De l'action et des vérités...

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De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Jeu 22 Sep - 23:05

Une journée normale et des plus banales. Le travail toujours le même au Sapientia, les même collègues, bien que des malades différents. Comme assez souvent il fallait quelqu’un pour faire la garde du soir, ou de la nuit, et cette fois-ci, comme d’autres avant, c’était Kim qui s’était proposé pour faire la première moitié de la nuit. Finalement il était resté plus longtemps que prévu, une urgence à gérer et ils n’avaient pas été peu de deux pour pouvoir tout assurer. Finalement ils réussirent à opérer, et seul le temps en salle de réanimation permettrait au patient de se sentir mieux. Il était temps de rentrer pour le médecin, scientifique. Mais avant il profita de la douche du Sapientia. Certes c’était moins intime, cependant cela avait l’avantage de ne pas pouvoir déranger Karlovy par le bruit. Elle n’avait pas besoin qu’on la dérange plus que de mesure en plein milieu de la nuit. Il n’y avait rien de plus désagréable que de se retrouver éveillé et de ne plus pouvoir se rendormir. Peut être aurait elle-même tenté de rester réveillée, s’endormant sur l’inconfortable canapé parce que van Berghen n’avait pas prévenu qu’il rentrerait bien plus tard que minuit, accaparé par l’urgence et l’impossibilité de prendre cinq minutes pour en informer Lovy. Le Sapientia était réellement une deuxième maison, il avait même prit l’habitude de stocker quelques vêtements de rechange, sachant qu’il en avait bien trop besoin parfois. Urgence rimait souvent avec obligation, et même si on le souhaitait fortement, il était parfois impossible de rentrer pour attraper quelques changes… pas quand la vie de personnes était en jeu.

Il était aux environs de trois heures lorsqu’il prit les Rampes d’Accès Rapides qui menaient de son lieu de travail à celui d’habitation. Au moins n’aurait il pas à traverser la cour intérieur et affronter l’air frais de la nuit. S’il n’avait pas remit de cravate, il avait toujours son manteau d’uniforme, obligatoire, ainsi qu’un sac en bandoulière contenant quelques bricoles. Qu’il était étrange de quitter le travail à une heure pareille, alors que tout le monde dormait. On se sentait alors seul au monde à Nosco. Comme dans une ville abandonnée. Ses collègues qui avaient travaillés aux mêmes horaires étaient déjà rentrés chez eux depuis trois heures ou simplement un quart d’heure, le temps d’une douche rapide. Les lumières des couloirs s’allumaient au fur et à mesure de sa progression dans les différents couloirs, grâce à des détecteurs de mouvement, ainsi on économisait l’énergie, sauf à quelques points stratégiques qui restaient constamment éclairés. En sortant des RAR il hésita quelques secondes entre les escaliers et la promesse de trois étages à monter ou un ascenseur. Il n’attendit pas longtemps avant de se décider. Il était tard et il était plus que fatigué, alors pour une fois il pouvait bien privilégier le pratique. Il avait beau répéter à qui voulait l’entendre qu’il fallait faire du sport, et que monter ou descendre les escaliers était l’un des meilleurs entrainement, et peu fatiguant, il n’avait rien contre les machines modernes et la fabuleuse invention de l’ascenseur. D’ailleurs, si beaucoup étaient aux étages supérieurs, l’un d’eux était encore au rez-de-chaussée, inoccupé et disponible. Il n’était apparemment pas le seul à être encore éveillé, si cinq des six élévateurs étaient en mouvement. Que faisaient les gens à trois heures et vingt minutes dans les couloirs de l’Aedes ? Kim soupira en murmurant pour lui-même que si lui avait eu la chance de pouvoir rester chez lui, il aurait rejoint son lit bien plus tôt. N’importe lequel des engins ferait l’affaire, puisqu’ils se ressemblaient tous, assez grand pour laisser entrer une vingtaine de personnes bien tassées, un miroir en fond pour donner l’impression de plus d’espace et de plus de lumière, des néons aux couleurs tranquilles, un sol en moquette soigneusement nettoyé tous les jours, trois boutons, un pour chaque étage et une rambarde pour se tenir.

Le temps d’appeler l’appareil pour que ses portes s’ouvrent, de se glisser à l’intérieur de l’appareil et voilà qu’apparaissait plus loin une ombre blonde maquillée. Posant sa main sur les battants qui menaçaient de se fermer totalement, il stoppa un instant l’engin, l’obligeant à rester sur place.

Bonsoir Ludlow… enfin plutôt bonsoir. Vous montez ?

Juste une question pour savoir s’il devait l’attendre. Reflexe de galanterie. Et parce qu’il savait à quel point cela pouvait être énervant d’attendre en bas et d’hésiter entre les deux bout du grand hall pour savoir où s’ouvrirait la porte vers les étages supérieurs. C’est pourquoi généralement il préférait les escaliers. Enfin s’il avait su ce qui allait arriver, il ne l’aurait sans doute pas attiré dans le « piège » dont il serait aussi la victime. Il lui laissa le temps d’entrer avant de laisser les portes se fermer.

3ème étage, n’est ce pas ?

Kaiheena Ludlow n’était que barmaid au Lounge mais elle était en couple avec Gregory Crescent, second de la section de nettoyage de la Brigade Impériale, qui lui avait un appartement dans le dernier étage, le plus surveillé et le contrôlé, le plus sûr en théorie… Après la réponse de la jeune femme, il appuya sur le bouton avant de se murer dans un silence endormi. Pas forcement causant à cette heure là de la nuit. Il fallait dire qu’il n’avait pas forcement l’habitude et préférait des horaires plus diurne. Il avait beau avoir beaucoup d’amitié pour son rat Steve, petit rongeur nocturne, Kim préférait dormir passé une certaine heure…

Silencieusement et rapidement la cage d’ascenseur s’élevait vers le ciel crée de toute pièce pour cacher le dôme qui couvrait la ville de Nosco. Quand soudain une secousse arrêta en un instant la machine, faisant s’écraser par terre le sac que le scientifique portait à l’épaule. Il eu juste le temps de s’accrocher à la rambarde et d’accrocher Kai à la taille pour qu’elle ne tombe pas non plus. Elle sentait bon. Le choc avait été plutôt violent et eu un effet immédiat celui de secouer assez Kim pour qu’il se trouve soudain parfaitement animé. Au contraire, ce qui les entourait avait l’air de s’être totalement endormis. Il y avait bien sur le monte charge inactif, mais aussi la lumière qui s’était brutalement éteinte pour ne laisser place qu’à un bouton d’alarme et à la caméra qui continuait de les fixer de son œil rouge qui démontrait qu’elle fonctionnait toujours. Mais avait-elle un capteur infrarouge ?

Ca va ?

Les premières paroles qui lui étaient venues à l’esprit. Une question, un réflexe humain… ou de médecin ? Il lui lâcha rapidement les hanches en reculant d’un pas. Cependant dès que ses pupilles se furent ajustées à la pénombre ambiance, il lui attrapa le poignet gentiment, posant la main de Kai sur la sienne ouverte en la coinçant entre sa paume et son pouce. De sa main droite il posa son autre pouce sur le poignet pour lui prendre la tension, reprenant un peu de son professionnalisme après la peur dissipée.

Rien de cassé ?
Vous n’êtes pas claustrophobe ou nyctophobe ? Enfin… le noir ne vous dérange pas ?


Une fois qu’il fut certain qu’elle allait bien il la relâcha et s’avança vers le bouton avec un dessin de cloche représenté dessus. Appuyant près de trois fois avant d’obtenir une réponse d’un opérateur qui étouffait à peine ses bâillements de sommeil, il expliqua brièvement la situation. On leur demanda de patienter et on leur promit d’envoyer un réparateur en les informant que cela risquait malheureusement de prendre du temps. Heureusement cela avait été plus de peur que de mal.
Ramassant son sac sur le sol, Kim dénombra ce qui pourrait être utile, soit pour passer le temps, soit tout simplement pour « survivre ». Il n’avait malheureusement qu’une pomme, oubliée du déjeuner, et un quart de bouteille d’eau, qu’il présenta à Kai.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit… demandez.
C’est un peu de ma faute si vous êtes coincée là, maintenant…


Attrapant son mini-ordinateur portable il s’assura que ce dernier n’était pas cassé. Heureusement l’objet était plutôt solide. Il l’alluma pour envoyer un mail à Kinsky expliquant la situation et surtout la priant de ne pas s’inquiéter, il termina par un « je t’aime » avant de signer et d’envoyer.

Vous voulez envoyer quelque chose à Gregory, ou vous avez un portable ?
Vu comme c’est parti, on en a pour au moins deux heures…


Deux longues heures à attendre. Et il n’avait même pas un jeu de carte sous la main ! Néanmoins, même s’il était désolé que la jeune femme soit enfermée avec lui, il était bien content de ne pas être seul. Il y avait assez de place pour s’allonger totalement dans la pièce, seulement il était impossible de s’endormir dans un ascenseur, surtout sur une moquette aussi fine. Cependant Kim décida au moins de s’asseoir, après s’être débarrassé de son uniforme, se calant dos à l’un des côtés qui n’était pas surmonté de la glace. Il laissa une jambe allongée devant lui, tandis qu’il repliait l’autre à moitié. S’il fallait attendre, mieux valait s’installer confortablement. Il posa son sac en dessous du panneau des boutons. Le silence était macabre. Il décida alors de le briser avec la première chose qui lui passait par la tête. Forcement c’était scientifique et pas forcement le meilleur sujet à débattre très tôt le matin, mais tant pis…

Vous avez déjà entendu parler des sérums de vérité ? Divers produits plus ou moins psychotropes dont l’effet principal est de désinhiber celui qui y est soumis. En fait ce n’est gère plus efficace que l’alcool pour faire parler quelqu’un et on a cinquante pour cent de chance d’entendre un mensonge, ou tout du moins une vérité exagérée. C’est comme interroger quelqu’un de saoul pour avoir des détails, vous obtiendrez tout au plus une version mélangeant des faits réels et l’imagination. En fait le véritable « truc », c’est simplement l’effet donné à l’inconscient. Dire qu’on est sous sérum de vérité c’est pousser la conscience d’un individu à croire qu’il lui est impossible de mentir. Un simple effet placébo… le psychique y croit et donc forcement ca marche ! Magique, non ?
C’est simplement de l’autosuggestion. En fait avec trois verres d’alcool bien tassés vous devez obtenir plus ou moins un effet similaire tous les jours à votre travail.


Il étouffa un bâillement derrière sa main.

Vous devez en entendre des histoires… je me trompe ?

Thiopental de sodium, un simple anesthésique à la base… le grain alcool, de l’éthanol, la scopolamine, un dépresseur hautement toxique et de barbituriques. Tout ces médicaments avaient d’autres applications pouvant être utilisés en psychiatrie pour traiter les phobies, faire une anesthésie générale… Ou bien tenter de les faire parler, lorsqu’on ne voulait pas utiliser la torture.
Soudain, après les longues minutes d’attente, la voix de l’employé chargé d’une présence pour gérer les différents problèmes grésilla à nouveau à travers les micros.

Bon, quelqu’un s’occupe de vous, mais ça à l’air sérieux. On est obligé de vous couper l’courant pour régler le souci. On vous rebranche dès que c’est bon.

Sans même attendre une réponse, dire un bonsoir ou bon courage, il arrêta la conversation et l’instant d’après la cabine était plongé dans le noir absolu. Même la caméra n’affichait plus son petit point rouge, signe qu’il n’y avait vraiment plus d’électricité, ni micro, ni caméra pour écouter ou filmer. Rien de très rassurant.

Ils ne vont pas nous laisser comme ça, là ?!
Et si… apparemment.


Etouffant un grognement de colère Kim bougonna.

Bon je retire ce que j’ai dis… ça va prendre plus de deux heures…
Une idée pour s’occuper ? Vous êtes fatiguée ? Vous préférez dormir maintenant qu’on a plus de lumière ou bien…


Réfléchissant un instant, il finit par lancer d’un ton plus joyeux, mais surtout taquin.

Action ou vérité ?

Un jeu d’enfant, un jeu intéressant pour apprendre à connaître quelqu’un, ou tout simplement ne pas s’endormir. Un jeu qui permettait de rester éveillé puisqu’il était impossible de dormir. Des questions et des réponses pour tromper le noir qui les entourait. Il n’y aurait pas beaucoup de possibilités pour les actions, mais au moins les vérités pouvaient elles être intéressantes à dire, puisqu’en plus il n’y avait aucune oreille aux murs pour les espionner. A voir si la jeune femme était partante pour l’idée. La pièce était devenue impressionnante car c’était comme si ceux qui y séjournaient avaient perdu la vue. Ils étaient maintenant des aveugles car pas la plus petite lumière ne filtrait nulle part.

HJ : ou comment prendre le pari que Kai peut faire révéler quelque chose à quelqu’un sans avoir à draguer ! Razz
A toi de choisir pour la réponse. Tu as le droit de t’être blessé ou autre, même si là je ne l’ai pas mentionné.
J’avoue que j’aimerai bien qu’elle accepte le jeu, et si c’est oui alors considère que tu as le choix entre (choisis avant de lire même si tu peux changer d’avis ! Razz) :
(En spoiler tu as ce qu'aurait demandé/demandera Kim)
Action
Spoiler:
J’ai le droit à un sourire pour me prouver que vous allez vraiment bien ? Même si je ne peux pas le voir, je vous fais confiance…
Vérité :
Spoiler:
Qu’est ce qui vous plait dans le métier de barmaid ?


Et pour le fun et le souvenir, la chanson trouvée et écoutée pour écrire: MAROON 5 - If I Ain't Got You with Lyrics

_________________
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Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

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Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Gregory Allander Crescent le Sam 24 Sep - 1:56

Kaiheena Ludlow
Barmaid & Informatrice Rebelle.


19h45. Son cadran sonna une toute dernière fois avant d’être rabattu par un coup violent qui le fit valser jusqu’en le mur. Le bruit qui s’en suivit n’eut pour effet que de lui soutirer une plainte étouffée par son oreiller de plumes. Pourquoi. Pourquoi fallait-il qu’elle passe l’heure raisonnable pour aller se mettre au lit? Pourquoi devait-elle, et ce à quatre-vingt-dix-huit pourcent de son temps, ne pas songer une seule seconde à ce qu’elle pourrait ressentir le lendemain d’une soirée plus que bien arrosée, accompagnée de compagnie fort agréable qui avait pu lui apporter des informations bien précieuses. Pourtant, à cette heure précise, à ce moment précis, dans cet endroit précis, elle regrettait amèrement de n’avoir pas choisi de retourner chez-elle sagement, sans qu’elle ait à faire de longs détours, racontant qu’elle s’était endormie chez un de ces bons clients - soit Roy Johnson, qui n’était en rien un bon client, soit dit en passant - par pure inadvertance et que, miraculeusement, vers les huit heures du matin, elle avait transféré de chambre pour qu’il n’y ait pas de malentendu…. Vraiment, cette histoire était bidon. Elle le savait. Tous les gens qu’elle avait croisés en sortant de cette chambre avaient des soupçons sur ce qui s’était déroulé… Pourtant, et à bien y repenser, ils n’en savaient rien. Ce qu’elle avait découvert ce soir-là allait lui être utile… Mais pour l’heure, elle ne ressentait que très peu l’argument positif de cette histoire!
Elle avait le cafard… Mais ce n’était pas que ça! Elle avait, aussi, mal à la tête, mal au cœur, mal aux articulations! À croire qu’elle avait passé la nuit sur une corde à linge… Enfin, nuit! Si on peut appeler les quatre petites heures où elle s’était allongée pour faire une sieste comme une nuit! C’était insuffisant, elle le savait bien. Elle avait froid, elle avait faim, mais pourtant, elle devait d’or et déjà se dépêcher pour ne pas être en retard pour son quart de travail. Emmitouflée dans son couvre-lit, elle avait grand-peine à vouloir s’en départir. Le cadran, qui n’avait pas encore compris sa leçon, se remit à hurler magistralement… Ce fut le coup de grâce. Au bout d’efforts sans borne, elle réussit, néanmoins, à le débrancher en tirant d’un coup sec sur le fil. Enfin! Le silence. Quelle symphonie harmonieuse lorsqu’on a un mal de bloc qui nous empêche même de penser!

Elle se traina lourdement jusqu’à la salle de bain où elle ne prit même pas la peine d’allumer la lumière… Ni même de fermer la porte. L’éclairage qui émanait de son salon s’introduisait faiblement dans la pièce… Et cela lui convenait parfaitement. Elle retira les vêtements qu’elle avait porté la veille, effaçant une moue dédaigneuse –elle qui aimait tant prendre deux douches consécutives dans la même journée! Sans plus attendre, elle se faufila sous la douche, fermant ses yeux pour goûter au plaisir de sentir l’eau dégouliner sur elle. Sa chevelure dorée tombait en cascade sur tout son corps, collant à sa peau telle un rideau de soie. Elle s’en départit pourtant bien vite avant de les savonner abondamment. Elle en fit de même pour tout le reste de son corps, tentant d’oublier les souvenirs que lui laissait la dernière nuit blanche à son actif. Au bout de trente longues minutes, elle en sortit, soulagée. Elle attrapa une serviette qui était à sa droite, puis, d’un geste vif, prit son peignoir avant de s’envelopper dans ce dernier. Sa chevelure s’essorait dans l’autre serviette entortillée sur sa tête. Elle passa ensuite à sa chambre, se retenant de ne pas se recoucher encore quelques minutes. Devant son garde-robe, elle n’arrivait pas à choisir ce qui conviendrait le mieux à sa soirée : une petite robe rouge frivole? Peut-être même une mauve très sobre? Passant en revue tout son inventaire, elle finit par choisir un juste-milieu : une petite robe noire avec une coupe diagonale commençant un peu plus haut que la mi-cuisse et s’arrêtant au genou, moulante de surcroit, qui s’attachait à son cou, révélant ainsi une bonne partie de son dos, mais aussi un décolleté généreux. Ensuite, vint le moment indétournable du miroir où elle passa de longues minutes à s’observer tout en se maquillant brièvement. Un rouge à lèvres foncé, du mascara et un peu d’eye-liner suffit pour ce soir. Elle n’avait pas la force d’en faire plus. Ses cheveux secs, elle réussit à rassembler quelques mèches et de laisser retomber le reste. Elle n’était peut-être pas à son meilleur, mais tant pis! Elle jeta un dernier coup d’œil en direction de son reflet, puis, en réempruntant le chemin de sa chambre, elle mit des talons-hauts rouges, fatals, prit son sac à main… Puis, hésitante, regarda le dernier cachet couché sur sa table de chevet… Allez… Cela ne lui fera pas de mal. Elle l’avala d’une claque, sans eau… Mais quelque chose lui disait qu’elle en aurait besoin sous peu.

Ses talons claquèrent jusqu’à son boulot. Une allure un peu désinvolte l’accompagnait. Pour une raison qu’elle ignorait, on se tournait sur son passage. Peut-être avait-elle l’air plus défoncée qu’elle ne l’aurait dû? Elle s’en moquait. Elle ricanait toute seule, un peu ailleurs, mais totalement présente. Elle sautillait en emboitant son propre pas, tournoyant un peu sur elle. Elle jouait avec une de ses mèches frénétiquement en sentant son pouls s’accélérer graduellement… Elle n’avait plus le cafard. Mais ce n’était pas tout. Elle n’avait plus à la tête, ni à la tête, ni aux articulations. Elle chantonnait, sans s’en rendre vraiment compte, une chanson qu’elle ne connaissait que par de vagues souvenirs… Ou ceux d’une certaine Shelly.

    «Moi, je vis d'amour et de risque
    Quand ça ne va pas, je tourne le disque
    Je vais, je viens, j'ai appris à vivre
    Comme si j'étais libre et en équilibre
    Moi, je vis d'amour et de rire
    Je vis comme si y'avait rien à dire
    J'ai tout le temps d'écrire mes mémoires
    D'écrire mon histoire à l'encre bleue»


    Dalida – Laissez-moi Danser


Cette chanson la remplissait d’une joie incommensurable sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Elle se la rappelait pour son propre plaisir… Mais voilà que ses pas s’étaient rapprochés dangereusement de son boulot. Accueillit par les reproches habituels, elle en oublia rapidement l’ampleur, trop occupée à reprendre le relais derrière le comptoir avec un large sourire rêveur qui était de bien mauvais augure à l’insu de tous. C’est ainsi que début la soirée. Entre les nouveaux drinks qu’elle mijotait, les mauvaises blagues qu’elle devait endurer, les rires forcés et si naturelles malgré elle… Doucement, elle se sentait perdre la carte. Elle était trop fatiguée pour continuer la soirée ainsi. On lui payait des verres qu’elle se faisait un plaisir de recracher dès que le client fut distrait… Mais elle ne réussit tout de même pas à être épargnée par tous. Déjà un maximum infectée par la pilule qu’elle avait prise avant son entrée remarquée au bar, elle se retirait de temps à autres pour se rafraichir aux toilettes, s’aspergeant d’eau pour être certaine de rester éveillée encore un peu. Comme le temps passait lentement ! Plus elle s’impatientait de voir trois heures sonnés, plus elle voyait les aiguilles ralentir… Et les effets de la drogue aussi. Bientôt, il ne resta delle qu’un léger souvenir qui planait avec légèreté, mais aussi le sommeil qui avait gagné du terrain… Et puis, en voyant l’air qu’elle portait à son visage, Gabriel Barker, en tant que patron exemplaire, ne put la laisser là. Elle tenait à peine debout… Il lui donna son congé à trois heures, mentionnant qu’il s’occuperait lui-même des derniers clients… S’il avait su à quel point elle lui était éternellement reconnaissante ! Elle lui tendit un baiser sur sa joue avant de tourner les talons : «Et reviens-nous seulement dans deux jours ! On s’inquiète pour toi, Kai’»… Mais les paroles que venaient de prononcer son patron allait bien mourir dans l’oubli. S’inquiéter pour elle ? Il n’y avait aucune raison !

En refermant la porte du bar, Kaiheena Ludlow soupira, soulagée. Elle pouvait enfin aller dormir quelques heures supplémentaires. Elle ne rêvait que de son lit et d’innombrables heures à dormir sous une pile de couvertures chaudes et douillettes! Ses talons résonnaient dans le couloir qui illuminait son passage. Elle regardait à gauche, puis à droite, un peu lunatique. La drogue avait ses inconvénients… Et elle s’en rendait bien compte. Elle regardait l’ombre blanche qui était devant elle. Elle ne le reconnut pas sur le coup, trop occupé à observer les néons l’illuminaient sur son passage. Il était à la fois terrifiant et intriguant… Mais bientôt, elle se rendit compte que ce dernier était dans l’ascenseur et que, dans le meilleur des cas, elle devrait le prendre, elle aussi ! Elle se mit alors à courir à toute allure ! Heureusement, il l’avait aperçut ; comme un gentleman, il bloqua les portes automatiques pour lui permettre d’entrer à son tour dans l’appareil… Quel ingénieuse invention qu’était donc l’ascenseur !
Essoufflée, elle entra dans la petite pièce mouvante avant de reconnaître l’apparence flatteuse du Docteur Van Berghen ! Tiens, en voilà un drôle d’oiseau de nuit !
«Bonsoir Ludlow… enfin plutôt bonsoir. Vous montez ?»
Ricaneuse, elle ne put s’empêcher de trouver totalement charmante cette remarque qui n’avait… rien de plus qu’une autre, tout compte fait !

« Avec vous ? N’importe quand, Docteur Van Berghen» Rétorqua-t-elle avec un ton blagueur et charmant ! Je vous rends le bonsoir, Kim, il est rare de rencontrer une âme charitable à cette heure ! Merci infiniment. »

Elle avait toujours cette habitude de charmer lorsqu’elle n’avait pas son état «normal». Pourquoi ? Elle n’aurait su le dire, mais c’était ce qu’on connaissait d’elle. Charmante, en tout temps, d’une grande bavardise et d’une bonne humeur quasi-constante… du moins, en présence d’autrui. La solitude ne lui avait jamais fait. Sans doute que jamais elle ne lui ferait !
Inconsciente de ce qui allait se produire dans cet endroit qui n’avait rien de plus commun, Kaiheena souriait à belles dents lorsqu’elle entendit Van Berghen lui énoncé le troisième étage… Grand ciel ! Quelle drôle d’idée d’aller trainer au troisième étage lorsqu’elle ne souhaitait qu’une chose : être enfin dans un lit et pouvoir dormir à poing fermé… Au troisième étage, il y avait, aussi, une source incommensurable de tourments qu’elle souhaitait à tout prix éviter ce soir-là… Pour avoir des remords pour la veille, mais aussi pour ne pas jouer à ce son petit jeu habituel dont elle lui faisait sévir tous le supplice inimaginable... Bref, la victime du troisième n’aurait pas de ses nouvelles cette nuit-là.

« Deuxième plutôt, je ne me rappelle pas avoir déménager si haut» – Dit-elle en lui adressant un sourire en coin légèrement espiègle.

Elle savait à quoi il pensait. Gregory Allander Crescent. Ils étaient ensemble depuis combien de temps déjà ? Dix ans ? Ou presque ? Oui, c’était cela. Dix longues années à partager une vie avec un homme, Guildien de surcroit. Intègre, très peu bavard, obéissant… Tout son contraire, quoi ! Parfois, elle se demandait même où cette histoire allait la mener. Chassant ses pensées, elle venait à peine de remarquer que son silence pesait sur l’atmosphère, tout comme celui de son interlocuteur. Ils étaient tous deux fatigués, sans doute. À cette heure, qui ne le serait pas ! Surtout que la vie de scientifique était autant chamboulée que celle de barmaid… Et pour avoir déjà connu le plaisir de cette existence, Ludlow en était toujours très indulgente. Elle ne dit pas un seul mot, à son tour. Préoccupé par ses propres idées qui tournaient, sans qu’elle ne sache comment se rattraper, dans une noirceur inquiétante.

Elle oubliait le bruit mécanique. Elle oubliait qu’elle s’élevait. Elle oubliait qu’elle existait. Accostée contre le miroir du fond, sa tête tombait lourdement sur la surface glacée, la forçant ainsi à garder l’œil ouvert…. Quelle surprise se fut de se retrouver, soudainement, sans comprendre réellement pourquoi, entre les bras du Docteur Van Berghen alors qu’un arrêt violent venait à peine de terrasser l’ascenseur dans lequel il se trouvait sous les deux. L’effet de la drogue avait reprit, soudainement. Effrayée, elle s’était agrippée au col de son «sauveur», ne sachant pas trop quoi faire d’autre. Son cœur battait à la chamade, elle tentait de se contrôler, mais une panique invraisemblable venait de la prendre de court. Elle avait machinalement plaqué son visage contre le torse de son partenaire, fermant si fort les yeux qu’elle se crut perdre totalement la vision. Mais qu’est-ce que tout ça voulait bien signifier ! Elle tenta de se calmer, respirant à fond. Tiens, il avait pris une douche ? Ou était-ce son parfum ? Elle devait se ressaisir ! De quoi avait-elle l’air en agissant de la sorte ! Elle se concentra alors très fort. Que sentait-il ? Non, ce n’était pas un parfum. Elle rouvrit à grand-peine ses paupières, terrorisée. Tiens, il s’était rasé de près ?

De loin, elle l’entendit lui demander «Ça va ?». Elle aurait tellement voulu lui hurler que non, ça n’allait pas ! Toutefois, ils remarquèrent que leur conduite, l’un envers l’autre, était très peu convenable. Il lâcha ses hanches, elle lui lâcha le col. Elle éclipsa ce «ça va», aussitôt. Elle se sentait, tout à coup, un peu ridicule d’avoir agi en enfant. Mais… Intérieurement, elle était totalement apeurée. Elle détestait les ascenseurs ! Non pas lorsqu’ils fonctionnaient… Mais être piégé dans cet endroit… Petit et obscur… Ça, c’était le comble ! Ses yeux d’un noir aussi profond que la nuit s’habituèrent au clignotement inlassable du détecteur à infrarouge. Épuisée ? Elle ne l’était plus ! Elle n’avait même pas le courage de l’être ! Alors que son regard fixait celui de la caméra, Kaiheena sentit qu’on lui attrapait le poignet, sursautant, elle voulut d’abord le retirer… Mais sachant que c’était pour se rassurer que le Docteur de profession –mais surtout de nature- agissait de la sorte, elle finit par se résoudre à le laisser faire…
«Rien de cassé ?
Vous n’êtes pas claustrophobe ou nyctophobe ? Enfin… le noir ne vous dérange pas ?»
Rien de cassé. Non. Claustrophobe, par contre… si… Et le noir, n’en parlons pas ! Tremblant comme une feuille, Kaiheena était néanmoins orgueilleuse. Elle rabattit ses peurs qu’elle arrivait à peine à contrôler… Et d’un ton des plus exquis qui voulait à tout prix dissimuler le fond de sa pensée, elle répondit :

«Non… Non… Enfin… Je crois ? Il n’y a que dans les ascenseurs qu’on a un confort absolu… Ne manque plus que le service aux chambres inclus ! » Elle avait ricané nerveusement suite à cette remarque… Elle regrettait soudainement d’avoir pris son comprimé magique avant d’aller travailler… Il reprenait sur elle… Ce qu’elle ne voulait surtout pas…Vous avez déjà entendu parlé d’une toxicomane en crise?

Elle passa une main raide dans sa chevelure, faisant tomber une petite partie de ses couettes. Elle sentait son corps s’emballer… puis ralentir. Elle prenait de grandes inspirations. Il fallait qu’elle trouve un moyen de se calmer sinon elle allait réellement faire une crise hystérique. Heureusement pour elle, Kim avait pris la situation en main. Entendre la voix d’un opérateur leur certifiant qu’il arrangerait la situation eu soudain l’effet de la rassurer… Il fallait qu’elle se rassure. Ça ira bien, Kai’, ne soit dont pas stupide ! Elle plaça l’une de ses mains à son cœur, comme si elle tentait de le retenir pour qu’il ne lui saute pas en-dehors de la poitrine. Puis, au bout de quelques secondes de longues expirations et d’une légère thérapie tranquillisante, on l’interrompit.
«Si vous avez besoin de quoi que ce soit… demandez.
C’est un peu de ma faute si vous êtes coincée là, maintenant…»
Elle se surprit à toiser Kim avec une certaine crainte. Voyons, Kai’ ! C’est un Docteur ! Pas un psychopathe ! Elle le vit si gentiment lui tendre une bouteille d’eau, qu’elle la prit… Elle était assoiffée… Sans s’en rendre compte. Le problème avec les drogues fortes, c’est qu’on ne se rend compte de rien, justement ! Un peu attristée par les propos qu’il tenait, elle tenait pourtant à le remercier… De ne l’avoir pas laissé choir sur le sol alors qu’elle n’avait même pas eu conscience du choc…

« Merci, Kim…Vous êtes trop gentil… Mais… » . Elle s’interrompit, cherchant un peu ses mots. Elle s’amusait à visser et dévisser le bouchon de la bouteille d’eau qu’elle tenait entre ses mains : « … Mais ce n’est pas votre faute si nous sommes coincés ici… Enfin, si ce l’était vraiment, je vous promets que vous auriez payé bien cher cette mauvaise blague !»

Elle voulait tant détendre l’atmosphère !... Non, en fait, elle voulait tant se détendre elle qu’elle avait ajouté une touche d’humour à ce qu’elle disait. Cela allégeait un peu ses pensées. Certes, elle avait toujours très peur ; oui, elle voulait frapper dans tous les murs en hurlant «laissez-moi sortir»… Mais que pouvait-elle faire d’autre qu’attendre ?
Pour ce faire, elle débuta le tout en prenant une longue gorgée d’eau qui lui fit le plus grand bien. Depuis quand n’avait-elle pas bu une goutte ? Elle aurait dû pourtant, elle qui était, d’ordinaire, si avenante à ce sujet !... Puis, elle se rappela une chose très importante : elle avait oublié son sac à main au lounge ! Quoi de plus génial que de devoir revenir à son boulot pour une chose aussi imbécile ! Vraiment, ce n’était pas son jour !
Kim Van Berghen, lui, avait opté pour son ordinateur portable. Certes, il devait déjà annoncé la situation désuète dans laquelle ils se trouvaient tous deux...
Comme s’il s’agissait d’alcool, Kaiheena reprit une gorgée d’eau… juste au mauvais moment…
«Vous voulez envoyer quelque chose à Gregory, ou vous avez un portable ?
Vu comme c’est parti, on en a pour au moins deux heures…»
Elle passa de travers. Kaiheena s’étouffa tant qu’elle eut du mal à s’en remettre sur-le-champ. Il plaisantait, là, non ? Elle espérait sincèrement que ce n’était pas sincère… S’il y avait une chose sur laquelle Ludlow détestait se prononcer, c’était bien là-dessus…

« Non, ça ira. Si on pouvait éviter le sujet de Gregory, ça m’irait très bien... .» C’était catégorique… Mais la belle blonde se rendit bien compte que ses paroles étaient couronnées d’épine… Et elle ne voulait surtout pas infliger ça à son interlocuteur. Elle soupira avant d’ajouter : « Excusez-moi, Kim… Mais je n’aime pas qu’on parle de mes histoires… J’ai un peu de difficulté à savoir que tout le monde est au courant…«

L’air désolé qu’elle abordait, était sincère. Il n’y avait, chez Kaiheena Ludlow, aucune méchanceté volontaire. Elle n’avait surtout pas voulu attaquer Kim à ce sujet. Au fond, elle était contente, elle aussi, de n’être pas enfermée là toute seule. Le scientifique lui était sympathique, et puis… Kim était autant agréable physique qu’il pouvait l’être moralement… Ce qui, en soit, était en sa faveur. À cette pensée, elle ricana toute seule. À croire qu’elle allait craquer ! Et dire qu’ils leur restaient deux heures ? En voyant son interlocuteur s’asseoir et se débarrassait de se qui l’encombrait, la jeune femme eut bien l’envie de se prêter elle aussi à cette occupation… Pourtant, elle préféra rester debout à observer le reflet que Van Berghen à travers la glace. En silence, elle commençait déjà à retrouver son angoisse…Jusqu’à ce que, lui aussi rongé par le silence, sans doute, l’homme à la blouse blanche se mette à discuter… De Sérum de vérité.

Bien que le Docteur Van Berghen ne semblait pas avoir vraiment conscience de la teneur de ses propos, Kaiheena était absorbée, totalement envoutée ! Elle buvait ses paroles avec un intérêt presque inquiétant. L’autosuggestion était quelque chose quelle connaissait très bien pour avoir étudié le phénomène du temps de sa carrière scientifique. Silencieusement, elle était religieuse devant els évangiles sous de tels discours. Elle adorait être instruite… Et surtout si cette instruction pouvait lui être utile. Cette histoire de sérum la travaillait intérieurement. Petit à petit, de nouveau plan naissant sous ses prunelles aussi sombre que les abysses. Un sourire discret à ses lèvres, elle se demandait bien ce que cela pourrait faire si, par le plus beau des hasards, elle réussissait à mettre en œuvre cette technique… Elle n’aurait peut-être plus besoin de jouer ses charmes… Quoique, ceux-ci étaient, à leur manière bien à eux, de l’autosuggestion imposé. Malheureusement, ce discours prit fin trop vite avec le bâillement de son loquace interprète qui se répercuta immédiatement sur la bar-tendresse qui acquiesça d’un signe de tête à la question qui avait précédé le tout. Des histoires, elle en entendait plus qu’il ne fallait… Derrière un bar, on est l’oreille et l’épaule de tous et chacun ! Une vraie sauveuse pour les déserteurs des sombres tavernes…

La voix de l’interphone résonna alors ! Oh, heureux présage qui se métamorphosa, soudain, en sombre désastre ! Combien de temps allaient-ils rester moisir là ? Elle qui détestait les petits espaces fermés… Elle qui détestait le noir absolu, les voilà plongé dans l’un comme dans l’autre. Elle déglutit malgré elle. Son sauveur, quant à lui, transmettait le fond de sa pensée en paroles indignées de leur sort !
«Ils ne vont pas nous laisser comme ça, là ?!
Et si… apparemment.»
Il bougonnait alors qu’elle, à petit pas, commençait à se rapprocher de lui… Quoi ? Elle avait peur du noir ! Elle avait bien le droit de se rassurer avec une présence humaine, non ?
«Bon je retire ce que j’ai dis… ça va prendre plus de deux heures…
Une idée pour s’occuper ? Vous êtes fatiguée ? Vous préférez dormir maintenant qu’on a plus de lumière ou bien…»
Elle était enfin arrivée à destination avant de se laisser glisser conte le mur pour venir rejoindre Van Berghen à quelques centimètres à peine… Bon, peut-être avait-il besoin d’espace, mais elle, elle avait besoin d’être rassurée…
«Action ou vérité ?»
Mais alors qu’il venait à peine de lui proposer son idée, Kaiheena avait eu la brillante idée de lui rendre la bouteille d’eau… Mais habile comme elle était à cet instant… Elle réussit à lui mettre un poing sur le nez, ce qui eut l’effet de la faire réagir et de les voir tous deux se fracasser la tête! C’était… horriblement drôle, malgré tout.

«Oh, pardonnez-moi, hahaha, Kim… J’suis désolée, sincèrement » Fit-elle entre des rires taquins et un horrible remord de lui voir peut-être brisé quelque chose ! Heureusement, tout allait bien ! Kim n’avait rien de blesser à priori… Beaucoup plus de peur, que de mal ! Se frottant la tête là où elle avait percuté son interlocuteur, Kaiheena ricanait toujours de bon cœur avant de se calmer et de lui lancer, puisqu’elle n’avait surtout pas envie de dormir dans de telles circonstances : « Je vous offre les deux pour la peine… Mais… N’en prenez pas trop l’habitude !» Sur ce ton faussement réprobateur, elle ajouta alors : Maintenant que nous avons partagé une douleur commune… Je crois que nous pouvons nous tutoyer, non ?»

«Action ou vérité» ou comment faire que Kaiheena Ludlow tue un Docteur, dans un ascenseur aux petites heures matins!
Dans l’obscurité la plus totale, Kaiheena regardai tout de même les yeux de Van Berghen… Ou du moins, ce qu’elle croyait être son regard… A quelque part, ce petit jeu la rendait impatiente… Et, au fond… L’excitait ! Que le jeu commence !




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Gregory Allander Crescent
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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Lun 3 Oct - 13:57

Les médecins avaient trouvé des patients porteurs sains, ceux qui résistaient, ils avaient fait un sérum, puis des tests sur les rebelles qui n’avaient eu d’autre choix que d’accepter et d’espérer. Ca avait marché, ils avaient fait quelques changements et ils avaient maintenant un produit leur permettant de guérir ceux subissant l’épidémie. Bientôt ils auraient un vaccin. Le danger était passé ! La preuve c’était sans doute que Gunther Spark, l’un des dernier infectés et malade, se sentait bien mieux. Il n’avait plus aucun des symptômes, et si on le gardait encore un peu pour pouvoir être certain que tout allait bien, c’était un signe vraiment positif. Ils étaient bientôt sortis du problème. Certes cela signifiait aussi que les membres de la congrégation quitteraient le Sapientia, là où ils étaient finalement protégés et en sécurités –bien que précaire. Les brigadiers allaient pouvoir tous un à un reprendre le travail, et il faudrait interroger les ennemis, voir les torturer pour obtenir des informations, selon ce qu’ordonnerait le Haut Conseil. Impossible de les aider plus longtemps… Déjà ils les avaient soignés, c’était déjà une bonne chose. Les empêcher de propager la maladie et les remettre en forme, en état de répondre aux questions ou de se défendre un minimum. Ils auraient au moins les idées claires pour refuser ou accepter les propositions des brigadiers impériaux…

Il était toujours difficile de connaître la situation d’un couple, ce qui de toute façon relevait de leur vie privée… Ludlow faisait ce qu’elle voulait, et si elle ne désirait pas emménager avec Crescent, c’était son choix. Ou bien si les deux amoureux s’étaient disputés, ils avaient le droit de prendre une pause. Ca faisait environs une dizaine d’années que les deux oiseaux se tournaient autour. A Nosco c’était parfois vraiment important de ne pas se sentir seul. Kai s’était elle déjà inquiétée à cause du travail en souterrain de Gregory ? Elle connaissait forcement de vue, lors d’une des attaques, les créatures qui les peuplaient, ainsi que les rebelles… Autant de dangers qui pouvaient faire qu’il ne remonte jamais à la surface pour prendre une goule d’air, mais trépasse dans l’univers sombre peuplé d’ombres néfastes…
Cependant c’était le choix de Kai et il appuya sur le bouton marqué d’un large numéro deux. Deux arrêts pour l’ascenseur, qui n’en fit aucun, en tout cas il ne s’arrêta finalement à aucun étage. Cependant que serait la vie si elle ne réservait aucune surprise ? Une entreprise bien monotone et quotidienne qu’il faudrait répéter à l’infini sans avoir l’impression d’avancer. Là, on pouvait au moins avoir la crainte ou l’envie de croiser un élément nouveau, quelque chose d’inhabituel et de surprenant. Même si c’était plutôt désagréable une certaine heure passée… Bon Joshi, il était plus de trois heures du matin !

Je n’ai pas encore ce pouvoir sur les ascenseurs… je ne me suis d’ailleurs jamais vraiment penché sur leurs mécanismes. Je préfère grandement l’invention des marches à celle de ces machines qui sont sensible à la moindre faiblesse.
Ce n’est pas non plus mon genre de blague, ou en tout cas ça ne me fait pas rire… Mais promis, je vous en réserverais de plus amusantes.


Ce n’était pas directement sa faute si l’ascenseur s’était arrêté, cependant il avait influencé le fait que Kai puisse y entrer…

Au moins Kai avait été claire, concernant Gregory mieux valait taire le sujet. Elle ne souhaitait pas en parler, néanmoins il y avait un problème visiblement. Et demander de l’intimité à Nosco, c’était exiger l’impossible. Avec les caméras, il y avait forcement une personne au courant, quoi qu’elle puisse faire pour tenter de le cacher. Il existait des secrets à Nosco, toutefois ils étaient peu nombreux et généralement pas assez dangereux pour l’Impératrice pour qu’on en tienne compte. En tout cas il respecterait la volonté de la blonde d’éviter ce sujet fâcheux.

D’ailleurs il ne tenterait certainement pas le diable après l’effroyable coup de poing à la bouteille –involontaire- de Kai. C’est qu’elle avait de la force la petite, et qu’elle pouvait viser bien – ou mal selon le point de vue – dans le noir. Heureusement rien de cassé, juste le nez un peu douloureux.

D’accord, d’accord… un point partout ! J’arrête de m’excuser de vous avoir fait entrer dans cet ascenseur maudit, mais vous ne me frappez plus ?

Il retint à moitié un rire. Il ne lui en voulait pas puisqu’elle n’avait pas souhaité le blessé volontairement.

Vous avez prit des cours de boxe ? Il faut que j’apprenne à me méfier…
En tout cas je vous pardonne sans problème, surtout si ca peut m’éviter un nouveau coup… Ah, non ne frappez pas plus, je blaguais…


La pauvre Kaiheena voilà que c’était elle qui se reprochait temporairement une action. A croire que ces deux-là étaient doués pour ce petit jeu. Alors qu’est ce que cela pouvait bien donner pour un action ou vérité ? Accepterait-on les jokers ?

Bien alors passons au tu… Je retiens votre façon cordiale de poser les questions… mais vous n’avez pas besoin d’user de la force avec moi…

Il avait cependant reprit la bouteille, rien que par le poids et le clapotis de l’eau sur le plastique, on pouvait à peut près deviner quel en était le niveau, et c’était bas, alors autant l’économiser un peu. Surtout qu’ils n’auraient accès à aucun sanitaire jusqu’à ce qu’on vienne les délivrer. L’ascenseur était finalement assez peu équipé et vide, destiné simplement à accueillir pour un temps minimum le plus de personnes possible…

Quand aux femmes, ce sont êtres complexes et insaisissables. Tantôt elles se plaignaient du froid, grelotant et se collant à leurs compagnons pour capter leur chaleur corporelle, ou bien encore s’enroulant dans de doux vêtements chaud, et il leur arrivait aussi de s’habiller de la façon la plus provocante et désirable possible, avec le moins de tissus possible. Au grand bonheur des yeux, mais à l’incompréhension des hommes qui ne pouvaient pas saisir comme la frileuse d’un instant pouvait devenir si peu soucieuse du froid lorsqu’il s’agissait de « sortir ». Et mieux valait se faire belle lorsque l’on travaillait pour le patron du Lounge et surtout si l’on voulait plaire aux clients et avoir quelques pourboire précieux. Quoi de mieux que le noir pour une robe ? Premièrement ca affine la silhouette, deuxièmement c’est neutre et enfin c’est la couleur pour avoir le plus de élégante. Une coiffure faite à la va vite n’aurait que mit encore plus en valeur le soin apporté au maquillage et au choix de la tenue de Kaiheena. Mais si l’ambiance surchauffée du Lounge l’avait tenue écartée de toute brise fraiche, peut être retrouverait elle la crainte d’avoir trop froid maintenant qu’ils étaient arrêtés et pour plusieurs heures au moins.

Tu n’as pas trop froid, ça va ?
Ah attends, ce n’est pas ça ma véritable question… Pour l’action… hum… J’ai le droit à un sourire pour me prouver que tu vas vraiment bien ? Même si je ne peux pas le voir, je te fais confiance…
Et pour la vérité… Qu’est ce qui te plaît dans le métier de barmaid ?


C’est qu’il en posait des questions par dizaine, il était certainement trop curieux. Qu’importe du moment que le noir ne les envahissait pas avec le silence. Mieux valait peupler ces vides par quelque chose de concret, même s’ils étaient invisibles. Quitte à citer des connaissances.

Nous avons toujours beaucoup de choses à apprendre les uns des autres. Tu ne penses pas ? One se repose parfois bien trop sur des acquis, comme notre vue… Alors forcement ceux qui l’ont perdu développent des réponses - qui ne nous seraient pas venu à l’esprit - pour pouvoir se débrouiller. Par exemple, compter les pas lorsque l’on marche et prendre des points de repère pour pouvoir facilement trouver une sortie, ça devient un automatisme chez eux.
Tu sais comment faire pour se verser un verre d’eau les yeux fermés sans déborder ?


Il la laissa réfléchir un instant avant de continuer.

Simplement en plaçant un doigt sur le rebord, à moitié dans le verre. Cela permet de doser la quantité de liquide que l’on désire. Ok, ce n’est pas forcement le plus hygiénique, mais ca reste le plus pratique et efficace lorsque l’on est aveugle.
Et aussi… attends, laisse moi attraper la main. Non, plutôt ne bouge pas.


Il posa sa main sur le mur froid de l’ascenseur près de sa tête et continuant plus loin pour rencontrer l’épaule dénudée de celle qui était assise à ses côtés. Puis de l’épaule, il descendit jusqu’à la main.

On considère parfois comme inférieur des personnes avec des handicapes physiques, cependant on oublie totalement à quel point ils peuvent s’adapter et réussir à nous impressionner en surmontant ces problèmes.

Il se tut finalement, en profitant pour ouvrir la main de la jeune femme.

Qui donc oublie à quel point les mains sont importantes dans le langage ? Par nos mouvements on peut exprimer parfois tant de choses, qui bien sûr complètent les expressions du visage. Le langage des signes, vous connaissez forcement…
Mais savais tu que parmi les capteurs sensoriels qui parcours notre corps, on possède environs deux mille terminaisons nerveuses par millimètre carré au niveau de la pulpe des doigts ? Bref. Là n’était pas le but de ma phrase.


Il venait de passer des aveugles aux sourds, pour finalement revenir sur les premiers et les derniers combinés. C’était toujours comme cela lorsqu’on bouillonnait d’idées et que l’on n’avait pas préparé de plans ou de ligne de conduite pour un discours. Là c’était simplement un dialogue qui pouvait rebondir sur tout ce que dirait Kai. Et si elle se lançait sur des questions de cybernétique, alors ils n’étaient vraiment pas couchés. Les membres robotiques et les capteurs sensoriels… c’était encore presque un rêve, mais tous y travaillaient pour rendre le plus de facultés possibles à ceux ayant des membres cybernétiques.

Vous savez comment font les aveugles qui sont aussi sourds pour communiquer ? Impossible d’utiliser la voix à cause de l’ouïe ou bien encore la vision…

Plaçant l’index sur la paume de Kai, il commença à tracer des lettres. «O. N. E. C. R. I. T ».

L’Homme trouve toujours un moyen de communiquer, c’est naturel… Et avouez que celui-ci est un bon moyen de tromper les caméras, non ?
A moins d’être en face de l’une d’elle, il est bien plus difficile de comprendre ou voir ce que vous pouvez transmettre à quelqu’un lorsqu’il utilise cette méthode. Cependant il est bien difficile de faire de long discours…
Enfin… je vous prie de me pardonner. Je vous rends votre main, une nouvelle fois.


Les caméras… C’était tellement agréable de pouvoir en parler quand elles étaient éteintes et ne marchaient pas. Ces yeux qui suivaient tous et écoutaient tout, accrochés sur les murs qui arboraient ces yeux et ces oreilles mécaniques. Ils étaient entourés de technologies, pour le meilleur et pour le pire. Ils n’avaient de toute façon pas le choix, juste la possibilité de parfois échapper un instant à leur présence, dans les quelques pièces qui en étaient dépourvues. Elles se faisaient rares et donc forcement précieuses.

Dis, si tu devais te définir par un alcool, ou un cocktail, ça serait lequel ?

Les portraits chinois étaient censés permettre aux autres de comprendre quelqu’un par des questions assez généralistes et auxquelles tout le monde pouvait répondre… Néanmoins il était bien plus intéressant de cibler ses questions en fonction de la personne, et de ce qu’elle aimait ou côtoyait, pour ainsi mieux la comprendre. Encore fallait il que Ludlow accepte de répondre à la question qui ne faisait pas partie du jeu. On avait bien le droit de poser des questions à côté, n’est ce pas ? Et on n’avait pas de gage à être trop bavard ? Il croisait les doigts pour que ce ne soit pas le cas. Il était sûr que Gregory était bien loin de Kim. Autant le premier s’avérait silencieux et calme jusqu’aux moments d’actions, autant l’autre n’était que paroles et réflexions. Et Kai, n’avait elle pas aussi ce côté scientifique qui la rendait curieuse de tout et contente de parler de divers sujets pour en exploiter tous les aspects.

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Mar 18 Oct - 1:29

Toujours rieuse, la belle blonde ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable d’agir malencontreusement rencontré le visage de Kim avec son poing. Vraiment, il fallait être très malchanceux, ou très aveugle. C’était peut-être même quelque part entre ces deux choix que résidait la réponse. Quoi qu’il en soit, la pauvre demoiselle riait des blagues de sa pauvre victime qui prenait mieux que prévu le coup qu’elle lui avait fait subir sans pitié! Elle qui croyait n’être un danger pour personne mis à part pour elle-même, elle dût se rendre à l’évidence que dans l’obscurité, elle l’était pour tout le monde. Elle tenta de bafouer quelques excuses lamentables, mais rien à faire, elle ne pouvait arrêter de rire. Complètement high. Heureusement que la situation lui permettait de rire de la sorte, sinon elle se serait bien demandée ce qu’elle aurait pu inventer pour qu’on la croit! Son interlocuteur ne devait rien savoir à propos de son état. Ces substances ne regardaient qu’elle, après tout, non?

Elle posa délicatement ses doigts sur le visage de Kim, prenant ses deux pouces pour y discerner l’os nasal. Il n’avait rien de cassé… C’était de la chance, ça, non? Tout était encore en place, et, soudainement, Ludlow se remit respirer avec aise! Bien plus de peur que mal… Quoiqu’elle ne doutait certainement pas que Kim avait dût avoir très mal. Le mouvement avait été vif et raide… Heureusement pour lui, tout était bien qui finissait bien!

« Vous savez bien que la force est un moyen plus direct de demander des informations… Je déteste faire des détours… Comme ça, si vous me mentez, vous saurez à qui vous avez à faire! »

Elle avait dit ça en ricanant. Joueuse, elle ne pouvait s’empêcher de rétorquer à son interlocuteur qui lui lançait dans de jolies répliques!
Elle retira ses mains du visage de son blessé, souriant dans la pénombre.

« Tout va bien… Mais la prochaine fois je vous avertis avant de bouger? Question qu’on ne vous retrouve pas en civière en sortant d’ici… Ou que je sois accusée d’homicide involontaire... Karlovy m'en voudrait éternellement et je ne pourrais le supporter! »

Si Kaiheena croyait s’ennuyer en embarquant avec Kim Van Berghen dans cet ascenseur, elle se serait trompée! Soit, ce n’était pas le cas! Le Docteur Van Berghen était réputé pour ses longs discours, son attitude sociale et ses suites d’idées à en étourdir plus d’un! Pourtant, la belle barmaid n’était pas du genre à se laisser engourdir par les mots! Elle connaissait cette réputation, mais elle observait maintenant le maître à l’œuvre! On ne lui avait pas menti : son interlocuteur était bien un être loquace et qui en connaissait bien long sur ce qui l’entourait. Ce qui l’intriguait d’autant plus, c’était cette facilité avec laquelle les mots coulaient à ses lèvres. Elle ne le voyait peut-être pas, mais elle prenait un malin plaisir à écouter ses paroles. Cela la divertissait… En plus de calmer son état. Elle avait un regain. Du bout des doigts, elle jouait avec ses propres ongles, les tiquant sans réellement s’en rendre compte. Ce genre de comportement typique chez les gens qui prennent des drogues fortes ne pouvaient démentir son état : elle était plus atteinte qu’elle ne le voulait. Que pouvait-elle faire, de toute manière, si ce n’était qu’attendre que son état se stabilise? Même les médecins lui auraient dit la même chose : le temps saura votre remède!

Elle discernait à peine le froid, trop préoccupée par le sentiment de chaleur qui l’habitait. Elle en avait presque oublié son accoutrement très peu approprié pour les circonstances. Petite robe noire, talons aiguilles, Kaiheena se voyait souvent accoutrer de la sorte. Ce qu’elle venait d’ingurgiter lui évitant ainsi plusieurs sensations désagréables, elle préféra répondre rapidement, sans détour. C’était simple : elle était immunisée en cet instant-même. Immunisé contre le froid, contre le chaud. Elle se sentait bien en oubliant la panique qui l’avait fait sursauté quelques minutes à peine auparavant.

« Non, ça ira. J’ai même un peu chaud, t’avouerais-je »

Elle n’osait pas couper Kim dans ses élans. Il lui posait une question, puis voguait à d’autres sujets. Il était amusant à entendre. Cela lui changeait de l’éternellement muet Gregory Allander Crescent! Tandis que lui se cloîtrait dans un silence sinistre, Van Berghen était plutôt du genre à discuter de tout et de rien, laissant les mots guidés son esprit de réflexions qui ne semblait pas épuiser les sujets! Elle écoutait tout doucement, laissant les moindres caprices du grand parleur s’animer. Il lui touchait l’épaule, puis lui prenait la main, s’amusait dans des paroles dont elle connaissait la teneur, les propos, les solutions, mais n’osant pas le couper, elle préféra écouter. C’était la moindre des choses, non? Ils se tenaient compagnie, et elle n’osait surtout pas brimer tout ce qui lui passait par la tête. Elle était une spectatrice absorbée par les mots… Ou était la drogue qui la mettait dans une telle transe? Elle s’en fichait. Elle écoutait, sagement, sans le moindre signe de vie. Elle observait l’image imperceptible de Van Berghen. Loin des caméras, elle se sentait bien, trop bien. Elle sentait qu’elle pouvait discuter de ce que bon lui semblait. Elle rêvassait en tendant l’oreille. Kim était un puits de connaissances et cela lui plaisait! Elle n’aurait pu demander mieux.

Et puis, tout doucement, il multipliait les questions. Elle n’avait toujours pas répondu à la première, mais elle attendait plutôt qu’il termine avant de débuter car elle en aurait long à dire à son sujet. Elle l’écoutait discourir sur les aveugles, puis les sourds, puis les caméras. Elle enregistrait les informations par centaine sans jamais se fatiguer. Elle aimait l’entendre parler. Elle savourait donc chaque syllabe avec un plaisir incommensurable. Elle était ailleurs et présente. Heureusement que la lumière éteinte pouvait lui permettre d’être très discrète sur les signes de son intoxication volontaire. Elle serrait la mâchoire, jouait avec ses doigts, plissait frénétiquement le front, comme interpelée par une question. Mais tout cela n’était qu’effet dus aux substances qu’elle avait prises. Bientôt, elles s’estomperaient et elle pourrait vivre normalement… D’ici-là, restons calme et posée. Il fallait qu’elle change ses idées. Penser qu’elle était dans cet ascenseur lui retournait l’estomac. Son cœur qui battait déjà de bon train s’accélérerait encore plus… Et alors, seulement alors, elle pourrait perdre ses moyens.

Elle sourit dans l’obscurité en entendant la fin des paroles de son interlocuteur. Doucement, elle déposa une main sur sa cuisse, qu’elle eut beaucoup de mal à trouver, soit dit en passant :

«Cela fait beaucoup de questions en même temps, Kim »

Elle rit de bon cœur avant de poursuivre :

« Je vais pourtant commencer par la première, ça te va? »

Elle prit une longue inspiration. Elle avait cru bon répondre à la première… Pourtant ce fut la seconde qui fut désignée comme l’élue. Elle y réfléchit un petit moment, laissant le silence retomber sur la petite pièce autrefois mouvante. Elle passa une main dans sa chevelure, puis, en inspirant profondément, se jeta à l’eau :

« En vérité ce que je trouve intéressant dans mon métier, c’est le contact avec les autres. C’est étrange, mais en étant barmaid, teneuse de comptoir, ou ce que tu voudras, on y découvre bien plus sur les gens que ce que l’on croit. Les gens nous perçoivent souvent comme des confidents, une oreille attentive… Ils nous confient beaucoup de choses, autant à leur sujet que sur Nosco, leur souvenir, leurs idées, leurs rêves… Mais je n’ai pas toujours été barmaid, tu sais »

Elle s’interrompit, hésitant à savoir si elle allait raconter tout ce qui avait pu se passer avec Cole Hart… Puis, étant donné son insouciance du moment, elle poursuivit donc son récit, très calmement. De toute manière, les caméras étaient éteintes, que risquait-elle?

« Si je ne t’ai pas répondu tout à l’heure, c’est que je connaissais déjà la réponse à tes questions. C’est bien étrange, mais avant d’être assignée derrière un comptoir, j’ai moi aussi été scientifique. Tout comme toi j’étudiais la cybernétique. C’est mon parrain qui m’avait donné la piqûre. Tu connais sans doute l’Affaire Hart, non? Cet homme qui était au service des rebelles et qui travaillait au Sapienta? Eh bien, dis-toi que cet homme avant d’être enfermé fut mon parrain. Lorsqu’on l’accusa de trahison et qu’on le mit derrière les barreaux j’ai tout arrêté. Je ne me sentais plus capable de poursuivre sans qu’il soit là. C’était comme si travailler loin de lui avait eu pour effet de calmer mes envies scientifiques.»

Elle se tut quelques secondes en soupirant.
Elle en disait beaucoup… Beaucoup trop. Mais elle poursuivit néanmoins.

« Je ne pouvais plus continuer sans penser à Hart… Et comme tout le monde avait compris que je ne pouvais tolérer de rester plus longtemps dans les laboratoires, on me mit en congé forcé. Ce n’était pas bien grave puisque c’était pour le bien de tous qu’on m’éclipsa de là… Par la suite, Gabriel Barker m’a pris sous son aile pour que je sois à son service. Il était l’un des bons amis de Cole, et comme de fait… Il est arrivé au bon moment, je crois! Sans lui, je ne sais même où j’en serais… Il y a des gens qui vous sauvent à leur insu… C’est ce qui est bien drôle dans tout ça! Barker ne se doutait pas à quel point j’allais mal lorsqu’il m’a accueillie… Et c’est sans doute lui qui m’a sauvé de ma déprime! S’il y a un homme à Nosco à qui je dois beaucoup, c’est bien lui! Je suis certaine qu’il te plairait Kim… Tu as déjà eu l’occasion de lui parler? »

Elle aimait parler. Cela lui faisait un grand bien, même. Van Berghen était ce qu’elle pouvait appeler un «diachylon». Il pansait certaines blessures qu’elle croyait ouverte. Il n’avait pas besoin de faire grand-chose1 Seulement de l’écouter et de partager avec elle quelques mots. Cela lui faisait plaisir de pouvoir enfin discuter avec quelqu’un de normal. De tout, de rien! Barmaid, elle tendait l’oreille, sans pourtant s’ouvrir à quiconque. Maintenant que tout était éteint, elle en profitait pour laisser livre cours à ses idées, ses rêves, ses envies. Heureuse. Elle était heureuse. Mais encore était-ce réel ou artificiel?
Elle refit le geste de Kim : elle déposa une main sur son épaule pour en chercher l’extrémité qui la conduirait à sa main. De là, elle se mit à tracer du bout de ses ongles : M.E.R.C.I-elle s’arrêta -D.E. –une nouvelle fois- M.E. -pour la troisième séquence - C.H.AN.G.E.R.- elle prit un moment pour sourire et d’.écrire la fin d’un trait - L.E.S.I.D.E.E.S.

« Avoue que je deviens douée? » Elle ricana malgré elle à sa propre blague avant de se lancer dans un discours : «Et toi, Kim, qu’aimes-tu dans ton métier? » Puis, elle réfléchit quelques instants en rajoutant : «Étant donné que je te retourne la question, on ne la compte pas! Je suis maître du jeu assignée pour les prochaines minutes… Après tout, tu sais le sort qui t’attends si tu n’écoutes pas ce que je dis, n’est-ce pas? »

Elle se faisait un malin plaisir d’en rajouter! Elle aimait bien plaisanter. Cela la sortait de l’hypnose de la drogue qui faisait toujours ravage.

« Tu prends ma main quand tu veux. » Elle avait dit cela avec un sourire invisible.
« Si j’étais un cocktail? Un alcool? Je serais un Amour Noir. Amer et sucré, délicieux et enivrant, fidèle et évasif… J’aimerais bien être comme ça.
Toi, par contre, je te verrais bien en Coucher de Soleil… Mais comment vous percevez-vous, Docteur? »


Elle qui n’avait toujours pas lâché la main de Kim et qui pianotait sur cette dernière, elle se rappela soudainement ce qu’il lui avait demandé au tout début de leur conversation. Un sourire? Elle souriait. Il lui faisait confiance, mais elle voulait lui en donner la preuve formelle. Elle prit donc la main du scientifique en otage avant de la porter à ses lèvres, dessinant son sourire en effleurant sa propre bouche. Il était étrange de sentir la main guidée d’autrui caresser cette dernière. Puis, elle le laissa libre.

« Je vais bien… Merci de te soucier de moi comme ça, Kim. C’est… très gentil. Mais je vais très bien. Dis-moi que tu vas aussi bien maintenant? »

Elle se mit à rire alors qu’elle s’allongea sur le sol, avant de déposer sa tête sur les jambes du docteur, la tête vers le haut. Elle s’enquit donc :

« Vérité ou Action?»

Elle était bien dans cette position… Se rappelant toutefois que son soutien était un être de chair et d’os, elle eut un certain inconfort. Elle eut le réflexe de demander :

« Ça te dérange?»

Ton de petite fille totalement désirable qui sentait les reproches venir. Elle avait employé ce ton bien plus par habitude que par réelle envie. Cette situation l’amusait plus qu’elle ne le dévoilait vraiment.

[Vos choix:
Spoiler:
Vérité : Quel était le moment le plus heureux qu’il eut jamais vécu?
Action : Lui masser le dos pendant les prochaines cinq minutes pour avoir droit à trois questions supplémentaires lors de sa ronde! (Bah quoi, profitons de la situation! XD).
]
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Kaiheena Ludlow

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Mar 25 Oct - 2:38


On dit que le rire est le meilleur moyen de se lâcher, faire baisser la pression et oublier un instant les contraintes ou les problèmes. C’est pourquoi face à une situation difficile ou un moment de stress intense on éclate parfois de rire. Même si le contexte n’est pas du tout approprié, c’est parfois la seule manière de se calmer. Rire face à l’ironie, face au malheur ou à une question dont on ne connaît pas la réponse. Rire pour paraître un peu moins ridicule, ou se moquer de soit même. Néanmoins l’effet était immédiat et procurait un vrai relâchement du corps, une petite bouffée d’air pour mieux repartir. Et puis perché dans un ascenseur en panne, ils avaient bien besoin de rire, même si c’était d’un coup de poing. Il la laissa vérifier qu’il n’avait rien de casser sachant à quel point on pouvait s’en vouloir pour une blessure provoquée involontairement.

C’est sans doute le moyen le plus direct, mais pas forcement le plus efficace…

On pouvait surtout faire avouer des mensonges par la violence, bien plus rarement une vérité. Lorsqu’on souffrait on avait bien plus de mal à réfléchir à ses paroles et à expliquer, alors on se contentait d’acquiescer à la première proposition pour faire stopper la douleur. Torturer quelqu’un pour le faire parler était souvent un peu plus subtil que de lui faire subir une douleur insupportable en continue.

D’accord, la prochaine fois, vous m’avertissez et je me baisse ou je tente d’esquiver. Je ne tiens pas à ce qu’on vous accusez d’un si affreux crime, ou qu’on dise de moi qu’il fut possible de me tuer avec une si grande facilité.

Si Kai tentait de garder son sang froid, on pouvait la sentir en parti nerveuse, surtout lorsque par exemple elle faisait claquer ses ongles l’un sur l’autre, tic qui s’exprimait inconsciemment. Peut être était ce aussi la fatigue après tout ? Elle s’était tut si longtemps qu’il cru un instant l’avoir endormi de ses paroles, pourtant elle était encore bien éveillée et apparemment assez consciente pour réussir à répondre aux questions en les prenant dans l’ordre et sans les oublier. Il hocha la tête avant de se souvenir qu’elle ne pouvait pas voir ce signe, il répondit donc d’un simple « oui » pour l’inciter à parler à son tour. Il l’écouta avec la même attention dont elle avait fait preuve à son égard. Surtout qu’il avait posé les questions et était donc intéressé par les réponses qu’on pourrait lui fournir. Il s’imagina un soir barman. Pensant que le côté positif que lui décrivait Kai lui aurait plu aussi, cependant il n’était pas un être de la nuit qui aimait forcement s’abrutir de trop musique ou de lumière. Il préférait plus de calme, surtout pour discuter ou écouter. Là bas, les mots risquaient de se perdre, on pouvait rater quelque chose de vraiment important, être obligé de demander de répéter… On n’avait pas la possibilité d’étudier les gens de ceux qui se confiaient. On ne pouvait pas non plus faire confiance à ceux un peu trop alcoolisés, à des gestes ou des paroles déplacés. N’était-il pas facile d’insulter celui qui refuse de servir le verre de trop ?

Cole Hart, bien sur qu’il connaissait. Il fallait dire qu’il aimait se renseigner un peu sur tout et sur tout le monde. Et puis en côtoyant quelques nosciens classés comme étant « potentiellement pro-rebelle », il s’était renseigné sur ceux qui avaient dû subir ces accusations. D’ailleurs Hart faisait partie des nombreux collaborateurs de travail de Kim. Mais sans qu’il ne lui ait jamais vraiment parlé, l’homme semblait si effacé… peut être était ce simplement le fait que tout le monde cherche à l’éviter, suite à son passé ? Les gens avaient cette étrange impression que de ne pas toucher ou approcher quelqu’un permettait de ne pas « être infecté ». On barrait la route et empêchait de progresser tous ceux qui avaient eu un passé lié aux rebelles, on les cassait littéralement. Pour l’exemple et pour que personne ne veuille leur ressembler ou les imiter. La menace était une bonne solution pour calmer les esprits les plus intrépides. Les quelques condamnés servaient d’exemple pour toutes les générations. Kim serrait des dents de colère. Certes Cole Hart avait trahit les nosciens et l’impératrice, cependant était ce une raison pour mettre au banc quelqu’un avec des compétences ? On lui permettait une fausse « réintégration » mais en lui barrant toutes les possibilités. C’était comme de lui mettre une laisse autour du cou, il était incapable de bouger sans se retrouver contrôlé par son passé et les Guildiens.

Quand à Gabriel Baker, c’était presque le contraire, il avait réussit comme certains autres à obtenir une certaine protection de la Guilde, qui lui assurait de faire plus ou moins ce qu’il voulait tant que cela ne contredisait pas trop le régime en place. Il suffisait que jamais il ne fasse de remarques contre ceux qui dirigeaient et il pourrait continuer son petit business au Lounge et ses longues nuits de folies… L’empire était ainsi, reconnaissait pour ceux qui lui étaient indispensable, et cruel envers ses victimes, ceux que l’impératrice rejetait de sa bénédiction. Kaiheena avait sans doute dû rompre tout contact avec Cole Hart simplement pour continuer à vivre sans qu’on la soupçonne… Se lier à Baker, puis à Crescent pour se protéger…

[color=seagreenOui, j’ai déjà pu lui parler rapidement. J’en retiendrais surtout qu’il m’a semblé un indéniable optimiste qui positive toujours et ne lâche pas prise dans ses idées… Quelqu’un de déterminé.[/color]

N’était ce pas le plus difficile ? De devoir subir une séparation ou un drame à Nosco après avoir été séparé de sa mémoire et de son passé ? Dans une vie où les gens pourraient être immortels et éternellement heureux, ce bonheur pouvait parfois éclater telle une bulle, ou s’effondrer tel un château de carte sous un fort coup de vent. Le destin s’avérait parfois sans pitié. Il ne savait plus quoi lui répondre pour lui remonter le moral, lorsqu’il sentit la main de la jeune femme qui cherchait la sienne. Au moins avait elle comprit et assimilé la technique permettant de trouver par le toucher avec prudence. Il la laissa écrire, tout en fermant les yeux pour mieux assimiler les lettres. Pour lui répondre, il lui attrapa la main avant qu’elle ne s’enfuit et y posa un baiser.

C’est avec plaisir. Cependant je n’apprécie pas que tu deviennes plus douée que moi…

Il avait prit un ton faussement courroucé combien au contraire il était content qu’elle se prête au jeu.

D’accord, d’accord, tu seras le maitre du jeu désignée à l’unanimité. Et je répondrais sans protester.
Ce que j’aime bien… c’est d’abord la possibilité d’avoir une polyvalence et de faire tant de choses, ce n’est jamais lassant car on ne fait jamais la même chose lorsque l’on est en contact avec les gens. C’est toujours légèrement différent. Alors que lorsque l’on est confronté à un ordinateur c’est toujours les mêmes gestes ou les mêmes réflexions. Face à l’humain, on est sans cesse obligé de s’adapter. Darwin aurait été content d’apprendre que désormais on fait aussi avec la technologie et qu’on l’exploite au maximum. J’aime le côté mécanique, et la cybernétique… pour avoir la possibilité de progresser dans le domaine de la robotique. Ca a des répercussions tellement importantes, il faut adapter les exosquelettes en fonction de chaque personne et de ses besoins. Nous sommes obligés de créer des robots qui répondent et comprennent le comportement humain, il faut donc aussi jouer sur la psychologie et la programmation de leurs réactions. On joue sur des éléments limités mais que l’on peut créer et élargir petit à petit au fil de nos recherches…
Cependant je ne vais peut être pas vous raviver des souvenirs s’ils sont pour vous douloureux, vous connaissez cette passion pour la cybernétique.
Quand à la médecine, c’est totalement différent. L’être humain est parfaitement stupéfiant et le corps humain nous surprend parfois encore. Les capacités cérébrales sont clairement sous-utilisés, un jour on arrivera peut être à en utiliser un peu plus. C’est tellement intéressant de soigner les gens et de les aider à aller mieux, à se sentir mieux. Même si la plupart viennent au Sapientia en trainant des pieds. Ce n’est jamais facile de venir dans un lieu où l’on ne se sent pas à l’aise surtout lorsque l’on se sent affaiblit ou mal en point. Il faut aussi réussir à comprendre les non-dits et à installer la confiance. On ne peut pas soigner quelqu’un qui n’a pas un minimum de crédit dans vos paroles. Sinon il est certains qu’il fera le contraire des conseils qu’on lui prodigue, même s’ils étaient les meilleurs pour lui. En même temps c’est à double tranchant de connaître trop les gens que l’on traite, puisque l’on est obligé de rester totalement impartial et professionnel. Je pense et j’espère réussir à faire assez bien la part des choses entre le professionnel et ma vie privée. Et le secret professionnel ne me dérange en aucun cas. Néanmoins il y a forcement des personnes qu’on a plus de mal à soigner, soi-même par exemple… Il est parfois un peu difficile de s’avouer que l’on est malade. On comprend donc bien que c’est tout aussi compliqué pour les autres…
Soigner c’est totalement différent que de réparer… mais finalement c’est tout aussi intéressant et riche en expérience. Il faut réfléchir différemment toutefois le but est presque le même.
J’apprécie aussi le fait de pouvoir travailler en groupe, pouvoir partager ses connaissances et discuter, s’entre aider lorsque l’on rencontre une difficulté.
Et surtout je suis content de ne pas devoir passer la moitié de mes journées devant un ordinateur, et de pouvoir le conserver simplement pour lire mes mails ou pour surfer, ou de ne pas avoir à travailler trop dans les souterrains de Nosco… enfin nos sous-sols non aménagés.
Hum… je vais peut être m’arrêter là, avant de déblatérer totalement sur ma vie et mon passé…


Kai était certainement plus doué que lui pour les cocktails et connaître leurs différentes sortes. Il préférait souvent se contenter d’alcools un peu plus basiques et plus commun. Rien de très original.

Je testerais alors la prochaine fois que j’irai au Lounge. Cependant pour moi je dirais un Feuerzangenbowle. Et si tu ne connais pas, je te laisserai dans le doute… tu chercheras.

Kai souriait vraiment, riant même parfois. C’était au moins une bonne nouvelle. Kim n’aurait pas aimé être enfermé dans un ascenseur avec un Shane Lewis claustrophobe et paniqué, mais la jeune femme semblait prendre la situation avec assez de philosophie et sans paniquer ou se mettre à pleurer de terreur.

Moi je vais bien, ma seule crainte était que ce ne soit pas ton cas.

Si Kai avait l’habitude de déstabiliser les hommes rien que par son physique et ses habits moulants, dans le noir elle pouvait être tout aussi perturbante dans son attitude qui ressemblait presque à du flirt. Poser sa tête sur ses jambes, en soit pas forcement entreprenant mais légèrement perturbant. Et voilà que Kim venait de voir apparaître métaphoriquement deux petits personnages sur ses épaules. Un petit démon au sourire malin et à l’attitude décontracté et un petit ange qui fronçait les sourcils en croisant les bras de mécontentement. Elle demandait … Si ça le dérangeait ?! Sifflotant le petit diable lui souriait en lui murmurant de dire : « non, aucun problème », tandis que de l’autre côté l’ange s’indignait en lui hurlant dans le tympan « dis lui que oui ! Penses à Karlovy ! ». Qui fallait-il écouter ? A droite ou à gauche ? Les flammes ou les petits nuages ? Foncièrement la position ne le dérangeait pas s’il n’y avait aucun sous-entendu et puis après tout il était normal qu’elle soit fatiguée vu l’heure. Or l’ascenseur n’était pas des plus confortable et… et le petite diable gagnait avec ses arguments crédibles… Soudain il sautait d’une épaule à l’autre et allait botter les fesses de son ennemi qui disparaissait dans une brume blanche.

Euh… non…

La voix disait presque le contraire de ce qu’il disait. Mais de toute façon, il n’y avait pas de possibilités de fuir et il fallait bien qu’ils se reposent un minimum.

Soyons fou, action et vérité aussi… Je ne tiens pas à ce que l’on dise que je t’impose plus de choses qu’inversement. D'accord?

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Ven 11 Nov - 23:36

Kim l’amusait. On avait beau lui dire tous ses défauts autant que chacune de ses qualités, elle ne pouvait s’empêcher de croire qu’il était intéressant. Non pas qu’elle était intéressée par lui outre-mesure dont celle où deux êtres sont cloîtrés dans un ascenseur pour un temps indéterminé, mais elle avait beaucoup de plaisir en sa compagnie. Elle n’aurait pas pu espérer meilleur compagnon d’expérience! Quoi de plus trépident que d’être enfermé dans un élévateur aux petites heures du matin avec panne de courant? C’était une situation totalement exquise! Délicatement, elle avait laissé son esprit vagabonder vers d’autres scénarios de leur sort. Elle l’écoutait discourir avec beaucoup d’attention, totalement figée dans un état de transe –chimiquement modifiée, si vous voyez ce que je veux dire – et doucement, elle se laissait porter par chaque syllabe qui traversait ses lèvres invisible dont elle ne pouvait que deviner la provenance. Sagement, elle redescendit à terre lorsque les mots qu’il employait devinrent un baiser chastement poser sur sa main. Que les hommes étaient drôles! Ils se voulaient distants ou si près, ils jouaient les galants alors qu’il ne voulait peut-être rien. Kaiheena sentit un léger sourire taquin étirer ses lèvres. Elle laissa même un ricanement trépasser sur ces merveilles de miel. Van Berghen était un spécimen bien étrange, tout compte fait. Tant mieux! Au passage, elle en profita pour effleurer du bout de l’ongle la peau du docteur, plus par besoin de contact humain qu’autre chose.

Les évènements se succédèrent, et elle écoutait, bercée. Les mots lui venaient si facilement. Elle aimait bien les gens loquaces! Son passé se livrait si facilement. Elle ne put s’empêcher de lui susurrer, dans une douceur peut-être abusive pour être normale –vue son état, c’était totalement compréhensible… du moins, en connaissance de cause :

« Non. Non… Tu peux continuer si tu veux… Mais à tes risques et périls : je n’aurai bientôt plus de questions!» Fit-elle avec un ton aussi doux que moqueur qui marqua sa final en un rire typiquement Ludlow : suave, tendre, rêveur. Quelque chose entre la lubie et la réalité. Kaiheena se sentait bien étrange du coup.

Parlant du Lounge, elle ressentit une certaine curiosité : est-ce que Kim y viendrait un jour, pour de vrai? N’était-ce que paroles vociférées pour le bon plaisir de les entendre? Elle ne sut le dire, et elle se contenta de sa propre réponse en signe d’accord soit à cette idée lancée au hasard ou à ce fait qu’un ils pourraient se parler autre part qu’entre quatre murs clos dont il n’y avait nul échappatoire.

«Si, je sais ce que c’est. Toutefois… Je croyais que ça ne s’avalait qu’en temps de festivité? Je me trompe peut-être, au fond! » Dit-elle alors qu’elle jouait distraitement avec l’une de ses longues mèches de cheveux d’or. « Si tu viens, je te mijoterai ma recette spéciale, tu verras! Mais je t’avertis : il n’y a que moi qui te serve, hein!? Tu es mon invité d’honneur à présent que nous sommes tous deux des amateurs d’ascenseur. Je te donnerai mon adresse courriel pour que nous puissions fixer un rendez-vous »

Elle avait marqué chaque syllabe avec moquerie distincte. Elle préférait de loin s’amuser et dire n’importe quoi que de perdre la tête dans une folie qu’elle ne saurait contrôler. Les phobies toxicomanes sont souvent plus violentes que celles non provoquées. Kaiheena savait de quoi elle parlait. Elle s’en souvenait comme si c’était hier. Les ravages étaient marquants, mais encore plus les actions. Elle eut un frisson incontrôlable à cet instant, perdue dans sa propre contemplation de l’obscurité.
Il y avait pourtant une chose qui troublait la belle blonde face à ce personnage dont elle ne discernait que si peu de choses : cette gentillesse. Gentillesse à son égard qui frôlait la démesure de la politesse respectueuse et courtoise qu’ont, normalement, deux inconnus, l’un face à l’autre. Elle ne savait si cela signifiait quoi que ce soit. Elle ne le connaissait que si peu, en vérité! Peut-être était-ce sa nature d’éprouver cette chaleur envers autrui… Ou peut-être pas? Karlovy avait-elle droit au même traitement que les autres? Certes pas. Elle se questionnait face aux égards si tendres dont elle était sujette. Elle était troublée, malgré elle. Elle qui troublait davantage… Elle était devenue marionnette devant son jeu de marionnettiste. C’était instantané, sans attente. Elle avait effleuré le visage, une joue, semblait-il, du revers de la main. Elle souriait, silencieusement.

« Tu es adorable, Kim. » souffla-t-elle avant de se laisser choir sur les jambes de son interlocuteur avec une aise presque aussi troublante qu’elle avait pu être troublée.

Kaiheena devait rester calme. Elle avait des expressions, des gestes qui contredisaient cette quiétude. En vérité, ça n’avait absolument rien à voir avec une inquiétude quelconque. Elle était simplement tiquée. Ses ongles claquaient, sa mâchoire était serrée, elle avait froid et chaud à la fois, elle se mordait la lèvre inférieure…S’en rendait-elle un tant soit peu compte? Les faits étaient que non. Elle pensait à la vitesse lumière. S’arrêtant sur des idées sans queue ni tête, poursuivant son parcours jusqu’à une certaine paranoïa pour retomber dans la philosophie banale et quotidienne, elle se demandait quand elle aurait pleinement le contrôle de ses pensées. Elle devait se fixer une idée. Se fixer sur quelque chose de d’extérieur. La noirceur, par exemple. Elle les englobait, les dévorait. Son ivresse les conduisait à être esprit et non plus corps… Était-ce pour le mieux? Sans doute l’était-ce un peu! Le corps ment souvent sur l’esprit. Il cache ce qui reste fondamentalement humain : la pensée et ce qui en ressort. L’impression n’est alors que psychique. La valeur diffère de celle qui équivaut aux liens de la chair. Les artifices tombent, la beauté vient de l’intérieur! Tant de beaux discours qui ne peuvent être tenus avec le sens si traitre qu’est la vue.

Illuminée par ses idées, elle n’avait même pas entendu la réponse de Kim face à sa posture quelque peu ambigüe. Elle ne remarqua rien. Ni le ton révélateur, ni même le duel intérieur auquel il était en proie. Elle se contentait d’écouter sa décision : un deux pour un dans ce cas! Elle sourit, malgré elle, et enchaina sur un ton légèrement saupoudré de fausse rancune :

«Oh, parce que Monsieur prend mes habitudes? » Elle avait ricané à sa propre remarque avant de poursuivre, décontracte : « Alors… Je te demande : quel est le moment le plus heureux que tu aies vécu?». Puis, présentant sa main sur le torse de Kim, elle eut comme réflexe de lui présenter sa conséquence : « Et… sans oublier l’action : un massage d’avant-bras pour trois questions supplémentaires si bien effectué : veuillez prendre note que je suis très sensible au refus et que ce serait trahir notre jeu de ne pas agir en conséquence. »

Elle avait narré le tout avant de s’esclaffer, elle aurait bien aimé voir sa tête. Malgré tout, il n’avait pas le choix : le jeu était le jeu! Elle aurait bien pu faire pire! Craignant pourtant de le voir fuir à toute jambe, elle avait préféré être très docile pour la cause : soyons presque descente, Kaiheena!



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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Dim 20 Nov - 16:38

Même s’il prit un air faussement offensé, néanmoins Kai n’aurait pu le voir dans l’ombre qui les entourait.

Plus de questions ? Oh détrompe-toi… Sincèrement, tu penses qu’il suffit de quelques minutes pour connaître quelqu’un ? Certes, tu peux le cerner, ou du moins comprendre un profil psychologique, mais je pense que les gens sont bien plus complexes que cela. Tu peux totalement vivre pendant plusieurs années avec quelqu’un et découvrir quelque chose à son propos. On ne peut jamais totalement évaluer comment les gens réagissent dans certaines situations. Il suffit d’un contexte particulier et…
Non, de toute façon, je te crois bien trop curieuse pour t’arrêter de poser des questions, et il y a bien assez de sujets pour que l’on puisse discuter et argumenter, voir même philosopher sans s’ennuyer.


Il était si facile de changer d’idée pour relancer un débat, ne pas trouver de moment de latence trop important et empêcher tous les anges de passer. Surtout avec quelqu’un qui avait une bonne culture générale et des centres d’intérêts divers. Ceux qui étaient un peu trop plongé dans leur domaine spécifique, en devenaient ennuyeux, car inintéressés par les autres domaines, et forcement callé dans le leur… au point de se montrer arrogeant ou d’employer un ton professoral à l’adresse de leurs interlocuteurs, forcement plus « novices » sur le sujet. Ce qui devenait facilement une discussion à sens unique, sans autre intérêt que d’écouter pour apprendre. Si ce n’était que l’on n’avait aucune possibilité de contredire, ou même de poser des questions.

Non, tu as raison… Seulement, si l’on attend les grandes occasions pour en profiter, alors on rate une partie de sa vie… Enfin c’est ce que je pense. Autant profiter de chaque minute, tu ne crois pas ?

A quoi bon perdre sa vie dans des aprioris alors qu’il était si facile de se retrouver malade, ou de prendre une balle perdue… Il ne fallait pas oublier la fragilité de la vie, malgré le cadeau d’immortalité qui avait été offert aux résidants de la ville de Nosco.

D’accord, je te transmettrais la mienne. Enfin l’une des miennes. Il faut juste que je réfléchisse pour savoir laquelle je consulte le plus souvent. Quoi que… tu sais j’ai trouvé un super bon logiciel, qui te préviens automatique dès que tu reçois un message, quelque soit la boite mail concernée, et d’un simple clic, hop tu peux aller le lire. Les informaticiens font des choses vraiment pratiques parfois…

Trop d’informations leur parvenaient parfois, et il était si facile de les retransmettre. De les utiliser, de les classer dans son cerveau, ou tout simplement des les oublier en les jetant dans la case inutile. Ou bien encore dans une partie qui indiquait « à ne ressortir qu’en cas d’urgence », ou alors « à n’utiliser que dans un contexte particulier ». Mais il fallait dire que le jeu action ou vérité avait le mérite de faire passer du coq à l’âne et de varier les thèmes. On pensait à quelque chose, puis une question venait vous tarauder, et on se chargeait d’une réponse, avant finalement de passer à autre chose.

Il y a des questions qui sont faciles à répondre : Quelle heure est-il ? Qu’est ce que tu lis ? Tu prends un verre ou pas ? Et puis il y avait toutes les autres questions qui posaient des problèmes. Qui es- tu et de quoi tu te souviens ? Pour les nouveaux oubliés. A quoi tu penses ? Tu préfères quoi ? Tu crois que je devrais faire quoi ? Qu’est ce qui ne va pas ? Qu’est ce qu’on va faire ? Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi ils font ça ? Tu crois qu’on pourrait les faire changer d’avis ? Qu’est ce qui se passe ? Comment ça se fait qu’il fasse si noir ? Et si ce n’était pas l’impératrice qui était au pouvoir ça irait mieux ? Quelle est la recette du bonheur ? Pourquoi on dit donner sa langue au chat ?
Il y a certaines questions, même si elles ne sont pas philosophiques, qui demandent réflexion. Alors ce fut d’abord un silence obstiné qui répondit à Kai. Oui, forcement Kim était bien moins loquace lorsqu’il s’agissait de parler vraiment de lui ou de rester vraiment sérieux. En fait, c’était surtout que la question plongeait notre scientifique dans ses souvenirs, plus ou moins douloureux. Pourtant, s’il y avait bien une chose qu’il détestait, c’est ne pas pouvoir au moins apporter un début de réponse à une question. Néanmoins, il fallait avouer que malgré le semblant de facilité de la question, elle restait assez ardue à répondre. Le plus heureux ? Il ne pouvait pas dire que c’était lors de son arrivée à Nosco. Certes, alors tout avait été une découverte, et il s’était épanouit à découvrir et à apprendre, seulement il avait toujours eu ce trait de caractère assez sociable, ou tout du moins dépendant des autres… Alors les débuts, en ne connaissant personne avaient été un peu difficile, depuis il s’était certes rattrapé. Cependant avec ce nouveau départ dans sa vie, avec personne sur qui compter, ou au moins s’inquiéter, ça n’avait pas été des moments de bonheur absolu. Plutôt une période de calme et de sérénité parfaite. Aucune inquiétude, sachant qu’il pouvait compter sur son parrain, sur ses nouvelles rencontres et les amitiés qu’il liait peu à peu.

Et puis les années suivantes, il les avait consacré surtout à chercher son passé. Sa meilleure décision, et sa pire aussi. Puis, il avait comprit qu’il fallait qu’il change de voie, après tout être brigadier ne lui convenait pas du tout. Ensuite, il s’était plongé avec acharnement dans son apprentissage, et dans le travail. De années chargées, de travail et de souvenirs… mais pas forcement ceux qui faisaient battre son cœur. Alors bien sur, on pouvait citer Ambre Belham… mais alors c’était forcement se classer dans la catégorie masochistes… Histoire de montrer qu’il réfléchissait et qu’il ne s’était pas endormi entre temps, il glissa une onomatopée.

Huuuuuuuuuuuuum…

Oui, il tentait de méditer, espérant que cela lui donnerait une idée sur la façon de répondre. Ambre, son trésor, comme il l’appelait, avait tout autant une source de joie que d’interminables moments de désespoirs. Alors bien sur, il y avait aussi Steve, son rat adoré, mais ce n’était pas pareil, bien qu’il soit fou de son petit animal de compagnie. Et puis Karlovy Kinsky… Il l’aimait mais c’était peut être un peu trop prématuré de définir sa relation avec elle, comme la meilleur chose lui soit arrivé… Et dans ce cas là…

Tu sais, je crois que ta question est trop compliquée. Je vais y répondre un peu à l’envers dans ce cas là. Je suis rarement malheureux, et je dirais que je suis heureux, à chaque fois que je peux m’endormir sans m’inquiéter pour quelqu’un…

Parfois la vie pouvait s’avérer tellement compliquée… Sans aucun doute, il aurait pu répondre avant, dans cette autre vie, la question n’aurait pas posé de problèmes… Mais ici, forcement, il était constamment tiraillé entre cette ancienne vie, et celle d’ici. L’impératrice n’interdisait pas la recherche des souvenirs pour rien… Et voilà qu’il se retrouvait bloqué, perdu et incapable de rétablir ce qu’il faudrait. Cependant, il n’était pas assez confus, pour ne pas attraper la main de la jeune femme et exécuter l’ordre, tout en répondant avec humour.

Mais de toute façon, te refuser quoi que ce soit serait un crime…

Il saisit délicatement sa main, et commença le massage, en insistant sur la paume. Peut être au moins cela aurait il pour effet de détendre un peu celle qui semblait planer et sombrer à la fois.

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Dim 20 Nov - 18:05

Elle réfléchit un moment, curieuse. Elle avait écouté le discours de Kim sans interruption se demandant seulement une chose : pouvait-on réellement connaître une personne pour ce qu’elle était, au fond? Les gens avaient des facettes. Une, deux, trois, vingt…. Il était difficile de dire si, oui ou non, son interlocuteur nous assermentait une vérité irrévocable ou si ce n’était que du vent. Le vrai et le faux… ou le modifié? Les gens aimaient bien s’endimancher de plus de louanges qu’ils en méritaient au final. Pendant un instant, perdue dans ses pensées, elle laissa Kim seul quelques instants, tiquant sur ses ongles encore deux petites secondes.

« Non… Non. Je ne crois pas que je pourrais connaître une personne entièrement, même au bout de maintes et maintes conversations. De toute manière qui pourrait dire si ce qu’elle me présente pourrait bel et bien être sa réalité! Après tout n’avons-nous pas tous une vision bien particulière des choses6 Comment les encaisser, comment les vivre! En plus d’informations manquantes, nous devrions faire face à la compréhension de l’autre! Ah, voilà qui pourrait être bien difficile, voire trop difficile! Je vais dans on sens, Kim : personne n’est personne, puisque personne ne peut se connaître sur le bout des doigts. Il faut d’abord une confiance aveugle, et même encore! Certaines choses ne méritent pas d’être dites, même si on les considère comme importante à ses propres yeux, ce serait…» elle hésita un moment avant de terminer sa phrase : « Ce serait sa propre carapace face au monde. Peu de gens acceptent d’abaisser toutes leurs défenses pour autrui. D’ailleurs, j’ai rarement connu quelqu’un qui me dise sincèrement avoir tout dit… Certaines choses se disent à certaine personne… D’autre non, alors on cherche nouvel entendeur… Et puis, t’as raison : je suis trop curieuse pour en arrêter là! Comme si j’allais être à sec d’imagination là-dessus! »

Tourner son sérieux à la blague était si facile. Elle jouait une comédie dans laquelle elle s’était si souvent perdue. Elle savait où ses pas se posaient, vers quoi elle s’embarquait de parler ainsi. Quelque chose venait de changer. Quelque chose sur laquelle elle n’avait aucun contrôle. Son cœur ne fit qu’un bond lorsqu’il s’aperçut que sa porteuse était bien loin de s’en sortir à merveille avec son propre état. Dans l’obscurité, rien ne se voit, tout se ressent… Mais encore faut-il être réceptif et se connaître. Elle était sauve : Kim Van Berghen n’était certes pas capable de discerner ce qui se produisait en elle, comme elle-même ne pouvait comprendre ses réactions face à telle ou telle action. Elle regardait impulsivement le plafond avec une férocité qui ne lui était pas propre. Elle se répétait sans cesse : pense à autre chose, pense à autre chose. Alors, ce fut son interlocuteur qui vint à sa rescousse, sans doute à son insu.

Son attention se mortifia sur lui. Cette question d’existence la tracassait plus qu’elle ne voulait réellement s’en rendre compte. Elle gâchait sa vie, d’ailleurs. Elle en était consciente. Au bras d’un homme qu’elle n’aimait même pas, poussée seulement par la protection de ce dernier, étant sûre d’être plus aimée qu’aimer elle-même, se droguant avec toutes les pires saloperies qu’elle pouvait trouver… Depuis le temps, c’était devenu une addiction sauvage qui l’emportait. Ensuite, quoi d’autre6 Mentir? Être une autre dans le regard des autres… Et même à ses propres yeux! Kaiheena Ludlow n’était rien ce qu’elle souhaitait être et paraître. Il aurait suffit qu’elle soit… Mais non. Elle paraissait. Paraissait si joyeuse, si facile à vivre, si empreinte de grandes harmonies avec elle-même… Hilarant!

« Je vois très bien ce que tu veux dire… Par contre, même si je suis totalement de ton avis… Je ne peux pas dire que j’y adhère totalement : il est difficile de vivre chaque instant comme le dernier. Il est très difficile de se faire à cette idée aussi facilement, et encore pire : il faut apprendre à vivre comme si chaque seconde était notre dernier souffle. Savoir qu’une syncope me frappera dans une seconde, ou un anévrisme d’ici demain, allez savoir si j’aurais vécu aussi pleinement. La vie n’est pas aussi facile de mon côté. D’ailleurs, voilà une question pour toi, Kim : as-tu des regrets dans ton existence? »

Elle était d’humeur sinistre, du coup. Contrairement à son ton si doux et ludique qu’elle avait utilisé, il n’en était rien. Elle regrettait tant de choses que cela ne se comptait plus. Même l’éternité à Nosco n’avait suffi à réparer le passé. Il fallait subir un passé, vivre le présent et anticiper le futur. La vie humaine était très loin d’être aussi facile. Penser, toujours penser. Courir après… Après quoi déjà? Le temps qui nous rattrape? Kaiheena jouait nerveusement avec l’une de ses mèches. Elle sentait que sa démence transparaissait dans ses paroles. Pourtant le ton ne trahissait rien. Pas même que son visage glacé sur un sourire séducteur, mimique apprise par cœur. Elle se rabattit alors sur la noirceur qui l’avalait : elle était protectrice de son monde intérieur, loin du regard de son interlocuteur, même si sa tête reposait sur ses genoux.

Puis, il lui changea irrémédiablement les idées : un processus informatique, quoi de mieux que de se rabattre sur la futilité matérielle et la beauté de la technologie. Elle rit même à cette nouvelle :

« Ingénieux! Je crois que j’en aurais bien besoin! Je suis tellement tête en l’air que j’oublie toujours de regarder mes messages… Ce qui, en soi, n’est pas une excellente nouvelle pour mes destinataires auxquels je ne réponds qu’une fois par semaine… Les urgences, ce n’est pas pour moi! Et puis, je ne suis plus faite pour rester devant un ordinateur durant un nombre incalculable d’heures! Mes années en cybernétique ont épuisé ce qui restait de la bête de technologie en moi! » Elle se mit à rire à nouveau, complètement moqueuse de sa personne avant d’ajouter : « Tu sauras m’apprendre, tu crois? Oh, dis oui, dis oui, dis oui! »

Avec une petite voix enfantine qui aurait fait fondre bien des cœurs de maman, elle avait eu énormément de plaisir à l’utiliser dans cette conversation! Elle se demandait même si, après tout ce temps, elle n’avait pas perdu toutes aptitudes informatiques.

« Cela fait si longtemps que je n’ai pas fait joujou sur un ordinateur… Tu crois que je deviens vieille? » Se moqua-t-elle à nouveau en riant de plus belle.

Certes, Kaiheena avait beaucoup d’humour, autant sur les autres que sur sa propre personne. Elle ne se gênait d’ailleurs pas de le faire comprendre à ses interlocuteurs. Les songes qui la rongeaient intérieurement ne devaient pas franchir le seuil de ses lèvres. Elle devrait les sceller par l’humour et tout autre remarque quelle qu’elle soit! Il faut dire que l’humour n’avait que du bon s’il était dosé. Trop d’humour n’amenait à rien, pas assez nous ridait le cœur!

Elle aurait pu faire simple, c’est vrai. Mais elle ne l’avait pas fait. Elle avait préféré être dans les souvenirs heureux, mais elle comprit rapidement que Van Berghen était moins à l’aise de parler directement de sa personne. Les discours, tout le monde en était capable, mais de se livrer, ainsi? Sous les projecteurs – et ce même dans l’obscurité la plus totale? Se dénuder devant une inconnue qui pouvait quant à elle, elle aussi se mettre à nu sans le moindre complexe apparent. Elle l’écouta cogiter. Elle s’en amusait. Elle s’en délectait : elle avait touché une corde sensible, une découverte inestimable, au fond. Elle avait détourné ses yeux du plafond pour les diriger vers l’endroit où elle croyait, approximativement, le visage de son interlocuteur. À quoi pensait-il? Pourquoi le pensait-il? Le parcours à Nosco était long. Interminable pour certains… Il y avait tant de peines, tant de rancœurs…. Puis tant de joies, et d’idées nouvelles, de relations nouvelles, aussi.

Elle avait obtenu sa réponse de quelques mots si vagues qu’elle eut l’impression que tous les efforts de penser de Kim avait été vains. Elle resta un moment silencieuse, cherchant un autre moyen de formuler ce qu’elle voulait lui signifier, plus clairement. Alors, elle eut une idée : reprendre les mots qui lui avaient été livrés. Doucement, elle déposa sa main sur le bras… ou peut-être était-ce l’avant-bras? Enfin, qu’importe; elle y déposa sa main. D’une voix très calme, elle entreprit alors quelques précisions plus concises :

« Dis-moi, Kim, tu t’inquiètes souvent pour quelqu’un d’autre? Quand Karlovy ne rentre pas? Quand l’un de tes patients est condamné? Lorsque tu vois le désastre de la monarchie s’établir sur tous les fronts laissant les Rebelles dans des circonstances affreuses? Dis-moi ce que tu crains, vraiment, Kim? Celles qui sont à l’encontre de ton bonheur, toi qui es si heureux… Parle-moi de ce qui te fait peur, ce qui te tracasse…» Elle avait presque murmuré sa question avant de lui ajouter, sur un ton taquin : « Enfin, tout ce qui pourrait me dire que tu n’es pas surhomme »

Elle enchaina aussitôt sur une suite :

« Moi, il y a tant de choses qui me font peur, que je n’en dors plus la nuit. J’ai peur du temps, j’ai peur de la guerre, j’ai peur des gens, de moi, aussi. S’il y avait une seule personne en ce moment avec laquelle je ne voudrais pas me retrouver, ce serait bien moi! Tu imagines? Vingt-quatre heures sans arrêt en ma présence… Ça fait beaucoup… Et je me connais beaucoup trop pour entretenir une longue discussion avec moi-même! Au bout d’une semaine, je demanderais le divorce! »

Elle savait que parler un peu d’elle pourrait détendre un peu l’atmosphère… Surtout de cette manière un peu théâtrale…. Mais en vérité, Kaiheena était très théâtrale à la base! Ne jouait-elle pas un rôle en habitant à Nosco aussi librement? Jouant la carte de la demoiselle la plus singulière qui soit. Certes séductrice, peut-être un peu fêlée par moment, mais surtout, une femme parmi tant d’autres.
Elle sentit d’ailleurs sa requête portée ses fruits : Kim venait de lui prendre la main, effectuant son plus vaniteux caprice. Elle s’était mise à rire, malgré elle :

« De toute façon, personne ne me refuse jamais rien! Je suis si adorable que m’obliger à la déception serait une vraie calomnie! Je te dis pas comment à terminer le premier et dernier refus qu’on m’a octroyé… Mais de toute façon, lui non plus ne s’en est pas remis! »

Elle avait ricané en bougeant un peu la tête, se lovant assez confortablement contre les cuisses du docteur. Elle qui se moquait de tout et de rien, elle s’était arrêté quelques instants et elle se mit à murmurer –plutôt chantonner – une chanson qui lui revint alors à l’esprit, comme ça…

«Avec le temps
Avec le temps va tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas, les mots des pauvres gens
"Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid" »

Avec le Temps (reprise de Léo Ferré – Dalida

En susurrant tout ça, elle n’avait pu s’empêcher de questionner celui qui soutenait son crâne :

« Comment aimes-tu, Kim ?... Comment aimes-tu aimer? »

Son esprit reprit du service en s’enlisant dans de nouvelles hypothèses catastrophiques. Murée dans un silence, ces dernières lui appartenaient… Jamais elle n’en ferait part.
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Kaiheena Ludlow

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Lun 21 Nov - 5:49

HJ: Noooooooooooon c'est faux! Mes réponses sont courtes! C'est pas vrai Kim parle pas trop! Enfin si un peu... mais c'est pas de ma faute! T_T

* observe Kim qui proteste devant tant de mauvaise foi du joueur *

Il est interdit de se moquer... >.<

Dj:
Tout naturellement les gens adoptaient différentes figures, car on ne pouvait se comporter en société comme on se comportait en famille ou avec ses amis. Le travail par exemple était une sphère particulière, tout comme la famille. Non pas qu’il y ait d’obligation formelle à se comporter différemment, mais implicitement il y avait cette règle, que tout le monde comprenait. Il fallait plus de retenue dans son travail, alors que l’on pouvait se montrer un peu plus naturel avec sa famille. Et pourtant quelqu’un d’autoritaire dans son job pouvait se révéler soumis face à son épouse. Un trublion pouvait se montrer beaucoup plus calme dès qu’il s’agissait d’interagir avec des personnes qui lui étaient inconnues. Voilà pourquoi il était parfois utile de demander à quelqu’un d’extérieur de régler un conflit, pourquoi les gens allaient se confier à un psy qu’ils ne connaissaient ni d’Adam, ni d’Eve. On était une personne avec une personnalité, mais qui se dévoilait différemment selon les circonstances.

Et puis tu sais, tout connaître de quelqu’un n’est pas forcement une bonne idée… On a tous besoin d’espace à nous, d’avoir quelques secrets… même s’ils sont sans importance ou sans conséquence. Et puis ce serait vraiment ennuyant de passer sa vie avec quelqu’un qui ne révèle plus aucun mystère. Il faut savoir jauger la dose de confession que l’on doit faire. Il serait de toute façon impossible de résumer tous son passé. On ne peut pas se confier en quelque mots, ou bien même en un seul livre. Un être humain est forgé par tellement de petits détails de son enfance, parfois même sans en avoir conscience… Cerner totalement la personnalité de quelqu’un, ce serait un peu l’empêcher de s’exprimer, car s’il ne répond pas à nos attentes, à ce qu’on imaginait de lui alors on ne comprendrait pas…
De toute façon, on ne peut pas avoir la même relation avec tous nos proches. Je pense que même des jumeaux ont besoin d’un peu d’espace privé. De ne pas toujours être constamment collé avec celui ou celle qui leur ressemble comme deux goutte d’eau ou presque. Tu imagines vivre perpétuellement avec ton reflet dans un miroir ? Mais un reflet qui serait vivant et pensant. Un reflet dont le regard pourrait te juger, et qui pourrait avoir une pensé différente de la tienne. On dit souvent que pour les jumeaux, il y a un caractère fort et un plus soumis, parce qu’il est bien difficile d’avoir une parfaite égalité. Les jumeaux, tant qu’ils ne sont pas séparés, pour les premiers temps de leurs vies en tout cas, sont sans doute les personnes qui peuvent le plus être en lien l’un avec l’autre, sans aucun secret. Babillant même dans leur langue imaginaire, que personne d’autre ne peut comprendre…


Tandis que pour deux adultes qui se rencontrent après avoir grandit, ils ont forcement des conceptions un peu différentes de la vie, puisqu’ils auront grandit dans des foyers avec leurs propres visions, des détails qui font que rien n’est totalement semblables. Ce qui fait qu’il est intéressant de former un couple avec quelqu’un, parce qu’il nous ressemble sans être identique.

Non, je n’ai jamais dit qu’il fallait vivre sachant que la mort nous frappera peut être dans l’instant qui suit… Si tel était le cas, on ne vivrait pas vraiment, on ne ferait que survivre. Nous ne sommes pas menacés à ce point, nous ne sommes pas des soldats sur un champ de bataille qui ne pouvons que compter sur notre équipement pour nous protéger, nos armes pour riposter et notre chance pour exister… Nous avons la chance, ici à Nosco, d’avoir l’espoir de vivre bien assez d’années pour être lassé de toute chose. Il n’y a donc finalement rien qui presse. Il faut savoir se modérer dans ses décisions… Ne pas s’emballer car on risque de regretter, sans pour autant tout envoyer en l’air, parce que demain n’existera peut être pas. Il faut penser au futur comme ayant une possibilité de fin, mais c’est simplement une hypothèse à prendre en compte lorsque l’on réfléchit. Pas un couperet qui sera forcement fatal.
Et pour ce qui est de la syncope, pas de problème, tu es déjà allongée et c’est gérable, mais évites de me faire un anévrisme…


Il rit un instant avant de reprendre son sérieux devant le problème que lui posait la question de Kai, la douce voix de la jeune femme aussi avait semblé triste et désabusée. Puis, il répondit sur un ton sérieux qui coupait définitivement avec celui du début de conversation.

Oui. Enfin, j’en ai au moins deux.

Deux, c’était si peu, mais ils étaient si lourds ces regrets… Si difficile à porter. Seulement il fallait faire avec, il n’avait pas le choix. Réparer n’était jamais envisageable, on pouvait tenter de colmater les problèmes, mais sans jamais pouvoir les effacer. Et des regrets on tire parfois la culpabilité…

Heureusement le rire chaleureux de Kia vint briser cette ambiance morose, pour ramener un semblant de dynamisme. Elle venait de faire oublier les problèmes, par le simple éclat de sa voix. Et voilà qu’elle jouait l’enfant gâtée qui réclamait un peu d’attention. Toutefois Gregory lui en procurait il assez ? Pas s’ils vivaient dans deux appartements séparés, pour ne se voir que périodiquement alors même qu’ils étaient ensemble depuis plus de dix ans. Deux adultes avec leurs vies séparés. Il n’y aurait certes aucun enfant pour subir ce déchirement entre les deux êtres, cette différence et cet éloignement qui avait finalement rongé Crescent et Ludlow petit à petit. La voix de la jeune femme s’était faite petite fille qui cherche à tester les limites de ses parents. Sauf que Kim ne pouvait qu’y être sensible. Sa fille, il l’avait finalement côtoyé bien peu…

Promis je t’apprendrais, et je viendrais te l’installer si tu veux… Comme ça tu n’auras plus d’excuse et tu devras répondre dans la minute à chacun de mes mails…
Ah, je pense que tu regrettes déjà ta demande, non ?
Tant mieux, puis que je ne faisais que te taquiner, mais au moins je saurais que si j’ai besoin de te contacter, mieux vaut que je te téléphone, ou que je me déplace ne personne. C’est cela ?

Un ancêtre même ! Par Joshi, tu crois que tu vas finir par avoir des rides si tu ne touches plus à un ordinateur ?
Oh non de toute façon, tu ne pourrais jamais paraître plus belle qu’en continuant de sourire comme tu le fais… Et puis, en n’abusant pas trop des ordinateurs tu protèges finalement ta vue de l’agression des écrans.
Cependant tu rates des choses… tellement futiles mais parfois intéressantes.


La suite lui coupa presque le souffle. Il ne pouvait plus se réfugier derrière des termes scientifiques pour parler de lui, et il faisait tellement noir qu’il ne pouvait même pas afficher un sourire neutre pour prouver que de toute façon cela ne l’affectait pas tant qu’il le déclamait. Fichue lumière ! Satanée question… Tiens au fait pourquoi même avait il lancé ce jeu ? C’était pire que de se passer la corde au cou… Et le voilà prit à son propre piège, l’arroseur arrosé. Heureusement Kai avait cette pointe d’humour qu’il adorait, elle le fit même rire à la fin de sa réplique. Demander le divorce avec soit même. Au moins se ressemblaient-ils sur ce point. Sa tirade aurait pu sembler folle, et pourtant elle était cohérente.

Au moins as-tu la chance de savoir d’emblée que le silence est une torture bien pire que la parole. Je ne crois pas que je tiendrais bien longtemps en prison si un jour il venait l’envie à quelqu’un de me jeter derrière les barreaux… la solitude me pèserait bien trop. Et puis c’est bien moins intéressant de réfléchir seul, lorsque l’on pourrait échanger avec quelqu’un d’autre…
Mais pour répondre à ta première question, il n’est pas question que Karlovy ne rentre pas sans me prévenir… non pas que je sois angoissé si elle passe la porte avec dix minutes de retard, mais avec une limite raisonnable, oui je m’inquiéterais…
Tu sais… l’avoir vu… emprisonnée simplement parce qu’elle a eu l’idée, l’envie… de revoir Zoltan Naguy et qu’elle a risqué sa vie en allant dans les souterrains… Je sais que j’ai de quoi m’inquiéter. Et en même temps je lui fais confiance, seulement s’il lui arrivait quelque chose… et que je n’étais pas là pour la protéger ou l’aider…


Sa voix se brisa un instant, lorsqu’il laissa une seconde de pause, avant de continuer en changeant de sujet.

Des patients condamnés, j’en ai bien trop croisé… Malheureusement c’est quelque chose avec lequel on doit vivre, il est impossible de sauver tout le monde. Il faut se dire qu’on a fait notre possible, et que la plupart s’en sortent. On est médecin, pas faiseurs de miracles. Alors bien sûr il faut rester détaché. Je veux dire distinguer sa vie professionnelle, de celle privée… Mettre une barrière pour ne pas être submergé. Si je devais ramener mes problèmes et mes soucis à la maison, je ne pourrais pas. Penser continuellement à chaque personne qui a un problème… Ce serait invivable, je n’en dormirais plus jamais la nuit… Alors quand je quitte le Sapientia, c’est fini. Enfin sauf en cas d’urgence bien entendu. Cependant j’essaye de me détacher. Néanmoins quand je reviens et que je passe la porte, au contraire, je fais mon travail à fond. Et là ce serait les soucis personnels qui passeraient à la trappe. Je ne peux pas décemment penser à une dispute que j’aurais eue avec Lovy tout en soignant quelqu’un…
Toutefois, dans un certain sens, oui je m’inquiète parfois pour mes patients, alors que je ne devrais pas… Disons que j’aime bien me porter volontaire pour les cas difficiles ou un peu particulier. Je ne parle pas de Gregory, lui c’est simplement à cause de la cybernétique. Cependant quand quelqu’un a réussit à épuiser les nerfs de tous mes collègues, c’est moi qui prends le relais le plus souvent… et crois-moi généralement c’est le patient qui fini par crier grâce. Il parait que je suis une vraie tête de mule…


Il avait dit cela comme une simple forme de constatation, d’une phrase qu’on lui rabâchait, ou plutôt que Tristan Darek avait fini par lui reprocher.

Disons aussi que généralement à Nosco, lorsqu’un patient est condamné, c’est qu’il a été blessé au combat, ou qu’il lui est arrivé quelque chose de grave. Nous avons la chance d’avoir très peu de grandes convalescences… Généralement c’est brutal et tragique. Un peu moins choquant pour nous autre médecin, bien plus pour tous les proches…

Il se tut encore, constatant à quel point il lui était facile de parler de son métier de manière bien plus détachée que lorsqu’il lui fallait parler de lui-même en temps qu’être humain.

Je ne crains pas cette forme de dictature sous laquelle nous vivons, tout simplement parce que…

Il hésita un instant à employer le mot « détester », puis se décida à atténuer un peu ses propos.

… je ne l’apprécie pas. Je ne pense pas que ce soit la meilleure des choses pour les nosciens. Certes, on ne peut pas reprocher l’action de l’impératrice pour gérer la ville et ses habitants. Son travail est extraordinaire. Cependant, elle et son conseil sont les seuls organes décisionnaires de la ville. Or ils sont en postes presque depuis leur arrivé, c'est-à-dire plus d’un siècle. Ils ont prit le pouvoir et ne comptent pas le lâcher, et oublient totalement de prendre en compte nos considérations… ceux des nosciens lambdas. Ils veulent conserver leurs avantages comme si la ville leur appartenait tout simplement parce qu’ils furent les premiers arrivés.
Sans la congrégation ou les rebelles… je pense que quelque chose aurait vraiment mal tourné depuis longtemps. Toute cette censure, cette prise de contrôle de la vie de chacun… c’est beaucoup trop de répression… Pour le moment personne ne dit rien à cause de la peur… Mais un jour cela basculera… Néanmoins, je ne soutiens pas les rebelles pour autant. Je ne me suis jamais renseigné sur leurs idées ou ce qu’ils proposent pour changer véritablement notre mode de vie… à quoi bon ? De leur côté aussi tout ne sera que propagande. J’ignore qui pourrait nous apporter une solution, je sais seulement qu’on ne la trouvera pas du côté de ceux qui ont été brimés, obligés de se cacher pendant des années dans les sous-sols… Non, mais après tout je n’en sais rien…
J’ai bien trop l’habitude de vivre sous ce régime et pour l’instant il fait l’affaire.


Il se tut une nouvelle fois avant d’avouer.

J’ai peur de me tromper. D’aller dans la mauvaise direction et de faire les mauvais choix. Je ne supporte pas cette guerre. Je hais la guerre. Je hais les armes et tous ces meurtres…

Les derniers mots avaient été prononcés avec de la colère, mais il se reprit rapidement.

Seulement nous en avons besoin pour nous protéger contre les créatures. Mais j’aimerais seulement que l’on considère les rebelles au même niveau que les congrégationnistes ou les nosciens. On en fait des exemples pour effrayer la population. On en fait des martyrs qui n’ont jamais mérité le traitement qu’ils subissent… Je ne peux pas les aider plus que de proposer mon aide à chaque fois qu’il faut soigner un de ces prisonniers qu’ils torturent chez les guildiens… Et je sais que ce n’est pas assez…
J’ai honte de ne pas savoir quoi faire, ce qui serait vraiment juste. Peut être suis-je déjà trop contaminé par les idées du régime et tout ce qu’on nous raconte… j’espère qu’il n’est pas trop tard pour moi… mais… j’ai peur de fermer les yeux sur des atrocités qu’on commet dans notre dos. Parce que dans ce cas là nous serions tous coupables…
Non, je ne voudrais pas…


Le silence prit une nouvelle fois sa place dans l’ascenseur, tandis que Kim partait dans ses pensées, ses craintes et ses rancœurs envers lui-même. L’histoire n’était qu’une boucle constante qui ne faisait que se répéter. Les erreurs du passé revenaient sans que l’on puisse rien y opposer. Pourtant il ne détestait pas les rebelles, ni même les congrégationnistes. Au contraire il les admirait pour leur courage, leur folie aussi… Ce petit grain de démence qui les faisait se dresser contre bien plus fort qu’eux pour des idéaux qu’il ne serait jamais possible de mettre en place. Des illusions qui les berçaient doucement.

Je crains surtout d’oublier mes erreurs du passé et de les répéter.

Surtout ne pas revivre la même histoire avec Karlovy qu’avec Ambre. Changer ce qu’il était possible d’ajuster…

Je crois que je suis un incorrigible optimise mais qui aurait perdu confiance en la nature humaine…

Et voilà, il avait encore parlé pendant de longues minutes et on allait un jour finir par pouvoir écrire les mémoires de Kim van Berghen, sa vie, son œuvre, sa philosophie, ses questions et ses réponses…
Bon, en attendant il servait d’esclave personnel à Miss Ludlow et ne semblait pas s’en plaindre… de peur de finir comme le malheureux qui avait refusé quelque chose à le belle et de reprendre un coup de poing sur son nez si fragile…
Et puis Kai chantonnait doucement, pour faire passer le temps, ou remplir l’ambiance un peu morose d’attente. Elle avait une jolie voix, dommage qu’au Lounge elle ne puisse pas plus en profiter pour la mettre en valeur et n’exhibe que ses longues jambes et sa poitrine avantageuse. Elle en avait profité pour se réinstallé et du massage sur le bras, il s’attaqua aux épaules, qui étaient bien plus souvent des points où se concentraient le stress.

J’aime aimer… passionnément. Et sans partage. Je dois avouer que je suis plutôt jaloux, pas possessif, mais jaloux quand même. J’aime aimer romantiquement… parce que je suis de la vieille école. J’aime aimer en faisant la cour et en ayant le temps de découvrir l’autre. J’aimerais aimer pour toujours, sans que l’on puisse me séparer de celle qui fait battre mon cœur. J’aime les personnes de caractères et qui ont du répondant. J’aime aimer en écoutant, en rassurant et en consolant. J’aime surprendre et être surpris…

Nouvel arrêt, considération du temps de parole. Prise de conscience que le sien est largement dépassé et de très loin, et changement du micro pour pouvoir écouter une voix un peu plus féminine. Il ajouta un riant.

Et j’aimerais que tu parles un peu plus et que tu répondes aussi aux questions… Sinon le jeun n’a plus aucun intérêt. Alors action ou vérité ?

Action :
Spoiler:
m’accorderez vous cette danse ? Un slow ! ♥
Vérité :
Spoiler:
Si tu pouvais réaliser juste un souhait ce serait quoi ?

_________________
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Kim van Berghen
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Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Lun 21 Nov - 9:20

Elle écoutait. Que pouvait-elle bien faire d’autre! Kim était, vraisemblablement, un moulin à paroles diplômé! Certaine personne préfère le silence; elle préférait le bruit pour s’y noyer entièrement. S’imprégner de tous les sons qui lui étaient possibles d’entendre dans le seul but d’attirer sa propre attention sur autre chose que les montagnes russes de ses émotions qui filaient à toute allure. Une fois heureuse, l’autre dévastée… À quoi bon se suivre lorsqu’on était si peu logique? Elle ne soufflait mot, totalement perdu dans les phrases qui s’entrechoquaient pour ne former qu’un magnifique chapitre qui faisait autant de bond qu’elle-même. Coq-à-l’âne. C’était bien ce qu’on pourrait dire de leur conversation : autant peuplée que saugrenue! Une fois triste et regrettable, mais la prochaine réplique serait parfumée d’humour! Rien ne pouvait leur permettre de désespérer. Ils devaient rester là, à parler, sans se voir. Le meilleur moyen étant de se toucher. Toucher les mains, toucher les jambes… Dans sa position, Kaiheena pouvait être tranquille. La chaleur humaine avait ce petit quelque chose de très rassurant. Cependant, la chaleur la quittait. Elle avait froid, trop froid que cela soit normal. Sa peau était brûlante… Mais elle ne dit rien. Elle fit comme si c’était là la plus normale des réactions… Et puis, elle y était habituée. Aucune surprise. Aucune crainte. Seulement quelques sombres idées flirtant avec la situation non-verbale de la scène… Et la noirceur avait cette qualité de cacher ces choses physiques qui se traduisaient à la morsure répétitive de sa lèvre inférieure.

« Tu as sans doute raison… Mais reste-t-il que… » Elle marque une pause en jouant avec ses propres doigts : « Reste-t-il que la découverte de l’autre est un phénomène tout à fait intéressant. Cette sensation de comprendre, de pouvoir partager, cela vaut bien tout l’or du monde, ne crois-tu pas? La beauté de l’être humain, c’est bien qu’il est une ressource inépuisable de surprises, et ces surprises, on les découvre souvent chez autrui.
Bien entendu, la solitude et l’espace sont très importants pour chacun : ce besoin d’être avec soi, pour soi et de se sentir à part mais intégrer à la fois. La masse nous rejette et nous englobe pour mieux nous convertir à ce que nous sommes. Le concept que tu as mentionné à propos des jumeaux va dans ce sens-là, d’ailleurs : L’un soumis, l’autre caractériel… »
Elle s’arrêta à nouveau en mordillant une nouvelle fois sa lèvre. Se faire mal pour être certaine de ressentir : « Et quand on y repense à deux fois : chaque relation est en lien indirect avec le pouvoir : le pouvoir d’apprendre, de se laisser enseigner, mais aussi d’écoutant écouté. C’est un peu ce qui m’impressionne le plus chez chacun d’entre nous : autant pouvons-nous être les sujets, autant pouvons-nous assujettir que ce soit en transmettant des idées, ou simplement en écoutant. Cela devient alors un jeu de pouvoir d’un dominant sur un dominé qui s’alterne, sans quoi on pourrait bien se retrouver dans un système défaillant » Puis, en riant, elle ajouta, de sa bonne humeur constante : « ou peut-être suis-je en train de divaguer? Respirer trop les moquettes d’ascenseur pourrait m’abîmer mes dernières cellules restantes! »

Elle évitait de tomber dans la gravit du moment. Déjà que si elle pensait à la situation autrement qu’avec humour, elle se verrait obliger de sombrer dans les pires angoisses de son existences, elle en profita simplement pour alléger la situation : rire était le meilleur remède. Après tout, ne dit-on pas que le rire est un antidote pour bien des maux? L’anxiété y comprit. Kaiheena avait joint son rire à celui de Kim, elle n’aurait pu passer à côté.

« Je n’aime pas penser à demain » Dit-elle simplement en souriant au vide : « Pas que l’avenir n’ait pas d’importance, mais j’aime bien pouvoir accomplir mon présent sans me tourmenter… Après tout, je suis de celles qui se posent beaucoup trop de questions et qui finissent par ne plus en dormir la nuit! Ah, le cerveau! Un Cheval de Troie! »

C’était ironique, bien entendu. Kaiheena appréciait pouvoir réfléchir, pourtant, si elle se référait à cet instant présent, c’était la dernière chose à laquelle elle tenait, réfléchir. La pensée état un reflet de soi qui pouvait nous faire un grand bien, mais aussi un mal impie.
Elle en avait presque oublié sa question : Kim Van Berghen sembla alors d’une tristesse qu’elle ne put déterminer. Parler des regrets n’était pas la meilleure des choses à faire. Un autre jour, peut-être. Elle chercha son visage du bout des doigts, elle atterrit sur le coin de ses lèvres, les laissant glisser par pur réconfort. Elle n’avait pas besoin de mots pour le comprendre : certaine chose allait au-delà de la phrase. Une émotion véhiculée, une sensation étrange… De l’empathie.

« Je ne te demanderai pas d’en parler si tu n’y tiens pas, Kim »

Voix douce, très tendre, compatissante. Kaiheena ne tenait surtout pas à rendre son interlocuteur dans un blues où il n’aurait pas tout à fait le contrôle. Elle-même n’étant pas la plus qualifier pour parler de ce sujet à l’heure présente, elle voulut éviter de s’enliser sur un terrain de mines… Elle pourrait tout aussi bien voir sauter la conversation, tiens!

Elle était si heureuse de l’offre de sauveur informatique qu’elle se mit à rire de bon cœur face à ses multiples explications! Vraiment, Kim devait être tout un numéro! Être avec lui pendant une journée pourrait en épuiser quelques-uns, mais elle, elle aimait bien l’entendre parler, philosopher, étudier, divaguer, même! Cela changeait de… Oui, elle allait le penser : Gregory Allander Crescent. Deux hommes chimiquement différents et de corps, et d’esprit et de parole! Le hasard fait bien les choses parfois! Autant Greg’ pouvait être d’une froideur alarmante, autant Kim pouvait se révéler d’une grande chaleur presque ambiguë par moment, entre le besoin de plaire et une gentillesse sans borne. Elle se reconnaissait beaucoup en lui, et, à vrai dire, cela eut l’effet d’une bombe lorsqu’elle se rendit compte à quel point ils pouvaient avoir des similitudes. Enfin, elle y survivrait! Tant de gens se ressemblaient… Enfin, tant de gens excluant Crescent et Ludlow. Les contraires s’attirent, parait-il…

« Regretter ma décision? Pfff, il m’en faut plus, Monsieur Van Berghen! Vous saurez que j’ai été dotée d’une grande patience et que je suis prête à vous la présenter si jamais vous devriez me harceler de mails à toutes les trois secondes! » Elle avait le tout sur un ton faussement hautain qui n’avait qu’humour comme motif réel : « Et de toute façon, je préfère que tu viennes chez moi, que nous prenions un verre et que tu me montres comment tout ça fonctionne, comme ça nous nous en tirerons tous deux gagnants : j’aurai passé mon après-midi en excellente compagnie en apprenant la technologie que mon ère et tu auras droit à la faveur que tu souhaites! Je te serai éternellement redevable et serai ta plus humble et dévouée sujet »

Elle avait dit cela, tout en lui attrapant le col, la trainant à quelques centimètres à peine d’elle. Kim jouait avec le feu en la complimentant de la sorte. Kaiheena adorait se brûler les ailes, mais encore plus laisser les autres brûler pour elle. S’appliquant pour murmurer de la voix la plus sensuelle qu’elle connaisse, elle s’approcha de sa tempe qu’elle avait découverte grâce à un geste discret de la main :

« Vous êtes un flatteur de première, Docteur, je prendrais garde, si j’étais vous… Qui sait, je vais finir par vous prendre au sérieux »

Et elle se mit à rire, sincèrement. Relâchant toute emprise sur le pauvre Van Berghen qui devait supporter ses élans théâtraux qui ne faisaient qu’agrémenter son plaisir de pouvoir passer du bon temps cloittrée dans un ascenseur malgré tous les inconvénients que cela occluraient.

Alors, le moulin à paroles reprit du service, pendant plusieurs minutes, Kaiheena ne l’interrompit pas une seule fois. Elle devint oreille. Attentive au moindre mot, elle ressentait les moindres émotions qui passaient à travers la voix de Kim. Il était transparent, voire beaucoup trop. C’était ce qui était fascinant avec lui : si peu enclin à parler de lui, de ce qu’il était, et tant réjoui d’engendrer n’importe quelle autre conversation. Elle ne souriait plus, elle se reconnaissait dans ses propres. La peur d’avoir fait les mauvais choix, les mauvaises décisions, refaire ses erreurs, la peur d’avoir peur. Elle ne dit mot et attendit le moment propice pour se lancer elle-même dans ses propres discours… Mais elle tenait davantage à rassurer Kim, optimiste qu’il était!

D’ailleurs, pendant tout ce temps, elle profitait d’un massage gracieusement offert par la Van Berghen Elevator company! Vraiment, elle n’aurait pas pu demander mieux! Un endroit très confortable (les cuisses dudit Docteur des lieux), des histoires à profusion et un jeu d’enfer! C’était un week-end qui lui plairait… quoi? Ce n’était que pour quelques heures? Eh bien tant pis, elle remettrait ça!
Puis du bras glissèrent jusqu’aux épaules où elle eut un frisson incontrôlable. Ce fut soudain. Des mains plus froides que sa propre peau, elle n’en avait pas eu le choix…. Mais restons calme! Elle se détendit, doucement, reprenant le parfait contrôle de ses deux mains, maintenant que l’autre était libre des bons soins de son interlocuteur.

« Tu sais, Kim, il n’y a rien de mal à être optimiste. Je crois justement que c’est ce qui fait de toi un être à part. Malgré tout ce qui se passe à Nosco et nous conclusions, ce que nous en pensons, un seul homme ne peut faire la différence. Je suis tout à fait d’accord avec toi : sans les rebelles, il n’y aurait sans doute pas d’avancement et que cette bataille est un plus pour notre liberté individuelle… C’est en repensant à tout ce qui se passe ici qu’on se demande pourquoi le monde ne tourne pas rond! Heureusement, il y a des gens qui pensent, des gens qui veulent que ça change, qui voient et ne veulent pas oublier… En fait, Nosco est un monde bien étrange : il faut être soumis à la volonté de l’un pour mieux dominer l’autre. Ici-bas, nous avons si peu de puissance que cela en devient presque ridicule. Nous appartenons au petit peuple alors que ceux-là, dans leur tour d’ivoire, profite d’un contrôle absolu… Pourtant, ils peuvent nous voler notre intimité, nous enfermer derrière des barreaux, nous obliger à nous taire… mais jamais ils ne pourront changer ce que l’on pense… Un jour, Nosco changera. Ce Nosco n’existera peut-être plus… Et ce jour, je le souhaite de tout cœur : pour notre liberté personnelle, mais aussi pour le simple plaisir d’être traité en tant qu’égal et non membre d’une populace qui assouvit le désir des plus grands! Nos souvenirs, ce que nous sommes… Tout cela est à nous… Nous nous ankylosons dans l’éternelle attente de devoir nous affirmer! »
Puis, se rendant bien compte qu’elle militait peut-être un peu trop, elle se mit à rire, spontanément, comme ça, juste pour le plaisir :

« À croire que je deviens rebelle, moi aussi! »

C’était une blague : rebelle, elle l’était déjà…. Mais ça, qui pourrait le savoir? Certainement pas Kim qui ne verrait sans doute rien de plus que la consternation d’être sans cesse observer, jour et nuit!
Elle l’écouta alors parler d’aimer. Elle l’écouta avec autant de passion qu’il en mettait dans ses discours. Elle aimait cette façon qu’il avait de livrer l’information, presque comme une prose qui n’en finissait pas. Elle pourrait l’écouter pendant des heures et des heures, sans se lasser. Jouant dans ses longs cheveux blonds, elle ne put que ricaner de sa dernière remarque :

« Eh! Comment veux-tu que j’en place une alors que m’absorbe complètement avec tes propres! Comment veux-tu qu’une femme puisse un jour te couper la parole alors que tu parles d’amour comme le plus parfait des hommes en cette cité! Non, mais je vais réellement finir par croire que tu es un surhomme! Ne me mens pas, hein, je sais que tu as un secret...» Elle avant lancé ça, comme ça, un peu moqueuse autant que son rire cristallin pouvait résonner contre les parois de l’ascenseur.

Elle réfléchit un moment, ne sachant que prendre… Mais à vrai dire, ils parlaient d’or et déjà sans vérité… Elle choisit donc :

« Action? » Une certaine incertitude parut dans sa voix aussitôt supportée d’explication : « à la seule condition que je puisse survivre à mon sévisse corporel »

Elle se moquait de lui, assurément… Restait-il qu’elle était bien intriguée à savoir ce que trouverait bien Kim Van Berghen pour l’impressionner dans un petit trois mètres carrés… Allez savoir!

HJ : Me moquer? XD… Trop tard, mouhahahahahahaha! Et avoue que tu savais très bien laquelle de ces deux options j’allais choisir? Coquin, va! XD



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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Lun 21 Nov - 19:54

Pour pouvoir parler, il fallait une oreille attentive. Et sans doute sur ce coup là, Kai et Kim s’étaient bien trouvés, tout autan avide d’écouter que de parler, chacun à leur tour, comme des élèves bien sages qui prenaient le temps de se taire, pour encore mieux répliquer et répondre ! A quoi bon aller voir un psy quand on pouvait avoir une oreille amicale qui vous écoutait sans broncher ? Le problème serait plutôt de les séparer après… Un fois le jeu finit et l’enfermement rompu, une fois la magie de leur petit univers sans caméras brisé.

Je suis bien d’accord avec toi. Je ne peux pas me passer de découvrir des gens et des personnalités, quitte à en être dégouté et à savoir que je n’ai plus aucune envie de leur adresser la parole… Mais la plupart des personnes sont intéressantes et ne dégagent pas un aspect de leur personnalité qui soit assez repoussant pour nous éloigner assez loin. Et puis, on a tous nos bons et nos mauvais côtés, forcement…
Et puis nous avons besoin de la société, pour nous faire une place. Autant qu’elle a besoin de nous, pour être et exister. On se soumet parfois aux décisions qu’elle prend pour nous, mais ce n’est finalement que nous même qui l’influençons plus ou moins… La force fait beaucoup, mais la masse peut parfois renverser ce qui a été mis en place, par la force de sa volonté.
Tu sais, je crois que je n’aimerais pas travailler seul, ou avec un groupe vraiment trop réduit de personnes. J’aime pouvoir discuter, même au travail, échanger des points de vue. Ne pas toujours voir les mêmes personnes, ça permet aussi de changer d’air un peu. De se sortir de ses idées d’origines, d’avoir un peu plus d’ouverture d’esprit. Ne pas rester conformiste. On perd si rapidement, l’état où nous étions à l’arrivée à Nosco, et que tout était nouveau et à découvrir. Un monde entier à apprendre, comprendre et conquérir. Un défi qu’on nous lance, celui de s’adapter et de trouver sa place. Tout cela passe si vite… en un instant, on oublie l’imagination qu’on avait à nos débuts qui nous faisait miroiter ce que nous ignorions, une possibilité fantasmée qui n’existe finalement pas. Alors qu’une fois qu’on en a percé le mystère, il ne reste même plus la joie de découvrir, le plus souvent c’est simplement la déception, ou la frustration. On a beau avoir avancé d’un pas, ça n’a servit à rien… On en sait un peu plus et on est un peu plus désabusé.
Heureusement les gens sont bien souvent moins décevant… Au contraire, ils savent progresser et s’améliorer, voir même reconnaître leurs erreurs pour tenter de les corriger.


Il l’écouta en réfléchissant, avant de répliquer.

Tu penses forcement que tout dépend du pouvoir ? Je veux dire, tu n’envisages pas de possibilité d’équité ? Bien sur l’égalité parfaite serait impossible, mais au moins l’équité entre deux personnes, qui seraient à un même niveau… sans qu’il y ait forcement un dominant et un dominé qui s’alterneraient le long de la conversation.
Bien sur lorsqu’il s’agit de débat ou bien d’argumentations, il y en a souvent un qui prend l’avantage à un moment ou à un autre et vis-versa, cependant ce n’est pas toujours le cas…


Il rit avec elle de sa blague, définitivement l’ascenseur avait un drôle d’effet. A moins que Kaiheena soit toujours ainsi ? Pas étonnant qu’il existe une expression qui indiquait comme signe de folie qu’on avait « fumé la moquette ». Celle de l’ascenseur devait être sacrément forte…

S’allonger dans un lit, après une journée épuisante, c’était donner à son esprit la possibilité, voir l’obligation, d’analyser tout ce qui s’était passé, le repasser en boucle pour en analyser toutes les conséquences, poser toutes les questions, en bref… empêcher de dormir. Prit dans sa propre tête et emprisonné entre quatre murs. Un cheval de Troie indélogeable. Alors mieux valait profiter de l’instant présent, sans trop penser aux conséquences. En ayant bien entendu conscience de ses actes et de leur effet boule de neige, mais sans avoir à envisager toutes les possibles répercussions.

Tu n’aimes pas lire, avant de t’endormir ? Tes mails par exemple, bien que ce ne soit pas forcement la chose qui permette de se détendre et d’oublier les questions…
Tu devrais demander à quelqu’un de te lire une histoire ou de t’en raconter une… ça marche souvent assez bien… Pour s’endormir et faire de beaux rêves.


Au moins Kai était elle compréhensive, si elle posait des questions, elle n’en attendait pas toujours de réponses, sachant à quel point il pouvait parfois être difficile de se livrer. Cependant c’était bien plus facile lorsque l’oreille était attentive. A quoi bon parler si c’était pour soit même ? Mais à quoi bon parler si c’était pour se faire du mal. Le silence était parfois la meilleure des solutions et des réponses.

Ah ! Enfin quelqu’un qui a de la patience… admirable qualité. Mais heureusement je ne harcèle pas les gens… enfin… pas quand je n’ai pas une très bonne raison de le faire.
Et au vu de mon niveau d’informatique, qui est loin de friser le génie de certains, je ne peux pas espérer me transformer en professeur d’informatique et obtenir de rémunération pour un tel travail, alors si tu invites déjà ta patience pour cette future après-midi, ce sera parfait.


Se croire protégé du noir serait une erreur avec Kai, puisque voilà qu’elle avait réussit à attraper et tirer le col de sa chemise, bien assez pour le faire se pencher en avant, par enchainement, avant de se retrouver avec la charmante voix de Kai toute proche. Une réponse ? « Euuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh ». Brain is out of service, please try again later. Bouton on… Remise en fonctionnement du cerveau. Balbutiements programmés.

Ah… mais… euh…

Il poussa un léger soupir à moitié découragé, et à moitié moqueur.

Ah, mais c’est qu’avec vous les femmes, on ne sait jamais ce qu’il faut faire. Complimenter sans en faire trop… C’est dur pour nous, on a aucun mode d’emploi et on est si maladroit…

Voilà que la prise se relâchait, avec un nouveau rire de Kai. Au moins ne se posait-elle aucune question sur la situation, assez précaire, dans laquelle ils se trouvaient. Suspendu au dessus du sol, à papoter comme si de rien n’était, alors que leur vie ne tenait qu’à un fil.
La barmaid reprit le cours de la discussion pour s’élancer à son tour dans une affirmation de ses opinions politiques. « Un jour, Nosco changera». Elle l’avait dit avec une telle détermination… Il n’y avait aucune raison de contester, quand on sentait à quel point elle avait confiance en l’avenir et son dénouement. Apparemment, elle fut surprise de se trouver à ce point là affirmée dans ses convictions, puisqu’elle termina encore une fois sur une pointe d’humour. Et il fit de même espérant qu’elle ne regretterait pas ses paroles. Après tout rien de ce qu’ils ne disaient n’était enregistré ou filmé, et c’était une chance alors autant en profiter pour discuter de tout et de rien, mais surtout de l’essentiel, pour pouvoir dire ses quatre vérités.

Tu n’as pas besoin d’être belle, puisque tu es déjà une déesse qui surpasse Aphrodite.

Il se figea un moment lorsqu’elle lui retourna un compliment, et surtout insinua qu’il cachait un secret.

Mon secret c’est que justement je suis un humain avec ses défauts… et quelques qualités. Quand aux autres secrets, tu ne voudrais en aucun cas les savoir, crois-moi.

Il s’amusa de sa soudaine hésitation, après avoir choisit si rapidement. Et abandonnant le massage, il lui demandant, en la laissant encore quelques secondes dans le doute.

Tu veux bien te lever ?

Il plongea la main dans son sac, pour récupérer son précieux ordinateur portable. Il ne lui fallut que quelques secondes à pianoter avant de trouver ce qu’il cherchait. Une fois le processus mit en route, il se mit à son tour debout, s’appuyant sur le mur derrière lui pour se redresser.

La seule et unique chose que tu risques, c’est que je te marche sur les pieds… Néanmoins, généralement, je me débrouille assez bien pour éviter ce genre de catastrophe.

L’écran de l’ordinateur éclairait un instant l’espace, faisait apparaître des ombres et quelques zones plus claires. Au moins de quoi ne pas être dans l’obscurité totale… enfin jusqu’à ce que l’écran de veille ne se déclenche.

M’accorderez-vous cette danse ?


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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Mar 22 Nov - 3:11

La protection dont elle était sujette ne pourrait pas durer éternellement. À bien y repenser, elle craignait plus que tout ce moment où elle devrait quitter cet ascenseur. Non, ce n’était pas l’inconvénient d’être cloitrée entre quatre murs dans une pièce aussi petite qu’un cagibi qui lui manquerait, mais plutôt une présence. Oui, c’était ça, une présence humaine qui agissait tout comme. Un homme à part entière, et non un homme d’apparence et dont l’âme avait pris le large il y avait de ça tant d’années. Elle se mit alors à maudire en silence. Maudire dans ce quoi elle s’était mêlée. Se maudire aussi pour avoir rencontré Van Berghen. Le hasard faisait bien les choses, mais l’après coup semblait alors différent. Elle savait que rencontrer des gens trop humains, trop semblables la rendait mélancolique. Tout ce qu’elle aspirait, tout ce qu’elle souhaitait être ne pouvait être réalisée, pourtant. Elle resterait cette fille, la fille derrière le bar, la fille qui faisait semblant. Semblant d’aimer, semblant d’être, semblant de rire… Elle refoula une colère sourde en asséchant ses yeux qui s’embrumaient trop tôt. Les au revoir n’étaient pas écrits. Il ne fallait pas penser… Seulement être dans cet ascenseur qui l’enlaçait d’une intimité qui n’était pas coutumière.

« Tu crois que les gens peuvent s’améliorer? Tant de gens les refont des centaines de fois… » Elle se mordit une nouvelle fois la lèvre inférieure, camouflant son angoisse grâce à l’obscurité : « Par contre je suis comme toi sur ce point : je ne sais pas du tout comment j’arriverais à survivre en travaillant toute seule dans un bureau! J’en mourrais d’ennui! Joshi sait à quel point je déteste être enfermée… Bon, il faut aussi dire que cela dépend des situations… » Puis en abaissant le ton, comme s’il avait été une petite fille un peu gênée de dire la vérité, elle emprunta sa plus petite voix en lui avouant : « Je suis heureuse d’être tombée sur toi, Kim Van Berghen. Cela fait très longtemps que je n’ai pas discuté de la sorte. Merci…» Puis se demandant pourquoi elle l’avait remercié, elle rajouta : « Merci d’être toi. »

Suite à son aveu de petite fille, elle avait souri, silencieusement en le laissant parler… Ce qu’il faisait de mieux, d’ailleurs! Elle en profita pour écouter les dernières paroles de son interlocuteur au sujet des relations interpersonnelles pour passer une main dans sa lourde chevelure. Ce geste eut pour effet de la débarrasser de tous les ornements qui servaient à la tenir en place. Elle se sentit mieux, tout à coup. Elle qui détestait avoir les cheveux remontés, elle retrouvait une certaine liberté dans ses mouvements. Ses cheveux trainaient sur le sol, elle ne s’en souciait que très peu. La plupart trainait sur les cuisses capturées de Kim. Elle se sentait étrangement bien. Trop étrangement bine pour que ce soit normal.

Elle gardait son calme rassurant. Sa mâchoire semblait se desserrer peu à peu, elle se sentit mieux. Elle écouta Kim parler de lecture… de lui raconter des histoires, puis, sans attendre, elle s’était mise à rire. Elle ne pouvait pas croire qu’en plus d’agir comme une fillette, on l’invita à se faire lire des histoires? Cela remontait à des lustres pour ces contes de cap et d’épée! Elle observa ce qu’elle croyait être l’emplacement de son visage avant de lui lancer :

« tu crois que Gregory Allander Crescent voudra bien me faire la lecture ? » Blagua-t-elle en riant de plus belle : « Non, mais qui voudra bien me faire la lecture, Kim? Je suis bien aise de me payer un conteur personnel, mais reste-t-il qu’il faudrait encore le trouver… ça court les rues de Nosco, tu crois? » Elle se moquait, de toute évidence avant de reprendre un peu sérieux après un léger ricanement sans méchanceté : « Je suis incapable de lire avant d’aller dormir, c’est un fait. Ce serait repenser à toutes les pages que j’aie lues… Tu crois que je pense trop? Je revendique le droit d’avoir le mode «stagnant» avec l’achat de ma cervelle! »

Elle riait encore. Elle aimait bien rire. C’était d’ailleurs ce qu’elle préférait. Dans tout ce qu’on aurait pu lui offrir, une bonne plaisanterie ne pouvait être équivalue.

« Par contre, il faudrait que tu me donnes quelques-uns de tes trucs pour dormir l’esprit tranquille… Rassure-moi, ça s’apprend? »

D’une bonne humeur constante, elle s’était remise à sourire, encore une fois. C’était si amusant de taquiner…. Surtout quand ledit sujet de la taquinerie prenait au jeu et s’en amusait tout autant! Le scientifique semblait avoir compris le petit manège à lequel se livrait Kaiheena. Sans retenu, elle s’y laissait tomber, qu’importe ce qui adviendrait… C’était ce qu’on appelle ne pas avoir froid aux yeux… De toute manière, froid, elle l’avait déjà! Encore quelques degrés de moins aux niveaux des organes oculaires ne lui
feraient aucun tort!

« Oh, tant que durera ma bouteille, je suis certaine d’avoir la patience adéquate pour accomplir notre tâche commune : vaincre la technologie… Sous peine qu’elle nous batte à plat de couture… Dans ce cas-là… Nous noierons notre chagrin dans ma réserve »

Elle rit à nouveau, tout en pensant à cette après-midi future. Elle espérait sincèrement que Van Berghen puisse l’aider avec ses capacités informatiques discutables… Peut-être qu’avec un peu de chance, ils trouveraient comment accomplir leur mission?

Elle avait sans doute pris Kim par surprise en l’attrapant par le col de sa chemise. Elle s’était appliquée à le faire avec beaucoup de sensualité, troublante, tout comme ses compliments pouvaient l’être! Tant de mots pour flatter l’égo, il fallait bien qu’il s’attende à ce qu’un jour, une demoiselle résiste à son charme et lui réponde avec mordant qu’à parler ainsi, il en ferait tomber plus d’une, ce n’était là d’aucune surprise! Elle s’en fit d’ailleurs un devoir de le faire avec le plus grand des plaisirs, se délectant même de son léger bug. Oui, c’était bien ce qu’elle recherchait : une perte totale de ses moyens au détriment de son propre amusement. Même dans le noir, elle savait être une redoutable prédatrice… En fait, elle aurait pu faire bien pire, mais elle le savait et amoureux et sous le charme de cette compagne. Elle n’osait pas s’aventurer plus loin qu’un simple flirt tout à fait innocent :

« Tu sais bien te racheter, il faut l’admettre! » Se moqua-t-elle avec une moue invisible pour son interlocuteur qui dénotait de sa taquinerie : « Par contre, fais attention à ton charme dévastateur, Van Berghen! Une femme aime les compliments lorsqu’ils sont dosés… Dans le cas contraire, elle pourrait rapidement s’amouracher de tes beaux yeux… C’est à prendre ou à laisser… Par contre, n’arrête surtout pas, j’aime qu’on me louange de la sorte »

Elle rit, une nouvelle fois, encore et toujours! Elle se plaisait à taquiner le pauvre Docteur qui devait se demander comment pouvait-on être à la fois gentleman sans complimenter trop sans tomber le trop peu! Ah, les femmes! Elle le savait depuis la nuit des temps : il était si simple d’être homme! À vrai dire, les femmes avaient toujours cette manière d’être satisfaites de ceci, insatisfaites de cela, toujours à se poser mille et une questions, à se comparer, à se regarder à se complexer! Ah, elle aurait été faite pour naître homme, il faut croire… Non, en fait, elle adorait être femme, tout compte fait!

Malheureusement, le flatteur n’apprit pas sa leçon… Il poursuivit ses compliments à son égard ! Ah, très bien, dans ce cas! Lui qui se disait si homme, sans rien en-dessous, seulement humain avec défauts et qualités, il en aurait pour son argent s’il tenait tant à s’avouer homme parmi tant d’autres. Ludlow avait ce pouvoir chez certain, pouvoir de troubler qu’elle utilisait parce qu’elle savait justement qu’elle le possédait. Dangereux? En un sens, oui… Il fallait être à la fois la flamme et s’y brûler… C’était là le but du jeu1 Excitant, non ?

« Oh oui, je veux le savoir, Docteur! » Elle prit alors un ton quelque peu joueur : « Sérieusement, je ne connais pas beaucoup d’hommes qui osent caresser l’égo des femmes dans le seul but de les mettre à l’aise! Si tu as des défauts, ils sont en moindre quantité puisque tes qualités prennent le dessus à ce que j’ai pu constater ! En tout cas, tu dis ce que les femmes veulent entendre, il n’y a aucun doute là-dessus… Pour une raison assez étrange, je sais ce que je dis… Peut-être le fait d’être femme pourrait expliquer tout ça… Mais qu’en sais-je! »

Elle le taquinait à nouveau, par simple plaisir de le voir se mettre dans un embarra ou de l’entendre lui répondre! Ah, ces quelques heures pourraient s’avérer très intéressantes…

« Alors dis-moi, tu me les diras, tes plus sombres secrets? Ne t’en fais pas, les miens sont pires »

C’était drôle, efficace, séducteur, du Kaiheena Ludlow tout craché.

Ce à quoi elle ne s’attendait pas, toutefois, c’était plutôt la teneur de l’action qu’elle avait choisie. Elle qui croyait que quelques petites galipettes auraient suffi, et bien non! Il fallait qu’elle se lève? Pas de problème… Enfin! Elle s’exécuta en cherchant le du bout des doigts, s’adossant contre le premier mur où elle pouvait se sentir en sécurité. Cela lui faisait drôle de se lever, à présent. Elle avait un léger picotement dans ses jambes. Combien de temps était-elle restée là, couchée à même le sol, la tête reposée sur les jambes de son sauveur de l’ennui? Elle n’en savait rien…

Kaiheena qui avait oublié la splendeur de la lumière se vit éblouie par la lueur de l’écran du petit ordinateur de Kim. Curieuse, elle l’écouta pendant un instant. Elle eut un certain sursaut face à cette requête… Danser? Danser sur cette musique? Kim lui faisait face : elle contre le mur du fond, lui contre le mur de la porte. Elle ne put s’empêcher de rire, en avançant vers lui. Cette chanson, elle lui disait quelque chose… Un vague souvenir… Non, ce n’était pas une femme qui la chantait… Mais c’était tout aussi triste qu’à ce moment-là. Cela lui faisait drôle de pouvoir le dessiner du regard. Elle qui se l’imaginait dans la noirceur, voilà que le peu d’éclat qui émanait du petit écran pouvait lui donner des indices visuels sur son interlocuteur. Elle arriva alors à moins de quinze centimètres de lui, souriante, moqueuse, ravie. Ses yeux sombres attrapèrent le regard du médecin avec une certaine interrogation qu’elle ponctua de paroles simples :

« Kim Van Berghen, tu es complètement fou… » Dit-elle en riant alors qu’elle passait ses bras autour de son cou. Ce fut son accord.

Un peu plus grand qu’elle, si Kaiheena s’était attendue à danser un slow dans un ascenseur avec le plus improbable des hommes dans tout Nosco, elle aurait sans doute rebroussé chemin en se disant folle… Maintenant, elle le traite de fou? Peut-être l’étaient-ils tous les deux, au fond ? Elle qui n’avait aucune difficulté à danser, elle le laissa néanmoins la conduire dans cette danse suave qui se mourrait sous les paroles si tristes d’une mélodie qui était empreinte d’une douleur… Il avait fallu être très malheureux pour écrire une telle prose.

Heureusement, la présence humaine et chaleureuse de son interlocuteur ne lui faisait pas perdre la route. Ses bras pendus autour du cou du Docteur, ses doigts jouaient de temps à autre sur ses propres bras, autrefois sur les épaules de son cavalier. Elle était curieuse… Et reconnaissante. Profitant de la lumière encore éclatante pour découvrir son interlocuteur sous d’autres aspects, elle se délectait d’un moment irréel… Elle se demanda alors : était-ce vraiment arrivé?

« Pourquoi choisir une danse comme action ? » Avait-elle murmuré alors qu’elle ne le quittait pas des yeux une seules secondes.

Elle comprenait trop bien Van Berghen pour le laisser s’en tirer aussi facilement… À savoir si il répondrait ce à quoi elle s’attendait… Chose certaine, ce défi l’amusait… Rien de plus charmant que deux êtres dansant un slow de fin de soirée dans un ascenseur bloquée entre deux étages! Magnifique!


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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Mar 22 Nov - 5:41

Oui, oui on peut s’améliorer, car on apprend de ses erreurs, lorsqu’on en a la possibilité et qu’on les remarque. Certaines personnes sont butés et refont à l’infini la même chose, seulement c’est qu’elles croient être dans la bonne direction, sur le bon chemin avec les meilleures intentions alors qu’il n’en est rien. C’est simplement une faute de jugement de leur part.

Non, lui non plus ne pouvait imaginer Kai derrière un bureau, sans contact avec les autres, simplement penché sur son travail et de la paperasse. De même il ne pouvait réussir à dessiner un croquis d’elle qui tiendrait une arme. La jeune femme semblait tellement inoffensive, et elle était loin d’être agressive. Personne n’aurait sans doute pu la pousser dans les souterrains de Nosco. Surtout si elle aimait les robes et les talons hauts. Mais les aimait elle, ou était ce simplement pour impressionner ses clients de la gent masculine ?

C’est un véritable plaisir de discuter avec toi, Kai. Tu peux toujours venir me voir si tu as besoin de parler. Je suis rarement avare de mots, alors c’est avec joie que je les partage.

Il était gêné, par le ton si enfantin et fragile qu’elle employait, et à cause des remerciements. Le remerciait d’être lui ? Mais il n’y avait aucun mérite. C’était le remercier pour quelque chose qui n’aurait de toute façon pas pu être autrement… Le remercier pour une évidence.
Jouant, il répondit du tac au tac à Kaiheena pour ce qui concernait ses insomnies.

Tu crois que si je demandais à Gregory de le faire en temps que prescription médicale, il pourrait s’y mettre ? Je pourrais lui en glisser un mot. Et puis ça le faire parler un peu plus à voix haute…
Je doute qu’il y ait ce genre de métier à Nosco, cependant personnellement j’aurais bien du mal à m’endormir à côté d’un parfait étranger qui me fait la lecture.
Seulement c’était ça l’idée, que tu penses plus aux pages du livre qu’à toi-même et tes propres questions, tes soucis. Si tu te plonges dans un livre –qui t’intéresse mais pas forcement trop- tu partiras en pensant à cette histoire ou bien à ces réflexions, de quoi écarter les autres…
En quelque sorte c’est tout simplement un moyen de se relaxer et de s’imaginer dans un univers protégé, une bulle de confort et de sécurité, qui te mette en confiance et t’aide à t’endormir doucement. Seulement je peux comprendre qu’en te couchant à cette heure-ci, et vu la fatigue accumulée à ton travail, tu n’ais ni le courage ni l’envie de te plonger dans des lignes de texte.
Oui, pour la plupart des gens, ça s’apprend, il suffit de se donner un petit rituel, de prendre une bonne douche chaude pour détendre les muscles, ou boire un verre de lait. De s’installer confortablement, et pourquoi pas d’écouter de la musique, ou une voix qui vous parle, de ne pas se stresser en pensant qu’il faut absolument s’endormir. Seulement écouter aussi les besoins de son corps. On a un cycle du sommeil qui revient environs toutes les trois heures et dans ces moments là, dès que l’on commence à bailler, à avoir les yeux qui papillonnent, il faut alors se coucher et tenter de s’endormir.
Après pour tous les autres et si toutes les techniques ont échoués, et que ce n’est pas lié à une maladie du sommeil, alors il reste toujours les somnifères mais bon…


Ce n’était définitivement pas la première technique à tenter et celle qu’il recommanderait. Seulement une dernière possibilité lorsque tout le reste avait échoué lamentablement. Sauf qu’il baissait rarement les bras, il y avait toujours une solution, la seule chose était de la trouver… ça tombait bien, puisqu’il était chercheur ! Bon ça ne garantissait pas de résultats mais…

Je vois que tu prépares déjà les armes, et si nous partons au combat sur ce pied-là, alors nous réussirons sans aucun doute possible. Tout n’est qu’une question de volonté ! Et puis, nous autres, humains avons un avantage considérable sur la machine… nous pouvons boire !

La blague était fichtrement nullissime. Tant pis, elle venait d’être prononcée et il était trop tard pour la rattraper ! Elle était partie, jusqu’aux oreilles de la barmaid, à voir ce qu’elle en retirerait. Surement que Kim pouvait parfois avoir un sens de l’humour déplorable. Ce qui était après tout la vérité.
Flirter ? Oui, c’est ce qu’ils faisaient tout deux en s’approchant dangereusement de la limite, mais tout en sachant qu’ils avaient chacun quelqu’un d’autre dans leur vie. Cependant il nota la demande explicite d’avoir encore plus de compliments. Il fallait imaginer que si Crescent était méticuleux dans le choix de chaque mot, il devait l’être autant lorsqu’il s’agissait de distribuer des compliments.

Alors c’est que tu connais bien peu les médecins. Quoi que… c’est vrai qu’à Nosco, ils ne me ressemblent pas vraiment… Mais sérieusement, un médecin qui n’inspirerait pas confiance, ou qui ne saurait pas mettre un minimum à l’aise… Autant ne pas aller le voir. Enfin moi je n’irais pas le voir…
Ah bon ? Alors est ce que ça veut dire que j’arrive à lire dans tes pensées ? Pour réussir à précisément dire ce que tu voudrais entendre…
Non, si c’était si simple ce serait bien. Mais je pense que je m’y perdrais dans les pensées d’une femme…


Parler de secrets, c’était toucher à une partie des plus sensible. Demander de révéler son âme. Et puis il y avait des choses qu’il n’avait jamais dites à personne à Nosco, pas même à Ambre, malgré leurs trois ans de vie commune. Parce que ça lui appartenait, c’était personnel et privé. Un bout de passé qu’il gardait et garderait pour lui.

Bien pire ?

Il rit un instant.

Comment peux-tu juger sans savoir ? Qu’est ce qui pour toi est tellement affreux que rien d’autre ne puisse le surpasser ?
Quoi toi, bel ange, tu aurais fais quelque chose de mal ? Non, c’est impossible, ou alors on t’aurait pardonné sans aucun soucis…


Voilà qu’il renvoyait les questions à son interlocutrice. Renversant un brin la situation, aussi parce qu’elle l’intéressait. Certes, on jugeait toujours ses crimes plus horribles que ceux des autres, car on est plus facilement magnanime envers d’autres que soit.

Hum… merci du « compliment ». Fou ? Je dois le prendre comment ?
Bon, si déjà je ne te fais pas peur, c’est bien. Cependant un fou qui ne fait pas peur, c’est dangereux…


Il posa ses mains sur la taille de sa cavalière, en veillant à ne pas aller trop bas, à ne pas trop s’approcher, ou encore à lui écraser les pieds. Enfin, une fois la musique lancée, et les premiers pas fait, il n’y avait aucun problèmes, Kai savait danser, alors il suffisait simplement de la guider doucement. Au moins ne risquaient ils pas se s’endormir en étant debout. Et puis ça leur ferait du bien de se mettre debout un peu, plutôt que de rester figés dans une mauvaise position assise. Et puis ça ne les empêchait même pas de parler, et avec les quelques reflets de lumière qu’ils avaient à présent, ils leur étaient même possible de distinguer leurs traits de visage, et donc de plus ou moins se fixer dans les yeux en répondant. Kai lui avait accroché le regard et ne s’en détacha pas en répliquant à sa question.

Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Dois-je vraiment te justifier toute mes actions ? A ma pauvre, mais tu ne vas jamais réussir à m’arrêter de parler, si tu poses autant de questions.
Pourquoi ? Parce que j’aime la danse. Pas forcement celle des boites de nuit, ou de notre discothèque. C’est juste que le slow est une danse agréable à partager à deux, et bien trop souvent oubliée ou inutilisée. Une vraie injustice. Parce que j’aime le slow, mais que je n’ai jamais l’occasion de pouvoir demander à le danser avec personne.
Parce que ça me rappelle de bons souvenirs. Ca te dérange ? Tu n’aimes pas les slows ?

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kaiheena Ludlow le Jeu 24 Nov - 2:23

Elle acquiesça. Beaucoup de gens avaient des fautes de jugement. Certains apprenaient vite, d’autres répétaient leurs erreurs. C’était ainsi et ce l’avait toujours été! Elle se demandait pourquoi, d’ailleurs. Pourquoi avaient-ils tous autant qu’ils étaient un petit côté légèrement masochiste? Quelque chose qui ne pouvait se dompter de la souffrance infligée mais qui lui courait après. C’était le jeu du chat et de la souris qui se répétait chaque fois. Une après l’autre. Drôle était l’être humain… Drôle de le comprendre, de l’incarner. À cette pensée, elle sourit, toute seule. Cela la faisait rire. Incarner l’être humain… Qui ne l’était pas? Sans doute certaines personnes pouvaient s’en éloigner… Elle fit alors une association libre qu’elle dût ignorer avec grande adresse. Cécité volontaire, quand tu nous tiens!

Si Kim lui avait posé la question, elle lui aurait sans doute répondu que non, elle n’était pas une femme de terrain. En contre partie, elle l’aurait contredit : non, elle était bien loin d’être inoffensive. Ce qu’il ne se doutait pas, de toute évidence! Oublions tout ce qui était faste. Oublions la robe, le maquillage, les talons hauts. Il ne restait alors qu’une fille. Une fille paumée. Elle n’aspirait que pour assouvir ses propres désirs de vengeance. Elle vivait dans l’horreur de devoir mentir sur elle-même et à tous ceux qui l’entouraient, bref, comédienne de choix? Non. Manipulatrice de choix. Elle en était consciente. Lui pardonnerait-on, un jour, tout ce qu’elle avait dit? Tout ce qu’elle avait inventé? Non. Pour le salut, il était déjà trop tard. Cela n’avait rien à avoir avec la gente masculine, ni même le désir de séduire quiconque. C’était un masque. Masque qu’elle devait revêtir jour, après jour, après jour, jusqu’à un épuisement qu’elle ne pourrait plus tenir.

Savoir que le plaisir de leur conversation était partagé arracha un nouveau sourire à la belle blonde. Être apprécié avait une grande valeur, pour Kaiheena. Personne ne pouvait comprendre ce que cela signifiait réellement. Être apprécié au-delà de son corps, de ce que l’on démontrait, de ce qui nous captivait, nos idées, nos envies, nos commentaires…. Être apprécié pour la tête, c’était là un défi pour la barmaid qu’elle était. Paraître et non être… Pourtant, c’aurait dû être le contraire.
Elle rit, remarquant les mots «avare de mots» dans la voix d’un personnage qui pouvait bien avoir n’importe quel défaut, mais pas celui d’être muet comme une tombe. C’était plus fort qu’elle, elle dût lui répondre, comme ça, spontanément :

« Avare de mots, comme tu dis, je jours où tu le seras je commencerai sérieusement à m’inquiéter! » Elle le taquinait, bien sûr. Elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler l’autre Kim, celui qu’elle ne verrait sans doute jamais, quelque part entre le blues et le silence. « Cependant, tes paroles ne sont pas entrer dans les oreilles d’une sourde : toutes les discussions en ta compagnie seront pour moi un immense plaisir si tu le partages. Laisse-moi alors te retourner l’invitation : que tu aies envie de parler, ou de ce que tu voudras, je t’accueillerai les bras ouverts. » Il ne verrait sans doute jamais ses yeux pétillant, et encore moins ses dent d’une blancheur exquise, mais il pourrait néanmoins noter la dernière phrase du grand discours d’amitié que venait de lui faire son interlocutrice : « C’est la moindre des choses maintenant qu’on a un ascenseur bien à nous… Tu crois qu’on devrait lui donner un nom? J’hésite à m’y installer à l’année »

Blague à part, Kaiheena n’avait pu résister à se marrer littéralement de cet élévateur qui devrait encore les supporter pour quelques temps. Au fond, ce n’était pas si mal, comme situation! Optimisons pour devenir optimiste! C’était la clef! Enfin, c’était là le seul moyen dont Kai disposait pour ne pas sombrer dans la folie qui se faisait de plus en plus menaçante. Planant au-dessus de sa tête, telle un vautour au beau milieu d’un désert en présence d’une carcasse bien appétissante… C’était d’ailleurs ce qu’allait faire cette folie : elle allait l’avaler tout rond.

Il lui sortit ensuite l’encyclopédie des insomniaques! Vous ne pouvez fermer l’œil? Eh bien voilà cent trucs faciles pour vous défaire de vos mauvaises habitudes de sommeil! Bien entendu, le facteur premier de l’éveil presque surhumain de Kaiheena était dû à de petits comprimés qu’elle avalait, sans eau, pour son plus grand plaisir. Elle se nourrissait par le nez. Elle se constituait d’artifice alimentaire qui lui garantissait aussi une taille de guêpe. Manque de nutriment, manque de sommeil, abus d’alcool, la liste était longue!

Elle rit en entendant le Docteur Kim et ses prescriptions. Pour que Greg veuille bien faire quelque chose de la sorte, elle devrait l’implorer, se mettre à pleurer, le conjurer d’une question de vie ou de mort, bref, être trop faible à son goût. Il lui répondait au tac, elle relançait de la même manière!

« Gregory? Suivre tes prescriptions? Kim, allons donc, ne dis pas d’idiotie! Le jour où Gregory Allander Crescent, grand homme de ce petit monde, écouterait ce qu’on a dire n’est pas venu… En plus de lui revendiquer une discussion? Tu es suicidaire? » Elle avait dit ça en connaissance de cause, mais surtout avec beaucoup d’humour : « Je crois que n’importe quel inconnu à Nosco serait plus susceptible d’accepter ma requête que Gregory. » Elle roula les yeux : « Déjà qu’il n’est ni très bavard, ni friand des enfantillages, autant lui donner une corde pour se pendre… Et je suis encore à peu près certaine qu’il prendrait la corde » Elle se moquait. Un peu méchamment, c’est vrai, mais cela restait une blague. : « Mais tu as raison, avec mes horaires, je ne peux pas dormir sur quelques pages de livre. On me paie des verres, je suis la plupart du temps dans un état second lorsque je rentre chez-moi, je suis épuisée sans pouvoir dormir… Les douches ne font plus rien, ni même les histoires de camomille ou de thé… Bref, je suis une cause perdue! Mais, que veux-tu, je suis un oiseau de nuit, je ne peux plus y échapper! » Elle ricana de son sort en mordillant l’un de ses ongles manucuré : « Toi, comment fais-tu? Seulement comme ça, tu t’endors? Je me souviens que mes années en cybernétique n’avait pas été facile. J’avais des horaires horribles! Une nuit sur deux je pouvais fermer l’œil, mais sans grand succès… Avec un parrain fanatique en plus dans les parages… C’était un enfer… Un enfer que je trouve assez paradisiaque à présent, ironique, non? »

Elle n’avait pas dit cela avec regret. C’était une constatation. Autrefois et maintenant ne s’accordaient pas de la même manière… Et puis, il va sans dire que son existence avait peut-être un sens plus concret à cette heure-ci, dans cet ascenseur qu’il y avait quelques années, alors que Cole venait d’être enfermé entre quatre murs. Si elle avait opté pour une solution dans toutes celles-là, elle aurait choisi les somnifères, sans hésitation. Pourquoi? Parce que c’était simple et efficace. Elle souhaitait sombrer dans un sommeil pendant de nombreuses heures, sans être réveillée, sans que rien ne puisse l’atteindre. Puis, elle se rappelait qu’elle en avait déjà abusé, de ces médicaments… Peut-être pas aujourd’hui, mais dans une vie antérieure, une vie qui ne semblait guère plus gaie que celle qu’elle vivait… Sans la vivre.

Les armes? Oh, ça, elle les avait toujours avec elle! Une bouteille, deux bouteilles, trois bouteilles, ça ce n’était pas un problème! Elle préférait de loin regarder faire Kim plutôt que de découvrir elle-même sous peine de perdre sa vénérable patience. Bien entendu, elle ne le mentionnerait peut-être pas, mais savoir qu’un preux chevalier accourait à sa détresse informatique lui faisait plaisir! De plus, accueillir quelqu’un pour qui elle avait réellement de la considération dans son appartement ferait changement des paumés qui y restaient jusqu’à l’aube pour un dernier verre, pour une dernière ligne de poudre. Elle chassa alors tout ça rapidement de son esprit.
Elle rit de la blague de Kim par simple politesse, c’était là la moindre des choses!

« Ohlà, Doc, si on boit ce ne sera pas seulement pour la réussite, mais aussi au cas où il y aurait forfait! Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient, dans les deux cas je boirai à la santé de l’être et de la technologique… quoique, je préférerais que nous ayons le dessus sur la machine! » Dit-elle en ricanant gentiment avant de poursuivre dans son élan : « De toute façon, tout ça n’est qu’un prétexte pour t’attirer dans mon appartement en ma compagnie… Et de t’utiliser par la suite à des fins personnelles telles que me faire découvrir les plaisirs de l’informatique »

Elle s’amusait aux dépends de Van Berghen et cela lui plaisait! Rien de plus drôle que de rire directement de ses envies et encore plus de ce qu’elle voulait faire de ce pauvre scientifique, soit le réduire en divertissement, telle la manipulatrice assumée mais non naturelle qu’elle était! Elle jouait distraitement avec ses mèches, toujours aussi séductrice sur les bords que possible, comme à son habitude, quoi!
Flirt assumé des deux partis politiques, il fallait le mentionner! D’une part, il y avait la belle blonde qui se faisait un malin plaisir à sentir la tension montée en flèche avec quelques répliques, quelques gestes qui étaient trop intime pour n’être qu’amicaux, et de l’autre part, la joute verbale emplie de magnifiques compliments dont s’embrouillait le Docteur Van Berghen.
Malheureusement pour Kim, se qui se produisait dans son couple était très chaleureux contrairement à ce qu’on aurait pu croire. Ce n’était ni de mots, ni de tendresse dont manquait Kaiheena, mais plutôt d’amour de son côté. « Au secours, j’ai besoin d’amour », comme disait la chanson.
Une main se plaqua que la bouche de Kim, délicatement. Il fallait qu’il arrête de parler boulot, il commençait sérieusement à lui faire tourner la tête!

« Chut, chut, chut! Médecin? Crois-tu vraiment que tous les médecins complimentent les femmes sur leur apparence en louangeant combien il les trouve belle et sensuelle? Crois-moi, Kim, ça n’a rien à voir avec ton boulot. Tu es charmeur, voilà tout! Tu es un charmeur qui ne le sait même pas et qui le met sur la faute de son boulot! Mettre à l’aise ne suffit pas, il faut aussi les faire se sentir désirable? Vraiment! Je n’en crois pas un mot! Tu as tout ce qu’il faut auprès de la gente féminine et ensuite ça en revient nécessairement à ton travail de médecin? Je suis inflexible là-dessus. Ça n’a rien à voir. » Elle parlait en connaissance de cause. Elle savait aussi que si elle n’avait pas su tout ce qui entourait Kim Van Berghen, elle se serait fait un plaisir de lui sauter dessus, sans le moindre remord! Elle haussa ensuite le sourcil pour retirer sa main et poursuivre : « Tu sais ce que femme veut parce que tu l’es. Tu sais lire les pensées des femmes parce que tu vis avec une… À croire que ta conscience a descellée le secret des femmes ou qu’elle est simplement féminine. Alors que tu me dises, comme ça, que ce n’est que le fruit de ton expérience au boulot… Laisse-moi rire! » Elle ricana suite à cette parole. Kim pouvait dire ce qu’il voulait à ce propos, mais il ne s’en sortirait pas aussi facilement : « D’ailleurs, je me demandais, comme ça, le boulot te protège de ce que tu es, n’est-ce pas, Kim? Tu peux ne pas me répondre si tu préfères, je n’en serais pas offensée. »
[HJ : Hahahaha, non mais, en voilà une révélation : Kim, une conscience femme XD].

Elle se tut avec une certitude : qu’elle avait raison. La belle serveuse méditait là-dessus, se protéger derrière son boulot. De toute évidence, si Kim n’était pas à l’aise de quelque chose, c’était bien parler de ce qu’il était. Elle en avait la certitude puisqu’il était comme elle. Se reconnaître était quelque chose d’anodin et de troublant, à la fois. Elle aurait voulu dire que cela lui déplaisait; ce n’était pas le cas. Elle était différente du reste du monde, mais certains lui ressemblaient encore…
Puis, on aborda les secrets qui vinrent confirmer ses méditations. Il retournait la situation. Il avait peur de répondre. Peur de lui, peur de ses propres paroles. Qui devait être au courant? Pas grand monde, sans doute. Personne, peut-être. Les secrets avaient cette capacité d’être invisible. Seul les lèvres pouvaient être détentrices de ces derniers. Elles les masquaient derrière l’apparat d’un sourire.

Elle réfléchit un moment, laissant le rire de Kim s’évanouir dans la petite pièce. Elle rit à son tour. Cela lui semblait insensé, mais pouvait-il non seulement le dire?

« Même les plus beaux anges qui soient peuvent avoir souillé leur vertu du sang des innocents. Crois-moi, ce que j’ai fait dépasse l’entendement de l’humanité. Celle que je montre trahie tant celle que je suis que ce serait bien vite dit qu’on me pardonnerait ce que j’ai pu faire… Disons simplement que je me suis jouée un peu trop longtemps de ce que je n’aurais pas dû. »

Elle avait dit le tout en un trait. Elle avait tenu important de laisser planer le mystère de ses fautes. Bien des gens avaient des vices, à Nosco. Certains étaient pire que d’autres. Dire que tous étaient égaux était totalement stupide. Les gens avaient des valeurs, valeurs non égales qui s’agençaient aux actes qu’ils avaient commis. Dans le cas de Ludlow, c’était bien différent et ça le deviendrait d’autant plus avec le futur qui lui était tracé. Certains crimes ne pouvaient être jugés autrement.

Mais déjà, ils se lançaient dans un nouveau défi, lui cavalier, elle danseuse soumise à son action. Elle n’avait pas bronché, cela lui plaisait. Le considérer fou était amusant, en fait. Elle aurait voulu rire… Elle ne se retenue point en regardant son visage qu’elle pouvait enfin discerner mais qui s’effacerait bientôt. Mains autour de son cou, elle était suspendue à ses mouvements, répondant au moindre balancement qui serait reçu d’une réponse immédiate.

« C’est un compliment, je te rassure… Il n’y a rien de plus excitant que la folie, pas vrai?» Blagua-t-elle alors que la chanson lui rappelait des vagues innombrables de souvenir.

Elle écoutait, patiemment alors que sa question avait eu réponse. Van Berghen avait un passé, dans une autre existence, tout comme elle. Elle en était certaine. Cependant. Peut-être cette danse, ce corps à corps n’avait-il pas les mêmes significations pour eux deux. Tendrement, elle fit glisser l’une de ses mains sur le torse de Kim alors que leurs yeux se dardaient. Elle sourit. Par pur plaisir de le faire.

« J’aime t’entendre, ne t’arrêtes pas. » C’était simple, révélateur. La tête de Kaiheena vint alors se poser sur la poitrine de son cavalier, poursuivant chaque mouvement avec l’adresse qu’elle avait toujours eu à ce domaine : « Pas que cela ne me dérange… Seulement… Il y avait cette fille… Shelly. Elle détestait danser. Pourtant, elle se devait de le faire. Elle avait vu le monde, elle avait vu la nuit, le jour. Jamais elle ne pouvait détester autant une chose que cette danse, celle de se sentir si près de quelqu’un… Et alors qu’elle valsait avec un cavalier quelque part dans un grand appartement, elle aperçut son reflet, ce reflet qu’elle haïssait tant. Shelly me ressemble. Shelly me ressemble trop pour ne pas être moi… Et alors… Je ne me rappelle pas la détester, cette danse. Je me rappelle simplement que… Que Shelly ne l’aimait pas. Elle se répugnait, autant que tout ce qui l'entourait... Autant que ces mains qui se baladaient sur son corps... » Elle s’interrompit pendant un moment avant de lever les yeux vers Kim : « Qu’est-ce que ça te rappelle, à toi, dis-moi? »

Murmure presque inaudible alors qu’elle sentait cette Shelly reprendre de l’ampleur dans son esprit. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas été aussi malheureuse d’être heureuse dans les bras de… parfait inconnu malgré la proximité qu’ils avaient.

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Re: De l'action et des vérités...

Message par Kim van Berghen le Jeu 24 Nov - 5:21

Définitivement, il me faudrait plus qu’une extinction de voix pour m’empêcher de m’exprimer. C’est simplement que je n’ai pas… je ne supporte plus… de juste devoir écouter sans pouvoir répliquer. En fait non, ça m’arrive aussi de me taire et de faire tout le contraire de ce que l’on m’a demandé, mais ça doit juste être mon côté tête de mule.

Assez d’écouter sans pouvoir se détourner d’une idéologie ! Il fallait pouvoir penser par soi même et réussir à agir pour ce que l’on croyait être juste. Est-ce que les grands hommes s’étaient arrêtés de parler par peur ? Ou même après s’être fait tiré dessus ? Non, même une extinction de voix ne les empêchait pas de crier ce qu’ils avaient au fond du cœur ! Non, et puis ce taire c’était renoncer, et lorsqu’on commençait sur cette voie là, il était bien difficile de ne pas tomber au fond du trou et d’arrêter de vivre. Alors mieux valait toujours répliquer, ne serait ce qu’avec un pointe d’humour.
Toute hypocondriaque que Kaiheena ait pu sembler un instant, elle avait déjà oublié toutes ses pensées de futur et de maladies qui pouvaient la frapper. Pour lui proposer de venir frapper à sa porte et discuter. A voir quels pourraient être leurs sujets de conversation. Réunir deux fous dans une pièce, ce n’était pas cliniquement très très sain…

Oui, je crois qu’on devrait lui donner un nom… Et ce serait un peu comme notre enfant. On viendrait le revoir souvent et… il nous reconnaitra peut être. Tu crois qu’il s’arrêtera à chaque fois pour nous dire bonjour ou bonsoir ?

Il se mit à rire. La claustrophobie ne l’atteignait pas cependant il semblait toujours aussi étrange d’être enfermé dans le ventre de cet ascenseur de métal. Ils étaient en sécurité et au chaud, mais écarté de toute civilisation et de tout ce qui aurait pu leur permettre de s’alimenter. Alors ils ne pourraient malheureusement pas s’installer à l’année dans ce magnifique une pièce.
Cependant il fronça les sourcils, un peu – beaucoup pour être honnête, mais il ne pouvait pas l’être avec lui-même à ce moment là- déçu et mécontent que d’après Kai, Crescent n’écoute pas un seul de ses conseils. Pourquoi fallait-il toujours qu’il parle dans le vide, dans le vent… autant ne rien dire alors ? Les laisser de débrouiller tout seul ? Il avait beau rabâcher certaines indications vitales à ses patients, même en répétant plus qu’une personne perdant la mémoire, pour essayer d’imprimer ne serait qu’une parole de sa phrase dans leur cerveau… tout le monde semblait réussir à oublier les conseils prodigués à peine un instant plus tôt.

En fait le principe était assez simple. Pour la plupart des patients, ils détestaient le Sapientia, les médicaments et tout ce qui y était relatif. Alors lorsqu’ils venaient en consultation, c’était en trainant les pieds et que c’était devenu la dernière solution avant de sombrer dans la douleur physique, ou l’incapacité de travailler… En fait non. Ce qui les poussait vraiment, avant un nom, résumé en un mot : c’était la peur. Et elle ne les lâchait plus tant qu’un médecin ne leur confirmait pas : « vous pouvez être guéris » ou alors « c’est incurable ». Et au moment où ces paroles, qui apparemment avaient un effet quasiment magique étaient prononcés… alors à partir de là ils n’entendaient plus rien. Ils avaient eu ce qu’ils cherchaient, ils n’en demandaient pas plus. Et reste passait à la trappe. Tout aussi bien que la façon de réellement se soigner. Après tout si un médecin était capable de le dire, leur bon sens saurait aussi comment faire, non ? Et puis après tout de quoi se mêlait-il celui-là à leur donner des conseils ? Se croyait-il plus intelligent ou plus compétent qu’eux même pour se soigner ? Alors ça se finissait toujours pareil… Kim qui répétait en essayant de capter l’attention de celui dont les pensées étaient déjà bien loin. Une note envoyée avec les médicaments à prendre et le description –bien top long sans doute- de mise ne garde et les instructions d’utilisation –jamais lues de toute façon. Un papier que l’on froisse dans sa poche. Un email que l’on ne lit jamais. On était tiré d’affaire, c’étai fait, ça avait été dit. Comme une parole miraculeuse, la peur avait disparue… alors à quoi bon craindre quoi que ce soit ?

Toujours était-il que Kim était déçu, et que sans doute sa voix le dénota un peu lorsqu’il lança.

Ah ? Vraiment ? Je pensais Gregory un peu moins… un peu plus… attaché à sa santé et à la tienne.

Il eut un léger rire en l’écoutant évoquer la possibilité qu’il soit suicidaire pour oser affronter Crescent.

Parce que tu crois qu’à un moment il va craquer et essayer de me faire taire de gré ou de force ?

Mais les arguments de Ludlow étaient sans conteste. Crescent était plutôt un bloc de marbre froid qu’un lecteur avisé de livres. L’activité devait sans doute être considérée comme « trop féminine » pour lui. Et il n’avait pas vraiment l’âme paternelle.

Si tu es fatiguée sans pouvoir dormir c’est que tu es plus stressée que tu ne le penses. Il te faudrait un bon massage tous les soirs alors… Avoue en fait c’est toi qui a fait planter notre ascenseur…

Il la taquinait tout comme elle le faisait.

Et puis tu sais les animaux nocturnes ont eux aussi besoin de dormir, même si c’est le jour…
Et oui, malheureusement je n’ai pas vraiment de technique particulière… Et j’avoue que j’arrive assez bien à pouvoir gérer mes horaires. Ou alors c’est tout simplement que… je n’ai jamais eu de vrai problème à dormir…


On pouvait se creuser la conscience sans forcement être stressé, ou bien se sentir coupable et réussir à s’endormir. Chacun avait ses travers et ses défauts. Le sommeil ne pouvait être le problème de toute une population, il y avait forcement des exceptions…

Mets ça peut être sur le compte que je sois habitué à dormir n’importe où quelque soit la circonstance. Je sais pas, je n’ai jamais eu de mal à sombrer dans les bras de Morphée, que ce soit dans un lit, sur un canapé ou même dans mon bureau lorsque… lors des disputes avec Ambre.

Il n’en rajouta pas plus. Après tout était ce nécessaire ? Tout le monde devait bien un jour ou l’autre avoir croisé Ambre. Et si leurs disputes ne l’avaient jamais aidé à retrouver son calme pour pouvoir s’apaiser dans le repos, il n’avait pas non plus passé des dizaines de nuits blanches pour des disputes qui de toutes façon avaient finies par devenir un véritable rituel.

Ce qu’il te faut c’est simplement un bon souvenir. Non, ou mieux que cela un lieu que tu apprécies, où tu te sentes à l’aise. Un lieu que tu puisses visualiser, pour te calmer. Il te suffit d’y penser, de te voir dans ce lieu et d’essayer de caler ta respiration sur un rythme neutre et assez lent. Prendre de longue inspiration et faire de grandes expirations. En pensant à ce lieu précis.

Sa voix ne montrait aucun regret, mais on ne pouvait pas deviner si ce n’était pas un masque, un voile par-dessus lequel elle avait parlé.

Tu sais, c’est aussi normal d’idéaliser un peu le passé. On efface les détails pour ne retenir qu’un souvenir d’ensemble, et souvent il est un peu différent de ce qu’était la réalité. Alors on l’enrobe dans ce qu’on veut… Un peu de mélancolie, quelques regrets et on saupoudre le tout d’un effet flouté qui rend l’ensemble agréable à réveiller.

Et voilà que l’informatique se prêtait à la partie. Ah mais qui l’avait invité pour une partie à trois ?! Il n’était pas d’accord ! Ah et une bouteille en plus ? Mais à combien allaient ils finir dans cette conversation.

Ah mais ma petite Kai, tu n’es pas obligé de fêter tout avec un verre, il y a bien d’autres façon de se réjouir. Et puis, si je m’invitais chez toi pour boire, je choisirai certainement plus de Lounge que ton appartement. Je préfèrerais que tu déposes les armes, et le verre ainsi que la bouteille pour une conversation, plutôt que de devoir finir mon verre avant de pouvoir finir ma phrase.
Et puis… prétexte ou pas, je n’ai pas peur…


Oui, enfin… Mieux valait le dire vite. Voilà pourquoi il renchaîna sur son travail, de quoi parler d’un univers sûr, qu’il connaissait et appréciait… Tout du moins jusqu’à ce qu’on le coupe brusquement en posant une main sur ses lèvres, lui intimant le silence pour au moins quelques secondes. Alors il l’écouta de bonne grâce, rougissant lentement. Elle allait presque réussir à le mettre mal à l’aise, mais il ne pouvait pas la contredire sur ses arguments. Seulement constater que lorsque l’on demandait la vérité à Kaiheena Ludlow, elle savait la donner, ainsi que son point de vue. Et elle l’avait tellement soufflé, qu’il chercha au moins une demi-minute ses mots avant de pouvoir reprendre la parole, pour ne pas bredouiller.

Non, ce n’est pas ça. Enfin, peut être un peu… C’est surtout que… Je vis en partie pour ça.
Ca peut paraître stupide, de dire qu’on s’est en quelque sorte donné la mission de soigner les gens… mais c’est ce que je sais faire de mieux, et j’en ai besoin aussi… Alors si on veut je me protège derrière mon travail, parce que c’est lui qui me protège en quelque sorte.
On dit que l’amour passe mais que les amis restent. Alors disons que le métier de médecin, c’est un peu comme mon meilleur ami. Quelque chose qui ferait partie de moi, aussi certainement qu’un membre de ma famille et dont je ne peux pas me passer.
Non, après tout c’est presque ça, s’il y a bien un truc pour lequel je lâcherais un diner romantique avec Lovy, ce serait un ami dans le besoin ou une urgence au boulot. Mince par Joshi !


Il se passa une main dans les cheveux en soupirant.

Ca sonne comme si j’étais marié à mon boulot ! C’est lamentable et totalement exagéré. Parce qu’à l’inverse, si on n’a pas absolument besoin de moi et que Lovy a une urgence, je serais capable de le lâcher sans me retourner…
Hum… peut être que je bosse trop en fait ? Je me défini par mon travail, parce que finalement c’est ce que la Guilde nous oblige à faire… avec ces uniformes qui déclines nos professions et nos grades. Comme s’il était indispensable de nous définir les uns des autres dans la masse, tout en montrant que nous de faisons qu’un sous le contrôle du pouvoir en place…


Pourquoi fallait-il qu’elle choisisse forcement ces mots là ? Comme si elle savait parfaitement comment le frapper invisiblement avec des mots. Elle avait beau ne pas viser, elle touchait en plein cœur, réveillant parfois d’affreux souvenirs. Des souvenirs qu’il aurait mieux valu oublier. Il avait déjà réussit à ne pas les dévoiler, à se taire à jamais sur cela. Pour parler de tout le reste. Babillant pour ne pas revenir sur ce sujet précisément.

Dépasser l’entendement humain ? Oh, tu sais l’homme est capable de la plus immense et inégalable des imaginations lorsqu’il s’agit de commettre le pire. Il n’a aucune limite, à part celle qu’il se fixe lui-même.
Et malheureusement personne n’est digne de s’accorder ou pas le pardon. Alors ne te juges pas trop sévèrement… les autres sont déjà là pour cela. Les gens sont bien plus cruels avec les autres, alors laisse toi un peu d’espoir et fais la paix avec toi-même. Si tu ne t’aides pas, peu seront là pour le faire. Les gens sont parfois si égoïstes… Au point d’abandonner ceux qui n’arrivent pas à s’en sortir par eux même.
Promets-moi au moins d’essayer… Tu es si belle qu’il serait dommage que tu ne puisses plus t’admirer dans un miroir.


Ils avaient tous besoin d’un petit grain de folie, pour vivre et survivre à Nosco. Juste une infime partie d’eux qui pouvait se rire de tout et de leur malheur. Sans forcement tomber dans la démence.

Si l’on est fou d’amour, alors oui. Si l’on est fou tout court, alors on est un artiste de création qui peut se surpasser et surprendre tout le monde, quel qu’en soit le domaine.

Surprenant ce que la fatigue pouvait disparaître lorsqu’on luttait suffisamment contre elle. Et puis la situation était tellement étrange et hors du commun qu’ils n’avaient pas tant d’efforts à fournir pour demeurer éveillés et attentifs. La musique était douce, sans être trop fatigante pour les faire tomber dans le sommeil. Mélancolique mais tendre. Parfaite. Il la laissa poser sa tête et confier son passé, qui coulait au dessus des mots de la chanson. Et finalement il s’arrêta de danser jusqu’à ce que leurs yeux se recroisent et qu’il y lise qu’elle n’était pas si malheureuse de danser, mais que dans son passé cela avait été plus qu’une épreuve. Une véritable torture.

Pour moi ce sont des bons souvenirs. Ca me fait rêver d’une fête où la musique ne serait pas moderne et où l’on aurait un vrai orchestre, où l’on pourrait discuter sans avoir à hurler au travers de la musique. Ca me donne l’impression de ne pas avoir perdu tout mon temps par le passé. De ne pas avoir occulté les bons moments par tous les mauvais… Ca me rappelle qu’avant on avait le droit à des slows lorsqu’on se mariait. Que les écrans n’avaient pas toujours eu cette importance et qu’on avait plus le droit de se parler en face à face…
Je me rappelle mes deux modèles, quand ils dansaient. Et aussi une petite fille qui me demandait toujours une danse, et à qui je ne pouvais rien refuser. Ma petite Eva.

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Kim van Berghen
~ Chercheur ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Scientifique et médecin de la Guilde
Âge réel : 65 ans
Âge d'apparence : 30 ans environs

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

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