Fiolemment vôtre !

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Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Dim 8 Mai - 20:43

1664 mots

Karlovy balança violemment l’Erlenmeyer qu’elle tenait entre ses mains. Excédée, elle remonta ses lunettes, les envoya rejoindre la mixture au milieu des bouts de verre, et frappa ses poings sur sa paillasse. Allons bon, quelle mouche la piquait encore ?! Les caméras, intriguées, se tournèrent vers elle, et même leurs ridicules circuits informatiques virent que quelque chose n’allait pas. Déjà, elle mordait ses lèvres avec rage, comme si sa vie en dépendait. En plus, elle s’obstinait à trembler de partout, en gémissant à voix basse, lançant une série d’insulte à l’adresse d’une certaine personne. Enfin, son souffle court trahissait combien elle avait mal, sans réussir pourtant à calmer ses ardeurs guerrières.

Elle savait pertinemment que le prix de ces verreries cassées volontairement serait retiré de sa paie, et elle regrettait déjà son geste… D’une part parce que justement, elle gagnerait moins. De l’autre parce qu’en prime, ça n’avait pas du tout dissipé sa rage, et l’avait même plutôt encore gonflée. Elle tenta de crier, abattit de nouveau son poing sur la paillasse, grogna, grommela, se tourna et se retourna, marcha malgré les protestations sauvages de son corps meurtri… Et décida finalement qu’il FALLAIT qu’elle le fasse ! Dès maintenant ! Elle regarda l’heure, constata qu’il était trois heures du matin – une heure normale pour travailler, non ?! – et décida que le docteur Kim Van Berghen avait intérêt à être chez lui s’il ne voulait pas se faire crucifier, et subir des tortures qui auraient fait pâlir la tristement célèbre Nékorovy Welka.

Bref, armée de sa hargne, Karlovy claqua la porte du laboratoire en oubliant d’éteindre la lumière – encore une facture inutile pour sa paie ! – et se dirigea d’un pas guerrier vers l’appartement de son cher et tendre, qui allait avoir de ses nouvelles. Le goujat ! Si les gens se baladant dans la cité de Nosco avaient été plus nombreux, une rumeur aurait pu circuler, comme quoi un des cavaliers de l’Apocalypse se baladait en liberté dans les rues. A ceci près que peu de gens devaient connaître les cavaliers de l’Apocalypse, et que donc rares auraient été ceux pouvant comprendre la rumeur… Résultat, rien n’aurait circulé, mais le principe reste tout de même valable ! >_>. Il faut dire aussi qu’elle faisait peur, la Lovy… Sa démarche, déjà raide à cause des douleurs restantes, était devenue mécanique suite à sa colère. Ses yeux brillaient d’une lueur mauvaise, et l’on pouvait distinguer sur son visage des ecchymoses violacées, en bien plus petit nombre que lors de sa sortie des cellules, il y a une semaine de ça. Son arcade sourcilière présentait quelques points de suture, et ses lèvres encore un peu gonflées paraissaient anormalement pulpeuses. Son souffle était sifflant et bref, et elle se tenait résolument les côtes, dont on ne pouvait voir le bandage.

Les quelques personnes qui eurent le malheur de croiser son chemin s’en écartèrent bien vite, laissant la furie arriver sans encombre devant l’appartement de ce Don Juan d’opérette qu’était Kim, de ce briseur de cœur sans aucun intérêt qui n’attachait d’importance qu’aux apparences. Sur son passage, les caméras s’inclinaient, la suivant de leur œil unique, sans préserver nullement sa pudeur et son intimité. Elle avait l’habitude, de toutes façons. Depuis sa sortie des cellules, le ballet s’était encore intensifié, et elle ne se déplaçait jamais sans un de ces voyeurs braqué sur elle… Comme si elle avait l’intention de leur filer entre les doigts ! Sa rage encore décuplée par les regards indiscrets, elle devint carrément rouge, presque assez pour que ses bleus disparaissent, et écrasa ses poings sur la porte. Décidément, elle ne pouvait pas rester calme.

Au bout de trois secondes que le battant ne s’ouvrait toujours pas – comment ça, colérique ET impatiente ?! – elle se mit carrément à hurler qu’il avait intérêt à lui ouvrir dans la minute, ou bien qu’elle défoncerait la porte, allez savoir comment. Sa hargne était toutefois si grande que l’hypothèse de voir les battants technologiques se rompre paraissait presque possible… Et ses coups s’intensifiaient encore. Même son pied vola contre le bois, lui tirant un gémissement douloureux et une nouvelle flopée de jurons. Qu’importe si Kim n’aimait qu’à ça, il n’aurait qu’à se plaindre à quelqu’un d’autre ! De toutes façons, ce raffut était uniquement de sa faute, cela allait de soit. Il aurait peut-être du y réfléchir à deux fois avant d’agir comme une vrai salaud, un malotrus, et elle comptait bien lui exposer le fond de sa pensée, avant de le castrer pour de bon. C’était la moindre des choses qu’elle avait envie de lui faire, tant sa colère devenait brûlante.

Alors qu’elle s’apprêtait à donner des coups d’épaule, un voisin sortit de son appartement, visiblement mal réveillé, et la morigéna, réprimandant son comportement égoïste et agaçant. Une dispute aurait pu éclater si le docteur Van Berghen n’avait eu le bon sens d’ouvrir à cet instant. Sans plus se préoccuper du bougon, qui était le moindre de ses soucis, elle poussa violemment Kim dans son appartement, priant inconsciemment pour qu’il se brise comme l’Erlenmeyer plus haut, et qu’elle puisse le massacrer en lui sautant dessus, jusqu’à ce que le moindre éclat de lui soit réduit à l’état de poussière, et cligna des yeux. Gosh, quelle idée d’allumer la lumière ! On n’en avait pas réellement besoin… Elle referma la porte, sans aucune considération pour son état et pour le petit être qui continuait à s’époumoner, la claqua plus qu’elle ne la referma, et attrapa Kimichou par sa cravate, avant de le tirer à sa suite.

« TOI ! »

Folle de rage, elle l’envoya violemment contre un mur, posa un index accusateur sur sa poitrine, appuya dessus avec résolution, fit mine de parler, ouvrit une bouche de poisson de laquelle ne sortit aucun mot, l’agita mollement dans l’air, incapable qu’elle était de sortir la moindre phrase correcte ne ressemblant pas à une série d’insulte, appuya de nouveau sur son torse, le tapota… Avant de se rendre compte qu’elle était complètement ridicule. Elle referma la bouche, accablée de rage, choisit finalement de détacher son collier, de le prendre dans sa main et de le balancer dans la tronche du docteur. Et tant mieux si ça lui faisait mal. Elle balbutia quelque chose d’incompréhensible, avant d’enfin rejeter sa hargne d’un bloc.

« TOI ?! Pour qui tu te prends, hein ?! Tu séduits une jolie donzelle, tu l’amènes à t’aimer et ensuite, tu prends du plaisir à lui briser le cœur ?! Pour qui est-ce que tu te prends, dis-moi ?! Et pour qui tu me prends moi, hein ?! Tu croyais que j’allais te laisser faire sans broncher ?! Tu croyais que je n’étais qu’un petit être servile ?! »

Sa voix se brisait, aussi bien sous l’effet de la douleur de ses côtes, qui subissaient trop de pression, que parce qu’elle sentait une immense mer de désespoir submerger sa colère. Ce qui était plutôt rare. Tremblante de rage non contenue, elle frappa le torse de son homme, sans lui laisser rien dire, et donna même un violent coup de pied dans son tibia tandis qu’elle recommençait à l’accabler, en le traitant de tous les noms :

« Tu n’es qu’un goujat, qu’un mécréant ! Comment ai-je bien pu t’aimer ?! Quel intérêt y avait-il à faire mine de construire quelque chose entre nous, si c’était pour mieux me faire souffrir, hein ?! Tu crois que je ne suis pas assez accablée par tout ce que m’a fait subir Welka ?! DIS-MOI, TU PENSES QUE JE MÉRITE ENCORE PLUS DE SOUFFRANCES ?!!! Salaud, sans cœur ! JE TE HAIS ! »

Bon, voilà. Ça, c’était dit. Un peu calmée par ses aveux – mais oui, elle était calme là ! – elle observa quelques secondes son Kim adoré. Il avait l’air sacrément fatigué. Son visage, pâle et accablé, était tiré… Et il était encore habillé, ses vêtements tout froissés. Peut-être s’était-il endormi sur son lit sans même prendre le temps de se changer ?! Elle poussa un dernier cri de rage, pour éloigner d’elle toute inquiétude quant à son état. Après tout, il l’avait abandonnée pendant plus d’une semaine, alors que c’était justement à ce moment qu’elle aurait eu besoin de lui ! Et ça, c’était clair : elle ne pouvait pas le supporter. Cette certitude bien ancrée dans son esprit, elle le poussa contre le mur, l’y plaqua plus encore qu’il ne l’était déjà, cogna une nouvelle fois son poing contre… Et éclata en pleurs.

Pauvre petit Van Berghen, qui devait subir la folie maladie d’une femme malade, blessée dans son amour propre et peut-être même jalouse de ce qui occupait plus qu’elle-même l’homme qui avait volé son cœur ! Elle gémit longuement, se blottit contre lui, laissant ses larmes couler à flot sur ses joues. Il n’avait toujours rien dit, s’était laissé faire, subissant ses assauts répétés sans même se défendre. Le méritait-elle ? Non, décidément non. Elle n’aurait pas du tant s’y attacher. A cause d’elle, on voyait encore une cicatrice zébrer son arcade sourcilière. Ses lèvres avaient été mordues, par Néko sans aucun doute. Et elle était prête à parier qu’il avait d’autres blessures, à commencer par son épaule. Ivre de tristesse, elle se laissa aller contre son torse, laissant toutes ses craintes s’échapper dans des larmes emplies de douleur. Elle allait mal. Elle avait peur. Balbutiant, elle respira un peu son odeur avant de lui demander, d’une petite voix cassée, sifflante, où perçait une douleur incommensurable :

« Pourquoi m’as-tu abandonnée… Alors que j’avais tant besoin de toi… »

Allait-il la renvoyer, elle qui venait tout juste de l’agresser, ou bien accepterait-il de la consoler et de s’occuper d’elle, malgré l’heure matinale et son attitude détestable ? On n’était sûr de rien. Et elle espérait qu’il se rattraperait, que tout ne serait pas perdu, entre eux. Elle l’aimait. Elle l’aimait presque autant qu’elle avait aimé Zoltan. Et il ne pourrait rien faire de pire que de la laisser se perdre seule sur les sentiers des remords…
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Lun 9 Mai - 0:09

On lui avait enlevé son Tristan, on lui avait enfermé sa Lovy, coup par coup, sans qu’il puisse faire quoi que ce soit, ne pouvant partiellement qu’aider Shane Lewis, se sentant incapable de pouvoir apporter un quelconque soutient à ceux qui lui tenaient vraiment à cœur depuis des années. Enfermés dans ses responsabilités et ce qu’il pouvait faire, incapable de briser les murs qui le séparaient de ces deux êtres. Alors il s’était tourmenté, tout en essayant de se concentrer sur autre chose, son travail et l’épidémie de grippe qui sévissait à Nosco. S’il s’était sentit mal il l’avait mit de côté, l’oubliant pour ne pas y succomber. Et il n’était pas le genre à se droguer, ni à boire pour s’aider, alors s’il avait cherché un peu de contact humain, c’était sans plus, pour une conversation assez fade, toujours à moitié plongé dans ses soucis, sans le montrer. On avait forcement vu un changement d’attitude même infime dans son attitude, mais il continuait de faire des blagues, de sortir. Sans doute aussi le fait que Guilde lui confie des filleuls n’y était pas innocent. Les autorités avaient compris qu’il lui fallait prendre soin de quelqu’un, et Aaron, Ester et Arsène avaient parfaitement rempli ce rôle, sans doute aussi Shane. Sans eux, il se serait sans doute écroulé. Mais peut être parce qu’ils avaient besoin d’eux, qu’ils lui apportaient cette fraicheur dont il avait eu maladivement besoin, comme une nécessité. Peut être car la seule chose qui l’avait fait tenir autrefois c’était sa famille, et qu’il était presque indispensable pour lui de retrouver ce sentiment, savoir qu’il pouvait aider, servir à quelque chose et non pas rester là les bras ballants sans avancer. Et trois filleuls et un informaticien en détresse étaient exactement ce qu’il lui fallait pour pouvoir rester les deux pieds debout, et puis il y avait eu Lovy et son sourire. Jusqu’à ce qu’on l’emprisonne.

Et bien entendu il avait fallu qu’un évènement n’arrive pas seul, qu’on libère enfin Tristan après plus d’un mois de détention, en même temps que Lovy. Comme si Zoltan Nagy échangé avec les rebelles pour pouvoir récupérer le commandor, laissait forcement Karlovy Kinsky libre de tout soupçon ou de toute utilité. C’était stupide, mais loin de Kim l’idée de s’en plaindre au contraire, cependant il n’avait pas eu une minute à lui depuis que Darek était sorti. Trop de choses à veiller pour que l’informaticien reste en vie. Il était dans un coma, pas très profond certes, mais il restait entre la vie et la mort… Alors, alors que Lovy était encore vivante, très amochée certes, mais elle avait simplement besoin de temps. Pour que son corps et son esprit se soigne. Darek avait besoin de soins médicaux, Lovy de réconfort. Et finalement il avait réussit ou tout du moins essayé de leur prodiguer aux deux en même temps. Une présence physique pour son ami de longtemps, et quelques mails pour Karlovy. Certes c’était forcement insignifiant et fort peu. Pourtant, il savait qu’il ne pourrait pas faire front à tout en même temps. Et surtout, il y avait eu l’aveu que Nékorovy lui avait fait, celui qui affirmait sans aucun doute que Lovy avait couché avec Shane.

Dire qu’il avait très mal prit la nouvelle aurait été un euphémisme. Définitivement s’il ne leur en voulait pas, il avait eu le cœur brisé. Et s’il voulait aider Lovy, il ne voulait pas la croiser, pas affronter ses yeux et devoir lui lancer un regard blessé. Elle n’avait pas besoin de cela maintenant, il lui fallait quelqu’un pour la réconforter, et si ce devait être Lewis, alors ainsi soit il. Les deux lui avaient permit de tenir pendant l’absence de Tristan, alors s’ils lui avaient fait du mal, il ne pouvait les haïr ou les détester. Non, il aimait toujours Karlovy, sachant simplement qu’elle ne l’aimait plus. Tant pis, il resterait de côté et ravalerait ses sentiments, allant se consoler dans d’autres bras que les siens. S’il ne devait que rester l’ami, alors tant pis, ce n’est pas comme s’il avait eu l’habitude d’être chanceux en amour dans cette vie-là. Peut être à cause de son ancienne, ou parce qu’il avait une certaine chance dans tout ce qu’il faisait et qu’on ne pouvait donc pas tout lui accorder.

D’ailleurs le destin l’aidait encore un peu, puisque l’épidémie de grippe était tellement importante qu’il n’avait plus le temps de jouer au scientifique, et donc il restait cantonné dans la partie médicale du Sapientia, ce qui lui permettait d’avoir une bonne excuse d’éviter Karlovy. Alors oui, volontairement il n’avait pas croisé son chemin, il n’était même pas allé frapper à sa porte, s’enquérir de sa santé. Il venait tout juste de lui offrir le pire des sentences : celle de l’indifférence. Il l’avait ignoré, car s’il avait posé un seul regard sur elle, il n’aurait pas pu la laisser repartir. Il aurait voulu une explication, il aurait voulu la détourner de Shane, tout en sachant que l’informaticien était peut être mieux pour la jeune femme que lui. Il était jaloux, il l’avait toujours été, possessif. Incapable de laisser partir quelqu’un à qui il tenait, souhaitant plus que tous les protéger, même contre leurs grés. Mais Karlovy ne lui appartenait pas, ils n’étaient rien légalement l’un pour l’autre, si ce n’était des fous qui s’étaient embrassés avec passion devant quelques caméras. Elle avait été fiancée à Zoltan, et c’était à Shane qu’elle avait dit ces mots que Welka lui avait fait entendre. Elle l’aimait et dans ce cas là il espérait qu’ils seraient heureux, et qu’il n’aurait pas trop à les voir dans les bras l’un de l’autre trop souvent. Rien que d’entendre la liste des conquêtes d’Ambre lui faisait mal, alors qu’ils s’étaient quitté presque dans un commun accord. Oui, elle l’avait largué, mais il n’était pas revenu, brisant le cercle vicieux qu’ils avaient mis en place depuis trop de temps. Il s’était fait oublié et l’avait ignoré pendant assez de temps pour que le contact soit rompu réellement.

Ce soir-là, il n’avait absolument pas imaginé qu’après le réveil de Tristan rien ne serait plus simple, puis qu’il avait continué à veiller sur lui. Mais le commandor allait mieux, il souhaitait même reprendre le travail, Kim n’avait plus besoin de veiller d’aussi près à sa santé, ni de dormir chez lui. Sans doute était-ce la fatigue, ou plutôt ses collègues et membres du personnel du Sapientia qui l’avait poussé une fois de plus à rentrer chez lui. Habituellement, il refusait avec force de conviction, déclarant qu’il était très bien à dormir au Sapientia, dans un lit d’appoint, ou comme il l’avait fait pendant la semaine précédente simplement sur une chaise dans la chambre, comme il avait accompagné chaque nuit de son patient dans le coma. Mais là, il n’avait pas eu le courage d’argumenter, sa bouche s’était simplement ouverte avant de se refermer sans lâcher un mot, acquiesçant à la demande de chacun. D’accord, si on voulait se débarrasser de lui, il irait dormir chez lui, seul. Il était parti comme un zombi, marchant mécaniquement vers son appartement, chemin qu’il avait prit des centaines voir des milliers de fois et qu’il connaissait par cœur, il aurait pu le faire les yeux fermés, d’ailleurs il dormait à moitié, ne pouvant retenir des bâillements de sommeil qu’il dissimulait à peine derrière sa main. Lorsqu’il avait passé le seuil de sa porte, il eut peine à reconnaître son chez-lui, qui ne lui semblait plus aussi accueillant. Et puis la fatigue était tombée comme un poids sur ses épaules, il s’était dit intérieurement comme pour se donner du courage… « Aller, je fais une petite sieste, rapide dis minutes pas plus et ensuite je prends une douche et je mange et je.. ». Trop tard il s’était allongé un instant sur son lit, pour réfléchir à tout ce qu’il ferait en se réveillant dans « quelque minutes » et voilà qu’il venait de s’endormir, dans un sommeil profond certes mais peuplé de cauchemars et troublé. Pourtant, il n’ouvrit pas les yeux avant trois heures trente-trois du matin, alors qu’il lui semblait entendre des coups de feu. Il se réveilla en sursaut. C’était la guerre ? Hein, non. Il était à Nosco. Jetant un œil à côté de son lit il distingua l’heure ainsi que la fenêtre qui laissait briller la nuit et ses étoiles, mais aucune trace de pluie. Qu’est ce qui faisait tout ce boucan alors ? Il avait simplement envie de dormir, de replonger entre ses draps.

Mais les bruits semblaient continuer, et l’empêcheraient certainement de replonger dans ses chers cauchemars, il grogna avant de sauter sur ses pieds. Il alluma à tâtons la lumière qui lui arracha un nouveau grognement tandis qu’il clignait des yeux. Il nota qu’il avait tout de même prit soin de retirer ses chaussures dans sa demi-conscience. Il continua son chemin en allumant les lumières et espérant que cela le réveillerait un minimum. Plus il se rapprochait de la porte, plus les bruits l’inquiétait, ainsi que les cris qu’il semblait distinguer. Une voix de femme. Instantanément il pensa à Ambre Belham, il n’y avait qu’elle pour faire ce genre de choses non ? Il ouvrit donc la porte, il eut juste le temps d’apercevoir son voisin de pallier ainsi que le visage rouge de colère et marqué de blessures de Lovy. Se laissant repousser sur ses pas, il esquissa un sourire de pardon à son voisin de d’en face, notant qu’il allait devoir aller s’excuser plus tard. La porte claqua avec brutalité révélant à quel point Lovy semblait en colère. Elle attrapa sa cravate et il ne se débattit même pas dans l’état d’inconscience qu’il était, se laissant plaquer au mur et giflé mentalement par la rudesse du « toi » qui avait été craché plus que parlé. Il ne se souvenait pas avoir fait quoi que ce soit aujourd’hui qui ai pu heurter Lovy, comme d’habitude, il avait prit soin de l’éviter et… Voilà qu’elle portait ses mains à son cou, tandis que le scientifique remarquait qu’elle portait encore son cadeau… non pas pour très longtemps puisqu’elle le lui jeta en pleine face un instant plus tard avec toute la hargne possible. Qu’est ce qui avait mal tourné à ce point ? Avec Ambre, avoir de telle dispute était normal, ils avaient commencé à s’apprécier avant de se faire du mal mutuellement, mais là…

Il retint son souffle tandis que son cœur se brisait de voir une fois de plus sa Lovy aussi amochée, et en colère, tel un volcan en éruption. Il ne comprenait pas les insultes qu’elle lui lançait, se prenant chaque mot comme un coup de plus. Mais Karlovy avait trop de rage, n’utilisant pas simplement ses accusations, mais aussi des attaques physique pour apaiser sa fureur. Elle semblait encore souffrir de ses blessures et pourtant ne s’arrêtait pas, se blessant tout autant qu’elle le blessait. Il grimaça lorsqu’elle cogna contre son tibias, glissant un peu sur le côté, mais toujours adossé au mur. C’était la première fois qu’elle lui avouait l’aimer, deux fois de suite, et le tout était accompagné d’insultes, et se finis dans un « je te hais ». Pourquoi les paroles qu’il avait tant attendues devaient elles être prononcées dans de telles circonstances ? Il la fixait presque sans comprendre, malheureux comme un mort. Elle allait si mal ? Si Shane lui avait fait du mal… Il ne lui pardonnerait pas cette fois-ci. Mais que voulait dire tout cela ?! Comment pouvait-elle l’accuser de ce qu’il lui aurait lui-même reproché ?

Et puis comme souvent pour les personnes qui ont trop de colère, elle éclata en sanglot, laissant échapper des larmes de souffrance tout en se blottissant contre son torse. Que fallait il répondre et que fallait il faire ? Il aurait eu besoin d’avoir les pensées claires, de se prendre un bon café et de parler tranquillement. Seulement ça n’arriverait pas. Alors il passa ses bras autour de Lovy, la serrant doucement contre lui, pour qu’elle ne parte plus et qu’elle reste, pour qu’elle ne tombe pas sous les coups de ce qu’il lui dirait. Ses premiers mots furent rassurants, sans doute pour protéger de ceux qui suivaient.

Je t’aime, je t’aime comme un fou Lovy. Je ne t’ai jamais abandonné, même si tu as pu le penser. Je serais toujours là, même si tu me haïs.

Il la gardait contre lui, évitant de serrer trop fort pour ne pas lui faire mal, mais espérant qu’elle ne se débattrait pas. Elle allait vraiment se blesser, sous le coup d’une folie passagère. La passion n’était vraiment pas la meilleure des alliés, elle soufflait à l’oreille des amoureux de quoi les faire sombrer dans la démence, parce qu’elle était le sentiment le plus fort, surplombant même la colère ou la tristesse. On pouvait tout faire par amour, même et surtout blesser l’être cher. Et les mots qui suivirent furent bien plus violent, blessant pour la blessure qu’il avait reçue. Il s’arrêta un instant, avant de continuer, d’une voix plus froide, qu’il espérait sans sentiment pour ne pas trahir la colère qui l’habitait à son tour, ni le sentiment de culpabilité. Pourtant il n’était pas de ceux qui restaient froid comme la pierre, pourtant ces mots étaient glacés.

Tu ne peux pas me dire m’aimer, ou ce serait trahir tes sentiments pour Lewis. Que tu gardes Zoltan dans ton cœur, je peux le comprendre, mais… Welka a bien des choses à révéler lorsqu’il s’agit de torturer quelqu’un. Dis-moi, lui aussi tu l’aimes ?

Il la blessait sans scrupules, mais il avait besoin de savoir, d’être sur. Et si elle lui répondait que oui, alors il préférerait couper vraiment les ponts pour quelques temps, et il penserait sans doute avoir eu raison de l’ignorer pendant près d’une semaine.

Tu as raison de me haïr, parce que je t’ai trompé aussi. Tu m’as fait trop mal en jouant avec moi. Si tu voulais juste une aventure, tu aurais dû me le dire que tout soit clair dès le départ… Pourtant je t’en veux moins que je ne t’aime. Mais si tu dois quitter cette pièce pour ne plus revenir, je préfère que ce soit en me haïssant et que je le sache, plutôt que tu me laisses encore une fois dans le doute.

Il avait plongé ses doigts dans les plis de la blouse de sa belle, s’agrippant à elle. Il ne voulait pas qu’elle parte, il ne voulait plus qu’elle s’en aille. Il avait joué franc jeu, lui avouant ce qu’il savait, autant que ce qu’il avait fauté. Ambre ne lui aurait jamais pardonné, et il pensait bien que Lovy risquait une nouvelle fois d’exploser, en mots ou en gestes, alors il la serrait un peu plus contre lui, pour qu’elle se calme. Pourquoi était-il impossible d’avoir une conversation civilisé ? Pourquoi fallait-il qu’ils se fassent tant de mal ? Il ruinait toutes ses histoires d’amour à Nosco, que ce soit en trompant son aimé, ou parce que celle-ci le croyait. Alors à quoi bon ? Pourtant tant de haine au milieu de tant d’amour ? Il murmura une dernière fois.

Je t’aime Lovy.

_________________
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Lun 9 Mai - 20:56

1520 mots
...
J'ai parlé au moins autant que Kim ! xD


Quel plaisir, quel soulagement quand elle sentit les bras de cet être tant aimé se refermer autour d'elle. Alors, il n'en avait pas rien à faire d'elle ? Alors, il s'intéressait à son cas, voulait la voir aller bien coûte que coûte ? Alors, il était là pour elle, pour la rassurer ? Sans hésiter, elle laissa ses larmes rouler sur ses joues, comme des objets non attachés sur le pont d'un navire affrontant la colère des flots. Elle était en terrain allié maintenant. Elle pouvait se laisser aller sans ne plus jamais devoir traverser la mer seule. Il y avait Kim. Ils étaient deux. Et à deux, ils ne pouvaient qu'être forts... Surtout qu'il lui disait l'aimer. Ses larmes redoublèrent, tandis qu'elle l'écoutait, qu'elle abandonnait une fois encore cette carapace qu'elle avait mis des années à construire, qu'elle se livrait corps et âme à l'étreinte de son aimé.

Pourquoi alors le terme « haïr » apparaissait-il dans sa diatribe, comme le signal que quelque chose de mauvais allait arriver ? Elle avait déjà oublié lui avoir dit le détester, ne le pensait de toutes façons pas... Pourquoi voulait-il donc qu'elle le haïsse ? La puce à l'oreille, Karlovy se raidit, ce geste lui tirant un gémissement de douleur venant de ses côtes, et elle se recula légèrement, pour voir son visage, pour voir sa punition. Qu'avait-elle fait pour mériter encore une sentence, hein ?! La dernière fois qu'un être qu'elle aimait lui avait demandé de ne pas le haïr, c'était quand Zoltan s'était rendu dans les sous-terrains. Quand il l'avait abandonnée au profit des rebelles. Sa mâchoire se serra, tandis que sa salive se bloquait dans sa gorge. Allait-il lui aussi partir ?

Non. Il allait faire bien pire que ça. Il avait fait bien pire que ça. Sa voix devint froide, son visage se raidit, sans parvenir à cacher pour autant la douleur qui le tiraillait. Il souffrait, et Lovy se sentait mal de le voir ainsi. Tremblante, elle attendit qu'il lui explique d'une voix monocorde. Lewis ?! Que venait-il faire dans cette fichue conversation, je vous le demande ! Heurtée par ce qu'il disait – pourquoi donc devrait-elle aimer Lewis ?! - elle mit quelques secondes à comprendre. Ah oui. Lewis. Celui chez qui elle avait simulé l'acte, afin de l'amener dans sa chambre, de fuir les caméras et de lui emprunter son épée. Alors la Veuve Noire avait osé faire ça ?! Elle avait osé lui passer la bande son, lui faire croire que... Qu'elle l'avait trompé ! Qu'elle en aimait un autre que lui ! Qu'elle livrait son coeur au premier venu !

Mais la stupeur laissa vite place à la colère. Non pas envers Nékorovy, qui avait vraiment usé de moyens bas, si fourbes, si... Mesquins ! Non. Ce n'était pas étonnant venant d'elle. Elle n'était pas maîtresse des tortures pour rien. Mais la colère de Karlovy était, cette fois encore, dirigé vers Kim. Le docteur Van Berghen. Un scientifique. Ses sentiments l'aveuglaient-ils au point d'empêcher son cerveau de fonctionner ?! Comment donc avait-il pu croire pareilles âneries ?! Loin de se douter que quelques jours plus tôt, une dispute similaire avait-eu lieu entre Lewis et Anthelmios, les amants cachés, elle sentit son esprit bouillir, et la rage la submerger de nouveau. Et puis, ça arriva, comme un déclic, arrêtant la nouvelle crise de colère qui menaçait de la faire exploser.

Tu as raison de me haïr, parce que je t’ai trompé aussi.

Je t'ai trompé aussi. Je t'ai trompé aussi. Je t'ai trompé aussi. La phrase tournait dans l'esprit de Karlovy, en rond, lancinante, douloureuse. Il l'avait trompée. Il l'avait trompée en pensant qu'elle l'avait trompé. Mais pourquoi ne lui en avait-il pas parlé, par Joshi ?! Pourquoi est-ce que tout devait tourner comme ça ?! Qu'avait-elle donc fait pour que toutes ses histoires d'amour finissent mal, ne lui apportent qu'un bonheur succinct, passager, bien trop court pour être vraiment nourrissant. Elle ne pouvait pas supporter de savoir qu'il avait fait ça. D'un coup d'un seul, il avait pris son coeur, l'avait piétiné, l'avait déchiré et en avait fait des confettis mortellement douloureuses. Elle n'avait même plus la force de pleurer ou de s'énerver. Mais elle devait lui dire.

Elle devait lui dire la vérité, lui expliquer pourquoi... Pourquoi elle ne voudrait plus jamais le voir. Jamais. Il la serrait contre lui, retenait sa blouse... Geste futile. Elle se dégagea, attrapa sa main, l'attira vers sa salle de bain... Qu'allait-elle faire ? L'agresser sexuellement dans un coin, ou bien l'exploser, le massacrer loin des caméras ? Ou alors, elle faisait en sorte de s'éloigner des dites caméras ? Connaissant la demoiselle Kinsky, dont les passions lui valaient bien des misères, cette dernière solution semblait la plus raisonnable. Etait-elle raisonnable ? A cet instant, elle n'était plus qu'une coquille vide. La raison était donc quelque chose qui semblait lui convenir parfaitement. Elle referma la porte, et murmura, à voix basse, sur un ton monocorde, morne qui ne lui ressemblait pas :

« Je suis descendu voir Zoltan pour lui parler de toi. Je t'aimais Kim. Je t'aime toujours, d'ailleurs. Mais j'aurais eu l'impression de le tromper si je ne l'avais pas prévenu. Alors, j'ai décidé d'aller dans les sous-terrains... Je ne savais pas que j'allais faire souffrir tant de monde, je ne pensais pas que... »

Sa voix se brisa, tandis qu'elle sentait une immense tristesse la submerger, si grande qu'elle n'avait presque plus le courage de rester debout, qu'elle n'avait plus qu'une envie : fuir cette révélation, fermer les yeux et dormir. Eternellement. Pourtant, elle continua, sa voix emplie d'un véritable regret :

« Je ne pouvais descendre sans arme. C'aurait été vraiment trop inconscient, même une idiote comme moi en a conscience. Et Lewis me devait un service, avec l'histoire du Sapientia. »

Kim comprenait-il ce qui allait suivre ? Se rendait-il compte de son erreur ?

« Alors je suis allée le voir. Mais les caméras me suivent depuis toujours, je pouvais pas en parler devant elle. Jai donc inventé cette scène de toute pièce. J'ai fait comme si j'avais envie de lui, alors que je ne rêve que de toi. J'ai simulé l'acte. Pour l'amener dans sa chambre. Et il a joué le jeu. Et j'ai négocié cette épée, au prix de quelques petits cris, et d'une griffure dans le dos... »

Elle laissa le silence planer quelques secondes, avant de renchérir, à voix basse.

« Je n'ai pas couché avec Lewis, docteur Van Berghen. Je ne l'ai même pas embrassé. »

Nouveau silence, loud, pesant.

« Mais toi Kim. Toi, tu as couché avec quelqu'un, je ne veux même pas savoir qui. Je devrais te haïr, et je ne peux même pas. Je pourrais mépriser cette basse vengeance, mais je t'aime bien trop pour ça. Je ne peux même pas dire que tu m'as trompée : on n'était pas officiellement ensembles. Ce n'étaient que quelques baisers, n'est-ce pas ? »

Une grimace, et elle s'approcha de lui, ignorant sa côte qui lui faisait de plus en plus mal, à mesure que son souffle lui échappait, accélérait à la fois par la douleur et le désir... Elle posa doucement ses lèvres sur les siennes, furtivement, lui vola un baiser. Le dernier baiser. C'était trop de souffrances, ça ne valait pas le coup...

« Je t'aime Kim. Et je refuse de te faire souffrir. »

Lentement, elle fit demi-tour. La suivrait-il ? Peut-être, peut-être pas. Elle s'en fichait. C'était fini. Elle devait l'abandonner pour lui éviter de souffrir encore, pour qu'il n'aie pas à subir les surveillances constantes de la Guilde, les affronts, les hontes... Elle devait l'abandonner pour qu'il ne se trahisse plus, pour qu'il arrête d'aller mal. Elle avait vu son état. Il ne devait même plus dormir. Traînant difficilement sa carcasse jusqu'à la porte, elle sortit, sur une dernière prière :

« Je suis désolée de t'avoir fait souffrir. Et je suis désolée de t'avoir réveillé au milieu de la nuit. Présente mes excuses à ton voisin. Adieu. »

Dans un murmure, elle rajouta qu'elle ne voulait plus jamais le voir. Puis elle passa la porte, un air de zombi sur le visage. Elle souhaitait ardemment qu'il la suive, qu'il la rattrape. Et en même temps, sa raison lui soufflait que mieux valait qu'il reste où il était. Qu'ils en arrêtent là. Finalement, elle courut, ignorant sa respiration sifflante et l'intolérable souffrance qui l'envahissait. Elle s'en fichait. Cette douleur n'était rien, face à ce qui venait de frapper son coeur, son âme et sa conscience... Elle avait l'impression que jamais Ô grand jamais elle ne s'en remettrait. Elle aurait pu rejoindre son laboratoire, nettoyer ses dégâts... Mais elle n'en avait pas le courage. Elle ne rêvait plus que de son lit, son oreiller et... Et elle jouerait avec sa barrette. Oui, elle jouerait avec sa barrette, en maudissant tout ce qu'elle pouvait maudire, en se haïssant à voix haute et en regrettant amèrement d'avoir laissé le collier, peut-être brisé par la façon dont elle l'avait lancé au visage de Kim, chez ce dernier. Elle n'en pouvait plus. Son doigt ouvrit la porte, et elle se jeta sur son lit dans un cri, éclata en lourds sanglots... Qu'avait-elle fait, par Joshi ? Qu'avait-elle fait !

Et pourquoi faisait-elle encore souffrir Kim ?!
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Mar 10 Mai - 0:51

hj: désolé pour ma réponse, j'ai repris ce que j'avais déjà écrit donc ca correspond pas à 100% à notre rp mais là il est tard, et je DOIS dormir... Au pire j'essaye de m'éditer demain. Les rimes n'ont pas été touchés, donc forcement... bref tu verras. Dis moi si ça ne te va pas. Désolé ><

dj:

Il s’était attendu à ce qu’elle s’énerve encore plus, à ce qu’elle le repousse, qu’elle lui hurle à quel point elle lui en voulait… C’est ce qu’aurait fait Ambre, tout en ravageant très certainement son appartement. Mais non, étrangement Lovy était restée calme, et les larmes s’étaient presque calmées. C’en étaient encore plus impressionnant et inquiétant. Il ne l’avait pas retenu lorsqu’elle s’était dégagée, il savait qu’il risquait de lui faire mal, et ça il voulait l’éviter à tout prix. Surtout après ce qu’il venait de lui dire. Et pourtant elle restait là, sans s’énerver, lui attrapa la main pour l’emmener vers la salle de bain. Il suivit doucement, elle était trop blessée pour lui faire le moindre mal, et il était trop fatigué pour lutter. Et il écouta, oreilles grande ouverte, cerveau à moitié connecté à cause du manque de sommeil. Et pourtant ses neurones se connectaient et faisaient passer l’information, la voix monocorde et désabusée de Lovy. Comme si on venait de lui faire perdre toute joie de vivre, de briser à jamais son sourire, il venait de lui détruire le cœur. Il n’aurait pas pu mieux s’y prendre pour qu’elle le haïsse à jamais. Elle n’avait pas… elle n’avait pas couché avec Lewis. Il s’était simplement laissé emporter par le doute et la colère. Et elle lui avoua, elle lui répondit tout sur un ton des plus calmes, sans hausser la voix. Et elle employa son nom de famille, comme si elle ne le connaissait plus, comme si elle ne le reconnaissait plus. Et elle avait bien raison. Elle n’avait même pas embrassé Shane ? Et quoi, il l’avait accusé de le tromper. Il lui avait jeté en pleine face sa propre faute, le fait qu’il s’était jeté dans d’autres bras pour l’oublier un soir. Il l’écoutait parler sans pouvoir réagir, tant il se sentait idiot. Il était tétanisé, perdu et ne savait plus comment réagir, il cligna des yeux lorsqu’elle posa ses lèvres sur les siennes, sans comprendre, enregistrant seulement qu’elle venait de redire « je t’aime ». Et puis un « adieu », il avait enfin reprit vie, si l’on pouvait appeler ainsi l’état dans lequel il se trouvait, s’approchant pour la retenir, il n’entendit que le murmure qui répondait qu’elle ne voulait plus jamais le revoir. Plus jamais. Et puis, elle partie en courant tandis qu’il s’effondrait à terre un instant. Comment avait il pu tout gâcher à ce point ? Il aurait voulu l’aider, toujours la protéger, et voilà qu’il lui avait fait encore plus de mal que personne dans ce monde. Faudrait il toujours qu’il s’en veuille à ce point pour tous ses choix, toutes ces actions ? Quel était cette force qui le poussait toujours dans la mauvaise direction, quelque soit sa volonté initiale de faire le bien. Y avait-il encore une chance de rattraper tout cela ? Oui, sans doute, du moins en temps qu’ami. Elle avait besoin de lui, définitivement sa visite était un appel à l’aide, et il avait tout autant besoin d’elle. Grognant entre ses dents, il lâcha un

Scheisse.

Il avait fini par se relever et son premier réflexe fut de profiter du lavabo à ses côtés pour se passer de l’eau fraiche sur le visage, se réveiller vraiment, il en avait besoin, il en aurait certainement besoin, la nuit n’était pas finie et était loin de l’être… en tout cas il avait fini de dormir pour aujourd’hui. Tant pis pour ses collègues, au moins ça montrerait qu’il ne dormait pas mieux et n’était pas plus tranquille chez lui. Enfin heureusement qu’il n’avait pas raté Karlovy, sinon elle aurait certainement… Non, il fallait arrêter d’imaginer, rester dans le présent, dans la réalité et quitter le monde des rêves ou celui des cauchemars. Se séchant rapidement le visage, il alla ramasser le collier de sa belle, tout en vérifiant qu’il avait au moins son bipper et son mini ordinateur sur lui. Bien, on pouvait le contacter en cas d’urgence, alors il allait s’occuper de son urgence à lui. Et elle s’appelait Lovy. Fermant la porte de son appartement derrière lui, il constata que ledit voisin était déjà reparti dormir sur ses deux oreilles, et se dépêcha donc jusqu’au deuxième étage, direction la porte close de Karlovy. Il frappa doucement à la porte. Sachant qu’elle saurait parfaitement que personne de censé n’irait la déranger à une heure pareille de la nuit, si ce n’était celui dont elle avait troublé le sommeil.

Elle ne semblait pas prête à la lui ouvrir sa porte. Il s’écroula donc adossé au mur d’en face, fixant la barrière qui le séparait de son adoré. Il ne pouvait pas décemment défoncer l’entrée de l’appartement, et puis avec les caméras c’était bien trop risqué.

La laisser seule ? Non, c’était hors de question, c’était trop dangereux, c’était prendre un risque inconsidéré et inutile. Tant pis si elle ne voulait pas qu'il entre, ne voulait pas dormir chez lui, ou qu’il dorme chez elle, alors il veillerait devant sa porte. Tristan allait mieux, ce n’était pas formidable certes, mais il était fort mentalement, il avait toujours été un solitaire. Et Lovy avait besoin de quelqu’un, médecin, ami ou amant, elle avait besoin d’une présence et de ne plus être seule, plus jamais seule. Rester ainsi, tel une statue devant porte close pouvait sembler extrême, mais lorsqu’on sait que la Brigade peut débarquer à tout moment pour l’enfermer à nouveau dans une cellule sans fenêtre ni hygiène et pour de longs jours de tortures sachant ce qu’elle venait déjà de subir… Non, il ne le permettrait pas, quitte à ne pas dormir. C’était décidé, il ne la quitterait plus des yeux. Il avait cru bêtement qu’elle avait besoin de réfléchir, de faire le point sur ses sentiments et ses trois grands amours. Il avait préféré la laisser dans le doute, l’éviter pour ne pas avoir à l’affronter, sachant ce qu’il en ressortirait. Pourtant, il lui avait envoyé des mails, chaque soir, dès qu’il avait un moment de libre écrivant pour elle. Car il voulait savoir comment elle allait, savoir qu’elle était toujours là, luttant et libre de ses chaines. Les brigadiers ne viendraient pas par la fenêtre alors surveiller la porte était suffisant. Si elle préférait être seule il comprenait. Simplement il ne pouvait pas l’abandonner, alors il s’était installé en face de la porte immobile, laissant ses pensées divaguer, voguer loin… jusqu’à ce qu’il ouvre son mini ordinateur et se connecte au réseau alpha. Alors il fit ce qu’il faisait depuis plus d’une semaine, lui écrire, parce qu’il ne pouvait que lui parler avec des mots, il avait ouvert une page pour écrire un mail, ou plutôt un poème à sa douce. Laissant les mots s’inscrire comme inconsciemment.

De : kim@nosco.nv
A : lovy@nosco.nv
Objet : Parce que tu n’es pas seule…

Je suis tel le veilleur
Qui observe le coucher du soleil,
Jusqu’à ce qu’il soit l’heure,
Que ta lumière s’éteigne et que te vienne le sommeil.

Je suis ton chevalier attendant en bas de la tour,
Genoux au sol devant sa bien-aimée,
Nul dragon ne viendra te déranger
Car je me battrais de toutes mes forces et de mon amour.

Je suis l’amant triste mais heureux
Celui que tu laisses sur le pas de ta porte ici,
Le monde des rêves m’est interdis
Car c’est ton visage que j’aperçois, dès que je ferme les yeux.

Permet-moi d’être ton ange, ton gardien,
Sans poser de chaine à tes gracieux pieds
Je sais qu’à nul autre que toi-même tu appartiens
Laisse-moi t’aider, sans t’attacher.

Accorde-moi d’être le lecteur
Des pages que tu écris,
Chacune de tes paroles est sans prix
Elles viennent de contrées qu’ignore même le plus téméraire et intrépide des voyageurs.

Tolère au moins que je sois ton confident
Ne serait ce qu’un instant.
Tes secrets jamais je ne révèlerais, alors murmure à mon oreille,
Et parle-moi de tes peines.

Je préfère reste dehors, attendre devant ton appartement
Sans que tu m’accordes cette faveur
Plutôt que d’être banni de ton cœur
Et que tu mettes fin à tout ce qu’il y a en moi de vivant.

Je resterais à l’entrée à toute heure,
Servirais de barrière à ceux qui voudraient entrer.
N’ai aucune crainte, aucun peur,
Tant que je suis là sur le seuil à veiller.

Et si un jour, ton cœur tu blesses,
Daigne au moins m’accorder
Que je puisse être celui qui panse ces plaies
Pour transformer en force cette passagère faiblesse.



Si « je t’aime »
Signifie en fait
Que de toutes la plus belle tu es
Alors sans cesse je le répèterais.
Parce qu’il n’est jamais trop tard,
Pour oublier et prendre un nouveau départ,
Si un jour j’en ai l’audace, je t’apprendrais
A de nouveau savoir conjuguer, le verbe aimer.

Ton Kim


Il ne se relu presque pas avant de poster et d’envoyer le courriel. Il avait peur qu’elle fasse un cauchemar ce soir, qu’elle ne puisse fermer l’œil à cause de tous ces problèmes qui flottaient au dessus d’elle tel un nuage noir, telle une épée de Damoclès. Il ne voulait pas la laisser affronter cela seule, sans arme, ni bouclier, sans protecteur.

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Mar 10 Mai - 17:14

2013 mots

Karlovy pleurait toutes les larmes de son corps. Elle avait tant pleuré, ces derniers temps, qu'elle en venait à se demander comment elle pouvait encore avoir de l'eau dans les yeux. Son corps entier était douloureux, son esprit bouleversé... On avait détruit sa fierté, on l'avait torturée, on lui avait enlevé sa force, ses barricades... Et si elle avait tant baissé sa garde, c'était parce qu'elle aimait de nouveau. C'était parce qu'elle aimait Kim, qu'elle savait qu'il serait là si plus rien n'allait, qu'elle savait – non, qu'elle pensait ! - pouvoir avoir entièrement confiance en lui. Elle avait imaginé un futur à deux de nouveau, la fin de sa solitude éternelle, forcée, depuis que Zoltan l'avait abandonnée à son triste sort. Pourtant... Pourtant... Pourtant elle s'était trompée. Kim aussi l'avait laissée seule, comme un vulgaire déchet qu'on jette quand on n'en a plus besoin.

Oh, bien sûr, elle exagérait. Accablée par le malheur, elle voyait tout en noir, devenait d'un effrayant pessimisme. Ce devait être de sa faute, non ? Ce devait être de sa faute si tous les hommes qu'elle aimait s'enfuyaient, ou bien chez les rebelles, ou bien dans les bras d'une autre – elle ne pouvait même pas imaginer que c'était dans les bras d'un homme, que Kim s'était réfugié. Un gémissement lui échappa, tandis qu'elle mâchouillait cet oreiller qu'elle écrasait dans une puissante étreinte. Lui au moins l'accompagnait toutes les nuits. Lui au moins ne l'abandonnerait jamais. Il avait vécu tant de choses avec elle, cet oreiller ! Ses accès de tristesse, fréquents il fut un temps, bien rare depuis une dizaine d'année. Ses colères, nombreuses. Ses plaisirs solitaires... Son sommeil, tranquille ou agité. En fait, cet oreiller, c'était l'homme parfait, non ? Toujours là pour elle, soumis à ses désirs, et incapable de parler ou de la tromper.

L'alcool a de drôles d'effets sur un être humain. Les sentiments aussi, et quand ils sont trop forts, ils créent une sorte d'ivresse proche des dégâts de l'alcool. Parfois, on rit sans le vouloir, on éclate de bonheur. Parfois, on brise des erlenmeyers et on réveille la moitié de l'Aedes. Et parfois, on fait n'importe quoi tant que ça peut apporter un peu de réconfort. Ivre de tristesse, Karlovy avait décidé qu'elle ne pourrait se réfugier que dans les bras que son oreiller n'avait pas. Tremblante, malheureuse, de grosses larmes roulant sur ses joues, elle prit son compagnon d'infortune tout contre elle et lui murmura, d'une toute petite voix :

« Epouse moi, Oreiller. »

Puis, elle prit l'angle de l'objet et lui fit répondre :

« Oh oui, je serai toujours à tes côtés Lovy !
- Tu es si adorable oreiller !
- C'est parce que je t'aime Lovy ! »


Amusée par son petit manège idiot, qui lui permettait de passer à autre chose, de penser à autre chose et tout et tout, elle se leva, fit mine de se recoiffer, posa son oreiller sur son lit et, après être sortie de la pièce, passa la porte d'un pas lent, faussement ému, en fredonnant la musique classique de l'entrée de la mariée en Nosco. Puis elle récita la cérémonie, qu'elle connaissait par coeur, malgré le peu de mariages dans la cité – et avec raison d'ailleurs ! Il fallait être fou pour se lier à quelqu'un pour l'éternité... Au moment où elle demandait si quelqu'un avait quelque chose contre cette union, qu'il se lève et parle, ou qu'il se taise à jamais, trois coups retentirent à sa porte. Trois petits coups, bas, mais présents au pire moment possible.

« Kim... »

Elle avait murmuré ce nom entre ses dents, sentant de nouveau une rage folle l'envahir. Elle se croyait forte, mais en réalité, elle était soumise à ses passions. Elle grogna, le coeur serré. De quel droit lui gâchait-il sa cérémonie de mariage, hein ?! De quel droit relançait-il sa souffrance et son malheur ?! Quel égoïste !! Quel égoïste ce Kim ! Comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point, en le croyant généreux et attentif ?! En réalité, il ne pensait qu'à lui, qu'à son petit plaisir et à son bonheur personnel. Il devait s'en vouloir, le petit Van Berghen, hein ?! Et s'il croyait qu'il aurait son pardon, il pouvait aller se faire voir ! Il se mettait le doigt dans l'oeil ! Jusqu'au coude ! Comme une enfant boudeuse, elle croisa les bras, et n'alla pas ouvrir. Il repartirait bien, non ?

Et puis d'abord, il était hors de question qu'elle ne fasse rien sous prétexte qu'il était revenu ! Elle allait faire comme d'habitude, tiens ! Une moue boudeuse sur le visage, elle fila dans sa cuisine et se fit une petite infusion, qu'elle avala avec plaisir. Puis elle marcha en rond dans son appartement. Que pouvait-elle bien faire, hein ? Tenez, elle n'avait qu'à retourner dans son laboratoire, et nettoyer les dégâts ! A moins qu'elle ne passe d'abord sur son ordinateur. Elle devait bien avoir un message de ce sombre inconnu, auquel elle s'était attachée, mine de rien. Elle appréciait d'avoir des nouvelles... Devait-elle lui avouer ce qu'elle pensait de Kim Van Berghen ? Non, décidément non. Tout cela lui appartenait à elle et à elle seule.

Souriante, affichant une attitude provocante tant elle semblait bien, elle alluma son petit écran. Quel contraste avec ce qui avait précédé, n'est-ce pas ? Mais elle était trop fière, pour supporter de garder cette attitude triste de vaincue ! La tête haute, malgré ses yeux encore rougis et la façon dont elle tenait ses côtes, toujours aussi douloureuses, elle observa l'engin s'allumer. Ce n'était pas du dernier cri... En fait, il devait même dater du départ de Zoltan... C'est pourquoi il lui fallait un peu de temps pour se mettre en marche. Temps qu'elle mit à profit pour enlever son haut, et passer une crème sur ses côtes brisées... Il lui faudrait refaire son bandage bientôt, au Sapientia... Mais pas par Kim. Il pouvait crever pour poser ses mains sur elle !

Un BIP retentit, signe qu'elle avait effectivement reçu un message. Ah ah ! Elle pourrait même transmettre tous ces messages d'amour à Kim, pour lui prouver qu'elle avait plein d'autres prétendants, et qu'il n'était pas une grande perte ! Ah oui, voilà une idée machiavélique ! Sauf que le message qu'elle reçut n'était pas du tout de son sombre inconnu... Non. C'était de Kim. Elle hésita quelques secondes à le supprimer ou non, mais la curiosité l'emporta. Elle l'ouvrit. Et il ne fallut pas deux minutes pour qu'elle reconnaisse ce style, qui l'accompagnait depuis sa sortie de torture. Son inconnu. C'était Kim. Et si elle comprenait bien le message, il était devant sa porte, depuis au moins une demi-heure. Bien fait.

Son attitude outrageante se fêla instantanément. Il veillait sur elle. Et il ne l'avait pas abandonnée. Elle poussa un soupir, posa ses mains sur sa tête, malheureuse. Pourquoi était-il revenu ? Pourquoi lui redonnait-il de l'espoir, alors qu'elle était prête à l'oublier, à aller mieux ? Un gémissement lui échappa. Elle était desespérée. Pouvait-elle le laisser dehors ? Il ne partirait pas, elle en était sûre. Il resterait jusqu'à ce qu'il puisse la voir. Il veillerai sur elle, même si elle essayait de le congédier. Il était têtu l'animal ! Alors... Mieux valait le laisser entrer et lui expliquer encore. Lui expliquer qu'ils se faisaient trop de mal, que ça ne valait pas le coup, que c'était destructeur, et non pas salvateur que... Qu'il fallait que ça cesse, ou elle ne s'en remettrait jamais !

La panique la submergea, à l'idée de lui dire ça. Elle ne voulait pas qu'il parte, elle avait besoin de lui... Même s'il lui avait fait du mal... L'imaginer couchant avec une autre lui tira un couinement énervé. Tout se mélangeait dans sa tête, elle ne savait plus si elle devait suivre ses envies, ou ce que la raison lui dictait. Elle ne savait plus si elle était énervée, triste, angoissée, paniquée, ou ravie de savoir que sa passion était partagée. Non, décidément, elle ne savait plus rien. Et se perdre ainsi n'avait rien de rassurant... Elle appuya légèrement sur sa côte, histoire de vérifier qu'elle vivait toujours. Petit cri de douleur. Oui, elle vivait.

Que de temps ne lui fallut-il pas pour se reprendre ? Une autre demi-heure ? Une heure ? Deux ? Elle resta prostrée ainsi, calmant son souffle, calmant ses tremblements, se calmant. Elle avait besoin de temps. Alors Kim attendrait : de toutes façons, c'était lui qui était fautif. Lentement, elle respira, veillant à ne pas le faire trop fort pour ne pas souffrir encore, veillant à chasser ses noires pensées. Elle en avait assez. Que Kim se débrouille pour la rassurer, que Kim fasse les choses, que Kim... C'était lui qui avait fauté, non ?! D'accord, elle était descendue dans les sous-terrains, mais c'était pour lui. Même si, par sa faute, il avait été violemment torturé par Welka. Elle s'en voulait terriblement... Mais elle espérait que lui s'en voulait encore plus d'avoir couché avec un autre.

Sentiment mesquin s'il en est, mais sentiment quand même... Quand elle se sentit prête, elle se releva. Son appartement était un immense bazar. Il fallait y remettre de l'ordre, avant de laisser Kim rentrer. Une tempête s'abattit sur le modeste logis et, bien vite, le bordel se retrouva réparti dans les tiroirs, sous les canapés et les lits et dans tous les endroits possibles pour éviter qu'il ne le voit. C'était du rangement fictif, mais c'était mieux que rien. Ensuite, elle fit une petite virée dans la salle de bain, remit brièvement ses cheveux en place, sécha ses yeux en essayant desespérément d'en enlever les traces rouges, sans succès, et tenta de sourire. C'était un tout petit sourire, un peu faible et triste, mais ça ferait sûrement l'affaire.

Pfiou. Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. Elle s'approche de la porte. Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. Elle regarde : il est là ! Joshi, que son coeur bat fort ! Il est allongé, il se ronge les sangs... Et il a l'air si fatigué ! N'est-elle pas terriblement égoïste de l'empêcher de dormir ? Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. Sa main se pose sur la poignée. Elle hésite... Que va-t-elle faire ? Elle-même ne sait pas quelle va être sa réaction. Inspiration, expiration. Inspiration, excitation. Et elle tourne la poignée. Et la porte pivote, offrant à Kim la vue d'une femme troublée, dans l'entrebaillement. Elle se tait. Elle ne dit rien, ne sait pas quoi dire.

Karlovy ne pouvait empêcher son coeur de battre, son corps de mourir du désir d'être dans ses bras. Qu'est la raison, quand tout un être tend à rejoindre un autre, comme aimanté ? Rien. Rien qu'une petite voix recouverte par le bruit des rouleaux, de la mer qui gronde et qui roule, qui balaie tout. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle ne pouvait pas lui dire tout ce qu'elle avait prévu, parce qu'elle n'en pensait rien, ne savait pas... Aaaah, quelle torture que l'amour ! La tempête dans son esprit l'empêchait de penser clairement, de faire quoi que ce soit... Il était loin, le temps où il était tombé, où elle avait joué avec lui, le dominant sans mal, se dominant à peu près aussi... Maintenant, elle n'était plus que la proie de ses émotions, et elle ne pouvait rien y faire.

“Kim...”

Sa voix mourut dans sa gorge. Elle aurait voulu l'engueuler, lui dire qu'elle lui en voudrait éternellement. Elle aurait voulu éclater en pleurs. Elle aurait voulu l'attirer contre elle, le réconforter. Elle aurait voulu se blottir contre lui, qu'il la rassure. Alors, elle resta simplement là, les bras ballants, incapable de faire quoi que ce soit ou de dire quoi que ce soit d'autre. Elle tremblait. Le temps lui semblait infiniment long, chaque minute valait une heure, chaque heure une année... Tout était entre les mains de Kim, maintenant. Elle était bien incapable de faire quoi que ce soit... A part peut-être lui faire un sourire. Alors, c'est ce qu'elle fit. Elle sourit. De ce maigre sourire qui n'avait rien d'heureux, mais plutôt quelque chose d'ému, d'attristé. Un sourire de tristesse. Si seulement rien ne s'était passé. Si seulement tout pouvait aller mieux. Si seulement il la prenait dans ses bras... Elle voulait l'avoir tout contre elle. Maintenant.
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Mar 10 Mai - 23:40

Attendre encore et toujours. Elle serait bien obligée de sortir un jour, que ce soit pour aller travailler ou se ravitailler en nourriture… Et il aurait une chance de la revoir, de lui parler. Tant pis s’il devait rester là. De toute façon, avec son mini-ordinateur et son bipper il restait joignable, il n’était pas coupé du monde. Si on voulait le retrouver ou le contacter on réussirait aisément. Seulement voilà, la seule personne qu’il voulait voir à ce moment, la seule avec qui il voulait passer du temps lui avait fermé sa porte au nez, et pour de bonnes raisons en plus. Ils avaient réussit à se blesser mutuellement au pire moment, alors qu’ils auraient dû se soutenir, tout avait basculé. Pourtant il y avait encore un faible espoir, une lumière qui semblait briller au loin, une promesse qui soufflait que s’ils réussissaient à passer cette épreuve alors rien ne pourrait les séparer. Pourtant ce n’était vraiment pas gagné jusque là. S’il avait dit les mots dont il s’était servi pour blesser Lovy à Ambre… Il n’aurait certainement plus été de ce monde. Pourtant Karlovy… Non, il ne s’était pas attendu à une telle réaction. Sinon, il l’aurait retenu. Mais sans doute était-ce mieux, qu’elle retrouve ses propres appartements, pour se calmer dans un endroit familier, rassurant.

Et Shane. Il l’avait aidé, juste pour ce qui s’était passé au Sapientia, cette historie de piment. Elle s’en était servie pour lui demander un service, qu’il n’avait pas pu refuser. Il n’avait pas bronché, sachant pourtant tous les risques qu’il prenait. Kim aurait voulu pouvoir affirmer que Lovy aurait pu lui demander, qu’il aurait fait son possible, et bien sur si elle lui avait expliqué, il lui aurait trouvé une arme, non mieux, il serait certainement descendue avec elle. Jamais il n’aurait pu la laisser prendre de tels risques seule. Et pourtant, elle n’aurait jamais voulu, elle avait eu besoin de voir Zoltan seul à seul. Il n’aurait pas pu être là, et pourtant si elle le lui avait dit, il n’aurait pas pu supporter de la voir descendre affronter les créatures. Et pour lui fournir une arme, il aurait du l’acheter ou l’emprunter lui-même, car ce n’était pas avec ce qu’il avait chez lui qu’on pouvait affronter ces êtres vivant dans les souterrains. Il savait et avait pu constater au cours de Nékorovy Welka, qu’elle se débrouillait plutôt bien avec une arme blanche, pourtant descendre seule restait une folie, les groupes étaient le meilleur moyen de se protéger et de pouvoir lutter.

Elle l’avait vu, et tout avait mal tourné. Pourtant il était certains qu’elle n’aurait jamais rejoint les rebelles. Ce n’était pas son mode de vie, et elle l’aurait fait depuis longtemps si cela avait été son but. Nagy était retourné dans les souterrains, dans l’était pitoyable où l’avaient laissés les brigadiers de l’anti-terrorisme, il ne se risquerait sans doute pas avant quelques temps à la surface. S’ils entretenaient une conversation mails, alors sans doute la stopperaient ils un moment, pour ne pas se faire repérer plus que nécessaire. La Guilde avait elle toujours confiance en Karlovy Kinsky ? Ce n’était pas certains après tout, si elle était descendue dans les sous-sols, et si les brigadiers ne l’avaient pas récupérés qui sait ce qui ce serait passé ? La Brigade en tout cas l’ignorait, pourtant ils l’avaient relâchés, pensant sans doute qu’elle était plus utile libre qu’enfermée. Toutefois, ces traces sur son corps, cette absence. Tout le monde savait. Secret de polichinelle sur ce qui s’était passé. Personne ne savait vraiment, personne ne dirait rien, mais tous n’en pensaient pas moins. Combien de personnes lui tourneraient encore le dos ? Et pourquoi la jeune femme s’obstinait elle à détester Lucia Stevens alors qu’elles avaient une histoire assez commune finalement ?

Et puis la porte s’était rouverte, et il avait levé les yeux vers son aimée. Est-ce qu’elle allait mieux ? Ses yeux avaient été rougis, bien sur elle avait pleuré. Elle semblait toujours aussi retournée, figée comme lui. Elle resta silencieuse, avait simplement prononcé son prénom. Faisant faire un bond à son cœur dans sa poitrine. Etait-ce le signe qu’elle lui pardonnerait peut être ? Il n’y avait plus l’affreux nom de famille, la distance horrible qu’elle avait placée un moment. Et puis elle réussit à créer un mince sourire. Oh qu’il était faible et sans force ni conviction. Juste un frémissement des lèvres, pour montrer qu’elle était forte et qu’elle n’allait plus pleurer. Il se relava rapidement, sautant sur ses deux pieds pour se rapprocher doucement. Il était juste un être humain qui avait été prit en faute, il avait été faible et il souhaitait juste être pardonné. Une fois de plus. Il voulait revoir un sourire sur le visage de sa belle, pourtant il allait falloir y aller doucement. Il n’irait pas, il n’oserait pas lui voler un baiser, comme elle l’avait fait. Il ne le méritait pas. Pourtant il passa lentement son bras gauche autour des épaules de sa douce et du bras droit attrapa ses jambes, la soulevant dans ses bras.

Bien sur son épaule gauche le faisant encore atrocement souffrir mais tant pis, il ne voulait plus la lâcher. Il voulait la garder tout contre lui pour être sur qu’elle ne s’échappe jamais plus dans les souterrains, pour veiller sur elle et ne jamais plus faire aucune bêtise. Il la portait comme une mariée, et passa le seuil de son appartement. Ils n’étaient pas mariés, et ils ne le seraient surement jamais, et pourtant c’était juste… La tradition venant de l’Empire Romain, pour empêcher que Lovy puisse trébucher en passant l’entrée, et ainsi ne laisser aucun mauvais sort s’acharner un peu plus sur eux. Il voulait conjurer leur mauvaise fortune. Il avait gardé dans sa main le collier, et il lui glissa dans les mains, lui redonnant son bien, parce qu’il lui appartiendrait pour toujours quoi qu’il arrive. Il ferma la porte sans ménagement pour celle-ci, se contentant de prendre soin de celle qu’il avait dans les bras. Il lui glissa à l’oreille d’une voix proche du murmure.

Tu me laisserais être ton Morphée devenu humain, pour une nuit, veiller sur ton sommeil ?

Il s’était assit sur le canapé libre, la gardant dans ses bras en espérant qu’elle n’essaierait pas de s’en échapper.

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Mer 11 Mai - 15:37

1015 mots

Quelle idiote… Pourquoi donc n’arrivait-elle pas à bouger, figée, incapable de faire quoi que ce soit ? Pourquoi donc le flot dévastateur d’émotions qui la traversait l’empêchait-il d’agir ? Elle était là, comme une poupée idiote, comme une statue de cire, sa main sur l’embrassure de la porte et ce début de sourire, un peu idiot, surtout douloureux, sur les lèvres… Elle était sûre que Kim voyait que cette mimique n’avait rien de sincère, qu’elle n’était pas là pour lui dire qu’elle l’excusait, mais plutôt pour lui montrer qu’il l’avait rendue faible, et que pourtant, elle restait forte. Etrange paradoxe, n’était-il pas ? Mais, après tout, Lovy est une femme, et les hommes savent comme les femmes peuvent avoir des comportements étranges, antithétiques et inexplicables. Surtout quand une histoire d’amour et de cœur brisé est en jeu.

Mais heureusement, ils n’étaient pas deux idiots, dans la scène, et le second K se décida à se déplacer. Il se releva d’abord, dans un mouvement souple et contrôlé qu’elle ne put s’empêcher de trouver sexy – Rhaaaa, mais pourquoi ses hormones fonctionnaient-elles parfaitement, hein ?! Je vous le demande… - et se retrouva debout, à sa hauteur… A peine plus grand qu’elle, en réalité. Un pas, deux pas, et il se trouvait plus proche, face à elle, presque tout contre elle. Oh, Kim, prends-la dans tes bras, serre-la contre ton cœur, embrasse-là avec ton âme, ton esprit, dans la plus parfaite des unions ! Elle ne rêve que de ça, au point que son souffle devienne court, qu’elle le retienne, l’arrête, cherchant le moment où enfin la souffrance s’arrêtera, où enfin tu lui donneras ce repos, ce bonheur auquel elle aspire pourtant si fort… Mais tu t’obstines, bourreau. Tu t’obstines à ne pas comprendre ce qu’elle veut ou, du moins, à ne pas le lui donner.

Ah, triste destin que celui de Lovy ! Elle l’observait, immobile, attendant, priant pour que quelque chose arrive. Et lui l’observait, incertain, incapable d’oser de peur de refaire face à une violence qu’elle n’avait plus le courage de mettre en œuvre. Pourquoi le repousser ? Elle l’aimait. Quoiqu’elle puisse faire, elle l’aimait. Même s’il l’avait trompée avec un autre… Même si, en réalité, ce n’était pas vraiment une tromperie, mais plutôt… Elle ne savait pas. Mais officiellement, ils n’étaient pas en couple, n’est-ce pas ? Alors, c’était excusable. Elle supposait. Elle désirait, en fait. Il fallait qu’elle puisse lui pardonner, pour pouvoir l’avoir de nouveau. Pour pouvoir finir dans ses bras. Et comme en réponse – ENFIN ! – à ses pensées, Kim passa son bras gauche autour de ses épaules, et la souleva de terre dans son bras droit. Oh ! Génial ! Elle aurait pu sourire, voir peut-être même rire, mais sa seule réaction fut :

« Kim, ton épaule… »

Elle savait ce qui lui était arrivé. Ce qui lui était arrivé par sa faute… Un grognement lui échappa, et pourtant, elle se laissa faire, bien incapable de résister à la poigne de cet homme, à la proximité de son corps. Elle tenta de se faire légère, de balancer le plus gros de son poids sur le bras non blessé… De toutes façons, elle savait inconsciemment que jamais il ne l’aurait lâchée. Il lui glissa son collier dans la main, et elle le serra contre elle… Même ce petit objet lui avait terriblement manqué, alors qu’elle ne s’en était séparé que quelques secondes… Elle vérifierait plus tard s’il fonctionnait toujours. Pour le moment, elle devait vérifier que Kim fonctionnait encore. Qu’il était assez en forme pour pouvoir rester avec elle le plus longtemps possible.

Et voilà qu’il s’asseyait sur le canapé, la gardant dans ses bras, tout contre lui, tout contre son torse… Par Joshi, qu’est-ce qu’elle détestait ces vêtements qui séparaient leurs peaux ! Elle se colla, se blottit, savourant ses caresses et sa présence. Il ne l’avait jamais abandonnée, elle avait été injuste. Pour un peu, elle aurait ronronné de plaisir de le voir ici, de le savoir avec elle. Et il demandait si elle pouvait s’endormir dans ses bras ?! Croyait-il donc qu’elle avait une quelconque envie de dormir, à cet instant précis ?! Oh, croyez-moi, les pensées de Lovy partaient dans tous les sens, mais l’idée même de fermer les yeux lui semblait une aberration. La plus grande des aberrations. Elle se retourna, lui offrit un sourire, un vrai cette fois, un sourire rassuré d’enfant, heureux d’être dans les bras de ses parents et…

Et elle l’embrassa. C’était venu tout seul, elle n’avait même pas eu le temps de réfléchir, de se dire que, peut-être, elle aurait du bouder, ou bien lui refuser sa présence pendant un certain temps… Oui, il l’avait trahie. Oui, il lui avait brisé le cœur, l’avait entaillé sans aucun état d’âme, avec un calme à faire froid dans le dos… Mais c’était le seul à pouvoir recoller tout ça, à guérir tous les fragments de vie qu’elle avait perdus, tous les fragments de bonheur qu’il avait gardé… Elle ne voulait pas qu’il parte. Et, comme une adolescente qui découvre tout juste l’Amour avec un grand A, elle était prête à tout pour le garder. Même à lui pardonner l’horreur qu’il lui avait faite. Tout doucement, donc, elle l’embrassa. Et puis elle se recula et murmura :

« Ne me refais jamais ça Kim. Jamais. »

Inutile de préciser la menace qu’il y avait derrière, même si le ton était plein de tendresse et de tristesse… S’il la trompait de nouveau, elle… Elle le castrerait. Owiii, quelle bonne idée ce serait là ! De nouveau enjouée, elle lui offrit enfin un vrai sourire, frotta furtivement son nez contre le sien avant d’observer son épaule… Elle voulait voir si la blessure ne saignait pas de nouveau, à cause de ses prouesses de Prince Charmant. Elle ouvrit donc le haut de sa chemise, avec une charmante lenteur, puis fit tomber la manche lui cachant la cicatrice. Ça ne saignait pas, tout allait bien. Alors, maintenant qu’on était là, pourquoi ne pas commencer à mordiller l’épaule et le cou du damoiseau, avec précaution et désir ?
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Mer 11 Mai - 20:34

Sa première réaction avait été de s’inquiéter pour lui. Est-ce qu’il me méritait ? Non certainement pas. Et pourtant elle semblait surpasser sa colère, parce qu’elle tenait à lui. Il la serra un peu plus près contre son cœur. Et elle agrippa son cadeau, comme s’il n’aurait jamais dû la quitter, plus jamais. Il y avait passé du temps, y mettant tout son cœur, mais il n’aurait pu imaginer qu’elle y attache tant d’importance. Sans doute était ce parce qu’elle avait pu le garder en prison, tout comme la barrette de ses cheveux. Celle de Zoltan. Et puis l’épée de Shane… Ah, non. Il fallait rayez la dernière mention. Et puis une épée c’était loin d’être romantique. Et si… Si elle décidait de retourner dans les souterrains ? Devait il lui acheter de quoi se défendre ? Ou même de quoi lutter contre les brigadiers s’ils décidaient de venir la rechercher ? En même temps les personnes considérées comme suspectes n’avaient pas le droit de détenir des armes, surtout si elles n’en avaient aucunement besoin dans leur travail. Et elle n’accepterait sans doute pas de si tôt de s’installer chez lui ? Si, peut être en insistant un peu… ? Il allait falloir y aller doucement. Ne pas brusquer le volcan qui pouvait à tout instant se remettre en éruption, trembler de colère et faire bouger la terre et finir par cracher des flammes et de la lave. C’était sa princesse, et son petit dragon.

Une fois assit, il profita qu’elle ne tente pas de se dégager, qu’elle reste entre ses bras pour lui caresser doucement l’épaule, sachant que ses blessures ne lui permettrait pas de supporter le moindre contact sur certaine zones. Il voulait la rassurer, la calmer, lui faire savoir qu’elle n’était pas seule. Et soudainement, alors qu’il ne s’y attendait pas vraiment, elle l’embrassa une nouvelle fois. Il savoura le baiser, ne voulant pas y mettre un terme mais laissant Lovy s’éloigner un instant quand elle le décida. Et puis elle lui murmura doucement une menace qui pouvait pourtant sembler bien mignonne par rapport à ce qu’il aurait attendu. Pourtant il faut se méfier de l’eau qui dort. Et plus la menace était proféré sur un ton doux et amical, plus la sentence était élevé. Elle l’avait dit avec des yeux qui ne trompaient pas (eux au moins !), elle ne lui pardonnerait pas deux fois. Il lui répondit avec tout son cœur.

Je te promets.

Elle afficha alors un vrai sourire, glissant son nez contre le sien pour mêler leurs souffles sans joindre leurs lèvres. Puis elle ouvrit la chemise. Il la laissa faire, lui laissant la possibilité de voir ses blessures, comme il avait pu voir les siennes. Il n’avait rien à lui cacher de toute façon. A cet instant là, il ne pensait définitivement pas aux caméras, au fait qu’ils n’étaient peut être pas aussi seuls qu’ils le pensaient et que certainement au moins un œil profitait de la petite scène touchante. Non, ils étaient juste tous les deux, ensemble dans leur monde. Il n’y avait pas à penser aux caméras, car elles n’avaient aucune importance.

Une fois de plus, il fut étonné de la voir prendre l’initiative. Elle était bien amochée, il l’avait blessé et trahie, ils étaient devant les caméras de son appartement et pourtant plus qu’un simple baiser, elle était en train de lui mordiller le cou, lui arrachant un frisson de plaisir qui le réveilla une nouvelle fois. Comment devait-il réagir ? Son instinct de médecin lui criait qu’il leur fallait à tout deux du repos et surtout qu’elle était bien trop blessé pour avoir une accélération du rythme cardiaque et pulmonaire. Son instinct d’homme lui disait qu’il avait envie de partager plus des embrassades avec la douce biologiste. Son côté romantique désapprouvait en affichant clairement qu’il ne méritait pas autant d’affection après ce qu’il lui avait fait. Si elle n’avait pas été blessée… Il étouffa un soupir de plaisir tandis qu’elle réussissait à convaincre son cerveau que l’effet de ses soins étaient peut être plus bénéfique que la plupart des médicaments. Quoi de mieux pour oublier la douleur que de penser à autre chose ?

Pourtant, il la repousse doucement, pour ne pas qu’elle se froisse, pour ne pas la heurter à nouveau. Non, définitivement elle ne semblait pas fatiguée. Alors qu’ils se faisaient face, tous les deux blessés à l’arcade sourcilière, comme un miroir dont on se serait amusé à ajouté des différences, ou alors deux images différentes à qui l’on aurait ajouté des points communs. Elle avait beau avoir toutes les blessures du monde, Lovy restait adorable lorsqu’elle souriait. Alors il passa une main, pouce vers le haut, sur la joue de sa douce, posant ses lèvres de l’autre côté, sur l’os de la mâchoire. D’abord tout près de l’oreille pour lui souffler.

Je t’aime un peu…

Il applique un nouveau baiser un peu plus bas, Lovy avait bien besoin de plusieurs pansements, d’assez d’endorphines.

Beaucoup.

Puis tout au coin des lèvres, comme s’il n’osait pas encore. Pour faire durer le plaisir, tout en lui apprenant la patience.

A la folie.

Il se sentait obligé de retenir ses gestes, voulait faire comprendre à sa douce qu’il ne fallait pas qu’elle se blesse, qu’ils avaient tous leur temps et qu’il ne partirait pas. A trop presser le temps, elle allait se blesser encore une fois. Une visite au Sapientia en urgence n’était pas à son programme, ils devraient déjà y aller bien assez tôt dans à peine quelques heures, alors autant ne pas gâcher celles-ci. Les lumières allumées ne leur donnaient pas beaucoup d’intimité, surtout vu leur état lamentable. Il préférait ne même pas regarder ses vêtements froissés. Sans doute ne devait il pas avoir beaucoup d’allure, il attrapa son nœud de cravate de sa main libre, et le laissant coulisser, défit la cravate. Des fois qu’une mauvaise idée repasse par la tête de Lovy. Il la fixait, fit un sourire timide puis plus rayonnant, lui dire qu’il lui faisait confiance, qu’il voulait donner une chance ce qu’ils pouvaient être.

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Mer 11 Mai - 21:28

1055 mots

Et voilà que Kim s’échappait, se dérobait, lui filait entre les doigts. Ah le saloupiot ! Elle l’avait sentir frémir, pourtant. Si ça avait été une femme, il n’aurait pas retenu des gémissements de désir, de plaisir, d’envie. Mais il s’éloignait de nouveau, sans chercher à briser leur étreinte, mais plus à l’empêcher de faire des bêtises. Eh quoi ? Elle ne lui demandait pas grand chose, pourtant. Elle avait envie de lui, ici et maintenant, et elle lui avait expliqué avec des gestes plutôt qu’avec des mots. Il aurait du faire comme tous les hommes : tomber dans le panneau et céder aux pulses de GnRH, qui auraient indiqué au cerveau qu’il était temps de satisfaire des besoins bien naturels ! Mais voilà. Il n’était pas un homme comme les autres. C’était Kim, et il refusait de lui donner sa délivrance. Décidément, c’était un être extraordinaire. Et il avait promis.

Souriante, elle plongea les yeux dans les siens, l’observa, le détailla. Elle voulait qu’il se perde dans ses iris verts, et tentait de résister à l’éclat pétillant du regard noisette. Il était surpris, elle le voyait. Surpris, et terriblement amoureux. Ah, pour elle, l’amour n’existait que tant qu’il y avait de la surprise. Alors, elle comptait bien le surprendre, tant et si bien qu’il finirait par se mourir d’amour, se pâmer d’envie, se… Enfin là, il venait de poser sa douce dextre sur sa joue, et c’était plutôt elle qui frétillait de voir ce qu’il allait faire. Lentement, il la caressa, puis posa un baiser près de son oreille. Il l’aimait un peu. Oooh, qu’il lui mordille le lobe ! Puis il descendit, à la frontière du cou. Il l’aimait beaucoup. Oooh, qu’il lui mordille le cou ! Et enfin, il vint jusqu’à ses lèvres, et s’arrêta juste à côté. Il l’aimait à la folie. Oooh, mais qu’il l’embrasse, et qu’on en finisse !

Karlovy avait toujours eu une réputation de prédatrice. Elle aimait dominer, aussi bien les événements que les gens et, quand les choses lui échappaient… Elle aimait que les choses aillent vite, s’enchaînent… Non, décidément, ce n’était pas son truc de prendre son temps. Et ce que Kim lui faisait ressemblait plus à de la torture qu’autre chose. Mais là où ça devient intéressant, c’est qu’étrangement, elle aimait ça… Oui, elle appréciait cette douceur inhabituelle, cette tendresse à laquelle elle n’avait plus eu droit depuis des années. A laquelle elle n’avait jamais eu droit, même. Parce que Zoltan était bien moins doux que le médecin. Ce dernier, il avait des mains… Des caresses… Des baisers… Des airs de… Rêveuse, elle resta ainsi quelques secondes. Juste le temps qu’il défasse sa cravate. Dommage, elle aurait adoré le tenir en laisse…

Mais bref, ceci étant fait, elle décida qu’il était temps de reprendre le dessus de cette histoire. Non, parce que c’était pas tout ça, mais il commençait à se faire sérieusement tard, et il valait mieux que Kim dorme un peu avant de reprendre le boulot. Et elle n’avait aucune envie de le laisser dormir. Mais ce n’est là qu’un petit détail. Brusquement, elle toucha sa côte, esquissa une grimace, légère, presque imperceptible, tout en sachant que le docteur la verrait… Bon, il est vrai qu’elle avait carrément mal. Heureusement, elle se sentait tellement bien qu’elle n’accordait qu’une importance moindre à la douleur, tout en sachant pertinemment que dès que l’ennui surviendrait, elle aurait à payer toutes ses petites cabrioles… Si cabrioles il y avait. Non, parce qu’elle avait beau avoir envie, son souffle n’était plus ce qu’il était, et sa cage thoracique s’obstinait à être source de souffrances.

« Kim… J’ai un peu mal à la côte… Est-ce que ça te dérangerait qu’on migre… Vers mon lit ? »

Ooooh, la coquine ! Voilà un fin stratagème, typiquement féminin ! Sans attendre de réponse, elle se leva, presqu’à contrecœur… Purée, elle avait vraiment mal en fait ! Elle ne s’en était pas trop rendue compte dans les heures qui avaient précédées, mais là, elle sentait bien qu’elle n’aurait pas du courir dans les couloirs ! Cette fois, la grimace qui lui échappa, ponctuée d’un petit gémissement, n’était pas feinte du tout. Mais avant que Kim ne s’inquiète, elle le rassura d’un sourire, lui prit la main et l’attira « de force » à sa suite. Entre guillemets, le de force. Parce que si le docteur avait vraiment voulu résister, il n’aurait eu aucun mal. Bref, elle marcha plus qu’elle ne sautilla jusqu’à la porte de sa chambre, un sourire machiavélique aux lèvres, lorsqu’elle vit que… Oui, le salon avait été rangé. Brièvement rangé, mais il avait l’air rangé. La chambre en revanche…

Improvisation, TADAAAAM ! Lovy était une femme créative, c’était l’une de ses qualités. Elle referma la porte, se retourna, réfléchit trois secondes et… Ôta son T-shirt. Ben quoi, vous n’allez pas me dire que les caméras n’avaient jamais vu une dame en soutien-gorge ?! Et n’essayez pas de me faire gober que ce n’était pas le cas de Kim, c’était inutile ! Un air totalement innocent sur le visage, un grand sourire en prime, elle demanda, mine de rien :

« Oh, j’aurai besoin qu’on me passe de la pommade sur les côtes… Mais j’ai laissé le tube dans le salon… Tu peux aller me le chercher s’il te plaît ? »

Papillonnage des yeux… Il n’en faudrait pas plus. Sans attendre de réponses, elle se précipita dans la chambre, et balança le maximum possible sur le lit et sur le côté. Bon. Il avait un sentier pour se déplacer. Et puis, en plissant un peu les yeux, ça avait l’air propre ! Non, en fait, mieux valait les fermer complètement… Au pire, elle n’avait qu’à lui bander les yeux et… Non, trop risqué. Les probabilités pour qu’il refuse étaient grandes et… Oh, solutioooon ! En une seconde, elle sauta sur le lit, et s’installa dans une position lasc… Aïeuuuh ! Purée, les côtes cassées, c’était pas top, pour ce genre de situation. Dans un grognement, elle se replia un peu, chercha à se caler le mieux possible, histoire de ne pas avoir mal, et attendit que son chéri ramène la crème… En espérant qu’il ne la regarde qu’elle et pas le bordel environnant. Elle resterait calme… Bien obligée : la douleur s’obstinait à rester. Fourbe de douleur !
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Mer 11 Mai - 22:52

La technicienne responsable de la synthétisation alimentaire avait mal aux côtés, par étonnant vu comment elle agissait, semblant galoper comme toujours, en faisant même plus que d’habitude comme pour rattraper son retard. Elle en faisait sans doute trop pour son corps, il fallait qu’elle s’en rende compte et qu’elle se calme. Voilà qu’elle venait de grimacer, tremblant sous le coup des blessures qu’on lui avait infligé. Soldat trop fragile dans une guerre qui la dépassait, elle ne pouvait plus se battre comme avant, et pourtant elle gardait la tête droite, trop fière pour oser baisser les yeux devant qui que ce soit, ou avouer ses faiblesses. Mais elle avait grimacé, il l’avait vu. Un peu mal ? Quel était cet euphémisme pour montrer à quel point elle devait « douiller » avec ce qu’elle avait prit. Non, ses côtes continueraient de la faire souffrir pour de long mois avant de redevenir fonctionnelle, si et seulement si elle réussissait à se calmer, sinon ce serait pire. Il fit une réponse négative de la tête, indiquant qu’en aucun cas la proposition ne le dérangeait. Si elle avait mal, mieux valait qu’elle s’allonge. Avant qu’il n’ait eu le temps d’ajouter quoi que ce soit, elle était déjà sur ses deux pieds, laissant échapper un gémissement de douleur. Ne pouvait-elle donc pas ralentir le rythme et s’épargner elle-même ? Elle était la seule à savoir comment s’épargner et pourtant elle continuait. Il fallait lui faire passer le message doucement, pourtant cela semblait impossible.

Il s’était levé à son tour, et elle glissa ses doigts entre les siens, il posa sa deuxième main sur celle de sa déesse, pour l’empêcher d’aller trop rapidement, ou de fuir. Heureusement elle marcha plus lentement, comme pensive, jusqu’à s’arrêter devant la porte et hésiter comme un mathématicien devant une équation qu’il n’a jamais vu et qu’il se doit de résoudre. Mais la solution ne tarda pas à venir, alors qu’elle refermait la porte et retirait son t-shirt. Laissant une fois de plus Kim confus devant son attitude, surtout lorsqu’elle afficha un grand sourire pour expliciter sa requête. Le tube de crème ? Oui, parfois… parfois les femmes étaient incompréhensibles. Mieux valait ne pas fermer, faire semblant de succomber aux yeux papillonnant et dire oui. Elle avait encore des bleus, plus d’une semaine après. Ils l’avaient bien amoché. Bon il était vrai que si elle perdait ses médicaments et ne les utilisaient pas, son état n’allait pas s’arranger rapidement. Pourtant la petite fée avait déjà disparu, se cachant rapidement dans sa chambre et le plantant dans le salon à la recherche de la crème disparue…

S’il était une crème où irait-il se cacher ? Bien certainement dans son armoire à pharmacie, où dans une trousse médicale, mais puisque Karlovy l’avait perdue de vue… Alors peut être… il n’osait ouvrir les tiroirs et sans doute avait il raison, car lorsqu’il se pencha pour voir si ledit tube n’avait pas pu rouler quelque part, il dû retenir un fou rire. Est-ce que toutes les affaires de Lovy avaient migrées vers le sol ? Cachés sous les meubles, une tonne de trésors à perte de vue… mais aucune crème. Se relevant il passa sa main dans ses cheveux en soupirant. Quelle drôle de mission impossible lui avait on confié là ? Histoire de lui faire perdre du temps sans aucun doute, et cela marchait plutôt bien. Trop même ? Tournant autour du canapé, il finit par s’y rasseoir pour tenter de réfléchir. Sauf que… ah dans son dos… que ? Ah mais le voilà le satané, le fourbe et maléfique tube de crème ! Caché entre deux coussins ! Il venait de perdre la partie de cache-cache. Tant pis pour lui il n’avait qu’à trouver une meilleure cachette, la prochaine fois il réfléchirait plus. On ne pouvait pas lutter contre Kim et son regard de lynx… ou son dos boussole qui n’indiquait non pas le Nord, mais les produits médicaux. Il tourna un instant le tube dans ses mains. Presque terminé, il avait été entamé à plus de la moitié, ce qui signifiait beaucoup. Oui Lovy l’utilisait encore et encore, pour faire disparaître la douleur sans doute ?

Il revint jusqu’à la porte qu’on lui avait précédemment presque fermé au nez par une demande incongrue. Et si ? Non… cette porte-là serait peut être plus difficile à franchir que celle de l’appartement et pourtant, c’était elle qui avait demandé. Frappant à la porte, comme pour attendre la permission, il poussa toute de même l’entrave à sa vision, et la laissa coulisser. Il resta un instant sur le pas de la porte, brandissant sa trouvaille et ajoutant malin.

J’ai trouvé.

La chambre… la chambre le faisait sourire, mais il se retint de rire. La pièce, hors de vue des caméras était encore moins bien rangée que le reste. Sans doute était-ce difficile avec plusieurs côtes cassées, ou tout simplement parce qu’elle n’avait pas eu l’envie ou le besoin de trier ce qu’elle y avait entreposé depuis des années. Il ne souhaitait pas se moquer, il aurait sans doute le droit à une remarque agacée et vexée. Peut être même à la demande d’aider pour le rangement et ça… non, ce n’était définitivement pas sa passion même s’il aimait avoir de l’ordre dans ses affaires. Enfin un ordre tout relatif qui lui permettait de se repérer dans ses tas, sachant exactement où se trouvait chaque chose, et évitant de les empiler dans le chemin. En fait la chambre de Lovy lui rappelait celle de… Non, non, il ne fallait pas y penser. Il se focalisa sur la jolie demoiselle qui tentait tant bien que mal d’effacer les grimaces de douleur de son visage et finit par entrer en refermant la porte derrière lui. Oubliant le désordre environnant, il abandonna ses chaussures à l’entrée et s’approcha de celle qui ne réussirait apparemment jamais à dormir. Déposant la crème sur un coin de la table de chevet, en équilibre précaire mais qui semblait pouvoir résister pour quelques instants, il attrapa Lovy par les hanches.

Dis-moi…

Il avait les mains libérés, pourtant il ne voulait pas lui faire de mal, et sachant le nombre de blessures qu’elle avait sur tout le corps il relâcha la pression de sa main, et laissant une main de chaque côté du corps de sa belle, se glissa vers son visage, laissant leurs torses s’effleurer mais sans s’appuyer sur elle.

… tu as été revoir un médecin depuis ta sortie ?

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Dim 15 Mai - 19:18

2110 mots

Bon. Il était sexy, adorable et tout ce que vous voulez… Mais quand même, il aurait pu revenir plus vite ! Elle avait eu le temps de vaguement ranger la totalité de sa chambre, de lui créer un doux sentier jusqu’à son cœur (et, accessoirement, son lit et son corps) et elle poireautait depuis quelques minutes déjà, en soutien-gorge allongée sur le lit. Pour un peu, elle aurait presque eu froid, et l’idée de se réfugier dans la chaleur de sa couette l’effleura à une ou deux reprises. Elle l’aurait fait, si Kim n’avait pas été présent… Mais Kim était là, et elle tenait à lui montrer qu’elle ne lui en voulait pas, à se lier à lui pour de bon, pour de vrai, afin qu’il sache que… Un frémissement de désir lui échappa, déclenchant une douloureuse pulsion dans ses côtes.

Elle gémit, tiraillée. Elle avait sacrément mal, et sa position n’arrangeait rien. Elle aurait pu en changer, mais elle voulait que Kim la voit comme ça, qu’il sache qu’elle lui donnait son corps, maintenant qu’il lui avait pris son cœur. Comment vivre, quand votre cœur appartient à un autre, si vous ne donnez pas votre corps à celui-ci ? Il n’y a que dans ce cas-là que le tout est réuni, et qu’un nouvel être naît, un peu comme un dentifrice deux en un ! Pas très romantique, comme image… Mais c’était la première qui avait effleuré son esprit, et cette idée lui tira un sourire, et même un petit rire, délicat. Mais que faisait-il donc ?!

Savait-il que la laisser seule était un risque énorme ? Elle avait conscience d’agir égoïstement, de faire une grosse bêtise. Elle savait que la Guilde lui collait au train, que sa vie n’était plus qu’un sursis de bonheur, qu’à tous moments, on pouvait la prendre et la jeter en pâture aux lions. Elle savait qu’en se liant à Kim pour de bon, en exigeant – car elle l’exigerait ! – que leur relation soit enfin connue et révélée au grand jour, elle le mettait en danger. Il avait déjà été torturé une fois ! Pourquoi pas deux ? Surtout que Lovy commençait à connaître les méthodes de Nékorovy : elle avait deviné qu’ils s’aimaient, et elle avait mordu les lèvres du médecin, fracassé son arcade et poignardé son épaule. En sachant que tout le monde savait qu’ils s’aimaient, que serait-elle capable de faire pour montrer au peuple noscoien qu’avoir des relations avec une personne à surveiller pouvait porter préjudice ? De gros préjudices…

Un nouveau frisson glissa dans le dos de la jolie brune. Mais cette fois, ce n’était pas du désir : c’était de la peur. Qu’était-elle en train de faire ?! Kim paierait-il cet amour douloureusement impossible, entre un médecin respecté et une simple technicienne qui, certes, excellait dans ce qu’elle faisait, mais était poursuivie par la Guilde, surveillée, traquée comme un animal… Un nouveau gémissement, de douleur d’une part, de tristesse de l’autre, filtra entre ses lèvres glacées. Elle ne méritait pas Van Berghen. Comment aurait-elle pu lui en vouloir de l’avoir trompée, alors qu’elle l’avait mené à la torture ?! Et que ce qu’ils étaient en train de faire menaçait de l’y faire retourner, alors qu’il n’était qu’un innocent, un être adorable qui n’avait rien fait ?! Pour un peu, elle serait partie se cacher sous le lit, ou aurait fait une virée dehors, en passant par la fenêtre, histoire d’éviter ce qui allait se produire.

Mais le docteur Van Berghen apparut enfin dans l’embrasure de la porte, radieux, éloignant par sa seule présence les noires pensées de la douce Karlovy. Elle fixa ses yeux verts sur le corps de son amant, caressa des courbes qu’elle devinait, retrouva vite son visage, si souriant, si amical que c’en devenait insolent. Elle ne pouvait nier son amour. Elle ne pouvait effacer cette expression d’extase, d’un plaisir niais que seule l’accélération brusque d’un cœur pouvait créer. Qu’il était beau ! Qu’il était élégant ! Et sa chemise à moitié ouverte révélait un torse… Qu’elle avait envie d’avoir ce torse tout contre elle, de pouvoir goûter encore à cette peau jusqu’ici interdite, de se lier cœur, corps et âme avec son homme, de se donner à lui comme il se donnerait à elle, de griffer son dos, mordiller son cou, et le caresser jusqu’à sa mort, accablé par tant de tendresse…

Elle rougissait à vue d’œil. Cette constatation la ramena à la réalité, ainsi qu’à des idées plus prosaïques… Respirer par exemple ! Ah oui, tiens. Respirer pouvait s’avérer une idée intéressante. Dans un souffle, elle expira l’air vicié par le carbone qui restait en elle, et inspira une bouffée d’oxygène, sans lâcher son Kim du regard. Il était à elle pour toujours, maintenant. Elle ne supporterait pas une seconde preuve de vice, une nouvelle tromperie, mais elle lui avait pardonné pour de bon. Elle lui avait pardonné, de la même façon qu’elle ne se pardonnerait jamais cette torture inattendue qu’elle lui avait imposée. Se rendait-il compte de l’effet qu’il avait sur elle ? Se rendait-il compte que face à lui, elle n’était plus qu’une poupée, un marshmallow, soumise à ses désirs et à ses passions ?

Il avait l’air puisque, infiniment séduisant, il s’avança, après avoir enlevé ses chaussures… Détail intéressant, puisqu’il laissait supposer que Kim ne tarderait plus à monter dans le lit, et à la rejoindre… Perspective on ne peut plus plaisante s’il en est ! A la fois animal et bourré d’attention, à la fois homme et médecin, il attrapa ses hanches, l’attira contre lui, veillant à ne pas trop perturber cette pauvre côte qui la faisait tant souffrir. Etait-il possible d’être aussi attirant ?! Conquise, elle se laissait faire sans broncher, attendant la suite, écoutant sa voix, bercée comme un petit enfant… Elle aimait voir ses lèvres bouger, elle aimait cette lueur de désir qui brillait dans ses yeux, elle aimait cette sensation qui l’envahissait, cette chaleur… Son corps savait qu’il allait devoir fournir un effort. Son cœur battait plus vite, déjà, son cerveau lançait la production de dopamine, célèbre hormone du plaisir, à tous vas, et ses poils se dressaient, comme attirés par le corps tant désiré de Kim.

Quelle terrible vengeance que la sienne ! Bourreau du cœur de la donzelle, il se pencha tout contre elle, sans lâcher ses hanches, colla son torse à sa poitrine, de sorte qu’elle ne sente plus que sa peau, son odeur… Avait-il conscience de l’effet qu’il avait sur elle ?! Enivrée, elle bougea légèrement, juste assez pour sentir ses mains accompagner son mouvement, et leurs épidermes se lier, se caresser dans une douce euphorie. Pour un peu, elle en aurait gémi. En fait, elle n’avait qu’une envie : gémir, pour lui montrer qu’elle aimait ça, qu’elle ne voulait encore, plus, toujours plus, qu’elle était toute à elle et qu’il pourrait faire ce qu’il voulait de la poupée qu’il tenait entre ses larges paumes. Oh oui, elle rêvait de faire ça. Mais elle connaissait bien trop les Hommes pour se le permettre… Elle connaissait bien la façon dont ils réagissaient, quand ils se croyaient vainqueurs. Alors, elle se déroba subtilement.

« Eh bien, j’attendais qu’un médecin vienne me voir… »

On aurait presque pu y voir un reproche, s’il n’y avait pas eu ce sourire, délicat, délicieux. Elle rapprocha encore son visage du sien, sans l’embrasser pour autant, une espèce de provocation affichée avec nonchalance. Sa main glissa sur le ventre de son cher et tendre, remonta, glissa sur le torse dès que les boutons dégrafés le lui permirent, caressa doucement les quelques poils présents… Elle se pencha, effleura ses lèvres des siennes, et au moment où elle pensait qu’il craquerait et l’embrasserait, elle remonta sa main, posa son doigt sur les babines de son repas de ce soir (Qu’elle devait achever de réchauffer pour en déguster pleinement la saveur), et secoua la tête, d’un air de dénégation. Ah, si tu croyais l’avoir si facilement Kim, tu te mettais le doigt dans l’œil ! C’était une dominante, qui aimait mener la danse plus que tout. Elle reposa sa douce dextre sur le torse de son aimé, pour murmurer, féline :

« Mais vous êtes brûlant, Docteur Van Berghen… »

Lentement, elle déboutonna les boutons de sa chemise, la lui enleva… Dans le seul but de le refroidir un peu, vous l’aurez compris ! Mais son petit stratagème n’avait pas l’air de fonctionner… Alors, elle le poussa délicatement, avec tendresse mais fermeté. Il était maintenant allongé sur son lit. Il était entre ses griffes. Et l’idée de partager son corps avec un homme de nouveau, pour la première fois depuis des années, la rendait particulièrement machiavélique. Elle adorait cette sensation qui naissait dans son bas ventre, ce désir qui tendait à la faire sauter sur son plaisir, et qu’elle entretenait en ne le nourrissant pas. Elle n’avait même pas encore embrassée sa proie. Et elle le dévorait du regard, prédatrice.

Et puis enfin, une première délivrance, la première d’une longue série. Elle grimpa sur lui, lentement, avec précaution. Elle approcha son buste du sien, comme il l’avait fait plus tôt. Sauf que cette fois, ses cheveux faisaient un rideau, de sorte qu’ils ne puissent plus voir que leurs visages, enfermés dans une jungle noire et bouclée. Cette scène lui rappelait la première fois qu’elle s’était rendue compte de son attirance. Il était tombé. Il l’avait attirée dans sa chute. Et elle s’était retrouvée ainsi sur lui, à califourchon. Sauf qu’à ce moment-là, elle n’avait fait que rire avec lui, s’amuser. Et cette fois, elle allait l’embrasser, effleurer son torse, dans un gémissement. Elle se pencha. Ses lèvres s’approchèrent de celles qu’elle désirait tant. Sensualité… Et un spasme la prit, contractant la totalité de ses muscles.


J’étais debout, réveillée alors que j’aurais pu dormir. Moi qui n’étais qu’une femme, je n’étais pas obligée de rester dehors, exposée à la morsure du froid, à la sombre clarté de cette nuit de pleine Lune. Mais les Hommes étaient là, et je me sentais un plaisir, un devoir de les aider, de monter le grand chapiteau avec eux. De toutes façons, le bruit des marteaux et leurs rires gras m’auraient empêchée de roupiller comme j’aurai pu ou du le faire. Je n’étais pas de ceux qui, penchés aux fenêtres des roulottes ou carrément sortis, se contenter d’observer le dur labeur des travailleurs. Moi, j’aimais l’action, j’aimais monter cette grande toile qui faisait notre fierté.
Un grand sourire étira mes lèvres, tandis que j’observais tous ceux qui s’activaient. On était un peu comme une grande famille, une tribu réunie autour d’un seul but : monter le chapiteau. Et, sans vouloir me vanter, je ne me débrouillais pas trop mal ! Je maniais les marteaux et les parpaings avec agilité, et compensais ma petite force par ma vigueur à la tâche. D’une main, j’ouvrais l’épais manteau de laine que je portais, dévoilant une chemise à carreaux, portée au-dessus d’un jean. Un look qui n’avait rien de féminin, mais que j’appréciais. J’avais chaud, à force de planter les sardines dans la toile. Une voix d’homme, grave et profonde m’interrompit dans ma tâche :

« Tsharla ! N’oublie pas de nourrir les animaux, hein ! Huit heures piles, tu te souviendras ? »

Je me retournais, essuyais la sueur qui mouillait mon front et acquiesçais vaguement. Evidemment, que je n’avais pas oublié, et que je n’oublierai pas. C’était mon boulot, après tout.



Karlovy rouvrit les yeux. Hein ? Quoi ? Elle avait le visage sur l’épaule de Kim, tombée mollement. Depuis combien de temps était-elle ainsi ? Que s’était-il passé ? Un peu déboussolée, elle laissa son regard errer sur la peau de son cher et tendre, cherchant à comprendre ce qui venait de lui arriver. Elle se revoyait nettement en train de monter une grande tente, qu’elle savait être un chapiteau. Mais qu’était un chapiteau ? Et… Des animaux ? Des marteaux ? Des parpaings ? Et tous ces hommes ?! Et ces trucs là, ces roulottes ?! Elle eut besoin de quelques secondes avant de comprendre enfin. Joshi… Il venait de lui envoyer une bribe de son passé, comme promis. Au pire des moments. Après l’avoir envoyée dans les griffes de Nékorovy Welka. Un grognement lui échappa, et elle abattit son poing sur le torse de Van Berghen, tout doucement, en murmurant d’une voix si basse qu’il ne dut pas l’entendre :

« Le salaud… »

Elle n’avait plus envie d’avoir affaire à lui. Plus jamais. Et pourtant, elle voulait savoir ce qui arrivait à cette Tsharla. Autant le dire : ce qui lui arrivait à elle-même. Elle reposa son regard sur Kim, qu’elle devinait inquiet, sous elle…
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Dim 22 Mai - 18:50

Et voilà que ses joues prenaient une teinte rosée, indiquant que son rythme cardiaque s’était accéléré. A quoi avait elle pensé tendit qu’il cherchait la crème lui faisant gagner quelques minutes et lui laissant adopter une pose… Hum, de déesse grecque ou d’une divinité romaine. Allongée ainsi elle faisait penser à ces impératrices qui régnaient sur des mondes aussi éternels que l’Olympe. Seulement elle avait retiré quelques voiles de sa tunique pour dévoiler des dessous prometteurs. Alors il s’approcha, encore et toujours, jusqu’à venir la dominer un instant pour poser une question qui finalement était des plus sérieuses. Et il eut bientôt sa réponse, une dénégation farouche, non la belle ne s’abaisserait pas à réclamer de l’aide, même médicale alors qu’elle en avait besoin. Et elle avait compté sur lui, et manifestement il ne l’avait pas vu assez tôt. Ah la pauvre, qui se laissait souffrir sans broncher, pour conserver sa fierté, par pure vanité. Et voilà maintenant qu’elle le narguait, s’approchant sans achever ce qu’elle commençait. Il trembla un instant en sentant la main de sa belle glisser sur son ventre, mais il ne la lâcha pas du regard. Elle s’approcha un peu plus, l’effleurant dans une retenue qui en devenait douloureuse. Son rythme cardiaque avait aussi prit l’allure d’une course de chevaux effrénée. Le sentait-elle sous ses doigts ? Alors qu’il gagnait quelques millimètres pour se rapprocher encore d’elle, Lovy le repoussa un instant, mettant un doigt comme barrière à un baiser, bouclier à la douceur de ses lèvres qui pourtant appelait un éveil, tandis qu’elle niait de la tête. Ah cruelle manipulatrice…

Et pourtant elle n’acheva pas son petit jeu, le continuant doucement, lui retirant sa chemise, tandis qu’il se contentait de s’en débarrasser rapidement, la repoussant plus loin sans y prêter plus d’attention. Il faudrait qu’il se change pour demain, alors à quoi bon prêter une seconde de son temps à une chemise qui finirait au sale dans quelques heures… Puis elle le repoussa, sans vraiment y mettre de force, toutefois sa volonté suffisait amplement pour qu’il se recule en suivant le mouvement, tandis qu’elle le faisait s’allonger à côté de la place qu’elle avait occupé. Elle s’était installée à son aise et il ne s’en plaignait pas, observant simplement en essayant de se contrôler. Cependant c’est qu’elle était belle son amazone, fière et presque invincible puisque la douleur semblait oubliée pour un instant. Elle se pencha doucement faisant durer le suspense… avant de s’écrouler sur son épaule dans un spasme. Très rapidement il s’inquiéta, posa une main sur sa carotide pour y trouver un pouls, il pouvait sentir qu’elle respirait toujours, alors ce n’était que passage certainement, il posa une main sur la joue de Lovy, caressant son visage en s’inquiétant oralement.

Lovy, Lovy, ça va ?

S’était elle écroulée de fatigue ? Ou de douleur ? Dans ce cas là elle aurait répondu et… Ah elle venait de s’éveiller à nouveau. Elle semblait un peu déboussolée, abattant même un poing sur son torse avant de murmurer un mot incompréhensible. Elle n’était pas en état de tenter un quelconque amusement, il lui fallait du repos et du repos… ne pas trop bouger pour laisser sa côte reprendre sa place et se re-solidifier, reprendre sa place dans la cage thoracique. Alors il passa un bras dans le dos de sa belle, et lui attrapa gentiment la base du cou, avant d’annoncer doucement.

Bon, chose promise, chose due… alors… attention ne bouge pas, on rebascule.

Et en effet, il la remit sur le dos, à ses côtés mais sans se réinstaller au dessus d’elle, il se contenta de se redresser et de reprendre en mains le tube de pommade, et de lui présenter à distance respectable sous le nez. C'est-à-dire à au moins vingt centimètres. Et comme pour argumenter sa demande il ajouta.

Je ferais attention promis, et tu as besoin de rester allongée, tu ne dois pas faire de mouvements trop… brutaux, si tu veux guérir rapidement. D’accord ?

Et hop le tube dans les mains il dirigea le médicament à l’intérieur du tube vers le bouchon, compressant le fond du tube qui était presque vide. Il lui lança un regard inquiet qu’elle puisse de nouveau perdre conscience.

Ca va, tu n’es pas trop fatiguée ? Tu as eu beaucoup d’émotions aujourd’hui et…

Et cela ne l’aurait aucunement dérangé de veiller sur le sommeil de sa bien aimée, de la regarder somnoler malgré les diverses blessures, savoir qu’elle était dans un monde empli de rêves et où la Guilde ou la Brigade n’existait pas forcement. Il frotta un instant ses deux paumes l’une sur l’autre, pour les réchauffer car le contact d’une peau plus froide sur une peau chaude n’était pas le meilleur moyen de lui permettre d’éviter les mouvements involontaires. Il retirer le bouchon et appliqua une dose sur sa main gauche, tandis que de l’autre il refermait le tube. La crème était plus froide qu’il n’aurait souhaité, mais elle n’était pas trop fraiche. Il se doutait que la conversation ne serait pas facile si elle tentait de se concentrer pour ne pas avoir mal, ou en tout cas pour le cacher. Il lui glissa donc simplement un sourire avant de concentrer son regarde sur le torse de Lovy et sur les mouvements circulaires qu’il apposerait. Oui, on ne pouvait pas vraiment parler, mais tout de même… Juste une petite question, c’était vraiment interdit ? Il releva ses yeux noisette sur ceux émeraude de Kinsky.

J’aurais le droit à un baiser après ?

Il la taquinait, lui lançant un regard plein de sous entendus sachant qu’il lancerait juste après son diagnostique médical.

En temps que médecin je suis obligé de vous prescrire un repos forcé, de modérer vos activités physiques telles quelle soient, de soigner votre hygiène de vie et surtout d’éviter le moindre effort qui pourrait détruire tous les jours de guérison que vous avez attendu. Il faut vous ménager par-dessus tout, et faire attention à vous, surtout si vous voulez que cette côte se soigne rapidement.
Et pour cela je vous autorise à abuser de la bonne volonté de tous vos proches qui pourraient être d’une quelconque aide, et vous prie de bien vouloir ignorer l’orgueil qui vous ferait dire que vous pouvez vous en sortir seule. Hum ? Mettez-y un peu de bonne volonté en déléguant au travail, ou même chez vous. Il y a bien quelqu’un qui se dévouerait ?


Oh c’est qu’il s’amusait à lui donner tout autant de conseils médicaux qu’une solution à portée de main. Si elle acceptait bien sur. Mais c’était avant tout et uniquement pour sa propre santé. Mentale ou physique. Et puis il ne se débrouillait pas trop mal en cuisine, et il pourrait tenter de réorganiser un peu au mieux le nombre incalculable d’objets dissimulés sous les meubles… Plus sérieusement il ajouta.

Si tu as besoin de moi, tu peux m’appeler. Je serais ravit de partager une soirée en votre compagnie Miss Kinsky.

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Mer 25 Mai - 16:16

1049 mots

Karlovy était ravie. Elle n'avait jamais rencontré homme aussi prévenant, aussi adorable. Zoltan aussi, avait ses qualités, mais il était plus bourru, quoique particulièrement doux avec elle. Non, Kim Van Berghen avait des qualités indéniables, et elle sentait son coeur battre douloureusement dans sa cage thoracique, tandis qu'elle était sur lui, heureuse. Quel autre homme que lui aurait pu ne pas se vexer d'être arrêté en pleine action, alors que le moment annonçait une suite prometteuse où tous leurs sens se seraient offerts mille plaisirs ? Leurs odeurs se mêlant, leurs langues se goûtant, leurs gémissements résonnant, les regards aimants qu'il se seraient échangés, et les caresses, nombreuses et délicieuses ; Tout ça, il y renonçait pour la santé de sa belle. Et c'était beau. Elle avait presqu'envie de lui parler de Joshi, de sa quête, de sa fausse protection et de Tsharla, mais c'était trop personnel, c'était hors la loi, elle ne voulait pas le compromettre.

Alors, elle se contenta d'acquiescer mollement. Ce n'était pas faux non plus, elle ne lui mentait pas : elle avait mal, et elle était fatiguée. Mais ces petits désagréments n'étaient rien, face au bonheur qu'elle ressentait à se sentir contre Kim, à se lover dans ses bras, toute à lui. Elle aurait voulu que ça aille plus loin, elle aurait voulu s'offrir, et qu'il se donne en retour. Mais si elle s'embrasait de passion, le docteur était la raison, et il lui disait qu'il ne valait mieux rien faire. Tout doucement, il attrapa sa nuque et ses hanches, et la bascula sur le côté. Elle se laissa faire, n'ayant aucune volonté de résister, et se retrouva sur le dos, son buste offert, bien que plein de bleus douloureux.

Il se retrouva non plus sur elle, mais près d'elle, le tube de crème dans les mains. Ah oui, la crème ! Avec toutes ces histoires de chevauchement, elle l'avait oubliée mais, en y repensant bien, elle avait toujours sacrément mal à sa côte. Elle sourit, douloureuse, et soupira. Oui elle ne bougerait plus, oui elle serait sage, nia nia nia. Allons bon, allait-il enfin poser ses mains sur son corps ! Infiniment lent – Quelle torture ! - il se saisit du tube de crème, appuya doucement dessus, en fit sortir l'épais liquide, à l'odeur de menthe forte et reconnaissable. Elle ignorait si la menthe avait un réel effet, ou si c'était simplement pour rendre l'effluve de la crème moins désagréable, mais une chose était sûre : elle appréciait cette odeur. Elle sourit.

Enfin, il se décida à poser ses mains, après les avoir longuement frottées. Elle frémit, et un gémissement entre plaisir et douleur lui échappa. Elle ne pouvait nier ressentir un certain désir pour lui, et sentir ses mains comme ça donnait envie à la jolie Lovy de le goûter de nouveau, de... Hou la, hou la, il lui fallait calmer ses pensées, ou bien son coeur risquait de battre vraiment trop fort. Elle gémit de nouveau, à plusieurs reprises, quitte à exciter Kim... C'était la seule façon qu'elle avait de contrer ce désir qui pulsait dans son bas ventre, remontait jusqu'à son coeur et envahissait son esprit. Elle n'arrivait plus à penser qu'aux mains de son amant sur son corps, et appréciait ses caresses, les yeux fermés, livrée dans sa totalité à lui. Il la tenait entre ses mains, pouvait lui faire mal s'il le désirait, ne lui en ferait pas, elle le savait.

« Tu auras le droit à tout ce que je pourrai te donner. »

Elle s'endormait doucement, pour la seconde fois... Kim avait un tel effet apaisant qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de céder le pas à sa fatigue et, malade comme elle était, elle avait besoin d'un tas de repos qu'elle ne s'accordait pas, en travaillant ainsi jour et nuit pour rétablir les retards accumulés, lors de sa visite dans les sous-sols utiles. Mais la proposition qu'il fit la réveilla pour de bon, la tirant de toute léthargie envisageable. Il lui proposait clairement de venir habiter chez elle, de s'occuper d'elle tous les jours, de... Elle gémit une fois de plus, se crispa, rouvrit ses yeux verts et fixa ceux de Kim. Il était si adorable, si rassurant, mais elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas, elle n'osait pas...

Rhaaa, mais pourquoi donc avait-elle peur comme ça ? Ce n'était pourtant pas censé être difficile, elle n'avait qu'à répondre : « Oh oui, Kim, je veux passer ma vie, ou au moins une bonne partie de ma vie avec toi, je veux que tu sois là quand je rentre, que tu t'occupes de moi et soulage un peu ma peine. »... Sauf que c'était franchement impossible, elle ne pouvait tout simplement pas. Elle n'osait pas s'engager, avait peur que ça fasse comme avec Zoltan, qu'alors qu'elle avait rayé l'idée d'une vie seule, il disparaisse pour toujours... La première fois lui avait offert une indépendance pleine de fierté, et elle ne voulait pas l'abandonner, même pour Kim. Alors, elle se décida à dire la vérité :

« Ca me fait peur, Kim... Beaucoup trop peur. »

Elle secoua la tête, mais resta immobile face à lui, sous lui. En fait, elle tendit même sa main et l'attira contre elle, appuyant sur son dos, légèrement, de sorte que leurs peaux collées s'effleurent et se caressent. Elle plongea ses yeux verts dans les siens, noisette, tenta d'y faire passer tout son amour, de lui faire comprendre que malgré ce qu'elle venait de lui dire, elle l'aimait plus que tout maintenant, qu'il lui faudrait juste du temps pour s'y habituer. Elle croyait voir une certaine tristesse, une forme de dépit, sur son visage, et elle ne le supportait pas. Rêvait-elle cette expression ? C'était possible. Mais, tout doucement, elle se redressa, et posa un baiser sur ses lèvres, et puis un autre, et puis un autre, revenant les chercher un nombre infini de fois.

« Mais reste ce soir, s'il te plaît... Et puis, si ça ne va pas, j'irai te chercher demain et... Tu ne m'en veux pas trop hein ? »

Sa voix s'était brisée sur cette dernière question, tant elle craignait que son refus le fasse fuir. Elle s'accrocha à lui, le gardant tout contre elle, inquiète, et ferma ses yeux comme pour prier Joshi. Elle avait besoin d'aide, elle avait besoin d'une croyance. Et elle ne put retenir un bâillement, exténuée.
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Mer 25 Mai - 22:31

Il hésita un instant en l’entendant gémir, il lui avait fait mal ou alors… ? Il s’arrêta un instant, ne sachant qu’elle attitude adopter, mais Lovy semblait perdue dans ses pensées, les yeux clos et sans pour autant afficher de grimaces. Alors il continua, sans que cela ne calme les cris de la demoiselle au contraire, au point qu’il sentait les frissons qu’elle tentait de réprimer. Ca n’aidait vraiment pas Kim à se concentrer… Il tentait de penser à ses gestes, à ses paroles, mais la raison a parfois du mal à l’emporter sur les sens. Or il avait la voix de Lovy dans les oreilles, sa peau sous les doigts et son corps sous les yeux… Les trois assemblés donnaient un formidable mélange, qui malheureusement ne permettait pas à ses pensées d’avoir la cohérence qu’il aurait souhaité. Enfin, elles étaient homogènes et focalisés cependant ce n’était pas sur l’objectif qu’il aurait désiré. Du moins si l’objet de ses pensées était désiré, il aurait préféré que celles si se concentrent sur autre chose. Du moins quelque chose qui aurait fait ralentir son rythme cardiaque et son souffle qui s’était accéléré. Il fallait méditer sur un sujet plus abstrait, se détacher un minimum de ce qui se passait au même moment dans la chambre de Lovy. Sinon… ah oui, sinon il allait définitivement craquer. S’il n’arrivait plus à penser logiquement et scientifiquement, alors il lui suffisait certainement de penser à une image du passé. Et en effet rien qu’en y songeant un instant, en se le remémorant, il parvint à reprendre le contrôle de lui-même. Ses mains avaient continuées leur travail, pourtant il s’était absenté un court moment, juste le temps de revenir sans être totalement déboussolé. Elle semblait se détendre grâce au massage, presque prête à s’endormir. Toutefois Morphée était moqueur et joueur ce soir, et il ne souhaitait définitivement pas la prendre dans ses bras pour la conduire dans le monde des rêves. Sans doute était-ce ses paroles qui l’avaient réveillée encore une fois. Il aurait du se taire, la laisser se reposer. Mais elle se crispa avant d’ouvrir des yeux surpris et effrayés qui se fixèrent dans les siens.

Quels mots avait il prononcés pour ainsi l’inquiéter ? Ceux d’une simple proposition de prendre soin d’elle ? Cela lui faisait il donc si peur ? Avait elle déjà oublié ce qu’il lui avait promit par écrit il y a quelques minutes de cela ? De ne pas l’emprisonner, de lui laisser sa liberté de petit oiseau gazouillant et volant. Oui, ou alors les mots n’avaient pas convaincus assez puisqu’elle avait encore peur, et que si sa réponse n’avait pas été verbale, elle lui avait clairement fait signe que non de la tête. Pourtant elle tendait une main et les rapprocha, il se laissa faire sans rien dire. Son regard en tout cas n’était pas un rejet, juste une crainte bien ancrée. Des années qu’on n’effacerait pas ainsi… Lui il réfléchissait lentement, à comment lui dire sans la brusquer. Et puis elle se redressa pour lui accorder ce qu’il avait demandé, un simple baiser, qui fit renaitre un sourire sur son visage. Ah, mais c’est qu’elle en avait d’autre en réserve… Et c’était surement la distribution des cadeaux, car elle avait bien l’air décidé à lui en faire profiter, c’est qu’il était gâté. A moins que ce ne soit parce qu’elle avait une demande et une question à formuler. Et qu’elle avait peur de l’avoir vexé. Mais alors comment se débarrasser de la vilaine peur. C’était si simple avec les enfants pourtant… Il suffisait de mettre une veilleuse, une lumière pour qu’ils n’aient plus peur du noir et puissent s’endormir tranquillement, leur doudou dans les bras. Ou alors il suffisait de jouer, d’aller regarder sous le lit, dans le placard et d’expliquer que c’était bon, tous les monstres avaient été chassés, ils avaient eu peur, ils ne reviendraient plus… Il suffisait de les amuser un instant et de distraire leurs pensées de l’objet de leurs craintes. Mais les adultes… Ah, les adultes… Drôles de créatures étranges. Elles étaient bien plus complexes, et il fallait inventer bien plus de stratagèmes, trouver les bons mots et ne pas se perdre. Ajuster ses gestes et réussir à comprendre d’où venait vraiment l’angoisse. Peut être de l’enfance, ou d’un traumatisme bien plus proche.

Il s’était laissé glissé sur le lit à côté de Lovy, pour rester à ses côtés sans qu’elle se fasse mal. Il la contemplait tout en écoutant ses craintes. Pourquoi fallait-il donc que les femmes aient si peur tout le temps ? Une inquiétude en remplaçait une autre dans leurs esprits torturés, comme s’il elles avaient toujours une appréhension d’un malheur tout proche qui les surplombait avant de leur tomber dessus. Quand elles l’ignoraient mais le ressentaient toujours présent, intensément. Il passa une main dans ses cheveux, avant de déclarer.

Mais je reste ce soir… tu m’as laissé entrer, je ne te laisse pas, je te l’ai promis.

Il lui posa un baiser sur le front, avant d’afficher un franc sourire et de répliquer du tact au tac.

Et c’était le but de la proposition, que tu ais la possibilité de venir me chercher sans avoir aucune hésitation, ni aucun remord… demain, après demain, après-après demain, après-après-après demain… après-après-après… Hum, enfin je crois que tu vois où je veux en venir, non ?
Et je ne t’en veux pas du tout.


Il passa la main sur sa joue, elle venait de bailler, elle avait besoin de dormir, de se reposer… Pour pouvoir récupérer vraiment et être d’attaque demain. Il releva la tête pour visualiser l’emplacement de l’interrupteur de la lumière. Dans certains appartement les nosciens avaient installé des commandes vocales, mais c’était parfois traitre et mieux valait toujours avoir le bouton manuel. Loin… le bouton semblait si loin… S’il avait eu des super pouvoir, juste pour pouvoir pousser le bouton à distance et éteindre la lumière… Malheureusement ce n’était pas le cas alors il faudrait sans doute se déplacer.

Maintenant, il va falloir dormir un peu, tu en as besoin.
Je… Le bouton de la lumière, c’est celui là-bas ? Tu… préfères que je dorme sur le canapé du salon ?


Il désigna le bouton qu’il avait aperçu près de la porte, détournant ainsi le regard pour ses questions. Il aurait préféré rester là, à côté d’elle pour dormir et entendre sa respiration tandis qu’elle rêvait cependant…

Avec une côte cassée, je sais que ce n’est pas pratique de dormir, et je ne voudrais pas que tu te positionnes mal, que je gènes et que… Bref, dis-moi, ce que je dois faire.

Il lui prêtait volontiers son corps comme oreiller, chauffage d’appoint ou quoi que soit la manière dont elle voulait l’utiliser, dans la limite du raisonnable bien entendu. Il n’avait même pas pensé que peut être, sans doute même, elle devait avoir un bouton près de la tête de lit. La faute pouvait être excusée non ? Après tout c’était la première fois qu’il entrait dans sa chambre. Il ajouta avec nombre de regrets.

Demain, enfin aujourd’hui… je dois aller travailler à huit heures… je te laisse dormir, mais tu ne m’en veux pas si je pars comme un voleur ? Je te prépare quelque chose pour le petit déjeuner avant de filer ?

Il attrapa le bipper qui était resté dans ses poches, en lettre lumineuses on pouvait lire qu’il ne restait que quelques heures avant qu’un tiers des vingt-quatre heures de la journée ne soient écoulés. Il se sentait mal de ne pas pouvoir rester là à son réveil, cependant il lui était difficile d’envoyer un mail à ses collègues en les lâchant à la dernière minute, surtout si ce n’était pas pour une raison de vie ou de mort. Il n’aimait pas « filer à l’anglaise » et aurait préféré pouvoir commencer sa journée avec elle, cependant il fallait que Lovy dorme suffisamment et il ne pouvait décaler ses propres horaires…

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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Karlovy Kinsky le Lun 30 Mai - 20:28

1054 mots

Avec Kim allongé tout contre elle, elle se sentait bien. Il s'était libéré de son étreinte, mais il n'avait pas pour autant rompu le contact, gardant son souffle tout proche, leurs bras s'effleurant et leurs peaux collées. Par Joshi, elle était enfin aux côtés d'un homme torse nu ! Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu ce plaisir, cette chance, ce... ? C'était un instant magique, jouissif et, quelque part, elle était heureuse de pouvoir prendre son temps. Imaginez que ça ne se passe pas bien que, Van Berghen soit nul au lit, ou précoce ?! Elle avait du mal à le concevoir, mais c'étaient des craintes bien naturelles, et elle préférait demeurer dans l'ignorance pour le moment, rester juste à l'aise, heureuse et rassurée contre lui. Si elle avait été un chat, elle aurait ronronné, si elle avait été un chien, elle aurait jappé, mais comme elle était humaine, elle se contenta d'un soupir de plaisir, ravie. Tout semblait être parfait. Elle ne voulait pas briser ce fragile moment.

Et la voix de cet homme qu'elle aimait s'éleva. Il caressa sa joue, repoussa ses cheveux, lui parlant et la caressant sans cesse... Elle avait les yeux ouverts, un sourire niais et amoureux sur le visage, et elle le regardait, tout simplement. Elle le trouvait à la fois mignon et séduisant, mélange parfait de charme et de sex appeal... Et il posa un baiser sur son front. Allons Kim, que fais-tu là ! Le front, c'est bien gentil, mais Karlovy t'avait offert ses lèvres, tu lui devais bien une véritable embrassade en retour. Pourtant, il n'en fit rien, et elle se contenta de subir, tant pis. Il parlait, il n'était pas fâché, il se montrait tendre et aimant... Que pouvait-elle demander de plus, je vous le demande ! Certes, un baiser n'aurait pas été refusé, mais c'était faire la fine bouche, et elle n'était pas de ces gens qui ne sont jamais satisfaits.

Mais voilà qu'il lui demandait s'il pouvait rester ici, avec elle, ou s'il devait aller sur le canapé ?! Pourquoi donc chipotait-il ainsi ? Ne réalisait-il pas qu'elle dormirait mille fois mieux dans ses bras, en confiance, rassurée, ses soucis envolés au loin, plutôt que seule dans son grand lit vide, offerte aux attaques imprévisibles de noires pensées ? Etait-il donc idiot ? Ou juste naïf ? Elle ne pouvait se résigner à lui attribuer un défaut, aussi se contenta-t-elle d'un sourire – la fuyarde, et d'un mouvement de tête réprobateur. Mais il n'avait pas fini. Voilà qu'il lui demandait s'il pouvait éteindre, sans oser bouger pour autant. Comment lui faire comprendre qu'il avait tous les droits ici, aujourd'hui ? Elle continua simplement de l'observer, un sourire hilare sur le visage, même quand il parla de partir tôt. Elle avait énormément de travail pour remettre son labo sur pied, et relancer une production correcte, et elle serait debout en même temps que lui. De toutes façons, elle n'arrivait pas bien à dormir, en ce moment...

« Allons Kim, cesse de faire l'enfant... »

Un sourire immense étirait ses lèvres, tandis qu'elle se retournait précautionneusement, veillant à ne pas agresser ses côtes douloureuses. Pleine de tendresse, elle posa une main sur le torse de Kim, à la droite du lit, et sa tête sur son épaule. D'ici, elle sentait la peau de cet homme qu'elle aimait contre sa joue, mais aussi les battements puissants et réguliers de son coeur, qui faisaient dès lors office de berceuse. Elle inclina légèrement sa tête, histoire de le regarder – purée, même d'en-dessous, il était beau ! - caressa doucement sa joue, l'angle de sa mâchoire, savourant le plaisir de caresser sa petite barbe, due à l'absence de rasage en fin de journée. Joueuse, elle murmura :

« Je trouve ce petit côté négligé absolument sexy... Mais n'y vois aucun sous-entendu ! »

Elle sourit, plongeant ses yeux verts émeraude dans ceux, noisette, de son compagnon. Il avait l'air un peu mal à l'aise, mais elle se sentait si bien, si détendue qu'elle ne doutait pas qu'il se détendrait à son tour, cédant à son plaisir et au bonheur qu'il devait ressentir. Elle n'avait plus été avec personne ainsi depuis Zoltan. Se rendait-il compte de sa chance, de l'honneur qu'elle lui faisait ? C'était l'un des seuls à avoir réussi à dompter la panthère qu'elle était, et il se devait d'en être fier. D'une voix douce, et ensommeillée, elle répondit simplement, heureuse :

« Tu n'as pas la possibilité de rester ici : tu en as l'ordre. Tu me serviras d'oreiller, l'autre me boude depuis qu'il a appris que je le trompais. »

D'une main, elle repoussa le polochon avec lequel elle s'était mariée quelques heures plus tôt, histoire de lui éviter de voir ça. Ce devait être horrible, pour lui... Et elle compatissait. Puis elle revint vers Kim et déclara :

« Enfin, si tu le veux bien... Mais vu que tu as plus ou moins dit que tu devenais mon esclave jusqu'à ce que j'aille mieux – ou, si tu ne l'as pas dit, c'est ce que je compris ! - tu as intérêt à le vouloir ! »

Elle se faisait moqueuse et, ravie, lâcha un petit rire heureux. Elle aimait bien avoir quelqu'un à taquiner, et pour la première fois depuis un bon moment, elle se sentait emplie de la plénitude la plus totale.

« Quant à demain, je t'en voudrai plus si tu me fais tomber malade que si tu vas soigner les gens. Toutefois, la cuisine, c'est mon job. Je préparerai le petit déjeuner. Pour nous deux. »

Elle savait bien qu'il râlerait en entendant ça, qu'il réclamerait qu'elle se repose et nia nia nia et nia nia nia. Alors, d'office, elle posa sa main sur ses lèvres et, en s'appuyant sur son propre coude, elle se redressa pour lui dire, toujours moqueuse et provocante :

« Et il n'y a pas de « mais » qui tienne ! Les esclaves n'ont pas le droit à la parole ! »

Elle se pencha, approcha ses lèvres, l'embrassa une fois encore, pleine de tendresse et d'amour, , et resta quelques secondes son visage près du sien, séduite. Elle se sentait infiniment bien. Alors, elle revint poser sa tête sur son coeur, ferma les yeux et, tandis qu'elle le sentait caresser doucement sa peau – ou bien était-ce le fruit de son imagination, alors qu'elle se faisait happer par ses rêves ? - elle s'endormit sans même s'en rendre compte. Et la lumière était toujours allumée.
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Re: Fiolemment vôtre !

Message par Kim van Berghen le Ven 3 Juin - 19:57

Hj: Désolé c'est nul >.<

Dj:
Alors que c’était elle qui s’était sentie gênée de montrer son appartement à moitié rangé, alors que cela ne l’aurait pas forcement choqué, sachant les dernières semaines qu’elle venait de passer. Voilà que c’était lui qui n’osait plus et avait peur de déranger, faisait s’afficher un sourire presque moqueur sur le visage de Lovy. Il parlait encore trop, posant trop de questions. Alors elle le coupa enfin avant qu’il n’en dise encore plus, posant une main sur son torse. De ses doigts il attrapa la paume de Lovy, mêlant ses doigts aux siens, avant qu’elle ne s’échappe à nouveau. Elle était installée contre lui, et il n’avait plus aucune envie de se lever, juste de rester là. Ne plus la lâcher, ni l’abandonner. Ils étaient bien là tout les deux, tous les deux à moitié somnolant de fatigue. Pourtant elle restait encore joueuse, s’amusant à le taquiner tout en le complimentant. Il lâcha un rire léger, avant de plonger ses yeux dans celle de sa douce. Lui servir d’oreiller ? L’idée était bien tentante. Il jeta un regard au polochon qu’elle rejetait sans la moindre hésitation. Pourquoi utiliser à nouveau ce verbe qui le faisait tant souffrir. Tromper. S’il avait dû désigner son pire ennemi à Nosco, celui qu’il détestait le plus, cela aurait sans doute été ce verbe qui lui causait tant de problèmes. On avait tous le droit de se tromper et de faire des erreurs. Mais tromper quelqu’un d’autre… non. Même ce pauvre polochon abandonné.

Esclave ? Il avait parlé d’esclave ? Hum… non pourtant il était persuadé que l’esclavagisme avait prit fin environs la fin du dix-neuvième siècle dans la plupart des pays du monde, et il ne se souvenait pas d’en avoir jamais entendu parler à Nosco. Avait-on déjà entendu parler d’un cas où l’on aurait exploité un rebelle pour son travail ? Non, généralement ils étaient interrogés puis maintenu captifs ou tués, selon l’intérêt qu’on leur portait. Cependant là n’était pas la question et je m’égare. Le terme était sans nul doute inapproprié mais l’intention était là. Et il aimait la taquinerie, et elle semblait heureuse de ne pas être seule, de pouvoir compter sur lui. Il ouvrit la bouche lorsqu’elle se proposa pour faire le petit déjeuner. D’accord, elle était surement cent fois, non mille fois plus doué que lui dans ce domaine là mais… Ah, non, il n’y avait pas de mais qui tienne avec Lovy, elle venait de poser une main sur sa bouche, l’empêchant de répliquer quoi que ce soit. Ah, la première règle était donc qu’il n’avait pas le droit de répondre ? Et voilà qu’ils échangeaient un nouveau baiser, comme pour se souhaiter une bonne nuit, avant qu’elle ne repose sa tête contre son cœur. Il passa ses bras autour d’elle pour la réchauffer, caressant sa peau douce et dénudée. La lumière quand à elle restait allumée, pourtant Kim ne tarda pas lui non plus à s’endormir. Juste après avoir réglé le réveil pour les alentours de sept heures et quart.

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Re: Fiolemment vôtre !

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