Alors on danse.

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Message par Gregory Allander Crescent le Dim 21 Aoû - 0:59

[Chers amis,

je vous présente ce qui accompagne mon post :

Cheers!]

Boire. Avaler. Soupirer. Puis recommencer. Il avait fermé les yeux quelques secondes, oubliant le monde qui l’entourait. La musique, les odeurs, les voix. Tout. Malheureusement, ce ne fut qu’éphémère. Ses paupières qui se faisaient lourdes une seconde auparavant se soulevèrent, dessinant devant lui la beauté superficielle dont les gens aiment tant se voiler. Devant lui, un verre vide. Le troisième… Et certainement pas le dernier. Observant la tristesse de son breuvage déserteur, il n’attendit pas plus longtemps avant de se retourner vers la serveuse : une femme, somptueuse vêtue d’or qui n’était là que pour attiser le regard des curieux avides d’oublier leur existence. Elle était celle qui les sauvait de leur réalité pour un soir, pour une heure. Elle incarnait tous les désirs qu’on puisse avoir, la vérité mensongère des besoins insatiables d’un homme assoiffé de la faiblesse de sa propre chair. Un seul regard suffit avant qu’elle ne s’approche de lui avec l’objet de sa convoitise : un whisky. Dans cette robe ambrée, la liqueur venait d’éclipser la belle enchanteresse. Il n’y avait à présent que lui, et elle, cette maîtresse qui nous enivrait jusqu’à nous engourdir les sens, l’esprit et même nos défenses. Elle était simplement la seule et unique chose dont il avait besoin en ce moment.

Combien de gens à Nosco peuvent se compter, au minimum, une seule dépendance? Bien plus qu’il ne faut le croire. Pourtant, cette dernière peut se porter à différent niveau, et surtout revêtir différentes formes selon sa victime. Il y a ceux qui ne dépendent que des yeux de l’autre, amoureux transis et légèrement aveuglés par les sentiments… Et puis ceux qui préfèrent dépendre d’eux-mêmes, trop préoccupés par leur égo pour se soucier du monde qui les entoure puisqu’eux seul composent leur univers. Ensuite, il y a ceux qui dépendent d’une forme matérielle. Ils peuvent être objet concret ou non… Mais la pire dépendance qui soi est celle des sens. Les sens qui peuvent être brouillés pour être ce qu’on désire réellement… Ou toucher un ciel plus bleu, consolant nos ennuis et nos sombres pensées! Cette dépendance nous gruge jusqu’à l’os, ne laissant derrière elle que les haillons d’un personnage. Malheureusement, beaucoup trop se laissent attraper par le plaisir artificiel des sens puisqu’il est bien plus simple à atteindre que nul autre. Pourquoi vivre en toute complication lorsque la solution peut se trouver en un simple comprimer ou encore… dans les atours plantureux d’une bouteille de verre. Le génie de la Lampe d’Aladdin n’existait peut-être pas, mais pour réaliser ses plus folles envies, il vaut mieux s’illusionner… Adieu les trois souhaits, les illusions se multipliaient par centaine… Et la solitude avec elles.

Pour quelques heures, se disait-il, juste quelques heures, il voulait oublier ses devoirs et son existence. Toute cette pression, tous ces souvenirs oubliés, tout cet univers. Il buvait pour se rappeler de choses qu’il avait perdues. Il voulait se perdre pour mieux se retrouver… Il voulait s’oublier pour quelques instants. Il savait que cela ne durerait pas, mais, à un moment ou à un autre, il faut apprendre à lâcher prise. Rare était le temps où il s’adonnait à la simple plaisance de plonger ses soucis dans un verre, mais ce soir-là, c’était par nécessité plutôt que par bon plaisir. La différence entre les dépendants et les hédonistes? Les dépendants font de leur obsession un besoin irrationnel. Comme l’homme à besoin de l’oxygène, ou comme les plantes ont besoin de lumière. Cette équation fatale était bien souvent un épouvantable châtiment que tous pouvaient discerner à l’exception du principal sujet : le dépendant. Ce qui se passait dans la tête déjà allégée de Gregory Allander Crescent à cet instant était très… Agréable. Du moins, assez agréable pour qu’il se sente détendu. Chose certaine, il n’était pas dans son état normal. Pourtant, il lui en faudrait un peu plus pour perdre contact avec ce qu’il tentait vainement d’oublier. Oublier l’oubli, était-ce possible?

Le bruit qu’il avait effacé de l’instant réapparu soudainement en un éclat. La musique forte et rythmée frappait la pièce avec vigueur, laissant derrière elle une horde de danseurs qui se trémoussaient sur la piste de danse. Lui, il était assis au bar. Il ne tenait pas nécessairement à avoir le plaisir libérateur de la fête. Il tenait simplement à être tranquille. Sans doute que choisir ce lieu avait été ironique, mais Mordoc savait que le meilleur moyen de mal connaître les gens, c’était bien dans cet endroit. Tous portaient un masque, une parure sans équivoque qui les faisait briller de mille feux. Là-bas, la belle tentait de séduire, ici, le caïd savait qu’il pourrait y trouver son compte. Partout en ce lieu, une étrange aura électrique l’éprenait, mais il n’en faisait pas parti. Il avait choisi de ne pas séduire, de ne pas parler. Il était facile de feindre ne pas avoir entendu quelque chose avec tout ce qui l’entourait, et il comptait bien user de cet avantage en sa faveur.

Il y avait quelques jours à peine qu’il avait reçu les quelques mots d’un certain «Ciel», mais il n’arrivait pas à l’oublier. Cette journée avec signé quelque chose d’important dans son existence, et même après un petit siècle passé ici-bas, il ne pouvait mettre le doigt dessus. Cela le tracassait bien plus qu’il ne voulait se l’admettre. Pourquoi avoir pris le temps de le retracer? Les humains sont d’un naturel bon - du moins, c’est ce qu’ils s’entêtent à nous faire croire-, peut-être était-ce simplement une façon de démontrer une certaine gratitude? Mais quoi qu’il en soit, il était trop étranger aux relations humaines pour pouvoir les comprendre à leur juste valeur. Contrairement à la plupart des Nosciens qui aimaient reconstruire une idée d’une civilisation relationnelle, Gregory avait en horreur les faux-semblants. Toutefois, qui aimait être seul… à part lui… Et était-ce vraiment ce qu’il appréciait? Selon lui, et ce qu’il avait découvert à son sujet, oui, c’était une évidence, lui seul aimait la solitude et la distance qu’elle lui procurait… Cette sensation de ne dépendre que d’une chose… De lui-même… Tiens, après l’alcool, c’était lui-même. À bien compter, nous sommes déjà rendus à deux ! Et ce n’était qu’un petit début…

Boire. Avalez. Soupirer. Quatrième verre terminé. Le Second de Lorenzo se leva, toujours aussi stable qu’il l’avait toujours été. Peu importe la quantité qu’il se permettait ce soir, il n’allait pas perdre son légendaire contrôle. Il jeta un regard aux occupants de la pièce, tous déjà absorbés par leur oh combien intéressantes fonctions. Celle-là faisait les yeux doux tandis que lui, furtivement avait déjà reluqué une autre. Celui-là avait trop bu, tentant de s’agripper aux danseurs qui el repoussaient par simple habitude. Que les hommes étaient simplistes, parfois. Enterrant ses songes, il se mit à se frayer un chemin à travers cet océan d’artifices. Il frôla la chevelure d’ébène de l’une, évitant son regard, comme s’il lui était totalement égal… Et ça lui était. Il se moquait bien de ce qu’on pourrait dire de lui, en ces lieux puisque, à vrai dire, il avait attiré bien plus d’un œil sur lui. Son exosquelette à découvert, on avait discrètement posé les yeux sur ce dernier avant d’étudier son porteur. Froid, seul… Tout le monde connaissait ce visage qui pouvait inspirer ou haine, ou respect…. Gregory Allander Crescent était reconnaissable, et il le savait… Et comme tous les atours de ce lieu de plaisance, il s’en moquait plus que quiconque.

Il s’arrêta une seconde pour contempler la serveuse une dernière fois, cette dernière lui envoyant un léger sourire qui s’éternisait à d’autres personnages. Il sentit un éclat si violent qu’il détourna le regard aussitôt de cette dernière, comme si on venait de briser le bref instant qu’il avait passé à observer sa propre observatrice…. Mais ce n’était pas un sentiment, loin de là! Juste devant lui, on venait de tomber à plat ventre sur le sol, et ce, en plein milieu du plancher de danse. Ah, quelle joie. Il resta un moment surpris de constater que la scène était déjà conclue avant même qu’il n’est eu le temps d’aider cette pauvre créature… Elle était déjà debout, à le toiser, mais, comme un malheur n’arrive pas seul, au moment-même où elle se retourna, la créature, elle lui balança ce qui restait de son verre sur tout son chandail… Créant ainsi une désagréable sensation chez la victime de l’incident. En silence, Gregory pestait… C’était peut-être un accident, mais un accident très désagréable.

Prestement, il tourna les talons en se dirigeant vers la salle de bain, un peu dégoûter de l’odeur qui se dégageait de lui à présent, jusqu’au moment où on vint encore une fois s’interposer avec sa destination… Il jeta un regard noir au nouvel arrivant… Mais que pouvait-il arriver de pire, encore!?
Gregory Allander Crescent
Gregory Allander Crescent
~ Second de Commandor ~
Section nettoyage


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de commandor, section nettoyage
Âge réel : Un si petit siècle.
Âge d'apparence : La trentaine.

Compétences
Mémoire:
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Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Message par Hologramme le Sam 17 Sep - 23:59

Vous me copierez deux cents fois le verbe :
Je n'écoute pas. Je bats la campagne.
Je bats la campagne, tu bats la campagne,
Il bat la campagne à coups de bâton.
La campagne ? Pourquoi la battre ?
Elle ne m'a jamais rien fait.
C'est ma seule amie, la campagne.
Je baye aux corneilles, je cours la campagne.
Il ne faut jamais battre la campagne :
On pourrait casser un nid et ses oeufs.
On pourrait briser un iris, une herbe,
On pourrait fêler le cristal de l'eau.
Je n'écouterai pas la leçon.
Je ne battrai pas la campagne.

Claude Roy


It's the end of the world... and I feeeel fine!
(hj: désolé pour l'intro qui est longue, la chanson commence à 0:45 et est suivie du making-of)



Les cheveux aussi blonds que les blés, mais deux grosses valises sous les yeux. Pourtant il ne partait pas en voyage, et cela faisait longtemps qu’il ne s’évadait plus dans des rêves, alors il était bien sur passé à des substances plus ou moins illégales pour planer un peu encore et continuer son boulot, sa vie monotone et sans avenir. Il venait de se passer la main dans les cheveux, mettant en arrière cette mèche qui commençait à s’allonger pour couvrir son regard, qui se faisait de plus en plus fuyant envers tout le monde. Sauf son ordinateur, précieux bien qui lui permettait de communiquer, avec le monde et plus encore. De transmettre son « savoir », de ne pas rester le seul témoin de tout ce carnage… Transmettre pour faire éclater la vérité. Seulement il doutait de pouvoir mener à bien sa mission. Il se savait surveillé, espionné et mise sous un contrôle permanent. Il se sentait étouffer et mourir à petit feu… Il ressentait la peur en permanence, sachant qu’il ne pouvait pas fuir le danger et la menace. L’enfer c’est les autres, surtout ses voisins. Ceux que l’on est obligé de côtoyer sans les apprécier. Devoir jouer les hypocrites et un rôle chaque jour… Voilà à quoi était condamné Jimmy…

Il y avait une boisson dont la robe changeait, au gré des lumières qui frappaient le verre, posé sur la table… simplement devant lui, ou plutôt à côté de son ordinateur qu’il avait emporté pour l’occasion. Laquelle ? Certainement celle de se montrer un peu plus sociable, puisqu’il ne fixait que son écran tout en frappant doucement le clavier de ses dix doigts. Il n’était pas informaticien, loin de là, ce n’était pas non plus un pirate, ou un hacker. C’était un homme normal, guildien parmi la masse. S’il s’en sortait honorablement en informatique ce n’était pas non plus exceptionnel. Il avait certes un gout prononcé pour les énigmes et les codes, un autre pour la poudre blanche… Rien que de très ordinaire, n’est ce pas ? S’il avait pu se tirer une cigarette roulée par ses soins, il en aurait certainement profité, malheureusement il était à l’intérieur d’une discothèque… Déjà le bruit était insupportable, quand à l’ambiance entre fumées, odeurs corporelles, lumières d’arc-en-ciel et personnes sautillantes… Mieux valait ne pas tenter, surtout qu’il se ferait repérer. Hors il était venu ici pour être tranquille, pour échapper au regard des caméras sans avoir à se réfugier une nouvelle fois dans sa chambre. Il n’avait plus confiance dans son appartement. Il savait qu’on savait pour lui. Il était certain qu’il y avait bien plus de caméras et de micros qu’à son arrivée. Après son arrestation, ils avaient dû changer quelques détails et ajouter du matériel. Il n’aimait pas… ne pas savoir tout en sachant…

Mais que pouvait-il arriver de pire, encore à Gregory Crescent ?! Très certainement les quelques secondes qui suivirent. Un homme petit et trapu, à l’allure bourrue et aucun sourire sur le visage qui venait d’arrêter le brigadier de nettoyage dans son élan. Juste de quoi lui lancer un regard aussi courroucé que celui de Greg était noir. L’impoli ne s’était pas excusé, s’était contenté d’un revers de main pour repousser l’homme mouillé d’alcool loin de lui. Il avait une mission bien plus importante et glissait déjà sa dextre dans sa poche intérieur pour en retirer un badge qui annonçait la couleur : « brigade de proximité ». Il n’était pas commandor, et pourtant il venait de repousser un second avec un regard de mépris en crachant.

Bougez de là, on a du boulot, nous.

Un sous-entendu malheureux, sans doute à cause de son caractère rude, de son manque de grade et de sa jalousie envers ceux qui avaient pu monter plus haut que lui plus vite. Et puis Crescent n’était qu’un « lèche botte à la solde de Lorenzo », alors à quoi bon le reconnaître ? Et puis pour une fois, la première, il avait sa propre équipe, pour une mission à effectuer ! Autant bien l’effectuer, en profiter pour jouer les gros bras et affirmer sa suprématie. Il était peut être petit, mais s’il y avait bien une chose qu’il ne supportait pas c’était qu’on lui marche sur les pieds !
Le suspect était encerclé, on voyait déjà la terreur briller dans ses yeux tandis qu’il comprenait ce qui lui arrivait et ce qui adviendrait. Le s*l*ud avait des contacts avec les rebelles, il allait donc passer une nouvelle fois à la casserole, et plus violemment cette fois-ci. Ils avaient des preuves, et les contacts avec les traitres étaient nombreux, il y aurait forcement une condamnation. On l’avait bien prévenu la dernière fois… Le sourire de la demi-portion s’élargissait tandis qu’il contemplait sa traque prise au piège. On avait formé un petit cercle autour d’eux pour mieux observer l’arrestation. Il y avait des armes de sorties, c’était impressionnant. Certainement l’évènement de la soirée… Toutes les pipelettes s’approchaient pour pouvoir commenter et avoir l’assurance de pouvoir dire le lendemain qu’elles étaient aux premières loges à tout observer.

Le blondinet tremblait, il s’était levé comme pour tenter de s’échapper, mais il tremblait trop, il était pâle comme la mort. Ses joues avaient perdues toutes leur teinte, il était blanc comme un linge. Il avait refermé l’ordinateur d’un coup sec, ne cherchant même pas à effacer les preuves, c’était trop tard déjà… Alors que faire… Il tentait de bredouiller des excuses, des paroles qui n’avaient pas de sens pour échapper à ceux qui le cernaient. Et puis soudain, il avait plongé la main dans sa propre poche intérieure. La musique venait de se stopper, tout le monde savait maintenant qu’il se passait quelque chose. Le chef de l’opération venait de faire un nouveau pas en avant en clamant.

Les mains en l’air et visibles ! On a des preuves, sale traitre collaborateur avec la rébellion. Tu vas douiller, fais moi confiance…

A l’autre de répondre, hurlant à plein poumon, comme pour couvrir une musique qui n’était plus dans l’air.

Jamais ! Jamais ! Je préfère… Je préfère mourir ! A bas l’impératrice ! A mort ces préceptes et ces mensonges ! Un jour vous payerez tous ! Vous ignorez la vérité, à propos de tout, à propos des…

Et puis tout d’un coup plus rien. Enfin si, au contraire. Un bruit immense, fracassant et destructeur de tympans, un boum furieux et mortel. Une bombe qui explose. Une grenade qu’il venait de dégoupiller avant de crier violemment ces mots. Il n’avait même pas fini son pseudo discours. Le voilà en morceaux. Il y avait du sang partout, il y avait cette odeur entêtante… Celle de la chair brûlée… Il y avait à présent une musique bien différente, celle des cris, des glissades de ceux qui se précipitent vers la sortie, écrasant les malheureux qui seraient tombés. Tant pis si un talon cassait, mieux valait fuir… Il y avait bien trois cadavres là-bas. Celui du complice des rebelles, de son interpellateur et d’un autre brigadier de proximité. D’autres étaient blessés et confus. Il y aurait forcement d’autres blessés à cause de la débandade. Les gens ne pensaient plus aux autres, seulement à leur propre survie. Il fallait dire que les hurlements stridents ne devaient pas aider à garder son calme, ni même les râles de ceux qui succombaient. Les dégâts avaient été violent, concentré sur une petite surface mais étalant le liquide vital de celui qui avait tenu la grenade sur une bonne portion de mur. Voilà la discothèque re-décorée pour l’évènement…

Et Gregory dans tout ça ? Il n’avait certainement pas eu le temps d’accéder au lieu d’aisance pour aller se nettoyer. Et puis à quoi bon maintenant que la folie avait prit possession de la salle. Viendrait-il en aide à quelqu’un ou ignorerait-il ses voisins ? Lui qui était si peu bavard, agirait il ? 3… 2… 1…
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Message par Gregory Allander Crescent le Dim 18 Sep - 22:09

[Écart de la réalité]
[Slow motion]

Un ralenti.
Le temps d’admirer un personnage nous froisser.

Une haine marquée.
Un regard échangé, hargneux. Nous nous connaissons, n’est-ce pas?

De paroles perdues dans l’air ambiant.
De quoi se mêle-t-il, celui-là? Un idiot. Voilà ce qu’il est.

Une indifférence sourde.
Eh puis, à quoi bon. Les imbéciles ne méritent pas qu’on perde du temps avec eux.

Puis…

De la peur.
Que se passe-t-il?

On encercle un homme.
Qui est-il? Que fait-il?

Une réaction insensée.
L’instinct est autant valable à l’homme qu’à l’animal : il faut se défendre.

Une bombe.
Vous avez peur, hein? Vous vous trouvez soudainement dans une situation d’infériorité totale.

De la stupeur.
Vous ne savez comment réagir… À la moindre attaque *HOP*, ça explosera. C’est garanti.

Une menace.
Il faut se montrer plus fort… Mais cela en vaut-il la peine?

Un discours volant en éclat.
Vous comprenez ce qu’il fait là. Il n’est pas l’un des nôtres. C’est un traître, un adversaire…

Une explosion.
Vous en étiez conscient… C’était ce qui devait indéniablement arrivé.

Du sang.
Vous en êtes recouverts, à votre grand effroi.

De la chair.
Par Joshi, vous perdez la tête.

Des cris.
Vous réalisez enfin ce qui vient de se passer.

De la terreur.
Vous regardez autour de vous. Vous n’avez plus confiance en personne.

Une course effrénée.
Vos nerfs ne tiennent plus. Fuyez.


Le chaos.
Vous n’entendez plus rien. Votre survie est votre seul espoir.

Leurs yeux se sont éteints dans la dernière Nuit ;
Ils ont voulu la vie, ils ont cherché le Rêve
Pour leurs coeurs blasphémants d'où l'espoir toujours fuit.
Ils n'ont jamais trouvé la vraie et bonne sève.

En vain ont-ils tué l'âme dans la débauche,
Il reste encore, effroi ! les tourments du Remords.
L'Ange blême se dresse et se place à leur gauche,
Leur déchire le coeur râlant jusqu'à la Mort.


Émile NELLIGAN


Et ne reste que derrière vous que l’agonie d’une scène mourante, décapité par des visages horrifiés de trahison, de dégoût et de crainte.
Là était la succession inarrêtable d’évènements désemparés. Cette soirée qui avait débuté d’une manière si anodine était désormais le théâtre d’une tragédie humaine qui n’avait rien de plus que ce qu’on lui connaissait : une envie dévastatrice. Attaquer pour mieux soumettre… Non : craindre pour mieux assujettir. Voilà ce qui produisait devant les yeux incrédules d’une centaine de spectateurs, effrayés par ce qui adviendrait. L’homme craint la mort comme d’autre la désire. On la voue à nos idéaux, comme d’autres la garde jalousement pour un temps si éloigné… Mais parfois, il arrivait que la faucheuse passe avant votre heure, désarmant votre pitoyable existence en la réduisant à poussière.

[La terre à la lune…]
[Yuston. La communication est rétablie]
[Atterrissage forcé]
[Bon retour à terre, mon capitaine]

L’astronaute revint à lui.
C’était comme irréel. Une séquence tirée directement d’un film d’action. Malgré l’alarme générale, il était resté là, à observer l’assemblage de plans, seconde par seconde, jusqu’à oublier qu’il faisait partie de cette scène. Certes, il avait obtenu un rôle secondaire, mais cela lui convenait parfaitement vu la suite des évènements. 3…2…1. La bombe avait explosé, laissant derrière elle un parfum nauséabond de chair cramée… Les murs, le sol, les êtres… Tout était devenu peint de cette couleur cramoisie à vous faire vomir… Lui-même avait renfrogné une expression de dégoût lorsqu’un bout de corps –il ne savait pas lequel et ne voulait surtout pas avoir plus ample explication – il avait littéralement été jeté à la figure. D’un geste rapide, empreint d’une raideur aigre, il avait essuyé ce dernier en s’arrachant à l’envie de déglutir. Par quelle chance il n’avait pas été blessé plus que ça? Il l’avait déjà souligné : ce n’était que pure chance.
Quelques instants d’inattention avaient suffit pour que la folie se soit jetée sur l’auditoire du funeste spectacle qui venait de se passer. Tous se bousculaient, tentant de passer vers la sortie. Des cris, des pleurs, de l’énervement, de la rage, des rires nerveux… C’était là une jolie basse-cour. L’homme était bien plus près de l’animal qu’il ne voulait le croire… Pourtant, en admirant la scène, on aurait bien vite compris qu’il y avait des fondements solides à cette affirmation. Une image vaut mille mots… Et qu’en était-il de plusieurs centaines, toutes aussi pitoyables les unes que les autres?

Gregory faisait le décompte. Il fit un tour sur lui-même. Deux morts (un brigadier – ou devrait-=il dire un idiot!- et le rebelle); plusieurs blessés (il y comptait déjà un brigadier agonisant sur le sol). Les gens se moquaient bien de pouvoir blesser quiconque sur leur passage. Leur vie était plus importante pour eux que nulle autre… Ce qu’il ne comprenait pourtant pas, c’était qu’en tant que société, c’est-à-dire qu’ils étaient tous citoyens, ils avaient le devoir d’aider leur prochain pour secourir un maximum de Nosciens… Soit, l’inverse se produisait. Chaucn pour soi, telle était la loi frigide et cruelle de la nature. Telle était la nature humaine. Détestable nature humaine. Sa taille lui permettait de faire volte-face à beaucoup trop de gens pour qu’il se soucie de sa sécurité… Pourtant, son devoir, en tant que brigadier devait être mis à l’œuvre. Son pistolet, toujours agrippé à sa ceinture, il l’empoigna férocement avant de déposer son doigt sur la gâchette. Il allait lancer un projectile dans le plafond… Mais il y repensa à deux fois avant d’abaisser son arme et viser le sol.

Le bruit de la balle sur le carrelage fut effroyable.
Tous avaient stoppé leur course folle, interpelés par frayeur à ce qui venait de passer.
Les yeux rivés sur Crescent, le second commandor de la section nettoyage avait pris la tête des opérations, à présent.

« Je vous prierais de rester calme et de vous mettre en rang devant la porte» - Dit-il d’une voix forte et autoritaire qui donnèrent un second effroi à l’audience.

Le Doorman alors reprit son poste et son utilité. Lui qui avait été tyrannisé par la fuite trop rapide de la foule, il n’avait pas pu réagir autrement que de les laisser passer. Il eut un léger soupir de soulagement lorsqu’il reconnut l’homme armé en tant que brigadier… et non en tant que rebelle.
Ils ne bougèrent pas. Tous sous l’emprise d’une peur incontrôlable…. Jusqu’à ce que l’un des 7 brigadiers debout restant intervienne.

«Allez-y. Faites ce qu’on vous demande. »

Un triste sourire suivit d’un regard reconnaissant, Gregory Allander Crescent reprit le contrôle. Tirant les ficelles comme il l’aurait fait s’il s’agissait de sa propre opération.
Chacune des personnes présentes s’exécutèrent. Les blessés, restés dans leur coin, avaient quant à eux, un motif valable pour être dispensés de cette fouille pour l’instant.

«Vous trois, faites une fouille à chaque personne qui oserait passer cette porte.» Dit-il à trois des sept brigadiers tout en marchant devant les rangs avec un air militaire. Il se permit d’ajouter, question de donner plus amples explications aux sujets de sa propre initiative : « Chacun d’entre vous doit se soumettre à une telle évaluation. Considérant la situation, je vous demanderais d’être indulgents puisque ces mesures sont prises selon votre propre sécurité. »

Il se retourna ensuite vers celui qui avait soutenu ses actes :

«Toi, fais appel à un médecin, nous en aurons besoin pour le restant de la nuit.»

Acquiesçant d’un signe de tête, il s’exécuta en sortant de la pièce, passant devant la grande ligne qui s’estompait petit à petit au fur et à mesure que les obligés soient déculpabilisés de tout crime.

« Vous deux, prenez soin des blessés. Tentez de leur porter secours tant que vous le pouvez et puis toi… » Dit-il en se tournant vers le dernier soldat : « Rapporte la nouvelle de la mort de votre chef et de l’évènement à tes supérieurs. Plus vite le sauront-ils, plus vite aurons-nous les ressources nécessaires.»

Ils s’exécutèrent tous à la tâche sans broncher. Peut-être parce qu’il portait un pistolet? Mais le fait que Gregory Allander crescent avait cultivé une réputation de soldat compétent et d’une parole plus que rarissime, le voir en action était on ne peut plus impressionnant. Il n’était pas nerveux, cela se voyait sans ses gestes précis, son allure stoïque. Il avait décidé de passer devant les rangs regardant un à un ses cobayes. Aucun n’avait sans doute des intentions aussi marginales que de se faire sauter en plein milieu d’une discothèque, mais il valait mieux être prudent dans ce cas-ci.


Un homme l’interpela, férocement d’ailleurs : «Qui êtes-vous pour qu’on vous obéisse plus qu’à un autre, hein? Vous êtes habillés en civil, tout comme nous tous! »
Le seul conseil que put avoir le second de Lorenzo fut une moue dédaigneuse. Il répondit alors, du tac au tac : « Le jour où vous aurez passé près de cent année au service de l’impératrice, nous en reparlerons, d’ici-là, reprenez votre place dans les rangs et ne me forcez surtout pas à faire ce qui me serait très désobligeant à faire… » Il se retourna vers tout son auditoire : « Et cela vaut pour vous tous. Plus vite vous coopérerez, plus vite vous sortirez d’ici sains et saufs. Cela ne dépend que de vous.»

La discussion était close.
Le monde diégétique commençait à se rendre compte de l’ampleur de la situation… Il n’était pas trop tôt.

Le Brigadier avait alors repris sa place auprès de la scène du crime. Il jeta un regard discret au bar où une demoiselle à la chevelure blonde s’était cachée lors de l’explosion, évitant de se faire couvrir de sang et de verre. Elle avait vu juste. Elle aida l’une des barmaids à se remettre debout. Blessée à la tête, elle appliquait avec douceur une débarbouillette humide.
« Ça ira, ma belle, on a appelé le médecin, d’accord ?» . Son ton désespéré était audible. Malgré tous ses efforts, tous le savaient : elle avait eu une peur bleue. Elle tenait à peine debout. Lorsqu’elle croisa le regard de Crescent, elle ne put pourtant s’empêcher de le remercier du bout des lèvres. Un «merci» sans plus ni moins, mais qui le satisfaisait.

La salle se vida. Bientôt, il ne resta plus que les blessés et les quelques brigadiers qui attendaient avec espoir la venue du médecin. Supervisé par Crescent qui allait de gauche à droite, apportant son aide du mieux qu’il le pouvait….

Et tout pieux sujet attendant d’être miraculé… Voilà que ce miracle avait forme humaine et passa la porte de la discothèque sous l’exclamation enthousiaste du soldat :

«Je n’ai jamais été aussi content de vous voir, Docteur» Fit-il sur son ton neutre habituel… Quoique peut-être teinté d’un peu de sincérité?
Il arriva à sa rencontre avec une poignée de main forte et amicale... Ma foi, ce devait être vrai!

Kim Van Berghen lui rendit sa salutation. Les mots étaient peut-être de trop, tous deux le savaient si bien qu’ils se contentèrent du minimum.
Gregory relata alors les faits. Observant la scène, stoïque, malgré la désolation qui teintait sa voix si souvent imperturbable.
« Une grenade a explosé ; les rebelles. Les restes du Kamikaze sont sur le mur, ainsi que le chef des opérations de la guilde. Nous comptons un brigadier grièvement blessé, quatre personnes – trois hommes, une femme -, qui ont été atteints par l’explosion. Brûlures sommaires, mais brûlure quand même. Six autres blessés se rapportent au lot, tous des civils qui ont été victime de l’émeute d’après explosion… Et ne reste plus que la serveuse là-bas, atteinte par du verre au bar, l’une de ses collègues s’est occupée d’elle entre temps. J’espère avoir tout dit. Maintenant, veuillez m’excuser, j’ai cru remarqué un des brigadiers de la proximité revenir.»

Il était, en effet, revenu. Titouan Ronelle à ses côtés. Ancien collègue dans la section de nettoyage, Gregory le reconnaissait entre mille. Sa discrétion ne pouvait lui mentir, pas plus que son apparence lugubre.
Il marqua une pause, regarder le médecin directement dans les yeux, abaissant humblement la tête.
«Merci encore de vous être déplacé aussi rapidement, Kim.»
Ce n’était qu’une question de devoir, il en était conscient, mais restait-il que bien faire son boulot méritait remerciements.
Il quitta Kim en appuyant sa main métallique sur son épaule. Geste fraternel et inhabituel humain… quel étrange personnage pouvait bien être Crescent.

Il laissa le scientifique s’affairé à ses nouveaux patients alors que lui marchait en direction de Ronelle :

« Mon ami, c’est en de bien tristes circonstances que nous devons nous revoir»

Ce qui suivit fut un éloge funeste de ce qui venait de se produire. Le chargé de la proximité n’en croyait pas plus ses oreilles que ses yeux. Carnage. C’était le mot qui lui revenait sans cesse en tête. Comment ses hommes avaient-ils pu être aussi négligents? Mais l’erreur était humaine. Ils avaient été humains… Trop humains.

L’heure avançait. On nettoya l’endroit de fond en comble, hospitalisa les blessés à la Sapienta (où l’on apprit la mort du second brigadier face à ses blessures trop graves). Ronelle et Crescent avaient discuté pendant un nombre incalculable d’heures, mais la fatigue les gagna, autant l’un que l’autre. Les employés du bar, quant à eux, vécurent ce même effet. La soirée avait été mouvementée pour tous. Après une dernière vérification de l’endroit, on en conclue une chose : ils pouvaient tous prendre congé. Doucement, Crescent passa sa main dans sa chevelure et s’assied au bar, pour une dernière fois. La blonde serveuse face à lui, une mine triste à son visage, avait les avant-bras couchés sur le comptoir.

Je te sers un dernier verre?»

Il acquiesça sans un mot. Cela lui suffit.
Et jusqu’au matin, les deux personnages restèrent dans l’endroit désert à n’écouter que le silence. Ils finirent par quitter les lieux, sachant déjà que le scandale de ce soir-là avait parcouru Nosco en entier…

Comment cela avait-il pu se produire? Quelle était la prochaine tragédie qui terroriserait Nosco?
Seul le temps pourrait le dire… Et malheureusement, le temps était ce qu’ils redoutaient tous…
Gregory Allander Crescent
Gregory Allander Crescent
~ Second de Commandor ~
Section nettoyage


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de commandor, section nettoyage
Âge réel : Un si petit siècle.
Âge d'apparence : La trentaine.

Compétences
Mémoire:
Alors on danse. Left_bar_bleue750/10000Alors on danse. Empty_bar_bleue  (750/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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