Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Aller en bas

Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 25 Fév - 17:15

Rappel du premier message :

    Premiers rayons de soleil et déjà, il fermait un peu plus les yeux pour ne pas que la lumière ne traverse ses paupières. C’était stupide certainement, lorsqu’on savait que la lumière gagnait toujours de l’ombre, alors, à moins de s’en protéger hermétiquement, il n’y avait qu’à l’affronter en face, ouvrir les yeux et la laisser rentrer en soi, pour se réchauffer. Shane ne haïssait pas la lumière, il était même de ceux qui la préféraient à l’ombre sur bien des points. Tout d’abord, parce que dans l’ombre se cache le danger, et la solitude aussi. On associait à l’ombre toute sorte de choses mauvaise : la folie, la noirceur même, lorsqu’elle était associée à l’âme, avait une connotation des moins appréciables. Il fallait alors rester dans les bonnes mœurs et ne garder le noir que pour les mauvaises choses. Car à Nosco, le noir, c’était aussi les sous-terrains, c’était ce monde, certainement, avant que la population ne crée le soleil artificiel. C’était aussi les créatures, d’ailleurs une espèce de celle-ci se faisait appeler ‘ombre’. Etait-ce pour dire que ces ombres étaient mauvaises, qu’il ne fallait pas s’en approcher, qu’elles nous anéantissaient tous ? Ou était-ce tout simplement pour faire peur, pour ne pas qu’on s’en approche ? Et si les ombres n’étaient pas si mauvaises que cela ? Et si elles détenaient le secret même de Nosco ? Serait-ce pour cela qu’on voulait s’en éloigner ? La vérité peut faire mal, mais il est difficile de haïr sans savoir pourquoi. Le cœur ne haït pas vraiment dans ce genre de cas. Je ne dis pas que Shane éprouvait une quelconque pitié pour ces pauvres bêtes, il les détestait, il les craignait, il en avait peur. Mais il se posait des questions à leur sujet, des questions qui, encore une fois, ne trouvaient de réponse rien d’autre que le lourd silence.

    Et même si le noir était associé à tout ce qui pouvait être mauvais, la nuit, sombre nuit, était devenue pour les deux amants, le soleil même de leur existence. La nuit, c’était leur secret qui revivait au grand jour. Ils étaient contraints de se cacher, alors, leur secret s’était associé à la nuit. Y pouvait-on y voir quelque chose de malsain là-dedans ? Oui, certainement. Les relations entre deux hommes n’étaient pas spécialement bien vues à Nosco, surtout parmi les haut-gradés. Ca rompait l’image que voulait donner la Guilde. Alors, comme ils s’aimaient, ils se cachaient, ils cachaient leur histoire et probablement les plus beaux instants de leur vie, ils les occultaient, loin, très loin des yeux de Nosco. Reclus dans l’espace clos d’une chambre sans caméras, les rideaux tirés pour empêcher les regards de mettre à jour leur secret, ils vivaient là, dans une sorte de péché. Ils se nourrissaient d’un poison qui les rendait heureux, mais qui pouvaient les détruire en un si bref instant. Les interdits ont ce pouvoir là. Il n’y avait qu’à prendre le sort de Judikhael et d’Artémia. Deux haut-gradés, deux clans opposés, et un amour pourtant, un amour qui ne pouvait pas être toléré. Artémia avait été destituée de son rôle de prêtresse de la Congrégation de Joshi, quant à Judikhael, il n’était plus le Haut-Conseiller et le commandor de la Brigade Anti-terroriste qu’il était jadis, et qu’il avait acquis à force de persévérance et de travail acharné. Tant d’années détruites par amour. Shane s’en inquiétait, parfois, en ce disant que le cas de Judikhael et Artémia n’était rien d’autre qu’une illustration de ce qui les attendait. Mais il aimait son Silvio, comment aurait-il pu le regarder en face et lui dire ‘c’est fini’ ? Et puis, le malheur des uns ferait-il le bonheur des autres ? Shane n’avait pas dans le cœur l’envie de profiter de la chute des autres mais il devait bien avouer que, depuis l’enlèvement de Tristan et la déchéance de Judikhael, tout était devenu un peu mieux pour les deux amants. Silvio avait hérité du poste de Commandor de la Brigade Anti-terroriste, Shane avait pris le masque de Traktueur. Judikhael avait besoin d’un appartement dans l’Aedes au deuxième étage, et Shane besoin de sécurité face à son nouveau rôle. Wienfield allait donc pourvoir prendre l’appartement de Shane, qui lui allait monter au troisième étage. Mon Brigadier s’était dit que son besoin de sécurité ou que Judikhael qui a besoin d’un appartement au deuxième étage, l’un sans l’autre, n’aurait pas donné l’effet attendu. Peut-être qu’on aurait posté des gardes du corps à son service jour et nuit (ça aurait été infernal pour l’informaticien), et peut-être aurait-on mis Judikhael en colocation avec quelqu’un du deuxième étage. Bref, l’un avait dû entrainer l’autre et l’autre entrainer l’un.

    Le fait est qu’il allait déménager, dans l’appartement de Silvio de surcroît. Et encore une fois, un malheur jouait en sa faveur. Son rôle de Traktueur nécessitait certes des besoins de sécurité, mais avait considérable déstabilisé sa santé par amaigrissement et fatigue, sans compter la dépendance à l’ordinateur, bref une double force qui avait conduit Kim et Mathys à prendre les choses en mains pour que Shane ne devienne pas un faible amas de 30Kg d’une couleur blanchâtre, les yeux exorbités fixant son ordinateur. Et ce malheur là (découlant indéniablement du malheur de Tristan) lui avait permis d’obtenir une colocation avec son amant caché. Il allait remonter la pente, à présent, c’était certain, il n’en avait pas le moindre doute maintenant. Avec Silvio à ses côtés, il allait lâcher plus souvent son ordinateur, manger, et dormir sereinement, sans craindre perpétuellement une attaque du réseau par les rebelles. Il devait avouer que c’était ce qui lui tordait le ventre depuis quelques jours : la peur de faillir, la peur d’échouer, la peur de décevoir Tristan. Il avait la sinistre impression que trop de choses reposaient sur ses épaules. Il savait qu’il pouvait compter sur la Brigade Informatique dans son entier pour lui porter main forte. Il savait que Nelsen ne le laisserait pas tomber, qu’il serait là pour tenter de rattraper les choses, autant qu’il le pourrait si jamais Shane venait à échouer. Il savait aussi que sa petite Brigade d’élite composée de Romain, Enzo et Jeremy représentait un solide appui pour l’aider à sauter plus haut. Mais il ne pouvait s’empêcher de craindre le pire à chaque instant. Ce n’était pas que Shane n’était pas fait pour les postes à responsabilités, c’est que pour lui, ces choses là étaient encore inconnues, il lui faudrait un certain temps d’adaptation avant qu’il ne commence à fournir les exploits qu’on attend de lui. Du temps. Mais le temps il ne l’avait pas. Il aurait voulu avoir le temps d’apprendre à être Traktueur aux côtés de Tristan, il aurait voulu pouvoir être former à cela avec le commandor, mais voilà, Tristan n’était pas là, il n’était plus là, pour le moment, et Shane n’avait qu’à se débrouiller comme il le pouvait. Il s’en sortait même très bien, il avait d’ailleurs repoussé déjà de nombreuses attaques avec brio, mais il ne le faisait pas de manière sereine. La peur de l’échec l’étouffait (et Joshi savait combien Shane avait horreur de cette sensation d’étouffer). C’était anéantissant pour lui, claustrophobe.

    Lentement, il cessa de serrer si fort ses paupières, bien closes, laissant le soleil donner une lumière rouge à ses yeux fermés. Il les ouvrit doucement. Il avait devant lui deux perles vertes avec cet éclat bien particulier qui donnait l’impression d’être aimé. Silvio l’avait donc regardé dormir ? Il n’avait pas voulu le réveiller. Shane s’était mis à rougir, et, rapidement, pour le cacher, il alla enfouir son nez dans son cou, le temps de reprendre une couleur normale. Il avait l’air fin comme ça, et dire que Silvio l’avait les yeux si hermétiquement fermés, d’un air de dire : ‘nan, j’veux pas m’lever !’ C’était puéril, certes, mais il ne fallait pas trop en demander à l’informaticien lorsqu’il se réveillait tout juste. Il était encore dans ses rêves, le corps engourdi, et la moindre agression comme le soleil avait su lui un effet de répulsion. Il avait finalement décidé de mordiller le cou de son amant, la peau entre ses dents, question de lui rappeler qui était le maître ici ! Tiens, le suçon qu’il lui avait fait dans le cou était encore là, il passa son index dessus, un sourire léger sur les lèvres. Il le lui avait fait ce soir là, la marque était restée pendant ce temps. Il lui en ferait peut-être une autre lorsque celle-ci se sera évanouie. Ou peut-être devait-il la raviver pour lui donner une nouvelle vie à savourer, quelques jours de plus, peut-être même une semaine. Il posa ses lèvres dessus, aspira l’air. Lorsqu’il retira ses lèvres, la marque était passée d’un violet presque éteint à un rouge bien vivant. C’était reparti pour de nouveaux jours. L’informaticien caressa son chef d’œuvre, ses yeux clairs fixaient la marque comme hypnotisé véritablement. Il n’avait pas envie d’en détacher ses yeux. Il se rappelait de cette nuit, il s’en souvenait comme si c’était hier. Et Silvio, son Silvio avait été l’amant cette nuit là dont il pourrait rêver encore pendant des années. Il lui avait concéder amours et caresses, comme tous les soirs, mais il avait fait bien plus que cela. Il s’en souvenait, Shane, il s’en souvenait, jusqu’au moindre détail, il n’en avait rien oublié. C’était gravé dans sa mémoire pour longtemps encore. Et il était heureux. Est-ce que Silvio s’en souvenait encore ? Est-ce que Silvio y pensait à cet instant, comme Shane, alors que ce dernier venait de faire revivre cette marque faite initialement ce soir bien particulier ?

    Mon informaticien l’espérait, il espérait qu’il s’en souvienne, il ne voulait pas qu’il l’oublie. Il ne voulait pas entrer dans l’oubli. Silvio était son amant, Shane était le sien, il ne fallait pas que ce soir soit oublié. Il fixa son index squelettique posé sur sa marque et se mordit la lèvre inférieure. Quel terrible regard Silvio avait-il posé sur lui, hier soir, en le voyant si affaibli. Il voyait encore ses yeux. Son Silvio avait voulu lui annoncer la bonne nouvelle, mais l’état physique de mon brigadier l’y avait arrêté net, coupé dans son élan. Shane s’en voulait. Il avait l’impression que c’était ça qui lui avait manqué pour ce sortir de ce cercle infernal. C’était le regard de Silvio. Il savait que s’il avait pu voir Silvio avant, il ne serait pas descendu aussi bas, ça aurait mis un frein à son obsession. A présent, Shane était vacciné. Ce regard avait été le vaccin. Il allait repartir du bon pied, il le fallait bien, il ne pouvait pas rester dans cet état là, les choses auraient inévitablement mal fini. Il quitta son index du regard, et chercha les yeux de Silvio encore, alors qu’il lâchait sa lèvre inférieure. Il l’aimait son Silvio. C’était incroyable la force que ça avait, il l’aimait. Il serait bien resté ainsi pendant de heures, ses yeux juste dans les siens et par eux, lui dire combien il l’aime et savoir combien il est aimé. Il poussa un soupire de bien-être, avança son visage vers le sien pour prendre ses lèvres, quelques secondes, avec les siennes. Est-ce qu’ils l’avaient fait cette nuit ? Non. Pas plus que toutes les autres, à l’exception d’une. Une qui avait bien failli leur coûter cher d’ailleurs. Ils n’avaient pas été un grand exemple de discrétion tous les deux. Si les voisins n’avaient rien entendu, ce n’était pas le cas des caméras du salon de Silvio qui elles, avaient de vraiment bonnes oreilles. Une modification s’en était fallu, mais Shane avait un sérieux doute sur le fait que le Haut-Conseil et l’Impératrice en aient eu vent. Qu’importe, ils avaient été discrets avant, ils seraient discrets à présent. Ce n’avait été qu’un dérapage, mais ce n’est pas facile de se contrôler lorsqu’on aime quelqu’un. Si on devait tout mesurer, tout prévoir en amour, ce ne porterait plus ce nom là. Ca s’appellerait voyage organisé ou quelque chose dans ce genre là. L’amour, ça s’improvisait, ça se fait en fonction des éléments mis à leurs dispositions. Ce soir là, le massage avait fait que Silvio était détendu, et que Shane avait envie de lui. Les choses s’étaient faites ainsi, une fois seulement. Dès lors on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils ne pensaient qu’à cela. Ca faisait plus de deux mois qu’ils étaient en couple, et ils ne l’avaient fait qu’une seule fois. Ca leur suffisait, à vrai dire, ils n’avaient pas vraiment besoin de ça pour s’aimer. Evidement, l’un n’empêchait pas l’autre, mais ils n’en étaient pas dépendants. Shane aimait être simplement dans ses bras, ça lui procurait beaucoup de bien, moralement surtout.

    Aurait-il la force ce matin encore de se lever, quitter les bras de son amant ? Oui, certainement qu’il y arriverait, aujourd’hui plus que tous les autres, parce qu’aujourd’hui il déménagerait et lorsqu’il rentrerait chez lui le soir, ce serait aussi chez Silvio, et il le retrouverait. L’absence ne serait pas longue cette fois, et c’était avec le cœur plus léger que d’ordinaire qu’il se mit sur pieds. Debout, il s’étira de toute sa petite taille, dans la lumière naissante de la fenêtre. Un petit sourire et un clin d’œil à l’adresse de Silvio, et il retira rapidement son pyjama pour enfiler ses vêtements. Il devait d’abord se rendre au quartier général de la brigade informatique, pour mettre la journée de ses subordonnés en marche, et puis il pourrait se rendre à son appartement actuel, faire doucement ses cartons, tout en gardant son ordinateur portable allumé et à proximité pour être disponible si besoin. Aussitôt dit, aussitôt fait. Shane n’eut pas longtemps à attendre pour recevoir une remarque de Nelsen, non pas qu’il faisait mal son travail, mais parce que mon brigadier devait faire ses cartons à l’heure qu’il était et qu’au lieu de ça, il était encore à veiller sur les réseaux de la Guilde. Au final, son séjour au Quartier Général fut d’une plus courte durée que prévue et mon brigadier remonta dans l’Aedes, deuxième étage. Il allait falloir vider son appartement. S’il comptait sur les bras volontaires de Silvio et Aaron pour monter ses cartons (probablement Kim également), Shane allait tout de même faire ses cartons tout seul. De son mètre soixante dix à peine, il en était bien capable ! On avait mis à sa disposition une bonne quinzaine de cartons aplatis, qu’il n’y avait plus qu’à mettre en forme. Il espérait que ça suffirait. Pour la première fois de sa vie, il réalisa qu’il en avait entassé des choses dans son appartement depuis… Dix ans ? Oui, ça ferait bientôt dix ans, et déjà, pour mon brigadier, un bon coup de vieux. Il ferma la porte derrière lui, posa sur la table de la cuisine la sacoche qu’il tenait et en sortit son ordinateur portable. Il l’alluma, fit les habituelles vérifications et laissa l’objet là, à sa disposition. Puis il se tourna vers son appartement, le sourire aux lèvres. Il se sentait heureux. Il aurait voulu faire des bonds pour manifester sa joie, un peu comme hier soir, avec Silvio. On n’aurait pas pu lui annoncer meilleure nouvelle, l’informaticien était aux anges depuis qu’on l’en avait informé. Mais pourquoi n’avait-il pas regardé ses mails plus tôt ? Pourquoi n’avait pas su ça plus tôt ? C’était l’une des meilleures nouvelles de toute sa vie !

    Il passa son regard sur son appartement, le cœur un peu perdu. Il était heureux de partir, mais comme il pouvait en avoir de bons souvenirs passés ici ! Des soirées, des apéros, de simples visites. L’appartement de Shane avait toujours été ouvert à qui voulait entrer. Mon brigadier ne se souvenait pas avoir claqué la porte à qui que ce soit. C’était l’une des raisons aussi pour laquelle son appartement était toujours bien rangé. Quand on accueille régulièrement du monde, on acquiert un certain sens de l’organisation. Shane en était peut-être devenu un poil maniaque. Tout était parfaitement droit chez lui. Et lorsqu’il regardait son appartement actuel, il se demandait ce qu’allait devenir celui de Silvio une fois que Shane serait en colocation avec lui. Shane savait être une véritable femme en matière de rangement, pour sur qu’il ne laisserait pas les choses trainer. Et il ne pensait pas que ça dérangerait Silvio. Qui pouvait râler contre le fait de vivre dans un appartement bien rangé ? Enfin, on réglerait tout ces petits problèmes là plus tard. Ce serait une organisation, un ordre à créer, mais tout irait bien, il le savait. Silvio était son amant, pas son simple ami. Il avança dans sa chambre, ouvrit son armoire, et là, en bas une petite caisse pas plus grande qu’une boîte à chaussure. Il se baissa et la prit entre ses mains, comme un trésor gardé. La première chose qu’il avait possédée à Nosco. Il était arrivé près de l’enceinte le 12 février 194. Un froid terrible dont Shane se souviendrait toute sa vie. Il avait d’ailleurs était vacciné contre le froid depuis ce jour là où il avait bien cru y rester. Ses doigts et ses lèvres avaient bien bleui cette nuit où il était apparu, il ne savait trop comment près de ce mur blanc, immense mur blanc. Il ouvrit la boîte et caressa son contenu du bout des doigts. La toile était douce. Il attrapa le vêtement et le sortit de sa boîte, précieusement. C’était une chemise en toile sombre. Maintenant qu’il savait qui il était, il savait d’où venait cette chemise. Et ce pantalon de toile bleue marine. Il avait été officié de la police départementale de New York City. Bien qu’il ignorait presque tout de cette ville, il savait à présent qu’elle avait du être chère à son cœur pour qu’il décide d’en devenu l’un des représentant de l’ordre. Tout comme il aimait la Guilde, il voulait la représenter et faire régner la paix dans cette ville, protéger la population du mieux qu’il le pouvait, avec les compétences dont il disposait. Au final, Shane, ou Jefferson avaient toujours été de bon petits soldats. Un petit sourire sur ses lèvres en regardant ce bel uniforme qu’il avait sous les doigts. On portait un tout autre uniforme dans la Brigade Impériale. Les scientifiques en rouge, les autres en noir. Et ces gens étaient biens ainsi. Il avait du être fier d’être officié de la police de New York. De ce qu’il savait de son lui-même avant Nosco, il avait mis fin à ses études à l’âge de 16 ans, n’en déplaise à ses parents d’ailleurs, pour une formation au sein de cette police. Premier révolver en main. Pas le dernier. Il plia soigneusement ce vêtement venu de l’autre côté de l’enceinte et le remis dans sa boîte à chaussure, boîte qu’il rangea dans un premier carton, tout au fond, bien au début, pour ne pas l’oublier. Vinrent rapidement s’ajouter beaucoup de vêtements. Deux cartons pour tout y mettre, deux cartons qu’il referma après une bataille acharnée contre les rabats. Il avait sorti un marqueur noir et traça en grosses lettres : « VETEMENTS ». Il poussa les cartons jusque pas loin de la porte d’entrée. Et de deux ! Il y avait encore beaucoup de travail néanmoins ! Surtout pour quelqu’un aussi méticuleux que mon Shane ! Dix ans, il allait falloir ranger dans des petits cartons dix ans de sa vie.

    ~*~

    « Shane ? Il est où le vinaigre ? »

    Vinaigre ? Mais pourquoi vinaigre ? L’informaticien avait passé sa tête dans l’ouverture de la porte de sa chambre, les sourcils froncés, cherchant à comprendre ce que son collègue voulait faire avec… Du vinaigre ? Mais étrangement, aucune bonne idée ne lui vint à l’esprit. Son collègue devait avoir une drôle d’idée derrière la tête, mais Shane n’avait pas assez de preuves pour le démontrer, alors il se contenta de répondre un :

    « Troisième placard en partant de la droite… Mais, pourquoi te faut-il du vinaigre ? »

    Son collègue lui avait adressé ce genre de regard qui signifiait qu’il ne le lui dirait pas et qu’il découvrirait la réponse en temps en en heure. Soit. Shane roula des yeux et disparu dans sa chambre, il avait encore du travail. Qu’il fasse ce qu’il souhaite avec ce vinaigre, il ne pouvait pas surveiller tout le monde, tant pis pour l’autre s’il faisait une trop grande bêtise. Il ne pouvait pas rattraper les mauvais coups de tout le monde, il fallait déjà qu’il rattrape les siens…

    Aussi, quelques jours plus tard, il avait récupéré sa bouteille, presque vide. Il s’était demandé pourquoi et comment, et puis finalement, il avait oublié. Qu’était devenue sa bouteille de vinaigre ? Shane ne l’avait su que bien plus tard lorsqu’au réfectoire une grande partie des assiettes avaient été douteusement vinaigrées, celle de la brigade judiciaire. Heureusement pour l’informaticien, il n’y avait pas mangé ce jour là, il avait su la sombre nouvelle que par quelqu’un d’autre, un quelqu’un visiblement pas très heureux avoir payé un repas pour manger un plat aussi infecte. Son collègue en avait payé le prix fort d’ailleurs puisqu’il apparaissait sur les caméras comme le coupable. Il s’était piteusement défendu en disant vouloir faire une blague. Mon informaticien n’avait pas suivi toute l’affaire, mais son collègue s’était retrouvé du jour au lendemain à la saisie informatique de données administratives. Un travail barbant, long, ennuyeux à mourir, mon brigadier avait été bien heureux de ne pas être dans ce coup là. Bien heureux aussi qu’on n’ait pas découvert que c’était sa bouteille de vinaigre qui avait servi à ce méfait.

    ~*~

    Sa cuisine était presque vide. Shane ne pensait pas à se nourrir, ce n’était pas pour penser à aller se chercher de quoi manger dans les boutiques de Nosco. Ca aurait pourtant été simple de commander sur le réseau alpha quelques denrées qui lui auraient été livrées. Mais il n’en avait pas eu le temps, et ça tombait plutôt bien, ça serait déjà ça en moins à transporter pendant son voyage. Ca ferait moins de cartons à transporter. Il avait rapidement vidé ce qui pouvait l’être de sa cuisine, un seul carton avait suffit pour ôter toute la nourriture des meubles. Dans je vous dis que c’était presque vidé, c’est que c’était vraiment le cas. Shane trouva le courage d’enfiler une barre protéinée rapidement, question de se donner des forces pour ce déménagement. Il ne manquerait plus qu’il s’évanouisse ! Il aurait été beau le déménagement ! Il était assez ravi d’ailleurs parce que sans s’en rendre compte il avait mangé. Il planait déjà sur un petit nuage depuis qu’il savait qu’il allait vivre avec Silvio, comme un petit couple. Ca allait être ainsi beaucoup mieux. Shane avait trouvé également quelques carrés de chocolat qu’il avait englouti rapidement. Il aimait bien le chocolat. Pas autant que les carottes bien sûr, mais il aimait le chocolat tout de même. Comment avait-il eu ce chocolat ? C’était pour ainsi dire une longue histoire. Pas si longue, mais il ne pouvait pas dire simplement que c’était Karlovy qui le lui avait offert, ça n’aurait pas la même connotation que l’histoire racontée toute entière. Il avait reçu un message de Joshi. Ces derniers temps il commençait à en avoir beaucoup de ce genre de message. Ca fonctionnait toujours de la même façon : Joshi lui envoyait un défi, il le réalisait, et une fois que c’était fait, il retrouvait un morceau de son passé oublié. Est-ce qu’il y avait une relation de cause à effet tant toutes ces actions ? Il n’en savait trop rien, mais l’observation répétée de ce petit mécanisme lui avait fait penser que c’était bel et bien le cas. Aussi lorsqu’il avait reçu ce nouveau défi de la part de celui qui était considéré comme le fondateur de cette ville, Shane s’était activé à la tâche. Il avait du dérober du piment dans le centre de synthèse des protéines du Sapienta et le fait avaler à quelqu’un. Ce quelqu’un fut Aaron d’ailleurs, son nouvel apprenti qui s’était laissé tenter par ce délicieux muffin au chocolat empoisonné. C’était donc pour dérober ce fameux piment que Shane avait prit soin de détourner l’attention des caméras.

    Il était un bon informaticien, Tristan lui-même le lui avait dit. Ca avait touché mon brigadier sur le coup. Ces collègues pouvaient les lui dire, ses amis également, il n’en demeurait pas moins vrai que de l’entendre de la bouche même de Tristan, c’était incroyablement fort. Il savait que Darek n’aurait pas dit ça là la légère. Il n’était pas le genre d’homme qui aimait flatter les autres juste pour le plaisir. Bref, passons, Shane avait donc détourné les caméras. C’est toujours une chose facile lorsqu’on a un accès à Oméga. Il avait cru que son vol se serait passé bien vite, sans qu’il ne se fasse remarquer. Les caméras ne donnant pas l’alerte, ça aurait pu être facile, mais Shane avait été suivi par Ysmaël, trouvé par Karlovy et arrêté par Kim. Au final, ça n’avait pas été aussi simple. Ysmaël était un enfant, lui dire que c’était pour une mauvaise blague l’avait très certainement amusé. En définitive, il l’aimait bien ce petit là, même si ça n’avait pas très bien commencé entre eux, il fallait croire qu’ils étaient faits pour s’entendre. Du moins pour le moment, et Shane marchait dans ce sens là, à l’avenir, puisque de toutes façons, il avait quelques dettes envers lui. Dettes qui commençaient sérieusement à s’accumuler. Quant à Kim, Shane avait joué la carte de la culpabilité, remettre sur lui le fait qu’il sorte et fasse n’importe quoi, sous prétexte que le docteur lui avait demandé de lâcher un peu plus souvent son ordinateur. Chose qu’il avait faite d’ailleurs ! Mais Kim était loin d’être ravi des exploits désastreux de mon brigadier, il l’aurait probablement arrêté si Karlovy n’était pas intervenue. C’était une femme charmante, très gentille, Shane l’appréciait déjà, même si elle était un peu trop scientifique à son goût. Au moins, elle ne touchait pas au corps humain elle, elle fabriquait des protéines pour nourrir les habitants de Nosco. Elle l’avait donc laissé filer, et Shane l’en avait intérieurement remercié. Il ne s’était pas attendu néanmoins à ce qu’il reçoive un e-mail de sa part. Un nouveau pseudo d’ailleurs. Celui de Spicy, Siwel avait donc rapidement songé à elle. Qui d’autre pouvait avoir un nom aussi... Epicé. Comme le piment qu’il lui avait dérobé. Elle l’avait mis au défi, avec du binaire. Sa récompense avait été du chocolat. Charmante récompense, il en avait été heureux. Son chocolat avait été délicieux. Shane avait grandement apprécié, il lui avait même donné quelques conseils pour l’améliorer. Il avait finalement mangé un bout, et avait gardé le reste pour une autre occasion, lorsqu’il serait heureux par exemple. Et il était heureux aujourd’hui, il allait déménager. Il allait vivre avec Silvio, et c’était une nouvelle qui le rendait tout joyeux. Infiniment joyeux. Raison pour laquelle il avait englouti le chocolat. Il se sentait tellement bien qu’il voyait à présent comme son corps avait besoin de manger un peu pour ne pas faillir. Il revivait. Revivre…

    ~*~

    « Je veux sortir de cette foutue chambre ! »

    Un Shane qui hurlait. Et une infirmière qui tâchait de le maintenir allongé malgré que l’homme se débatte de toutes ses forces. Shane avait fini par la gifler. Bien sûr, il le savait, ce n’est pas bien de taper une fille, mais voilà, l’informaticien avait une affreuse horreur des hôpitaux, des médecins, de tous ces gens qui étaient en blouse blanche, avec un scalpel et des seringues. Pourquoi avait-il peur ainsi des médecins ? Il n’en savait rien, il ne se souvenait pas d’un événement marquant de sa vie qui ait pu le traumatiser de la sorte. Il s’était alors dit que ce devait appartenir à sa vie d’avant Nosco, un souvenir oublié mais pourtant, une sensation de gêne qui s’accrochait à lui, envers et contre tout.

    Il s’était levé rapidement du lit avait profité de cet instant de liberté pour franchir la porte et fuir. Bon sang, mais pourquoi fallait-il qu’on le retienne dans le Sapienta ? Il ne le pouvait pas. Il pouvait subir quelques test, quelques soins, mais pas pendant une durée aussi longue. Il avait besoin de liberté, il avait besoin de respirer, Shane n’était pas à moitié claustrophobe, il l’était tout simplement, et l’enfermement prolongé le rendait fou. Il s’était toujours demandé ce qu’il adviendrait de lui si jamais il venait à être capturé par les rebelles. Enfermé dans une cellule, il en deviendrait fou, il le savait bien. Et il priait intérieurement pour que ce moment n’arrive jamais.

    Dehors, Shane pris une bonne bouffée d’air. Il revivait. Il savait que les gens du Sapienta ne seraient pas heureux lorsqu’ils apprendraient que leur patient s’était fait la belle. Ils le rappelleraient surement, Shane reviendrait, se laisserait faire autant qu’il le pourrait, et lorsqu’il étoufferait à nouveau, il fuirait, comme aujourd’hui, terrorisé.

    ~*~

    Il ouvrit un placard de la cuisine, regarda ses verres et ses assiettes. Que pourrait-il bien en faire ? Silvio en avait certainement déjà. Shane avait passé suffisamment de temps dans l’appartement de son amant pour le savoir. Il n’avait pas besoin de ces assiettes, ni de ces verres, ni de ces couverts. Que pouvait-il bien en faire ? Il avait saisi une assiette qui n’avait aucune semblable. Elle semblait ne faire partie d’aucun service. Que faisait-elle là ? A qui l’avait-il empruntée ? C’était la seule hypothèse qui pouvait être vraie. Shane était bien trop maniaque pour avoir acheté une assiette seule. Il avait du aller chez quelqu’un qui lui avait donné une part de gâteau ou il ne savait trop quoi, et pour la transporter, lui avait prêté une assiette. Mais à qui appartenait-elle ? Il passa en revue tous les petits repas auxquels il avait été invité ces derniers temps. Il ne mangeait pas beaucoup, ce n’était pas pour aller faire des repas chez d’autres personnes. Alors, c’est que ça devait dater ce moment où il avait mangé chez cette personne. L’informaticien était de ces personnes qui sont plus du soir que du matin. Il pouvait veiller le soir lors d’une fête ou pour le travail jusque pas d’heure. En revanche, le matin, il mettait un temps fou pour se sortir d’entre ses draps, pire encore lorsqu’il dormait dans les bras de Silvio ! De ce fait, Shane sortait beaucoup. Il passait le plus clair de ses soirées à déambuler dans les couloirs de l’Aedes en chantant faux avec une bande de copains et de copines. C’étaient de bons instants qui restaient gravés dans sa mémoire. Il n’oubliait pas ses amis. Il ne se souvenait pas de tout ce qu’il avait pu abandonner avant lui lorsqu’il avait atterri pour la première fois près de l’enceinte, mais ça vie d’aujourd’hui lui plaisait bien trop pour qu’il ne veuille la quitter un jour. Nosco était devenu pour lui une vie joyeuse. Certes, ce n’était pas facile tous les jours, il y avait des hauts et des bas, comme dans toutes les vies, mais il avait ici de bons amis, un amant fidèle, un travail qu’il aimait. Vraiment, il était bien à Nosco. Mieux, il était bien dans la Guilde, car l’informaticien ne rejoindrait probablement jamais ni la Confrérie de la rébellion, ni la Congrégation de Joshi.

    Bien, tout ça ne l’avançait pas. A qui appartenait cette assiette ? Il chercha dans ses souvenirs un peu plus lointains pour trouver la solution. Shane aimait les énigmes. Il aimait d’avantage trouver la solution. Rapidement, il vit le visage de Romain dans son esprit. Dans une bande dessinée, on aurait vu une ampoule s’allumer au dessus de la tête de mon brigadier. Il avait trouvé. Il n’y avait plus qu’à rendre ça à Romain, mais cet homme là devait travailler à l’heure qu’il était. Il posa l’assiette sur la table, en se promettant d’y songer lorsqu’il serait midi. Il ferma les yeux et se tourna vers le reste de sa vaisselle. Il avait encore du travail. Il n’avait pas encore trouvé ce qu’il allait bien pouvoir en faire. Bien vite, il pensa à Rosaly, une de ses filleules. Rosaly était typée asiatique, elle n’était pas officiellement sa filleule, mais elle l’était devenue officieusement. Et comme elle venait d’arriver, elle ne devait pas avoir beaucoup de quoi meubler chez elle. Comme Shane se sentait l’âme généreuse, il allait donc lui offrir. Direction le premier étage donc, une fois qu’il eut rangé toute cette vaisselle dans un carton et qu’il eut descendu d’un étage. Il trouva rapidement l’appartement de Rosaly. Fort heureusement, elle était là et Shane lui donna l’offrande avec un grand sourire. Il aimait bien la jeune femme (pas autant que Silvio rassurez vous), mais il voulait qu’elle s’en sorte. Ca n’avait pas été spécialement facile, au début, mais à présent, les choses se passeraient certainement mieux. Du moins il l’espérait. Il l’avait mise sur la bonne voie, c’était un début prometteur. Voilà. Il en avait fini avec sa vaisselle. Il était rentré chez lui avec quelques amis croisés en chemin et avait fini par vendre quelques meubles qu’il avait chez lui. L’appartement de Silvio n’avait pas besoin de deux canapés, ni de deux table à manger. Bref, le genre de chose dont il pouvait se passer, car en jeu double, il s’en était ainsi débarrassé et bien vite son appartement se vida un peu. Et Shane avait quant à lui récolté quelques florins. Fier de son arrangement, Shane regarda son appartement, fermant un œil pour repérer encore ce qu’il pourrait bien emporter. A commencer par son matériel informatique. Et mine de rien, ça en faisait des objets ! En dix ans, l’accro en informatique qu’était Shane, avait rassemblé dans son appartement une vraie mine, une vraie caverne aux trésors. Certains objets informatiques étaient devenus dépassés, et Shane les jeta sans remords. D’autres au contraire étaient de derniers cris, l’informaticien les rangea soigneusement dans des cartons, ainsi que ceux qui, même s’ils n’étaient pas du dernier cri, étaient très utilisés par mon personnage. Il rangea ça également, pour ne pas les oublier.

    Il arriva rapidement à sept cartons entassés dans son entrée d’appartement, entre ses vêtements, matériel informatique, et ce qui lui restait à manger. Il le regardait avec l’émerveillement d’un enfant. Qu’est-ce qu’il pouvait être heureux ! Il avait hâte de pouvoir s’allonger dans les bras de Silvio et se dire qu’à présent, c’était chez lui également. Ils allaient pouvoir vivre comme un couple presque normal, si ce n’est que leur vie affective se réduirait à l’espace clos de la chambre de son amant. Mais c’était quelque chose qu’il prenait bien volontiers. Il reprit son marqueur et écrivit sur le carton de nourriture « MIAM MIAM » et sur les cartons de matériels informatiques « MES BEBES ». Oui, Shane ne mettait pas ses bébés dans un congélateur, mais dans des cartons. Enfin, ce n’était que pour le voyage. Ils respireraient à l’air libre une fois qu’ils seraient arrivés à destination. Il regarda ses quatre cartons qui portaient le nom « MES BEBES » avec la tendresse d’un père, les yeux brillants d’amour. Ses bébés, accumulés depuis tant d’années, et dès le premier jour d’ailleurs !

    ~*~

    Il ouvrait lentement ses yeux clairs. Mais où est-ce qu’il avait bien pu atterrir ? Le plafond était blanc à l’époque. Il était devenu d’un marron assez clair plus tard, une fois que Shane en eut refait la peinture. Car oui, il était dans son appartement. Il fixait ce plafond avec insistance, comme s’il allait lui révéler quoi que ce soit. Son nom pour commencer. Pourquoi fallait-il qu’il ne se souvienne même pas de son nom ? Il l’aurait voulu pourtant, connaître au moins son identité. Il voulait savoir qui il était, pour savoir d’où il venait, où il était, et où il allait. Mais le silence lourd pesait dans son esprit si vide d’amnésique. Il regard sur sa gauche, sur sa droite, rien, personne. Pourquoi l’avait-on laissé seul ? N’avait pas vu quelqu’un, là-bas, près de l’enceinte ? N’avait-il pas suivi un homme inconnu ? N’avait-il pas eu une couverture et un chocolat chaud ? N’avait-il pas vu un médecin ? Pourquoi était-il seul ?

    Ses yeux clairs se posèrent alors sur un objet qui faisait de la lumière. Sa rétine d’endormi fut d’abord agressée mais finalement, il ouvrit un peu plus les yeux. Affronter ses peurs, affronter le mal. Il avait l’impression que c’était ce qu’il se devait de faire. Il se releva, douloureusement. Son corps engourdi avait du mal à se faire à sa nouvelle position assise. Il secoua sa tête de gauche à droit pour faire partir le vertige. Il tendit le bras et saisit l’objet. Ce semblait être quelque chose qu’on ouvre et qu’on ferme, un écran sur une partie, un clavier avec des lettres, des chiffres et des symboles sur l’autre. Un ordinateur. C’était le premier qu’il voyait depuis qu’il était arrivé ici, il ne se souvenait pas en avoir vu un autre par le passé, et pourtant, l’ordinateur lui semblait être un objet bien connu. Ses doigts parcoururent le clavier en une caresse douce, tentant de faire revivre quelques souvenirs de son passé oublié. Mais encore une fois rien. Bon sang, pourquoi sa mémoire n’était qu’un écran noir ? Ca l’effrayait un peu.

    Et puis rapidement, il se trouva connecté à Alpha. Il parcourut un peu le réseau, découvrant peu à peu cette toile virtuelle qu’était le net. Faire ce genre de chose semblait si familier à ses yeux ! Quelqu’un passa la porte de sa chambre, Shane sursauta, perdu. Il n’avait pas le droit de toucher à ce truc, c’est ça ? Il regrettait son acte, mais il avait découvert un objet presque magique à ses yeux qu’il voyait déjà l’expérience comme une bénédictio. L’homme qui était là était celui qui s’était présenté comme étant son parrain. C’était quelqu’un qui l’aiderait, quelqu’un qui le guiderait. Il l’avait déjà sorti de ce froid hivernal. Il lui avait demandé ce qu’il faisait. Shane n’avait pas su vraiment quoi répondre. C’est vrai au fond, que faisait-il ? Et c’était quoi ce truc sur lequel il voyait sur l’écran défiler des informations.

    « Nous avons une impératrice ? »

    Question simple, perdue, un moyen de montrer ce qu’il venait de trouver. Etrange. Mais il aimait déjà l’ordinateur.

    ~*~


Dernière édition par Shane M. Lewis le Sam 26 Mar - 15:19, édité 1 fois
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas


Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Sam 26 Mar - 0:42

Silvio avait bien vu le changement d'attitude d'Aaron, soudainement terrorisé. Il s'y était attendu, à vrai dire. Pourquoi le regarder ainsi si ce n'était pour lui faire de l'effet ? Celui-ci était de ceux désirés. En effet, la petite taille n'empêchait pas de pouvoir intimider. Mon commandor le savait, pour avoir vu plusieurs fois des recrues toutes fraiches et moulues baisser la tête et trembloter tandis qu'il leur faisait des remontrances. Cela n'allait que rarement jusqu'aux larmes, cependant. Silvio ne comprit pas celles d'Aaron, à vrai dire, et haussa un sourcil. Eh bien, il n'avait fait que le regarder d'un oeil mauvais ! Pourquoi pleurer ? Aucune douleur n'avait été infligée. Pas de raisons de pleurer. Il était si fragile, Aaron ? Eh ben. Heureusement qu'il n'était pas de l'anti-terroriste: il n'aurait pas fait long feu.
Silvio, qui ne se souciait pas vraiment de plaire à qui que ce soit, éprouvait pourtant un étrange sentiment face à ces larmes. Loin de lui l'envie de consoler Aaron, pourtant il ressentait comme... De la compassion. Il avait agi avec lui comme il l'aurait fait avec quelqu'un de plus solide, et ne s'était pas attendu à ce que cela aille si loin. C'était comme planter un couteau ici, pour blesser quelqu'un, et le tuer sans l'avoir voulu. Version soft. Un peu de regret, peut-être, mais aussi une pointe de fierté: c'était le métier qui rentrait dans la peau !
Au salut d'Aaron, Silvio comprit bien qu'il n'avait pas été hôte exemplaire. Mais il n'était pas totalement en tort: n'était-ce pas Aaron qui s'était agenouillé devant Shane ? N'était-ce pas Aaron qui avait dansé avec son Shane ? Et n'était-ce pas lui qui l'avait bousculé dans le couloir ? Non, cette personne n'était pas faite pour être amie de Silvio, mais ce dernier n'éprouvait aucun remord, ayant l'habitude de n'être pas apprécié. Il lui serra cependant la main avec un sourire, et lui ébouriffa les cheveux. Bah, brave petit, tu es trop sensible, mais le temps passant tu deviendras costaud... A ce moment-là, peut-être sauras-tu supporter cet homme cruel et pourtant fort humain qu'est mon Silvio.

"- Allez, va, et sens-toi libre de revenir." fit-il, à mi-chemin entre l'attendri et la dureté.

Mais bizarrement, Silvio sentait qu'Aaron ne serait pas tenté, ou alors pas en sa présence.
La porte fermée, le commandor s'élança vers la table, annonçant qu'il allait ranger tout cela. Aaron partit, il se sentait bien plus libre, libre de profiter de cette soirée avec son amant ! L'amant en question avait disparu dans la salle de bain sans mot dire. Tiens donc ? Du silence ? Un étrange silence. Même Silvio sentait d'ici que c'était un silence qui voulait dire "je ne vais pas bien". Silvio posa les assiettes près de l'évier et se décida donc à aller jeter un oeil... Le bruit d'un sanglot le pressa dans sa décision. Il ferma la porte derrière lui.
Shane, en pleurs. Quoi ? Mais pourquoi ? Qu'avait-il ? Il tenait tant à Aaron ? Quelque chose pinça le coeur de Silvio. Jalousie, entre autres, mais aussi douleur. Douleur par empathie. Shane souffrait, donc Silvio souffrait, l'un n'allait pas sans l'autre, et mon commandor s'interdisait d'avoir moins mal que lui. Alors il lui offrait ses lèvres sans compter, sans retenu, et le serrait contre lui comme si cette force qu'il mettait dans leur étreinte, c'était de la force transmise à Shane, pour qu'il aille mieux. Il devait aller mieux. Comment pouvait-on espérer que Nosco se porte bien si Shane pleurait ? Un Shane qui pleure, c'est un séisme dans votre coeur...
Lentement, il détacha ses lèvres des siennes. C'était salé, salé comme des larmes qui venaient gâcher le goût de ce baiser. Mon commandor, d'un revers de doigt, caressa doucement la joue de son amant. Une vraie douceur, pas seulement relative aux brigadiers. Aaron savait. Et c'était cela qui mettait son homme dans cet état ? Maudit Aaron. Silvio le serra plus fort contre lui, avant même que Shane le lui demande. Il en ressentait le besoin. Le besoin de dire à Shane quelque chose de réconfortant, sans mots. Quelque chose d'indicible, et pourtant certain. It gets better. Ca va aller mieux. Ils allaient affronter cela, et survivraient. Tout bas, à l'oreille de Shane, Silvio murmura:

"- Il sait. Mais si tu veux mon avis, il ne nous dénoncera pas. On a plus de preuves contre lui qu'il en a contre nous et... Il a l'air de tenir à toi." Silvio avait caché son nez dans le cou de Shane. Il sentait son souffle chaud dans le sien, et lui rendait la pareille."Un peu trop à mon goût, t'avouerai-je. D'ailleurs... J'espère que tu sauras me prouver que ce n'est que de l'amitié."

En disant cela, il avait collé Shane entre le mur est lui. Ainsi, il avait l'impression d'être encore plus proche de lui lorsque son corps était contre le sien. Sa respiration, il la sentait bien mieux. Ses pleurs, aussi, maudits pleurs. Silvio posa ses lèvres sur les larmes de Shane, pour les effacer.

"- Tu n'as rien à craindre, mon coeur... Tant que je serais là, je ferai tout pour qu'il ne t'arrive rien."


Son dévoué serviteur, qui dévorait de baisers le cou de Shane, et s'attardait désormais sur son épaule. Ses mains caressantes parcouraient ses hanches, ses flancs. Il avait réitéré sa promesse: celle qui disait qu'ils resteraient unis, malgré tout ce qu'ils pourraient avoir à traverser. Aucun objet, aucune bague ne liait à cette promesse. Seuls les coeurs pouvaient la faire sans mentir. Celui de Silvio battait bien fort près de celui de son amant...

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Sam 26 Mar - 15:21

    Il avait senti les doigts de Silvio sur sa joue, c’était d’une douceur incroyable, une douceur à laquelle Silvio ne l’avait pas encore habitué jusque là. Il était surpris, et plus que cela, il était ravi. Il était en train de changer celui qu’il aimait, non pas dans son essence même, mais dans son comportement avec lui. Si les relations homosexuelles n’avaient pas été aussi mal vues à Nosco, il aurait pu se vanter d’avoir connu un Silvio que personne ne connaissait. Et c’était magique ces instants avec lui. Ils étaient de plus en plus nombreux, de plus en plus merveilleux. Il avait des larmes sur ces joues, et cette chose semblait avoir un effet considérable sur son amant. Shane ne pleurait pas souvent, par fierté certainement. Mais il ne pouvait pas mentir à Silvio, il ne pouvait pas porter ce masque de force qu’il portait devant tout autre. Avec le commandor, c’était différent, il n’avait pas le droit de porter ce masque. Alors que Joshi le pardonne de montrer tant de faiblesse, il était bien incapable de la dissimuler. Et comment donc Silvio pourrait le réconforter s’il ne savait pas que Shane n’allait pas bien. L’aurait-il vu ? Aurait-il réagi pareil si les larmes n’avaient pas été versées ? Il avait à présent, les lèvres de Silvio qui faisait disparaitre ces perles salées. Il ne s’en plaignait pas, il fermait les yeux et de laissait faire.

    Il a l’air de tenir à toi… Même Silvio l’avait bien remarqué. Etait-il aveuglé par la jalousie ou songeait-il vraiment qu’Aaron tenait à lui ? Ca expliquerait les larmes, ça expliquerait la jalousie, ça expliquerait ce départ précipité. Mais Shane refusait encore d’admettre cette possibilité. Que se serait-il passé ce soir avec son apprenti s’il n’y avait eu ni Silvio ni caméras. Auraient-ils été plus loin ? Auraient-ils été trop loin ? Est-ce que Shane l’aurait seulement retenu ? Il était un peu perdu, c’est pourquoi il espérait profondément se tromper. Aaron était son élève, et il était son professeur. On aurait pu y voir quelque chose malsain, en plus de l’homosexualité. Et puis, Shane avait Silvio. Il était heureux, il vivait en paix. Il avait tout ce qui lui fallait d’ores et déjà, et quand bien même Aaron aurait pu lui en donner autant que Silvio, Shane était bien trop ancré dans un processus d’amélioration de sa condition de vie, qu’il n’aurait pas quitté son homme pour un identique. Trop de douleur pour si peu d’enrichissement. Il n’aurait accepté de faire le pas que s’il avait senti d’Aaron le rendait meilleur encore que Silvio. A l’heure d’aujourd’hui, c’était loin d’être le cas. Personne n’égalait son Silvio, personne ne lui arrivait même à la cheville. Et puis, Aaron n’était là que depuis peu, et mon brigadier ne pouvait pas prétendre le connaître parfaitement. S’il avait une complicité certaine avec Aaron, il n’en demeurait pas moins vrai qu’elle était moindre que celle qu’il entretenait avec Silvio. Le commandor, le comprenait, pour un tout ou pour un rien.

    « Silvio… Aaron est mon apprenti. »

    Il espérait que cela suffirait à lui prouver qu’il n’y avait rien avec Aaron d’autre que le l’amitié complice. Mais sa voix sonnait presque faux, faiblement faux, mais Silvio le connaissait suffisamment pour déceler cette dissonance dans le ton de sa voix. Il ne pouvait pas laisser ce premier mensonge se perdre dans le silence et créer le doute dans le cœur de son amant. Il se devait de rétablir la vérité.

    « Il a ce quelque chose… D’attirant. Il m’épate par son génie et m’interpelle par l’attention qu’il a envers moi. »

    Il releva son nez pour le sortir du cou de son amant, son regard flou et perdu se stabilisa dans les yeux verts du commandor. Il voulait que sa parole s’imprègne de la vérité qui régnait dans ses yeux clairs. Il n’y avait pas de mensonge possible lorsque Shane regardait Silvio ainsi, iris dans iris.

    « Mais c’est à des années lumières de ce que je ressens lorsque tu es avec moi. Je me sens libre, comme s’il n’y avait plus de murs, plus de barrières. Je me sens plus fort, plus grand, plus vivant. Silvio, tu es le seul qui serait capable de me faire commettre l’irréparable. »

    Shane aurait été capable de tuer pour les beaux yeux de Silvio, n’importe qui, sans état d’âmes. Il aurait pu tuer son ami, son ennemi. Un claquement de doigt, il obéirait. Il se tuerait lui-même, si Silvio le voulait. Il était prêt à tous les sacrifices si Silvio l’y obligeait. L’amour qui liait Shane et Silvio n’avaient rien de ces histoires sans lendemain. Leurs bases étaient solides, leurs sentiments et leurs étreintes étaient fétichistes. C’était un amour exclusif, un amour possessif. C’était un amour puissant, ce lien que rien ne briserait jamais aussi facilement que l’on ne pourrait le croire. C’était un amour vivant, un amour si grand qu’ils auraient pu devenir les maîtres du monde en avançant main dans la main, car l’un serait devenu immortel sous la défense de l’autre. Non, vraiment, Shane et Silvio partageaient un amour peu commun. Ce n’était pas de corps qu’ils étaient liés, mais bel bien d’âmes. Ce détail là faisait toute la différence. C’était un amour qui les rendait si fort, mais c’était aussi un amour destructeur. Il n’y avait qu’à regarder l’état d’amaigrissement de Shane lorsqu’il manquait de lui. Mon brigadier n’osait même pas imaginer ce qui se passerait si Silvio venait à mourir. Et les mots que prononçait à nouveau son amant n’étaient que la preuve de tout cela. Silvio ferait tout pour qu’il ne lui arrive rien. Et lorsqu’il disait « tout », il ne s’agissait pas d’un euphémisme. C’était tout au sens le plus large du terme. Shane se sentait rassuré, il savait que quoiqu’il arrive, ils franchiraient ses obstacles main dans la main. Il n’avait plus peur, il savait Silvio suffisamment fort pour le défendre. La seule chose qui pouvait lui faire peur, au final, c’était ce dont Silvio était capable de faire pour lui. Shane avait tué quelqu’un avant Nosco, sur le coup de l’énervement. Un coup de tête fatal pour celui qui avait osé ruiner sa journée, et il avait peur pour Silvio. Il avait peur que son amour le pousse à faire ce qu’il ne fallait pas.

    Contre le mur, serré par Silvio, il tâchait de pencher sa tête en arrière, comme il le pouvait contre le mur, pour offrir son cou à son amant qui le couvrait de baisers. Il fermait les yeux et se laissait envahir. Il ne pensait plus à rien. Il n’y avait plus que le contact de ses lèvres sur sa peau, ses mains caressant hanches et flancs. Silvio avait changé. Tout au début, il avait été presque inconcevable qu’il se laisse aller à tant de tendresse. Aujourd’hui, c’était bel et bien réel. Et l’ardeur dans les gestes du commandor ne pouvaient tromper personne, surtout pas Shane. Mon brigadier remonta ses mains avec douceur sur son torse, défaisant la veste de commandor qu’il venait tout juste de lui offrir. Il remonta à ses épaules et descendit sur ses bras pour lui enlever complètement. Il ne la laissa pas tomber au sol. Il aurait été dommage qu’elle s’abîme malencontreusement alors qu’elle n’avait pas encore servi. Il la posa, en tendant le bras sur le carton laissé sur le lavabo et qui avait déjà été à moitié vidé. Ses mains revinrent sur le torse de Silvio et se glissèrent sous son haut, caressant doucement sa peau nue, en dessous. Il bascula sa tête en avant, cessant d’offrir si facilement son cou, releva le vêtement jusqu’en haut du buste de son amant et ses mains gantées se posèrent sur sa peau mise à nue. Il ne la sentait pas sous ses doigts, en raison de ses gants. Il attendait d’être complètement dépendant de Silvio pour pouvoir les enlever sans qu’un sombre souvenir qui le terrorisait ne revienne à son esprit. Il tira sur le haut, et cette fois, son commandor n’avait plus que son pantalon. Shane se blottit contre lui, cherchant à tout oublier et ne garder plus que lui. Sa tête sur son épaule, il fermait les yeux et l’entourait de ses bras pour le serrer bien fort. Il voulait se laisser envahir par sa chaleur.

    Il passa sa langue sur son épaule, comme un petit chat, pour goûter à la saveur de sa peau. C’était bon, c’était un délice. Silvio tout entier était un délice pour l’informaticien. Il restait juste dans ses bras, rien de plus, pas vraiment de caresse ni de baiser. Juste lui, contre lui. Et il avait l’impression de danser un slow avec lui. Il n’y avait pas de musique, mais Shane l’entendait dans sa tête, et le rythme était enivrant, à la vitesse des battements de leurs cœurs. C’était si fort, et si intense. Il se sentait bien. Ses larmes avaient disparu, Silvio était son magicien, ni plus ni moins qu’un dompteur de lapin. Il remonta ses mains pour les passer autour du cou de son amant. Il était sa vie, son univers. Il ôta ses gants, les yeux clos, et ceux-ci tombèrent sur le sol de la salle de bain. Ses doigts se glissèrent dans les cheveux du blond, s’attachant un peu plus à lui comme un fou, comme un malade, comme un abandonné. Il trouvait refuge contre son corps. Il frissonnait, tout contre lui, comme électrisé. Il glissa ses mains dans son dos, et les mit dans les poches arrière du pantalon de Silvio. Il n’y avait rien, alors il alla fouiller devant. Il trouva un téléphone portable qu’il posa il ne savait où sur un meuble à portée de main. Il retira ses propres poches son téléphone.

    Et puis il repoussa brusquement Silvio, comme s’il ne voulait plus de lui. Il le regardait avec cette lueur de folie qui brillait, intensément. Ce petit bout d’euphorie, comme un rêve éveillé. Il avançait vers lui d’un pas lent. Il le dévorait du regard. Il posa une main sur son torse, mais ce ne fut que pour le pousser un peu plus en arrière. Et à force de cela, Silvio se retourna sous la douche. Shane n’hésita pas à l’allumer. L’eau chaude coulait sur son amant. Ses cheveux s’humidifiaient, des gouttes perlaient sur son torse. Et Shane avança vers lui, tout habillé. Comme la première fois. Il posa une main sur son torse, l’autre dans sa nuque, comme la première fois. Et il l’embrassa avec une ardeur folle, comme la première fois. Il revivait cet instant, ce premier baiser interdit. Mais Silvio ne le rejetterai pas aujourd’hui. Alors Shane le dévorait avec passion. Il sentait l’eau chaude tremper ses vêtements, il les sentit s’alourdir contre peau. Il se souvenait ses mains de Silvio qui le repoussait, sa fuite désespérée et la lumière qui revenait. Il se souvenait du regard qu’il lui avait fait, la gifle sur sa joue, si brusque, si douloureuse et son cœur lourd, si lourd. Il se souvenait de ses mots : « c’est dégoûtant ». Et au contraire, Shane savourait à présent, liant sans retenue sa langue à la sienne. Il le rendait fou, il s’abandonnait à lui et il ne dépendait plus que de lui. C’était dans ce genre de moment intense que Shane aurait sauté par la fenêtre, sans réfléchir, si jamais Silvio avait eu l’idée de lui en donner l’ordre.

    Sentant de plus en plus le poids de ses vêtements, Shane retira son chandail pour coller la peau de son torse contre le sien. Et ce fut un électrochoc. Il crut que son cœur avait manqué au moins un bond, et tout son corps s’enflammait brusquement. Si son pantalon avait affiché un certain pli après le slow avec Aaron, Shane se sentait complètement à l’étroit à présent dans son pantalon. Il ouvrit les yeux et vint coller son front brulant contre le sien. Les yeux de Silvio… Jamais Shane ne pourrait les oublier. Fixé dans les siens, Shane était hypnotisé. De ses lèvres s’échappa un gémissement de plaisir et de désir. Son regard lui envoyait le même message. Il avait envie de lui, il avait envie de sa peau et de sa chair. Qu’on lui pardonne cette bassesse, mais Shane avait déjà toute la puissance des sentiments. Il en voulait d’avantage, et il n’y avait plus que le corps à prendre. Tout son être hurlait après Silvio, il se collait à lui comme une groupie, attisé par un amour aveugle qui s’enflammait pour son idole, pour son dieu, son être vénéré.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 27 Mar - 0:02

Aaron, un génie ? Jamais je n'admettrai que cette chose pleurnicharde et sans manières puisse être associée au mot "génie". Un génie l'est dans tous les domaines, et non pas dans un seul. Un génie sait même raisonner sur le monde qui l'entoure de telle sorte qu'il devient rapidement en avance sur son temps. Mais si le futur de Nosco doit se voir dans le manque de tenue et la faiblesse de ce jeune homme, j'aime mieux tout de suite devenir rebelle !
Dira-t-on jamais assez à quel point le langage est une arme puissante ? Malheureusement pour moi, je ne le maitrise pas aussi bien que certains démagogues. Mais là, il avait suffit d'un mot, un seul: attirant. Ce mot m'avait stoppé net dans tous mes mouvements, y compris celui de mes côtes qui ne suivaient plus ma respiration. Quelle respiration ? Je ne respirais plus. Il était miracle que mon coeur batte encore. Mon esprit peinait à réaliser ce qui aurait pu le scinder en milliers de morceaux. Shane, attiré par un autre ? Un génie... S'il avait été là, ma première envie aurait été de lui cracher à la figure tout le dégoût qu'il m'inspirait, toute la haine que j'avais pour sa misérable personne. Mais ce couard avait fuit, le laissant seul avec un amant qui le trouvait attirant. Ma gorge était serrée. Comment pouvait-il...?

Je le sentis se détacher de mon cou. Allait-il me repousser et m'abandonner là, après m'avoir avoué que tous ces combats que j'avais mené n'auraient servi qu'à être remplacé par ce petit blond...? Je le craignais. Dans son regard, je cherchais quelque chose pour me réconforter au fond de ses yeux. Cependant, ce furent ses lèvres qui me libérèrent de mes craintes. Alors je restais son amant... Non, je n'étais pas rassuré. Dire que je l'étais, c'était créer un euphémisme. Je pus respirer à nouveau. Sans Shane, je ne respirais plus. Sans lui... Je n'étais pas sûr d'exister encore sans lui. Mon grade de Commandor n'existait que grâce à lui, j'en étais sûr. Il avait toujours été à mes côtés depuis ma promotion. Si je le perdais, je la perdais aussi non pas par dégradation, mais par incapacité à exercer mes fonctions. Ah, Silvio, toi qui jadis fut si raisonnable, aurais-tu vraiment été capable de laisser soudainement cette passion dévorer jusqu'à la racine de ton existence ? Ce n'était pas "une passion". C'était Shane. Pour toute autre chose, j'en aurais été incapable. Il était la seule exception qui confirmait toutes les autres règles. Mais si on m'avait donné à choisir entre mon grade et mon amant, j'aurais tout de même été face à un dilemme cornélien, ne pouvant supporter l'absence de l'un comme de l'autre...
Joshi, faites que jamais je n'ai à choisir.

"- Tu n'auras jamais à faire quoi que ce soit dans ce sens, Shane..."


Je n'en dis pas plus. Que vouliez-vous que je dise ? Que j'aurais crevé mes deux yeux pour lui ? Il le savait. Que mes sentiments pour lui étaient plus forts que tout ce que j'avais pu ressentir de ma petite vie de Noscoien ? Il le savait. Du moins, je l'espérais. J'avais demandé à mes mains de tout lui dire et, du bout des doigts, j'avais tracé sur sa peau ce que je ne disais pas. Il m'avait offert son cou. Appétissante vision que j'avais là, ce bout de chair qu'il offrait à mes crocs. Prédateur, je m'emparais immédiatement de sa gorge que j'embrassais avec férocité.
Je sentis ma veste glisser de mes épaules, puis les mains de Shane, refroidies par les gants, sur ma peau. Ces gants... Il les portait toujours. Pourquoi ? Ses mains étaient si belles... Craignait-il de les abîmer ? Je lui demanderai... Plus tard. Quelque chose me disait que ça n'était pas le moment. Peut-être parce que je n'avais désormais plus rien pour couvrir mes épaules. Épaules sur lesquelles il posa bientôt sa tête, blottit contre moi, comme aurait pu le faire un enfant. Oublions que cet enfant-là était plus grand que moi. Il avait pleuré, alors je pouvais tout de même le consoler, c'était la moindre des choses ! Il m'avait rassuré, je pouvais tout de même le remercier ! Je le fis. D'une étreinte. Et d'une main qui passait dans ses cheveux, jouait un peu avec eux, les caressait... On était bien, comme ça. L'un contre l'autre, tout simplement. Les mêmes sentiments, les corps enlacés, et les yeux fermés. Sa chaleur avait quelque chose d'enivrant qui faisait que je ne pouvais penser à autre chose qu'à lui. Complètement obnubilé par son image. Soudainement, je sentis une petite langue malicieuse sur mon épaule. Eh ! Pas désagréable. Je crois que j'ai souris. Sans prévenir, il mit ses mains LÀ. Je me trémoussais un peu, comme pour écarter ses mains. Je mentirais cependant en disant que cela ne faisait pas un petit effet. Shane retira mon téléphone de ma poche, comme pour justifier ce geste, lui donner un aspect innocent, pur et chaste. Menteur, je sais à quoi tu penses quand tu poses tes mains ici !

Ah, ce regard-là était tout de même mieux ! Le fantôme de la tristesse ne le hantait plus. C'était tout, alors ? Tu m'aurais fait peur pour peu de choses, vilain ! Manipulateur, depuis le début tu voulais que je te console, avoue-le ! Je souriais franchement, à mon tour, amusé, même si je savais parfaitement qu'il ne m'avait pas manipulé. Je croyais en sa sincérité. En revanche... Je ne croyais pas qu'il ferait ça. Damnés, mon pantalon ! Il allait être tremp.... Il était trempé. Shane, tu n'as donc aucune pitié ? Mon pantalon ! Comment allait-on pouvoir être crédibles si nous sortions tous les deux trempés ? A vrai dire, ce souci quitta bien vite mon esprit qui s'intéressait à autre chose. Shane, contre moi, à nouveau, ses lèvres, et cette chaleur qui montait... J'avais chaud, très chaud. Et mon pantalon humide collait à ma peau, un peu trop à mon goût. Il m'embêtait, il était trop serré. D'un bras, je le maintenais contre moi, de l'autre je détachais ce maudit pantalon. Un élan de générosité et d'altruisme me prit: Shane devait se sentir à l'étroit lui aussi. Je le libérais alors de son pantalon. Mais n'allait-il pas avoir froid ? Mes mains tachèrent de réchauffer ce qu'elles avaient mis à nu.

"- On a encore oublié le brouilleur de son... Fais pas trop de bruit..."


Lui soufflai-je à l'oreille, avant d'embêter du bout des dents son cou. Le bruit de l'eau couvrirait sans doute nos voix, mais il nous fallait rester prudents... Et trouver une solution pour cette histoire de vêtements. Comment être crédible en sortant de la sale de bain dans une petite serviette pour aller chercher deux paires d'habits ? Mh... J'y penserais plus tard. Il fait trop chaud pour y penser. Et la chaleur du corps de Shane et ses légers gémissements suffisaient à me donner envie de lui, en cet instant...

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Dim 27 Mar - 15:32

    Je ne pus s’empêcher d’afficher un sourire en voyant la tête que faisait Silvio une fois sous la douche. Il est vrai que je n’y avais pas pensé… Mais comment allait-on faire pour sortir de la salle de bain avec tout deux une petite serviette autour des hanches sans attirer les soupçons ? J’étais trop maniaque et trop organisé pour avoir mis malencontreusement quelques vêtements à moi dans le carton nommé « Salle de bain ». Et Silvio, je ne me souvenais pas avoir vu des vêtements à lui trainer dans la salle de bain. Enfin, je ne passais pas ma vie dans sa salle de bain non plus. Il était alors possible que ce genre de détail m’ait échappé. J’avais vaguement pensé à mon téléphone portable laissé sur l’étagère. Peut-être qu’avec, je pourrai accéder au réseau et créer un problème technique qui éteindraient momentanément la caméra… Que sais-je encore ? J’étais informaticien, j’étais capable de faire ce genre de tour. Nous verrons bien au moment voulu. Pour l’instant, mon esprit était accaparé par Silvio, alors, je ne pouvais pas penser à autre chose.

    Je l’embrassais avec une ardeur folle que je me découvrais. J’étais comme ensorcelé, comme hypnotisé. Je l’embrassais comme si nos vies en dépendaient, comme si c’était la dernière fois. Ce n’était pas la dernière fois, n’est ce pas ? Pour m’en rassurer, je joignais à nouveau mes lèvres aux siennes. Mon rythme cardiaque avait grandement accéléré, et quand je descendais ma main au niveau du cœur de mon Silvio, je le sentais battre sous mes doigts. Je frissonnais, j’en avais la chair de poule. J’avais les poils qui se dressaient dans ma nuque et dans son dos, et je me collais un peu plus à lui pour prendre un peu de sa chaleur, et tenter de lui communiquer mon frisson. Je respirais, mais le rythme de la respiration avait lui aussi pris une marche plus rapide. Alors sur sa peau mouillée, mon souffle chaud venait s’écraser. Mon pantalon commençait à s’alourdir. Déjà que j’avais du mal à rester debout avec mon cœur qui battait si fort, alors, en plus, on me rajoutait du poids. Non vraiment, même mon pantalon, en plus que mon corps, voulait que je finisse à genoux. Ca serait probablement pour bientôt, mais je résistais encore un peu. Je voulais le faire languir, je voulais le faire attendre. Lorsque les choses arrivent avec un simple claquement de doigts, on ne les savoure pas autant que lorsqu’on les désirait plus longuement. Je voulais que Silvio savoure, alors je patientais. Je restais juste dans ses bras, léchant l’eau qui coulait sur ses épaules et dans son cou.

    Je tremblais entre ses bras, et le désir était mon moteur. Il devait bien se sentir lourd, car il se libéra de son pantalon. Je lui mordais l’oreille lorsque je sentis ses mains descendre plus bas que mon ventre et défaire mon pantalon. Déjà que je n’étais pas très sage, alors s’il me tripotait, là, j’allais devenir diabolique. Alors je lâchais son oreille d’entre mes dents, j’ouvrais la bouche et aspirais une bonne bouffée d’air, pris de surprise. Je la refermais bien vite et me mordait la lèvre pour bâillonner le gémissement qui menaçait de sortir. Silvio, tu me rendais complètement fou, avec tes mains qui me réchauffaient à présent. J’avais l’impression que les ailes tatouées dans mon dos se déployaient, et que j’allais prendre mon envol. J’entrevoyais déjà les cieux et les étoiles qui nous entouraient nous berçaient dans cet instant céleste. Je ne voulais pas que ça s’arrête. Je voulais que ça continue, encore et encore, je voulais rester dans le ciel et caresser les étoiles. Je voulais avoir le temps de leur donner toutes un nom en l’honneur de ces instants magiques que je vivais avec Silvio. Les yeux clos, j’en attrapais une et je la nommais « Espoir ». Et puis j’ouvrais les yeux, je plongeais mon regard dans le sien, pour lui demander mentalement si l’espoir lui plaisait, s’il avait envie d’y croire lui aussi. Je voyais ses sentiments dans ses perles vertes, alors oui, c’était certain, cette étoile là s’appellerait « Espoir ». Je lâchais mon étoile, et libre elle s’envolait. A présent, elle éclairerait notre chemin, elle ouvrirait la voie, parce qu’elle était l’espoir, et je m’y accrochais, même si à bout de bras.

    Je fermais les yeux et j’en prenais une autre. Elle avait un goût suave, comme quelque chose qui brûle en soi. Alors je prenais sa lèvre inférieure entre les dents et je lui faisais goûter. J’aurais tout partagé avec lui. Il n’y avait bien que ma douleur que je tenterai de bâillonner pour ne pas l’infecter. Mais je ne peux pas lui mentir, il le sait, lorsque je vais mal. Je gardais l’étoile contre moi, sa présence m’apaisait. Elle était mon espérance ferme, elle était mon assurance envers lui. Elle était ma sécurité, elle était ma foi, alors je l’appelais « confiance », et je ne le regrettais pas. J’étais nu, comme Silvio, de corps et d’esprit, je me sentais si fragile et si vulnérable. Je m’offrais à lui, alors j’avais abandonné toute défense, j’avais « confiance » entre mes doigts et je la posais contre son cœur pour qu’il sache que je ne lui voulais pas de mal, que je venais en paix. Je pris un gant de toilette et j’y mettais du savon que je faisais mousser avec mon autre main et puis je nettoyais son buste, je nettoyais son torse, je descendais sur son ventre. Je faisais de petits cercles, et je remontais. La mousse ne tenait pas bien longtemps et glissait avec l’eau de la douche. Elle laissait derrière elle une peau lisse et brillante. Je le rendais propre, je le rendais pur, mais mes pensées étaient loin d’y être. Je prenais néanmoins soin de lui. Je continuais de frotter avec mon gant ses pectoraux. Il était bien fait mon Silvio. C’était un soldat alors il avait cette force dessinée sur son corps même lorsqu’il était hors d’un combat. De mon autre main, je prenais la sienne, et je la portais à mes lèvres. Je l’aimais, j’aurais pu lui dire mille fois que ça n’aurait jamais suffit pour exprimer ce que je ressentais. Je baissais les yeux, sur ses doigts. Et puis, je portais sa paume contre mon nez. Je sentais ses doigts sur mon visage et je fermais les yeux. Le bout de ma langue sortait d’entre mes lèvres et touchait son poignet. Je descendais sa main lentement et ma langue parcourut sa paume et ses doigts. J’avais goûté à quelque chose de métallique, alors je prenais ce doigt et je le mettais dans la bouche. C’était la bague que je lui avais offerte pour notre première fois et je la regardais, en louchant, alors que ce souvenir remontait à mon esprit et me rendait plus brûlant encore que je ne l’étais déjà.

    Alors je ressortais son doigt de ma bouche et je baissais les yeux pour cacher le rouge qui venait à mes joues. Je n’avais pas honte, non. Il savait très bien à quoi je pensais et je ne le regrettais pas. J’étais intimidé. Je passais dans ton dos pour le lui frotter. Ses épaules, ses omoplates, le long de sa colonne vertébrale. Sous mon gant, je sentais la forme de chaque muscle, et j’y passais plusieurs fois, faisant mes petits cercles, sagement. Plus je le regardais, et plus j’avais envie de lui. J’approchais mes lèvres de sa nuque et j’y mordillais sa peau. J’aurais peut-être du le prévenir, mais la passion qui m’enivrait avait bien déjà du lui passait le message. Sans pouvoir attendre d’avantage, je donnais un coup de rein alors que je le tenais par les hanches. Je savais Silvio hermétiquement fermé à l’homosexualité. Je savais que tout ce qui pouvait lui rappeler soudainement que je n’étais pas que Shane, que j’étais aussi un homme, pouvait l’effrayer. La première fois que nous l’avions fait, je n’avais pas pris ce risque, celui de lui faire sentir fermement ce qui faisait physiquement de moi un homme. Aujourd’hui, je le prenais ce risque. Et j’avais peur, j’avais le cœur qui battait si fort que je crus qu’il allait sortir de ma poitrine. Je ne voulais pas qu’il me repousse, mais je savais que dans sa tête, il y avait eu un électrochoc. Alors je gémissais, doucement, dans le creux de son oreille, pour lui montrer que j’allais bien, que je me sentais bien et que j’aimais ça. Ainsi, je savais que je mettais en conflit sa phobie de l’homosexualité et mon bien-être. C’étaient deux choses fortes en lui, et je savais que pour vaincre cette phobie, je devais mettre quelque chose de puissant en face, et non pas quelque chose qui risquait de se faire abattre en moins de trente secondes.

    L’une de mes mains, sur ses hanches, passa devant, pour le rassurer. C’était pour lui dire que ce n’était pas parce que soudain, j’étais un homme, que lui était devenue une femme. Je m’appliquais à lui donner ce bien, pour le rasséréner. Des seins ne lui avaient pas poussé et il avait toujours ce qui faisait physiquement sa virilité. J’osais un nouveau coup de rein, plus fort, et ma mâchoire se refermait sur son épaule pour étouffer un gémissement plus intense encore. Si je l’avais laissé échappé, nul doute que les caméras du salon auraient entendu. J’avais osé ce nouveau coup, je n’avais plus qu’à savoir s’il me laisserait faire où s’il me repoussait. Si tel venait à être le cas, je ne lui en voudrais pas, il le savait bien, j’aurais continué, avec lui, près de lui. Je savais qu’il était fier et viril. Alors, il était possible qu’il ne le prenne que comme une atteinte à son statut d’homme. Ce n’était pas le cas. Mais s’il le prenait ainsi, j’étais prêt à lui présenter mes plus plates excuses et à m’efforcer de le remettre sur son piédestal. J’avais foi en lui et je croyais dur comme fer que mon bien être serait, dans le cœur de Silvio, bien plus puissant que sa phobie.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Dim 27 Mar - 19:36

Avec satisfaction je songeais qu'il avait l'air d'apprécier. Je le sentais, à l'appétit dont témoignaient ses lèvres, à son souffle bien rapide, bien fort, auquel répondait le mien. Pourquoi respirer si fort ? C'était l'effort que me coûtait tout ce que je retenais. Ce que je retenais ? De nombreuses envies et pulsions qui ne prenaient pas en compte sa satisfaction. C'était quelque chose dont je m'inquiétais, d'autant plus que je savais que s'il ne ressentait rien j'aurais bien du mal à être moi-même pleinement satisfait. Ce souffle rapide témoignait également de tout ce que je sentais en ce moment, toute cette envie de lui, envie d'être plus proches que jamais, et m'unir à cet ange.

Il attrapa un gant. Dès qu'il revint vers moi, je l'attirais un peu plus contre moi, une main sur ses ailes. Il était le seul qui avait le droit de voler, d'atteindre le ciel. Le seul. Les autres n'y arriveraient pas, ils étaient trop lourds, trop laids. Il était beau. Plus que les autres. Je sentais bientôt sa mains sur mon torse, le parcourir. Sous cette caresse, je fermais les yeux. Je lui faisais pleinement confiance. Ils étaient rares les gens devant lesquels je fermais les yeux. Mais lui ne me ferait rien. Si quelqu'un l'avait payé pour m'assassiner, il avait choisi un très bon assassin, car je m'abandonnais tellement à lui qu'il aurait pu me demander de m'embrocher moi-même sur l'arme de ma mort, je n'aurais peut-être pas hésité. Mais il ne le ferait pas. Je le savais. Ces mains ne mentaient pas. Elles descendaient lentement... Promesse ? Non ! Elles remontaient, et me laissaient les désirer plus ardemment que jamais. J'ouvris les yeux pour croiser son regard. A quoi pensait-il ? Cela avait l'air bien plaisant. Il savourait peut-être seulement l'idée de se faire désirer. Joueur, le petit Lewis...? Ma main dans la sienne. S'il gardait ma main dans la sienne, s'était sûr, il ne pourrait rien nous arriver. Si on nous surprenait, nous pourrions montrer ma main dans la sienne. Si une explosion se produisait, j'avais ma main dans la sienne. J'osais pourtant caresser un court instant son visage. Jamais je n'avais imaginé qu'un homme puisse avoir un beau visage. Suis-je bête... Aucun homme n'a un beau visage. Il n'y a que les femmes et les anges pour en avoir un beau.
Non, ce doigt qu'il prit dans sa bouche ne me laissa pas indifférent. Je me mordis la lèvre inférieure. Quand aurait-il pitié de moi ? Quand cesserait-il de se faire désirer ? Non, je n'osais pas prendre la main et lui montrer que c'en était assez, qu'il devait se soumettre désormais. Je l'aurais peut-être fait, pour quelques secondes de plus. Mais là, il me surprit.

Comment avait-il pu passer derrière moi aussi vite ? Me frotter le dos ? Certes... Je le laissais faire, innocent et surpris. Quelque chose me troublait, sans que je puisse savoir quoi. En sentant ma peau pincée entre ses dents, je compris. Non, il n'oserait pas...? Je m'appuyais sur le mur de la douche, un peu haletant, le coeur battant bien vite. Je mentirais si je disais que je n'avais jamais redouté cet instant. Cet instant où je serais sous lui, dans une position qui n'aurait pas dû être mienne. Bon sang, nous étions bien des hommes ! De quel homme avais-je l'air, là ? De quel animal ? Mes doigts se crispèrent sur le carrelage de la douche, l'eau ruisselait plus lentement le long de mon dos, jusqu'à ces mains, posées sur moi. Les mâchoires serrées, j'endurais le premier coup de reins de mon amant.
Déstabilisé, complètement. Mon corps n'avait pas détesté, ce n'était pas désagréable à proprement parler. Désagréable... Ce n'était pas le problème, que ce soit désagréable ou pas ! Où était le problème ? Je me sentais animal, purement bestial. Mon souffle me semblait celui d'une bête, et j'avais l'impression d'être tombé bien bas, moi qui jadis fut un exemple de vertu. Silvio, où qu'as-tu fait de toi ? Je sentais de l'eau couler sur mon visage. Peut-être avait-elle glissé le long d'une mèche de cheveux. Peut-être pas.
Un gémissement m'avait échappé. Cela me plaisait... Bon sang, pourquoi fallait-il que cela me plaise ? Pourquoi fallait-il que Shane me plaise ? Maudit, j'étais maudit. Il y avait certes, plus désagréable... Personne n'avait rien vu, n'est-ce pas...? Soudainement, je me posais la question: les conséquences ? Mis à part le bonheur de Shane, rien de dramatique. Profiter ? Je voulais bien. Encore fallait-il que j'accepte..
C'était dur d'accepter quelque chose que j'avais toujours abhorré. Peut-être valait-il mieux.... N'y pas penser, pour le moment. Plus tard, la réflexion. Shane se vexerait, sinon...

J'entendis son gémissement pourtant étouffé par mon épaule. Il me fallut mon bras pour étouffer les miens, qui tendaient naturellement à s'accentuer. Le pincement léger que j'avais au coeur, trace des pensées qui m'avaient hantées et que j'écartais au profit d'autres, plus Shanocentriques, ne pouvait plus égaler les caresses de mon homme. Il ne pouvait pas m'empêcher d'apprécier de le sentir en moi, l'entendre y prendre plaisir. Je n'avais rien à faire. Juste profiter de ce qu'il m'offrait.

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Dim 27 Mar - 22:13

    Je m’accrochais à ses hanches et j’attendais qu’il se retourne, j’attendais qu’il me gifle, j’attendais qu’il me haïsse de lui avoir fait cela. Je l’avais manipulé. Je savais que je pouvais faire de lui ce que je voulais. Je ne voulais pas que ça lui fasse du mal, loin de moi cette idée. Je voulais chasser les fantômes qui le hantaient, alors que depuis trois mois, nous étions un couple. Je voulais qu’il m’accepte comme homme et je savais que je luttais contre sa nature. Pourquoi avais-je perdu foi en lui ? Pourquoi n’avais-je plus cru en son amour ? Pourquoi tremblai-je en attendant ma gifle comme un enfant qui avait fait une bêtise ? J’avais eu tord, et je m’en rendais compte lorsque j’entendis, étouffé par son bras, un premier gémissement. Ce n’était pas de la douleur, ce n’était pas de la haine, ce n’était pas des regrets ni de la peine. C’était plaisir, juste du plaisir. Je regardais sa main crispée sur le carrelage. Est-ce qu’il m’en voulait d’avoir osé faire ça ? J’implorerai son pardon, après. Je m’en faisais la promesse, et je lui en faisais la promesse lorsqu’une de mes mains remonta le long de son flanc, puis le long de son bras, pour aller serrer sa main crispée. Je m’en voulais, et je lui faisais la promesse de le faire pardonner, par la suite.

    Je donnais d’autres coups de reins et j’étouffais mes cris, toujours contre son épaule. Et je fermais les yeux, je sentais mon corps qui brûlait. Je n’étais plus moi-même, je l’avouerais. J’y prenais plaisir et je ne pouvais pas m’en passer. Mais je ne pensais pas lui en avoir fait trop subir en la matière. Ce n’était que la deuxième fois en trois mois. Nous étions bien loin d’être devenus impurs pour si peu. Mon Silvio était encore blanc, et c’était sur ses arguments là que je fondrai ma défense un peu plus tard. Je l’aimais mon Silvio. Nos âmes étaient déjà tellement unies. Parfois je lâchais son épaule, pour murmurer son prénom à son oreille, juste pour lui dire qu’il ne l’aurait fait avec personne d’autre que lui. Silvio n’était pas mon animal, il n’était pas ma chose, il était mon amant, mon unique amant. Ce que je faisais avec lui, je le savourais avec lui, je n’aurais donné ça à personne d’autre. Je reprenais son épaule dans ma bouche, pour me bâillonner, car je gémissais trop fort. J’aurais voulu encore lui souffler dans le creux de l’oreille combien je l’aimais, combien il me rendait heureux. J’aurais voulu crier mon amour sur les toits de Nosco, le dire à tous sans retenue. J’étais fier de lui, j’étais fier d’être son homme, j’étais fier qu’il soit le mien. Je n’éprouvais pas de honte à avoir les sentiments qui étaient les nôtres. Mais pour Silvio, pour nos carrières, j’étouffais mes gémissements de plaisirs, et je m’accrochais à lui au niveau de ses hanches pour consommer notre amour secret en silence.

    Je prenais encore une étoile et je l’appelais « enchantement » lorsque je poussais un cri plus intense que les autres. Enivré, je découvrais le ravissement qu’il avait accepté de m’offrir, et j’aurais pu dire que j’étais le plus heureux des hommes. Je caressais l’euphorie du bout des doigts, je relâchais la pression sur son épaule et je me libérais de mon bâillon. Silvio, tu es fabuleux. Silvio, merci. J’aurais voulu lui dire ces mots, mais j’étais trop essoufflé pour pouvoir former ne serait-ce qu’un mot. Je me serrais contre lui, et je le remerciais par mon éteinte, si forte, si tendre. Je ne savais comment lui exprimer ma satisfaction. L’allégresse qui me prenait me portait si haut que je me délectais encore de l’instant qui venait de passer, tout en profitant de l’instant présent. J’étais juste heureux, et Silvio était ma définition du bonheur. Je me glissais devant lui, frôlant mon corps au sien, car je n’étais pas encore prêt à me passer de sa chaleur. Je passais mes bras autour de son cou et je l’embrassais. Lorsque je détachais mes lèvres, ce fut pour le regarder droit dans les yeux. Je le gratifiais d’un sourire timide alors que je rougissais. Pourquoi fallait-il que je rougisse ? J’avais l’air fin tiens ! Et puis, je me blottis tout contre lui :

    « Je te demande pardon, Silvio… Je ne voulais pas t’obliger à ce que tu ne voulais pas… »

    Je laissai un dernier baiser sur ses lèvres et je m’effondrai, à genoux sur le bac froid de la douche, comme un croyant faisant sa prière, je joignais mes mains et je demandais à être gracié. J’étais comme soumis à sa volonté, et je commençais à m’efforcer de lui donner la jouissance la plus complète. Je lui offrais ce que j’avais de plus beau et ce que j’avais de plus tendre. Enfin, je prenais une dernière étoile et je l’appelais « mariage ». Je voulais qu’il soit heureux, et je ne m’arrêtais pas tant que je n’avais pas goûté au fruit de son bonheur. Lentement, mes lèvres le relâchèrent et je ne trouvais plus la force de me relever. J’ouvrais un peu la bouche pour respirer et je relevais la tête vers lui, cherchant son regard. L’eau frappait mon visage, et la vapeur avait embué les vitres de la douche. Je le fixais, mon regard plein de vénération, et je n’osais dire le moindre mot qui puisse briser la magie de l’implicite. Je l’admirais d’en bas, plein d’adoration, plein d’estime et de respect. Je restais sage comme un enfant, les talons contre les fesses. Je fermai alors les yeux et avançai alors mon visage sous le jet de la bouche, pour me rincer. Je me frottais les joues et renvoyais mes cheveux en arrière. Je l’aimais.

    Je me relevai alors, doucement, j’éteignis l’eau qui coulait et j’approchais mes lèvres des siennes. C’était un peu différent de ce qui s’était passé plus tôt. C’était plus doux. Je ne regrettais rien de ce soir. J’avais fait ce que j’avais eu envie de faire. Voyez-y du sadisme, si vous le voulez. Moi, je pense qu’il n’y avait pas de mal à réaliser ce qu’on voulait avec celui qu’on aimait. Mais je ne referai pas ça tous les jours. J’avais eu trop peur que cette soirée finisse mal que j’étais vacciné pour le très longs mois. Je ne refuserai pas de le faire encore avec lui, mais je ne lui montrerai pas mon genre masculin avant longtemps, pour qu’il se remette de ses émotions. Que m’importait de me soumettre à lui. Il était déjà mon maître. J’ouvrais la porte de la douche et je sortais. Je prenais une serviette et lui en tendait une. J’essuyais un peu son torse et son visage avec la mienne et puis je l’embrassais avec mes lèvres humides de la douche. Je m’essuyais complètement et je passais la serviette autour de mes hanches. Là, je ramassai nos affaires trempées et les mettais dans la machine à laver avec un peu de linges à Silvio. Je la mettais en route, pour laver notre larcin et je prenais possession de mon téléphone portable. Je devais avoir l’air très concentré devant mon téléphone, car j’entendais Silvio faire silence, comme pour ne pas me déranger. Je ne sais pas combien de temps j’avais pris, mais au bout d’un instant, je lui disais tout bas :

    « J’ai réussi pour dix secondes, il va falloir faire vite »

    J’entrouvrais légèrement la porte et regardais d’un œil le voyant rouge de la caméra. Lorsqu’il s’éteignit, j’ouvris la porte en grand, saisis un carton rapidement qui s’appelait « vêtements » et je me précipitais dans la chambre. Silvio devait bien me suivre. La porte se referma, et je m’écroulais sur le lit avec mon carton, perdant ma serviette à mi-chemin entre la porte et les draps. Je me suis relevé furtivement pour la ramasser et l’enroulais mine de rien autour de moi. La lumière rouge avait du se rallumer dans le salon et je vins me mettre à rire de la manière foireuse dont je nous avais sortis d’affaire. Non vraiment, la prochaine fois… J’essaierai de faire un peu mieux que dix secondes, c’était court ! J’allais dans les bras de mon Silvio, tout heureux.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Silvio Anthelmios le Mar 29 Mar - 23:00

Mes doigts se crispèrent un peu plus sur le carrelage de la douche, et sur les doigts de Shane. Je ne souffrais pas, non. Avec étonnement je constatais que mon corps en réclamait encore, et encore. Quand chacun des mouvements de Shane aurait dû m'arracher un cri de douleur et une vague de honte, je ressentais au contraire du plaisir, et un sentiment que je croyais déjà avoir pu goûter jadis. Celui d'être enfin uni à lui. L'accomplissement par l'acte physique de ce que nos âmes faisaient déjà très bien. Sans ce sentiment, peut-être qu'en effet cet instant aurait été pour moi un mauvais souvenir. Mais ce n'était pas le cas. Grâce à Shane. Il avait su s'y prendre, il avait su me séduire, devenir quelqu'un d'unique pour moi, loin, très loin des autres humains. Il avait su se faire désirer. Sa seule présence était désirée. Le seul son de sa voix. Ses seuls mots et, lorsque nous pouvions nous voir, il savait faire désirer le contact de son corps contre le mien, une simple étreinte qui, pourtant, avaient le don de rendre mes journées bien plus douces.
Sans lui, sans ces instants volés, je n'aurais peut-être pas su profiter autant des événements récents, ni même m'en sortir. Il était ce que les médicaments furent à Judikhael. En moins risqué.

Dans tout cela, il ne m'avait pas oublié. Me demander pardon ? Idiot, sombre idiot ! Crois-tu que tu n'es pas pardonné à l'instant même où tu souffles ces mots ? Tu étais pardonné dès l'instant où j'ai compris ce que tu avais fait. Demain, je regretterai peut-être, pour une histoire de concept un peu floue, une idée contre laquelle ce que nous avions fait allait... Mais tu sais que tu fais de moi tout ce que tu veux, que tu n'auras qu'à poser tes mains sur moi, demander gentiment, et je deviendrai pour toi ce à quoi je m'étais abaissé et qui deviendrait, l'espace d'un instant, ce que nous aurions de plus fort à échanger. Mais ne me prends pas pour plus aimable que je le suis: il n'y a pas de raisons pour que ce soit toujours les mêmes ! Je t'apprendrai l'égalité... Mais pas trop souvent. Tu ne feras pas de moi un animal. Jamais devenir un animal.

Je ne me souviens plus très bien. Je sais que les secondes qui suivirent furent douces, tendres, mais cela reste flou dans mon esprit qui semble alors aussi embué que la douche. Shane avait réussi à détourner l'attention des caméras... Euh, je veux dire... A brouiller les cameras... Les aveugler... Bref ! Pendant dix secondes. Dix secondes, c'est largement suffisant pour aller d'une salle de bain à une chambre, me direz-vous. J'y arrivai donc sans problème, en quelques enjambées rapides, et en dépassant mon amant. Ce sombre idiot avait réussi à perdre sa serviette en chemin. Alors bon... Je l'ai traité de navet, avant d'éclater de rire, et me laisser tomber à mon tour sur mon lit. Et cette tête qu'il faisait ! Ah, je l'adorais. Il vint contre moi, alors que mes bras avaient tout juste la force de le serrer. Oui, un peu fatigué...

"- Allez, dormons... On s'occupera du reste demain..."


Lequel de nous deux avait encore la tête à s'occuper de quoi que ce soit ? D'Aaron ou du travail ? Ni lui ni moi, je crois. Alors je nous allongeais, glissait les draps sur nos peaux nues et fraîches, puis éteignait la lumière.
L'emménagement était prometteur, non ?

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Shane M. Lewis le Ven 1 Avr - 23:28

    Je vins dans ses bras, et je glissais mon nez dans son cou. Je sentais ses cheveux encore humide contre mon front et je sentais quelques gouttes tomber encore. Je passais la langue sur elles pour les effacer et avoir encore la douceur de sa peau. Je l’aimais mon Silvio, j’aurais voulu lui dire et le lui souffler tout doucement dans l’oreille, mais rien de suffisamment merveilleux ne me venait à l’esprit pour décrire ce qu’étaient mes sentiments à cet instant. J’avais peur de briser cet instant avec des mots qui n’étaient pas assez fortes. Alors je me taisais, et je fermais les yeux. Je me blottissais tout contre lui et je cherchais à avoir sa chaleur. Je posais mes mains sur sa taille et je les glissais dans son dos pour les remonter, bien à plat le long de celui-ci. J’avais ma tête sur son épaule, et dans cette étreinte, tout me semblait éternel, comme nos rêves.

    Les bras de Silvio me serraient, mais pas autant que je les avais déjà ressenti... J’en ai vite conclu qu’il était fatigué. Je l’étais aussi, mais j’aurais passé autant de temps avec lui qu’il le voudrait ce soir, bravant le sommeil avec mon amour pour arme. Mais il avait du sentir cette fatigue en moi et prendre la judicieuse décision d’aller se coucher. S’il ne l’avait pas fait, je l’aurais fait à sa place. Je poussais le carton par terre… Non, en fait, j’étais bien trop maniaque pour ça. Je portais plutôt le carton et je le posais bien droit sur le sol et puis je me glissais nu dans ses bras. Sa peau comme ma peau… J’avais de nouveaux frissons et je me sentais bien. Je venais juste contre lui et prenais encore ses lèvres. Je me collais à lui et je tentais de réduire le moindre espace d’air qui nous séparait. Et puis, Silvio avait un lit simple, ce qui nous obligeait (pour notre plus grand plaisir) à se serrer d’avantage. Maintenant que j’emménageais, il serait vraiment malvenu pour Silvio d’acheter un lit double ! Même de manière innocente ! Ca sonnerait comme un aveu. Et puis,, nous n’avions pas envie de nous décoller.

    Je passais mais doigts sur son torse, et je constatais que sa marque faiblissait. Je portais mes lèvres à cet endroit et aspirait sa peau pour lui laisser une trace rouge, plus vive, plus vivante. Et je le regardais, comme égaré. Je revenais finalement saisir ses lèvres avec les miennes, je lui donnais mes dernières forces ce soir. Je l’embrassais passionnément lorsqu’il éteignit la lumière. Je mettais dans mon baiser fouge et ardeur qui ne trompait pas. Je me blottis, dans le noir, bien contre lui, et je fermais les yeux, pour trouver le sommeil. Mais mes pensées étaient encore toutes agitées de l’instant magique que j’avais passé avec Silvio que je ne pus m’endormir sur le champ. Je mordillais et léchais encore sa peu, doucement dans le noir, pour user de mes dernières forces. Ainsi, j’espérais que l’état de fatigue de mon corps ait raison de mon esprit agité. Et il l’eut.

    Et je me souviens de ses cheveux encore humide et de son souffle dans ma nuque. Je me souviens de sa douceur et de mon cœur qui bat si fort, si fort. Je l’aimais.

    [RP Terminé ]
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Cette fois, c'est sûr, mon coloc' veut... [NC-16]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum