Une histoire de tuyaux

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Message par Ysmaël El'Hirajiri le Jeu 3 Mar - 7:51



Il n'avait pas fallu beaucoup de temps au petit Ysmaël pour planifier plus ou moins bien sa commande de tuyaux, le plus difficile avait été de trouver parmi ses connaissances guildiennes quelqu'un qui puisse réellement lui être utile dans cette affaire, parce que de toute manière même si les rebelles étaient très serviables, ce n'était pas eux qui possédaient le plus gros stock de tuyaux et puis il était sûr que le rapport qualité prix devait laisser à désirer !
Et l'élu du jour avait été... Kim ! Mais oui, bien sûr, comment ne pouvait-il pas avoir pensé à lui plus tôt ?! Kim c'est l'homme de la situation, the good man, il ne pouvait pas rêver mieux parce que Kim était parfait – là je sens déjà les chevilles qui enflent – pour cette drôle de mission, parce que le cœur du jeune homme penchait plutôt pour quelqu'un d'autre, mais là n'est pas la question du jour.

Ni une ni deux, il s'était précipité hors de sa chambre, direction le Sapienta, le lieu où il avait le plus de chances de trouver Kim van Berghen. L'homme était principalement un scientifique bien qu'il avait pu constater qu'il adorait aussi le métier de médecin mais comme il n'avait pas accès aux laboratoires, il n'avait pas vraiment d'autres choix pour le trouver. Avec un peu de chance, Kim exercerait ses fonctions de médecin aujourd'hui et même si on refusait de le mener à lui, il trouverait bien une solution pour le trouver, quitte à se blesser par inadvertance et de manière tout à fait involontaire.
Un RAR plus tard, le jeune homme se trouvait déjà en face du Sapienta et il croisait très fort les doigts pour réussir à toucher deux mots à Kim sans attendre trop longtemps. Il ne terminerait sûrement pas le service qu'il devait rendre à Allan aujourd'hui mais s'il pouvait déjà avancer un peu les choses avant que ça ne lui sorte complétement de la tête ce serait plutôt pas mal ! Au pire, il enverrait un mail à Kim pour lui dire qu'il voulait le voir ou lui expliquer son affaire mais quitte à lui demander à son tour un petit service qui ressemblait étrangement à un tuyau, il préférait que cela se fasse en tête à tête plutôt que par un échange de messages complétement impersonnels et qui plus est ne lui garantissaient rien. Bon il fallait aussi dire qu'il était très curieux de voir la tête que ferait son ami quand il lui expliquerait le pourquoi du comment et que pour ça il fallait être dans le monde réel face à des gens bien en chair et en os.

Franchissant le seuil du Sapienta d'un pas enjoué, il se dirigea à l'accueil, salua l'hôtesse et lui demanda s'il pouvait voir Kim mais on lui répondit que l'homme était fort occupé aujourd'hui. Le gosse afficha une mine boudeuse mais loin de laisser tomber l'affaire, il renchérit en disant que c'était vraiment très important et qu'il devait le voir à tout prix, qu'il devait même le voir tout de suite ! La femme qui s'occupait de l'accueil, habituée à ce que les gens insistent toujours un peu, lui offrit un deuxième refus, tout ce qu'il y a de plus poli et lui offrant même la délicatesse qu'elle pouvait prendre un message et qu'elle le lui ferait parvenir dès qu'elle le croiserait.
Seulement c'était face à un Ysmaël qu'elle se trouvait et celui-ci n'avait absolument pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds, mais pour qui le prenait-elle cette femme, un individu insignifiant et sans envergure ? Ah ! Elle allait voir de quoi il était capable, tiens !

Comment cela ce n'est pas possible ? S'exclama-t-il en haussant sa voix qui resta tout de même assez fluette. Mais j'ai besoin de voir monsieur van Berghen, je vous ai dit que c'était très important ! Ah il faut donc que je vous explique toute l'affaire ? C'est inadmissible, tout ça parce que je ne suis pas de la guilde ! Et qu'est-ce que vous faites de la vie privée hein ? Ce qui m'envoie ne vous regarde pas et ne devrait pas vous empêcher de me laisser voir monsieur van Berghen ! Est-ce que je dois vous dire que c'est Monseigneur le haut prêtre Allan Cadmun qui m'envoie ? Je suis son filleul tout de même, vous pourriez avoir un peu confiance ! Et depuis quand ne peut-on pas voir quelqu'un ici ? C'est parce que je ressemble à un gamin, c'est ça ? Oh mais je n'y peux rien si j'ai ce physique là, je n'ai pas choisi et je ne peux pas grandir alors il faut bien faire avec ! Quoi ! Vous ne me prenez pas pour un gosse tout de même ?

La femme lui fit de gros yeux, surprise de la superbe tirade qu'il venait de lui offrir et qu'il n'était pas prêt d'arrêter, il parlait de plus en plus fort et quelques visiteurs s'étaient arrêtés, amusés par le spectacle et le petit scandale improvisé d'Ysmaël. Pour son plus grand bonheur, elle finit par le supplier de baisser d'un ton et lui promettre qu'elle contactait tout de suite Kim et qu'il n'avait qu'à attendre à la cafétéria le temps qu'il arrive.

Eh bien j'espère que vous ne cherchez pas à me rouler dans la farine madame parce que sinon je vous garantis que vous allez entendre parler de moi ! Lança-t-il d'une voix assurée avant de s'éloigner de quelques pas, puis il se retourna pour ajouter quelques mots. Et vous avez de la chance qu'il n'y ait qu'un seul centre de soin et qu'un seul accueil, croyez bien que si ce n'était pas le cas, je n'y retournerais pas, le service laisse vraiment à désirer.

Le ton sec, le visage méchant, il ne faisait pas peur mais le spectacle devait être plutôt impressionnant ou surprenant, au choix. Une fois qu'il eut repris son chemin, un grand sourire se dessina sur son visage, bon sang , c'était fou ce qu'il pouvait s'amuser aujourd'hui ! Ah et dire qu'il allait se contenter de martyrisait l'un des frères... Bon sang il devait manquer cruellement d'idées en ce moment pour se contenter de simples petits bêtises mais promis, il allait se rattraper comme il se doit !

Le jeune garçon entra à l'intérieur de la cafétéria, commanda une tasse de thé vert à la menthe et s'installa à une table près de l'entrée pour guetter l'arrivée du médecin scientifique. Même s'il venait pour une affaire particulière, il avait drôlement hâte de le revoir, il l'aimait bien celui-là, très gentil, très serviable, il y avait sûrement moyen de faire plein de choses avec cet homme-là. Et loin de lui l'idée d'abuser de sa gentillesse, voyons, ce n'était pas du tout son genre !
Ysmaël El'Hirajiri
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Message par Kim van Berghen le Sam 2 Avr - 20:24

Le Sapientia était un peu de ces lieux qui hibernaient tant qu’il n’y avait pas d’urgence, certains jours chacun passait des heures sans rien faire réellement, attendant que quelqu’un se présente, faisant des mots croisés, des sudokus ou jouant à des parties d’échecs avec ses collègues pour tuer le temps. Kim avait la chance de pouvoir changer d’uniforme et de passer scientifique pour faire ses recherches, lorsque tout était trop calme, en tout cas à son gout, au Sapientia. Pourtant il y avait aussi des jours où l’on ne savait plus où donner de la tête. Il suffisait qu’un groupe de la brigade tombe sur des créatures ou des rebelles férocement armés et alors là… Cela pouvait virer à la catastrophe et déboucher sur de nombreuses blessures chez les guildiens. Ou alors il suffisait que les rebelles se décident à attaquer, en plaçant par exemple une bombe dans les souterrains ou prêt d’un endroit fréquenté par les brigadiers. Heureusement rien de tout cela pour aujourd’hui. Juste l’arrivée de plusieurs malades en même temps, plusieurs patients assez gravement malades, ou à prendre ne charge immédiatement. Pour vous résumer rapidement la situation, voilà comment une journée simple et tranquille pouvait dégénérer.

Un nouvel oublié qui avait été blessé, sans doute après avoir passé l’enceinte, ce qui avait fait paniquer le parrain, l’alerte avait été donné et un médecin s’était rendu directement sur les lieux pour permettre à l’individu d’être reçu dans les meilleures condition, d’après les dernières nouvelles ce dernier passerait sans doute la nuit au sapientia, son premier enregistrement à l’administration se ferait plus tard. Le parrain quand à lui avait été signalé les détails de l’arrivé de son filleul et donc le dossier électronique avait été crée, permettant au personnel médical de remplir et compléter avec ce qu’ils savaient déjà. Le nouvel oublié aurait le droit à tous les tests possible avant même de devoir répondre aux questions de Joseph.

Le second patient c’était autre qu’un mécanicien qui avait eu la malchance de devoir réparer une installation mal fonctionnant, hors il n’était pas très doué, avait plutôt trifouillé parmi les câbles plutôt que de faire un travail professionnel, bref il s’était mit en danger, car ayant oublié de coupé le courant. Il s’était prit une sérieuse châtaigne, un bon coup de jus, heureusement les plombs lui avait sauvé la vie, ainsi que l’aide d’un guildien ayant vu le problème et ayant été coupé le courant avant de se jeter sur l’homme souffrant. Le cœur avait prit un choc, et il avait fait un arrêt cardiaque, arrivé en urgence au sapientia par les Rampes d’accès Rapide, il avait tout de suite été transféré aux urgences. On avait pu le réanimer, et l’homme respirait correctement et avait retrouvé un rythme cardiaque normal, cependant son cas restait préoccupant.

Le troisième patient était un haut conseiller du capitole, qui avait exigé le plus rapidement possible un médecin compétent et à son service pour un « problème » qu’elle n’avait pas souhaité communiquer. L’un des médecins s’était donc dévoué pour s’occuper de la femme qui souhaitait apparemment rester discrète et avoir droit à un diagnostique rapide. Les hauts conseillers avaient parfois l’impression de pouvoir passer avant les nosciens lambda… Et même si la femme avait sans doute une bonne raison d’ordonner à un médecin de se dévouer spécialement à son cas, cela n’en restait sans doute pas moins rageant pour tous ceux qui se devaient d’attendre des heures avant de pouvoir s’adresser à quelqu’un de compétent pour être soigné. C’était pourtant la loi du plus fort, ou plutôt de celui qui avait le plus de pouvoir, qui gagnait.

Le malade numéro quatre avait réussit à faire une intoxication alimentaire, qui s’était bien empirée, et il avait fallu toute l’attention d’un médecin pour pouvoir lui permettre de se sentir mieux. Ledit médecin s’était sentit dans le devoir de lui faire tout un cours sur l’alimentation, la diététique, que manger, en quelle quantité, comment conserver ses aliments, pourquoi jeter ceux qui étaient périmés, comment commander en ligne des plats tout prêts en cas de besoin, combien de fois par jour il fallait manger et en quelle quantité boire de l’eau, pourquoi il valait mieux bannir l’alcool, etc… Bon avouons le nous, c’était Kim van Berghen ce médecin. Et non, il ne laisserait aucun patient se déshydrater et finir mal en point, ou alors ne plus manger.

Le cinquième arrivé grave de la journée était un des petits nouveaux, un qui n’avait pas supporté la vie au sein de Nosco et qui s’était décidé à « affronter son enceinte ». Mauvaise idée, très mauvaise idée à vrai dire ! Surtout quand l’enceinte représentait un mur de feu. Autant dire qu’il était dans un piteux état et n’avait pas arrêté de hurler depuis qu’il avait été amené au centre de soin, malgré tous les efforts apportés par les soignants pour diminuer sa douleur il avait été bien atteint. En tout cas sur les avant-bras et les jambes, heureusement le visage avait été épargné, ce qui lui permettrait sans doute de guérir plus facilement. Il n’avait pas compris pourquoi, pourquoi l’enceinte ne voulait pas le laisser repartir, pourquoi il était prisonnier à Nosco. Il hurlait continuellement qu’il voulait partir, les quitter et les oublier à jamais. On l’avait donc enfermé dans une chambre isolée des autres… On n’aimait pas ce genre de patients à Nosco. Et l’on plaignait surtout le parrain qui devrait s’occuper d’un tel garnement et gérer ses problèmes ainsi que tout ce qui allait avec. Pas très agréable ou très facile. Un cas heureusement rare, mais qu’on rejetait avec autant plus de force dans une société où chacun se devait de trouver sa place.

Quand au dernier patient, c’était encore Kim qui s’en était chargé, une jeune femme qui s’était foulé le poignet en effectuant un mouvement dont elle n’avait pas l’habitude. Le cas avait été facile et après avoir constaté par radio qu’il n’y avait aucune foulure, il lui avait simplement bandé la partie du corps fragilisé, tout en lui recommandant de ne pas forcer sur l’utilisation de cette main là pendant quelques jours, et surtout de revenir s’il y avait le moindre souci. Il lui avait aussi fournit quelques antidouleurs de petite dose pour qu’elle puisse en prendre en cas de besoin sans avoir à revenir et à repasser par toute la paperasse administrative ainsi que l’attente pour un médecin. Il n’y avait pas à douter qu’elle irait bien mieux rapidement et que si elle revenait ce serait pour un autre problème.

Cependant au moment où l’hôtesse d’accueil le bipa, Kim s’était décidé à prendre une pause, trop c’était trop, il avait besoin de souffler un peu, de prendre un break et surtout un bon café pour se réveiller et se calmer. Il avait besoin d’aller souffler un peu et de penser à autre chose, et là il avait une bonne raison de fuir en courant jusqu’à la cafétéria, enfin d’après le message qu’il venait de recevoir. En passant à l’accueil il échangea deux mots avec l’hôtesse choqué par le discours servit par le congrégationniste, et le scientifique nota que le jeune homme pouvait être plus qu’entêté. Il se rendit donc à la cafétéria, commanda un café, ainsi que de quoi grignoter pour lui ainsi que pour celui qui le réclamait à corps et à cri. Il balayant la salle, qui n’était pas très remplie, du regard avant d’apercevoir le jeune Ysmaël El'Hirajiri assit en face d’une boisson fumante. Bien cela ne devait pas faire très longtemps qu’il attendait là, et étant posté à l’entrée, il avait du le voir arriver. Il alla donc s’asseoir en face du congrégationniste et le salua, tout en posant un gâteau à côté de la tasse de… thé vert.

Bonjour Ysmaël.

Soupirant presque de bonheur de pouvoir enfin s’asseoir et se détendre il prit une gorgée de café tout en déballant son gâteau. L’avantage d’avoir de quoi boire et manger lors d’une conversation était sans doute le fait de pouvoir prétexter de se nourrir lorsque l’on voulait réfléchir à une question avant d’y apporter une réponse que l’on risquait de regretter car trop hâtive. La dernière fois qu’il avait dû croiser El’Hirajiri c’était sans doute dans les sous-sols normalement interdit aux habitants de Nosco lambda, lorsqu’il avait décidé de joindre son compère Shane Lewis pour dérober du piment au Sapientia. Qu’avait il préparé comme mauvaise farce pour aujourd’hui ? Kim préféra le laisser engager la conversation et lui expliquer ce qu’il voulait, apparemment le jeune homme irait droit au but et ne tournerait pas autour du pot, il n’avait pas l’air prêt d’attendre ou de dévier son objectif. Ce qui avait au moins un avantage, la conversation serait plus franche et plus rapide et ainsi le problème pourrait être réglé sans délais. Bon Kim n’était pas si pressé de retourné à son travail et à ses patients, cependant il ne fallait pas non plus trop trainer. Enfin il avait le droit à une longue pause, puisqu’il n’en avait pas prit pour déjeuner ce midi, il profita donc avec un intérêt non dissimulé de la joie d’apprécier un café, même si celui-ci n’était sans doute pas le meilleur qu’il ait déjà gouté. Tant pis, si le gout était plus fade, les effets restaient les mêmes.

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Kim van Berghen
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Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 14 Mai - 0:47

Schting schting faisait la cuillère qui tournait désespérément dans la tasse avec la même ardeur qu'un poisson dans son bocal en aurait fait naïvement le minuscule tour, oubliant toujours qu'il suivait sans cesse et indéfiniment le même circuit monotone. La main résignée finit par arrêter son entêtant manège pour tremper le petit biscuit qu'on avait si gentiment offert avec le thé qu'il avait commandé et comme on était au Sapienta, il devait sûrement être bourré aux effets curatifs et autres hormones en tout genre, ces petits machins qui faisaient qu'on se réveillait avec un mental de super héros et un sourire grand jusqu'aux oreilles. Aucun doute, ce devait être la marijuana de ce très cher Kim pour qu'il soit toujours aussi gai.
Il porta machinalement le bout un peu mou à ses lèvres et le croqua, l'air un peu déphasé. Maintenant qu'il avait prit le temps de se poser, il pouvait se rappeler du rêve de la nuit dernière et ce n'était pas très drôle. Il n'était pas tout à fait sûr que ce soit plus qu'un simple rêve, un délire de son esprit, enfin, s'il ne comptait pas sur ses entrailles qui avaient l'air, elles, d'être persuadées que c'était bel et bien vrai. De loin il devait avoir une mine triste, l'air tout blanc et les yeux un peu vides, bien loin de ce qu'il avait montré quelques minutes auparavant. C'était la faute de cette foutue solitude ! S'il y avait eu quelqu'un avec lui il n'y aurait pas repensé et il ne serait pas complètement perdu dans ses pensées et dans ses craintes. Pour se distraire un peu, il tritura entre ses doigts le petit ruban violet qu'il avait depuis son arrivée et qu'il gardait souvent dans sa poche. Une fois il l'avait perdu et ça avait été la panique totale, il avait cru devenir fou et avait renversé toute sa chambre pour le retrouver. En fait il était juste dans son pantalon de la veille. Et puis tout ce désordre lui avait fait peur alors il avait tout restitué exactement selon sa mémoire, cela lui avait pris l'après-midi mais il avait réussi et sa chambre avait alors retrouvé son ordre parfait et bien aimé. Le désordre qui l'avait rendu fou dans son autre souvenir était-il le même ? Ça y ressemblait beaucoup sauf que cette fois-ci c'était de sa main qu'il avait tout dérangé, il lui semblait que son cœur avait eu moins mal.
Lian, Kim, Joshi, est-ce qu'il fallait encore chercher ? Il avait l'impression de sombrer dans quelque chose qu'il ne saisissait pas totalement et était parfois tenté d'abandonner, de peur que ses découvertes soient toujours de plus en plus horribles, qu'il se haïsse lui-même ou tout au contraire ne se comprenne plus. Et si le lui de son passé n'était pas ce qu'il était ? Et s'ils étaient totalement différents, comme deux personnes qui n'avaient rien en commun ? Que fallait-il faire alors ? Apprendre à se connaître ? Cohabiter dans la même tête ?

La salle blanche de son rêve ressemblait drôlement aux salles d'attente du Sapienta, et s'il était déjà venu ici et qu'il ne s'en souvenait plus ? L'angoisse le prenait, il se disait qu'il fallait tout arrêter et puis son obstination le convainquait de continuer, encore et encore. Alors c'était plus fort que lui et il continuait, avec davantage d'ardeur.
Il ferma les yeux.

La salle blanche était revenue, il y avait des jouets dans un coin, des magasines sur la table basse au milieu et puis quelques sièges. Lui n'y avait pas trop porté attention, sans qu'il sache pourquoi il se sentait mal à l'aise et comme toujours, pour se rassurer il se coupait de tout ce qui ne lui était pas familier et s'occupait de ce qu'il connaissait bien, ici le pan de sa chemise qu'il tiraillait un peu nerveusement. Un grand homme ouvrit la porte et les invita à rentrer, il baissa les yeux, apercevant juste une blouse blanche qui ne le rassurait pas du tout. Finalement il préférait rester ici plutôt que d'aller encore autre part mais on le força à rentrer. Lui ne regardait personne, les yeux comme cloués au sol mais ne le regardant pas vraiment, il n'avait pas lâché sa chemise et il lui semblait plus familier et surtout plus rassurant de rester perdu dans un coin de son esprit. Le monsieur lui posa une foule de questions qui n'étaient pas là pour le rassurer, il répondait vaguement, ses parents complétaient parfois mais tout ça ne lui semblait pas normal, si peu normal. Des questions sur son comportement et surtout sur ses apparemment trop nombreuses crises de colère. Mais pourquoi est-ce qu'on lui demandait tout ça ? Finalement, le docteur leur fit part à tous de son diagnostic : Kamal était atteint du syndrome d'Asperger. Le... ? Mais qu'est-ce que ce mot qu'il ne connaissait pas pouvait bien vouloir dire, qu'est-ce que ce mot si grand et si effrayant pouvait donc bien impliquer ?

Smahil sursauta. On venait de lui parler et il leva un regard mi colérique mi effrayé sur celui qui avait émit ces sons surprenants. Mais heureusement, tout de suite il reconnut son interlocuteur : Kim, c'était Kim, celui qu'il voulait voir, tout ça c'était normal, rien de surprenant à tout cela après tout, il s'était juste laissé aller à ces rêveries et... Ouf il n'était plus seul ! Le gamin afficha finalement un grand sourire, ravi de voir son ami médecin.

Oh Kim, c'est toi ! Tu m'as fait peur, j'étais... un peu perdu dans mes pensées je crois.

Le gamin porta la tasse à ses lèvres et but une petite gorgée même si le thé était encore brûlant. Il n'avait pu s'empêcher de remarquer le gâteau que Kim avait posé près de lui et cela lui donna un frisson, il but une nouvelle gorgée, comme pour faire passer une mauvaise nouvelle.

J'ai besoin de ton aide, déclara-t-il dès qu'il eut posé la tasse, soucieux de se changer les idées et d'arrêter de penser à tout ça.

C'était fou, on aurait presque cru que le simple souvenir réveillait en lui des choses qu'il avait jusqu'à maintenant méconnu. Un peu comme s'il n'avait pas été vraiment Kamal jusqu'à maintenant parce qu'il lui manquait ces petits morceaux de passé qui avaient forgé sa personnalité et qu'à peine ceux-ci revenaient qu'il se sentait à nouveau un peu plus lui-même, un peu plus chaque jour. Que ce soit bien ou mal, il ne savait pas quoi en juger. Et s'il changeait du tout au tout ? Peut-être que l'âme libre qui s'était appelée Ysmaël n'était qu'un mirage, une tromperie qu'on effacerait rapidement d'un mouvement de la main.

Tu sais, je suis le filleul d'Allan et parfois il me confie des missions, il a beaucoup de travail et comme je n'ai pas encore bien trouvé ma voix pour le moment, je prends un peu de mon temps pour l'aider. Mais là je ne sais pas trop quoi faire et j'ai pensé que tu serais de bon conseil. Apparemment il y a eu des fuites dans les canalisations et nous avons besoin de tuyaux...

L'air très sérieux et concentré, loin du gosse espiègle de d'habitude et de l'étrange énergumène mi surpris mi effrayé, autrement dit bizarre et excentrique, d'aujourd'hui, il parlait calmement, d'une voix neutre sans être très expressif, narrant simplement un fait, n'y montrant ni attachement ni dégoût, comme s'il disait juste ce qu'il avait à dire.

Tu vas me dire, trouver quelques tuyaux ça ne doit pas être si compliqué que ça sauf que là... il m'en faut cinq mille. Comme tu es aussi chercheur en cybernétique je me suis dit que tu pourrais peut-être savoir où je pourrais en trouver autant. Il n'y a que la Guilde qui puisse en posséder et en vendre un si grand nombre.

Il leva vers lui un regard un peu triste, presque implorant, rempli d'émotion.

Oh je t'en prie, dis-moi que tu peux m'aider. Je ne sais pas de quel type de besoin il s'agit mais si c'est pour les ondes alpha... Oh il ne faudrait pas qu'il y ait une nouvelle grosse attaque, on m'a dit qu'il y avait eu beaucoup de morts. Beaucoup trop.

Cette tristesse qu'on ne lui connaissait guère était revenue, celle des jours gris, celle des moments de solitude où tourné vers lui-même il se sentait comme en cage, comme forcé à se regarder, à étudier tout ce qu'il y avait autour de lui sans pouvoir bouger. A ces moments-là il avait envie de courir sans jamais y parvenir, comme si quelque chose figeait ses muscles et ses nerfs, que le message ne voulait pas passer.

Mais sinon regarde ! Dit-il en lui montrant son bras. Il guérit bien, tu as vu ? Je fais presque attention et puis j'essaye de me trouver d'autres occupations. Oh depuis que je suis allé à la bibliothèque, j'adore les livres, j'en lis beaucoup et puis des fois je fais quelques petites recherches. Je crois que je vais demander si je peux travailler un peu là-bas, ça me plairait beaucoup en tout cas !

Il lui offrit un grand sourire, montrant que finalement, malgré ce qui semblait le miner assez gravement, il y avait toujours le gamin heureux qui aimait s'amuser et rire, quitte à taquiner et embêter jusqu'au bout ses chers camarades de jeux qui eux n'avaient rien demandé, surtout pas à participer aux jeux en question. A croire que le petit diable ne partait jamais bien loin.

D'ailleurs, j'en profite que tu sois médecin ! Dans une de mes lectures, ils parlaient du « syndrome d'Asperger » mais il n'y avait pas vraiment de définition et du coup j'ai du mal à comprendre... Est-ce que tu sais ce que c'est ? Tu pourrais m'en parler ? Je pourrais peut-être demander à consulter les archives de la Guilde en plus ça me permettrait de faire d'autres recherches intéressantes mais je crois qu'ils n'aiment pas trop que les congrégationnistes fassent ce genre de chose... Tu pourrais peut-être m'aider...

Honnêtement il ne pouvait pas lui avouer que le syndrome dont il parlait, il ne l'avait pas trouvé dans un livre mais dans un de ses souvenirs. Il y avait trop de caméras ici et puis il n'était pas vraiment sûr que Kim ne le dénonce pas non plus, en bon citoyen qui se voulait modèle. Kim était loyal, mais avec qui le serait-il le plus ? Il y avait aussi la crainte qu'il n'en sache rien et que ce risque n'ait tout bonnement servi à rien. Dans le pire des cas, il se sentait près à écrire le livre en question pour couvrir ses traces. Écrire, c'était bien à sa portée, non ?
Il s'était arrêté de parler subitement. Ça faisait beaucoup de demandes. Le petit homme, fidèle à lui-même, s'était mis à bavarder tranquillement et il avait un peu enchaîné les sujets, il parlait, il parlait mais parler tout d'un coup le mit mal à l'aise. Alors il préféra se taire et fixer ses grands yeux gris dans ceux noisettes de son ami médecin, heureusement qu'il aimait lui-même beaucoup discuter et qu'il n'avait pas l'air trop pressé. Le gamin n'en serait pas mécontent si Kim lui accordait un peu de son temps, avec son travail de médecin et de chercheur, il avait l'air toujours débordé et ils ne se voyaient jamais beaucoup. Et aujourd'hui, il fallait le dire, il avait vraiment besoin d'un peu de compagnie.
Ysmaël El'Hirajiri
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Message par Kim van Berghen le Lun 16 Mai - 20:16

Hj : Et post dépressif ! Un ! (enfin le début est pas joyeux) XD
Une musique pour illustrer le tout mais surtout la fin du post, écoute la 4eme musique du groupe Trent : nommée Dans mon monde

Dj:
Rester seul, c’était avoir un tête-à-tête avec son esprit, devoir risquer de plonger dans ses pensées et ses souvenirs. On était toujours seul de toute façon, intérieurement, personne ne pouvait vous capter ou vous comprendre parfaitement, ceux qui pensaient le contraire se confrontaient à une illusion, un simple mirage. Non, personne ne pouvait comprendre les autres, et ceux-là ne pouvaient vous comprendre. Oh oui, ils pouvaient faire semblant, prendre un air désolé et vous regarder avec tristesse, dire de gentilles phrases pour vous tromper. Mais tout cela n’était il pas qu’un masque doucement posé pour calmer la peur d’une connaissance ? On naissait seul et on mourrait seul. Quoi que l’on en dise et que l’on en pense. L’amour ne changerait jamais cela, ni l’amitié. Alors à quoi bon s’accrocher aux autres ? Ils ne servent à rien. Rendent juste faibles et vulnérable, ils n’ont aucun importance, on pouvait facilement les quitter et s’en passer pour vivre. L’homme était fait pour tracer son propre chemin, sans s’occuper des autres. Volonté égoïste et sans scrupules, on écrasait les autres pour pouvoir monter toujours un peu plus haut. Atteindre le ciel ou descendre en enfer ? Telle était la question. Qu’importe du moment qu’on ne se liait pas, non pas trop. Il fallait repousser toutes ces tentatives vaines d’atteindre les cœurs, elles échoueraient de toute manière, alors autant gagner du temps. Faire avorter toutes les possibilités, tuer le poussin dans l’œuf en l’étouffant doucement… Plus un cri, plus un souffle, il était parti, disparu… Si s’attacher, c’était perdre des personnes chères, alors autant rester libre et insouciant, ne dépendre que de soi même… Sauf que si on se perdait soi-même alors on perdait tout. Et sans aide, était-il possible de se retrouver ? Privé de tout et de tous, il ne restait qu’à espérer avoir de la chance, beaucoup.

Perdu dans le labyrinthe de ses pensées, sombre ou pas, Ysmaël semblait l’être lorsque Kim était arrivé. Tout du moins pour lui lancer un tel regard mêlé d’autant de sentiments contradictoires. Ils étaient tous un peu pensif ces nosciens, plongés dans leur réflexion, cherchant dans ces cases vides de leurs mémoires, troublés par un souvenir qui n’aurait peut être pas dû être là. Ils étaient des oubliés, oubliés des autres dans un monde en huit-clos. Ils avaient oubliés ceux d’avant, et ceux-là les avaient certainement effacé des leurs mémoires aussi… Seulement voilà, sortir de ses pensées était souvent une bonne chose, c’est ce qui sembla éclairer le visage d’El’Hirajiri d’un sourire. Avait-il trouvé une porte de sortie ? Tout du moins semblait il avoir trouvé un chemin où se diriger pour un moment avant de retomber dans le trou profond de sa solitude. Tant mieux alors. Rien n’était perdu si on pouvait encore apercevoir une once d’espoir, même si celle-ci reste faible. Etait ce pour cela que Kim ne souhaitait jamais rester seul ? Pouvoir s’accrocher à quelqu’un pour ne pas tomber… Non, absolument pas. Parce qu’on ne pouvait capter vraiment ce que voulaient les gens mieux valait sans doute laisser le mystère, ne pas tenter de le percer.

Ysmaël prit quelques secondes pour revenir à Nosco avant d’aborder le vrai sujet de la rencontre. Il évoqua bien plus le contexte que Kim ne l’aurait pensé, s’attardant sur son lien avec Allan Cadmun, comme pour exprimer l’importance du devoir qu’on lui avait donné… Kim écoutait tout en buvant son café. La voix du jeune homme était si sérieuse, et pourtant il était depuis si peu de temps à Nosco. Qu’est ce qui le rendait si pensif et perfectionniste sur ce qu’on lui demandait ? Il semblait froid par rapport à la nouvelle qu’il déclamait, et pourtant intérieurement n’était ce pas différent ? Il semblait si détaché tout en expliquant à quel point la réussite de ce qu’on lui avait demandé était importante pour lui. Etait-ce son attitude qui était mensongère ou ses paroles ? Il est souvent plus facile de camoufler des vérités, par des mensonges ou des omissions et pourtant… A moins qu’Ysmaël ne cache autre chose. Etait-ce vraiment sa requête initiale en venant ? Des tuyaux ? Pourquoi pas mais… cinq mille ? C’était un grand nombre vraiment, surtout pour Nosco une ville aussi petite. Seulement deux mille habitants et on lui demandait deux fois plus de tuyaux. Il n’était pas magicien, ces tuyaux il faudrait les trouver quelque part et surtout… Il allait lui répondre, posant sa tasse de café, lorsqu’il croisa le regard du congrégationniste.

Si cela le fit taire ? Sans aucun doute. Il ne put s’empêcher de capter la supplique venant des yeux, d’en être touché et remué. Il aurait sans doute nuancé sa réponse sans cela, lui aurait répondu que c’était difficile à obtenir, qu’il n’était pas sur. Ne pas s’aventurer sur des promesses dangereuses qu’il ne pourrait peut être pas tenir. Pourtant pouvait-on décevoir une telle espérance, un tel cri d’appel au secours ? Ce fut au tour de Kim d’être pensif, plongé dans ses souvenirs, loin d’une quelconque pièce blanche, loin des jouets d’enfants… Là où l’on avait décidé de ne pas traiter mais de prendre des mesures radicales, car c’était après tout ce qui marchait le mieux n’est ce pas ? Et puis que vaut la vie d’une personne comparée à celle de centaines d’autres ? Rien. Que vaut une requête demandée avec des yeux implorant ? Rien, absolument rien. Certains s’en seraient moqué, ils auraient rit aux éclats s’amusant de l’air innocent du jeune homme et le remettant en place. Montrer ses faiblesses, c’était se condamner. Sa passer la corde au cou et attendre qu’on fasse tomber la chaise sur laquelle le futur décédé était grimpé comme dans l’espoir de monter un peu plus haut vers les étoiles. Et des étoiles pleins les yeux Ysmaël en avait, implorant une réponse positive qui ne viendrait pas forcement. C’est qu’il ne demandait pas n’importe quoi le gamin, et même si Cadmun en était le demandeur… Il allait falloir les trouver, les compter puis les apporter à la congrégation et les laisser s’en occuper… autant dire pas mal d’heures de travail tout de même.

Seulement l’adolescent ne s’arrêtait pas là, finissant d’achever Kim. Pourquoi fallait-il qu’il puisse toucher à ce point la corde sensible du scientifique ? Le choix des mots, ou simplement les tournures de phrases assez vagues pour que Kim les interprète légèrement différemment. L’insinuation d’Ysmaël était claire, et pourtant elle comportait certainement une part de mensonge. S’il l’avait voulu il aurait demandé à Allan à quoi serviraient ces tuyaux, et le Haut Prêtre ne le lui aurait pas caché si c’était pour quelque chose d’aussi important… Or là c’était une simple supposition, non en fait, une insinuation comme quoi cela aurait pu concerner les ondes alpha… Rien n’était moins sur. Cadmun en aurait certainement fait une demande officielle si c’était si important, et il serait passé par Artèmîa Elisian, par Maeva Romael. Certes, il y aurait eu des papiers, les demandes d’approbation à chaque maillon de la chaîne. Cela aurait prit du temps, mais cela aurait été dans les règles… Sauf que cela aurait signifié plus de traces qu’une demande non officielle, faite dans une cafétéria, par un congrégationniste fraichement arrivé. Qui s’en préoccuperait ? Même les caméras ne se focaliseraient sans doute pas précisément sur leur conversation… Manipulateur le gamin ? Oui, sans doute plus qu’il ne devait s’en douter si sa demande avait été faite dans la plus grande innocence. Et puis il avait évoqué quelque chose à laquelle personne ne pouvait être indifférent, l’attaque des créatures, et le nombre de morts qu’elle avait causé. Et il enfonçait le clou, répétant le mot tant haït : « morts », oui lui ajoutant un qualificatif de nombre. Beaucoup de morts. Combien d’âmes que l’on n’avait pas sauvés, qui avaient périt sous les griffes, crocs ou bien encore les balles des horribles créatures… Terrible erreur, en partie la faute de la Guilde et de la Congrégation.

Alors, oui la réponse se fit attendre, tandis que Kim serrait un instant le poing de colère. Contre personne en particulier et tout le monde. Sans doute ne réfléchit il pas non plus vraiment avant de s’exprimer à son tour, en tout cas il écouta plus ses sentiments que sa réflexion. Etait ce l’air candide d’Ysmaël ? Le fait que son propre fils lui manquait ?

Je ferais mon possible pour t’aider.

Promesse muette et non prononcée. Cependant, malgré l’emportement de ses sentiments, il restait assez logique, et surtout très pragmatique. Alors si sa première phrase avait semblé sérieuse et engagée, celles qui la suivirent le démontrèrent, parce qu’il ne prenait pas la question à la légère et pour cela il avait besoin de plus que des suppositions et des insinuations sans fondement.

Si ces tuyaux sont vraiment destinés à des canalisations, sans doute les faut il longs et plutôt fins ? Tu auras besoin d’une seule taille standard ?
J’ai déjà une idée d’où en trouver une partie, seulement je devrais demander à mon supérieur hiérarchique. Monseigneur Cadmun ne t’a rien précisé de plus ?


Kim avait besoin du moindre détail, car on ne trouvait pas cinq mille tuyaux en claquant des doigts. De même, il avait besoin de quelques tuyaux pour pouvoir trouver ceux physiques, il lui fallait des renseignements précis.

Mais voilà déjà que le prêtre de la congrégation changeait de sujet pour s’orienter sur sa blessure. Il jeta un œil, oui la cicatrice semblait aller bien mieux, et puis à part lors d’attaque de créatures en surface, Ysmaël n’avait sans doute pas rencontré de nouveaux ennemis mortels à affronter, ainsi il pouvait se soigner tranquillement. Kim écouta avec attention le jeune homme parler de sa nouvelle passion pour les livres. Que c’était dommage qu’à Nosco il n’en existe si peu… Certes la congrégation était bien dotée, mais Nosco dans sa généralité baignait tellement dans l’informatique que trouver un bout de papier relevait du miracle pur. Il ne restait que les souvenirs pour savoir à quel point la ville était pauvre en culture variées, en livres de tout genre, et même en cinéma. L’art n’était pas la préoccupation majeure, pourtant il restait de ces rêveurs qui aimaient encore s’échapper par leurs lectures. C’était apparemment la curiosité d’Ysmaël qui le poussait à toujours en savoir plus, se penchant sur les petites lignes imprimées pour les décrypter et mieux les apprécier encore. Un sourie naquit à nouveau, il semblait vraiment heureux de discuter de cette passion. Et elle était bénéfique, si elle lui permettait de mieux comprendre Nosco et de ne pas seulement s’attacher aux combats qu’il faisait que ce soit contre des adversaires de manière physiques ou en dialogue.

Ce qu’il était loquace l’adolescent. Ne laissant même pas le temps de répondre aux questions, il y ajoutait toutes ses pensées balancées pêle-mêle et qui prouvait que si on ne désirait pas lui donner l’information il trouverait un autre chemin, tout en arguant qu’une réponse directe lui serait favorable, lui faisant ainsi gagner du temps et peut être de l’estime pour celui qui aurait bien voulu lui révéler cette donnée qu’il cherchait pour enfin pouvoir saisir le sens de son texte. Il lui lança d’abord la définition basique, celle qu’on aurait pu lire dans un livre de médecine.

Le syndrome d’Asperger ? Oui, je peux t’en parler brièvement, enfin ça ne s’explique pas aussi facilement, mais… Tout d’abord le SA fait partie du spectre des troubles autistiques, cependant il n’existe pas de trouble du langage. Le SA n'est pas une maladie mentale d'origine psychologique, c'est un trouble du développement neurologique d'origine génétique.

La question d’Ysmaël l’avait assez surpris, pris au dépourvu. Pourvu d’un doute, d’où toutes ces craintes venaient… Elles n’étaient pas fondées, il était impossible que le congrégationniste… Sa question était un renseignement personnel. Cependant il s’était laissé guider par un bon instinct puisqu’il avait demandé à la bonne personne. Il n’y avait eu que peu de SA à Nosco, ou les autres n’avaient peut être pas été détectés, en tout cas Kim était assez renseigné sur le sujet. Et s’il avait eu un instant d’hésitation avant de parler, de quoi rassembler ses pensées et repousser le gâteau qu’il ne mangerait finalement pas, on venait de lui couper définitivement l’appétit, il pourrait aller parler sans interruptions.

Les principales caractéristiques qui permettent de diagnostiquer un Syndrome d’Asperger sont un perfectionnisme du sujet, sa sensibilité aux détails, son grand respect des règles, une forme de pensée analytique et une logique indéniable, une mémoire importante, l’objectivité et l’honnêté de cette personne, sa difficulté à s’adapter et comprendre les changements, son problème à effectuer des choix concrets, son détachement des affects et émotions, enfin surtout son isolement social et affectif, ses soucis d'adaptation sociales…
Seulement pour vraiment comprendre cette maladie, je suppose qu’il ne faut pas s’arrêter à ces détails mais les creuser et les comprendre vraiment.


Il s’arrêta à nouveau avant de continuer plus en détail, voyant qu’Ysmaël semblait sceptique sur la compréhension de la première définition qu’il lui avait donné. Il lui fallait sans aucun doute des exemples, des justifications plus terre-à-terre et imagées. Il commença à compter sur ses doigts pour marquer le nombre diverses de caractéristiques de la maladie.

Les sujets sont atteints de trois problèmes généraux qui touchent la vie sociale, la compréhension et la communication. Ces troubles sont la conséquence d’une anomalie de fonctionnement des centres cérébraux dont la fonction est de rassembler les informations de l’environnement, de les décoder et de réagir de façon adaptée. Le sens des mots, la compréhension et la communication sont affectés. Le sujet ne parvient pas à décoder les messages qui lui arrivent, pour lui il est submergé par la «cacophonie » de l’environnement, et il n’arrive pas à adresser clairement ses propres messages à ceux qui l’entourent.
Tu peux retenir en trois « d », ils sont Dispersés dans l’espace, Déphasés dans le temps, Dépassés par les échanges, et leurs communications maladroites et hésitantes se perdent le plus souvent dans des tentatives avortées. Pour tenter d’être moins dispersés, ils se concentrent sur les détails ; pour être moins déphasé, il se complaît dans les routines ; ses échecs de communication avec les autres l’amènent à une concentration exclusive sur lui-même, sans pour autant être satisfaisante.

Les centres cérébraux n’arrivent pas à transmettre ou à décoder les informations environnementales. La personne Asperger ne comprend pas le sens des mots, ni les codes sociaux d’où ses problèmes relationnels. Comme pour une personne que l’on qualifierait de « normale », le corps, le cerveau, les cinq sens de la personne « Asperger » reçoivent des informations mais il y a ensuite un problème d'interprétation, de ces informations par le cerveau, en effet la personne décode mal la vie, l'environnement, les relations sociales, en général. Ils arrivent à entendre, voir et parler, cependant lorsqu’ils essayent de s’adapter à ce qu’ils croient entendre, voir et comprendre ils sont hors sujets, font une action considérée comme « taboue » ou disent des choses qui n’ont rien à voir avec leur sens propre. Du coup ils se sentent perdu et en contradiction avec ce qui les entoure. Ils ont beau vouloir s’intégrer, ça leur est difficile sans aide extérieure. Voilà pourquoi ils préfèrent vivre de façon routinière, le moindre détail à son importance pour eux, car cela les rassure, tandis que l’imprévu les plonge dans un profond désarroi.

L’une des caractéristiques les plus remarquée est celle des passions hors-normes dans leur type et leur intensité, la personne atteinte pouvant devenir experte dans un domaine restreint, de plus elles ont souvent un comportement répétitif. Le plus souvent leurs intérêts se portent dans le domaine des sciences humaines et des sciences et vie de la terre ; on dit que les Asperger ce sont des encyclopédies vivantes. Ils ont une très bonne culture générale ainsi qu’un langage le plus souvent recherché et très riche en vocabulaire… Il semble d’ailleurs souvent pédant, très élaboré sans forcement que la personne soit bonne en orthographe ou en expression écrite. Cependant ils peuvent aussi être doués dans ce domaine. Dans le domaine verbal, leur utilisation du langage est anormale : ils emploient de grands mots sortis d'un dictionnaire, il ne sait pas quand ni comment s'introduire dans une conversation - et peut s'attirer ainsi des moqueries. Ils prennent parfois des libertés avec des mots du vocabulaire qu’ils interprètent à leur façon, et au contraire, elles ont du mal à comprendre le sens des phrases, le ton que l’on emploi, hésitant sur le fait qu’on les gronde ou qu’on plaisante.

Elles sont fermées au langage non verbal : ne comprenant pas l'expression des émotions chez les autres, il riant à contretemps... Elles ont peu ou pas d’expression gestuelles ou faciales, elles récupèrent et copient les expressions des autres, néanmoins, ne les utilisent pas toujours de façon adéquate, parfois même dans des contextes inappropriés. Elles ont du mal à lire les expressions du visage et peuvent donc facilement prendre tout au premier degré, ne comprenant pas les subtilités de langage telles que l’humour et l’ironie, qui les mettent mal à l’aise, pensant que c’est dirigé contre eux, donc elles se fâcher très facilement en croyant qu’on se moque d’elles. Ah oui aussi… le sens figuré des choses n’est pas le plus facile à comprendre pour les Asperger, puisqu’elles n’en conçoivent pas le sens, limités dans leur imagination. Alors ne propose jamais de « donner ta langue au chat » à quelqu’un souffrant d’un SA. En fait il faut considérer que même si leur langage contient un vocabulaire important, qui donne une fausse impression de leur compréhension lorsqu'ils parlent… en réalité, ils redisent et répètent ce qu'ils ont lu ou entendu. Ils saisissent souvent les mots et les expressions littéralement ils peuvent donc faire pas mal de contresens... Le langage poétique, imagé et le monde des romans lui sont incompréhensibles. Ils ont également des difficultés à lire et comprendre les romans, car les livres contiennent beaucoup de notions abstraites et de relations émotionnelles. Or prendre une décision est un processus difficile lorsqu'il met en cause des concepts abstraits, ce qui peut expliquer pourquoi ils ont du mal à dire simplement oui ou non. En revanche, les chiffres constituent son domaine de prédilection car il n'y a pas d'affect. Sa mémoire est, dans ce domaine, impressionnante.
Donc pour revenir à un point positif à vrai dire, ils ont une mémoire si phénoménale qu’ils peuvent se souvenir du moindre détail, comme la date et l’heure où est survenu un évènement particulier. C’est comme si tu étais capable de me citer pas cœur le calendrier…


Premier exemple très réaliste et qui permettrait à El’Hirajiri de réellement comprendre.

Souvent elles se servent de leurs connaissances pour aborder quelqu’un, ne sachant pas forcement comment faire autrement. Elles ont des difficultés à soutenir une conversation avec une personne, à plus forte raison avec plusieurs. Leur voix peut-être monocorde, comme s'ils récitaient un texte appris par cœur, sans point ni virgule, en s’adressant aux autres, leur attitude est figée et leur ton semble monocorde, elles ont aussi tendance à parler fort. . Au cours d’une conversation, elles n’hésitent pas à interrompre leur interlocuteur afin de parler du sujet qui les préoccupe. En réalité, elles ont peur d’oublier ce qu’elles ont à dire et cela leur paraît trop important pour attendre. Ce qui peut paraître hautement impoli à celui qui parlait avec elles. En plus, elles n’ont pas de théorie de l’Esprit c'est-à-dire qu’elles sont persuadées que les autres savent ce qu’elles savent elles-mêmes, comme ci certains type de savoir devaient être universels. Il faut donc bien souvent le leur expliquer, exprimer qu’on est pas dans leurs têtes, ce qui peut être mal interprété et compris comme si l’on pouvait effectivement parfois entrer dans leurs pensées… Par ailleurs, elles ont du mal à reconnaître les gens et peuvent dire bonjour plusieurs fois dans la journée à la même personne.

Comme elles font preuve d’une grande franchisse, elles peuvent vexer ou blesser quelqu’un sans s’en rendre compte. Toutefois elles n’ont pas ou peu de préjugés que ce soit concernant le racisme, le sexisme... Les personnes Asperger font preuve d’une grande naïveté et sont vulnérables, elles se font régulièrement manipuler, ce sont d’éternelles victimes potentielles. Elles sont pourtant à la recherche d’amis et sont capables de manifestations évidentes d’amour, ce qui les rend facilement repérable pour ceux voulant les utiliser.
Leur plus gros problème est de ne pas comprendre les conventions sociales, elles agissent donc à contresens, ce qui est mal compris par leur entourage qui ne s’explique pas leurs attitudes bizarres, leurs obsessions et fixations. Les Aspergers sont parfois égocentriques, ils peuvent ne pas aimer le contact physique et être peu connectés aux sentiments des autres, qui à leur tour, ne saisissent par leur incompréhension et leur indifférence.


Il avait arrêté de compté les symptômes évoqués depuis un long moment, pourtant il continuait toujours à parler, puisqu’il avait un dernier détail à ajouter et expliciter… Si Ysmaël n’était pas fixé sur le sujet, il pourrait toujours reposer des questions, mais leur petite conversation risquait de se transformer en débat ou en cours sur une maladie bien spécifique.

Ces personnes souffrent généralement d'une hypersensibilité sensorielle et se trouvent littéralement démunie et submergée devant les informations que lui donnent ses sens, car le cerveau ne parvient pas à les interpréter. Ainsi leur ouïe, gout, odorat, la vue et le toucher sont souvent plus sensible aux « agressions » extérieures. Elles sont assez rapidement gênées par le bruit qui les déconcentre, des applaudissements risquent de les affoler. Certains sons produits leur font effet de «caisse de résonance» dans les oreilles et ils ne peuvent les supporter. Les odeurs les indisposent généralement, ainsi sortir une poubelle peut se révéler un vrai calvaire, car elles sont vraiment incommodées par l’odeur. Cela peut s’appliquer aussi pour une odeur de nourriture, comme le fromage, ou tout simplement la transpiration. Exposés à une lumière trop intense, elles sont dérangées, par exemple des néons dans une pièce blanche… Il leur est parfois difficile de se repérer dans l’espace, et si elles perdent leurs points de repères, c’est la panique absolue.
J’oubliais aussi, elles sont sujettes à la dysgraphie… c'est-à-dire une difficulté à écrire… Enfin, cela n’a pas beaucoup de conséquences ici me diras-tu. Et concernant leur élocution, elle est assez particulière comme je te l’ai déjà dis, mais de plus il y a une tendance au langage très formalisé, sans doute pour pouvoir réutiliser des phrases déjà apprises et toutes faites. La routine est très importante chez eux. On note aussi souvent des troubles du sommeil. Cela peut être des difficultés d’endormissements, des cauchemars. La plupart ont un sommeil léger, le moindre bruit les réveille, elles donnent l’impression de ne dormir que d’un seul œil. Elles n’aiment pas la pratique du sport, car elles ont des problèmes de motricités, leur démarche est souvent gauche, et elles sont malhabiles. Très fatigables, elles n’aiment pas qu’on les touche et ont parfois besoin de s’isoler…

De plus les personnes atteintes du SA n’aiment pas l’échec et tentent tout pour réussir ce qu’elles entreprennent, elles sont donc très persévérantes. Et avec un bon encadrement de ses proches, elle est totalement capable d’évoluer, de compenser ses manques, d’améliorer son comportement même… ainsi en qualités on pourrait leur citer qu’ils sont perfectionnistes, sensibles aux détails et respectueux des règles, dotés d’une pensée analytique, d’une forme d’intelligence particulière et d’une logique indéniable, ainsi que d’une mémoire extraordinaire et d’une objectivité couplé à l’honnêté.

Pour donner un exemple, souvent un Asperger se méfie des étrangers, de ceux qu’il n’a jamais vu, dans ce cas là il l’observe un moment pour être sur que le nouveau venu n’est pas dangereux, et lorsqu’il l’aborde, il lui posera des questions assez personnelles, ainsi que concernant sa propre passion, un sujet sur lequel il se sent bien, où il se sent totalement capable de répondre. Et après, il peut considérer le connaître, ainsi sa présence dans la même pièce lui sera ensuite égal.

Enfin, depuis le début de mon explication, je parle avec la troisième personne au féminin, en prenant comme sujet « une personne », mais c’est une erreur car ce syndrome affecte plus les garçons que les filles, je crois que le ratio est de huit garçons contre une fille. Pour terminer j’en reviendrais à ma comparaison de départ avec l’autisme, pour dire que : "Une personne autiste est dans son monde, la personne Asperger est dans notre monde à sa façon".

Tu saisis à peu près ? J’ai été trop… long dans mon explication ? Oui, j’ai certainement été trop long…


Il prit une gorgée de café, il fallait dire qu’il commençait à avoir soif à force de parler à tord et à travers. Si le visage d’Ysmaël s’était décomposé, il n’y avait pas vraiment prêté attention, mais une fois son petit discours terminé, il se hâta de rassurer le jeune homme.

Cependant tout ce que je te dis là sont des listes de symptômes répertoriés et surtout associés, on ne peut en tirer un diagnostique avec seulement quelques points communs. Il faut toujours demander un avis médical final pour avoir une vraie réponse. Mais ne t’inquiète pas… Où qu’ai pu se trouver ton mot, il n’y a jamais eu beaucoup de cas de syndrome d’asperger à Nosco.
Si tu veux en parler plus précisément, ou si tu as des craintes, on peut en discuter plus en privé.
J’ai encore un peu de temps. Non, tu sais j’ai toujours le temps, si tu as besoin.


Il avait jeté un coup d’œil rapide à sa montre, avant de repousser son poignet sans y prêter plus d’attention. Se concentrant à nouveau sur le jeune homme qui lui faisait face. Lui posant une nouvelle question, pour savoir comment il allait répondre, et si la longue description l’avait troublé ou dérangé.

Ca va ?

Hj: non Kim n'aime pas parler... Ce post en est un exemple flagrant... Ah vraiment mon mensonge ne passe pas?

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Kim van Berghen
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Message par Ysmaël El'Hirajiri le Sam 18 Juin - 23:38

Comme Kim était réputé pour ses discours interminables et son sens aigu du monologue long, vraiment très long, surtout lorsqu'on lui donnait matière à le faire, Ysmaël l'avait pris de vitesse en posant précipitamment toutes ses questions et surtout en prenant quelque chose d'assurément indispensable dans ce cas-là : son téléphone sur lequel il s'apprêtait à noter tout ce qui lui paraitrait important. Super comme astuce non ? L'efficacité allait être redoutable, il en était sûr et aussitôt dit, aussitôt fait, il nota les différentes interrogations de Kim concernant les tuyaux aussi vite que celui-ci parlait, ayant l'habitude d'écrire pas mal de choses ces derniers temps même s'il ne s'en resservait presque jamais.
Une fois que Kim eut fini, il n'eut plus qu'à ajouter le nom de l'expéditeur et pouf, le mail fut envoyé. Avec un peu de chance, Allan le lirait tout de suite et lui répondrait rapidement.

De : ysmael.elhirajiri@cdj.nv
A : a.c.@cdj.nv

Sujet : A propos des tuyaux

Bonjour cher parrain,

Vous êtes parti si précipitamment quand vous m'avez demandé de vous trouver des tuyaux que je n'ai pas pu vous poser des questions précises sur le sujet. Seulement voilà, j'aurais besoin de quelques informations complémentaires pour répondre au mieux à votre requête et surtout dans les plus brefs délais.
Kim, qui sait où il pourrait m'en trouver, voudrait savoir à quoi ceux-ci sont destinés mais si vous ne voulez pas répondre à cette question ce n'est pas très important. Il me faudrait en revanche connaître leur longueur et leur diamètre. Est-ce qu'ils doivent tous être de la même taille ? Est-ce qu'il faut qu'ils soient faits d'un matériau particulier, si oui lequel (ou lesquels) ? S'il vous vient d'autres précisions en tête, n'hésitez pas à me les communiquer.

Répondez-moi le plus vite possible, s'il-vous-plaît.
Bien amicalement,

Votre filleul.

― Oh ce serait super si tu pouvais m'aider à en trouver au moins une partie ! Je viens d'envoyer un mail à Allan, j'espère qu'il me répondra vite. Je te donnerai tous les renseignements dès que je les connaîtrai.

Il ne se passa pas beaucoup de temps avant que Kim n'embraye sur la deuxième grande question qu'il lui avait posée, celle qui concernait le syndrome Asperger et si le médecin n'en était pas atteint, on aurait pu dire facilement à la fin de son long discours qu'il avait au moins une aussi bonne mémoire que les malheureux atteints de cette maladie-là.
Très attentif à ce qu'il commençait à lui dire, le gamin ne tarda pas à prendre scrupuleusement note de toutes les informations dans son bloc notes, comme ça il n'aurait plus à embêter son ami et il pourrait relire tout ça tranquillement le soir, y réfléchir un peu.

Perfectionnisme, oui il aimait bien que tout soit fait jusqu'au bout, à quoi ça servait sinon de commencer à faire quelque chose ? ; sensibilité aux détails, c'est vrai qu'il était plutôt observateur, surtout lorsque quelque chose éveillait sa curiosité ; grand respect des règles, il ne le faisait pas toujours mais à vrai dire, il fallait se demander quelles étaient les règles pour lui et celles-là, il les respectait plus que tout ; pensée analytique, il ne savait pas bien ce que ça voulait dire, aussi ne cocha-t-il pas cette ligne-là dans sa liste ; logique indéniable, il fallait bien que tout soit parfaitement logique, non ? ; mémoire importante, c'est vrai qu'il retenait quasiment tout ce qui l'intéressait et même ce qui ne l'intéressait pas, alors il n'avait peut-être pas besoin de noter tout ça, il poursuivit pourtant, il avait une idée en tête ; objectivité, c'était vers cela qu'il fallait toujours essayer d'aller ; honnêteté, il l'était autant qu'il le pouvait et si on lui posait une question, il essayait de ne pas mentir ou alors le moins possible ; difficulté à s'adapter et à comprendre les changements, il en avait été frappé dès son arrivée et le fait qu'on le garde là où il s'était senti en sécurité lui avait fait plus de bien que n'importe quoi d'autre, ainsi il avait réussi à se sentir mieux plus vite, enfin avec Lian qui n'était pas là... ; problème à effectuer des choix concrets, il lui arrivait souvent de ne pas savoir quelle décision prendre, avoir l'air d'un enfant dans ces moments-là c'était bien, on décidait pour lui ; détachement des affects et des émotions, parfois oui ; isolement social et affectif, il essayait, il faisait vraiment tout pour mais on le laissait quand même tout seul ; soucis d'adaptement social, les autres semblaient ne jamais le comprendre, il n'arrivait pas à être comme eux, à se faire accepter ; problèmes sur la vie sociale, la compréhension et la communication, c'était indéniable et finalement tout finissait par lui échapper, et là, c'était l'enfer ; dispersé dans l'espace, déphasé dans le temps, dépassé par les échanges, ces mots semblaient si bien définir ce qu'il ressentait ; communication maladroite et hésitante, il lui semblait ne pas avoir de problèmes pour communiquer mais on ne le comprenait pas toujours et ça finissait pas le mettre mal à l'aise ; concentration sur les détails, routine, concentré sur soi-même sans être satisfait, il avait fini par prendre ses habitudes et ne s'en détachait plus, il s'étudiait lui-même pour arriver à être mieux avec les autres, en vain ; problèmes de compréhension (codes sociaux, mots), ça finissait toujours par arriver, comme s'il ne comprenait plus rien à ce monde ; l'imprévu plonge dans le désarroi, il se souvenait de ce moment de son passé et l'idée même que ça recommence provoquait en lui une peur panique ; passions hors normes dans leur type et dans leur intensité, c'était vrai que quand il s'entichait de quelque chose il ne pouvait plus le lâcher, ça devenait une véritable obsession ; encyclopédie vivante, il l'aurait récité le calendrier avec tous les événements qu'il connaissait si Kim le lui avait demandé ; langage recherché et très riche, quand il se sentait mal à l'aise surtout mais ça ne le touchait pas tant que ça ; utilisation du langage anormale, qu'est-ce qui était vraiment normal ? ; fermé au langage non-verbal, il avait du mal à comprendre les gestes, les expressions du visage même si des fois ça lui paraissait clair, peut-être qu'il interprétait mal ; peu d'expressions gestuelles ou faciales, mène à l'imitation, il aimait bien imiter, ça le mettait plus à l'aise, par contre il ne savait pas s'il faisait moins de gestes que les autres ; pas de conception du sens figuré, il lui semblait qu'il se débrouillait assez bien dans ce domaine-là même s'il préférait lire une encyclopédie à un roman ; peur d'oublier ce qu'il y a à dire, parler car c'est trop important pour attendre, ça le frappait assez souvent même s'il essayait de ne pas le faire avec certains qui avaient l'air de ne pas aimer du tout ; pas de théorie de l'esprit, c'est vrai qu'il y avait des choses qu'il croyait que tout le monde connaissait, ce qu'il savait, les autres ne pouvait donc pas le deviner ? ; grande franchise mais pas de préjugés, pour sûr il disait ce qu'il pensait ! ; naïf, vulnérable, quand on savait où frapper, oui ; à la recherche d'amis, manifestations d'amour évidentes, il aimait bien les câlins et ses amis étaient trop peu nombreux pour qu'il n'en veuille pas d'autres ; hypersensibilité sensorielle : agressions extérieures, des fois il ne supportait plus d'entendre, de voir, de sentir, de toucher, c'était tout bonnement horrible et il fallait qu'il retourne dans un endroit rassurant : le sanctuaire, ça l'apaisait plus vite ; dysgraphie, il n'avait pas ce problème, peut-être que celui-ci avait été corrigé ; troubles du sommeil, notamment sommeil léger, ses insomnies n'étaient pas rares et des fois il se réveillait en sursaut sans comprendre ce qui avait pu le réveiller, quelqu'un lui avait déjà dit qu'il était comme les loups : il ne dormait que d'un œil ; problèmes de motricité, fatigue rapide, aime peu être touché, besoin de s'isoler, il n'aimait pas qu'on le touche mais il aimait beaucoup le sport, notamment se battre, et la solitude le mettait dans un sale état ; n'aime pas l'échec, persévérant, il n'allait pas quand même laisser tomber si facilement, quand on commence quelque chose il faut le finir !

« Dans notre monde à sa façon ».

Au fil des paroles, des mots, quand les phrases prenaient finalement sens et qu'il cochait chaque caractéristique, une à une, au fur et à mesure que Kim les dictait, les larmes avaient commencé à couler le long de son visage et le temps qu'il finisse, elles avaient largement inondé son visage. Il avait la tête légèrement baissée comme il notait tout ce qu'il entendait, si bien que Kim n'avait pas dû remarquer ses larmes. Le gamin n'avait pas écouté après son explication, il n'était pas rassuré du tout de toute manière, trop fixé sur les faits qui s'étalaient sous ses yeux et qui résonnaient encore dans ses oreilles, toujours plus fort, si fort qu'il avait envie de plaquer ses mains contre ses oreilles pour que les paroles s'arrêtent. Assez ! Assez...
Et puis il leva la tête pour regarder son interlocuteur, sans s'arrêter de pleurer.

Il fit glisser le téléphone sur la table pour qu'il arrive près des mains de Kim et que celui-ci puisse lire ce qu'il y avait marqué.

― Tu promets de ne le dire à personne ? Supplia-t-il en éclatant en sanglots.
Ysmaël El'Hirajiri
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Message par Kim van Berghen le Mar 26 Juil - 21:16

Ysmael avait au moins l’intérêt d’être très efficace dans ce qu’il faisait. A peine quelques questions posées par le scientifique concernant sa demande de tuyaux qu’Allan Cadmun devait recevoir un mail. Certes le Grand Prêtre pouvait être occupé et ne répondre que bien plus tard, pourtant il s’occuperait forcement d’un mail qui avait trait à sa réclamation. Il suffirait ensuite simplement pour van Berghen de voir avec les informations données et de trouver ce qui correspondait. La seule difficulté serait certainement que la Guilde risquerait de se poser sur l’utilisation des-dit tuyaux… En même temps : à moins que les sous-sols de la congrégation n’héberge une fonderie permettant de créer des armes à partir du métal, de la matière première sous forme de tuyaux, qu’on leur fournirait… On ne risquait pas grand-chose. Enfin, il fallait toujours se méfier avec celui qui dirigeait l’ordre de Joshi. Après tout c’était un allié des rebelles dans un sens. Dans ce cas-là était ce pour aider ceux qui vivaient dans les souterrains qu’il réclamait ces biens ? Qu’importe puisqu’Ysmaël avait convaincu Kim. Alors ce dernier l’aiderait quelque soit les questions qui se cachaient. Et puis s’il échouait ce serait bien malheureux, mais la congrégation saurait passer par d’autres chemins pour obtenir enfin ce qu’elle désirait.

Emporté dans son discours, Kim n’avait pas vu Ysmaël baisser la tête pour plonger dans ses notes, et encore moins les gouttes d’eau salées qui ruisselèrent sur ses joues jusqu’à les tremper. Voilà que l’adolescent tentait de créer la première mer de Nosco, une jolie étendue bleue qui remplacerait donc la cafétéria du Sapientia. Il semblait y mettre toute son énergie, au point de ne plus pouvoir parler, pour expliquer la cause de son malheur. Il glissa alors son portable sur la table, lettre d’explication qui précède toujours les malheurs pour expliquer le geste de désespoir. Ce qui avait fait pleurer le jeune homme c’était une ribambelle de petites croix. Toutes plantées dans son cœur, pour le faire souffrir un peu plus. Des aiguilles plantées profondément dans une pelote de laine. Pourtant le mal était plus moral que physique puisque c’était des mots, ou plutôt la conclusion d’un discours qui l’avait heurté mortellement. Ysmael l’avait prit comme une condamnation, une malédiction qui le suivrait éternellement, une épée de Damoclès invisible aux autres tant qu’on ne leur révélait pas. Pourtant il n’était pas étonnant que le jeune homme prenne ce qu’il croyait être une révélation comme un coup dur et qu’il en souffre au point de sembler paniquer.

S’il y a bien une chose à laquelle Kim ne s’attendait pas, c’était de voir Ysmaël El'Hirajiri fondre en larme suite à une explication scientifique et rationnelle expliquant des données concernant une maladie. C’était bien lui qui avait demandé une simple explication par rapport à une « lecture », n’est ce pas ? C’était comme faire preuve de sentimentalisme face à un raisonnement rationnel, ça n’avait pas beaucoup de sens. C’était comme si lorsque l’on s’apercevait de la loi de l'attraction universelle et que l’on plaignait la pomme qui forcement tomberait au sol, malgré toute l’énergie qu’on mettrait à la lancer vers le haut à la seule force des muscles d’un bras. Bien sûr la pomme n’avait aucun effet sur l’être humain, à moins de lui retomber directement et violemment sur la tête.
Pauvre petite chose couverte d’eau au milieu de la cafétéria. Distribution d’eau gratuite…. Se rendre au milieu de la pièce et demander. Mince alors ! Et comment calmer le garnement habituellement si vif et rempli d’énergie ? Pouvait-on lui faire reprendre ses esprits ? Sans nul doute le jeune homme ne mangeait pas assez souvent de ces gâteaux issus tout droit des laboratoires de synthétisation du Sapientia… Leurs effets étaient pourtant bénéfiques. Pourtant vu son état actuel il aurait été bien malaisé de lui en proposer un, le pauvre petiot n’aurait pas pu en avaler une simple bouchée.

Hola Ysmaël. Calme-toi mon grand !

Kim venait de se lever, tout en sortant de sa poche un mouchoir qu’il plaça entre les petites mains du jeune homme. Lui entourant les épaules, il tenta de le réconforter en lui parlant d’autre chose. Oui, il était bien difficile de parfois faire taire Kim.

Est-ce bien le même jeune homme que celui qui a si courageusement affronté tant d’adversaires qui attaquaient la congrégation ?
Tu as bien plus d’énergie que la plupart des nosciens, et tu te bats comme un robot lion !
Aller, reprends-toi il n’y a pas de situation qu’il te soit impossible à résoudre.


Il se tut quelques instants, tout en continuant d’essayer de rassurer le congrégationniste. Puis il répondit finalement à sa dernière question.

Et non, je ne le dirais à personne, cela fait partie du secret professionnel.

Certes, il aurait fallut inscrire dans le dossier du jeune homme au moins un soupçon de son état, au moins en une ligne. Pourtant si c’était vraiment le cas, alors cela se repèrerait un jour ou l’autre, et puis si un de ses collègues avait un doute ils pouvaient en parler par oral. Rien ne servait d’indiquer des présomptions sur un dossier lorsque cela ne reposait sur aucune base.
Fallait-il laisser le temps à El’Hirajiri de reprendre ses esprits ou au contraire le faire bouger pour prendre un peu l’air ? Au vu des quelques personnes qui s’étaient tournés vers eux, par curiosité mal placé, par ennuis ou par surprise… sans doute était il préférable de quitter les lieux.

Tu viens ? On va trouver un coin plus tranquille pour discuter. Sèche tes larmes et ne te désespère pas.

Même une fois passés les portes du coin de détente et de restauration, l’ambiance du Sapientia ne devait pas forcement être des plus rassurantes ou agréables.

Tu veux en parler un peu plus longtemps dans un bureau ou une salle de consultation, ou bien tu préfères que je te raccompagne jusqu’à la congrégation ?

Le problème secondaire que pouvait causer le réseau, c’était la volonté de certain irréductible à connaître eux-mêmes leurs soucis de santé pour s’auto-médicamenter. Vouloir ainsi éviter des conseils de professionnel, de perdre leur temps dans une salle d’attente, de devoir traiter d’autres tourments qu’ils désiraient cacher, ou bien encore pour échapper un peu aux contraintes des dossiers qui étaient nominatifs et bien trop souvent réalimenté par diverses sources, dont le personnel médical. Ecouter des conseils provenant de néophytes, c’était comme croire quelqu’un qui affirmait que la Terre était plate… puisque sinon, on ne pourrait pas vivre tous à sa surface sans en tomber !

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Kim van Berghen
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Message par Ysmaël El'Hirajiri le Mer 27 Juil - 12:06

Il fallut un moment pour que les larmes cessent de couler avec l'abondance d'un gros chagrin et qu'il ne subsiste que des joues aussi trempées que la terre après un bon jour de pluie et quelques hoquets. Kim le serrait doucement contre lui dans l'espoir de le consoler mais ça ne marchait pas et il n'avait pas tellement envie d'un câlin même s'il se laissa faire. Cette conversation était dans sa tête le drame de sa vie, quoi qu'il se soit passé après cette découverte, il avait l'intime conviction que c'était ça qui avait fait tout basculer jusqu'à le faire atterrir dans ce trou perdu. Bien sûr il aimait Nosco, il y avait des gens auxquels il s'était fortement attaché mais tout de même, vivre ici pour l'éternité lui semblait irréel, ce n'était pas la vraie vie telle qu'il pouvait la concevoir – encore trop vaguement à son grand regret.
Qu'est-ce qui poussait tous ces gens à rester ici ? Outre l'interdiction de rechercher ses souvenirs, il devait exister un obscur secret, assez puissant pour rebuter une bonne partie de la population à finir cette quête ou simplement à décider de s'en aller d'ici. Il lui paraissait invraisemblable qu'une simple loi empêche les gens d'alimenter cette curiosité qui se dévoilait à ses yeux comme un besoin nécessaire, presque vital. Il y avait peut-être une raison pour tout oublier, mais quand même, on ne pouvait pas vivre en restant une coquille vide ! Le refus de partir devait aussi être dû aux attaches qu'on s'était créé ici en attendant de tout redécouvrir. Que faire quand on avait des amis, des amours de chaque côté de l'enceinte ?

Il avait d'un côté envie de tout oublier ce qu'il avait pu rêver mais d'un autre, l'idée d'abandonner tout ce qui faisait qu'il était cette personne aujourd'hui lui était intolérable. Quels que soient les malheurs ou les crimes de ce nébuleux passé, on ne pouvait pas l'ignorer davantage, il fallait accepter les choix qu'on avait fait, pardonner les auteurs de toutes ces douleurs et enfin avancer vers l'avenir. Ysmaël s'était promis de ne plus redouter son passé une fois qu'il l'aurait retrouvé en intégralité.
Il avait un moment craint que Kim ne soit choqué par cet aveu implicite qu'il avait fait. Le nom de cette maladie et le lien immédiat qu'il avait fait avec lui ne pouvait provenir que d'un souvenir, le médecin n'était pas naïf au point de croire maintenant au mensonge qu'il avait glissé au début de leur conversation. Toutefois, il n'avait pas l'air de s'en soucier, pour le moment en tout cas, et seul semblait importante à ses yeux la nécessité de le consoler. Ça lui faisait chaud au cœur, on ne pouvait pas se vanter toujours de rencontrer un ami comme celui-là.
Le secret professionnel n'était qu'une excuse à ses yeux, si Kim avait été un sbire fanatiquement dévoué à la guilde, il l'aurait dénoncé tout de suite. Peut-être était-il plus sournois et le trahirait quand il ne serait plus en face de lui, en le poignardant dans le dos avec toute la lâcheté qu'un homme pouvait avoir, il ne pourrait jamais en être sûr. Heureusement, il bénéficiait de la protection de la congrégation, les brigadiers ne pourraient pas le jeter brutalement dans un cachot alors qu'il était en train de se recueillir à la chapelle ou d'aider les siens. Malgré la neutralité et l'immobilisme agaçant du haut prêtre, c'était un incident diplomatique trop risqué.

― Ça va, articula-t-il calmement, j'ai juste besoin de me faire un peu à cette idée et... de vivre avec ? Oui, c'était bien la seule solution, ce n'était pas le genre de problème qu'on pouvait balayer de la main ou qui ne vous ennuierait le temps de quelques jours, c'était pour toute la vie. Enfin ça va déjà un peu mieux, merci en tout cas pour les explications.

Kim venait de l'inviter à partir d'ici mais il ne s'était pas senti la force de se lever immédiatement, il n'avait envie d'aller nulle part ou peut-être de s'enfermer quelque part pour y réfléchir calmement, à moins qu'il ne ressente le besoin de se changer les idées à tout prix. Quelles que soient les possibilités, toutes le menaient au sanctuaire et n'acceptaient qu'une triste solitude, au moins pour quelques heures.
Il s'enquit quand même de récupérer son portable et en appuyant sur une touche, il constata qu'il avait un nouveau message. C'était une réponse d'Allan qui, par chance, devait se trouver non loin d'un ordinateur, à moins que, comme lui, il guettait régulièrement ses mails. Il ne releva pas la remarque désobligeante et se concentra seulement sur les indications. Le sanctuaire était-il à ce point en danger ? Quel que soit le problème, il fallait faire vite et dans ces cas-là, Ysmaël pouvait être un homme digne de confiance.

― Allan m'a répondu plus rapidement qu'on ne pouvait s'y attendre, déclara-t-il, ravi de pouvoir changer de sujet sans pour autant perdre sa grise mine. Je t'ai transféré son mail, il a été assez précis dans ses indications et je pense que tu peux te débrouiller avec ça maintenant. Au pire si on ne trouve pas tous les tuyaux comme il le faut, vu la quantité, je pense qu'il ne ronchonnera pas trop et fera avec. S'il tient tant à ses critères, il aurait fallu qu'il s'y prenne petit à petit. Je vais lui signaler que j'ai transmis sa requête et tu n'auras qu'à le contacter quand tu auras trouvé au moins une partie des tuyaux. Bien sûr je serai là si tu as besoin de moi mais il est inutile que je joue les intermédiaires et les messagers s'il n'y a pas de problème que tu ne puisse résoudre. Si tu n'as pas le temps je pourrai t'aider, je sais que ton emploi du temps est chargé, mais il faut faire tout ça le plus vite possible, je crois qu'Allan ne peut pas se payer le luxe d'attendre bien longtemps.

Il s'était levé pendant qu'il parlait et s'était dressé de sa toute petite taille d'enfant face à son interlocuteur, l'air soudain très sérieux et professionnel, sans doute aussi loin de ses larmes de crocodiles que de ses espiègleries en tout genre.

― Je vais y aller maintenant, ne t'inquiète pas pour moi, j'ai juste besoin d'être un peu seul, de réfléchir à tout ça. On pourra se revoir un peu plus tard si tu veux, tu as mon numéro de toute manière. Et puis, s'il y a besoin d'un médicament ou de... je ne sais pas... une thérapie, ça te laisse le temps d'y réfléchir un peu, je ne crois pas que je vais me transformer en furie schizophrène en quelques heures !

Il lui lança un petit sourire, il voulait lui montrer qu'il était encore capable de plaisanter, que tout cela n'allait pas affecter sa jovialité habituelle et qu'il n'allait pas sombrer dans une profonde dépression. Il n'était pas encore vraiment prêt à prendre les choses du bon côté, il se sentait encore trop étourdi par le coup qu'il venait de recevoir et il lui faudrait un moment pour s'en remettre mais rien qui ne lui paraisse insurmontable.

― Merci pour tout, souffla-t-il sincèrement avant de le serrer dans ses bras. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

Puis, glissant un au revoir à son médecin, il se retourna et sortit de la cafétéria sans se retourner.
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