En Attendant Grippaux

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En Attendant Grippaux

Message par Anna Heidelberg le Lun 4 Avr - 9:33

    Une journée normale se profilait à l’horizon. Ou du moins, c’était ce qu’Anna pensait quand elle voyait son programme sans grand enthousiasme, malgré l’annonce que son collègue et compatriote Kim lui avait faite peu auparavant. Des risques de nouvelle épidémie, disait-il ? Et quelle épidémie ? Lorsqu’il avait annoncé ça, on aurait presque pu voir le visage d’Anna s’éclairer d’un immense sourire ravi : une épidémie, de préférence d’un virus bien compliqué avec à la clé longues recherches fastidieuses, angoisses de ne pas parvenir à découvrir la cause de l’épidémie avant la mort de toute la cité, danger permanent et autres petites choses du même acabit qui faisaient à ses yeux quelques rebondissements dans son ennuyeuse carrière. Certes, ce n’était peut-être pas la meilleure manière de voir les choses, surtout quand on prenait en considération le fait que des vies humaines doivent y rester… Enfin soit.

    De toute manière, elle avait très vite déchanté : ce qu’elle espérait être l’arrivée en force d’un virus inconnu et terriblement meurtrier ne serait qu’une… ah, avoir à dire le mot la rebutait, tant c’était frustrant ! Une misérable épidémie… de… grippe. Une bête grippe banale, du genre de celles qui frappent l’entièreté des populations chaque hiver et la clouent au lit avec trente-huit de fièvre, quelques frissons, une petite toux et le nez qui coule. Dramatique, n’est-ce pas ? On en pleurerait presque. Anna, du moins, n’en était pas loin : elle qui avait espéré remuer la fange de son quotidien et découvrir un peu de bonheur là-dessous venait de se ramasser la monotonie en pleine tronche avec les salutations de monsieur le Destin. Ok, elle aurait pu le prendre, le retourner et lui dire sa façon de penser, mais pour cela, il aurait fallu l’attraper. Et tout le monde sait bien qu’attraper le destin, le saisir à la face, ce n’était pas franchement la chose la plus facile à faire… enfin, je dis ça, je dis rien, hein !

    Il fallait donc se résigner à une épidémie des plus courantes, avec des gestes tout aussi courants et des symptômes tout aussi anodins : toux, fièvre, quelques frissons, quelques éventuelles douleurs musculaires. Un bon grog et puis voilà, expédiée, la maladie ! C’était l’affaire de quelques jours tout au plus ! Quelques jours où les infirmiers du Sapientia ne pourraient pas prendre de congé parce qu’il faudrait bien prendre les températures rectales de dizaines de gens, synthétiser les milliers de comprimés et autres médicaments, préparer les repas et faire la vaisselle, analyser les résultats sanguins de certaines personnes à risque, et autres joyeusetés qu’elle ne mentionnerait pas ici de peur d’ennuyer le lecteur de ce RP. Il fallait se résigner, donc, à quelque chose qui ferait le bonheur des patients (« non monsieur, votre maladie n’est ni rare ni mortelle : dans le jargon, on appelle ça une grippe ; et dans le vocabulaire courant, on appelle ça une grippe aussi. Vous n’allez pas en mourir, voyons, vous souffrirez quelque peu quelques heures, quelques jours dans le pire des cas, et puis tout ira mieux dans le meilleur des mondes, vous serez capable de danser sur la tête en jouant des castagnettes avec les pieds, ça vous va ? »), à savoir ne pas mourir tout de suite. Ca agaçait le scientifique en elle. Tant pis.

    Le matin de cette journée normale avait été tout aussi normal qu’à la normale, normal non ? Levée de bonne heure. Déjeuné de bonne heure avec deux cafés forts (à l’allemande, des cafés tellement serrés que la cuillère tient debout dedans) et une barre protéinée aromatisée à la poire, barre dont l’arrière-goût de chimie était indiscutable. Marché jusqu’au Sapientia en chantonnant un air improvisé. Presque couru dans son bureau fumer une cigarette à l’eucalyptus tout en se penchant à la fenêtre. Enfilé sa combinaison de médecin avec un sourire (plus exactement un rictus ironique) en coin à l’idée de vivre une journée parfaitement normal. Ecouté l’annonce de Kim avec un intérêt décroissant. Presque soupiré en voyant la banalité de l’affaire. Failli se pendre à une poutrelle. Manque de pot, y’en avait pas, et le suicide par médicaments ne la tentait pas plus que ça. Laissé tomber l’idée de se pendre. Abandonné tout espoir de lutte contre cette fichue fatalité. Décidé de faire son job comme on le lui demandait. Offert un biscuit à Kim pour le petit déjeuner bis. Et dévalé les escaliers direction salle d’attente.

    Un vrai désert, la salle d’attente. Pas un chat, pas un rat excepté Steve qui avait l’heur de partager la poche de Kim malgré tous les soucis d’hygiène que cette bestiole pouvait bien créer. A se demander ce qui avait bien pu traverser les neurones du chercheur, par moments… comme au moment où il avait décidé d’adopter cet animal qui de svelte et alerte qu’il était au début de son existence se retrouvait empâté à coups de biscuits et de pain synthétique grillé. Confortable vie pour cette bête ! Elle n’en demeurait pas moins un important facteur de transmission de virus en tous genres, bien que Kim assurât en permanence que ce rat était parfaitement désinfecté. Un jour, ça allait être la cata à cause de cette bête, elle le sentait venir gros comme la tour du Capitol. Bref.

    Anna se disposa donc à patienter, comble du comble pour un médecin qui normalement reçoit les patients (qui eux patientent) au lieu de les attendre toutes seringues sorties comme un fauve à l’affût, guettant l’arrivée de la prochaine proie plus innocente que l’agneau. Mais dans un premier temps, rien ne vint. Epidémie, mon œil ouais ! Si épidémie il y avait, il y aurait dû avoir un afflux de patients colossal ce matin. Sept heures trente. En fait, la cause de l’absence des patients ne pouvait qu’être l’heure matinale (en général, quand on est malade, on dort comme une masse), mais Anna éprouvait le besoin machinal d’attribuer son ennui à quelque chose qui soit moins intangible. En l’occurrence, son malheureux collègue qui avait commis l’irréparable bourde consistant en lui donner de faux espoirs. Elle en était là de ses pensées lorsqu’elle vit débouler dans les lieux d’abord son collègue Isaac, suivi d’un autre type qu’elle n’avait pas encore trop fréquenté. Et bientôt suivi d’un patient. Enfin !!!

    [HJ : désolée, c'est fort court Embarassed]

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Re: En Attendant Grippaux

Message par Aaron Smith le Lun 4 Avr - 20:45

Aaron se sentait un peu patraque, ce soir-là. Comme un lendemain de fête, la bouche un peu pâteuse et une légère douleur à la tête. Rien de bien grave, toutefois, et il ne s'en inquiéta pas : il n'était pas rare qu'un surplus de soleil, ou simplement une fatigue légèrement exacerbée le rende un poil malade. Kim avait coutume de dire qu'il était maladif et pas très résistant, et qu'il lui fallait se reposer pour aller mieux. Alors, il s'apprêtait à fermer son ordinateur pour se coucher « tôt », lorsqu'il reçut un mail. Un mail ? A minuit passé ? Empli de curiosité – c'était sans doute une urgence, ou bien un spam qu'il supprimerait sans hésiter – il ouvrit sa boîte mail, et y jeta un coup d'oeil. Joshi. C'était Joshi qui lui avait laissé un message. Surpris et ravi, il double-cliqua sur le lien et l'ouvrit avec envie. En quelques secondes, il lut le message, qui lui rappelait étrangement ces suites de codes que Shane lui avait envoyées par le passé. Ni plus ni moins qu'un message codé. Il n'en aurait pas pour longtemps

« Bonsoir Aaron...

Tu me reconnais ? Je suis Joshi, un nom dont tu dois te souvenir maintenant... Je t'ai contacté il y a peu et ai été très satisfait de la manière dont tu as répondu à mes exigeances... Aussi vais-je te donner un second défi. Aaron, je vais te demander de déchiffrer ce code et de répondre à sa question :

QL JVTTLUJL WHY BU "L". QL TL ALYTPUL WHY BU "L". QL UL JVUAPLUZ XB'BUL SLAAYL LA WVBYAHUA QL UL ZBPZ WHZ SH SLAAYL "L". XBL ZBPZ-QL ?

A toi de jouer, Aaron... et ton passé se révélera... »
Hum... Il avait déjà eu quelque chose à traduire de ce genre. Dans son esprit affûté, bien qu'embrumé par ce fichu mal de tête qui persistait, le nom du code revint. Code César, un simple décalage de lettres... sans hésiter, il se glissa sur alpha, pianota quelques secondes pour coder rapidement un programme conçu sur le plan de ce code et y copia/colla le message. Il ne lui en fallut pas plus pour que la réponse s'affiche, et un sourire ravi naquit sur ses lèvres. C'était parfait, Joshi serait content, et lui enverrait sans aucun doute une bribe plus conséquente de son passé, d'une manière ou d'une autre. Lui révélerait-il ce qu'il avait été par mail aussi, ou bien d'une façon plus magique, comme divine ? Excité, il rédigea une rapide réaction, et la lui envoya.

« Bonsoir, Joshi...

Je suis informaticien, et mon maître fait un travail remarquable à mon sujet. Voici donc la solution de votre énigme :
"Je commence par un "E". Je me termine par un "E". Je ne contiens qu'une seule lettre, et pourtant, je ne suis pas la lettre "E". Que suis-je ?"
C'était une enveloppe, bien sûr.
J'attends de vos nouvelles, Ô Guide Sacré.

Smoothie. »


Un sourire, ravi. Aaron resta devant l'écran, attendant une réponse, une illumination, ou quoi que ce soit qui l'avance... Il était dans son lit, mal installé... Et c'est ainsi qu'il s'endormit, sur son ordinateur, froissant une fois encore un costume qui aurait pu être simplement pendu à un ceintre... Sans doute que cette position et le manque de sommeil étaient à l'origine du malaise qu'il sentait le lendemain matin, des courbatures et des maux de tête qui frappaient ses tempes avec une désagréable régularité. Oh, cela n'avait rien à voir avec ses douleurs habituelles, celles dues à sa photosensibilité... Mais il se sentait si mal qu'il envoya un message à Shane pour lui dire qu'il ne viendrait pas ce matin-là, pour cause de maladie, et se rendormit simplement.

Seulement voilà. Loin de s'améliorer, ses maux s'amplifièrent, lui donnant un étrange tournis... Et la désagréable impression que le monde n'était plus qu'un bateau ballotté par les flots, ce qui, au lieu de le faire dormir comme un bébé bercé par le parquet, s'entêta à lui donner l'impression d'aller mal, et peut-être même une envie de vomir... Ou de mourir pour que cet insupportable ballottement s'arrête. Qu'importe, pourvu que quelqu'un rétablisse l'ordre normal des choses et arrête de remuer un monde qui n'avait rien à faire sur une mer énervée. Cessez donc de la polluer, elle n'aime pas ça, et c'est ce pauvre Aaron, si faible, qui se retrouve obligé de payer ! Résolu, donc, à cesser de dormir et à se rendre directement au Sapientia – lieu qu'il connaîtrait bientôt mieux que les médecins eux-même, vu la fréquence de visite qu'il s'imposait – il se redressa...

Oooh, par Joshi, que ça tanguait tout ça. Etait-ce un souvenir ? Un signe qu'il avait été marin ou quoi que ce soit dans ce genre ? Ooooh, nan, ce malaise ne pouvait être qu'une maladie. Et heureusement qu'il avait la perspective de revoir Kim, parce qu'il aurait sinon été d'une mauvaise humeur frôlant l'indécence... Incapable de se résoudre à se préparer normalement - la simple idée de lever ses bras pour se débarrasser de sa chemise toute froissée le faisant tourner de l'oeil - il prit quand même le temps de faire un détour dans la salle de bain et de poser ses lentilles sur ses iris, au prix de quelques doigts dans l'oeil et des larmes allant avec... Il avait vraiment une salle tronche : pâle, de larges cernes pochant ses yeux, ses cheveux en bataille et... Un peu plats, comme s'il avait transpiré pendant sa trop courte nuit, et qu'ils avaient décidé de garder cette allure sans aucune tenue... et je ne vous parle pas de ses vêtements froissés et de son odeur qui était belle et bien celle d'un malade. Car tout le monde sait que les malades ont cette senteur ressemblant vaguement à celle d'un hôpital... En un mot, désagréable.

En temps normal, il ne serait jamais sorti ainsi, mais c'était une circonstance particulière. Et le sol s'obstinait à tanguer dangereusement, si bien qu'il n'osa plus quitter les murs, s'y déplaçant avec un malaise évident. Au moins, comme ça, s'il venait à vraiment tomber, il pourrait se fracasser le crâne contre un morceau de ces pierres dont il ignorait la nature. Oui, c'était un réflexe idiot, mais il se sentait plus à l'aise en ayant la possibilité de s'appuyer contre le mur si jamais le besoin lui venait. Se déplaçant dangereusement donc, le souffle court, il marcha en crabe jusqu'au Sapientia, baissant la tête pour cacher ses yeux quand il traversa la Cour Intérieure. Il était évident que ça n'allait pas. Heureusement, Kim serait au bout, et quand Kim était là... Tout ne pouvait qu'aller bien.

Enfin, il pénétra dans le Sapientia, derrière un homme qu'il avait déjà vu – un médecin. L'heure matinale voulait que le lieu soit peu fréquenté, pourtant, son regard voilé par la fatigue et la fièvre (avait-il de la fièvre, comme nombre de grippés ?) survola l'endroit, avisant tout ce qu'il pouvait. Il tomba rapidement sur la blouse blanche d'une femme. Une docteur, elle aussi. Il grogna et s'approcha d'elle, à défaut de mieux, dans le but de demander à voir Kim. Après tout, il n'y avait que Kim qui avait le droit de s'occuper de lui, n'est-ce pas ? Même si se faire voir dans cet état pouilleux n'était franchement pas à son avantage. Mais bref, il tituba donc vers Anna, s'arrêta à une distance qui lui semblait raisonnable – n'était-elle pas dérangée par ce roulis incessant, elle aussi ?! - et sourit, difficilement. Il allait maintenant lui falloir trouver de la voix. Raclement de gorge, longue respiration, et il parvint enfin à dire, d'une voix rauque et lasse, fatiguée et maladive :

« Bonjour... Je voudrais bien voir Kim, s'il vous plaît. J'me sens pas bien. »

Impolie, une telle demande... S'il avait su.
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Re: En Attendant Grippaux

Message par Isaac Lawrence le Sam 9 Avr - 18:15

    Bleu ! Ca devenait bleu ! Cette fois c’était sûr ! Ce concombre synthétique allait mourir né ! Foi de Lawrence ! Bon sang, mais c’était bleu ! Son indicateur ne pouvait pas le tromper. Il avait séparé les molécules, analysé cette lamelle de concombre sous toutes ses coutures et cette fois il le tenait ce virus ! Il était persuadé que ce concombre était la source et cette fois il en avait la preuve : c’était bleu ! Il prit son tube à essaie, saisi sa canne et clopina jusqu’à l’ascenseur. Il fallait arrêter le massacre ! Comment ça ce concombre n’était pas encore commercialisé ? Qu’importe ! Il allait l’être, et ceux de la fabrique d’aliments synthétiques qui avaient probablement goûté ! Il adressa un regard assassin à son tube à essais. Maudit soit-il, il allait payer ! Et cher !

    « On arrête la fabrication du concombre B24-T. Il contient un virus qui… »

    « Virus de la grippe. Docteur Lawrence, on vous attend au centre de soins. »

    Hein ? Quoi son concombre avait déjà fait des ravages ? La grippe ? Ce n’était pas vraiment ce à quoi il s’était attendu. Foutu concombre ! Une grippe ! De son vécu, Isaac n’aurait jamais cru pouvoir un jour avoir une grippe en mangeant du concombre. Il fronça les sourcils, ses connaissances médicales étaient outresement offensées. Il cherchait déjà pourquoi et comment ce concombre avait déclenché les symptômes de la grippe. Ce n’était pas possible.

    « La transmission inter-humaine de la grippe est essentiellement respiratoire, via des gouttelettes riches en virus provenant de la toux et des éternuements des sujets infectés. Comment voulez-vous qu’un concombre tousse ou éternue ? La grippe est une maladie relative aux espèces du règne animal… Pas aux végétaux. »

    « Mais qu’est ce que vous racontez Docteur Lawrence ? Je n’ai pas parlé de concombre… »

    Quoi ? Mais la question était plutôt : mais qu’est-ce qu’elle raconte elle !? Après mûre réflexion, elle n’avait véritablement pas parlé de concombre. Après s’être sagement recentré, il glissa le tube à essaie bouchonné dans une poche de sa blouse blanche et repris le chemin de l’ascenseur en boitant. Bénie soit sa canne. Sans elle, il ne tiendrait pas une journée. Quelques étages plus haut et il se trouvait dans le hall du Sapienta. Il eut droit à une brève réunion au sommet sur l'épidémie et hop au travail. Qui dit grippe dit contagion, Isaac enfila un masque chirurgical. Il aimait bien ses patients, il s’était toujours dévoué pour eux, près à tout partager, sauf les microbes. Il fit un passage vers les vestiaires pour enlever ses gants en latex, se lava les mains jusqu’aux coudes avec du savon et s’en fut vers les salles d’attentes avec ce garçon et cette femme petite et maigre, au regard froid. Mais Isaac avait appris à l’apprécier. Elle était une collègue très compétente et remarquable. Mais il n’eut guère le temps de dialoguer avec elle outre mesure qu’un premier patient entrait déjà. Le premier d’une longue série sans nul doute. Isaac avait déjà croisé ce jeune homme blond. Il attendait après Kim en compagnie d’un homme baraqué avec une peau noire qui lui avait allégrement éternué dessus. Isaac fit de gros yeux à cette pensée. N’avait-il pas diagnostiqué un début de grippe chez ce Joshua ? Et comme il l’avait-il à la jeune femme du centre de recherche : la grippe se transmet par voie respiratoire, via des gouttelettes riches en virus provenant de la toux et des éternuements des sujets infectés. Et toc ! Jackpot. Isaac regarda le jeune blond qui demandait encore après Kim :

    « Je suis le docteur Lawrence. Nous allons être débordé aujourd’hui, monsieur, je crains que vous ne puissiez choisir votre docteur de surcroît. Je vous prie de bien vouloir me suivre. »

    On avait installé pour cette épidémie de grippe, une sorte de lotissement de chambres faites de draps blancs dressés perpendiculairement les uns aux autres. Objectifs : rapidité et confidentialité. Pour traiter une épidémie, on n’avait pas forcément le temps de s’attarder sur chaque cas et parler longuement de tous les petits bobos. Surtout pour une grippe. Il fallait rapidement mettre tout le monde en quarantaine chez soi, pour endiguer le mal. Il tira un drap, fit entrer le jeune homme et lui enfila un thermomètre médicale dans la bouche :

    « Je suppose que vous préférez le thermomètre buccal. Peu de patients apprécient le thermomètre rectal. Je ne comprends pas pourquoi, c’est pourtant la plus précise des méthodes. »

    Isaac avait ce ton toujours sérieux un peu déconcertant. Mais il était médecin, il ne pouvait pas s’arrêter à chaque phrase pour réaliser ce qu’il disait et vérifier que ça n’avait pas de connotations perverses, frappantes ou terrorisantes. Il était obligé de parlé médecine.

    « Vous avez des frissons ? Des maux de tête ? Une sensation de malaise général ? Un manque de faim ? Des douleurs diffuses aux muscles et aux articulations ? Vous éternuez et vous vous mouchez souvent ? Une toux sèche ? »

    En bref les symptômes d’une grippe. Il attendait un oui à chaque de ses questions, auquel cas, il pourrait songer au fait éventuel que le patient n’ait pas la grippe. En général, ce n’était pas ainsi qu’il procédait à un diagnostique. Il demandait d’abord ce qui n’allait pas, où il avait mal. Et puis il affinait les questions, les resserrait. Il passait de questions ouvertes à des questions fermées auxquelles on ne répond plus que par oui ou par non. Mais là, c’était différent. Il faisait l’inverse. Il posait des questions précises pour aller plus vite. Si ce n’était pas le cas, il reprendrait une méthode normale. Il retira le thermomètre de la bouche d’Aaron et regarda le résultat.

    « Oh… 39°C… Chez l'humain, la température corporelle normale moyenne est de 37 °C. Vous avez de la fièvre. Encore un degré de plus et vous seriez cloué au lit… »

    Rassurant l’Isaac, hein ?
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Re: En Attendant Grippaux

Message par Aaron Smith le Sam 9 Avr - 23:16

« Je suis le docteur Lawrence. Nous allons être débordé aujourd’hui, monsieur, je crains que vous ne puissiez choisir votre docteur de surcroît. Je vous prie de bien vouloir me suivre. »

Quoi ?! Que venait-il de dire ?! Que Kim ne pourrait pas s’occuper de lui ? Qu’il lui en préférait d’autres, alors qu’il n’y avait encore personne dans la salle d’attente du Sapientia ?! Que son parrain, celui qui se DEVAIT de prendre soin du nouvel oublié qu’il était ne répondait pas à ses appels. Alors qu’il souffrait le martyr, le sang pulsant de manière irrégulière à ses tempes, et surtout, ce foutu sol tanguant encore et toujours… Mais pourquoi est-ce que ça tanguait autant, quelqu’un avait-il une seule explication à ce phénomène totalement anormal ?! Décidément, ce n’était pas la journée d’Aaron et, pour la première fois depuis toujours, lui qui avait un caractère si agréable fit preuve de mauvaise humeur. L’agneau qu’il était devint, à cause de la douleur, un ours mal léché… Et s’il pouvait être des plus agréables, le blondinet pouvait aussi être particulièrement casse-pied.

« Non, je ne veux pas aller avec vous, je veux Kim. Et je suis prêt à attendre. »

Seulement voilà. Ils étaient deux, et il était seul. Et faible comme un chaton. Il ne leur fallut pas plus de deux secondes pour le convaincre d’une bourrade qu’il n’était absolument pas en état d’attendre, et qu’il avait tout intérêt à se bouger les fesses en suivant Isaac derrière un drap blanc… Oooh, la scène aurait eu un côté tellement érotique, si ça avait été Kim. Les deux hommes, sexys, dans une cellule douce et blanche… L’un presque nu, un poil de mauvaise humeur, qui va mal et fait un malaise. L’autre qui fait tout pour le sauver, le prend dans ses bras pour l’aider, et soudain, sort… Le thermomètre Oo. Mais qu’est-ce que ce fichu thermomètre venait faire dans cette scène d’amour parfait et… Flûte alors, décidément, Isaac brisait tous ses rêves ! Cette fois, c’était sûr : il avait réussi à mettre Aaron de mauvaise humeur. Alors, c’est avec agressivité – rendez-vous compte ! Aaron agressif ! – qu’il répondit à la question du médecin, question dont la réponse lui semblait évidente alors que le sol s’obstinait à se dérober sous ses pieds :

« Sans doute parce que tout le monde n’aime pas se retrouver avec un truc dans l’cul venant d'un inconnu >< »

Gosh. Mais il était suuuper grossier en plus ! Par Joshi, tout cela n’allait pas, mais alors vraiment pas du tout. Pourtant, il se sentait de tellement mauvaise humeur qu’il ne pensa même pas à se morigéner, acceptant de mauvaise grâce le thermomètre d’un inconnu dans sa bouche… Et non Géo, arrête de penser à ce que je pense ! Rhooo, intenable ce gosse. Bref. Louchant d’un air absolument idiot – et douloureux, en plus… Mais vu l’état actuel de sa tête, il n’était plus à ça prêt – il observa, inquiet, les chiffres noirs du thermomètre augmenter, augmenter… Et finalement s’arrêter sur un joli « 39 », qui semblait crier « Ouiii, bravooo, vous avez le jackpot o/ ». Sauf que là, c’était mauvais signe. A contre-cœur toujours, ne cachant pas son état d’esprit ténébreux, Aaron répondit, tout d’abord calmement :

« Pas trop de frissons, des maux de tête oui, mais limités par rapport à ce que j’ai pu endurer, un malaise général effectivement… Mais je n’éternue pas et ne me mouche pas, et j’ai quelques courbatures sûrement dues à la façon dont j’ai dormi hier soir… »

Oh, et puis flûte de zut de turc. Il en avait assez de toutes ces questions idiotes, et il était persuadé que si ça avait été Kim, il aurait eu la réponse en un claquement de doigt. Douce candeur qu’était celle du joli blond, mais néanmoins source de bien des désagréables impressions chez lui. Qu’Isaac était incompétent. Que son parrain l’avait abandonné à un incompétent. Que cet incompétent s’occupait de lui. Et qu’il allait mourir avec son foutu tournis. Ah ouïs tiens, le tournis. Il avait oublié de parler du tournis. Enervé pour de bon cette fois, il abattit son poing sur le banc, dans une tentative effrayante d’idiote de calmer ses nerfs, et s’exclama un peu trop fort, presqu’en criant, malheureux comme un âne hors d’un pré :

« ET J’AI CE FOUTU TOURNIS QUI FAIT TANGUER LE MONDE ENTIER ! C’EST IN-SU-PPOR-TABLE ! »

Outch. Crier, c’était douloureux. Mais voilà : loin de Kim, Aaron commençait à avoir peur, persuadé qu’il était d’être face à un incompétent. Et si Isaac mettait sa vie en danger, et si jamais il venait à… Je ne sais pas moi, mais s’il venait à le faire, que lui arriverait-il, hein ?! S’il se trompait de maladie et de médicament, ne risquerait-il pas d’empirer les choses, de le rendre plus fébrile encore, plus mal. Non, décidément, il ne voulait plus se faire soigner par le boiteux. Lui, il avait besoin d’un vrai médecin. Il avait besoin de Kim. Aveuglé par son tournis et par cette sensation désagréable qui le dévorait, il se dressa sur ses jambes, raides, et se dirigea vers la porte en titubant et en hurlant à tue-tête, comme fou :

« Je ne veux pas de toi ! Je veux Kim, il n’y a que Kim qui a le droit de me soigner ! Je veux Kim, je veux Kiiiim >< »

Oui, certes… Eh bien, on a tous nos lubbies comme ça, et il arrive parfois qu’un médecin qu’on connaît paraisse plus rassurant, plus… Apte à nous soigner. Lui, il lui fallait quelqu’un de rassurant, quelqu’un qui puisse le prendre dans les bras sans passer pour un pervers voulant lui mettre un thermomètre dans le rectum, quelqu’un comme Kim, voilà. Il lui fallait Kim, il voulait Kim. Alors, il persista à hurler à tout tête qu’il voulait Kim, mais s’il ressentit bien vite le besoin de se rasseoir, incapable qu’il était de tenir debout. Par Joshi, mais pourquoi le monde s’obstinait-il à tanguer autant ? Oo
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Re: En Attendant Grippaux

Message par Anna Heidelberg le Ven 15 Avr - 17:41


    Un imbécile, deux imbéciles, trois imbéciles... Ah bah elle était servie, ce matin, en imbéciles ! Entre son compatriote pré-Nosco et collègue souffrant du syndrome Léonard de Vinci (à savoir une folle envie de toucher à tout, accessoirement avec génie de temps en temps), le patient qui venait de ramener sa fraise avec un grand sourire ("alors je veux voir Kim, c'possible ?") et son autre collègue qu'elle venait de commencer à apprécier follement pour son intervention, elle était gâtée. Pourtant, ce n'était pas son anniversaire !

    Anna s'apprêtait à répondre vertement au jeune blanc-bec non seulement assez impudent pour choisir son docteur, mais aussi pour l'appeler par son prénom, comme si l'on ne lui devait pas le moindre respect ! Dans des situations formelles, le médecin n'est pas l'ami du patient, il a envers lui une responsabilité terrible. Ce n'est pas pour rien qu'un de leurs anciens collègues (mais alors très ancien... vraiment très ancien...) avait inventé cette petite chose qu'était la déontologie ! Oui, la déontologie. Vous savez, là, ce petit contrat moral à signer avant d'entrer dans la profession, qui vous fait respecter des tas de règles concernant votre conduire de médecin vis-à-vis du patient et vis-à-vis de vous-même... Voilà, vous y êtes. D'accord, cette déontologie concernait davantage le médecin que le patient, et aux dernières nouvelles (ainsi qu'à sa connaissance) Kim n'avait pas fauté. Mais bon. Mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit dans la profession.

    Son autre collègue, Isaac, s'était d'ailleurs improvisé vaccin. Joshi le remercie ! Elle lui lança un regard rempli de gratitude et le laissa emporter l'importun important vers les salles de consultation, en espérant que l'autre imbécile serait promptement expédié soit hors des salles de consultation avec un grand coup de pied au séant céans, soit au fin fond d'un lit tendu de draps blancs et sous perfusion ad vitam aeternam, sachant qu'ici l'éternité était éternelle, ou pas loin, soit autre chose qui au fond lui était parfaitement égal : à partir de l'instant présent, ce n'étaient plus ses oignons.

    Tu parles ! Alors qu'Anna s'apprêtait à savourer son... euh... sixième café de la matinée (un expresso très très serré qui se boit en trois gorgées et vous fait l'effet d'une intraveineuse de taurine pendant au moins deux heures, ce qui pouvait expliquer partiellement le caractère particulièrement caractériel d'Anna ces derniers temps), un cri retentit. Bienvenue dans un film d'horreur ou un film policier imprévu ? Ca, ça aurait mis du piment à l'histoire ! Mais non, ce n'était que l'autre galopin de tout à l'heure, qui réclamait Kim van Berghen comme un bambin réclame son doudou. Il ne voulait pas une sucette à la menthe, tant qu'on y est ? Non, il préfère à la goyave ? Sans commentaire.

    Anna fut bien tentée d'aller voir ce qui pouvait bien se passer dans cette salle de torture consultation, avant de se dire que de toute façon ça n'arrangerait pas sa nervosité, que ce n'était plus son affaire à partir du moment où son collègue avait décidé de le prendre en charge (merci à lui !), que de toute façon les gamins capricieux c'était pas sa tasse de thé, que ses oignons maintenant poussaient dans son expresso en attendant un patient un peu plus palpitant (au propre et/ou au figuré), que de toute façon elle n'en avait rien à cirer, même pas le plancher, et puis basta.

    Elle s'en retourna à son expresso, avala la dernière gorgée de cet horrible café synthétique 100% made in Nosco, décida d'enchaîner sur un cappucino pour une petite pause mousseuse, douce et délicate (remarquez à quel point le choix de ce café est adapté au caractère d'Anna, euh pardon, du docteur Heidelberg...), et le sucrait généreusement pour bien avaler quelque chose de complètement opposé à sa personnalité lorsqu'à nouveau des cris retentirent. Elle se renversa du sucre sur le chemisier, pesta en allemand (oui, les jurons faisaient partie de ses souvenirs) contre Joshi sait quoi mais elle pas, manqua se mouiller le bout du nez avec le café, le posa dans un coin, prit toute sa mauvaise humeur avec elle et manqua enfoncer la porte de la salle de consultation occupée par son collègue. Isaac était un médecin compétent, il savait être salvateur de temps en temps, mais niveau autorité il lui restait encore beaucoup à acquérir.

    Le regard furibard de la doctoresse aurait fait pâlir les Ombres elles-mêmes (tiens c'était peut-être ça, la solution pour s'en débarrasser !) si elles avaient été là. Le patient était assis dans un coin, continuait à réclamer son médecin favori et se serait bien ramassé une solide baffe en plein dans la joue si la dextre d'Anna n'avait été retenue par la Déontologie. La peste soit des allégories, toujours là quand on s'en passerait bien. La doctoresse se retint donc à grand' peine, toisa de sa toute petite taille le patient qui debout devait faire au moins une tête de plus qu'elle. Heureusement qu'il était assis, celui-là ! Elle passa un long moment à regarder le gamin pleureur de toute l'ampleur de ses grands yeux couleur de nuit sans lune et sans étoiles, une nuit anti-lycanthrope par excellence, avant d'exploser d'une colère froide, très froide, glacée, en-deçà du zéro absolu.

    - Jeune homme, vous allez vous calmer et laisser le docteur Lawrence faire son travail. Immédiatement.

    La menace planait fichtrement dans ces quelques mots, pourtant articulés avec autant de lenteur que de hargne. Et elle avait parlé fort lentement. Certes, elle ne disposait pas de grands moyens pour mettre lesdites menaces à exécution, excepté peut-être de quelques seringues et autres outils de torture du même acabit. Très dangereux, donc, vraiment. Mais vous comprendrez bien qu'elle veuille travailler, non ? Même si boire un café ne s'appelait pas exactement "travailler"... Disons qu'Anna avait des notions de "travail" très particulières.

    - Le docteur van Berghen n'est pas disponible pour l'instant, et il y a d'autres malades ici qui souhaiteraient ne pas être dérangés par vos cris intempestifs, de même que des médecins qui aimeraient faire leur travail dans le calme. Alors silence !

    Cela étant dit, la petite dame n'hésita pas un seul instant à lever le siège d'un pas digne et rapide, qui trahissait bien sa colère. Au demeurant, elle savait très bien ce qu'il en adviendrait : Isaac ne tiendrait absolument pas compte de sa remarque, l'autre garnement non plus, le docteur Lawrence continuerait à rester d'un flegme tout britannique face à son patient rétif, et elle n'aurait pas la paix tant que le gosse n'aurait pas vu Kim. Bon sang, la matinée s'annonçait joyeuse. Et si elle allait chercher van Berghen ?

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Re: En Attendant Grippaux

Message par Kim van Berghen le Dim 24 Avr - 1:30

hj: Vraiment désolé pour le temps de réponse Sad

Sapientia, un lieu que tout le monde fuyait dès que possible, excepté les quelques scientifiques et personnels d’accueil qui y travaillaient. Bon certains d’entre eux auraient préférés échapper au grand bâtiment blanc, mais Kim l’aimait bien. Tout ses recoins qu’il connaissait par cœur, l’assemblage complexe de toutes ses salles, de toutes ces personnes travaillaient pour le bonheur commun de la population noscienne. Autant les sous-sols étaient réservés à la brigade, aux rebelles et aux créatures, à leur guerre de destruction et de mort, autant le Sapientia et sa couleur pure était créativité et soins… Bon dans la partie immergée de l’iceberg, nous ne parlerons pas de celle du labyrinthe enfoui sous l’agréable building. De toute façon il fallait des accréditations spéciales pour y entrer, et vous n’auriez certainement pas envie d’en savoir plus… Et pourquoi parler des sous-sols alors qu’aujourd’hui un beau soleil brillait dans le ciel qui malgré tout était parsemé de nuages gris. Malgré les rayons de l’astre faiblard il était toujours agréable de voir qu’il les couvait de son regard omniscient. Oui l’automne était là avec son lot d’épidémie, et pourtant le ciel n’était pas si maussade. Kim avait donc toutes les raisons de sourire, malgré cette réunion matinale qui n’avait pas été des plus agréables, tout semblait aller comme sur des roulettes et les médecins réussissaient à réguler l’arrivée de patients.

Détendu ? Oui, il l’était, sans doute même assez pour siffloter un air tout en marchant tranquillement dans les couloirs, Steve bien protégé dans la poche de sa blouse. Le petit rongeur avait prit l’habitude de se faire balader un peu partout et ne bronchait même s’il était toujours heureux de retrouver sa roue et de pouvoir faire de l’exercice. Il savait cependant qu’en restant dans la poche au calme, il avait de forte chance d’avoir une ou deux douceurs de son maitre, qui lui refilait nombre de petits gâteaux ou reste de barre à intervalles régulier. Pas trop tout de même pour ne pas le faire trop grossir. Il avait dans le temps apprit à Steve que la nourriture se méritait, et que pour cela il devait réaliser des tests, subir des examens, parfois souffrir… et qu’après il était récompensé. Et puis, on lui avait dit qu’on avait plus besoin du rat, qu’on pouvait l’éliminer, le tuer… ce n’était qu’un animal après tout ? Et pourtant non, car Kim s’y était attaché, et maintenant il réhabituait Steve à avoir de la nourriture même lorsqu’il ne faisait rien d’exceptionnel, parce que la brave bestiole était déjà un apport de réconfort énorme pour le médecin. Lui ne l’avait jamais abandonné. La plupart du temps le rongeur se contentait de sommeiller au fond de la poche, protégé et au chaud. S’il avait été un chat, il aurait sans doute ronronné, mais il n’aurait pas pu entrer dans la poche et les félins n’existaient que sous forme de robots à Nosco. Et s’ils avaient plus de capacités, ils ne pouvaient pas encore grâce à leur intelligence artificielle totalement rivaliser avec un animal et les choix qu’il pouvait effectuer, surtout poussé par l’instinct de survie.

Une journée qui commençait bien, d’ailleurs lorsqu’il jeta un œil dans la salle d’attente, il eut l’agréable surprise de la trouver quasiment déserte. Quelqu’un offrait des jus de fruits gratuitement dans la cours intérieure ? On faisait la fête ailleurs et donc les malades avaient préférés jouer leur santé et rester dehors plutôt que de venir consulter ? En tout cas il n’y avait pas d’urgence à l’horizon. Ah si peut être… L’odeur qui flottait dans l’air, arrivant jusqu’aux narines de Kim… Un café… là sur la table. Seul et isolé… abandonné par son propriétaire… quelle malchance pour le divin liquide… Pouvait-on le laisser subir cette offense sans réagir ? Tel un félin traquant sa proie il s’approcha à pas rapide, vérifia que personne n’était à proximité. Qui donc avait abandonné le capuccino ici ? La tasse commençait à refroidir et… Il fallait faire quelque chose. Saisissant la tasse entre ses doigts, il huma un instant le parfum fabuleux… Et gloups d’un coup il avala la tasse, et prit un sourire joyeux. Ah, un bon café le matin… rien de mieux pour avoir la forme et être de bonne humeur. Tiens quels étaient ces cris qui parvenaient à ses oreilles ? La douce et paisible voir d’Anna Heidelberg résonnait sur son chemin, d’ailleurs la voilà qui approchait à grand pas, avec un regard furieux…

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Re: En Attendant Grippaux

Message par Aaron Smith le Mer 27 Avr - 15:14

Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi le banc sur lequel il s'était affalé s'obstinait à se transformer en barque ? Et pourquoi le sol carrelé de cette salle de consultation, bien que blanc, tenait à le brinquebaler comme une mer colérique ? A moins que ce ne soit la salle elle-même qui tournait comme une centrifugeuse autour de lui. C'était fou ce que la science pouvait faire ! Un sourire niais naquit sur les lèvres du damoiseau, tandis qu'il fermait les yeux. Il avait besoin de deux minutes pour calmer un corps emballé, et ensuite, c'était sûr : Kim viendrait. A moins qu'il ne l'appelle de nouveau. Ou qu'il se contente de cet Isaac qui n'avait pas l'air si méchant, en soi, bien qu'il n'ait pas pour autant le charme, le style et le contact de son parrain adoré.

Mais... Pourquoi le tranquille médecin se transformait-il en... Arbre ? Aaron écarquilla les yeux. Le pauvre petit ne pouvait pas savoir que sa fièvre, qui augmentait peu à peu, commençait à lui donner des hallucinations... Aussi pensait-il que la canne de Lawrence s'était vraiment mise à transformer le docteur, et qu'il avait maintenant un arbre effrayant – ou même plutôt tranquille - souhaitant lui répondre et le soigner. Une réflexion bizarre, et pourtant bien naturelle, lui vint : un arbre était-il habilité à guérir ? Et cet arbre, qui savait se transformer en humain, avait-il vraiment fait des études de médecine et appris à soigner ? A moins que ce ne soit un humain qui se transforme en arbre... Auquel cas, il y avait plus de chance qu'il le soigne. Mais, quoiqu'il en soit, il valait mieux qu'un humain totalement humain ne l'aide. Kim, par exemple. Alors, il se remit à brailler qu'il voulait son médecin.

Egorger un cochon aurait sans doute était plus silencieux et plus tranquille. Le pauvre Isaac était totalement débordé, et ne faisait rien contre les tentatives désagréables de son capricieux patient. A tel point que Georges Clooney – What else - dut lâcher son expresso... Et se transformer en la délicieuse Anna Heidelberg, dont la patience impressionnante, et la calme austère étaient connus de tous. Dommage pour le pauvre Aaron, elle débarqua – mais que faisait donc une bouilloire dans la salle de consultation ?! - afin de lui passer le savon que tout garnement mérite. Il resta coït face à sa colère, comme un enfant pris en faute, ce qu'il était sûrement... Il faut dire aussi, que ses grands yeux verts écarquillés tentaient de comprendre comment une bouilloire pouvait parler, et pourquoi il voyait comme une vapeur rouge de colère au-dessus de sa tête.

Le gamin ne referma la bouche que quand le désagréable sermon fut fini, et son origine disparue dans le couloir. Un couloir bien petit, puisque la salle de consultation dans laquelle il se trouvait était, Ô Joie Ô Bonheur, la plus proche de la salle d'attente. A tel point qu'il put entrapercevoir un polochon dans le couloir. Un grand polochon qui buvait un café, chose rarissime pour un polochon, il faut en convenir... D'autant plus que la bouilloire fumait encore plus en voyant le polochon boire le café... Etait-ce le café de la bouilloire ? Décidément, ce n'était pas normal pour un polochon de boire un café. Quoique celui d'Aaron avait eu la chance de boire un café, lorsque Shane lui avait amené son petit déjeuner au lit, il y a quelque jour de ça. Et, je peux vous l'assurer : l'oreiller n'avait guère apprécié le présent et, encore aujourd'hui, une large tâche montrait combien il avait été affecté par la chose. Heureusement, comme Smith cachait la tâche de vin qu'il détestait, il dissimulait cette tâche derrière des draps propres et blancs comme l'innocence. Les miracles de la Science...

« Dites Docteur. Comment une bouilloire peut-elle parler ? Et pourquoi ce polochon boit-il un café"

Hum... Question étranges, s'il en est. Il est vrai que rares étaient les occasions de demander des choses pareilles et, malgré son état, Aaron se rendit compte que c'était même carrément anormal. Ceci amenant cela, il en vint à penser qu'il était de plus en plus malade. Et que donc sa visite au Sapientia lui faisait du mal. Or, quand il voyait Kim, c'était toujours pour aller mieux. Donc s'il allait plus mal, c'était qu'Isaac était incompétent. Ou que, du moins, Van Berghen était plus apte à le soigner. Ceci expliquait cela. Et fort de cette constatation, il attendit à peine la réponse pour se remettre à hurler au meurtre, et à réclamer son parrain... Et qu'importe ce qu'en penserait la bouilloire, il n'en avait cure.

Purée, qu'est-ce qu'il avait mal à la tête... Et bizarrement froid.

[ Désolée, j'ai fumé des trucs pas nets ce matin, ça m'a inspirée xD ]
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Re: En Attendant Grippaux

Message par Isaac Lawrence le Sam 30 Avr - 16:31

    Le blond avait premièrement refusé d’être pris en charge par le Docteur Lawrence. Il voulait Kim, rien que Kim, et, en plus d’être capricieux, il avait la mauvaise humeur qui allait généralement bien avec. Autrement dit Aaron était le genre de garçon capricieux et détestable qui voulait qu’on lui apporte tout sur un plateau qu’Isaac ne savait pas contrer, dans sa nature soumise. Et il détestait ce genre de personne qui, à force de brailleries et de demandes puériles finissent par être bichonné par un papa protecteur. Mais l’oiseau ne quitterait-il donc jamais son nid ? Si le docteur avait eu un peu plus de courage, il aurait sans nul doute remis ce sale garnement exécrable à sa place. Mais il avait un courage de tapette et une volonté en caoutchouc qui le rendait totalement imperméable à toute capacité de riposte. Eu égard de cela, il n’y avait qu’à imaginer l’immobilisme d’Isaac face à ce patient, qui, aux yeux du médecin, cherchait simplement à se rendre plus intéressant qu’il ne l’était, ayant des goûts de luxe en matière de choix de médecin traitant et qui, de surcroît, n’avait plus ce visage si angélique lorsqu’il raillait de la sorte. Il avait reposé son thermomètre à sa place, écoutant rapidement les réponses intéressantes aux questions qu’il lui avait posées. De toutes évidences, une grippe une de plus, et ce cher Smith faisait tout un tintamarre pour misérable petite grippe. Isaac leva les yeux au ciel. Ceux qui criaient le plus fort étaient souvent ceux qui souffraient le moins et Aaron avait sans aucun doute possible battu des records.

    Aussi, il fut surpris de voir arriver Anna. Ou pas tant que ça d’ailleurs. Il s’était bien douté avec un chialeur pareil, tout l’hôpital serait bien vite rameuté pour voir quelle espèce de bétail on était en train d’égorger. Isaac recula de quelques pas, dos contre le mur, complètement terrorisé. C’est qu’elle criait fort la madame ! Non, en fait, elle ne criait pas, elle avait simplement un ton qui glaçait le sang (tout du moins, il avait glacé celui d’Isaac). Et le pire dans tout ça, c’est que ce n’était pas lui qui était grondé dans cette affaire mais bel et bien cette espèce de blond en voie de disparition (Joshi merci dixit Isaac) au vocabulaire grossier et la peau du derrière trop sensible pour accepter qu’on lui prenne sa température par là. Le pire du pire dans cette histoire, c’est que l’intervention d’Anna était censée ragaillardir Isaac et faire taire Aaron. Le blond hurlait de plus bel à la suite d’un délire psychotique (qui d’ailleurs fit penser à Isaac qu’il aurait du prendre une température rectale qui, plus précise, lui aurait certainement indiqué une fièvre bien plus élevée qui expliquerait les paroles sans queue ni tête du nouvel oublié) et Isaac était cloué au mur parfaitement tétanisé.

    Le départ d’Anna n’arrangea pas les choses, si ce n’est qu’elle ne tarderait pas à faire venir Van Berghen. Et cette espèce de lamentable capricieux aurait eu ce qu’il voulait. Tout ça pour une grippe… Ce jeune homme était d’un pathétique désespérant… Isaac, incapable de dire ou de faire quoique ce soit, croisa les bras. Bon, il avait trouvé ce qu’il avait non ? Et quoi de plus surprenant d’ailleurs puisque Môsieur de brailleur avec une grippe comme tout le monde. Il fallait donc lui prescrire quelques médicaments pour faire tomber la fièvre et une bonne cure de sommeil (ce qui soulagerait tout le monde, y compris les oreilles d’Isaac).

    « La venue du Docteur Van Berghen ne servira à rien. Tenez, ceci fera retomber votre fièvre, et par pitié cessez d’hurler et allez donc vous coucher, le repos vous fera le plus grand bien… Et non, il n’y a pas de remède magique à ma connaissance… Ni à celle de Van Berghen si ça peut vous rassurer. »
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