Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

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Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 25 Fév - 17:15

    Premiers rayons de soleil et déjà, il fermait un peu plus les yeux pour ne pas que la lumière ne traverse ses paupières. C’était stupide certainement, lorsqu’on savait que la lumière gagnait toujours de l’ombre, alors, à moins de s’en protéger hermétiquement, il n’y avait qu’à l’affronter en face, ouvrir les yeux et la laisser rentrer en soi, pour se réchauffer. Shane ne haïssait pas la lumière, il était même de ceux qui la préféraient à l’ombre sur bien des points. Tout d’abord, parce que dans l’ombre se cache le danger, et la solitude aussi. On associait à l’ombre toute sorte de choses mauvaise : la folie, la noirceur même, lorsqu’elle était associée à l’âme, avait une connotation des moins appréciables. Il fallait alors rester dans les bonnes mœurs et ne garder le noir que pour les mauvaises choses. Car à Nosco, le noir, c’était aussi les sous-terrains, c’était ce monde, certainement, avant que la population ne crée le soleil artificiel. C’était aussi les créatures, d’ailleurs une espèce de celle-ci se faisait appeler ‘ombre’. Etait-ce pour dire que ces ombres étaient mauvaises, qu’il ne fallait pas s’en approcher, qu’elles nous anéantissaient tous ? Ou était-ce tout simplement pour faire peur, pour ne pas qu’on s’en approche ? Et si les ombres n’étaient pas si mauvaises que cela ? Et si elles détenaient le secret même de Nosco ? Serait-ce pour cela qu’on voulait s’en éloigner ? La vérité peut faire mal, mais il est difficile de haïr sans savoir pourquoi. Le cœur ne haït pas vraiment dans ce genre de cas. Je ne dis pas que Shane éprouvait une quelconque pitié pour ces pauvres bêtes, il les détestait, il les craignait, il en avait peur. Mais il se posait des questions à leur sujet, des questions qui, encore une fois, ne trouvaient de réponse rien d’autre que le lourd silence.

    Et même si le noir était associé à tout ce qui pouvait être mauvais, la nuit, sombre nuit, était devenue pour les deux amants, le soleil même de leur existence. La nuit, c’était leur secret qui revivait au grand jour. Ils étaient contraints de se cacher, alors, leur secret s’était associé à la nuit. Y pouvait-on y voir quelque chose de malsain là-dedans ? Oui, certainement. Les relations entre deux hommes n’étaient pas spécialement bien vues à Nosco, surtout parmi les haut-gradés. Ca rompait l’image que voulait donner la Guilde. Alors, comme ils s’aimaient, ils se cachaient, ils cachaient leur histoire et probablement les plus beaux instants de leur vie, ils les occultaient, loin, très loin des yeux de Nosco. Reclus dans l’espace clos d’une chambre sans caméras, les rideaux tirés pour empêcher les regards de mettre à jour leur secret, ils vivaient là, dans une sorte de péché. Ils se nourrissaient d’un poison qui les rendait heureux, mais qui pouvaient les détruire en un si bref instant. Les interdits ont ce pouvoir là. Il n’y avait qu’à prendre le sort de Judikhael et d’Artémia. Deux haut-gradés, deux clans opposés, et un amour pourtant, un amour qui ne pouvait pas être toléré. Artémia avait été destituée de son rôle de prêtresse de la Congrégation de Joshi, quant à Judikhael, il n’était plus le Haut-Conseiller et le commandor de la Brigade Anti-terroriste qu’il était jadis, et qu’il avait acquis à force de persévérance et de travail acharné. Tant d’années détruites par amour. Shane s’en inquiétait, parfois, en ce disant que le cas de Judikhael et Artémia n’était rien d’autre qu’une illustration de ce qui les attendait. Mais il aimait son Silvio, comment aurait-il pu le regarder en face et lui dire ‘c’est fini’ ? Et puis, le malheur des uns ferait-il le bonheur des autres ? Shane n’avait pas dans le cœur l’envie de profiter de la chute des autres mais il devait bien avouer que, depuis l’enlèvement de Tristan et la déchéance de Judikhael, tout était devenu un peu mieux pour les deux amants. Silvio avait hérité du poste de Commandor de la Brigade Anti-terroriste, Shane avait pris le masque de Traktueur. Judikhael avait besoin d’un appartement dans l’Aedes au deuxième étage, et Shane besoin de sécurité face à son nouveau rôle. Wienfield allait donc pourvoir prendre l’appartement de Shane, qui lui allait monter au troisième étage. Mon Brigadier s’était dit que son besoin de sécurité ou que Judikhael qui a besoin d’un appartement au deuxième étage, l’un sans l’autre, n’aurait pas donné l’effet attendu. Peut-être qu’on aurait posté des gardes du corps à son service jour et nuit (ça aurait été infernal pour l’informaticien), et peut-être aurait-on mis Judikhael en colocation avec quelqu’un du deuxième étage. Bref, l’un avait dû entrainer l’autre et l’autre entrainer l’un.

    Le fait est qu’il allait déménager, dans l’appartement de Silvio de surcroît. Et encore une fois, un malheur jouait en sa faveur. Son rôle de Traktueur nécessitait certes des besoins de sécurité, mais avait considérable déstabilisé sa santé par amaigrissement et fatigue, sans compter la dépendance à l’ordinateur, bref une double force qui avait conduit Kim et Mathys à prendre les choses en mains pour que Shane ne devienne pas un faible amas de 30Kg d’une couleur blanchâtre, les yeux exorbités fixant son ordinateur. Et ce malheur là (découlant indéniablement du malheur de Tristan) lui avait permis d’obtenir une colocation avec son amant caché. Il allait remonter la pente, à présent, c’était certain, il n’en avait pas le moindre doute maintenant. Avec Silvio à ses côtés, il allait lâcher plus souvent son ordinateur, manger, et dormir sereinement, sans craindre perpétuellement une attaque du réseau par les rebelles. Il devait avouer que c’était ce qui lui tordait le ventre depuis quelques jours : la peur de faillir, la peur d’échouer, la peur de décevoir Tristan. Il avait la sinistre impression que trop de choses reposaient sur ses épaules. Il savait qu’il pouvait compter sur la Brigade Informatique dans son entier pour lui porter main forte. Il savait que Nelsen ne le laisserait pas tomber, qu’il serait là pour tenter de rattraper les choses, autant qu’il le pourrait si jamais Shane venait à échouer. Il savait aussi que sa petite Brigade d’élite composée de Romain, Enzo et Jeremy représentait un solide appui pour l’aider à sauter plus haut. Mais il ne pouvait s’empêcher de craindre le pire à chaque instant. Ce n’était pas que Shane n’était pas fait pour les postes à responsabilités, c’est que pour lui, ces choses là étaient encore inconnues, il lui faudrait un certain temps d’adaptation avant qu’il ne commence à fournir les exploits qu’on attend de lui. Du temps. Mais le temps il ne l’avait pas. Il aurait voulu avoir le temps d’apprendre à être Traktueur aux côtés de Tristan, il aurait voulu pouvoir être former à cela avec le commandor, mais voilà, Tristan n’était pas là, il n’était plus là, pour le moment, et Shane n’avait qu’à se débrouiller comme il le pouvait. Il s’en sortait même très bien, il avait d’ailleurs repoussé déjà de nombreuses attaques avec brio, mais il ne le faisait pas de manière sereine. La peur de l’échec l’étouffait (et Joshi savait combien Shane avait horreur de cette sensation d’étouffer). C’était anéantissant pour lui, claustrophobe.

    Lentement, il cessa de serrer si fort ses paupières, bien closes, laissant le soleil donner une lumière rouge à ses yeux fermés. Il les ouvrit doucement. Il avait devant lui deux perles vertes avec cet éclat bien particulier qui donnait l’impression d’être aimé. Silvio l’avait donc regardé dormir ? Il n’avait pas voulu le réveiller. Shane s’était mis à rougir, et, rapidement, pour le cacher, il alla enfouir son nez dans son cou, le temps de reprendre une couleur normale. Il avait l’air fin comme ça, et dire que Silvio l’avait les yeux si hermétiquement fermés, d’un air de dire : ‘nan, j’veux pas m’lever !’ C’était puéril, certes, mais il ne fallait pas trop en demander à l’informaticien lorsqu’il se réveillait tout juste. Il était encore dans ses rêves, le corps engourdi, et la moindre agression comme le soleil avait su lui un effet de répulsion. Il avait finalement décidé de mordiller le cou de son amant, la peau entre ses dents, question de lui rappeler qui était le maître ici ! Tiens, le suçon qu’il lui avait fait dans le cou était encore là, il passa son index dessus, un sourire léger sur les lèvres. Il le lui avait fait ce soir là, la marque était restée pendant ce temps. Il lui en ferait peut-être une autre lorsque celle-ci se sera évanouie. Ou peut-être devait-il la raviver pour lui donner une nouvelle vie à savourer, quelques jours de plus, peut-être même une semaine. Il posa ses lèvres dessus, aspira l’air. Lorsqu’il retira ses lèvres, la marque était passée d’un violet presque éteint à un rouge bien vivant. C’était reparti pour de nouveaux jours. L’informaticien caressa son chef d’œuvre, ses yeux clairs fixaient la marque comme hypnotisé véritablement. Il n’avait pas envie d’en détacher ses yeux. Il se rappelait de cette nuit, il s’en souvenait comme si c’était hier. Et Silvio, son Silvio avait été l’amant cette nuit là dont il pourrait rêver encore pendant des années. Il lui avait concéder amours et caresses, comme tous les soirs, mais il avait fait bien plus que cela. Il s’en souvenait, Shane, il s’en souvenait, jusqu’au moindre détail, il n’en avait rien oublié. C’était gravé dans sa mémoire pour longtemps encore. Et il était heureux. Est-ce que Silvio s’en souvenait encore ? Est-ce que Silvio y pensait à cet instant, comme Shane, alors que ce dernier venait de faire revivre cette marque faite initialement ce soir bien particulier ?

    Mon informaticien l’espérait, il espérait qu’il s’en souvienne, il ne voulait pas qu’il l’oublie. Il ne voulait pas entrer dans l’oubli. Silvio était son amant, Shane était le sien, il ne fallait pas que ce soir soit oublié. Il fixa son index squelettique posé sur sa marque et se mordit la lèvre inférieure. Quel terrible regard Silvio avait-il posé sur lui, hier soir, en le voyant si affaibli. Il voyait encore ses yeux. Son Silvio avait voulu lui annoncer la bonne nouvelle, mais l’état physique de mon brigadier l’y avait arrêté net, coupé dans son élan. Shane s’en voulait. Il avait l’impression que c’était ça qui lui avait manqué pour ce sortir de ce cercle infernal. C’était le regard de Silvio. Il savait que s’il avait pu voir Silvio avant, il ne serait pas descendu aussi bas, ça aurait mis un frein à son obsession. A présent, Shane était vacciné. Ce regard avait été le vaccin. Il allait repartir du bon pied, il le fallait bien, il ne pouvait pas rester dans cet état là, les choses auraient inévitablement mal fini. Il quitta son index du regard, et chercha les yeux de Silvio encore, alors qu’il lâchait sa lèvre inférieure. Il l’aimait son Silvio. C’était incroyable la force que ça avait, il l’aimait. Il serait bien resté ainsi pendant de heures, ses yeux juste dans les siens et par eux, lui dire combien il l’aime et savoir combien il est aimé. Il poussa un soupire de bien-être, avança son visage vers le sien pour prendre ses lèvres, quelques secondes, avec les siennes. Est-ce qu’ils l’avaient fait cette nuit ? Non. Pas plus que toutes les autres, à l’exception d’une. Une qui avait bien failli leur coûter cher d’ailleurs. Ils n’avaient pas été un grand exemple de discrétion tous les deux. Si les voisins n’avaient rien entendu, ce n’était pas le cas des caméras du salon de Silvio qui elles, avaient de vraiment bonnes oreilles. Une modification s’en était fallu, mais Shane avait un sérieux doute sur le fait que le Haut-Conseil et l’Impératrice en aient eu vent. Qu’importe, ils avaient été discrets avant, ils seraient discrets à présent. Ce n’avait été qu’un dérapage, mais ce n’est pas facile de se contrôler lorsqu’on aime quelqu’un. Si on devait tout mesurer, tout prévoir en amour, ce ne porterait plus ce nom là. Ca s’appellerait voyage organisé ou quelque chose dans ce genre là. L’amour, ça s’improvisait, ça se fait en fonction des éléments mis à leurs dispositions. Ce soir là, le massage avait fait que Silvio était détendu, et que Shane avait envie de lui. Les choses s’étaient faites ainsi, une fois seulement. Dès lors on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils ne pensaient qu’à cela. Ca faisait plus de deux mois qu’ils étaient en couple, et ils ne l’avaient fait qu’une seule fois. Ca leur suffisait, à vrai dire, ils n’avaient pas vraiment besoin de ça pour s’aimer. Evidement, l’un n’empêchait pas l’autre, mais ils n’en étaient pas dépendants. Shane aimait être simplement dans ses bras, ça lui procurait beaucoup de bien, moralement surtout.

    Aurait-il la force ce matin encore de se lever, quitter les bras de son amant ? Oui, certainement qu’il y arriverait, aujourd’hui plus que tous les autres, parce qu’aujourd’hui il déménagerait et lorsqu’il rentrerait chez lui le soir, ce serait aussi chez Silvio, et il le retrouverait. L’absence ne serait pas longue cette fois, et c’était avec le cœur plus léger que d’ordinaire qu’il se mit sur pieds. Debout, il s’étira de toute sa petite taille, dans la lumière naissante de la fenêtre. Un petit sourire et un clin d’œil à l’adresse de Silvio, et il retira rapidement son pyjama pour enfiler ses vêtements. Il devait d’abord se rendre au quartier général de la brigade informatique, pour mettre la journée de ses subordonnés en marche, et puis il pourrait se rendre à son appartement actuel, faire doucement ses cartons, tout en gardant son ordinateur portable allumé et à proximité pour être disponible si besoin. Aussitôt dit, aussitôt fait. Shane n’eut pas longtemps à attendre pour recevoir une remarque de Nelsen, non pas qu’il faisait mal son travail, mais parce que mon brigadier devait faire ses cartons à l’heure qu’il était et qu’au lieu de ça, il était encore à veiller sur les réseaux de la Guilde. Au final, son séjour au Quartier Général fut d’une plus courte durée que prévue et mon brigadier remonta dans l’Aedes, deuxième étage. Il allait falloir vider son appartement. S’il comptait sur les bras volontaires de Silvio et Aaron pour monter ses cartons (probablement Kim également), Shane allait tout de même faire ses cartons tout seul. De son mètre soixante dix à peine, il en était bien capable ! On avait mis à sa disposition une bonne quinzaine de cartons aplatis, qu’il n’y avait plus qu’à mettre en forme. Il espérait que ça suffirait. Pour la première fois de sa vie, il réalisa qu’il en avait entassé des choses dans son appartement depuis… Dix ans ? Oui, ça ferait bientôt dix ans, et déjà, pour mon brigadier, un bon coup de vieux. Il ferma la porte derrière lui, posa sur la table de la cuisine la sacoche qu’il tenait et en sortit son ordinateur portable. Il l’alluma, fit les habituelles vérifications et laissa l’objet là, à sa disposition. Puis il se tourna vers son appartement, le sourire aux lèvres. Il se sentait heureux. Il aurait voulu faire des bonds pour manifester sa joie, un peu comme hier soir, avec Silvio. On n’aurait pas pu lui annoncer meilleure nouvelle, l’informaticien était aux anges depuis qu’on l’en avait informé. Mais pourquoi n’avait-il pas regardé ses mails plus tôt ? Pourquoi n’avait pas su ça plus tôt ? C’était l’une des meilleures nouvelles de toute sa vie !

    Il passa son regard sur son appartement, le cœur un peu perdu. Il était heureux de partir, mais comme il pouvait en avoir de bons souvenirs passés ici ! Des soirées, des apéros, de simples visites. L’appartement de Shane avait toujours été ouvert à qui voulait entrer. Mon brigadier ne se souvenait pas avoir claqué la porte à qui que ce soit. C’était l’une des raisons aussi pour laquelle son appartement était toujours bien rangé. Quand on accueille régulièrement du monde, on acquiert un certain sens de l’organisation. Shane en était peut-être devenu un poil maniaque. Tout était parfaitement droit chez lui. Et lorsqu’il regardait son appartement actuel, il se demandait ce qu’allait devenir celui de Silvio une fois que Shane serait en colocation avec lui. Shane savait être une véritable femme en matière de rangement, pour sur qu’il ne laisserait pas les choses trainer. Et il ne pensait pas que ça dérangerait Silvio. Qui pouvait râler contre le fait de vivre dans un appartement bien rangé ? Enfin, on réglerait tout ces petits problèmes là plus tard. Ce serait une organisation, un ordre à créer, mais tout irait bien, il le savait. Silvio était son amant, pas son simple ami. Il avança dans sa chambre, ouvrit son armoire, et là, en bas une petite caisse pas plus grande qu’une boîte à chaussure. Il se baissa et la prit entre ses mains, comme un trésor gardé. La première chose qu’il avait possédée à Nosco. Il était arrivé près de l’enceinte le 12 février 194. Un froid terrible dont Shane se souviendrait toute sa vie. Il avait d’ailleurs était vacciné contre le froid depuis ce jour là où il avait bien cru y rester. Ses doigts et ses lèvres avaient bien bleui cette nuit où il était apparu, il ne savait trop comment près de ce mur blanc, immense mur blanc. Il ouvrit la boîte et caressa son contenu du bout des doigts. La toile était douce. Il attrapa le vêtement et le sortit de sa boîte, précieusement. C’était une chemise en toile sombre. Maintenant qu’il savait qui il était, il savait d’où venait cette chemise. Et ce pantalon de toile bleue marine. Il avait été officié de la police départementale de New York City. Bien qu’il ignorait presque tout de cette ville, il savait à présent qu’elle avait du être chère à son cœur pour qu’il décide d’en devenu l’un des représentant de l’ordre. Tout comme il aimait la Guilde, il voulait la représenter et faire régner la paix dans cette ville, protéger la population du mieux qu’il le pouvait, avec les compétences dont il disposait. Au final, Shane, ou Jefferson avaient toujours été de bon petits soldats. Un petit sourire sur ses lèvres en regardant ce bel uniforme qu’il avait sous les doigts. On portait un tout autre uniforme dans la Brigade Impériale. Les scientifiques en rouge, les autres en noir. Et ces gens étaient biens ainsi. Il avait du être fier d’être officié de la police de New York. De ce qu’il savait de son lui-même avant Nosco, il avait mis fin à ses études à l’âge de 16 ans, n’en déplaise à ses parents d’ailleurs, pour une formation au sein de cette police. Premier révolver en main. Pas le dernier. Il plia soigneusement ce vêtement venu de l’autre côté de l’enceinte et le remis dans sa boîte à chaussure, boîte qu’il rangea dans un premier carton, tout au fond, bien au début, pour ne pas l’oublier. Vinrent rapidement s’ajouter beaucoup de vêtements. Deux cartons pour tout y mettre, deux cartons qu’il referma après une bataille acharnée contre les rabats. Il avait sorti un marqueur noir et traça en grosses lettres : « VETEMENTS ». Il poussa les cartons jusque pas loin de la porte d’entrée. Et de deux ! Il y avait encore beaucoup de travail néanmoins ! Surtout pour quelqu’un aussi méticuleux que mon Shane ! Dix ans, il allait falloir ranger dans des petits cartons dix ans de sa vie.

    ~*~

    « Shane ? Il est où le vinaigre ? »

    Vinaigre ? Mais pourquoi vinaigre ? L’informaticien avait passé sa tête dans l’ouverture de la porte de sa chambre, les sourcils froncés, cherchant à comprendre ce que son collègue voulait faire avec… Du vinaigre ? Mais étrangement, aucune bonne idée ne lui vint à l’esprit. Son collègue devait avoir une drôle d’idée derrière la tête, mais Shane n’avait pas assez de preuves pour le démontrer, alors il se contenta de répondre un :

    « Troisième placard en partant de la droite… Mais, pourquoi te faut-il du vinaigre ? »

    Son collègue lui avait adressé ce genre de regard qui signifiait qu’il ne le lui dirait pas et qu’il découvrirait la réponse en temps en en heure. Soit. Shane roula des yeux et disparu dans sa chambre, il avait encore du travail. Qu’il fasse ce qu’il souhaite avec ce vinaigre, il ne pouvait pas surveiller tout le monde, tant pis pour l’autre s’il faisait une trop grande bêtise. Il ne pouvait pas rattraper les mauvais coups de tout le monde, il fallait déjà qu’il rattrape les siens…

    Aussi, quelques jours plus tard, il avait récupéré sa bouteille, presque vide. Il s’était demandé pourquoi et comment, et puis finalement, il avait oublié. Qu’était devenue sa bouteille de vinaigre ? Shane ne l’avait su que bien plus tard lorsqu’au réfectoire une grande partie des assiettes avaient été douteusement vinaigrées, celle de la brigade judiciaire. Heureusement pour l’informaticien, il n’y avait pas mangé ce jour là, il avait su la sombre nouvelle que par quelqu’un d’autre, un quelqu’un visiblement pas très heureux avoir payé un repas pour manger un plat aussi infecte. Son collègue en avait payé le prix fort d’ailleurs puisqu’il apparaissait sur les caméras comme le coupable. Il s’était piteusement défendu en disant vouloir faire une blague. Mon informaticien n’avait pas suivi toute l’affaire, mais son collègue s’était retrouvé du jour au lendemain à la saisie informatique de données administratives. Un travail barbant, long, ennuyeux à mourir, mon brigadier avait été bien heureux de ne pas être dans ce coup là. Bien heureux aussi qu’on n’ait pas découvert que c’était sa bouteille de vinaigre qui avait servi à ce méfait.

    ~*~

    Sa cuisine était presque vide. Shane ne pensait pas à se nourrir, ce n’était pas pour penser à aller se chercher de quoi manger dans les boutiques de Nosco. Ca aurait pourtant été simple de commander sur le réseau alpha quelques denrées qui lui auraient été livrées. Mais il n’en avait pas eu le temps, et ça tombait plutôt bien, ça serait déjà ça en moins à transporter pendant son voyage. Ca ferait moins de cartons à transporter. Il avait rapidement vidé ce qui pouvait l’être de sa cuisine, un seul carton avait suffit pour ôter toute la nourriture des meubles. Dans je vous dis que c’était presque vidé, c’est que c’était vraiment le cas. Shane trouva le courage d’enfiler une barre protéinée rapidement, question de se donner des forces pour ce déménagement. Il ne manquerait plus qu’il s’évanouisse ! Il aurait été beau le déménagement ! Il était assez ravi d’ailleurs parce que sans s’en rendre compte il avait mangé. Il planait déjà sur un petit nuage depuis qu’il savait qu’il allait vivre avec Silvio, comme un petit couple. Ca allait être ainsi beaucoup mieux. Shane avait trouvé également quelques carrés de chocolat qu’il avait englouti rapidement. Il aimait bien le chocolat. Pas autant que les carottes bien sûr, mais il aimait le chocolat tout de même. Comment avait-il eu ce chocolat ? C’était pour ainsi dire une longue histoire. Pas si longue, mais il ne pouvait pas dire simplement que c’était Karlovy qui le lui avait offert, ça n’aurait pas la même connotation que l’histoire racontée toute entière. Il avait reçu un message de Joshi. Ces derniers temps il commençait à en avoir beaucoup de ce genre de message. Ca fonctionnait toujours de la même façon : Joshi lui envoyait un défi, il le réalisait, et une fois que c’était fait, il retrouvait un morceau de son passé oublié. Est-ce qu’il y avait une relation de cause à effet tant toutes ces actions ? Il n’en savait trop rien, mais l’observation répétée de ce petit mécanisme lui avait fait penser que c’était bel et bien le cas. Aussi lorsqu’il avait reçu ce nouveau défi de la part de celui qui était considéré comme le fondateur de cette ville, Shane s’était activé à la tâche. Il avait du dérober du piment dans le centre de synthèse des protéines du Sapienta et le fait avaler à quelqu’un. Ce quelqu’un fut Aaron d’ailleurs, son nouvel apprenti qui s’était laissé tenter par ce délicieux muffin au chocolat empoisonné. C’était donc pour dérober ce fameux piment que Shane avait prit soin de détourner l’attention des caméras.

    Il était un bon informaticien, Tristan lui-même le lui avait dit. Ca avait touché mon brigadier sur le coup. Ces collègues pouvaient les lui dire, ses amis également, il n’en demeurait pas moins vrai que de l’entendre de la bouche même de Tristan, c’était incroyablement fort. Il savait que Darek n’aurait pas dit ça là la légère. Il n’était pas le genre d’homme qui aimait flatter les autres juste pour le plaisir. Bref, passons, Shane avait donc détourné les caméras. C’est toujours une chose facile lorsqu’on a un accès à Oméga. Il avait cru que son vol se serait passé bien vite, sans qu’il ne se fasse remarquer. Les caméras ne donnant pas l’alerte, ça aurait pu être facile, mais Shane avait été suivi par Ysmaël, trouvé par Karlovy et arrêté par Kim. Au final, ça n’avait pas été aussi simple. Ysmaël était un enfant, lui dire que c’était pour une mauvaise blague l’avait très certainement amusé. En définitive, il l’aimait bien ce petit là, même si ça n’avait pas très bien commencé entre eux, il fallait croire qu’ils étaient faits pour s’entendre. Du moins pour le moment, et Shane marchait dans ce sens là, à l’avenir, puisque de toutes façons, il avait quelques dettes envers lui. Dettes qui commençaient sérieusement à s’accumuler. Quant à Kim, Shane avait joué la carte de la culpabilité, remettre sur lui le fait qu’il sorte et fasse n’importe quoi, sous prétexte que le docteur lui avait demandé de lâcher un peu plus souvent son ordinateur. Chose qu’il avait faite d’ailleurs ! Mais Kim était loin d’être ravi des exploits désastreux de mon brigadier, il l’aurait probablement arrêté si Karlovy n’était pas intervenue. C’était une femme charmante, très gentille, Shane l’appréciait déjà, même si elle était un peu trop scientifique à son goût. Au moins, elle ne touchait pas au corps humain elle, elle fabriquait des protéines pour nourrir les habitants de Nosco. Elle l’avait donc laissé filer, et Shane l’en avait intérieurement remercié. Il ne s’était pas attendu néanmoins à ce qu’il reçoive un e-mail de sa part. Un nouveau pseudo d’ailleurs. Celui de Spicy, Siwel avait donc rapidement songé à elle. Qui d’autre pouvait avoir un nom aussi... Epicé. Comme le piment qu’il lui avait dérobé. Elle l’avait mis au défi, avec du binaire. Sa récompense avait été du chocolat. Charmante récompense, il en avait été heureux. Son chocolat avait été délicieux. Shane avait grandement apprécié, il lui avait même donné quelques conseils pour l’améliorer. Il avait finalement mangé un bout, et avait gardé le reste pour une autre occasion, lorsqu’il serait heureux par exemple. Et il était heureux aujourd’hui, il allait déménager. Il allait vivre avec Silvio, et c’était une nouvelle qui le rendait tout joyeux. Infiniment joyeux. Raison pour laquelle il avait englouti le chocolat. Il se sentait tellement bien qu’il voyait à présent comme son corps avait besoin de manger un peu pour ne pas faillir. Il revivait. Revivre…

    ~*~

    « Je veux sortir de cette foutue chambre ! »

    Un Shane qui hurlait. Et une infirmière qui tâchait de le maintenir allongé malgré que l’homme se débatte de toutes ses forces. Shane avait fini par la gifler. Bien sûr, il le savait, ce n’est pas bien de taper une fille, mais voilà, l’informaticien avait une affreuse horreur des hôpitaux, des médecins, de tous ces gens qui étaient en blouse blanche, avec un scalpel et des seringues. Pourquoi avait-il peur ainsi des médecins ? Il n’en savait rien, il ne se souvenait pas d’un événement marquant de sa vie qui ait pu le traumatiser de la sorte. Il s’était alors dit que ce devait appartenir à sa vie d’avant Nosco, un souvenir oublié mais pourtant, une sensation de gêne qui s’accrochait à lui, envers et contre tout.

    Il s’était levé rapidement du lit avait profité de cet instant de liberté pour franchir la porte et fuir. Bon sang, mais pourquoi fallait-il qu’on le retienne dans le Sapienta ? Il ne le pouvait pas. Il pouvait subir quelques test, quelques soins, mais pas pendant une durée aussi longue. Il avait besoin de liberté, il avait besoin de respirer, Shane n’était pas à moitié claustrophobe, il l’était tout simplement, et l’enfermement prolongé le rendait fou. Il s’était toujours demandé ce qu’il adviendrait de lui si jamais il venait à être capturé par les rebelles. Enfermé dans une cellule, il en deviendrait fou, il le savait bien. Et il priait intérieurement pour que ce moment n’arrive jamais.

    Dehors, Shane pris une bonne bouffée d’air. Il revivait. Il savait que les gens du Sapienta ne seraient pas heureux lorsqu’ils apprendraient que leur patient s’était fait la belle. Ils le rappelleraient surement, Shane reviendrait, se laisserait faire autant qu’il le pourrait, et lorsqu’il étoufferait à nouveau, il fuirait, comme aujourd’hui, terrorisé.

    ~*~

    Il ouvrit un placard de la cuisine, regarda ses verres et ses assiettes. Que pourrait-il bien en faire ? Silvio en avait certainement déjà. Shane avait passé suffisamment de temps dans l’appartement de son amant pour le savoir. Il n’avait pas besoin de ces assiettes, ni de ces verres, ni de ces couverts. Que pouvait-il bien en faire ? Il avait saisi une assiette qui n’avait aucune semblable. Elle semblait ne faire partie d’aucun service. Que faisait-elle là ? A qui l’avait-il empruntée ? C’était la seule hypothèse qui pouvait être vraie. Shane était bien trop maniaque pour avoir acheté une assiette seule. Il avait du aller chez quelqu’un qui lui avait donné une part de gâteau ou il ne savait trop quoi, et pour la transporter, lui avait prêté une assiette. Mais à qui appartenait-elle ? Il passa en revue tous les petits repas auxquels il avait été invité ces derniers temps. Il ne mangeait pas beaucoup, ce n’était pas pour aller faire des repas chez d’autres personnes. Alors, c’est que ça devait dater ce moment où il avait mangé chez cette personne. L’informaticien était de ces personnes qui sont plus du soir que du matin. Il pouvait veiller le soir lors d’une fête ou pour le travail jusque pas d’heure. En revanche, le matin, il mettait un temps fou pour se sortir d’entre ses draps, pire encore lorsqu’il dormait dans les bras de Silvio ! De ce fait, Shane sortait beaucoup. Il passait le plus clair de ses soirées à déambuler dans les couloirs de l’Aedes en chantant faux avec une bande de copains et de copines. C’étaient de bons instants qui restaient gravés dans sa mémoire. Il n’oubliait pas ses amis. Il ne se souvenait pas de tout ce qu’il avait pu abandonner avant lui lorsqu’il avait atterri pour la première fois près de l’enceinte, mais ça vie d’aujourd’hui lui plaisait bien trop pour qu’il ne veuille la quitter un jour. Nosco était devenu pour lui une vie joyeuse. Certes, ce n’était pas facile tous les jours, il y avait des hauts et des bas, comme dans toutes les vies, mais il avait ici de bons amis, un amant fidèle, un travail qu’il aimait. Vraiment, il était bien à Nosco. Mieux, il était bien dans la Guilde, car l’informaticien ne rejoindrait probablement jamais ni la Confrérie de la rébellion, ni la Congrégation de Joshi.

    Bien, tout ça ne l’avançait pas. A qui appartenait cette assiette ? Il chercha dans ses souvenirs un peu plus lointains pour trouver la solution. Shane aimait les énigmes. Il aimait d’avantage trouver la solution. Rapidement, il vit le visage de Romain dans son esprit. Dans une bande dessinée, on aurait vu une ampoule s’allumer au dessus de la tête de mon brigadier. Il avait trouvé. Il n’y avait plus qu’à rendre ça à Romain, mais cet homme là devait travailler à l’heure qu’il était. Il posa l’assiette sur la table, en se promettant d’y songer lorsqu’il serait midi. Il ferma les yeux et se tourna vers le reste de sa vaisselle. Il avait encore du travail. Il n’avait pas encore trouvé ce qu’il allait bien pouvoir en faire. Bien vite, il pensa à Rosaly, une de ses filleules. Rosaly était typée asiatique, elle n’était pas officiellement sa filleule, mais elle l’était devenue officieusement. Et comme elle venait d’arriver, elle ne devait pas avoir beaucoup de quoi meubler chez elle. Comme Shane se sentait l’âme généreuse, il allait donc lui offrir. Direction le premier étage donc, une fois qu’il eut rangé toute cette vaisselle dans un carton et qu’il eut descendu d’un étage. Il trouva rapidement l’appartement de Rosaly. Fort heureusement, elle était là et Shane lui donna l’offrande avec un grand sourire. Il aimait bien la jeune femme (pas autant que Silvio rassurez vous), mais il voulait qu’elle s’en sorte. Ca n’avait pas été spécialement facile, au début, mais à présent, les choses se passeraient certainement mieux. Du moins il l’espérait. Il l’avait mise sur la bonne voie, c’était un début prometteur. Voilà. Il en avait fini avec sa vaisselle. Il était rentré chez lui avec quelques amis croisés en chemin et avait fini par vendre quelques meubles qu’il avait chez lui. L’appartement de Silvio n’avait pas besoin de deux canapés, ni de deux table à manger. Bref, le genre de chose dont il pouvait se passer, car en jeu double, il s’en était ainsi débarrassé et bien vite son appartement se vida un peu. Et Shane avait quant à lui récolté quelques florins. Fier de son arrangement, Shane regarda son appartement, fermant un œil pour repérer encore ce qu’il pourrait bien emporter. A commencer par son matériel informatique. Et mine de rien, ça en faisait des objets ! En dix ans, l’accro en informatique qu’était Shane, avait rassemblé dans son appartement une vraie mine, une vraie caverne aux trésors. Certains objets informatiques étaient devenus dépassés, et Shane les jeta sans remords. D’autres au contraire étaient de derniers cris, l’informaticien les rangea soigneusement dans des cartons, ainsi que ceux qui, même s’ils n’étaient pas du dernier cri, étaient très utilisés par mon personnage. Il rangea ça également, pour ne pas les oublier.

    Il arriva rapidement à sept cartons entassés dans son entrée d’appartement, entre ses vêtements, matériel informatique, et ce qui lui restait à manger. Il le regardait avec l’émerveillement d’un enfant. Qu’est-ce qu’il pouvait être heureux ! Il avait hâte de pouvoir s’allonger dans les bras de Silvio et se dire qu’à présent, c’était chez lui également. Ils allaient pouvoir vivre comme un couple presque normal, si ce n’est que leur vie affective se réduirait à l’espace clos de la chambre de son amant. Mais c’était quelque chose qu’il prenait bien volontiers. Il reprit son marqueur et écrivit sur le carton de nourriture « MIAM MIAM » et sur les cartons de matériels informatiques « MES BEBES ». Oui, Shane ne mettait pas ses bébés dans un congélateur, mais dans des cartons. Enfin, ce n’était que pour le voyage. Ils respireraient à l’air libre une fois qu’ils seraient arrivés à destination. Il regarda ses quatre cartons qui portaient le nom « MES BEBES » avec la tendresse d’un père, les yeux brillants d’amour. Ses bébés, accumulés depuis tant d’années, et dès le premier jour d’ailleurs !

    ~*~

    Il ouvrait lentement ses yeux clairs. Mais où est-ce qu’il avait bien pu atterrir ? Le plafond était blanc à l’époque. Il était devenu d’un marron assez clair plus tard, une fois que Shane en eut refait la peinture. Car oui, il était dans son appartement. Il fixait ce plafond avec insistance, comme s’il allait lui révéler quoi que ce soit. Son nom pour commencer. Pourquoi fallait-il qu’il ne se souvienne même pas de son nom ? Il l’aurait voulu pourtant, connaître au moins son identité. Il voulait savoir qui il était, pour savoir d’où il venait, où il était, et où il allait. Mais le silence lourd pesait dans son esprit si vide d’amnésique. Il regard sur sa gauche, sur sa droite, rien, personne. Pourquoi l’avait-on laissé seul ? N’avait pas vu quelqu’un, là-bas, près de l’enceinte ? N’avait-il pas suivi un homme inconnu ? N’avait-il pas eu une couverture et un chocolat chaud ? N’avait-il pas vu un médecin ? Pourquoi était-il seul ?

    Ses yeux clairs se posèrent alors sur un objet qui faisait de la lumière. Sa rétine d’endormi fut d’abord agressée mais finalement, il ouvrit un peu plus les yeux. Affronter ses peurs, affronter le mal. Il avait l’impression que c’était ce qu’il se devait de faire. Il se releva, douloureusement. Son corps engourdi avait du mal à se faire à sa nouvelle position assise. Il secoua sa tête de gauche à droit pour faire partir le vertige. Il tendit le bras et saisit l’objet. Ce semblait être quelque chose qu’on ouvre et qu’on ferme, un écran sur une partie, un clavier avec des lettres, des chiffres et des symboles sur l’autre. Un ordinateur. C’était le premier qu’il voyait depuis qu’il était arrivé ici, il ne se souvenait pas en avoir vu un autre par le passé, et pourtant, l’ordinateur lui semblait être un objet bien connu. Ses doigts parcoururent le clavier en une caresse douce, tentant de faire revivre quelques souvenirs de son passé oublié. Mais encore une fois rien. Bon sang, pourquoi sa mémoire n’était qu’un écran noir ? Ca l’effrayait un peu.

    Et puis rapidement, il se trouva connecté à Alpha. Il parcourut un peu le réseau, découvrant peu à peu cette toile virtuelle qu’était le net. Faire ce genre de chose semblait si familier à ses yeux ! Quelqu’un passa la porte de sa chambre, Shane sursauta, perdu. Il n’avait pas le droit de toucher à ce truc, c’est ça ? Il regrettait son acte, mais il avait découvert un objet presque magique à ses yeux qu’il voyait déjà l’expérience comme une bénédictio. L’homme qui était là était celui qui s’était présenté comme étant son parrain. C’était quelqu’un qui l’aiderait, quelqu’un qui le guiderait. Il l’avait déjà sorti de ce froid hivernal. Il lui avait demandé ce qu’il faisait. Shane n’avait pas su vraiment quoi répondre. C’est vrai au fond, que faisait-il ? Et c’était quoi ce truc sur lequel il voyait sur l’écran défiler des informations.

    « Nous avons une impératrice ? »

    Question simple, perdue, un moyen de montrer ce qu’il venait de trouver. Etrange. Mais il aimait déjà l’ordinateur.

    ~*~


Dernière édition par Shane M. Lewis le Sam 26 Mar - 15:19, édité 1 fois
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Shane M. Lewis
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 25 Fév - 17:17

    Cet épisode avait grandement aidé son parrain à lui trouver un métier. Une formation au début, qui s’était très bien passée d’ailleurs, et qui l’avait conduit vers le métier qu’il exerçait aujourd’hui. Des efforts, un peu plus chaque jour lui avait permis d’exceller dans ce qu’il faisait. Il se sentait bien plus à l’aise à présent. Il avait eu de la chance d’avoir un bon maître de formation. Un type patient et très pédagogue. De plus, Shane avait l’impression d’avoir toujours su se servir d’un ordinateur. Et maintenant, il savait pourquoi. Avant Nosco, il s’était engagé dans la NYPD en tant qu’informaticien pirate. Il allait parfois sur le terrain, mais lui, tout comme son collègue Dan avait cet amour pour ces petites machines. Dan était d’avantage un homme de terrain, plus que Jefferson, ils faisaient tous les deux un bon binôme apparemment, vu la réussite qu’ils avaient dans son souvenir. Dan, il ne se souvenait rien d’autre que de son nom et la profession qu’il avait. Il ne savait rien de plus sur lui. Etait-ce un ami ? Depuis combien de temps le connaissait-il ? Avaient-ils de bons souvenirs en commun ? Pas la moindre idée. C’était troublant d’avoir un vide comme ça, dans son esprit, même s’il était certain à présent d’avoir retrouvé près d’un quart de sa mémoire, un quart de son passé. Il y avait encore quelques zones d’ombres, mais il tenait le bon bout, il était en bonne voie. Il savait déjà les grandes lignes de sa vie. Il était né à Trenton et il avait une sœur jumelle nommée April. Son père était un nouveau diplômé qui avait eu un poste d’une opportunité rare, que toute la petite famille, alors que Jefferson était encore jeune, avait déménagé à New York. Un peu plus tard, il allait à l’école élémentaire de Brooklyn. Il était vraiment possible qu’il ait fait ses études dans de quartier de la ville de New York, études qui n’avait duré qu’un temps puis qu’à l’âge de 16 ans, Jefferson y mettait fin pour s’engager dans la Police Départementale de New York. Un poste qui visiblement l’inspirait beaucoup, il sentait la fierté dans son cœur lorsqu’il tenait pour la première fois ce flingue. Pendant trois ans, il avait été formé puis avait porté l’uniforme d’officié. Il avait eu une petite amie. Une demoiselle blonde qui répondait au prénom de Mary. Il l’avait peut-être connue à l’école, il ne savait pas trop. Il avait son petit appartement à Brooklyn et envisageait de s’installer avec Mary. Mais il avait rompu avec la jeune femme, pour une raison qui lui était encore inconnue. Le fait est qu’il se souvenait des yeux d’April remplis d’une rancœur. Et puis ce fameux accident le 12 février 2001 où Jefferson avait serré un peu trop fort la gorge de ce pauvre homme. Il l’avait tué de ses propres mains. Il avait fui. Et puis plus rien. Une vie bien remplie en somme, à remplir encore, car il y avait toujours de gros nuages noirs sur certaines périodes de sa vie. Son père pour commencer : il ne l’avait vu qu’une fois dans ses souvenirs, et par la suite, il semblait comme absent de l’esprit même de Jefferson. Ses études aussi. Il y avait toute la partie de ses études dont il ignorait la nature, la forme. Comme tout adolescent, il avait du connaître des hauts et des bas, des succès et des défaites. Etait-il bon élève ou parfait cancre ? Etait-il populaire ou le vilain petit canard ? Avait-il eu des petites amies ? Et question qu’il se posait depuis quelques temps : avait-il eu des petits amis hommes ? Etrangement, la réponse l’intéressait. Car au fond, ceci expliquait cela. Peut-être avait-il trompé Mary avec… Un homme ? Il y avait aussi tout ce qui était de son travail : quel poste occupait-il exactement ? Quel travail exerçait-il ? Et ses amis ? Avait-il des amis ? Etait-il l’oiseau de nuit qu’était Shane aujourd’hui ? Il avait l’impression que d’une vie à l’autre, on était sensiblement les mêmes. Shane et Jefferson travaillaient tous les deux pour l’autorité du pays, dans le domaine de l’informatique.

    Et maintenant il avait 4 cartons de « MES BEBES ». Il les regardait avec attendrissement, puis détourna ses yeux. Ce n’était pas le moment de trainer. Silvio prenait un instant pour lui en fin de journée pour l’aider. Mieux valait qu’il ne se dégage pas ce créneau pour rien. Shane s’en voudrait dans ce cas, sentant comme l’impression de l’avoir déranger. Bien sûr, il savait bien qu’il ne dérangeait pas Silvio, c’était juste une impression, mais elle faisait partie de lui. Alors il s’activa. Il ne restait d’ailleurs plus grand-chose. Il alla dans la salle de bain vider tout ce qu’il avait dans un carton. Il n’y avait pas grand-chose. Shane avait peut-être les traits fins et prenait soin de lui, mais il n’était pas une femme non plus ! De ce fait, un seul carton lui suffit. Il saisit son marqueur noir et inscrivit alors un « SALLE DE BAIN ». Il s’assit sur le carton pour tasser les dernières serviettes de bain mais… S’y enfonça considérablement et le craqua en voulant trop le charger. Il afficha une mine dépité, changea de carton et traîna celui-ci, plein jusqu’à l’entrée. C’était son huitième carton. Et en regarda un peu autour de lui, il constata qu’il arrivait presque au bout. Mais il avait une petite faim. Il en profita pour sortir, cherchant Aaron, afin de pouvoir le réquisitionner ce soir, pour le déménagement. Ce garçon était plein de bonne volonté. Shane n’était pas mécontent de son nouvel apprenti ! Vraiment ! Après avoir mangé rapidement, Shane l’abandonna en le remerciant encore d’accepter de venir ce soir. Peut-être en parlerait-il à Kim. Le médecin était son parrain, il lui demanderait sûrement comment s’était passé sa journée, et Aaron lui parlerait de l’enthousiasme que Shane avait en sachant qu’il déménageait ! Mon brigadier retourna à ses cartons et fut stupéfait en voyant son appartement presque vide. Il avait l’impression d’être le premier jour, lors de son précédent déménagement du premier au deuxième étage.

    ~*~

    Il ouvrit lentement la porte, les yeux clos. Il voulait encore avoir la surprise. Il voulait sauter de joie lorsqu’il verrait son nouvel appartement. Cela fait quatre années qu’il vivait au premier étage, il était ravi de pouvoir monter au deuxième. C’était plus calme, plus confortable aussi, plus sécurisé. Ca marchait un peu comme ça à Nosco. Lorsqu’on devenait un peu trop nombreux au premier étage, on faisait monter les plus anciens ou les plus méritants pour qu’ils bénéficient d’un meilleur endroit pour vivre. Et puis, ça permettait aux nouveaux arrivants d’avoir un appartement bien à eux. Commencer à vivre en fait, un peu comme Shane quelques années plus tôt ! Mais maintenant, nouvel appartement, un peu plus grand, on lui avait dit qu’il avait un balcon pour prendre l’air. Mon Brigadier était ravi surtout depuis qu’il s’était découvert cette claustrophobie. Une peur qui pouvait être bien handicapante, ceci étant dit, Shane finissait par s’y habituer, prenait des mesures pour ne pas que le pire arrive. Et puis, il prenait sur lui, un peu, pour garder le contrôle et ne pas se mettre à hurler dès qu’une porte se refermait.

    Ses yeux s’ouvrirent tout doucement, la lumière transperçait de plus en plus ses paupières. Et puis, il se mit à sautiller sur place, rempli de joie, les deux mains jointes juste sous son cou. Il était heureux. Il savait déjà qu’il allait être bien ici. Il se sentait déjà chez lui. Il poussa tous ces cartons rapidement dans le nouvel appartement et referma la porte derrière lui pour pousser secrètement un cri de joie. C’était SON nouvel appartement !

    ~*~

    Cette fois la situation serait différente. Shane connaissait bien l’appartement dans lequel il allait aménager. Et pour cause : il avait passé quelques nuits déjà chez Silvio. Dans son lit même. Et puis, ils étaient amis aux yeux de tous, ils avaient déjà passé quelques soirées à discuter longuement de tout et de rien. Son nouveau colocataire était… Il n’aurait pas pu espérer mieux, pour tout dire. Il voyait en Silvio le colocataire idéal. Le nouveau commandor aurait pu n’être que son ami, il en aurait été enchanté également. Pas autant que dans la situation actuelle, mais heureux tout de même. Silvio ! C’était son Silvio ! Son cœur battait plus fort depuis ce matin, il avait hâte d’être enfin installer, tout allait être différent pour eux, ils allaient pouvoir s’organiser comme il le fallait. Tout était presque vide, à l’exception de son lit, dans sa chambre. C’était tout ce qui restait. Shane se mit alors à défaire la chose, il n’aurait plus qu’à le remonter en haut, dans la chambre de Silvio. Il entassa tout ça dans l’entrée, sans que ça ne gêne le passage néanmoins. Il prit un dernier carton pour mettre tout ce qui restait encore là et marqua « TRUCS » sur le carton. Ce n’était pas très explicite. Mais pour lui, ça voulait dire quelque chose. C’était tout ce qui trainait mais dont il aurait besoin une fois chez Silvio. Il regarda ses neufs cartons dans l’entrée : deux « VÊTEMENTS », un « SALLE DE BAIN », un « TRUCS », un « MIAM MIAM » et quatre « MES BEBES ». Et puis son lit en morceaux et son matelas. Voilà. C’était fini. Il se mordit la lèvre inférieure, presque ému. C’était fini pour ici, il allait tourner une nouvelle page de sa vie, un nouveau début. Et cette page là, il l’écrirait avec Silvio. Il sautilla encore sur place, il n’arrivait plus à contenir sa joie. Ce déménagement le rendait si heureux. Il avait envie de faire des bonds !


    ~*~

    Shane était allongé à plat ventre dans l’herbe de la cour intérieure. Le décor était assez agréable et ça lui faisait du bien de prendre l’air un peu. D’autant plus que c’était l’été. Le soleil chauffait sa peau pâle. Bientôt, il commencerait à bronzer. Il fallait au moins ça ! Les informaticiens étaient probablement les gens les moins colorés de tout Nosco. Et ce n’était pas à cause de la mauvaise volonté. Ils passaient leur temps devant leur ordinateur. Shane était à plat ventre, son ordinateur près de lui, il tapait dessus, mais avec la lumière du soleil artificiel qui donnait ses rayons dans son écran, ce n’était pas aisé. Heureusement pour lui qu’il connaissait ses programmes par cœur, et qu’il pouvait, presque comme un aveugle, se diriger et faire son travail. Ses doigts gantés parcourraient paisiblement son clavier, mais un groupe d’hommes passait et faisait trop de bruit à son goût.

    Shane releva son nez de son écran et regarda ces gens là. Rapidement, il les reconnut. C’étaient des Brigadiers de l’Anti-terroriste qui se vantaient de vive-voix de leur dernier exploit. Shane roula des yeux. Pas obligés de l’empêcher de travailler. Tout en faisant une petite moue, il posa son regard clair sur eux, comme pour leur signaler qu’ils le dérangeaient. Il ne les aimait pas beaucoup, ces gens là étaient trop prétentieux. Bien sûr, on avait besoin d’eux pour taper sur les rebelles, mais tout de même ! Il ne pouvait pas travailler en paix ! Shane connaissait quelques uns d’entre eux. Les informaticiens venaient souvent à travailler en collaboration avec la brigade anti-terroriste. Il y avait parmi eux un brun qui n’avait pas cessé, pendant leur mission commune, de le surprotéger comme s’il était trop stupide pour voir un caillou et pour ne pas marcher dessus afin de rester debout ! Il avait dès lors eu la vague impression qu’on le prenait pour un débile et un incapable. Chose qui ne fallait pas trop faire avec mon Brigadier. Il y avait aussi cet homme typé asiatique qui faisait de grands mouvements de bras pour miner il ne savait trop quoi mais ce devait avoir un rapport avec ce qu’il racontait. Et puis il y avait aussi un homme plus petit que les autres, blond, des yeux verts, trop égocentrique pour de mon Brigadier. Ce dernier avait été nommé second de commandor récemment après un merveilleux exploit. Enfin, Shane ne fut pas mécontent lorsque Silvio et sa bande eurent disparu de son champ de vision et de la perception de ses oreilles.

    ~*~

    Il ne savait pas, à ce moment-là ce qu’il adviendrait de sa relation avec Silvio. Autrefois, Shane ne l’avait considéré que comme cette personne tournée vers lui-même et ne voyant que son propre intérêt. Et voilà comment on devenait second en trente années à Nosco ! Ajoutez à ceci une bonne dose de lèche-bottisme, une vingtaine de courbettes et de grands sourires hypocrites. Mon informaticien avait eu la chance de le découvrir autrement par la suite. Il s’était rendu compte que Silvio n’était pas que cela. Il ne pouvait pas mentir, Silvio s’en sortait plutôt bien et gagnait en honneur et en grade au fil du temps. Néanmoins, il était autrement. Il était un bon ami dans un premier temps. C’était avec lui que Shane avait pris une photo de Judikhael en une difficile posture devant l’Impératrice, c’était grâce à Silvio que Shane savait que Judikhael faisait du douze. Tiens, bizarre, Judikhael était souvent leur bouc-émissaire. Judikhael et Lisbon. Et il était un bon amant en second temps. Silvio avait toujours veillé sur lui, il avait cherché à ce que Shane se sente toujours bien. Il n’y avait qu’à voir ce que le commandor lui avait concédé lorsque l’informaticien s’était perdu dans un dilemme intérieur. Il s’était offert lui pendant une nuit pour calmer la peine grandissante dans le cœur de Shane. Et ces yeux que son amant avait faits en voyant mon brigadier avec une couleur de fantôme et une maigreur atroce. Il s’inquiétait pour lui, et Shane se sentait protégé depuis qu’il l’avait. Il avait l’impression que rien ne pourrait l’atteindre, rien ne pourrait lui faire du mal. Silvio serait toujours là. Et Ô combien fidèle au poste. De ce que Shane savait, Silvio n’avait jamais eu personne avant lui. C’était donc une première fois, un début, et là, mon brigadier comprenait ces gestes imprécis et hésitants. Des gestes un peu brusque de surcroît : Silvio était un soldat, il ne fallait pas trop lui en demander ! Mais au final, ses mains avaient la rigueur d’un homme et ça lui plaisait.

    Et maintenant ? Maintenant, les choses allaient avancer. Ils n’auraient plus besoins de se poser mille et une questions. Ils allaient pouvoir faire la part des choses et être plus discrets. Dans la chambre de Silvio, ce serait leur vie de couple, hors de la chambre de Silvio, ce serait leur vie de colocataires et amis. C’était aussi simple que cela. Ils savaient à présent qu’ils se retrouveraient tous les soirs. Ils ne craindraient plus les draps froids de leur lit, seuls. Ils n’auraient plus cette boule dans le ventre en se demandant quand serait la prochaine fois, quand serait le prochain instant d’intimité. Il pourrait se répondre à chaque fois : ce soir… Ce soir. Et ce soir, ils dormiraient ensemble. Et le soir d’après, il le pourrait à nouveau, autant de soirs qu’ils le voudraient, autant de nuits, autant d’étreintes, autant de câlins, autant de baisers, autant de rêves partagés qu’ils en voudraient. Ils allaient vivre ensemble, et Shane avait déjà envie d’être à ce soir. Il rêvait déjà à ses bras, à la chaleur de son corps et à la douceur de ses rêves… Bon, ça suffit, il ne fallait pas s’appesantir si rapidement. Il n’avait pas fini son travail. Il se devait d’aller à l’administration pour que le déménagement soit effectif, et il n’aurait plus qu’à mettre ces cartons dehors, et démanger ! Il ferma la porte derrière lui, et sortit de l’Aedes, son ordinateur portable sous le bras, son épée à la ceinture.

    On disait que les bâtiments de l’U de Nosco étaient très anciens. Les plus anciens de la ville. Ils avaient certes été rénovés, car en plus de 200 ans de vie à Nosco, il avait fallu les entretenir, les réparer, les aménager, les agrandir peut-être aussi. Shane n’était pas là depuis suffisamment longtemps pour le savoir. C’était ce que son parrain lui avait dit, et c’était ce qu’on en avait dit sur le réseau. Alpha était une mine d’information remarquable. Douteuse aussi parfois. On y voyait un peu tout et n’importe quoi qu’il fallait faire un peu attention à détourner le faux du vrai. En général, Shane vérifiait sur Bêta que ces informations étaient véritables. Si c’était le cas, il notait ça dans sa mémoire. Sinon, il roulait des yeux. C’est fou d’ailleurs le nombre de ragots et de rumeurs qui pouvaient circuler sur Alpha. Bon sang ! L’administration, c’était le bâtiment où Shane se rendait assez rarement. Devant, il regarda la bâtisse, puis ferma les yeux, grelottant de froid (c’était l’hiver) et entra. A l’intérieur, une chaleur qui n’aurait quittée pour rien au monde. (Sauf peut-être les bras de Silvio, mais il travaillait). Il faisait bon au moins ici. Lentement, il avança vers un écran tactile. Il entra son nom et son prénom. Parmi la très longue liste des raisons de visites, Shane parvint à trouver le motif « Déménagement ». L’écran l’informa qu’un déménagement était d’ores et déjà prévu pour lui, et qu’il pouvait monter à l’étage. On lui indiqua un numéro de bureau. Shane s’engouffra dans l’ascenseur…

    ~*~

    Il s’engouffra dans l’ascenseur, les portes se fermèrent derrière lui. Et Shane les regarda clore ce petit espace, cette boîte métallique. Il avait horreur de cela. Il n’aimait pas être enfermé. Il avait découvert sa claustrophobie depuis peu. Et ce n’était véritablement pas quelque chose de facile à vivre tous les jours. Quand on savait que Nosco même était un endroit clos… Il avait voulu fuir, traverser cette enceinte. En vain. Il était enfermé ici. L’ascenseur entama sa marche, montant d’un étage. C’était long, Shane avait déjà envie de hurler. Il se mordait la lèvre inférieure pour s’en retenir. Et puis, entre le premier et le deuxième étage, la lumière s’éteignit, l’ascenseur s’arrêta, le cœur de Shane manqua un bond. Non, ça ne pouvait pas s’arrêter, ça ne devait pas s’arrêter, il devait sortir de là, ne pas rester coincé ici, ce n’était pas possible, il n’y parviendrait pas !

    Il frappa les portes de ses poings, il poussait un gémissement pour retenir le cri qui voulait sortir, il devait l’étouffer, mais c’est lui qui étouffait. Il tambourinait les portes aussi fort qu’il le pouvait, mais quelle force pouvait-il bien avoir face à cette boîte de métal ? Il hurla. Il hurla à pleins poumons. Il supplia qu’on lui vienne en aide, qu’on ouvre ces foutues portes. Mais pourquoi personne ne l’écoutait ? Pourquoi personne ne l’entendait ? Pourquoi personne ne venait lui ouvrir ? Il hurla de plus bel, il frappait les portes si fort qu’il en avait des bleus aux poings. Il criait si fort qu’il en avait mal à la gorge. Il avait chaud, il étouffait. Son visage avait rougit par la chaleur et s’était habillé d’une expression de terreur. Peur. Il avait peur, il tremblait. Ses mains tremblaient, sa voix tremblait. Ses yeux assombris par la crainte regardèrent partout, cherchant désespérément une issue.

    Il porta ses mains à sa gorge, tachant de la dégager, comme si c’était ses vêtements qui l’étouffaient. Son souffle était saccadé, sa respiration sifflante. Le rythme s’était rompu, il ne voulait qu’une seule et unique chose : sortir. Qu’importe comment. Mais il ne trouvait pas moindre issue, pas la moindre échappatoire. Mais comment allait-il faire ? Il serrait les dents pour s’empêcher de crier, mais il céda bien vite à la panique à nouveau. Il retira ses vêtements, en haut, autrement dit sa tunique et son chandail. L’ascenseur était un si petit endroit, si peu d’air, si peu d’espace. Il respirait difficilement et il avait l’impression que les murs se rapprochaient, un peu plus chaque seconde. Il hurlait encore, des larmes avaient fini par apparaitre au coin de ses yeux et coulaient à présent le long de ses joues rouges. Les murs se rapprochaient, c’était comme dans un film d’horreur. Les murs se rapprochaient un peu plus encore. Qu’on le sorte d’ici, qu’on le sorte de cet endroit ! Il n’entendait plus rien, il avait un bourdonnement aux oreilles, le sang sûrement qui battait à ses tempes.

    Les murs se resserraient encore, il les sentait presque contre sa peau. Il chercha des vêtements à retirer, pour pouvoir enfin respirer. Il n’avait pas envie d’étouffer, il n’en pouvait plus. Il se griffa la peau, nerveusement au niveau de son torse, comme si sa peau était trop collée contre lui et empêchait l’air d’entrer dans ses poumons pour l’oxygéner. Il respirait encore plus étrangement, le rythme devenait chaotique. Il ne tiendrait plus longtemps. Il sentait les murs contre sa peau, ils le contractaient, ils le serraient, il écrasait à présent ses os, il les sentait se briser, il les sentait se faire broyer, réduire en miettes. Bien sûr, tout ça, c’était dans sa tête, mais la terreur faisait trembler et hurler tout son corps. Il sombra dans l’inconscient, car la réalité le détruisait tout entier. Il était dans le déni. Ca n’existait pas, ça n’existait plus. Il était sur le sol roulé en boule, les yeux clos, gémissant des bribes de mots incompréhensibles et sans aucun sens entre eux. Il oubliait le monde extérieur pour ne pas souffrir… On viendrait le chercher, on viendrait lui ouvrir… Bientôt…

    ~*~

    Il s’engouffra dans l’ascenseur, les portes se fermèrent derrière lui. Et Shane les regarda clore ce petit espace, cette boîte métallique. Il avait horreur de cela. Il n’aimait pas être enfermé. Mais cette fois-ci, l’ascenseur ne s’arrêta pas à mi-chemin entre il ne savait quel et quel étage. Il avançait, poursuivait sa course, et puis les portes s’ouvrirent, le laissant aller au dehors. Shane respirait déjà mieux. Il avança dans le couloir, regarda les numéros de bureau inscrit sur les portes pour savoir où se diriger exactement. Et puis il trouva. Il avait du passer une bonne demi-heure à répondre à il ne savait trop combien de question. Ca lui rappelait le premier jour qu’il avait passé à Nosco. Il avait été à l’administration avec son parrain, et on lui avait mit un interrogatoire sous le nez. Il s’était retrouvé bien dépourvu parfois…

    ~*~

    Mais qu’est ce qu’il faisait là ? Mais pourquoi l’avait-on amené ici ? Il était bien dans son lit, bien au chaud pourtant. C’était plus confortable que cette chaise. Bon d’accord, elle n’était pas si inconfortable que ça cette chaise. Mais elle n’était pas aussi accueillante que son lit douillet. Et puis il était huit heures du matin… Il était fou son parrain ! Il venait d’arriver la veille et pourtant il savait déjà qu’il était un oiseau de nuit et pas un oiseau de jour. Bon point. Il avait l’impression de se découvrir lui-même, morceau par morceau. C’était frustrant de ne pas tout avoir de son passé, d’un coup d’un seul, mais il fallait bien s’en contenter. Il avait beau en vouloir d’avantage, ça ne venait pas. Son passé était oublié. Il se souvenait de son réveil près de l’enceinte. Rien de plus…

    « Bien, comment vous appelez vous ? »

    Shane sursauta, comme mis hors de ses pensées. L’homme qui parlait, c’était Joseph, un homme plein de bonhommie et avait failli exploser les côtes de mon Shane en le serrant affectueusement dans ses bras un instant plus tôt.

    « Shane Maël Lewis… Enfin, c’est ce qu’on m’a dit, je suppose que ça doit être ça... ? »

    Il tourna son visage interrogateur vers son parrain qui acquiesça de la tête avec un sourire. Bon, au moins, il ne s’était pas trompé dans ce qu’il avait à dire. Il n’avait pas fait d’erreur, c’était son unique crainte en ce moment : faire un faux pas. Il venait d’arriver ici, si en plus il devait se mettre les gens à dos… Non, vraiment, il fallait qu’il soit vigilant.

    « Bien, Shane. Pouvez-vous vous lever ? Nous allons prendre quelques mesures et une photo. »

    Le nouvel oublié regard son parrain, encore une fois, pour savoir s’il devait obéir et se montrer docile. L’autre homme acquiesça à nouveau, alors Shane se leva de son siège et s’approcha de Joseph, un peu anxieux. Des mesures disait-on ? Mais quel genre de mesure au juste ? Sa taille ? Son poids ? Ce fut deux des mesures qui furent prises. On l’avait fait monter sur une balance puis on l’avait mis contre un mur pour savoir combien il mesurait de la tête aux pieds. On prit une photo de lui. Ses yeux clairs, dessus, y regardaient dans le vide, comme quelqu’un complètement perdu qui cherche à s’orienter et ne trouve tout de même pas le nord. Il fut mesuré dans tous les sens, on lui dit alors que c’était pour lui commander des vêtements à sa taille. Soit, Shane était trop terrorisé pour oser protester d’une quelconque manière. Il suivait ce que son parrain lui disait de faire, par un simple regard. On lui avait pris également son emprunte digitale, son emprunte rétinienne et un tas d’autre information comme la couleur de ses cheveux ou celle de ses yeux, ou encore celle de sa peau. Sa peau. Shane regarda ses mains et constata la couleur de sa peau. Il était blanc. On parrain lui avait une peau hâlé, le Joseph avait une peu un peu intermédiaire, et il avait croisé un homme dans le couloir tout à l’heure, qui avait la peau brune. Les gens avaient donc diverses couleurs de peau ? Et on vivait ainsi tous ensemble ? Au fond, on avait tous aussi une couleur de cheveux différente, les yeux d’une couleur différente, les lèvres, les ongles d’une couleur différente. Chacun semblait unique en son genre. Shane lui avait la peau claire. Il restait toujours silencieux, Joseph avait donc fait remarquer à son parrain qu’il avait un filleul qui n’était pas très bavard. Shane avait eu envie de corriger en disant qu’il était terrorisé plutôt, mais rien ne sortit de sa bouche encore une fois. Il semblait complètement muet cet homme là. C’était son choix. Il avait peur de parler et de dire une idiotie.

    « Que voyez-vous à l’enceinte ? »

    Shane fronça les sourcils, avant de répondre innocemment :

    « Et bien, un mur, blanc, lisse, infranchissable… Comme vous, je suppose. »

    Joseph regarda le parrain de Shane d’un air de dire ‘tu ne lui as pas dit ?’. Le nouvel oublié se mordit la lèvre inférieure. Avait-il dit la fameuse idiotie qu’il s’efforçait à ne pas sortir depuis tout à l’heure ? On lui expliqua alors que l’apparence de l’enceinte variait d’une personne à l’autre. Voilà qui expliquait certaines choses, mais ouvrait vers d’autres questions. Pourquoi voyait-on l’enceinte d’une manière différente d’un individu à l’autre ? Etait-ce les différences de chacun qui débouchaient sur une apparence personnalisée de l’enceinte ? Est-ce que l’enceinte s’associait à la personnalité de tous ? Etait-ce ses craintes qui se matérialisaient et formaient l’enceinte ? Pour Shane, ça devenait un peu plus compréhensible avec le recul qu’il avait au bout de dix ans passés à Nosco. Si l’enceinte représentait ses craintes, un mur blanc, haut, lisse et infranchissable représentait l’espace clos que Shane craignait tant. Une prison en quelques sortes.

    « Bien je vais vous poser des questions qui vont me permettre de cerner votre personnalité et puis vous trouver un appartement qui vous convient. Ce sont des questions simples à répondre, ne vous inquiétez pas. Dites seulement la première chose qui vous vient à l’esprit. Je veux des réponses spontanées. Blanc ou noir ? Intérieur ou extérieur ? Centre ou périphérie ? Réel ou virtuel ? Sucré ou salé ? Bien ou mal ? Grand ou petit ? Froid ou chaud ? Large ou étroit ? Caché ou montré ? Ouvert ou fermé ? Clair ou sombre ? Cercle ou carré ? Doux ou acide ? Assis ou debout ? Ferme ou mou ? Rapide ou lent ? Jeune ou vieux ? Classique ou excentrique ? »

    « Blanc, extérieur… Centre, virtuel, sucré… Bien, petit, chaud, large… Caché, ouvert, clair, carré… Doux, assis, ferme, rapide… Jeune, classique… »

    « Bien. Haut ou bas ? Correct ou faux ? Passif ou actif ? Passé ou futur ? Le choix ou le reste ? Vie ou mort ? Rêve ou réalité ? A moitié vide ou à moitié plein ? Être ou avoir ? Solide ou liquide ? Matériel ou immatériel ? Lisse ou rugueux ? Créativité ou reproduction ? Satisfaction ou gourmandise ? Avoir ou posséder ? Etre ou paraitre ? Goût ou odeur ? Passion ou raison ? Droite ou gauche ? Devant ou derrière ? Avancer ou reculer ? Marcher ou courir ? Savoir ou oublier ? Les autres ou soi ? Un ou deux ? Homme ou femme ? »

    « Haut, correct, actif, futur… Choix, vie, réalité, à moitié plein… Etre, solide, Immatériel, lisse… Reproduction, satisfaction, posséder, paraitre… Odeur, raison, droit, derrière… Avance, courir, savoir, les autres… Deux, homme… »

    « Et bien vous voyez, ce n’était pas bien difficile. Il y a un appartement dans l’Aedes qui vous conviendra. Votre parrain va vous y conduire, c’est le 102. Vos affaires ont été préparées, elles vous attendent dans l’entrée. Je vous souhaite une bonne journée. »

    « Merci… »


    Son parrain s’était levé, Shane en avait fait autant et l’avait suivi. Il était assez docile le Shane lorsqu’il était paumé et lorsqu’il le voulait bien. Bien des années plus tard, Shane avait trouvé le rapport de ce premier entretien. Il avait alors compris que ces question alternative n’avait servi qu’à connaître du mieux qu’il le pouvait les individus qui arrivaient près de l’enceinte. Il s’agissait de connaître si ces gens étaient influençables, s’ils marchaient droit, ce qui les animait intérieurement. C’était une manière de les contrôler, connaître leur point faible intérieur. C’était assez bien joué. Le pire dans tout ça, c’est que ce rapport était très proche de la vérité. Shane avait été pris de stupeur en voyant le résultat de ces fameuses petites questions. Il était tenu à présent, la Guilde le connaissait bien, elle le connaissait trop bien.

    ~*~
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Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 25 Fév - 17:21

    Rapidement, il sortit de l’administration. Son déménagement avait été validé. Son ancien appartement lui serait encore accessible jusque ce soir. Dès minuit, s’il posait la main sur le scanner tactile de son ancien appartement, la porte ne s’ouvrirait pas. En revanche, celui de Silvio lui était accessible à volonté dès maintenant. Ce n’était qu’une manœuvre informatique, mais à présent, il n’aurait plus besoin que Silvio lui ouvre secrètement la porte ou qu’il la laisse ouverte pour que Shane puisse le rejoindre au beau milieu de la nuit. Maintenant, c’était chez lui également. Il en était vraiment heureux. Shane retourna dans l’Aedes, enfin, il devait retourner à l’Aedes. Il bifurqua néanmoins. Il avait du temps, il se rendit donc dans les boutiques ne Nosco. Il se rendit alors qu’on qu’il était en train de s’accorder du temps pour lui. Il n’avait pas regardé son ordinateur depuis ce matin, et lorsqu’il consulta son téléphone portable, il constata qu’on n’avait pas essayé de le joindre. Pas de nouvelle, bonne nouvelle. Si les rebelles avaient attaqué le réseau, Shane aurait été l’un des premiers à être prévenu et appelé au Quartier Général de la Brigade Informatique. C’était certain. Or, il n’y avait pas eu d’alerte. Il réalisait que tout ce temps passé devant son ordinateur à veiller sur le réseau n’avait un peu servi à rien. Il n’était pas obligé d’être accro, si paranoïaque un peu comme… Comme Tristan…

    ~*~

    « Et lui, c’est qui ? »

    « Tristan Darek, dit Traktueur. Il est le commandor de la section Informatique de la Brigade Impériale. Si tu continues à bien apprendre comme en ce moment, il deviendra ton patron. »


    Shane fixait cet homme aux longs cheveux blancs. Il avait des yeux d’un bleu très clair, presque troublant. La longueur de ses cheveux signifiait que l’homme ne devait pas se rendre très souvent chez le coiffeur pour une coupe un peu plus courte. Ses yeux bleus fixaient cet écran, ou plutôt ces écrans, ses doigts parcourraient le clavier à une vitesse folle et bougeait soit la souris soit le touch-pad dans un mouvement très furtif, presque invisible. Cet homme là n’était pas informaticien à moitié, il semblait vivre dans son ordinateur. Il ne devait pas beaucoup voir la lumière du jour à en juger par sa peau très claire. Pire que Shane ! Ses cheveux blancs donnaient l’impression d’un homme sage, ancien, mais Tristan n’avait pas l’air d’un quarantenaire. Il devait être dans la trentaine, peut-être un peu moins.

    « Son esprit a l’air torturé. »

    « Il l’est. Mais cet homme est un génie, et ses problèmes ne te regardent pas. »


    Shane avait acquiescé d’un signe de tête, il avait fixait encore Traktueur un instant avant de détourner son regard. Ses problèmes ne le regardaient pas… Ne le regardaient pas.

    ~*~

    Il ne le regardait pas ce soleil aujourd’hui. Au fond Tristan n’avait pas du voir beaucoup le soleil. Il était soit terré dans le Quartier Général de la Brigade, soit enfermé dans son appartement dans l’Aedes. C’était du pareil au même au final. Le soleil ne devait pas lui manquer. Son ordinateur peut-être plus. Ainsi que le confort de la Guilde. Mais les espaces ouverts de la liberté ne devaient pas lui manquer. Ce n’est pas pour autant que Tristan devait être bien dans sa cellule. Lui qui avait déjà une santé mentale fragile, l’enfermement n’était vraiment pas nécessaire. Shane se demandait comment allait bien pouvoir rentrer Tristan. Bien sûr, c’était le but des rebelles de détruire cet homme. Tristan était le meilleur informaticien de la Guilde, en détruisant leur atout, les rebelles songeaient affaiblir la Guilde. Ce n’était pas vraiment le cas. La Guilde était puissante, elle s’organisait et mettait en œuvre tout les moyens dont elle disposait pour assurer une stabilité à ses habitants. Les pirates rebelles quant à eux semblaient profiter de cette absence. On avait déjà recensé quatre grosses attaques (probablement par Virulino) et une cinquantaine de petites attaques, probablement pas les pirates rebelles peu expérimentés qui voulaient tenter leur chance. Soit. Ils étaient rapidement renvoyés de là où ils venaient. Quant à Virulino, c’était un peu plus difficile, mais Shane était de son niveau, il parvenait à le maîtriser. S’il ne pouvait pas l’attaquer et l’empêcher d’attaquer, il savait bien défendre son terrain et Virulino n’avait pas percé sa défense. Il était tombé dans certain de ses pièges, mais Virulino était suffisamment doué pour s’en défaire admirablement. McGregor devait cependant ignorer que Shane portait le masque de Traktueur depuis quelques temps déjà, et que c’était lui qui le combattait et qui lui mettait des bâtons dans les roues chaque fois qu’il voulait faire un pas vers le système informatique de la Guilde. Shane était sur l’ordinateur de Tristan, il avait donc les mêmes caractéristiques que Traktueur. Il agissait au mieux comme Tristan l’aurait fait, en se mettant dans la peau de l’homme. Il devenait donc presque indétectable que Tristan avait disparu. Que devaient se dire les rebelles ? Peut-être que Tristan était suffisamment intelligent pour créer une machine à intelligence artificielle capable de reproduire sa défense à la perfection. Ou tout du moins d’en créer une contre laquelle ils avaient toujours combattu. Mais cette hypothèse tombait à l’eau. Pour un informaticien, c’était aisé que de percer le système d’une machine. Si Traktueur n’avait été qu’une machine, il aurait chu depuis bien longtemps déjà. Ce n’était pas le cas, donc Traktueur était un être vivant bien réel. Une chose que Shane comprenait à présent. Même si Tristan vivait en travaillant, pour son travail, juste pour ça, s’il devenait peu à peu cette machine sur laquelle il travaillait, même s’il en devenait son prolongement, Tristan était et resterait un homme. Qu’importe ce qu’il pouvait croire, il n’était pas qu’un robot, il était bien plus que ça. Aucun robot n’aurait sa capacité de réflexion, même fabriqué par le plus grand génie du monde.

    Shane lui, voyait cette lumière du jour. Il espérait que Tristan allait bien, qu’il s’en sortirait et qu’il ne baissait pas les bras. Shane savait que la Brigade Anti-terroriste s’activait grandement à retrouver le commandor de la section informatique. Il n’y avait qu’à voir combien Silvio avait été occupé ces derniers temps, avec sa nouvelle seconde qu’était Kathleen. Shane n’avait même pas pu voir une nuit seulement son amant. Le temps avait été long sans lui, mais les choses allaient changer à présent. Le soleil tapait aux fenêtres des boutiques de Nosco. Etrange comme il y avait du soleil en plein hiver. Il ne faisait pas chaud, l’informaticien avait même frissonné au dehors. Il faisait bien meilleur ici. Rapidement, il se rendit au rayon nourriture. Il prit quelques pizzas qu’il n’y avait plus qu’à faire passer au four. Ca irait bien pour Silvio, Aaron, peut-être Kim et lui. Après un déménagement, un bon repas serait un doux réconfort. Ils le mériteraient bien. Il passa également prendre quelques bouteilles. Non pas qu’il comptait rendre saouls ses invités mais il fallait bien fêter comme il se doit ce déménagement. Il fut rapidement dehors avec ses affaires sous le bras. Direction l’Aedes cette fois, pour de bon. Il entra dans son appartement, un appartement qui ne serait bientôt plus le sien. Il passa une main sur ses cartons et déposa près d’eux ses derniers achats. Et puis il prit à nouveau son ordinateur. Quelques tapotements sur les touches, rapidement, et puis il alla vérifier ses mails. Ca faisait un bout de temps qu’il n’avait pas fait le tri dans tout ça.

    De : administration@nosco.nv
    A : siwel@alpha.nv
    Objet : Déménagement [Urgent]
    [Jeudi 5 Janvier 204 – 13:57]

    Monsieur Shane Maël Lewis,

    Suite à des événements récents, nous vous invitons à déménager au cours de la deuxième semaine de cette année. Votre appartement actuel a été attribué à Judikhael Wienfield qui prendra place en ces lieux au cours de la troisième semaine de cette année.

    Votre promotion à porter le nom de Traktueur vous met dans un danger. C’est pourquoi Mathys Nelsen a demandé votre attribution au troisième étage de l’Aedes afin de vous faire bénéficier d’un niveau de sécurité accru.

    Ceci a été renforcé par votre état de santé actuel. Mathys Nelsen a demandé un diagnostique médical au Sapienta. Votre médecin, le docteur Kim van Berghen a déclaré un état de fatigue et d’amaigrissement. A cela s’ajoute une obsession informatique.

    Par ses motifs, le docteur Kim van Berghen réclame un accompagnement dans la vie quotidienne afin de freiner voire d’anéantir le mauvais état de santé dans lequel vous êtes : soit une colocation avec un ami, soit un suivi médical régulier.

    Etant donné que le sujet déclare une aversion pour la médecine, et que Silvio Anthelmios, commandor, a accepté une colocation avec un ami, Sa Majesté l’Impératrice et le Haut-Conseil ont accepté la demande afin que vous puissiez être en sécurité et que vous recouvriez une bonne santé. Votre implication et vos compétences mis au service de la Guilde ont été des points importants dans le choix de Sa Majesté l’Impératrice et du Haut-Conseil qui attendent de vous un juste retour de la concession qu’ils vous ont accordée.

    Vous êtes par la présente convié à vous rendre à l’administration pour rendre effective cette décision dans les plus brefs délais.

    Bien à vous,
    L’administration Guildienne.


    Shane avait déjà lu ce mail. C’était la raison pour laquelle il s’était rendu à l’administration un peu plus tôt. Il était toujours assez étonné que la décision de son changement appartement soit remonté jusqu’à l’Impératrice et le Haut-Conseil. Il était encore, avant que Tristan ne s’intéresse à lui, un informaticien lambda dans cette population. Il n’était pas malheureux de cela. Bien au contraire. Au moins, l’Impératrice avait entendu parler de lui à présent et pas en mal. Un juste retour à la concession qu’ils lui avaient accordée. Ils n’attendaient pas d’échec de sa part. Shane ne put s’empêcher de sentir un poids de plus se poser sur ses épaules déjà bien usées. Il avait hâte que Tristan revienne, pour lui monter ce qu’il avait réussi à faire, pour lui montrer que jusque là, tout s’était bien passé, qu’il avait tenu la barre haut, qu’il n’avait pas dévalorisé la Guilde, qu’il avait montré aux rebelles que la Guilde était bien organisée, qu’il y avait toujours des gens pour maintenir la sécurité de la population contre la menace terroriste, qu’ils ne cédaient pas. Et puis, il avait envie que Tristan revienne, parce qu’il avait encore beaucoup de choses à apprendre de lui. Il savait qu’il n’avait pas fait toutes ses preuves, qu’il devrait faire encore beaucoup d’efforts, mais il les ferait, pour être intéressant aux yeux de Tristan, pour pouvoir être formé par lui et en connaître d’avantage. Enfin, les choses étaient loin d’être ainsi pour le moment. Il fallait déjà que Tristan refasse surface, dans les deux sens du terme. Il fallait déjà qu’on ne sorte des griffes de la Confrérie et que le commandor se remette sur pieds. Ensuite seulement Shane irait le voir. Il doutait qu’il vienne à sa rencontre avant. Il n’était pas assez proche de lui pour avoir ce privilège.

    De : zoen@alpha.nv
    A : siwel@alpha.nv
    Objet : Rapport
    [Mardi 10 Janvier 204 – 15:23]

    RAS

    Enzo.


    Voilà qui était rassurant. Enzo était un bon informaticien, très méticuleux, bien organisé, et bien plus à jour que Shane, quelques mois plus tôt, niveau compte rendu d’activité. Shane, autrefois, avait laissé tombé le Rien A Signaler qui ne servait à rien, se disant que pas de nouvelle était une bonne nouvelle. Maintenant qu’il était au poste de Traktueur, il comprenait combien il était rassurant d’avoir ce petit message. Si Enzo ne le lui avait pas envoyé, il aurait probablement passé un coup de fil au Quartier Général pour prendre des nouvelles. Nelsen lui aurait hurlé que tout allait bien et qu’il ferait mieux de s’occuper de son déménagement. Il avait l’impression d’avoir un autre Kim au sein même de sa brigade. Enfin, si Mathys et Kim s’étaient associés pour que Shane déménage chez Silvio, il était fort probable que Kim ait demandé à Mathys de secouer mon Brigadier pour qu’il décroche un peu de son travail. C’était d’ailleurs plutôt bien réussi. Shane avait passé la journée sans toucher à son ordinateur depuis ce matin, et avait résisté à l’envie d’y jeter un coup d’œil. A présent, il lisait ses mails tout comme n’importe quel habitant de Nosco, sans obsession aucune. Il se rendait bien compte l’effet que ce déménagement avait déjà sur lui. Il se sentait rassuré de ses propres progrès. Il avait tellement eu peur de… Finir comme Tristan ? Oui, car malgré l’admiration qu’il portait pour cet homme de génie, il n’en demeurait pas moins vrai qu’il était trop craintif des espaces clos pour accepter d’être le prisonnier de son ordinateur et de son travail. C’était peut-être l’une des grandes différences entre Tristan et lui, Shane n’était pas geek. Il avait besoin de voir du monde et de tisser des liens forts avec des amis et des collègues. Il avait besoin d’eux, et il ne pouvait pas vivre enfermé sur lui-même. Cette prison mentale ne lui convenait pas le moins du monde. Il ferma finalement sa boite mail. Il n’y avait plus rien d’important à lire. Il avait viré une grande partie des spams, archivé une autre partie, le reste avait été supprimé, car, après lecture, ils ne servaient plus à rien. Et puis, il mit une clé USB dans son ordinateur, ouvrit un fichier bien particulier.

    sujetlewis001.txt

    [Résumé]

    Nom : Lewis
    Prénom : Shane Maël
    Arrivé le 12 février 194

    Des suites de ses déclarations, nous avons pu déterminer la personnalité du sujet.

    Programmation Neurolinguistique :
    Shane Maël Lewis utilise majoritairement son cerveau gauche, ce qui engendre un manque de créativité, mais une droiture d’esprit, une capacité à la reproduction et une volonté d’action. Il développe un état du moi adulte (=rigueur et précision) orienté vers l’optimisme. Son état du moi secondaire est celui du parent bienveillant qui pousse autrui à grandir, caractère qui plongé dans l’extrême peut occasionner une surprotection d’autrui : à surveiller. Le sujet refuse l’immobilisme et montre des signes d’impatience. Il peut agir trop rapidement, malgré une volonté à suivre sa raison. Une autorégulation est donc à espérer. Le sujet a un langage visuel essentiellement tourné vers l’observation.

    Relations avec l’extérieur :
    Le sujet présente les symptômes de la claustrophobie avec le refus de ce qui est sombre et clos. Ses liens avec les objets semblent inexistants. Au contraire, l’immatériel et le virtuel est source d’attirance pour lui. Il développe une tendance aux secrets ou aux mystères qui doit être canalisée. Le sujet est sensible aux idéologies marquées, il doit par conséquent être rapidement imprégné de la cohésion Guildienne qui sera identifiée au bien. Il se satisfait de ce qu’il a et voit un futur pour aller de l’avant. Le sujet est dans une logique de progression et dans un processus d’amélioration de son mode de vie. La régression à un niveau inférieur n’est pas désirée.

    Relations avec la population :
    Le sujet préférera être avec des autres et éprouvera des difficultés dans la solitude. Il se liera d’avantage d’amitié avec des hommes, jeunes et actifs. S’il cherche à être le centre, ce n’est pas par envie d’être différent ou meilleur que les autres, il s’agit d’avantage d’un besoin de reconnaissance et d’accomplissement de soi. Il cherchera à aider les autres et s’imposera avec douceur et fermeté. A surveiller : Influençable lorsque des sentiments sont mis à l’épreuve.


    Un petit sourire en lisant ça. Il le connaissait bien assez, il n’en avait plus besoin. Il avait pris ça sur Bêta, quelques temps plus tôt. La Guilde le connaissait déjà bien.

    Etes-vous sûr de vouloir supprimer ce document ?
    |Oui| |Non|

    Il ne le regrettait pas, il cliqua sur ‘non’. Qu’importe si la Guilde le connaissait bien, il appartenait à la Guilde, et il n’avait pas besoin de se cacher d’elle. Il n’était pas le plus parfait des Guildiens, il avait un tant soit peu de puérilité dans le cœur qui le poussait à faire des bêtises juste pour le fun. Ce n’était jamais bien méchant, jamais bien mal. Il n’était pas le pire des Noscoiens. Il n’était pas un rebelles, il agissait toujours pour la Guilde, il était l’un de ses fervents défenseurs. Alors non, la Guilde n’avait rien à craindre de lui, et il n’avait rien à craindre d’elle. La seule chose qui mettait Shane dans le faux, dans le mal, hors de la loi, c’était ses souvenirs, son passé qui lui revenait. Il savait que c’était après avoir relevé un défi de Joshi que ses souvenirs lui revenaient. Il n’y avait peut-être pas de lien, mais pour Shane, ça en avait un. Et il réalisait à chaque fois les défis de Joshi, même s’il savait que leur réalisation le conduisait vers quelque chose d’interdit. C’était un secret, son secret à lui tout seul. Il ne le partageait avec personne, et ne le partagerait avec personne. Il ferma les yeux, et éteignit son ordinateur. Tant de choses s’étaient passées pour lui à Nosco, et à l’avenir, même s’il tournait une grande page de sa vie en ce moment, il n’oublierait pas d’où il venait. Il n’oublierait pas non plus qui était. Il était Jefferson Wheeler. Shane Maël Lewis n’était qu’un autre qui voulait être lui. Mais il n’était pas malheureux d’être Shane. Shane avait des amis, un métier, un petit patrimoine. Jefferson, lui, n’était plus personne. Si l’informaticien avançait en regardant son futur, il n’en demeurait pas moins vrai qu’il savait qui il était. Jefferson était mort, c’était du passé pour lui. Maintenant il était Shane, mais il restait Jefferson dans un même temps.

    ~*~

    Une nuit blanche. Il avait embrassé Silvio, et il passait une nuit blanche. Pourquoi fallait-il que ça le secoue autant ? Seconde nuit blanche, et ses rêves ne sont plus là. Il se sent abandonné de tout de rien. Est-ce que Silvio pensait à lui ? Est-ce que Silvio lui en voulait toujours ? Avait-il perdu définitivement son ami ? Troisième nuit, pleine de rêves, pleine de bonheur, pleine de joie. Il aimait Silvio, Silvio l’aimait. Ils allaient devoir se cacher, Silvio ne voulait que d’un secret. Il n’acceptait pas encore le fait d’aimer un homme. Mais il avait raison, il ne fallait pas que ça se sache, il fallait terrer ça dans l’obscurité. Un secret, leur secret. Silvio était seconde commandor, à ce moment là, une telle révélation l’aurait fait choir de son si bon poste. Shane s’en serrait sentit coupable. Et si lui-même voulait obtenir une quelconque promotion, il fallait aussi qu’il veille à ne pas entacher l’image de la Guilde. L’Impératrice et le Haut-Conseil ne l’accepterait pas. Ils seraient damnés, et ils ne le voulaient pas.

    Quatrième nuit, pas un nuage dans le ciel, juste des espoirs dans son cœur. Il regardait le plafond, les yeux grands ouverts, bientôt il les fermerait pour retrouver dans son esprit le visage apaisant de Silvio. Cinquième nuit, et Silvio lui manquait atrocement, ce n’était pas facile de ne se voir que quelques brefs instants, loin des yeux de la population et des caméras. Il fallait être prudent, Ô combien prudent, mais ce n’était pas une tâche facile, c’était même plutôt ardu. Et chaque fois qu’il s’éloignait de lui, c’était son cœur qui souffrait dans une déchirure béante. Il le fallait bien pourtant. Mais c’était fou comme Silvio pouvait lui faire tant de bien et tant de mal dans un même temps. Il était un rêve et un cauchemar. Il pansait les plaies de son âme et en ouvrait une autre, la sienne, sa marque, Son Silvio. Mais Shane aimait cette souffrance, il aimait son cœur qui se ceint en deux, pour mieux savourer les retrouvailles. Il aimait cette douleur qui lui faisait du bien. Dans un paradoxe masochiste, il avait trouvé son équilibre. Plus il faisait souffrir Silvio par son sadisme et plus il se sentait bien, car il se sentait désiré. Rassurez-vous, Silvio n’était pas un saint non plus. Il le lui rendait bien. Très bien. C’était son amour, son Silvio.

    ~*~

    [justify]Il fermait son ordinateur, il n’avait plus rien à y faire. Il regarda sa montre, dans un geste lent. C’était l’heure. Silvio avait dit le rejoindre vers cette heure là. Aaron lui avait donné le même horaire. Peut-être qu’il aurait parlé à Kim que son maître (*.*) déménageait. Dans ce cas, il était pensable que le docteur se joigne à eux pour donner un petit coup de main. Kim avait beau être médecin, il avait était brigadier dans le passé. Ses bras n’étaient donc pas dépourvus de muscles, ce qui n’était pas négligeable. Silvio, quant à lui avait un corps de rêve d’athlète consécutif à la profession qu’il exerçait. Et Shane était bien placé pour le savoir. Quant à Aaron… Et bien Aaron, il n’en savait trop rien. Il savait que son apprenti était doué en informatique, quant à savoir s’il avait de la force, c’était une autre question. Qu’importe, s’il avait de petits bras on lui donnerait les cartons les plus légers : les vêtements. Bah oui, des caleçons ce n’est pas lourd ! Shane ouvrit sa porte et poussa ses neuf cartons, le repas du soir, son lit et son matelas dans le couloir. Il s’était débarrassé de tout le reste via ventes et dons, car au fond, pas besoin de deux canapé ou de deux réfrigérateur dans l’appartement de Silvio. Un suffisait amplement. Il se retourna vers son appartement vide, prêt à fermer la porte. Il soupira profondément, cherchant du courage pour tourner une nouvelle page de sa vie. Il était prêt, et il ne le regrettait pas. Il ferma un instant les yeux.

    Il se souvenait des soirées passées là, dans le canapé du salon, un verre à la main, trinquant de bonne humeur, et refaisant le monde avec ses amis. Il se souvenait des éclats de rire, leur joie innocente, parfois insolente, mais toujours vraie, toujours vivante. Il la sentait encore vibrer en lui, comme si elle était toujours. Il avait beau tourner la page, la nouvelle feuille blanche commencerait toujours par ‘après cela’. Car le début n’était toujours que la suite de la fin. Un éternel recommencement, comme on disait. Il se souvenait de chansons faites en chœur, écrits sur un coin de serviette. Ils n’étaient pas de bons chanteurs, ils chantaient même souvent faux, mais tant que c’était fait avec amusement, ça restait un parfait instant de bonheur. Ils n’étaient pas à un concours de chant. Heureusement d’ailleurs, à moins qu’ils ne cherchent tous à obtenir la dernière place, et là, la compétition aurait été rude. Il se souvenait des nuits passé là, après avoir trop ri ou peut-être trop bu, allongé à moitié sur le canapé, sur un camarade et sur le tapis du sol. Il se souvenait aussi de ces longues heures passées à travailler, quand la nuit noire devenait, rien que pour lui, blanche. Il avait été là, adossé confortablement, les doigts sur le clavier d’ordinateur, la fenêtre encore un peu ouverte, car l’informaticien avait besoin d’air, il n’aimait pas être enfermé. Il se souvenait de ces nuits passées, dans son lit, à rêver de Silvio, ces derniers mois. Il se souvenait de tout ça. Des images lui revenaient à l’esprit, comme dans des flashs. C’étaient de bons souvenirs, un passé qu’il n’oublierait pas parce que ça faisait partie de lui. Il prit la poignée de la porte dans sa main gantée, la tira. La porte était fermée à présent et Shane soupira. Il se retourna alors et fit de gros yeux. Il avait devant lui Silvio, Aaron et Kim qui le regardaient silencieusement. Shane quant à lui, tenta de faire disparaitre rapidement cet air mélancolique qui assombrissait son visage. Il se sentait un peu gêné d’avoir été ainsi observé dans un moment d’égarement.

    « Je… Ca fait longtemps que vous êtes là ? »

    Il leva les sourcils, comme pour les supplier de leur dire qu’ils venaient d’arriver. Il esquissa finalement un sourire, ne voulant pas entendre la réponse. Qu’importe, il fallait avancer.

    « C’est gentil à vous d’être venus m’aider. Je n’aurais pas pu faire ça tout seul. Enfin si… Mais pas aussi rapidement. Et j’aurai fait plus de voyage dans l’ascenseur alors… »

    Alors, il était claustrophobe, et passer plusieurs fois dans l’ascenseur en si peu de temps aurait détruit sa bonne humeur. Ca aurait été électrique avec Silvio le soir ! Non pas que Shane leur en aurait voulu de ne pas être là pour l’aider, il pouvait comprendre qu’ils étaient occupés. Mais Silvio aurait bien ramé pour avoir un câlin cette nuit ! Ainsi donc Kim et Aaron contribuaient inconsciemment à épargner le pauvre Silvio. Quoi que son soumis était masochiste, il aurait peut-être bien aimé…

    « Merci Kim d’avoir appuyé ce déménagement auprès de l’Impératrice et du Haut-Conseil. Je crois que ça ira mieux à présent. Silvio est un bon ami, on s’entendra bien. Si je veux faire quoi que ce soit pour vous… »

    En regard en direction de Silvio s’en suivit d’un petit sourire. Il s’était dit que remercier Kim serait la moindre des choses, à défaut de pouvoir faire quelque chose pour lui. Néanmoins, il espérait pouvoir lui rendre la pareille un jour. L’aider d’une manière quelconque.

    « Bon ! On y va ? »

    Shane regarda ses cartons mis dans le couloir un peu plus tôt. Il y avait son lit en pièce détachées pour faciliter le transport, son matelas qui n’était pas bien loin. Il y avait aussi des boîtes contenant des pizzas pour ce soir, il n’y aurait qu’à les faire passer au four et savourer. Il y avait aussi quelques bouteilles qui étaient là. Encore une fois, ce n’était pour souler ses invités, c’était seulement pour fêter son déménagement. Pas d’abus ! Il y avait ensuite neuf cartons dans le couloir. Deux d’entre eux portaient l’inscription « VETEMENTS ». C’était probablement les cartons les plus légers. Il y avait aussi un carton « MIAM MIAM » qui contenait la nourriture qui restait dans les placards de sa cuisines (soit très peu car Shane n’avait pas eu spécialement faim récemment). Il y avait un carton « SALLE DE BAIN » et un carton « TRUCS » qui contenait tout ce qui pouvait trainer. Et enfin, il y avait quatre cartons nommé « MES BEBES ». Il ne s’agissait pas de bébés à proprement parlé (les bébés, c’est dans le congélateur, d’abord u.u), il s’agissait des bébés de Shane : tout son matériel informatique. Et il y en avait un sacré paquet ! Quatre plus exactement, quatre cartons de ces fameux objets accumulés depuis dix ans passés à Nosco. Avec son marqueur, Shane ajouta à ces cartons la mention « CELUI QUI CASSE PAIERA DE SA VIE ». Et hop par la fenêtre celui qui causera le moindre dégât à ses bébés. Sauf si c’était Silvio, parce que Shane avait besoin de coussin pour dormir. Le confort avant tout ! Shane saisit un carton qui s’appelait « MES BEBES » et s’engouffra dans l’ascenseur, là, il attendit un camarade pour monter avec lui et son carton. A deux dans un ascenseur, il n’y avait pas de place pour d’avantage, on ferait des voyages de deux par deux, ça devrait pouvoir se faire rapidement. Il dégagea une main de sous son carton et pressa le bouton 3. Fini le deuxième étage. Bon, ça ferait plus long la montée jusqu’au troisième dans l’ascenseur, mais si ça n’allait pas, il ferait une halte au deuxième étage pour respirer. Shane était assez adaptable. Ce n’était pas lui qui forgeait son environnement, c’était son environnement qui le forgeait.
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Message par Silvio Anthelmios le Dim 27 Fév - 23:35

Dormir. Un luxe, mais aussi un plaisir. Depuis sa nomination récente au poste de commandor, le verbe "dormir" faisait frémir Silvio d'envie, et son lit était devenu plus attirant que pouvait l'être un gâteau couvert de caramel pour une personne qui faisait un régime. Lutter pour ne pas rejoindre ce tant désiré camarade était une tâche de plus en plus ardue. Son travail grignottait de plus en plus sur ses heures de sommeil, le fatiguait de plus en plus. Un lit... Qu'est-ce qu'un lit ? N'est-ce pas ce qu'il y a de plus doux dans ce monde ? Et si chaque Noscoien pensait à son lit avant de penser à taper sur son petit camarade, le monde ne serait-il pas plus beau ? Un lit... Matelas moelleux où votre corps s'enfonce juste assez, matelas qui ne blesse jamais, toujours prêt à vous accueillir... Des draps qui embrasaient votre corps et le maintenait dans une douce chaleur, et surtout un oreiller.... Quelle belle chose que ces oreillers ! Poser une tête sur un oreiller, c'était se décider à se laisser aller au sommeil, tout oublier, une trève de l'esprit... Oublier un moment que l'on a un corps, et partir loin de tout ce qui est matériel, loin du travail, loin de la lutte contre la fatigue...
Ajoutez à cela le plaisir d'avoir contre soi son amant, un amant interdit enfin autorisé, la sensation de l'amant contre soi, ce petit corps entre vos bras, tout chaud... Silvio était au paradis, bercé par la respiration lente, calme, de son cher et tendre. Une dernière chose le tourmentait: il devait choisir entre dormir ou le regarder dormir. Mais quelque chose le rassurait: il savait que le choix qu'il ne faisait pas, il pourrait le faire une autre fois. Ils dormiraient ensemble à nouveau. C'était une certitude. Mon commandor, épuisé, n'eut de toutes façons pas le loisir de se questionner longtemps. Alors qu'il contemplait le visage apaisé du petit ange dans ses bras, le sommeil l'emporta...

Le regarder, encore et encore. Silvio tentait d'ancrer les traits du visage de Shane dans sa mémoire et au fond de ses yeux. Le voir, encore, toute la journée, tout le temps. Il était si beau... Surtout quand il dormait. Un vrai petit prince, que le commandor regardait avec un grand sourire plein de tendresse. Tout doucement, il passa un doigt sur la joue de l'endormi, pour en savourer la douceur... Puis il jugea que, pour cela, ses lèvres étaient plus utiles. Il était tôt, très tôt. Plus tôt que l'heure de se lever pour mon chasseur de rebelles. Mais il avait voulu profiter encore de cette petite chose qui dormait à ses côtés. Profiter comme si c'était la dernière fois. Il avait l'habitude d'agir ainsi...
Il se réveillait. Silvio observa son amant sortir des limbes du sommeil, s'animer à nouveau, le coeur battant. Il le reçut contre lui avec un soupir de bonheur: qu'y avait-il de plus agréable que de dormir et se réveiller à ses côtés ? Il laissa Shane re-faire son suçon. Ca ne lui déplaisait pas. Il appréciait la sensation. Il appréciait de chercher, dans le miroir, à voir cette marque, la preuve que cela n'avait pas été qu'un rêve.
Ce n'était pas qu'un rêve... Ils étaient éveillés, vivaient quelque chose d'incroyablement doux et agréable... Et ce n'était pas un rêve...

La journée se passa incroyablement bien. Peut-être parce qu'elle passa incroyablement vite, même si Silvio regardait son portable toutes les deux secondes, comme l'aurait fait un lycéen attendant des nouvelles de sa belle pendant les cours (le premier qui dit "on sent l'expérience", j'lui casse ses dents). Il ne s'était pas prélassé, s'était même activé bien plus qu'à l'ordinaire et, même s'il avait fini en avance, manqua de courir pour rejoindre Shane. Non, en fait, il couru. Si vite et si bien qu'il heurta de plein fouet un gringalet blond, l'air bien niais, et surtout qui n'appartenait pas à sa brigade. Silvio le traita de nombreux noms d'oiseaux, et accéléra le pas... Mais ce chenapan le suivait ! Quand il se retourna pour lui expliquer vivement et à grand renfort de noms de fleurs qu'il n'était pas obligé de le suivre, il apprit que le jeune homme suivait son chemin. Il n'était pas responsable de la coïncidence de leurs chemins. Silvio râla comme quoi il existait plein de détours grâce auxquels il ne lui marcherait pas sur les pattes...Mon commandor crut qu'il allait péter un plomb en le voyant dans le même ascenseur que lui. Mais Kim étant dans les parages, il dut se contrôler. Malgré un air constipé nouvellement acquis grâce à l'effet laxatif d'Aaron. Paradoxal, me dites-vous ? Métaphorique, les amis. Métaphorique.
Silvio fit un peu la conversation à Kim, pour se changer les idées. Il le remercia d'avoir appuyé le déménagement de Shane, lui assura qu'il veillerait à ce qu'il ait bien trois repas par jour, ect, ect. Bref. Arrivés à destination, Silvio sembla surpris de voir que tout ce petit monde avançait côte à côte, et dans la même direction. Quand tous s'arrêtèrent devant la porte de l'appartement de Shane, il ne cacha pas sa surprise, en se tournant vers Aaron: "alors c'est TOI son filleul ?" suivit d'autres noms d'oiseaux. Puis Shane arriva, et Silvio se tut, pour l'observer. Il semblait tout chose... Et Silvio ne comprenait pas pourquoi. Il ne s'était pas vraiment mis à sa place. Résultat: il commençait à s'inquiéter.

"- On vient juste d'arriver...."

Shane parla, Silvio écoutait vaguement. Son regard ne s'était pas détaché du visage de Shane, et ses lèvres particulièrement captivaient son attention. Ascenseur... C'était sa claustrophobie qui le mettait dans cet état ? L'appréhension ? Peut-être...
Silvio s'empara du premier carton venu. Lourd. Mais il était costaud, contrairement à un certain moineau qu'il ne regardait plus. Il suivit sagement Shane et s'engouffra avec lui dans l'ascenseur, sans se soucier des deux autres. Alors seulement il posa un regard sur l'inscription de son carton.

"- Mes bébés ? Euh... Shane ? Tu m'as caché des choses...?"

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Mar 1 Mar - 18:10

Ca y est, c'était le jour J. Shane allait emménager avec un brigadier, un de ses amis... Un dénommé Silvio, si Aaron se souvenait bien... D'une part, il était content pour le nouveau Traktueur, son maître (.o.), car il pressentait que vivre toujours en compagnie d'un véritable ami était ce dont le malade avait besoin pour aller mieux. Evidemment, son état s'était un peu amélioré depuis qu'il bénéficiait de la surveillance constante du blond : obligé de manger, obligé de lâcher son ordinateur de temps à autre, obligé de dormir ou, à défaut de dormir, au moins se reposer... Mais le chemin serait long avant que le joli brun cesse de ressembler à un squelette moisi, et opte plutôt pour un look... Humain. D'autre part, le nouvel Oublié plus si nouveau que ça ne supportait pas bien l'idée de perdre cette présence quotidienne. Mine de rien, il y avait pris goût, à ces repas toujours meilleurs chaque jour, à ces longues conversations informatiques souvent, d'ordre plus personnelles parfois, et à l'obligation de penser pour deux. Ainsi, il avait machinalement pris un paquet de carottes pour nourrir son formateur si lui-même n'y avait pas pensé avant.

Malheureusement, un petit châtain-blond nerveux le heurta brutalement dans le couloir, tandis qu'il s'acheminait tranquillement vers le second étage pour aider Shane à déménager, et la petite barquette de carottes synthétiques s'envola pour étaler son précieux contenu au sol. Cette perte engendra un petit froncement de sourcil de la part d'Aaron, déçu de n'avoir plus rien à offrir à son Maître, et il ne répondit pas au déluge d'insultes qui lui tomba sur le dos. Cet homme qui venait de le bousculer fort violemment aurait bien pu s'excuser, mais il semblait si excité et nerveux que, sagement, Smith décida de garder le silence. De toutes façons, il n'aurait pas à le supporter bien longtemps et, bientôt, il pourrait rejoindre ces deux êtres mâles qu'il adorait : Shane et Kim. Tranquillement, donc, il reprit sa route.

Seulement voilà. Sa route, et celle de l'invivable nerveux petit ornithologue – en effet, il connaissait un sacré nombre de noms d'oiseaux xD – semblait être commune. Un premier doute naquit dans l'esprit d'Aaron face à cette coïncidence, mais il y mit fin de suite. Nooon. Cet insupportable être ne pouvait en aucun cas s'avérer être l'adorable Silvio dont Shane parlait avec des étoiles dans les yeux ?! Eh ben si. Le joli blond salua chaudement son parrain, puis se tut, écoutant sagement la conversation sans jamais cesser de sourire, ravi de se retrouver en compagnie du charmant docteur, et jubilant à l'idée de voir la réaction de ce Silvio, qui semblait visiblement assez benêt pour ne pas comprendre qui était ce joli jeune homme à ses côtés. Non, mais ça peut se comprendre. Les hommes de terrain ne sont pas des scientifiques, ils ne pensent que combat... Les idiots.

« Alors c'est toi son filleul ?!
- Eh oui, c'est moi. Enchanté Silvio, j'ai beaucoup apprécié notre percutante entrevue. »

De la moquerie ?! Venant d'Aaron ?! Par Joshi, il ne devait vraiment pas apprécier Silvio pour se permettre un tel comportement. Sensible, toutefois, au charisme du brigadier, il le laissa répondre à Shane, qui arborait un air vaguement mélancolique... Comme quoi, l'ange blond connaissait mal son maître : il ne l'aurait jamais cru attaché à une place, ou à un objet. A moins que ce ne soit des souvenirs, qui aient créé cet air vaguement attristé ? Tactile, mais ayant finalement compris que son formateur ne partageait pas ce trait de caractère, il posa simplement une main amicale qu'il voulait rassurante sur son épaule, furtivement, avant de s'attaquer au carton « MIAM MIAM »... Il n'était pas très musclé, je vous l'accorde. En fait, il était carrément maigrichon... Et, au fond de lui, il décida qu'il se rendrait en salle de sport d'ici peu, réalisant honteusement qu'il ne parviendrait pas à porter ces cartons longtemps. Il en changea donc une fois la porte refermée, optant pour un petit carton « Vêtements » qui avait l'air bien moins lourd, et lui faisait un grand sourire...

« Kim, je suis une lopette... Même pas foutu de porter un carton ! >_> »

Son parrain sourit, lui répondit une blague bien sentie avant de s'emparer d'un « Mes bébés ». Aaron savait exactement ce qui se trouvait dans ces cartons. Enfin, pas exactement. Mais il se doutait que la seule chose que Shane aimait au point de les appeler « Mes bébés » était son matériel informatique. Et le joli blond ne toucherait pas à un de ces cartons, de peur que ses muscles ne le trahissent... Si on pouvait appeler ça des muscles. Oui, oui, oui, Aaron était fluet... Mais au moins, il avait un peu de logique et était capable de réflexion, lui ! Contrairement à un certain brigadier qui ne savait que jurer pour s'imposer... De tels abus de pouvoir, c'était indigne et, un peu surpris par sa propre réaction, le joli blond se rendit compte qu'il ressentait bel et bien une forme de répulsion envers Silvio. De la jalousie ? Non, pas vraiment... Plutôt de la déception. Cet homme qui attisait ainsi l'amitié (et même plus, mais cela, mon personnage n'en savait rien) de son maître devait être exceptionnellement parfait. Aurait dû être exceptionnellement parfait ! Et en fait, il n'était qu'un être banal sujet à l'excitation et à la colère.

L'ascenseur sonna, revenu à l'étage, et Aaron s'y engouffra à son tour, le visage fermé. Il était rare de ne pas le voir sourire, mais il avait du mal à cacher sa déception vis à vis de cet être singulier qui, en fait, ne l'était pas. Et cela même s'il n'avait pas le droit de le montrer à Shane. Après tout, son maître avait droit d'aimer qui il voulait... Ce n'était pas sa faute, s'il avait mauvais goût. Et puis, même s'il ne passait plus ses journées entières avec, il aurait quand même tous ces moments de formation pour le revoir et vérifier qu'il allait bien. Et s'il préférait Silvio, il ne l'abandonnerait pas pour autant. Hein ?

En fait, oui... Il y avait bien un soupçon de jalousie dans l'incontrôlable rejet que ressentait Aaron vis à vis du petit nerveux nouvellement devenu commandor...

[ Kim se fait PNJiser Wink ]
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Jeu 3 Mar - 0:49

    Ils venaient tout juste d’arriver disait-il. Tant mieux. Ou presque. Silvio semblait un peu perdu, dans un premier temps. Shane lui adressa un léger sourire marqué uniquement dans le coin de ses lèvres, presque invisible, mais perceptible tout de même. Ce sourire existait, juste pour lui, rien pour lui, pour lui signaler qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète. Il entra dans l’ascenseur, les portes se refermaient. D’ordinaire, il aurait sentit son cœur manquer un battement, le temps de se remettre les idées en place, face à cette nouvelle situation d’enfermement. Mais lorsqu’il s’était retourné, cela avait été pour voir le visage de son Silvio. Il petit sourire en coin, et il avait déjà oublié qu’il était enfermé dans un ascenseur. Il serra fort son carton contre lui et entendit son amant lui poser une question étrange au sujet de « Ses bébés » ? Evidement, Shane mit quelques secondes avant que l’information ne percute dans son cerveau. Il se mordit la lèvre inférieure et embrassa son carton en ricanant :

    « Toutes façons c’est pas toi le père, pas besoin de savoir ce que je cache. En général, c’est Kim ou Tristan… »

    Les inventions de Kim, les inventions de Tristan, en matière de mécanique et d’informatique. Bien souvent, ce deux hommes là étaient les pères des outils informatiques, donc des bébés de Shane. Mais le sous-entendu était d’avantage pour la plaisanterie, et faire en sorte de rendre jaloux Silvio ? Oui, de ça aussi, il y avait. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et Shane ne tarda pas à sortir. Même s’il y avait Silvio avec lui, ce n’était pas pour autant que Shane acceptait de plein gré d’être enfermé. Silvio était un anesthésiant, mais la douleur était toujours là. Shane posa sa main sur le scanner qui ouvrait la porte de l’appartement de Silvio question de dire à son amant : ‘t’as vu ? C’est MON domaine !’ Leur appartement, à eux deux, Shane en était tellement heureux et… Mais pourquoi voyait-il cette expression assombrie dans le regard d’Aaron qui venait à son tour de sortir de l’ascenseur avec Kim ? Shane se sentait tout heureux, mais il avait ce sixième sens féminin (pas de commentaire u_u) qui lui faisait sentir que tout n’était pas rose pour son cher et tendre apprenti. Et Joshi savait combien son attachement pouvait faire de drôles de choses, aussi, si Aaron n’était pas heureux, il ne pouvait l’être, et son petit cœur brisé par l’autre blond battait encore douloureusement sans sa poitrine. Mais pourquoi fallait-il qu’Aaron soit malheureux ? Shane passa une main gâté dans les cheveux de son apprenti pour les lui ébouriffer, essayant de la sorte de lui remonter le moral.

    « Et bien Aaron, qu’avez-vous donc ? Quelqu’un vous a fait avaler un muffin pimenté de travers ? »

    Le muffin pimenté, c’est la dire la chose qui n’allait pas. Oui, Shane et Aaron avaient à présent leur code secret pour se parler sans que personne autour ne comprenne. Ca s’appelle le début du cocuage. Tout du moins, ça le pourrait, mais Silvio comptait beaucoup pour Shane. Il ne pouvait pas le tromper, même pour un muffin. Même pour deux muffins d’ailleurs. Très rapidement, avec quelques allers-retours entre le deuxième et le troisième étage, tous les cartons de Shane arrivèrent dans son nouvel appartement en colocation. Ravi, il s’écroula dans le canapé, après avoir mis les pizzas au four. Oui, Shane était comme chez lui… Enfin, de toute façon, c’était chez lui à présent. Shane déballa de l’un de ses cartons « mes bébés » son ordinateur portable qu’il ouvrit sur la table basse, la mine très sérieuse. Bah oui, pour qu’il passe une bonne soirée ce soir et pour fêter joyeusement son déménagement, il allait falloir être serein, et pour cela, il devait s’assurer que tout se passait bien sur le réseau.
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Sam 5 Mar - 2:03

Ce n'était pas lui le père des bébés de Shane ? Les yeux de Silvio s'étaient arrondis. Non, il n'aurait pas fait ça...? Avec Kim et Tristan, EN PLUS ?! Paniqué, Silvio entr'ouvrit vite un carton, pour vérifier le contenu. La vérification lui arracha un soupir de soulagement. Ah, ces bébés-là... Shane pouvait en faire autant qu'il voulait, avec qui il voulait, oui. Ce n'était pas Silvio qui lui en ferait. Avait-il mimé la surprise et la panique, ou avait-il vraiment eu peur un moment ? Difficile à dire, il avait fichtrement bien imité. Mais au vu du petit rire qui suivit sa scène, on put deviner qu'il avait exagéré exprès.

"- Ah d'accord... Eh bien, vous êtes productifs !"

Ils sortirent assez rapidement de l'ascenseur. Silvio commençait petit à petit à intégrer le raisonnement d'un claustrophobe... Heureusement qu'il n'avait pas le fantasme de la panne d'ascenseur.
Shane semblait bien impatient. C'est lui qui ouvrit la porte de l'appartement. Cet endroit n'était plus uniquement réservé à Silvio... Mais cela ne gênait pas mon commandor. Il trouvait ridicule de dire qu'il allait partager son intimité avec Shane, étant donné que ce dernier était une partie intégrante de cette intimité. Mais voir le lapereau poser sa main sur le scanner, c'était quelque chose de très fort pour Silvio. Enfin. Ils avaient réussi ça. Et l'entrain de son amant mettait du baume au coeur de mon brigadier. Ils avaient lutté, ils avaient lutté ! Et son bel informaticien semblait presque heureux...
Presque. Mais voilà, ce √∏ØÁË·∑|Ó de filleul faisait la tête. Rah ! Silvio lui jeta un regard noir. Il ne pouvait pas être joyeux, comme tout le monde ? Il embêtait son amoureux, là ! De toutes façons, ce filleul, Silvio ne l'aimait PAS. Comme dit le dicton: il était vilain, méchant, et pas beau. En tout cas, Silvio se serait volontiers passé de sa présence, tout comme il se serait passé de la présence d'un médecin. C'était presque stressant, ces bestioles, quand ça vous trainait dans les pattes...

Bientôt les cartons furent tous posés, euh, là. Pas trop loin de la porte, mais pas dans le chemin. Shane avait mis la pizza au four, elle serait bientôt prête. Silvio se laissa tomber sur une chaise. Il ne jugea pas nécessaire d'inviter les autres à faire de même. Shane était déjà sur son ordinateur... Il ne perdait pas de temps ! Alors que ses yeux erraient, pétillants encore de joie, sur les traits du visage de Shane, Silvio se souvint de quelques règles de politesse. Se levant courageusement, il s'élança vers le coin cuisine de son appartement.

"- Je vous sers quelque chose à boire, peut-être ?"

Il posa sur la table quatre verres, puis les boissons: eau, lait et jus de fruit artificiels, alcool. Il allait jouer les barmen... Damn, entre Inès et lui, j'ai l'impression d'avoir que des apprentis barmen. Ah notez que c'est pas un sot métier, hein...

"- Bon, j'te cacherai pas, Shane, que j'ai pas eu le temps de bouger mes étagères pour te faire de la place, faudra qu'on s'en charge tout à l'heure..."

Quand Kim et Aaron seraient partis. D'ailleurs, si Silvio faisait mine de ne regarder que l'ordinateur de Shane ou les boissons, il se concentrait en réalité sur son pire ennemi de la soirée: Aaron.

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Sam 5 Mar - 17:20

[ Alors là, je proteste ! Aaron, il est beau >_> ]

Shane commençait à bien connaître le tactile Aaron, comme Aaron connaissait de mieux en mieux le discret Shane. Aussi, quand il vit son air malheureux vainement dissimulé, qu’il s’approcha et ébouriffa les cheveux de son apprenti, il ne se doutait pas de quel effet cela aurait sur le petit bonhomme. Ce n’était pas comme s’il lui avait déjà ébouriffé les cheveux. Ce n’était pas comme s’il ébouriffait les cheveux de tout le monde. C’était un geste destiné à l’ange blond, à lui et à lui seul, et qui signifiait « Sil te plaît, tu es mon ami, ne sois pas triste, ne me gâche pas mon bonheur ». Et comme le nouvel oublié était gentil, joli et béni, il décida qu’il ne perdrait pas son brun adoré, et qu’il aimerait ça. VOILÀÀÀÀ ! Alors, un sourire naquit sur ses lèvres, un vrai sourire, pas une espèce de parodie déformée ressemblant plus à une ignoble grimace, et il tourna ses yeux verts et brillants vers son maître avant de répondre, moqueur :

« C’est que je suis affreusement jaloux de Silvio… Vous allez passer votre temps avec un autre blond que moi, je me sens comme… Cocu ! »

Dans l’esprit d’Aaron, ce n’était là qu’une blague légère et amicale – l’envie de sauter (sur) Shane lui était quelque peu passée depuis qu’il avait appris à mieux le connaître xDD... Comme quoi, on se lasse vite – mais il ignorait les répercussions que cela pouvait avoir au sein d’un couple nouvellement installé dans un petit appartement. S’il l’avait su, peut-être aurait-il été plus tactique, ou peut-être pas, mais maintenant, la gaffe était faite. Et, naïvement, il repartit chercher des cartons sans voir la réaction de ses compères, guilleret (carabé xD… Okay, la blague était nulle). Bref, s’engouffrant dans l’ascenseur, il s’empara d’un nouveau carton de vêtements et le redescendit, déposant le tout devant la porte et attendant sagement que le reste arrive – il n’était pas assez musclé pour transporter un plus lourd bagage… D’ailleurs, il serait sans doute judicieux d’opter pour quelques entrainements dans les salles faites pour ça, voir quelques footings autour des bâtiments… Quand il se déciderait à lâcher son ordinateur. Et Shane. Et Kim. Et Elyan. Et… Oui, bon, on verrait plus tard pour le sport.

Bientôt, tout le monde fut réuni et, timidement, Aaron rentra dans le luxueux appartement du troisième étage. Il trouvait déjà celui que Shane occupait auparavant spacieux, mais là, c’était… Enooorme ! Impressionné, le joli blond en fit le tour, détaillant chaque pièce, remarquant d’un coup d’œil que le canapé avait été amené dans les chambres et que et que. Bon, ce n’était pas très poli, mais il avait pour excuse d’être nouveau et de ne pas encore bien connaître les usages, alors… Et puis, personne ne lui fit de remarque, donc il ne s’arrêta pas. Enfin si, il fit une petite pause dans la salle de bain, observant amoureusement son visage pour y retoucher les deux-trois petits détails ne lui convenant pas – une vraie femmelette, ce Ronron ! Enfin, il revint tranquillement vers le salon, les narines frémissantes face à l’agréable odeur qui les emplissait. Il avait fini par comprendre qu’il ne fallait pas s’y fier : si ça sentait délicieusement bon, le goût n’était pas à la hauteur des signaux de bonheur que nous envoyait notre corps. Mais bon, on a pas toujours ce qu’on veut, dans la vie.

De retour dans le salon, Aaron aperçut un agréable spectacle. Kim était négligemment étendu sur le canapé, Silvio n’était pas là, presque entièrement caché par le comptoir de la cuisine (petit être, ce Silvio…) et Shane était… Sur son ordinateur. Les yeux brillants, le jeune homme toucha le sien, mini-machine offerte par son maître avec un muffin pimenté, vérifiant une énième fois qu’il était bien dans sa poche et que tout allait bien pour lui, et s’élança vers son amoureux. A savoir l’ordinateur, pas le formateur. Toutefois, on aurait pu se poser la question, puisqu’il se plaça négligemment derrière l’homme assis et posa sa tête sur son épaule, captivé par le petit écran… Oh, bien sûr, il n’oubliait pas la douceur de la peau nue du cou de Shane contre son menton, la souplesse de ses cheveux et son envoûtante odeur, mais l’ensemble de ces petites choses le passionnait moins que la fanfare électronique, composée de tapements de touches, de quelques sons diffus et de mots s’affichant noir sur blanc comme par magie.

« Shane, le réseau est sous contrôle, vous savez très bien qu’on vous appellera si problème il y a. Aujourd’hui, c’est jour de fête ! »

Doucement, mais fermement, il referma l’écran de l’ordinateur, se faisant violence à lui même (et entourant pour cela Shane de ses bras peu musclés, mais néanmoins joliment proportionnés), souleva l’ordinateur portable avec précaution de peur que son maître ne lui saute dessus et le morde à la gorge, chose qui aurait pu être agréable si le côté sanguinaire n’avait été que fictif, et le reposa dans un des cartons portant le petit nom « Mes bébés ». Puis, il s’empara d’un verre, le leva fièrement, s’apprêta à porter un toast et fut coupé dans son élan par un désagréable « BIP BIP BIP ». Kim. Kim gâchait tout son effet là ! Un sourcil relevé, curieux, Aaron se tourna vers son parrain pour voir son air triste et catastrophé.

« Désolé, une urgence. Il faut que je file ! Mais ça m’a fait plaisir de vous aider, Silvio et Shane, et de te revoir Aaron. Faudra qu’on se refasse une soirée comme ça, c’était sympa.
- Rhooo, tu me casses en plein toast là… Allez, file, médecin exploité ! »

Attristé, le joli blond observa son parrain s’enfuir. Avec tout ça, il avait à peine eu le temps d’en profiter… Ne se rendant pas compte qu’il se mettait dans les pattes du couple nouvellement colocataire, Aaron reprit son verre, porta son toast et s’assit avec nonchalance dans un des canapés, avant d’entamer une discussion informatique avec Shane, souriant. Silvio vous dites ? Oh, un détail mineur…
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Message par Shane M. Lewis le Sam 5 Mar - 18:37

    Ce qui était extraordinaire dans ce petit jeu, c’est que Silvio avait semblé y croire à cette histoire de bébés. Peut-être que son amant était bon acteur, c’était possible, mais il avait le pressentiment qu’il y avait un tant soit peu d’inquiétude dans ces gestes-là. Le commandor avait entrouvert le carton et avait découvert la vérité sur ces fameux bébés. Certaines vérités sont dures à dire et à entendre. Celle-ci sembla au contraire soulager Silvio. Shane laissa échapper un rire au terme « productifs ». C’était à la fois dans la vérité et dans le quiproquo laissé un peu plus tôt. Ce double sens était finalement plaisant. Néanmoins, Shane nota mentalement de ne plus faire de frayeur à son cher et tendre.

    Sorti de l’ascenseur, mon brigadier se mordit la lèvre inférieure en voyant ce pauvre Aaron qui n’avait pas bonne mine. Il glissa une main gantée dans ses cheveux pour tenter de lui demande implicitement ce qui n’allait pas pour lui. Rapidement, il vit un sourire apparaitre sur les lèvres de son apprenti. Et bien voilà qui était mieux. Shane lui répondit d’un sourire. Sur ses traits amaigris, la moindre de ses expressions étaient plus visibles qu’à l’ordinaire, lui qui était pourtant doté d’un sens de l’impassibilité très élevé. Il se sentait comme un livre ouvert, ces derniers temps, trop fragilisé, il devait déjà vivre, cacher ses ressentis était une tâche secondaire pour laquelle il n’avait plus vraiment la force.

    Il ne s’était pas attendu à la réponse d’Aaron, d’ailleurs il pria intérieurement pour que Silvio ne soit pas dans les parages à ce moment-là. Une crise de jalousie serait vraiment malvenue, non pas que Shane ne s’en sentirait pas flatté de la part de son amant, mais une riposte de la part du commandor éveillerait les soupçons d’Aaron et ça ce n’était pas bon. Du regard, il chercha son homme, mais ne le trouvant pas, il en fut soulagé. Mais ce ne fut que de courte durée puisqu’il vit Silvio entrer dans le salon avec un autre carton. Avait-il entendu ? C’était possible, comme il était possible qu’il n’ait pas entendu. Shane resta donc sur son doute, et finit par répondre à Aaron :

    « Je vois que vous êtes possessif Aaron. Silvio est mon ami depuis quelques temps déjà, et ce, bien avant notre arrivée. Vous ne vous sentez ‘cocu’ que parce que vous voyez Silvio pour la première fois, mais ma relation avec lui est restée inchangée. Rassurez vous, ce n’est pas parce que je déménage que vous n’êtes plus mon apprenti. Je me suis engagé à vous instruire en matière d’informatique, je le ferai. »

    Voilà qui devait être neutre suffisamment. Il consolait Aaron sans tomber dans l’excessive cajolerie affective, qui elle, était réservée uniquement à Silvio. Le commandor aurait très certainement mal pris que Shane offre à d’autres (et, entre nous soit dit, surtout à Aaron) ce qu’il n’offrait qu’à lui. La soirée promettait d’être épicée entre Aaron qui affichait une jalousie d’enfant à l’encontre de Silvio, et Silvio qui affichait une jalousie d’amant à l’encontre d’Aaron. Shane n’aurait plus qu’à compter les points. Et c’était parti. Des suites du round 1, Aaron avait ostenté sa jalousie avec brio et gagnait ce premier round. Début du second round à présent, Shane finissait par se demander si l’un des verres de Silvio n’allait pas finir « malencontreusement » sur la tête d’Aaron pour refroidir ses ardeurs, ou encore si Aaron allait déposer avec tendresse un baiser sur la joue de mon brigadier, ou encore si le poing de Silvio allait rencontrer la mâchoire d’Aaron…

    Lorsqu’il sentit la tête d’Aaron sur son épaule, puis ses bras autour de lui pour lui ôter l’ordinateur, Shane avait levé les yeux vers Silvio, un regard suppliant pour lui demander de ne pas égorger Aaron. Bon vraiment, il allait falloir dire à son cher apprenti que le contact avec lui ne le dérangeait pas, mais pas devant Silvio. Mais comment lui dire ça sans éveiller ses soupçons ? Shane chercha une idée, une solution rapidement, il ne trouva qu’à se lever pour aller voir ou en étaient les pizzas. Il l’aimait bien son apprenti, il était intelligent, sa compagnie lui avait été agréable, et c’était pour le protéger de Silvio que Shane le fuyait à présent. Mais comment faire à présent pour fuir suffisamment Aaron pour calmer son amant caché et ne pas trop s’éloigner de lui parce qu’il l’aimait bien son apprenti, hein ? Ah bah bravo ! Vous le mettez dans un sérieux embarras mon Shane ! J’espère que vous êtes contents !

    « Sil’ ! Pousse tes grosses fesses, j’veux passer ! »

    Bah oui forcément, il était avec ses verres et Shane voulait se rendre dans la cuisine. Silvio dans son passage, ce n’était pas très facile. Il posa ses deux mains sur ses fesses et le poussa en ricanant. « Grosses fesses » était un terme grandement exagéré quand on savait que Silvio était un petit homme et que ses fesses (je tiens à préciser que je tiens cette information de Shane) étaient douces, fermes, musclées et… Bon bref. Autant vous dire que l’informaticien avait pris un malin plaisir à le pousser un peu ! Il ouvrit le four pour voir où en était la cuisson et le referma, se disant que ça pourrait bien attendre encore un peu.

    Shane retourna finalement s’assoir, prenant son verre et celui d’Aaron qu’il alla lui donner et… Ah mais non, qu’est ce qu’il n’avait pas fait encore ! Il offrait un verre à Aaron ! Il était maudit. Il était balancé entre son élan amical pour Aaron et l’attention à ne pas faire de boulettes. Bon, avec un peu de chance Silvio ne l’aurait pas remarqué, il fallait vite fait trouver un sujet de discussion, vite, vite un sujet… Owiiiiiii merci Silvio !

    « Oui tout à l’heure. »

    Un léger sourire en coin. Tout à l’heure, ils seraient tous les deux, dans leur chambre. Shane n’était pas pressé qu’Aaron s’en aille, ils venaient d’entamer une conversation sur l’informatique, et il était ravi de pouvoir lui en apprendre sur le sujet. Il releva ses yeux clairs en entendant un « bip bip bip ». Quelques secondes plus tard Kim avait disparu. Le nouveau couple colocataire resta donc avec l’anti-cupidon qu’était Aaron.
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Message par Silvio Anthelmios le Dim 6 Mar - 19:42

Le regard que Silvio posa sur Aaron quand ce dernier posa sa tête sur l'épaule de Shane aurait pu en assassiner plus d'un. Trop proche, trop proche de Shane. Mon commandor aurait très bien pu bondir sur Aaron et lui arracher férocement sa tête (avec les dents), mais cela n'aurait peut-être pas été très bien vu par les caméras, puis par les autres noscoiens qui tenaient peut-être à ce que leurs congénères n'aient pas à craindre pour leur vie. Mais heureusement pour Aaron que Silvio n'avait pas le droit, car sinon, sinon... Oh, mais même sans avoir le droit, Silvio trouverait bien un moyen de lui réclamer un entrainement durant lequel il le frapperait "accidentellement", abîmant ainsi le beau visage du malheureux ange blond. Dommage, tellement dommage... A vrai dire, à ce moment-là, mon commandor n'avait qu'une image en tête: Aaron, oeil au beurre noir, nez dégoulinant de sang, lèvre fendue. Quel beau portrait ! Dommage, vraiment, que cela ne soit qu'un fantasme, et qu'un Aaron dans un tel état ferait sans doute une contre-performance: Shane, en voyant son apprenti ainsi, aurait sûrement tendance à vouloir s'occuper de ce pauvre blessé, et à en vouloir à Silvio.
Mais ce n'était pas sa faute ! Il le cherchait, le petit Aaron ! Eh mais... Il passait ses bras autour de Shane. Suicidaire, le gosse. Silvio ne voyait plus qu'Aaron, collé à son amant. Qu'il s'écarte, et vite... S'il ne pouvait pas prononcer de menaces à voix haute, Silvio pouvait les penser très fort, et espérer qu'Aaron entende ses pensées, qu'il sache que pour un geste de trop envers Shane, il finissait cloué au mur, fléchettes dans le corps, yeux pendouillants au bout des nerfs optiques, au niveau des entrailles elles-mêmes déversées sur ses pieds. Y parait que ça réchauffe, l'hiver, les entrailles sur les pieds. Après, je n'ai pas testé, hein.

Oui, pour ceux qui n'auraient pas compris, Silvio était jaloux. Très jaloux. Non pas qu'il soit particulièrement possessif, mais il appréciait de n'avoir Shane que pour lui, pour lui seul, qui s'était battu pour lui. Aaron, c'était un nouveau, il n'avait rien fait, il n'était même pas beau ! De quel droit se permettait-il d'être aussi proche de Shane ?
Quelque part, il n'était pas sot, ce sale môme. En théorie, personne ne pourrait lui reprocher ce qu'il faisait. Oh, des petits gestes innocents... Mais voilà, mon brigadier commençait à se demander sérieusement si ce n'étaient que des gestes innocents, ou s'ils cachaient autre chose. Shane ne lui aurait quand même pas fait ça...? Aucun moyen d'en être sûr, Silvio ne l'épiait pas toute la journée.
Il se laissa toucher les fesses. Ou pas. Il grogna, quelque chose comme:

"- Elles ne sont pas grosses mes fesses ! ...C'est le muscle qui donne cette impression."

Oui, il avait les fesses musclées, et alors ? Ca pouvait toujours servir, ce n'était pas un muscle à négliger, et Silvio l'entretenait, à grand renfort d'exercices. Euhm, bref. Il posa les verres, regarda Shane en offrir un à Aaron... Juste à Aaron... Mais avant qu'il puisse faire quoi que ce soit en guise de remarque, une sonnerie retentit, détournant son attention. Kim partait ? Oh... Un témoin de moins à un potentiel meurtre. Euhm, enfin, je veux dire...! Silvio se leva donc et alla serrer la papatte à Kim, en le raccompagnant, lui souhaitant une bonne soirée...
Bref, quand il revint, ça parlait informatique, dans un langage trop compliqué pour mon pauvre Silvio. Il s'assit aux côtés de Shane, découpa la pizza, sagement, distribua les parts... Enfin, la part de Shane, un beau quart de pizza. Les trois-quarts restants, il les laissa dans son assiette. Saisissant son couteau et sa fourchette, il les planta dans la malheureuse qui hurla de douleur.

"- Bon appétit !"


Fit-il, très sérieusement et naturellement, sans regarder les deux autres.

"- Méfiez-vous, par contre... J'ai rajouté un peu de sauce épicée."


Pas d'entourloupe. Juste la vérité. Il aimait manger épicé... Bon, c'était encore comestible, pas de gorge en feu...

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Lun 7 Mar - 20:45

Aaron était niais, très niais. Mais il était malgré tout observateur, et si certains détails lui échappaient encore, il voyait bien que quelque chose clochait. Au fil du temps, il avait appris à connaître Shane. Oh, bien sûr, il ne le connaissait pas par coeur non plus, mais il en savait assez pour s'apercevoir que non, décidément, il y avait un p'tit machin qui n'allait pas. Le brun semblait gêné, mal à l'aise, comme si... Comme s'il craignait que Silvio soit jaloux de son apprenti Oo. C'était idiot... Après tout, si l'ange blond était plutôt proche de son maître, il restait néanmoins nouveau, et c'était à lui d'en vouloir au commandor de lui prendre ce point de repère dont il avait tant besoin. Enfin bon, son adversaire du jour n'avait pas l'air très futé, et son raisonnement sans aucun sens était une nouvelle preuve de son idiotie marquée.

Sans cesser de discuter informatique avec Shane – il avait la chance de pouvoir faire plusieurs choses à la fois, contrairement à la majeure partie des hommes xD – il songeait à cette amitié qui liait les deux partis lui faisant face. La complicité entre eux était évidente, bien qu'incompréhensible... Comment un génie tel que son maître pouvait-il ressentir une quelconque affection pour un insecte sans intérêt comme Silvio ? A la lueur noire qui brillait dans ses yeux, il devinait que le petit être était colérique, probablement violent. A quoi pensait-il en détaillant son corps d'un air féroce ? Sans doute ne réfléchissait-il que par coups, combats et autres violences sans aucun intérêt. Une guerre se mène d'abord avec le cerveau : le corps n'est qu'un pion. Aaron avait appris à jouer aux échecs lors de son entretien de prise en formation, et continuait régulièrement depuis, utilisant un petit programme sur son ordinateur à défaut d'acheter la tablette de jeu. Parfois, il faisait des parties avec Shane, le battait rarement quand il était vraiment concentré, mais y prenait un plaisir évident. Et puis, il s'était identifié aux pièces. Shane était le roi, fragile, convoité. Kim la Reine, à moins que ce ne soit lui... Attaque, stratégie, tout faire pour protéger le roi et abattre les ennemis. Mais Silvio n'était un pion, un misérable pion, que le grand stratège sacrifierait volontiers pour abattre le roi ennemi.

Ô, Aaron, quelle bêtise que d'avoir de telles pensées ! Si tu savais ce qui lie Silvio et Shane, tu comprendrais qu'en réalité, Kim et toi n'êtes que les fous, placés sur les flancs du petit couple ! Mais voilà. Aaron ne le savait pas, ignorait cette relation interdite. Et s'il avait un peu plus d'expérience derrière lui, il comprendrait sans doute tous ces gestes qu'il discernait, ainsi arrivé dans leur intimité. Il saurait réunir ces indices pour arriver à la solution : un couple. Il était face à un couple, et sa présence le faisait vaciller... Il n'était pas mauvais bougre, le petit blond et, un peu égocentrique, ne souhaitait que son propre bien, et ce dernier passait par Shane. Et puis, il était certain d'être devenu indispensable au brun, comme l'oxygène pour l'Homme. Alors, sans vraiment le vouloir, il portait ça et là des coups qui faisaient trembler l'édifice bâtit par les deux amoureux. Si tout s'écroulait, il se verrait obligé de réconforter Shane... Oh, quel dommaaaage...

Machinalement, Aaron posa ses yeux sur les fesses de Silvio. Il venait de réaliser qu'il y a quelques secondes, Shane avait mis ses mains dessus et les avait dites grosses. Eeeeh, il mettait ses mains sur les fesses de l'autre blond et pas sur les siennes ? Mais c'est dégueulasse ! Ronron aussi voulait les mains gantés de son maître sur ses fesses, plutôt que dans ses cheveux ! Un sourire amusé aux lèvres en réalisant ce à quoi il pensait, il constata que les fesses du brigadier non informaticien étaient plutôt petites, plates et sans attrait que « grosses »... De telles fesses, ce ne devait pas être agréable à toucher, et l'ange blond ne pouvait s'empêcher de les imaginer sales. Et pleines de boutons ! Owiii *___*. Alors que les fesses du brun étaient si joliment arrondies, devaient être si douces, hmmmm. :p.

Silvio raccompagna Kim à la porte, laissant quelques secondes à Shane et Aaron. Seuls. En tête à tête. S'il n'avait pas été indécis, il en aurait profité pour poser une question à son compagnon de toujours (toujours relevant de quelques semaines à peine xD) à propos de sa relation avec Silvio. Mais il avait peur de se ridiculiser, et de n'avoir droit qu'à un grand éclat de rire et une moquerie publique, le public étant ici cet insupportable commandor. Insupportable commandor qui partit chercher la pizza, revint, découpa un joli quart pour son amant secret et planta ses couverts dans les trois quarts restants. Sans le servir, évidemment. Eh bien, en plus d'être stupide, lisible comme un livre ouvert, spontané et désagréable, il était infantile, boudeur, ridicule et mauvais hôte. Décidément, ce type n'avait rien pour lui. Et comme Aaron était tout aussi infantile, boudeur, ridicule et mauvais joueur, il s'empara de ses couverts et, foudroyant Silvio du regard, il planta ses couverts dans sa pizza, mangeant ainsi dans la même assiette que son pire ennemi (étant le seul, ce n'était pas bien difficile). D'une voix légère, il eut même le culot de répondre :

« Bon appétit à vous aussi ! »

Epicé, il avait dit ? Eh bien, ce goût pour le piment était apparemment partagé par les deux compères qui lui faisaient face. Dans un éclair de génie – ou de bêtise, l'un et l'autre n'étant pas bien loin... - il trouva une façon de confirmer ou infirmer ses soupçons. Entre Silvio et Shane, il y avait une complicité trop importante pour être honnête. Alors, rigolard, mais bien observateur de ce qui allait se passer, il s'exclama joyeusement :

« Eh bien, ce goût pour le piment partagé... C'est fou, vous devriez vous mettre en couple ! »

Une petite blague, certes. Que Shane comprendrait, et probablement pas son fauve de compagnie. Et qui avait tout d'un test... Yeux grands ouverts, Aaron observa les réactions, faisant du moindre geste un indice, tentant d'avoir l'air détendu et pas du tout inquisiteur. Mauvais acteur, sur ce coup-là. Mais la situation l'intéressait vraiment beaucoup !
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Lun 7 Mar - 23:11

    Assis sur le canapé, il fut ravi de voir son amant s’assoir près des lui. C’était stupide peut-être, mais il aimait bien le savoir à ses côtés. Vivre une relation cachée obligeait à savourer intensément les éphémères moments d’intimité et profiter au maximum de ce que l’on avait à sa disposition le reste du temps. Et Silvio était un instant, proche de lui, assis là, et respirait le même air que lui : mon brigadier en était des plus heureux. Il se sentait bien, épanoui, jusque parce qu’il était là. Si Silvio savait combien il avait manqué à Shane ces derniers temps. L’informaticien avait bien réalisé une chose : il avait voulu croire et faire croire aux autres pour se persuader lui-même que c’était son nouveau poste qui le mettait dans un état pareil. C’était peut-être vrai, mais dans une si faible mesure. Il tentait encore de se persuader du contraire, mais il fallait en venir au fait : c’était Silvio qui lui avait manqué. Shane avait cherché à occuper son esprit avec autre chose pour combler cette absence. S’il ne mangeait pas, c’était parce que l’aliment le ramenait aux carottes et donc à Silvio. Et le sommeil, si doux sommeil et si réparateur le menait tout droit dans ses rêves, et des rêves de Silvio. Shane n’avait fait qu’esquiver cette douleur laissée par l’absence de Silvio. La seule chose, outre son amant caché, qui avait le pouvoir de lui obnubiler l’esprit, c’était bien son travail. Maintenant qu’il avait son Silvio près de lui, son inconscient avait levé ce blocage, ces œillères qui l’empêchaient de se rendre à l’évidence : c’était Silvio qui lui manquait. Juste Silvio. Oh bien sûr, mon Brigadier garderait cette précieuse information pour lui et rien que pour lui. C’était secret défense, c’était silence. Il ne le dirait à personne, puisque ça mettrait en danger sa relation avec Silvio. Il ne le dirait pas non plus à Silvio, parce qu’il ne voulait pas l’inquiéter, parce qu’il ne voulait pas qu’il se sente responsable et qu’il s’en veuille. A présent les choses allaient évoluer. Shane savait qu’il allait guérir et recouvrer une bien meilleure mine. Alors, pas la peine d’assommer Silvio d’un coup de maillet. Il gardait ses réflexions, pour lui, rien que pour lui.

    Aaron était assis en face du petit couple, au premier rang pour regarder les deux spécimens qu’il avait droit devant lui. Shane reçut une belle part de pizza qu’il regarda avec des yeux brillants. Il avait fait. Il se rendait compte soudain qu’il avait faim et cette sensation lui avait été inconnue depuis quelques temps déjà. Depuis qu’il était devenu Traktueur, depuis qu’il avait perdu Silvio de vue, il n’avait plus ressenti cette sensation de fait, comme si sn estomac s’était noué à cause d’une plaie profonde. Aujourd’hui, il était heureux, il était infiniment heureux, il revivait, et il avait faim. TRES FAIM. Il mangerait bien du Silvio en dessert d’ailleurs… Mais pas devant Aaron, non surtout pas devant Aaron. Tout à l’heure, sûrement, lorsqu’ils se retrouveraient seuls cette nuit dans la chambre de Silvio. Shane croqua dans sa part alors que Silvio signala que c’était un peu épicé. Mon informaticien adorait. C’était bon cette sauce tomates, ces champignons onctueux et ce fromage frondant… C’est alors qu’il réalisa que Silvio n’avait pas servi Aaron. Nan mais quel gamin ! Et mais… Aaron qui piochait dans son plat ! L’un ne valait pas mieux que l’autre et Shane aurait bien voulu ne pas sombrer dans un fou rire, mais le mal était fait, à les voir, au aurait dit deux ennemis de la cours de récréation. Shane les trouvait adorable tout les deux, mais cette fois-ci, il ne put réprimer ses éclats de rire en les voyant faire :

    « AH-ah ! Bande de nouilles ! Vous avez l’air fins tous les deux ! »


    Shane s’écroula de rire dans le canapé, sa part de pizza dans la main qui menaçait sérieusement de faire des siennes, mais son fou rire ne semblait pas vouloir s’estomper. Ca lui faisiat du bien de rire comme ça. Ce n’était pas de la moquerie, mais il espérait que rire de la sorte permettait aux deux de se rendre compte de la situation dans laquelle ils étaient.

    « Vous allez arrêter vos chamailleries enfin ! »

    Shane avait immergé de son fou rire, le visage complètement rouge pour demander en quelques sorte de fumer le calumet de la paix et de mettre fin à leur petit guerre qui n’avait ni queue ni tête. Il soupira et croqua dans sa pizza. Le fromage fondu faisait un beau filament entre sa part et ses lèvres, et il s’en dépataugea avec un coup de langue sensuel parfaitement maîtriser… Et voilà comment, à l’avenir, vous ne pourrez plus manger de pizza dans penser à Shane. Sans compter qu’il avait choisi le moment où il avait parlait, et où les deux petits le regardaient, pour montrer à quel point qui était expert dans le maniement de la langue u.u. Et puis vint la remarque maudite d’Aaron. La réaction stupide qui aurait été facilement démasquable aurait été de se fixer un instant, comme des criminels pris sur le fait. Ce fut la réaction que Shane n’adopta pas. Il fit un peu comme s’il n’avait rien entendu, et la réalité était qu’il n’avait rien entendu puisqu’il était en plein orgasme gustatif tellement intense que Silvio aurait pu être jaloux de la pizza. Finalement Shane répondit sincèrement à Aaron, sans lui mentir, juste en omettant de lui dire la vérité :

    « Vous savez Aaron, on peut avoir l’esprit libre et ouvert à toutes sortes de pratiques plus ou moins obscures. Mais comme toutes les pratiques obscures, elles sont mal perçues à Nosco, et peuvent être un frein à une carrière professionnelle brillante. Alors, n’en parlez pas si ouvertement. Cela pourrait être interprété sous un mauvais sens et vous nuire à vous-même. »

    Shane n’avait dès lors pas réagi sur le fait qu’Aaron mettait Shane et Silvio en couple, mais parce que Aaron parlait ouvertement homosexualité. Chose qui n’était pas bien vue à Nosco. C’était alors un conseil, en premier lieu, pour protéger Aaron des mauvaises choses qui pourraient lui tomber dessus. En second lieu, c’était un message subliminal. Dire haut et fort que Shane et Silvio était un couple homosexuel, sans preuve aucune, pourrait néanmoins nuire à la carrière des deux hommes. Si Aaron ne semblait pas aimer Silvio, il espérait tout du moins que lui, comptait suffisamment à ses yeux, pour qu’il ne décide pas de lui ruiner sa carrière par des dénonciations calomnieuses. Si Aaron semblait effleurer leur secret du bout des doigts, le découvrir et en être certain serait une autre paire de manche. Et quand bien même il y parvenait un jour, Shane espérait que son apprenti se souvienne de ces paroles qu’ils verraient à présent sous un nouvel angle, et que, par amitié pour Shane, garde le silence.
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Mer 9 Mar - 15:30

Deux couteaux, une attaque. Pour Silvio, la situation ressemblait juste à un entrainement normal. De son propre couteau et d'un réflexe qui aurait pu paraitre exagéré, il envoya son arme à la rencontre de celle d'Aaron, sans pour autant blesser le malheureux (ce qui fut plus complexe qu'on le croit, d'autant plus que la volonté ne manquait pas). D'après le superbe tableau de compétences dans le profil d'Aaron, ce dernier n'a aucune maitrise en armes blanches. J'en conclue donc que son couteau, là, il vola dans la pièce, et atteritlà, pas trop loin de la fenêtre, après une superbe triple vrille. Silvio avait tout de même laissé à Aaron sa fourchette.

"- Oups... Déformation professionnelle !"


Un grand sourire. Oui, tout ceci, c'était taquin. Pour Silvio, c'était de la plaisanterie. Les plaisanteries cruelles des anti-terroristes. Leur monde n'était pas des plus tendres, même si la présence de quelques demoiselles adoucissait parfois les moeurs de certains. Les brigadiers restaient, en général, impitoyables entre eux, lorsqu'il s'agissait de plaisanter. Silvio avait beau être commandor, il ne pouvait pas dissimuler les trente années passées auprès de ses camarades. Même s'il n'avait pas été des plus appréciés en tant que tel, il avait acquis une certaine part de leurs habitudes... Minute. J'ai dit trente ans ? Eh bien... Il se faisait vieux, le mien. Enfin, ici, pas besoin d'anti-rides, c'était déjà cela de pris (pourquoi avais-je écrit "prix" ?)
De bon coeur le mien se leva tout de même. Bah, il avait un semblant de devoir d'hôte. De plus, Shane semblait vouloir du calme, alors bon... Silvio ramassa donc le couteau. Arrêtez de regarder son derrière, concentrez-vous sur vos pizza ! D'ailleurs, mon commandor songea qu'il avait laissé sa part seule, face à un prédateur affamé...

"- Bon, Aaron, je vais prendre ce couteau. Tu nous coupes deux parts égales ?"


Le maudit ustensile s'était coincé derrière un meuble, et les dogits de Silvio n'étaient pas ceux des informaticiens. Il se releva le nez qu'en entendant le maudit filleul évoquer la possibilité d'un couple. Heureusement qu'il était dos à eux, car il ne put s'empêcher d'afficher un instant un air pour le moins stupéfait. Quoi, ça se voyait tant qu'ils étaient en couple ? Aaron savait, merle... Bon, heureusement, ce n'était qu'une plaisanterie. Héhé... Héhé... Drôle. Silvio se redressa, et y répondit avec une phrase qu'il prononçait jadis bien plus aisément:

"- Eh, merci... Je n'suis pas gay !"


Non, a priori, Shane ne se vexerait pas, il savait que c'était... Vrai. Il n'aimait pas les hommes, il n'aimait que lui. Etrangement, la remarque d'Aaron avait plongé Silvio dans un drôle d'état. Il se sentait moins bien, tout à coup, moins léger. Sans savoir pourquoi. Mon commandor ne mettait pas facilement de mots sur les sentiments...
Seul le cinema de Shane avec sa pizza rendit son sourire plus franc. Mmmh... Miam. Comment Shane voulait-il qu'ils soient discrets s'il le provoquait ainsi ? Silvio se ré-assit aux côtés de ses camarades.

"- Enfin, je risque de le devenir si Shane continue de manger sa pizza comme ça !"


Il laissa ensuite Shane expliquer pourquoi non, pas de couple homosexuel ici. Cela le laissa songeur. Y avait-il en endroit où ce serait autorisé ? Etait-ce vraiment une bonne chose d'autoriser cela ? Silvio n'en était pas tout à fait certain encore. Les gays... Bon, lui, il se pardonnait, c'était son seul homme, son premier, et son dernier. Mais un gay, vous vous rendez compte ? M'enfin. Silvio se coupa un bout de pizza.

"- ...Bon, on va faire comme si nos parts étaient égales... Mais je n'oublie pas, Aaron. Je n'oublie pas.""


Une menace sombre, prononcée avec un grand sourire de loup...

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Jeu 10 Mar - 21:03

Oh mon Dieu ! Silvio avait fait volé son couteau d'une façon si... Elegante ! Aaron était impressionné, et il ne le cacha pas : ses yeux s'agrandirent, et il s'en fallut de peu pour que sa bouche ne tombe pas mollement, ébahi. Comment avait-il fait ? D'un coup de poignet – utilisant sa fourchette, puisque l'autre instrument s'était envolé... - il tenta de reproduire le geste, sans y parvenir. C'avait été si parfait, si naturel que... Sans le vouloir, le petit nabot venait de remonter dans l'estime de l'influençable et naïf informaticien. Oh, il était si fort, si impressionnant ! En fait, il avait une qualité, une maîtrise qui lui donnait au moins un point d'intérêt. Et comme Shane semblait tenir à ce qu'il arrête de faire sa mauvaise tête, il acceptait d'en profiter.

Les yeux brillants, il observa donc le derrière de Silvio, non pas pour le mater – même si, après réflexion, il avait peut-être un cul un peu moins laid que ce qui lui avait semblé au premier abord – mais plutôt pour attendre qu'il se relève. Il voulait lui demander de le refaire, imiter, apprendre... C'était l'une des qualités, et l'un des gros défaut d'Aaron. Il était curieux. D'une curiosité dévorante qui le rongeait de l'intérieur, et l'incitait sans cesse à en connaître plus, toujours plus. Il écouta donc à peine la remarque de Shane, idiot qu'il était. Il n'en comprit pas tous les tenants et les aboutissants, et ne retint qu'une chose : être gay, c'était une pratique obscure. Pourtant, il ne voyait pas de mal là-dedans... Si ? Aimer un homme ou une femme ? Quelle différence, tant qu'on aimait ? Lui-même ne pouvait nier avoir quelques sentiments pour Kim, sentiments qu'il gardait dans un coin, le ventre tordu d'horreur, comme si son instinct lui criait de ne pas les avoir. En fait, l'homosexualité était peut-être mauvaise... Il était bien incapable de se souvenir, sans doute était-ce enfoui quelque part dans son passé, mais il ressentait un profond malaise à l'idée de pouvoir aimer un autre homme. A côté de ça, il n'aurait pas le moins du monde été gêné en apprenant que Shane et Silvio étaient en couple... A part que c'était SON Shane, et qu'il aurait du mal à le céder.

Shane... En fait, il ne le connaissait pas depuis si longtemps que ça, quelques semaines tout au plus, mais il avait pour lui de véritables sentiments. Amoureux ? Non, pas vraiment, bien qu'au début il n'aurait pu nier en pincer un peu pour lui... Et encore maintenant, il appréciait son contact et la douceur de sa peau et... Mais non, pas de sentiments amoureux. Une attirance tout au plus. Difficile à juguler quand il voyait les coups de langues professionnels de l'autre informaticien... Amicaux, donc ? Oui, voilà. Il ressentait une véritable amitié, une complicité avec son maître. Réciproque, sans doute, peut-être moins exclusive... Mais Aaron ne connaissait quasiment personne d'autre et, n'ayant pas encore trouvé tous ses repères en Nosco, ne pouvait que basculer vers les excès. C'était naturel, le pauvre petit.

Enfin bref, revenons-en au présent. Allez savoir pourquoi, l'air semblait s'être considérablement allégé et, emporté par cette soudaine liberté comme une poussière dans le vent, Aaron se sentit d'humeur moins sombre, et sans doute plus objective. En fait, ce Silvio n'était pas si désagréable que ça. Et puis, s'il était un peu brute de coffre, il avait un certain charme tout soldat. Et de jolis yeux verts qui, certes, ne pouvaient rivaliser avec ceux presque féminins de l'informaticien, mais faisaient largement le poids. Bon, il était un peu moins beau qu'Aaron, on ne pouvait le nier. Mais il était charismatique quand même. Et il avait un coup de poignet qui le laissait coi. Ah oui, tiens ! Le poignet ! Avec cette histoire de couples homosexuels et tout et tout, il n'avait plus pensé à lui demander mais... Un immense sourire aux lèvres, les yeux emplis d'étoiles, il bafouilla gentiment :

« Dis Silvio, est-ce que... Euh non, dites, pas dis, j'vous ai pas tutoyé ! »

Une rougeur se posa sur ses joues tandis qu'il se mordillait les lèvres, d'un air enfantin tout à fait adorable, d'autant plus qu'on ne pouvait lui enlever ce sex appeal qui ne le quittait jamais. Mais bon, à la base, il voulait être agréable au brigadier, alors passons-lui cette offense, je vous prie.

« Bref. Euh... Silvio, je voulais vous demander si vous pouviez, dans votre grande bonté – parce que oui, si vous êtes l'ami de Shane, vous devez forcément être bon ! (NDA : je ne parle pas de vos performances au lit >_>) - et donc euh, si vous l'acceptiez et que vous... Bref, pour résumer, vous pourriez me remontrer ce geste qui a envoyé valser mon couteau ? C'était très impressionnant ! »

Inimitié, vous dites ? Jalousie ? Oh, Aaron n'oubliait rien, mais il effaçait vite. Ils étaient partis sur un mauvais pied et, si Silvio tenait assez à Shane pour l'accepter, l'ange blond se sentait prêt à tirer un trait sur leurs erreurs passées. Enfin, au moins à être plus agréable. Ou moins désagréable, au pire. Du coin de l'oeil, il observa la réaction de son maître, cherchant à déceler un nouveau sourire, une nouvelle mimique de contentement. Il était rare de le voir si bien, si heureux, et son apprenti en était à la fois ravi et à la fois jaloux. S'il était parvenu à lui tirer quelques sourires et quelques crises de rire, jamais il n'avait vu sur son visage une expression d'aussi pur ravissement, comme si son bien-être tenait à la présence du commandor à ses côtés... Non, décidément, ce qu'il y avait entre eux n'avait rien d'amical, et allait beaucoup plus loin, c'était obligatoire. Mais Shane semblait en être gêné, aussi Aaron décida-t-il qu'il le cuisinerait plus tard. Et, puisqu'il semblait aimer ça, ce serait pimenté ! (Mais non, pas pimenté comme ça, bande de pervers...)

Donc, d'un oeil, il observait Shane, et de l'autre, Silvio, quêtant sur son visage le moindre signe d'amitié ou de haine, le moindre assentiment ou ressentiment. Oui, Aaron avait, en plus de la faculté de faire plusieurs choses à la fois, celle de regarder dans plusieurs sens. En fait, c'était soit un caméléon, soit un super-héros. Sauf qu'un super héros doit sauver le monde, et que lui, il était pas encore au point pour sauver le monde... A moins qu'on ne lui fournisse un p'tit bout de kriptonite, une cacahuète magique, des épinards ou n'importe quelle autre substance licite ou illicite qui pourrait lui conférer la force nécessaire. La pizza de Silvio était-elle magique ? Vu ses capacités en maniement de couverts de combat... On peut estimer que non. Moralité : Aaron était un caméléon incapable de se dissimuler. Ouais, en fait, c'était rien quoi. Triste destin que le sien...

[ Hum, désolée... Trois heures de latin, ça laisse des traces xD ]
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Sam 12 Mar - 21:58

    Avant d’entamer la fastidieuse tâche décrire les faits et pensées de mon personnage, je tiens à remercier les auteurs d’Aaron et Silvio qui ont accepté de faire une trêve. Paix à la hache de guerre (mouah ! J’ai fait un oxymore ! *remet Kathleen là où elle était et revient à son sujet*) et minute de silence.

    Remarquable geste de Silvio, une habilité dont le commandor en avait la force et soudain, le regard émerveillé de Aaron et… Nan mais attendez ? ! J’ai dit émerveillé ?! Mais il regardait SON Silvio là ! Mais pourquoi fallait-il qu’Aaron passe d’un extrême à l’autre ? T-T C’était mon brigadier qui, à présent, avait envie d’arracher les yeux d’Aaron pour qu’il arrête de regarder SON Silvio comme ça ! Surtout… Mais surtout ses fesses ! Silvio était parti récupérer le couteau volant et il constata qu’il n’était pas le seul à profiter de la vision. Il fixa Aaron un instant perplexe. Mais quoi il jouait le Aaron, tout à l’heure encore, il n’aimait pas Silvio au point d’avoir dit en être jaloux, et maintenant… Maintenant… Il allait le rendre fou celui là !

    Silvio avait répliqué son habituel et mémorable ‘je ne suis pas gay’. Un petit sourire en coin. Silvio n’était pas gay. Dans sa tête il ne l’était pas, ce semblait être quelque chose qu’il refusait. Shane baissa un instant les yeux sur sa pizza, pensif. Silvio n’était pas gay, et pourtant, il aimait un homme. C’était un paradoxe assez difficile à comprendre, basé sur les pensées et les faits qui n’allaient pas de pairs. Silvio était dans le déni le plus parfait lorsqu’il se disait qu’il aimait un homme. Non, il aimait Shane, pour lui, c’était bien différent, même si l’informaticien était bel et bien un homme. De fait, Silvio était homosexuel, mais il le refusait, il préférait corrompre son propre esprit et occulter le lien Shane=Homme. Mon brigadier ne pouvait pas lui en vouloir, si ça pouvait l’aider à vivre mieux leur relation. Avec le temps, peut-être que les choses évolueraient, peut-être qu’il l’accepterait un jour. L’informaticien devait bien accepter son non-genre dans l’esprit de Silvio. Et puis, il savait que comme Silvio n’était pas gay, il ne le tromperait jamais avec un homme. C’était des femmes dont il devait se méfier. Comme quoi, Silvio pouvait bondir sur Kim, et Shane ne réalisait seulement maintenant que ce couple là ne pourrait jamais exister. Ni maintenant, ni jamais.

    La réflexion de Silvio quant à la manière dont Shane mangeait sa pizza le sortit de ses pensées. Il posa son regard sur son amant, mâchant son morceau pour ne pas s’étouffer avec. On dit que les amants, au bout d’un certain temps, savent lire dans le regard de l’autre, et là, Shane lui disait… Il lui disait : « J’ai besoin d’un verre d’eau mon cher et tendre, pourrais-tu m’en servir un ? » (Oui, brusque rupture de l’instant de romantisme.) Car mine de rien, l’eau l’aiderait à ne pas s’étouffer. Mentalement, Shane était content de tester leur complicité et voir si Silvio savait lire en lui. Ca il le saurait lorsqu’il aurait un verre à la main.

    Et puis il entendit Aaron s’extasier devant le coup de poignet et demander à Silvio de lui refaire une démonstration. Bon il mettait de la bonne volonté, certes. Mais un peu trop de bonne volonté là ! Ah oui, petite précision. Shane ne s’était pas extasié, lui, sur le prodige de Silvio, pour la simple et bonne raison… Qu’il savait DEJA que Silvio avait un bon coup de poignet u_u ! Shane avait des doigts d’informaticien, des doigts doux et tendres pour masser son Silvio. Le commandor, quant à lui, avait des mains de soldats, brusques et rudes, certes, mais quelle maîtrise ! Quelle technique ! Le couple faisait un magnifique duo au final malgré leurs évidentes différences. Silvio, homme de terrain, ne connaissait de tendresse que le tranchant de sa lame au travers de sa victime. Shane lui apportait cette douceur étrangère. L’informaticien, quant à lui, fantasmait sur la virilité brute de son amant. Ceci étant dit, il fallait au moins être crédible, alors Shane afficha un sourire presque ébahi.

    Rapidement, il s’était adossé bien dans le fond de son siège, laissant sa pizza de côté. Il enfila ses lunettes rectangulaires et posa son ordinateur sur ses genoux. Et non, rassurez vous, son travail était loin, bien loin derrière lui, ce qu’il voulait, c’était un fichier. Juste un tout petit fichier. Il le connaissait bien, il savait ce qu’il contenait, et s’il pouvait profiter de ce doux instant de début d’amitié entre Aaron et Silvio pour mettre la main dessus, il en serait plus que ravi. Mais où avait-il bien pu le mettre ? Ah oui, le voilà. De son ordinateur portable blanc, on entendit sortir soudain une harmonieuse mélodie. Un slow pour tout dire. Juste pour mettre une musique d’ambiance, une musique de fond, sur le tableau d’amitié naissance dont les acteurs étaient son amant et son apprenti. Fier de sa bêtise, il ne voulait pas gâcher ce moment en éclatant de rire, tout heureux de lui. Il se contenta d’être sérieux, fixer son écran et tapoter sur son clavier, faisant mine de travailler. Un peu comme si ce n’était pas lui qui avait mis cette ambiance de fond, mieux : comme s’il n’entendait lui-même pas cette trame arrière et que cet effet sonore n’était qu’une hallucination des deux hommes avec lui. Et Shane savait parfaitement bien jouer la comédie lorsqu’il le voulait ! Mon Brigadier s'attendait à se faire fusiller du regard, c'était certain.
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 13 Mar - 20:04

Silvio attrapa la bouteille d'eau, celle qui trainait toujours sur la table, et remplit les verres de ses camarades, avec un sourire au pauvre Shane qui s'étouffait. "Je plaisantais, roh, grand dadais !".
Et voilà qu'Aaron se refusait à le tutoyer. Silvio aimait bien se faire vouvoyer, certes. Mais il n'était pas vraiment supérieur hiérarchique d'Aaron. Le Commandor de l'anti-terroriste n'avait rien à réclamer à un futur informaticien. En théorie. Car dans les faits, Silvio restait Commandor, et se sentait bien au-dessus d'Aaron. Donc oui, il le vouvoyait, le petiot.
Oui, Silvio aimait qu'on le respecte, tout comme il aimait qu'on l'admire. Alors il n'allait pas dire que ce qu'il avait fait était tout naturel après plus d'un bon demi-millier d'heures d'entrainement. Non,il fallait entretenir le mythe du Silvio surhomme, pour qu'Aaron continue de le regarder avec ces petits yeux là ! C'était tellement jouissif d'avoir quelqu'un à ses pieds pour un petit coup de poignet...! Oui, Silvio aimait qu'on lui soit soumis.

"- Ben en fait, j'ai juste fait ça." Il refit le petit mouvement de poignet, avec sa fourchette. "Mais lorsque ton couteau était à une certaine hauteur. Du coup, ça a a tapé là." Il montra la localisation sur son propre couteau "...'Fin, voilà, et... Shaaane !"

Il jeta un regard sombre à son amoureux. Même si ce dernier tentait de paraitre naturel, Silvio sentait très bien qu'il était l'auteur de l'entourloupe. Qui d'autre ? Qui aurait pu mettre une musique sinon ce jeune lapereau qui se cachait derrière son ordinateur ? Un téléphone. Mais Silvio sentait que c'était lui. Ils étaient assez proches pour que Shane ne puisse pas faire l'innocent impunément. Désolé mon coco, tu n'avais qu'à pas être son chéri !

"- Fais pas semblant, on sait que c'est toi ! Et je ne danserai PAS avec ce concombre masqué !" euh, ça, ça lui était sorti tout seul, parce qu'il avait oublié le prénom du blond. "Mais je comprendrais que tu aies envie de danser avec lui. Allez, pose cet ordi, je vous regarde !"

A vrai dire, Shane n'avait pas vraiment pu "poser son ordi". Silvio le lui avait retiré des mains, et l'avait posé sur la table, face à lui. Après avoir monté le son, il poussa Shane à se lever et, attrapant une part de pizza qu'il porta sensuellement à ses lèvres, en légitime vengeance s'installa confortablement. Je vous regarde !

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Lun 14 Mar - 16:08

S'il y avait bien une chose à laquelle on ne pouvait s'attendre au début de cette rencontre, c'était qu'elle tourne ainsi... Il s'apprêtait à danser un slow avec Shane, et c'était Silvio qui avait donné cet ordre. Oui, Silvio, le petit nabot hyper jaloux qui, quelques secondes plus tôt, ne supportait pas qu'Aaron ait le moindre contact avec son amant. Et il le poussait à effectuer ces quelques pas romantiques et fort proches avec son brun... C'était totalement illogique, il fallait bien le reconnaître. Enfin bon, le commandor n'avait de toutes façons pas semblé très logique depuis le début de cet entretien. Au moins, il avait un superbe coup de poignet, qui semblait le fruit d'un long entraînement. A savoir si l'entraînement était uniquement diurne... Shanichou avait-il été son partenaire nocturne pour améliorer ce mouvement ? Hum... Etrange, cette histoire, bande de pervers...

« Un slow ? Heu... d'accord. »

Qu'est-ce que c'était qu'un slow ? Aaron n'en savait trop rien. Le nom sonnait familier à ses oreilles mais, son passé totalement rayé de sa mémoire, il ne se souvenait guère de ce qu'il fallait faire. Alors il se leva, restant bêtement planté au milieu de la pièce et attendant que Shane, poussé par Silvio, se lève à son tour et vienne danser avec lui. Il serait son cavalier, et le joli blond espérait qu'il connaissait bien la danse pour pouvoir le mener, lui-même n'ayant aucun souvenir de comment on se positionnait pour toutes ces conneries. La musique aussi, lui était inconnue, résonnant à ses oreilles avec une émouvante douceur. Il observa Shane, si beau à cet instant précis.

Heureuse coïncidence, le joli petit brun était levé devant la lumière. Nimbé d'or, il semblait tout droit sorti des cieux, et posait sur lui un regard mi-romantique, mi-moqueur qui le faisait fondre. Oh qu'il était doux de voir ainsi un homme qui, l'espace de quelques secondes, quelques minutes, s'offrait à lui et lui appartiendrait. Aaron se sentait... Emu par cette vision, chamboulé même. Et il trouvait Shane terriblement beau, à cet instant, si séduisant qu'il ne put cacher le rouge qui monta à ses joues, tandis que l'autre s'avançait vers lui. Pensait-il que l'ange blond savait danser ? Probablement, sinon, il n'aurait pas choisi de le baigner de ce son. Alors, peu désireux de décevoir son maître, l'apprenti se laissa aller à ses souvenirs enfouis, à ses instincts passés qu'il ne s'expliquait pas.

Les mains gantées de Shane se posèrent sur ses hanches et, les yeux mi-clos, il se laissa aller contre lui, oubliant les caméras, oubliant Silvio. Il n'était pas vraiment capable de décrire ce qu'il ressentait, un mélange de confiance, d'amitié et d'amour... Un amour plus paternel que passionnel mais, sans vraiment le vouloir, Aaron semblait devoir faire face à un furieux complexe d'Oedipe. Il était si bien en compagnie du brun, avait tellement confiance en lui... Lentement, ses bras se relevèrent, passèrent autour de son cou, entourant sa nuque. Il aurait juste eu à tendre les lèvres pour embrasser son maître mais, Dieu merci, il ne le fit pas, se souvenant vaguement du sermon qu'il avait eu quelques minutes plus tôt. Être gay, c'était une pratique obscure. Et Shane était si lumineux qu'il s'en serait voulu de l'assombrir...

Il était plus grand que son maître, aussi posa-t-il sa tête sur son épaule, le serrant contre lui, savourant le contact de son corps musculeux contre le sien. Il avait le nez dans son cou, respirait son odeur, l'esprit bercé par les douces notes qui s'égrenaient dans l'air. Il ne voulait plus jamais ouvrir les yeux, il ne voulait plus jamais bouger, alors qu'il était si bien dans ses bras. Les joues rosies, il se rendit compte qu'il aurait aimé pouvoir plus savourer le contact de sa peau contre la sienne... Si seulement ils avaient été torses nus ! Il aurait pu caresser son dos du bout des doigts, au lieu de se contenter du T-shirt, et il aurait senti la chaleur de Shane l'envahir. Partager sa chaleur, récolter la sienne. Si seulement Silvio et les caméras n'étaient pas là, si seulement il avait pu en profiter...

Pauvre, pauvre Aaron ! S'il savait qu'il était utilisé par son maître pour rendre jaloux l'amant de ce dernier, comment réagirait-il ? Se sentirait-il trahi ? Oui, sans doute. Mais qu'aurait-il bien pu faire, hein ? Devait-il refuser de profiter de ce que la vie lui offrait avec tant de vilennie, parce qu'il savait qu'il ne récolterait que haine et souffrance à l'arrivée ? La vie est-elle assez douce pour refuser ces petits instants de bonheur, même si l'on a conscience qu'ils se termineront dans un douloureux océan de tristesse ? Qu'importe ce qu'il adviendrait : Aaron était bien, à ce moment. Et il en profiterait tant que cela durerait, tant que Silvio ne les stopperait pas, tant que la musique continuerait.

Les mains de Shane sur son corps étaient douces, si douces...
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Mer 16 Mar - 22:46

    Son Silvio lui avait servi un verre d’eau… Mais quel… Quel… AMOUR ! Shane était aux anges. Il avait l’impression de le comprendre et d’être compris, et ce, même pour un message aussi stupide que de demander un verre d’eau. Il se sentait bien, avec son commandor. Il se sentait… En couple ? Oui, ce devait être ça le fin mot de cette histoire. Il s’était bien amusé à mettre cette musique, de la provocation en quelques sortes, il aimait bien jouer avec ces deux blonds là. Il avait bien vite été démasqué. Mais ce n’était pas comme s’il ne s’y était pas attendu. C’était presque inévitable en somme. Entre un amant qui le connaissait presque par cœur et l’inévitable probabilité qu’il soit coupable de cette bêtise était très élevé. Il ne fut donc pas étonné lorsque Silvio s’interrompit dans sa belle et longue démonstration à Aaron, pour réprimander mon brigadier.

    Et s’il s’était attendu à cette punition ! Il n’aurait jamais cru que Silvio tendrait le bâton pour se faire battre (bien qu’il tendait déjà le fouet…) Son amant serait-il à ce point aussi masochiste ? Accepterait-il de voir Shane dans les bras d’Aaron, dansant langoureusement avec lui sur le fond d’une musique lente que seules les âmes attirées entre elles dansaient ensembles ? Se rendait-il seulement compte de la tentation à laquelle il serait soumis ? Shane ne comprenait pas vraiment… Et dire que tout à l’heure, Silvio peinait à cacher sa jalousie et son excès d’amour lorsqu’Aaron s’approchait un peu trop près du mien. Et là, il demandait à Shane de danser avec son apprenti ? Concluant finalement que Silvio s’était lancé dans une pulsion de masochiste, il allait lui répondre avec ce qui rendait un masochiste heureux : le sadisme.

    Poussé par le commandor de la Brigade Anti-terroriste, Shane s’était levé, Aaron en avait autant. Mon Brigadier n’était pas vraiment du genre tactile. En fait, il était un fin observateur, préférant rester loin de l’action et des gestes pour se plonger dans la contemplation. Mais cette fois-ci, il était acteur, et il allait devoir faire son cinéma. Il y avait des caméras dans l’appartement de Silvio, et danser un slow avec Aaron pouvait porter à confusion. Mais il fallait bien également qu’il insiste sur la situation pour rendre Silvio jaloux. Comment ça il était pas sympa le Shane ? Mais pas du tout. Il ne faisait qu’entretenir leur relation. Dans un couple, si on croit avoir conquit l’autre définitivement et que l’on pouvait se reposer éternellement sur ses petits lauriers, il allait falloir changer cette mentalité : que nenni ! Loin s’en faut. Et quelque part, il comptait faire bien peur à Silvio pour que celui-ci chercher à se racheter et montrer qu’il vaut mieux qu’Aaron.

    Shane posa ses mains sur les hanches de son apprenti. Abus de hiérarchie ? Oui, un peu, mais pas tant que ça. Aaron était loin d’être celui qui dansait avec Shane contre son gré. D’ailleurs, le jolie blond était même plutôt volontaire… Très volontaire. Ne l’avait-il pas vu rougir ? Etait-il tant intimidé que cela de danser avec son maître ? A moins que ce ne soit autre chose… Autre chose qui expliquerait cruellement la jalousie qu’Aaron avait manifesté à l’égard de Silvio…Etait-ce vraiment le cas ? Et si oui, ressentait-il alors qu’il y avait ce quelque chose d’inexplicable mais pourtant si simple entre Lewis et Anthelmios ? Tant de question soudain dans l’esprit de mon informaticien. Mais pourquoi toutes ces questions, hein ? Ce n’était qu’un slow amical dansé dans le but d’une grossière plaisanterie sur fond de défi ! Alors pourquoi fallait-il qu’il se prenne autant la tête ? Joshi bénisse le cerveau de Shane, mais par pitié, faites qu’il se mette en route un peu moins souvent, ça usait de l’énergie et de la mémoire vide qui l’empêchait de se concentrer sur d’autres tâches comme…. Voir ce qu’Aaron faisait.

    En effet son apprenti avait passé ses bras autour du cou de mon informaticien. Shane, quant à lui, avait remonté son étreinte au niveau de sa taille. Il se sentait si proche d’Aaron en ce moment, il n’y aurait que si peu de mouvement pour aller l’embrasser. En avait-il envie ? Pour être sincère, peut-être que s’il n’y avait pas eu ces caméras et si son cœur n’avait pas d’ores et déjà était offert à son Silvio, il l’aurait bien fait. Mais s’il ressentait de l’attirance pour son apprenti, son amour était déjà tout offert à un autre. Il sentait le souffle d’Aaron contre la peau de son cou. C’était chaud, c’était doux. Comme tous ses gestes d’ailleurs. Shane n’aurait pas pu le confondre avec Silvio, leur façon d’être contre lui était bien différente. L’informaticien aimait bien les deux, d’un côté la douceur qui ressemblait plus à Shane, de l’autre la rudesse qui était d’avantage son opposé. Mon informaticien avait fait son choix, quelques mois plus tôt. Il avait voulu Silvio, il avait été le chercher, il avait du en faire du chemin. Silvio était un célibataire endurci depuis trente années, et un homophobe de surcroît. Il avait fallu en faire des efforts. Mais aujourd’hui, il ne regrettait pas. Il s’était battu pour eux, dans le silence, dans le secret, et aujourd’hui, après trois mois de couple, l’aboutissement de leur rêve enfin : ils allaient vivre ensemble.

    A l’avenir, leur secret ne serait jamais aussi bien gardé. Ils n’auraient qu’à faire la limite entre leur vie privée qui trouverait refuge dans la chambre de Silvio, et leur vie publique qui serait partout ailleurs. Ce serait beaucoup plus facile. Ils n’auraient plus à se retrouver tard dans la nuit, en cachette. Cette fois, c’était sûr, il était colocataire, ils se verraient donc d’une manière bien plus régulière. Shane avait doucement fermé les yeux, dans les bras d’Aaron, il n’était pas trop mal. Ce n’était pas le corps musclé de son Silvio, mais c’était une douceur qui le faisait frissonner. Oui, que Silvio le pardonne, mais Shane frissonnait sous tant de douceurs. Ils dansaient, faisaient de longs ronds sur place, et lorsque Aaron faisait dos à Silvio, et que Shane lui faisait donc face, l’informaticien ouvrit lentement les yeux. Seuls son nez et ses yeux ressortaient par-dessus l’épaule de son apprenti, cachant son sourire sadique aux yeux de tous. Mais cette expression se sentait dans son regard clair plongés dans les yeux verts de Silvio. Son amant lui pardonnerait-il de jouer ainsi avec ses sentiments ? Lui en voudrait-il de danser de la sorte avec Aaron ? C’était lui qui l’avait demandé après tout. Qu’adviendrait-il de ce soir, lorsqu’ils seraient à nouveau seuls dans la chambre de Silvio ? Silvio l’embrasserait avec l’ardeur d’un amant dont l’attente avait été douloureusement éprouvée ou bouderait-il en lui en voulant, jusqu’à ce que Shane obtienne son pardon ?

    L’informaticien n’en savait que peu, il n’avait jamais vraiment mis Silvio dans une telle situation. Il ne savait pas comment son fauve allait réagir. Il espérait seulement qu’il ne le prendrait pas mal. C’était lui qu’il aimait au fond. Même si Aaron était un beau, gentil et doux garçon, le cœur de Shane n’était plus à offrir, il était déjà offert. Son possesseur était Silvio. Il n’avait pas la capacité d’aimer plusieurs personnes à la fois, il y avait forcément une qu’il aimait plus que tout autre, l’élu ou le pauvre malheureux, c’est selon. Il n’en demeurait pas moins vrai qu’Aaron l’attirait. C’était une sorte d’attraction qu’il n’aurait su expliquer, mais à laquelle il ne céderait pas, à moins de vouloir s’arracher l’âme. Il avait fermé les yeux, pour mieux ressentir la présence d’Aaron et pour ne plus regarder Silvio. Car mine de rien, Shane était peut-être sadique, mais il aimait surtout Silvio. Et faire du mal à son amant, ça lui faisait du mal. Rah la la ! C’est de la faute à qui s’ils avaient une relation sadomasochiste tous les deux, hein ?!

    Un peu comme tout, il y a une fin, et là, c’était celle de slow. Shane ouvrit doucement les yeux, un peu perdu et perturbé, et relâcha son étreinte. Et pour masquer son étourdissement, il s’était mis à rire, comme si cette danse n’avait été qu’une plaisanterie :

    « Aaron, après ce que nous avons vécu… Je pense qu’on peu se tutoyer ! »


    Il fit une mine faussement chamboulée, pour masquer sa mine véritablement chamboulé et alla retrouver sa place assise auprès de Silvio.

    « Maintenant, on peut te le dire, cher apprenti : s’il t’a poussé à danser avec moi, c’est parce que, lui, danse aussi bien qu’il immonde cancrelat [HJ : et hop casé], hein Silvio ? »

    Quitte à pousser la plaisanterie jusqu’au bout, Shane n’y allait pas de main morte. Son objectif ? Entendre le mélodieux bougonnement de désapprobation du commandor. Ou l’entendre couiner. Il était chou aussi lorsqu’il couinait. Bref, Shane aurait tout donné pour que son homme manifeste son existence et qu’il reprenne sa place en tant que mâle. Oh bien sûr, de manière subtile, mais Silvio serait faire ça magnifiquement bien ! Enfin peut-être !
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Sam 19 Mar - 1:25

Face à la réaction d'Aaron et de Shane, Silvio comprit enfin ce qu'il venait de faire.
Lui, pauvre innocent, avait poussé son amant à danser avec Aaron afin qu'il n'ait pas à le faire. Cela lui aurait ainsi évité hypothétiquement d'avoir à le faire, et cette action ne lui aurait apporté que honte et déshonneur ! Du moins, c'était ce qu'il avait pensé, un peu trop vite. Au fond, il existait pleeein de réactions différentes qu'il aurait pu avoir, plein d'autres façons d'éviter de se retrouver dans une situation ambiguë avec cette petite chose blonde qu'était Aaron. Il avait choisi cette solution presque par réflexe, sans réfléchir, croyant que naturellement ils refuseraient. Maintenant, il regrettait.

Le commandor tenta au début de rester stoïque, malgré un sourcil légèrement froncé, l'autre légèrement haussé. Il observait la scène, intrigué, cherchait les mots à mettre dessus, et ceux qui allaient avec l'étrange sensation qu'il sentait naitre en lui. Qu'était-ce ? De la jalousie ? Il fallait croire. Non, il n'appréciait pas vraiment de voir Shane danser. Il était avec Aaron, et ce sale môme était contre SON amant. Le commandor aurait volontiers bondit sur l'ennemi, en grognant, crocs en avant, tel un chien défendant son os. Il ne pouvait pas. A cause des caméras. Ils n'étaient pas censés être en couple, une réaction possessive exagérée ne les aiderait sans doute pas, surtout en présence d'un témoin.
Alors il était oblgié de regarder. Rebelle, il avait out d'abord résisté, en se concentrant sur sa part de pizza. Mais sa nature l'avait empêché d'admirer trop longuement l'aliment. Mieux valait ne pas trop penser à ces futurs nutriments, c'était un coup à ne plus pouvoir manger, lui couper directement l'appétit. Non, Silvio n'aimait toujours pas manger, et parfois l'idée seule de quelque chose passant dans un oesophage le dégoutait.
Un coup d'oeil à l'ordinateur. Encore 2:52 minutes de danse. Jamais deux minutes n'avaient semblé aussi longues à mon pauvre personnage qui tentait de rester naturel. Pizza finie, il observa d'un air mi-moqueur mi-amusé un peu forcé. Bon sang, Aaron était trop proche de Shane ! Là, c'était entre les deux qu'on allait soupçonner une relation ! Et "on", ici, en plus d'être les caméras, c'était aussi Silvio ! Et Silvio, il allait avoir deux mots à dire à son amant. Inutile de vous parler du programme de la soirée: coincer Shane dans un coin de chambre, lui faire tout avouer, puis le punir à sa manière. Fufufu.
1:42. Bon, d'accord. Silvio n'en pouvait plus. Il sentait que s'il restait à les regarder, il allait devenir fou, ou très agressif. Il sortit alors son téléphone, et le pointa vers les deux. Multimédia. Caméra video. Enregistrer. Oui, il filmait. Ainsi il pouvait grossièrement regarder dans leur direction, mais se concentrer en réalité sur son téléphone. Très jolie silhouette que celle de ce téléphone noir brillant, même si rayé ici et là par diverses chutes. Mais quel fidèle allié, ce téléphone portable ! Toujours là quand on a besoin de lui, toujours le truc pour être utile, comme par exemple l'emploi du temps ! Quel dommage que sa batterie ne soit pas inépuisable...

Clic. Video terminée. Supplice terminé aussi. Résultat: Silvio souriait; même si au fond de lui il en voulait toujours énormément aux deux autres, il ne pouvait réprimer le soulagement qu'il avait.

"- Bon, ça, c'est pour alpha..."


Alpha, le réseau alpha où finissaient les plus belles oeuvres d'art. Naturellement, il ne mettrait pas la video, mais il voulait juste entendre Shane râler...
Immonde cancrelat ? Lui ? Mon commandor redressa vivement la tête, offensé.

"- Ah oui ? Je danse mal ? Tu crois ça ?"


Multimédia. Lecteur audio. Musique. Electro... Voilà. Se levant, grave et solennel, Silvio posa le téléphone sur la table, avec un regard aux deux autres. La musique se fit entendre. Alors, Shane et Aaron purent voir quelque chose que personne d'autre ne verrait à Nosco, que personne ne DEVAIT voir... Oui, chers amis, Silvio esquissa quelques pas de danse sur de l'electro, et même du break dance ! Mais cela dura à peine cinq secondes car, très vite, il s'assit à nouveau et éteignit la musique de son téléphone.

"- Hum. Vous n'avez rien vu, d'accord ? Rien ! Il ne s'est rien passé, je n'ai rien fait, Vous ne vous souvenez pas ! Donc si on vous demande ce que vous avez vu, vous répondrez...?"

_________________
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Hologramme le Sam 19 Mar - 17:52

Si on vous demande ce que vous avez vu, vous répondrez?
Que vous n'en pouvez plus, de tant rire par le nez...
Que vos côtes ont tellement mal de rire comme un fou,
Que même de manger vous n'avez plus gout.

Mais à tant rire, on en oublie le principal,
Voilà qu'Aaron tombe à terre en se tenant le ventre,
Secoué de rire envers l'ennemi, tu te moques de lui dans son antre,
Si bien qu'à genoux devant Shane, tu finiras un peu pâle...

De ne point assez respirer.
Que fais-tu donc à cette hauteur, devant ton maitre genou plié?
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Dim 20 Mar - 17:42

Enfin, les ultimes notes du slow retentirent, au grand damne d’Aaron. Il n’aurait su dire ce qu’il avait ressenti tout au long de cette danse. Même après une longue réflexion, même après des jours à se remémorer cet instant, il subsisterait un doute quant à ses sentiments vis à vis de Shane. Etait-ce… Un ami ? Oui, on ne pouvait le nier. Un proche ? Il le ressentait comme tel, et cette sensation semblait clairement réciproque. Mais là, les choses se compliquaient. Etait-ce plus un père ou un potentiel amant ? D’une part, il considérait vraiment l’informaticien comme son protecteur, qui lui apprenait la vie, lui donnait des leçons et le faisait progresser dans son domaine de prédilection. De l’autre, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une attirance importante qu’il n’était pas capable de juguler, contrairement au brun. Ce dernier avait Silvio, et il était dans une relation exclusive. Si l’ange blond avait Elyan, l’idée d’exclusivité lui semblait totalement absurde, d’où sa capacité à aimer un peu tout et n’importe quoi (et bim xD).

Lentement, l’ange blond se décolla de son maître. A regret, il fallait bien le reconnaître. Il avait apprécié le contact des gants chauds de Shane sur ses hanches, puis dans le bas de son dos, douce caresse dont il se souviendrait à l’avenir. Il ressentait décidément une véritable attirance, proche de la vénération, à l’intention de son compagnon. Et puis, il appréciait avoir sa peau si proche de ses lèvres, leurs souffles se mêlant, l’interdit si facilement accessible… Mais il ne fallait pas oublier qu’à Nosco, l’homosexualité était une pratique obscure. Et, en ayant l’esprit aussi vide qu’Aaron, c’était de ces choses qui restaient bien ancrée, même quand la tentation était forte. Aussi détacha-t-il ses mains, libérant son maître, qui éclata de rire. Lui-même cacha sa gêne dans un geste qui était devenu une habitude : il se frotta la nuque, souriant.

« Se tutoyer ? C’est un grand honneur que vous… Que tu m’fais là, Bel Ami ! Mais tu devrais apprendre à Silvio à danser – si vous le voulez bien, Silvio. Parce que c’est un moment agréable… Encore plus si on le passe avec une jolie fille ! »

Whoua. Ce moment était à noter dans les annales (mais nan mais pas celle lààà >_>): pour la première fois depuis des semaines qu’il était à Nosco, Aaron avait utilisé son incroyable intelligence pour son relationnel. En un petit bout de phrase, il avait remis en doute son attirance pour son maître, dénié toute possible accusation d’homosexualité et peut-être involontairement rassuré Silvio. Ce qui n’empêcha pas ce dernier de se lever, de mettre une musique avec son portable et de… Se déhancher. D’une façon qui ne sied nullement à un commandor, et qui avait quelque chose de sexy et sauvage et… Non, en fait non. On aurait plutôt dit un petit poisson séché cherchant désespérément une flaque d’eau lui apportant sa survie. Ou un animal aux portes de la mort, subissant les pires des souffrances. Ou n’importe quoi dans le genre. Mais ces quelques pas semblaient toutefois assurer qu’Anthelmios avait du potentiel, en matière de danse, et que quelques cours lui seraient bienfaiteurs.

Surpris par une telle initiative, le joli blond échangea un regard avec son maître, auprès duquel il était resté tout le temps de la petite démonstration de Silvio. Et ce fut le moment fatidique. Remontant de son ventre vers sa poitrine, le rire s’échappa en cascade de ses lèvres. Bien vite, son corps entier fut secoué de spasmes de bonheur, tandis que le son, cristallin, résonnait comme l’ultime cri d’un enfant égayé. Incapable de se contenir, et tant pis si cela devait mettre Silvio et Shane en porte à faux, il se plia en deux, se tenant le ventre de peur qu’il ne s’en aille, des larmes d’amusement coulant le long de ses splendides yeux verts, traçant un sillon salé de bonheur sur ses joues. Qui, dans le monde de Nosco, avait eu la chance de voir le commandor dans une situation aussi gênante ? Qui avait fait le rapprochement avec un petit poisson séché ? Qui… AH AH.

Bien vite, les genoux d’Aaron cédèrent par manque de souffle, et il s’écroula à genoux devant Shane. Est-ce que les autres rigolaient aussi ? Il n’en avait pas vraiment conscience, enfermé qu’il était dans son propre amusement. Mais son rire était communicateur, et il n’aurait pas été surpris d’apprendre que même Silvio l’avait rejoint. Encore quelques convulsions et, enfin, il se calma, essuyant ses larmes du bout des doigts, essoufflé par un tel effort. Il voulait faire du sport, se remuscler ? Eh bien, c’était là une solution : ses abdos avaient pris cher. Respirant fortement, comme après une longue course, ou un acte sexuel, il releva la tête, pour se rendre compte qu’il était nez à nez avec… Shane. Ou, du moins, son entrejambe. La vie était curieusement bien faite, quand même, et le destin sacrément salaud. Parce qu’Aaron avait vraiment la taille idéale pour… Pour l’endroit. Et Shane était…

Par Joshi, mais là, soit Shane en avait une très grosse, soit il était encore plus excité qu’Aaron. Ce dernier loucha sur ce qu’il voyait, redevenu silencieux, surpris et un peu décontenancé par sa découverte fort proche. Qu’aurait-il fait, s’il n’y avait eu ni caméras, ni Silvio ? Aurait-il avancé ses mains, détaché la ceinture, touché pour être sûr qu’il ne se trompait pas, qu’il faisait bien de l’effet à son maître ? Aurait-il osé approcher sa bouche, saisir ce qui pouvait l’être et… Ou bien serait-il simplement resté cloué de surprise, comme il le faisait actuellement, incapable de réagir face à la soudaineté de la situation ? La rougeur due à l’essoufflement le quitta, tandis que plus rien ne bougeait, et il pâlit légèrement. Jusqu’à ce qu’il réagisse quant à ses pensées. Ses joues se colorèrent de rouge, de rose, et il se laissa aller à un immense sourire. Sa tête bascula en arrière, dans ses yeux pétillèrent un éclat d’amusement et, pour la seconde fois de cette soirée, il eut la bonne idée de ne pas trop commettre d’impair :

« Je sais qu’on peut se tutoyer en public, maintenant. Mais de là à faire ça en public aussi… Voyons, un peu de calme, Maître. »

Oh ? C’était un impair, vous dites ? Mince alors. Souplement, Aaron se cambra, balança légèrement son bassin et se redressa avec élégance, dans un mouvement gracieux et sensuel qui n’avait, cette fois encore, rien de volontaire… Pauvre petit. Victime de son sex appeal. Tranquillement, bizarrement peu gêné par la situation, il se retourna et aperçut Silvio. Oups…
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Mar 22 Mar - 10:27

    Shane : Donne-moi l’crayon ! Donne-moi l’crayon !
    Geo : Non ! Mais oh ! C’est moi le joueur ! Va donc me faire un café !
    Shane : Je suis un personnage exploitéééé T-T *yeux de lapin battu*
    Geo : Bon d’accord…


    J’avais dansé avec Aaron, une danse que je n’aurais du accorder qu’à Silvio. Qu’ai-je cherché là-dessous ? Le rendre jaloux ? C’était gagné. Etait-ce une victoire pour autant ? Non, je ne le ressentais pas ainsi. J’avais voulu l’avoir, et je savais qu’il ferait n’importe quoi pour moi. Ce soir, je savais qu’il ne ferait rien contre Aaron. Pour lui, pour moi, pour nous, il devait faire taire sa jalousie et rester l’ami qu’il devait être aux yeux de tous. Mais c’est difficile d’être un ami lorsque l’on sait que c’est bien plus que cela. Je le sais bien autant que lui. Il mangeait sa pizza pour s’occuper l’esprit, et mes yeux dans les siens, habillés d’un certain sadisme, le fixaient, inlassablement. Avais-je tord de faire cela ? C’était mal au fond, je ne devrais pas. Le pauvre devait souffrir. Mais j’étais obligé de jouer ainsi, parce que c’est ma nature, parce que je suis comme ça. J’ai besoin de le rendre jaloux. J’ai besoin de voir dans ses yeux qu’il me désire. J’ai besoin de le tester chaque jour, pour que jamais la flamme ne s’éteigne. Etait-ce donc égoïste de ma part que d’agir ainsi ? Je l’avoue. J’ai peur de le perdre, chaque jour, chaque heure, je me demande s’il m’aime encore. J’ai besoin de savoir s’il a toujours, pour moi les mêmes sentiments qu’au premier jour. Je veux savoir. Je ne veux pas ouvrir les yeux, un jour, et voir dans les siennes, le voile sombre de l’enfermement, annonciateur d’une rupture à venir. Je veux le voir venir, je ne veux pas me faire surprendre. Je veux qu’on moindre premier signe, je puisse me racheter et retrouver ma place dans son cœur, comme si elle n’avait jamais été entachée. Je veux être certain d’avancer, encore. Je ne veux pas croire aux illusions de ces couples qui pensent que tout va bien. Moi, je l’aime Silvio. Je l’aime plus que tout. Il est capable de me rendre malade par son absence, coupable dans un regard. Je l’aime, et pis c’est tout. Je m’accroche à lui, et je ne veux pas le perdre. Je serai capable du plus fou, s’il le voulait. Mais pour cette incroyable union, je veux du réciproque, je veux un échange sans équivoque. Je veux ses yeux dans toute leur splendeur, je veux sa peau et sa chaleur. Ce n’est jamais trop. Qu’il me pardonne, moi, mon foutu caractère et mes caprices. Et du regard j’implorais d’ores et déjà son pardon. Il comprendrait, encore. Je sais qu’il me comprend.

    Il avait fait tant d’efforts d’ores et déjà, pour moi, rien que pour moi. Il avait donné à l’implicite une nouvelle dimension, et à travers les mots communs, il découvrait un autre langage, notre langage, nous, unique peuple ethnique qui n’eut ni d’aïeux, ni de descendants, juste une vie, une nation à nous deux, avec sa propre histoire, sa propre culture et ses propres mots pour parler d’amour. Et il m’avait appris tout cela avec lui. Je retrouvais dans son être, tout ce qui me complétait. Je me sentais grandir, je me sentais mûrir, je devenais un autre, et ça ne m’effrayait pas. Je n’avais pas peur, par ce que j’avais, en lui, une confiance aveugle. Et je suis le chemin qu’il me montrait. Dans les sentiers, je foulais l’herbe à grandes enjambées. Et je courrais, et je marchais à ses côtés, ma main dans la sienne, les yeux bandés par l’amour, et j’avançais aveugle, qu’importe si c’était vers un paradis terrestre ou un ravin, je le suivais. Je l’aurais suivi partout où il voudrait, nos mains liées ne sauraient se séparer, et nos doigts enlacés juste avec tendresse. S’il savait comme j’aime poser ma tête sur son épaule, fermer les yeux, et le savoir près de moi. Il est mon soutien, mon appui, sans lui je m’effondre, sans lui je me perds, les yeux bandés, comme un aveugle. S’il m’abandonne je suis perdu. S’il me laisse, je ne m’y retrouverai plus. Je n’aurai jamais assez de larmes pour pleurer sa perte, jamais assez de cris pour hurler ma peine. Je suis son ombre, je marche avec lui. S’il ne veut plus de moi, je devrai marcher seul, je devrai retrouver mon chemin. J’y arriverai, je le sais, mais au prix que quelle souffrance, au prix de quel sacrifice ? Ah ! Bel ami ! Tu m’en ferais bien baver si tu le voulais ! Mais tu ne le veux pas, n’est ce pas ? Non, tu ne le veux pas, tu ne veux que moi, je le vois dans tes yeux jaloux et ça me rassure. Je peux donc fermer à nouveau les miens et me laisser guider, innocent. Tu dépends de moi, et je dépends de toi. C’est d’un réciproque sans fin, ça ne m’effraie pas, ça m’attire, ça m’attise, je vis pour ça, avec ça. Encore. Et j’y crois, à nous, à notre histoire, à notre avenir. J’y crois même si je sais que ce n’est pas facile, que ça ne le sera jamais. Je l’aime cet amour interdit, cette chose malsaine que nul ne devait avoir connaissance. Sa majesté n’en tolérerait pas d’avantage. Elle nous offrait déjà le droit de nous aimer, mais aussi le devoir de le cacher. Je l’aime et c’est mal. Je l’aime, et ça me ferait mal de ne plus le pouvoir. Alors je fais silence, je me tais. Il est mon amant, je le sais, il est mon danger, je le reconnais.

    J’aurais voulu plonger mes yeux dans les siens et lui dire que je n’aimais que lui, qu’il n’avait rien à craindre Aaron. Mon apprenti était très gentil, très mignon, je devais le reconnaitre, mais c’était Silvio que j’aimais. Peut-être que si j’avais été célibataire, j’aurais approfondi mon jugement sur Aaron. Mais j’avais Silvio, et le chamboulement et l’effet que me faisait Aaron demeurait dans le silence. J’étouffais cette attirance, je ne voulais pas mettre de mots là-dessus, j’orientais mon esprit vers la fidélité, cet axe magique auquel j’aspirais (non, Aaron, ne pense pas à ce que tu penses). Car si je voulais avoir l’exclusivité de Silvio, il devait avoir la mienne. Il devait avoir mon corps, mon âme, ma peau. Alors j’oubliais Aaron, je fermais les yeux sur ce que je pouvais bien ressentir, et je ne pensais qu’à lui, à mon amant, mon ami, l’homme qui transformait mes jours et mes nuits. J’aurais voulu le regarder et lui dire de ne pas s’en faire, mais devant Aaron et devant les caméras, ça aurait été un fiasco des plus complets. Alors, je me suis mis à blaguer sur les capacités de danse de Silvio. Et Aaron qui conseillait au commandor de danser avec moi. J’aurai voulu à vrai dire. Mais si je me permettais de danser un slow avec Aaron, c’est parce que derrière leur caméras, les gens pourraient toujours gratter pour trouver une romance cachée. Il n’y en avait pas. Je ne me le serais pas permis avec Silvio, pas aux yeux de tous. Ca aurait été tendre le bâton pour se faire battre. J’aimais trop Silvio pour mettre notre amour en péril. Alors, je restais loin des contacts audacieux avec lui. Je ne m’approchais de lui que comme un ami, jamais de sous entendus portés vers une éventuelle homosexualité, ni sur un éventuel couple. Je plaisantais, seulement, de temps en temps, parce que j’ai besoin, malgré tout, de ce contact avec lui. Alors je prends ce que je peux prendre, quand je peux le prendre. Sinon, je patiente, j’attends mon tour, notre tour, je sais qu’il viendrait. Et maintenant, il viendra plus souvent que d’ordinaire. Ce sera tous les soirs ou presque, ce sera plus facile. Je n’arrive pas encore à réaliser pleinement ce qui nous arrive. C’est tellement merveilleux. Nous vivons ensembles ! A partir d’aujourd’hui nous vivons ensemble ! Bien sûr, nous ne devons pas montrer nos liens en public (et en public étaient partout en dehors de la chambre et de la salle de bain de Silvio). Ce n’est pas comme si nous étions un couple qu’il s’était installé ensemble. Nous sommes un couple qui se met en colocation amicale. Et ce détail changeait beaucoup de choses.

    Et voilà que mon Silvio se mettait à danser. Je suis resté figé, incapable de réaliser ce qui se passait sous mes yeux. J’étais partagé entre l’émerveillement et l’envie de rire. Alors j’ai regardé Aaron, comme pour lui demander avec mes yeux son jugement. Et mon apprenti est tombé de rire, il s’est tordu de rire. Je n’avais jamais vu Aaron rire autant. Son rire était incroyablement communicatif. J’avais envie d’en faire autant, mais je ne voulais pas que Silvio pense que je me moque et qu’il se sente mal. Alors je l’ai regardé, mais il riait également de bon cœur. Ne pouvant plus y résister, je me tenais aussi le ventre, l’autre main ganté devant ma bouche, et je riais, tant le spectacle était amusant. Et puis Aaron était tellement pris d’un fou rire que s’en était contagieux… En parlant d’Aaron, mais que faisait-il à genoux devant moi et… Non, il ne faisait pas cela tout de même. Ca m’avait coupé net dans mon rire, ne sachant si je devais m’écarter ou demander à Aaron de se relever. Comme un idiot, je m’empourprais. Je voyais les deux yeux verts d’Aaron qui louchaient sur mon entrejambe et relever la tête vers moi pour me dire ces mots… Par Joshi, il avait raison. J’étais toute chose, et j’étais bien incapable de dire pourquoi. Etait-ce du au slow, à la position actuelle d’Aaron ou à mes pensées pour Silvio ? Peut-être un peu des trois pour tout dire. Je me raclais la gorge un peu gêné, et je n’osais pas regarder Silvio. Oh ! Je n’étais pas sur le point de l’orgasme non plus, j’étais d’ailleurs plus proche du repos mais pas tout à fait. Je reculais donc pour ne plus avoir Aaron si proche de mon entrejambe, et je trouvais une excuse :

    « Mais non, c’est le pli du jean ! Néanmoins, tu es plutôt mignon en mode soumis. »

    Et toc ! Ca c’était dit. Mais à bien avouer, je ne faisais que me dépatouiller de la situation dérangeante dans laquelle je m’étais mise. J’avais alors décidé de profiter de la position à genoux de mon apprenti (non, Aaron, ne penses toujours pas à ce que tu penses), et j’attrapais mon épée posée sur les cartons, non loin, et je l’adoubais. Je posais ma lame sur son épaule et je clamais sur un solennel :

    « Aaron Smith, je te fais chevalier. Puisses-tu apporter protection à ton roi ! »

    Et… Non, son roi, ce n’était pas moi. J’avais disparu soudain en direction d’un de mes cartons qui s’appelait « mes bébés », et je sortais un échiquier tout beau tout neuf semblable à celui de Mathys Nelsen sur lequel nous avions déjà joué Aaron et moi. Mais celui-ci n’était pas celui du commandor actuel, mais bel et bien un que j’avais été chercher dans les boutiques de Nosco et que je mettais à présent entre ses mains. Et oui, qu’il protège son roi qu’il lui soit fidèle, car nous jouerons encore ensembles, et cette fois, je ne lui ferai pas de cadeau. Sur ma lancée de surprises, j’avançais vers Silvio, en laissant Aaron regarder son cadeau sur toutes les coutures s’il le voulait (et se relever aussi, accessoirement). J’avais pris les mains de Silvio pour l’entrainer en tirant doucement, et le mettre sur ses deux pattes, debout. J’aime ses mains. Elles ne sont peut-être pas douces et tendre, mais elles ont cette rudesse virile que j’adore. Et puis, Silvio n’était pas brut avec moi non plus. C’était même touchant de voir que ses mains de soldat qu’il était, tentaient de devenir un peu plus affectueuses et moins violentes lorsqu’elles se posaient sur moi. J’adore mon Silvio. Il était ce que je voulais qu’il soit. Il était capable de changer pour moi, il était capable de s’adapter, juste pour me rendre heureux. Et je l’aimais pour ça. Je ne lui en demande beaucoup, capricieux que je suis, mais chaque fois, il fait de son mieux pour me satisfaire. S’il savait qu’au fond de moi, malgré tout ce que je peux réclamer, mon seul véritable vœu, c’est que lui, soit heureux. Je pouvais me nourrir de son sourire que j’en deviendrais immortel. Je lui avais pris ses mains, je ne sentais pas sa peau avec mes gants. Ca valait peut-être mieux ainsi. Je l’aurais violé sur place au moindre contact avec sa peau. Je l’avais mis debout, et je le laissais là, alors que j’allais en direction de mes cartons. Un autre cette fois qui s’appelait vêtements et je sortais de là une veste de cuir noir, assez longue, ni plus ni moins l’uniforme de parade du commandor de l’anti-terroriste. C’était en cette tenue que les brigadiers se rendaient aux fêtes officielles, et Silvio serait le plus beau de tous. J’allais derrière mon amant (roh, mais ça suffit tout les deux !) et posait sur ses épaules, avec douceur, l’uniforme que j’avais entre les doigts. J’étais fier de lui. Mon Silvio, à force de travail et de compétences, était devenu commandor. Et j’étais fier de mon homme, et j’étais heureux bien de le vêtir de cet uniforme. Je revenais devant lui, prenais de chaque côté de son cou, son col pour le lui mettre place. Et je descendais mes mains, jusqu’au milieu de son torse, pour lui mettre bien sa veste. Je restai quelques secondes à le regarder, à le contempler. Il était magnifique dans son habit de commandor. J’avais un sourire sur les lèvres, léger, et un regard flou que je relevais vers ses yeux verts. Et je lui communiquais tant de paroles à ces deux perles. Des mots inavouables, des mots censurés, non pas parce qu’ils étaient d’ordre sexuel, mais bel et bien parce qu’ils traitaient d’amour entre un homme et un homme. Est-ce que je rougissais de fierté ? Peut-être. Pas à outrance néanmoins. Je pouvais toujours être cet ami fier de la carrière de Silvio, mais j’étais surtout l’amant ravi de le voir s’épanouir professionnellement. J’étais heureux qu’il ait peu trouvé un compromis entre son travail et notre amour. L’un ne sacrifiait pas l’autre, et ne le devrait jamais.

    « Encore bravo pour ta promotion. »

    Avais-je soufflé, encore tout perdu. J’avais envie de l’embrasser. Cette attraction avait une force si puissance, je n’arrivais plus à la maîtriser. J’étais trop proche de lui pour être sage, et il me rendait tellement fier de lui. J’avais envie de hurler : « Hey ! Regardez ! C’est mon homme ! Et il est devenu commandor tellement il est fort ! ». J’aurais voulu hurler au monde entier que je l’aimais, qu’il était à moi et à moi seul, que personne n’avait droit de me le prendre, de me l’arracher, que personne ne pouvait lui faire du mal. Mais je me mordais la lèvre inférieure pour ne pas céder à tout cela. Est-ce que Silvio avait compris ce que je voulais ? Je n’en doutais pas. Il me comprenait si bien à présent que j’aurais été bien incapable de lui mentir. Il aurait su ce que je cachais. Peut-être n’aurait-il rien dit, juste pour me rendre heureux, juste pour être le gardien bienveillant de notre secret. Silvio, tu me rendais fou. Tu me rendais autre, tu me rendais mieux, tu me transformais et j’étais comme émerveillé de tout ce que tu me faisais découvrir. Silvio n’était pas ma première relation, j’avais eu des petites amies avant lui, mais jamais d’hommes. Il était mon premier, et je me sentais bien dans cette relation. Si je savais qu’il niait le fait d’avoir une relation homosexuelle, mais il ne niait pas le fait de m’aimer. Et c’était un grand pas qu’il me concédait, le début d’un amour riche, je trouvais. Quant à moi, j’étais son premier, sa première relation à Nosco. Je savais que je l’emmenais en terre inconnue, alors, je ne voulais pas le brusquer, je ne voulais pas l’effrayer. J’avançais avec lui autant qu’il le voudrait, et si je sentais des réticences, je ralentissais, je l’attendais. Car rien ne m’aurait paru plus tragique que de l’abandonner. Il arrivait parfois que je force le passage. Même s’il avait peur, même s’il ne voulait pas aller plus loin, je débutais un caprice, lorsque je sentais que c’était le bon moment, et nous franchissions cet obstacle ensemble. Jusque là, je n’avais eu à user de cette force qu’une seule fois. Ca avait été pour avoir avec lui, enfin, une première nuit, infiniment plus folle que les autres, plus endiablée. Je ne recommencerai pas ça tous les jours. Je n’aime pas le forcer. Mais cette nuit-là j’avais eu besoin de lui si fort, si fort, que je n’avais pas pu me satisfaire de ses bras seulement. J’avais eu besoin de plus. Il me l’avait donné. Je reculais de lui, comme on s’éloigne de la tentation, autrement dit avec beaucoup de douleur dans mon esprit et un pincement au cœur. Ce soir, nous nous retrouverions, ce soir, nous en profiterions. Je retournai m’assoir à ma place, devant ma part de pizza que je terminai. Je ne consolais avec son goût (même si artificiel) et je disais que je goûterais à bien meilleur encore ce soir : la peau sucrée de mon Silvio. Et j’en rêvais, déjà, tout éveillé. Je regardais les deux hommes, les interrogeant du regard pour savoir s’ils étaient contents. Moi, j’étais fier d’eux. Aaron faisait de magnifiques progrès, un peu plus de jour en jour. Et c’était un plaisir de lui en apprendre d’avantage. Il était un bon élève, très passionné. Quant à Silvio… Et bien c’était Silvio. Même s’il ne faisait rien et qu’il n’était que lui, j’aurais été fier, alors que dire de sa promotion de commandor ? C’était tout simplement merveilleux.
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Mer 23 Mar - 18:05

Ah, difficile situation pour le fier Silvio ! Lui qui tenait tant à son honneur le voyait bafoué par le manque de tenue d'Aaron. Ne pouvait-il pas contenir ce rire qui l'offensait et se redresser un peu ? Non. S'ils auraient été seuls, face à face, mon commandor lui aurait appris les bonnes manières. Mais là, Silvio n'en fit rien. Quelque part, il savait qu'en dansant, il avait risqué ça. S'il l'avait tout de même fait, c'était pour les faire rire un peu. Changer les idées. Les siennes, les leurs. Ah, pour le coup, on pouvait le dire, ça avait marché ! Mais... Silvio sentait tout de même en lui une pointe de honte qu'il ne pouvait effacer, et que le rire cruel d'Aaron ne faisait qu'enfoncer.

Cependant, quand Aaron tomba à genoux, la honte s'effaça de l'attitude de Silvio. Lui qui avait un peu baissé la tête, malgré un sourire, se redressa, fixant Aaron d'un air... Disons simplement qu'il aurait pu le tuer. Je ne plaisante pas. Silvio, là, il ressentait une intense pulsion de violence. Là, Silvio, s'il restait immobile, c'était parce qu'il se retenait de toutes ses forces de bondir sur Aaron, le frapper, l'étrangler, et autres joyeusetés que je ne préciserai pas, la joueuse d'Aaron étant mineure. Mais désormais vous savez pourquoi le nouvel arrivé avait raison d'avoir peur. Le regard haineux que le Commandor posait sur lui ne signifiait rien de bon. Si, en être civilisé, il ne pouvait le tuer, il pouvait tout de même lui faire sentir le poids de ses actes. Non, Aaron n'avait pas intérêt à errer seul sur la route de Silvio s'il tenait à son intégrité physique. Silvio pouvait également veiller à ce que les réunions ne disent pas trop de bien de lui. Mais dans l'immédiat, il faudrait l'écarter de Shane.
Dans la tête de Silvio, la scène actuelle se résumait à une chose: Aaron coupable. Même le relief du pantalon de Shane, c'était de la faute à Aaron. Dire que ce môme avait failli trouver grâce à ses yeux...! Il n'était qu'un immonde cancrelat, un pédéraste qui voulait pervertir son homme. Encore une fois, dans la tête de Silvio, c'était le genre d'homosexualité qu'il craignait jadis, qu'il avait voulu éviter. L'homosexualité qu'il trouvait perverse, juste pour le plaisir de l'immoral, des plaisirs de la chair. Ces plaisirs sur lesquels Silvio crachait avec mépris... Bassesses ! Pourquoi s'abaisser au niveau des animaux ?

Allez savoir comment, entre deux insultes mentales et deux idées de torture, Silvio fut ramené à la réalité par son amant qui le mettait debout. Quoi, qu'y avait-il encore ? Le corps de Silvio semblait s'être décidé à l'empêcher de bouger, par précaution, le mode "anti-berserk" maintenait ses articulations dans un certain état. Soudain -était-ce un signe du ciel ? Joshi avait-il fait un geste envers Aaron ?-, Silvio détourna son regard d'Aaron vers Shane. cela vous semble anodin ? Pourtant, hallelujah hallelujah, regarder Shane calma un peu mon commandor. Il avait senti la veste que l'on posait sur ses épaules, et les mains de Shane, toutes proches de lui. Les belles mains de Shane, si douces, dont il était presque jaloux. Il aurait bien aimé qu'elles s'attardent plus longtemps sur ses épaules, pour l'apaiser complètement, mais bon... Il se contenta d'enfiler sagement sa veste, la clôre, puis jeter un oeil à ses manches... Oh, mais c'était la veste de parade ! Celle qu'il convoitait mais n'avait pas eu le temps de s'acheter ! Shane l'avait-il entendu penser ? Il commençait donc à le connaitre... Silvio ferma mes yeux. Quand il les rouvrit, le regard qu'il posa sur Shane avec quelque chose de tendre. Il souriait.

"- Merci... Ca me fait plaisir."


Encore un cadeau. Le second, avec la bague. Silvio, lui, ne lui avait toujours rien offert. Il ne savait pas trop ce qui lui plairait, à vrai dire. A méditer. Mais soyez sûrs que l'injustice ne demeurerait pas longtemps. Déjà, Silvio avait une idée de premier "cadeau", un moyen de s'assurer que Shane ne lui serait pas infidèle, l'entendre dire... Le caser dans un coin de la chambre, se coller à lui, l'embrasser, lui griffer le dos comme un petit sauvage, et, et.... Et il rêve un peu fort, là. Aaron, ce maudit trouble-fête, est toujours là, qui les empêche de passer du temps ensemble. D'ailleurs, Silvio se tourna à nouveau vers lui. Quel est le meilleur moyen de virer quelqu'un de chez soi...?

"- Bon ! Dites, on s'occupe des cartons ce soir ?"

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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Aaron Smith le Ven 25 Mar - 14:24

Aaron ne pouvait pas le nier. Il trouvait son maître adorable, gentil, plein de sollicitude, plein d’humour, plein de… En fait, Shane approchait la perfection. Il lui manquait juste un manque de contrôle, des coups d’éclat, des coups de folie, ces petites choses qui faisaient que quelqu’un devenait parfait aux yeux d’un autre. Silvio avait trouvé cette folie, cette perte de soi dans un amour cruel tant il était dévorant. Il avait eu la chance d’avoir ça. Pas Aaron. Alors, dire qu’il aimait Siwel n’était rien qu’un euphémisme, un mensonge dans lequel il se plaisait à se leurrer. Le joli blond n’avait jamais rencontré l’Amour, le vrai, celui dont le A majuscule symbolisait l’importance des sentiments. Cet Amour si fort qu’il en devenait exclusif, obnubilant, qu’il dépassait le simple acte physique et l’attachement pour devenir un prolongement de soi, une sensation diffuse mais toujours présente, toujours envoûtante. Qu’y a-t-il de plus intense, de plus beau qu’un cœur qui s’emballe, qui bat si vite qu’on ne peut plus le contrôler, plus même juguler son souffle qui s’amplifie, devient profond, forme extériorisée d’un désir intérieur ? Comment peut-on se sentir mieux que dans les bras de l’être qui, à lui seul, hante nos nuits et nos journées, ne se sépare de nous que sur de courtes périodes qui, chaque fois, deviennent une forme aigue de supplice ? Non, décidément : Aaron ne pouvait pas aimer Shane comme Silvio le faisait.

Mais ce n’était pas pour autant qu’il ne ressentait rien pour son maître. Sans prétendre atteindre le degré de perfection de l’amour liant les deux êtres avec qui il était, évidemment. De son côté – et il espérait cela réciproque – il y avait… De l’attirance, tout d’abord. Quelque chose de diffus, qui ressemblait à de la curiosité, curiosité dans laquelle on trouvait une douce forme de désir. Il y avait aussi du réconfort : il trouvait Shane étrangement rassurant, malgré sa pâleur constante et son côté rachitique. Comme un papa. Comme un ami. Comme un amant. Il y avait aussi cette volonté de plaire, de récolter un sourire, un regard, une félicitation. Il ne voulait pas décevoir le lapin, non. Et, si cela venait à venir, il ne le vivrait pas bien, ferait tout pour se racheter, se vendrait corps et âme à lui pour qu’enfin il lui accorde de nouveau de l’intérêt. C’était sans doute cette volonté de plaire qui poussait le joli blond à progresser si vite, si bien, en plus de la passion qu’il avait pour l’informatique.

Mais voilà que Shane se reculait, le traitait de soumis (J’SUIS PAS SOUMIIIIIISE ><) et partait chercher une… Une épée ? Un instant, Aaron eut un mouvement de recul, fruit d’une peur ancestrale. L’épée, c’était ce qui tuait, ça blessait, ça ôtait la vie… Non, décidément, ce bout de fer n’avait rien de sympathique, et il n’avait aucune envie de rester à portée. Néanmoins, il avait confiance en son maître, aussi jugula-t-il ses instincts de soumis proie et resta-t-il immobile, posant simplement un regard mi-étonné, mi-« épargnez-moi je vous en prie » sur le brigadier. Mais celui-ci ne voulait décidément pas lui faire la peau (dommage… Il aurait tellement aimé se faire frapper, le joli Aaron xDD) : il posa simplement l’épée sur son épaule et, d’une voix grave et profonde, il… L’adouba ? Oo. Décidément, cette soirée perturbait Shane au plus haut point, puisqu’il se croyait maintenant roi ou, au moins, seigneur réputé d’un comté. Le blondinet posa sur lui un regard étonné, avant de lui voir amener un jeu d’échec. Mais… C’était parfait ! Ravi, Aaron s’en empara, le remercia en accompagnant sa bénédiction d’un grand sourire et, désireux de partager sa joie, tourna son regard vers Silvio…

Grossière erreur. Ce simple échange lui fit froid dans le dos, et créa chez lui un immense malaise. Ces yeux, ils étaient si plein de… De haine… De rancœur… De jalousie… Cette fois, il n’y avait plus de doute : ce qu’il y avait entre Shane et Silvio allait plus loin que de l’amitié. Et lui, il l’avait découvert. Et lui, il devrait garder ce secret, et essayer de préserver cet amour qui rendait son maître heureux… Et survivre, aussi, si jamais il venait à croiser le nouveau comandor dans les couloirs, un soir, seul, de préférence un jour d’ambiance lugubre et… Très perturbé par toute la hargne intérieurement manifestée à son égard, Aaron préféra se concentrer sur son jeu d’échec, y apportant un intérêt si grand qu’on aurait presque pu se douter qu’en réalité, il fuyait comme un lâche ce conflit dont il ne voulait pas.

Le poids du regard sombre de Silvio s’allégea, permettant à Smith de respirer un peu mieux. Il regarda Shane, tenta de cacher combien il était bouleversé en lui offrant un sourire qui, pour une fois, ressemblait plus à une grimace. Avec honte, le joli Aaron se rendit compte qu’il n’avait qu’une envie : fuir et pleurer, pour évacuer cette peur de déplaire qui s’était emparé de lui. Jamais il n’avait voulu séparer les deux amants… Enfin si, au début peut-être, mais c’était qu’il ne savait pas, qu’il n’avait pas vu… Ensuite, ça n’avait été que le hasard, le destin, il n’avait pas voulu tomber, il n’avait pas voulu se moquer, il n’avait pas voulu cette haine qu’on sentait à peine jugulée… Un frisson l’agita, long tremblement de malaise et, lorsque Silvio proposa de déballer les cartons, le blondinet n’y tint plus. Cette voix même l’effrayait, ce côté brut de décoffrage, cette dégaine et… Non, décidément. Il ne pouvait pas, il ne pouvait plus rester. Prenant son courage à demain, il vrilla ses yeux verts et malheureux dans ceux de Silvio, et répondit distinctement :

« Faites-le si vous voulez, mais moi, je pense que je vais rentrer… Je suis fatigué, et… Mes lentilles font des leurs, j’ai mal aux yeux.. »

C’était là son excuse pour ses iris humides, ses larmes qu’il tentait de juguler avec toute sa volonté. Pourtant, quand il regarda Silvio, il ne cacha pas le désespoir dans lequel il était plongé, combien il était désolé… Ses yeux, à eux seuls, demandaient pardon, ce que sa bouche ne pouvait faire. Le comandor comprendrait-il tout ce que ce regard contenait ? C’était bien peu probable, vu le manque de finesse qu’il avait affiché depuis le début de cette entrevue. Néanmoins, Aaron espérait qu’il lui pardonnerait un peu, se radoucirait… Prenant une longue inspiration, il chassa ses larmes d’une main, bailla largement, alors qu’il n’avait, en réalité, pas le moindre de début de fatigue sur les épaules, et posa son regard sur Shane, ce coup-ci. Mais il ne pouvait s’empêcher d’être fuyant, de peur que l’autre blond le prenne mal, y voit une nouvelle forme de défi. Il était donc possible d’affirmer que ce n’était pas le visage de son maître, que l’apprenti fixait, mais plutôt ses chaussures qui, en soi, n’avaient qu’un intérêt limité. D’une petite voix, il murmura :

« Je suis désolé, Maître. »

Il ferma les yeux. Il perdait pied. Il était mal, si mal… Jamais il ne s’était senti ainsi détesté, depuis qu’il était arrivé… Il était perdu. Il ne savait pas quoi faire. Que faisait-on, quand on se retrouvait seul face à l’ennemi ? On créait de nouveaux codes, des barrières, des anti-virus… On traquait, on attaquait et on défendait simultanément, si l’on était vraiment bon. Mais Silvio était-il réellement un ennemi ? Lui, commandor, amant de Shane ? Bien sûr, ils se battaient pour le même homme, mais cette bataille avait-elle du sens ? Aaron pouvait-il espérer qu’un jour, il serait pour le brun autant que l’autre l’était ? Non. Il n’y avait aucune chance à cela, jamais. Alors, il respira longuement, força son corps et son esprit au calme.

S’il ne pouvait rien faire, pourquoi se prenait-il ainsi la tête ? Il n’avait plus qu’à fuir Silvio tant que cela était possible, en attendant que l’affaire se tasse, qu’il ne lui en tienne plus rigueur. Alors, il reviendrait, la queue basse, et réclamerait son attention et son amitié, à défaut de son estime et de son amour. C’était déjà bien assez. S’il venait à effacer un peu de cette haine animale, il se sentirait mieux, tellement mieux… Un long soupir, un sourire, un vrai cette fois, un peu rasséréné… Il s’approcha de Shane, songea à lui sauter dans les bras, comme il l’aurait fait d’habitude, se contenta d’une poignée de main formelle qui lui laissa un étrange goût âcre sur la lèvre. Il n’aimait pas se contenir. Il n’aimait pas bâillonner cet excès de vie qui faisait sa personnalité. Pourtant, il le fit. Puis il revint vers Silvio, lui serra la main en évitant son regard, fuyard, couard et lâche qu’il était, et récita d’une voix neutre.

« Merci beaucoup de m’avoir accueilli chez vous, c’était un plaisir. »

Il aurait pu rajouter qu’il espérait le revoir, mais ça aurait été un mensonge, et il n’aimait pas mentir. Lentement, il s’achemina vers la porte, la poussa délicatement, et sortit dans le couloir. Libre. Il était libre. Tremblant, il prit les escaliers, descendit jusqu’à son appartement, au premier, se jeta sur son lit, et éclata en sanglots, comme un enfant. Ç’avait été si horrible…
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Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 25 Mar - 22:34

    Il n’avait pour ainsi dire, rien vu venir. Il avait bien vu le regard meurtrier de Silvio lorsqu’Aaron s’était retrouvé à genoux devant Shane, tout juste à la bonne hauteur pour nourrir les sous-entendus. Mon Brigadier aurait voulu masquer le regard de son amant, l’empêcher de donner cet air si révélateur. Que pouvait-il bien y faire ? Il pouvait y mettre fin. Alors il avait offert à Silvio cette veste de commandor, juste pour lui. Il lui avait pris les mains, et ses doigts avaient parcouru ses épaules, un peu son torse, des gestes discrets, il espérait qu’ils suffisent à calmer son Silvio. S’il faisait un coup d’éclat, devant Aaron d’une part, et devant les caméras, d’autre part, ils étaient foutus. Leur amour, leur carrière, leur avenir, tout était à jeter. Ni l’un ni l’autre ne voulaient ça. Malgré tout il savait qu’on pouvait être dépassé par ses propres sentiments, et être hors de soi. Il comprenait Silvio, et il savait quelles émotions devaient l’envahir en cet instant. S’il avait le droit de tuer Aaron, il l’aurait fait. Mais il ne le faisait pas, preuve qu’il lui restait un tant soit peu de raison pour garder le cap, envers et contre tout.

    Il enfilait donc la veste à Silvio, et, face à lui, c’était avec tendresse qu’il regardait son amant, de la fierté aussi. Il était vraiment très heureux pour lui, pour la promotion qu’il avait obtenue. Son amant était méritant : le sauvetage de l’Impératrice elle-même, et plus récemment, la libération de Wienfield avaient été des coups d’éclats que nul n’ignorait à Nosco. Il avait travaillé pour obtenir le poste qu’il avait aujourd’hui, et pour ça, Shane était fier de lui. Et ses yeux le lui disaient bien. Ce n’était bien sûr, comme si mon brigadier le regardait amoureusement, c’était d’avantage de la fierté qu’aurait pu ressentir le meilleur ami qu’il était officiellement. Toujours tangible, mais peu de preuve. Il entendait Silvio rêver un peu fort, il baissa les yeux, pour ne pas se laisser troubler, et pour ne pas alimenter d’avantage les sentiments fort éprouvés de son cher et tendre. Il retourna sagement manger sa pizza. Il avait tourné son regard vers les deux, et cette fois-ci, il comprit, dans le faux sourire d’Aaron qu’il avait compris. Il se mordit la lèvre inférieure. Non, il de pouvait pas avoir compris, il ne pouvait pas savoir… En fait, non, il ne le devait pas. Shane se mit mentalement dans négation. Il tentait de se rassurer lui-même, de se faire croire Aaron ne pouvait pas avoir compris ce qui se passait encore Shane et Silvio. Assis à sa chaise, Shane ne savait plus trop qui regarder. Entre Silvio qui avait ce même regard assassin (bien que radoucit par les mains de mon brigadier) et Aaron qui… Etait-ce des larmes qui rendaient ses yeux humides ? Etait-ce des larmes qu’il voyait là ? Son cœur manqua un bond, et l’un de ses mains gantées se porta à son propre torse, sous le choc de ce qu’il voyait.

    Silvio proposa de faire les cartons, et Shane fut ravi de cette initiative, songeant que ça aiderait à faire retomber la tension. Il était loin de penser qu’il s’agissait, de la part de Silvio, un moyen pour accélérer cette soirée et qu’Aaron s’en aille. Shane avait fait un sourire, s’était remit sur ses deux jambes, prêt à se mettre au travail joyeusement. Il ne s’était pas attendu à ce qu’Aaron prononce ces mots là. Mon informaticien tourna son regard clair vers lui, cherchant à le sonder au plus profond de lui-même. Qui croyait-il tromper, Aaron avec cette excuse là ? Peut-être que Silvio y croirait volontiers, mais Shane en resta assez figé. Etait-ce véritablement ses lentilles qui lui faisaient mal ? Non. Il ne pourrait pas tromper Shane aussi facilement. Le comportement d’Aaron avait brusquement changé : il serrait la main de Shane ! Depuis quand lui serrait-il la main ? D’autant plus qu’ils avaient dansé un slow un peu avant ! Un poids se mit à alourdir son cœur : et si Aaron avait bel et bien compris ? Shane aurait voulu le savoir. Il était observateur, et si seulement il aurait pu croiser le regard d’Aaron pour comprendre et infiltrer son fort intérieur… Mais Aaron semblait s’être épris d’un amour passionné pour les chaussures de Shane. Mon Brigadier aurait voulu lui dire quelque chose, faire n’importe quoi pour savoir ce qui n’allait pas, mais il ne parvint à rien. Aucun son ne voulut sortir de sa bouche, quand bien même il avait ouvert la bouche dans ce but là.

    Et puis brusquement, Aaron n’était plus là, la porte s’était refermée derrière lui. Il aurait été heureux de se retourner seul avec Silvio, mais étrangement, il ne regarda que ses pieds perdu dans le même hypnotisme qu’Aaron un peu plus tôt. Il était perdu, il se posait mille et une questions. Il devait voir Aaron. Pas ce soir, Silvio l’aurait vraiment très mal pris, mais foi de Lewis, il lui rendrait visite plus tôt qu’il ne le pensait. Fébrile, il n’avait pas osé relever son regard vers Silvio. Il se sentait comme honteux de la situation qui venait de se passer. Perdu aussi. Et il avait peur. Aaron savait. Il était de se mentir, mais la chose venait comme une évidence, soudain. Il se sentait mal, son cœur se serrait. Il se baissa pour ramasser un carton, et, sans un regard pour son amant, il s’en fut vers la salle de bain. Là, il posa son carton sur le lavabo et l’ouvrit. Il commença à sortir du carton les serviettes blanches et douces qui s’y trouvaient. Il ouvrit un placard, fit rapidement de la place et mit ses affaires, là, pour le moment. Faire ses allers-retours entre son carton et le meuble l’aidait et occupait son esprit. Shane était quelqu’un d’active qui refusait l’immobilisme.

    Cette soirée avait été un fiasco. Lui qui avait cru pouvoir présenter celui qui comptait le plus pour lui, à savoir Silvio, à son apprenti Aaron. Smith aurait mieux compris l’enthousiasme de Shane lorsqu’il parlait de celui qui était officiellement son meilleur ami. Il aurait voulu que Silvio et Aaron s’entendent bien. Et c’était véritablement très loin d’être le cas. Alors, il ne pouvait s’empêcher de se sentir blessé et mal. Lorsqu’il revint vers son carton, il eut le malheur de croiser son reflet dans le miroir et il éclata en sanglots. D’ordinaire, Shane ne pleurait que très rarement. Dans la grande majorité ces cas, c’était la peur qui lui faisait verser des larmes, sa claustrophobie principalement. Lorsqu’il sentait qu’il étouffait, lorsqu’une situation devenait trop étouffante pour lui, il prenait peur. Il tentait de se maîtriser, mais la panique le gagnait bien vite. C’était un peu la même chose ce soir : il étouffait. Il avait l’impression d’avoir perdu Aaron, il avait l’impression que son secret était gravement en danger et qu’il allait perdre aussi son Silvio. Alors il avait mal, alors ça l’étouffait. Il avait tenté de ne pas y penser et de ranger les serviettes dans ce meuble, juste pour se maîtriser. Mais il n’y parvenait plus. Foutue soirée.

    Il plaqua une serviette contre son visage, bâillonna ses cris, comme il s’était servi, la dernière fois, de l’épaule de Silvio pour étouffer ses hurlements. Et puis, il se mit à respirer, le visage dans la serviette, de manière bruyante. Il étouffait. Il lui fallait de l’air, de l’oxygène. Il fallait qu’il se calme qu’il fasse le vide dans son esprit. Alors il chassait Aaron de son esprit, non sans douleur, mais il respirait un peu mieux ainsi. Il était loin de haïr Aaron, mais il représentait ce soir sa peine et sa plus grande crainte. Il faudrait qu’il voie Aaron. Non pas ce soir, ni demain matin. Peut-être le laisserait-il tranquille demain. Mais le jour d’après, il se devrait d’engager une discussion sérieuse avec lui. Mettre les choses à plat. Mais comme ça l’angoissait en attendant, comme il se sentait mal. Il était comme égaré, il avait besoin qu’on lui montre le chemin, qu’on le guide. Ou qu’à défaut de cela, qu’on le rassure, et qu’on lui fasse penser à tout autre chose. Il sortit sa tête de sa serviette, et là, dans le reflet du miroir, derrière lui, il vit Silvio. Sa respiration était encore haletante, mais ses larmes avaient été séchées par la serviette. L’avait-il entendu, tout à l’heure, laisser éclater un lourd sanglot. Il se retourna, fixa celui qu’il avait en reflet derrière. Il avança vers lui, posa doucement ses mains sur son torse et approcha son visage du sien. Son souffle saccadé percutait le visage de son amant. Il posa ses lèvres tremblantes sur les siennes, avec tendresse et douceur. La porte était fermée (merci Silvio), et dans la salle de bain, comme dans la chambre, il n’y avait pas de caméras. Cette chaleur l’envahit, elle ne le trompait. Il aimait Silvio, et qu’importe l’attirance qu’il avait ressenti pour Aaron, son amant lui faisait toujours autant d’effet. Il se sentait rassuré, il avait eu peur, il avait cru qu’il ne ressentirait plus rien en l’embrassant. C’était faux, les faits le lui prouvaient bien. Il défit ses lèvres siennes et colla son front brûlant contre le sien. Il souffla le prénom de son amant, brisant le silence d’un son suave, presque éthéré. Il était fou de lui, il aurait tout donné pour lui. Mais ce soir, il avait peur pour eux. Ne pouvant plus retenir la vérité, les yeux clos, il fit faiblement :

    « Silvio… Il sait… »

    Il serra ses poings sur les vêtements de son homme, tendu avant de rajouter :

    « J’irai lui parler… »

    Il glissa son nez dans son cou, y déposa un baiser, les yeux clos, encore. C’était si douloureux. Il aurait voulu chasser ce mal de son esprit, mais rien à faire, il n’y parvenait pas. Alors ? il sortit son nez de son cou, aller joindre à nouveau ses lèvres aux siennes, il y passa sa langue. Il s’abandonnait à lui parce qu’il l’aimait, parce qu’il voulait oublier sa peine et sa crainte, et que la seule personne qui avait le pouvoir de faire disparaitre cela en un claquement de doigt, c’était Silvio. Il remonta une main gantée sur la joue de son cher et tendre, et même à travers ses gants, on sentait la douceur des gestes de Shane.

    « Serre-moi fort… »

    Ce n’était pas un ordre, ce n’était pas non plus une obligation. C’était une supplique, une prière, une demande. Et comme tout ce qu’il demandait à Silvio, Shane savait qu’il obtiendrait parce qu’il avait ce pouvoir qu’on appelait « amour » et qui les rendait dépendants l’un de l’autres. Il voulait ses mains sur sa peau, ses bras qui le serrent un peu plus fort pour lui dire qu’il l’aime. Il voulait des lèvres sur les siennes, ses yeux, dans les siens pour la rasséréner. Il voulait des mots prononcer dans le creux de son oreille qui lui ferait oublier tout et ne penser qu’à lui. Il voulait des étreintes passionnées, et des sourires pleins de douceur. Il voulait aussi ce contact avec cet homme qu’il aimait, ces gestes un peu brusques et emprunts d’une tentative de douceur. Il voulait sa voix qui soufflait son nom, comme s’il avait été son idole et qu’il l’aimait à la folie. Il voulait des rêves, il voulait de l’évasion. Il voulait beaucoup de choses, il voulait tout. Mais de la plus faible demande à la plus grande requête, il aurait tout ce qu’il voulait, Silvio lui céderait tout. Il en avait la certitude. Ne croyez pas en un amour malsain. Shane ne cherchait pas à faire faire n’importe quoi à Silvio. Son amant pouvait bien lui en faire faire autant qu’il obéirait, les yeux clos, juste comme un aveugle qui croyait en lui. Mais il n’avait pas peur, il lui faisait confiance. Rien ne pourrait le détourner de cette volonté. Anéanti par cette soirée, à présent, il voulait juste son Silvio, rien que son Silvio.
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Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

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