Scène de Ménage.

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Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Dim 8 Mai - 0:16

Sois rentré pour 20h30. Sans faute. Il faut qu'on parle.
----------------------------
À: Lapin
à 15h47.

Silvio espérait que Shane comprendrait à travers le sms que ce n'était ni une blague ni une façon de lui cacher une petite surprise à son retour du travail. Le "il faut qu'on parle", c'était une menace. Le "il faut qu'on parle" que l'on disait au lieu de dire "tu as fait une bêtise et tu vas la sentir passer, mon petit pote".
En bon commandor de l'anti-terroriste, Silvio suivait de près le cas "Kinsky". Ce dernier s'avérait complexe, les informations le concernant venaient petit à petit. Nékorovy avait été chargée de s'en occuper et, visiblement, faisait cela à merveille. Mais le commandor n'avait pu parler en personne à ladite Karlovy, il ne pouvait être sûr des informations reçues que par la confiance qu'il accordait à ses surbordonnés. Autrement dit... Il faudrait vraiment qu'il aille voir cette fameuse Karlovy, avant de décider de ce que l'on faisait la concernant.
Il faisait confiance à ses brigadiers, mais dans des cas aussi importants, mieux valait être sûr. Et il y avait autre chose que Silvio peinait à croire: ce que le rapport disait en toutes lettres. Noir sur blanc. Voyez, il était assis là, à son bureau, lorsque, café à la main, il s'était penché sur ledit rapport. Son coeur avait manqué un bond. Il avait lu, re-lu. Mais rien à faire: l'information ne passait pas. C'était bien le nom de son amant, mais le sens de la phrase était tel qu'il refusait d'admettre que cela soit bien cela qui soit écrit. Pourtant, il fallait se rendre à l'évidence. Le commandor avait re-posé lentement son café, son rapport, et était resté un moment immobile, la tête entre ses mains. Ses yeux cachés derrière ses cheveux. Non, c'était impossible... Il ne lui aurait quand même pas fait ça.. Après tant de douleurs, après tant d'amour, de sentiments, des sentiments si forts, comment Shane pouvait-il lui faire ça ? Quel homme était-il donc ? Ce n'était même plus de la trahison. C'était bien pire que cela. Même chez les rebelles on ne prônait pas cela...
Le commandor n'était pas resté à se lamenter pendant des heures. Bien vite il s'était décidé à envoyer ce sms à Shane. Il voulait entendre son amant prôner le contraire, il voulait l'entendre se défendre, il voulait le croire, pouvoir lui faire confiance à nouveau et enguirlander ses brigadiers. Mais, à vrai dire, il n'y croyait plus. Il savait qu'il se berçait d'illusion, et pourtant gardait cet ultime espoir. Allez, Silvio, ne pense pas à demain. On verra après... Peut-être que les miracles existent encore.

Quand Shane ouvrit la porte de l'appartement, il put trouver Silvio, assit à la table, le rapport d'un côté, un livre électronique entre les mains, et le brouilleur de son à côté de lui.. Il leva le nez et posa sur Shane un regard bien froid. Son expression, son attitude indiquaient que non, ce soir, pas de câlins. Il se comportait comme il s'était jadis comporté face à... Yan Merling. Froid, distant, méfiant, et surtout, chose rare pour un brigadier, les neurones en marche.
C'était mauvais signe, très mauvais signe. Habituellement, les colères de Silvio se sentaient par sa voix qui montait en décibels, par son agressivité, des gestes violents, ses menaces. Cette colère-là, c'était une colère en latence. C'était le magma en ébullition dans le volcan. Le seul souffle de mon commandor suffisait à insuffler à la pièce une atmosphère lourde, pesante. L'orage qui approche.

"- Bonjour, Lewis."


Emploi du nom de famille. Ouch, pas bon. Il n'y avait plus de proximité, qu'une distance qui ne présageait rien de bon. Silvio, se leva, en silence, et poussa le rapport vers Shane. Du doigt, il lui montra la bonne ligne, celle qui l'accusait, celle qui n'aurait jamais dû exister... Celle qui faisait et aller faire tant de peine à mon Silvio. Désormais, il se croyait seul, à aimer...

[HJ: désolé, c'est un peu court...]

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Dim 8 Mai - 12:48

    Mathys Nelsen lui avait donné le conseil de se reposer un peu. Cela faisait près d’un mois que Shane remplaçait Traktueur et il y travaillait d’arrache pied. Envers et contre tout d’ailleurs : il avait connu l’amaigrissement, la fatigue, le manque de Silvio. Il avait eu à prendre Aaron en formation, un véritable plaisir mais une tâche de plus. Il avait déménagé au troisième étage de l’Aedes. Il avait volé du piment au Sapienta et plus récemment, il avait prétendument couché avec Karlovy et se serait fait dérober son épée. Ajoutez à cela les habituelles asticotassions de Lisbon, la grippe qui trainait dans les parages et les informations données en douce à Kim van Berghen. Quelques cuillères d’instants tendus, une pincée de paroles étranges que lui soufflait Joshi. Remuez le tout et vous obtiendrez le mois le plus mouvementé que Shane ait jamais connu de toute son existence Noscoienne.

    Hors mis cela, tout allait bien ! Evidement, Shane avait été têtu comme une mule et n’avait pas écouté le conseil de Mathys : celui qui consistait à s’arrêter une heure plus tôt aujourd’hui pour prendre un peu de repos. Non, Shane termina vers vingt heures alors qu’il n’y avait plus personne d’autres au quartier général de la brigade informatique que trois veilleurs de réseau pour la nuit et Shane. Inutile de préciser que Shane n’avait absolument pas eu le temps de lire le moindre mail et le moindre sms de la journée. C’est ainsi qu’il rentra chez lui en se disant qu’il allait pouvoir retrouver les tendres bras de son Silvio pour se réconforter de cette journée chargée. Shane ignorait encore qu’il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude… Même jusque l’épaule. Il passa la porte de l’appartement qu’il partageait à présent avec Silvio, en trainant les pieds de fatigue, les yeux mi-clos et il bailla largement sans oublier de mettre une main devant sa bouche.

    Il avança dans la salle centrale de l’appartement et aperçut sa tête blonde préférée. Imaginez qu’avec les yeux mis clos, il n’avait pas spécialement remarqué l’air froid qu’avait adopté Silvio, en fait, il n’aurait jamais imaginé avoir cette tête là. Il posa la sacoche de son ordinateur à plat sur la table où Silvio semblait travailler et s’assit sur une chaise en face de lui (ou plutôt s’écroula sur la chaise) et avachit sur la table le haut de son corps en poussant un soupire que l’on avait à la fin d’une journée chargée. Là, sous ses yeux mi-clos, le brouilleur de son, et à en jugé par l’ultra-son qu’il percevait de ces jeunes oreilles, il était en marche. Ce qui signifiait que Silvio lui parlait en privé, il n’y avait bien plus que les caméras pour ouvrir grand les yeux à la scène qui allait suivre. Un « bonjour Lewis » retentit à ses oreilles et Shane cligna des yeux. D’abord, il était vingt heures trente et Shane voulait dormir, alors lui faire croire que le jour venait de se lever n’était franchement pas gentil pour mon pauvre brigadier. Pire encore, il fut appelé Lewis… Ca c’était les formes de politesse que l’on utilisait en public, et pourtant même devant les autres, Silvio l’avait toujours appelé Shane. Et puis, il avait mis le brouilleur, il aurait pu être un peu plus chaleur et l’appeler mon cœur, mon amour ou mon ange…

    Traktueur Bis leva les yeux vers son amant (tout en restant avachi sur la table) et croisa ce regard froid, distant, noir et véritablement mauvais. Blague appart : il comprenait à présent pourquoi Aaron avait eu peur de Silvio. Le commandor pouvait être vraiment terrorisant lorsqu’il le voulait. Un vrai carnivore. Et Shane ne comprenait pas pourquoi une telle expression était tournée sur lui. C’était une blague ? Etrangement, Shane vénérait cette hypothèse même s’il n’y avait que peu de chance pour qu’elle soit véridique… Bon ok, réfléchissons : brouilleur de son, ton glacial, regard noir… Qu’avait-il fait de mal ? Il l’interrogea du regard pour savoir ce qu’il y avait qui ne tournait pas rond et on mit à sa disposition un rapport en lui montrant une ligne bien précise. Shane se redressa sur sa chaise, saisit le rapport et commença à lire en diagonale jusqu’à la fameuse ligne où on parlait de lui. Gloups, il allait se faire convoquer pour cette foutue épée. Cool, il en apprenait plein de choses : Karlovy était bel et bien descendu dans les sous-sols comme elle le lui avait annoncé, elle avait bel et bien rencontré Zoltan… Et les choses avaient malheureusement mal tourné. Et…

    « Cool… Au moins elle a tenu sa promesse ! »

    Celle de dire qu’elle avait couché avec Shane et lui avait dérobé son épée plutôt que de dire qu’elle avait gentiment demandé à mon brigadier qui lui avait prêté son épée. Tout ravi que les choses se passent bien, il releva son nez tout sourire vers Silvio… Qui lui ne riait pas du tout. Visiblement, il ne voyait pas les choses de même point de vue que Shane. Bon, d’accord, il avait de quoi le regarder ainsi, mais un peu de confiance en sa moitié c’était trop demandé ? Oui, enfin dans cette situation, c’était peut-être un peu trop demandé en effet. Alors mon brigadier se mit à rire de bon cœur :

    « Tu crois tout de même pas que je t’ai fait cocu ?! »

    Enfin, vu la tête de Silvio… Si. Shame… Shane se frotta le visage de sa main gantée… La soirée allait être longue… Très longue.

    « Je n’ai pas couché avec Karlovy. »

    Fit-il en détachant tous les mots. Mais que valait la confiance d’un amant face à des aveux de Lovy et une vidéo de ce qui s’était passé dans le salon ? Leur montage avait été tellement réaliste que la Brigade avait gobé (Shane n’était pas peu fier de ce coup là d’ailleurs), et Silvio aussi ? Les preuves étaient accablantes et avaient de quoi laisser perplexe. Autrement dit Silvio allait devoir le croire sur parole, ce qui n’était pas gagné.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Dim 8 Mai - 14:09

La confiance, la confiance ! Il en faisait une belle, confiance ! Silvio lui avait fait confiance, mais on lui apprenait que Shane l'avait trompé ! Comment vouliez-vous avoir encore confiance quand cette idée, qui ne vous était pas même apparue en cauchemar tant elle semblait impossible, se voyait réalisée. Ne croyez-vous pas que mon Silvio avait eu confiance jusqu'au bout ? Ne croyez vous pas que, même devant la video -car il était aller vérifier-, il n'avait quand même pas cru à un montage, un coup monté ? Ne croyez-vous pas que s'il essayait encore de parler avec Shane, c'était parce qu'il lui faisait encore confiance ?

Cette video, cette maudite video. Le brigadier qui la lui avait montré l'avait vu pâlir, devenir blanc comme un linge après une bonne lessive Skip®.Il n'avait pas osé regarder la video plusieurs fois. Une seule avait suffit à ancrer toutes les images dans sa mémoire. Pourtant, non, il n'arrivait toujours pas à admettre que c'était bien réel. Même après être resté un moment sans pouvoir rien faire, la tête appuyée sur une main, son cerveau n'arrivait pas à intégrer l'information.
Pourtant, il la voyait, la scène. Shane et Karlovy, l'un contre l'autre... Puis dans la chambre, leurs gémissements, bien plus explicites que des images. Une autre. Il en aimait une autre. Alors il ne lui suffisait pas ? Ses sentiments, c'étaient des excuses pour pouvoir profiter de son corps ? Impossible. Shane ne pouvait pas être comme ça. Silvio le savait apte aux plaisanteries, à s'amuser, mais pas à ce point-là...
Alors non, Silvio, ça ne le faisait pas rire, et il ne comprenait pas comment Shane pouvait prendre ça à la légère. Il le prenait à la légère. Il avait ri, et jamais le rire de Shane n'aura fait aussi mal à Silvio. Il se moquait de lui...

"- On m'envoie un rapport qui dit que tu as couché avec Lovy. Ensuite, je vais vérifier. La video te montre bien dans les bras de Karlovy. C'est toi, je t'ai reconnu, ce n'en est pas un autre."

Une énonciation, des faits qui ne pouvaient pas être faux. Et la voix de Silvio qui semblait jeter les mots avec brutalité hors de sa gorge. Pourtant, il n'avait pas haussé le ton, non, pas encore... La menace planait encore. La colère n'avait pas éclatée.

"- J'ai également reconnu tes couinements quand cette garce et toi vous êtiez..."

Il détourna le regard, grimaça. Oui, là, il venait de les imaginer. Là, les mots étaient restés coincés dans sa gorge. Quand ils étaient en train de copuler. Bon sang, mais c'était bien ça... Shane avait fait ça, avec une jeune femme. Mais c'était lui, c'était Silvio qui avait souffert pour lui ! C'était Silvio qui l'aimait plus que tout ! Karlovy, elle préférait Zoltan, bon sang, tout le monde le savait !

"- Comment veux-tu que je ne le croie pas, moi ? ...D'accord, j'ai du mal à le croire. Toutes les preuves sont contre toi, cependant. Toutes. Comment je peux être sûr que tu ne mens pas..?"

Ce regard qu'il posait sur Shane essayait de lire en lui. Il essayait de déchiffrer, dans son attitude, le moindre geste qui indiquerait la vérité, ou le mensonge. Les poings appuyés sur la table, Silvio se pencha vers lui.

"- Jamais j'aurais cru ça de toi, Shane, jamais. Tu as si peu d'estime pour moi ? Pourquoi m'as-tu fait ça ?"

Ca y est, il avait monté le ton. Le "pourquoi m'as-tu fait ça", c'était la pointe de sentiments qui perçait à travers sa voix, c'était le bouleversement, la peur aussi. La peur que cela soit vrai, la peur des conséquences. La colère, parce qu'on avait abusé de lui, lamentablement, trompé, utilisé comme un pion. La colère parce qu'il avait fait tous les sacrifices pour lui, parce que tous ses sentiments étaient pour lui, son corps et son âme lui étaient dévoués. Comment pourrait-il accorder la moindre gouttelette de confiance à quelqu'un si Shane l'avait réellement trompé ? S'il ne pouvait plus faire confiance en l'homme de sa vie ? L'homme de sa vie... C'était si dur d'imaginer le si beau Shane en manipulateur ! Il n'y arrivait pas. Il y croyait encore. Il croyait encore que Shane allait le convaincre que c'était faux. Il y croyait encore, parce qu'il lui faisait encore confiance. Il lui faisait encore confiance, parce qu'il l'aimait...

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Dim 8 Mai - 15:42

    Shane n’aurait jamais cru que Silvio prendrait cette révélation au sérieux. Enfin, lui-même à la place de Silvio aurait plutôt mal réagi… En fait, il n’aurait pas gardé autant son calme comme Silvio et les assiettes auraient volé dans toute la pièce avec grands bruits et fracas. Disons que Silvio était plus modéré. Mon brigadier aurait cru aussi qu’en lui disant ne pas avoir couché avec Lovy, Silvio le croirait. Mais c’était loin d’être le cas, et le commandor en avait de bonnes raisons. Son Silvio avait mis les poings sur la table et s’était penché vers lui. Sa voix trahissait cette fois la détresse et la colère. Shane ne quittait pas son regard du sien. Il avait perdu son sourire bien rapidement pour laisser place à de l’inquiétude. En quelques sortes, Shane n’aurait pas pu regarder Silvio droit dans les yeux s’il avait couché avec Lovy véritablement. Alors pourquoi le regard de mon brigadier devenait fuyant alors qu’il devait regarder Silvio dans les yeux. C’était pour une toute autre bêtise, celle d’avoir aidé Karlovy à rejoindre un rebelle. Mais il avait promis à Lovy de garder ce qui avait été dit dans cette chambre pour lui. Comment pourrait dire alors expliquer à Silvio que Lovy aimait Kim et voulait en parler à Zoltan. Comment lui expliqué qu’il avait fait ça pour la bonne cause ?

    « Espèce d’idiot… »

    Souffla-t-il dans un murmure en baissant les yeux vers ses mains gantées qui tenaient encore le rapport. Sa voix était étrangement calme par rapport à toute la colère qui bouillonnait en lui.

    « Crois-moi ! »

    Fit-il entre ses dents en relevant les yeux, remplis de rage. Il se leva même de sa chaise, serrant le papier dans son poing :

    « Que voudrais-tu que je te dises, Silvio ? Oui, j’ai couché avec elle ! Bon sang, qu’elle était bonne ! Je l’ai retournée dans tous les sens, c’était divin ! Bien mieux qu’avec toi ! »

    Ca sonnait faux, pour la simple et bonne raison qu’il ne savait pas si Karlovy avait été un bon coup et si ça avait été mieux qu’avec Silvio. Il n’avait pas couché avec elle, et s’en trouvait ignorant, de sorte que sa tirade manquait affreusement de conviction. Il était devenu rouge de colère d’être pris pour un menteur. Il avait peur aussi, de perdre son Silvio. Son cher et tendre lui reprochait un acte qu’il n’avait pas commis. Jamais il n’aurait trompé Silvio.

    « Tu es le premier à savoir que ce qui se passe dans cette chambre est loin d’être ce qui paraît ! Alors quoi ? Tu préfères croire le blabla de caméras de m**** ?! POUR UN COMMANDOR T’ES FRANCHEMENT PAS FUTE !! »

    N’était-ce pas une apparence de colocataires tranquilles qu’ils donnaient à l’œil des caméras ? Et pourtant, Silvio savait bien que Shane le rejoignait dans son lit pour s’offrir le luxe de ses bras et la tendresse de leurs sentiments. Excédé, Shane envoya les feuilles du rapport au visage de Silvio, aminé par une colère noire. Et pourtant c’était Silvio qui était sensé être furieux et Shane tenter de réparer les pots cassés. Ce n’était pas en montrant les crocs qu’il parviendrait à quelque chose. Il prit une profonde inspiration et préféra fuir la conversation. Il s’en allait vers la chambre dans l’objectif d’aller se coucher (et dans son propre lit pour une fois). Sa démarche était raide et ses poings étaient fermement clos.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Dim 8 Mai - 17:31

Silvio avait ouvert de grands yeux. Choqué. Jamais Shane ne s'était permis de lui parler ainsi. Ni en insultes, ni en vulgarités. Alors quoi ? Ca y est, parce qu'on lui demandait quelque chose d'un peu plus complexe que l'ordinateur, il fallait ne plus respecter personne ? Silvio, ça ne lui plaisait pas vraiment, non. Il était resté immobile, aux mots de Shane, à le dévisager comme s'il le découvrait tout juste. A vrai dire, c'était l'impression qu'il avait. Ce n'était pas Shane, son amant qu'il avait devant lui, mais un tout nouveau Shane. Celui qui était accusé d'avoir couché avec Karlovy. Il était un Shane qui s'emportait au lieu de le soutenir, au lieu de lui dire qu'il avait tort. Quou-a ? Vous insinuez que Silvio n'avait qu'à l'accueillir un peu mieux ? Mais attendez, il était déjà bien trop gentil, là !
Oui, trop gentil, et ça n'allait pas se passer comme ça ! Silvio, il voulait son Shane ! Les feuilles au visage, c'était l'offense de trop. Il les attrapa, sans craindre de les froisser -de toutes façons, il était déjà trop tard pour elles. Silvio attrapa son amant par le col, et le tira en arrière.

"- Parce que tu crois que c'est plus futé d'aller bouder comme ça ? Reste ici !"

Alors Silvio l'attrapa par les épaules et le retourna comme un vulgaire pancake, vers lui. Sa poigne était dure sur les petits bras de Shane, mais bon, on compense sa petite taille comme on peut. D'ailleurs, la voix de Silvio aidait aussi. Il criait presque, désormais.

"- Tu crois que je les crois, les caméras ? Si je les croyais vraiment, je ne serais même plus en train de te parler !"

Il le secouait, tel un arbre appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae (pas besoin de vous donner de traduction, je suppose). Enfin, il le lâcha et se retourna à son tour, non sans avoir jeté le rapport sur la table.

"- Je veux être sûr, Shane. J'ai besoin que tu me le dises. Si tu te moques de moi, comment est-ce que je peux être sûr ? Comment je peux te faire confiance ?"

Il n'osait se l'avouer, mais le "c'était mieux qu'avec toi" avait réussi à le blesser. Mieux qu'avec lui. Alors en plus de ne pas être le plus aimé, il n'était pas le meilleur ! Enfin, le pire était surtout qu'il lui balance ça, comme ça. Des mots que Silvio n'oserait jamais dire tant il les trouvait rabaissant. En l'occurence, ils l'étaient non seulement pour Karlovy, mais également pour lui. Des objets, bon sang, rien de plus que de vulgaires objets ! Même pour plaisanter, jamais il n'aurait dit ça ! C'était comme ces brigadiers qui riaient grassement en parlant des femmes comme de vulgaires outils de plaisir. Ca le faisait toujours tiquer. Il n'acceptait pas. Kathleen, sa seconde, était une femme, et pourtant elle valait bien mieux que ceux qui osaient traiter la gente féminine ainsi.
Bon sang, il devait le rassurer, pas l'enfoncer dans sa peine ! Pourquoi agissait-il ainsi, alors ? C'était si compliqué de dire "on t'a menti, c'est pas comme ça que ça s'est passé" ?

"- Qu'est-ce que tu veux, bon sang ?"

Souffla-t-il, plus pas, entre ses dents, comme un chat qui feule. Il s'était retourné et, nerveusement, tripotait le dossier d'une chaise. Il fallait que ses poings fassent quelque chose. Il menaçait de devenir violent. Mieux valait se défouler sur le mobilier plutôt que sur Shane. Il s'en serait voulu. Dans le pire des cas, balancer la chaise aux côtés de Shane devrait le calmer...

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Dim 8 Mai - 18:32

    Attraper Shane par le col, le retourner et le secouer comme cette espèce d’arbre au nom latin imprononçable accrut sa colère. Le sang battait à ses tempes de rage. Il était vexé que Silvio le prenne ainsi, même s’il pouvait comprendre sa position. La situation était loin d’être des plus faciles et mon brigadier ignorait encore comment il allait pouvoir se sortir de là cette fois. Il allait falloir trouver une solution et vite. Rien ne lui vint cependant. Seule sa rage enflait et prenait le contrôle. Alors il se mit à se débattre et à hurler comme terrorisé :

    « LACHE MOI ! LACHE MOI ! LACHE MOI ! »

    Sourd aux paroles de Silvio, il ne voulait plus qu’une chose : qu’il cesse de le secouer de la sorte. Il n’était pas un arbre, il était un être humain et ce n’était en le secouant qu’il laisserait tomber ses fruits. Son regard était devenu farouche, comme un animal qui ne voulait pas se laisser apprivoiser. N’apprivoisait-on pas les tigres, les singes et les chevaux dans des cirques pour qu’ils passent leur vie enfermés dans une cage d’acier ? Shane avait un secret. Il aimait Silvio. Mais il ne pouvait lui dire certaines choses, puisque ce n’était pas véritablement son secret, c’était celui de Karlovy et il ne pouvait pas le divulguer ainsi à tout vent. Il s’effarouchait alors, parce qu’il savait qu’en étant trop docile envers Silvio, son amant finirait pas lui poser les bonnes questions et Shane n’aurait pas le cœur de lui refuser la vérité. Alors les choses allaient de mal en pis.

    « Ca serait toujours plus futé que de rester ici des heures à se hurler dessus ! C’est du temps perdu à se faire du mal ! Va donc te coucher et je prierai pour que tu aies une illumination pendant la nuit ! Au lieu de ça, tu préfères te borner à des discours qui ne mènent à rien ! »

    Lorsque Silvio s’était retourné, Shane était allé se mettre en face de lui, le haut de son corps de penchait en avant, vers lui, lorsqu’il hurlait. Alors il lui répéta les mêmes mots que tout à l’heure :

    « Je n’ai pas couché avec Karlovy. »

    Il avait saisit Silvio par ses vêtements et les serrait comme un enragé. Ses mains n’avaient pas la force de celles de Silvio. La rudesse du commandor un peu plus tôt sur ses épaules l’avait complètement terrorisé (même s’il ne l’avouerait jamais) et il était en plein état de panique. Est-ce que Silvio l’avait vu, cette peur dans son regard ? Et dans ses yeux aussi, ce souvenir lointain d’une colère semblable. C’était une journée de février, il faisait froid et le soleil venait seulement de se lever, on avait engloutit sa voiture et un Jefferson enragé sortait pour cracher son venin.

    « BORDEL TU NE PEUX PAS FAIRE ATTENTION ! »

    Il ne savait plus vraiment s’il parlait à l’automobiliste qui avait perdu le contrôle de son véhicule sur le verglas hivernal ou à Silvio qui ne voulait pas entendre raison. Shane était excédé. Il était hors de lui, ses mains s’étaient mises autour de la gorge de son amant et ses yeux étaient noircis de monstruosité.

    « J’ai pas couché avec elle ! J’ai pas couché avec elle ! J’ai rien fait ! Rien ! C’est faux ! C’est un mensonge ! Pourquoi tu ne me crois pas ??! »

    Il hurlait, il était fou. Ses mains se resserraient sur la gorge de Silvio non sans douleur, peut-être même garderait-il quelques traces de strangulations. Sans nul doute Shane s’était trouvé une force nouvelle, celle de la colère aliénatrice. Celle qui l’avait rendu capable dix ans plus tôt de tuer un homme. Etait-ce Shane qui avait brusquement tout lâché et reculé ou bien Silvio qui l’avait violement repoussé ? Il n’en savait plus ainsi dire strictement rien, tout se passait si vite et il était aveuglé par la rage. Il s’était néanmoins retrouvé contre un mur et il avait laissé son dos glisser contre celui-ci. Recroquevillé, la tête entre ses mains, ses cheveux ne permettaient pas de voir son visage, ses yeux. Mieux ne valait pas. Il na savait quel monstre on aurait pu découvrir dans ce regard-là.

    Immobile, on n’entendait plus que le souffle de se respiration. Aucun signe permettait de savoir à présent si en l’approchant le petit animal allait sortir ses griffes ou fondre en larmes. Peut-être même pleurait-il déjà. Pour ça, il aurait fallu voir ses yeux, mais l’informaticien s’obstinait à baisser la tête et la laisser prisonnière de ses mains plutôt que de la libérer. Peut-être l’appât de l’avide chasseur pour attirer sa proie.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Dim 8 Mai - 20:09

Quoi, une illumination ? C'était ça la solution de Shane ? Que Silvio reste bien sage, silencieux, en sachant qu'hypothétiquement son amant le trompait ? Qu'il attende tranquillement que, tombée du ciel, l'illumination arrive, la vérité ? Etait-il tombé sur la tête ? Etait-ce bien son Shane ? Il avait de plus en plus de mal à y croire. Que lui était-il arrivé ? La vérité devait être terrible, pour changer ainsi son amant. Le beau Shane, le Shane si doux, si attentionné..
Silvio n'avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit. On le saisissait par les épaules. Et Silvio, quand on le touche avec tant de délicatesse, il a des réflexes de brigadier... Il esquissa un premier geste, comme pour se dégager, mais cessa, en se rappelant que Shane était son amant, donc pas de gestes pareils. Bien vite, il put constater l'erreur qu'il avait faite, en sentant son souffle se couper brutalement, en se sentait soudainement en apnée. Il connaissait cette sensation. Quand les pensées elles-mêmes peinaient à apparaitre. Penser, bouger, c'était impossible. Son esprit semblait s'éloigner de son corps, et les bras qu'il avait tendu pour repousser Shane n'exerçaient pas une pression digne de ce nom. Il ne sentait plus désormais que la terreur face à l'idée de mourir. Non, il ne voulait pas. Pas comme ça. Pas déjà. Quelque chose en lui hurlait de le laisser vivant...
Pour quelques secondes de plus, Silvio serait mort.

Tomber. C'était l'expression que l'on utilisait pour les soldats. Un soldat ne mourrait pas au combat, il tombait au combat. Et là, face à l'adversaire, Silvio était tombé... Sur les genoux. Il haletait, cherchait son souffle, attendait que ses pensées puissent enfin reprendre un cours normal. Ah bah il savait que l'amour était un jeu dangereux, mais jamais il aurait imaginé que c'était à ce point ! Le commandor mit une main sur son front. Brûlant. Lentement, ses yeux s'ouvrirent, et se tournèrent vers cet homme, recroquevillé là-bas. Et son coeur battait plus fort. Il l'aimait, cet homme. Il avait l'air merveilleux. Qui était-ce ? Shane. Ah oui, Shane... L'étranglement avait fichtrement bien calmé Silvio.
La suite... Il ne se souvient plus très bien, c'est flou. Allez savoir comment, il s'est retrouvé aux côtés de Shane, accroupi.

"- Tu as failli me tuer, Jefferson..."


Il avait compris. Ce n'était plus Shane, c'était Jefferson. Et l'homme qui avait couché avec Lovy, c'était peut-être Jefferson aussi. Non, ça ne pouvait être Shane, Shane n'étranglait pas ainsi. Qu'est-ce qui le prenait ? Ses souvenirs étaient-ils assez forts pour que Jefferson et Shane deviennent deux êtres partageant le même corps ? Non... Silvio espèrait que non. Il espérait également que Shane s'en rendrait compte, qu'il interviendrait pour calmer ce maudit Jefferson qui cherchait tant les embrouilles...

"- Je sais bien que tu n'as pas couché avec Karlovy. Mais je ne comprends pas pourquoi dans ce cas Karlovy prétend le contraire, et pourquoi les video vous montrent ensemble..."

Il parlait beaucoup moins fort, il murmurait presque. Sa voix était un souffle avec une bribe de son. Elle semblait sans force. C'est qu'il massait sa gorge en même temps, pas encore totalement remis, pas encore capable de penser avec assez de force pour que la colère revienne...

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Dim 8 Mai - 21:59

    Silvio était si proche cette fois. N’avait-il pas peur du loup ? Non, son Silvio était un soldat. Il avait conscience du danger mais avançait tout de même. Shane avait failli le tuer déjà, en fait, ce ne pouvait pas être pire comme situation, n’est ce pas ? Il avait tué quelqu’un dix ans plus tôt. Il avait tué quelqu’un de ses propres mains, elles s’étaient refermées sur sa gorge et elles avaient serré… Serré encore. Sous ces yeux l’image de cet homme à bout de souffle resta longtemps gravée dans l’esprit de Jefferson. Il avait par la suite oublié. Perdant dix ans, il avait oublié son passé. Il s’était évaporé et ce visage pâle comme la mort avait cessé de hanter ses pensées. Aujourd’hui, il revenait. Depuis qu’il avait retrouvé ce souvenir, combien de cauchemar ne tourmentait. En tuant un homme, cet homme, en voyant son visage blanchir et la lumière quitter ses yeux, Shane s’était créé un psychotraumatisme.

    C’était une expérience de violence hors du commun au cours de laquelle son intégrité psychique a été menacée : il avait commis un meurtre. Qu’avait fait Jefferson une fois qu’il eut tué cet homme ? Il avait fuit… Mais ensuite… Ensuite Nosco ? Non, il manquait un morceau. Pendant l’assassinat, son corps avait réagi : c’est la réaction très courte d’immobilité du système parasympathique avec sidération cognitive, affective et motrice, puis celle de fuite du système sympathique avec tachycardie et hyperventilation. Et puis un comportement de fuite. Survient ensuite la phase de réaction du stress aigu comme de l’agitation, de l’angoisse, des souvenirs intrusifs, absence d’émotions… Ce sont des réactions normales et naturelles après une expérience traumatique.

    Et puis c’était la reviviscence de ce qui s’était passé, l’insomnie aussi. C’était des symptômes dépressifs comme l’impuissance, la perte de repère, la crise de sans de la vie. C’était le choc, c’était le chaos émotionnel. Jamais plus il n’oublierait. Jamais plus il n’aurait cette chance. Et ce visage ne cesserait de hanter sa vie tant qu’il n’aurait pas fait son deuil, tant qu’il n’aurait pas fait face. Il comprenait à présent pourquoi il était interdit de retrouver son passé. Nosco ne serait peuplée que de traumatisés, de dépressifs, d’anxieux, d’insomniaques et de névrosés. Ravissante population que serait là la cité. Après une période, il peut arriver que les réactions prennent la forme de symptômes tels que l’hyperexcitation somatique (agitation, angoisse), syndrome de répétition (souvenirs récurrents intrusifs, cauchemars), la dissociation (détachement) et l’évitement (anxiété situationnelle ou sociale).

    C’était l’état de stress post-traumatique. Finalement, cet état peut devenir chronique et être associé à d’autres problèmes comme l’alcoolisme, la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil… Et Shane ne voulait pas cela. Chaque jour, il se battait contre ce qu’il pourrait devenir. Il se battait et il ne baissait pas les bras. Il s’accrochait à Silvio, son unique bonheur. Et ce soir, il avait eu peur de le perdre. Il avait cru sombrer. Alors, Jefferson était revenu. Recroquevillé contre le mur, il restait comme sans vie. La situation s’était reproduite. C’était la même histoire. Le visage de son Silvio restait dans son esprit. Mais ce n’était plus ces doux yeux verts qui le faisaient rêver. C’était ce regard froid et noir, et c’était le corps de Silvio qui se débat sous ses mains assassines… Mais pourquoi ne s’arrêtait-il pas ? Pourquoi faisait-il subir ça à son Silvio ? L’immobilisme maintenant du système parasympathique, et ensuite le combat du système sympathique. Son souffle était bruyant, son cœur accélérait son rythme. C’était une manifestation psychotique : la désorientation. Il était perdu. Qu’avait-il fait ? Pourquoi ? Comment avait-il pu ?

    Il relava finalement doucement la tête, ses yeux clairs se posèrent dans ceux de Silvio. Le regard de Shane était vide. C’était l’absence d’émotion, une réaction normale après un traumatisme psychique, mais Ô combien déstabilisante pour Silvio. Il n’y avait rien à travers ses pupilles : ni joie, ni peine ; ni rires, ni pleurs ; ni regrets, ni horreur, ni peur. Il n’y avait absolument rien. Il était simplement traumatisé. Il ne fallait pas croire que tuer quelqu’un était un acte basique, que l’on ne ressent rien ensuite et que l’on est capable de rire et d’oublier. La tentative de meurtre était d’autant plus terrassant que la victime sera toujours là pour porter son regard sur vous, ses reproches aussi. Il avait fallu que ce soit Silvio. Il laissa sa tête aller contre la porte, et il laissait ses yeux de promener un peu nulle part. Après la tempête qu’avait été Shane un peu plutôt, tout hurlant et frappant, ce calme soudain sur son visage inexpressif avait de don d’être angoissant. On ne s’improvise pas assassin. Il fallait avoir l’esprit froid et le regard aveugle. Les amateurs, comme Shane, étaient condamnés à voir le fruit de leur méfait les tourmenter et les ronger de l’intérieure, comme une maladie dont il était impossible de se curer.

    Jefferson, on l’avait appelé Jefferson. Jamais à Nosco il n’avait entendu ce nom de vive voix. Dans ses pensées plusieurs fois, écrit au marqueur sur le corps de Silvio, aussi. Mais jamais il n’avait entendu la résonnance de son nom. Et il réagissait à celui-ci, autant qu’il réagissait lorsqu’on l’appelait Shane. C’était lui. Ce fut lui. Et il vivrait avec Jefferson toute sa vie. Et Silvio… Il fallait qu’il l’aime pour être encore à ses côtés à se jour. Lewis avait toujours été ce gamin qui faisait tant de bêtise sous l’œil de son paternel qui le protégeait et qui l’adorait. C’était cela… Il était un enfant. Il était tant qu’il grandisse cet enfant, car il faisait du mal à Silvio. Ses yeux se posèrent sur la gorge de son amant où des marques violacées avaient fait leur apparition. Brusque retour à la réalité. Dans un geste précipité, il baissa à nouveau la tête et se la prit entre ses mains.

    « Elle l’a fait pour me protéger… C’est moi qui lui ai donné mon épée. J’avais de bonnes raison de le faire… Pitié, ne m’oblige pas à te les dires… Crois-moi… Crois-moi… Je t’en supplie… »
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Lun 9 Mai - 1:11

Silvio était un homme. C'était également un brigadier. Mais la psychologie, ça n'était pas son fort. S'il avait souvent du mal à savoir comment se comporter en dehors du travail et des convenances, Shane l'avait aidé à comprendre comment se comporter entre amoureux. Parfois, il leur arrivait de se comprendre au point de n'avoir plus besoin de mots. Silvio attendait le jour où leurs deux âmes seraient liées assez fort pour qu'ils n'aient plus besoin d'être dans la même pièce pour sentir ce que l'autre sent, savoir ce qu'il pense...
Shane était le seul qui réussissait cet exploit, avec Silvio, de le rendre psychologue sans qu'il s'en rendre compte. C'était peut-être pour cela que mon brigadier n'avait pas compris la colère démesurée de Shane (ou parce que son cerveau n'était plus assez oxygéné à ce moment-là). C'était peut-être pour cela qu'il avait compris que Shane n'avait pas été lui-même. Et ce regard qu'il lui avait adressé, ce regard... C'était Shane, à nouveau. Plus Jefferson. Mais un Shane qui savait ce qu'il venait de faire. Egoïstement, Silvio songea que la soirée allait être longue, très longue.

Pour le protéger. Shane lui avait donné l'épée. C'étaient deux informations nouvelles dans l'esprit de Silvio. Inversons-les. Shane lui avait donné l'épée, Karlovy avait voulu le protéger. Mon commandor sentait qu'il tenait une piste, un indice qui menait à la résolution de l'énigme "tromperie". Ainsi Shane avait donné son épée à Karlovy. Visiblement, cela n'avait pas été pour son plus grand plaisir, et Silvio concéda à Shane le droit de garder ses raisons secrètes. Karlovy, elle, avait accepté de protéger Shane. Mais comment ? Et quel rapport avec leurs histoires ? L'esprit embué de mon bonhomme n'arrivait pas à faire le lien.
Il vacillait un peu. Depuis que son amant l'avait étranglé, le sol semblait tanguer. Réfléchir, encore un peu. Alors ils avaient fait l'amour, et Karlovy était partie avec l'épée..? Ca semblait bizarre. Il n'arrivait pas à réfléchir. C'était presque plus dans le but d'avoir quelque chose pour le soutenir que pour soutenir Shane que mon commandor avait enlacé ce dernier. Son souffle revenait peu à peu. Les cameras ? Baste. Il avait déjà sa petite idée.

"- Je te crois, Shane, je te crois... Tu n'as pas à me dire ça... Dis-moi juste pourquoi ces cris..."


Il rapprocha ses lèvres de son oreille. Lui, c'était tout ce qu'il voulait savoir. Que Shane soit rebelle ou non, ça lui était égal, tant qu'il lui restait fidèle.

"- Porte-moi dans la chambre, on dira que c'était un instant de malaise..."

Il parlait de cette étreinte qu'il avait laissé échapper devant les cameras, mais Shane devait le savoir. Ses bras dé-serrèrent leur proie, et Silvio n'eut pas besoin de mimer: son corps tomba tout seul sur le côté. Il n'avait qu'à fermer les yeux, détendre ses muscles, et il faisait un évanoui bien plus qu'acceptable. Une princesse qui attendait que le prince charmant s'occupe d'elle... S'il l'aimait encore. Dire qu'il n'y avait pas si longtemps, la situation avait été inverse et, pour un verre d'alcool dans le sang de Shane, il s'était cru mal-aimé, et Silvio avait dû le porter telle une princesse jusqu'à la chambre. Quel alcool avait-on mis dans le sang de mon commandor ? Aucun. Il n'y avait que les secrets qu'on lui faisait, qui entrainaient des doutes, qui entrainaient la peur. Il ne savait plus si Shane l'aimait ou pas, il n'était même plus en état de douter. Mais il savait que lui, il aimait Shane. Il était voué à la folie s'il le perdait. Il ne voulait pas. Shane l'avait étranglé... Mais Silvio l'aimait encore. Masochiste ? Bah, quel amoureux ne l'est pas un minimum..?

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Lun 9 Mai - 22:07

    Il tenait sa tête entre ses mains, il la serrait si fort pour qu’elle cesse de le tourmenter. Mais il n’y avait vraiment rien à faire. Il revoyait cet homme mort, et puis, le visage de Silvio, et puis ces traces violacées à présent sur le cou de son amant. Il était terrorisé. Il se faisait peur à lui-même. Il était Jefferson. Plus que jamais, il en était persuadé à présent. Lui et son double de passé ne faisaient qu’un. Il avait voulu se dire que ce n’était pas vrai, il y avait toujours ce petit espoir qu’il n’avait pas pu commettre ce meurtre. Non, que jamais il ne pourrait y parvenir.

    Mais, il était Jefferson. Nosco était la suite de sa vie d’autrefois, c’était le temps qui continuait et il était toujours me même. Il était cet inconnu pour lui encore dont il ne connaissait pas vraiment l’histoire, et il n’avait dans ses souvenirs retrouvés aucune scène mettant Jefferson dans une bonne action. Il avait plaqué Mary, il avait subi des misères, certes, des misères d’enfants. Mais jamais il ne s’était vu aider son prochain. Alors, pour Shane, Jefferson n’était qu’un monstre. Et il était ce monstre. Il se haïssait.

    Pourquoi ? Pourquoi l’avait-on enfermé dans Nosco ? Pour que l’horreur de ronge jour après jour et pour qu’il détruise tout ce qu’il avait construit en dix ans d’ignorance ? Il y avait des vérités qu’il ne valait mieux pas entendre. Et celle-ci, il aurait préféré ne jamais la connaitre. Avait-il pour autant envie de laisser Jefferson derrière lui ? Non, il n’avait même jamais eu autant envie de le connaître. Et par pitié qu’on lui montre qu’il avait été aussi un bon samaritain ! Et s’il voyait encore d’autres choses affreuses ? Qu’importe ! Il était déjà un monstre, il ne pouvait pas faire pire.

    Ces bras qui l’enlacent. Et Shane se sentait frissonner de tout son corps. Les bras de Silvio avaient toujours eu ce magnifique effet sur lui. Il se sentait envahir d’espoir et de rêves. Et puis soudainement de craintes. L’image des marques violacées étaient revenues à son esprit et il aurait voulu hurler, mais ça ne venait pas. Il s’était glacé aux paroles de Silvio, immobile et statique. Il était pétrifié. Il était terrorisé. Il se faisait peur à lui-même. Il ne savait quoi faire. Il n’osait plus poser ses mains sur lui. Il y avait alors répondu :

    « Il fallait une raison pour pouvoir aller parler en privé dans la chambre… Une raison suffisamment convaincante pour qu’une Guildienne surveillée puisse venir me parler à l’abri de l’écoute et des regards… C’était un montage… Juste pour faire croire… Juste une mascarade… Pour que j’aie une bonne raison d’avoir réduit ma vigilance… »

    Dans les bras de Silvio, il aurait tout avoué, même le pire crime. Son Silvio l’avait dispensé des raisons qui l’avaient poussé à prêter une épée à Karlovy. Sans cette dispense, alors il serait aussi passé aux aveux. Parce qu’il était incapable de lui mentir. Il ne savait que taire la vérité. Il avait entendu ses paroles dans le creux de son oreille. Les caméras… Il les avait presque oubliées. Il s’affola en voyant Silvio s’écrouler à terre. Il le saisit contre lui, le prit dans ses bras et le porta jusqu’à son lit.

    Shane Lewis, informaticien certes peu frêle mais informaticien tout de même, qui portait le tas de muscles de Silvio… Ce n’était pas le prince qui portait la princesse, mais la princesse qui portait le prince ! Bref, nous cacherons cette scène choquante aux enfants. Il l’avait déposé sur le lit, s’en fut dans la salle à manger, saisit son ordinateur et revint dans la chambre, fermant sagement la porte derrière lui. Il s’était assis sur le pied du lit. Il était un enfant qui venait de faire une bêtise et qui enterait son méfait. Il envoyait un virus à la transmission des vidéos. A l’Intendo, on ne récupérerait qu’une vidéo comme rongée par les mites, floues, tremblantes et parfois absolument infecte. Personne ne verrait qu’il avait failli tuer Silvio.

    Il tremblait comme une feuille, terrorisé par la répression possible. Une tentative de meurtre contre le commandor de l’anti-terroriste. Ca pouvait coûter cher ça. Sa peau même, son corps tout entier, sa vie peut-être. Ou on le mettrait en cage. Mon Dieu, on allait l’enfermer. Personne ne devait savoir, personne. Personne… Il ferma son ordinateur et son regard se posa sur Silvio. C’était des yeux remplis d’effroi et d’épouvante. Son cauchemar ne se terminerait-il donc jamais ? Shane était trop faible pour ne pas être hanté par son crime. Il était trop faible pour garder la tête haute. Il tremblait de frayeur et ça devenait de véritables spasmes et de véritables sursauts.

    Ses yeux se posèrent à nouveau sur les traces violacées au cou de Silvio. Il bondit hors du lit et se recroquevilla à nouveau, sur le dos, le dos contre le lit. Il était ébranlé, son bateau coulait. Il vibrait et l’eau entrait. Il tressaillait et il fut submergé. Il s’agitait et il sombra. Son regard était perdu dans le vide. Qui était-il ? Comment avait-il pu faire du mal à son Silvio ? Et Silvio… Silvio qui s’était laissé tuer. N’avait-il pas plus de force que Shane ? Pourquoi s’était-il laissé faire ? Pourquoi n’avait-il pas réagi ?

    Quelques temps de plus et ses mains auraient connu le deuxième crime de son existence. Elles étaient avides ses mains. Elles étaient mesquines. Elles étaient douces, elles étaient la patte de velours. Elles étaient meurtrières. Elles étaient sales… Sales… Il les détestait. Il les haïssait à nouveau comme jamais. Et il se tenait éloigné de Silvio. Il était un danger pour Silvio. Il était son bourreau. Il sentait le sang battre à ses tempes, il aurait cru que sa tête allait exploser. Son souffle était agité et il était sur le point d’hurler. Quelque chose en lui restait bloqué, là, dans son torse, ça ne voulait pas sortir.

    Et il l’aimait pourtant son Silvio. Il n’aurait jamais cru pouvoir l’aimer autant. Au point de vouloir le tuer ? Par Joshi, il était monstrueux. Il avait refusé que Silvio ne le croie pas et il avait été prêt à lui faire du mal pour le faire revenir à la vérité ? Non, c’était bien plus que ça. Le mensonge aurait conduit à la rupture et il avait eu peur de le perdre. Mais ne l’aurait-il pas perdu en le tuant ? Son comportement déraisonné était presque incompréhensible. Il ne se reconnaissait même plus et se terrorisait lui-même. Il ne parvenait même pas à pleurer.

    Il tâcha de se calmer, de respirer doucement. Il voulait les bras de Silvio, il voulait sa tendresse, il voulait ses mains, qui elles, ne lui faisaient aucun mal, contrairement à celle de Shane. Les apparences trompent parfois. L’assassin n’est pas forcément celui qui ressemble au voyou. Il se cachait parfois derrière la plus innocente des brebis. Shane se hissa sur le lit, il regarda Silvio, presque calmé. Et puis ses yeux se posèrent à nouveau sur ses marques, sa respiration s’accéléra subitement et il hurla :

    « POURQUOI TU NE ME FRAPPE PAS ? Pour quoi je ne vois pas de la haine dans tes yeux... ? J’ai failli te tuer… FRAPPE-MOI ! TUE-MOI ! »

    Il avait saisi d’une poigne forte les vêtements sur le torse de Silvio pour l’énerver, pour le pousser à bout. Il était un mauvais amant. Vraiment mauvais. Et il hurla de plus bel :

    « FRAPPE-MOI ! FRAPPE-MOI ! »

    Qu’on le bâillonne où les voisins allaient finir par entendre s’il montait encore dans les décibels.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Mar 10 Mai - 1:57

C'était ce qu'il voulait entendre.
Bon sang, que ç'avait été dur d'obtenir ces quelques mots ! Pourquoi avait-il fallu que ce soit ainsi ? Pourquoi tant de difficultés pour quelque chose de si simple ? C'était pour les mettre au défi ? Tester leur assurance, leurs réactions ? En même temps, quelque chose d'aussi simple que l'amour devenait compliqué, pour eux. Alors Silvio, depuis le temps, il avait pris l'habitude de ne pas attendre qu'on lui serve tout sur un plateau. A vrai dire, il avait tellement l'habitude qu'il partait toujours du principe qu'il faudrait se batte, lorsqu'il commençait quelque chose, désormais...

Ce n'était pas si désagréable de se laisser porter par Shane. Il fallait l'admettre, jouer les princes aux bois dormants avait quelque chose de plaisant. Se laisser faire, et juste voir si l'amour donnait des bras à Shane (il avait déjà les ailes, alors à quoi bon ?). Ca allait un peu mieux, pour Silvio. Shane ne l'avait pas trompé. L'excuse pouvait paraitre bidon à certains, mais mon commandor le croyait. Il n'existait aucune preuve à cela, et aucune preuve du contraire. Il n'y avait que la confiance de Silvio pour soutenir ou non cette hypothèse. Et Anthelmios faisait confiance à Shane, car il était l'homme qui subissait l'impulsivité de Jefferson et les manigances de Karlovy. Il ne mentait pas. Shane était incapable de mentir, et son amant le savait.
Non, il ne l'avait pas trompé, et il l'aimait. Le soulagement en Silvio n'était pas des moindre, et déjà il respirait mieux. Posé sur le lit, il ne bougea pas, cependant. Son cou lui faisait encore un peu mal, il était tout chose, mais ça allait mieux, en partie. Il allait devoir s'occuper de son amant... Et ça n'allait pas être une mince affaire, visiblement. Un soupir. Lui qui était si bien, là, allongé et à nouveau confiant, il allait devoir bouger ! Ah, il fallait qu'il l'aime !

Silvio se redressa et observa Shane s'occuper des cameras, sagement, silencieusement, comme un enfant qui observe un maître d'école faire un calcul, autrement dit: en ne comprenant rien, mais en admirant. Il voulut appuyer sa tête contre son épaule, mais, au même moment, leurs regards se croisèrent. Ce que mon écolier découvrit dans les yeux de Shane lui arracha un frisson. Que fallait-il éprouver pour avoir ce regard-là...! Presque aussitôt, Shane était à terre, à nouveau, recroquevillé. Une nouvelle terreur frappa Silvio: et si c'était irréversible ? Et si son amant ne se remettait jamais de ce qu'il venait de faire ? Il avait failli de tuer et, entre les deux, il était celui qui s'en voulait le plus. Il avait failli tuer son amant, tout comme il avait tué dans ton ancienne vie. Mais Shane n'était pas un tueur, il ne pouvait pas donner la mort sans se tuer lui-même. Silvio, lui, était un bon tueur, et son travail était d'exterminer proprement des rebelles. Il comprenait la réaction de Shane, cependant. Il comprenait, comme si à travers ce regard, Shane avait expédié une partie de ses émotions dans le coeur de son homme.

Agenouillé à ses côtés, ce dernier chercha à poser sa main sur la sienne, pour attirer son attention, en douceur, et lui parler, en bon pédagogue. Mais Shane en avait décidé autrement. C'était fois, avant d'être trop secoué, Silvio se détacha de Shane, le reposa, retira ses mains de son col. Et voilà qu'il criait... Rah, ça donnait mal à la tête ! Mon commandor secoua la sienne.

"- Tais-toi, bon sang ! Tais-toi !" implora-t-il, dans un cri. Le premier avait été fort, mais pas autant que celui de Shane, c'était juste pour attirer son attention. Le second était le véritable ordre, dit dans le silence, avec ce qu'il restait de voix à mon commandor."Ce n'est pas toi qui a failli me tuer, c'est Jefferson. Je n'ai pas de raisons de te frapper. Sauf si vraiment ça peut te faire plaisir, mais après, c'est un peu détourné du sens premier de l'action.."
Il se massa les tempes. S'installa sur le lit, l'autre. Retira ses chaussures, calmement. Epuisé, juste épuisé par la mort qu'il venait de frôler. Et il n'en voulait pas à Shane.

"- On ne force pas les sentiments, Shane... Essaye juste de tenir un peu mieux Jefferson en laisse."
Alors y avait-il, pour Silvio, dans tous les noscoiens, une sorte de Mister Hyde qui serait l'être qu'ils avaient été avant ? C'était la première explication qui lui était venue, il n'avait pas pris le temps d'approfondir, et ne le ferait sans doute pas ce soir. Il re-leva le nez vers Shane, et son regard avait quelque chose de désespérément tendre. C'était son Shane, son amant qui n'allait pas bien. Ses souliers retirés, ses chaussettes envoyées par là-bas, il retira son manteau. Il avait chaud, très chaud, comme si le sang qu'il sentait battre dans ses tempes, c'était du magma.

"- J'ignore pourquoi il a agi ainsi... Mais tu peux être sûr qu'avec ça, je ne te demanderai pas de me révéler tes secrets !" Un sourire qui se voulait un peu rassurant. Non, Anthelmios, ce soir, n'était plus enclin à frapper Shane. Plus tôt, il en avait eu envie. Plus maintenant. Sa main se tendit vers Shane: "Tu viens...?"

[HJ: je me suis pas relu.... pour ma défense, il est tard ! ahlala, tu sais qu'il faut que je t'....!]

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Mar 10 Mai - 14:30

    Il avait les mains agrippées à ses vêtements et remuait ses mains pour le faire réagir à sa requête. Il hurlait plus fort encore pour se faire entendre. Mais pourquoi ne voyait-il plus ce regard froid qu’il avait croisé en rentrant dans son appartement. Un peu plus tôt, Silvio lui en avait voulu pour un fait qu’il n’avait pas commis, et maintenant qu’il avait fait quelque chose de véritablement mal, Silvio ne lui en voulait pas. Rien dans ses yeux ne témoignait d’une quelconque froideur. Shane était déstabilisé. La situation le dépassait complètement, et il ne pouvait plus que compter sur ses mains tremblantes sur les vêtements de Silvio pour espérer que la situation se rétablisse et qu’enfin le blond face à lui, lui en veuille. Il hurlait, il lui réclamait des coups pour le punir de son acte, il voulait de la haine dans ses yeux pour l’assommer d’un coup de grâce. Mais rien ne venait. Silvio s’obstinait à ne pas lui en vouloir.

    Et qu’en était-il à présent de la fameuse tromperie avec Karlovy. Lui en voulait-il encore ? Avait-il compris la vérité qu’il s’était donné tant de mal à cacher aux yeux de tous, surtout aux yeux de ce qui enquêtent et qui l’auraient pris pour un traître (ce qu’il était d’ailleurs puisqu’il avait illégalement donné une arme à une personne surveillée par le pouvoir en place) et pourtant il n’en était pas un. Il était loin d’être un rebelle et il avait même toujours œuvré dans le bon sens depuis son arrivée dans la ville. Shane avait tellement hurlé que tout ce que Silvio avait pu lui dire était entré par une oreille et était ressortie de l’autre. Il se sentait démuni, et il tâchait de se souvenir. Silvio le croyait et c’était déjà un bon début.

    Cette fois-ci, le commandor avait bien décidé de ne pas se laisser faire. Il s’était rapidement dégagé de l’emprise de Shane, avait réclamé le silence, et puis une seconde fois, un ordre plus froid, plus claquant. Et Lewis s’était figé, brusquement silencieux. Il fixait Silvio et il était complètement terrorisé. Non pas par le blond lui-même, mais par son propre fait un peu plutôt, Lewis était toujours en état de choc. Il avait les yeux grands ouverts et cette fois-ci, il buvait avec grand soin ses paroles. Ce n’était pas lui, mais Jefferson. Sa voix grave était brisée lorsqu’il lui répondit :

    « Jefferson… C’est moi… C’est moi, Silvio. C’est de moi que j’ai peur. »

    Il le fixait avec des yeux exorbités. Tout son corps tremblait, il était secoué. Ce n’était pas de simples frissons, c’étaient de véritables sursauts bel et bien visible à l’œil nu. Il ne parvenait pas à calmer cet état d’excitation. Il était ébranlé et son corps s’agitait nerveusement. Il se sentait si mal. Silvio lui avait tendu une main, mais il était bien incapable de la lui saisir. Et s’il faisait mal à nouveau à Silvio. Il se sentait tellement incontrôlable. Il craignait ses propres actions. Et s’il l’étouffait pendant la nuit ? Et s’il sortait un couteau pour le poignarder perdant son sommeil ? Et s’il lui faisait du mal ? Et s’il le tuait ? Et s’il se réveillait demain matin dans une flaque sang, celui de son amant à qui il aurait mis fin à ses jours ?

    Il fixa les marques sur le cou de Silvio et fut pris par cette vision d’effroi. Dans son esprit revenait le visage de l’homme qu’il avait tué et son Silvio qui manquait d’air par sa faute. Il aurait voulu crier, et il aurait voulu hurler, mais Silvio lui avait ordonné de se taire. Il réprimait donc cela tout au fond de lui. Il étouffait sa souffrance et sa crainte, car il ne fallait pas que cela sorte. Shane secoua frénétiquement sa tête de gauche à droite en signe de négation. Non, il ne voulait pas venir. Il ne voulait pas venir parce qu’il ne voulait pas tuer Silvio. Ses yeux exorbités fixaient toujours le cou de son Silvio portant les traces de son méfait. Il avait honte de lui et il se haïssait. Pire, il se craignait.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Mar 10 Mai - 20:10

"- Non, tu te trompes..."

Triste vérité: Shane pouvait se tromper. Il pouvait faire des erreurs, il pouvait même tuer. Son corps en tout cas le pouvait. Mais Silvio refusait de croire que son esprit était celui d'un assassin. Pourquoi ? Je ne saurais dire. C'était peut-être son état de choc à lui, le refus direct d'accepter ce qu'il s'était pourtant passé. Et cet étrange état qu'on ne lui connaissait que peu: le calme. Un calme qui paraissait artificiel, maladif. C'était un mauvais calme, le calme de sa faiblesse. Il ne se sentait même pas honteux, en se sachant faible. Il n'y pensait pas. Son esprit était également calme, quand habituellement il était agité d'un mouvement perpétuel. Le calme de son esprit, ce n'était pas bon non plus. Il n'était pas apaisé. C'était comme un raz-de-marée: le recul avant la vague. Ses pensées, elles semblaient loin, elles avaient du mal à se former.

Shane et Jefferson étaient deux êtres différents. Pas d'argumentation. Silvio était juste certain que c'était vrai, la seule vérité possible. C'était pire qu'une conviction. Le doigt de Joshi l'aurait touché, il n'aurait pas été plus convaincu. Pourtant, Shane était quand même apte à savoir ce qu'il en était réellement, non ? Shane était le mieux placé pour savoir ce qu'il se passait dans sa tête, non ? Eh bien Silvio, il ne le croyait pas. Il se croyait soudainement devenu très fin psychologue, ou porteur d'une parole divine.

"- Jefferson, c'est ton passé, c'est celui que tu étais, mais il devient de plus en plus imposant avec les souvenirs... Toi, tu es Shane, tu es l'être neuf qui s'est réveillé en Nosco."

D'où sortait-il tout ça ? Je ne sais pas. Il parlait plus lentement que d'ordinaire, plus bas. Avait-on vraiment altéré ses cordes vocales ? Un voile semblait avoir été jeté devant son regard. Voyait-il encore Shane ? Pas vraiment. Il savait que Shane était devant lui, il savait où... Mais il n'avait pas l'impression de voir. Juste de savoir. Savoir qu'il tremblait. Mais jamais il ne se souviendrait de cette image. Shane allait mal. Shane ne le croyait pas. Pourquoi ? Il avait raison, pourtant. Fallait pas le contredire, alors...
Silvio s'avança, en titubant un peu, jusqu'à être tout près de Shane, mais sans le frôler. Sans le regarder. Il avait fermé les yeux. Ca ne servait plus à rien de les avoir ouverts. Dans un soupir, il lâcha:

"- Là, tu vois, tu ne m'as pas étranglé. Tu vois que tu n'as pas à avoir peur. Tu n'es pas un assassin. C'est Jefferson..."

Il ne savait pourquoi, mais il se sentait incapable de le frôler, maintenant. Il y avait tout de même un effort à faire, une barrière à franchir. Et Silvio avait l'impression que c'était au-delà de ses forces. Il ne bougeait plus. Etrange... Etait-ce de la peur qu'il ressentait ? Son corps avait peur. Pas lui. a croire qu'il n'avait pas été étranglé...
Mais c'était le cas. Quand son étrange apathie serait partie, il allait pouvoir en profiter au maximum...

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Mar 10 Mai - 21:51

    Son esprit s’agitait de mille et une pensées parfois contraire et il se trouvait emporté dans un flot de questions et de suppositions qui l’effrayaient. Il ne savait pas comment répondre, il ne voulait pas se mentir, et il ne voulait avoir que des réponses et non pas des vides. Alors, il repoussa tout ça de côté lorsque Silvio lui parla. Il dissociait Jefferson et lui. Mon brigadier fronçait les sourcils, tout tremblant encore. Comment Jefferson pouvait-il être dans son corps ? Bon sang, Silvio était affreusement calme. Il y avait encore tant de choses qui n’entrechoquaient dans sa tête :

    « Je deviens fou, c’est ça… ? »

    Fit-il d’une voix faible, un murmure sans doute. Il avait deux personnalités dans son corps et ça le terrorisait. Quand était-il Shane et quand était-il Jefferson ? Il frémissait à cette idée de ne plus savoir qui il était, ne pas être capable d’apprivoiser Jefferson et de maîtriser son retour. Les choses partaient mal. A mesure que Shane connaîtrait Jefferson, il deviendrait celui qu’il avait été avant Nosco. Ses expériences, vécues avant Nosco, influenceront son jugement et ses actes. Il craignait de s’aliéner, de devenir quelqu’un d’autre. Et cet autre, c’était un assassin, et il avait failli tuer son amant. En tuant Silvio, Jefferson aurait détruit Shane. Alors, voulait-il prendre sa place ? C’était donc cela ?

    Silvio s’était levé et Shane l’avait face à lui à présent. Il regardait son visage, il regardait ces yeux clos. Il adorait l’être face à lui, il le vénérait même, il était son obligation suprême et le prince de sa monarchie. Il avait le pouvoir divin, enfant des Dieux, enfant des Cieux. Il l’avait face à lui, suffisamment près pour qu’il sente son souffle, mais sans contact physique néanmoins. Shane était tout juste un peu plus grand que Silvio. La présence de son amant le terrorisait. Et s’il se jetait encore sur lui. Mais la manœuvre du commandor était bien pensée. Si Shane refusait de venir vers lui, c’était Silvio qui était venu. Son esprit avait voulu qu’il recule, pour s’éloigner et protéger Silvio, son corps avait tout bonnement refusé.

    « Il va me rendre cinglé… Silvio. »

    Il ? C’était Jefferson. Shane n’était même plus capable de contrôler son corps comme il le voulait, il avait peur que les choses lui échappent, qu’elles dérapent. Le nom de Silvio n’avait été d’un doux écho et les oreilles de l’informaticien auraient donné beaucoup pour entendre encore et encore le son de cette mélodie. Il voulait entendre encore le nom de son maître, il voulait le nom de celui qu’il aimait, celui qui restait à ses côtés malgré les tempêtes et Joshi savait combien elles étaient nombreuses ces derniers temps. Lewis espérait fortement un apaisement. Le couple avait connu trois mois de pur bonheur. Ce dernier mois, pendant l’absence de Tristan avait été une rude épreuve dont Shane attendait la fin. Serait-ce donc aller de mal en pis ?

    « Je t’aime… Je ne te tromperai jamais… Je ne veux pas te faire du mal… Je ne veux pas te détruire. J’ai besoin de toi pour vivre. J’ai besoin de toi pour rêver. Silvio… Tu aimes un dément. »

    Son nez frôla le sien, lentement et mon brigadier avait fermé les yeux, il n’y avait bien plus que son Silvio pour occuper son esprit. Il cherchait à chasser tout le reste. Ses lèvres frôlaient ses lèvres, mais il ne l’embrassait pas. Tremblant, il n’osait avancer, mais son amour pour lui l’y poussait. Il avait envie de ses lèvres, il voulait être son Silvio. Il essayer d’attraper les lèvres de Silvio avec les siennes. Le succès n’était pas au rendez-vous, il n’avait droit qu’à des ébauches de baisers. Mais il n’aurait su dire d’où lui vint cette force lorsqu’il l’embrassa subitement avec un amour qui ne trompait pas, c’était d’une idolâtrie sans limite. C’était le baiser de la folie. C’était doux, c’était tendre, c’était fou. La tête lui tournait mais pour rien au monde il n’aurait cessé de partager son venin avec Silvio.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Mer 11 Mai - 15:29

Shane, fou ? Silvio ne le croyait pas. Jeune, et un peu inexpérimenté, peut-être. Non... Peut-être qu'il avait une sensibilité particulière... Quelque chose que mon blondinet n'avait pas, qui faisait que malgré qu'il ait plus d'expérience en Nosco que son amant, ce dernier avait compris plus vite que lui, pour les souvenirs. Cette sensibilité qui le rendait visiblement plus fragile par rapport à son ancien lui, peut-être... Peut-être. Silvio n'était pas dans sa tête et, quelque part, n'avait pas vraiment envie d'y être. Ca devait être pénible d'être là-dedans. Silvio préférait ne rien sentir et ne pas avoir à se battre contre lui-même... Bon, ok, Silvio se battait déjà contre lui-même, mais beaucoup moins, tout de même ! Enfin, il avait l'impression que cela serait plus pénible...
Rien que le soutenir, c'était difficile, et si Silvio n'avait pas été dans cet étrange état, il aurait sans doute été impuissant. Là, il savait au moins le faire dé-culpabiliser un minimum, en jetant la faute sur Jefferson. Mais ça, il ne l'avait pas fait que pour Shane, non. L'esprit de Silvio avait vite compris que s'il rendait Shane coupable, sa colère romprait sans doute la relation qu'ils entretenaient, puis cela briserait peu à peu la vie du commandor. L'instinct de survie avait donc pris le dessus: il aveuglait Silvio, il le forçait à croire ce qui était rassurant, ce qui le maintenait en vie. Apprendre que Shane l'aimait encore avait retiré quelques risques de complications, une fois que Silvio se rendrait vraiment compte que Shane l'avait étranglé.
Mais ça, une autre partie de lui-même le savait. Une autre partie qui commençait à pouvoir réagir, un tout petit peu. Cette même partie qui l'avait empêché de frôler Shane, ne serait-ce que du bout des doigts. Une part de l'inconscient qui savait très bien ce qu'il allait ressentir, qui savait déjà le traumatisme, et les répercussions que cela allait avoir. La peur que cela recommence, les cauchemars, un cou très sensible, une légère paranoïa... Pour le moment, Silvio ne sentait rien de tout cela. Il subissait juste. L'arrêt brutal de son corps lorsqu'il engageait un geste envers Shane, par exemple...

Alors, lequel des deux serait le plus cinglé ? Ne commençons pas à leur proposer une compétition, ils seraient capables de se prendre au jeu. Mais Silvio avait déjà une petite idée pour aider Shane à aller mieux, en jouant sur l'effet Placebo. Il n'était pas fou, Shane. Silvio pensait même très sérieusement que sa réaction était normale. Mais...
Il sentit ses lèvres frôler les siennes. Il n'avait rien vu venir (normal, avec les yeux clos). Quand els lèvres de Silvio s'apprêtaient à embrasser les siennes à leur tour, celles de Shane s'enfuyaient. Et le jeu dura un moment, jusqu'à ce que Shane prenne la les choses en main. Un baiser... Mais quel baiser ! Lui avait-il déjà fait un autre comme ça ? Impossible. Les craintes en Silvio furent apaisées, même si elles étaient encore dans leur oeuf. Presques timides, les mains de mon commandor vinrent chercher celles de son amant, mêler leurs doigts aux siens. Là, il ne l'étranglait pas. C'était bel et bien Shane. Il ne l'étranglait pas. Il l'embrassait. Il ne le tuait pas. Il l'aimait...
Il l'aimait encore...

Qu'est-ce qui empêchait Silvio de le serrer contre lui ? Il ne savait pas. Il en mourrait d'envie. Lui dire tout ce qu'il ressentait, lui dire qu'il ne voulait pas le perdre, qu'il avait eu si peur, mais qu'il était si heureux... Bon, tant pis ! Il le fit. Il le serra contre lui, de toutes ses forces -et un anti-terroristes, ça manque pas de forces. Ses lèvres se détachèrent de celles de Shane, et sa tête vint s'installer dans le cou de Shane, comme un enfant qui cachait son visage. Comme pour qu'on ne l'entende pas murmurer:

"- Non, Shane. Tu n'es pas dément. Fais-moi confiance, je sais ce qu'on va faire... Fais-moi confiance."

Un soupir lui échappa, alors que ses doigts se crispaient un peu plus sur le dos de Shane. Ce qu'ils allaient faire ? C'était tout ce qu'il lui indiqua. Sans rien préciser. Comme s'ils 'attendait à ce que Shane puisse lire dans ses pensées.

"- Je t'aime, Shane..."

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Mer 11 Mai - 21:05

    Shane avait savouré ses lèvres comme on déguste un met d’une rareté incomparable. Il était heureux et il sentait bien. Il était passé hors du temps. Ce dernier ne jouait plus contre lui et ne ramenait plus ces bribes de son passé. Jefferson était loin, si loin à cet instant. Et c’était Shane et nul autre qui l’embrassait. Silvio lui avait dit que Jefferson était quelqu’un d’autre, que ce n’était pas lui. Il se détachait de son double, quitte à devenir bipolaire. Ca l’effrayait au fond, mais là, ses lèvres contre les siennes, il savait que Jefferson ne viendrait pas, c’était Lewis qui avait pris le pouvoir dans toute sa splendeur, et Silvio lui donnait une force qui lui permettait de tenir Wheeler à distance. Il glissa sa langue entre ses lèvres et il embrassait passionnément son amant. Plus la sensation était forte et plus Jefferson fuyait et se terrait. Jefferson n’aimait pas Silvio, parce que Silvio faisait vivre Shane, et Jefferson voulait tuer Shane. C’était d’une logique implacable et Lewis s’accrochait à ce que Silvio lui avait dit, il s’accrochait à cette bipolarité aveuglément, parce qu’elle était plus simple pour lui, parce qu’elle lui faisait moins de mal, à lui et à Silvio, et parce que c’était son amant qui le lui avait dit, alors il le croyait. Silvio aurait pu lui dire le contraire qu’il en aurait eu foi avec la même ferveur. Qu’importe si c’était faux, c’était Silvio qui le lui avait dit, alors il n’y avait pas d’autre solution possible.

    Ses lèvres s’étaient détachées des siennes, et l’informaticien sentait sur les lèvres humides le froid du manque créé par celles de Silvio qui s’était enfuies. Silvio avait pris ses mains, Shane ne l’avait pas réalisé. Mais maintenant que ce n’était plus que son seul contact avec Silvio, il le sentait bien d’avantage et il se raccrochait à cela. Mon brigadier ne sentait pas sa peau, puisqu’il portait ses gants, mais peu lui importait, il avait son Silvio. Et Jefferson était bien loin. Shane détestait Jefferson. Ils étaient à présent deux ennemis qui se battraient pour avoir le même corps. Quelque part, Jefferson avait commis un meurtre qui l’avait poussé à être rongé par les remords. Shane était à Nosco, tout neuf, et ne voulait pas reproduire les mêmes erreurs que son double d’autrefois. C’était du passé, il avait changé à présent, il n’était plus Jefferson, il ne voulait plus être Jefferson. Silvio l’enlaça avec une force qui ne trompait pas. Cette fois, le cœur de Shane accélérait son rythme pour une tout autre raison. Les bras de Silvio, son étreinte, elle était tout simplement divine, elle était parfaite. Il se sentait aimé, il se sentait protégé, il se sentait plus fort et capable de tout. Il était puissant dans ses bras, il était intouchable, et il était libre surtout, loin de toutes ces cages que l’on cherchait à mettre sur son chemin : il était libre.

    Il ôta ses gants qui tombèrent sur le sol dans deux bruits sourds. Ses mains avaient glissé sur son dos et ses doigts s’infiltrèrent avec une infinie douceur sous le haut de Silvio. Il caressait sa peau, dans le creux de la colonne vertébrale. Il sentait sous ses doigts la chaleur de son corps et la force de ses muscles. C’était Silvio. Non, mieux, c’était son Silvio, c’était l’homme à qui il avait prodigué tant de caresses qu’il aurait sur le reconnaitre par mis des milliers. Les paroles de son amant, dans le creux de son oreille le firent frissonner de plaisir. Il posait son menton sur l’épaule disponible du commandor et il regardait dans le vide droit devant lui. Il avait les yeux grands ouverts, comme les dernières traces de son traumatisme. Alors il lui répondit, d’une voix grave et absente les mots d’un être hypnotisé :

    « J’ai confiance en toi, Silvio… »

    Le plus lâche des assassins, c'est celui qui a des remords.
    Jean-Paul Sartre, Les mouches

    Les yeux grands ouverts, des images lui venaient en mémoire. Cet homme toujours le même à la peau blafarde pris par la mort. Et puis ces tâches sur le cou de Silvio. Il était frappé d’effroi et l’horreur se lisait dans ses yeux. Ses mains se resserrèrent sur Silvio pour se blottir d’avantage contre lui. Il fixait ce vide avec la même vision d’horreur, se respiration ne parvenait pas à trouver un rythme décent. Il était un lâche Shane. Il aurait voulu que cette soirée ne prenne pas ce terrifiant virage.

    « J’ai confiance en toi, Silvio… »

    Il le serrait tout contre lui, et il tremblait. Il fermait brusquement les yeux, serra fortement ses paupières bien closes et il s’accrochait à Silvio comme on s’accroche à sa dernière chance. Et il répétait ses mêmes mots, encore et toujours les mêmes paroles :

    « J’ai confiance en toi, Silvio… »
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Mer 11 Mai - 22:23

Ils étaient bien comme ça, non ? Ces étreintes... Comment avait-il pu vivre sans ? Comment avait-il pu se passer de ces instants là ? Cette étrange magie qui le rendait tout calme, tout apaisé. Il n'y avait plus d'ennemis, plus de devoirs, même plus de rebelles. Que lui, et Shane. Jefferson ? Qu'il aille se faire voir, Silvio ne voulait pas de lui, et sentait bien que c'était réciproque. Mais il n'était plus là, Jefferson, et cet épisode ne se reproduirait plus. Shane avait dû avoir assez peur pour n'avoir plus envie de recommencer... Et cette idée du Jefferson différent de Shane c'était du pur génie. Avec un peu de chance (j'allais écrire "shance"...), Silvio pourrait faire croire à son amant que cela arrivait à tout le monde, et qu'il existait un remède très simple pour contrer cela. Il lui concocterait quelque chose, et vive l'effet placebo ! Enfin, il espèrait qu'il n'aurait pas à arriver là... Et imaginez: en plus de devoir en arriver là, ça ne marcher pas. Que devrait-il faire alors pour écarter Jefferson ? Et si... Jefferson et Shane, étaient bien le même être ?
L'idée effleura un instant l'esprit du commandor, mais il ne s'y arrêta pas. Il jeta l'idée au loin, comme on balance, de rage, un objet contre un mur, en sifflant des injures. Foutaises ! Jefferson et Shane ne pouvaient qu'être différents. S'ils étaient les mêmes, cela voulait dire que Shane aurait volontairement voulu l'étrangler. Et c'était faux. Il n'y avait qu'à voir la réaction qu'avait Shane, désormais, en songeant à ce qu'il avait fait, et failli faire. Il fallait forcement que quelqu'un d'autre l'ait contrôlé. Silvio commençait déjà à nier, à se forcer à ne pas penser. Mais combien de temps tiendrait-il sans penser à cela ? N'allait-il pas un jour braver l'interdit et réfléchir sérieusement à toutes les possibilités ? Que découvrirait-il à ce moment-là ? Est-ce qu'il pourrait encore faire confiance à Shane ? Irait-il voir Kim pour obtenir de l'aide ?
Non, il n'irait pas voir Kim. Le souffle de Silvio répandait une chaleur légèrement humide sur la peau de Shane. Il n'irait pas voir Kim. Shane était en parfait état. Un peu stressé, peut-être, mais ça allait passer. Pas besoin du docteur. Il sentait les mains de Shane sur son corps... Et lui, ça lui faisait du bien. Il n'avait pas ses gants, et ses mains étaient incroyablement douces. Un vrai bonheur. Puis, il ne l'avouerait jamais, mais il aimait avoir l'impression de lui appartenir, parfois... D'autres jours, il avait juste envie de prouver au monde entier que Shane était à lui, qu'il lui appartenait. Ses bras autour du corps de l'informaticien se re-serrèrent un peu, pour mieux le sentir contre lui. Mais... Son souffle , ce n'était plus le même, non ? La poitrine qu'il sentait se soulever puis s'affaisser contre la sienne allait plus vite, non ? Il avait encore peur ? Pourquoi lui disait-il qu'il lui faisait confiance, alors ? Pourquoi lui mentir ?
Les questions se bousculaient dans la tête de Silvio, et lui-même devenait anxieux: Shane lui mentait ? Il ne ferait pas ça, tout de même ? Peut-être qu'il se battait à nouveau contre lui-même: ses envies contre ce dont il était capable. Il allait falloir l'aider, alors. Le commandor détacha légèrement son torse de celui de son homme. Il voulait voir son visage. Pleurait-il ? Non,il ne pleurait pas. Il était fort, son Shane. Silvio voulait voir ce visage... Par Joshi, quel Dieu avait pu créer un visage aussi beau ? Les humains n'étaient peut-être que de bêtes animaux, fruits de la reproduction de leurs parents, mais Shane était différent. Aux yeux de Silvio, il était inadmissible que Shane ait eu des parents. C'était un Dieu qui l'avait déposé sur terre. Et Shane, il allait faire quelque chose... A l'image des Dieux. Très grands.
Il caressa ce beau visage, cette peau incroyablement douce, son regard captivé par cette image. ses gestes devenaient presque naturellement plus doux, envers Shane. Mais sa main tremblait un peu. C'était l'émotion. La peur qu'il avait eu sans vraiment l'avoir. Cette peur qu'il avait encore, naturellement, parce que son homme n'allait pas bien. Oui, Silvio avait peur. Qui n'aurait pas eu peur, à sa place ? Mettez un ange entre les mains du plus courageux des hommes: ne va-t-il pas avoir peur ? Peur de le briser ? Peur qu'il lui arrive quelque chose ?

"- Tu as faim ?"

Lui, non. Son corps avait peut-être besoin d'énergie, mais l'appétit n'était pas là. Il était ailleurs. Aujourd'hui, il avait plus faim de confiance que de nourriture. La confiance, il l'avait retrouvée, il fallait juste la consolider à nouveau. Mais celle de Shane envers Shane ne semblait pas présente. Il ne pouvait se mettre dans la tête de son amant et livrer ce combat à sa place... Juste le soutenir du mieux qu'il pouvait. Et s'il avait faim, lui faire à manger. Et s'il n'avait pas faim, le garder contre lui, pour le reste de la soirée, pour qu'il sache qu'il y a quelqu'un ici, pour lui, qui a besoin de lui, quelqu'un qui... Qui...
Bah, quelqu'un qui l'aime, quoi.

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Jeu 12 Mai - 22:16

    Silvio s’était doucement détaché de lui. Shane était resté figé. Il se laissait faire. Et il lui obéissait comme s’il était porteur de la sainte parole. Il était son guide et sa lumière. Aussi n’avait-il pas réagi lorsque Silvio s’était un peu écarté pour regarder son visage. Shane avait des gros yeux, avec la même image de terreur qui s’y lisait. Il regardait dans le vide, droit devant lui. Et droit devant lui à présent c’était les deux perles vertes des yeux de son amant. Les mains de Shane ne pouvaient plus caresser la peau de son dos, alors, elles étaient revenues sur son ventre. Sous le vêtement, elles effleuraient les courbes de ses abdominaux. Son ventre était chaud, tout son corps était chaud. Mon brigadier savourait cette fièvre brûlante qui emplissait son amant. Il était magnifique son Silvio. Il l’aimait tellement.

    « J’ai confiance en toi, Silvio. »

    Répéta-t-il encore dans un souffle brisé, comme s’il s’agissait de ce à quoi il devait se raccrocher. C’était sa voix, mais on sentait bien que Shane était absent. Ce n’était pas pour autant qu’ils étaient faux. On aurait pu l’enfermer dans une cage pendant trois jours, sans eau ni nourriture et le plonger donc dans un état d’absence présence, que son inconscient lui feraient toujours murmurer les mêmes mots inlassablement. Silvio… Il aurait répété ce son jusqu’à ce que Silvio vienne, jusqu’à ce que Silvio le sorte de là. Parce qu’il le protégeait son Silvio. Il le protégeait et il ne laisserait jamais personne lui faire du mal. Il serait venu. C’était certain, c’était une évidence.

    Il avait senti cette main sur son visage et il avait fermé les yeux pour mieux sentir son contact. Ses doigts glissaient sur sa peau, il sentait leur douceur. C’était une douceur, celle de Silvio, que nul autre que Shane n’avait connu. C’était un cadeau rare et précieux et Shane avait toujours su l’apprécier à sa juste valeur. Il sentait quelques tremblements dans ses gestes. C’était l’émotion et l’informaticien la ressentait à travers ces caresses. Il frissonnait de plaisir, les poils se dressaient dans sa nuque, il en avait la chair de poule, il ne voulait pas que cela s’arrête, c’était tellement merveilleux. Pour la première fois dans la soirée, il se sentait apaisé.

    « Non… Je n’ai plus faim… Continue… Ne t’arrête pas… Je t’en prie… »

    Une supplique. Il ne voulait pas que le rêve se brise. Il voulait le vivre, encore et encore. Peut-être qu’en rentrant ce soir, il avait eu faim. Mais leur dispute et ses actes lui avaient serré la gorge à tel point qu’il était certain de ne plus rien pouvoir avaler. Peu importait, il aurait peut-être plus d’appétit le lendemain. Peut-être qu’il se sentirait mieux, peut-être que Jefferson cesserait de le hanter. Son ventre se tordait en pensant encore à cet homme qu’il fut jadis et qu’il ne voulait plus être à présent. S’il avait eu suffisamment de remords, c’est que Jefferson n’avait jamais été quelqu’un de vie. On recherchait le sens de sa vie, mais Jefferson avait du n’en trouver aucun. Il était Shane à présent, il avait eu le droit à une seconde chance. Il était hors de questions que les fantômes de son passé viennent le hanter à nouveau. Il avait déjà suffisamment de chats à fouetter.

    Il ouvrait à nouveau les yeux et montrait encore cette forme d’apathie. Il refusait la souffrance, alors il ne ressentait plus rien. Il bannissait Jefferson au loin, mais c’était une partie de lui-même qu’il avait abandonnée. Il se sentait incomplet et tellement perdu. Il aurait voulu que ça ne se voie pas dans ses yeux. Alors il faisait fuir tous ses sentiments, et il n’y avait plus rien. Ni crainte ni haine. Il était libre et il n’avait même plus rien. Il sentait la main de Silvio sur son visage. Lui-même tendit une main et passa ses doigts dans les cheveux de son amant. Ses doigts attrapèrent une mèche blonde et il distrayait son esprit avec elle pour ne penser à rien d’autres. Mais ses yeux cherchaient à le détruire, et ils se posaient à nouveau sur les marques violacées qui ornaient à présent de cou de son cher et tendre :

    « Quatre… »

    Quatre marques : des deux pouces sur l’avant du cou et le reste de ses mains et de ses index, de chaque côté ; Il aurait voulu pleurer, mais les larmes ne voulaient pas venir. Il était un homme, il était fort, il devait garder la tête droite et ne pas céder. Pire encore, il était un soldat. Il n’avait pas le droit d’être faible. Mais c’était se mentir à lui-même. Silvio savait bien la faiblesse de mon brigadier. Et soudain, il se trouvait démuni. Il n’était qu’un chétif avorton. Il aurait mieux valu sûrement qu’il ne voit pas la lumière, pire encore, qu’il ne voit pas la lumière une seconde fois. Ruth et Wyatt Wheeler avaient mis au monde un être monstrueux : un assassin. On avait étouffé Jefferson Wheeler et on avait créé Shane. Mais il suivait le même chemin que son prédécesseur. Il se sentait veule.

    « Quatre mois… »

    Il y avait quatre mois, il lui volait un baiser interdit sous la douche. Aujourd’hui, il avait failli lui voler sa vie. Il reposa ses yeux droit dans les yeux et un sourire triste naquit au coin de ses lèvres. Il était l’homme le plus heureux à partager les jours de Silvio. Il était ravi d’être son compagnon de voyage, quatre mois de marche à se côtés, la main dans la sienne. Et puis, ce dernier mois, cette si longue traversée du désert. Les conditions n’étaient pas les meilleurs et Shane attendait des jours plus doux, comme ceux qu’il avait connus autrefois. C’était de la triste nostalgique. Autrefois, il ne lui avait pas fait autant de mal qu’aujourd’hui. Quel genre de monstre était-il devenu pour faire ainsi la vie de Silvio un enfer ? Il ne méritait pas cela pourtant. Non, il méritait mieux. Il passa ses bras autour de son cou et lui offrir ses lèvres avec une ivresse folle.

    Et il se laissa tomber, sans chercher à se retenir, à genoux devant son Silvio. Il ne fallait y voir là rien de pervers, les yeux de Shane ne regardaient pas goulument l’entrejambe de son amant. Il avait au contraire levé son regard vers son amant et on y voyait là toute l’idolâtrie qu’il avait à son égard. C’était de l’admiration et de l’adoration. C’était de l’affection amoureuse dans toute sa splendeur. C’était de l’attachement plongé en plein délire, un engouement fiévreux rempli d’exaltation. C’était encore bien plus que tout cela. C’était bien plus fort encore et bien plus puissant, c’était du fanatisme. Shane avait les mains de Silvio dans les siennes et il colla son front brûlant contre elle. Il voulait garder les mains de son amant sur son visage. Il posa finalement son fessier sur ses talons et même en se grandissant, Silvio ne pouvait plus toucher son visage. Mais Shane ne lâchait pas ses mains, il les tenait encore dans les yeux, et son visage, les yeux clos, était orienté vers son unique maître.

    « J’ai confiance en toi, Silvio… »

    Répétait-il encore, sans savoir quoi dire de plus. Il tenait les mains de Silvio. A genoux ainsi, il aurait pu être l’esclave de Silvio si ça avait été son amant qui lui tenait les poignets fermement dans sa poigne, comme les menottes de la servitude. Mais c’était Shane qui gardait ses mains et s’accrochait à lui, juste au dessus de sa propre tête. Au final, il avait l’air d’un suppliant qui priait une divinité.

    « Je t’aime Silvio… Je t’aime à en devenir fou. Je te l’assure. Je n’ai jamais connu de tel amour. Ne crois pas que je sois aveuglé par mes sentiments. Je ne le suis pas. Je sais qu’on considère toujours l’amour en cours comme le plus magnifique de toute sa vie, et je suis loin d’être original si je te dis ressentir avec toi ce que je n’ai jamais ressenti avec n’importe qui d’autre. Mais en dehors de cette cécité amoureuse, je te prie de me croire : tu es unique dans ma vie. Jamais je n’ai pu être aussi épanoui, jamais aussi aimé, jamais aussi compris. Je peux te demander tout, tu feras toujours en sorte de satisfaire mes caprices… J’ai honte d’être capricieux. J’ai besoin de savoir que tu m’aimes encore. Et je suis égoïste. Mon amour pour toi est fort. Il est d’autant plus destructeur. Je t’offre ma soumission la plus accomplie pour avoir le droit de te posséder. Tu peux faire tout ce que tu souhaites de moi. Je veux te posséder. Je veux que tu m’appartiennes. Mon amour pour toi est exclusif. »

    Il baissa le nez honteux de ses propres mots. Il était monstrueux. Mais c’était ce qu’il était. Son amour pour Silvio avait pris une telle ampleur qu’il avait développé une jalousie possessive. Rien ni personne ne pourrait lui arracher son Silvio. Jamais. Il ne laisserait pas faire ça. Il cherchait à se cacher la vérité en rejettant la faute sur Jefferson, mais la vérité était ailleurs. Shane la connaissait et il ne pouvait mentir à Silvio plus longtemps. Son cœur se serrait.

    « J’espère que tu comprends aujourd’hui ce que je suis… »

    Il releva les yeux vers Silvio et cette fois dans larmes sans sanglots coulaient le long de ses joues.

    « Pardonne-moi… Je t’aime tellement, que je serai prêt à te tuer pour pouvoir te garder. »
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Ven 13 Mai - 20:11

Woah...
Si Silvio s'était attendu à ça ! Déjà, comme tous ceux qui ont lu le post de Shane, sans doute, il lui avait cru de toutes autres intentions en le voyant se mettre à genoux, et s'était même apprêté à reculer, car bon sang, ce n'était pas le moment ! Mais non... Il s'était s'agit d'autre chose, et mon petit Silvio en était tout retourné.
Qu'était donc cette lueur qu'il voyait dans le regard de son amant ? Ce regard-là, on l'adressait aux étoiles, on l'adressait à Joshi si on voulait... Mais lui, il était un homme ! Un pauvre homme posé sur terre, une poussière d'étoile, un malheureux exemplaire de ces innombrables frères ! ...D'accord, habituellement, il se croyait supérieur à eux. D'accord, il avait cru plus d'une fois avoir été élu par Joshi, promis à un destin incroyable... Quoi que sur ce point-là, il relativisait un peu, de temps à autre. Mais là, il était face à Shane ! S'il y avait bien un homme devant lequel c'était à son tour de s'agenouiller, un homme qu'il aurait dû regarder avec ces yeux-là, c'était Shane. S'il y avait un homme qui, à ses yeux, valait les étoiles et les dieux, c'était Shane. Alors pourquoi ce dernier posait-il le genou à terre devant lui ? Illogique !
Le commandor de l'anti-terroriste ne trouva cependant pas le courage de repousser Shane, de lui demander de se relever, ni même de retirer ses mains des siennes. Peut-être craignait-il de blesser son amant en lui disant non...
Les mots de Shane le laissèrent sans voix. Si Shane avait lâché ses mains à ce moment-là, elles seraient retombées mollement aux côtés du corps de Silvio. Lui-même ignorait comment il pouvait encore tenir debout. Ses joues s'étaient teinté de pourpre. Impossible, il avait dû mal entendre. Comment lui, humain, masculin, et grand débutant au grand jeu de l'amour, pouvait être autant, pour un ange, pour celui qui avait aimé et été aimé par tant de femmes ? Lui, il tâtonnait, il cherchait comment on faisait pour prouver son amour, il faisait du mieux qu'il pouvait pour être digne de Shane, pour le mériter, mais jusqu'alors il ne s'était jamais vraiment senti à la hauteur. Les femmes qu'il avait connues, n'avaient-elles pas étées plus expérimentées ? Plus sûres d'elles ? Moins maladroites ? Ces mots, de shane, lui semblaient plus flâteries et compliments que réelles constatations, même si... En même temps... Il ne doutait pas de la sincérité de Shane. Il ne doutait pas que son amant parlait avec son coeur. Au fond, il n'avait rien à gagner en le complimentant. Silvio était déjà séduit, conquis, et entièrement soumis à ses désirs et volontés.Silvio avait fermé les yeux, un court instant. Shane voulait savoir qu'il l'aimait. Il avait donc failli, n'avait pas assez bien exprimé son amour. Il allait falloir redoubler d'efforts, encore, pour prouver à Shane qu'il ne mentait pas, qu'il ne jouait pas les amoureux uniquement pour lui faire plaisir ! Si ç'avait été le cas, mon commandor aurait abandonné bien plus tôt...
Posséder. Avez-vous remarqué chez certains enfants cette obsession de la possession ? Il faut que ce soit à moi, non pas pour jouer avec, non pas pour l'offrir à quelqu'un ensuite. Juste pour assouvir mon désir de possession. Tout ce qui est beau, attrayant, ne peut aller à quelqu'un d'autre qu'à ces enfants-là. Et ceux qui ne réclament pas à corps et à cris l'objet de leur désir, ce sont ceux qui se taisent et se contentent de mirer ledit objet, sans pour autant désirer moins l'avoir entre les mains. Mais Shane n'était plus un enfant - quoi que, c'était discutable-, et vouloir posséder Silvio pour sa beauté, c'était un peu ridicule, au vu de ladite beauté. Alors pourquoi ? Par amour, on dirait... Et ça, Silvio pouvait le comprendre. S'il avait failli étrangler lui aussi son amant en apprenant qu'il l'avait potentiellement trompé avec Karlovy, il y avait plusieurs raisons. La première était la pure et simple trahison, le mensonge. Mais la deuxième, c'était bien ce côté possessif. Shane, il était à lui ! Certes, il n'avait jamais eu à conquérir son coeur... Mais cela ne l'empêchait pas d'avoir souffert pour lui, cela ne l'empêchait pas de le vouloir, pour lui, rien que pour lui ! C'était son Shane, celui qu'il attendait toute la journée, le seul, l'unique, l'homme qui... Qui... Qui le rendait fou quand il voulait, qui faisait de lui tout ce qu'il voulait, quand il voulait. Shane, c'était le sien. Et nul n'avait le droit de le lui voler.

Mais ce n'était pas à Shane de craindre que Silvio ne lui appartienne plus ! Ce n'était pas lui qui avait fait semblant de copuler avec Karlovy ! Et après tout ce qu'il avait fait pour lui, rien que pour lui, il aurait dû le savoir ! Ce n'était pas comme si Silvio avait un mode de vie particulièrement libertin et édoniste... Il était plus proche du curé qu'autre chose ! C'est pour dire !
Peur qu'il lui en veuille à jamais d'avoir fait ce qu'il avait fait ? Mais ! S'il s'était expliqué dès le début, il aurait bien vu que Silvio ne lui en voulait pas ! C'était donc pour le garder qu'il avait tenté de l'étrangler... Bien radical, comme méthode. Bah, il était pardonné. Silvio lui pardonnait tout, toujours. Ce n'était peut-être pas très sage de tout pardonner ainsi, mais le commandor n'y pouvait rien, c'était plus fort que lui. Comment pouvait-il lui en vouloir ? Il était rancunier, normalement, Silvio. Mais Shane trouvait toujours absolution à ses yeux. Car Shane, tous les péchés qu'il pouvait commettre n'en étaient pas vraiment. Ses fautes, là, c'étaient des fausses, il n'était pas vraiment coupable. C'était s'aveugler que de penser ainsi. Silvio en était conscient. Il ne pouvait faire autrement. Il pardonnait. Car l'erreur était humaine, que Shane était humain. Car Shane, avec ou sans fautes, il restait le même, le même être merveilleux, au-dessus de tout, presque une légende, auréolée d'utopie.

Silvio resta un moment silencieux. Ses yeux s'ouvrirent à nouveau, son regard croisa celui de Shane, en remontant le long de ses larmes. Il ne pouvait pas mentir. Ca, Silvio en était sûr, mais... Comment, lui, pouvait-il lui dire ce qu'il ressentait, ce qu'il pensait ? C'était si compliqué de mettre des mots sur des émotions... Il n'avait pas le talent de Shane pour tout dire, pour faire sentir à l'autre ce que soi-même on ressent. Ses mains reprirent un peu de vie, serrèrent doucement celles de son amant. Du bout du pouce, il les caressa, pensif, cherchant ses mots...

"- Tu n'as pas besoin de me tuer..."


Il osa un sourire, un faible sourire. Il allait essayer de parler. Mais déjà, il sentait que ce qu'il disait était incomplet...

"- Tu n'as pas besoin de me tuer. Tu sais que je serai toujours le tien, Shane... Tu me possèdes déjà. Corps et âme. Tu sais que je te suis entièrement dévoué, que je serais prêt à sacrifier ma vie, à en condamner le restant en souffrances, uniquement pour tes beaux yeux... Ca fait plus de 30 ans que je suis ici, Shane. Des gens, j'en ai vu passer, des beaux, des moins beaux, des hommes, des femmes... Mais à toi que je suis destiné. Il n'y a que pour toi que j'aurais accepté... Ce que j'ai accepté. Il n'y a que pour toi que je fais ce que je fais..."


Non pas que ce soit un sacrifice, mais c'était tout de même quelque chose d'exclusif. C'est un peu comme... Embrasser quelqu'un. Sur la bouche. Vous ne le faites qu'avec une personne, mais ce n'est pas vraiment un sacrifice quand vous aimez cette personne... Enfin, vous, j'sais pas. Moi, oui. D'ailleurs j'espère qu'un de ces "vous" qui lira ce message sera dans le même cas.... (kofkof)
Silvio serra un peu plus fort les mains de Shane.

"- Et que pour toi que je suis prêt à faire beaucoup plus. Tu n'as qu'à demander... Oh, et relève-toi, un peu ! Tu n'as pas à t'agenouiller devant moi !"

Hop, il avait tiré les mains de Shane en arrière, pour le remettre debout. Il avait oublié qu'il était costaud. Le résultat ne se fit pas attendre: il reçut Shane de plein fouet, dans un "hmpf !" de souffle coupé. Ca ne l'empêcha pas de l'emprisonner dans ses bras.

"- Je te pardonne, Shane... Si toi tu me pardonnes... Je savais pas ce que tu ressentais... J'avais pas vu... J'aurais dû... Ca se reproduira plus. Je te le promets."

Un commandor ne promet jamais à la légère. Sa voix, plus assurée, soudainement, ne mentait pas. tiens donc, plus assurée... Peut-être parce que la vérité lui donnait de l'aplomb ?

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Ven 13 Mai - 23:46

    C’était… Un instant magique. Bon, j’entends déjà les gens d’ici ! Mais c’est du n’importe quoi ! Les belles histoires d’amour avec des princes et des princesses ça n’existe pas, faut avoir un peu plus les pieds sur terre. Shane lui, y croyait, en partie du moins. Il aimait passionnément Silvio. Il était rattaché à lui comme jamais il n’avait été rattaché. Ils y avaient quelque chose de fort. Leur amour était interdit par les bonnes mœurs de la Guilde et pourtant, ils avaient bravé cela, parce qu’ils s’aimaient. Et le Haut-Conseil avait vite compris que ce n’était pas des histoires. Shane avait gravement maigri en l’absence de Silvio. Et leur amour aurait certainement éclaté au grand jour si on ne leur avait pas accordé le droit de vivre ensemble. Il y avait toujours ces masques bien sur, ceux sur lesquels ils se reposaient pour faire croire qu’ils n’étaient pas en couple, qu’ils n’étaient que d’adorables colocataires qui s’amusaient entre amis. Il en avait rêvé de ces doux instants aux côtés de son amant, partager des nuits dans ses bras.

    Et ce soir, tout avait bien failli voler en éclat. Silvio aurait pu refuser de croire Shane et aurait rompu pour avoir été abusé. Et Shane n’aurait pas cessé de resserrer l’étreinte de ses mains jusqu’à ce que la vie de son amant s’envole. Jamais il ne le laisserait partir. Jamais il ne voudrait qu’il puisse refaire sa vie avec quelqu’un d’autre. Il l’aimait plus que tout, il le vénérait comme un dieu, et il ne voulait pas qu’il parte. Il lui appartenait, il était à lui. Et personne d’autre que lui n’avait droit de goûter la saveur envoutante de son Silvio. Jamais. Il était des enfants qui préféraient casser leur jouet plutôt que de le prêter à ses camarades. C’était égoïste. C’était un amour destructeur. Mais à présent, Silvio savait. Ne croyait pas que Shane aimait être ainsi. C’était seulement plus fort que lui et il ne pouvait s’empêcher d’être égoïste lorsqu’il s’agissait de Silvio. Il n’y pouvait rien, mais Silvio avait accepté cet amour. Car à défaut que leur histoire se finissent bien, elle connaitrait une longue existence de par des sentiments surpuissants. Ils vaincraient bien plus de tempêtes que n’importe quel couple. Il fallait seulement qu’il n’y ait pas de fin, car ce serait la leur. Il serait rongé de l’intérieur et il deviendrait une foudre dévastatrice. Shane était amoureux, follement amoureux, et il serait capable de commettre les pires crimes s’il n’avait plus de repère, s’il n’avait plus son Silvio. Des crimes horribles, jusqu’à même tuer l’amant lui-même.

    Peut-être auraient-ils mieux fait, dès les premiers jours, les premières heures de leur idylle mettre fin à cela. C’était de la pure folie. Mais l’un comme l’autre, ne savaient-ils pas à quoi leur amour était dessiné ? Il devenait plus fort chaque jour et leur puissance, à deux, filtrait de manière de plus en plus proche avec l’invincibilité. Il avait écouté les mots de Silvio comme on écoute la parole divine. Mais c’était bien mieux que cela. C’était la parole d’un amant, et elle était Ô combien magnifique. Shane ne se serait jamais lassé de l’écouter. Il se laissa faire lorsque Silvio le releva et il se retrouva projeté contre son cher amour. Il l’encercla de ses bras avec une tendresse passionnée. Il l’aimait son Silvio. Avec le temps, il était devenu toute sa vie. Il aurait vendu son âme pour pouvoir le garder éternellement.

    « Merci… De faire tout ça pour moi. Silvio, tu es le seul qui ait été ainsi avec moi… »

    Il se mordit la lèvre inférieure, hésitant à poursuivre dans cette voie. Devait-il lui expliquer cela ? Oh ! Il avait déjà ouvert son cœur. Ca aurait trop étrange s’il l’avait refermé soudain pour garder à nouveau ses secrets. Il parla à son aise, le nez logé dans le cou de son amant.

    « Jamais on ne se laisse posséder de la sorte. Jamais. Je t’aime… Et c’est une flamme qui me dévore. Chaque jour, elle gagne du terrain. Silvio… La seule chose que je craigne dans notre histoire, c’est sa fin. »

    Hors mis les ruptures, les séparations, les conflits qui démontrent une chute de l’amour entre les deux êtres, tout se passerait le plus magiquement possible. Ils vivraient ces instants avec encore plus de ferveur que leurs sentiments n’étaient pas que de simple caillou que l’on avait gravé pour faire croire qu’il sont le fruit d’un travail laborieux. Ce n’était que des apparences. L’amour c’était d’avantage un rocher à l’état brut. On ne le travaillait pas, on ne le façonnait pas comme il le fallait, sinon ce ne serait plus de l’amour. Ce serait de l’hypocrisie. Ce ne serait qu’un mirage. Juste une image éphémère qui ne tiendrait pas même le centième de temps que durerait leur hyménée. Il passa sa langue sur la peau de son cou, pour en sentir le goût, bien qu’il le connaisse par cœur. Il en avait besoin, pour se rafraichir la mémoire. Il ne voulait pas l’oublier.

    « As-tu la moindre idée de ce dans quoi tu t’engages ? »

    Parfois, mieux valait qu’il ne le sache pas. Ce dans quoi il s’engageait ? Dans une adoration de Shane à son égard. Dans un amour sans limite. Mais ça avait un prix. La possession. Quel genre de gamin mal élevé Shane pouvait bien être ? Lui-même ne le savait. Il était pourtant certain d’être vicieux. Non pas dans le sens pervers, mais dans le sens de celui qui possède les vices. En amour, il était gourmand par ses caprices et avare par sa possessivité. Mais jamais il n’avait pu développer autant ses vices avec la personne qu’il avait aimée. Seul Silvio était différent :

    « Tu es le seul à avoir laissé mes vices croître et grandir. Tu as été mon poison, aujourd’hui je suis ton venin. Ne crois pas que je le pense en mal. Bien au contraire. On a tous des vices, un ou plusieurs péchés qui nous dévorent. Tu me permets de les vivre et c’est pour ça que je t’aime. Tu es l’unique personne qui sache affronter cela, au lieu de m’obliger à les étouffer. Je me sens si bien avec toi… »

    Il sortit son visage du cou de Silvio et leva son regard vers lui. Il avait séché ses larmes dans les vêtements de son amant, et ses yeux brillants de larmes témoignaient de tous son amour. Il ne pleurait plus, c’était fini. Mais il y avait dans ses yeux, juste le reliquat des larmes versées. Il y avait un sourire maintenant sur ses lèvres et il ne tarda pas à aller embrasser son amant, pour le remercier de le pardonner. C’était une chose de plus que Silvio lui concédait. Shane ne regrettait pas d’en avoir parlé avec son amant ce soir. S’il avait attendu, cet accident n’aurait été qu’une bombe à retardement.. Un jour ou l’autre, elle aurait explosé. Il enlaça ses doigts dans les siennes et porta une main à ses lèvres pour en embrasser la peau. Son autre main s’était glissée sous les vêtements de Silvio et caressait son ventre avec affection. Il regardait son visage. Il était à lui ce visage, il lui appartenait. Ces muscles sous ses doigts aussi, ils lui appartenaient. Sa peau si savoureuse lui appartenait aussi. Ce cœur qui bat, c’était également sa propriété. Il passa ses doigts aussi sur ses lèvres, celles de Silvio. Elles aussi elle lui appartenaient. Il regardait avec admiration sa possession.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Sam 14 Mai - 18:24

Que d'honneur... Vous savez à quel point Silvio est à cheval sur l'honneur. Là, pour le coup, il en avait vraiment plus que raison. C'était se faire décorer de la légion d'honneur pour avoir fait pousser trois potirons. Certes, ces potirons, il les avait fait pousser avec tout son coeur. Sa culture avait peut-être eu à faire ace à des obstacles, mais qu'importait ! Il l'avait fait ! Mais pas pour la légion d'honneur, au départ... Juste pour ses potirons. La légion d'honneur, c'était peut-être un petit peu trop, non ? Il ne savait plus où se mettre. Il aurait pu re-donner la légion d'honneur à Shane. Ce dernier ne s'était pas contenté de cultiver des potirons, au moins. Mais lui, il méritait plus encore...
Silvio soupira. Son étreinte sur le corps de Shane se re-serra. La fin.. Il la craignait. Ca serait aussi la sienne, et... Et il ne voulait pas mourir, zut ! Surtout là, maintenant qu'il avait Shane dans les bras... Il aimait la vie, Silvio, même s'il râlait souvent ! Dans l'esprit de Silvio, l'équation était aussi simple que ça: Shane=vie. Pas Shane...

"- J'ai peur aussi, Shane. Je veux pas te perdre. Surtout pas. Je tiens tellement à toi..."

Ses doigts se crispèrent sur la habits de Shane. Il sentit sa langue dans son cou. Il l'écouta parler, encore... Tiens, il avait été la seule personne qui avait laissé Shane vivre avec ses vices ? Bah... Shane avait fait de même avec lui, non ? Il se sentait si libre quand il était là... Plus de masques à porter, rester soi-même, avec son homme. Si c'était ça, avoir du venin dans le sang, Silvio était prêt à vivre empoisonné encore longtemps !
Il écouta encore parler Shane. C'était la liberté qui parlait, et c'était l'homme qu'il attendait toute la journée durant, l'être pour qui il aurait tout donné. Alors cette voix, forcement, elle n'était pas comme les autres. Cette voix n'entrait pas par ses oreilles mais par son coeur. Elle avait beaucoup plus d'impact que les autres, et son unique son aurait suffit à ravir mon commandor. Dommage que cette voix ait pleuré. Dommage qu'il sente ses larmes sur son épaule. Il aurait voulu éviter de le faire pleurer... Il était un peu tard, désormais. Mais... ça avait l'air d'aller mieux, non ? Silvio n'osait pas y croire, il y avait un moment déjà qu'il ne croyait plus en ses compétences en psychologie. Il souriait, pourtant, Shane...
Il eut droit à un baiser. Il y répondit, non sans tendresse. Tendresse... Ca avait un peu manqué, ce soir. Mais il allait se rattraper, vous allez voir !
La voix de Shane s'était tue. Il avait plongé son regard dans le sien. Il était beau, Shane... Il ne se lasserait jamais de le regarder. Ses doigts sur ses lèvres... Il les embrassa, tout doucement. Puis, soudainement, on le vit rougir. Une question venait d'effleurer son esprit... Non, il ne pouvait pas demander ça, ce n'était pas le moment... Quoi que. Tant qu'on y est... Au moins, ça sera fait.

"- Dis, Shane...."

Il glissa ses doigts sur la joue de son amant. Se rapprocha un peu de lui. Il aimait bien sentir sa main sur son ventre... Ca l'apaisait.

"- Je peux te demander quelque chose ? Tu sais que... Souvent, avec les brigadiers, on descend dans les SSD et... C'est dangereux et... J'aimerais bien... Enfin... Tu vois ce que je veux dire !"

Un sourire, il vint poser un baiser là, sous sa gorge... Puis mordiller un peu son épaule, en descendant ses mains sur ses hanches. Est-ce qu'il aimait ces gestes là ?

"- J'voudrais pas que ça t'empêche de vivre..."

Mais était-ce vraiment quelque chose que l'on pouvait prédire ? Peut-être que si Silvio le demandait, Shane essayerait de s'y tenir... Mais est-ce que cela ne serait pas plus dur pour lui ? Il ne pouvait pas savoir. Il savait juste qu'il ne voulait pas que, par sa faute, il arrive quelque chose de pire à Shane... Tout ce qu'il voulait, c'était que son homme aille bien. Et là, c'était le pire qu'il pourrait leur arriver, du coup.
Pire qu'une Karlovy.


Dernière édition par Silvio Anthelmios le Sam 14 Mai - 23:57, édité 1 fois

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Sam 14 Mai - 23:51

    Il avait senti des baisers sur ses doigts, ceux de Silvio. Et ils valaient plus que tous les baisers du monde. Il avait regardé ses lèvres, celles qu’ils touchaient et celles qui l’embrassaient. Elles étaient douces sous ses caresses, et elles lui appartenaient, elles étaient à lui. Alors il les admirait du regard, comme il regardait tout son Silvio de la sorte. Il le trouvait magnifique. Il aurait pu se perdre dans ses yeux verts. C’était si calme et le monde était si beau à travers ces yeux là. On disait souvent que les yeux étaient les fenêtres de l’âme. Alors il fermait les fenêtres, pour garder jalousement le seul accès au plus profond de Silvio. Jamais personne d’autre n’avait eu droit, à Nosco, et jamais personne n’y goûterait à l’avenir. Il était son prisonnier, il avait donné son être pour partager son amour avec Shane, son destin était scellé. Jamais plus les portes ne s’ouvriraient. Ce n’était pas une sentence. Silvio ne voulait pas partir de là, que les portes aient été fermées ou non, ça ne changeait pas grand-chose à l’intérieur même de leur histoire. Ca la changeait sur sa fin, et terminait l’harmonie par un chant funeste pour une cérémonie macabre.

    C’était une possessivité poussée à l’excès. Il aurait pu se contenter d’un amour possessif, mais c’était bien plus que cela. C’était plus fort dans l’amour, et plus rude et violent dans la chute. Sortons de cette note tragique. Pour l’instant, ils étaient bien loin de la moindre rupture en tout genre. Il était contre son Silvio, il avait ses mains sur son ventre. Ses doigts sentaient sous eux les formes de ses muscles et la chaleur de la peau qui rendait le toucher d’une perfection incomparable. Il y aurait eu peut-être des personnes qui, touchant Silvio au même endroit n’auraient pas eu la chair de poule comme Shane l’avait, ni les frissons dans son dos, ni les rougeurs sur ses joues. Ses doigts glissèrent sur son menton jusqu’à se poser sur son torse et ses yeux dans les siens, jamais il ne vacillait du regard. Il y avait dans ses yeux tout son amour, il ne voulait pas le lâcher, il s’y accrochait avec instance et dans son silence, il lui disait ce qu’il ne pouvait pas hurler de vive voix.

    Il entendit la voix de Silvio qui le tira un peu de ses pensées amoureuses. Il lui adressa un sourire pour lui signifier qu’il l’écoutait et qu’il attendait sa question. On n’eut pu pas faire plus étrange requête et plus incompréhensible. Shane fronça les sourcils, avec ce même sourire, un peu intrigué. Il le fixa, comme s’il attendait une suite, une explication concrète à ce cafouillis étrange. A la place de cela, il connut ses lèvres dans son cou et il pencha sa tête en arrière, les lèvres entrouvertes, les yeux clos, pour lui offrir tout son cou s’il le voyait. Il frissonnait au contact de ses lèvres sur sa peau qui le dévorait. Dans son esprit, il revoyait le visage de Silvio, un peu plus tôt. Etait-ce des rougeurs qu’il avait vu su ses joues ? Sa question était-elle à ce point indécente ? Il resta pour le moment sans réponse, mais peu lui importait, il profitait de ses lèvres dans son cou, les questions viendraient après. Et puis, il redressa sa tête lorsqu’il sentit les dents de son amant mordiller son épaule à travers ses vêtements. Et puis, il y avait ses mains qui glissaient sur ses hanches.

    Etait-ce qu’il se faisait des films ou Silvio, prude curé était en train de réclamer un câlin ? Cela faisait quatre mois qu’ils étaient ensemble et les fois où ils avaient uni leurs corps en plus de leurs âmes se comptaient sur les doigts d’une seule main, même sur la moitié des doigts d’une seule main… Bon en fait, sur deux doigts. Enfin deux doigts c’était bien aussi et… Enfin bref. Un fin sourire s’établi sur les lèvres de mon brigadier. Silvio n’avait peut-être pas l’art et la manière, mais il demandait tout de même et c’était… Magnifique ! Shane saisit le menton de son homme et s’empara de ses lèvres.

    « Mhhh… Non, je ne suis pas certain de voir ce que tu veux dire… »

    Il jouait, il voulait en savoir plus et être certain que c’était ce que voulait son Silvio. A quoi diable servait l’allusion aux sous-terrains et au danger et… Oh… Mais c’était pour dire qu’il avait une vie difficile et qu’un peu de réconfort serait le bienvenu ? Il posa un bout d’index sur le torse de Silvio et le poussa en arrière et pouf, sur le lit. Il grimpa sur le matelas, marcha à quatre pattes par-dessus son Silvio jusqu’à avoir son visage au dessus de sien. Stooooop. Je tiens à enlever de vous une image fausse de Shane. C’est homme : il ne remut pas des hanches en marchant à quatre pattes et ne papillonne pas de yeux. Sa démarche est droite et carrée, et son regard est juste perçant. Il s’assit à califourchon sur son homme, bien droit et retira son propre chandail. Les ailes tatouées dans son dos étaient déjà prêtes à prendre son envol.

    « Aurais-tu l’extrême obligeance d’approfondir ta demande ? »

    Tout sourire, il se pencha en avant vers lui et frotta avec une lenteur sadique son bassin contre le sien.
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Lun 16 Mai - 1:15

Bonne nouvelle: Shane se faisait des films !
Je vous entends d'ici (enfin, j'entends d'ici une certaine personne): "Maaais tu m'avais dit que c'était ça !". Eh bien... C'est vrai. Mais je désirais que votre jugement reste celui d'un malheureux personnage innocent et ignorant des pensées de Silvio. Oui, c'est fourbe ! Oui, je suis un vilain joueur ! Frappez-moi !
Trêve de plaisanteries. Si Silvio avait bafouillé, ce n'était donc pas dans l'espoir d'un câlin. A vrai dire, il pensait à une tout autre chose: et s'il devait... C'était dur à dire. Aurait-il seulement eu le courage de dire ce mot devant Shane ? C'était assez douloureux à aborder, c'était le rappel du danger perpétuel des souterrain, le rappel de la triste condition d'humain de Silvio. S'il devait.... Allez, disons-le franchement. S'il mourrait. S'il mourrait, il ne voulait pas que cela empêche Shane de vivre. Voilà ce qu'il voulait. Il voulait qu'il fasse en sorte de souffrir le moins possible, mais... Etait-ce vraiment quelque chose que l'on pouvait demander ?
C'était tabou, c'était gênant de parler de sa mort. Les brigadiers savaient qu'elle planait au-dessus de leurs têtes, mais ne l'évoquaient jamais. C'était une vague possibilité. On n'en parlait pas. Chez les rebelles, la mort avait beaucoup plus d'importance. Chez les guildiens, le nombre était plus important. Comme le disait cet homme de fer: un mort, c'est une tragédie. Dans milliers de morts, c'est une statistique. Silvio n'avait pas encore pris la même dimension mythique qu'avait Judikhael: sa mort ne serait sortirait pas du lot aussi bien que la sienne. Il n'aurait été qu'un petit commandor qui n'aurait pas su faire long feu. Shane serait peut-être le seul à souffrir autant. Kathleen, peut-être, un peu. Judi, un peu. Mais les autres...? Qui soutiendrait Shane ? Aaron... Ca serait peut-être la seule circonstance dans laquelle Silvio accepterait qu'Aaron s'approche de son homme !
C'était encore quelque chose de lointain, ça semblait trop loin pour pouvoir leur arriver un jour. Pourtant, c'était une hypothèse d'avenir. La plus sombre. Mais bon... C'était un peu comme imaginer sa vieillesse quand on est enfant. Peut-être valait-il mieux ne pas en parler, peut-être que c'était un souci inutile... Oui, Shane n'avait pas besoin de savoir tout ça.

Surtout que, visiblement, ce petit lapereau était parti dans une autre optique. Je vous laisse deviner le choc pour mon Silvio ! Lui qui pensait à quelque chose d'aussi sombre, se retrouvait tout à coup face à un amoureux qui avait cru à une toute autre demande... Et qui semblait bien enjoué par cette dernière ! Alors, comprenez... Silvio ne voulait pas créer un faux-espoir. Ce qu'il voulait, c'était ne pas voir disparaitre ce sourire...
Alors oui, il sembla surpris. Même s'il avait répondu avec tendresse au baiser de son homme, il lui fallut un moment avant de réagir que oui, il était bien sur son lit, là. Un moment, il se demanda ce qu'il avait bien pu dire... D'ailleurs, il ne se souvenait plus de ce qu'il venait de dire. Il ne pouvait tout de même pas lui demander... Non, pas face à ce sourire-là. Il lui en parlerait un autre jour, par écrit peut-être. Pas maintenant. Pas le moment. Ouah, ça allait être encore moins le moment s'il s'y prenait ainsi ! Comment voulez-vous résister à un homme qui se frotte à vous avec un tel sourire ?

"- Je dis..."


Ses joues avaient légèrement rosi sous l'effet du désir que Shane faisait naitre en lui. Ses bras passèrent autour du corps de son amant, et l'attirèrent encore contre lui (qu'il était dur de tenir son coeur éloigné du sien !). Un moment, il se demanda si cette incompréhension de Shane n'était pas volontaire: et s'il essayait de lui faire passer un message ? Un petit "pense à autre chose", ou une tentative de lui faire comprendre qu'il était en manque ? Peut-être qu'il n'avait pas l'habitude d'autant d'abstinence... Il n'avait pas à se priver parce que Silvio n'en avait pas l'habitude ! Et puis, il avait dû comprendre, tout de même, que cela ne déplaisait pas non plus au commandor...
Hop ! Shane se retrouva allongé, Silvio sur lui, avec un petit sourire en coin. Il retira son t-shirt, l'envoya voler plus loin.

"- Que tu as raison, mon lapin !"

A son tour, il se frotta à lui, avec moins de lenteur. Il s'offrit le luxe d'un suçon dans le cou de Shane, cette "marque" qui faisait que, désormais, nul ne douterait que Shane était à lui, rien qu'à lui. Karlovy pouvait aller se faire voir, Shane resterait le sien. Et ce soir, il allait encore se l'approprier. Ses doigts qui se crispent dans son dos, leurs ultimes habits qui tombent au sol, la chaleur de leurs corps enfin unis, leurs peaux brûlantes l'un contre l'autre, leur souffle, celui, chaud, de Silvio sur la peau de Shane, ce que le brouilleur de son rendait muet, les gémissements de plaisirs et prénoms murmurés....
Bref, de la joie, du bonheur en perspective ! Si tu veux des détails mon loulou, on peut s'faire un rp entre nous, mais je te propose, pour le reste, d'en rester là... A moins que Shane ait une belle parole pour clôre de façon magistrale ce sujet...?

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Re: Scène de Ménage.

Message par Shane M. Lewis le Lun 16 Mai - 17:04

    Je tiens à préciser que le joueur sera châtié dans un peu moins de deux semaines pour ce mensonge éhonté. J’ignore encore que quelle punition il sera la victime, mais je peux assurer sans mentir (moi !) que ce crime ne restera pas sans que justice soit faite. Après cette petite parenthèse, je peux revenir sur la scène en cours. Shane s’était penché sur son amant, et glissa le bout de sa langue sur ses lèvres avant de lui donner le baiser qu’il ne méritait pas (à cause du joueur bien sûr). Lentement, il frottait son bassin contre celui de Silvio. Sa douceur devenait presque agaçante, mais il sentait sous lui qu’il lui faisait toujours le même effet et les joues de son amant avaient pris des couleurs qui le trahissaient terriblement. Mais mon brigadier avait bien décidé de garder cette même lenteur, pour se faire attendre, se faire désirer, c’était toujours le même manège, un petit jeu qui l’amusait bien. C’était un caprice, un de plus sans doute, destiné à savoir si Silvio l’aimait toujours. C’était maladif, certes, de toujours croire que les sentiments se sont perdus, mais c’était Shane. Son amant avait entamé une phrase mais n’avait pas donné sa fin, Shane resta perplexe face à ce soudain silence. Doutait-il avoir fait une erreur dans les sous-entendus de Silvio ? Oui, probablement un peu, ce silence en disait presque trop. Mais il était peut-être bien trop tard pour cesser, il avait déjà bien avancé. Il avait laissé son regard clair et interrogateur se plonger dans celui de son amant, mais Silvio ne semblait pas vouloir en dire d’avantage. Mais ce n’est pas grave, nous avons les moyens de vous faire parler (ton mafieux).

    Il se colla tout contre lui et fut surpris du renversement. Coincé entre son commandor et le matelas (et il aimait se faire coincer mais chut), Shane sembla s’étirer comme pour s’extirper de là. Détrompez vous, il ne voulait pas partir, c’était seulement cette sensation d’être son prisonnier qui le faisait fantasmer et il tâchait de ressentir cette jouissance aussi fort qu’il le pouvait. Il vit son Silvio perdre son haut, et sous ses yeux, il vit ce torse magnifique et tant chéri qui semblait l’appeler à bras ouverts. Et son Silvio se frottait contre lui, plus rapidement que Shane, de manière moins sadique. Dès lors, Shane savait qu’il le possédait. Son âme était à lui, et son corps le réclamait, mon informaticien le sentait bien. Alors, il ressentait une certaine jouissance vicieuse croître en lui. C’était peut-être malsain, mais ça faisait plaisir à mon Brigadier. Et puis, ce n’était pas comme si c’était unilatéral. Le regard de Lewis brillait bien plus fort tant sa vénération était au plus haut de sa forme. Il sentait les lèvres du l’homme aux cheveux châtains clairs (moi je suis gentil, tu vois u_u) dans le creux de son cou. Il aspirait sa peau et lorsqu’il la relâcha, l’informaticien fut certain que cette emprise avait laissé des traces. Avec la chance qu’il avait, il allait croiser Kim qui allait voir cette marque et allait l’égorger. Enfin, même pour Kim, il ne s’en serait pas privé.

    Il laissa ses mains aller sur son torse, lentement, caressant chaque courbe et chaque creux avec extase, et lorsqu’il arriva au bas de son ventre, il glissa sous son pantalon et dépassa les règles de bonne conduite en société. Mais Silvio était à lui, tout à lui. Et chaque partie de son corps lui appartenait, il avait donc le droit de mettre ses mains là, s’il le voulait. Son corps brûlant fusionnait avec le sien. Il se laissait envahir de cette sensation de bien être. C’était un plaisir charnel qu’il ne partageait plus qu’avec lui, à tout jamais. Dans leurs étreintes, ils avaient laissé un peu d’eux même pour rendre cet instant magique. C’était la troisième fois (et on applaudit la performance de Silvio, Mesdames, Messieurs !) Il attrapait le lobe de son oreille entre ses dents, alors qu’il gémissait plus fort cette fois son nom tant aimé. Lorsqu’il eut consumé leur amour, le corps encore embrassé par les flammes qui les avaient dévorés, il reposa sa tête contre le torse de Silvio. Il avait le souffle coupé et son être en sueur. Il se sentait bien. Son corps nu reposait contre celui du commandor aux cheveux d’un châtain clair (*enfonce le clou*) et mon brigadier rampa pour remonter, un peu plus haut, emprisonner ses lèvres dans les siennes et lui offrir un calme baiser. Son esprit agité de tout à l’heure trouvait bien apaisé. Silvio avait eu le don pour faire dormir le loup qui grondait, ne lui. Ses yeux se posèrent sur les quatre marques qu’il avait dans le cou. Il baissa les yeux et se remit tout contre lui :

    « Sisi ? »

    Il respira profondément l’odeur de son amant. Ca lui faisait du bien. Alors il avoua dans un murmure presque silencieux :

    « Si je t’avais tué… Je n’aurai pas su continuer à exister. Tu sais, si je n’accepterai pas que tu vives sans moi, si je suis près à te détruire pour ça… C’est parce que… C’est pour toi que je vis. Au même titre qu’il n’y aura pas de toi sans moi, il n’y aura pas de moi sans toi. »

    Il se bouina contre lui, reserrant son étreinte. Que ce soit une rupture ou la mort qui emporte son Silvio, Shane savait très bien combien il serait anéanti et combien il ne se reléverai pas.

    « Je ne pourrai pas continuer sans toi. »
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Re: Scène de Ménage.

Message par Silvio Anthelmios le Mar 17 Mai - 1:48

Sisi ? Et pourquoi pas "mon p'tit chou à la crême" tant qu'on y est ! Bon, ça passait, parce que c'était Shane qui le disait, et que Silvio ne l'étranglerait pas... Mais Sisi ! Et pourquoi pas appeler son alphasword "kiki" ? Hm, mauvais exemple, Silvio avait appelé son épée "Hawa". Bon, c'était comme appeler Judikhael Wienfield "mon p'tit canichou roi du bac à sable". C'était certes hypocoristique, mais il y avait un petit quelque chose de moqueur, d'humiliant. Eh bien, le commandor, il trouvait que "Sisi", c'était un peu un surnom qui faisait penser à une petite fille. Or, il était un homme, comme Shane avait pu le constater à l'instant ! Et il n'était pas petit !
Ah, mais c'était Shane ! Et Shane, il pouvait lui donner les pires surnoms, cela ferait toujours sourire le commandor. Là, ils étaient nus, l'un contre l'autre. Leurs corps se remettaient doucement de l'effort qu'ils avaient fourni, et étaient déjà étaient engourdis par les endorphines. Silvio s'était laissé tomber aux côtés de Shane. Alangui, encore haletant et brûlant, il avait laissé Shane s'installer sur son coeur. Un jour, il marquuerait au feutre cet endroit, et noterait "place de Shane". En attendant, il se contenta de répondre à son surnom par un "hm ?", et de passer à nouveau ses bras autour des épaules de son bel informaticien. Même si... Damn, il faisait chaud !

Hm ? De quoi lui parlait-il ? Quoi, il y pensait encore ? Hmpf ! Silvio n'avait plus vraiment la tête à ça. En fait, il n'avait plus la tête à grand-chose, là, sinon à dormir. Ses doigts se perdirent un moment dans les cheveux de Shane, et un soupir lui échappa. Qu'il était têtu ! Comment lui dire, maintenant, sans avoir l'air de lui réclamer quelque chose ?

"- Shane... J'aurais aimé que tu tentes quand même un peu... Si un jour je venais à... Ne plus pouvoir être à tes côtés... De continuer sans moi. Tous les jours, dans les souterrains, on flirte avec le danger, la folie, la mort... Et si j'affronte tout ça, Shane, c'est en partie pour toi, et grâce à toi. S'il m'arrivait quelque chose à ce moment-là, et que tu cessais de vivre par ma faute, tu ruinerais mon travail, mon beau..." Un de ses doigts passa sur la joue de Shane, ramena une de ses mèches derrière son oreille. "Tout ce que je fais, c'est pour que toi tu vives. Pour que toi, tu sois heureux. S'il devait m'arriver quoi que ce soit, j'aurais aimé que tu puisses continuer mon travail..."

Son regard se perdit sur le plafond. Ca lui faisait bizarre de révéler autant de sentiments, à l'oral. Il se sentait presque... Gêné, honteux. Comme si avoir des sentiments, c'était inavouable, pour un commandor. Ses doigts caressaient presque nerveusement les cheveux de Shane. Il aimait pas parler. Encore moins parler de ça. Mais il l'avait fait. Pour lui. Et si Shane était pas trop égoiste, il s'en souviendrait peut-être un peu, si jamais il partait... brrr, il n'aimait pas, vaiment pas parler de ça !

"- Enfin, tu feras comme tu pourras, je t'en voudrais pas. Mais tu sais ce que j'aurais aimé."

Hop, le voilà qui poussait à nouveau Shane sur le dos, pour poser à son tour sa tête sur son coeur, dans un grognement de bonheur. Ils commençaient à avoir froid, maintenant. Il ramena les draps sur eux, les yeux fermés.

"- Bah, n'y pensons plus. On est encore en vie. Et ça, ça n'a pas de prix..."

Son souffle se calmait, petit à petit. Une de ses mains s'était posée près de sa tête, sur le ventre de Shane. Oui, Silvio Anthelmios s'apprêtait à s'endormir, comme un gros bébé, bercé par le seul bruit du de la vie de son homme: son souffle, son coeur...

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Re: Scène de Ménage.

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