Rêve douloureux et charmant réveil...

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Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Tristan Darek le Dim 23 Jan - 2:41



Mon ange ! Mon ange ! Tu m'avais promis ! Tu m'avais dit que tout irait bien et je t'ai cru ! Maintenant qu'est-ce que j'ai ? Qu'est-ce que je peux bien faire quand tout l'or qu'il y avait en moi s'est tari ? Oh je te hais ! Tu m'as détruit, tu m'as brûlé. Ton regard et ton sourire je m'en souviens. Tes yeux... tes yeux...

J'avance. J'avance au fond des ténèbres, dans l'obscurité. Éther. Vagues. Bruit de la mer que je n'ai jamais vue. La Seine. Les égouts. L'eau, l'eau là-bas. Éther. Comprends-moi, entends-moi. Je n'ai plus la force, je n'ai plus le souffle... J'ai froid. Mes lèvres sont bleues, ma peau blafarde, je tremble. Aide-moi. Je t'en prie, donne-moi ta main. Je tombe, je tombe. Dis-moi pourquoi j'ai si froid. Dis-moi pourquoi mes cheveux sont sans couleur, pourquoi mes yeux sont bleus comme l'eau, pourquoi ma peau est de marbre... Est-ce que je suis un fantôme ?

Je me perds dans l'océan glacé bleuté

Silence dans la ville. Déserte la rue. La pluie coule sur les pavés. J'ai soif. J'ai froid. Aide-moi, regarde-moi, juste une dernière fois, dis-moi que tout va bien se passer, je sens que je tombe. Le vide me happe, mes cris s'étouffent dans le silence du néant, en moi tout est chaos. J'ai mal, j'ai si mal, mon cœur saigne, la douleur ancrée dans ma peau, la maladie enfouie au plus profond de mon corps, se réveillent. J'ai mal, trop mal et ni mes larmes ni mes cris n'y feront rien. Je veux tendre les bras, je veux me raccrocher aux bords du précipice mais c'est comme dans mes rêves et je n'y arrive pas. Je tombe dans l'étau de la souffrance. Ma culpabilité est mon bourreau. J'ai assez payé, je vous en prie, laissez-moi, laissez-moi en paix, arrêtez, arrêtez de me hanter. Je vous ai assez vu, je ne veux plus, je ne peux plus.
Plus la force... Plus de force... de force... force...

Je me perds dans l'océan glacé bleuté

Échos. Est-ce que le bruit existe toujours ?
Espoir tu m'as quitté. Désespoir tu m'as trop fait saigner. Je gis-là comme un cadavre, un être sans âme et sans cœur. Je gis là, comme un monstre, comme un démon auquel on a arraché toute humanité. Je sais que je ne mérite plus rien, que je n'ai plus le droit d'attendre une chose bonne, je sais que j'ai failli, que j'ai épuisé toutes mes chances mais ne m'emportez pas sur des terres plus cruelles. Ne m'infligez pas encore le souvenir de mon ignominie. Vous avez dévoré mon âme dans tant de tourments... Je vous en prie, je vous en supplie, emportez ma raison, que je ne vois plus jamais, que je ne sache plus, que je ne me souvienne plus.
Dans l'eau des cadavres flottent. Y a-t-il encore une place dans ce monde pour les déchets comme moi ?
Je sais... Je sais ce qu'ils nous cachent... Ne rentrons pas à la maison... La maison a brûlé, ils ne veulent plus de nous, ils nous ont chassé, ils ne pardonneront pas... Ne rentrons pas, nous avons fait assez de mal... Dans l'eau je coule, mes yeux se lèvent, aperçoivent encore le soleil et leurs faces joyeuses, comme une danse... Ma main se lève, je ne veux pas couler... il le faut... il faut sombrer plus loin, plus profond... baisse les yeux, tu ne mérites pas... Ne rentrons pas à la maison, elle ne veut plus de nous...

Je me perds... dans... l'océ...

Est-ce que c'est toi ? Là, près de moi, est-ce que c'est vraiment toi ? J'ai si froid... Cette chaleur contre moi, est-ce que c'est la tienne ? Serre-moi, serre-moi plus fort. J'ai si peur, je suis terrifié, je pleure... Sèche mes larmes, garde-moi tout contre toi, tu sais que j'ai besoin de ta présence. Je sens que tu es là, que tu ne vas pas partir... Aime-moi, même si je ne le mérite pas, aime-moi... Ne me lâche plus, ne pars pas, je ne le supporterais pas... Mon cœur va lâcher, ma raison va s'évader... si loin de mon corps elle ne reviendra plus. Ne m'emmène pas dans les espaces blancs, ne m'attache pas... Ferme mes yeux, empêche-moi de crier, calme-moi... J'ai tant besoin de toi...

Non... Par pitié... Non ne me dis pas... Reste... Reste ! Je t'en prie, j'ai si froid, je t'en supplie, ne m'abandonne pas, ils reviennent, ils reviennent me chercher, j'ai peur, si peur, trop peur... Reste mon ange, reprends-moi dans tes bras, je te promets que je serais sage, que je t'écouterais, je ferais ce que tu me diras mais reste avec moi, empêche-les... empêche-les de...
Mais tu n'es plus là.

Je sombre dans l'océan rouge sang

Je ne sais pas le mal que j'ai fait, je connais la douleur. Ils sont revenus, ils me tourmentent et je hurle, je hurle si fort que j'en deviendrai sourd. Ils n'ont pas de pitié, ils feront tout, tout le mal qu'il faut et même s'il ne le faut pas. Ils me jetteront comme un déchet, ils me plaqueront contre le mur et... Je ne veux pas... Mais dépêche-toi, ça fait trop mal... que ça s'arrête, juste que ça s'arrête... mais ne parle pas, ils n'arrêteront pas, ils sont trop assoiffés de sang, ils ne me croiront pas, ils continueront encore et encore jusqu'à ce que le souffle me quitte. Ils ne s'arrêteront pas, ils croiront toujours qu'il y a autre chose, le soif est intarissable, leur faim les fait gronder si fort... c'est pour ça que je ne bois plus, c'est pour ça que je ne mange plus.
Je me rappelle la douleur, je la ressens encore comme le pire des souvenirs. Elle était encore plus terrible et je n'avais rien pour m'accrocher, pas de dieux, pas d'espoir, pas d'attachement. Dis-moi pourquoi j'ai tenu, dis-moi pourquoi vit si fort en moi cet instinct de survie ?



ARRÊTEZ PAR PITIÉ ARRÊTEZ !

Mon souffle rauque, du sang partout, les ténèbres, je ne vois plus rien mais je sais tout. Leurs visages, leur cruauté, ma honte. La mémoire appelle des souvenirs plus anciens. Et les coups résonnent comme les chocs funèbres.
Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi m'as-tu abandonné ? Tu ne m'aimes pas, toi aussi, tout ça tu le fais par remords, parce que tu as laissé pourrir ou mourir les autres, toi aussi tu n'es qu'un cadavre sans âme... la différence entre toi et moi c'est que tu l'ignores alors pourquoi... dis-moi pourquoi tu t'en vas... pourquoi tu ne me sauve pas ? Dans ton âme tu n'es encore qu'un innocent alors fais le bien, fais-le tout le temps qu'on te le permet encore...
Les larmes, les lames sur mon corps. Reviens...


KIIIIIIIIM !

Mais le cri n'avait été prononcé que dans sa tête, il n'avait pas franchi ses lèvres, il ne pouvait pas rompre le silence, il n'avait pas le droit.

Les paupières s'étaient ouvertes, dévoilant deux iris de glace où l'on pouvait lire encore la peur. Les battements de son cœur étaient irréguliers et bien trop rapides, son souffle aussi et pourtant, il ne bougeait pas. Il sentit une présence sur sa jambe qui le fit sursauter étonnamment fort. Heureusement, un réflexe lui permit d'attraper le rat qui était tombé de sa jambe et dont la chute aurait peut-être pu lui être fatale. Calmement, il le caressa avec une douceur qu'on ne lui voyait pas souvent. Ce rat, il le reconnaissait, c'était Steve, l'animal de compagnie que possédait Kim. Il fut la seule information qui lui permit de comprendre qu'il se trouvait dans la chambre de son collègue, le scientifique Kim van Berghen.

Attendez. Il avait bien dit Kim ? La chambre de Kim ? Et là... il était allongé dans son lit ?! Sous l'effet de la surprise il se redressa vivement, ses pieds se posant sur le sol. Un tournis le prit et il ferma les yeux, s'apprêtant à s'allonger à nouveau si ça ne passait pas, il n'avait pas envie de s'évanouir, son collègue serait capable de l'emmener au Sapienta pour ça !
Heureusement, il sentait que ça allait mieux, petit à petit, ce qui lui permit de commencer à se poser quelques questions légitimes.

Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu faire hier soir ? Maintenant qu'il y pensait il n'était plus très sûr de se souvenir ni de la soirée, ni de la nuit et encore moins de la matinée. Est-ce qu'ils... ? Non, il était habillé. Bon une chose de claire déjà. Est-ce qu'il avait bu ? Kim l'avait alors trouvé et avait préféré l'emmener chez lui ? Est-ce qu'il l'avait dragué ? Est-ce qu'il l'avait dragué ET embrassé ? Est-ce qu'ils avaient... ? Par habitude il aurait pu se rhabiller... Oh mon Dieu mais qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer ?
Le bruit dans le salon le coupa légèrement de ses pensées. Kim était donc là... Peut-être attendait-il en dévoué amant qu'il se réveille... Mais pourquoi se serait-il endormi ici si... en général quand il allait chez quelqu'un d'autre, il en profitait pour s'enfuir avec que sa compagnie de la nuit ne s'éveille... Toutes ces interrogations ne l'avançaient pas et la seule chose qu'elles lui avaient offerte était une sacrée migraine. Inutile d'en rajouter davantage, il n'y avait qu'une seule manière de connaître la vérité.

Kiiim ? Appela-t-il d'une petit voix.

Il y eut des bruits de pas, ils semblaient se diriger vers la chambre, d'ailleurs ses oreilles ne le trompaient pas, c'était bien le cas. Et lorsque Kim franchit le seuil de la porte, Tristan s'était assis et adossé contre le mur, ses jambes collées contre son ventre, Steve entre ses mains. Il leva les yeux sur le scientifique et le dévisagea avec un air curieux qu'on ne lui voyait pas souvent.
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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Kim van Berghen le Ven 28 Jan - 21:30

Soudain une petite voix atteignit ses oreilles. Tristan avait il besoin de quelque chose ? Un verre d’eau, une main secourable, un bouche-à-bouche, une rose ? Lâchant ce qu’il faisait, il parti voir dans sa chambre, lorsqu’il en franchit le seuil, il pu contempler un informaticien qui semblait aller bien. Tristan s’était installé dos au mur, les jambes replié vers lui, et Steve dans les mains. Au moins sont malaise était passé, pourtant il avait encore un air étrange sur le visage. Que répondre ?

Tristan ?

Un prénom à l’interrogative pour un prénom à l’interrogative. Que lui répondre de mieux ? Darek ne semblait pas prêt à parlé trop occupé à détailler Kim avec un regard qui semblait chercher à comprendre. Se demandait il où il était ? Cela semblait évident pourtant. Etait-ce alors la surprise de ne pas être au Sapientia ? Bon, ils n’allaient pas rester à se fixer ainsi sans rien dire, ni rien faire… surtout que s’ils continuaient ainsi, ce qu’il faisait réchauffer risquait de cramer dans la cuisine.

Bien dormi la belle au bois dormant ? Tu viens manger quelque chose ? Prescription médicale… tu n’as pas le droit de te dérober ou de refuser… C’est bon pour ta santé.

Il fit un demi-sourire, puis s’approcha pour récupérer son rat adoré.

Je reprends Steve, il ne t’embêtera plus.

Kim s’était rapproché, il avait effleuré les mains de Tristan pour faire doucement passer l’animal de l’informaticien à lui. Voilà, il avait récupéré son précieux compagnon. Il se redressa donc et se décida à montrer la voie vers la cuisine où les attendait quelque chose à grignoter pour tout les deux. Il fallait dire que le petit déjeuner noscien ne faisait pas tant envie. Le médecin avait posé deux grands bol sur une table couverte de diverses potentielles choses à « manger ». Une pate blanche au goût plus ou moins fade, que l’on surnommait yaourt, des barres énergétiques bien sur, mais aussi des pilules à tremper dans n’importe quel liquide et qui prenaient une consistance étrange, et des espèces de gâteaux archi-sec mordre dedans rappelait le gout du carton… mais c’était le meilleur trouvable à Nosco. Il entra une nouvelle fois dans la cuisine, pour ressortir dans le salon salle à manger avec une cafetière de café bien chaud. Il en versa dans les deux bols.

Je sais que tu bois assez de café dans ta journée, mais je n’ai rien d’autre à t’offrir.

Sur la table, il y avait aussi le seul élément qui peut être rattrapait le tout : du sucre de synthèse. Pour ajouter de quoi… faire passer le tout, le rendre moins immangeable. Lorsque l’on n’avait pas ses souvenirs il était potable de se nourrir, mais lorsqu’on les avait récupérés il fallait vivre avec ce manque. Plus aucune saveur qui fondait sous le palais. Rien de tout cela, tout était synthétique à Nosco, et on ne pouvait recréer tout ce qui se trouvait en dehors de l’enceinte. Certes les scientifiques faisaient de leur mieux, mais il fallait avouer qu’ils avaient été bien plus doués en armes, en velojet ou pour recréer le faux soleil qu’en création culinaire.

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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Tristan Darek le Mar 8 Fév - 23:25

Lorsque Kim entra, Tristan constata qu'il était resté fidèle à lui-même, il n'avait peut-être pas toujours le sourire aux lèvres mais il émanait du jeune homme cette impression de déjà-vu, cette sensation familière qui n'était pas désagréable. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, même s'il prenait la moindre excuse pour l'éviter ou passer sur lui ses rares colères, ses peurs les plus profondes, il était devenu comme un repère dans sa vie instable où il errait souvent plus dans son esprit que dans le monde réel, parfois à moitié lucide, souvent songeur, indécrochable de ses mystérieuses pensées.
Dans l'incapacité d'ouvrir la bouche et de prononcer le moindre mot, il restait immobile, sans rien faire d'autre que d'observer le visage de son interlocuteur et chercher à y déceler quelque chose qui puisse l'aider à retrouver un peu la mémoire. Mais même si l'image de Kim lui était connue, il ne savait pas pour autant décrypter ce qu'il pouvait penser, ressentir. L'informaticien hocha docilement la tête pour lui faire comprendre qu'il voulait bien se soumettre à cette horrible épreuve qui consistait à... manger. Oui bon, dit comme ça, ça a l'air drôle mais il avait de réelle difficultés à avoir de l'appétit et surtout à faire entrer quelque chose dans sa bouche, à le mâcher, à l'avaler sans avoir l'horrible envie de vomir ni carrément ne pouvoir s'empêcher de le faire. Seule la nécessité le pousser à avaler une ou deux choses dans la journée, quand il se sentait vraiment mal et qu'il savait bien que le mal venait de là. Il semblait qu'il y ait comme inadéquation entre les besoins et les désirs de son corps, à moins que son esprit ait quelque chose à voir là-dedans.

Le médecin devait avoir l'impression de faire la conversation tout seul et effectivement c'était le cas depuis qu'il l'avait appelé mais il ne se sentait pas la force de prononcer quelques mots, ne serait-ce que pour lui dire qu'il allait bien et qu'il pouvait peut-être repartir ? Non, son hôte n'allait pas le lâcher maintenant qu'il l'avait ramené chez lui et donc qu'il lui était très facile de le tenir en otage et pour ça, il n'avait pas besoin d'une arme.
Soudain, alors qu'il n'avait pas vraiment réalisé qu'il venait de lui dire quelque chose, il sentait ses mains effleurer les siennes et ne put s'empêcher de frissonner à cet étrange contact, rendant néanmoins sans broncher le rat à son propriétaire qu'il était sûrement content de retrouver. Tristan resta un moment encore immobile – il fallait croire qu'il savait très bien jouer les statues – avant de se réveiller et de poser ses pieds sur le sol, de se lever doucement, la tête lui tournant toujours un peu. Ce n'était pas trop fort et il ne ressentit pas le besoin de s'asseoir à nouveau mais il préférait rester prudent, même s'il refusait de prendre des médicaments, moins il s'évanouissait, mieux il se portait. Lentement, il suivit le propriétaire et s'assit sans réfléchir sur l'une des chaises à sa disposition. Son mutisme ne voulait dire qu'une seule chose : il était songeur. L'informaticien cherchait en vain à retrouver ce qu'il avait oublié et dû peu à peu se résigner à la conclusion que s'il ne se souvenait de rien c'était qu'il devait être inconscient depuis pas mal de temps. Kim l'avait appelé « belle au bois dormant », ça allait peut-être dans ce sens. Il n'avait pas réglé le deuxième problème, pourquoi est-ce qu'il était chez Kim ? S'il avait fait un malaise quelque part, il se serait retrouvé au Sapienta ou chez lui, à moins qu'il ne soit seul et ne se réveille dans le lieu où il s'était écroulé. Il serait donc venu chez lui de manière consentante ? C'était quand même étrange, en général il préférait inviter les gens chez lui, bon ses rencontres d'un soir se finissaient parfois chez les jeunes femmes en question mais... en règle générale il préférait effacer tout ce que l'on pouvait voir ou plutôt entendre dans ces moments-là. S'il y avait un crime ils n'avaient plus d'alibi mais c'était exactement le genre de truc qui ne lui arrivait pas et tant qu'à faire il valait mieux qu'on ne sache rien avant que la malchance ne frappe à nouveau.
L'idée étrange qui l'avait assailli tout à l'heure revint avec un peu plus de forces. C'était vrai que Kim venait assez souvent le voir et qu'il était très attentionné envers lui... D'un autre côté il se comportait peut-être toujours ainsi avec tous ceux qu'ils voyaient... Se pourrait-il que Kim l'affectionne beaucoup, un peu trop même ? Tristan n'aurait pas su dire si l'idée le dérangeait ou non, ce qu'il n'aimait pas c'était que l'on s'attache à lui et c'était exactement pour cette raison qu'il ne voyait presque jamais deux fois la même personne. Il y avait des cas à part, des cas comme Angie, où les choses étaient claires et appréciées sans que les sentiments ne s'en mêle.

Son regard s'était perdu sur le jeune homme alors qu'il était rentré dans la cuisine, il contemplait le dernier endroit où il avait disparu et baissa aussitôt les yeux quand celui-ci revint et n'étant plus de dos aurait pu constater qu'il l'observait, peut-être que c'était le cas, quelqu'un d'observateur ne se serait pas laissé tromper. Regardant bêtement les mets posés sur la table, il ne savait trop quoi faire et fut heureux de pouvoir porter le bol rempli de café à ses lèvres. Il était brûlant mais il avait tellement l'habitude de le boire à cette température qu'il ne grimaça pas en sentant la douleur s'emparer de sa bouche et de sa gorge. Une petite douleur de plus mais il avait l'habitude d'avoir mal.
Tristan reposa le bol sur la table et osa à nouveau regarder Kim qui lui non plus ne disait rien. Il n'était pas vraiment curieux mais juste inquiet. Tant pis, il fallait être sûr.

Hm... Kim... dis-moi... commença-t-il de manière hasardeuse, je... je ne me souviens pas, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je suis venu chez toi ? Est-ce que... est-ce que j'ai encore bu ?

Il avait l'air honteux, gêné de poser de telles questions et son regard se baissa à nouveau. Le jeune homme n'était pas vraiment timide, c'était plus une sorte de malaise qui s'emparait de lui quand il parlait de choses dont il n'avait pas l'habitude ; ça ne l'aurait pas dérangé d'aborder n'importe qui pour lui parler de programmation, d'algorithmique, même si la personne en question n'avait aucune connaissance là-dedans et le regardait comme un extraterrestre mais là, lui demander une telle chose, quelque chose concernant sa vie privée, ses faits et gestes c'était gênant, vraiment gênant.

J'ai besoin de savoir, ajouta-t-il, comme pour se justifier. Il n'eut pas non plus l'audace de lui dire qu'il était inquiet, qu'il avait surtout besoin de savoir pour se rassurer et repartir d'ici la conscience tranquille. Bien sûr il y avait toujours l'éventualité qu'il lui manque mais ce n'était pas non plus son genre... Enfin... A ce moment-là, il réalisa qu'il le connaissait à moitié, il savait à peu près comment il réagissait d'habitude mais dès que ça sortait du cadre ordinaire, pouf, c'était le vide, le plus beau néant total, le saut de l'ange.

Alors qu'il relevait un peu la tête, il attrapa au hasard l'un des trucs posé sur la table et qui ressemblait à de la nourriture et commença à manger un peu. Il plongea son regard bleu très clair dans celui chocolat de son collègue et attendit sa réponse avec comme un nœud dans le ventre. Bon sang, pourquoi c'était toujours à lui que ça arrivait ce genre de truc ?
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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Kim van Berghen le Jeu 10 Fév - 0:59

Tristan était toujours plus que confiant en informatique, il ne disait jamais « je vais tenter de le faire », mais plutôt « je vais trouver comment le faire », cela pouvait prendre plus ou moins de temps mais il trouvait toujours comment réussir. Point par point il démontait le problème et il le résolvait, sur de lui et de ses compétences… lorsqu’il avait un ordinateur entre les mains. Le problème pouvait venir lorsqu’on le débranchait de son monde virtuel, lorsqu’il fallait passer à l’action ou discuter en tête à tête, il ne se sentait plus alors sur son terrain. C’est ce qui arrivait en ce moment, il hésitait à parler, tournait autour du pot plutôt que de poser directement sa question. C’était peut être sa solution pour éviter un conflit, ou alors pour détourner l’attention d’un autre problème. Comment deviner ses pensées alors ? Comment lui répondre correctement ? A tant hésiter, il faisait aussi hésiter son interlocuteur qui ne savait pas comment et quoi lui répondre. Kim tentait de regarder dans les yeux son ami, pour avoir un contact visuel franc, mais il n’arrivait pas à capter les yeux bleus de celui-ci. Il se décida donc à répondre, espérant détendre l’atmosphère avec une réponse franche.

Non, tu n’as pas bu, enfin pas à ce que je sache mais… Non, j’en doute fortement, tu es sobre.

Il semblait honteux de parler d’alcool, doutait-il à ce point de son abstinence à ladite « drogue » ? Pourtant Kim le croyait guérit et sevré de cette dépendance là. Se serait il trompé ? Si Tristan avait « besoin de savoir », Kim aussi, il avait besoin de cette confiance mutuelle pour pouvoir le soigner en ayant en main tous les éléments permettant de faire un diagnostique. Il savait parfaitement que Tristan ne lui disait pas toujours tout, mensonge par omission… Bon, Kim ne posait pas non plus les questions les plus gênantes donc n’avait pas accès à ces informations, mais pourtant il aurait cru que le grand albinos serait venu le voir s’il avait un problème. Peut être était ce l’accident du matin qui l’avait perturbé ? Mieux valait donc lui résumer les évènements…

On s’est croisé ce matin à l’Intendo, bon on va dire que je t’attendais un peu… Je voulais te voir et tu as voulu m’éviter je crois… Tu me caches quelque chose ?

Un vieux couple ? Vous avez dit « un vieux couple » ? Bon d’accord, vu d’un certain angle, on pouvait en effet dire que les questions inquiètes de Kim ressemblaient plus à celle d’une femme qui angoisse auprès de son mari. Mais ce n’était là que les questions d’un médecin à son patient, n’extrapolez pas trop… Le scientifique était au moins soulagé de voir que Tristan mangeait, sans doute pour combler la faim de son estomac et son manque de sucre dans le sang qui avait provoqué sa chute.

Tu t’es évanoui, presque dans mes bras…

D’où le surnom de blanche neige, même s’il manquait peut être une pomme et une sorcière à cette histoire… et une teinture pour les cheveux de Tristan… ou une perruque…

A part cela, et le fait que j’ai dû demander de l’aide pour te ramener jusqu’ici sans passer par la case Sapientia pour que tu ne t’inquiètes pas et que tu ne me fuis pas une fois de plus… pas grand-chose.

Il réfléchit un instant de plus, et un détail important lui revint en tête. Etait ce donc là le problème que l’on cherchait à lui cacher à tout prix. Qui était ce fameux prénom prononcé plus tôt ?

Ah si ! Tu m’as appelé Julien plus tôt, sinon tu as été plutôt normal à part ton évanouissement…

Il s’arrêta de fixer Tristan, lui laissant la possibilité de lever les yeux, tandis que lui-même plongeait les siens dans son café bien noir, puis en buvait une large gorgée maintenant qu’il était un peu plus tiède et donc plus agréable à boire et à déguster. Lequel des deux croquerait l’autre ? Il avait déjà mangé plus tôt et n’avait donc pas faim, soif pour un café pourquoi pas mais pas plus, autant laisser son invité manger et choisir ce qui lui plaisait sur la table. Pour rire il ajouta.

Un jour il faudra que tu m’invites chez toi… mais pour diner, que tu me montres tes talents d’acheteur et de cuisiner en matière de gastronomie… Je suis sur que tu ne t’en sors pas si mal quand tu prends le temps d’y penser.

Kim s’en sortait plutôt bien avec un ordinateur, mais incomparablement ce n’était pas le niveau de Tristan. En fait Kim était certainement quelqu’un de très pratique, réparation d’objet mécanique, soin des personnes, cuisine, repassage, bouche à bouche, on pouvait lui demander pas mal de choses… Qui n’aimait pas les ordinateurs et la technologie à Nosco ? Celui-là était déjà mort depuis longtemps… car la cité ne vivait que pour et par cela. Caméras planqués partout, ordinateurs et écrans tactiles un peu partout… Il fallait être fou ou vivre en souterrain pour éviter l’informatique. Les livres de papiers avaient été remplacés par ces lettres sans encre, ces pixels composés de couleurs qui permettaient de créer des phrases. L’ancienne technologie avait été dépassée et remplacée par la nouvelle, et même si l’on trouvait encore de très rares pages de papiers, elles étaient considérées comme démodées et vieux genre. Seul ceux ayant récupéré quelques souvenirs pouvaient peut être avoir un contact particulier avec ces pages… Oui sans nul doute Darek aussi aimait ces livres, même s’il passait le plus clair de son temps à lire sur ordinateur. Heureusement que l’écriture n’avait pas totalement disparue, mais les stylos à plume avait été remplacés par des stylos tactiles sur le banc des écoliers… plus d’encre et de buvards…. Seulement une tablette graphique qui enregistrait les mouvements du poignet. Les nouveaux oubliés savaient ils comment tracer avec grâce des lettres de taille égales qui seraient lisibles et claires ? Non, ils avaient oublié et ne se servaient plus que d’un clavier. Quelle tristesse et quelle évolution des mœurs… tant pis.

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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Tristan Darek le Dim 20 Fév - 20:30

Il y avait fort à parier que le jeune informaticien ignorerait toujours à quel point Kim lui était bénéfique par sa présence, et pourtant, avait-il vraiment une opinion de lui, de l'affection ou un quelconque autre sentiment qui les aurait rapprochés ? Dans sa tête l'idée de l'amour et de l'amitié s'était effacée comme on aurait supprimé un programme inutile et il s'était efforcé de vivre loin des autres et des liaisons qu'ils voulaient toujours tisser. Tristan ne l'aurait pas nié, il préférait bien plus la froideur et l'indifférence des domaines où il s'était découvert une connaissance immense à la chaleur des relations humaines. Naïve utopie que de se croire à l'abri de la douleur quand on avait coupé les fils qui liaient les gens aux autres, ne le savait-il pas au plus profond de lui ? La souffrance n'avait pas changé, il n'y avait seulement plus eu d'épaules sur lesquelles pleurer, il n'y avait eu que ce monde étranger et effrayant, il lui avait fallu s'occuper sans cesse l'esprit pour que toutes ces idées ne reviennent plus. C'était de là que venait son obsession intarissable pour le travail, il s'était jeté à corps perdu dans l'engrenage infernal de l'œuvre qu'il avait construite et s'était laissé exploiter sans jamais s'en plaindre ni se révolter. Et qu'importe ce qu'en pensaient les autres, c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour survivre.
Aujourd'hui, il redoutait une fois de plus le poids de son passé, le fardeau le plus lourd mais ce passé-là était plus récent et il en avait perdu toute trace. S'il avait demandé une fois de plus à se souvenir, il le regretta presque aussitôt, non, il n'avait pas besoin de savoir, c'était mieux d'ignorer plutôt que de vouloir à tout prix entendre ce qui lui ferait encore du mal. Ses yeux s'étaient encore baissés, il ne les relèveraient plus.

Pourtant, l'explication qu'on lui donna le soulagea d'un poids qui l'affaissait plus que d'habitude. Son collègue avait-il menti en voyant sa réaction ? Il ne voulait pas le savoir, il avait envie de croire ce qu'il lui disait et se raccrocher à la version des faits qu'on lui offrait et qui paraissait si peu importante. S'évanouir, ce n'était pas très étonnant, il ne se sentait pas bien ces derniers temps, cela ne l'avait pas pour autant poussé à courir chez les stéthoscopes, il n'avait pas confiance en eux, ce n'était que des incompétents et des menteurs, il ne les aimait pas.

Non... c'est juste que je ne me souviens pas, s'entendit-il répondre d'une voix déconnectée de la réalité. Merci, ajouta-t-il, touché par les actions de son collègues toujours si attentionnées envers lui.

Peut-être que cela dépassait le cadre de son travail, c'était sans doute le cas, derrière sa gentillesse, ses actions ne devaient pas être si inintéressées que ça mais il ne voulait pas y penser, il préférait se voiler la face. N'était-ce pas ce qu'il faisait depuis des années et des années, vivre dans le mensonge ? Ses mots et son visages n'étaient peut-être pas convaincants mais il se sentait capable de dire qu'il allait bien sans que cela ne lui pose de problème, alors qu'il était tellement éloigné de cet état-là. Le bien-être, le bonheur de vivre, il avait oublié depuis trop longtemps ce que c'était, s'il lui arrivait un jour d'y regoûter, sans doute ne le reconnaîtrait-il pas et lui trouverait un goût tout aussi morne et fade.
C'était trop tard pour lui, aurait-il aimé dire à Kim, trop tard pour le sauver. Il aurait dû lui dire depuis longtemps que tout ce qu'il faisait pour lui ne changerait jamais rien, qu'il avait sombré dans des abîmes trop profondes pour que les monstres qui le tenaient en cage veuillent bien un jour le laisser remonter à la surface et voir le jour. Il aurait dû lui dire de partir, qu'il perdait son temps avec lui, que plus personne maintenant ne pourrait le refaire sourire, ceux qui y étaient parvenus étaient maintenant tous morts ou tous partis. S'il avait été cynique, il aurait pu dire que les rebelles avaient aspiré toute la joie de vivre l'énergie de Louis pour l'insuffler dans leur stupide idéologie, ne laissant qu'un cadavre à l'âme cassée, Tristan. Il aurait dû lui dire qu'il devait maintenant s'occuper d'autres gens mais il n'en trouvait pas la force.

A moins que le « mon Dieu ! » qu'il avait laissé échapper sous le coup de la surprise y soit pour quelque chose. Dieu et pas Joshi, comme aurait juré tout bon Noscoien, simplement parce qu'il n'avait pas été plus croyant là-bas qu'il ne l'était ici maintenant, sans doute parce qu'il avait été plus marqué par cette expression que par une autre.
Il aurait mieux fait de se taire, la curiosité de Kim avait été inexorablement attirée et étrangement, il avait conscience que son collègue ne lui laisserait pas pour seule explication que son silence. Mais sa paranoïa s'était elle aussi réveillée, dans son esprit torturé, il cherchait un moyen de détourner le sujet ou d'y mettre fin, qu'on ne lui vole pas son secret, sa nostalgie, sa colère et sa honte. Si l'on en savait de trop, il serait compromis. La prison avec pour seul interlocuteur ses fantômes serait pour lui le pire des enfers.

Il... Il te ressemblait beaucoup, avoua-t-il sans parvenir à cacher la tristesse dans sa voix. Si son collègue faisait passer le respect avant sa curiosité, peut-être n'en demanderait-il pas davantage, peut-être le laisserait-on enfin en paix, avec ses fantômes et ses regrets.

Le visage baissé sur son bol de café, le regard dans le flou, il restait immobile, pris le temps d'un instant par les images qui défilaient sous ses yeux. Le jeune homme fut content qu'il change de sujet, il y trouva même la force de relever la tête, porter son bol de café à ses lèvres pour en boire plusieurs gorgées.
Quel était cet étrange repas partagé avec Kim ? Il n'avait plus l'habitude de prendre le temps de manger tranquillement, trouvant toujours quelque chose à faire en même temps et refusant toute invitation. C'était tellement rare qu'on soit en sa compagnie lorsqu'il avalait tout juste de quoi survivre physiquement...

Je ne me souviens pas avoir un jour cuisiné, répondit-il sur un ton parfaitement neutre.

Imaginez un Tristan avec des aliments crus dans les mains, il aurait sans doute trouvé une idée géniale pour s'en servir sur ses équations et ses programmes mais éplucher une patate et la mettre à cuire dans l'eau ne lui aurait sûrement pas paru évident. L'informaticien ne songea pas que tout cela pouvait être perçu comme une invitation à lui apprendre l'art culinaire, l'une des multiples choses pour laquelle il n'avait sûrement pas le moindre don, pas le moindre petit génie. Et puis il n'avait pas que ça à faire, quitte à manger de trucs qui seront forcément immangeable, autant qu'il ne se prenne pas la tête à faire quelque chose d'encore plus mauvais. Seul l'alcool lui semblait avoir encore un peu le goût de là-bas mais c'était sans doute plus dû à l'ivresse qu'à autre chose et il n'avait plus le droit d'y toucher, c'était mieux ainsi. Même l'eau avait un goût atroce, pourtant, à force, il s'y était presque fait.
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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Kim van Berghen le Sam 2 Avr - 20:23

Julien, en entendant la façon dont la voix de l’informaticien se brisait en l’évoquant on pouvant en déduire que c’était un être appartenant au passé de Tristan. Kim n’avait jamais croisé de Julien en Nosco, aucun qui ai été proche de Tristan ou qui ne lui ai jamais adressé la parole en tout cas. Ce nom était il une référence à ce monde, ou à celui d’avant le passage de l’enceinte ? Un ami, un proche, un frère perdu ? Au vu de l’air triste et perdu de Tristan, il ne saurait jamais les détails. Il était certes curieux mais pas au point d’harceler les gens sur un sujet qu’ils ne voulaient pas aborder. Si un jour Darek avait envie d’en parler, il serait là, sinon tant pis il se rattraperait sur d’autres indiscrétions de-ci de-là. Il savait que l’informaticien avait aussi ses démons et qu’il ne fallait pas les déranger. Lorsque son interlocuteur plongea les yeux dans son café, il se décida à changer de sujet de conversation, d’en préférer une qui serait plus agréable pour les deux parties. Tristan avait bien des penchants dans lesquels il ne fallait pas le pousser sous peine qu’il y retombe encore plus profondément.

Jamais cuisiné… A mauvaise manie, et mauvaise habitude à perdre. S’il n’avait pas eu une peur panique que Tristan s’endorme trois minutes après qu’il ai commencé à parler, il lui aurait sans doute fait tout un cours sur la nutrition, les avantages des fruits, les apports des vitamines contenus dans les légumes, la douceur de gâteaux sucrés, la saveur des plats épicés, l’odeur agréable lorsque l’on cuisinait, et puis comme toujours la satisfaction d’avoir fait quelque chose soit même. Le plaisir de manger le pain que l’on avait fait. Sortir un plat cuisiné, encore tout chaud et qui n’attendait plus que d’être dévoré. Le problème c’est qu’installé devant son ordinateur l’informaticien n’écoutait plus rien de ce qu’on lui disait si cela n’avait pas un intérêt quelconque pour lui. Peut être devrait il venir le soir chez Tristan, et après un bon repas aller le border pour enfin lui raconter ses histoires de fruits et de légumes, aucun doute ce serait un très bon somnifère pour l’informaticien, et encore avec des moyens naturels… Ainsi il pourrait s’endormir rapidement et sans aucun soucis, bon cela ne garantissait pas d’empêcher les cauchemars, et pourquoi pas les tomates tueuses d’attaquer, cependant…

Bon lorsque l’on parlait de sujets plus généraux son ami ne semblait pas si malheureux et il pourrait même apprécier ces petits déjeuners s’ils se répétaient. Cela pourrait être une solution pour le faire manger plus, à condition qu’il trouve le temps d’accepter les invitations ou accepter que Kim vienne avec de quoi manger. Pour l’instant le médecin avait préféré s’effacer envoyer juste de quoi grignoter sans s’inviter avec, mais si cela permettait à Tristan de discuter avec quelqu’un en face à face… Après tout ils étaient au même étage, il suffisait simplement de parcourir les quelques mètres qui séparaient leurs deux portes pour se rejoindre.

Bon, je ne voudrais pas t’ennuyer… mais à la base, je voulais te voir pour ta santé. Et je vais être gentil, tu as le choix entre me suivre au Sapientia, ou à ce qu’on fasse l’examen ici.

Il désigna d’un geste les caméras qui les surveillait. Il n’y avait aucun piège dans ses propos, ils étaient surveillés et il voulait juste s’assurer de la santé de son patient. Si Kim avait un kit de médecine chez lui, c’était simplement en cas de besoin, et cela ne tenait que dans les outils basiques, il n’était pas question de faire une opération dans son salon. Toutefois il avait un stéthoscope, de quoi désinfecter et recoudre en cas de blessures. Ce n’était que s’il trouvait quelque chose de suspect qu’il serait obligé d’anesthésier Tristan et ensuite de porter le corps jusqu’au Sapientia (dans la morgue ? Razz), tout cela sous l’œil des caméras… Mais non Darek se tiendrait sage et lui obéirait en cas de problèmes, n’est ce pas ? Enfin il pouvait l’espérer, ou en tout cas souhaiter ne rien trouver de problématique.

Tu sais que tu peux venir ici quand tu veux si tu es blessé. Cependant je sais que tu ne le feras pas. Aller fais moi un peu confiance, veux tu bien retirer ton t-shirt ?

Il avait abandonné les noms doux, il n’était plus question d’ennuyer Tristan ou de lui faire honte. Ils étaient en privés et pouvaient donc jouer franc jeu. L’avantage dans les strip-teases de Tristan c’est qu’il ne portait jamais rien d’autre que l’immanquable t-shirt, qui se retirait donc rapidement, il suffisait d’attraper des deux mains près des hanches les deux bouts du haut et de remonter, de passer par la tête et hop c’était chose faite. Il avait l’habitude de se scarifier, et c’était aussi un signe de bonne santé mentale ou pas. Il avait fini son bol et s’était levé pour chercher de quoi écouter le cœur de l’informaticien, ainsi que le tensiomètre ainsi que son mini ordinateur. Rapidement il se connecta au réseau Oméga pour pouvoir ouvrir le dossier médical au nom de Tristan Darek et ainsi ajouter les nouveaux résultats, il n’avait plus besoin de comparer avec les anciens, il les connaissait depuis longtemps par cœur. C’était plus facile ainsi, surtout sachant le caractère impulsif du commandor de la section informatique, qui avait aussi accès à Oméga puisqu’il le contrôlait, si un jour l’envie prenait à l’informaticien de tout effacer, Kim avait une copie sur son ordinateur, une autre sur une clé USB et le tout en tête pour plus de sécurité. Son ordinateur ne résisterait sans aucun doute pas plus de quinze minutes aux piratages de Tristan, la clé USB elle serait plus difficile à atteindre, mais en tout cas ce qu’il avait en mémoire ne partirait pas. On n’était jamais trop prudent lorsqu’il s’agissait d’un génie en informatique.

Prenant une chaise il s’installa à côté de son ami, tout en posant le mini ordinateur sur la table, assez loin du café pour qu’il ne risque rien, et assez prêt pour qu’il puisse taper ce dont il avait besoin. Juste les résultats rapidement, il s’éditerait plus tard pour ajouter des précisions, quand il serait sur un meilleur ordinateur avec grand écran et clavier virtuel Bluetooth, pour plus de propreté. Ah ce qu’il aimait ces petits claviers qui n’avaient pas de réelle consistance et qui se lavaient si facilement puisqu’il suffisait de s’occuper de la surface sur laquelle se reflétait l’image holographique.

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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Tristan Darek le Sam 14 Mai - 21:05

Le petit déjeuner qu'ils partageaient n'avait jusqu'à maintenant pas été si déplaisant que ça et s'il ne s'y amusait pas follement pour autant, la présence de Kim pouvait le rendre intéressant, surtout s'ils commençaient à parler d'un sujet qui les passionnait tous deux : la cybernétique. Depuis la formation des trois nouveaux arrivés et l'incendie qui les avaient forcé à la suspendre brusquement et pour quelques jours, le temps des réparations, ils n'avaient pas eu l'occasion de reparler du robot qu'il avait construit, Sawah, le petit chat qu'il avait finalement confié à Kim pour que celui-ci l'étudie un peu plus et lui donne un avis plus complet.
Mais c'était sans compter le deuxième métier de Kim, celui qui lui donnait froid dans le dos et l'envie subite de faire du sport pour s'éloigner le plus possible de son stéthoscope et de tous ses autres horribles instruments. Quand Kim lui annonça qu'il allait l'examiner, le jeune commandor se figea, les yeux plongés dans ceux noisette du médecin, histoire d'y trouver l'étincelle rassurante qui lui indiquerait qu'il ne s'agissait que d'une vaste plaisanterie. Mais dans ces yeux sombres il ne voyait pas la moindre once de blague, non rien, il semblait plus que tout sérieux, autant que lorsqu'il annonçait à l'un de ses brigadiers le travail qu'il avait à faire. Il en tremblait presque de peur. Il n'allait pas lui faire ça ! Il n'allait pas le toucher, l'examiner, le... La terreur pouvait se lire aisément aussi bien dans son regard que dans son attitude comparable à celle d'une statue de pierre. Il avait fait un malaise, ce n'était pas suffisant pour qu'on le laisse tranquille ? Il avait déjà reçu bien trop de soins pour aujourd'hui, ce n'était pas la peine d'en rajouter. Mais il fallait croire que dans la tête de son collègue c'était l'excuse parfaite pour justement en faire plus et le mettre à jour. Mais ça ne servait à rien, bon sang, il s'en foutait lui d'aller mal, il allait encore plus mal à ces moments-là justement alors s'il tenait un tant soit peu à lui, il ne pouvait pas lui foutre la paix ? Lui qui se croyait son ami, s'il voulait l'être, il ne pouvait pas comprendre qu'il n'avait pas besoin de tout cela et qu'il y avait des milliers d'autres Noscoiens qui attendaient ses chers soins avec impatience ? Il ne pouvait pas s'occuper de ceux-là et en retour le laisser tranquille ? Voilà pourquoi il ne faisait pas confiance à cet homme, il était fourbe, il se montrait tout gentil et puis d'un coup BAM ! Allez approche mon petit que je te soigne !

Tristan semblait autant effrayé que hors de lui, si bien qu'il oscillait entre les deux états d'esprits et restait toujours aussi immobile, ne sachant pas que faire ni par quoi commencer. Si ! Il fallait fuir ! Il fallait qu'il coure loin d'ici ! Malheureusement il était dans son appartement et pas très endurant, Kim allait bien vite le rattraper. Alors que faire ? Mais qu'est-ce qu'il devait faire ? Lui jeter son bol au visage ? Avec la chance qu'il avait il allait le louper.

Oh Kim... s'il... s'il-te-plait... supplia-t-il d'une voix tremblante.

Mais le beau brun n'avait pas l'air décidé à faire l'impasse sur cette énième visite médicale. Et ce ton amical ? C'était de la fourberie, il se moquait de lui ! Comment pouvait-il affirmer vouloir prendre soin de lui alors qu'il était la cause de son plus grand mal ? Le commandor trop perturbé par la peur qui grandissait en lui n'avait malheureusement pas les moyens d'argumenter, son esprit confus l'empêchait de réfléchir correctement, si bien qu'il se voyait acculé au mur sans aucune solution pour s'en tirer indemne.
Il finit peu à peu par se convaincre que plus vite ce serait fait, plus vite il se sentirait mieux et que... oh mieux valait ne pas trop y penser.

Les mains moites et le regard fuyant, il finit par enlever son sweat et son t-shirt, les laissant tomber par terre tant il tremblait de peur. Ses yeux osèrent se lever à nouveau sur le médecin qui revenait avec ses instruments de torture. Son visage lui parut soudainement sévère et méchant et il laissa échapper un petit gémissement de peur.
Hésitant un instant, il se décida finalement à enlever les bandages un peu rougis par endroit qui cachaient l'intégralité de ses avant-bras, découvrant ainsi une peau couverte de cicatrices et de blessures récentes dont certaines n'avaient même pas encore cicatrisées, datant sans doute de la veille au soir ou du matin même. Il baissa la tête, un peu honteux de montrer à quel point il se faisait du mal à lui qui s'efforçait tant bien que mal de le soigner.

Faites vite... souffla-t-il d'une voix terrorisée dont le ton était à peine perceptible.

Instinctivement il avait remonté ses jambes contre son torse et comme pour fuir ce qui lui faisait le plus peur, il avait posé ses mains pour couvrir et protéger son visage. Après ses fantômes et son passé trop pesant pour ses faibles épaules, voilà qu'on le torturait par ce qui le terrorisait le plus, n'allait-on donc jamais le laisser en paix ? Mais qu'avait-il bien pu faire au monde pour qu'on le haïsse ainsi et que mêmes ceux qui semblaient l'aimer se transforment en vampires, prêts à faire tout pour lui donner encore plus de souffrances ? Oh dans quel enfer avait-il bien pu tomber ? Le pire sans doute, celui réservé aux damnés.
Les démons ici semblaient être les pires des tortionnaires, ils savaient le toucher là où il ça faisait le plus mal alors qu'il s'était toujours efforcé de montrer le moins possible ses faiblesses. C'était pour ça qu'il ne pouvait pas avoir d'amis ici, ils étaient gentils avec lui seulement pour le tromper, même Julien l'avait trahi, la seule personne en qui il avait osé avoir pleinement confiance l'avait trahi, il n'avait pas fait que lui tourner le dos, il lui avait planté un couteau en plein cœur, il l'avait poussé dans le gouffre de son désespoir et semblait être satisfait de s'éloigner de lui, comme s'il était un monstre et qu'il le dégoûtait trop pour qu'il ose le regarder en face. Il n'avait même pas pris la peine de lui dire tout ça de vive voix, il lui avait écrit et derrière ses excuses, il voyait bien qu'il n'y avait que du dégoût, de l'horreur. Il se rappelait bien ce qu'il lui avait confié quelques jours auparavant et comme il avait paru de plus en plus distant.
En fuyant la guilde il l'avait fuit lui, était-il si horrible pour mériter pareil abandon ? Il savait bien qu'il ne pouvait pas le rejoindre, qu'il ne pouvait pas vivre dans ces souterrains confinés avec les autres, qu'il ne pouvait pas s'accorder l'espoir qu'ils vivent dans un monde meilleur, parce que ce Yan n'était qu'un dictateur bien pire qui les priverait de tout, de tout, il leur offrirait même leur propre mort sur un plateau d'argent, tout ça il le savait, il le savait ! Et Julien n'avait pas fait que ça, il avait été assez con pour perdre contre lui et se laisser localiser, bon sang mais pourquoi est-ce qu'il avait fait ça ? Il savait bien ce qui allait arriver, une fois battu il avait été facile de tracer son adresse IP, il n'avait pas pu faire autrement et après on l'avait forcé à assister à sa mise à mort, pourquoi s'était-il ainsi jeté à cette mort certaine, pourquoi lui avait fait-il ce mal là ? N'était-ce pas suffisant de lui avoir fait croire tant de choses et de l'avoir trahi ?

Soudain il lui sembla qu'une main s'était posée sur son bras et il hurla de peur, sauta de sa chaise et tenta de s'enfuir pour se retrouver, il ne savait trop comment, acculé contre un mur avec cette fois plus aucun moyen d'échapper à la torture qui l'attendait. C'était bien la pire des situations, il ne manquait plus qu'à ce qu'il l'attache, lui relève le visage et le force à ouvrir les yeux pour regarder qu'il était médecin, pour que non seulement il sente mais qu'il voit aussi qu'il était en train de le toucher avec ses sales mains d'homme médecin démon tout droit sorti du pire de ses cauchemars.

Noooon ! Arrêtez ! Arrêtez ! Cria-t-il, au bord des larmes et de plus en plus terrorisé. Je vous en prie, arrêtez !

C'était plus fort que lui, comme un claustrophobe enfermé dans un espèce clos, il n'arrivait pas à reprendre le dessus et à retrouver son sang froid, il tremblait même de plus en plus et n'osait plus relever les yeux de peur de voir le médecin trop près de lui, près à le toucher, à le.... Non !
Sans qu'il n'y puisse rien faire sa respiration s'était brusquement accélérée, il n'arrivait plus à s'arrêter ni à parler, il ne comprenait plus rien, de plus en plus mort de peur.
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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Kim van Berghen le Lun 16 Mai - 20:10

Il y avait eu d’abord ce regard à moitié effrayé et qui montrait clairement l’indignation de s’être fait prendre au piège. Comme un animal, Tristan se sentait victime du chasseur et prêt à être achevé. Kim avait beau ne porter aucune arme, on voyait bien que la créature effrayé en avait peur, qu’elle aurait voulu fuir, mais voilà, elle était tombé dans le piège tendu, elle avait marché dans un piège à ours et désormais gémissait de douleur, tentant de s’échapper ce qui rendait la plaie plus sensible encore. Pourtant la bestiole était trop faible, pas assez rapide, trop craintive pour vouloir affronter au corps à corps, elle préférait hurler et gémir de terreur, espérant surprendre son adversaire et le repousser. N’avait elle donc pas comprit qu’il était inutile d’espérer, inutile de se débattre car elle ne s’échapperait pas ? Prisonnière elle l’était et le resterait. Le chasseur n’avait jamais de pitié lorsqu’il fallait achever la douce biche. Un coup de feu pour abréger les souffrances du malheureux captif. Faire s’éteindre tout espoir dans ses yeux, il n’y aurait pas de libération possible. Le carnivore dominait l’herbivore, c’était la chaine alimentaire. La loi du plus fort régnait, même ici à Nosco. On ne pouvait ignorer ou se dérober à la règle. Elle était inscrite dans les lois naturelles. Un prédateur resterait toujours un prédateur… Et une créature vulnérable serait toujours la victime. Surtout si elle était isolée, sans protection ou protecteur… sans aucun bouclier.

D’ailleurs le poisson était ferré, coincé au bout de l’hameçon, seule le pécheur avisé saurait le détacher avec le plus de douceur possible, pour le jeter au fond du bateau, ou avec un peu plus de chance dans un sceau rempli d’eau… Car si l’être marin était privé trop longtemps d’air, il ouvrirait la bouche dans un dernier râle et finirait pas succomber à sa torture. Privé de son environnement de vie. L’évolution avait voulu que ces petites poissons soient dotés de branchies, alors que les humains avaient des poumons, il était donc compliqué pour les premiers ou les derniers de vivre dans sur terre ou sous la mer, chacun de leur côté, il n’y avait que peut de créatures, telles le grenouilles qui avaient su s’adapter et créer une respiration pulmonaire pour vivre sur terre, mais aussi une respiration cutanée, lui permettant de respirer sous l’eau. Combien de fins vaisseaux sanguins parcouraient la peau d’une grenouille, elle-même recouverte de mucus. La nature faisait si bien son travail lorsqu’il s’agissait de permettre à un animal de survivre. Mais l’homme restait pour chaque espèce le traqueur et le tueur, cherchant à utiliser chaque capacité ou propriété des animaux ou espèces qu’il considérait comme inférieures. Tuant pour récolter peau, muscles, os… Non, l’être humain était encore pire que cela puisqu’il n’avait pas hésité dans l’histoire à esclavager ceux de sa propre espèce, déclarant qu’une couleur de peau pouvait être le signe d’une quelconque infériorité. Ou l’Homme était la pire des créatures vivantes, toujours prête à renouveler ses atrocités.

Les paroles de Tristan étaient un appel à l’aide, celui à s’éloigner au plus vite, à achever ce qu’il considérait comme la pire des tortures. Il l’avait supplié, comme si Kim était un bourreau, simplement en ayant changé mentalement de casquette, passant d’ami à médecin. Pour un iatrophobe c’était certainement la pire relation amicale possible, alors qu’il aurait voulu mettre le plus de distance possible entre eux, Kim s’acharnait à rester collé, à le côtoyer et à le fréquenter. Oui, le plus souvent, lorsque ce n’était pas indispensable, il ne parlait pas un mot de médecine, évitait le sujet sachant à quel point il était sensible. Ils pouvaient avoir bien d’autres sujets de conversation. Cependant cela ressemblait à une trahison de la pire espèce dès qu’il réempruntait la voie dangereuse, celle qui faisait paniquer l’informaticien. Il avait finalement réussit à le faire retirer son haut, et pourtant les mains de Tristan tremblaient de terreur, il n’osait plus croiser le regard de celui qui lui avait presque mis le couteau sous la gorge par sa demande. Quand aurait il été s’il s’était réveillé au Sapientia ? Sans aucun doute pire, bien pire… Oh les cris qu’il y aurait eu… Le vent de panique, et la terreur surprême ! Etre enfermé là avec TOUT ces médecins, tous ce personnel médical et pire encore TOUT ce matériel médical… Combien de seringues ? D’instrument de tortures… Ils étaient certainement cachés, mais oui ils étaient là un peu partout ! Hurler les feraient peut être partir ?! Non, malheureusement paniquer n’arrangeait rien, loin de là.

Et voilà qu’il retirait ses bandages révélant des blessures plus que récentes, qui plus encore que les cris de terreur de son ami, rendait le médecin coupable. Il se sentait mal de ne pas pouvoir aider Tristan, qu’il puisse se sacrifier sans que l’on puisse lui retirer le couteau des mains. Au moins avait il arrêté avec l’alcool, mais il ne semblait pas pouvoir se détacher de cette dépendance. L’envie de se faire mal, de voir le sang couler. Instinctivement Tristan s’était recroquevillé sur lui-même, pour échapper à la vision, cachant son visage entre ses mains et ramenant ses jambes à lui. La technique de la tortue et de l’autruche en combinée… Sa façon de tenter de se protéger, d’oublier qu’il était là, et qu’on voulait l’examiner, toucher sa peau pour dire ce qui n’allait pas. Et si tout n’allait pas ?!

Kim avait à peine touché le bras, le frôlant que déjà Tristan en sautait au plafond, tel un chat à qui l’on aurait administré une douche froide. Il s’était levé brusquement, fuyant la situation qui lui était insupportable, il feulait et crachait pour qu’on ne l’approche plus. Il tentait de montrer griffes et crocs. Il pouvait se montrer aussi dangereux que le médecin, oh oui, il suffisait juste qu’on l’approche et il attaquerait sans scrupules. Il s’était retrouvé coincé contre un mur, incapable d’aller plus loin, d’éviter la menaçante présente médicale, et il hurlait de plus belle. Voilà même qu’il employait le vous, cherchant à repousser Kim de toutes les manières possibles, haussant le ton pour lui casser les oreilles et employer un terme formel pour l’éloigner sentimentalement. Tristan était sujet à l’hyperventilation, il ne respirait pas assez profondément et bien trop rapidement, alors il commençait à manquer de C02 dans le sang… Il fallait qu’il reprenne ses esprits et se calme. La situation s’était passée en un éclair, et Kim était resté près de la chaise tombée au sol, là où Tristan l’avait laissé. Il continua sur un ton doux, sachant que cela n’arrangerait pas la situation, mais qu’en employer un autre aurait été encore pire.

D’accord, Tristan. Calme-toi.

Il avait levé les deux mains en l’air en signe d’innocence, et tout simplement, il avait croisé les jambes avant de le laisser glisser au sol pour s’asseoir en tailleur. Il avait posé chacune de ses mains sur ses genoux, bien visible pour montrer qu’il ne tenterait rien, mais tournées évidement vers le sol.

Je ne t’approcherais plus promis. Cependant il va falloir que tu respires plus calmement, d’accord?
C’est facile, regarde, il suffit d’un peu de concentration, et de respirer par le ventre.


Il regardait Tristan, espérant que celui-ci ne panique pas plus. Si celui-ci tentait de s’enfuir, il ne pourrait pas le retenir. Alors il prit une longue inspiration de sept secondes, comptant lentement chacune d’entre elle, et se concentrant pour respirer par le ventre sans faire bouger ses épaules. Puis il bloqua sa respiration trois secondes, avant de finalement expirer pendant de nouveau sept secondes. Il avait laissé un écart assez important entre lui et Tristan, d’ailleurs il n’avait pas bougé, et il venait de promettre à Darek de ne pas avoir de contact physique. L’informaticien avait besoin d’air, il fallait qu’il ne parle pas, qu’il s’arrête de hurler et qu’il respire profondément. Kim s’était tut espérant ainsi calmer le flot de cris de son ami. Au moins, il n’avait pas paniqué, comme le faisait la plupart des personnes non habituées à ce genre de situations, il faut dire qu’il commençait à avoir l’habitude avec Tristan…

Quelqu’un étant confronté pour la première fois à une crise de panique pouvait réagir de la pire manière qui soit, d’abord en paniquant à son tour et ensuite en s’approchant pour tenter de calmer la personne, voir en lui demandant ce qui n’allait pas. Le mieux aurait sans doute été de faire respirer Tristan dans un sac en papier, mais cela ne se trouvait pas ainsi et encore aurait il fallu pouvoir lui donner et que celui-ci accepte. D’autres médecins auraient peut être utilisés des anxiolytiques pour calmer définitivement celui qui ne supportait pas la médecine, mais Kim ne tenait pas à se faire détester par son ami, et il préférait la méthode douce. Bien qu’il ne soit absolument pas certains qu’elle puisse marcher. Qui ne tente rien n’a rien ? Et puis il était loin du chasseur… Non, il était tout autant victime que Tristan et blessé par l’attitude de l’informaticien, tout en sachant que ce dernier n’y pouvait rien. On ne contrôle pas une peur panique, ni une phobie, on pouvait tenter d’apprendre à vivre avec mais pas plus.

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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Tristan Darek le Lun 20 Juin - 12:51

Les cris résonnaient toujours, il ne les entendait plus. Sans s'en rendre compte, il s'était laissé glisser le long du mur, se repliant peu à peu sur lui-même comme il l'avait fait quelques instants plus tôt sur la chaise. Il n'y puisait pas de réconfort particulier et la panique était toujours là, c'était simplement l'instinct, celui de la bête à travers l'homme, l'inhumain qui vivait au fond de l'humain. Le front posé sur ses genoux, ses mains agrippées à ses jambes, il s'était tu. Il avait fermé les yeux mais cela n'empêchait pas les images de défiler devant lui, les souvenirs, les fantômes, ces moments qu'il redoutait le plus. Seule sa respiration toujours aussi saccadée et rapide montrait qu'il était loin de se calmer mais il n'entendait pas la voix qui se voulait gentille près de lui, il ne lui aurait pas fait confiance de toute manière, tout ce qu'il disait c'était traîtrise. Ne faire confiance à personne. Jamais, jamais. C'était la leçon qu'il avait apprise, il l'appliquait dur comme fer.
Il avait oublié la présence de l'homme, il avait oublié le médecin, il n'avait été que le prélude au chaos et les cris désormais se déchaînaient dans sa tête, les siens, les leurs.

Tout allait trop vite pour qu'il puisse analyser quoi que ce soit, et pourtant, c'était des moments qu'il connaissait trop bien pour les avoir vécus sans cesse, c'était des souvenirs trop frappants pour qu'il puisse s'en détacher si facilement. Chaque signe, chaque symbole, c'était le réveil d'un autre cauchemar, d'une autre terreur. Une voix lui rappelait toute l'horreur et la douleur sans que son propriétaire ne le touche pour autant. Un bruit de lame et il frissonnait rien qu'à l'idée même de savoir à quoi elle avait bien pu servir. Tout s'était mélangé, tout arrivait en même temps, et pourtant, il n'avait aucun mal à tout remettre dans l'ordre.
Il savait qu'il fallait qu'il arrête tout ça mais il n'y arrivait pas.
Mais plus que tout, il le fallait, avant qu'il ne finisse par s'évanouir. Un instant, sa panique redoubla à l'idée qu'il y avait Kim et que Kim était médecin mais il ne devait pas s'évanouir, il ne voulait pas être aux mains de cet abominable homme. Comment avait-il pu oser entrer chez lui ?

Il ferma les yeux, les mains crispées sur ses jambes, il tremblait toujours. Il fallait qu'il pense à quelque chose de bien, quelque chose de calme et naturellement ses pensées allèrent vers l'informatique, les codes qu'il écrivait, ces caractères apaisants, blancs sur fond noir, de couleur quand ils avaient un sens particulier. L'espace épuré de toute fioriture, parfait dans sa simplicité, sobre sans être magistral, déstabilisant pour les profanes mais compréhensible pour les initiés.
C'était un travail d'humain, cette condition qu'il rejetait, elle était pire que la bestialité, elle menait à faire des choses horribles, à la souffrance et aux victimes qui la reproduirait. Combien d'hommes sains ? Combien d'hommes bons ? Ce combat était aussi vain que la vie luttant contre la mort, on connaissait le gagnant, seule la longueur de l'affrontement variait. Est-ce que c'était ça l'important ? Est-ce que c'était suffisant ?
Son souffle était devenu régulier, il restait calme, immobile. Mieux valait ne plus bouger, faire comme s'il était mort, il n'avait pas envie que le temps avance, que les choses reprennent leur cours et qu'il doive se plier aux exigences de cet homme. Quel zèle le poussait donc à ne jamais vouloir le laisser tranquille ? Si son état était certes mauvais, il pouvait être certain de l'empirer. Les impératifs de la guilde n'était qu'un parapluie derrière lequel il s'abritait aisément, le médecin, le scientifique d'aujourd'hui, c'était le religieux d'hier. Ces gens qui aimaient s'immiscer dans la vie des autres, contrôler les choses, assouvir leur domination en se cachant derrière des préceptes et des dogmes qui ne tenaient même pas debout. Mais il n'était pas dupe de ces mensonges, il n'avait jamais cru ni en l'un ni en l'autre.

Il ne pouvait pas faire plus longtemps le mort, c'était une stratégie animale qui ne marchait pas toujours et l'humain était bien assez intelligent pour ne pas se laisser prendre. Il ne serait pas plus longtemps la victime.

― Vas-t-en, lui intima-t-il soudain.

Croyait-il qu'il allait se laisser faire alors qu'il avait toujours les moyens de se défendre ? Il lutterait de toute son âme tant qu'il ne serait pas attaché, tant qu'il aurait encore n'importe quoi pour lutter contre ça, même s'il n'avait plus que sa voix et sa piètre éloquence, même s'il devait crier ou mordre.
Lentement, il releva la tête pour l'affronter du regard. S'il voulait se battre, il était prêt à le faire, il avait seulement cédé à la panique mais il était calme maintenant. Son visage le montrait, il n'y avait plus de trace de peur, ni dans son regard ni dans son expression, il avait l'air d'être très sérieux et paraissait même plus obstiné qu'il ne l'était d'ordinaire. Qui connaissait Tristan depuis assez longtemps devait savoir qu'il était plus têtu qu'une mule et plus qu'un troupeau tout entier quand il s'agissait de ne pas faire quelque chose qu'il exécrait.

― Tu as entendu ? Vas-t-en ! Laisse-moi tranquille ! Répéta-t-il en haussant légèrement le ton.

S'il était en colère, cela ne se voyait pas, ou du moins on ne pouvait pas être sûr qu'il allait devenir fou furieux et perdre une fois de plus le contrôle de lui-même. C'était d'ailleurs assez rare de le voir ainsi et la légende disait que s'il piquait quelques fois des colères, elles étaient froides.
Il ne se sentait pas tellement capable de manipuler froidement le médecin ni même d'être vraiment convaincant dans les ordres qu'il pouvait lui donner, après tout, il n'avait rien pour le menacer et n'avait pas l'intention de le faire. Il ne devait compter que sur sa raison et puis, il se souvenait que Kim pensait qu'ils étaient amis, peut-être que cette idée-là aurait quelque effet sur son comportement.

― Tais-toi ! Dit-il alors que le pauvre Kim avait commencé à s'exprimer. Tu n'es pas en droit d'exiger quoi que ce soit de moi, surtout pas quand tu profites que je sois inconscient pour me traîner chez toi ! Qu'est-ce que tu croyais ? Que là tu allais pouvoir faire tout ce que tu voulais parce qu'on est chez TOI ? Si j'ai des problèmes avec la guilde, ce ne sont pas les tiens alors ne t'avise pas de vouloir les régler avec ou sans mon aide. Combien de fois ne t'ai-je pas demandé de me foutre la paix ? Tu n'as aucun respect pour moi ! Et si jamais tu n'en avais qu'un peu, je te prierai de bien vouloir me laisser partir maintenant et de ne revenir jamais à ma porte ou à mon bureau. Je ne veux plus jamais te voir. Tu entends ? Jamais.

Ses mots étaient durs, son regard sévère. Et sans attendre la moindre réponse, il se leva brusquement, le bouscula dans son élan puisqu'il était sur son passage et claqua la porte derrière lui.


[C'est Kim qu'on va finir par mettre sous anti-dépresseurs ♥]
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Re: Rêve douloureux et charmant réveil...

Message par Kim van Berghen le Ven 22 Juil - 22:16

Qu’est ce qui avait marqué Tristan Darek ou son double du passé au point qu’il ne puisse voir un médecin ou tout ce qui s’en rapprochait ? D’où lui venait cette peur profonde et viscérale ? Lui seul pouvait le savoir ou un jour le comprendre s’il y mettait un peu du sien. Pourtant il souhaiterait sans doute ne pas réveiller cette vieille blessure qui continuait de le faire souffrir. Certains ont besoin de retrouver leurs souvenirs, et certains feraient bien mieux de s’en passer. Le commandor faisait indéniablement partie de la seconde catégorie. On ne l’avait pourtant pas fait spécialement souffrir à Nosco, son mal devait donc remonter à plus loin. Un freudien aurait sans doute dit que la provenance était l’enfance ou la petite enfance. Alors quoi ? Qu’est ce qui avait pu toucher ainsi le petit garçon qui deviendrait un homme de plus d’un mètre quatre-vingt-dix ? Etait-ce parce qu’il était né albinos et donc différent ? L’avait on rejeté à cause de son apparence spéciale ?

Pourtant inconsciemment il s’était renfermé sur lui-même. Repoussant les autres, en formant autour de lui sa famille, sa brigade informatique. Rien de plus ne l’intéressait vraiment, il préférait rester dans son monde, plutôt que de tenter de s’intégrer à celui des autres. Après tout il avait tout ce dont il avait besoin sur les différents réseaux. Il pouvait naviguer à son gré, et à part quelques besoins naturels qui le ramenaient forcement à la réalité de temps en temps, il pouvait se passer et se couper de tout le reste. A quoi bon force de discours et de sociabilisation alors qu’un ordinateur reste toujours neutre face à son interlocuteur. La machine ne juge pas celui qui l’utilise, elle ne le déclare pas différent. Elle reste la même solide et froide. C’est à celui qui veut communiquer avec la machine de s’adapter et de lui parler le même langage qu’elle. Des paroles faites de signes et des chiffres. Darek avait passé des années à améliorer ces machines, y perdant presque son âme. A moins qu’il l’ait trouvé par ce biais là ?

Que faire pour aider Tristan à part attendre et observer ? Toute tentative d’aide extérieure aurait été prise comme une agression. Pourtant l’albinos tremblait toujours, telle une feuille soumise à la brise d’un vent violent. Il finit par se calmer, comme s’il avait découvert une cachette où s’abriter des rafales, un petit coin de repos. Il respirait à nouveau calmement, ses poumons se soulevaient de manière régulières, comme si la machine semblable à une horloge et ses tic-tac avait reprit le contrôle. Pourtant le cerveau ne tarda pas à être à nouveau alimenté régulièrement en oxygène, à reprendre ses fonctions et à réagir contre l’agression. Cependant la réponse fut verbale bien que brutale. Un ordre destiné à rétablir les choses et à obliger le médecin à prendre ses distances. La sentence fut répétée de manière plus claire et plus forte. On pouvait maintenant distinguer dans le regard de l’informaticien une démarche posée et un but précis. Voilà qu’il avait trouvé sa ligne de marche et qu’il cheminerait jusqu’à obtenir gain de cause. Y avait-il un moyen de le faire changer d’avis ? Rien ne le laissait présumer dans ce qu’il montrait, froid comme un roc il s’était refermé comme une huitre sur sa propre idée et sur sa volonté de se défendre… quitte à attaquer pour rester « en vie ». Kim n’eut de toute façon même le temps d’esquisser dans son esprit un début de réponse que déjà on lui coupait la parole. Et voilà une fois de plus on interprétait mal un geste d’amitié, et on l’accusait même de vouloir profiter de sa « victime ».

Bon il est vrai qu’à première vu Tristan avait assez peu de muscles pour se défendre, mais lorsqu’on l’entendait hurler et se débattre à la manière d’un enfant gâté ou d’une bête traqué, alors on changeait d’avis immédiatement. Le nombre des « toi » et « moi » évoqués étaient sans doute aussi impressionnant que la force que Traktueur mettait dans ses mots. Bon orateur il pouvait l’être lorsqu’il se mettait en colère et devenait alors passionné par sa cause. Mais les derniers mots furent certainement ceux qui firent le plus mal. Jamais ? Peut être vraiment dire « jamais » surtout à Nosco où cela deviendrait synonyme d’éternité. Oui mais jamais c’était le contraire de toujours, alors sans doute se rapportait il au néant, à l’absence de futur ou d’éternité. Plus jamais… Ca voulait dire plus aucune fois, même pas un court instant ou une microseconde. Ca signifiait plus du tout… Fâchés à tout jamais ? Pour une simple dispute ?

Si Kim entendait oui il était certains que chaque mot de Tristan, soit des sons parvenaient jusqu’à son tympan pour que le cerveau puisse ensuite en décoder le sens et l’interpréter. S’il comprenait ? Oui, n’exagérons rien, il n’était pas bête à ce point et les paroles de Darek étaient claires. S’il en tiendrait compte ? Ah… la question devenait plus difficile à répondre. Je crains que Kim ait une confiance limité dans des propos prononcés sous le coup de la colère. Et puis de toute façon il fallait bien quelqu’un pour s’occuper de Traktueur n’est ce pas ? Ils se levèrent en même temps, l’un prenant exemple sur l’autre. Cependant il n’agrippa pas son bras lorsque Tristan le bouscula pour sortir. Certes la colère de Darek avait aussi énervé van Berghen, mais pas au point de le retenir contre son gré. Ce qui ne l’empêcha pas de rouvrir la porte et de sortir à sa suite dans le couloir ainsi que de tenter de suivre le rtyhme de marche frénétique du commandor.

Darek arrête de jouer l’imbécile !

Entre ses dents il le traita également de crétin fini. Non mais franchement merci la gratitude. Il lui épargnait le Sapientia et voilà qu’on lui fermait la porte au nez et définitivement. L’informaticien avait prit le chemin vers la sortie.

Si c’est ainsi que tu affrontes toutes les situations légèrement difficiles alors tu n’es qu’un couard ! Tu ne peux pas juste fuir comme cela, ou repousser à chaque fois les « épreuves » que l’on veut t’imposer. Ca ne marche pas comme ça. A quoi bon fuir la réalité ?


Et voilà qu’il atteignait les ascenseurs, martelait le bouton d’appel.

Tristan reviens !


Coup de change pour le grand homme le dispositif mobile assurant le déplacement des personnes arriva rapidement sur les lieux, ouvrant ses deux larges portes pour le laisser entrer. L’informaticien s’y glissa jusqu’à aller se coller vers le fonds de l’appareil vide de toute présence. Arrêté sur le seuil Kim finit par se taire et laisser les portes se refermer sans monter dedans. Tant pis pour Darek s’il ne voulait pas se son aide. En tout cas tant pis pour aujourd’hui. Puisqu’il n’abandonnait pas aussi facilement la partie.

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Kim van Berghen
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Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
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Compétence principale: Biologie
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