta-t-il de répondre, en relevant un regard où devait, bien malgré lui, transpercer son désarroi. Et je vous remercie de votre... clémence.

Non, il ne se justifierai pas. Ses fautes et erreurs étaient injustifiables de toute façon. Les faits étaient là et il ne pouvait qu'assumer. Comme toujours.

- Je pense que le jeune Anthelmios, même s'il devra être encore un peu aiguillonné dans un premier temps, fera un excellent commandor très rapidement. Si l'on parvient à réfreiner son tempérament tout feu tout flamme. Et si on lui trouve ensuite un second qui contrebalance bien ses élans parfois fougueux.

Et voilà. Tout était dit, semblait-il. A priori, son destin était scellé. A son plus grand damne. Enfin, ne restait plus qu'un point que Judikhael brûlait de régler aussi. Mais sujet qu'il n'osait pas aborder de lui-même. Sujet mariage, vous l'aurez bien compris.

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Re: Dilemme noscoien...

Message par Joséphine de Nosco le Jeu 3 Fév - 2:01

    Il avait baissé la tête. Il avait fermé les yeux. Au fond, ces deux réactions étaient tout sauf mal placées, tout sauf imprévisibles. C’était la réaction normale de tout être confronté à ce genre de situations. Pour un peu, et bien que la décision ne relevât que de sa volonté personnelle (et peut-être un peu de sa raison, aussi), elle eût également baissé la tête, si elle n’avait été aussi fière. Après tout, par ces mots, elle venait de mettre à la porte un homme qui jusque là l’avait…. mmh… presque fidèlement servi, dirons-nous. Bon, d’accord, il s’était laissé aller à quelques écarts, certes, de petits écarts qui avaient eu de cataclysmiques conséquences, certes également, mais au reste, il avait été fidèle, franc et efficace ; chose dont peu d’autres pouvaient jusqu’à présent se vanter, et elle avait d’excellentes raisons de l’apprécier pour cela. Mais il fallait bien se rendre à l’évidence, les grandes capacités du commandor, ou plutôt de l’ex-commandor puisqu’il venait d’être rétrogradé, s’en allaient, l’abandonnaient, et il n’était plus qu’une gangue vide, ou presque. Alors autant limiter les dégâts, tant qu’il en est encore temps. Autant prendre une décision, aussi douloureuse soit-elle, pour lui… et un peu pour elle aussi.

    Elle s’attendait bien à ce qu’il ait du mal avec cette annonce : cela faisait plus de quatre cinquièmes de siècle qu’il était à la tête de cette section de la Brigade, depuis la fondation de celle-ci en fait, à peu près autant de temps qu’il était conseiller impérial… Néanmoins, elle ne tâcha ni de le réconforter, ni de l’enfoncer encore. Les choses étaient claires ainsi, inutiles de les rendres plus abruptes ou moins dures en en rajoutant une couche. Pour elle, le sujet était terminé. Il releva finalement la tête, la regarda calmement même si ses yeux sombres reflétaient bien la peine qu’il venait d’endurer, approuva la sentence. De sa part, elle ne s’attendait pas à une autre réaction, elle en fut donc satisfaite et se permit même de sourire légèrement. Au moins lui, contrairement à tant d’autres crétins plus ou moins imbus d’eux-mêmes qui cherchaient à se discumper, n’inventait pas d’excuses fallacieuses, et ça, c’était presque inestimable. Un léger blanc dans la conversation succéda à ces annonces de sentences, avant qu’ils ne parlent tous deux de la succession de Judikhael, succession qui serait remise à Silvio Anthelmios pour tout le temps où son chef, enfin son ex-chef, serait dans l’incapacité d’assurer ses fonctions.

    Ledit ex-chef approuvait d’ailleurs la décision de Joséphine, bien que précisant qu’il faudrait certainement aider et aiguiller le nouveau promu. Logique en soi, on ne pouvait décemment pas laisser un tout jeune homme à la direction d’une brigade entière, surtout d’une brigade si importante (n’oublions pas que la lutte contre les rebelles et la lutte contre les créatures étaient les deux soucis principaux de Joséphine de Nosco. Une fois ces deux trucs-là avancés, il y aurait toujours la lutte contre la congrégation si elle continuait à être aussi agaçante avec sa non-volonté de coopérer, la fortification scientifique de tout Nosco et puis peut-être l’extermination définitive des Créatures, histoire qu’on ait la paix) sans lui fournir le mode d’emploi. Et qui étiat mieux placé pour jouer ce rôle que l’ancien commandor ? Tiens, d’ailleurs, c’était une idée, ça… faire éditer une loi interdisant aux commandors de quitter Nosco sans avoir convenablement formé leur second, histoire que ceux-ci puissent prendre la relève sans trop de difficultés et sans mettre en péril toute la ville de Nosco. Il faudrait qu’elle en parle à la prochaine réunion du Haut-Conseil. Bref, là n’était pas le sujet…

    Il fallait maintenant trouver un second de commandor qui en vaille la peine durant l’absence de Judikhael. Bah oui, ok, il était « second » officieux, et alors ? Il en fallait bien un officiel, et on ne pouvait pas vraiment se permettre de garder celui-ci… Bon bah on demanderait aux deux hommes s’ils considéraient un membre de la brigade comme digne d’accéder à ce genre de fonctions. Ca ne devrait pas être si difficile à trouver, un membre compétent, si ? Après tout sa brigade était bien formée, aux dernières nouvelles, et efficace… D’accord, la restriction, c’était un membre calme et posé, mais ça aussi ça devrait se trouver, par exemple chez les plus stratèges, les tireurs d’élite et compagnie… Non, vraiment, il y avait de quoi trouver un homme (ou une femme !) valable dans le lot. Sans aucun souci. Que pouvait-elle ajouter aux paroles de Judikhael ? Bien peu de choses. Ah si, un récent rapport qui lui avait été fait, et qui l’avait fortement agacée, comme quoi ce second avait fréquenté l’ignoble ville de Sodome ces derniers temps avec un type appartenant à la brigade informatique. Bon. Finalement peut-être qu’ils n’étaient plus si bien formés que ça, à l’anti-terroriste… Mais elle n’avait pas trop le choix. Et puis, ce n’était arrivé qu’une fois. Une seule. On pouvait un peu laisser passer ça, éventuellement… Même si c’était douloureux pour sa morale.

    Il ne restait plus qu’une seule chose à régler, chose qu’il n’avait pas abordée de lui-même ; ce qui d’ailleurs était bien compréhensible : son mariage. Oui, vous avez bien entendu, il comptait se marier. Avec une congrégationniste. Visiblement, le pauvre était tombé bien bas, mais bon, un homme devient bête dès qu’il s’agit d’aimer, et une femme devient machiavélique dès qu’on parle d’amour, donc, ce n’était pas surprenant en soi non plus. Ce qui avait été douloureux, c’était la manière dont il l’avait annoncé, pas très très délicate (et boum dans la porte !), et les ennuis diplomatiques y afférents, et le fait qu’il persiste dans son idée malgré son état mental. Bon, le bon côté de la chose, c’était que si elle ne l’avait pas envoyé sur les roses, elle devait y tenir un petit peu, à son ex-commandor ! C’était déjà un gage de fidélité. Quant à l’ex-commandor, il était constant sans être fidèle, comme tous les hommes, en somme, donc pas trop à craindre de ce côté-là non plus. Il ne restait plus qu’à sceller l’alliance, dirons-nous… Et c’était à elle d’entamer ce sujet. Un sujet épineux. Mais un sujet à conclure. Alors, elle se retroussa les manches, rassembla ses neurones et se mit à la tâche.

    - Monsieur Wienfield, il nous faut à présent régler les modalités de votre mariage avec la prêtresse Artèmîa Elisian… Dieu sait si prononcer ces mots était douloureux, ça portait une atteinte à tant de convenances inébranlables depuis si longtemps ! En général, quand on voulait fricoter avec une personne d’un autre clan, c’était bien simple : on le faisait entrer dans son clan ou on rejoignait le sien. Mais là, pas question pour les deux de quitter leurs rôles respectifs. Ca allait être joyeux, vraiment, c’était même une perspective des plus réjouissantes pour elle qui allait devoir fréquenter Allan Cadmun, cette crevure, cette engelure, plus que de raison, c'est-à-dire pratiquement aucunement. J’hésite, monsieur, à vous accorder cette union contraire à tant de principes. Vous êtes Noscoien depuis bien trop longtemps pour ignorer ce qui se passe dans pareils cas… Mais vous savez également qu’il est hors de question pour vous de quitter la Guilde, tout comme il est hors de question pour mademoiselle Elisian de quitter la Congrégation. Néanmoins, les preuves d’affection que vous vous êtes mutuellement donnés dans les circonstances que vous savez m’incitent à autoriser cette union.

    Les mots étaients sortis, comme ça, de ses lèvres. Evidemment, elle enrageait intérieurement, ce genre de choses n’aurait jamais dû se produire. Mais bon, on dit bien que l’Amour est aveugle et que la Folie lui sert de guide. Pas besoin de vous faire un dessin du résultat, du coup… C’était bien trop évident comme ça. L’Amour se ramasse des arbres, se prend les pieds dans les racines, bute dans les rochers, tombe dans les trous, enchaîne les gamelles, les plaies et les bosses ; tandis qu’en arrière-plan, cette crétine de Folie se paie sa tête à grands coups de florins en chocolat. Et voilà, fin de toutes les images romantiques et poétiques concernant l’Amour, cet adorable petit cupidon blond armé d’un arc et de petites flèches qui vole de cœur en cœur et s’amuse à unir les âmes de beaux jeunes hommes intelligents et courtois à de belles jeunes femmes aussi nobles que nunuches. Ouais, franchement, allez-dire que l’amour est une belle chose ! Dans la circonstance présente, on mariait une prêtresse diplomate blonde et effacée à un commandor déchu au corps couvert de plaies et de cicatrices, dans un état mental douteux, qui voit des éléphants roses, des poissons volants et des rats vert fluo choristes se promener dans sa chambre. Rassurant, vous ne trouvez pas ? Bah… elle non plus, en fait, elle qui avait connu bien des visions des plus désagréables de l’amour sans A majuscule, cet amour bestial qu’on se fait en rue sans aucun élan sentimental digne d’un bon vieux roman de chevalerie farci à la rose et empestant le parfum. L’amour humain, quoi.
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Re: Dilemme noscoien...

Message par Judikhael Wienfield le Lun 7 Fév - 17:34

Si un sourire pouvait panser les blessures, sans doute celui-ci aurait-il été de ceux-là. Et il apprécia tout autant le silence qui s'ensuivit, doux silence, qui lui permettait de reprendre ses esprits et surtout de reprendre pied dans la triste réalité qui était devenu la sienne. Déchu. Il était déchu. Il ne pouvait toutefois qu'accepter cette déchéance pour mieux la combattre, pensa-t-il. Car oui, aussi abattu, presque vaincu, était-il, il n'allait pas pour autant baissé les armes de suite. Pas encore. Pas tant qu'il lui resterait un semblant de force dans ce corps à l'abandon.

Et une fois la question de sa "succession", douloureuse idée alors que celle-là, même s'il la savait pourtant irrémédiable, vint une question tout aussi épineuse, celle de son mariage. Bon comme il s'en doutait, l'Impératrice ne voyait pas ce mariage d'un très bon oeil. Et comment donc aurait-il pu en être autrement ? S'il s'était attendu toutefois à un refus catégorique, ce qu'elle lui offrit le laissa fort cois. Elle... acceptait ? Sans autre forme de procès ou de récrimination ? Oui, il en était fort étonné. Et son esprit certes torturé et bien mis à mal ces derniers temps fut toutefois suffisamment apte pour comprendre que si elle acceptait si facilement c'était sans doute car elle... tenait un peu à lui ? Bon, elle venait de le rétrograder et ce mariage n'y était sans doute pas non plus pour rien. Ou disons que cette rétrogradation générale était le fruit d'une association d'événements tous aussi néfastes pour lui. Mais...

Elle acceptait. Oh pas sans protester. Mais ses protestations sonnaient plus pour la forme plus qu'autre chose, avait-il l'impression. Oui bon d'accord elle avait dit "j'hésite". Mais ce "j'hésite" sonnait plus pour lui comme un accord. Faible accord, certes, mais accord quand même ! Judikhael dut alors se contenir pour ne pas exprimer toute sa gratitude à son Impératrice.

C'est donc avec toute l'humilité dont il était capable qu'il répondit :

- Je suis bien conscient de mettre la Guilde et mon Impératrice dans une position délicate par cette demande incongrue... et certainement déplacée. Mais je sais aussi que les liens qui m'unissent à la prêtresse Artémia Elisian sont si forts et ce depuis si longtemps, que cette... incongruité était sans doute inévitable. Même si j'aurais certes préféré permettre à la Guilde de se préparer au mieux à ce... hum... cet... ce bouleversement. Mais je puis vous assurer sur tout ce qui me reste que Artémia et moi-même sommes assez consciencieux et responsables pour ne pas trahir nos camps respectifs, et ce malgré une possible vie commune. Comme nous l'avons montré toutes ces années durant, ce n'est pas parce que nous partageons des sentiments et des moments... intimes... ensembles...

Chastes les moments intimes, avait-il envie d'ajouter. Car s'il avait eu beaucoup de relations avec les noscoiennes, jamais encore il n'avait dépassé avec Artémia le stade du baiser. Et encore !

- que nous ne sommes pas capables de garder les secrets qui nous lient à notre clan et de lui rester fidèle. Même si je conçois que tous les serments du monde ne suffiront certainement pas à vous convaincre si le doute vous habitait.

Il prit alors une petite dague, sans la défaire de son fourreau pour ne pas effrayer sa Majesté, et la détacha de sa ceinture, pour la tendre à son interlocutrice, poignée vers l'Impératrice.

- Mais si le moindre doute persistait, concernant mon allégeance envers vous et mon silence concernant tous les secrets que je peux connaître sur Nosco et la Guilde, si accepter un tel mariage est un cas de conscience trop ardu et trop loin de vos principes, si vous avez la moindre incertitude à mon égard, alors allez-y. Tuez-moi. Cette dague est vôtre, l'a toujours été et le sera toujours, quelque soit votre décision. A vous de choisir son destin.

Et voilà qu'il venait de renouveler son serment. Pas seulement son serment de brigadier ou de haut conseiller, il n'était plus ni l'un ni l'autre en fait. Mais son serment de fidèle serviteur de Joséphine, quelque serait son grade.

_________________


La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Re: Dilemme noscoien...

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