Et PAF, ça fait des chocapics !

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Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Karlovy Kinsky le Sam 19 Mar - 17:42

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« On va maintenant t’enregistrer. Pour cela, Joseph, là-bas, va t’examiner et te poser plein de questions… Mais tu vas voir, il est gentil, hein ! Bonjour Joseph !
- Hum. Bonjour, Karlovy. Tu… Tu vas bien ? »

Oui, vraiment, Joseph était anormalement mal à l’aise. Lui d’habitude si jovial et bavard paraissait vraiment dans ses petits souliers, presqu’intimidé par la verve séductrice de Karlovy. Cette dernière lui lança un regard en coin, essayant discrètement de lui demander ce qui n’allait pas, pour ne pas inquiéter Arsène – car c’est comme ça que son filleul désirait s’appeler. Elle n’eut, pour tout retour, qu’un sourire gêné, un petit raclement de gorge et un murmure dont elle ne comprit goutte. Son regard se fit plus insistant et, enfin, Joseph prit son inspiration, posa ses mains à plat sur le comptoir et lui déclara, l’air profondément désolé :

« Je suis désolé Karlovy, mais… La Guilde ne veut pas que tu sois marraine d’un Nouvel Oublié...
- Quoi ?! (stupeur et déception). Mais… Pourquoi ?
- Ils jugent que, vu ton cas et tes antécédents, ce ne serait pas là un choix judicieux…
- Comment ça pas un choix judicieux ?! Parce que Zoltan est parti chez les reb… (ah non, pas devant le nouveau !) est parti, je peux pas avoir de filleul ?! Je suis aussi apte qu’un autre à gérer un Nouvel Oublié, je connais la ville, je connais des gens, je suis capable de comprendre ses besoins et de m’y tenir, de garder secret ce qui doit l’être et je… Mais c’est scandaleux ! Je proteste, je proteste fermement, vous n’avez tout simplement pas le droit ! C’est du favoritisme, je… »

Karlovy n’avait plus rien de la gentille et rassurante demoiselle d’il y a peu. Ses joues avaient viré au rouge cramoisi, et ses yeux verts brillaient d’une colère sauvage et impossible à contenir. On la privait de son petit nouveau, de celui qu’elle s’était appropriée, qu’elle devait avoir pour elle, qu’elle devait protéger, éduquer, aider, qu’elle… Elle voulait vraiment pouvoir s’occuper de quelqu’un, lui léguer quelque chose… C’était peut-être là son instinct maternel, impossible à combler dans Nosco, qui lui dictait ses besoins, mais elle avait été si contente… Elle s’était montrée si naïve de croire que la première arrivée gagnait le gros lot ! Dans un souffle, elle ferma les yeux, tenta de reprendre son calme, les rouvrit sans pouvoir contrôler l’étincelle de haine qui y brillait fermement. C’était injuste !

« Ça va mieux, Lovy ? Calme-toi, tu fais peur au petit. Tu aurais du t’en douter, non ?
- Oui, t’as raison Joseph. Mais j’trouve ça tellement… Tellement injuste ! Et après, elle s’étonne de ne pas faire l’unanimité, elle…
- N’en parlons pas, tu veux ?
- Je risquerais de devenir grossière… Et je ne veux pas te causer d’ennuis. En revanche, celui qui devra s’occuper d’Arsène va en baver, je te le dis tout de suite. Qui est l’heureux élu ?
- Le docteur Kim Van Berghen. Paix à son âme.
- Ki… Kim ! »

La colère fit place à la stupeur, sur le visage de la jolie brunette. Kim allait être le parrain de son filleul ? C’était Kim qui lui volait son bien le plus précieux, cet homme qui, déjà, lui avait volé son cœur ? Mais c’était… C’était du grand n’importe quoi ! Joshi, Joshi, vient ici qu’elle te fasse la peau, qu’elle t’étripe ! Toi, ou n’importe qui responsable de ses souffrances. Qui avait osé lui faire un tel coup, qui devrait supporter le poids de sa colère, de sa rage, de son désespoir ? Il y avait bien quelqu’un qui devrait payer ! Clouée sur place face au douloureux mélange de sentiments qui l’assaillait. Mais pourquoi, par Joshi, pourquoi devait-elle subir ça ? Qu’avait-elle fait pour mériter un tel châtiment ?! Et d’ailleurs…

Un châtiment, vous dites ? Elle allait revoir Kim, et cette idée créait chez elle une sensation de plaisir si agréable, si jouissive que… Elle allait devoir se tenir. Le rouge sur ses joues persista, non plus fruit de sa colère, mais fruit de son désir, tandis qu’elle baissait les yeux. En fait, elle allait avoir un enfant avec Van Berghen, en quelques sortes. Ce nouvel Oublié allait être leur gosse. Ils allaient l’élever, l’éduquer et… Oooh, mais elle se faisait rêveuse là ! Mentalement, elle s’infligea une claque, toussa un petit coup et posa ses yeux sur Arsène. Le pauvre, son arrivée était tout sauf sereine, il devait avoir beaucoup de choses à engendrer d’un coup. Enfin bon, c’est pas comme si son cerveau était déjà surchargé d’informations… Plus calme, elle se tourna vers Joseph et lui assura, tentant de dissimuler ses véritables sentiments derrière le rire :

« Eeeh, mais c’est pas juste ! C’est un ami, j’vais même pas pouvoir lui faire la peau ! Euh… Désolée Arsène, j’ai un peu craqué… »
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Arsène Applegate le Sam 26 Mar - 15:27

Fuir l’enceinte ? Une conduite raisonnable, assurément, mais dont l’insuffisance le poussait à croire qu’il ne saurait s’y résoudre toujours. La peur avait cela de malsain qu’elle n’empêchait pas nécessairement la curiosité de fleurir – elle en était parfois le meilleur agent – ainsi se sentait-il déjà l’envie de faire demi-tour pour toucher les masques, effleurer le sang incolore du bout des doigts et en éprouver les effets, dans l’unique but d’exorciser ce qui le saisissait immanquablement lorsqu’il épiait derrière lui. Ces réticences et douleurs enfouies pouvaient bien accuser une valeur symbolique ou prophétique, seulement lui n’y lisait encore aucune mise en garde qui pût s’apparenter aux ne te retourne pas des existences désespérées. Franchir les remparts, aller au-delà ? Il n’y songeait pas.

De même qu’il ne songeait pas à son apparence. Il n’avait ni le souci de plaire, ni celui de se montrer exagérément sincère. Et sans le savoir, il se trompait. Sans le savoir, il distillait les âcretés d’une impression erronée ; comme s’il s’était pensé le détenteur d’un visage naturellement prompt à sourire, à manifester les inclinations de son cœur. Peut-être l’avait-il été, du reste. Qu’il ignorât l’horreur de son inexpressivité lui donnait l’air de l’assumer. Comment expliquer, pourtant, qu’il ne se risquât plus à sourire avec enthousiasme ? Était-ce la gêne qu’il avait précédemment ressentie ou un murmure protecteur, qui s’installait à peine et qui devait bientôt essayer de le soustraire à la tyrannie des mauvais jugements ? Quelle espèce d’importance pour un homme qui, contre toute attente, ne souffrait maintenant aucune grisaille ? Il buvait silencieusement l’exaltation de sa bienfaitrice, appréciait son contact sans juger indispensable de le lui avouer, mais quoi ? Fallait-il lui dire de vive voix qu’il avait besoin d’elle, fallait-il le lui témoigner en s’enroulant autour de son corps fragile à la façon d’un python affectueux ? Il le fallait sans doute, et lui ne savait à quel point. Il avait l’ingratitude insouciante des enfants qui se complaisent dans un état de fait absolument naturel. Qu’il dépendît d’une inconnue ne l’étonnait ni ne l’effrayait, ne blessait pas non plus son orgueil : un nouveau né se souciait-il des identités ? N’acceptait-il pas d’abord, sans objecter, ce que l’on – qui ? – avait bien voulu lui donner ? Une auréole de protection, si douce, si confortable, si… obligatoire.

Cela durerait jusqu’à ce qu’il prît réellement conscience de ses ressources.
Plutôt que de remarquer ouvertement la situation irrégulière de sa bienfaitrice – il venait de comprendre qu’elle s’était sciemment improvisée marraine mais ignorait, en plus de ne pas s’en alarmer, si elle possédait par défaut la bénédiction de la Guilde – il étouffa dans sa gorge un petit rire motivé par ce diminutif anodin, Kaka, et qui sollicitait chez lui une sensibilité dont il n’avait pas encore l’idée – comme pour tout le reste. L’influence lointaine de bestioles en couche-culotte lui échappa, et lui-même rejeta le sentiment de vide qui voulut l’investir – désagréable, qui n’avait rien du coton – en répétant avec de l’allégresse dans la voix :


Kaaar-looo-vy. Karlovy. C’est bien ainsi ?

Il y avait là du babillage. Lôvy. Le prénom souriait. Il eut pour lui quelque goût, enfin il lui plut tout à fait. Quant au sien, et qu’il lui faudrait choisir, il expliqua posément qu’il aurait sans doute besoin d’aide mais que, tout de même, il était bien obligé de reprocher aux circonstances la cruauté d’une telle entreprise : se choisir un nom, comme un menteur, comme un cachottier se nommerait à brûle-pourpoint, avec pour seul repère la contingence malicieuse de ses intuitions ? Il eut de l’inquiétude ; l’impression d’un manque inconvenant de sérieux et de considération pour quelque chose d’important ; puis le paradoxe, parce qu’il lui semblait indispensable de choisir lui-même, de s’attribuer seul une consistance nouvelle, comme par orgueil, indépendamment de l’idée que l’on ne recherchait pas l’avis d’un nouveau-né. Daignait-il enfin supposer que l’on ne serait pas toujours là pour lui tenir la main et qu’il trouverait probablement le moyen de s’en réjouir ?

Doucement. L’entrée dans le bâtiment administratif l’intimida un peu et relégua momentanément son indépendance au second plan. Ses mains retombèrent le long de son corps. Il se rapprocha de Karlovy, comme un enfant s’agrippe aux jupons de sa mère, et se tendit d’angoisse lorsque les résonances du grand hall lui parvinrent ; de la vie, songea-t-il, d’autres individus à confronter ; mais eux n’exhaleraient peut-être pas ce parfum de sérénité qui nimbait sa jolie marraine. Même quand elle menaçait de le noyer – les masques aussi se noyaient. Il lui retourna deux battements de paupières innocents :


Il en existe donc qui souhaitent retrouver ce qu’ils ont perdu, conclut-il en promenant un regard vigilant autour de lui. Contre la volonté arbitraire d’une seule personne et qui ne propose aucune justification officielle ? Ce doit être légitime, quelque partIl n’avait pas baissé la voix, s’était même mis à sourire, incapable de mesurer l’ampleur de ses propos. Toutefois, je retiens ton conseil.

Il se crut sur le point de percuter deux jeunes hommes qui sortaient de l’ascenseur, mais ceux-ci l’esquivèrent prestement en continuant de converser entre eux. Son oreille bourdonna... « Nan, Jéjé, tu t’gourres. Un larsen basse fréquence ça peut faire bien chier aussi, tu peux m’croire. J’te f’rai éc… » … Et il se sentit flotter parmi les mots.

Dans l’ascenseur, il n’accorda plus qu’une attention fugitive à Karlovy, en proie aux pensées qu’il ne maîtrisait pas et qui toutes se solidifiaient insensiblement pour former la matière neuve de son esprit. Réfléchir revêtait soudain quelque chose de dangereux. Et de profondément attirant.


Merci, murmura-t-il sans vraiment s’écouter. Beaucoup d’autres questions me taraudent. Je te les soumettrai… à un moment plus propice.

Il se surprit à songer qu’à l’inverse de « Jéjé », « tutgour », « basse », « fréquence » et « chier », larsen, « larssène », était un bien joli mot. Un bien joli nom. Il le prononçait muettement, en insistant sur les phonèmes qu’il avait en commun avec celui de Karlovy ; mais le « l » de larsen ne lui plaisait décidément pas et exhibait un « la » moins harmonieux que « lo ». Ar. Sène. Cela écorchait encore un peu et offrait une ouverture plus qu’un sourire. Un rictus à mi-chemin du sarcasme. Mais « Arsène » ne lui demandait déjà plus son avis. Tyrannique, il s’était octroyé le pouvoir de l’évidence et avait rendu inconcevable tout autre proposition.

Arsène, annonça-t-il à sa marraine qui franchissait les portes de l’ascenseur. J’espère ne pas le regretter.

Alors, il aurait pu incliner le visage et s’engager à son tour dans le couloir sans ne rien remarquer. Mais il y avait tout près des portes de l’ascenseur ce large panneau de contrôle, qui reflétait distinctement quiconque s’en approchait assez ; parce que ce fut son cas, il s’aperçut, tête minuscule, entre les boutons d’étages et les commandes auxiliaires. La seconde d’après, il rejoignait Karlovy d’un pas précipité, presqu’effrayé.

Menton baissé, Arsène ne parvint pas à imiter l’intonation de voix de sa marraine et salua Joseph en feignant une neutralité qui tendait plus vers le morne que vers la joie. Il fut par ailleurs sensible au nuage d’embarras qui assombrissait les visages et n’eut pas d’autre choix que de s’abandonner à une curiosité opportuniste. La colère de Karlovy, bien qu’il la comprît, l’émut et l’apeura, lui fit entrevoir les coulisses de la scène, le revers des faux-semblants qu’elle avait jusqu’alors sans doute cherché à lui cacher. Pour l’épargner ? Pour se protéger ? Il ne sut qu’en dire. Quelques secondes avaient suffi à son désenchantement. Il secoua la tête pour lui signifier qu’il ne lui en voulait pas, qu’il avait juste été un peu surpris. Cependant il s’approcha d’elle et miaula tout bas :


Je me suis vu, dans l'ascenseur. Tu aurais pu me dire que j’avais l’air de vouloir te rouler dessus avec un rouleau compresseur – je ne suis même pas sûr de savoir de quoi il s’agit, fichues intuitions. J’ai l’air méchant, Karlovy, pourtant je ne le suis pas. C’est un problème.

Un raclement de gorge ; Joseph les avertit que le docteur Kim Van Berghen arriverait d’une minute à l’autre.

Si c’est ton ami, il doit être gentil, murmura Arsène. Mais n’ai-je pas mon mot à dire ? Si je te veux toi ?
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Kim van Berghen le Sam 26 Mar - 16:10

Quelle semaine étrange… Depuis son rapprochement avec Lovy, ses pensées partaient dans tous les sens, et il ne pouvait les empêcher de revenir vers la jeune femme. Il n’avait plus Tristan pour lui occuper l’esprit, les temps étaient plutôt calme au Sapientia jusqu’à maintenant et ses souvenirs semblaient vouloir lui jouer de nombreuses petites surprises. Rien que la nuit précédente, il s’était réveillé au milieu de la nuit en balbutiant des paroles incompréhensibles après avoir fait un cauchemar des plus étranges. Particulier, car il ne faisait pas spécialement peur, mais était plutôt surprenant. Il s’était vu… âgé. Oui, effrayant me direz vous ! Etre vieux à Nosco ? C’était une blague pour les petits nouveaux que l’on bizutait… Le comble à Nosco aurait été qu’un gamin de quatorze ans d’apparence ne soit pas plus âgé que celui semblant en avoir soixante… Vieillir ? Ceux qui n’avaient pas retrouvé leur mémoire ne pouvaient que l’imaginer et non pas réellement en comprendre le concept… Voir des rides couvrir sa peau et l’épiderme se détendre, voir ses forces diminuer… cela n’avait pas lieu d’être à Nosco. Sans aucun doute Joséphine de Nosco avait elle bani la vieillesse ennemie d’un regard noir, lui ordonnant de s’éloigner et de laisser la ville, de lui laisser éternellement sa sublime beauté. La mort, elle était peut être restée au côté de sa majesté, mais certainement pas la vieillesse, depuis longtemps elle avait déserté le terrain, abandonnant.

Il avait beau avoir l’apparence d’un homme d’une trentaine d’années, dans son rêve, il atteignait facilement la cinquantaine. Ces pensées avaient été confuses, il s’était d’abord vu d’un point de vue omniscient, hors de son propre corps, contemplant les dégâts de l’âge, tout en se disant qu’il n’avait pas vieillit si mal. Il ressemblait sans doute un peu plus à son père, aux souvenirs qu’il avait de lui, peut être car ce n’était qu’un rêve et non pas une vision du futur, alors sa conscience prenait ce qu’elle avait pour remodeler la réalité. Son hémisphère droit, le créatif de tous les hommes, s’amusait d’intéressant délire, et pourtant la partie gauche continuait de créer quelque chose de compréhensible… à moins que ce ne soit que son analyse d’après le réveil. Son rêve avait sans doute été plus fou, mais il n’en avait gardé que les parties les plus terre à terre, et sa logique les avaient ensuite remises en ordre et expliquées. En tout cas une chose était sure, il avait été plus âgés dans ce rêve là. Et curieusement, il n’était pas seul. Tout d’abord, il n’avait pas compris, pas réalisé. Une autre femme, au sourire faisant naitre d’adorables rides sur le coin de ses yeux… Deux yeux vert magnifique. Comme ceux de… Oui, il y avait aussi Karlovy Kinsky dans son rêve et elle aussi avait prit de l’âge. Qu’est ce que cela signifiait ? Pourquoi un tel rêve ? Quel était le message subliminal glissé dessous ? Pourquoi donc la jeune femme venait jusqu’à hanter ses rêves ?

Plongé dans ses pensées, une main sous son menton et l’autre distraitement sur la souris de son ordinateur, il regardait fixement l’écran de son ordinateur, sans vraiment le regarder. Il mit plusieurs minutes avant de réellement entendre son bipper, en fait ce qui le fit sursauter et reprendre ses esprits, c’est le message d’information qui indiquait qu’il avait reçu un mail. Un mail ? Dont le titre indiquait « parrainage nouvel oublié ». Zut ! Il n’avait vraiment pas la tête à ça et… Il jeta un œil à son bipper, il avait sonné il y a déjà plus d’une minute. Avait il envie de se lever, d’affronter le soleil extérieur qui rayonnait alors qu’il était à l’intérieur du Sapientia bien protégé ? Non, pas vraiment… Et puis quelle était cette idée étrange de lui donner tant de filleul en ce moment ? Bon bien sur, il n’avait pas grand-chose à faire puisque Tristan n’était pas là, mais tout de même… Avait-il envie de découvrir un nouveau visage, une nouvelle histoire qui se construirait ? Oui, très certainement. Il restait toujours aussi curieux, et c’est ce qui lui donna le courage de se lever, de se débarrasser de sa blouse et enfin de sortir des souterrains du Sapientia. Pourtant au moment de passer le hall d’entrée, il fut retenu une nouvelle fois par une voix. « Kim attends ! ». Il attendit donc, ou plutôt se retourna pour s’approcher de son interlocutrice, qui lui annonça qu’il y avait eu un contretemps pour le parrainage et qu’elle venait de recevoir un message lui demandant de transmettre au scientifique qu’il devait se rendre directement à l’administration. Directement ? Pourquoi donc, cela n’arrivait jamais… Au Sapientia certes, lorsque le nouvel arrivé était blessé mais… l’administration ? Remerciant rapidement sa messagère, il pressa le pas vers le lieu du rendez-vous.

Quelle complication s’était glissée dans le mécanisme ? Qui avait introduit un virus dans la si parfaite programmation de la guilde ? Un grain de sable qui enraillait la machine. Rapidement il marcha d’un pas rapide jusqu’à l’administration, préféra les escaliers aux ascenseurs qui étaient bondés. Après tout ce n’était que le premier étage et il conseillait bien souvent à ses patients de faire un minimum d’exercice et de ne pas utiliser ces « machines à feignants » qui pouvaient être évitées. Il ne fallait pas oublier le plaisir de faire quelques efforts physiques, ne pas tout le temps se reposer sur leurs aides mécaniques, sinon comment conserver le moindre muscle ? Chaque muscle devait être utilisé pour conserver sa forme. C’était comme le cerveau, il fallait le stimuler pour qu’il ne régresse pas. Toujours rester constamment curieux de tout et de tous, de découvrir et de se laisser surprendre. Surprise ! Qu’est ce que… Qui était là à agiter les bras furieusement tout en parlant avec Joseph ? Kim avait immédiatement reconnu les cheveux et le dos de la jeune femme, puis il s’était focalisé sur le jeune homme à ses côtés qui attendait droit comme un piquet. Le nouvel oublié ? Surement. Il s’approcha rapidement, tout en essayant de ne pas s’inquiéter. La situation allait être compliqué cependant il ne fallait pas paniquer pour rien.

Bonjour Lovy, bonjour Joseph cette épaule va mieux ? Bonjour jeune homme, je suis Kim van Berghen. J’ai cru avoir les oreilles qui sifflaient, tout va bien ici ?

Il affichait un sourire tranquille et espérait que Karlovy ne tente pas de lui sauter dessus pour l’étrangler… Par contre si elle lui sautait dessus pour l’embrasser, il ne la repousserait pas… Bon pas en public normalement mais… Oh, sa Lovy semblait triste et en colère. Il fallait faire renaitre un sourire sur ce beau visage.

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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Karlovy Kinsky le Dim 27 Mar - 13:53

« Arsène, tu dis ? C’est très joli, tu ne regretteras pas, j’en suis sûre ! Il va te falloir un nom de famille, aussi. Je ne sais pas… Arsène Poire ? Arsène Pomme ? Non, c’est laid, mieux vaut quelque chose qui n’existe pas… Mettons… Arsène Gate ? Ou Arsène Apple ! Tu as une préférence, mon p’tit ? »

Mon p’tit n’était pas forcément le terme le plus adéquat pour parler d’Arsène qui, en l’occurrence, était de plutôt grande taille. En fait, il faisait bien une tête de plus que Karlovy qui, dans la norme féminine, était dans le haut de gamme. 1m75… Il fallait bien l’avouer : ce corps, grand et élancé, était sans doute à l’origine du succès qu’elle avait auprès des hommes. On aime toujours ce qui sort de l’ordinaire, et avec ses longs cheveux noirs et bouclés, ses yeux verts et cette carrure de basketteuse, on ne pouvait nier que la demoiselle était atypique. Mais bon, toujours est-il que le Nouvel Oublié était bien plus grand qu’elle, et que l’expression utilisée pour lui parler était tout sauf adaptée. A moins, bien sûr, qu’elle ne fasse référence à l’âge, ce qui expliquerait bien des choses, et permettrait une approche toute autre de ce choix. Mais arrêtons ici la réflexion, ou je vais m’avancer dans un texte type Arnaud Tsamère qui, sans les expressions faciales qui vont avec, n’aurait que peu d’intérêt.

A propos d’expressions faciales… Le petiot s’obstinait à afficher un air buté. Pourtant, elle entendait dans sa voix qu’il était perdu, qu’il l’appréciait, qu’il cherchait à connaître et à comprendre mais… Mais toutes ces émotions ne transparaissaient pas sur son visage, qui s’obstinait à rester buté et impropre à tout sentiments. Peut-être était-ce le choc de l’arrivée, qui avait rendu son visage si rigide ? Elle n’avait jamais entendu parler d’un tel cas, mais, contrairement à Kim qui n’allait plus tarder, elle n’était pas médecin pour autant. Sans doute qu’il allait se dérider après une bonne nuit de sommeil et que, le lendemain, elle verrait un sourire épanoui sur ses lèvres rosées. A moins que ce ne soit là une pathologie, et qu’il lui faille des séances de je ne sais quelle thérapie pour retrouver toutes ces ridules, signe de vie chez bien des gens. Ou alors, il était né ainsi, sans possibilité de retour, et il lui faudrait apprendre à vivre avec, trouver autre chose pour s’exprimer… Ou tirer profit de cette neutralité permanente. Mais, apparemment, il n’aimait pas beaucoup ce qu’il venait de voir, aussi Lovy fit-elle son possible pour le rassurer :

« Ne t’inquiète pas. Il arrive que les Nouveaux Oubliés surviennent avec des pathologies étranges et incompréhensibles mais, la majeure partie du temps, le temps les efface, et les médecins peuvent aider. Ton… Nouveau parrain, Kim Van Berghen, est un médecin. Il te dira mieux que moi. »

Le terme de « nouveau parrain » avait eu du mal à sortir de ses lèvres, pourtant, au prix d’une grimace pathétique, elle avait réussi à se dire qu’elle avait perdu son filleul. Pour elle, c’était comme… Comme une fausse couche. La perte irremplaçable et imprévisible d’un enfant, d’un petiot qu’elle aurait eu à éduquer, à soigner… Et le plus terrible, c’est que c’était l’homme dont elle était la plus proche, hormis Zoltan, qui le lui dérobait. Sous ses yeux ! Elle ne pouvait même pas faire montre de colère ! L’espace d’un instant, ses yeux se voilèrent, et une sombre colère dévora son cœur. Sur qui allait-elle bien pouvoir la passer, cette foutue colère ? Je vous le demande… Après avoir pris son souffle, elle se pencha vers l’oreille de son Arsène à ELLE et rien qu’à ELLE, et lui murmura :

« Si Kim ne te convient vraiment pas, ils t’en donneront un autre… Mais jamais moi, non. J’ai fait des bêtises, dans ma jeunesse, et le pardon n’est pas la plus grande qualité de Nosco… Il faut dire que personne ne vieillit, peu de gens meurent, et donc les mémoires se conservent, et les conflits perdurent… »

Mais voilà que Kim arrivait. Il portait encore sa blouse, avait un air un peu ébahi, un peu effrayé, et ses lèvres douces s’agitaient entre les poils d’une barbe mal rasée… Oh, par Joshi, qu’il était sexy ! Et là, la douce Karlovy – qui, en fait, n’avait rien de doux – hésitait franchement entre lui sauter dessus et le déshabiller sur place, ou bien lui sauter dessus et l’étrangler. Ou alors, rester neutre, et régler ses problèmes en famille lorsqu’Arsène serait installé. Hum… Cruel dilemme que celui-ci. Mais la brune n’étant pas des plus diplomatiques et des plus calmes, elle attrapa le col de la chemise du docteur, le tira vers elle, en prenant garde de pas trop se coller à lui, au risque de perdre ses moyens, et lui murmura d’une voix pleine de colère :

« Toi… Je sais pas encore c’que je vais te faire, mais j’vais le faire ! »

Elle n’avait qu’une envie. Le tirer encore, le coller à elle, passer ses bras derrière sa nuque, caresser sa peau douce et burinée, qu’elle devinait sans doute zébrée de petites cicatrices dues à son passé de brigadier… Approcher ses lèvres des siennes, mêler leurs souffles, s’unir dans un baiser langoureux, passionné, le pousser sur un mur, sur le comptoir, n’importe où. L’empêcher de fuir, lui mordre le cou, lui caresser la peau… Sentir son cœur accélérer, vite, si vite, tandis que leurs souffles s’emballeraient, et laisser ses mains glisser sous le haut. Se donner à lui. Qu’il se donne à elle. Qu’enfin, il nettoie toutes ses questions, lui laisse la paix et… Oh, par Joshi, elle se sentait rougir. Qu’elle oublie ces pensées, là, maintenant, tout de suite ! Et qu’elle se calme. Les joues un peu rougies par ses idées, elle repoussa le séduisant Kim, et se tourna vers Joseph, sans cacher la colère qui la reprenait :

« Et je suppose que là, je dois partir ? Non, parce que je te le dis tout de suite, je ne partirai pas.
- Alors, tu peux rester… Je prends le petit. »

[ Arsène, dis-moi si tu as de quoi répondre. Si tu veux, je peux t’envoyer par MP le début de la procédure d’inscription que tu feras avec Joseph, et tu pourras le PNJiser dans une salle à part ^^
Kim, si tu veux, tu peux commencer à faire quand on est seuls tous les deux, sachant que ça durera sur deux RPs maxi, parce que quand même, à la base, on est là pour Arsène XD ].
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Arsène Applegate le Jeu 31 Mar - 23:24

Arsène. Enchanté, répondit-il à l’homme qui venait de les aborder ; il eut pour lui un regard insistant, qui ne visait pas tant l’insolence que la satisfaction d’une curiosité déplacée. J’aurais aimé que tout soit aussi paisible que votre sourire.

Point d’amertume, un simple constat. Il haussa les épaules et suivit Joseph, poussé par une force intangible qui lui interdisait d’assister à la confrontation – avait-on idée de saisir les gens ainsi ? – un peu déçu également, il devait bien l’admettre, de ne pouvoir poursuivre avec Karlovy. Il avait aussi espéré, mais sans le dire, que ce médecin lui viendrait en aide. Peut-être lui apprendrait-il à sourire comme lui.
Et cette façon qu’ils avaient tous de l’appeler « petit »…


Applegate, avec ton prénom… Ça donnerait quelque chose de plus équilibré, lui proposa Joseph alors qu’ils entraient dans une nouvelle pièce. Arsène Gate, Arsène Apple… C’est pas terrible, hein ?
Non, en effet. Je vous remercie.

Le bureau contenait manifestement tous les outils nécessaires à l’établissement d’un profil identitaire. Sitôt entré, Joseph fit signe à Arsène de prendre place dans l’un des fauteuils et se mit à préparer le matériel. Lui, un peu déconcerté, s’installa sans un mot. Il préférait étrangement ne rien anticiper et prendre les choses comme elles venaient pour être contraint de les accepter ; mais l’imprévisibilité qu’il s’imposait lui fichait un poids dans le cœur et dans le ventre ; entre appréhension et engouement.

Bientôt pourtant, il se découvrit un intérêt tout particulier – et à l’allure d’échappé belle – pour le stylet qu’accompagnait un cadran de taille moyenne, et que Joseph venait de déposer sous son nez en expliquant qu’il pourrait, grâce à lui, relever ses empreintes et déterminer avec laquelle de ses mains il manœuvrait le mieux.


Mais d’abord, reprit-il, va falloir te dévêtir un peu. Un petit sourire, l’air de dire qu’il en avait vu d’autres et qu’il savait combien cela pouvait être pénible. On va te peser et prendre tes mensurations. Retire surtout ce qui est lourd.

Arsène mit un certain temps à se lever. Il avait d’abord considéré Joseph calmement, avant d’apprécier le pouvoir des circonstances sur sa pudeur qui n’avait souffert aucun sursaut. Il doutait qu’elle fût simplement absente ou refusait d’envisager une telle éventualité – fantaisie, aurait-il volontiers rectifié. Il se déchaussa donc, sans trop de difficulté, et retira ses chaussettes, qu’il avait noires. L’idée lui vint qu’il pourrait ainsi faire l’inventaire de ses maigres possessions, outre que ce qui lui avait jusque-là couvert le dos ne manquait pas de l’intriguer.

Joseph désigna le grand appareil pourvu d’un socle qui se trouvait derrière lui, dans l’angle de la pièce, et Arsène se redressa enfin. Sous ses pieds nus, la fraîcheur du sol ; il égara une main sur son col déjà défait, dépouillé de cravate, sentit sous ses doigts la rugosité d’un veston noir qu’il déboutonna et retira. Il l’abandonna sans soin sur le porte-vêtement mis à disposition tout près de la balance et remarqua, en tendant les bras, les manches de sa chemise – blanche – à moitié retroussées : il les déroula.

Arsène ? s’enquit Joseph en pianotant sur son clavier. Es-tu arrivé seul ?
Oui.

Après s’être délesté de sa chemise, Arsène déboucla sa ceinture en cuir et la fit glisser hors des attaches du pantalon, qu’il portait noir – que de ténèbres, songea-t-il avec dépit – et assez près du corps. Il monta sur la balance et deux axes lumineux lui passèrent dessus.

Un mètre quatre-vingt-six… soixante-dix-huit kilogrammes… et vingt-deux point cinq pour l’indice de masse corporelle, indiqua Joseph en lisant sur l’écran les données transmises par l’appareil. Tout ça m’a l’air très bien. Aucune faiblesse ?
Aucune, répondit Arsène en descendant.
Aucune douleur ?
Aucune douleur.
Bien, tu peux te rhabiller. Ensuite, approche.

Arsène allait reboutonner sa chemise ; mais en rabattant le col sur sa clavicule, il frôla une irrégularité à la hauteur de son épaule gauche qui lui déplut. Il en fit un examen rapide et se tourna vers Joseph pour lui montrer la surface d’épiderme abîmé :


Voyez, se plaignit-il.
Le docteur Van Berghen t’examinera, sourit Joseph. C’est une vilaine brûlure, mais ancienne, apparemment. Et plus d’eau bouillante que de feu, j’ai l’impression... Viens, maintenant.

Il termina donc de rajuster sa tenue et revint s’assoir, sans chercher à connaître le portrait* sommaire que Joseph tapait à son sujet ; heureux d’avoir retrouvé le confort de ses chaussures, il s’installa un peu plus à son aise. Ses pensées s’obscurcirent cependant. Un visage dont il ne voulait pas, une brûlure-vestige de son ancienne vie…

A quoi tu penses ?
Il ne répondit pas.
Ça ira, poursuivit Joseph. Je vais te poser quelques questions, d’accord ?
D’accord.

* « Grand et mince, corps qui a manifestement été entretenu. Peau claire, cheveux bruns, yeux très verts. Port de lunettes. Un défaut d’expressivité et une brûlure de taille assez importante à l’épaule gauche. »
[Le message d'administration est donc divisé. ^^ Essayez de ne pas rendre le sol du couloir trop collant. :')]
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Kim van Berghen le Sam 2 Avr - 15:45

hj: finalement ma réponse n'est pas ce que je/on attendait

dj:
A peine venait il d’arriver que Joseph emportait le nouvel oublié. Etait ce pour fuir la fureur de Lovy, ou en espérant que le scientifique puisse tenter de la raisonner ? A moins que ce soit simplement le fait d’être pressé de pouvoir harceler Arsène de questions. Kim avait eu juste le temps de serrer la main du jeune homme et d’échanger quelques mots, et voilà déjà qu’il partait le laissant seul avec Lovy et ses questions. En effet Arsène semblait avoir un problème d’expression au niveau du visage, était-ce temporaire ou durable et quel en avait été la cause ? Un nouvel oublié constituait toujours un mystère. D’où venait-il, qui était-il et qui serait-il ? Quelles seraient ses compétences et quel métier choisirait-il après s’être décidé pour un appartement ? Comment s’adapterait-il à sa nouvelle vie ? C’était bien sur au parrain de prendre soin de ce dernier point et de le faciliter autant que possible. Répondre aux questions et expliquer les règles de Nosco. Beaucoup de règles et de concepts à assimiler, bien des secrets à cacher ou à dévoiler seulement à moitié. Rester vague, et préciser d’autres réponses. Naviguer entre deux eaux sans se faire prendre… Sans se noyer telle Lovy qui avait été mise hors jeu à cause de Zoltan. Pénalisée et exclue du vrai « jeu ».

Karlovy semblait encore bouillonner de colère et de frustration, puisqu’elle l’attrapa par le col de sa chemise pour le menacer de ses jolies lèvres rosées, ainsi que de ses sourcils froncés par l’énervement mais qui la rendaient encore plus adorable. En fait elle ne faisait que cacher sa tristesse sous la colère qu’elle laissait apparente. Et en effet, elle n’avait pas grand monde sur lequel passer sa colère, contrairement à certains des plus anciens nosciens, elle n’avait même pas de subalternes au travail, seulement des collègues et des supérieurs, tel Lou Jiwi Kemshir. Il n’y avait pas vraiment eu de montée en grade malgré ses compétences certainement à cause de ce lien trop fort avec les rebelles, on ne récompensait pas les « traitres » à Nosco, on les mettait à l’écart. Il était même inconcevable qu’elle puisse avoir un poster de l’impératrice et assez de fléchette pour s’entrainer avec le portrait de celle qui l’empêcherait toujours de vivre normalement à cause de son ancien amour. Non imaginer une telle chose était impensable, en Nosco se serait avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête, celle de la peine de mort pour outrage à Joséphine de Nosco. Que pouvait-elle faire alors ? Allez dans la salle de sport de l’Aedes frapper sur un punching-ball ? Ignorer les murmures et les silences de certains lorsqu’elle passait ? Pleurer seule dans son lit ? Il lui répondit donc d’une voix calme.

Très bien ne te gène pas, vas y… Ta colère est légitime.

Que risquait-il au pire ? Une bonne gifle qui lui colorerait la joue pendant quelques heures. Peut être un cocard et encore… dans tous les cas il serait se soigner. Une blessure physique ne serait pas le pire. Peut être que des mots pourraient plus le toucher. Qu’elle lui dise qu’elle le détestait maintenant ? Pour une faute dont il n’était pas responsable. On ne décidait pas du système, ni pour lui. Si Kim était masochiste ? Non pas vraiment, au contraire… Cependant il savait ne pas craindre grand-chose de la part de son amie la biologiste, elle n’allait certainement pas sortie une arme et lui courir après pour lui trouer la peau. Et puis, il avait fait tellement d’erreurs par le passé, il fallait en quelque sorte qu’il se rachète avec un meilleur karma. Si cela pouvait calmer la brune alors tant pis il endurerait bien un coup ou deux… Boum, boum. Son cœur aussi battait la chamade. Et puis soudain, il la prit dans ses bras de manière délicate, sans la brusquer, pour lui murmurer à l’oreille, frôlant son lobe pour que personne d’autre n’entende.

Tu as le droit d’être triste, mais ne t’en fait pas, personne ne pourra t’empêcher de fréquenter Arsène, de continuer à le voir et à lui donner des conseils. Et il a l’air de t’apprécier déjà.

Il lui prit la main, et remarqua à ce moment là qu’elle avait un ongle cassé. Elle était un peu trop aventurière parfois, mais c’était un de ses traits de caractère qu’il appréciait. On ne savait jamais à quoi s’attendre avec Lovy, au moins ce n’était pas lassant.
C’était certainement la seule personne qu’il pourrait croiser dans un magasin et qu’il trouverait avec dans les mains tout un kit de différentes moustaches : Clark Gable, à l’Américaine, design à la Charlot, en brosse, à la romantique, en petites pointes, à l’aiguilles, à la Française, à l’Anglaise, en crocs ou encore second empire… Avait-elle décidé de… révéler sa vraie nature et de changer de…

« On a une soirée déguisée et bien sur le tête est tombé sur H… Alors j’ai le choix entre hippopotame, hypocondriaque ou homme… J’ai choisi le dernier »

Kim fut vite rassuré par ces paroles, et puis comme on disait chez lui : “Ein Kuss ohne Schnurrbart ist wie Suppe ohne Salz”, ce que l’on pouvait traduire par « Un baiser sans moustache est comme une soupe sans sel ». Bon pas qu’il apprécierait forcement Lovy avec une moustache, mais pour un déguisement temporaire cela pouvait être amusant. Devait-il lui révéler qu’elle avait aussi le choix de s’habiller en hôtesse d’accueil, en hippie, en hawaïenne, en héroïne… Mais peut être était il plus drôle de la regarder se débattre avec ses moustaches. Elle parlait de ses projets de mettre une chaussette dans son pantalon… Dire qu’elle passerait sans doute la soirée à danser et à se faire écraser au moins une fois le gros orteil, par un danseur peu doué en la matière. A moins qu’elle ne danse avec une danseuse, puisqu’elle serait un homme pour une nuit.


En tout cas, il ne tirerait pas Arsène à la courte paille, la guilde en avait décidé autrement, mais rien n’empêchait à Lovy d’être amie avec le jeune homme et de le guider. Ils partageraient les conseils à donner au nouvel oublié. Qu’il en aurait de la chance, deux parrains pour lui seul. Il était gâté, par contre il aurait peu de chance de ne pas finir scientifique d’un côté comme de l’autre… Ou alors il risquait d’être perdu dans les discussions techniques.

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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Karlovy Kinsky le Lun 4 Avr - 20:49

Karlovy regarda Joseph emporter Arsène du coin de l'œil. Elle hésitait entre entrer dans une rage folle et dévaster l'administration – ce qui, reconnaissons-le, aurait été fort mal vu par sa majesté l'impératrice de Nosco – ou bien éclater en pleurs et quitter en courant ce lieu que, de toutes façons, elle détestait et détesterait toujours. Balancée entre ces deux hypothèses d'initiatives, elle resta simplement là, les bras ballants, dissimulent ses véritables sentiments derrière une attitude fière et revêche qui lui avait valu bien des soucis. Si elle avait simplement avoué mourir d'amour pour Zoltan, et être prête à tout pour lui faire plaisir et pouvoir le revoir, sans doute ne lui aurait-on pas autant tenu rigueur concernant ses erreurs passées. Sans doute l'aurait-on surveillée un peu, jusqu'à ce qu'on la pense de nouveau saine d'esprit, et on l'aurait alors laissé creuser son trou dans la cité de Nosco. Mais voilà : jamais elle n'aurait accepté de révéler combien elle était blessé, combien cette absence avait été douloureuse, était douloureuse, source d'un malaise qu'elle ne jugulait que depuis peu.

Et c'était ce moment de calme, cette accalmie dans sa tempête intérieure que Kim avait mise à profit. Il avait toujours été là, de toutes façons. Ami quand elle n'était pas bien, confident parfois, quand il avait eu le malheur de la voir dans un de ses rares moments de faiblesse... Et puis elle avait été mieux, elle avait peu à peu non pas oublié, mais effacé Zoltan, le ramener à une place arrière, spectateur et non plus acteur de sa vie. Il avait été là, il ne l'était plus... La sagesse la conduisait à tirer un trait sur son passé, et à se tourner vers l'avenir, seule et assurée, capable d'affronter le pire des orages et le plus beau soleil. Oui, elle en avait chié la Karlovy. Et pourtant, cette fierté, cette volonté de ne laisser filtrer aucun de ses malheurs l'avait maintenue debout, le menton fièrement redressé, à la poupe du bateau de sa vie, frêle esquif malmené par les eaux. Elle n'avait plus peur, plus jamais. Ou, si peur il y avait, elle la refoulait si bien qu'on ne l'en voyait pas. Personne ne méritait de voir sa faiblesse.

Mais voilà. La plupart des gens ne pouvaient que l'observer, de près ou de loin, sans jamais pouvoir mettre un pied sur le pont de son bateau. Mais parfois, dans de rares cas – Joshi merci – des hommes parvenaient à traverser les mers sur leurs petits radeaux, et à se hisser. Il y avait eu Zoltan, d'abord, qui l'avait accosté au port, lui avait expliqué comment tenir son bateau et était resté avec elle un bon moment, avant qu'il ne saute, qu'il ne l'abandonne à son triste sort, seule face à la tempête. Seule... Ce mot revenait souvent, douloureux, lancinant, et pourtant si vrai... Elle s'était si longtemps trouvée isolée qu'elle avait du mal à accepter que Kim soit là, maintenant, et qu'il l'aiderait dans ses difficultés, la supporterait dans ses mauvais jours... Non pas qu'elle le refusait, loin de là : elle était ravie de l'avoir ! Mais elle n'y pensait simplement pas, trop habituée à se débrouiller seule et à garder la tête hors de l'eau.

Elle imaginait Arsène, à côté. Elle se souvenait très bien de sa propre arrivée, de ces machines omniprésentes... On prenait ton poids, ta taille, ton pouls, tes empreintes, on te posait des questions, te fournissait des vêtements, une arme, une nouvelle vie et une nouvelle identité... Futilités que ces étapes. Futilités, certes, mais néanmoins nécessaires pour permettre à la Guilde de surveiller que personne ne parte, chez les rebelles ou la Congrégation. Dans une moindre mesure, pour compter ses morts, aussi, quand une attaque avait lieu... Que découvrirait Joseph, sur Arsène ? Il portait des vêtements classieux, mais sobres, et il avait un étrange défaut au visage. Avait-il des bijoux cachés ? Des cicatrices ? Était-il plutôt musclé, bien foutu ? Traduction : ferait-il un bon brigadier ? Ou bien, comme son parrain, deviendrait-il médecin ? Ou scientifique, comme elle ? Ou alors, quelque chose de tout autre, qui sait ?

Repenser à Arsène la replongea dans une profonde mélancolie, un brin colérique. Pourquoi lui refusait-on ce plaisir ? Elle n'en aurait pas fait un rebelle, loin de là ! Un froncement de sourcil, unique témoin de cette colère noire qui remontait, naquit sur son visage. La bouche pincée, aussi. Elle était énervée, tellement énervée qu'on lui en veuille... et elle ne pouvait même pas s'en prendre à Kim, lui reprocher d'être là ou quoi ou qu'est-ce : ce n'était PAS de sa faute ! Alors que devait-elle faire, hein ? Piquer une crise et plonger dans les sous-terrains, rejoindre la cause rebelle et abandonner tout ce qu'elle aimait à la surface, tout ce qui faisait qu'elle n'avait pas plongé ? Non. Non, elle ne voulait pas ça. Et, alors qu'elle allait exploser, Kim referma ses bras autour d'elle, plein de tendresse, rassurant, îlot de sécurité dans son océan de désespoir.

Kim... Elle aurait voulu parler, lui dire qu'elle ne lui en voulait pas à lui, qu'elle l'aimait et qu'elle allait mal. Mais elle ne pouvait même pas ouvrir la bouche, ne voulait pas l'inquiéter... Alors, elle se contenta de puiser contre lui un bienfaisant réconfort. Elle se lova contre lui – était-il plus petit que lui ?! - se blottit dans son cou, respira son odeur d'eau de Cologne. Oh oui, les caméras devaient comprendre, tout le monde devait comprendre que cette étreinte n'avait rien d'amicale, et tout du début d'une histoire... Et qu'ils aillent tous se faire foutre, elle s'en fichait. Kim était là, et elle ne tenait plus sa barque seule, elle s'en sortirait. Elle effleura son cou avec son nez, sentant sa délicieuse odeur, la caresse de sa peau...

Et puis, incapable d'y résister, soumise à ses pulsions de désir, de plaisir et d'envie, elle posa ses lèvres dans son cou. Tout doucement, un baiser furtif, à peine sensible... Elle n'avait plus qu'une seule idée : le plaquer contre un mur, le mordre, le dévorer, le déshabiller ici et maintenant et se donner à lui, complètement, pour oublier combien elle souffrait, pour lui montrer combien il était important... Mais voilà. Ce n'était pas possible, ils en avaient tous conscience, ici. Aussi se contenta-t-elle de lui céder sa main, après qu'il soit venu lui effleurer le lobe de l'oreille, lui chuchoter ces mots rassurants qu'elle venait d'entendre. Oserait-elle l'embrasser ici et maintenant, pour le remercier ? Sceller leurs lèvres une nouvelle fois, dans une nouvelle promesse d'un avenir meilleur à deux ?

Non. Elle n'en avait aucune, mais alors aucune envie. Enfin si, elle le voulait, elle le désirait ardemment mais... Mais bientôt, elle descendrait dans les sous-terrains. Elle ne savait pas encore trop comment, elle n'avait pas prévenu Zoltan, mais elle savait qu'il accepterait de la voir et... Il y avait peu de chances que tout cela tourne mal, mais si cela venait à arriver, elle ne voulait pas que Kim soit mis dans le même sac, qu'on dise du médecin qu'il avait des tendances rebelles et que lui aussi soit déchu de son piédestal, interdit de vivre dans la magnifique, radieuse et libre cité de Nosco... Il valait mieux qu'on ne sache trop rien, qu'on ne puisse que supposer, que... Oh, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Se reculant, Karlovy attrapa la nuque de son homme, s'approcha de ses lèvres, féline, pleine de désir... Leurs souffles se mêlaient, et elle devinait que leurs cœurs battaient à l'unisson, erratiques et pourtant coordonnés... Leurs lèvres s'unirent.

Quelle douceur, quelle caresse que ce baiser ! Kim avait la douceur du miel, mais un goût plus relevé, masculin, si désirable... Elle se laissa aller tout contre lui, brisa elle-même cette union, trop rapide et trop longue à la fois, qui leur laissait un sentiment de manque... Oh, comme elle le désirait, comme elle voulait vivre un amour heureux et uni avec lui, laisser au docteur le soin de recoudre son cœur et de le soigner à coup de caresses et de baisers... Il était médecin, il saurait faire ça mieux que quiconque, n'est-ce pas ? Il saurait franchir ses barrières, ses défenses, et venir voir ce cœur qu'elle n'osait plus exposer à tous les quidams venus. Finie, la belle innocence de sa jeunesse de Nosco. Elle était maintenant livrée à elle-même, à sa rancoeur et à son hypersensibilité. Et il en tirerait sans doute profit.

Elle approcha sa main de sa joue, la caressa... Il ne s'était apparemment pas rasé avant de venir, et un fin duvet piquetait, une courte barbe qu'elle trouvait plus que sexy... Elle se perdit dans ses yeux, sourit, et laissa un petit rire sortir de sa bouche jusqu'ici close. Elle ne s'en rendait compte que maintenant mais... Sa colère s'était calmée, était revenue à l'arrière plan, au profit de pensées plus sereines pour un avenir meilleur. Tant pis pour les caméras, pour les soupçons : elle ne se ferait pas prendre, de toutes façons ! Elle ne se ferait pas prendre... Le nez de Karlovy approcha celui de Kim, l'effleura, tandis qu'elle lui offrait un sourire resplendissant. Et puis, joueuse, elle s'éloigna, l'attira sur les sièges d'attente, refusant telle une jeune fille dans ses premiers émois de lâcher sa main. Elle avait l'impression d'être une enfant, protégée du mal par son papa. Sauf que son papa était en fait son amant.

« Tu as réussi à me remonter le moral, bougre d'idiot. Et il est inutile de vous dire, jeune homme, que j'apprécie également très fort Arsène et que, à défaut de marraine officielle, je serai son amie, c'est décidé ! Ce petit me plaît ! »
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Arsène Applegate le Jeu 7 Avr - 23:15

Les empreintes et la photographie étaient prises. Joseph éteignit la petite caméra et se saisit à nouveau de son clavier, tandis qu’Arsène écrivait sur le petit cadran à l’aide du stylet informatique, tout en répondant aux questions que l’on lui posait. Il était incontestablement droitier, mais s’il ne savait écrire décemment de la main gauche, il avait éprouvé une certaine fermeté dans la prise qui sans le moindre doute lui aurait permis de manipuler efficacement d’autres outils.

Il avait patiemment expliqué à Joseph quel aspect prenait l’enceinte lorsqu’il la regardait ; avoué qu’il ne possédait aucun souvenir, mais que les intuitions le démangeaient, se propageaient dans son esprit et lui donnaient une impression assez désagréable de contagion ; qu’enfin il s’était trouvé muni d’une paire de lunettes et que ses vêtements ne lui rappelaient rien, à première vue, mais que le désordre de sa mise l’avait un peu surpris, comme s’il avait été accoutumé à une irréprochabilité vestimentaire.

A dessein, Joseph éluda tout ce qui concernait l’accueil, remplit plutôt un verre d’eau à moitié tout en considérant Arsène qui, lui, comptait distraitement jusqu’à vingt, ainsi que l’on lui avait demandé. Cela ne lui posait vraisemblablement aucun problème, et il continuait d’écrire, comme possédé par les pensées d’un Ailleurs dont il ne savait plus l’essence.

Arsène, regarde ce verre.
Il suspendit son geste et leva doucement le nez.
Est-il à moitié vide ou à moitié plein ?
A moitié plein, répondit-il en souriant prudemment. C’est pour moi ? Vous êtes gentil.

Joseph s’était gratté l’arrière du crâne et Arsène, en s’emparant du verre, sentit poindre en lui de l’amusement. Il l’ignorait, mais la moquerie charmante et sans méchanceté qui plus tard le caractériserait, ainsi que le plaisir de cultiver l’ironie de situation, commençaient de l’investir et l’auréolaient d’une légèreté qui serait au fondement de son équilibre.
Rafraîchi, il revint à l’écriture, parce qu’elle le détendait. Oreilles attentives toutefois.


Combien font un plus un ?
Deux.
Tu te souviens de tes premières paroles ?
Quelque chose d’affligeant et d’absolument incompréhensible, admit-il en se frottant le menton de la main gauche. Mais avec un peu d’application, cela a donné : je vous remercie. Karlovy a été formidable, savez-vous ?
Je n’en doute pas, Arsène. Combien font un plus un ?
Deux. Vous m’avez déjà posé la question.
C’était pour vérifier si tu suivais.

Il eut un tranquille battement de paupières, l’air, si cela était possible, de n’avoir pas relevé la plaisanterie. Sur ses lèvres, le sourire infime flottait toujours, sans la moindre variation, et dissimulait la conscience aiguë qu’il avait d’une discussion passée à la trappe. Indubitablement, l’on ne voulait pas qu’il parlât de sa bienfaitrice, et cette idée lui fit ressentir le besoin urgent de la retrouver. Il déposa le stylet, amorça un geste plus ample et se serait redressé si Joseph ne l’avait pas retenu. D’autres questions, semblait-il. Les dernières. Il en ressortit une adresse de messagerie très simple à retenir, un appartement avec vue sur le parc et ouvert à la colocation… Mais ses préférences au sujet du métier lui parurent autrement plus délicates à déterminer. L’obligation de travail ne l’effrayait pas, ce fut là sa seule certitude, toutefois il poursuivait déjà l’intérêt qu’il pourrait y trouver et ne fut en conséquence pas inspiré par la proposition de Joseph : brigadier, prétendait-il, parce qu’il apparaissait qu’Arsène avait le physique de l’emploi, bien caché derrière ses airs de premier de la classe – certes un peu boudeur, mais…

Justement, fit Arsène à ce sujet. Monsieur V… Le médecin de tout à l’heure, celui qui va dorénavant s’occuper de moi. S’il accepte de m’aider à trouver une solution à celail désigna son visage d’un mouvement circulaire de l’indexj’aimerais lui porter assistance. Au reste, Karlovy – oui, toujours elle – a évoqué l’existence de « pathologies étranges et incompréhensibles ». J’y suis sensible, je crois.
Tu voudrais donc t’essayer à la médecine, en déduisit Joseph.
Arsène hocha la tête et, en guise de conclusion, poussa vers l’homme le petit cadran. Sur l’écran, ce qu’il avait jusque-là écrit et dont il assura ne pas connaître la provenance exacte, sinon que cela découlait sans doute de ses nombreuses intuitions, se déployait en courbes longues et nettes :
« J’ai fait tous les métiers sauf prostitué : j’ai horreur qu’on me souffle dans le cou quand je cherche le sommeil. »*
Joseph lui retourna un sourire, de ceux qui tolèrent et acceptent par défaut plus qu’ils ne comprennent, et lui permit enfin de prendre congé.
Un merci.

Dans le couloir de l’administration, Arsène, mains dans les poches, se dirigea sans précipitation vers les sièges qu’occupaient ses deux tuteurs. Dès qu’il eut remarqué leur proximité, la décence, qui s’était d’elle-même imposée à lui, prohiba toute démarche d’interprétation. Face à eux, il eut un maigre sourire :


Je suis bien content d’en avoir terminé. Vers Kim, un regard qui se voulait affable. Et je pense m’engager dans la branche médicale.Vers Karlovy, une inclination légère de la tête. Qu’es-tu, toi ? Assurément, elle n’est pas brigadière, remarqua-t-il à l’adresse du médecin, avec ce timbre railleur qui n’attendait qu’une preuve du contraire pour rire de lui.
Un faible éclaircissement de gorge, un pas en arrière enfin.

Je vais devoir visiter mon appartement. Si vous pouviez me montrer le cheminrisqua-t-il avec un peu d’embarras.

*Rendons à Pierre Desproges ce qui appartient à Pierre Desproges. ♥
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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Kim van Berghen le Jeu 7 Avr - 23:54

Voilà que sa vie avait été chamboulée, pas mal de fois en plusieurs semaines. Sans compter l’arrivée d’Aaron Smith et d’Ester Wieg, Tristan Darek, son ami avait été enlevé par les rebelles. Et par-dessus le marché, il s’était rapproché de Lovy, et ils s’étaient embrassés. La jeune femme était pourtant connue pour repousser ses prétendants, restant fidèle à son ancien amour, Zoltan Nagy. Alors que dire et que penser de tout cela ? Ils ne s’étaient pas revu depuis, s’évitant peut être et sans doute le travail prenant de chacun ayant aussi minimisé les chances de se voir. Kim se concentrait sur pas mal de choses en même temps, pour occuper son esprit et ne pas trop penser. Réussir à remettre Shane Lewis sur pieds, c’était fait et en grande partie, non plutôt en totalité, rendons à César ce qui est à César, grâce à son filleul informaticien. C’était donc un problème temporairement prit en charge et pratiquement réglé, ce n’était qu’une question de temps avant que le nouveau Traktueur se sente mieux, si tout continuait ainsi. Il fallait simplement espérer que le futur soit un peu plus lumineux que ces derniers tristes évènements : enlèvements de plusieurs commandors par les rebelles, attaque des créatures…

Pour Lovy c’était plus complexe. Et il ne pouvait demander de l’aide de personne, ni même en parler vraiment. Aucune oreille attentive à qui il aurait pu confier ses problèmes sans aucune crainte, quelqu’un qui l’aurait vraiment écouté. Oh oui bien sur il y avait toujours toutes les caméras disposées un peu partout, oh celles-ci écouteraient avec attention le moindre de ses soupirs pour les décrypter. Mais il n’était vraiment pas sur de vouloir leur souffler le moindre secret. Se lier à Karlovy s’était aussi se mettre en danger, le poids du regard de ces appareils électroniques serait il plus présent dans son dos depuis ce qui s’était passé ? Difficile à dire, il préférait éviter d’y penser. Il fallait qu’il se concentre sur quelque chose d’utile, de créatif et qui lui occuperait aussi bien les mains que l’esprit. Et que faisaient les médecins lorsqu’ils voulaient se détendre et se distraire ? Ils jouaient les petits scientifiques en herbe. Bon d’accord, vu le niveau de Kim ce n’était peut être pas si inexpérimenté que cela, surtout lorsque cela concernait la cybernétique et la mécanique. Il fallait dire que Sawah lui avait donné des idées, pas immédiatement, mais après coup. Il avait récupéré quelques pièces de robots que personne n’avait finis, qu’on avait décidé de jeter, prototypes ratés ou jamais achevés. Au Sapientia on gâchait un peu trop, les vies ou les matériaux. Si Kim pouvait se faire bon samaritain et récupérer son Steve adoré ou de quoi monter un robot assez précis, alors il en profiterait. Surtout qu’on l’y autorisait et qu’il en avait tous les droits. Au contraire on l’y encourageait, pensez-vous, continuer à réfléchir sur des projets ou des constructions pendant son temps libre… Quoi de plus réjouissant pour un chef de section de voir ses subalternes se perdre dans leurs travaux.

Alors van Berghen s’était lancé dans une idée plutôt originale, un robot oui mais presque du domaine du nano. Un petit bijou de perfection, d’ailleurs un bijou tout court ! Vantard ? Non, c’était simplement qu’en effet le robot était censé s’accrocher autour du cou tel un bijou décoratif. Voilà pourquoi tout se devait d’être si petit, si précis, pouvoir tout miniaturiser pour permettre au tout de revêtir un aspect extérieur plaisant et faire passer le tout inaperçu. Une partie du mécanisme avait été récupéré et continué grâce aux microscopes du Sapientia. Kim était simplement resté un peu plus tard chaque soir. Ce n’était pas le premier robot qu’il construisait et certainement pas le dernier. Ce qui lui posa plus de problèmes ce fut la programmation, Tristan n’était pas là pour l’aider ou le conseiller, cependant après plusieurs tentatives et hésitations, il finit par trouver ce qui lui convenait. Plusieurs tâtonnements, et finalement un résultat vraiment convainquant. Il avait eu un peu de mal, car on ne pouvait pas programmer un si petit appareil comme ces autres robots de taille humaine ou du moins sensiblement égale à la taille moyenne d’un animal réel. Oh, bien sur vous me direz que vu l’animal choisit, la taille était finalement assez réelle, voir plus importante. Mais pour un bijou cela ne comptait pas n’est ce pas ? L’important était que celui-ci soit agréable à regarder. Surtout pour un collier. Surtout si celui-ci était destiné à une femme. Mettre en valeur son sourire, son décolleté et… tchut vous n’en saurez pas plus !

Ah vous voulez tout de même savoir quel était la forme que prenait ce bijou ? Quelles étaient ses particularités ? Petits curieux, va ! Bien, il fallait avouer que ce n’était sans doute pas l’ami préféré des femmes, cependant c’était le type de robot qui avait le plus de capacités à développer. Petit, mais surtout agile et habile ! Une Araignée, Animal au doux nom commençant par le A d’Amour. Regardons l’objet dans son ensemble.Une simple chaîne à laquelle était accroché le robot qui ressemblait simplement à un ornement de style steampunk. Aucun mouvement dans la mécanique, un simple collier fait pour attirer le regard. Quand à la pièce maîtresse du chef d’œuvre, l’araignée d’environs cinq centimètres de hauteur et quatre de largueur . Aucun bouton pour l’allumer, un mécanisme caché tout en étant mis à jour. Cependant contrairement aux apparences la créature robot était solide et résistante, pas très autonome mais suffisamment puisqu’équipée de capteurs solaires sur toute sa carcasse, lui donnant un aspect luisant. Ecologique, l’araignée pouvait se recharger par elle-même, et ne consommait pas beaucoup d’énergie. A vrai dire c’était un robot à reconnaissance vocale, qui ne s’allumait que pour quelques mots précis prononcés par l’agréable voix de Lovy. Si la biologiste se décidait à murmurer ces mots, alors telle une belle au bois dormant, l’araignée se mettrait en route, se détachant du collier qui l’entravait. Réveillée par un ange, pour servir sa princesse qui l’avait délivrée du maléfice technologique.

Capable de transmettre un message, tel un émetteur transmetteur basique, elle pouvait aussi répondre à divers ordres. Douée d’une intelligence artificielle, elle pourrait donc apprendre et retenir. Elle était donc aussi capable de retransmettre une information, même longtemps dans le futur. Une puce gps avait été implantée dans l’appareillage, mais c’était avant tout pour permettre à la minuscule créature de pouvoir se repérer dans l’immense monde qu’était Nosco pour elle. Ainsi elle pouvait se déplacer aisément et sans aucun problème, se repérant par rapport aux données qu’elle conservait et ajoutait au fur et à mesure de ses découvertes. Brave petite bête, cela donnait envie de les élever et non plus de les écraser avec dégout. Un robot capable de s’adapter à diverses situations et qui avait un avantage sur l’humain, en plus de ne pouvoir être torturé, elle n’avait aucunement besoin de s’alimenter autrement que par le soleil réparateur ou une lumière artificielle. La robotique était définitivement supérieure à l’homme sur certains domaines. C’était d’ailleurs pourquoi on tentait tant de développer les exosquelettes ces derniers temps. Un jour l’homme et la machine ne formeraient qu’un… Peut être dans moins de temps qu’on ne le pensait.

Il s’attendait à ce qu’elle s’énerve un peu, au moins lance quelques mots rageurs et terribles. Pourtant non, elle contrôla sa colère, son désespoir, pour se lover silencieusement entre ses bras. Et elle déposa un rapide baiser dans son cou. N’était elle déjà plus fâchée ? Un pas en arrière et après quelques secondes les yeux dans les yeux, il sentit une pression sur sa nuque, une main qui passait dans ses cheveux. Et soudain le monde n’avait plus aucun importance, ils étaient seulement deux s’embrassant passionnément. Le scientifique avait posé ses deux mains sur les hanches de sa bien aimée, pour la garder tout contre lui, l’empêcher de repartir, de le quitter, de faire une bêtise. Et soudain c’était déjà fini. Trop rapide à son goût, mais il ne protesta pas. Ils étaient en plein milieu de l’administration et s’afficher n’était pas forcement une bonne idée, pas avec toutes ces tensions. Heureusement ils avaient encore un peu de temps avant qu’Arsène ne revienne, toutes ces procédures étaient assez longues. Assez pour le laisser se perdre dans les yeux de Lovy. Pour la réconforter et la calmer. Si seulement ils avaient pu être seuls, oublier tous les autres… Mais non, il fallait rester pour Arsène, ne pas abandonner le pauvre petit oublié qui venait d’arriver et était certainement perdu par tous ces évènements.

Soudain elle laissa échapper un rire aux notes presque musicales. Ce rire, ah ce rire ! Il aurait voulu ne plus s’en passer, qu’elle rit toujours sans s’arrêter. A tout jamais heureuse et sans aucun soucis pour troubler le sourire de son visage. Elle s’approcha à nouveau mais ce fut pour s’éloigner, en l’entrainant à sa suite, gardant sa main dans la sienne. C’est à ce moment là que la mémoire de Kim lui rappela son projet et que ses pensées purent à nouveau se concentrer. Oui, il fallait dire que la présence de Lovy l’empêchait parfois de penser ou de réagir normalement. Il ne s’en plaignait pas forcement, il flottait juste sur un petit nuage en sa présence. Normal puisqu’elle était un ange… Bon, un ange abritant un petit démon qui se réveillait lorsqu’elle s’énervait. Mais un séraphin pur et vertueux tout de même ! Un idiot ? Oui il devait surement passer pour un simple d’esprit dès que son regard se posait sur la jeune femme, lui faisant perdre le contrôle de ses sens et de son esprit. A quoi pensait-il déjà ? Cela avait un rapport avec Lovy, ça il s’en souvenait… Avec son rire ? Son décolleté… Ah, oui c’était ça ! Ne plus oublier son idée et se concentrer sur… Les paroles de Lovy ?

Il a l’air sympathique pour le peu que j’en ai vu, et si tu as une bonne impression le concernant, je te fais confiance. On pourra faire quelque chose de bien de ce…

Petit ? Elle l’avait qualifié de petit ? Le nouvel oublié faisait bien dix centimètres de plus que Kim… enfin à vu de nez. Et pourtant… avait elle employé le mot comme un surnom affectif ou bien ? Zoltan était grand certes mais…

… grand garçon.

Kim complexé par sa taille ? Non, pas encore jusqu’à présent du moins, mais si Lovy trouvait que… Stop ! Depuis quand se préoccupait il de sa hauteur ? Elle était correcte ainsi et ce n’était pas ce qui comptait ! Enfin pas au lit, n’est ce pas ? [ Razz *sort et ferme la porte derrière lui * ] Et puis il avait beau ne pas rivaliser forcement avec la carrure d’athlète et de garde du corps de Nagy, il avait au moins l’intelligence et le charme pour lui. Et si on pouvait parfois avoir du mal à le faire arrêter de parler, il adorait écouter aussi. Le type parfait pour se confier, souriant et rassurant… Oui il faisait aussi un peu psy pour certains de ses patients. Multitâches vous dis-je ! Comment avait on réussit à caser autant de qualités dans un mètre soixante-quinze, cela restait un mystère… Bon on lui avait aussi donné pas mal de défaut et un lourd passé, et pourtant… Ah ! Mais je vous vois venir, vous voulez me faire oublier où j’allais ! Vous ne m’aurez pas ainsi, pas si facilement.

Profitant de s’être assit auprès de sa douce, il jeta un œil aux caméras. Tristan lui avait déjà montré plusieurs enregistrements d’un peu partout, et il était déjà monté au premier étage de l’Itendo, il se souvenait d’où étaient placées les caméras dans cette pièce là. Pour y avoir souvent été, attendant ses filleul(e)s et puis après tout ce n’était pas comme si elles étaient cachées. Bien, alors il pouvait gagner un angle mort s’il… mettant à profit le fait d’avoir gardé la main de Lovy entre la sienne, il s’approcha et lui posa un baisemain sur le dos de sa dextre. Puis lâchant celle-ci, il s’approcha pour une nouvelle embrassade passionnée. Tirant profit du fait que les caméras devaient s’occuper d’autre chose, voir ne pas pouvoir s’apercevoir de son geste, et qu’en plus les quelques observateurs devaient sans doute lâcher des soupirs, de frustrations ou de désintérêt, il plongea la main dans sa poche, et après quelques secondes en ressortit un poing fermé qu’il glissa dans la poche de sa douce.

Mêler l’agréable à l’utile, ou le contraire, embrasser sa Lovy, pour dissimuler ce qu’il venait de lui remettre. Séparant leurs lèvres, il releva une mèche de cheveux de la jeune femme puis se glissa à son tour dans le cou de sa douce et lui glissa à l’oreille.

C’est un cadeau, tu en prendras soin, n’est ce pas ? Je pense que tu trouveras comment l’allumer sans problèmes… juste une phrase, quelques mots. Ne regardes pas maintenant, pas devant les caméras… tu auras tout le temps ce soir dans ta chambre.

Il lui posa un baiser dans le cou, comme pour lui rendre la pareille. Pourtant voilà déjà que leur petit protégé revenait, avec des questions dans ses poches, ainsi que des affirmations. Médecin ? Comme cela déjà ? Kim était assez surpris, mais ravit dans le même temps. Si Arsène s’accrochait à son idée, ce serait une expérience vraiment intéressante. Il laissa à Karlovy Kinsky la possibilité de répondre elle-même à la question concernant ses activités salariales. Cependant il répondit au nouvel oublié.

Bien sur, nous allons te conduire à l’Aedes, mais avant ça, il faut récupérer ton matériel de base, c'est-à-dire tes quelques affaires. Tu as le numéro de ton appartement ?

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Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Et PAF, ça fait des chocapics !

Message par Karlovy Kinsky le Dim 10 Avr - 12:46

« … grand garçon. »

Kim avait l’air de tenir à ce qu’on ne lui rappelle pas sa taille. Il fallait dire qu’il était à peu de chose près de la même taille de Karlovy – elle en venait même à se demander s’il n’était pas plus petit qu’elle ! – et qu’il pouvait remercier le ciel qu’elle ne supporta pas autre chose que ses éternelles baskets… Si elle avait eu à porter des talons, nul doute qu’il aurait été parfaitement ridicule à ses côtés… Oui, il était bien loin de la carrure athlétique de Zoltan, et de ses 1m85 facile… Mais cela ne faisait pas de lui un être moins sexy, ou moins charmant, bien loin de là. C’était le modèle en-dessous, voilà tout. Et qui, parmi les femmes, portant du 42 n’a jamais rêvé de porter du 40, hein ?! xD. Plus sérieusement… Le docteur Van Berghen était un homme séduisant, on ne pouvait le nier. Un corps musclé, une souplesse agréable, une sorte de fluidité radieuse dans ses gestes, un sourire à craquer, des yeux profonds et pétillants, et une voix… Hum, une voix… Qu’il utilisait souvent, en plus.

Mais Karlovy n’était pas de celles qui jugeaient un homme digne d’elle pour ses qualités physiques… Sinon, il y aurait eu bien longtemps qu’elle se serait tapé un beau gosse people avec l’attitude tip-top bien côté à Nosco derrière lequel toutes les femmes couraient. Comme ce Gunther, par exemple, qu’elle avait eu la chance de rencontrer dans la cour intérieure. Gentil, l’albinos… Mais néanmoins un peu trop « je veux absolument te sauter » pour lui plaire. Elle préférait Kim, surpris de son soudain succès, avec lequel elle avait d’abord pu jouer, avant qu’il ne retrouve ses esprits et soit capable de lui répondre. Elle avait adoré le savoir sous le charme ainsi, se réjouissait à la simple idée de pouvoir passer du temps avec lui, toujours plus de temps… Et du temps, Joshi savait qu’ils en avaient ! A Nosco, la vie était infinie, aussi rares étaient les couples mariés qui se promettaient fidélité jusqu’à la fin de leur jour… Les concubinages étaient plus fréquents, même si certains duraient des centaines d’années, et Lovy n’avait pas à s’en plaindre : la simple idée de se marier l’effrayait. Et puis, elle était pour le moment loin d’avoir envie de se marier avec Kim, de toutes façons : ça aurait été une réelle prise de risques, s’ils ne testaient pas la valeur de leur amour avant. Arriverait-il à dérober ce cœur qu’elle avait donné à Zoltan, à le lui ramener, fièrement, afin qu’elle l’adoube fidèle serviteur de l’organe, celui qui, désormais, devrait en prendre soin ? Oui, sans doute… Il avait déjà commencé sa quête, et menaçait de la réussir…

Ils s’assirent sur les sièges d’accueil de l’administration, et cette attente tira une grimace agacée à la brunette. Elle n’avait jamais été des plus patientes, et son attitude colérique n’était plus un secret pour personne… Elle avait même réussi à tenir tête à la Guilde, mettant sa propre vie en péril, assumant le rôle de « personne suspectée de rejoindre les rebelles »… Ce rôle dont, pourtant, elle n’avait jamais voulu, et qui reposait sur une immense erreur de jugement. Après tout, on pouvait la croire du genre à vouloir rejoindre les rebelles… mais selon quels arguments ? Il y avait toujours des moments où elle détestait le regard des caméras, mais dans l’ensemble, elle s’y était habituée, et elle ne trouvait pas ça si dérangeant. L’impératrice et ses sbires en abusaient-ils ? A priori, non : ils avaient même choisi de ne pas en mettre dans les salles de bain et dans les chambres afin de préserver le minimum d’intimité nécessaire. Cette surveillance constante n’était donc pas un motif pour rejoindre les rebelles. Pourquoi, alors ? Parce que Zoltan y était ? Non, décidément non : si elle avait voulu ça, elle n’aurait pas passé 17 ans à Nosco en tant que personne suspecte, mais aurait préféré rejoindre les rebelles de suite. A la rigueur, on pouvait la soupçonner d’être espionne, et ce n’était pas totalement faux. Il lui arrivait de donner des nouvelles de la Guilde aux bleus, mais jamais des choses vraiment importantes… C’était plutôt « Judi et Artèmia vont se marier, et Joséphine n’est pas contente » que « les armes sont dans le secteur 3b de machin truc »… Et puis, tout ceci mis à part, elle avait des raisons solides de ne pas trahir les rouges. Le matériel, tout d’abord. Elle adorait travailler avec le matériel, et savait que ce qui l’attendait en bas serait… Médiocre, face aux avancées technologiques constantes de la surface. Le soleil aussi ! Elle n’aurait en aucun cas pu vivre sous la terre, privée de lumière comme une taupe. Et puis, maintenant, il y avait Kim aussi…

Kim qui l’embrassait de nouveau, dans une étreinte passionnée. Karlovy gémit de plaisir, ne pouvant retenir ce son, marque de désir et de plaisir simultanément. Il lui avait fait un baise-main d’abord, ultime geste de romance et de respect, et voilà qu’il avait craqué à son tour, volant ses lèvres malgré les caméras, calmant de ce simple geste la colère que lui donnait ce sentiment d’impuissance à changer la situation. Maintenant que le docteur Van Berghen était là, tout ne pouvait plus qu’aller bien, n’est-ce pas ? Rassurée, elle se laissa aller tout contre lui, ignorant qu’il prenait quelque chose dans sa propre poche pour la mettre dans la sienne. Mais l’araignée était lourde, et ce poids nouveau tira une mimique surprise à la demoiselle, tandis que leurs lèvres se séparaient à nouveau, bien trop vite à son goût. Hum. Elle en venait presque à regretter avoir trouvé Arsène, et ne pas pouvoir tiré profit de cette proximité naturelle qui la liait désormais à Kim. La première fois, il était parti, et voilà qu’ils étaient trop en public pour pouvoir apprendre à se connaître un peu plus l’un l’autre ! C’était terrible, le destin se liguait contre leur union… Mais le destin, ça faisait longtemps que Lovy avait appris à l’envoyer se faire voir chez les grecs x’).

Il releva une mèche de ses cheveux, caressant doucement sa joue dans la foulée… Il avait les mains si douces ! Elle craquait complètement… Ses lèvres effleurèrent sa peau, sans vraiment la toucher, jusqu’à ce qu’il gagne son cou, et lui murmure dans le creux de l’oreille des phrases bien énigmatiques, mais tellement excitantes… Elle était à deux doigts de lui dire qu’il pouvait bien venir dans sa chambre le soir même pour lui expliquer ce qu’était ce fameux cadeau et comment il fonctionnait, mais Arsène choisit ce moment pour arriver – le destin, vous dis-je ! – et elle contint difficilement un grognement de dépit. Il faut dire que les lèvres de Kim dans son cou étaient le plus doux des calmants, et elles l’aidèrent à contenir la mauvaise humeur qui menaçait de la bousculer de nouveau. Rester calme, et s’occuper d’Arsène : c’était la mission numéro un aujourd’hui, si elle voulait prétendre à être sa marraine officieuse.

« Eh non, je ne suis pas brigadière ! Pourtant, je suis sûre que je pourrais prétendre à l’être, n’est-ce pas Kim ? »

Tandis qu’elle parlait, un sourire résolument moqueur de sa propre personne sur les lèvres, elle replia son bras, de sorte à faire ressortir le muscle de son biceps. Et, étrangement, on vit une petite boule se former, à la surprise générale. Evidemment, ce n’étaient pas des bras d’homme, ni des bras de brigadiers, néanmoins, on pouvait constater que, derrière la finesse apparente de Karlovy, et la fragilité qui aurait pu émaner d’elle si elle n’avait pas été si féline, se cachaient quelques muscles dont elle savait se servir, en particulier pour manipuler des armes blanches, merci Zoltan et ses apprentissages. De nouveau, son rire éclata, cristallin, et elle posa son regard rieur dans celui, plus froid et stoïque, d’Arsène pour lui répondre, plus sérieusement :

« Je suis technicienne du laboratoire concernant la synthèse des protéines… En gros, c’est moi qui fais la nourriture, ici, et d’autres s’occupent de la transporter dans les magasins, tout ça tout ça… »

Bon, en réalité, c’était beaucoup plus compliqué. Des histoires de molécule, de réglages de machines, savoir associer un colorant, une odeur et un goût pour donner quelque chose s’approchant d’un truc « bon », chercher de nouvelles protéines qui puissent améliorer l’ensemble, le rendre plus attrayant, meilleur… Si les molécules des colorants et des odeurs n’étaient pas trop mal maîtrisées, il fallait bien le reconnaître : le goût n’allait pas. Mais ce n’était pas facile d’enchaîner les réactions chimiques pour trouver enfin quelque chose de nouveau, et même les chercheurs à plein temps – car elle n’était QUE technicienne, merci son statut auprès de la Guilde… - ne parvenaient pas à améliorer ça. Triste destin que celui de la science, n’était-il pas ? Enfin, pas vraiment non plus, puisqu’elle ne cessait d’évoluer. Peut-être qu’un jour, ils trouveraient la combinaison organique donnant enfin un goût appréciable ! Peut-être, ou peut-être pas…

L’Aedes, disait Kim ? Mais oui bien sûr, là aussi, les souvenirs de Karlovy lui revenaient… La première fois qu’elle avait vu son appartement, elle en aurait pleuré de joie ! Elle l’avait aimé tout de suite, et l’avait quitté à contre-cœur pour le deuxième étage, même si celui qu’elle avait intégré par la suite était plus grand et de meilleure qualité… Ce n’était pas SON premier appartement. Mais bon, elle s’y était faite. Enjouée, elle attrapa la main des deux mâles qui l’entouraient et les tira à sa suite en trottinant. Elle allait pouvoir donner à son petit un Biber… Euh, des vêtements, une arme alpha et un ordinateur, et puis elle allait lui montrer son appart’, et il allait l’aimer, c’était sûûûûr o/. Ignorant l’embarras du Nouvel Oublié, elle s’élança vers le bureau où on lui donnait son équipement de bas en riant, ses joyeuses trilles dévalant les couloirs en cascades de bonheur.
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Karlovy Kinsky
~ Biologiste ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Technicienne dans la synthèse alimentaire
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250/10000  (250/10000)
Compétence principale: Biologie
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