C'est grave docteur ?

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C'est grave docteur ?

Message par Joshua Careign le Mer 16 Mar - 20:03

Ce matin, Joshua s'était réveillé avec l'impression qu'un troupeau de... quelque chose de très lourd en tout cas, lui était passé sur le crâne pendant la nuit. La douleur lui ceignait le front comme une auréole de sainte pénitence, et il sentait son sang battre à ses tempes en entrouvrant un oeil.
Il faisait déjà bien jour. La lumière coulait jusqu'à son visage par la vitre un peu poussiéreuse sans volets ni rideaux, et les ondes lumineuses semblaient se connecter directement au centre nerveux responsable de la douleur. Centre nerveux haïssable qui lui envoyait ses radiations en vagues sous la peau.
Il referma sa paupière avec un soupir souffreteux.
Il ne se souvenait pourtant pas avoir fait la tournée des bars la veille au soir, réfléchissait-il péniblement en se tournant dans ses draps. Ni les soirs précédents. Il soupira encore. Cela arrivait parfois...
D'ailleurs, à la réflexion, avec un peu de volonté, ce n'était pas si pénible. Une fois les yeux habitués à la lumière. Il se redressa. Debout, la douleur devenait assez légère, tout à fait supportab- woh. La pièce venait de tanguer un peu.
Il se prit la tête dans ses deux énormes mains. Hier, hier... Il était rentré tard, sous la pluie, mais rien de notable hormis cela... Peut-être qu'il avait attrapé une petite maladie.

Devant son café, noir et fumant, dans lequel il ne distinguait même pas son propre reflet, il se rendit compte qu'il n'avait pas les idées bien en place. Notamment lorsqu'il tenta d'ajouter un carré de sucre sur son pain et de mettre du beurre dans son bol.
"Mon pauvre vieux, t'as pas les yeux en face des trous..." marmonna-t-il en se passant la main sur le visage.
Il se sentait un peu bizarre. Un peu de fièvre, un peu fébrile.
Une image lui traversa fugitivement l'esprit... Une maison en torchis, une nuit chaude, une lune énorme. Un feu qui crépite. Une voix. "Et si tu allais te reposer, François ? Demain est un autre jour, le travail ne manquera pas." La voix est grave et chaude. Image fugace d'une noire aux hanches généreuses dans une blouse d'un blanc douloureux. Un sourire blanc qui fend le visage en ombre chinoise. Une autre voix qui répond, en soutane noire. C'est lui, c'est Joshua, il se reconnait.
Une pointe de douleur sur la tempe. Le rêve se dissipe, effrayé.
Joshua resta quelques instants abasourdi, hébété.
Puis il se repassa la main sur le visage, abandonnant son café. Si c'étaient les délires de la fièvre qui commençaient, ça risquait d'être un peu plus sérieux que prévu...
Peut-être qu'une visite médicale ne serait pas inutile. En tout cas, à part à son portefeuille, cela ne pourrait faire de mal...

Après avoir enfilé une chemise et un pantalon décent, il s'était donc rendu, sans siffloter pour ne pas aggraver sa migraine, au sapienta, histoire de voir un docteur. Il n'avait rien de particulier à faire ce jour-là, aussi, il estimait avoir de la chance dans son malheur.
De toute façon, tout cela était loin d'entamer son optimisme naturel, et sa démarche chaloupée de boxeur était à peine troublée par son tournis passager. Une vague nausée le saisissait parfois, l'obligeant à s'arrêter et fermer le yeux plusieurs fois sur le trajet de chez lui au sapienta.
Cela surprenait parfois les passants de voir un boxeur en chemise blanche froncer les sourcils, les yeux fermés, au milieu du trottoir, mais Joshua n'était pas le genre à en tenir compte. Au contraire, sitôt son équilibre revenu, il gratifiait la foule d'un sourire éclatant, en contraste avec ses lèvres brunes.
Il se demanda vaguement ce que pouvait faire son parrain par une journée aussi ensoleillée que celle-ci. Sûrement pas bronzer dehors, à en juger par son teint blafard... Il sourit. Ce n'était peut-être pas très charitable de sa part. Il aimait bien Tobias, après tout, mais il avait parfois du mal à le prendre complètement au sérieux.

Le géant arriva finalement au sapienta. C'était la première fois qu'il venait ici, seul, et il ne savait pas trop comment il était censé s'y prendre pour obtenir une consultation. Peut-être aurait-il dû téléphoner. Mais il ne connaissait pas le numéro, de toute façon.
Il entra dans l'établissement, rechercha entre les gens qui se pressaient en tous sens, docteurs en blouses, femmes affairées, patients, ce qui devait correspondre à son objectif : décrocher une consultation, avec docteur, blouse et ordonnance, s'il vous plaît.
Il se retrouva après quelques pas à droite, à gauche, et quelques quiproquos mentaux, devant une femme d'apparence grise et ennuyée, qui lui demanda ce qu'il souhaitait.
Il lui répondit évidemment qu'il souhaitait obtenir un rendez-vous avec un docteur. Elle soupira, lui indiqua un nom et une heure. Il la remercia avec un sourire, elle paru se colorer un peu.
Puis il céda sa place à un autre, et partit attendre dans un coin l'heure de sa consultation. Il avait trois quart d'heures à tuer, étant venu assez tôt.
Joshua se cala contre un mur, et observa toute l'activité du sapienta avec intérêt, détaillant les personnes, leur apparence, l'âge qu'elles semblaient avoir, tentait de deviner leur histoire, leurs goûts, le temps qu'elles avaient passé dans cette ville étrange...

Pendant ce temps, les aiguilles tournaient.
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Aaron Smith le Sam 19 Mar - 16:25

[ Si je viens, je suis obligée de t’apprécier ? :p ]

Que faisait ENCORE Aaron au Sapientia, ce jour là ? Oui, le nouvel oublié paraissait avoir un très net penchant pour le lieu, dans lequel on le retrouvait souvent. Trop souvent. Cependant, au contraire des autres collègues de sa section, il ne détestait pas les docteurs, et se pliait bien volontiers aux abondants tests qu’on exigeait de lui, afin de trouver une autre solution que les lentilles pour ses soucis de photophobie. Parce que bon, les lentilles fonctionnaient bien, certes. Cependant, il fallait les changer de façon régulière, et la curiosité scientifique frappant Nosco voulait qu’ils trouvent une solution, plus par fierté que par réelle nécessité. C’est ce que le blond personnage pensait avoir saisi, depuis qu’il avait un peu perdu de cette naïveté idiote dont il avait fait preuve à ses débuts dans la cité de Nescio Vos..

Il faut dire, aussi, qu’il avait viré dans l’excès. Ayant perdu tous ses repères, n’ayant plus de passé, pas de futur et un présent trop peu discernable, il s’était raccroché à ce qu’il avait pu, cherchant chez tous ceux qu’il rencontrait le réconfort dont il avait besoin. Et du réconfort, il en désirait et re-désirait ! Encore à ce jour, alors que cela faisait depuis un bon bout qu’il était arrivé, il se sentait beaucoup trop exposé quand il n’avait pas vu son parrain plus d’une fois dans les sept jours. Et c’est à cet instant du RP qu’un esprit affûté saisirait le pourquoi il ne rechignait pas à se rendre au Sapientia de façon régulière, et à passer un quart d’heure à deux heures avec le séduisant thérapeute. Oh, quel terrible punition que voilà… Parfois, Aaron en venait à bénir le ciel de lui avoir fourni des yeux défaillants. Ciel fictif, d’ailleurs. Cependant, passons.

Bref, ce jour-là encore, il avait abandonné Shane seul avec son ordinateur - et ce n’était pas le genre du sire de se plaindre d’une telle situation – et s’était dirigé d’un pas tranquille vers le Sapientia. Bien entendu, il avait pris grand soin de se préparer plus tôt, suivant ce petit rituel qu’il s’était auto- prescrit, prenant toutefois un peu plus de précautions que d’habitude, afin de ne laisser aucun défaut subsister. Il allait voir Kiki son parrain. Il devait être resplendissant – que dis-je, parfait ! - pour une telle occasion. Vêtu d’un costard, sa tenue habituelle pour aller travailler dans les sous-sols auxquels il était affecté, il avait donc traversé la cité de Nosco pour arriver jusqu’au terrible Sapientia, redouté par bien des collègues. L’hôpital de la ville, le lieu de toutes les tortures, toutes les horreurs, l’endroit où personne, à part lui et ceux qui y travaillaient, ne se rendait le sourire aux lèvres… Il avança, tranquille, arriva au guichet et exigea de voir l’adorable Kiki pour s’entendre répondre :

« Le docteur Van Berghen (regard froid et glacial… L’appeler par son sobriquet était un si terrible affront ?) n’est pas disponible.
- Pas disponible ? Euh… Nous avions rendez-vous, et il est toujours à l’heure.
- Exact. Toujours à l’heure… Et pas disponible. Veuillez patienter. »

Alors celle-là, on ne lui avait pas encore faite, au pauvre Aaron ! Il devait attendre ! C’est qu’il n’avait pas que ça à faire ! Dégrisé à l’idée de patienter, le joli blond songea au tas de travail qu’il allait devoir rattraper. Ce qui, quelques secondes avant, n’avait qu’un intérêt relatif devenait bien plus ennuyeux tandis qu’il n’avait rien d’autre à quoi penser. Shane se vengeait toujours de ses absences en le laissant se débrouiller presque tout seul, et ce qui était avant un exercice périlleux était devenu une habitude, presque un réflexe. Et il savait que chaque instant d’absence serait à rattraper, qu’il allait veiller et que… Par tous les dieux, que faisait Van Berghen ?! N’allait-il pas bien ? Avait-il eu une opération urgente, sans prévenir ? Ronchonnant, Aaron se résolut à attendre et, d’un œil vif, balaya la salle pour chercher de quoi s’occuper.

C’est alors que son regard vert croisa les yeux noirs d’un type d’une couleur équivoque. Ils étaient peu fréquents, à Nosco, les africains. Et le joli blond ne put s’en détacher, fasciné par ce physique incongru. Il n’était pas laid, bien au contraire : on pouvait le deviner d’une assurance tranquille, d’un bonheur joyeux qu’il paraissait prêt à partager avec tout inconnu un tant soit peu agréable. Ses lèvres, au repos, gardaient les traces d’un doux sourire et, aussitôt, Aaron se sentit conquis : il avait envie d’en savoir plus. Alors, pas craintif pour un sou, il s’élança en avant, vint s’asseoir à ses côtés et le salua avec chaleur, plutôt content d’avoir trouvé une occupation en attendant que son parrain n’arrive.

« Bonjour ! Vous attendez pour une consultation ? »

Oui, bon. C’était une phrase un peu bateau, un peu idiote puisqu’ils étaient tous les deux au sein du Sapientia. Cependant, cette réflexion d’une banalité affligeante lui paraissait une bonne façon de débuter une conversation.
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Hologramme le Sam 19 Mar - 17:37

Un inconnu qui vous aborde,
Pour vous offrir sa miséricorde,
Le mieux à faire est de répondre,
Le tout dans un éternuement dont les postillons sur l'importun devront fondre!

Le Destin compte sur toi pour rappeler à Aaron qu'ici ce sont les malades qui sont rois.
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Isaac Lawrence le Dim 3 Avr - 0:33

    [HJ : Désolé minuscule T-T]

    Trop de malades avait-on dit en l’appelant en renfort alors que mon Isaac allait être de garde cette nuit. Tant pis, il ressemblerait à un zombie. Cet homme là était bien trop soumis pour oser se révolter. Lorsque son bipper sonna, il avait décroché, et il avait tout bonnement dit oui. Il devait arriver au plus vite, alors il se leva de son lit. Il avait improvisé une sieste pour tenir cette nuit sans s’effondrer de fatigue. Il ne valait mieux pas qu’il s’évanouisse alors qu’il devait soigner des patients. Sortant du sommeil, la douleur à sa jambe blessée se réveilla aussi. Foutues créatures. Il avait saisi son bâton et s’était appuyé dessus pour avancer jusqu’à la salle de bain et enfiler rapidement quelque chose sur son dos. Il passa de l’eau froide sur son visage pour sortir définitivement des limbes du sommeil et il s’engouffra dans le RAR en direction du Sapienta.

    Là, il enfila une blouse blanche et s’en fut vers la salle de consultation. Il n’avait pas de rendez-vous fixé, il venait en renfort, alors il prendrait le premier qu’il venait, il écouterait ses symptômes, il diagnostiquerait et il donnerait des recommandations et des soins nécessaires. Il dégageait ses longs cheveux noirs dans son dos, dévoilant un visage blanc et lisse. Il avançait, boitant, s’appuyant sur sa canne. Il avait vraiment du mal, lorsqu’il se réveillait, à marcher sans elle. En fin de journée, habitué à la douleur, il le pouvait, mais là, ce n’était pas le cas, alors il s’efforçait de vivre avec son handicap. Dans la salle d’attente, il y avait beaucoup de monde, beaucoup venaient sur rendez-vous, et le pauvre Kim avait l’air débordé. Enfin, si ça n’avait pas été le cas, on ne l’aurait pas fait venir. Et Kim était un si bon collègue qu’Isaac pouvait bien lui rendre ce service là.

    Depuis combien de temps connaissait-il Kim ? Beaucoup trop longtemps pour qu’il ne le sache vraiment, son collègue avait eu un parcourt atypique pour un docteur, en commençant par travailler dans la Brigade Impériale. Isaac, lui, avait toujours travaillé au Sapienta et finirait probablement sa vie dans le même corps de métier. Les yeux d’Isaac se posèrent sur deux personnes qui papotaient… Ah non, en fait l’un d’eux venait d’éternuer sur l’autre. Contaminé ! Game Over ! Aurait voulu dire, mais le docteur Lawrence avait trop d’estime pour les autres pour faire la moindre réflexion négative :

    « Bonjour, Docteur Lawrence. Puis-je vous aider ? Monsieur –il se tourna vers Joshua- vous semblez bien las. Je prends quelques consultations du docteur van Berghen, vous l’attendiez ? »
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Joshua Careign le Mer 6 Avr - 20:37

[PARDON DU TEMPS PARDON PARDON]

Joshua, qui laissait toujours traîner ses yeux partout, n'avait pas manqué de remarquer l'arrivée du jeune homme blond. Il n'avait d'ailleurs pas été le seul à le suivre des yeux, mais Joshua avait aussitôt sauté du coq à l'âne pour se passionner par les déambulations d'une vieille dame, essayant de deviner son problème.
Habitué à observer mais pas à être observé, il se sentit un peu mal à l'aise lorsqu'il croisa le regard du blond, désoeuvré, visiblement. Mais Joshua ne diminua en rien son bon sourire bienheureux.
Il fut par contre un peu surpris de voir le blond se diriger vers lui. De près, il était encore plus avenant. Surtout la couleur des yeux, il devait en être particulièrement fier. A sa place, Joshua l'aurait été, encore plus que de sa peau impeccable et de ses cheveux comme du blé. Il devait aligner une impressionnante liste de conquêtes, avec une prestance pareille.
Il aurait été très intéressant de le voir à l'oeuvre, d'ailleurs.
La curiosité de Joshua ne connaissait pas les limites de l'indiscrétion, par moment.

"Oui, répondit-il à la question d'Aaron, je..."
Il sentit son nez le piquer trop tard, et n'eut pas le temps de mettre la main devant la bouche.
Il éternua sur le visage de son interlocuteur, et il fallait le dire, ce n'était jamais très agréable.
"Oh, pardon ! Excusez-moi !"
Joshua se décolla aussitôt du mur, ne sachant trop que faire de ses mains, n'ayant pas de mouchoir à proposer, ni rien de la sorte.
"Je suis vraiment navré, je ne l'ai pas fait exprès... Je... ne comptais pas vous retourner votre politesse comme cela, évidemment..."
C'était mal parti, comme première impression...

Heureusement (si l'on pouvait dire ?), un autre homme arriva avant que la gêne ne s'installe. Joshua était très grand et très imposant, il aurait eu du mal à rentrer sous terre en s'excusant. Lui était brun, avec les cheveux très longs. Et il boitait.
Le grand noir remarqua cela tandis que le nouveau venu se présentait.
Joshua trouva qu'il y avait soudain beaucoup de monde autour de lui...
"Euh, oui... Vous avez l'air plus fatigué que moi, ne put s'empêcher de faire remarquer Joshua, mais, oui, j'attendais bien le docteur... "
Du coup, le noir ne savait pas trop s'il devait regarder le blond d'un air désolé ou le brun d'un air curieux.

A aucun moment, il n'avait arrêté de sourire et de dégager un air de tranquillité, même quand lui paniquait légèrement. Cela faisait, finalement, partie de lui.
"Mh, désolé, monsieur, je crois que je vais devoir vous laisser..." dit-il au blond, d'un air vraiment navré mais sans cesser de sourire.
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Aaron Smith le Sam 9 Avr - 22:09

[ Bon, j’me sauve xD. C’était un passage éclair, parce qu’on m’avait demandé de tenir compagnie à Joshua xD ]

Aaron était un de ces êtres naïfs, crédules et infiniment gentils qui ne se rendaient pas compte de l’effet que pouvait avoir un geste désintéressé dans un monde gouverné par l’intérêt, aussi bien l’intérêt monétaire que l’intérêt personnel. Ainsi, aller voir des gens qui, tout comme lui, avaient l’air de s’ennuyer, et décider de passer un peu de temps à discuter avec eux lui semblait tout à fait… Normal. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était sans doute que son comportement soit inhabituel, et que s’il était tombé sur quelqu’un de moins gentil que Joshua, on aurait facilement pu l’envoyer bouler. Loin, de préférence. Le plus loin possible pour éviter que sa naïveté ne déteigne, sait-on jamais. Ainsi, donc, il eut bien de la chance d’avoir à faire face à un solide gaillard plein de bonhommie tel que Careign.

Malheureusement, la chance est une amie tout à fait volatile, et si l’espace d’un moment on l’eut cru de son côté, elle n’y reste guère, et s’en va supporter un autre noscoien qui aurait besoin de son aide. C’est en général ce moment de faiblesse que choisit la malchance pour arriver, et faire basculer le destin. Ici, la malchance s’appelait « Cécilia s’éclate à harceler mes personnages », et avait voulu que le grand noir qui lui faisait face, et était visiblement malade, éternue violemment sur lui. Ô joie Ô bonheur. Espérons que ce n’était pas une maladie contagieuse, parce que sinon, il était évident qu’Aaron serait malade à en mourir dans les jours à venir. Un être normal se serait senti agacé par cette agression pourtant bien involontaire, mais comme je l’ai dit plus haut, le joli blond était partisan de la paix et de l’amour, le tout dans une agréable coulée de niaiserie qui, en soi, n’avait rien de bien agréable.

On eut donc pu dire qu’Aaron était doux et gentil, et que cette nature paisible l’eut, même face au plus terrible des malotrus, empêché de s’énerver vraiment. Alors comment aurait-il pu en vouloir à une espèce de masse faite de muscle dont le sourire reflétait toute la bonté que pouvait receler Nosco ? Non, décidément, le blondinet n’avait aucune envie de lui en vouloir, aussi, se contenta-t-il d’agiter sa main dans l’air pour montrer qu’il n’y avait pas de problèmes… Une goutte de morve étant apparemment posé sur ses lèvres, goutte qu’il n’avait aucune envie de voir pénétrer dans son orifice buccale, plus couramment appelé « bouche » par le commun des mortels. Et bien évidemment, c’était toujours quand il n’avait pas de mouchoirs sur lui que quelque chose du genre lui arrivait. Ce qui ne lui laissait que deux possibilités, tout aussi peu ragoûtantes l’une que l’autre : soit il gardait ces adorables tâches jaunâtres sur le visage, et risquait encore plus l’infection, soit il s’essuyait avec sa chemise, et la mettrait à laver à peine plus tard. Résolument, il décida finalement de tâcher la chemise, préférant risquer cette dernière à sa santé : il aimait bien le Sapientia, mais préférait y aller pour retrouver Kim plutôt que pour un réel souci de santé. Chose qui faisait de lui quelqu’un de normal, mine de rien.

Et c’est ainsi, qu’on put voir, une fois encore, ce torse qu’Aaron montrait décidément au monde entier… Non pas pour se vanter, même si cette peau lisse et blanche, ces délicats abdos et toutes ces formes masculines et séduisantes avaient de quoi séduire, mais plutôt suite à des imprévus originaux et plus ou moins invraisemblables, du type « Je suis tranquille pépère et on me crache au visage, flûte alors ». Et comme de bien entendu, c’était toujours quand il offrait la vision féérique de son corps au grand public que d’autres gens s’approchaient, soit par volonté de vérifier que ce qu’ils voyaient était bien réel, soit juste poussé là par le hasard… Ou par leur métier. Et, foi de Moco, je crois bien que cette fois-ci, c’était son métier qui avait poussé le Docteur Lawrence à s’approcher des deux compères, dont l’un était malade, et l’autre apparemment en sursis.

« Bonjour, Docteur Lawrence. Puis-je vous aider ? Monsieur –il se tourna vers Joshua- vous semblez bien las. Je prends quelques consultations du docteur van Berghen, vous l’attendiez ? »

Une fois le visage débarbouillé, Aaron posa ses yeux déboussolés sur le nouveau venu. Il l’avait déjà vu quelques fois, étant donné sa fréquentation assidue du Sapientia, et il se souvenait parfaitement de lui. Il fallait dire, aussi, que les mecs à trois pattes ne couraient pas les rues de Nosco… Et j’arrête ici tout esprit qui aurait envie de s’écarter des sentiers fréquentables : la troisième patte, c’est la canne… Pervers ! Bref, le jeune informaticien imaginait bien ce qu’Isaac devait penser, mais ce n’était pas là sa principale source de dépit. Non, la principale source de son malheur, c’était : « Je prends quelques consultations du docteur van Berghen, vous l’attendiez ?... S’il attendait Kim ?! Mais OUI il attendait Kim, et il n’avait nullement l’intention de voir un autre médecin pour ses examens. Et être venu sans pouvoir avoir accès à son parrain, c’était un traumatisme pour le joli blond. Un traumatisme vous dis-je ! Si le boiteux avait su dans quel désespoir il plongerait mon petit Smith, sûrement n’aurait-il rien dit, je vous l’assure. Néanmoins… Néanmoins, il n’allait pas bouder. Sagement, il déclara, saluant cet « ami » qui lui avait allègrement éternué au visage et transmis tous ses microbes :

« Eh bien oui, j’étais venu voir Ki… Le docteur Van Berghen ! Enfin bon, vous avez l’air très occupé, et comme ce n’était qu’un examen mineur pour mes yeux, je reviendrai sûrement… Vous pourriez le lui dire si vous le voyez, la dame de l’administration n’a pas l’air de m’avoir à la bonne et… Bon, voilà quoi. Ravi de vous avoir rencontré, monsieur… Malgré le côté mouillé de notre brève discussion. Je m’en retourne chez moi, bonne journée à vous. »

Ayant décidé qu’il avait dit toutes les politesses qu’il pouvait, il salua bien bas, puis fit demi-tour, direction Shane… Ce dernier serait surpris de le voir si tôt, mais Aaron ne doutait pas que ça lui ferait plaisir également. Il l’espérait, du moins.
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Re: C'est grave docteur ?

Message par Isaac Lawrence le Dim 10 Avr - 14:44

    Ce blond là était bien spécial, assurément. Il ne semblait avoir d’yeux que pour Kim van Berghen et ne jurait que par ce nom là. C’était de ce genre de petit capricieux dont il se mettait à l’abri. Si on devait attitrer un médecin à chaque Noscoien, on n’aurait pas fini. Car il fallait prendre en compte les surcharges de travail et les potentiels décès. D’autant plus que Kim n’était pas seulement médecin. Il était un scientifique et ses recherches lui prenaient un temps fou qu’il ne pouvait donc pas passer avec ses patients. Bref, le blond ne semblait avoir élu que Kim. Soit, bonne journée, à la prochaine. Isaac, loin d’être désagréable et enragé au point de lui hurler dessus qu’il n’était qu’un gosse capricieux et qu’il espérait que ses yeux allaient enfler et faire le triple de leur taille pour punition d’avoir refuser les bon soin du Docteur Lawrence. Bref, il n’était pas de ces gens là, et même s’il l’avait pensé très fort, il se contenta de lever ses yeux au ciel :

    « Très bien, je lui dirai monsieur. Bonne journée. »

    Et poli l’Isaac. Quand je vous disais qu’il était du genre à ne jamais faire ressortir sa colère. Non, il gardait ça bien au fond de lui. Et après le blond s’étonnait que la femme de l’accueil ne l’ait pas à la bonne. Il était pourtant évident que, lorsqu’on était aussi aimable qu’une porte de prison, on ne pouvait pas s’attendre à être accueilli avec un grand sourire. Le docteur Lawrence soupira et reporta son regard sur l’autre homme qui s’était levé et… Gosh ! Mais qu’est-ce qu’il était grand ! Et large ! Et…. Et Isaac avait l’air bien faire à côté de lui ! Il n’aurait fait qu’une seule bouchée de mon handicapé s’il l’avait voulu. Mais l’homme semblait bien poli et serviable. Un grand bonhomme avec un gros cœur. Enchanté !

    « Je vais m’occuper de vous, Monsieur. Je vous prie de bien vouloir me suivre. »

    Et c’était parti pour une longue marche (enfin longue pour mon boiteux) jusqu’à sa salle de consultation. Il tâchait de marcher à une vitesse normale, malgré son handicap. Et ça y est, la douleur qui se réveillait. Maudite soit cette jambe. Il arriva dans sa salle de consultation et referma la porte derrière le grand noir, lui adressa un sourire et alluma son ordinateur.

    « Quel est votre nom, monsieur ? »

    Question toute bête, mais essentielle néanmoins. Il ne connaissait pas cet homme, il ne l’avait encore jamais vu.

    « Qu’avez-vous monsieur ? Où avez-vous mal ? Vous pouvez vous assoir. »

    Il désigna la chaise d’osculation devant lui qui n’attendait plus que Joshua.

    « Pouvez-vous ôter votre haut, je vous prie ? »
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