Coup de foudre à Nosco City

Aller en bas

Coup de foudre à Nosco City

Message par Tristan Darek le Sam 5 Fév - 13:50

A trop travailler, l'inspiration et la volonté s'épuisent, le plus résistant des hommes n'y changera rien, ce n'est qu'une question de temps et d'énergie. C'était une loi bien triste pour l'être qu'il était et voir peu à peu ses capacités diminuer, sa détermination s'affaiblir, son imagination n'être plus qu'un vague mot n'allaient jamais pour lui faire du bien. Vacances, diriez-vous ? Il ne savait pas faire grand-chose en dehors d'un écran et l'envie de reprendre son petit commerce d'antan n'était sans doute pas une idée réjouissante ni l'une de celles qu'il désirait ne serait-ce qu'une seconde ébaucher.
Il y avait des jours ainsi où l'homme sans but n'était plus que le fantôme d'un fantôme. Né aussi blanc que la neige, on ne se serait pas étonné qu'il devienne soudain transparent, qu'un jour on ne le remarque plus. Après tout s'il n'avait pas eu ce talent qu'on lui attribuait avec tant d'enthousiasme, s'il n'avait pas fait quelques coups d'éclats, le grand homme blafard serait-il encore quelqu'un ? En dehors de la curiosité qu'il éveillait dans le regard des autres, comme on regarde une bête de foire, il n'était plus rien, le souffle de vie qui portait son corps était si faible, dans ses yeux ne brillait plus aucun éclat, même la tristesse avait fini par se lasser de cet être apathique, ne vivant plus que pour ce qui le tenait encore en vie : son travail.

Mais aujourd'hui il n'avait plus aucune satisfaction à trouver dans son travail et s'il n'avait pas été doté d'un tempérament si calme, sans doute aurait-il fracassé son ordinateur contre un mur, il aurait hurlé de toutes ses forces tant il se sentait impuissant et incapable. Qu'avait-il bien pu faire encore pour mériter un tel sort ? Peiné et plus détruit que d'habitude, il n'eut d'autre choix que de quitter son travail sans qu'on ne l'importune, étant le recordman du nombre d'heures de travail par jours, semaines, mois et années et ne dérogeant pas à la règle cette semaine-ci. Bon aujourd'hui il cassait légèrement sa moyenne mais dès qu'une idée lumineuse traverserait son esprit, il redoublerait d'acharnement et l'on ne remarquerait même pas ce petit passage à vide. Tout en trainant des pieds, il enfila lentement ce qui le distinguait du commun des Noscoiens et entama une fois de plus le trajet monotone qui le menait jusqu'à chez lui avec bien sûr la tête du mec ultra motivé et pressé, pour changer.
Un petit bip lui signala qu'il avait bien été identifié comme Tristan Darek et la porte se déverrouilla. Aussitôt entré, il désactiva le verrouillage automatique – bon d'accord il était peut-être un peu paranoïaque sur les bords mais c'était quoi cette manie de s'enfermer à clé à tout bout de champ ? Depuis de bien longues années il avait laissé sa porte ouverte aux autres et n'avait jamais vraiment eu de problèmes à cause de ça et puis l'Aedes était sécurisé, filmé sous tous les angles, il fallait beaucoup de compétences et une excellente organisation pour faire quoi que ce soit de contraire à la loi sans se faire pincer.

Dans son appartement régnait toujours en maître le même chaos, depuis quand n'avait-il pas rangé ? En fait il faisait un petit ménage de temps à autre, virait ce qui trainait de trop mais avait toujours tenu à ne rien ranger, ainsi lui seul savait où était quoi et il devenait bien difficile de trouver ce que l'on cherchait à tout prix sans entreprendre une grande fouille. D'ici là, il avait largement le temps de prévenir la brigade et de faire virer les cambrioleurs intempestifs. Bien sûr, le chaos pouvait dissimuler celui laissé par un fouilleur mais il avait une excellente mémoire et se souvenait généralement bien de ce qu'il avait mis à tel ou tel endroit bien qu'il ne choisisse pas les emplacements pour une raison précise. Parfois même il restait immobile à regarder autour de lui, persuadé que quelque chose avait bougé, parfois il se mettait en tête de tout changer et son appartement ressemblait encore plus à un vieux grenier rempli de trésors inestimables.
Un bruit de tonnerre le détourna de ses pensées et il s'approcha de la fenêtre, tira sur le rideau pour observer l'extérieur pour regarder l'orage qui grondait et qui avait envahi Nosco. Un orage, c'était un peu ce qu'il y avait dans sa tête tous les jours, le chaos s'emparait de lui, le déchirait et ces moments-là étaient horribles, il devait attendre, immobile, impuissant que la tempête passe et lui laisse encore un peu de force quand elle ne serait plus là. Souvent il avait besoin de se reposer après, comme si ce qui déchirait son âme l'épuisait même physiquement.
Tiens, c'était étrange, il voyait bien l'orage là-bas mais il n'y en avait pas ici, pas même la pluie ne martelait sa fenêtre. Il n'en fallut pas plus pour allumer ses yeux trop pâles d'un éclair d'enthousiasme et sans en demander davantage, il lâcha le rideau, enleva son uniforme de commandor qui le dérangeait plus qu'autre chose et qui atterrit sur le canapé déjà bien encombré et s'élança jusqu'à sa porte. L'informaticien prit à peine le temps de verrouiller sa porte qu'il se mettait déjà à courir vers l'escalier qui permettait d'accéder au toit. C'était rare, si rare ! Il n'était pas météorologue et observer les éclairs déchirer le ciel n'était pas ce qu'il pouvait apprécier le plus, il devait se dépêcher avant que les choses ne redeviennent normale, il n'avait sans doute pas beaucoup de temps, il courait aussi vite que ses jambes le lui permettaient, tant pis s'il n'avait plus de souffle, s'il avait envie de vomir parce qu'il faisait un effort trop intense. C'était rare, si rare !

Heureusement, il put constater avec un plaisir non dissimulé que l'orage était toujours au loin. Comme un fou, il continua de courir pour aller en direction de la partie du toit la plus proche de l'orage et la chance l'accompagnant toujours, il ne s'en trouvait pas très loin. Le jeune homme s'assit sur le rebord, n'ayant pas le moindre vertige, les deux pieds dans le vide. A vrai dire, si on cherchait à se débarrasser de lui, c'était le moment, il fallait juste le pousser et... tout ça passerait pour un suicide étant donné son état mental mais lui ne pensait pas à ces choses-là, ça ne lui effleurait pas même l'esprit en cet instant, ni qu'il put avoir des ennemis acharnés, ni qu'on veuille sa propre mort.
Les yeux brillants, il observait le phénomène qui se déroulait sous ses yeux. Normalement quand il y avait de la pluie, de l'orage, du soleil, tout Nosco était concerné or ici l'orage ne s'était pas emparé de tout le ciel, là où il était, les nuages était grisonnants mais sans plus, pas de quoi avoir peur de recevoir plus de deux ou trois gouttes. Cela ne signifiait qu'une seule chose : un bug de la matrice. Bien sûr il serait bientôt corrigé et il s'attendait à être trempé dans quelques minutes mais tant pis, c'était plus fort que lui, dans sa tête défilait toute une suite de formules mathématiques et d'équations, il voulait trouver la faille avant qu'on ne la corrige, il voulait absolument savoir d'où venait l'erreur, juste par jeu, par plaisir de faire des maths, quelque chose qu'il aimait au plus haut point et qu'il maîtrisait presque parfaitement.

Le jeune homme était si concentré qu'il n'avait même pas remarqué qu'il n'était pas seul, qu'il y avait quelqu'un, là-bas, qui approchait.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coup de foudre à Nosco City

Message par Morgan W. Karanth le Dim 17 Avr - 22:10

Le silence d’une chambre plongée dans l’obscurité. Il avait délaissé son journal depuis il éternité. Il n’écrivait plus rien, ne semblait plus penser à rien non plus, pour dire vrai, son regard absorbé par un néant inexplicable, incurable. Il n’était pas dépressif, loin de là. Il était simplement un grand rêveur... Un trop grand rêveur, peut-être, qui se laissait aisément absorber complètement par ses idéaux absurdes. Il s’était fait dire que son espoir était trop faible pour arriver à mener le moindre aboutissement. Un soupire qui brisa cette absence de bruits quelconque. Son soupire qui suivit un mouvement dans le noir, alors qu’il s’enroulait davantage dans ses draps, son de frottement de tissu moue. Il roula encore, se coinçant comme il se devait et... Et s’approcha un peu trop près du bord du lit, dégringolant de ce dernier par la même occasion, alors qu’il émettait au même moment un petit cri strident de surprise avant de lourdement, pitoyablement, s’écraser au sol sans rien dire de plus. Il se dépêtra tant bien que mal et, après une ou deux minutes à se battre pour sortir vainqueur, il se redressa, victorieux, observant le tas de draps qui jonchait à présent le sol, à ses pieds.

Un grondement le surprit au dehors, l’obligeant à se précipiter tant bien que mal à la fenêtre la plus proche, dans l’appartement en désordre dans lequel il avait l’habitude de s’enfermer, trébuchant par la même occasion sur la queue métallique du chien robot à commande vocale qu’il avait acquis récemment... Il lâcha une volée de jurons, se raccrochant de justesse au rebord de la fenêtre pour s’y hisser tant bien que mal. On n’aura jamais vu un guildien aussi maladroit que lui. L’orage se rapprochait, le faisant momentanément sourire. Il se souvenait... Lorsqu’il était arrivé au pied de l’enceinte, il était trempé de la tête aux pieds, nu pieds d’ailleurs, comme s’il s’était amuser à plonger dans il ne savait trop quel surface d’eau bleu, juste avant qu’on n’efface sa mémoire. Il avait longtemps cherché à se souvenir du pourquoi du comment... Pourquoi toute cette eau, pourquoi ce bleu qui l’assaillait ?

L’air se rempli d’humidité et il se détourna de la vitre. Il ordonna un peu brusquement à la créature robotique de rester où elle était avant de l’enfermer dans l’appartement et de se précipité par ce qui lui servirait de moyen d’envoler vers le toit, à l’air libre. Il pu enfin se glisser au dehors, avec une joie qu’il ne contenait pas, fragile sourire délicat flottant vaguement sur ses traits léger. Il semblait un peu oublier ce qui obstruait la vision de ses pensées de ces derniers jours, de ces dernières semaines, laissant de côté la perturbation de l’esprit qui l’assaillait de toute part. Il se glissa à pas feutrés, observant l’obscurité au loin qui daignait se rapprocher. Il était à l’aise les jours de lui et de mauvais temps, comme s’il avait toujours eut l’habitude de ces choses là, comme s’il était... un poisson dans l’eau.

Il remarqua toutefois la tignasse blonde, blanche hivernale qui intriguait bizarrement son regard saphir. Il s’avança, curieux, ne se doutant même pas de l’état lunatique dans lequel se trouvait l’homme qui avait été sur le toit... bien avant lui... Dommage, se dit-il. La solitude était en général sa meilleure amie et on ne le voyait pas souvent en compagnie d’autres individus de son espèce.


« E-excusez-moi ? » murmura-t-il timidement dans le but d’attirer l’attention de l’autre... qui l’ignora ou ne l’entendit pas, tout simplement, allez savoir.

Gêner, il s’avança plus lentement d’encore quelques pas, s’arrêtant toutefois à distance relativement raisonnable lorsqu’il constata que l’individu en question se trouvait relativement près du bord. Et s’il le faisait sursauter et qu’il tombait dans le vide ? Ah, il s’en voudrait, pour sûr ! Il toussota un petit coup, mal à l’aise soudainement, se disant qu’il ferait demi-tour s’il n’y arrivait pas cette pas.


« P-pardon... e-est-c... Vous allez bien ? »

Question stupide... Mais la voix qui sortie de lui se fit douce et bien intentionnée. Il ne savait pas s’il voulait vraiment connaître la réponse, mais ne tenait pas spécialement à retourne en bas, pour une fois...
avatar
Morgan W. Karanth
~ Nouvel Arrivé ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Aucune pour l'instant
Âge réel : 0
Âge d'apparence : 17 ans

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Combat à mains nues
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coup de foudre à Nosco City

Message par Tristan Darek le Dim 15 Mai - 17:06

Les éclairs étaient sans doute l'une des plus belles choses que la nature avait pu créer et en sachant que le temps à Nosco n'était que le fruit du travail des scientifiques, on pouvait dire que de ce côté-là ils avaient fait leur boulot à merveille. Les éclairs ne ressemblaient pas à de simples bâtons ou à quelques zigzags mal faits qui allaient trouver leur source dans le sol, non, l'équation qui les créait était d'une réelle complexité et restituait avec perfection les éclairs tels que la nature aurait pu les faire. Ces concentrés d'énergie pure étaient fascinants à ses yeux, il aurait pu passer des heures à regarder la pluie tomber par la fenêtre et encore plus à contempler la beauté du ciel en colère, bien plus que le soleil brillant de mille feu ou un ciel d'un bleu azur parfaitement uniforme. Non ce qu'il aimait c'était le mouvement, cette impression de chaos et ensuite, suivant le scientifique qu'il était, chercher à analyser et à reproduire ces étranges et si beaux phénomènes. Qui savait ? Parfois ce genre d'étude complètement hors sujet lui servait dans son domaine principal, l'informatique même si c'était plutôt du côté des mathématiques qu'il faisait son bonheur lorsqu'il tentait de mettre les choses en équations, de partir de quelque chose pour trouver une loi inconnue, aussi dérisoire soit-elle pour le citoyen lambda.
Ses yeux ne quittaient pas le ciel, il avait plusieurs hypothèses quant au bug de la matrice mais comme il n'avait pas emmené son ordinateur, il ne pouvait pas encore vérifier. Il était parti trop vite, sans penser à ce détail-là mais ce n'était pas très grave, il le ferait plus tard, là il en profitait pour regarder le spectacle magnifique. C'était bien mieux que la télé.

Et soudain, entre deux grondements du tonnerre et les éclairs qui s'ensuivaient, se détacha une petite voix, timide, discrète mais qui attira quand même son attention. Il tourna la tête pour apercevoir un gamin à la tignasse d'un bleu un peu flashy. S'il avait gardé cette tête depuis qu'il était là, ce devait être un nouvel arrivé, sûr qu'à son époque ce genre de teinture ne pouvait pas exister, à moins qu'il ne s'agisse d'une perruque, et encore. Mais que pouvait-il bien faire là, sur le toit dont l'accès n'était pas si facile que ça et surtout normalement interdit ? Bon d'accord, lui non plus n'aurait pas dû s'y trouver mais c'était le meilleur endroit pour regarder les éclairs et puis, bien qu'il ne l'avouerait jamais, c'était un lieu où il allait assez souvent quand Joyce était encore à ses côtés et qu'ils passaient secrètement une bonne partie de leur temps ensemble.
Parfois il y revenait pour se souvenir de tous ces moments ou simplement pour y rêvasser en paix, loin de l'œil inquisiteur des caméras. Ces endroits étaient plutôt rares mais comme il avait accès aux caméras grâce à son titre d'informaticien et de commandor, il les connaissait par cœur, de même que l'amplitude des caméras, les zones où l'on ne pouvait rien entendre si l'on parlait bas, échanger discrètement quelque chose sans que personne ne s'en rende compte pourvu que le geste soit anodin et ne dure pas trop longtemps. Vieux réflexes du dealer qu'il avait été dans son adolescence sans doute. En tout cas ça avait été bien pratique pour cacher tout un pan de sa vie, ces choses honteuses ou que personne n'avait le droit de connaître. Avait-ce été un jeu ou d'une capitale importance pour leur relation ? Qui pouvait dire ce qu'il serait advenu d'eux s'ils s'étaient montrés amis au grand jour ? Maintenant il était heureux que tout cela soit secret et méconnu et il se sentait prêt à tout pour le maintenir, pour éviter tout risque de plonger avec lui dans les abysses des ténèbres, au fin fond d'une prison.

Regarde ! S'exclama-t-il d'un ton plus enjoué que d'habitude. Il y a un bug de la matrice, l'orage n'est pas localisé sur tout Nosco ! C'est fascinant, tu ne trouves pas ?

Assis sur le simple rebord, les mains accrochées dessus et les jambes dans le vide, il aurait suffit de le pousser à peine pour se débarrasser définitivement de lui. Mais l'insouciance du commandor ne lui faisait pas connaître le goût de ce risque et sans qu'il accorde particulièrement sa confiance à cet individu qu'il ne connaissait pas, l'idée qu'il puisse vouloir du mal était bien loin de son esprit. Il avait d'ailleurs tourné à nouveau la tête pour fixer le ciel, le lointain.

Le répit de l'orage défaillant ne fut pas long et d'un coup, ils purent entendre le fracas du tonnerre se rapprocher et ce fut surtout la pluie qui les accueillit avec une joie certaine. En deux minutes elle était devenue si forte qu'ils furent trempés.

Ah, ça y est ils ont décelé et corrigé le problème, constata-t-il simplement.

Le géant blanc ferma les yeux et leva la tête pour mieux sentir l'eau couler sur son visage. La pluie avait quelque chose d'apaisant et il aimait davantage les jours comme ça, ce n'était pas rare qu'il lui prenne l'envie de marcher alors que le temps ne s'y prêtait pas. Certaines fois, le sommeil l'avait surpris en pleine marche et il s'était assis quelque part, les yeux clos et l'esprit au pays des rêves, évitant de justesse la pneumonie parce qu'au petit matin quelqu'un l'avait trouvé et l'avait fait rapatrier illico presto au Sapienta. Tristan n'était pas des plus grands habitués du lieu mais malgré sa peur panique des médecins, il finissait toujours par y remettre les pieds, plus de force que de gré.
Mais aussi insouciant qu'il était, il n'avait jamais compris que rester sous la pluie augmentait ses chances de faire prochainement un tour dans cet endroit maudit. Et puis là, il était près de son appartement, il pourrait y rentrer rapidement, rester longtemps sous l'eau chaude et se sécher, il ne tomberait pas malade pour quelques gouttes. C'était étrange qu'il aime l'eau à ce point. Pour un geek, on aurait pu croire qu'il suivait les préjugés et évitait autant que possible de prendre des douches et de se laver, par flemme ou par manque de temps. Mais non, c'était un rituel sur lequel il ne ferait jamais de croix dessus, l'eau avait toujours eu ce quelque chose de délassant, d'apaisant pour lui et il n'était pas masochiste au point de se jeter lui-même dans sa dépression quand il pouvait l'éviter.

Le toit. La bordure. La pluie. Cette autre personne près de lui. Il n'eut pas besoin de fermer les yeux pour que les souvenirs refassent surface et le projettent avec violence dans ce qui fut autrefois son passé. Ce qu'ils faisaient là ? Il ne s'en souvenait plus, c'était sans doute la facilité qui les avait poussé à se retrouver sur le toit et qu'il y ait une raison précise à cette rencontre ou simplement le plaisir de se voir, ils n'avaient fait cure de la pluie. Par quel moyen avait-il déridé le grand sérieux qu'il était ? Cela ne lui revenait pas non plus, ils étaient simplement là, trempés, à sauter dans les flaques, à se courir après et à chahuter, à marcher comme des fous sur le dangereux rebord du toit. Comme deux gamins ils n'avaient besoin de rien d'autre pour être heureux et pour rire, comme deux adolescents, ils jouaient sans se soucier du reste du monde.
Pourtant il n'y avait pas d'orage et ce jour-là il faisait presque nuit. Ils se distinguaient à peine et seuls leurs mouvements et leurs éclats de rire permettaient à l'un ou à l'autre de sauter sur son compatriote. Finalement ce fut lui qui gagna tandis qu'il se retrouvait projeté violemment au sol et qu'une forte douleur s'emparait de son dos qui avait reçu de plein fouet un sol parfaitement dur et agrémenté, pour son plus grand plaisir, de quelques petits cailloux un peu trop pointus.
Il avait lâché un cri de douleur et le sourire de son ami, assis sur lui, victorieux, s'effaça légèrement. « Allez, tourne-toi, je vais me faire pardonner » lui murmura-t-il à l'oreille, penché sur lui, avant de se relever pour le laisser faire.

Tristan secoua la tête. Ça ne servait à rien de se rappeler de tout ça, de le revoir dans sa tête et, dans ce cas, de revivre presque la scène. Il redoutait parfois ces moments où les circonstances le plongeaient brusquement dans un moment de son passé. Qu'il soit heureux ou malheureux, le temps faisait toujours en sorte pour qu'il se trouve alors rapidement rongé par les regrets et les remords.
Il tourna à nouveau la tête pour constater que le jeune homme était toujours là.

Oh je ne me suis pas présenté. Je suis Tristan Darek, et toi ?

Ces mots prononcés étaient plus une excuse pour se changer les idées que pour réellement faire la connaissance de quelqu'un d'autre. C'était clair dans sa tête depuis des années, il ne voulait plus de l'amitié, il ne voulait plus de ces relations trop proches dans son cœur. On le disait de pierre ou de glace, pour lui il n'y avait plus que des ruines dont il n'avait jamais su – ou voulu ? – recoller les morceaux.
Et puis... à quoi bon en revenir là, chercher ce doux bonheur qui finissait toujours par lui faire encore plus de mal que de bien ? Plus jamais il ne croirait les mots, plus jamais il ne ferait confiance.

Tu peux venir t'asseoir à côté de moi si tu veux... Enfin sauf si tu préfères rentrer, mieux vaut ne pas tomber malade à Nosco, grommela-t-il en pensant que la dictature ici c'était de forcer les gens à se faire soigner.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Coup de foudre à Nosco City

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum