Un informaticien en cage [RATING -17]

Aller en bas

Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Lian Grenfield le Mar 15 Fév - 1:47

[RATING -17 - âmes sensibles s'abstenir :
certaines scènes de ce RP peuvent contenir des passages choquants!]

Comment la rébellion réussissait à survivre et à faire trébucher la guilde ? Grâce à la congrégation, mais aussi aux rebelles infiltrés dans la guilde, voir dans la brigade lorsque cela était possible. Partout où ils pouvaient, lorsque certains rejoignaient leurs idées sans vouloir adopter leur mode de vie, ils avaient des contacts, où ils tentaient d’en créer. C’est ainsi qu’ils avaient réussi à infiltrer la brigade informatique, point stratégique. C’était risqué mais leur homme avait petit à petit gravit les échelons et étant doué en informatique, il pouvait crypter ses mails et avait donc moins de chance de se faire repérer. Il connaissait toutes les astuces, et il était plutôt tout feu, tout flamme. Un soir Rian McGregor avait eu la surprise de recevoir un mail de leur contact, leur annonçant une bonne nouvelle l’homme avait réussit, d’abord pour s’amuser puis en s’imaginant que les rebelles pourraient en tirer un bon parti, à ouvrir une brèche dans la sécurité de l’Aedes. Prenant pied sur un problème, il avait réussit à créer une ouverture dans le bâtiment hyper sécurisé. Il les avait averti rapidement, Rian avait donc pu vérifier, avertir Yan et ensemble avec Lian, ils avaient montés un plan, une idée de génie… Bon l’idée venait bien sur du chef des rebelles.

Judikhael avait été torturé uniquement mentalement, tout simplement parce que Yan Merling l’avait décidé ainsi, il avait été son parrain et savait que l’homme ne craquerait pas même sous la torture. Et puis surtout les négociations avaient été plutôt rapides avec la guilde, la rébellion voulait récupérer ses prisonniers. Mais cette fois-ci, ils avaient un coup d’avance, pas de réelles revendications importantes puisqu’ils avaient récupérés tous les leurs. L’important était de garder Tristan Darek alias Traktueur, pour paralyser la guilde et l’affaiblir, puisque l’homme était le meilleur informaticien de la brigade. Lorsque les deux bras droits de la confrérie s’étaient réunis avec leur chef, celui-ci avait simplement dit « carte blanche ». Carte blanche pour torturer Tristan Darek ? Ca voulait dire… Tout ce qu’ils voulaient ? La jeune femme avait lancé un regard à Rian, mais l’informaticien lui avait renvoyé un regard moqueur qui semblait dire « ce n’est pas mon rôle, mais j’aimerais lui parler avant qu’il ne puisse plus ». Lian avait approuvé d’un signe de tête, puis s’était plongée en pleine réflexion, autant préparer le plan d’une mission pour partir « là-haut », gagner un autre bunker, préparer une « rencontre » avec la brigade l’enchantait, autant elle n’avait pas vraiment le gout de torturer pour torturer. Surtout depuis qu’elle avait retrouvé quelques brides de son passé. Cependant il était hors de question d’épargner les brigadiers, sachant ce qu’ils faisaient eux même lorsqu’ils capturaient les rebelles. Œil pour œil, dent pour dent. Tristan n’était certes pas un homme de terre, mais il ne se différenciait en rien de ceux là. Combien d’années à Nosco et combien de condamnations et meurtres par sa faute ? Il méritait aussi de payer, s’il parlait en plus ce serait une chance… mais les chances qu’il lâche une information étaient minces.

La première chose qu’elle avait faite avait sans doute été d’en parler avec Angie, sa marraine, qui partirait en mission avec Inès et elle-même, puisqu’elle connaissait le « bonhomme ». Cependant elle ne lui donna pas grands conseils, la rassura beaucoup et lui confirma qu’il ne lâcherait sans doute rien même s’il fallait tenter… Bien, il faudrait donc tester ce qu’ils voulaient. Elle laissa donc une note électronique sur l’intranet du réseau tango des rebelles.

Sujet : Cherche des idées et des volontaires…
Message :
Vous avez sans doute entendu les rumeurs comme quoi nous risquons fortement d’avoir un nouvel invité pour la fin de la semaine. Notre convive étant une haute personnalité de Nosco, un accueil des plus chaleureux lui sera fait, et pour cela j’aurais besoin d’avoir des volontaires pour une ou plusieurs séances de têtes à têtes avec lui, dans le but de lui faire avouer ce qu’il sait. Être à plusieurs pour lui montrer à quel point « les rebelles s’amusent dans les souterrains » n’est pas un problème. Vous pouvez poster à la suite pour vous proposer. J’aimerais aussi des idées de tortures physiques ou morales, en bref… lâchez-vous et dites moi ce qui vous tenterais…

Gloire à la rébellion !
Lian G.

Autant vous dire que le sujet avait eu un grand nombre de réponses, non mieux cela avait été le sujet de tous les débats, celui qui avait reçu le plus de réponses, chaque minutes s’ajoutait une nouvelle proposition de torture, relayée par un nombre incroyable de demandes de rebelles voulant « en faire baver à l’ennemi ». Clairement les rebelles appréciaient l’idée et étaient prêt à donner le meilleur d’eux même pour en faire profiter à celui qui occuperait l’un de leur plus désagréable, mais grande, cellule du « confort » de vie dans les souterrains. Le sujet avait été sur toutes les lèvres, et lorsqu’enfin quelqu’un avait pu découvrir qui était ce fameux « guildien qui serait capturé », cela avait été encore pire ! Autant dire que Tristan Darek n’était pas celui qui portait le plus de soutien chez les rebelles. Il n’était certes pas le plus haït, Judikhael Wenfield ayant bien plus de points d’avance dans le classement des hommes à abattre, tout comme Lou Jiwi Kemshir cependant il avait un bon niveau… Dire que l’informaticien devait avoir les oreilles qui sifflaient aurait sans doute été un euphémisme.

***

La première nuit de Tristan, n’avait sans doute pas été la plus calme de son existante, premièrement et sans doute le plus grave, il avait été privé de son ordinateur, deuxièmement on l’avait revêtu d’une camisole, ce qui signifiait qu’il n’avait plus la liberté de mouvoir ses bras comme il le souhaitait, ce qui devait sans doute aussi l’empêcher de dormir confortablement. Troisièmement il avait été placé dans une cellule à l’aspect très rustique, pas forcement très bien nettoyée, on voyait de ca et delà des traces de sangs, ou d’autres substances physiques… Le sol était aussi boueux et plein de terre, quand au couchage, c’était une simple planche sans aucun confort, ni oreiller. Pourtant c’était l’une des plus grandes cellules des rebelles. Quatrièmement, la lumière resta allumée tout le temps, ainsi que les caméras fixées sur lui et chacun de ses mouvements… le pire était sans doute… le micro qui avait été activé pour qu’il entende tout… Tout ? Le bruit de la fête qui se déroulait au dehors, mais surtout la première torture que lui avaient réservée les rebelles taquins : ils avaient organisés rien que pour lui un karaoké. Le but ? Chanter le plus fort et surtout le plus faux possible dans le micro qui retransmettait tout à l’informaticien dans sa cellule, qui ne pouvait même pas se boucher les oreilles. Et ça rigolait dans la grande salle qui leur servait de réfectoire. Les verres se cognaient et le pseudo alcool coulait, Inès Dunkel était sans doute l’une des vedettes les plus appréciés de la soirée. C’était elle qui avait été cherché le grande Traktueur, et tandis qu’Angie avait plutôt cherché à fuir la fête, tout comme Lian qui avait tout de même chanté, Inès elle profitait pleinement de sa soirée ! On l’avait poussé à boire plusieurs culs secs pour fêter sa victoire, puis on l’avait poussé au micro… Et elle avait chanté… Longtemps et très faux… Bon avouons-le à la fin Lian avait été finalement collé dans les bras de la blonde et un duo avait été exigé, parce que « Il faut bien que celles qui l’ont mérités en profite »… Traduisez en langage non alcoolisé que les deux femmes avaient réussit un bel exploit et qu’elles méritaient d’en profiter et donc de hurler aux oreilles de Tristan. Un slow romantique qui s’était transformé en un concert de casseroles. Dire que Rian le fourbe en avait profité pour filmer et enregistrer tout cela pour selon lui « pouvoir repasser la cassette à Tristan encore une fois, car cette torture est vraiment la pire connue depuis que Nosco existe ! ».

La nuit avait été longue… pas très reposante, mais très amusante dans un sens. Inès s’était réveillée dans le lit de Lian, mais Lian s’était retrouvée dormant sur un des tapis dans la salle d’entrainement. Lorsque finalement tout le monde se leva, ils eurent la bonne surprise de voir que le planning qui avait été organisé avait été respecté, ceux qui s’étaient proposés pour « passer en premiers » étaient en effet dans la pièce avec Tristan. Première étape : kick boxing avec deux gros bras chargés de « lui remettre les idées en place », et tant pis pour le nez qui devait certainement le faire souffrir. A midi, ces charmants monsieurs sortirent pour prendre une pause et leur repas, tandis que d’autres les remplaçaient pour « tester le nouveau matériel », ce qui sous-entendait les nouveaux pistolets à impulsions électriques, ou tasers qu’ils avaient récupérés. Ces armes lançaient deux dards sur la cible, puis envoyaient une décharge électrique de 2 milliampères pour 50 000 volts, cette onde électrique bloque le système nerveux. Le pistolet envoie alors un signal appelé « ondes Taser », semblables à celles qu’utilise le cerveau pour commander le corps, qui bloquent les signaux normaux des fibres nerveuses. C’est une paralysie momentanée. Ca avait beau être une arme non-létale l’effet était loin d’être agréable, mais c’était une torture après tout… De plus les rebelles avaient veillés à uniquement viser les parties les plus sensibles du corps de Tristan : bouche, doigts, orteils et organes génitaux…. Il avait été décidé de laisser alors quelques heures de « repos » au prisonnier. A Nosco, les films étaient des courts-métrages, et de même les musiques n’étaient pas très longues. Cependant on ne voulait pas que Tristan oublie la joie des rebelles la veille au soir, et il avait été décidé qu’on lui repasserait en boucle une chanson qui durait exactement une minute… non stop et en boucle. Lian avait été sceptique face à la proposition, mais on lui avait assuré que l’effet était garantit au bout de quelques jours… Pas très rapide ou efficace comme méthode, mais elle avait accepté, ce n’était pas violent et puis ils avaient le temps… D’ici quelques temps Tristan chanterait lui-même la chanson sans aucun doute… Inlassablement la musique se répétait, sans fin et dans une promesse d’être là pour l’éternité, encore et encore et encore… Et bien sur, hors de question de diminuer la lumière, ou de lui laisser une chance de se cacher la tête dans ses bras, on lui avait attaché les bras dans le dos. Dans une position différente de la veille mais pas plus confortable pour autant. Ah oui et bien sur on lui avait apporté une assiette creuse rempli d’un met à l’apparence douteuse, et à côté une autre assiette creuse pour de l’eau. S’il avait faim ou soif, il devrait donc laper ce dont il avait besoin pour nourrir puisque ses mains étaient immobilisées.

Quelques heures pour rester seul et penser à la prochaine torture qu’il subirait. Les rebelles quand à eux étaient tout aussi joyeux, surtout les deux prochains tortionnaires qui arrivèrent, l’un portant de l’eau portée à ébullition, l’autre un briquet. Ils attachèrent l’informaticien à une chaise puis saisirent l’un de ses bras. L’un des rebelles mit le feu aux poils de celui-ci, les flammes commencèrent par roussir les poils provoquant l’apparition d’une odeur des plus désagréables, puis ce fut de légères flammes qui virent lécher le bras de Darek… Lorsqu’ils jugèrent que le petit jeu avait été suffisant, dans leur très grande pitié et humanité, ils versèrent l’eau à plus de cent degrés sur le feu pour l’éteindre, sans toutefois réduire la douleur de l’informaticien ou diminuer l’horreur de ce qu’ils faisaient. Ils étaient assez nombreux et imaginatifs pour avoir de nombreuses surprises à réserver à l’informaticien, leur nouveau joujou. C’était leur cadeau pour la Saint Joshi. Le destin avait été bien agréable pour une fois.

Le programme avait été chargé au niveau des tortures, et Lian avait décidé de laisser un type de pause un peu différent à l’informaticien. Elle ne tenait pas à subir la musique en boucle, toutefois elle voulait un tête à tête avec l’homme pour l’interroger. Qu’avouerait-il ? Le premier jour, sans doute rien. Ce qui n’empêchait pas les rebelles d’essayer et de lui mettre la pression. Cependant lorsque l’on interrogeait quelqu’un il fallait souvent jouer au « bon flic et au mauvais flic ». Si ses camarades avaient décidés de se défouler et de prendre le premier rôle, elle préférait endosser le second, il serait certainement plus intéressant, même si elle savait que dans ce cas là Rian la surveillerait espérant d’elle le plus de résultat possible. Tout savoir, n’importe quel détail pouvait être intéressant et utilisable. Elle s’était bien reposée depuis leur petite fête, et tout semblait rentrer dans l’ordre de sa vie normal, excepté l’excitation inhabituelle liée à la présence de Tristan. Elle s’habilla de manière sportive, et surtout avec des vêtements n’ayant aucun élément métallique ou rien qui puisse être utilisé comme une arme contre elle. On avait d’ailleurs retiré à Tristan tout ce qui pouvait l’aider à se blesser lui-même, non ce privilège là était maintenant réservé aux rebelles, ou aux autres… Lacets, ceinture…. Il n’en avait plus. Lian avait donc privilégié des vêtements confortables mais sans danger, après tout elle se sentait capable de le maitriser à main nue, en tout cas le temps nécessaire que l’aide débarque, s’il tentait quoi que ce soit. Ce qui n’était pas sur. Il était plus grand mais pas aussi musclé, et surtout il avait certainement été bien atteint par le début des tortures subies.

Lorsqu’elle entra dans la cellule, dont la porte se referma instantanément, un de ses amis la verrouillant pour elle, Lian fut surprise de voir à quel point on avait pu repeindre la cellule en rouge sang avec seulement une journée. Non les murs n’étaient pas couvert de sang, mais tout de même ! L’un des scientifiques de la base lui avait donné des compresses et du désinfectant, lui réexpliquant rapidement comme faire. Une « récompense » si Tristan se comportait bien. Elle déposa le tout sur la table, et alla détacher les liens qui enserraient les mains de l’informaticien. Il avait une trace de brûlures sur les bras, et son visage était couvert de diverses croutes de sang plus ou moins séchées. Il était difficile à dire s’il avait pu dormir une seule minute. Elle finit ce qu’elle faisait, avant d’aller s’asseoir sur la seule chaise laissée dans la pièce, elle jeta un regard vers le coin « alimentation » sans réussir à savoir s’il avait mangé ou pas. Elle ne disait rien, lui laissant le temps de se redresser, elle savait qu’il était réveillé, forcement il s’était rendu compte qu’on lui avait offert un peu plus de liberté, et que la porte s’était une fois de plus ouverte et refermée… Promesse de nouvelles tortures physiques ou morales…

Comment allait-il mentalement ? Physiquement il n’était pas très beau à voir. Encore heureux ses long cheveux blancs cachaient certaines des plaies. Son t-shirt avait été ouvert et si la température du bunker n’avait pas été maintenu il aurait sans doute eu froid… Mais chaque chose viendrait en son heure, rien n’allait être épargné à Tristan pour son futur. Autant dire qu’il pourrait donner une interview en revenant pour donner à la brigade anti-terroriste des idées de tortures faire. Lesquels étaient les plus créatifs ? Tristan ressemblerait il à une créature en revenant à Nosco, s’il y revenait un jour ? Peut être serait il un peu différent d’avant, mais pas forcement trop… Un des scientifiques avait demandé à lui ouvrir le crane pour trifouiller dans son cerveau et ses neurones, parce que « un génie tel que celui de Traktueur, ou Tristan Darek si vous préférez ce terme, cela mérite d’être exploré et compris ! ». Seulement rien que l’idée… Et puis c’était risqué, s’ils travaillaient mal Tristan pouvait perdre la mémoire, perdre l’usage de ses mains, de la parole… Les effets des tests lorsque l’on touchait au cerveau étaient un peu trop nombreux, et ils voulaient le conserver en assez bon état pour interrogatoire et aussi pour pouvoir l’échanger contre bien, monnaie ou personnes en cas de besoin. Il fallait donc le maintenir dans une certaine forme, et le cerveau était un sujet délicat. Après avoir demandé à Yan Merling, celui-ci avait appuyé le refus de son bras droit, au plus grand soulagement de celle-ci, et au désespoir des scientifiques. Ils pourraient s’amuser mais dans la limite de ce qui était souhaitable… on n’était pas à la guilde après tout !

Quand à Rian il s’était montré bien silencieux et pensif face à tant de déchainements, pensait il a son propre cas, si un jour on venait à l’arrêter ? Repensait il a cette fois, où Judikhael avait faillit lui mettre la main dessus ? Craignait il pour sa vie, ou de ne plus connaître réellement l’identité de son adversaire, car oui adversaire il demeurait à la brigade informatique. Tristan Darek était le meilleur, mais on l’avait remplacé, par des dizaines d’autres cerveaux sans doute, mais quelqu’un continuait de veiller, avec plus de difficultés sans doute, pourtant présent. Si les rebelles perdaient Rian mcGregor, ils perdaient tout ou presque, et pourtant la brigade et la guilde s’en sortait, sans doute car ils étaient plus nombreux, plus de matériel et d’hommes disponibles pour obéir. Cela semblait leur suffire pour survivre, jusqu’à quand ? Combien de temps faudrait-il à Virulino pour craquer leurs défenses et les faire s’effondrer comme un château de cartes. Car oui, il trouverait. Depuis que Tristan avait passé les portes du quartier général, il y avait travaillé avec acharnement et ténacité. Heures après heures, il voulait les abattre et pouvoir crier victoire. Voilà peut être pourquoi il ne s’était pas tant intéressé à son pire ennemi, malgré que celui-ci n’ai jamais été si proche. Traktueur avait il encore la moindre valeur sans ordinateur entre ses mains ? Peut être pas pour le jeune informaticien de la confrérie…

_________________
Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
avatar
Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Tristan Darek le Jeu 3 Mar - 6:19

Bonjour Louis, tu as bien dormi ? Susurra l'horrible voix, mielleuse à mourir, il en aurait vomi. Cette voix, ce visage, cette femme, il en avait horreur et devenait de plus en plus convaincu que s'il s'en sortait il n'aimerait plus jamais la moindre femme, il deviendrait si misogyne qu'il se sentait capable de persécuter la moindre d'entre elle. Ces femmes sournoises, vicieuses n'étaient que le produit du diable, c'était la tentation et la luxure qui l'avaient perdu.
Il ne s'en sortirait pas.

Enfermé, immobile, son souffle était régulier, son esprit était calme, extrêmement calme. Il était réputé pour la maîtrise de son esprit, sa colère n'éclatait presque jamais tout comme n'importe quelle autre émotion. Il ne savait pas exactement à quoi il devait s'attendre, à quoi on allait le confronter mais il avait des souvenirs plein la tête. Est-ce que cela l'aiderait ? Il n'en était pas très sûr, tout ce qu'il savait c'était qu'il pouvait le faire, il pouvait tenir jusqu'à la mort et ne jamais parler. Il ne lui restait plus très longtemps pour ancrer cette certitude au plus profond de lui, comme un programme source qu'on ne pouvait effacer sans tout rebooter et à ce moment-là il n'y aurait plus rien à avouer, il serait une personne vierge, comme à son arrivée.
Les yeux fermés, il se concentrait sur cette idée, il passait en revue tout ce qu'il connaissait , éliminant une à une les choses qu'il pouvait avouer et qui n'auraient aucun retentissement, parce qu'on aurait changé le système, parce que les mots de passe ne seraient plus les mêmes. Ce n'était qu'une mesure de sécurité, il ne devait rien dire, il ne devait pas montrer la moindre faiblesse car une fois le pas franchi, il serait de plus en plus dur de ne plus craquer. L'escalade vers la violence et la douleur allait être de plus en plus insupportable mais elle le serait moins s'il ne goûtait pas à la douceur d'un soin, d'un remerciement pour telle ou telle chose qu'il pouvait trahir.
Calmement, alors qu'il avait encore le temps de réfléchir sans trop de dégâts, il énumérait tous les arguments qu'il avait contre la rébellion, tout ce qui pourrait l'empêcher de dire quoi que ce soit. Lui aussi avait des convictions aussi fortes que les leurs, inébranlables. Ces gens-là étaient indignes du monde qu'il avait créé, de son œuvre, ils étaient avides de la violence et de la guerre, c'étaient eux qui avaient choisi de répandre ce mal, ils auraient dû y réfléchir à deux fois, il y avait tellement de possibilités, si seulement il avait pu leur en parler sans être sûr de parler à des sourds et d'être considéré comme un traître...

Aujourd'hui il n'était plus qu'une poupée, le jouet du sadisme et de l'esprit corrompu, tourmenté de ces hommes et de ces femmes. De quoi pouvaient-ils bien se réjouir ? Ils avaient capturé un être humain, ils allaient lui faire tout le mal possible, pour gagner quoi ? Espéraient-ils vraiment gagner cette guerre ? Pensaient-ils obtenir quelque chose de meilleur en tombant plus bas que l'ennemi qu'ils voulaient combattre ? Avaient-ils perdu leur raison, leur humanité ? Qui étaient-ils pour le juger, n'était-il pas qu'un homme de l'ombre ? Il ne s'en était pris qu'à ceux qui l'avaient attaqué, il avait tant sacrifié. Ici ou ailleurs, le monde et les hommes ne connaissaient pas la justice.
Lui à qui on ne l'avait jamais apprise en avait pourtant un semblant d'idée alors pourquoi eux, pourquoi leurs chefs qui ne pouvaient avoir eu de vie plus médiocre que la sienne ne l'appliquaient-ils pas ? Eux qui se disaient porteur de la plus haute justice, de la liberté. Et lui avait perdu tout ses droits, toute liberté, sans doute à tout jamais. Ne se sentaient-ils pas coupable de ne pas le traiter comme l'un des leurs ? Se croyaient-ils vraiment en droit de ne pas le traiter comme un être humain, de le juger, lui qui allait souffrir tout ce qui serait endurable ?

Il avait fermé les yeux, se fichant bien de la cellule dans laquelle on l'avait séquestré, il aurait tout le temps de l'observer et elle n'avait sûrement rien d'intéressant. Il voulait garder son calme et se concentrer sur son ultime objectif. Aujourd'hui il n'était plus informaticien, il n'était plus Tristan Darek, il n'était plus qu'un soldat et son devoir était de protéger les siens, les Noscoiens car si les rebelles prenaient le pouvoir, feraient-ils vraiment la différence entre les innocents et les coupables ? Ils puniraient ceux qui n'avaient pas embrassé leurs idéaux, ils installeraient une autre dictature. Oh si ce jour arrivait, s'il était vivant et qu'il le voyait, il ne voudrait pas vivre davantage.
Son esprit n'était pas agité, bientôt l'informatique lui manquerait cruellement, ce serait le premier jour où il n'aurait pas touché à un ordinateur mais il devait déjà s'y faire. Qui pouvait dire combien de temps il demeurerait loin de ses machines chéries ? Peut-être qu'aujourd'hui était le dernier jour où il aurait touché l'une d'entre elle. Il balaya cette pensée trop cruelle.
La torture ne lui faisait pas peur, il s'y était habitué depuis des décennies tel un Mithridate, autant mentalement que physiquement. Tout ceci n'était qu'une épreuve d'endurance et il voulait croire qu'il s'en sortirait, même s'il savait, tout au fond de lui, qu'il avait beau être l'informaticien le plus convoité de Nosco, qu'il avait beau être si précieux, on ne viendrait peut-être jamais le chercher. Les négociations pouvaient à tout moment échouer, à moins peut-être que les rebelles ne soient pas décidés à le rendre. S'il avait été à leur place, il aurait fait ce choix, c'était le plus efficace. Yan était-il un bon chef de guerre ?

Les rebelles n'avaient pas attendu longtemps pour commencer leur torture, ils étaient sans aucun doute pressé de la commencer, tels des rapaces avides de sang frais. Les charognards. Chanter faux, lui qui ne se servait pas beaucoup de ses oreilles semblait y être assez sensible et passé l'agacement, les fausses notes devinrent de plus en plus insupportables alors que la soirée avançait. D'abord passif, il décida assez rapidement de passer à la contre-attaque, se plongeant dans les méandres de son esprit pour y trouver quelque problème mathématiques à résoudre. Quand les chants se firent trop insistants, il les chanta à son tour, de manière juste, pas très forte, parfois ce n'était que des murmures mais ça permettait de rendre la chose supportable jusqu'à un certain point. Il lui arriva de hurler pour que ça cesse rien qu'un instant et puis il reprenait la même méthode avec autant de rigueur que de froideur, autant de détermination qu'il le fallait jusqu'à ce que les rebelles, fatigués, mettent fin à leur stupide fête.
Il lui sembla qu'on lui avait laissé quelque répit car il s'était assoupi, une heure ou bien une minute, jusqu'à ce que les gros bras arrivent et fassent de lui un amas de chair à pâtée, hurlant sa douleur, crachant son sang. Son souffle était court, chaque partie de son corps douloureux et par fierté ou parce qu'il était convaincu que ce serait inutile, il ne dit pas un mot.

Les murmures s'étaient emparés de son esprit, il l'entendait encore et encore lui murmurait ceci ou cela, des paroles insupportables montrant qu'elle le connaissait bien, vraiment très bien, elle lui disait toutes ces choses horribles qui avaient le don de le rendre fou, elle ravivait à sa mémoire ses plus mauvais souvenirs, ses plus grands méfaits. Sa voix sonnait comme celle de la sentence du jugement dernier.
Sorcière.

Un premier hurlement envahit la cellule alors qu'on venait de lui infliger la première décharge électrique. L'électricité, arme moderne et efficace pour infliger la douleur, une douleur si vive qu'il ne pouvait s'empêcher de crier, de prier que tout ça s'arrête. Il dut utiliser toute sa force mentale pour ne pas les supplier d'arrêter, il ne pouvait cacher sa faiblesse, sa douleur mais les supplier, ça ne servirait à rien, ils lui demanderaient encore et encore d'avouer, ils s'acharneraient davantage.
Et ses cris résonnaient en écho au bruit métallique de la grille secouée par les coups de l'enfant qui marchait le long de cette maudite haie. Les bras couverts de bleues, les joues trempées de larmes.

Une nouvelle décharge le fit sursauter et un cri de plus sorti de sa bouche déformée par la douleur, alors son corps se paralysait. Les yeux ouverts il voyait la femme le regardait avec son sourire, ce même sourire qu'il lui semblait avoir eu quelques fois. Entre ses mains tournaient un couteau parfaitement aiguisé mais ce serait plus plus tard, aujourd'hui la chaleur du feu brûlait son corps avec la même ardeur que les caresses de ses amantes rendues folles de désir. Il sentait son corps contre lui, elle l'embrassa sans qu'il réponde et de rage mordit ses lèvres jusqu'au sang, alors qu'il hurlait sous le coup d'une nouvelle décharge, alors qu'il proférait une série d'injures désuètes, qu'il criait contre cette femme qu'ils ne connaissaient pas. Ce n'était qu'une salope, qu'une garce.
Lorsqu'il fut trop épuisé et plus bon à rien on le laissa se reposer, lui accordant le plaisir d'écouter une musique particulièrement horripilante et qui se répétait au bout de très exactement soixante secondes. Allait-on le laisser des heures avec ce son-là ? Au bout de ce qui ressemblait à une demi heure, il était persuadé que oui. Au moins cela lui permettait-il d'avoir une notion du temps qui passait. Il tâcha de s'en détacher en récitant à voix haute nombre de formules mathématiques, de codes formant l'ensemble de programmes futiles, en vain. Alors il changea de solution et s'abandonna totalement à la musique, la chantonnant même, jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus de forces, qu'il ne l'entende plus. Oui, il fallait qu'il n'ait plus la moindre force, qu'il soit si faible que les tortures en deviennent inutiles, qu'il n'ait même plus le courage d'ouvrir la bouche pour dire un mot. Fervemment ancré dans cette solution, il avait shooté avec rage dans l'assiette de nourriture puis dans le verre d'eau. Au moins, s'ils avaient voulu le droguer, ça ne marcherait pas.

Mais l'on n'avait pas décidé de le laisser si facilement tranquille et à peine commençait à sombrer dans la léthargie qu'on le saisit violemment pour l'asseoir sur une chaise, l'attacher en serrant le plus possible les liens. Cette fois on le brûlait bien et il hurla encore plus fort, il avait si mal qu'il comprenait maintenant que les douleurs dont il se rappelait n'étaient que dans sa tête, qu'elles faisaient moins mal, que ce n'était que des souvenirs.
Et pourtant, il le sentait bien, le couteau glisser lentement sur sa peau, laissant derrière son passage une mare de sang, il effleurait tout juste les endroits les plus sensibles, il se plantait là où il n'y avait pas les organes vitaux et il criait tant il avait mal. Mais elle restait calme, impassible, il n'y avait que son sourire et la lueur de haine dans ses yeux. Elle résistait au désir de planter mille fois le couteau dans sa peau, jusqu'à ce que tout ne soit plus qu'un amas de chair informe, elle résistait à cette pulsion obsédante pour poursuivre son œuvre d'art, continuer à tracer les arabesques sur son corps nu et meurtri.
Il crut reconnaître la lueur de ce regard dans les yeux de l'un de ses tortionnaires et hurla de plus belle alors qu'on jetait sur lui l'eau bouillante pour éteindre le feu qui avait déjà trop brûlé son bras. Bientôt sa chair allait se boursoufler, se couvrir d'horribles cloques.

Je ne parlerai pas ! Cria-t-il, fou de rage. Arrêtez, je ne parlerai pas !

Il aurait pu leur dire qu'ils perdaient leur temps, que c'était totalement inutile mais argumenter l'était aussi tout comme il était stupide de vouloir leur faire entendre raison et de croire qu'il pourrait les convaincre. Alors il se tut, il se contenta de leur jeter un regard glacial pendant qu'ils ricanaient, visiblement amusés de la scène. Dès qu'ils sortiraient ils s'empresseraient de se vanter d'avoir tiré les premiers mots de leur prisonnier. Il s'en fichait bien, il faisait tout pour oublier sa douleur, pour arrêter de crier, pour faire cesser ses tremblements qui s'étaient emparés de son corps depuis des heures et des heures.

Était-ce un miracle si on le laissa tranquille quelques instants ? Ceux-ci ne duraient jamais assez longtemps tandis que les tortures étiraient follement les secondes, les minutes, tout ça devenait des heures, des jours, des mois. Il avait l'impression d'être enfermé ici depuis bien longtemps, peut-être depuis toujours, pris en étau entre le douloureux souvenir de la torture de Tristan, son esprit malade et cette nouvelle torture. Sa vie n'avait jamais cessé d'être une souffrance permanente et il n'était plus que l'ombre de lui-même, une ruine dont on n'avait plus rien à tirer.
Quand Lian Grenfield entra dans la cellule, il ne lui accorda qu'une demi seconde d'attention, ne cherchant même pas de réconfort dans ce qu'elle tenait dans ses mains, il savait que c'était pour lui faire parler, il ne devait pas céder aux douceurs, jamais, jamais, jamais. Son regard vide était braqué sur le mur en face de lui, repeint par son sang il formait d'étranges dessins où il croyait, dans un moment de folie, reconnaître des choses, des souvenirs, des visages.

Il ne cherchait pas à savoir ce qu'elle allait lui faire, ça viendrait bien assez tôt. Pour l'instant il était seul, seul avec cette femme. Il semblait avoir retrouvé son calme, il avait l'air serein mais ce n'était qu'une apparence, au fond de lui avait lieu une autre bataille.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Lian Grenfield le Ven 11 Mar - 2:08

Elle s’était installée sur une chaise qu’elle avait apportée, pas très confortable mais assez pour passer quelques minutes, elle avait amené avec elle son précieux butin, la lettre de l’informaticien. Le papier à Nosco était rare, tout autant que l’écriture à la main, trouver une lettre était donc un évènement exceptionnel, encore plus une lettre adressé à Tristan Darek. Ce morceau de papier avait de la valeur, et encore plus car il ne l’avait pas détruite comme il aurait surement détruit la plupart des preuves de son passé. Elle s’était installée sur la chaise, et plutôt que d’aller agresser Tristan, elle s’était replongée dans la lecture de la lettre qu’elle avait déjà lu et relu plusieurs fois, mais tant pis. Lire les lignes manuscrites lui donnait toujours un petit frisson, parce que c’était si inhabituel ? Parce que les mots couchés sur le papier étaient si doux et tendre envers Tristan ?

Quelqu’un qui avait connu Traktueur était passé du côté rebelle, il ou elle lui avait écrit ces mots. Ce n’était pourtant pas Angie, Lian lui avait demandé, la jeune femme avait même lu la lettre, donnant à Lian quelques noms probables sans assurer à cent pour cent d’avoir une vraie réponse. C’était quelqu’un qui croyait à la liberté et à sa vraie définition. « La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté en fonction des moyens dont on dispose sans être entravé par le pouvoir d'autrui. » L’absence de contrainte, pas de soumission à un quelconque pouvoir que l’on jugerait inapproprié. Chacun était autonome et avait la possibilité de prendre volontairement des décisions sans être soumis à tout un arsenal de loi qui contraindrait certaines libertés comme celle d’expression, de mouvement, d’opinion… Mais Nosco ne faisait pas que briser les libertés personnelles, puisque comme toute bonne tyrannie, il fallait aussi briser les libertés collectives comme celle de la presse ou de réunion, tout ce qui était publié était censuré, toutes réunions contre le régime interdites et sévèrement réprimées… Un message de communication avec les rebelles ? C’était son nom dans un dossier et des suspicions de trahisons…

Les paroles écrites touchaient le cœur de la rebelle, surtout le passage évoquant les raisons du choix « y a l'espoir, l'espoir d'être heureux, de pouvoir vivre librement et tant d'autres choses ! ». Oui la rébellion était synonyme d’espoir pour tous. Et pourtant l’informaticien n’avait visiblement pas choisit de suivre la voie de son ami, puisqu’il avait préféré rester dans la Guilde et la brigade et monter en grade. Pourquoi ? Le regrettait-il ?

Pourquoi avoir abandonné l’espoir ?

Elle soupira, se glaça devant les paroles de réponses. Elle ne pouvait pas parler, ou discuter avec son ennemi, il n’avait jamais voulu parler, ni dans le réseau, ni dans le vieux sanctuaire. Il ne commencerait pas maintenant tant pis, il en subirait donc le châtiment, elle ne pourrait pas l’aider plus. Elle quitta les lieux et presque instantanément il y eu de nouveau la musique, mais celle-ci était accompagnée d’infrason, indétectable à l’oreille mais aux répercussions assez importantes. Les très basses fréquences peuvent parcourir de longues distances, et facilement traverser les murs et les véhicules, mais on avait isolé Tristan dans une salle spéciale, celle des tortures et les effets physiques ne tarderaient pas à se manifester : nausées, diarrhée, désorientation, vomissement, dommage potentiel des organes internes, jusqu’à la mort. Il avait été décidé qu’à partir de ce moment là la torture deviendrait plus intense et surtout sans aucun « sens ». Il fallait désorienter le sujet, ne plus lui laisser aucune connaissances des données telles que le jour ou la nuit, ou bien les mensonges ou la vérité, être sec ou humide, manger ou boire, il devait être totalement sous contrôle, on le droguerait pas tous les moyens possible pour le faire avouer, que ce soit par l’alimentation ou par injection. On l’interrogerait parfois pendant des heures, parfois simplement quelques minutes pour lui faire perdre la notion du temps, parfois gentiment parfois très méchamment, avec une voix élevé et des cris. Sans aucune raison, pour le plaisir de le faire tourner en bourrique. Non, parce que c’était la meilleure façon de détruire un ennemi. La plus sophistiquée, celle testée et approuvée par les scientifiques.

On avait aussi décidé de le ré-attacher de manière à ce qu’il ne se sente pas bien, il ne pouvait plus s’allonger pour dormir, la musique était constante et l’empêchait donc de trouver un quelconque moment de repos. Quand il mangeait c’était une nourriture assez infecte et sans aucun gout. Au bout d’une semaine suivant ce schéma qui comportait bien sur le quotidien tabassage et interrogatoire, qui pouvait se répéter plus ou moins de fois. La semaine suivante fut déclinée sur le thème polaire, chaque fois qu’une personne entrerait ou sortirait de la pièce, elle se devrait de fouetter le prisonnier dont les blessures commençaient à s’accumuler malgré la patience de ceux qui le soignaient pour qu’on puisse continuer à le torturer. On lui avait aussi arraché plusieurs ongles, les blessures étaient vraiment horribles et il avait été décidé d’arrêter celle-ci. Ils avaient aussi amené un nouvel « accessoire » dans la pièce, une sorte de grande baignoire, ou plutôt de bac assez grand pour contenir au moins en partie l’immense Tristan plus grand qu’un mètre quatre-vingt-dix ne passait dans pas grand-chose… La température de la pièce avait été descendue pour frôler les zéro degrés, tandis que leur hôte avait été ligoté dans le bac contenant de l’eau gelée. On lui avait retiré ses vêtements, ce qui devait sans doute rendre la douleur de la morsure du froid encore plus intense. Une eau aussi glacée que celle de l’Arctique ou de l’Antarctique, et des petits glaçons qui flottaient là partout, comme des petits canards décidés à venir jouer avec lui dans la baignoire pas assez grande pour caser son grand corps détraqué. L’eau apaisait elle ses douleurs ? Pas vu la façon dont il avait été installé, il n’avait pas la place de se détendre dans le bain. Cependant l’eau devait apaiser l’odeur qui se dégageait du corps, lui faisant prendre une douche, lavant ses plaies par la glace. Il faisait froid, tellement froid… à en faire bleuir ses lèvres sans avoir besoin d’un quelconque produit de maquillage.

_________________
Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
avatar
Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Inès Dunkel le Dim 13 Mar - 16:44

[HJ: tout ce qui a été fait dans ce post a obtenu le consentement éclairé des personnes concernées. Le passage caché est disponible sur demande, mes poussin.]

"- C'est lui, Traktutu ? Il a pas l'air si terrible..."

Inès était entrée dans la cellule, avec quelques "collègues" ingénieurs. L'avantage, quand on s'appelait Inès Dunkel, était que l'on avait toujours des camarades prêts à vous soutenir dans vos actions. Grâce à ceux-là, et l'approbation d'autres, elle avait obtenu le droit de s'occuper de celui qu'elle surnommait presque affectueusement "Traktutu".
Lorsque l'annonce avait circulé sur le réseau, Inès et quelques-uns de ses camarades s'étaient retrouvés dans la grande salle et, de là, avaient fait un pot-pourri d'idées. A plusieurs, ils trouvaient des choses vraiment très... Intéressantes, dirons-nous. On avait désigné une scribe qui écrivait tout, et cett dernière s'était vite retrouvée débordée. "Attendez, moins vite ! J'en suis restée à la petite cuiller !". Au bout d'un moment, on s'était décidé à poster tout cela en un long message au milieu de toutes les mini-réponses à l'annonce. Si avec ça les supérieurs ne trouvaient pas d'idées, ils ne voyaient pas ce qu'il leur fallait !
Dès la soirée, la torture avait commencé, pour le plus grand bonheur des rebelles. A vrai dire, ils n'avaient pas imaginé la chose comme ça mais pourquoi pas ! Ce n'était pas Inès qui cracherait sur un peu d'alcool ! Oh, puis ça tombait bien, on lui en avait servi plusieurs verres ! Le bonheur pour sa petite gorge trop sèche ! La suite, elle ne s'en souvenait pas très bien (donc elle avait VRAIMENT dû beaucoup boire). Elle se souvenait vaguement avoir chanté, et avoir eu Lian près d'elle...
En revanche, elle se souvenait très bien de son réveil. Un réveil à l'odeur de Lian... Elle avait ouvert les yeux sur les draps de sa bien-aimée. Un bref instant elle avait eu un peu d'espoir quant à la tournure de la soirée... Mais non. Lian n'était pas avec elle. Faux-espoir et déception...
Les premières journées, ses collègues s'étaient occupés de Traktueur. Sans délicatesse, paraissait-il. Chic ! Ca laissait le temps à Inès et ses comparses de trouver et mettre au point leurs idées...

Inès observa un moment sa future victime. Les collègues s'étaient vraiment défoulés dessus... Ca faisait plaisir à voir ! Sans plus tarder, elle posa à terre, délicatement, quelques petits bouts de métal. Des abeilles électroniques. Au repos, pour le moment. Leur fonctionnement était assez simple: elles étaient attirées par la chaleur, et programmées pour vrombir et... Piquer. De mini-dards avaient été installés et, avec le partenariat des scientifiques rebelles, on avait même réussi à y intégrer une substance qui devrait créer cher Darek de terribles démangeaisons.
Inès et ses collègues sortirent de la pièce et, à distance, mirent en marche les bestiaux, en surveillant grâce aux caméras la réaction de Traktueur...



"- Ca, tu vois, c'était mon idée, et j'en suis très fière !"

Inès baladait avec elle une sorte de combinaison un peu bizarre. Gaiement, elle sautillait, en direction de la cellule de Tristan, en expliquant à ses camarades ce qu'était cette chose. Sur cette combinaison, il y avait des parties dures, en métal. Une partie définissait la courbe du dos, l'autre un angle maximum pour le coude, l'autre préparait l'angle des jambes... Bref, cette combinaison devait maintenir Tristan Darek à peu près à quatre pattes. La partie "tête" de la combinaison était dans un latex bizarre, et une sorte de muselière empêchait la parole. Deux oreilles avaient été ajoutées, pour l'esthétique. "Cool, non ?" Inès avait même fait l'effort de mettre de la couleur là-dessus, et des couleurs bien pétantes: roses flashy, jaune fluo, bleu électrique. C'était laid, ça la faisait rire. D'autant plus qu'elle avait déjà prévu la laisse !
On ouvrit la porte de l'antre de Darek.

"- Allez mon grand, c'est l'heure de la promenade !"

Les gros bras qui accompagnaient Inès s'occupèrent de mettre l'informaticien dans ses nouveaux habits, chose qui ne fut pas aisée. Ceci étant fait, Inès lui passa la laisse, et tira un bon coup dessus.

"- Allez mon poussin, viens prendre l'air !"

Aidée par les coups de pieds des deux autres pour faire avancer Darek. Le programme ? Une virée dans la grande salle. Il était assez tard pour que les rebelles soient pour la plupart en train de manger. Ils y en auraient bien quelques-uns pour filmer/photographier la chose, d'autres pour trouver des idées ! Et si on lui apprenait l'obéissance ? Assis, Traktueur ! Assis ! Couché, maintenant !
avatar
Inès Dunkel
~ Rebelle ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Âge réel : 5 ans
Âge d'apparence : entre 16 et 26

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Tristan Darek le Ven 8 Avr - 0:14

Il n'avait rien répondu. Il aurait pu trouver physiquement la force pour lever les yeux sur elle, lui dire quelque chose, il n'avait pas besoin de lui mentir ou de se moquer d'elle mais il ne savait pas quoi lui répondre, il aurait pu lui raconter toute sa vie, autant son passé que celui de Louis, il aurait pu dire bien des choses mais en réalité il ne savait pas. Était-ce un enchaînement de conneries et de malheurs ? Était-ce le fruit d'un pur hasard ou parce qu'il était écrit qu'il en serait ainsi ? A vrai dire il n'avait jamais cherché les réponses qui auraient pu l'aider, il avait seulement cherché des souvenirs et ceux-ci avaient détruit son âme, à tout jamais. Ils l'avaient fait bien avant qu'il se souvienne, il savait que rôdait ce mal en lui, ces ténèbres qui le dévoraient, il le savait inconsciemment mais son esprit était buté borné, son obsession, c'était bien elle, le pire de ses maux.
Alors il s'était tu. On dit qu'un silence est souvent bien plus éloquent que des mots mais ici, était-ce bien vrai ? Après tout, peut-être doutaient-ils de ses forces, de ses capacités mentales, peut-être commençaient-ils à se demander s'ils avaient attrapé le bon Tristan ou si cet homme-là, qui se disait être Traktueur depuis toujours n'était pas qu'un faux, un leurre dont l'impératrice et ses brigadiers se fichait bien.

Prostré, il ne disait rien, on l'entendait à peine respirer et il ne bougeait plus depuis la dernière fois qu'on l'avait touché. Il n'avait même pas regardé la rebelle, il avait seulement entendu ses pas, le froissement d'une feuille de papier, ses mots. Avait-il au moins compris qu'elle lui parlait de cette lettre à laquelle il semblait autrefois accorder tant de valeur ?
Elle ne resta pas longtemps et il n'éprouva ni crainte à l'idée de ce qui allait se passer, ni soulagement qu'elle s'en aille. Pouvait-on encore éprouver quelque chose quand on vous avait retiré le statut d'homme, quand la seule liberté qu'on n'avait pas encore perdue, c'était celle de penser ? A vrai dire tout était confus, les maigres repères qu'il avait construits lui filaient peu à peu entre les doigts et dans son regard on ne lisait rien d'autre qu'un chaos de pensées et de sentiments étouffés par tout ce qui se passait autour de lui.
La musique l'emmenait au-delà du supportable mais il fallait tout de même supporter, qu'il essaye de ne plus l'entendre, qu'il en devienne fou, qu'on lui fasse davantage de mal, qu'il se laisse crever, la musique ne cesserait pas, la musique ne cesserait jamais, même lorsqu'on la coupait, il l'entendait encore et toujours, peut-être qu'il n'y avait plus qu'un écho lointain ou bien qu'elle était plus forte, il ne faisait plus la différence, il ne comprenait plus le monde autour de lui. Comment tout cela avait-il pu changer ? Est-ce que ça durerait toujours ? Est-ce qu'il allait s'en sortir ? Est-ce qu'il était en enfer ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Comment était-il arrivé ici ? Pourquoi est-ce qu'on lui faisait ça ? Qu'est-ce qu'ils voulaient ? Qu'est-ce qu'elle lui voulait ? Pourquoi est-ce qu'il y avait cette voix ? Quel était ce couteau qui lui faisait si mal ? Pourquoi est-ce qu'il sentait parfois les coups s'enfoncer dans sa peau, qu'il avait mal, si mal ? Mais qu'est-ce qu'ils voulaient à la fin ? Pourquoi est-ce qu'on ne lui disait pas ce qu'ils voulaient ? Pourquoi est-ce qu'ils faisaient ça ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Dans un gémissement entre la douleur et la folie, une sorte de râle étrange qui déformait sa voix grave, il se laissa tomber au sol, serrant avec les maigres forces qu'il lui restait ses genoux endoloris, couverts de bleus et de plaies à moitiés infectées. La douleur était devenue pour lui quelque chose de normal, la violence aussi, comme s'il n'y avait jamais rien eu auparavant et que c'était le schéma habituel. Il avait oublié le bonheur de passer des heures à taper des lignes de codes ou à les étudier, il avait perdu la sensation de bien-être quand il se laissait tomber dans son lit moelleux et qu'il se glissait sous la couverture chaude, au milieu de ses milliers de coussins qui formaient un petit nid douillet et protecteur. La peur était devenue une constante et il ne se souvenait plus jusqu'où il était allé dans son chaos exponentiel.
Le reboot n'était pas possible, il n'y avait pas de masque sur ses yeux et il avait longuement griffé la paroi qui le séparait de sa vie, croyant qu'il ne pouvait s'agir que d'un mur virtuel et qu'il ne fallait plus y croire. Hagard, il restait longtemps regroupé sur lui-même ou dans une position étrange, incohérente, à attendre que les heures-secondes s'écoulent, que quelque chose se passe, qu'il trouve une idée folle au fin fond de son esprit déjà trop malade. Le vide s'était abattu sur lui comme le drapeau victorieux de sa folie. Il ne voyait plus rien, il ne pensait plus, à vrai dire, tout ce qui existait n'avait plus aucun sens pour lui, définitivement, il ne comprenait plus rien.

Est-ce que chaque jour c'était pire ou moins douloureux ? Sa mémoire autrefois si fidèle avait été ébranlée et comme l'oublié qu'il avait été, il sentait des pans entiers de son histoire lui échapper. Qui étaient ces hommes et ces femmes qu'il voyait ? Que faisait-il là ? Quel était son but ? Était-il seulement quelqu'un ? Avait-il seulement un nom ?
Mais le pire c'était sa tête qui explosait et qui l'empêchait de réfléchir correctement, son dégoût permanent, son horreur, sa terreur, sa haine, ses nausées, sa détresse, ses tremblements permanents, sa voix qu'il ne reconnaissait plus, sa lucidité qui s'évaporait. Il devenait fou, fou.

Le froid. Il faisait tellement froid, partout, tout le temps. Et cette eau, partout de l'eau, trop d'eau. Non, il ne voulait pas, il ne voulait plus. Parfois il jetait des regards terribles autour de lui.
Mais le pire c'était quand tout revenait et le giflait avec plus de force que ne l'aurait fait le rebelle aux plus gros bras. Il se rappelait de tout, il n'oubliait pas, c'était seulement tout ce qu'ils lui faisaient qui le désorientait un peu trop parfois. Alors il savait. Il n'avouerait rien mais on ne viendrait pas le chercher, on ne l'atteindrait jamais assez profondément pour le détruire mais il allait mourir ici.

Au-dessus de sa tête planait l'obsession
De tant de trahisons. Insoupçonné poison.
Un long Requiem pour une si triste vie,
Ou peut-être juste le temps d'une accalmie ?

*

Une cage sans barreaux, un mal qui le rongeait jusqu'aux os.
Il avait cessé de se poser des questions, tout ça ne servait qu'à le faire ruminer, qu'à le perdre, il devait se ressaisir, trouver quelque chose tout au fond, bien au fond de lui qui lui permette de résister, de trouver la force de lutter jusqu'au bout, sans doute jusqu'au moment où son corps n'arrivera plus à combattre.

On l'avait frappé, longtemps, souvent ; on avait manipulé son esprit dans tous les sens, en vain ; on avait maltraité encore et toujours son corps, si bien qu'il ressemblait plus à une serpillère sale et puante qu'à un être humain digne de ce nom. Son corps était couvert d'ecchymoses, de brûlures, de plaies mal cicatrisées, il avait énormément maigri, au point qu'il ne lui restait cette fois plus qu'une fine couche de peau sur les os, les dévoilant indécemment en de nombreux endroits. Son visage lui non plus n'était pas beau, complétement défiguré par les blessures qu'on lui avait infligées, méconnaissable ainsi recouvert par des cheveux gras, qui avaient perdu toute leur candeur au profit d'un grisâtre qui n'avait rien de naturel. Dans des moments de pure folie, il lui était arrivé de se les arracher mais aussi rapidement qu'il avait commencé, il s'était arrêté, sans que l'on comprenne pourquoi.

Désormais ni le jour ni la nuit n'existaient, il errait entre ses moments d'inconscience, de demi sommeil et ceux où son activité était plus cérébrale que physique. Et puis il y avait tous ces moments où il n'était pas seul, où on lui infligeait les pires choses qui avaient dû naître dans leur esprit malade et dérangé. Dans sa tête une conviction s'était formée : les rebelles n'étaient plus des hommes, quelque chose les avait aliénés au point qu'ils avaient perdu toute notion de justice, de morale, toute notion de leurs propres idéaux. Ils s'étaient entraînés dans une guerre où la fin justifiait les moyens, où tous les coups étaient permis pour gagner. Mais dans sa tête il savait une chose : c'était ce qui les ferait tomber car, sans s'en douter encore, ils s'étaient déjà trahis eux-mêmes. Et c'était bien la pire des trahisons.
Pourtant ces belles pensées n'empêchaient pas la douleur de le frapper au plus haut point, loin de là, les rebelles étaient aussi acharnés qu'il pouvait l'être devant un travail qui avait eu le malheur (ou le bonheur) de s'emparer de son esprit. Et chaque jour semblait pire, plus douloureux, plus humiliant. Il fallait dire que les bleus malgré l'incompétence qu'on aimait bien leur décerner rivalisaient d'idées aussi sophistiquées que pitoyables et inefficaces pour le faire parler.

On pouvait même dire qu'ils devaient être sacrément frustrés pour lui infliger de telles choses et qu'ils n'étaient pas aussi coincés que certains brigadiers aimaient le prétendre, du genre « ceux-là, ils ont vraiment un balai dans le cul ». C'était vrai que les choses pouvaient porter à confusion quand on savait qu'ils croupissaient dans les souterrains comme des lièvres couards, préférant se cacher dans les lieux les plus glauques plutôt que de mener un vrai combat, un de ceux qui les sortiraient de leur bienfaisante et protectrice ombre, des petites machineries de chacun des dirigeants. Mais peut-être n'avaient-ils pas eu l'idée de prendre un fusil pour aller tuer le chasseur, après tout on pouvait noter leur grande créativité mais leur absence totale de résultat venait sans doute d'un manque flagrant de technique ou d'une confusion sur les points qu'il fallait toucher.
Tout cela venait sans doute du fait qu'il était torturé par des hommes de terrain et qu'il était un homme de l'ombre. Leur différence de nature leur empêchait-elle de se comprendre réellement ?

Son regard se leva sur la gamine qui lui montrait sa dernière brillante invention. Son regard était fade et sans éclat, à la fois las et vide de tout espoir. Il avait abandonné l'espoir parce qu'il avait fallu le faire, pour ne pas risquer de sombrer davantage dans le désespoir une fois qu'il aurait compris qu'il n'y avait en fait absolument rien à espérer. Oui, il n'avait pas voulu faire une deuxième fois la même erreur.
Cette gamine, il ne la connaissait pas, il ne pensait plus qu'elle avait été l'une des rebelles à l'enlever, il ne voyait plus qu'elle était blonde, qu'elle avait des rêves plein la tête, des déceptions, de l'espoir. Il ne se demandait pas qui elle était, pourquoi est-ce qu'elle était devenue rebelle parce qu'elle était aujourd'hui aussi peu humaine que lui, malgré ses sourires, malgré sa joie apparente et qui paraissait si fausse, si étrangère à ses yeux.
Son regard se détourna, ce n'était même pas la peine de réfléchir à ce qu'on allait encore lui faire, de regarder comme eux se pouvaient se délecter à regarder un spectacle aussi immonde, les voyeurs. Il se laissa faire, supportant tant bien que mal tout ce qu'on pouvait bien lui infliger, parce qu'il était impuissant et qu'il gardait toutes ses forces pour que son esprit poursuive le combat, le seul qui mérite réellement d'être mené. Ils avaient oublié que sa force ne résidait pas dans son corps mais dans son esprit et qu'il avait depuis si longtemps négligé l'aspect physique qu'il supportait, qu'il arriverait sans doute à supporter jusqu'à ce que son corps le lâche et que son âme se casse en leur faisant un pied de nez.

C'était sans doute humiliant, la panoplie qu'ils s'étaient fait un plaisir de lui faire enfiler, lui n'avait conscience que de l'idée en elle-même, dans ces moments-là, son cœur s'asséchait, ce qu'il avait de fierté se taisait et il se terrait au plus profond de son esprit pour avoir une chance de résister une fois de plus, en se convaincant que tout ça, ce n'était que de la matière, rien de vraiment important et qu'il n'en avait rien à foutre, que tout ce qui comptait c'était de survivre et de protéger son esprit. Mais qu'espéraient-ils de toute manière ? En informatique tout se changeait si facilement, si rapidement, ils avaient sans doute déjà creusé en profondeur une solution de sécurité alternative, ils avaient dû tout élaborer, prêts à tout changer à la moindre attaque trop grande, leur vigilance avait due être décuplée, peut-être même avaient-ils préféré tout changer, juste au cas où. Quelles autres informations pouvait-il leur donner ? C'était stupide, cette guerre n'avait pas de sens. Non, eux aussi avaient laissé de côté l'espoir, ce qu'ils voulaient c'était le détruire mais il avait trop travaillé à ériger ses forteresses tout comme il avait construit ses systèmes informatiques, il y avait passé trop de temps pour tout laisser s'écrouler trop vite. Il lutterait et quand il ne s'en sentirait plus la force, il se servirait de tout ce qu'il lui resterait pour mettre un terme à son supplice. Sans fierté, sans penser qu'il mourait alors dignement, sans sépulture.

On tira sèchement sur la laisse qu'on s'était fait un plaisir de lui attacher et il ne put qu'avancer en poussant un espèce de râle presque animal. Ça devait les réjouir, ils devaient bien se marrer mais il n'entendait plus. C'était juste assez pour qu'il lui jette un regard méprisant, quelque chose qui voulait dire « pauvre fille, tu crois vraiment à ce que tu fais ? Tu crois m'humilier, mais où est passée ta propre fierté, toi qui t'abaisse à la pire des monstruosités, celle qu'autrefois tu disais combattre en te retournant contre l'impératrice et sa soi-disante dictature ? ».
Elle n'avait sans doute rien compris, après tout leurs regards ne s'étaient croisés que le temps de quelques secondes et il fallait sans doute faire preuve de génie pour comprendre et réussir à interpréter la complexité du langage visuel, dans toutes ses incertitudes, dans toutes ses ambiguïtés. Elle qui n'avait jamais connu la torture demeurait inconsciente – innocente ? – et n'acquerrait peut-être jamais cette sagesse que seule la douleur, la vieillesse pouvait apporter. Sans doute n'avait-elle jamais rien connu de tel et que le poids des années n'avait pas encore fait son douloureux travail. Peut-être qu'il se trompait, Yan qui était là depuis si longtemps, ne pensait-il pas la même chose que lui ? Ne voyait-il pas la vanité dans tous ces actes ? Il laissait s'amuser ses fidèles sans sentir le moindre poids sur sa conscience, il avait décidé de gagner cette guerre par tous les moyens et de se rendre pire que l'impératrice elle-même, elle qui ne s'était tout de même pas abaissé à de tels gestes, car aujourd'hui, dans un éclair de lucidité, il venait de comprendre. Joséphine n'était, quand on le regardait bien, qu'une femme qui portait elle aussi son propre fardeau. Et Yan n'était irrévocablement qu'un imposteur.

Qu'importe, voilà qu'on l'emmenait faire sa ballade, lui qui n'avait rien d'un molosse ou d'un caniche. Dieu que le monde était tombé bien bas.

*

Les heures, les minutes, les secondes. Il savait bien où il était, ce qu'il faisait là, comment tout cela finirait, seul son esprit gardait un peu de vie, cherchait une solution au problème insoluble.
Peu importait le monde, peu importait la torture, les idéologies, les ennemis, les alliés. S'il était un monstre, les hommes étaient des déchets qui lui donnaient la pire des nausées. Que ce soit Dieu, la destinée ou le pur hasard qui lui tombe sur la gueule ou qui veuille le punir, il n'en avait plus rien à foutre.

A ce moment-là il avait ouvert les yeux
Avec une nouvelle lueur et un problème
Dans la tête, qu'il pourrait un jour le résoudre
Qu'il soit Son Prisonnier ou non.

*
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Lian Grenfield le Mer 15 Juin - 1:43

On venait de fixer la tête de Tristan Darek entre deux barres de fer qui lui enfermaient le crâne en s’enfonçant légèrement dans la peau, il ne pouvait plus bouger, et on l’empêchait de faire le moindre mouvement avec des lanières de cuir, qui le brulaient vivement s’il tentait quoi que ce soit. De même, on avait emprisonné son torse et ses membres supérieurs. On avait décidé de lui laisser la possibilité de bouger ses jambes et son bassin, sachant qu’il n’aurait plus la force de se dégager. Il avait aussi la possibilité d’ouvrir un minimum la bouche, même si on doutait qu’il parle, ou qu’il ne hurle. Tant pis, l’important était qu’il ne puisse échapper à la torture qu’on lui avait préparé avec tant de soin et de minutie. Elle était toute simple et consistant en deux « épreuves » assez douloureuses, accompagné bien entendu de la traditionnelle musique répétitive, dont les rebelles ne doutaient plus qu’elle rendrait Traktueur fou. Si on lui avait attaché l’encéphale, c’était pour diriger son regard en plein sur l’horrible lumière qu’on avait collé au plafond, car oui Tristan avait été allongé sur son lit pour y être attaché avec tout l’attirail qu’on avait prévu. L’ampoule et l’intensité de la lumière avait été prévu pour pouvoir percer même à travers les paupières du pauvre condamné. Oui, il ne pourrait plus trouver le sommeil sans échapper à la lumière, mais de toute façon on ne lui laisserait pas la possibilité de se reposer malgré sa position horizontale.

En effet l’attraction principale de cette torture résidait en un élément assez simple et pourtant des plus désagréables. Une simple goutte d’eau, relâchée à intervalle régulier et qui s’écraserait en plein milieu du front du prisonnier. De quoi l’occuper et surtout l’énerver. Sentir l’eau qui gouttait, puis coulait d’un côté ou de l’autre, sans pouvoir arrêter l’enchainement continuel, sans pouvoir faire prendre de la vitesse à l’eau qui coulait lentement sur la peau. Devoir sentir les traces laissées par les différentes larmes d’eau, ne pas pouvoir les effacer et éprouver leurs sillons sur son épiderme. Cela rendrait fou n’importe qui. De plus il restait le son du goutte à goutte, de l’eau qui tombait continuellement mais était aussi renouvelée, pour que jamais ne s’arrête cette torture. Certains rebelles avaient tenté la torture, mais bien vite ils avaient cédés et passé leurs mains sur les traces d’eau, voulant à tout prix effacer l’empreinte du chemin du liquide transparent mais qui laissait pourtant une trace en séchant. On imposait à Tristan de subir une torture lente et peu douloureuse, excepté pour l’esprit. On l’obligeait à ressentir les stigmates de ceux qui pleuraient, à devoir supporter autant que le pouvait sa conscience les sillages qui se déposeraient sur son front avant de couler avec une lenteur insupportable sur ses tempes… Lui ferait-on détester l’eau ? Peut être, en tout cas la plupart des rebelles espéraient qu’après cela l’informaticien soit traumatisé par le simple bruit d’un goutte à goutte. Plic… Ploc…

Et puis « on » avait eu une idée encore plus sadique. Ca vous étonne, n’est ce pas ? Et pourtant, on avait repensé à plusieurs tortures qui consistait à étouffer à moitié la victime, avec de l’eau par exemple, en lui plongeant la tête sous la surface liquide… Et puis on s’était dit que l’informaticien ne valait pas que l’on gâche une seule goute d’eau de plus pour sa torture. Alors Rian avait proposé un moyen bien plus efficace et rationnel : tout simplement couper ou réduire l’alimentation en oxygène dans la pièce où se trouvait le prisonnier. Il pouvait totalement maitriser ce processus, doser comme il l’entendait l’arrivée d’air et son renouvellement. C’était simple et sans danger pour ceux qui se contenteraient d’observer à la caméra. Aucun risque pour eux, et s’ils avaient besoin d’aller voir Tristan, il suffirait d’enfiler un masque à oxygène, et puis de toute façon ils ne supprimeraient pas totalement l’apport d’oxygène pour le prisonnier, cela aurait été le tuer définitivement, or on souhaitait juste le faire souffrir. Lui faire comprendre qu’il n’était pas immortel, en tout cas qu’il ne l’était plus tant qu’il était aux mains des rebelles. Sensation de malaise, difficultés à respirer, sensation de nausées, tête qui tourne serait donc le lot de Tristan pour quelques jours.

Et finalement les plus scientifiques, ou alors ceux qui avaient été trop bercés par des histoires d’horreur proposèrent une méthode de torture qui fit frémir les plus courageux. La méthode était simple et ne nécessitait encore une fois que très peu d’accessoires : une aiguille et un écarteur de paupières. Pour tous ceux qui savent faire un plus un égal deux, vous avez déjà compris… On avait déjà le système qui permettait d’attacher la tête de Tristan, on recruta quelques amateurs de tortures qui se dévouèrent bien volontiers pour la question. Il y a des parties du corps plus sensibles que les autres. Qui aime passer chez son dentiste ? Sentir tous ses os vibrer à cause d’un instrument de torture que d’autres appellent outil médical. Ressentir une vive douleur qui irradie pour un simple et minuscule trou. C’était un peu le même principe, mais en pire, puisque là la victime verrait sa dernière heure s’approcher, ou plutôt la fin de son œil. Les préparatifs se firent doucement, et on attacha une nouvelle fois le prisonnier à sa couchette. On lui inséra l’appareil maintenant les paupières ouvertes sur l’œil gauche. Il ne devait normalement être utilisé que pour des opérations chirurgicales qui de plus se révélaient vraiment rares. Puis on questionna, et pourtant l’informaticien sembla résister. Alors on passa à la menace visuelle. Celle qui consistait à approcher doucement et avec précision l’aiguille de la pupille. Seulement finalement les consignes du médecin firent hésiter les bourreaux, en effet ils ne devaient pas louper Darek et s’ils voulaient réellement l’échanger contre les prisonniers rebelles qui pourrissaient dans les cellules de la Guilde, il fallait un commandor un minimum en état. Alors ils approchèrent la seringue mais sans la planter, sans abimer l’iris bleu dans lequel on pouvait cependant clairement distinguer de la peur. Pourtant Darek ne lâcha rien d’important, rien d’intéressant. Mais le pouvait-il encore après deux semaines de tortures continues ? N’avait il pas déjà atteint la limite de la folie ? Oublié la Guilde et sa vie d’antan ? Malheureusement cette torture ne fut pas sans conséquences puisqu’elle déshydrata largement l’œil du prisonnier, qui du ensuite maintenir clos celui-ci pendant de nombreuses heures et subir la douleur qui continuait de le harceler. On l’avait forcé à regarder de la lumière directement et voilà qu’on l’empêchait d’accomplir l’acte naturel d’humidifier la surface de son œil. Le corps de Tristan commençait à réellement souffrir de tous ces amusements rebelles…

On voyait l’homme dépérir comme on verrait une fleur se faner. S’il avait parut grand, impressionnant et charmant au départ, maintenant il n’était plus qu’un amas d’os et de sang à qui l’on aurait retiré toute chair. Il ne mangeait pas ou presque pas, si peu… Lorsque les rebelles lui donnaient quelque chose, le génie de l’informatique ne pouvait jamais être certains qu’il n’y ait pas un piège caché à l’intérieur, et même lorsque cela n’était pas le cas, il n’avait certainement pas la force de se trainer jusqu’à la gamelle qu’on lui apportait pour tenter d’avaler quoi que ce soit. Alors il survivait avec ses maigres réserves de graisse, qui n’existaient pas. Son organisme se servait donc surement sur les muscles encore restant, le faisant maigrir à vue d’œil et lui donnant une allure cadavérique. Darek était dans les sous-sols, et il ressemblait plus à un mort vivant qu’à un être humain en pleine forme. On avait enterré celui qui était arrivé à Nosco bien des années auparavant, on l’avait détruit physiquement et mentalement. Le but était évidemment qu’il ne se relève jamais de cette épreuve, qu’il pait pour tous ses crimes, et que plus jamais il ne mette de bâtons dans les roues aux rebelles.

On l’avait même accroché dans des positions impossibles, lorsqu’il devait garder les bras levés, ou liés dans le dos, durant de longues heures, accroupi, ou simplement en appui sur un de ses pieds. C’était le contraindre physiquement pour prendre le contrôle sur son mental, et si ça n’avait pas réellement fonctionné, l’étude du cas Darek avait été intéressant. On s’était interrogé sur lui, et puis finalement on n’en était venu jusqu’à venir le moquer. On avait insulté l’albinos et sa différence, on lui avait demandé si son clavier chéri lui manquait avec un trait moqueur dans la voix. On lui avait craché dessus, on l’avait humilié au plus haut point, sans réellement atteindre l’intérieur de la coquille que s’était crée Traktueur. Etait il dans son monde et si oui à quoi ressemblait celui-ci ? Sans doute était-il numérique et très certainement virtuel, un monde peuplé de mécanismes que lui seul comprenait et qui ne comprendrait pas ou très peu d’humains. En tout cas c’est ce qu’avaient fini par en déduire les rebelles. Après tout n’avait il pas parlé chiffres même avec Angie ?

Et puis finalement un jour, on était venu avec la coupe de trop. Ils étaient arrivés à plusieurs, sautant et hurlant de joie. Les rebelles qui s’étaient présentés à Tristan étaient déjà joyeux de l’alcool qui coulait dans leurs veines, ils étaient encore conscient de leurs paroles, mais leur idée un peu bancale n’avait pour but que de les amuser eux-mêmes. Ils avaient même apporté de quoi boire dans la cellule du détenu. Ils lui avaient rempli un verre, et lui attrapant la tête l’avait forcé à avalé quelques gorgés, à boire aussi à leur triomphe. Les rebelles s’égosillaient, riant et d’une parfaite bonne humeur. Ils finirent à lâcher à Darek ce pourquoi ils étaient venu : célébrer la mort de Mathys Nelsen. Oui le petit groupe affirmait avec joie que le second du commandor était mort, décédé, enterré même. Ils ne l’auraient plus dans les pattes, ils seraient tranquilles. Et ils semblaient être d’autant plus réjouit, peut être était-ce de leur blague, en tout cas l’idée leur plaisait bien. Oh si un jour la brigade informatique perdait en même temps deux de ses principaux dirigeants Rian McGregor se ferait un plaisir de leur rappeler qu’en bas il restait un très bon, non mieux, le meilleur des informaticiens de tout Nosco ! Bien entendu l’information que l’on avait transmise à Darek était fausse, et Nelsen allait, malheureusement, bien. Le but était tout simplement de toucher Tristan, de lui faire perdre le peu d’espoir qui lui restait, de le déconcentrer, de trouver un point sensible. En touchant sa famille informatique, en visant même la tête, celui de son second, provoquerait on une réaction ? Ou même pas ? Etait-il si insensible aux autres ? Torture par une affirmation mensongère… Cependant le doute était à présent permit dans l’esprit de Darek. Que savait-il de ce qui se passait à la surface ? Peut être y avait il eut des morts, des affrontements ? Qui sait depuis combien de tmeps il était enfermé, peut être ceux qui étaient le plus proches de lui avaient-ils périt dans d’effroyables conditions… Personne n’était à l’abri d’une attaque de créatures ou de rebelles après tout….

La Torture, usité dans le but d’extorquer des informations véridiques, dans le but d’éclairer un point précis ou d’en connaître d’avantage sur des zones d’ombres… Le but de la torturer est d’ «examiner à fond, de vérifier et d’éprouver ». Pourtant, ne peut-on pas faire avouer n’importe quoi à n’importe qui en utilisant les bonnes méthodes ? Il suffit de trouver les points faibles, les failles et de bien les utiliser. Il peut parfois suffire de simples menaces verbales, ou d’entendre les cris des autres détenus. La douleur et la crainte de la recevoir, ou encore l’empathie de ne pas vouloir que ses proches souffrent. Les différents siècles avaient fait évoluer le Question au gré des progrès techniques et des avancées concernant les connaissances cérébrales de l’homme. Et malgré les interdictions, il semblait qu’elle revenait toujours, comme pour hanter l’esprit des être civilisés et leur remettre les armes à la main. Tout cela parce que « la fin justifie les moyens » ? Vraiment ? La Torture n’est elle en fait que la volonté de s’affirmer le plus fort, et surtout la satisfaction de ne pas être celui qui souffre, une remise à l’état animal primitif de l’homme qui pourtant se dit pensant et réfléchit….

Fallait-il donc employer la Loi du Talion ? Œil pour œil, dent pour dent ? Tenter à chaque fois de rendre coup pour coup, voir une défaite supérieure à celle que l’on venait de subir ? ce n’était alors que la voie vers une escalade extrême de la violence qui ne mènerait à rien de bon, sauf à un échec cuisant de l’un des deux camps, ainsi que la honte des actes causés à l’autre. Ils seraient tous perdant dans ce jeu qui devenait un cercle vicieux. Qui pourrait stopper la machine maintenant qu’elle était en route ? N’y avait-il donc aucun moyen de bloquer le mécanisme ? Chacun était une pièce de l’ensemble, malheureusement si une pièce résistait et refusait, elle était tout simplement remplacée sans plus de question et dès lors elle n’avait plus aucune influence sur le jeu mortel auquel se livraient ses confrères. Ils étaient donc tous déjà condamnés ?

Veritas liberabit vos

Hj: Voilà mon dernier post Smile
Je tiens cependant à préciser que je suis totalement contre tout forme de torture et que tout ce que j'ai pu lire dans des livres ou sur Internet m'a totalement choqué. Oui la torture existe toujours de nos jours, mais je ne souhaite ça à personne.
Catkiss Tristan
* repart avec Mary qui crie partout : "Peace and Love !" *

_________________
Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
avatar
Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Tristan Darek le Jeu 23 Juin - 22:56

- - - Crime Trail - - -


Il avait fini par se résigner. Leur parler, espérer qu'on vienne le sauver, qu'on le jette pour mort dans les souterrains ou qu'on s'en serve de rançon c'était l'espoir et celui-ci ne lui avait jamais donné signe de vie. Il allait mourir ici, à petit feu, à moins peut-être qu'il ne provoque quelqu'un qui l'achève plus brutalement. Cette cellule serait le lieu de son exécution et on balancerait son corps aux rats et aux créatures comme s'il n'était même pas un humain, comme s'il ne méritait même pas une sépulture décente. Tout ce qu'il avait fait ou pensé était vain, tout ce qu'il avait pu construire en tant d'années allait être réduit à néant juste à cause d'un putain de traître qui avait créé une faille dans le système de l'Aedes. Ça avait eu de quoi le rendre amer, le dégoûter plus qu'il ne l'était déjà de ce monde et des hommes qui le peuplaient. Le bien n'était donc nulle part, il n'y aurait jamais rien pour le sauver et après avoir fait tant d'efforts, l'ironie du sort lui renvoyait à la figure tout ce qu'il avait pu faire d'heureux. Il avait crié, il avait pleuré, il avait hurlé. A quoi bon ? Tout était gris autour de lui, les gens étaient gris, le sang était gris, plus rien n'avait d'ailleurs de sens, il ne comprenait plus les questions, de quoi on lui parlait, ce que ces gens pouvaient bien avoir dans la tête. Il avait difficilement reconnu Angie et aujourd'hui il n'aurait pas été capable de discerner son visage parmi tous ces visages gris qui se ressemblaient, qui étaient tous les mêmes. Y avait-il qui que ce soit qu'il connaissait parmi ces étrangers ? Il lui semblait qu'il était dans cette cellule depuis des siècles, les secondes se seraient étirées de plus en plus s'il n'y avait pas eu les gouttes sur son front pour lui rappeler que le temps était découpé en instants successifs de valeur strictement exacte.
Il avait fermé les yeux, laissant l'obscurité s'imposer doucement à lui, il s'était fermé au monde et aux choses, il était rentré à l'intérieur de lui-même et il ne voulait plus sortir de ce cocon rassurant. Il se sentait pâteux, il avait mal partout, des fourmis dans les jambes, des plaies qui cicatrisaient mal, du sang qui coulait, des douleurs partout, sans doute des os cassés, des lambeaux de chair brûlés et désormais insensibles. Il se sentait comme drogué parfois il planait quelque part entre les 0 et les 1, entre les balises d'un code qu'il ne reconnaissait même pas, parfois il était en pleine redescente et tout lui paraissait horrible. Les sons avaient l'ampleur d'un vacarme et bourdonnaient dans ses oreilles, son toucher était plus que sensible, son nez était agressé par l'odeur irrespirable qui flottait constamment dans la pièce.

Quand il était libre de ses mouvements il restait allongé dans la position où on avait bien voulu le balancer en attendant qu'on se charge à sa place de le déplacer. Le manque de forces l'avait plongé dans un état quasi comatique et il divaguait sans rien comprendre de ce qui pouvait bien traverser son esprit. Ses pensées mêmes parfois lui semblaient obscures, il avait complètement perdu la notion du temps, il voyait des fantômes autour de lui, il revivait des moments du passé sans se rendre compte qu'il s'était plongé dans un souvenir, ce qu'il croyait n'être jamais arrivé était déjà arrivé, les impressions de déjà vu se faisaient nombreuses et l'effrayaient sans cesse, parfois il sursautait et poussait un râle. Il avait presque perdu l'usage de la voix.
Les gouttes, plic ploc, la lumière si forte, les rires autour de lui, l'aiguille, le manque d'oxygène. Comme il étouffait, comme il aurait simplement aimé fermer les yeux et partir dans un souffle, apaisé. Pourquoi était-il encore en vie ? C'était qu'ils faisaient attention, qu'ils prenaient garde à lui faire tout le mal possible sans jamais l'achever. Il pourrait bien passer dix ans dans cet état avant de crever lamentablement. Pourquoi il n'arrivait pas à retenir les battements de son cœur ? Pourquoi sa respiration ne voulait-elle pas s'arrêter ?

L'alcool dans son sang avait dilaté ses yeux, ne savaient-ils donc pas que ça le rendait fou ? Comme un démon il s'était mis à hurler, il s'était jeté sur eux, en avait attrapé un pour le frapper de toutes ses forces. Pas longtemps, vu son état on avait réussi à le maîtriser rapidement d'autant plus qu'ils étaient nombreux et que leurs mouvements étaient moins hasardeux que les siens. Sous l'effet de l'alcool il s'était révélé méchant, rieur, provocateur, d'un tout autre visage que le Tristan que l'on connaissait et cela avait interloqué les rebelles. Le lendemain il s'était réveillé sans le moindre souvenir, le corps couvert de plus de blessures que la veille et la douleur de la gueule de bois en plus.
Il n'avait pas cherché à comprendre, depuis des jours il avait renoncé à tout, à l'espoir, à croire en quelque chose, à chercher, à essayer de lutter, il n'était plus qu'une loque, quelque chose qui ne se souvenait plus de rien et qui n'était pas capable de donner le moindre renseignement. Peut-être s'acharnait-on moins sur lui depuis qu'on avait compris ça, peut-être n'avaient-il pas vu, peut-être que c'était lui qui ne comprenait rien, qui avait tout oublié sauf cette certitude qui persistait à travers ses délires : la douleur avait été toujours là et elle le serait toujours.

Il avait renoncé parce que la mort était toute proche, il sentait son haleine fétide et son odeur de cadavre en décomposition, il entendait ses râles et son souffle caresser doucement sa peau, comme une promesse pour son avenir, ce qu'elle allait faire de lui. C'était presque devenu une présence rassurante, elle lui donnait peu à peu envie de partir avec elle, comme si elle était une partie de lui-même, la seule à pouvoir le sauver.

Regroupé sur lui-même, les yeux clos, il s'était résigné à ne plus être un homme. On lui avait pris depuis trop longtemps sa liberté et sa lucidité pour qu'il puisse s'en souvenir un jour.

The end.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un informaticien en cage [RATING -17]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum