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Message par Shane M. Lewis le Dim 6 Fév - 19:22

    Il avait les yeux rivés sur Oméga, vérifiait constamment les flux de celui-ci. C’était à en devenir paranoïaque. Chaque transaction, chaque action virtuelle était devenue source de crainte pour Shane. Et pourtant, il y en avait beaucoup. Ne serait-ce que pour ce qui était des comptes bancaires et de la distribution constante en ondes alphas dans tous les bâtiments de la Guilde, à la surface, ou encore dans les sous-terrains. Voilà déjà trois semaines que Tristan avait été arraché à la Guilde, dans ses propres appartements. Les moyens pour récupérer le commandor avait été déployé au plus haut degré, car peu était ceux, dans la Brigade Informatique, qui ignoraient les troubles psychologiques dont souffrait Tristan. Après avoir consulté son dossier médical ou encore discuté avec Kim, il ne faisait presque plus de doute que Darek, s’il revenait un jour, serait dans un piteux état. Serait-il en état de travailler à nouveau ? Peut-être. La seule chose pour laquelle le nouveau prisonnier guildien semblait vivre était son travail. Les médecins songeraient sûrement que lui redonner à nouveau un ordinateur l’aiderait à faire face. Mais l’Impératrice, en toute connaissance du futur état de santé de Tristan, le laisserait-elle reprendre le poste de commandor ? Le laisserait-elle reprendre ses responsabilités d’antan, sachant les troubles dont il devrait sûrement être victime ?

    Shane avait percé Oméga, et, deux jours plus tôt, ses trois acolytes et lui avaient enfin pris le pouvoir de l’ordinateur surprotégé que Tristan lui avait remis. Il aurait voulu montrer ça à Tristan, il en était fier. Il avait trouvé, il avait réussi. Mais qu’adviendrait-il à présent ? Tristan n’était plus là, donc Shane n’était plus son jouet. Tristan pourrait-il encore vouloir de lui lorsqu’il reviendrait ? S’il revenait seulement. Sa joie avait donc déchu. Si Tristan avait été encore là, Shane aurait probablement sauté au plafond en courant jusqu’au bureau de Darek. Mais, là, sa réussite ne lui laissait que le goût amère d’une chose qui était morte avant même de naître. Les yeux rivés sur son ordinateur, il se demandait encore à quoi tout cela pouvait bien servir. Tristan avait laissé dans sa procédure le rôle de Traktueur à Shane. Pourquoi exactement ? Un petit jeu ? Juste un petit jeu ? Ou bien un test, parce que Tristan croyait encore à un possible retour. Avait-il donc envisagé que, s’il venait à être enlevé, il reviendrait suffisamment en forme pour voir l’étendue du travail de Shane sous le masque de Traktueur ? Tant de questions et finalement, pas de réponses. Si Shane avait maigri, c’est parce qu’il mangeait moins. Si Shane avait la mine fade et les yeux cernés, c’est parce qu’il dormait moins. La peur avait ce don de détruire les corps. Combien de temps encore ? Combien de temps encore avant qu’il n’abandonne ? Non, il n’abandonnerait pas. Il se l’était promis.

    A cela s’ajoutait un changement de commandor dans la section Anti-terroriste. Si Shane avait été ravi d’apprendre la nomination de son Silvio, il n’avait encore pas eu un instant pour lui, pour eux, afin de le féliciter. Son Silvio… La dernière fois qu’ils avaient pu se voir, c’était à cette fête organisé à Nosco et cette nuit-là, douce nuit. C’était d’ailleurs ce qui avait d’avantage motivé Shane à prendre le contrôle d’Oméga à ce moment là. Dans cette nuit, ils avaient manqué de discrétion, et il y avait une vidéo qui devait absolument être détruite. Non pas qu’on y trouvait des images compromettantes, mais plutôt des sons terriblement révélateurs. Si les relations homosexuelles pouvaient passer entre Noscoiens Lambda (et encore), le Haut-Conseil ne verrait pas d’un très bon œil que l’un de ses représentants dans la Brigade (à savoir le commandor Anthelmios) se laisse aller dans une telle relation. Silvio serait déchu de ses fonctions, un peu comme Wienfield et son mariage avec la prêtresse Artémia. Shane ne comptait pas être responsable de la déchéance de Silvio, le blond ne lui pardonnerait pas. Néanmoins, une relation homosexuelle pouvait passer à conditions qu’elle reste discrète et inconnue de la population. Dès lors que la vérité éclate, là était le véritable problème. Shane d’ailleurs, ne doutait pas que le Haut-Conseil et l’Impératrice soient déjà au courant. Ca devait ne pas leur plaire, mais tant que la chose restait un secret… Ils pouvaient continuer. C’était d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles Shane et Silvio ne s’étaient pas revus depuis, bien conscient qu’ils avaient déjà fait pas mal de dégâts, inutile d’enfoncer le clou, mieux valait que les choses s’apaisent un peu et retombent à la normale. Ils se verraient quand ils le pourraient. Silvio était débordé, Shane aussi. Mais mon brigadier commençait sérieusement à manquer de son amant.

    Shane sursauta lorsqu’on le sortit soudain de ses pensées. Nelsen. Nelsen qui se moquait de sa tête de fantôme. Nelsen qui lui donnait une autre mission pour se changer les idées… Mais lorsque Shane eut connaissance de cette fameuse mission, il dut reconnaître que Nelsen l’y envoyait d’avantage par pur sadisme que par pitié pour son frêle état. Mais les ordres étaient les ordres. Shane délégea la surveillance du réseau qui était à sa propre charge et ferma son ordinateur, leva son derrière du fauteuil de Darek (place qu’il siégeait depuis qu’il était Traktueur) et s’en fut vers son ordre de mission. Il s’engouffra dans les RAR direction le Sapienta, ou plutôt, dans les sous-sols du Sapienta. Il détestait cet endroit. Les laboratoires de recherches étaient un lieu un peu spécial mêlé de secrets et de choses… Etranges. Mais surtout, pour un allergique aux scalpels et aux seringues pour mon Brigadier, c’était un endroit de torture. Rapidement, il regarda autour de lui et se présenta à l’accueil.

    « Erm… Shane Maël Lewis, Brigadier Informatique. J’ai été envoyé par Nelsen pour réparer une infrastructure fragile. »

    Il se doutait bien que l’autre finirait par le renseigner d’avantage. Au fond, c’était lui qui travaillait là, lui qui avait du transmettre la demande de ses scientifiques. Il devait bien avoir la raison et le lieu exacts de son intervention. Regardant vaguement autour de lui, mon Brigadier ne se sentait pas vraiment rassuré. La moindre petite lame qui pouvait ressembler à un scalpel lui hérissait les cheveux sur la tête, et lui donnait des sueurs froides. Maudit soit Nelsen de l’avoir envoyé ici. Il ne l’aimait pas, c’était certain, il en était persuadé. Le traître !
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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Judikhael Wienfield le Lun 7 Fév - 12:08

Melvin Rodriguez

Scientifique et chercheur au Sapientia - Dans l'ombre des Souterrains




Dans l'ombre. Voilà comment en trois mots nous pourrions décrire Melvin. Un homme vivant depuis des années dans l'ombre, dans les souterrains, bien que non rebelle mais travaillant pour la Guilde. Un homme dévoué à la Guilde même, non pas par idéalisme, mais parce qu'elle mettait entre ses mains tous les moyens qu'elle avait. Dans l'ombre donc, dans les souterrains du sapientia. Là où certains de ses collègues se pavanaient à la lumière artificielle de la surface, lui préférait rester dans celle plus tamisée des sombres souterrains, restant dans l'ombre de ce que tous croyaient savoir du sapientia. Mais le sapientia ce n'était pas qu'un grand centre de soins. C'était aussi un grand centre de recherche. Un centre où était régulé le climat, la température, et la lumière artificielle, un centre où était produit l'alimentation synthétique, les composants synthétiques des vêtements pour la plupart, un centre où l'on créait divers exosquelettes pour pallier aux plus graves blessures des brigadiers ou aux plus graves handicaps, avant que ces exosquelettes ne soient ensuite adaptés par la Brigade scientifique en exosquelettes d'armure ou autres.. Mais aussi un centre où l'on tentait de percer le secret des ondes alpha, de leur production... en vain d'ailleurs.

Melvin aimait cette ombre alors. Il aimait ses laboratoires, car tel était le lieu où il travaillait. Il y travaillait ardemment, tentant de trouver, créer, pour le plus grand bien. Qu'importe les moyens, la fin les justifiait amplement pensait-il. Nosco dépendait grandement au final de ces laboratoires, de ce travail souterrain qu'était le sien. Qu'était le leur, à eux, ses hommes et femmes de son équipe, et de bien d'autres équipes de recherche. C'était un travail ingrat en quelque sorte. Il n'était pas à briller à la lumière du jour, son travail restait dans l'ombre, tout comme lui, il ne serait jamais connu, jamais nommé pour une de ses trouvailles, jamais il ne pourrait prétendre à la reconnaissance flagrante de ses concitoyens noscoiens. Mais qu'importe. Il savait ce que son travail valait, combien son travail était primordial à Nosco, et il le faisait alors avec ardeur. Convictions. Sans concession.

Depuis combien de jour n'était-il pas remonté à la surface cette semaine ? Il n'en savait rien, mais n'en avait que faire. C'était le genre de choses futiles qui ne comptaient pas, plus vraiment, pour lui. Il avait presque fait de ces laboratoires son chez-lui, se disait-il parfois, allant jusqu'à parfois dormir dans ces lieux-mêmes, comme ces derniers temps. Il fallait dire que ces derniers temps le temps jouait contre eux justement. Leur dernière trouvaille était finalement une calamité, un danger, et le temps courait contre eux.

« Erm… Shane Maël Lewis, Brigadier Informatique. J’ai été envoyé par Nelsen pour réparer une infrastructure fragile. »

Cette voix étrangère qui s'adressait à un de ses subalternes un peu plus loin le tira de ses pensées, l'obligeant à revenir abruptement à la réalité. Un jeune homme, la vingtaine d'apparence, à peine, venait de pénétrer leur antre. S'il était parvenu à arriver jusque-là c'est qu'il avait les autorisations nécessaires, pensa-t-il. Et en effet, le jeune homme s'empressa de leur donner son titre. Brigadier informatique. Oui, il avait donc bel et bien les autorisations d'accès s'il était un envoyé de Nelsen. C'était donc lui qu'on avait envoyé réparer leur panneau de contrôle ? Si Melvin en fut grandement étonné, ne semblant pas connaître ce jeune homme, il n'en montra rien et se força à rejoindre le duo, pour tirer son confrère de cette délicate situation. Oui, délicate. Avoir un intrus dans leur laboratoire à cet instant T, alors qu'ils étaient en pleine recherche délicate et dangereuse... C'était une certaine gageure. Mais il n'avait pas le choix. Leur panneau de contrôle était primordial, et ne semblait plus répondre, du moins certaines fonctions. Sa réparation ne pouvait attendre... Il se devrait toutefois de garder un oeil sur cet informaticien le temps qu'il finisse sa tâche.

- Bonjour Monsieur Lewis. Professeur Rodriguez, responsable de ce laboratoire, se présenta-t-il d'une voix grave et rauque.

La voix d'un homme d'âge mûr, bien plus avancé en apparence (et certainement en âge réel aussi d'ailleurs, lui qui était noscoien depuis près de 70 ans maintenant) que l'âge que pouvait paraître le gamin. Car oui Rodriguez était un des rares noscoiens à avoir dépassé la quarantaine en apparence. On lui avait donné dans les cinquante ans physiquement à son arrivée. Avec quelques soucis cardiaques d'ailleurs, ce qui lui avait valu d'éviter de suite la Brigade et d'être suivi depuis de façon très soutenue par les médecins de Nosco.

- Venez, c'est par ici. Notre panneau de commande ne semble plus répondre pour certaines fonctions, expliqua-t-il tout en conduisant le jeune homme vers l'objet en question. J'espère que vous pourrez réparer cela au plus vite.

Et se disant, il lui expliqua succinctement ce qui ne fonctionnait plus, et ce qu'ils avaient bien pu observer comme autres anomalies. Il venait tout juste de finir, quand un de ses scientifiques arriva près de lui au pas de course, pour lui chuchoter d'une voix pressée et stressée l'urgence qui l'amenait.

- Je suis désolé, Monsieur Lewis, je vais devoir m'absenter un moment. Une urgence m'appelle. Je vous laisse aux mains de mon confrère Monsieur McAlistair. Il répondra à toutes les questions que vous pourrez avoir.

Se retournant vers ledit McAlistair, il lui chuchota quelques consignes, à savoir ne pas perdre Lewis de vue et rester en toute circonstance avec lui. Rassuré alors de savoir le jeune informaticien gardé par une personne qu'il croyait de confiance, il partit d'un pas alerte et rapide malgré ses cinquante ans vers l'urgence en question.

C'était toutefois compter sans le destin qui parfois aimait tant s'acharner sur vous. Alors que Melin était occupé à l'autre bout du laboratoire, une autre urgence sembla interrompre le quotidien pourtant bien huilé de la petite section. Et un petit laborantin, d'à peine 10 ans d'âge d'apparence, arriva à son tour en courant, et demanda au fameux McAlistair de venir les aider, seul apte alors à interrompre le processus enclenché, le seul présent à en avoir les accès...

McAlistair fut plus que partagé entre la mission que le professeur lui avait confié, une mission qu'il savait pourtant d'importance, à savoir surveiller l'intrus de leur laboratoire, et la survie du groupe de laborantins dont faisait partie le petit gars venu le chercher. car nul doute que s'il n'interrompait pas le processus en question, leur survie pourrait être compromise, comme l'éclat apeuré du gamin le lui disait. Il n'aurait en fait jamais dû être ici, il le savait, il aurait dû rester avec son équipe, ses laborantins. Et 'il n'y avait pas eu la première urgence, nul doute qu'il y serait encore, et que le gain n'aurait aucune raison d'être ainsi affolé.

Décidant finalement de privilégier la vie de ses hommes, McAlistair s'excusa rapidement auprès de l'informaticien, l'informant en quelques mots qu'il était mandé ailleurs mais qu'il reviendrait dès que possible. Et c'est ainsi que Lewis fut laissé seul, l'espace de quelques instants. Juste... quelques instants.

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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Shane M. Lewis le Jeu 10 Fév - 15:23

    Qui était exactement cette personne à qui Shane avait adressé la parole ? Un homme qui semblait être à l’accueil, perdu dans son travail. Mon Brigadier n’était d’ores et déjà pas très rassuré d’être ici, mais si en plus les gens étaient bien trop occupés pour faire en sorte que son passage dans ce lieu soit le plus bref possibles, ils allaient le retrouver dans un état de paranoïa dévastatrice. Aussi il n’était pas prudent, pour lui et pour les autres, que son intervention dans les laboratoires de recherches du Sapienta s’éternise. Il fut assez surpris que quelqu’un d’autre que cet hurluberlu qui ne se semblait pas véritablement apte à lui donner la moindre réponse. Même si surpris, il n’en fut pas moins ravi. Encore une fois, plus vite il serait sortit de là et mieux ce serait pour lui et pour ceux qui se trouvaient là (car oui, Shane savait être infernal).

    Professeur Rodriguez s’annonçait-il alors, mon Brigadier quant à lui fut frappé par l’âge de l’homme face à lui. Les êtres de son âge étaient assez rares du fait qu’on ne vieillissait pas à Nosco, Shane était toujours stupéfait de voir cette vieillesse qu’il ne connaîtrait jamais. Et très sincèrement, il ne s’en plaignait pas. A Nosco, on pouvait avoir cent ans et avoir l’air d’avoir vingt ans, seul primait l’âge Noscoien, et contrairement à ce que l’on pouvait penser, à Nosco, ce n’était pas ceux qui avaient la barbe blanche qui étaient les plus sage. De la sorte, la vieillesse et tout ce qu’elle comportait de peu esthétique ou bien en ce qui concernait la santé n’était guère attrayante dans cette ville.

    Shane fixait ses rides, sur son visage et sur son front, cette peau détendue, ces cernes sous les yeux, cette peau mal rasée qui semblait négligée, ces mains usées. Se rendant compte que, de la sorte, il devait bien être impoli, Shane cessa rapidement de le regarder comme une chose qui était sur le point de mourir, ou encore comme un être abjecte. Shane n’avait rien contre la vieillesse. C’était choquant. Rien de plus. Dans notre civilisation, lorsqu’on regarde une personne âgée, on peut la trouver laide, mais on se dit que l’on sera pareil dans quelques années, dès lors notre répulsion est apaisée. A Nosco, Shane savait qu’il n’aurait jamais cet aspect, et considérait plus la vieillesse comme une maladie dont était frappé quelqu’un, pas de chance, depuis son arrivée. C’était en ce point différent.

    Ce professeur était donc le responsable de ces laboratoires. Bien, tant mieux. Il allait être rapidement informé, rapidement dirigé, et surtout, rapidement sorti de ce trou à rat fort obscure à son goût. Perdu dans sa contemplation assez malvenue du visage ridé de son interlocuteur, mon Brigadier ne trouva rien d’autre à répliquer que cette petite phrase, sortie sur un ton bredouillant :

    « Eum… Et bien enchanté. »

    Etrange peut-être lorsqu’on sait que Nosco est une petite ville et que tout le monde se connait de près ou de loin. Mais aussi incroyable que cela puisse paraitre, Shane ne connaissait absolument pas cet homme. Et cela pour deux raisons. La première étant que ce Professeur Rodriguez ne devait pas mettre souvent son nez dehors, sans quoi, mon Brigadier l’aurait vu plus souvent. La seconde étant que tout ce qui touchait à la médecine et aux laboratoires était totalement occulté dans son esprit, mis loin, très loin, dans le fin fond du creux de sa tête, et que pour ressortir une information qu’il avait du entendre mais qu’il avait enfouit si profondément, il fallait une volonté que mon Brigadier n’avait pas vraiment en ce moment.

    Shane fut conduit au dit panneau de contrôle, objet de sa venue dans ces lieux sordides. Mon Brigadier était en alerte constante, il voyait des scalpels partout, et sa main gauche s’était crispée sur la poignée de son épée, accrochée à la ceinture de sa taille. En parfaite vigilance, Shane avança dans ce labyrinthe jusqu’à parvenir à destination. Dans cette pièce là, mon Brigadier retrouva le doux ronronnement du matériel informatique, ronronnement qui le berçait et adoucissait sa crainte. Le Professeur Einstein lui expliqua les problèmes rencontrés avec le panneau de contrôle, Shane posait d’ailleurs des questions pour enrichir son diagnostique et pouvoir mieux analyser le problème par la suite. Il avait même ouvert son ordinateur portable, cherchant informatiquement d’où venait le problème. Lorsqu’enfin, il pensa avoir trouvé la source du dit-problème, le professeur l’abandonna. Shane en fut d’ailleurs rassuré, il n’aimait pas avoir un scientifique derrière lui pendant qu’il travaillait (un scalpel dans le dos est si vite arrivé…) Mais il fut rapidement déçu lorsqu’on nomma pour sa surveillance un autre homme.

    Tendu, Shane n’en montra rien, tâchant de se concentrer sur son problème. Pour se consoler, il posa ses yeux sur le panneau de contrôle avec un regard qui signifiait ‘ne t’inquiète pas mon bébé, je vais te soigner’. Affectueux donc. Rapidement il se mit au travail. Décidément, ils n’étaient pas très fut-fut ces laborantins, Shane répara cela aussi simplement qu’un médecin soignait un petit rhume. Mais il n’était pas au bout de ses surprises, lorsqu’il vit le tableau de contrôle clignoter de partout. Fronçant les sourcils, perplexe, mon Brigadier se mit à la recherche de ce qui clochait. Après de nombreux tests il détecta rapidement ce qui posait donc tant problème. Et puis celui qui le surveillait annonça une urgence, laissant mon Brigadier seul :

    « Non, me laissez pas là tout seul, j’ai f… »

    Fini ? Oui, mais l’autre était déjà parti. Fichtre, il allait devoir attendre qu’il revienne. Et mine de rien, même si Shane n’aimait pas être surveillé par ce laborantins, il devait avouer que sa présence était assez rassurante. Il ne savait pas ce qu’il y avait lui dans ces laboratoires d’expériences ! Et s’il se faisait attaquer par une carotte sur pattes hein ? Shane rangea amoureusement son ordinateur sans sa sacoche, et bien décidé à ne pas rester là, il s’engagea pour retrouver seul la sortie. Au fond il n’était pas empoté non plus. Il avait bien réussi à arriver jusqu’ici, il n’avait tout de même pas besoin de quelqu’un pour ressortir de là. Il irait à l’accueil, dirait qu’il en avait fini et puis voilà. Il se sauverait ! Sauf que Shane était loin de s’être sauvé : non seulement il n’avait pas retrouvé l’accueil, mais en plus il s’était complètement paumé. Et évidement, personne à qui demander son chemin.

    Au final, il ne devait pas être tombé bien loin de cette fameuse salle où il avait réparé le panneau de contrôle. Il se dit alors qu’à défaut de retrouver l’accueil, il pourrait attendre sagement là-bas qu’on vienne le chercher. Il vit au loin, dans l’ouverture de la porte cette fameuse infrastructure réparée. Mais son regard se porta sur quelque chose. Fronçant les sourcils, Shane essaya dans discerner les contours. S’en trouvant bien vite incapable, il s’approcha, et sa main gauche vint se plaquer sur ses lèvres, comme terrorisé.
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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Kim van Berghen le Ven 11 Fév - 0:56

Qui dit Science dit scientifique, et qui dit science dit logique mathématique, observations de l’univers et de ce qui nous entoure, hypothèses, résolutions de mystères mais surtout secret. Certes secret. Anagramme, gare maman ! La science était une matière compliquée à assimilée, un concept si abstrait et si intéressant, qui se posait au dessus d’autres. La science était un art, pourtant il était différent de ses comparses, il fallait le travailler avec sérieux et méthode, régulièrement et en apprenant de plus en plus de choses.

Pratiquer la science, c’était le verbe juste, il fallait de la patience et de l’entrainement pour se familiariser avec. Les scientifiques étaient ils tous fou ? Peut être selon certaines rumeurs, ne fallait il pas être fou pour imaginer l’inimaginable et tout tenter pour le mettre en place ? Icare aurait il pu imaginer les avions alors qu’il tentait de s’envoler jusqu’au soleil ? Ulysse aurait il pu se fier aux sous-marins alors que Poséidon lui tendait mille et un piège pour son retour de Grèce ? Le petit prince dans son désert aurait il pu imaginer la bombe atomique ? Le vicomte de Valmont des liaisons dangereuses aurait il pu s’installer derrière un ordinateur pour manigancer et écrire sa prose ? Les scientifiques étaient des génies, ils étaient décalés mais parfait ! On les voyait souvent cheveux ébouriffés par l’explosion d’un tube à essai ou mieux d’une nouvelle idée dans leur cerveau tourmenté par dix milles questions : « qu’inventera-t-on demain ? ».

A Nosco ils avaient crée le soleil, le ciel et les étoiles… ainsi que l’ombre. Ou les ombres ? Ils avaient apporté l’espoir. Joshi n’était il pas le premier et le meilleur des scientifiques ? Il avait crée de quoi se défendre grâce aux ondes alpha. Il avait transformé une idée en réalité. N’était-ce pas le travail de tout scientifique ? Transformer leur volonté en réalité ? Non, les scientifiques n’étaient pas mégalomane et orgueilleux… enfin pas tous… une petite minorité échappait au sort de tous les autres.

Secret aussi, ils aimaient garder le mystère, et le laisser planer autour d’eux. Silencieux quand il le fallait, et très loquace et prolixe lorsqu’il fallait éviter un autre sujet de conversation. Les scientifiques avaient toujours quelque chose à dire ou à écouter, parce qu’ils étaient curieux et animés du désir de « savoir » par nature. C’était inné chez eux, ils naissaient comme cela, ils arrivaient à Nosco ainsi, avec de grands yeux vides de merlan frit prêt à tout dévorer pour combler le blanc de leur mémoire. Apprendre, savoir, connaître. Percer l’impénétrable et saisir l’insaisissable. Ils étaient les cerveaux de Nosco, non pas ceux des Hauts Conseillers qui planchaient sur des lois et des problèmes présent, plutôt ceux qui pensaient plus loin, plus irréaliste, plus dans l’avenir ! Ce qui arriverait dans cinquante ans ? Les scientifiques en décideraient en l’influençant… Leurs doigts magiques créeraient ou détruiraient selon ce qui leur semblait juste et du domaine du possible. Cible.

Leur limite était infinie et même s’ils étaient plus ou moins sur surveillance pour qu’ils ne fassent pas n’importe quoi avec le matériel et l’argent prêté… Ils étaient plus ou moins libre, du moment qu’on avait des résultats. Ils étaient tous des petits poissons séchés dans un océan de connaissance. Ils étaient le sel de la mer ! Indispensable à Nosco !

Peu étaient les nosciens à avoir retrouvé l’intégralité de leur mémoire, et ceux-là le cachaient bien ne l’étalant pas à haut voix, réservant leurs pensées à leurs précieux souvenirs, préférant des paroles contenant des instants d’instants présents à Nosco. Kim van Berghen était de ceux-là, et même s’il ne le clamait pas, on pouvait sans doute le deviner par quelques un de ses gestes, de ses attitudes ou réflexions, ou tout simplement par sa connaissance assez rapide de la médecine lorsqu’il était passé de brigadier à scientifique. Tout était plus simple lorsque l’on n’avait pas à apprendre mais juste à réviser. Alors où d’autres voyaient les rides comme un signe de dégénérescence cellulaire il y voyait aussi la sagesse, le signe que ses souvenirs n’étaient pas une mauvaise blague, qu’ils avaient prit naissance dans la réalité. Il n’avait donc aucun problème avec le physique du professeur Rodriguez, se souvenant d’être tout aussi vieux. Les deux scientifiques s’étaient donné rendez-vous pour parler d’un sujet important et très sérieux. Sauf que voilà, Rodriguez était en retard ! Il n’était pas à l’heure, et de plus d’un quart d’heure… Il avait eu le culot de ne même pas prévenir ! Le scientifique avait d’abord tenté de patienter en se calmant, faisant les cents pas au point de rendez-vous, il attendait.

Sauf que voilà, la ponctualité, on l’avait compris, était l’une des valeurs fondamentale de Kim, avec le respect. Et là il se sentait bafoué dans ses droits en ce qui concernait les deux ! Il avait même envoyé un message au professeur, sans obtenir de réponse. Tant pis alors, il quitta les lieux pour tenter de trouver lui-même ledit scientifique, pour lui demander des explications et lui définir le mot « horaire » et « respect » dans toutes les langues qu’il connaissait. Un scientifique énervé, ayant à porté de main des scalpels… cela aurait pu donner un bon court métrage d’horreur à Nosco. « Meurtre dans l’ascenseur », « Assassinat au Sapientia », « Consultation qui tourne mal », « Mon docteur est devenu fou ». Kim marchait d’un pas rapide dans les couloirs, se dirigeant vers le laboratoire de recherche de son collègue, mais lorsqu’il entra dans la pièce, personne ! En cherchant bien, il ne pu même pas mettre la main sur son fuyard. Il avait pourtant trouvé quelqu’un d’autre sur qui passer temporairement sa colère.

Lewis ! Que faites-vous ici ? Ceci est une section privée du Sapientia, vous n’êtes pas censé être là seul… expliquez vous je vous pris !

Shane Mael Lewis, un informaticien, quelqu’un qui n’avait absolument rien, mais rien à faire dans le monde compliqué des scientifiques ! Ce dernier avait son ordinateur, cela ne surprenait plus personne, les informaticiens restaient souvent collés à leurs jouets. Et les brigadiers à leurs armes, or Shane avait la malchance de cumuler. De plus ce n’était pas la première fois que le médecin le surprenait dans un endroit non autorisé et ce n’était vraiment pas le jour où il aurait fallu croiser sa route, il était en colère. Il attendait des explications et non pas des excuses inventées sur le tas.

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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Shane M. Lewis le Sam 12 Fév - 1:37

    Il sursauta, un sursaut qui lui fit lâcher son ordinateur portable qui s’écrasa sur le sol lamentablement. Shane en eut le cœur brisé. Son ordinateur, il l’aimait. Certes, dans sa pochette son outil était un peu plus protégé qu’à l’air libre, mais tout de même ! Le martyriser de la sorte… Il s’en voulait ! Il se baissa rapidement pour le ramasser, et le câlina presque affectueusement, lançant un regard noir à Kim de lui avoir fait si peur et par conséquent d’avoir indirectement engendré la chute du portable. Néanmoins, il ne semblait pas être le seul à être en colère, et pour cause ! Kim l’était aussi parce que Shane n’avait, normalement, à faire. Quand on savait que mon brigadier avait été faire un tour au sapienta, département de synthèse alimentaire et qu’il renouvelait le méfait aujourd’hui. Et pourtant, Joshi savait combien mon Shane haïssait les laboratoires ! D’ailleurs Joshi ne le savait que trop bien pour l’y avoir envoyé la première fois dérober ce fameux piment.

    Shane fixa Kim en levant un peu la tête, le visage presque terrorisé par ce qui se trouvait là, dans ces sombres laboratoires. Une explication valable ? Mais il en avait une en plus ! Kim le croirait-il au fond ? Peut-être que oui. Le fait est que la seule chose qui vint à l’esprit de mon brigadier, c’était la vérité. Il ouvrit la bouche, la ferma, l’ouvrit encore et parvint à sortir quelque chose. C’est qu’il avait l’air vraiment en colère le Kim, quant à mon Brigadier, il se sentait tellement agressé de toutes parts par les derniers événements qu’il aurait pleuré comme une fille en voyant Kim (qui était plus grand que lui, et de carrure plus large aussi) lui parler de la sorte. Ce fut donc d’une petite voix qu’il récita :

    « Envoyé-Nelsen-Réparation-Panneau-Contrôle. »

    Passé le cap des premiers mots, Shane daigna faire des phrases entières, comme un enfant qui acceptait de parler. Enfin quoi, c’était un peu comme toute chose. Une fois que les premiers mots de la vérité étaient sortis, le reste venait avec une aisance déconcertante. Vraiment.

    « On m’a laissé seul, je ne sais pas pourquoi, comme j’avais fini, je cherchais la sortie, mais je suis jamais venu ici alors… Je me suis égaré. Je… Voulais pas voir ce truc là, je vous le jure… Je n’en parlerai pas… »

    Vrai. Stupide excuse. Vrai pourtant. Et dans son regard, même si Shane avait pour habitude de ne jamais regarder les gens en face, juste un peu à côté, il y avait dans ces yeux là de la sincérité qui ne mentait pas. Mais Kim le croirait-il ? Mon Brigadier avait l’impression que Kim lui en voulait ces derniers temps. Il avait de quoi, bien sûr, Shane était un sale garnement en ce moment : il ne voulait ni dormir, ni manger, il voulait faire joujou avec son ordinateur à longueur de jour et de nuit, et en plus il faisait des siennes comme se rendre au sapienta dérober du piment. Oui, un sale gosse et papa Kim avait donc du fil à retordre avec mon Shane.

    Il ne fallait pas lui en vouloir, l’enlèvement de Tristan, ses hautes responsabilités qui pesaient sur ses épaules et son manque de Silvio de détraquaient complètement. Il en devenait presque incapable de faire la différence entre le nord et le sud, l’est et l’ouest. C’était peut-être la raison pour laquelle il s’était perdu dans ces laboratoires de recherche d’ailleurs ! Ceci expliquait cela, et il avait trouvé là une bonne explication. Mais il s’en sentait désemparé, presque, un peu comme si le monde s’effondrait, son bonheur qui s’effritait dans ses mains alors qu’il voulait le retenir. Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Etait-ce de sa faute si Tristan avait été enlevé ? Etait-ce de sa faute s’il sentait le regard pesant des autres sur lui, à se demander quand mon informaticien échouerait ? Etait-ce sa faute s’il était un homme et que cela rendait par conséquent, leur relation difficile ? Etait-ce sa faute si cet homme qu’il aimait avait été promu commandor, aggravant la possible découverte de leur secret ? Il aurait bien voulu dire que c’était la faute de quelqu’un autre. Il pouvait bien rejeter ça sur qui il voulait. Il n’en demeurait pas moins vrai qu’il gardait un tant soit peu de sa lucidité et que de ce fait, il savait parfaitement peser ce poids de la culpabilité sur lui.

    Sa faute. Il se sentait coupable d’aimer un homme, il se sentait coupable de ne pas suivre les conseils, pourtant sains du docteur. Il s’en voulait de ne pas être à la hauteur, sans douter de lui, dans la mission que lui avait donnée Tristan en lui laissant le rôle de Traktueur. Il s’en voulait du manque de confiance qu’il avait envers ses hommes. Il s’en voulait de se sentir persécuté. Et ça le rongeait, au fond le lui, ça le dévorait, morceau par morceau, mais il ne voulait pas se réveiller. Ca lui faisait mal, mais il ne voulait pas se réveiller. Il savait que cela lui ferait encore bien plus mal s’il affrontait ses démons. Il ne le voulait pas, il en avait peur. Il voulait lutter encore contre eux, de dos, les fuyant, courant de ses petites jambes. Il était essoufflé, ses jambes en avaient assez de courir, il avait envie de s’effondrer sur le sol, d’abandonner, se reposer, et laisser ses démons l’envahir et le détruire. Tout envoyer en l’air.

    Quitte à tout perdre, opportunité de carrières, amis, amant, qu’on lui offre le salut éternel. Il se battait contre lui-même. Chaque coup qu’il portait, il se le faisait à lui-même. Son seul ennemi, c’était lui. Et dans ce combat là, un seul perdant : lui. Il voulait que cela change. Il se jeta contre Kim, encercla sa taille dans un geste de désespoir avec ses bras devenus squelettiques, la tête enfouie dans la blouse blanche, le visage rouge de peine, et une voix suppliante :

    « Aidez-moi Kim. Je m’en sortirai pas tout seul… Vous aviez dit que vous pourriez, vous et Aaron… »
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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Kim van Berghen le Sam 12 Fév - 22:01

Un ordinateur à terre. Boum badaboum ! Les appareils électroniques étaient de petites bêtes fragiles qu’il fallait soigner et chouchouter. Cet ordinateur devait certainement appartenir à la brigade et non pas à l’informaticien, il pourrait donc le changer en cas de panne ou de problème, cependant il lui lança un regard plus que furieux. Avait-il mérité d’être ainsi fusillé des yeux ?
L’attitude de Shane penchait entre la colère et la peur, puisqu’il se semblait pas très rassuré d’être nouveau prit en plein fait à se balader dans le Sapientia. Envoyé ? Une mission de la brigade ? Nelsen était en effet le second de Tristan, et pour le moment commandor de la section informatique. Il était donc possible, si le jeune homme disait la vérité, que les scientifiques aient eue besoin d’une aide quelconque… avec un panneau de contrôle par exemple.

La voix du jeune homme semblait sincère et désolée. La colère de Kim retomba un peu, c’était peut être réellement un concours de circonstances, Joshi avait peut être guidé le jeune homme sur les mauvaises traces. Rien n’allait plus pour le physique de l’informaticien, il avait à présent les joues creusées, des cernes sous ses yeux et la peau d’une pâleur à inquiéter même ceux qui sortaient le moins de leurs bureaux. Des visages comme ceux là, Kim en avait déjà vu… parmi un bon nombre de personnes, dont certains étaient des ganymèdes. Pourtant seuls quelques mois pour que le plus solide des gaillards ne ressemblent qu’à un fantôme. Le travail n’aidait alors absolument pas à se refaire une santé, dans une ambiance lourde où l’air était empesté d’une odeur dont on ne pouvait pas se défaire. Travailler chaque jour avec ces individus qui avaient perdu tout espoir, à moins que justement l’espoir le plus ne les fasse se raccrocher jour après jour. Rajouter un bâton indiquant qu’une journée était passée sur les murs de leur prison.

Tristan avait il même la possibilité de faire le compte ? Surement pas, car il était en souterrain et rien ne lui permettait de se référer au temps qui passait, aucune possibilité de savoir. Shane ne leur ressemblait heureusement pas totalement, il avait toujours ses long cheveux argenté, et ses beaux vêtements reflétant le faste et la force de la brigade, un beau manteau rouge et noir. Il fallait donc que Kim ne se laisse pas emporter par ses émotions et ses souvenirs, qu’il lui explique clairement le règlement du Sapientia, le pourquoi du comment et que…

Ce à quoi il ne s’attendait pas c’est que l’informaticien craque complètement et se jette dans ses bras. Tout rancune ou colère fondit instantanément dans le cœur de Kim van Berghen. Shane avait eu largement le temps de réfléchir à la proposition et de considérer son état ainsi que ce qu’il faisait et avait fait. Peut être le discours du médecin avait finalement eu un effet sur lui ? Tant mieux dans ce cas là. Seul, oui…. Lutter seul était bien plus dur. Les amis servaient à cela, à aider dans les coups durs. C’était à ça qu’on reconnaissait les vrais amis non ? Ceux qui se rapprochent de vous lorsque vous en avez vraiment besoin. Qui vous ouvrent les bras et vous laissent pleurer sur votre épaule, ceux qui se réveillent en plein milieu de la nuit pour discuter avec vous et vous rassurer. Kim attendait juste que Shane ai fait le premier pas, celui d’accepter son offre, et il venait de prononcer les bons mots.

Vous n’êtes pas seul Shane, je vous aiderais et Aaron aussi.

Il avait passé un bras dans le dos du jeune homme, pour le réconforter mais sans que celui-ci ne se sente prisonnier de l’étreinte. Shane était plus petit que Kim, et celui-ci se revoyait presque dans ses souvenirs à réconforter ses enfants, lorsqu’ils avaient eu peur, ou qu’ils étaient triste. Lorsque lui-même était à la maison, loin de ses soucis quotidien, dans le cocon familial qui le protégeait et là où en tant que père de famille il devait protéger les siens de toute attaque extérieure. Au bout de quelques minutes, lorsqu’il sentit que Shane allait un peu mieux, il se décida à dire.

Venez, ne restons pas ici, cela vaudra mieux. Mais avant cela…

Il saisit les deux épaules de Shane et plongea son regard dans le sien.

Je veux que vous me promettiez sur tout ce que vous avez de plus cher de ne rien dire de quoi que vous ayez pu voir ici. Promettez-moi sur tout ce que vous avez de plus cher. C’est important, les mystères qui sont cachés à Nosco ne doivent pas être dévoilés, par pour les nosciens lambdas, il faut les protéger de tout ceci. Un mot de votre part et une catastrophe pourrait subvenir, or je pense que vous tenez à Nosco ainsi qu’à l’impératrice, vous respecterez ses règles, n’est ce pas ? Jurez-le !

Kim tenait à ce que Shane promette de ne pas révéler quoi que ce soit, qu’il s’impose à lui-même et sérieusement le sceau du secret. Il parlait d’une voix douce mais qui montrait très clairement qu’il ne rigolait pas, ce n’était pas une intrusion dans un lieu comme le département de la synthèse alimentaire, c’était plus grave. Une fois que le jeune homme lui répondit sincèrement, il pu se détendre et ajouta.

Je vous fais confiance, vous n’avez aucun intérêt à parler de quoi que ce soit.

De plus, Kim van Berghen doutait sérieusement que Shane ait eu le temps de voir quoi que ce soit d’autre que le panneau de contrôle qu’il avait du réparer, cependant on l’avait laissé seul et c’était la procédure. Un secret était un secret et c’était important, très important. Mais Shane semblait avoir compris et prit le tout sérieusement.

Doucement il entraina à sa suite l’être qui n’était déjà pas costaud en temps normal et qui semblait maintenant presque aussi léger que la plume Artèmîa. Il fallait fuir ces lieux maudits, là où les souvenirs du scientifique risquaient de rejaillir et où Shane pourrait craindre de se sentir mal. Il fallait sortir du labyrinthe du Sapientia et regagner l’air libre et sain du dehors. La proposition de Kim était sans sous-entendu, il voulait l’aider en tant que médecin et ami, et le canapé lui irait parfaitement, à moins que Shane préfère un autre endroit. Kim avait la chance de vivre au troisième étage de l’Aedes, comme Tristan Darek, l’étage le plus protégé… et pourtant l’enlèvement de l’informaticien y avait eu lieu. Trouver la sortie avait été la priorité, mettre le plus de distance possible entre Shane Lewis et le laboratoire. Avant de sortir totalement du Sapientia, Kim était tout de même passé par la case décontamination en cas de danger et changement de vêtements : enlever la blouse pour la remplacer par l’uniforme de la guilde approprié.

Je vous invite à manger un bout au réfectoire pour nous remettre de ces émotions, ou on se commande quelque chose pour une livraison ?
Demain je n’ai rien d’important à faire pour le travail, juste à travailler sur ordinateur. Si vous voulez je reste avec vous jusqu’à demain soir.


Le doc pouvait devenir une vraie ventouse lorsqu’il le fallait. Une fois qu’il s’était accroché à sa proie, c’était comme avec le diable, une fois que vous avez signé le pacte, il était trop tard pour revenir en arrière, et Shane avait de ses mots signé un accord tacite. Il acceptait d’être aidé. Ce ne serait pas facile ou agréable tous les jours, mais dorénavant Kim prenait le droit de l’aider même contre sa volonté, tout du moins jusqu’à ce qu’il aille mieux. A ces médecins et leur serment d’hypocrite… euh d’Hippocrate, pardon ! Levez la main et promettez en jurant sur les écrits de Joshi de toujours suivre vos patients jusqu’à ce que leur patience craque, promettez de les soigner et les chérir jusqu’à ce qu’ils se sentent mieux ou qu’ils trouvent l’âme sœur pour s’occuper d’eux! Je le jure !

Je n’ai absolument rien de médical sur moi, je vous promets, j’ai juste mon ordinateur portable dans ma poche. Vous n’avez donc rien à craindre de moi.


Dernière édition par Kim van Berghen le Dim 13 Fév - 1:28, édité 1 fois

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Re: Vade Retro, Scalpelas !

Message par Shane M. Lewis le Dim 13 Fév - 0:40

    [Petite réponse uniquement pour clôturer le sujet]

    Il n’avait pas l’air fin à s’être jeté de la sorte sur Kim, le pauvre docteur, il avait du être bien surpris. Un semblant de raison, enfin, dans les paroles de Shane ? Certainement. Il avait finalement admis qu’il avait besoin de l’aide de ce fameux docteur, que son corps quasi squelettique ne supporterait pas d’avantage de se faire martyrisé de la sorte par un gamin qui ne voulait pas entendre raison. C’était définitif cette fois. Il avait demandé de l’aide, il savait qu’il en aurait, il savait qu’il ne pourrait plus changer d’avis, que Kim n’avait attendu que ce feu vert pour s’acharner sur lui pour lui faire reprendre du poids et des couleurs. Condamné. Il était comme condamné, condamné à survivre. Et par cette condamnation, il se sentait mieux, plus léger. Il savait qu’il n’aurait plus à lutter contre lui-même, plus seul néanmoins. Il avait enfin une épaule sur laquelle s’appuyer, deux d’ailleurs, puisque Aaron serait de la partie.

    Shane finit par lâcher brusquement le docteur, se disant qu’une telle étreinte était inappropriée. Que dirait Silvio s’il voyait ça ? Surtout que Shane avait fait toute une scène quand il avait vu son amant caché sur Kim, lors de la fête noscoienne. Il n’était pas mieux là, n’est-ce pas ? Enfin, il avait qu’à être là aussi le Silvio ! S’il avait été près de lui, mon brigadier ne serait très certainement pas réduit à demander de l’aide à un DOCTEUR ! A la proposition de sortir, Shane acquiesça d’un signe de tête. Cet endroit lui donnait la chair de poule. Bon sang : tous ces scientifiques, tous ces scalpels, toutes ces choses bizarres et monstrueuses qui étaient fabriquées ici… Devait-il lui dire que … ? Non. Il n’en saurait rien. Il avait d’autres choses en tête à présent. Il voulait se sortir de l’enfer dans lequel il s’était fourré.

    "Je le jure."

    Shane avait finalement choisi le réfectoire, se disant qu’en état enfermé il ne savait trop où, il allait finir. Evidement, il n’avait pas manger grand-chose, juste deux ou trois petites carottes parce qu’elles lui rappelaient Silvio, mais il n’eut pas l’appétit d’en faire d’avantage. Ce ne fut bien que sur ordre répété de Kim que Shane accepta finalement de manger une partie de son dessert.
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Re: Vade Retro, Scalpelas !

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