Un verre, ça va...

Aller en bas

Un verre, ça va...

Message par Aaron Smith le Dim 13 Mar - 22:56

« Arrête de passer ta vie sur l’ordinateur, Aaron. Il faut sortir, faire la fête ! »

C’était quelque chose comme ça, qu’avait dit Kim. Et comme Aaron était un bon petit soldat, il avait accepté qu’on l’emmène en cette fin de semaine dans la discothèque de l’Aedes, pour qu’il découvre ce que c’était. Il était arrivé il y a un moment déjà mais, trop occupé à prendre soin de Shane qui dépérissait, à appréhender son petit écran et à passer le plus de moments possibles avec Elyan, il n’avait pas trop eu le temps de découvrir la totalité de Nosco. Bien sûr, ses connaissances s’amélioraient : il avait découvert l’existence d’un sous-sol, de salles de repos, du Capitol et même du sanctuaire de Joshi. Peu à peu, il avait appris à se repérer dans la ville et se déplaçait maintenant facilement. Son corps avait récupéré de sa faiblesse du début d’arrivée, et il commençait même à se muscler, restant malgré tout svelte et élégant. En fait, connaître son environnement l’améliorait beaucoup, physiquement… Et mentalement.

Peu à peu, il comprenait ce que voulait dire être toujours surveillé, ne rien pouvoir faire sans être fixé par un œil mécanique. Parfois, ça ne le dérangeait pas mais, à d’autres moments, il aurait voulu avoir un peu plus d’intimité avec lui-même, ou avec d’autres. Il serait tellement plus aisé d’avoir des discussions sérieuses et inavouables aux autorités sans ces fichus objets ! C’était sans doute pour ça, d’ailleurs, que Joséphine de Nosco, impératrice de la ville dont elle portait le nom, veillait au grain sur ses installations numériques. Ces petits détails, Aaron n’y aurait jamais pensé à son arrivée, mais il découvrait maintenant la réalité et, peu à peu, son idiote naïveté s’éloignait de son esprit, comme une lointaine effluve. Enfin bon, on était loin d’arriver à une furieuse intelligence pour autant, hein. A l’exception de ces fréquents moments où il avait un ordinateur dans les mains.

Il devait retrouver Kim dans le hall pour 20h30. Ce qui signifie qu’à 18h30, il quitta les sous-terrains aménagés pour l’informatique, saluant Shane avant de partir, et se dirigea tranquillement vers son appartement, flâneur. Il passa rapidement sur son propre ordinateur chez lui, installant amoureusement les dernières mises à jour et autres programmes le préservant d’une potentielle attaque ennemie. Non pas qu’il soit la cible principale des ennemis mais, à mesure qu’il commençait à mieux s’en sortir avec les petites bestioles informatiques, il subissait de plus en plus de petites attaques, qu’il parrait sans difficultés, ayant établi plusieurs barrières de protections à l’aide de codes. Il se débrouillait bien en codages… c’est du moins ce que son maître lui avait dit, et il s’en était senti très touché. Si seulement le dit maître pouvait le toucher plus souvent ! * SBAF *.

Hum. Bref, une fois son petit passage informatique fait, il avala rapidement deux barres de céréales protéinées pour tenir la soirée et entama la longue et terrible perte de temps qu’était sa préparation physique. Aaron était de ceux qui prenaient des heures sous la douche. A côté de lui, une femme soignée passait pour une petite joueuse. Reprenant le même rituel que celui du matin, il se déshabilla, leeentement, passa quelques secondes à regarder cette tâche qu’il ne pouvait s’empêcher de mépriser, malgré tout ce qu’on lui avait dit - on étant Kim et Elyan - puis s’engouffra dans sa douche. Une fois là, il alluma le jet, le régla à une température moyenne, plutôt chaude, et se laissa aller sous l’eau. La tête basculée en arrière, il savoura le coup de fouet qui frappait son joli visage dans une vigoureuse caresse, la sensation des gouttes coulant le long de son corps alangui. Il adorait ce moment, et ne voyait pas le temps passer, se laissant simplement aller dans une attitude qui n’avait rien de chaste. Enfin bon, on s’en fiche : c’était bien le seul endroit, avec les chambres, où les caméras ne venaient pas mater tous ces corps offerts… Dommage. Sinon, il serait devenu surveillant de caméras ! XD

Une fois parfaitement détendu, il s’empara de son gant, de savon, et se frotta allègrement le corps, n’oubliant aucun coin, aucun recoin de sa personne. Oui, il était soigneux. S’il devait se laver les cheveux – et ce jour-là, ce n’était pas le cas… - il faisait son premier lavage à ce moment là. Et puis il se rinça, de longues minutes, baladant le pommeau de douche où il en avait besoin, afin qu’il n’y ai pas une trace de savon restant sur sa peau de bébé. Il reposa le bout métallique tant aimé. Il reprit son gant. Et cette fois-ci, il passa un gel gommant pour enlever toute trace d’impureté, ayant depuis longtemps arrêté d’imaginer que sa tâche violacée s’en irait suite à un simple gommage. Si deuxième shampoing il devait y avoir, c’était là. Et une fois encore, il se rinça, lentement looonguement, re-détendant son corps une fois de plus. C’était ces petites habitudes qui faisaient de lui un être si parfait, et il n’était pas prêt à s’en débarrasser.

Bref, une fois son corps nu rendu tout doux par les lavages auxquels il avait été confronté, Aaron sortit de sa douche. Un long séchage avec sa serviette précéda l’application de multiples crèmes sur cette fameuse peau qui, décidément, avait le droit à bien des égards. Et, enfin, il daigna s’habiller. Comme il sortait ce soir, le costume n’était pas vraiment de mise… Il enfila donc une chemise blanche, qu’il remonta jusqu’aux coudes, ainsi qu’un jean serré dans lequel il était à l’aise. Le haut était légèrement ouvert, dévoilant le torse sans aucun défaut de l’informaticien, sans être provocant pour autant. Bon, okay. Le corps était prêt, et il était 19h45. Ce qui lui laissait une demi-heure pour s’occuper de son visage de poupin et être radieux pour se rendre dans la fameuse discothèque. Il ne se souvenait plus trop comment on dansait, mais espérait retrouver ses repères sans trop de mal, et parvenir à ne pas avoir l’air totalement ridicule. Et puis, de toutes façons, il s’en fichait… En fait, non.

Posément, il s’approcha de son miroir et s’observa. Ici et là, sa peau faisait montre de quelques petites imperfections qu’il cacha à l’aide d’un rapide coup de fond de teint. Maquillage invisible, mais qui le sublimait, cela allait de soi. Il se lava longuement les mains, veillant à n’y laisser aucune trace de saleté quelle qu’elle soit, de peur de ne s’infecter la cornée et de devoir rendre visite au Docteur Van Berghen, celui qui l’attouchait pour vérifier qu’il n’avait rien de casser XDD, puis il s’empara de ses lentilles contre la lumière et les posa sur ses yeux verts. Quelques clignements d’oeil, et c’était bon : il voyait sans être agressé par la lumière extérieure. Ces lentilles étaient de ces objets dont il ne pouvait se passer. Un objet vital. Un peu comme sa douche, son fond de teint… Et son gel. Car oui, c’était là que tenait la grande difficulté de la préparation d’Aaron : sa coupe de cheveux. Un savant jeu de mèches afin de donner un air totalement déstructuré, comme tombé du lit… Mais joliment tombé, quoi ! Longuement, les doigts de l’informaticien coururent dans ses cheveux comme sur son clavier, jusqu’à ce qu’enfin la moindre petite mèche retombe comme il le souhaitait, sans pour autant que sa dense crinière blonde n’ait l’air d’un gros tas de boue. Les cheveux rendus graisseux par le gel, c’était très peu pour lui. Tout était dans le doigté de la coupe, et du doigté, Aaron en avait ! (Tsss… bande de petits pervers >_>)

Oh mon Dieu, mais il était 20, s’il ne voulait pas être en retard, il fallait qu’il file ! Bondissant, l’ange blond éteignit son ordi, sautilla un peu dans tous les sens, vérifia une dernière fois son apparence dans la glace, enfila des chaussures plus décontractées que celles auxquelles il était habitué et sortit de son appartement. Peu désireux de voir quelqu’un y rentrer par inadvertance, il le verrouilla, avant de descendre nonchalamment les escaliers. Tant qu’il n’était pas à l’extérieur, Aaron se tenait droit, et tentait de mettre tant que possible son superbe corps en valeur. Chose qui fonctionnait parfaitement bien, autant le dire. Surtout que, ce jour là, ainsi vêtu de blanc, il était juste éblouissant… Et son sourire en rajoutait une couche : il ne tentait même pas de cacher combien il était heureux de passer une soirée de plus avec Kim. En plus, en discothèque… Qui sait ce que l’alcool pourrait leur faire faire *__*

Bien vite, il se retrouva dans le hall et, quelques secondes après, Kim arriva, lui aussi particulièrement sexy… Bon Dieu, mais il allait falloir lutter pour ne pas lui sauter dessus !!! En plus, il sentait diablement bon, c’était... Huuum *__*. Après l’avoir salué, Aaron s’empara de son bras, comme un gentleman emmenant sa lady dans un restaurant convoité, et c’est ainsi que les deux camarades firent leur entrée dans la discothèque, où la musique tournait à plein régime et où l’alcool coulait à flot. Houuuu la la, qu’ils allaient s’amuser ! Du coin de l’œil, l’ange blond aperçut quelques connaissances… Nosco était décidément une bien petite ville.
avatar
Aaron Smith
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Information
Âge réel : Tout beau tout neuf !
Âge d'apparence : La vingtaine, peut-être un soupçon plus.

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Kim van Berghen le Mar 15 Mar - 1:14

20h30 dans le hall, c’est ce qui avait été dit et convenu entre le parrain et son filleul. De quoi laisser le temps de sortir du travailler et de se préparer. Ce que Kim n’avait pas prévu c’était de faire une nuit blanche la veille, il avait à peine fermé les yeux pendant plus de vingt quatre heures. Il ne pouvait pas lâcher le projet, ou plutôt son patient, et il lui avait donc fallu rester aux côtés de Roy Johnson. L’homme avait été blessé terriblement lors de l’attaque des créatures, au point d’en perdre ses deux bras, pourtant il était un solide gaillard et il avait survécu… Comme peu de ses confrères.

On avait donc été décidé de tenter le tout pour le tout et de le faire entrer dans un programme spécial destiné à tester les nouveaux exosquelettes, plus performant, plus souples dans leurs mouvements, ils étaient toutefois solides et agréable à la manœuvre. Cependant il fallait s’y attendre, il y avait de nombreuses imperfections et Roy avait affreusement souffert lors de ses opérations, car il avait fallu relier les nerfs aux systèmes électroniques. Il avait fallu lui réapprendre à utiliser ces nouveaux membres, si différents des anciens. Ils avaient accompagnés l’homme du mieux possible, tentant de calmer ses colères, son sentiment de frustration. Leur patient avait été confiné dans un environnement clos dans les sous-sols du Sapientia pendant plusieurs semaines, le temps de l’opérer de faire les premiers tests… Leur patient avait subit tellement de dégâts physique qu’ils avaient voulu le protéger, l’entourer et celui-ci l’avait mal prit, pas vraiment bien supporté. Priver quelqu’un de sa liberté était une chose compliquée, mais ils ne pouvaient pas le laisser sortir seul et affronter toutes sortes de maladies avant qu’il ne soit plus en état. Ils avaient investit trop d’argent et de temps pour que tout échoue au dernier moment…

Hier un nouveau problème s’était déclaré et le résoudre avait été plus que compliqué, de quoi donner de mauvais cernes sous les yeux de Kim van Berghen, cependant c’était heureux et rassuré qu’il quittait le Sapientia bien plus tôt que d’habitude. Ils avaient tout réglé, tout allait maintenant comme sur des roulettes, ou en croisant les doigts comme sur des exosquelettes. On était en plein milieu de l’après midi, pourtant c’est avec délice que Kim se glissa dans ses couvertures après avoir laissé glissé ses vêtements au sol. Il prit à peine le temps de régler le réveil pour être assuré de se réveiller à temps. Puis il glissa dans un sommeil sans rêve, un sommeil réparateur et reposant. Lorsqu’il ouvrit à nouveau les yeux pour appuyer sur le bouton d’arrêt de sonnerie du réveil, il était dix-neuf heures pile. Le scientifique grogna contre Einstein et sa relativité du temps. Pourquoi les secondes semblaient toujours passer plus vite lorsqu’on aurait eu besoin qu’elles durent des heures ? Il aurait bien aimé dormir un peu plus, cependant il fallait qu’il se prépare et qu’il mange quelque chose avant de sortir.

Une fois levé, il se glissa sous la douche pour raviver ses sens et se laver de toute cette fatigue. Aller il fallait oublier les heures de sommeil perdues pour profiter au mieux de la soirée promise. Il s’installa ensuite dans la cuisine, sortit un plat préparé à l’avance et savoura l’apport de nutriments. Mieux ne valait pas arriver le ventre vide si l’on voulait boire un minimum. Et puis il serait bien en forme s’il mangeait bien. Voilà une bonne chose de faite, il fallait maintenant penser à bien s’habiller, il ne pouvait pas décemment se présenter comme cela en tenu décontracté avec seulement un pantalon et torse-nu… Il lui restait assez de temps pour sortir de sa penderie de quoi se vêtir. Puis un coup d’œil dans le miroir, les vilains cernes avaient disparu remplacés par un sourire du reflet. La sieste avait eu sur lui un effet réparateur et il allait pouvoir dormir à une heure impossible. Aaron suivrait certainement puisqu’en tant qu’informaticien, il devait tenir la réputation de ceux-là qui les voulait couche-tard et trainant le plus souvent sur leur boite mail ou quelques tchats, ou bien encore codant…

Toutefois ce soir, Smith viendrait se socialiser avec les nosciens et danser en discothèque. Ester n’avait pas été prévenue de la sortie « entre hommes » prévue, mais peut être par hasard la croiseraient ils ? Qui sait ? A déjà 20h 15 ? Pressant le pas Kim se décida à quitter son appartement, après tout il habitait au troisième étage et on ne savait jamais qui on pouvait rencontrer dans l’ascenseur, mieux valait donc prendre un peu d’avance et ne point arriver en retard. Il arriva quelques secondes ou minutes après Aaron, et se dirigea instantanément vers lui. Le blond s’était fait beau, ne laissant aucun détail au hasard, on le voyait à sa coupe de cheveux bien plus travaillée que le jour de son arrivée… Il lui prit rapidement le bras, passant le sien l’un sous l’autre, ce qui surpris Kim. Pourtant il ne se déroba pas. Arrivé dans la salle déjà assez remplie, il salua quelques personnes avant de réfléchir un instant.

Mais dis moi Aaron, tu n’as pas encore eu le temps d’avoir ton premier verre à Nosco, si ? Aller viens je te l’offre ! Tony, deux sex on the beach, s’il te plait !

Il entraina son filleul vers le bar et ils s’assirent sur deux tabourets, l’un à côté de l’autre en attendant leurs consommations qui ne tardèrent pas à arriver. Tony le leur offrit avec un sourire, saluant Aaron après que Kim le lui ai présenté. La soirée commençait à peine et seules quelques personnes dansaient vraiment sur la piste.

Et ta semaine, comment s’est elle passée ?

Il prit son verre et le tendit vers Aaron pour trinquer, la couleur de la boisson semblait différente à cause des couleurs de la discothèque et pourtant l’odeur laissait présager le bonheur des papilles.

A cette soirée… Qu’elle en présage de nombreuses autres toutes aussi agréables les une que les autres… Et encore une fois, bienvenue à Nosco ! La cité qui ne dort jamais les weekends…

Ils travaillaient assez la semaine pour pouvoir se détendre pendant leurs jours de repos et en profiter au maximum.

_________________
avatar
Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Shane M. Lewis le Sam 19 Mar - 14:53

    Nelsen avait déversé sur lui un amas de postillons en lui hurlant que c’était le week end et qu’il devait se REPOSER.

    Ce fut donc en bougonnant, marmonnant, maugréant que Shane referma son ordinateur portable, le rangea dans sa sacoche et quitta que Quartier Général de la Brigade Impériale. Aaron avait été avec lui presque tout la journée. Aussi, lorsqu’il était partit tout à l’heure, Shane s’était senti seul… Abandonné… Trahi… Trompé… Et tout ça quoi ! Bref, lorsqu’il rentra chez lui, qui était aussi chez Silvio à présent, et que son amant n’était pas là, l’informaticien poussa un long soupire, rongé par la solitude. Il fallait qu’il sorte. Il fallait qu’il se change les idées. Il fallait surtout qu’il voit du monde.

    C’est pourquoi il fila directement dans la salle de bain. Il prit une bonne douche pour se changer les idées. Il ferma les yeux et fit le vide dans son esprit. Il avait fini sa journée de travail, il allait falloir qu’il se détente un peu et qu’il chasse une grosse partie de ce qui concernait l’informatique de son cerveau. Lentement, il balaya ces informations, agrippées un peu partout dans ses pensées. Il y avait vraiment des fois où il se disait qu’il emmagasinait beaucoup trop de choses dans son esprit. Il chassa l’inutile, puis les tâches traitées, et il laissa dans un coin ce qui lui restait à faire. Enfin, il compressa ces données pour qu’elles prennent encore moins de place, ils ouvrir les fichiers de son esprit dès lundi, lorsqu’il retournerait travailler… Enfin, peut-être un peu plus tôt. Les rebelles étaient très friands des attaques sur le réseau, et mieux valait se méfier d’eux et ne pas baisser sa garde. Ca valait mieux pour la sécurité de la Guilde. Shane ne comptait pas échoir si proche du but, il en serait bien trop écœuré.

    Tristan serait si fier de lui lorsqu’il reviendrait… Il allait voir que Shane s’était bien débrouillé qu’il avait porté le masque de Traktueur avec honneur et dignité, parfait petit soldat qu’il était. Non, ne pas penser à l’informatique. Il poussa le sujet loin, fort loin dans son esprit, et passa ses mains humides sur son visage. Il coupa l’eau, tendit une main hors de la douche pour attraper une serviette blanche. Il s’essuya. Shane ne mettait pas beaucoup de temps à se préparer. Il avait rapidement séché ses cheveux. Ceux-ci, raides, reprenaient leur place initiale, en bataille. Après un lavage de dents et un enfilage de vêtements, Shane se regarda dans le miroir. Un jean sombre, près du corps, qui lui donnait des fesses de rêves ! Un chandail blanc et moulant par-dessus et puis c’était tout.

    Sortir. Il était prêt… Et en fait non. Il se dit que si Silvio arrivait ce soir et qu’il attendait mon brigadier, il risquait de l’attendre longtemps. Lorsque Shane sortait, il ne rentrait pas avant au moins trois heures du matin. Il sortit son téléphone portable et tapa un sms, en même temps qu’il enfilait ses chaussures. Comme quoi, le personnage n’est pas que à l’images de son auteur : il n’est pas mono tâche…

    De : Sado-Masochiste Lapinoïde
    A : Soumis Autoproclamé
    Message : Si tu me cherches, je sors et je rentre tard.

    Simple, court, il ne pouvait pas en dire plus. Les sms envoyés devaient être aussi surveillés par la Guilde. Il ne pouvait donc pas écrire : « Mon ange, si tu viens m’offrir un verre, je te fais passer une nuit de rêve. » Néanmoins, entre les mots du message soft de Shane se cachait bel et bien cette prometteuse invitation. Et je vois déjà venir la bande de pervers alors non, « nuit de rêve » ne veut pas forcément dire ce que vous pensez. Allons donc : Silvio, un célibataire endurci et un homophobe, il ne fallait pas lui demander de le faire tous les soirs. En trois mois de couple, ils ne l’avaient fait qu’une fois, et sur la demande très prononcée et suite de nombreux arguments tels que massages et yeux doux pour parvenir à ce qu’une fois, ils le fassent ! Alors, la nuit de rêve, ce serait des massages, des câlins et des baisers, et pour les deux amants, c’était déjà beaucoup. Na ! Désolé de vous décevoir, mais Shane et Silvio avait une relation bel et bien amoureuse avant d’être sexuelle.

    Ceci étant dit, si Silvio était trop fatigué pour venir, Shane ne lui en voudrait pas, et serait compréhensif. Silvio l’avait été tant de fois à son égard. Et s’il y avait bien une chose qu’il ne pouvait pas reprocher à Silvio, c’était l’étouffement. Avec Silvio, il était libre. Non, Aaron, recouche-toi, pas libre dans ce sens. Mais libre dans le sens où il n’était pas obligé d’être constamment avec lui. Il pouvait, s’il le souhaite, sortir comme ce soir, travailler toute la nuit sur son ordinateur, plutôt que de se consacrer exclusivement à son amant toute la nuit. De même, Shane ne lui imposait pas une discipline de fer. Silvio n’était pas vraiment le soumis que l’on croit voyons. Bon, bien sûr, il est soumis aux beaux yeux de Shane, mais il était aussi libre de s’occuper comme bon lui semblait. Shane ne l’obligeait pas à avoir une relation sexuelle tous les soirs par exemple, même si lui-même en avait envie. Il sentait Silvio suffisamment retissent à la pratique pour ne pas l’y pousser. Il voulait lui laisser le temps de s’habituer à leur relation. Ils avaient tout le temps devant eux pour cela. N’étaient-ils pas une sorte d’êtres immortels ? Ou tout du moins, des personnes qui n’étaient pas frappées par le temps.

    Car si on comptait bien Shane devrait être un homme de 29 ans d’existence (apparemment 19 avant Nosco et 10 ici), et Silvio un qui avait passé le demi-siècle au total ! Silvio aurait pu être son père ! Le rapport avec l’âge était terriblement différent à Nosco par rapport à ailleurs. Ici, un homme d’apparence de 70 ans pouvait avoir deux ans d’âge Noscoien, alors qu’une enfant de 16 ans pouvait avoir 60 d’âge noscoien. En bref, la vieillesse était quelque chose d’assez spécial à Nosco. Le plus âgé n’était pas forcément celui qui avait le plus de rides. Au final, ceux qui arrivaient à Nosco avec un âge d’apparence de 70 ans avaient l’air d’être des personnes atteintes d’une étrange maladie que les gens comme Shane n’attraperaient jamais.

    Il fila et arriva rapidement à destination. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant Aaron et Kim ! Il entendit la commande du docteur, alors qu’il s’approchait des deux hommes et répliqua un « trois » à l’adresse du barman, pour qu’il serve un troisième verre du même breuvage. Un sourire à Kim et il lança à l’adresse de son apprenti :

    « Et bien, Aaron, tu m’avais donc abandonné pour faire la fête sans moi ? »

    Il avait pris son verre et trempait un peu ses lèvres dedans puis but une gorgée. Il aimait bien, ce n’était pas la première fois qu’il en buvait, mais à chaque fois, il en avait des étoiles plein les yeux… A moins que ce ne soit l’effet de l’alcool… C’est vrai qu’après mûre réflexion… Bref.

    « Au bout de deux verres, tu danses, au bout de cinq, tu te déshabilles ? Et au bout de huit ? »

    Il parlait fort pour qu’on parvienne à l’entendre à travers le bruit de la musique. Il n’y avait pas encore beaucoup de gens qui dansaient, au fond, il était encore assez tôt. Ce n’était qu’après minuit que la piste de danse était bondée. Enfin, au prochain verre, Aaron commencerait à danser. Avec son aura, il parviendrait à faire venir d’autre gens… Car, c’était vrai qu’Aaron s’était bien bichonné ! Il était absolument radieux. Kim aussi s’était fait beau. Il imaginait déjà Silvio, dans l’appartement, en train de se faire beau, et il imaginait aussi, la venue, dans quelques temps, de son fauve adoré tout propre tout beau. Et comment pourrait-il résister ? Déjà qu’il retenait ses pulsions tout au long de la journée, pour ne pas lui sauter dessus et lui voler un baiser… Mais comment ferait-il ce soir, après trois verres ? Enfin… Peut-être que Silvio ne viendrait pas au fond. Le commandor était un homme très occupé, et très fatigué en fin de journée.

    L’informaticien sortit de ses pensées et reporta son attention sur les deux gens devant lui. Faire la fête, s’amuser, rire, boire. Il avait besoin de ça pour se changer les idées. Il avait d’ores et déjà repris des couleurs depuis qu’il habitait avec Silvio. Il y avait encore du chemin avant la guérison totale mais ce n’était plus qu’une question de temps et de volonté. Et il s’était dit que ce soir, il ne penserait pas à son ordinateur chéri adoré mais bel et bien à faire le fou jusqu’au bout de la nuit. Enfin, pas trop fou non plus ! Il ne fallait pas que ça dégénère non plus ! Shane avait une réputation à préserver ! Enfin,ce qui lui restait de réputation… Car la dernière fois qu’il s’était pris une cuite, c’était à cause de Lisbon et on avait retrouvé de beaux souvenirs sur alpha : Shane en caleçon et oreilles de lapin sur un canard.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Silvio Anthelmios le Sam 19 Mar - 21:59

Code:
"Si tu me cherches, je sors et je rentre tard."

Habituellement, la communication et moi, cela fait cinq. Transmettre des sentiments, de l'implicite, à un autre humain, cela m'est difficile. Oh, en cherchant bien, je peux y arriver, mais cela ne m'est pas naturel. A vrai dire, cela me manque rarement, et je m'en suis toujours sorti sans, jusqu'alors. Les personnes qui m'entourent savent à quel point j'apprécie que l'on soit franc et direct, et je le leur rends bien.
Avec Shane, c'est différent. Tout est différent avec Shane. Avec lui, je suis un autre homme, je ne me reconnais plus. C'est assez déstabilisant, mais je commence à m'y faire. Je crois me souvenir de nos premières étreintes. Quelque chose en moi me dérangeait, j'avais dans ma poitrine une sensation que je n'avais jamais ressentie jusqu'alors et que je tentais de réprimer au maximum. Il m'aura fallu du temps avant de découvrir ce que c'était ! Je n'étais pas habitué au bonheur. Avais-je oublié ce que c'était ? Il me semble avoir oublié trop de choses. Il m'aide à les retrouver, petit à petit. Retrouver ce qu'est la tendresse, une amie qui s'accompagne souvent de la douceur. Il me faut les apprivoiser, ce n'est pas aisé. Pourtant, je donnerais beaucoup pour pouvoir lui rendre tout ce qu'il m'offre. Face à lui, je suis assailli de tant d'émotions qu'il m'est impossible de mettre des mots dessus. Son unique nom suffit à me réchauffer et me ragaillardir. Il est le seul à avoir tant de pouvoir sur moi. D'un claquement de doigts il me tuerait. Je n'ai aucune protection face à cela. Je ne me méfie pas de lui. C'est une confiance aveugle dont j'ai pleinement conscience. Mais il est une drogue dont on ne se sépare pas aussi facilement. Et nul ne s'est jamais séparé d'une drogue sans le vouloir très fort. Je ne veux pas le perdre. Donnez-moi ma dose, injectez-la dans mon sang, et je le sentirais dans mes veines...

Me serais-je égaré ? Pardonnez-moi. A ma place, qui ne l'aurait pas fait ? Que voulais-je dire...? Que Shane réussissait à me rendre sensible. Aussi à travers son messages, je voyais, presque écrit en toutes lettres, une demande: celle de le trouver, le rejoindre. Un défi ? Pourquoi pas. J'ai souri. Je n'avais aucune raison de ne pas accéder à sa demande. Je rattraperai mon travail une autre fois. J'ai l'habitude de ne pas dormir, ou si peu. Mais depuis que nous vivons ensemble, je m'applique à avoir toujours une légère avance dans mon travail, afin d'avoir ma nuit de libre, à lui consacrer... S'il le voulait. Car il avait parfois besoin de travailler, d'être seul, ou que sais-je encore. Ses désirs sont des ordres pour moi. Son insatisfaction m'inquiète, m'angoisse, et s'il ne va pas bien, je crains de le perdre. J'ai rarement peur, et c'est encore un sentiment qu'il a éveillé en moi, hélas. Il lui suffit d'être un peu dur avec moi pour que, durant toute la journée, je sois mal à l'aise. Alors, au lieu d'écouter ce que l'on me demande, je songe à un moyen de me faire pardonner de ce crime que je n'ai pas commis. Il veut que l'on sorte dehors ensemble ? Très bien ! Alors je sortirai. L'activité ne m'est pas commune, habituellement j'apprécie peu de dépenser mon temps libre à quelque chose qui n'est ni lecture ni sommeil. Les lieux de détente ne me sont donc pas familiers. Il faudrait se préparer... Je cherche au milieu de mes affaires quelque vêtement qui ne serait pas un uniforme de travail. Désormais, mes habits se mêlent avec ceux de Lewis, il faut que je veille à ne rien lui emprunter, sinon certains se poseront des questions. Notre secret doit le rester, sa Majesté est déjà bien indulgente envers nous. Mon exploration m'amène jusqu'à une relique: le chemisier noir, le pantalon assorti. Pas vraiment joyeux, mais c'est ce que j'ai de moins sérieux. Quelle tristesse ! Mon pauvre Silvio, il va falloir apprendre à te détendre un peu plus souvent...
Le chemisier doit vraiment être vieux, et j'ai dû prendre du muscle entre-temps, car je m'y sens un peu serré. Le pantalon l'est moins, heureusement. Bref passage dans la salle de bain: suis-je présentable ? J'ai l'impression d'être un jeune homme qui va aller séduire sa princesse tant convoitée. Bah, j'aime bien lui faire la cour. J'ai encore du mal à imaginer qu'il puisse avoir les mêmes sentiments que moi, tenter de le séduire me rassure un peu. C'est assez étrange, être un homme, séduire un autre homme... Je m'habitue, je crois. Il faut juste ne pas y penser trop fort.
N'ai-je rien de plus pour me faire beau ? Je fouille un peu. Un peigne ? On dirait. Comment utilise-t-on ces objets, déjà ? Oh, je doute que se coiffer soit nécessaire, j'ai l'air assez sérieux comme cela. Mais n'y a-t-il pas la moindre crème pour la peau...? Il parait que l'on est plus séduisant avec une peau de pêche. Je n'y avais jamais fait attention. Résultat: aucune crème en vue dans ce tiroir. Mais bien décidé, je continue mes recherches, tel un aventurier. Là, je crois avoir vu l'objet de mes recherches. Elle doit appartenir à Shane, plus soigné que moi. Il ne remarquera rien. Alors je prends une noisette de crème et m'en étale sur la peau. Ce soir je serai le plus beau, c'est sûr !

Un seul coup d'oeil à l'intérieur de la discothèque, et je sus qu'il était là. Mon flair me guidait, et il se trompait rarement lorsqu'il s'agissait de Shane. De mauvaises langues auraient parlé d'un sixième sens, et auraient rattaché cela à une potentielle féminité. Je ne crains pas ceux-là. Je sais qui a raison, je sais qui je suis. Sur la pointe des pieds, j'essaye de regarder au-dessus de la foule. Un mauvais plaisantin vient me proposer des talonnettes. Je me retourne: sait-il qu'il s'adresse à un commandor ? Je reçois des excuses et regrette presque de ne pas pouvoir exprimer ma colère de façon physique. Mais cet immonde cancrelat m'importe peu. Désormais, je fends la foule, guidé par un seul et unique instinct: celui de rejoindre mon prince en détresse !
Il faut bien être en détresse pour en être réduit à prendre place aux côtés d'un médecin et d'un... Oh, qui vois-je ? Aaron, son cher filleul. Loin de moi l'idée d'être jaloux, mais cet énergumène me semble bien trop proche de celui à qui j'ai implicitement promis ma fidélité... Il n'en a pas le droit. Désormais, je suis là, aux côtés de Shane, et il ne pourra rien tenter à son égard. Oui, je me suis assis à ses côtés, et loin de ce petit blond qui a déjà le verre en main. Au barman, je demande un jus de pomme -jamais d'alcool.

"- Alors, on déshabille quelqu'un ?"

Je ne suis pas sûr d'avoir bien entendu et, pour être sûr que Shane m'a bien entendu, je pose ma main sur son épaule. Strip-teaseuses ? J'ignorais que c'était autorisé. L'impératrice nous autoriserait enfin à nous dévergonder ? Cela me semble étrange. Pourtant, je souris à mon cher ami. L'avoir trouvé me ravit au point que j'en oublierais presque qu'il y a du monde autour de nous...

[HJ: désolé. Inspiré par mon défi.]

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Aaron Smith le Lun 21 Mar - 18:03

Sortir en boîte avec Kim Van Berghen… C’était la class’. Totaaaale (pour ceux qui se demandent comment prononcer ce « totaaaale », allez voir Némo. Mais non, pas Gun’, ni Gaby ! Le dessin animé ! XD). C’est du moins l’impression que ça lui donnait puisque, au bras du séduisant docteur, alias Kiki son parrain, il put saluer de parfaits inconnus. Un peu perturbé par un tel éclat de gens et de lumière, l’apprenti s’agrippa très délicatement au bras de son compagnon, complètement perdu dans cette masse de nouveauté, et se colla un peu à lui… A la fois par volonté, et pour réussir à se frayer un chemin dans la foule. C’était envahissant, ces petites bêtes… Et ça faisait du bruit ! Pourtant, le joli blond appréciait déjà cette ambiance festive, et un sourire canin étira ses lèvres rosées. Ce soir, il allait s’amuser !

Enfin, ils arrivèrent au bar, où Kim lui commanda d’office un verre. Un « sex on the beach »… Devait-on y voir un message ? xDD. Aaron s’assit, salua chaudement le fameux Tony, qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, tout étourdi par cette afflux d’informations auxquelles il n’était pas habitué, et posa ses yeux sur Kim. Sa semaine, comment s’était passée sa semaine ? Le temps que le pauvre petit retrouve ses esprits et parvienne à réunir quelques mots pouvant lui servir de réponse, les verres se posèrent à ses côtés, et il s’en saisit. Le cocktail était d’un bleu étrange, qui n’avait rien de naturel, mais dont l’odeur laissait supposer que c’était… Ben, alcoolisé quoi. Voyant comme son parrain levait son verre, rendu benêt comme un enfant, Aaron fit de même… Et vit arriver Shane, qui s’assit à ses côtés avec légèreté, sourire aux lèvres. Lui, l’abandonner ? hein ? Que ? Quoi ?

* Houuu houuu, Aaron. On se réveeeeille ! *

Ah oui, on se réveille. Lentement, l’apprenti ferma les yeux, réunit sa concentration, chassa sa fatigue, et tenta de redresser le nez avec aplomb. Et succès. Ayant enfin réussi à se recentrer sur lui-même, et à ne pas s’abrutir vis à vis des autres, il se pencha vers Shane, et lui hurla dans le creux de l’oreille, pour couvrir la musique, un sourire moqueur aux lèvres :

« C’est que, Shane… J’ai déjà dansé un slow avec toi, et il en faut pour tout le monde : Kim était jaloux ! »

Puis, se tournant vers ce dernier, il déclara que sa semaine s’était très bien passée malgré le contact permanent et tout à fait désagréable de Shane – à mesure qu’il perdait en niaiserie, le joli blond devenait de plus en plus moqueur et sardonique, il fallait bien le reconnaître – attendit que le fameux Tony pose un troisième verre bleuâtre, leva celui-ci, trinqua et le porta à ses lèvres avec une élégante délicatesse digne des plus grands… Ou, du moins, digne de lui. Élégances et délicatesses qui furent réduites à néant quand, sentant la brûlure inattendue de l’alcool dans sa gorge – quelle idée de le boire cul sec aussi, tandis que tous prenaient une simple petite gorgée… - il ne put retenir une grosse grimace. Lentement, il déglutit, sourit à ses compagnons pour les rassurer, n’entendant pas vraiment la remarque de Shane concernant la danse et le déshabillage – déshabillage, vous dites ?

Mais son sourire se fana. Eh mais… Que faisait Silvio ici, hein ?! Le désagréable blondinet qui lui volait le cœur de Shane était là… La soirée parfaite venait de s’assombrir pour Aaron, qui gardait en tête la correction qu’il avait reçue du commandor quand, par inadvertance, il était tombée à genoux devant Shane dans une position qui avait tout de… Bref, passons les détails, voulez-vous ? A grand renfort de soupirs, le joli blond parvint à chasser son dépit de voir son adversaire numéro 1 surgir dans sa soirée parfaite… Mauvaise idée, d’ailleurs, de respirer aussi profondément. Comme quand on attise une flamme, il sentit l’alcool monter en lui, brûler son corps, sa gorge et son esprit. Ses joues devinrent rougeoyantes et, joueur, il s’empara des bras de Kim et de Shane – oups, Silvio était trop loin… - et les attira sur la piste, coupant probablement court à toute conversation.

Quand Shane avait parlé de deux verres pour danser, cinq pour se déshabiller, il n’avait sûrement pas pris en compte le peu de tenue qu’avait le pauvre petit Aaron. Sans doute était-ce parce qu’il n’avait pas bu depuis un sacré bout de temps, ou bien parce qu’il était à jeun et que les bulles amenaient l’alcool à sa tête plus vite mais, sans éprouver aucune honte, il commença à danser dès le premier verre. Et, comble du malheur pour le pauvre Silvio, il dansait bien, le saligaud. Son corps se balançait dans ses mouvements sexuels, à la fois contrôlés et complètement sauvages… Des mouvements de dépravés. Des mouvements qui sonnaient comme des invitations à l’après. Des mouvements qui semblaient naturels chez lui, comme toute cette grâce dont il faisait toujours preuve… Il s’agitait instinctivement, balançant son bassin, balançant ses bras, jouant de ses pieds comme un footballeur.

Dans sa tête, la délicieuse brûlure de l’alcool se faisait ressentir. Il avait encore conscience de ce qui l’entourait, mais ne sentait pas les regards. Il savait que Kim était là. Alors, il dansa un peu contre lui, quelques secondes, se retourna et invita Shane à danser aussi de quelques pas, sensuels, sexuels… Bien vite, la piste auparavant vide se remplit de jolies filles, toutes excitées de voir de jeunes hommes danser ainsi, au milieu de la piste, seuls et offerts. Ces femmes attirèrent d’autres hommes et c’est ainsi qu’un petit blondinet parvint à amener des gens sur la piste alors qu’il n’était que 21h, dans la cité de Nosco xD. Quel homme, cet Aaron. Souriant, il dansa avec quelques gentes damoiselles, puis revint vers Kim, sentant l’effet de l’alcool s’échapper à mesure qu’il transpirait sur la piste, et lui murmura :

« Je ne connaissais pas, dis-moi ! C’est génial ce truc, j’adore danser ! On va boire autre chose ? »

Une vraie pile électrique, le gamin… Mais bon, il était si mignon, quand il souriait ainsi, les cheveux retombant en pagaille sur son front humide, qu’on ne pouvait que lui pardonner… C’est, du moins, l’avis des dizaines de damoiselles qui se pâmaient d’envie autour du petit groupe.

[ Bon, j'vous préviens, j'fais avancer les choses hein :p. Vous pouvez agir différemment entre temps, abandonner Aaron seul sur la piste, saisir une minette passant par là ou bien vous sauter dessus, mais à vos risques et périls XD ]
avatar
Aaron Smith
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Information
Âge réel : Tout beau tout neuf !
Âge d'apparence : La vingtaine, peut-être un soupçon plus.

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Shane M. Lewis le Mar 22 Mar - 23:05

    Aaron était amusant, il était un dans son monde, à tel point qu’il n’avait pas vraiment réagi lorsque Shane et Kim lui parlaient. Encore un peu, et son apprenti mettrait ça sur son dos, à nouveau, signifiant que Lewis l’exploitait, le faisait travailler jours et nuits, abusait de son autorité pour lui donner du travail jusqu’au dessus de la tête. Ca ne l’aurait pas étonné de la part de l’humour d’Aaron. Mentalement, il se fustigea de penser comme Aaron, et d’anticiper ses répliques. Son apprenti était devenu pour lui un bon ami, le genre de personne avec qui il aimait bien être, et avec le temps, il finissait par le connaitre. Et puis Aaron avait répliqué à Shane qui ne voulait pas faire de jaloux, et qu’il voulait danser avec Kim. Mon brigadier commençait à se poser des questions au sujet de l’orientation sexuelle d’Aaron. Il ne l’avait vu, jusque là, qu’aller danser avec des hommes, et ne trainer qu’avec des hommes, et être proche des hommes. Bref, Shane se demandait bel et bien qui son apprenti ne serait pas homosexuel. Non pas qu’il voyait du mal là-dessus, bien au contraire. Il n’allait pas blâmer Aaron d’être ce qu’il semblait être lui-même si on considérait la liaison qu’il entretenait avec Silvio. Mais… Aaron, gay… Ca ne le choquait pas, mais c’était le fait de réaliser cela. Auquel cas, Silvio aurait eu raison de se méfier de lui.

    En parlant de Silvio, Shane sentit une main sur son épaule. Lorsqu’il se retourna, ce fut pour le voir et croiser ses doux yeux verts. Enfin doux, juste pour Shane, quoi. On ne mélange pas les serviettes et les torchons u_u. Un sourire se dessina sur ses fines lèvres à mesure qu’il réalisait sa présence. Il avait donc bien compris son message, et il l’avait rejoint. Et qu’il était mignon à s’être préparé ainsi. Ils n’auraient pas été en public, Shane lui aurait bondit dessus en passant ses bras autour de son cou et l’aurait embrassé bien chaleureusement. C’était fou comme Silvio le comprenait de plus en plus chaque jour, et mon brigadier se sentait rassuré que leur relation marchait ainsi bien, que tout allait si merveilleusement bien. Il se sentait aimé et il donnait autant d’amour qu’il le pouvait à son amant. Encore une fois, leur relation était loin d’être principalement sexuelle. S’ils étaient ensembles, c’était uniquement parce qu’il y avait des sentiments, des sentiments forts, qui les poussaient l’un et l’autre à agir dans l’intérêt de l’autre. Et s’il y avait besoin de sexe dans une relation, ça ne faisait pas tout. Il fallait des choses bien plus puissantes pour qu’une union dure et perdure sereinement, dans le bonheur des deux.

    Et son Silvio était là. Ce n’était pas le genre de Silvio que de sortir en boîte de nuit. Il n’y avait qu’à voir les vêtements que portaient Silvio en ce moment, et c’était, Shane n’en doutait pas, les habits les moins sérieux qu’il eut pu trouver. Alors, non, ce n’était pas vraiment le genre de Silvio de sortir le soir. C’était plus le genre de Shane, en oiseau de nuit qu’il pouvait être. Alors, l’informaticien l’avait bien compris : Silvio avait fait ça pour lui. Juste pour lui faire plaisir. Parce qu’il avait compris le message que Shane lui avait laissé, il avait lu entre les lignes. Alors j’espère vous en avoir dit suffisamment pour que vous compreniez que voir le visage de Silvio là, ici, le remplissait de joie. Il avait son cœur remplis de fierté, plein à exploser, parce que Silvio l’aimait et qu’il en avait la preuve encore ce soir. Il se pencha vers Silvio et hurla à son oreille, pour couvrir le son de la musique :

    « Merci mon ange ! Ca me fait tellement plaisir ! »

    C’était la première fois qu’il pouvait crier aussi fort des mots à l’adresse de Silvio qu’il ne lui aurait dit qu’en privé. Mais le son de la musique couvrait ses paroles aux oreilles des personnes éloignées de lui de plus de cinquante centimètres (autrement dit tout le monde sauf Silvio) et des caméras. Il pouvait donc se le permettre sans rien craindre. Et dans le pire des cas, on pourrait mettre l’expression « mon ange » sur le dos de l’alcool.

    « Et non, on déshabille personne, Aaron va faire ça tout seul ! »

    Il éclata de rire, et même si on ne pouvait l’entendre avec le son élevé de la musique, on l’avait bien vite vu sur son visage, ce rire qui grandissait, et sa bouche qu’il ouvrait, en penchant sa tête en arrière et en se tenant le ventre. Ca allait être beau tiens cette soirée. Mais Shane n’eut guère le temps de s’entretenir d’avantage avec Silvio (d’autant plus qu’il devait se pencher vers lui pour lui parler –ou plutôt lui hurler- ce qui n’était pas pour lui déplaire !) qu’il sentit Aaron prendre son bras et l’entrainer avec lui et Kim sur la piste de danse. Ah mais et Silvio ! Shane eut tout juste le temps de prendre la main de Silvio (s’il avait eu plus de temps pour attraper Silvio par le bras, il l’aurait fait. Mais là, ce n’était visiblement pas possible). Il avait donc la main de Silvio dans sa main ganté et il l’entrainait avec le trio sur la piste de danse. Mon brigadier n’avait pas lâché son verre et commençait à se déhancher sur la piste de danse. Il se déchaînait complètement. Shane était un bon danseur (C’est Aaron qui l’a dit). Et puis, ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il venait ici. Il avait l’habitude de passer quelques folles soirées avec des potes à boire plusieurs verres, mater et danser avec les filles. Cette fois c’était différent, Shane de draguerait pas les filles sous les yeux de Silvio et alors qu’il n’était plus célibataire. Alors, pour ne pas tombait la dessus, il avait fermé les yeux, et s’était laissé emporter par la musique. Tout son petit corps bougeait à son rythme, et ses cheveux lisses suivaient les mouvements fous de sa tête. Il avait envie de se vider l’esprit ce soir. Il avait envie de s’abandonner un peu, relâcher la pression. Silvio était là, il se sentait rassuré parce que s’il faisait quelque chose de complètement insensé et terrible, Silvio serait là pour l’en empêcher, lui mettre des barrières. Parce que ce soir, Shane n’en avait plus. Il avait été reprendre un verre lorsqu’il eu fini son premier, et retourna danser avec les trois hommes. Il y avait du monde à présent, Aaron avait une étrange aura sur la population Noscoienne, ce qui présageait un avenir plutôt bien entouré pour le jeune geek. Les filles gloussaient autour de lui, c’était épatant.

    Il y avait du monde à présent, en on finissait par coller ses voisins. Lorsque Shane se retourna, il était tout contre Silvio. Il continuait de danser, mais ce contact avec son amant attisait le feu en lui. Il adorait ce contact, trop peut-être, ça finirait par se voir, si ça continuait. Alors il se mordit la lèvre inférieure et recula de lui, un peu. Il ne fut pas mécontent de voir Aaron revenir du côté du bar, Shane dansait encore à moins d’un mètre de son tabouret, le sourire aux lèvres, vraiment heureux. Il n’avait pas bu encore beaucoup d’alcool, mais ses petits soucis c’étaient envolés. Ce soir, il voulait faire la fête. Il voulait s’amuser et juste faire le fou. Lorsque Tony leur donna un nouveau verre, le serveur avait fait une blague à Shane. Mon Brigadier porta à sa bouche la paille et aspira :

    « Hey ! Mais elle n’aspire pas ta paille ! »

    Fit-il comme un gamin mécontent de son jouet alors qu’il prenait dans sa main la dite paille. Et là il comprit : ce n’était pas une paille, mais une carotte que Tony avait mis dans son verre. Une plaisanterie dont le serveur riait allégrement avec une bande d’amis assis au bar avec qui il avait vraisemblablement comploté le coup. Shane fit la moue et on lui donna une paille… Et dire qu’il avait mis la carotte dans sa bouche et qu’il avait essayé d’aspirer avec. Tony avait vraiment de quoi rire avec ça ! Il tira puérilement la langue à tout le monde et but cette fois, bel et bien avec sa paille –une vraie !- et put enfin savourer son verre. Sacré Tony que celui-là. Mon Shane tourna son regard vers Silvio, en fronçant les sourcils, car c’était LUI qui avait mis cette photo de lui déguisé en lapin sur alpha. Cette image avait fait le tour de Nosco et avait remis la rumeur au goût du jour alors que Shane avait mis tant de temps à la faire disparaitre au moment des faits !

    « T’es fier, j’espère ! »

    Fit-il à son amant avant de rire lui-même de la situation. Il finissait par s’y habituer à sa réputation de lapin. Il préférait qu’on parle de ses penchants vers la carotte plutôt qu’on ne découvre son histoire avec Silvio.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Silvio Anthelmios le Sam 26 Mar - 17:22

Mon ange ? Il a dit mon ange ? Anxieux, je regarde autour de moi. Personne n'a rien remarqué. Ouf. Rien d'étonnant, avec cette musique. Etaient-ils obligés de la mettre aussi fort ? Si un jour mes brigadiers perdaient l'audition, j'en connaitrai la cause. D'ailleurs, il était probable que je croise quelques collègues ce soir. Peut-être serait-ce une bonne chose, d'ailleurs. Paraitrait que voir que son supérieur s'amuser n'était pas mauvais pour les subordonnés... Aucune idée, à vrai dire. Du temps où j'étais Second de Judikhael Wienfield, ce qu'il faisait en dehors de nos heures de travail m'importait peu. Sans doute en était-il de même pour mes hommes... Mais je ne tenais pas à ce qu'ils sachent tout ce qu'il y avait entre Shane et moi. C'était plus que personnel. Ils diraient que je suis gay. En plus d'être faux, cela ne jouerait sans doute pas en ma faveur, et je ne tenais pas à ce que l'impératrice me sermonne à nouveau à ce sujet...
Tiens ? On déshabillait Aaron ? L'impératrice ne devait pas être au courant, alors. Mais... Il y avait quelque chose à voir sur ce mollusque ? J'haussais un sourcil, sans comprendre. Même Kim devait être plus intéressant à déshabiller ! Je ne pus guère en penser plus: Shane avait saisi ma main et m'entrainait à sa suite, mais également à la suite de Kim et Aaron. Il fallait... Danser ? Certes. Comment danse-t-on ? Une pointe d'inquiétude me saisit: j'allais être ridicule, je ne savais pas danser ! Bon, peut-être n'était-ce pas si compliqué. Dans ce genre de soirées, les chorégraphies n'étaient sans doute pas très étudiées. J'observais les danseurs. Aaron en premier. J'en concluais bien vite que si danser n'était en fait que remuer son corps de façon assez obscène pour que l'on croie à une parade nuptiale, j'allais peut-être plutôt m'asseoir là-bas et les observer sagement. Shane dansait mieux, à mon goût. Mes yeux suivaient le mouvement de ses cheveux, fascinés, observaient sa gorge, puis ses yeux, son visage, et je tentais vaguement de l'imiter, sans grande conviction... Jusqu'à ce qu'une voix m'interpelle derrière moi. Je me retourne. Une jeune fille, avec quelques taches de rousseurs, qui me souriait. Euh, bonjour... Brèves présentations. Ah, vous êtes brigadière ? Silvio Anthelmios, je suis dans l'anti-terroriste. Si elle me paye un verre ? Le mien m'attend déj... Zut, je l'ai laissé seul ! Et Shane s'en approche dangereusement ! Vite, me débarrasser de la drôlesse, et porteur secours à mon jus de pomme ! Je fis quelques excuses rapides, prétexta qu'on m'appelait, lui demanda de m'attendre et... La laissai seule. Aaron, bon sang, ne pouvais-tu pas t'occuper de celle-ci ? Je n'en voulais pas, elle m'agace, elle m'embarrasse, ne m'intéresse pas. Je ne suis venu que pour Shane, pourquoi faut-il qu'on m'aborde ? Ai-je seulement la figure de l'emploi ?

J'eus la joie de pouvoir observer mon amant, une carotte entre les lèvres, à tenter de... L'aspirer ? La scène me fit de l'effet. Oui, c'est plié en deux de rire que j'ai rejoint mon beau lapereau. Je crois même que des larmes perlaient aux coins de mes yeux tant je riais !

"- Ca te va si bien d'avoir une carotte dans la bouche !"

Lui hurlai-je, tout sourire. Posé à nouveau sur un tabouret, je me sentais plus à l'aise. Ici était ma place. Sur la piste, je ne me sentais pas bien, je ne savais pas quoi faire, j'étais gêné. Si je tenais un tant soit peu à ma réputation, il valait mieux sans doute que je reste assis. A nouveau je m'emparais de mon verre qui m'avait sagement attendu et semblait me faire les yeux doux.

"-"- Je vais peut-être rester là. Damnés, il fait chaud !"

Je tirais un peu sur le col de ma chemise, dans l'espoir d'y faire passer un peu d'air, puis portait le verre à mes lèvres, buvait avec confiance de longues gorgées... Avant de m'apercevoir que ce n'était pas du jus de pomme. J'ouvrais de grands yeux et laissait échapper un cri de surprise en re-posant le verre.

"-"- Qui a ajouté de l'alcool là-dedans ?"

Un bref regard à mon verre... Qui n'était en fait pas le mien. Je grommelai et, discrètement, reprenait mon jus de pomme. Je le goûtais du bout des lèvres cette fois-ci, un peu rouge. La honte ! Cela m'apprendra à me moquer de Shane...

"-"- On a pas idée de faire des verres tous semblables..."

Je regardais à nouveau la piste de danse..

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Kim van Berghen le Lun 4 Avr - 1:15

hj: on notera le peu de paroles (mais l'oubli d'imiter le défi de Silvio Sad )

Enfant il avait écouté nombres d’histoires, celles de ses grands-parents qui racontaient au coin du feu, leurs vies, partageaient leurs expériences comme autant d’histoires permettant d’instruire et d’aider la nouvelle génération à ne pas faire les erreurs du passé. A son époque la parole était tout aussi importante que les écrits, et l’image n’avait pas une place aussi importante. La musique venait de faire son apparition avec les phonographes, écouter de la musique sur de grands disques, un son plein de charme, de petits grésillements. Il fallait remettre l’aiguille de lecture au tout début pour pouvoir réécouter une musique, et c’était souvent lui qui enfant allait changer cela, puis ce furent ses enfants lorsqu’ils furent en âge de ne pas casser la précieuse mécanique. C’était un émerveillement pour chaque enfant d’imaginer la boite à musique et de ne pas réussir à comprendre comment elle fonctionnait, d’où venait le son. Il n’y avait aucun autre moyen de communiquer que le télégramme ou les lettres lors qu’il était petit garçon. Ordinateur, télévision, ces mots n’avaient jamais eu aucun sens pour lui jusqu’à ce qu’il arrive à Nosco. La technologie était totalement différente ici. C’était un autre monde. Un monde où pour passer une porte, il fallait poser la main sur un scanner digital ou présenter son regard à un lecteur rétinien.

Il se souvenait du cinéma presque à ses débuts, lorsque tout n’était que gestes d’acteurs et mimique sans sons, tout en noir et blanc avec une image pas très nette, mais le fait était là. On pouvait capturer l’image des gens, prendre leur âme grâce à ces appareils fonctionnant sur le principe de l’appareil photo, et ensuite si l’on repassait les images, cela donnait du mouvement. Voir des gens s’agiter sur une toile blanche tendue, rire de ce qu’ils faisaient, pleurer lorsque l’action était triste et qu’ils faisaient tomber un objet précieux et le cassaient. S’émouvoir pour ces acteurs qui avaient été écrasés sur des bandes, et qui se projetaient grâce à la lumière. Des stars, parce qu’ils brillaient telles des lumières de projecteurs, des stars pour illuminer le ciel, pour faire sourire tous les spectateurs.

Le soir les plus excitants qu’il avait passé enfant ? Certainement ceux de Noël, et pourtant la soirée ne pouvait que se résumer à un bon repas familial, la messe dominicale, puis une discussion au coin du feu. Les autres soirs, il voyait surtout sa mère coudre ou broder, selon son envie, et son père lire le journal ou faire ses comptes. Une petite vie tranquille et reposante. Lui faisant ses devoirs, puis pouvant profiter de jouer ou de lire un des quelques livres de la famille. Regarder les images qui avaient été imprimées sur les pages et tenter de s’inventer une histoire. S’imaginant voyageant et traversant les divers continents dont il entendait parler à l’école. Observant les objets que ramenaient son père de son travail, un métier important et reconnu : médecin.

Il se souvenait écouter attentivement ses aïeuls qui lui racontaient des temps anciens où même l’électricité n’existait pas. Souffler tous les soirs la chandelle avant d’aller se mettre au lit sous une couette de plumes chaudes et douce. Se lever et faire le lit au carré avant de mettre son uniforme et de partir à l’école. Car tout passait par la connaissance n’est ce pas ? Apprendre toujours plus, lire et écouter.

Savourer la musique classique et les quelques autres genres qui valent qu’une oreille attentive y prête attention. En profiter pour fermer les yeux et apprécier le calme et la douceur d’une musique, l’harmonie dégagée par les instruments de musique. Savoir écouter la plus pure des voix qui racontait une histoire mêlant son et émotions ainsi que puissance vocale. Assister à un opéra, c’était… s’asseoir et contempler ébahit, ne plus savoir où poser son regard sur tant de costumes, des personnages, ne plus savoir s’il fallait contempler ou fermer les yeux pour apprécier plus encore ! Et le théâtre, ô jeu divin qui était encore plus vivant que le cinéma. Regarder sur scène se mêler et se démêler des drames et des comédies. Profiter de l’effet de catharsis et s’impressionner. Et toutes ces personnes à l’air si sévères qui riaient lorsqu’une farce était faite. Tous ces beaux costumes et ces robes magnifiques. Étaient-ils tombés dans une de ces soirées huppées ? Certes le théâtre n’était pas pour n’importe qui et il fallait y mettre le prix. Celui de pouvoir être vu de tous, de la bonne société, faire partie de leur cercle et pouvoir serrer des mains et sourire à ceux qui avaient le pouvoir. Ainsi que savoir rester à sa place lorsqu’il le fallait, rester silencieux et contempler, pour ne point attirer les foudres des ainés, ces adultes qui parfois tenaient des discours incompréhensibles et ne voulaient pas être interrompu par diverses questions d’un simple enfant. Il fallait alors se faire muet et observer un sourire aux lèvres. Faire l’enfant sage pour recevoir des compliments.

Dans ces salons l’atmosphère pouvait parfois virer étouffante lorsqu’éloignés des femmes, les hommes sortaient cigares ou cigarettes pour fumer. Ambiance de conversations privés, autour d’un verre d’alcool et de ces lourdes effluves de fumées. De quoi tourner la tête des plus jeunes qui heureusement n’étaient pas invités à entrer. Les enfants entre eux et les adultes à discuter de sujets sérieux. Un monde où chacun avait sa place, où les jeunes devaient le respect à leur ainés, et où il était assez facile de deviner l’âge réel des personnes, rien qu’en détaillant l’apparence physique.

Seulement à Nosco, tout était différent. On ne pouvait se fier au physique, il fallait savoir, par les ragots, par des dossiers, qui était arrivé quand. C’était un savoir qui s’acquérait plus on restait, comprendre comment était fait Nosco et sa hiérarchie. Heureusement pour les habitants de la ville, en arrivant ils oubliant tous les souvenirs. Une chance ? Oui car sinon Kim van Berghen n’aurait sans doute pas pu s’adapter aussi facilement à toute cette technologie présente. A ce mode de vie totalement différent, cet espace confiné où l’on ne pouvait plus rêver d’aucun voyage. Coincé dans une ville sans issue. L’alcool ? Beaucoup tombaient dedans, cherchant sans doute une porte de sortie, une possibilité d’oublier ou au contraire de se souvenir. Ce n’était pourtant pas la solution loin de là.

La santé, c'est un esprit sain dans un corps sain, comme le décrirait si bien Homère. Ne pas tomber dans les dérives, et pour cela se raccrocher à son travail pouvait être une bonne idée, si l’on en devenait pas dépendant. Aucune dépendance n’était profitable, sauf peut être celles relationnelles. Tomber amoureux, trouver des amis sur qui compter, voir se faire des ennemis. Trouver sa place et y rester, avoir un travail qui convenait. Se poser les bonnes questions et ne pas se torturer avec celles dont on ne pouvait avoir de réponses. Puis se laisser guider par Joshi pour retrouver son passé et l’intégralité de ses souvenirs. Et choisir si l’on voulait entrer dans le monde des requins et des hauts conseillers, de ces hauts gradés qui se devaient d’être parfait car le moindre faux pas et la sanction pouvait tomber. Silvio et Shane marchaient donc sur une corde raide. Tandis qu’Aaron pouvait profiter, et s’amuser encore un peu…

La discothèque, une salle uniquement ouverte pour les soirs de weekend, faire la fête alors qu’on ne travaillerait pas le lendemain, pour se détendre et profiter. Ne plus penser à autre chose qu’à la musique assourdissante, aux lumières colorés qui dansaient sur les murs, se laisser aller dans des rythmes infernaux. Après un verre rapidement expédié, suivie de l’arrivée de Shane puis de Silvio, Aaron se décida à mettre un peu d’ambiance. Etait-ce un des effets de la boisson ? En tout cas il n’hésitait pas à se déhancher sans se soucier des regards, ou au contraire en profitant d’eux, de la lumière qui se posait sur lui comme un projecteur. Ce soir il n’était plus un nouvel arrivé, ou un informaticien, c’était le roi ou le prince de la soirée, il régnait sur ce lieu. En un claquement de doigts, après quelques rires, on les avait rejoints pour former une foule plus compacte et dense.

On était sans doute curieux du nouvel arrivé, ou de ces quatre hommes qui s’étaient décidés à commencer la soirée si tôt. Il fallait dire qu’ils avaient tous besoin de se changer les idées. D’oublier un peu, que c’était contradictoire. Qui ne pouvait pas retrouver un peu le sourire lors d’une soirée à fêter simplement l’arrivée du weekend et la possibilité de faire une grasse matinée le lendemain, de ne plus se préoccuper de son travail, sauf pour ceux ayant certaines obligations. Le duo amical entre l’informaticien et le brigadier s’était déjà reformé, ils semblaient bien se distraire ensemble, à se taquiner. Aucun doute qu’à eux deux et vu leurs positions ils pouvaient sans doute chasser quelques uns de leurs ennemis d’un mouvement du bras. Chacun cherchant un partenaire de danse pour une musique ou un soir.

Nosco avait une mode particulière, mélangeant un peu tous les styles de vêtements, laissant à chacun la possibilité de se vêtir de la façon qui lui convenait, dans la limite du respectable. On croisait un peu de tout dans les rues, du steampunk, en passant par le gothique, jusqu’au costume trois pièces. Quand à la musique c’était la même chose, même s’il y avait peu de musicien à Nosco. Les musiques de discothèques étaient certes remixées et rythmés, mais on pouvait y reconnaître un peu de tous les styles étrangement. Enfin presque tous les styles, ceux qu’avaient connu Kim dans son passé n’étaient guère employés, pas assez fou ou emballant. La musique classique n’avait pas sa place ici, pourtant on pouvait en trouver de courts morceaux sur le réseau alpha, et l’écouter tranquillement chez soit, fermer les yeux et imaginer qu’on n’était plus à Nosco. Rêver à un endroit paradisiaque sans créatures, se laisser bercer par le son et se réfugier dans les bras de Morphée.

Jamais il n’aurait pu imaginer danser à la manière de Nosco, avant. Dans son passé, les danses étaient différentes, plus calme, le plus souvent en couple, un homme et une femme. Danses aux pas cadrés et dont il ne fallait rater un mouvement sous peine d’écraser les pieds de son ou sa partenaire, et de risquer un regard empli de colère. Combien de jeunes femmes n’avaient pas été désespérées de partenaires de danse pas assez doués qui ne savaient pas les guider, ou n’étaient pas assez concentré et ainsi écrasaient leurs précieux souliers. Un monde, voir un univers séparait ces deux époques. Et pourtant finalement il appréciait les deux, avoir gagné dans sa mémoire les brides d’un passé révolu, et pouvoir profiter au même moment d’un présent et d’un futur qui se dessinait sous le jour d’une évolution radicale.

Voilà qu’à la fin d’une danse Aaron interpella son attention, élevant la voix, et lui faisant détourner le regard des charmantes courbes d’une jeune femme. Soif encore ? C’est qu’on ne servait pas d’eau au bar de la discothèque… Apparemment il semblait tenir le choc pour le moment et aller bien. Il était peut être euphorique mais sans plus. Pourquoi ne pas lui permettre de reprendre un verre ? Kim lui avait promit qu’ils allaient s’amuser, et il était certainement assez costaud pour prendre quelques verres. De plus leurs deux compagnons de danse s’étaient éloignés à nouveau pour se poser au bar. Et puis il fallait le temps pour chacun de récupérer un peu son souffle et d’échanger quelques paroles.

Après quelques échanges de signes : « tu passes devant ? Ou je passe devant ? » et devant l’air hésitant d’Aaron qui ne savait quel chemin prendre, Kim se décida à ouvrir la voie, laissant à son filleul le soin de le suivre. Et en quelques mètres, les voilà à nouveau assit. Ils avaient de tout en passant du Blue Lagoon, au Mojito, Cosmopolitain, Margarita, Caipirinha jusqu’au Tequila Sunrise sans oublier le Blood Mary, la Soupe de Champagne ou encore la Piña Colada, Vodka renadine et orange ou tout simplement la Roulette Russe.

Je te laisse choisir pour nous deux, mais je paye ?

Aucune envie de tenter de percer les gouts d’Aaron une deuxième fois ? Ou peut être juste l’envie de savoir ce qu’il choisirait. De plus le bar proposait la possibilité de commander et de créer son propre cocktail pour ainsi avoir les proportions que l’on désirait. Toutefois Kim ne pensait pas qu’Aaron choisirait cette option, après tout il connaissait les alcools de nom, sans toutefois se souvenir de tous leurs gouts. Pourtant Smith était imprévisible, alors quel serait sa décision ?

_________________
avatar
Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Aaron Smith le Mer 6 Avr - 14:40

Kim pensait donc qu'Aaron aurait la sagesse de choisir un cocktail tout fait sans aucune personnalité ? Il avait bien tort. Le blondinet était de ceux qui, naïfs et innocents, ignoraient les effets nocifs de l'alcool et le résultat qu'un mélange hasardeux pouvait donner. Alors, il demanda à Shane ce qu'il préférait, à Kim ce qu'il préférait, et sélectionna d'office le jus de pomme pour Silvio, auquel il n'avait aucune envie d'adresser la parole. Il lui faudrait, d'ailleurs, prendre garde à ne pas se tenir trop proche de son maître au risque de subir un nouveau regard noir, ou quelque chose du genre, terriblement désagréable. Brrr. Une fois tous ces breuvages révélés, il en rajouta un au hasard – du champagne – et attendit que l'explosif cocktail maison soit posé devant lui, avec un grand éclat de rire de Tony :

« Tu veux te finir vite, Smith. Heureusement que tu as amené un médecin avec toi ! »

Sans doute qu'à cet instant, il aurait dû se méfier, Aaron. Un peu comme avec le muffin épicé que Shane lui avait offert, le cocktail avait l'air bon, quoique plutôt verdâtre, mais se révélait en fait être plutôt... Explosif. Plus calme cette fois, il prit le verre, l'amena à ses lèvres et en but une gorgée. Outch. C'était fort, très fort... Avait-il rajouté du Tabasco ? Oo. Mais si le nouvel Oublié plus si nouveau que ça ne pouvait nier que le mélange brûlait, il devait bien reconnaître qu'il adorait cette brûlure. Il ferma les yeux, but et but encore, échangeant quelques mots avec Shane et Kim à ses côtés, sentant peu à peu ses doutes s'envoler, ses espoirs se renforcer... Il était sûr et certain de pouvoir voler, maintenant. Il pourrait se jeter de la cime d'un arbre, et rien qu'en étendant les bras, il volerait dans l'air, comme un oiseau, comme un graaand oiseau.

Un sourire, un rire, idiot. He he he. Il se leva, tanguant un peu, rejoignit la piste où dansaient des tas de gens tous plus séduisants que les autres. Avez-vous remarqué quand, une fois un bon coup dans le nez, les gens peuvent paraître beaux ? Ici, Aaron voyait une foule d'anges, tous au moins aussi beaux que lui. Il sourit, niais, fendit les flots comme Moïse des siècles avant, se retrouva happé par une jolie demoiselle... Kim était-il derrière ? Et Shane, restait-il avec son amant ? Il aurait pu leur faire une blague, les faire danser ensemble, revoir ce brutal Silvio sautiller comme un ver de terre, sans aucune élégance, sans aucune class'. Il aurait été drôle de ridiculiser le commandor. Devrait-il le forcer à boire un peu, pour le plaisir de le voir se trémousser ? Pour le ridiculiser devant Lewis, pour lui démontrer qu'il n'était pas celui que, aveuglé par l'amour, il croyait voir, que le nouveau Traktueur méritait mieux ? Tssss... Il connaissait Shane. Il n'aurait pas apprécié, il n'aurait pas compris, il aurait même pu lui en vouloir...

« C'est trop injuste.
- Quoiii ? »

Quoi quoi ? Oooh, mais elle était toujours là, cette demoiselle. L'esprit un peu embrumé, il posa ses yeux verts sur le visage de la femme. Brune, des yeux noisettes, un sourire ravissant... Elle était plutôt mignonne. Et bien foutue. Sans hésiter, il posa ses mains sur les hanches de celle qui lui faisait face, se colla à elle, récoltant comme récompense un gloussement qui aurait fait se pâmer d'envie un dindon, et s'approcha de son lobe d'oreille. Tentative de séduction ? Innocente alors, il était trop dans son monde pour être tout à fait net. Mais il devait se rapprocher du tympan de l'autre pour lui parler clairement, pour communiquer malgré le son de la musique. Il s'écria, une fois tout proche d'elle, qu'il n'avait rien dit et qu'elle était mignonne. Cela dut lui plaire, puisqu'elle se colla plus encore, passa ses bras derrière sa nuque, dans une position qui lui disait quelque chose (et le pauvre Aaron n'avait pas encore pu les tester toutes, les positions xD).

Un slow. Ils se tenaient comme pour le slow avec Shane, sauf que la musique ne collait pas du tout, plutôt rapide et rythmée, et que cette fois, c'était lui qui avait les hanches de la demoiselle entre les mains. Il ferma les yeux, se calqua sur le rythme, remua son popotin avec une élégante aisance, et bien vite, le duo trouva un mouvement qui leur convenait. Et elle descendit une main sur son torse. Il la fit tourner, ayant oublié Kim, Shane et tous ceux qui l'entouraient, l'esprit embrumé par l'alcool... Et puis, de toutes façons, ce n'était qu'un homme : il était nécessairement monotâche x').elle revint vers lui, se colla, glissa sa main sur son torse, déboutonna sa chemise, sauvagement... Oui, elle avait raison. Cette chemise le gênait. Il l'enleva, l'envoya dans la foule, ignorant le cri aigu d'une horde de femelles en rut (comment ça j'en fais trop ? xD).

Et voilà comment Aaron commença ses bêtises. Saoulé par le bruit, par l'alcool et par l'odeur entêtante et enivrante d'une jolie damoiselle, il avait enlevé sa chemise, dévoilant un torse luisant à cause de la sueur, comme enduit d'huile. Un torse où s'égayaient quelques poils blonds, peu nombreux, de sorte qu'on put presque le croire épilé tant il était imberbe. Mais c'était bien le seul soin qu'il refusait de se faire. Ses cheveux, humides, se dressaient sur sa tête dans un joyeux fouillis, sans pour autant altérer son apparente beauté. Seulement voilà : même torse nu, il avait toujours chaud. Et la petite brune qui jusqu'ici dansait (presque) sagement avec lui eut la bonne idée de se reculer et de commencer à taper dans ses mains en hurlant, un immense sourire aux lèvres, les yeux brillants de désir, apparemment un peu saoule elle aussi :

« LE STRIP-TEASE ! LE STRIP-TEASE ! LE STRIP-TEASE ! LE STRIP-TEASE ! LE STRIP-TEASE ! »

Et bien vite, la foule suivit, s'écartant de sorte qu'il se retrouve au milieu d'un cercle. Comment aurait-il pu refuser, lui qui aimait tant être au centre de la foule ? Comment aurait-il pu refuser un plaisir si facile à donner ? Comment aurait-il pu résister à ce petit coeur qui battait frénétiquement des mains ? Comment aurait-il pu résister alors qu'il était ivre, et n'avait plus aucune limite ? Peut-être que s'il avait pensé à cette tâche brune et disgracieuse qui s'étendait de sa cuisse gauche à sa hanche, à cette tâche de naissance, il aurait pu se retenir ? Peut-être qu'une telle réflexion aurait permis d'éviter le léger déhanchement, le changement de musique, et ses mains glissant de son cou jusqu'à sa ceinture, traçant dans son corps des sillons brillant... Peut-être qu'une telle réflexion aurait évité ce qui allait suivre. Dommage : il ne se fit pas la réflexion.
avatar
Aaron Smith
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Information
Âge réel : Tout beau tout neuf !
Âge d'apparence : La vingtaine, peut-être un soupçon plus.

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Shane M. Lewis le Jeu 7 Avr - 22:53

    J’avais emmené Silvio avec moi. Peut-être fut-ce une mauvaise idée, mais je n’aurai pas eu le cœur à le laisser seul au bar. J’avais juste besoin de lui près de moi, et je m’en fichais pas mal s’il ne savait pas danser aussi bien qu’Aaron. Mon apprenti se débrouillait à merveille, j’étais d’ailleurs étonné de le voir se déhancher de la sorte, alors qu’à mes souvenirs, Aaron n’était là que depuis peu de temps. Peut-être avait-il été un bon danseur avant Nosco. Un peu comme j’avais été informaticien de la Police Départementale de New York, et j’avais donc gardé ce sens inné de tout ce qui était lié de près ou de loin à un ordinateur. Et quand je regardais Silvio, je le sentais comme mal à l’aise, il cherchait ses pas. Moi, je le trouvais juste mignon. J’aurais voulu d’avantage m’y attendrir, mais devant tout ce monde, ça aurait été mal venu. Mais bien vite nous sommes retournés nous assoir, et j’aspirais ma carotte. Non, franchement, les gens autour avaient de quoi rire, et je ne fus pas surpris de voir mon Silvio plié en deux. Je riais aussi, c’était amusant. Il me disait que ça m’allait bien d’avoir une carotte dans la bouche, alors je me penchais vers lui et hurlait pour qu’il m’entende à travers la musique :

    « T’es bien placé pour le savoir ! »

    Je lui tirai la langue, amusé et lui tournait le dos pour ne pas finir tout rouge et lui sauter dessus pour l’embrasser. Mais déjà, je l’entendais dire qu’il avait chaud, alors je me retournais à nouveau et ouvrait un peu sa chemise et remontais ses manches jusqu’aux coudes. Il avait l’air plus accessible, plus habitué à venir ici, moins sérieux, plus décontracté et…. Damné, qu’est ce que j’avais envie de lui sauter dessus ! J’étais tellement heureux qu’il soit venu là, pour moi, rien que pour moi. Il ne l’aurait pas fait, il n’était pas dans son élément, mais il était venu, juste pour me faire plaisir. C’était pour ce genre de choses que j’aimais Silvio. Il répondait toujours présent pour moi. Je détournais mes yeux de lui parce que je le dévorais du regard et les gens autour de nous allaient finir par le remarquait. Je me retournais et… Oh… Aaron avait commandé de nouveaux verres. Ca tombait bien, j’avais fini mon verre. Je sentais déjà les effets de l’alcool. Ca faisait longtemps que je n’étais pas sorti et que je n’avais pas bu. En fait, depuis que je suis avec Silvio. Il a eu le don de m’assagir. Je n’ai plus l’habitude de boire et déjà, je sentais que mon esprit était égaré quelque part. Je ne me souciais plus de grand-chose. Tous les maux qui pouvaient m’envahir s’étaient envolés. Je buvais un autre verre, ça me montait à la tête et…

    Geo : Et je vais reprendre le récit parce que Shane… Bref. Shane avait tourné son regard vers Aaron qui dansait sur la piste avec une petite brune. Shane aurait fait comme lui si son chemin n’avait pas croisé celui de Silvio, quelques mois plus tôt. Goûte Aaron à ce plaisir éphémère, profite de la vie et de ton innocence. Tu comprendras, un jour peut-être, que ces relations éphémères lassent et qu’un moment, quelque chose de fixe, de stable, et de tellement plus fort vaut bien mieux que toutes ces nuits de folie dans les bras d’une inconnue. Mais Shane souriait, parce que l’alcool le rendait heureux, la présence de Silvio plus heureux encore. Et puis Aaron avait l’air d’être bien. Il était peut-être un peu trop paternaliste avec son apprenti. Qu’importe, il était papa poule, il l’assumait et le vivait bien. Passé cela, Shane avait la tête qui lui tournait. Tout lui semblait soudain plus beau. Il n’y avait plus d’ennui et plus de peine, tout était rose… Tout était comme au pays des lapins avec un ciel bleu et des champs de carottes à perte de vue.

    Mon brigadier avait tourné son regard vers Kim, avec un grand sourire heureux. Le docteur pouvait être fier de son filleul, il s’intégrait plutôt bien ! Aaron avait cette faculté d’intégration remarquable… Un peu trop tactile à son goût, mais ça marchait et c’était le principal. Et puis, il tourna sa tête vers Silvio, le même sourire aux lèvres, pour lui dire de s’amuser, de rire un peu, c’était la fête ! Il avait peut-être bu trop vite, l’alcool lui avait brûlé la gorge et il se sentait tout vibrant de bonheur. Shane contemplait son amant, il lui avait même pris la main, l’esprit tout embrumé. Et qui l’aurait remarqué tous regardaient… Aaron ? Shane ouvrit grand les yeux en constatant soudain que son apprenti avait ôté le haut. Il se mit à rire, bêtement peut-être à cause de ce qu’il avait bu. Et il s’était mis à scander avec la foule, réclamant le fameux strip-tease. La raison ? Il n’en avait plus vraiment. Il s’amusait ce soir. Il riait encore et sautilla sur place, frappant comme il pouvait dans ses mains gantées pour l’encourager, comme une grande partie des gens ici. Kim allait-il retenir Aaron ? Et Silvio… Allait-il retenir Shane qui avait tourné son visage vers son amant avec la furieuse envie de l’embrasser ? La soirée dérapait peut-être et plongeait dans une adorable euphorie. Shane voyait trouble, pendant quelques secondes, mais il fixait toujours Silvio. Et puis il se laissait emporter par les salves de la foule, il applaudissait encore, machinalement les exploits d’Aaron. Il chuta de là où il était assis, sans pour autant tomber à terre. Il s’était accroché à manche de Silvio pour ne pas tomber et hurlait à son oreille pour couvrir la musique et les réclamations des Guildiens :

    « J’ai envie de toi ! Là ! Maintenant ! »

    Euh… Comment dire… Mauvaise idée Shane ! Mais comment pouvait-il bien s’en rendre compte ? Et puis c’était de la faute à Aaron. Il s’était déshabillé et soudain, Shane avait eu envie de voir le torse nu de son amant, passer ses mains dessus et… erm. Bon.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Silvio Anthelmios le Ven 15 Avr - 4:42

L'alcool m'avait plus refroidit qu'autre chose. L'idée de goûter à ce voleur d'âme me dégoûtait, et, même si cela avait été une erreur, je me sentais très mal. Désormais, j'avais de l'alcool dans le sang, je n'étais plus propre. Autour de moi, on me jugea peut-être comme quelqu'un de peu enclin aux plaisanteries, mais cela m'était égal. La mine renfrognée, le regard sombre, sans doute, je regardais mon verre de jus de fruit, déjà de fort méchante humeur. Je haïssais l'alcool, autant que l'on peut haïr quelqu'un chose. L'alcool faisait de vous un autre, l'alcool vous éloignait de vous-même. Pour votre bien, votre mal ? Votre mal. Je ne voyais que le mal de ce liquide qui venait se mêler à votre sang, tel un venin. Il corrompait, il avilissait, il n'était l'ami que des faibles, il rendait encore plus faible. Un faux ami, un traitre. Comment La Guilde pouvait-elle admettre un traitre dans ses rangs ? En Commandor de l'Anti-Terroriste, j'aurais dû me charger moi-même d'évincer cette menace. Mais je ne le pouvais. D'autres hurleraient aux atteintes à la liberté. Mais qui aliénait le plus, l'alcool, ou son absence ?

Un bref regard autour de moi. Qu'y avait-il à voir ? Les gens, une vaste foule moite de sa propre chaleur, qui se déhanchait, riait. La musique était si forte que je n'entendais pas leurs rires. J'étais loin d'eux. Seul. Avec pour seules amies mes pensées. Un peu mis à l'écart. Je préférais cela. Au milieu d'eux, je n'étais pas à ma place. Je n'avais rien à faire ici. N'en déplaise à Shane, je ne pouvais pas me mêler à cette foule. Peut-être fallait-il boire pour cela ? J'en doutais. Même s'il l'avait fallu, je ne l'aurais pas fait. Voyez-vous, j'ai des principes. Rester maitre de soi, de son corps. Pas de raison particulière. Enfin, je n'avais jamais approfondi le sujet, mais cela me semblait évident. Avais-je été maitre de moi le jour où je L'avais tuée ?
Les quelques glaçons présents dans mon verre s'entrechoquèrent mollement lorsque je le remuais un peu. En temps normal, j'aurais dû les entendre. Leur bruit me semblait mille fois plus attrayant que cette horrible musique. Ahlala, il fallait que je l'aime, Shane ! S'il savait le sacrifice que je faisais pour lui ! Soudainement, je sentis des mains frôler ma peau à travers mes habits. Vite, je levais le nez pour détermner qui m'assaillait ainsi. Mon amant. Shane... Mes yeux caressèrent la courbe de son visage. Shane, pauvre ami, tu aimes un assassin, le sais-tu ? Te rends-tu parfois compte du nombre d'hommes que j'ai tué ? Même moi, parfois, je réalise mal. Mieux vaut ne pas réaliser, je crois. Ne pas penser à ces vies que j'avais soufflées telles de vulgaires bougies, ces frères que mes subalternes égorgeaient d'une telle façon qu'ils les rendaient plus proches ds pintades. Mieux valait ne pas penser aux souffrances dont j'étais l'auteur. Bah, c'était pour le bien. La fin justifie les moyens... Parait-il. Ne croyez pas que je suis sans pitié aucune pour les rebelles, et qu'à mes yeux ils sont moins qu'humains. Je ne suis pas de ces hauts-gradés-là. Pas encore. Il me reste un peu de cette humanité qui rend les humains sans grade si solidaires, si différents des machines. Après, il en est qui préfèrent les froides étreintes des machines...
Shane, regarde-moi encore. Ton regard brille. Tu as bu, tu es tout de joie, et moi pas. Je pense à tant de choses, si tu savais ! Non, tu ne dois pas savoir. Je n'ai pas à te hanter de mes idées sombres, il faut que tu en restes le plus éloigné possible. Tuerais-tu, toi ? Non. Tu es un ange, je le sais. Tu as déjà des ailes dans ton dos. Tu peux voler, Shane. Tu peux aller bien plus haut que tous ces gens, ces édonistes. Ton regard brille, c'est l'alcool.
Alors oui, bien sûr, je me suis senti mal en le voyant ainsi. Mais qu'y pouvais-je ? Je n'allais pas le priver. Puis bon, un verre, ça va... Il ne rampait pas encore par terre. Il remontait mes manches. Que cherchait-il à faire ? Je voulus lui certifier que je n'avais pas chaud, mais aucun son ne franchit mes lèvres. JE m'étais muré sans le vouloir dans le silence, et parler à nouveau n'allait pas m'être simple. Pourtant, il fallait être gai, c'était la fête ! Que l'on danse, que l'on rie, que l'on boive ! Je ne danse pas, je ne bois pas. Reste la possibilité de rire. Il faudrait oublier ce mal-être qui m'a pris soudain. Est-il dû aux quelques gouttes d'alcool ingérées ? Non. Il est dû à la vue de l'alcool. Il est dû à ma soudaine solitude dans cet endroit, qui me rappelle que je suis entre deux mondes: le monde de nosco, et celui des hauts-gradés de nosco. Bientôt je n'aurai plus du tout ma place ici, je serai devenu un monstre sans émotion bon à compter, organiser, réfléchir, puis cela sera tout. Et mourir en assassin sans s'être fait pardonner avant. Il était là, mon destin...
Ah, Shane, je m'en veux tellement ! J'aurais aimé ressembler un peu plus à ce maudit blondinet qui se déhanche grossièrement sur la piste de danse. Il n'a peut-être pas mes compétences, mais il a autre chose, je ne peux le nier. Je ne peux nier non plus ma jalousie. Comment fait-il ? Je suis incapable de me comporter ainsi. C'est contre ma nature. Si je le fais, ce sera faux, et laid. Mais cela plairait à Shane, j'en suis sûr. Un soupir m'échappe: qu'importe. Personne ne l'entendra. Shane, je voudrais pouvoir t'offrir tellement plus... Ce n'est pas moi que tu mérites. Pourquoi moi ? Je ne suis ni beau, ni sympathique. Pourquoi, alors ? Le destin m'a offert le plus beau des amants, le plus doux, au caractère des plus agréables. Je n'avais eu qu'à accepter. Cela n'avait pas été simple au début. Désormais, je ne saurais m'en passer. Il fallait que je lui dise ! Qu'il sache à quel point ce que je ressentais pour lui était fort ! Comment dire ? Voyez, comme beaucoup d'entre vous, je crois, j'ai fait un rêve, un jour. J'ai rêvé d'une autre façon de faire l'amour, où au lieu d'unir les corps on unirait les âmes. Ainsi elles se mêleraient, se mélangeraient, dans une danse sensuelle, fougueuse ou passionnée, et tout serait dit. Pas de mensonge possible. Que des sentiments, à l'état pur. Si j'avais pu te montrer cela, Shane...
Je ne faisais rien pour lui. Je me haïssais. C'était comme le sabot énorme d'un minotaure dans ma poitrine. Et sa pointe déchire lentement mes muscles, et si mes yeux semblent observer Aaron, ce n'est que d'un air lointain. Mieux valait pour moi ne pas toucher à l'alcool. Ce soir, j'aurais pleuré, j'aurais tout dit, tout. Et j'aurais promis à Shane des terres, des royaumes. Des pays où nul ne nous reprocherait notre amour, où nul ne nous jugerait pour cela, où l'on sera prince, et empereur. Le prince, ça sera moi, et je serai à genoux devant l'empereur, pour qu'il me dise encore que je suis son plus fidèle chevalier. Ces mondes-là me feraient pleurer de regrets, si je venais à les énoncer. Foutue réalité, tu emprisonnes le plus grand des souverains !
Il aurait fallu parler. Bouger. Faire quelque chose.

Oh comme des cygnes
Comme toi et moi comme des étoiles
Nous resterons si pâles
Oh comme les cygnes
Juste toi et moi un peu trop sales
On n'a rien fait de mal


La main de Shane prit la mienne. Je la vis, du coin de l'oeil. Je la sentis, surtout. Mon souffle se coupa, net, tandis que mon coeur accélérait. Je crois que tout et dit.
Ah, je vous mentirai, si je vous disais que je ne l'ai pas voulu. Je vous mentirais si je vous disais que je détestais ce contact. Un léger frisson avait remonté le long de mon bras, de mon épine dorsale, jusqu'en haut de ma tête. C'était tellement audacieux que c'en devenait délicieux ! Un contact que l'on ne cachait pas. Oui, c'était risqué, plus que risqué. Mais Shane avait bu, non ? Oui, il avait bu, c'était ça. Il aimait les carottes quand il buvait. Un instant je remerciais le ciel qui m'avait fait de telle sorte que les sentiments passaient difficilement la barrière de mes muscles. Personne ne put ainsi voir l'immense sourire qui était pourtant bien présent dans mon esprit. Cette simple main sur la mienne... C'était tout simplement génial. Un moyen comme un autre d'aller au paradis. Que n'aurais-je pas donné pour caresser cette main ! Juste là, discrètement, gentiment, les laisser errer l'une sur l'autre, sans jamais se détacher totalement. Des câlins de mains, tout ce qu'il y a de plus adorable...
J'eus assez de conscience cependant pour retirer ma main. Pas de câlins de mains si nous n'étions pas assez discrets. Je me souvenais des mots de l'impératrice. Ils n'étaient pas de ceux que l'on voulait entendre. Mais entends-moi, Shane, dans le royaume que je t'offrirai, nos mains seront toujours près l'une de l'autre, jamais elle ne souffriront la distance. Nous serons libres, Shane, dans ce monde merveilleux. Libres d'être nous-mêmes, sans leurs yeux, sans honte, sans même pouvoir imaginer qu'il y ait une honte à cela. Libres, libres...

Nous sommes le signe
Que toi et moi comme le métal
Nous resterons si mal
Nous sommes le signe
Juste toi et moi notre arsenal
On n'a rien d'anormal


Enfin je cessais de rêver en dévorant des yeux le visage et le cou de mon amant. Ils s'étaient mis à scander une réclamation que je ne pris pas pour sérieuse au début. Habituellement, dans la brigade, lorsque l'on scandait ceci, il était coutume que la personne refuse, et tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Joshi, que j'étais naïf et innocent ! Je sous-estimais encore la décadence de mes camarades !
O tempora, O mores...
La seule vue du torse d'Aaron me figea encore plus que je l'étais. Stupéfait. Je n'en croyais pas mes yeux. Tout le monde savait les nouveaux oubliés plus dévergondés que les anciens, mais LÀ ! Où était passée la pudeur ? A la trappe ? Et la décence ? La tenue en société ? Non, visiblement, c'était des valeurs oubliées, sauf par les vieux de la vieille école telle que moi. Bah voyons, papi, pourquoi s'habiller ? On a rien à cacher, au fond ! Puis ça permet d'attirer plus de monde vers soi, c'est tellement plus rapide pour passer aux choses sérieuses ! Joshi... Joshi... Pardonnez-les, ils ne savent pas ce qu'ils font.
Bien vite, par réflexe et par respect pour ma santé mentale qui menaçait de m'entrainer vers une grosse déprime et une réflexion sur la décadence de ce monde, je détournais le regard. La chose s'avéra fortement inutile. En effet, bientôt, je sentis sur mon bras le poids de la main de Shane. Comptait-il me tripoter ainsi toute la soirée ? Ce n'était pas discret, et cela allait finir par me mettre mal à l'aise. Une fois, ça va... Enfin. Voyant qu'il voulait me parler, je me penchais vers lui. Je n'aurais pas dû, je n'aurais pas dû... Imaginons que je ne me sois pas penché: il aurait répété, oublié, puis serais parti mater à nouveau Aaron, sagement, j'aurai fini mon jus de fruit, nous aurait ramené à la maison... Normal. Mais non. J'avais bien entendu.

"- Non."

C'avait été instinctif, jeté à sa figure tout de suite après. Non, je ne voulais pas faire l'amour à mademoiselle alcool. Il me l'aurait proposé en étant sobre, j'aurais pu trouver un moyen d'arranger subtilement cela. Mais là, non ! D'autant plus qu'en public... Voulait-il notre mort ? En était-il rendu à songer au suicide ? Je le regardais comme s'il était fou. Je m'étais levé de mon tabouret. Prêt à partir, comme une demoiselle que l'on offense. Je n'étais pas offensé, juste.. Il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressentais. En tout cas, jamais je n'aurais hésité sur ce "non". A quoi s'attendait-il, en même temps ? A ce que nous grimpions sur le bar et expliquions le bon usage des carottes ? L'alcool, c'était l'alcool. Si l'alcool avait eu un visage j'aurais craché entre ses deux yeux. Qu'as-tu fait de Shane, cet homme si raisonnable ?
J'aurais volontiers dit à Shane "débrouille-toi avec Aaron", mais dans l'état actuel, il aurait été capable de le prendre pour une vraie autorisation, je préfèrais rester méfiant. Alors je me contentais de lui crier:

"- Tu n'as qu'à demander une carotte, ou utiliser ta main gauche !"


Paraitrait que, chez les informaticiens, c'est la gauche, la droite étant celle de la souris. Je n'ai pas encore pu vérifié. Mais cela, a priori, Shane ne le prendrait pas au sérieux. Et s'il le prenait au sérieux... Que vouleztvous que je vous dise ? Il aurait sa fessée et irait se coucher sans dessert, c'est tout. Parfois je me sens comme son père. Et il faut veiller sur ce chenapan, cet innocent enfant...

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Kim van Berghen le Ven 15 Avr - 22:04

Alcool, mot magique pour une soirée, poison auquel il est difficile de repousser l’appel. Liquide des dieux approprié par les hommes qui ne mesurent pas l’étendu de son pouvoir. Il avait divers effets sur chaque personne, alcool joyeux, triste, celui qui rend moins timide, ou plus bête, celui qui donne des ailes… Apparemment pour Aaron cela donnait surtout envie de danser. A peine revenu au bar, il avait commandé puis vidé son verre à la vitesse de l’éclair et de retourner se trémousser. Au moins on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas apprécier la soirée… la question serait surtout s’il s’en souviendrait le lendemain… Il fallait dire qu’il avait été fort sur les alcools et les mélanges… pas étonnant qu’il soit aussi inflammable et enflammé qu’une bouteille de vodka. Boisson à l’éthanol qui font planer si loin de la terre, et pourtant qui ne renvoient pas de là où ils venaient avant d’arriver à Nosco. Aaron ne s’était pas accroché au bar, comme le font les alcooliques, il était repartit pour danser un peu plus, ne penser qu’à la musique assourdissante, oublier que demain il aurait sans doute un mal de crâne insupportable. CH3CH2OH, ou EtOH pour les intimes, qui s’insinuait dans le corps pour finir par prendre en étau le crâne le lendemain au réveil. Il faudrait espérer que le jeune homme comprenne la leçon du premier coup et fasse plus attention la prochaine fois. Mieux valait éviter qu’il ne devienne alcoolique, surtout en travaillant avec Tristan Darek, mieux valait être accro au café qu’à une quelconque autre substance. Oui et bien sur il fallait avoir une certaine dépendance à l’ordinateur, mais cela Smith l’avait déjà compris, ou du moins il répondait parfaitement au critère. Pourtant le commandor de la section informatique choisissait avec soin ceux avec lesquels il voulait garder contact, ceux en qui il avait confiance et on ne pourrait pas lui imposer Aaron. Ce serait au gamin de se faire une place, comme il l’avait fait avec Shane Lewis. Une jolie blonde venait de poser sa main sur son bras, lui murmurant quelques mots à l’oreille, et voilà qu’il avait perdu de vu son filleul. Bon, il pourrait se débrouiller sans lui, non ?

Mais éloignons nous un peu de Kim et allons observer ce que nous prépare « Le King » de la soirée. Non, pas Elvis A. Presley, mais bien A. Smith. Il avait trouvé une partenaire de danse. Et heureusement que Silvio n’avait bu que du jus de pomme… hum et aussi un peu d’alcool. Bon tant pis, en fait personne ne semblait capable, ou alors aucune personne ne prêtait attention à l’étrange manège qui semblait se dérouler. Les secondes étaient devenues des heures, et depuis l’arrivée des quatre compères le temps avait bien passé, et l’alcool avait coulé à flot. Qui donc était encore totalement conscient de ce qui se passait ? Sans doute pas la jeune femme qui venait d’arracher la chemise d’Aaron, sinon elle se serait rendu compte qu’elle était entourée, et qu’il aurait mieux valu faire ces choses là dans un endroit privé pour pouvoir en profiter un peu plus. Toutefois les esprits étaient trop embrouillés. Et soudain on mit à l’épreuve le courage et l’esprit pudique de Smith. Serait-il capable de faire un stip-tease ? Pour le plaisir de ses fans qui attendaient ? Pour mettre en valeur son corps sur cette superbe lumière ambiante ?

Une soirée qui avait débutée normalement et sans problèmes se transformait soudain… d’une salle de danse, on passa plutôt à une salle de concert où le chanteur aurait décidé d’abandonné sa guitare, son micro et accessoirement sa chemise… juste pour le plaisir de ses fans en délire. Si Aaron avait été un peu plus en hauteur, sans doute aurait il pu se jeter sur la foule et être porté par le mouvement… Tiens d’ailleurs n’était ce pas une table pouvant servir de podium qui était transportée de mains en mains ? Arrivée près d’Aaron, ce dernier fut poussé sur son estrade, on voulait mieux voir la star. Que tout le monde puisse profiter du spectacle sans avoir à bousculer son voisin ou à sauter pour apercevoir un petit bout du show. Le nouvel oublié dominait maintenant son public encore plus déchainé. Aurait-il l’équilibre nécessaire de ne pas tomber avant de finir ce qu’il avait commencé ? La chemise avait été l’étape facile, aucune chaussure pour bloquer ou ennuyer mais là… Heureusement les encouragements résonnaient toujours, la musique ne parvenait pas à les couvrir complètement. Et puis soudain ladite musique changea, comme si le DJ qui s’occupait de la soirée avait décidé lui aussi de se mettre de la partie. Et le son s’accorda doucement à l’ambiance.

Step inside (walk this way)
You and me babe (hey, hey!)
Hey! hey! hey!
Huh!

Love is like a bomb, baby, cmon get it on
Livin like a lover with a red hot thong
Lookin like a tramp, like a video vamp
Demolition woman, can I be your man?
(be your man)
Hey! hey!
Razzle n a dazzle n a flash a little light
Television lover, baby, go all night
Sometime, anytime, sugar me sweet
Little miss ah innocent sugar me, yeah

Hey!
Cmon
Take a bottle
Shake it up
Break the bubble
Break it up

(Pour Some Sugar On Me)
Ooh, in the name of love
(Pour Some Sugar On Me)
Cmon fire me up
(pour your sugar on me)
Oh, I cant get enough

Im hot, sticky sweet from my head to my feet yeah
Hey! hey! hey!
(huh!)

Listen!
Red light, yellow light, green-a-light go!
Crazy little woman in a one man show
Mirror queen, mannequin, rhythm of love
Sweet dream, saccharine, loosen up
(loosen up) I loosen up
You gotta squeeze a little, squeeze a little, tease a little more
Easy operator come a knockin on my door
Sometime, anytime, sugar me sweet
Little miss ah innocent sugar me, yeah
(yeah!)
Give a little more

Im hot, sticky sweet from my head to my feet yeah
(you got the peaches, I got the cream)
Sweet to taste (saccharine)
cos Im hot (hot!)
So hot
Sticky sweet from my head
(head!) my head
(head to my feet)
To my feet
Do you take sugar?
One lump or two?

Take a bottle (take a bottle)
Shake it up (shake it up)
Break the bubble
Break it up (break it up)

(Pour Some Sugar On Me)
Oh, in the name of love
(Pour Some Sugar On Me)
Get all, come get it
(pour your sugar on me)
Ooh
(Pour Some Sugar On Me)
Yeah!
Sugar me!


Entre, avance
Toi et moi bébé, Hey, hey !

Aimer c'est comme une bombe, bébé, avance et prends-la
C'est vivre comme un amoureux avec un radar
Tu ressemble à une femme bien roulée, comme une vamp sortie d'un film
Femme de destruction, puis-je être ton homme ?
Éblouissement, un éclair, une lueur
Amoureux de la télévision, bébé, allons-y toute la nuit
Parfois, n'importe quand, sucre moi ma douce
Petite demoiselle ah innocente sucre moi, ouais

Hey !
Allez, prends une bouteille, secoue-la
Brise les bulles, brise-les

Verse du sucre sur moi
Ooh, au nom de l'amour
Verse du sucre sur moi
Allez, allume moi
Verse du sucre sur moi
Oh, j'en veux encore

Je suis chaud, collant, doux
De la tête aux pieds yeah

Écoute ! Prêt, feu partez !
Tu es une femme dingue qui fait son one man show
Reine du miroir, mannequin, rythme de l'amour
Doux rêves, saccharine, je me détends

Tu devras le serrer un peu, le serrer un peu
Taquine-le encore un peu
Un opérateur facile vient cogner à ma porte
Quelques fois, n'importe quand, sucre moi ma douce
Petite demoiselle innocente sucre moi, yeah

Prend une bouteille, secoue-la
Brise les bulles, brise-les

Verse un peu de sucre sur moi
Ooh, au nom de l'amour
Verse un peu de sucre sur moi
Aller mets-moi en feu
Verse un peu de sucre sur moi
Oh, j'en veux encore

Je suis chaud, collant doux
De la tête aux pieds ouais

(solo de guitare)

Tu as les pêches, J'ai la crème
Au goût sucré, saccharine
Parce que je suis chaud, dis quelque chose, je suis collant et doux
De la tête aux pieds

Prends-tu du sucre ? un morceau ou deux ?

Prends une bouteille, secoue-la
Brise les bulles, brise-les

Verse du sucre sur moi
Ooh, au nom de l'amour
Verse du sucre sur moi
Allez allume moi
Verse du sucre sur moi
Oh, je ne peux en avoir assez
Verse un peu de sucre sur moi
Oh, au nom de l'amour
Verse un peu de sucre sur moi
Prend-le, viens le prendre
Verse du sucre sur moi
Ooh
Verse du sucre sur moi
Yeah ! Sucre moi !


Le son était mâle et rock, voir métal. Une musique qui collait (pardonnez du jeu de mot) très bien à l’ambiance. S’il y avait eu du sucre dans la pièce, le pauvre Aaron Smith en aurait sans doute été recouvert bien rapidement. Heureusement, on lui épargna ce problème, se contentant de le regarder se déhancher. Kim n’avait jamais encore entendu cette musique, mais au moins elle s’accordait au thème et n’était pas l’une de ces musiques trop niaises ou trop lente. Ici l’ambiance était électrique et ajouter ce genre de mélodie n’aurait fait que dégrader le mouvement général, là au contraire le tout était porté par le flot des notes et des paroles. Si seulement le scientifique avait fait plus attention à son filleul et non pas à la jeune femme à ses côtés, peut être l’aurait il empêché d’aller plus loin. Enfin aurait il réussit à franchir le mur des fans, à arracher Aaron à son public ? Peut être pas sans en subir les conséquences… Dire qu’un peu plus loin, une personne légèrement hystérique lançait à grand cri qu’il offrait la tournée à tout le monde, ce dont Tony profitait pour resservir toutes les personnes au bar, le tout déduit directement du compte du généreux donneur… Une soirée des plus folles à Nosco. Peut être quand celui qui s’occupait de l’ambiance se déciderait à jeter un peu de mousse cela réveillerait les esprits, mais en attendant la fête bâtait son plein.

Un verre en entrainant un autre, une conversation menant à un débat idéologique voir philosophique, une main qui glisse par mégarde… Et une montre à gousset qui glisse d’une poche et tombe. Dans ce genre de soirée, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Et même les caméras sont incapables de déceler des vols ou de mauvaises blagues. Trop de lumières qui clignotent et bougent. Trop de son, pour déceler une conversation et l’écouter sans tous les parasites alentours. Qu’il est dur de faire régner la loi là où siège le désordre. On ne sait jamais ce qui peut se passer et si une âme généreuse sera à l’écoute, ou si c’est celle noire d’un avare nanti qui passera par là. The show must go on !

D’ailleurs que se passait-il entre Shane et Silvio ? Pourquoi toute cette agitation ? Pourquoi fallait-il déclencher une bagarre alors que tout se passait bien. Qui avait décidé d’une dispute ? Ne pouvaient-ils pas se tenir tranquille et profiter plutôt que de gâcher la soirée ? Bon, apparemment Silvio n’était pas un sucre d’orge, bien moins doux et plus pimenté. Mais il fallait au moins cela pour plaire à Shane et rester son ami, non ? Enerver le commandor de la section anti-terroriste… Mauvaise idée… très mauvaise. Lewis tenait il à se faire des ennemis puissant et armés ? Mieux valait ne pas croiser Anthelmios dans un souterrains sans caméra si vous vous l’étiez mit à dos. Bon, Kim n’avait pas l’intention de s’amuser dans les sous-sols… Alors peut être pouvait il essayer de calmer le jeune homme… Fallait-il abandonner sa délicieuse discussion et son adorable interlocutrice pour tenter de raisonner l’inconscient ? Et qu’est ce que Tom fixait sans cligner des yeux ? Un blondinet qui surplombait la salle… Un… Quoi ?! Etait ce bien… Kim fera à moitié les ses paupières, dans l’espoir vain de mieux apercevoir à travers les lumières, d’être détrompé dans la vision qu’il avait eu. Mirage, ou apparition dû à l’alcool ? Etait ce une hallucination ou bien son filleul s’était il décidé à devenir une star de la danse torse-nu ? Et que faisait-il ? Il n’allait pas tout de même… Kim pauvre idiot qu’as-tu fait ?! Si le petiot ne supportait pas les boissons fortes, tu aurais pu le prévoir, faire plus attention, le surveiller et ne pas lui lâcher la main… Pourquoi avais tu relâché ta surveillance même un instant ? Et comment percer la foule si dense maintenant ? Aaron ne verrait aucun gesticulation vu ce dans quoi il était plongé. Que faire alors ? Assister impuissant au drame, tenter d’agir en sachant que cela échouerait ?

Ou s’occuper de Silvio dont le cas n’était pas encore si grave ? Demander l’aide de l’informaticien et du brigadier pour faire revenir Smith à la raison ? Bon au moins on pouvait dire que le nouvel oublié avait vaincu assez rapidement sa pudeur… Bon, ce n’était pas forcement une bonne nouvelle… Il allait falloir le récupérer demain et son mal de crâne ne serait sans doute pas des plus joyeux. Le scientifique en restait assit, sans savoir quoi faire, ni commet agir ou par quoi commencer… Un coup d’œil vers la droite, un autre vers la gauche. Et sa charmante compagne qui le tenait du bras d’un air de dire qu’elle ne voulait pas le laisser partir… Ah Aaron… Cruel petit démon angélique… Heureusement que la discothèque n’était pas ouverte tous les soirs, et qu’il s’en sortait plutôt bien niveau déhanchements… Il faudrait juste lui apprendre à doser plus correctement ses « culs secs » de boisson.

Hj : L'abus d'alcool est dangereux pour la santé !

_________________
avatar
Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Shane M. Lewis le Ven 15 Avr - 23:07

    Shane prenait un verre, juste un autre, un de plus. Et sa vision de brouillait, son cœur se laissait emporter au rythme de la musique. Il balançait sa tête sur la gauche et sur la droite en s’amusant avec ses cheveux d’un gris métallisé. Il bougeait tout son corps au rythme endiablé, incapable de tenir en place sur son tabouret. Il était comme dompté, hypnotisé. Il profitait de la soirée, et il s’amusait bien. Il laissait son cerveau s’embrumer petit à petit. L’effet serait lentement dosé ou complètement démesuré, peu lui importait. Il commit l’impair. Rien de fatal pour leur couple, entre le son, la lumière et la foule, ils auraient peut-être pu s’embrasser sans que personne n’y remarque rien. Shane avait lancé un nouveau caprice à l’oreille de Silvio. Il n’avait pas compris ce qui lui arrivait soudain. Le non lui avait été lâché en pleine face. Silvio s’en était même levé et le sourire tout innocemment né de l’alcool disparut si rapidement. Il lui avait dit non. Silvio lui avait refusé un caprice. Silvio ne l’avait pas écouté, Silvio n’avait pas fait tout ce qu’il voulait. Shane baissa les yeux, avec cette moue d’enfant que l’on gronde. Ainsi était-ce là la limite qu’il avait tant cherchée du bout des doigts, comme s’il se grandissait sur la pointe des pieds pour voler un biscuit dans le haut placard, bien caché ? Etait-ce là, la limite à leur histoire ? Silvio aurait tout fait pour le rendre heureux. Mais la raison savait lui faire faire de bon choix ? Etait-ce seulement la raison ? Non, il n’y avait pas que de cela. Il ya avait aussi que s’ils le faisaient là, ils commettraient l’irréparable. Au final, ce n’était pas vraiment ce qu’ils voulaient. Ils avaient eu le choix entre profiter d’un court instant de bonheur, parfaitement libre de montrer à tous leur amours, et de se perdre complètement, ou bien d’être raisonnable, et profiter encore de magnifiques nuits ensembles. Silvio avait eu raison de lui dire non. Shane aurait pris la moindre caresse pour un oui et lui aurait sauté dessus. Il en aurait perdu la tête, il était déjà comme fou.

    Mais comme tous les non, celui-ci lui faisait mal. D’autant plus que c’était le premier venant de Silvio. Il n’avait plus envie de rire, la lumière de joie avait quitté ses yeux et il s’était senti tellement mal soudain. Shane était ce genre d’enfant trop gâté qui avait tout ce qu’il voulait. Et le jour où on lui disait non, il ne muait dans l’incompréhension et la révolte. Il aurait voulu taper du pied, se rouler par terre et le supplier de lui accorder son caprice (aussi stupide puisse-t-il être. Mais il avait compris brusquement l’ampleur du phénomène. Il n’avait même pas eu envie que Silvio lui saute dessus et lui dévore les lèvres. Il voulait seulement qu’il lui dise oui, encore et toujours oui. Ca le rongeait soudain. Il voyait quelque chose de malsain dans son propre comportement. Il baissait les yeux, pincé au cœur et détourna finalement son regard vers la piste de danse Aaron faisait son show. Il adorait Aaron. D’ordinaire, il aurait ri, il se serrait grandement amusé jusque tard dans la soirée. Il aurait fait le fou, bu encore quelques verres, mais le regard vide de son Silvio hantait son esprit. C’était Shane qui avait demandé à Silvio de venir. Il l’avait fait. Mais le commandor n’était pas heureux. Il n’était pas dans son élément ici. Tout le monde avait un verre d’alcool à la main, sauf Silvio. Tout le monde dansait, tout le monde scandait en rythme la même phrase pour réclamer à Aaron un strip-tease, tout le monde avait la joie qui se lisait dans les yeux, sauf Silvio.

    Son cœur se serrait brusquement. Son Silvio n’était pas heureux. Et même s’il aurait voulu s’amuser toute la soirée, il ne pouvait plus faire comme avant parce que… Parce qu’il n’était pas à « avant ». Il était aujourd’hui et à présent, il avait Silvio dans sa vie. Et son bonheur passait par le sien. Et là, Silvio n’était pas heureux. Et puis, il y avait eu aussi ce « non » qui lui retournait encore l’esprit. Avait-il trop abusé de son amant ? Lui en avait-il trop demandé par rapport à ce qu’il pouvait accepter ? Ce « non » sonnait-il comme un ras le bol ? L’aimait-il encore ? Son cœur manqua un bond à cette question. L’aimait-il encore ? La discothèque de Nosco était si grande d’ordinaire, pourquoi les murs lui semblaient-ils si proches soudain ? Pourquoi est-ce qu’ils se rapprochaient ? Pourquoi cette foule lui semblait si compacte, si proche de lui ? Il se sentait comme paralysé. La musique n’était plus qu’un lointain bourdonnement. Son sang battait à ses tempes et accentuait son malaise. Il avait l’impression que tout bougeait autour de lui, il était pris de vertige, il avait le sentiment qu’il allait s’évanouir d’une seconde à l’autre. Sa respiration devenait difficile, sa cage thoracique était comprimée, l’air entrait et sortait sans que l’oxygène ne veuille faire son travail dans son métabolisme. Il tâchait de ne pas montrer son trouble, mais bien vite, il dut faire face à des bouffées de chaleur dues à la peur qu’engendrait sa claustrophobie. Maudit Joshi ! Pourquoi fallait-il que son monde s’effondre lorsque Silvio ne l’aimait plus ?

    Il jeta un dernier coup d’œil vers ce qui se passait en salle. Aaron était tout jeune et tout fou, il voulait profiter de la vie. Mon brigadier était parfaitement heureux que son apprenti s’en sorte si bien. Mais il ne voulait pas partir en le laissant sans défense si jamais les choses venaient à mal tourner. Alors son regard se porta sur le médecin. Il était certain que Kim veillerait sur son filleul comme à la prunelle de ses yeux. Il n’arriverait rien de mal à Aaron. La sueur perlait au front de mon Shane. Sa vue était troublée, le paysage se déformait et ces murs, foutus murs, qui se rapprochaient, encore. Jamais cette salle ne lui avait semblé si petite, si étroite, si sombre. Ses mains tremblaient-elle ? Oui, un peu. Il avala ce qui lui restait de son verre, priant pour oublier le non que son amant lui avait offert. Mais ça ne passait pas, ça ne voulait pas s’effacer, c’était comme un cadeau empoisonné. Il serrait les dents. Cela finirait bien par disparaître. Il l’aimait Silvio. N’est ce pas qu’il l’aimait ? Mais incapable de répondre à cette question qui le détruisait, il se pencha à nouveau vers Silvio, mais, honteux, il n’osait pas le regarder :

    « Je rentre. »

    Inutile de dire à Silvio que la soirée rendait le commandor malheureux et que par conséquent mon Brigadier s’en sentait mal à l’aise, terriblement anxieux et troublé. Il releva le nez vers Kim et le salua d’un signe de main pour lui souhaiter une bonne fin de soirée. Il annonçait son départ, un peu trop tôt peut-être pour la soirée. Les gens ici avaient l’habitude de trainer jusqu’à pas d’heure. Shane l’aurait fait aussi, autrefois. Autrefois. Ce temps lui semblait lointain aujourd’hui. Et demain plus encore. Son Silvio était malheureux, et ça, mon brigadier ne pouvait le supporter. Il adressa à Aaron un sourire malgré ses yeux ternis par la peur. Maudite claustrophobie, pourquoi fallait-il qu’il voit des cages de partout ? Il avait des points noirs dans sa vision à présent ! Ca ne voulait pas s’arranger. Alors il quitta la salle, d’un pas rapide, slalomant entre le foule, les yeux rivés sur la porte, son unique sortie, son souhait le plus fort. Il n’avait pas osé regarder Silvio en partant, son regard le terrorisait, il avait peur de ce qu’il pourrait y trouver. Il levait les bras pour passer, se faufiler et ce glisser vers là où il voulait aller. Malgré son regard embrumé par l’alcool et les points noirs, il marchait droit devant, fixant son but ultime. Sa main gantée se posa enfin sur la porte et lui la franchit, sans regard aucun derrière lui. Il avait juste mal, dans sa poitrine, il avait juste besoin d’air parce qu’il étouffait, et s’il restait là, il allait hurler, complètement terrorisé. Combien aurait-il donné pour être dans les bras de Silvio, là, maintenant. Dans ses bras musclés, il aurait compris combien son amant l’aimait. Mais là, l’informaticien était retourné par ce « non » si soudain qu’il en avait envie de pleurer. Mais un soldat ça ne pleure pas, n’est-ce pas ? Ca reste droit fier et… Et Shane alla s’écrouler sur le pavé de Nosco. L’air entrait brusquement dans ses poumons. Sa propre respiration devenait brulante. Calme… Calme Shane. Tout va bien. Tu as de l’air à présent. Il était comme abandonné au beau milieu de la nuit. Les lumières éclairaient encore la cour intérieure sous le ciel sombre artificiellement étoilé. Son visage rivé contre terre semblait crispé par cette douleur, dans son cœur qui ne peut pas s’effacer. Et si son Silvio ne l’aimait plus ?
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Silvio Anthelmios le Sam 16 Avr - 2:32

Quel abruti !
Bon sang, mais quel abruti je faisais ! Bon sang, si seulement j'avais réfléchi deux secondes ! Mais ces deux secondes-là, je les vis dans les yeux de Shane. Soudainement, ce dernier passa d'un extrême à l'autre. Plus de sourire, plus de joie, j'avais éteins cette étincelle. En voulant le protéger, je l'avais blessé. Il y avait tellement d'autres façons de le faire, comment avais-je pu choisir la pire aussi aisément, presque la fleur à la bouche ? Comment avais-je pu parler sans songer aux conséquences ? Deux secondes. En deux secondes je l'avais complètement métamorphosé. Quel genre de monstre étais-je pour faire subir cela à ce que j'avais de plus cher ? Si j'étais capable de le blesser ainsi, quelles aberrations ferais-je subir aux autres, à ceux à qui je ne tenais pas ?
Un monstre.
Juste un monstre, rien de plus. Je ne valais pas mieux que ces créatures aux yeux vides de toute humanité, capables de manger leurs frères pour le seul plaisir de leur estomac. Pour mon seul plaisir personnel, je l'avais repoussé. Et sans douceur. Quel amant étais-je ? Quel amant étais-je pour lui faire subir cela ? Un coup de poignard dans son dos ! Un poignard qui m'avait échappé, comme un jouet échappe à un enfant maladroit. Mais j'étais adulte ! J'aurais dû faire attention. Je ne l'avais pas fait. Il ne m'avait jamais fait ça. Pourquoi l'avais-je fait, pourquoi ? Mon inconscient était-il suicidaire ?
Un monstre.
Je m'appelais Silvio Anthelmios, et je croyais être humain. Je ne le suis pas. Moi, moi, moi ! Ce foutu "je" que j'utilise, je l'étranglerais ! Le penser me donne envie de m'étrangler. Je ! Ce "je" avait blessé Shane ! Maudit, j'étais maudit ! Cela n'était pourtant pas compliqué de boire, et d'avoir honte, un soir au moins ! Pour lui ! Il le méritait, bon sang ! Non, c'est faux. Il méritait mieux encore. Pas digne de lui. Il faisait tant pour moi... Il acceptait une relation interdite, il avait accepté mes réticences. En pédagogue, il m'avait amené au-delà de celles-ci. Grâce à lui, j'étais devenu un autre. Un moment, j'avais cru que cela avait fait de moi quelqu'un d'un peu plus humain. Cet amour que nous vivions ne survivait pas par ces attirances bestiales dont on m'avait jadis parlé, mais par autre chose. Autre chose...
Un monstre...
J'avais lu des livres. Bien qu'électroniques, ils gardaient le charme de l'écriture. J'avais lu des histoires, et parmi elle des histoires d'amour, distillées au milieu d'autres récits. J'avais lu des fables où l'amour n'était rien d'autre que l'histoire qui justifiait un passage plus obscène que les autres. Dans d'autres, c'était le plus pur des sentiments pour lequel les amants étaient prêts à périr.
Shane m'avait offert mieux que ça. Face à lui, je n'avais plus ce grade de commandor. J'avais le grade qu'il désirait. J'étais celui qu'il voulait et, tout en étant son plus dévoué serviteur, j'étais plus libre que n'importe qui, n'importe où. Nous étions deux hommes, oui. Je l'aurais également aimé s'il avait été femme. Face à lui, cela n'avait plus d'importance pour mes sentiments. Je l'aimais. Lui. S'il était un homme, alors oui, j'aimais un homme. S'il était informaticien, j'aimais un informaticien. Shane. Je me souvenais encore de ce jour, ou plutôt cette nuit, où Kathleen et moi travaillions. Shane et moi n'étions pas encore colocataires, pourtant. Kathleen a prononcé son nom. Je ne suis revenu à la réalité que lorsqu'elle a commencé à me demander "Commandor ? Allez-vous bien ? Commandor ?". Je lui en avais voulu de me sortir de cette douce rêverie. Son visage, ses mots, ses gestes... Son nom. Le prononcer pouvait faire varier mon humeur. On disait "Shane travaille ce soir", et je désespérais, ne savais plus que faire, mes dix doigts devenaient des lambeaux de chair inutiles. Ainsi on pouvait me rendre malade, ou guilleret, au gré des annonces. Le moindre de ses retards me rendait fou, je ne savais rien faire sur un temps qui lui était attribué.
Shane. Toi qui m'offre le plus beau des amours, plus beau que tous ceux des histoires qui m'accompagnaient jadis avant le sommeil, toi qui était un ange bien avant d'avoir ces ailes dans le dos, toi qui est peut-être, de tous les noscoiens, le plus beau...
Comment as-tu pu t'enticher
d'un monstre ?


Un ange. C'était un ange qu'il lui fallait, à Shane, pas un... Je l'avais blessé, bon sang ! Comment, pourquoi ? C'était tellement absurde ! J'étais resté là, de marbre, lorsqu'il était parti. Le suivre, ou le laisser comprendre seul que c'était pour nous protéger ? Le choix était vite fait. J'avais senti sa souffrance, il était hors de question que je l'abandonne ainsi ! Tant pis s'il me haïssait ! Je devais l'aider, le souteni....
Haïr...
Je courrai à sa suite lorsque l'idée m'effleura. Un froid s'empara de mon coeur. Shane, me haïr ? Damnés. Qu'on me haïsse, qu'on ne m'apprécie pas, j'en avais tellement l'habitude que cela ne me touchait plus. Mais Shane, me détester... Je ne réfléchissais pas, je savais. J'avais au fond de moi un aperçu de ce que cela pouvait donner comme résultat. Des ravages. Des anéantissements. J'ai déjà tué une jeune femme, je crois même avoir aimé cette femme. Perdre Shane, par ma propre faute, cela m'aurait achevé. Une chute à la hauteur de ce qu'il m'avait fait découvrir. Je souffrirais, oui, mais ça ne serait pas tout. Je changerais. Je me voyais devenir fou, complètement fou. Absorbé par mon travail, plus de sommeil, plus de nourriture, plus d'humanité. Plus de rapports avec les autres. Et peu à peu, mon corps ne pourrait plus suivre. Je tiendrai, jusqu'au bout, puis un jour m'effondrerai, en soufflant une dernière fois ce prénom...
Un enfant ?
C'étit puéril d'imaginer cela, mais c'était l'impression que j'avais. C'avait été si puéril de bouder tout à l'heure ! Si puéril ! J'étais sot, complètement sot. Des années passées, et je n'avais toujours pas grandi. J'étais commandor, et incapable de... Je...

Calme, calme. Respire, Silvio. Tu sais que ce n'est rien, une erreur, juste une erreur. Je ne respirai plus. Très peu. Pour survivre, pour atteindre Shane. Mais ma respiration se bloquait toute seule, comme si elle oubliait d'exister. La foule tentait de me retenir, mais je l'écartais, sans pitié. Rien à faire de la foule ! Shane, Shane ! Tant pis pour ce que l'on dirait, il ne fallait pas le perdre de vue, surtout pas ! Je passais une porte. J'avais chaud, très chaud. Ma chemise collait à mon corps. Mais je le voyais, je le voyais !
Etalé sur le sol, certes. Mais je le voyais !
Quel mauvais humour. Qu'est-ce que je tente de me prouver ? Que je ne sentais rien ? C'est faux. J'ai eu peur, très peur. Mes souvenirs sont flous, j'ignore pourquoi. Le stress, la panique, les yeux humides. En revanche, étant donné que j'ai eu des bleus aux genoux les jours suivants, je peux vous assurer m'être laissé tomber à ses côtés plus que m'être agenouillé. Le souffle court, je l'ai retourné. J'ai pris son poul. Rapide. Il respire mal, lui aussi. J'ai peur, je crains le pire, mais ça n'est pas le sujet. Il faisait nuit, je n'en avais rien à faire. Je me penchais sur lui, posais mes mains sur son torse. Massage cardiaque. Mes lèvres se joignirent ensuite aux siennes. Plus que l'aider à respirer, je voulais surtout le calmer, lui dire que j'étais là, encore. Je recommençais, encore, plusieurs fois, puis me redressais pour reprendre mon souffle à mon tour. Ma main était sur la sienne, j'ignore comment elle était arrivée là.

"- Shane, je suis tellement désolé... Je ne voulais pas, je t'assure..."avais-je murmuré en me penchant sur lui, en mettant un bras sous sa nuque.

J'agitais la tête. Frustré. Les mots, les mots ! Ils disaient si peu de choses, les mots ! Je n'étais pas désolé, c'était faux, ce n'était rien face à l'océan de culpabilité dans lequel je menaçais de me noyer. A quand la découverte de la transmission de sentiments, bon sang ? Je n'avais pas voulu cela, mais cela s'était produit, par ma faute. Je passais mon autre bras sous ses jambes puis me relevais. Il n'était pas si léger, mais je n'en avais rien à faire.

"- On rentre à la maison, d'accord ?"

Son visage était trop proche du mien pour un simple blessé que je sauvais. J'aurais voulu caresser sa joue, juste un peu de tendresse.
Ne t'en fais pas, Shane, ton Silvio t'aime toujours. Il souffre de concert avec toi, même si de façon différente. Tu es son premier homme, il voudrait devenir du jour au lendemain un amant de rêve pour te mériter. Il était prêt à tout, même à ne plus se préoccuper du Secret. Affronter les dragons, c'était bien peu, pour le plaisir de tes yeux. Il t'aime...
Le voilà qui t'emmène, haletant, rapide, vers un lieu sûr. Vers la chambre. Là, il te pose sur son lit, le plus délicatement possible. Un moment, il garde son front contre ton coeur. Pour quoi ? Je l'ignore. Un rite, une religion ? Il se lève, balance sa chemise. Il a trop chaud. Il va chercher un linge humide, pour le mettre sur ton front. Il veut que tu ailles mieux, il ne pourra rien faire sans cela. Te voir heureux, c'est son unique but, à ce moment-là. Toi, heureux. Réparer son erreur du mieux qu'il pouvait.
Il t'aime ton Silvio.

[à suivre dans nos appart. Sauf pour ceux qui veulent voir Aaron à poil.]

_________________
Spoiler:

avatar
Silvio Anthelmios
~ Commandor ~
Section Anti-Terroriste


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de Judikhael Wienfield
Âge réel : 30années
Âge d'apparence : vingt

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Shane M. Lewis le Sam 16 Avr - 17:04

avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Aaron Smith le Mar 26 Avr - 17:54

[ Vous m'avez donné envie de me faire une première personne ^^ ]

Oh, non, je n'étais pas net. Comment expliquer les sensations inhabituelles, inconnues par mon esprit, mais que mon corps reconnaissait sans doute ? Avais-je bu dans le passé ? Peut-être, probablement même. En tous cas, j'aimais ça. J'aimais le goût de l'alcool, déjà, mais j'aimais surtout cette brûlure qui coulait dans ma gorge, comme un feu liquide, qui enflammait mes tissus en se répandant dans mon corps fébrile. Et sur son passage, il brouillait toute douleur, annihilait toute retenue, toute pudeur. Je sentais la chaleur qui se répandait dans mon corps entier. Boum, boum, boum. Comme c'était bon. Comme mon coeur frappait fort dans ma poitrine, répandant cette douce brûlure partout en moi, toujours plus loin, avec toujours plus de douleur... Ce feu s'éteindrait-il un jour ? Sûrement. Tous les feux finissent par s'éteindre, soit seuls, par manque de combustible, soit de la main des hommes ou des robots. Mais à cet instant, je ne l'espérais pas. Je voulais brûler éternellement, être une flamme vacillante, un brasier, une torche vivante qui éclairerait les hommes.

Je me prenais pour un Guide. Etait-ce ça que Joshi avait ressenti, quand tous s'étaient rassemblés autour de lui ? Il m'avait déjà contacté deux fois et, chaque fois, j'avais relevé ses défis, obtenant des sensations diffuses en retour, des mots... Je ne savais pas vraiment ce qu'il fallait que j'en fasse, alors je n'en faisais rien, ces lettres glissant sur moi comme l'eau dans un arbre. Peut-être qu'un jour, tout serait complet, je m'en souviendrais et je saurai. Je saurai qui j'avais été, même si c'était manifestement interdit. Je voulais savoir. Je le voulais plus que tout et, pour se faire, je n'avais de mal à faire à personne. Alors, je me considérais comme au-dessus de la loi de la Guilde. La loi n'était pas adaptée. La loi n'était pas juste. Alors, je garderai mes découvertes pour moi. Mais actuellement, je m'en fichais.

L'alcool venait de rejoindre mon esprit. Se vaporisait-il, dans mon corps brûlant ? J'avais l'impression qu'il s'était installé dans mon cerveau en une épaisse brume, qui m'empêchait de réfléchir. Je luttais un peu, cherchais quelques codes informatiques, quelques détails... Je ne trouvais rien. A part qu'il y avait deux boutons sur ma souris. Je n'étais même pas capable de me souvenir de la première ligne de lettes... J'aurais sûrement du avoir honte de ça, réagir. Mais je me sentais si bien, si bien que je lâchais prise, m'abandonnais à cette caresse traître et délicieuse... Et je remuais mon corps, glissant mes mains sur mon torse, comme si j'avais fait ça depuis toujours, comme si stimuler le désir m'était naturel.

On m'apporta une table. Ivre, je grimpais, vacillant, heureusement aidé par ceux qui scandaient en rythme ce qu'ils voulaient. Ils voulaient que je me déshabille. Tous ces anges, à mes pieds, réclamaient que j'ôte mes vêtements, en me dandinant, que j'enlève tout ce tissu inutile. En avais-je besoin ? Non, pas vraiment. Je n'avais plus aucune notion de pudeur. J'avais l'alcool, juste l'alcool. Et ces cris, ces demandes qui résonnaient à mes oreilles comme des ordres, si certains que c'en devenait douloureux. Je souris, heureux de cette douleur, heureux d'être ainsi demandé par ce peuple à mes pieds. Mon bonheur n'était pas sain, il était illusoire. Mais j'aimais déjà cette demoiselle, dont l'haleine empestait au moins autant que la mienne, et je devinais que, cette nuit, elle me rendrait encore plus heureux que je ne l'étais déjà. C'était tout ce qui ressortait de mon cerveau embrumé.

Si j'avais été un peu plus net, un peu moins saoûl, aurais-je vu tout ce qu'il se passait loin de mon contrôle ? Aurais-je vu Kim, rejoint par une demoiselle que je n'aurais pas aimé d'office ? Aurais-je vu son air horrifié, embêté, et son incapacité à venir m'aider, à fendre la foule pour protéger mon corps ? C'était mignon, n'est-ce pas ? Kim voulait être le seul à m'avoir vu nu, malgré le fait qu'Elyan aussi, avait eu cette chance. C'était heureux. Beaucoup plus que ce qu'il se passait du côté de mon petit couple adoré. Enfin, surtout Shane. Parce que Silvio n'était qu'un vaurien, un commandor d'opérette. En fait, je n'aimais pas ce couple, je l'adorais encore moins. Et je ne vis pas mon maître se décomposer. Je ne le vis pas sortir, suivi de près par un blond effrayé et malheureux. Je ne le vis pas mourir de l'intérieur, se dessécher dans son malheur et s'étouffer comme un voleur, seul dans le couloir. Je ne vis pas son amant joindre ses lèvres aux siennes, comme pour le sauver, comme pour profiter de lui. Non, je ne vis rien de tout ça. Je ne voyais que la lumière, délicieusement douloureuse. J'avais bien fait de mettre mes lentilles. Sinon, je me serai évanoui tant j'aurai eu mal, de cela j'étais sûr.

Les supplications de mon public se faisaient plus fortes à mes oreilles, résonnant, sourdes... J'aimais ça. J'aimais diablement cette sensation d'être aimé par une foule d'inconnus, qui ne savaient rien de moi, mais qui me faisaient rois de cette soirée. Je pensais comprendre ce que Joséphine de Nosco ressentait. Cette impression de puissance, presque de vie ou de mort sur chacun de ses sujets. Oh, bien sûr, la douce caresse de l'alcool me faisait oublier qu'il y avait des devoirs, une lourde charge sur les épaules des hauts-conseillers. Je ne voyais que la jouissance de leur position. J'aurai aimé diriger, que tout ce peuple me considère pour leur roi en vrai. Mais je n'étais qu'un pion, que l'amusement d'une soirée. Et si je voulais garder mon rôle, il allait falloir que je leur fournisse le divertissement qu'ils demandaient, si je voulais rester sur ma table.

Alors, continuant de me trémousser sensuellement, je détachais la boucle de la ceinture retenant mon pantalon. Je vis les yeux des filles s'arrondirent, le sourire des mecs se faire mesquin... Ils savaient que je ne repartirai pas avec la totalité de la population féminine de Nosco. Ils savaient que toutes ces femelles seraient excitées par le spectacle, et qu'elles ne voudraient pas dormir seules. Oui, j'avais l'impression d'être un père qui nourrissait mes petiots. Braves petits. Un cri s'échappa de la foule, tandis que j'ôtais la ceinture d'un coup, la sentant glisser avec délectation le long de mes hanches. Le pantalon flottait un peu, je n'étais pas épais. Je glissais ma main, tournais sur moi-même, pour que tous mes admirateurs voient, qu'ils aient ce qu'ils voulaient. Faisais-je quelque chose de mal, en offrant mon corps aux gens ? Ils le voulaient. Je ne faisais que satisfaire leurs désirs. Et satisfaire leurs désirs leur faisait du bien. Donc en faisant le mal, je faisais le bien, donc ça ne pouvait pas être le mal.

Mon pantalon vola à travers la salle, tombant dans les bras de filles qui le déchirèrent. Mais qu'importe. J'étais grisé, je n'avais même pas senti que j'enlevais le dit pantalon. Un sourire m'échappa, tandis que je m'étendais lascivement, basculant la tête en arrière pour profiter de mes sensations. C'était jouissif, réellement. Alors, je caressais doucement mon corps, sans aucune pudeur, m'agitant avec plaisir. J'aimais le regard des autres, c'était évident. Et puis, mes yeux tombèrent sur cette fameuse tâche, qui s'étendait de ma cuisse à ma hanche. Ma honte. Offerte au regard de tout un chacun. Je grimaçais un peu, balayait le public du regard. C'était fini. Ils ne m'aimeraient plus, après avoir vu ça !

Mais... Mais ils n'avaient pas l'air d'avoir vu, riant toujours tous, autant qu'ils étaient. Je ne voulais pas que ça change. Grisé par ce sentiment de pouvoir, je ne voulais plus descendre. Mais leurs regards devenaient lourds, je ne les voulais plus. Alors, je décidais de quitter ma scène improvisée avec dignité. Un sourire, charmeur, et je sautais à terre avec légèreté. Outch ! Le sol était beaucoup plus près que prévu ! Heureusement, seuls les premiers rangs purent voir que je me rattrapais in extremis, l'alcool m'empêchant de juger de l'espace que j'avais. Je rassemblais mes esprit, tentant de percer la brume, pour m'approcher sans trop tituber de la demoiselle. Elle s'amusait follement, aussi j'en profitais pour l'embrasser. Nos lèvres se rejoignirent. Nous nous remirent à danser, mais rapidement, nous quittâmes la salle pour mes appartements. Et la nuit fut grandiose ! Dommage que le lendemain matin, je ne m'en souvienne déjà plus...

En revanche, je constatais que je n'étais plus seul dans mon lit, que mes vêtements avaient disparus, que ma tête était affreusement douloureuse, mon estomac obstiné à se faire un immense grand huit et ma langue si pâteuse qu'elle n'avait, en fait, plus rien d'une langue... Non, c'était plus une espèce de bouillie qui obstruait ma bouche qu'autre chose. Elle – elle s'appelait Cassandre – me servit un café, et me raconta. Par Joshi, j'avais fait un strip tease ! C'était fini pour moi. Quand je retournerai dans les bureaux, j'allais être charié comme jamais. J'étais sûr que pas mal de monde avait vu ma prestation... Sans parler des vidéos. Et de Kim ! Oh, j'avais laissé Kim tout seul ! La honte me submergeait, mais j'oubliais vite. Cassandre se chargeait de tout.
avatar
Aaron Smith
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Information
Âge réel : Tout beau tout neuf !
Âge d'apparence : La vingtaine, peut-être un soupçon plus.

Compétences
Mémoire:
500/10000  (500/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Compagnon

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un verre, ça va...

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum