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Message par Anna Heidelberg le Ven 13 Aoû - 2:16

Ah, la beauté des laboratoires ! Cet enchevêtrement de boîtes de Pétri, d'éprouvettes (pas toujours) étiquetées, d'échantillons de toutes les provenances possibles et imaginables, ces outillages sophistiqués, le bruit des appareils, le microscope électronique et son rendu en trois dimensions sur l'écran, les tables de travail croulant sous le poids des dossiers, des rapports et autres demandes de tests à accomplir... Oui, Anna aimait bien son laboratoire. Elle n'y travaillait pas beaucoup, pourtant... Juste le nécessaire, comme tous les médecins, en fait, ce qui ne l'empêchait pas d'y passer parfois un peu de temps juste pour savourer le bonheur d'être en paix dans ce genre de lieu plus ou moins hors du temps, pour pouvoir fumer une cigarette biologique accoudée à la fenêtre avec vue directe sur l'enceinte, pour pouvoir hurler en direction de la porte "On verra ça plus tard !" lorsqu'un apprenti ou un autre médecin voulait lui demander son avis et qu'elle n'avait justement pas envie de le donner... Bref, le laboratoire avait une foule d'utilités, et, comprenons-nous bien, lorsqu'Anna y était, ce n'étaient pas toujours les plus urgentes qui avaient la priorité. Ce qui ne la rendait pas négligente pour autant, néanmoins, elle était quand même une femme responsable ! Sans quoi elle aurait déjà été déchue de son poste de médecin, et ramenée à son travail de technicienne de labo dans la synthèse d'acides aminés...

Cette fois-ci, cependant, il en allait tout autrement. Non pas qu'elle n'avait pas envie de fumer une clope assise sur le rebord de sa fenêtre, non, en général, ce genre de loisirs lui plaisait même beaucoup. Plutôt qu'elle avait vraiment beaucoup trop de choses à faire pour pouvoir s'accorder l'esprit tranquille une petite pause, et qu'elle ne tenait pas non plus à se mettre en retard. Anna Heidelberg aimait être à l'heure, dans ses rendez-vous comme dans ses travaux, elle ne reportait jamais au lendemain ce qu'elle pouvait faire le jour-même, quitte à un peu (voire beaucoup) dépasser les horaires de fonctionnaire qui d'ordinaire étaient les siens, à l'exception d'une nuit sur trois où il y avait bien les gardes à assurer. Le genre de corvées dont elle s'acquittait sans râler, mais sans grand plaisir. C'était nécessaire, point barre. Et on ne discutait pas avec la nécessité, les 62 ans qu'elle avait passés à Nosco le lui avaient appris, parfois à ses dépens... Comme les premières fois où elle avait vu les blessures occasionnées par les Créatures, par exemple. Et ça, il n'y avait pas à dire, mais.... ça faisait un choc, mine de rien. Même si à force, on parvenait à s'y habituer et à rester glacial face à ce genre de cas.

Oui, glaciale, c'était un mot qui lui convenait bien. Tout le monde à Nosco s'accordait pour dire que cette petite femme maigre et revêche était probablement l'un des pires caractères de la cité, beaucoup des habitants ayant déjà eu affaire à ses seringues et à sa condescendance. Inutile de préciser que ceux que sa conduite ne laissait pas indifférents ne manquèrent pas de détester le ton qu'elle employait. Tant pis pour eux. Après tout, s'ils voulaient se plaindre, ils pouvaient le faire. Ce serait en vain, bien entendu. De toute façon, ils étaient soignés (et bien soignés pour la grande majorité d'entre eux), ils s'en sortaient, que demandaient-ils de plus ? Qu'on leur offre un ballotin de chocolats pour les réconforter ? Il ne fallait quand même pas exagérer, hein ! Et Anna n'avait nullement l'intention de gaspiller son salaire en sucreries à offrir. Nul doute que vu la taille du Sapientia, le nombre d'employés qui travaillaient plus ou moins pour elle et le nombre de patients... elle ferait vite faillite, la petite Allemande !

Mais la faillite n’était pas encore dans ses objectifs du jour. Non, aujourd’hui, elle avait plutôt presque fini journée, à vrai dire : le soleil baissait déjà dangereusement dans le ciel teinté d’orange et de rose, la température rafraîchissait un petit peu, et évidemment, elle ne ressentait aucun de ces deux phénomènes naturels dans son labo aux volets tirés, au chauffage central et à la lumière artificielle. Pour les expériences, ça valait mieux. Et étant donné que c’était la fin de la journée, c’était également pour Anna la fin de son service : elle allait dans une heure environ léguer son laboratoire et son travail de médecin au Sapientia pour une nuit de garde à Jessica Wilde, celle qu’elle avait eue pour apprentie des années auparavant. Dix ans déjà… Depuis lors, elle avait bien changé, la demoiselle ! Bien que physiquement elle soit toujours la même (et de la même extravagance qui exaspérait tout bonnement notre glaçon germanique officiel), son esprit avait évolué, et avec lui sa conception du monde et de la médecine. Ce qui d’ailleurs ne manquait pas d’avantages…

Au vu des nombreuses différences qui opposaient en permanence Anna et Jessica, on ne pouvait conclure qu’une seule chose : les patients pouvaient passer d’un extrême à l’autre en deux ou trois fractions de seconde, top chrono. La douche écossaise personnifiée. Après, ça dépendait des goûts : il y avait toujours des farfelus pour aimer le chaud et froid, des amateurs de chaleur attentive et d’autres de froideur professionnelle. Quoi qu’il en soit, tout le monde était content, y’avait pas à se plaindre ! Et puis, les collègues prenaient toujours un plaisir fou à les comparer sur tout et n’importe quoi, la discrète élégance d’Anna et les tenues extravagantes de Jessica, leurs maquillages, leurs démarches, et tout le reste par la même occasion. Encore un peu, et elles auraient pu poser pour une affiche sur la tolérance à Nosco ! Enfin, on n’en était pas encore là.

Avec un soupir, Anna remit les deux boîtes de Pétri qui traînaient sur son bureau sous l’incubateur, histoire de voir quelle curieuse bactérie allait s’y développer. L’avantage (ou l’inconvénient ?) avec un monde comme Nosco, c’est qu’on pouvait toujours y découvrir des trucs bizarres, des maladies nouvelles, d’étranges choses dont Anna était plus que friande, curiosité scientifique oblige. Elle n’était pas médecin pour rien. Et ensuite, le plus amusant de tout : chercher des remèdes, décrypter l’ARN ou l’ADN de ces pauvres bêtes à peu près innocentes (j’ai bien dit à peu près) pour pouvoir les neutraliser en un temps records avec le moins d’effets secondaires possibles pour le patient, voire s’en débarrasser complètement (ça, c’était encore la meilleure option, mais ce n’était quasiment pas possible en pratique). Ah, et vérifier si les microbes en question avaient des effets indésirable sur l’être humain, aussi.

Après, il y avait toujours les créatures, les blessures (parfois horribles à voir, au point que de jeunes infirmiers en faisaient des malaises, comme si on n’avait pas déjà assez à faire avec les blessés) qu’elles pouvaient occasionner, les résultats de rixes avec les rebelles, et autres petits bobos du quotidien. Ca, c’était en général moins intéressant, mais que voulez-vous, on ne pouvait pas avoir en permanence du sensationnel, malgré les difficultés de la vie et les conditions rudes de la Cité. Il fallait bien garder un peu de normalité, dans la vie, non ? Quoi qu’il en soit, Anna n’aimait pas le manque d’originalité des créatures, bien que les blessures qu’elles occasionnent soient un excellent moyen de faire passer le temps à grande vitesse : avec tous les soins à apporter, les plaies à recoudre, les points de suture, les opérations assistées et le reste, lorsqu’il ne s’agissait pas de poser des prothèses partielles pour remplacer une partie de membre en bouillie trop fine, on n’avait pas le temps de prendre une barre de protéines ! Et ça, c’était un bon moyen de ne pas voir les années passer trop lentement…

Les boîtes étaient rangées, les éprouvettes aussi. Le désordre du laboratoire ? Il semblait n’avoir jamais existé, sauf peut-être dans l’imagination de quelque visiteur ou de quelque auteur de RP. Non, tout était presque impeccable, trié, (à peu près) étiqueté, les dossiers dans les tiroirs et deux sur le bureau, les informations sur les nouveaux oubliés encodées dans l’ordinateur qui ronronnait dans un coin, bref… plus clean que ça, tu meurs. Et comme t’es à l’hôpital, tu ne mourras pas tout de suite, y’a assez de médecins pour que tu survives encore un peu. Anna retira la pince qui retenait ses cheveux, enleva sa combinaison de travail, la tenue stérile du médecin ordinaire, puis remit ses escarpins à la place des souliers plats. Le tout se retrouva jeté dans un sac qu’elle se mit sur l’épaule, et elle s’apprêta à fermer la porte lorsqu’elle entendit un pas dans le couloir. Un sourire au coin des lèvres, très ténu, microscopique, mais néanmoins présent, elle roula des yeux dans les orbites en reconnaissant le pas de son ancienne pupille, et ne manqua pas de lui souhaiter le bonjour… à travers la porte.

- Ah, Jessica, vous voici. Je vous laisse le laboratoire pour la garde.

La doctoresse ouvrit la porte, sortit, salua son ancienne apprentie.

- Rien de nouveau de votre côté ?

_________________

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Anna Heidelberg
Anna Heidelberg
~ Médecin ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Médecin
Âge réel : 62 ans
Âge d'apparence : 24 ans

Compétences
Mémoire:
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Compétence principale: Biologie
Niveau de Compétence: Maître

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