Au fil du temps [ Howard ]

Aller en bas

Au fil du temps [ Howard ]

Message par Maëva Romael le Jeu 14 Avr - 21:07

Le temps est et restera bien particulier, unique, dans tous les sens que l’on peut lui donner. Une miette qui tient en équilibre entre deux immensités néantises, et c’est justement cet équilibre qui est le centre de tout. Malgré que les secondes s’égrainent, l’instant reste un équilibre sur son fil, sans sembler être agité par quelque tempête de problème. Le temps, hors de tout, supérieur à tout, qui ose flétrir doucereusement ce qui a l’audace de passer à sa portée. Si à Nosco, la vie le tenait au respect, est-ce une vie de ne point mourir ?, il s’attaquait tout de même à l’esprit. Il le harcelait de pensées, détruisait son étanchéité pour y infiltrer des idées, mauvaises ou bonnes, qui porteraient ou non des fruits.

À cela Maëva pensait pendant qu’elle marchait tranquillement le long des couloirs de l’Aedes, tout en écoutant le frôlement des nombreux tissus qu’elle portait. Ce matin, elle avait eu froid, elle s’était donc vêtue en conséquence. Un large pantalon de coton crème, une longue tunique, presque une robe, de la même matière en version plus brun par-dessus des bandes qui entouraient et serraient sa poitrine, le tout réchauffer d’une sorte de voile porté comme une capuche d’une couleur blanc cassé. Malgré les fortes nombreuses épaisseurs de tissus, la conseillère n’en avait pas oubliée d’être coquette : quelques fins bracelets dorés cliquetaient à son poignet gauche, maintenue ensemble par une chaînette au pendentif rouge éclatant. Ses oreilles étaient, quant à elles, lourdes de fines boucles d’oreilles, qui glissaient, tels des serpents d’or, dans sa chevelure noire simplement posée sur son épaule.
Tout était encore calme pour le moment.
Le début de l’après-midi n’était jamais un moment de grande agitation, certains finissant leur repas, d’autres regardant tranquillement se profiler une courte sieste. Certes, au Capitole, le temps n’était pas au repos, du travail attendait chacun, cependant après tous les devoirs accomplies durant sa matinée, Maëva s’accorda un temps libre, pour aller lire quelques documents. Pour ne pas quitter des yeux son travail, lesdits documents y gardaient un lien : beaucoup de rapports sur les derniers évènements qui avaient parcouru la ville, les nouveautés, les dernières décisions sur le rapport qu’entretenait la Guilde avec la Congrégation de Joshi. Histoire de voir la situation d’un œil plus objectif, analyser ce qu’elle avait fait, ce que ses collègues avaient fait aussi, pour trouver comment garder une harmonie d’ensemble.

L’harmonie, encore une sorte d’équilibre. Un équilibre de l’esprit, celle qu’il cherche entre ses divagations, son passé et ses espérances. Un équilibre compliqué à trouver pour la plupart des gens lambda, car il faut savoir prendre le temps de se poser et de regarder sa vie. Tout le monde n’avait pas autant de temps, mais Nosco leur offrait cette chance. Pouvoir faire une rétrospective sur eux-mêmes. Avoir la chance de voir qui ils étaient, hors-contexte. Avec autant de temps qu’ils en jugeaient nécessaire. Tout cela, c’était grâce à l’Impératrice. Elle leur offrait la protection contre les créatures, la paix et le calme. Que rêver de mieux ?

La femme au teint mat entra dans la salle dédiée au repos. Elle prit la liberté de s’asseoir sur un des meilleurs fauteuils, puisque la pièce n’était pleine que de sa propre présence, ce que certaines personnes nomment à tort vide. Posant son bras sur un des accoudoirs, elle lut quelques lignes en diagonale pour voir de quoi parlait le papier. Rien d’affolant, elle tourna rapidement la page et reprit le même examen. Aucun bruit ne troublait sa concentration, même pas les bruits de pas discrets qui s’étoufferaient dans le hall…

Certes, Joséphine de Nosco interdisait la quête de son passé, certes, elle donnait l’ordre de cacher énormément de choses aux divers habitants, mais c’était nécessaire. Il fallait bâtir une société stable pour arriver à combattre les immondes créatures. Après, ils pourraient trouver une solution pour ceux, quels fous, désirants partir. Pour le moment, il restait inutile d’y penser.
avatar
Maëva Romael
~ Haut Conseiller ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haute conseillère, rôle diplomatique
Âge réel : 103
Âge d'apparence : 25 à peu de chose près

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale:
Niveau de Compétence:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Au fil du temps [ Howard ]

Message par Howard A. Heavs le Mer 20 Avr - 23:08

Un seul mot suffisait il à décrire ce qu'il offrait à la vue, un seul mot pouvait il décrire le spectacle désolant qui s'étendait sous ses yeux, vision apocalyptique sans nom... malgré les mots qui lui venait pour la décrire, porter cette vision et l'ancrée, il n'y avait pas le moindre nom capable de s'y accorder...

Bleu, en mille tons différents, de l'eau sombre, couleur de nuit opaque qui absorbait le soleil comme une créature affamée, l'engloutissait dans les tréfonds sombres, parmi les haubans éphémères, au milieu de l'eau plus glacée que la mort elle même, dont les griffes se saisissait des corps tombant en elle pour les conserver à tout jamais... bleu de la glace dense et dur comme un métal qui recouvrait le monstre liquide comme une prison, l'enfermant sous son corps ample et lourd, glace ancienne ne fondant jamais et qui pourtant tendait à se renouveler... bleu gris du ciel couvert de nuages cotonneux, obstruant le soleil et faisant filtrer une lumière étrangement argentée qui faisait scintiller la glace en dessous comme un grand miroir, nuages d'où s'échappait de doux flocons délicats, tels des larmes sculptées dans quelque gemme rare et fabuleuse... Bleu des arbres également, des arbres couvert d'un gel venu du fond des âges et qui s'était mêlé aux bois pour ne former plus qu'un avec lui, créant de gigantesques œuvres d'art naturelles luisantes dans la lumière qui s'infiltrait par à-coup...

Des teintes de bleu inconcevables, des teintes de bleu qui n'aurait pas dû être tout autant qu'un paysage qu'il était impossible de contempler, cauchemardesque dans son calme, dans sa vie figée car c'était bien là ce dont il s'agissait, de toutes évidences et tout le démontrait, tout le chuchotait silencieusement, dans les formes sculptées, aériennes mais torturées, dans les hautes ramures cristallines qui oscillaient sous le vent et dans la lumière fantomatique émanant des grandes perles translucides, irisées de ton roses, ors et mauves comme des nuages ciselés et mouvant... Au premier abord il ne s'agissait nullement d'un paysage malsain, il l'aurait même volontiers rangé comme une vision agréable, un paysage de rêve étrange et féerique et pourtant, pourtant il y avait l'esprit, les sentiment qui s'en dégageait comme un parfum dérangeant au possible... le froid était, avant tout le reste, terrible, présent et absent tout à la fois, ne se montrant à découvert que lorsque le mouvement cessait et que l'immobilité s'emparait de lui, alors les doigts incisif se laçait sur sa peau désormais pâle et frissonnante, une caresse qu'il avait bien du mal à apprécier malgré l'intimité qu'elle pouvait avoir... et l'immobilisme de l'air ambiant n'arrangeait en rien les choses, le temps lui même semblant avoir fuit les lieux... Ses pas résonnaient sur le cristal de glace qui servait de terre même, chaque mouvement, chaque apposition de ses pieds provoquant un 'pok' sourd, résonnant comme dans une grande salle vide, l'écho mourant petit à petit, s'effilochant sans force... Sa respiration même faisait naitre un son étrange et lointain, lourd...

Une angoisse monstrueuse l'envahissait tandis qu'il observait les alentours, une envie de fuir et de se cacher, virulente, le saisissait à chaque mouvement, projetant des ondes le long de son dos... il avait horreur de l'admettre mais il tremblait, de tout ses membres... Plus les minutes passaient plus il se sentait oppressé, puis au détour d'un arbre il eu un mouvement vif de recul, retenant à grand peine le cri qui lui venait avant de sourire, rassuré... une source, à l'eau brillante, blanche et irradiant comme les globes tout autour de lui... une source dans lequel son reflet apparaissait à demi, son visage déformé par les vaguelettes de l'eau et au centre, deux blocs de glaces à la brillance étrange, inhumaine et qui n'était pas touchés par l'ondulation de la surface liquide, le vrillant avec une violence redoutable...


Il bondit, plus par réflexe que par volonté consciente, bondit en avant, se relevant à demi hors de son fauteuil et faisant glisser les disques de ses genoux. Puis se figea un instant avant de pousser un long soupir à fendre l'âme en se laissant retomber devant son bureau personnel, passant une main sur son visage pour repousser ses cheveux et dissimuler le bâillement qu'il sentait monter, croisant ses longues jambes... Il s'était de nouveau endormit en plein travail, comme d'habitude il avait voulu en faire trop d'un seul coup et n'avait que peu dormis en trois jours et il en payait les conséquences par ce petit somme inopiné et fort malvenu.

Mais plus malvenu encore le rêve, ou devrait il l'appeler cauchemar, qu'il avait fait et qui dansait encore à demi devant ses yeux, le souvenir de son propre regard le clouant sur place aussi vivace qu'une blessure fraiche d'une lame aiguisée. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas eu droit à un songe de ce genre là, aussi vivant, aussi réel, et pourtant ils ne lui avaient nullement manqué jusque là bien au contraire... mais en même temps il fallait avouer qu'il n'avait pas autant tiré sur la corde depuis un long moment tant le travail avait été simple. Simplifié par de nombreux facteurs il était vrai mais cela tenait plus du détail que d'autres choses... ce relâchement avait permis au Juge de se consacrer à d'autres activités, la remise en ordre de la montagne de dossier qui trainer chez lui par exemple, le renouvellement des surveillances spéciales ou encore... son projet, car oui il avait un projet des plus ambitieux et il comptait bien se donner les moyens de le réussir sur toutes la ligne. La mise au parfum de Micky n'avait été que le début de la chaine, le premier maillon, le second était tout autre mais également tout aussi important... les informations, celles qui lui manquaient, celles qu'ils pourraient utiliser pour faire avancer son petit monde ou même en cas de besoin assurer la pérennité de ses aides... et des informations su la Congrégation il n'y avait pas cinquante personnes qui en possédaient que lui même ne connaissait pas.
Car oui c'était bien sur la Congrégation qu'il devait présentement se renseigner même si cela l'horripilait au plus au point... premièrement parce que la Congrégation était et serait à tout jamais sa bête noire, pour les multiples raisons qu'il pouvait trouver à cet état de fait, à commencer par son appartenance au Haut conseille de la guilde et à l'attitude d'un certain haut prêtre à leur encontre mais également en raison de cette infernale habitude qu'ils avaient de se croire intouchables en raison de leur main mise sur les ondes alphas... main mise hein ? On verrait bien après son passage si il en était toujours de même ! La Congrégation... à croire qu'ils n'avaient vraiment rien d'autre à faire de leur temps qu'à contester leur manières de faire, à les traiter comme des brutes écervelées tout juste bonne à porter le chapeau pour tout et n'importe quoi... mais il s'égarait dans les travers d'une haine aveugle, il valait mieux cesser de ce mettre la rate en bouillon pour si peu et se concentrer sur ce qui était véritablement important... à savoir la récolte d'informations, ce qui amenait à la seconde raison pour laquelle il détestait devoir faire un geste comme celui présentement nécessaire, à savoir faire appel à un tiers non membre de son petit réseau pour des informations qu'il ne trouverait nulle part ailleurs, des informations que seuls ceux traitant avec l'autre groupe pouvaient détenir et dans ce cas qui de mieux qu'elle ? Encore fallait il savoir où elle se trouvait et si elle accepterait de lui donner ce qu'il désirait...

Il sourit à cette pensée et s'étira avant de se relever, remettant de l'ordre dans son plan de travail qui avait l'air d'avoir subit l'apparition d'une tempête, déposant les piles de disques, de clefs usb et de documents encore sur papiers, ponctuant chaque tas d'un son peu engageant. Il fallait l'admettre, même en manque d'énergie, même en se préparant à mettre en place une nouvelle phase de ce qu'il avait prévu la tentation de se remettre au travail et d'abattre les piles était forte, très forte... Sa compulsion maladive pointait le bout de son vilain nez, lui lançant un long regard de reproche tandis qu'il quittait la pièce pour se refaire une tenue. Apparaître hors de chez lui avec l'air de sortir du lit ? Plutôt mourir dans les pires tortures ! Il avait une image à respectée et après tout sa charmante collègue ne daignerait probablement pas lui adresser la parole si il ressemblait à... rien... déjà qu'en temps normal il n'aurait pas forcément parié sur sa bonne volonté... Les individus tendaient toujours à l'observer avec circonspection dès qu'il se présentait devant eux, se demandant très certainement ce qui leur valait sa déplaisante visite et, pour la majorité, ce qu'ils avaient bien pu faire de mal dans leur existence... Il ne pouvait que leur donner raison bien entendu, en général il ne se déplaçait pas pour autre chose que pour des condamnations et c'était un fait.. connu.

Présentable et hors de son antre il se mit en demeure de rechercher la présente location de sa digne collègue, débutant tout naturellement par son lieu de travail où on le redirigea vers la salle de repos... Il y dirigea ses pas rapidement, ne perdant pas la moindre seconde à saluer ceux qu'il croisait, leur décochant à peine un regard plein d'ironie avant de rependre sa route, descendant quatre à quatre les marches puis ralentissant en vue de l'entrée de la salle. Il y entra posément et s'installa sans un mot face à la femme drapée de blanc en l'observant de pied en cap de son habituel regard inquisiteur, détaillant la silhouette avec autant de sérieux qu'il l'aurait fait d'un criminel à défaut que son regard brillait d'amusement et non de mépris comme cela pouvait être le cas avec ces résidus de honte qui portait l'étiquette de traitre à la guilde... S'installant confortablement il attendit un moment avant de sourire et de lâcher dans le silence paisible de la salle autrement vide...

« Miss Romael, on prend un peu de temps pour soit entre deux batailles avec nos cher amis prieurs ? Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? »

Ton badin, expression agréable sans être moqueuse, et Joshi seul savait à quel point il lui était difficile d'en arriver là et combien nécessaire il le sentait, ça n'était pas le moment ni de faire preuve de verve ni d'insolence, surtout quand il venait gentiment quémander quelque chose qu'il n'était pas sensé posséder à des fin qu'il valait mieux ignorer et tout cela sans le moindre écart de conscience ni même la plus petite grimace. Il croisa les mains et posa le menton dessus en décochant à la femme un regard amusé, observant les papiers qu'elle tenait en main avec un haussement de sourcil interrogateur, était elle également à ranger parmi les acharnés du travail ou était ce simplement une occasion spéciale ? Fallait il viser directement vers le coeur du problème ou valait il mieux attendre un peu et perdre quelques minutes en parlottes de politesses, bah si il fallait y sacrifier pour avoir plus de chances d'obtenir ce qu'il désirait il n'y avait nullement à hésiter... Oui mais voilà, il n'avait que peu de temps à consacrer aux frivolités, du moins dans l'immédiat, cela pouvait toujours changer par la suite mais seul le temps le dirait... alors plutôt que de se perdre en vaines paroles il n'y avait qu'à ménager la chèvre et le choux... autrement dit...

« Pas mal de travail ces derniers temps non ? Avec tout ce qui est arrivé... j'imagine que les relations avec la Congrégation ne sont pas au beau fixe... »

Pas au beau fixe c'était le moins que l'on puisse dire bien entendu... pas du tout au beau fixe même, loin de là, pas vraiment l'idéal pour ce qu'il désirait mais enfin ça n'avait que peu d'importance, au final il pourrait tout de même parvenir à ce qu'il désirait pourvu qu'il joue correctement. Il se demandait même à demi ce qu'en dirait Maeva si elle était mise au courant, serait elle furieuse ou au contraire connivente ? C'était jouer beaucoup pour gagner fort peu, somme toute, mais l'idée était attrayante, comme distraction...
avatar
Howard A. Heavs
~ Haut Conseiller ~
~ Commandor ~
Section Judiciaire


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haut conseiller, commandor de la brigade judiciaire
Âge réel : 130 ans
Âge d'apparence : 26 ans

Compétences
Mémoire:
0/10000  (0/10000)
Compétence principale: Monde de Nosco
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Au fil du temps [ Howard ]

Message par Maëva Romael le Jeu 21 Avr - 0:43

La jeune femme cachée derrière son voile lisait les rapports, mimant un intérêt presque crédible. En réalité, elle était aussi venu ici pour avoir le temps et le droit de laisser ses pensées divaguer dans divers coins de sa mémoire et de ses réflexions aussi diverses que variées. Sortir de son bureau lui faisait du bien de temps en temps, personne n’était là pour lui poser des questions, pour lui demander son avis sur ce qu’elle lisait… Une vraie pause travaillée, en somme. Un concept que peu de gens ont la chance, ou la malchance, de connaître.
Maëva lisait donc en diagonale, feignant plus ou moins un intérêt certain, quand un intrus entra lui aussi dans la salle. La brune leva les yeux, un instant, Howard, et retourna à sa lecture. Les affaires étaient mauvaises en ce moment, voir très mauvaises en réalité. Pas que la relation avec la congrégation puisse être parfaitement huilée, mais là, la situation était assez critique, entre les bévues diverses et les tensions naissantes ou déjà bien enracinées. La haute conseillère ne prit pas plus le temps de se soucier de la présence d’un de ses collègues. Elle ne l’appréciait ni le détestait, et de toute manière, elle n’avait pas à commenter sa venue en salle de repos, à lui reprocher de ne pas assez travailler, puisqu’elle était là aussi. D’autant plus que le conseiller Heavs n’était pas réputé pour être un fainéant, bien au contraire.

Ce qu’elle aurait pu lui reprocher par contre, c’est qu’il commença à discuter avec elle. Sans énervement, elle releva une seconde fois la tête pour regarder le visage de son interlocuteur. Toujours cette apparence aussi impeccable, aucun cheveu ne dépassait de la coiffure, cette peau mate était juste lisse, aucun pli ne se cachait sur un recoin de tissu de ses vêtements, presque insupportable. Cependant, sa discussion laissait pour le moment à désirer. Il avait sorti une de ces banalités… N’avait-il pas appris à ne pas lui parler que de futilité, à force de la côtoyer et de la croiser quasiment tous les jours dans l’espace confiné du capitole ? Ce n’était pourtant pas difficile à deviner, n’importe quel idiot lui ayant déjà entamé une conversation avec elle, ou même essayé, savait qu’elle ne parlait jamais pour ne rien dire. La parole est précieuse, il faut l’utiliser avec parcimonie, pour qu’elle prenne encore plus de valeur. Adoncques, Maëva ne répondit à la question que par un sourire extrêmement ironique, qui aurait pu être traduit par « vous connaissez aussi bien que moi les tensions entre la Guilde et la Congrégation, c’est pourquoi je ne prends pas la peine de répondre à une question aussi banale que stupide, surtout pour le moment tout ce que vous m’inspirez c’est une antipathie profonde, d’autant plus que je ne suis pas là pour qu’on m’embête, c’est une salle de repos quoi, et que vous savez très bien que je n’aime pas que l’on me dérange pour ce genre de babillage ». Mais quand même, un sourire, c’était plus court.
Sans prendre le temps de retourner la question à son cher collège, elle se replongea dans son étude. Sur trois pages s’étendaient des colonnes de chiffres, des statistiques à faire peur à un humain lambda, et qui se faisaient encore plus effrayant quand on comprenait qu’en réalité il fallait donner un sens exact à tout cela. Un travail très amusant, en soi, celui-ci demandant une grande concentration ainsi que la mise à disposition de toute la logique de l’individu qui osait avoir la hardiesse d’essayer. En trois mots, Maëva sauta lesdites pages ; la venue de l’intrus l’avait légèrement agacé. Elle préférait éviter de faire des erreurs, et reprendrait tout ce bazar à tête reposée.

Malgré un sourire plus qu’explicite, le haut conseiller ne s’arrêta pas à une seule réplique ennuyeuse. Il continua sur sa lancée faussement aimable, vraiment barbante. D’autant plus qu’il répondait de lui-même à la question précédemment posée. La jeune femme hésita un instant à lui lancer une réplique acerbe « Si vous connaissez déjà la réponse à vos questions, allez discuter vous-même ailleurs », mais ce genre de conduite n’était pas digne d’une diplomate et ne permettrait certainement pas que ce cher Heavs la laisse tranquille. S’il lui parlait, en tentant maladroitement de paraître agréable, ce qui était largement raté, disons-le, c’est bien que l’homme avait une idée derrière la tête. Il voulait quelque chose de précis de Maëva, dont elle ignorait encore la nature, mais cette ignorance ne durerait pas longtemps. D’un ton dégagé, la haute conseillère répliqua donc :


Voulez-vous autre chose que savoir si ma quantité de travail n’atteint pas des proportions énormes ? Si c’est le cas, je vous remercierais d’arrêter de tourner autour du pot, car effectivement, je ne manque pas de besognes à faire.

Le tout assaisonné d’un joli petit sourire, charmant, un peu de sel, peut-être ? Bon, certes, la diplomatie n’était pas vraiment respectée… Mais au moins n’était-ce que la vérité de la situation. L’air passa dans ses poumons, doucement. Le surmenage devait la guetter du coin de l’œil, le corps et l’esprit à bout, pour qu’elle se laisse aller à un énervement pareil. Une de ses mains passa sur son visage pour le vivifier et déblayer toutes les traces de fatigue. Relevant les yeux vers Howard, son esprit apaisé laissa le temps au conseiller de lui expliquer ce qu’il lui voulait, dans le calme. Rien ne servait de s’affoler, au pire, elle devrait attendre encore quelques jours pour avoir le droit à un peu de repos. Ce genre d’évènement n’avait pas d’importance, il fallait vraiment qu’elle se détende. Peut-être sortir un peu du Capitole ? Pourtant, une sortie avait déjà était faite il y a peu de temps, parmi les fleurs de la cour intérieur. Qui s’était soldée par une rencontre… Etrange, ce devait être le meilleur mot. En réalité, elle se laissait aller, le problème était là. Elle devait absolument se reprendre en main et se remettre au travail correctement, malgré la somme de travail, qui s’entassait telle une pile de papier en désordre sur son bureau. Ce qui était le cas, d’ailleurs.
avatar
Maëva Romael
~ Haut Conseiller ~


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haute conseillère, rôle diplomatique
Âge réel : 103
Âge d'apparence : 25 à peu de chose près

Compétences
Mémoire:
10000/10000  (10000/10000)
Compétence principale:
Niveau de Compétence:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Au fil du temps [ Howard ]

Message par Howard A. Heavs le Sam 7 Mai - 22:01

Rire, rire, sourire, rictus et ricanement... ah oui oui, c'était bien ça, c'était très bien même ! Il se fendit, comme à son habitude en pareil situation, d'un gigantesque sourire qui se serait volontiers poursuivit d'une oreille à l'autre si cela avait été physiquement possible. Peut-être par chance, ça ne l'était pas. Mais ça ne l'empêchait nullement de continuer d'opposer son sourire à celui de la Haute conseillère... et il n'était pas moins ironique que celui de cette femme à son encontre, lui répondant d'une franche plaisanterie à ce qu'il sentait sous entendre... «  Merci de me le rappeler mais je dois avouer que j'ai une folle envie de poursuivre, vous mettre en rage après avoir reçu une précision pareil me ressemble bien... ». Bon d'accord, ça ne servait pas ses intérêt, mais alors pas du tout, il s'en était fait la remarque moins de dix minutes auparavant... mais moins de dix minutes auparavant Maeva Romael n'avait pas fait exactement ce qu'il fallait pour lui donner envie de devenir insupportable au possible comme lui seul pouvait en avoir le secret... c'était bête, stupide, enfantin peut-être mais c'était son point faible, il ne pouvait résister à ce que ce genre de comportement lui inspirait.

Autant il pouvait passer des mois comme un gentleman des plus respectables autant il lui arrivait de sombrer totalement dans ses mauvais penchant... comme de faire exactement ce qu'il fallait pour être détesté. Pourtant, raisonnablement parlant, il devait vraiment se restreindre, surtout si il tenait à ce que cette chère petite miss lui donne ce dont il avait présentement besoin, vital à ses plans... Alors que faire ? Jouer ou pas ? Parce qu'elle était gentille la petite dame mais elle semblait oublier certaines choses, dans ce joli petit tableau... comme le fait qu'il n'était pas moins imprévisible que certain produit explosif... ou encore le fait qu'il était sensé, sensé vraiment !, savoir tout sur tout... ou presque ? Bon à vrais dire c'était la vérité théorique, parce qu'en pratique il y avait les informations valant la peine et celles qui ne la valait pas le moins du monde.
Et le fait est que Maeva... faisait partie de la seconde catégorie, toute haute conseillère, femme intelligente et capable et proche du pouvoir qu'elle était, ou peut-être justement en raison de sa place et de son statu... elle lui était totalement insignifiante, du moins sur un plan purement pratique. Il aimait les êtres à l'esprit vif et cette jolie petite caille l'avait impressionné, par le passé, assez du moins pour qu'il décide de la ranger dans la catégorie des êtres amusants... pas assez en revanche pour entrer dans celle des êtres qu'il respectait, seule catégorie où les individus pouvaient dormir sur leurs deux oreilles sans avoir à craindre un couteau dans le dos au détour d'un couloir... elle était forte mais elle ne l'amusait pas en elle même hors si il y avait bien quelque chose qu'il aimait c'était s'amuser des autres et son poste lui fournissait bien des occasions de le faire.
Mais pourquoi donc aurait il retenu quoi que ce soit à propos d'elle alors qu'il n'avait pas la moindre raison de le faire ! Parce qu'elle était haute conseillère ? Ah mais au contraire, ainsi elle pouvait lui rappeler ce qu'il devait savoir à son propos sans qu'il perde son temps à le retenir par coeur ! Et puis il fallait bien admettre qu'il ne la voyait presque pas, la jeune femme, avec ses tendances d'ermite épris de son travail il passait les trois quarts de son temps enfermé devant son écrant et n'allait très certainement pas voir une femme dont le travail consistait à brosser le poile de la Congrégation entre autre chose lorsqu'il plaidait fermement pour n'avoir aucun contact avec ces prieurs du dimanche qu'il n'accepterait jamais dans son espace vital même si ils étaient transformés en œuvres d'art... Non, en tout état de cause c'était là rêver en couleur et se méprendre totalement sur sa personne, tout comme n'importe qui se méprenait en pensant le faire fuir avec quelques mots secs et bien placés, il en entendait suffisamment au quotidien pour ne pas sourciller. En revanche il fallait avouer que les conversations badines ça n'était pas du tout sa tasse de thé, comme le prouvait la situation présente...

Il se prit à rire légèrement, dissimulant à demi ses lèvres sur lesquelles s'étalaient le sourire le plus large qu'il ai eu depuis pas mal de temps, les paroles de Maeva étaient tout simplement... succulentes. Parfaitement succulentes, juste ce qu'il fallait où il fallait, oui mais voilà il n'avait pas du tout l'intention de répondre aussi facilement, pour plusieurs raisons et celle de la discrétion non la moindre. Si il se mettait en tête de l'interroger alors qu'une attention quelconque était fixé sur lui ça n'allait vraiment pas et il n'incluait point la conseillère dans le lot.... quand au reste et bien, en termes simples Mavea était très bonne dans ce qu'elle faisait mais elle lui tendait la perche. C'était presque une torture que d'imaginer devoir simplement revenir au sujet principal sans même un petit détour comme il les aimait même si, pour son interlocutrice, cela risquait d'être encore plus agaçant ou pitoyable ou que savait il réellement, il n'y accordait pas la moindre importance après tout. Il se reprit et lui coula un sourire velouté et matois...

«  Oh voyons Miss Romael que voilà des manières pour une si grande dame ! À croire que vous voulez vraiment me faire fuir ? Mais je suis étonné, je m'étais imaginé que vous accordiez plus de crédit à votre travail ma chère, «  tourner autour du pot » ah ! J'en donnerais, au moins, un vase ou une vasque pour ce que vous vous tuez à accomplir ! Quand à ce que je désir et bien... il s'agit là d'une bien vague question, pardonnez m'en... je pourrais tout aussi bien répondre que je suis venu là parce que je vous cherchais, sur les instances de vos collaborateurs dévoués, que je me proposais de vous tirer de ce fauteuil de la manière la plus galante du monde pour vous inviter à un diner aux chandelles à la suite duquel je vous aurez proposé une valse ou deux et après vous avoir conduit à part je vous aurez demander votre main. Oui Joshi seul sait combien j'aime les histoires mais celle là je l'invente de toute pièce séant bien que l'idée d'un diner en votre compagnie de me soit si désagréable... Vous êtes débordée ? Ça tombe bien, nous somme deux et je pari que nous avons certaines affaires en communs. »

Il eu un mouvement sec et se passa une main dans les cheveux en reprenant son souffle après la tirade, redevenu un peu plus sérieux à chaque mot bien qu'il conserva en permanence un petit sourire entendu, ses yeux bleus ne quittant pas son vis à vis une seule seconde. Il fini par se lever pour venir s'adossa à l'accoudoir de la Diplomate, se penchant pour parler plus bas...

«  Vous avez des informations sur la congrégation que personne d'autre ne possède, il me les faut, question de sécurité. »

La dernière phrase tomba comme un couperet, presque plus tranchante qu'il ne l'aurait voulu en temps normal mais après tout il s'agissait là d'une affaire autrement plus délicate que la surveillance des Noscoiens suspect, il n'était pas sensé avoir accès à ces informations précisément parce qu'il était tout à fait en mesure de les utiliser à mauvais escient mais ça Maeva en savait déjà assez long, ça n'était pas une affaire privée et pourtant... pourtant ils les lui fallait à n'importe quel prix. Abandonner n'était pas une option, pas à présent et il était trop déterminé pour laisser les choses lui échapper d'une manière ou d'une autre... il les aurait même si il devait faire le pied de grue devant les appartement de Maeva pour le reste du mois et de l'année, rien ne serait de trop pour les avoir... et si il devait un peu déformer la vérité pour la convaincre alors il le ferait, ça ne serait certainement pas la première fois qu'il jouerait sur les mots avec ses pairs et certainement pas la dernière non plus il fallait l'avouer. Sa fatigue précédente n'était plus qu'un mauvais souvenir, ombre grisonnante à l'horizon de la concentration et la tension intérieur qu'il le maintenait éveillé à présent...

Elle semblait lasse elle aussi, il le remarqua presque comme il aurait remarquer la forme spéciale d'un nuage, lasse et fatiguée, trop de travail oui, exactement comme lui, bien trop de travail et d'acharnement et tout ça à cause de la Congrégation, satanée Congrégation de malheur... Elle n'avait pas la moindre raison d'être, pas la moindre utilité si ce n'était de mobiliser des forces qui auraient autrement servie ailleurs, là où était la véritablement menace... Il plia et déplia les doigts de sa main gauche, chassant l'envie qu'il avait d'étrangler certaines personnes et darda son regard sur la conseillère avec un peu plus de gentillesse, la Congrégation n'existerait bientôt plus et il y aurait certainement à parier que Maeva trouverait une nouvelle occupation. Mais entre temps...


[HRP : *s'incline* Sorry pour le retard et pour le post, j'ai du mal à reprendre T_T /HRP]
avatar
Howard A. Heavs
~ Haut Conseiller ~
~ Commandor ~
Section Judiciaire


Camp : Guilde Impériale
Profession : Haut conseiller, commandor de la brigade judiciaire
Âge réel : 130 ans
Âge d'apparence : 26 ans

Compétences
Mémoire:
0/10000  (0/10000)
Compétence principale: Monde de Nosco
Niveau de Compétence: Maître

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Au fil du temps [ Howard ]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum