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Message par Ambre Belham le Lun 29 Aoû - 14:49

1114 mots

La salle d’entraînement était une de ces pièces où Ambre se sentait toujours bien, calme et reposée. A peine en franchissait-elle le seuil qu’elle se vidait de toutes ses émotions, pour ne plus laisser paraître qu’une face lisse et dénuée de sentiments. Alors, elle devenait une tueuse, une meurtrière qui n’existait plus que par et pour le fil de son épée. Cette fois encore, elle laissa son fardeau à la porte, oubliant sa tristesse et le vide qui l’habitait au profit d’une attitude plus guerrière. Elle se tenait droite, son Katana d’argent négligemment rangé à sa taille. Du regard, elle balaya la salle, notant les débutants qui s’y prenaient parfaitement mal, et les plus confirmés qui se trouvaient là. Il était tard, elle avait fini sa journée. Et maintenant, elle n’aspirait plus qu’à combattre, à tout oublier pour vivre un peu mieux.

Elle avait revêtu une tenue de combat, qui n’avait rien de très protecteur – jamais elle ne serait descendue dans les sous-terrains ainsi ! – mais qui avait cette qualité, dans la salle d’entraînement, de ne pas lui tenir chaud, et de ne gêner aucun de ses mouvements. Il s’agissait d’une petite tenue en simili-daim. Un short, court et frangé, rafistolé à maintes reprises, couvrait le haut de ses cuisses, tandis qu’un vague T-shirt ressemblant plus à une brassière dissimulait ses petits seins à la vue de tous. Une ceinture enfin, elle-même en peau, contenait un fourreau où l’on pouvait voir son Katana. Elle adorait arborer cette tenue, qui lui allait à ravir, et lui valait bien des regards en coin, tout en mettant en valeur son allure guerrière. Un léger maquillage qui ne faisait que souligner ses yeux ambrés et une natte tressée à la va-vite venaient parfaire son équipement. Elle était prête.

Très naturellement, elle se dirigea vers le coin où elle avait l’habitude de se battre. Elle n’utilisait pas de mannequin, faisant à la place montre d’une imagination assez commune, en combattant un ennemi virtuel, qui n’existait que dans sa tête. Lentement, elle sortit son katana, salua du coin de l’œil son prochain adversaire, et le leva. Elle commençait toujours lentement, optant pour des mouvements amples et réguliers, sans trop de vigueur, qui lui servaient d’étirements. Tranquille, elle lança son bras en avant, décrivit une courbe avec sa lame, revint vers elle, fit un pas sur le côté, le tout avec une fluidité étonnante pour une si petite femme. Continuant son manège, elle releva le bras qui ne tenait pas l’arme – pour le moment, elle prenait son katana à une main, mais elle savait se servir des deux quand le combat devenait plus dur – l’étira, fit sauter le katana d’une main à l’autre… Elle se sentait raide, dans son bras droit, d’avoir passé trop de temps à manipuler tournevis et autres outils.

« Ambre, il n’est pas l’heure de prendre des risques inutiles. »

Nullement inquiétée, elle rangea son arme, et entama une série d’assouplissements divers et variés pour se retrouver dans les meilleures conditions possibles. Cela faisait au moins une semaine qu’elle n’avait plus combattu, et il n’était donc pas surprenant qu’elle soit un peu rouillée. Tranquillement, elle détendit son poignet, son avant-bras, ses doigts, son épaule, s’étirant dans des positions rarement utilisées, à part pour pimenter une virée étrange dans un lit peuplé. Grenat était descendu de son épaule et l’observait, assis dans un coin, témoin silencieux et métallique des prouesses de sa maîtresse. Elle lui sourit, il lui fit un geste de la main, répondant à un ordre indirect qu’elle avait mis dans ses circuits. Enfin, sa séance d’étirement terminée, elle se sentit prête à commencer les choses sérieuses. Se mettant en position de combat, elle dégaina, brandissant son Katana avec toute la hargne qui pouvait parfois l’inviter.

« Venez donc, pour voir… » murmura-t-elle entre ses dents à des ennemis imaginaires.

Un coup porté droit devant embrocha le premier, et elle l’enleva de sa lame en appuyant sur son torse. A peine le Katana libérée, elle lança une attaque basse, sauta souplement pour éviter un ennemi, frappa en tous sens, libérant toute sa sauvagerie. Bientôt, la vitesse de ses coups augmenta considérablement, témoin vibrant de la haine qu’elle pouvait avoir en elle, ainsi que de sa maîtrise des armes blanches. Il était évident que ses coups n’avaient pas la force de ceux des hommes, mais elle se déplaçait si rapidement, et avec tant d’agilité qu’elle parvenait à être douée quand même. Son poignet, étonnamment flexible, fouetta l’air pour abattre un fourbe retors qui avait tenté de l’attaquer sur le côté, et c’est d’un bond qu’elle se libéra de la pression qu’on lui imposait. Depuis une dizaine de minutes, elle luttait, et son souffle commençait tout juste à se faire plus rapide, preuve de son endurance. Elle était effrayante de capacités, et ici et là, dans la salle, quelques combattants s’étaient arrêtés pour l’observer, sa natte ambrée virevoltant.

Enfin, son dernier ennemi fut à terre, et elle s’arrêta. Il n’y avait plus l’ombre d’un bruit dans sa tête, si ce n’est le fou battement de son cœur qui résonnait dans ses tempes, comme un glas. Elle devait travailler plus souvent, si elle ne voulait pas perdre son endurance, et cette semaine de repos lui avait été négative. Si les autres ne pouvaient le voir, elle se sentait diminuée dans ses capacités, et ce léger changement l’incitait à combattre encore plus, jusqu’à ce que ses membres lui hurlent de s’arrêter. Un rictus apparut sur son visage, et elle s’empara de la bouteille d’eau que Grenat lui tendait, docile. Ce petit robot était un ange, et elle n’aurait pu trouver meilleur compagnon. Pourtant, quand son regard tomba sur Gregory Crescent, un homme que tout le monde connaissait, une petite étincelle s’alluma en elle. Elle désirait hardiment avoir un véritable adversaire, et cet homme, bien qu’un peu lourdaud, menaçait d’être à la hauteur. Deux maîtres lames se rencontrant, ça ne pouvait qu’être prometteur.

Tranquillement, et après avoir épongé la sueur qui maculait son front, la gente damoiselle se dirigea vers le brigadier, qui s’entraînait lui même de son côté. Sourire aux lèvres, elle observa ses mouvements, appréciant leur fluidité et la façon dont ils s’enchaînaient. Enfin, elle réagit et, son arme cette fois tenue à deux mains, elle lança son katana pour parer une attaque de son nouvel ennemi, tout en veillant à abîmer le moins possible la lame, réputée comme fragile. Souriante, elle se glissa devant lui et, après quelques passes sans conviction, demanda, toute excitée par ce qui ne tarderait plus à arriver :

« Eh bien Crescent… On dit de vous que vous savez vous débrouiller avec une arme blanche. Un combat amical, ça vous dit ? »
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Re: Maîtres-lames.

Message par Gregory Allander Crescent le Mar 30 Aoû - 0:54

Il était hors de lui. Non, attendez, il n’était pas seulement hors de lui : IL N’AVAIT PLUS LE MOINDRE CONTRÔLE. Sérieusement, rare était la colère du second de Lorenzo, mais en cette journée précise, à cette heure précise et à la seconde près, il aurait démoli quiconque lui aurait adressé la parole! Il valait passer sa route… Et vite! Il serrait les poings, grinçait des dents, se retenait de peine et de misère à ne pas crier et frapper le mur qui venait de passer. Non, ça n’avait aucun sens d’être dans cet état, il devait se calmer! C’était impératif. Non. C’était nécessaire. Nécessaire pour le bien de l’humanité et de tous ceux qui, par mégarde, ou bonté d’âme, auraient salué Crescent. Non, il valait mieux se tenir loin d’une bombe à retardement… Et malheureusement, quelqu’un avait eu l’audace de retirer la goupille. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne se laisse aller à une crise démentielle…. Crise qui portait un nom qu’il chérissait, un nom qu’il maudissait, un nom qu’il aimait malgré tout : Kaiheena Ludlow.

Il avait les longs couloirs de l’édifice sans se préoccuper des gens qu’il y avait autour. De toute manière, il ne les entendait pas. Il marchait, militairement, telle un loup flairant la piste de sa proie et prêt à tout pour l’anéantir. C’était une guerre morale qui se déroulait entre ses deux oreilles, mais les sentiments, qui n’avaient aucun droit sur la morale, avait pourtant décidé de s’en mêler. Qu’ils déguerpissent! Ils n’avaient rien à faire là, mais malheureusement, il perdait la tête. C’était devenu une sorte de combat, il se retenait de toutes ses forces pour ne pas tourner les talons et aller lui en mettre un en pleine figure… Pas à Ludlow, bien sûr, mais plutôt à l’autre… à l’autre qu’il avait considéré comme ami, à l’autre pour qui il avait du respect… Mais tout d’un coup, il se rendit compte d’une chose élémentaire qu’il n’aurait pas dû écarter de sa logique : c’était elle, le problème! C’était simplement et purement, elle! Elle et ses yeux, elle et ses lèvres, elle et ses hanches. Non, ça suffit!

Il s’était enfermé quelques instants dans son appartement, longeant de long en large le salon, comme un tigre affamé en cage. Il ne pouvait pas rester là. Il ne pouvait pas simplement rester là comme un imbécile à ressasser sa rage grandissante! Il devait agir au plus vite… Et ce n’était pas une option. Il prit son sac de sport, se dirigea machinalement vers la sortie, sans plus attendre. Enfermé, il se rongerait les ongles jusqu’au sang… Et, malgré son désir le plus cher de posséder deux bras à part entière, il ne pourrait gruger le métal de son avant-bras droit. Ses pas automates le conduirent jusqu’à la salle d’entraînement, là où on l’avait vu tant de fois depuis plus d’un siècle! Les vestiaires l’accueillirent dans son odeur âcre habituelle. Il se dévêtit, sans cérémonie, et enfila les vêtements les plus confortables qui soient! Des shorts de sport en tissu relisant noir et une camisole blanche définissant le moindre ses muscles. Une chaine d’argent (qu’il portait en continuellement obsession) tombait sur son torse, mais tenue derrière le tissu blanc. Elle ne l’embêterait pas dans cette position. Rien de flafla, que le nécessaire à son avis. Il finit sa préparation en enfilant un gant sur sa main toujours humaine, laissant un soupir de regret admirer le métal de l’autre. Il tira son Mp5 de la pochette supérieure de son sac, puis, sans un regard derrière, il prit la porte des vestiaires pour se rendre au gymnase principal.

(Pour écouter ce qui passe dans les oreilles de Gregory Allander Crescent, je vous invite à écouter ceci : Resolution – Emigrate)

Une épée quelconque entre les mains, il avait omis d’emmener sa personnelle qui était beaucoup plus légère et stylisée. C’était la plus simple création qui soit : une lame rattaché à un pommeau. Qu’importe, elle ferait très bien l’affaire. Redoutable soldat dans son ensemble, Gregory ne salua même pas les gne squi le reconnurent, sous prétexte qu’il avait de la musique plein les oreilles… Musique qui envenimait son émotion rageuse. Il choisit alors sa victime : un mannequin dans le coin de la pièce, coin de la pièce qui serait en opposition totale avec l’ère de combat de Ambre Belham. Il débuta, sans préliminaire d’attaque. C’était des chocs barbares qu’il infligeait sans vergogne à ce pauvre soldat de plastique qui devait endurer les plus féroces et impardonnables sévices de Crescent. Il le faisait par plaisir! Plus il frappait fort, mieux il se sentait. Ce n’était pas un entraînement pour démontrer sa grande agilité, et encore moins sa prestance de combat : il voulait frapper pour se défouler. Rien de plus, ni de moins! Pourquoi aller chercher plus au-delà de ce que l’on voyait! Tout le monde présent l’avait assez vite compris lorsque le son agressant de la lame de Gregory martelait le corps inerte de son mannequin de combat.

Il sentait la sueur lui dégouline le son de l’échine, sensation désagréable dont il avait l’habitude. Ses muscles étaient gonflés face à l’effort bestial qu’il se demandait. Il ne voulait pas arrêter de frapper. C’était pour sa santé mentale qu’il s’essoufflait physiquement. À chaque fois, il retenait son cri primal derrière une moue renfrognée. Il devait à tout prix se calmer. La musique dans ses écouteurs tuait tous les bruits ambiants, et cela lui faisait un énorme plaisir. Il détestait se sentir observer, entendre les voix d’autrui obstruer son entraînement brutal où il n’y avait aucun autre fruit que celui de la violence à sa forme la plus simple, substance délectable et frémissante. Puis, au bout de trente minutes de courroux extrême, le soldat semblait s’être calmé. Sans arrêt, pas un seul, il s’en permit un seul lorsqu’il perdit totalement son souffle. Haletant, il se rendit au petit banc qui longeait le mur au fond de la pièce. Une gorgée d’eau ici, un léger coup de serviette pour essuyer sa chevelure humide ainsi que son visage reluisant. Il avait beau se dire que c’était insensé d’agir ainsi, la méthode fonctionnait plus que nulle autre.

Il ne prit pas le temps de s’asseoir, et déjà, il retourna sur le terrain, s’amusant un peu avec l’épée qu’il avait soigneusement empruntée à l’entrée. Cela lui faisait drôle de devoir s’accoutumer à une autre arme que la sienne. Bien plus petite et lourde que celle qu’il possédait, cette dernière avait vu plus d’une bataille. Affutée à maints endroits, elle en devenait presque dangereuse pour son porteur. L’escrimeur commençait à reprendre sur lui-même, joutant plus normalement devant son adversaire inhumain. Il y allait un peu de reculon, lasse de devoir combattre un être sans défense et sans réaction, jusqu’à ce que l’inévitable arriva. Ambre Belham, celle dont nous avions parlé plus haut, apparu dans son champ de vision, interpelant son arme d’une manière adroite et précise. Elle savait ce qu’elle faisait, cette petite. Jolie petite, devrait-il dire lorsque ses yeux de glace croisèrent les iris ambré de la guerrière. Aucun sourire, aucune émotion, il se contenta de la toiser avec indifférence. Que voulait-elle à la fin? Il ne tarda pas à le savoir : « Eh bien Crescent… On dit de vous que vous savez vous débrouiller avec une arme blanche. Un combat amical, ça vous dit ? »

Un combat à l’amical ? Il doutait fort que sous le regard enfantin de cette demoiselle, se cache un être inoffensif. S’il fallait se méfier d’une chose, c’était bien de l’apparence… Quoique souvent révélateur de certains faits, il nota particulièrement l’excitation de la belle blondinette. D’où la connaissait-il, déjà ? Il n’arrivait pas à s’en souvenir ! Pourtant, ce joli minois lui disait bel et bien quelque chose. Il prit un moment de réflexion, un peu suspicieux par l’assurance qu’elle dégageait, mais quoi qu’il en était, il n’avait rien de mieux à faire… Et il était justement venu en ces lieux pour pouvoir se libérer des tenions que lui infligeaient… Non, il préférait taire le nom de sa douleur, c’était bien trop faible pour qu’il s’avoue vaincu de a sorte.

«Si cela vous plait, mademoiselle, je serais ravi d’être votre adversaire» Fit-il en inclinant la tête.

Parole simple et efficace ! Il n’attendit pas son invitation pour avancer vers un coin plus spacieux. Ils auraient besoin d’espace s’ils devaient s’affronter. Sans plus d’intérêt, ce fut machinal, il lui lança :

«À vous de vous lancer.»

Ordre bien plus que demande, Gregory devait pourtant avouer qu’il était curieux de découvrir les compétences de la donzelle en habit de combat très peu conventionnel.
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Re: Maîtres-lames.

Message par Ambre Belham le Mer 31 Aoû - 22:50

1019 mots

« Si cela vous plaît, mademoiselle, je serais ravi d’être votre adversaire. »

Il était galant. C’était déjà pas mal, pour un homme, une qualité rare et appréciée par la fort peu douce Ambre. Cette dernière avait délaissé sa mauvaise humeur, au profit de l’excitation que procure le combat à venir. Dans son ventre, une boule s’était formée, mélange de la haine trop longtemps contenue, de l’envie de danser avec sa lame et de la volonté de dominer son adversaire. De ce dont elle se souvenait, Belham n’avait jamais été une dominée : ni avant, ni pendant sa vie noscoienne. Elle avait toujours aimé tenir tête à ses détracteurs, qu’ils eussent raison ou tort, et ne pas avoir le dernier mot lui semblait parfois être la pire des punitions. Sa mère, quand elle n’était qu’une petite londonienne, avait eu fort à faire avec sa tête brûlée de cadette. Pourtant, ce n’était qu’après la mort de Jade qu’elle était devenue si froide et si dure, et qu’elle n’avait plus jamais supporté de perdre. Cette fois encore, elle voulait montrer au monde entier que, bien qu’elle soit femme, elle pouvait être meilleure qu’un brigadier entrainé.

Voluptueuse, elle s’élança à sa suite dans un coin plus spacieux, coin qu’elle avait occupé quelques secondes à peine auparavant. Grenat, le petit robot, les suivait docilement, drapé dans son silence métallique. Sans broncher, il alla s’installer contre un mur, faisant mine de suivre un combat qui ne le concernait guère, sa maîtresse n’ayant pas activé les circuits correspondants. Cette dernière s’installa face à son adversaire, son visage illuminé par l’affrontement imminent. Il était armé d’une épée, elle d’un katana : il était donc évident qu’elle devrait jouer de sa souplesse, de sa vitesse et de ses esquives pour ne pas briser sa lame. Tant mieux, d’ailleurs : c’étaient là ses plus grandes qualités, en matière d’assaut. Elle respira profondément, notant que son excitation n’était pas réciproque, mais sachant pertinemment qu’elle le deviendrait. Il l’invitait à engager. Calmement, elle lança une première pointe, sans aucune perfidie, qu’il para sans avoir même à bouger ses pieds. Bien, il était encore en forme. Voyons si… D’un souple mouvement de poignet, Ambre dévia son attaque, glissant contre la lame adverse pour attaquer le flan. Une fois de plus, elle fut parée.

Que la joute commence ! Sans prévenir, la jolie demoiselle accéléra brutalement le rythme. Coups, passes et estocades s’ensuivaient dans une folle chorégraphie, qu’elle prenait un plaisir fou à exécuter. Une première fois, son katana traversa la défense ennemie, peu vigoureuse. Un rictus aux lèvres, elle s’exclama joyeusement :

« Vous êtes mort, Crescent. »

D’un pas en arrière, elle rompit le contact, laissant à son adversaire peu complaisant le loisir de se reprendre. C’était à lui de relancer le combat, selon les règles, et il n’attendit pas longtemps pour le faire, aussi peu essoufflé qu’Ambre pouvait l’être. Un coup, une esquive, une passe incisive, un saut et une pointe, on tourne, il frappe, elle pare et lance son poing dans le visage ennemi, ne l’arrêtant qu’au dernier moment, pour ne pas le blesser. La surprise, un nouveau coup, dans cette artère qui traverse la cuisse, un arrêt contrôlé, un rire, doux et cristallin.

« Vous êtes mort, Crescent. »

Ambre s’amusait comme une petite folle. Elle avait vu Gregory se battre, elle savait pertinemment qu’elle était destinée à gagner cette joute : elle était beaucoup trop fluide et rapide, pour son adversaire. Néanmoins, elle était déçue par le peu de conviction de son opposant, qui n’avait pas l’air fort intéressé par le combat qui l’attendait. Ses deux morts fictives, toutefois, semblaient lui avoir donné le cœur à l’ouvrage, puisqu’il sembla à la blondinette (elle a les cheveux AMBRÉS !) qu’il attaquait avec plus de fougue, la fois qui suivit. A moins que, fatiguée, elle aie plus de difficultés à éviter ce coup brutal. Décidée à exhorter son opposant à donner le meilleur de lui-même, elle s’exclama, sa voix entrecoupée par ses mouvements et ses coups plutôt que par son souffle :

« Allons bon, Crescent. On m’a dit de vous que vous étiez un excellent combattant, et pourtant, je vous aurai tué deux fois avant que vous ne puissiez me rendre la pareille ! M’aurait-on menti ? »

A trop parler, la vigoureuse Belham avisa la lame de son adversaire avec une seconde de retard. Son katana s’abaissa, pour venir se fracasser dans un cliquetis métallique contre l’arme ennemie, appuyée contre son flanc. Deux-Un. Elle grimaça et, redoublant d’efforts, s’obstina à porter encore un ou deux coups à Crescent avant de recommencer à parler. Elle s’amusait follement, et c’est dans ces moments que lui venaient ses idées les plus saugrenues. L’une d’entre elles, notamment, lui vint à l’esprit, glissant dans son cerveau comme le meilleur des venins. Allons bon, oserait-elle faire preuve de tant d’audace ? N’est pas Ambre qui le désire, elle s’en sentait le courage ! Bondissant une nouvelle fois, gazelle face à l’ours, elle s’exclama joyeusement, de cette voix calme, malgré les vibrations excitées qu’on pouvait y percevoir :

« Savez-vous, mon cher Gregory, que vous êtes en train de vous faire battre par une femme ? Savez-vous que les femmes ont la possibilité de faire des choses que les hommes n’oseraient jamais ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait. En trois habiles bonds, dont l’un particulièrement périlleux au-dessus de l’épée ennemie, elle se retrouva derrière le brigadier. Brusquement, elle se colla à lui, dès lors intouchable à moins qu’il ne se frappe lui-même. Ses dents vinrent doucement, presque sensuellement mordre la nuque adverse, s’enfonçant dans la peau comme en une motte de beurre. Mais elle resserra sa prise, féline, avant de murmurer, de l’humour plein la voix.

« C’est ainsi que les animaux se soumettent entre eux. Je gagne, Crescent. »

Il ne s’agitait pas, ou alors pas assez pour l’effrayer, aussi s’appuya-t-elle sur les épaules adverses pour se donner une poussée, bondissant avec souplesse au-dessus de Gregory, pourtant plutôt grand. Roulant sur elle-même, elle amortit le choc de l’atterrissage, avant de se relever, l’épée au clair. Saurait-il répondre à une telle provocation ?
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Re: Maîtres-lames.

Message par Gregory Allander Crescent le Mar 13 Sep - 6:35

Détachement total. C’était bien le mot pour décrire l’intérêt que portait Gregory Allander Crescent face à un tel combat. Il aurait souhaité avoir plus de conviction, ou encore, peut-être y mettre un peu de cœur; mais ce combat n’avait rien qui pouvait prôner de telles émotions chez lui. Déjà que la gamme d’émotivité dont il faisait preuve était restreinte, pourquoi en aurait-il montré plus qu’il n’y fallait avec elle, la belle combattante aux atours d’ambre. Il se plaisait à la dessiner dans un silence presque inquiétant. Lumineuse malgré le lugubre regard qu’elle portait sur ce qui l’entourait. Elle était sinistre et rayonnante… Étrange créature pouvait-elle être. Et cette couleur qui revenait sans cesse : Ambre. Ambre étaient ses yeux, ambre étaient ses cheveux, ambre étaient ses lèvres, ambre était sa peau. Couleur ornementale qui la parait à ravir. Toutefois, il ne pouvait s’empêcher de se demander d’où pouvait-elle sortir, celle-là. Elle avait quelque chose en plus, quelque chose de trop, quelque chose… Qu’il ne comprenait pas. Elle n’était pas seulement une personne, elle en valait plusieurs par un simple regard. C’était une chose qui dépassait l’entendement. Elle était humaine, certes, il n’y avait aucun doute, mais quelque chose clochait. Droit, fier, il n’avait toujours pas fait le moindre pas vers son adversaire qu’il tentait de déchiffrer, des pieds à la tête. C’est là ce qu’on appelle une description cognitive globale. Ce que les gens perçoivent en premier, n’a rien de profond; ce n’est que superficiel. Une question d’apparence à laquelle ils s’attardent souvent un peu trop. Les artifices étaient très dangereux puisqu’ils savaient mentir sur les gens. «Beauté et folie vont souvent de compagnie» - Baltazar Gracian. Gregory était pourtant certain que ce proverbe siérait à merveille avec le regard doré de la belle guerrière. C’était indéniable. L’exploration des détails ne s’éternisa pas plus longtemps.

L’opposante venait de croiser les fers. C’était le signal qu’il devait en faire de même. Doucement, il notait les moindres ses mouvements avec un peu de lâcheté. Ce n’était pas que de vagues brouillons sans importance, elle était calculée. Gracieusement, rapide, vigoureuse, elle était guerrière, c’était indéniable. Il pouvait le sentir au moindre de ses gestes à la précision exquise. Sous un contrôle quasi-parfait, elle balayait ses coups, paradait de sa lame fine, esquivait sous une arabesque synchronisée à merveille. Puis, vint l’instant fatidique où elle vainquit l’invincible : «Vous êtes mort, Crescent». Il aurait dû s’en douter. Le manque de motivation dont il faisait preuve était accablant, mais qu’elle réussisse à traverser ses défenses –même les plus faibles- lui procura un sentiment de surprise… Agréable, qui plus est. Si agréable que la surprise ne put qu’être grandissante. Bien. Elle savait manier son katana, mais tout brigadier savait le faire. Elle rompit le contact entre leurs armes, laissant derrière elle le nouveau clairon de la bataille. Que la joute recommence! Gregory ne fit pourtant pas preuve de ses compétences. Il la laissa jouer de ses manœuvres inspirantes, elle réussit une nouvelle fois à percer sa défense nonchalante. Il se plut à entendre le rire cristallin de la demoiselle se glisser à son oreille. Elle était fière, très fière : «Vous êtes mort, Crescent». Jamais deux sans trois, comme dit le dicton! Toutefois, s’il tenait réellement à connaître le pouvoir de son adversaire, il devrait y mettre un peu du sien. Il avait décidé de mettre en œuvre ce vague songe, sans pourtant devenir très rigoureux. Il se contenait de la voir tournoyer, contrattaquer et darder de sa lame de fer. Quel manège amusant, il devait, malgré lui, se l’avouer.

Le combat prenait de l’ampleur, il pouvait le sentir. Autour d’eux, tout n’était que silence absolu. Gregory faisait à présent abstraction à tout ce qui aurait pu exister de près ou de loin. Entre les paroles vénéneuses qu’elle lui transmettait avec un plaisir futile, et les attaques qu’elle lui proférait avec allégresse, le Second Commandor ne pouvait qu’éprouver un certain amusement. Que croyait-il qu’il allait faire face à de telles paroles? Qu’il irait à se piquer aussi facilement? Ce serait bien mal le connaître. Ambre Belham avait beau jouer cette carte avec quiconque, mais lui, le sinistre et froid Crescent, il n’y verrait là aucune importance. Il ne s’en sentirait même déranger, au contraire. « Allons bon, Crescent. On m’a dit de vous que vous étiez un excellent combattant, et pourtant, je vous aurai tué deux fois avant que vous ne puissiez me rendre la pareille ! M’aurait-on menti ? ». Ces quelques mots suffirent pour lui laisser une ouverture. Il attaqua, remarquant que son opposante avait faillit fléchir. Elle devrait redoubler d’effort si elle tenait à le faire sortir de ses gonds. Certes, elle devait être en avantage pour la vitesse dont elle avait été dotée, mais Gregory avait bien plus d’un tour dans ses poches… Laissons-la croire ce qu’elle souhaite, de toute manière, tout cela n’était qu’un jeu… Un jeu qui devint étrangement plus physique qu’il n’aurait dû l’être. La gazelle croyait faire affaire à un ours, mais en vérité, l’ours était plus facilement loup. Derrière les yeux brûlant d’acier de Crescent, il y régnait peut-être un léger intérêt qui s’éveiller au fur et à mesure que le duel prenait place. « Savez-vous, mon cher Gregory, que vous êtes en train de vous faire battre par une femme ? Savez-vous que les femmes ont la possibilité de faire des choses que les hommes n’oseraient jamais ? », Pauvre petite créature, tout de même! Si c’était là l’audace dont elle voulait faire preuve, il aurait espéré un peu mieux, il fallait l’avouer, tout de même. Ce qui poursuit ce corps-à-corps le surprit, toutefois…. Agréablement, mais encore. Elle avait sauté derrière lui, totalement hors d’atteinte ou presque. Elle était en avantage numérique. La règle de trois s’apprêtait à être exécutée, quand, tout à coup, au lieu de lui accorder un coup de grâce, elle opta plutôt pour une morsure, à la fois suave et animale dans l’arcade de son cou. Il aurait pu réagir fortement, mais il se résigna. Elle voulait obtenir satisfaction, mais ce n’était de son genre de se laisser berner d’une manière aussi fémininement délicieuse. Délicieuse était adversaire, certes, mais encore plus le serait-elle lorsqu’il lui mettra la lame au cou : « C’est ainsi que les animaux se soumettent entre eux. Je gagne, Crescent. » . Elle rebondit face à lui, l’air féline et parfaite en contrôle. Il était maintenant temps de passer aux choses sérieuses.

Depuis le début du combat, Gregory s’était abstenu de lui communiquer toute remarque désobligeante, devenant presque aussi intéressant que les mannequins de plastique qui leur servaient lors de leurs entrainements. Cependant, l’heure était venue de prendre la situation en main. L’ours penaud et lent devait se faire révéler autrement. Loup devait hurler à la lune pour qu’on reconnaisse sa présence, il débuta tout discrètement par ce qu’il savait faire le mieux : jouer dans l’espace. L’«ambreuse» demoiselle était peut-être rapide, mais il avait la force de son côté, et surtout, il avait bien vu qu’elle le sous-estimait avec le plus délectable plaisir. Riant à chaque remarque, rêvant d’un combat digne de ce nom, de le voir prendre sa lame comme il le devrait… Fort bien, ses vœux seront exaucés, mais pour cela, il fallait d’abord qu’il s’attise à son tour. Un pas devant l’autre, agile, l’air indescriptible, Gregory faisait face à la combattante tel un fauve devant sa proie. Toisant cette dernière, il lui lança une attaque, qu’elle para. Puis une deuxième, puis, une troisième avant qu’elle aussi ne se mette dans la mêlée. Attaque, parade, esquive, tournons ici, reculons là, frappons maintenant, glissons par la droite, réattaquons. La guerre aussi dévastatrice soit-elle avait prit des allures de valse, entre suavité et violence inconditionnelle. À chaque coup, venait une réponse, chaque rapprochement, une caresse indirecte qui martelait leurs armes dans un bruit assourdissant, mais après quelques minutes, il était maintenant temps de montrer ce que le brigadier savait faire. Laissant derrière lui sa parure de gentleman, cela ne prit qu’une faille pour qu’il sache qu’il fallait agir à cet instant précis, main gauche attrapant le poignet de la belle Belham, l’autre révélant son épée qui caressait la gorge de son adversaire :

«Sachez, ma chère Ambre, que je serais un bien petit homme pour être incapable de m’avouer vaincu par une femme. Serait-ce parce que vous avez une si faible opinion envers votre propre sexe que vous me proposez de telles idées ? Ce serait là en votre grand désavantage d’agir de la sorte, ne croyez-vous donc pas ? »

Le ton calme qu’il avait emprunté n’avait rien d’une attaque. Seulement une remarque qu’il avait tenue important de souligner. Si la jeune femme le croyait capable d’autant de stupidité, il faudrait qu’elle se raisonne. Il croyait en une égalité totale, et il devait cela à la plus grande des marraines de Nosco : Maeva Romael. En la voyant se débattre et sur le point de riposter, il se retrouva dans la même posture dont elle lui avait fait honneur. Derrière elle, il était hors de d’atteinte, et près de son oreille, il ne put s’empêcher de lui susurrer d’une voix qui avait perdu tout de sa neutralité pour une douceur à faire frémir :

«Vous êtes morte, Belham »

Il se garda de lui faire remarquer que c’était là la deuxième fois que sa lame affutée se portait à sa gorge. Délicatement, en laissant le fer effleurer la joue de la belle ambrée, il reprit sa place initiale. Il lui rendait avec une certaine satisfaction la provocation qu’elle lui lançait depuis déjà un moment. Il lui rendit un rictus peu habituel devant sa carcasse peut accoutumée à ce genre de jeu. Il se plaisait à voir son expression devant une victoire presque trop facile. Il était peut-être épuisé après la rage à laquelle il s’était adonné quelques instants plus tôt, mais il ne démontrait qu’une façade indestructible, inatteignable. Il était de nouveau en place, l’air calme, comme toujours, confiant, de surcroit. Cette danse macabre commençait à peine à lui plaire. L’excitation augmentait au fil des secondes qui s’écroulaient… La cinquième joute allait recommencer de plus belle, et il ne pouvait déjà plus attendre de s’absorber par de telles artifices. Tuer ou être tuer. Quelle délicieuse valse était-ce donc cela.
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Gregory Allander Crescent
~ Second de Commandor ~
Section nettoyage


Camp : Guilde Impériale
Profession : Second de commandor, section nettoyage
Âge réel : Un si petit siècle.
Âge d'apparence : La trentaine.

Compétences
Mémoire:
750/10000  (750/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Re: Maîtres-lames.

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