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Message par Judikhael Wienfield le Dim 7 Nov - 23:54

Il avait beau ne pas avoir tous ses esprits, il n'était quand même pas complètement stupide. Enfin pas encore. Il savait que quelque chose de compromettant sur lui, ou plutôt sur son... hum... intimité, devait avoir été enregistré et pouvait à tout moment circuler dans tout Nosco. Et lui éclater ensuite en plein visage. Ce n'était pas la première fois que quelque chose de douteux circulait sur lui. Il y a dans les trente années environ, une photo de lui avec Artémia à deux doigts de l'embrasser, alors que leurs visages étaient tout proches, avait circulé quelques temps, lui faisant récolter un blame de son Impératrice. Mais cette fois-ci c'était plus grave encore qu'une simple photo d'embrassade. Cette fois, il s'agissait de son intimité. De lui, nu, dans une situation plus qu'embarrassante. Humiliante. Perdant ses moyens. Sa dignité.

Et pire même, si un tel enregistrement circulait, ce n'était pas seulement lui qui serait touché, mais également le haut conseil. Non seulement il risquait fort de perdre son autorité et sa crédibilité en tant que commandor auprès de ses hommes, mais également il risquait de décrédibiliser l'autorité du haut conseil auquel il appartenait. S'il détestait déjà la déchéance qui lui pendait au nez, telle une épée de Damoclès, il détestait plus encore l'idée de possiblement entrainer le haut conseil dans son déclin. Non, vraiment, il ne pouvait laisser une telle chose se produire. Et donc il ne pouvait laisser un tel enregistrement ne serait-ce qu'exister.

Oui, mais voilà. Il avait beau être doué en de nombreux domaines, l'informatique n'en faisait pas partie. Lui ses domaines c'était le combat, sous toutes ces formes, et éventuellement les bas fonds de Nosco. Mais l'informatique... Disons qu'il connaissait le nécessaire pour se dépatouiller avec un ordinateur mais pour le reste... Inutile de dire qu'il serait bien incapable de faire disparaitre ce genre de choses. Et qui disait incapable de le faire lui-même, signifiait le demander à quelqu'un d'autre de plus doué que lui. Tant qu'à faire, demander pour demander, s'humilier pour s'humilier, autant le demander alors au plus doué des doués dans le domaine. Un seul nom lui venait alors à l'esprit : Traktueur. Ou plutôt le dénommé Tristan Darek.

Mais, parce qu'il fallait bien un mais pour lui compliquer la tâche, il préférait ne pas le convoquer, ne pas rendre sa demande... hum... officielle. Qu'elle reste, même pas officieuse, mais simplement personnelle. Non pas de commandor à commandor mais d'homme à homme. Ce qui voulait dire alors ne pas faire venir Traktueur à lui mais lui venir à Traktueur. Et mieux encore, venir à lui en dehors des bureaux de la brigade. Chose peu aisée toutefois, quand on considérait que le bougre d'informaticien avait la bonne idée de rester quatre-vingt-dix pour cent de son temps dans les bureaux de la brigade. A croire que ce gars ne dormait jamais.

Il avait donc fallu qu'il guette, depuis son propre bureau de commandor, les mouvements sortant du bureau de traktueur. Judikhael commençait sérieusement à désespérer voir le commandor de la section informatique sortir de son bureau ce soir-là et l'idée de reporter au lendemain commençait à lui titiller l'esprit, quand, enfin, alors que les deux heures du matin venait d'être fortement dépassées, il entraperçut enfin la fine et élancée silhouette de l'informaticien sortir de son bureau. Judikhael se força à ne pas l'accoster de suite toutefois. S'il ne pouvait échapper aux caméras, et s'il ne pouvait échapper à ce que les images soient enregistrées, du moins pourrait-il échapper à l'enregistrement du son, et faire en sorte que cette conversation reste secrète. Enfin aussi secrète que cela pouvait l'être en Nosco. Il n'y avait alors qu'un endroit possible selon lui pour cela, mis à part les appartements de l'impératrice, ce qui était bien entendu hors de question. Et cet endroit n'était nul autre que la cour.

Laissant donc un temps d'avance à Traktueur, Judikhael quitta à son tour les bureaux de la brigade, bon dernier, fermant ainsi toutes les lumières, et le suivit à bonne distance pour regagner la surface et sortir au grand air dans la cour. Laissant un instant le doux vent nocturne lui caresser le visage, il se décida finalement à presser le pas et à enfin se faire entendre de l'informaticien pour l'alpaguer en plein milieu de la cour.

- Tristan, appela-t-il alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres. Tristan, attendez-moi, s'il vous plait.

Il aperçut Traktueur s'arrêter et l'attendre et pressa encore le pas, à petites foulées, pour le rejoindre et arriver à sa hauteur.

- M'accorderiez-vous un instant ? J'aurais à m'entretenir avec vous. Une... une requête à vous présenter.

Il désigna alors d'un geste la caméra toute proche, avant d'ajouter :

- Si nous pouvions en parler... plus tranquillement.



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La vérité, comme la lumière, aveugle.
Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule, qui met chaque objet en valeur.

Albert Camus
Judikhael Wienfield
Judikhael Wienfield
~ Guildien ~


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Profession : Haut Conseiller
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Âge d'apparence : 30 ans

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Compétence principale: Armes blanches
Niveau de Compétence: Maître

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Message par Tristan Darek le Jeu 11 Nov - 18:44

Dehors, la nuit était claire et plutôt fraiche. Si on levait la tête, on pouvait aisément s'apercevoir que le ciel était bien dégagé, il n'y aurait pas de pluie. Tristan était incapable de se rappeler de la dernière fois qu'il était sorti et qu'il lui avait fallu traverser la cour pour se rendre chez lui, ce qui signifiait forcément très longtemps. Alors il allait peut-être un peu trainer, profiter de l'air frais, du vrai, pas de cet air conditionné, climatisé ou chauffé qu'on leur envoyait là-bas, dans les souterrains et dans le bunker de la brigade. C'était fou comme on pouvait oublier vite la sensation que procurait l'extérieur, c'était dommage qu'il n'y ait pas de vent pour caresser sa peau, ça lui aurait fait du bien, ça lui aurait remonté un peu le moral aussi.
Les quelques heures précédentes l'obsédaient, il avait fallu d'abord puiser au fond de ses souvenirs et reconstituer tout ce qu'il s'était passé mais il y avait encore des trous par-ci par-là. Mine de rien une foule de pensées lui avaient traversé l'esprit et là, il n'y avait pas d'historique, il ne pouvait pas à l'aide d'un simple code afficher toutes les données qui avaient été écrites dans son disque dur ou plutôt dans son cerveau, comme ils disaient.
Mais une voix qui semblait surgir de nulle part interrompit le remue méninge qu'il s'imposait. Il reconnaissait cette voix, oui il savait forcément de qui il s'agissait, il l'avait déjà entendue, pas mal de fois même, mais là sur le coup il était incapable de lui donner un nom. Tant pis. Il s'arrêta simplement, sans se retourner, laissant l'homme qui venait de l'interpeller le rattraper. Qui voulait donc lui parler ? Y avait-il un travail urgent à faire ? Il n'était pas sûr d'en avoir la force, à vrai dire le sommeil pesait sur ses paupières et sur son esprit. Et puis,il fallait le dire, ses pensées le hantaient.

*

Les notes résonnaient dans ses oreilles, délivrant tour à tour une sonorité particulière, une note parfois répétée mais scientifiquement et selon l'enregistrement on pouvait dire que chacune d'entre elle était unique. En fait il s'agissait simplement d'ondes qui se propageaient dans l'air et, à une certaine fréquence, l'homme pouvait les entendre. Il les avait imitées et avait tenté d'en faire quelque chose de beau. Mais comme la plupart des choses, elle était à double tranchant.
Il y avait malheureusement toujours certains sons, certains enchaînements qui malgré toute sa force mentale puisaient au fond de lui les pires souvenirs et les sentiments nouveaux qui les accompagnaient. Le remord, le dégoût, la honte, la haine. Comment, dans ces moments-là osait-il encore se regarder en face ? C'était simple, il n'y parvenait pas et si son attitude peu soignée, ses cheveux mal coiffés et plein d'épis pouvaient choquer ce n'était pas par manque de volonté ou désir de se montrer ainsi, c'était simplement parce qu'il était incapable de croiser le reflet d'un miroir, parfois même de se toucher. Combien de fois n'était-il pas resté des heures sous l'eau glacée, sans bouger, attendant que la mort vienne ou espérant seulement que l'eau le laverait de tous ses péchés ?

Louis. Un prénom de roi. C'était le mal pour lui, il n'aurait pas supporté un tel nom dans son entourage. Il n'avait besoin de personne pour sombrer toujours plus bas dans l'abîme de son désespoir, ni pour tomber plus malade qu'il ne l'était déjà. Là-bas il y avait quelques bonnes choses mais le tableau n'était peint qu'avec du noir et quelques nuances de gris. Qu'avait-il fait de bien mis à part assouvir tout ce qu'il y avait de plus malsain dans ses désirs ?
On n'était pas dans un roman où les choses finiraient bien, on n'était pas dans un roman où l'on pouvait trouver par hasard, au fil des pages, une note d'espoir qui permette au lecteur de se rassurer, de se dire que le protagoniste n'était pas définitivement condamné. On n'était pas dans un roman. Louis n'avait pas eu d'histoire d'amour parce qu'il n'en était pas capable, Tristan lui s'était interdit ce genre de sentiment. Et puis, ce n'était pas comme si les choses allaient changer, il se repentissait ? Oh, bien ! Bravo Tristan ! Bon petit garçon que tu es ! Mais loin de lui l'idée d'être un homme meilleur, n'avait-il pas ici lui aussi brisé des vies ? Etait-il vraiment mieux que l'autre ? Non, on est ce qu'on est et on ne change pas. C'était ça le tragique de la petite histoire, on pouvait bien courir à l'autre bout du pays, changer de monde, se donner la mort, il était conscient de ça et c'était ce savoir qui l'avait fait sombrer, sans espoir de remonter un jour la pente. Combien de jours encore ? Combien de nuits ?
Il n'y aurait personne pour le sauver et de sa petite vie plate il n'obtiendrait rien d'autre que ce qu'il méritait, rien n'y changerait, pas une femme, pas un homme, pas lui. La chute qui l'attendait s'annonçait bien trop rapide, bien trop brutale mais inutile de vouloir y échapper, d'espérer s'en sortir sans trop de mal. Et même la lame qui avait tant caressé son bras n'évacuait pas la douleur, le poids qui le jetait à terre et l'empêchait de se relever. Il n'existait pas d'exutoire. Crier, tout ça ne servait et ne servirait jamais à rien.
Purée, pourquoi je voulais me souvenir déjà ? Mais c'était ridicule, comme si les choses avaient pu se passer autrement, que cette soi-disant chance de vivre autrement, de s'en sortir qu'on lui offrait été réelle. Le sort était bien ironique avec lui et il ne l'acceptait pas toujours très bien... Mais qu'est-ce qu'il fallait faire ? Pouvait-il vraiment quelque chose contre le poids du destin, d'un dieu ou de tout ce que les superstitions voulaient bien entendre ? Louis lui ne croyait pas à ces choses là et Tristan ne s'en accommodait pas non plus. La réponse venait de la science, il n'y avait qu'un seul mot : déterminisme. Comme un robot il n'avait pas choisi ce qui ferait qu'il deviendrait cet homme là, les données étaient déjà là, bien avant qu'il n'ouvre un œil, on avait tapé les codes, téléchargé et enregistré le programme définitivement. Aucun reboot possible, disque dur non effaçable, fais avec mon coco.

Ce qu'il y avait de bien avec les codes c'était qu'ils n'avaient pas de visage, pas d'expression, pas d'attitude, rien. Ils étaient simplement là, stoïques, tout comme l'ordinateur attendait sagement qu'on tape le code pour lui demander de faire quelque chose. Avec eux le sentiment n'existait pas, on n'avait pas à se demander si faire tel ou tel choix allait les blesser, aller être mal pour eux, ils n'étaient que le produit de l'homme, le produit de son cerveau et ses yeux lisaient en eux mieux qu'en autre chose. Comme s'ils étaient nés l'un pour l'autre, ils s'étaient presque automatiquement compris, comme si on avait programmé en lui la fonction informatique, mathématiques, mécanique, comme si tout ce qui touchait à ces domaines était aussi limpide que l'était la langue d'ici pour tous.
Comment alors ne pas céder à la tentation, à l'envoûtement ? Il avait abandonné pour un temps la quête de ses souvenirs, il s'était plongé à corps perdu pendant des jours entiers dans les lignes incompréhensibles de ses prédécesseurs pour que ce langage devienne le sien, pour qu'il devienne lui, rythme ses pensées et ses gestes, presque son mode de vie. Il ignorait encore à ce moment là que ce serait la seule chose qui le sauverait d'une mort atroce ou du moins de la volonté d'en finir. Naïf comme il était, il avait toujours cru que la punition serait la seule chose qui lui permettrait de se pardonner, d'être pardonné et d'avoir enfin une vie avec ne serait-ce qu'une note de bonheur. Ou peut-être qu'il serait devenu le vrai Traktueur, le robot qui incarnait ses fantasmes, ses espoirs, sa survie.
Oh cette petite volonté de vivre à Nosco comme ailleurs n'était pas vraiment étonnante, il était comme tous, une bête qui au plus profond de ses instincts recevait toujours le signal lui ordonnant de se conserver plutôt que de se jeter dans les bras voluptueux de la mort. Celle-ci il l'avait déjà vue, enveloppée dans ses ténèbres elle était charmante, attirante mais que ce soit les aléas de sa pitoyable vie ou son stupide instinct masochiste qui voulait faire durer le plaisir, il n'était jamais parvenu à cette fin, toujours interrompu, surpris, détourné de ses inébranlables résolutions, sans retour.
La liste était longue quand on y songeait et qu'on cherchait à en faire le bilan. Son parrain d'abord n'avait que trop vite compris ce qu'il se passait et l'avait arrêté à temps, il y avait eu aussi la traque, l'obsédante traque et la condamnation à mort qui lui avait glacé le sang et qui avait une fois de plus repoussé le moment fatidique. Avaient-ils au moins su qu'à défaut d'être des amis proches ils avaient partagés tant de choses ? Quelle était cette chose qui le poussait à faire tomber ceux qui pouvaient le comprendre pour servir ceux qu'on appelait les siens ? C'était des gens qu'ils ne connaissaient pas, il n'était même pas partisan de la guilde en elle-même, du gouvernement, de l'impératrice, enfin de toutes ces choses là.
Mais ce soir il fallait arrêter de repousser le combat, il fallait l'arrêter la sadique fuyarde et lui dire la vérité droit dans les yeux, lui avouer qu'il était temps d'en finir, de partir, que c'était la fin, que la nature était comme ça, qu'inexorablement ils avaient beau le torturer, la nature demandait toujours une fin. Ca ne pouvait être que juste, à cet instant là il n'aurait pas toléré l'idée que les choses poursuivaient un cycle, que quoi que l'on fasse elles ne s'arrêteraient jamais.

Stop. Il soupira, fixa un instant l'écran noir d'où se détachaient les insensibles caractères blancs. C'était peut-être lâche, c'était peut-être renoncer à beaucoup de choses mais il désirait tant être comme eux, il aurait donné n'importe quoi pour n'être qu'une machine. Malheureusement, depuis le bon siècle qu'il était là, il n'y avait jamais eu de scientifique assez fou pour tester n'importe quoi et le prendre comme cobaye. Effacer les sentiments, effacer l'humanité en lui, quitte à devenir une créature, c'était un choix qu'il aurait fait sans hésiter. Il était certain que s'il avait avoué cela à quelqu'un il ne l'aurait pas compris, de toute façon il ne se comprenait pas lui-même.
Il se tourna pour observer ce qu'il y avait autour de lui. Ce soir il était le seul à être resté aux bureaux, prétextant à qui demandait une justification qu'il avait du travail, que ce n'était pas en dormant qu'il ferait avancer les choses. Belle ironie, lui qui voulait partir dans la journée et se coucher tôt ! Mais Shane et ses copains lui avaient fait oublier son sommeil, ils l'avaient jeté dans une colère qui avait étonné beaucoup de monde. On le voyait rarement ainsi. Ils auraient dû comprendre qu'il était à bout de nerfs, qu'il n'en pouvait plus, il étouffait et malgré sa volonté de respirer, il n'y arrivait pas. Au niveau où il était arrivé, il ne voyait plus de solutions autour de lui, vivre n'avait plus de sens, vivre était devenu pour toujours survivre.
Il y avait bien des gars sympas, il y avait toujours eu quelqu'un pour le prendre en affection et tenter de l'aider mais ils ne comprenaient pas que c'était trop tard, que les erreurs étaient déjà commises avant qu'il ne naisse, que sa s*lope de mère aurait dû faire gaffe, qu'elle aurait dû elle-même ne pas vivre ou se débrouiller mieux dans la vie. Mais la garce avait fini putain et elle avait été assez conne pour tomber enceinte et vouloir cet enfant. Le vouloir, tu parles ! Il était bien content qu'à Nosco on ne puisse pas enfanter. Ils ne réalisaient pas eux, avec leur vie dorée et leurs trois souvenirs que naître c'était quelque chose de grave, que c'était une décision qu'on ne devait prendre que si on avait les moyens de les assumer. Mais non, celle-là était stupide et bornée, on ne lui avait rien appris dans la vie et tout ce qu'elle avait su faire c'était se reproduire. Le monstre avait engendré un monstre, ah ah, comme c'était drôle quand on y réfléchissait, les créatures les plus basses de ce monde étaient bien les plus aptes à faire toutes les c*nneries possibles ! Parce qu'elle n'avait pas seulement eu la super idée de le mettre au monde, elle l'avait aussi jeté dans son milieu et dans les bras d'un mec qui prenait tout ce qui était à sa portée pour un punching ball. « T'es un homme » qu'il disait « digne d'être frappé ! » le con... « ah ah, le mioche, pleure pas, sois un homme ! Allez reste donc avec tes petites bonnes femmes, bientôt ça sera ton tour de faire comme elle ! » et il riait riait riait riait !
Sûr que s'il avait été une femme ç'aurait été son tour mais il s'était vengé, il l'avait envoyé crevé, le porc !

- Enfoiré ! Cria-t-il, balançant contre le mur ce qui lui était passé sous la main, une télécommande ou quelque chose comme cela.

Tristan le sentait que ça n'allait plus maintenant, il perdait le contrôle de lui-même comme lorsqu'autrefois il buvait. Sa respiration qui s'accélérait, ce n'était pas un hasard. La violence si familière montait en lui, il avait envie de frapper tout ce qui serait à sa portée : machine, homme, animal, peu important, pourvu que cela soulage sa fureur sourde.
Boire, il avait envie de boire. Ca lui permettait d'oublier et puis c'était agréable. Non ! Il ne devait pas, surtout pas ! Après avoir lutté tant de temps il n'allait pas... Il ne se rappelait pas bien de l'homme qu'il devenait mais c'était sans doute mieux comme ça, il devait être si horrible qu'il n'osait même pas se l'imaginer. Non. Pas d'alcool. Hors de question. Et puis il aurait fallu en chercher, sortir... Non. Rester sur sa chaise, là, tranquillement, se calmer. Coder par exemple, ça c'était une bonne idée. Oui mais non. Il n'était pas dans un état d'esprit propice à coder, il ferait n'importe quoi, il planterait son ordinateur bien proprement et il passerait le lendemain à le réparer et ça, il n'en avait pas envie.
Le mieux c'était la douche froide, avec un peu de chance il s'endormirait sous l'eau et se noierait ou alors il attraperait une pneumonie incurable. La maladie c'était bien, il n'aurait plus toutes ses pensées, il ne pourrait en aller que mieux ! La folie aussi... Pourquoi pas.

Finalement il replaça les doigts sur son clavier et se mit à écrire. Ecrire... Ecrire quoi ?

Nous y voilà. Allez ne me prenez pas pour un imbécile, vous vous y attendiez bien non ? Vous êtes choqués par mon langage peut-être ? Pauvres choux... moi j'en ai rien à faire, j'suis né comme ça, au milieu de la m*rde des ruelles de Paris, j'ai pas choisi tout comme j'ai pas choisi d'atterrir dans votre trou.
Nosco, ça me fait rire, c'est pas du latin ce truc ? Je n'me souviens plus de ce que ça veut dire, je ne suis pas savant moi mais quand j'avais cherché il me semble bien que c'était un truc ironique, du genre partez à la recherche de vos souvenirs mais c'est interdit hein ! Attention vous z'avez pas l'droit !

J'aurais bien écrit cette lettre dans un style formel avec le ton pédant et tout vos trucs que vous aimez bien mais je regrette, j'ai jamais été comme ça, j'aurais bien aimé, si ça se trouve j'aurais pas été ce pauv' type et j'aurais pas atterri ici. La Rébellion vous aurait p'tetre bouffés tout cru que moi je serais mort depuis belle lurette.
Je parle je parle, c'est ce qu'on dit. Vous savez je ne suis pas bavard en fait, c'est juste que vous pensez trop lentement pour moi, alors faut bien que je fasse avancer la pensée. J'ai pas de prétention et là si j'inscris tant de mots pour ne rien dire c'est pas pour ce que je viens de dire ni pour vous donner de la lecture en plus c'est juste que j'en ai besoin.
Bon faudra bien que je le dise un jour et comme là c'est ma dernière chance, j'ai plus le choix. Si je suis ici c'est du hasard, j'aurais pu être rebelle, j'aurais pu être dans la congrégation (même si là je me serais vraiment fait chier). Je m'en fiche un peu et j'ai jamais supporté la moindre cause, j'suis qu'un pauvre mec égoïste...

Trois petits points. C'est con trois petits points, c'est comme les trois petits cochons, c'est con et ça sert à rien. Oui mais voilà, pas qu'il ait spécialement envie de les laisser, il venait même de les effacer, il y avait quelque chose qui venait de se briser. Toute sa colère était partie aussi vite qu'elle était arrivée et c'était maintenant l'anéantissement, le vide et le désespoir total qui s'emparaient de lui, le mettaient dans un étau et le compressaient jusqu'à ce qu'il... il ne savait même pas comment ça finirait, ou si, peut-être qu'il en crèverait. Après tout depuis qu'il était là, n'était-ce pas son grand but dans la vie ? Mais Tristan et l'échec de ce côté là s'entendaient aussi très bien.

En finir. C'est ce qu'il faut. Vous savez, c'est pas vraiment que ça me fait vibrer, si je pouvais être un mec normal avec des sentiments normaux ça serait génial mais voilà, la vie ne vous donne jamais ce que vous voulez. Elle doit être la fille de l'ironie, c'est la seule explication.
Et puis n'insistez pas. Franchement, s'il y avait eu un seul être dans cette cité pourrie capable de m'aider ou quoi que ce soit pour me faire remonter la pente, en cent sept ans j'aurais eu le temps de le croiser mon messie !

Allez j'arrête de taper sur ce foutu clavier même si dans le fond c'est bien l'un des seuls trucs qui m'a permis de me changer les idées, de repousser un peu l'instant « fatidique ». Bon je suis navré, va falloir vous trouver un autre commandor, bon informaticien, tout ça mais bon c'est comme ça, je suis déjà resté assez longtemps pour vous, non ?
Pour être bref, même si je ne sais pas faire, je dirais bien que je pars mais il va encore falloir enlever ces saletés d'ambiguïtés de langage. Au moins, nous avec les codes on n'a pas toutes ces c*nneries, tout est clair, net, précis. Pas de sentiments, pas tous ces trucs humains qui ne servent qu'à nous pourrir la vie. Enfin la mienne peut-être pas la vôtre, après tout j'en sais rien, je sais juste que moi j'ai pas été heureux et que tous ces trucs comme l'amour sont aussi lointains qu'un bon vieux rm -rf /* pour vous. Bon pour la culture c'est ce qui sert à flinguer tout votre système, j'vous conseille pas d'essayer parce que là, même moi j'pourrais pas récupérer vos petites précieuses données.
Bref, je m'éloigne hein ? J'vous ai dit que je ne savais pas faire court. Mais ne voyez pas ça comme de la lâcheté, un moyen de repousser le fameux moment... oh et pourquoi je me prends encore la tête à essayer de vous comprendre et de vous expliquer comment moi je marche ? Z'êtes même pas obligés de lire alors on s'en fout.

J'pars pas dans l'autre monde, vous savez celui d'où l'on venait avant de s'écraser sur le pavé qui borde l'enceinte et de se réveiller comme en con en se disant « oh c'est quoi ce machin bizarre ? Je suis où moi ? Eh mais j'ai tout oublié en plus ! Oh ben zut alors ! Tiens y a un mec là qui vient m'accueillir, cool en fait c'était qu'un reboot, le jeu continu, youhou ! ». Non ce monde là je l'ai en horreur, je le hais, je ne saurais comment exprimer avec vos foutus mots ce que je ressens mais bon voilà, c'est même pas la peine de songer une seconde à y retourner.
Bon ben là si vous êtes intelligents vous savez ce que je compte vraiment faire, j'ai plus qu'à vous expliquer comment, juste pour le fun !

Oh et puis non. Vous retrouverez peut-être mon cadavre quelque part. Ou pas.

Adieu. (Pas que je sois croyant mais j'ai pas choisi le mot).
Tristan Darek.

Et qui sait Traktueur est un robot, il n'est peut-être pas mort.

Non mais c'était quoi cette fin pitoyable ? Finalement il effaça la dernière phrase qui ne servait à rien et puis il ne voulait pas d'ambiguïté, il aurait carrément dû dire qu'il allait se suicider, que quand on lirait il serait mort. Point final. The end. Game over.
Et puis niveau classe ça n'allait pas changer du franc parler de Louis. Tristan lui aussi parlait comme ça, d'habitude quelques efforts et puis voilà, mais là il s'en fichait royalement.

Est-ce qu'il fallait enregistrer ce torchon ? Parce que question niveau littéraire on pouvait sans doute faire pire mais ça ne voulait pas dire pour autant que c'était le top du top, c'était même du genre à trainer dans les bas-fonds, dans les ordures, enfin c'était à son image quoi. Au point où il en était de toute manière... Il enregistra le fichier sur son bureau, de façon à ce qu'on le voit en allumant directement l'ordinateur, enfin si on arrivait à passer la barrière de tests physiques et mots de passe en tout genre. Il s'appelait « si_je_disparais.txt », on ne pouvait pas être plus clair.

Epuisé, il posa la tête sur le dossier de sa chaise, ferma pour un instant les yeux. C'était confortable en fait, il ne s'en était jamais trop rendu compte, tellement préoccupé par son travail ou ses pensées. Les plaisirs physiques, c'était peut-être finalement quelque chose qu'il aurait dû essayer de chercher, pour compenser le trou dans son cœur ou l'endroit qui aurait dû être capable de faire de lui quelqu'un d'heureux, d'amoureux. Car l'amour c'était pour lui le consécration du bonheur, sans qu'il ne connaisse quoi que ce soit à ces deux notions auxquelles il n'avait jamais goûté, cette idée lui paraissait comme naturelle, évidente.
Et s'il y avait eu quelqu'un près de lui, là, pour le prendre dans ses bras, le rassurer, le comprendre, donner un vrai sens à sa vie, il aurait été forcément heureux, non ? Oui, c'était obligé, sinon plus rien n'avait de sens, tout ce à quoi il croyait s'écroulerait définitivement. Il n'en avait pas envie, pas le force.
Ce soir, enfin, même s'il n'y croyait pas, il serait peut-être libéré. C'était mieux comme ça, non ?

La fatigue avait alourdi ses paupières, il se sentait dériver vers le monde des rêves. Bon sang, il avait trop réfléchi, il fallait passer à l'acte, maintenant ou jamais. Les mots résonnaient dans sa tête. Maintenant ou jamais. Maintenant ou jamais.

Des bruits résonnaient dans la pièce, des sons graves, répétitifs, au même rythme que le maintenant ou jamais... Il les entendait le susurrer à son oreille, amusés, moqueurs, ils riaient. Eux ils savaient sourire, rire, ils savaient être heureux mais lui c'était comme si on lui avait interdit, comme s'il ne savait vraiment pas faire. Il ne se souvenait plus trop, son sourire, son horrible sourire, est-ce que ce n'était pas que du délire ? Non c'était le sourire de Louis, ce n'était pas Tristan, pas Tristan.
Qui était Tristan ? Bah, il avait de ces idées des fois, lui ! Il sourit et peu de temps après, éclata de rire en écoutant la blague d'un de ses amis.
Ils étaient dans une petite pièce privée où les femmes étaient en nombre majoritaire, de quoi satisfaire tous les désirs de ces messieurs. C'était une nuit comme les autres, où il se plaisait à se vautrer dans le luxe et l'argent avant de reprendre les affaires le lendemain. Il faudrait virer la petite d'ailleurs, vraiment pas assez rentable et il n'était pas là pour faire la charité. Il l'avait prévenue, une fois, deux fois, tant pis pour elle. Mignonne quand même mais tellement entêtée ! C'était comme cette fille qui s'était mis en tête d'avoir une romance avec lui, pour s'en sortir ou juste parce qu'elle... l'aimait ? Il ne l'avait jamais su, lui il avait simplement profité d'elle et l'avait jetée quand il s'était lassé. Ce n'était pas non plus la première fois, elle aurait dû le savoir.
Les pauvres filles, parfois il avait pitié d'elles.

S'il ne bondit pas de son siège en poussant un hurlement, on n'était pourtant pas loin de la réalité. Un rêve, c'était... non, un souvenir. Ou peut-être un mélange des deux. Qu'importe.
L'écran de son ordinateur s'était mis en veille et il agita la souris dans l'espoir que quelque chose lui rappelle ce qu'il faisait avant de s'être laissé aller. Il travaillait sans doute... Ou pas. Il n'y avait rien d'ouvert sur son bureau, il y avait seulement le raccourci vers un document. Bon sang !
Brusquement il se redressa et ouvrit le fichier, lut presque étonné les premières lignes avant de secouer la tête. Il devait être très tard ou très tôt et il ne comprenait vraiment plus rien, même l'idée de suicide lui échappait tellement il se sentait hors du temps.
Robot ! Il avait dit robot la dernière fois ! Supprimer, tout effacer, le fichier, les pensées, tout ! Tout ! Bon voilà ça c'était fait. Rapidement, il jeta un coup d'œil en haut de son écran où l'heure était indiquée. Deux heures passées. Mais il ne pouvait sûrement pas travailler alors qu'il était à peine capable de réfléchir ! Ne voulait-il pas aller dormir quand l'après-midi était encore là ? Et au final, il trainait encore à des heures pas possibles... C'était à cause des brigadiers tout ça, mais maintenant il allait retrouver son lit, ça faisait longtemps d'ailleurs qu'il n'avait pas dormi dedans à faire des nuits blanches ou à s'endormir sur son clavier, ça lui ferait du bien, au moins pour son pauvre corps si le moral décidait de rester intouchable. L'informaticien s'étira longuement, poussant un grognement de plaisir avant de se lever de sa chaise. Bizarrement, à force d'être assis il avait l'impression d'avoir le tournis, que le monde était instable. Il fallait dire qu'il n'avait pas l'habitude de se tenir à sa hauteur normale. Il en aurait eu presque mal de marcher et il se contentait de trainer un pied devant l'autre, attrapant tout juste sa tasse à café fétiche pour la poser dans l'entrée, avec un peu de chance, quand il passerait demain, une bonne âme l'aurait remplie.
Il rabattit la capuche de son vieux pull sur sa tête et espéra fortement qu'il pleuve dehors avant de sortir du lieu où il avait dû passer le plus de temps en Nosco. Il le connaissait si bien, qu'il aurait pu trouver la vis qu'Antoine avait perdue l'an dernier les yeux fermés.

*

La voix s'était faite brusquement proche et il sursauta si fort qu'il recula au moins d'un ou deux pas. Bon sang, qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Un peu béatement il réalisa qu'il se trouvait dans la cour et plus dans son bureau habituel, il avait même un peu froid, exposé ainsi à l'air frais de la nuit. Il était sans doute en train de devenir fou, à se perdre ainsi dans ses pensées et à ne plus savoir où il était ni ce qu'il faisait. Il avait l'impression que ça arrivait de plus en plus souvent. Enfin sur le coup c'était plutôt son interlocuteur qui devait se poser des questions, surtout s'il restait immobile comme ça, sans ouvrir la bouche, le regard dans le vide.
Finalement, il l'observa quelques secondes, muet, histoire de savoir à qui il avait affaire.

- Ah c'est vous Judikhael... vous m'avez fait peur, murmura-t-il, ne sachant pas trop comment s'y prendre avec son collègue.

Tout humain normalement constitué aurait trouvé inutile d'expliciter sa réaction mais il ne se rendait pas vraiment compte de ça et surtout, il ne se préoccupait pas le moins du monde de ce qu'on pourrait en penser, ni de ce que cela pourrait engendrer. Il se le disait assez régulièrement, les humains étaient des machines qu'il ne comprendrait jamais.

- Hm... Si vous voulez.

Il s'éloigna légèrement de la caméra et connaissant parfaitement la surface maximum que pouvait englober une caméra au niveau du son pour avoir travaillé dessus dernièrement, il en déduit que seuls quelques mètres suffisaient. Dans la cour il y avait pas mal d'endroits comme ça, des points morts. Mais ce n'était pas son problème et il n'en râlerait pas pour ça. A moins qu'à cause de ce genre de truc l'un de ses meilleurs éléments soit agressé, enlevé, etc.

- J'ai moi-même quelque chose dont j'aimerais vous parler. Finalement vous tombez plutôt bien même si je suis très fatigué. Et sans attendre que Judikhael lui expose sa requête ni ne lui confirme qu'il l'écoutait, il embraya aussitôt sur son affaire à lui. Ce n'était pas sa faute s'il mettait du temps à répondre ! C'est à propos de votre second. Anthelmios quelque chose je crois... Silvio ! Voilà, Silvio Anthelmios. Je sais que vous n'avez pas à être constamment sur son dos et j'ignore totalement s'il était sous votre service à ce moment là ou non mais je crois que ce n'est pas à moi de faire la police de votre côté, j'ai déjà bien assez à faire avec les miens qui se croient assez libre pour faire ce qu'ils veulent. Enfin il fait bien ce qu'il veut de sa vie et avec mes brigadiers si ça lui fait plaisir mais j'aimerais qu'il ne repasse plus dans mes bureaux pour hurler ses absurdités et déconcentrer tous ceux qui sont censés travailler sous mes ordres. Voyez-vous j'ai déjà des problèmes de disciplines avec Shane Lewis alors si tous ses potes pouvaient le laisser travailler ça m'éviterait de lui coller un blâme. Ah et il y avait sa copine aussi, elle doit être de votre service aussi, j'ignore comment elle s'appelle, une blonde. Enfin je ne vais pas vous faire un rapport détaillé mais vous m'avez compris ?

L'informaticien avait parlé aussi vite que lorsqu'il s'adressait à l'un de ses confrères en lui indiquant son travail, sauf que dans son discours il n'avait pas rajouté une longue liste de codes et d'expressions d'informaticien et son interlocuteur n'avait sans doute pas l'habitude de devoir saisir un flot d'informations aussi vite.
Tristan le regardait avec insistance, attendant et montrant presque aussitôt qu'il s'impatientait que la réponse ne se fasse pas immédiate. Il hésita un instant à reprendre ce qu'il venait de dire, au cas où, mais renonça, croisant les bras et faisant voler les mèches de cheveux qui le dérangeaient.
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Message par Judikhael Wienfield le Jeu 18 Nov - 17:32

Si Judikhael fut surpris de voir Darek si... distrait et si peu répondant à ses appels, il n'en dit rien et n'en fit aucune remarque quand il arriva enfin à la hauteur de l'autre homme. Ils étaient tous deux de la même "génération", arrivés à peu près à la même période, et avaient une certaine expérience de Nosco et de ses habitants. Mais leur expérience se bornait à leur travail respectif, et Judikhael devait avouer peu connaître l'homme. Il était lui-même peu enclin à se lier d'amitié réelle. Des liens professionnels oui, il en avait, mais des liens d'amitié... Ils se comptaient sur les doigts d'une main. Et il était prêt à parier que Darek n'avait rien à lui envier en la matière. Ils se connaissaient peu donc, ou du moins ne se connaissaient que dans le travail, presque étranger de la vie privée de l'autre. Et le commandor de la section antiterroriste était si affligé intérieurement de devoir demander ce qu'il s'apprêtait à demander, et qui touchait d'un peu trop près sa vie privée, qu'il en oubliait de s'offusquer du manque de manière de l'informaticien.

Un manque de manière qui l'avait toujours interpelé quelque peu mais qui ne l'avait jamais dérangé outre mesure. Il respectait l'autre et espérait que c'était réciproque. Pour le reste, tant que le travail demandé était effectué... il n'en avait que faire. Lui faire peur, lui disait-il ? Judikhael aurait plutôt eu l'impression de l'avoir réveillé plus qu'autre chose, pensa-t-il intérieurement, tout en observant un instant l'autre homme qui paraissait sortir d'un songe éveillé.

Mais gardant toujours le silence, Judikhael préféra ne rien émettre quant à ses pensées et se contenta d'acquiescer et de suivre l'autre qui semblait bien connaitre les endroits "tranquilles" ou du moins hors d'écoute. Il s'apprêtait alors à présenter son problème et sa requête, quand Darek le coupa dans son élan et prit lui-même les devants. Sur un autre sujet. Un sujet qui pour l'heure n'intéressait en rien Judikhael. Mais étant le demandeur et étant du genre "poli" quand il le voulait, il se tut et écouta. Assez circonspect et interloqué, il devait l'avouer. Son second ? Faire la police chez lui ? Anthelmios dans les bureaux des informaticiens ? Avec Lewis ? Qu'est-ce que ces deux garnements avaient donc encore comploté ? Darek ne savaient donc pas que ces deux-là réunis étaient un duo de la pire espèce prêt à toutes les pitreries pour tenter de mettre du piment dans leur vie de brigadiers ? Darek était-il donc si coupé de ses hommes et de ses brigadiers pour avoir manqué ce fait qui durait depuis... depuis des années ? Et le tout avec une "copine" ? Une blonde de son service ? Hum... Il n'y avait pas beaucoup de blonde chez lui. Mais parmi les brigadiers il y en avait pas mal... Et Judikhael devait bien admettre qu'il n'avait que faire des fréquentations de ses brigadiers. Du moment que c'était hors servie et en privé, bien entendu..

- Je crois avoir saisi l'ensemble , répondit-il d'un ton qui se voulait prudent.

Un peu lent peut-être, un peu trop pour être honnête ? Disons que Judikhael tentait de démêler toutes les informations que l'autre venait de donner d'un seul coup et surtout de trouver l'identité de la petite "copine" blonde. Si Darek s'en plaignait, il lui revenait de voir ça avec la brigadière, certes, mais... encore fallait-il savoir de qui il s'agit.

- J'avoue être un peu surpris que vous ne vous plaigniez du comportement parfois un peu trop joueur et frivole de Lewis et Anthelmios que maintenant, alors que ce comportement entre eux deux, du moins dans les bureaux de la section anti-terroriste, dure depuis quelques temps déjà. Rien que je n'ai pas déjà pris en main à maintes reprises d'ailleurs. Mais j'en ferais part à mon second. Il doit apprendre la bonne séance due à son titre maintenant. Quant à la brigadière que vous me décrivez... j'avoue que tout ceci est un peu vague pour savoir avec certitude de qui il s'agit. Si vous tenez à ce que je la réprimande à son tour, il va me falloir en savoir plus.

A ses mots, Judikhael avait soudain l'impression que tous deux étaient deux instituteurs bavassant sur les écoliers qu'ils devaient garder. Et pour tout dire, maintes fois quand il voyait Anthelmios et Lewis ensemble, cette impression s'était déjà dessiné dans son esprit. mais peut-être cela avait-il trop duré ? Peut-être était-il tant qu'il sévisse plus férocement encore ? Judikhael avait eu tendance à laisser couler les blagues les plus minimes, jugeant que ses hommes avaient besoin de "décompresser" après les missions parfois tendues et suicidaires qu'il leur imposait et dont certains ne revenaient jamais. Mais si un commandor venait à se plaindre de ses hommes, il était tant qu'il redresse la barra sans doute. Et qu'il reprenne aussi sa propre vie en main par la même occasion, lui qui se sentait aussi déraper de tous côtés depuis son retour, peinant à reprendre pied dans la vie noscoienne.

- Si vous avez d'autres récriminations contre un de mes brigadiers, profitez-en, alla-t-il jusqu'à offrir directement.

Tant qu'à mettre les pendules à l'heure, autant le faire une fois pour toute. Car, pour tout dire, il avait pas mal d'autres soucis en tête, alors autant accomplir de suite ce qu'il considérait parois comme de fastidieuses broutilles.

(HJ : un peu court, mais si souci, dis-le moi et j'édite encore un peu^^)

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Message par Tristan Darek le Sam 4 Déc - 21:38

L'informaticien ne put empêcher qu'un bâillement s'échappe entre ses lèvres bien que par politesse il n'avait pas oublié de mettre sa main devant sa bouche. Finalement sa tirade l'avait vidé de toutes ses forces et ses paupières se faisaient maintenant si lourdes que s'il les avait fermées un peu trop longtemps il se serait plongé dans un profond sommeil, même s'il ne serait sans doute pas aussi réparateur qu'il pouvait l'espérer. Ses insomnies avaient depuis des années perturbé au plus haut point son rythme de sommeil, si bien qu'il dormait désormais de manière irrégulière et très peu, souvent quelques heures à peine, moments où il se trouvait toujours plongé dans des rêves agités, mêlant avec adresse certains de ses souvenirs à ses craintes les plus folles quand ce n'était pas à son désespoir le plus profond. Combien de fois ne s'était-il pas réveillé en sueur, alors que son cœur complétement affolé peinait à récupérer ? Et sa raison n'avait jamais assez de temps pour le rassurer totalement et à peine arrivé le moment où il sentait un peu plus calme, le pays des songes l'emportait une fois de plus vers d'autres cauchemars, parfois plus terrifiants encore. Il lui arrivait aussi de ne pas dormir pendant plusieurs jours d'affilé. Une fois, il avait dormi si peu que son corps épuisé l'avait plongé dans une sorte torpeur inconnue, il avait alors fallu l'emmener au Sapienta où à force de somnifères et de temps il avait fini par récupérer un peu de ses forces.
Tristan dormait bien peu comparé à la moyenne des personnes de son âge dites normales, jamais bien plus de quatre à cinq heures, mais quand l'envie de dormir le prenait, il n'y résistait jamais bien longtemps, ne se rendant parfois même pas compte qu'il tombait comme une mouche. On ne s'en était jamais trop inquiété car on le voyait très peu, ses phases de sommeil arrivant souvent en plein milieu de la nuit ou au petit matin alors qu'il n'y avait que quelques brigadiers de nuit à ses côtés. Mais il pouvait aussi très bien tomber maintenant et s'endormir à moins qu'il ne s'agisse de l'un de ses évanouissements réguliers. Tristan était victime de son corps. Son esprit n'était pas bien fort mais son intelligence, son génie même était ce qui l'avait toujours sauvé. S'il n'avait été qu'un esprit, un fantôme, il aurait été bien difficile à abattre lorsqu'il pouvait se montrer capable de se couper de tout sentiment, de toute émotion humaine et surtout du spectre de son désespoir et de ses souvenirs. Son corps, lui, n'avait rien qu'on puisse lui envier. Pas vraiment beau ni toujours bien proportionné, maigre, fragile, mal entretenu, il l'avait toujours subi, même lorsqu'il était encore l'homme craint et brillant des bas-fonds de Paris. Son dernier souvenir ne le lui prouvait-il pas plus que tout autre chose ? Heureusement entre son anorexie, ses évanouissements et ses insomnies, il avait eu la chance d'être épargné par les maladies, fléaux qui l'auraient sans doute emportés bien avant qu'il n'atterrisse à Nosco tant les progrès médicaux de son époque laissaient encore à désirer. Il lui était d'ailleurs resté une méfiance constante pour les médecins et leurs comparses et il n'allait les voir que lorsqu'il n'en avait plus le choix. C'était souvent quand on l'y trainait par la force ou lorsqu'il était dans un état qui ne lui permettait pas de se rendre compte qu'on l'y emmenait.

Pas encore trop étourdi par le spectre menaçant de la fatigue, Tristan se sentait capable de mener cette discussion jusqu'au bout pourvu qu'elle ne dure pas une heure, au pire, il pourrait toujours le conduire dans son appartement, s'asseoir et manger dans l'espoir de reprendre quelques forces. Il ne se serait pas non plus vanté d'avoir l'esprit aussi clair que d'habitude, il se sentait même incapable de mener une grande réflexion philosophique ni même de faire quoi que ce soit de très élaboré. Évidemment c'était ce moment-là que Judikhael avait choisi pour lui demander un service, chose sans doute difficile pour qu'il ait décidé de s'adresser à lui dont il n'était pourtant pas très proche. Peut-être que c'était pour éviter cette demande qu'il s'était lancé si rapidement dans ses petits problèmes personnels qui dans le fond n'avait aucune espèce d'importance. A bien y réfléchir, il se fichait bien de ce que pouvait faire ses brigadiers du moment qu'ils rendaient leur travail dans les temps et qu'il était bien fait. Bien sûr il ne fallait pas leur laisser croire que chez lui c'était la cour de récréation mais il était peut-être temps d'estimer qu'il avait suffisamment remonté les bretelles aux trois compères et que Judikhael n'avait pas de grande raison maintenant d'en rajouter une couche.

Eh bien je... euh... hm... commença-t-il en se rendant compte qu'il n'avait en fait plus rien à dire.

Pourquoi lui avait-il parlé de ça d'ailleurs ? Lewis et Anthelmios, ils se comportaient de cette manière depuis longtemps d'après les dires de son collègue. A les regarder de plus près ce n'était pas vraiment étonnant même s'il ne l'avait pas remarqué plus que cela.

Je n'observe pas beaucoup mes brigadiers, finit-il pas avouer. Quelqu'un d'autre sans chargeait d'ordinaire pensa-t-il, quelqu'un qui s'occupait aussi d'étouffer ce genre d'affaire avant que ça ne remonte jusqu'à ses oreilles et qu'il ne s'en irrite. Enfin c'était ce qu'il croyait, peut-être n'y avait-il personne, peut-être qu'il se trompait ou pire, délirait. D'habitude ils ne viennent pas trop jouer dans ma brigade non plus...

Quelle importance de toute manière ? Comme s'il n'avait pas assez de boulot et une montagne de souvenir assez imposante pour avoir aussi envie de s'occuper de ce genre de petite futilité. Il avait pu aussi éprouver l'envie d'en parler, de se confier sur quelque chose d'insignifiant en surface pour combler sa solitude, panser un peu ses plaies par la chaleur de la voix d'un homme encore vivant.

Je ne sais même pas pourquoi je vous parle de ça... poursuivit-il d'une voix un peu morne. Je voulais juste m'assurer que vous étiez bien au courant mais je vois que vous êtes plus informé sur le comportement de ces brigadiers-là que moi... mais qui ne le serait pas ? Ajouta-t-il d'une voix à peine audible, sans doute pour lui-même, sans se rendre compte qu'il pensait à voix haute. Enfin je ne pense pas qu'il soit utile de les réprimander, je ne sais pas s'ils auront bien envie de remettre les pieds dans mes bureaux maintenant et je vais tâcher d'avoir ce Lewis à l'œil. Vous auriez dû m'en parler s'il vous importunait...

C'était aussi son rôle à lui de tenir ses brigadiers en laisse, il ne se voyait pas vraiment veiller sur chacun d'entre eux, d'autant plus qu'ils étaient bien trop nombreux, mais il avait accepté ce genre de corvée quand on l'avait nommé commandor. Depuis combien de temps l'était-il ? Sans doute depuis plusieurs décennies maintenant, il ne s'en souvenait plus très bien, c'était un peu comme s'il l'avait toujours été. Non, c'était faux de penser ça, il y avait eu des temps meilleurs : l'apprentissage de l'informatique, une partie de son entourage qui lui avait permis de ne pas sombrer de trop dans ses obsessions à divers moments de sa vie... Ce n'était pas vraiment le bon temps par rapport à sa situation actuelle non plus même s'il ne se souvenait plus de ce que ça faisait d'avoir tout oublié, d'être aussi vide qu'une coquille d'huître dont on venait tout juste de manger le contenu.

Mais il me semble que vous m'aviez dit avoir une requête pour moi et voilà que je ne vous laisse même pas m'en parler... Tristan baissa la tête pour regarder le sol. Vous voulez aller chez moi ? Je veux dire... peut-être que nous seront un peu plus tranquilles si vous ne tenez pas vraiment à être écouté... Vous avez peut-être faim... ou soif... et euh...

Il se tut finalement, ayant épuisé tout son stock de politesses – qui devait tenir facilement sur un timbre poste – et toutes les idées qui en découlaient. Mais bon sang, ce n'était pas de sa faute à lui s'il se sentait si mal à l'aise là ! Qu'est-ce qu'il fallait dire dans ce genre de cas ? Lui n'en avait pas la moindre idée et malheureusement il n'y avait pas de souffleur, de bonne âme, de larbin, d'il ne savait trop quoi pour le lui dire à l'oreille.
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Message par Judikhael Wienfield le Lun 13 Déc - 14:12

Bon visiblement la conversation commençait à ennuyer l'informaticien. Peut-être Judikhael n'avait-il pas choisi le bon moment pour l'aborder. Sans doute même. Mais... Pour tout dire, il n'était pas bien sûr que pour une telle demande, il y ait véritablement un bon moment.

Je n'observe pas beaucoup mes brigadiers

Non, ca en effet, avait envie de confirmer le commandor de la section anti-terroriste, qui, lui, avait l'habitude d'avoir l'oeil sur ses hommes et peinait parfois à comprendre que les autres commandors n'en faisaient pas forcément autant. Chacun sa façon de mener ses hommes, s'efforçait-il de penser. Et il savait bien de toute façon que l'informaticien était d'un autre monde que lui. Dans le monde de l'informatique et de la technologie alors que lui était dans le monde des armes et dans un monde bien plus terre à terre.

Si Judikhael fut plus que circonspect par la suite que lui servit Darek, il tenta de n'en rien montrer cependant. Si l'informaticien lui-même ne savait pas pourquoi il lui parlait de ces histoires entre leurs brigadiers, Judikhael ne pouvait pas le savoir non plus pour être honnête. Mais après tout, quoi d'étonnant avec le pirate qui lui faisait face. C'était tout Darek ça. Il devait bien le savoir depuis le temps qu'il travaillait avec lui...

- Du moment que le travail est fait, ils ne m'importunent pas outre mesure. J'ai l'habitude et sais les gérer, répondit Judikhael d'un ton neutre. Oui j'avais une requête. Mais je ne veux pas vous importuner...

Faim ? Soif ? oui à bien y penser cela faisait un bout de temps qu'il n'avait pas manger. Depuis le matin ou le midi sans doute, c'était un peu flou soudain. Et comme pour se rappeler à lui, son ventre se mit inopinément à grigner un peu, montrant que la proposition de Darek n'était pas du superflu. Il n'aurait jamais accepté de lui-même une telle offre. Il savait l'informaticien friand de sa vie privée et n'aurait pour rien au monde empiéter sur le territoire que l'autre devait garder si jalousement personnel. Mais... Son organisme venait de le trahir éhontément, et nier qu'il avait faim serait vraiment infantile. Quand bien même la requête qu'il s'apprêtait à faire était à deux doigts de lui couper tout appétit, son corps réclamait son dû...

- Chez vous ou chez moi, comme vous préférez, offrit-il alors. Bien que pour la requête que j'ai à vous faire, vous aurez peut-être besoin de votre matériel. Enfin... je n'ai peut-être pas besoin d'être là quand vous l'effectuerez...

Bien qu'il mourrait d'envie de la voir effectuer pour être sur qu'elle le soit effectivement. Pas confiance dîtes-vous ? disons qu'il avait été échaudé ces derniers temps et se montrait un peu méfiant, en effet. Allez savoir avec ces maudits informaticiens !

- Je ne souhaite pas déranger. Ce n'est rien de professionnel, se crut-il obliger de répéter.

Avec la détestable impression de s'empêtrer comme jamais.

Il fut alors plus que désarçonné de voir l'autre tourner abruptement les talons en direction de l'Aedes, le laissant presque en plan... avant de finalement se retourner vers lui en lui lançant un "vous venez ?" qui aurait pu paraître froid, mais qui sonnait comme une réelle invitation amicale, qui n'était pas commune aux deux hommes dans leur relation. Un instant hésitant, pas sûr d'avoir bien compris, Judikhael se décida enfin à emboiter le pas de l'autre, gardant un silence circonspect. Mais soulagé. Oui, soulagé. Darek avait accepté sa demande, alors qu'il ne savait pas même encore de quoi il s'agissait exactement. Sans doute l'homme avait-il compris que cela était une demande gênante mais importante pour Judikhael et n'avait pas voulu plus de détail que nécessaire... Sans doute. Du moins Judikhael se surprit à l'espérer.

(HJ : un peu court et je me suis permis de faire bouger/parler Tristan?. Si ca ne te convient pas je peux éditer^^ Fin du topic ? on le continue à l'Aedes ? je te laisse l'ouvrir ?)

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