L'appel de l'inconnu

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L'appel de l'inconnu

Message par Morgan W. Karanth le Lun 3 Mai - 3:39


Hargne constante. Ressentiment face à soit. Métaphoriquement parlant. Il ignorait. Il ignorait avoir un ‘’soi’’ à raconter. Il n’en avait pas. Il n’en avait jamais eut. Il n’en aurait probablement pas non plus. Il n’y avait pas de miroir à son existence. Rien. Vide ambigüe. Vide extravagant. Rien. La constance devenait illusion. Les rêves devenaient oubli. Et l’oubli continuait de persister encore. L’oubli de quoi, au fait? De ce rien omniprésent? De cet immense point d’interrogation qui flottait devant ses yeux creux? Creux de questionnement sans réponse. Creux de sens.

Il se tient debout, pourtant. Il regarde ses pieds avec une curiosité émanant de son corps à la lumière que diffusait le jour sur lui. Il n’a pas vraiment l’air de savoir quoi en faire. Il remue un orteil. Il est nu pied. Un petit son étrange s’échappe de sa gorge. Il lève la jambe et à une impression que tout son corps bascule sur le côté. Il doit forcer! Sinon la chute assurée. Il se sent étrange. Affreuse impression de voir le jour pour la première fois de son existence. Mais qu’elle existence? En avait-il seulement une? Ses muscles facials s’étirent et ses lèvres fermées et muettes se transforment en sourire. Il se découvre. Simplement. Clairement. Il étend doucement les bras devant lui, ses doigts s’étirant tel les branches de l’arbre vers le ciel, comme s’il aurait désiré le toucher, comprendre sa texture, voir si cette couleur qu’il voyait pouvait être saisit entre ses doigts. Cette couleur… Ses cheveux avaient la même. Et il se soulageait de cette ressemblance. Lorsqu’il regarde ses mains son regard s’apaise. Il le retourne. Encore. Sous tous les angles. Il pli les doigts. Ferme le poing. L’ouvre de nouveau. Il sent la peau brisée, coupée, s’étirer. Les plais craques et s’ouvre. Il n’y a pas de saignement. Elles sont trop vieilles. Vieilles, mais là quand même. Les muscles facials se relâchent et le visage jeune récupère une expression que la neutralité ne décrit pas.

Seule la solitude de l’endroit l’accompagne. Son regard se pose devant lui, se lève, observe et assimile. Malgré toute son ignorance, il comprend. Il comprend son sort. Il comprend son destin. Il comprend que ne rien connaitre ne le mène nulle part et ne le mènera jamais nulle part. Et il croit. Oui, il croit. Il suppose aussi, mais il veut croire. Il veut croire que ce qu’il voit là bas à une histoire. Même s’il ne la connait pas encore. Il veut croire qu’il peut savoir, même s’il doute. Ce qu’il voit, exactement, ne signifie pas encore grand-chose. Il sait que c’est utile. Il sait aussi que c’est là qu’il devra se diriger. Il le devine, principalement, ce qui lui donne l’impression de savoir. Cette impression, c’est son envolé. Et il suivra la voix qu’on lui indiquera… Pas par choix. Il ne l’a pas. Il ne l’aura sans doute jamais non plus s’il en demeure ainsi. Parce qu’il le faut. C’est ce qu’il doit. C’est ce qu’il a à faire. Il ne le sait pas, mais croit que c’est ce qui a de mieux. Même s’il ne sait pas ce qui est mieux. Il tente tout de même.

C’est un peu triste. On ne sait pas où on va. On ne sait pas son nom. On ne sait pas ce que l’on est. On ne sait pas ce que l’on veut. On ne sait pas ce que l’on a pu être, aussi. Parce qu’il voit bien, à sa taille, qu’il n’est pas si jeune, non? Il n’est pas vieux non plus, il se sent franchement gamin à l’intérieur de lui, mais il ressent un petit quelque chose qui lui donne ce droit de pensé qu’il y a peut-être eut autre chose. Ce n’est pas logique?

Il semble un peu confus. Il laisse enfin retomber ses bras le long de son corps. Il se trouve seul mais un son arrive tout de même à parvenir à ses oreilles. Ce n’est qu’un très, très faible bourdonnement, mais il est là quand même. Il l’entend. Il ne fait pas que l’entendre. Il le ressent aussi. Ce souffle comme sa respiration. Ça vient de nulle part et partout à la fois. Ça s’engouffre sous ses vêtements blancs et légers. Ça se faufile dans ses cheveux. Ça berce son esprit. Ça caresse sa peau. Ce sont des milliers de doigts qui tentent de s’agripper à lui sans jamais y arriver totalement. Il l’accroche. Mais il ne bouge pas. Il se tient toujours debout. Comme s’il affrontait cette erreur de la nature. À moins qu’il ne s’agisse de la nature elle-même? Peut-être. Oui, peut-être était-ce ça. Quelque chose de plus. Il stock l’information dans un recoin de sa tête. Il y réfléchit un peu. Encore seul. Il se questionne toujours autant et ne semble pas convaincu.

Il plisse des yeux, soudain. Son nez à un drôle de geste, il se tord un peu. Comme s’il voulait grogner. Il aperçoit quelque chose mais ne le distingue pas. Il le voit, par contre. Il en est certain. Et ça bouge. Est-ce vivant? Probablement. Probablement aussi que c’est exactement la même chose que lui. Il se redresse et l’expression du visage redevient normal, dans sa neutralité la plus furieuse, voir un peu exagérée. Il n’y a pas de neutralité à ses pensées. Du questionnement. Et on ne peut pas dire que son questionnement est neutre. Mais il ne le savait pas encore… Il na savait pas ce que ça signifiait pour le moment et ne s’en inquiétait pas. Ce qui l’intriguait, maintenant, c’était ce qu’il y avait devant lui et qui se rapprochait. Est-ce que ça se rapprochait pour lui? Avait-il attiré l’attention? Il se murmure que non.

Tien! Un son! Il murmure! Il n’est donc pas muet et sait émettre des bruits avec sa bouche. Étrange fait inutile. Fait là tout de même. Situation amusante. Il découvre. Il apprend. Et il apprend vite. Il bouge. Il balance son poids d’un pied à l’autre. Il n’est pas nerveux, il ne sait même pas ce que c’est. Mais il a un petit pincement, là, dans son torse, sous son t-shirt blanc, un peu humide… Encore un instant. Humide? Il ne fait que le remarquer, mais… Mais le bas de son pantalon est froid et mouillé. Ses pieds sont secs, mais pas le vêtement en soit. Et son t-shirt : pareil. C’est très curieux… Et plus il y réfléchit, moins il voit clair. Il n’a pas chaud. Même qu’il a un peu froid. Il ne voit donc pas à quoi ça peut bien être relié.

Lorsqu’il recommence à se concentrer, il le distingue déjà mieux. Il voit la silhouette. Pourquoi il ne bouge pas? Il l’ignore. De toute façon, il ne pouvait pas aller bien loin. Derrière lui, un mur. En haut, tout ce néant qui l’effrayait et le fascinait. Dessous, il ne pouvait pas non plus y aller. Et devant, il y avait celui-ci qui semblait être finalement venu pour lui, en dépit du tout qui l’envahissait. Il attend donc. Dans son silence si familier maintenant. Peut-être que lui pourrait lui répondre, qu’il se disait. Oui, peut-être...
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Judikhael Wienfield le Lun 3 Mai - 11:31

Une journée tranquille que celle-là malgré le travail qui l'accablait. Pas de traque aujourd'hui. Il n'avait pas les informations requises pour partir à la "chasse". Repos donc pour lui et pour ses hommes. Enfin surtout pour ses hommes, lui ayant bien d'autres obligations auxquelles répondre à côté. Judikhael était en effet déjà affairé devant son bureau, au capitol, son ordinateur ouvert sur de multiples fenêtres de logiciel de gestion et autres. Il aurait pu s'accorder lui aussi un petit moment, pour tout dire, tout était calme ces temps-ci et aucune réunion majeure du Haut Conseil ne viendrait l'accabler d'un possible retard. Mais ce n'était pas dans ses habitudes. Repos était un mot qu'il ne connaissait que peu, seulement quand toutes ses tâches étaient dignement accomplies. Perfectionniste qu'il était, autant dire que ce n'était pas si souvent que cela...

Il s'apprêtait à clôturer un dernier dossier, quand une missive arriva dans sa boite de messagerie. Petit nouveau en vue, disait-elle. Et à peine avait-il fini de lire, qu'il reçut un appel sur son écran tactile situé en face de lui. Il venait de la Brigade de Proximité.

- Bonjour Commandor, fit le jeune homme dont l'image apparaissait maintenant comme en hologramme en face de son bureau, projetée depuis son ordinateur.

Le garçon venait de lui servir encore son ancien titre, comme oubliant qu'il était, aussi, du Haut Conseil. Bon pour être honnête, Judikhael tenait aussi beaucoup à ce titre de Commandor et savait que dans les esprits, sa position au haut Conseil n'était pas si oubliée que ça... Il n'en tint donc aucune rigueur et fit un bref signe de main à l'autre l'enjoignant de continuer. Oui, signe de main... Son image à lui aussi devait être projetée dès lors devant le garçon, là où qu'il soit... ou projetée sur un petit ordinateur de poche... Bref, pas besoin de parole, l'autre le voyait parfaitement. Et comprit le message.

- J'espère ne pas vous déranger outre mesure, Commandor, mais je voulais vous signaler l'arrivée d'un nouvel oublié, reprit-il de sa voix polie où un grand respect pointait.

Oui, ça il l'avait vu. Il avait bien reçu le message. Et oui, il savait aussi que c'était à son tour d'aller accueillir cet oublié. Chaque Noscoien de plus d'un an, à tour de rôle, était chargé d'aller accueillir les nouveaux oubliés qui venaient d'arriver. Autant pour toutes les autres tâches, ils se partageaient les "corvées" et autres, autant pour accueillir les nouveaux, chacun y était contraint. La Guilde avait en effet opté pour un système de parrainage, chaque ancien devant prendre sous son aile, à tour de rôle, un nouvel oublié. N'étaient exemptés que l'Impératrice et le Haut Prêtre, qui avaient tous deux bien d'autres préoccupations en tête, ainsi que les rebelles bien entendu, égoïstes qu'ils étaient ils avaient choisi une autre vie, oubliant les autres, et les noscoiens arrivés dans la ville depuis moins d'un an. Pour les autres, quelques soient leur grade et leurs occupations, ils devaient se plier à ce parrainage. Même si les plus hauts gradés y étaient contraints moins souvent que les autres, ayant souvent une surcharge de travail plus conséquente que les autres...

Cette fois, en tout cas, c'était son tour à lui. Et il ne pouvait s'y dérober. Non pas qu'il en ait non plus réellement envie : parrainer les petits nouveaux lui apportait, quelque part, ce petit vent de fraicheur dont il manquait si cruellement par moment. Et cela faisait maintenant si longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de prendre un petit oisillon d'oublié sous son aile...

- Je sais. Je vais aller au devant de lui, répondit-il sobrement tout en mettant fin à la communication.

Et se disant, il se leva, laissant en suspens ses dossiers informatiques tels qu'ils étaient. Le système de mise en veille les sécuriserait alors de façon automatique. Et ce n'était pas comme si ces dossiers-là étaient classés ultra secrets non plus... ou comme si n'importe qui allait pénétrer le capitol... D'un pas rapide il sortit donc, consultant ensuite dans l'ascenseur le radar de Nosco, qui lui indiquerait où se situait ce nouvel oublié exactement. Près de l'enceinte sud, non loin du capitol donc. D'un pas souple, il sortit sans même un signe de salutation aux noscoiens qu'il croisait sur son passage, bien trop perdu dans ses pensées. Et ses souvenirs. A chaque fois, c'était ainsi. A chaque nouvel arrivé qu'il allait accueillir, il ne pouvait s'empêcher de se rappeler son premier jour à lui aussi. Perdu. Il avait été perdu alors. Désemparé. En proie à une certaine terreur... Sans doute était-ce pareil pour chacun. Et Judikhael s'efforçait de se souvenir de ce fait à chaque fois... comme pour tempérer un peu son caractère habituellement taciturne en d'autres temps. Ce n'était pas le moment de terrifier le nouvel arrivé. Il était là pour l'aider. Pas pour l'effrayer. Du moins s'y efforcerait-il.

Alors qu'il approchait, la fine silhouette de ce qui semblait être un garçon se dessina peu à peu, se faisant de plus en plus précise. Judikhael nota chaque petit détail qui pourrait lui donner quelques indices sur le jeune homme. Jeune, très jeune, comme rarement ils en voyaient de si jeune. Dans les 17 ou 18 ans tout au plus. Cheveux bleus, certainement teinturés, et yeux d'un bleu perçant. Petite taille, gabarit ni trop fin ni trop corpulent. Un garçon ayant certainement un physique résistant. Nu pied, nota-t-il, soudain intrigué dans un coin de son esprit. Les vêtements trempés. Et cet air perdu que tous avaient affiché alors qu'ils se retrouvaient sans explication aucune devant cette enceinte.

- Bonjour, offrit-il en guise de salutation de sa voix grave qu'il tenta de rendre pourtant chaleureuse. Bienvenue en Nosco.

Il lança un énième regard dévisageant des pieds à la tête le garçon, ne pouvant s'empêcher soudain de penser... à un lutin. Oui, lutin, ce regard, ces cheveux... cet air étrange peint sur le visage... Oui, le garçon ressemblait bien à un petit lutin, ne put-il s'empêcher de penser.

- Je m'appelle Judikhael. Judikhael Wienfield. Je sais que tu ne dois plus te souvenir de rien, commença-t-il à expliquer, passant, sans qu'il ne sache pourquoi lui-même, automatiquement au tutoiement.

Il sentait que déjà il aimait bien ce garçon étrange.

- Nous sommes tous arrivés ainsi, le long de cette enceinte - il désigna alors d'un geste de main ladite enceinte - sans souvenir. Sans nom, sans passé, sans rien. Nous nous appelons alors les oubliés. Tu es ici en Nosco. Et je suis là pour t'aider et te guider dans notre monde. Dans ton nouveau monde.

Hum... le guider. Voilà bien à chaque fois, une tâche difficile pour tout dire. Le guider... Mais le guider vers quoi ?
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Morgan W. Karanth le Jeu 6 Mai - 2:19

La silhouette est claire, à présent. Il cligne quand même des yeux, une, deux, trois fois, comme pour se convaincre du fait. Il semble un peu douter. Mais ne s’enfuis pas. Il reste là parce qu’il veut savoir. Quelque chose le lui en oblige. Un brin de naïveté, peut-être bien. Mais la carrure est impressionnante. Il pense un instant à s’éloigner doucement, sans que ses pieds ne bougent. Et il n’en fait finalement rien du tout. Mais son corps se montre prêt à décamper au moindre signe d’agression. En effet, il est effrayé. Même s’il tient à se montrer différent, en vouloir croire tout à fait différemment. Il a un peu peur. Et il n’y peu rien. Il aurait probablement tremblé. Mais il le fascine. Il arrive à rendre sa curiosité plus accrue. Plus forte. Plus présente. L’appelant directement. Il fixe le visage à la petite balafre. Il la remonte pour tomber directement sur ces yeux. Première chose à laquelle il peut… Première chose à laquelle il doit, plutôt se rattacher. Il reste aussi muet qu’il ne l’était au début. Il fixe ce bleu mi glacial mi il ne sait comment décrire. Bleu. Tout simplement bleu. Perçant. Mais il ne semble pas lui en vouloir (même s’il ne sait pas pourquoi on lui en aurait voulu…). L’homme plus haut que lui, aux épaules plus carré. À côté, il a l’air plutôt chétif, c’est à avouer.

Il ouvre la bouche pour se mettre à lui parler. Bonjour. Bienvenue… Bienvenue? Où ça? Que dit-il? Nosco? Qu’est-ce que c’est? Quel nom curieux. C’est l’endroit où il se trouve présentement? C’est quoi exactement? La terre qu’il frôle de ses pieds? Le ‘’monde’’ de tous les termes que l’on peut employer? Une ville, peut-être? Il ne sait pas encore, mais sent qu’il le découvrira très bientôt. Pourquoi? Peut-être ce regard. Peut-être l’impression d’être complètement dévisagé par l’individu. Peut-être au fait de ressentir aussi l’espèce d’intrigue chez lui à son sujet? Lorsqu’il voit les iris de l’homme, il baisse les yeux sur ses pieds. Ses orteils se rétractent un peu, gêné, soudainement et il relève rapidement la tête, mal à l’aise. Il se dit qu’il le jaugeait. Non… Qu’il le jugeait, plutôt. Mais ce n’est pas de sa faute! Il ne sait rien! Il ne sait pas le pourquoi de cet état.

Judikhael Wienfield. Est-ce que ce nom est sensé lui dire quelque chose? Doit-il le connaitre? Apparemment pas. Sinon il ne se serait pas présenté, n’était-il pas logique? Le jeune homme s’arrête un instant. Il contrôle le flux excessif de pensées qui s’accumule et se concentre sur un seul et unique fait. Un nom. Un prénom. Blanc. Le blanc complet dans son cerveau. Comment ne peut-il son propre nom? En a-t-il seulement déjà eut un, au moins? Ça, plus il y pense, moins il y croit.

Il continue de parler. Il lève la main et suis des yeux ce qu’il lui indique. Une enceinte. Oui, d’accord. Parfait. Mais… Une enceinte pour quoi? À quoi est-ce que ça pouvait bien servir? Pourquoi devait-il être entouré de cet immense mur impossible à contourner? Enfin, théorie peut plausible. Il devait y avoir une sortie. Improbable dans le cas contraire. N’est-ce pas? … N’est-ce pas…? Il tourne brusquement la tête, de nouveau…


-Tous? Prononça-t-il enfin d’une voix qu’il a l’impression d’entendre pour la toute première fois. Sa voix. Qu’elle drôle et fait particulièrement anormal pour lui. Il ne doute pas de s’y adapter, mais… Ça n’en demeure pas moins très curieux. Il sait parler, sans se souvenir l’avoir appris. C’est peut-être un don tout simplement acquit, qui ne demande absolument rien en retour…

-Vous voulez dire quoi? Et comment pouvons-nous… enfin, l’enceinte… Elle n’a pas de porte? Comment on y entre?

Pourquoi cette étrange question? Comme s’il apparait soudainement très logique dans son cerveau en pleine fusion qu’un mur comme celui-ci puisse avoir une porte. Ça fait peur. La curiosité de l’adolescent ressort immédiatement. Il continu de se découvrir, finalement.Ce n’est pas volontaire. C’est même très étrange. Un mot qu’il commence à faire lui à part entière, d’ailleurs, sans vraiment trop s’attarder sur le sens de ce dernier. Et maintenant, la question. La question qui tue. La question fatidique.

-Comment je suis arrivé là?

Exactement. Comment. C’est une question agaçante, mais elle lui semble importante. Elle résonne dans sa conscience parce qu’il croit que c’est tout ce qui lui reste… Non, ce n’est pas ça… Parce que c’est tout ce qu’il a jamais eut. C’est tout ce qu’il a et il n’a pas l’impression de ne rien avoir d’autre. Il se met ensuite à parler de tout. Des souvenirs. Du fait qu’il ne se souvienne pas. Se souvenir de quoi? Il n’a pas besoin de souvenir. Il vit ce qu’il a à vivre et ça s’arrête-la, non? N’était-ce pas ce qu’il avait de mieux à faire? Selon les dires de Judikhael, il n’a pas tord lorsqu’il a pensé que Nosco était peut-être le monde à proprement parlé, dans lequel il se trouve en cet instant même. Il répond aussi à toutes les autres questions qu’il avait bien pu se poser jusqu’à présent. Il s’interroge toutefois encore et ne peut s’empêcher de répondre, une fois de plus, de cette voix qu’il commence à s’apprécier d’écouter.

-Me guider?

Il sait… ou a-t-il du moins l’impression d’avoir l’air complètement idiot, soudainement. Mais n’est-ce pas normal? Il l’espère. Il veut juste s’intéresser parce qu’il n’a pas le choix. Parce que cet homme là possède entre ses mains les seules choses auxquelles il peut s’accrocher en ce moment présent.
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Judikhael Wienfield le Lun 10 Mai - 13:14

A toutes ces questions que l'autre lui offrait, Judikhael ne put empêcher un fin sourire de fleurir sur ses lèvres. Oui, c'était ça qu'il aimait quelque part quand il accueillait les petits nouveaux. Cette fraicheur, cette innocence. Toutes ces questions... Un brin de désarroi certes, qui lui rappelait alors le désarroi que lui aussi avait pu sentir, mais... Non vraiment, cette innocence pleine de questionnement était bienfaitrice pur lui qui était devenu, au fil du temps et des années, plutôt blasé et désabusé.

- Oui, tous. Nous arrivons tous ainsi, comme toi, sans se souvenir de rien. Et peu se rappelleront un jour ce qu'ils étaient avant ou comment ils sont arrivés là. Et non cette enceinte n'a pas de porte. Comment on y entre ? Peu le savent vraiment. Comment on en sort ? Hum... Nous l'ignorons aussi, mis à part quelques privilégiés.

Si l'on pouvait parler de privilégiés, pensa-t-il en son for intérieur. Lui-même n'avait pas encore recouvré toute sa mémoire, même s'il était en bon chemin. Et lui-même n'avait pas encore, pas vraiment, réponse à toutes ces questions, même s'il avait des suspicions, des pistes... Des pistes et suspicions qu'il creusait alors dans l'ombre. Ces recherches et même le fait d'évoquer ces choses étaient pourtant tabou en Nosco. Mais... Mais après tout, il était l'un de ces privilégiés qui faisaient les lois, n'est-il pas ? Et tant qu'il restait discret, tant que ses actes n'éveillaient pas la curiosité du commun des noscoiens, que pouvait-on lui reprocher ? Sans doute l'Impératrice était-elle au courant des questions qui le taraudaient et auxquelles il cherchait continuellement, même si en secret et dans la plus grande discrétion, des réponses. Mais elle ne lui en avait jamais rien dit, jamais rien interdit. Du moment qu'il ne commettait pas d'impair, sans doute... Mais qu'importe. L'heure n'était pas à la méditation mais à la prise en main de ce nouvel oublié.

Et comme à chaque fois, il allait devoir reprendre tout à zero. Un nom déjà... Il lui fallait un nom. Puis le faire enregistrer sur les registres, prendre ses empreintes... lui faire visiter Nosco, lui attribuer un appartement, lui trouver un travail décent... Bref, pas mal de choses alors.

- Tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Je pense que toutes ces questions, auxquelles peu de monde ont finalement réponse, devront attendre un peu..

"Un peu, quel doux euphémisme !" Ironisa-t-il intérieurement, tout en invitant le garçon à le suivre.

- Je vais te guider, oui. Et t'apprendre, peu à peu, tout ce que tu dois savoir sur ce monde. Ou plutôt cette ville. Sache que Nosco n'est en fait qu'une grande ville fermée, entièrement fermée. Elle s'étend à la surface, là où nous sommes, mais aussi sous terre. Et qu'importe où tu iras, que ce soit en surface ou sous terre, aucune issue n'a été trouvée. Ou ceux qui l'ont trouvée ne sont jamais revenus...

Tandis qu'il marchait, il lui raconta brièvement l'histoire de cette ville, leur contexte, l'impératrice, le haut conseil, dont lui-même faisait partie. Tout était très succinct. Juste une ébauche... Le garçon avait juste besoin de comprendre le plus gros. Pour les détails, il aurait tout le temps ensuite.

- Il va falloir te trouver un nom.

Et oui. Comme tout oublié, le nom aussi était parti dans les limbes de la mémoire effacée...

- As-tu une idée.. petit lutin bleu ? Laissa-t-il échapper dans un léger ricanement.

Pourquoi cette appellation lui était-elle venue ainsi ? Il n'en avait aucune idée. Mais il trouvait que l'image allait parfaitement au gamin. Que ca ne plaise pas audit gamin qui se vexerait ? Qu'importe ! Il se dévexerait ! Tous avaient finalement des petits surnoms. Même lui, bien qu'il n'appréciât pas forcément non plus. C'était quelque part inévitable, dans un endroit si confiné, où tous, ou presque, se connaissaient et se côtoyaient quotidiennement.

Se disant, ils venaient d'arriver aux portes du grand bâtiment administratif que Judikhael présenta succinctement.

- Nous allons t'inscrire sur nos registres, et tu feras alors partie à part entière à la Guilde Impériale de Nosco. A notre communauté si tu préfères. On inscrira ton nom, ta description bien entendu, mais aussi ton âge apparent, et tes empreintes de rétine. C'est pour pouvoir facilement t'identifier... au cas où, expliqua-t-il rapidement. Je serais inscrit comme étant ton parrain. Ton guide si tu préfères. Chaque question que tu auras, chaque souci qui se posera à toi, tu pourras m'en faire part. Je serais chargé de veiller à ce que tu t'intègres bien et que tu trouves ta place parmi nous, que tu te sentes bien ici.

Ils venaient de monter au premier étage, par le biais des sophistiqués ascenseurs, Judikhael ignorant royalement les regards étonnés et curieux que ceux qu'ils croisaient lançaient sur leur étrange duo. Il fallait dire, à leur décharge, que voir le haut conseiller avec un gamin pied nu... il y avait de quoi étonner. Enfin, après quelques secondes à peine, les portes s'ouvrèrent, leur livrant passage sur un petit hall où un jeune homme les attendait derrière son comptoir.

- Bonjour Haut Conseiller, clama-t-il, presque fier d'accueillir Judikhael et son nouveau protégé.

- Bonjour Stephan. Nous venons pour notre nouveau...

Arf, ils n'avaient toujours pas trouvé de nom...

- compagnon. Toujours pas d'idées de nom ? Reprit-il, se retournant sur le gamin qui le suivait.
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Morgan W. Karanth le Mar 25 Mai - 23:51

Quelques privilégiés. Ça résonne étrangement en lui. Il disait ça parce qu’il n’en fait pas partie, n’est-ce pas? Il n’est pas un privilégié. Ce qui signifie donc que lui non plus ne pourra pas sortir. Ho, pour le moment, il ne le désir pas plus qu’il désir rester sur place. Mais le garçon ne peut s’empêcher de s’interroger : il sait des choses que lui ignore encore. Judikhael semble connaître le moyen de sortir, mais il devine qu’il ne lui en fera probablement jamais part. Même s’il lui demande. Même s’il cherche à savoir ce qu’il en pense. Même s’il demande s’il fait partie de ceux qu’il appelle privilégiés. Il doute un instant. Il perçoit que la seule chose à laquelle il peut véritablement s’accrocher, c’est ce rien ennuyant qui s’ouvre face à lui. Une gueule béante prête à le dévorer. Ça l’effraie et il ne bouge plus, figé dans le silence et la paralysie qui s’empare de lui. Même s’il se montre contre, l’inquiétude semble soudainement vouloir le gagner. Il l’a fuit, pourtant, dans une course folle. Mais il a l’impression de perdre au change. Chose à apprendre? Il n’en doute pas, cette fois, mais… S’il est patient et de nature calme, il se voit dérangé à l’idée de ne peut-être jamais avoir l’occasion de connaître ce qu’il est totalement. D’un côté, il se montre curieux de ce savoir qui ne lui appartient pas encore, et d’un autre, il a peur de ce qu’il pourrait y découvrir.

Il suivit de bonne grâce, évitant, dieu merci, de marché sur objet trop pointue. Ce n’aurait pas été la mer à boire, mais il ne tient pas franchement à se blesser les pieds… Il soupire pour lui-même en posa les yeux, cette fois, sur l’accoutrement de celui qu’il accompagne, se comparant à lui. Il semble se rebuté complètement, une mine vaguement boudeuse se peignant sur son teint un peu pâle, sans trop exagérer. Franchement, il aurait aussi bien pu taire les paroles non? Il grommèle quelque chose d’incompréhensible plus pour lui que pour le Guildien. Il ne fait aussi aucun commentaire lorsque l’individu lui expliqua brièvement ce qu’était Nosco, en vérité. Une ville, il l’aurait parié. Ce qu’il veut savoir, maintenant, c’est la taille. Le nombre d’habitants. Les activités. S’il doit vivre là, autant occuper son pauvre temps. Il n’a même pas commencé qu’il songe déjà à une méthode pour éviter de se morfondre dans l’ennui. Il note quand même tout dans un recoin de sa tête, gardant à porté de main tous les noms prononcés, surtout, comme s’il leur accorde une importance capitale.

Il se permet en même temps de lancer un regard sur ce qui l’entour. Tout change un peu, il se rend compte qu’il tombe vraiment dans la ville à proprement parlé. Particulièrement immaculé, tout ça… Il ne sait dire s’il se sent à l’aise ou pas du tout à travers ce monde là. C’est tout nouveau, tout inconnu, tout à découvrir encore, mais… Un sentiment de détachement l’étreint malgré tout. Il ne devrait pas être là. Il y est, pourtant.

Il se laisse guider et lève soudainement un regard quelque peu désemparé sur Judikhael. Il semble espérer quelque chose venant de lui, mais rien ne sorti de sa bouche. Seulement ces yeux là qui exprime tout le questionnement. Visage impassible. Visage vide et blanc. Mais leur bleu de mer engloutit tout le reste. Pas d’expression. Il dit tout à travers les pupilles noires et profondes. Il hypnotise de leur intensité. Il darde ses yeux là sur l’homme qui continue d’avancer sans vraiment lui porter attention. Lorsqu’il s’adresse de nom, le jeune homme se sens gêné de ne pouvoir lui répondre. Même s’il avait eut la moindre idée, il se serait probablement montré trop timide pour l’aborder. Il tique un peu. Lutin bleu? Il en a de bonne, celui-là. Aussitôt, l’adolescent émet un petit son semblable à un grognement mécontent. Il laisse donc son Parrain divaguer avec son nom comme bon lui souhaite et poursuivit jusqu’à atteindre l’entrée à proprement parlé de leur destination. Bon, un registre maintenant. Il lui expliqua brièvement en quoi allait consister le dossier et tout ça. Mais il tiqua de nouveau au terme ‘’au cas où.’’ Au cas où de quoi? Il y avait encore tant d’interrogation à travers ce monde là qu’il ne comprend toujours pas. Cela semble l’agacer un peu. Il garde son silence, son mutisme parlant toutefois plus que ses propres mots. Au cas où… Ces trois mots là restent encrés en lui comme un pot de colle, ne le lâchant plus. Il ne semble d’ailleurs qu’écouter à moitié ce qu’il lui racontait à présent. Mais tout questionnement s’efface brutalement de son esprit lorsqu’il se voit contraint d’entrer dans l’étrange objet qui avait pour but de le conduire en hauteur. Un brin d’amusement se déclenche chez lui et un ‘’ho!’’ amusé sort de sa bouche alors qu’il prend un peu les devant, dans toute sa curiosité. Il ignore les regards de son comportement tout à fait innocent et enfantin. Et c’est donc né collé qu’il regarde les portes se fermé à son propre petit bonheur personnel. Un rien semble l’étonné. Pour le moment, tout du moins. Malgré tout, après un certain temps, il se sent un peu mal. L’impression de hauteur que lui fournis l’ascenseur ne lui plait que de moins en moins, finalement et il s’en désintéresse rapidement, ne posant même pas de question à ce sujet, ou à son fonctionnement, en tout cas. Et lorsqu’enfin les portes s’ouvre de nouveau, il ne se montre pas aussi empresser d’en sortir. Même au contraire, il semble plutôt méfiant. Il se glisse tout de même à la suite de Judikhael lorsqu’une terce personne se décèle. La deuxième, en vérité, qu’il entend véritablement s’adresser à l’autre. Ho! Il a suivit les regards portés sur l’homme. C’est, après tout, la seule manière, pour le moment, qu’il ait de mieux connaitre l’individu. L’interpellation, cette fois de haut conseiller le laisse quelque peu perplexe. Mais vraiment, qui peut-il bien être, finalement? Haut conseiller? Haut en quoi? Il faisait quelque chose d’important? Comme quoi? Il lui faut bien éclaircir ce questionnement…

Il tourne brusquement la tête vers l’autre, son épaisse chevelure marginale retombant devant son visage, il croise les bras sur son torse et semble frapper d’une envie de faire du boudin.


-… Vous m’avez appelez Lutin bleu, tout à l’heure…, lâcha-t-il sur un ton un peu agacé, sans que ce ne soit méchant. Il était juste un peu perdu, voilà. Rien de bête dans cette histoire. Surtout, il n’a jamais su comme prendre le surnom et ne sait toujours pas. Il relève enfin des yeux un peu moins buté et frustré sur l’homme et lui pose directement un immense point d’interrogation droit devant lui. Signification? ‘’Je n’en ai aucune idée.’’ Ou alors… ‘’Un registre de propositions, peut-être?’’ sur un air de sarcasme.
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Judikhael Wienfield le Mer 9 Juin - 18:53

Ce nouvel Oublié semblait particulièrement peu bavard. Non pas que cela dérangeât vraiment Judikhael, peu enclin lui-même au babillage inutile. Mais il n'était pas sûr d'apprécier pour autant ce silence si observateur, si pesant de questions non formulées. Car oui il sentait le regard interrogateur de l'autre sur lui, comme voulant percer son esprit pour y trouver les réponses qui ne voulaient pas venir. Mais non, l'autre, ce petit lutin bleu aux allures si étranges, ne savait visiblement pas encore lire dans les esprits des autres. Judikhael pouvait aisément imaginer la frustration du gamin face à toutes ces questions sans réponse. Mais il n'allait pas pour autant tenter de soulager cette frustration. Chaque chose en son temps. Tout le monde était passé par là, et tout le monde avait bien fini par s'y adapter. Ou presque...

C'est donc avec un amusement certain que le commandor, entre deux explications, se permit d'observer lui aussi son nouveau protégé. Il était assez intéressant de voir à chaque fois comment chacun réagissait. Peur, effroi, terreur parfois, ou étonnement, amusement, inquiétude mêlée d'intérêt, découverte quasi totale de ce nouvel univers, émerveillement même pour certains... Tant de sentiments différents pour tant de personnes si différentes aussi. Celui-ci était un mixte de peur, d'amusement étonné et d'émerveillement enfantin. Un vrai petit lutin, acquiesça-t-il intérieurement, de plus en plus amusé du comportement du gamin. Il le laissa donc tranquille, à ses découvertes, cessant un tout petit instant son flot de paroles, et se contenta de jouer les spectateurs l'espace de quelques secondes. Oui, accueillir les petits nouveaux était vivifiant et lui permettait, au final, de ne pas s'enliser dans une morne lassitude. de regarder à nouveau Nosco sous un autre jour que celui d'un haut conseiller parfois désabusé.

Il était même dommage que l'ascenseur soit si rapide et soit arrivé si vite à leur destination. Car il se vit alors contraint de reprendre son rôle de guide et de reprendre ses explications. Ils en revenaient alors à la partie nom. Une partie qui s'annonçait difficile visiblement, au vu de la forte tête boudeuse à laquelle il semblait avoir affaire.

"Un registre de propositions, peut-être?" Fit le jeune homme.

Etait-ce de l'ironie ou de la moquerie qu'il sentait gronder dans la voix du gamin ? Pour qui se prenait-il soudain ? Par Joshi, il arrivait dans un univers complètement étranger, et il se permettait d'envoyer valser le guide qu'on lui envoyait ? Judikhael sentait déjà une sourde colère emprisonner ses sens. Mais non, il ne se laisserait pas gagner par elle. Ce serait stupide et infantile. Or il était tout sauf stupide et infantile, n'est-ce pas ? Chassant donc ce fourbe sentiment qui tentait de l'emporter dans des méandres souvent dangereuses, il poussa un profond soupir, lourd de sens. Le jeune homme qui les avait réceptionné dut d'ailleurs sentir la tension soudain montante et l'agacement, même si rentré, du commandor, car un silence de plomb s'abattit entre eux trois.

- Puisque vous me laissez l'honneur de choisir, susurra-t-il, usant lui aussi d'un sarcasme aussi acéré que le bambin.

Mieux valait retourner l'arme de l'autre contre lui, plutôt que de montrer ses propres armes. En bon guerrier qu'il était, il savait qu'il était souvent plus désarçonnant de voir son attaque se retourner contre soi, plutôt que de recevoir une contre-attaque si attendue....

- Alors en prénom... je dirais... Jordan ? Erwan ? Hum...

Il sonda le gamin aux cheveux bleus devant lui, semblant soudain se plonger dans une réflexion intense, ce qui était en fait loin d'être le cas. Enfin sauf si une énumération de prénoms et de noms lui venant en tête vous paraissait une activité d'intense réflexion...

- Non. Ca ne convient pas. Trop... Pas assez...

Un léger sourire moqueur effleura ses lèvres tandis qu'une idée de prénom venait de germer dans son esprit à l'humeur narquoise ce jour-ci.

- Non. ce sera Morgan.

- J'avais pensé à Wolfang, osa, d'une toute petite voie, l'homme de la réception des registres.

- Allons pour Morgan Wolfang donc. Morgan Wolfang... Karanth... oui, Karanth.

Et content de lui, songeant que les noms n'étaient décidément pas son fort et que le morveux n'aurait qu'à s'en prendre qu'à lui si ca ne lui convenait pas, Judikhael se tourna vers l'homme des registres, lui donnant ainsi son assentiment pour inscrire ce nom. Il n'y avait plus alors que le bruit du pianotage intensif de l'homme à son comptoir pour rompre le nouveau silence installé dans le hall.

- Si vous voulez bien me suivre, reprit l'homme, quelques instants plus tard, une fois son enregistrement terminé.

Et se disant, il les guida tous deux à un bureau, où un autre homme, cette fois plus corpulent, plus trapu, mais au visage respirant la bonhommie, siégeait, et lui présenta rapidement la situation. Un nouvel Oublié. Un enregistrement d'identité à compléter. L'homme congédia son collègue, lui recommandant de retourner à l'accueil dans le hall au cas où, et se retourna vers les deux compères pour les accueillir, un large sourire barrant son visage joufflu.

- Ahhhhh bonjour Commandor, fit-il, donnant ainsi à Judikhael son ancien titre et non celui de haut conseiller.

Ce dont ne s'offusqua nullement ledit commandor. Après tout, Joseph, comme s'appelait l'homme en question, était un peu plus ancien que lui et l'avait connu à son arrivée, à ses débuts... Et ce n'était pas comme si commandor était un titre déshonorant. Au contraire, Judikhael en était fier et appréciait aussi qu'on continuât à l'appeler ainsi. Judikhael répondit donc un bonjour sobre et concis, mais plutôt respectueux envers le vieux Joseph.

- Cela faisait un bon bout de temps que je ne vous avais pas vu dans nos bureaux.. Et bonjour à toi...

L'homme se tourna rapidement sur son écran, pivotant légèrement le siège dans lequel il venait de se rasseoir, n'ayant que brièvement garder la position debout histoire de saluer les nouveaux arrivés.

- Morgan. Tu permets que je te nomme Morgan ?

Question purement rhétorique, car il n'attendit aucune réponse pour reprendre son monologue, expliquant rapidement ce qu'ils allaient faire. En gros, description détaillée du jeune Morgan, mensuration, poids et indice de masse corporels, photographie, prise d'empreinte... Et tout cela sous le regard pensif de Judikhael qui s'était alors détaché de la scène, gardant juste un oeil sur son nouveau "filleul", mais ses pensées s'orientant vers tous les problèmes qu'il avait pourtant laissé dans son bureau. ce ne fut que l'exclamation enjouée de Joseph, qui semblait enfin, au bout d'une heure interminable, en avoir fini avec son enregistrement et toutes ses questions ("as-tu des souvenirs ? non aucun, comme toujours. As-tu des préférences particulières ? Veux-tu une vision du parc pour ton nouvel appartement ? Tu as de la chance d'avoir Judilkhael comme parrain, c'est un homme important ici..." et caetera, et caetera... ), qui sortit le commandor de ses pensées et le ramena à la réalité.

- Et voilà. Nous en avons fini. Te voilà noscoien, jeune homme, fit Joseph, tout content de lui. Je vous libère, vous avez encore pas mal de choses à faire pour installer Morgan. Bonne journée.

- Bonne journée à vous aussi Joseph, répondit toujours aussi sobrement Judikhael, soulagé alors de pouvoir se soustraire à cet homme fort sympathique mais fort fatigant par son bavardage incessant.

Ils retournèrent alors vers le hall, cette fois, direction un autre bureau, Judikhael s'y dirigeant comme s'il était chez lui, sans même demander son chemin. cela faisait, à vrai dire, tellement de temps qu'il connaissait cet endroit et ces démarches, qu'il n'avait plus vraiment besoin d'être guidé...

- Nous allons maintenant te chercher le matériel de base dont tu auras besoin.

A savoir ordinateur portable, petit téléphone, une arme alpha de base et quelques autres choses.

- Et nous irons ensuite te choisir un appartement pour que tu puisses te reposer. Je pense qu'avec toutes ces émotions et ces démarches, tu dois être éprouvé. Tu as peut-être des questions ? S'enquit-il alors qu'ils arrivaient tout juste devant le bureau où on leur fournirait l'équipement de base destiné à Morgan.
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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Morgan W. Karanth le Jeu 24 Juin - 19:01

Il ne dit rien. Il ne pense pas. Il tourne le bleu de ses yeux sur l’homme et s’interroge. Il le vexait facilement, dit donc. S’il veut en profiter? Non, se n’est pas dans son intérêt personnel. Et le nouvel arrivé à tout intérêt, justement, à se tenir tranquille, finalement. La voix de Judikhael retentit et le ton répercuter de son sarcasme lui revint en pleine figure. Sa faute, il ne disait pas le contraire. Un petit sourire quelconque étire donc les lèvres du bleu alors qu’il darde un regard brillant, d’une rare franchise sur l’homme, il ne dit rien. Les mots n’étaient pas les esclaves de ses paroles. Seulement l’outil de sa main et il ne semblait plus vouloir s’en servir. Il tourne donc la tête et perd son regard dans le vague alors que son ouïs, elle, continu de suivrais les mots qui déferle de leurs bouches, coulant sur leur langue. Il écoutait donc la proposition et fit une drôle de moue lorsque son parrain insinua que ce qu’il proposait ne lui correspondait pas, n’était ‘’pas assez’’. Il ne su trop comment le prendre et releva de nouveau ses iris bleuté sur l’homme en question, ayant un froncement de sourcils. Tant pis s’il s’amusait de lui, mais il ne voyait pas en quoi ça ne pouvait être assez pour lui. Mais il ne dit toujours rien… Jusqu’à ce que le nom choisit éclate finalement avec une résonnance qui amusa le jeune garçon.

Morgan Wolfang Karanth, donc. Il ne répliqua pas. Cela lui plait. L’homme se moqua encore de lui en se fichait bien de ce qu’il pouvait penser à cet instant. Qu’important… Le garçon se montra indifférent, tout simplement. Il avait cherché à piquer une fois, mais ça n’avait pas plus. De toute évidence, du moins. Il écouta l’homme derrière son comptoir, ses doigts pianotant rapidement sur les touches avant qu’il ne se lève pour qu’on leur demande de le suivre. Ce qu’il fit. Sans cérémonie. Sans avis propre à lui, cette fois. Il les guida finalement jusqu’à un autre bureau dans lequel se trouvait un visage de plus à mémoriser pour le bleu. Rapidement, le garçon tiqua, il bougea pour se précipiter la tête dans le couloir avant que l’autre ne disparaisse complètement de son champ de vision et cria un merci qui vint se répercuter sur les murs. Il n’était pas certain d’avoir été entendu mais retourna aussitôt dans le bureau, alors que sa gêne remontait. S’il était très spontané dans ce qu’il faisait, il s’en montrait tout de même très timide et réservé, lorsqu’il se rendait compte de ce geste posé.

Morgan s’intéressa donc ou nouvel inconnu pour lui. S’il ne disait pas ce qu’il pensait, ses yeux et son regard le trahissait toujours. Un mélange de curiosité, toujours présent chez lui, et de douceur émana de lui face à l’homme un peu rond. Il n’y avait rien à dire à son sujet, toutefois. Le jeune homme ne disait toujours rien et laissait les deux dans leur discussion, sans s’interposer entre eux, alors qu’il commençait son exploration visuelle de l’endroit. Endroit sobre et peu intriguant, il était toutefois assez indicateur du caractère de l’homme qui y travaillait.

Lorsqu’enfin ce dernier s’adressa à lui, en l’interpellant, pour commencer (il se devait encore de s’adapter à l’idée d’avoir un nom) il ne fit que poser les yeux sur lui dans cette attente silencieuse qu’il poursuive ses dires qui ne tardèrent pas. Il laissa donc l’autre faire ce qu’il devait faire, alors qu’il se montrait un peu lunatique face aux questions qui déferlaient. En fait, il avait répondu non à pratiquement toutes les questions… Et au fur et à mesure, un étrange sentiment d’angoisse ou de terreur le gagna. Il ne savait rien. Il n’était rien de rien. Même pas un numéro. Juste un nom parmi tant d’autre. Juste un rien qui accompagnait d’autre rien du tout. Que deviendrait-il, finalement? Il ne savait même pas en quoi il pouvait se rendre utile.

Dans son angoisse, le jeune n’avait pas pris attention à la manie sanglante qui ressortait. Ses ongles grattèrent machinalement la peau de ses mains. Finalement, un ‘’bonjour, au revoir’, et Morgan sourit, simpliste comme il pouvait l’être pour signifie son sentiment de remerciement curieux pour l’homme. En fait, il ne savait pas s’il devait être content ou pas… Il découvrait qu’en fait, ça l’effrayait. Du coup, il ne savait pas s’il devait regretter ou continuer, ou taire tout ce qu’il pensait ou tout simplement… le dire? À qui? Judikhael? C’était beau de rêver…
L’homme en question l’invita de nouveau à le suivre et recommença à lui expliquer les prochaines démarche à suivre, mais le jeune s’était égaré entre réalité et illusion mentale qu’il se créait lui-même. En arrivant à destination, il s’arrêta complètement. Il ne fit plus un pas en avant et releva ses iris perturbé vers lui.


- Et après? murmura-t-il sur un ton qui trahissait toute sa propre inquiétude nouvelle. Je deviens quoi, réellement? Je ne suis rien et je reste rien…?

C’était tout ce qu’il avait à dire, finalement… Et, encore une fois, si ce n’était pas son ton de voix insignifiant, son regard un peu effrayé et sa manie de se faire mal sans s’en rendre compte démontrait parfaitement ce qu’il ressentait à ce moment là.

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Re: L'appel de l'inconnu

Message par Judikhael Wienfield le Mer 30 Juin - 18:41

Judikhael devait avouer, intérieurement, être plus qu'amusé par ce gamin et son comportement... naïf ? Son comportement presque prévenant, de celle d'un gamin qui souhaite bien faire et fera tout pour bien faire. C'était assez amusant. Et Judikhael eut bien du mal à réprimer le petit sourire qui menaçait de le trahir quand Morgan courut presque à l'extérieur du bureau pour remercier l'homme qui les avait guidé jusque-là. En tout cas, le commandor apprécia la docilité du jeune homme qui répondit à toutes les questions, même si par monosyllabe, sans s'offusquer, sans émettre la moindre remaque désobligeante malgré la stupidité ou l'évidence affligeante de certaines questions.

Mais telles étaient les formalités et ils devaient bien s'y plier. Ils n'avaient guère le choix, et quand bien même Judikhael avait le pouvoir de décider de beaucoup de choses, il n'avait pas celui de changer certains protocoles. Et quelque part, l'aurait-il voulu ? Quand il devait s'y plier, il toruvait certes ceux-ci fort harassants et rébarbatifs, mais sa raison lui soufflait le bien fondé de telles démarches à l'arrivée des nouveaux oubliés. Donc non, il y avait fort à parier, qu'il n'y aurait rien changé s'il en avait eu la possibilité...

Tout à ses pensées, Judikhael ne remarqua pas tout de suite la manie facheuse de s'automutiler les mains que le gamin semblait présenter. Ce ne fut en fait qu'une fois à nouveau dans le couloir, quand le gamin retourna son regard azuré dans le sien, que Judikhael perçut pleinement le malaise de Morgan. Et sa détresse aussi. Et sa tendance à se mutiler les mains... Un haussement de sourcil fut d'abord sa seule réaction tandis qu'il posait ses yeux sur les mains en sang.

- Je deviens quoi, réellement ? Je ne suis rien et je reste rien…?

Judikhael devait avouer être lui-même soudain perturbé face à tant de désarroi. Comment était-il censé réagir à ça ? Ce n'était pas commme s'il devait faire à ça pour la première fois. Après tout, il avait déjà accueilli nombre de nouveaux oubliés et avait su faire face à toutes les réactions qu'ils lui avaient offertes alors. Mais aucun n'avait encore eu ce regard, ce regard-là, si pénétrant, si suppliant, avec ce je ne sais quoi qui brillait au fond d'eux, comme vous vrillant l'âme. Et aucun n'avait cette étrange manie de se démanger les mains jusqu'au point de se les faire saigner. Mais même s'il ne savait pas bien encore comment il devait réagir face à ça, il se devait de réagir, d'une manière ou d'une autre.

Il se força alors à inspirer profondément, comme pour se donner du courage, recherchant dans les tréfonds de sa mémoire s'il avait déjà entendu parler de tels cas. Et oui, effectivement, on lui avait déjà vaguement parlé de tels symptômes de stress... mais on ne lui avait pas révélé en outre comment y remédier. Peut-être un des médecins de Nosco aurait-il une solution ? Anna ? ou Jessica peut-être ? Hum...

Quelque peu embarassé soudain, le commandor se décida à revenir quelque peu sur ses pas, se positionnant alors face au jeune homme, s'agenouillant devant lui, faisant fi alors de ceux qui pourraient les regarder. De toute façon, quand bien même il n'y aurait personne dans le couloir, les caméras étaient là pour les épier. Et Judikhael avait pris l'habitude de faire fi des caméras. Même s'il savait encore prendre garde à ses gestes et ses paroles quand elles l'espionnaient si éhontément.

- Non, tu n'es pas rien. Ne se souvenir de rien ne signifie pas n'être rien. Il te faudra du temps pour tout réapprendre et refaire connaissance avec toi-même. Mais crois-moi, tu trouveras ta voie, tu trouveras ce que tu deviendras... Et tu comprendras ce que tu es, qui tu es, et qui tu peux devenir...

Non, vraiment, il n'était pas doué pour ça. Peut-être devrait-il demander lui aussi à être exempté de telles tâches ?

- Mais chaque chose en son temps, ajouta-t-il en lui prenant doucement les mains dans les siennes, ayant visiblement peu à faire que ses mains soient ainsi tachées du sang de l'autre. Il te faut d'abord te reposer, reprendre tes esprits, et ensuie, ensuite, tu pourras réfléchir de nouveau sereinement à tout ça. Et je serai là, je serai là pour t'aider, te guider.

Se disant, il se leva alors, mettant une main se volant protectrice, presque paternelle, sur l'épaule du frêle garçon.

- Allez viens, allons prendre ce qui deviendra tes affaires et allons te choisir un petit chez toi. Plus vite nous t'aurons trouvé un appartement, plus vite tu pourras te reposer.

Et à peine avait-il fini sa phrase, que déjà il ouvrait la porte du petit bureau où devait se trouver tout le matériel nécessaire au gamin.

[HJ : topic fini ? On s'en fait un autre ? ^^]
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Re: L'appel de l'inconnu

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