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Message par Kath le Lun 28 Fév - 21:39


    Mais où était Judikhael Wienfield ?

    C'était ce qu'aurait bien voulu savoir la brigadière, dont les yeux verts cherchaient vainement la silhouette à forte carrure de l'ex-Commandor. Maintenant qu'il était démis de ses fonctions, elle ne le trouverait plus assis dans son bureau de la section anti-terroriste, devant son écran, à traiter quelque affaire importante. Non, à présent c'était Silvio, son nouveau Commandor, qu'elle trouvait à la place, bien qu'il était vrai que, parfois, elle vit les deux hommes ensemble. A présent, lorsqu'elle entrait dans cette pièce, c'était pour prévenir son nouveau patron d'un dossier sur lequel il faudrait se pencher, lui amener les rapports de la journée et parfois... pour mettre un peu d'ordre dans ledit bureau. Et la plupart du temps, on savait lorsque les mains féminines de la nouvelle Seconde étaient passées derrière. Quand Kathleen avait besoin de s'entretenir avec lui, elle rangeait les deux-trois objets qui pouvaient traîner, retirait d'un vif coup de manche la poussière qui s'était installée sur un meuble et ce, tout en prêtant attention à la conversation. Des petits riens, des gestes futiles, qui attestaient néanmoins de la présence d'une femme dans les hauts gradés de la Brigade. C'est aussi elle qui s'occupait de trier les messages reçus et de classer les demandes du plus au moins urgent afin que son Commandor ne soit pas submergé d'un travail qu'elle jugeait inutile ou qui pouvait largement attendre. Cependant, malgré ses efforts, Silvio pouvait rester devant son écran jusqu'à des heures indues pour achever un dossier... Kathleen, qui n'appréciait guère qu'il soit obligé de travailler si tard, faisait en sorte d'utiliser le moins son ordinateur portable pour lui transmettre les rapports et autres paperasses, préférant le voir directement. Ainsi, elle gardait toujours un oeil sur lui. Autant dire qu'elle lui conseillait très souvent de glisser dans son emploi du temps des sorties dans les souterrains pour être certaine qu'il bougerait, même si cela signifiait se dégourdir les pattes dans les catacombes à jouer au chat et à la souris avec les créatures. Mais plus qu'une simple considération d'amie inquiète, toutes ces expéditions permettaient au nouveau Commandor d'être auprès de ses hommes. Car, la crainte de Kathleen, pour qui le contact et l'écoute étaient des qualités essentielles lorsqu'on avait des hommes sous ses ordres, était que les récentes responsabilités de Silvio l'emprisonnent dans un carcan d'obligations.

    Cependant, toutes ces attentions ne signifiaient pas qu'elle le tenait par la main. D'ailleurs, elle n'en aurait jamais la prétention. Elle prenait certes son rôle de Seconde très à coeur, mais voyait plutôt ce grade comme un rôle de conseillère, ne le forçant ni dans ces décisions, ni dans ce qu'il souhaitait faire, à fortiori qu'elle mettait un point d'honneur à essayer de passer le maximum de temps sur le terrain -donc plutôt loin de tout ça- à aider ces collègues comme elle l'avait toujours fait. Certes, elle ne se voilait pas la face et savait qu'elle n'aurait plus cette liberté qu'elle possédait en tant que brigadière d'Élite ; alors qu'auparavant elle obéissait platement aux ordres en tant que sniper et commandait les équipes qu'on avait bien voulues lui former -bien que parfois on lui accorda plus de largesses- à présent, elle planifiait toutes ses missions elle-même avec l'aval de son Commandor. D'autant plus qu'elle partirait désormais rarement pour des missions de routine, mais uniquement pour des expéditions qui avaient un rapport étroit avec la rébellion. Ce qui signifiait peu ou plus de sorties simplettes pour aller remettre un boulon en place sur l'un des bunkers avec des camarades de la section de nettoyage...

    Bon, elle trouverait certainement un prétexte pour aller visser un ou deux boulons.... Enfin ! Il fallait bien avouer qu'elle s'était très peu attendue à recevoir une promotion. Disons que la démission de Wienfield l'avait surprise au plus haut point ; même si des rumeurs courraient sur la fragilité de sa santé mentale, elle n'aurait jamais imaginé un vétéran tel que lui quitter si rapidement ses fonctions ! Prise de court quand on lui avait demandé de seconder Anthelmios, elle avait néanmoins acceptée sans trop savoir où elle s'engageait réellement ; bien que se doutant en quoi pouvait consister le rôle de Second, et espérant qu'elle s'en tirait honorablement, quelques conseils ne lui paraissaient pas superflus. C'est pourquoi elle désirait parler avec son ex-Commandor... Elle l'estimait toujours énormément et il était sûrement la personne la plus apte à l'écouter et à l'aiguillonner...

    ...Mais encore fallait-il le trouver !

    Piétinant, lui semblait-il, depuis un moment au moins assez long pour commencer à ronger sa patience, Kathleen ne trouvait l'ancien Haut Conseiller nulle part ! Elle grommelait en virevoltant d'un couloir à un autre sous les regards curieux des brigadiers. Ne savait-on jamais, il était peut-être dans les SSU vu qu'il venait quelquefois discuter avec Silvio... Mais visiblement, après avoir gentiment tiré la manche de plusieurs brigadiers pour leur demander s'ils avaient aperçu Judikhael et reçu nombre de réponses négatives, il n'était pas dans les SSU. Par contre, un brigadier lui appris qu'il l'avait croisé en venant ! Où donc ? Dehors, dans la Cour Intérieure. Suite à un radieux sourire de remerciement, la jeune femme avait quitté les sous-sols. Rapidement tout de même, il ne s'agissait pas que ce cher Wienfield lui échappe.

    La Cour Intérieure était toujours aussi splendide et aussi calme. Mais parmi tous ces beaux parterres, aucun ne captait l'attention de la brigadière. Ses yeux furetaient de-ci de-là, à la recherche de l'ex-Commandor. Était-il derrière un buisson ? Visiblement, non. Jouait-il à cache-cache avec les fleurs ? Pourtant sa silhouette n'émergeait pas des primevères. Peut-être, dans ce cas, dans une des petites rivières au reflet d'argent le verrait-elle se baign... (tssss... Kathleen... ça, c'est à cause de la vidéo que lui avait montré Shane !)

    Bref, Revenons à nos bourdons. Oui, oui, ceux-là qui butinaient les fleurs derrière lesquelles Judikhael ne se cachait pas. Belles fleurs en passant, parfaites pour faire un bouquet. Silvio aimerait-il en avoir sur son bureau ? Il faudrait qu'elle essaye. Hum... Bref, avant toute chose, Judikhael ! D'ailleurs, n'était-ce pas lui qu'elle venait d'apercevoir, là, au détour d'un chemin ? Mais si ! La brigadière reconnut sans peine le vétéran et sa bouche s'étendit en un beau sourire.

    « Monsieur Wienfield ! » l'apostropha-t-elle d'une voix assez forte.

    Pas de réponse. Faisait-il la sourde d'oreille ? pensa Kathleen en fronçant les sourcils. Elle accéléra le pas pour ne pas le perdre de vue ; désirant gagner du temps, elle décida d'employer la manière forte, ultime, mortelle-de-la-mort-qui-tue-tout. C'est-à-dire... Vous verrez bien.

    Oxymore prit une grande inspiration (florale) et cria dans toute la Cour Intérieure, d'une voix étonnamment aiguë :

    « YOUHOUUUU ! JUDIKHAEL ! J'AI DES FLEURS POUR VOOOUUUUS ! »

    Après cette prestation, Judi était à présent obligé de se retourner, comme la moitié des badauds qui se promenaient ! Avouez que vous ne vous attendiez pas à ça, hein ?...

    Bon, remarquez, au passage, Kathleen ne s'attendait pas non plus, au même moment, à se prendre les pieds dans un caillou. Elle poussa un juron et tomba de tout son poids sur la personne en face d'elle... Parce que oui, heureusement pour Kathleen et malheureusement (?) pour la personne de devant, elle dut s'accrocher à l'individu, évitant ainsi un contact douloureux avec le sol.

    « Désolé ! » lança-t-elle.

    C'était de mieux en mieux, lorsqu'on ne lui fonçait pas dessus avec un vélojet, elle fonçait toute seule sur les gens. Oxymore se méfierait dorénavant lors de ses balades dans la Cour Intérieure... Cet endroit était décidément trop dangereux.

    [HRP : J'ai réussi à caser mes fleurs \o/ Bon, vers la fin j'ai commencé à m'emporter un peu donc il se peut qu'il y ait des choses qui ne vous convienne pas, surtout pour toi Judi. N'hésitez pas à me le dire et je corrigerai ^^]
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Kath
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Message par Judikhael Wienfield le Lun 14 Mar - 20:43

Stand my Ground

Soldat déchu, combattant à terre
Arme abattue, réduite en poussière,
Son combat, sa guerre, un échec
Ses ennemis, sa haine, en hypothèques.

Il avait beau comprendre et approuver la juste mesure de sa mise-au-ban, il ne pouvait s'empêcher de voir les choses ainsi. De le voir comme un échec. Un échec cuisant. Après tout, en 80 années de combat, il n'avait jamais réussi à arrêter la folie de Yan. En 80 années de combat, les rebelles leur menaient toujours la vie dure. Et pour être honnête, tout avait commencé par sa faute. Un simple couteau. Une simple idée de mort honnorable. Un geste de faiblesse. Une vie de sauvée inconsciemment, un ami devenu ennemi secouru sans s'en rendre compte, et voilà une guerre déclarée des décennies durant.

Il avait beau se dire qu'il avait fait ce que dictait sa conscience, qu'il avait tout fait ensuite pour racheter cettte monstrueuse erreur... Il avait beau se trouver moults prétextes tous aussi fallacieux les uns que que les autres, rien n'y faisait. Tout ceci sonnait si juste, tellement à la hauteur de sa faute, de son échec, de son incompétence peut-être même... Tout cela semblait au fond si mérité, si... juste. Simplement à la juste mesure de ces fautes et erreurs. Mais loin de le consoler, cela semblait le réduite en miettes plus encore. Il se sentait sali, souillé, son honneur entâché. Et s'il y avait bien une chose qu'il ne pouvait endurer dans une si grande impuissance, c'était bien cela. Son honneur entâché. Sans plus aucune possibilité de le purifier, de se racheter, de réparer ses erreurs. Tout était dès lors entre d'autres mains, et lui étaient pieds et poings liés, avec pour unique consigne... de rester à l'écart. A l'écart. Un ordre qu'il se sentait bien incapable de suivre, pour tout dire. Mais avait-il seulement le choix ?

Non, il ne l'avait pas. L'avait-il seulement eu un jour ? Sans doute, mais il avait dû le laisser filer. Sans doute avait-il dû laisser d'autres choisir pour lui. En bon soldat qu'il avait été, et qu'il était. Qu'il serait encore, quoiqu'il advienne. Son arme et son bras avaient beau être mis au repos, ils n'en restaient pas moins aussi forts que sa volonté le resterait. Non, il ne devait pas baisser le bras. S'il connaissait sa faute, son erreur, ses échecs, s'il reconnaissait la justesse de tout ceci, de ce qu'on avait fait de lui, il ne devait pas pour autant baisser les bras.

C'était, depuis le matin-même, ce qu'il commençait à se répéter, tel un leitmotiv qui lui permettrait, enfin, de remonter la pente. De se reprendre. Et de laver un jour son honneur déchu. Nouvelle résolution, que, dans son esprit entêté, il était bien déterminé à garder et à laquelle il rendrait alors hommage jusqu'au bout. Jusqu'à ses dernières forces. Quoiqu'il doive advenir de lui. Oui, quoiqu'il doive advenir de lui... Lui qui sentait, pressentait, que non, il ne trouverait sans doute jamais la sortie de Nosco. Non pas qu'il n'eût pas envie de sortir, mais... mais il sentait que sa fin serait ici, à jamais. Il n'avait pas fini ce qu'il devait accomplir ici. Il ne savait s'il avait pu finir ce qu'il devait accomplir avant d'arriver en Nosco, n'ayant pas recouvré tous ses souvenirs, loin de là même, mais... mais qu'importe. Il venait de se jurer à lui-même, telle une promesse divine et infaillible, qu'il finirait d'accomplir ce qu'il se devait d'accomplir en Nosco. Quelqu'en soit ensuite le prix à payer pour lui.

Digne résolution qui venait de lui donner la force de se lever ce matin, lui qui depuis trois jours était resté croupir dans son nouvel appartement de l'Aedes. Il avait même poussé l'effort jusqu'à se forcer à sortir. Jusqu'à aller vers le sanctuaire dans le secret espoir de trouver Artémia. Artémia, douce Artémia alors qui était le seul être lui permettant de retrouver des forces, si ce n'es physique, du moins mental. Il était si bien résolu aujourd'hui, qu'il avait décidé, après sa visite à Artémia, de se rendre au sapientia, pour aller, enfin, parler en toute franchise à Anna. Lui avouer. Pour mieux trouver une solution avec elle, et se plier cette fois-ci à ses consignes. Toutes ses consignes. Il savait déjà cette démarche particulièrement difficile pour lui. Dur aveu que cela impliquait. Mais il savait dès lors ne plus avoir le choix. C'était l'une des conditions sinequa none pour qu'il parvienne à tenir sa promesse, sa résolution. C'était la première étape. La plus dure, mais une fois franchie, l'étape décisive qui pourrait lui assurer, enfin, la victoire sur tout le reste. Sur lui-même avant toute chose d'ailleurs.

« YOUHOUUUU ! JUDIKHAEL ! J'AI DES FLEURS POUR VOOOUUUUS ! »

Tout à ses pensées, il n'avait pas vu la personne cherchant à le rejoindre. Ce fut donc dans un sursaut qu'il se retourna vers la voix qui le hélait de cette façon. Une voix qu'il connaissait très bien et pour cause, elle appartenait à la nouvelle seconde de l'anti-terroriste, cette jeune et prometteuse brigadière qu'il estimait grandement, Kathleen Velstiam. S'il fut surpris qu'on le héla par son prénom, il n'en dit rien, et se contenta de s'arrêter et de l'attendre, un simple "Miss Velstiam", en guise de salutations.

Salutations qui s'arrêtèrent bien vite toutefois, la jeune femme venant de percuter une tierce personne. Et nul autre que le haut conseiller Lou Jiwi Kemshir. Inutile de dire que ce genre de personnage était peu enclin à accepter sans s'écrier une telle... rencontre. Judikhael se dépêcha donc de rejoindre le duo d'un pas rapide et assuré, retrouvant d'un coup la prestance qu'il avait cru le fuir, espérant parvenir à jouer les tampons entre la jeune Velstiam et le vieux loup qu'était Kemshir. Arrivé à leur hauteur, il attrapa doucement le coude de la brigadière et l'aida à se relever.

- Rien de mal ? S'enquit-il auprès de la jeune femme, tout en la sondant d'un rapide coup d'oeil, avant de reporter son attention sur le haut conseiller qui se relevait à son tour. Votre excellence Kemshir, salua-t-il, poliment mais plutôt froidement.

Pour tout dire,Kemshir et lui n'avaient jamais été réellement en très bons termes. Pas forcément en mauvais non plus, pas tout le temps, mais rarement en bons termes... Et ses bonnes résolutions ne passaient pas par aplanir se spropres convictions ou pensées pour plaire à ses anciens paires.


_________________
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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

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Message par Lou Jiwi Kemshir le Dim 10 Avr - 22:11

« Même les fantômes ont un nom, à toi aussi on en a donné un. »

Dans la nuit artificielle, les ombres avaient presque toutes disparues et si les fantômes existaient, ils s'étaient bien cachés dans les nappes de ténèbres qui enveloppaient comme d'un rien la pièce. Si l'on ne connaissait pas sur le bout des doigts la moindre chose qu'il y avait, on aurait sans doute des difficultés à s'y repérer sans se cogner à un coin de table ou se prendre les pieds dans quelque chose de non identifié qui trainait par terre mais sûrement pas par hasard, pour qui connaissait l'occupant.
Tapie dans l'ombre, l'ombre elle-même restait immobile, attendait patiemment l'arrivée de sa proie, préparait mentalement l'événement dont l'approche était imminente. Dieu que la chasse à l'homme et l'infiltration pouvaient lui manquer parfois, à tel point qu'il lui arrivait de se sentir prêt à revenir sur les décisions qu'il avait prises bien des années auparavant. Alors il lui arrivait de se laisser aller à quelque petit plaisir qui lui servait en passant à garder immaculée sa si chère réputation et donc de rester tranquille pour les prochaines années à venir. Enfin, si l'on comptait que les anciens feraient bien leur boulot, c'est-à-dire mettre en garde ces âmes si pures et innocentes, et donc affreusement horripilantes, qu'étaient ceux qu'on appelait plus communément les nouveaux oubliés ou arrivés, selon les versions.
L'inconvénient de Nosco qui le gênait le plus était sans aucun doute la taille si restreinte de la ville, malgré le labyrinthe des souterrains. Il devenait alors impossible de se retirer pour quelques temps, de partir à la conquête de quelque nouvelle terre. C'était bien la seule et unique raison qui lui avait permis de s'enchaîner à une telle contrainte qu'était le boulot de haut conseiller. Oh, passons la jalousie naïve et maladive de ceux qui prétendaient qu'il était un fou du pouvoir et qu'il raffolait qu'on enchaîne une infinité de titres aussi farfelus les uns que les autres qui lui donnaient autant au moins de nausées qu'à ceux qui se prenaient à ce petit jeu. Mais allons plutôt directement à la vérité : on ne savait pas pourquoi il avait accepté cette promotion, lui le râleur, l'insatisfait chronique, l'homme libre. Peut-être que lui-même l'ignorait. Quelle était donc l'idée qu'il avait derrière la tête ? En dehors des facilités et de la tranquillité qu'apportait un tel rang, qu'en attendait-il vraiment ?

« Votre ex... AAAAAH !! » trouva seulement à hurler le pauvre homme qui avait eu pour punition la mission de pousser la porte et de franchir le seuil du bureau du second de la brigade scientifique mais surtout du haut conseiller, pour une raison que je ne citerai pas puisqu'elle n'a absolument pas la moindre importance ici.

L'origine de son cri ? Aucun doute. A peine avait-il fait un pas et ouvert la bouche qu'un bruit avait sifflé à son oreille et qu'une dague avait frôlé son visage et était allée se planter dans le premier obstacle qu'elle avait rencontré.

« Je vous jure que je n'ai rien fait ! » gémit le pauvre homme, mort de trouille. Babillage qui le fit fortement sourire, alors qu'il était encore planqué dans l'ombre.
« Quel dommage... je vous ai raté ! » siffla-t-il à la fois sérieux et pas le moins du monde convaincu de ce qu'il disait.

Un silence lourd s'installa. L'homme cherchait dans l'obscurité où le démon pouvait bien se cacher sans toutefois avoir la témérité de prononcer à nouveau quelques mots innocents mais qui pourraient très bien, par un obscur mystère, mettre hors de lui le haut conseiller. A moins que tout ça ne soit qu'un jeu, un jeu follement amusant.

« Et que me vaut l'immense honneur de la visite de votre incompétence ? » Demanda-t-il quand il se lassa enfin de la petite scène qu'il avait provoquée.

L'homme afficha un air étonné, tout en se tournant avec nervosité sur le côté, là où il avait entendu pour la dernière fois la voix.

« Eh bien... euh... vous... vous le savez... enfin je veux dire... je vous apporte le résultat des recherches que vous aviez demandées. » minauda-t-il à toute vitesse, la voix suraiguë et tremblante, les yeux écarquillés.
« Il vous en a fallu du temps ! » répliqua-t-il d'une voix qui simulait la fureur alors qu'il lui arrachait des mains la feuille électronique où l'on avait téléchargé les résultats.

L'homme fit un bon sur le côté, retenant tout juste un nouveau cri de surprise. Il était venu juste à côté de lui ! Il l'avait frôlé et lui, il ne s'en était même pas rendu compte ! Mais alors qu'il se remettait tout juste de ses émotions, voilà qu'on lui plaquait la feuille contre le torse pour qu'il la reprenne et qu'on claquait la porte derrière lui, ne se souciant même pas qu'on l'avait laissé là, tout seul, dans son bureau !

Petit jeu, petit amusement. Il s'était peu attardé dessus et était déjà passé à autre chose alors qu'il traversait le laboratoire d'un pas rapide et déterminé, direction les jardins de la cour intérieure. Comme toujours, sa présence se caractérisait par cette étrange légèreté et l'on entendait plus le bruissement inévitable de sa cape que le bruit de ses pas, comme si contrairement aux autres hommes, il ne marchait pas vraiment sur le sol. Cette allure toujours pressée avait l'avantage de décourager ceux qui osaient encore lui adresser la parole ou plutôt qui le devaient lorsque ce n'était finalement pas si urgent que ça.
Depuis longtemps on avait abandonné l'idée qu'il pouvait parfois souffrir de la solitude qu'il avait lui-même construite autour de lui en ne se lassant jamais de rejeter encore et toujours ceux qui venaient le voir. On l'attribuait souvent à la connaissance de son passé car il n'avait pas toujours été aussi solitaire autrefois. Peut-être souffrait-il de quelque blessure passée ou avait-il découvert qu'il était préférable de fermer aux autres son cœur. Après tout, on ne se souvenait pas qu'il ait eu quelque amour dans sa vie, ni des amis qui lui soient véritablement très proches dès que la relation aurait pu devenir un peu plus intime. Bizarrerie sociale qu'on ne relevait plus quand on avait vu un tableau assez précis de l'énergumène qu'il était, plus étrange qu'une foire itinérante.

Après avoir pris le chemin inverse, fidèle à lui-même, puis après quelques grognements, il trouva celui qui était le plus efficace pour regagner la surface et surtout l'endroit qu'il voulait atteindre le plus vite possible – n'aimant pas perdre ainsi son temps – il s'arrêta un instant, observant silencieusement ce qu'il se passait autour de lui, comme il en avait la manie depuis presque toujours. L'observation c'était capital à ses yeux, on ne faisait jamais rien de bien sans avoir observé puis réfléchi, ne serait-ce que le temps d'une demi seconde.

« Pourquoi est-ce que tu es silencieux comme ça ? Tu crois que parler ne sert à rien, que le mutisme c'est mieux, que c'est plus efficace ? »

Un bruit le tira de son observation, la sonnerie de son téléphone. Il tira de sa poche l'objet dont il se passait habituellement très bien et regarda l'écran qui lui indiquait qui était son fictif interlocuteur. C'était son commandor, l'incompétent dont il était à la fois le subalterne et le supérieur direct, en tant que haut conseiller chargé de la branche scientifique. Rien donc qui le reliait à l'impératrice ou qui lui annonçait une réunion improvisée du conseil. Il fit taire l'engin et le rangea à sa place, levant rapidement les yeux sur la cruche qui poussait des cris aigus à lui en vriller les oreilles. La fille d'ailleurs, dont la silhouette ne lui paraissait pas inconnue, fonçait tout droit sur lui et il se contenta de rester immobile, bloquant son chemin. La collision ne manqua pas, surtout qu'un caillou qui trainait là, comme de par hasard, avait décidé de se mêler à la fête et de rendre encore plus ridicule la chute de la demoiselle. La réaction du haut conseiller ne se fit pas attendre non plus et, sans lui demander son avis, il releva la gamine d'un geste ferme et précis mais pas vraiment brutal ni douloureux, comme on aurait pu s'y attendre, il s'y mêlait même une étrange douceur qu'on ne lui connaissait pas.
Peu de temps s'était écoulé mais suffisamment pour que l'homme qu'appelait Velstiam les rejoigne, autrement dit celui qui avait fait la une des journaux à cause d'une rare incompétence. Autant dire que celui qui fut un jour peut-être son collègue et pour qui il n'avait pas beaucoup d'estime en avait bien vite perdu toute trace, en comptait qu'un quelconque respect ait déjà existé dans son esprit.

« Vous l'avez trouvé dans une pochette surprise votre rang de seconde pour être si peu observatrice ? » lâcha-t-il sèchement tout en la regardant droit dans les yeux.

Une insulte dont il avait évidemment profité pour ignorer royalement les salutations faussement respectueuses de l'autre. Mais finalement, quand il se fut lassé d'admirer la beauté ô combien divine et exotique de la blonde, il tourna son attention vers l'homme qui était largement plus grand et plus musclé que lui mais au moins aussi largement loin de l'impressionner et encore plus de lui faire peur.

« Tiens donc, Wienfield ! » lança-t-il avait gaieté « Quel plaisir de vous revoir ! Vous êtes enfin sorti de votre grotte ? Oh je suis sûr que votre chère impératrice sera ravie d'apprendre que vous avez eu le courage de ne pas fuir votre honte dans un autre monde ! »

Quelques phrases pour un si grand homme, voilà de quoi flatter son pauvre égo en mal de caresses. Toutefois il ne lui fit pas l'honneur de s'attarder davantage et se contenta de le gratifier d'un grand sourire.

« J'espère que votre mariage s'annonce... bien. Ce serait tellement dommage qu'il ne vaille pas le sacrifice. »

Oh, attaquer les gens sur leurs points faibles n'avait plus rien d'excitant pour lui qui le faisait depuis si longtemps et qui avait donc eu le temps de voir à peu près toutes les réactions possibles et de les étudier à loisir mais ça restait une méthode très efficace pour analyser le comportement des gens. Et après tout, s'il n'y avait plus aucun espoir à fonder sur le tas de muscles, peut-être que la petite, sur laquelle il ne s'était jamais attardée jusqu'à maintenant mais qui semblait prendre de l'importance en vue de son nouveau grade, lui montrerait quelque chose d'intéressant. Peut-être même songerait-il à la connaître davantage et qu'il s'y intéresserait assez, qu'elle montrerait assez de compétences pour qu'elle aille jusqu'à servir ses plans. Une ancienne sniper, ça peut toujours servir et au pire, on pouvait toujours la jeter en pâture aux créatures si elle ne servait vraiment à rien, un peu comme Wienfield.
Lou Jiwi Kemshir
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Message par Kath le Dim 17 Avr - 14:36


    La venue de l'obstacle vicieux l'avait mise dans une condition peu honorable, si on omettait d'y ajouter le ridicule de son numéro de tout à l'heure. Elle aurait rigolé bien volontiers de sa chute si le regard froid de l'homme qui l'avait relevé prestement ne s'était pas planté dans le sien, glaçant ses ardeurs.

    Il était rare qu'une réputation suffise à la brigadière pour considérer une personne, mais Kemshir faisait partie de ses exceptions. L'allure du personnage en lui-même ne prêtant pas à la sympathie, il était facile de lui associer le caractère désagréable voire insupportable qu'on lui décrivait et qui se justifia pleinement dans la remarque acerbe qu'il lui envoya gratuitement. Est-ce que Kathleen était vexée ? On ne saurait trop le dire car elle soutint sans ciller le regard insistant du Haut Conseiller, qui, par comparaison, était nettement moins terrifiant que les créatures qu'elle avait l'habitude d'affronter. En d'autres circonstances, sans doute aurait-elle ignoré la remarque et aurait fait profil bas, mais puisqu'elle était déjà ridicule... Le pli crispé de sa lèvre, qui aurait pu traduire un malaise, se transforma en un sourire ni cruellement mauvais mais loin d'être sincère.

    « Je suis vraiment désolée Votre Excellence, malheureusement, je pense que ma vue a dû encore empirer ! Justement, je pensais me rendre dès que possible au Sapientia pour un nouveau bilan. Bientôt il sera plus rentable de me greffer de nouveaux yeux que de prendre la peine de les corriger. Mais quelle que soit la solution choisie, je veillerai à ne plus être une menace pour votre illustre personne, » répondit-elle sur ton faussement joyeux.

    Heureusement, Judikhael était arrivé lui aussi, soit parce que son appel avait fonctionné ou parce qu'il ne voulait pas la laisser entre les griffes du Haut Conseiller. Ou bien était-ce par souci des deux qu'il était venu, s'enquérant de son état. Kathleen le salua aussi poliment qu'à l'accoutumée, comme si elle ne l'avait jamais appelé par son prénom et que son rang perdu ne changeait rien à la donne, à ceci près qu'elle utilisa un sobre "Monsieur Wienfield" au lieu des habituels "Mon Commandor" ou "Votre Excellence." Elle lui assura qu'elle allait bien et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Se disant elle lissa d'un coup de main expert ses vêtements froissés. Cette fois-ci, le sourire qu'elle adressa à son ancien Commandor était réellement sincère, mais elle avait tourné le dos à l'autre, certainement trop occupé à déverser son venin plutôt qu'à lui prêter attention. Quand le Haut Conseiller eut terminé, la brigadière dit doucement :

    « Pour ma part, je suis très heureuse pour votre mariage. Mes félicitations. »

    Elle espérait que la jeune prêtresse aiderait son ancien Commandor à retrouver pleinement ses moyens. Kathleen était peinée qu'il ait dû quitter ainsi ses fonctions car elle savait qu'en perdant Judikhael, la Brigade perdait beaucoup. Elle continua, ignorant royalement l'insupportable personnage :

    « J'espère que ma conduite cavalière de tout à l'heure ne vous a pas vexé. Si vous avez le temps, j'aurai aimé vous parler. Pas forcément ici. »

    En rajoutant cela, elle avait jeté un coup d'oeil à peine voilé en direction du scientifique, dont elle n'avait aucune envie qu'il entende ses préoccupations. Kathleen se tança intérieurement pour cette maladresse qui lui valait la présence du Haut Conseiller. Si encore elle était tombée sur n'importe quel noscoien lambda... mais non, évidemment, il avait fallu qu'elle chute sur le personnage de Nosco sûrement doté du pire caractère qui puisse exister.

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Message par Judikhael Wienfield le Mer 1 Juin - 19:57

« Vous l'avez trouvé dans une pochette surprise votre rang de seconde pour être si peu observatrice ? »

Cette simple petite phrase, crachée d'un venin acide dont le propriétaire avait seul le secret, suffit à égratigner plus encore les nerfs déjà bien à vifs et difficilement contrôlables ces derniers temps de l'ex-commandor. Il s'apprêtait à rétorquer tout aussi acidement, en demandant de quel droit un simple second, et il faisait alors ostensiblement abstraction du côté haut conseiller auquel l'autre pouvait également prétendre, se permettait de remettre ainsi en question les choix de promotion accordée par l'impératrice. Il n'eut toutefois jamais l'occasion de placer sa répliquer que ledit autre, plus vif qu'un serpent ayant trouvé sa proie, reprenait de plus belle, cette fois en s'adressant directement à lui.

« Vous êtes enfin sorti de votre grotte ? Oh je suis sûr que votre chère impératrice sera ravie d'apprendre que vous avez eu le courage de ne pas fuir votre honte dans un autre monde ! »

Fichtre. Le bougre savait frapper là où ca faisait mal. Pas qu'il n'en ait pas l'habitude. Quand Judikhael était encore du Haut Conseil, au même titre que cette vipère, il avait déjà eu droit à maintes répliques de ce genre, ou d'un goût tout aussi douteux. Entre Howard et lui, l'ex-commandor de la section anti-terroriste en avait vu d'autres. Mais il devait avouer qu'il les avait vécu alors beaucoup mieux, escomptant le fait qu'il était alors leur égal, et pouvait aisément leur rétorquer tout aussi acidement sans aucun scrupule. Ce qui, aujourd'hui, était tout autre. La donne avait fortement changé, l'autre ayant toutes les cartes en main, et lui-même étant dépourvu de tout atout dès lors....

« J'espère que votre mariage s'annonce... bien. Ce serait tellement dommage qu'il ne vaille pas le sacrifice. »

Et encore une fois, sa réplique lui fut coupée en plein élan par l'intervention de la toute nouvelle seconde.

« Pour ma part, je suis très heureuse pour votre mariage. Mes félicitations. »

- Merci à tous deux, susurra-t-il enfin d'un ton aussi calme que possible.

De ce ton calme légendaire qui lui avait valu sa réputation de volcan prêt à entrer en irruption à tout moment. De ce ton dont il usait avant la grande tempête. Si ce n'est qu'en ce jour, il s'était promis de ne pas déclencher de tempête justement. Il se contenta de darder un regard des plus polaires à son ancien "confrère", avant de reprendre d'une voix qu'il s'efforça de rester aussi impassible que possible :

- Vous pourrez constater vous-même la réussite de ce mariage unique en son genre, puisque tout le monde en Nosco, rebelles exceptés, sera invité pour l'occasion. Quant au sacrifice.... Je ne vois nullement de quoi vous parlez. Ce mariage n'a rien à voir avec ma destitution. Et n'est-il pas d'ailleurs fait mention d'un "temporaire" dans mon assignement au congé forcé ?

Il parlait bien entendu de l'assignement concernant sa destitution au poste de haut conseiller, puisque la destitution au poste de commandor quant à elle semblait bel et bien définitive.

- Mais peut-être ai-je mal lu cet assignement justement. Le Haut Conseiller que vous êtes, encore, pourra alors corriger mon erreur.

Se disant, il adressa un sourire faussement poli à l'autre homme, ses perles azuréennes s'ancrant dans le regard vil de l'autre de façon ostentatoire, avant de finalement reporter son attention sur la jeune femme qui allait bientôt devoir jouer les arbitres. Heureusement, elle eut la présence d'esprit d'"intervenir" en lui demandant une entrevue privée.

« J'espère que ma conduite cavalière de tout à l'heure ne vous a pas vexé. Si vous avez le temps, j'aurai aimé vous parler. Pas forcément ici. »

- Il n'y a aucun souci, la rassura-t-il, cette fois avec un sourire sincère comme rarement il en offrait, surtout à ses brigadiers.

Enfin à ceux qui avaient été il fut un temps ses brigadiers.

- Evidemment je suis entièrement à votre service, reprit-il aussi humblement que son égo écorché le lui permettait, en offrant ainsi à la jeune femme le lieu et le moment de l'entrevue qu'elle désirait.

Il se retint de préciser que son emploi du temps était si vide que cette entrevue était même une bénédiction pour lui, d'ordinaire homme d'action.

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Message par Lou Jiwi Kemshir le Dim 19 Juin - 18:53

Il avait fallu beaucoup de temps à Kemshir pour construire l'identité chimérique qu'il utilisait désormais sans vergogne mais il n'avait suffit que de quelques coups menés avec habileté pour se faire une réputation qui resterait pour longtemps indélébile dans les mémoires de ces pauvres être perdus. Le seul moyen de la changer aurait été de faire preuve de gentillesse, de s'efforcer pendant longtemps à montrer sa bonne volonté pour qu'on n'y lise plus de sournoiserie. Malheureusement, si le rôle du méchant le rendait narcoleptique, celui du gentil l'ennuyait tant qu'il ne pouvait que lui donner de mauvais instincts. L'explication supplémentaire consistait à dire qu'on ne lui avait pas appris à être gentil et donc qu'il ne pouvait pas l'être. On lui avait appris en revanche à se taire et il avait pris conscience à Nosco du pouvoir de la parole. L'alliance de son éducation à l'art du discours qu'il maîtrisa rapidement furent pour longtemps une délicieuse drogue.

― Oh je crains que le coût d'une telle opération soit bien plus onéreux que celui de votre aimable personne, mais rassurez-vous, nous tiendrons promptement une séance pour régler votre petit problème, siffla-t-il sans se préoccuper de parler assez fort pour être aisément entendu.

Si l'on cherchait à savoir pourquoi ses réponses avaient presque toujours ce petit goût de raillerie et de cynisme, on perdait vite son temps. Peut-être avait-il prononcé ces quelques mots pour clouer le bec à la petite ou lui montrait qu'on ne rivalisait pas si facilement avec lui, c'était peut-être par amusement ou par ennui, ou bien il n'y avait tout simplement aucune raison. Son regard brillait vaguement d'une étincelle difficile à analyser.

Ses yeux se perdirent au loin, il n'écouta que distraitement la petite conversation faussement polie et hypocrite entre les deux et quand bien même il y aurait eu de l'amitié là-dedans, le spectacle en était d'autant plus pitoyable. Avaient-ils donc besoin de prendre autant de distance l'un envers l'autre ? Le regard de son ancien collègue s'était un moment fixé dans ses prunelles mais il avait détourné la tête, ne lui offrant pas le luxe de sonder son regard, à considérer qu'il y aurait lu quelque chose d'intelligible.
Les gens qui se croyaient capables de lire dans la tête des autres ne l'avaient que rarement impressionné, lui pour qui l'observation était une qualité qu'il avait aiguisée comme un couteau ne savait que déplorer les inattentions des autres. Les rares qui avaient pu deviner ses intentions ne s'étaient plus heurtés à un mur, ils étaient tombés dans un gouffre. Tant de questions, tant d'incertitudes et de choses contradictoires une fois la muraille abattue. Il semblait aimer les regarder se perdre. Voir les hommes gesticuler autour de lui, remuer l'air sans jamais rien créer d'autre que de l'improductif, ce ne pouvait être qu'amusant dans la tête d'un cynique.

On devinait pourtant le mépris qu'il avait pour ceux qui touchaient aux mêmes domaines que les siens, il y avait mis tant d'ardeur, il plaçait la barre de la perfection si haute qu'on se doutait que nul n'atteindrait jamais la hauteur de ses exigences. Lui-même ne devait pas faire exception à la règle. Tournait-il sa propre ironie sur lui-même ? Son perfectionnisme le lui dictait, l'ego qu'on lui collait sans cesse y faisait obstacle.
Mais cet homme, ne se contentait-il pas simplement de répondre aux exigences que les autres mettaient sur lui, ne se mettait-il pas en quatre pour offrir au regard des autres un tableau d'une ressemblance époustouflante à l'image qu'on pouvait avoir de lui ?

― J'ai vu des temporaires se prolonger bien longtemps. Une sentence si douce pourrait paraître finalement bien acide si l'on vous laisse languir désespérément dans l'attente, lâcha-t-il tout d'un coup, comme s'il faisait un brusque retour à la réalité.

Son regard ne chercha pas celui du mis à pied, appuyant ainsi la haute estime qu'il lui portait depuis presque toujours envers lui. Il avait plus que tout du mépris pour ces hommes de guerre, il avait vu bien assez de généraux, il avait lui-même bien assez exercé pour se faire une opinion très lucide de la chose. Bien sûr, il n'allait pas nier que Wienfield était un bon petit soldat et qu'il s'en était jusqu'à maintenant assez bien tiré avec sa fonction de commandor et ses responsabilités et ses obligations et ses petits problèmes de santé et ceux de cœur mais le problème était toujours le même, il était bon et c'était tout. Pire, il ne cherchait pas à faire mieux, il n'avait jamais lu dans ses actions autre chose que de la médiocrité et de la satisfaction pour le maigre travail qu'il produisait. Par tous les dieux que vous voulez, il avait été le filleul du chef de la rébellion et toutes les années qu'ils avaient passées ensemble ne lui avaient pas suffi à venir à bout de cet autre chevelu ? Pire encore, c'était lui qui avait permis, d'une manière fortuite certes, la fondation de ladite rébellion. Pourtant, si Kemshir devait lui reprocher quelque chose ce n'était pas cela, son expérience en terme de dictatures en tout genre et celle qu'il avait sur la race humaine lui avait fait bien vite comprendre qu'on ne pouvait pas mettre tout le monde dans le même panier et qu'il y aurait toujours des gens assez cons ou intelligents pour s'opposer à n'importe quelle décision, quoi qu'en dise la masse ou le plus fin des manipulateurs. Non, ce qui avait don de rendre fou quelqu'un d'extrêmement exigeant et surtout de lui donner envie de le jeter en pâture aux créatures c'était qu'il n'avait jamais donné de résultats encourageants dans sa mission, il avait même poussé le zèle de son incompétence à se faire capturer par ses propres ennemis.
Devant lui se dressait un incapable et s'il n'avait jamais su donner la juste mesure à ses sentiments, il aurait sans doute éprouvé colère et dégoût à son égard.

La petite, elle, pouvait facilement passer pour une ambitieuse, c'était le genre de reproche que l'on pouvait faire à tous ceux qui montaient en grade rapidement, surtout lorsque ladite promotion était due à la destitution d'un autre. Son regard traina un instant sur son visage, il faudrait qu'il voit un jour ce dont elle était capable.

― Vous n'invitez donc pas les rebelles ? S'étonna-t-il subitement. Je croyais que vous y conserviez certains de vos amis. J'aurais aimé les voir, au moins leurs bouffonneries auraient apporté un trait distrayant à une plate cérémonie comme celle-ci.

Son regard cette fois se planta dans celui de l'autre homme. Il avait parlé avec certain amusement mais son expression avait tout le sérieux du monde.


[Gnn. Peut mieux faire. *s'auto-lapide* Bon sinon vous avez le droit de me fuir en courant, promis, je ne vous poursuivrai pas u.u]
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Message par Kath le Mer 29 Juin - 21:34


    Qui y a-t-il à dire de plus sur le personnage de Kemshir, excepté qu'on aimerait lui trancher la langue pour avoir la paix ? Mais même de cette manière-ci, on pourrait penser que le problème ne serait pas entièrement réglé : s'il était privé de sa parole, le bougre trouverait un autre moyen pour rendre l'existence de chacun infernale. Donc, la solution restante et la plus extrême serait de lui planter un poignard dans le coeur, en supposant qu'il en ait un ou qu'il ne soit pas si dur que la lame se briserait à son contact.

    En effet, cette idée barbare effleura brièvement l'esprit agacé de Kathleen. Kemshir était un être humain mais elle avait du mal à imaginer des émotions sincères tels que la tristesse ou la joie - une joie véritable, non pas cette espèce de gaieté vicieuse qu'elle lisait dans ses yeux – traverser son visage. Cela lui paraissait si invraisemblable que c'était à se demander si ses larmes, en coulant, brûleraient sa joue pâle. Il prenait un plaisir pervers à enfoncer ses piques dans les points les plus sensibles et la Seconde sentait la colère bouillonner chez Judikhael, bien que ce dernier conserva un calme tout à fait honorable. La brigadière s'en sortait bien pour le moment puisque le Haut Conseiller s'acharnait surtout sur Judikhael. Pour la sniper, les railleries s'étaient arrêtées à sa récente promotion, qui, lorsqu'on y réfléchissait, n'avait effectivement rien de glorieux. Il avait fallu boucher les trous apparus dans la hiérarchie, histoire de bien faire les choses, donc elle avait été promue. Parallèlement, il y avait sûrement plus matière à s'attaquer à un ex-Commandor déchu de ses fonctions qu'à une brigadière docile montée en grade par un coup chance.

    « Je suis libre quand vous le souhaitez, » lança-t-elle simplement au Haut Conseiller, avec un sourire mauvais.

    Dans toutes ses paroles, le ton du Haut Conseiller révoltait Kathleen et, pour peu qu'elle ait été de nature impulsive et déraisonnée, elle aurait tenté un coup de poing dans la face du loup. Cependant, Judikhael avait suffisamment de maturité pour se défendre, seul, face aux attaques de Kemshir et si Oxymore avait voulu lui offrir de l'aide, nul doute que ces propos auraient de toutes façons été retournés contre eux par la langue habile de cette vipère.

    Le mieux semblait encore de baisser l'échine et de se taire face à tant de cynisme et d'antipathie. Essuyer les coups. Toutefois, un amour-propre profondément ancré dans la nature humaine dictait tout l'inverse et il semblait inconcevable de se laisser faire par ce sale individu. Pourtant, Kathleen fit taire son orgueil et préféra choisir l'option du silence, qui ne donnerait pas d'ouvertures faciles au Haut Conseiller pour l'atteindre. Enfin, est-ce que cela l'atteignait vraiment ? Pour être franc, cet homme étant ce qu'il était - soit un ramassis de sarcasmes et de méchanceté - on pouvait presque dire que cela n'avait au final aucune importance qu'il se montre si détestable ; c'était ainsi qu'il se comportait avec tout le monde, sans exception, apparemment. Par conséquent, bien que ces remarques soient ciblées, il n'y avait pas tellement de raisons de les prendre pour soi alors qu'il les servait, différemment soit mais avec un fond similaire, au reste des noscoiens. C'était ces constatations personnelles qui empêchaient la brigadière de lui sauter à la gorge.

    Kathleen examina le visage du Haut Conseiller, essayant de deviner ses émotions, mais cet exercice se révéla impossible ; il faisait trop sombre dans ses prunelles pour comprendre quoi que ce soit en une observation. Bien sûr on y voyait avant tout du mépris et sa joie perfide, mais impossible de lire les véritables pensées derrière. Le masque était trop épais. Cet homme cachait des choses, beaucoup de choses, et c'était peut-être de se demander ce que ces secrets étaient qui le rendait terrifiant. Il dégageait une impression d'assurance si forte qu'on avait le sentiment qu'il écartelait la personnalité et l'âme de l'être en face en quelques paroles aiguisés. Alors, que faire de plus pour se défendre si ce n'était jouer à son petit jeu et rentrer dans ses railleries ? Fallait-il s'énerver tout de suite ou contenir son ire ?

    Tandis que Judikhael était sur la deuxième option, Kathleen, elle, restait au stade passif. Si elle était énervée contre le Haut Conseiller, elle était aussi déçue. Pas parce qu'il ne répondait pas aux critères de sa sombre réputation - il y correspondait parfaitement - mais parce que cela voulait dire qu'il s'adonnait toujours au même jeu méprisable, seules la tactique et la victime changeaient. Alors, évidemment qu'il devait avoir une bonne connaissance des sentiments humains mais aux yeux de Kathleen il s'en moquait tellement, devait les considérer si mécaniques, qu'il ne devait plus en connaître la profondeur réelle. Etait-ce de la déception et une peine infime à l'égard du personnage qu'on apercevait dans son regard vert ?

    « Merci beaucoup, » répondit-elle enfin à Judikhael, le remerciant d'accepter de lui donner de son temps pour répondre à ses interrogations.

    Néanmoins, ce n'était pas le meilleur moment pour discuter. Malheureusement, elle ne savait pas si l'autre allait partir ou continuer à les envenimer encore longtemps. Mais autant Kathleen c'était peut-être montrée téméraire en début de conversation, autant elle n'avait plus l'envie de s'attaquer à cet homme qui avait oublié ce que pouvait être la gentillesse ou l'affection, la brigadière étant de ses personnes qui accordaient de l'importance aux sentiments et à leur autenthicité. Si elle rendit son sourire à Judikhael, c'était un regard glacé et noir qu'elle réservait au Haut Conseiller ; elle ne s'attendait pas à ce que cela lui fasse peur, qu'il s'en moque complètement comme il le faisait si bien, mais à cet instant il ne méritait pas grand-chose d'autre de sa part.


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Message par Judikhael Wienfield le Jeu 7 Juil - 10:55

Il était étrange de voir à quel point, lui qui était si patient dans le temps était devenu depuis peu si... frileux, si volcanique, si impulsif. Chaque mot, chaque phrase que l'autre lui offrait semblait percer de plus en plus la frêle roche, de plus en plus friable, qui retenait encore la lave de sa colère. Pas même la présence de la jeune Velstiam, qui faisait pourtant tout son possible pour ignorer les sarcasmes de l'autre et qui tentait d'apaiser les tensions grandissantes entre le trio, ne parvenait à contenir la fureur foudroyante qui semblait s'emparer de son ancien commandor.

Et si en d'autres temps, il aurait tout fait pour la contenir, Judikhael devait aussi avouer n'avoir en cet instant aucune envie de se montrer fairplay, raisonnable ou quoique ce soit de ce genre. Si en d'autres temps, l'"exemple" qu'il devait donner aurait suffit à retenir sa main et sa vive colère ardente, à cet instant, il n'avait plus cet argument de choix à se donner. Il n'était plus rien, ni commandor, ni haut conseiller, ni même rien, puisqu'on l'avait mis au "chômage" forcé, lui qui détestait l'inactivité et dont le repos le minait plus qu'autre chose. Plus rien, plus d'"exemple" à donner donc... Plus rien pour le retenir...

Et quand arriva l'insinuation de trop sur ses potentiels "amis" gardés au sein des rebelles, lui qui pourtant avait fait montre d'aucune partialité envers ceux qu'effectivement il aurait pu estimer dans ce camp de traîtres, lui qui avait été jusqu'à torturer jusqu'à plus soif celui qui avait été un temps son parrain et son frère d'arme, la folie sembla prendre toute part sur la maigre raison qu'il pouvait lui rester. Cela se voyait peut-être à l'éclat soudain anormalement fou de ces iris glacés. Si ce corbeau de malheur trouvait toute cette guerre amusante et bouffonne, il n'en était rien pour Judikhael qui y avait vu mourir nombre de noscoiens, Guildiens, tout autant que Rebelles, si ce n'était pas aussi quelques Congrégationnistes. Tel un prédateur, Judikhael se rua alors sur l'homme d'apparence si frêle, son poing au devant, visant la joue qui fut alors percutée de plein fouet, faisant même saigner une lèvre.

L'homme avait toutefois certainement vu venir le mouvement car sinon il aurait été projeté à terre sous l'impact si violent que lui infligeait l'ex-commandor. Au lieu de quoi, Kemshir était encore debout, reculant d'un pas et pivotant légèrement dans le même mouvement, pour mieux laisser passer la tornade Wienfield à sa droite. Mais Judikhael avait bien trop l'habitude des combats, même si le combat à mains nues était loin d'être sa spécialité, et savait encore parfaitement adapter son offensive pour contrer cette parade.

- Ne parlez plus jamais de cette guerre en ces termes en ma présence, gronda-t-il, tout en repartant sans temps mort à l'attaque.

Cette fois crochet du gauche, qui manqua sa cible de peu, suivi toutefois de suite d'un coup de poing droit visant le ventre, qui lui atteint sa cible, celle-ci se pliant alors en deux. Mais pas de répits pour ce petit morpion, pensa Judikhael qui enchaina sans plus attendre en se ruant sur l'autre homme, plaquant le haut conseiller contre un poteau qui passait par là. Wienfield dominait alors de sa haute stature Kemshir. L'ex-commandor avait l'avantage indéniablement à cet instant. Fut-ce le sang qu'il voyait perler de la lèvre de l'autre ? Ou fut-ce le regard étrange que cet autre lui lança ? Judikhael n'aurait su dire, mais, dans un regain de lucidité, il se permit un temps d'arrêt, traitre qu'était le temps en plein combat, comme pour laisser à l'autre une chance d'arrêter les hostilités ou de se remettre du choc...

Sans doute n'aurait-il pas dû, pensa-t-il à peine quelques secondes plus tard alors que les rôles semblaient soudain s'inverser....

[HJ : rapide mais faisons efficace Razz Si quoique ce soit n'allait pas, vu que j'ai fait la première partie du combat, comme convenu, en me permettant quelques libertés, je peux changer et éditer bien entendu Wink Tu as carte blanche pour la suite. Tu peux blesser grièvement ou non Judikhael comme tu le souhaites ]



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Message par Lou Jiwi Kemshir le Mer 13 Juil - 23:55

Kemshir avait vu le coup venir mais au lieu de s'en défendre, il avait souri. Mais ce sourire s'évanouit au moment même où le poing s'écrasa sur sa joue, faisant naître en lui une violente douleur. Pourtant il ne cilla pas, c'était une bien faible souffrance face à tout ce qu'il avait pu braver autrefois, il se savait capable de se battre, même à l'agonie, capable d'ignorer les maux les plus vifs, s'il le fallait.
Wienfield était un adversaire de taille, imposant, bien entraîné, ce n'était sûrement pas le genre d'homme qu'on pouvait battre d'une pichenette et il en était parfaitement conscient. En fait, contrairement à son adversaire, il avait gardé un sang froid inébranlable, il s'était rendu machinalement passif pour observer ses gestes. Comme avec la plupart des guerriers d'ici, il ne s'était jamais battu avec lui, simplement parce qu'il l'avait refusé et qu'il ne l'avait jusqu'à maintenant pas assez provoqué pour qu'il lui saute dessus. A Nosco, Kemshir n'avait jamais engagé un seul combat et l'on pouvait lui attribuer le mérite de n'en avoir jamais perdu aucun. Il n'avait fallu pas beaucoup de temps pour qu'il retrouve l'acharnement qu'on avait gravé au plus profond de lui, depuis, plus un seul jour n'avait passé sans qu'il ne s'entraîne pendant plusieurs heures. Il dormait peu et si ses gestes perdaient parfois un peu de leur assurance, c'était seulement parce qu'il n'avait que trop rarement de vrais adversaires. Il ne s'était pas réellement battu depuis bien longtemps.
Il encaissa les coups les uns après les autres sans prendre la peine de se défendre plus qu'en évitant les poings qui se dirigeaient sur lui. Il ne le fit pas toujours, son esprit allait bien au-delà de cette apparente faiblesse, ce qu'il voulait, c'était autre chose, qu'importe le sang qui coulait, la douleur dans son ventre.

Son regard n'avait pas quitté un seul instant les yeux de son adversaire, il y lisait la folie, la colère, la haine. S'il avait laissé paraître ses propres sentiments, on aurait pu y voir la déception avant le mépris et sa gaieté vicieuse. En l'espace de quelques secondes, il s'était retrouvé acculé à un poteau, Wienfield devant lui, ôtant toute chance à Kemshir de s'échapper. Cela n'avait aucune importance, il y avait bien des manières de se sortir d'une telle situation qui au premier abord semblait terriblement délicate.
Il y eut un léger arrêt, il l’interpréta comme de l'hésitation et cela l'irrita, on ne laissait aucune chance à quelqu'un qu'on avait provoqué, c'était le meilleur moyen d'y perdre la vie et donc de prouver l'ampleur de sa stupidité. Où avait-il donc appris à se battre ? Perdre si vite ses moyens, provoquer un adversaire qu'on savait de réputation dangereuse, attaquer sans aucune stratégie, il avait dû avoir un bien mauvais maître. Lui n'avait rien eu à regretter du sien.

Ce fut à ce moment-là que Kemshir décida qu'il en avait assez vu et qu'il était temps de faire les choses à sa manière. Rapidement, il enchaîna sur un coup de poing, et, comme prévu, son adversaire voulu le parer, il en profita pour faire suivre son deuxième poing, bloquant momentanément les deux bras de Wienfield. Il s'était naturellement reculé pour s'éloigner de lui et ce fut suffisant pour qu'il écrase de toutes ses forces un coup de pied dans son ventre, celui-ci eut pour effet de le repousser violemment, alors qu'il lâchait son emprise sur ses bras. Il s'avança d'un pas.

― Assez ! Cria-t-il avec autorité, suffisamment fort pour que tous ceux qui passaient non loin puissent l'entendre. Son regard froid et sévère s'était enfoncé dans les iris trop pâles de l'autre, un de ces regards que l'on n'aimait jamais lui attribuer, d'expérience. Il essuya d'un geste vif le sang qui coulait sur son visage.

Il se tenait droit face à lui mais ne semblait pas vouloir lui sauter dessus alors qu'il aurait pu profiter de l'effet de surprise qu'il avait créé pour l'achever. C'était là toute la subtilité de son combat, il n'avait aucun intérêt à le blesser, ce qu'il voulait lui faire goûter, c'était l'amertume de sa défaite, la saveur de l'humiliation.

― Nous ne sommes pas dans une cour de récréation et vous feriez bien de retrouver très vite votre sang froid, vous êtes ridicule, lâcha-t-il comme un maître aurait grondé son élève, le ton grave, délaissant son ironie habituelle.

Il n'en dit pas plus, il n'était pas connu pour être loquace et n'en disait jamais beaucoup quand il lui prenait l'envie de donner des leçons aux autres. En fait on aurait pu voir dans chacune de ses provocations, dans chacun de ses mots, la volonté d'apprendre quelque chose, ce n'était bien évidemment pas la meilleure manière que l'on pouvait espérer mais elle avait de quoi marquer les esprits et donc de se rendre efficace.

― Vous feriez mieux de vous prendre en main dès maintenant si jamais vous espérez qu'un jour on puisse vous offrir une seconde chance. Au ton qu'il avait pris, on devinait que si cela ne tenait qu'à lui, elle n'arriverait jamais mais d'un autre côté, il n'avait sans doute pas dit tout ça pour rien.

Il regarda à nouveau droit dans les yeux Wienfield, ce serait sans doute la dernière fois qu'il croiserait son regard, tant mieux pour lui. Un sourire était fixé sur ses lèvres tandis qu'il commençait à s'éloigner. Il se tourna cependant vers Velstiam qui avait été un peu mise en retrait, ne prenant pas part au combat, elle avait sans doute été sage de le faire.

― J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir bientôt, mademoiselle Velstiam, dit-il en inclinant légèrement la tête pour la saluer, comme s'il était soudainement devenu courtois.

La présence de Wienfield ne lui avait pas laissé beaucoup d'opportunités pour cerner la toute nouvelle promue mais il savait que s'il traînait à quelques endroits stratégiques, il pourrait la trouver facilement et en savoir un peu plus sur elle, jusqu'à ce qu'il décide qu'elle ne soit plus intéressante en tout cas.
Sans un mot de plus il s'était retourné et s'éloigna rapidement, il avait eu ce qu'il voulait et contempler davantage son œuvre n'avait rien pour lui de palpitant, autant laisser la blonde sécher les larmes du dinosaure qu'était devenu l'ancien haut conseiller et pour lequel il avait définitivement perdu toute estime. Les quelques badauds qui avaient observé la scène s'écartèrent pour le laisser passer, de peur qu'il s'en prenne à eux mais il ne les regarda même pas.


[Hinhin ♥ Dernière réponse pour ma part.]
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Message par Kath le Dim 24 Juil - 23:40


    Et mince, elle s'était trompée en croyant que son ex-Commandor parvenait à garder son calme. Kathleen comprit définitivement son erreur lorsque le poing de Judikhael partit s'écraser sur la joue du Haut Conseiller. Surpise que le coup soit partit si vite plus que véritablement effrayée - ce n'était pas comme si c'était le premier combat de sa vie - elle voulut retenir Judikhael mais malheureusement c'était trop tard : il s'était déjà jeté sur son adversaire. Les coups s'enchaînaient avec violence et si la Seconde devait être inquiète pour quelqu'un, c'était bien pour le Haut Conseiller qui encaissait sans riposter. Acculé au poteau, elle crut que ce dernier allait finir en charpie quand brusquement, il reprit en main la situation, infligeant des coups d'une rapidité stupéfiante à son adversaire. Lorsque Judikhael se reçut le pied de Kemshir de plein fouet, Kathleen profita de son étourdissement pour courir vers lui et attraper ses bras, s'apprêtant à user de toute sa force pour empêcher d'éventuelles représailles, bien qu'elle sache pertinemment qu'elle n'était pas apte à faire face à la masse de muscles qu'était son ancien Commandor et qu'il pouvait, s'il le désirait, la jeter facilement à terre.

    « Calmez-vous ! » souffla-t-elle en resserrant sa poigne.

    Puis Kathleen dévisagea l'autre énergumène, sentant la colère grandir au fur et à mesure qu'il crachait son venin. Certes, elle ne pouvait que trouver honorable la manière dont il s'était sorti de la situation. De plus, il avait bien agi en mettant fin au combat, conservant admirablement son sang-froid. Mais le fait qu'il se permette d'enfoncer son ex-Commandor de la sorte, comme s'il corrigeait un gamin turbulent, la révoltait au plus au point. Cet homme n'avait véritablement aucune limite.

    « Taisez-vous maintenant et partez.» Mais Kemshir avait déjà tourné les talons. Ni sa voix ni son expression n'avaient jamais été aussi dures et Kathleen n'était pas certaine d'apprécier de le rencontrer de nouveau comme il le suggérait.

    Libérant enfin les bras de son ex-Commandor, puisque le Haut Conseiller disparaissait de son champ de vision, elle se tourna vers Judikhael, l'examina de haut en bas puis demanda, plus calmement :

    « Ca va aller ? Ou voulez-vous que je vous accompagne au Sapientia ? »

    Ils n'y étaient pas allés de main morte après tout, bien que Judikhael ait connu pire que ce qu'il venait d'endurer. Des chuchotements indiscrets firent faire un brusque volte-face à la brigadière. Elle en avait presque oublié que le combat avait attiré des curieux.

    « Vous voulez quelque chose, peut-être ? » grinça-t-elle en fusillant les deux noscoiens malpolis du regard.

    Et elle ne les lâcha des yeux que quand ils se décidèrent à partir. Enervée de retour, Kathleen marmonna deux-trois choses sur les gens et leur éducation à refaire, se disant que le plus efficace pour leur apprendre la politesse serait de tous les balancer dans les souterrains et de laisser les créatures se charger de leur cas.
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Kath
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Message par Judikhael Wienfield le Lun 8 Aoû - 11:21

Bien entendu, la toute petite hésitation qu'il laissa suffit au petit Lou pour s'engouffrer dans la brèche ainsi offerte et le repousser durement. Violemment. S'il s'était agi de lames, nul doute que jamais Judikhael n'aurait perdu ainsi la mise. Mais en combats à mains nues, son principal point faible en cas d'affrontement, art dans lequel Lou était passé maître depuis belles lurettes selon les dires, il n'avait que peu de chances de réellement gagner. Mais pouvait-on seulement gagner après avoir laissé parler ses bas instincts comme il venait de le faire ? Rien que de répondre à la provocation verbale de l'autre par une attaque physique faisait de lui le perdant, pensa Wienfield alors qu'un violent coup de pied dans le ventre lui coupait le souffle et le faisait reculer allègrement.

Il faillit mettre un genou à terre sous l'impact. Heureusement, les réflexes acquis pendant des années, des décennies de combat et d'entrainement, ne se perdaient pas en quelques petites semaines. Mettre un genou à terre dans les souterrains, surtout face aux créatures, pouvaient être synonymes de mort précoce et atroce. Et Judikhael avait vu bien pire encore, avait connu bien pire face aux xenomutants ou aux écorchés.... Il tint bon donc, malgré le choc et l'asphyxie qui le menaçait. Il parvint d'ailleurs à reprendre son souffle quelques instant splus tard, levant son regard glacé vers le regard bien plus polaire encore que Lou lui offrait.

Tous deux ne s'étaient jamais aimés, jamais même appréciés. Lou était bien trop imbu de sa personne selon Judikhael, et l'ex-commandor était près à parier qu'il était lui-même bien trop peu estimable pour quelqu'un comme Lou. Ils n'étaient pas faits pour s'entendre. Mais jusque là, ils avaient été à pied d'égalité, tous deux hauts conseillers. Voire peut-être Judikhael avait-il été plus haut gradé que Lou, avec son titre de Commandor, même si tous deux savaient pertinemment bien ce qui avait mené Judikhael à ce titre, à savoir une faute grave sans nom qu'il avait donc dû réparer... Enfin tenter de réparer. Sans doute la culpabilité qui avait toujours rongé Judikhael, associé à ce sentiment partagé envers son ennemi de toujours, j'ai nommé Yan Merling, avait fait de Wienfield, aux yeux de Lou, quelqu'un de pitoyable. Ce sens de l'honneur qui avait conduit toute sa vie devait être une notion que Lou pensait stupide et inepte. Sans doute ces deux mots étaient les meilleurs qualificatifs que le haut conseiller réserverait désormais d'ailleurs à l'ex-commandor. Sans doute d'ailleurs venaient-ils tous deux de gagner une mésentente supplémentaire, celle-ci irrévocable dès lors.

Mais, aussi vive et douloureuse fut la conscience de Judikhael concernant tout ceci, amers relents de sa déchéance actuelle, il ne baissa pas les yeux pour autant. Et qu'importe que Lou soit haut conseiller et que Judikhael risquât alors la peine de mort, pour outrage au Haut Conseil ou pire, pour possible traitrise. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois qu'une telle menace pèserait sur lui. Mais il n'allait certainement pas baisser les yeux face à l'autre. Et s'il ne fit plus aucune geste, restant sur ses gardes mais ne menaçant plus son "adversaire", et s'il ne dit rien, ses yeux, son regard, en disaient tout aussi long. Non, il ne répondrait pas. Lou n'avait sans doute pas tout à fait tord d'ailleurs. Il devait se reprendre. ce comportement était indigne de lui.

Sans doute la poigne que la jeune Velstiam maintenait sur lui, comme pur l'empêcher de commettre l'irréparable, l'aidait-il aussi à regagner son sang froid, son calme, et à ne rien répliquer, ni par gestes ni en paroles. Sans doute devrait-il l'en remercier plus tard d'ailleurs.

Judikhael se perdit un instant dans ses pensées sombres, alors qu'il regardait le haut conseiller s'en aller d'un pas presque altier. Il lu fallut de longues minutes pour regagner le monde réel de Nosco, et pour retourner son attention vers la jeune femme toujours à ses côtés.

- Oui, ca va aller, répondit-il enfin d'une voix basse qui aurait facilement pu passer pour une voix d'outre-tombe.

Ce qu'il n'était pas loin d'être devenu, ne put-il s'empêcher de penser.

- Je n'ai pas besoin d'aller au sapientia. J'en ai vu d'autres.

Et non il ne se vantait pas. Ce n'était qu'un simple fait. Un constat. Le coup avait été violent, mais pas au point qu'il ait besoin d'aller voir un médecin. Médecins qui étaient déjà bien surchargés soit dit en passant.

- Laissez-les donc murmurer, fit-il tournant enfin vers Velstiam son regard pâle, empli d'une sourde tristesse.

Un regard qu'il lui avait rarement offert.

- Laissez-les donc. Tout ceci n'est sans doute que le juste revers de la médaille. J'avoue que mon comportement n'était nullement approprié. Même si cela m'a fait un bien fou, confessa-t-il, cette fois un fin sourire se dessinant sur son visage dur. Depuis le temps que j'avais envie de lui faire ca...

Purement puéril. Mais tellement véridique pourtant.

- Mais passons. Vous vouliez me parler, il me semble ? Même si je doute être le meilleur conseiller qu'il soit actuellement, comme je viens de vous le prouver en beauté, ajouta-t-il une petite pointe d'autodérision un peu amère teintant sa voix. Peut-être devrions-nous toutefois aller dans un endroit plus calme pour en parler.

[HJ : Je pense qu'on a fini avec Lou ? Si kat veut répondre ou si tu veux continuer ailleurs, pas de souci, je te laisse carte blanche^^]

_________________
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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

Albert Camus
Judikhael Wienfield
Judikhael Wienfield
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Âge d'apparence : 30 ans

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