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Message par Gustave Zoubi le Dim 20 Mar - 22:57

En ouvrant les yeux, ça constata que ça n'était pas chez soi : ça ne reconnaissait pas les lieux. Il y avait ce sentiment, aussi, ce malaise flottant bas dans les airs, que ça ne pouvait tout à fait identifier... Et puis surtout, surtout, ça avait la conviction intrinsèque, quoique sans pouvoir se l'expliquer, que la dureté du sol sous son pauvre dos, l'inconfort de sa position somme toute assez saugrenue, le froid mordant qui l'enveloppait, la sensation embarrassante du bas de son corps – que tout ça n'était pas franchement normal.

Ça planta ses bras un peu mous sur le sol et se poussa au mieux vers le haut, jusqu'à pouvoir scruter d'un regard flou quelque chose d'autre que la vilaine surface où ça avait atterrit et qui avait laissé sur son visage des marques désagréables. Ça porta les yeux sur son corps, et ça sut son sexe – les quelques hésitations qu'auraient pu entraîner une poitrine un peu trop flasque étant vite effacées par le sous-vêtement humide et de toute évidence mâle que ça... qu'il arborait.

Un instant : humide ? L'impression lui vint vaguement que tout ça n'était pas très jouasse. Il toucha sa peau, la trouva elle aussi toute parsemée de ces insidieuses et glacées gouttelettes qui crevaient son corps de partout comme autant de fines aiguilles de glace. Ouch. Il se redressa encore un peu sur ses coudes et prit enfin conscience de ce qui s'étendait devant lui : de l'eau, à gauche, à droite... en haut ! Voilà donc d'où il était tombé ! Le soulagement de cette découverte ne dura pas longtemps : soudain il se demanda avec angoisse comment tout ce liquide pouvait bien tenir, ainsi suspendu dans les airs. Puis ricana bêtement en songeant que, sans doute, quelque surface transparente devait englober l'endroit, que dans le flou de sa vision il n'avait pas bien aperçue. Le son de son rire le fit sursauter.

Alors qu'il tentait de se lever enfin totalement, intrigué tout de même pas cette histoire de dôme submergé, une petite mollesse brumeuse dans sa tête lui fit perdre l'équilibre, et il dut se tortiller douloureusement pour le regagner ; si bien que lorsqu'il regarda à nouveau devant lui, il s'était retourné et fixait désormais ce qui ressemblait à s'y méprendre à une ville.

C'est là qu'il sut que quelque chose clochait, sans encore percevoir encore bien quoi, et que, tandis qu'il remettait discrètement son intimité en place dans son maillot trop serré, commencèrent à se mêler à l'eau qui recouvrait son dos quelques gouttes de sueur froide.
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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Judikhael Wienfield le Lun 21 Mar - 1:55

On devait le croire vraiment désespéré par le désoeuvrement, pensa Judikhael alors qu'il coupait court à la dernière communication, remettant son téléphone portable dans la poche de sa chemise. Rien que ces mots ne pouvaient d'ailleurs que donner confirmation à cette hypothèse. Veste... Lui qui d'ordinaire ne portait que ses uniformes, ou ses larges capes qu'il affectionnait tant en tant que commandor.... Lui qui là, à cet instant précis, ne faisait que parcourir le réseau alpha sans savoir que lire ou que faire, en simple chemise dans son appartement... rien que cette petite scène donnait effectivement confirmation qu'il était bel et bien désoeuvré.

Il ne pouvait donc donner tort à ce que pouvait penser les autres, en particulier l'administration, qui avait sans doute reçu comme consigne de lui trouver toute tâche pas trop ingrate pour l'occuper un peu... le temps de sa convalescence. Convalescence mon c*** oui ! Il voulait agir lui ! Agir... Et si possible agir pour le plus grand bien, pas pour... Bon d'accord, accueillir un nouvel arrivé était aussi agir pour le plus grand bien même si à petite échelle. Mais lui qui était si habitué depuis plus de 80 années, depuis son arrivée même, à agir et donner de soi pour la communauté entière, assumant alors des tâches et responsabilités bien plus lourdes... Devoir ainsi se contenter de... d'accueillir de nouveaux arrivés... Voilà qui le déprimait plus encore en un sens.

Il ne pouvait toutefois décemment pas se défiler. C'est donc avec un lourd soupir qu'il se leva, faisant un rapide détour par sa salle de toilettes, histoire de vérifier qu'il était un minimum présentable, se félicitant au passage d'ailleurs d'avoir daigné se raser ce matin-là, puis d'un geste vif, il attrapa le long manteau qui trainait dans l'entrée, et sortit, enfilant cette dernière alors que ses longs pas le menaient déjà devant les ascenseurs. Non pas que le petit nouveau allait mourir s'il avait quelques minutes de retard, mais quand bien même aucune heure n'avait été fixée pour ce rendez-vous avec Nosco, il préférait ne pas faire attendre son nouveau filleul.

On lui avait précisé que le nouvel arrivé attendait dans le secteur nord ouest, derrière le bâtiment des boutiques... ce qui n'était pas plus mal, puisque cette zone était ainsi assez près de l'Aedes d'où sortait tout juste Judikhael. Contournant donc rapidement le bâtiment, et prenant il partit vers la direction indiquée de son pas rapide. Il ne mit guère longtemps effectivement à repérer sa cible... enfin le nouvel arrivée, se fustigea-t-il mentalement, se forçant à penser en être civilisé et non plus en brigadier ou commandor.

Il fut toutefois plus qu'étonné en voyant le fameux nouvel arrivé. Homme, dans les quarante à cinquante ans, difficile à définir, un peu bedonnant, en tout cas mou des muscles, légère dépilation capillaire même si discrète, quelques cheveux grisonnants peut-être, un regard hagard, comme tout nouvel arrivé digne de ce nom... S'il avait l'habitude d'accueillir de nouveaux venus en plus de cent ans en Nosco, il devait avouer avoir rarement rencontré plus âgé que lui physiquement parlant. Et ce fait le laissa cois quelques instants, comme figés devant le portrait que l'autre lui offrait. Ce ne fut qu'en voyant l'autre, gouttant d'eau (avait-il plu aujourd'hui ? Judikhael aurait parié que non... ) et tentant de réajuster son maillot trop serré et peu seyant, qui ne faisait mouler que ses parties masculines ma foi fort bien proportionnées, que Judikhael sortit de sa soudaine léthargie.

- Bonjour, parvint-il enfin à articuler, se forçant enfin à l'action, tout en se raclant légèrement la gorge pour chasser la gêne qui venait de s'emparer de lui.

Il avait la désagréable impression de parler à ce qui aurait pu être... un oncle ? Pas tout à fait un père, leur différence d'âge physique n'était pas aussi marquée, mais.. Mais oui, elle était comme là, bien évidente, et un brin gênante soudain pour Judikhael.

- Je m'appelle Judikhael. Judikhael Wienfield. Bienvenue en Nosco. Mais vous devez avoir froid dans cette tenue. Tenez, mettez donc ça, proposa-t-il tout en tendant à l'autre son manteau.

A peine avait-il ôté son pardessus qu'il sentit une brise fraiche lui faire volter ses cheveux et rafraichir sa nuque soudain légèrement dénudée sous le vent. Oui, l'autre allait immanquablement attraper froid s'il restait ainsi... en simple slip... ou quoique ce soit d'autres...

- Vous devez sans doute être plus que perdu, et ne vous rappelez sans doute de rien. Nous sommes tous arrivés ainsi. Sans souvenir, ni du passé, ni de ce que nous étions. Vous êtes en Nosco, qu'on appelle aussi la cité de l'oubli. Nous avons tous tout oublié, et sommes comme.... enfermés ici, dans cette immense cité. Mais venez, ne restez pas là, je vais vous aider. Je suis ce qu'on nomme votre parrain. C'est moi qui vais vous guider dans les premiers temps et qui vais vous aider à vous faire une petite place dans notre communauté.

Se disant, il tendit à l'autre sa main, comme pour solliciter sa confiance et l'engager à le suivre ainsi.

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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Gustave Zoubi le Mar 22 Mar - 12:41

    Oh, merci, c'est vraiment gentil dites donc !

Agréablement surpris par la courtoisie de ce parfait inconnu, il ne songea pas même à se méfier, ou à se demander ce que l'autre pouvait bien faire ainsi vêtu dans un lieu de baignade. Tandis qu'il passait le manteau sur ses épaules humides – se frottant un peu pour se sécher au passage, sans trop se rendre compte de l'inconvenance de ce geste dans sa légère déstabilisation – il jeta un nouveau coup d'œil à la ville, conclut qu'il devait s'être trop éloigné de la zone de nage, et que l'effort trop grand qu'il avait fourni était à l'origine du trouble qui lui embrouillait présentement l'esprit. Satisfait de ces éclaircissements, il reprit contenance. Et s'il ne se présenta pas à la suite de l'autre comme lui aurait dû dicter sa politesse, ce fut pur oubli de sa part. Petit oubli, du à petit trouble.

Le Judikhael – il ne se rappelait déjà plus du reste du nom – lui parlait beaucoup pour quelqu'un qu'il venait juste de rencontrer, et disait beaucoup de choses saugrenues. Il l'écouta vaguement, un sourire poli aux lèvres, sans trop retenir les détails sinon le nom de Nosco. Ça allait lui revenir.

Quand l'autre, ayant fini sa tirade, lui tendit la main, il la fixa simplement sans trop comprendre. Le monsieur devait de toute apparence le prendre pour un enfant, ou pour quelqu'un de psychologiquement un peu retardé. Ah ! il ne pouvait lui en vouloir, car après tout sa situation n'avait pas l'air des plus régulières. Il eut donc un petit rire, un petit « allons ! » sur le bout des lèvres, et ne la saisit pas ; se tortilla juste un peu le pied de malaise. Pourtant quelque chose, au fond de lui, comme un ballon qui se serait mis à gonfler, gonfler au creux du ventre, jusqu'à bientôt englober étroitement la poitrine, quelque chose lui titillait les doigts d'une envie de la prendre, cette main, de s'y accrocher désespérément comme à la seule chose de stable dans un univers en plein écroulement. Tout allait bien, pourtant.

    Excusez-moi, j'avoue que vous m'embrouillez un peu : je cherche juste où j'ai bien pu laisser ma serviette et mes affaires. Je me baignaisil désigna le globe et l'eau qui s'y agitait, derrière lui – et je sais pas, j'ai dû tomber ! C'est idiot, hein !

Il eut un rire un peu goguenard, un peu stressé aussi. Puis, d'une voix qui contenait bien plus d'angoisse que ce qu'il aurait voulu en mettre, mais discrète derrière la jovialité de son ton :

    Ça va me revenir, mais là ça doit être le choc, alala, je suis perdu. Vous pourriez m'aider ?
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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Judikhael Wienfield le Sam 26 Mar - 12:49

Le coup du "Merci Monsieur, mais ça ira, je ne vois pas de quoi vous parlez, tout va très bien chez moi, donnez moi juste le chemin je vais m'y retrouver", on ne le lui avait encore jamais fait. Judikhael mit donc un certain temps, yeux fixés sur l'inconnu, avec une pointe de curiosité mêlée de fort étonnement (rajoutez-y un brin de dégoût quand il vit l'autre prendre son manteau pour une serviette), bouche légèrement ouverte comme si les mots hésitaient à franchir ses lèvres sans y parvenir, et vous aurez le tableau qu'offrait alors l'ex-commandor à cet instant.

Par Joshi, sur quel hurluberlu il était encore tombé ?! Croyait-on vraiment qu'il s'ennuyât à ce point ? Bon oui, d'accord, il s'ennuyait. Et ferme même, lui tant habitué à l'action et à l'adrénaline du danger (n'y aurait-il pas une petite attaque de créatures prévue dans quelques jours pour lui dégourdir les bras ?). mais de là à lui offrif ce.... cadeau empoisonné.

Et en plus il lui faisait l'impolitesse de lui refuser sa main ? Bon pour tout dire, vu là où l'autre l'avait fourré, valait mieux en un sens. Mais Judikhael était à deux doigts de considérer ça comme un outrage, comme un mépris... Si ce n'est que le bonhomme avait l'air de tout sauf méprisant. Des êtres hautains et méprisants, Judikhael en connaissait un paquet. Il n'y avait qu'à regarder les trois quarts des membres du conseil, et vous en aviez déjà de beaux spécimens. Non, celui-là n'était en rien méprisant. Maladroit assurément, et mal à l'aise ce qui était fichtrement normal. Mais pas méprisant. Plutôt affable et jovial même...

Judikhael choisit donc de ne pas s'offusquer de ce refus, et se contenta de reprendre sa main, la laissant pendre le long de son corps, tout en reportant toute son attention sur l'homme, les lèvres pincées tandis qu'il réfléchissait à comment faire comprendre à l'autre ce qui se passait. Difficile à expliquer d'ailleurs, quand nous ne savions pas totalement ce qui se passait au juste. Quel était ce monde ? d'où venaient-ils ? pourquoi avaient-ils tous perdu leur mémoire, leurs souvenirs ? Il ne savait répondre à toutes ces questions... Difficile alors de pouvoir faire comprendre à un nouvel inconnu ce qui se jouait alors vraiment.

Et l'autre lui désignait... l'enceinte ? L'enceinte était pour lui un globe d'eau ? Voilà qui était intéressant... Depuis le temps, Judikhael savait pertinemment bien que cette charmante enceinte prenait un aspect différent pour chacun. Peut-être pourrait-il d'ailleurs tenter de lui faire comprendre par là ? Moui, cela valait bien le coup d'essayer...

- Oui, je peux vous aider. je suis là pour ça , répondit calmement Judikhael, en dardant son regard azur sur l'inconnu. Et que vous ne vous souveniez de rien est tout à fait... hum... normal. Nous sommes tous arrivés ici sans rien nous souvenir. Je suis arrivé ici, comme vous, sans comprendre d'où je venais ni qui j'étais. Vous souvenez-vous de votre nom ? Je parierai que non. Comme tout le monde ici, comme moi à mon arrivée. Votre serviette ? Je ne sais pas où elle est, mais elle n'est pas ici et vous ne la trouverez pas. Où est-elle alors ? Je n'en ai aucune idée, et je suis sûr que vous ne vous en souviendrez pas non plus.

Qu'il était dur de mettre des mots sur cet étrange phénomène qui les frappait tous.

- Il me sera difficile de vous expliquer ce qui se passe, car peu le savent vraiment en fait. Tout ce que je sais c'est que nous arrivons tous ainsi, en ayant tout oublié et dans des circonstances souvent étranges. Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas. Par contre je peux vous dire où vous êtes. Vous êtes dans une ville qu'on appelle Nosco. Ce... globe d'eau dont vous parlez est en fait... l'enceinte. Oui, l'enceinte, car en fait cette ville est fermée. Nous sommes comme... prisonniers... de cette ville. Vous pourrez chercher à en sortir autant de fois que vous le souhaitez, je doute que vous parveniez à en trouver une issue. Pourquoi ? Encore une fois je ne sais pas. Mais peu de personnes ont trouvé comment sortir. Et celles qui l'ont trouvé ne sont pas revenues pour nous le dire...

Une forte inspiration, un regard sceptique vers l'inconnu.

- Vous avez du mal à me croire, n'est-ce pas ? Tenez. Ce globe d'eau... cette enceinte... Figurez-vous qu'elle prend un aspect différent pour chacun. Pour moi... C'est un mur de ronces.

Voilà bien une révélation qu'il avait rarement faite. Il parlait rarement de ce que l'enceinte représentait pour lui. Très rarement. Mais il ne savait plus très bien comment expliquer la situation à l'autre si ce n'est en évoquant ce que l'autre prenait pour... un globe d'eau. Peut-être que s'il comprenait que ce globe d'eau n'était pas véritablement de l'eau...

- Regardez , intima-t-il, tandis qu'il s'avançait vers ladite enceinte et en approchait la main, avec une moue de dégoût.

Une main qui bien vite se fit entailler par ce qui était une ronce aux yeux de Judikhael mais ce qui devait être... invisible... ou un globe... pour l'autre.

- Vous voyez ? Comment un globe d'eau pourrait donc me blesser ? Demanda-t-il en tournant sa main ensanglantée vers l'autre. Ceci , reprit-il en désignant l'enceinte, n'est pas un globe d'eau, n'est pas véritablement là d'où vous venez. Ceci est une enceinte, nous empêchant de sortir de cette ville, et cette enceinte prend un aspect différent pour chacun d'entre nous. Pour chacun...

Oui, il savait, il se répétait. Et non, ce n'était nullement un énième problème mental. Il cherchait juste à faire ancrer ses mots dans la tête de l'autre.

- Est-ce que..; vous comprenez ?

Etait-ce une pointe désespéré qui teintait soudain sa voix comme prenant peur que l'autre n'ait toujours pas compris ? Avait-il effrayé le nouveau venu avec tout son laïus ? Mais effrayé ou non, il devait de suite comprendre. Sinon la suite serait infernale...

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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Gustave Zoubi le Dim 27 Mar - 15:55

Quelque chose le dérangeait chez l'autre, sans qu'il pût bien définir quoi : une hauteur, peut-être, dans une insistance qui ne se justifiait pas, ou trop d'assurance au sein de ce ton patient. Pourquoi le harceler ainsi ? Il voulait juste rentrer chez lui, en un lieu confortable et sec, se vautrer près d'une source de chaleur et rire avec le recul de cette mésaventure dont il ne tarderait pas à se rappeler les détails. Tout autres, à n'en pas douter, que ce que lui déblatérait à nouveau le... Judimachin.

    ... me souvienne de rien... ! C'est juste un momentané...

Il marmonnait, et l'autre continuait ses insanités. Il lui fallut donc bien se taire, et écouter sagement – mimant d'un permanent haussement de sourcils la plus grande fascination, mais trop exagérée pour qu'en dessous ne perce pas l'incrédulité goguenarde qui le traversait réellement. Ça n'en finissait pas.

À mesure que les prétendues explications pleuvaient, entre deux idioties – prisonniers d'une ville ! Ha ! – comme il réfléchissait, cherchait au fond de sa cervelle un peu atrophiée de quoi prouver son tort à l'inconnu, il ne put que se rendre à une triste évidence : rien, absolument rien ne venait. Un néant sans nom barbotait dans sa conscience, et il avait beau y plonger la main, trifouiller tant qu'il pouvait, il ne se trouvait vraisemblablement pas là le moindre écho d'information, encore moins de souvenir.

Décidément, sa chute avait dû être plus violente qu'il ne l'avait d'abord soupçonné ! Faussement guilleret en lui-même, il maintenait la théorie pourtant déjà fortement bancale d'une perte de mémoire momentanée, qui ne manquerait pas de s'arranger d'ici peu.

    Vous avez du mal à me croire, n'est-ce pas ?

Il se contenta d'un faible sourire, l'air contrit, car il ne voulait pas vexer le brave homme : tout ça était encore un peu trop farfelu. Cependant le ballon remuait, tanguait même, et répandait un froid de plus en plus intense sur ses pauvres organes. Le soupçon d'une angoisse, quoique non encore tout à fait admise, s'apprêtait à lui déranger toute la physiologie.

Hélas, l'absurdité avait de toute apparence doté son Judi-serviteur d'armes qu'il ne pouvait contredire, même avec toute la bonne volonté du monde. Son premier réflexe à la vue du sang qui, comme surgi de nulle part, couvrit la main du fou, fut de croire que le globe de verre s'était en cet endroit éméché ; mais quand il s'en approcha et le tâta précautionneusement, il ne trouva pas la moindre entaille sur sa surface parfaitement lisse.

Ses méninges eurent beau grincer sourdement, elles ne purent rien contre la vague d'angoisse qui, définitivement libérée, le submergea jusqu'à le laisser couvert d'une nouvelle couche de sueur froide, et doté d'une toute neuve et vive nausée. Il chercha encore, désespérément, dans ce brouillard informe qu'était devenue sa mémoire, mais à y trop regarder ne put que constater plus encore l'absence des plus essentiels renseignements : les couleurs s'enfuirent de son visage tandis qu'il réalisait qu'il ne savait pas même, comme l'autre l'avait si sournoisement prédit, son propre nom.

C'est ainsi que, enfin, il dut bien admettre que tout ça devait être vrai, et ne put plus douter qu'il ne se connaissait pas lui-même. Alors... qui était-il ?

    Bon, écoutez, admettons !

Encore un de ces insupportables rires nerveux lui secoua les épaules. Seule manière qu'il eût trouvé pour se sauver de la folie : il voulait désormais bien croire, un court instant, à quelque délire fantastique, mais seulement dans l'optique que tout allait s'arranger, qu'il allait se réveiller, ou réaliser soudain une explication plausible et concrète qui dans l'immédiat lui échappait. Alors il admettait, pour l'instant, attendant de voir ce qui devait advenir sur le long terme. L'angoisse le laissait mou, presque docile : soit, tout croire, tout suivre – jusqu'à ce qu'elle le libère de son étreinte assommante.

D'une petite voix :

    Alors je fais quoi, maintenant ?
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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Judikhael Wienfield le Mer 30 Mar - 12:32

Moui, c'est ça, momentané, ne put s'empêcher de penser Judikhael, se gardant bien toutefois de dire ses pensées à haute voix. Bon visiblement l'autre n'était pas prêt d'accepter encore ce fait. Pas totalement du moins même si ca y est, le doute commençait sérieusement à s'immiscer dans l'esprit du nouveau venu. Il trouvait ce déni à la fois... étrange et normal.

Etrange car... Après tout, il ne se souvenait de rien, exactement comme Judikhael le lui avait expliqué non ? Il aurait donc dû se rendre à l'évidence ? Et l'instinct de survie aurait dû emporter toutes ses autres craintes pour se mettre à l'abri du froid et de cette enceinte qui généralement faisait peur... non ?

Normal, car... Qui n'avait pas paniqué en comprenant que tout avait été comme effacé, oublié, qu'il n'était que oubli, qu'il ne se souvenait plus de rien pas même de lui-même ? Tout le monde avait eu son moment de panique, même si pour certains (lui en l'occurrence) ca avait été un peu à retardement. Il n'était pas courant que cette crise de panique soit si rapide et s'exprime si violemment dans le déni total. Mais après tout... Et qui ne paniquerait pas en se disant que toutes ces années à vivre, à partager avec ceux qui avaient été les siens, sa famille ou ses amis, étaient comme perdues ? Et au vu de l'âge de l'homme lui faisant face, autant dire qu'il y avait pas mal d'années. Sans doute était-ce plus difficile pour les personnes âgées ?

Il avait effectivement entendu dire que plus la personne paraissait âgée d'apparence, plus le choc était rude, et plus l'adaptation était difficile. Lui-même, qui était dans la tranche d'apparence plus âgée, la moyenne d'âge d'apparence se situant plutôt dans les vingt à vingt-cinq ans, avait eu un grand mal à accepter Nosco. Il s'était alors replié sur son rôle, sa fonction, la Brigade. Les combats, l'adrénaline le danger... Il s'y était jeté à corps perdu pour ne pas penser à ce qu'il faisait là. D'ailleurs, il était un des rares parmi les plus anciens à ne pas avoir accompli la quête de son passé, à n'en avoir que des bribes et encore... Si on prenait en considération ce fait, l'homme étant plus âgé que lui en apparence, même si pas en expérience, allait avoir un sacré mal à s'adapter...

Ce fut ses réflexions plus que la bonhommie de l'autre, qui parvinrent à le convaincre de faire montre d'un minimum de patience. Et de se taire face aux mimiques clairement moqueuses que l'homme lui offrait. Qu'il se moque, qu'il se moque... Mais quand la réalité des faits le rattrapera, nul doute que la chute sera plus rude encore. Et là, Judikhael tentera d'être là.

Judikhael fut toutefois rassuré d'entendre ce "admettons". Dit à contre-coeur certes, mais dit quand même. C'était déjà un pas. Ne pas réagir à ce rire, ne rien dire, laisser dire, se contenta de se répéter Judikhael tel un mantra attendant, aussi stoïque que possible que l'autre se calme. La psychologie n'était pas son fort. Et lui-même avait d'ailleurs assez de ses propres soucis psychologiques, voie psychiatriques selon certains, pour ne pas s'en rajouter d'autres. Cette situation délicate lui demandait toute son attention, toute sa concentration, pour ne pas encore se perdre dans les méandres de son propre esprit. Nul doute qu'il aurait un mal de crane de tous les diables, d'ici la fin de la journée. Longue journée en perspective alors...

― Alors je fais quoi, maintenant ?

- Venez, nous allons déjà trouver de quoi vous éviter d'attraper la mort.

Se disant, il fit signe à l'homme de le suivre, se dirigeant d'un pas aussi serein que possible vers le bâtiment administratif.

- Si vous avez mal où que ce soit, dîtes-le moi. Si vous vous sentez bien physiquement, nous allons au bâtiment administratif. Nous y trouveront de quoi vous vêtir. Et nous allons devoir passer par quelques étapes... administratifs un peu lourdes et rébarbatives mais c'est pour ensuite vous aider au mieux à vous intégrer ici.

Ils venaient de s'écarter de l'enceinte et de contourner le bâtiment des boutiques, arrivant enfin en vue de la cour intérieur.

- Voici Nosco. Une cité entièrement fermée, comme je vous le disais. Sa superficie n'est pas très grande, mais elle fait quand même quelques kilomètres. Là, ce sont les boutiques, désigna-t-il en montrant le bâtiment sur leur droite. Et là c'est ce qu'on appelle l'Aedes, le bâtiment où sont la plupart des logements.

Il désignait cette fois le bâtiment sur leur gauche.

- Tout là bas c'est ce qu'on appelle l'Intendo, un bâtiment où vous trouverez nombre de renseignements, continua-t-il, avançant doucement pour se cale sur la vitesse de l'autre homme, tout en désignant un bâtiment au loin, sur leur droite, qui trônait dans le U formé par l'enceinte de bâtiment. Et là où nous allons, vous trouverez le bâtiment administratif, celui dans lequel nous nous rendons, et à côté le sapientia, le bâtiment médical, où vous pourrez vous rendre au moindre souci de santé. Tout ceci fait beaucoup d'informations, je sais, mais si vous ne les retenez pas toutes ce n'est pas grave, vous aurez l'occasion et le temps de vous habituer aux lieux. Nous referons une autre visite quand vous serez un peu mieux si vous voulez et vous aurez tous les plans nécessaires.

Il jeta un regard en coin à l'homme qui marchait à ses côtés, tentant d'évaluer ses réactions. En vain.

- Et puisque nous ne connaissons pas votre nom, nous allons devoir vous en choisir un. Vous avez une idée quelconque ? Une envie ? ou vous préférez que je choisisse ?

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Re: Floc, floc, floc, qui va là ?

Message par Gustave Zoubi le Sam 2 Avr - 12:25

Il trottinait comme il pouvait derrière l'homme, mais l'état quelque peu tremblotant de ses jambes l'empêchait d'aller bien vite. Il serrait le manteau autour de lui car, quoiqu'il n'y eût pas de vent, le simple fait de fendre l'air à plus de deux kilomètres par heure transformait l'humidité de sa peau en la sensation du léchouillage méticuleux d'une langue de glace tout le long de son corps. Frissonnant, il se fit la réflexion qu'il aurait été nettement plus à l'aise s'il avait pu ramper plutôt que d'avancer ainsi dressé, mais quelque chose l'empêchait de se livrer à cet instinct, une sorte de petite censure que quelque mécanisme irritant appliquait directement à ses membres sans passer par la case explicative de sa conscience. Un autre mystère à résoudre.

    Oh, je n'ai pas mal, juste un peu froid ! fit-il avec un petit rire nerveux.

Il n'ajouta pas qu'il considérait cette absence de douleur comme simple engourdissement du au froid, car, avec la chute qu'il avait dû faire depuis le globe d'eau duquel il était de toutes évidences tombé, quelques contusions semblaient inévitables. Mais l'homme prétendant... ou voyant réellement dans sa psychose une étendue de ronces au lieu de l'eau qui y était pourtant, il se serait peut-être agacé de ce genre de remarques. Et l'agacer ne devait pas être pour l'instant dans ses meilleures options !

Il regarda une dernière fois en arrière alors que le globe disparaissait déjà de sa vue, pris soudain d'un petit pincement au cœur qu'il ne sut expliquer. Était-ce là l'écho d'un regret, qu'il sentait frétiller dans sa poitrine ? Il n'eut hélas – ou heureusement, qui sait ? – pas l'occasion d'approfondir davantage, mais fut happé d'une bouchée par les rues, les 'boutiques', et une déferlante de noms dont le détail lui échappa aussitôt qu'il eut atteint sa cochlée.

Une ville, alors ; et une ville-prison, piégée sous l'océan, s'il comprenait bien. La théorie du rêve, ou plutôt du cauchemar en l'occurrence, s'appliquait de mieux en mieux. Une maison de fous aux gardiens carnivores n'aurait pas eu meilleur effet ! Seul le froid, la présence bien trop vivace de cette sensation physique, niait à coups de frissons sournois cette possibilité. Il se sentit perdu, dans tous les sens du terme. Et l'autre ne l'aida pas en remettant sur le tapis la question si vicieuse d'une identité dont il ne lui restait – pour l'instant – rien.

    Un nom... ? Comme ça, là, tout de suite ?

Il ne se sentit pas s'arrêter de marcher, de même qu'il ne s'aperçut pas, dans sa réflexion inquiète, que c'était la première fois qu'il fixait vraiment son interlocuteur en face, sans ciller, sans détourner les yeux en ricanant. Un nouveau frisson le traversa qui n'avait cette fois pas la température pour origine – mais il tâcha d'ignorer le malaise soudain que lui inspira l'apparence sensiblement spartiate de l'homme, battit deux fois des paupières et se reprit comme il put :

    Euh.

Ça n'était pas glorieux. Des prénoms lui venaient, tournaient dans sa tête comme un brouillon de liste au milieu de laquelle il n'y aurait eu qu'à piocher. Il hésitait cependant, se demandait d'où venaient tous ces prénoms qu'il connaissait en tant que tels, de même qu'on sait appeler son pied un pied en en voyant gigoter les orteils, mais sans que jamais le moindre visage, la moindre sensation ne s'y associe. Tout était égal, dans cette marmite de mots, les Jérôme valaient les Bernard et les Christian, les Arthur et les Simon, les Adam et les Maximilien, les...

Un semblant de sursaut lui contracta la nuque lorsque tourbillonna sous son front une impression presque familière. Ou n'était-ce qu'un hasard, une simple question esthétique, parce que la chose sonnait comme « dégustation » et « gustatif » et que ça donnait l'eau à la bouche ? Du moins n'hésita-t-il pas plus longtemps.

    Gustave, ça me dirait bien !

Une seconde de pause tandis qu'il se forçait à ramener les yeux sur l'éclat si dur de ceux d'en face.

    Mais vous, excusez-moi, vous m'avez dit le votre, de nom, mais je l'ai... Il buta un instant sur le mot, fronça le nez pour se reprendre. ... oublié... ?

Gustave dévoila les dents d'un air navré.
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Message par Judikhael Wienfield le Jeu 14 Avr - 12:32

Quand l'autre lui posa la question du "là tout de suite", Judikhael eut un mouvement d'arrêt, un peu forcé sans doute par l'arrêt que l'homme venait de marquer. L'autre était-il niais ? Ou... niais ? Oui, là tout de suite... Il lui demandait de choisir un nom, ce n'était pas pour faire joli ou pour s'amuser à il ne savait quel jeu de rôle, mais pour pouvoir le nommer convenablement dans une conversation décente ! A moins que l'autre aimait tant que ca qu'on l'appelle l'autre ? D'ailleurs, l'espace d'un instant, Judikhael fut bien tenté de lui proposer ce nom. Lautre. Ca ferait genre... Genre perdu et niais. Exactement ce que semblait être "l'autre"...

Mais non, il était mesquin et cruel de se montrer si sarcastique. A croire que de côtoyer trop souvent Anna ou le Haut Conseil commençait à déteindre sur lui... Ou peut-être était-ce un aspect de sa personnalité qu'il avait enfoui en lui et qui soudain ressurgissait face l'agacement que lui inspirait "l'autre" ? Oui agacement. Ou peut-être se faisait-il tout simplement trop vieux dès lors pour avoir la patience d'accueillir convenablement un petit nouveau ?. Fort possible en y réfléchissant bien. Après tout, comment pouvait-il encore se mettre à la place d'un nouvel arrivé, lui dont la venue en ce monde étrange remontait à plus de cent années ?!

Ses souvenirs d'alors, de cette période troublante et éprouvante, remontait à tant... Ils étaient comme estompés, voire certainement bridés, floutés, tronqués. D'autant plus que dans son cas, ils étaient associés à Yan, ce traitre de Yan, qu'il aurait bien voulu oublié alors. Oui, oublié, n'ayons pas peur des mots, pensa-t-il en entendant l'autre buter sur ce simple petit mot. Six petites lettres de rien du tout. Simples, anodines séparément, mais qui mises ensemble semblaient alors former un tout impossible, inconcevable, horrifique... L'oubli. Tout oublier, même soi-même. Six petites lettres qui devenaient alors bien cruelles : oublié.

- Osez donc le dire ce mot : oublié, fit-il d'ailleurs à haute voix en regardant l'homme en face, droit dans les yeux. Nous avons tous tout oublié. Et il faut vivre, avancer, avec ce fait.

Se disant, il reprit son chemin, incitant l'autre à le suivre 'un simple mouvement de tête.

- Gustave vous va très bien, concéda-t-il, trouvant que l'homme faisait très... gugusse...

Arf encore ce côté sarcastique. Heureusement que l'autre ne semblait pas savoir lire dans les esprits, sinon nul doute qu'il serait bien déçu de son parrain et de cet accueil plutôt... glacial...

- Vous avez une idée de nom ? Je veux dire juste Gustave ca ne va pas suffire. Mon nom par exemple est Judikhael Wienfield. Abrégez par Judi si cela vous parait trop long, même si je n'aime guère ce genre de surnom.

Mis à part celui qu'Artémia lui avait donné, il n'aimait guère qu'on se permette de lui donner le moindre surnom en effet. Il aurait bien volontiers dit à Gustave de l'appeler Wienfield, comme beaucoup faisait, mais il avait peur qu'avec son peu de mémoire ledit Gustave déforme encore son nom. Juste Judi ca devrait être facile à se rappeler non ?

- Je pense que nous allons aller finalement directement au sapientia, le centre de soins. Je demanderai là bas à quelqu'un de vous trouver de quoi vous vêtir. Vous n'avez pas l'air en grande forme.

Etait-ce le froid ? Etait-ce la peur ? L'appréhension ? Toujours était-il qu'il trouvait que le Gustave n'allait pas bien. Aussi bien physiquement d'ailleurs (peut-être que son âge physique avancé n'arrangeait pas les choses ?° que mentalement (il pouvait concevoir que l'autre peine à le croire mais tout de même !)

Et quelques longues minutes plus tard, après une traversée lente qui avait paru à Judikhael interminable, ils entrèrent enfin au sapientia, quelques personnes le saluant ou se retournant sur son passage. Le voir avec un hurluberlu à peine vêtu, même si visiblement nouvel arrivé, devait de toute évidence faire effet. Il eut d'ailleurs une petite pensée pour Gustave qui, dans son malheur, venait d'hériter d'un parrain assez connu et donc aurait du mal à passer totalement inaperçu comme il semblait pourtant vouloir le faire.

- J'aimerais une consultation prioritaire pour ce nouvel arrivé qui n'a pas l'air bien, fit-il de son ton habituel de commandement, alors qu'il venait d'arriver devant une jeune femme chargée de l'accueil.


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Judikhael Wienfield
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