Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

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Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 15 Jan - 0:27

La terre est bleue comme une orange.

Le gamin contempla un instant ce qu'il venait d'écrire puis l'effaça. C'était n'importe quoi, d'où une idée pareille pouvait bien sortir ? Il n'avait rien trouvé de terrible à faire en ce début d'après-midi et maintenant il se mettait à écrire des trucs complètement incohérents, décidément, la solitude ne lui réussissait pas.

La terre est bleue comme une orange.

Une orange, ce n'était pas orange normalement ? Et la terre, est-ce qu'elle n'était pas grisâtre, marron ? Ça existait une orange bleue ? Le garçon laissa échapper un soupir. Est-ce que c'était un souvenir, une réminiscence, quelque chose auquel il devait accorder plus d'attention que nécessaire ? D'où sortait cette phrase aux accents irréels, au sens ténébreux ? Aujourd'hui, Joshi n'était pas là pour lui répondre.
Tant pis. Il se laissa tomber sur son lit, remua un instant pour prendre une bonne position puis ferma les yeux.

La terre...
La terre qu'il avait perdue, la terre qu'il avait oubliée.
Est bleue...
L'eau, l'eau, le bruit, où était l'eau ?
Comme une orange...
Le fruit, la couleur, il en avait perdu la saveur.

La terre...
C'était Nosco maintenant.
Est bleue...
Les rebelles
Comme une orange...
Monde synthétique, de plastique.

Tout ça c'était faux.
Il fallait partir.

Alors comme ça tu pars ?

Un léger sourire, le silence de ceux qui étaient là. L'écho dans sa tête. Alors comme ça tu pars ? L'écho de sa phrase dans la bouche de cette femme. L'écho dans les yeux de la famille. Alors comme ça tu pars ? Mais ouiiiii il partait ! Quelle question, quelle idée ! Bien sûr qu'il partait, que croyaient-ils ? Il n'allait pas rester à pourrir ici ! Ils étaient agités. Oui, il partait et qu'importe ce qu'ils en pensaient, il avait travaillé dur pour ça, il en avait rêvé depuis si longtemps, il avait fourni tant d'efforts ! Il n'en croyait pas ses yeux, il avait toujours imaginé mais là, c'était vraiment vrai, là il ne rêvait pas, là il avait bien lu la lettre qu'on lui avait envoyée ! Alors comme ça tu pars ?

Oui, maman, je pars.

Sa voix était calme, presque neutre alors qu'au fond de lui son cœur était en fête, son esprit se réjouissait, il avait envie de courir partout, de serrer tout le monde dans ses bras, de montrer sa joie. Ils étaient encore plus agités par sa réponse, parce qu'il annonçait pour la deuxième fois qu'il partait et que maintenant qu'il l'avait redit, il ne pouvait pas leur mentir ou leur faire encore une autre blague idiote.
Il fallait qu'il parte, il fallait qu'il aille leur dire, qu'il les mette au courant ! Admis. Admis ! Il était admis à la Sorbonne !

La Sorbonne ? Il voulait bien s'en réjouir mais il aurait quand même fallut qu'il sache ce que c'était. La Sorbonne. Pas de doute, ce mot, ce nom lui disait bien quelque chose, il lui semblait familier, il lui donnait le sentiment de se raccrocher un peu à son passé mais il n'y avait rien de plus, il n'y avait rien à faire, il avait beau se concentrer de toutes ses forces, rien ne lui venait en tête. Plus de souvenirs, c'était déjà fini, envolé comme les papillons craintifs dont on s'était approché trop rapidement. Ah Joshi, bienheureux et maudit guide.
Une idée lui traversa l'esprit et il se releva, étrangement calme par rapport aux autres fois où il aurait été capable de hurler à n'importe qui qu'il venait de retrouver un morceau de son passé, un morceau de lui-même. Attrapant son ordinateur, il le posa sur ses genoux et tapa successivement « La Sorbonne » puis « Sorbonne » sur le moteur de recherche. Rien. Évidemment, rien. Pourquoi en auraient-ils su plus que lui sur ce nom étrange ? Et puis s'ils savaient, ils le cachaient sans doute.

Désespéré, il resta un instant immobile devant son ordinateur puis se décida à consulter ses mails, peut-être que sans y penser ça lui reviendrait ou bien Joshi avait pu lui écrire ! Eh bien non. Rapide comme réponse, hop, un espoir de moins. Dans combien de temps percerait-il le mystère, deux jours, un mois, cinquante ans ? Il n'était pas très patient, resté posé, là, dans un coin à ne rien faire, quelle idée !
Machinalement il s'était mis à relire les mails qu'on lui avait envoyé quand il tomba sur un message d'Allan qui datait maintenant de plusieurs mois. Il y avait un fichier joint... mais oui ! Silvio Anthelmios, l'animal qui voulait le former ! Silvio, le second de Judikhael, celui qui avait fait du bruit à la congrégation peu avant cette histoire-là ! Tiens, c'était marrant qu'il retombe là-dessus. Après avoir eut vent de cet histoire, il avait décidé de faire croire au malheureux qu'il dédaignerait son offre et puis il y avait eu l'attaque... Il avait été blessé, oh pas énormément mais son épaule l'avait souffrir assez longtemps et il avait dû cesser ses entraînements de solitaire pendant un temps. Après, il aurait pu le recontacter mais il avait oublié n'ayant jamais su quel était le visage de cet homme qui s'était intéressé à lui.
Tiens, c'était une idée ça, une idée qui pourrait le distraire et puis ça restait toujours une bonne opportunité, il fallait dire qu'il ne savait plus trop dans quel sens chercher, les armes à feu lui faisaient peur et côté combat à mains nues et armes blanches il n'avait plus d'idées, plus rien qui lui venait naturellement. Ni une, ni deux, il chercha l'adresse de l'homme et lui composa de suite un petit message.

De : ysmael.elhirajiri@cdj.nv
A : as-at@nosco.nv
Objet : Formation

Tu voulais me former paraît-il, je n'ai pas eu le temps de te contacter plus tôt à cause de l'alerte. Si c'est toujours d'actualité, je serais peut-être d'accord, mais pour ça j'ai besoin de savoir qui tu es et de connaître ton propre niveau. Si ça t'intéresse rejoins-moi dans les vieux réseaux, je connais l'endroit, là nous seront tranquilles.

Y. El'Hirajiri.

Le congréganiste ne savait pas s'il devait se rendre tout de suite à l'endroit qu'il avait indiqué ou s'il valait mieux qu'il attende une potentielle réponse. Après tout, c'était encore l'après-midi et peut-être qu'il devait rester à son poste contrairement à lui qui avait acquis depuis longtemps une liberté de mouvement presque totale. C'était heureux pour lui qui n'avait pas l'intention de se plonger dans l'oisiveté, qui croyait fervemment en Joshi sans avoir envie d'y consacrer ses journées et qui ne savait pas encore ce qu'il allait bien pouvoir faire étant donné son âge physique et son désir inébranlable de liberté.
Un tintement connu mis court à ses réflexion, l'alertant qu'il venait de recevoir un e-mail. C'était le second de la brigade anti-terroriste qui répondait affirmativement à son offre. Un sourire se dessina sur ses lèvres et, enjoué à l'idée qu'il allait faire quelque chose d'intéressant et sans doute en apprendre pas mal sur le combat, il sauta de son lit, glissa ses bras sous le meuble, dans l'espace si étroit qu'il ne pouvait pas laisser passer de plus gros bras, et en sortit les diverses armes qu'il avait acquises : son alphasword et ses dagues de jet. Des armes achetées illégalement grâce à l'aide de l'un de ses frères et qu'il ne sortait qu'avec grande précaution, il manquerait plus que la brigade les lui confisque et l'arrête ! Ainsi il ne sortait pas souvent du sanctuaire avec son épée et il prenait toujours soin de cacher les dagues à divers endroits autour des habits larges qu'il avait troqué contre sa belle chemise et son beau pantalon. Les dagues, c'était plus pour se protéger à distance des créatures que pour attaquer ou même se défendre contre un autre Noscoien. On n'allait pas lui sauter dessus sans raison quand même ! Enfin... Nosco était tellement surveillé qu'il valait mieux s'abstenir et lui chercher des puces autrement, et puis, il pouvait se montrer tellement machiavélique qu'on préférait le laisser tranquille plutôt que de tenter une vengeance qui entraînerait forcément une autre de sa part.

S'emparant de toutes ses armes, il s'élança en courant dans les couloirs du sanctuaire jusqu'au passage secret qu'il comptait emprunter. Depuis le temps qu'il était là, il avait fini par en découvrir quelques uns et il les empruntait régulièrement, aimant se perdre dans les sous-sols désaffectés, là où il pouvait s'entraîner sans contrainte ni caméras. Il ne s'éloignait jamais trop et redoublait toujours de prudence, de crainte d'avoir à affronter beaucoup plus de créatures qu'il ne le pouvait mais sa vigilance avait jusqu'à maintenant été plus une mesure de sécurité que quelque chose qui lui aurait sauvé la vie.
Le jeune homme reprit sa course une fois le passage franchi et arriva finalement en peu de temps dans ce qu'on appelait les vieux réseaux, cet endroit en-dessous des égouts où il restait de vieux chemins de fer et des machines. Il aimait bien jouer dans cet endroit même si s'y aventurer seul était plus que risqué. C'était comme lui, un lieu vide mais où il demeurait des bribes de souvenirs, il fallait reconstruire ce passé oublié, lui donner à nouveau vie.

Le brigadier n'était pas encore arrivé ou alors il n'était pas au même endroit que lui, peu importait, il avait tout son temps. D'un pas enjoué, il marchait sur les rails comme s'il s'agissait d'une poutre, explorant à sa manière ce lieu qui aurait pu paraître glauque et effrayant à un autre. Il jouait comme jouait les enfants, son esprit était peuplé de rêves imaginaires et il tissait une histoire entre ce qu'il voyait, ce qu'il faisait et ce qu'il pensait, laissant seulement échapper entre ses lèvres le son de sa voix fluette. Une chanson.

On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.
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Re: Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

Message par Silvio Anthelmios le Sam 15 Jan - 16:06

"- Tu es mort."

Fit la voix rauque de Silvio, derrière Ysmaël. Il était tout proche de lui, et la pointe de sa lame aussi. Là, je vous entends vous étonner: "mais côôômment un brigadier a-t-il pu être assez discret pour venir derrière Ysma' sans que celui-ci puisse s'en apercevoir avant de l'entendre ?". Embuscade.
Silvio était arrivé dans les vieux réseaux longtemps à l'avance. Damnés. Le jeune Hirajiri aurait dû lui donner des indications encore plus vagues, ça l'aurait aidé ! En plus, ça grouillait sans doute de créatures... Silvio avait ramené sa première épée, celle d'avant Hawa. Il la prêterait à Ysmaël si ce dernier venait sans arme (ç'aurait été son genre). Il s'était installé là, à l'ombre d'un tas de ferraille sans doute couvert de tétanos, et avait attendu. Alors lui était venu l'idée de voir si Ysmaël le repèrerait. Voir s'il était capable de se fondre avec les ombres, jusqu'au dernier moment. Brigadier d'élite, il avait souvent fait cet exercice, mais depuis sa promotion, il n'avait pas pu re-tenter. Mais visiblement, il n'avait pas perdu la main, et était moins malhabile avec son corps dans ce genre de situation contre un humain, que dans une situation où il fallait s'occuper de l'autre humain, avec... Vous savez... Des mots.
Plutôt fier de son coup, le Silvio. Mais loin de lui l'idée de ranger son épée maintenant. Comme je vous l'ai dit, il n'était pas vraiment amateur de longs discours, et supposait Ysmaël assez intelligent pour comprendre que "tu es mort" ça voulait dire "fais plus attention la prochaine fois". Pas besoin de l'atterrer de reproches pendant des heures. Il empiétait déjà sur son temps libre ! Tout ça pour une bête histoire de lapin qui avait dégénéré en histoire de dîner... Pourvu qu'Ysmaël n'en ait pas eu vent ! Comment Silvio pouvait-il espérer être crédible si le gosse avait en tête la même image que lui, celle d'Allan, de lui, du bouquet d'hibiscus...? La bonne nouvelle dans tout cela était que le jeune frère semblait ne pas avoir associé son nom à son visage, donc il y avait peut-être une chance pour qu'il ne fasse pas le rapprochement...

"- On commence ?"

demanda-t-il, sèchement. Il remarqua l'arme d'Ysmaël, sagement rangée dans son fourreau. Il n'avait pas eu l'imprudence de venir sans arme. Pas complètement insouciant, le petit. Mais on ne sait jamais, il aurait pu ne pas avoir accès à une arme et être obligé de venir sans. Loin de Silvio l'idée de sous-estimer son adversaire, même si celui-là, eh ben... Il était... C'était un gosse, un nouvel oublié, de plus.
Bien. On allait voir si ce gamin avait la lame aussi habile que ses mots !

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Re: Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 29 Jan - 14:59

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à...
Trois mots, si peu pour interrompre le garçon dans son élan. Il s'était stoppé net et était resté immobile, sans prendre le temps de finir sa chanson, sans faire un pas de plus, comme si on avait fait un arrêt sur image, qu'on l'avait mis sur pause et qu'il fallait ré-appuyer sur le bouton pour espérer obtenir une réaction. Ben oui, s'il était mort, il jouait le mort. Bon d'accord il aurait pu s'écrouler par terre et lancer un grand râle d'agonisant avant de prendre cette immobilité cadavérique qu'il avait adoptée mais c'était un peu trop théâtral et grandiloquent à son goût.
Rester comme ça c'était pratique, ça lui permettait de réfléchir à ce qu'il allait faire, parce qu'il pouvait être à peu près certain que le second ne lui ferait pas de mal. Loin d'être un imbécile, il avait mis au courant une ou deux personnes de ce qu'il faisait et l'autre n'avait aucun intérêt à vouloir le tuer : accident diplomatique, fin de carrière et retraite prématurée en prison ou dans un asile selon la manière dont le bougre se débrouillerait, rien de bien réjouissant pour l'ambitieux. Vous allez me dire, il peut toujours le blesser s'il est sadique ou qu'il s'agit d'un imbécile profond mais ça il s'en fichait bien, il en avait vu d'autres lui qui avait déjà combattu les créatures. L'avantage c'était qu'il pouvait considérer, au moins tant que le combat n'était pas engagé, que son adversaire n'était pas une brute finie. On pouvait aussi penser que s'il était second il devait avoir un minimum de civilité et de loyauté mais il ne comptait pas vraiment là-dessus.

Le jeu était fini, la voix de son adversaire venait de le lui signifier. Un voix qui lui disait quelque chose d'ailleurs mais qu'il n'arrivait pas non plus à placer sur un visage, c'était comme le nom... Le suspens avait assez duré, il n'avait plus qu'à se retourner pour satisfaire sa curiosité grandissante. Un sourire amusé se dessina sur son visage.

Ah... Ça va être dur si je suis mort, lâcha-t-il non sans une pointe d'ironie. Mais pourquoi pas, après tout, puisque la possibilité de vivre cette expérience transcendant l'humanité elle-même m'est offerte.

Pas la sécheresse de l'autre dans sa voix, de l'amusement, de l'ironie, une maîtrise parfaite de ses mots comme une arme parfaitement acérée. Il n'y avait pas vraiment de méchanceté envers l'autre dans sa voix mais tout comme il en avait l'habitude, il apprenait ou rappelait aux gens qu'il n'était pas qu'un simple gamin. Allez un peu trop loin et vous vous en mordrez les doigts.
Oh la parole n'était pas toujours une arme bien efficace, il le savait parfaitement, mais jusqu'à maintenant il n'y avait eu personne pour lui clouer le bec et l'on avait beau dire, quand il le cherchait vraiment, il arrivait à toucher là où ça faisait mal. Dans ces combats-là il n'avait pas besoin qu'on lui réponde, il n'avait pas besoin de voir qu'il avait touché juste, la plus modeste des victoires le rendait parfaitement heureux quand c'était ce qu'il cherchait à tout prix.

Silvio Anthelmios. Qui es-tu ? Prendre quelqu'un par derrière – non rien de pervers – n'était pas propre à tout le monde – comment ça, ben oui les hétéros ? Mais je parle pas de çaaa ! – l'homme lui apprendrait peut-être des choses intéressantes – oh mais ça suffit ! –, pas qu'il aime particulièrement ne pas respecter les règles du combat loyal mais quelle formation pouvait être meilleure que celle qui formait à tout ?
Oh il voulait trop savoir, il n'avait pas de raison particulière d'attendre si ce n'était d'agacer l'autre... oh et puis zut, il lui taperait sur les nerfs plus tard ! Vivement il se retourna, posa ses yeux sur l'homme et... éclata de rire.

Le lèche-boooottes ! Ah ah... noooon... le... ah ah... c'est vous le... le second... le... ah ah ah... Elle est... ah ah... bonne celle-là... Furent les seules explications que l'on put tirer du gosse qui visiblement n'en pouvait plus de rire.

Un coup d'œil avait suffit pour qu'il le reconnaisse, oh non, cet animal il ne pouvait pas l'avoir oublié, d'ailleurs il était trop content d'avoir pu mettre un nom et un rang sur sa tête. Il n'avait pas pris le temps de le détailler plus, riant trop pour lever le regard, il s'en tenait les côtes le pauvre. Non mais c'était quoi cette blague ? On voulait le tuer en le faisant mourir de rire ? Il n'arrivait plus à respirer et son rire s'était fait silencieux, seules quelques respirations saccadées brisaient le silence qui s'était désormais installé. Non c'était pire que ça, il avait terriblement mal aux abdos et il en pleurait. Par Joshi, on ne lui épargnerait rien.
Après s'être bien foutu implicitement de la gueule de son espèce de formateur, il se calma peu à peu, content d'être resté vivant rien que pour le plaisir de se rappeler de ce souvenir, oh quand il raconterait ça à... à... fallait vraiment qu'il se trouve un compagnon de ricanage, ça manquait dans son entourage ! Je disais donc que le petit se ressaisissait, difficilement mais sûrement et à condition qu'il n'y repense pas trop ou qu'il ne lève pas la tête pour le regarder, là c'était sûr que le fou rire allait revenir.

Hm... pardon... reprit-il et puis après avoir lutté pour respirer à nouveau, il ne résista pas, est-ce que... commença-t-il en laissant échapper un gloussement, moi aussi je dois... vous appeler patron ? Ah ah ah...

Et c'était reparti de plus belle. Non soyons sympa, il savait quand même se contrôler, diable ! Aussi il se reprit plus rapidement cette fois, osant même lever son visage rieur pour observer la mine euh... constipée de son pseudo formateur. Bon on pouvait quand même lui faire un compliment : il était plutôt beau garçon, ça devait d'ailleurs être la seule chose qu'il avait pour lui. Pauvre type quand même. Non ne pas rire, mais le pauvre quoi, il avait l'air tout contrit, tout penaud, tout... Bref.

Je crois que j'y arriverai hiii pas hi hi hi si on hiii continue comme ça, rajouta-t-il sans parvenir à effacer le grand sourire qui remontait jusqu'à ses oreilles.

Décidé à se reprendre et à donner un autre sens à cette rencontre que l'humiliation et la moquerie, sa main se referma avec fermeté sur la garde de son épée, l'éclat rieur de ses yeux d'acier disparut et ceux-ci s'assombrirent légèrement. Son regard était allé se planter dans celui de son adversaire un peu plus grand que lui. S'il se concentrait, s'ils commençaient le combat maintenant, il aurait une chance de ne pas bouffer la poussière parce qu'il se moquait trop de lui et qu'il faisait n'importe quoi. Ce n'était pas de sa faute non plus si l'autre était d'un ridicule ! Non, il ne fallait plus y penser et le mieux c'était de ne pas attendre plus longtemps. Alors le gosse sortit rapidement l'épée de son fourreau, son corps déjà en position de combat, appuyé fermement sur ses jambes qu'il avait légèrement écartées et fléchies. C'était étrange, il n'avait jamais combattu contre quelque de sa taille et il avait toujours pris son agilité et sa petitesse comme un avantage pour se glisser entre ses adversaires et leur filer entre les doigts. Le second était bien plus musclé que lui, il pouvait espérer qu'il soit un peu plus lent, un peu moins souple que lui mais il savait surtout que pour être second il devait être sacrément entraîné, là depuis bien des décennies et doté d'une excellente dextérité. Les deux jeunes gens avaient le même modèle d'arme même s'il avait fait raccourcir la sienne pour qu'elle lui convienne à la perfection. Vu le nombre d'heures où ils avaient dansé ensemble, il la connaissait par cœur et elle n'était plus que le prolongement de son bras, ils ne faisaient plus qu'un mais qu'en serait-il lorsque son corps devrait endurer les chocs ?
Sans plus attendre il attaqua.
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Ysmaël El'Hirajiri
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Re: Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

Message par Silvio Anthelmios le Dim 30 Jan - 17:25

Mais pourquoi damn avait-il espéré de la maturité, de la compréhension de la part de ce maudit gamin ? Silvio passa une main désespérée sur son visage. Mais pourquoi, pourquoi avait-il dit à Allan qu'il voulait s'occuper de ce sale gosse ? Il aurait pu demander plein d'autres choses ! Que la congrégation soit gentille et leur donne des ondes alpha, par exemple ! Mais non, il avait fallu qu'il pense à Ysmaël, en sachant pertinemment que le plus grand plaisir de ce dernier était de se moquer de lui dès qu'il ouvrait la bouche ! Comment était-il censé entraîner quelqu'un qui se tordait de rire, à en pleurer ?
Pour un autre, et avec du public, Silvio se serait vexé. C'est qu'il était presque susceptible, le Second... Il tenait à son honneur, et à ce qu'on le respecte pour l'homme de grande importance qu'il était, et sans le rabaisser ! Cependant, dans le cas présent... C'était Ysmaël. Face à Ysmaël, Silvio n'osait plus se vexer. C'aurait été lui faire plaisir. Et Silvio n'était pas encore assez sot pour vouloir faire plaisir à son... Apprenti.

Sans doute fallait-il attendre que le fou rire d'Ysmaël passe avant d'espérer en tirer quoi que ce soit. Il croisa les bras, observa les alentours, un peu blasé par cette histoire. Il n'y avait qu'Ysmaël que ça faisait rire... Lui ne se sentait pas particulièrement lèche-bottes, et ne voyait pas ce que sa présence avait de si risible. Bon sang, il n'en finissait pas, l'apprenti ! Silvio commença à s'inquiéter, à vérifier du bout des doigts s'il ne lui restait pas du dentifrice sur la figure, s'il était si mal coiffé que ça, ou si ses habits avaient récupéré quelque insolite tache. Mais non... Ysmaël devait avoir un humour qu'il était seul à comprendre...
Silvio eut l'impression que son "adversaire" allait mettre une éternité à se reprendre. Pourtant, ce divin moment arriva ! Hallelujah ! Ysmaël n'était donc pas qu'un plaisantin inutile, bon à rien, pénible et... Bref. Un congrégationniste, quoi.

Silvio para la première attaque avec aisance, en lançant à Ysmaël ce petit regard qui dit "tu m'as pris pour un paysan ?". Il n'était pas de ceux qu'on attaquait aussi facilement, voyons !
Dans la pénombre, notre beau duo échangea quelques passes d'armes. J'ignore si Ysmaël ouvrit la bouche à ce moment-là, mais Silvio restait bien concentré. Il tenait à épater le nouvel oublié, lui clouer le bec... Tout en observant également son adversaire, pour pouvoir ensuite corriger ses erreurs. Il se débrouillait plutôt bien ! Belle surprise pour Silvio qui avait donné Ysmaël à tout hasard comme prodige auprès d'Allan !
M'enfin, il devait être presque effrayant, Sisi, quand il était concentré, son regard dur transperçant les ténèbres pour se poser sur Ysmaël. Ses gestes étaient rapides, assurés, tout en laissant des chances à Ysmaël. Il était vraiment doué... Et si Silvio osait un coup un peu plus fourbe que les autres ? Ah, pas mal... Et un coup un peu plus hargneux ? Un second ? Au troisième coup hargneux, ils purent voir la lame d'Ysmaël lui échapper des mains, et tomber sur le sol, dans un bruit de métal qui se répercuta un moment sur les murs glacés, avant de s'enfuir trop loin pour qu'on puisse l'entendre.
Silvio s'écarta d'Ysmaël, sans rengainer.

"- Tu te débrouilles plutôt bien. Ton poignet est un peu crispé, par contre... Et tu manquais de mobilité, sur la fin."


Fit-il, neutre, en caressant le plat de sa lame d'une main.

"- On reprend, ou tu préfères arrêter pour aujourd'hui ?"


Lui, il en était encore capable. Il avait chaud, certes, mais ne manquait pas de forces, et déjà son souffle semblait ralentir vers le rythme habituel. Il ignorait combien de temps avait duré le combat, mais savait que ce qui semblait court pour lui ne l'était pas forcement pour les autres. Que voulez-vous... Il n'y était pour rien s'il était trop fort pour eux.

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Re: Tout au fond des réseaux, c'est la faute à Nosco

Message par Ysmaël El'Hirajiri le Mer 9 Fév - 0:14

Une fois calmé, la situation n'avait plus rien de drôle et à peine avait-il commencé sa première attaque qu'il s'était déjà mis dans l'optique du combat, il était rentré avec une aisance remarquable dans la peau du combattant qu'il était, aussi sérieux et concentré que possible. C'était assez étrange, il n'était pas trop du genre lunatique et si le Silvio en question l'avait connu un peu plus il aurait sans doute été étonné de le voir si calme, si attentif, lui qui vagabondait à longueur de journée le sourire aux lèvres avec la ferme intention de faire sa bonne dizaine de bêtises quotidiennes. En fait, Ysmaël était un gosse absolument incanalisable sauf lorsqu'il s'agissait de se battre, c'était comme une seconde nature pour lui et il n'aurait bâclé un combat pour rien au monde ! Ce n'était pas vraiment dans le but d'impressionner l'adversaire, il était encore dans ces âges où la fierté et l'orgueil ne sont que des mots et non des sentiments. Pourtant dans ces moments-là, il avait l'impression d'acquérir en maturité, d'avoir l'esprit plus clair, plus lucide, il se sentait capable d'analyser une situation rapidement et d'y répondre en faisant le choix qui lui paraissait le meilleur même s'il manquait d'entraînement. C'était d'ailleurs l'exacte raison pour laquelle il avait recontacté Silvio Anthelmios, bien qu'un peu tard, pour pouvoir se confronter à la réalité, avoir en face de lui un adversaire qui lui permette de développer ces facultés-là. Il avait de la chance car le second était plus fort que lui, ainsi il était sûr d'apprendre, même si celui-ci n'avait pas l'intention de lui donner de conseils ou de l'aider. Il lui suffisait de se battre, d'observer, de comprendre ses erreurs et d'y remédier, après tout, il avait plus que les bases en combat.
En se battant, en refaisant les mouvements qu'on lui avait appris avant qu'il n'arrive ici, il avait l'impression d'effleurer du bout des doigts des souvenirs mais comme lorsqu'on cherche un mot et qu'il est sur le bout de la langue, il n'arrivait pas à les saisir, il sentait seulement qu'ils étaient là, pas encore décidés à se révéler. C'était triste, parfois ça le décourageait.

Les yeux plantés dans celui de son adversaire, parce qu'il ne devait pas le lâcher, il en était certain, le petit Ysmaël enchaînait les coups et les parades. Se battre sans fixer l'épée c'était plus dur mais à force il eut la légère impression de mieux analyser le stratégie dans son ensemble, il se surprit même parfois à réagir exactement comme il le fallait sans avoir le petit temps de retard qui ne voulait le lâcher que difficilement. Une chose était sûre, il devait absolument améliorer son temps de réaction. Il ignorait si son adversaire retenait ses coups ou s'il combattait de cette manière-là mais le début semblait plutôt bien parti. Cependant un problème arriva : le petit avait beau enchaîner les offensives, il ne voyait pas comment surprendre son ennemi et il avait l'impression de devenir de plus en plus prévisible, si bien que le combat fut rapidement déséquilibré et qu'il se trouva obligé de se défendre sans cesse et d'attaquer de moins en moins.
La force des attaques s'affermissait et, calculant mal les choses, à moins que Silvio ne le fasse exprès, il devait plus souvent porter son épée plus loin qu'il n'en avait l'habitude. Mine de rien, une épée c'était lourd, surtout lorsqu'on la mouvait dans tous les sens. Pour affermir la tenue de son épée, il joignait parfois ses deux mains, se servait de la gauche pour guider ses coups et leur donner plus d'énergie, il pensa même à changer de main principale mais se rendit vite compte qu'il n'avait pas assez de force dans ce bras-là et qu'il valait mieux attendre un autre combat, il surprendrait plus tard son adversaire quand il se serait entraîné davantage.
Comprenant que Silvio était en train de le tester, il se méfiait de chaque coup, de chaque fausse attaque et avait l'impression que les choses devenaient de plus en plus difficiles avec la fatigue qui s'accumulait. Son souffle était devenu rauque, ses réponses un peu plus faibles mais il ne se décourageait pas, il voulait progresser, il aimait se savoir en difficulté pourvu qu'il analysait la situation, il essayait même de graver dans sa tête l'intégralité du combat pour se rappeler ses fautes, enregistrer la méthode de son adversaire. En effet, il avait beau innover, il gardait quand même un style personnel, il devait seulement le décrypter...
Il y avait aussi une question de rythme... ne pas adopter le même rythme que l'autre pour gagner... quelque chose comme ça... ah c'était horrible mais ça ne voulait pas revenir !
Un mauvais coup, bien plus fort que les autres le surprit et il en lâcha son épée, on put entendre le tintement métallique résonner contre les parois des vieux réseaux. Ysmaël fixait toujours le regard de son opposant et il comprit que celui-ci n'allait pas l'attaquer en traître ou lui demander de se défendre à mains nues et de reprendre son épée pour se battre jusqu'au bout.

Combien de temps ce duel avait-il duré ? Pas très longtemps sans doute, peut-être cinq ou dix minutes, il n'aurait su le dire. En tout cas il était essoufflé, son cœur battait à une vitesse folle et il respirait bruyamment. Le combat avait été d'une toute autre nature que celui contre les créatures qui consistait plus à taper comme un bourrin et à être rapide pour espérer s'en sortir qu'à développer toute une stratégie et à porter ses coups avec subtilité.
Le jeune congrégationniste se baissa pour ramasser son épée et la tint baissée, écoutant ce qu'on lui disait. Le second lui donna des conseils et il en fut content, il n'avait pas vraiment pensé à son poignet. Il lui adressa même un petit sourire, amical cette fois. Silvio pouvait être content de ce combat, si le gamin avait toujours un peu envie de se moquer de lui, de la taquiner sans idée de méchanceté derrière la tête, il avait au moins gagné en partie son respect, parce qu'il se battait bien et qu'il avait su le lui montrer au moins un peu. Bien sûr le gosse n'en était pas étonné et son adversaire était loin d'avoir toute son estime, ça n'allait pas marcher aussi facilement quand même ! Il avait gagné parce qu'il manquait d'entraînement, la réelle opinion qu'il se ferait de lui ne se formerait pas avant plusieurs séances, quand leurs combats ressembleraient à de vrais duels, dans les règles de l'art et non à de simples entraînements.

Merci, dit-il poliment.

Un peu moins essoufflé, il était resté immobile et une fois qu'il s'était relevé ses yeux s'était à nouveau braqués dans ceux de Silvio et ne les avaient lâché que le temps qu'il cligne des yeux.

Ah non ! S'exclama-il. Tu ne te débarrasseras pas moi comme ça ! Et puis tu l'as vu, je manque d'entraînement, laisse-moi une chance de m'améliorer !

Il voulait pouvoir l'observer aussi, il n'en avait pas encore assez vu de son adversaire, il voulait avoir plus d'audace cette fois, essayer de l'étonner, de le mettre en difficulté, oh pas beaucoup, il n'avait pas l'ambition de le battre aujourd'hui ni d'être de force égale mais peut-être qu'il arriverait à placer un ou deux bons coups... Si c'était le cas, il allait pouvoir en savoir davantage sur lui, voir comment il réagissait face à quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
N'attendant pas une seconde de plus, le jeune homme se mit en garde et attendit, ce sera à lui de commencer le premier cette fois-ci.
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Ysmaël El'Hirajiri
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Message par Silvio Anthelmios le Ven 11 Mar - 0:24

Ce gamin s'avérait plutôt bon élève. Ce Ysmaël-là ne déplaisait pas à Silvio. Il ne l'embêtait pas trop, ne cherchait pas à lui jeter des piques toutes les deux secondes... Mieux: il ne le contredisait pas et cherchait à s'améliorer. Silvio n'en espérait pas autant de ce qu'il avait cru n'être qu'un inutile fauteur de trouble, et, qui plus est, un boulet qu'il devrait trainer derrière lui, maintenant, à cause de ce maudit dîner aux chandelles. Mais visiblement, ce boulet-là n'était pas dénué d'intelligence, ce qui le rendait un peu moins lourd.
Peut-être que, ce soir-là, le second de Judikhael ne serait pas de si méchante humeur. Ce n'était jamais qu'un peu d'entrainement en plus. Il n'était plus à un entrainement près, et la satisfaction de ne pas avoir un mauvais élève compensait cette heure perdue.

Silvio lui offrit, dans sa grande générosité, un second combat. Il laissait le temps à Ysmaël de travailler ses points faibles, prenait le temps d'observer les erreurs du jeune homme, avant de les utiliser contre lui. Suite à cela, il mettait fin au combat. Lui expliquait. Recommençait.
Oui, c'était long, c'était difficile. Bientôt ils purent sentir la fatigue tirer sur leurs muscles, les efforts leur coûter de plus en plus. Silvio n'osait plus proposer de pause. Ysmaël semblait savoir ce qu'il faisait, il saurait sans doute demander de lui-même la pause avant la fin de l'heure..
Silvio ne vit pas le temps passer. Qu'on lui pardonne: cela signifiait qu'il s'était vraiment impliqué dans le combat. Il y avait mis toute sa concentration et avait accepté de ne se vouer qu'à l'entrainement d'Ysmaël, d'écarter un moment de sa tête le reste de son emploi du temps. Il n'avait pas cette impatience qu'ont certains lycéens et qui fait qu'ils ne sont qu'à moitié dans leur cours, à surveiller l'heure. Mais lorsqu'inquiet Silvio regarda sa montre, il fut surpris.
Le combat venait de finir, ils étaient encore un peu essoufflés. Le front de Silvio était légèrement moite, autant que ses mains. Un soupir lui échappa.

"- Désolé, Ysmaël, mais je vais devoir y aller. Si tu veux, on s'entrainera à nouveau une autre fois..."

Il rengaina enfin son épée, et le léger bruit du métal semblait être le soupir de plaisir de l'épée. Du moins, c'est ainsi que l'interpréta mentalement Silvio. Ses doigts caressèrent imperceptiblement la garde de sa fifille. Allez, ma grande, tu as bien travaillé, ce soir je t'aiguiserai...
Mon brigadier tourna les talons. Façon de parler. M'enfin, il prit le chemin du retour. Il connaissait un patron qui devait l'attendre.

"- Ah, une dernière chose: je ne suis pas un lèche-bottes !"


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Message par Ysmaël El'Hirajiri le Lun 4 Avr - 21:14

Loin de ses petits entraînements où il vagabondait de ci de là et se contentait parfois de reproduire des enchainements qu'il semblait connaître par cœur, faute à un manque soudain d'inspiration, le gamin sentait qu'il touchait à quelque chose de plus intéressant et malgré son esprit espiègle et l'affreuse tentation de n'en faire qu'à sa tête, il avait compris qu'il serait plus intelligent de prendre la chose au sérieux. Et comme il ne faisait jamais les choses à moitié, sa concentration avait rapidement balayé le petit démon qui vivait en lui pour lui permettre de se battre au mieux, comme s'il en dépendait de sa propre vie, que cet homme-là, en face de lui ne lui épargnerait pas la moindre erreur. Il subsistait pourtant quelque chose derrière son visage devenu sérieux, presque indifférent, car dans ses yeux brillait cette petite lueur qui ne présageait rien de bon, qui permettait à l'autre de ne jamais oublier que malgré tous les efforts qu'il pourrait faire, il ne changerait pas, il ne changerait jamais. Son plaisir à échafauder encore et toujours nouvelle diablerie semblait être inépuisable, même s'il n'y avait aujourd'hui point d'heure pour ça et que la fatigue commençait sérieusement à peser sur ses épaules.
A nouveau l'épée se faisait un peu plus lourde entre ses mains tandis qu'il jouait encore de ses quelques forces, de sa rapidité d'enfant mais bientôt il savait que les choses ne seraient plus de même et, se connaissant, il finirait par s'effondrer au sol, trop têtu pour céder aux cris d'alerte de son corps. Leurs petits combats n'étaient jamais très longs, juste le temps que Silvio ait de quoi faire assez de remarques, assez de petites démonstrations. Rien qui ne rende toutefois furieux le petit homme qui au fil du temps s'amusait grandement de sa position d'enfant pour le regarder avec de grands yeux, lui lancer quelques sourires enfantins et l'imiter dès qu'il le pouvait, autant pour en apprendre davantage que parce que cela l'amusait plus que tout.

L'amusement et le travail mêlés prirent autant l'esprit du petit acrobate que de son formateur qui lui, semblait vouloir demeurer plus sombre et plus sérieux, en bon professeur sans doute. Le temps passa sans qu'ils ne le virent filer entre leurs doigts et après tout, c'était moins important pour le plus petit des deux hommes qui lui, là depuis tout au plus quelques mois, n'avait pas de fonction capitale au sein de la ville à assumer et donc de bien piètres obligations face à un tel concurrent qu'était le second de la brigade anti-terroriste.
Tant pis, s'il lui avait accordé plus de temps qu'il ne l'avait voulu, cela signifiait qu'il avait été un élève intéressant et il ne pouvait que s'en réjouir. Pourtant ses préoccupations étaient bien loin de cette pensée et, de plus en plus éreinté, il se sentait peu à peu envahi par ce bien-être qui s'emparait de son corps une fois qu'il s'était donné à cent pour cent dans quelque chose et que son corps s'était exercé avec une telle intensité qu'il éprouvait dès lors un pur plaisir à cesser l'activité elle-même. Kim se serait sans doute fait un plaisir de lui expliquer avec précision ce qui produisait un tel phénomène.
A la fois las et enjoué à l'idée de recommencer, son regard resta fixé sur le visage de son formateur, dans l'intention de deviner ce qu'il allait faire ou dire cette fois-ci. S'il n'avait pas réussi jusqu'à maintenant à faire quelque chose de vraiment exceptionnel, il était loin de laisser tomber et était certain que si ce moment n'arriverait pas aujourd'hui il viendrait plus tard, quand le temps serait venu.

Quelques mots et gestes plus qu'explicites suffirent à lui faire comprendre que l'entraînement était bel et bien terminé pour aujourd'hui. Un lueur de déception passa brièvement dans son regard, malgré la fatigue, son corps engourdi et son souffle légèrement rauque. De corps, le diablotin n'était pas infatigable mais son esprit lui, n'avait depuis son arrivée jamais dit son dernier mot et il s'agitait sans cesse dans la cavité close où on l'avait cruellement emprisonné.
Sans un mot, il acquiesça en rangeant à son tour son épée dans son fourreau, non sans avoir parcouru le plat de la lame du bout des doigts. Il aimait la sensation à la fois douce et froide du métal, il aimait ce contact avec l'objet pourtant si meurtrier qui avait déjà versé du sang mais qui restait toujours parfaitement propre, parfaitement acéré tant il en prenait soin. Le combat, les affrontements, il devait avoir ça dans le sang, que ce soit dans le passé qu'il avait oublié ou dans sa réalité de maintenant, ça ne faisait nul doute.
Son regard se planta dans celui de son adversaire de tout à l'heure et il lui lança un petit sourire énigmatique avant de lui répondre :

Il y a intérêt qu'on s'entraîne une autre fois ! Je ne te lâcherai pas tant que je ne t'aurai pas battu à plates coutures ! Un second sur mon tableau de chasse, ça fera clââsse !

Il n'avait pas pu résister au plaisir de le provoquer un petit peu, oh c'était juste un tout petit peu mais ça faisait tellement du bien. Maintenant que son corps s'était arrêté trop longtemps pour avoir envie de reprendre l'entraînement, il ne lui restait plus que sa langue et ses mots, ses petites remarques, tantôt joviales, tantôt aussi acérées que son épée, même si l'on pouvait douter du réel fond de méchanceté. Pour lui, l'enfant, n'était-ce pas qu'un simple amusement dont les conséquences étaient bien loin de son imagination encore un peu trop naïve ? Seul Joshi devait le savoir.

Malheureusement pour le pauvre Silvio, le gosse était loin de se contenter de cette petite remarque et, usant de sa rapidité et de la fatigue qui avait dû ramollir un peu les réflexes du second, il le rattrapa et sauta dans ses bras pour le serrer contre lui et poser un doux baiser sur ses lèvres en guise de remerciement, pas très longtemps puisqu'il s'éloigna rapidement de lui, histoire de ne pas se prendre un bon coup de poing dans le nez.

C'était pour te décoincer, lança-t-il, follement amusé, ne va pas croire quoi que ce soit... mon petit guildien chéri !

Mais déjà le gamin s'était éloigné et seul son rire résonnait encore dans le lieu où les deux hommes se trouvaient quelques minutes auparavant, Silvio lui-même avait pris le chemin qui le mènerait sans doute le plus rapidement à ses bureaux. Peut-être ruminait-il une vengeance contre le petit congrégationniste, c'était ce qu'il espérait, rien de plus amusant qu'un Noscoien qui rentrait dans ses petits jeux.

RP terminé.
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