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Message par Silvio Anthelmios le Mer 3 Nov - 15:50

Rappel du premier message :

Faisons clair et concis.
Le NaNoWriMo, c'est 50 000 mots à écrire avant le 30 novembre.
Florins à la clef. Beaucoup de florins. Participation à envoyer par mail à Judikhael Wienfield.
Règles ici.

Pour le moment, participent Silvio, Shane, Elyan, Lian, Kathleen et notre bien-aimée Majesté.

...Qui d'autre ? :')


Dernière édition par Silvio Anthelmios le Jeu 4 Nov - 14:51, édité 2 fois
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Sam 13 Nov - 12:11

J'aime :'D
C'est papillonesque, c'est dingue, j'aime !
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Re: NaNoWriMo

Message par Kath le Sam 13 Nov - 13:37


    Tous aussi tordus les uns que les autres... j'adore Razz On en apprend beaucoup sur la vraie nature des papillons x'D

    Toute ton introduction philosophique, Lian, est très riche et très intéressante à lire. J'ai hâte de voir comment va se passer le retour à la vie réelle de la Lian de ton histoire (identique à celle de Nosco d'ailleurs). ^^

    Et Shane, ton extrait laisse trop de suspens T_T on veut savoir pour le mystérieux prêtre !

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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Sam 13 Nov - 16:14

Moi je dis qu'entre Elyan et Shane, il y a beaucoup d'histoire de coeur qui finissent mal...

En tout cas Elyan, ton historie donne envie de s'exiler en Suède pour voir moins de papillons XD (juste au cas où ton historie serait vraie...)

Merci Kath! \o/

Je sais pas comment et où tu as trouvé le courage de lire mes délires...

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Sam 13 Nov - 19:47

    Un extrait du Chapitre 3. Avec l'introduction forcée par Lian (xD Balance), d'un lapin dans notre Dame de Paris !

    Dans un coin de la cathédrale, un lapin était entré. Il était entré, mais personne ne savait vraiment pourquoi. Avec la pollution actuelle de la grande capitale de France, il y avait que très peu d’animaux qui trainent les rues. Hors mis des rats et des chats de gouttière pour les manger. On trouvait aussi des animaux domestiques, mais un lapin, à Paris… Se serait déjà fait écrasé dans la rue avant d’arriver là…Néanmoins, c’était pourtant bien le cas. Il était noir, mais portait quelques tâches bien blanches sur sa fourrure : sa tête, quelques tâches sur ses oreilles, et ses pates avant. Il était là dans son coin, seul et abandonné. Ses moustaches remuaient comme pour retrouver son chemin ou quelque chose à manger. On pouvait aussi percevoir un certain tremblement : peur ou froid ? La peur peut-être. Il était seul. Il était certain qu’il n’était pas venu ici sans aide. Le froid peut-être. La cathédrale n’était pas d’une toute première chaleur. Depuis le chœur, Muse entendit la voix d’un petit garçon qui appelait :

    -Shane, mais où es-tu ?

    Le prêtre ouvrit les yeux et cessa sa prière, pour le moment. Ne lui avait-on pas appris à venir en aide à son prochain lors de ces longues heures d’apprentissage de la foi chrétienne ? Le prête marcha donc vers ce coin et ramassa l’animal. Comment avait-il su que le lapin était là, ou encore comment avait-il su que c’était lui, Shane ? Ca encore, c’était à classer par mis les choses inclassables et étranges autour de ce prêtre. Tout contre lui, il caressa son pelage, tâchant de calmer. Le cœur du lapin battait si fort, mais aux caresses de l’ecclésiaste, il se calma. Muse sourit, ses yeux d’un bleu pénétrant cherchèrent le petit garçon. Il marcha vers la nef, comme s’il était certain que c’était ici qu’était le propriétaire du petit animal. En effet, entre les bancs de bois, un jeune de 7 ans tout au plus, une tignasse noire sur la tête et des yeux bleus. Muse fut surpris, c’était lui enfant, lui-même. Exactement son semblable. Il devait être présent ici parce que ses parents l’avait forcé d’aller à la messe, mais pour ce garçon, comme pour Muse, le lapin avait compté d’avantage que toutes ces prières. Il lui rendit son lapin. Muse pouvait quitter les Ordres de l’Eglise, la relève était assurée. Pauvre âme, puisse-t-elle elle aussi trouver sa voie. S’il le fallait, Muse lui tendrait la main.

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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Sam 13 Nov - 19:55

Un texte qui donne envie d'aller à la messe, Shane x')
Bon, le mien est pas du grand art.
Après une longue ellipse, on retrouve Geo, toujours malade, dans un désert de cendre. Il voit un temple, et s'allonge sur l'autel.

Spoiler:
Aussitôt les menottes se refermèrent autour de ses poignets et chevilles. Pas la peine de crier. Il se contenta de se débattre, avant de re-poser sa tête sur le socle. Alors il les senti se lover sur lui, leurs longs corps reptiliens glissant avec lenteur et sensualité. Il avait peur. C'étaient eux, les assassins. C'étaient eux qui allaient le tuer à son tour. Qu'avaient-ils fait aux serpents ?
"- Ca ne ressemble pas à une maladie.
- Ca ne correspond pas à la définition !"
Leurs grands chapeaux ovales sur leurs têtes, vêtus de rouge eux aussi. Leurs mains étaient cachés derrière leurs manches. Des nez longs, pointus, de grands mentons. Certains avaient de petites lunettes rondes posées sur le bout de leurs nez. Leurs visages étaient parfois creusés, parfois ridés. Ils étaient une dizaine, vingtaine, penchés sur Geo.
"- En même temps, comment appeler cela ?
- C'est comme une infirmité, c'est permanent. Comme un borgne, vous voyez ?
- C'est étrange, je ne l'aurais pas dit comme cela.
- Voulez-vous messieurs qu'on ouvre son ventre ? Je suis sûr que nous y trouverions des choses intéressantes !"
Geo ouvrit de grands yeux, mais avant qu'il puisse crier, un serpent le bâillonnait. Impossible de le mordre, sa mâchoire était coincée.
Avec horreur, il vit les hommes en rouge se pencher sur son ventre et, sans prendre la peine de retirer ses habits, le lui ouvrir d'un long coup de dague, avant d'écarter la peau pour voir à l'intérieur. La douleur le força à fermer les yeux. Malgré le serpent, il cria. Mais cela n'alertait personne.
"- Oh, jolly système digestif ! Voyez-vous également ce coeur, comme il bat ?
- Très joli organisme. Vérifiez un peu l'élasticité des intestins ?"
On mit les mains dans son ventre, et on tira, lui arrachant un nouveau cri, et des larmes de souffrance.
"- Excellente ! Rarement vu un organisme pareil, vraiment ! Une perle !
- Comment se peut-il qu'il ne soit pas en bonne santé ?"
Geo hurla, plus fort encore, et là le serpent ne put étouffer son cri.
"- Voyez ! Même les serpents trouvent qu'il fait bon vivre dans ce corps !
- Laissez-le s'installer, voyez comme il est heureux !"
Geo hurlait, hurlait ! Il allait se faire mordre ! Comme Meccaya, il aurait les lèvres bleues !
Il sentit les crocs se planter dans ses poumons et dans son coeur, faisant gicler le sang…
Il hurla…


Althatia le secoua.
"- Geo, Geo !"
Ce dernier se réveilla en sursaut.
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Sam 13 Nov - 20:27

Oo Silvio, extrait très... cauchemardesque en tout cas!

Et bonne idée Shane, j'emmènerais ma lapin à Notre dame la prochaine fois! Tu sais que j'ai une laisse pour elle? Quand je pars en vacances avec elle et qu'on a pas de jardin fermés je peux quand même la balader sur l'herbe sans craindre qu'elle aille dans les robes d'un prêtre (ou sous les roues d'une voiture).
Extrait très mignon en tout cas!

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mar 16 Nov - 15:33

    C'est clair qu'il est glauque Silvio ton extrait ! C'est gore ! J'espère que c'est pas un fantasme caché !

    Lian, pas bête, va falloir que je lui en prenne une aussi. Allez, troisième extrait. J'ai coupé des parties avec des [...] sinon c'était trop long. C'est la fin du chapitre 4.



    Spoiler:
    "Sur les bancs, le regard pénétrant de Muse se posa sur un homme, un homme bien particulier. Il avait des cheveux blonds autrefois si soignés, mais aujourd’hui en bataille. Son regard était vitreux, orienté vers le sol. Ses vêtements étaient salis, il ne les avait pas changé. Et pourtant, la dernière fois que Muse l’avait vu, il portait un si joli costume qui allait parfaitement avec la profession de celui-ci. C’était Simon. Muse sourit face à cette descente aux enfers. C’était enfin arrivé. Simon revenait parce qu’il avait besoin de lui, parce qu’il avait tout perdu. Muse le savait, il l’avait toujours su. Et lorsque Simon croisa le regard pénétrant de son prêtre inconnu, il comprit alors que Muse le savait déjà, qu’il l’avait toujours su. Il avait mis si longtemps à revenir vers lui. Un an, deux ans. Il n’en savait trop rien. Mais il n’oubliait pas ce jour et aujourd’hui, il avait remis les pieds dans cette Eglise, pour le trouver. Le retrouver. Qu’attendait-il exactement de Muse ? Rien, rien de bien défini en tout cas. Il était revenu ici parce qu’il ne savait pas où aller ailleurs. Il était revenu ici instinctivement. [...] Une voix, une seule, un chœur et tous ces priant unissaient leur parole. [...]Muse plongeait toujours son regard dans les yeux perdus de cet homme, se tenant droit, debout, comme un mat inébranlable. Et Simon ne le regardait pas autrement soudain que comme un point de repère, un point qui ne vacillait pas d’un cil. [...] Un amen résonnait jusqu’aux voûtes. C’était la fin de la messe. Certains allèrent se poster jusqu’au confessionnal, mais trop peu pour accorder un sourire au prêtre qui faisait la messe (qui n’était pas Muse). [...] Il prit le chrétien en confession. L’église se vida, mais Simon ne bougea pas. Il avait à nouveau baissé les yeux au sol et Muse les fixait sans bouger. Le silence retomba. On entendait simplement les chuchotements provenant du confessionnal. Sinon était assis au tout dernier rang, et le prêtre se décida de venir à lui. Il marcha au lieu, entre les rangées de bancs. Chaque de ses pas résonnaient jusqu’à la voûte, sonnant sa présence et son approche de plus en plus. Il avançait, droit en conquérant, il avançait, décidé et inébranlable, il avançait parce qu’il savait qu’il ne devait pas laisser cet homme à son triste sort, aujourd’hui, il devait l’aider, il devait être là pour lui, car il le savait, avant même que Simon ne lui en parle, quels étaient ses soucis, quels étaient les malheurs qui l’accablait. Il arriva près de lui et annonça de son accent espagnol. Simon l’avait presque oublié, cette consonance. Elle était presque rassurante.

    -J’avais cru comprendre que vous ne chercherez plus à me voir.
    -Je viens juste dans cette église, comment pouvez vous en conclure que je viens pour vous ?
    -Que feriez-vous d’autre dans une église, mon fils ? Vous n’avez pas prié, vous n’avez pas été vous confesser, et vous regardez vos chaussures, donc je doute qu’il s’agisse d’une visite touristique.
    -Vous êtes fort. Vous auriez du faire parti de la police.
    -Les seules lois que j’adore sont celles de Dieu.


    C’était presque faux. Presque vrai. Mais qu’importe. Muse vit alors Simon fondre en larmes, comme un enfant cherchant du réconfort auprès de son paternel.

    -Si vous saviez… J’ai tout perdu… Ma mère est morte, Olivia me trompe et est partie. J’ai été viré de mon travail… Je suis endetté jusqu’au cou !

    Muse posa une main sur l’épaule du si triste personnage. Le destin semblait c’être acharné sur l’ancien directeur d’agence. Le prêtre sentait comme un pincement au cœur. Il le savait. Il savait que tout ceci allait arriver. C’était presque écrit pour Muse.

    -Votre douleur est légitime. Venez vous confesser mon fils, je suis certain que nous y verrons plus clair.
    -Mais je ne suis pas chrétien, mon père.
    -Devrais-je vous fermer ma porte pour autant ?


    L’autre chrétien quitta le confessionnal et le prêtre qui avait fait la messe retira son aube blanche. Aube que le prêtre aux yeux bleus saisit et enfila à son tour. Il fallait parler à présent, parler de tout. C’était une grande page aujourd’hui, une douloureuse page, mais, Ô combien importante. "
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Mar 16 Nov - 18:29

Super comme extrait.... Très bien écrit et intéressant.
J'aime beaucoup et je crois que malheureusement tu vas m'inspirer pour le nano...

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mar 16 Nov - 19:37

    Je vais t'inspirer ? C'est à dire ?
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Mar 16 Nov - 20:55

Que j'irai certainement dans une église...

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mer 17 Nov - 14:49

    Mdr ! Mon but n'est pas de rendre les gens chrétien hein T-T MDR !
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Mer 17 Nov - 14:54

XD Trop tard... Razz
Non, mais t'inquiète pas, je passerais pas tous mes nano dans l'église hein...

Bref, tu verras demain je pense, je posterai enfin j'espère!

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mer 17 Nov - 19:13

    Ah oui en effet Lian ! Bon bah, bonne église dans ton nano alors xD

    Spoiler:
    Simon revenait, une nouvelle fois, comme un élève se rendant à l’école. Le travail était rude. Se regarder comme dans un miroir pouvait être difficile. C’était si douloureux aussi. Il avait l’impression de mettre à jour tous ses tords. Muse faisait ça si bien. Il pouvait enfin parler de lui, parler à cœur ouvert et avouer. Il savait que Muse était un prêtre, et même si Simon n’était pas chrétien, il savait encore que les prêtres devaient garder pour eux ce qui était dit dans un confessionnal. Il était devenu son ami, son allié. Car un ami ce n’est pas seulement celui qui partage son quotidien, c’est aussi la personne qui nous rend meilleur, qui nous dirige et qui donne son avis. Muse était parfaitement de ce cas là. Il lui mettait à jour toutes les erreurs de sa vie.

    -Et bien, mon fils, où nous en étions nous arrêtés ?
    -Je crois que nous parlions du combat que j’ai eu avec Olivia depuis notre début.
    -En effet. Y avez-vous songé ?
    -Oui, beaucoup.
    -Je vous sens préoccupé mon fils, à quoi pensez-vous ?
    -Des choses bien plus terre à terre, mon père. Les huissiers ne vont pas tarder à me saisir, j’ignore si je pourrais garder les meubles et ma maison bien longtemps.
    -Combien de temps encore ?
    -4 jours… Peut-être 5.
    -Vous serez déjà parti à cette heure.
    -Parti ? Mais où ?
    -Je vous ai dit que vous aviez un long chemin à parcourir. Nous ferons un pèlerinage jusqu’à Notre-dame de Paris.
    -Un pèlerinage ?
    -Oui, mon fils. Il serait bien qu’après avoir discuté de tous vos mots avec le prêtre vous preniez la route avec un ami de foi, afin de vous rendre un homme meilleur. Sauf si vous ne le voulez pas.
    -Si, je le veux, je n’ai plus rien qui me rattache ici. Mais, pourquoi Notre-dame de Paris ?
    -C’est un choix assez difficile, mais je pense que lorsque nous serons en chemin, nous pourrons en parler plus longuement, c’est un sujet passionnant vous verrez. Et puis, c’est là-bas que vous me retrouverez.
    -Que je vous retrouverai ? Vous voulez dire que vous ne viendrez pas avec moi ?
    -Bien sur que si mon fils, je serai toujours à vos côtés. Jusqu’à votre fin. Mais vous comprendrez plus tard ce que je veux vous dire. Ne soyez pas impatient mon fils. Tout viendra en temps et en heure.
    -Très bien mon père.

    Muse sourit. Et Simon, de son côté du grillage le voyait, ce sourire, ravi et silencieux.

    -Vous n’aimez pas, mon fils, que je garde ce secret pour le moment.
    -En effet. Mais je pense que vous êtes plus têtu que moi.
    -Ce n’est pas pour vous faire du mal, sachez le mon fils. Je veux vous apprendre que même le plus grand des dominants doit savoir garder patience.
    -En me rendant meilleur, vous voulez me soumettre.
    -La religion est une soumission à Dieu. Je veux que vous ayez la foi mon Fils, je veux vous apprendre à ne pas être le plus puissant, car il y a toujours au dessus de vous, l’esprit saint qui vous couronne.
    -Vous voulez que je devienne chrétien ?
    -Non, mon fils, ce n’est pas ma vocation. Néanmoins, j’aimerais que nous nous attardions sur un point de votre religion. Pourquoi n’avez-vous jamais cru en Dieu ?
    -Parce que mes parents ne m’ont jamais baptisés, je n’ai pas senti le besoin de suivre cette voie.
    -C’est faux mon fils. Vous savez pertinemment que l’ont peut se fait baptiser à tout âge, dans la religion chrétienne. Et vous n’avez jamais pourtant, tourné votre regard vers Dieu.
    -Je ne le voulais pas. Je le voyais trop…
    -Puissant ?
    -Oui… C’est ça.
    -Et donc, mon fils, vous avez décidé de lui tourner le dos, parce que votre orgueil vous dictait de vous détourner de lui, de faire comme s’il s’existait pas. Au fond, c’était la meilleure solution, puisque vous n’auriez jamais pu être meilleur que Dieu. Il est parfait par définition, et nous, nous ne sommes que des hommes.

    Simon baissa les yeux. Encore une fois, et une fois de plus, il avait parfaitement raison. Simon serra les dents. Il acquiesça d’un signe de tête. Chaque fois que le sujet de son orgueil revenait et que Muse dévoilait un de ses aspects cachés, Simon était blessé en lui, il avait mal.

    -Pourquoi me dites vous tout ça ?
    -Il faut que vous compreniez, Simon.
    -Ca fait si mal, à chaque fois un peu plus.
    -Vous pourrez me penser cruel, mais, mon but est de vous faire mal. Mon but est d’ôter de vous cette insensibilité dont vous souffrez. Je veux faire saigner votre cœur pour qu’enfin vous soyez un homme libéré.

    Simon se pencha contre le mur et se colla à celui-ci. Trop, c’était trop, il sortit de confessionnal. Muse ne le retint pas. Il reviendrait. Comme un élastique, il reviendrait, et plus il partirait loin, plus il reviendrait proche. Muse se leva et sortit du confessionnal. Il ne fut pas cependant surpris de trouver là, à genoux par terre son protégé, se tirant les cheveux et priant. Il s’approcha de lui. Son aube blanche frôlait le sol. IL s’agenouilla prêt de lui et posa une main dans son dos.

    -Ne sombrez pas dans la tourmente, si elle a raison de vous, alors vous êtes perdu. Ayez foi en moi, mon fils.

    Simon releva son regard vers celui du prêtre en aube blanche. Ce regard, c’était celui qui l’avait tant frappé la première fois et aujourd’hui encore, il restait comme hypnotisé par eux. Il avait arrêté de pleurer.
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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mer 24 Nov - 13:40

    Vala ! J'hésite à dire que ce sera mon dernier extrait car c'est vraiment très très à la fin, donc je sais pas si j'en posterai un autre mais voilà, le début de la vérité sur le prêtre xD

    Spoiler:
    Il ouvrit les yeux et sursauta. Devant lui, mais vraiment près de lui, deux yeux à la brillance du saphir plantait ses prunelles dans les siennes.

    -M-M-Muse ?

    Muse lui sourit. Il devait être à cinquante centimètres de lui, il n’avait jamais été si proche, même lorsqu’ils marchaient ensemble, ce n’était pas encore pareil. Cette fois c’était plus vivant. Et puis, une autre chose le choqua : les vêtements de l’ex prêtre. Il était en longue chemise que l’on donnait généralement à l’hôpital. Il avait sur le bras ce coton avec du sparadrap qu’on avait après une perfusion ou pendant celle-ci. Il semblait faible soudain.

    -Que vous est il arrivé ?

    Demanda Simon inquiet. Mais encore une fois, Muse n’avait pas répondu. Pourquoi ce silence ? C’était troublant soudain. Les lèvres du prêtre étaient gercées et blanchies. Il était pâle, lui qui avait pourtant une peau ambrée, celle d’un espagnol. Et puis, Simon baissa les yeux vers le sol, une flaque d’eau, unique flaque d’eau par ici, issue de l’averse qui venait d’avoir lieu. Simon voyait son reflet dans l’eau, mais près de lui, il n’y avait pas le reflet de Muse. Son cœur fit un bon. Il releva les yeux vers Muse puis sur la flaque, il fit plusieurs fois ce petit chemin avant de demander :

    -P-P-Pourquoi n’avez-vous pas de reflet ?

    Le prêtre, toujours silencieux étira ses lèvres dans un sourire puis finalement lança dans un murmure atone :

    -Je pensais que vous auriez compris Simon… Je suis un fantôme.

    Simon sursauta et recula. Non, il ne pouvait pas y croire. C’était impossible. Muse ? Un fantôme ?

    -Mais… Je ne comprends pas… Pourquoi je vous vois ? Je suis fou ? C’est ça ?
    -Non, Simon, il y a une explication plus logique à cela.
    -Quelle explication ? Vous n’avez jamais été présent en vérité près de moi ?
    -Non.
    -Dans la rue ? Avec le pot de fleur ? Dans l’église à Bordeaux ? Sur la route ? Dans le train ? Alors… Vous n’étiez pas là ?
    -En effet.
    -J’ai toujours été seul ?
    -Oui.
    -Je parlais comme un idiot dans le vide ?
    -Oui…
    -Mais… Je vous ai imaginé tout ce temps ? Tout ça c’était dans ma tête ?
    -Non, c’est là que s’arrête votre raisonnement Simon. Vous n’avez rien imaginé de cela. Je n’étais pas physiquement avec vous, ne n’ai même jamais mis les pieds à Bordeaux de ma vie. Mais vous ne m’avez pas imaginé. J’existe. Je ne suis seulement pas à l’endroit que vous me croyez être.
    -Mais où êtes vous ? A Notre Dame de Paris ? Vous êtes mort ?
    -Non. Je ne suis pas à Notre Dame. Et je ne suis pas mort non plus. Enfin presque.

    Muse leva son poignet. Là, il y avait une sorte de bracelet bleu en plastique avec le nom de l’hôpital, le nom de Muse et sa chambre. Simon prit le poignet amaigri et froid dans sa main et se mit à lire dans sa tête avant de répliquer :

    -A l’hôpital ?
    -Oui. Je suis dans le coma.
    -Depuis quand ?
    -Six mois.
    -Six mois ? C’est le jour où je vous ai rencontré la première fois… Enfin, je croyais vous avoir rencontrer.
    -Oui, c’est un peu après. J’ai eu un accident... Et je savais ce qui allait m’arriver à l’avance. Alors, je vous ai envoyé un signe, je vous ai envoyé un autre moi pour vous rencontrer. Mais ce jour là, je n’étais pas à Bordeaux, c’était à Notre Dame de Pris. Un petit garçon qui avait perdu son lapin dans la cathédrale pourra certainement vous le confirmer.
    -Mais dans ce cas, si vous êtes à l’hôpital, pourquoi me faire aller à Notre Dame ?
    -Parce que c’est là-bas Simon que vous devez aller. N’avez-vous pas dit à Olivia que vous vous rendez à Notre Dame ? Il serait dommage qu’elle ne vous y trouve pas.
    -Olivia m’attend là bas ?
    -Oui.
    -Vous croyez qu’elle m’a pardonné ?
    -Je l’ignore. Je pense surtout qu’elle voulait savoir si pour une fois, vous seriez capable de tenir votre promesse. Je pense que vous n’avez pas intérêt à la décevoir cette fois aussi.

    Simon acquiesça alors d’y signe de tête avant de demander :

    -Est-ce que je peux me rendre à l’hôpital avant ?
    -Si vous en ressentez le besoin, il ne faut pas vous le refuser.
    -J’ai une autre question, Muse… Comment se fait il que, alors que vous étiez tout ce temps à l’hôpital que je vous ai vu habillé différemment ?
    -Plus vous vous rapprochez de moi, Simon, et plus la réalité s’accroche à mon image. Plus vous êtes loin et plus je peux m’offrir de liberté et vous cacher ma maladie.
    Et 37.5K !!
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Mer 24 Nov - 15:31

Damn, j'ai aussi joué sur le coma, pendant un looong moment. C'est un signe ! Si tu veux, pour rallonger un peu nos nano, nos deux comateux pourraient se rencontrer... Non ? ^^
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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Mer 24 Nov - 15:55

    MDR ! Wouiiiiii. Menfin mon comateux à moi il va mourir donc bon >< Faisons vite ! mdr !
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Re: NaNoWriMo

Message par Silvio Anthelmios le Mer 24 Nov - 15:57

Y va mour.... Fallait pas le diiiire T_T
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 0:39

Coma! Very Happy
Copiteur va! C'était moi d'abord! Désolé Shane je n'ai pas le temps de lire ton extrait, mais je me ferais un plaisir de lire ton nano si tu nous le passe ^^

Et pour vous voila la suite du mien (dont 10k écrit en une journée):

Spoiler:
Chapitre 2 : la fuite

Elle prépara minutieusement sa sortie, après tout elle n’avait pas tant d’affaires à rassembler, le tout tenait dans un carton… Elle se sentait prête à sortir, comme si rien ne pouvait l’arrêter. Le matin même Kim était venu la voir une dernière fois, et lui avait collé son dossier dans les mains en disant d’un ton ferme : « Tu dois lire, car sinon tu ne sauras jamais qui tu es… Et si tu veux rentrer chez toi, il te faut ton adresse». La jeune femme hocha la tête et se moquant de son médecin, lui expliqua qu’elle avait déjà regardé sur sa carte d’identité et que le temps était assez clair et beau pour qu’elle marche un peu. Ce à quoi, il répliqua une nouvelle fois que quelqu’un l’attendait à l’entrer pour la ramener chez elle, et avant que Lian n’ai pu dire un seul mot il continua en expliquant « Une de tes amies ». Il lui donna sa carte de visite, la priant de l’appeler en cas de besoin, si elle voulait parler, et surtout si elle avait le moindre mal de crâne. Pour la première fois de sa nouvelle vie, elle sortie donc de sa chambre, accompagné de Kim, qui la guida jusqu’au hall d’entrée. Elle s’était sentie capable d’affronter le monde entier, mais finalement les regards lui paraissaient un peu trop inquisiteurs lorsqu’ils s’arrêtaient sur son visage. Ou était ce elle qui s’imaginait des choses ? Devenait-elle folle et accentuait-elle des détails ? Finalement, elle adopta une attitude de marche qui consistait à fixer la pointe de ses chaussures, permettant ainsi à quelques mèches de cheveux de retomber de côté sur son visage et de cacher les horribles cicatrices.

L’amie en question était une femme blonde d’une trentaine d’année en tailleur de travail, l’air strict, et qui avait l’oreille collé à son mobile de dernière génération, elle discutait d’un ton ferme avec son interlocuteur, arguant et donnant des ordres. Mais dès qu’elle se retourna et vit Lian, elle raccrocha après quelques mots et se précipita sur elle pour l’entourer de ses bras et murmurer
- Oh Lian, tu vas bien
- …, Ladite Lian ne savait pas quoi dire ou que faire. Elle n’avait aucune idée de qui était cette personne, ni de son nom. Pourquoi avait elle refusé de lire ce foutu dossier ? elle se sentait stupide, et gêné d’être ainsi prise dans les bras par une inconnue, alors qu’elle n’avait pas eu de geste réellement affectif avec quiconque depuis son réveil de coma.
- Tu sais tu as un teint de cadavre…, l’inconnue lui tapota gentiment les joues tout en souriant.
- Je… ne suis pas beaucoup sortie ces derniers temps…
- Oh ma puce, je sais… On va arranger cela ! Elle attrapa le carton, qui était assez léger et encouragea Lian à la suivre.
Après un dernier signe de tête à son sauveur, la jeune femme suivie sa nouvelle amie, jusqu’à sa voiture d’un rouge flashy.

Une fois confortablement installé dans le siège passager en cuir, elle tenta de découvrir quelques détails qui pourraient l’orienter sur son « amie », mais la voiture était aussi propre que si elle venait juste d’être nettoyée. Heureusement l’amie se décida à poser quelques questions qui furent ponctuée par un silence pesant de Lian, mais cette dernière avait beau être blonde, elle n’était pas stupide et en profita pour demander si Lian voulait poser des questions et ce qu’elle souhaitait savoir et en échange elle demandait juste à ce que l’ancienne patiente de l’hôpital lui explique ce dont elle se souvenait et ce qu’elle avait oublié. La liste fut vite dressée lorsque Lian expliqua en quelques mots qu’elle conservait toute la mémoire pratique et universelle, le fait de savoir parler, marcher, courir, conduire une voiture, faire une multiplication, cuisiner si tant bien était qu’elle avait su le faire un jour… mais elle avait oublié la mémoire dite personnelle, c'est-à-dire qu’elle ne se souvenait d’aucun nom et d’aucun visage de son passé. L’amie hocha la tête et après un vague soupire se décida à se présenter brièvement.
« Je m’appelle Eyre, Jane Eyre… non, je blague… appelle moi Jane tout court… Oui, oui c’est mon vrai prénom… et là on tourne à gauche… Je suis toujours perdu sur ce chemin… Bref, je suis ta responsable éditoriale. Tu t’en souviens, hein ? Oui, je vois… vu ta tête, c’est non. Grenfield édition ? Ta boite… Enfin, celle payée par tes parents… Enfin, attends ! Je veux dire, ils t’ont aidé à la lancer. D’ailleurs lorsque… Tu es aussi à la tête de Grenfeeling, l’entreprise de marketing commercial qu’ils t’ont légué… Ils avaient une petite fortune… Et toi tu avais commencé à dessiner et à tenter de vendre tes dessins, puis à lire quelques nouvelles d’amis qui t’ont plu et à vouloir les publier alors… Comme cadeau d’anniversaire pour tes dix-huit ans… ». Elle se tut, laissant à Lian le temps d’analyser ces nouvelles informations. Le reste du trajet fut plutôt silencieux ou orienté vers des conversations plus générales, jusqu’à ce que Jane se gare devant l’entrée d’une maison de deux étages.
- Waow c’est magnifique, tu vis ici ?
L’intéressée rit avant de répondre amusée.
- Non, mais toi oui.

Les Grenfield avaient eu en effet assez d’argent pour s’acheter une magnifique demeure dans la banlieue parisienne. Jane avait les clés, prêtée à Kim pour lui faire une surprise précisa-t-elle. Lorsqu’elle passa les portes d’entrée Lian fut encore plus surprise, comparé à sa chambre de quinze mètres carré cette maison semblait un château bien trop grand. Le jardin semblait d’ailleurs tout aussi grand que celui de l’hôpital. Jane s’amusa à faire faire le tour du propriétaire à son amie, tout en continuant de discuter. « Si l’on t’a mise dans un petit hôpital sans prestige c’était pour éviter que tu apparaisses dans les journaux… tu comprends la société est cotée en bourse. Et le docteur Kim van Berghen est l’un des meilleurs spécialistes. Si je ne suis pas venue te voir c’est que… Tu sais reprendre seule les rênes pour l’édition, au moment même où le dernier tome de notre série culte devait paraître… En plus, nous avons eu une tonne de soucis et j’étais à l’étranger quand tu as eu ton accident et… ». Un instant le regard de Jane se posa sur les cicatrices, Lian, elle se contenta d’hocher la tête et de continuer à observer la pièce en silence. Arrivée devant une cheminée, elle s’approcha pour saisir un cadre qui comme celui qu’elle avait déjà vu contenait toute la petite famille, plusieurs années plus tard et dans une attitude bien plus sérieuse.
- Comment s’appellent-ils ?
- Tes parents s’appelaient Greg et Jessica et ton frère Thomas.
- Que leur est il arrivé ? Tes parents ont eu un accident de voiture… Ton frère l’a très mal supporté, et il a décidé il y a trois ans de partir pour faire le tour du monde, il était déjà majeur… Alors tu comprends, tu reçois souvent de ses nouvelles par carte postale et lettre, mais tu ne peux pas lui répondre, car il ne reste jamais longtemps à un même endroit.
- …
- Je te montre ta collection de récit d’aventure de Tom ? Tu vas certainement les éditer un jour, te connaissant…
Dans un grand bureau, Jane sortie un gros classeur qui contenait des centaines de lettres classées par ordre chronologique. USA, Japon, Australie, Chine, Russie, Suède, Allemagne, Italie, Suisse, Espagne, Grèce, Maroc, Grande-Bretagne… Le nom des pays s’étalaient là sous ses yeux, tous différents, chaque enveloppe ayant un timbre cacheté à une date différente, chaque lettre s’étalant sur au moins une double page, et chaque carte postale se terminant par « je t’embrasse et pense fort à toi ». Elle feuilleta le classeur jusqu’à arriver à la dernière page.
- 1er aout ? Pourquoi n’y a-t-il plus de lettres ? Nous sommes en septembre non ?
- Calme-toi, les autres lettres attendent simplement que tu les ouvres…
Jane lui proposa de rester dormir avec elle pour que Lian ne se sente pas mal à l’aise dans l’immense baraque, mais cette dernière refusa et mit gentiment à la porte son amie, dont le portable sonnait perpétuellement, tout en la rassurant. Lian profita de l’après midi pour lire toutes les lettres de son frère Thomas.

Jane lui avait montré sa chambre, plutôt joliment décorée, très moderne et bien exposée. Seulement voila, elle était trop « remplie » pour Lian, qui aurait aimé trouver une pièce vide aux murs blancs pour se sentir à nouveau « chez elle ». Heureusement, elle tomba sous le charme de la bibliothèque de la maison, quatre murs remplies d’étagères et de livres de toute sortes, classés par Dewey, donc facile à retrouver, on avait l’impression qu'un professionnel avait été payé pour créer la bibliothèque parfaite. De plus, la pièce avait été meublée avec un canapé et divers fauteuils assez confortable pour rester des heures entières à lire sans bouger… ou dormir. Elle ferma les yeux en pleine lecture de la biographie de Christopher McCandless, par Jon Krakauer «Voyage au bout de la solitude », un roman qui avait été adapté au cinéma par Sean Penn sous le titre « Into The Wild ». En quatrième de couverture on pouvait lire :
« Il avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992, le cadavre d'un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un américain bien tranquille à l'avenir sans surprise. Mais, dès l'obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l'aventure. Après avoir fait don de ses économies à une oeuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d'emprunt avec sa vieille voiture, qu'il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet: s'installer au coeur de l'Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s'improvise pas trappeur, ni homme des bois... Ce parcours dramatique d'un jeune homme qui a voulu vivre jusqu'au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer. »
Lian avait commencé le récit en étant profondément émue par le courage, la folie et l’envie d’aventure du jeune homme, et avait finie en larme à la fin du livre.

Sa nuit fut assez agitée, de rêves mais aussi de cauchemars, et le lendemain, elle avait prit une nouvelle décision : elle partirait elle aussi ! Non pas à l’aventure, mais à la recherche de son frère ! Attrapant l’iphone que lui avait donné Jane, elle chercha dans ses contacts envoya un message à la femme : « Je pense que tu fais un bon travail et je te fais confiance, j’ai oublié tous mes souvenirs et ils ne reviendront pas comme cela, puis-je te laisser continuer ce que tu as fait pendant déjà quatre mois ? Je n’ai pas la légitimité, ni les connaissances, je vous ralentirais plus qu’autre chose ». La réponse ne tarda pas à arriver sous forme d’un appel.
- Mais c’est ton bébé cette entreprise !
- C’était…
- Oui, mais qu’est ce que tu vas faire ? Rester à la maison et te lamenter ?
- Je vais… j’ai besoin de… retrouver mon frère.
- … Mais…
- Tu crois que j’ai les finances pour ?
- … Par où vas-tu commencer ? Comment vas-tu les chercher ? Tu ne veux pas plutôt employer un détective privé ?
- On n’est jamais mieux servit que par soit même !
- D’accord mais…, Jane soupira à l’autre bout du fils, en tout cas oui, tu as de quoi partir.
- Bien.
La conversation continua sur des détails pratiques et sur un ordre de Jane « garde ton portable avec toi, je veux pouvoir te contacter ». Lorsque Lian raccrocha, elle sortit de la poche de son pantalon le numéro de Kim et l’entra dans les contacts. Puis, elle se décida à manger quelque chose, son estomac criait famine, le livre l’avait tellement absorbée hier qu’elle n’avait rien avalé.

Une fois un petit déjeuné absorbée, elle fit une nouvelle fois le tour de la maison, rassemblant les quelques affaires qu’elle voulait emporter. Elle avait trouvé un sac à dos assez grand pour être pratique mais qui ne gênerait pas non plus sa marche. Ouvrant l’armoire dans sa chambre, elle mit les premiers vêtements qui lui passaient sous la main et qu’elle trouvait à son gout. Elle sélectionna aussi bien des habits d’hivers que d’été, ainsi qu’un confortable manteau à multiples poches. Elle sélectionna aussi quelques livres, élément indispensable du grand voyageur, des photos et trouva un macbook pro de 13 pouces accompagné d’un ipod nano. Elle les mit tout les deux dans son sac, pensant ainsi trouver des informations sur elle-même, ce qu’elle aimait comme musique et comment elle utilisait son ordinateur. Elle n’oublia pas non plus son porte monnaie qui contenait quelques billets et argent liquide ainsi que sa carte bleu visa dont Jane lui avait indiqué le code la veille. Lian se questionnait toujours sur sa forte amitié avec la femme qui semblait tout connaître de sa vie, au point d’avoir accès à toutes ses données confidentielles, mais Jane lui avait révélé avoir d’abord été l’amie de ses parents, ce qui expliquait qu’elle la connaisse depuis très longtemps. Une fois toutes les affaires rassemblées et le dossier constitué par Kim rangé dans son sac, elle ferma la porte de la maison et glissa les clés dans la boite aux lettres comme convenu avec Jane. Tout d’abord elle avait pensé à prendre sa voiture, puis elle avait réalisé qu’elle n’avait pas conduit depuis plus de trois mois, qu’elle ne se souvenait que de théoriquement comment conduire et qu’il serait relativement plus pratique et moins cher de voyager autrement.

La jeune femme rejoignit donc avec confiance la route, et se mit en marche jusqu’à trouver un arrêt de bus, où elle s’installa pour attendre. Elle n’avait rien emporté à manger, ayant fini les restes le matin même, vu que tout avait été jeté parmi les produits périssables qui n’avaient pas été utilisés. Elle dressait mentalement une liste de ce qu’elle devait ou voulait faire, jusqu’à ce qu’un bus s’arrête devant elle. En entrant, elle lança un joyeux bonjour au chauffeur, qui la fixa sans répondre.

Ne comprenant pas sa réaction, elle se contenta de sortir son porte monnaie et de demander un ticket jusqu’à la prochaine grande ville. L’homme lui donna le prix et tendit le ticket sans rien ajouter. Une fois le bout de papier cartonné composté, elle se tourna vers le fond du bus pour tenter de trouver un siège libre. Elle sentit tous les regards posés sur elle, un groupe d’adolescent se mit à parler à voix basse tout en riant. Non, elle se faisait des idées, ils parlaient d’autre chose… Elle s’assit, le plus loin possible de tout le monde et surtout du groupe d’adolescent. Cependant la conversation semblait être devenue bien plus animée depuis qu’elle était entrée dans le bus, et peu à peu le ton montait, si bien qu’elle finit par entendre leur propos. Ses cicatrices. Elle se figea, serrant ses bras autour du sac à dos qu’elle avait posé sur ses genoux. Idiote ! Tu as oublié ce léger « détail », comment as-tu pu être aussi bête ? Bien sur les gens avaient été surpris, ce n’était pas tous les jours que l’on voyait une jeune femme avait des traits aussi défigurés. Partout où elle passerait, elle risquait d’attirer les regards, les moqueries et les questions : comment cela vous est il arrivé ? Comment ? Elle l’ignorait, on lui avait vaguement parlé d’un accident, mais elle n’avait pas voulu en savoir plus. Plongeant dans ses pensées pour oublier les remarques antipathiques des autres voyageurs, elle se dit qu’il faudrait se blinder intérieurement. Après tout, elle n’avait rien à se reprocher. Et elle avait décidé de vivre avec ces cicatrices, pour le moment en tout cas. Inspirant lentement, elle réussit à s’auto-convaincre qu’elle pouvait regarder n’importe qui dans les yeux. Jane n’avait pas eu peur d’elle, même si elle lui avait avoué que cela la changeait grandement. Le docteur Kim n’avait jamais eu aucun problème pour converser, de même que le personnel de l’hôpital. Cela choquait au premier abord, mais il suffisait de s’y habituer et de le considérer comme normal. Après tout ses cicatrices étaient refermés et propres, laissant simplement de fines trainées plus claires sur la peau de son visage. Les traces de son passé… qu’elle pouvait tenter d’ignorer mais pas d’oublier, car elles resteraient gravés comme dans le marbre. Le trajet ne fut pas si long, et ils arrivèrent bientôt au terminus. Elle se leva au même moment que tout le monde et toisa froidement la bande d’idiots avant de sortir sans un regard en arrière.

Ils étaient arrivés devant la gare du Nord à Paris, lorsqu’elle se présenta à un guichet Lian demanda simplement un billet pour le prochain train en direction de Londres, un Eurostar. Ce dernier partait dans seulement trente minutes, parfait. S’arrêtant dans un kiosk à journaux elle acheta un des derniers best seller dont la couverture lui avait tapé à l’œil et dont le résumé semblait intéressant, puis elle acheta un sandwich et un guide de Londres, feuilletant les dernières pages, elle se rendit compte qu’elle avait quelques compétences en anglais, voir plus. Voila de quoi la rassurer. Heureusement dans la grande gare parisienne aucun inconnu ne se permit de faire de réflexion ou de l’interroger, on se contenta de la dévisager sans un mot. Tant mieux, elle tenait à sa tranquillité et n’avait pas l’intention d’entamer de discussions. Elle se dirigea vers un des écrans d’affichage des départs de trains, repéra son quai et s’y rendit. L’Eurostar l’attendait déjà, elle ne mit pas longtemps à trouver son wagon puis son siège, elle rangea son sac à l’endroit prévu à cet effet, au dessus de sa tête, sortant simplement le dossier donné par Kim qu’elle avait l’intention de lire. Alors qu’elle entamait la première page, un jeune homme d’environs son âge vint s’installer à côté d’elle, il semblait voyager seul, et n’avait pas de valise, sans doute ce trajet n’était il destiné qu’au travail. Lian qui était du côté de la fenêtre se contenta de poursuivre la conversation jusqu’à ce qu’il lache un « Bonjour, je m’appelle John ». Était-elle réellement dans un train ou dans un bar de rencontre ? Elle faillit soupirer, puis se dit que répondre en le regardant droit dans les yeux pour qu’il remarque les cicatrices aurait un effet plus efficace encore. Lian lui rendit donc son salut, en profitant pour le détailler. Costard-cravate, et porte document, plutôt soigné sur lui. Ledit John eut un éclair de surprise dans les yeux, mais n’en dit pas moins et continua de tenter d’engager la conversation. Finalement la jeune femme referma son dossier quand il tenta de lire par-dessus son épaule et lui demanda si elle était un agent secret au service de l’Etat pour espionner certains individus jugés dangereux. Ce à quoi elle lui répondit avec humour que non, pas certains individus, juste lui. Il le prit bien, et mis à part son côté dragueur, curieux et très bavard, c’était plutôt quelqu’un de gentil et d’agréable… En tout cas pour deux heures et quinze minutes de trajet.

Londres, capitale de l’Angleterre, Lian ne savait pas pourquoi elle était venue ici, juste qu’elle voulait quitter la France, sachant qu’elle en croiserait certainement ici aussi mais moins. Elle chercha d’abord un petit hôtel pas trop cher mais de bonne qualité dans lequel elle laissa son sac, n’empotant que le nécessaire pour une petite balade dans la ville. Elle s’acheta un ticket de transport pour la semaine, même si elle se contenta de marcher à travers la ville pour gagner la Tamise et ainsi observer Westminster de nuit. Quelle idée tout de même de conduire à gauche de mettre le volant à droite ? Après s’être assurée de pouvoir voyager dans la capitale grâce aux transports en commun, elle entra dans le premier bar venu, s’installa dans un coin sombre, commanda une bière et le premier des menus sur la carte. Les bières s’enchainèrent quelque peu, mais elle resta assez sobre pour retrouver le chemin de l’hôtel et s’endormir profondément vers une heure du matin dans le lit de la chambre. Le lendemain promettait un temps maussade avec de la pluie et des nuages gris. Réveillée à dix heure, Lian décida de rester dans sa chambre, après avoir prit un petit déjeuner à l’accueil, elle attendit que le service de nettoyage soit passé pour venir se ré-enfermer dans sa chambre et allumer son mac. Ce dernier s’alluma et s’arrêta sur une page d’accueil demandant un mot de passe. Elle soupira et décida d’essayer plusieurs mots possible, son prénom, son nom, sa date de naissance qu’elle retrouva sur sa carte d’identité, les prénoms de ses parents, celui de son frère… Elle finit par se décourager et envoya un sms à Jane, tout en attrapant le dossier la concernant, peut être y trouverait elle un indice ?

Les pages imprimées étaient intéressantes, bien détaillées, seulement tout cela lui semblait étranger, comme si on lui décrivait la vie d’une autre. Aucun souvenir ne rejaillissait, aucun sentiment de déjà-vu. En tout cas, elle en avait apprit un peu plus sur elle-même. Le dossier médical, ou quelques détails avaient aussi été ajouté, mais ceux-là n’étaient pas imprimés mais sous forme de lettre manuscrite de Kim. Ce dernier expliquait tout d’abord quel était son post et son métier, chose qu’il n’avait jamais réellement abordé avec Lian, chef du service de neurologie, il avait déjà travaillé à l’étranger et même aux Etats-Unis, le cerveau c’était un peu son hobby, il adorait découvrir de nouveaux cas et travailler avec, mais il avait finalement craqué sous le stress et préféré une vie un peu plus tranquille dans un hôpital plus banal à Paris ce qui lui permettait d’avoir des cas intéressant tout de même. Puis il en venait à la rareté de son cas, perdre la totalité de ses souvenirs d’avant l’accident était assez rare, il définissait ensuite rapidement l’amnésie antérograde et rétrograde ainsi que celle sélective. Lian avait l’impression de lire un livre de médecine, seulement Kim choisissait tellement bien ses mots, expliquait avec finesse et sans compliquer les choses, qu’elle avait l’impression de comprendre tout parfaitement. Une fois qu’elle eut fini sa lecture, elle se décida à détruire certains papiers avec lesquels elle ne voulait pas se balader, car ils auraient été dangereux s’ils tombaient dans des mains malveillantes. N’ayant pas de broyeuse à papier, elle se contenta de déchirer en nombreux morceaux les feuilles et de les passer sous l’eau pour diluer l’encre. Elle observa avec émerveillement la dégradation du papier sous l’eau chaude. Puis déboucha l’évier en vidant les restes dans la poubelle de la salle de bain. Voila, une partie des documents étaient supprimés, le reste elle le conserverait précieusement. S’installant à nouveau devant son macbook pro, elle prit une des barres vitaminées emportées de chez elle et grignota tout en tentant à nouveau des mots de passes. Et si… ? Elle tapa la lettre l, puis la voyelle a, puis appuya sur la touche entre le o et le ^ sur son clavier qwerty, avant de finir par un i et une consomme n ! Oui, vous avez bien lu : elle tapa « lapin » sur son clavier. Et l’ordinateur démarra. Cependant, elle décida de s’occuper plus tard des informations qu’elle y conservait.

Le lendemain, elle reçu un SMS de Jane lui révélant le mot de passe de l´ordinateur, elle la remercia chaleureusement avant de se préparer pour sortir. Malheureusement un brouillard digne d´une purée de pois semblait s´être installée sur Londres, sans doute était ce dû au fleuve. Toujours était il que Lian osa à peine mettre le nez dehors, si ce n´est pour se nourrir, visiter quelques musées tel celui de Madame Tussauds, la tour de Londres et Big Ben. Puis, elle rentra bien vite prendre un chocolat chaud et se réchauffer. Le ciel se découvrit de ses nuages uniquement le soir, lorsqu´elle était trop fatiguée pour sortir à nouveau, elle s´installa donc devant la télévision et mit un film avant de s´endormir devant. Elle avait décidé de passer le lendemain suivant à fouiller son ordinateur. Se réveillant vers dix heures, elle prit son petit-déjeuner avant de s´installer dans un café avec l’objet de ses investigations. Elle caressa la coque du macbook avant de l´ouvrir et d´appuyer sur le bouton pour le démarrer. Lian se sentait comme une hacker décidée à obtenir des données confidentielles sur une personne qu´elle connaissait à peine, elle avait même un peu de culpabilité de violer la vie privée de cette amie quelle ne connaissait que depuis peu. Après tout, cette dernière aurait du mettre un meilleur mot de passe, voila tout !

Elle passa au moins cinq bonne minutes devant la page d´accueil, avant de saisir un papier et un stylo et de prendre des notes. Bien sur elle ne pouvait pas apprendre grand-chose de cette première interface qui était commune à tous les Macs, et qui contrairement aux PCs était rarement beaucoup modifiée. Elle note simplement le fond d’écran ou s´affichait une photo de ce jeune homme qu´on appelait Thomas, Tom, son frère, son grand frère… Sur la barre de tache, l´habituel Safari, accompagné de Photoshop, de la suite bureautique de Microsoft ainsi que du logiciel Quark Xpress, destiné à la mise en page pour l´édition. Elle ouvrit une page internet, nota qu´elle arrivait sur la page d´accueil de Google. Quoi de plus normal ? Elle tenta de vérifier l´historique, mais celui-ci n´était conservé que pour un mois… Trop tard donc… Ou alors pour un informaticien bien plus chevronné qu’elle. Elle s´attaqua donc aux favoris, commençant par le site web de la compagnie Grenfield. Cliquant sur le lien, elle fut surprise d’arriver à une magnifique page web au design travaillé et à la navigation étudiée pour le confort de l’utilisateur, elle passa plusieurs heures à éplucher le site, passant de pages en pages, lisant ce qui l’intéressait, regardant en diagonale ce qui ne lui semblait pas digne d’intérêt. Elle apprit beaucoup, sur l’histoire de l’entreprise, sa création et son fonctionnement, le nombre d’employées, mais la devise et les objectifs qui avaient été conçu et conservés depuis l’origine. Tout cela n’avait pas été consigné dans le dossier, sans doute car l’impact sur Lian n’était pas direct, cependant les données pouvaient être interprétées et de révélaient précieux renseignements.

Elle prit une pause et commanda un nouveau café avant de s’attaquer à la suite, plus banale elle trouva Google, Youtube et Dailymotion, plusieurs sites d’actualité et de journaux auxquels elle semblait être abonnée, un lien permettant d’accéder à une boite mail, et quelques sites de divertissement, concernant en majorité les livres et le cinéma, elle avait aussi ajouté le site regroupant le catalogue des différentes bibliothèques de la capitale française. Il était déjà midi quand elle considéra en avoir fini avec cette partie de son ordinateur. Il lui semblait urgent de s’occuper de ses mails, mais Jane l’avait déjà informée s’être occupée de sa boite professionnelle qu’elle s’était rappropriée, quand à la boite personnelle, elle n’avait pas le mot de passe, bien qu’elle ait donné l’adresse à Lian, il lui faudrait donc décrypter elle-même son mot de passe. Elle se décida à faire une pause repas, commanda un de ces plats typiquement anglais, auquel elle lança un regard suspect avant de s’y attaquer, finalement elle apprécia le goût assez spécial. Le soleil semblait briller dans le ciel pour l’après-midi, elle se décida donc à rentrer à l’hôtel pour laisser son ordinateur portable et sortir. Sa marche dans la capitale fut agréable et ponctuée de bonne surprise et de découvertes. Dont celle d’un sentiment étrange, il lui manquait un appareil photo, elle ne pouvait pas décemment voyager, découvrir le monde sans un bon appareil, hors on lui avait appris que le sien avait été détruit lors de l’accident. Accident dont elle ne voulait toujours pas entendre les détails. Après avoir longtemps cherché et s’être renseigné, elle trouva enfin un magasin spécialisé, le choix fut difficile mais finalement elle mit le prix pour avoir une meilleure qualité et acheta le matériel nécessaire, sac pour transporter l’appareil, trépied, zoom… Et ressortie du magasin heureuse comme jamais. Les rues de Londres étaient tellement bouillonnantes de vie, qu’il était un plaisir d’en capturer l’essence. Pourvoir fixer à jamais numériquement les vieilles pierres des bâtiments tout comme les rencontres fortuites. Etait-ce l’influence de la photographie qui avait trôné sur sa table de chevet ? Celle de la crainte de perdre une nouvelle fois sa mémoire ? En tout cas, il lui semblait nécessaire de pouvoir marquer d’une trace physique sa présence en ces lieux, d’en garder une image qui serait intact pour les années ou même les siècles à venir. Une idée lui trottait en tête, et pourquoi pas un carnet de bord ? Un journal racontant son expérience de voyage ? Son frère faisait il de même ? Peut être, en tout cas ses lettres le faisaient pour lui. Alors pourquoi pas elle, si elle n’écrivait pas à quelqu’un d’autre, pourquoi ne s’écrirait elle pas à elle-même ? Cela permettrait aussi d’étoffer ses souvenirs et peut être de retrouver la mémoire. Et puis, elle aimait les anecdotes, ces petits détails qui mettent du piment dans la vie et surtout dans les voyages, ces rencontres improbables qui peuvent changer le cours d’une vie. Oui c’était décidée, elle retracerait le cours de son voyage, de ses péripéties par écrit, photographies et peut être même dessins si comme on l’affirmait, elle savait dessiner. Cela aiderait il sa mémoire de créer de toute pièce un livre, de comme par le passé, travailler pour éditer. Il lui semblait que cette idée lui donnait un but concret et réalisable, retrouver son frère serait juste la dernière étape du voyage… Une étape décisive.

Chapitre 3 : la révélation

Les captures d’images de la réalité se multipliait, ici la Tamise, par là Big ben, et enfin là un groupe de jeunes gens. Puis, elle remarqua une magnifique petite « library », qu’elle se décida à visiter. Lian qui était entrée pour jeter un œil passa au moins une heure entre les étagères de la bibliothèque, à feuilleter les livres, prendre quelques photos et discuter avec les usagers et les bibliothécaires. Quand elle ressortit, le ciel était noir et ne présageait rien de bon. Elle n’avait pas prévu de parapluie, et se décida donc à presser le pas pour retourner à l’hôtel rapidement. Du pas de course, elle se mit à courir, en sentant les gouttes d’eau froides s’écraser sur le sol et sur son manteau à capuche qui n’était pas vraiment imperméable. Entra la pluie et la précipitation, elle se perdit dans le quartier chinois de la ville. Elle craignait de plus en plus pour son nouvel appareil photo, qui n’avait pas eu le temps de faire une après midi et qui se retrouvait déjà à devoir supporter une pluie battante, lorsqu’elle aperçu le porche d’une église. Voila un lieu d’accueil et de repos où on lui ouvrirait la porte sans hésiter. Elle poussa donc la porte, entra et tenta de s’essuyer les pieds sur le paillasson. Elle était trempée, et commençait à frissonner d’inaction. L’église semblait plutôt jolie, et pouvait donc promettre de magnifiques clichés, elle passa donc la deuxième porte qui la séparait de la pièce principale, tout en remarquant le nom de l’église, Notre-Dame de France, et les quelques papiers de présentation qu’elle saisit pour avoir un peu de lecture. La voute était impressionnante, d’une bonne hauteur, les vitraux étaient en mauvais états et sales, mais au vu du temps extérieur cela n’aurait pas changé grand-chose, seules les lumières intérieures éclairaient l’espace. Lian avait été surprise de constater à quel point l’église pouvait être moderne et avoir une histoire remontant au dix-neuvième siècle. Les bancs et les allées semblaient totalement vides, après quelques instant de lecture, elle se rendit compte qu’elle devait être dans l’une des quelques églises catholique de Londres. Après en avoir fait le tour, elle alla s’asseoir sur un banc en attendant un peu que l’averse se calme, lorsqu’un homme, prêtre au vu de ses habits apparu.
- Puis-je vous aider ma fille ?
- Non, merci, mon père.
Lian avait eu quelques instants lorsqu’il avait prononcé « ma fille », elle ne se souvenait même plus de la dernière fois où elle était entrée dans une église. Cela faisait il longtemps ? la jeune femme fixait ses chaussures plongées dans ses pensées
- Vous semblez soucieuse.
- Sans doute est-ce parce que je ne connais pas mon chemin…
- Ce n’est pas un souci, Il sait sur quel chemin il veut vous emmener
- Et vous pensez que c’est suffisant ? Et si… je me trompais de voie ?
- Pourquoi tant s’inquiéter ? Une voie n’est jamais sans issue puisque l’on peut toujours revenir sur ses pas, c’est à vous de savoir laquelle serait la meilleure pour vous.
- … * y en a-t-il une ? *
- C’est lorsque l’on s’y attend le moins qu’on reçoit l’aide du seigneur. Vous rencontrerez toujours quelqu’un pour vous tendre la main au moment où vous vous y attendez le moins. Et puis il vous attend n’est ce pas ?
- … Qui ?
- Celui qui occupe vos pensées.
- Tom ?
- Quelque soit son nom, vous devez continuer votre voyage et ne pas vous décourager malgré les épreuves que vous croiserez, elles ne vous rendront que plus forte.
Il posa sa main sur son épaule, comme pour la convaincre qu’elle pouvait réussir.
- Voulez vous confessez quelque chose mon enfant ? Sinon, je crois qu’il est temps de reprendre votre route, le soleil rayonne à nouveau.
- Je… j’ai tout oublié… je suis amnésique, je n’ai donc pas grand-chose à confesser…
Lian jeta un œil vers les fenêtres qui en effet à présent laisser passer la lumière de l’astre du jour. Après un des remerciements et un adieu, elle sortie dehors. Finalement la pluie ne s’était pas totalement calmée, mais le soleil était réapparu. Une fois les dernières gouttes tombées, elle se remit en marche, jusqu’à ce qu’elle croise un magnifique arc-en-ciel qui remit un sourire sur son visage, et l’appareil photo à son œil pour prendre des clichés. Etrangement le temps semblait avoir reflété son humeur, alors qu’il lui semblait errer sans but, elle venait d’en trouver un, long et qui serait certainement ponctué de surprise colorées…

Revenue dans sa chambre, elle se changea, laissant à sécher les vêtements dans la sale de bain, puis s’installa au bureau pour consulter ses mails, ou du moins tenter de trouver quel était le mot de passe. Elle passa plusieurs heures à essayer tout et n’importe quoi, tout en regardant à moitié la télévision qu’elle avait allumée. Jusqu’à ce qu’une publicité lui demande d’appeler à un numéro surtaxé, et qu’elle tape son propre numéro comme mot de passe, et reçoive la surprise d’une réponse positive. Elle faillit éclater de rire. Bien au moins, elle avait réussit à trouver. La boite semblait pleine à craquer, Lian fit d’abord un tri des mails sans importances, contenant de la publicité ou des mais actualisant l’information d’un site web… Elle passa le reste de la soirée à décortiquer ce qui restait, heureusement pas plus d’une centaine de mails. Puis, sur un coup de tête, elle regarda les billets d’avion sur net et trouva un vol pas cher vers Rome, la capitale Italienne. Elle avait besoin d’un peu de soleil après toute cette pluie. Elle réserva une place en classe économique, un vol pas cher, car elle n’avait aucun bagage sauf celui de cabine. Lian profita du vol pour commencer son journal de bord.

Elle arriva le lendemain en début d’après midi dans le pays des pizzas et des pattes. Elle se régala dans un savoureux petit restaurant avant de filer visiter les monuments de la ville, le colisée et ses vieilles pierres, le panthéon immense structure impressionnante à l’éclairage peu commun et amusant, la fontaine de Trévi et ses pièces, le Vittoriano, et la place d’Espagne et ses roses... Mais surtout le lieu où l’on peut visiter la maison Keats-Shelley, rassemblant une collection assez importante de lettre, manuscrits et peintures de ces deux auteurs mais de bien autres tels que Byron, Wordsworth, Robert Browning, Elizabeth Barrett Browning et Oscar Wilde. Lian nota aussi qu’un médecin, auteur Suédois s’y était installé à la fin du 19e siècle, le célèbre Axel Munthe. La maison musée, se situait sur la place d’Espagne, lorsque l’on était près de la Fontaine Barcaccia, face à l’Eglise de la Trinité-des-Monts, elle se trouvait juste à droite, à la base des escaliers. Lian réussit à remplir sa carte mémoire de 8GO de photographies et dû se décider à trouver un hôtel où passer la nuit. Une fois ses affaires déposées dans sa chambre, elle déchargea sa carte mémoire et continua de raconter son voyage, qu’elle sauvegarda sur une clé USB pour plus de sécurité et envoyé à Jane, pour que celle-ci lui donne un avis et ne s’inquiète pas trop. Puis, elle sortie pour diner : pattes et glace à l’italienne pour le désert. Les lumières qui illuminaient la ville rendaient sa vue magnifique. Tout semblait différent éclairé par la lune et les étoiles, l’ambiance semblait plus festive aussi, mais Lian était trop fatiguée et dû aller se coucher après quelques heures de marche. Le lendemain fut consacré à la visite du Vatican. Jamais la jeune femme n’aurait pu croire qu’un bâtiment puisse être aussi sécurisé et prit d’assaut par les touristes… peut être était-ce car elle ne s’en souvenait plus. En tout cas elle pu s’émerveiller devant les couloirs garnies de sculptures et recouverts de peintures, de tapisseries… Comment ne pas rester bouche bée à dévisager l’école d’Athènes de Raphael, pour tenter d’en comprendre les moindres détails et s’amuser à retrouver les visages célèbres. La jeune femme prit de nombreuses photos, à l’exception de la chapelle Sixtine, ou celles-ci étaient interdites. Cependant elle y resta au moins une heure, debout et assise, empruntant ses jumelles à un couple avec lequel elle engagea la conversation. Deux galeristes amateur de peinture et une éditrice. Elle tenta de graver la scène sur sa rétine, comme si rester planter comme un piquet la tête relevé vers le plafond pouvait lui permettre de comprendre un mystère jusque là resté secret. La seule chose qu’elle apprit fut cependant que garder une telle position, mène à un sérieux torticolis très désagréable. Elle se décida alors à changer de pièce et à suivre la foule jusqu’à l’immense basilique Saint-Pierre, désignée comme le plus grand édifice chrétiens du monde. Autant dire qu’on pouvait passer des heures à observer chaque détail, à photographier le baldaquin du Bernin, a s’approcher des « peintures » aux murs pour constater qu’elles étaient fait des mosaïques réalisées avant tant de soin et d’attention que l’on pouvait voir chaque détail. La Pietà de Michel Ange, taillée d’un seul bloc dans le marbre… symbole étrangement vivant et immortel de la fois des hommes en Dieu. Elle visita bien sur aussi la bibliothèque du Vatican. Une fois qu’elle eu fait son tour, elle sortie sur la place Saint-Pierre et se divertit de l’illusion des colonnes qui de quatre rangée se transformaient en une seule à un point précis de la place, ou plus exactement à deux endroit opposé par la fontaine et l’obélisque. Elle filma cette illusion d’optique des plus audacieuses, voulant en profiter encore et encore. Puis, elle regagna sa chambre, pressée de rêver des merveilles qu’elle avait vues dans la journée.

Pourtant lorsqu’elle sombre dans les bras de Morphée, ce fut pour rejoindre un monde onirique bien plus étrange, entre la réalité et l’imagination. Elle était seule, complètement seule… dans ce qui ressemblait au musée du Louvres. Elle devait être plus jeune, car tout lui semblait immense, elle courait dans les couloirs vides et sombres, cherchant une sortie, une issue ou de l’aide. Ses pas résonnaient contre les murs, son cœur avait prit une rythme plus rapide, la peur de se faire prendre, qu’on l’accuse de venir sans permission, de voler. Elle était innocente, ce n’était pas de sa faute, on l’avait oublié dans le musée. Elle s’était certainement endormie contre un pilier en écoutant le guide, et voila, on l’avait enfermée ! Tout semblait si réel. Elle voyait en détail les œuvres d’art, passait de salle en salle, comme si elle connaissait par cœur le chemin, qu’elle y était allée des dizaines voir des centaines de fois. Puis soudain, tout sembla s’accélérer, et des jambes apparurent, des manteaux, une foule de personnes de toutes les nationalités, parlant plusieurs langues, des langues incompréhensibles pour la petite Lian. Elle se glissait parmi les inconnus, glissant avec ses chaussures sur le sol, courant avec ses petites jambes, évitant de rentrer dans les étrangers aux appareils photos et les groupes qui semblaient si attentifs plantés comme des poteaux devant un tableau ou une œuvre d’art, telle une sculpture. Elle se sentait telle une petite souris, invisible et discrète. Une souris qui ne se soucierait pas du chat qui pouvait lui courir après. Innocente petite souris qui soudain sentit se serrer une main sur son épaule et qui se retourna pour tomber nez à nez avec… Tom ? Son frère lui sourit avant de lui ébouriffer les cheveux en la grondant et de lui attraper la main pour la mener à leurs parents et à une jeune femme qui ressemblait étrangement à jane en plus jeune. Le rêve lui sembla soudain beaucoup plus doux alors qu’elle les retrouvait et se serrait contre eux, pour faire passer la peur qui se mua juste en quelques rires sur l’aventure vécue.

Lian se réveilla en sursaut, trempée de sueur, était-ce un rêve ou un souvenir ? Tout lui avait semblé si réel… Elle ne pouvait pas se souvenir d’un lieu dans lequel elle n’avait jamais été, où elle n’avait jamais mis les pieds, pas avec autant de sensations, et avec ce point de vue d’enfant… Et pourquoi avoir imaginé tout cela… peut être était ce tout simplement sa mémoire qui rejaillissait ? Elle prit une douche chaude pour se calmer et remettre ses pensées en place, puis se recoucha pour se lever aux alentours de midi. Elle passa un coup de fil à Jane, qui la remercia de son mail, les deux femmes parlèrent pendant plusieurs minutes et lian questionna insidieusement s’il lui arrivait d’aller en famille visiter des musées dans Paris. Et après quelques questions réponses, Jane affirma d’une voix émue qu’en effet, elle se souvenait de cette agréable après midi ou Lian s’était perdue et avait été finalement retrouvée après quelques émotions. Son premier souvenir…
Elle passa la journée suivante à errer dans Rome, sans but réel. Après s’être renseigné à la gare pour un moyen de transport jusqu’à Venise, dont elle réserva un billet pour le lendemain, elle se décida donc à rentrer écrire son journal et son rêve de la veille, ou plutôt son souvenir. Sa nuit fut cette fois-ci paisible, et elle se leva en pleine forme pour prendre le train. Ne connaissant pas l´italien elle dû employer l´anglais pour se faire comprendre, cependant elle eu la joie et la surprise de se retrouver assise à côté d´un français. Ils profitèrent donc du voyage pour discuter, et celui-ci sympathisa et lui offrit même un ticket affirma qu´elle pourrait assister à l´une des magnifiques soirées du carnaval de Venise, mais qu´elle devait y venir costumée. C´est ainsi que le lendemain, elle passa sa journée à chercher une robe et un masque, voulant se faire plaisir et passer une bonne journée de shopping. Elle fit enfin son choix, le soir arrivé. La soirée se déroulant dans trois jours, elle se décida pour programmer son séjour, achetant un guide et lisant des informations sur internet. Très vite elle se passionna sur cette ville que l´on nommait aussi la Cité des Doges ou la Sérénissime construite sur une lagune. La zone était et est marécageuse, il fallut donc construire les habitations sur pilotis pour monter une plate-forme capable de supporter le poids des bâtiments, malheureusement cette construction date de tellement d´années que la ville est aujourd´hui menacée de submersion… Durant les deux jours qu´il lui restait, elle visita de nombreuses églises et musées, s´attardant sur les iles de Burano, Murano et Torcello. Prenant de nombreuses photographies du pont des soupirs, qui relie les anciennes prisons aux cellules d'interrogatoires du Palais des Doges. Etrange lien que ce pont totalement fermé qui semble inaccessible et mystérieux. Elle commençait à apprécier de se balader en bateau de place en place et d´iles en iles, peut être avait elle le pied marin ?

Quelques heures avant la soirée prévue, elle prit le temps de s´habiller, enfilant sa longue robe verte, se parfumer, se coiffer en relevant ses cheveux au dessus de sa nuque et se préparer, se maquillant seulement légèrement car elle porterait de toute façon un masque de la même couleur verte que celle de sa robe. Elle se sentait comme une petite princesse qui va au bal, s´amusant à faire tourner sa robe autour d´elle, et appréciant encore plus la tradition qui voulait que l´on porte un masque. Lorsqu´elle se présenta dans l´immense demeure censée accueillir la fête, elle fut tout simplement éblouie par le luxe des décorations, le travail apporté à chacun des meubles qui semblait dater du siècle dernier, les lustres étaient pour la plupart ornés de chandelles comme dans l´ancien temps. Les robes des invitées étaient tout simplement éblouissantes de luxe, et elle se félicita de ne pas avoir prit la robe la moins cher, mais celle qui lui plaisait vraiment et lui avait tapé à l´œil. Elle resta au moins une demi-heure à observer avec étonnement l’enchainement des danses et de ces couples si doués. Se sentant soudain de trop, et étouffant de tant de personnes qu´elle ne connaissait pas et masquées. Comment se sentir en confiance lorsque l´on ne peut juger que sur des vêtements ? Surtout si l´habit ne fait pas le moine ? Et si elle se trompait ? Si le hasard faisait mal les choses ? Qu´il était étrange de se sentir en confiance caché derrière un masque mais de ne point pouvoir se lancer dans l´inconnu à cause même de ces masques… Apprécier et apprendre à craindre cet anonymat. L´attrait de l´éclat des costumes, combiné au sentiment de ne pas être à la hauteur… Chacun dansait avec un partenaire, ou riant en murmurant en dehors de la piste de danse. Chacun semblait avoir trouvé chaussure à son pied… Quelle était donc cette stupide timidité qui la prenait donc ? Barrière de la langue ? Comme elle aurait aimé pouvoir retrouver son français du train et se sentir moins seule. Dépité elle se décida à aller vers le buffet, endroit accueillant pour faire une rencontre et engager la conversation ou tout du moins pour se caler l’estomac, et surtout, il lui fallait étancher la soif qui avait grandit dans la pièce à l´ambiance surchauffée. Elle hésita en arrivant devant l´immense table et les choix de divers mets et boissons qui étaient possible. Un serveur se posa devant elle, attendant un ordre pour lui servir un verre, elle désigna une boisson dont la couleur lui semblait agréable et buvable, et remercia l´homme en prenant son bien. Elle approcha le liquide de ses lèvres avant de se rappeler au´il lui fallait enlever le masque pour accéder à la substance. Elle releva donc celui-ci et trempa les lèvres dans la boisson qui était alcoolisée, le liquide sucré glissa sur sa langue et mit fin au supplice de la soif. Au moment de reposer son verre, un inconnu s´approcha à ses côtés, il s’inclina et demanda dans une langue compréhensible :
"- Excusez-moi, m'accorderiez-vous cette danse ?"
Elle reposa le verre surprise, et se tourna pour détailler le jeune homme, celui-ci portait un demi-masque, blanc, simple, orné de quelques courbes noires. Il portait des habits rouges et blancs qui ne collaient parfaitement avec l´ambiance de la soirée mais sans paraitre trop richement travaillé, plutôt quelqu’un de modeste surement. Elle le jugea donc rapidement avant d'accepter d'un signe de tête et de lui donner sa main. Car après tout le monde est un peu fou parfois… ou est ce nous qui le sommes ? Et il lui fallait bien profiter de sa soirée et de cette robe nouvellement achetée, alors autant danser et s´amuser ! Justement une nouvelle musique venait d´être commencée après une pause de quelques minutes destinée aux musiciens.


Je sais ça part un peu dans tout les sens, je me répète pas mal et je ne sais pas si c'est intéressant mais bon voila...
avec un passage écrit avec une rencontre avec les personnages de Silvio

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Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
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Lian Grenfield
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 0:40

La suite car ca rentrait pas en un message:

Spoiler:
L´inconnu resta calme, face à sa réponse et prit sa main, l'entrainant sur la piste. Il ne semblait pas si à l´aise, jetant des regards aux autres danseurs, et tentant d'imiter à peu près la valse. Elle se laissa guider, tentant de lui impulser aussi le bon mouvement, celui en tout cas qu´elle croyait avoir en mémoire. Son pas restait un peu hésitant, mais il s´améliora rapidement... Il passa les premières minutes à regarder ses pieds avant de lever à nouveau les yeux vers ceux que le masque de la jeune femme laissait apparaitre. Il semblait avoir des traits très fins et doux, telle une poupée de cire, magnifiquement crée. Elle eut donc la chance de pouvoir le regarder dans les yeux… miroir de l´âme, d´après les dires, celle du jeune homme semblait légèrement perdue. Etait-il, comme elle, en quête de quelque chose ? Il fut encore une fois celui qui engagea la conversation.
"- Euhm... Vous êtes d'ici...?" demanda-t-il.
L'inconnu au demi-masque laissait apparaitre une grace et une élégance toute féminine, mais rehaussé d'un cote masculin, il était plutôt bon cavalier, ses premiers pas furent hésitant puis il prit plus d'assurance pour la guider lors de la danse. Elle tenta de percer les mystères de sa voix lorsqu'il parla à nouveau, bien plus près de son oreille. La question ne l'étonna pas, on venait de tous les coins du monde pour assister au bal de Venise, c'est pourquoi elle lui répondit:
- Je suis française...
L´inconnu ne semblait pas familier de ce pays, ou alors avait elle mal prononcé ? Etait le bruit de la musique qui avait caché sa douce voix ? Il ne connaissait pas. Malgré son masque, le froncement de ses sourcils laissa imaginer sa perplexité.
"- Française... On m'a dit beaucoup de bien de la Francie... Je viens du Désert."
Elle retint un léger rire lorsqu´il évoqua le nom de la France, sous Francie. Peut être était-ce son interprétation du nom donné à la France dans son pays, ou peut être ne connaissait il pas vraiment le pays Gaulois. En tout cas cela n´avait pas d´importance, il était poli et tentait de se montrer intéressant. Le désert ? Ce fut à son tour de se montrer intéressée.
"- C'est impressionnant cette eau dans les rues..."
- Oui la France est un beau pays, de quel désert venez-vous? Répondit-elle.Venise est vraiment impressionnante, construire une ville sur l'eau...
"- Ilkabehel." répondit-ille, avec assurance. "Nous avons des oasis, mais jamais nous n'avons songé à construire directement sur l'eau...."
Il se mordit les lèvres, un bref instant. Comme s´il avait dit une bêtise ou qu´il se retenait de poser une question. Il semblait hésitant comme un enfant qui veut sans savoir s´il peut demander.

"- Heum, dites-moi, savez-vous, heum..." Il s´arrêta dans sa phrase et elle attendit qu´il la poursuive, mais il changea de sujet du tout au tout.
"Je m'appelle Meccaya. Et vous ?"
Meccaya ? La jeune femme nota le prénom, se promettant d´essayer d´en savoir plus, un prénom magnifique et plein de poésie. Elle lui adressa un sourire qu´il ne pouvait pas voir sous le masque, et répondit.
- Lian Grenfield, heureuse de faire votre connaissance Meccaya. Vous êtes venu spécialement pour le bal, n'est ce pas?
"-Je venais voir la ville... J'ai appris ensuite qu'il y avait le bal. Ca ressemble un peu aux bals de mon pays... Mais nos plats sont différents. D'ailleurs, savez-vous ce qu'étaient ces étranges carrés marrons ?" La musique venait tout juste de se terminer et il y eu une pause avant de passer à la prochaine. Elle s´étonna de sa question, ne sachant pas immédiatement, ce qu´il évoquait sous le terme de « carrés marrons », elle jeta un œil vers le buffet ou elle remarqua les invités qui dégustaient…
- Vous ne connaissez pas... le chocolat?
Elle lâcha un instant sa main et se déroba à son emprise pour filer vers la table chercher deux morceau de chocolat et revenir vers son partenaire de danse, Meccaya, elle glissa un morceau entre ses propres lèvres avant d'ajouter:
- C'est un délice, gouttez... et de lui tendre un bout.
Elle ne voulait pas le brusquer et surtout lui laisser la possibilité de gouter ou pas le met dont il ignorait jusqu´au nom, sachant qu´il était plus facile de tester par soi même avec la quantité que l´on voulait. Il observa le chocolat comme si cela était un étrange médicament. Mais apparemment la voir manger pour prouver qu´il n´y avait aucun risque et que c´était très bon réussit à le convaincre.Il prit le chocolat et goûta.
- "Hm... Sucré... Mais pas mauvais... Vous avez des dattes, ici ? Nous en produisons beaucoup, dans nos oasis.... Elles ne peuvent pas pousser ailleurs, car il n'y a que là-bas qu'il y a l'eau et les arbres. Dans nos montagnes, il n'y a que les sources, mais pas de végétation..."
Elle ne releva pas le fait qu´il parlait encore de l´eau, sachant à quel point elle pouvait être important dans le désert là ou tout y dépendait pour pouvoir survivre en buvant, en cultivant et en élevant. Tout comme les différentes villes occidentales se regroupaient près des mers ou des rivières, telle Paris, New-York, Londres, Göteborg, Detroit, Hong Kong, Bruges, Athènes, Casablanca et bien sur Venise…
Soudain au moment ou la musique changea, Meccaya lui saisit les mains une nouvelle fois.
"Connaissez-vous Anthelme Vanora ?"
Elle se retint de sursauter lorsqu'il lui prit la dextre pour faire une demande si formelle. Quelques secondes avant, il avait regardé autour de lui, comme s'il était poursuivit ou pourchassé, était il un espion au service de sa majesté la reine d´Angleterre? Avait il un secret précieux à garder ?
- Non, je suis désolé... ce nom m'est inconnu
"- Geo Itaaq ? Osëlsis ?.... Vraiment pas ?" Il insistait fortement, tout en lui tenait les mains, et elle s´étonna d´un tel acharnement.
- Je... non... qui sont ils? Pourquoi sont-ils célèbre?
Ille se rapprocher d'elle, en gardant ses mains dans les siennes.
"- Personne ne nous entend, avec cette musique. Vous pouvez parler sans crainte..."
Lian eut soudain un doute. De quoi parlait cet homme? Etait ce un groupe de personnes qu'elle ne connaissait pas... ou une invention de l'inconnu au demi-masque? Et si... s'il était fou?! Elle se recula lentement en faisant signe que non de la tête.
"- Vous a-t-on dit quelque chose sur la source de l'eau de cette ville ?" Demanda-t-ille, toujours sans lacher ses mains, pour qu'elle ne s’enfuît pas. Oui, en effet elle en avait parlé, était-ce si important ? Ou l´homme faisait il simplement une fixation ?
- La source d'eau? Je ne vois pas ce que vous voulez dire... l'eau des canaux vient de la mer... la mer méditerranée... C´est une lagune.
"Méditerranée." répéta-t-ille. "Mé-di-ter-ra-née." Il ferma les yeux. Réfléchissait-il ? Il semblait se concentrer. Peut être pour graver à jamais le nom dans sa mémoire et pouvoir le répéter et l´utiliser plus tard ?
" - Comment puis-je y aller ?"
La nouvelle question la surprit encore une fois, mais elle répondit du tact au tact, cherchant à calmer la pluie de questions et d´inquiétude qui semblait découler du jeune homme. Etrangement maintenant, la musique et les danseurs qui les entouraient ne comptaient plus, seule la conversation et leurs regards plongés l´un dans l´autre.
- Et bien, je dois vous avouez que tu êtes déjà dessus...
- Donc j'ai juste à aller boire l'eau des canaux ?! Non... C'est trop simple... Ca ne peut pas être ça..." Il secouait la tête, visiblement pensif. "Mé-di-ter-ra-née."
Elle coupa sa respiration un instant et serra ses mains. C'était sur à présent, il était fou. Assez fou pour vouloir…
- Boire l'eau de la mer? N'y pensez pas, elle est salée... son gout serait affreux, et vous seriez malade... très malade... de plus, l'eau n'est pas si propre vous ne pouvez la boire ainsi!
- On m'a demandé de boire à la source..." avoua-t-il. "Je suis dans le coma, Osëlsis est venue et... Ah, mais vous devez le savoir, puisque vous êtes là grâce à Anthelme ! Elle a dû vous avertir ! Ou pas... Mh...Enfin, maintenant que vous le dites, je ne sais pas. Vous avez un passé ?"
Visiblement, il ne se souciait plus de passer pour un fou, mais d'obtenir des informations. Qui lui avait demandé de boire à la source? Ses hallucinations? Et de nouveau ce nom qu'elle ne connaissait pas. Une femme apparemment. Elle se demandait comment réagir, s´il était déjà malade ou fou, il ne fallait peut être pas le brusquer… Si seulement Kim van Bergen était là, le médecin aurait certainement pu la conseiller et la guider sur la manière d´agir. Mais non, elle était là seule… Seul au milieu de la foule. Sans personne pour l´aider sans allier. Et il lui semblait qu´il lui manquait quelque chose. Comme une voix dans sa tête pour lui prodiguer quelques conseils d´un ton calme. Pourtant, il continuait ses questions, elle devait donc répondre… Son passé ? Un passé... Devait-elle lui mentir ou lui dire la vérité? Après tout cela ne comptait pas s'il était fou...
- J'ai oublié mon passé... La vérité était finalement sortie... Mais j'en ai un, oui...
Il resta un moment muet, à l'observer, la bouche entr'ouverte par la surprise. Ses mains serrèrent doucement les siennes.
"- Peut-être... Êtres-vous dans le coma, vous aussi. Ou alors, peut-être... En train de dormir... Je... euh... Ne sais pas....." Il baissa le nez. Puis ajouta une nouvelle fois, comme pour confirmer ses propos
"Je dois trouver la source. Peut-être vous aussi... Pour vos souvenirs..."
Elle se figea... ses souvenirs... délirait il encore où... Le coma, elle y avait été mais elle s'était réveillée... depuis déjà plusieurs mois... A moins que tout ceci ne soit qu'un rêve? Se pourrait-il? Non, tout était si vrai! Elle hésitait entre le prendre pour fou ou le croire sur parole.
- La source? La source de quoi?
Il releva le nez pour lui parler. Quelque chose avait changé, elle s´était décidée ! A risquer le tout pour le tout, à le suivre dans son semi-délire et à l´aider. S´il avait été mit sur son chemin c´était pour une bonne raison, il fallait qu´elle trouve une solution avec lui ! Ce n´était certainement qu´une étape sur le chemin de son voyage.
"- La source. Depuis quelques... Je ne sais pas si ce sont des heures ou des jours... Mais je cherche la source d'un cours d'eau. Il semblerait que ce soit celui-ci. La... Méditerranée... La mer... Elle est juste aux portes de la ville ?"
Elle lui répondit en tentant d´être claire et compréhensible.
- La méditerranée? C'est une mer... vous venez du désert, le concept est peut être dur à saisir, mais sa source est multiple, elle vient de partout, de différents pays, de différentes montagnes... Mais après tout le cycle de l'eau fait que la source de cette eau est partout...
Elle posa sa main sur la poitrine du jeune homme.
- L’eau qui compose votre corps, dans dirons nous une semaine, sera peut être une partie de l'eau qui coulera dans la méditerranée vous, nous sommes la source de l'eau, la source de toute chose, car nous sommes une partie de la nature... Le cycle de la vie est ainsi fait pour que nous soyons tous liés...
Il repoussa sa main bien avant qu'elle ne touche son torse, mais elle ne s´en formalisa pas. Il rattrappa la main qui avait tenté de s´echapper et la reprit dans la sienne.
- "vous êtes ici depuis longtemps ?"
Encore une fois leur conversation prenait un tour délirant alors qu´il changeait totalement de sujet, suivant certainement le cours de ses pensées, mais laissant Lian sur le côté sans lui expliquer son raisonnement. Vivre constamment à côté de lui devait être éprouvant et en même temps passionnant, on ne savait jamais à quoi s´attendre, ses réactions et changement d´attitudes semblaient imprévisibles !
- Ici à Venise? non...
"- depuis une semaine ?"
- moins...
Leur discussion allait elle tourner au jeu des devinettes ?
"- Je ne sais plus ce que je dois faire..." confessa-t-il, avant de se pousser pour ne pas se faire écraser par un danseur. Ses yeux avaient perdu leur flamme, il semblait soudainement abattu... Elle s´en inquiéta. Hors de question que le jeune homme perde sa foi et sa joie de vivre ! Pas au moment ou elle se décidait à l´aider et le prendre ne charge pour qu´il réussisse sa mission ! Elle lui proposa donc
- Voulez vous sortir dehors? L’air frais vous fera sans doute du bien? Etes vous venu seul ou avec des amis?
"Seul... Quelques minutes à peine... Avant de vous voir." Il lacha ses mains. "Allons ailleurs..."
Quelques minutes? Que racontait-il? Elle hocha cependant la tête et passa devant lui pour s'éloigner de la foule et trouver un endroit plus calme. Elle retira son masque en sortant de la salle, oubliant les cicatrices, elle avait tout simplement besoin de respirer à l´air libre. S'engageant dans un couloir étroit et encombré de personnes, elle lui attrapa le poignet pour qu'il puisse la suivre et se glissa entre les personnes. Il se laissa entrainer, sans résister. Elle le guidait... jusqu´à ce qu´il l´interpelle.
"Mademoiselle..."
Elle l'entendit l'appeler, mais elle ne s'arrêta que dans la cour intérieure, où ils auraient un peu plus d'espace pour respirer et parler, elle se tourna alors:
- oui?
" - Mademoiselle vous... Ne vous souvenez plus de vos parents, n'est-ce pas ?"
La question entra tel un couteau dans son cœur. Pourquoi une telle question? Qu'avait elle fait pour mériter cela? Le désert puis l'eau... ses questions ne semblaient pas avoir de liens logiques entres elles. Pourtant étonnamment, elles semblaient la toucher au plus profond. Mais pourquoi? Comment répondre à une telle question? Etrangement, toute son énergie positive semblait avoir brusquement baissée, comme si elle se retrouvait dans un monde noir et sans issues. Ses parents? Elle ne répondit pas tout d'abord... Mordant sa lèvre inférieure pour contenir ses pensées tristes.

- Je... pas vraiment... c'est...
Il reprit une de ses mains dans la sienne. Elle était encore chaude. Il la fit s'asseoir sur un petit banc de pierre.
" - Si cela ne vous gêne pas... J'aimerais que vous me parliez d'eux..."
Mais que voulait-il à la fin? Il semblait tenter de trouver un sujet de conversation qu'importe lequel pour la faire parler. Elle le suivit pourtant pour s'assoir sur le banc et s'assit. Elle aurait aimé que l'échange soit réciproque, mais après tout, n'était ce pas une étape de son voyage que l'on mettait sur sa route? Et si c'était seulement un défi qu'on lui lançait? C’était peut être le moment de poser des mots sur ses sentiments? Il fallait qu'elle se lance...
- Je... j'ai été adoptée... quand j'étais très jeune, mes parents adoptifs étaient des gens extraordinaires... malheureusement je ne me souviens plus vraiment d'eux, j'ai été dans le coma, et la mémoire... s'est effacé, amnésie... je ne me souviens même plus de mon frère...
Sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration qui s'accélérait... Elle revoyait les quelques images qu'elle avait d'eux, se reprochant de les avoir oublié, effacé de sa conscience, alors que pour continuer à vivre, ils avaient besoin d'elle et de ses souvenirs. Elle se sentait prête à pleurer mais tentait de retenir ses larmes. Meccaya passa un bras autour de ses épaules.
"- Ca doit être dur pour vous... Mais... Vous les avez revus après votre coma ?" sans pitié, il remuait le couteau dans la plaie, mais elle ne le remarquait pas, trop plongée dans son désespoir et sa tristesse. Elle secoua la tête, reniflant et s'accrochant soudain au vêtement du jeune homme. Non, ils... ils sont... morts... Une larme glissa sur sa joue tandis qu'elle laissait échapper sa peine. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Ses yeux fixaient avec avidité les larmes.... Il gardait ses bras autour des siens, certainement pour la consoler.
"Mademoiselle..."Il semblait vouloir ajouter quelque chose, mais s´interrompit encore. Puis Meccaya cacha ses yeux ses cheveux. Elle pleura encore plus au mademoiselle, le souvenir de son frère venait de rejaillir dans son esprit, soudain il lui sembla se souvenir... un sentiment de déjà-vu, elle avait déjà vécu cette scène, son frère la consolant... mais son frère n'était pas là... Il lui semblait qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps. Des larmes, des larmes, elles semblaient couler à flots sur ses joues rougies. Soudain sans avertissement il se penchant doucement, comme pour biser sa joue... Sauf que le baiser fut surtout une léchouille, qui récupéra l'eau de ses yeux. Il la serra plus fort encore contre lui.
Sentant soudain une... langue?! Contre sa joue, Lian tenta de s'éloigner, mais la force du jeune homme la retenait. Elle balbutia.
Qu'est ce que... qu'est ce que vous faites? Le doute la reprit: et s'il était fou? Complètement zinzin! Elle se tortilla pour se débattre tout en cherchant une explication. Ille soupira, mais ne relâcha pas son étreinte.
"- Rien, je testais".
Sa voix semblait triste, elle le regarda tout en reniflant doucement. Et si… c´était peut être une coutume de son pays ? L´avait elle blessé en refusant cette coutume ? Elle aurait voulu s´excuser mais les mots eurent du mal à sortir.


Des larmes aux rires... on passait des jardins à la mer. Ils s'étaient finalement réconcilié et s'étaient décidé à changer d'endroit. Lian se laissant guider tout en considérant que les pratiques culturelles du jeune homme étaient bien étranges et intéressantes. Celui-ci avait exprimé le désir de se rendre à une plage, pour voir la mer, ce à quoi elle l'avait emmené prendre un taxi-bus, qui les avaient d'abord emmené jusqu'à l'île de Murano, célèbre pour son soufflage et façonnage du verre. Puis après ce rapide saut, ils arrivèrent enfin sur l'île du Lido et purent joindre la plage. Magnifique étendue de sable qui s'allongeait sur plusieurs kilomètres. Ils s'assirent côte à côte sur le sable, se protégeant mutuellement du petit vent qui soufflait. Face à la mer, respirant les effluves de l'eau salée.
"Le désert te manque?"
Il s'assit près d'elle après avait bu l'eau de la méditerranée. Il était toujours là. Il ne semblait plus avoirgoût à rien, même à admirer la mer. Il l'avait d´abord admiré, puis avait tenté de la gouté et avait surement été dégouté, chaque vague semblait maintenant une onde de déception qui s´enfonçait dans son cœur comme un poignard. Il semblait avoir tant espéré de la mer... Et elle n'avait plus aucun attrait, surement regrettait il ses vagues de sables. Le ronronnement des vagues semblait un requiem qui berçait les deux jeunes gens en cette heure matinale.Il se tourna lentement vers elle, le regard un peu vitreux avant de répondre d´une voix qui semblait à Lian encore plus emplie de détresse. Dire qu´elle l´avait emmené ici pour se faire pardonner et tenter de le consoler…
"- Il me manque... Mais tout me manque. Et surtout... Les gens que j'aimais..."
Il soupira.
- Moi, aussi... j'ai perdu ceux que j'aimais, je comprends la douleur dans votre cœur, mais vous les retrouverez... il vous suffit juste... elle se rappela les paroles qu'on lui avait dites... De suivre le bon chemin, votre chemin... Elle posa une main rassurante sur son épaule
Il regarda la main.
"- Je voudrais bien, vous savez..." Il se rapprocha d'elle, et posa sa tête sur ton épaule. Et elle le laissa poser sa tête sur son épaule, il semblait fatigué, comme par un trop long voyage auquel il ne trouvait plus de but à atteindre.
- Oh, regardez... On voit l'aube qui pointe... Cela promet d'être magnifique!
Il leva un peu le nez... Puis ferma les yeux. Fatigué de sa soirée certainement. Il murmurera:
"Vous, avant de mourir, vous feriez quoi ?"
La question la surpris encore une fois, mais elle fit mine du contraire, pour répondre calmement.
- Je... je crois que... je tenterais de revoir les miens, et... si je ne pouvais pas...
Elle passa son bras autour des épaules de Meccaya et le chatouilla, elle profita du fait qu'elle le tenait pour lui chatouiller les cotes gentiment et le faire rire.
- J’en profiterais pour m'amuser une dernière fois!
Il avait frissonné en sentant les bras autour de lui, mais ne l´avait pas repoussé. Sauf qu'elle avait trouvé quelque chose d'imparable: les chatouilles. Il se trémoussa, ricana, tenta de la repousser, avec un "arrêêhéhéhéhéte" pas vraiment convaincu... Elle vit que cela marchait, un sourire venait de renaitre sur les lèvres du jeune homme. En profitant, elle continua, tandis que le soleil s'élevait lentement de la mer. Elle se mit aussi à sourire, le rire du jeune homme étant communicatif. Il réussit enfin à se contrôler à nouveau, et aussitôt bondit sur son adversaire, la colla au sol, vint à califourchon sur elle, et la chatouilla sauvagement !
Elle fut soudain sur le dos, coincée et chatouillée, tentant de se dégager en riant, elle ne put que fondre en éclats de rire au point d'en pleurer et d'avoir mal aux abdominaux.
Il riait aussi, de la voir rire, et d'avoir l'impression de sentir encore ses doigts le chatouiller. Mais soudainement sur Lian, il n'y eut plus personne...
Elle faillit s'étouffer de rire, tellement elle s'amusait et se sentait bien... mais lorsqu'elle se calma et ouvrit de nouveau les yeux en essuyant les larmes qui coulaient... elle ne trouva plus personne sur la plage. Où était il partit? Elle avait beau regarder partout personne... sauf le soleil qui continuait son ascension. Disparu! Tout simplement...

Elle apprit en plus quelques jours plus tard que le carnaval de Venise n’avait jamais lieu à cette période de l’année mais avant le carême bien entendu. Plus précisément au cours des douze jours avant Mardi Gras. Tout ceci n’avait il été qu’une illusion ? Et l’inconnu de son rêve avait il trouvé sa source ? Ce dernier lui rappelait maintenant malgré elle le Petit Prince de Saint-Exupéry, il n’en avait certes pas le physique, mais il semblait que lui aussi soit apparu dans le désert et ai disparu sur une étendue de sable… Lui aussi avait un rire magnifique, et semblait voir le monde sous un jour différent et bien particulier, comme un enfant qui aurait gardé l’esprit ouvert et ne se serait pas enfermé dans le monde des adultes. Elle non plus ne voulait pas, ne voulait plus être une adulte responsable et normale. Elle voulait voyager dans les étoiles, voir du pays et se sentir à nouveau vivante.

Elle retourna à l’hôtel complètement déboussolée et fatiguée. Le soleil s’était levée lorsqu’elle se coucha, après avoir retirée sa robe et s’être enroulée dans les couvertures, elle dormit jusque tard dans l’après-midi. Elle se réveilla encore plus perdue que jamais, elle tenta de faire le point sur ce qu’elle avait vécu, mais elle avait beau se souvenir de tout… tout cela lui semblait si fantaisiste et absurde… Elle décida de mettre cette historie de côté, et de ne pas s’en soucier. Meccaya semblait être content et elle espérait que tel le petit prince il ait retrouvé la source de son bonheur, sa rose. Elle ne verrait plus jamais le désert comme avant… D’ailleurs, oui, elle avait vu bien trop d’eau. Maintenant, elle voulait partir dans un pays encore plus chaud et connaître la douce torture du soleil brulant qui lèche la peau et la brule doucement. Mais avant cela, elle voulait passer noël en Grèce, là où l’eau est plus bleue que le ciel et où la vie est calme et paisible. Elle prit le temps d’écrire son aventure de la vieille dans son journal, se disant qu’elle trouverait peut être une des clés du mystère plus tard en relisant. Puis, elle prépara son sac pour un prochain départ direction Athènes, la ville symbole des dieux de la mythologie antique. Elle survola la Méditerranée tout en se demandant si elle pourrait un jour apprendre à piloter un avion. Elle s’imaginait déjà prendre des cours de vol sur un petit coucou qui tremblerait à chaque rafale de vent. Contrairement à ses habitudes, arrivée sur place elle se décida à vivre chez l’habitant, car cela coutait moins cher et semblait bien plus intéressant. Pouvoir partager la vraie vie des grecs et mieux comprendre leur culture. Ne pas simplement être une touriste. Elle s’installa donc dans une petite famille charmante qui fut heureux de discuter avec elle dans un français approximatif mais compréhensible. Elle partagea ses recettes de cuisine et leur appris quelques plats et ils firent de même, elle leur montra des photos de Londres, Rome et Venise et ils lui conseillèrent de visiter Delphes, les Météores (lumières dans le ciel en grec), ainsi que Le Pirée, Corinthe et Argos, qui étaient les villes les plus proches et selon eux les plus riches à découvrir. Elle leur laissa certains des livres qu’elle avait eu le temps de finir, et ils les acceptèrent avec joie, lui offrant en retour un bijou à œil de cyclope. Elle passa la journée suivante à arpenter la ville, montant jusqu’au Panthéon, pour admirer la vue et visiter.

Le vent frais qui soufflait sur les hauteurs de la ville mirent les cheveux de Lian en bataille et lui permirent de réfléchir au grand air. Elle avait besoin de s’isoler un peu, lorsqu’elle quitta les lieux touristiques pour se perdre dans les rues de la ville. Marcher lui fit du bien, elle ne revint que tard le soir, une fois sure d’avoir fait le tour complet de la cité et de tout ce qui devait y être vu. Le soir venu, elle se plongea dans la lecture de plusieurs sites concernant la mythologie grecque et égyptienne. Passant de Zeus, à Hadès, d’Apollon à Aphrodite, d’Héra à Thésée, d’Héraclès à Dionysos. Puis suivant les histoires d’Iris et d’Osiris, celle de Bastet, de Ré, Seth, Horus, Anubis… L’Egypte était un pays qui la fascinait littéralement, cependant l’hiver n’était la meilleure saison pour se lancer dans la l’ascension des pyramides et des 4000 ans d’histoires qui contemplaient le pays dont la crue du Nil avait fait vivre une civilisation riche et puissante. Non, elle ne se sentait pas d’aller dans le département d’égyptologie du Louvre pour le moment, il lui fallait vivre un peu avant d’aborder les momies du passé, et de pouvoir renaitre. Et surtout, le souvenir de cet inconnu du désert la hantait encore. Elle laissa donc ses quelques affaires chez ses nouveaux amis et prit une semaine pour visiter les quelques villes aux alentours, s’attardant surtout à Delphes, qui pour elle avait un parfum particulier, l’histoire de la Pythie l’aillant touchée, et les différents monuments encore visibles lui semblèrent un bon point de départ pour reprendre le dessin. Elle passa donc plusieurs après midi à photographier et dessiner les vieilles pierres, cherchant un angle particulier ou un reflet de soleil qui donnerait un éclairage jusque là passé inaperçu. Il lui sembla enfin être en vacances, elle se levait à l’heure qu’elle voulait, profitait de ses journées et pouvait méditer tout en crayonnant sans que personne ne vienne la déranger. Que rêver de mieux ? Si ce n’était quelques degrés de plus. Elle en oubliait presque le « monde réel », lorsque Jane qui tentait de la joindre depuis plusieurs jours réussit à la faire décrocher son portable. Elles parlèrent au moins une heure, cette dernière lui ordonna gentiment de revenir pour passer les fêtes avec elle, ce à quoi notre jeune rebelle répondit par un grognement d’ours en hibernation, ce qu’il fallait traduire par « je verrais mais merci de l’invitation ». En effet la fin d’année approchait à grand pas, et pourtant il lui semblait ne pas avoir vraiment avancé.

Mais je dois aussi vous parler des météores, ces monastères suspendus en apesanteur dans les airs, ou presque. Une habitation et un lieu de culte dressé sur un piton rocheux, pour y accéder le chemin n´était pas simple, plus que par le passé certes… On ne devait plus utiliser de petites plateformes qui étaient accrochées à d´incertaines cordes, ou utiliser un système de poulies pour faire ascenseur. Non, tout cela avait été dans un sens modernisé. Plus question pour les touristes de se séparer de leur voiture, car touristique ou camping-car… cependant les visiteurs se devaient de respecter une tenue dite « correcte », autrement dit, les femmes se devaient de couvrir leurs bras, et de porter des robes, au dessus de leur pantalon si elles préféraient mais tout de même… De quoi donner de bon fou rire, sur les motifs des robes prêtées pour pouvoir entrer et visiter. Comment ne pas s´impressionner des idées et des challenges relevés par nos ancêtres ? Avec leur peu de moyen, ils ont réussit à construire les pyramides d´Egypte, ils ont dressé des temples magnifiques pour le Panthéon des dieux grecs, ils ont pu dresser des monastères là ou personne n´aurait pensé s´installer… Quels miracles le futur nous réserve donc ? Nous avons déjà posé un pied sur la Lune, pourtant si éloignée…

Plus, elle regardait le cadeau qu’on lui avait fait, plus il lui semblait qu’elle devait tenir une réflexion logique sur le fait que : son voyage n’avait absolument pas aboutit, et même s’il lui semblait retrouver certains souvenirs, elle se sentait encore perdue et sans passé. Traverser différents pays était pourtant le meilleur moyen d’en apprendre plus sur elle-même, d’avoir une vision différentes des choses, de ne pas se concentrer sur un point de vue, mais au contraire d’agrandir sa culture, faire des rencontres pour graver de nouveaux souvenirs dans sa mémoire toute fraiche. Elle avait soif d’apprendre et de découvrir, encore et toujours… Il lui semblait qu’elle courrait après son frère tandis que celui-ci s’échappait encore et toujours, mais après tout le monde est si vaste… Cherchait-elle vraiment sa famille, ou était-elle à la recherche d’elle-même ? Prenait-elle ce prétexte pour pouvoir quitter le nid et voler de ses propres ailes ? De tout temps l’homme n’à cessé de courir après lui-même… Elle ne faisait que suivre ses souvenirs, elle était partie à leur suite, pour faire sa propre introspection. Cela marchait déjà un minimum puisqu’elle s’était mise à l’écriture et avait pu reprendre sa passion d’adolescence qu’était le dessin. Elle s’y améliorait même de jours en jours. Certains y verraient là immédiatement un signe de ses souvenirs, Lian pensait plutôt que seule la répétition des mouvements avait gravé dans son cerveau l’apprentissage des gestes, tout comme elle avait appris à faire du vélo et à conduire, il lui avait seulement fallu réactiver doucement cette habitude du crayon entre ses doigts.

Mais l’avertissement de son amie, lui avait remit un peu les idées en place, elle se décida à rentrer sur Athènes, offrit quelques uns de ses plus beaux dessins à ceux qui l’accueillaient encore une fois les bras ouvert, lorsqu’ils lui proposèrent de passer Noël avec eux, elle accepta avec joie et rappela Jane pour lui annoncer que ce serait peut être pour l’année prochaine mais pas ce vingt-cinq décembre, qu’elle passerait la soirée avec elle. Cependant, elle lui envoya un magnifique présent, composé en partie de mets grec, d’un bijou de Murano, deux dessins et un vieux livre trouvé chez un antiquaire, elle savait grâce à ses quelques souvenirs et à ce qu’elle avait compris, que le titre plairait beaucoup à la jeune femme. De plus c’était une édition signé du livre Ap. J.-C., de Vassilis Alexakis sortit en 2007. Le roman avait reçu le Grand Prix du roman de l'Académie française. Lian s’était amusé à voir qu’elle pouvait trouver en Grèce un livre en français signé. L’ouvrage était soigné et en bon état mais l’on sentait qu’il avait traversé une multitude d’épreuves et était passé entre diverses mains, avant d’atterrir dans un colis, serré entre une boite contenant une moussaka, des feuilles de vignes et des loukoums. Non aucun doute, ce livre avait sa propre histoire, mais il se tairait à jamais et ne la révèlerait à personne, restant muet comme une tombe, se laissant simplement ouvrir pour raconter une autre histoire, celle voulu par son auteur.

Lian quand a elle, s’acheta une version numérique du livre Middlesex de Jeffrey Eugenides, et se laissant porter par une citation d’Alexakis « Ne vous dérangez pas, le temps ne fait que passer », passa les journées suivantes à flâner ou à lire son nouveau coup de cœur littéraire. Plus connu pour Virgin Suicide, l’auteur transportait cette fois-ci ses lecteurs dans un univers bien différent, plus particulièrement, il articulait son roman entre la Grèce et une ville du Michigan aux Etats-Unis, Detroit, à prononcer Ditroy. Le lecteur partait du cocon, berceau des ancêtres du narrateur-héro, jusqu’à affronter le défi du « melting plot » américain et de l’intégration. On s’attache forcement un peu à Calliope, ou belle voix, cette muse de la poésie et de la grande éloquence qui prenait dans le récit les trait d’une hermaphrodite. Le soir de la naissance du Christ, elle accompagna la famille qui l’hébergeait à la messe de Noël, tenta de chanter les mêmes chants qu’eux, tout en s’émerveillant de ce qui l’entourait. Tous semblaient si heureux, noël n’avait pas le côté si commercial de l’Europe de l’Ouest, moins en tout cas. On ressentait les vraies valeurs, celle de pouvoir retrouver sa famille autour du sapin pour partager un bon repas, qui finissait forcement par des kourabiedes, des biscuits sablés à l'orange. Chacun reçu un cadeau et ils se firent une accolade se remerciant du présent et de la surprise faite. L’enfant de la maison fut gâté, mais ses parents étaient récompensés par la joie dont il animait la maison, sautant partout, testant ses nouveaux jouets et s’amusant comme un fou, faisant résonner les murs de ses éclats de rire. La jeune femme prit de nombreuses photos, Jane le lui avait d’ailleurs exigé pour qu’elle prouve avoir passé un bon noël et ne reste pas seule à se morfondre… Comme si cela avait pu faire partit des plans de la voyageuse.

Elle quitta la Grèce la veille du jour de l´an pour regagner la France, censé atterrir à Paris l´avion dû finalement se poser à Marseille pour cause de problèmes techniques, autant dire que la jeune n´eut plus aucune envie de reprendre un moyen de transport volant. Profitant d´un bus, elle décida de changer d´année à Carcassonne. Un petit bijou de ville fortifiée qui avec ses lumières rendait un mélange d’ancienneté et de modernité. Voulant passer la nouvelle année accompagnée, elle se décida à loger dans une auberge de jeunesse. L’avantage c´était bien entendu le prix, le fait de vivre en communauté et l´emplacement assez bien situé du bâtiment. Dans sa chambre logeait aussi trois autres personnes, deux sœurs jumelles et un jeune homme de vingt deux ans. Elle sympathisa assez rapidement et tous ensemble ils décidèrent d´aller au restaurant dans la cité et de fêter ainsi cette nuit exceptionnelle. Les deux jeunes femmes étaient natives de la ville et leur faire faire un tour, indiquant les meilleurs endroits, ceux cachés qui n´étaient pas toujours vu par les touristes. Puis ils allèrent s´installer dans un petit restaurant qui ne payait pas de mine mais qui leur offrit un menu succulent et au prix plus que raisonnable. Leur nuit se termina vers deux heures du matin, lorsqu´ils rentrèrent tous les quatre pliés de rire sous les blagues et histoires cocasses racontés par chacun. Le lendemain après-midi, après une grasse matinée méritée, ils échangèrent leurs adresses mails, les photos prisent par Lian la veille et se séparèrent en promettant de se donner des nouvelles.

La boussole de la parisienne semblait bloquée sur le Sud. Elle s´était décidée à partir en Espagne, par car encore une fois. Pendant le voyage, elle rédigea une nouvelle fois son journal. Ajoutant une petite partie sur la couverture pour résumer en deux mots ses impressions sur le pays ou la ville dans laquelle elle s´était arrêtée.
Londres : pluvieux et multiculturel
Rome : envoutante et artistique
Grèce : calme et mystique
Carcassonne : un bijou dans un écrin de fortifications
Espagne :
Elle laissa un espace vide, pour compléter plus tard. Elle arriva très tard le soir, et pourtant certains restaurants étaient encore ouverts… La manière de vivre des espagnols. Certes, ils ne faisaient pas la sieste comme en plein été lorsque la température montait jusqu´à quarante degrés sans difficultés dans le Sud. Pourtant, l´hiver n´était pas une raison suffisante pour empêcher les espagnols de faire la fête jusqu´à des heures impossibles. Heureusement Lian comprenait l´espagnol et savait plus ou moins s´y exprimer, la vie de tous les jours était donc facilitée. Pas besoin de forcer les gens à passer à l´anglais, quitte à les faire grimacer et grogner de mécontentement, il suffisait d´écouter attentivement, de répondre lentement et du mieux possible. Les gens restaient compréhensifs du fait que s´exprimer dans une langue étrangère était difficile et ne relevaient pas les fautes… Du moins pas en face à face, peut être cela alimenteraient juste les nombreuses blagues concernant la France et les français. Dans la première librairie croisée à Barcelone, la jeune femme acheta un livre dont le vocabulaire lui semblait accessible pour son niveau d´espagnol et se mit immédiatement à sa lecture, tout en consultant un guide des différents sites touristiques. Mais, elle changea rapidement de ville, après avoir fait un tour dans la Sagrada Familia, trouvant qu´il y avait un peu trop de touristes, elle se força toutefois à passer par Madrid, puis elle descendit Valence, Grenade, Malaga, Cordoue, Séville et Cadiz. Ce qui l´impressionna le plus fut sans doute, à part la cuisine, la décoration des églises. Les espagnols avaient réellement dépensé beaucoup pour construire, décorer et garder en état leurs lieux de culte, entre dorures, peintures et marbres d´origines diverses, chaque église était une nouvelle découverte. Les tapas étaient aussi de petites merveilles, chaque fois au gout surprenant et tentant. Les espagnols et leur joie de vivre était un plaisir.

Elle fit aussi un saut au Portugal à Lisbonne, prenant un train et arrivant dans la gare dont les murs étaient couverts d´azulejos, une spécialité dont la couleur bleue de ces carreaux de faïence assemblés sur des murs, par exemple ceux de la gare. D´inspiration moresque, ces azulejos représentatifs changent totalement la façon de voir un lieu de passage destiné uniquement à être fonctionnel. Lian s´attarda à son arrivée, perdant son temps dans la contemplation béate des personnages représentés. Elle resta peu au Portugal, mais en profita tout de même pour aller à la pointe ibérique de l´Europe, ou en d´autre mots l´endroit le plus à l´Ouest de l´Europe. Croisement de l´Atlantique et du début de la Méditerranée, l´endroit était venteux au possible, au point qu´il en était presque impossible de marcher normalement ou de rester debout. Mieux vaut ne pas se faire une permanente avant d´y aller… Ce serait jeter l’argent par les fenêtres.

Pendant ce mois et demi passé dans la péninsule ibérique, elle se régala de fruits de mer et de poisson au Portugal, ainsi que de pastéis de nata, des pâtisseries délicieuses ! Et de paellas, de tortillas ainsi que de churros. Autant dire qu´elle prit surement un bon kilo… Heureusement qu’elle marchait beaucoup, dépensant ainsi son énergie et les calories gagnés à chaque repas. Pourtant, il lui semblait qu´elle n´était pas encore arrivée tout à fait au Sud de son voyage, elle voulait visiter le Maroc, pays francophone et proche de l´Espagne, puisqu´il suffisait de traverser la mer. Elle hésita à partir seule, sachant qu´une voiture lui aurait été nécessaire pour traverser le pays. Finalement, elle opta pour tenter l´expérience de l´agence de voyage, qui organiserait tout et s´occuperait des détails techniques. Le programme était simple et commun. Arrivée à Tanger, détour par Tétouan, puis direction Fès et Meknès, Casablanca, Safi, Marrakech, Ouarzazate et enfin Tagounite pour faire une incursion dans le désert… Peut être cherchait elle inconsciemment Meccaya… Peut être aurait elle une chance de le revoir ? Il avait certes parlé d’un autre désert, mais il avait disparu tellement rapidement, que le voir réapparaitre de la même manière ne la surprendrait même plus. Ils repartiraient en avion de Rabat. Après être passé dans la dernière des quatre villes impériale du Maroc.

Seulement le voyage ne commençait pas avant une semaine, elle profita donc de son temps libre pour s’installer dans une petite ville tranquille, dessiner tout la journée, aller à la piscine et lire. Occupations totalement banales et si reposantes, seulement le soir elle en profitait pour discuter avec Jane sur internet. La directrice la remit à jour sur tous les points important, lui expliquant ou plutôt lui apprenant tout ce qu’elle avait oublié, Lian ne pouvait qu’admirer cette femme de confiance, qui semblait faire un travail de titan à elle seule et ne jamais s’arrêter. Elle se sentait aussi coupable, sachant qu’elle aurait du être là pour l’aider et la conseiller, cependant elle ne se sentait pas les capacités de la soutenir pour le moment, sachant qu’elle la retarderait forcement. Non, définitivement pour le moment elle ne pouvait être qu’un boulet à la cheville de Jane, dans son travail en tout cas. Les deux femmes parlèrent donc boulot, mais aussi vacances, puisqu’elles se racontèrent leurs noëls et nouvel an respectifs, comparant leurs expériences. Jane évoqua aussi les souvenirs commun qu’elle avait avec Lian, lui racontant quelques fêtes qu’elle avait passé avec la famille Grenfield, la jeune femme, elle, ne pouvait qu’écouter en silence et en réfléchissant. Aucun souvenir. Pas une seule trace de ces moments passés. Elle en avait certes retrouvé quelques uns, mais le reste de sa mémoire restait un énorme vide, un grand trou noir qui absorbait tout. Un point d’interrogation qu’il semblait impossible d’effacer seule. Cependant, elle ne s’en inquiétait pas trop pour le moment, malgré l’insistance de Jane pour qu’elle consulte un médecin, elle disait connaître des spécialistes qui seraient ravit de la prendre en charge et d’étudier son cas, pourtant Lian n’en avait que faire, refusant d’aller consulter pour ce qui pour l’instant n’avait pas réellement d’impact trop important sur sa vie. Son passé était certes brouillé et introuvable, mais il lui restait l’avenir ! Jane s’enquit aussi de toutes les modalités de son voyage dans l’ancienne colonie française. Serait-elle bien prise en charge ? Avait-elle des vêtements qui conviendraient ? Avait-elle de la crème solaire? Lian la rassura rapidement, au mois de février, le temps n’était pas si chaud, et oui elle avait tout prévu, le reste serait organisé par l’agence de voyage. Faire de l’exercice, par des joggings tous les matins et des longueurs de piscine permirent à Lian de perdre un peu les kilos prit, sachant qu’elle craquerait forcement pour les pâtisseries marocaines, vu son palais sucré.

_________________
Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
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Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 10:43

Ecrit hier:

Spoiler:
Chapitre 4 : un nouveau continent

Le premier point de rendez-vous se situait dans un port au Sud de l’Espagne, ou la cinquantaine de touristes ayant réservés se retrouvèrent pour prendre tous ensemble le bateau qui les mèneraient de l’autre côté, sur la côte, toujours dans l’Union Européenne, car sur une partie de terre espagnole, avant de traverser la frontière. Les participants du voyage se présentèrent tous, quelques groupes étaient déjà formés, par des amis voyageant ensemble, ainsi que quelques couples d’amoureux. Tout d’abord l’ambiance sembla froide, chacun restant dans son coin, papotant avec l’ami embarqué dans l’aventure, observant certainement la jeune femme au visage défiguré qui s’était décidé à partir dans le désert, chuchotant sans doute qu’elle ferait mieux de ne plus prendre de risque, se demandant si elle était casse-cou ? Lian se décida à les ignorer pour le moment, se plongeant dans un nouveau livre et ruminant intérieurement que si elle était si insensible à sa propre sécurité elle ne prendrait pas un voyage organisé pour visiter un pays. Elle se renferma sur elle-même jusqu’à… jusqu’à ce que l’un des jeune adulte d’un groupe d’étudiant à l’air maladif se retrouve prit d’un terrible mal de mer. Il semblait vraiment en souffrir, et la plupart des personnes tentèrent de l’aider ou se contentèrent de le regarder tout en cherchant une solution. Lian leva les yeux de son livre et finit par le fermer, puis se dirigea vers le jeune homme. Grâce à son récent passage à Venise, elle avait apprit à apprivoiser les bateaux et leurs caprices avait même appris quelques petits trucs pour les personnes qui rien qu’à l’idée de monter sur une embarcation flottante étaient malades. Ses camarades ne semblaient pas enclins à l’aider, et c’était le rire plutôt qu’une solution concrète qu’ils lui apportaient. Lorsqu’il ressortit des toilettes, avec un teint plus proche du vert-jaune que de ce qu’il aurait dû, elle lui attrapa le bras et le tira vers le côté bâbord du ferry. Le tirant à l’écart de la foule, elle commença par le rassurer d’une voix calme.
- Bonjour, je suis française et vous ?
Elle attendit quelques secondes, voulant vérifier qu’il n’était pas étranger, dans ce cas là, elle aurait parlé anglais, cependant elle avait cru entendre ses amis murmurer en français. Le jeune homme, qui devait avoir le même âge que Lian hocha la tête, il semblait craindre d’ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit. Cela arrangeait la jeune femme, premièrement elle pourrait parler sans se faire ennuyer, deuxièmement elle serait sure qu’il ne dirait pas de bêtises ou la contredirait. Elle se plaça du côté de la proue, pour que le jeune homme dirige son regard vers leur point d’arrivé lorsqu’il la regardait, et aussi pour que le sens du vent lui permette d’éviter tout problème s’il se remettait à vomir.
- J’ai un peu navigué ces derniers mois… Alors laissez-moi vous donner quelques conseils, d’accord ? Tout d’abord vous aller essayer de penser à autre chose qu’à ce mal de tête et à votre estomac retourné. Vous avez assez mangé avant de monter sur le bateau ? C’est souvent l’erreur que font les gens, ne pas manger pour ne pas être malade, mais c’est le contraire.
Elle l’avait entrainé jusqu’à ce qu’il s’éloigne suffisamment des autres passagers pour ne pas être ennuyés, et aussi car il était assez fréquent de passer le mal aux autres, le mal de cœur est très contagieux, surtout dans des espaces clos. Elle lui lâcha le bras pour qu’il puisse s’appuyer sur la barrière qui les empêchait de sauter dans l’eau bleue de la méditerranée. Ils étaient maintenant vers le centre du ferry, où l’amplitude des mouvements était moindre. Tout en continuant de parler, elle détacha l’un des bracelets qu’elle s’était acheté dans une petite boutique, et l’accrocha au bras du jeune homme tout en expliquant.
- Si c’est la première fois que vous allez en mer, vous auriez du prendre quelques précautions, heureusement ce mal peut se soigner assez facilement. L’une des méthodes est de porter certains bracelets très spéciaux, qui agissent sur les points de circulations et aident à combattre l’angoisse, les vertiges et le trac, ainsi que le mal de mer bien sur. C’est de la médecine chinoise, vous connaissez l’acuponcture ?
Elle lui avait saisit les poignets à nouveau pour appuyer sur les points sensibles par de petits mouvements de massages. Le jeune homme ne semblait pas aller beaucoup mieux, mais au moins il respirait l’air frais et récupérait un peu. Elle conseilla encore.
- Il vous faut fixer l’horizon, tenter de trouver un point fixe, dans le sens de navigation, vous savez ce n’est pas pire qu’un mal des transports en voiture, le tout est de limiter le fameux « conflit neuro-sensoriel » qui déclenche les symptômes. Tout cela n’est en fait qu’une question de cerveau.
Le cerveau, guide de notre pensée et contrôle de notre corps. Mais pouvait-on l’influencer ? Oui, maintenant avec des illusions, des sensations physiques… Le cerveau recelait encore pleins de mystères, mais chaque jours les scientifiques tentaient de les résoudre. Elle pensa à ce qu’elle avait lu sur le net, où il était dit que la mer n’était pas le seul endroit à craindre pour les maudits du mal de mer, en effet les chameaux reproduisaient des mouvements similaires à ceux des vagues de la mer lorsqu’ils marchaient, autant dire que le jeune homme n’était pas encore sorti d’affaire.
- Vous faites des études scientifiques ?
Il secoua lentement la tête pour exprimer la négation. Il semblait aller quelque peu mieux, son regard semblait à présent plus curieux qu’effrayé et des dizaines de questions se bousculaient dans ses yeux, sans qu’il ose les poser, par crainte d’être de nouveau malade ou par timidité ? Puis soudain, elle se souvenu aussi du truc des chewing-gums, maintenant qu’il avait moins la nausée cela lui ferait du bien, elle lui lâcha les poignets et fouilla un instant dans son sac pour en sortir à la menthe, elle en sortit un paquet et le laissa se servir avant de faire de même. Il réussit enfin à décrocher quelques mots après quelques instants, d’abord pour la remercier, puis pour se présenter.
- Johannes
- Lian
- Joli prénom, mademoiselle ma sauveuse, je vous remercie, vous avez sauvé mon voyage je crois.
- Le votre l’est tout autant. C’était avec plaisir.
- Vous êtes venue seule ? C’est triste… Un de vos amis vous à abandonné ?
- Non, j’ai juste décidé de participer à ce voyage sur un coup de tête…
- Aventurière ?
- Curieuse je dirais.
- Votre curiosité m’a sauvé alors, si c’est elle qui vous a donné autant de connaissances sur les mal de mer.
Ils finirent la traversée en discutant tranquillement, peu à peu il semblait retrouver des couleurs et un sourire. Ils finirent même par passer au tutoiement. Lorsqu’ils purent apercevoir la côte s’approcher réellement, ils se séparèrent quelques minutes, ce dernier voulant rejoindre et rassurer ses amis. Johannes, à prononcer Yohannes, se fit un peu bousculé par ses amis qui le taquinèrent en jetant des regards amusés à Lian, qui tenta d’ignorer les remarques qu’ils semblaient faire.

Lorsqu’ils descendirent du paquebot, un organisateur les attendait, il vérifia que tout le monde était présent, notant sur sa liste par une croix chaque personne, puis il les invita à monter dans un bus. Chacun des passagers déposa son sac dans les soutes, puis ils montèrent. Au moment où elle s’assit, Johannes vint s’installer sur la place mitoyenne, tandis que ses amis choisissaient les places aux alentours.
- Je voulais te présenter mes amis, et te présenter à eux…
- Euh… bonjour, je suis Lian.
- … et sinon, ça te dirait de sortir avec nous ce soir ? Nous allons dans un petit hôtel de la compagnie et normalement il sera possible de faire la fête.
- Et bien dans ce cas là… d’accord.
L’affaire fut conclue et étrangement Johannes fut beaucoup plus bavard et intéressant que sur le bateau, il semblait avoir totalement oublié ce mauvais souvenir. Le groupe d’amis faisaient tous des études de droits et profitaient des vacances après leurs partiels pour partir et s’aérer l’esprit, penser à autre chose. En effet, la soirée fut encadrée dans une suite destinée uniquement aux touristes étrangers. La musique battait le rythme des danseurs effréné qui se déhanchaient sur la piste de danse. L’ambiance était tout autre qu’à Venise. Perdue la classe et le décor de luxe d’une maison huppée, plus aucun costume d’époque. Plus de masques, ou alors différents ceux-là… invisible à l’œil nu. Ici la musique était moderne et l’orchestre avait été compacté en disque, le chef d’orchestre se résumait en deux lettres : DJ. Au lieu de carrés de bonheur, le chocolat était remplacé par le liquide envoutant toutes les générations, en un mot : alcool. Et il coulait à flot, il suffisait d’y mettre le prix et les danseurs étaient là pour s’amuser, pas pour penser aux conséquences… Ils étaient en vacances après tout, ils étaient là pour oublier le quotidien. Rencontre entre ceux qui cherchaient à oublier leurs problèmes et celle qui les cherchait, ou plutôt qui voulaient en retrouver les souvenirs. Lian bu certes, mais avec modération, elle dansa aussi, puis aida chacun à rentrer dans sa chambre et à retrouver son lit. Allant même border Johannes qui avait décidé de ne pas trop boire au vu de ses déboires dans l’après-midi, ils discutèrent un peu alors que tous les autres dormaient, et il lui posa la question fatidique, qu’elle esquiva d’un vague : « à cause d’un accident ». Il n’insista pas heureusement, puis ils se séparèrent pour dormir quelques heures avant d’attaquer le lendemain leur première excursion au Maroc.

Comment résumer ce pays ? Les gens étaient chaleureux, curieux d’apprendre et de parler, mais aussi de mettre en avant chaque produits qu’ils vendaient. Et comment ne pas se montrer intéressé par cette culture si particulière, les mosaïques aux couleurs si vives et à la création si spéciale, les tapisseries, le traitement du cuir et de ses couleurs, la poterie, le thé vert brulant et les pâtisseries si sucrés et si douces à la fois… La convivialité, on ne pouvait pas l’enlever aux marocains, peuple tellement accueillant et agréable, parfois bavard mais comment les arrêter de parler alors que tant de questions nous traverse l’esprit ? Entre les vendeurs désirant marchander, les flatteurs galopant après les jeunes filles en les appelant « gazelles », les inconnus près à offrir un toit et à les accueillir comme de la famille… Un côté de la vie mise en avant par les agences de voyage. L’autre, celui de la misère était bien plus caché, dissimulé et protégé par les occidentaux préférant se voiler la face. Malheureusement une fois intégré à un groupe, il fallait suivre les étapes imposées, impossible de s’arrêter ou de sortir du rang, intégré au système dans lequel le but est de faire dépenser le plus possible aux touristes pour qu’ils ramènent des souvenirs et soient « heureux » de leur séjour. Cependant le pays était aussi envoutant que Shéhérazade et il aurait été facile de passer mille nuits dans ce pays sans s’ennuyer. Le point culminant de leur visite de Fès, fut leur marche parmi les rues étroites et marchandes de la médina, où ils purent entrer dans une tannerie de cuir, aux grandes cuves enfoncés dans le sol, aux couleurs magnifiques et aux odeurs beaucoup moins agréables, mais qui restait supportable avec de la menthe fraiche à passe sous le nez. La ville aux toits verts. Puis la maison blanche, ou Casablanca, et la mosquée Hassan II, qu’ils visitèrent dans le plus grand silence, avec respect, impressionnés par l’ampleur de la construction. Chaque détail semblait avoir été pris en compte, aucun espace n’avait été épargné par la volonté d’éblouir et de créer encore et toujours, de rajouter des dentelles aux murs, des couleurs à chaque colonne… Marrakech, fut introduite sur la place Jamaâ El Fna, entre les calèches tirées par les chevaux, les vendeurs d’oranges, dresseurs de singes et charmeurs de serpents, et conteurs d’histoires, leur guide les emmena sillonner la ville, entrant dans quelques riads, ces maisons typiquement marocaines organisés autour du patio central qui contient le plus souvent une fontaine et quelques arbres pour apporter de la fraicheur en été. Ils eurent aussi le droit de profiter du souk et de faire des achats. Quand à la nourriture ? Entre la pastilla qui servait d’entrée, lorsqu’elle n’était pas remplacée par une salade, composée d’un feuilleté de feuilles de brik, d'oignon, de viande de pigeons ou de poulet, de persil, de coriandre, d'œuf dur et d'amandes, mélange de sucré et de salé parfumé à la cannelle. Puis les tagines d’agneau mijotés avec des pruneaux, les couscous aux légumes trop grands pour être avalés même par une troupe de géants affamés, le méchoui, préparation qui consiste à faire griller et rotir un mouton ou un agneau à la broche, la viande y est d’une tendresse incomparable et l’utilisation du couteau devient presque inutile, la soupe harira, traditionnellement servie pendant le ramadan, constituée de divers légumes secs, de viandes et d’oignons, servie chaude elle permet de se réchauffer pendant l’hiver, les dattes et les pâtisseries… Ô jolies cornes de gazelles, ô divines baghrir, ou crêpes aux milles trous à base de semoule, de farine, d'œufs, de levure et de sel, ô briouattes aux amandes, tresses au miel, selou, chebbakia, ou beignets maroccains nommés Chfenj… Tentations si difficiles à résister, délices de saveurs qui font succomber tant de monde. Pourquoi êtes-vous si bons ? Le tout accompagné d’un bon vin boulaouane bien entendu. Pour arriver au désert, ils durent traverser la chaine de l’Atlas, dont le nom provient bien entendu du mythe grec du géant Atlas condamné par Zeus à supporter sur ses épaules la voûte céleste.

Ils firent un détour pour assister à une fantasia, évènement inoubliable et exceptionnel, constituée de différents spectacles équestres traditionnels simulant des assauts militaires, pratiqués essentiellement au Maghreb. Divers tentes sont montés, pour présenter des élevages d’oiseaux de proies, proposer du thé et des gâteaux… La plupart des guides touristiques expliquent que « la fantasia est la répétition théâtralisée des deux mouvements de la cavalerie en guerre : la charge rapide (el kerr) et la retraite subite (el ferr). […] Elle prend le plus souvent la forme d’évolutions équestres au cours desquelles des cavaliers, munis de fusils à poudre noire et chevauchant des montures richement harnachées, simulent une charge de cavalerie dont l’apothéose est le tir coordonné d’une salve de leurs armes à feu. […]Alignés à une extrémité de l’arène — ou de ce qui en tient lieu —, les cavaliers lancent leurs montures ventre à terre et, la bride tenue d’une seule main, font tournoyer leurs fusils au-dessus de leurs têtes ; arrivés à hauteur du gros de la foule de spectateurs, ils se lèvent comme un seul homme, saisissent leurs moukhalas des deux mains, la bride abandonné, arment et tirent de concert, à l’avant ou à l’arrière, en direction de la terre ou encore en l’air, puis font une volte courte et rapide et s’en retournent tout aussi vite qu’ils sont venus à leur point de départ pour recommencer leur course échevelée. Les salves ainsi tirées par les cavaliers portent le nom de baroud. Selon les régions et selon leur adresse ou leur hardiesse, les cavaliers peuvent agrémenter leurs évolutions de postures ou de gestes acrobatiques, lançant en l’air leurs armes pour les rattraper en pleine course, se couchant sur les croupes ou se mettant debout sur leurs selles, et certains même se tenant sur leurs têtes, le cheval toujours lancé au galop. Les femmes répondent à ces performances par de stridents youyous d’encouragement et de satisfaction ».

L’art de la guerre, universel et vieux comme le monde, chaque pays avait ses traditions, les armes auquel il était attaché ou qui avaient comptés par le passé. Mais alors que les européens se modernisaient de plus en plus en introduisant des machines, des robots et du métal, les maghrébins perpétuaient cette tradition du corps à corps avec le cheval. De la course, de la fusillade et du retrait, comme une vague sur le sable du désert, une vague vivante qui respirait et qui criait. Que le bruit des vagues est beau, fort et puissant. La marée humaine était impressionnante, le spectacle était exceptionnellement bien mené et le public le montrait par ses éclats de joie. L’harmonie de l’homme et de l’équidé pour tirer une salve vers le ciel et clamer son honneur. Courage, précision et cadence étaient les maitres mots. Les photos flashèrent et les caméras tournèrent, capturant ces images impressionnantes. Pour la suite de leur voyage, Lian sortit son carnet de croquis pour travailler l’image d’un cavalier sur son fidèle destrier, mais avant qu’elle ai pu aller bien loin, Johannes la rejoignait et s’installait à côté d’elle, engageant une nouvelle fois la discussion, sur le dessin entre autre, et l’empêchant de poursuivre correctement.

La prochaine étape et la dernière de leur voyage était le désert, ils s’arrêtèrent dans la ville de Tagounine près du Sahara, l’une des dernières cités avant l’étendue de sable à perte de vue. Comme chaque fois, leur arrêt se fit pour leur présenter des marchandises, ce fut cette fois-ci des tapis, magnifiques et aux couleurs illuminés par le chaud soleil. Mais Lian n’avait pas la place ou la volonté d’emporter un souvenir si encombrant, ce qui l’intéressait c’était ce sable orangé qui dessinait des vagues à perte de vue. Cet horizon sans fin. La comparaison, ou plutôt le rapprochement avec la mer semblait évidant. Tous deux semblaient infinis lorsque l’on se trouvait en leur centre. Tous deux pouvaient se changer en dangers mortels, lors d’une tempêtes où les vagues formaient d’immense roulaient coulant les bateaux ou lorsque le vent se levait pour former des tornades de sables, empêchant quiconque de marcher, de voir où il allait, le forçant à s’arrêter et attendre que le temps soit plus clément. Le soleil en se reflétant sur l’eau ou sur le sable augmentait son éclat et la puissance de ses rayons. La diversité de faune et de flore qui vivait dans les fonds marin n’est pas encore totalement connue de l’homme, mais elle était immense et au moins aussi impressionnante que celle vivant sur la surface de la Terre. Tandis que le désert se trouvait plus sélectif en termes d’habitants, tout en révélant des trésors lorsqu’il s’agissait des plantes grasses réussissant à survivre avec peu d’eau, ou d’oasis qui se trouvaient alors le refuge des hommes et des animaux. Scorpions, fennecs et chameaux, ils avaient bien réussit à s’adapter, tout comme les Touaregs, ces « hommes bleus ». Vivre dans le reg, désert de cailloux, ou l’erg ces dunes fixes dont seul le sable superficiel bougeait.

Elle fixait Johannes et le groupe qui étaient un peu plus loin sur une dune de sable, elle se tourna un instant vers le soleil, qui l’éblouit, cligna des yeux et chercha à nouveau du regard ses compagnons. Sa vue était brouillée par des points de lumière, mais elle voyait clairement une ombre s’approcher face à elle, la jeune femme demanda à voix haute.
- Johannes ?
- Lian ?
Cette voix, elle la connaissait. Ce n'était pas celle de Johannes pourtant. La silhouette devint de moins en moins floue et à un moment elle put enfin distinguer...
- Meccaya? C'est bien toi?
Sitôt arrivé à sa hauteur, il la prit dans ses bras.
"- Lian !"
La serra aussi fort dans ses bras, et elle fit de même. Et pourtant, les traits de son visage exprimaient comme une inquiétude. Il se détacha assez vite, et lui prit les mains.
"-Si vous saviez... Joie de vous voir..." Il haletait encore, sans souffle, comme s’il venait de courir.
"- Croyais... Vous ne reverrais plus... Comment...?"
Elle ne comprenait pas, comment avaient ils pu se croiser à Venise et de nouveau ici au Maroc, en plein milieu du désert ? Quel étrange lien les attachait et les faisait se rejoindre à nouveau ? Le destin se jouait il d’eux, en les faisant se trouver et se perdre ? En tout cas la surprise était de taille.
- Moi aussi je suis si contente de vous revoir ! Vous allez mieux ? J’ignore comment nous avons pu nous retrouver, simple hasard je suppose ? Vous voyez je viens visiter le désert… j’avais envie d’y faire un tour, vous en avez dit tant de belles choses…
Il posa un baiser sur ses mains, encore et toujours galant homme.
"- Je vais mieux. Je suis sorti du coma ! Grâce à vous, je crois.."
Un sourire éclaira le visage de Meccaya. Elle fut surprise de l’entendre encore parler de coma, pourtant la dernière fois qu’elle l’avait vu il était bien réveillé, en tout cas si elle avait pu l’aider c’était une bonne chose.
"- Et vous ? Vous avez retrouvé vos souvenirs ? Oh, attendez... Marchons, en même temps. Je vous montrerai mes camarades. Vous êtes venue seule, dans le désert ?"
- Non, enfin si… un peu quelques uns… Et, non je ne suis pas venue seule, je…
Elle se tourna pour chercher à l’endroit où ses compagnons de route auraient dû se trouver, mais plus aucun n’était là.
- Ils étaient là… il y a une minute…
Sa voix baissa, puis elle se dit qu’elle ne craignait rien tant qu’elle n’était pas seule
- Vos camarades ?
"- Ceux qui m'accompagnent. Vous n'auriez pas dû vous écarter de votre groupe..."
Elle hocha la tête, confirmant ses propos, s’isoler dans le désert c’était risquer de se perdre et donc risquer très gros, mais elle s’était juste éloignée de quelques pas et… Sa main serra un peu la sienne, et inversement et il l'entraina vers une dune.
"- De là-haut, on devrait pouvoir chercher vos compagnons, ou les miens." Les siens, on les entendait déjà s'époumoner à l'appeler, au loin. Mais il n'y fit pas attention, et se tournant vers elle questionna: "- Vous avez retrouvé vos souvenirs lorsque j'ai disparu ? Vous avez fait comment ?"
- Je ne les ai malheureusement pas tous retrouvé, juste quelques uns… grâce à des éléments clés je dirais, des photos ou des personnes m’ayant raconté mon passé… Et par quelques rêves.
- Des photos ? Euh... Certes..."
Il pencha la tête sur le côté, intrigué. Ils arrivèrent en haut de la dune. D'ici, on voyait toutes les autres, jusqu'à l'horizon, et on sentait un léger vent, très léger. Là-bas, en haut d'une autre dune, les camarades de Meccaya: ils étaient trois silhouettes dans de grands manteaux, accompagnés de chameaux qui portaient un lourd fardeau, et un chaton. Il n'y avait personne d'autre... Les camarades de Mecca l'appelaient. Il répondit par une sorte de "ohé", en levant le bras de Lian, et le sien. Ils semblèrent le remarquer. Ils vinrent vers eux. Meccaya descendit la dune, sans lâcher la main de Lian.
"- Venez avec nous ! Vous ne serez pas seul... Vous savez où vos camarades souhaitaient vous emmener ?"
- D’accord bien volontiers… Non, nous étions juste là pour visiter le désert, notre guide n’est pas très prudent, nous sommes bien trop nombreux pour qu’il nous garde tous à l’œil…
" -Vous avez été hébergée dans quel village, avant ?" demanda-t-il, alors qu'enfin ses camarades arrivaient à leur hauteur.
- Tagounine, vous connaissez ? S’enquit-elle poliment
Il y avait une jeune fille aux cheveux blond vénitien, ceins d'un diadème. Mais elle avait surtout de grands yeux d'une étrange couleur, entre le turquoise et le bleu-vert, des yeux d'enfant, les yeux de ceux qui ignorent les horreurs de ce monde. A côté, une femme, dans une robe rouge, qui observait Lian avec curiosité. La troisième personne ne portait pas de robe, contrairement aux deux autres, et avait les traits plus durs. Elle fixait Meccaya avec un air de reproche. A travers son manteau, on devinait un corps de femme. C'est cette troisième personne qui grogna aussitôt.
"- Qui est-ce ?"
Ne voulant brusquer personne, elle préféra rester silencieuse et attendre que Meccaya lui dise si elle devait parler ou s’il la présenterait. Elle avait été attirée immédiatement par les yeux de la jeune femme blonde, ils étaient magnifiques et envoutant, mais la troisième femme semblait lui en vouloir ou ne pas l’apprécier avant qu’elle ait dit un seul mot, elle préféra donc baisser les yeux pour le moment et ne pas chercher à l’énerver d’avantage. Elle se contenta de chercher des yeux, le chaton et de s’étonner qu’il puisse survivre par une température pareille.
L'animal s'était vu aménager une mini-tente, avec un bout de couverture posé à l'arrière de la selle. Il dormait donc à l'ombre, maintenu en équilibre par les tissus qu'on avait mis autour de lui, comme pour lui faire un panier. Il dormait, derrière celle aux yeux d'enfant. Meccaya présenta Lian aux autres, comme la jeune femme qu'il avait vue durant son coma, et qui l'avait aidé à s'en sortir. La troisième personne haussa un sourcil, sceptique. La seconde sembla intriguée, mais pas au point de rejeter Lian. La première fixait Lian, comme fasciné. Meccaya présenta cette jeune femme comme étant Anthelme. La personne qui semblait la moins aimable étant Geo. La dernière était Althatia. Il proposa à Lian de monter sur son chameau.
Elle accepta d’un signe de tête, tout en réfléchissant à ce qu’il venait de dire. Dans le coma ? Mais c’était impossible, elle était réveillée et… Non, il ne fallait pas chercher à comprendre, juste se laisser guider.
Il fit s'agenouiller le chameau, et laissa Lian monter en selle. Elle eut une pensée rapide pour Johannes et son mal de mer, puis monta avec curiosité sur la monture à la croupe haute. La troupe se remit en marche. Geo faisait marcher sa monture à côté de selle de Lian, que Meccaya tenait par les rênes.
"- Excusez-moi..." fit-il. "Êtiez-vous dans le coma, en même temps que Meccaya ?"
La question comportait elle un piège, ou était-ce simplement de la curiosité ? Elle aurait bien voulu ne pas répondre, mais il lui fallait pourtant dire la réalité, peut être cela lui permettrait il de comprendre un peu plus la situation abracadabrantesque dans laquelle elle se trouvait une fois encore.
- Non, mais je l’étais quelques mois auparavant.
Geo fronça les sourcils, puis sembla réfléchir. Anthelme vint à son tour se mettre à sa hauteur.
"- Il parait que vous venez d'un endroit où il y a de l'eau à la place des routes... C'est vrai ? C'est comment ? Y a des animaux ?"
- A vrai dire, je viens d’un autre endroit, où la nuit la ville rayonne de lumière, mais oui j’ai rencontré Meccaya dans une cité construite sur l’eau. C’est très particulier et très beau, très différent du désert, dans un style plus… humide dirons-nous. Mais elle n’apporte pas ce sentiment de bien être qu’à le désert. Et, oui il y a des animaux, mais peu de sauvages, des barrages ont été construit pour empêcher le niveau de l’eau de monter et les animaux maritimes sont donc cantonnés à l’extérieur de la ville.

Anthelme tendit les mains vers Lian, des mains qui formaient comme une petite coupe. Elle regarda ses mains, et murmura:
" - Tu as vu Jama ? C'est Li-an ! C'est une amie de Meccaya, alors il ne faudra pas ronger ses vêtements..." Elle parlait lentement, en articulant bien, comme une enfant qui aurait tout juste appris la parole. Elle re-posa ses mains sur sa selle, puis caressa l'encolure du chameau.
"- Lui, c'est Barcel ! On l'a appelé ainsi pour pouvoir le dire quand on sera enrhumé !" Meccaya posait sur elle un oeil attendri. Geo semblait toujours pensif. Et Althatia...était derrière Lian, donc invisible pour elle.
La jeune femme était un peu perdue, entourée par trop de personnes en même temps, elle ne savait plus où donner de la tête et quelle information elle devait conserver précieusement et ce dont il ne fallait pas prêter attention. Jama ? Etait ce un rat ou une sourie ? Quel animal dans le désert pouvait ronger les vêtements ? Elle sourit à l’explication du nom du chameau. Mais Geo revint à la charge, encore une fois:
" -Meccaya, vous pouviez le toucher comme n'importe qui d'autre ? Ille était bien réel, pour vous ? Comment se nomme votre royaume ?"
- Oui, bien sur… Il était très réel… nous avons… Elle s’arrêta n’étant pas sure de pouvoir en parler avant de finir. Nous avons dansé ensemble. Mon royaume ? Et bien, c’est la France.
Intérieurement la jeune femme se demandait pourquoi Geo avait opté un ton si prononcé pour le L final du "il" de sa phrase.
"- La france ? Oulah, ça doit être bien loin. Vous venez du nord ? De l'est ?" Il ne semblait pas décidé à la laisser tranquille. Mais au moins, il avait cessé de la regarder comme on regardait une tique, et ne montrait plus désormais que de la perplexité.
- Oui, la France doit être à plus de 1 000 kilomètres vers le Nord- Est.
Répondre aux questions de Geo, semblait le calmer, elle se prêta donc au jeu avec plus de plaisir. Mais il haussa un sourcil, comme perdu.
" - France, vous dites ? Mais mille kilomètres au nord-est, c'est... Le gouffre des drows."
Il la dévisagea. Elle lui rendit son regard sans comprendre… Apparemment ils n’avaient pas la même carte du monde qu’elle.
- Je… euh… La France se situe au-delà de la mer.
- Mais la mer, elle est au sud-ouest !" Son regard s'arrondit. Alors là, il y avait quand même un petit problème ! Il éclata de rire.
- "Mais c'est n'importe quoi !"
Elle pensait de même, comment pouvait il considérer la mer à l’inverse de ce qu’était la réalité ? A moins de confondre le Sud et le Nord. Elle resta donc pensive à chercher une explication, tout en tentant d’éviter la conversation dont elle ne savait comment se sortir.
Meccaya se tourna vers elle. Il était étrange d’être perché sur le chameau, car elle le dominait considérablement.
" - C'est vrai, Lian, la mer est au sud-est. Geo n'a pas bu." Il ricana, et ajouta.
"- je me souviens de la mer méditerranée. J'aurais dû vous demander à la voir sur une carte..."
Une carte ? Une carte… elle réfléchissait lorsque soudain… Elle sortit son iphone de sa poche et cherchant sur google, elle trouva une image du monde et l’afficha en grand sur l’écran avant de tendre l’objet à distance pour que Geo puisse voir l’écran.
- Voila une image du monde d’où je viens.
Ils firent s'arrêter les chameaux. Mecca sautilla pour voir l'image, Geo, Althatia et Anthelme se penchèrent. Tous restaient silencieux, médusés. Pour eux, cela semblait une découverte. Anthelme murmura la première
"-c'est quoi ?" en tendant la main, pour frôler cette matière qui semblait aussi lisse que la surface de l'eau. Geo laissa tout juste échapper un petit "waaah", en tendant lui aussi la main.
"-C'est votre monde, ça ? Qui l'a dessiné ? C'est... C'est magnifique..."
- C’est… difficile à expliquer, nos scientifiques ont créé ce réceptacle du savoir… Il nous permet de communiquer entre nous. C’est notre magie à nous.
Elle espérait que son explication qui adaptait un peu la réalité permettrait d’être compréhensible, elle ne voulait pas les choquer, juste leur donner un aperçu de son monde à elle.
"- Et là, vous ne pouvez pas communiquer avec les autres, pour qu'ils vous disent leur position ? demanda Althatia. Lian lui répondit en hochant la tête, bien sur qu’elle pouvait… mais cela signifiait devoir les laisser… Et puis la situation n’était pas si urgente, sinon elle aurait déjà eu un appel.
- C'est vraiment impressionnant. C'est... Un monde rond. Et vous venez d'où, exactement ? Ca a l'air grand..." fit Geo apparemment captivé.
- Je viens de… Elle appuya sur l’écran pour agrandir la France sur l’image avant de remontrer. Du pays qu’on appelle l’hexagone, à cause de sa forme… hexagonale.
Quand ils virent l'image changer, ce fut la surprise générale. Chacun d’eux resta avec le souffle coupé. Geo avait retiré sa main, stupéfait.
"- C'est... Magnifique."
Anthelme caressait le petit appareil. Ca ne ressemblait à rien de ce qu'ils avaient vus. Aucun objet n'était comme celui-là. Meccaya murmura: "j'ai cru en voir quand j'étais là-bas..." Alors que Geo demandait, tout bas, comme pour ne pas réveiller une divinité qui dormait: "et pour vous, où sommes-nous ?"
- Et bien… nous sommes dans le désert du Sahara.
- "ah. Eh bien..." Geo commença à fouiller dans ses affaires. Anthelme caressait encore l'objet. "- Je peux le prendre, Li-an ? Hein ? dis !"
La jeune femme hésita un instant avant d’hocher la tête et de lui tendre l’objet. Après tout, le prie qu’elle risquait était que l’appareil se casse, et dans ce cas là il lui resterait son ordinateur et elle pourrait emprunter le téléphone de ses amis en cas d’appel urgent… Une fois que l’appareil fut dans les mains de la jeune femme blonde vénitienne, elle se souvint qu’elle en avait aussi besoin pour retrouver ses amis dans le désert.
Anthelme le tourna, le re-tourna, l'inspecta sous toutes les coutures, caressa la coque, l'écran, l'approcha tout près de ses yeux, l'éloigna, le sentit, le tendit à Jama, le tapota... Pendant ce temps, Geo montrait une carte à Lian.
"- Ca, c'est notre monde. Enfin, dans une limite d'environ des milliers de kilomètres." Il étendit la carte, entre elle et lui, malgré le "eeeh !" de protestation de Meccaya, dessous à ce moment-là. Celui-ci alla bouder aux côtés d'Anthelme, tandis que Geo présentait le monde à Lian.
"- Nous sommes ici, dans le désert d'Ilkabehel, pas loin de la frontière de Serbahil, où il y a de la forêt. Là, c'est Ol'Wänd, Wacans, les monts d'Oswim, Belil..."
Elle examina attentivement la carte, se souvenant qu’en effet Meccaya lui avait dit venir du désert d'Ilkabehel. La carte ne ressemblait à rien de connu dans le monde, ce qui la laissait perplexe. Quelqu’un l’avait il totalement inventé et si oui comment et pourquoi se référaient ils à cette carte ? Ils auraient du se rendre compte qu’elle n’était pas exacte…
Geo enroula la carte à nouveau. "...Ca ne vous dit rien ?" Elle répondit non, secouant la tête de droite à gauche.
Il souriait. "Eh bien... La dernière explication qu'il me reste est que vous venez du monde où vont ceux qui sont dans le coma… "
- Le royaume des morts ? C'est impos..." commença Althatia,
Lian ouvrit de grands yeux, lui disaient-ils qu’elle était censée être morte ? Qu’elle était actuellement morte ? Si c’était cela de mourir, alors le paradis était bine vaste, ou l’enfer bien peu cruel. Tout ceci pouvait il être un jeu de son esprit ? Une création de son cerveau ? Dans ce cas là elle avait une grande imagination. Mais comment différencier le rêve de la réalité lorsque toute sensation n’était qu’un stimulus du cerveau… Il était impossible de distinguer ce qui était vrai de ce qui ne l’était pas… D’où l’impression de réalisme de la plupart des hallucinations…
- Pourquoi pas un mirage ? Nous sommes dans le désert après tout…
Bientôt leur conversation fut interrompue par une musique sortie de l'iphone, qui fit sursauter Anthelme, et voler l'objet. Meccaya le rattrapa, au vol, en se jetant sur le sol. Lian quand à elle se dressa sur son chameau, ce qui ne fit que l’éloigner de son précieux téléphone. Elle se pencha donc en avant et souffla.
- Merci Meccaya, ce sont mes amis qui tentent de me joindre.
Ou alors, c'était tout simplement Anthelme qui avait fait des manipulations bizarres. Meccaya se releva et tendit le téléphone à Lian en conseillant.
"- Tu devrais le garder...
Lian fut déçue de constater qu’en effet ce n’était pas un appel. Elle approuva d’un signe de tête, et rangea le portable tout en faisant un sourire à Anthelme et en la rassurant.
- Ne t’inquiète pas, il faut juste une bonne technique pour bien maitriser cette machine.
- Autre monde ou pas, il va falloir qu'on se dépêche. On a une destination à atteindre..." rappela Geo, en talonnant sa monture.
- Quelle destination ? Interrogea Lian.
"- Un oasis où nous devrions trouver des troupes venues d'Ol'Wänd et Serbahil pour nous aider à reprendre nos terre !" fit Geo, avec un grand sourire fier. Meccaya fit avancer à nouveau le chameau de Lian.
"-Je me suis absenté cinq minutes, et quand je suis revenu mon pays était envahi... Ahlala, je te jure..." Un faible sourire. Un conflit armé ? La situation était délicate pourtant Anthelme chantonnait. Althatia vint près de Lian.
"-Ille a quelques délires mégalomanes, n'y faites pas attention !"
"-maaaais !" protesta ce dernier.
Lian étouffa un petit rire, et posa une question qui lui tournait en tête depuis quelques temps.
- Pourquoi accentuez vous à ce point vos il-euh ?
Althatia expliqua, avec un certain naturel, comme si elle avait l’habitude que l’on pose la question.
-"Parce qu'on ne sait pas si Meccaya est fille ou garçon. Alors on dit ille, comme ça il n'y a pas de problème".
Ledit Meccaya baissait la tête, et semblait regarder ailleurs. Tandis que Lian réfléchissait à la question, il devait certainement être androgyne… voilà certainement pourquoi son visage avait une telle grâce avec une telle maturité. Le jeune… adulte semblait avoir du mal à assumer la situation. Ou peut être n’aimait ille pas le fait d’avoir une appellation particulière ?
- Dites, puis-je savoir pourquoi vous n’avez pas demandé pour mes cicatrices ? La plupart des gens ne peuvent s’empêcher de les fixer et de me dévisager… Vous semblez plus ouvert d’esprit qu’eux. Meccaya a de la chance de vous avoir comme amis.
"- C'est....commença Geo
- Ca ne se fait pas, complèta Althatia.
- Inconvenant !" Geo avait retrouvé son mot, et arborait à nouveau un air fier. Meccaya osa relever les yeux vers Lian, mille fois rassuré de sa réaction, et s’expliqua ajoutant.
"- Ici, les gens ne posent pas trop de questions face aux différences des autres. Ils vivent avec, car cela fait partie d'eux, vous voyez ? murmura-t-ille, le rose aux joues. Si vous ne nous proposez pas de nous expliquer vos cicatrices, nous n'oserons demander, par peur de vous blesser..."
- Et vous avez sans doute raison. Vous savez, pour moi c’est reposant d’être dans le désert, au milieu de presque nulle part, alors que d’habitude je suis constamment entourée de personnes, ou de constructions humaines… on a tous besoin de revenir aux sources et à la nature. Cela fait du bien.
"- Il y a des sources plus clémentes, murmura Geo. Les sources de la vie. L'eau, et la forêt..."
Meccaya baissa encore les yeux, songeur. Lian aussi était pensive, tentant de déchiffrer le message sous ses paroles. Apparemment Geo avait été très sensible au mot source… un peu comme Meccaya d’ailleurs, mais elle ne se serait pas douté avoir déclenché un débat par une simple remarque. Sans se tourner vers elle, Meccaya murmura:
"- La source, c'est Lian...."
Juste assez fort, presque dans l'espoir qu'on ne l'entende pas. Ou que seul le désert l'entende. Cependant le message arriva jusqu’aux oreilles ouvertes de la jeune femme, qui fut surprise de la remarque. Faisait-il référence à son discours sur le fait que chacun d’eux avait de l’eau en eux ? Peut être, ou alors il avait une autre pensée en tête, mais elle n’osait pas demander.
Ils continuèrent marchèrent un moment, en silence, au milieu des dunes. Le groupe semblait suivre une route invisible entre les dunes, que seuls eux pouvaient voir, comme guidés par une main invisible, comme s'ils étaient tous un même homme. Anthelme brisait de temps à autre le silence, en parlant à Jama, ou à Finn, des créatures que Lian n’arrivait pas à voir. Meccaya ne montra aucun signe d'épuisement, jusqu'à ce que le soleil commence à descendre, où il prit la place de Geo sur son chameau. Ils continuèrent à marcher jusqu'à la nuit tombé, moment où ils se décidèrent à monter les tentes et de faire le thé. Lian s’inquiéta un instant de pouvoir rejoindre son groupe, avant de se convaincre qu’il était de toute façon trop tard et qu’elle était bien trop éloignée, mieux valait donc s’adapter. C’était la première fois qu’elle bivouaquait dans le désert, avec de vrais habitants des dunes ! Elle se sentait rassurée et bien prise en charge, mais ignorait encore une fois comment les aider.
- Que puis-je faire ?
"- Tu peux surveiller les chameaux avec moi," proposa gentiment Anthelme, qui était assise au milieu de quatre grands chameaux, agenouillés, alors que les autres s'activaient et bafouillaient à la recherche d'une tâche à lui laisser. Lian se joignit donc à elle et s’assit en face, elle chercha un sujet de discussion mais son regard était toujours attiré par les yeux magnifiques de la blonde. Et soudain elle réalisa que cette dernière ne pouvait pas être native du Maroc, ou alors que ses parents devaient être d’origines différentes, car elle avait le teint trop pâle, les cheveux trop blonds et les yeux trop clairs. Elle parlait de choses et d'autres, passait du coq à l'âne, regardait parfois des animaux qu'elle seule voyait. Elle racontait des histoires aux chameaux qui l'observaient de leur air inspiré. Pour Lian, elle parla de Jama, de la famille de Jama, des rats aristocrates très distingués. Et Finn, qui était un bout de lumière qui en avait eu assez de ne pas avoir de forme. Elle lui parla d'histoires de la montagne d'Ilkabehel et des canyons là-bas où vivaient les dragons, mais aussi, tout au creux des canyons, là où l'eau est la plus pure, les monstres gigantesques, immenses, reptiliens... Avec des cous si longs qu'on pouvait faire du toboggan dessus. Elle parla de Flicka, ce griffon qui aimait les chevaux. Elle parla à Barcel de fleurs qui poussaient entre ses poils et qu'il fallait retirer car elles étaient mauvaises. Le tout, sans interruption... Jusqu'à ce qu'elle remarque le regard de Lian.
"- Quelque chose ne va pas ?"
- Je… si bien sur tout va bien…
Les histoires de la jeune femme étaient emplies de poésie et de mystère. Seulement Lian s’était levée assez tôt le matin et elle commençait à fatiguer, somnolant tout en voulant résister au sommeil. Elle étouffa un bâillement d’une main. Et demanda.
- Depuis quand vous connaissez vous tous les quatre ?
- Meccaya et moi, on s'est connus quand j'avais sept ans ! Il m'a hébergée, plus tard, et après il m'a confiée à Althatia. Elle a toujours été très gentille avec moi. Et elle aime beaucoup les fleurs, vous savez. Geo, Mecca' l'a rencontré en allant travailler au palais..." Elle murmura, un ton plus bas, en serrant ses mains contre son coeur. "J'aime pas trop Geo." Heureusement pour elle, les trois autres n'écoutaient pas. Lian écouta attentivement l’histoire de la jeune femme, frissonnant au moment de son aveu concernant Geo.
- Sept ans, vous étiez jeune… Vous avez perdu vos parents ? Je… pardon la question est indiscrète. Au palais ?
Anthelme pencha la tête sur le côté.
"-Oui. Mais je vais les retrouver, ne vous inquiétez pas... Meccaya, il était médecin, au palais. Et Geo, ambassadeur. "
Elle nota les métiers et fut surprise par celui de Meccaya, il ne payait pas de mine et pourtant… Lian lui sourit d’un air compréhensif et inspirant une bouffée d’air frais, lui répondit.
- J’ai aussi perdu mes parents, alors je peux comprendre. Elle lui attrapa les mains pour lui dire. Je vous souhaite bonne chance pour les retrouver… Moi, je cherche mon frère…
"- Le thé est prêt !" ça, c'était Althatia... Lian leva la tête et demanda du regard à la jeune femme, s’il fallait se lever et les rejoindre, puis elle la suivit pas à pas. Anthelme quand à elle avait déjà bondit, et rejoint les autres sous la tente, patchwork de tissus divers et lourds. Par terre, il y en avait quelques-uns, sur lesquels ils dormiraient. Althatia avait rempli les verres du premier thé. Meccaya et Geo avait commencé à boire, épuisés, en silence. Anthelme murmura, à Lian.
"- Comment il s'appelle, ton frère ?"
- Thomas
Elle s’assit avec eux et après les avoir remercié, prit un verre de thé brula et souffla pour refroidir le liquide. Elle avait à peine commencé son thé que Meccaya attaquait son troisième verre, et Geo était déjà allongé, les yeux fermés. Mecca, ayant fini son verre, se leva et se glissa vers l'extérieur.
"-Lian, venez s'il-vous plait... J'aimerais vous parler..."
Elle le suivit sans broncher après avoir prit une gorgée du liquide qui lui brula la langue et la gorge, mais apaisa sa soif. Il semblait pensif, allait il dire quelque chose de sérieux et de très important ? Ille lui prit le poignet et l'entraina un peu plus loin. Sa main plongea dans une de ses poches, son autre main prit celle de Lian. Dans cette main, ille déposa un anneau, doré, avec de petites perles rouges. Sans un mot. Mais ille la regardait dans les yeux, pour lui assurer qu'ille n'agissait pas à contrecœur, et sans arrière-pensée. Lian le regarda avec surprise et l’interrogea à voix haute.
- Je ne connais pas les coutumes de votre pays…
"- Ce n'est pas une coûtume de mon pays. C'est juste... Un cadeau. Si nous venions à être éloignés à nouveau... J'aimerais que vous gardiez un souvenir... Matériel." Petit sourire en coin. Ille baissa un peu les paupières, le temps de passer l'anneau au doigt de Lian, qui ne réagit pas tout de suite à cause de l’étonnement.
- C’est tellement gentil. J’aimerais moi aussi vous laisser un cadeau… Comme ça nous serions toujours reliés, vous seriez mon ange-gardien et je serais le votre. Lequel des bracelets préférez-vous ?
Pendant qu’il lui passait la bague, il avait le temps de choisir par les quelques bijoux qui pendaient au poignet de la jeune femme. Ille passa ses doigts sur chacun des bracelets, en choisi un simple, une petite chaine tout juste décorée, qu'il lui retira, et mit à son poignet. "Merci..." Sans rien ajouter, ille se retourna... ils allèrent se coucher, mais dès que les yeux de Lian se fermèrent… elle sentit des claques sur ses joues, comme si quelqu’un tentait de la sortir de son profond sommeil. Elle finit par ouvrit les yeux sur un Johannes totalement paniqué, qui hurla à l’instant même.
- Elle revient à elle !
Elle eut immédiatement droit de boire une grande quantité d’eau, tandis qu’on lui expliquait qu’elle avait fait un malaise, sans doute dû à une insolation, ou quelque chose du genre. Elle répondit d’une voix pâteuse qu’elle ne risquait rien car elle était avec un médecin, mais ses amis prirent ses paroles pour un délire lié à la fatigue. Ils rentrèrent rapidement à l’oasis en car, lui permettant de se mettre à l’ombre, de boire beaucoup et surtout de dormir. A son réveil, elle avait un épais mal de crâne, et une bague au doigt. Et aucune explication valable.

Le reste du voyage fut plus calme, et à peine deux jours plus tard elle reprit l’avion avec un mélange de tristesse et de bonheur. Elle aurait aimé rester plus longtemps dans ce magnifique pays, mais la France lui manquait aussi. Cette fois-ci, ce fut elle qui s’installa aux côtés de Johannes pour le voyage, ils parlèrent jusqu’à ce que cette dernière s’endorme sur son épaule. Réveillée à l´atterrissage, elle prit un café avec le jeune homme avant qu´ils ne se séparent échangeant leurs numéros.

Retour à Paris, retour dans une maison trop grande, retrouvailles chaleureuses avec Jane. Elle prit le temps de lire avec émotion chacune des lettres reçue de son frère. Puis elle fit une visite de contrôle rapide dans l´hôpital qu´elle avait quitté un peu plus de six mois auparavant, tout semblait normal, elle pu raconter à Kim ses voyages et il lui raconta sa vie, ils parlèrent livre et ce dernier lui conseilla plusieurs documents scientifiques de vulgarisation sur le cerveau et les souvenirs, ainsi elle pourrait mieux comprendre et en savoir plus. Il lui demanda de revenir la semaine d´après pour faire de plus ample examens, arguant qu´elle aurait du déjà retrouver sa mémoire. Après cette obligation qui fut tout de même un plaisir, elle se décida à se remettre à travailler et à aider Jane. Lian considérait qu´elle avait maintenant assez de connaissances pour avoir un avis intéressant. Elle commença donc son travail, tentant de s´adapter dans la grande entreprise et tout ses salariés, ses premiers jours furent durs, car elle était perdue dans les prénoms alors que tous la connaissaient, même si bien sur les choses avaient changé depuis l´accident. De plus, elle ne savait jamais ce qu´elle pouvait faire lorsqu´elle finissait un travail qu´on lui avait confié. Le plus souvent elle se rabattait sur la machine à café pour proposer un remontant à ses collègues. Les photocopies étaient aussi une des activités sur lesquelles, elle se jetait lorsque quelqu'un en avait besoin. Ou comment passer du poste de responsable à celui de stagiaire… Jane s´en amusait lui disant qu´elle n´avait pas besoin de faire le travail de ceux qui venaient d´entrer dans le métier. Pourtant cela semblait important aux yeux de la jeune femme, car elle se sentait comme une non-initié et souhaitait apprendre avec les mêmes étapes que chacun, et surtout car elle craignait de faire des erreurs. Cependant, elle emportait aussi chaque soir des manuscrits d´auteur pour en lire certains et rejeter les moins bon : la première page, la dernière, une page au hasard au milieu et un peu plus si ces premières semblaient un minimum intéressant ; mais aussi des copies dont il fallait corriger les fautes d´orthographe grammaire et conjugaison mais aussi de typographie. N´est pas auteur ou éditeur qui veut…

Etonnamment depuis qu’elle travaillait et avait un rythme de vie plus régulier, elle rêvait souvent de ses souvenirs, pas de grandes brides, mais quelques détails précis. Elle profitait aussi de ses jours de congés, le weekend donc, pour s´occuper de son journal de bord et le compléter d´informations supplémentaires, que ce soit de souvenirs, de photographies retravaillées mais aussi de données historiques ou scientifiques. Elle finit aussi les dessins qu´elle avait commencé. Lian avait redécoré sa chambre, couvrant les murs de photos et de dessins de ses voyages, changeant un peu le mobilier, et s´y installant. Finalement elle l´aimait bien et s´y sentait à son aise. Elle réapprit aussi à conduire, d´abord doucement, ne quittant pas l´allée de son jardin, les petites routes de compagnes, puis l´utilisant tous les matins pour aller au travail. Mois après mois elle s’impliquait plus dans le travail, défendant les ouvrages qui lui semblaient intéressant à publier face au directeur d´édition. Elle finit par ses faires des connaissances, voir des amis de l´ensemble des personnes qu´elle côtoyait chaque jour. Jane et elles devenaient de plus en plus proche, faisant du shopping ensemble, sortant pour aller voir des films, papotant des heures entières au téléphone depuis que Lian était revenu en métropole et donc il était possible de communiquer gratuitement par forfait illimités. Trois questions restaient cependant persistantes :
- Pourquoi ne retrouvait elle pas sa mémoire ? Les recherches de Kim n´avaient rien donné et il penchait pour une hypothèse psychologique.
- Ou était Thomas ? Quand reviendrait-il ? Choisirait-il un jour de revenir ? Ou tout du moins s’installerait-il à l´étranger, se fixant et faisant sa vie, seul ou accompagné, leur permettant de venir le voir…
- Devait-elle garder les fines cicatrices qui barraient son visage ? Certes elles étaient voyantes et pas si esthétiques, les gens se tournaient souvent à son passage ou posaient des questions très désagréables, voir trop directes, pourtant… Lian ne souhaitait pas les effacer, comme si elles faisaient maintenant partie d´elle et de sa nouvelle personnalité, après tout elle avait toujours réussit à parler et rencontrer des gens sympathique malgré ce « handicape ». Etre ou ne pas être ? Telle est la question. Efface ou ne pas effacer ?
Jane lui avait même montré une photo manipulée sur Photoshop… pourtant Lian s´était habituée à ce visage qui la regardait surprise tous les matins dans le miroir. Ces grands yeux marrons qui s´étonnaient de croiser un regard dans sa salle de bain et semblaient demander « Mais qui es tu ? ». Qui sommes-nous ? Le savons-nous vraiment ?

Lian avait pu garder contact avec ses différents amis rencontrés dans tant de différents pays. Elle pratiquait ainsi quotidiennement son anglais et c´était finalement le domaine dans lequel elle était souvent le plus sollicité au travail, lorsqu´il manquait un mot de vocabulaire, ou lorsqu´il fallait lire un pavé en anglais, déchiffrer des contrats d´associations pour la publication d´ouvrages. C´était Lian qui voyait avec les avocats pour les accepter, les refuser ou demander des remaniements sur ces papiers couverts de hiéroglyphes étrangers. Et elle se prêtait au jeu avec joie, même si elle préférait travailler sur les livres et les textes, lire encore lire… Découvrir, sa curiosité ne semblait jamais tarie. Elle s´était acheté quelques guides de pays qu´elle aimerait visiter, l´Asie la tentait, mais le continent était si vaste qu´elle ne savait par ou commencer.


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Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
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Lian Grenfield
~ Bras Droit de Y. Merling ~


Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
Âge réel : 15
Âge d'apparence : 20

Compétences
Mémoire:
1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
Niveau de Compétence: Maître

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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 21:30

J´ai l´immense plaisir de vous annocner que j´ai passé les 50K ! Very Happy

Merci à Judi et Silvio pour leurs idées et à Shane pour son soutien!
Je suis dorénavant inscrite sur le site du nanowrimo sous le nom de Lian Grenfield et j´ai 50034mots ^^

Je vous poste donc la suite et fin:
Spoiler:
Chapitre 5 : un nouveau départ

Un soir qu´elle se faisait une soirée de films d´horreur, seule sur son canapé devant l´écran plat avec sonorisation cinéma, elle commença à paniquer. Dehors la pluie était battante, les nuages cachaient la lune, Lian ne pu s´empêcher de frissonner et d´appeler Jane, qui commençait tout juste à s´endormir. Soudain, une question devint obsédante au point que la jeune femme se devait de la poser.
- Qu´est ce que j´ai eu comme accident ?
Jane tenta d´étouffer un bâillement pour se réveiller et suivre la conversation.
- Je sais que j´ai toujours évité la question mais…
- Tu as eu un accident de parachute…
- De… quoi ?
Lian s´attendait certainement à tout mais pas à cela. Elle avait pensé à un banal accident de la circulation, tout en s´étonnant que sa voiture n´ai aucune égratignure. Devant son ébahissement Jane se lança dans une longue explication. Du fait que Lian avait toujours été un peu casse-cou, mais sans prendre de risques. Qu´elle avait toujours rêvé d´un saut en parachute et que c´était donc le cadeau qu´on lui avait offert pour ses vingt ans. Tout s´était bine déroulé, le parachute s´était ouvert correctement, sauf qu´il avait d´une manière ou d´une autre eu un problème technique, qu´elle était trop fatiguée pour expliquer correctement et dans les détails après tant de temps… Mais la conclusion était simple, elle était tombée en chute libre sur plusieurs mètres dans une forêt et s´était blessée sévèrement même si les branchages avaient en partie arrêté son plongeon dans le vide. Puis bien sur, hospitalisation, coma… Aucune personne proche pour s´occuper d´elle, le travail qui s´enchainait dans la compagnie, sans aucun temps libre pour venir la voir, puis la culpabilité lorsqu´elle s´était réveillée. Lian la rassura une nouvelle fois, lui assurant qu´elle n´avait manqué de rien et ne s´en était pas tellement inquiété et qu´elle la remerciait pour ce qu´elle avait fait. Ainsi s´enchaina leur conversation jusqu´au prochain bâillement de Jane, et de leur décision commune de raccrocher pour dormir un peu avant le lendemain. Cependant la jeune femme ne se laissa pas vaincre si facilement par les bras de Morphée, Jane lui avait révélé qu´il existait une vidéo filmée par Lian, elle-même et lui avait promit de lui apporter même si d´après elle, cette dernière ne contenait rien d´intéressant. Elle passa le reste de la nuit à ruminer, tout en cherchant sur internet tous les articles ayant pu faire référence à l´accident, ces derniers étant souvent féru d´histoires un peu exceptionnelles, changeant du quotidien. Elle fut surprise d´en trouver plusieurs, la plupart n´étaient certes que de quelques lignes relatant les grandes lignes, mais certains avaient été jusqu´à recueillir des témoignages de témoins. La semaine n´avait en effet pas été très remplie, et aucun évènement vraiment intéressant ou marquant n´avait eu lieu. Dans aucun des articles son nom ou sa photo n´apparaissait, et elle s´en rassura, on la citait juste parfois comme étant une directrice d´entreprise ou éditrice. Elle avait cherché avec des mots clés comme « accident », « parachute » et la date dudit accident. On en avait parlé pendant environs une semaine avant d´oublier totalement l´histoire. Rien de plus intéressant à se mettre sous la dent.

Le lendemain, elle demanda à Jane à pouvoir emprunter une salle pour visionner la vidéo que cette dernière lui avait apportée. Tout d´abord cette dernière fit la moue, lui disant qu´elle serait plus au calme chez elle ce soir, mais Lian posa la question fatidique : « ca ne te dérange pas si je t´appelle encore tard ce soir ? ». Vu la mince fatiguée qu´elle tirait, elle accepta, préférant perdre un travailleur pour plusieurs heures, plutôt qu´une nuit. Lian s´enferma donc dans une pièce sombre ou se trouvait un écran et se passa et repassa le film. Rien de très intéressant en effet. Les premières minutes évoquait sa fête d´anniversaire, on y voyait ses collègues et amis, Jane bien entendu, du moment où elle avait soufflé les bougies, de l´ouverture de quelques cadeaux, puis enfin l´avion sur la piste de décollage, le décollage, les conseils du moniteur, et enfin… le saut. Puis le vide sous les pieds, le sol au loin, les cris de joie, des morceaux de ciels bleu à l´horizon, un coup d´œil à la montre indiquant l´altitude, l´ouverture du parachute, la chute qui se ralentissait d´un coup, le flottement de quelques minutes, le parachute qui était dirigé pour s´éloigner du danger de tomber dans la forêt et soudain, un crac, puis des images brouillées une nouvelle fois, le défilements des couleurs, puis le vert des arbres, le noir complet, puis l´écran qui se grille et grésille. Rien de plus. Rien d´intéressant. Aucun élément important ? Peu être pas cependant. La jeune femme passa la matinée entière à se repasser la vidéo entière, puis uniquement le passage à partir de l´aérodrome. Rien, elle ne voyait rien. Elémentaire mon cher Watson, s´il n´y avait rien à voir… Pourquoi chercher alors que tout le monde avait conclu à l´accident ? Pourquoi l´œil habile de Lian, qui pouvait repérer en un instant dans un texte une faute d’orthographe, ou un double espace qui n´aurait pas du exister, pourquoi ces mêmes yeux ne pouvaient donc pas trouver ce qui semblait clocher ? Elle n´avait définitivement pas le regard de Sherlock Holmes ou son esprit de déduction. Elle finit par abandonner lorsque son estomac lui signala qu´il avait faim et désirait manger. Elle sortie en soupirant de la salle et après un bon repas, se remit au travail corrigeant et commentant des manuscrit d´auteurs. Cette activité lui permit au moins de se vider l´esprit et de s´occuper plutôt que de penser toujours à la même chose.

Mois d´une semaine après, alors qu´elle rentrait chez elle après avoir fait une course demandée par Jane, elle eut une mauvaise impression. La porte promettant l´entrée et la sortie de son véhicule avait été laisse ouverte, alors qu´elle était certaine de l´avoir refermée le matin même, de puis lorsqu´elle tourna la clé dans la serrure, l´impression se renforça, un des livres qu´elle avait posé dans l´entrée avait été ouvert… Elle pensa immédiatement à un cambriolage. Appuyant sur le bouton permettant d´allumer la lumière, elle eut la surprise de constater que celle-ci ne fonctionnait plus. Etrange, il n´y avait eu aucun orage, le temps avait été plutôt beau même pour ce début du mois de juin. Lian s´avança un peu plus dans la pièce d´entrée, ne voulait pas se laisser guider par un pré-sentiment certainement faux. Tout semblait en place… La télévision était toujours à sa place. Elle fit un tour rapide du rez-de-chaussée, vérifiant les fenêtres, toutes semblaient intactes… Les voleurs étaient ils passé par l´étage supérieur ? Non c´était stupide ! Elle était simplement fatiguée, et voila elle avait oublié avoir ouvert un livre et sa porte ce matin même… Quoi de plus normal pour quelqu´un avant été amnésique ? Elle eut un ricanement machinal. Malheureusement, elle n´avait prévue aucune lampe de poche, pour pouvoir aller dans la cave sombre et changer les fusibles en cas saute de courant. Pourtant ce n´était pas ce qui l´arrêtait, prenant son courage à deux mains, elle ouvrit la porte menant à la cave sans fenêtres, et posant sa main sur le mur pour se guider dans le noir telle une aveugle, elle descendit lentement marche par marche. Elle se promit intérieurement de s´acheter une lampe dynamo, pour ne jamais être en manque de lumières ou de piles, si un jour cela se reproduisait. Mais alors qu´elle réussissait à trouver le bon bouton et à l´enclencher, la lumière réapparue, elle se retourna alors et se figea d´un coup palissant et s´accrochant au mur pour ne pas tomber dans les pommes.

Dans la cave, une vingtaine d´hommes et de femmes, et à leur tête, Jane… un gâteau dans les mains, tous reprirent en cœur la chanson joyeux anniversaire. La surprise marquait les traits de la jeune femme. Son… anniversaire ? Etait ce le bon jour ? Elle n´y pensait plus, ayant oublié les précédents. Heureusement l´étonnement fit très vite place à la joie. C´était donc cela tout ces mystères, la demande d´aller faire des courses pour être dépannée… La soirée fut un moment inoubliable, la cave avait été redécorée avec des serpentins, ballons et autres emblèmes festifs… L´endroit qui servait habituellement de salle de repos ou de jeux, avait été réaménagé pour la soirée avec un buffet et une stéréo. C´était le risque d´avoir confié les clés de la maison à Jane, celle-ci semblait prendre un malin plaisir à surprendre Lian, ayant livré il y a bientôt neuf mois la boite emplie de souvenirs au docteur Kim, voila qu´elle remettait cela. Ce break dans les pensées tristes ou professionnelles fit du bien à Lian. Elle passa la soirée à s´amuser, à discuter et à danser. Cependant le lendemain au travail, peu étaient les collaborateurs très réveillés, la fête ayant prit fin assez tard dans la matinée. Pourtant juin était la saison de lancement de vente des livres pour l´été, et de préparation des finitions pour la rentrée littéraire de septembre. Un travail de titans qui devait être fait chaque jour. Vérifier les ventes, chercher le prochain titre phare de leur catalogue… Heureusement leur travail d´équipe fonctionnait bien et ils étaient une bonne équipe, les auteurs avec lesquels ils collaboraient commençaient à se faire un nom, ou étaient à présent assez connu pour ceux qui avaient commencé à travailler avec la maison d´édition Grenfield, il y a 3 ans. De plus, une bonne nouvelle tomba, Jane qui cherchait à débaucher un des employés très compétent de l´un de leurs concurrents venait de réussir brillamment ! Ce dernier commençait son contrat le mois suivant. Tout semblait aller pour le mieux.

Tout ? Non, peut être pas. Pas Lian. Elle avait reprit son petit quotidien, mais sans avoir fini son voyage, sans avoir atteint son but. Entre temps, elle avait certes demandé à un détective privé de rechercher son frère, après avoir compris qu´elle ne pourrait le faire seule et que ses talents de détectives étaient limités. Pourrait-il le retrouver ? Ou tirerait-il des conclusions hâtives, comme la police qui avait immédiatement classé l´incident de Lian comme un accident ? Les éléments étaient à la fois important et pas très utiles. Le détective disposait d´une copie de chaque lettre, pouvant ainsi retracé le parcours du jeune homme, il était régulièrement avertit des dernières lettres arrivées, cependant il était bien plus difficile de retrouver quelqu´un lorsqu´il n´utilisait pas internet. Le cachet de la poste faisait certes fois de ville et de date, mais sans plus de précisions… Le mystère de l´écriture sur le papier ancien. Tom aussi avait pensé à l´anniversaire de la jeune femme et lui avait envoyé comme cadeau un magnifique collier, accompagné d´un bracelet.

Vers la mi-juillet, elle reçu un appel de Johannes, celui-ci annonçait fièrement avoir réussit ses examens de droit, malgré le fait qu´il ne se sentait plus destiné pour cette profession. Ils parlèrent longtemps, se racontant leur vie de ces derniers mois passés. Lorsque le jeune homme annonça qu´il avait comme projet de visiter une partie de sa famille habitant aux Etats-Unis, Lian sauta sur l´occasion, lui disant qu´elle rêvait de visiter les USA et lui demandant s´il était possible qu´ils prennent le même vol. Devant son enthousiasme le jeune homme rit d´abord avant de l´encourager à venir, il proposa de demander si la jeune femme pouvait aussi loger chez sa famille du côté maternelle. Avant même de comprendre ce qui se passait, il rappelait le lendemain affirmant que tout avait été réglé et qu´on les attendait donc bientôt. De son côté Lian s´arrangea avec Jane, en cris de désespoir et promesses de retour.

Ils décollèrent la semaine suivante, Lian avait refait son sac de voyage, fait un tri dans les vêtements à emporter mais conservé son mac. Ils se posèrent à Detroit, dans le Michigan ville qui avait vu grandir l´héroïne de Jeffrey Eugenides, ainsi que le rappeur blanc Eminem. Ancienne ville industrielle fleuron des voitures, grâce à Henry Ford le constructeur. Celui qui avait inventé et donné son nom au concept du fordisme, alliant le travail à la chaine, standardisation des produits et salaire élevé pour les employés évitant ainsi le turn-over, soit le taux de roulement et de conserver des employés qui voulant conserver un bon salaire ne démissionnaient pas. Ces salaires élevés stimulaient aussi la consommation en augmentant la demande de biens. Une ville ayant connu un franc succès et qui vivait maintenant avec plus de difficultés. La famille de Johannes les accueillit à l´aéroport, immédiatement la conversation s´engagea en anglais, pour que les plus jeunes membres de la famille puissent suivre. Ils vivaient dans une petite ville de banlieue un peu éloignée de Detroit. Leur maison était située dans un quartier résidentiel. Tout le long du trajet jusqu´à la maison Lian resta le nez collé à la vitre telle une gamine de cinq ans émerveillée des différences. Les voitures étaient plus grande, plus larges, aucune mini à l´horizon… et les plaques d´immatriculations… elles devenaient un jeu ! Chaque américain, tout du moins dans l´état du Micchigan, avait le droit de choisir l´indication sur sa plaque à condition de payer un peu plus cher. Déclarations d´amour en sept lettres, indications humoristiques ou provocantes : « IAMLATE », « STOL3N », « MR GEEK », « OKY DOKY », « JAVE SUX », « ILV2EAT », « GOOGLE », « LICNPL8 », « I ♥️ VODKA » ou encore « HOTFORU ».
Bien sur il fallait tenter de les décrypter, mais certains avaient des idées tellement hilarantes qu´il aurait été impossible à Lian de se concentrer pour conduire. Comment les américains faisaient ils lorsqu´un terrible fou rire les prenait au volant à cause d´une simple plaque d´immatriculation ? Aucune idée ! En tout cas leurs routes et surtout leurs autoroutes étaient à la dimension de leurs voitures, le luxe d´avoir quatre voix pour circuler, et d´avoir la place d´en prévoir une cinquième. Les Etats-Unis étaient un pays immense, avec une large population mais qui s´étalaient sur la surface du pays, excepté les grandes villes. On pouvait faire plusieurs kilomètres dans la campagne sans trouver une seule maison, et à New-York il n´y avait pas assez de place pour marcher sur les trottoirs aux heures noires.

Après leur installation, ils prirent un bon repas préparés spécialement et purent aller se reposer de leur long voyage. Le décalage horaire de six heures avec la France était certes ennuyant mais pas catastrophique, juste un peu fatiguant… Ils s´endormirent rapidement. Le lendemain la famille qui était constituée de la mère, tante de Johannes, de son mari et de trois garçons de différents âges, proposèrent aux nouveaux arrivés de visité le muse Henry Ford. Une plongée dans les plus belles heures de l´automobile, pour redécouvrir tous les anciens modèles de voitures produits. Puis, ils allèrent aussi dans le musée consacré aux Amish. Et là il faut dire que Lian tomba de haut, elle ne connaissait pas et n´était pas au courant que de nos jours dans un pays tel que les USA, une partie de la population refusait d´accéder à la modernité pour des concepts religieux, leur mode de vie rudimentaire et ancestral était impressionnant lorsque l´on pensait qu´ils se coupaient de toutes les facilités proposés par le monde moderne dans les pays développés. Aucune voiture, des vêtements qui semblaient d´une autre époque, des valeurs traditionnelles… tout surprenait et surtout attirait la curiosité. Elle avait entendu parler de la communauté des mormons et de leur conception particulière de la religion, mais les amish semblaient avoir un point de vue intéressant à étudier. Le soir venu, elle retrouva avec adoration son mac, son précieux ordinateur et sa connexion internet, et s´empressa de rédiger ses impressions sur sa journée, ainsi que sur le vol en avion de la veille.

Ils restèrent environs un mois chez leurs hôtes, visitant les alentours, profitant des grands lacs qui étaient dans la région pour se baigner et se dorer au soleil. Johannes avait obtenu les clés d´une des voitures que la famille n´utilisait pas couramment, ils pouvaient ainsi se déplacer sans problèmes. La voiture automatique lui demanda certes un petit temps d´adaptation par rapport à une manuelle, mais il comprit rapidement le concept. Sur un territoire si large et étiré, le prix de la liberté dépendait des moyens de transport et la voiture était le plus pratique pour parcourir de longues distances. Ce furent des vacances reposantes et agréables. Ils écoutaient maintenant à la radio toutes les musiques populaires américaines, mais aussi les CD de jazz de la nouvelle Orléans du père de la famille. Voulant tester les différences, ils se rendirent dans différentes églises, comparant avec la France catholique, ici l’office religieux pouvait se faire de manière « normale », ou à l’européenne, mais aussi en gospel avec un public participant presque au sermon, clamant leur accord avec les paroles du prêcheur, ou alors en version concert, avec des groupes aux musiques entrainantes et un prêche accompagné de vidéos et de photos qui rendaient le discours plus compréhensible pour chacun. Les vidéos de chaque prêche étaient même disponibles sur Internet ou en DVD. Ils s´achetèrent quelques souvenirs, des objets marqués du logo de la célèbre université du Michigan, The Wolverine State, un M majuscule en jaune sur fond bleu, ou l´inverse. Les petits français furent aussi bien surpris de comprendre que tous les prix affichés étaient HT, ou Hors Taxes, celles-ci étaient ajoutés à la caisse, Johannes et Lian se sentaient un peu floués, pensant acheter un objet ou un service a un prix alors qu´en fait ils dépensaient plus ! Mais on leur appris aussi que les américains à leur inverse étaient surpris de voir les prix TTC Toutes Taxes Comprises en France, et se sentaient arnaqué car ils ne pouvaient voir sur le ticket de caisse quelles avaient été les taxes prélevés par l´Etat. En effet, leur système avait été mis en place car chacun des cinquante états choisissait son taux de taxe, chacun était donc différent et mieux valait habiter dans certains état mais faire ses courses dans un autere lorsque l´on était à la frontière… Un peu comme pour l´essence et les cigarettes en Europe en déduirent les deux jeunes gens. Mais au moment de repartir, le regret serra le cœur de Lian, ce fut pourtant Johannes qui proposa de prolonger leur séjour. Ils décidèrent de remercier chaleureusement leurs hôtes et de partir à l´aventure après avoir prolongé leurs permis de séjour. Chose dite, chose faite en moins de deux. Ils firent un saut à Chicago. Puis direction New York, ancien point d´arrivée des anciens émigrés. Visite de central park, de la statue de la liberté et marche à travers la ville et ses hauts gratte-ciels. Ils y restèrent à peine une semaine, avant de se décider à faire de l´autostop. Pour aller ou ? Ils s´en fichaient du moment que c´était plus au sud et plus à l´Ouest. Les Etats-Unis ne permettaient pas á une voiture de traverses ses cinquante états en une journée que ce soit bien sur en longueur, mais aussi en largueur. Johannes avait un accent bien américain, contrairement à celui légèrement frenchie de Lian. En couple ? Non pas vraiment, mais ils se faisaient passer comme l´étant pour plus de facilité. Mangeant sur le pouce dans des fast-foods, faisant des courses sur le bord des routes pour rattraper une voiture lorsqu´elles décidaient à s´arrêter pour les emmener un peu plus loin. Voyageant en gré des rencontres, bonnes ou mauvaises. Echangeant leur point de vue avec les personnes rencontrées. Ils passèrent une semaine entière dans la ville d´Orlando, entre Disney World et le parc d´attraction d´Harry Potter, profitant des attractions comme des gamins, mais ils se résolurent tout de même à quitter la ville, leurs dépenses étant un peu trop considérables. Plus ils allaient vers le sud-ouest, plus ils croisaient des élevages, et ils, ou plutôt Johannes, se retrouvaient un peu à cours d´argent. Lian lui proposa alors de s´arrêter et de proposer à tous les éleveurs de travailler pour pas cher, en échange d´un logement et d´un repas. Ils durent affronter plusieurs refus, avant de tomber sur un homme d´une cinquantaine d´année qui gérait une dizaine de travailleurs et qui accepta de les prendre à l´essai pendant une semaine pour voir ce que les petits étrangers pourraient donner. Les débuts furent compliqués car aucun des deux n´avait jamais effectué ce genre de travail. Monter à cheval, conduire les troupeaux, s´occuper des bêtes… Mais à la fin de la semaine ils en « tapèrent cinq » au propriétaire, ils étaient engagés pour un mois, le contrat était réglé par une poignée de main !

Ils quittèrent avec regrets leurs collègues de travail et beaucoup moins leur besogne, se réveiller à l´aube et se coucher le soir tard avait été épuisant, malgré les souvenirs pleins d´anecdotes à la cow-boy qu´ils avaient accumulés. Lorsqu´ils croisèrent le fleuve Mississipi, ils se décidèrent à descendre l´un des fleuves le plus long du monde. L´air au Etats-Unis doit être différent, il donne le gout de l´aventure. Etait ce à cause de ces vastes étendues ? Etait ce tout simplement humain de vouloir les découvrir, les traverser et en apprendre d´avantage sur elles et sur soi-même. Se confronter aux autres, à une pensée, une langue, une culture différente, pour finalement se comparer et réfléchir aux changements survenu en soit. Chaque soir Lian noircissait une ou plusieurs pages Word, laissant Johannes lire, et donner ses propres impressions, et parfois aussi écrire lorsqu´il réussissait à lui voler le clavier des mains. Il fallait avouer aussi que l´aventure rendait sauvage… Johannes le prouvait assez souvent en se lançant en français, dans une reprise du dessin animé du Roi Lion, ou Lian le suivait avec plaisir. Leur délire était partie d´un moment de déprime alors qu´il commençait à faire nuit et qu´aucune des rares voiture qui passaient ne semblait vouloir s´arrêter, ils avaient marché toute la journée et étaient réellement fatigués. Lian n´avait qu´une envie, celle de s´assoir et de s´endormir, ou alors de tout lâcher et tout abandonner. Lorsque le jeune homme avait sortit d´un coup d´un air très sérieux : « Nous avons décidé de parcourir les Etats-Unis et rien ne nous arrêtera, notre décision est prise… », puis il enchaina sur :

-On ne revient jamais en arrière! Si les choses tournent mal, tu ne peux n’y rien faire, vrai ?
-Faux !
-Quand le monde entier te persécute, tu te dois de persécuter le monde !
-C’est pas ce qu’on m’a apprit !
-Il te faut peut être une autre méthode… répète après moi… Hakuna matata !
-Ca veut dire pas de soucis…

Hakuna Matata,
Mais quelle phrase magnifique !
Hakuna Matata,
Quel chant fantastique !

Ces mots signifient
Que tu vivras ta vie,
Sans aucun souci,
Philosophie

Lian avait alors retrouvé le sourire et avait chanté avec lui. Finalement ils avaient trouvé un chauffeur quelques heures plus tard, celui-ci les avaient même emmené assez loin, leur faisant traverser le désert pour les laisser à Las Vegas. Ville de luxe et de jeux, ville de débauche et de tous les plaisir, d’amusement et de déceptions. Une ville plantée au milieu du désert qui consomme plus d’électricité que tout un pays d’Afrique. Le but : pour les visiteurs c’était de s’amuser. Pour ceux qui y travaillaient c’était de faire dépenser de l’argent. Tout est permis à Las Vegas du moment que l’on paye. Un mariage dans la minute ? Bien sur ! Avec un prêtre déguisé en Elvis ? Oui, et qui chante bien en plus ! Pour pouvoir accéder aux casinos et à l’alcool, il fallait cependant être majeur, ce qui n’est pas un détail lorsque l’on sait que la majorité est de 21 ans aux Etats-Unis. Trois ans de plus qu’en France, donc. Mais nos deux héros, avaient passé ce cap, même s’il cela ne faisait que quelques mois pour Lian, sous présentation de leur carte d’identité ils purent donc entrer dans ce qui faisait la joie des passionnée de poker et de machines à sous, pour s’essayer au jeu, sans trop dépenser, observer et s’émerveiller. Ils ne restèrent pas, l’ambiance était agréable à observer un instant, mais trop fastes et envoutante. Johannes et Lian continuèrent donc vers L.A. ou Los Angeles, la cité des anges… pour s’y installer quelques temps, ils en profitèrent pour faire les divers lieux culturels de la ville, qui possédait plusieurs musées. Et bien sur… Hollywood, le quartier le plus connu de Los Angeles. Ils marchèrent sur the Walk of the Fame, littéralement la Promenade de la gloire, posant le pied sur les noms de ces célébrités récompensés par une étoile. Ils prirent un bus de touristes pour faire une visiter des villas des célébrités vivant dans le quartier, se promettant de tenter d’aller rechercher les maisons sur Google Maps. La ville était immense et ils n’eurent pas trop de deux semaines pour bien en profiter. Puis, ils prirent un bus vers Seattle. La ville était tout aussi agréable même si le temps était moins clément. Ils prirent cependant beaucoup de photos avec le Space Needle, s’amusant comme le faisaient souvent les touristes de la tour de pise à pousser virtuellement la tour, se plaçant sur la photo de façon à paraître aussi grand que le monument.

Cela faisait maintenant presque cinq mois qu’ils étaient arrivés en Amérique du Nord, l’été avait fait place à l’hiver. Johannes avait raté sa rentrée, même si comme il l’affirmait un grand voyage vaut tous les cours du monde, car on apprend bien plus. Cependant, il fallait bien retourner en France, au moins pour travailler et retrouver de nouvelles ressources économiques. Ils prirent donc un vol direct jusqu’à Detroit, puis vers Paris. Retour en France. Lian invita son ami dans une restaurant aux spécialités françaises et ils mangèrent jusqu’à ne plus pouvoir des produits du terroir et du fromage.

La jeune femme pu constater les progrès de la maison d’édition, qui avait même réussit à avoir un prix pour l’un de ses auteurs, augmentant considérablement les chiffres de ses ventes par ce succès imprévu même si travaillé. C’était la meilleure nouvelle qu’ils avaient eu depuis longtemps. Elle prit le temps de lire toutes les lettres, qui avaient été déjà ouvertes par Jane avant son arrivée. Lian fut heureuse d’avoir des nouvelles de son frère, même si elle avait les résumés fait par sa lectrice en France, ce n’était pas la même impression que celle de tenir le papier dans ses mains, de contempler son écriture, de pouvoir déchiffrer le timbre et son cachet. Elle s’endormit en lisant et relisant ses lettres.

Moins d’une semaine après son retour, elle reçu un appel sur le téléphone fixe de sa maison. Elle cru d’abord ne pas reconnaître la voix, jusqu’à ce que l’homme au bout du fil se présente et se rappelle à ses bons souvenirs. Elle dépensait mensuellement une somme assez conséquente pour le travail qu’il effectuait et qui était assez simple : faire des recherches, et plus précisément tenter de retrouver Thomas Grenfield, qui avait disparu depuis plusieurs années, mais laissait des preuves de vie, ce qui était un bon point. Et il lui annonçait pouvoir affirmer avoir retrouvé sa trace. Il ne souhaitait pas expliquer toutes ses démarches par téléphone mais promettait de transmettre un dossier complet de ses recherches. Il appelait simplement pour savoir ce qu’il devait faire : transmettre à Lian le lieu où devait se trouver son frère, ou se déplacer lui-même pour tenter de l’intercepter et d’entrer en communication avec lui, en sachant que les frais seraient à la charge de la jeune femme, et qu’il n’avait aucune garantie de réussir. Et surtout que Tom était libre de l’écouter ou pas… Après tout il était adulte et vacciné, donc libre et indépendant. Elle répondit qu’elle voulait s’en charger, et que le but n’était pas de le forcer, mais de le revoir, en précisant que s’il lui envoyait des lettres c’est qu’il n’était certainement pas fâché contre elle. Ce a quoi le détective approuva avant de donner une adresse correspondant à une ville dans le Sud de la Suède. Elle le remercia chaleureusement et lui promit de le tenir au courant de ses résultats. Puis, elle consulta les billets d’avion pour atterrir au plus près, ainsi que les températures du mois de décembre dans ce pays scandinave.

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Nobody knows what he will need tomorrow morning: a good coffee or a coffin...
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Lian Grenfield
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Camp : Confrérie de la Rébellion
Profession : Bras droit de Yan Merling, mini général de l'armée des rebelles
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1500/10000  (1500/10000)
Compétence principale: Armes à feu
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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 21:32

Spoiler:
Elle réserva un billet pour Göteborg, une ville en Suède qu’elle ne connaissait que de nom. Pourquoi pas après tout ? Le voyage se devait de se faire en deux étapes avec une escale à Londres, départ à 11h et arrivée à 11h10 avec le décalage horaire… puis nouvel avion à 11h40 et arrivée à 14h40. Trois heures de vols pour changer totalement de pays et de culture. Elle espérait qu’il ne ferait pas trop froid en Scandinavie et que ses quelques vêtements chauds lui suffiraient. Dans son dossier on lui avait indiqué qu’elle y était déjà allée, pour un salon du livre, endroit où les éditeurs pouvaient se retrouver, faire des partenariats, vendre aussi, se faire connaître… Mais un voyage touristique serait forcement différent de celui professionnel qu’elle avait fait. Elle avait eu juste le temps de faire un peu de change avant de partir, car bien que la Suède fasse partie de la communauté européenne, le pays n’avait pas adopté l’euro, conservant sa monnaie la couronne suédoise. Tout comme les anglais, les suédois avaient conservés leur roi et leur famille royale, auquel ils étaient très attachés. La France et la Suède n’avaient pas beaucoup d’histoire commune, le pays scandinave étant resté neutre lors des différentes guerres mondiales, ne traitant qu’avec la Russie. Cependant un petit maréchal de Napoléon était devenu le roi de Suède au dix-neuvième siècle, de son vrai nom Jean-Baptiste Jules Bernadotte qu’il quitta plus tard pour prendre celui de Charles XIV Jean de Suède. Et aux anecdotes assez drôle, en effet ce curieux personnage avait toujours refusé de se dévêtir en public, se baignant habillé, ce qui surprenait la cour. Aucun médecin n’avait pu l’examiner torse-nu. Pudique le petit français ? Non, pas vraiment, mais l’on avait découvert lors de sa toilette funèbre, qu’il portait un tatouage sur l’épaule avec l’inscription « Mort au roi », souvenir de l’époque où il combattait pour la révolution française. Quel comble! Un roi antiroyaliste.

Elle arriva dans la deuxième ville du pays alors que la neige couvrait déjà les trottoirs. La sensation de joie et de surprise rendait Lian confuse, ne sachant pas s’il lui fallait sauter de bonheur et se jeter dans la poudreuse ou alors craindre le manteau blanc qui recouvrait le pays, redouter la neige pure qui s’abattait sans scrupules. On lui avait dit Boras… Elle se renseigna donc, et prit un ticket de bus pour la petite ville, qui était tout de même parmi les dix plus grande du pays. Elle avait quelques notions d’allemand, et il lui semblait comprendre certains mots ou en deviner le sens lorsque les suédois parlaient, mais elle devait s’avouer qu’elle était incapable de comprendre ce qu’ils racontaient. Heureusement la grande majorité d’entre eux étaient totalement bilingue anglais. Son voisin de siège dans le bus resta un long moment silencieux avant d’oser décrocher un mot, mais une fois lancé il ne s’arrêta plus, relançant de nouvelles questions de la part de la française. Il lui expliqua les programmes américains qui étaient en version originale mais sous-titrés en suédois. La cuisine qui était le plus souvent résumé à de la viande et des pommes de terre, accompagné de confiture si possible. Il lui parla aussi de la particularité de la ville, celle d’accueillir un nombre impressionnant de statues. Ils s’étonnèrent des différences entre leurs pays, relevant quelques points. Le voyage lui parut finalement court. Ils se séparèrent à la gare routière, et le jeune adolescent lui conseilla de continuer dans une direction précise pour gagner le centre ville. Perdue, elle cherchait son chemin, en cherchant un élément qui pourrait l’aider, et en contemplant les lumières des décorations de Noël qui couvraient déjà les rues, lorsqu’elle bouscula une jeune femme. Cette dernière trébucha et glissa à terre, tombant sur les fesses et grimaçant. Par réflexe Lian lâcha un « excusez-moi ! », qui ébahit de surprise les yeux de celle qu’elle venait de renverser, non pas parce que l’étrange femme aux cicatrices étaient étrangère, mais parce que celle à terre avait compris ce qu’elle disait.
- Vous êtes française ?
La réplique surpris Lian Grenfield, voila que même dans une petite ville alors qu’elle cherchait son frère, elle tombait sur une autre française. Elle l’aida à se relever lui tendant la main, que cette dernière accepta avec joie. Une fois debout, Lian pu observer un peu plus son interlocutrice, elle devait avoir un âge environs égal au sien, portait une paire de lunettes rouge, au dessus d’yeux couleur noisette. Elle avait les joues rougies par le froid, et était emmitouflée dans un manteau et portait des gants, tandis que Lian souffrait du froid. Elles faisaient une taille approximativement similaire, près des 1m70. Elles avaient toutes les deux les cheveux bruns, mais Lian les avaient court et raide tandis que l’inconnue les avaient assez long et bouclés. Après avoir ri de cette rencontre fortuite, elles se présentèrent rapidement.
- Céline
- Lian
Voyant que la nouvelle arrivée en Suède semblait avoir besoin d’aide, Cécilia lui proposa d’aller prendre une fika dans le café le plus proche. Devant l’air ébahit de son interlocutrice, elle précisa que c’était simplement un café ou un thé accompagné d’une pâtisserie. Ce que Lian s’empressa d’accepter. Assises à une table au chaud, elles purent discuter un peu plus en français. Céline étudiant à l’université de la ville, pour un séjour Erasmus, dans le département des sciences de l’information et des bibliothèques… pour pouvoir travailler un jour en tant que bibliothécaire. Les deux jeunes femmes avaient donc des points communs. Elles commencèrent à parler bouquin alors que la nuit était déjà installée, elles évoquèrent le dernier succès littéraire français en Suède : l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, livre d’une rare poésie et qui évoquait la vie de plusieurs parisien, ville d’origine des deux femmes. Le résumé de ce livre donnait la base du roman, sans trop en dévoiler :
« Je m'appelle Renée,j'ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.' 'Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. ».
Elles parlèrent aussi bien sur du phénomène « polars du froid » qui débarquaient en France, invasion débutée par la trilogie Millenium de l’auteur Stieg Larsson, qui fut suivie de Camilla Läckberg. Puis, se sentant en confiance Lian évoqua la raison de son voyage et demanda l’aide de Céline dans cette tâche. Ce que la jeune femme fut heureuse de lui accorder et de lui apporter, n’ayant pas cours tout les jours et donc assez de temps libre pour faire diverses choses. Tout d’abord, elle invita Lian à venir loger chez elle, elles prirent donc le bus jusqu’à la chambre que Céline louait en collocation. La colocataire suédoise était absente ce weekend là ce qui était parfait. Ainsi les deux femmes purent continuer leur conversation tranquillement, tout en regardant sur Internet l’endroit qu’avait indiqué le détective, il s’agissait d’une résidence où logeaient la plupart des étudiants de l’université et les travailleurs étrangers. Elles dinèrent donc tranquillement en préparant leur expédition du lendemain. Cependant tout ne se passe pas toujours comme prévu. Vers 9 heures, alors qu’elles passaient à la bibliothèque de l’université que Céline voulait montrer à Lian, ces dernières croisèrent… Thomas tout simplement ! Entre deux étagères de livres, la sœur croisa le regard et de son frère et inversement. Stupéfaction. Surprise et évanouissement de Lian pour qui l’émotion avait été trop forte. Heureusement Céline l’a rattrappa avant qu’elle ne tombe à terre et le grand frère se porta rapidement à leur secours. Ils l’emmenèrent dans une des salles de repos de l’université, et lui passèrent de l’eau sur le visage pour qu’elle se réveille doucement.

De son côté Lian avait vu la lumière blanche, oui juste après le visage de son frère. En un instant sa vie défila sous ses yeux, oui elle revue toutes son enfance, récupérant ainsi ses souvenirs, depuis la tendre enfance jusqu’au jour fatidique de l’accident… Puis la lumière blanche toujours plus brillante au dessus d’elle. Lian tendit la main pour la toucher, tenter de l’attraper. Un homme qui murmurait : « Pas tout de suite Lian, tu veux toujours aller trop vite, n’oublie pas que je suis Joshi et que je tiendras mes promesses en te rendant ta mémoire… ». Et puis soudain, elle entendit des voix, celles de son frère et de Céline. Elle grogna en ouvrant les yeux, clignant des paupières et enfin se réveillant totalement. Elle était allongée dans un lit, et avant qu’elle n’ait pu comprendre son frère était dans ses bras et elle était dans les siens. Céline s’esquiva rapidement, les laissant seul profiter des retrouvailles. Une longue discussion s’engagea entre la fratrie, Tom posant d’abord les questions, voulant savoir ce qui était arrivé à sa petite sœur et d’où provenaient les cicatrices, puis Lian évoquant les causes de la fuite du jeune homme, et racontant ses propres voyages, résumant de longs mois en quelques phrases. Elle lui donna des nouvelles de Jane, et de nombreux détails sur les deux entreprises de la famille. Ils discutèrent assez longtemps, retrouvant assez vite leur complicité d’antan, se chamaillant même légèrement. Rien n’aurait pu faire plus plaisir à Lian, il lui semblait enfin être soulagée d’un poids sur le cœur, celui de ne pas avoir fini son devoir, son voyage, sa quête. Il lui semblait avoir enfin achevé une mission qu’on lui avait confiée et qui était de la plus grande importance. Le jeune homme lui avoua vouloir rester encore au moins quelques semaines dans la ville avant de changer d’endroit. D’un commun accord ils décidèrent que Lian pourrait aussi rester dans la ville et qu’elle se trouverait un endroit agréable pour vivre, puis qu’ils aviseraient, en fonction de la volonté de chacun d’eux de vouloir voyager ensemble ou de se séparer, en échange de promesses de donner des nouvelles bien entendu.

Découvrir est toujours intéressant et récréatif, mais redécouvrir ou retrouver c’est un bonheur sans égal, qui inonde le cœur de joie. Revenir dans son pays, dans sa maison, retrouver un ami ou un frère… ne peut se décrire en mot tant les sentiments et les émotions se bousculent. Le soir, Céline se sépara des deux Grenfield qui avaient décidé de rester ensemble pour continuer leurs récits. Finalement le jeune homme avoua à sa jeune sœur quel avait été l’un des buts de sa disparition. Il avait cherché à retrouvé ses parents biologique, ayant été, tout comme Lian, adapté peut après sa naissance par la famille dont il portait aujourd’hui encore le nom. Et les résultats avaient été plutôt positif, il avait retrouvé les traces de sa mère, qui était malheureusement décédée à présent. Pourtant, cela avait été une grande avancée pour lui de pouvoir mettre un nom et un visage sur l’interrogation qui le rongeait depuis son adolescence. Il finit aussi par expliquer qu’il avait retrouvé la trace des parents de Lian. Certes par hasard, mais en cherchant parmi ses dossiers et ses informations, les données étaient arrivées d’elle-même, et il avait cru bon de les garder au cas où elle aurait voulu aussi en savoir plus. Il n’en avait jamais parlé dans ses lettres car il ne voulait pas lui causer de soucis, qu’elle se pose des questions, ou prenne une décision hâtive comme il l’avait fait. Mais puisqu’elle était dorénavant en face de lui, il ne pouvait pas lui mentir ou ignorer ce fait, ce qui aurait été un mensonge par omission. Il lui révéla juste qu’il avait certaines informations, et attendit un moment qu’elle réagisse, tandis que Lian se taisait pour attendre la suite. Il finit par lui dire qu’elle était libre de les consulter ou pas, et que le choix ne dépendait que d’elle, mais que celui-ci aurait certainement une influence sur elle et sur son futur, tout du moins sur sa façon de penser. Il est toujours difficile de considérer des parents adoptifs comme des parents réels, surtout après en avoir appris plus sur les biologiques, cependant les Grenfield, paix à leur âme étaient décédés, et resteraient à jamais gravés dans leurs mémoires respectives comme des parents aimant et généreux.

Ils leur avaient apprit des bonnes valeurs, comme la tolérance, le respect des autres, l’écoute tout en les choyant et en leur prodiguant un foyer. Les deux jeune gens avaient été plutôt gâtés et ils se devaient de leur en être reconnaissants de la chance qu’ils avaient eu d’avoir de si bon parents. Il lui conseilla de laisser passer une nuit avant de prendre la moindre décision, lui rappelant que la nuit porte conseil et qu’elle y verrait sans doute beaucoup plus clair demain, une fois qu’elle aurait assimilé toutes les émotions de la journée. Ils continuèrent donc leur discussion, se remémorant des souvenirs plus ou moins joyeux de leur enfance. Lian évoqua la première photographie qu’elle avait eu sous les yeux après sa sortie de coma, et ils parlèrent longuement de l’excellente après midi qui avait marqué leurs esprits. Ils évoquèrent aussi leurs animaux de compagnie, Tom taquina Lian sur son goût pour les lapins, mais elle lui répondit ne pas avoir changé et histoire de l’embêter ajouta qu’elle pensait très prochainement ouvrir un élevage de lapins de races en Auvergne ! Ainsi elle se retirerait de la vie parisienne et pourrait respirer un air pur dénué de toute pollution, entouré de lapins qui pourraient courir dans la nature et les hautes herbes de son élevage. Ils rirent de longues minutes de l’imagination et de l’idée de la jeune femme, Tom arguant à corps et à cri qu’en effet cela lui conviendrait tout à fait, et qu’elle si plairait surement. Puis supposant qu’il lui manquerait juste assez de livres à lire, mais que si elle en achetait assez elle pourrait se faire un bon feu les soirs d’hiver ! L’indignation de la jeune femme fut assez visible pour donner des courbatures à Tom à force de rire. Ils parlèrent aussi de choses plus sérieuses, des amours, des amis, et finirent par parler politique et philosophie, au moment ou le soleil commençait à poindre le bout de son nez, c'est-à-dire assez tard dans la matinée. Ils allèrent donc se coucher totalement exténués de leur veille prolongée, pour se réveiller vers le soir. Ils prirent un repas léger et Tom se proposa pour aller regarder le programme des films du cinéma de la ville, pensant que cela serait une bonne idée. Une fois les négociations achevées sur l’histoire qu’il fallait aller voir, ils se décidèrent à emprunter un dvd qu’ils regardèrent sur le macbook pro de Lian. Ils se couchèrent à une heure plus raisonnable, pour se lever assez tôt. Ainsi Tom pu faire visiter les alentours de Boras à sa sœur, il lui montra quelques lacs, les musées intéressant et surtout les différentes statues qui avaient été dispersés un peu partout en ville. Lian avait emporté son appareil photo et en profita pour vider la carte mémoire, prenant en majorité des photos de son frère, mais posant à côté d’une statue de lapin qui faisait deux têtes de plus que sa taille, et dont l’évocation du roman, dessin animé et film Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll ne faisait aucun doute. Ils rentrèrent le soir assez tard, pour découvrir que le portable de Lian avait été surchargé d’appels et de sms provenant de Jane. Cette dernière semblait plus qu’inquiète de ne pas avoir de nouvelles, mais vu l’heure la jeune femme lui répondit par un simple sms qui en quelques mots rassuraient et promettait d’appeler le lendemain à une heure plus raisonnable que celle-ci. Chose promise chose due, le lendemain matin elle appela et passa presque une heure au téléphone, tandis que Tom cuisinait tout en se moquant de la verve féminine et de leur gout des mots. Le grand frère fit donc profiter à Lian de la cuisine suédoise, lui faisant tester les quelques spécialités, cuisiné ou achetés au magasin du coin. Tandis qu’ils mangeaient la neige continuait de tomber de l’autre côté de la fenêtre, couvrant un peu plus de blanc les rues, les arbres, les habitations et les hommes. Tom expliqua en quelques mots que Boras était connu pour trois choses : ses anciennes fabriques de textile, son école de textile et d’enseignement des bibliothèques et bien entendu la pluie incessante qui y tombait chaque année. Mais l’avantage de l’hiver c’est qu’il transforme les gouttes d’eau en flocons de neige, ô magnifique magie, ô science aux vertus si régulières. Il lui apprit aussi que beaucoup de suédois appréciaient le patin à glace, et qu’ils pouvaient même aller en faire sur le lac gelés qu’ils avaient vu la veille. Après une exclamation de surprise de Lian et des suppliques pour transformer en réalité ce que son frère venait d’évoquer, ils passèrent dans un magasin d’occasion, achetèrent des patins à leur taille pour environs 150 kronors, soit 15 euros chacun. Puis, après quelques recommandations du grand frère quelque peu protecteur, ils purent s’élancer sur la glace et gagner en vitesse. Ce fut une nouvelle fois une journée magnifique, fraiche certes, mais avec un ciel dégagé de toute nuages.

Le soir même, Lian recontacta Céline et lui proposa de passer une journée avec eux dès qu’elle aurait un trou au niveau de ses cours. Les deux frères et sœurs se consultèrent quand à savoir ce qu’ils feraient pour les fêtes de Noël et du premier de l’an. Lian aurait voulu rentrer à Paris et tenir sa promesse de passer les vacances avec Jane, tandis que Tom ne se sentait pas prêt à remettre les pieds dans la capitale française. Hors la jeune femme ne voulait plus lâcher son frère depuis qu’elle l’avait retrouvé, de peur sans doute qu’il ne disparaisse une nouvelle fois dans la nature. Mais après une discussion animée avec la directrice, il s’avéra qu’elle n’en voudrait pas à Lian de la lâcher cette année, puisqu’elle avait trouvé un prétendant intéressant qui lui avait proposé un diner en amoureux pour ces soirs là. Rassurée et contente d’apprendre la nouvelle, elle la rapporta à son frère, c’est ainsi qu’il fut décidé que les fêtes se passeraient à Boras, en Suède ! Et que Céline serait conviée. La prochaine rencontre des trois jeunes gens eu lieu à une fête étudiante destinée à retrouver tout le monde avant le départ de la plupart des étudiants vers leur pays d’origine pour la suite de leurs études, puisque les contrats Erasmus qu’ils avaient signé n’étaient que pour six mois, soit un trimestre. La fête battit son plein, jusqu’à ce qu’une bataille de boule de neige soit décidée, chacun revêtit ses vêtements pour sortir, se muni de gants solides et étanches et la guerre éclata dans les rires et les cris pour ceux recevant une boule de neige gelée dans des endroits dénudés. Lian et son frère se montrèrent plutôt habiles au lancés, ils visaient assez bien, et décidèrent finalement de s’opposer pour savoir lequel gagnerait. Il s’avéra que Lian semblait dominer son grand frère, jusqu’à ce que ce dernier se venger en se jetant sur elle pour des chatouilles. Grande faiblesse de la jeune femme, elle ne pu résister et se roula dans la neige, ne pouvant s’empêcher de rire.

Noel était il noël lorsqu´il n´y avait pas de neige ? En tout cas la Suède n´est pas la Suède sans sa neige. Ecologique ? La question se discutait, en effet le pays l´était mais pas forcement beaucoup plus que ses voisins les pays très développés. Certainement à cause de la prise de conscience générale du problème de la pollution et du besoin de protéger la Nature. Mère Nature était par contre bien plus importante pour les suédois que pour les français par exemple. Leur relation était privilégiée, en effet dès leur plus jeune enfance les bambins étaient obligés de passer au minimum un heure par jour dehors, comme aux Etats-Unis, qu´il pleuve, qu´il vente ou qu´il neige… Les petits étaient donc souvent têtes nus, sans capuche sous la pluie. Là ou une mère francaise aurait été horrifié et aurait tenté de surproteger son oiseau des iles, les suédois considérait que c´était normal, que la pluie ne pouvait pas faire de mal et ne s´inquiétait pas des conséquences possibles d´attraper froid puis de tomber malade. Non, mère nature les aimait, et ils lui rendaient bien. Ils ne pouvaient pas craindre la nature, y étant habitué depuis très jeune, par des sorties et jeux en forêt par exemple. La Suède était un pays allongé et la population était assez dispersée entre les différentes parties. Les maisons en bois couvertes de peintures rouges, qui rappelaient celles des campagnes américaines, se détachaient largement du paysage blanc au ciel bleu, ou vert lorsque le printemps et l´été revenaient et les feuilles des arbres avec.

Tom et Lian discutèrent du fait d´aller en Laponie, la partie la plus au Nord de la Suède, Norvège et Finlande, au dessus du cercle polaire. Malheureusement ils n´eurent pas le temps d´organiser un voyage, en partie car Tom travaillait. Lian quand à elle en profitait pour visiter les villes alentours, Malmo, Lund, Helsingborg, et sa jumelle Helsingor au Danemark, Jönköping et Gränna, s´éloignant même quelques jours pour aller voir Copenhague, Oslo et Stockholm, mais elle passa tout de même la plupart de ses journées à Borås ou Göteborg, la grande ville la plus proche, là ou elle avait atterrit en avion. Borås pouvait se révéler ennuyant lorsqu´on en avait fait enfin le tour complet, mais la ville conservait son charme, et elle disposait d´une communauté de bibliothèques assez fournie en langues étrangères, l´anglais bine évidemment, mais aussi quelques textes en français, Lian ne pouvait donc pas s´ennuyer, partageant ses lectures avec Céline. Cette dernière avait d´ailleurs pu réserver un voyage jusqu´en Laponie, pour aller voir les villes de Kiruna et Abisko entre autre, elle avait eu la chance de voir des aurores boréales, de visiter un hôtel de glace à Jukkasjärvi, de faire du traineau avec des chiens de traineau, de rencontrer une famille Sami qui élevait des reines… et de bien se geler, malgré les couches de vêtements portés chaque jours, en effet les températures oscillaient entre -20 et -30 degrés à des altitudes pareilles du globe et en cette saison. Elle leur avait ramené des centaines de photos et de beaux récits qu´avait écouté avec un sourire Lian. Une fois ses derniers devoirs rendus pour la fin du semestre, Céline pu passer bien plus de temps avec Lian. Décidant de suivre l´exemple de la jeune femme, Lian avait elle aussi acheté un portable suédois rechargeable à carte, ce dernier avait couté 200 couronnes, donc 20 euros, et il suffisait de le recharger chaque mois avec entre 70 et 120 couronnes. Ensuite il était facile d´appeler et de se contacter, et les appels et SMS étaient moins cher entre personnes du même opérateur.

Chapitre 6 : Cultural communication

Céline lui résuma l´un des cours qu´elle avait eu en arrivant et qui concernait la culture suédoise, évoquant d´abord les stéréotypes réalistes de Suède : les suédois étaient timides, assez individualistes, il était par exemple commun pour les enfants de plus de dix-huit ans de payer une rente à leur parents lorsqu´ils vivaient chez eux, ce qui poussait bien évidemment ces derniers à prendre leur indépendance le plus rapidement possible. Les suédois ont le plus souvent des cours pratiques au primaire et au collège, par exemple de couture, de bricolage ou de cuisine, pour les rendre encore une fois plus indépendant, ainsi ils devenaient plus débrouillards dans la nature ou pour s’occuper d’une maison. Les habitants de suèdes étaient aussi très poli, ajoutant partout dans leur phrases des « hej » et « tack », voir « tack tack », soit des « salut » et « merci ». Une chose qui posait quelques problèmes à Céline : la ponctualité quasi surhumaine dont ils faisaient preuve, et surtout dont les moyens de transport en commun respectaient à la ligne, jamais en retard, parfois trop en avance, ce qui jouait des tours à la jeune femme, plus habituée aux retards et qui ratait parfois son bus car celui-ci passait avant l´heure indiquée. Dans les bus d´ailleurs, la règle informelle était de s´assoir loin des autres, si possible en ligne, et de rester silencieux. Les sièges côte à côte étaient donc rarement utilisés sauf dans les rares cas ou le bus était complet. Il fallait aussi apprendre à se taire dans les ascenseurs, ne surtout pas oublier à quel point les queues droites étaient importante et prendre son numéro pour avoir un renseignement ou un service lorsqu´une machine à numéro était disponible, ce qui était bine plus courant qu´en France. Il y avait aussi le mot « fika » dont l´importance était considérable, comme nous l´avons dis plus tôt, cette pratique peut s´apparenter à une pause café ou un gouter, et elle consiste à prendre une boisson avec quelque chose à grignoter, aucune importance ? Erreur ! Les suédois ne vivaient que pour les fika ! Les autres repas, ceux qui par leur longueur sont éminents en France, n´en avaient pas en suède. Il était même courant que les étudiant partageant une cuisine en collocation, viennent se faire à manger, mais repartent dans leur chambre pour le déguster plutôt que de s´installer pour pouvoir discuter avec d´autres. Ne pas parler aux inconnus était une règles pour les enfants tout comme pour les adultes, qui avaient du mal à adresser la parole à ceux qu´ils ne connaissaient pas. D´ou la difficulté de se faire des amis suédois en suède. Et une fois que vous vous étiez fait des amis, il fallait attendre avant de pouvoir visiter leur maison ou pouvoir les inviter chez vous, en effet, il fallait en moyenne plusieurs années. La raison ? Les suédois étaient plus que maniaque lorsqu´ils devaient recevoir des invités. Vous passez deux heures à ranger avant d´inviter vos amis ? Alors imaginez pour eux… D´ailleurs un des souvenirs disponible en magasin, qui révélaient que les suédois avaient aussi le sens de l´humour était : « My room was clean last week, sorry that you miss it ! », ou traduit : « Ma chambre était propre la semaine dernière, désolé que tu ais manqué ca!». Vous criez devant le prix des cigarettes et de l´alcool en France ? Hurlant devant les taxes ajoutées par l´Etat ? Bien… ne venez pas en Suède, les prix y sont pire, pour lutter contre l´alcoolisme qui était et reste un mal assez courant. Les prix sont si élevés que l´on se doit d´acheter et d´amener sa propre bouteille d´alcool lorsque l´on est invité. Normal me direz vous ? Et non, pauvres fous ! La bouteille n´est pas celle française que l´on partage avec son hôte pour le remercier de son invitation, elle est pour sa consommation personnelle ! D´ailleurs, à part les alcools doux ou peux fort, telle que la bière ou le « cidre », bien différent du français, qui peuvent être tous deux vendus dans des super marchés. Le reste des alcools, comprenant donc le vin et la vodka par exemple, ainsi que les alcools moins forts, sont vendu dans des magasins spécialisés, nommé Systemebolaget. Ces derniers vendaient leur marchandise dans des sacs en plastiques violet… Vive l´écologie en passant. Sauf que lorsque l´on a saisit le rapport entre sac en plastique violet et alcool, on s´impressionne du nombre de jeunes ou moins jeunes personne se baladant avec… surtout le vendredi soir et le week-end. Oui, l´alcool est une donnée assez importante de leur vie, malgré le prix. D´ailleurs une grande partie des vins viennent d´Afrique ou d´Italie, ceux français se révèlent plus rare à trouver dans les systemebolaget.

Mais pour en revenir au cours sur les différences entre culture, les quelques points qui intéressèrent le plus Lian, qui les trouvèrent très véridique par rapport à ses propres observations à la suite de ses voyages. Tout d´abord contrairement à ce que l´on pense, le langage du corps n´est absolument pas universel. Alors que les américains réunissent le pouce et l’index, dressant les autres doigts pour signifier ok, que tout va bien et qu´ils acceptent, dans certains pays asiatique, cela signifie simplement que l´on demande de la monnaie et que l´on veut le rendue en petites coupures, et plus précisément en pièces. De même la distance entre les personnes pour parler, avec les quatre zones de distance : intime, personnelle, sociale et publique, dépendait des cultures. Ainsi on pouvait observer que les Américains avaient tendance à reste plus éloignés que les Mexicains pour discuter, qui eux même ne s´approchaient pas autant que les Arabes, qui restaient très proche pour parler. Dans le livre de Céline on pouvait lire: “In trying to predict which travelers would be the most successful, the researchers found that a variety of factors – including age, gender, language, preparation level, and personality characteristics – play a role” (Kim, 2002) as quoted by Intercultural communication in contexts by Judith Martin and Thomas Nakayama. Mais qu´avoir découvert et été à travers diverses cultures augmentait l´aptitude de pouvoir s´adapter et communiquer avec des personnes de cultures différentes et de pouvoir les comprendre. De même plus connaitre et savoir parler plus d’une langue permettait de s´ouvrir au monde. Bien sur l´arrivée d´Internet chamboulait tout, les interactions entre cultures devenaient plus faciles que jamais mais aussi plus compliqués. En effet, sur Internet le langage du corps disparaissait, les interlocuteurs perdaient donc des informations sur la conversation. Sans le ton de la voix, les mouvements et les expressions du visage, on pouvait mal comprendre certains messages. De même, il était très facile de changer son identité sur Internet, pour tester les différentes possibilités, et mentir se révélait assez commun. Qui pourrait aller vérifier ces informations ? Ainsi on pouvait facilement changer de nationalité, de sexe, d´âge, de classe ou même d´orientation sexuelle… Pour tester les réactions des autres utilisateurs, pour se tester aussi soit même. Quitte à faire des dégâts collatéraux. Comment reconnaitre une blague qui aurait été dites sur un ton d´humour ou d´ironie lorsqu´il n´y avait que des mots sur un écran ? Une des réponses apportées était très certainement le fait d´ajouter des smiley, ces petits visages censés représenter des expressions universelles, à la base en tout cas. On pouvait voir ainsi fleurir sur Internet des : Smile, Sad, Wink

De même, il semblait évident pour tous le monde que la langue anglaise, utilisée pour programmer et la plus utilisée pour communiquer à travers le monde, deviendrait peut être un jour la langue du web. Et pourtant, les entreprises multinationales avaient réfléchit à communiquer dans la langue de tous les pays ou ils se trouvaient. Pourquoi ? Pour toucher les consommateurs, en ramasser le plus possible et n´en laisser aucun sur le bord de la route. En tout cas, il devenait instantané d´envoyer un message à l´autre bout du monde. La plupart des habitants de la planète étaient donc plus informés, sauf pour ceux vivant dans des régimes spéciaux et qui pratiquaient la censure. Pourtant, même plus informés les guerres ne diminuaient pas, alors que les pays voisins auraient du mieux se comprendre… De même, il y avait une différence énorme entre les pays bien équipé et ceux ou les ordinateurs étaient une rareté, encore de nos jours. Alors que les cultures assez individualistes posaient des questions directes et franches et attendaient des réponses qui soient de même, les pays plus soucieux de la communauté faisaient des détours, tournaient autour du pot, dans un seul et même but, ne pas blesser l´interlocuteur. Tandis que certaines cultures dictaient de bluffer pour gagner du temps et impressionner l’adversaire, d´autres préféraient agir plutôt que de parler. Provoquant certaines guerres…

Puis Céline expliqua à son amie ce qu´était le choc culturel. C´était une sensation qui arrivait la plupart du temps à des étrangers changeant de pays pour une durée un peu plus longue que des vacances. Cette sensation faisait ressentir un problème d´orientation, ne pas savoir ce qu´il fallait faire, être perdu ! Et c´était toalement normal lorsque l´on entrait dans une culture et n pays étranger, avec une langue différente et des habitudes qui pouvaient sembler étranger au premier abord. Les symptômes de ce choc culturel pouvaient être : des insomnies, des changement brusque de tempérament, devenir lunatique, des soucis de santé, ou plutôt l´impression d´en avoir, être hypochondriaque, devenir associable et ne pas avoir envie de parler avec les autres, se sentir triste et seul, avoir la sensation d´être totalement perdu, d´être en train de traverser le désert en quarante jours, tel Moise. Penser que le pays craignait, que les habitants aussi ! Puis développer des stéréotypes. Sentir le manque de la famille et des amis. Se retrouver dans l´impossibilité de résoudre des problèmes, manquer de confiance. Se créer des obsessions à propos de tout et de n´importe quoi, avoir peur de sortir, et être fatigué de devoir faire le moindre effort.

Ce choc culturel comportait plusieurs étapes toutes différentes et très distinctes, cependant tout le monde ne souffrait pas de chacune, tandis que d´autres en vivaient certaines plusieurs fois. On pouvait en effet expérimenter plusieurs étapes en même temps, ou seulement à certaines périodes ou répétivement… Le premier pouvait se comparer à une lune de miel, le voyageur était excité du nouveau pays à découvrir et s´émerveillait de tout. Il avait perdu ce qu´il venait de quitter mais cela lui permettait de trouver un monde nouveau et changé. Cette étape était sans doute la plus joyeuse, même si parfois exagérée. Lian acquiesça, évoquant son souvenir de descente d´avion lorsqu´elle avait vu toute cette neige et avait voulu se jeter dedans, sans réfléchir, telle une gamine. Seulement cette période ne durait pas pour tout le monde, et venait alors le moment de la désillusion. Rapide retour sur terre, ou plus graduellement, tout dépendait des personnes. Lorsque l´on faisait face à des problèmes de communication, l´impatience pouvait alors gagner du terrain et on se sentait irritable, voir en colère, triste, seul et même incompétent. Céline raconta à son tour une de ses expériences, lorsqu´elle avait apprit qu´en Suède, la poste n´existait pas et que cela fonctionnait grâce aux petites épiceries, ou marchands de presse. Ses parents lui avaient envoyé un courrier qu´elle avait besoin de récupérer rapidement à cause d´une urgence. Elle s´était donc décidée à aller chercher sa lettre, malgré la pluie battante et le fait de devoir marcher vingt minutes pour attendre l´endroit ou récupérer sa lettre. Elle s´était donc équipée mettant son manteau le plus imperméable, un pantalon anti-pluie, et emportant son plus large parapluie. Arrivée dans la boutique, elle avait commencé à parler en anglais, et alors que la plupart des suédois le parlaient sans un seul accent, le responsable du magasin ne le parlait pas vraiment et ne le comprenait pas parfaitement. Cela aurait pu ne pas être un problème, cependant lorsqu´elle sortie son recommandé et sa carte d´identité, l´homme fit la grimace, attrapa les deux papiers, alla vérifier et revint pour annoncer d´un ton grave, que la carte d´identité ne permettait pas de prouver son identité et qu´il avait besoin : d´un passeport ou d´un permis de conduire ! Sauf que Céline n´avait jamais appris à conduire et donc aucun permis et qu´elle n´avait pas de passeport sur elle. Après une argumentation, à moitié en anglais, à moitié en suédois, dans laquelle elle s’indignait, prétextant que la Suède était dans l´Union Européenne, dans l´espace Schengen, et qu´ils n´avaient pas besoin de passeport pour traverses les frontières, qu´une carte d´identité officielle de la république française aurait du suffire… L´homme appela un conseiller responsable des courriers, et après une nouvelle argumentation au téléphone, Céline abandonna et repartie bredouille avec son recommandé. Elle repartie sous la pluie battante, ruminant et maugréant tout le chemin, qui pour ne rien arranger était en côte montante, soit vingt minutes de marche. L´historie s´était arrangée lorsqu´elle était revenue en présentant son passeport, pourtant elle lui en gardait toujours rancune. D´ailleurs, il lui semblait que la malchance était avec elle, car chaque fois qu´elle retournait dans le magasin un nouveau problème surgissait. Alors qu´elle s´était décidée pour une balade pour profiter des derniers rayons du soleil avant l´automne, elle avait emporté de quoi s´acheter une glace, ayant repéré le prix de celles-ci, qui était fixe dans la plupart des magasins. Elle emporta donc exactement la monnaie, et fit son chemin d´un air heureux. Arrivée dans la petite échoppe, elle choisit son parfum et alla payer, déposant les pièces sur le contoir. Pourtant, la vendeuse, écarta deux pièces et lui dit que celles-ci ne marchaient plus. La jeune femme agrandit les yeux de surprise. Ces deux petites pièces de 50 centimes de couronnes étaient pourtant suédoise… Après une nouvelle argumentation et des questions, la vendeuse finit pas lui dire qu´à peine une semaine plus tôt, une loi avait été mise en application et celle-ci mettait en pratique la fin de l´utilisation de ces pièces représentant la plus petite monnaie disponible en Suède et qui correspondait à 5 centimes d´euros. N´aillant pas un seul centime de plus, et parce qu´il lui manquait dix centimes, la jeune fille dû reposer sa glacer et rentrer bredouille. Maugréant contre les lois dont personne ne l´avait avertit, contre la suppression de la petite monnaie qui ne faisait qu´augmenter les prix, en effet les boutiques vendant souvent des produits pour par exemple 29.90 couronnes, soit 3 euros… Mais 10 centimes de couronnes n´existait plus depuis longtemps, et maintenant avec la suppression du 50 centimes, les marchands pouvaient donc garder la monnaie qu´ils ne pouvaient pas rendre. Ainsi leurs marges augmentaient rapidement et sans aucune difficulté. Histoire véridique. Tristement réelle. Cependant on pouvait toujours faire quelque chose contre cette désillusion et déprime, le meilleur moyen d´accepter était de comprendre, il fallait donc poser des questions. Et surtout en parler à quelqu´un d´autre, pour partager ses expériences et ces petits désagréments. On pouvait aussi se souvenir de sa maison, avec quelques souvenirs, changer ses habitudes et tenter d´avoir un hobby, se trouver une activité à faire. On pouvait aussi étudier avec d´autres étudiants, pour parler et voir du monde et non pas s´enfermer seul à la maison.

Ensuite, il y avait la phase de compréhension, on commençait à apprécier les petites différences qui faisaient tout de même le charme du pays étranger et changeait de celui d´origine. Cette étape arrivait au moment ou l´on sentait enfin avoir une direction, un but. On avait à ce moment là plus d´énergie, et il fallait s´imposer une discipline pour garder le bon rythme. Puis, l´intégration venait, qui ne devait pas être mélangé avec l´assimilation qui était un traitement totalement différent. L´étranger amorçait sa compréhension du pays et des habitants, il s´adaptait mieux et pouvait prédire certaines réactions, car il se sentait à présent comme faisant partit de cette culture et de ces habitudes qu´il avait acquis au fur et à mesure du temps. Il pouvait même avoir envie de faire des projets pour l´avenir. Rester dans le pays ? Y habiter, y vivre, y travailler, s´y marier et y élever ses enfants… Certains finissaient par rester dans le pays qui leur avait pourtant tant déplu à un moment du choc culturel… Parfois grâce à un coup de foudre.

Il y avait aussi une dernière étape, celle du renversement de choc culturel, étape bien plus dure ! Elle intervenait au moment de rentrer à la maison… Car plus longtemps la personne était restée à l´étranger, plus elle s´adaptait et changeait ses habitudes de départs qui correspondaient à un autre pays. De plus, le temps n´attendait pas de passer, et l´étranger pouvait avoir manqué de nombreuses choses dans l´actualité, que ce soit d´ordre national, des informations politiques, culturelles ou sociales, tout aussi bien que personnelles, en effet la famille pouvait avoir évolué tout comme les amis, partit autre part ? Mariés ? Des milliers de choses avaient pu se passer, et il était parfois dur de l´accepter ou de rattraper son retard sur ce qui avait été manqué.

Le professeur avait donc résumé ce culture choc, par quelques conseils : être discipliné et étudier, développer un hobby, dormir tôt et assez, ne pas passer trop de temps sur Internet, comprendre que les amis restés en France ne pouvaient pas toujours comprendre la situation dans laquelle les étudiants Erasmus se trouvaient, être patient car l´adaptation prenait du temps, ne pas essayer trop fort, et inclure du sport dans la routine quotidienne… Une recette qui semblait plutôt simple finalement.

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Message par Judikhael Wienfield le Jeu 25 Nov - 21:33

Bravissimo liaaaaaaaaaaaaaan cheers

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Re: NaNoWriMo

Message par Lian Grenfield le Jeu 25 Nov - 21:35

Spoiler:
Chapitre 7 : Discussion et retour à la réalité

Les deux jeunes femmes parlèrent aussi de la langue suédoise, mélange d´anglais et d´allemand. Ainsi que de l´amusant mot « lagom » qui signifiait juste… parfait. Il qualifiait des personnes ou des choses, pas trop jeunes, pas trop vieilles, pas trop petites pas trop grandes, pas trop chaud pas trop froid… le juste milieu en un mot, parfait. Elles évoquèrent aussi la population suédoise, mélange assez étrange ou la plupart des individus étaient fin comme des baguettes et ou l´on trouvait pourtant des obèses. La plupart des jeunes filles se baladaient en mini jupes ou mini short et leggings, et avaient des jambes plus droites que des poteaux, ne laissant deviner aucun muscle. Mais aussi l´immense majorité des blondes, vraie ou décolorés, comme le stéréotype des pays sur les pays du Nord est le laissait présupposer. Peau claire, aux yeux bleus, aux cheveux raides blonds. Voila en effet ce qui composait la majorité des suédois et suédoises. Une population qui était assez encline à avoir des enfants, en tout cas d´après le nombre de femmes enceintes croisées par Céline. Elles évoquèrent aussi le fait que l´aube et le coucher du soleil avaient lieu respectivement plus tard et plus tôt qu´en France, ce qui réduisait considérablement le temps d´ensoleillement pendant la journée, d´ou le fait de voir les suédois marcher ou faire leur jogging sur les trottoirs avec des gilets de sécurités, utilisés uniquement en cas de danger ou d´arrêt sur la bande d´arrêt d´urgence de l´autoroute pour les français, ainsi que la vente de ces nombreux réflecteurs qu´ils accrochaient partout sur leurs vêtements comme s´ils étaient des sapins de noël à recouvrir de boules. Ces petits réflecteurs étaient populaires pour tous les âges et pouvaient être autant des smiley à faces souriantes, des chiens, des lapins, des chauves-souris, des dinosaures, des fantômes, des rennes… Du moment que l´élément réfléchissait la lumière permettant donc d´être vu de loin par les voitures, et qu´il était amusant, il y en avait réellement pour tous les gouts.

Noel pu se résumer par une soirée festive très agréable pour les trois jeunes gens. Ils allèrent assister à la messe de minuit, messe qui était traduite en anglais permettant ainsi aux étrangers de pouvoir suivre sans difficulté. Ils profitèrent des lumières des décorations dans la rue, pour faire une nouvelle bataille de boules de neige, avant de rentrer pour discuter et s´endormir. Ils s´étaient offert quelques cadeaux, entre autre un marque page magnétique, un ensemble de bonnet gants et écharpe assorties, quelques livres en anglais et français d´auteurs suédois comme Åke Edwardson, Jean Guillou, Bjorn Larsson… Mais aussi des tasses thermos permettant de garder une boisson chaude, un couteau coupe fromage suédois, couteau à la forme très particulière car il ressemble à une espèce de pelle à tarte donc la lame se trouverait au milieu de la forme métallique triangulaire.

Pour s´amuser, les trois amis décidèrent de chercher et de visionner quelques vidéos sur Internet, et avant de comprendre comment ils avaient pu passer de lapins à une publicité Ikea, ils avaient décidés d´aller voir le fameux magasin, dont l´un d´eux se situait près de Göteborg. Il semblait presque indécent de ne pas aller visiter le temple de la Suède lorsque l´on visitait le pays, c´est ainsi qu´ils passèrent une journée entière chez le marchant de meuble, mangeant au restaurant compris dans le magasin et n´en sortant que le soir, pour aller faire la fête dans la deuxième plus grande ville du pays. Mais la Suède ne nous a pas simplement transmit son magasin de meubles à monter, et oui rappelez vous les suédois sont de bons bricoleurs lorsqu´ils apprennent en travaux pratique à l´école, mais aussi la chaine H&M. Borås était en plus la ville de création principale des nouveaux design de la mode, puisqu´ancien lieu de production. L´université de textile y est connu dans tous le pays, et l´emblème de Borås n´est autre que deux ciseaux entrecroisés, tandis qu´une statue de colporteur, autre symbole de la ville, accueille les nouveaux arrivés qui débarquent de la gare routière et ferroviaire. D´ailleurs deux immenses cheminées se dressaient encore dans le ciel gris de Borås, rappelant le passé de production de la ville. Des ventes étaient donc proposées plusieurs fois par ans pour vendre les vêtements des collections passés à des prix moindres. Quand au nouvel an, les trois amis le passèrent ensemble avec une bouteille de bon champagne français, pour fêter la nouvelle année et leur départ prochain de Suède. Après tout, il fallait bien se montrer un peu sérieux, n´est ce pas ?

Chapitre 8 : Conclusion

De tous temps l'Homme ne cesse de courir après lui-même.
Qu´il pleuve une averse torrentielle, qu´il fasse moins trente degrés et qu´il neige, que le ciel soit gris ou bleu sans nuage, qu´il fasse une chaleur de plomb avec quarante degrés à l´ombre, sec ou humide… Rien n´arrête l´Homme et sa curiosité insaisissable, il trouve toujours un moyen de mettre son nez pour découvrir et apprendre de nouvelles choses, sur les autres et sur lui-même. L´Homme a-t-il pour destin de s´améliorer en accroissant ses connaissances ? C´est la théorie de certains philosophes qui espèrent optimistement avoir chaque jour un monde un peu plus meilleur que la veille, un monde qui irait dans un sens positif. Connaitre mieux ce qui nous entoure pour améliorer notre vie, notre survie. Pourtant d´autres ont un regard bien plus pessimiste, pensant que l´Homme plonge à sa perte, dégradant chaque jour un peu plus le monde dans lequel il évolue, le détruisant d´abord lentement mais en s´accélérant. Une course effrénée et qui semble sans but, seulement celui d´avancer. Pourtant mieux vaut ne pas foncer dans le tas sans réfléchir. Il est toujours mieux de faire le point, de tirer des conclusions pour continuer son chemin, plutôt que de foncer et de se perdre… dans le désert de sable ou de glace, dans une forêt aux arbres immenses, ou dans un labyrinthe sans issue… Certes on pouvait faire confiance au lapin blanc d´Alice au pays des merveilles pour nous guider, pourtant, pouvait on totalement lui faire confiance ? Après tout, le rêve et la réalité sont tellement proche… et qui nous dit que : la cuillère n´existe peut être pas.

Une souris verte qui courait dans l'herbe

Courir c´est bien pour se dépenser et faire du sport, pouvoir ne penser à rein, ou au contraire réfléchir beaucoup tandis que nos pas martèlent dans une allure cadencée le pavé. Mais sans fermer les yeux sur ce qui nous entoure, ne pas se laisser surprendre par une voiture, un accident est si vite arrivé. Une dictature peut si facilement prendre le pouvoir, il suffit que tout le monde marche dans la même direction pour se retrouver piéger sans pouvoir s´en sortir… Et alors là c´est la noyade… « Come to the dark side, we have cookies ! », venez du côté sombre, nous avons des cookies… mais un cookie vaut-il le coup de risquer son âme ? Ne vaut-il pas avoir un peu faim, mais garder son intégrité ? Toutes les questions valent ils le coup d´avoir une réponse ? Le mystère n´a-t-il pas aussi son charme lorsqu´il peut se révéler nécessaire ? Chacun à besoin de son jardin secret, pour y déposer ses pensées et quelques souvenirs.

Je l'attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent :
trempez la dans l'huile,
trempez la dans l'eau
Ca fera un escargot tout chaud

Intellectuels versus physiques. Ceux qui courent après eux, tandis que d´autres les observent faire, courant mentalement vers la recherche de nouveaux savoirs. Deux adversaires avec des visions différentes ou deux alliés travaillent en collaboration pour s´entraider ? La science, avait toujours été admirée et décriée, tout comme la littérature. Les innovations de l´un allaient avec les progrès de l´autre. L´art quand à lui puisait dans ces deux sources pour se nourrir et créer de nouveaux courant de pensées, des réflexions parfois difficiles à comprendre. L’art comme catharsis des sentiments. Ecrire pour s´exprimer, dessiner pour se montrer, jouer d´un instrument pour se manifester… l´Homme est toujours là cherchant de quoi s´occuper, dans son travail et dans ses loisirs.

Courir derrière le temps, la montre accroché au poignet, les horloges plantés dans les murs, les secondes passant comme une mélodie rythmique dans les pensées. L´Homme moderne guidait ses jours en fonction du temps, du temps qu´il lui restait à vivre, malgré l´allongement de la durée de vie, il fallait faire vite… Courir courir, sprinter car on était en retard à un rendez vous, pour un horaires précis, ou même dans tout… Ne surtout pas s´arrêter, ne pas perdre son temps en cherchant de retrouver sa respiration, non, tout devait aller de plus en plus vite. Rapidement ! Promptement ! Hâtivement ! Précipitamment ! Dare-dare ! A toute biture ! Prestement ! Avec hâte ! A toute vitesse ! En un clin d'œil ! Sur-le-champ ! Vous êtes stressé ? Mais pourquoi ? Pourquoi n´avez-vous pas fini plus tôt ? Vous auriez pu être soulagé de ce poids, maintenant vous êtes encore plus décalé… Le monde actuel ne vous attendra pas ! Croire à la complaisance de la société était une erreur, dans les peuples de plus en plus individualistes. Il fallait suivre le rythme, ou être écarté de la course. Et pourtant on avait beau courir le départ avait beau être très loin, l´arrivée n´arrivait jamais.

Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit qu'il fait trop chaud

Le cerveau, siège de la réflexion et de la pensée, celui aussi qui dirigeait les muscles, ordonnant aux jambes de marcher et de courir. Organe plein de mystère et au fonctionnement complexe, qui était d´une redoutable efficacité lorsqu´il ne surchauffait pas. Pouvoir faire plusieurs choses à la fois, penser tout en courant. Jouer du piano, tout en discutant et en jetant un œil à la télévision. Surfer sur Internet, chercher des informations en courant après, tant de résultats possibles pour une simple recherche. Tant de bruit, nombre de résultats d´une recherche et dont les données ne correspondent pas forcement totalement à ce qui était recherché. Malgré l´utilisation des booléens, ces petits mots qui permettaient d´affiner une recherche : « et » pour signifier que les deux mots doivent se trouver, « ou » pour signaler que seul un des mots est important, « sauf » pour exclure de la recherche certains résultats contenant cette mention. Trop de données, saturation des résultats et du cerveau qui se doit de faire un tri, entre les nouvelles informations et celles passées, effaçant ainsi certains souvenir jugé peu important.

Je la mets dans mon tiroir
Elle me dit qu'il fait trop noir

Les langues vivantes ? On a beau être bilingue à un moment de sa vie, si l´on ne pratique plus, on perd forcement, l´accent ou le vocabulaire, voir les deux. C´était comme le vélo, on apprenait, puis on oubliait si on ne l´utilisait plus, il restait toujours quelques bases, mais la reprise était toujours dur… Si l´on oubliait ses souvenirs dans un vieux tiroir, ils se couvraient de poussières, voir de toiles d´araignées et il devenait plus dur de les retrouver et d´y accéder. Il fallait balayer le noir qui s´était installé, remettre à jour, le trou noir de la mémoire. Mais parfois, tout partait dans l´oubli, lorsque l´âge s´avançait ou que le passé et sa mémoire étaient rongés par une maladie, qui embrouillait les dates, les lieux, les gens et leurs noms… pour finalement tous mélanger et mixer, dans un oubli infini.

Je la mets là dans ma main
Elle me dit qu'elle est très bien

Et si la meilleure façon de vivre était de tendre la main vers les autres et de les aider ? Tenter de les comprendre, pour mieux les apprécier, faire la transition qui permettait d´accepter leur mode de penser pour être sur une longueur d´onde similaire, comprendre que l´autre est différent et qu´il ne peut pas être totalement identique. Baser une relation sur les quelques points commun et non pas sur les discordances.

Apprendre à interagir avec les autres, rester ouvert au dialogue pour permettre d´être aborder et d´accéder aux autres. Ne surtout pas se fermer, par inquiétude et peur de ce qui ne nous ressemble pas, mais en accueillir les points intéressant. Se glisser tel un serpent, sans méchanceté mais pour s´adapter et devenir universel. Trouver un langage universel, un espéranto qui réunirait chacun, les liants sous les mêmes mots. Sans oublier que chaque individu est unique, que le groupe ne le supplante pas mais dépend de lui. Ne pas classer les gens en groupes fermés mais en associations qui pouvaient s´entrecroiser et se mélanger. Je suis moi… j´appartient à une communauté mais ma pensées est unique et ne dépend que de moi et de mes choix. Je suis le seul à décider, et malgré l´influence du groupe, c´est moi le dernier ressort de ma pensée. Seul décideur et souverain de mes actes, de mes pensées et de mes mots. Unique et sans comparaison réelle possible, même si des points communs sont trouvables et analysable, mais ne me catalogue pas, tu te tromperais forcement car nous ne restons pas indéfiniment dans une caractéristique précise, nous sommes humains et nous évoluons à travers ceux qui nous influence.

Humains influencé par d´autres humains venu d´autres continents sur Terre, et pourquoi pas dans quelques années par des créatures extra-terrestres ? Car l´Homme court après la gloire de découvrir l´espace, ayant déjà visité tout ce qui pouvait se voir sur terre, il se plonge dans les fonds sous-marins et sort de l´atmosphère protectrice de la planète bleue en repoussant ses limites et celle de la science, repoussant encore et toujours ses limites. Dire que les scientifiques étudiaient l´hypothèse de la disparition des jambes, si un jour l´humain partait vivre dans l´espace, en effet avec l´apesanteur, il n´était plus vraiment nécessaire de marcher ou de courir mais de flotter dans les airs et de s´accrocher pour avancer… Un monde ou l´Homme ne courait plus après lui ? Mais dans ce cas là il irait peut être à sa perte. Plongeant tête baissé vers le danger de l´inconnu pour fuir le quotidien, dit ennuyant de la vie terrestre, pour vivre une vie exceptionnelle et qui pourrait marquer l´histoire comme une révolution. Graver son nom sur les murs en marbres, dans les cahiers de cours et sur le nom des rues… obtenir son heure de gloire… pour l´éternité. Une façon de laisser sa trace dans ce monde, en ayant une descendance ou en léguant son nom pour la postérité. Chacun avait sa manière de marquer ceux qui l´avaient connu, par des souvenirs, par de petites attentions, par une œuvre d´art, un acte héroïque, une découverte importante, son image médiatique…

Voyage. Un mot qui en fait rêver certains et grimacer d´autres. De bons ou de mauvais souvenirs, selon les conditions de vie, les lieux visités et les personnes croisés. Voyager c’est un peu similaire à la lecture, c´est entrer dans une histoire au contexte particulier, qui change un peu de l´ordinaire et qui fait rêver, c´est s´isoler un peu du monde, pour y revenir grandit et avec de nouvelles idées. Parvenir à atteindre des histoires et l´Histoire. Savoir lire, sortir de cette prison qu´était le fait de ne pas être alphabétisé, c´était s´ouvrir toutes les portes de la lecture, pouvoir ouvrir un livre sans craindre d´y plonger, allumer son ordinateur et pouvoir y travailler, sortir dehors et faire partie de la société de consommation. Etre intégré et pouvoir communiquer d´une autre façon que par la parole. Les mots étaient éphémères lorsqu´ils étaient dit à voix haute, tandis qu´ils restaient lorsqu´ils étaient écrit. Imprimant dans le cerveau la sensation de la main qui bouge pour écrire le mot, des doigts qui tapent un clavier et se souviennent de l´emplacement des lettres, de la rétine qui vérifie l´orthographe du mot, voit s´il est lisible et compréhensible dans la phrase à laquelle il appartient. Travail de la mémoire tactile et visuelle qui imprimait le mot dans différentes dimensions, lui donnant une forme de vie dans le souvenir qu´on en avait.

Les premiers mots d´un enfant, ses balbutiements pour imiter les adultes qui parlent autour de lui, ses premiers essais infructueux. Et puis soudain un jour, le premier cri, premier mot prononcé, petit miracle similaire à l´apprentissage de la marche. Bébé sourit, bébé grandit, bébé marche, bébé parle, petit enfant va pour son premier jour à l´école maternelle, petit enfant ramène ses créations artistique fièrement à la maison, grand enfant passe enfin au CP, où il apprendra à lire et à compter, jeune adolescent qui entre dans le monde des plus grand au collège, le début des difficultés et des nombreux cours, quatre ans plus tard, si tout se passe bien, arrivée au lycée pour l´adolescent, le jeune adulte en sortira avec un diplôme en poche. Une enfance liée et destinée à l´amusement et à l´apprentissage, pour former la nouvelle génération à leurs futurs métiers. Pour répondre à leurs questions et à leurs interrogations, donner à chacun les bases d´une culture commune qui semblait nécessaire, une culture générale qui donnait des connaissances basiques mais utiles. Le but de tous ces enseignants, ces professeurs… remplir le crâne de ces chères têtes blondes de données, les tenir informer de divers sujets : littéraires, politiques, scientifiques, économiques et pratiques. Les aider à se situer dans le monde d´aujourd´hui. Et ce qu´ils avaient en échange : de la reconnaissance ? Non, pas le moindre du monde ! Ou très rarement. Et pourtant toute la société se donnait la main pour éduquer les jeunes, la famille, les connaissances et l´école. Chacun jouait plus ou moins bien son rôle pour encadrer et guider. Chaque société, chaque pays était un peu différent, de par ses principes, ses lois, à cause du programme d´éducation qui différait entre chaque état aussi. Et puis chaque famille est unique, tout comme l´individu qui y grandit, les influences qu´il y subit sont aussi impossibles à totalement prédire et diriger totalement. Voila comment étaient formés les individus, ceux qui grandissaient dans nos sociétés. Nos états qui comptaient sur la nouvelle génération d´enfants pour entretenir la société, la culture et la structure même du pays.

Avez-vous déjà pensé aux peuples dont le langage exclue certains mots ? Comment parler de la neige, comment l´exprimer à un Africain n´en ayant jamais vu et qui n´a pas de mot pour définir cet aspect de la réalité. Certains peuple n´ont pas non plus de couleurs pour définir les choses, seulement un aspect de la lumière, sombre ou clair, qui pourrait correspondre à notre noir et blanc. Comment leur parler du violet ? Dans ces cultures n´utilisant pas les couleurs, la première qu´ils développent est le rouge, symbole du sang, mais aussi du danger, puis c´est le vert… Pourquoi ? Dur à expliquer, dur même à envisager pour nous européens. Les langages sont des choses complexes, et certains n´ont pas de mots, ou ont des mots signifiant une phrase entière dans d´autres langages. Les alphabets diffèrent, ainsi que les manières d´écrire, car chaque culture se développe différemment sur les continents. Les peuples n´ayant pas de contacts avec l´extérieur sont donc des individus intéressant à observer dans leurs maniement de la langue par exemple. Or la langue est ce qui structure nos pensées donc notre cerveau, elle influence donc notre comportement et notre manière d´agir.

De tous temps l'Homme ne cesse de courir après lui-même.
Pourquoi ? Que cherche l´Homme en courant après lui-même ? C’est simple, pour moi l´Homme cherche le bonheur. Car c´est à cela qu´aspirent tout être humain. Vivre dans le bonheur. Mais le bonheur est éphémère, il semble poindre à l´horizon, il reste quelques secondes, quelques minutes, quelques jours, quelques mois ou quelques années, mais il ne peut pas être constant. S´il l´était il perdrait peut être de son attrait. Non, le bonheur est définitivement une notion si haute et pleine de sens qu´il est impossible de le conquérir en une fois, c´est un travail permanent, une quête sans cesse renouvelée. Voila pourquoi l´Homme court après lui-même, il cherche à attraper le bonheur. Chaque fois qu´il lui semble le toucher du bout des doigts, ce bonheur lui échappe une fois de plus. Et il lui faut courir encore une fois, encore plus vite, encore plus loin… Pour avoir une chance de retoucher ce bonheur connu une fois. Nous avons perdu notre paradis terrestre, lorsque nous avons été chassé du jardin d´Eden, depuis nous cherchons perpétuellement à retrouver cette situation, recréer un contexte favorable. Mais les choses changent si rapidement, rien n´est fixe. On ne remarque ce que l´on perd qu´une fois qu´il est trop tard pour le récupéré et on a alors plus que ses larmes pour pleurer. Ne laissez pas s´échapper les choses auxquels vous tenez, dites aux personnes que vous aimez, combien ils sont chers à votre cœur. Il n´est peut être pas trop tard pour leur dire maintenant qu´ils comptent à vos yeux, peut être pas trop tard pour faire naitre un sourire sur leurs lèvres. Après tout, la source de toute création est aussi en nous, nous avons le pouvoir de créer et de détruire. Profitons en pour créer le bonheur autour de nous, le transmettre à nos proches. Construire quelque chose de positif dans le but d´améliorer les choses, ou du moins de les rendre moins pires… pour avoir la chance de toucher au succès, à la joie et au bien-être.

Et si voyager était aussi un synonyme du mot bonheur ? Pourquoi ne pas accepter l´invitation au voyage ? « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. » Comme le disait si bien Baudelaire. Profitons de la vie pour découvrir et voyager. Assouvir notre curiosité pour connaitre un instant de bonheur.


Si vous deviez partir sur une île déserte, isolé du monde humain qu´emporteriez vous ?
- Un livre pour pouvoir lire et s’occuper l’esprit, ou comble du sacrilège, le brûler en cas de besoin pour faire un feu ? Garder une trace des autres êtres humains par le papier relié dans sa couverture et couvert d´une écriture typographique ou manuscrite. Et pourquoi pas un manuel de survie dans un environnement hostile.
- Un journal intime avec un stylo pour écrire votre témoignage en espérant que quelqu´un le trouve un jour et puisse le lire ?
- Un instrument de musique pour créer votre propre groupe de musique ou vous seriez à la fois chanteur, bassiste, guitariste et au clavier ?
- Des carottes pour apprivoiser les lapins sauvages de l´île ? Ou pour vous nourrir si vous ne trouveriez pas de compagnon aux longues oreilles.
- Un couteau suisse pour affronter tous les dangers et jouer les James Bond dans une situation impossible à résoudre mais qui s´en sortira toujours à la fin…
- Une montre pour rester dépendant de cette mesure scientifique qui régule nos vies ? Resteriez-vous accroché à un monde réel mais théorique ?
- Des lunettes de soleil, pour pouvoir bronzer sans problème et se la couler douce. Il vous manquerait peut être le hamac…
- Une bouteille de Rhum pour rejouer la scène de Pirates des Caraïbes dans laquelle l´acteur Johnny Deep, ou plutôt le Capitaine Jack Sparrow se retrouve abandonné ?
- Un sac de couchage pour se faire une habitation agréable et ne plus en sortir que pour les besoins essentiels ? Manger, boire dormir…
- Une arme à feu ou blanche pour mettre fin à une vie qui n´aurait aucun sens, car isolée de tous, sans espoir de retour vers la civilisation et la société.
- De quoi cuisiner ? Des ustensiles de cuisine pour votre futur barbecue de fortune.
- Un sac pour pouvoir transporter ce dont vous aurez besoin.
- Un animal pour avoir un compagnon ? Mais que faire si l´animal se blesse et lequel choisir ? Un lapin agréable, un chat indépendant, un chien fidèle, une vache utile, un lion dangereux, une tortue à la longévité légendaire ?
- Quoi ? Un fouet pour dresser les animaux de l´île ? Et puis quoi d´autre encore ? Un chapiteau pour créer un cirque ?
- Un appareil photo polaroïd pour continuer votre passion et pouvoir se souvenir de ce que vous avez vu.
- Votre iphone, parce que sans l´application pour retrouver les toilettes dans n´importe quelle ville du monde, et sans Google Streets vous êtes perdu ? Mais… vous êtes déjà perdu…
- Votre collection de DVD blue-ray de la série Lost ? Voyons, eux ils n´étaient pas seuls sur l´île…
- Un ordinateur pour pouvoir encore communiquer avec d´autres être humain ? Idées stupide, vous n´auriez pas d´électricité ou trop de problème pour pouvoir la produire.
- Un bateau pour tenter de vous échapper ? Quitter à se retrouver isolé en mer ?

Et vous ? Quelle serait la liste des objets que vous emporteriez si vous deviez partir en voyage mais sans savoir où ?


Tic, tac,
Le temps passe et les mots s´alignent, pour toujours se finir par un point final, clôture des phrases. Alignement de lettres pour former des mots, eux même accrochés pour faire des phrases, qui donneront les paragraphes d´un texte. Le tout toujours finit par un point… ou pas

Voila vous avez de quoi lire. Desole pour les repetitions et tout, mais j´espere que certains passages vous plairont!

Shane, Silvio, je compte sur vous pour réussir!
PS: une image trop drole:

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Re: NaNoWriMo

Message par Shane M. Lewis le Ven 26 Nov - 10:55

    Bravo Lian t'es la meilleure !!! Jcrois que t'es la plus méritante des NaNoteur <3
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Re: NaNoWriMo

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