Mission & Meeting

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Message par Lian Grenfield le Mer 27 Juil - 20:45

Voilà presque dix jours que le commandor de la section informatique Tristan Darek avait été rendu aux brigadiers et à Nosco. Son état de santé avait été pitoyable jusque là, et le jour de l’échange d’otage, l’informaticien s’était même effondré de faiblesse. Depuis les dernières rumeurs l’avaient présenté comme dans le coma. Toutefois c’était sans nul doute une bonne nouvelle pour qu’il puisse se rétablir petit à petit, même si la Guilde en profitait pour diffuser sur le réseau et grâce au Journal Officiel l’information du retour du commandor, et afficher les images de son corps et visage dévastés par des semaines de mauvais traitements de la part de la confrérie rebelle. On ne pouvait que grimacer devant les clichés, puis bien vite tourner la tête pour s’en détourner. Qu’y avait-il de mieux à faire que de plaindre la pauvre âme et ce réceptacle de douleurs ? En tout cas voilà tout Nosco au courant de ce que faisaient subir les rebelles à leurs prisonniers. Pourtant l’Impératrice et sa cours d’hypocrites qui se nommaient les Hauts Conseillers, prenaient bien soin de ne pas préciser ce que subissaient les rebelles qui se faisaient capturer. Ce n’était qu’œil pour œil, dent pour dent.

Pourtant malgré les oppositions qui liaient Guilde et Rébellion dans une lutte à mort, ils avaient aussi comme but commun d’exterminer les créatures qui peuplaient les souterrains. Après tout c’était la plus grande menace, et c’était aussi ce qui faisait coopérer chacun des deux camps avec la Congrégation de Joshi, fournisseur officiel des ondes alpha. Seule protection contre les monstres venus des dessous de la ville. Ondes A qui malheureusement ne faisaient que paralyser et calmer les bêtes et ne les tuaient pas. C’est pourquoi il fallait les achever réellement avec une arme à feu ou bien une arme blanche, selon les besoins et les capacités de chacun. Ainsi il n’était pas rare de voir des nettoyeurs ou des rebelles se balader armé à une main d’une arme alpha et dans l’autre d’une arme complémentaire. Bien heureusement les scientifiques avaient compris le problème et crée des armes hybrides capables de changer d’un instant à l’autre de mode. Pourtant dans tous les cas, il était toujours préférable de se balader en groupe, pour quelques simples raisons : la première étant que les créatures elles-mêmes étaient souvent croisées par individus formant un petit clan. Peut être étaient ce des familles ? Pourtant il leur arrivait d’appartenir à diverses « espèces » ou « genre » et pourtant de former une collectivité qui attaquait les humains, dans le seul but de se repaitre de leur chair fraiche. A deuxième raison était que les sous-sols désaffectés étaient un véritable réseau de souterrains, et qu’il était assez malaisé d’en connaître tous les recoins, surtout que les combats, les quelques mouvements terrestres… provoquaient souvent des changements dans les étroits couloirs… Ainsi on pouvait très facilement tomber sur une ancienne galerie devenue cul-de-sac à cause d’un éboulement de roches… Ou bien encore il arrivait que les rebelles ou les guildiens amènent des bombes, que ce soit pour se protéger, ou au contraire pour déboucher un passage qui leur semblait important.

Depuis quelques jours, on entendait plus que des éternuements, des plaintes et des gémissements de douleurs dans chaque pièce du bunker rebelle. Un à un les membres de la confrérie semblait tomber malade, une sorte de grippe avait constaté le meilleur médecin des rebelles. Yan Merling, leur chef, avait d’abord laissé passer la chose, mais dès que le nombre des malades se compta sur plus d’une main, il prit la décision de les mettre en quarantaine, pour protéger les autres. Et finalement beaucoup avaient suivit. La situation commençait à devenir préoccupante, surtout si elle continuait ainsi. Toutefois il fallait garder espoir et continuer de positiver, les malades allaient certainement guérir rapidement et tout rentrerait dans l’ordre ! Malheureusement Inès Dunkel aussi semblait atteinte, puisqu’elle avait commencé à avoir de la fièvre, ce qui était mauvais signe. Lian s’inquiétait donc pour son amie, et pourtant elle n’en avait pas forcement le temps puisque Yan lui avait confié une mission. Il faudrait vérifier les quelques bunkers ignorés par la Guilde, assez protégés et bien aménagés pour permettre aux rebelles de déménager si le besoin s’en faisait sentir. En effet, si leur actuel bunker principal se révélait un nid à microbes et trop dangereux pour qu’ils puissent y rester tous… Ils devraient déménager, et pour cela il fallait s’assurer que tout était en ordre, en état de fonctionner et opérationnel. Cependant ce serait un dernier recours, et pour l’instant ce n’était qu’une simple mesure de précaution. Rien ne dirait que par l’avenir ils devraient utiliser cette alternative, mais mieux valait être prévoyant que de se trouver au dépourvu. Au moins cela permettrait il à Lian de faire un tour dehors.

La prudence incitait à sortir accompagné, pourtant dans ces temps troublés mieux valait que les malades restent à l’intérieur, et que les bien portant tentent de les soigner ou des les aider, tout en restant assez à distance ou avec assez de protections pour ne pas être à leur tour contaminés. Pourtant la rebelle avait décidé de partir chargée d’armes et de vivres conservables pour l’un des bunker, le tout transporté sur un velojet et laissés dans la base de survie. Elle ferait le chemin inverse à pied. Ainsi s’ils devaient un jour être e manque de quelque chose peut être cette réserve leur sauverait elle la vie. Et puis Grenfield partirait avec une oreillette pour rester en contact avec Rian McGregor en cas de besoin. Même si celui-ci semblait aussi ne pas être au meilleur de sa forme. Pauvre petite nature… c’était bien un informaticien tiens…
Heureusement, celle qui s’était autrefois appelé Mary ne rechignait pas à la tâche qu’on lui avait assignée, au contraire. Elle avait bien prit le temps de tout vérifier et même de réparer sommairement quelques petits défauts du bunker, avec les conseils de Rian. Elle avait rangé chaque arme, les vivres, et installé la velojet de manière à ne pas bloquer l’entrée, qui pouvait être fracassante en cas de poursuite avec des créatures… Bref tout s’était passé correctement. Enfin jusqu’à ce que l’informaticien se décide à énerver sa collègue de travail, considérant que le plus gros avait été fait et qu’elle aurait pu se débrouiller seule pour le reste. Ce qui était le cas. Et pourtant, il n’avait sans doute pas prévu que Lian déposerait l’oreillette sur la table pour tenter de couper la communication, que bien sur il reprit sur les moniteurs et les enceintes même du bunker. A quoi bon se préoccuper de l’oreillette, hein ? Au point même que la rebelle oublia cette dernière et repartie en la laissant à sa place.

Fatal oubli, qui pourtant n’était pas si grave… Enfin à condition qu’elle ne croise aucune créature ou guildien en route… Lorsque Lian s’aperçue de son erreur, elle était à bien plus de mi-chemin. En grognant elle jeta un regard à sa montre. Il était bien trop tard pour rebrousser chemin, pour un objet de pacotille bien qu’essentiel, et espérer rentrer pour le repas du soir avec ses compagnons et amis. Tant pis alors, demain lorsqu’elle irait visiter un autre bunker, elle ferait un détour par celui-ci pour récupérer le bien, avant de continuer son chemin. Tout serait donc réglé, autant arrêter de se faire du souci et continuer sa route en espérant ne pas faire de mauvaise rencontre.
Pourtant un malheur n’arrive pas seule, et au moment de tourner à un croisement son détecteur de chaleur lui indiqua un petit groupe qui s’approchait dans sa direction. Elle se figea en écoutant et compris bien assez vite qu’il s’agissait de créatures. En effet ces dernières, bien que la plupart du temps humanoïdes, ou êtres humains dégénérés ou génétiquement modifiés ou défigurés, ils n’avaient pas l’usage de la parole, et s’exprimaient par des cris ou des grognements. Exception faite bien sur des ombres, mais qui elles n’étaient que brume et fumée, air et rien d’autre. Des ombres sas existence physique, malgré leur cerveau aussi développé que ceux humains, elles pouvaient communiquer et bien plus puisque qu’apparemment elles étaient douées de télépathie.

Après avoir compté le groupe assez important de créatures, Lian prit ses jambes à son cou, jugeant plus prudent de les éviter et de prendre un détour pour échapper à la confrontation. Après s’être suffisamment éloigné et avoir vérifié qu’elles ne la suivaient pas, elle se permit une petite pause pour reprendre son souffle. Elle était certes armée, mais pas pour affronter toute une troupe, et puis mieux valait éviter de se montrer trop téméraire puisqu’elle ne pourrait réclamer d’aide en cas de complications. Qu’il était compliqué de se diriger dans les sombres couloirs qui étaient dépourvu de lumière, en devant tenir de quoi s’éclairer, de quoi repérer les adversaires potentiels ainsi que de quoi s’en défendre. Sans doute aurait-elle eu besoin de deux bras supplémentaires, comme certaines de ces créatures mutantes… Cela aurait été bien utile parfois… Quatre bras… Deux fois plus de possibilités… C’était aussi pour cela qu’elles étaient si dangereuses, surtout lorsqu’elles portaient des armes… Et puis il fallait dire que leur cécité n’arrangeait rien. Ah si seulements ils savaient comment les créatures étaient arrivées dans les souterrains… En tout cas, elles causaient bien des soucis jours après jours…

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Re: Mission & Meeting

Message par Gregory Allander Crescent le Mar 2 Aoû - 0:08

[HJ : Alors, voilà, ma chère! S’il y a quoi que ce soit que je puisse changer, fais-moi signe!
Au fait, sincèrement désolé pour ce post, je le trouve un peu platonique! Enfin, je reprendrai un peu plus le poil de la bête une fois remise sur pied complètement Wink
Bonne lecture! Smile]


Nous n’irons plus au bois,
Les lauriers sont coupés.
La belle que voilà,
Ira les ramasser.
Entrer dans la danse, voyez comme ils dansent…

Chaque berceuse n’a pas que la douceur d’un souvenir. Certaines ont même des accents de frayeur… ou de détresse. Et pourtant, n’était-ce pas de celle-ci que nous chantions pour nous rassurer? Ou encore celle-là qui ne nous réconfortait à l’heure du croque-mitaine? Malheureusement, dans cette situation, cette chanson n’avait ni un goût de plaisir, ni celui de l’effroi. C’était autre chose. Quelque chose… D’intense, de survoltant. Dans cette noirceur où se terrait un être de marbre, il s’apprêtait à se passer… Un évènement qui allait bien au-delà de l’entendement. Du moins, du sien, en tout cas! Il la regardait la belle qui ramassait les lauriers... Toutefois, elle aurait dû écouter ce que lui disait la berceuse… Elle n’aurait pas dû aller au bois… Qui sait, peut-être pourrait-elle rencontrer le Grand Méchant Loup, dissimulé sous bien des formes… Puisque, après tout, dans ces vieux réseaux sinistres et mystérieux, ce cachaient bien plus d’une bête dont il fallait se méfier.

Malgré tout ça, il faut reprendre cette situation depuis le début, si vous le permettez. Nosco était aux prises avec la pire épidémie qu’on n’ait jamais connue… Du moins, selon les vagues souvenirs de ses habitants! Impuissant devant cette force inhumaine, tous avaient à craindre d’être infecté…. D’une manière ou d’une autre, on ne pouvait rivaliser avec cette puissance dévastatrice qui régnait bien au-dessus de l’autorité Noscienne… Puisque, après tout, on pouvait posséder richesse, beauté, intelligence… Mais rien ne nous mettait à l’abri de ce fléau qui faisait trépasser le plus fort d’entre nous. Était-ce le fruit du hasard pour connaître les épargnés? Nul ne le savait, mais quoi qu’il en soit, on devait prendre des précautions pour ne pas tous tomber comme des mouches devant l’ampleur de ce problème qui soulevait l’indignation de tous les clans nosciens. Pour une fois, on pouvait trouver une cause qui pouvait rallier et les rebelles, et la guilde… Malheureusement, il en faudrait un peu plus qu’une épidémie pour les rassembler… Et ainsi continuerait la guerre des clans… C’était là, un fait indéniable.


Gregory Allander Crescent, pour sa part, avait eu la chance d’être dans la bonne grâce de cette «peste noire»… Mais pour combien de temps encore pourrait-il vivre sans être infecté? Seul Joshi sait! De plus, son existence ne tournait autour que des pires créatures que Nosco aient jamais compté : tapis dans les souterrains obscurs, les écorchés rôdaient. C’était ainsi que Mordoc les appelait, les écorchés. Créatures sans nom, ni âme qui avait parfois l’apparence humaine... Ils trainaient dans les sous-sols de la cité telle la vermine la plus redoutable qui soit. Qui avait franchi la lueur artificielle du jour de Nosco avait bien vite compris qu’il était insensé, voire suicidaire de se promener en ces lieux sans aucun moyen de défense. Heureusement pour tous les petits villageois sous la tutelle de l’Impératrice, on avait pu trouver leur point faible : les ondes Alpha. Qui connaissait ces ondes, pouvait être susceptible d’échapper au sort réservé à ceux qui, par mégarde, s’aventuraient en ces lieux. Par contre, il en était du métier de Nettoyeur de parcourir ce sombre labyrinthe planqué de mines vivantes… Et du devoir de ces derniers de connaître les moindres couloirs sur le bout de leurs doigts …


Comme toute autre journée de boulot qui était cédulée à l’horaire, Mordoc n’avait guère d’autre choix que de se rendre dans les souterrains avec son escadron habituel. Après tout, n’était pas lui qui était second commandor sous le regard vigilent de Lorenzo? Il avait pris, comme à son habitude, des armes utiles en surnombre pour le temps qu’il devrait rester sous terre. Un poignard dans la botte, un autre attaché sur le torse; des munitions accrochés à une ceinture de cuir qui se garnissait d’un fourreau où une épée courte était soigneusement rangée et aiguisée; un révolver délicatement posé sur sa hanche, et un autre dans sa main fermée qui n’était certes pas prête à le lâcher… Sans oublier deux armes Alpha que le nettoyeur n’aurait oublié pour rien au monde. Bref, pour Crescent, ce n’était là que le stricte nécessaire pour s’assurer que son escouade survive jusqu’au lendemain. Comme dit le dicton, il vaut mieux prévenir que guérir… Et on ne rigolait pas avec ça lorsqu’on partait en excursion dans les vastes souterrains nosciens. C’était une règle en or que tous devaient se rappeler inévitablement… Sans quoi il pourrait réellement y avoir une question de vie ou de mort.

Ils partirent dès qu’il fut possible de le faire. Parcourant cette galerie sombre avec une agilité surprenant, les nettoyeurs abattaient quiconque pouvaient être considérés comme nuisibles aux Nosciens… Ou encore à la cité de l’Oubli. À pas de loup, ils marchaient de façon stratégique pour qu’il ne puisse pas perdre un soldat… Au moindre bruit suspect, ils étaient prêts à tirer. Les armes chargées, il suffisait de bien peu pour qu’ils dégainent tout leur attirail. Gregory ouvrait la marche. Sans la moindre nervosité, il savait pourtant que certains d’entre eux qui faisaient leur premier vrai voyage à travers une noirceur totale qui les englobait dans un cauchemar qui portait un nom bien distinct : peur. Oui, peur de ne pas revenir à la surface, peur de voir un de ses compagnons rendre l’âme sous les coups de ces viles créatures des ténèbres, peur de faillir à la tâche. Heureusement pour eux, ils étaient en bonne main avec Mordoc. Depuis le temps qu’il participait à cette élimination, il connaissait la clé des labyrinthes, mais aussi la technique unique d’avoir une chance de s’en sortir, soit garder la tête froide et le contrôle de toutes situations plausibles…. Cependant, une tête froide se perdit… Pour ne plus jamais revenir.

Cela faisait près d’une heure qu’ils s’enfonçaient dans cet endroit horrifiant… Et pourtant, rien n’avait été dramatique –pour une fois! Mais ce n’était pas là pour durer. Un des soldats de l’escorte commençait à perdre la tête… On pouvait le sentir. Malgré les judicieux conseils du Second de Lorenzo, il ne fallut pas plus que la dernière attaque pour le faire craquer. Quinze secondes suffirent pour le voir détaler dans les couloirs étroits des souterrains… Mais il ne fallait surtout pas courir à sa poursuite, c’aurait été une erreur monumentale de croire que les créatures auraient laissé tomber leur attaque! Avec beaucoup de persévérance et de violence, l’escouade réussie enfin à mettre terme au clan adverse qui les avait bien surpris… Pourtant, Gregory ne pouvait se permettre de perdre un homme sur le terrain. Il fit signe à son équipe de rebrousser chemin.


«Je vous rejoindrai, soldats. Attendez-moi à la surface et tant et aussi longtemps que je ne vous en donne pas l’ordre, ne descendez pas. Compris?»

C’était très clair… Comme l’avait toujours été le Second. Il les laissa s’éloigner, en activant son matériel de communication. Il savait qu’il pourrait compter sur ses hommes en cas de besoin… Mais malgré les avertissements de ne pas se promener seul dans les souterrains, il oublia rapidement ce règlement pour en faire à sa tête. Être entouré l’aurait ralenti, et il fallait absolument qu’il remonte avec cet imbécile qui avait pris la fuite au lieu de rester avec eux… Ce qui aurait été, sans la moindre ombre d’un doute, la solution la plus prudente pour lui… Malheureusement, il n’avait rien écouté, et comme de fait, il s’était carrément perdu dans le pire endroit que Nosco puisse compter. Frôlant les murs du bout des doigts, le nettoyeur savait qu’il approchait. Il regarda ses détecteurs… Bientôt il perçut un groupe assez important de créatures… Il était seul, il ne pouvait pas les vaincre… Mais pourtant, quelque chose lui disait que ces choses avaient été attirées par une odeur particulière… Celle de la chair humaine… De la peur d’un individu. Priant pour que le pauvre Diable n’ait pas eu la stupide idée de tenter de fuir devant un groupe trop important d’humanoïde, Gregory fit un détour, voilant la lumière de son arme par le fait même… Il savait que les restes, s’il y avait lieu, ne bougeraient pas… Mais son détecteur avait déjà croisé une autre source de chaleur. Croyant être ce qu’il cherchait, le soldat poursuivie sa descente encore un peu plus loin, question d’en avoir le cœur net… Mais bientôt à quelques mètres à peine, il se contenta de se plaquer contre le mur, sans le moindre bruit. Il s’approchait, en retenant sa respiration… Ce n’était pas tout à fait à ce quoi il s’attendait.

Deux temps trois mouvements suffisent pour que son arme soit sur la tempe de cet adversaire inconnu, illuminant son visage du même coup… Qui n’était, de toute évidence, pas de son clan. Cette jeune femme qu’il observait vaguement n’avait rien à voir avec les gens de la Guilde… C’était une rebelle... Et une rebelle que tous connaissaient très bien... Lian Grenfield. Pourquoi lui mettre l’arme à la tête? Peut-être parce qu’il ne s’attendait pas à trouver une rebelle aussi creux dans les souterrains… Pourquoi était-elle venue là… Seule de surcroit? Sans doute était-elle armée… Après tout cela aurait été insensé de ne pas l’être, mais pourtant, Allander restait stoïque. Il ne devait en aucun cas l’effrayer pour qu’elle avertisse les créatures… Sinon, ils ne seraient pas mieux que morts, tous les deux… Il prit une longue inspiration avant d’ouvrir la bouche, signe qu’il n’était peut-être pas si hostile que cela… Ou du moins… Était-ce ce qu’il voulait croire?


«C’est très dangereux de rester ici, ne le savez-vous donc pas? Surtout sans escorte»

Sa voix était très basse, de sorte qu’elle seule puisse l’entendre. Il commença à abaisser son arme, sans savoir ni s’il aurait dû ou non l’abattre. Mais quoi qu’il en soit, il se résigna. Cela aurait été trop facile, et de plus, ils étaient dans le même pétrin. Il ne comptait pas lui faire un très long discours, mais le fait qu’elle ait été seule le fit réfléchir. Elle n’était pas dangereuse pour le moment… Et elle ne représentait aucune menace potentielle à son idée…. Enfin, il en était presque sûr… Mais il ne fallait pas s’attarder à cette certitude qui pourrait bien vite s’effacer si on la prenait pour acquise.



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Re: Mission & Meeting

Message par Lian Grenfield le Jeu 4 Aoû - 15:32

Une seconde d’inattention et c’est la mort. Lian avait détourné les yeux de son détecteur de chaleur, pour mieux se diriger et car elle se croyait assez en sécurité. Erreur. La sanction était tombée très vite. Elle avait maintenant le canon d’une arme à feu sur la tempe et une vive lumière sur le visage qui l’obligea d’abord à fermer les yeux. Il était difficile de voir lorsque l’on passait de l’obscurité à un éclat bien trop puissant, pourtant la rebelle n’avait aucun doute : ce n’était pas l’un de ses alliés. Ils n’avaient aucune raison de quitter le bunker au contraire, pour le moment ils tentaient d’éviter les contacts avec l’extérieur et tout ces malades. Donc c’était forcement un ennemi, si l’on excluait la possibilité qu’un congrégationniste trop intrépide ne se soit décidé à farfouiller dans les sous-sols. Habituellement ils préféraient la sécurité de leur chapelle, il n’y avait donc pas de raison que cela change, surtout qu’ils ne désiraient pas s’interposer dans le conflit entre rebelle et brigade.

La voix de celui qui la tenait en joue lui permit d’en savoir un peu plus sur lui, puisque la vue semblait lui faire défaut pour le moment. Le ton était grave et la voix masculine. Les propos quand à eux étaient à mourir de rire, pourtant elle se retint même de sourire, car la situation ne s’y prêtait absolument pas. Ces paroles, elle les réservait habituellement aux nosciens qui s’égaraient dans les souterrains où aux nouveaux oubliés employés par la brigade. Ses paroles n’avaient été que murmure comme s’il craignait qu’on les entende, et pourtant une seule lumière émanait des ténèbres et aucune autre forme humaine à côté de lui, il semblait tout aussi solitaire qu’elle. Le silence s’installa un instant, pendant que Lian examinait sa situation assez critique, et ne brise d’un chuchotement celui que personne ne désirait héberger.

J’en ai bien conscience, cependant vos mots ne sont que du vent, pourquoi ne suivez vous pas vos propres conseils ?

Qu’il était agréable parfois d’être haut gradé et dans un poste de direction, cela permettait le plus souvent de contourner le règlement ou bien les plus basiques mesures de sécurité. Là où tout autre se serait fait sévèrement taper sur les doigts pour désobéissance et inconscience, on pouvait se permettre une petite folie de temps en temps, même si c’était risqué. Quand à l’homme, elle n’arrivait toujours pas à l’identifier, pourtant il lui semblait plus grand que Judikhael Wenfield, et il n’avait pas la voix de l’ancien commandor, d’ailleurs celui-ci n’aurait pas hésité un instant avant de l’abattre, l’ennemi était donc différent. Restait à connaître son identité, si cette dernière pouvait être d’une quelconque utilité.
Etait ce un homme seul car il avait perdu toute son équipe ? Que ce soit à cause d’une attaque de créature qui avait tué tous ses collègues, ou bien parce qu’il avait perdu de vue les autres dans le labyrinthe des couloirs ? Il y avait surement une explication, mais puisque l’homme n’avait même pas commencé par un bonjour, il ne semblait pas prudent d’engager une conversation banale et de l’interroger sur ce qui l’amenait seul ici. Devait-elle attendre qu’il continue de parler ? Après tout c’était lui qui avait le contrôle de leur rencontre jusqu’à maintenant. Elle se cantonna donc à répondre à la question posé, tout du moins au début. Néanmoins dès qu’il abaissa un peu son arme, elle en profita pour se reculer, attraper le bras avec l’instrument de combat pour le pointer vers une surface où il ne pourrait faire aucun dégât. Sans doute était ce la surprise qui lui avait permit d’agir avec tant de facilité car son adversaire semblait plutôt musclé. Elle tenait toujours de ses deux mains la dextre de l’homme qu’elle avait repoussé et s’aperçu assez rapidement que c’était des morceaux de métal assemblés soigneusement et non pas la chaleur d’une chair vivante. L’inconnu avait donc un exosquelette.

Maintenant que la lumière était détournée, elle pouvait en profiter pour tenter de distinguer ses traits faciaux, malheureusement il lui aurait fallu un certain temps d’adaptation et elle savait qu’elle ne pouvait pas rester aussi proche de lui. S’il savait se battre, ce qui était forcement le cas pour être seul dans les souterrains sans paniquer totalement et hurler, alors il était plus fort qu’elle. Il ne s’était pas montré totalement agressif, mais c’était sans doute dans l’hésitation de savoir s’il devait tirer et la tuer, et potentiellement ameuter des créatures, ou bien la laisser en vie et la capturer. L’un ou l’autre serait un châtiment pire que l’enfer pour Lian. Alors elle se décida rapidement à jouer le tout pour le tout, et à tenter la fuite. Si elle avait eu un radio-émetteur pour appeler à l’aide ou au moins prévenir ses amis, malheureusement ce n’était pas le cas. Relâchant son emprise, elle détala comme un lapin en espérant pouvoir s’échapper. Elle n’avait pas le temps de sortir une de ses armes et de tenter d’exécuter l’homme, dont elle ne connaissait pas l’identité et qui pouvait se révéler un allié.
S’il s’était montré plus loquace il aurait été possible de comprendre d’abord ses motivations, mais là c’était simplement l’instinct de survie qui lui dictait de ne pas rester trop longtemps avant que l’autre ne se lasse de ses réponses et n’agisse directement. Elle préférait vivre sans aucune balle à travers son encéphale. La proposition n’était pas suffisamment intéressante.

Pour échapper à un ennemi dans les souterrains, mieux valait éviter d’éclairer son chemin, mais le risque était alors de se cogner aux différents murs, la principale technique consistait donc à prier intérieurement Joshi et de la main suivre les inclinaisons des murs. Dire qu’elle avait encore tant de chemin vers le bunker rebelle principal et que maintenant elle ne pouvait pas se permettre de la rejoindre immédiatement, de peur qu’on la suive et qu’on trouve enfin le repère de ces derniers. Fuir, certes, mais Lian n’alla pas si loin avant qu’on obstacle ne lui barre la route et ne la ralentisse. Les sous-sols désafectés sont pleins de surprises, entre vieux matériels d’extraction, trous dans le sol, ou déformations, créatures et brigadiers…

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Re: Mission & Meeting

Message par Gregory Allander Crescent le Dim 7 Aoû - 4:20

Portant la main à son oreillette, il coupa la communication. Si les membres de son élite découvraient devant qui il s’était retrouvé, Joshi sait la calomnie qui s’en serait suivie. C’était par simple sécurité… Non pas celle de la rebelle, mais plutôt celles de ses hommes. Il connaissait leur savoir-faire, mais il était hors de question qu’ils redescendent sans son autorisation, et encore moins pour combattre en surnombre un Noscien qui ne faisait déjà pas le poids contre lui. Ce n’était pas par pure prétention, et encore moins un manque flagrant de méfiance; il le savait parce qu’il avait pu observer son anatomie. Il faut dire que se fier à l’apparence était souvent une erreur grossière, mais dans ce cas-ci, il en était certain : elle n’était pas bien grande et encore moins bâtie comme une armoire à glace! Loin de là, même! Elle était sans doute armée, il l’avait su dès qu’il l’avait croisée, et pourtant, il se savait sans doute plus à l’aise à combattre en ces lieux qu’elle ne pouvait l’être… Les rebelles avaient beau habiter dans les souterrains de Nosco, ils restaient vulnérables à ce labyrinthe et à certaines parties cachées depuis déjà plus d'un siècle. Peu de gens de la surface en connaissaient la structure complexe, et encore moins connaissaient comment s’y diriger allègremment… Pour cela, ils inventèrent les nettoyeurs… Ce qui nous ramenait au point culminant de ses observations : elle connaissait très bien les souterrains, mais certainement moins que lui…Du moins, plusieurs parties de vaste ca vastes casses-têtes. Cette connaissance pouvait faire une différence plus que majeure lorsqu’on se retrouvait piéger là, entre les ténèbres et un Guildien… Après tout, n’était-ce pas là sa situation?

Il l’observait toujours sans réagir. Il n’avait pas la moindre trace de nervosité en cet être de marbre. Il n’y avait là rien à craindre, selon lui. Il était en avantage numérique, et de plus, elle semblait vouloir jouer à la plus maligne avec lui. Pauvre petite créature, elle ne savait donc pas à qui elle avait affaire? Certes, il n’était pas très loquace, mais la brune demoiselle aurait dû tourner sa langue sept fois avant d’oser parler à son tour. Lui savait qu’il était là pour sauver un de ses hommes et épargner les autres. Quoi qu’elle pense, cela n’effleurait même pas la conscience de Gregory. Ce petit jeu ne l’amusait pas comme elle semblait tant y prendre plaisir. Il se savait plus compétent qu’elle en ces lieux, et cela lui suffisait amplement comme réponse. Elle habitait peut-être les soutterains, et bien qu'il ne sache pas exactement où se cachait les rebelles, ils connaissait une panoplie d'autres couloirs qui aurait terrassé ce savoir sans trop de difficulté… Mais il ne sentit même pas le besoin de lui communiquer son idée. Il se contenta d’élever un sourcil d’un air totalement désintéressé. Il n’attendait peut-être pas cette réponse, mais elle lui sembla pour le moins totalement inintéressante. Ce fut pour lui la réplique la plus ordinaire qu’il connaisse : le silence en lui-même!

Il aurait pu l’abattre sans même y penser, mais il n’était pas là pour ça. C’était par principe qu’il ne l’avait pas fait. C’était le fruit du hasard qui avait fait en sorte que leur route se croise. Tous deux éloignés de leur camp, il n’avait aucune raison de vouloir la capturer non plus. Pourquoi? C’était encore là les principes –maudits soient-ils! Il n’était pas là pour des raisons de politique ou de dualité, il était là pour récupérer un homme qu’il avait perdu. Ce n’était rien d’autre que ça. Peu importe ce que son devoir de Guildien lui imposait, il n’allait pas faire ce que lui dictait un code de conduite préconçu dans le but d’entretenir un contrôle sur Nosco… Mais encore une fois, fallait-il se demander pourquoi agir ainsi envers ceux qui avaient tant de fois torturer les siens? Et bien, ça ne le regardait pas… Et puis il avait peut-être un peu de compassion pour ceux qui se ralliait contre l’autorité des hauts dirigeants tant idolâtrés par les uns… Et parfois détestés et craints par les autres. Mordoc, quant à lui, préférait une neutralité qui ne le liait à rien d’autres que sa propre existence… Ce pourquoi il avait choisi de se ranger auprès de la Guilde. Maëva avait bien sûr aidé le rendre diplomate en fonction de ses désirs… Et il avait ainsi pu faire des concessions qui ne le soumettaient qu’à très peu de choses… Enfin, rien qui puisse considérer comme un obstacle à son destin… Quoi qu’il en soit, il n’aurait jamais pu prévoir ce qui allait se produire par la suite, que ce soit destin ou pas.

Il commit sa première erreur : abaisser son arme. Elle s’était emparée de son bras et son arme par la même occasion, mais il ne sentit rien ou presque. Son bras droit qui aurait dû être fait de chair et d’os n’était que les vestiges de fer d’une amputation pour laquelle il avait une certaine aversion. Bien entendu, il était devenu habitude pour Gregory se s’en servir, mais néanmoins, rien n’équivalait l’être humain dans son ensemble complet. Le costaud gaillard n’avait même pas réagit d’une riposte face à cette offensive audacieuse de la part de la jeune femme. Elle connaissait les Guildiens, elle savait ce qui pourrait l’attendre si, par malheur, on l’attrapait. Combien d’entre eux rêvaient d’avoir le prestige de ramener la tête de Lian Grenfield, la défigurée, la traitresse? Ce n’était qu’une image, bien sûr, puisque quiconque savait les informations que taisaient, aurait sans doute la clef des secrets de la rébellion. Elle avait tenu son bras en otage pour quelques instants, et il la laissa faire, une main descendue près de sa ceinture. Il possédait plus d’une arme sur lui et savait très bien s’en servir… Mais il n’eut même pas le temps de le faire. Elle l’observait, il le savait. La lumière de son arme pointée contre un mur, elle pouvait très bien deviner son visage, les contours importants de sa carrure… Il lui rendait un regard froid, sans aucune émotion distincte si ce n’était qu’une si petite étincelle curiosité que l’obscurité pouvait avaler sans le moindre problème. Elle l’estimait. Elle estimait combien de chance elle pouvait avoir contre lui… Et surtout, elle mesurait ses intentions. Bien qu’elle ne sache absolument pas de quoi il était question, elle pouvait imaginer bien des scénarios. Il le savait, simplement à la regarder le regarder. Avant même qu’il n’ait pu dire le moindre mot, il était déjà trop tard; elle avait filé. Qu’est-ce qui était pire que la mort? La souffrance. C’était ce qui l’attendait si par malheur, elle passait entre les griffes de l’ennemi, et il était l’ennemi. Ses yeux d’azur n’eurent le temps que d’apercevoir son regard d’ambre et le reflet de la cicatrice qui la dévisageait avant d’être libéré soudainement. Il eut presque sursauté si c’eut été de ses habitudes, mais il se contenta de reprendre le contrôle de son esprit.

Il fallait maintenant décider : la suivre ou pas? Mordoc réfléchit un instant. Il la laisserait courir. À quoi bon lui ficher la trouille alors qu’il n’en avait, à vrai dire, rien à faire. Pourtant, alors qu’il jetait un œil à son détecteur, il remarqua deux sources de chaleur. Deux? Était-ce possible que… Ce soit ce qu’il cherchait? Sans perdre une minute, il oublia rapidement cette Lian pour poursuivre sa route. Il savait que bientôt, il n’aurait plus le choix que de remonter à la surface. Il rebrancha la communication, sans plus attendre… Il tourna à gauche, puis à droite, puis à nouveau à gauche avant de se retrouver dans une des petites alcôves des souterrains où il promenait la lampe de son revolver. L’éclat léchait les murs et le sol pour y découvrir une surprise bien… désagréable. L’oubli qu’il tentait de faire, fut brusquement de retour lorsque ses yeux aperçurent Lian Grenfield qui avait chuté sur… Le cadavre. Oui, une carcasse, une charogne à moitié engloutit d’où la vie s’estompait lentement… Mais qui n’avait jamais vraiment quitté ce corps. Gregory resta… Coi. Pour une fois, son silence perpétuel avait raison d’être puisque le souffle raclant la gorge de la carcasse était toujours audible. La scène…. Était horrifiante. La rebelle allongée sur le sol non loin de ce qui restait de cet pauvre âme devait être dégoûtée… Mais pas autant que Gregory qui, pour la première fois de toute sa carrière, devrait ramener un homme quasi-cadavérique avec lui… ET les chances de sa survie étaient minces… Voire trop minces.

Il s’était approché de ce qui restait de l’homme, s’agenouillant devant la presque dépouille. Les yeux suppliants, il avait été démembré d’une manière horrible… Et Mordoc se demandait déjà comment il pourrait faire pour le ramener. Ses yeux de glace lorgnaient les blessures avec une étrange expression de vide. L’arme pointée sur chacune des parties de son corps, l’étendue des dégâts étaient presque surréaliste. Toutefois, avant même que le Second puisse souffler le moindre mot, il entendit des grognements familiers qui provenaient du couloir du fond… Et il les connaissait mieux que quiconque. Son cœur fit un bond. Il ne pourrait pas remonter à la surface avec cet homme… Il devait décamper, et ce, au plus vite. Ce fut en moins de trois secondes que Gregory fut de nouveau sur ses pieds. Il jeta un regard sur la provenance des bruits… Puis sur la sortie de droite. Il savait que s’il prenait à droite, il aurait une bonne chance de s’en sortir et de revenir à la surface sain et sauf… Cependant, il jeta un regard sur la rebelle, toujours à côté de la carcasse… ET S’il prenait à gauche… Ils pourraient être saufs tous les deux. Sans attendre son approbation, le Second prit le bras de la rebelle et la releva. Il referma la communication. Nul ne devait entendre.

«Venez, vite, nous n’avons pas beaucoup de temps; ils savent que nous sommes là.»

Ce fut un ordre impératif. Mordoc n’avait pas l’intention de plaisanter. Il tenait à s’échapper de cet endroit. Il la tenait par le poignet, d’une poigne ferme et exosquelettique qui voulait simplement qu’elle suive le pas. Rapide, sec, il trottait pour pouvoir dissimuler le bruit de la course. Il y avait dans les souterrains des créatures bien plus dangereuses que les écorchés… Les Ombres… Mais Gregory ne tenait pas à y penser. Il parcourut la petite pièce en moins de temps qu’il ne le fallut, son arme pointée vers l’arrière, tentant de savoir ce qui les suivait. Avant de franchir ce qui l’éloignerait de son soldat, Gregory ne put s’empêcher de jeter un œil derrière lui… Mais il ne put s’empêcher de le détourner lorsqu’il entendit le dernier cri de ce qui aurait dû être sa priorité. Il fulminait. Intérieurement, il bouillait. Comment avait-il pu laisser un homme agir de la sorte… sous ses ordres? Mais il fut bien obligé de ne plus penser à cela. Ils devaient fuir, et notre soldat savait exactement comment ils pourraient, par de nombreux efforts, semer les monstres qui avaient bien dû reconnaître l’odeur de la vie.

Il courrait à présent, trainant toujours la jeune femme derrière lui, sans parler, ni ajouter le moindre mot. Son arme au devant, il éclairait sa route. Il courut sur une ligne droite pendant de nombreuses minutes avant de tourner à gauche dans une petite pièce similaire à celle qu’ils venaient de quitter, puis il partit à nouveau vers la gauche, puis la droite et une dernière fois à gauche jusqu’à ce qu’il discerne la vieille voie ferrée que Lorenzo et lui avait découverte il y avait de ça quelques années déjà. Il s’arrêta net, à bout de souffle d’avoir couru à toute allure, sans attendre l’avis de sa suivante qu’il avait trimbalé un peu gauchement à travers les souterrains. Il la lâcha, avant de reprendre haleine… Et de peut-être… Se justifier? Après tout, il avait été d’une brusquerie un peu grotesque… Mais elle était facilement justifiable vue les circonstances.

«Elles sont occupées pour le moment… » Dit-il sur un ton neutre en parlant des créatures : «Mais vous devrez vous rendre rapidement chez vous. Cette voie ferrée vous y mènera. Suivez-la en ligne droite puis au premier couloir à droite, tournée et ne vous retournez pas… Pour le reste, vous vous reconnaîtrez, j’en suis certain.»

C’était… De biens drôles d’excuses que nous présentaient le Second alors que la pointe illuminée de son fusil montrait la noirceur du tunnel abandonné. Gregory avait peut-être tort d’agir de la sorte en aidant une rebelle, mais nul ne méritait d’être englouti par ces goules assoiffées de chair. Il ne dit alors plus un mot, se contentant du silence de la pièce, et des vagues échos des cris stridents de ces créatures cauchemardesques. Il fixait intensément le visage défiguré de la rebelle… Qu’allait-elle penser de tels agissements? Lui-même ne savait que dire à propos de ses actes. Il avait échoué en perdant un soldat, alors la laisser à la merci de ces choses n’aurait certes pas rendu son honneur. C’était là, la seule explication qu’il aurait pu lui donner si par hasard elle se questionnait sur la teneur de cette situation.

Que raconterait-il à ses supérieurs à présent? Quelque chose lui disait que cette histoire se terminerait bien mal… Trop mal.

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Gregory Allander Crescent
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Re: Mission & Meeting

Message par Lian Grenfield le Dim 7 Aoû - 17:54

La raison la plus logique voulait qu’on attribue à Gregory Crescent au moins une volonté : celle de capturer ou bien de tuer tous les rebelles qu’il croisait. Pourquoi ? Pour une simple raison de sécurité d’abord. Ceux qu’il ne tuerait pas le tueraient sans doute un jour… Et pour les rebelles qu’il parvenait à ramener à la surface, cela lui assurerait les bonnes grâces de ses supérieurs et des Hauts Conseillers, voir une promotion s’il tombait sur une « proie » intéressante et de bonne valeur marchande, car connaissant beaucoup de choses concernant les rebelles. De même que les bleus des souterrains s’amusaient de leurs kidnappings, les brigadiers n’hésitaient que très rarement. Après tout c’était la guerre, temps cruel et sans scrupules. Il fallait survivre et donc se défendre, le plus violemment possible ! A quoi bon épargner puisque de toute façon le sang coulait déjà depuis de nombreuses années et qu’une unique grâce, une amnistie n’arrêterait pas la bataille qui avait lieu. Et puis chacun s’était tellement habitué à cet état de fait qu’il aurait sans doute été dangereux de stopper brusquement cette douce sécurité où chacun savait qui était son adversaire. Jamais on n’avait pu entendre parler d’amitié entre rebelle et brigadier. A moins que le guildien ne soit un traitre et ne travaille pour les rebelles, secrètement. Le reste du temps cela restait œil pour œil et dent pour dent. Bien sur la Brigade était souvent mieux armée, mais finalement leurs ennemis arrivaient à bien s’en sortir, entre la récupération des armes des morts ou blessés grave au combat, et le marché noir qu’ils arrivaient parfois à entretenir que ce soit directement avec un noscien ou en passant par la congrégation. Yan Merling avait su permettre la vie dans ces sous-sols peut accueillant et finalement ils ne manquaient que de peu de chose, que l’on pouvait résumer en un mot : liberté.

Liberté physique de se promener partout, et non pas uniquement dans les souterrains qui étaient les seuls sans caméras, ainsi que liberté morale. Non pas qu’il y ait des interdit chez les rebelles, au contraire, pourtant l’oppression de l’impératrice leur coutait tout de même, malgré qu’ils n’obéissent à aucune de ses règles. Elle parvenait cependant à leur rendre la vie difficile, même dans son Capitole, bien protégé entre ses quatre murs !
Et s’il y avait aussi des caméras dans les bunkers rebelles le contrôle était moins strict et n’avait pas pour but de brimer ceux qui habitaient en ces lieux. De même, par exemple, s’il était mal vu d’entretenir une relation sentimentale avec quelqu’un du même sexe que soit chez les congrégationnistes. Pas par interdit législatif, mais à cause d’une règle tacite que tous connaissaient : accepter tant que cela n’est pas visible et inconnu de tous. Quand aux guildiens, eux n’avaient que le choix de l’interdit, puisque cela pouvait entrainer une condamnation pénale allant très loin, et les caméras permettaient peu de cachettes pour la clandestinité. Alors le seul endroit tranquille pour réellement vivre ses sentiments restait la confrérie ! Plus libre, malgré leur enfermement dans les sous-sols… car les rares fois où ils s’aventuraient à Nosco demeurait une exception devant la dangerosité de la situation. Cela se résumait certainement à lancer un petit troupeau de quelques moutons à la toison blanche dans une meute de loups affamés depuis des mois. C’était totalement suicidaire ! (Bien que les rebelles le tentaient parfois, sous couvert d’avoir un plan bien préparé et un objectif nécessaire à réaliser).

Un simple regard, entre un demi-géant armé jusqu’aux dents, et une rebelle bien dans l’embarras. Juste assez pour comprendre que s’ils restaient aussi proche l’un de l’autre, il y en aurait bien un des deux qui finirait par mettre une balle à l’autre. Et vu que physiquement elle ne faisait pas le poids, mieux valait certainement fuir. Après tout elle avait pour avantage aussi la peur, celle qui donne parfois des ailes. On et bien sur… les mains moites et le souffle court, à cause du cœur qui bat plus vite. Lian n’était pas sure de pouvoir sortir une arme et de la tenir correctement. Certes elle savait qu’elle connaissait parfaitement tout ces mouvements et elle avait déjà tué, bien trop pour compter ou pour vouloir s’en souvenir, pourtant là c’était la panique qui l’emportait un peu. Au point de préférer décamper. La meilleure défense dit-on, c’est l’attaque. Cependant la fuite se révèle parfois salvatrice, surtout lorsque nos mains ne semblent plus répondre totalement, alors si l’on peut profiter de ses jambes. Mieux vaut le faire avant d’en être incapable, par une balle bien placée… dans l’articulation du genou par exemple. Surtout que le brigadier était bâtit comme une armoire à glace. Pourtant on ne pouvait pas distinguer la moindre pensée à travers les miroirs de son âme.


A Nosco, point de père Noël ! Et même aucun « Christmas » ! On oubliait aussi la Pâques et ses chocolats. Aucun nouvel oublié ne pensait plus jamais aux anniversaires. A moins bien sur de retrouver petit à petit ses souvenirs. Et dans ces conditions-là, seuls les souterrains pouvaient regorger de surprises et de « cadeaux ». Hum… joie enfantine de déballer un cadeau envoyé par un vieux bonhomme sympathique, malheureusement les donc qu’offrait Joshi en échange des prières et des offrandes dans sa chapelle étaient pourtant parfois étrange… après tout au détour d’un couloir on pouvait tomber sur une créature, un adversaire d’un camp adverse ou bien tout simplement sur un… cadavre. Heureusement que le prophète et sauveur de Nosco se rattrapait souvent en donnant des souvenirs à ceux des plus fous qui suivaient ses directives.
Pour Lian Grenfield, la surprise avait été de taille. D’abord elle s’était prit les pieds dans quelque chose oscillant entre le dur et le mou. Certainement pas un gros rocher, elle aurait eu bien plus mal. Elle avait heureusement eu le temps de mettre ses deux mains devant elle pour atténuer le choc de la chute. Si elle avait du tenir une arme, elle se serait sans doute fait bien plus mal. Cependant ses paumes restaient douloureuses, tout comme ses genoux qui lançaient maintenant des cris de colère, lui exprimant leur rancune d’avoir été confronté si durement au sol sale.

Elle avait eu le souffle coupé lors de l’accident qui l’avait fait basculer tête la première vers l’enfer terrestre. Elle prit quelques secondes pour comprendre ce qui lui était arrivé et de s’assurer qu’elle était encore entière et que tous ses muscles fonctionnaient malgré que certains se montrent légèrement douloureux. Elle aurait certainement de bleus et de petites écorchures à soigner. Et le temps de ce petit check-up, déjà arrivait la lumière pressante de la torche accroché à l’arme du guildien qu’elle fuyait si vaillamment. Un instant elle fut soulagée que le rayon soit pointé à côté d’elle plutôt que directement, au moins n’était elle pas la cible de ce qu’il cherchait ou décryptait, en tout cas elle n’était pas ce qui occupait à présent pleinement ses pensées puisqu’il se concentrait sur… Elle regretta immédiatement d’avoir lancé un regard. Maintenant elle sentait son estomac protester violement, tentant de renvoyer le dernier repas qu’elle avait prit. Elle s’éloigna rapidement à quatre pattes de l’être déchiqueté, Lian cherchait surtout à éviter le contact avec le pauvre homme qui semblait tant souffrir si l’on tenait compte de ses râles d’agonie, mais aussi de l’odeur de sa chair mise à nue. Elle semblait trembler maintenant, la panique doublée de la macabre découverte n’aidant pas. Ce n’était pas la première fois qu’elle « tombait » sur un tel cadavre, après tout il leur arrivait souvent de récolter des armes sur les pauvres malheureux ayant succombé à leurs blessures, pourtant la rencontre avait été plutôt violente cette fois-ci et la surprise de taille. Elle osa à peine essayer de voir de quelle couleur étaient ses vêtements, cependant elle vérifia que ce n’était pas un des siens. Elle fut vite rassurée par l’uniforme des guildiens. L’inconnu lui s’était penché sur ce qui devait être un de ses collègues de travail. Et puis il eut les grognements familiers…

Avant même qu’elle ne puisse totalement se relever à l’aide de ses mains douloureuses, l’inconnu s’était approché et après une phrase vive et sèche où pointait sa détermination il lui avait attrapé le poignet et avait commencé sa course effrénée. Aucunement besoin de précisions pour savoir qui étaient ces « mystérieux « ils » ». Et ils, Gregory et Lian, n’allaient pas les attendre. Mieux valait filer encore une fois. Lian n’avait pas la possibilité de discuter, d’abord car elle ne comptait pas épuiser ses dernières réserve d’oxygène à parler mais plutôt à pouvoir courir et ensuite parce que la poigne de l’exosquelette était impossible à enlever, tel des menottes ou un étau. Le brigadier avait une poigne ferme, au point de faire mal. Sans doute ne pouvait-il pas comprendre ou considérer la force qu’il mettait dans son geste et ses pensées continuaient d’aller vers celui qui agonisait et les créatures qui risquaient de les suivre s’ils n’étaient pas assez rapides. Ils tentaient de leur échapper, tout en laissant derrière eux celui qui souffrirait pour leur permettre de vivre.

Lian était déchirée par la volonté de porter secours au malheureux, ou tout du moins de l’achever pour supprimer ses souffrances, et l’étreinte sur son poignet qui ne lui laissait aucune chance de tourner les talons pour revenir sur ses pas. Au moins elle avait la chance que le brigadier prenne les choses en main, dirigeant le duo et arme au poing en cas d’attaque par derrière. Cependant de son point de vue, la pression sur la base de sa main ne s’atténuerait pas avant qu’on l’ait mit en cellule chez les brigadiers. Elle se voyait déjà perdue, capturée et enfermée. Alors dès qu’elle pu, elle plongea la main pour attraper son Shadowgun, après tout il pouvait tout aussi bien servir devant pour se libérer de l’inconnu ou bien derrière avec les créatures. Les deux coureurs de fonds ne parlaient pas, préférant économiser leur souffle plutôt que de le dilapider pour rien. Lian commençait vraiment à s’épuiser lorsque finalement le nettoyeur s’arrêta enfin, lui permettant de ne pas tomber de fatigue. Il haletait tout comme elle, mais ce fut lui qui récupéra le plus vite, et parla. D’ailleurs il lui avait même lâché la main, à sa grande surprise. Ses propos furent eux aussi accueillit avec réticences et circonspections. Lui proposait-il vraiment de partir ? Le prenait-il pour une idiote et croyait il qu’elle ne verrait pas qu’il tentait simplement de découvrir l’emplacement du Quartier Général rebelle en la suivant ? L’hameçon était trop gros pour que le poisson ne le voit pas… Et puis l’appât n’était pas si attrayant. Alors pour gagner du temps une nouvelle fois, Lian répondit par le seul mot qu’elle pouvait glisser avec le peu de souffle qu’elle avait récupéré.

Merci.

Il lui fallut quelques secondes pour pouvoir continuer.

Mais qui êtes vous ?

Non, de toute façon elle n’avait pas la force de partir une nouvelle-fois pour le moment. Alors même s’il semblait difficile d’arracher le moindre mot à cette armoire, elle préférait l’interroger que de faire quelques pas avant de s’écrouler. Et puis elle avait toujours son arme à la main, tout comme lui. Il la conservait et elle souhaitait par-dessus tout éviter qu’on lui tire une balle entre les deux omoplates. Alors s’il préférait l’achever autant que ce soit de face. De toute manière elle ne le conduirait jamais chez les rebelles.
Pourtant elle ignorait et aurait souhaité savoir qui était cet homme si froid, mais qui n’avait pas prit le temps pour son compagnon, préférant sauver une rebelle, dans l’espoir peut être d’obtenir une promotion en dévoilant enfin LE grand secret qui planait sur les sous-sols. La congrégation conservait la formule de préparation des ondes alpha, et les rebelles celle de leur point d’habitation principal ainsi que de l’accès de leur réseau Tango.

Pourquoi ?

Elle reprit une bouffée d’air pour continuer la phrase qui lui semblait pourtant bien trop longue et difficile à achever.

Pourquoi vous n’avez pas abrégé ses souffrances ? Vous auriez eu le temps !

Elle fut prise d’une quinte de toux qui l’empêcha de continuer un instant.

Il n’y avait plus rien à faire pour lui. Vous auriez dû faire quelque chose !

Sous doute était-ce la rancune qu’elle entretenait vis-à-vis des brigadiers qui la faisait parler ainsi, sinon elle n’aurait pas provoqué l’homme. Pourtant elle s’entêtait pour obtenir la vérité d’une réponse, comme si cela pouvait l’éclairer sur sa propre situation : Pourquoi l’avait on abandonné alors qu’elle n’était qu’une bleue et qu’elle était désarmée face à des créatures ? Comment avait on pu laisser une jeune femme affronter seule ce danger ? N’aurait on rien fait si les rebelles n’étaient pas arrivés pour la secourir ? Oui très certainement… La porte s’était refermée pour ne plus se rouvrir et on ne s’était plus préoccupée d’elle, c’était le règlement et la loi. Tant pis pour elle, elle avait été en retard. On n’avait même pas cherché à lutter avec ou contre les rebelles. Les laissant s’occuper des créatures et de la blessée… Sans avoir le courage d’ouvrir à nouveau la porte close hermétiquement.

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Re: Mission & Meeting

Message par Gregory Allander Crescent le Mar 9 Aoû - 8:02

Vous savez ce qui est très embêtant chez l’homme? C’est ce besoin quasi-impératif qu’il a de parler. Parler pour communiquer, parler pour comprendre, parler pour parler. Toujours et encore parler! On parlait pour savoir quel temps il faisait dehors, pour échanger quelques politesses, ou encore pis, pour témoigner des sentiments! Comment pouvait-on tout posséder avec des mots? Ils étaient souvent bien plus menteurs que criants de vérité, et pourtant, nous les écoutions. Allez-y, fermez vos yeux, petites brebis, et ouvrez grand les oreilles puisque la parole divine vous sera accordée sur un plateau d’argent! Toutefois, il était à noter qu’une seule et unique règle était à respecter : ne posez aucune question! Après tout, qui ne posait question ne pourrait obtenir mensonge, n’est-ce pas? C’était aberrant, voire presque pitoyable de voir à quel point l’humanité avait le désir d’une vérité qui pourrait les satisfaire, mais qui ne pourrait, sans nul doute, ne leur accorder rien d’autres. Pas de certitude, ni même de preuve. À bien y repenser : ce que ces mots étaient agaçants!
C’était exactement ce que se disait Gregory Allander Crescent à cet instant précis, à cette heure précise et à cette seconde précise. Intérieurement, il aurait espéré qu’elle ne rajoute absolument rien et qu’elle ne pose aucune question avant de mettre les voiles et de le laisser, en toute logique, regagner la surface… Mais non. Les gens normaux aimaient connaître les autres, connaître leur nom, leur âge, leur métier, le pourquoi du comment! Qu’ils étaient embarrassants! Pour le brigadier, il n’y avait pas d’autre explication possible. Pourquoi devoir tout savoir alors qu’il lui avait sauvée la mise. Elle aurait pu simplement ficher le camp et tout le monde en serait sorti gagnant! Soudainement, le Second de Ludovic Lorenzo eut un doute sur la portée de son geste : il aurait peut-être mieux valu la laisser là-bas avec le cadavre? Ah, à cette pensée, pourtant, il en chassa rapidement l’origine. Son boulot était de préserver tous Nosciens de ces créatures. Il avait agi par devoir et il n’y avait rien de plus à dire… Bien que cette petite damoiselle brune tentait d’apprendre plus qu’il n’y fallait.

Il tenait toujours son arme, moyen de défense essentiel lorsqu’on était aux prises dans les souterrains de la Cité. Tout comme elle, il se méfiait de sa «compagne». Elle était armée et elle savait comment s’en servir, c’était indéniable. Qu’est-ce qui lui certifiait qu’elle n’userait pas de cette dernière pour lui faire exploser la cervelle? À vrai dire, bien que Lian Grenfield ait la réputation d’avoir tué nombre de Guildiens, il doutait fort que son destin soit de terminer sur le sol froid et humide de cet endroit. Il se contentait d’être aux aguets. À Nosco, c’était une chanson qu’on entendait fréquemment. Il fallait être sur nos gardes, en toutes circonstances… Et surtout dans celles qui pourraient mal se terminer. C’était son cas. Tous deux, révolver en main, il suffirait d’un geste vif pour en finir. C’était lui, ou elle… Ou aucun des deux. Gregory n’espérait alors qu’une seule et unique chose : que son instinct ne se soit pas trompé sur ce coup. Il ferait ce qu’on lui avait toujours demandé : d’être prudent… Très prudent. Après tout, savait-on vraiment à qui nous avions affaire à Nosco? Tous commençaient au même point, celui de se refaire entièrement… Et qui dit refaire, dit aussi recréer, réinventer… Tout cela résonne franchement aux échos du mensonge… Une toile d’une veuve noire avide de prendre le contrôle d’identités reformées et confuses… Quoi de mieux pour rassembler le peuple que le méconnaissance de son environnement? Mais amplifions tout ça, puisque leur situation était bien plus catastrophique que la méconnaissance d’un lieu, il en allait de la méconnaissance de la seule chose qu’on eut toujours connu, malgré nous : soi-même.

Il restait stoïque. Quoi qu’il advienne, il restait sans la moindre émotion. Cela ne l’intéressait pas de s’étaler avec une rebelle… Pas plus qu’avec un Guildien, d’ailleurs! Ce n’était personnel, mais Gregory n’aimait pas être questionné…. Et encore moins pressé de répondre à quelque chose qui lui semblait sans importance. Les dernières minutes qui s’étaient écroulées avaient peut-être été flagrantes pour son interlocutrice, mais pour lui, ce n’était que devoir. Ce mot revenait souvent dans le vocabulaire bien peu utilisé du soldat, c’était ce qui comptait en tant qu’escouade de nettoyage, mais aussi en tant que principe. C’était ce qu’on lui avait appris de plus fondamental. Il ne tenait ni à la capturer, ni même à la descendre… Pas plus qu’à attendre quelconque remerciement. Face à l’essoufflement de la rebelle qui lui souffla ce «merci» tant bien que mal, il se contenta d’un léger hochement de tête qui signifiait, en terme Crescent : «Aucun problème, mais n’en faites pas une histoire». Elle n’avait pas à savoir sa motivation puisqu’elle était aussi simple que ce qu’il s’entêtait à se répéter : «il n’avait fait que son devoir de nettoyeur de n’avoir pas laissé deux cadavres sur place». Mais bien entendu, il faudrait bien plus que ça pour satisfaire la curiosité de cette jeune rebelle avide de vérité. Que les idéaux étaient délectables à regarder… Et si peu à entendre!

«Mais qui êtes-vous?» Demanda-t-elle après pu reprendre l’air qui lui manquait. Il se retint de peine et de misère à ne pas quitter les lieux sans plus attendre. Cela, ne la regardait pas. Il ne lui avait pas demandé le sien, après tout… Bien sûr, dans les circonstances, cela ne pouvait pas compter : tous connaissaient Lian Grenfield, la brunette défigurée des rebelles, extrémistes dans ses idéaux de surcroit. Une véritable perle rare pour ceux qui tenait à se libérer du pouvoir des Hauts Placés. Il n’avait eu qu’à la regarder un bref instant alors que la lumière de son arme avait été pointée sur elle pour découvrir l’identité de celle qui s’était retrouvée, par erreur, sur son chemin… Enfin, plutôt était-ce lui qui avait été mis sur sa route. Obstacle ou non? Il n’aurait su dire si cette rencontre fortuite avait été bénéfique l’un pour l’autre. En abaissant la tête et en tournant le dos à Lian, le paladin commençait lentement à regarder le chemin qu’il emprunterait bientôt pour quitter cette pièce. Il devrait remonter à la surface sans quoi ses hommes s’inquiéteraient et iraient chercher Lorenzo. Chose certaine, il n’avait pas du tout l’intention qu’on puisse s’ennuyer de lui.

«Cela importe peu, qui je suis» Répondit-il d’un ton neutre et bas, comme s’il craignait toujours que les créatures reviennent.

Et c’était peut-être un peu ça. Il savait qu’elles reviendraient sous peu. Peut-être pas dans une minute, mais bientôt. Le festin qu’il leur avait laissé était peut-être de choix, mais elles s’en lasseraient. En silence, Gregory regrettait la perte de son équipe. Il n’aurait rien pu faire pour lui. Le ramener l’aurait tué en route, et le tuer sur place aurait été trop bruyant… Pourtant il s’en voulait peut-être un peu de n’avoir pas été assez vigilent… Et il n’avait certes pas besoin qu’on vienne lui dire quoi faire alors qu’il avait commis une erreur et que lui-même s’en était rendu compte… Pourtant, les idéalistes de liberté, eux, croyait qu’il était bon d’en remettre une couche.
Il n’était pas certain d’avoir très bien entendu. Alors qu’il venait de faire trois pas vers le tunnel qu’il devrait emprunter, il l’entendit, elle, Lian Grenfield, lui poser une question dont elle aurait été mieux faite de taire les mots. Ce fut comme un éclair, vif, frappant, poignant. Gregory n’en croyait pas ses oreilles. Mais de quoi se mêlait-elle? Que croyait-elle, qu’elle allait sauver la situation par ses bonnes paroles pleines de volonté? L’histoire n’était pas aussi simple que de mourir ou laisser vivre. L’histoire était celle d’un homme qui était mort en devoir, comme tous les nettoyeurs finiraient sans doute un jour. Heureusement, une quinte de toux violente le fit interrompre sa marche, alors que sous le silence de mort qu’il laissait à son interlocutrice, se cachait une rage qui s’enflammait à petit feu.

Elle aurait mieux fait de se taire, pourtant. Elle poursuivit ses grands ébats de bonté… Et Mordoc s’était retourné vers elle avec une vitesse vertigineuse presque effrayante vue la démarche droite, fière et agressive qu’il possédait à cet instant. Il ne serrait ni les poings, ni la mâchoire, mais c’était bien plus par principe que par choix. C’était plus fort que lui, il ne démontrerait aucune émotion… Pas plus qu’à son habitude. Elle n’aurait pas le plaisir de piquer son orgueil aussi facilement, rebelle ou non. Il lui avait sauvé la vie puisque celle de son homme était condamnée, il n’y avait rien de plus à dire là-dessus. S’il ne l’avait pas descendu, c’était par principe de ne pas tirer sur un homme de sa propre élite, même pour abréger ses souffrances. Foutus principes, n’est-ce pas?

«De quel droit venez-vous me dire ce que j’aurais pu faire alors que l’un de mes hommes était condamné? Ne croyez-vous donc pas que j’aurais voulu faire quelque chose? Les avertir d’un coup de feu de nos présences nous aurait couté la tête. Alors je vous prierais, Madame, de ne pas me dire comment j’aurais pu me comporter dans cette situation.»

Il avait légèrement élevé le ton, cela démontrait un côté humain qu’il préférait abolir de sa personnalité. Il se maudit pour avoir parler ainsi. Puis, reprenant un calme de glace, il poursuivit :

«Vous êtes libre, vous pouvez retourner chez vous. Rebelle ou non, personne ne mérite le sort réservé à ceux qui rencontrent les Créatures»

Il rangea son arme avant de tourner les talons, comme si cela avait été logique de faire ainsi. Il n’y avait rien à rajouter. Il ne voulait pas alerter Lorenzo, et comme ce qu’il avait à faire sous le sol de Nosco était accompli, il ne lui restait plus qu’à aller annoncer la perte d’un soldat. Il s’arrêta un bref instant, avant de tourner la tête en direction de Lian, le regard fixé sur ses vagues contours endimanchés de noiceur.

«Soyez prudente, Grenfield»

Ce fut la ses derniers mots avant qu’il ne commence à se diriger vers sa propre porte de sortie. La main près de son oreillette, il hésitait encore à remettre la communication… Après tout, il aurait bien le temps d’entendre ses hommes une fois revenu à la lueur artificielle de Nosco... Toutefois, il devait avertir une seule personne qu'il avait perdu un homme. Sa main exosquelettique appuya sur son oreillette tout en s'éloignant. Sur un ton qui se voulait discret, il se mit alors à rechercher le contact avec le Commandor de la section nettoyage.

«Mordoc à Lorenzo, je répète, Mordoc à Lorenzo.»

Une demi-seconde plus tard une voix qui sortit de l'émetteur se fit entendre à travers le silence du labyrinthe qui s'était vidé de toute vie. Il hésita à poursuivre son rapport... Puis, sans explication, il coupa la communication. Il le lui dirait... Mais pas ainsi... De plus, la rebelle n'était peut-être pas très loin et aurait pu entendre tout ce qui aurait pu se dire entre les commandants de la section. Gregory Allander Crescent jeta un dernier regard derrière lui, méfiant. Puis, il poursuivit sa route... Dans quelques minutes, il pourrait enfin quitter les souterrains pour annoncer une bien morbide nouvelle à ses soldats... Ainsi qu'à son chef... Pourvu que la nouvelle ne lui fasse pas trop d'ombre, au vue de sa réputation, le second tenait à garder son dossier aussi vierge possible...
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Message par Lian Grenfield le Ven 19 Aoû - 2:11

Mystérieux et énervant étaient sans doute les deux adjectifs que l’on pouvait le mieux coller à Crescent. Certes il était agréable et moins aveuglé que ses condisciples qui ne quittaient plus les œillères placées par le pouvoir. Cependant il avait une certaine ressemblance avec un autre Allan, Cadmun celui-là. Ils semblaient tous les deux vouloir s’éloigner de ce monde si humain et si bas, comme s’ils aspiraient à plus. Sans doute avaient-ils une part d’idéaliste et c’est la raison pour laquelle ils ne pouvaient pas se résigner à éliminer purement et simplement les rebelles même s’ils ne semblaient pas vraiment comprendre leurs actions et leur façon de penser. Combien leur faisait-on payer pour chaque mot ? Ils en étaient si avares qu’on pouvait penser qu’ils les comptaient ! D’ailleurs l’inconnu préférait tourner les talons et partir plutôt que de répondre à une question ou de la détourner de quelques mots. Et puis il parlait toujours de cette voix basse et caverneuse ? Ou était ce le poids d’être enfermé dans les souterrains avec des créatures ? Plus il s’éloignait et plus elle avait envie de poser des questions même sachant qu’il n’y répondrait pas. Réfléchissait il au moins aux questions qu’on lui posait ? Faisait-il les réponses simplement dans ses pensées sans les exprimer à haute voix ? Préférait-il philosopher avec lui-même plutôt que de s’ouvrir au monde ?

Pourtant il n’était pas si insensible qu’il voulait le paraître. Puisqu’à peine quelques mots plus loin, il se retournait telle une machine de guerre prête à faire feu. Il semblait pourtant encore plus glacial, comme si une sombre aura de colère l’entourait. On voyait que malgré tout les paroles avaient fait mouche, peut être parce que Lian y avait mit tant de passion ? En tout cas le brigadier de nettoyage n’était pas aussi insensible qu’il voulait le paraître. D’ailleurs qui l’était ? Il était bien impossible de ne pas créer des liens profonds et sincères avec ceux qui risquaient leurs vies en même temps qu’eux et chaque jour. Personne n’oubliait une mort aussi facilement, et quoi qu’il en dise l’armoire a glace avait été touché, peut être même que son miroir intérieur s’était un peu plus fissuré, comme à chaque nouvelle perte. Et maintenant qu’elle y voyait un peu plus clair, elle remarqua qu’il portait l’uniforme de second, il était donc gradé ? Brigadier au poste de second ? Ses paroles confirmèrent les soupçons, puisqu’il parlait de « l’un de ses hommes ». Donc quelqu’un sous sa responsabilité.

Nosco avait cet avantage qu’il n’y avait aucun lien de famille, ou de très rares et souvent ignorés. Sauf pour des jumeaux ou des triplés qui traversaient l’enceinte en même temps. Le reste du temps, on ne pouvait que se faire des amis, ou encore des amours, et les liens qui se créaient étaient ceux de l’alliance pour les quelques fous qui désiraient se marier et passer leur vie ensemble pour l’éternité. Pourtant cela apportait un avantage dans cette guerre… Il n’y avait pas besoin de frapper à la porte d’une famille, couvre-chef en main et air de croque-mort sur le visage pour devoir annoncer le décès d’un fils, d’une fille, d’un frère ou d’une sœur, ni même d’un père ou d’une mère. Non, rien de tout cela à Nosco, seulement parfois le devoir de consoler une veuve ou un veuf. La mort était si rare en Nosco, pourtant elle fauchait trop régulièrement les brigadiers. Pourtant la douleur restait la même. Elle perçait dans le choix des mots et le ton de l’homme au service de l’impératrice. Pour cette fois, elle se contenta de reprendre son souffle et de se taire. Clignant des yeux sous le poids et la force des paroles qu’on lui projetait. Insinuait il qu’elle ne savait pas ce qu’elle faisait ? Qu’elle ne connaissait pas les sous-sols et leurs terribles dangers ?

Pourtant bien vite il se calma, et déclara d’un ton assez neutre qu’il la laissait partir. Vraiment ? Il était sérieux ? Etait-ce pour cela qu’il avait commencé à partir ? Il ne souhaitait donc pas la poursuivre ? Rien que le silence et le mystère de sa décision. Il lui souhaitait même d’être prudente ? Etait ce le monde à l’envers ? Que se passait-il ? Quelqu’un avait il inversé les règles de l’univers sans la prévenir ? Joshi venait il d’accomplir un miracle sous ses yeux ? Est-ce que finalement un jour il serait possible de réconcilier guildiens et rebelles et d’avoir la paix ? Elle hésita à le remercier une nouvelle fois et à lui souhaiter de même, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, tandis qu’elle tendait l’oreille pour savoir si un danger approchait. Ce fut finalement la conversation de l’inconnu à son supérieur qu’elle intercepta. Lorenzo. Ludovic Lorenzo ? Cet homme était donc le sous-chef de la brigade de nettoyage ? Il était donc destiné à anéantir le plus de créatures possibles et ce par tous les moyens possibles. Peut être était ce la raison de sa survie. Il se préoccupait des créatures, pas des rebelles.

Elle connaissait maintenant son surnom, celui qu’il venait de donner à voix haute dans son oreillette, et le nom de son supérieur. Rian McGregor lui trouverait facilement l’adresse mail de ce Mordoc. Ainsi satisfaite à moitié de ce qu’elle venait de vivre et d’apprendre, Lian suivit les conseil de son sauveur et fit marche vers le bunker rebelle, non sans bien des précautions et des vérifications pour s’assurer qu’elle ne portait aucun traceur et que personne ne la suivait même de loin. Elle finit par atteindre le Quartier Général des rebelles où l’on commençait à sérieusement s’inquiéter pour elle. Passé un habituelle dispute avec l’informaticien Rian, elle réussit à lui extorquer l’adresse du brigadier de nettoyage, et la promesse d’arrêter de l’ennuyer ainsi, la faisait oublier ses affaires et les mesures de précaution de base. Heureusement cette mission était tout de même une réussite. Pourtant il faudrait ressortir pour d’autres bunkers, mais sans doute irait elle accompagné d’au moins un membre de la confrérie pour plus de sécurité. Elle n’avait pas eu à se servir de son arme, pourtant ça n’était pas passé très loin.

Lorsqu’elle sortie le lendemain, elle repassa sur le lieu du massacre, Mordoc n’avait apparemment pas eu le temps d’en faire de même. Ramassant les armes qui leurs seraient utiles, elle rapporta la dépouille de celui qui s’était en quelque sorte sacrifié pour eux deux au sanctuaire. Elle lui devait bien cela.

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Lian Grenfield
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Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

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Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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