4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

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4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Dim 17 Avr - 11:43

Entrer dans les sous-sols utiles pour accéder aux bâtiments des brigadiers était déjà compliqué, mais si en plus vous affirmiez être médecin et venir voir un des prisonniers en prison pour s’assurer que celui-ci était en bon état physique… Cela devenait encore plus compliqué. Bon heureusement Kim connaissait la plupart des personnes qu’il croisa, et il les avait tous déjà rencontré une fois au moins de vue. Et une fois entré à l’intérieur il connaissait les couloirs, même s’il n’y était pas rentré depuis quelques temps. Ce n’est pas comme s’il ne venait jamais voir Tristan Darek dans la section informatique, ou qu’il ne devait jamais rendre de rapport à Lou Jiwi Kemshir. Ce n’est pas non plus comme s’il mettait les pieds pour la première fois dans la partie des cellules de la brigade. Que ce soit en tant que brigadier ou médecin, il avait déjà de nombreuses fois foulé ce sol. A croire que son destin était forcement intimement lié à ces lieux de rétention. Un signe ? Peut être. En tout cas il n’était pas heureux d’y retourner, même s’il était soulagé de pouvoir en avoir la possibilité. Sentiments confus de quelqu’un qui craint ce qu’il va voir tout en l’espérant.

Les brigadiers torturaient, ce n’était pas un secret pour les oreilles attentives qui écoutaient ce qui se passait à Nosco. Habituellement c’était surtout des rebelles, mais bien sur les traites au régime n’y échappaient pas au contraire. Cependant le plus souvent on voulait les garder en vie, car après tout quelqu’un de mort ne parlerait pas, alors à quoi bon ? Le but des tortures était de faire parler et non pas d’aider des brigadiers à faire passer leurs envies de meurtres… pour cela il y avait les créatures. Pourtant cela ne restait vraiment pas agréable. Le plus souvent ces interrogatoires pouvaient se résumer à une gentille conversation avec menaces à la clé, jusqu’à des scènes bien plus violentes lorsque les soupçons s’avéraient vrais. Karlovy Kinsky ? Elle avait été prise la main dans le sac avec Zoltan Nagy, un rebelle de plusieurs années déjà. Inadmissible ! Elle était coupable, quoi qu’elle puisse dire. Sa seule chance d’adoucir les coups était sans doute de raconter tout ce qu’elle savait. Mais savait-elle quelque chose ? Et parlerait-elle ? Non certainement pas, ce n’était pas son genre… Et dans ce cas là on risquait de s’acharner longtemps sur elle.

La veille on avait contacté les quelques médecins du Sapientia, ils étaient un petit groupe en fait, on les comptait sur les doigts d’une main. Alors lorsqu’on avait annoncé qu’il faudrait faire une nouvelle visite dans les cellules, ça avait grogné par ici, gémit par là bas. Ca avait dit, non on est trop occupé à cause de l’épidémie. Alors doucement Kim s’était proposé, insistant sur le fait qu’il pourrait y aller avant le service habituel, donc le lendemain avant l’aube. Il y avait eu des coups d’œil en coin. Ce n’est pas comme si Kim leur avait caché qu’avec Lovy… On avait soufflé une remarque, comme quoi ça ne passerait peut être pas. Kim avait levé une main pour faire taire les remarques et dit que mieux valait tenter le coup. Sur ce, tout le monde était retourné à ses petites affaires, heureux de ne pas avoir à plonger dans les sous-sols utiles ou de se réveiller plus tôt qu’à l’habitude sachant les journées chargées qui les attendaient. Et voilà comment Kim s’était débrouillé. Bon, encore fallait il qu’en effet on l’autorise à voir Karlovy. Cependant il était sans doute le seul médecin qui accepterait de se déplacer avant plusieurs jours. Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’il venait voir un ou plusieurs prisonniers.

Il avait l’habitude. Trop surement. Il n’aimait pourtant toujours pas cette prison, ces cellules, elles lui rappelaient de mauvais souvenirs. Il avait presque l’impression de ralentir sa respiration et d’éviter de respirer par le nez dès qu’il passait l’entrée. Comme pour se protéger instinctivement. Ici n’était qu’insalubrité, insectes rampant, cris de peine et de douleurs. Ici s’arrêtait l’humanité des hommes. Pourtant y entrer ne lui faisait pas peur, plus maintenant. Rester serein, il était sur que sa mission était juste. Et ces prisonniers avaient besoin de quelqu’un pour penser leurs plaies. Pouvait-on réellement haïr les rebelles lorsque l’on voyait ce qu’ils subissaient dans les geôles des guildiens ? La brigade anti-terroriste n’avait qu’un seul objectif : anéantir, exterminer totalement tous les rebelles pour ramener la paix et la prospérité à Nosco. Pourquoi l’histoire semblait elle se répéter sans cesse, comme une immense boucle sans fin ? Une guerre s’enchainait avec un temps de paix plus ou moins court et une nouvelle guerre… Ne pouvait-on pas échapper à ce cycle infernal ? Trouverait-on toujours de nouveaux ennemis à affronter ? Oui, il y aurait toujours quelqu’un pour déplaire à celui au pouvoir. Les victimes du moment étaient les rebelles, mais si on les éliminait totalement qui sait si on ne trouverait pas d’autres personnes à condamner pour leurs actions ou leur comportement.

Arrivé dans le couloir où s’alignait les numéros de cellules l’un des brigadiers l’interpella, et alors qu’il redonnait son identité pour une dixième fois et qu’il allait expliquer la raison de sa présence, la supérieur hiérarchique du jeune homme arriva et invita Kim à entrer dans une pièce. Ils se connaissaient, car c’était à chaque fois la même procédure. On ne laissait pas personne entrer dans les cellules sans les avoir fouillés. Et puis c’était Kim qui s’occupait du dossier médical de la jeune femme. C’était après tout comme de revoir quelqu’un qu’on avait l’habitude de fréquenter, avec le temps ils se faisaient confiance, ce qui n’empêchait pas la brigadière de rester alerte et au médecin de faire son travail. Posant le sac qui contenait ses affaires de médecine sur la table, il l’ouvrit pour qu’elle puisse y jeter un œil tandis qu’il s’asseyait sur une chaise pour défaire ses chaussures. Un par un, elle sortit les objets et les soupesa dans sa main. Comme si elle n’avait pas l’habitude… Non sans doute était ce toujours cette curiosité face aux différents objets dont les médecins devaient s’encombrer. Une fois, elle lui avait demandé de citer tous les noms, pour chaque objet et il lui avait même expliqué brièvement à quoi pouvoir servir chacun.

Une fois débarrassé de ses chaussures il se releva tandis qu’elle finissait son inspection et commençait à remettre les objets dans le sac stylisé steampunk. C’était un sac destiné aux médecins et qui simplement par sa conception le clamait. Mais Kim l’aimait bien, et il était vrai qu’il était totalement adapté et pratique pour ce genre d’exercices, avec assez de poches de rangement et de nombreuses lanières. Pratique à porte de différentes manières. Il s’était rapidement débarrassé de son manteau et s’attaquait aux boutons de sa chemise. Une fois qu’elle eut refermé le sac en proclamant qu’il était « ok », il déposa sur la table son mini ordinateur, sa montre à laquelle il jeta un œil, déjà presque quatre heure du matin, ainsi que son bipper. Deux objets dont il n’aimait pas se séparer mais… « Aucune communication avec l’extérieur pour le prisonnier » lui avait ton toujours dit. Sans attendre un quelconque ordre il posa deux mains contre le mur et écarta les jambes d’un espacement équivalent à celui de ses épaules. La routine vous dis-je. Il était simplement malheureux qu’on soit obligé de passer par une telle routine à chaque fois qu’il fallait entrer voir un prisonnier, même si on n’était pas proche de ce dernier.

Et sinon Marc va bien ?

Question insidieuse. Pas très professionnel de rappeler qu’il la connaissait, mais tellement amical car il se renseignait simplement au moment où il la croisait et puis après tout mieux valait briser ce pesant silence. Tandis qu’elle tentait de trouver une quelconque arme ou objet susceptible d’être donné ou dérobé au ou par le détenu. En un murmure la jeune femme lui révéla qui s’occupait de la torture de Lovy et rien que le nom de Néokovy Welka fit monter un frisson le long de la colonne vertébrale du scientifique. Elle n’était pas réputée pour ménager ses « victimes ». Dans sa vie d’avant il avait aussi été médecin, il avait vécu en ville et pourtant l’époque avait gardé ce charme du médecin qui avait un certain lien avec les familles qu’il suivait, ce genre de médecin que l’on qualifierait aujourd’hui de campagne, capable de vous sortir l’historique d’une famille, car il les as vu naitre et grandir. Parce qu’ayant reprit le commerce ou plutôt les patients de son père, il était capable sur le bout des doigts de savoir ce qu’il n’allait pas en un instant. Au courant de tous les ragots ou rumeurs qui circulaient, parce que c’était à lui dont on parlait de ce qui se passait aux alentours, de comment allaient les proches et les connaissances. La jeune femme répondit rapidement évoquant le Marc et indiquant que tout allait bien. L’avantage d’enlever la chemise c’était qu’on passait bien moins de temps à se faire palper puisqu’on montrait qu’on n’avait rien à cacher sur tout le haut du corps… Mais enlever plus aurait été indécent. Il n’avait rien sur lui, sur un ordre, il pu enfin se rhabiller.

Alors qu’il posait la main sur sa chemise dans l’espoir de l’enfiler au plus vite pour ne pas frissonner des courants d’airs qui se faisaient un peu trop présent, la brigadière posa une question, brisant un instant l’ambiance morose et triste de la pièce malgré les encouragements amicaux. Fièvre, toux, perte d’appétit, accompagnés de douleurs musculaires… Kim s’approcha un instant et rouvrant le sac saisit le thermomètre. Après une rapide vérification le verdict tomba.

Vous êtes malade, la grippe sans aucun doute, nous sommes confrontés à une épidémie. Je vous conseille vivement de rentrer chez vous au plus tôt, reposez-vous.

Avisant l’évier qui était plus loin il alla se laver les mains et désinfecta le thermomètre avant de reprendre sa chemise et de l’enfiler rapidement, puis de s’asseoir pour renfiler ses chaussures. Non en effet la jeune femme ne semblait pas être au meilleur de sa forme. Alors qu’il venait à peine de remettre sa deuxième chaussure et que sa chemise était encore ouverte la porte s’ouvrit brusquement. Nékorovy Welka. Resplendissante de classe malgré l’heure assez matinale. Elle était tout de cuir vêtu et perché sur des talons… vertigineux qui mettaient en valeur ses longues jambes… Non pas que Kim s’était attardé sur cette partie de l’anatomie de Néko, mais penché comme il l’était sur ses chaussures c’était la première chose qu’il avait vu. Il se redressa immédiatement, clignant un instant des yeux pour bien s’assurer que la vision était réelle. La brigadière d’élite avait donc fini ce qu’elle avait décidé de faire ? Maintenant qu’elle était entrée dans la pièce, il ne la lâcha plus du regard. Tout simplement parce que la dernière fois qu’il l’avait vu combattre. Diable c’est qu’elle était fichtrement rapide et précise dans ses attaques, alors il ne fallait en aucun cas relâcher sa vigilance, surtout sur son propre terrain. Quitte à ne pas réussir à boutonner sa chemise, ou à accrocher lundi avec mardi. Qui sait ce qu’elle pouvait réserver ? Oh, tiens en passant jolie coiffure très…

Bonjour Miss Welka.

La situation tendue n’empêchait pas la politesse de rester sur la liste des priorités de Kim. Bon Joshi, ce qu’il détestait les centres de détentions… Pourquoi avait-on toujours l’impression qu’entrer était plus facile que d’en sortir ? Surtout sachant le mal qu’il avait eu pour y entrer. Bon c’était une journée qui promettait d’être des plus longues, mais à Nosco la notion de temps était toute relative. Qu’était-ce une journée pour ceux qui pouvaient vivre plusieurs siècles sans voir se faner leur jeunesse ? La nuit était la couverture de bien des crimes ou des choses inavouables, et le soleil ne se lèverait que dans quelques heures à Nosco… L’ombre du ciel avait encore le temps de dissimuler bien des choses. Et si la lune et les étoiles étaient témoins de quoi que ce soit, elles se tairaient dans un silence de pierre.

Ah sacrebleu ! Pourquoi cette chemise ne voulait absolument pas se refermer ?!

hj: Je vous souhaites un très bon amusement Razz
En vous rappelant toutefois que j'ai besoin de Kim pour l'intrigue!
(Je ne sais pas pourquoi je te vouvoies...)


Dernière édition par Kim van Berghen le Lun 18 Avr - 20:34, édité 1 fois

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Message par Nékorovy Welka le Dim 17 Avr - 23:25

La belle matinée, la fraîche matinée, la rougeoyante matinée poursuivait son cour. Le silence régnait étrangement dans toutes les cellules. Tout les prisonniers semblaient se terrer dans un coin de leur habitacle comme s'il y avait la mort qui passait et qui prendrait leur vie si jamais l'un d'eux osait bouger, osait ouvrir sa bouche. Ces moments de silence étaient devenu de plus en plus rare, mais ne voilà t-il pas qu'aujourd'hui, ce silence avait gagné tout le monde, brigadiers comme prisonniers? Chacun des captifs semblait être attentif, chacun semblait vouloir tendre l'oreille pour entendre...mais pour entendre quoi ? Le silence ? Leur regard paraissait se tourner au fond, tout au fond du couloir, là-bas, au loin. Ils avaient ce regard tourné vers ''Destinitis''. Salle que personne ne souhaiterait connaître de toute leur existence, salle qui emprisonne nombres de secrets, nombres d'espoirs déchus, nombres d'âmes et de fantômes... On dit aussi que celui qui y entre ne sera plus le même, si son créateur, son bourreaux ne veut bien lui laisser un fragment d'âme. Son bourreau... Oui son bourreaux. Mais qui était-il ? Qui dirigeait ? Ce n'était autre que La Veuve, Maître de scène, Maître d'orchestre à la baguette de fer. Quand cet espace était accessible, on savait automatiquement qui l'avait ouvert, qui s'y trouvait et qui le refermerait.

Silence...Silence... Silence...

Soudain, un bruit lourd, sourd et métallique résonna dans ces quartiers là. Ce bruit était celui de l'arrivée après une longue course parfois lente, parfois rapide, il signalait aussi la fin d'une vie, la fin des hurlements déchirants. Ce bruit était celui d'une porte automatique, faite de métal blindé qui s'ouvrit en se dépressurisant. Une ombre en sortit, un autre bruit naquit. Toc, toc, toc, toc...puis plus rien. L'ombre venait de s'arrêter devant une porte, devant une cellule. Elle tourna lentement la tête pour voir le visage de l'homme qui s'y tenait. Il avait la tête basse, il était immobile, fixant de ses yeux le sol délabré, lugubre. Lentement, il leva le tête, effleura du regard La Veuve avant de revenir à son état initial. C'est alors qu'un Brigadier s'approcha d'elle en évitant lui aussi de croiser son regard et lui délivra à l'oreille une information qui fit naitre un sourire sur les lèvres couleur sang séché de la jeune femme, avant de s'éloigner et de retourner à son poste rapidement.

Kim Van Berghen. Il était là, dans la salle des fouilles en amont du couloir. La Veuve détourna alors son regard du prisonnier et reprit sa marche funèbre vers cette fameuse salle. Il tombait à pic ce médecin. Avec toutes les informations qu'elle détenait, il étant temps de lui confier, à ce Kim, quelques confidences bien placée et soigneusement aiguisées. Juste de quoi philosopher à la façon Welka.

Chaque cellule franchit était une nouvelle victoire pour leur prisonnier, c'était un soupir de grâce qui s'en dégageait puisque nul ne savait si La Veuve avait choisit de leur faire une surprise party ou même de fêter leur anniversaire de mort. A ces fêtes là, personne ne voulait en être le centre, car celui qui soufflerait sur les bougies tranchantes ou même qui s'assoirait sur le trône de miel ayant pour socle une fourmilière géante, dans tous les cas finirai par manger entièrement le gâteau au Cyanure.

Mais aujourd'hui, il n'y avait que Karlovy qui avait participé activement à la Garden Party organisée par les soins de La Veuve. C'est qu'elle était aimable cette femme pour faire tant de bien à la population carcérale, se charger de lancer les invitations, de préparer les victuailles tout cela pour faire plaisir à l'invité du jour! Oui qui pourrait dire que la Veuve n'était pas attentionnée et particulièrement attentive au besoin de ses ou son invité ? Personne ! Personne ne pourrait clamer haut et fort son inattention ! Et là, elle marchait lentement, la tête haute, le regard noir...Toc, toc, toc, toc... Puis une nouvelle porte s'ouvre, ouverture plutôt surprenante. Quelque chose qui provoquerait le sursaut.

Une ombre s'y posta, une ombre aux yeux verts.


Deux cristaux de glace fixaient les occupant de la pièce. Ils étaient deux. Maintenant un. L'autre s'en alla très vite laissant Kim et L'Ombre seuls dans cette salle. Très doucement, après quelques minutes de silence et d'observation, la jeune femme fit un pas en avant, referma la porte après elle sans se détourner pour autant d'un nouveau pas mais vers l'arrière. C'est dans un dé-clique inhabituel que la porte se ferma, se verrouilla quand elle leva les yeux vers la caméra. Plus personne ne pourrait entrer ou sortir si ce n'était pas la Veuve qui l'autoriserait. A ce moment là, elle put répondre à ce fameux Docteur.

« Mes salutations Monsieur Kim Van Berghen. Quelle joie de vous revoir.» dit-elle sans sourciller, sans bigler des yeux, sans un ton joyeux ni grave. Nékorovy Welka dégageait la neutralité totale mais peut-être aussi cette aura funeste qu'elle ne put dissimuler tant par sa tenu que sa posture. Droite, la tête relevé, les yeux planté dans ceux du Scientifique et Médecin reconnu.
Toujours acculée, dos à la porte, elle le détailla du regard. Elle prenait son temps, elle voulait qu'il ressente son regard pesant s'écraser sur lui, elle voulait qu'il ressente tout et rien à la fois, quelque chose de brulant et de givrant...

Silence totale.


Lentement, très lentement, de façon féline, elle s'approcha, un pas après l'autre vers le Docteur sans quitter son regard. On entendit même pas le bruit de ses talons claquer au sol tant elle les posait délicatement, doucement, avec tacte et beauté. Elle s'arrêta à quelques centimètres de ce beau visage masculin. La Veuve fit un très léger sourire, prit une position de profil sans quitter son regard en lui présentant de sa main couverte d'un mitaine de cuir noir, la seule chaise de la pièce, l'invitant ainsi, en silence, à prendre place, à s'y installer confortablement. Un tremblement de terre ne prévient pas de son intensité ni du moment où la terre se dérobe sous les pieds, alors autant s'assoir pour ne pas tomber de trop haut.

Noir silence.

Pas un mot n'était sorti des lèvres de la jeune femme durant cette invitation. C'était comme si parler lui coutait un fragment de son âme, comme si ce fragment se perdait dans Nosco pour se fracasser inévitablement contre l'enceinte. Comme si un bout d'elle rejoignait les nombreux fantômes de Nosco, leur donnait vie en attendant aussi que elle fasse partit des leurs. D'où pouvait bien provenir cette attitude silencieuse ? Sa façon de dialoguer sans avoir à produire de son ? Comment faisait-elle cela et pourquoi ?

Blanc silence.

« Très cher... » lui dit-elle en saisissant le premier bouton de la chemise du Docteur et l'arrachant d'un coup sec vers le bas. « Vous l'aimez n'est-ce pas ? » demanda-t-elle en fixant du regard le bouton qu'elle capturait dans la paume de sa main gantée. Puis lentement elle glissa son regard sur le jeune homme. Son torse ferait bien une scène parfaite pour réaliser une nouvelle danse... la danse des couteaux. Mais, ne nous laissons pas aller.


« Un bouton arraché c'est comme un amour estropié, envolé. On pense qu'il est solidement cousu mais ce n'est jamais le cas. On tente de le recoudre mais trop fragilisé, il se découd encore plus facilement et un beau jour on se rend compte qu'on la perdu on ne sait où et pour toujours. » Néka le fixa et reprit sa question mais en employant un autre temps.
« Vous l'aimiez n'est-ce pas ? » lui demanda-elle simplement, le regard plongé dans le sien. Kim devait savoir de qui elle parlait et s'il s'obstinait à ne rien comprendre, elle lui montrerait alors ce qu'elle veut lui faire comprendre sans employer les mots, ni la douleur...
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Lun 18 Avr - 2:00

Kim s’était relevé lorsque Nékorovy était entrée. Après tout il avait fini d’enfiler ses chaussures et on dit toujours bonjour à une femme debout, galanterie oblige. Il lui aurait bien fait le baisemain, toutefois elle l’aurait sans aucun doute mal prit. La brigadière fila aussi vite que possible. Kim espérait qu’elle suivrait son conseil et irait se reposer loin des soucis de la brigade, au chaud dans son lit et dans les bras de Marc. Le silence s’installa dans la pièce. Pesant et aussi sombre que la tenue de la jeune femme. Et puis soudain elle bougea, s’avançant comme si elle avait enfin décidé de l’enchainement qui suivrait, comme si elle avait prévu son coup, planifié sa stratégie pour faire échec et mat. Elle avançait maintenant simplement ses pions pour réalisé ce qu’elle avait décidé. Et la porte se referma, brisant en milles morceaux les espoirs de Kim. Non définitivement ce serait une longue journée, et bien plus compliqué que ce qu’il avait prévu : s’occuper de Lovy Kinsky et faire un détour par la cellule de Zoltan Nagy si possible. Il s’était tout simplement jeté dans la gueule du loup, telle une blanche brebis. Livré alors qu’il était libre, il serait dorénavant prisonnier des griffes de Welka, jusqu’à ce qu’elle se décida à le relâcher et cela pouvait durer longtemps. Un simple regard vers les caméras et toute la situation avait basculé.

Elle avait prit une voix neutre pour lui adresser la parole, et si elle enrobait ses mots d’une douceur suave ce n’était que pour cacher toutes les menaces qui auraient pu filtrer de ceux-là. Il ne cilla pas lorsqu’elle planta ses orbes vertes dans ses yeux noisette. La même couleur que ceux de Lovy. Oh ce n’était certainement pas la même couleur qui se diluait dans les iris, pas la même passion qui était visible, cependant le lien était là. Elle le dépassait du nombre de centimètres que faisaient ses hauts talons. Bon autant dire plusieurs bons. Il lui répondit calmement.

La joie est partagée même si j’aurais préféré que les circonstances soient différentes.

Non, il n’était pas naïf au point de croire qu’ils auraient le droit à une simple et aimable conversation, cependant il n’avait aucun antipathie vis-à-vis de Nékorovy. Elle faisait son travail, aussi désagréable celui-ci puisse-t-il être. Et si elle aimait cela et bien… au moins y avait-il un gagnant dans l’histoire. A quoi pensait elle en le fixant ainsi ? Combien de questions pièges préparait elle intérieurement ? L’attente était tout bonnement insupportable. Tout du moins réussit il à reboutonner plus ou moins correctement cette chemise. Et puis soudain, elle reprit sa marche aussi féline qu’un chat qui après avoir repéré sa proie se décide à l’aborder. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle s’approcha tel un fauve, à patte de velours, étouffant le bruit de ses talons sur le sol. Le silence restait total, si l’on ne comptait pas leur bruit de respiration respectif. Il y avait une grâce admirable dans sa démarche et Kim ne s’empêcha pas de contempler le magnifique ballet. Il lui semblait que jamais elle ne s’arrêterait, s’approchant toujours plus, pour enfin trouver l’endroit d’une pause, parfait pour donner muettement l’ordre de s’asseoir. Suivant d’un coup d’œil la main tendue de Welka, il avisa la chaise qu’il venait à peine de quitter et hocha la tête en réponse à son infime sourire. Il prit donc place, comme un spectateur qui s’installe, sauf qu’il serait autant acteur que victime dans le drame qui se tissait doucement.

Il n’avait pas non plus décroché un mot, préférant serrer les dents en attendant le début du spectacle. Il ne voulait pas briser le silence, le conserver c’était une chance de garder encore quelques secondes de plus cette sécurité dont il allait certainement manquer dans si peu de temps… Sur la table de la pièce, il y avait ses précieux biens, et sa montre. Il n’avait même plus accès à aucune donnée de temps pour se situer, il serait vulnérable des heures ou des secondes, sans savoir. Combien de temps allait durer ce petit jeu ? Au moins jusqu’au matin surement. Le temps figerait sans doute ses ailes pour permettre à Nékorovy de ne pas fatiguer, de rester assez éveillée. Kim remerciait l’instinct qui lui avait fait avaler un café serré en se levant. Au moins avait-il les pensées assez claires pour pouvoir jouer au jeu d’échecs qu’on avait minutieusement posé devant lui.

La main gantée s’était rapprochée rapidement et d’un vif mouvement avait fait sauter le premier bouton de sa chemise. Main aussi dangereuse qu’un couteau, ongles affutés et vernis pour être plus résistant. Dire que même sans arme elle pouvait se montrer si redoutable… Bouton esseulé dans la paume de son bourreau. La question tomba directe. Pas besoin de préciser qui était ce « L » soufflé. « L » comme Lovy, Karlovy Kinsky. Welka l’avait elle apprit avant le cours qu’elle avait donné, ou alors pendant en observant d’un œil moqueur les regards entre les deux tourtereaux, ou avait elle été confirmé plus tard par les rumeurs ou même un enregistrement vidéo ? Pourquoi poser la question alors ? La réponse était évidente et toute simple.

Non en fait la question n’était que destinée à introduire une métaphore, une menace cachée. Dans quelle difficile situation il se trouvait. Il connaissait Lovy depuis plus presque vingt ans, et ils s’étaient liés d’amitié, travaillant dans le même bâtiment. Nombreuses avaient été leurs discussion sur tout et rien, sans qu’il n’y ai forcement d’attirance, elle était tombé dans les bras de son parrain Zoltan Nagy, et elle était heureuse, rayonnante et plus resplendissante que jamais. Kim avait les idées ailleurs. Ce qui ne les empêchait pas de développer des points communs et de s’entraider lorsqu’ils le pouvaient et que l’un avait besoin des conseils ou des compétences scientifiques de l’autre. Et puis, il y avait eu ce malheur qui avait complètement brisé la jeune femme, l’isolant de ceux qu’elle avait côtoyé. Et pourtant elle s’était relevé, elle n’avait pas abandonné le combat au contraire y mettant encore plus d’ardeur. Elle était forte sa Lovy ! Elle pouvait affronter tous les défis, réussir tous les combats, ce n’était qu’une question de volonté. Elle avait fait une erreur cependant c’était réparable. La Guilde ne se séparait pas sans raison d’éléments aussi doués que l’était Kinsky, pas sans raisons valables… Elle leur avait permit d’attraper un rebelle, mieux elle avait perdu tout intérêt à contacter les rebelles, puisque le seul en qui elle avait confiance était dorénavant en prison à ses côté, dans une cellule quelques mètres plus loin.

S’il l’aimait ? Oh oui, comme un fou. On pouvait torturer autant de personnes que l’on voulait devant lui sans qu’il ne réagisse, bien qu’intérieurement il puisse réprouver, mais que l’on touche à un seul des cheveux de Karlovy et… Dans quel état était-elle à ce moment précis ? Qu’est ce que Welka lui avait réservé ? Ce qui le rassurait légèrement c’était que tant qu’elle s’occupait de son cas à lui, elle ne pourrait être aux côtés de sa bien aimée pour s’en prendre à elle. Ô amour qui fait penser à des choses stupides, qui fait agir de manière des plus absurdes ! Comment donc peux-tu guider nos cœurs à faire tant d’imbécilités alors que tes intentions sont si pures ? Kim ne supportait pas que l’on touche à ceux qu’il souhaitait protéger, il se sentait le devoir de se mettre entre le danger que pouvaient courir ses proches et ces derniers, quitte à en subir le prix. Qu’était le danger face à la peur que l’on pouvait ressentir pour ceux qu’on aimait ? Le sentiment de désespoir de ne pas pouvoir aider ceux qui en avaient besoin et que l’on chérissait si profondément.

Nékorovy Welka… Qu’avait elle prévu en tête ? Fallait-il lui répondre franchement ? Si oui, alors il lui aurait répondu sans aucun hésitation et en utilisant sciemment le présent : « Oui, je l’aime ». Ses sentiments n’avaient pas changés. Pourquoi auraient ils évolués ? Si Lovy était descendu dans les souterrains elle devait avoir une bonne raison. Et si c’était pour y retrouver Zoltan… Son cœur se serra un instant. Alors sans doute avait elle fait ce que ses sentiments lui dictait et elle avait eu raison. Jaloux ? Oui très certainement, mais Lovy ne lui appartenait pas, alors qu’elle s’était promise à Nagy, allant jusqu’à se fiancer avec lui. Qu’y avait-il entre Lovy et Kim ? Un simple baiser, répété plusieurs fois certes, mais rien de plus… Il ne pouvait donc même pas se prétendre son petit ami, ni même son amant. Et pourtant la brigadière d’élite posait une interrogation, et pourquoi poser une question dont elle connaissait pertinemment la réponse ? Il n’y avait pourtant aucun doute dans son regard.

Le tout était de se concentrer sur tout ce qu’il dirait et de ne pas laisser échapper une bêtise. Avouer qu’il aimait Karlovy c’était peut être placer la jeune femme dans une situation délicate, car aucun doute que Welka utiliserait cette information contre la biologiste. Pour la cuisiner ou pour la faire culpabiliser tout simplement. Kinsky avait elle donné de faux espoirs au scientifique avant de l’abandonner pour fuir chez les rebelles auprès de son amant ? Qui sait ? Plongeant ses yeux dans ceux de son adversaire, il réfléchit un instant avant de répondre d’un ton calme et qui ne se voulait pas moqueur bien que les paroles le fussent.

Je n’ai jamais été très fort en couture… ou en métaphores.

Menteur ! Depuis quand les médecins ne savent pas recoudre une plaie pour permettre la cicatrisation d’une plaie ? Depuis quand ne peuvent-ils raccommoder une veine pour en stopper l’hémorragie ? Et dans les poèmes dont tu te souviens, n’y a-t-il pas nombre de métaphore que tu adores toutes plus les unes que les autres ? Oui dans le regard de Kim on pouvait lire une pointe d’ironie lorsqu’il avait prononcé ces paroles. Avait-il une chance d’être bon en mensonge ? Oh, on devait avouer que celui-ci n’avait pas forcement été travaillé pour en être un, juste pour signifier doucement à Welka qu’il ne coopèrerait pas forcement de bonne grâce à tout ce qu’elle lui demandait.

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Nékorovy Welka le Lun 18 Avr - 5:57

Pièce close, caméra allumée, Nékorovy se ferait un second plaisir. Intérieurement elle savourait déjà ce qu'elle allait lui faire, elle se sentait animée de cette force transcendante, elle se laisserait guider par son instinct chasseur, traqueur et meurtrier. Sa petite souris était coincée là dans cette salle et pour rien au monde la Panthère Noire ne laisserait un si petit animal s'échapper. Non, un seul coup de patte suffirait à l'annihiler, à l'exterminer. Ce n'était pas le but de la Panthère Noire. Elle allait comme toujours s'occuper de sa proie avec tendresse, lenteur, avec précision et tact. La Veuve sentait son venin bouillir dans ses veines, un venin au goût tendre et délicat, un poison lent, doux et excitant. Un homme qui boirait à la coupe serait déjà mort sans le savoir et justement Kim venait d'en boire une gorgé même infime en s'y prenant au jeu; jeu fatal sur le coup ou à la longue avec les années...Le poison coulait maintenant dans ses veines et y demeurerait longtemps, douze heure, un jour, une semaine, un mois pas plus. Il ne faut pas que le rat s'aperçoive qu'il était déjà sur le chemin du sommeille éternel, il ne fallait pas qu'il meurt immédiatement sinon ses congénères n'allaient pas vouloir boire à la coupe que leur présenterait Nékorovy.

Néko Néko Néko Néko qui es-tu ? Pourquoi tant de plaisir dans la torture ? Tant de désirs saveur Arsenic ? Pourquoi ? Oh.. Kim, et toi pourquoi t'es-tu pris au jeu sans lendemain ? C'était comme si tu avais chargé un révolver à balles réelles et au moment de tirer en direction de ta tempe tu te dis que l'arme s'enraillerait hors, il est tout neuf. Ta prière ne sera pas exaucé que déjà, ton sang se répandra dans les entrailles de Nosco et ton cadavre sera servit au déjeuner aux prisonniers. Tout frais tout bon...comme ils les aiment.

Au parole du Docteur, Nékorovy sourit mais pas exactement le sourire causé par une blague. Non, un sourire malicieux, sournois ne découvrant nullement les dents, ce genre de sourire à faire détaller une Ombre dans la nuit, à rendre jaloux un tyran de la pire espèce. Oui ce genre de sourire là qui entraine inévitablement un regard meurtrier, chargé d'idées ténébreuses...Oui... c'est cela. Ses yeux là fixait ceux ''innocents'' de Kim Van Berghen.
Féline, sensuelle, elle s'accroupit, se faisant plus petite que lui, levant la tête et l'observant en lui offrant une vue magnifique sur sa poitrine puis, se releva tout en laissant parcourir ses doigts agiles sur son pantalon de cuir. Toujours ce pas félin, inaudible, elle s'approcha encore, encore, se baissa vers lui, plaçant son visage devant le sien, effleurant presque ses lèvres des siennes. De sa main sans gant, elle lui effleura le visage, le cou, une épaule, le torse, l'abdomen, descendit en pointant du doigt armé de son ongle la ceinture de son pantalon, la braguette et soudain, elle y posa sa main doucement, approcha son visage non pour l'embrasser mais dévia et lui susurra à l'oreille quelque chose...

«  Je ferais en sorte que vous soyez déchu de votre poste. Le motif... vous ne savez pas correctement coudre Docteur. Ensuite, je m'arrangerais pour que vous deveniez une métaphore, un fantôme. Qu'en pensez-vous? Vous ne savez toujours pas coudre... Docteur ? »
La Veuve tout en parlant exerça une pression sur l'organe masculin du Scientifique. Et elle profita pour rajouter. « Et si je vous l'arrachait, se serait bien dommage de ne pas savoir coudre...Docteur... ». Pour finir, elle lui déposa un baisé dans le cou. Un baisé mortel. Elle venait d'apposer sa marque sur lui. Au lieu de s'éloigner de Kim, elle s'assit sur ses genoux. Elle prit place sur sa chaise humaine, se libérant de tout son poids sur lui, s'asseyant confortablement sur ses organes génitaux, basculant sa tête dans sur une épaule de l'homme passant l'un de ses bras de l'autre côté. Sa main vint caresser la nuque du Doc' avant de s'y refermer solidement, elle y planta presque ses griffes dans sa tendre chair. De sa main gantée, elle sorti une dague de son corset et tendit le bras en l'air au dessus de la tête de Kim.

«  L'épée de Damocless vous connaissez ? Celle-ci est plutôt petite mais, tout aussi efficace. Elle peut tomber n'importe où. L'apesanteur... » dit-elle avec tant de sensualité, de charme funeste. «  Docteur... » elle fit glisser la main qui maintenait la nuque du médecin vers ses cheveux qu'elle tint sauvagement, solidement prêt à les arracher en cas de mauvaise réponse. Elle n'hésiterait pas à lui tailler les cheveux à sa façon. S'il tentait quelque chose, il se ferait immédiatement transpercer le pied par l'un de ses talons aiguilles tranchants. Elle poursuivit alors «  L'aimez-vous ? ». Sa dague descendit, un peu plus. Sa pointe se glissa sur le front de l'homme, glissa vers le bout de son nez, sur les lèvres, son menton, sa pomme d'adam glissant... glissant au creux de sa gorge, sa trachée et stoppant net sa lente descente.

Néka poussa un soupir mêlant le désir à la terreur...
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Lun 18 Avr - 23:50

C’est quand une situation s’inverse qu’on en découvre tous les aspects. Il lui était déjà arrivé de fermer la porte derrière un patient, sachant que celui-ci filerait à toute jambe si on lui en laissait la possibilité. Sauf que jamais il ne les avait torturés. Cependant il se sentait devenir légèrement claustrophobe dans cette pièce éclairé uniquement de la lumière artificielle d’un néon, en tête à tête avec Néko. Sauf que là, même s’il hurlait, personne ne l’entendrait ou ne viendrait l’aider… Et qu’on ne lui voulait pas que du bien aux dernières nouvelles. Non les cellules de la brigade n’étaient pas pour ceux qui voulaient éviter les problèmes. La Guilde avait beau clamer qu’elle voulait le bonheur du peuple, il fallait aussi faire quelques sacrifices pour la « protection » de la majorité. Et si les caméras pouvaient paraître presque rassurantes dans certains endroit de la ville, ici elles avaient beau filmer, elles n’assuraient pas une protection. C’était une sorte de zone de non-lieu où mieux valait ne pas s’aventurer. Franchir cette limite et s’y aventurer c’était se mettre en péril, se remettre aux griffes de la brigade. Ceux qui y travaillaient n’étaient pas les plus innocents loin de là, il fallait bien un bonne dose de folie, mêlée de courage et de cruauté pour descendre dans les souterrains sachant ce qui vous attendait en bas.

Pourtant ce qui se cachait en haut était il plus agréable ? Pas forcement. L’enfer c’est les autres, et ils étaient bien assez nombreux à Nosco pour créer leur propre purgatoire. La pire possibilité après mourir en étant dévoré par une créature était sans aucun doute avoir été capturé par le camp adverse et être torturé… Et pourtant se faire emprisonner par son propre camp était il plus réjouissant ? Certainement pas. Le scientifique eu une pensée pour Tristan Darek… plus de trois semaines d’absence. A quoi ressemblait-il ? Non, était-il encore vivant ? La question se posait. Le reverrait on un jour ? S’il était décédé sous la torture on ne retrouverait sans doute jamais son corps… Abandonné quelque part au fin fond des souterrains. Les sous-sols. Pourquoi Lovy s’était elle décidée à y descendre ? Elle savait se battre mais certainement pas assez pour défier un groupe de créature si elle en avait rencontré un. Finalement elle avait été chanceuse, elle aurait pu être dans un pire état que celui dans lequel elle était en ce moment-même. Pourtant ce n’était pas une raison pour remercier Nékorovy… Bien au contraire. Qu’avait elle pu arracher comme paroles à sa victime ? Qu’est ce que Karlovy lui avait raconté ? La vérité ou bien les premières paroles qui lui avaient traversé la tête…

Ce regard malveillant qui faisait luire les yeux de Welka, ce n’était pas la première fois que Kim en croisait un similaire. Cette pointe à la limite de la folie qui pouvait conduire à faire combien d’actes irréparables… Combien de milliards de personnes pouvaient avaient déjà souffert dans les bras de telles bourreaux ? Peu avaient pu en ressortir vivant ou la tête haute. On sortait marqué à jamais dans sa chaire d’une telle confrontation. On n’oubliait pas, c’était impossible. Cela restait enraciné là quelque part au fond du cœur et dans une place cachée du cerveau. Oh, la conscience faisait parfois le ménage pour permettre à son hôte de survivre et d’avancer, mais l’inconscient lui conservait tout, rangeant méthodiquement et faisant parfois ressortir au moment approprié ou inapproprié ce qu’il fallait. Une peur panique, lors d’un son que l’on croyait reconnaître, une image un peu trop violente… Et boum. Ca vous tombait sur le coin de la figure. Heureusement Kim n’était pas du côté des traumatisés, pourtant il en avait connu… Soigner c’était parfois voir la face cachée des choses, le côté le plus sombre de l’homme se cachait parfois dans la science qui se voulait motrice d’un monde meilleur. Un monde plus idéal, oui mais à quel prix ? S’il fallait sacrifier des gens, cela en valait il la peine ?

La vie ressemblait parfois à une partie de roulette Russe. On sentait le danger qui guettait, mais on ne savait jamais quand il allait arriver et sur qui il allait tomber. Mieux valait alors être chanceux et avoir le destin de son côté. Adresser une prière à Joshi et espérer… S’enfoncer dans l’illusion que peut être un peu de pitié s’éveillerait dans le regard du tortionnaire. Pouvait-on rêver à un tel retournement de situation ? Kim était un optimiste, mais surement un peu trop… Peut être était ce pour effacer sa vision si pessimiste des hommes. Tous coupables. Qui pourrait les sauver ? Ils étaient tous condamnables. N’avaient ils pas tous une part d’ombre au fond d’eux ?

Celle de Welka était plutôt visible, surtout quand elle souriait comme pour s’émerveiller du coup joué par son adversaire, pour saluer sa folie et lui assurer qu’elle lui ferait payer mille fois plus cher la moindre de ses paroles. Un regard qui en disait long sur ce qu’elle pensait de son humour et de sa réponse. Fatal error, la réponse n’était pas celle attendue… Une vrai panthère, lorsqu’elle s’accroupie pour mieux bondir sur sa proie. Le cuir serré sur ses formes permettait de mieux en apprécier le mouvement et… l’agréable décolleté qu’elle offrait en se penchant ainsi. Délicieuse vision de la poitrine généreuse, qui fit presque avaler se travers le médecin. Elles avaient certes les mêmes yeux, mais des qualités très différentes. Nékorovy était la glace brûlante qui vous pourfend, tandis que Karlovy était le volcan ronronnant qui menaçait d’exploser à chaque instant. Lovy était ce charmant sourire et ces yeux pétillants, tandis que Néko était la grâce toute en finesse. Kinsky était le petit oiseau volant et elle entrait facilement dans des vêtements des plus serrés sans avoir à craindre pour son décolleté… Welka… était bien plus féminine. Plus femme, mais plus cruelle et sans condescendance. Elle se releva en s’approchant doucement, faisant respirer van Berghen de façon sporadique.

Proche, si proche au point de sentir son souffle sur sa peau, de frissonner de la proximité de leurs lèvres. Il se sentait comme figé, incapable de réagir sans savoir ce qu’elle pouvait avoir en tête, ce qu’elle avait décidé et qu’elle exécuterait impitoyablement. La victime pouvait elle se défendre lorsque son adversaire avait toutes les cartes en main ? S’accrochant aux accoudoirs de la chaise il tenta de ne pas bouger le moindre muscle tout en restant le plus détendu possible. Difficile à faire mais faisable jusqu’à ce que la poigne de Néko vienne attrapper une partie sensible de son anatomie, et se pencher à son oreille, murmurant des paroles lourdes de menaces. Heureusement qu’elle était trop penchée pour voir un instant le sourire qui avait traversé le visage de Kim. Menaces en l’air… Oh, non ça ne signifiait par qu’elle ne pourrait pas tenter, cependant elle n’avait certainement pas assez d’influence pour réussir en un seul coup à faire ce qu’elle promettait là. Elle avait certes le contrôle total dans cette pièce, toutefois en dehors c’était bien autre chose. Pourtant il rit beaucoup moins à la seconde menace qui sonnait beaucoup moins « paroles en l’air ». Il aurait bien voulu répondre, lâcher un mot, mais tout l’air était bloqué dans ses poumons et refusait de sortir.

Mieux valait peut être rester silencieux de toute façon. Chacun de ses mots n’empirerait il pas la situation ? Sans aucun doute… Quoi qu’aucun de ses aveux ne ralentirait Welka dans la suite de son petit jeu. Elle avait déposé un léger baiser dans son cou, rien de violent dans l’acte et pourtant… Cela rappelait tellement l’absence de Lovy au scientifique. Sa Karlovy qui lui avait aussi déposé un baiser entre la tête et l’épaule, se glissant au creux de ses bras… Que la sensation était différente. Ne lui laissant pas un instant de répit, prenant place sur ses genoux et s’installant confortablement. Il était désormais coincé entre sa chaise et la jeune femme qui semblait apprécier l’amusement. Il étouffa un grognement de mécontentement lorsqu’elle s’accrocha à sa nuque l’empêchant presque de faire un quelconque mouvement. Pour rajouter du dramatique à la situation Welka ne put s’empêcher d’ajouter une référence mythologique à la situation, suspendant une arme au dessus de sa tête. Très bien s’il était Damoclès, il sentait très bien le côté dangereux de la situation, de la mort imminente qui pouvait le frapper, mais pas son envers, celui de la puissance du tyran dont l’orfèvre avait profité en remplaçant une journée son maitre à sa place. A moins que ses réponses soient la seule influence qu’il ait. Kim ne pouvait plus bouger sa tête, emprisonné entre les griffes de Welka, il se devait d’offrir sa gorge au coup qu’elle semblait prête à donner.

Profitant de l’oreille attentive qu’il avait à proximité, il lui murmura sans hausser la voix.

J’apprécie beaucoup votre façon de poser des questions, cependant il va vous falloir agir un jour plutôt que de menacer.
Ma belle Welka, vous m’auriez surement attaché les mains si vous comptiez faire quoi que ce soit dès maintenant…


Il leva doucement la main gauche, l’approchant sans intimidation ou provocation, dans un ballet doux, il fit mine de caresser la joue de Nékorovy mais sans la toucher. Il ne voulait pas l’énerver plus que ses paroles ne faisaient déjà. Sincèrement il ajouta.


Je suis désolé…

Il fit une légère pause, reprenant sa respiration avant de reprendre sur le ton qu’il semblait avoir perdu après la petite démonstration de Welka.

Mon cœur… mon cœur appartient à Steve. Je lui ai promis de m’occuper de lui, vous comprenez ce pauvre petit rat… Je ne pouvais pas le laisser comme ça seul et sans protection…
Quand à mon âme, elle est à tout jamais le sujet de notre bien aimée impératrice.
Et pour en revenir à votre question … je l’aime.


Petit moment de suspense. Avait il finalement décidé de répondre à la question ou bien… ?

Bien sur que je l’aime ma vie ! Je ne tiens absolument pas à mourir ce matin… ou alors je préférerais que ce soit pour quelque chose d’utile au moins…

Navrant gamin qui s’amuse à bafouer les lois et à s’échapper des réponses conventionnelles. Pourtant il fallait le comprendre, pourquoi poser des questions dont on connaissait les réponses ? Alors Kim lui fournissait les réponses aux questions qu’elle ne posait pas et qui pourtant auraient été utiles. Si serviable ! Un peu trop peut être ? Ah définitivement les génies étaient incompris et la sentence risquait de tomber une nouvelle fois… Mais faisait-il vraiment quelque chose d’utile ? Oui si cela permettait à Lovy de gagner du temps et de ne pas subir de pressions du côté de sa vie personnelle à Nosco. Alors dans ce cas-là tout ne serait pas perdu.

Ah Néko le temps allait être long avec un imbécile pareil qui semblait s’entêter à ne pas répondre. Qu’avait il donc avalé avant de venir pour être aussi insupportable ? Surement le café avait été trop serré. Ou alors c’était juste qu’il voulait voir Karlovy, certes son attitude ne l’aiderait pas à voir sa tendre dans les prochaines minutes, mais peut on prévoir ce qui passe par la tête des hommes à quatre heures du matin ? En tout cas les caméras ne devaient pas manquer une seule seconde de ce drame comique qui se déroulait sous leurs yeux, quiproquos en tout genre jusqu’au Deux ex Machina. Il s’était doucement excusé de leur faire perdre leur temps à tous les deux, pourtant c’était ainsi… Ils allaient rester coincés ici jusqu’à ce que l’un d’eux face un pas, ou que les deux accepte un compromis… Ce n’était franchement pas gagné. Bon au moins la guerre était déclarée et chacun avançait ses pions lentement mais surement. Mieux valait il parler pour ne rien dire ou bien laisser le silence pensant s’installer. Néko, Néko, c’est toi qui mène la danse, quel sera ton prochain pas, vers où nous mèneras-tu ? Quelle sera la musique suivante et quel en sera le tempo ? L’avenir semble si proche et si lointain… et que dire dans un monde où le temps est infini tout en s’écoulant…

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Nékorovy Welka le Ven 22 Avr - 1:58

[HRP: Message édité pour le bonheur des yeux et du détail ]

Nékorovy s'en doutait! Il semblait aimer ça, il semblait aimer ce qu'elle lui faisait. Il y avait de forte chance qu'il apprécie d'avantage ce qui allait suivre. Il en redemanderait, il se trainerait à ses pieds pour avoir sa dose de fessées. Était-ce un sadomasochiste ? Qu'importe pourvu qu'il aime. Et il avait intérêt d'aimer ce qui lui arriverait sans quoi il finirait plus mal que Karlovy.

Il y avait bien une chose de faite. Kim Van Berghen s'était trahi a cause de son entêtement, de sa façon de vouloir détourner la conversation. Il ne possédait nullement ce talent et sans doute ne le posséderait jamais. C'était bien dommage pour lui. Au moins, La Veuve Noire avait eut sa réponse, à vouloir éviter de répondre directement à la question posé, Kim venait de lui confirmer que son cœur battait pour Karlovy. Il s'était grillé tout seul. Il ne fallait pas grand chose pour réussir de se planter en beauté surtout face à un professionnel. A cette seule réponse, Nékorovy aurait put s'arrêter là et le relâcher mais, Doc' semblait réellement d'humeur joueuse. Cette femme se devait de le refroidir un bon coup. Et puis, en l'honneur de tous ceux qui haïssait les médecins, qui n'aimait guère les rendre une petite visite, elle le martyriserait avec joie ou pas. Les médecins sont bien trop importants en Nosco pour les torturer. Non, il fallait tout simplement lui faire comprendre certaines choses et c'était l'occasion rêvé d'alimenter les rumeurs à son sujet de telle sorte qu'on ne sache où est la vérité, de telle sorte que tous se perdent.

Kim avait donc jeté ses dés et malheur pour lui son descente aux enfers allait débuter. Il aimait Karlovy car il la semblait la protéger et s'il l'aimait vraiment, il se devait de partager ses souffrances! Les jeux étaient fait et il avait décidé de s'y impliquer âme et corps. Alors que cela ne tienne, Nékorovy allait poursuivre ce petit divertissement. A son tour de jeter ses dés, de parier sur la vie d'un être animal ou humain. L'épée de Damocles tomberait soit sur Kim soit sur son rat, son petit protégé et bien aimé. Le choix fut vite fait.

Elle lui maintenait toujours aussi solidement la nuque et fini par enfoncer ses ongles dans la chair de ce dernier lui infligeant d'infimes blessures. Il se trompait lourdement sur son compte, vraiment! Néko n'avait strictement pas besoin d'attacher Kim pour quoique ce soit mais s'il le voulait, elle se laisserait bien manipuler par ce scientifique en ce matin, du moins, lui faire croire qu'il la manipule. Et puis s'il avait envie de lever la main sur elle qu'il essaye. D'ailleurs, ce Doc' venait de commettre la grave erreur de l'effleurer de sa main. Il n'y avait qu'une personne qui avait le droit de faire cela, une seule personne et c'était un Haut-Conseiller, digne de lui effleurer le visage, digne de planter son regard dans le sien... Kim n'aurait pas dû mais vraiment pas. Il allait amèrement le regretter.

Le visage de la jeune femme était glacial, on croirait que son regard allait transpercer le corps qui se trouvait dans son champ de vision. Il n'y avait rien d'amusant, on put lire la vengeance en elle, de la cruauté en passant par l'horreur qui se tairait dans ses entrailles et plus encore. Un gouffre sans fin. Tout au fond, dans le noir deux yeux verts luminescents. On pense l'atteindre mais plus on descend et moins ont atteint le fond. C'était le cas de Kim, il descendait et descendrait encore sans jamais atteindre le planché abyssal.

Cet homme semblait tellement être pressé de recevoir une correction digne de ce nom, toutefois pas aussi digne du talent réel de la Panthère, mais il aurait juste un petit avant goût, un petit extrait bien qu'infime de ce qui s'était passé quelques minutes auparavant dans la salle d'interrogatoire. Au lieu de le frapper, elle se leva de sa chaise humaine d'une sensualité inégalable tel un félin, rangea sa dague soigneusement dans son corset, se positionna derrière lui et fit glisser sa main sur le long du bras de l'homme pour enfin saisir son poignet.

En se relevant et en passant derrière la chaise, le bras du Doc' suivit le mouvement et remonta dans son dos, il devait commencer à ressentir la douleur. Son autre vint se refermer solidement sur cet nuque dégagée et lui enfonça à nouveau les ongles dans la chair. D'un rapide mouvement, lui tordit le bras dans un mouvement verticale sans pour autant chercher à le lui briser. Elle passa une menotte à son poignet, relâcha ce bras et saisit l'autre bras et y passa l'autre menotte. A ce moment, un brigadier fit irruption dans la pièce, referma la porte et ne bougea plus. Néko prit alors la parole.

« Qu'on me ramène ce Steve immédiatement! » dit-elle sèchement.

Le brigadier sorti sans tarder, la porte se referma dans un dé-clique brutal. La Veuve Noire fixa le sommet du crane de ce Kim, et en un éclaire, recula et balança un coup de pied sur la chaise qui se renversa avec lui. Sans manquer de rapidité, une fois le mollusque au sol, elle saisit la chaise et la balança sur l'homme puis la voltigea à l'opposé de la pièce, pauvre chaise, qu'avait-elle fait pour mérité ce sort?
Néko posa son talon sur son épaule pour sèchement le lui enfoncer. Elle appuya, le foula, remua le talon affuté dans la plaie avant de le lui retirer lentement pour y poser la semelle de sa chaussure sur la jolie petite plaie, ainsi le maintenant face contre terre. Le sang souillait sa belle paire de talon aiguille, cela ne la dérangeait pas pour l'instant. Il nettoiera tout ce bordel plus tard.

« J'aime tes manières beau bruns. » lui dit-elle si sensuellement presque qu'en murmurant.
Ensuite, elle le saisit par les cheveux et le fit se mettre à genoux. Devant lui se dressait un mur. Nékorovy n'avait toujours lâché prise et violemment elle lui percuta le visage contre la parois ainsi lâchant les cheveux de sa proie. Encore quelques coups comme cela et il pisserait du sang par le nez déjà que son front laissa un filet de sang couler le long de son nez. Le coup fut violent mais pas suffisamment pour l'étourdir ou qu'il en perde conscience.

Décidément l'heure n'était plus à la poésie, si aux caresses. La Veuve Noire le saisit une fois de plus ses beaux cheveux et le traina dans un coin de la pièce. Elle le mit de façon à ce qu'il s'adosse au mur ainsi elle put le saisir par la gorge d'une main , se mit à califourchon sur lui et de l'autre main, sorti une dague de son corset. Elle prit soin de placer le couteau au mauvais endroit. S'il bougeait il se ferait transpercer le ventre. Elle l'embrassa, un baiser enflammé, et sans crier gare, lui mordit la lèvre inférieur avant de quitter ses lèvres en léchant les siennes afin d'y effacer toutes traces de sang. Son regard se planta dans le sien, un regard indescriptible.

« Exquis » lui susurra t-elle. Nékory Welka lui fit un large sourire sans découvrir ses dents et le fixa sans cligner des paupières. Lentement, sa dague se glissa sur la ceinture du pantalon puis sur les parties biens couvertes de l'homme. Sans mouvement brusque, elle lui défit le ceinture toujours sans quitter son regard, fit descendre sa braguette. Il avait les mains jointes dans son dos... le pauvre. Qu'allait bien faire Wel cette fois-ci ? C'est vrai que Kim était mignon.

« Qu'as-tu à me raconter sur Karlovy Kimy ? » Un silence se fit. « Le chat à prit ta langue ? Tu veux que j'aille la chercher ? » dit elle tout souriante.

Drôle de torture. Néko savait bien qu'il y avait une foule de brigadier derrière les écrans de surveillance et qui rigolaient ou / et qui encourageait Néko. Et la rumeur ? Pouvait-elle s'appliquer ici ? Si elle aimait Kim pourquoi le torturait-elle de la sorte ? Mais en même temps c'était si sensuel... que penser ?
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Sam 23 Avr - 15:32

hj: Juste parce que je trouve que l'image colle trop bien:
Kim version Disney
Dommageque Néko ait pas les cheveux plus long...
* Murmure une prière pour ces pauvres bruns aux yeux marron qu'on attache sur des chaises...*

Dj:
Tournés tous les deux vers le même mur, Kim ne pouvait pas voir les expressions du visage de Nékorovy, et donc pas interpréter ce qu’elle pensait, seul les ongles qui s’enfonçaient dans sa chair démontraient qu’elle n’allait pas le lâcher de si tôt, pas avant de lui avoir fait révéler ce qu’elle voulait. Et pour cela quoi de mieux que la douleur ? Et pourtant, si la douleur physique faisait parfois hurler, la plus grande souffrance restait celle mentale, car celle-ci était bien plus longue à disparaître. Les blessures physiques cicatrisaient, il suffisait de savoir les soigner, à coup de désinfectant ou de médicaments, quand à celle du moral, on ne pouvait totalement se réparer seul, il fallait forcement une présence amicale à ses côtés. Voilà pourquoi couper les victimes de tout contact avec l’extérieur était si important pour les emprisonnements et les tortures… Il y avait un risque de reprendre espoir, si l’on pensait que quelqu’un d’autre partageait les souffrances endurées, ne serait ce que par la pensée. L’amitié n’étant qu’un sentiment mêlant complicité et empathie réciproque. D’où leurs questions : est ce qu’il aimait Karlovy ? Est-ce qu’elle l’aimait ? Préférait-elle son rival Zoltan ? Comment toucher le trio et lequel était le point faible des autres ? Comment leur faire avouer ?

Trop honnête ? En tout cas, s’il avait à moitié avoué c’est qu’il ne pouvait de toute façon pas cacher cette information à La Veuve Noire, qu’elle savait déjà et ne voulait qu’une confirmation de sa bouche. Que pouvait-on cacher à la Guilde ? Rien de plus que quelques unes de ses pensées, qui pourtant devaient bien transparaitre dans des gestes, des réflexes totalement innés qu’il était impossible d’effacer. La Guilde ne trouvait elle pas presque automatique un travail aux nouveaux oubliés ? Détectant assez rapidement quels étaient leurs compétences, leur domaine privilégiés, celui où ils étaient passé maitre dans la discipline. Observer et poser les bonnes questions au bon moment, ne laisser échapper aucun détail et en récolter toujours un peu plus. Dossiers qui s’étoffaient au fil du temps, au point d’en devenir illisible. Comment trouver ce que l’on cherchait parmi tant de données récoltés ? Encore heureux que tout avait été informatisé et qu’on n’avait donc pas à feuilleter un trop grand nombre de papiers, il suffisait juste de scroller ou d’effectuer une recherche par terme. Dans la partie « relations », qu’avait on indiqué… Bien trop de choses sans doute… Collègues, amis, connaissances, filleuls… La liste s’allongeait sans cesse, et jamais ne se raccourcissait.

Tout être est unique et possède son propre point de vue, seul ceux qui nous ont quittés ou les auteurs peuvent se targuer d’être omniscient et de s’infiltrer partout où ils veulent pour y lire ce qu’on y fait, ce dont on parle et ce à quoi l’on pense. Il y avait bien une chose à laquelle van Berghen ne comprenait rien, c’était la haine qui poussait à Nosco contre les médecins. Allant de paire avec l’admiration de l’armée de l’impératrice. Médecin, c’était soigner les gens et avoir une chance de sauver des vies… Pourtant ils étaient aussi détestés que s’ils avaient eu une maladie des plus dangereuse et contagieuse. Alors qu’en tant que scientifique ou que brigadiers, ils étaient amenés à tuer. Pourtant les nosciens semblaient y accorder plus de crédits. Comme si le simple fait que quelqu’un meurt, quelqu’un d’autre qu’eux les protégeaient en quelque sorte. Tant que l’on ne s’intéressait pas à leur cas, ils étaient sauf, mieux valait donc que les autres meurt. Un petit jeu de massacre, où l’enfer était les autres… Donc autant les éliminer le plus rapidement possible. Etait ce choisir une bonne stratégie ? Devenir guerrier et ne pas s’allier à ceux qui pourraient vous remettre sur pied en cas de problèmes ? Il détestait réellement le côté scientifique de sa profession, pour tout ce qu’elle impliquait. La Science et ses sacrifices destinés aux avancées… Il fallait toujours progresser qu’importe les cadavres sur le chemin. Les survivants pourraient profiter, sans même remercier, ceux qui avaient souffert pour leur offrir ce qu’ils avaient maintenant. Mais la haine avait toujours le même ancrage, on s’attaquait à ce qu’on ne comprenait pas, ce qui était différent… La Brigade était en grand nombre, ils étaient donc la masse qui pouvait se permettre quelques décisions, sous les ordres de l’impératrice. Les médecins quand à eux s’étaient toujours comptés sur les doigts d’une main au cours du temps… Mais se priver de ses doigts s’étaient perdre de son agilité manuelle, perdre ce don précieux de la nature, celui du pouce réversible et de ces phalanges qui accrochées les unes aux autres formaient de longs doigts telles les pattes immenses d’une araignée.

Alea Jacta est… Two steps from Hell… De nouveau les ongles qui s’enfonçaient un peu plus profondément dans sa nuque. S’il avait levé la main vers la joue de Welka, c’était dans un geste sans violence… Malheureusement il avait retrouvé ses souvenirs, et on l’avait élevé en répétant chaque jour les règles qui étaient établies par la morale, ce qui était bien ou mal. Délimitant ainsi dans son cerveau ce qu’il fallait faire ou ne pas faire, éthique stricte imposée par ses parents qui avaient des valeurs ancrées dans leur inconscient et qu’ils transmettaient à leur enfant unique. Et l’une d’elle disait qu’il ne fallait jamais frapper les femmes. Pauvres petites créatures « fragiles »… Jamais il n’aurait levé la main sur une femme, sauf vraiment en cas de danger mortel. Lors de ses premières années à Nosco, il avait été brigadier, puis retrouvant au fur et à mesure ses souvenirs, il s’était éloigné de ce travail qui ne lui convenait pas, qu’il n’appréciait pas vraiment, malgré ses bons côtés. Il ne regrettait pas l’expérience que cela lui avait apporté au contraire, s’il devait refaire le passé il le referait à l’identique concernant cette partie là de sa vie.

Terrible erreur que de menace Nékorovy, ne serait ce qu’une caresse… La guerre n’était qu’un jeu d’échec, et les combats qu’une danse terrible et envoutante. La torture quand à elle n’était qu’un jeu de théâtre où les acteurs principaux avaient tous un rôle bien déterminés, dans ces drames on savait bien souvent comment cela se terminerait… Pourtant on souhaitait toujours en connaître la fin, connaître le comment du dénouement. On savait le résultat, mais pas le chemin emprunté pour y arriver, car celui-ci était toujours différent, allègrement pleins de surprises et de nouveautés. Pourtant Welka ne semblait pas avoir théâtralisé cette scène, pas comme habituellement… Etait-ce parce qu’elle n’avait pas prévu qu’il débarquerait ce matin ? Avait elle ignoré que ce serait forcement lui qui viendrait ? Peut être avait elle tout simplement voulu se réserver l’étonnement. Si le jeu n’avait pas été introduit par les trois coups du brigadier sur le plancher de la scène, si le rideau ne s’était pas levé… C’était parce qu’on pouvait entendre une douce et énergique musique d’un tango.

Don’t say anything and don’t thing. Don’t move… Le cavalier n’avait pas réellement la possibilité de bouger ou d’entrainer sa danseuse, non la reine du jeu lui avait bloqué tous les coups possibles, le réduisant à devoir éliminer toutes les possibilités pour en choisir la moins pire. 1, 2, 3… Elle posa sa main sur son poignet après avoir rangé la dague dans un timing parfaitement coordonné. 4, elle passa derrière la chaise le laissant suivre dans le mouvement. 5, elle plaça son bras dans son dos… Résister ? Pour quoi faire, cela aurait été folie. Lorsque l’on était prit sous une clé, mieux valait ne pas résister et au contraire accompagner le mouvement. Toute la grâce des arts martiaux était de savoir tomber, d’accompagner le mouvement de son adversaire, dans l’espoir de pouvoir le faire tomber à son tour à la renverse lorsqu’il aurait mit trop de force dans son mouvement… Toutefois Nékorovy était douée en combat à mains nues, impossible de lui faire un tel coup. 6, elle empoigna à nouveau sa nuque l’empêchant de faire un quelconque mouvement. Prisonnier de ses griffes et de la douleur qui en découlait. 7, 8, 9… Un enchainement rapide qui conduisit à lui tordre le bras, à y passer l’un des anneaux d’une paire de menottes, la partie rotative avait glissé sans problème, se refermant définitivement autour du poignet, puis faisant de même de son confrère. Le cliquet avait retentit une seconde avant que la porte ne s’ouvre. Les chaines étaient parfois moins attachantes, moins incassables que les liens affectifs, et pourtant l’un et l’autre sont tous aussi cruel, le premier quand ils sont refermés et le deuxième lorsqu’il se brise. Un brigadier venait d’entrer dans la pièce, venait il délivrer une information ou alors… prendre ses ordres de Welka ? Cette dernière n’attendit pas longtemps avant de lancer sa requête.

Steve ? Oh, non pas son Steve… Ce rat, ce n’était pas simplement un petit animal de compagnie, c’était un peu son meilleur ami, sa conscience matérialisé, celui a qui il pouvait faire confiance sans réserve car il ne le trahirait pas… Et pourtant, si son maitre le trahissait et le laissait une nouvelle fois endurer toute sortes de calvaires, à cause de Nékorovy Welka, car elle avait décidé de s’attaquer à lui. Il voulu retenir le brigadier, lui dire que ce n’était pas la peine, que Steve n’avait aucun lien avec cette histoire, qu’on torturerait le plus innocent de tous ! Qu’il ne fallait pas ! Mais avant qu’il ait pu réagir, la danse avait reprise une nouvelle fois. Et 1, 2, 3… La chaise glissa avait une rapidité stupéfiante, tandis que Kim venait s’abîmer sur le sol dur et froid de la pièce. Pas le temps de réagir que cette dernière venait fondre sur lui sans prévenir, avant de se retrouver écarté du chemin sans douceur. De chaise humaine, voilà qu’il devenait tapis de sol… Il espérait simplement que Welka n’ai pas l’idée de le fixer au mur tel un tableau, son trophée de chasse. 4, 5, 6… le temps de bien enfoncer lentement le talon de la chaussure, avec précision et force. Il ne put se retenir de hurler de douleur. La chair meurtrie et le muscle entaillé. C’était pire qu’une balle, la douleur n’avait pas été rapide puis irradiante, non elle avait été croissante. Il n’avait retenu son cri en le faisant mourir dans sa gorge que lorsqu’elle avait enfin retiré l’objet aiguisé de sa plaie, le plaquant contre le sol. Au moins il avait la preuve que l’on nettoyait assez souvent cette salle. Une jolie fleur écarlate venait de naitre sur la chemise du scientifique. Tel le dormeur du val, qui aurait été éloigné de la nature à cause de la modernité et de ce besoin qu’avaient les hommes de construire autour d’eux un environnement qu’ils considéraient comme « meilleur », effaçant ainsi Mère nature.

7, un murmure qui atteignit ses oreilles tandis qu’il tentait de prendre sa respiration, avalant l’air qu’il avait rejeté lors de sa plainte. 8, elle le saisit une nouvelle fois par les cheveux, le forçant à se mettre à genoux, près du lourd mur de pierres. Trop près ? 9, il gouta à la dure rencontre avec l’édifice. Les os de son cranent vrillèrent sous la rencontre trop soudaine, et son arcade sourcilière explosa en une blessure qui laissa couler un sang frais et carmin. Assez pour le rendre un instant confus de ce qui se passait autour. La danse avait prit un tour rapide et sans doute ne suivait il pas assez rapidement. Nékorovy n’attendit pas avant de continuer, le ramenant dans un angle de la pièce. Le collant dos au mur, elle lui saisit la gorge, plaquant sa tête contre la surface plane tandis que le sang de Kim coulait le long de son visage. Reprenant sa place sur ses genoux, Nékorovy lui bloqua toute possibilité de bouger. Immédiatement une dague fut ressortie, apparaissant telle une tour de magie préparé et répété des centaines de fois, il n’y avait plus aucun accro à la manipulation de l’ustensile. Quelle serait la suite ? Une lueur étrange et mauvaise semblait briller au fond de l’œil de Néko. Il eut juste le temps de commencer une phrase…

Pitié Welka, pas Steve ! Il n’a absolument rien fait et a déjà bien trop souff…

Il fut coupé net par la dague tout contre son ventre et le baiser enflammé de Nékorovy. Terrible torture pour le médecin. Avec sa tenue de cuir et ses « accessoires », Welka pouvait totalement passer pour une dominatrice, ce qu’elle savait très bien faire une fois que son adversaire était attaché, et si Kim n’avait aucune tendances à aimer faire la violence ou en recevoir… il était tout de même légèrement en manque. Déjà que Karlovy l’avait allumé plusieurs fois, sans jamais aller jusqu’au bout… Il était compliqué de ne pas répondre au baiser de son bourreau, surtout quand il était aussi agréable à recevoir. Nékorovy savait souffler le chaud et le froid, selon ce qui lui était indispensable. Bella manipulatrice que profitait de ses charmes et de son savoir faire. Il fallait qu’il pense à autre chose, qu’il se concentre sur quelque chose de logique qui n’avait rien à voir. Il sentait sur son épaule le sang qui coulait… comme autant de larmes qu’il ne verserait pas. Il lui fallait résonner, puis que la douleur elle-même raisonnait dans tout son être. « Le message nociceptif, appelé douleur, résulte d'une stimulation douloureuse au niveau des terminaisons nerveuses des tissus cutanés, musculaires et articulaires ainsi que les viscères. Ce message est ensuite véhiculé par les nocicepteurs qui sont des fibres spécifiques des nerfs.
Après leur trajet dans les nerfs périphériques, les fibres afférentes rejoignent le système nerveux central au niveau des racines postérieures du rachis ou bien au niveau des nerfs crâniens». Il ne put s’empêcher de lâcher un court gémissement lorsqu’elle planta ses dents dans sa lèvre inférieure.

Les lèvres de Nékorovy étaient couvertes d’un rouge à lèvre bordeaux qui rendait celle-ci aussi soyeuses que les pétales d’une fleur. Or deux fleurs s’étaient caressé une bref instant, mais la rose rouge était couverte d’épines et elle avait blessé celle plus claire. Kim avait maintenant un gout ferré dans la bouche, tout en sachant que ce n’était pas sa seule blessure et surement pas la pire. Welka était comme un prédateur carnivore, elle avait trouvé sa proie et plongée griffes et crocs pour s’accrocher à celle-ci et elle ne lâcherait pas… La pauvre créature avait beau se débattre, sauter dans tous les sens pour faire céder prise à son ennemi, celle dernière résisterait… jusqu’à ce que sa victime fatigue et abandonne tout espoir en se laissant mourir. Une proie qui ne pourrait s’échapper. Non, de toute manière il n’avait pas l’intention de partir, il était venu ici pour soigner Lovy, et Zoltan si possible. Fuir aurait été renoncer et avoir fait tout cela pour rien. Il fallait donc patienter et continuer la danse jusqu’à ce que la musique ne s’éteigne… peut être brutalement.

Pourquoi tant de haine pouvait il se lire dans ses yeux de Welka ainsi que dans ses paroles ? Lui avait on jamais fait de mal pour qu’elle repousse ainsi tous ceux qui cherchaient à s’approcher ? Pourquoi prendre ses distances vis-à-vis de tous et chacun… Qu’est ce qui dans son passé l’avait ainsi marqué irrémédiablement ? Combien de temps avait passé depuis le début de leur petit jeu ? Jusqu’à quand Nékorovy le ferait elle durer ? Avait-elle prévu tout son plan ? Sa vengeance était elle sur de bonnes voies ? D’où venait cette haine envers les rebelles ? Et pourquoi prendre tant de plaisir à torturer des guildiens ? Il se souvenait… la haine. Elle prend si facilement le cœur des hommes, par de doux murmures, il suffit d’une personne assez charismatique pour tous les guider vers l’abyme. Quelques paroles insidieuses et voilà que la masse pouvait se tourner en un groupe unie contre ce qu’ils avaient déclamé étant leur ennemi commun. Un adversaire à éliminer sans pitié. A effacer comme l’on souffle sur la poussière pour la faire s’envoler au loin. Comme une brise peut détacher les pappus d’un akène et les disperser dans le vent. Pissenlit romantique, dont l’on finissait toujours par manger les racines, une fois partit…

Il ferma un instant les yeux, avalant sa salive et laissant reposer sa tête contre le mur. Un infime instant de répits… qui ne dura pas même une seconde. Puis il reprit le contact visuel avec Welka, l’affrontant du regard et en silence. Il passa un instant sa langue sur la blessure de sa lèvre, léchant le sang qui coulait, tel un animal qui lape ses blessures pour tenter de les soigner. Sans doute pouvait elle lire la fatigue qui commençait à gagner Kim, le mélange de tristesse et d’inquiétude qui le rongeait pour Kinsky… puis la terreur lorsqu’il sentit la dague glisser lentement vers le bas, puis sa ceinture s’ouvrir lentement. Ah damn… Elle n’était pas la dame de cœur des cartes avec lesquelles jouait l’impératrice pour rien… Jeu brutal et dont l’issue pouvait se révéler tragique. Il avait littéralement les mains liées, il pouvait tenter de se libérer mais la seule chose qu’il gagnerait serait d’affreuses traces sur ses poignets. Il n’avait pas la clé, pas physiquement en tout cas, car il avait la possibilité de gagner sa liberté en répondant correctement aux questions qu’on lui posait, n’est ce pas ? C’était un peu un jeu où le gain principal était celui de pouvoir à nouveau marcher sans chaines…

Et voilà que le jeu continuait Nékorovy venait de poser une nouvelle question… Il ne remarqua tout d’abord pas le changement infime. Pour lui le tutoiement n’était qu’une façon commune de s’exprimer et il aimait l’employer, ne pas placer cette distance du vouvoiement entre deux personnes. Et pourtant Nékorovy était très attachée à ses principes et à la politesse. Qu’est ce qui avait donc changé en un instant pour qu’elle le tutoie sans hésitation ? Qu’elle le surnomme même « kimy » ? Ah, sans doute voulait elle jouer aussi, et se moquer de lui, tout comme il s’était moqué en évitant ses questions… Il secoua un instant la tête en signe de négation, tentant de rassembler ses idées pour mieux pouvoir répondre. Non, il n’avait pas besoin de menaces supplémentaires pour l’instant, et puis il avait toujours été très bavard, parler n’était pas un problème c’était plutôt l’arrêter ou le faire discuter sur le sujet dont on avait envie qu’il s’étale. Au moins venait-elle de nommer sa cible, ce qui fit briller un éclair de victoire dans les yeux de van Berghen. Néko n’avait même pas utilisé de numéro comme c’était d’usage, pas nom plus le nom de famille de celle dont ils parlaient, non c’était son prénom… Doux comme une mélodie, une chanson sur l’amour… Love, Lovy…

Je ne sais pas grand-chose sur elle qui pourrait vous aider, nous sommes amis et donc je sais qu’elle aime l’été et la couleur rouge, qu’elle est aussi vive que le feu et aime respirer l’odeur des coquelicots. Je pourrais te dire qu’elle aime plus que tout son travail et qu’elle n’abandonnera jamais l’espoir de rendre la nourriture meilleure, et que pour lui faire plaisir il suffit de lui offrir des fraises au gout sucré… Je me doute qu’elle t’en voudra pour la torture que tu lui as fait subir ou que tu lui imposeras.

Il soupira un instant avant d’enchainer rapidement et en fixant les yeux de la brigadière.

J’ignore pourquoi elle est descendue dans les souterrains et si elle avait un rendez-vous avec Zoltan Nagy. Je ne sais quelle folie est passée dans sa tête… Et si elle m’en avait parlé, j’aurais forcement tenté de la dissuader. Elle a risqué sa vie pour rien… Elle s’est mise en danger.

Et si des brigadiers ne l’avaient pas trouvé, qui sait si ce n’aurait pas été des créatures… Etait-ce mieux ou pire d’être tombé sur la brigade anti-terroriste ? Zoltan, c’était sans doute la clé de ce mystère… Comment auraient ils pu tomber l’un sur l’autre par hasard sinon ? Quel avait été le motif de Karlovy pour descendre parmi ce qu’il y avait de pire à Nosco ? Pourquoi ne lui avait elle-même pas demandé son aide ? Il n’avait pas les réponses à ces questions et ne pourrait en aucun cas éclairer la lanterne de Nékorovy sur ces points. Elle pourrait toujours le menacer, il n’y aurait qu’en retour une terreur qu’il tenterait de dissimuler au possible, il ne pourrait lui fournir les clés dont elle avait besoin. Pourquoi avait elle besoin à ce point d’affirmer qu’elle dominait la situation alors même qu’il ne se rebellait pas ? Poser sa dague contre le siège de sa masculinité était sans doute l’ultime sommation qu’elle pouvait donner en matière de supplice physique. Le bras armé de la justice faisait bien son office, et si elle portait le glaive, Welka n’avait pas les yeux bandés, l’impéartialité ne pouvait lui convenir, cependant elle trancherait droit pour départager les deux parties. Indiquant ce qu’elle pensait être d’un côté le bien et de l’autre le mal. Il n’y avait pas de place pour le gris ici bas à Nosco… On était rouge ou l’on était bleu.

Dis moi Nékorovy, c’est à cause de Tristan que tu es si impliquée ? A cause de Darek que les rebelles maintiennent captif ? Tu sais, je ferais n’importe quoi pour pouvoir l’aider… trouver la cache des membres de la confrérie et le libérer… C’est aussi mon ami et j’y tiens…

Il avait utilisé son prénom, et savait que c’était à double tranchant… Welka supporterait elle la proximité des mots qu’elle endurait déjà si peu avec les contacts physique ? Au moins lui avait il épargné un quelconque surnom… Ce qui pourtant le connaissait. Comme ce jour où il avait taquiné Darek à l’Intendo… Combien de nuits n’avait il pas pensé au commandor de la brigade informatique et à ce qu’il devait subir jour après jour… il le savait résistant mentalement, mais était ce suffisant ? Et plus les jours passait, plus l’espoir s’égrenait tel un sablier, réduisant les chances de retrouver Traktueur au mieux de sa forme. Reviendrait-il ? Ou bien le laisserait on crever en bas dans les sous-sols ? Maintenant que la Guilde avait Nagy comme monnaie d’échange… Il y avait sans doute un espoir de pouvoir récupérer le commandor… Si seulement la Brigade se montrait coopérative…

Nékorovy, tu sais qu’à vaincre sans périls, on triomphe sans gloire… Il ne sert à rien de t’attaquer à tes alliés alors qu’il y a bien d’autres choses à affronter.

Allait-elle encore lui reprocher de tenter de détourner la conversation ? Pourtant Tristan Darek était l’un des liens les plus forts qu’il pouvait y avoir entre Néko et Kim… L’une avait été sa filleule et apprentie en informatique, tandis que le second était son docteur et ami de longue date. Or n’était ce pas à cause des rebelles qu’ils en étaient arrivés là ? Car Darek avait été kidnappé, car Nagy avait entrainé Kinsky en plein danger. Tant de cruautés et de tortures qui auraient pu être évités. Tant de douleurs qu’il serait difficile de chasser d’un revers de la main. Le monde ne tournait pas rond, entre cette lutte du haut et du bas, ténèbres contre lumière et guildiens envers rebelles… Ils se cherchaient et se narguait et quand ils tombaient sur un ennemis la sanction était lourde… Pourtant, les rebelles torturaient ils les leurs ? Non certainement pas, ils ne pouvaient se permettre de perdre plus de personnes dans leur camp déjà réduit au minimum. Ils étaient obligés de se serrer les coudes encore plus que les nosciens lambda. Définitivement Kim avait la corde au cou et l’impossibilité de faire un quelconque mouvement, il ne pouvait même pas arrêter ou soigner le sang qui coulait de ses blessures. Dans sa tête il murmurait doucement :
« Fais bien attention Welka,
Il y a des mondes ici-bas,
Où le pardon n’existe pas…
Que ce soit pour moi et même pour toi ! »

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Kim van Berghen
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Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

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10000/10000  (10000/10000)
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Niveau de Compétence: Maître

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Nékorovy Welka le Jeu 28 Avr - 23:35

Si seulement il savait, si seulement...

Mademoiselle Welka fixait attentivement cet être entre ses doigts agiles, elle le manipulait comme un pantin désarticulé a la différence que ce dernier semblait vouloir continuer a faire le malin. Ce cher Doc' semblait aimer ce genre de baiser là, brulant, fougueux et ce serait sans doute le premier mais aussi le dernier qu'il recevrait de sa part. Et si ce baiser était ce mélange de poisons, s'il était le baiser de la Veuve, la vraie, la morsure du Taïpan, la morsure du désert... la mort le guettait à chaque instant mais pas suffisamment pour qu'elle lui fauche l'herbe sous le pied. Non, la mort est patiente, elle frappe toujours et ne rate jamais sa cible...

Pour un ex-brigabier, ce Scientifique ne semblait pas être très résistant aux coups et plutôt ''fragile'', mais la Veuve devait bien reconnaître qu'il était un poil tête à claque et bon farceur. Farce qui se terminerait tragiquement si jamais il continuait son manège. Nékorovy avait beaucoup de patience mais les affaires se devait d'être rapidement bouclées, scellées. La Veuve écouta donc attentivement le flot de mots qui coulait de ses lèvres tièdes et maculée de sang frais. Il parlait, encore et encore pour finalement ne rien dire. Mais elle l'écoutait, son blabla comportait tout de même quelques informations intéressantes.

Il était inquiet pour elle, Kim laissait penser qu'il était un être sensible, attentionnée, doux. Il n'avait rien de brutal. Son seul problème était sa tête de mulet, il fallait qu'on lui mette une carotte sous le nez pour avancer, il fallait qu'on lui ôte son poireaux ou délier sa langue. Ce même Kim avait besoin qu'on le boost, une dose puissante d'adrénaline pour le faire décoller... Et Welka pouvait lui fournir tout cela au prix du sang. Cela la réjouissait d'avoir cet homme sous sa patte griffue, elle prenait plaisir dans tous ce qu'elle faisait. C'était....stimulant, excitant...

Ce petit kimichou était si tendre quand il avait une arcade éclatée, avec le souffle coupée, de cet air fatigué. Il était si chouuuu, on voudrait encore lui faire subir tant de méchancetés mais, le Veuve ne voudrait pas le défigurer. Kim était beau et la pensée que les médecins étaient importants en Nosco suffit à chasser ses idées sanglantes de sa tête. Mais quelque chose d'autre déclencha une réaction plutôt violente chez elle.

S'il y avait bien une chose qu'elle ne supportait pas c'était qu'on la tutoie et surtout venant de la part de sa proie... alors là, c'était pire que de l'avoir caché dessus. Il jouait sur le rasoir, avec les mots, s'attaquait a son psychique...Kim, Kim, Kim qu'as-tu fais ? La torture mentale tu connaîtras, la torture physique tu subiras. Il avait abordé le sujet de Tristan. Cela ne fit ni chaud ni froid à Nékorovy car personne ne savait qu'elle avait choisi de s'éloigner de lui, qu'ils n'auraient aucun contact sauf professionnel. Le jour où elle avait compris qu'elle pourrait le torturer et y prendre du plaisir, ce jour là, elle ne voulut plus avoir affaire avec lui. Néko n'aurait aucun regret à l'abattre de sang froid. Seulement, si Kim savait cela... il n'aurait pas perdu son temps à gaspiller sa salive. Sur ce sujet là, la Panthère n'en dit rien. Elle n'avait pas besoin de justifier ses actes. Ce qui arrivait à Tristan, cela lui était totalement égal, mort ou vivant, elle ne voulait plus le revoir. Le seul soucis c'est que s'il venait à mourir, le monde s'étonnerait de ne point voir la jeune femme à ses funérailles -s'il y en avait- et mort, elle lui causerait des ennuies.

« Kim... où sont passé vos bonnes manières ? Savez-vous à quel point je tiens au vouvoiement, que votre bouche ne laisse plus s'échapper un tutoiement quelconque... vous risqueriez de finir plus mal que vous ne l'êtes déjà. » lui murmura t-elle en prenant bien soin de caresser ses cheveux avant d'appuyer sur son arcade fragile, son index le trempant dans le sang encore chaud. Elle fit descendre son doigt le long de son visage, caressa ses lèvres teintées de sang, glissa sur son sternum, son abdomen, et son bas ventre. Sa main gantée parcouru la ceinture du pantalon déjà défaite et d'un coup sec, tira et jeta cet objet à l'opposé de la pièce. Doucement, elle rangea sa dague une fois de plus. Elle n'en aurait plus besoin.

Elle entreprit alors d'ôter son pantalon sans ménagement, le laissant ainsi en caleçon, sur le sol froid. Qu'est-ce qu'il avait tous avec ces caleçons de couleur uni. Celui là était d'un blanc éclatant... Et celui de Judikhael avait été noir... Et le prochain ? - comment ça le prochain ??? - Ce serait bien d'avoir des caleçons personnalisé genre avec plein de petits cœurs, des nounours, des ''Je t'aime Karlovy'' des caleçons hyper personnalisé quoi! Bref! Kim était plutôt sexy comme ça mais pas assez au goût de la jeune femme. Pourtant, elle lui laissa là son caleçon, mais pour combien de temps ?

« Vous savez Kim, avant de venir ici, je suis passé dans mon bureau. Je me renseigne toujours sur mes... invités. Il se trouve que Karlovy... ai rendu une petite visite à Shane... et je peux t'assurer qu'ils se sont bien amusé tous les deux, seuls, dans sa chambre... »
Elle lui fit un sourire amusé et caressa ses cheveux à nouveau et délicatement, le saisit dans ses bras et posa son visage sur ses seins, contre sa poitrine, le câlinant doucement, le consolant sans pour autant vouloir l'étouffer, lui faire mal. Elle poursuivit en murmurant mais aussi en insistant sur certain mot. «  Shane à couché avec ta belle Karlovy. Ils se sont amusés et toi Kim ? Tu n'es que l'insssstrument de ta chère et tendre Lovy. Ils a réussit ce que toi tu n'as pas réussit. Cela parait invraisemblable... et pourtant, ta belle et innocente colombe... Ils se sont amusé Kim, ils se sont amusé, il l'a fait, il lui à fait l'amour... ils l'ont fait, ensemble... Kim...»

Comme si tout ceci ne suffisait pas, la bande de son se mit à diffuser ce qui s'était passé dans cette chambre, et tous ses cries. Cette mise en scène était comme synchronisé... Il pourrait croire où non à cela, cette confession lui trotterait dans la tête, le doute s'infiltrerait en lui qu'il le veuille ou non, c'était la nature de l'homme.

«  Écoute cette symphonie si mélodieuse, cette harmonie, ce chant à deux voix, ce duo révélateur... comme c'est beau, quel opéra...c'est beau, c'est fort, c'est profond...» * et si bien joué*

La Veuve poursuivit ses actions, le cajolant avec toute la douceur du monde. Le sang sur son corset ne la dérangeait nullement, le sang ne tache pas le cuir. Elle aime le sang, le voir couler, elle aimait sentir Kim contre sa peau glacée, il était si doux, si brulant, si agréable entre ses pattes. Ses pattes de velours caressèrent son dos nu, remontèrent à sa nuque, se plongèrent dans ses cheveux. Néko était toujours aussi froide, elle était la glace à l'état pure, celle qui brule les yeux, le corps... celle qui ronge la chair et les os... Ses caresses semblaient éternelles, délicates. La bande son continuait, les cries de Karlovy se faisait entendre en crescendo, ceux de Shane..., elle continua sa route, sans jamais se terminer, ce son perpétuel, Néka s'en imprégnait et voyait là sa prochaine victime : Shane Mael Lewis.

«  Docteuuur» souffla t-elle, comme s'il s'unissait à elle, comme si son corps avait joint le sien... Elle réitéra ce mot avec toute la sensualité d'une actrice parfaite, avec toute la douceur, la délicatesse, le désir, toutes ces choses à la fois, le laissant profiter du mieux qu'elle put de son corps aussi glacial qu'un cadavre, aussi pâle que le brouillard. Sa tête posé contre son cœur, cœur qui battait si lentement, si froidement... Le cœur d'une Veuve Noire.

«  Docteuuur ».

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Nékorovy Welka
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Assassinat


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigadier d'Élite dans l'assassinat ; Brigade anti-terroriste
Âge réel : 21
Âge d'apparence : 26

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750/10000  (750/10000)
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Dim 1 Mai - 13:43

S’il y avait bien un seul mot qui n’avait pas éclairé les yeux attentionnés de Welka c’était bien le patronyme de Tristan Darek. Aucune réaction dans la pupille, pas le moindre signe d’inquiétude ou de surprise, juste une indifférence plate. Qu’est ce que l’informaticien lui avait fait pour mériter un tel châtiment ? Ne plus représenter ni amour ni haine, ni même amitié dans le cœur de son ancienne filleule… C’était sans doute plus triste qu’autre chose. Malheureusement la vie avançait et laissait parfois de côté d’anciennes relations abandonnées sur le bord du chemin. On ne pouvait cependant pas forcer les gens à s’entendre, s’ils avaient décidés de ne plus se parler, Kim n’y pouvait pas grand-chose. Les reptiles du désert, qu’ils sont taïpan où autre on bien vite apprit à fuir leur ennemi naturel, l’homme. Et lorsqu’ils attaquent vraiment, c’est qu’ils ont simplement été acculés, laissés sans autre choix que celui de la défense par l’attaque. C’était seulement provoqué qu’ils mordaient injectant un venin neurotoxique, touchant l’influx nerveux, avant de provoquer la mort d’une manière aussi rapide que violente.

Jolie Néko n’aime pas les banalités sans fondement intéressant, et surtout pas la vulgarité, oh non. Elle préférait la subtilité d’une attaque en face à face où elle pouvait s’adapter rapidement, et gronder au premier écart. Oui, on ne pouvait nier que le scientifique et médecin savait à quel point Welka était attachée à son vouvoiement, lui accordant un sens certainement plus important qu’elle ne devrait. Toutefois chacun accorde à la politesse la place décidé, plus ou moins haut, et s’y tenait avec plus ou moins d’exemplarité. La sentence ne se fit pas tarder, réprimandant vocalement le méchant prisonnier qui avait eu l’audace, et ouvrant encore un peu plus sa blessure à l’arcade. Kim serra les dents pour ne pas gémir de douleur, fermant à moitié l’œil pour éviter de voir trouble à cause du liquide vital. Il ne referait plus deux fois la même erreur, pas involontairement en tout cas. Welka ne semblait pas avoir décidé d’en finir avec ses pauvres vêtements, tout du moins avait elle arrêté les vraies tortures physique, profitant simplement du sang qui coulait déjà. Sa dague avait disparut une nouvelle fois, et sa ceinture à lui aussi. Une vrai magicienne Nékorovy, et une douée en plus. Jouant avec des couteaux sans se blesser et sans tuer, hypnotisant pour donner ses ordres et réussissant à surprendre à chaque nouveau tour.

Le problème d’être coincé dans les cellules de la Brigade, avec la plus belle de ses gardiens, et les mains attachées dans le dos… c’est qu’on ne pouvait pas réellement se défendre, juste accepter et prier mentalement un peu d’aide de Joshi. Pour ceux qui n’avaient pas de protecteurs placés à un haut niveau, tel que Lucia Stevens, on ne pouvait espérer de délivrance avant que tout le jeu de question réponse n’ait été joué. De toute façon lutter était inutile, sauf si vous vouliez rencontrer deux ours à la carrure d’armoires à glace. Oui ils aimaient les types bodybuildés et costauds à la Brigade. De vraies montagnes impossibles à repousser. Alors autant se laisser faire par la ravissante jeune femme. Kim regarda avec chagrin son pauvre pantalon subir le même sort que sa consœur la ceinture. Caleçon blanc oui, mais pour combien de temps encore vu le sang qui coulait lentement dans son dos par exemple ? Il avait déjà pu le tester quelques minutes auparavant en étant plaqué au sol, mais il pouvait maintenant confirmer les dalles qui servaient de plancher étaient absolument gelée, on ne pouvait pas échapper au froid qui semblait s’en dégager pour mordre la moindre parcelle de peau en contact. Heureusement que Welka était encore proche, lui laissant un peu de chaleur humaine, même si elle pouvait sembler aussi impassible que la glace, son souffle restait chaud.

D’ailleurs, elle se mettait aussi aux petites histoires. Ah son bureau ? Mais à quelle heure s’était elle levée ? Non, plutôt s’était elle-même couchée à un moment donné ? Voilà qu’elle devait avoir prit un peu trop les habitudes de Darek, celles de ne pas s’arrêter de travailler lorsqu’elle avait une mission passionnante et inspirante. La suite des paroles le laissa confus et déconcerté. Karlovy et Shane ? Oui les deux se connaissaient cependant… qu’insinuait Nékorovy ? Les derniers mots avaient fait accélérer le rythme cardiaque du médecin. Le sourire de Welka semblait tellement assuré et réjouit. Celui de quelqu’un qui a une bonne blague à raconter et qui est sur de son succès. Cette fois-ci elle était redevenue le gentil bourreau qui interroge doucement et avec toute la délicatesse possible. Caressante et féminine. Sans comprendre comme il se retrouva plaqué contre la peau douce de son hôte, assez pour pouvoir entendre le rassurant battement de son cœur lorsqu’elle énonça à voix haute les révélations qu’elle lui avait préparées. Certains mots avaient été accentués pour encore plus d’effet, mais il fallait dire que l’annonce en elle-même avait de quoi retourner Kim. Avait-elle réellement rangé sa dague ? Non certainement pas, elle l’avait juste affuté un peu plus avant de lui planter en plein cœur. Palpitant réduit en milliers de morceaux, puzzle impossible à reconstituer tant il y avait de pièces à ce jeu. Quelqu’un prendrait il même le temps d’observer le jeu sans déjà perdre patience à la vue du temps considérable qu’il faudrait pour le terminer ?

Il avait fermé les yeux, comme s’il espérait pouvoir clore ses oreilles par le même temps, il ne pouvait se boucher les tympans, mains dans le dos. Il était forcé d’écouter les horribles révélations qui le tuaient un peu plus à chaque mot. Non, finalement les révélations auraient pu être supportable, malgré la colère qui grondait aux tripes de Kim, il aurait pu en rire et repousser les propos de Néko, s’il n’y avait pas eu… l’enregistrement audio de tout ce qui s’était passé. Il avait débuté par des paroles assez révélatrices.

J'ai envie de toi, ici, tout de suite et maintenant.

La voix de Lovy ? Oh, oui. Aucun doute possible la dessus, on l’entendait très bien, très distinctement, de sa voix douce et brûlante à la fois. Puis un claquement de porte, un instant de suspense coupé par l’exclamation de Welka qui compara ce qui suivrait à un opéra avant qu’en effet les « notes » s’enchainent impitoyablement. Sans doute, si Shane avait été dans la pièce enfermé avec eux, il y aurait eu un crime. Crime définit comme passionnel par la justice certes, mais il aurait très certainement sauté sur Lewis dans l’espoir vain de mettre un terme à sa vie et de le réduire à néant. Peut-on réellement résister à la folie que place l’amour dans les cœurs ? Non, c’était ce qui donnait l’impulsion, l’élan passionné. Et jaloux il l’était, terriblement même. Vous n’imaginez pas ce qui pouvait traverser son esprit à cet instant là, trop de pensées, trop de choses se bousculait, mélange de sentiments si fort qu’ils créaient une cacophonie, rendait insupportable le moindre son qu’on lui diffusait. S’il avait pu réfléchir un peu, s’il avait écouté, peut être aurait il entendu à quel point tout cela avait été exagéré par Lovy et Shane. Peut être aurait il douté un instant, cependant lorsqu’on apportait ainsi une révélation sur un plateau d’argent accompagné d’autant de preuves… Comment douter ou hésiter ? Le doute était à présent enraciné, non il avait même surement été remplacé par une certitude.

Welka avait réussit à infiltrer de la rancœur chez un homme qui finalement n’avait détesté personne depuis qu’il avait posé le pied à Nosco. Autant qu’il avait pu apprécier Shane Mael Lewis, il l’abhorrait maintenant. Mieux valait sans aucun doute que l’informaticien de la brigade ne croise pas sa route avant longtemps s’il ne souhaitait conserver son visage malicieux et ses cheveux travaillés pour donner cet air légèrement négligé. Comment avaient ils pu ? Kim en aurait presque oublié la main douce mais glacée qui glissait et les caresses prodigués par Welka, qui remontait dans son dos, suivant sans doute la ligne sanglante qui coulait de son épaule gauche. Quand au corset de a jeune femme, il serait sans doute bon pour un nettoyage. Quand donc allait enfin se finir cette abjecte musique ? Nékorovy avait tout pouvoir, celui de faire passer la bande son en boucle aussi, et elle semblait bien s’amuser de sa surprenante révélation. Ajoutant sa voix à celle des deux autres qui tournaient en boucle. Lui, il tremblait juste de colère ou de froid, c’était dur à dire mais il n’arrivait pas à réprimer les secousses qui remontaient le long de sa colonne vertébrale, secouant son âme dans le même temps. Il essayait de se concentrer sur autre chose, quelque chose qui serait hors de ce monde si cruel, penser à… il n’y arrivait pas. Comment réfléchir avec ces voix qu’ils connaissaient si bien et qui pourtant lui semblaient dorénavant si étrangères ? Le tout collé confortablement sur le buste de son bourreau et chef d’orchestre. Il glissa donc doucement, le souffle entrecoupé de la douleur aussi bien physique que mentale, relevant la tête pour au moins croiser le regard de Néko.


Nul autre ne possède
Envergure, grâce et
Khôl sur les yeux comme vous.
Ô amazone, je cède,
Range tes armes, sans en
Oublier, dans ce corps. Mais
Veille à ce que personne n’
Y voit là de la haine.

Welka, si pour ton contrat
Effacer les cœurs d’oubliées
La mission qu’on t’a confiée.
Kidnapper les âmes,
Attention à la tienne.


Il ne pouvait s’empêcher de glisser des avertissements à la jeune femme. C’était sans doute sa façon de ne pas sombrer lui aussi. Parler lui permettait en tout cas de couvrir légèrement les bruits alentours, pouvoir se concentrer sur ses paroles, oublier qu’il n’était pas seul. L’enfer c’est les autres, alors il le leur rendrait bien, jouant le petit démon.

La douleur n’est que le fruit,
D’une imagination
Qui veut : la destruction
Du corps et de l’esprit.
Je sais qui vous êtes,
Affrontant milles tourments,
Pour un simple jugement.
Dévouée toujours prête.
Pourtant le jeu d’allumer
Cette flamme dans vos yeux
Vaut il réellement mieux
Qu’une chandelle sauvée ?


Gentil Jean qui rit, pleure,
Tu distribues punitions
Pour avoir la soumission,
Des caresses pour leurres.
Tu dois savoir que d’amour
A haine il n’y a qu’un pas,
Mais on a aussi le choix :
Le pardon porte secours.


A qui s’adressait-il vraiment à elle ou à lui-même ? Comme d’habitude lorsqu’il parlait, il en disait toujours trop, toujours beaucoup… Ensuite fallait-il surement trier ce qui n’était qu’une simple pensée pour lui-même et ce qui était vraiment destiné à son interlocutrice. Sans doute pouvoir parler le calma-t-il un peu, car il réussit enfin à rassembler ses idées, pour répondre un peu plus directement, malgré sa voix tenue par l’émotion.

Merci… merci pour l’information.

C’était légèrement hypocrite de remercier pour une telle torture mentale, cependant il fallait avouer qu’habituellement il ne refusait jamais une révélation. Il payait donc pour son intenable curiosité, sans doute valait il mieux savoir que de l’ignorer ? Ce que l’on ne sait pas ne peut pas vous blesser, mais à quoi bon mentir et rejeter la sincérité dans un couple si l’on voulait durer ? Voilà qu’une fois encore, il voulait en savoir plus, se laisser tomber dans le gouffre du désespoir avec une dernière révélation. La question était simple, un seul mot suffisait.

Quand ?

Quand cela c’était produit ? Quand avait il raté l’attirance entre Lovy et Shane ? Comment avait il pu être si aveugle ? Bien sur l’amour pose un bandeau sur les yeux, mais il ne pensait pas être si pu conscient de ce qui se passait. Pourquoi l’avait elle défendu lorsque Shane était venu voler du piment au Sapientia ? Elle l’avait empêché de rattraper l’informaticien. Etait-ce parce qu’ils étaient déjà attachés l’un à l’autre ? Ou était-ce simplement Karlovy qui ne voulait pas attirer de problème sur le jeune homme qu’elle convoitait ? Et puis comme la « musique » passait toujours, il demanda avec ironie et un brin de mauvaise fois.

Elle crie bien MA Lovy, hein ?

Ah ces hommes et leur fierté mal placée. La jalousie est un poison mortel, tout autant que la morsure du plus venimeux des serpents. Alors il releva une dernière fois les yeux vers Welka, avant d’ajouter avec un aplomb qui lui couterait certainement très cher.

Pardonnes-moi.

Ses yeux eux chantaient une autre mélodie, ils disaient clairement « achèves-moi », utilisant simplement le tutoiement pour expliciter ses pensées. Non il n’avait plus vraiment envie de vivre, alors tant pis pour la torture, qu’on en finisse rapidement, qu’il puisse enfin partir, qu’il soigne Zoltan et Karlovy s’il fallait. L’attente était trop insupportable, la torture bien trop cruelle.
Ô toi angelot minois,
Retient ne lui lances pas
Comme ça : « joue avec moi »,
Pas avec ces beaux yeux là !

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Nékorovy Welka le Dim 1 Mai - 23:25

Shane, Karlovy, Kim et Nékorovy. Tant de monde, tant de noms pour une révélation. Welka avait profité pour fermer ses yeux au rythme de la mélodie et poursuivait ses innocentes caresses. Du sang s'était mêlé à la scène, chose qui ne la dérangeait nullement puisque la jeune femme avait connu pire. Le sang ne l'effrayait point, la douleur non plus, la mort encore moins. Mais alors de quoi pouvait-elle bien avoir peur ? Il y ait des tourments insoupçonnés en Nosco, il y a des histoires qui ne devraient jamais remonter à la surface, des révélations à éviscérer, à éprouver par le feu. Il y a bien des mystères que l'on ne devrait pas chercher à élucider... Kim lui venait de faire un terrible face à face avec l'une d'entre-elles. L'une de ses histoires à bruler les entrailles, ces histoires d'amours qui font mal, très mal, ces récits au présent qui laisseraient un homme sans défense, invulnérable au point qu'il en tolère voir même qu'il en quémande la mort.

Tant de choses se déroulaient en Nosco, dans les sous-sols habités, dans les SSU, dans ces cellules aux couleurs si sombres, obscures et ténébreuses. Couleur de la mort, du chaos; cachot des esprits errants, des âmes prisonnières de leur passé, de leur faute. L'absolution n'y avait de place, la grâce n'y avait de demeure. Le pardon lui-même avait-il déserté les sentiers troubles du séjour des morts ? L'espérance avait-il trouvé une âme suffisamment pure pour y vivre ?

Abattu. Désespéré. Brisé. Abandonné. Dépité. Sentiment obscure, âme tourmentée...Kim s'était retrouvé au cœur d'un dédale que lui seul pourrait en mesurer l'importance, si du moins, ce fut possible. Il était là, livré à lui même, enterré vivant, se débattant encore avec les mots, cherchant à couvrir cette musique sifflante, ce bruissement grisant, tel une fourchette glissant sur une assiette, ne délivrant ni grâce ni beauté, palissant de rage à côté de sa voisine, Archet et Violon. Ses sentiments et ses paroles furent comme le crie d'une âme en souffrance. Ne sachant plus que faire, la parole fut un anti-douleur, c'est du moins, ce que pensait Welka qui n'avait pas lâché sa proie. Mine de rien il était fort mentalement ce docteur. Peut-être qu'il ne s'en rendait pas compte mais Wel, elle, s'en rendait compte. Pour être aussi créatif alors que souffrance l'en veuille, il fallait être fort et endurant psychiquement.

Et ses mots... cette hymne à son nom, sonnant comme un éloge mêlé de menaces. Entendez-vous les cloches au loin ? Celles qui résonnent après le corbillard quittant la place... Entendez-vous ces pleurs qui s'élèvent d'un même entrain. Écoutez, écoutez et dites moi si les chants harmonieux, poussées d'un même cœur, ne sont pas celle du silence éternel ?

Ne vous laissez pas berner par tout cela. Kim Van Berghen est bien vivant. Welka ne se permettrait pas de lui accorder la grâce éternelle, le sommeil qu'implore au Pipiri chantant les voix de quelques prisonniers. Ce serait trop d'honneur. Il fallait le laisser vivre avec ça sur le cœur. Laisser ce climat de terreur, de peur, de crainte, s'installer au plus fort de son âme. Déraciner encore quelques fondements jadis reposant sur le socle de la confiance... mascarade. Jusqu'à quand la vérité se taira ?

Et ce tutoiement qui brise tout. Et cette musique qui cesse...ces voix qui disparaissent.

Nékorovy Welka le poussa violemment contre la parois glacée, exerçant une puissante pression sur son épaule blessée, d'où jaillit encore le sang. Le regard impartiale transperçant celui de Kim quand l'idée de lui briser la nuque traversa son esprit. Mais pourquoi ne l'avait-elle pas fait ? Néko avait un souhait. Lequel ?
« Tes mots sont si pâles au côté d'une lame taillé dans le sang mais... il va payer pour toi. Steve plaira le prix de ton crime...la mort d'un innocent vaut bien plus que celle d'un coupable. » Wel était intransigeante dans son attitude et machiavélique. Elle ne l'avait pas quitté des yeux, elle ne le quitterait plus jamais des yeux. Ténèbres abyssales. Elle entendait encore sa voix qui lui parvenait. Sa force mentale ne lui faisait nullement défaut. Elle venait presqu'à l'admirer si seulement son corps prit de tremblement, ne l'avait pas trahis.
Quand bien même il la remerciait...la remercierait-elle aussi pour la mort de son rat ? Pour avoir terré la vérité ? Serait-il reconnaissant envers elle pour tout cela ?

L'avertissement de Néko était entré dans une oreille pour ressortir de l'autre. S'il pensait ne pas payer pour son insolence, il se trompait lourdement, de plus, la Veuve ne comptait pas lui répondre. C'était elle qui posait les questions et il ne lui était d'aucune utilité en ce moment. Il ne savait pas grand chose sur le N°52. Sans ménagement elle lui ôta son caleçon blanc, maculé de sang. Son nouveau trophée qu'elle s'empressera de faire laver tout comme les vêtements de Judikael à présent bien propres et rangés dans un placard bien gardé.

Subitement, la Panthère se leva et observa l'homme dénudé sur un sol glacé. Elle s'en rinça plein les yeux puis s'éloigna de lui dos tourné. Quelques secondes s'étaient écoulées quand soudain, elle se retourna et avant même qu'elle fini sa rotation, une lame lui entailla la joue. Un beau filet de sang s'y déversa. Tout à coup, la Veuve Noire décrocha avec fureur un coup de pied vers le visage de sa victime. La femme impitoyable venait de parler de son terrible regard.
Un long silence installa brutalement. Les filets de sang souillaient ces jolies lames. Son visage mutilé par son talon, sa lame, par la fracassante rencontre contre l'une des parois de cette pièce... Il était nu, et si la Veuve ne détournait pas le regard dans les seconde à venir, elle commettrait alors un nouveau meurtre... un meurtre qui pourrait lui couter sa tête au près de la Guilde, au près de la Royauté Ultime.

Fort heureusement, un dé-clique se fit, l'envie de lui planter une dague entre les yeux s'envola car son Ours, son brigadier préféré fit irruption dans la pièce. C'était le seul à pouvoir contenir Welka dans ces cas là, à pouvoir la dissuader par sa seule présence de commettre un acte qui se retournerait contre-elle. C'était bien le seul, oui le seul à pouvoir la fixer dans les yeux... le seul qui pouvait la réprimander d'égal à égal. Elle le respectait comme lui la respectait... Ces deux là s'aimaient comme s'il étaient toujours connu. Il y avait cette complicité entre eux deux. Quelque chose d'inégalable, d'indescriptible. Son regard quitta alors celui de l'Ours pour se poser sur le corps de Kim. Elle qui voulait le voir nu eh bien, c'était fait. Le colosse vint se poster derrière elle, il savait que cela mettrait mal à l'aise sa semblable, mais cette position avait tout son sens. Il l'invitait à partir, à quitter ce lieu... Il lui disait ainsi que cela n'était pas digne d'elle, qu'elle ne devrait pas s'emporter. Il lui rappelait alors ses principes dans le plus lourd des silences. L'expression de la jeune femme n'avait pas changé, elle restait de marbre.

D'un pas elle se rapprocha de sa victime et au lieu d'ôter simplement sa dague du mur, elle le lui reppassa très lentement sur la joue. Elle ressenti la présence de Vlad derrière elle, mais cette fois-ci, il était encore plus proche...et c'est en silence qu'elle ramassa ce fameux caleçon – son trophée –, l'emporta avec elle.
«  Je reviens. »
Vlad et Néko s'en allèrent tandis que deux brigadiers bien armés déboulèrent dans la cellule. L'un d'eux ôta sans douceur les menottes du Doc' tandis que la femme qui s'occupait des fouilles corporelles revint avec un sac, y mit les vêtements de Kim et les emporta dans le plus stricte des silences. Une trentaine de minutes s'était écoulé, et déjà, les pas de la Veuve Noire retentirent dans le couloir... elle revenait accompagnée de son Ours.
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Mer 4 Mai - 23:59

Il se sentait comme hanté, par les fantômes du passé, par ces voix maudites, par ces cris qui déchiraient. Oui c’était forcement comme dans le pire de ses cauchemars, il allait se réveiller et s’apercevoir que tout était faux. Les fantômes seraient soufflés par un courant d’air et leurs voix se tairaient en un instant, réveillant le silence qui attendait tapis dans l’ombre. Ces voix l’emmèneraient elles jusqu’au purgatoire, le traineraient elles par des chaines jusqu’au pire endroit imaginable ? Le silence ne pourrait il vaincre et le délivrer ? Que ces voix soient happées par un repos éternel, qu’elles ne puissent s’exprimer à nouveau, qu’elles arrêtent enfin de le tuer lentement. Lorsque le calme revint enfin, il arracha presque un soupir de soulagement à Kim, mais celui-ci resta coincé dans sa gorge alors que Nékorovy le plaquait à nouveau au mur. Sa blessure ne fut pas épargnée, son épaule contre le mur froid, faisant couler encore plus de sang, qui ne semblait pourtant pas suffire à le réchauffer. Il avait terriblement froid, et pourtant ce n’était pas ce froid mortel qui attrapait les entrailles, seulement celui qui faisait frissonner, hurler de douleur et souffrir encore. Le regard de Welka avait quelque chose de sombre, terrible et constant, une envie irrépressible qu’elle tentait de retenir tant bien que mal.

Alors qu’il reprenait son souffle, conscient qu’une partie de ses terreurs venait de s’effacer alors que les voix ne résonnaient plus, celle de Nékorovy assena une sentence encore plus cruelle. Condamner Steve, un innocent à sa place. Il l’avait déjà supplié pour la vie de son rat. Elle savait à quel point il tenait à lui. Petite créature vivante, fragile et sans pêchés. Des innocents mourraient encore. Pourquoi ? Quelle injustice, et il referait sans doute les même erreurs, condamnant donc quelqu’un d’autre. On ne pouvait pas plus briser son cœur, il était déjà en morceaux… mais Welka venait de poser son talon haut sur eux, écrasant les derniers résidus, les réduisant en poussière, qui serait lentement balayés par une brise glacée. Elle venait de lui couper le souffle, plus puissamment qu’un coup. Il ne savait plus que dire, que supplier ou à quel prophète se référer. Ô Joshi, comment peux tu permettre un tel acte ? Il n’avait plus de mots pour parler, seuls ses yeux laissaient sans barrière exprimer à quel point il souffrait intérieurement. A quoi bon hurler, crier ou pester… Il se sentait vidé et impuissant à protéger son meilleur ami. Il avait perdu Darek et voilà que Steve était à son tour menacé.

La question n’aurait pas de réponse, mais qu’importe puisqu’à peine le nom de Steve prononcé Kim en avait oublié son interrogation précédente. Qu’importe le lieu, qu’importe l’heure, le fait était là, inscrit dans le marbre inaltérable du passé, pourtant il restait encore une chance pour l’encre fraiche qui tracerait le futur. Si seulement… Abattu. Telle une plante que l’on aurait séparée de la terre. Un robot que l’on aurait privé de batterie. Une maladie dont on aurait trouvé aucun vaccin, aucun médicament. Il était malade de ce mal sans guérison possible. Il ne broncha même pas lorsqu’elle s’attaqua à son caleçon. Il la dévisagea en silence, et sans résister. Que faire de toute façon ? Non, son esprit était trop embrouillé, il trempait encore dans la colère, dans la déception énorme qu’il s’était prit en pleine tête. Un coup violent et il était encore sous le choc. Fatigué de lutter ? Oui et non. Seul le mur lui permettait de rester encore droit, tuteur de la plante morte. A quoi bon ? Voilà que la Veuve Noire se détournait de sa victime. Lassée déjà ? Trop vite déçue ? Il se contenta de fermer les yeux en retenant sa respiration en apercevant la lame arriver à vive allure. Il ne bougea pas d’un millimètre, il valait mieux ne pas changer la trajectoire du couteau, il risquait de faire plus de dégâts que ce qui avait été prévu initialement. Il n’eut pas le temps de rouvrir les yeux qu’un deuxième coup frappa, du talon aiguille de la chaussure. Si la blessure à l’arcade avait été supportable, laissant seulement écouler une quantité importante de sang, les deux dernières blessures avaient définitivement calmé la folie orale de van Berghen. Pas un cris, pas une parole, juste la douleur intense.

Et puis un déclic encore. De ceux que craignent tous les prisonniers car ils sont synonyme de l’entrée en scène d’un nouveau protagoniste ou de la disparition de l’un d’eux… Le scientifique réussit à rouvrit les yeux, pour contempler l’armoire à glace qui était entré. Surnommé Vlad… Assez prétentieux pour se croire empereur et empaleur à la fois. Aucun doute que comme sa collègue il devait aimer le précieux liquide pourpre qui coulait dans les veines de ses victimes, avant se s’écouler librement à l’air libre. Vampire ne pouvait que vivre du sang des autres, de voir le précieux liquide rouge. Dépendant du sang. Il n’avait fallu aucun mot au géant de muscles pour communiquer avec sa belle. Rien qu’un regard, une attitude. Et il l’avait fait changer, l’avait apaisé, par une menace informelle, son comportement et ce message qui était passé entre leurs yeux. Il revint une dernière fois, menaçante avant de lâcher une promesse et de tourner les talons une dernière fois. Elle partit avec celui qui avait retenu métaphysiquement sa main. Seulement demander un peu de solitude et de tranquillité était sans doute trop. Il avait mal à la tête, sans doute les coups n’y étaient pas innocents.

Il grogna une suite incompréhensible d’onomatopées lorsqu’on lui détacha enfin les mains. Il tenta de se redresser lentement, maintenant que le sang circulait mieux dans ses doigts. Il massait son poignet gauche lorsqu’il aperçu la jeune femme qui avait laissé sa place à Nékorovy qui ramassait ses différents vêtements laissés un peu partout dans la pièce. Il ne put s’empêcher de murmurer « Idiote » malgré la douleur que cela lui causait au niveau de la mâchoire. Et puis encore une fois, il répéta l’insulte, plus fort sans doute, car cela attira l’attention de la jeune femme. Il continua alors.

Idiote, rentrez chez vous ! Rentrez chez vous et allez vous faire soigner. Vous avez la grippe ! Vous avez besoin de repos.

Sa voix était outrée, comme s’il ne pouvait pas comprendre encore une fois que ces patients soient à ce point butés. Alors qu’elle avait une chance et l’excuse pour se glisser sous les draps, ne pas tomber plus malade, voilà qu’elle forçait sur sa santé et se mettait en danger… Le regard de Kim brillait d’incompréhension, pourtant c’est sans doute celui de doute mêlé de pitié de la jeune femme qui le frappa. Elle n’avait pas dit un mot, juste un regard qui semblait lui aussi étonné, comme si elle lui reprochait de ne pas suivre ses propres conseils, avant qu’elle n’hoche la tête comme pour dire que oui, elle avait compris le message et qu’elle finisse d’embarquer toutes ses affaires. Son regard avait été tellement moins froid que celui de Welka, qu’il se demandait… Oh, oui il était couvert de sang, il ne devait pas avoir bonne mine, alors donner des conseils ainsi… Cela semblait sans doute contradictoire. Et sa voix ne semblait elle pas fatiguée ? Comme usée et blanche ?

La femme était partie, et il espérait qu’une fois pour toute c’était pour retourner chez elle. On l’avait laissé avec deux gardes lourdement armés. Pas question de tenter quoi que ce soit de fou. La colère bouillait encore en lui, et dès qu’elle semblait s’apaiser, elle reprenait de plus belle, il suffisait d’une pensée, d’une supposition… Il avait l’imagination trop fertile pour que son esprit ne se calme. Cependant il réussit à reprendre son souffle et à se relever. Que faire dans l’attente ? Il avisa l’évier qu’il avait utilisé quelques minutes, ou était ce des heures ?, avant. S’agrippant à cette pensée comme une bouée pour un naufragé, il réussit à se relever totalement et à aller ouvrir le robinet d’eau froide.

La sensation sur sa peau fut immédiate, ramenant des frissons mais le calmant simultanément. Il tenta de se concentrer sur sa respiration, ne pensant plus qu’à l’air qui entrait et sortait de ses poumons. Oubliant où il était, quelles étaient les circonstances, sa tenue d’Adam. Juste lui, son lavabo propre et un savon. Il n’avait qu’à répéter les gestes qu’il avait apprit, nettoyer une plaie, avec le peu qu’il avait… On lui avait prit sa trousse et ses affaires personnelles. Alors c’était la méthode D, se débrouiller avec ce qu’il avait. Se laver les mains, enlever tout ce qui pourrait être source de plus d’irritation pour la blessure. Le savon comme antiseptique, nettoyer la plaie de l’intérieur vers l’extérieur. Il commença par le visage, lavant à grandes eaux. Puis il s’occupa de l’épaule gauche. Dans son malheur il avait eu une chance, Nékorovy n’avait visé que des parties hautes du corps, donc au dessus du cœur, là où la circulation n’était pas aussi intense. En face du miroir, un mur lisse ou l’on voyait pendant deux anciens crochets qui semblaient avoir cédés sous le poids d’un miroir. Il n’y avait même pas de surface reflétant pour se mirer. Tant pis… tant mieux. Il préférait ne pas voir, ne pas savoir. La douleur s’estompait un peu, et bien que le sang continue de couler il commençait à coaguler, ce qui était un bon point.

L’émail blanc du lavabo s’était lentement coloré de rouge, d’abord parsemé puis grandissant. L’eau lavait tout, se mélangeant et formant un étrange liquide rosé, transportant les globules rouges dans les canalisations. Jusqu’aux créatures peut être… L’eau avait beau venir lécher les rebords de l’évier, il semblait que le sang s’y accrochait encore, malgré le débit du robinet. Il en avait toujours sur les mains malgré ses efforts, à moins que ce soit tout simplement son arcade sourcilière qui continuait de saigner, gouttant toujours sur ce qu’il tentait de nettoyer. Il avait les mains pleines de sang. Il soupira et ferma les yeux un instant. Il se sentait faible physiquement, il devait sans doute être d’une pâleur qui lui était inhabituelle. Il passa la langue sur la lèvre inférieure. Maintenant qu’il s’était « soigné » avec les moyens mis à sa disposition, il fallait absolument qu’il se calme. Les blessures cicatriseraient. Celles physique tout du moins. Passant sa main aux doigts glacés dans son cou, il se dit qu’il fallait qu’il fasse attention à ne pas perdre plus de sang, car sinon il risquait de ne pas finir la journée sur ses deux pieds. Il ne sentait pour le moment aucun fourmillement caractéristique d’un manque de sang, au bout de ses doigts, pourtant si on le gardait encore longtemps, il se pourrait que cela arrive… Mais Nékorovy avait dit qu’elle reviendrait n’est ce pas ?

Lorsqu’on demande à longueur de journée à des inconnus et des connaissances de bien vouloir retirer leurs vêtements pour pouvoir les examiner, mieux valait ne pas avoir froid aux yeux, ni être pudique. On ne pouvait pas espérer des autres ce que l’on n’était pas prêt à faire, dans le même temps il fallait comprendre les réticences et les accepter, ne pas forcer la main pour ne pas brusquer voir traumatiser les âmes qui préféraient souvent affronter le péril de milles morts et créatures que de venir voir les docteurs du Sapientia. De toute façon, il était trop énervé pour penser à quelque chose de réellement cohérent qui ne soit pas un réflexe de survie, ou de ce métier qu’il avait apprit deux fois. Reprendre ses esprits. Comment pouvait-il ? Comment pourrait-il ? Ce n’était certainement pas la présence armée qui l’aiderait au contraire. Etrangement ce fut l’image de son père qui s’imposa. Sans doute la référence la plus présente à son esprit, en tout cas ce fut celle de la première partie de sa vie. Son paternel qui avait claqué la porte suite à une violente dispute, qui s’était enfermé dans son bureau, avait enclenché le gramophone et laissé échappé dans la pièce et par dessous la porte le son de la cinquième symphonie de Ludwig van Beethoven. Trois notes courtes répétées, puis une longue, tel le destin frappant à la porte.

Combien de fois avait il entendu cet air ? Plus qu’on ne pouvait compter sur ses doigts. Il se souvenait, la musique, entrainante, répétitive et pourtant surprenante à chaque mouvement. Avisant les deux brigadiers, il les ignora soigneusement avant d’aller ramasser la chaise qu’on avait jeté, de la remettre sur pied et de s’y rasseoir. Faire comme Traktueur, se plonger dans un monde virtuel, comme son père, se laisser guider par la musique pour oublier. Se concentrer sur les notes et non plus sur ce qui se passait auteur. Vibrer à chaque temps, sur le rythme entrainant et magique. Se laisser charmer, yeux clos pour mieux imaginer, voir visualiser la mélodie. La colère tombait peu à peu, se laissant étouffer alors que la musique grondait et tonnait, résonnant puissamment aux oreilles de Kim et de lui seul. Il afficha même un faible sourire alors qu’une blague lui venait en tête. Oui, ça allait mieux, la tempête s’était calmée, elle s’était apaisée laissant simplement un ciel bleu et sans nuages. Le temps s’écoulait lentement et les minutes passaient, comme les heures… Combien de temps avant que la porte ne s’ouvre à nouveau dévoilant Welka et son empereur ?

Il y avait eu un moment de calme avant la tempête, on lui avait laissé reprendre ses esprits pourtant ce n’était pas toujours le meilleur des présages, bien au contraire. Il avait ouvert les yeux en reconnaissant le bruit de la porte, puis celui des talons hauts. Il s’était même levé sans un mot. Joshi, Vlad était vraiment un colosse, fait de muscle et qui dépassait Kim de plus de vingt centimètres. Ramener de la compagnie n’était pas non plus de bonnes augures, cependant c’était la statue de granit qui avait empêché Welka de s’acharner encore un peu plus sur lui, alors peut être y avait il un espoir ? Combien de temps le garderait on captif ici, prisonnier avant que cela ne râle au Sapientia, puis aux oreilles des supérieurs de la Veuve Noire ?

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Message par Nékorovy Welka le Ven 6 Mai - 5:19

Nékorovy revint enfin accompagnée de son Ours. Ce dernier marchait silencieusement à ses côtés ne voulant nullement déranger la jeune femme qui avait plutôt l'air d'être en pleine réflexion. Elle n'avais pas osée le réprimander du regard car il avait eut raison de faire cela. S'il n'était pas arrivé à temps, à ce moment précis, Nékorovy aurait sans doute perdu toute conscience humaine. Quelque chose de bien plus puissant encore se manifestait en elle quand a la vu du sang et à l'agonie d'un être humain. C'était comme si quelqu'un d'autre lui ordonnait de tuer... elle se laissait guider par ce côté félin. C'était un immense plaisir de chasser et les seules proies à portées de main étaient bien les hommes.

Que s'était-il passé durant cette petite absence ? En tout cas, Welka était plutôt calme, il n'y avait plus de trace de sang nulle part sur ses vêtements ni ses talons aiguilles. Ses armes propres étaient rangés soigneusement sous ses vêtements. Maintenant, elle se tenait devant la porte close et étrangement elle prit un certain temps avant de lever les yeux sur la caméra. Ce moment face à la porte sembla durer quelques minutes. Enfin, la porte s'ouvrit et son regard tomba sur le corps dénudé de Kim avant de glisser sur le sol tapissé de sang. Un calme plus qu'inquiétant l'avait gagné. Son regard n'était plus celui de la panthère en chasse. Non, c'était ce regard vide perdu à l'horizon qui se manifestait, c'était ce regard absent...ce calme qui résonnait dans un corps presque sans vie. Et comme pour accentuer ce calme si intense, elle ne put détacher son regard de la flaque de sang, immobile.

Enfin, elle s'avança, sérieuse, vide d'expression, se posa dans le coin de la pièce, dos au mur et sorti de son étui une tablette tactile. Elle y consulta quelque données en silence tandis que Vlad se posta à moins de quelques centimètres de ce cher Doc qui semblait avoir reprit de sa forme physique mais le mental ne semblait pas être au rendez-vous. Au moins, il ne saignait plus autant. L'Ours le fit se rassoir simplement en posant sa main sur son épaule blessé et demeura face à lui les bras croisés. Néko de son côté, trouva ce qu'elle cherchait enfin. L'écran affichait une image, celle d'une épée, la même que la Brigade avait confisquée définitivement à 52. Elle tendit donc l'objet à Vlad qui le saisit puis le brandit sous le nez du Doc'.

« Ceci te dit quelque chose ? J'aimerais savoir si tu as vu quelqu'un porter cette arme ou si tu ne l'aurais pas croisé chez quelqu'un par hasard ? Autre que 52 bien sur!  »

L'Ours se pencha et plaça son visage devant celui de Kim, plantant ses yeux gris virant souvent au marron dans ceux de son suspect. Il n'avait rien de menaçant, juste son air sadique naturel, son sourire voguant sur les mêmes eaux et cette magnifique cicatrice qui faisait tout son charme – selon lui – . Il ne donnait pas l'impression à ce moment là de vouloir se faire la main sur le Doc. Il était plutôt respectueux. Après ce que lui avait fait Néko, Vlad passait pour le colosse impressionnant mais doux comme... une peluche ? Non quand même pas mais il passait pour un saint au près de la Veuve. Ah quelle image! Quelle image! Bref, là n'est pas le sujet.

Il fixa le scientifique mal en point et attendit une réponse. Entre temps, un brigadier entra avec des vêtements propres : chemisier blanc, pantalon marron et ceinture noire et même des chaussures noires. Bien sur, il n'y avait aucun sous-vêtement masculin dans le tas. Le brigadier posa les vêtement sur une petite table dans un coin sombre de la pièce et posa par-dessus son équipement médical. Le jeunot en ressorti rapidement après avoir salué Welka qui n'avait pas bougé d'un poil. Elle demeurait là, dans son coin à elle, les yeux rivés sur le sang au sol. Elle était comme absente d'esprit mais présente de corps et ce fut la voix de son Ours qui la tira de son état.

« Ouuuu, le carrosse est avancé on dirait princesse... ta robe est prête! Tu as même droit à tes accessoires. Alors si tu sais quelque chose au sujet de cette arme tu ferais mieux de répondre, je suis plutôt pressé aujourd'hui. Et cela va dans ton intérêt aussi. Alors ? » dit-il sur un ton plutôt calme. Néko, elle, semblait s'effacer de la scène mais ne vous y trompez pas, son regard était posé sur Kim, elle admirait son travail sur sculpture vivante. Un art plutôt simple, trop simple à son goût mais, elle n'avait plus l'intention de porter ni la main, ni l'arme ou le talon sur lui. Seulement son regard et rien que cela.
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Message par Kim van Berghen le Ven 6 Mai - 20:08

L’armoire à glace semblait avoir permis à Nékovory de reprendre ses esprits. La jeune femme avait maintenant des vêtements propres et semblait en pleine réflexion, on se demandait même pourquoi elle était revenue alors qu’elle aurait pu laisser Vlad finir le travail seul. Non peut être n’avait elle tout simplement pas laissé la place à son assistant, pourtant elle semblait ailleurs, bien loin de tout ce qui se passait. Tandis que Kim s’était isolé dans sa musique intérieure, où était elle partie ? Dans quels souvenirs, quel espace caché de ses pensées ? Voilà qu’elle était présente physiquement et pourtant tellement absente. Elle était l’opposé des fantômes, on pouvait certainement l’atteindre physiquement mais il était certainement impossible de communiquer mentalement. Si c’était la mort qui transformait en fantôme, alors était ce la vie qui avait rendue Nékorovy ainsi ? Etait ce un des effets que l’Ours avait eu sur elle ? Des médicaments ? Comment avait elle pu passer d’un état de violence à ce calme plat ? C’en était impressionnant. Elle s’était adossée au mur comme pour se fondre en lui, devenant statue de marbre, seule sa main semblait encore se mouvoir, traçant ou apposant un doigt sur la tablette entre ses mains.

Kim quand à lui s’était rassit sous la pression de Vlad sur son épaule gauche. Le colosse ne laissait pas le choix de la réflexion, croisant les bras sur son torse, gardant d’un regard toute tentative d’agression. Kim la fixait, sans méchanceté aucune, juste de la curiosité sans doute. Jusqu’à ce qu’elle trouve enfin ce qu’elle cherchait, mais sans que son regard ne s’éclaire d’une quelconque victoire, d’une joie rassurante, non rien. Elle tendit passivement la tablette à son collègue qui la posa sous les yeux de van Berghen. Suivit rapidement la ou plutôt les questions. Kim détourna son regard de la belle pour les plonger un instant dans ceux de Vlad. Sa cicatrice était certes impressionnante mais à Nosco nombreux étaient les brigadiers qui en possédaient d’aussi conséquentes. Rien d’anormal donc, si ce n’était la taille de celui qui la portait. On se demandait même comment une créature avait osé l’attaquer, malheureusement les dites habitants des souterrains ne craignaient presque rien et se jetaient sur tous les intrus sans distinction, quitte à finir en charpie. Mais Kim n’était pas aussi suicidaire qu’une créature. Pourtant ce fut sans réfléchir qu’il reprit les paroles de Vlad interrogeant de la voix.

52 ?

Il lui fallut quelques secondes avant de réaliser qu’on ne pouvait parler que d’un des deux prisonniers pour lesquels il était venu. Hors il allait rarement chez Zoltan Nagy, et ne l’avait pas croisé depuis qu’il avait changé de camp, c’était donc forcement Karlovy désigné sous ce pseudonyme peu flatteur. Il savait comment fonctionnait la brigade, il s’en souvenait. Et pourtant changer le nom de Kinsky par un numéro, cela l’heurtait au plus au point, le révoltait. Ils ne pouvaient pas… Lui mettre un numéro c’était comme la condamner et il ne voulait pas, il ferait tout pour qu’il ne lui arrive rien de mal. Il attrapa de sa main droite la tablette tactile qu’on maintenait devant lui, fronça un instant les sourcils tout en fouillant dans sa mémoire. Qu’est ce qui ressemblait plus à une épée qu’une autre épée surtout à Nosco où celles-ci pullulaient. Sans doute n’aurait il rien répondu, affirmant qu’il ne savait rien, qu’il ne pouvait discerner quoi que ce soit… S’il n’y avait pas eu l’éclat, juste là sur le coin gauche de l’épée, et cette teinte sur la garde. Si il l’avait déjà vu quelques part, il n’y a pas si longtemps, pas des années en tout cas. Et il n’en fallait pas plus pour activer sa curiosité personnelle, il voulait savoir, pas forcement pour le dire, juste parce qu’il n’aimait pas rester dans le doute. Où avait il vu cette arme ? Fermant les yeux il tenta de visualiser sa rappelant l’image de la tablette. Tout du moins jusqu’à ce que celui qui l’interrogeait brise sa concentration.

Jolie métaphore de l’homme aux biceps, Kim lança un regard sur ladite « robe », grogna un « hum » pour toute réponse avant de se replonger dans ses pensées, jusqu’à ce que oui, il touche à la vérité. Sans doute n’avait il pas réussit à placer bien loin le souvenir frais de la révélation qu’on lui avait faites, car Shane Lewis apparu bientôt. Dans son souvenir blessé assez cruellement par une créature, voir plusieurs, épée à la main, alors qu’il rentrait au Sanctuaire de Joshi pour échapper à l’attaque qu’il avait tenté de repoussé, avec plusieurs autres guildiens, du mieux possible pendant aussi longtemps que ses forces le lui permettait. Il se souvenait de l’épée qui avait glissé au sol, tandis que l’informaticien glissait dans la douleur et le sang. Il n’y avait pas vraiment prêté attention et pourtant… oui c’était sans doute la dernière fois qu’il avait vu une épée de ce type-là. Il leva les yeux vers Néko, croisa un instant son regard vide, avant de le refixer sur Vlad. C’était une pointe de surprise et d’interrogation qu’on pouvait y lire. A quoi jouaient-ils tout deux ? La question semblait rhétorique alors pourquoi la poser ? Ils n’avaient pas besoin de Kim pour deviner si l’arme provenait ou non de l’informaticien de la brigade, au contraire, le médecin pouvait avancer ne théorie mais en rien l’affirmer. Seules les caméras auraient l’audace de faire des preuves irréfutables.

Il retint ces mots qui voulaient plaider que de toute façon il y avait des dizaines d’armes ressemblant à celle-ci à Nosco et que celle-ci n’avait rien de particulier, ou même qu’il pouvait se tromper, qu’il n’était pas sur. A quoi bon ? Il aurait pu accuser n’importe qui, citer n’importe quel nom, mais il n’haïssait personne assez pour donner un tel coup dans le dos, même pas Lou Jiwi Kemshir. Et de toute façon son chef aurait bien vite découvert qui avait eu l’audace de proférer un tel mensonge et se serait vengé au double, ou même triple de ce qu’il avait reçu. Non, et puis celui qui méritait de payer, s’il était coupable, c’était bien…

Lewis.

Juste un nom, juste son nom rien de plus. Vlad n’était pas bête, il saurait de qui Kim parlait. Voilà l’homme avait eu l’information qu’il voulait, même si cela ne l’avançait certainement à rien.

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Nékorovy Welka le Dim 8 Mai - 2:17

Tout était beaucoup plus clair. Kim n'avait chercher à couvrir Lewis, mais il avait fait pour Karlovy. Ceci signifiait bien qu'il n'avait pas beaucoup d'égard pour lui. D'ailleurs, peut-être que ce cher Doc avait vu un peu de trop d'arc-en-ciel et qu'il avait eut le tournis. Il fallait le dire, Nékorovy connaissait déjà la réponse ainsi que Vlad mais ils devaient s'assurer que ce médecin n'avait rien d'autre comme information, et effectivement, il ne savait rien de plus.
Nékorovy demeura silencieuse, fixa Kim puis regarda son Ours qui se redressa pour lui aussi la regarder. Leur regard en disait long, très long au point même que Kim ne semblait plus être le centre d'attention de tous excepté les deux gardes muets et immobiles posté à l'entré de la porte. Que pouvait bien se dire ses deux là. Il était évidement qu'il se comprenait, qu'ils se parlaient. Puis, Vlad lui tendit sa tablette, elle la saisit sans pour autant abaisser le regard.

Enfin, le colosse détourna la tête vers Kim et lui fit un sourire en coin. C'est vrai que ce n'était pas très grand bavard, il s'exprimait plutôt grâce à son sourire, mais Kim n'allait trop comprendre ce qu'il lui voulait une fois encore. « J'ai apprécié notre bref tête à tête, maintenant habilles-toi...  » lui ordonna l'Ours qui recula au niveau de Welka, lui jeta un coup d'œil et s'adressa de sa voix grave à Kim. « Grouilles-toi!  » Wel, elle, tapotait sur son écran, une information venait de lui parvenir, une information qui concernait Shane M.Lewis. Elle devait donc se rendre a son appartement puisqu'apparemment il s'y trouvait.

Elle se décolla de son mur, lança un regard à Kim comme pour lui dire qu'elle n'avait pas fini avec lui, que son cauchemar continuerait et que ce n'était qu'une pause. Elle le fixa longuement du haut des talons aiguilles et déclara enfin, d'un voix calme. «  Votre chère et tendre a besoin de vos services Docteur. Allez immédiatement lui rendre une petite visite. N'oubliez pas de lui dire que je lui fait la grâce de vous voir. Du haut de ma bonté remettez lui ceci, ainsi que les vêtements propres qu'un des brigadiers vous apportera. » Welka exhiba l'araignée que portait Karlovy bien avant son tragique accident entre les mains de la Veuve et ajouta «  Elle à l'air d'y tenir comme à sa vie, je l'aurais bien gardé mais je n'en ai nullement besoin. »

La jeune femme déposa l'objet sur la table table, planta son regard sévère dans le sien, lui fit un sourire et chose inattendu, lui adressa un clin d'œil qui n'échappa point à Vlad qui se racla bruyamment la gorge à l'attention de sa tendre et douce Supérieure. «  Toi aussi tu es malade Vlad...tu as attrapé cette satanée Grippe qui court en ce moment ? » demanda t-elle. Évidemment, il ne répondit pas, Wel ne faisait que le taquiner. Sans plus tarder, elle se dirigea vers la sortie, son Ours après elle, tablette tactile en main. La mort ne guettait plus Kim Van Berghen, du moins pour le moment.

Un brigadier entra dans la pièce des vêtements en main sitôt après la sortie des deux tortionnaires. L'équipe de nettoyage attendait simplement le départ de Kim. Nékorovy lui avait épargné le ménage. Elle n'était pas si mauvaise que cela... Welka avait au moins un cœur, même s'il était noir, elle en possédait un tout de même.

La Brigadière d'Elite avait une nouvelle mission. Son nom ? Shane Mael Lewis.
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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

Message par Kim van Berghen le Jeu 12 Mai - 1:00

Il ignora totalement la conversation quasi télépathique qu’eut Welka avec son assistant. Il n’en avait cure de toute façon. S’il n’avait pas couvert Shane c’est qu’il n’y avait rien à cacher, rien qu’il dévoile qui ne soit déjà connu de tous et par bien plus que lui. Il n’était qu’un des moyens de confirmer l’information, un bien faible et sans valeur en plus. Mais Nékorovy et Vlad semblaient s’en contenter. D’ailleurs le meuble pensant avait déjà retrouvé son sourire en coin, avant d’annoncer son ordre qui claquait comme un fouet. Il s’exécuta sans discuter et sans un mot. Il y avait dorénavant sur la table ses affaires personnelles ainsi qu’un tas de vêtements propre. Il les détailla rapidement avant de sauter dans le pantalon, et de passer la chemise. Pas de sous-vêtements, il s’en était douté et n’irait pas insister. Au moins c’était à sa taille, il refermait la chemise lorsque Welka s’adressa une nouvelle fois à lui. Il tiqua un instant devant l’araignée. Est-ce qu’elle savait ? Oui, sans doute, peut être… Il ne l’avait pas caché. Elle déposa l’araignée saine et sauve sur la table sans lui faire le moindre mal. Etrange. Il la fixait sans réellement comprendre, touché soudainement par le sourire qui s’était composé sur les lèvres de sa tortionnaire, ainsi que le clin d’œil qu’elle lui avait adressé. Comme si tout avait déjà été effacé et oublié. Comment devait-il l’interpréter ? Quand était-il de Steve ? Le lui rendrait on et en combien de morceaux ? Il apprécia même la façon de faire tourner en bourrique Vlad, lorsque celui-ci se racla la gorge comme pour rappeler qu’il était présent et qu’elle était la place de sa chef. Puis, elle sortie rapidement sans un mot de plus, ni un au revoir. Non après tout ils se reverraient bien assez tôt comme cela. Où allait la brigadière d’élite ? Il l’ignorait mais peu après son départ on lui apporta des vêtements pour Karlovy Kinsky, tandis qu’il raccrochait sa montre à son poignet et grognait en constatant qu’il était déjà six heures du matin. Tant de temps perdu pour presque rien… Attrapant le reste de ses affaires, il reprit aussi son manteau avant de suivre un des brigadiers jusqu’à la porte de la cellule du numéro 52. On lui ouvrit rapidement la porte, il resta dans l’embrasure de la porte presque la moitié d’une minute sans oser bouger.

Elle était si pâle et frêle ainsi, abandonnée de tous vêtements, couvertes de sang, de plaies et de bleus, ratatinée sur elle-même pour souffrir le moins possible. Blottie sur sa couchette car cela restait l’endroit le plus propre et le plus chaleureux de l’austère cellule. C’était une pauvre créature salie par les coups et son propre sang, et pourtant c’était sans aucun doute possible la chose la plus pure de la pièce. Il n’y avait qu’elle pour les éclairer de sa lumière, même si pour l’instant celle-ci semblait bien faible et minuscule. Une chandelle sur le point de chanceler, d’être soufflé et de mourir, et pourtant il semblait qu’il y avait un espoir de rallumer la flamme. Qu’est ce qu’on lui avait fait ? Qui l’avait mise dans un tel état ? Etait ce aussi Welka et son empaleur ? Comment avaient ils osés ? Qu’on le déshabille lui ne le dérangeait pas, mais qu’on touche à une dame… Ah les crétins ! Zum Teufel, il les savait fou, il savait à quel point ils pouvaient être inhumains dans les souterrains, mais n’avaient ils donc aucun respect ? Non, non sans doute aucun… Ce n’était pas nouveau après tout… Numéro 52. Comment avaient ils pu ? Sa Lovy, dans leurs griffes, sous leurs tortures, leurs yeux moqueurs. Et puis, elle releva les yeux, telle une proie traquée qui croit sa dernière heure venue. Avant qu’un sourire n’illumine son visage et que sa voix s’élève et retombe tout aussi sec, tellement elle semblait sèche. Comme si chaque mot, chaque syllabe avait été un sacrifice qu’elle n’avait plus fait depuis longtemps. Et puis comme choquée par sa propre voix, elle se remit en position fœtale un instant en gémissant. Avant qu’un nouveau cri ne s’échappe de sa gorge, comme si plus jamais elle n’allait prononcer d’autres mots que des grognements animales. On l’avait torturé de façon inhumaine, alors peut être avait elle aussi perdu cette part d’humanité. Cela lui rappelait tellement de souvenirs… ce n’était pas la première fois qu’il entrait dans ce genre de prison, que ce soit pour soigner, ou en tant que soldat. Il avait aussi participé… Combien étaient-ils à réprouver sans pouvoir rien faire ?

Lorsqu’elle s’était levée pour s’élancer, il avait fait de même, sachant qu’elle ne pourrait pas. Elle était trop faible. Depuis combien de temps n’avait elle pas mangé ? Elle venait de s’étaler douloureusement sur le sol, au pied de ce qui lui servait de lit. Quittant le seuil de la porte, il s’approcha de celle qu’il ne pouvait voir pour le moment que comme une patiente qui souffrait réellement. Posant rapidement ses affaires à lui et ses vêtements à elle sur le tissu couvrant la couchette il déposa son manteau sur les épaules de la jeune femme tandis que des larmes commençaient à couler le long de ses joues, sillons d’eau qui prouvait qu’elle vivait encore, qu’elle était bien humaine et qu’elle souffrait juste terriblement. Etrangement ce furent les larmes qui ramenèrent un peu de couleur sur son visage. Il l’attrapa par les épaules, sachant que ce serait douloureux pour elle, mais pas plus que de rester à terre. Il l’enveloppa du manteau officiel qui se tâchait de sang. Et qu’importe ?! Il la serra contre lui, en murmurant.

Tout va bien, je suis là.

Ce n’est pas ce à quoi il s’était attendu, ce à quoi il s’était préparé. C’était bien pire. Il ne pensait pas la trouver à ce point laminée par les évènements et leurs conséquences. Fatiguée comme une poupée sans vie, un malade sans soins, un fantôme sans éclat. Il aurait voulu lui demander : « Quelle folie as-tu fais ma Lovy ? ». Lui reprocher d’une voix qui se voulait rassurante et détendue, sans aucune colère : « Descendre seule dans les souterrains… Promets moi que la prochaine fois, tu me demanderas si tu souhaites avoir peur. Je peux te raconter des histoires d’horreur sans que tu ais à quitter la sécurité de ton appartement». Il aurait voulu pouvoir lui glisser : « Ne dis rien que tu pourrais regretter. » L’empêcher de s’expliquer, ne pas parler de Lewis, réserver les explications pour plus tard. Il avait prévu de venir en médecin et non pas en… amis ?

Tous ses plans tombaient à l’eau, tout ce qu’il avait préparé pour ne pas se faire surprendre. Oui, il aimait les surprises, mais pas de cette envergure. Il ne pouvait que tenter de remettre sur pied le mieux possible la biologiste, faire mieux relèverait sans doute du miracle tant qu’elle était emprisonnée. Non, Lovy était un tremblement de terre que l’on ne pouvait contrôler ou prévoir, il éclatait parfois comme cela. Et il venait de lui éclater en sanglots dans les bras. Il essayait tant bien que mal de calmer la tempête, essuyant les larmes à mesure qu’elles coulaient le long des joues, mais il y en avait toujours plus qui revenaient. Traçant un torrent qui n’était même pas arrêtable par le barrage d’un pouce qui tentait d’effacer le liquide transparent. Il faudrait d’abord la calmer un minimum avant de pouvoir la soigner. Elle semblait presque gelée, là contre lui et ses vêtements propres qui ne le resteraient sans doute pas longtemps. Il s’en fichait bien, ils n’étaient pas à lui, seule Lovy était importante, et elle était à lui autant qu’il était à elle. Alors qu’il semblait perdre espoir, ne pas savoir ce qui pourrait tarir la rivière, les paroles de Welka lui revinrent en mémoire. Non pas celles de la torture, mais bien ses dernières phrases. Et tel un parent conscient qu’il doit arrêter les pleurs de son bébé, il plongea une main dans sa poche et soudain agita sous les yeux de Lovy de quoi capter son attention et stopper ce désespoir. En tout cas il l’espérait. Tel un mobile pour berceau, il venait de faire apparaître comme par magie le collier qu’il lui avait offert et qu’elle croyait sans doute avoir perdu pour toujours. Il ignorait si cela pouvait vraiment avoir un effet bénéfique sur elle, mais c’était l’une de ses seules chances. En tout cas ne trainait elle plus dans la poussière du sol, insolé par le long manteau dans lequel il l’avait entouré. Le même que celui qu’elle portait habituellement, pas forcement plus long, juste un peu plus large aux épaules. Et puis ce manteau il avait son odeur à lui, une odeur familière. Pas comme les vêtements qu’il venait d’enfiler et qui n’avaient que l’odeur fausse du linge propre et fraichement lavé. Elle était maintenant entourée, seulement voilà l’horloge tournait et il ne pourrait pas rester indéfiniment même s’il l’aurait souhaité. Il murmura une nouvelle fois.

Ma Lovy…


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Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

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Re: 4h00 A.M : Tout au fond du plus noir. [Rating -14 ans]

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