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Message par Gunther Spark le Mar 24 Mai - 20:30

Vidé. Il se sentait vidé. A force d’allers et retours entre les bâtiments et d’explorations plus ou moins fructueuses dans la Cité, Gunther avait commencé à trouver ses repères. Bars, réfectoire, salles de jeu … Tous ces lieux avaient désormais leurs plans, soigneusement rangés dans l’un des tiroirs de sa tête. Il lui restait encore beaucoup de choses à découvrir. Après tout il n’était là que depuis quelques semaines et n’avait pas eu le temps de tout voir. Mais le reste n’était que laboratoires, bureaux, rien de passionnant en soi et leur découverte viendrait en temps voulu. Et ce soir avait été réservé à la détente et à la fête. Bon … Détente n’était peut-être pas le mot et l’état dans lequel il se trouvait maintenant semblait l’attester, mais fête … Damn, oui ! Usant de son physique pour se faire offrir des verres –en boîte, tous les moyens sont bons– il n’avait pas compté ceux qu’il avait absorbé. Et plus la soirée avait avancé, moins il avait été maître de ses actions. Il en était sûr, il n’avait créé aucun accident et était resté tout à fait correct. Du moins il l’espérait. Certes, il avait sauté d’occasion en occasion et donc de verre en verre, mais toujours discrètement et aimablement. Et puis en boîte … eh. C’était la règle. Il n’avait toujours pas compris par ailleurs comment sa dernière compagne avait pu se volatiliser. Un instant elle était là et l’autre elle avait disparu. Il était hors de question que lassée de lui elle s’en soit allée. Mais il devait se faire à l’évidence. Il avait donc aboutit à une hypothèse fort convenable : il avait du halluciner et s’était alors dit qu’il était temps pour lui de rentrer. Et tant bien que mal c’est ce qu’il avait fait. Il marchait droit, pas trop de problème là-dessus, mais sa vision n’était peut-être pas aussi bonne que d’habitude.

Peut-être floue …

Peut-être …

Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas en juger. Les couloirs étaient plongés dans la pénombre et c’était à peine si on pouvait distinguer les portes des murs. Et s’il y avait quelque chose dont le jeune home était sûr, c’est qu’il était trop vaseux pour trouver, atteindre et appuyer sur un quelconque interrupteur. Néanmoins, cela faisait un moment qu’il parcourait ce même couloir et il lui restait toujours un peu de lucidité pour retrouver la porte de son appartement. Il y parvint enfin, le chemin lui ayant demandé plus de temps que jamais. Il avait oublié de fermer la porte de son appartement, aussi était-elle ouverte. Décidément, ce n’était pas juste ce soir et il devait avoir trainé, embrumé toute la journée, pour ne pas remarquer une telle chose. Qu’avait-il fait de sa journée … Il ne s’en rappelait même plus.

Il appuya son dos contre la porte dans l’idée de l’ouvrir le plus facilement possible, mais celle-ci pivota sur ses gonds beaucoup plus rapidement que prévu et il bascula en arrière. Il se rétablit de justesse et s’accrochant à une sorte de serviette suspendue quelque part dans le noir. Un bruit de vaisselle brisée retentit, mais il était toujours debout. Heureusement, il vivait seul. Autrement il était certain qu’un tel boucan aurait réveillée la maisonnée. Non, vivre seul avait ses avantages et il était à vrai dire très simple d’y remédier. Il avança à tâtons dans la pièce. La nuit était noire, profonde, totale, et pour l’allumer, encore aurait-il fallu savoir comment.

Il réprima un juron quand son orteil prit le parti d’aller explorer seul les alentours. La discrétion ? Inconnue au bataillon. Mais plus ses aventures se succédaient, et plus l’idée de se coucher enfin lui paraissait salvatrice. Sans ajouter que techniquement, c’était l’heure. La douleur dans son pied s’évanoui après plusieurs minutes passées à masser son orteil. Il envoya valser sur le canapé, et sans plus de cérémonie, pantalon, chemise, caleçon et tout ce qui distingue un individu en civil d’un nudiste. La douche attendrait le lendemain, la vaisselle du jour aussi et il avait bien assez absorbé de choses pour ce soir que pour s’en contenter jusqu’au matin. Non, la seule choses qu’il voulait faire à présent, c’était dormir. Dormir et ne pas se réveiller.

Ou dans 500 ans peut-être …

Son vœu fut exaucé plus rapidement que prévu quand, se dirigeant vers ce qui était censé être sa chambre, son pied se prit dans un fil qui traînait au sol, le précipitant tête la première contre le bâtant d’une porte. Il tomba dans les pommes.
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Message par Aaron Smith le Lun 30 Mai - 20:30

1057 mots

Aaron avait passé une journée harassante. Tristan Darek avait repris sa formation, et il était encore plus exigeant que Shane ne l'était... Surtout que maintenant, les deux étaient sur son dos, et avaient le temps de l'obliger à progresser, de sorte qu'il n'avait plus aucun moyen de reposer son esprit. Même quand le travail était fini, il fourmillait de codes et de chiffres, et il n'était plus rare qu'il se réveille en sueur la nuit avec une nouvelle idée, une volonté de mettre je ne sais quoi en place. Et ce jour-ci, ses deux professeurs avaient eu à coeur de lui pourrir la vie, en lui montrant par A plus B que la protection qu'il avait mise en place n'aurait pas arrêtée un enfant. Ce qui, convenons-en, était des plus frustrant, et avait forcé son esprit à contourner chacune des solutions de ses maîtres, qui rivalisaient de créativité pour lui en redonner une. Foutus informaticiens.

Ce n'est qu'à 20h passées qu'il put rejoindre son appartement... On était vendredi, et il avait prévu de sortir avec Elyan et quelques autres, mais il était bien trop exténué pour ça. Il ne rêvait plus que d'une bonne douche, d'un repas riche et d'un sommeil éternel, dans un lit délicieusement moelleux, où il pourrait rêver d'informatique d'une part, des corps parfaits de ses deux professeurs de l'autre. Il poussa un gémissement exténué, s'étira et trottina jusqu'à son appartement, dans lequel il se faufila avec plaisir. Le noir y était maître et, quand Smith appuya sur la lumière, on n'eut droit qu'à la luminosité d'une faible veilleuse, qui permettait de discerner les différents objets, sans agresser ses yeux. Ravi, il se débarrassa de ses lentilles avec soin, ôta ses vêtements, prit le temps d'envoyer un message à Naera pour la prévenir qu'il ne pourrait en aucun cas l'accompagner à l'extérieur, mais qu'il laisserait sa porte ouverte si jamais elle voulait lui rendre visite après avoir fait la fête. Il espérait, alors, être assez en forme pour pouvoir la combler comme elle devait espérer qu'il la comble.

Ceci étant fait, il posa son téléphone sur le rebord de l'évier et, sans plus de cérémonie, pénétra dans sa douche, où il se leva fort longuement. L'eau le détendait mieux que quoi que ce soit et, lascif, il se passait sans cesse la main dans les cheveux, laissant les lourdes gouttes couler dans sa chevelure, sur sa nuque, le long de son corps en entier. Bientôt, une fumée lourde et vaporeuse s'éleva, remplissant la salle de bain de la même façon qu'un hammam. Il s'y sentait bien, si bien... Qu'il n'en sortit pas avant une demi-heure. Nu, ignorant le regard des caméras auquel il s'était habitué, il lança ses affaires dans le linge sale et se dirigea dans sa chambre, où il enfila un caleçon d'un vert qui rappelait étrangement ses yeux. Puis, fichtrement heureux, il se glissa sous les draps, après avoir vérifié que sa porte était bien déverrouillée, et qu'Elyan pourrait donc rentrer à sa guise, et il s'endormit du sommeil du juste.

Combien de temps dormit-il ? Il n'en savait rien. Longtemps, sans doute. Mais un immense brouhaha le réveilla mieux que la sonnerie d'un quelconque réveil. Elyan avait-elle bu plus que de raison ? Doucement, il frotta son visage où naissait un fin duvet, qu'il enlèverait en se rasant d'ici quelques heures, ouvrit ses yeux et se redressa, attendant de la voir arriver. Il y eut un bruit de verre brisé – Par Joshi, est-ce qu'elle avait détruit le cadre de l'entrée, cette fourbe ?! - un bruit de coup, des froissements de vêtements... Hou la la, la demoiselle allait-elle arriver nue face à lui, infiniment séduisante ainsi offerte à ses yeux ? Il ne put retenir un gémissement de plaisir à cette idée et, d'office, il alluma l'une de ses fameuses veilleuses, plongeant la pièce dans une ambiance bleuie et tamisée qui annonçait une nuit fabuleuse. Lentement, il se redressa, cligna des yeux et fixa la porte, attendant qu'elle arrive, lui offrant toute sa grâce, sa joyeuseté et sa splendeur...

Et ce ne fut pas vraiment ainsi que ça se passa, non. En fait, on entendit un petit couinement, qui semblait fort grave pour appartenir à Elyan, puis un immense « BAM », la porte qui s'ouvrit pour dévoiler un corps qui s'écrasa dans un nouveau « BOUM ». Il ne fallut pas longtemps à Aaron, même si la lumière était un peu faible, pour se rendre compte que ce corps n'appartenait pas à Elyan. Quelques secondes de plus servirent à se demander ce qu'un homme nu faisait chez lui, puis il s'inquiéta enfin de sa santé. En caleçon, il se redressa, bondit sur ses pieds, se jeta vers lui et, le secouant, demanda :

« Monsieur, monsieur ?! »

Mais il n'eut pas de réponse... Enfin si. De près, il avait reconnu son voisin, venu une fois pour savoir s'il était Ester – Ester ?! Peuah. Il n'était pas très difficile à reconnaître : des cheveux blancs, une peau de bébé, un béret et une montre bizarre. Il y avait aussi ses yeux, vairons, mais il les gardait clos, aussi Aaron ne put-il pas vérifier ce dernier détail. Enfin, des gars correspondant à l'étrange profil de Gunther Spark, ça ne devait pas courir les rues. Inquiet, il le secoua, en oubliant même de la mater, même s'il était plutôt bien foutu, et le trouva bizarrement mou. Il aurait peut-être du appeler Kim, mais il était paniqué, aussi fit-il une chose idiote : il posa sa tête sur son coeur, mais à droite, eut l'impression de ne rien entendre et, finalement, se décida à faire du bouche à bouche à cet inconnu.

Sauf qu'il n'y connaissait rien. Sur le côté, il ne parvint pas à lui faire du bouche à bouche, aussi finit-il par grimper carrément dessus, pincer son nez, pencher sa tête et souffler de toutes ses forces dans ses poumons, ses lèvres jointes aux siennes. On pouvait donc le voir à califourchon sur un homme nu, lui-même vêtu d'un simple caleçon qui restait légèrement enflé, trace de l'excitation qu'il avait eu en imaginant Elyan, en train d'embrasser le dit homme qui, comble du malheur, était plutôt pas mal. Très bien, nous y voilà. Intérieurement, Aaron pria Joshi que sa rousse, plutôt jalouse, n'arrive pas à ce moment là.

...

NB : ne plus jamais invoquer Joshi.
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Message par Elyan Naera le Jeu 16 Juin - 13:23

Le soir s’annonçait plutôt bien. L’air était frais sans glacée le moindre curieux qui oserait mettre son nez dehors. Elyan espérait vaguement qu’Aaron soit trop fatigué pour sortir. Elle avait passé elle-même une journée assez épuisante, sa formation allait de bon train, et elle était submergée par la masse d’information à apprendre et à connaître par cœur, des manipulations à maîtriser, des astuces à savoir utiliser pour se faciliter la vie. La technologie était tellement évoluée, quand il fallait rattraper le rythme, ce n’était pas du gâteau. Des différents types de batterie en passant par le fonctionnement mécanique d’un bras, sans oublier les méandres ésotériques de la programmation, il y avait largement de quoi occuper ses journées. La jeune rousse était donc quelque peu fatiguée, surtout d’un point de vue moral… Elle ne se sentait réellement pas capable de supporter une soirée de fête comme Aaron aimait les faire, avec beaucoup d’alcools, de rires désagréables et tonitruants et de jeux parfois déplacés. Elle n’avait rien contre l’alcool, elle en buvait occasionnellement, ni contre le rire, elle adorait l’humour, ni même contre les jeux, tant qu’ils restaient prudes, mais ce mélange d’exagérations diverses lui mettaient souvent les nerfs en pelote, sans songer à son état au réveil le lendemain.

Non, à cet instant précis, Elyan rêvait plutôt d’une longue soirée entre amoureux, dans l’appartement d’Aaron, à grignoter quelques créations noscoiennes, et à savourer d’autres choses beaucoup plus agréables… Juste là, dans la semi-obscurité qui leur allait si bien à tous les deux, elle dans ses bras, lui la berçant dans un regard affectueux… Un soupir s’échappa des lèvres fines de la jeune femme. Rien de mieux pour la remettre en forme pour le lendemain.
Une petite sonnerie, un carillon discret, lui indiqua l’arrivée d’un nouveau message sur son ordinateur de poche. Intriguée, elle y jeta un œil… Aaron lui expliqua qu’il n’irait pas faire la fête ce soir, qu’elle pouvait y aller seule, et tout, et tout. Elyan eut un petit rire amusé, s’il croyait qu’elle allait se jeter d’elle-même dans la gueule du loup ! Il ne voulait pas faire la fête ? Il restait toujours la deuxième option. Joyeuse et revigorée, la jeune femme sautilla jusqu’à son appartement. Elle entra. Partie pour se faire belle pour son ange.

Elle arriva à ses étagères plus ou moins remplie de vêtements divers et varié. Après quelques minu… heures d’hésitation, elle opta pour une petite robe noire courte, qui lui arrivait au-dessus du genou, au col simple et rond, associé avec des petites ballerines légères et un châle, peu élégant mais de toute manière, elle comptait ne le garder que pour traverser le couloir. En fait, elle ne garderait sûrement sa tenue que pour traverser le couloir. Cette idée la fit sourire ; elle fila sous la douche. Elle se voulait impeccable pour son amant… Elle fit tout de même la moue devant sa trousse de maquillage, elle en avait acheté un peu pour se donner bonne conscience, et finit par la ranger dans un placard, histoire qu’elle prenne la poussière hors de sa vue. Elle se coiffa, tenta plusieurs coiffures… Elle ne se pressait pas trop, car elle savait qu’Aaron voudrait prendre sa douche en rentrant aussi fatigué, elle lui laissait tout de même le temps de se reposer. Elle finit par se faire une tresse de sa longue chevelure, qu’elle laissa descendre naturellement sur son épaule. Un dernier check devant le miroir et elle sortit dans le couloir.

Il devait être très tard, à cette heure, aucun bruit, le couloir était désert. Elle croyait pourtant avoir entendu quelques bousculades bruyantes… Enfin, ce n’était rien. Trottinant, la scientifique arriva quelques minutes plus tard devant l’appartement d’Aaron. Elle prit une inspiration, espérant lui arracher quelques compliments sur sa tenue, si soigneusement choisie. D’une main, elle poussa la porte ouverte pour entrer dans la pièce à vivre obscure. Les rideaux toujours fermés, ne laissant jamais passer le moindre rayon de lumière… Elyan jeta un coup d’œil sur le canapé… Il n’y était pas. Une astuce simple pour retrouver son amant, chercher la lumière blafarde d’un écran d’ordinateur… Pourtant, cette fois, elle n’en voyait pas. Etrange…
C’est alors qu’elle avançait vers la chambre pour voir s’il dormait qu’elle l’aperçut.
Il n’était pas seul.

Pire, il était à cheval sur quelqu’un.

Détail encore plus terrible, il était en train de l’embrasser langoureusement.

Et il semblait y prendre du plaisir, le rustre !

Stupéfaite, Elyan resta interdite plusieurs secondes. C’était donc ça, son message de tout à l’heure ? « Je ne veux pas faire la fête » était en fait « Je vais faire sa fête à… »… à… À qui d’ailleurs ? Trop tétanisée par ce qu’elle voyait, la rousse ne put trouver la force d’aller vérifier l’identité de la victime d’Aaron. Elle savait qu’il batifolait un peu partout, qu’il faisait s’évanouir quelques filles, qu’il en avait peut-être embrassé certaines… Elyan n’aimait pas cette idée, mais elle aimait Aaron, alors elle avait toujours laissé passé. Mais là. Non. Stop, ce n’était plus possible. Il ne pouvait pas lui faire ça… Il… Il… Enfin, il lui avait dit qu’il l’aimait, quoi ! Il ne pouvait pas la tromper ainsi, aussi sereinement, comme si c’était une… une banalité !
Et pourtant, il était avec cette fille, qui avait dit que c’était une fille d’ailleurs ?, ils semblaient bien tous les deux, ils n’avaient apparemment pas encore remarqué sa présence discrète. Mais pour une fois, Elyan n’avait pas envie de rester en retrait, discrète et gentille. Elle lança, presque un cri, sur un ton qu’elle voulu menaçant :


Je dérange, peut-être ?

Malgré toute la rage et la bonne volonté qu’elle y mit, sa voix se brisa sur la fin de la phrase. Sa gorge était nouée, elle respirait difficilement. Les larmes montaient à ses yeux, lui tordant violemment les boyaux… Comment était-ce possible ? Qui était-il pour lui faire tant de mal ? De quel droit se permettait-il ! Il… Elyan mit toutes ses forces à retenir les larmes qui se bousculaient devant ses yeux ; nonobstant ses efforts, sa vue commençait à se brouiller. Les formes se floutaient, comme les émotions qui la traversaient.

Comment peux-tu…

Encore une fois, le début résonnait de colère et de rage, mais la fin ne put passer ses lèvres. C’était de ces vérités trop difficiles à admettre, comme si mettre des mots sur l’acte le rendait plus réel, plus consistant, plus matériel. Ses dents attrapèrent sa lèvre pour stopper net les sanglots qui remontaient de la douleur que son cœur éprouvait. Ivre d’impuissance face à une situation qui lui échappait de plus en plus, Elyan n’eut comme réflexe que de lever la main et l’abattre avec violence, une violence toute relative, vu sa carrure malingre, sur la joue de son amour. Une gifle, c’est tout ce qu’elle réussit à faire. Elle ne savait plus ce qu’elle devait penser, tandis que la honte montait en elle. C’était une réaction stupide, c’était vraiment puéril et… c’était un homme ! Ouvrant des yeux comme des soucoupes, la jeune femme passa de son amant à l’amant de son amant, et vice-versa, bref, d’un homme à l’autre, éberluée… C’était donc ça ? Il voulait coucher avec un homme ? Elle n’était pas assez bien pour lui ? Peut-être n’avait-elle pas ce qu’un homme pouvait avoir, c’est vrai… Mais… Il aurait pu le lui dire, lui en parler… S’il ne l’aimait plus, pourquoi avait-il fait semblant de la laisser croire que… Etait-il si cruel que ça ? La scientifique n’osait le croire. C’était tout bonnement impossible, il devait y avoir une autre explication, plus juste… Et pourtant. L’inconnu était nu. Comme un ver. Préliminaires rapides, mon cher Aaron. La fin de leur relation allait l’être tout autant…

Elle recula de quelques pas, dans un instinct de fuite dictée par sa frustration. Maladroite, elle faillit casser un truc, un genre de vase, elle se foutait bien de ce que c’était en fait, qu’elle rattrapa de justesse. Son corps tremblait de tous ses membres. Ses poumons cherchèrent l’air, il fallait qu’elle se calme, ça ne servait à rien de… Réfléchir. Posément. Déjà rhabiller l’intrus. N’ayant pas de couverture sur elle, elle contourna soigneusement Aaron, elle ne désirait même pas le frôler, et tendit son châle à l’inconnu. Sur un ton sans réplique, elle dit :

Tenez, mettez ça, un peu de pudeur, que diable. Et déguerpissez. Je ne veux plus vous voir ici.

Le ton, enfin, était plutôt calme. Trop calme peut-être. Un calme psychopathe qui donnait l’impression d’une envie de meurtre dans les phrases plutôt innocentes de la jeune fille. Dans une sorte de transe, un état second, elle sourit à Aaron, un sourire simple, simplement hystérique.

J’ai mieux. Je pars. Je vous laisse entre amants. Et toi !, dit elle en fixant Aaron dans les yeux, Tâches ne plus jamais, Ô grand jamais, me parler, ni même ne serait-ce que me regarder, suis-je claire ?

Un brin de folie dans les yeux, elle tourna les talons, le cœur en chavire.
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Message par Gunther Spark le Sam 3 Sep - 21:59

Quelque chose n'allait pas. Cette douleur dans sa tête, ce bourdonnement incessant ... D'où venait-il ? Des images flottaient dans sa tête. Un couloir plongé dans l'obscurité, une salle bruyante, avec de la musique et éclairée par des spots de couleurs différentes. Le tout brouillé par une douleur lancinante au niveau de son front et à l'intérieur même de sa tête. C'est ce qu'il perçut du moins en premier. Sa seconde perception fut celle d'un corps chaud pressé contre le sien, le chevauchant de part et d'autre de son bassin.

Oubliant sa peine, il se relâcha dans l'étreinte. Des lèvres douces et enivrantes s'emparaient des siennes, et si le baiser avait ce quelque chose d'étrange sur lequel il ne posait pas encore le doigt, il répondit avec passion. Ses souvenirs étaient flous, mais il se rappelait de la discothèque. Et de fil en aiguille, il en déduisait que ce corps qui l'honorait de la plus plaisante des façons était celui d'une compagne d'un soir qu'il avait ramené à son appartement. Son front semblait cependant lui rappeler de modérer ses ardeurs : la douleur était localisée, et donc probablement due à un choc. Il se laissait porter dans l'ivresse du moment. Les yeux toujours clos il se mit à mordiller la lèvre inférieure de sa compagne tout en la pressant un peu plus contre lui. Etrangement, celle-ci lui paraissait plutôt robuste, lui qui les préférait petites ... Peu importait, dans un moment pareil il n'allait pas se plaindre. Sauf si ... Sauf si la troisième perception l'en empêchait. Ce qu'elle fit le mieux du monde.

Alors que le corps au-dessus du sien se penchait à sa rencontre, il sentit quelque chose au niveau de sa cuisse qui lui paraissait bien trop proéminent que pour appartenir à une femme. Et les morceaux du puzzle se mirent en place. La stupéfaction et la panique prirent le dessus sur son propre corps et il referma sèchement ses mâchoires sur les lèvres qu'il mordillait encore il y a peu. Instinctivement, il repoussa l'intrus et se décida enfin à ouvrir les yeux. Au même moment, une voix retentit derrière lui, en colère et empreinte d'amertume.

Comment ça "Je dérange" ? Bien sur qu'tu déranges ! Gunther s'extirpa du corps de l'homme sous lequel il s'était trouvé un peu plus tôt et tenta de s'éloigner le plus rapidement possible en roulant sur le côté. Il fallait quand même faire un état des lieux. Il y avait deux intrus chez lui, le premier avait essayé de lui sauter dessus, et le second, ou la seconde plutôt semblait vouloir lui faire sa fête. Quoique si on se penchait sur la question, le premier aussi lui avait fait sa fête. C'est en reculant, toujours assis, qu'il se rendit compte que ses fesses étaient bien trop près du sol. Et que rien ne protégeait son postérieur. En baissant le regard il constata qu'effectivement, il n'avait pas fini de déchanter. Il était nu comme un ver, exposé devant deux personnes qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.

D'incompréhension il laissa échapper un juron sonore. Pour se protéger des regards il ramassa ses jambes à son torse, mais dans un élan salvateur, la jeune femme qui avait interrompu son interlude lui tendit un morceau de tissu. Sans poser de questions et en faisant fi de ses paroles dont il se doutait du ton, il noua la pièce a sa taille et commença à réfléchir, fonction qu'il n'avait pas utilisé depuis maintenant un moment.

La personne qui venait de s’adresser à lui était une femme, ce qu’il y avait de plus normal si ce n’était ses cheveux d’un roux vif et … cette trace qu’elle arborait sous l’œil et qu’il ne distinguait pas bien. Qu’avaient donc toutes ces filles faciles à se tartiner de maquillage pour ensuite le laisser couler sur leurs joues au moindre accroc ? Tournant son regard vers son agresseur, il reconnu après quelques instants le visage de poupin de son blond voisin.

« Aaron ? C’est quoi ce bordel ? »

Question rhétorique, l’évidence était là, juste sous ses yeux : Aaron était rentré par effraction chez lui et …

« Oh mon Dieu ! »

L’évidence l’avait frappé et il n’avait pu retenir un cri de surprise. Aaron ? Aaron Smith, son métrosexuel de voisin avait un crush sur lui ? Certes, l’homme était attirant, diablement sexy, mais certainement pas son type ! Quoiqu’il devait reconnaître qu’il avait apprécié l’échange langoureux de tout à l’heure … Naon ! Le pauvre Gunther secoua la tête, relâchant presque la prise qu’il avait sur le morceau de tissu qui le dissimulait.

« Attends, attends, on va mettre les choses au clair. Aaron est-ce que … Est-ce que t’aurais des sentiments dont tu m’aurais pas parlé ? J’veux dire, tu peux me parler tu sais. »

Second éclair de génie.

« Eh mais … Mec … On se connaît même pas ! » L’incompréhension était totale, d’autant plus quand il se souvint de qui l’attendait dans son dos. « Et puis c’est qui elle ? » ajouta-t-il en désignant la jeune femme qui se tenait derrière lui. « Ta copine ? T’as une copine ? Alors qu’est-ce que tu fous avec moi ? » Le jeune homme enchaînait les mots à une vitesse folle, perdu dans les méandres des infinies possibilités. « Nan, parce que je t’en veux pas hein, j’te fais pas la morale, moi-même, c’est un coup et tu te casses, mais me mêle pas à ça, c’est pas cool ! »

Il se redressa sans attendre et se mis en quête de ses vêtements. Ceux-ci l’attendaient un peu plus loin au pied de son canapé. Il ramassa son pantalon et son short et les enfila tout en reprenant.

« Chuis vraiment désolé Mam’selle, je sais pas trop ce qui c’est passé, mais les discussions de couple, pas trop mon truc … » Il se tourna vers Aaron. « Mec, j’t’aime, bien, y’a pas de soucis, mais tu vois … J’te voyais comme un pote ! Et en plus t’as une copine, tu peux pas lui faire ça … Et puis si un jour elle te saoule, dis le-lui avant d’en voir une autre. Sans offense hein » précisa-t-il à l’adresse de la jeune femme qui n’avait pas bougé. « Puis bon, et vous, faut le comprendre hein, il est jeune, il est un peu fou, faut pas trop tirer sur la laisse. »

Il se pencha finalement vers Aaron et lui tendit sa main pour l’aider à se relever. « Bon allez, maintenant je vais devoir vous virer de chez moi, j’ai mal à la tête et j’aimerais dormir. Eventuellement, si votre couple bat de l’aile un jour, j’veux bien venir vous aider … mais jusque là Aaron, va falloir apprendre à te contrôler. »
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