La colle du mardi matin

Aller en bas

La colle du mardi matin

Message par Tristan Darek le Sam 13 Nov - 23:20

Sept heures du matin. L'exploit était assez rare pour être relaté dans les annales, tout du moins le fait qu'il se lève à cette heure là, et pas qu'il se couche. L'événement n'était pas anodin puisque Tristan qui ne programmait jamais ses journées avait tout de même prévu quelque chose de spécial pour ses chers brigadiers après les avoir fait bien marinés pendant plus de deux semaines après son premier avertissement, de quoi leur donner l'impression qu'ils pouvaient à nouveau se relâcher et reprendre le rythme normal. Erreur ! Pour le sport, il s'était fait sérieux et était parti du boulot à une heure convenable selon sa moyenne annuelle, histoire de dormir un peu avant le grand jour de la surprise party. Certains pourraient voir du sadisme dans cette attitude, le plaisir de pouvoir jouir sans limite du pouvoir qu'il avait sur ses pauvres brigadiers mais en fait ça relevait plutôt de la corvée pour lui et s'il se levait tôt c'était surtout pour en finir le plus vite possible et passer à des choses plus intéressantes, autrement dit son vrai boulot. Il s'était toujours dit qu'il n'aurait jamais dû accepter cette promotion, qu'il allait devoir passer une partie de son temps à faire la police, l'administration, le gestionnaire du travail et de l'emploi du temps. Bien sûr il était possible de déléguer mais il fallait bien une bonne poire pour superviser le tout et réparer toutes les bêtises possibles et imaginables que ses hommes pouvaient faire. S'il n'avait pas eu les cheveux blancs de naissance, sûr qu'ils seraient de la même couleur maintenant à moins qu'il ne perde patience et tire tellement sur ses pauvres mèches qu'elles finiraient par tomber. Tristan avait accepté la promotion pour avoir le meilleur matériel, le meilleur travail et pouvoir gérer son temps comme il le voulait, et simplement pour ça car tenir tête aux autres de là-haut pour leur justifier son retard ou son refus catégorique de faire ci ou ça avait le don de lui pomper l'air. Il n'avait jamais eu l'intention de jouer les lèche-bottes avec eux et s'il avait pu éviter de leur rendre des comptes plus souvent il en aurait sans doute été plus heureux.
Bref la hiérarchie lui tapait plus que sur les nerfs et ses brigadiers quant à eux n'aimaient pas non plus être convoqués, c'était bien le meilleur moyen de se faire remonter les bretelles de la manière la plus sèche et la plus expéditive possible et souvent la seule occasion qu'il laissait à ses hommes de se rattraper pour ne pas se faire expédier dans un autre service. Ça n'arrivait pas aussi souvent que ceux qui se trouvaient en bonne position le disaient pour faire peur aux petits car Tristan était limité dans ses pouvoirs et il n'avait en général pas envie de se retrouver dans le bureau du haut commandor pour ce genre d'affaire. La dernière fois en question avait finie sur un échange plutôt salé où Tristan avait déballé avec un cynisme peu ordinaire tout ce qu'il pensait de l'homme en question qui l'avait alors très mal pris, menacé de donner son poste à un autre sous l'effet de la colère et ahem... bref, toute cette histoire avait encore des retentissements un peu partout chez les brigadiers et l'informaticien évitait de s'adresser ou d'avoir tout rapport avec son patron autant qu'il le pouvait.
Cela dit, si les choses n'avaient tenues qu'à lui il n'aurait gardé qu'une dizaine d'hommes, les meilleurs. Ce n'était sûrement pas suffisant pour faire tourner tout Nosco mais ce n'était pas son but, il avait toujours rêvé d'une petite équipe où il pourrait réaliser ce qu'il y avait de plus intéressant dans la programmation, donner lieu à des inventions qui changeraient la face de la terre. Il l'avait en quelque sorte déjà faite officieusement, ne voyant alors pas l'intérêt de demander la permission officielle à l'administration dont les employés de toute manière ne comprenaient jamais rien à ce qu'il leur demandait. Autant dire que lui et tous ceux avec qui il devait travailler et qui n'étaient pas informaticiens ne s'entendaient pas toujours très bien et on laissait très vite tomber l'idée de la grande histoire d'amour et de cette magnifique et merveilleuse entente.

Le commandor ne s'intéressait jamais très précisément à ses brigadiers et s'il connaissait le nom de chacun – à moins qu'il ne s'agisse d'un tout nouveau nouveau et encore puisqu'il a une excellente mémoire – il n'avait qu'une connaissance vague de leurs compétences. Sa raison favorite était le nombre de brigadiers sous sa responsabilité, difficile alors de faire le tri quand niveau paperasse on était aussi bordélique que lui mais il savait que cette raison comme celle de la surcharge de travail qu'il imposait plus qu'on ne la lui imposait n'étaient que des excuses, que tout ça n'était dû qu'à ses faiblesses psychologiques et à son manque d'intérêt qui en découlait bien évidemment.
Dans sa petite équipe il n'y avait que quatre hommes : son second et trois simples informaticiens qui avaient un excellent niveau. Ils n'étaient pas très proches sur le plan personnel mais ayant l'habitude de travailler ensemble et chacun leurs points forts ils s'organisaient assez rapidement et n'hésitaient pas à donner leurs idées ou un coup de main aux autres, comme dans toute équipe digne de ce nom.
La veille, Tristan avait fait le point avec eux tout comme son second était resté un peu plus tard dans la soirée avec lui pour faire le bilan de l'invasion de rapports expédiés qui avaient envahi la boîte mail de leur patron. Finalement, son second l'avait convaincu de tout lire pour faire un bilan général de ses brigadiers, de repérer ce qui allait bien, ce qui n'allait pas et de « faire une restructuration en profondeur du service ». A la tête qu'il avait fait, il avait éclaté de rire, sa réaction étant visiblement très drôle. Ce n'était franchement pas son fort de gérer ce genre de truc et il se demandait parfois si son second n'aurait pas été mieux commandor que lui, après tout il ne devait sa promotion qu'à de grands coups d'actions et à sa maîtrise redoutée et redoutable de l'informatique, pas à son don pour gérer cinquante personnes dont quatre-vingt dix pourcents de l'équipe répondaient parfaitement au doux nom de « feignant et peu productif ». Cela dit il n'allait pas confier ses misères aux autres, pas même à celui qui le secondait et après avoir grogné deux-trois excuses pas valables du tout, ils s'étaient mis à classer les brigadiers selon les catégories qu'ils avaient définies préalablement.
Le travail avait été fastidieux mais pas aussi long qu'il ne l'avait imaginé de plus il lui avait permis d'en savoir un peu plus sur ceux qui valaient la peine qu'on s'intéresse à eux et aux autres qu'il laissait à la charge de son second si l'envie lui prenait de les rendre meilleurs, lui n'avait pas de temps à perdre avec les débutants. En fait il avait déjà fait un rapide repérage à la première lecture des rapports quelques jours après son intervention et s'était fait un plaisir d'accabler de travail certains d'entre eux pour une raison x ou y et totalement arbitraire, l'une de celles qu'il n'aurait pas vraiment aimé justifier devant une cour de justice.

Le bilan fait, il n'avait pas fallu attendre longtemps pour que chacun décide de rentrer et de se reposer un peu, la convocation de demain pouvait être démesurément longue comme très courte et pendant que Tristan se morfondrait dans ses paperasseries, c'était son second qui devait gérer tout le reste et c'était souvent le moment où tous ceux qui n'osaient pas demander quelque chose au commandor en profitaient ou alors que quelque chose arrivait, du genre un piratage, rebelle ou non il s'en fichait, d'ailleurs s'il cherchait à savoir c'était juste pour ces foutus rapports et peut-être un peu par curiosité de connaître un peu plus l'autre derrière l'écran.

Tristan cette nuit avait mal dormi malgré le confort de son lit incomparable aux nuits qu'il passait dans les bureaux de la brigade, insomniaque surpris par le passage du marchand de sable. Le fait de se lever tôt tout comme la matinée qui s'annonçait n'avaient pas non plus été là pour le mettre de bonne humeur et il sentait qu'il n'aurait pas trop de scrupules à passer ses nerfs sur les incompétents.
Comme il était encore tôt et qu'il voulait commencer ses convocations en arrivant, il se prépara rapidement et passa l'heure qui lui restait à se consacrer à quelque chose qui ne concernait absolument pas la guilde : la rédaction de son « journal de pensées » qu'il avait finalement repris après l'avoir effacé définitivement dans un moment où une sorte d'aveuglement passager l'avait pris. Mais ce n'était pas tellement troublant, il fallait dire que ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, il devait au moins le recommencer pour la dix ou douzième fois.
Le réveil de son mini-ordinateur qui lui servait plus pour téléphoner qu'autre chose car pas assez puissant à son goût se mit à sonner. Il l'arrêta machinalement et soupira, déjà découragé rien qu'à l'idée de ce qui l'attendait. Il n'avait plus qu'à descendre, traverser la cour intérieure, se rendre dans les souterrains... Comme un écolier qui n'a nullement envie de faire son contrôle, il avait envie de se cacher sous sa couette et de prétexter une quelconque maladie pour qu'on lui fiche la paix mais comme l'excuse n'était vraiment pas valable il finit par refermer son ordinateur, sauter de son lit où il commençait enfin à se sentir bien et se mettre en route.

Huit heures trente. Théoriquement tous ses brigadiers devraient être là à moins d'avoir envie de justifier un retard qui serait malheureusement ce jour là difficilement toléré. Évidemment, selon la méthode qu'il utilisait il était assez impossible de prévoir qu'il fallait être parfaitement présent, assidu et souriant ce jour là mais bon, elle était aussi faite pour tester l'assiduité au travail.
Tristan était semblable à l'homme de tous les jours : un vieux et large jean bleu cachait la finesse de son corps et l'un de ses fameux sweat toujours trop grand flottait autour de son corps, la capuche était rabattue sur sa tête, comme si le fait d'être tête couverte dans un bâtiment ne lui posait pas le moindre cas de conscience. Ses cheveux étaient peut-être un peu mieux coiffés que d'habitude aujourd'hui et seules les courtes mèches de devant tombaient dans ses yeux ainsi que les longues mèches rebelles qui dépassaient de la capuche et tombaient le long de son torse. Vu comme ça, l'homme de presque trente ans ressemblait plutôt à un adolescent en pleine crise de confiance.
Tristan poussa la porte et sans regarder ses hommes s'avança de manière décidée dans la grande pièce.

- Laurent, Victor, Julien, Logan, Matthieu, Thibaut, William, dans mon bureau, tout de suite, ordonna-t-il d'une voix forte pour que personne ne fasse mine de n'avoir pas entendu.
- Euh... Tristan... ? Quel Julien ? Demanda l'un des brigadiers d'une voix blanche, presque tremblante.
- Les deux !

Son regard glacial se posa sur l'ensemble de la salle, il s'était arrêté un instant, le temps de voir qu'on se levait bien tout de suite et qu'on se dépêchait. Il fallait dire qu'il faisait la plupart des choses plus vite que tout le monde et qu'il valait mieux le suivre à la même vitesse dans ce genre de cas.
Le bureau c'était la pièce qui était à la base réservée au commandor mais Tristan, lui, avait préféré rester parmi ses brigadiers à leur plus grande joie ou dam, au choix. La pièce était donc l'endroit dont il se servait pour parler tranquillement avec un ou plusieurs de ses brigadiers, à l'abri des oreilles indiscrètes ou plus communément pour remonter les bretelles de ceux qui ne font rien à longueur de temps, voire pour virer les plus incompétents. Parfois il servait quand même aux bonnes nouvelles, un changement de grade ou quelque chose comme ça, pour peu qu'il soit réellement apprécié.

Tristan ouvrit la pièce, les hommes sur ses talons, certains montrant fortement leur appréhension tandis que d'autres osaient rigoler un peu avec leurs collègues non convoqués ou affichaient simplement un air de je m'en foutiste.
La discussion dura longtemps et l'on ne savait pas trop ce qu'il se passait, entre le ronronnement des machines et les chuchotements des brigadiers, on n'entendait des éclats de voix que lorsque Tristan criait. Impossible donc de savoir ce qu'il allait advenir des hommes qu'il avait convoqué, on pouvait simplement deviner qu'il n'était pas content de leur travail.
Une heure passa, peut-être un peu plus ou un peu moins, finalement il n'avait jeté qu'un coup d'œil à l'écran de son ordinateur où les chiffres étaient écrits en tout petits. Il raccompagna les hommes qu'il avait convoqué en leur rappelant vivement les deux ou trois points importants de la discussion qu'il avait eu avec eux et resta sur le pas de la porte, observant d'un air glacial les brigadiers. Son visage était presque inexpressif mais si l'on regardait bien on pouvait remarquer la lueur d'agacement et de mécontentement dans ses yeux, l'air légèrement crispé de son visage. Il n'attendit pas plus longtemps.

- Shane Lewis, c'est votre tour.

Son regard s'était arrêté sur lui et comme il était le seul convoqué il ne s'en détacherait sans doute pas, attendant avec la pire impatience qui soit qu'il se dépêche de venir jusqu'à lui.

- A la guillotine Lewis ! Lança un homme qui n'était pas de sa brigade mais qu'il finissait pourtant par bien connaître. Il avait même lu une fois ce qu'on disait sur lui. Mauvais informaticien : rien d'intéressant pour lui et du boulot de plus pour ses hommes.
- Taisez-vous Lisbon ! Faites la loi chez vous si ça vous chante mais pas chez moi ! Coupa-t-il sèchement, sur un ton qui ne laissait pas de place à la discussion. Et c'est aussi valable pour tous les autres.

Shane ne tarda pas trop à arriver, juste assez pour l'énerver mais pas pour qu'il soit furibond. L'idéal aurait été qu'il se téléporte dans la demi-seconde dans son bureau mais apparemment ce n'était pas humain. Il ferma aussitôt la porte derrière lui, non sans jeter un dernier coup d'œil dans la salle histoire de décourager les curieux et que tous se remettent au travail une bonne fois pour toute.
Le bureau était en fait tout ce qu'il y avait de plus affreusement simple et impersonnel : les murs étaient d'une couleur unie, quelque chose comme un vague gris clair où il ne restait que des trous et des traces de ci de là, plus rien n'était affiché. Il y avait seulement un petit bureau, un vieux, du genre de ceux qu'on avait remplacé et ne sachant plus où mettre ceux là on en avait casé un ici. Pour ce que la salle était utilisée, ça faisait bien l'affaire ! Tristan s'assit derrière le bureau, en face de lui on avait placé deux chaises tout aussi simples que le reste de la pièce, rien de bien réjouissant quand on savait à quoi elle servait.

- Asseyez-vous, dit-il simplement.

Sans vraiment prendre conscience de ce que pouvait éprouver le jeune homme à ce moment là, il profita d'être seul avec lui pour l'observer un peu. Sa taille était en dessous de la moyenne et comparé à lui qui était plutôt grand, ça devait faire bizarre de les voir côte à côte. Il avait des traits fins et ses cheveux gris bien que foncés lui faisaient penser aux siens, des cheveux de vieux. Ses iris de glace se plongèrent un instant dans le regard sombre de son brigadier. Son observation n'avait dû durer qu'une minute ou deux mais c'était bien assez long.

- Vous ignorez sans doute la raison pour laquelle je vous ai convoqué, commença-t-il. Je ne vous cacherai pas que ce qu'il s'est passé il y a plusieurs semaines m'a fortement déplu et que votre comportement mériterait bien un blâme, certains en ont pris un pour moins que ça. Cependant, continua-t-il en tapant sur son ordinateur, je vois que vous vous êtes repris et que vous avez retrouvé votre assiduité d'antan.

Le commandor se tut un instant pour l'observer un peu mais ne prônant pas vraiment les grands discours rhétoriques avec toutes ces poses travaillées, ces tournures, ces machins dont il ne voyait pas l'intérêt, il poursuivit à la vitesse de son flot de paroles habituel.

- Vous m'avez rendu votre rapport en retard et le travail que je vous avais demandé aussi mais vous l'avez fait et vous me rendez même tout ce que l'on vous demande dans les temps voire en avance maintenant. Vous travaillez beaucoup, un peu trop même pour le travail que vous faites mais ce n'est sans doute pas moi qui doit vous donner de telles leçons... En tout cas je suis prêt à passer l'éponge pour cette fois. Vous êtes un bon informaticien Shane et vous êtes intelligent, vous avez sans doute compris que si je vous accablais de travail ce n'était pas vraiment une punition mais plutôt une manière d'évaluer vos compétences.

Il s'arrêta encore, jusqu'à ce que leur regard se croise de nouveau et qu'il ne le lâche plus.

- Vous êtes un bon informaticien, reprit-il, et ce que je vous ai donné ne me montrera jamais plus que ça, alors j'ai une question pour vous, Shane. Etes-vous seulement un bon informaticien ou est-ce que je peux en attendre plus de vous ? Répondez bien car si vous ne vous montrez pas à la hauteur ce ne sera pas sans conséquences.

Ses doigts s'accrochèrent machinalement à une mèche de cheveux pour tirer un peu dessus, comme il avait l'habitude de le faire. Pourtant il ne quittait pas son regard, il attendait une réponse, une unique réponse. Son regard se fit moins dur, comme s'il voulait lui montrer que là, aujourd'hui, il avait l'une des rares occasions de parler franchement et de lui dire ce qu'il voulait. De toute manière tout ce qui l'intéressait c'était son niveau, le reste n'avait pas tant d'importance.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La colle du mardi matin

Message par Shane M. Lewis le Lun 15 Nov - 17:37

    Shane bougonna au réveil. Etre dans les bras de Silvio pour cette nuit avait été des meilleurs instants de sa vie. Se lever, c’était renoncer à tout ça. Et ça avait le don de déprimer l’informaticien. Il avait mis son réveil plus tôt qu’à l’ordinaire, pas trop fort, afin de ne pas trop sortir Silvio des limbes du sommeil. Il y avait diverses manières d’être au courant que quelque chose à Nosco. Très souvent, c’était grâce aux caméras qui permettaient de s’assurer de la véracité des choses. L’autre moyen, c’était les rumeurs. Deux semaines déjà qu’il avait embrassé Silvio sous la douche, deux semaines qu’ils étaient véritablement ensemble, et surtout, deux semaines qu’il attendait avec inquiétude la convocation de Tristan. Et Fabien lui avait dit que Justin lui avait dit que Marilyne lui avait dit que John lui avait dit que Yale avait entendu dire le second de Tristan parler de convocation pour ce jour, pour « faire le point sur certains maillons défaillants de la brigade ». Probabilité de réalisation : très faible. Mais comme toutes les rumeurs, il y avait au début une part de vrai. Et ce vrai, Shane l’avait récupéré par les caméras de surveillance : le second de Traktueur parlant de « remaniement de l’équipe ». Etant donné le rappel à l’ordre de Tristan quelques temps avant l’attaque de créatures lorsque Shane était avec Kathleen, le dernier épisode sous la douche, et plus récemment l’ordinateur de Lisbon qui avait volé en éclat, l’informaticien se disait qu’il y avait de forte chance pour qu’il entre dans la catégorie des « maillons défaillants de la brigade ». Bref, afin d’éviter de casser trop de vaisselle (sans quoi il allait devoir offrir un service tout neuf à Tristan), il avait décidé de venir à l’heure et même en avance aujourd’hui, chose qui ne s’était jaaaamais produite dans le passé, surtout de la part de Shane. Lewis était de ceux qui aimaient bien faire la marmotte dans le lit, et il aimait d’autant plus ça qu’il avait non seulement la chaleur des couvertures mais aussi celle du corps de Silvio. Bref tout ça pour vous dire que Shane qui se lève plus tôt et qui se défait de l’étreinte de Silvio, c’était vraiment, mais vraiment, à marquer d’une croix dans le calendrier.

    « Si je ne reviens pas ce soir, c’était que Darek m’a tué. Tu n’oublieras pas de venger ma mort… »

    Lui murmura-t-il en plaisantant. Un dernier petit baiser, doucement, car il ne voulait pas trop le réveiller, et il se leva. Il programma avec attention le réveil de Silvio pour que celui-ci ne soit pas en retard non plus puis il se lança dans une chasse au trésor de ses vêtements. Non pas qu’il soit à poil, mais il en avait ôté quelques uns avant d’aller se coucher.

    « Aïe. »

    Cri étouffé et Shane qui sautille sur place, dans le noir, en se tenant le pied. Orteil : petit bout de chair servant à détecter les coins de meubles et de portes. Ca n’avait pas manqué ! Une fois la douleur passée, il s’habilla rapidement, prit ses affaires, embrassa une dernière fois Silvio et quitta l’appartement. Il se rendit au sien, se changea, se lava et hop, direction le travail. L’informaticien arriva au Quartier Général de la Brigade Informatique et écarquilla les yeux. Jamais il n’était venu à une heure pareille et jamais il n’avait constaté à quel point cette pièce pouvait être grande lorsqu’elle était vide. Et voilà, bravo Shane : 9 ans à Nosco et tu fais encore des découvertes dans les endroits que tu as visité des centaines et des centaines de fois. Il se mit rapidement au travail. Il était à noter que depuis qu’il retrouvait Silvio hors des caméras pour partager des moments intimes, son rendement de travail c’était nettement amélioré. Chose qui l’avait lui-même surpris, d’ailleurs.

    Etant donné qu’il était de ceux qui étaient au courant de la rumeur, il ne fut pas choqué en voyant arriver Traktueur, convoquant certaines personnes dans son bureau. Le ton assez fort du commandor ne présageait d’ailleurs rien de bon. Mais… Shane cligna à nouveau des yeux : deuxième surprise de la journée car il … N’était pas dans les convoqués. Un instant il songea à lever la main comme un élève et réclamer « et moi ? » mais… Il préférait grandement ne pas avoir à être convoqué. Il était peut-être masochiste, mais ça avait des limites ! Une autre petite chose traversa son esprit : « et s’il me convoquait après ? » Et voilà, bravo Shane, mais pourquoi tu avais pensé à ça, hein ? Maintenant, il avait une boule dans le ventre, et c’est avec celle-ci qu’il travailla pendant une heure durant. Parfois, il entendait les éclats de voix de Tristan provenant de son bureau et ses membres se contractaient. S’il était déjà énervé… Mais qu’est ce que ça allait être pour lui ? Il soupira profondément et vit les huit convoqués ressortir. Bon ils étaient vivants au moins ! Et puis, à ce moment là, il y avait Lisbon qui traînait dans le coin. Encore et toujours en train de fouiner. Shane baissa la tête, priant pour qu’ainsi, Tristan ne le voie pas et qu’il ne se fasse pas convoquer sous les yeux avides de Lisbon… Et si. Shane eu envie de déprimer longuement. Mais il se leva cependant, mieux valait ne pas faire attendre Tristan. Le brigadier savait parfaitement que le commandor était quelqu’un qui voulait qu’on agisse vite et bien. Evidement la réplique moqueuse de Lisbon tomba, et Shane traça comme pour ne pas l’entendre. Il n’aurait jamais cru que Tristan… Prenne sa défense ? Non, Shane, ne te fais pas de faux espoirs, il faisait simplement régner l’ordre dans sa brigade, rien de plus. Il entra donc dans le bureau de Darek, il n’avait pas l’air fin, mon brigadier ! Faire des bêtises, ça c’était de son rayon, mais les assumer, c’était autre chose ! Il s’assit lorsque Tristan lui dit de le faire. Déjà qu’il n’était pas bien grand, mais une fois assis, il avait l’air vraiment diminué. Difficile dans ce cas de garder un peu de superbe. Non, il avait l’air d’un enfant replié sur lui-même, sur le point de se faire gronder. Et puis là, Darek commença alors à parler. Il ignorait la raison de sa convocation ? Mais si il le savait : ses pitreries de toutes évidences, ce ne serait pas la première fois. Mais rapidement, l’informaticien constata qu’il faisait fausse route. Tristan avait bel et bien entendu parler de ses idioties mais semblait enclin à fermer les yeux là-dessus… Parce qu’il s’était repris ? Vive Silvio ! Shane avait envie d’aller l’embrasser pour le remercier, mais bon, il n’était pas là… Donc ce serait pour plus tard. Shane se redressa un peu dans son fauteuil, car il semblerait qu’il n’ait plus trop à craindre le coup de bâton. Il n’en revenait pas, non vraiment, il s’était attendu à bien autre chose de la part de son commandor.

    Tristan avait marqué un silence mais continua à nouveau. Il était vrai que Shane travaillait d’avantage, et ce n’était que pour une seule raison : avoir du temps pour voir Silvio. Enfin, cette condition seule n’aurait pas suffit. Il fallait également que ses absences auprès de lui ne soient pas remarquées, afin de sauver leur secret, le cacher, le protéger, comme il l’avait promis. Et déjà que l’informaticien avait une fâcheuse tendance à rendre ses rapports en retard, si en plus, il aurait mis encore plus de temps, ça aurait vraiment eu des conséquences fâcheuses pour lui, et peut-être pour eux deux. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que plus Shane travaillait, et plus Tristan lui en redonnait. Le brigadier avait donc dû redoubler d’efforts encore. Il avait certes songé que Tristan le testait d’une certaine manière, il n’avait pas vraiment pensé que cette hypothèse puisse être vraie, plus encore, que Tristan lui-même le lui confirme comme étant la pure vérité. Alors donc, Traktueur avait testé ses compétences ? Mais pourquoi ? L’informaticien envoya à son commandor un regard interrogateur pour qu’il poursuive ses aveux jusqu’au bout, qu’il lui dise là où il voulait en venir. Et plus les secondes passaient, moins Shane pensait que c’était pour mettre ses lacunes en avant, bien tout le contraire. Son cœur se gonfla de fierté lorsque son commandor lui annonça qu’il était un bon informaticien. Ses camarades le lui disaient, mais Shane n’y avait jamais prêté attention. Silvio le lui disait, mais Shane pensait qu’il était aveuglé par l’amour. Il y avait bien deux personnes qui puissent lui dire ça et qui puisse affecter Shane. Le premier était Virulino. Shane se souvenait de cette transaction financière à laquelle il avait mis fin lors de l’échange d’otage avec le commandor Judikhael. Il savait qu’à ce moment là, il avait gagné son petit combat contre Virulino qui, de son côté, avait du faire en sorte que la transaction financière aboutisse. Et la balle qu’il avait reçue dans son cœur (protégé d’un gilet) provenant de Lian, était comme un aveu des hurlements de Virulino face à son échec, échec signé Lewis. L’autre personne qui pouvait lui dire qu’il était un bon informaticien en l’affectant, c’était Traktueur. Aussi Shane resta troublé par cela, ne sachant de répondre, si ce n’est que ses joues se mirent à rosir sous le choc. Il aurait préféré garder ça caché, mais de toutes évidences, il était de ceux qui rendaient involontairement apparentes ses états d’âmes.

    « M… Merci… »

    Fit-il alors d’une petite voix. Le regard clair de Shane se plongea dans celui de Traktueur. Il attendait presque le moment où le commandor hurlerait : « c’est une blague ! » mais ce n’était pas vraiment le genre de Tristan. Celui-ci reprit alors la parole et cette fois, une question. Les membres de Shane se contractèrent. Voilà une question à laquelle il se devit de bien répondre, car vraiment, il n’avait pas droit à l’erreur. Il était un bon informaticien, c’était Darek qui le lui avait dit. Etait-il seulement ça ? Shane savait que ce qui lui avait donné des ailes ces derniers temps, c’était Silvio. Certes, son amant ne faisait pas tout mais… Il avait joué un très grand rôle dans sa réussite ces derniers temps alors, plutôt que de répondre à la question de Tristan directement, il se posa trois question. La première question était de savoir si, en supposant qu’il continue à avoir une situation relationnelle stable avec Silvio, il pourrait faire « d’avantage ». Et rapidement, il se dit oui, car il en avait envie, car il en avait la motivation, et il en avait certainement les compétences. Depuis neuf années qu’il avait intégré la brigade informatique, il en avait appris long sur le sujet et avait tant de fois espéré apprendre des choses nouvelles, plus complexes. C’était l’occasion de répondre un oui à Tristan. C’était certainement ce qu’il aurait fait, s’il n’avait pas eu les deux autres questions. La deuxième question était donc de savoir si avoir du travail plus conséquent lui réduirait son temps avec Silvio. Il ne voulait pas voir sa vie professionnel prendre le dessus sur sa vie privée, et vise versa : il ne voulait pas que sa vie privée l’empêche de s’épanouir professionnellement. Il voulait un juste équilibre entre les deux. Est-ce que répondre oui à Tristan risquait de perturber ce fragile équilibre ? Silvio lui, était bien second de Judikhael, il devait avoir beaucoup de travail et pourtant, il parvenait à rendre compatible son travail et sa vie avec Shane. L’informaticien se disait bien qu’au début, il y aurait un certain déséquilibre, mais avec le temps et un investissement personnel dans le besoin de stabilisation, il pourrait réussir à concilier les deux. Une fois cette question résolue, il ne lui manquait plus que de répondre à la dernière, la plus importante. Si Silvio était son moteur, qu’adviendrait-il s’il venait à le perdre ? Shane était comme tout le monde, il n’était pas à l’abri d’une rupture, pire encore : si Silvio venait à mourir au combat ! Il était un soldat tout de même ! Tous les jours, il combattait contre les rebelles, il tuait des gens ! C’était la première fois que Shane se demandait ce qu’il deviendrait s’il n’avait plus Silvio avec lui. Est-ce qu’il lâcherait tout, mais absolument tout ? Est-ce qu’il retrouverait son rendement antérieur ? Est-ce qu’il se battrait au contraire pour se prouver qu’il pouvait avancer sans lui ou en sa mémoire ? Et là, la réponse était des plus floues. Il n’avait jamais vraiment pensé à cette éventualité de le perdre pour le moment. Il avait l’impression que tant que leur secret demeurerait un fait caché, il n’aurait pas à craindre de perdre Silvio. Mais il y avait tant d’autres facteurs, maintenant qu’il y pensait…

    « Vous pouvez en attendre plus de ma part, commandor. »

    Ses mots avaient franchi ses lèvres alors qu’il ne les réalise. C’était comme s’il était déjà décidé à se battre quoiqu’il arrive. Il ne disait pas que perdre Silvio ne l’affecterait pas, bien au contraire. Mais s’il venait perdre une chose, il n’accepterait pas que toute sa vie s’effondre. Ce serait dur, mais il poursuivrait, il continuerait de marcher. Il y avait de fortes chances pour qu’il reste enfermé à Nosco pour ses centaines n’années, il ne pouvait pas se permettre de gâcher sa vie. S’il venait à perdre Silvio, il aurait bien le temps de se relever. Et puis, Tristan lui tendait une occasion qu’il savait, mettrait longtemps à se présenter à nouveau.

    « Puis-je savoir ce que vous attendez de moi ? »

    Et beh oui, c’était bien beau d’accepter de faire d’avantage, ça serait encore mieux de savoir ce qu’il devait faire pour ne pas le décevoir.
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La colle du mardi matin

Message par Tristan Darek le Jeu 2 Déc - 21:44

Après sa tirade sans doute indigne d'un grand orateur, Tristan ne rêvait que d'une chose : se débarrasser au plus vite du gamin, mettre de la musique à fond dans ses oreilles, s'installer devant son ordinateur et surtout qu'on lui foute la paix pour la prochaine décennie à venir. On n'avait jamais réussi à savoir s'il éprouvait pour ses brigadiers une affection masquée, un mépris total, une exaspération qu'il ne dissimulait pas toujours ou simplement une froide indifférence à moins que ce soit un mélange de tout ça à la fois. Dans tous les cas, il n'était jamais compliqué de comprendre ô combien s'occuper sans cesse de ses brigadiers le mettait de mauvaise humeur et, que son incapacité constante à prendre la bonne décision voire une décision tout court soit partie intégrante de ce constat ou non, les promotions internes ou quoi que ce soit d'autre ne tombaient jamais bien souvent, mettant parfois des années et des années à arriver. Son second notamment avait attendu un temps infiniment long et n'avait dû sa nomination qu'à la pression qu'exerçaient les hommes en haut de la chaîne alimentaire sur Tristan, visiblement décidé à laisser la place qu'occupait l'ancien second vacante pour un bon moment. Il ne regrettait pas ce choix puisqu'ayant montré de nombreuses fois son enthousiasme à l'aider, il pouvait lui refiler toute tâche administrative dont il n'avait pas envie de s'occuper. Toutes sauf celles de ce genre-là qui le poussaient à regarder dans le blanc des yeux des informaticiens traumatisés rien qu'à l'idée de se trouver en face de lui. Il n'osait alors même pas les imaginer face à plusieurs créatures aussi hideuses qu'impitoyables. Shane ne dérogeait pas à la règle, bon il ne tremblait pas comme une feuille et ne mettait pas dix minutes pour prononcer trois mots tant certains bégayaient parfois mais il lui donnait envie de le secouer et de lui crier qu'un peu de courage ne le tuerait pas.
Finalement, peut-être qu'il braverait encore l'autorité et les codes instaurés dans ce foutu trou depuis des siècles et qu'il enverrait son second s'occuper de ces choses si détestables. Une part de lui-même rêvait de pouvoir faire ce qu'il voulait en toute liberté sans avoir une cinquantaine d'hommes sur le dos et l'autre part détruisait tout ses espoirs, certaine que s'il avait sa liberté de travail, la guilde lui trouverait toujours un contre-poids. Il y avait bien la Rébellion, s'il avait choisi de les rejoindre il aurait eu beaucoup moins d'idiots à s'occuper et se libérer de son baby-sitting n'avait rien pour lui déplaire mais ça l'amusait beaucoup d'observer de loin l'idéalisme de ces naïfs, croyaient-ils vraiment qu'avec trois armes et deux tournevis ils allaient arriver à quelque chose ? Croyaient-ils vraiment qu'ils allaient changer quelque chose à Nosco ? Ne s'étaient-ils jamais dit que Yan ne voulait peut-être que le pouvoir ? A ses yeux la méthode qu'il avait prise n'avait rien d'efficace, heureusement pour lui il bénéficiait de cette intemporalité propre à Nosco et pouvait bien attendre des siècles sans que cela ne change vraiment grand-chose. Au moins la Rébellion avait-elle l'avantage de le distraire de temps à autre, lorsqu'un bon informaticien passait dans le coin.

Tristan se demandait bien si Shane, lui, valait bien la peine que l'on s'intéresse à lui. Comme il lui avait dit clairement, il ne pouvait pas conclure grand-chose avec le travail habituel que la guilde demandait et donc il ne faisait que la supervision, corrigeant avec l'affreuse envie de se taper la tête contre un mur les erreurs abominables que certains pouvaient faire. Comme virer les incompétents lui valait toujours de faire une bonne dose de paperasserie, il avait finalement changé de tactique et les gardait dans un coin, leur assénant une masse de travail dont il ne se servirait jamais, sans l'espoir de constater un jour un réel progrès. Il y avait aussi ceux qui passaient plus leur temps sur l'alpha ou à battre les records de divers jeux existants qu'à travailler. Il lui arrivait de charger certains férus du boulot à la traque et à la dissuasion de cette maladie contagieuse qu'est la fainéantise mais sans plus. De toute manière il considérait que seuls quinze à vingt pourcents des effectifs faisaient le travail ici, et encore, peut-être était-il un peu trop optimiste.
C'était sans doute dommage que de bons informaticiens aient rejoint la Rébellion, lui refusant toute possibilité de travailler un jour avec eux. Ils avaient fait leur choix, tout comme lui l'avait fait en se laissant utiliser pour les faire tomber un à un, comme des pions. Il repensa à celui qu'on ne connaissait plus maintenant que sous le vague pseudo d'Xxcel et qu'on considérait simplement comme un pro-rebelle qu'il avait vaincu et qu'on avait condamné à mort. Le temps, l'histoire savait si bien déshumaniser les gens...
Il y avait dans son ordinateur les dernières traces de leur travail commun avant qu'il ne parte loin de lui, pour toujours. Il n'avait jamais voulu travailler pour la brigade ni révéler ses talents en informatique, leur rencontre avait relevée du pur hasard et il avait su garder son secret, ses secrets.

- Ne soyez pas trop impatient, avait-il répliqué peu après sa réponse d'une voix plutôt morne.

Le commandor n'avait pas encore tout à fait décidé ce qu'il allait lui demander en premier, partagé entre plusieurs idées. Il aurait dû demander à son second son avis, peut-être cela l'aurait-il aidé à prendre sa décision même s'il n'y croyait pas vraiment. Bien sûr il n'allait pas demander à Shane ce qu'il préférait, le but c'était qu'il saisisse vraiment les enjeux, pas qu'il se sente en colonie de vacances.
Incapable de refouler le désespoir qui s'emparait lentement mais sûrement de son esprit, il baissa la tête et se contenta de regrouper ses cheveux pour en faire un vague chignon, les attachant avec un crayon qui trainait par là. Une partie de ses cheveux retomba et cacha à moitié son visage sans qu'il ne s'en préoccupe vraiment. Il écrivait quelque chose sur son ordinateur.

- Bien... Fit-il comme pour se donner un peu de temps.

Bon sang, pourquoi fallait-il que ça vienne ici et maintenant ? Ses pensées avaient de quoi le déconcentrer sérieusement mais heureusement, sa main, comme par miracle, tomba près de sa tasse de café et par habitude il la porta à ses lèvres pour en avaler une gorgée. L'informaticien secoua légèrement la tête histoire de refouler un instant ses pensées et continua d'écrire pendant plusieurs minutes pour terminer son programme. Il avait finalement décidé de ne pas décider en combinant toutes ses idées. D'un geste ferme il referma le petit ordinateur et reporta son attention sur son nouveau jouet. Il lui semblait avoir un jour entendu dire que ceux qu'il testait étaient livrés impitoyablement à son sadisme, à sa cruauté, lui n'en savait trop rien, il ne faisait pas vraiment de sentiments de ce côté-là et puis Shane n'était pas en sucre, il allait s'en remettre. Si ce n'était pas le cas il n'avait rien à faire ici, il ne pouvait pas se permettre de s'appuyer sur des épaules fragiles ou des gens dont il ne connaissait pas même les talents.

- Bien, j'espère que vous êtes doué en cryptologie, déclara-t-il toujours un peu ailleurs. Suivez-moi, fit-il en se levant.

Le commandor ouvrit la porte du bureau et put constater qu'il retenait alors l'attention de tous ses brigadiers les plus curieux, sans doute avides de savoir quel sort il avait fait à Shane. Tristan se retourna pour voir qu'il était bien sur ses talons et qu'il n'allait pas devoir attendre un quart d'heure pour que monsieur daigne le rejoindre. D'un signe, il ordonna qu'on se remette au travail et s'avança près de l'endroit où ses « privilégiés » avaient l'habitude de travailler.

- Shane, voici Enzo, Romain et Jeremy, fit-il à voix basse en foudroyant du regard toute oreille indiscrète. Les trois hommes le saluèrent amicalement, peut-être se connaissaient-ils déjà. Vous serez désormais leur supérieur et ils vous aideront. Gérez les choses comme bon vous semble.

Tristan posa le portable qu'il tenait à la main sur le bureau de l'un d'entre eux et l'ouvrit. Il y avait un écran noir tout bête, comme celui d'une console, avec une multitude de caractères alignés, incompréhensibles. Aucune chance de se tromper : il ne s'agissait sûrement pas d'un code informatique mais bel et bien d'un message chiffré.

- Vous vous en doutez, ce code, il va vous falloir le déchiffrer. Mais ce n'est pas tout, je veux que vous obteniez l'entier contrôle de cet ordinateur, il vous sera nécessaire, et que vous y trouviez un document. Quand vous l'aurez, apportez-le moi. Il marqua une légère pause puis ajouta en croisant le regard stupéfié de Romain : Cela ne devrait pas vous prendre beaucoup de temps.

Les hommes ignoraient encore qu'ils allaient y passer bien des nuits blanches avant de venir le voir fiers et victorieux. L'ordinateur avant d'être accessible comme n'importe quelle autre machine demandait six mots de passe qu'on devait toujours obtenir de manière différente et peu banale. Le code chiffré était en fait une énigme dont le premier mot de passe était la réponse. Le deuxième devait être craqué selon une méthode particulière qu'il leur faudrait trouver, il donnait alors accès à un fichier où il y avait de quoi pouvoir trouver les quatre derniers. Une fois l'accès donné à l'ordinateur, il n'y avait plus qu'à neutraliser le système de défense avant qu'il n'écrase tous les documents, effaçant même toute trace de système d'exploitation et laissant les disques durs aussi vides que lorsqu'on les avait tout juste fabriqués. C'était le moment éliminatoire de la première épreuve de Shane, s'il n'y parvenait pas, il n'avait plus qu'à attendre une bonne décennie avant que Tristan ne s'intéresse à nouveau à lui. Une heure à peine. Puis il ne restait plus qu'à trouver comment accéder à l'intégralité du système en devenant root et à trouver le document qu'il voulait parmi les milliers de fichiers existant sur l'ordinateur. De quoi passer une centaine d'années sur ce fichu ordinateur mais Shane était intelligent, il saurait comment procéder, n'est-ce pas ?

- Vous n'êtes pas dispensés de vos travaux respectifs, je ne voudrais pas que vous perdiez la main. Quand à ça, fit-il en désignant l'ordinateur, n'en parlez à personne, ne travaillez dessus qu'entre vous.

Il lui semblait primordial que Shane sache qu'en informatique on ne travaillait pas seul à moins de s'amuser à se balader sur le réseau et de pirater tout ce qui pouvait paraître intéressant comme lui et certains de ses compatriotes le faisaient ou l'avaient fait. Et encore, même là, travailler à plusieurs pouvait s'avérer très avantageux.

- Oh un conseil, entraînez-vous bien contre les systèmes d'autodéfense... ce serait dommage de toute perdre... si rapidement.

Son regard froid se planta dans celui de sa victime, il ne plaisantait pas. Dès cette première épreuve il aurait même l'occasion de voir le niveau qu'il attendait et sa manière de travailler, de tester. Au fond de lui, il espérait que Shane le surprenne, qu'il fasse quelque chose capable de pousser ses espérances plus loin que ses prédécesseurs. Peut-être qu'il pourrait lui redonner une petite étincelle, de quoi se réjouir pour quelques temps. Peut-être aurait-il un disciple digne de ce nom, sinon tant pis.

- Dernière chose, oubliez tout de suite vos envies de vous entretuer, vous avez plus de chance de passer tout votre temps ensemble qu'avec qui que ce soit d'autre. Des questions ?

On pouvait voir poindre une légère impatience dans son attitude et en effet, il avait hâte d'en finir et de se remettre à son propre travail, le plus vite possible, avant que ses fantômes ne le rattrapent plus qu'ils ne l'avaient déjà fait.
avatar
Tristan Darek
~ Commandor ~
Section informatique


Camp : Guilde Impériale
Profession : Commandor de la brigade informatique
Âge réel : 107 ans
Âge d'apparence : Environ 27 ans

Compétences
Mémoire:
9750/10000  (9750/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La colle du mardi matin

Message par Shane M. Lewis le Lun 6 Déc - 15:29

    Suite à sa dernière question posée dans le but de connaître ce que Tristan attendait de lui, Shane se vit répliquer qu’il ne devait pas être aussi hâtif. Shane se renfonça dans son siège, plongeant dans un silence religieux. Il avait baissé ses yeux sur les mains de Tristan. Rien de bien magnifique en soit, c’était des mains, simplement des mains. Mais c’était un bon moyen de faire passer le temps, car le commandor semblait décidé à rester dans un silence implacable, cherchant à combler ce vide par quelques petits mots comme « bien ». Ces mains remontèrent pour attacher des cheveux blancs puis vinrent se poser à nouveau sur un clavier. Les informaticiens passaient tellement de temps devant un ordinateur que le clavier et la position des touches leur devenaient familière. De la sorte, ils écrivaient vite, mais Shane, en voyant les mains de Tristan se promener allégrement sur le clavier, se dit qu’il lui faudrait encore quelques années de pratique pour en arriver là. Certes, mon brigadier avait depuis longtemps dépassé le stade du ‘touche par touche’ et ‘doigt par doigt’. Il s’en était posé à l’étape du ‘je tape vite en regardant le clavier’ puis du ‘je tape vite en regardant l’écran’. il se souvenait même s’avoir quitté plusieurs fois les yeux de son écran pour entamer une sérieuse discussion et ses mains avaient continuer de taper ce rapport qu’il devait rendre depuis une semaine et qu’on commençait sérieusement à lui réclamer. Les logiciels également, il les connaissait par cœur. Il se surprenait parfois à voir sa souris se déplacer toute seule vers l’icône nécessaire, par simple machinisme. Bref, Shane resta assez hypnotisé face à ce travail, silencieux, en fait, il n’osait pas interrompe Tristan pour lui poser la moindre question. L’une des mains qu’il fixait saisit une tasse de café, Shane sorti de ses pensées. Et dans ses pensées il y avait Silvio. Oui, car il fallait dire que Shane n’était pas des plus sauvé, un truc pouvait lui tomber dessus d’un moment à l’autre, quand on connaissait la nature de Tristan, on savait qu’on ne savait pas à quoi s’attendre avec lui, et mieux valait être préparé à tout type de situation.

    Aussi resta-t-il silencieux jusqu’à ce que le commandor reprenne la parole à nouveau. Et Shane eut enfin un premier indice sur ce que Tristan attendait de lui. La cryptologie. Voilà qui était en soit une activité plaisante qui attira toute l’attention de mon informaticien. Etudier les chiffres et le secret qu’ils gardaient. Car c’était le principe même de la cryptologie, avoir un secret, et le coder, le transformer, par une clé connue ou inventée, pour qu’il puisse n’être lisible que pour ceux qui posséderaient cette clé. En informatique, on avait souvent à faire à la cryptologie, car la nature même d’un simple ordinateur se faisait par un code dit binaire, qui, transformer des lettres, des images, des couleurs et des formes, en une simple suite de chiffre 0 ou 1. Donc, oui, dans un simple usage de l’ordinateur dans toutes ses fonctions, un informaticien connaissait de près ou de loin la cryptologie. Les logiciels eux-mêmes étaient un ensemble de codes et de fonctions qui s’assemblaient les uns avec les autres pour former un ensemble cohérent et logique. Et Shane passait suffisamment de temps sur un ordinateur pour connaître la cryptologie dans une profondeur suffisamment raisonnable pour que, lorsque le mot « cryptologie » eut franchi les lèvres Tristan, Shane n’en trembla pas comme une feuille soulevée par un vent glacial. Il était même d’ailleurs intrigué et intéressé par le sujet. Il avait envie de savoir ce que Tristan lui avait réservé. Mais il n’eut pas le temps de manifester le moindre opinion sur le point que le commandor venait de soulever que celui-ci lui demanda de le suivre. Shane ne se fit pas prier longtemps, il se mit sur ses deux jambes et se mit à suivre Tristan.

    Au dehors du bureau du commandor, Shane constata que beaucoup attendaient là, ou faisaient semblant de travailler. Le fait est qu’il avait l’impression qu’il y avait plus de monde maintenant que lorsqu’il était entré dans le bureau. A croire qu’il s’était fait passé le mot pour voir dans quel état il sortirait de cette convocation. Lisbon était encore et toujours là. Shane avait même cru voir un appareil photo. Hum quoi ? Pensait-il que Shane se serait fait virer avec un bon coup de pied dans le derrière et qu’une photo mémorable serait donc à prendre ? A vrai dire, c’était ce que Shane avait un peu craint. Il n’était pas le plus sage des brigadiers, son calme était tout sauf exemplaire. Pire encore, Lisbon avait une sorte de ficelle jaunie qu’il avait nouée à son bout et qui ressemblait sans s’y méprendre à une corde au bout de laquelle on pendait des gens. Et Lisbon, lui ostenta l’objet pour le narguer. Shane, bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds profita que Tristan regarde devant lui pour adresser un signe vulgaire de la main à son cher ennemi…. Sauf qu’il n’avait pas prévu que Tristan se retourne à se moment là pour vérifier si Shane le suivait bien. Mon informaticien avait donc précipitamment mis ses deux mains dans son dos d’un air de dire qu’il n’avait strictement rien fait. Un peu plus loin, ils arrivèrent à une table où travaillaient trois hommes que Shane connaissait déjà, sachant pertinemment que ses trois là étaient des gens que Tristan appréciaient plutôt bien. Enfin, par apprécier, il fallait savoir rester prudent, le commandor ne semblait pas avoir beaucoup de sentiments. Enzo, Romain et Jeremy étaient de ceux qui travaillaient plutôt bien, même très bien. Shane les salua d’un signe de tête accompagné d’un sourire. Ces trois hommes étaient évidement plus grands que lui (il n’y avait bien que Silvio pour avoir la faculté d’être encore plus réduit verticalement que lui), et Shane se trouva d’un seul coup bien minuscule lorsque Tristan annonça que l’informaticien sera à présent leur supérieur. Shane cligna des yeux, perplexe. Encore une fois, Shane s’attendait à ce que son patron s’écrit soudain ‘c’était une blague’, mais vraiment, cette phrase se semblait pas vouloir venir. D’ailleurs, mon informaticien en avait finalement déduit qu’elle ne viendrait tout simplement pas. Shane se contenta de hocher lentement la tête de haut en bas, question de montrer qu’il enregistrait ce qu’on lui disait même s’il n’avait pas le temps d’avoir tout réalisé pour le moment.

    Et puis Tristan posa le petit ordinateur qu’il transportait depuis tout à l’heure, l’ouvrit et le posa sur une des tables sur lesquelles travaillaient les trois qui se penchèrent sur l’écran avant de reprendre une place normal lorsqu’ils virent la chose. Lorsque Shane se pencha à son tour sur ce qu’il pouvait bien y avoir sur l’écran et il comprit rapidement pourquoi ses trois nouveaux subordonnés n’avaient pas tout lu dans l’intégralité. C’était du charabia. Un code. Et Shane sourit en voyant la chose. Il adorait les codes. Joshi même le savait. Il lui avait envoyé une fois l’un des nombreux défis qu’il lui donnait. Et un code qu’il avait résolu sur le mur des toilettes de l’amphithéâtre dans l’Aedes. Le décryptage de codes était particulièrement stimulant chez Shane. Pour reprendre l’exemple de Joshi, Shane n’avait pas pu attendre la fin de la séance, ni qu’on le laisse sortir de là. Il avait fallu qu’il trouve sur le champ la clé de l’énigme. Et voir ces chiffres sur cet écran avait le même effet sur Shane. Il voulait trouver la clé qui lui permettrait de trouver ce que ce charabia veut dire. Et puis Tristan avait poursuivit ses explications. Ce ne serait pas qu’une simple épreuve de décryptage, mais un véritable test pour lui. Un test qu’il se devrait de mener jusqu’au bout, qu’importe le temps que ça prendrait. Il sentait déjà l’excitation qui montait en lui, il avait presque envie de commencer là, maintenant. Il nota dans son esprit les dernières directives de Tristan à savoir qu’il ne devaient en parler à personne, travailler entre eux, ne pas oublier de faire leur travail normal en temps et en heure, travailler les système d’autodéfense et ne pas s’entretu… S’entretuer ? Shane fit des yeux énormes puis secoua sa tête. Il regarda les trois, se disant que s’ils décidaient de s’entretuer, Shane avec à peine un mètre soixante dix, ne feraient pas long feu… Quoique ces trois là ne semblaient pas avoir l’entrainement physique que Shane avait.

    « Entendu. »

    Se contenta-t-il de répondre. Et Tristan s’en fut. Shane tourna l’écran de l’ordinateur vers lui, les yeux rivés sur ce code. Il allait avoir du travail. C’était certain. Tristan était réputé pour savoir bien s’amuser avec ses jouets. Et Shane avait comme l’impression d’être ce nouveau jouet. Mais il était su aussi que Tristan se lassait vite de ses jouets s’ils n’étaient pas ou plus intéressants. Autant dire que Shane devait saisir sa chance rapidement. Il leva son regard vers les trois qui étaient là, se demanda ce qu’il pouvait bien leur dire, il n’avait pas vraiment l’habitude de diriger des personnes.

    « Vous avez fini votre travail habituel ? »

    Demanda-t-il alors, et il fut ravi de voir les trois enthousiastes lui répondre qu’ils avaient fini pour le moment et qu’ils voulaient attaquer le défi maintenant. Shane savait qu’il ne s’agissait pas uniquement que de son défi, c’était un défi pour eux quatre. Si Shane échouait, peut-être que le travail de l’un des trois allait être remarqué positivement. Ce serait un bon point. Un très bon point. Et c’était le mal que Shane leur souhaitait. Il esquissa un sourire, recopia sur la tablette tactile de son ordinateur la suite de chiffres et de lettres qu’il y avait sur l’écran, puis, ayant fini, il tourna l’ordinateur vers les trois autres. Cet ordinateur, ces codes avaient été faits pas Tristan Darek. S’il existait des centaines et des centaines de codes pour crypter un message, il n’existait qu’un seul choix, une seule préférence, celle de Traktueur. Chaque nouvelle invention portait la marque de son inventeur, comme un signe profondément ancré en soi, on aurait toujours beau vouloir éviter de mettre de soi-même dans une chose qu’on faisait de ses mains, il y aurait toujours la même signature en bas du tableau, malgré tout. C’était les choix de Traktueur qu’il allait falloir trouver, c’était la personnalité même de l’homme qu’il allait falloir délimiter. Et Shane se rendit alors compte qu’il ne connaissait absolument rien de son patron. Bien ou mal, qu’importe. Il se doutait bien que sur le moment ça allait sérieusement l’handicaper.

    Bien pas le temps de flâner, il allait falloir s’y mettre. Shane vit les trois autres prendre note aussi du code. Leur supérieur. Tristan avait dit qu’à partir de maintenant, il serait leur supérieur. Ca allait très certainement devenir intéressant, il avait, pour ainsi dire hâte que tout ceci débute et se termine. L’informaticien remit le petit ordinateur en face de lui, regardant l’écran noir avec ce code, d’une autre couleur constante. Il allait falloir se mettre à la place de Tristan. Qu’avait-il bien pu vouloir cacher.

    « Clé symétrique ou asymétrique ? »

    Demanda l’un des trois, Shane ne savait pas trop qui exactement, il n’avait pas encore relevé la tête. Symétrique ou asymétrique, voilà une bonne question pour commencer à orienter les recherches de ses hommes. A vrai dire, il n’en avait pas trop d’idées. Qu’avait pu choisir Tristan ? La différence était assez subtile. Une clé symétrique était une clé qui s’utilisait pour crypter dans un sens et décrypter dans l’autre sens. Par exemple, c’était +1 pour le cryptage, et l’inverse, donc -1 pour le décryptage. Une clé asymétrique quant à elle utilisait une méthode pour le cryptage et une autre pour le décryptage. Qu’utilisait donc Tristan ? L’une comme l’autre était aussi complexe, on ne pouvait donc pas chercher sur ce terrain là. Au lieu donc de répondre à la question posée, Shane se leva et prit quelques logiciels. Il revint à son ordinateur, en ouvrit quelques uns et puis au bout de quelques minutes d’études, il releva son nez de son ordinateur :

    « Symétrique. »

    Il pouvait très bien se tromper, mais pour les quelques logiciels qu’il venait de saisir et d’analyser, logiciels signés Traktueur, l’usage avait été d’un cryptage symétrique. N’ayant pas d’autre piste pour le moment, il se lançait dans celle là. Adviendrait que pourra.

    RP fini pour le moment. ^^ Suite au prochain épisode ^^
avatar
Shane M. Lewis
~ Brigadier Informatique ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Brigade Informatique
Âge réel : 10 ans
Âge d'apparence : 19 ans

Compétences
Mémoire:
3000/10000  (3000/10000)
Compétence principale: Informatique
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La colle du mardi matin

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum